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mercredi 18 juillet 2007

L’ambassade de France annonce de nouvelles activités économiques et culturelles

L’ambassadeur français, Christian Conan, annonce un renforcement de la coopération avec les membres du secteur privé haïtien. Des experts de la Proparco, filiale de l’Agence Française de Développement (AFD) s’occupant de l’appui au secteur privé ont effectué récemment une visite en Haïti afin d’apporter un support aux entreprises haïtiennes." Je crois qu’il y a des possibilités d’aide sous forme de prêt au secteur privé qui apporte un appui à l’une des plus belles réussites économiques en Haïti, la Digicel", ajoute t-il. Par ailleurs, le diplomate français annonce l’arrivée, vers novembre 2007, de plusieurs journalistes de media audiovisuels français en vue de réaliser des reportages sur les activités socioculturelles en Haïti. De plus, l’ambassade de France à Port-au-Prince organisera de concert avec le ministère de la culture un festival du livre en décembre. " C’est un festival de France qui sera déconcentré en Haïti, et nous attendons des écrivains d’une vingtaine de pays ainsi que des journalistes culturels afin de faire parler d’Haïti autrement ", explique t-il. D’autre part, le diplomate français annonce la construction d’un nouvel édifice pour loger l’institut Français. " Nous voulons faire un échange de terrain, parce que nos amis qui fréquentent l’institut ne veulent plus se rendre au Bicentenaire", soutient M. Conan. L’ambassadeur de France annonce également la création d’un centre pour les études en France, organisme chargé de mieux informer sur les possibilités d’études en France. Notons que le chancelier haïtien, Jean Renald Clerismé estime qu’un climat de confiance s’est établi entre les autorités françaises et haïtiennes depuis l’arrivée au pouvoir de René Préval. Tout en se réjouissant de l’aide française dans le domaine des infrastructures, M. Clerismé a indiqué que l’Agence Française de Développement (AFD) se prépare à lancer les travaux de construction de la route Hinche- Saint Raphaël. D’autre part, la coopération française est impliquée dans la réalisation du plan directeur de l’aéroport Toussaint Louverture et de certains aéroports de province.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.phtml?id=12837

Mutisme des autorités haïtiennes et américaines sur l’éventuelle arrestation de Guy Philippe

Sous le coup d’un mandat d’arrêt international pour son implication présumée dans le narcotrafic, l’ex-chef rebelle serait encore traqué par le BLTS et la DEA ; un responsable de son parti aux Cayes appelle à un "soulèvement général" contre l’ingérence étrangère
mardi 17 juillet 2007,
Radio Kiskeya

Les autorités haïtiennes et américaines observaient mardi la plus grande discrétion sur l’éventuelle arrestation et extradition aux Etats-Unis de l’ancien chef rebelle Guy Philippe dans le cadre d’une vaste opération lancée conjointement par le Bureau de lutte contre le trafic des stupéfiants (BLTS) et l’agence américaine anti-drogue (DEA).
Des informations disponibles à Port-au-Prince indiquaient que l’ex-militaire et commissaire de police restait introuvable après une perquisition domiciliaire infructueuse. Les agents haïtiens et américains poursuivaient la traque de Philippe en vue d’exécuter un mandat d’arrêt international décerné contre lui.
Le porte-parole du bureau de la DEA à Miami, Oscar Negron, n’a voulu fournir aucune précision sur les opérations en cours, lors d’une conversation téléphonique avec l’Associated Press.
L’ambassade américaine à Port-au-Prince est restée également muette sur les intenses rumeurs circulant dans différents milieux. Joint par AP, un fonctionnaire a esquivé toutes les questions tandis que le porte-parole n’était pas disponible.
Pour sa part, le chef de la diplomatie haïtienne, Jean Rénald Clérismé, a indiqué qu’il n’était pas au courant de l’intervention conjointe lundi d’agents du BLTS et de la DEA dans la résidence de Guy Philippe à Bergeau, une localité située à l’entrée de la ville des Cayes (196 km au sud de Port-au-Prince).
Des élémnents lourdement armés étaient entrés dans la maison où ils avaient constaté l’absence de Guy Philippe. Son épouse, de nationalité équatorienne, a été brièvement interpellée. Elle s’est plainte d’avoir été victime de brutalités policières.
Les bourrasques ayant accompagné l’atterissage d’hélicoptères et le survol de la région à basse altitude par des avions auraient endommagé des habitations.
La logistique de l’opération a été fournie par la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH), selon le commissaire Frantz Lerebours, porte-parole de la PNH.
Mardi matin, un responsable local du Front pour la reconstruction nationale (FRN), le parti de Guy Philippe, a appelé à un soulèvement de la population haïtienne en général, des partis politiques et du secteur privé en particulier, contre l’intervention armée d’agents étrangers sur le sol national. "Guy Philippe est un patriote qui a consenti beaucoup de sacrifices pour le pays. C’est un ancien candidat à la Présidence qui vivait paisiblement avec sa famille", a fait savoir Bernard lors d’une intervention sur les ondes de Radiotélédiffusion Cayenne, une station privée.
Il s’est toutefois gardé de faire la moindre révélation sur le sort de son leader.
Guy Philippe, 39 ans, s’était installé aux Cayes ces derniers mois à la suite de sa défaite aux élections présidentielles de février 2006. Il dirige le FRN, un parti politique composé en grande partie d’anciens rebelles dont il était le principal leader dans le cadre d’une insurrection armée qui avait été déclenchée peu avant la chute de Jean-Bertrand Aristide, en février 2004.
Exilé en Equateur et en République Dominicaine, Philippe était alors revenu quatre ans après son départ précipité consécutif à une présumée opération commando qui visait l’Académie de Police Nationale, le 28 juillet 2000.
La nouvelle offensive lancée lundi a également conduit à l’arrestation aux Gonaïves (171 km au nord de la capitale) de l’homme d’affaires Lavaud François, très probablement extradé en Floride. Déporté des Etats-Unis, il y a quelques années, il est propriétaire des entreprises Chachou, un complexe comprenant une station de radio, Chachou FM, un hôtel, Chachou Hôtel et un supermarché, Chachou Market.
Depuis plusieurs mois, le Président René Préval a déclaré la guerre aux narcotrafiquants, mais, il s’est vu reproché de n’avoir pas facilité l’extradition et le jugement aux Etats-Unis d’individus visiblement impliqués dans le blanchiment d’argent.
Au cours de ces dernières années, une dizaine de hauts responsables haïtiens dont l’ancien Président du Sénat, Fourel Célestin et l’ex-commandant en chef de la Police Nationale sous le régime Lavalas, Jean Nesly Lucien, ont été arrêtés en Haïti et conduits aux Etats-Unis où ils ont été condamnés comme dealers de drogue ou sont en attente de jugement. Deux autres barons locaux réputés proches d’Aristide, Jacques Baudouin Kétan et Eliobert Jasmé alias "Ed One", ont été également extradés et ont fait d’importantes révélations au cours de leur procès.
Haïti et la République Dominicaine figurent sur la liste des principaux pays de transit qui facilitent l’acheminement aux Etats-Unis et en Europe de tonnes de cocaïne en provenance de l’Amérique du Sud. spp/RK
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article3866

165 casques bleus philippins attendus incessamment en Haïti

Manille s’engage à poursuivre son action dans le pays sous le drapeau onusien
mardi 17 juillet 2007,
Radio Kiskeya

165 nouveaux casques bleus philippins étaient attendus mercredi à Port-au-Prince dans le cadre de la rotation des troupes de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), selon un article publié dans l’édition de mardi du quotidien Asian Journal à Manille.
Les soldats avaient fait leurs adieux à leurs proches et à leurs supérieurs hiérarchiques lors d’une cérémonie qui s’était déroulée lundi au camp Aguinaldo à Quezon City.
Le lieutenant-général Antonio Romero, commandant adjoint des Forces Armées philippines, a affirmé, à cette occasion, que le gouvernement de l’archipel entendait maintenir ses troupes au sein des missions onusiennes déployées en Haïti et au Libéria.
"Nous allons continuer à envoyer des soldats de la paix. Cela est conforme à nos engagements envers les Nations Unies", a déclaré le haut gradé avant d’ajouter en s’adressant aux soldats "portez vos uniformes avec fierté".
Au cours de la même cérémonie, 155 autres casques bleus philippins ont quitté leur pays à destination du Libéria.
Les Philippines, qui en sont à leur sixième contingent en Haïti, avaient perdu un de leurs soldats, en avril 2005. Il avait été abattu par des inconnus dans le bidonville de Cité Soleil (nord de Port-au-Prince).
Déployée depuis juin 2004, la MINUSTAH compte plus de 8.000 militaires et policiers internationaux. spp/RK
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article3867

Haïti-Drogue : Les narcotrafiquants, à nouveau, dans l’œil de l’administration états-unienne

Mardi 17 juillet 2007
Dossier
P-au-P, 17 juil. 07 [AlterPresse] --- Les agents de l’agence fédérale américaine de lutte contre le trafic de drogue (Dea) semblent intensifier leurs activités en Haïti en vue de la capture de trafiquants de drogue qui opèrent dans ce pays caribéen, suivant un dossier rassemblé par l’agence en ligne AlterPresse.
La Dea parait de plus en plus déterminée à poursuivre ces trafiquants qui ont fait d’Haïti une plaque tournante pour acheminer de la drogue aux Etats-Unis d’Amérique.
Sur la longue liste des dealers de drogue déjà épinglés par les agents de la Dea, s’ajoute l’homme d’affaires Lavaud François, propriétaire du groupe Chachou (hôtel, station de radio, supermarché) aux Gonaïves, à 171 kilomètres au nord de Port-au-Prince.
Lavaud François a été arrêté, le lundi 16 juillet 2007, lors d’une opération conduite par des agents de la Brigade de lutte contre le trafic des stupéfiants (Blts), de concert avec des agents de la Dea. Un mandat d’arrêt international, pour son implication présumée dans le narcotrafic, était lancé contre sa personne, selon les informations disponibles.
Le même jour, des hommes armés, montés à bord d’avions, d’hélicoptères et de véhicules tout-terrain, ont perquisitionné la résidence de Guy Philippe (ancien commissaire de police et ancien candidat à la présidence) à Bergeau à l’entrée de la ville des Cayes, troisième ville d’Haïti à environ 200 kilomètres au sud de la capitale.
L’objectif de cette importante opération armée serait d’appréhender le coordonnateur du parti nommé Front pour la reconstruction nationale (Frn).
Jusque dans l’après-midi du 17 juillet 2007, la presse ignorait si Guy Philippe était poursuivi par la police haïtienne et les agents anti-drogue américains. Les autorités haïtiennes et américaines demeurent silencieuses sur une éventuelle opération anti-drogue visant l’arrestation de Guy Philippe.
Mobilisation gouvernementale anti-drogue en 2007
A rappeler que le 31 mai 2007, les forces coalisées de la police haïtienne et des soldats onusiens ont confisqué, à Léogâne (à une trentaine de kilomètres au sud de la capitale), 14 paquets de cocaïne pesant au total 420 kilogrammes évaluée à plusieurs millions de dollars.
5 policiers haïtiens, 3 civils haïtiens et 2 civils colombiens ont été interpellés au moment de la saisie de ces stupéfiants. Ces personnes circulaient à bord d’une Nissan Patrol de couleur blanche de plaque officielle immatriculée 00669 en provenance de Côtes de Fer (Sud).
Dans ses multiples déclarations, le président haïtien René Garcia Préval identifie le commerce de la drogue comme l’un des principaux fléaux qui fragilisent la situation du pays. Le chef de l’Etat haïtien a été jusqu’à solliciter l’aide des Etats-Unis d’Amérique pour lutter contre les narcotrafiquants.
« Haïti et la Jamaïque ne produisent pas de drogue, nous ne produisons pas d’armes. Ensemble, nous devons aller auprès du gouvernement des Etats-Unis pour qu’il renforce ses patrouilles et surveillances des côtes haïtiennes et jamaïcaines », a déclaré Préval, le 8 janvier 2007, de retour d’une visite de 72 heures à Kingston, en Jamaïque.

Suivant des statistiques de la Drug Enforcement Agency (Dea), un cinquième de la poudre blanche consommée aux Etats-Unis d’Amérique, en provenance des cartels colombiens, transitait par Haïti.
La République Dominicaine qui se partage l’Île avec Haïti est, elle aussi, utilisée par les narcotrafiquants.
Feu vert d’interventions en Haïti, accordé en 1997 à la Dea
Les interventions incessantes de l’agence fédérale américaine de lutte contre le trafic de drogue, sur le territoire national d’Haïti, semblent entrer dans le cadre d’un accord bilatéral, conclu entre le président René Préval (au cours de son premier mandat) et la secrétaire d’Etat états-unienne Madeleine Albright, le 17 octobre 1997, et ratifié par le parlement en décembre 2000.
Cet accord autorise la Dea à mener des opérations avec ou sans l’aide de la Police nationale d’Haïti (Pnh) sur le territoire haïtien.
Plusieurs opérations ont été déclenchées depuis lors.
On retient notamment les opérations « Columbus » (octobre 1999), « Ouragan I » (septembre 2001) et « Ouragan II » (octobre 2002). Hommes d’affaires, autorités policières, policiers, hauts fonctionnaires de l’Etat ont, depuis, été mis aux arrêts ; certains ont été extradés vers les Etats-Unis.
En juin 2003, Jacques Baudouin Kétant, considéré comme l’homme clé de ce trafic en Haïti et présenté comme le compère de l’ex-président Jean-Bertrand Aristide, a été arrêté à Port-au-Prince, puis transféré aux Etats-Unis d’Amérique. Son frère, Hector, a, entre-temps, été abattu le 25 février de la même année. Eliobert Jasmin, alias Ed One, a été livré aux autorités américaines la même année.
« Ceux qui ne sont pas éliminés physiquement sont livrés à la Dea. Le trafic de la drogue est l’une des sources de financement occulte du pouvoir Lavalas. Ce trafic est toléré au plus haut niveau. Cependant, pour acheter du temps des américains, Aristide ne recule devant aucune manœuvre. Il a livré personnellement son compère Jacques Kétant et son ami Eliobert Jasmin. Hector Kétant n’a pas eu cette chance. Il l’a fait exécuter », analysait un spécialiste à la fin de 2003.
Le Chef du bureau de lutte contre le trafic de stupéfiants, Evens Brillant, a été arrêté à la même période, puis relâché. Appréhendé à nouveau en mai 2004 par la force multinationale intérimaire (États-Unis, France, Canada, Chili) et expulsé aux Etats-Unis d’Amérique, Brillant est inculpé en juin 2004, puis innocenté en octobre 2005.
En 2004, une vague d’incarcérations d’anciennes autorités pour drogue a suivi la chute de l’ancien président Jean Bertrand Aristide.
On a particulièrement noté celles de Jean Nesly Lucien (ancien directeur général de la Pnh), Rudy Thérassan (ancien commissaire de Police), Romane Lestin (ancien responsable d’un commissariat de police situé à l’Aéroport International Toussaint Louverture), Hermione Léonard (ancienne directrice départementale de la police de l’Ouest), Oriel Jean (ancien chef de sécurité du président Aristide) et Jean-Marie Fourel Célestin (ancien président de l’Assemblée nationale).
Ces hauts fonctionnaires haïtiens avaient l’habitude, selon la Dea, de fermer les yeux sur la circulation de la cocaïne dans le pays en échange de pots-de-vin, et certains officiers de police couvraient les manœuvres des trafiquants.
D’autres narcotrafiquants, comme Serge Édouard, alias Sergot Persévérance, Eliobert Jasmin, alias Ed One, sont écroués et font des révélations fracassantes concernant l’implication d’autres dignitaires dans ce trafic.
Cependant, en novembre 2006, le Consulat général d’Haïti en Floride a formellement refusé une demande formulée par les autorités américaines pour la déportation vers Haïti d’un trafiquant de drogue d’origine haïtienne, rapportait le 9 novembre 2006 le quotidien Miami Herald.
Âgé de 58 ans en 2006, Lionel Jean-Baptiste [dont il s’agit] avait, en 1996, renoncé à sa nationalité haïtienne en acceptant de prendre la nationalité américaine. Six mois plus tard, il a été soupçonné de participation au trafic des stupéfiants. En janvier 1997, il avait plaidé coupable, puis a été condamné à sept ans de prison. En 2002, il a été déchu de sa nationalité américaine. [do gp rc apr 17/07/2007 18:00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article6206

Arrestation d’un frère d’Evens Jeune

Mardi 17 juillet 2007
Un présumé bandit de Cité Soleil (banlieue nord de Port-au-Prince), Claude Jeune, frère de l’ancien redoutable chef de gang du bidonville, a été arrêté lundi au Cap-Haïtien (274 km au nord de la capitale), a annoncé la police.
Il est le troisième membre de la famille à tomber dans l’escarcelle des forces de l’ordre.
Evens Jeune est en prison depuis mars dernier, tandis que son frère aîné, Willo, a été appréhendé récemment dans une gare routière à Port-au-Prince,

http://www.radiokiskeya.com/spip.php?breve1446

ÉTATS-UNIS / HAÏTI / TRAFIC DE STUPÉFIANTS / L’ex-chef rebelle Guy Philippe aurait été arrêté

Une importante opération armée a eu lieu le lundi 16 juillet à Bergeau (Sud) pour appréhender l’ex-chef rebelle et candidat à la présidence, Guy Philippe, selon des correspondants de presse établis dans la région.
L’opération a été effectuée avec la participation de nombreux hommes armés montés à bord d’avions, d’hélicoptères et de véhicules tout-terrain, ont constaté des témoins.
Selon Radio Métropole, Guy Philippe, qui n’était pas sur place au moment de l’opération, aurait été arrêté quelques heures après et conduit aux Etats-Unis. Des agents de la Drug Enforcement Administration (DEA) et ceux du Bureau de lutte contre le trafic des stupéfiants (BLTS) de la Police nationale ont participé à l’opération. Tard dans la soirée, la nouvelle de l’arrestation et du transfert de Philippe dans une prison américaine n’a pas été confirmée.
Selon une source de l’ambassade des Etats-Unis à Port-au-Prince, consultée par AlterPresse, la représentation diplomatique américaine pourrait produire sous peu une communication sur cette affaire.
Ancien militaire et haut gradé de la Police nationale, Guy Philippe a été le chef de la rébellion armée contre l’ex-président Jean-Bertrand Aristide jusqu’à la chute de ce dernier en février 2004.
Par ailleurs, aux Gonaïves, des agents du BLTS ont procédé, très tôt dans la matinée du lundi 16 juillet, à l’arrestation de François Lavaud dit Chachou pour implication présumée dans le trafic de stupéfiants.

Selon le porte-parole de la police dans le département de l’Artibonite, François Lavaud , qui faisait l’objet d’un mandat international de la DEA, a été arrêté à la cité de l’Indépendance « sans la moindre difficulté » et transféré à Port-auPrince.
mardi 17 juillet 2007
http://www.lematinhaiti.com/PageArticle.asp?ArticleID=7156

Haïti/Tourisme : Préparatifs pour la troisième édition du festival de la rivière à Cavaillon

Mardi 17 juillet 2007
P-au-P, 17 juil. 07 [AlterPresse] --- La ville de Cavaillon (Sud d’Haïti) se prépare à accueillir, du 17 au 19 août 2007, la troisième édition de son festival de la rivière visant la promotion des éléments constitutifs culturels de la région ainsi que la création d’un lieu écotouristique afin de valoriser le potentiel culturel et les sites naturels, historiques et culturels de la commune, selon les informations communiquées à l’agence en ligne AlterPresse.
Organisée sous le thème « La Rivière de Cavaillon, un patrimoine à sauvegarder », la troisième édition de ce festival offrira l’occasion de sensibiliser les habitants et originaires de cette commune du département du Sud sur la nécessité de protéger l’environnement de la rivière, de faire renaître la culture du bambou, de motiver et d’encadrer les pêcheurs d’écrevisses (l’écrevisse constitue une des spécialités de la zone depuis plusieurs années) pour une exploitation rationnelle de la rivière.
Initiatrice de cet événement socioculturel, l’Association des étudiantes / étudiants et universitaires de Cavaillon (Aeucah), espère recevoir plus de 100 000 visiteuses et visiteurs à cette fête de la rivière durant les trois jours d’août 2007.
« Nous souhaitons aussi que la fête de la rivière 2007 à Cavaillon ait des retombées économiques significatives dans la région », indique à AlterPresse Patrick Jean-Juste, secrétaire général de l’Aeucah.
Exposition d’œuvres artistiques, de produits gastronomiques, activités sportives au bord de la rivière, animations musicales sont, entre autres, prévues à l’occasion.
Au programme, figurent également : des projections de films naturalistes avec pour thèmes l’eau et la rivière ; des concours de tambours, shows de Bikini Girls, coins d’amusement pour les enfants ; des conférences-débats sur l’écotourisme et le développement local, des activités de sensibilisation sur les méfaits du Sida, de la drogue et de la délinquance juvénile.
« Toute la population du Sud est déjà mobilisée pour soutenir et jouir de cet événement qui constitue désormais un rendez-vous culturel annuel pour tous les amants de la culture et du plaisir sécurisé », fait savoir le comité organisateur.
Par ce festival, les initiateurs veulent aussi instituer une tradition de la fête de la rivière à Cavaillon, tout en valorisant ce site patrimonial naturel le plus visible de la commune qui, selon eux, représente un atout majeur pour la promotion de l’écotourisme en Haïti.
Située entre St Louis du Sud et les Cayes, la commune de Cavaillon possède un charme particulier et apparaît assez privilégiée dans le contexte global du pays. Essentiellement rural et agricole, le bourg de Cavaillon semble être réduit à une petite agglomération de maisons basses cernant la masse immaculée de l’église catholique romaine, l’une des plus anciennes constructions du pays.
Communément appelée Cité Sylvio Cator, du nom d’une ancienne gloire haïtienne en matière d’athlétisme aux jeux olympiques mondiaux de 1928 [médaille d’argent 7.58 m / saut en longueur, à l’âge de 27 ans], la ville de Cavaillon se trouve dans le département du Sud, à 170 kilomètres de Port-au-Prince. Elevée au rang de commune en 1796, elle est, aujourd’hui, habitée par quelques 46 000 personnes. [do rc apr 17/07/2007 10 :20]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article6204

mardi 17 juillet 2007

SELECTION SUB 17 : Haïti surprend l'Argentine ..Match nul 1-1.... AUX JEUX PANAMERICAINS A RIO DE JANEIRO

Haïti a fait, dimanche, une entrée intéressante aux XVe Jeux PanAméricains à Rio de Janeiro en réalisant un nul 1-1 en match comptant pour le tournoi de football au stade Olympique Joao Avelange de Rio de Janeiro.
Un but du Liancourtois Jérôme Meshack sur coup franc dès la 33e minute de jeu a mis sur orbite la formation de Jean Yves Philogène Labaze dans un Stade Joao Havelange tout acquis à la cause haïtienne, selon Dodeley Orélus, qui accompagne le COH à Rio.
1-0 pour Haïti contre l'Argentine au Brésil avec déjà l'idée d'une victoire de la bande à Labaze, c'est ce qu'on entrevoyait déjà aux environs de la 35e minute de la partie. Cependant, l'illusion n'a duré que quatre minutes, le temps pour le jeune attaquant argentin, Nicolas Mazzola, de profiter d'une hésitation dans la défense haïtienne pour battre le portier Dorleans Shelson et d'égaliser pour l'Argentine. A la mi-temps le score était à égalité 1-1.
En seconde période, Labaze affichait d'entrée ses ambitions en faisant jouer le jeune portier Lesly Guillaume Jr à la place de Dorleans Shelson et en remplaçant le joueur du Roulado de la Gonâve, Grégory Ismaël par Géraldy Joseph afin de donner plus d'allant offensif à ses poulains.Cependant l'expulsion du Saint-Marcois, Guemsly Joseph Jr, surnommé « Game Boy » par ses pairs allait compromettre la situation et contraint le staff technique à réviser ses batteries. Jusqu'à l'expulsion de Nicolas Mazzola dans les arrêts de jeu, la formation haïtienne évoluant en infériorité numérique est parvenue à conserver le score acquis à la mi-temps, se payant même le luxe de donner quelques sueurs froides à son adversaire.
L'entraineur Labaze contraint de disputer cette première rencontre s'est montré satisfait, a révélé Yolda Jean Marie, envoyée spéciale du Comité Olympique Haïtien.
« Nous avons fait match nul contre l´Argentine, nous avons le droit de rêver d´aller très loin dans cette compétition et montrer à tout le monde de quoi on est capable », dira le vice Capitaine de la sélection, Wedner Saint-Cyr, au micro de Dodeley Orélus à l'issue de la partie.
L'équipe haïtienne a disputé la rencontre face à l'Argentine dans la formation suivante.Shelson Dorléans (Lesly Guillaume 46è) - Meshack Jérôme, Grégory Ismaël (Géraldy Joseph 46è), Peterson Desrivières, Elusma Pierre - Bitiélo Jean Jacques, Wedner Saint Cyr, Valdo Normil, Peterson Joseph (Cap) - Hérold Charles, Guemsly Joseph ( expulsé à la 72è m),
La liste des joueurs de la sélection des moins de dix-sept ans est composée comme suit :Joseph Peterson, Charles Hérold Junior, Normil Valdo, Jean Jacques Bitielo, Joseph Gemsly Jr, Ismael Grégory, Saint Cyr Widner, Pérou Nicolas, Guillaume Jurion Lesly , Jérôme Mechak, Desrivierre Peterson, Dorlean Shelson, Pierre Elusma, Saint Loius Wiselet et Sylvain Gilberto.Ils sont entrainés par Jean Yves P Labaze et son assistant Coissy Toussaint.
Dans l'autre rencontre comptant pour le groupe de l'équipe haïtienne, la Jamaïque s'est débarassée de la formation colombienne 1-0.
Haïti fera sa prochaine sortie ce 18 juillet contre la Colombie avant d'affronter la Jamaïque le 21 juillet.Trois groupes de 4 équipes chacun dispute cette phase finale des Jeux Panaméricains. Les deux premiers de chaque poule se qualifieront pour les ¼ de finale. Ils seront accompagnés par les deux meilleurs troisièmes des trois poules à l'issue du premier tour.
Dodeley Orélus

Le Plateau central frappé par la chique

On dénombre plus de 200 cas de chique à Ravine Palme, une localité de Savanette. Maladie de la misère, la chique peut être évitée en portant des chaussures. Tout simplement.
Un vieux chapeau sur la tête, le visage passablement creusé par la misère, Joseph, 50 ans, est assis à l'ombre d'un corossolier sur la cour de l'église de Korosse, une localité de Savanette dans le bas Plateau Central.
Les yeux voilés par une douleur contenue, il se met brusquement à gratter ses talons où des larves arthropodes responsables de la chique ou Tungiase ont élu domicile.
« C'est comme ça. Parfois, je passe des nuits blanches à me gratter », explique-t-il en évitant soigneusement les parties hypersensibles et celles littéralement dépecées par les insectes voraces.
« Les recettes à base de plantes médicinales n'ont été d'aucun secours », déplore-t-il.
En plein conciliabule avec son jeune fils, lui aussi souffrant de la maladie, il est happé par le récit tragique d'un compère : ...les chiques se sont répandues sur tout le corps de ma mère. Et avant de mourir, elles lui ont mangé les yeux ». Le comble pour Joseph, est d'apprendre d'un leader communautaire que dans la seule localité de Ravine Palme où il vit, plus de 200 cas sont dénombrés.

« La Chique, jadis éradiquée à Savanette est revenue au début des années 2000. Sournoise, elle fait des ravages dans la communauté et particulièrement dans les mornes au cours de la saison sèche », poursuit son interlocuteur.« Imagine le quotidien d'une personne atteinte de chique qui doit marcher au moins 4 heures pour trouver de l'eau », dit-il comme pour inviter à la réflexion. Face aux difficultés de ceux qui sont atteints de chique, Ambroise, un sexagénaire, estime que l'Etat n'existe plus.
« J'étais encore en culotte courte quand j'accompagnais le commandant Lobo partout à travers les mornes pour réaliser le recensement des personnes souffrant de « Pian » et de chique afin afin d'être soignées. C'était l'époque où le Dr François Duvalier dirigeait une campagne nationale contre ces maladies », se souvient-il avec nostalgie.« Nous n'avons pas de président dans le pays. Les responsables de l'Etat ne pensent qu'à s'enrichir », maugrée-t-il.Selon le député de Savanette Joseph Louis Joël, le ministère de la Santé publique doit intervenir incessamment à Savanette, à Boucan Carré, à Thomonde et à Cerca Cavajal où des cas de chique sont signalés.Le parlementaire qui a organisé le vendredi 13 juillet 2007 une distribution de chaussures (boyo) dans sa circonscription en présence de M. Jean Alix Boyer, directeur général du Ministère des Affaires sociales, estime que son intervention n'est qu'un palliatif.« L'idéal serait de soigner ces gens », déclare-t-il.

Susceptible d'entraîner la paralysie, la chique, une maladie de la misère que l'on peut éviter en portant des chaussures révèle l'état d'urgence de bon nombre de nos compatriotes de l'arrière-pays, du « pays en dehors ».
Du reste, Joseph et ceux qui risquent d'être paralysés ou même de mourir à cause de ce mal veulent croire à l'existence de l'Etat et de la notion de solidarité. Tout simplement...
Roberson Alphonserobersonalphonse@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=46251&PubDate=2007-07-16

Lavaud François arrêté, Guy Philippe poursuivi

Le propriétaire des entreprises Chachou, Lavaud François, a été arrêté puis conduit à Port-au-Prince par des agents du Bureau de lutte contre le trafic de stupéfiants (BLTS). Un mandat d'arrêt international, a indiqué la police, a été décerné contre cet homme d'affaires accusé de trafic de stupéfiants.« Nous exécutons un mandat international », a laconiquement indiqué Wesmane Desmangles, un responsable de la police aux Gonaïves. Lavaud François, propriétaire d'un hôtel, d'une station de radio et d'un super-marché a été transféré le jour même de son arrestation à la Direction centrale de la police judiciaire. Il a été, en fin de journée, présenté à la presse.Raid à la résidence de Guy Philippe Des soldats étrangers ont, par ailleurs, mené une perquisition à la résidence de Guy Philippe à Bergeau, entrée nord de la ville des Cayes.« Ce sont des blancs qui ont mené cette opération. J'attends des explications du gouvernement et de l'Organisation des Nations unies », a déclaré le leader du Front pour la reconstruction nationale (FRN) et candidat malheureux à la présidentielle de février 2006.
Guy Philippe qui a sollicité la présence d'un juge de paix pour dresser un procès-verbal de constat des dégâts causés en sa résidence exige des dédommagements de l'Etat haïtien et de l'Organisation des Nations unies.
L'épouse du leader du Front pour la reconstruction nationale a elle-même dénoncé la brutalité exercée contre sa personne par des soldats étrangers.
Cinq hélicoptères, a rapporté un témoin, ont participé à cette opération démarrée tôt dans la matinée de ce lundi.
L'ex-rebelle a récemment dévoilé les noms de ceux qui lui avaient fourni des moyens financiers et logistiques lors de sa campagne militaire pour renverser Jean-Bertrand Aristide du pouvoir politique. Depuis son échec à la présidentielle de l'année dernière, il s'est retiré de la capitale haïtienne pour élire domicile aux Cayes.
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=46262&PubDate=2007-07-17

Réchauffement des relations haïtiano-dominicaine selon des officiels haïtiens

L’ambassadeur d’Haïti en République Dominicaine, Fritz Cinéas, et le ministre de la culture, Daniel Elie, ont fait état de progrès dans les relations haïtiano-dominicaine tout en saluant l’initiative de commémoration du centenaire de Jacques Roumain.
Fritz Cineas, Ambassadeur d'Haïti en République Dominicaine, assure que les relations entre ces deux nations sont dans leur meilleur moment. "Nous le répétons réellement, les relations ne peuvent être plus cordiales", a indiqué M. Cineas, rappelant que le président Preval a visité trois fois Saint Domingue en quatorze mois seulement. "Quel témoignage des bonnes relations existantes entre les deux pays", a affirmé le diplomate aux journalistes présents lors de la projection du documentaire "Vie et oeuvre de Jacques Roumain", du cinéaste Arnold Antonin.
Pour sa part, Daniel Elie, ministre de Culture d`Haïti a salué l`initiative dominicaine de célébrer le premier centenaire de Jacques Roumain, le plus important écrivain haïtien du XX siècle.
Dans cette rencontre, le ministre haïtien de la culture, Daniel Elie, a affirmé que "cette commémoration était importante parce qu`elle allait contribuer à l`union de nos deux pays". Tout en soulignant que la décision du président Fernández était un " acte de réhabilitation", M. Elie ajouta que "des erreurs avaient été faits dans le passé il faut les reconnaître et les admettre pour pouvoir avancer ensemble". Le Ministre de Culture rappela qu`entre la République Dominicaine et Haïti il existe une "amitié irréversible".
Le président Préval a participé le week end écoulé a un colloque pour le Centenaire de la naissance de l`écrivain et activiste politique Jacques Roumain, auteur du célèbre roman "Les Gouverneurs de la rosée". L`événement a eu lieu pendant deux jours à la Fondation Globale Démocratie et Développement (FUNGLODE) et à l`Université Autonome de Saint Domingue (UASD) avec la présence des presidents Leonel Fernández et René Preval.
Plusieurs personnalités haïtiennes avaient pris part à ce colloque dont l’écrivain Lesly Manigat, le doyen de l’académie diplomatique et consulaire, Mirto Bonhomme, la directrice de la Bibliothèque Nationale, Françoise Beaulieu Tybulle, le professeur Wesner Emmanuel, le juriste Osner Fevry, le doyen de l’université Notre Dame Cary Hector et Claude Roumain arrière petit fils de Jacques Roumain.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.phtml?id=12836

La CNDDR annonce la création d’un programme de sécurité communautaire

Le président de la Commission Nationale de Désarmement Démantèlement et Réinsertion (CNDDR) annonce la signature d’un accord visant à consolider le climat sécuritaire dans les quartiers populeux autrefois contrôlés par les groupes armés.
Le PNUD gère les fonds estimés à 6.1 millions de dollars octroyés par les gouvernements Canadien , Norvégien et Suédois qui permettront d’appuyer la stratégie de sécurité communautaire de la commission nationale de désarmement. " Cet accord nous permettra de consolider les acquis sécuritaires et de créer des partenariats de sécurité entre la police haïtienne, les mairies, les citoyens et la commission de désarmement dans différentes communes dans les zones urbaines", affirme M. Fils Aimé. Il indique que les premières régions concernées par le projet sont Bel Air et Martissant ( Port-au-Prince), Cité Soleil, Gonaïves, Petit Gave, Cap Haïtien tout en faisant remarquer que les centres urbains sont plus fragiles en ce qui a trait à la violence.

" Le programme vise la réduction de la violence et la gestion de conflit a travers la création de partenariat sécuritaire", dit-il précisant que ce projet est important pour le gouvernement.
Par ailleurs, Alix Fils Aimé indique que 150 anciens membres de gang intègreront ce lundi le programme de réinsertion réalisé par la commission nationale de désarmement. Tout en refusant de faire des commentaires sur ces individus, M. Fils Aimé souligne que ces anciens membres de gang proviennent des zones de Cité Soleil, Martissant, Fort Touron et Bel Air. Interrogé sur la durée du programme le président de la commission de désarmement explique que la période d’orientation s’étend sur 6 mois alors qu’une période de deux est nécessaire pour accompagner ces individus. " Maintenant il y a un encadrement social permanent pour ces anciens bandits et leurs dépendants qui sera renforcé dans le cadre du programme de partenariat sécuritaire", ajoute t-il. Alix Fils Aimé précise qu’environs 200 anciens membres de gang de Cité Soleil qui avaient intégré le programme de réinsertion sont maintenant à la phase d’apprentissage d’un métier.
Il se déclare satisfait du déroulement du programme de réinsertion notant que les participants au programme ne bénéficient d’aucune immunité ou impunité.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.phtml?id=12834

Un haïtiano-dominicain arrêté à la frontière en possession de trois livres de cocaïne

Leudy Mabru de los Santos voyageait à destination de Santo Domingo à bord d’un autobus de Capital Coach Line ; nette accélération de la lutte anti-drogue en République Dominicaine
lundi 16 juillet 2007,
Radio Kiskeya
La Direction nationale dominicaine de contrôle des drogues (DNCD) a annoncé lundi avoir mené une série d’opérations qui lui ont notamment permis de confisquer trois livres de cocaïne que transportait un dominico-haïtien, rapporte le quotidien local El Caribe.
Le présumé trafiquant, Leudy Mabru de los Santos, un des passagers d’un autobus de la compagnie de transport haïtienne Capital Coach Line, a été arrêté à son arrivée dans la ville frontalière de Jimanì.
Une fouille minutieuse a conduit à la découverte de trois paquets de stupéfiants à bord du véhicule qui arrivait de Port-au-Prince et voyageait à destination de Santo Domingo. L’opération a été menée conjointement par des membres de la DNCD, la direction générale des douanes et la brigade J-2 des Forces Armées dominicaines.
Le chef du parquet de Jimanì, Ruddy Medrano Pérez, a déféré lundi Mabru de los Santos devant le juge d’instruction de la juridiction qui l’a aussitôt envoyé en prison.
Par ailleurs, les autorités dominicaines ont procédé lundi à la saisie de plus de 11 kilos de cocaïne dissimulés dans dix paquets qui étaient en possession de deux individus. Ils ont été arrêtés.
Il y a quelques jours, à proximité des côtes de la province d’Higuëy (est), 282 kilos et 125 grammes de cocaïne avaient été confisqués par la Marine de guerre et plusieurs présumés narcotrafiquants épinglés. La valeur marchande de la cargaison est estimée à plusieurs millions de dollars américains.
Engagées dans une guerre sans merci contre le trafic de drogue, les autorités dominicaines procèdent chaque semaine à des dizaines d’arrestations.
Dans sa volonté de contribuer au renforcement du dispositif naval de la République Dominicaine, Washington vient de lui faire don de plusieurs vedettes rapides d’un coût global de 7 millions de dollars. spp/RK

http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article3864
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Dans les rapports déjà difficiles entre Haïti et la République Dominicaine, il faut noter qu'avec le comportement de certains haïtiens résidant de l'autre côté de la frontière ou utilisant cette frontière, nous avons le de la tortue c'est à dire nous présentons nous même le baton et le cul pour être frappés.
Il est dur de constater que souvent -trop suvent- des citoyens haïtiens sont mêlés à des actes repréhensibles tels que kidnapping et trafic de drogues.
Ce sont là les traits les plus importants et les plus pertinent de notre carte de visite!

Vaste offensive haïtiano-américaine contre les narcotrafiquants

L’homme d’affaires Lavaud François arrêté aux Gonaïves et très probablement extradé aux Etats-Unis ; incertitudes sur le sort de l’ex-chef rebelle Guy Philippe qui serait activement recherché par le BLTS et la DEA
lundi 16 juillet 2007,
Radio Kiskeya
Le Bureau de lutte contre le trafic des stupéfiants (BLTS), une unité spécialisée de la Police Nationale et l’agence américaine anti-drogue (DEA) ont déclenché ces dernières heures une vaste opération conjointe visant d’importants narcotrafiquants à travers le pays, a indiqué à Radio Kiskeya le porte-parole de la PNH, Frantz Lerebours.
Dans le cadre de cette offensive, Lavaud François, propriétaire de Chachou Hotel a été arrêté lundi matin aux Gonaïves (171 km au nord de Port-au-Prince). L’établissement est considéré comme l’un des plus importants de la ville.
M. François, qui faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international, a été héliporté à Port-au-Prince. Il devait être extradé rapidement aux Etats-Unis.
Le commissaire Lerebours a, d’autre part, affirmé qu’une descente enregistrée dans la localité de Bergeau, à l’entrée de la ville des Cayes (196 km au sud de la capitale), ne visait pas directement le domicile de l’ex-chef des rebelles anti-Aristide en 2004, Guy Philippe, également ancien militaire et commissaire de police.
Cependant, des rumeurs persistantes laissaient croire que M. Philippe aurait été appréhendé au cours de la perquisition de sa résidence.
Un proche de l’intéressé soutient qu’il aurait eu le temps de prendre la fuite.
Contacté par Radio Kiskeya, le directeur départemental du Sud de la PNH, Henriot Toussaint, a confirmé la présence dans la région d’hélicoptères et de petits avions à bord desquels se trouvaient des agents de la DEA. Il n’était toutefois pas en mesure de préciser les objectifs de l’opération vu que ses hommes n’y étaient pa associés.
Des témoins racontent qu’une demi-douzaine d’hélicoptères et d’avions ont survolé la région à basse altitude. Certains se sont posés dans la cour ou sur le toit de la maison de Guy Philippe, provoquant une vive panique dans le quartier.
L’épouse de l’ancien chef rebelle aurait été relâchée après une brève interpellation.
Candidat malheureux aux présidentielles de 2006, Philippe, 39 ans, dirige le Front pour la reconstruction nationale (FRN). Depuis sa défaite, il s’était retiré aux Cayes pour des raisons inconnues.
Outre ce leader politique, d’autres figures très connues de la vie publique haïtienne seraient activement recherchées pour leur implication présumée dans le narcotrafic.
Le Président René Préval a maintes fois insisté sur la nécessité d’une campagne internationale en vue de l’éradication de la drogue qui menace de nombreux pays dont Haïti. Mais, des officiels américains s’exprimant sous le couvert de l’anonymat s’étaient plaints du fait que depuis le retour de M. Préval au pouvoir, en mai 2006, aucun trafiquant de drogue n’avait été livré à la justice américaine.
Selon un récent rapport américain, le trafic de cocaïne a augmenté en un an de 167% entre le Vénézuéla, Haïti et la République Dominicaine. Les deux républiques de l’île d’Haïti ou Quisqueya sont considérées comme d’importants territoires de transit qui déversent aux Etats-Unis et en Europe des tonnes de drogue produites en Amérique du Sud. spp/RK

http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article3865

lundi 16 juillet 2007

Aux grands maux, de grands remèdes

Des observateurs se demandent pourquoi s'attaque-t-on aux marchands de médicaments dans les rues, alors que les grossistes ne sont point inquiétés? Remonter la filière des gros importateurs, identifier ces derniers ne faciliterait-il pas le travail du Ministère de la Santé publique? Jeudi après-midi, des "pharmaciens ambulants" ont été littéralement assaillis par des agents de la PNH et du MSPP.

Un marchand ambulant de médicaments a été menotté puis relâché au même moment au Portail Léogâne lors de l'opération coup de poing mené par des officiers sanitaires du ministère de la Santé publique, jeudi après midi, dans le cadre de l'interdiction de vente de produits pharmaceutiques dans les rues et dans les autobus. Bravant les agents de la Police nationale d'Haïti, ce marchand a lutté vainement pour empêcher la saisie de son important chariot de médicaments. Les policiers, les officiers sanitaires et les agents de sécurité du ministère de la Santé se sont rués sur son chariot et ont tout basculé dans un pick-up rempli de médicaments à ras bord.

L'absence remarquable d'inspecteurs de la mairie de Port-au-Prince

C'était un véritable branle-bas au Portail. Des gens accouraient, de longues files de voitures se formaient. Des marchands tentaient de s'enfuir avec leurs cônes de médicaments ; des agents les en empêchaient. Les tablettes de comprimés et les bouteilles de sirop répandues sur le sol étaient aussitôt ramassées par des marchands en pleurs et d'autres profiteurs noyés dans le public. « Yo pap janm atake ajans yo ni gwo zouzoun k ap vann nou medikaman yo », se plaint une victime, citant les noms de quelques agences de produits pharmaceutiques faisant le commerce avec les petites bourses. Les observateurs sur place ont pu constater l'absence des inspecteurs de la municipalité de Port-au-Prince. Récemment, dans un communiqué de presse publié conjointement avec la mairie de Port-au-Prince, le ministère de la Santé publique avait fait savoir que des officiers sanitaires et des inspecteurs de ladite municipalité allaient être déployés afin de procéder à la saisie des médicaments à travers les rues.L'opération menée sans les inspecteurs municipaux a démarré à la rue Mgr Guilloux. Au marché Salomon, il n'y avait pas un chat. L'information avait fuité. A la rue Oswald Durand, quelques incrédules ont fait les frais de l'opération. Elle s'est poursuivie sur une portion du Boulevard Jean-Jacques Dessalines.« Yo kite nou de bra balanse », crie un marchand. D'autres réclament des mesures d'accompagnement. « Tout vi m se la li ye, wi », enchaîne une autre victime.Le point de presse du MSPPTout de suite après la grande razzia à travers les rues, un point de presse a eu lieu au ministère de la Santé publique.
« Quelle alternative pour les marchands de médicaments ? » ont demandé des journalistes au directeur général du ministère de la Santé, le Dr Gabriel Thimothé. Celui-ci a fait remarquer que le ministère ne peut pas entrer dans une logique de dédommagement. D'autres entités de l'Etat, comme le ministère des Affaires sociales, pourraient s'en charger, a-t-il laissé entendre. « Il semblerait qu'un laboratoire dominicain produit des médicaments contrefaits pour Haïti », a informé Dr Thimothé. Beaucoup de médicaments proviendraient dans la zone d'Elias Pinas, par la frontière haitiano-dominicaine. Une enquête est en cours, a-t-il ajouté. Entre-temps, le MSPP a déjà rencontré un collège de médecins dominicains, récemment venus en Haïti. Les médicaments contrefaits, qualifiés de tueurs, sont un danger pour la population haïtienne. Cette question, a déclaré Dr Thimothé, sera soulevée à un niveau plus élevé entre les autorités haïtiennes et dominicaines.
Parallèlement aux saisies effectuées à Port-au-Prince, des actions sont menées à Desdunes, à Marchand, au Cap, à St-Marc et aux Gonaïves. Un certain Andieu Pierre, propriétaire d'un laboratoire de produits pharmaceutiques, dans le quartier de K-soleil, a été arrêté et mis en garde à vue aux Gonaïves, le mois dernier, à la suite d'une décente des lieux d'inspecteurs sanitaires du ministère de la Santé publique et d'agents de la Police nationale d'Haïti.Pour détruire les stocks de médicaments récupérés, le MSPP fera venir en Haïti un incinérateur spécial, a mentionné Dr Gabriel Thimothé tout en soulignant que les opérations de saisies vont s'intensifier dans les prochains jours. D'autres mairies se trouvant dans l'aire métropolitaine, notamment Tabarre, Pétion-Ville, Carrefour et Delmas ont répondu à l'appel du ministère de la Santé publique.Les observateurs se demandent pourquoi s'attaque-t-on aux petits marchands alors que les grossistes ne sont point inquiétés?Des agences de distribution et pharmacies de la place liquident des médicaments expirés aux petits marchands. Des produits pharmaceutiques contrefaits circulent librement sur le marché. Quelles sont ces agences? Depuis quand fonctionnent-elles dans le pays? Quels sont les moyens dont elles disposent? Comment arrivent-elles à contourner tout contrôle légal? A un moment où la presse mentionne des décès survenus à la suite de la consommation de médicaments contrefaits, il est urgent de remonter à la source du problème. Quand la santé de la population est menacée, il faut de grands remèdes.

Péguy André Joseph

Peguy_andre@yahoo.frClaude
Bernard Sérant
serantclaudebernard@yahoo.fr

La deuxième indépendance

Il est trop facile de parler de « laideur » devant des oeuvres qui nous dévoilent notre face cachée. Là où des civilisations et leurs valeurs esthétiques ont fait un travail qui a bousculé la partie dite sauvage de l'homme, Freud, Picasso, Stravinsky, Césaire ont plutôt insisté sur les pulsions réprimées par des morales séculaires contraignantes. L'art annonce des libertés plus sûres. Des « Demoiselles d'Avignon » à « Cahier du retour au pays natal », l'esthétique a changé de camp.

Par Pierre ClitandreCette année la « Fête de la Sculpture » a pris des dimensions surprenantes. Les organisateurs de cette activité culturelle annuelle n'ont pas hésité à se ruer sur les brancards de la tradition dite classique pour nous révéler l'existence d'un univers particulier que des sculpteurs allemands, brésiliens, croates et haïtiens ont le courage et l'audace de nous présenter.



Comme pour nous sortir du trompe-l'oeil d'un Rodin ou d'une Camille Claudel (bien qu'à ce niveau, déjà, la sculpture prenait une certaine liberté dans l'aspect non fini des formes), la Fokal et l'Institut français d'Haïti nous ont fait circuler entre des silhouettes d'un monde en délabrement avancé. L'art de la récupération d'objets usés, d'autres diraient l'esthétique de la putréfaction, n'a jamais atteint des dimensions si dramatiques.

Catharina Barich de l'Allemagne, Tania Stanic de la Croatie, Arjan Martin du Brésil et une dizaine de sculpteurs contemporains haïtiens ont révélé la ville à elle-même et l'homme à ses contraintes. Si avec Lionel St-Eloi nous sommes encore proches de la mythologie et de la métamorphose végétale, si ce sculpteur de Carrefour-Feuilles s'attache toujours à l'aspect longiligne qui rappellerait Brancusi ou Giacometti, Masson, Joseph Delpé, Celeur, Guyodo, Bazile Ronald, Falaise Péralte, pour leur part, ne travaillent pas dans la nuance d'un matériel élégant. Ces derniers changent notre perception de l'esthétique. Ils portent aussi le spectateur ahuri à mieux se connaître et à voir son environnement comme il est. Pour mieux l'exorciser.Il est trop facile de parler de « laideur » devant des oeuvres qui nous dévoilent notre face cachée. Là où des civilisations et leurs valeurs esthétiques ont fait un patient travail qui a repoussé dans les tiroirs intérieurs jamais visités la partie dite sauvage de l'homme, Freud avec la psychanalyse, Picasso par les masques africains, Césaire et la nouvelle prosodie moderne, Stravinsky et la dodécaphonie ont plutôt insisté sur des pulsions réprimées par des morales contraignantes. L'art annonce des libertés plus sûres... De Picasso à Césaire, l'esthétique a changé de camp.

Fascisme et art dégénéréLes sculptures présentées à l'Institut français et à la Fokal, avec le soutien de l'ambassade du Brésil, nous poussent inexorablement à regarder du coté du lent travail destructeur de l'homme et de son environnement. Non pas dans une perspective de culpabilité. Mais vers une approche plus sincère pour dire que l'ange qui dort sous des eaux calmes cache souvent un démon dont il faut aussi montrer la chaotique beauté.Et nous voilà bousculés dans un univers de ressorts brisés, de clous agressifs, de déchets industriels, de ventilateurs rouillés, de sexes proéminents, de visages dévorés par de sombres extases. Toute une lugubre machinerie qui traduit le sadisme, le fétichisme, l'envoûtement, une diablerie baroque de personnages chtoniens subitement figés entre le désastre et l'apocalypse.

Les jardins de l'Institut français d'Haïti dans leur décor naturel du XIXe siècle ont un peu juré d'avec la modernité sulfureuse de ces totems d'un monde en mutation. Par contre, la cour de la Fokal avec son architecture à la Beaubourg s'adapte mieux à la présentation de cette grande orthopédie collective et à l'ingérence subite du minimalisme électronique dans l'imaginaire merveilleux du caribéen.Souliers de femmes probablement mortes, poupées poussiéreuses sorties de quelque vieux dépôt , lampes à pétrole exhibées à côté de branlements sexuels montrés en spectacle, le fétichisme, la magie, l'envoûtement, le cauchemar et l'hallucination sont dans les moindres détails de ces oeuvres ténébreuses et ubuesques.Guyodo fait voir des estropiés d'hôpitaux, des os brisés, des chaises roulantes figées et l'éblouissement métallique d'un monde médical douloureusement aseptisé. Joseph Delpé présente un deuil aquatique entre le cercueil et la barque. Il y a de l'acte anthropophage suggéré dans ces croisements de fourchettes et de couteaux. Celeur déforme les visages et ses personnages, enchâssés dans des débris hétéroclites, captifs d'une force inconnue.


On se demande si, dans un système politique orthodoxe, ces oeuvres ne seraient-elles pas reléguées au musée des horreurs ou considérées comme de l'art dégénéré élaboré par une troublante maladie. Suivant une conception théorique qui a fait son temps, on dirait que ces sculptures annoncent l'arrivée d'un « fascisme ethnologique ancien »...L'art contemporain a contourné ces données idéologiques. La démocratie autorise une liberté individuelle de l'expression créatrice qui permet aux sciences de mieux connaître l'homme. Depuis les paysages tourmentés de Van Gogh passant par « Le cri » d'Eward Munch, on a mieux compris sur le plan médical, le tempérament artistique et l'univers de la schizophrénie des créateurs.
Chaos et harmonie

La troisième édition de « Fête de la Sculpture » suggère que les douloureuses crucifixions s'accompagnent toujours de réjouissantes renaissances. On traverse le feu pour être autrement. Le kanzo a accès à un savoir qui ordonne. C'est ce que nous apprend Celeur sur la cour de la Fokal.On dirait que les « stabiles » totémiques de quelque vampirique cérémonie sortent du chaos par leur propre mutation interne et accèdent, pour l'harmonie universelle attendue, vers des circularités mobiles plus généreuses. Il y a une beauté cosmique semblable au mouvement de fête d'une limousine de noce dans ces agencements de pneus qui trouvent leur équilibre dans l'anonymat de l'abstraction. Leur mobilité relie le spectateur à l'ordre originel. Leur aspect ludique et urbain remplace les tenailles dantesques de la captivité. Et ce n'est pas l'enfance que l'être retrouve dans le rythme de ces sphères. C'est une expression adulte du partage, de la sagesse, de la générosité, du don individuel et collectif. Allez-y pour prendre votre part de clarté et d'harmonie !

Sur la cour de la Fokal s'articule, dans la patience, une sortie du ténébreux pour une entrée dans la lumière qui initie notre histoire collective de la douleur à la paix. L'homme de la caverne doit vaincre son ombre, le tenace adversaire. La morale à tirer de cette exposition c'est que « la condition humaine » est faite d'ombre et de lumière. Il faut accepter avec lucidité notre part d'ombre. C'est elle, d'ailleurs, qui conduira plus sûrement vers notre « deuxième indépendance ». Elle sera un exorcisme culturel. Ou ne sera pas.

Commissaires d'exposition
Nario Benjamin
Michèle Alfred
Reynald Lally

Artistes
Catharina Brich (Allemagne)
Tania Stanic (Croatie)
Arjan Martin (Brésil)
Lionel St-Eloi (Haïti)
Jorès Fils-Aimé (Haïti)
Eugène André (Haïti)
Jean-Héradd Céleur (Haïti)
Frantz Jacques dit Guyodo (Haïti)
Bazile Ronald dit Cheby (Haïti)
Maxence Denis (Haïti)
Nasson (Haïti)
Joseph Delpé (Haïti)
Falaise Péralte (Haïti)

Pierre Clitandre

Jacques Roumain : l'irrépressible engagement poétique

Au combat du journalisme incandescent succède chez Roumain celui d'une poésie engagée. Elle naît de causes inextricables qui traversent la société haïtienne bouleversée, qui devait connaître de plus les horribles exactions de l'Occupation américaine de1915 à 1934. La renaissance de la poésie haïtienne à laquelle Roumain a été mêlé, a dû sa gestation surtout aux événements sociologiques et politiques d'ordre national et international.

Naomi M. Garret nous apprend dans The Renaissance of Haitian Poetry que :« Haïti n'a pu développer une tradition ou un mécanisme politique pouvant prévenir des hommes ambitieux et sans scrupule à aspirer au sommet de l'état pour en faire une source d'enrichissement personnel et s'accrocher au pouvoir par des moyens, quelque immoraux qu'ils soient. Ce qui était important, c'était de savoir qui était en mesure de garantir le plus de profit possible aux opportunistes ou qui pouvait étaler plus de puissance militaire que les autres. Ces troubles ont légué une somme d'anxiété sur la jeunesse du pays pendant les quinze premières années du 20e siècle »(1) (ma traduction)
Les Haïtiens ont ressenti les secousses de l'occupation et les lettres haïtiennes opposent, par stratégie de réplique depuis l'arrivée des forces américaines, soit un retour à la poésie patriotique et héroïque qui glorifie l'épopée de 1804, l'hominisation de l'île, soit une évasion dans les évocations des légendes amérindiennes du passé, tandis que d'autres poètes plus actifs préféraient abonder dans les anathémes vengeurs contre l'Amérique et ses collaborateurs les plus proches- ce qui opérait une évidente actualisation du conflit.

Les affirmations d'Antonio Vieux et Philippe-Thoby Marcelin dans La Nouvelle Ronde allaient faire presque l'unanimité. Pour prouver l'existence de la littérature haïtienne, les oeuvres devraient adopter la nouvelle mission d'exprimer les aspirations légitimes, les nouvelles tendances de la génération plus fidèlement: il fallait véritablement toucher l'âme même du pays « la disséquer et la mettre à nue »(La Nouvelle Ronde,1er juillet 1925,p.30).
Cette philosophie qui recevait un suffrage massif animait non seulement La Nouvelle Ronde, mais aussi La Trouée : revue d'intérêt général et plus encore La Revue Indigène Les Arts et La Vie, deux journaux auxquels Roumain offre une chaleureuse collaboration. L'emphase sur la psychologie et l'esthétique répondait à une phase de la résistance contre l'occupation. La résistance par les armes n'était plus de mise,la futilité était évidente ;l'échec des cacos était encore dans les esprits. La possibilité de l'avènement d'un gouvernemnt nationaliste était presque nulle.
L'affairisme de l'armée et le comportement intéressé de l'élite avaient presque provoqué une paralysante démoralisation de la jeunesse du pays. « Mais gardons-nous de considérer les élégies comme des fantaisies de mandarin. L'exercice littéraire est fondamentalement une catharsis. Face à l'Occupation américaine, Jacques Roumain rumine sa peine, la projette sur son environnement humain et objectal. Le poète subit l'anéantissement avant de s'éveiller à la révolte, c'est-à-dire de concevoir et d'écrire les textes de Bois d'Ebène ».(2) .
La difficulté de la poésie de Roumain découle d'abord du fait qu'il n'a pas réuni de son vivant, ni publié des poèmes dans un recueil. Leur éparpillement dans les journaux de l'époque en Haïti et ailleurs et la possession de certains par des collègues, amis et parents ont retardé la collection de l'ensemble -lequel ne peut être déclaré complet jusqu'à maintenant. Le seul florilège qui ait paru serait d'ordre posthume et on en relève -c'est un constat d'évidence -une multiplicité de courants, de thèmes, d'intentions autant qu'une profonde modification du style. Que l'on consulte Pradel Pompilus (3), Ghislain Gouraige, (4) Carolyn Fowler(5), Hénock Trouillot (6), tous ces critiques s'accordent sur la genèse et l'évolution de sa poésie, même si certains d'entre eux mettent l'accent sur des aspects particuliers qui les fascinent en minimisant d'autres qui mériteraient peut-être autant notre attention.
Les critères de sélection ne peuvent être universels, dépendent de la grille de lecture par laquelle le critique procède et surtout selon le projet et l'objectif qu'il compte réaliser et atteindre.

Très certainement, on ne saurait rater l'élan descriptiviste de Roumain qui pourrait avoir constitué une sorte de poésie première manière où le poète met dans le collimateur les manifestations de la nature susceptibles de provoquer des échos au plus profond de nous. «Midi », »Pluie », « Calme », « Orage » et «Cent mètres » exemplifient un défilé de brèves impressions et d'images, de sensations auditives et visuelles, des visions fulgurantes.
Le lectorat pénètre sidéré dans un monde irréel dont tous les éléments constitutifs semblent évoluer dans une permanente mutation ou tout se rejoint. On a bien l'impression d'assister à la construction d'un monde qui n'en finit pas,qui se fait et se défait dans un mouvement de gestation perpétuelle. Dans cet univers merveilleux, disruptif et distendu » les palmiers veillent sur le paysage ». On « écoute le rythme du silence embaumé de l'encens des fleurs irréelles » ( Midi ). On assiste dans une parfaite communion avec le narrateur à la transfiguration de la pluie. Elle devient une sorte de « monotone dactylo » qui « tapote aux fenêtres closes », crée un espace « où pleure sans bruit le deuil des roses qui s'effeuillent »(Pluie).
Selon Michel Prat ,Roumain, dans le poème « Calme », « apparaît comme un homme réconcilié avec le monde, par-delà la révolte et se préparant déjà à la mort » :
« Une grande indifférence entre en moi avec un goût de cendre.
Ma table est une île lumineuse
dans la nuit noire de la silencieuse
nuit.
Hors un homme courbé sur ses désirs morts
Je ne suis plus rien...
La route s'arrête avec les pas du pèlerin »
C'est aussi:«une parfaite illustration de la pensée de Camus selon qui tout écrivain doit être à la fois solitaire et solidaire, ce recueil établit un équilibre entre la solidarité dans la révolte et la solitude dans l'apaisement suscité par la beauté des choses ».(7)Dans ce merveilleux vortex « Le vent chassa un troupeau de bisons dans la vaste prairie du ciel. Ces bisons dans leur fuite, « silencieux et puissants » »écrasèrent le soleil »qui « s'éteignit ». On apprend que le vent ne fait pas que souffler.
En furie « le vent hurla tel une femme en mal d'enfant ». La pluie s'amène joyeusement. « La pluie accourut, fille du feu et de la mer ; elle accourut en dansant...» Les feuilles de leur côté savent chanter en tremblant en attendant les ovations du tonnerre:

« les feuilles chantèrenten tremblant comme des débutantes de Music-Hall ;vint le tonnerreet applaudit »(Orage)

« Cent mètres », aventure extraordinaire, se détache des autres poèmes et devient avant tout une authentique illustration, une leçon d'énergie et de volonté irréductible. Le héros, l'athlète, va au-delà de ses limites physiques en bandant ses muscles, en recevant joyeusement « la volupté du vent entre les dents » et dont les poumons deviennent « des carburateurs douloureux dans une poitrine en feu ». L'homme qui jouit du libre arbitre veut se dépasser en accomplissant un ultime effort. Il connaît sa capacité de réussite et d'échec.
Cela ne lui empêche pas de se surpasser tout en sachant qu'il peut tomber dans cette chute de l'échec. Il arbore le rictus de Prométhée. Comme lui, il relève un défi perpétuel en voulant franchir les limites imposées. Il a lui aussi un feu à dérober au ciel.
Ces frémissements lyriques dévoilent une bonne part des caractéristiques esthétiques de Roumain. Mais, cette langue sonore et jouissive ne révèle qu'en partie ses grandes qualités poétiques. C'est vrai qu'il excelle dans l'art de la description que ses tableaux éblouissants illustrent. Cet art enchanteur qu'il cultive pour atteindre une omniprésente séduction anime surtout ses beaux poèmes intérieurs. Pradel Pompilus a su reconnaître chez Roumain « tout un jeu d'allitération qui n'est pas sans intention et qui témoigne du sens de la musique chez le poète.»(8)
C'est aussi vrai qu'on y relève un délice de l'imagination. Ghislain Gouraige,(9) très moderne, pensera chez Roumain à la séduction des mots neufs, à une évidente recherche d'harmonie imitative, l'ivresse de la vitesse et à la présentation des paysages irréels. S'il faut saluer en Roumain la modernité poétique, la nouveauté percutante de sa syntaxe, des touches surréalistes réussies et cette profonde poésie de l'âme; bien plus grand se révélera-t-il comme poète de la négritude et de la solidarité humaine -les littératures ne tendent-elles pas à sortir des frontières ? Vérité immuable qui n'empêche pas à Roumain de devenir chef de file d'un courant nouveau en littérature qui promouvait le droit à l'originalité et à l'haïtiannité de l'inspiration. Son regard vers l'Afrique par les poèmes « Langston Hugues » et « Guinée » devait lancer cette réorientation certaine de la poésie. Dans le premier cas, c'est la Seine, illustration de la remarquable civilisation occidentale, fleuve aux dimensions mythiques qui traverse Paris, la ville lumière, l'éternelle cité rêvée par les anciens colonisés et tous les peuples du Tiers-Monde, qui paraît « moins belle que le Congo ». Ensuite, le pèlerinage de Harlem à Dakar s'impose, il faut aller au berceau, aux sources de la grande civilisation première.

C'est un retour à l'Afrique qui entame, on le comprend bien, un processus de revalorisation du continent des ancêtres géniteurs. Si la Guinée dans le vaudou demeure le séjour des morts, cette terre transfigurée devient aussi le terminus,la fin de la quête de l'homme noir, l'asile qui peut donner le repos sans nécessairement faire référence à la mort. Mais, c'est aussi une terre mythifiée, demeure du merveilleux, rempli de palabres »où « les ruisseaux grelottent comme des chapelets d'os » au « ciel fumeux percé de cris d'oiseaux. »Ghislain Gouraige voit juste quand il perçoit Roumain comme « poète exalté et inspiré » porteur d'une poésie « ample et ondoyante » où « coule la passion d'une âme ardente »(10). La saisissante évocation de la guerre civile d'Espagne, l'un des épisodes les plus sanglants de l'histoire de ce pays dans « Madrid » se recoupe dans « Bois-d'ébène », magnifique chant poignant qui retrace l'odyssée « du nègre colporteur de révolte ». Il connaîtra tous les chemins du monde depuis qu'il aura été vendu en Guinée. Sur son itinéraire, calvaire de douleur, il ne recueillera que du mépris, « un vin de haine », « l'écume des cris » et il habitera dans des « taudis cuves d'émeute ». Le nègre saura chanter « tous les chants du monde et même ceux qu'il aura appris sur des chantiers immémoriaux du Nil ». Il ne peut oublier le poids des pierres d'Egypte avec lesquelles il aura dressé les colonnes des temples, ni la piste des caravanes d'esclaves où levant des bras implorant vers nos dieux, gémissant un chant qu'étranglaient les carcans. C'est un peuple qui a connu des hivers en flammes et qui aura appris un chant d'immense peine et qui périra en grand nombre au cours des travaux forcés pour la construction des lignes de chemin de fer en Afrique.

Et ce silence qui devient plus rugissant qu'un cyclone de fauves, appellera à la vengeance et au châtiment, versera sur la félonie du monde un raz de marée,de pus et de lave et aura crevé le tympan du ciel avec le poing de la justice.

Le narrateur, le « je poétique » ou le locuteur voudra faire tomber les barrières et les frontières pour se joindre aux ouvriers paysans de tous les pays, un monde unifié sans différence de clan, de tribu, de nation, de peau, de race et de dieux, sans dissemblance inexorable. L'indignité est commune et le servage invariable sous tous les cieux. Que l'on soit mineurs des Asturies ou de Johannesburg , paysans de Castille, de Sicile ou parias des Indes, véritables intouchables, il faudra se donner la main pour rebâtir les mondes détruits, pillés et dévalorisés. Nous sommes épaule contre épaule, condamnés dans les galères capitalistes à un destin commun et pitoyable. Il faut « rassembler nos forces écartelées » reconnaître et proclamer « l'unité de la souffrance et de la révolte de tous les peuples sur toute la surface de la terre » et « brasser le mortier des temps fraternels ».Et Les « Sales Nègres »plus tard n'accepteront plus de cirer les bottes, de récolter la canne à sucre, le café, le coton, de mitrailler leurs frères grévistes, d'être un instrument à chanter, des êtres destinés à la fornication ou d'être achetés et vendus au marché du plaisir. On n'acceptera plus d'être pendus, fusillés et égorgés au nom de la civilisation, au nom de la religion, au nom de Dieu, au nom de la trinité. Au Congo, en Afrique du Sud, en Louisiane, aux Antilles, partout, il faudra se donner la main et se lever avec dignité « debout tous les damnés de la terre, tous les justiciers marcheront à l'assaut de vos casernes et de vos banques »


«Comme une forêt de torches funèbres
Pour en finir
Une fois pour toute
Avec ce monde
De nègres
De niggers
De sales nègres »


La poésie de Jacques Roumain, séductrice et rédemptrice, doit sa réussite par un heureux mélange du fond et de la forme. Cependant, il faut aller au-delà de cette musique irrésistible et fulgurante pour en découvrir la vraie quintessence:sa mission invariable. Par ses efforts continus et son engagement irrépressible, le poète parvient à une formidable maîtrise d'une alchimie verbale qui transforme ses derniers poèmes en un immense cri du coeur solidaire et fraternel, qui appelle Haïti aux armes et qui invite tous les damnés de la terre et les forçats de la faim à se mettre debout et à renverser les citadelles qui les maintiennent partout dans un monde coercitif et invivable.

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Bibliographie
1-Naomi M.Garret.The Renaissance of Haitian Poetry.Presence Africaine,Paris :1963.P.55.
2-Marc Roland Tadale in Jacques Roumain :Poèmes .Editions des Antilles,SA :1993.P.11.
3-Pradel Pompilus et Raphaël Berrou. Histoire de la littérature haïtienne(Tome III)Editions Caraïbes,Haïti,1977.
4-Ghislain Gouraige. Histoire de la littérature haïtienne.Editions de l'Action sociale,Haïti, 1982.
5-Carolyne Fowler .A Knot in the Thread.The Life and Work of Jacques Roumain.Howard University Press,1980.
6- Hénock Trouillot. Dimension et limites de Jacques Roumain,Les Editions Fardin,Haïti,1981.
7-Michel Pratt. Gouverneurs de la rosée.Hatier,1986.P.11,12.
8-Pradel Pompilus. P.135.
9-Ghislain Gouraige.P.241.
10-Ghislain Gouraige. P.241.

Frantz-Antoine LeconteProfesseur à l'Université d'état de New York

Jacques Roumain : l'irrépressible engagement poétique (I)

Au combat du journalisme incandescent succède chez Roumain celui d'une poésie engagée. Elle naît de causes inextricables qui traversent la société haïtienne bouleversée, qui devait connaître de plus les horribles exactions de l'Occupation américaine de1915 à 1934. La renaissance de la poésie haïtienne à laquelle Roumain a été mêlé, a dû sa gestation surtout aux événements sociologiques et politiques d'ordre national et international.

Naomi M. Garret nous apprend dans The Renaissance of Haitian Poetry que :« Haïti n'a pu développer une tradition ou un mécanisme politique pouvant prévenir des hommes ambitieux et sans scrupule à aspirer au sommet de l'état pour en faire une source d'enrichissement personnel et s'accrocher au pouvoir par des moyens, quelque immoraux qu'ils soient. Ce qui était important, c'était de savoir qui était en mesure de garantir le plus de profit possible aux opportunistes ou qui pouvait étaler plus de puissance militaire que les autres. Ces troubles ont légué une somme d'anxiété sur la jeunesse du pays pendant les quinze premères années du 20e siècle »(1) (ma traduction)Les Haïtiens ont ressenti les secousses de l'occupation et les lettres haïtiennes opposent, par stratégie de réplique depuis l'arrivée des forces américaines, soit un retour à la poésie patriotique et héroïque qui glorifie l'épopée de 1804, l'hominisation de l'île, soit une évasion dans les évocations des légendes amérindiennes du passé, tandis que d'autres poètes plus actifs préféraient abonder dans les anathémes vengeurs contre l'Amérique et ses collaborateurs les plus proches- ce qui opérait une évidente actualisation du conflit.

Les affirmations d'Antonio Vieux et Philippe-Thoby Marcelin dans La Nouvelle Ronde allaient faire presque l'unanimité. Pour prouver l'existence de la littérature haïtienne, les oeuvres devraient adopter la nouvelle mission d'exprimer les aspirations légitimes, les nouvelles tendances de la génération plus fidèlement: il fallait véritablement toucher l'âme même du pays « la disséquer et la mettre à nue »(La Nouvelle Ronde,1er juillet 1925,p.30). Cette philosophie qui recevait un suffrage massif animait non seulement La Nouvelle Ronde, mais aussi La Trouée : revue d'intérêt général et plus encore La Revue Indigène Les Arts et La Vie, deux journaux auxquels Roumain offre une chaleureuse collaboration. L'emphase sur la psychologie et l'esthétique répondait à une phase de la résistance contre l'occupation. La résistance par les armes n'était plus de mise,la futilité était évidente ;l'échec des cacos était encore dans les esprits. La possibilité de l'avènement d'un gouvernemnt nationaliste était presque nulle.L'affairisme de l'armée et le comportement intéressé de l'élite avaient presque provoqué une paralysante démoralisation de la jeunesse du pays.


Mais, en revanche, il faut aussi avouer que les Haïtiens n'étaient pas tout à fait isolés durant l'occupation de leur pays, leurs liens culturels et intellectuels avec la France s'étaient raffermis.Beaucoup d'entre eux préféraient vivre en France où ils subissaient moins de discrimination plutôt que de faire face aux inévitables humiliations que les Marines imposaient au pays.
D'autant plus qu'en France, après la grande guerre, un concours de circonstances favorisait l'accroissement de l'intérêt porté à l'art nègre. Cela produisait une véritable mutation de la perception, une nouvelle dynamique qui permettait aux insulaires d'abord d'appréhender leurs ancètres africains avec moins d'hésitation et de se familiariser avec les oeuvres de la littérature afro-américaine dont les auteurs partageaient les mêmes intérêts qu'eux.
Il faut rappeler qu'une instabilité presque générale s'étendait sur le monde émergeant du conflit mondial. On rêvait du retour à la vie simple et heureuse de l'avant-guerre. (A suivre)

Hugues Larose, peintre d'histoire et de mémoire

Oeuvre de portée historique, la toile "Mme Macéna" peinte par Hugues Larose donne à voir une tranche de notre histoire couvrant la période 1915-1934.

Ce peintre d'histoire restitue notre passé avec élégie à travers un pinceau qui saigne et qui se lamente. Un passé qui a coûté au pays beaucoup de vies humaines. C'est sur cela que médite Mme Péralte dans sa toile en regardant le départ du contingent de fusiliers marins des Etats-Unis qui, selon son analyse, n'est pas définitif.

La toile "Mme Macéna" montre le parcours d'une longue démarche historique couvrant une période de quatre-vingt-dix-sept ans (1888-1915) au cours de laquelle aucun président n'a pu terminer son mandat de sept ans. Un seul est mort d'une façon naturelle, les autres sont assassinés, renversés ou exilés. Bien sûr, le lynchage de Vilbrun Guillaume fut la dernière goutte d'eau qui fait déborder le vase.
La toile de Hugues Larose est divisée en trois séquences. La première part de 1915 à 1920 et parle de la guérilla des nationalités (les cacos). On y observe au centre droit du tableau les échauffourées des cacos sous le commandement d'un de leurs chefs et les marines américains (fusiliers marins) dans la formation de la 19e compagnie de cavalerie de la gendarmerie d'Haïti.
A droite, en haut dans le décor, se détachent deux êtres étrangement suspendus, de nature féminine, porteuse d'étendard et de la glaive de la justice surplombant la scène du combat. Des génies de la nation haïtienne arborent le bicolore bleu et rouge, dont le bleu est la plus immatérielle. La nature ne la présente généralement que par l'effet de transparence du vide accumulé, vide de l'air, vide de l'eau, vide du cristal ou du diamant.

Parlant du symbolisme des couleurs, le peintre Wassily Kandins (1866-1944) a fait cette remarque : "La profondeur du vert donne une impression de repos terrestre et de contentement de soi, tandis que la profondeur du bleu a une gravité solennelle, surpra-terrestre, cette gravité appelle l'idée de la mort ".

Chez Hugues Larose, le rouge dans le bicolore est la couleur symbolique de la guerre, le dualisme ciel et enfer. C'est la couleur de dionysos. La pourpre est la couleur des généraux, de la noblesse, des patriciens. Elle devient par conséquent celle des empereurs.

La 2e séquence nous ramène à la section culminante du tableau où nous trouvons debout Mme Macéna, mère de Charlemagne, portant en filigrane dans sa robe blanche la preuve de la trahison de Conzé.

A gauche et au fond du tableau, les soldats du contingent des fusiliers marins des Etats-Unis partent sous le regard inquiet de Mme Macéna voyant le dernier officier en possession d'une cruche remplie de secrets de notre culture. Alors que cette dernière devrait être de préférence écrasée derrière le convoi selon notre coutume afin d'empêcher les soldats de retourner dans le pays. La troisième séquence se trouve à l'extérieure droite de l'oeuvre en haut et en toile de fond, c'est la bande de rara en effervescence qui fête le départ des marines sans prendre du temps pour réfléchir sur les motifs qui ont occasionné l'intervention. Du reste, la bande de rara illustre fort bien la mentalité du peuple haïtien dans presque toutes ses composantes, toujours prêt à célébrer tout ce qui ressemble à la victoire sans pour autant penser à l'avenir, sans pour autant jeter un regard prospectif.
Hélas ! Et c'est là surtout la cause de tous nos malheurs.
Maxime Melay

JACQUES ROUMAIN...Célébration sur fond de rapatriement

Après une brève visite, jeudi, en République dominicaine pour assister aux festivités marquant le centenaire de naissance de l'écrivain haïtien Jacques Roumain, le président René Préval a regagné, le même jour, la capitale haïtienne. Sa rencontre avec son homologue dominicain Leonel Fernandez s'inscrit dans le but de renforcer les « liens fraternels » entre les deux pays.

Arrivé dans la matinée en République dominicaine, le chef de l'Etat haïtien s'est entretenu pendant une demi-heure au palais national dominicain avec son homologue Leonel Fernandez. Selon le journal dominicain « El Nuevo Diario », les deux chefs d'Etat ont, au cours de leur entretien, insisté sur la nécessité d'établir définitivement un plan de développement commun à tous les niveaux entre les deux pays partageant l'île. Ils ont, du même coup, reçu le document officiel de la Déclaration de Santo Domingo. Un document qui engage Haïti, la République dominicaine et Cuba à créer le premier « Corridor biologique de la Caraïbe ».

Qualifiant la rencontre « d'exceptionnelle », le Président dominicain a estimé qu'elle constituait « une grande opportunité pour le renforcement des liens fraternels qui doivent exister entre Haïti et la République dominicaine ». De son point de vue, «les deux pays sont destinés à être des frères malgré les différences du passé. Les conquêtes de l'avenir nous unissent davantage que les affrontements et les problèmes ».Le quotidien dominicain El Nuevo Diario précise que Leonel Fernàndez a établi un parallèle entre « Les gouverneurs de la rosée » et un roman de l'ancien président dominicain Juan Bosch titré « La mañosa », en insistant sur la communauté thématique et idéologique des deux oeuvres inscrites dans l'univers rural et dans la quête d'un projet national.« En ce moment, nous célébrons le centenaire de Jacques Roumain et dans deux ans, nous allons célébrer en République dominicaine le centenaire de Juan Bosch (1909-2001). Je crois qu'une grande opportunité s'offre à nous pour le renforcement des liens fraternels qui doivent exister entre Haïti et la République dominicaine à travers la culture et particulièrement à travers ces deux géants de la création et de la pensée qui, dans ces temps de globalisation, contribuent à la réaffirmation de l'identité culturelle nationale de nos peuples », a conclu M. Fernàndez considéré comme l'héritier politique de Bosch.
Dans le cadre d'un effort mutuel visant à surmonter les divergences, René Préval s'est, pour sa part, déclaré prêt à travailler à un rapprochement entre les citoyens des deux nations. « Nous allons regarder le monde d'une manière positive », a assuré le Président.Un conservatoire pour Jacques Roumain
Dans l'idée de pérenniser la mémoire de Jacques Roumain, les deux chefs d'Etat concoivent de mettre sur pied un conservatoire sur la vie, les oeuvres narratives, poétiques et politiques de l'auteur du livre "Gouverneurs de la rosée". Le poète dominicain Andrés L. Mateo de concert avec des intellectuels haïtiens dont Maximilien Laroche, Claude Roumain, Jean Euphèle Milcé et Bonel Auguste auront la responsabilité de ce conservatoire. Après la rencontre, la délégation a été conduite à l'Université autonome de Santo Domingo où des activités socioculturelles et conférences-débats ont marqué la journée. Elle était composée de différentes personnalités dont le ministre de la Culture Daniel Elie, du professeur de la littérature française et haïtienne à l'université de Princeton, Léon François Hoffmann, du doyen de l'académie diplomatique et consulaire du Haïti, Myrtho Bonhomme, du directeur de la Bibliothèque nationale, Françoise Beaulieu Tybulle, et du sénateur Wesner Emmanuel. Ont pris part aussi aux activités festives d'autres personnalités haïtiennes telles que : Me Osner Fevry, Claude Roumain, Frantz Jean...

Sur fond de rapatriement...

Par ailleurs, il faut préciser que la visite du président Préval en territoire voisin s'est déroulée sur fond de rapatriement et de recrudescence de la violence perpétrée contre les Haïtiens. La veille, les autorités dominicaines ont procédé au rapatriement forcé d'environ 300 Haïtiens. Ces compatriotes ont été, sans preuve, accusés de l'assassinat d'un fermier dominicain Héctor Bienvenido Cabrera, 51 ans, dans la province de Montecristi. Comme pour épargner les Haïtiens de la fureur des citoyens dominicains, les autorités dominicaines affirment qu'ils ont été obligés de les rapatrier. Cette décision jugée anarchique et arbitraire par les organismes de droits humains tend à marquer la recrudescence des pratiques discriminatoires à l'égard des ressortissants haïtiens.
Le Groupe d'appui aux rapatriés et réfugiés (GARR) qui a fait état d'une série d'attaques contre les ressortissants haïtiens a indiqué qu'à la fin du mois dernier, des étudiantes haïtiennes ont été violées à Santiago par des délinquants qui circulaient à bord d'un camion. Le domicile de certaines d'entre elles a été attaqué.

Toujours selon le GARR, le corps décapité d'un Haïtien a été retrouvé à Los Brujos le mois dernier. À Montecrisri, plusieurs maisonnettes occupées par des Haïtiens ont été incendiées et bien d'autres cas ont été signalés par la presse dominicaine.
À Barahona, poursuit le GARR, le corps d' Isma Daï, un travailleur agricole haïtien de 50 ans, a été découvert dans un canal. Le rapport d'autopsie prouve que ce dernier est mort asphyxié avant d'être jeté dans le canal.