Une fenêtre ouverte sur Haïti, le pays qui défie le monde et ses valeurs, anti-nation qui fait de la résistance et pousse les limites de la résilience. Nous incitons au débat conceptualisant Haïti dans une conjoncture mondiale difficile. Haïti, le défi, existe encore malgré tout : choléra, leaders incapables et malhonnêtes, territoires perdus gangstérisés . Pour bien agir il faut mieux comprendre: "Que tout ce qui s'écrit poursuive son chemin, va , va là ou le vent te pousse (Dr Jolivert)
vendredi 2 novembre 2007
Haiti -- Dans le monde -- BISSAINTHE -- La néantisation d'Haïti
par Gérard Bissainthe
On est en train de néantiser Haïti, de la faire disparaître, en tant que nation, de la surface de la terre. Dans un prochain article je dirai comment réagir. En attendant c'est un peu gros, dites-vous, et vous avez du mal à le croire. Pourtant regardez les faits. Ils sont tous récents et se passent pratiquement sous vos yeux.
1. An 2006. On célèbre le cinquantième anniversaire de la Conférence des Ecrivains et Artistes Noirs qui eut lieu à Paris, à la Sorbonne. Cette Conférence fut présidée par un éminent Haïtien, le Dr Louis Price-Mars, élu non seulement à l'unanimité, mais triomphalement. La délégation haïtienne, à une époque où Haïti était la seule nation nègre indépendante, fut la vedette de cette Conférence. Au centre de la photo souvenir de cette Conférence se trouvent le Dr Price-Mars et Emile Saint-Lot. Pourtant "Lumières Noires", un film commémoratif de ce grand événement, qui est passé à la télévision française, ne mentionne à aucun moment même le nom d'Haïti et encore moins, bien sûr, les noms des participants haïtiens. Haïti donc n'existe pas.
2. Dans le volume 5 "Révolution et Empire" d'une "Encyclopédie de l'Histoire de France" largement diffusée par des quotidiens de France (en particulier "Nice-Matin"), on peut lire dans un texte sur Haïti, à la page 67 que: "Le capitaine-général Rochambeau proclame l'indépendance de l'île le 9 novembre 1803". Comme la bataille de Vertières a eu lieu le 18 novembre 1803, la supercherie est grossière et évidente. Donc l'indépendance d'Haïti par les Haïtiens proclamée par Dessalines, serait un mythe inventé par les Haïtiens.
3. Aujourd'hui deux authentiques charlatans (on ne voit pas quel autre nom leur donner) qui se font passer pour des "scholars", le Dr. Arthur Pitchenik de l'Université de Miami et le Professeur Michael Worobey de l'Université de l'Arizona, faute d'imagination et ne s'embarrassant pas de scrupules, ne trouvent rien de mieux que de ramasser dans la poubelle une thèse mille fois réfutée, celle de l'origine haïtienne du sida en Amérique. Le monde académique malgré ses garde-fous n'est pas à l'abri d'imposteurs en quête de notoriété, ce maigre succédané de la gloire. Dans leur idée Haïti, salie, galvaudée, humiliée souvent par des Haïtiens mêmes, est par terre, on peut donc tout lui coller, cela passera.
Il faut lire attentivement l'article de l'AFP reproduit ci-dessous. J'en détache les premiers paragraphes qui montrent à quel niveau se situe la "thèse" de ces prétendus savants. On remarquera le mélange du mode indicatif (exprimant l'affirmation) avec le mode conditionnel (exprimant l'incertitude et le doute). Toute l'imposture réside dans le tour de passe-passe qui les fait aller d'un mode à l'autre avec une agilité toute …simiesque. A dessein j'ai mis en majuscules tous les verbes du texte qui suit.
WASHINGTON (AFP) - Le virus du sida, originaire d'Afrique, S'EST PROPAGÉ aux Etats-Unis via Haïti vers 1969, dix ans plus tôt qu'estimé jusque-là, selon une étude publiée lundi, qui ELIMINE totalement la théorie populaire d'un steward canadien homosexuel comme source de l'épidémie.
"Haïti A ETE le tremplin pour le virus quand, depuis l'Afrique centrale, il A COMMENCE à se propager à travers le monde", explique Michael Worobey, un professeur de biologie à l'Université d'Arizona (sud-ouest) et principal auteur de l'étude parue dans les Annales de l'académie nationale américaine des sciences (PNAS) datées du 29 octobre.
Le virus mortel EST PROBABLEMENT ARRIVE sur les côtes américaines autour de 1969, plus d'une décennie avant l'explosion de l'infection, et POURRAIT AVOIR ETE INTRODUIT par un immigré haïtien célibataire, selon ces chercheurs.
IL S'EST REPANDU ensuite au Canada, à l'Europe, à l'Australie et au Japon.
On aura remarqué les entourloupettes reproduites par l'AFP, qui nous font passer de l'incertitude du conditionnel à la ferme certitude de l'indicatif. Le grand public berné ne va y voir que du bleu. C'est cela l'art de manipuler les foules, un art dans lequel les racistes de tous poils sont passés maîtres.Je ne sais comment on appelle ce genre de thèse branlante et bancale à l'Université de Miami et à l'Université de l'Arizona (et je serais curieux de le savoir), mais dans les milieux académiques sérieux et responsables qu'il m'arrive souvent de fréquenter des deux côtes de l'Atlantique, ce genre d'écrits et d'opérations a un nom: un canular; en anglais "a hoax".
Les canulars existent partout. Il y a juste quelques jours la télévision française relatait un canular célèbre: des "savants" (de la même famille que nos deux universitaires américains ci-dessus) ont prétendu ni plus ni moins que Molière n'est pas l'auteur de ses pièces: chez eux aussi tout l'art consiste à passer du conditionnel à l'indicatif, de l'hypothèse à la thèse. C'est de la haute prestidigitation.
Pourquoi des canulars? Pour se faire connaître, parbleu, faire du bruit, défrayer la chronique, vendre ses livres. En occupant le devant de la scène, cela aide à l'avancement dans une carrière professorale et à l'augmentation de son salaire. Tous les moyens sont bons. Les universitaires fabricants de canulars sont les charognards, les coprophages du monde académique.
Les meilleures universités se débarrassent tôt ou tard de leurs "scholars" peu sérieux qui font fi du minimum des exigences du monde académique.L'Université de Miami et l'Université de l'Arizona ne sont pas les deux universités les plus connues des Etats-Unis. Grâce maintenant au Dr. Arthur Pitchenik et au Professeur Michael Worobey, elles courent aujourd'hui le risque de se couvrir de honte et de ridicule aux yeux du monde entier.
31 octobre 2007
Gérard Bissainthe
Professeur retraité de la City University of New York
Ex Vice-Président élu de l'American Association of Teachers of French for the Metropolitan Chapter
Ex Recteur de l'Université d'Etat d'Haïti
Président International élu du Forum International
Francophone International (Château de Villers-Cotterêts)
Nephtalie ILISSE..la très belle histoire de générosité
La petite Nephtalie sauvée grâce aux dons des ProvençauxGrâce à la générosité des Provençaux, notamment à celle des clubs de supporters de l'OM, mais aussi à l'association Hispaniola de La Destrousse ainsi qu'au docteur Jonas Jolivert, neurochirurgien à Marseille, la petite Nephtalie Ilisse est sauvée.
jeudi 1 novembre 2007
Haïti/Propagation du Sida : Les erreurs du professeur Michael Worobey
Mercredi 31 octobre 2007
Soumis à AlterPresse le 31 octobre 2007
Par Weibert Arthus (1)
Haïti serait-elle responsable de la propagation du Sida aux Etats-Unis et dans le monde ?
Les erreurs du professeur Worobey
Le 29 octobre 2007, dans les colonnes des prestigieuses Proceedings of the National Academy of Sciences (Annales de l’académie nationale américaine des sciences), sont publiés des résultats de recherches « scientifiques » entreprises par le professeur Michael Worobey faisant d’Haïti le tremplin de la propagation du SIDA aux au Etats-Unis et, par voie de conséquences, dans le reste du monde.
Cette étude, reprise comme parole d’évangile par les plus grands médias du monde, prétend que « le virus du Sida, originaire d’Afrique, s’est propagé aux Etats-Unis via Haïti vers 1969… » ; la faute incomberait à un « immigré haïtien célibataire ».
Le professeur, et c’est rare chez un scientifique, avance que ses résultats se confirment avec une probabilité de plus de 99%. En clair, aucune possibilité d’erreur en dépit de l’utilisation du conditionnel dans ses conclusions.
Pourtant, Worobey avait, comme professeur de biologie, la possibilité de faire un sans-faute s’il avait pu, par des résultats de laboratoire, prouver ses conclusions. Mais, son incapacité à ne considérer que les analyses génétiques pour corroborer ses thèses le porte à s’aventurer dans le champ historico-sociologique de la migration haïtiano-américaine dans les années 1960. C’est de-là que viennent ses principales erreurs et c’est ce qui décrédibilise l’ensemble de ses conclusions.
Haïti, le « chaînon manquant » ?
Ce titre du quotidien français Le Monde, en date du 30 octobre 2007, sonne comme une découverte de la responsabilité d’Haïti dans la propagation du Sida.
Or, il n’y a, sur ce point, rien de nouveau quant à la responsabilité que les scientifiques américains ont toujours voulu imputer à Haïti dans la propagation de l’épidémie. Dès la découverte du virus, au début des années 1980, avant même qu’on eût saisi l’ampleur de la maladie, le coupable idéal était désigné : « Haïti ». Des revues et journaux de réputations mondiales n’avaient-ils pas relayé des résultats « scientifiques », selon lesquels la propagation du Sida serait due à un homosexuel québécois, Gaétan Dugas, le « patient zéro », « un adepte du tourisme sexuel rentrant d’Haïti » ? Haïti est donc toujours présente.
Seulement, la nouveauté avec Worobey, c’est que ce n’est plus un canadien qui aurait été contaminé lors d’un voyage en Haïti, mais de préférence un Haïtien qui aurait mis le virus dans son sac, disons qui l’aurait dans son sang, et transporté personnellement aux Etats-Unis.
En fait, les prétendus chaînons ne manquaient pas aux scientifiques américains. Seulement, personne, avant Worobey, n’était assez négationniste pour oser aller si loin, sous couvert de résultats scientifiques, dans de si graves accusations.
De l’Afrique aux Etats-Unis
En recoupant les différentes études, réputées scientifiques, portant sur la maladie, le virus aurait l’Afrique centrale pour origine et les Etats-Unis comme terrain de propagation.
Nous insistons sur ces deux espaces géographiques pour garder la ligne de l’opinion majoritaire qui, s’appuyant sur les recherches de Mme la professeure Bette Korber du Laboratoire national de Los Albamos (Etats-Unis), affirme que le virus serait « apparu parmi les humains en 1930 après avoir été transmis par des chimpanzés », en Afrique Centrale, avant d’arriver 40 ans plus tard aux Etats-Unis.
Cependant, il ne pourrait transiter ni par les Afro-Américains – on imagine le scandale aux Etats-Unis, ni par les Européens qui étaient en contact direct avec les Africains – ce qui serait une remise en question directe de la pureté de la race blanche [La Tentation de la race, Le Monde, Paris, 31 octobre 2007], ni par des militaires ou des migrants civils non-haïtiens au fait de leur contact, au cours de la deuxième guerre mondiale et la guerre froide, avec des troupes européennes ayant séjourné en Afrique pendant la colonisation.
Non. Aucun de ces cas n’est possible ni même envisageable. Au contraire. Le coupable est là, pourquoi chercher ailleurs ?
Haïti, le tremplin
Pour couronner le tout, Michael Worobey rappelle sans ambages que de « nombreux Haïtiens ont travaillé en République Démocratique du Congo après son indépendance en 1960 ».
C’est bien dit. Mais ce n’est pas tout dire.
Car, si le professeur Worobey avait une notion primaire de l’histoire contemporaine d’Haïti et de l’histoire des relations haïtiano-américaines, particulièrement de la dyade politique et migration dans le cadre de ces relations bilatérales, il saurait que :
De 1960 à 1969 (question de ne pas déborder le cadre chronologique 1960-1969), les Haïtiens, qui partaient travailler au Congo, ne revenaient pas dans leur pays. Les entrées et sorties des citoyens haïtiens étaient strictement surveillées. Il fallait obtenir un visa de sortie du palais national et un visa du consulat pour revenir au pays [Bernard Diederich, Le Prix du sang, tome 1 : François Duvalier (1957-1971), Port-au-Prince, Henri Deschamps, 2005, p. 136]. Les consulats ne donnaient des visas de retour que pour les officiels ou les partisans du régime. Et ceux-ci n’ont pas forcément travaillé en Afrique.
De 1960 jusqu’à la mort de François Duvalier, les jeunes Haïtiens, qui venaient de l’étranger, sont « arrêtés sans discrimination à leur arrivée à l’aéroport de Port-au-Prince » (Catherine Eve di Chiara, Le Dossier Haïti. Un pays en péril, Paris, Ed. Tallandier, 1988, p. 344).
En clair, partir en Afrique (Congo, Sénégal, Côte-D’Ivoire, Togo, Bénin, Cameroun), c’était un exil doré pour les intellectuels haïtiens. Ceux qui prenaient le risque de revenir au pays, s’ils n’étaient pas arrêtés, vivaient dans le maquis ou sous stricte surveillance de la police secrète de Duvalier et de la CIA, donc sans une réelle liberté pour s’adonner à des activités hétéro ou homosexuelles, avec l’ampleur requise, pour propager le Sida, comme en a conclu Michael Worobey.
Pourquoi ne pas, s’il faut s’en tenir à la piste haïtienne, comme le veulent les scientifiques américains, considérer la possibilité qu’un citoyen américain attrape le virus en Haïti et le propage aux Etats-Unis ? Pas à travers le tourisme. Car, Worobey a raison de noter que Haïti n’est devenue une destination prisée pour le tourisme sexuel qu’à partir de 1970, juste un an après la fameuse 1969.
Cependant, il est important de souligner la présence massive des citoyens américains en Haïti dès la fin des années 1950. C’est à eux que sont confiés les grand travaux comme la construction de l’aéroport international de Port-au-Prince, l’agrandissement du wharf de Port-au-Prince, la prospection et l’exploitation du pétrole et des hydrocarbures liquides ou gazeux – dans le cadre de contrats leur permettant d’utiliser exclusivement des matériels et techniciens venant directement des Etats-Unis ; certains ont des postes permanents à l’université d’Haïti et à l’académie militaire ; d’autres ont résidé plusieurs années en Haïti dans le cadre de la mission militaire américaine qui, sous demande de Duvalier, assistait les militaires haïtiens.
Nous enlevons de cette liste les diplomates et les missionnaires des grandes organisations protestantes.
Tout ceci pour dire que la migration entre Haïti et les Etats-Unis est certainement plus intense et plus durable dans un sens que dans l’autre, mais elle ne s’est pas faite à sens unique. La possibilité pour les Haïtiens d’être récepteurs du virus n’est donc pas à une probabilité de moins O%.
La pièce qui manque au puzzle de Worobey
Pour des résultats probables à plus de 99%, le nom de l’immigré qui aurait propagé le Sida aux Etats-Unis ne devrait être qu’un détail.
Puisque le professeur Worobey le sait Haïtien et célibataire, il devrait aussi indiquer, et c’est la moindre des informations, sa date et sa condition d’entrée aux Etats-Unis, son âge, le centre dans lequel il a été soigné aux Etats-Unis, sa date de décès et même ses différentes aventures.
Dans cette période considérée par Michael Worobey comme point de départ, les pauvres boat-people haïtiens n’affluaient pas encore sur les côtes américaines.
« Tout au long des années 1960, l’exode haïtien reste assez modeste, au point de presque passer inaperçu…En septembre 1963, le premier groupe de boat-people arrive sur les côtes de la Floride. Appréhendés par les agents de l’INS, les demandeurs d’asile politique sont refoulés rapidement vers Haïti. Entre 1963 et 1972, aucun autre groupe de boat-people en provenance d’Haïti n’est recensé par l’INS…La loi [américaine] de 1965 devait permettre une augmentation de l’immigration haïtienne. Pourtant, celle-ci se fait très lentement. L’entrée aux Etats-Unis est rendue de plus en plus difficile et l’obtention d’un visa auprès des autorités américaines devient presque impossible » [Mario Menendez, Cuba, Haïti et l’interventionnisme américain. Un poids, deux mesures, Paris, CNRS, 2005, pp 109-111 ; Alex Stepick III, The refugees Nobody Wants : Haitians in Miami, dans Guillermo J. Grenier et Alex Stepick III, Miami Now ! Immigration, Ethnicity, and Social Change, Gainesville, University Press of Florida, 1992, p. 58].
Ainsi, celui par qui le scandale est arrivé devrait-il être connu nommément, puisqu’il serait arrivé aux Etats-Unis avec un visa en bonne et due forme, et traité dans les centres spécialisés dans lesquels le professeur Worobey tire ses informations.
Tout sonne faux dans cette étude de Michael Worobey. Le professeur ne fait qu’appliquer à l’espèce humaine et à sa manière la fable de la Fontaine : « Les animaux malades de la peste ».
Concrètement, au lieu de continuer à dépenser des fortunes pour tenter de prouver qu’ils ne sont pas à l’origine de l’expansion de la maladie, les Etats-Unis auraient mieux fait d’investir dans de sérieuses recherches qui permettraient de trouver une solution à ce mal incurable et, en attendant, faciliter l’accès des plus démunis aux médicaments qui pourraient prolonger leur jour et alléger leur souffrance.
La logique du bouc émissaire n’apportera pas moins de souffrances aux malades, ni moins de peines aux familles endeuillées.
De plus, loin de servir les intérêts de la science, des conclusions telles présentées par Michael Worobey, comme celles avancées par les scientifiques d’Adolf Hitler dans les années 1920-1940 pour montrer l’infériorité des Juifs et leur responsabilité dans les malheurs du monde, ne font que jeter des discrédits sur les recherches scientifiques, particulièrement celles qui portent sur la génétique.
Weibert Arthus
(1) journaliste, doctorant en Histoire contemporaine des relations internationales (Université Paris 1 – Panthéon – Sorbonne)
Village de Dieu vit l'enfer après Noël
Le spectacle désolant qu'offre la rivière Bois-de-chêne en menaçant presque toutes les maisonnettes de village de Dieu (Photo: François Louis)
A Village de Dieu, les habitants vivent un enfer en cette saison pluvieuse. Beaucoup de résidents de ce bidonville sis entre le Bicentenaire et la mer n'ont pas fermé l'oeil depuis le début des intempéries. Il leur faut surveiller constamment la rivière Bois-de-chêne, qui risque à tout moment de les submerger.
Etienne Saintval, le géniteur de 38 enfants: « ...Après la pluie, le soleil revient pour les autres mais il fait toujours mauvais temps pour nous. » (Photo: François Louis)3
En fait, il a beaucoup de raison de se montrer déçu : le maigre revenu que lui ont rapporté ses trois jours de travail a été épuisé. Il a peur d'accumuler des dettes dans les boutiques de la zone en vue de nourrir sa nombreuse famille. Heureusement, il vit dans une communauté où les voisins ont bon coeur. « Nous n'avons plus rien à la maison depuis samedi, dit-il. N'était la solidarité de nos voisins qui partagent avec nous leur maigre nourriture, la situation serait bien pire encore.»
Il n'est pas le seul à maudire le ciel qui, depuis quelques jours, déverse des torrents d'eau sur les vieilles tôles qui recouvrent son humble demeure. Les habitants des centaines de maisonnettes, vétustes et délabrées, qui longent la rivière Bois-de-chêne se plaignent eux aussi. Ils maudissent surtout le gouvernement qui, selon eux, ne fait rien pour les aider. Bon nombre d'entre eux n'ont pas fermé l'oeil depuis le début des intempéries de peur que les eaux ne les surprennent en plein milieu de la nuit. Les riverains pestent aussi contre certains habitants qui, voulant récupérer pierres et alluvions charriés par la rivière en crue, grugent littéralement
Vue partielle des masures qui sont légion dans la zone (Photo: François Louis)2
les berges au risque de les inonder tous. Depuis des dizaines d'années, Etienne Saintval, un octogénaire bien en chair, habite également une maisonnette située à quelques mètres du canal de Bois-de-chêne. Après les dernières pluies, il vit, comme tant d'autres, la peur constante d'être frappé par les eaux en furie. Il n'y va pas par quatre chemins pour raconter sa misère. « Nous ne vivons pas ici, soupire M. Saintval, géniteur de 38 enfants - dont 6 sont déjà passés de vie à trépas - de 10 femmes différentes. Après la pluie, le soleil revient pour les autres, mais il fait toujours mauvais temps pour nous. »
« Nous n'avons rien en termes d'infrastructures. D'ailleurs, nous ne pouvons même pas bien respirer à cause de l'odeur pestilentielle dégagée par les fosses septiques ainsi que tous ces déchets qui nous entourent. On nous oublie ici », déplore M. Saintval, évoluant dans un environnement tellement dégradé au point de devenir pratiquement invivable.
Sans emploi depuis quarante ans, M. Saintval tente aujourd'hui de gagner sa vie - mais quelle vie - comme accoucheur. « J'ai suivi des séances d'entraînement comme matrone à Jacmel et j'ai obtenu mon diplôme en décembre 2003 », explique-t-il avant d'entrer dans sa maison et d'en ressortir, une copie du précieux diplôme à la main.
Manifestement en colère, il n'est pas le seul à tirer à boulets rouges sur les autorités du pays. « Les responsables n'entendent rien faire en vue de corriger la situation qui s'aggrave de jour en jour, dit-il, debout en face du menaçant canal de Bois-de-chêne aux abords duquel les piles d'immondices s'amoncellent. Ils préfèrent que les choses restent inchangées afin qu'ils puissent continuer à faire leur beurre au détriment des sans-abri. »
Victor Jean Junior http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=50391&PubDate=2007-10-31
Noël démasque Tabarre
La rivière Grise, en crue, a détruit une vingtaine de maisonnettes à « Dèyè mi », un bidonville de la commune de Tabarre (Photo: François Louis)
Noël, la tempête tropicale qui a frappé Haïti cette semaine, a révélé dans toute sa laideur le visage caché de Tabarre, où pullulent les constructions anarchiques. C'est le cas du bidonville « Dèyè mi » dont unebonne partie vient d'être détruite par la rivière Grise en crue. Les avalanches d'eau et de boue qui ont dévalé soudainement des montagnes en début de semaine ont frappé sévèrement « Dèyè mi » - de l'autre côté du mur -, un bidonville de Tabarre récemment construit en partie sur le lit de la rivière Grise. En crue, celle-ci a emporté pas moins d'une vingtaine de masures dans le seul bidonville érigé à Tabarre 27.
"Dèyè mi" le bidonville récemment construit à Tabarre 27 reste sous la menace de la rivière Grise, en crue lors du passage Noël, la tempête tropicale meurtrière (Photo: François Louis)2
Beauvoir Laguerre, l'une des victimes, s'attend au pire. Même si la rivière Grise n'est même pas sortie de son lit, sa maisonnette a néanmoins été détruite par les eaux en furie. « Heureusement que personne n'a perdu la vie dans la catastrophe », soupire l'homme de 45 ans, qui regrette sa maison de trois pièces et ses animaux emportés sous ses yeux. Il ne lui reste que son courage après le passage de Noël, ce cadeau empoisonné du temps, pour assurer la survie des onze enfants vivant avec lui.
Désolant spectacle à « Dèyè mi », un bidonville de Tabarre, touché par la rivière Grise (Photo: François Louis)
« La catastrophe était prévisible pour les habitants de ce bidonville, juge un passant du haut de sa luxueuse Jeep 4X4. Je ne comprends pas l'insouciance de l'Etat qui laisse construire des maisons dans le lit des rivières. » L'homme s'attaque aux journalistes qui crient au scandale lorsque l'Etat ou les autorités municipales mettent à exécution leurs mesures de déguerpissement. Son intervention jette la brouille parmi les victimes et les quelques spectateurs venus de Croix-des-Bouquets, la commune voisine, pour assister à leur malheur.
Un porc dans le lit de la rivière Grise (Photo: François Louis)
« Nos maisonnettes n'étaient pas du tout construites dans le lit de la rivière, répliquent des habitants de Dèyè mi, qui ont tout perdu. Il y avait un monticule de terre qui nous séparait de la rivière », se défendent-ils à l'unisson, tout en désignant plus bas d'autres maisons menacées par les eaux. « Pensez-vous qu'il y avait des maisons plus sécurisées que celles-ci ? », sínterrogent les riverains.
« Dèyè mi » est emblématique de ces dizaines de quartiers construits dans l'anarchie à Tabarre. Là-bas, de luxueuses maisons sont construites, en dehors des normes primaires d'urbanisme. A la moindre averse, des tonnes d'alluvions s'étalent sur la chaussée, ce qui ralentit ou bloque la circulation à certains endroits.
Des Casques bleus de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti constatent de loin les dégâts causés par la rivière Grise à Tabarre (Photo: François Louis)
Même si Noël a laissé sur son passage de nombreuses victimes, on ne déplore heureusement aucun mort à « Dèyè mi ». Mais la force délétère de la rivière Grise continue d'effrayer les nombreux habitants qui ont construit leurs maisons dans son voisinage. Chaque fois que tombe une goutte de pluie, ils fuient leur demeure. « On a peur de la force menaçante des eaux », disent des femmes fuyant avec des enfants dans leurs bras.
Claude Gilles
gonaibo73@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=50370&PubDate=2007-11-01
LÉOGÂNE/ INONDATIONS / Se sortir les pieds de l’eau
Par Natacha Clergéclernatacha@yahoo.fr
La tempête tropicale Noël, formée depuis le dimanche 28 octobre dans les Caraïbes, a frappé, lundi Haïti. Cabaret, Cayes, Cayes-Jacmel, Croix des Missions, Ganthier, Cité Soleil, Léogâne sont quelqueunes des zones touchées. À Léogâne, les deux rivières, Monance et Rouyonne, sont entrées en crue et ont envahi une bonne partie de la commune. Aux abois, la population essayait, mardi, tant bien que mal de sortir la tête et les pieds de l’eau.
La Rivière Monance, comme une bête en furie, a cassé le barrage construit en 1959 afin de contenir sa puissance et a envahi la route. Les eaux déchaînées ont charrié tout ce qui était à la traîne, en l’occurrence des bouteilles en plastique, des ustensiles, des vêtements, des pelures de mangues, d’avocats et autres détritus. Et dissimulé à la vigilance des chauffeurs, des égouts dont les couvercles ont été emportés et même le trottoir contre lequel les véhicules butaient.
Aux environs de la Place Anacaona, les eaux se sont aussi introduites dans les maisons et tout mis sens dessus dessous. Elles ont condamné des familles à veiller toute la nuit de lundi à mardi. « La pluie a commencé à tomber avec force aux environs de minuit. Peu à peu, l’eau a gagné la maison, le lit, les draps. Alors, avec mes enfants, je suis montée sur une chaise et j’y ai passé la nuit, debout sans fermer l’œil. Ce matin, j’ai empilé des objets et conduit les enfants chez ma sœur où ils sont plus en sécurité. Moi, je suis revenue, car j’ai pas mal de choses à faire », a témoigné Venette, 42 ans, la robe mouillée jusqu’à la ceinture et les mains occupées à introduire dans un sac quelques vêtements tirés du désordre de la maison.
La rivière Rouyonne a elle aussi joué sa partition et envahi différentes localités de Léogâne dont Binau Lestère, Cassagne, Nan Bassin, Lonpré, Mathieu.« Quand la Rouyonne passe, elle envahit le cimetière, elle charrie donc avec elle des microbes qui causent des tas maladies comme la filariose ou d’autres affections aux pieds. D’autres fois, ce sont des épidémies comme la tipho–malaria qui font rage », souligne un habitant de Cassagne, les pieds enfouis dans l’eau à l’instar de beaucoup d’autres habitants de cette localité.Surpris par les inondations, certains habitants de Binau Lestère n’ont pas eu le temps de vider les lieux et ont passé la nuit sur les toitures des maisons. Ce mardi matin encore, coincés au même endroit, ils suivaient docilement les instructions d’autres habitants de la localité mobilisés pour les tirer de l’impasse. Une dizaine de cordes et des mégaphones pour dicter les instructions constituaient le matériel de sauvetage. Opération menée en majorité par des jeunes hommes des communautés et quelques policiers.
« Je n’ai que deux hommes avec moi, ils n’ont pas le savoir-faire nécessaire dans ce domaine. Donc, la population m’est d’un support impayable. Depuis minuit, nous sommes au travail. C’est à ce moment que nous avons commencé à recevoir des appels à l’aide », a souligné le commissaire de police Athanase Blanchard qui fouillait, des yeux, les eaux, en quête d’une issue pour sortir une famille, dont un vieillard hypertendu, d’une maison envahie par les eaux à hauteur d’un mètre. À Cassagne, les eaux n’ont pas frappé avec la même intensité qu’à Binau Lestère. Des femmes s’attelaient à dégager des sols inondés à quelque trente centimètres de hauteur alors que sur des matelas trempés étaient jetés pêle-mêle ustensiles, vêtements sales et propres. S’alignaient dans un coin des barils de clairin, principales sources de revenus de maintes familles léogânaises. A l’annonce de la tempête, cinq abris ont été mis à la disposition de la population des zones à risques. La marie, le lycée Anacaona sont quelques-uns de ces établissements transformés en centre d’hébergement. « Personne ne s’est présenté à ces centres jusque-là », nous a informé Alix Santos, maire de la commune de Léogane. En effet, des habitants et habitantes interrogés ne prévoient pas d’habiter ces abris même si la situation devait empirer. « Le cas échéant, je compte emmener ma femme et mes enfants chez un collègue dont la maison a deux étages. Ainsi nous serons protégés au cas où les eaux montent. Je n’irais pas dans un abri de la commune. Je serais mieux traité et plus en sécurité chez mon ami. D’ailleurs ma femme est enceinte de quatre mois et nécessite un certain confort », a souligné un habitant de Cassagne.
Un mouvement de protestationSous la pluie comme pour sortir du bourbier, une centaine d’habitants de la commune de Léogâne, vacinnes, tambours, graj et pancartes en main, a marché, mardi, pour exprimer leur désespoir après le constat des dégâts causés par les inondations, mais aussi pour dénoncer la situation de la commune en général où manquent des infrastructures de base. Aujourd’hui nous marchons pour protester contre la saleté ambiante. Nous avons besoin de routes et de places publiques. On a entamé certaines places qui n’ont jamais été achevées. Il faut des hôpitaux et des écoles. Depuis tantôt un an, nous vivons pratiquement sans courant dans la ville. Il manque de marchés publics. La rue Lacroix, au cœur de la ville, est impraticable et couverte d’eaux et de détritus. Il faut que la situation s’améliore. Nous avons écrit au maire et au député de la commune et, depuis une semaine, nous attendons leur réponse. Si, dans les mois à venir, il n’y a pas de retombées positives, nous allons entamer une autre phase de la mobilisation : grenadiers à l’assaut » a averti Belony Michel Arison, membre d l’organisation Léogâne en action. Des habitants, occupés à réparer les dégâts causés par les inondations, au passage des la manifestation, se sont un court instant détournés de leurs tâches, pour danser ou entonner les slogans des manifestants.
mercredi 31 octobre 2007
http://www.lematinhaiti.com/PageArticle.asp?ArticleID=9405
Libération de la responsable Lavalas, Maryse Narcisse et de son chauffeur
mercredi 31 octobre 2007,
Radio Kiskeya
La dirigeante de Fanmi Lavalas, Maryse Narcisse et son chauffeur, Delano Morel ont été libérés contre rançon mercredi matin aux premières heures, quatre jours après leur enlèvement samedi dernier à Port-au-Prince, a appris Radio Kiskeya de sources proches du parti.
Aucune information n’était disponible dans l’immédiat sur les circonstances exactes de leur libération. Une rançon de 300.000 dollars avait été réclamée par les ravisseurs au lendemain du rapt.
Les deux ex-otages seraient en bonne condition physique, mais psychologiquement éprouvés. Ils avaient été interceptés samedi soir à Delmas 83 (banlieue est) devant la résidence du Dr Maryse Narcisse par des inconnus armés qui étaient en embuscade. La responsable Lavalas, porte-parole officielle de Jean-Bertrand Aristide en Haïti, revenait d’une réunion politique.
Plusieurs parlementaires, dont ceux de son parti, avaient dénoncé le double rapt qui, selon eux, était "politiquement motivé". Début août, un autre dirigeant Lavalas, Lovinsky Pierre-Antoine, également coordonnateur de la Fondation 30 septembre, avait disparu et depuis c’est le black-out total sur son sort.
Les cas de kidnapping à caractère crapuleux ou politique sont en hausse constante depuis quelques semaines dans la région métropolitaine de Port-au-Prince malgré les démentis répétés et agacés de la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH). Certains enlèvements font l’objet de discrètes négociations financières entre les ravisseurs et les familles des victimes, sans la moindre implication des autorités constituées. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4349
Tempête : Désormais 34 morts, 14 disparus et plus d’une centaine de blessés
mercredi 31 octobre 2007,
Radio Kiskeya
Au moins 34 personnes ont été tuées et 14 autres sont portées disparues suite aux inondations et glissements de terrain causés par le passage de la tempête tropicale Noël sur Haïti, selon un nouveau bilan provisoire présenté mercredi soir par la directrice de la protection civile (DPC), Alta Jean-Baptiste.
Plus d’une centaine de blessés ont été également enregistrés.
Un précédent bilan communiqué dans l’après-midi faisait état de 24 morts, 5 disparus et 15 blessés.
9.914 personnes ont été évacuées et des centaines de familles sont sinistrées dans différents départements.
Les dégâts matériels deviennent de plus en plus lourds. 747 maisons ont été détruites et des centaines d’autres endommagées, a indiqué la responsable de la DPC qui continuait de recueillir des données sur les conséquences des désastres ayant touché de nombreuses régions.
Parallèlement, la situation était extrêmement inquiétante aux Cayes (196 km au sud de Port-au-Prince) dont certains secteurs étaient inondés par la Ravine du Sud, arrivée au-dessus de la normale pour la première fois depuis longtemps. Une certaine panique commençait à gagner des habitants de la troisième ville du pays où une forte pluviométrie a été enregistrée pendant toute la journée.
Selon le responsable régional de la protection civile, Renan Vallière, au moins deux morts et un disparu ont été confirmés. 1.400 personnes ont dû être déplacées et installées dans des abris provisoires.
Le bilan du passage de Noël à l’échelle nationale devrait s’alourdir davantage au cours des prochaines évaluations. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4355
Le Bois-de-chêne en feu
Bois-de-chêne, le cours d'eau qui traverse Port-au-Prince, est en feu depuis une semaine et même les fortes pluies des derniers jours ne parviennent pas à venir à bout des flammes. Des tas de fatras constitués principalement de plastiques brûlent à la surface de l'eau et dégagent une épaisse fumée qui empoisonne les milliers de résidents de Village de Dieu.Robenson Geffrard
mercredi 31 octobre 2007
Maryse Narcisse et Delano Morel seraient encore en captivité, 72 heures après leur enlèvement
mardi 30 octobre 2007,
Radio Kiskeya
Le Dr Maryse Narcisse, dirigeante de Fanmi Lavalas et son chauffeur, Delano Morel n’étaient toujours pas libérés mardi soir à Port-au-Prince, trois jours après leur enlèvement par des individus armés samedi dernier à Delmas 83 (banlieue est), selon des sources proches du parti de Jean-Bertrand Aristide.
Les ravisseurs, qui s’étaient manifestés dès le lendemain du rapt, réclameraient la somme astronomique de 300.000 dollars américains en échange de la remise en liberté des deux otages.
Plusieurs voix se sont élevées contre le double rapt qui vient rappeler le sort d’un autre responsable Lavalas, Lovinsky Pierre-Antoine, mystérieusement porté disparu depuis le 12 août dernier, peu après un séjour en Afrique du Sud où il s’était entretenu avec Aristide. Deux représentants du parti au Parlement, le Sénateur Rudy Hérivaux et le Député Saurel François se sont déclarés profondément consternés et ont appelé le gouvernement et les forces de sécurité à se mobiliser en vue de mettre fin à cette prise d’otages. Le premier se demande "si cet acte s’inscrit dans le cadre de l’insécurité générale ou revêt un caractère politique" tandis que le second affirme que "ce kidnapping a tout l’air d’un nouveau cyclone qui s’abat sur Fanmi Lavalas après la disparition de Lovinsky Pierre-Antoine".
Pour sa part, le Sénateur Lespwa (Espoir), Kelly Bastien, soutient que "jusqu’à preuve du contraire l’enlèvement du Dr Narcisse est politiquement motivée". Se disant peiné et préoccupé par la persistance du kidnapping, le parlementaire exhorte les autorités à faire preuve d’imagination dans la lutte contre le banditisme.
Le porte-parole de la Police Nationale, Frantz Lerebours, a assuré que les forces de l’ordre étaient mobilisées, mais qu’elles ne disposaient d’aucune piste particulière pour retrouver ces deux personnes qui ont été emmenées vers une destination inconnue.
Des dirigeants Lavalas ont affirmé que Madame Narcisse, porte-parole officielle d’Aristide depuis sa chute en 2004, revenait d’une réunion politique lorsqu’elle a été interceptée devant sa résidence par des individus qui étaient en embuscade dans le quartier. La veille, elle avait pris une part active à une rencontre houleuse de Fanmi Lavalas au siège de la Fondation Aristide à Tabarre (banlieue nord de la capitale). En présence de deux invités d’honneur, Turneb Delpé et Gérard Blot, respectivement leaders des partis PNDPH et Tèt Ansanm, les "cadres" et les représentants de la "base" étaient ouvertement à couteaux tirés alors que le rassemblement était en principe destiné à redynamiser une formation politique en perte de vitesse et à réclamer le retour immédiat de Jean-Bertrand Aristide, exilé en Afrique du Sud. Annette Auguste "Sò Ann" avait un temps monopolisé les débats et était même parvenue à empêcher le Sénateur de l’Ouest, Rudy Hérivaux, de s’exprimer devant l’assemblée au nom de l’Etat-Major Lavalas.
Ancienne directrice générale du ministère de la santé publique et fonctionnaire de la Présidence au cours du premier mandat de René Préval (1996-2001), le Dr Maryse Narcisse se situe parmi les plus farouches partisans d’Aristide dont elle se réclame depuis plusieurs années. Elle a publiquement reconnu qu’elle rendait visite régulièrement à son leader dans sa résidence de Pretoria. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4347
Dizon pa-m
Sa fè lontan ke ayisyen pa tande pale de zafè lavalas la. Lè Aristid pa pale ak diskou malouk ke ayisyen toujou entèprete tankou pinga ou tankou anons fè nwa ki gen pou tonbe sou ayiti pep la preske bliye pati a ak tout lidè li yo.
Sa fè plis ke you mwa ke Lovinsky kidnape e ke yo poko janm jwenn li. Jounen jodi-a gen anpil chans pou dirijan politik lavalas la pa jan reparèt anko paske nan anal kidnaping yo nou pa janm tande kote you moun ke yo te kidnape tounen apre plis ke trant jou anba men bandi.
Kou nou ye ya yo pran you lot manm enfliyan pati lavalas la anko. Li fasil pou yo di ke se aksyon politik sa ye. Li dotan pi fasil paske pandan anpil tan tout moun te toujou ap fè amalga-m ant kidnapè kap fè zak briganday ak moun ki di ke se militan lavalas ke yo ye. Nan epok saa kad lavalas yo, te byen kontan tire pwofi de amalga-m saa paske se te you fason pou pati lavalas la pat pèdi pye e te ka rete sou teren an.
Nou pap janm aplodi ni bat bravo pou zafè kidnaping lan men se pa etonan ke si te gen gwo bandi ki te enplike nan zafè kidnape moun nou ke konprann ke bandi sa yo ta kapab rapwochè sektè ki sanse gen lajan. E pa gen moun ki pa ta ka kon prann ke sektè politik sa yo gen ladan yo moun kap brase lajan de pi lontan.
Nou kontan sepandan wè ke bagay yo pa de tou repo nan mitan fanmi lavalas la. Gen anpil chire pit nan mitan neg yo. E nap mande lè pral gen listwa eleksyon kijan bagay yo ap pase.
Prezan Mouche Turneb Delpe tankou envité donè nan you rasanbleman lavalas pa etone nou nonplis. Se pa jodi-a ke mouche saa ki prezidan ak ansyen kandida pati PNDH la ap klewoné you lide de konferans nasyonal kote li mande pou tout ansyen prezidan yo tounen nan peyi ya vini nan brase lide. Nou pa wè kisa moun sa yo ke se swa Aristid, janklod divalye , anri nanfi, wiliam regala e latriye ka pote anplis pou rezoud pwoblè-m ki andedan sosyete nou an. Moun sa yo se yo ki reskonsab nan dènyè ane ki sot pase la yo tout mizè pèp ayisyen an ak peyi ya.
Neg sa yo poko janm montre anyen ki ta ka di ke yo regrèt mal ke yo fè peyi ya. Si yo tounen se goumen yap vini goumen pou pouvwaa anko.
Sa ki rive seke anpil lidè politik konprann jodi-a ke moun ki gen diskou ki ale nan sans zafè retou aristid gen anpil chans pou yo jwen anpil moun ale vote pou yo. Sa vle di ke sanble Ke mouche Turneb Delpe se zye dou lap fè a sektè lavalas la!
Le Centre commercial froid comme le temps

Vue de la grand-rue, une des principales artères du centre-ville de Port-au-Prince
Mardi 30 octobre, 1 h PM. La rue du Magasin de l'Etat, où règne habituellement une grande activité, est presque vide. Les portes des magasins longeant l'artère, devenue encore plus impraticable suite au passage du cyclone Noël, sont fermées. Eparpillés ça et là au bord des trottoirs, quelques marchands de produits comestibles essaient d'écouler leurs produits contre vents et marées.
Parmi ces rares petits marchands, Jeanne, résidente du quartier de Bel-Air, est assise devant son petit négoce et attend son premier client de la journée. « Je n'ai rien à donner à mes 4 enfants, déplore-t-elle. Je suis ici depuis plus de 4 heures et je n'ai rien pu vendre.»Le gros commerce au centre-ville n'est pas le seul secteur à être paralysé au lendemain du passage du cyclone. La grande majorité des écoles de la capitale sont demeurées fermées. Certains écoliers qui avaient malgré tout pris le chemin de l'école ont dû faire demi tour. Les rares établissements scolaires ayant encore leurs portes ouvertes ont renvoyé les élèves plus tôt que d'ordinaire.« Nous n'étions pas nombreux dans ma salle de classe. Les responsables nous ont dit qu'en raison du cyclone demain sera férié », dit Joseph, un écolier d'une dizaine d'année.
Vue de la grand-rue, une des principales artères du centre-ville de Port-au-Prince
Les activités étaient au ralenti dans les administrations publiques. A la Direction générale des impôts (DGI), presque tous les services étaient paralysés. Les portes de cette administration ont été fermées très tôt.
Le constat est identique dans le transport en commun. Les tap-tap étaient rares en début de matinée. Mais leur nombre allait croissant en milieu de journée.Selon le météorologue Ronald Semelfort la tempête tropicale Noël a balayé lundi la côte sud d'Haïti à une vitesse de 9 km/h. Elle a aussi frappé les côtes du Sud, de la Grand Anse, des Nippes, de l'Ouest, du Centre, de l'Artibonite, du Nord-Est, du Nord et du Nord-Ouest.
Alain Gaillardgtilain@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=50354&PubDate=2007-10-30
Noël laisse son lot de victimes
Les habitants de Croix-des-Missions aux abois
(Photo: François Louis)

La périphérie nord de la zone métropolitaine a connu de mauvais moments suite aux pluies qui se sont abattues sur le pays au cours de la nuit du 29 au 30 octobre. Les habitants de Duvivier, de Croix-des-Missions, de Tabarre et de Croix-des-Bouquets se sont réveillés dans la douleur après avoir vu tous leurs biens emportés par les eaux.
Laissant son lit en s'étendant sur la route à la hauteur de Tombe Bleue, la rivière Blanche emporte tout sur son passage, même les champs des agriculteurs, laissant dans le plus grand désarroi les autorités communales. « En attendant l'aide des autorités centrales, nous distribuons des céréales aux habitants des quatre quartiers les plus touchés de Ganthier afin de les tenir en vie, déclare Jean Délès Leximé, maire adjoint de la commune de Ganthier. Mais la situation est plus que grave. » Un tracteur dominicain - de la compagnie Implementos & Maquinarias - déblaie la route en vue de frayer la voie aux véhicules bloqués dans les eaux.Un camion de transport bloqué sur la route internationale de Malpasse à hauteur de Ganthier
(Photo: François Louis)
« Heureusement que nos familles ne paient pas de leur vie les frais des catastrophes », lâche Beauvais Laguerre, dont la maison et les animaux ont été emportés par les eaux de la rivière Grise. Habitant d'un quartier de Tabarre 27 dénommé « Dèyè mi », cet homme de 45 ans, comme ses voisins, croit rêver.« Nos maisonnettes n'étaient pas du tout construites dans le lit de la rivière », répliquent des habitants de « Dèyè mi » aux commentaires d'un curieux qui estime le contraire. « Il y avait un monticule de terre qui nous séparait de la rivière », se défendent-ils à l'unanimité, tout en désignant plus bas d'autres maisons menacées par les eaux. « Pensez-vous qu'il y avait des maisons plus sécurisées que celles-ci », demandent les riverains.
(Photo: François Louis)
La rivière Grise laisse sur tout son cours des victimes. Et sa force délétère continue d'effrayer les nombreux habitants ayant construit leurs maisons dans son voisinage. Ces derniers n'arrêtent pas de fuir leurs demeures. « On a peur de la force menaçante des eaux », laissent entendre des femmes fuyant avec des enfants sur les bras. A Croix-des-Missions, la même scène est observée. Le marché est complètement inondé, des maisonnettes et des têtes de bétail ont été emportées. Les autorités policières ont été obligées de bloquer la circulation automobile sur le pont après y avoir constaté des fissures. « On interdit aux véhicules de passer sur le pont afin d'éviter le pire », a avancé l'un des policiers remarqués dans les parages.Les quartiers de Barrière Fer, de Terre Noire et de Duvivier ont également été inondés par la rivière Grise, laissant aux abois des milliers de riverains qui ne savent à quel saint se vouer.
(Photo: François Louis)
Les dégâts matériels causés par la tempête Noël sont aussi considérables. A Petite Rivière de l'Artibonite ainsi qu'au Wharf de Jérémie à Port-au-Prince, plusieurs maisonnettes ont été emportées par les eaux. A Léogane, une partie de la ville a été inondée. Du côté de Tabarre, plusieurs personnes vivant en dessous du pont de cette zone ont vu leurs maisons inondées, ont révélé les habitants de la zoneA Cité Soleil, cent personnes ont été déplacées afin d'éviter qu'elles ne subissent de plein fouet les outrages de Noël.
Le cabotage dans les eaux territoriales haïtiennes est interdit jusqu'à nouvel ordre.
Lima Soirélus
Autour de Jacques Roumain : Louis Borno et les nationalistes
L'énumération des emprisonnements par Petit et Roumain -pour respecter l'ordre de la signature - est-elle surfaite ? Non ! Elle est même sensiblement inférieure au nombre réel d'arrestations, quand on prend en compte les journalistes écroués plusieurs fois. Durant les trois premières années du premier mandat du président Borno, pas moins de 22 journalistes auront été incarcérés. C'est le journal La Poste qui nous l'apprend dans un numéro de novembre 1925.Trois ans plus tard, comme pour faire contrepoids, Le Petit Impartial publie une liste de citoyens, particulièrement liés au maintien du gouvernement de Louis Borno et de l'occupation. Cette liste parait un mois et demi après l'arrestation, le 13 décembre 1928, de Roumain, Petit et Guérin. Elle est là pour signifier que, si la lutte tourne autour d'idéaux politiques, cette lutte est incorporée par des êtres qui se partagent et se divisent ces idéaux.
L'on comprend dans ces conditions que le bouillant Jacques Roumain n'ait pu échapper à la prison. Quand il rejoint Petit au Petit Impartial, celui-ci aura déjà purgé plus de seize mois de détention en trois tours de prison. Elie Guérin, lui aussi, était un habitué « de la grande pension de famille de la rue du Centre », pour reprendre une satire de Jacques Roumain. Cet engagement de Roumain, après la collaboration aux périodiques La Trouée et La Revue Indigène, n'est pas issue d'une décision prise à la légère. Avec Petit, puis Guérin qui viendra se joindre à eux deux, Roumain avait de qui tenir. Le ton acerbe de Le Petit Impartial correspond au tempérament de l'homme.
Pourquoi Roumain fut-il emprisonné ? La question ainsi posée risque d'être d'une naïveté déroutante. Roumain, Petit et Guérin furent arrêtés conjointement sous le même chef d'accusation, celui d'outrage à la personne du chef de l'Etat. Selon l'acte d'accusation, c'est la qualification de « traître » attribuée au président Borno qui signifie l'outrage. Les articles incriminés, qui ne portent aucune signature, sont datés du 13 décembre 1928, du jour même de leur arrestation. Petit avait été écroué avant la parution de ce numéro du journal : « Il était moins que six heures quand le juge F. Deverson accompagné du capitaine Shaker vinrent procéder à l'arrestation de notre directeur [Georges Petit]. Quelques minutes après la nouvelle parvint à notre gérant [Jacques Roumain] qui immédiatement prit une voiture et se rendit au Bureau de la gendarmerie d'où lui aussi fut fait prisonnier. Par ailleurs nous savons que notre vaillant collaborateur, M. Elie Guérin, doit être aussi arrêté ». Ces arrestations virent sans surprise pour les victimes : « Nous étions encore sous presse quand un ami qui est dans le secret des Sous dieux vint bride abattue nous annoncer que le traître Borno, ou, pour employer le terme de l'honorable sénateur King, la marionnette, va faire procéder à notre arrestation, sous prétexte d'injure adressée à sa trop chétive personne...Peu nous chaut que l'on nous jette en prison, que l'on nous assassine...M. Borno, de concert avec l'occupant et le clergé français, veut quand même réduire à néant la race haïtienne... ». Le Petit Impartial insiste que la véritable raison de leur arrestation loge dans leur campagne de promotion « d'un clergé haïtien ». Suite à l'arrestation de Roumain, Petit et Guérin, une foule immense vînt leur manifester sa sympathie. Le Petit Impartial en prend acte. Il y eut, en même temps que la leur, d'autres arrestations. Ce qui autorise le journal à signaler qu'ils « ont été les premiers à voir le juge d'instruction après quinze jours de détention préventive ».
Le jugement eut lieu le 22 avril 1929. Les prisonniers eurent pour avocats Yrech Chatelain, David Jeannot, André Laraque et Perceval Thoby. Le principal avocat, Yrech Chatelain, en guise de plaidoirie, fît le procès de l'occupation. Guérin, hospitalisé, n'a pu prendre part au procès. De toute manière, ce procès était perdu d'avance. Les accusés ne pouvaient se dérober à la responsabilité d'avoir qualifié Borno de traître. Les accusés furent condamnés à un an d'emprisonnement et à mille dollars d'amende, en l'absence d'Elie Guérin.
On peut juger de la ferveur du courant nationaliste et de l'imposante personnalité des prisonniers à partir du dispositif de sécurité mis en place par le général Evans lors du procès. Ce dispositif de sécurité comprend 10 officiers, 7 sous-officiers, 41 soldats, 10 gardes, 11 détectives, en plus d' « une compagnie mobile tenue en réserve à la caserne Dartiguenave ». C'était pour donner le change à une foule dont on ne pouvait pas anticiper le nombre. Et voilà que, durant le procès, Roumain s'agite. Il administre à l'officier américain Belton « trois coups de poing et le saisit à la taille...Tous deux tombèrent sur le parquet...Belton s'étant remis sur ses pieds, Roumain fonça à nouveau sur lui...Le chef des détectives, Bonté, tira son gourdin et l'en frappa deux fois sur la tête...Pendant ce temps, Bonté tenait à distance la foule qui voulait se ruer sur lui... » N'est-ce pas Le Nouvelliste qui disait de ces arrestations qu'elles constituent « une maladresse et une grande faute » ?
Dans des lettres adressées au général Evans, les prisonniers se plaignent des mauvais traitements à eux infligés. Et même, dans l'une de ces lettres, ils parlent de discrimination raciale, Renaud et Brandt, deux prévenus de droit commun de race blanche, étant mieux traités qu'eux.Quelles sont les conditions de détention auxquelles ils font référence ? Quand, en novembre 1923, Antoine Pierre-Paul, Georges Petit, Joseph Jolibois et Elie Guérin sont détenus au Pénitencier national, c'est à Georges Sylvain, leur avocat, qu'il revînt d'écrire au juge d'instruction Emmanuel Beauvoir pour faire part des doléances de ces prisonniers qui « ne peuvent recevoir ni papier, ni plume, ni encre... ». Un an plus tard, durant ce même mois de novembre, voilà ce qu'écrit La Poste sur les conditions de détention : « Aujourd'hui, dans les prisons de la Gendarmerie, le prévenu ne peut ni lire, ni écrire, ni recevoir. Aux heures de visite réglementaires, les condamnés, les fous et les prévenus, pêle-mêle, ne peuvent causer avec un parent qu'à une distance de trois mètres, à travers une toile métallique, à haute voix et en présence des gendarmes ». Il arrive que des prisonniers ne puissent recevoir leurs parents. En 1928-1929, Roumain et Petit auront « remarqué de tous petits enfants de 7 à 9 ans vêtus de la casaque du forçat ». On sait cependant qu'à l'occasion, ils trouvent à écrire des lettres où ils réclament une amélioration de leurs conditions de détention. Auraient-ils réussi à tromper la vigilance du geôlier ?
Roumain connaîtra la prison dans la prison, c'est-à-dire le cachot. Le voilà qui explique ce que c'est à des membres de la rédaction de L'Action : « Le cachot, explique t-il, est une chose infecte. Figurez-vous une tombe de 1 m. ¾ de long...On ne m'a même pas donné une natte pour me coucher...comme nourriture, trois fois par jour, du pain et de l'eau. Je refusais, comme vous supposez bien ».Nommons la réaction de Roumain. C'est une grève de la faim, à la manière de celle que s'est imposée, neuf jours durant, Louis-Edouard Pouget et qui le détermina à emprunter le chemin de l'exil en avril 1926.La presse nationaliste veille à ce que des prisonniers ne bénéficient pas de traitements de faveur. Tout au moins est-elle prête à divulguer toute information qui irait en ce sens. Roumain se défend de cette accusation portée contre lui par le journal L'Haïtien : « Lorsque je recevais la visite de mes parents, j'ignorais que mon droit de le faire ne me venait pas du juge d'instruction. Dès que j'ai appris que c'était grâce à une démarche de M. E. Chauvet, directeur du Nouvelliste (démarche entreprise de son plein gré et sans que personne ne l'en ait prié) qu'il m'était permis de m'entretenir avec ma famille, je fis savoir à l'officier de service qu'à l'avenir je refusais de recevoir les miens ».La lutte est collective. Sauf à la déserter, il y a une exigence de solidarité.
Les historiens disent des nationalistes qu'ils sont des martyrs. Le ton, pour en parler, varie de la glorification au mépris. Voyons, avec des perspectives radicalement différentes, l'appréciation de deux historiens.
D'abord, celle de Jean Price-Mars qui publie en 1929, c'est-à-dire en pleine occupation :« Et puis-je citer l'un après l'autre tous ces preux qui affrontent la prison, sacrifient leur repos, immolent leurs ressources, pour défendre les idées dont ils se sont constitués les intraitables protagonistes comme ces martyrs qui, autrefois, allaient gaiement au bûcher en proclamant la sainteté de leur idéal et la noblesse de leur foi ?« Y eut-il jamais dans ce pays, excepté à la belle période de l'Epopée révolutionnaire, un plus grand épanouissement de crânerie tel qu'en montrent un Jolibois fils, un Elie Guérin, un Jacques Roumain, un Georges J. Petit ? »
Il ne faudrait pas par ailleurs passer sous silence l'action autrement militante de Charlemagne Péralte et de Benoit Battraville.
François Blancpain, publiant en 1998, prend le contre-pied de l'appréciation de Price-Mars. Il écrit :« On se demande si cet acharnement à provoquer les emprisonnements relevait de la folie, de l'idéalisme ou d'une sorte de penchant mystique pour la condition de martyr ».Cette qualification de « martyr » ne fait pas peur aux nationalistes, qui se l'attribuent eux-mêmes. Le Petit Impartial titre : « LE MARTYR DES JOURNALISTES HAITIENS ». Il est clair cependant que la distance par rapport aux pratiques que recouvre cette qualification peut varier de zéro à 100%. Tout dépend de la représentation que l'on se fait de l'un ou l'autre mode d'existence de la nation haïtienne. Dans une lutte de libération nationale, le radicalisme opère comme un miroir à travers et contre lequel se projettent les différents agents sociaux. Y voir de la folie, c'est faire abstraction des motivations psychologiques travaillées par la mémoire historique. L'on comprend dès lors que, bien que disposant de la force répressive et jouissant de privilèges de toutes sortes, les collaborateurs ont toujours mauvaise conscience.
Pour Jacques Roumain et les nationalistes de l'époque, la question se pose dans les termes d'une alternative entre une occupation musclée et intéressée et la jouissance de l'autonomie politique.
Fin
Ce texte constitue une version abrégée d'un chapitre d'un livre en préparation sur Jacques Roumain.
Michel Acacia
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=50304&PubDate=2007-10-30
mardi 30 octobre 2007
Noël : Le bilan s’alourdit et passe provisoirement à 8 morts
Quatre membres d’une même famille périssent à cause de la chute d’un arbre ; visite du ministre de l’intérieur à Cité Soleil
mardi 30 octobre 2007,
Lors d’un point de presse au ministère de l’intérieur, la responsable de la DPC a précisé que quatre décès ont été enregistrés à Pétion-Ville (banlieue est de Port-au-Prince). Une mère de famille et sa fille de 14 ans ont été retrouvées ensevelies sous les décombres de leur maison dont l’effondrement a été provoqué par la chute d’un arbre. Deux fils de la malheureuse, grièvement blessés, sont décédés à l’hôpital, portant à quatre morts le bilan de cette tragédie familiale.
A Delmas (est), une fillette a péri noyée tandis qu’à Grand-Goâve (environ 50 km au sud de la capitale) deux autres personnes ont été tuées. Dans cette même ville, où les autorités ont procédé à l’évacuation de 200 personnes, deux véhicules ont été emportés par les eaux.
Au moins 50 maisons ont été détruites et des dizaines d’autres endommagées dans l’aire métroplitaine de Port-au-Prince et en province où les crues des rivières étaient très impressionnantes. Les plantations agricoles et le secteur de l’élevage ont été aussi sérieusement touchés.
Le décompte officiel, qui devait être actualisé, ne reflétait que très partiellement l’ampleur de la catastrophe, car, plusieurs autres morts ont été recensés notamment à Ganthier et à Malpasse, non loin de la frontière haïtiano-dominicaine.
Alta Jean-Baptiste a également précisé que les inondations ont causé d’importants dégâts et fait de nombreux sinistrés dans huit des dix départements du pays. Le Sud-Est, les Nippes et une partie de l’Artibonite (nord) étaient sérieusement affectés, selon les premières informations disponibles.
Pour sa part, le ministre de l’intérieur, Paul Antoine Bien-Aimé, en tournée dans les différentes zones sinistrées s’est rendu en milieu de journée dans le bidonville de Cité Soleil (banlieue nord) où une centaine de personnes ont été évacuées suite à des inondations. Elles ont été placées dans des abris provisoires à l’instar d’un millier d’autres à travers le pays.
L’alerte rouge aux risques d’inondations, de glissements de terrain et d’éboulements extrêmement violents a été maintenue sur tout le territoire. Dans son dernier bulletin spécial, le Centre national de météorologie prévient que malgré l’éloignement de la tempête des côtes haïtiennes, des pluies diluviennes pouvaient encore s’abattre au cours des prochaines heures sur différentes régions. spp/Radio Kiskeya



