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vendredi 14 décembre 2007

2 morts et 2 blessés, bilan partiel de la tempête Olga

Les autorités haïtiennes affirment qu’au moins deux personnes sont mortes dans le nord du pays en raison du passage de la tempête tropicale Olga. Les deux personnes ont été tuées en raison des inondations consécutives aux fortes averses et vents violents enregistrées mardi soir dans les départements du Nord, Nord-est, Nord Ouest et Artibonite.Le corps d’une femme a été retrouvé au Borgne et celui d’un enfant de trois ans à Grande-Rivière du Nord.De plus, deux autres personnes ont été blessées au Cap Haïtien où des rafales de vents ont endommagé des maisons, selon la directrice du bureau de la Protection civile, Alta Jean-Baptiste.Des dégâts matériels importants ont été enregistrés dans les communes de Cap Haïtien, Plaisance, Pilate et Dondon (Nord), Caracol ( Nord-est) et Anse-à-Foleur ( Nord Ouest).La tempête tropicale Olga a causé des inondations et des éboulements de terrain en République Dominicaine où au moins 11 personnes ont été tuées et 5000 autres évacuées. La région la plus touchée est la province de Santiago, dans le nord de la République dominicaine, où les fortes pluies ont contraint les autorités à ouvrir un barrage sur le fleuve Yaque. Fait plutôt inhabituel, la tempête Olga est survenue près de deux semaines après la fin officielle de la saison cyclonique. Il y a six semaines, la tempête Noël avait fait 87 morts en République dominicaine.Olga a été rétrogradée en dépression tropicale, mercredi après-midi, en laissant Haïti, mais la pluie continuait de tomber, et les météorologues prévoyaient jusqu'à 25 cm de précipitations en République dominicaine et en Haïti.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=13316

jeudi 13 décembre 2007

Charles Hérold Junior et Peterson Joseph futurs lensois ?

Par Gérald Bordes
geraldbordes@lematinhaiti.com
« Les dirigeants de Lens ont été satisfaits de la performance affichée par Hérold Charles et Peterson Joseph durant le stage qu’ils sont en train de réaliser dans ce club ». C’est ce qu’a rapporté le président de la Fédération haïtienne de football (FHF), Yves Jean-Bart. M. Jean-Bart a révélé que les responsables de Lens (France) sont en faveur d’une signature avec les deux mondialistes à condition que leurs parents envoient au club une autorisation en raison de leur âge mineur. Au moment où nous faisions l’interview, un membre de la Fédération était en train de faxer les autorisations. Wagneau Éloi, le représentant de ces deux joueurs auprès du club français, a mentionné que Hérold et Peterson sont sur le point de trouver un accord avec le club lensois. Il a noté que les dirigeants du club ont refusé de libérer les deux joueurs de peur qu’ils ne subissent un autre stage au club de Monaco et de Le Mans. Selon le président de la Fédération haïtienne de football (FHF), le violettiste Fabien Vorbe a été à Bordeaux pour un stage qu’il a accompli avec succès. Yves Jean-Bart en a profité pour annoncer que la sélection des moins de vingt-trois ans jouera un match amical à Fort Lauderdale, le samedi 15 décembre, contre son homologue guatémaltèque. Il a précisé que l’ossature de l’équipe sera composée, pour l’essentiel, de joueurs évoluant en Haïti, à l’exception de Judelin Aveska et Fabrice Noël qui intègreront le groupe. « Jérôme Meshack, Guemsly Joseph, Shelson Dorléans et Wedner Saint-Cyr, anciens mondialistes des U-17, feront leurs premières armes au sein de la sélection des U-23 parce que plusieurs agents des clubs s’intéressent à eux et veulent les voir à l’œuvre », a-t-il indiqué.Concernant la Sélection nationale senior, le docteur Jean-Bart précise : « Les entraînements ne sont pas encore repris faute de moyens économiques. Le ministère des Finances veut décaisser l’argent nécessaire pour cette sélection moyennant que la Fédération haïtienne de football remette au ministère le rapport des clubs sur la subvention qu’il leur a octroyée en octobre dernier ».En vue de préparer les éliminatoires de la Coupe du monde 2010, « la sélection nationale jouera le 23 janvier 2008 à Salvador contre l’équipe hôte ; les 28 et 30 janvier 2008 contre l’Estonie au stade Sylvio Cator. Par ailleurs, la Fédération haïtienne de football est en pourparlers avec son homologue de la Guadeloupe pour une rencontre amicale », a annoncé le président de la Fédération haïtienne de football.
mercredi 12 décembre 2007

mercredi 12 décembre 2007

L'ENTRETIEN DE MADAMEMIRLANDE MANIGAT ACCORDE A MONSIEUR ROBERT BENODIN DE RADIO CLASSIQUE INTER: DEUXIEME PARTIE

RB : Le CEP n’ayant pas été formé jusqu'à présent, force le pays au seuil d’une dangereuse crise institutionnel.
L’article 111.8 de la Constitution de 1987 se lit comme suit :
ARTICLE 111.8: En aucun cas, la Chambre des députés ou le Sénat ne peut être dissous ou ajourné, ni le mandat de leurs membres prorogé.
Il est évident qu’au 14 janvier 2008, le tiers du Sénat plus un, n’étant pas renouvelés, il sera impossible pour le Sénat d’avoir un quorum des deux tiers.
Quelles seront les conséquences de cette caducité pour la 48e législature ?
MHM : Il n’y aura pas de caducité immédiate au deuxième lundi du mois de janvier 2008. Parce que le quorum nécessaire pour former l’Assemblé Nationale, c’est la majorité plus un. Et là il suffit qu’il y ait 16 sénateurs et qu’il y ait 51 députés pour qu’on ait une Assemblée Nationale. Parce que d’après la Constitution, c’est en Assemblée Nationale qu’on ouvre la session. Si ce quorum n’était pas atteint, car le quorum va être terriblement fragilisé, Il suffira que quatre sénateurs ne se présentent pas aux diverses sessions. Nous ne voulons pas être oiseau de mauvais augure. Il suffirait que trois sénateurs tombent malade, ou affichent une maladie diplomatique et qu’un quatrième se trouve en voyage et ne soit pas rentré à temps, pour qu’on n’ait pas le quorum au Sénat, le quorum de 16. A ce moment là le deuxième lundi du mois de janvier 2008, il n’y aura pas d’Assemblée Nationale.
Maintenant, l’article 111.8 parle d’une décision qui est impossible. A savoir que le président déclare, la Chambre des députés ou le Sénat sont ajournés ou que leur mandat est prorogé. Mais là, il ne s’agira pas de proroger leur mandat. Proroger leur mandat ce serait de dire par exemple que les dix sénateurs qui ont eu un mandat de deux ans, on prolonge leur mandat pour quelques mois. Il est impossible de le faire.
D’autant, il y a un point auquel les gens n’ont pas suffisamment fait attention, peut être par manque d’information. Dans la vie de l’histoire parlementaire haïtienne, ce n’est pas la première fois qu’une session ne s’ouvre pas à la date constitutionnelle prévue. Et le Moniteur est rempli d’appels des bureaux des deux chambres qui demandent, à l’approche de chaque début de session, aux députés et aux sénateurs de venir s’inscrirent. S’ils ne viennent pas, et le jour constitutionnel prévu, ceux qui se présentent doivent constater qu’il n’y a pas de quorum. On convoque pour deux jours plus tard, toujours pas de quorum, une semaine après pas de quorum. Dans la vie parlementaire haïtienne ce ne serait pas la première fois qu’une session ne commence pas, voir une législature ne commence pas, à la date constitutionnelle prévue.
Mais il y a quelque chose qui s’est passée l’année dernière à laquelle les gens n’ont pas suffisamment fait attention. Après que les sénateurs et les députés sont entrés effectivement, non pas le deuxième lundi du mois de janvier, ils sont entrés beaucoup plus tard. Le deuxième lundi du mois de mai, ils ont implicitement fermé la première session. Car ils ont ouvert une session extraordinaire. Ils sont entrés en session extraordinaire. Or la session extraordinaire ne prend naissance que lors qu’il y a eu une session ordinaire. Dans la mesure où ils ont fermé la session, ils ont ouvert une session extraordinaire, puis après quelques jours, ils ont fermé la session extraordinaire. Et le deuxième lundi du mois de juin ils ont ouvert une nouvelle session, c’est que implicitement eux-mêmes ont accepté que la première session s’est déroulée normalement. C’était un geste qui n’était pas voulu dont les conséquences n’étaient pas simplicités. Mais qui signifie quoi ? Ce qui signifie, que pour les députés et les sénateurs, la première session a eu lieu. Donc, ils ont accepté que la législature de la chambre des députés, a commencé a la date constitutionnelle prévue.
Donc, je profite de souligner ce que je souligne toujours à l’attention de mes compatriotes que les sénateurs ne sont pas liés par une législature. La législature s’entend seulement de la durée du mandat des députés qui est de quatre ans. Le mandat des sénateurs est de six ans. Quand on dit les sénateurs de la 48e législature par exemple, ceci est impropre. Les sénateurs ne sont pas liés par des sessions. Le sénat est permanent.
Quand on dit que la première session a lieu, ça signifie dans l’histoire parlementaire, quand il s’agira de parler de la 48e législature, on sera obligé de constater que cette législature aura eu sept sessions et pas huit. Car la première session ne s’est pas ouverte à la date prévue. Elle a été conclue et fermée et une session extraordinaire s’est ouverte.
Donc, si vous voulez, le dysfonctionnement du Sénat, dont on parle tellement, que l’on craint, n’interviendra pas nécessairement le deuxième lundi du mois de janvier. Le dysfonctionnement du Sénat interviendra, si le deuxième lundi du mois de janvier et si après on se rend compte que faute de quorum les sénateurs ne peuvent pas se réunir parce qu’ils n’ont pas de quorum. C’est ça.
Le quorum va être très fragilisé, car ils seront 19. Ils sont 29 maintenant. Remarquez que ça arrive plus souvent du coté de la chambre des députés que du Sénat. On ne peut se réunir a la chambre des députés parce qu’il n’y a pas de quorum. Or c’est un absentéisme qui est presque voulu, car ils sont très nombreux. Ils sont 99, et le quorum est de 51. Tandis que pour les sénateurs le quorum est de 16. C’est la moitié plus un. Ils étaient 29. Parfois ils ne se réunissaient pas. Mais en ce qui concerne la situation qui va être créée, ils seront 19. Donc quatre sénateurs manquant et le Sénat devient dysfonctionnel.
Le dysfonctionnement du Sénat ce n’est pas l’affaire d’un moment. Ce n’est pas l’affaire d’un jour. Ce serait spectaculaire, si le deuxième lundi du mois de janvier, on n’a pas les 16 sénateurs présents. Mais le dysfonctionnement peut se révéler un événement chronique, après. Si le Sénat n’arrive jamais à se réunir, ou se réunit une fois sur cinq. Tout simplement, parce qu’on fait l’appel nominal une première fois, il n’y a pas de quorum, une demi-heure après on fait l’appel nominal, il n’y a pas de quorum, la troisième fois on constate qu’il n’y a pas de quorum, et à ce moment là le président est obligé de renvoyer la séance. Si ça devient chronique, on parlera de dysfonctionnement.
Cependant ce sera un moment crucial que le deuxième lundi du mois de janvier, on n’ait pas de quorum. Car on verra précisément quelle sera l’attitude des sénateurs. Il y en a qui disent, je constate que je ne suis plus en fonction je me retire. Il y en qui dise que : « wè pas wè » le deuxième lundi du mois de janvier ils seront présents. Il y a des députés qui acceptent la première hypothèse. Il y a des députés qui disent qu’ils n’accepteront pas des sénateurs qui auront eu un mandat de deux ans.
Voilà une situation qui est lourde, lourde de virtualités conflictuelles. Et ces virtualités, nous parlions de contrôle tout à l’heure, elles peuvent se révéler incontrôlables, et débouchées sur une crise parlementaire.

RB : Il est évident que votre décision de ne pas participer à la 48e législature n’a laissé personne indifférent. Pour répondre à certaines critiques, vous avez évoqué les fraudes dans le comptage des voix, et par-dessus de marché, vous avez avoué avoir repéré trois ou quatre occasions, qui vous auraient porté à démissionner de cette législature. Quelles sont elles ?

MHM : Je n’aurais pas démissionné de la législature. Encore une fois je le dis, la notion de législature ne s’applique pas au Sénat.
Vous savez depuis ces élections de l’an dernier, je me suis abstenue de dire quoi que ce soit contre le Sénat. J’observe comme citoyenne, comme tout le monde. Mais je n’interviens pas précisément pour que les gens ne disent pas, voyez si vous étiez là, peut être que les choses seraient différentes. D’abord je ne le crois pas. Car je suis assez lucide, pour ne pas admettre que la présence d’une seule personne, pourrait faire un changement.
Je vais vous donnez un seul cas. Le cas qui me parait le plus mineur. Lorsque le secrétaire Général des Nations Unies était venu en visite en Haïti, en visite officielle, et les sénateurs ont refusé de le recevoir. Voilà un cas. Car j’estime que le Sénat organe de l’Etat ne peut pas refuser de recevoir le Secrétaire Général des Nations Unies. Il est un personnage important. Il est en visite officielle. Il avait annoncé qu’il viendrait au Sénat. Finalement sa visite a été un peu escamotée. Mais le Sénat avait décidé de ne pas le recevoir, à cause d’un incident qui s’était produit entre la Minustah et un sénateur. J’ai estimé pour ma part que si j’étais là, non seulement j’aurais manifesté mon désaccord profond et peut être ça m’aurais porté à me retirer. Parce que j’estime que ce n’était pas sérieux. C’est comme si la présidence de la République refuserait de recevoir un personnage comme le Secrétaire Général des Nations Unies. D’autant qu’il y avait des choses. Il y avait tout un cahier de charges, des reproches à adresser à la Minustah, en profitant de la visite du Secrétaire Général. J’estime que vous ne pouvez pas avoir eu cette opportunité exceptionnelle, qui serait certainement médiatisée de recevoir le Secrétaire Général, pour qu’avec toutes les formes diplomatiques requises, vous lui fassiez part de vos griefs, de vos reproches, de vos suggestions etc. J’ai estimé pour ma part, que ce n’était pas sérieux. Ce n’était pas normal. Je vous donne un cas pour lequel vraiment les journalistes m’avaient demandé d’opiner. Je n’ai pas opiné. J’estimais que les gens pourraient dire que si j’étais là, j’aurais fait ceci ou cela. Si j’étais là, j’aurais fait entendre ma voix publiquement pour exprimer mon désaccord. Mais ça n’aurait pas changé les choses. Puisque ils avaient décidé, je crois, à la majorité, si non la totalité des sénateurs s’étaient prononcés dans ce sens. Les souvenir sont un petit peu lointain. Je m’abstiens de donner trop de précision. Voilà un cas qui m’avait paru vraiment énorme. Le manque de sagacité politique, le manque de raisonnement politique, et le manque de forme.

(A suivre)

Nomination des membres du nouveau Conseil Electoral Provisoire

Ce CEP dont la mission consiste à assurer le renouvellement du tiers du Sénat et à organiser les élections indirectes, compte parmi ses membres, qui entrent en fonction ce mercredi, l’architecte Ginette Chérubin, le représentant des organisations populaires Lavalas, Rodol Pierre et le syndicaliste Jacques Belzin ; Jacques Bernard revient à la direction générale de l’institution
mercredi 12 décembre 2007,
Radio Kiskeya

Les neuf membres du nouveau Conseil Electoral Provisoire (CEP) ont été nommés mardi par arrêté présidentiel avec la mission d’organiser les sénatoriales partielles et les élections indirectes, passage obligé pour la formation du Conseil Electoral Permanent.
Issu du processus de consultation qu’avait engagé le Président René Préval avec différents secteurs organisés de la société civile, cet énième CEP provisoire, dont la création est annoncée après de longues semaines d’attente, est composé notamment des représentants de la classe politique, des églises catholique, protestante et épiscopale. Pour la première fois, les organisations populaires, généralement de sensibilité politique Lavalas, et les organisations féminines font leur entrée officiellement dans l’institution électorale tandis que les syndicats de travailleurs sont de retour après avoir été écartés de plusieurs formules consensuelles à l’origine ces dernières années de la formation de l’organisme électoral.
Au sein de la nouvelle équipe, l’architecte Ginette Chérubin, ancienne ministre à la condition féminine, siégera au nom des organisations de femmes, en particulier Fanm Yo La qui avait présenté sa candidature. Une deuxième conseillère électorale, Me Laurette Croyance, a été désignée par l’église épiscopale anglicane.
La Conférence Episcopale et la Fédération Protestante d’Haïti (FPH) seront représentées respectivement par Frantz-Gérard Verret et le pasteur Leonel Raphaël.
La classe politique est aussi partie prenante de la nouvelle formule à travers deux regroupements, la Convention des partis politiques ayant comme représentant Fritz Rosemé du Grand Rassemblement pour l’Evolution d’Haïti (GREH) et le Conseil National des Partis Politiques dont est issu le Dr François Jasmin.
Les organisations populaires Lavalas sont désormais directement impliquées dans le processus électoral et auront leur propre conseiller en la personne de Rodol Pierre, un chef d’OP pro-Aristide au discours autrefois très virulent, mais qui depuis un certain temps ne s’était pas manifesté.
Pour le secteur syndical, le choix a porté sur Jacques Belzin, secrétaire général adjoint de la Confédération des travailleurs haïtiens (CTH) et responsable de la Fédération Nationale des travailleurs en éducation (FENATEC).
Enfin, le secteur des handicapés comptera un membre au CEP, Gaillot Dorsainvil, un non-handicapé moteur travaillant depuis une vingtaine d’années au Centre d’éducation spéciale (CES) dirigé par Denise Fouchard. La présence de ce secteur au sein de l’organisme électoral représentait un enjeu de taille pour le chef de l’Etat qui s’est posé en défenseur des personnes déficientes, allant jusqu’à reprocher publiquement à ses interlocuteurs de s’être montrés hostiles à leur intégration au cours des consultations ayant précédé la formation du CEP.
Le secteur privé des affaires, qui avait soumis à l’Exécutif les candidatures du conseiller sortant François Benoît et de l’ancien directeur général du CEP, Jacques Bernard, perd son siège traditionnel au sein du Conseil. En revanche, il héritera de la direction générale de l’institution, selon le ministre chargé des relations avec le Parlement, Joseph Jasmin. Ainsi, Jacques Bernard réintégrera bientôt ce poste stratégique qu’il avait occupé lors des présidentielles et législatives de 2006.
L’arrêté présidentiel nommant les neuf conseillers électoraux précise qu’outre les élections destinées à pourvoir les sièges de dix Sénateurs élus pour deux ans et dont le mandat arrivera à terme le deuxième lundi de janvier, le nouveau Conseil Electoral a également pour mandat d’organiser des élections pour "combler tous autres postes électifs vacants ou qui pourraient le devenir". Il sera également chargé de l’organisation des "élections indirectes pour les assemblées municipales et départementales, des conseils départementaux et du conseil interdépartemental. Ces élections seront programmées en tenant compte de l’établissement par le Parlement du cadre légal relatif à l’organisation et au fonctionnement des collectivités territoriales".
Les nouveaux conseillers électoraux entreront en fonction dès leur prestation de serment et leur mandat prendra fin avec l’épuisement de la mission qui leur est confiée.
La cérémonie de prestation de serment est prévue mercredi matin au Palais de justice de Port-au-Prince et sera suivie immédiatement de l’installation de la nouvelle équipe.
La publication de l’arrêté présidentiel sonne le glas du Conseil Electoral sortant dont les principaux ténors, Max Mathurin, François Benoît et Rosemond Pradel avaient été vilipendés par les secteurs proches du pouvoir et même menacés de poursuites judiciaires pour leur implication présumée dans des "détournements de fonds". Mais, les tentatives controversées du chef du parquet de Port-au-Prince, Claudy Gassant, de s’emparer du dossier avaient suscité la colère des conseillers électoraux et divisé la classe politique ainsi que l’opinion publique. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4513

Rejet "quasi officiel" du projet de prolongation du mandat des sénateurs élus pour deux ans

Un ministre du gouvernement s’oppose à une telle éventualité
mercredi 12 décembre 2007,
Radio Kiskeya

Le ministre chargé des relations avec le parlement, Me Joseph Jasmin, a formellement rejeté mardi la proposition de prolongation du mandat des sénateurs élus pour deux ans soumise la semaine dernière au Sénat de la République. Ladite proposition prévoit le départ des sénateurs en question le deuxième lundi du mois de mai 2008, au lieu du second lundi de janvier 2008, comme l’exige la Constitution.
« Il n’est pas normal de prolonger le mandat d’un parlementaire », a déclaré M. Jasmin rappelant que, lui-même, député de la 46ème législature, avait dû partir quand un problème similaire s’était posé en janvier 1999.
C’est la première voix officielle à se prononcer de façon aussi directe sur la controverse soulevée dans les milieux politiques par l’imminence de l’échéance du mandat des sénateurs élus pour deux ans, alors que les élections pour pourvoir à leur remplacement n’ont pas été organisées.
Les tenants de l’option de prolongation du mandat des sénateurs élus pour deux ans justifient leur position par le fait qu’il faille éviter à tout prix que, réduit dans son effectif à partir du deuxième lundi de janvier prochain, le Sénat ne devienne quasiment inopérant en raison d’un quorum extrêmement fragile. Ils reprochent au gouvernement et particulièrement au chef de l’Etat de n’avoir pas pris à temps toutes les dispositions en vue de l’organisation des élections pour le renouvellement du tiers du Sénat
Au nombre des partis politiques ayant clairement rejeté la proposition de prolongation du mandat des troisièmes sénateurs figurent la Fusion des Sociaux démocrates haïtiens (président Victor Benoit) et l’Union (principal dirigeant pasteur Chavannes Jeune). Le Grand Rassemblement pour l’Evolution d’Haïti (GREH) de l’ancien colonel Himmler Rébu et le Mouvement Chrétien pour le Renouveau d’Haïti (du pasteur Luc Mésadieu) y voient pour leur part une formule heureuse devant éviter à la 48ème législature de sombrer dans l’illégitimité.
Pour leur part, plusieurs des sénateurs concernés ont publiquement exprimé, et à maintes reprises, leur ferme intention de n’abandonner leur poste qu’en mai 2008 s’ils ne sont pas légalement remplacés en janvier prochain. [jmd/RK]
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4514

Haïti/Rép. dominicaine : D’anciennes femmes braceros témoignent

Mardi 11 décembre 2007
P-au-P, 11 déc. 07 [AlterPresse] --- Rosette, est le nom d’une jeune femme d’origine haïtienne qui a été déportée en Haïti par les autorités dominicaines. Agée de 36 ans et mère de six enfants, Rosette a vu le jour sur le territoire dominicain, selon les témoignages recueillis à l’exposition « esclaves au paradis » par l’agence en ligne AlterPresse.
Dans les bateyes [plantations de canne à sucre] dominicains où elle a grandi, Rosette intervenait surtout dans le sarclage des champs, aux fins de trouver de quoi nourrir ses petits enfants.
A l’instar d’autres Haïtiens nés en République Dominicaine, Rosette n’a pas eu la moindre chance de bénéficier des principes du droit de sol (jus soli) reconnus par la Constitution dominicaine. Elle a été purement et simplement rapatriée vers Haïti, sa terre d’origine.
Sans secours, elle vit aujourd’hui dans une bicoque à Malpasse, près de la frontière haïtiano-dominicaine, à une quarantaine de kilomètres au nord-est de Port-au-Prince.
« J’ai des familles en Haïti, mais je ne connais pas Haïti », soupire la jeune femme lors d’une conférence-témoignage organisée par le Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (Garr), à laquelle a assisté AlterPresse.
Agée de 25 ans, Julia se trouve, à quelques exceptions près, dans la même situation que sa compatriote Rosette. Son seul enfant de quatre ans, dont elle n’a pas, aujourd’hui, la possibilité, de le doter d’acte de naissance, serait le produit d’un viol.
« Je suis sans secours, abandonnée avec un enfant que je ne suis même pas en mesure d’envoyer à l’école », dit-elle à l’assistance, composée majoritairement d’’ecolières et d’écoliers.
La conférence-témoignage du mardi 11 décembre 2007 s’inscrit dans le cadre de l’exposition « Esclaves au paradis » de la photographe franco-péruvienne Céline Anaya Gauthier, réalisée sur la situation des coupeurs de canne haïtiens dans les bateyes dominicains.
Les photographies présentées montrent des enfants nus, des coupeurs de canne haïtiens, victimes d’injustice et en haillons rapiécés.
« Une situation qui nous rappelle le temps de l’esclavage », selon des visiteurs.
Représentante du Garr à Fonds-Verrettes, Carmel Mérisca constate avec désolation combien des femmes haïtiennes voyagent clandestinement vers la République Dominicaine, accompagnées de leurs enfants.
« Ces voyages clandestins, pour la plupart, sont organisés sous la complicité des passeurs dominicains », explique-t-elle.
Carmel a profité de cette tribune offerte par le Garr, dans le cadre de l’exposition photographique « Esclaves au paradis », pour appeler les autorités compétentes à déployer des policiers à Fonds-Verrettes.
Cette commune, habitée par quelque 45 mille âmes, vit dans des conditions exceptionnelles, trois années après les inondations dévastatrices du 23 mai 2004 qui avait provoqué la mort de 238 personnes et plusieurs milliers de sinistrés. L’Etat est totalement absent dans cette ville qui n’a pas de tribunaux, de commissariats et sous-commissariats de police.
Avec le redéploiement des autorités policières et judiciaires, Carmel pense que les voyages clandestins vers la République Dominicaine pourraient être réduits. Mais, les démarches effectuées en ce sens auprès de l’Etat demeure sans succès, selon la militante de droits des migrants.
« A notre connaissance, des policiers continuent de percevoir leur salaire au nom de Fonds-Verrettes comme s’ils étaient toujours cantonnés à Fonds-Verrettes », soutient-elle.
Un participant au débat de ce 11 décembre 2007 à l’exposition « Esclaves au paradis » donne deux causes qui, selon lui, seraient à la base des voyages clandestins vers la République Dominicaine. Il s’agit des causes politique et économique.
« A mon avis, les dirigeants de ce pays font la sourde oreille aux calamités de nos compatriotes en République Dominicaine, ils sont là pour défendre seulement un petit groupe : la classe possédante », estime ce participant sous couvert de l’anonymat.
Le gouvernement haïtien semble être insensible vis-à-vis des migrantes et migrants haïtiens en République Dominicaine. [do rc apr 11/12/2007 15 :30]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article6744

Des policiers accusés de torture, risquent l’emprisonnement


Les 6 policiers, accusés d’avoir tabassé un présumé kidnappeur, François Lafortune, alias Khadafi, ont comparu hier mardi par devant le tribunal correctionnel. Le juge Chanlatte Mathieu s’est déclaré incompétent et a décidé de renvoyer le dossier au cabinet d’instruction pour un procès criminel. L’un des avocats des policiers, Samuel Madistin, critique cette décision et annonce avoir interjeter appel. En dépit de la requête du ministère public, les policiers restent en liberté provisoire déclare le juriste qui explique qu’aucun mandat de dépôt ne figurait dans le dossier. " Le juge a demandé qu’un mandat soit émis contre les policiers, mais ceci ne peut se faire parce que l’appel est suspensif", soutient M. Madistin. De plus, Samuel Madistin souligne que le ministère public n’a pas présenté un certificat médical prouvant la gravité des blessures. " Il n’y a pas de certificat médical délivré par un médecin de l’HUEH", dit-il précisant que les photos ne sont pas des preuves prouvant la gravité des blessures. D’autres policiers et les parents des policiers accusés, présents au tribunal ont laissé éclater leur colère en raison de la décision du juge Chanlatte Mathieu. " On libère un kidnappeur et emprisonne des policiers, la population et les policiers doivent se révolter contre cette situation ", lance l’un d’entre eux. Un autre policier croit qu’il s’agit d’un complot. " Le kidnappeur " Khadafi" est marié à la cousine de Claudy Gassant, le commissaire du gouvernement qui avait dans un premier temps ordonné la libération de " Khadafi", soutient celui-ci. " De la façon dont nous sommes traités il n’y a rien d’autre à faire que de remettre les armes ", déclare un autre policier offusqué.

Education pour tous, Haïti lanterne rouge

Selon un rapport d'une coalition internationale d'ONG, Haïti arrive en dernière position pour la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) en matière d'éducation. Ce rapport de la Campagne mondiale pour l'éducation (CME, une coalition regroupant 150 ONG), intitulé "Un bulletin scolaire mondial", classe les gouvernements des pays en voie de développement en fonction de leur implication pour la réalisation des OMD en matière d'éducation. Ces objectifs, appelés Education pour tous (EPT), prévoient notamment l'enseignement primaire universel, l'égalité entre les sexes, la qualité de l'enseignement et l'alphabétisation des adultes. Haïti obtient (2 sur 100), devancé par la Somalie (3) et la Guinée-Bissau (7), alors que l'île Maurice arrive en tête des pays en voie de développement avec 82 sur 100, et devance l'Uruguay (80) et la Lettonie (80). "Le monde est en retard pour accomplir les engagements formulés par la communauté internationale" lors de la signature en 2000 des OMD des Nations unies, a déclaré le président de la CME Kailash Sathyarti lors du lancement du rapport. "Nous demandons aux gouvernements de mobiliser les ressources nécessaires pour réaliser les OMD", a poursuivi M. Sathyarti, peu avant l'ouverture à Dakar d'une réunion du Groupe de haut niveau de l'Education pour tous (EPT, appellation des OMD en matière d'éducation). Toutefois a-t-il ajouté, plus de 70 millions d'enfants ne sont toujours pas scolarisés et plus de 770 millions de personnes sont analphabètes à travers le monde, en particulier dans les couches les plus fragiles de la société.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=13311

Enlèvement de deux jeunes écoliers à Port-au-Prince

Kidnappés en plein jour dans le centre de la capitale à bord d’un véhicule Service de l’Etat
mercredi 12 décembre 2007,
Radio Kiskeya
Deux jeunes écoliers enlevés mardi après-midi dans le centre de Port-au-Prince étaient encore mercredi aux mains de leurs ravisseurs, a appris Radio Kiskeya de sources policières.
Les otages ont été interceptés par des individus armés à bord d’une Nissan Pathfinder de couleur bleue immatriculée SE-01105 qui circulait à la rue Monseigneur Guilloux, zone La Fleur du Chêne, dans le quartier du Bas Peu de Chose.
Le véhicule, que son chauffeur a été contraint d’abandonner, avait pris la direction du Bel-Air avant d’être retrouvé abandonné.
La Police Nationale était mobilisée mercredi en vue de faciliter le retour des enfants au domicile de leurs parents. Une rançon de 300.000 dollars américains aurait été réclamée en échange de la libération de l’un des deux innocents.
Dimanche dernier, une professionnelle bien connue sur le marché de la pâtisserie avait été enlevée à son domicile à Laboule 22 (banlieue est), lors d’un vol par effraction.
En province, un adolescent de 13 ans, Kerry Dubrena, kidnappé depuis trois semaines à Gros Morne (Artibonite, nord) n’a toujours pas été revu. Sa mère et un dominicain sont activement recherchés pour leur implication présumée dans ce rapt tandis que deux autres personnes arrêtées dans le cadre de la même affaire ont été libérées.
Plusieurs enfants en bas âge, dont un le jour même de son premier anniversaire de naissance, ont été enlevés ces derniers jours dans différents secteurs de la capitale, puis libérés contre rançon. Les forces de l’ordre ont pu également déjouer quelques tentatives de kidnapping sans arriver toutefois à enrayer l’action des bandits qui se sentent pousser des ailes à l’approche des fêtes de fin d’année. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4515

Prévention de la violence et réinsertion des anciens bandits, deux préoccupations de la CNDDR

Le président de la Commission Nationale de Désarmement Démantèlement et Réinsertion (CNDDR), Alix Fils Aimé, est satisfait du processus de désarmement et de réinsertion lancé depuis près d’un an. M. Fils Aimé croit qu’il faut désormais privilégier une approche plus globale dans le cadre des efforts visant à consolider le climat sécuritaire. C’est ce qui explique la mise en place des forums de sécurité dans les régions, surtout les bidonvilles, qui ont été autrefois en proie à la violence des gangs armés telles Cité Soleil et Martissant. Ces forums feront naître des partenariats entre les citoyens, les élus locaux, la police et le secteur privé dans le cadre d’un effort socioéconomique. Tout en lançant un appel à la vigilance, Alix Fils Aimé, préconise l’établissement de réseau sécuritaire visant à maintenir un climat de paix dans les quartiers. Cet appel ne signifie pas que les autorités ont baissé les bras fait remarquer M. Fils Aimé qui assure que de nouvelles dispositions seront mises en place durant les fêtes de fin d’année. " Il faut une vigilance communautaire et une vigilance personnelle", dit-il en réponse à une question sur les récents actes de cabriolage- kidnapping enregistrés ces dernières semaines dans la région métropolitaine. Outre la mise en place de forums de sécurité, les responsables de la commission nationale de désarmement s’activent à faire avancer le processus de réinsertion des anciens bandits. Alix Fils Aimé préfère les appeler " anciens éléments armés", rappelant qu’aucun individu recherché pour crime n’a été admis dans le programme. 316 anciens membres de gangs sont sur le point de suivre un stage de formation avant de recevoir leurs diplômes selon M. Fils Aimé qui se réjouit du succès du programme. " Nous avons 15 % de déperdition, alors que dans les autres pays le taux avoisine les 30 % ", déclare t-il soulignant que tout est mis en œuvre pour favoriser la réinsertion sociale des anciens membres de gangs. Par ailleurs, le président de la CNDDR fait remarquer que 12 récidivistes ont été appréhendés par la police et deux autres tués lors d’affrontement.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=13310
Commentaires :
« Le président de la Commission Nationale de Désarmement Démantèlement et Réinsertion (CNDDR), Alix Fils Aimé, est satisfait du processus de désarmement et de réinsertion lancé depuis près d’un an. »
Ces éloges du genre « je m’aime, je m’adore » du président de la fameuse commission somment comme une grosse cacophonie au moment ou les familles haïtiennes ne savent plus à quels saints se vouer devant la poussée avérée des cas de kidnapping touchant essentiellement des enfants.
Il faudrait demander aux haïtiens en général de donner une note à la politique sécuritaire globale menée par les autorités en faisant référence ciblée aux actions entreprises par la PNH, la MINUSTAH et cette commission DDR. Au sein de la société il faudrait en particulier obtenir les opinions des parents de ce petit garçon, tué, amputé et jeté en pâtures aux chiens sur un tas d’immondices( ???!!!????), aux parents de ces deux écoliers séquestrés aujourd’hui même par des ravisseurs circulant en Pathfinder (!) et d’autres parents d’innombrables victimes silencieux non ou peu médiatisés.
Il est même assez étonnant qu’il n’est jamais été question d’interpellé le tout puissant chef de la commission DDR dans une conjoncture ou les législateurs donnent l’impression d’avoir toujours un doigt sur la gâchette.
Combien a couté la réinsertion de ces 300 anciens « porteurs d’armes » ?
Quelle mention sera portée sur leurs diplômes ?
La seule nouvelle apaisante de cette dépêche c’est de savoir qu’au moins il y deux récidivistes (qui ne sont pas des bandits selon le directeur de la DDR !) qui sont aujourd’hui hors d’état de nuire.

Port-de-Paix tourne le dos à la mer

Elles avancent sur l'Atlantique, les boîtes de béton. Le bord de mer de Port-de-Paix a le visage de l'anarchie.
Certains pays n'ont pas de mer, d'autres en sont entourés de tous les côtés. A Port-de-Paix, les gens n'en savent que faire de cette richesse océanique ! Des investisseurs étrangers donneraient tout l'or du monde pour avoir cette mer en face de l'île de la Tortue. A portée du regard, l'île appelle à l'aventure. « Ici, la mer est une poubelle », déclare une propriétaire d'hôtel de Port-de-Paix, chef-lieu du département du Nord-Ouest, à qui nous venions d'adresser nos reproches parce que l'un de ses employés avait balancé à la mer un panier d'ordures. « Où doit-on jeter nos fatras ? Dans la rue ? Regardez là-bas, les gens défèquent dans la mer », dit-elle.
Une porcherie battue par les vagues est exploitée sur le littoral, bordant des maisons construites sur pilotis. Une rangée d'horribles boîtes de béton avancent vers l'océan Atlantique. Elles ressemblent singulièrement à des bidonvilles qui dévorent la côte. Pas un pouce de sable ne recouvre la bordure rocheuse sur laquelle s'élèvent des piliers de béton servant de base aux constructions anarchiques.
Les hôtels de Port-de-Paix tournent le dos à l'Atlantique. Ces lieux de plaisance ainsi que beaucoup d'habitats de cette commune agrandissent leur surface constructible en empiétant sur la mer. Les gens font ce qui leur plaît. Aucun responsable de l'autorité publique n'a intimé l'ordre à quiconque de ne pas construire sur le littoral. Il en a toujours été ainsi.Le sable fin, velours pour un littoral, que la publicité dans les autres pays vante pour attirer des touristes, sert à d'autres fins. Du côté de la plage « Embouchure » encore recouverte, on l'exploite avec acharnement comme une mine de sable. Cet élément entre dans la préparation de mortier et de construction des blocs. « Nous lavons le sable à grande eau pour éliminer le sel », confie un fabriquant de blocs. Même les roches de la mer sont recueillies, empilées le long de la plage en attendant des gros camions. Un enfant rencontré sur la plage met des roches dans une brouette. Il compte les vendre pour récolter un peu d'argent.

Et pourtant la mer est là, rutilante de soleil
La propriétaire de l'hôtel qui nous héberge craint d'ouvrir sa propriété sur la mer uniquement pour des raisons de sécurité. « On ne sait jamais ! Un concurrent jaloux peut toujours s'aviser d'envoyer un énergumène semer le trouble en vue de faire fuir notre clientèle », argumente-t-elle. La cuisine, le parking et quelques toilettes de cet hôtel bordent la mer. Même image à l'hôtel que l'on considère comme le plus sélect de Port-de-Paix.L'hôtellerie, à Port-de-Paix, joue une partition contraire aux habitants de cette commune qui regardent la mer comme un espoir. L'espoir d'aller dans les îles de la Caraïbe ou à Miami. L'espoir de voir s'ouvrir la voie maritime pour faire du négoce. Le mari de cette femme, un jeune marin, avant de jeter son ancre dans le domaine de l'hôtellerie, a bourlingué sur les mers pendant deux décennies. D'autres propriétaires ont fait le même parcours.Cet hôtel était auparavant un port privé comme beaucoup d'autres. « Mon mari et moi, nous avons décidé de fermer notre port pour ouvrir cet hôtel », dit-elle. C'est moins inquiétant que d'être obligé de se battre contre la mer.
Un mur orné de balustres et une cuisine masquent l'étendue. L'hôtel tourne dos à l'île de la Tortue. Pour regarder l'île qui écume au soleil comme un gros sous-marin, il faut monter sur le toit. La mer est là, rutilante de soleil. Des pêcheurs viennent accoster avec leur poisson à l'arrière de l'hôtel près de la cour. Pas l'ombre d'un baigneur à l'eau. « Est-ce que l'on a vraiment besoin de plage à Port-de-Paix, puisque les touristes ne viennent pas ? S'il n'y avait pas les ONG, on fermerait depuis longtemps nos portes », dit-elle, pensive. A l'occasion de la fête de l'Immaculée Conception, sainte patronne de la ville, une colonie de gens envahit les hôtels. Hauts dignitaires de l'Etat, représentants d'ONG, groupes d'artistes venus de Port-au-Prince, la foule des fêtards, animent la métropole du Nord-Ouest. Des putains, des éclopés, des mendiants sortent de leur trou et créent un embouteillage dans les principales artères de la ville déjà méconnaissable. Après la fête, le temps mort reprend son rythme lent, morne et accablant à Port-de-Paix.
« Si l'envie vous prend d'aller vous baigner, je vous conseille d'aller à Anse-à-Foleur, il y a du sable et c'est très propre », fait-elle remarquer.
La ville de Port-de-Paix se modèle sur Port-au-Prince par ses côtés anarchiques. Mais quand donc viendra l'ordre ?
Claude Bernard Sérant

Commentaires
Paris Plage… Ca vous dit quelque chose ?
Oui c’est en effet un projet cher aux parisiens et surtout à la mairie et aux maires de la ville qui consiste à mettre à la disposition des habitants de la ville lumière un aménagement rappelant une plage et ceci sur les rives de la seine. Rien de bien étonnant puisque les nations qui n’ont que faire de leur argent ont construit une station de ski en plein désert ! Tout ceci sans nul doute pour le bonheur de certains ou de tous les riverains.
En fait ce n’est que l’expression de cette vérité absolue de pouvoir utiliser à bon escient les richesses naturelles au profit du bien être de la société.
Chez nous tout ce qui représente richesse et potentialité est traité avec le plus méprisable des dédains et devient carrément un vrai problème.
Notre bord de mer est converti en poubelle et en déchèteries dans l’indifférence de notre classe dominante politique et économique qui cependant se plait bien à se pavaner sur les plages de juan dolio, boca chica ou sosua en République dominicaine.
Personne ne se sent concerner par le sort de ce pays dont les dirigeant ont déjà déserté en expédiant leurs familles ailleurs ou en se protégeant derrière un passeport étranger.
La situation s’est simplement considérablement aggravée. Elle n’est ni nouvelle ni l’apanage d’un gouvernement en particulier. Et les duvaliériste et les lavalassiens dans des proportions presque identiques ont travaillé très fort pour arriver à ce déclin. Et ce , malgré les voix qui claironnent pour dire que c’était « moins pire » ou « plus pire » -accroc voulu et recherché à la langue de Molière-
Les appels aux investissements et aux investisseurs devraient s’élargir vers de vrais systèmes d’ingérence pilotés par des « humains » conscients des potentialités de cette nation puisque nous autres les haïtiens nous n’y voyons qu’une sorte de vache à lait dont on ne soucie même pas de la survie.
Et pour les nationalistes nostalgiques...on verra après.

Dr JJ

Haïti retrouve sa mère

Une magnifique et gigantesque foule quitte solennellement Bel-Air pour le stade Sylvio Cator. Paré de drapeaux de l'Église et d'autres frappés aux couleurs de groupes paroissiaux, entre autres, Sainte Famille, Légion de Marie, Kiro, MEJ et des chorales de renom, cette procession dominée par le blanc ne laisse aucune chance aux passants, piétons ou automobilistes. C'est le renouvellement de la consécration d'Haïti à Marie et le cinquième quart de siècle de la guérison miraculeuse de la petite vérole, survenue en décembre 1882. Du Sanctuaire Notre-Dame du Perpétuel Secours situé au Bel-Air au stade Sylvio Cator en passant par le Palais national et l'Hôpital de l'Université d'Etat d'Haïti (HUEH), dit hôpital général, des dizaines de milliers de fidèles catholiques ont manifesté samedi leur attachement avec leur mère, 125 ans après le miracle haïtien de la petite vérole.
C'était aussi l'occasion pour eux de fêter le 65e anniversaire de la consécration d'Haïti, conclue sous la présidence d'Elie Lescot, à Notre-Dame du Perpétuel Secours à qui plusieurs paroisses et chapelles sont dédiées à travers la république. Supplications, louanges, chants, carillon de cloches, pénitence, exhortations et bénédiction ont ponctué cette démarche de la Conférence épiscopale rejointe par les congrégations religieuses, des instances gouvernementales et une grande partie de la société civile.

La présence de René Préval et celle d'une bonne partie de l'équipe gouvernementale à la procession et à la messe de clôture au stade en a été pour preuve. Hauts fonctionnaires et patrons d'entreprises privées ont témoigné de leur participation à cette interminable procession, placée sous le thème: «Ayiti, men manman ou».
Sacrifices et participation avec MarieLes pèlerins se sont donnés corps et âmes à une température féroce qui a provoqué des crises de convulsion sur tout le parcours.

Vieillards, personnes handicapées, malades et d'autres aux apparences physiques saines et de tous les âges, ont investi les rues du Bel-Air notamment les rues Macajoux, Dr Aubry, Pavée, Mgr Guilloux aux cris de Ave et Salve Maria.De jolies décorations dessinées sur des tapis à même le sol avec des ripes de bois ont marqué les sept points d'arrêts, gérés chacun par une paroisse, tout en véhiculant chacun des messages.

Le message délivré par le président de la Conférence épiscopale, Mgr Louis Kébreau de la congrégation salésienne, au moment de l'homélie, allait déclencher des applaudissements nourris dans la foule qui dépassait sans dérangement la capacité du stade.

Mgr Kébreau en a profité pour dénoncer l'injustice sociale en Haïti où le peuple vit dans la misère, la corruption et l'insécurité. L'évêque a appelé le peuple à se débarrasser de la peur et à vivre loin de la drogue et de la corruption. « Nous sommes là pour une consécration et pour une commémoration, mais nous voulons dire au peuple de Dieu que l'Eglise est à ses côtés pour dénoncer ceux qui emplissent leurs poches d'argent tandis que le peuple est dans la souffrance », a affirmé le prélat, chaudement applaudi. « Ils vivent d'illusions, ils se construisent de grandes maisons en exploitant les malheureux, en les manipulant. C'est pourquoi nous devons sauver ce pays qui est en danger », a-t-il ajouté.

Le président de la Conférence des évêques haïtiens a également souhaité que le pays puisse reconquérir son indépendance, suscitant des applaudissements nourris de la foule de pèlerins qui avaient pris place dans les tribunes du stade pour suivre une messe d'actions de grâce. « L'heure de la liberté et de la vérité a sonné, dit l'évêque. Nous devons reconquérir notre indépendance, nous libérer du pouvoir de la mort sans recevoir des diktats d'autres Etats. Nous devons avoir une raison d'être fiers de notre drapeau et nous sentir haïtiens, c'est ce que veut notre mère Marie. »Que la Vierge veille sur HaïtiDe son coté, le Nonce Apostolique, Mgr Mario Giordana, a lu le message de circonstance du Pape Benoît XVI dans lequel le Souverain Pontife souhaite que la Vierge recommence à veiller sur le destin d'Haïti. Si la foule a été au rendez-vous, le désordre a été d'une grande participation à cette marche qui a réuni 14 évêques, une trentaine de prêtres et plusieurs dizaines de séminaristes. Plusieurs centaines de pèlerins, poste de radio en main, qui ne s'étaient tenus qu'à la messe au stade, ont investi le site plusieurs heures avant l'entrée solennelle des officiants prévue pour 2 heures.
Lima Soirélus
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=51888&PubDate=2007-12-12

mardi 11 décembre 2007

L'ENTRETIEN DE MADAME MANIGAT ACCORDE A MONSIEUR ROBERT BENODIN SUR RADIO CLASSIQUE INTER: PREMIERE PARTIE

Bonsoir chers auditeurs. Vous écoutez sur les ondes de Radio Classique Inter, l’émission Actualités Politiques, Grandes lignes, animée par Robert Bénodin. Nous avons avec nous, sur les ondes de Radio Classique inter, Mirlande Hippolyte Manigat, Secrétaire Générale du RDNP sur la conjoncture de crise qui sévit en Haïti. Madame Mirlande Manigat, nous vous souhaitons la bienvenue une fois de plus sur les ondes de Radio Classique Inter.

RB : Préval est en train de jongler dangereusement des problèmes, sans se soucier de l’insatisfaction générale sous-tendue par la misère, la pauvreté, la faim, les inondations, la cherté de la vie, le chômage, l’insécurité etc. Il y a-t-il lieu de s’inquiéter qu’à court terme, on passe de l’insatisfaction générale, à l’éruption du mécontentement ?

MHM : Vous avez énuméré en un raccourci, les principaux problèmes que vivent les Haïtiens maintenant à l’intérieur du pays. Je crois que c’est une énumération qui est conforme à la vérité. Il y a peut être deux sortes de vérité, deux niveaux de vérité. Il y a la vérité objective. Et il y a la vérité vécue. C'est-à-dire que les gens peuvent avoir faim, peuvent être au chômage, peuvent vivre l’insécurité. Ca c’est le premier niveau. Mais le deuxième niveau interviendra, lorsqu’ils ont conscience que cette situation est intolérable. Et c’est ce passage de la vérité brute à la vérité vécue, à la vérité psychologique, qui est porteur de mécontentement possible.
Vous avez dit en outre à court terme. Je ne sais pas, si c’est à court terme ou à moyen terme. Disons que nous avons pour l’instant, tous les ingrédients qui pourraient. Je ne dis pas qui devraient. Vous savez ce passage n’est pas historiquement facile. Mais qui pourraient se convertir en mécontentement, si rien n’est fait pour essayer de résoudre les principaux problèmes.


RB : Force est de constater qu’en Haïti le mécontentement est latent au niveau des masses. A l’exception de lavalas, les partis de masse, faisant parti du gouvernement, sont pour le moment démobilisés. Comment voyez-vous une gestion de l’éruption éventuelle du mécontentement, pour empêcher à lavalas de s’accaparer non seulement du haut, mais surtout du monopole du pavé ?

MHM : Vous savez que dans l’histoire des peuples, il y a quand même toujours une inconnue. Il y a d’abord ce premier passage, dont je vous parlais tout à l’heure. C'est-à-dire qu’il y a des raisons d’être mécontent. Mais on n’est pas toujours mécontent. Cependant le mécontentement grossit, s’amplifie et à un certain moment, comme vous l’avez dit, fait une éruption. Mais c’est précisément, et c’est là le danger. Le propre d’une éruption, c’est qu’elle est incontrôlable. On ne peut pas savoir, comment ni quand. Parfois c’est un événement mineur, une décision banale qui peut être le détonateur du mécontentement. Donc gérer ce mécontentement c’est vraiment difficile.
Vous dites que lavalas pourrait se l’approprier. Mais d’autres personnes aussi, des groupes pourraient s’en approprier. Est-ce que dans votre question vous voulez dire, ce n’est pas que je sois en désaccord avec vous, mais je veux comprendre, que lavalas se trouve dans la meilleur position, pour gérer ce mécontentement.


RB : Ce n’est pas qu’il soit dans la meilleure position. Mais quand on compare les activités de lavalas sur tout le territoire, et qu’on voit les autres partis qui sont démobilisés parce qu’ils sont dans le gouvernement. On est obligé de se poser la question, s’il y a une éruption, lequel des partis sera en meilleure position ?

MHM : Si c’est lavalas qui attise le mécontentement. Car c’est bien possible. C’est bien possible que lavalas dans sa situation actuelle ait intérêt à non-seulement augmenter le mécontentement, à l’attiser, de façon à essayer de tirer profit de ce mécontentement. Maintenant, dans la mesure où les autres partis de masse, comme vous dites. Vous faites bien la distinction entre les partis, c’est ceux qui sont au gouvernement. Ceux qui sont au gouvernement, en principe, devraient manifester une certaine solidarité gouvernementale. Je veux dire par là, s’il y a un mécontentement qui est déclanché contre le gouvernement, ils devraient faire bloc. Ou alors retirer leur ministres du gouvernement. C’est ça la vision la plus logique. Mais cependant malheureusement, hélas la logique n’est pas toujours là présente, quand il s’agit d’apprécier les décisions politiques, les attitudes politiques. Et effectivement si les partis qui sont au gouvernement laissent lavalas, non-seulement attiser le mécontentement, l’augmenter, mais tirer profit de ce mécontentement, à ce moment là, ils auraient fait un mauvais choix, un mauvais calcul. Car ils risqueraient de sombrer avec le gouvernement, si jamais c’est lavalas qui arriverait à contrôler ce mécontentement.

Contrôler, cela veut dire quoi ? Cela veut dire de laisser se manifester à certains moments. A apaiser les choses à d’autres moments. Mais vous savez, les masses ne sont pas toujours contrôlables. On peut bien s’imaginer quand on est chef de partis politiques, comme lavalas par exemple, dire bon je mets mes troupes dehors. J’organise des manifestations quand je veux. Je retire les manifestations quand je veux. Je prêche la solidarité ou la paix quand je veux etc. Après un certain moment, les masses ne se laissent plus contrôler. Maintenant quand les masses ne sont pas contrôlées, parce que fondamentalement elles ne sont pas toujours contrôlables. Quel peut être l’issu ? Il se peut très bien que tout le monde perde. C'est-à-dire aussi bien le gouvernement que lavalas, ils perdent. C’est pourquoi c’est une situation que nous suivons avec un grand intérêt. Cette situation présente un danger. Et il s’agit peut être d’anticiper les dangers possibles, pas certains, de façon à précisément d’essayer de canaliser les événements dans un sens qui soit favorable à notre cause.

RB : Certains partis tels que l’OPL, la Fusion, le MOCHRENA etc. ont rejoint la Commission Episcopale Nationale Justice et Paix sur la question des élections indirectes que le régime lavalas inclus Préval I et Préval II refusent de faire. Il y a-t-il un suivi ? Si non pourquoi ?

MHM : Je ne sais pas si on peut parler de suivi. On peut de toute façon parler d’une certaine convergence de vue. Je ne sais pas si un parti tel que l’OPL suit la Conférence Episcopale. Peut être. Je ne sais pas quels sont les liens qu’il y a entre ces trois partis que vous avez mentionnés et cette Conférence. Je ne sais pas non plus, si la Conférence elle-même a pris contact avec ces partis, avant de se prononcer sur la question des élections indirectes.

Ce que je peux dire, c’est que beaucoup de partis avaient pris position avant le 17 octobre, puis après le 17 octobre. Ce que je constate dans mon analyse personnelle, c’est que le président Préval a réussit à les ramener sur son terrain. C'est-à-dire que tous ceux qui disaient qu’il fallait faire les élections indirectes, qu’il fallait maintenir par exemple le CEP dans sa structure actuelle. Que les membres du CEP ont fait du bon travail. Qu’on leur maintenait une certaine confiance. La confiance que précisément que ce CEP serait capable, comme c’était son mandat de faire les élections indirectes. Car c’est ça sont mandat tel que libellé dans le décret électoral de 2005. Mais ce qu’il y a, à partir d’un certain moment, c’est quelle raison ? On finira bien par le savoir. Pour l’instant, je suis prudente dans l’énoncé des raisons que apparemment, ces raisons là de prise de position d’une certaine façon et dans un certain sens ont été balayées. Et le président Préval les a ramenés sur son terrain. Il les a obligés, en quelque sorte, à dénoncer implicitement le CEP. Il les a obligé à choisir et à proposer des noms de personnes. Et tout en n’ayant pas la certitude que le président finalement choisirait ces noms. Car légalement, il n’est pas lié. Il n’y a pas d’entente. On parle de consensus, mais c’est un vain mot. Un consensus qui ne se traduit pas dans un document écrit, signé solennellement et surtout avec l’exigence qu’ils sont disposés à respecter la parole donnée. Et surtout lorsque cette parole est symbolisée par la signature d’un document officiel et public. Hé bien il n’est pas publié.

On attend jusqu'à présent comme vous le savez. Comme vous le savez, il y a des gens qui se voient déjà membre du CEP parce qu’ils ont été choisis par tel ou tel secteur. Mais cependant ce jeu politique apparemment se déroule. Et c’est ça qui est grave. Il se déroule à l’avantage du président Préval. Il laisse passer le temps. Bon Dieu choisir 9 membres, alors qu’on lui a donné une vingtaine de noms, ça ne semble pas tout de même quelque chose de très difficile. Et pourquoi jusqu'à présent il ne les choisit pas ?

Donc en ce qui concerne les élections indirectes, et si les partis ont exprimé des positions favorables à ces élections, on va voir si ayant donné, proposé des noms au président Préval, non-seulement ces personnes désignées seront choisies, au moins une des deux sera choisie. Mais quel sera le mandat de ce nouveau CEP ? Nous ne savons pas. C’est un jeu un peu obscure, sibyllin. Et apparemment, je dis bien apparemment, sous réserve de plus ample information, le président Préval semble tenir quand même les manettes. C’est lui qui dirige les jeux. Et les autres se laissent prendre à ces jeux là....
(A suivre)

L'ENTRETIEN DE MADAME MANIGAT ACCORDE A MONSIEUR ROBERT BENODIN SUR RADIO CLASSIQUE INTER

Ils sont très nombreux les haïtiens d’Haïti et de la Diaspora à accepter que la meilleure option pour Haïti en terme d’engagement en terme de proposition politique pour le futur reste et demeure l’accession au pouvoir d’un président de la trempe de Mirlande Manigat.
Après plus de 20 ans de tâtonnements et de tolalitos de secteurs de tout poil dans la gestion du pays, l’expérience des résultats plaident en faveur de la nécessité d’un revirement drastique pour démontrer qu’en 2007 la leçon a été mieux que bien assimilée.
Les erreurs de l’oligarchie duvalérienne n’ont pas été gommées par l’application de la politique de nivellement par le bas sous une fausse couverture de populisme, proposé par Jean Bertrand Aristide.
Les résultats sont présents avérés et vérifiables. L’union sacrée que prônent tous les observateurs ne semble pas encore envisagée. Moins encore aujourd’hui au moment ou la société haïtienne se retrouve dans un état de dislocation morbide avec l’exode de cadre et d’investisseurs natif-natals qui vont grossir les rangs des compatriotes vivant de l’autre côté de la frontière, pour le bonheur des dominicains qui apprécient beaucoup mieux les bourgeois haïtiens que nos compatriotes des bateys.
Aujourd’hui, le plus dur reste à convaincre les haïtiens qui ont l’habitude de faire la queue pour voter d’apprendre et de se décider à faire le bon choix. Comment faire pour faire sauter aux yeux du « peuple » l’urgence d’un plan pour la renaissance de ce pays moribond ?
Mirlande Manigat, comme avant elle son mari devrait aujourd’hui plus que jamais bénéficier du rassemblement de ce qui reste comme force vive et réserve morale. Car le salut d’Haïti ne passera jamais par nos politiciens qui sont des adeptes de la courte échelle pour escalader la haute magistrature de l’état dans l’unique but de s’enrichir.
Le passage de Mirlande Manigat aux USA devrait annoncer le début d’une longue bataille. D’où l’intérêt du contenu de son discours. C’est dans cet ordre d’idée que nous avons lu
http://www.moun.com/forum4/forum_posts.asp?TID=13097&PN=1 sur le forum de discussion de MOUN (http://www.moun.com), cet entretien accordé à Radio Classique Inter (http://radioclassiqueinter.com/rci/ )
Nous le reproduisons ici à l’intention de nos visiteurs de façon à assurer d’une part une meilleure diffusion des idées de cette future option présidentielle et surtout pour que nos lecteurs puissent s’informer sur une autre façons d’envisager, voir et faire la politique chez nous.
Bonne lecture !

lundi 10 décembre 2007

Boxe : Le champion du monde d’origine haïtienne, Joachim Alciné, conserve son titre

Malgré une blessure à la main, le roi des super mi-moyens WBA a mis K.O à Montréal le panaméen Alfonso Mosquera, un adversaire très redoutable
dimanche 9 décembre 2007,
Radio Kiskeya
Le boxeur haïtien naturalisé canadien, Joachim Alciné, 31 ans, champion du monde des super mi-moyens de la WBA (World Boxing Association), a conservé son titre en battant par K.O le panaméen Alfonso Mosquera surnommé "El Huracàn" (l’ouragan), lors d’un combat très médiatisé disputé vendredi soir au Centre Bell à Montréal.
Blessé à la main droite au 11e round, l’athlète a dû s’employer à fond pour envoyer définitivement au tapis, à la 12e et dernière reprise, un adversaire très coriace qui tentait de lui ravir sa ceinture qu’il remettait en jeu pour la première fois.
"Il n’y a pas de fracture. Ça peut être un problème avec les ligaments, ou peut-être que le doigt est disloqué. Je vais le savoir bientôt", avait déclaré à Radio-Canada Joachim Alciné dit "Ti Joa" qui venait de subir à l’hôpital les premiers examens médicaux à l’issue de sa victoire. En cas de rétablissement rapide, le champion affrontera en mars prochain le français Christophe Canclaux.
Deux mois plus tard, en mai, s’il parvient à garder sa couronne mondiale, le roi des super mi-moyens WBA sera opposé à un autre challenger, le portoricain Daniel Santos.
Très peu satisfait de sa performance sur le ring -tout comme d’ailleurs son entraîneur Howard Grant et son promoteur Yvon Michel-Alciné a promis de changer de tactique la prochaine fois en mettant à profit ses qualités naturelles de frappeur et de gérer avec plus de sérénité la charge émotionnelle provoquée par la présence de ses nombreux fans au Québec.
Premier champion du monde de boxe de naissance haïtienne, Joachim Alciné, qui a vu le jour en 1976 aux Gonaïves (171 km au nord Port-au-Prince), reste invaincu en 30 combats dont 19 avant la limite, un record. Arrivé très jeune au Canada en compagnie de ses parents, malgré le temps et la distance, il reste très attaché à son pays d’origine où il compte s’impliquer sérieusement dans le social. spp/Radio Kiskeya

http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4505

Haïti parmi 37 pays en situation de crise alimentaire, selon la FAO

Les inondations des derniers mois ont entraîné le déclin des productions de céréales et de légumes et rendu nécessaire une assistance internationale

dimanche 9 décembre 2007,

Radio Kiskeya
Haïti fait partie de 37 pays au monde actuellement en situation de crise alimentaire malgré une augmentation record de 13% de la production de céréales et de légumes en Amérique latine, selon le dernier rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) rendu public ce week-end à Rome et intitulé Perspectives de récoltes et situation alimentaire.
Des six pays d’Amérique latine et des Caraïbes figurant sur la liste, trois, Haïti, la République Dominicaine et le Nicaragua sont confrontés à des situations de "sévère insécurité alimentaire localisée" et auront besoin d’une assistance externe. Cette insuffisance résulte des graves inondations dont ils ont été victimes au cours des derniers mois.
Pour leur part, la Dominique, la Jamaïque et Sainte-Lucie ont enregistré un déficit de production exceptionnel en raison des cyclones les ayant affectés.
L’urgence alimentaire sera maintenue dans tous les pays où sévit la crise dont la majorité (20) se trouvent en Afrique.
Les prévisions de la FAO montrent que la production de céréales passera de 155,9 millions de tonnes en 2006 à 176,3 millions cette année alors qu’on assiste à l’envolée des prix de ces produits sur le marché international.
Les inondations ayant sévèrement touché Haïti entre août et début novembre ont créé une situation de pénurie alimentaire dans des régions où la production agricole représentait essentiellement la base économique des populations. spp/Radio Kiskeya

http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4504

La Fondation Héritage réclame une lutte contre la corruption impartiale

La directrice de la Fondation Héritage, branche haïtienne de Transparency International, Marilyn B. Allien, fait état d’avancées dans le cadre de la lutte contre la corruption, rappelant la ratification, en mai 2007, par le parlement de la convention de l’ONU contre la corruption.
En ce qui a trait aux poursuites contre l’ancien président Aristide , Marilyn Allien se déclare choquée par les dernières déclarations du président Préva,l soulignant que les deux déclarations du chef de l’état sur ce dossier sont contradictoires. " Lors de la première déclaration il avait dit que le gouvernement n’avait pas les moyens financiers pour honorer les engagements envers les cabinets d’avocats", rappelle Mme Allien.
Tout en souhaitant que la plainte contre Jean Bertrand Aristide soit relancée, la responsable de la Fondation Heritage soutient que les plus grands corrompus ont été des chefs d’état, pour qui le pouvoir est un gâteau a partager.
Mme Allien soutient que le gouvernement a réalisé des actions d’éclats mais pas d’actions conjuguées des différentes institutions étatiques. " Pour le moment la lutte est réalisée sans plan", dit-elle mettant l’accent sur l’absence de suivi de l’enquête de l’Unité Centrale de Lutte contre la Corruption (ULCC) sur la perception de la corruption.
L’étude nous permet de comprendre qu’il y a un vrai problème de corruption au niveau de la fonction publique", assure Mme Allien regrettant qu’il n’existe pas une stratégie nationale de lutte contre la corruption. Selon Marilyn B. Allien il faut plus que la lutte contre la corruption il faut une stratégie nationale pour l’intégrité.
Tout en refusant de qualifier la lutte réalisée par le gouvernement de combat ciblé madame Allien fait remarquer qu’il n’y a eu aucun membre du gouvernement ou de la présidence appréhendé dans le cadre de cette lutte. " Il semble que ce combat ne se fait pas de manière cohérente", lance t-elle.

http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=13306

Création de trois commissions pour faciliter le renforcement du système judiciaire

Le chef de l’état annonce la création de trois commissions spéciales chargées de faciliter la mise en œuvre du plan de renforcement de l’appareil judiciaire.
René Préval qui a effectué sa deuxième visite en 8 jours au palais de justice, indique que les commissions travailleront séparément sur les urgences, la modification de la législation et les dispositions à long terme. " Le secrétaire d’état à la réforme judiciaire supervisera les travaux des commissions qui compteront des représentants de la Cour supérieure des Comptes, des ministères des finances et de la planification, du tribunal de première instance, de la cour d’appel et de la cour de cassation", ajoute t-il.
Le président Préval soutient que des pas ont été déjà franchi dans le domaine des infrastructures, des matériels et des salaires tout en admettant que de nouveaux ajustements de salaire étaient nécessaires. " Les membres de l’appareil judiciaire comme tous les fonctionnaires de l’état avaient reçu 17 % d’augmentation de salaire en 2006 et 30 % d’augmentation dans le cadre du nouveau budget, mais il faut faire mieux ", dit-il soulignant que le renforcement de système judiciaire a débuté dans la région métropolitaine de Port-au-Prince.
La semaine dernière, le chef de l’état avait indiqué que des pourparlers ont lieu afin de permettre aux autorités judiciaires de récupérer le bâtiment logeant l’école normale. Le président Préval et les autorités judiciaires doivent trouver un accord pour que le tribunal de première instance soit logé au local de l’école normale afin que la cour d’appel et la cour de cassation puissent fonctionner dans de meilleures conditions aux palais de justice.
" Une société ne peut fonctionner normalement sans un système judiciaire fiable, c’est pourquoi l’exécutif et le parlement ont accordé la priorité à la justice et son auxiliaire la police", dit-il rappelant que les législateurs ont déjà adopté trois lois dans le cadre de la reforme judiciaire.

http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=13300

Commentaires :

Une nouvelle fois, ou comme d’habitude dira-t-on, le gouvernement haïtien retombe dans la poussée de commissionite aiguë. Ce n’est pas sans nous rappeler une certaine pratique chère au gouvernement de Gérard Latortue.

Comme avant, aujourd’hui on se demande à quoi servent ces commissions en dehors de pouvoir placer les mais des mais quelque part ou grignoter la part du gâteau que représente l’administration.

Ces mesures pourraient être évaluée différemment si de façon simultanée ou parallèle l’état montrait un certain intérêt à investir dans le social.

Jusqu’à présent les observateurs recherchent encore des raisons pour se dire que l’administration actuelle est enclenchée dans la bonne direction.

Entre les échos des scandales non disséqués au peigne fin et la lutte bancale contre la corruption le gouvernement à beaucoup de mal à convaincre et à faire preuve de sa bonne volonté.

Une nouvelle création de commission n’aura pour effet que d’alourdir le budget de l’état pour des résultats qui seront médiocres.

Dr JJ

Haïti / Lutte contre le VIH-Sida : Le chemin est encore long

Vendredi 7 décembre 2007
par Vario Serant
P-au-P., 7 déc. 07 [AlterPresse] --- « Nous, les PV-VIH, nous payons des taxes comme tout le monde. Nous avons le droit de trouver les soins de santé. Nous avons le droit de trouver les médicaments. Je crois que, dans le budget national, le gouvernement doit prévoir une rubrique spéciale pour la lutte contre le VIH-Sida, la recherche, la prévention et les traitements ».
Ces sont des revendications exprimées par un PV-VIH (Personne vivant avec le virus du Sida), Jean Saurel Beaujour, à l’occasion de la journée mondiale contre le sida.
Pour mener la lutte contre le sida, Haïti bénéficie de l’appui financier notamment du Fonds global, du Plan d’urgence du président américain pour la lutte contre le sida (PEPFAR), de diverses agences du Système des Nations unies et de certaines fondations comme celle de Bill Gates.
De l’avis du directeur du Ministère de la santé publique et de la population (MSPP), « nous pouvons dire que la lutte contre le VIH-Sida est fructueuse quand les fonds qui seront disponibles sont bien utilisés de façon à pouvoir augmenter la survie des patients, améliorer leur qualité de vie, leur permettre de trouver des emplois à travers certaines activités génératrices de revenus, leur fournir une alimentation ». « C’est dans ce sens que nous pourrons dire que la lutte contre le VIH-Sida est un succès ».
Selon Gabriel Thimotée, les fonds disponibles doivent permettre deux choses essentielles, « conformément à la vision du ministère : Améliorer la condition globale des PV-VIH, mais aussi renforcer le système global de santé dans le pays ».
Une Commission nationale de lutte contre le sida est en place en Haïti depuis 1988. Cette commission comprend des institutions tant publiques que privées. « Cette commission a toujours affiché une ferme détermination dans la lutte, comme l’attestent les bons résultats obtenus à date », souligne le directeur général du MSPP.
Ces résultats concernent, selon le docteur Gabriel Thimothée, la réduction de la prévalence du VIH, passant de 7 pour cent à 3.1 pour cent. Ils ont trait aussi à la mise sous anti-rétroviraux de plus de douze mille patients et (à) une augmentation du nombre de sites PTME, « c’est-à-dire les sites où l’on peut faire la prévention de la transmission mère et enfant, passant de trois sites à soixante-dix sites.
L’épidémiologiste impute ces bons résultats à « une bonne collaboration entre les secteurs public et privé, et aussi à l’engagement ferme de nos partenaires internationaux ».
Parmi les institutions privées engagées dans cette dynamique de (collaboration) figurent les Centres GHESKIO (qui militent dans le domaine depuis bientôt vingt-cinq ans).
À côté des soins (dispensés) aux malades fréquentant le centre, les Centres GHESKIO assurent la formation du personnel médical et paramédical qui participent à des activités similaires à la leur au niveau de la province et de la capitale, précise la responsable adjointe des Centres GHESKIO. Ces derniers conduisent aussi la recherche opérationnelle, ajoute Marie Carmel Deschamps.
« Actuellement, nos services sont gratuits. Nous avons non seulement un site au boulevard Harry Truman, mais nous avons aussi un autre site - que nous avons offert il y a peut être un peu plus d’un an - à Tabarre, du côté de l’aéroport. En plus de ce deux sites qui sont nos bases, nos points de base, nous avons aussi des sites sentinelles que nous avons développés avec le MSPP, le PEPFAR et le Fonds mondial, dans le cadre de la prise en charge des activités de prévention à travers le pays ».
Le sida continue à gagner du terrain dans tous les pays de l’Amérique latine et de la Caraïbe. C’est seulement en Haïti qu’elle a régressé. C’est ce qu’a révélé une étude publiée en juillet 2006 par la prestigieuse revue américaine « Science ». Toutefois, cette même étude a montré que quatre-vingt-cinq pour cent des PV-VIH dans la Caraïbe se concentrent en Haïti et en République Dominicaine. [vs gp apr 07/12/07 19 :00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article6725

Les chanceliers haïtien et mexicain approuvent une série d’accords bilatéraux

Jean Rénald Clérismé et Patricia Espinosa ont dirigé à Mexico les travaux de la première réunion de la commission mixte haïtiano-mexicaine
dimanche 9 décembre 2007,
Radio Kiskeya

Les chefs de la diplomatie haïtienne, Jean Rénald Clérismé et mexicaine, Patricia Espinosa ont paraphé samedi à Mexico une déclaration conjointe portant sur des accords bilatéraux, lors de la première réunion de la commission mixte intergouvernementale haïtiano-mexicaine, rapporte l’agence cubaine Prensa Latina.
"Ce pas qui vient d’être franchi démontre l’importance que revêt pour les deux parties le renforcement des relations bilatérales, confirme l’opportunité de la rencontre qui a permis d’analyser des questions d’intérêt commun et de rechercher des solutions aux problèmes", a affirmé devant la presse Mme Espinosa.
Les accords conclus concernent les questions politiques et économiques, le commerce, la coopération technique, scientifique, éducative et culturelle ainsi que la lutte contre le narcotrafic, la pharmacodépendance et les délits annexes. Ces différents aspects feront l’objet de nouvelles discussions dans le cadre de la deuxième réunion de la commission mixte bilatérale prévue au cours du premier semestre 2008 à Port-au-Prince.
La visite de Jean Rénald Clérismé est la première de cette nature qu’a effectuée un chancelier haïtien dans la capitale mexicaine en 78 ans de relations diplomatiques entre les deux pays. spp/Radio Kiskleya
http://radiokiskeya.com/spip.php?article4503

Des dizaines de milliers de fidèles catholiques célèbrent la fin "miraculeuse" de l’épidémie de petite vérole en 1882

Une procession interminable et une messe organisées pour rendre gloire à la Vierge Marie, la sainte-patronne du pays depuis 65 ans et à qui l’église catholique attribue cette guérison ; la Conférence épiscopale appelle les autorités à affranchir Haïti du "pouvoir de la mort" et la jeunesse à rejeter l’immoralité
samedi 8 décembre 2007,
Radio Kiskeya

Des dizaines de milliers de fidèles catholiques ont participé samedi à une procession gigantesque suivie d’une messe à l’occasion d’un double événement, le 125e anniversaire de la "guérison miraculeuse" de la petite vérole ou variole et la 65e année de la consécration d’Haïti à la Vierge Marie.
Partis de l’église Notre-Dame du Perpétuel Secours au Bel-Air, les pèlerins ont parcouru plusieurs kilomètres pour se rendre au stade Sylvio Cator en s’arrêtant notamment devant le Palais National (siège de la Présidence) et l’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti (HUEH), deux des sept stations prévues. Vêtues de blanc sous un soleil de plomb, des personnes de tous âges, issues de toutes les couches sociales, ont souhaité que Dieu apporte la délivrance à Haïti en énumérant parmi les problèmes à résoudre l’extrême pauvreté, l’inflation galopante et l’insécurité.
Dans son homélie de circonstance d’une grande tonalité politique, le président de la Conférence épiscopale d’Haïti, Mgr Louis Kébreau, a déclaré dans un stade rempli à craquer que cette mobilisation spectaculaire de la communauté chrétienne était l’expression de l’attachement du peuple haïtien à la Vierge Marie. Il a rappelé l’ampleur du "miracle" qui permit en 1882 de mettre fin à une épidémie meurtrière de la petite vérole grâce à l’intercession de la Vierge auprès de son fils.
Le prélat a aussi appelé les autorités à mettre fin au règne du pouvoir de la mort en combattant les grands maux de la société que représentent l’occupation étrangère, le chômage, la faim, l’insécurité et la corruption dont il a dénoncé les manifestations scandaleuses. "L’heure de la liberté et de la vérité a sonné. Nous devons reconquérir notre indépendance, nous libérer du pouvoir de la mort sans recevoir des diktats. Nous devons avoir une raison d’être fiers de notre drapeau et nous sentir haïtiens, c’est ce que veut notre mère Marie", a affirmé devant une foule très réceptive Mgr Kébreau qui a aussi demandé aux jeunes de s’écarter de l’immoralité et de la drogue en choisissant un mode de vie conforme à la dignité humaine.
Prenant la parole également à la cérémonie, l’Evêque des Gonaïves, Mgr Yves-Marie Péan, a renouvelé la consécration du pays à Notre-Dame du Perpétuel Secours devenue sa sainte-patronne en 1942 sous le gouvernement d’Elie Lescot.
Pour sa part, le Nonce Apostolique, Mgr Mario Giordana, a donné lecture d’un message de circonstance du Pape Benoît XVI dans lequel le Souverain Pontife a demandé à la Vierge de recommencer à veiller sur le destin d’Haïti.
Placée au centre de la pelouse du stade Sylvio Cator, l’icône représentant la sainte-patronne a été auparavant promenée à travers les rues de Port-au-Prince sur un char qui s’était arrêté notamment dans la cour du Palais National. Le Président René Préval avait laissé ses appartements privés pour venir à la rencontre des Evêques qui étaient à la tête de la procession. Les prélats en avaient profité pour encenser le siège de la Présidence.
A midi, les cloches de toutes les paroisses d’Haïti ont sonné à toute volée.
Bénéficiant d’une large couverture médiatique, la procession religieuse s’est déroulée sur un parcours contrôlé par la Police Nationale qui avait déployé un imposant dispositif de sécurité. Le centre commercial de la capitale était littéralement paralysé, tous les accès étant fermés à la circulation.
Au cours des trente dernières années, la visite du Pape Jean-Paul II, en mars 1983, fut le seul événement religieux à avoir suscité autant de ferveur populaire.
Les célébrations du 125e anniversaire de la guérison de la petite vérole avaient été lancées en février avec des neuvaines de prière et des cultes d’adoration qui se sont poursuivis au cours des mois suivants.
Plusieurs historiens, dont Georges Corvington, auteur de "Port-au-Prince au cours des ans", ont rapporté qu’entre octobre 1881 et février 1882 l’épidémie de petite vérole ou variole décimait la population de Port-au-Prince au rythme d’une soixantaine de décès par jour. Après avoir fait 5 à 10.000 morts, cette maladie alors incurable disparut soudainement le 5 février 1882, une journée consacrée à des manifestations religieuses de reconnaissance.
Une icône de la Vierge Marie que le père Kersuzan du Cap-Haïtien avait ramenée de l’étranger aurait été à l’origine de l’accomplissement de ce "miracle", considéré comme un temps fort de l’histoire de l’église catholique haïtienne et un atout majeur par les tenants de la doctrine de la foi. spp/Radio Kiskeya

dimanche 9 décembre 2007

Les journalistes accrédités à l’ONU créent le Prix Ricardo Ortega


La télévision japonaise NHK récipiendaire de cette distinction dédiée à la mémoire du journaliste espagnol tué en Haïti le 7 mars 2004, au cours d’une importante manifestation des GNBistes noyée dans le sang par des partisans armés de Jean-Bertrand Aristide

L’Association des correspondants de presse accrédités à l’ONU (UNCA) a décerné vendredi pour la première fois le Prix Ricardo Ortega de radio et télévision en hommage au journaliste espagnol tué à Port-au-Prince en mars 2004, lors de la violente interruption d’une manifestation colossale célébrant la chute de Jean-Bertrand Aristide.

Selon une dépêche de l’agence espagnole EFE datée de New York, cette récompense d’une dotation de 10.000 dollars a été attribuée à une équipe de la télévison japonaise NHK basée au Caire pour sa contribution à la diffusion de l’information sur le Moyen-Orient. Pour sa part, le journaliste Martin Semukanya de la chaîne de télévision sud-africaine Africa a reçu un montant de 1.000 dollars à titre de finaliste dans la même catégorie.

Au cours de la cérémonie marquant la 12e édition de la remise des Prix de la UNCA à laquelle assistait notamment le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, le multimilliardaire britannique Richard Branson, propriétaire du réseau de compagnies de transport Virgin Group, a été distingué pour son apport à la lutte contre les changements climatiques.

Le puissant homme d’affaires a décidé de consacrer 3 milliards de dollars sur dix ans au développement des énergies renouvelables.

D’autres Prix ont été également décernés, dont celui de la meilleure couverture des événements à l’ONU par la presse écrite, créé en mémoire d’Elisabeth Neuffer, une journaliste du quotidien américain Boston Globe tuée en Irak en 2003.

Reporter de la télévision espagnole Antena 3 en mission professionnelle en Haïti, Ricardo Ortega avait été abattu de plusieurs balles au thorax et à l’abdomen. De nombreuses autres victimes furent enregistrées le 7 mars 2004 quand des partisans armés d’Aristide avaient ouvert le feu sur des dizaines de milliers de manifestants enthousiastes qui convergeaient vers le Palais National (siège de la Présidence). Sept personnes avaient été tuées et 35 autres blessées.

Un inspecteur divisionnaire de la Police Nationale, Jean-Michel Gaspard, et un partisan zélé du régime déchu, Yvon Antoine alias "Gros Yvon", avaient été arrêtés à la suite de ce massacre qui aurait été planifié lors d’une réunion spéciale tenue la veille à Port-au-Prince.

Cependant, près de quatre années plus tard, on attend encore le procès des présumés assassins du confrère espagnol et des six haïtiens tués au cours de cette journée noire. spp/Radio Kiskeya

http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4499



Le Tabou Combo en concert à l’ONU pour le 200e anniversaire de l’abolition du commerce d’esclaves

Le célèbre orchestre haïtien figure parmi les invités à cet événement qui réunira des vedettes de la Caraïbe, des Etats-Unis et de l’Afrique en vue d’honorer la mémoire des millions de victimes de l’un des plus graves crimes contre l’humanité

Le plus célèbre groupe haïtien de Compas Direct, Tabou Combo, a été retenu pour représenter Haïti et les Antilles au concert prévu le vendredi 14 décembre à New York à l’occasion du 200e anniversaire de l’abolition du commerce transatlantique d’esclaves, a annoncé vendredi Michèle Montas, la porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon.

S’exprimant lors de son point de presse quotidien, elle a aussi souligné la participation d’artistes et de groupes afro-américains, caribéens anglophones et africains à ce spectacle prévu au siège des Nations Unies. Outre le Tabou Combo, la célèbre artiste américaine Cicely Tyson, le groupe trinidadien Mighty Sparrow, Keith David Jazz combo, B4Barbee, Caribbean Youth Pan Orchestra et Surinam Maroons seront parmi les invités. L’Afrique sera représentée notamment par Sing Sing Rhythms African du Sénégal et le batteur et danseur Babacar.

La soirée sera organisée à l’initiative des ambassadeurs des pays de la Communauté Caraïbe (CARICOM) à l’ONU en vue de marquer la fin en 1807 de la traite transatlantique triangulaire (Europe-Afrique-Amérique), l’un des pires crimes de l’histoire de l’humanité qui, pendant trois siècles, fit des millions de morts.

Initialement prévue, la participation de Wyclef Jean à cet hommage aux innombrables victimes anonymes de l’esclavage et de la colonisation n’a toutefois pas été confirmée. La superstar haïtiano-américaine du hip-hop doit, en effet, se produire en concert à Port-au-Prince samedi prochain, soit 24 heures plus tard, en compagnie du musicien américain d’origine africaine Akon et de plusieurs artistes haïtiens de renom.

Attendues en Haïti pour les fêtes de fin d’année, les vedettes du Tabou Combo avaient évolué fin septembre à l’Olympia de Paris, une scène mythique du monde du music-hall sur laquelle Carimi avait été le premier groupe haïtien à faire son apparition en 2004.

A l’orée de son 40e anniversaire, Tabou, qui est considéré comme l’orchestre haïtien le plus connu, s’apprête à publier son nouvel album. L’emblématique chanteur du groupe, Roger Eugène surnommé "Shoubou", devrait tirer sa révérence l’année prochaine à l’issue d’une tournée internationale intitulée "Deux fois 20 ans". spp/Radio Kiskeya

http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4500

Commentaires :

C’est une initiative que nous accueillons avec joie et fierté comme haïtien natif-natal d’une part et grand fan du Tabou Combo comme fan de tout ce qui représente la réussite haïtienne.

Il est difficile de concevoir un évènement autour de l’abolition de l’esclavage sans y mettre un point d’orgue, comme invité d’honneur HAITI. Il en est de même de l’essence des droits humains. Haïti a mis en pratique et en application les préceptes des grands théoriciens de la matière.

De façon générale on aurait souhaité une implication plus flagrante et plus tangible des nations qui ont cautionné l’esclavage et la traite des noirs et surtout celles qui en ont fait la base de leurs richesses aux côtés des ambassadeurs des pays membres de la CARICOM.

Cependant nous applaudissons encore une fois le choix du groupe TABOU COMBO qui est définitivement l’institution musicale, vrai ambassadeur d’Haïti pendant près de 40 ans. Une telle longévité n’existerait pas sans un vrai talent.

L’idée de la retraite de l’inimitable « CHOUBOU » est très inquiétant car c’est quoi un TABOU COMBO SANS CHOUBOU ?