Google

mardi 22 avril 2008

Haïti-Crise alimentaire : Engagement étatsunien de 30 millions de dollars pour supporter les subventions sur 6 mois

Lundi 21 avril 2008par
Ronald Colbert
Mirebalais (Haïti), 20 avril 08 [AlterPresse]--- Les Etats-Unis d’Amérique se sont engagés à apporter un montant de 30 millions de dollars afin de supporter les subventions à la consommation, sur une période de 6 mois, en Haïti frappée par une grave crise alimentaire, apprend l’agence en ligne AlterPresse.
« Il s’agira, pourtant, de savoir de quelle maniere les subventions seront accordées : directement aux importateurs sur le marché national, ou par une demande aux Etats-Unis pour une réduction de la tonne de riz vers US $ 600.00 », avertit, ce dimanche 20 avril 2008, le secrétaire d’Etat sortant à l’agriculture Joanas Gué.
Après le 12 avril, des pourparlers ont commencé avec les entreprises importatrices de lait, d’huile de cuisine et de sucre, afin de faire baisser les prix de ces biens essentiels au meme titre que le riz importé, déjà entendu avec les importateurs de ce produit.
Pour Gué, qui revient d’un séjour de 4 jours au Venezuela en vue de négocier des conditions d’achat de semences a un prix préférentiel, l’approche retenue consiste à ne pas agir sur les tarifs douaniers.
« L’alimentation et la sécurité alimentaire relèvent de la souveraineté nationale, lors meme que les accords internationaux conclus nous limiteraient dans un processus de subventions », indique le secrétaire d’Etat sortant a l’agriculture.
Dans la perspective de recherche de solutions durables au phénomène de la vie chère, et par ricochet de la crise alimentaire, des échanges ont lieu ces jours-ci avec différentes institutions partenaires d’Haïti, comme le Fonds des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao), l’Union européenne (UE) via le fonds international de développement agricole et la France.
Sur le million d’euros promis au fort des émeutes de la deuxième semaine d’avril 2008, la France a déjà transmis une lettre d’engagement pour 500 mille euros aux autorités haïtiennes, lesquelles vont négocier les conditions de l’autre moitié de financement.
A AlterPresse, Joanas Gué déclare que l’accent sera mis sur la Vallée de l’Artibonite pour une relance de la production agricole, par des actions de structuration et une approche de filières.
Des interrogations fusent tout de meme sur le suivi qui sera effectué à l’ensemble de ces pourparlers par le nouveau gouvernement, dont le choix devrait intervenir cette semaine, pour remplacer l’équipe de Jacques Edouard Alexis censurée le samedi 12 avril 2008 par les sénateurs. [rc apr 20/04/2008 18:00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article7166

lundi 21 avril 2008

D’énormes pertes ont été enregistrées lors des manifestations violentes contre la vie chère

Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) informe que 268 personnes ont été blessées dont 220 à Port-au-Prince lors des manifestations violentes des 9 et 10 avril 2008. Dans son rapport, le RNDDH fait état de 10 véhicules incendiés et 342 bâtiments endommagés lors des attaques des casseurs, et dénonce l’inaction des autorités gouvernementales et policières face aux actes de violence.
Le secrétaire exécutif du RNDDH, Viles Alizar, souligne que 10 casques bleus ont été blessés tout en critiquant l’utilisation exagérée des armes à feu par les soldats de la mission onusienne.
Les responsables du RNDDH pressent les autorités de constituer une commission d’enquête afin d’identifier les auteurs de ces actes qui devront être traduits par devant leurs juges.
De son coté, le maire de Port-au-Prince, Jean Yves Jason Muscadin, rappelle que une annexe de la Mairie a été pillée et annonce la mise en place d’un bureau en vue de recueillir les doléances des commerçants victimes des casseurs. Il estime nécessaire la création d’une police communale, chargée de surveiller les biens publics et de faire respecter les décrets communaux.
D’autre part, le maire de Delmas, Wilson Jeudi, informe que plus de 170 entreprises et résidences ont été attaquées par des casseurs lors des manifestations contre la vie chère.
Tout en faisant remarquer que la mairie était impuissante lors de ces évènements, M. Jeudi révèle que les agents de l’ordre étaient étonnés de la stratégie des bandits. " Les policiers ont fait une bonne gestion de la situation afin d’éviter un grand nombre de victimes", ajoute t-il tout en expliquant que les pertes sont énormes. Le maire de Delmas envisage un accompagnement pour les entrepreneurs victimes mais fait remarquer que l’administration communale ne dispose pas de grand moyen financier.
La situation est tout autre pour le maire de Carrefour, Yvon Jérôme, se réjouit du comportement exemplaire des carrefourois. Selon M. Jérôme ceci permettra à terme de faire oublier la mauvaise réputation de sa commune.
Par ailleurs, une commission sénatoriale avait effectué une visite d’évaluation au Cayes, quelques jours après les manifestations violentes contre la vie chère. La commission présidée par le sénateur Fritz Carlos Lebon a eu des entretiens avec le commissaire du gouvernement, les autorités policières et les responsables de l’organisation " La Savanne ".
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=13683

Des progrès sont enregistrés dans la production du biodiesel en Haïti

Les experts, Reginald Noël du Groupe Carburant d’Haïti et Gaël Pressoir de Chibas, font état de progrès enregistrés depuis deux ans dans la production du Biodiesel en Haïti.
M. Noël révèle que le biodiesel produit en Haïti est utilisé convenablement dans les véhicules et les génératrices. " Nous produisons 500 galons de biodiesel par mois", déclare M. Noël expliquant que le biodiesel produit en Haïti est certifié par Volkswagen du Brésil. Selon le responsable du Groupe carburant d’Haïti, le biodiesel mélangé au kérosène fait fonctionner normalement les lampes et réchauds. Reginald Noël et Gaël Pressoir se prononcent pour un renforcement de la production nationale dans le domaine du biodiesel, et réclament l’élaboration d’une législation dans le domaine.Selon les experts, les moteurs des véhicules peuvent fonctionner uniquement au biodiesel, ce qui n’est pas le cas pour l’éthanol qui doit être associé à une quantité de gazoline.Le Groupe carburant d’Haïti dispose d’une usine pouvant produire 400 000 galons de biodiesel insiste M. Noël, qui révèle l’existence de 7 fermes expérimentales à travers le pays.
De son coté, Gaël Pressoir soutient que le groupe Chibas entend apporter un appui technique aux associations de paysans pour la culture du Jatropha.
Connu en Haïti sous le nom de " Gros Medsiyin ", le Jatropha, qui pousse dans des terres arides permet de produire l’huile nécessaire à la production du biodiesel.
M. Pressoir souligne que les sables ne pouvant pas produire des denrées, peuvent permettre de cultiver le jatropha. Tout en expliquant qu’il s’agit d’une énorme opportunité économique pour le pays, M. Pressoir révèle que le Jatropha a une durée de vie commerciale de 20 ans.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=13684

dimanche 20 avril 2008

Une lyrique de la femme

Le peintre allemand, Michael Heckert, expose environ une quinzaine de tableaux dans « Les Jardins de Gérard » à Pétion-Ville du 16 au 23 avril 2008. Des couleurs flamboyantes se marient et s'harmonisent dans une quête perpétuelle de la représentation de l'univers féminin.
La présente exposition, qui est ouverte de 11h a.m. à 11h du soir, réunit les toiles de Michael Heckert dans deux salles de « Les Jardins de Gérard». Le thème retenu est «Le cosmos féminin».
Michael Heckert ne fait que traduire l'événement « femme » en événement de couleurs. Il arrive à créer par l'harmonie des couleurs et la représentation des cercles, ce que Roland Barthes appelle une lyrique de la femme. Son procédé est un expressionnisme non figuratif qui ne nie pas son admiration pour Willem de Kooning et Per Kirkeby, mais qui perpétue une certaine tradition allemande d'art expressif.
A ses débuts, ce créateur des formes et des couleurs s'adonnait à une représentation figurative de la femme.

Sa formation universitaire axée sur les nus lui a donné l'occasion, à partir des années 80, de représenter la créature féminine en un drame de couleurs et de parier sur ses valeurs. Ce qu'il associe en matière de séduction et de défense devient suggestif, à l'aide des couleurs. Chaque toile porte en elle une certaine énergie, une certaine vibration, une harmonie pleine et entière. Ce qui saute aux yeux, c'est la dominance du cercle.
La représentation des cercles est inhérente à son oeuvre, mais elle n'est pas régulière et soignée. «Les cercles de Michael Heckert ne sont pas construits, mais tout en mouvance vivante, pulsionnels, explosifs : ce sont des remous, des disques en rotation, des cyclones, des phénomènes solaires ou des planètes tournantes, et, entre ceux-ci, une supernova qui fait une apparition ébouissante», note le Dr HD Rauh. Ses oeuvres arrivent à produire un effet immédiat sur l'observateur. Elles n'ont rien à avoir avec un art intellectuel. Cependant, les formes arrondies suggèrent un certain idéalisme.
Ce chantre de la femme est pathétique, mais beaucoup de ses toiles montrent la gaieté. Sans faux-fuyant. La couleur, forte et intense, ludique, superposée en touches épaisses est pleine de vitalité et souvent exaltée, elle forme des « corps sonores ». Le rouge, le bleu et le jaune sont les plus représentés.
Au vernissage des oeuvres de Michael Heckert, l'ambassadeur de la République fédérale d'Allemagne à Port-au-Prince, Hubertus Thoma, était présent. Le diplomate considère ce peintre, dont les oeuvres se trouvent aujourd'hui dans beaucoup de collections privées et des musées d'art contemporain de marque en Allemagne, comme un « véritable maître de son art ».
Herbetus Thoma se dit fier de collaborer avec madame Michèle Alfred, une galeriste haïtienne, celle qui a fait preuve de grand civisme et de responsabilité patriotique avec la création de la «Fondation d'art haïtien contemporain ».
Il a profité de l'occasion pour « féliciter le président René Préval d'avoir donné avec succès l'ordre de cesser les violences » survenues récemment dans le pays suite à des émeutes de la faim. Le diplomate allemand termine son discours avec une très belle épigraphe : « On doit aimer pour pouvoir peindre. Dès lors, l'univers commence à bouger».

Dame-Marie va présenter sa deuxième Fête du cacao

La deuxième édition de la Fête du Cacao se déroulera les 25, 26 et 27 avril 2008 à Dame-Marie dans le département de la Grand'Anse, à l'initiative de la Fondation Elvecina St-Martin (FESMAR), en collaboration avec l'Association d'Entre Aide des Dame-mariens (AEADMA) et la Coopérative Agricole Union Développement (CAUD.
En plus des deux cents (200) représentants d'organisations cacaoyères des différentes communes avoisinantes, plus de cinq mille (5000) personnes sont attendues à cet important évènement appuyé entre autres par le Ministère du Tourisme, le Ministère de l'Agriculture, l'Institut Interaméricain pour la Coopération avec l'Agriculture (IICA) et la Plate-forme des Associations Haïtiennes pour un Développement Alternatif (PAPDA).
Pour aller au-delà des objectifs de l'édition d'avril 2007, les organisateurs entendent cette année mettre en place un programme d'actions de renforcement de la production du cacao, de création de fermes de démonstration dédiées à la culture du cacao, d'assistance technique aux petits ateliers de transformation du cacao, de sensibilisation et d'information permanente de la population sur le marché du cacao, tout cela dans le but de travailler à l'amélioration des conditions de vie de ceux qui s'adonnent à la culture de cette denrée d'exportation dans le pays. Il faut préciser en passant que, selon les chiffres publiés par le service des procédures à l'exportation du Ministère du Commerce et de l'Industrie, Haiti a exporté environ 3.5 Millions de kilogrammes de cacao au cours de l'année 2007 pour un montant de 5 417095 dollars US.
D'un autre côté, la deuxième édition de la Fête du Cacao à Dame-Marie vise également la mise en valeur de la région en développant un tourisme basé sur le cacao et les sites naturels de la région. Les organisateurs de cet événement croient dur comme fer qu'en associant la culture du cacao à la promotion du tourisme à travers la mise en place du « circuit du cacao », les acteurs impliqués dans la chaine de production de cette denrée verront certainement leurs sources de revenus augmenter. De plus, ils entendent établir la relation entre la culture du cacao et la protection de l'environnement et ceci dans une perspective de lutte contre le déboisement et la dégradation des conditions de vie.En vue de mieux cerner les problèmes auxquels font face les planteurs et travailleurs du cacao, une journée de réflexion a été organisée à Dame- Marie le 7 mars 2008. Des représentants de coopératives et d'autres organisations communautaires, des spéculateurs, des artisans et des planteurs ont participé à cette activité. Les décisions arrêtées à partir des différents points débattus seront présentées sous forme de cahier de charge à la Fête du Cacao les 25, 26 et 27 avril 2008.
La commune de Dame-Marie en tant que pôle principal de production du cacao dans la Grand'Anse est entourée de zones de production, partant de la commune de Jérémie jusqu'à celle des Irois. La Grand'Anse et le Nord sont les deux grandes régions productrices de cacao d'Haiti.

Petite tasse d'espoir pour le café d'Haïti

COOPCAB obtient US$4.00 pour la livre de café produit par la coopérative appelée CMIA située à Mare Blanche, commune de Thiotte. C'est une première qui permet d'espérer...
Pour la première fois dans l'histoire de la commercialisation du café haïtien dans le monde, la livre de café atteint la barre de 4 dollars américains. Il s'agit là d'une grande première qui vient confirmer la qualité supérieure du café de Mare Blanche, commune de Thiotte, réputée pour son café gourmet. Il est tout aussi important de mettre en exergue la capacité de négociation avec les acheteurs internationaux pour obtenir un prix plus équitable qui tient compte de la qualité de café offert. En effet, ce niveau de prix est généralement pratiqué dans les ventes aux enchères des concours nationaux et internationaux dénommés « Tasse d'Excellence » pour des cafés gourmets de la région latino-américaine et caribéenne. Cet exploit hors du circuit des concours internationaux, vient rappeler à juste titre la nécessité de considérer le café haïtien comme une ressource naturelle prometteuse de richesses, pour autant que l'on y consacre les ressources et les énergies nécessaires à sa valorisation.
En effet, il est impérieux que :- L'Etat haïtien apporte tout le support nécessaire aux producteurs de café, en termes de régulation, de promotion, d'assistance technique et de financement ;- Les bailleurs de fonds internationaux aident au financement du secteur;- La contrebande de café à la frontière haitiano-dominicaine cesse;- Les exportateurs recherchent pour le café haut de gamme, un prix équitable et qui profite aux producteurs de café eux-mêmes ;- Les petits planteurs de café soient informés des cours du café sur le marché mondial, et puissent mieux négocier le prix de vente de leur café ; - Le café haïtien puisse occuper sur le marché international la place qui lui revient.
Suite à la disparition des exportateurs traditionnels en 1997, des associations et des coopératives de planteurs ont heureusement pris la relève et commencé à exporter les produits de leurs membres vers l'extérieur. Elles sont : FACN , RECOCARNO , COOPCAB , APCAB , UCOOPCAB , etc. Ce sont toutes des organisations relativement jeunes et qui ont grands besoins d'assistance technique, administrative et financière. Il est crucial pour la survie et l'essor de cette filière que l'Etat haïtien et les bailleurs de fonds soutiennent ces institutions associatives pour qu'elles arrivent à surmonter les problèmes inhérents aux petites et moyennes entreprises émergeantes.
Il est important de souligner qu'il y a eu une baisse de plus de 58% de la production totale en café en Haïti qui serait passée de 600,000 sacs (36,000 TM) en 1950 à moins de 400,000 sacs (24,000 TM) dans les années 2000 (CIRAD 1999), pour atteindre aujourd'hui 250,000 sacs (estimation). Pourquoi cette diminution sensible ? Comment expliquer cette chute vertigineuse ?
I).- Au fil des années, l'histoire de la commercialisation du café en Haïti s'est caractérisée par un système reposant sur la spéculation commerciale outrancière. Toute une série d'intermédiaires, du spéculateur au voltigeur, de l'exportateur traditionnel au sous-marin, en passant par les taxes que prélevait l'Etat haïtien, accaparaient la plus grande part du prix de vente du produit. Les planteurs eux-mêmes ne recevaient qu'une misérable et insignifiante part de la vente. « Le café est une mine d'or pour tous, sauf pour son producteur » pour citer un ministre haïtien de l'agriculture. Jusqu'en 1996, la structure de la filière pouvait se schématiser ainsi avec les nombres estimés d'acteurs suivants : Schéma 1 : Structure de distribution du café en Haïti en 1996Source : APROMA 1996Paradoxalement ceux qui ont fait fortune dans le café n'ont jamais réinvesti un sou dans la filière. Sur ce constat, beaucoup de planteurs ont fait le choix de remplacer les caféiers par d'autres cultures plus rentables.
II.- En 2000 toutes les régions caféières du pays ont été envahies par des scolytes qui ont ravagé les plantations. L'inaction de l'Etat et des exportateurs de café ajoutée à l'impuissance des planteurs sont autant de facteurs qui expliquent la baisse considérable de la production caféière.III).- L'embargo de 1992 a livré les planteurs haïtiens mains liées aux acheteurs dominicains. Ces derniers importaient et importent encore « illégalement » le café haïtien pour leur consommation propre et sa réexportation sous le label « produit dominicain ». « Sòt ki bay, enbesil ki pa pran ».

Aujourd'hui plus de la moitié de la production haïtienne de café traverse la frontière hors du circuit légal de commerce, donc sans connaissement, sans facture commerciale, sans aucune trace de vente. Des dominicains se sont établis dans toutes les régions de production de café d'Haïti, remplaçant les spéculateurs d'antan avec des pratiques encore plus préjudiciables pour les planteurs et le Pays. Toute une série de Madame Sarah, d'acheteurs, de voltigeurs, de sous-marins travaillent dans les régions les plus reculées du pays, à la solde de ces spéculateurs dominicains. Voici comment le schéma se présentait en 2004:Schéma 2 :Structure de distribution du café en Haïti en 2004
Source : AGRICORP 2004

Source : AGRICORP 2005
Le président de la plus grande compagnie dominicaine finançant l'opération, eut à déclarer avec arrogance et fierté : « Je décide du prix de vente du café en Haïti ! ».
*****************
La COOPCAB, Coopérative des Planteurs de l'Arrondissement de Belle Anse, qui regroupe 2,663 planteurs dont 788 femmes, s'occupe de la commercialisation du café de ses membres vers le Japon, l'Italie, la France, les Etats-Unis et le Canada. Le prix de US$ 4.00 a été obtenu dans le cadre de négociation régulière entre la COOPCAB et un acheteur avisé de café gourmet du monde.

Tous les membres de la COOPCAB se réjouissent de cette nouvelle extraordinaire et profitent pour remercier tous ceux qui y ont contribué, plus particulièrement :
- la Banque de Crédit Agricole (BCA) qui a octroyé un prêt à la COOPCAB pour la campagne 2007-2008 ;
- les ONG internationales : la Fédération Luthérienne Mondiale et ActionAid et l'ONG nationale CROSE qui ont financé la campagne de marketing de l'année ;
- L'Ambassade du Japon en Haïti qui a financé le matériel et équipement du centre de traitement final de la COOPCAB - Monsieur Marcel Duret, Ex Ambassadeur d'Haïti à Tokyo, pour sa contribution personnelle et désintéressée.
1- Fédération des Associations Caféières Natives

2 - Réseau des Coopératives Caféières de la Région Nord
3 - Coopérative des Planteurs de l'Arrondissement de Belle-Anse
4 - Association des Planteurs de Café de Belle Anse
5 - Union des Coopératives Caféières de Baptiste

En piste pour une deuxième semaine de consultations politiques

On s’achemine vers une deuxième semaine de discussions et de consultations politiques en vue de la formation d’un nouveau gouvernement. Une nouvelle rencontre entre le chef de l’état et les dirigeants des partis politiques représentés au parlement est prévue pour le lundi 21 avril au palais national.
Pendant ce temps, le sénateur Rudy Herivaux est indigné de l’exclusion du parti Fanmi Lavalas des négociations lancées mardi dernier. M. Herivaux qui se dit consterné rappelle au chef de l’état qu’il avait pu revenir au pouvoir grâce à la détermination des militants du parti Lavalas. " J’attends une invitation du chef de l’état", martèle t-il.
Le premier ministre démissionnaire, Jacques Edouard Alexis, dans ses premières déclarations, 7 jours après le renvoi de son gouvernement a voulu calmer la tension des acteurs et de l’opinion publique en évitant de critiquer les sénateurs ayant censuré son gouvernement. " C’est le jeu constitutionnel et démocratique", lance t-il tout en appelant à la formation du nouveau gouvernement." C’est dommage que je quitte le poste ainsi mais le pays ne perd rien parce que je continuerai à être à son service ", a soutenu M. Alexis en marge de la cérémonie funèbre du policier nigérian de la Minustah assassiné samedi dernier. Jacques Edouard Alexis estime qu’au delà des personnes tout doit être fait pour sortir le pays du marasme. " Il faut tout mettre en place pour que le pays retrouve la voie de la paix et de la stabilité", ajoute t-il.
Au sénat, les sénateurs de Lespwa affichent leur désaccord avec les 16 sénateurs interpellateurs. Le sénateur Joseph Lambert ( Lespwa) avait indiqué que le chef de l’état peut nommer le premier ministre sur une période s’étalant jusqu’au 31 avril.
Les sénateurs interpellateurs eux souhaite la désignation dans le meilleur délai d’un nouveau chef de gouvernement.Evaliere Beauplan (Pont) dit comprendre les déclarations du sénateur Lambert qui n’est pas motivé par les nombreuses manifestations contre la cherté de la vie. " Il y a des gens qui font des faux calculs et qui sont content quand le pays est en crise", lance le sénateur Beauplan. http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=13682

La crise alimentaire en Haïti, sujet de préoccupation pour la COPPPAL

Thème central d’une réunion plénière qui s’est achevée samedi au Panama, cette problématique fera prochainement l’objet d’un sommet spécial des partis sociaux-démocrates latinoaméricains
samedi 19 avril 2008,
Radio Kiskeya

La crise alimentaire mondiale ayant touché notamment Haïti, ces derniers jours, a marqué samedi la clôture au Panama de la XXVIIe réunion plénière de la Conférence permanente des partis politiques d’Amérique latine (COPPPAL), rapporte l’agence espagnole EFE.
Cette rencontre a servi de travail préparatoire à un sommet prévu en main ou juin prochain sur la problématique de l’accès aux denrées alimentaires et auquel prendront part toutes les formations politiques membres de ce regroupement régional.
Intervenant à l’issue de la rencontre, le président de la COPPPAL, l’argentin Antonio Cafiero, a qualifié les discussions de "productives". Soulignant que, selon la déclaration finale intitulée Déclaration de Panama, "la crise alimentaire ne représente pas un élément mineur", il a précisé que pour cette raison une réunion spéciale sera organisée sur les ressources alimentaires naturelles dont dispose l’Amérique latine.
Une centaine de délégués venus de 13 pays ont pris part à ces discussions qu’abritait Ciudad de Panama, la capitale panaméenne.
Haïti et le Salvador sont les deux pays de la région où la flambée des prix des produits de première nécessité ont donné lieu à d’importants mouvements de protestation ces dernières semaines.
Deux partis politiques haïtiens se situant dans la mouvance de la social-démocratie, la Fusion des sociaux-démocrates (FUSION) et l’Organisation du peuple en lutte (OPL), sont membres de la COPPPAL qui compte 29 ans d’existence. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4947
Notre Commentaire :
On en connaît et on en a vu des réunions de « conglomérats » de partis politiques qui viennent toujours à point après le passage d’une catastrophe. On a l’impression que, de part leur célérité et leur agilité à sauter sur de telles occasions, ça les arrange même le fait qu’il y ait des tsunami, des émeutes de la faim. Ils semblent ne pas savoir ni pouvoir exister autrement.
Le monde change. Les notions politiques devraient être revues. Le traditionalisme des formules clichés a été repoussé par une réalité trop crue et trop poignante. Le fondamentalisme doit trouver son compte dans un questionnement spontané vulgaire sans l’utilisation des ces discours qui font des politiciens des hommes à part. Les problèmes se posent en questions simples :
Pour quoi cette flambée du prix de pétrole ? Qui fait augmenter le prix du pétrole ? Pourquoi on se dit rien devant les détournements de fonds alloués aux pays pauvres ? Pourquoi on ne dit rien devant les patrimoines carrément aberrants des chefs d’état africains dont les citoyens de leurs pays repoussés par la misère, constituent la chair a canon des projets d’immigration ?
Donc ces préoccupations, on le sait que trop bien, servent « à faire dodo les enfants »

Le secrétaire d’Etat français à la coopération attendu en Haïti lundi

Alain Joyandet s’entretiendra de la grave crise alimentaire actuelle avec les autorités du pays et les représentants de la communauté internationale
samedi 19 avril 2008,
Radio Kiskeya
Le secrétaire d’Etat français à la coopération et à la francophonie, Alain Joyandet, arrive lundi à Port-au-Prince pour une visite de 48 heures qui portera essentiellement sur la crise alimentaire à l’origine de violentes protestations sociales en Haïti, selon un communiqué de l’ambassade de France cité par l’AFP .
"Cette visite intervient après l’annonce par le président Nicolas Sarkozy du doublement de l’aide alimentaire française en 2008", indique le communiqué.
Durant son séjour, M. Joyandet aura des entretiens avec les autorités haïtiennes dont le Président René Préval et le Premier ministre démissionnaire Jacques-Edouard Alexis. Ce dernier a été évincé, il y a une semaine, par le Sénat en raison de l’incapacité de son gouvernement à juguler la crise.
Des rencontres avec des responsables locaux du Programme alimentaire mondial (PAM) et de la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH) sont également prévues.
Différents partenaires bilatéraux et multilatéraux d’Haïti, dont la France, se sont mobilisés au lendemain des événements en vue de fournir une assistance humanitaire d’urgence aux populations les plus pauvres du pays. Paris a débloqué une aide de 900.000 euros (un peu plus d’un million de dollars).
Pour sa part, la Banque Mondiale a annoncé une enveloppe de 10 millions de dollars.
Des opérations de distribution de nourriture supervisées dans la plupart des cas par des casques bleus ont commencé dans certains quartiers populaires comme Cité Soleil (banlieue nord de Port-au-Prince).
Des manifestations colossales accompagnées de graves violences avaient fait, il y a quelques jours, cinq morts par balle, plus de 200 blessés et causé de lourdes pertes matérielles et économiques. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4946
Notre commentaire :
Il est sensé de noter que depuis l’arrivée au pouvoir de René Preval, qui, pour les naïfs signe un retour à la démocratie en Haïti – Un retour vers la démocratie pour le politiquement correct- Haïti est devenue un endroit prisé par les missions étrangères et diplomatiques. Cette semaine risque de bouchons avec la présence du chancelier espagnol et le secrétaire d’état à la coopération et a la francophonie !
On ne saurait s’en plaindre car au moins on est plus cloué au pilotis de l’indifférence car nous sommes définitivement désenclavés. Nous sommes devenus célèbres. Qui dans le monde d’aujourd’hui n’a pas entendu parler de Cité Soleil ? Qui n’a pas été choqué par des scènes abominables de gens préparant dans des conditions nauséeuses de manque d’hygiène des galettes de boue qui sont commercialisées et consommées contre la faim ?. Aujourd‘hui nous sommes aussi des acteurs de premier rang des émeutes de la faim. Nous avons donc pris des gallons.
Ce que les gens ne savent toujours pas c’est que d’une certaine manière les raison de se lancer dans des rues pour exiger de quoi manger ont toujours existées. Quand on parle de pauvreté dans le langage haïtien comme dans tous les pays pauvres, il ne s’agit pas d’enfants qui ne vont pas au ski en hiver ou qui ne vont pas en vacances à la Guadeloupe en été.
Nous nous référons à des gens qui se lèvent le matin qui ne savent pas ce qu’ils vont manger aujourd’hui, demain et les jours à venir. Les responsables de ces familles se lèvent le matin. Ils partent chercher la vie. Sans destination fixe. Sans un endroit particulier ou il serait susceptible de trouver du travail. Ils partent errer dans la nature. Le salut vient quelques fois de la rencontre avec un pasteur d’église ou un homme politique qui lui donne juste pour ce jour de quoi tromper la faim. Souvent un emprunt pour faire un commerce de n’importe quoi et voilà les rues remplies de ces marchands d’inutilités de la conjoncture.
Ce qui a vraiment changé aujourd’hui c’est l’absence de régime et de forces répressifs pour rendre impensables la réalisation de manifestations populaires.
Ceux qui veulent nous aider devraient en tenir compte car la gestion de l’urgence ne résout jamais les problèmes de base. Il faut des actions profondes capables de modifier les structures enracinées dans les mentalités et les façons de gouvernes qui sont des obstacles insurmontables, des murs infranchissables. Il faut du cran pour introduire la main dans la plaie… cette plaie béante et immonde, loin de laquelle on détourne le regard pour ne pas sentir la nausée et la pestilence des émanations…

samedi 19 avril 2008

CRI DU COEUR DE CARLTON RARA... AUX HAITIENS ET AUX AMIS D'HAITI

Je me permets de partager avec vous ce cri du cœur d’un haïtien, haïtianophyle et surtout un humain. Carlton Rara pourtant n’a pas parlé lui-même. Il n’a fait de présentation non plus. Je savais qui il était. J’avais visité son site.
Cependant en recevant ce document j’avais eu une sorte de hoquet m’invitant à le balancer à la poubelle comme je le fais avec les centaines de courriers de gens venant de la Côte d’Ivoire héritiers pour la grande majorité de richissimes hommes d’affaires assassinés qui, dans leur grande bonté vous demandent gentiment de leur passer un numéro de compte pour bénéficier de 15 ou 10 % après juste un naïf transfert de fonds qui se comptent toujours en millions de dollars.

Le mot DIASPORA avait aussi eu un effet très désagréable sur moi. Je sais ce qui se dit autour de ce groupe d’expatriés et surtout comment des individus en panne et en quête de notoriété s’avisent du jour au lendemain de se parer d’un habit de représentant de plus de 2.000.000 d’haïtiens, - sans leur en demander l'autorisation- avec à la clé des congrès mondiaux au Venezuela (ou résident quelques dizaines d’haïtiens, en ou Haïti juste quelques mois après la victoire de Préval.
J’ai quand même pris le soin de lire et je me suis retrouvé de plein pied dans l’approche de Carlton RARA à travers les différentes questions qu’il se pose. Je me suis dit que si on se pose les mêmes questions pourquoi ne pas se les poser en même temps , dans un même espace de réflexion de façon à construire et élaboré les réponses.
Je l’ai contacté tout de suite. Je n’ai pas été le seul. Il y a un réseau qui est entrain de se former. Ce n’est point pour une énième association, ONG, collectif mais pour un vrai espace de concertation pour aller au-delà des démarches routinières qui ne donnent pas de résultats.
C’est dans cet esprit que je propose aux lecteurs de HAITI RECTO VERSO le partage de ce document.

Vous pouvez contacter Carlton Rara qui assure rapidement l’échange des courriers électroniques entre l’ensemble des individus qui ont pris le temps de réagir.
Pour contact : Carlton Rara
infocarlton@yahoo.com

------------
Lettre ouverte à tous les Haïtiens de la diaspora ou permanents du pays, tous sexes, tous âges, tous passeports confondus et autres intéressés francophones
Chers vous tous
A tous ceux qui voudraient anticiper la fuite d’un énième discours politique de bistrot, ne partez pas tout de suite, rien de tel ci-après, rassurez-vous, je ne suis qu’un illustre cancre.Je ne suis même pas citoyen de mon pays : Haïti...et l'état civil de cette République ne peut rien pour moi, enfin je ne m'en porte pas plus mal après tout...
Mon pays, lui, ne se porte pas bien; on me demande ici ou là si j'ai encore de la famille « là bas », si tout va bien pour eux....enfin, la politesse d'usage quoi ; à ça j'ai envie de répondre que oui, j'y ai encore de la famille effectivement, à peu près 8,5 millions de parents et pas grand chose ne va pour l'immense majorité d'entre eux.
J’ai grandi en dehors d’Haïti avec comme album de famille les crises sociales et politiques qui rythment la survie du pays depuis 200 ans et avec moi a grandi l’idée que cette « misère » et ce désordre faisaient partie du décor jusqu’à ce que cette idée se brise le jour où j’ai compris qu’en Haïti il n’y avait pas plus de fatalité qu’en Sibérie ou en Papouasie Nouvelle Guinée et que la situation à l’échelle d’un collectif ou d’un pays est la conséquence de causes et que ces causes sont produites par des actes, posés eux-mêmes par des décisions et que finalement ces décisions il fallait bien que ce soit des hommes qui les prennent.
Derrière, devant ou dedans le tableau apocalyptique de la situation de tiers monde qui galope en Haïti on distingue bien des hommes en effet (ne vous offusquez pas les filles je prends le mot homme dans une acception philosophique et générique, allez bisou), qu’ils soient ceux qui meurent, ceux qui souffrent, ceux qui souffrent moins, ceux qui ne souffrent pas du tout.
En effet, étranglés à travers le maillage si « complexe » du « système », on aperçoit rien d’autre que des hommes ou enfin ce qu’il en reste.
On a beau m’expliquer toute l’extraordinaire complexité de la chose, en chiffres, diagrammes, statistiques savantes, exposés et rapports de sciences humaines par les plus brillants spécialistes de ce monde, j’ai encore aujourd’hui la faiblesse de penser que même si la majorité de mes compatriotes crèvent « complexement » la dalle ou crèvent « complexement » tout court, que cela revient au même que si la mécanique du fléau avait été dérisoirement simple.
A qui la faute ? Qui aurait mal agi ou mal décidé et dont les conséquences des actes auraient été directement responsables de cette calamité ? Que devrait-on faire ?
L’histoire une fois de plus fera en son temps son œuvre en nous enseignant après coup les tenants, le déroulement et les aboutissements de la bataille dans des écritures préfigurant l’exposition des vestiges dans les musées.
Nous, les diasporés d’Haïti, ferons nous parti de cette histoire?
Comme nombre d’entre nous donc, et à toute époque la contemporanéité de sa crise, il y a bien longtemps que je me suis demandé ce que je pouvais bien faire pour ce pays qui souffre et qui finalement a enfanté pour partie ce que je suis aujourd’hui.
Comme beaucoup j’ai été inlassablement découragé, submergé par l’ampleur des difficultés, rendu incapable d’agir, par le ressac des crises ou des catastrophes, les impressions de déjà vu, les bis repetita placent, en proie à la résignation devant le déferlement implacable du destin, esseulé dans mes réflexions ou intellectuellement mal accompagné, livré à la facilité d’enfoncer des portes ouvertes et de jeter des pavés dans le sens du vent pour finir par me convaincre que de toutes manières il n’y a rien que je puisse faire moi et mes amis.
Sans compter que des difficultés, il y en a aussi ici (en France pour ma part où je réside le plus clair de mon temps) pour la plupart d’entre nous dans des pays industrialisés qui connaissent leur lot de souffrance et de misère pour être eux aussi le fruit du règne de l’homme évolué (il faut bien qu’on se marre un peu quand même). Ca n’est pas toujours dimanche en effet pour nous ici mais à celui qui voudrait s’égarer dans sa complainte je dis tout net que la « pénibilité » de la vie dans les pays industrialisés est sans commune mesure avec la réalité haïtienne « insoutenablement » pesante.
Evidemment les plus jeunes d’entre nous et ceux qui n’auront jamais mis les pieds dans ce pays impraticable pour les non initiés, ne connaissent pas les coupures de courant, quand bien sûr on en a dans sa maison, quand bien sûr on a une maison, quand on a les moyens d’en avoir une ; pas plus que le manque d’eau potable qui, lui frappe tout le monde ; ne leur évoque rien le soleil de plomb qui sèche la terre auquel succèdent les pluies torrentielles et la boue meurtrière dans ce pays déroutant et sans route où l’on saute un repas comme on oublierait un rendez-vous chez la manucure.
J’ai connu toutes sortes d’haïtiens (même chose que pour les « hommes » les filles, mettez tout ça au féminin évidemment), des gros, des petits, des noirs et des moins noirs, des artistes, des paysans, des portauprinciens, des provinciaux, des vaudouisants, des ecclésiastiques, des diplomates, des banquiers, des docteurs, des marchandes de pistaches, des policiers, des nés prématurés, des chauffeurs, des putes, des déconneurs, des dépressifs, des pédés, des alcooliques, des poètes, des riches, des très très pauvres, des infirmes, des blancs, des rouges, des qui dorment avec une pétoire sous l’oreiller, des gentils, des cons, des ordures, des sirènes, des gueulards, des escrocs et mêmes des princesses, et oui…… et tout aussi divers qu’ils m’apparaissent, ils ont une ressemblance qui tient dans le fait, il me semble, qu’ils viennent tous d’Haïti.
Après ces tergiversations d’Haïtien naturel, j’en viens au fait avec mon lot de questions connexes et subsidiaires.(accrochez-vous, y en a encore pour 7 pages, mais non je plaisante…quoique)
Depuis la dernière grosse crise en Haïti, qu’elle fut d’ordre socio-politique ou liée aux outrances climatiques et alors qu’une fois de plus nous nous trouvions mus par les émotions tous désireux d’agir mais dans l’impossibilité de le faire (vous remarquez bien que je n’envisage même pas qu’il y en eût parmi nous qui n’eussent pas eu l’intention d’agir, vous avez vu comme je manie bien le subjonctif).
Après le constat de cette vieille incapacité donc, qu’avons-nous fait depuis pour réparer les rouages défectueux qui précisément entraver nos actions ? Alors que les indices sont à l’heure de toutes les régressions en Haïti.
Qu’avons-nous entrepris qui nous fasse voir aujourd’hui de façon flagrante le fruit de nos actions ?

Nous ne sommes même pas capables aujourd’hui d’acheminer un container lorsqu’il le faudrait d’un point A dans le monde à un point B en Haïti.
Le nombre d’associations ne cesse d’augmenter, Haïti est un des pays comportant le plus d’ONG au monde.
Pourquoi cette quantité nouvelle ne produit-elle pas plus d’effet, pourquoi sa proportion se laisse-t-elle dépasser par celle de la paupérisation ?
Doit-on aujourd’hui encore attendre et ce au niveau mondial que le « système » apporte des solutions au mal même dont il est la cause ?

Y en a t-il encore parmi nous qui pensent ça ? Le fait de penser ci ou ça dispense-t-il d’agir ?
Les actions locales doivent elles se faire au détriment d’actions plus globales, ne peut on pas les mener toutes de front ?

Les derniers événements en Haïti ( cf journaux, nouvelles en tout genre pour les moins informés) semblent démontrer de façon criante que nous faisons malgré tout trop peu, ou mal, ou pas assez, que cela ne suffit tout simplement pas dans ce climat d’exceptionnelle pauvreté. Exceptionnels la pauvreté et les problèmes, exceptionnelle la mobilisation devrait être, hors force est de constater que nous sommes loin du compte.
Nous ne sommes même pas capables de coordonner des actions au niveau national dans un petit pays comme la France.
La vitesse de mobilisation (ce qui implique que la conscience ait fait préalablement son chemin dans les esprits de chacun) au niveau international, toutes problématiques confondues, n’a jamais été aussi lente et inopérante (je prends pour référence, le siècle passé) alors que les machines et les moyens de communications n’ont jamais été aussi performants et aussi répandus.
Nous n’avons jamais produit autant de denrées alimentaires dans le monde qu’à l’heure actuelle et on m’explique que des gens meurent de faim alors que les poubelles des autres ici trop pleines finissent d’engraisser les chiens errants.
Comment se fait-il aujourd’hui qu’UNE SEULE femme tibétaine ait réussi à faire exister médiatiquement la cause de son pays 20 fois plus que les vagues échos qu’on a pu entendre à propos d’Haïti sur les principales stations d’information (pour la seule France) ?
Je crois savoir pourtant que notre communauté compte jusqu’à plusieurs dizaines de milliers d’individus en France.
Nous serions pourtant en mesure d’agir, qu’est ce qui nous retient donc ?
Est-ce peut-être alors parce qu’une femme tibétaine vaut plusieurs dizaine de milliers d’haïtiens ? (comme quoi, à rien ne sert d’ignorer les maths modernes)
Ne me rétorquez pas que le sort d’Haïti n’intéresse pas le reste du monde, les gens sont intéressés par ce à quoi on veut bien les intéresser.
Sommes nous désunis à ce point, sommes nous négligents à ce point ?
Je ne veux tout de même pas croire à l’indifférence.
Y en-t-il parmi nous qui considèrent que travailler à faire accéder l’ensemble de la population haïtienne à des conditions de vie acceptables prête à débats ou controverses ?
Sommes nous à ce point habitués à ces situations hors normes au point de les considérer comme normales ?
Faut-il plus de sang, faut-il plus de misère, faut-il plus de chair refroidie, plus de rien ?

Tradition orale oblige, nous nous permettons d’avoir un avis sur toutes les questions soulevées par les problématiques haïtiennes mais notre participation à la vie du pays est sporadique et n’a aucun poids n’en déplaise aux amuseurs, aux fanas du microphone, à ceux qui montent à la tribune pour montrer leur cul et leurs bonnes manières comme dirait l’autre. Passons pour une fois la parole à ceux qui n’amusent personne, ceux qui n’ont soit disant rien à dire et qui gardent leur arrière train en bonne place.
Nous avons, par tradition désormais, cessé de considérer les institutions de ce pays comme crédibles (fautes qu’elles l’aient toujours été certes) mais aujourd’hui il y a bel et bien un gouvernement en Haïti, il y a bel et bien des hommes qui décident et sur qui repose le sort de la nation, au-delà de la politique et des divergences de point de vue, qu’on les considère légitimes ou pas, il sont bien là.
Hors quel rapport avons-nous avec eux ? De quel conseil sommes-nous à leur endroit ? Quel débat citoyen avons-nous avec eux ?
Quelles exigences avons-nous envers eux ? De la même façon qu’on a décrété leur surdité à nos attentes depuis fort longtemps, quelles mesures, quels moyens d’action forts et fédérés avons-nous mis en œuvre pour forcer le rétablissement de leur écoute ?
Le fait d’avoir souvent échoué dans nos tentatives implique-t-il qu’il faille renoncer à recommencer, et à recommencer encore, et encore et encore…. ?

Le fait que la bataille soit âpre implique-t-elle que nous ne dussions pas la mener ? (décidemment ce subjonctif, une merveille)
Quel plan, quelle stratégie avons-nous établis pour peser dans la balance ?
Quelle organisation avons-nous mis en place ? Quel espoir avons-nous donc généré chez nos familles restées au pays et qui aujourd’hui pensent par pure ignorance que nous buvons ici (en pays riches) du miel et du lait et que nos poches se remplissent d’argent comme par miracle ?

J’entends fuser ici et là des avis déterminés réclamant le départ de ces « traîtres » de Minusthas qui sont aujourd’hui la seule force armée, il faut le dire, dans le pays.
Par qui va-t-on les remplacer ?
Ne doit-on pas également réclamer par conséquent le départ de nombre d’ONG qui viennent justifier de leur budget dans des études ou des travaux trop souvent obsolètes, inachevés, inachevables, irréfléchis, impropres, ne produisant rien ou parfois du désordre ?
Vous me dites pour certains d’entre vous envisager votre propre avenir en Haïti, mais comment le préparons-nous ?
Des étrangers de bonne fois et de bonnes compositions veulent nous aider, hélas bien souvent le fait de ne pas être « initiés » (pas d’acception cultuelle ici) les rend inefficaces ou à côté de la plaque ou alors cachent en définitive leurs véritables motivations dans leur inconscient qui s’avère cibler trop la rédemption de leur individu.
Voila pourquoi je m’adresse en priorité aux Haïtiens. Nous, nous ne devrions pas être en proie à cet excès même si aider l’autre et se soucier de lui reste toujours une manière de se soucier de soi, nous sommes d’accord.
Sans aller décrocher la lune, avons-nous encore des échanges sur les questions primaires, nous parlons nous encore, dans des pays où nous sommes pourtant libres de penser à voix haute ?
Même pas le minimum à vrai dire ! Les e-mails, les boîtes aux lettres sont vides, les téléphones muets, les bouches pleines de salive ? (La répétition des vieilles conneries sans science et sans conscience exclue, bien entendu, car pour ça nous avons encore pas mal de ressources inépuisées).
Et quand il nous arrive de retrouver l’usage de la parole dans nos familles, parlons nous vraiment de l’essentiel ?.....de ce qui peut préoccuper un enfant, une femme, un vieillard que sais-je, qui ne bouffe pas, ou qui souffre d’une maladie qui lui est inconnue? de ce qui les préoccupe ou de ce qui ne les préoccupe plus…..
Y en a-t-il parmi nous qui ont agressé leur boulanger parce que son pain été trop cher, casser sa vitrine, mis sa vie en danger ?
Non personne vraiment ?...
vous m’étonnez. Mais alors comment se fait-il que nous laissions nos familles faire une chose aussi « insensée » sans être alarmés, sans réagir, seulement sous prétexte que c’est en Haïti que ça se passe. C’est bien ce que je disais, les normes sont à géométrie variable, y compris celles du bon sens.
Ne soyons pas, je vous prie, démissionnaire ou actionnaire d’Haïti lorsque ça nous chante, lorsque le vent est favorable, lorsque les plus faibles d’entre nous ont joué leur rôle de tampon et de bouclier contre l’adversité et qu’ils nous ont rendu la voie libre.
C’est encore le plus faible qui a besoin du plus fort pour vivre à ce que je sache et non l’inverse.
Qu’allons nous raconter à nos petits enfants ? Que le jour de la bataille nous étions à la plage ou à la foire ? Que l’après-midi ou mamie a pris une balle, nous étions au supermarché ?
Nous leur dirons tout simplement que nous étions des incapables ou pire encore, nous n’aurons rien à leur raconter du tout… encéphalogramme plat !
A ceux qui travaillent modestement de leur côté, ne vous sentez vous pas seuls et en sous nombre parfois ? Cela aussi vous semble-t-il normal ?
Sommes nous tous d’un certain âge et usés ou en proie au handicap ou à la maladie?
Cette immense partie du peuple haïtien dispersé que nous sommes, ne peut-il pas trouver d’ambassadeur (nous avons des ambassadeurs et des consuls mais nous ne les considérons pas plus que n’importe quel autre officiel ou alors juste au moment de faire mettre un tampon sur un document). Ne peut-on pas créer des entités qui matérialisent notre présence, qui rendraient plus probables nos actions ?
Ne me dites pas que je pose trop de questions et que je n’apporte pas assez de réponses, nous allons nous épargnez pour une fois les débats merdiques, les formules de prétoire et la poésie mal placée ou encore les idées politiciennes qui font chier tout le monde, tout ça ne doit pas avoir cours ici.
J’ai déjà pour ma part trop parlé et pas assez agi. Il appartient à chacun de vouloir apporter des réponses ou bien de se poser d’autres questions, enfin de prendre ses responsabilités pour les plus responsables d’entre nous et ça je ne peux pas le faire à votre place.
Il est d’usage que les artistes ou les intellectuels essaient de chatouiller les monolithes… il est tard, je suis fatigué, j’ai sommeil mais je suis à mon poste.
Les manifestations imposées du 10 mai et ce partout en France ont-elles pensé à remanier leur programme pour la circonstance ? Les problèmes actuels sont-ils au programme ? Des manifestations (revendicatives) sont-elles prévues, des gens ont-ils prévu de s’exprimer, que préparons nous à part une bonne popote et un bon bal kompa ?
Allons-nous célébrer bêtement et béatement l’abolition de l’esclavage alors que nous sommes on ne peut plus asservis aujourd’hui, asservis à mort ?
Allons nous encore faire comme si de rien n’était ?

Prévoit-on une aide de masse directe à la population haïtienne (je ne parle pas uniquement de parachuter de la bouffe) ? Doit-on encore attendre le prochain coup de canon pour s’indigner à heure fixe.
Est-il prévu qu’Haïti regarde Haïti dans les yeux sans honte ?


Enfin voilà, je m’interrogeais modestement, juste comme ça, loin du désir d’importuner quiconque….enfin si j’en emmerde quelques uns c’est pas plus mal non plus, mais affectueusement s’entend (que voulez-vous c’est mon esprit taquin).
Un peu de théâtre maintenant (je vous l’ai dit, faut bien se marrer un peu quand même, enfin, m’ap ri men m’p’ap jwe – traduction : je ris mais je ne m’amuse pas) , allez, un peu de courage c’est la dernière ligne droite.
Moi, je soussigné Carlton Rara, citoyen illégitime mais conséquent du pays d’Haïti.
J’en appelle, à tous ceux qui aiment ce pays, tout ceux qui en parlent, tous ceux qui n’en parlent plus, tout ceux qui ne l’ont pas oublié, tous ceux qui y vivent, tous ceux qui y ont une habitation, tout ceux qui n’y ont rien ni personne, tous ceux qui ont des idées, tous ceux qui ont de la volonté, tous ceux qui n’ont pas de volonté, tous ceux qui n’ont pas d’idée, tous ceux qui parlent bien, tous ceux qui écrivent bien, tous ceux qui jouent bien du tambour ou de la cornemuse, ceux qui n’ont pas de voiture mais qui aimeraient bien en avoir une, tous les usagers des camionnettes, les femmes, les hommes, les plus jeunes, ceux qui ont des responsabilités, ceux qui n’en n’ont pas, les attachés, les détachés, ceux qui ont de l’argent, ceux qui n’en n’ont pas, ceux qui ont des terres, ceux qui bandent bien, ceux qui ne bandent plus, les premiers de la classe, les derniers, les non voyants, les politiques, les parvenus, les revenants, les inconnus, les scientifiques, tous ceux qui ont des pigments dans la peau, les albinos, les retardés, les attardés, les optimistes, les pessimistes, les saltimbanques, les comptes en banque, ceux plus au Nord, ceux moins au Sud, ceux qui n’entravent rien à ce que je raconte, ceux qui me reçoivent 5 sur 5, ceux qui sont partis en court de lecture, ceux qui avaient gardé un cinquième as dans leur manche ou une poire pour la soif, celles qui aiment toujours leur mari après 50 ans de mariage, mes frères, mes sœurs, l’oncle Sam, l’oncle Tom, les culs de jatte, les malpolis, tout ceux qui ont compris que la prochaine bataille n’aura pas lieu faute de combattants, ceux qui savent qu’il est plus que temps, ceux qui entendent Haïti hurler sourdement comme on entend son gosse, Haïtiens de mon cœur, j’en appelle à tout ceux qui comme moi ne connaissent rien de plus doux pour la tête que les senteurs de la brune enveloppante d’Haïti.
Je compte sur tout ceux-là pour agir, pour parler, pour faire hommage à tout ce qu’Haïti nous a enseigné de bon, nous a donné sans compter, sans reprendre, nous a transmis à nous, ses enfants égarés.
Je m’excuse par avance auprès de tout ceux à qui tout cela n’évoque rien et ceux qui penseraient qu’on leur fait la leçon (soyez vous-mêmes vos professeurs).

Nous avons un jour fait trembler de stupeur le monde par une révolution improbable, perdue et condamnée d’avance et pourtant achevée par la volonté et la stratégie des hommes.
Ce que nos ancêtres ont fait de la révolution n’enlève rien à l’exemplarité de cette victoire…voilà encore la seule chose que tous les haïtiens savent encore aujourd’hui…nous avons un jour fait trembler de stupeur le monde …
et bien recommençons voulez-vous !?

Merci bien de votre attention
Allez on se fait la bise, n’oubliez pas d’éteindre en partant…
Allez hop en deux clics passe le message à ton voisin, enfin c’est toi qui vois.
Carlton Rara
Fait à Mont de Marsan (France) le 14 avril 2008
PS : et moi qui pensais faire court

Le chancelier espagnol en Haïti le 25 avril

Miguel Angel Moratinos s’entretiendra avec les autorités haïtiennes et rendra visite au contingent espagnol de la police des Nations Unies
Vendredi 18 avril 2008,
Radio Kiskeya

Le chef de la diplomatie espagnole, Miguel Angel Moratinos, effectuera une visite en Haïti le 25 avril dans le cadre d’une tournée régionale de cinq jours qui le conduira également au Pérou, en Argentine et au Brésil, rapporte une dépêche de l’AFP datée de Madrid.
Au cours de son passage à Port-au-Prince, M. Moratinos aura notamment des entretiens avec les autorités haïtiennes et les membres de la police et de la garde civile espagnoles faisant partie de la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH).
Le dirigeant espagnol devait également intervenir à la conférence des bailleurs de fonds d’Haïti. Initialement prévue le 25 avril, cette réunion a été reportée sine die en raison du renvoi du Premier ministre Jacques-Edouard Alexis par le Sénat dans la foulée des déchaînements de violence ayant marqué un vaste mouvement de protestation contre l’escalade des prix sur le marché alimentaire.
Après avoir laissé Port-au-Prince, Miguel Angel Moratinos participera à Lima au sommet euro-latinoaméricain le 26 avril, puis séjournera les 27 et 28 à Buenos Aires et à Brasilia où des questions bilatérales seront débattues.
Outre sa présence au sein de la composante policière de la force onusienne (UNPOL), Madrid qui avait, en 2006, rappelé ses casques bleus d’Haïti, entretient avec le pays une coopération portant en particulier sur l’éducation et le micro-crédit. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4944

vendredi 18 avril 2008

Jacques-Edouard Alexis "reste au service du pays" et souhaite la désignation rapide de son successeur

Le Premier ministre sortant annonce par ailleurs la poursuite de l’enquête ouverte sur le meurtre du policier nigérian
vendredi 18 avril 2008,
Radio Kiskeya

Le Premier ministre démissionnaire Jacques-Edouard Alexis a émis vendredi le vœu que son successeur sera rapidement désigné et un nouveau gouvernement formé en s’inclinant devant la décision du Sénat de l’écarter, mais s’est déclaré à nouveau prêt à servir le pays.
"Au-delà des individus, au-delà des personnes, l’important aujourd’hui c’est de conjuguer tous les efforts en vue de permettre à Haïti de retrouver la voie de la paix et de la stabilité", a estimé Alexis dans ses premières déclarations publiques depuis son éjection samedi dernier. Interrogé par des journalistes en marge des funérailles d’un policier onusien assassiné le jour même de l’interpellation du gouvernement au Parlement, il a indiqué qu’il restait "prêt à servir son pays à tous les niveaux" et laissait son poste "sans état d’âme". Ses départs antérieurs du décanat de la faculté d’agronomie de l’Université d’Etat d’Haïti et de la Primature, en 2001, s’étaient déroulés dans le même état d’esprit, dit-il.
"C’est dommage que je parte dans ces conditions, mais le pays n’a rien perdu", a poursuivi Jacques-Edouard Alexis en faisant remarquer que le vote de censure qui lui a été infligé était "l’expression du jeu constitutionnel et démocratique". Il a aussitôt précisé que sa lettre de démission rédigée dans les heures ayant suivi la décision des 16 Sénateurs de la nouvelle majorité avait été acheminée au Président René Préval lundi.
Emporté par la crise qu’avaient engendrée de violentes manifestations de rue contre la faim, le chef du gouvernement sortant a reconnu que tout le travail de son équipe a été balayé en quelques jours.
M. Alexis, qui liquide depuis une semaine les affaires courantes pendant que le chef de l’Etat multiplie les consultations politiques, a par ailleurs promis que les assassins du policier nigérian Aminu Nagya seront retrouvés et punis conformément à la loi. Rappelant que l’ordre démocratique ne pouvait pas s’accomoder de l’impunité, il a affirmé que la Police Nationale et la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH) menaient l’enquête conjointement sur ce meurtre.
Pour sa part, le chef de la police judiciaire (DCPJ, Frantz Thermilus, a assuré que les investigateurs étaient sur de bonnes pistes et déterminés à identifier les vrais coupables. Déplorant la mort du membre de la police des Nations Unies (UNPOL), le commissaire Thermilus a souligné que les enquêtes criminelles peuvent durer des années voire plusieurs siècles à l’image de celle menée depuis longtemps en Angleterre afin de découvrir l’épais mystère entourant le célèbre tueur en série "Jacques l’éventreur".
Outre Jacques-Edouard Alexis, le ministre de l’intérieur, Paul Antoine Bien-Aimé, le secrétaire d’Etat à la sécurité publique, Eucher-Luc Joseph, le directeur général de la PNH, Mario Andrésol et le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour Haïti, Hédi Annabi ont également assisté aux funérailles de Nagya au camp de la MINUSTAH.
Les circonstances de son décès près de la cathédrale de Port-au-Prince (centre) restent non élucidées tout comme les violences que des marchands ont accusé des casques bleus nigérians d’avoir exercé contre eux en intervenant sur le théâtre de l’incident. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4945
Commentaires :
L’état d’Haïti est suffisamment pour que de citoyens sensés exigent et demandent un retrait total des affaires du pays d’un homme disposant de l’aura de Jacques Edouard Alexis. (Nous ne le connaissons pas personnellement. Qui pis est nous ne savons rien de lui, cependant nous avons prêté nos services pendant notre séjour en Haïti à l’université Quisqueya une institution de sa création).
Si nous le foutons à la porte, des institutions internationales beaucoup plus intelligentes et plus pratiques que nous ne tarderons pas à lui faire un pont d’or pour le récupérer.
Au-delà des actions et de l’activité indispensables des organisations populaires ; bien au-delà des discours de circonstances ponctués de menaces des associations syndicales ; bien au-delà des diatribes politiciennes, le salut d’Haïti passe définitivement par le choix et l’utilisation de ces compétences dans un cadre mieux défini avec des démarcations exactes entre les droits et les devoirs.
Fort de ce constat nous ne pouvons qu’applaudir ces déclarations.. Cependant, comme nous avons l’habitude de le faire, le futur politique de Monsieur Alexis passe nécessairement par une attitude de rupture et de modernisation de la façon de pensée et d’agir. Les plus érudits parleront de changement de mentalité, phrase et formule bateau dont on ne peut que critiquer la portée dans certaines circonstances.
Les scènes qui présentent des gens massés devant le parlement craint des « vivas » et des » ALEXIS OU LA MORT », des voix qui interrompent des cérémonies solennelles pour scander des ALEXIS 2011 ; ne font que présager une volonté de continuité sur des bases bancales faibles et dépassées.
Le JPPisme n’a pas encore pondu une formule ni pour maintenir un gouvernement au pouvoir ni pour résoudre les problème de cette nation pathétique.
Alors Monsieur Alexis prenez du recul bienvenu au monde du travail sérieux et articulé dans le sens de la collectivité haïtienne qui attend encore un autre héros non de pacotille. Faites le grand saut vers la rupture et la modernisation de la pensée et de l’action.

Visite du maire de Montréal à Port-au-Prince en relation avec la crise alimentaire prévalant dans la capitale haïtienne

Il répond à l’appel de son homologue haïtien, Jean Yves Jason
vendredi 18 avril 2008,
Radio Kiskeya
Le maire de Montréal, M. Gérald Tremblay, effectuera une visite à Port-au-Prince du 20 au 22 avril, en réponse à l’invitation de son homologue haïtien Muscadin Jean-Yves Jason et du Président d’Haïti, M. René Préval, informe un communiqué du cabinet du maire montréalais.
« Je suis conscient de la situation qui prévaut présentement à Port-au-Prince relativement à la crise alimentaire. Il faut être réaliste face au rôle qu’une ville comme Montréal peut jouer quant à la résolution de cette situation. Toutefois, il m’apparaît essentiel, particulièrement en ces moments difficiles, de réitérer notre solidarité envers le peuple haïtien et de maintenir notre soutien en fonction de nos capacités et de nos moyens », a déclaré le maire de Montréal.
« Je compte profiter de cette visite pour réaffirmer au maire Jason la volonté de la Ville de Montréal de poursuivre les efforts que nous avons amorcés dans le cadre du Protocole de coopération s’échelonnant sur cinq ans que nous avons signé à Montréal, en décembre dernier », a ajouté M. Tremblay.
« Les actions entreprises dans le cadre du Plan d’action 2008 de ce protocole aideront la mairie de Port-au-Prince à faire face à certains des autres enjeux majeurs auxquels cette ville est confrontée, notamment en matière de gouvernance et de services aux citoyens. La coopération internationale doit passer par des actions concrètes et avoir des résultats tangibles. C’est ce que nous réalisons à travers cette entente, notamment en transmettant notre expertise dans le domaine de la gestion des déchets, en travaillant à la revitalisation de quartiers ciblés ou encore en réhabilitant des infrastructures. Nous comptons appuyer, à la mesure de nos moyens, les efforts de la mairie de Port-au-Prince. En espérant que ce geste puisse en inspirer d’autres », a-t-il ajouté.
Au cours de sa visite, M. Tremblay s’entretiendra notamment avec le président d’Haïti, M. René Préval ainsi qu’avec le maire de Port-au-Prince. Il aura également l’occasion de remercier les policiers et policières du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) présentement en mission dans le pays et qui réalisent un travail de formation exceptionnel. Lors de sa visite le maire s’adressera aux membres de la Chambre de commerce et d’Industrie haïtiano-canadienne. Le maire de Montréal prévoit également de rencontrer des Organisations Non Gouvernementales montréalaises actives à Port-au-Prince.
Le maire Gérald Tremblay avait déjà rencontré le chef de l’Etat haïtien, René Préval, lors de la visite effectuée par ce dernier au Canada en avril 2006, avant sa prestation de serment pour un second mandat présidentiel.
Un fort contingent de policiers canadiens, dont des retraités s’étant portés volontaires, font partie de la police de l’ONU en Haïti (UNPOL). Ils sont particulièrement impliqués dans des programmes de formation et de renforcement de la Police Nationale d’Haïti. [jmd/RK]
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4942

Le secrétaire d’Etat dominicain de l’Agriculture accuse le gouvernement haïtien de faire obstacle à la reprise des exportations vers Haïti de produits

Le gouvernement haïtien et la FAO auraient constaté la disparition du virus de la grippe aviaire en République dominicaine, selon Chio Jimenez
vendredi 18 avril 2008,
Radio Kiskeya

Le secrétaire d’Etat dominicain de l’Agriculture, Chio Jimenez, a accusé vendredi le gouvernement haïtien de s’opposer à la reprise des exportations vers Haïti de produits avicoles dominicains, en dépit du constat effectué par Haïti et l’Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO) de la disparition du virus de la grippe aviaire en territoire dominicain.
Le secrétaire d’Etat dominicain affirme que des inspections réalisées par des experts de l’Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO) ont confirmé l’inexistence du virus, alors que, parallèlement, les autorités sanitaires dominicaines ont adopté toutes les mesures en vue d’empêcher la réapparition de celui-ci.
Il existe un rapport étroit entre les récentes émeutes de la faim en Haïti et l’arrêt par ce pays des importations de poules et d’œufs dominicains. La permanence de cette situation aggravera encore davantage la crise alimentaire en Haïti, selon Chio Jimenez, cité par l’agence en ligne dominicaine « Espacinsular », dans son édition du vendredi 18 avril 2008.
Les mesures d’interdiction d’importations de produits avicoles dominicains adoptées par le gouvernement haïtien sont encore en vigueur, en dépit du fait qu’il ait été rapporté que ces produits continuent d’entrer en territoire haïtien par des zones non contrôlées de la frontière entre les deux pays. [jmd/RK]
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4943

Haïti-Crise : Un plan d’action sur 6 mois pour faire face aux problèmes d’insuffisances alimentaires

Vendredi 18 avril 2008
P-au-P., 18 avr. 08 [AlterPresse] --- Le représentant résident en Haïti du Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud), le Français Joël Boutroue, annonce la finalisation d’un plan gouvernemental d’action sur 6 mois pour faire face aux problèmes d’insuffisances alimentaires dans des zones spécifiques du pays.
Ce plan, dont la réalisation est appuyée par le PNUD, doit permettre de poser les premiers jalons vers une relance plus dynamique du développement général du pays, indique Boutroue.
La crise alimentaire qui vient d’éclater en Haïti, a fait surgir « une volonté politique » et permis de mettre en place « une véritable stratégie de développement agricole, ce qui est nécessaire » pour ce pays, ajoute-t-il.
A ce jour, Joël Boutroue indique que les Nations Unies ont pu identifier quelque 25 millions de dollars pour mettre à exécution ce plan d’action pour lequel plus de ressources devront etre mobilisées au niveau international.
Mamadou Mbaye, du Programme alimentaire mondial (Pam), affirme avoir l’espoir que les ressources promises par les bailleurs de fonds seront à même de soulager la misère de la population en attendant la mise à exécution de programmes sur le long terme.
Le Pam cherche a mobiliser 45 millions de de dollars pour son programme 2008. Pour le moment, il dispose d’un stock de 8.000 tonnes de nourriture en Haïti qui seront distribuées dans les prochains jours, principalement dans les départements du Nord, du Nord-est, de l’Ouest, de l’Artibonite et du Plateau Central, apprend-on. 550.000 personnes, dont des enfants, des femmes enceintes et des personnes vivant avec le virus du Sida, devraient bénéficier de cette assistance.
En fonction du niveau de ses ressources, le PAM compte étendre ses programmes dans les départements du Nord-ouest et du Sud-est ainsi que des projets de « vivres-contre-travail » dans le cadre d’activités à haute intensité de main-d’œuvre.
Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) entend, pour sa part, doubler l’effectif de son programme de lutte contre la malnutrition des enfants, qui doit maintenant toucher 10.000 enfants. L’organisme prévoit d’élargir son programme d’eau et d’assainissement d’une valeur de 1.600.000 dollars américains au Nord-Ouest et à l’Artibonite.
L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) annonce une aide de 800.000 dollars américains consacres a l’horticulture, la production de composte et l’élevage de poules au profit de 2.000 familles haïtiennes, dont plus de la moitié réside dans des quartiers populaires de Port-au-Prince.
D’autre part, la FAO indique qu’elle contribuera à la relance de la production agricole en fournissant des fonds à 12.500 familles rurales touchées par la crise dans les Nippes et dans l’Ouest, tout en engageant dans le Sud des actions en faveur de 3.500 familles situées dans des zones vulnérables de montagnes.
Les Nations Unies renforceront leurs projets à haute intensité de main-d’œuvre dans les quartiers sensibles et sur les bassins versants, en vue de générer des revenus dans les communautés et permettre aux familles d’augmenter leurs capacités à faire face à leurs dépenses. [gp apr 18/04/07 04:00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article7162

L'esprit de Toussaint Louverture...Par Aimé Césaire

Nous publions un extrait de la pièce «Toussaint Louverture» d'Aimé Césaire. Il y aborde une figure fascinante de l'histoire d'Haïti qui, selon ses propres termes, est le premier pays où s'est noué le grand problème que le XXe siècle s'essouffle à résoudre, le problème colonial, et le premier pays où il s'est dénoué.
Plus que le Môle Saint-Nicolas, plus que la Crête-à-Pierrot, plus que les fortifications dont était hérissée la vieille île des flibustiers, ce qui à Saint-Domingue résista à la puissance française, au feu de ses canons et à la charge de ses soldats, ce fut l'esprit de Toussaint Louverture, l'éprit forgé par Toussaint Louverture.
Il est de mode aujourd'hui chez les Haïtiens de diminuer Toussaint, pour grandir Dessalines. Il ne saurait être question de nier les mérites de Dessalines ni les lacunes de Toussaint.Mais on peut clore le débat d'un mot : au commencement est Toussaint Louverture et, sans Toussaint, il n'y aurait point eu de Dessalines, cette continuation. Bien sûr la situation historique de Toussaint est malaisée, comme celle de tous les hommes de transition. Mais elle est grande, irremplaçable : cet homme comme nul autre constitue une articulation historique. En tout cas, il y a un bon moyen d'apprécier son rôle, et sa valeur. C'est de lui appliquer le critère cher à Péguy : de mesurer de quel étiage il a fait monter le moyen de son pays, le niveau de conscience de son peuple. On avait légué des bandes. Il en avait fait une armée. On lui avait laissé une jacquerie. Il en avait fait une Révolution ; une population, il en avait fait un peuple. Une colonie, il en avait fait un Etat : mieux, une nation. Qu'on le veuille ou non : tout, dans ce pays, converge vers Toussaint, et de nouveau irradie de lui. C'est bien un centre que Toussaint Louverture. Le centre de l'histoire haïtienne, le centre sans doute de l'histoire antillaise. Quand, pour la première fois, il fit irruption sur la scène historique, bien des mouvements étaient en train ; commencés par d'autres, mais arrêtés à mi-course, languides, impuissants à s'achever le mouvement blanc vers l'autonomie et la liberté commerciale; le mouvement mulâtre vers la légalité sociale ; le mouvement nègre vers la liberté. Tous ces mouvements, Toussait les unit, les continua les approfondit. Quand il s'en alla, le triple mouvement était achevé ou en passe de l'être.
A vrai dire, avec lui, s'en allait Saint-Domingue. Mais c'est que Haïti était née. La première de toutes les nations noires.

(1) Extrait de Toussaint Louverture, Editions Présence Africaine
Aimé Césaire
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=56568&PubDate=2008-04-17

5 millions de poules par an à 3 gourdes le poulet !

La Direction de la production animale du ministère de l'Agriculture se prépare à relancer la production agricole grâce à une série de mesures qui permettront au pays de retrouver le rythme de production d'avant 1994, selon une déclaration faite par Jean Maurice Déjean, directeur de la production animale, au micro de Robenson Sanon sur Magik 9.
Avant cette date, selon le technicien, le pays produisait environ 5 millions de poules blanches par année. Aujourd'hui, il en produit seulement 1 million, une quantité inférieure à la demande pour la consommation. Il s'agit donc de retrouver le rythme d'antan, avance-t-il.
Afin d'atteindre cet objectif, le Trésor Public serait prêt à financer le projet estimé à 15 millions de gourdes. L'agronome Jean Maurice Déjean envisage cette relance de la production agricole grâce à la modernisation du système de production animale en collaboration avec les industriels et le secteur paysan.
Par ailleurs, la section de la production animale se penche sur la relance de la production porcine à partir du centre de reproduction situé à Thomassin 42.
L'État disposerait de 2 millions de gourdes à cet effet, somme insuffisante cependant, selon le technicien, le centre ayant été sérieusement endommagé après le 29 février 2004.
Les sommes avancées par l'agronome Déjean font cependant sourire ceux qui sont un peu informés des coûts de la production animale.
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=56594&PubDate=2008-04-18

L’ONU annonce la mobilisation de ses agences face à l’insécurité alimentaire en Haïti

8.000 tonnes de nourriture seront notamment distribuées par le PAM, a indiqué la porte-parole du Secrétaire général
Jeudi 17 avril 2008
Radio Kiskeya
L’équipe de pays des Nations Unies en Haïti a adopté des mesures d’urgence en vue de faire face à l’insécurité alimentaire touchant le pays et à l’origine de violentes émeutes la semaine dernière, a annoncé jeudi à New York la porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, l’haïtienne Michèle Montas.
"Le bureau du Programme alimentaire mondial (PAM) en Haïti va distribuer quelque 8.000 tonnes de nourriture au cours des prochains jours dans les régions du nord, de l’ouest et du centre ", a affirmé la porte-parole de Ban Ki-moon lors de son point de presse quotidien.
Cette intervention de l’agence alimentaire onusienne visera en priorité les enfants, les femmes enceintes et les mères allaitantes. Parallèlement, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) se propose de doubler ses programmes de nutrition dans le cadre de la lutte contre la malnutrition infantile.
D’autre part, le PAM consacrera 1,6 millions de dollars à la fourniture d’eau et d’installations sanitaires dans le nord-est d’Haïti et dans la région de l’Artibonite (nord).
Michèle Montas a aussi indiqué que la Mission de stabilisation des Nations Unies (MINUSTAH) et le PAM continuent dans le même temps d’apporter leur soutien à divers programmes de création d’emplois. Grâce à un budget de 2,3 millions de dollars, quelque 2,500 haïtiens bénéficient d’un emploi.
Théâtre de graves violences provoquées initialement par la hausse vertigineuse des prix de l’alimentation, Haïti compte 70% de chômeurs sur une population de 8 millions d’habitants composée majoritairement de jeunes. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4940

La crise alimentaire en Haïti a réveillé le monde, selon le Président brésilien

Luiz Inàcio Lula da Silva croit que la dramatisation de la situation des derniers jours portera la communauté internationale à agir à l’échelle planétaire
Jeudi 17 avril 2008,
Radio Kiskeya

Le Président brésilien Luiz Inàcio Lula da Silva a estimé jeudi que les troubles provoqués en Haïti et dans d’autres pays par l’escalade des prix alimentaires est en train de porter le monde à se réveiller afin de s’engager dans une lutte sans merci contre la pauvreté, rapporte la presse brésilienne.
"Il était nécessaire de voir des scènes dramatiques pour que la communauté internationale se réveille en urgence et se mette à chercher une solution au défi de la pauvreté", a déclaré Lula lors d’un déjeûner de travail avec la Présidente indienne, Patribha Patil, en visite au Brésil.
Plus loin, le chef de l’Etat brésilien a souligné que l’envolée des prix montre que le monde est "faiblement équipé pour affronter et solutionner le pire fléau de notre temps, la faim". Il en a profité pour annoncer sa participation lundi prochain au Ghana à une conférence internationale destinée à la mise en place de mécanimes devant permettre d’affronter des situations de pénurie alimentaire et d’éviter des crises semblables à celle d’Haïti.
Pour sa part, Mme Patil, qui effectue son premier voyage à l’étranger depuis son accession au pouvoir l’année dernière, a fait l’éloge de "Faim zéro", l’un des programmes phares de la politique sociale du chef de l’Etat brésilien en faveur de ses concitoyens les plus pauvres.
Luiz Inàcio Lula da Silva doit effectuer une nouvelle visite officielle en Haïti à la fin du mois de mai. Il était déjà venu à Port-au-Prince en août 2004 en compagnie des vedetes de la sélection brésilienne de football dont Ronaldo Luiz Nazario da Lima et Ronaldinho Gaucho.
Le Brésil commande depuis quatre ans la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH) qui compte quelque 9.000 militaires et policiers internationaux. spp/Radio Kiskeya

http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4939

Haïti : Le chef de la MINUSTAH invite à affronter la vie chère

Jeudi 17 avril 2008
P-au-P, 17 avr. 08 [AlterPresse] --- En Haïti, la priorité de l’heure c’est de voler au secours des populations les plus défavorisées, grandement affectées par les problèmes de la vie chère, estime le chef civil de la Mission de stabilisation de l’Onu en Haïti (Minustah), le diplomate tunisien Hédi Annabi.
« La priorité c’est de venir en aide aux populations les plus défavorisées et de jeter, parallèlement, les bases d’un progrès économique et social plus durable qui permettront à Haïti de trouver toute sa place au sein de la communauté des Etats de la Caraïbe et de la région dans son ensemble », déclare Hédi Annabi, en conférence de presse ce 17 avril 2008.
Tout en déplorant les incidents qui ont ponctué, la semaine dernière, les manifestations populaires contre la hausse vertigineuse des prix des produits alimentaires, Annabi affirme haut et fort que « ce pays ne mérite pas qu’on lui impose des souffrances et des épreuves supplémentaires ».
Après ces « moments affligeants », le chef civil de la Minustah reconnaît que « le calme est certes revenu, mais c’est un calme précaire ».
Aujourd’hui, il convient, selon lui, de conjuguer les efforts en vue de la stabilisation du pays. « Il ne saurait y avoir de progrès sans stabilité. La stabilité c’est le droit à la sécurité, la sécurité dans toutes ses dimensions : physique, économiques, alimentaires, sociales », précise Hédi Annabi.
Pour calmer la colère de la population, qui s’était soulevée contre le phénomène de la vie chère qualifié de « Chlorox », le président René Préval a trouvé un compromis avec les importateurs qui consiste en une réduction de 8 dollars américains sur le prix du sac de riz, précédemment vendu à 51 dollars.
D’autres mesures, quoique à long et à moyen terme, ont été annoncées par le chef de l’Etat en vue d’alléger les souffrances de la population.
Hédi Annabi, qui croit que ces actions pourraient permettre au pays de gagner la lutte contre la cherté de la vie, indique que cela sera possible dans la mesure où les institutions fonctionnent. [do gp apr 17/04/2008 15 :00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article7159

Haïti : L’Onu presse les autorités de choisir un nouveau premier ministre

Jeudi 17 avril 2008
P-au-P, 17 avr. 08 [AlterPresse] --- Les Nations Unies ont appelé, ce 17 avril 2008, les autorités haïtiennes à nommer, au plus vite, un gouvernement pour succéder à l’équipe de Jacques Edouard Alexis, censurée, le 12 avril 2008, par l’Assemblée des sénateurs.
« Il est (…) nécessaire de désigner au plus vite un premier ministre et un nouveau gouvernement », a lancé Hédi Annabi, chef civil de la Mission de stabilisation des Nations Unies en Haïti (Minustah) lors d’une conférence de presse ce 17 avril à Port-au-Prince.
Refusant de se prononcer sur la censure de Jacques Edouard Alexis et le profil souhaité du premier ministre à désigner, Hédi Annabi estime que pour l’heure, « la priorité c’est de venir en aide aux populations les plus défavorisées et de jeter, parallèlement, les bases d’un progrès économique et social plus durable ».
Alors que s’installe en Haiti un « calme précaire », le chef civil de la MINUSTAH invite les différents secteurs du pays à « travailler en harmonie dans l’intérêt général, dans l’intérêt supérieur du pays ». Il juge indispensable la matérialisation de la devise haïtienne « L’union fait la force » et l’établissement en Haiti d’un « pacte de stabilité et de progrès ».
Aux yeux de Annabi, la désunion, le désordre, « ne feront qu’aggraver la misère du pays ». Il faut, préconise-t-il, « conjuguer les efforts pour remettre le pays au travail », ce qui permettra à terme d’assurer la stabilité et le progrès. « Il ne peut y avoir de progrès sans stabilité », martèle-t-il.
Le chef civil de la Minustah accueille favorablement les dispositions de l’administration du président René Preval pour faire face à la cherté de la vie. Il pense qu’il faut rapidement mettre en œuvre des mesures annoncées par le chef de l’État en vue de relancer la production nationale, créer des emplois augmenter les investissements.
« Ce sont ces actions qui permettront de gagner la bataille contre la vie chère”, renchérit-il.
D’autre part, à propos de la gestion des récents troubles par la MINUSTAH, Annabi exprime sa satisfaction du comportement des casques bleus.
Un mort et 15 blessés ont été enregistrés dans les rangs de la MINUSTAH durant la période de violentes protestations qui vient de secouer Haiti. [do gp apr 17/04/2008 13 :45]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article7157