Google

mardi 26 juin 2007

ESCLAVES AU PARADIS

Communiqué du 24 mai 2007 - 10h00

Une semaine après leur lancement en France, les évènements "Esclaves au Paradis" initiés par Céline Anaya Gautier, autour d'une exposition photo et d'un livre du même nom, suscitent une violente polémique en République Dominicaine.
La chambre des Députés dominicaine a voté une résolution condamnant officiellement "une campagne de dénigrement" contre la République Dominicaine. La semaine dernière, une délégation s'est officiellement plainte auprès de l'Ambassade de France, mais sans résultat.

"Esclaves au Paradis" : l'exposition qui dérange...

Le propos de "Esclaves au Paradis" est d'alerter l'opinion à propos d'un système de trafic d'êtres humains en faveur de l'industrie dominicaine du sucre.
Les plantations de canne, contrôlées entièrement par trois familles, se font "livrer" chaque année plus de 30 000 coupeurs de cannes venus d'Haïti, via des réseaux organisés et couverts par les gouvernements Dominicain et Haïtien.
Les barons du sucre maintiendraient ainsi depuis des décennies, en esclavage, une main d'oeuvre sans existence légale. Ils vivent dans des taudis, sans nourriture, sans soins, sans nationalité, sans accès à l'école pour les enfants, travaillant de 12 à 18 heures par jour et "rémunérés" 1,15 euros la tonne de canne coupée.
Une fois dans ces plantations, les travailleurs, à qui on a fait miroiter un retour en Haïti une fois la saison finie, restent prisonniers.
Chaque tentative d'évasion se paie cash : une main coupée, un bras, ou la mort.
On parle de cimetières clandestins où seraient enterrés des milliers de malheureux.
Les autorités haïtiennes et dominicaines toucheraient des commissions sur chaque travailleur haïtien livré à cet enfer.

La révélation au public d'un tel trafic a du mal à passer auprès de l'industrie sucrière locale dont les revenus sont en baisse et auprès des autorités locales, complètement impliquées dans le scandale.
Un boycott du sucre dominicain ou du tourisme pour raisons humanitaires, comme suggéré dans le film "The Price of Sugar" de Bill Haney semble fortement inquiéter certains industriels.

De plus, "Esclaves au Paradis" se déroule en France, grande "pourvoyeuse" de touristes en République Dominicaine, ce qui n'est évidemment pas pour arranger la situation...

Pressions et menaces...

Bill Haney (réalisateur) et Anne Lescot ( membre du Comité pour la Mémoire de l'Esclavage - coordinatrice du colloque "Sang, Sucre et Sueur" et des projections Esclaves au Paradis) ont fait l'objet de pressions pour empêcher la projection du film " The Price of sugar" sur le territoire français par le cabinet Patton Boggs (New York) travaillant pour la famille Vicini.

"The Price of Sugar" est le résultat de deux ans d'enquêtes sur les conditions d'esclavage dans les plantations de canne en République Dominicaine et suggère indirectement un boycott du sucre dominicain pour raison humanitaire.
"The price of sugar" fait déjà l'objet d'une interdiction de diffusion en République Dominicaine."The Price of Sugar" sera re-projeté le 9 juin à 16h au Tarmac de la Villette à Paris.

Courant mars 2007, Amy Serrano, réalisatrice de "Sugar babies", mettant en cause les familles Fanjul (fortement liée à Washington) et Vicini, voit le code d'accès à son ordinateur changé à distance.

"Sugar Babies", fruit de 18 mois d'enquête sur le terrain, met en évidence l'utilisation d'une main d'oeuvre réduite en esclavage par les familles Fanjul et Vicini dans leurs plantations.
Ce documentaire met également l'accent sur la perception de subventions annuelles par les Fanjul, versées par les USA et la République Dominicaine pour un total d'environ 120 millions de dollars. Cet argent financerait directement les plantations, le trafic d'humains et l'esclavage à grande échelle.
Enfin le film fait la lumière sur la situation des dizaines de milliers d'enfants vivant dans ces plantations, sans identité, sans nationalité, forcés de travailler dès l'âge de 10 ans.

Durant cette même période de mars, 4 des organisateurs de "Esclaves au Paradis" voient leurs fichiers informatiques détruits par un virus.

Le 16 mai 2007, lors du colloque "Sucre Sang et Sueur", Céline Anaya Gautier est prise à partie par maître Christina Aguira et maître Yvon Thiant.
La première affirme, contre toute vraisemblance, que les photos de Céline Anaya Gautier sont en fait "des photos des années 50" alors que le second soutient qu'elles sont "mises en scène" et que les personnes photographiées "n'existent pas".
Plus tard, elle est directement menacée par Sergio Roitberg, fondateur et CEO de la Newlink Communications (Miami).
Cette société de relations publiques, spécialisée dans le "reputation management", s'occuperait de la promotion de l'image des entreprises Vicini.
Newlink Communications a reçu en 2007 une distinction très prestigieuse pour une campagne extrêmement efficace...contre le trafic illégal d'êtres humains, commandée par les Nations Unies.

Les cinemas MK2 recoivent le 18 mai 2007 dans la matinée, un appel téléphonique très explicite de Yvon Thiant, Avocat et président de la Fadom, précisant qu'une plainte sera déposée contre Marin Karmitz et MK2 si Mk2
maintient la projection de "The Price of Sugar" le 18 mai à 20h00 au MK2 Parnasse.

Le 18 mai 2007, Yvon Thiant (encore lui) menace devant témoin Colette Lespinasse.

Le père Ruquoy et le père Hartley luttent depuis des années en faveur des travailleurs des bateyes (plantations).
Ils font, depuis, l'objet de menaces de mort. Ce sont les "bêtes noires" des industriels du sucre en République Dominicaine. Ils ont dû quitter le pays pour raison de sécurité.

Noémie Mendez avocate dominicaine participant au colloque "Sang, sucre et sueur" fait l'objet d'énormes pressions également (perte de son emploi, menaces sur sa vie et celles de ses enfants).

Esclaves au Paradis :
- Exposition photo de Céline Anaya Gautier jusqu'au 15 juin 2007,
Espace Spring Court - 5 passage Piver 75011 Paris - metro Goncourt.

- A partir du 15 juin, expo intinérante avec Amnesty International et le Collectif Haïti de France

- Livre de monographies, aux éditions Vents d'Ailleurs

Ils parlent de "Esclaves au Paradis" :
Agence, Reuters, Libération, La Croix, Le Monde, Courrier International, Match du Monde, Le Monde 2, Photo, Chasseurs d'images, Le Républicain Lorrain, VSD, Pelerin mag, Panorama, Témoignage Chrétien, Where in Paris, Ovni, TOC, Marianne, Mlle Figaro, Cosmopolitan, Géo, France Inter, RFI, Radio Nova, RFO, Media Tropical, Aligre FM, Africa 1, Paris cap', Green mama, Direct 8, France 24, France 2...

Partenaires : Amnesty International, Marie de Paris, Pour Que l'Esprit Vive, L'Usine Spring Court, MK2 Parnasse, Collectif 2004images, Picto, VSD, Libération, Toc magazine, Africultures, RFI, Radio Nova, France O, Fnac.com, Non Stop Media, Collectif Haiti de France, CCEM, Ta Prod ENSCP, Le Carton, Sucre Ethique, Marsans, Rapid Flyer, Yellow Corner, Vents d'ailleurs...

Contact presse (demandes de DP, ITW...) :
Cyrille 06 19 98 74 22

Louis-Philippe Dalembert 77,
rue du Fg St-Denis
75010 Paris

Exposition sur l'universalité de la Révolution haïtienne

Une exposition de panneaux historiques retraçant les différentes étapes de la Révolution ayant conduit à l'indépendance d'Haïti en 1804 est en cours à l'ambassade d'Haïti à Ottawa.

Le lancement de l'activité a été marqué par une conférence de Frantz Voltaire, en présence de représentants de l'Espagne, de la République dominicaine, de la Syrie, du Venezuela, du Bénin, du Panama, de l'Indonésie et du Costa Rica et des communautés haïtiennes d'Ottawa et de Montréal.

Le début d'une série...
Le professeur Voltaire était appelé à traiter des incidences de la Révolution haïtienne sur l'émancipation des populations noires dans les Amériques. Celui-ci soutient que l'indépendance d'Haïti est un moment clé dans l'histoire universelle, car cela a amené des changements, entre autres, en Amérique latine. Dans ce moment historique, on peut également trouver les fondements des problèmes actuels du pays, ajoute-t-il, en espérant pouvoir porter le public à comprendre.
La présence de diplomates à la cérémonie du 7 juin 2007 se voulait un soutien à la cause haïtienne. Le ministre consul du Costa Rica, Lina Agoy, fait valoir qu'il est important de se référer à l'histoire d'autant qu'Haïti est en transition. Ainsi, selon elle, il est du devoir de l'Amérique latine de soutenir les Haïtiens.

Même son de cloche de la chargée d'affaires du Bénin. Awahou Labouda rappelle que la plupart des Haïtiens sont originaires du Bénin et qu'il est donc approprié de soutenir les «cousins d'Amérique».
Le chef de la Mission d'Haïti au Canada, Nathalie Gissel-Ménos, explique que l'exposition "La Marche vers la Liberté" et la conférence du jour font écho aux cris de la gouverneure générale, Michaëlle Jean, contre l'inégalité et le racisme. Celle-ci rappelle qu'au moment où l'on célèbre le 150e anniversaire de l'abolition de l'esclavage, Haïti est incontournable puisqu'il s'agit de la seule révolution d'esclaves ayant conduit à un pays.

Mme Ménos annonce le début d'une série d'activités portant sur les relations entre Haïti et le Canada et l'implication de la communauté haïtienne d'Ottawa.
Louis-Marie Achille
ExpresseOtawa.ca
Le 22 juin 2007
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=45229&PubDate=2007-06-25

Une nouvelle édition de « Gouverneurs de la rosée » de Jacques ROUMAIN



En 2007, « Gouverneurs de la rosée », chef-d'oeuvre de Jacques Roumain, a été repris à Montréal par Mémoire d'encrier. Cette édition est la plus complète de ce chef-d'oeuvre de Jacques Roumain. De plus, elle permet aux lecteurs de découvrir l'auteur, sa vie et son combat. Elle a été conçue dans une perspective didactique.
Cette nouvelle édition est réalisée à l'occasion du centenaire de la naissance de Jacques Roumain (1907-2007). Elle est annotée et suivie d'une notice bibliographique détaillée de la vie et de l'oeuvre de Jacques Roumain, établie par le chercheur Léon-François Hoffmann, coordonnateur de l'édition des oeuvres complètes de Jacques Roumain et auteur du livre « Frédéric Marcelin : un Haïtien se penche sur son pays (Mémoire d'encrier, 2006) ».
L'édition est suivie également d'un lexique, qui met en valeur la langue créole et les choix de métissage linguistique de Jacques Roumain. Donc, elle est d'un grand professionnalisme.

Traduit dans plus d'une vingtaine de langues, « Gouverneurs de la rosée » est le grand livre de la solidarité, de l'amour et de la vie.
Jacques Roumain est né à Port-au-Prince le 4 juin 1907. Il est sans doute l'écrivain haïtien le plus lu et le plus connu. Poète, journaliste, militant marxiste, romancier, polémiste, ethnologue, Jacques Roumain est décédé le 18 août 1944 à Port-au-Prince.

Depuis 2003, Mémoire d'encrier a commencé par travailler à la mise en valeur des oeuvres de Jacques Roumain. Cette maison d'édition a publié respectivement « La montagne ensorcelée » (2005), « Bois d'ébène » suivi de Madrid (poésie, 2004), « Sur les superstitions » (Essai, 2005).

« La montagne ensorcelée », le premier roman de Jacques Roumain, est le premier modèle de ce que l'on qualifiera plus tard en Haïti de roman paysan. Divisé en huit courts chapitres, ce roman fait état de l'immense dénuement matériel et moral des paysans plongés dans l'angoisse de la survie quotidienne, puis dans l'horreur d'un meurtre collectif. Ensuite, l'essai « Sur les superstitions » montre la fascination de Jacques Roumain pour l'ethnologie.
« Sur les superstitions » a l'avantage de montrer le Roumain polémique. Le Roumain qui part à la défense du vaudou, de la culture et de l'imaginaire haïtien. Ce Roumain pamphlétaire, rebelle, qui dénonce le clergé. Jacques Roumain disait ainsi:« Ce qu'on peut reprocher au clergé, c'est d'avoir laissé des prêtres ignorants offrir à nos masses une vision si élémentaire du surnaturel qu'une fusion des croyances africaines et catholiques a pu se réaliser ».
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=44875&PubDate=2007-06-25

La Citadelle Henry accueille « Caraïbes en Créations »

C'est au site historique la Citadelle Henry, à Milot, que le programme « Caraïbes en Créations » sera inauguré les 22 et 23 juin 2007. Sous le thème « Un monde à partager », cet évènement culturel réunira près d'une cinquantaine d'intellectuels, d'auteurs, d'artistes en vue de réfléchir sur les questions de l'identité, de la décolonisation, de la mondialisation, du partage culturel, du patrimoine commun, de la diversité culturelle caribéenne, etc. Ce programme français de soutien au développement de la création artistique contemporaine dans la région caribéenne propose une valorisation internationale de la création et s'appuie sur un développement des échanges culturels entre les pays de la région et entre les départements français d'Amérique ainsi que les Etats voisins.
Il se donne pour mission de contribuer à la construction de l'espace intellectuel, symbolique et économique de la Caraïbe. Ainsi, interviendra-t-il surtout dans les domaines de la danse contemporaine, des arts visuels (peinture, sculpture, photographie, mode design) et des débats d'idées.
Ce programme est organisé en partenariat avec le ministère de la Culture et de la Communication, l'ambassade de France à Port-au-Prince et l'agence CulturesFrance. Il est placé sous le parrainage de Aimé Césaire.Le ministère de la Culture et de la Communication (MCC) s'associe à « Caraïbes en Créations » pour témoigner de la volonté d'Haïti de participer activement à toute action visant au rapprochement des peuples de la région. En mettant la Citadelle Henry à la disposition des artistes de la région, le gouvernement de la République d'Haïti attire beaucoup de regards vers ce monument. Ce chef-d'oeuvre, devenu symbole de liberté, s'est fait inscrire dans le patrimoine mondial de l'UNESCO.

Selon ce qu'a affirmé Daniel Elie, ministre de la Culture et de la Communication, la Caraïbe est une. « La Caraïbe, c'est d'abord une histoire de génocide, de déracinement... La Caraïbe, c'est aussi une mosaïque de divers apports ethniques et culturels (Indiens, Africains, Européens, Asiatiques).
L'histoire bouleversée de la Caraïbe, témoin des luttes hégémoniques des grandes puissances européennes et plus récemment de l'impérialisme américain, le combat pour la liberté, et cette recherche constante, surtout à travers la culture, d'une identité commune, rassemblent ces îles qui, trop souvent, ont l'air d'être l'une à côté de l'autre, sans pouvoir se regarder, voire parler le même langage », écrit le ministre dans un document remis à la presse.
Dans le cadre de la mise en oeuvre d'une politique de développement du tourisme culturel, le ministère des Travaux publics et le ministère du Tourisme se joignent au ministère de la Culture et de la Communication pour permettre à l'Etat de s'assurer de la durabilité des travaux de réparation et de la gestion rationnelle de ce site historique, car des efforts financiers seront consentis en vue de réaliser ces travaux, d'aménager, de réhabiliter et de renforcer les structures physiques qui faciliteront la réouverture du Parc national historique Citadelle -Sans-Souci- Ramiers. La priorité en a été soulignée lors de la réunion interministérielle du 17 août 2006 sur les nouveaux mécanismes de gestion des parcs nationaux historiques, selon le même document.
La citadelle demeure une oeuvre inachevée, surprenante par sa puissance et sa beauté sauvage. Elle témoigne à la fois de la maîtrise souveraine des bâtisseurs et de la ferveur héroïque des conquérants de la Liberté. Depuis 1990, restaurée, elle offre aux visiteurs son histoire, celle d'un peuple fier qui, à peine sorti de la servitude, sut édifier le premier monument de la race noire.
Rébecca S. Cadeaubeckypfr@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=44681&PubDate=2007-06-16

Au moins deux clandestins haïtiens tués et 34 autres blessés dans un accident en République Dominicaine

Des blessés graves évacués vers un hôpital de Santiago
lundi 25 juin 2007,
Radio Kiskeya
Au moins deux voyageurs clandestins haïtiens ont été tués et 34 autres blessés dont certains grièvement dans un accident de la route survenu lundi après-midi au moment oú un camion les transportait dans la localité dominicaine de Los Amaceyes, à Santiago Rodríguez (nord-ouest de Santo Domingo), ont annoncé des sources officielles relayées par EFE.
Les autorités policières et militaires dominicaines ont indiqué que 40 sans-papiers se trouvaient à bord du véhicule qui se dirigeait vers la province de Santiago (nord).
Selon les premières informations, le camion est entré en collision avec un autobus sur l’autoroute de Los Amaceyes.
Aucune information n’était disponible lundi soir sur l’identité des victimes.
On ignorait également si le conducteur du véhicule a été arrêté.
Les corps des deux personnes tuées et les blessés ont été transportés à l’hôpital public de Dajabón (nord-ouest). Cependant, certains des voyageurs qui se trouvaient dans un état critique devaient être transférés d’urgence à l’hôpital régional José María Cabral y Bàez de Santiago.
Des sources militaires signalent qu’en raison du renforcement de la surveillance à la frontière avec Haïti, les passeurs dominicains empruntent des voies très peu utilisées pour conduire des illégaux haïtiens en territoire voisin sans éveiller des soupçons.
Des organisations communautaires dominicaines ont dénoncé ces dernières semaines l’arrivée de vagues de migrants dans le nord et le nord-ouest du pays.
Plusieurs tragédies ont marqué ces dernières années les poussées migratoires haïtiennes en République Dominicaine. En janvier 2006, 25 sans-papiers mouraient asphyxiés et plus d’une vingtaine d’autres avaient été blessés dans l’accident d’une fourgonnette. Un an plus tard, la justice rendait un verdict historique en condamnant les coupables, dont deux militaires, à des peines allant de 10 à 20 ans de prison. spp/RK

http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article3799
------
Commentaires:
La société haïtienne attend et espère un acte de soutien du gouvernement par l'intermédiaire des autorités compétentes envers nos compatriotes qui vont être considérés comme des charges lourdes dont on se passerait bien dans les centres hospitaliers ou ils se trouvent admis actuellement.
Tous ces consulats bidons qui regorgent encore de fonctionnaires incapables de justifier et leurs postes et leurs salaires ont encore une fois l'occasion de se mettre en valeur au profit du bien de la collectivité haïtienne. Le moment est propice et opportun...


lundi 25 juin 2007

« Caraïbes en créations » : un événement culturel inédit

La Citadelle sera le théâtre d'une grande manifestation culturelle du 22 au 24 juin 2007. Une soixantaine de personnalités littéraires, artistiques et politiques... venues de Sainte Lucie, Jamaïque, Cuba, Trinidad, République dominicaine, etc. séjourneront dans cet « espace de liberté » pour inaugurer ce que le ministre Daniel Elie appelle « Les rencontres fondatrices » et soutenir le développement artistique contemporain de la Caraïbe.

« La Citadelle est aménagée pour accueillir cet événement national et international », assure le ministre de la Culture et la Communication, Daniel Elie, au cours d'une conférence de presse hier mardi au local de son ministère (Champ de Mars).Selon le ministre Elie, l'événement se tiendra à la Citadelle et permettra de préserver le symbolisme du site consacré "Patrimoine de l'Humanité" en 1982 par l'Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture (UNESCO). Coût des travaux d'aménagement : $ 400000.00 (quatre cent mille dollars).
« Le projet Caraïbes en créations sera l'occasion pour d'éminents écrivains de la Caraïbe, dont Alain Barbancourt, de séjourner à la Citadelle pour partager idées, expériences et vision caribéennes », croit M. Elie qui estime que l'aventure vaut bien la peine d'être tentée en ceci qu'elle va permettre d'établir des liens entre créateurs des diverses régions de la Caraïbe.« L'événement est conçu pour unir les gens autour des thèmes colonisation, échanges culturels, identité, etc. », indique le ministre qui s'est réjoui que le poète Aimé Césaire ait convenu de porter le projet sur les fonts baptismaux.Lieu austère où chacun pourra se relaxer et se divertir, la Citadelle a été aménagée dans l'espace de moins d'un mois pour accueillir cette manifestation culturelle qui sera haut en couleur, à en croire la directrice du Bureau national du livre, Emmelie Prophète. « Identité, diversité (l'artiste) entre héritage et globalisation ; Traversées : migration et diffusion culturelle, etc. » Autant de thèmes, parmi bien d'autres, qui seront abordés au cours des tables rondes qui seront organisées afin de permettre aux uns et aux autres de mieux saisir les spécificités caribéennes.
« Cette activité vise avant tout à permettre à la population de prendre conscience de la valeur du patrimoine », fait remarquer Daniel Elie qui estime que cet événement vient à point nommé à un moment où le MCC est très préoccupé par la nécessité de relancer le projet du Parc Historique National, explique le ministre architecte visiblement heureux et fier que les travaux d'aménagement réalisés à la Citadelle ont permis au site de faire partie définitivement d'un schéma directeur de développement touristique.Cofinancé par l'Etat haïtien, Culture France et l'ambassade de France, Caraïbes Création se veut un événement culturel de taille. « A cause de son âge (97 ans) Aimé Césaire de même que Edouard Glissant enverra son texte d'intervention pour les tables rondes », indique Daniel Elie qui, à l'instar de tous ceux qui feront le déplacement, dormira à plaisir à la Citadelle. Comme pour se l'approprier.
Robenson Bernard
Source Journal Le Nouvelliste sur
http://www.lenouvelliste.com

Haïti – Municipalités : Un organisme public exige le respect de l’intégrité physique des marchandes et marchands de rue

vendredi 22 juin 2007
P-au-P, 22 juin 07 [AlterPresse] --- L’office de la protection des citoyennes et citoyens (Opc), institution publique de promotion de droits humains, demande aux autorités municipales de la zone métropolitaine de Port-au-Prince d’envisager des solutions durables, sans violence, pour faire face aux problèmes de dysfonctionnement et de désorganisation sociale qui poussent les petites commerçantes et petits commerçants à rechercher leurs moyens de subsistance dans les rues.
Il convient d’ « intensifier les initiatives » visant à « garantir la salubrité de l’environnement ainsi que l’usage à bon escient des rues et des trottoirs », reconnaît l’Opc dans une lettre ouverte aux autorités gouvernementales, collectivités territoriales et aux municipalités, dont une copie a été acheminée à l’agence en ligne AlterPresse.
« Cependant, ces opérations sont exécutées sans considération et sans respect de l’intégrité physique et de la dignité de la personne humaine, et déclenchent une violence généralisée chez les deux parties en cause », fait ressortir l’organisme national de promotion et de protection des droits humains.
L’office de la protection des citoyennes et citoyens s’élève contre la répétition des méthodes violentes (coups de pieds, brutalités, sévices corporels, bastonnades et autres), utilisées par des agents des mairies pour forcer les petites commerçantes et petits commerçants à dégager les trottoirs et les rues des municipalités de la zone métropolitaine de la capitale.


La responsabilité de l’assainissement du milieu ambiant des municipalités ne saurait « être assumée avec violence et absence de respect pour les petits marchands, comme en font la preuve certains envoyés des Mairies ».

Préoccupé par les appels de détresse lancés à maintes reprises à travers les médias par les marchandes et marchands, et saisi par les plaintes de certaines et certains d’entre eux, l’Office de la protection des citoyennes et citoyens affirme avoir constaté les faits au cours de plusieurs visites d’enquêtes effectuées.

« Les autorités se doivent d’agir avec promptitude dans l’intérêt de la société, dont la revendication de meilleures conditions de vie est des plus immédiates », souhaite l’Opc.
Sur la base de ses pouvoirs d’enquête, de recommandation et de proposition de réforme, l’organisme national de promotion et de protection des droits humains presse les autorités municipales à œuvrer, par des méthodes efficaces, dans le plus strict respect des droits des petites commerçantes et petits commerçants.


Depuis l’installation des nouveaux conseils municipaux dans les différentes villes de la zone métropolitaine, des efforts sont déployés pour replacer les petites commerçantes et petits commerçants à des endroits plus favorables à la circulation piétonnière et automobile, tandis que des poubelles construites par des artisans locaux sont dressés à différentes intersections de rue sous surveillance permanente d’agents de voirie, relève AlterPresse.

Malheureusement, ces actions tendent à être dénaturées, de temps à autre, par des velléités arbitraires de certains agents employant la force pour débarrasser les rues et s’emparer des biens offerts aux consommateurs par marchandes et marchands. [rc apr 22/06/2007 15 :00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article6130
-----
Commentaires
Il faut toujours regretter malheureusement la politique de deux poids et deux mesures dans tous les domaines et appliquée par tous les secteurs de la vie nationale. Les autorités sont en clin à vouloir prendre une pseudo défense superficielle de cette partie de la population étiquetée de vulnérable mais qui en fait représente ce groupe qui inspire la peur.
Aujourd'hui vouloir s'attaquer aux marchands des rues représente une activité logique indispensable et urgente car la face de Port-au-Prince fait peur. C'est l'image typique et pathognomonique de la dé-ville. C'est une mesure impopulaire qui doit être mesurée l'aune d'une amputation salvatrice.
D'un autre côté il s'agir aussi de redonner à une autre partie de la population leur plein droit de circuler et de vaquer confortablement a leurs occupations. Il faut que l'équilibre se rétablisse entre les droits et les devoirs entre la légalité et l'illégalité en privilégiant le droit et les lois!

Le Parlement vénézuélien ratifie l’accord de coopération ALBA-Haïti

Des brigades de coopérants cubains et vénézuéliens devraient bientôt passer à l’action ; un tournant dans le processus d’intégration d’Haïti dans l’Alternative Bolivarienne pour les Amériques
samedi 23 juin 2007,
Radio Kiskeya

Le Parlement vénézuélien a adopté vendredi à une écrasante majorité l’accord-cadre établissant une coopération entre l’Alternative Bolivarienne pour les Amériques (ALBA) et Haïti, rapporte une dépêche de l’agence cubaine Prensa Latina datée de Caracas.
Le texte de loi stipule que dans ce partenariat, Cuba apportera à Haïti son expérience en matière d’éducation et de santé. A cet effet, un personnel technique spécialisé participera à l’exécution des projets convenus entre les parties.
Pour sa part, le Vénézuéla offrira son aide à travers un personnel qualifié et se chargera de la logistique et des facilitations administratives nécessaires à la réalisation des projets. La Brigade internationale civico-militaire d’assistance humanitaire Simòn Bolìvar, dont des éléments sont déjà à Port-au-Prince, sera particulièrement mobilisée.
La nouvelle coopération a pour objectif de "consolider et intégrer des schémas de coopération fondés sur des principes de solidarité, de complémentarité et de réciprocité dans la recherche d’un nouvel ordre économique plus juste et socialement équitable".
L’assistance à Haïti sera conforme aux principes fondamentaux de l’ALBA, un projet d’intégration économique régionale fortement marqué par une opposition idéologique sans concession à la Zone de libre-échange des Amériques ZLEA ou ALCA inspirée du néolibéralisme américain.
La loi doit être signée et promulguée par le Président Hugo Chàvez avant d’entrer en application. L’homme fort de Caracas avait récemment qualifié d’héroïque le peuple haïtien en soulignant la nécessité de mettre en place un programme d’aide internationale en sa faveur. Le chef de l’Etat estime que certains pays d’Amérique latine dont le sien ont une dette historique envers Haïti qui avait, au XIXe siècle, énormément contribué à leur indépendance.


La nouvelle législation vient consolider l’axe Port-au-Prince-La Havane-Caracas et accélérer le processus d’adhésion d’Haïti à l’ALBA qui réunit pour l’instant, Cuba, le Vénézuéla, la Bolivie et le Nicaragua. Une coopération trilatérale basée sur "la fraternité et la solidarité entre les peuples" devrait permettre des interventions très importantes en Haïti dans le domaine de la santé, de l’éducation, de l’électricité et des infrastructures routières parallèlement au programme Petrocaribe qui autorise l’importation du Vénézuéla de produits pétroliers à des conditions préférentielles.
L’accord de coopération a été paraphé le 12 mars dernier à Port-au-Prince lors d’une rencontre historique entre le Présidents René Préval et Hugo Chàvez et l’un des vice-présidents cubains, Esteban Lazo. Pendant de longues minutes, les trois hommes étaient en liaison téléphonique avec le "Lìder Maximo", Fidel Castro, alors en pleine convalescence à La Havane. spp/RK
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article3795

René Préval dresse un bilan positif du sommet CARICOM/Etats-Unis

Le chef de l’Etat haïtien sera au prochain sommet de la Communauté Caraïbe
dimanche 24 juin 2007,
Radio Kiskeya

Le Président haïtien René Préval a estimé que la CARICOM et les Etats-Unis se dirigeaient vers un renforcement de leur coopération, à son retour samedi du sommet qui réunissait de mardi à jeudi à Washington les dirigeants de la Caraïbe et l’administration Bush.


Lors d’une conférence de presse à l’aéroport international Toussaint Louverture, le chef de l’Etat a indiqué que les discussions ont notamment permis au gouvernement américain de mieux comprendre la nécessité d’assister les pays de la région, dépourvus de moyens, face aux grands défis que constituent le narcotrafic, le trafic d’armes, le terrorisme et les changements climatiques.
Des avancées ont été également enregistrées dans l’examen des obstacles qui entravent le développement des échanges commerciaux entre les petites économies caribéennes et la plus grande économie du monde.
Invitant les journalistes et l’opinion publique à ne pas assimiler la rencontre de Washington à un dialogue entre les Etats-Unis et Haïti sur des questions bilatérales, M. Préval a toutefois souligné que deux points de la déclaration finale du sommet sont consacrés au pays. Les autorités américaines et caribéennes ont renouvelé leur soutien à Haïti en soulignant "les progrès réalisés sous la Présidence de Préval".
D’autre part, en matière d’immigration, les Etats-Unis ont créé un fonds d’un million de dollars destiné à la résinsertion sociale des déportés d’origine haïtienne chassés du territoire américain pour leur implication dans des activités criminelles. Le chef de l’Etat s’est félicité des premiers "succès" ayant couronné ce programme coordonné par l’Office international de la migration (OIM).
René Préval a aussi annoncé sa participation la semaine prochaine au sommet annuel de la Communauté Caraïbe. Le sous-secrétaire d’Etat américain aux affaires hémisphériques, Thomas Shannon, y prendra part afin d’assurer le suivi de la rencontre de Washington.
Sur le plan économique, Préval a aussi fait état d’efforts qui vont être entrepris en vue de faire passer les transferts de fonds de la diaspora haïtienne de la consommation à l’investissement.
Le Président a également participé vendredi à Miami à une conférence sur la promotion du tourisme en Haïti organisée à l’initiative de représentants de la communauté haïtienne. La prochaine édition de ce forum se déroulera à Port-au-Prince.
Le chef de l’Etat a été accueilli à son retour par le Premier ministre Jacques-Edouard Alexis, les membres de son gouvernement, le directeur général de la Police Nationale, Mario Andrésol, le commissaire du gouvernement près le parquet du tribunal civil de Port-au-Prince, Me Claudy Gassant, l’ancien ministre Martine Deverson, administratrice du Palais National et Jean-Philippe Jean-Baptiste dit Samba Boukman, un membre controversé de la Commission nationale de désarmement, démantèlement et réinsertion (CNDDR).


A noter qu’aucune rencontre n’a été organisée à Washington entre des équipes techniques de la CARICOM et des Etats-Unis. De plus, contrairement au protocole et à la tradition, c’est au Département d’Etat et non à la Maison Blanche que George W. Bush a reçu les leaders de la région. spp/RK

SAUT D’EAU / RÉALITÉS NATIONALES / À l’école comme au temps du moyen-âge


Par Phoenix Delacroix phedelacroix@yahoo.fr

Des écoliers bien vêtus, criant, riant, se pressant les uns contre les autres, et gambadant joyeusement dans la cour gazonnée d’une école bien entretenue. Des enfants sveltes, heureux d’exister, l’esprit au vent, ouvert aux étrangers. Des gamins et des gamines espiègles, aux yeux intelligents, posant sans retenue toutes les questions qui leur viennent à l’esprit. C’est le genre de spectacle auquel je m’attendais en arrivant dans les parages de l’École nationale de Turpin pour une visite guidée.Rien de tel ne s’offrît cependant à ma vue. J’ai cru à un mirage en arrivant sur les lieux. Turpin, section communale de Saut d’Eau, éloignée et déshéritée, est lointaine de Port-au-Prince. Mais l’éloignement n’explique pas l’énorme fossé qui se trouve entre la capitale et cette zone « en dehors ». Ici, on vit en plein moyen-âge. Des responsables m’auraient fourni moult détails sur le délabrement extrême de l’ « établissement scolaire ». Ils se seraient évertués à décrire l’exiguïté des salles, l’état lamentable du parquet, la timidité maladive des élèves; la scène que je découvris dépasse l’entendement.

Une école, ici ?
C’est la première question qui me vient à l’esprit. Incroyable, mais vrai, deux bicoques aux murs décrépis, entourées de trois tonnelles faites de feuilles tressées de cocotiers, abritent le « centre scolaire ». Un drapeau national flambant neuf, décoration de circonstance, accroché à un mât en bambou, flotte ironiquement dans le décor. C’est le seul indice cependant qui témoigne de l’importance des lieux. Dans la campagne, les prêtres vaudou utilisent aussi le bricolage national pour signaler leur « hounfort ».

Plus de cent élèves, âgés de 6 à 18 ans, la crème de la gente enfantine locale, fréquentent ce lieu qu’on a peine à appeler établissement scolaire. Il a plu la veille du jour de notre visite. Le parquet des salles logées sous les tonnelles est transformé en marmelade. Les élèves sont entassés pêle-mêle sur des blocs de sable, leurs cahiers posés sur leurs genoux. Notre arrivée n’émeut personne, ni même nos salutations. Par discipline ou par peur, les élèves feignent d’ignorer notre présence, concentrant leur regard sur leur professeur qui écrit des notes sur une feuille de plywood réduite en peau de chagrin. Leurs visages émaciés restent impassibles, mais transpirent la fatigue. Leurs chaussures sont couvertes de boue. La plupart ont dû parcouru deux kilomètres pour venir chercher un enseignement médiocre. Ils sont là, harassés et affamés, assis contre leur gré dans la vase, comme des innocents voués au martyre.

Misère et honte
Le professeur qui vient à notre rencontre, en lieu et place du directeur absent, déploie tout son zèle pour nous accueillir. « Vous êtes les bienvenus. Nous sommes heureux de vous accueillir chez nous. Faites comme chez vous », nous lance-t-il. L’homme est frêle, mais ne manque pas de vigueur. Ses poignées de main en témoignent. Visiblement ému, il éprouve beaucoup de peine à camoufler ses gencives édentées. Son sourire : un vrai rictus. Pour des raisons inconnues et inexpliquées, et peut-être par honte ou timidité, le directeur s’est éclipsé deux heures avant la visite. On comprend assez vite. Il n’y a pas d’honneur à gérer ce centre merdeux. Surtout quand on n’a pas la compétence nécessaire. Le directeur ne détient pour tout diplôme qu’un brevet de classes élémentaires, apprend-on.

Dure et triste réalité
À l’origine, cette école, construite sous le gouvernement de Jean-Claude Duvalier, accueillait des « restavèk ». Aujourd’hui, tous les enfants de la zone la fréquentent. Le bourg de Saut-d’Eau, qui abrite des écoles plus ou moins dignes du nom, se trouve à plus de sept kilomètres. Parcours trop fatigant pour les jambes tremblantes d’un enfant de six ans. Un enfant né dans la zone risque ainsi davantage de souffrir de la malnutrition que d’aller à l’école primaire et autant de mourir à l’âge de cinq ans que de faire des études secondaires. « Il n’existe au niveau de la localité que deux centres de ce genre pour une population estimée à huit mille âmes », nous informe notre hôte. « Cette dure vérité nous rappelle que pauvreté et éducation se conjuguent pour déterminer les chances d’un enfant dans la vie », commente l’un de nos guides, un brillant sociologue.
Beaucoup de promotions, depuis 1986, se sont succédé à – puisqu’il faut l’appeler ainsi – l’établissement. Les temps ont changé et, avec, les mentalités. Les enfants se résignent à accomplir ce que répugnaient à faire leurs parents. Dans certaines situations, les choix sont minces. Même quand l’enseignement est gratuit, les uniformes, les manuels et autres fournitures scolaires coûtent trop cher. Et, pour les parents de Turpin , assurer une éducation minimale à leurs enfants devient un sacrifice énorme, quand aller à l’école constitue un vrai calvaire pour les gamins et les gamines. Espoir quand même, le bout du tunnel, les parents et les écoliers de Turpin le chercheront encore longtemps. Néanmoins, ils aperçoivent une éclaircie dans les ténèbres, symbolisée par le geste symbolique d’une ONG qui a accepté de financer la construction de deux salles de classe. « C’est peu par rapport aux besoins. Mais c’est mieux que rien. Avec cela, il y a lieu d’espérer. Personne ne s’y attendait Nous espérons que l’État fasse le reste. Tant qu’il y a la vie, tant il y a l’espoir », philosophe le prof édenté.

Commentaires :

De quoi inspirer les associations qui travaillent dans le domaine de l’éducation en Haïti. Partout, des chantiers ou tout reste à faire. L’inimaginable prend des allures cauchemardesques. Il faudrait que ces situations cessent de se pérenniser …Pourtant Saut d'eau reste l'une des zones les plus visitées d'Haiti, le pélérinage vers la ierge miracle oblige...

Sur le modèle cubain, une nouvelle campagne d’alphabétisation en perspective

Par Phoenix Delacroix
phedelacroix@yahoo.fr
Une nouvelle campagne nationale d’alphabétisation est sur le point d’être lancée en Haïti, selon un document élaboré en la circonstance par la secrétairerie d’Etat à l’Alphabétisation. Cette initiative d’envergure nationale visera « à éliminer les situations qui aboutissent généralement à la production de l’illettrisme en Haïti ». Un pari énorme si l’on tient compte des échecs retentissants des dernières tentatives. Les concepteurs du document reconnaissent que « l’alphabétisation des masses devrait être au cœur de l’action gouvernementale de manière à pouvoir dynamiser le secteur de la production nationale et entamer le renforcement des capacités au profit du développement national et de la gouvernance locale. La future campagne s’étendra sur trois ans (2007-2010), a-t-on appris. L’investissement nécessaire serait de l’ordre de sept milliards trois cent trente neuf millions quatre cent quatre vingt deux mille deux cent vingt trois (7 339,482.223.00) gourdes.
Toutefois, 50 millions tirés du programme d’investissement public, ont été alloués à la mobilisation générale pour la période 20062007. À cette valeur, il faut ajouter la contrepartie de la coopération cubaine pour l’acquisition de matériels audiovisuels, selon le document de référence. La méthodologie de formation retenue provient de l’expérience cubaine. Elle est basée sur l’audiovisuel.Planifier, organiser et mener à terme une campagne nationale d’alphabétisation n’est jamais facile. Les responsables en sont conscients. Pour renforcer les chances de succès, le secrétaire d’Etat Carol Joseph révèle qu’il lancera les activités sous le signe du partenariat interinstitutionnel et multisectoriel. Dans cette perspective, la secrétairerie d’Etat projette d’avoir recours à des artistes haïtiens de renom, notamment « Man Tout », Ginette Beaubrun dit « Mélanie », « Don Kato », Huguette Souffrant, dans la campagne de motivation destinée à sensibiliser les uns et les autres. Certaines de ces personnalités ont reçu récemment à Cuba une formation liée au rôle qui les attend.

À côté de la campagne de sensibilisation, à laquelle sont allouées 7,000.000.00 de gourdes, soit 14% du budget, toujours selon le document de référence, l’institution concernée projette trois actions d’envergure : l’implantation de structures d’accueil, l’appui au renforcement des capacités, l’appui à la mise en œuvre. Pour l’implantation et la réhabilitation des structures devant loger dans chaque département le personnel du programme, une enveloppe de 8 millions de gourdes (16 % du budget de mobilisation) est prévue. 1,000.00 centres d’alphabétisation seront aménagés dans quatre départements du pays. La formation des ressources humaines à engager dans les activités constitue la deuxième action de taille. 38 % du budget, soit 19 millions de gourdes y sont consacrées.
Au dernier volet du programme sont alloués 32 % de l’enveloppe budgétaire, 16 millions de gourdes. Il est important de relever que le gros des activités ne se déroulera que dans quatre départements pendant la période de mobilisation... Des restrictions budgétaires motiveraient cette limitation. Il est en effet indiqué dans le document de référence « qu’un montant additionnel sera nécessaire pour la mise en place d’autres structures dans les autres départements au cours de l’exercice 2007-2008.

En gros, le plan d’opération prévoit l’implantation de mille structures administratives, l’aménagement de 11 directions départementales, de 11 unités départementales de pilotage ainsi que de 140 unités communales de pilotage ; la production de 65 cassettes audiovisuelles avec l’aide de la coopération cubaine ; la préparation d’une centaine de formateurs et de superviseurs de différents niveaux ; la préparation de registres, de formulaires pour 3,000.000 de participants, ainsi que de 75,000 badges pour facilitateurs et superviseurs ; l’ameublement de 1,000 centres d’alphabétisation ; l’acquisition de 8 véhicules tout terrain et de 20 motos.L’analphabétisme, rappelons-le, est considéré comme l’une des grandes plaies nationales. Un pourcentage assez élevé de la population en est touché. Selon les dernières estimations, le taux d’analphabétisme a considérablement chuté entre 2001-2004 pour se stabiliser autour de 52 %.

La révolution tranquille de Maurice Sixto

Par Jacques Désinor
Cette appréciation lucide des oeuvres de Maurice A. Sixto nous rappelle une fois de plus que l'immortel conteur haïtien ne faisait pas les choses à moitié;il s'est montré un véritable révolutionnaire... Autant il aimait les femmes, autant il les défendait, il les dépeignait dans leur beauté, dans leur sensibilité, dans leur intelligence, dans leur inconscience, mais aussi... dans leurs misères. Ce texte publié après la sortie de Lea Kokoye et de Tisaintanise nous rappelle pourquoi Maurice a lutté, mais surtout pour responsabiliser chaque Haïtien face à son devoir de lutter pour une société juste et équitable, selon Zacary Morin, assistant Coordonnateur (FMAS)

Pour Maurice Sixto, tout a commencé depuis son adolescence studieuse à Saint-Louis de Gonzague. Il égayait les moments de détente de ses condisciples avec son remarquable talent de diseur. Il les étonnait en imitant presque à la perfection le monstre sacré du théâtre qui a pour nom Sacha Guitry. Il parodiait Sténio Vincent, prince de l'éloquence haïtienne, changeait facilement de registre en entrant dans la gorge d'un pittoresque magistrat communal. Il excellait aussi bien dans les interprétations en français que dans l'incarnation des personnages désopilants de notre folklore national. Avec un indiscutable accent du terroir, Maurice démontrait combien, à côté de la culture française et latine inculquée sur les bancs de l'école, le vieux fonds de notre langue vernaculaire, dont l'usage était pourtant formellement interdit à l'intérieur de l'établissement, recélait tout un trésor de culture que nous ne devions pas mépriser.
Avec une telle disposition d'esprit on ne doit point s'étonner du Maurice Sixto d'aujourd'hui. Ses convictions se sont fortifiées au contact de nos réalités et des vicissitudes de la vie. C'est ainsi qu'il a pu parvenir au plein épanouissement de sa carrière d'artiste en exaltant une langue qui demeure le patrimoine inaliénable de toute la population haïtienne. Véhicule de notre culture populaire, le créole constitue pour Maurice Sixto le moyen le plus immédiat pour atteindre les masses au service desquelles il entend consacrer l'autre quart, et peut être plus, d'une vie qui est loin d'être inutile.
Ne voulant ressembler en rien à ces infirmières décrites par Arturo Paoli qui pansent les membres ensanglantés sans se soucier de la langue que parle le blessé, Sixto juge qu'il est préférable de dire au blessé, dans sa propre langue, le traitement qui lui est nécessaire. Ainsi la collaboration se trouve totale entre le patient et son médecin. L'artiste en cela est aussi devenu médecin.

Avec son incontestable talent, Maurice Sixto aurait pu s'adresser à d'autres milieux. Il aurait pu gagner de l'argent en se contentant d'être purement et simplement un amuseur de foule. Faire rire les gens d'un gros rire, de ce rire inconscient provoqué. Il aurait pu gagner de l'argent en s'adressant à ces milieux huppés où par snobisme, pour avoir bonne conscience, on ouvre généreusement sa bourse, tout en fermant son coeur, pour faire parler de soi, de ses largesses face aux handicaps physiques d'un homme de talent.
Pour avoir fréquenté ou vécu dans ces milieux bourgeoisement égoïstes, Maurice Sixto sait très bien quelle part d'exploitation il aurait pu en tirer, à très bon compte, s'il omettait de toucher, même de loin, à ces troublantes questions sociales. On lui permettrait assurément de faire brillante carrière et gros sous pour ses vieux jours. Il se retirerait ensuite sous sa tente avec l'orgueil de faire partie des gens respectés qui regardent les autres de très haut, avec insolence. Mais Sixto préfère à de telles commodités un rôle éminemment social en se penchant sur le sort des démunis, des exploités, afin de les porter vers la conquête de la dignité, en les aiguillonnant sur le chemin de la libération totale. Et cela, avec les mots simples de notre vocabulaire créole, avec toute la profonde philosophie que véhicule notre langue parfaite bien que non encore figée en des règles grammaticales écrites.
Après avoir médité sur l'étrange dualisme linguistique d'une communauté affligée au surplus d'une ambivalence sociale encore plus étrange, le galopin espiègle de Saint Louis de Gonzague a compris la nécessité d'entreprendre un travail de conscientisation nécessaire de nos masses illettrées en même temps que celle de nombreux membres de notre société qui réclament avec ostentation et fatuité d'être des intellectuels.
Près de deux décennies que Jean Paul II soit agenouillé pour baiser la terre d'Amérique, Maurice Sixto abordait l'Afrique pour la première fois et eut à accomplir le même geste de piété sur les rives de Dakar, au Sénégal. C'était pour Maurice sa façon de souligner son retour aux sources vives de notre Africa Mater.
Au Zaïre où il se dévouait comme enseignant, il constata tout ce qui a pu être accompli en fait d'éducation populaire dans la langue d'usage des tribus africaines. Et sur cette terre africaine des entrailles de laquelle sont sorties les masses d'esclaves qui finirent en Haïti par transformer leurs chaînes en armes de combat, Maurice Sixto eut le loisir, tout en initiant ses élèves à la connaissance de l'anglais, de mûrir les personnages types de Léa Kokoyé, de Ti Saintanise et de tant d'autres oeuvres de grande maturité intellectuelle.
De nos jours, bien que le titre d'intellectuel prête à confusion et qu'il soit souvent employé au péjoratif, bien qu'il soit devenu une sorte d'injure sur les lèvres des gens dénudés de culture au point d'imaginer possible un pays sans élite intellectuelle, il ne faut point hésiter à reconnaître en Maurice Sixto un grand intellectuel. S'il ne l'était pas, nous n'aurions pas l'immense plaisir de le placer aujourd'hui sur le pavois en reconnaissance de l'utilité de ses oeuvres plus qu'enrichissantes de notre littérature créole.« Au risque de lui décocher une grosse injure, je dirai qu'il est un intellectuel », clamait André Thérive à propos de son ami Paul Nisan.

A notre tour, il nous faut ajouter à l'adresse de certains béotiens qu'il faut éviter à tout prix de mettre dans le même panier, les intellectuels, les vrais, à côté du peloton des demi-lettrés, parasites improductifs.
Maurice Sixto, en intellectuel, sait que le rire est parfois inconscient, mais aussi que le rire est souvent sérieux. Les gens ont besoin de rire. Et l'on a parfois raison de les faire rire. Le rire a une fonction sociale. A condition de savoir prendre « toutes les précautions de l'art comique pour que le rire soit vainqueur ».
« Castigat Ridendo Mores », Maurice Sixto sait que cette maxime a existé longtemps, bien longtemps avant Molière. Aussi, sans que d'aucuns s'en aperçoivent, Maurice Sixto, pour nous délivrer son message, s'est ingénié à nous faire rire. Mais, après avoir beaucoup ri, la leçon à tirer de ce rire fait que tout le comique se fige aux coins de nos lèvres pour se transformer en un rictus beaucoup plus grave.
Afin de porter les gens à réfléchir, du haut en bas de l'échelle sociale. Une humble femme du peuple arrivée tout récemment au Canada ne se réjouissait-elle pas en nous rapportant que depuis la diffusion de Ti Saintanise en Haïti bien des mégères, par crainte d'être classées comme telles plutôt que par bonté d'âme, ont rapidement changé de comportement vis-à-vis de leurs domestiques qui ont compris maintenant bien des choses grâce à Maurice Sixto?

N'est-ce-pas que la leçon morale à tirer de Léa Kokoyé, de Ti-Saintanise et de toutes les autres oeuvres de Maurice Sixto, si elles étaient écrites en français, auraient été comprises d'une minorité qui serait trop aise de cacher la vérité sous le boisseau comme cela est arrivé depuis plus d'un siècle d'exploitations?
L'impact des oeuvres de Maurice Sixto, écrites en créole, se fait sur la totalité des Haïtiens. De telle sorte que, des années et des années plus tard, des générations d'analphabètes sorties de leur ghetto intellectuel et de leur prison psychologique pourront dire : « Bénédiction à jamais pour Maurice Sixto qui, le premier, a soulevé pour nous un pan de ciel bleu en rouvrant nos yeux à la lumière. »
Jacques Désinor
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=45084&PubDate=2007-06-25

La chambre de commerce encourage le processus de privatisation

La chambre de commerce et d’industrie d’Haïti (CCIH) souhaite l’accélération du processus de privatisation des entreprises publiques notamment la Téléco et de l’EDH.
Les dirigeants de la CCIH apportent leur appui au chef de l’état et lui demande de maintenir le cap sur cet objectif, estimant que la privatisation, la sécurité, la justice et la décentralisation contribueront à faire d’Haïti un lieu attrayant pour les investisseurs haïtiens et étrangers.
"Il est essentiel pour les institutions concernées d’augmenter les recettes de l’état et de veiller surtout à une allocation optimale de leurs ressources financières ", indiquent les dirigeants de la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Haïti tout en estimant que l’exécutif doit adopter des dispositions afin de faire respecter les lois fiscales et douanières.
Tout en rappelant que le climat d’équité, souhaité par le gouvernement correspond à ces mesures, les dirigeants de la chambre de commerce croient que le moment est venu pour que tous les points d’entrée (maritime, aérien et terrestre) soient scrupuleusement contrôlés par une administration générale des Douanes, renforcée et disposant des moyens logistiques, techniques et financiers nécessaires.
Selon la chambre de commerce les représentants de l’état ont a leur disposition les outils légaux nécessaires pour éradiquer a jamais la corruption et la contrebande, ces deux fléaux qui minent la société et détruisent toute possibilité d’établir une concurrence commerciale saine et loyale.

La chambre de commerce exhorte les autorités à prendre en main leurs responsabilités et à placer l’économie dans la logique du formel. " Il est tout aussi essentiel de garantir le respect de la propriété privée, de continuer à encourager et protéger les investissements privés nationaux et étrangers dans les secteurs portuaires et aéroportuaires", indique la CCIH qui croit que le gouvernement doit faire avancer le processus de privatisation des entreprises publiques.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.phtml?id=12762

René Préval confirme l’application de mesures de redressement dans les entreprises publiques

Le chef de l’état, René Préval, se prononce en faveur des mesures de redressement au sein des entreprises publiques telles la Téléco, l’ONA et l’EDH en dépit des grèves réalisées par les syndicats.
M. Préval révèle que 4 millions de dollars ont été dépensés pour dédommager les anciens employés de la Téléco, victimes de révocation illégale durant la période de transition. Le chef de l’état soutient qu’il faut " dégraisser" l’entreprise, tout en estimant que des dédommagements équivalent à un an de salaire soient accordés aux personnes mis a pied.
" Il est évident qu’il y a quelque chose qui cloche, la Téléco existe depuis belle lurette , elle ne compte que 150 000 abonnés alors que la Digicel, présente depuis seulement un an compte 1 million 400 000 abonnés ", ajoute t-il.
Le président Préval ne craint pas les décisions impopulaires et estime que la population peut comprendre la nécessité des mesures de redressement. " Nous sommes sur le point d’obtenir 6 millions de dollars supplémentaires pour le dégraissage", explique le chef de l’état qui met l’accent sur la nécessité de remettre de l’ordre au sein de cette entreprise.
La Téléco ne tient pas la route face à ses concurrents assure t-il, soulignant que la La Haïtel compte un employé pour 700 abonnés, la Comcel un employé pour 1000 abonnés, la Digicel un employé pour 2000 abonnés tandis que la Téléco compte un employé pour 45 abonnés.
Le chef de l’état ne cache pas son intention de privatiser la Téléco soulignant que cette option permettra à l’état d’obtenir des dividendes par le biais des taxes et des ristournes.
" Quand vous voulez mettre de l’ordre il y aura des mécontents, je regrette mais nous continuerons à travailler", déclare t-il.
En ce qui a trait à l’Autorité Portuaire Nationale le chef de l’état se plaint des tarifs élevés pour le débarquement des navires. Tout en indiquant que 85 % des revenues de l’APN sont affectées aux salaires, René Préval révèle que les navires paient 35 dollars par tonnes pour le débarquement alors que la moyenne est de 17 dollars dans la région. Par ailleurs, le chef de l’état indique qu’il faut restructurer l’ONA et annonce la mise en place d’une commission chargée de gérer la sécurité sociale en Haïti.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.phtml?id=12761
----
Cette mesure, aux dires su président de la République semble être indispensable. Comme tous les secteurs tordus de la vie nationale, à un certain moment de la durée il faudra de la poigne pour rectifier le tir même en prenant des mesures qui risquent d’être cataloguée d’impopulaires.
Une mesure impopulaire pour une partie de la population se traduit par des manifestations presque violentes qui font peur. Ne laissant pas de place ni pour les débats ni pour ces attitudes « coupé tèt boulé kay » exclut cette portion de la société qui, sans faire partie des nantis, a compris que laisser les choses dans l’état voudrait signer l’arrêt de mort définitif du pays. Ceux qui approuvent les mesures drastiques qui sont adoptées au sein de l’administration publique doivent se manifester et démontrer ouvertement leur accord.

Le sénat analyse la loi sur le budget rectificatif

Les sénateurs ont entamé vendredi l’analyse de la loi sur le budget rectificatif pour l’exercice fiscale 2006-2007.
Le président du sénat Joseph Lambert espère que les élus pourront voter le budget rectificatif au plus tard le 26 juin afin de permettre l’exécution de nouveaux projets durant le dernier trimestre de l’année fiscale.
Le président de la commission finance du sénat, Ricard Pierre, affirme que certains ministères et organismes ont reçu de nouvelles allocations alors que des réductions ont été effectuées sur les montants octroyés à des ministères jugés moins performants.
M. Pierre soutient que 585 millions de gourdes ont été désaffectés de certaines institutions telles le ministère de la planification, le bureau du premier ministre, ministère des finances et ministère de la culture. " Nous estimons que ces fonds n’étaient pas utilisés dans l’intérêt de la population et ne faisaient pas partie des priorités de l’état", soutient le sénateur Pierre précisant que ces fonds ont été affectés aux ministères de l’environnement( 83 millions ) , affaires sociales (88 millions), commerce (5 millions), justice ( 42 millions), sports ( 70 millions), planification ( 9 millions), santé ( 57 millions ).
Il souligne que les parlementaires ont alloué des fonds à des activités bien précises citant le programme de restaurant communautaire pour le ministère des affaires sociales et l’organisation d’activités sportives durant les vacances d’été par le ministère des sports. " Nous avons affecté des fonds à ces institutions qui ont donné la preuve de la capacité de réaliser des activités au bénéfice de la population", indique le sénateur Ricard Pierre.
Notons que le président de la commission sécurité et justice du sénat, Youri Latortue, avait réclamé une rencontre avec les membres de la commission sur la nouvelle force publique avant la ratification du budget rectificatif. Les membres de cette commission sur la force publique devront être nommés par le chef de l’état au début de la semaine prochaine.
La chambre de députés avait, le vendredi 15 juin, ratifié la loi sur le budget rectificatif telle que proposée par la commission finance de la chambre basse.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.phtml?id=12760

Caraïbe en création, un événement culturel à la citadelle

Coup d’envoi hier à la citadelle Henry d’un forum de deux jours visant à soutenir le développement artistique contemporain de la Caraïbe.
Une soixantaine de personnalités littéraires, artistiques et politiques participent à ce programme organisé par le gouvernement haïtien de concert avec l’ambassade de France à Port-au-Prince.

Des intervenants tels Edouard Duval Carrier, Georges Castera, Dany Laferriere, Raoul Peck ont pris part à la première table ronde organisée autour du thème " Identité et diversité :les caraïbes un laboratoire de la diversité culturelle".
Le premier ministre, Jacques Edouard Alexis, avait donné le coup d’envoi de cet événement en soulignant que la citadelle revêt une grande importance pour Haïti et la Caraïbe.
Pour sa part, le ministre de la culture, Daniel Elie, a affirmé que la citadelle Henry est une œuvre gigantesque qui doit être une fierté pour tous les caraïbéens.
Caraïbe en création est une association qui regroupe de nombreux intellectuels de la caraïbe dont l’objectif est de réaliser des projets pouvant favoriser l’intégration de différents pays de la région. La Citadelle a été aménagée pour accueillir cette manifestation culturelle qui permettra de débattre des thèmes tels ; Identité, diversité ; entre héritage et globalisation ; Traversées : migration et diffusion culturelle, etc.
L’événement a une importance régionale et mondiale soutient le ministre de la culture, Daniel Elie, pour qui la citadelle Henry est le lieu le plus symbolique de la caraïbe. " Nous avons une culture commune dans la caraïbe, " Caraibes-Création" servira de lien entre ces peuples ", dit-il soulignant que cet événement permet de lancer la construction de cet espace d’échange.
Cet événement culturel est financé par l'Etat haïtien, Culture France et l'ambassade de France.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.phtml?id=12758

dimanche 24 juin 2007

PORT-AU-PRINCE ....Il faut éviter le pire…Et dire qu’il y a pire !)

Il faut éviter le pire…Et dire qu’il y a pire !)

Le long de la Grand-rue, de la rue Pavée à la rue des Remparts, c'est la traversée du désert. Immeubles vacants, magasins asphyxiés, pharmaciens aux abois, le commerce informel sous le coup de tous les mépris, parfumeries sans clients, librairie encombrée...Caméra et reportage de Le Nouvelliste font voir le boulevard Jean-Jacques Dessalines comme il est. En attendant le grand sursaut national.
M. Daniel Chevallier rappelle que la Pharmacie Chevallier s'était établie aux Cayes depuis 1921. Il informe aussi que son ancêtre Lefranc Chevallier avait signé l'Acte de l'Indépendance nationale. M. Daniel Chevallier est gonaïvien.

Etablie au coin de la rue Pavée et de la Grand-rue à Port-au-Prince en 1946, la pharmacie qui porte le nom de sa famille est logée dans un ancien immeuble en apparence inadapté aux temps contemporains, un peu sombre à l'intérieur, avec des étagères décorés de bocaux d'apothicaire. C'est là que Daniel Chevallier continue la tradition familiale. Mais il rencontre des difficultés dans son environnement. Cette situation particulière n'avait pas été vécue par les pionniers de la pharmacie, Lebon Chevallier et Jean Chevallier, son grand-père et son père.

Il désigne, en premier lieu, l'occupation de la galerie et des trottoirs du boulevard Jean-Jacques Dessalines. Un simple coup d'oeil révèle que la pharmacie est encerclée à ses deux entrées. « Les clients ne rentrent plus, précise-t-il. Non seulement il y a une baisse, mais aussi un changement de la clientèle qui est actuellement constituée, souligne Daniel Chevallier, des employés de l'Etat et des fonctionnaires du bas de la ville».

Il constate un changement radical du niveau social de la fréquentation de la pharmacie. Entre deux clients qui achètent des antibiotiques et des remèdes pour acidité d'estomac, M. Daniel Chevallier reconnaît que « la loi ne prévoit rien contre ceux qui occupent les galeries. On peut penser à une relocalisation, mais c'est un cercle vicieux. Face à la majorité qui revendique dans l'excès, l'autorité de l'Etat n'existe plus. »

La solution, selon le pharmacien, est la fermeture ou la cohabitation. Cela fait longtemps que le pharmacien gère, dans la grande prudence, une « difficile cohabitation » avec ses voisins immédiats. « Depuis quelques années, j'ai appris à éviter la hargne des uns et des autres », dit-il. Son personnel comptait autrefois 7 employés. Il est constitué aujourd'hui de trois personnes qui s'adaptent tant bien que mal à la situation.
AVANT LA FUITE DE DUVALIER
Daniel Chevallier fait remonter le temps de l'occupation anarchique des galeries de la Grand-rue à la fin des années 70. C'est un argument peu répandu. On croit que tout le « désordre informel » a commencé en 1986, au départ de Jean-Claude Duvalier.
La pharmacie Chevallier se trouve à un point stratégique, au bas de la ville. Toutefois, à ce carrefour d'intenses circulations automobiles et très fréquenté par un grand nombre de piétons, le constat de l'étalage de « l'informel » est accablant.

En face, à l'entrée de la pharmacie Castera, c'est le domaine privilégié des chaises en plastique. Ce commerce s'étend sur une bonne partie de la chaussée. Malgré nos assurances professionnelles, le vendeur de chaises n'a pas voulu répondre à nos questions, nous renvoyant à un hypothétique propriétaire qui aurait des informations sur le « demele » du coin.

En dépit des précautions prises par des responsables de la Téléco depuis des années en faisant élever des murs pour protéger la galerie de l'immeuble, des étalagistes s'installent entre chaudières enfumées de « manje kuit » et autres vendeurs de divers produits.

Un building de 7 étages se dresse au carrefour. Sa galerie est occupée par des étalagistes de tout genre
Et la circulation piétonne s'y fait dans une grande difficulté. Ce building, nous informe-t-on, portait le nom de Scottia Hôtel. Il serait construit par un membre de la famille Mews, en 1978. Le premier étage était autrefois fonctionnel avec une succursale de la Socabank. Les autres étages sont restés vides depuis les années de sa construction. Si une enseigne barre une bonne partie de la devanture du building, c'est un peu pour rappeler qu'un magasin de lits connu de la place avait, pour un temps, occupé un espace de ce building vacant.
On n'a pas beaucoup de données des transactions éventuelles autour de ce building de 7 étages. On pense que, pour l'Etat, ces espaces vides pourraient être utiles dans des initiatives de décongestionnement du bas de la ville. Mais toute politique de relocalisation a ses coûts. Aussi bien en énergie électrique qu'en aménagement des espaces. L'Etat actuel dispose-t-il de grands moyens ?

Sur toute la Grand-rue, il y a des immeubles à plusieurs étages inoccupés. La ville a comme une peur des hauteurs. Elle est trapue. Et salie partout.

DES PARFUMERIES SANS CLIENT
La succursale de la Scottiabank s'est adaptée à l'environnement en aménageant son entrée principale un peu à l'intérieur de l'immeuble et l'espace est surveillé par des agents de sécurité. Au devant de la Scottia Bank, c'est le royaume des chaussures. Elles sont exposées à même la chaussée. Casquettes, produits cosmétiques, « manje kwit », appareils électroniques, caisses en bois, marchandes de feuilles, on trouve tout devant la Librairie Auguste barrée d'étalages de divers produits.

Comme d'autres librairies qui ont laissé le bas de la ville, les raisons qui expliqueraient son déplacement. « Mais elle a vécu des temps plus terribles, souligne un habitué de ses rayons. La clientèle a baissé. Le local est spacieux. Les propriétaires résistent comme beaucoup d'autres. » Mais pour combien de temps ?
Angle rue des Miracles et Grand-Rue. Des immondices jetées là depuis des semaines ne sont pas enlevées par les services de voirie. L'immeuble qui abritait Radio Libète de feu Serge Beaulieu a des espaces vides, abandonnés. Les muraux représentant des héros de l'indépendance et des images de la culture haïtienne sont envahis de poussière. L'homme du micro parti, il n'y pas eu de relève. Un certain nationalisme est en ruine. Un discours aussi.

Le magasin de chaussures Step-Over est fermé. L'enseigne attaquée par la houille évoque des souvenirs d'un magasin fréquenté durant les années 60. On n'y vend plus de chaussures. L'étage supérieur de l'immeuble est occupé par des menuisiers qui s'adonnent à la confection de portes. Presque en face, il y a le building du magasin « Mon Parfum ». Là encore, on nous signale que les étages supérieurs sont vides. Le building appartiendrait à une famille Théard. Un employé de « Mon Parfum » nous informe que « la clientèle a beaucoup baissé. On peut passer toute une semaine sans vendre un flacon. On attend toujours des fêtes d'occasion et les mois de novembre et de décembre».

Du côté de l'immeuble Henri Deschamps, une pile d'immondices jure avec les arcades de cette maison très connue. Le magasin Valerio Canez est envahi par des étalages de divers produits. On reconnaît mal l'entrée. On y entre en évitant la bousculade.

Rue Dr Martelly et Grand-Rue. Le parfum et les tissus dominent la zone. Mais quel environnement pour ces produits ! Il y a un immeuble fermé à côté de Fouad A. Mourra. Une ruine particulière envahie de plantes grimpantes caractérise ce qui a été autrefois un magasin achalandé. A la parfumerie de Nassim Mourra, les clients manquent. Une bonne fragrance à l'intérieur fait la différence d'avec les lourds relents de l'avenue. « Nous attendons des clients qui ne viennent pas », dit un employé.

Rue des Fronts Forts et Grand-Rue. On remarque le stoïque et élégant marché en fer dont la structure architecturale s'impose encore aux citadins, malgré la houille. L'horloge s'est arrêtée à 5 heures. On ne sait depuis quelle année. Le marché a été construit en 1889 sous le gouvernement de Florvil Hyppolyte.

Rue Traversière-Grand-Rue. Les étalages reprennent avec plus d'ampleur. Des bouchons s'y forment. Il n'y a plus de signaux lumineux. Pas d'agents de police pour assurer une circulation facile aux automobilistes.

Rue des Césars-Grand-Rue. Assises près d'une immense pile d'immondices, des marchandes se plaignent. « Nous sommes laissées à la merci du fatras parce que nous n'avons rien. Ni argent, ni famille.» L'eau sale s'étale près de leur « laye ». Elles comptent amasser quelques gourdes avant de rentrer chez elles, par les corridors boueux des bidonvilles.

Rue Courbe. Des immeubles ne dépassant pas deux étages. Boue, immondices et autres insalubrités rendent très inconfortable la circulation piétonne. Il en est de même du côté de la rue Tiremasse.FILS DE CETTE TERRE
La rue des Remparts se signale par le Marché Tête Boeuf, incendié le 3 mai 2005, à midi. A l'intérieur de l'espace, c'est le grand désarroi physique. Il n'y a que restes de murs noircis et de tréteaux en béton cassé. « L'Etat n'a rien fait pour nous, se plaint un vendeur qui n'a le choix que celui de revenir au Marché pour « espérer soutenir la famille, les enfants».

« Parce que nous sommes le commerce informel, nous ne recevons que le mépris», dit avec un air de colère St-Juste Phanès. Il vitupère contre des responsables qui « ne reconnaissent pas notre existence, qui ne prennent pas en considération nos manifestations, qui font fi de nos sit-in et qui méprisent nos conférences de presse».

Jules Sylvestre, ex-vendeur de planches, montre avec désespoir l'endroit incendié de son commerce : « C'est comme si nous ne sommes pas fils de cette terre. »

L'église St-Joseph a failli être brûlée par le sinistre du 3 mai 2005 qui a englouti sous les flammes des sommes énormes et provoqué un chômage monstre.

Le Portail St-Joseph connaît un abandon semblable au Portail Léogâne, au sud de la ville. L'insalubrité, ici comme là, fait craindre le pire pour la capitale qui fête dans la précarité ses 258 années d'existence.

Source Jounal Le Nouvelliste sur http://www.lenouvelliste.com

------

Nous avons gobé avec une certaine saveur de déjà vu ce récit apocalyptique digne des meilleurs fictions réussies qui imagineraient la face de la terre le jour d’après la fin du monde promise par les ecclésiastiques ou le jour d’après la grande guerre technologique. Des images aussi éloquentes que le verbe apposent ville de notre conscience et dé-ville de notre réalité.

Ces tableaux que nous croyions incompatible à la condition humaine retracent aujourd’hui fidèlement la condition haïtienne. Ce constat est de loin le plus inquiétant. L’auteur nous invite à éviter le pire ! On a envie de poser cette question : A quoi ressemblera le pire ? Nous avons très peu de ce pire. Nous qui nous sommes embarqués depuis 204 ans à bord d’un train qui sillonnent sa propre voie à reculons, nous éprouverons un certain mal à échapper au pire… A quoi ressemble s’il vous plait le pire ?

De la sécurité du territoire haïtien… (Le diable arriverait –t-il a inspiré plus de confiance suivant qu’on le nomme satan ou lucifer ?)

Pour éviter la dénomination « Forces Armées d'Haïti » et contourner la terminologie de Gendarmerie, des observateurs politiques plaident pour la désignation nouvelle de Force de Sécurité du Territoire haïtien (FSTH). De là à ouvrir un débat constitutionnel, il n'y a qu'un pas.
La relance de la question brûlante autour de la constitution d'une « force publique » soulève quelques craintes dans des secteurs politiques et sociaux. Ces inquiétudes se justifieraient par le passé des Forces armées d'Haïti qui, durant les vingt dernières années, ont joué un rôle de « commandeur » dans la vie politique haïtienne. Tandis qu'une opinion circule dans certains milieux que les déboires de la nation sont, en grande partie, dus aux coups d'Etat qui nous valent la présence sur notre territoire de troupes étrangères, un argument gagnant du terrain soutient qu'Haïti a besoin de sa propre force de sécurité. Il semble qu'après un temps de hargne généralisée contre l'institution militaire, on reprend un certain équilibre pour voir la situation, « sans état d'âme».

De la Gendarmerie suggérée par la présidence à la reconstitution des Forces armées d'Haïti en passant par la notion de « force publique », les observateurs retiennent qu'il y a ,en premier lieu, un « inconfort sémantique » ou un problème de dénomination qui ne sera pas moins important dans les débats à venir. Certains politologues haïtiens pensent que la dénomination de Gendarmerie nationale renvoie à des contextes historiques troublés de notre vie de peuple. Ils affirment aussi que, dans un pays qui doit tout refaire pour retrouver son identité, une certaine distance devrait être prise par rapport à une désignation institutionnelle répandue sur d'autres cieux.

Pour éviter la dénomination « Forces Armées d'Haïti » ou ce qu'elle laisse de traumatismes dans la mentalité collective et contourner la terminologie de Gendarmerie, des observateurs politiques plaident pour la désignation nouvelle de Force de Sécurité du Territoire haïtien (FSTH). De là à ouvrir un débat constitutionnel, il n'y a qu'un pas.
Ces observateurs soutiennent l'argument que cette dénomination a la vertu d'étendre la sécurité non pas simplement à la détention légale d'armes et à une hiérarchie militaire, mais surtout à toute une vaste logistique de modernité technologique qui inclut la protection physique du territoire. L'environnement, des opérations de salubrité publique, la surveillance des zones de « réserve naturelle », le contrôle de nos frontières, de nos eaux territoriales et de l'espace aérien sont aussi de la responsabilité de la Force de Sécurité du Territoire haïtien.
LE PAPIER ET LE FER
On a constaté que les urgences du pays au cours de ces dernières années se trouvent dans la destruction systématique du territoire et les constructions anarchiques qui font peser une épée de Damoclès sur le pays et sur sa population, toutes classes sociales confondues. Les ministères créés dans le but de prendre en charge ces urgences manquent de moyens coercitifs pour empêcher la dégradation progressive du territoire haïtien. Il faut donc un renforcement de ces structures pour éviter au pays de connaître le pire sur le plan écologique et humain.

« L'analyse de la problématique de la sécurité », selon les termes du Premier ministre Alexis, ne saurait seulement se limiter à ce que l'institution représentait dans le temps comme « Forces armées » et les conséquences de ses actions sur la Constitution. Celle-ci est toujours renvoyée aux calendes grecques. Le papier doit, aujourd'hui, remplacer le fer !
L'argumentation des coups d'Etat, bien qu'elle doive servir de garde-fou à la Commission qui devra se pencher sur la question, ne doit pas pourtant être un cran d'arrêt à toute nouvelle articulation autour d'une institution de sécurité nationale qui n'aura pas pour mission unique de penser « aux stratégies de guerre ». Nous vivons une époque où les confrontations armées, en Amérique en tout cas, se réduisent à une peau de chagrin. L'expérience de la cohabitation entre les peuples n'est pas encore idéale. Mais les idéologies de plus en plus bousculées portent les nations vers une quête plus pragmatique de bien- être en abordant des questions urgentes : les maladies, la destruction de la couche d'ozone, l'équilibre écologique, les relations d'identité, les nouvelles approches de la culture.
Est-ce un hasard si la question de l'armée débattue cette semaine au Parlement tombe dans un contexte de cri d'alarme « pour empêcher la disparition de la Forêt-des-Pins qui joue un rôle primordial dans l'équilibre écologique du pays et de la Caraïbe » ? Est-ce un hasard également l'organisation à la citadelle Laferrière de « Caraïbes en Création » qui rapproche les penseurs de la région dans un espace autrefois militaire aujourd'hui transformé en haut lieu de débats intellectuels ?
Le général Raoul Cédras semble être la dernière figure du militarisme en Haïti.
Face aux urgences auxquelles le pays est confronté, il est à craindre que la problématique de la « force publique » ne soit réduite à des discussions de clans, de secteurs ou de personnalités politiques alors qu'elle est consignée dans la Constitution de la République. On peut espérer que les débats autour de la future Commission ne soient pas une manière de gagner du temps et faire retarder l'échéance des réponses concrètes à donner à toutes nos priorités nationales.

Nous trouvons assez déplorable la teneur el le niveau des idées qui semblent alimenter les débats autour de la constitution des forces de sécurités publiques. Une solution aura du mal aussi à voir le jour si le problème ne se pose pas en des termes clairs et simples. Aujourd’hui il s’agit de savoir si oui ou non le pays a besoin d’une force complémentaire à nos actuelles forces de l’ordre.
Répondre par non voudrait dire que nous devrons nous habituer à céder la défense de notre territoire à une force étrangère dont le nom de MINUSTAH deviendrait inapproprié.

Si notre réponse est oui il faut ranger ce projet dans la liste des priorités et en fonction de la nécessité consentir le sacrifice de reléguer à un second plan des domaines avec des besoins encore plus pressants sans doute dans le court terme et faire place à la mise en œuvre de ce projet.

Le fait même de continuer à se cacher derrière le spectre des coups d’état pour affranchir de toute légitimité nationale l’existence d’une force armée pour assurer de façon autonome et indépendante la protection et la surveillance de notre territoire dénote que nous n’avons pas grandi d’un yota depuis 1986. Ce faisant, nous donnons raison à ceux-là qui nous considèrent comme un Etat en faillite ou un Etat inexistant dans la mesure ou le message que nous laissons transpirer est clair et éloquent : Nous, Haïtiens, nous n’avons plus les moyens d’éduquer une force de l’ordre en lui inculquant les valeurs nationales et le sens de l’équilibre entre les droits et les devoirs. Et si tel est aujourd’hui le cas laissons notre patriotisme à deux balles de côté et laissons gouverner les autres à notre place.

En essayant de poser le débat autour des nominations à éviter ou à adopter en laissant de côté les questions sur les capacités de la société haïtienne à créer une institution respectueuse de la constitution et des lois du pays, nous vouons faire croire que le diable inspirerait plus de confiance suivant que nous l’appelons SATAN ou LUCIFER

La Chancellerie ( Haïtienne ) à la loupe...SOS CORRUPTION

1.535.603 dollars, paiement du mois de mai 2006, se volatilisaient lors d'un virement de la BRH à l'ambassade d'Haïti à Washington via une mystérieuse institution financière. Ce n'est qu'un des tours de passe-passe de magiciens aujourd'hui sous la loupe d'une commission sénatoriale.


Le sénateur Evalière Beauplan, président de la commission des Affaires étrangères du grand Corps, a révélé, vendredi matin, sur les ondes de Vision 2000, les grandes lignes d'un rapport d'enquête accablant sur la gestion de la Chancellerie haïtienne durant les deux années de l'administration Alexandre/Latortue entre 2004 et 2006.

Le parlementaire s'est en effet largement étendu sur la somme de 1.535.603 dollars destinée au payroll du mois de mai 2006 de la mission diplomatique et consulaire haïtienne qui se serait évaporée dans la nature au cours du virement de la BRH à une institution financière mystérieuse, inconnue, à Washington.

La BRH confirme avoir effectué le virement sans fournir les documents justifiant que le montant a été reçu par le destinataire, l'ambassadeur d'Haïti à Washington, M.Raymond Joseph, a-t-il confié.

L'ambassadeur Raymond Joseph, qui dit suivre les consignes de son ministère de tutelle dans la divulgation ou non de ces informations, a toutefois confirmé n'avoir pas reçu cette somme, a souligné Evalière Beauplan.
S'agissant des 6 millions de gourdes destinées aux étudiants haïtiens à Cuba, il a déclaré qu'une bonne partie de cette somme a été détournée de son affectation pour être utilisée au paiement des employés du ministère des Affaires étrangères et dans la liquidation de certaines dettes contractées pour des travaux spécifiques.

Des transactions vues et approuvées par le chancelier d'alors, Hérard Abraham, a glissé le législateur.

Le sénateur Beauplan a aussi évoqué le dossier des travaux de restauration de l'ambassade d'Haïti à Santo Domingo et celui de l'acquisition d'une maison pour loger un consulat non encore fonctionnel à Santiago.

Le représentant du Nord-Ouest a cité le rapport de supervision de l'ambassadeur en poste à Santo Domingo, le Dr Fritz Cinéas, indiquant que sur le montant global de 551.000 dollars américains, les travaux réalisés sont évalués à seulement 70.000 dollars.
Ne voulant pas rentrer dans les détails, Evalière Beauplan a, par ailleurs, parlé de l'acquisition au prix de 400.000 dollars américains d'une maison à Santiago, la deuxième ville de la République dominicaine, pour loger un consulat qui ne fonctionne pas et où 5 personnes, avec des émoluments mensuels de 15 mille dollars américains, ont été nommées.

Cependant, le sénateur Evalière Beauplan, avec la langue de bois propre aux diplomates, a insinué que l'Etat a acheté cette propriété ayant appartenu à un ancien secrétaire d'Etat haïtien aux Finances à un prix exorbitant.

Alors que le sénateur Beauplan faisait ces révélations, une délégation composée des patrons de l'UCREF et de l'ULCC, Jean Yves Noël et Amos Durosier, était attendue à Santo Domingo afin d'enquêter sur la gestion de cette ambassade durant les exercices 2004/2006 du gouvernement provisoire, les travaux de réhabilitation de l'ambassade et l'achat d'un immeuble à Santiago qui devait loger un consulat, a confié au journal, vendredi matin, l'ambassadeur Fritz Cinéas.
« C'est étonnant d'acheter un immeuble à Santiago alors que les consulats de Dajabon et de Barahona sont dans le loyer », a déclaré M. Cinéas.

« Un consulat qui n'existe même pas alors qu'il n'y a pas de résidence pour loger l'ambassadeur », a-t-il poursuivi.

Au cours de l'entretien, il a tenu à souligner que les dispositions pour effectuer les travaux de réhabilitation de l'ambassade ont été prises bien avant son arrivée le 2 janvier 2006.

« Au début de notre mission, nous avons fait rapport à l'administration intérimaire et au président René Préval sur ces travaux », a-t-il précisé, vraisemblablement inconfortable lorsqu'on fait référence à sa personne en évoquant le scandale à l'ambassade d'Haïti à Sasnto Domingo.

Le rapport de la commission des Affaires étrangères du Sénat intervient alors que le procès de Harold Bruno et consorts, administrateur de la chancellerie, n'a toujours pas connu de dénouement au niveau de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux administratif. Une institution importante dans la lutte contre la corruption. Un phénomène que le président René Préval a juré de combattre.

Roberson Alphonse
robersonalphonse@yahoo.fr

Et le dossier de la corruption dans l’administration de notre chancellerie de revenir sur le tapis. Comme au début du gouvernement de Preval. Les mêmes noms, les mêmes sommes, les mêmes accusations. Des consulats dotés d’un nombre d’employés non justifié par l’ampleur des services rendus…

Jusqu’à présent l’administration Preval/Alexis a laissé en place la configuration montée par le gouvernement provisoire avec y compris les fonctionnaires trempés dans l’affaire de al représentation suisse avec acteur principal le fils de l’ancien président provisoire. (Affaire Gerard Bissainthe- Alexandre !). Des rumeurs font croire que cet état de chose aurait été négocié par la communauté internationale lors de la résolution du conflit électoral !

Y aura-t-il une suite cette fois-ci ?

Lutter contre la drogue et la corruption

Le président haïtien René Préval a déclaré, lors de la conférence sur les relations entre les Etats-Unis et les pays de la Communauté de la Caraïbe (CARICOM) cette semaine, que la première priorité de son gouvernement était de lutter contre la drogue et la corruption qu'il présente comme deux fléaux qui entravent le développement socioéconomique du pays.
Les leaders des 15 pays membres de la CARICOM ont rencontré mercredi le président américain George W. Bush pour discuter d'échanges commerciaux, de questions de sécurité, de développement économique parmi d'autres sujets importants pour la sous région.

Le président Preval a indiqué que, lors de son intervention dans le cadre de cette rencontre, il n'a parlé que de la drogue, puisqu'il est convaincu que le problème de la drogue doit être abordé avant toute autre chose.
« Quand on m'a demandé de prendre la parole je n'ai parlé que de la drogue,» a indiqué le président Préval, estimant qu'il serait impossible d'atteindre un niveau de stabilité propice aux investissements et aux progrès socioéconomiques si le problème de la drogue n'était pas combattu efficacement.
« Les dealers de drogue et les contrebandiers achètent les policiers, les juges et d'autres officiels du gouvernement et il n'y aura pas de stabilité si le problème de la drogue n'est pas réglé de manière appropriée», a déclaré Préval.
« Inutile de parler d'investissements, de progrès, de stabilité si le problème de la drogue demeure intact», a-t-il insisté.
Le Chef de l'Etat haïtien a souligné qu'au moins 6 policiers avaient été arrêtés lors d'une récente opération de la police au cours de laquelle 420 kilos de cocaïne ont été saisis. Deux ressortissants colombiens et plusieurs autres individus suspectés d'être impliqués dans le trafic de la drogue avaient également été arrêtés.
Selon Préval, les dealers de drogue feront tout pour chercher à déstabiliser le gouvernement, puisqu'ils ont besoin d'un Etat faible, instable pour pouvoir mener plus facilement leurs activités.
Le président haïtien appelle les Etats-Unis à aider Haïti à faire face au fléau de la drogue, car, a-t-il dit, la lutte contre la drogue que son administration s'engage à mener est directement liée aux intérêts internes du gouvernement et du peuple américains.
« Quand nous demandons aux Etats-Unis de nous aider, c'est pour que nous puissions les aider à protéger la jeunesse américaine qui consomme la drogue», a expliqué le leader haïtien lors d'une intervention à Washington.
Pour René Preval, les USA doivent d'abord combattre la consommation de la drogue à l'intérieur de son territoire, s'ils veulent obtenir des résultats dans cette lutte. Il a également demandé à l'administration Bush de fournir les moyens adéquats aux pays dits de transit ou, dans certaines conditions, d'intervenir dans leurs eaux territoriales pour intercepter et attraper les cargaisons de cocaïne en route vers le marché américain.
Il a rappelé que Haïti a ratifié un accord permettant aux agents anti-drogue américains de patrouiller les eaux territoriales haïtiennes et d'arrêter les trafiquants de drogue.
« Depuis la ratification de cet accord, les USA ne sont jamais intervenus pour intercepter les bateaux et les avions qui transportent la drogue», a fait remarquer René Préval. «Nous n'en avons pas les moyens, nous n'avons pas d'avions, d'hélicoptères, de radars; c'est eux qui ont les moyens», a-t-il martelé. Préval a également dénoncé le processus américain de certification des pays de la région qui sont souvent qualifiés de narco-Etats dans les rapports du Département d'Etat.

« Ce processus de certification est injuste par rapport à nos Etats qui ne produisent pas et ne consomment pas la drogue», s'est indigné Préval.
Le Chef de l'Etat haïtien a également parlé du problème de la corruption qui, selon lui, constitue un problème majeur pour le développement socio-économique du pays.
« La lutte que nous menons contre la corruption est très importante », a souligné Préval estimant que les pratiques de corruption découragent les entrepreneurs haïtiens et étrangers qui veulent honnêtement investir en Haïti
« Si nous permettons, en toute impunité, que certains achètent les fonctionnaires pour obtenir des avantages au détriment des autres investisseurs, personne ne viendra investir en Haïti », a déclaré Préval indiquant que les investisseurs doivent bénéficier des mêmes avantages.
Dans un communiqué émis cette semaine à Washington par la Maison-Blanche, l'administration Bush et les 14 autres pays de la CARICOM ont félicité le gouvernement Préval/Alexis pour les progrès jusqu'ici réalisés et ont reconnu la nécessité pour Haïti de continuer à recevoir le soutien de la communauté internationale pour franchir d'autres étapes importantes dans les efforts visant à favoriser le progrès socioéconomique dans ce pays de la Caraïbe.

Au cours de ce sommet de 3 jours qui a pris fin jeudi, les USA ont promis une coopération accrue avec les pays de la CARICOM. Cependant, sur l'épineuse question des criminels déportés dans la Caraïbe, le président Bush a clairement indiqué qu'il était impossible d'arrêter pareilles déportations, puisqu'il s'agit d'une obligation imposée par la loi américaine, selon certains leaders caribéens.

Le Président aurait, néanmoins, promis d'aider les pays de la Caraïbe à mettre en place des programmes devant permettre d'encadrer les déportés et de faire face aux possibles risques que leur présence pourrait engendrer.

La super star haïtienne Wyclef Jean a offert mardi une prestation spectaculaire au Kennedy Center de Washington en présence du président Préval et de milliers de fans venus de toutes parts.
Les stars jamaïcaines, Shaggy et Jimmy Cliff, s'étaient également produites en cette occasion.
Joseph Guyler C. Delva
jguylerdelva@yahoo.fr

http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=45272&PubDate=2007-06-22

Commentaires :
Beaucoup d’haïtiens et d’étrangers intéressés par la situation d’Haïti s’interrogent sur la mise en œuvre d’une politique visant effectivement a redressé le pays et l’acheminer vers des lendemains un peu plus cléments pour l’ensemble de la population. Le contenu du questionnement reste dans le classique : Quand ? Comment ? Et avec qui ?
L’application d’une politique efficace suppose enterrer les vieux démons, contourner des obstacles monstres, et faire appel à cette sève nouvelle seule capable d’abreuver l’arbre qui doit nous proportionner ombre et fruits.
Parmi ces obstacles l’un des plus difficiles est sans doute combattre cette corruption incrustée dans les pores des administrants et administrés. Faire comprendre que la corruption est un crime contre l’état. Et ce message doit être adressé au petit détaillant qui occupe illégalement un coin du boulevard Jean Jacques Dessalines comme au ministre ou au directeur général qui détourne les fonds de l’état.
Quand le Président René Préval, drapé dans sa toute caricaturale désinvolture enrobé de son « pourianisme » retardé, déclare faire de la lutte contre la corruption une priorité de l’Etat et de son gouvernement, franchement on a du mal à croire que cette bataille pourra être livrée et menée par un président qui semble être, jusqu’à la preuve du contraire le seul ne pas posséder « d’anneaux chez les orfèvres nationaux ».
Après la fameuse SOCAGATE qui pour certain a éclaboussé notre parlement, - nous croyons que certains ont été littéralement emmerdés par cette histoire de pots de vin -, il y a eu la saisie des 420 kilos de cocaïne avec une forte suspicion de participation active de certains membres gradés de la Police Nationale. Ces deux évènements pouvant servir de preuves visibles de la corruption au sein des institutions, semblent se désintégrer sous le poids d’une indifférence complice arrangeante. La population ne veut sans doute pas dépenser de l’énergie dans la réclamation d’une justice qui ne viendra jamais.
Le dossier de corruption au sein des ambassades refait surface. Rien de nouveau dira-t-on. Le « kase fèy kouvri sa » a déjà fait sa preuve plus d’une fois.
En attendant Monsieur Preval, ayez le courage de passer de la parole aux actes ! Vaut mieux échouer en ayant essayé que de renflouer les rangs de ceux qui n’ont laissé de traces que les sillons emmerdés de leurs actes malhonnêtes et répréhensibles.
Aujourd’hui, les problèmes qui croupissent Haïti et les haïtiens dans la misère crasseuse et puante ou ils pataugent sont si ancrés dans la conscience des citoyens qu’ils ne sont plus perçus comme tels.
Le secours ne viendra sans nul doute de l’intérieur.