Une fenêtre ouverte sur Haïti, le pays qui défie le monde et ses valeurs, anti-nation qui fait de la résistance et pousse les limites de la résilience. Nous incitons au débat conceptualisant Haïti dans une conjoncture mondiale difficile. Haïti, le défi, existe encore malgré tout : choléra, leaders incapables et malhonnêtes, territoires perdus gangstérisés . Pour bien agir il faut mieux comprendre: "Que tout ce qui s'écrit poursuive son chemin, va , va là ou le vent te pousse (Dr Jolivert)
lundi 28 janvier 2008
Football : Haïti-Salvador 0-0
Les sélections haïtienne et salvadorienne de football se sont neutralisées 0-0 samedi soir au stade Sylvio Cator, lors d’un match international de préparation disputé à Port-au-Prince.
Les deux équipes, qui doivent se rencontrer à nouveau mardi, feront bientôt leurs débuts dans les éliminatoires de la Coupe du monde 2010 zone CONCACAF.
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?breve1618
Des dizaines d’haïtiens expulsés de la République Dominicaine
dimanche 27 janvier 2008,
Radio Kiskeya
L’armée dominicaine et des représentants de la direction nationale de la migration ont arrêté et déporté vendredi et samedi des dizaines de sans-papiers haïtiens, selon des sources officielles citées par l’agence en ligne dominicaine Espacinsular.
Les rapatriés ont été appréhendés pendant qu’ils circulaient dans les rues des provinces de San Juan de la Maguana (sud), Dajabòn et Duvergé (nord-ouest).
Accompagnés d’un officier d’immigration, les militaires ont interpellé un groupe de 35 haïtiens dans les parages de "Corral de los indios", à San Juan de la Maguana.
D’autre part, l’armée nationale et des membres de la direction d’intelligence militaire G-2 ont capturé 59 clandestins au cours d’une série d’opérations menées dans la zone frontalière.
A Duvergé et Navarrete, les soldats ont également arrêté d’autres illégaux que transportaient deux motards dominicains. Les trafiquants ont eu le temps de prendre la fuite en abandonnant les véhicules.
Enfin, 15 autres sans-papiers, parmi eux deux enfants, ont été interceptés à bord d’un minibus dans la ville frontalière de Dajabòn. Le conducteur du véhicule de nationalité dominicaine a pris la poudre d’escampette.
Plusieurs milliers de ressortissants haïtiens ont été chassés du territoire dominicain et refoulés à la frontière depuis le début de l’année. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4646
Le musicien Claude Marcelin blessé lors d’un kidnapping
samedi 26 janvier 2008,
Radio Kiskeya
Le musicien bien connu Claude Marcelin a été blessé par balle après avoir été victime d’un kidnapping dans la nuit de vendredi à samedi à Port-au-Prince, a indiqué à Radio Kiskeya son collègue et ami Raoul Denis Junior, un pianiste de carrière.
Le guitariste des groupes Zèklè et Djakout Mizik, qui était au volant d’une voiture de location, a été enlevé par des inconnus armés sur la route du Canapé Vert (est) et conduit à moto à Cité Soleil (banlieue nord), l’ancien bastion des gangs généralement favorables à Jean-Bertrand Aristide.
Selon M. Denis, les ravisseurs de "Ti Claude" Marcelin l’avaient laissé pour mort après lui avoir logé une balle aux fesses. Grâce à l’aide des riverains, qui ont alerté la police, il a eu la vie sauve. Retrouvé dans le quartier de Soleil 19, la victime a été immédiatement conduite à l’hôpital.
Une autre version de l’incident laisse croire que l’artiste a pu s’échapper en profitant d’une mésentente entre ses ravisseurs qui se disputaient sa garde. Au moment de la fuite, ils lui ont tiré dessus.
Raoul Denis Junior, qui se montre très reconnaissant envers les habitants de Cité Soleil, affirme que les jours de Claude Marcelin ne sont pas en danger. Cependant, son col du fémur a été sérieusement touché. Il devait subir samedi une intervention chirurgicale.
Le guitariste, qui vit depuis quelque temps à Montréal, était rentré à Port-au-Prince pour prendre part au carnaval prévu les 3, 4 et 5 février prochains.
Divers cas de kidnapping ont été enregistrés depuis le début de l’année, même si la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH) exprime toujours son agacement face aux informations faisant état d’une recrudescence de l’insécurité. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4644
Net ralentissement dans les échanges commerciaux entre Haïti et la république Dominicaine
La majorité des activités informelles pourraient cesser à Elias Pinas après la confirmation par le gouvernement haïtien de l’interdiction des importations des produits avicoles en provenance de la république dominicaine. Le journal dominicain Listin diario estime que cette décision peut avoir des répercussions sur d’autres produits par manque de liquidité.
Les observateurs ont noté que la consommation de poulet et d’œufs a connu également une réduction substantielle sur le marché dominicain.
Le vendredi 20 janvier les échanges commerciaux entre Haïti et la République Dominicaine ont connu le plus faible niveau depuis plusieurs mois selon les commerçants de la région frontalière.
Les chiffres d’affaires sont passés de 40 000 a 2 000 pesos par jour de grande activité selon des commerçants qui lancent un pressant appel au gouvernement pour trouver une solution à la situation de faillite de ces commerçants.
La situation est qualifiée d’alarmante par un ancien sénateur dominicain qui constate une panique chez certaines personnes en raison de la présence du virus H5N2 sur le territoire dominicain.
Outre la grippe aviaire, la détérioration de la route internationale au niveau du lac Azuei entraîne également des conséquences négatives dans le flux d’échanges commerciaux entre les deux pays.
Depuis quelques jours des techniciens du ministère des travaux publics ont entrepris de colmater des brèches dues au débordement du lac.
De son coté, le ministre de l’environnement, Jean Marie Claude Germain, préconise l’abandon de ce tracé en vue d’utiliser l’ancienne route passant par Thomazeau.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=13438
Football : Démission d’Amelio Garcia, les réactions pleuvent
Si tout le monde est unanime à reconnaitre que l’entraineur cubain d’origine haïtienne a, dans très large mesure, contribué à la renaissance du football national, sa décision de se démettre de sa fonction de sélectionneur a été diversement interprétée.
Le président de la Fédération Haïtienne de Football le Docteur Yves Jn-Bart (Dadou) a déclaré ne pas comprendre la décision de M. Garcia. « Monsieur Garcia a un contrat avec la FHF et il a même reçu son salaire de janvier, en dépit du fait qu’il n’ait dirigé aucun match depuis au moins trois mois et qu’il a été souvent à l’étranger» a poursuivi Dr Jn-Bart qui pense qu’à travers cette démission, le bureau fédéral a été victime d’un complot venant d’un secteur qui s’est toujours montré hostile au travail réalisé par la FHF.
« Je suis au courant de tous les agissements d’un secteur bien déterminé qui a passé tout son temps à magouiller et à comploter contre le bureau fédéral ; utilisant des méthodes à l’opposé de tout esprit sportif », se lamente Dadou Jn-Bart. « Ils ont même essayé d’attaquer directement ma personne à tort pour me mettre dans des situations difficiles vis-à-vis de ma famille.
Ils n’ont pas réussi car, j’ai toujours eu le support de tout cela qui ont compris et qui comprennent encore le sens de notre travail. Nous allons continuer à travailler avec sérénité malgré les complots et les coups bas », a conclut le président de la Fédération Haïtienne de Football.
De son coté, l’un des collaborateurs immédiats de Luis Amelio Garcia, l’entraineur Wilner Etienne n’a pas compris lui non plus la décision du professeur cubain. « Il n’y a jamais eu de malaise au sein du staff technique; tout le monde travaillait avec sérénité en vue des prochaines échéances.
Je suis très surpris de sa décision mais, je pense qu’elle était planifiée car, les rumeurs circulaient longtemps qu’il (M. Garcia) était en contact avec d’autres fédérations de la région », a poursuivi monsieur Etienne. « Je veux en outre préciser qu’il n’y a jamais eu de contact entre un quelconque entraineur serbe et la Fédération Haïtienne de Football. Cela a été une manœuvre malhonnête d’un groupe d’individus utilisant des médias pour déstabiliser le travail du staff technique, s’est indigné l’entraineur de la sélection nationale olympique et désormais ancien assistant de Luis Amelio Garcia.
Entretemps, la sélection nationale de football doit rencontrer l’équipe nationale du Salvador au stade Sylvio Cator et au parc Levelt de St-Marc.
Reste à savoir si le groupe d’Haiti se sentira orphelin du professeur Garcia qui a quand même remporté un titre international avec le « onze national » et défier la plupart des sélections de la Concacaf.
Guyto Rivière
surguyriviere@yahoo.fr
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=13436
Commentaires:
Il suffit de s’approcher de ce secteur pour pressentir l’asphyxie promise due aux exhalaisons de toutes sortes qu’expulsent les énergumènes qui gravitent autour du football haïtien en faisant état de ler médiocrité et leur mauvaise foi.
Dans toute cette merde nous déplorons la situation de nos jeunes très talentueux voués à la mendicité à cause de l’incompétence et l’incompréhension d’un même secteur.
Accord entre le ministère de l’agriculture et les étudiants
Le ministre de l’agriculture, Francois Severin, a indiqué que les points de revendications des étudiants étaient déjà traités par les cadres du ministère. Le ministre Severin s’est réjoui qu’un dénouement a été trouvé au conflit grace aux négociations." Le pays importe 55 % de produits alimentaires", fait remarquer M. Severin pour qui la production nationale doit être le principal sujet de débat. Tout en rappelant que les paysans vivent dans des conditions précaires le ministre soutient qu’il faut tout faire pour améliorer les conditions de vies de la population.
Un comité de suivi a été mis en place pour veiller au respect des différents points de l’accord révèlent des étudiants qui veulent rester vigilants.
L’ Association Nationale des Agro-Professionels Haïtiens (ANDAH) avait réitéré son appui aux revendications des jeunes agronomes et des étudiants de la Faculté d’agronomie. "Ce mouvement dont les causes profondes doivent être recherchées dans le déclin du secteur agricole est loin d’être un simple différend entre agronomes. Il doit être vu comme une opportunité pour ouvrir un débat constructif avec tous les secteurs concernés de manière à trouver une solution durable et opérationnelle à la problématique de relance de la production nationale ", avaient indiqué les responsables de l’ANDAH.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=13437
Commentaires :
Rien q’une HAITI-ANNERIE.
Certains évoqueraient la force et la puissance du paradoxe.
D’autres ont su rechercher et retrouver magistralement « l’esthétique du chaos » !
Comment expliquer le fait que dans un pays ou un constat unanime a démontré le poids que subit négativement le pays du au manque outrageux de cadres et de professionnels qualifiés happés continuellement par l’immigration, dans un pays ou le refrain à la mode est « production nationale » que des agronomes et des étudiants de la faculté d’agronomie soient obligés de rentrer en grève pour exiger leur implication et l’utilisation de leurs capacités et connaissances dans les affaires du pays ?
Quoi d’autre en dehors d’une flagrante HAITI-ANNERIE !
dimanche 27 janvier 2008
FRANKETIENNE ...Sa vie, son intimité, ses théories...
On a beaucoup élaboré sur le thème de la spirale. Frankétienne ne s'est jamais lassé de montrer avec enthousiasme les liens dynamiques entre l'énergie, le temps, l'espace et des interrelations entre l'homme et la nature qui l'environne. Le numéro hors-série de Raj Magazine a la vertu de nous montrer le rapport existant entre la vie, l'époque et l'oeuvre. Comme une vivante illustration de l'esthétique du délabrement. De la présentation graphique aux textes bien diversifiés, le lecteur éprouve un plaisir du regard et une jouissance rare de la lecture. Il ne s'agit pas simplement de « vulgariser les points forts d'une oeuvre qui a toujours provoqué des ondes de choc. » Il est question aussi de pénétrer à l'intérieur d'un travail littéraire et artistique non pas dans la complexe élaboration théorique, mais par une grande démarche soutenue, de page en page, en vue d'exposer les multiples facettes d'un homme, ses rêves et sa prométhéenne volonté.
Une photo-souvenir : l'écrivain le jour de son mariage avec Marie-Andrée.
Les responsables de Raj Magazine, à travers photos, textes, témoignages, entrevues et autres illustrations nous font pénétrer dans l'univers chaotique d'une écriture de contingence sans tentative trop intellectuelle de tout dire sur celui qu'on appelle « le maître à penser du spiralisme ».
On a beaucoup élaboré sur le thème de la spirale. Frankétienne ne s'est jamais lassé de montrer les liens dynamiques de l'énergie, du temps, de l'espace et des interrelations entre l'homme et la nature qui l'environne. Le numéro de Raj Magazine a la vertu d'illustrer le rapport existant entre la vie, l'époque et l'oeuvre de Frankétienne. Comme une esthétique du délabrement.
Le lecteur apprend que Franck Etienne est né le 12 avril 1936 à Ravine Sèche, petit village de l'Artibonite. L'écrivain confie qu'il a toujours écrit contre la nuit. Bien que cette dernière et ses apparats soit une constante dans ses oeuvres.
Michèle D. Pierre Louis : Frankétienne lui fait découvrir dans les années 60 Cahier du retour au pays natal de Césaire. 
Comme une manière à la fois jouissive et risquée de trouver le domaine originel de la lumière. Personne n'oublie l'immense travail accompli par Frankétienne dans le domaine de la littérature créole en Haïti. Il est un précurseur de la créolité dans la Caraïbe.Quand on découvre une revue qui met tout cela en contexte et esquisse le portrait multiple du rebelle, du décrypteur de signes, du grand lyrique de la couleur et des formes, de l'adepte du collage et du théoricien de la musique du monde et de son corps, nous éprouvons un sentiment de bonheur de lire les propos d'un homme qui proclame le temps des vérités dans un pays encore replié sur lui-même.
Il sont plusieurs à rendre hommage à Frankétienne. Philippe Bernard tente une brève histoire littéraire et politique de l'écrivain. Anaïse Chavenet n'hésite pas à employer le mot « énorme » pour traduire ce qu'elle pense de l'auteur de « Dezafi ». Paula Clermont Péan fait le rapprochement, sur le plan théâtral, entre Frankétienne et Samuel Becket. Valérie Armand place l'écriture de « Mur à Crever » contre le dépérissement de l'homme et la décrépitude des choses.
Paula Clermont-Péan; l'art de Frankétienne: un hymne à la vie. 
Prince Guetjens remonte aux années 60 avec les premiers recueils pour mieux comprendre un itinéraire qui sera, plus tard, bousculé dans la vitesse du monde moderne. Michèle D. Pierre Louis se rappelle de l'écrivain qu'elle découvre, à 18 ans, sur les hauteurs du Bel Air, en pleine dictature duvaliériste. Jobnel Pierre, Henry Robert Jolibois, Dominique Batraville donnent librement leurs opinions sur l'homme et son œuvre avec un brio qui révèle une nouveauté de la critique haïtienne contemporaine.
Frankétienne se met à nu dans une entrevue autour de « l'homme mystique ». Il parle des univers parallèles, du vaudou, de la réincarnation, de la solitude, de ses efforts de transcendance. Il avoue n'être pas un saint, « traversé aussi par de mauvaises idées » qu'il transcende souvent en vue de se rapprocher de « l'entité divine. »La part d'intimité et de vérité de foyer de l'auteur est réservée à Marie Andrée Manuel Etienne qui nous révèle la tendresse de l'époux, les attentions du père, les obsessions de l'écrivain, la boulimie du peintre, les dédoublements de l'homme de théâtre. « Ce génial mégalomane n'engage jamais de polémique, confirme Marie Andrée Manuel Etienne. Il se contente d'encaisser les coups et de répondre par son travail. »
Un des proches de travail de Frankétienne, le romancier Jean-Claude Fignolé, se souvient qu'il faisait régulièrement la fête chez lui. Le texte de Jean Max St-Fleur donne des précisions sur la maladie qui a failli emporter l'écrivain : le cancer de la prostate. Rose Adèle Joachin est allée un peu plus loin avec le « maître » qui donne plus de précision sur son métier d'écrivain qui n'observe aucune régularité textuelle.
Les nombreuses photographies de Frankétienne qui illustrent le numéro hors-série de Raj Magazine le montrent serein, rieur, possédé par un feu, protecteur avec son fils, barbu comme le Victor Hugo de « l'exil infâme », jeune marié souriant et sexagénaire en grande confiance près de ses miniatures encadrés. Ce numéro hors-série a une importance capitale pour tous ceux qui veulent mieux comprendre le théoricien du spiralisme. Il donne des repères biographiques et bibliographiques indispensables à une connaissance de proximité de celui qui avait le nom prédestiné et superbement significatif de Jean Pierre Basilic Dantor Franck Etienne Dargent. Eh,oui !
Léogâne perd son sirop
A Léogâne, la canne à sucre perd ses droits séculaires. Les moulins broient du noir, faute de matière première. Pour produire le clairin, l'un des plus importants sous-produits de la filière, des guildiviers se tournent vers Saint-Michel de l'Attalaye ou Mirebalais pour trouver du sirop. Quel signe des temps !« Nous sommes obligés d'aller chercher du sirop à Mirebalais et à Saint-Michel de l'Attalaye pour la fabrication du clairin », explique, révolté, un guildivier de Baussan, une localité de Léogâne qui compte à elle seule pas moins d'une vingtaine de moulins et de distilleries.

Des guildiviers au repos attendant la réparation d'une guidiverie à Baussan
(Photo: Roberson Alphonse)
Manifestement déçu, il explique d'un air tristounet que les agriculteurs abandonnent de plus en plus leurs champs, quand ils ne les vendent pas au prix fort à des « diasporas » en mal d'affirmation de réussite économique pour y construire d'énormes bâtisses en béton. « Les averses de la fin de 2007 qui ont détruit des dizaines d'hectares plantés en canne à sucre ont contribué également à la descente aux enfers de la filière dans la cité d'Anacaona », reconnaît-il sous les yeux consentant de collègues léogânais. Moins de canne, moins de siropPour fabriquer le clairin de type « Nazon » ou « Mazoute », les guildiviers sont obligés de payer les yeux de la tête pour se procurer du sirop produit à St-Michel de l'Attalaye ou à Mirebalais alors que Léogâne, il y a moins de dix ans, constituait l'un des endroits les plus importants pour la canne et ses sous-produits. « Aujourd'hui, nous trouvons difficilement le sirop et le baril nous en coûte entre 2 000 à 2 500 gourdes », confie un charbonnier assis sur une chaise en paille à côté d'une guildive en réparation à Dessources, première section communale de Léogâne.
Les plantations de canne à sucre diminuent considérablement dans la plaine de Léogâne Pourtant, la canne à sucre et ses sous-produits, bien qu'artisanaux,
rapportaient autrefois beaucoup aux agriculteurs. Ils peuvent toujours leur apporter gros. Ainsi, pour seulement 25 centièmes de carreau plantés en canne à sucre, un paysan peut réaliser entre 1 500 à 2 000 dollars haïtiens. « Un carreau planté en canne, selon le type de sol et la qualité de la matière première, peut rapporter près de 8 000 dollars par récolte au paysan », explique Carl Presly Pierre, étudiant en sociologie et propriétaire de plantations de canne à sucre à Léogâne.Selon M. Pierre, même si les conditions de transformation sont archaïques, le clairin fabriqué à partir du sirop de canne de Léogâne est très apprécié à travers le pays. C'est une source importante d'entrées d'argent pour les propriétaires de moulins et de guildiveries. A Léogâne, un baril de clairin de type « Nazon » coûte en effet entre 2 000 et 2 500 dollars haïtiens.
Les Léogânais, en dépit de l'odeur du clairin qu'ils ont constamment sous le nez, sont loin d'être saouls quand ils fustigent haut et fort le laxisme des autorités à relancer la production agricole. Ils ne sont pas ivres non plus quand ils crient au secours afin de ne pas perdre leur grande richesse, leur canne cultivée depuis des temps immémoriaux, en un mot tout leur sirop...
Jean Max St Fleur
tmaxner@yahoo.fr
La mairie a-t-elle déjà déposé les armes?
Le printemps dernier, la mairie de Port-au-Prince a déclaré la guerre aux marchands qui occupaient anarchiquement les alentours du stade Sylvio Cator. Aujourd'hui, ces détaillants y sont plus nombreux que jamais. La mairie a-t-elle déjà déposé les armes?Mécaniciens et marchands (es) de boissons gazeuses, de fritures, de vêtements, etc. réinvestissent depuis tantôt trois semaines les abords du stade Sylvio Cartor. Les agents de la mairie de Port-au-Prince, qui, après l'investiture du Conseil municipal de Port-au-Prince, les chassaient sans ménagement, ont fini par céder. Les agents brillent aujourd'hui par leur absence. Les tap-tap qui assurent le trajet Centre-Ville/Carrefour-Feuilles jouent également leur partition dans le tohu-bohu qui règne autour du stade. Sans se soucier des règlements de la circulation, ils se garent n'importe où.
Cette situation non seulem
ent dérange et ternit l'image du stade national, elle contredit également les promesses faites par le maire de Port-au-Prince, lors de son investiture, de redorer l'image de la capitale. « Les mendiants sont légion, avait alors clamé haut et fort Muscadin Jean-Yves Jason. Aujourd'hui, plus haut et plus fort que lui, des petits (es) commerçants (es) et autres membres du secteur informel réclament les abords du stade et en font leur propriété privée. Ils étalent leurs produits - chaussures usagées, friperies, banane, patate et viande frites, bouquins, haches, eau, boissons gazeuses,etc. - à ciel ouvert. Désormais, plus de Brigade d'Intervention rapide de la mairie pour les en empêcher !
L'année dernière, peu après l'installation de l'actuelle administration municipale, des agents de la mairie, en maillot bleu, exigeaient le respect des règles de stationnement et aidaient à garder la zone propre. Campés à l'angle des rues Oswald Durand et Monseigneur Guilloux, ces agents offraient un service de 6 heures du matin à 6 heures du soir. Quelques mois plus tard, ils disparaissaient... livrant les trottoirs à la multitude de petits (es) marchands (es).

Des pantalons usagés ornent les couloirs d'entrée du stade. (Photo: François Louis) Le décor planté dans les parages du stade pourrait avoir de graves conséquences sur les activités sportives officielles. Au printemps 2007, une note de la Fédération haïtienne de football laissait entendre que le stade pourrait être interdit par la FIFA d'accueillir toute compétition officielle au cas où son environnement n'était pas assaini et sécurisé.
Rébecca S. Cadeaubeckypfr@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=53305&PubDate=2008-01-27
Lyonel Allen, initiateur du « Samedi culturel » de Petit-Goâve
Dominique Batraville: Lyonel Allen, vous avez initié depuis un an à Petit- Goâve et ceci tous les derniers samedis du mois, le « Samedi Culturel », quel bilan faites-vous de cet « agora »petit- goâvienne ?
Lyonel Allen : Nous ne pouvons pas parler de bilan pour des activités culturelles dans un pays exsangue comme le nôtre où la majorité des gens sont subjugués par la pression du « primum vivere », le pain quotidien, et où la communication de masse gagne plus rapidement les coeurs et inhibe assez souvent le travail de la pensée, l'activité créatrice.
Nous n'avons ni victoire, ni échec à mettre à notre actif. Nous voulons aménager simplement un espace de création et de réflexion littéraire que nous souhaitons voir s'élargir et même approprier par leurs destinataires : les jeunes. Certes, nous n'avons jamais raté le rendez-vous et nous avions toujours réuni un nombre intéressé d'étudiants et d'élèves qui ont apprécié la qualité des jeunes talents de la ville : poètes, acteurs, diseurs, chanteurs, musiciens qui ont participé activement aux débats après les conférences. C'est donc une semence prometteuse d'arbres de fruits délicieux. Sans tomber dans le vedettariat, nous avons pu bénéficier des services désintéressés d'écrivains et de journalistes dévoués : Jean-Euphèle Milcé, Ketly Mars, Lyonel Trouillot, Adler Jean-Pierre, Marc Exavier, sans oublier le linguiste Claude Pierre.
D B : Qu'est-ce qui pousse encore à maintenir dans votre ville natale cette rencontre intellectuelle mensuelle ?
L A : Nous aimerions voir se décupler l'enthousiasme de certains jeunes épris de choses intellectuelles, les aider à sortir de leur coin, de leur peur de s'affirmer, de se révolter pour des causes justes. Nous cherchons à inciter d'autres jeunes en leur offrant des ateliers de lecture et d'écriture (nous avons déjà commencé), nous voulons voir renaître une vie culturelle dans la cité.
D. B : Quel sera le calendrier 2008 des rencontres du « Samedi culturel » ?
L.A : Nous allons organiser un bouillon culturel à l'occasion de notre première sortie ce samedi 26 janvier. Nous comptons bien faire un peu d'histoire en février et en mars un peu de théologie. Déjà, nous planifions des ateliers sur le théâtre, la peinture et la musique pour sortir un peu du ghetto purement littéraire qui caractérise notre première année.
(Propos recueillis par Dominique Batraville)
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=53619&PubDate=2008-01-27
Ces Haïtiano-québécois
créatrice en tous points, dans tous les secteurs et à travers toutes les générations. Je prends des notes et continuai ma lecture jusqu'au bout de ces 545 pages illustrées de photos avec la même jubilation. Ce n'est pas tous les jours que l'on fait connaissance d'éducateurs comme Lemarec Destin, Bergman Fleury, de médecins comme Yvette Bonny, Marie-Françoise Mégie, Jean Reiher, d'ingénieurs comme Yvon Mouscardy, Maxime Dehoux, Serge Timothée, etc. Certains visages me sont connus : Jean Moisset, Georges Anglade, Maximilien Laroche, Daniel A. Holly, Dany Laferrière, Stanley Péan, Anthony Phelps, etc. Et d'autres sont absents, malheureusement...
Des esprits qui impressionnent par leur formation et leur intelligence. Des compétences éprouvées et qui expliquent à bien des égards, par leur absence sur le sol national, notre médiocrité fonctionnelle, nos carences affligeantes en cadres... Le défi du développement national, lui, reste tragiquement entier. Il faut ouvrir les portes et les bras, il faut imaginer un processus de coopération et de rapatriement. Je sais que beaucoup de nos compatriotes d'outre-mer attendent de nous un signe: la double nationalité. Je sais aussi qu'il existe une certaine opposition interne à cette perspective.
Mais c'est du côté de la critique littéraire, dans mon volumineux ouvrage ''Panorama de la littérature haïtienne de la diaspora'', 500 pages, 2000) que j'ai eu à cet égard mes plus vives émotions. On ne s'arrêterait pas dans la comparaison. Dans le domaine des lettres (roman, poésie, nouvelle, théâtre, critique), j'ai inventorié plus de 120 auteurs d'origine haïtienne évoluant en diaspora, évoluant certes parfois avec succès mais dans des conditions difficiles! On reste sur notre faim. On se dit que ce n'est pas limitatif. Que ce n'est pas ça seulement.
Résistant fermement à l'ingratitude et à l'amnésie coutumières à notre peuple, je tiens à rappeler ma petite contribution solitaire à la promotion de la littérature haïtienne de la diaspora. Si je ne le rappelle pas ici, personne ne le fera. Voilà pour la forme. Aurions-nous lu l'inventaire de Samuel Pierre avant de lire mon bouquin, n'aurions-nous pas été déçus ?
Pierre-Raymond DUMAS
E-mail : padreramonddumas@yahoo.fr
Cell : 557-9628
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=51246&PubDate=2008-01-27
Des policiers haïtiens en formation contre le kidnapping
« Méthodologie intégrale pour l'attention du délit d'enlèvement », tel est le thème du séminaire de formation organisé à Port-au-Prince par l'Ambassade du Mexique, à l'intention des agents de la Police nationale d'Haïti. Cette formation qui a débuté le 21 janvier prendra fin le 1er février prochain.Elle vise avant tout à munir les policiers haïtiens des techniques nécessaires pour lutter contre le kidnapping dans le pays. Cette initiative est le résultat de nombreuses démarches entreprises par les responsables de la police haïtienne (Direction de formation permanente de la PNH et Direction centrale de la police judiciaire) auprès des autorités mexicaines.
Ainsi, le Ministère de la sécurité publique du Mexique a finalement proposé l'envoi de formateurs de haut niveau pour la formation des policiers du pays sur les techniques de résolution et d'intervention pour faire face aux criminels en cas d'enlèvement, tout en élaborant un programme adapté à la réalité haïtienne relatif à leurs besoins. L'Ambassadeur du Mexique en Haïti, Mme Zadalinda Gonzalez y Reynero dit avoir accordé une grande importance à cette demande qui est aujourd'hui l'objet d'une réponse positive de la part des autorités de son pays. Le Mexique est l'un des pays où le fléau des enlèvements fait beaucoup de ravage. Les autorités mexicaines ont retenu ces dates pour la formation, lors de la célébration de la première réunion de la commission mixte intergouvernementale entre le Mexique et Haïti, le 7 décembre dernier.
D'autres programmes de formations sont prévus au cours de l'année 2008.
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=53604&PubDate=2008-01-27
samedi 26 janvier 2008
Haïti : Production et dépendance alimentaire à Cap-Rouge, un paradis méprisé
Par Djems OlivierSection communale de Cayes-Jacmel dans le département du Sud-Est d’Haïti, Cap-Rouge est en train de connaître ce que les autres régions du pays ont vécu et continuent à affronter depuis plusieurs décennies : le récurrent conflit entre la production agricole locale et la dépendance alimentaire. Ses potentialités en culture vivrière ne l’empêchent pas d’être envahie par les produits importés !
Le gingembre est aussi cultivé, parce qu’il fait toujours froid dans ce paradis méprisé.
Il serait inutile de demander si des produits locaux, comme l’igname, la banane, le manioc, les haricots (pois) et leurs dérivés, constituent le plat privilégié des paysans du terroir très attachés à la terre. Pourtant, arrivés à Cap-Rouge, une simple observation, c’est déjà suffisant. Ces produits agricoles ont tendance à disparaître dans l’habitude de consommation de la population locale.

Riz et farine importés, sucre, boissons gazeuses et énergisantes, quoique vendus à des prix exorbitants, concurrencent les produits régionaux. C’est comme si on était à Port-au-Prince, la capitale politique et économique d’Haïti.
Partout, les prix des biens essentiels grimpent
La petite marmite de riz s’achète à 20 gourdes (36 gourdes pour un dollar américain) comme à Port-au-Prince. Un paysan qui voudrait s’approvisionner en riz doit débourser 850 gourdes le sac. La petite marmite de sucre crème se vend, quant à elle, à 17 gourdes.
Que dire de la farine de blé et du maïs ? C’est à peu près la même situation qu’à la capitale haïtienne, où la petite marmite de farine et de maïs coûte respectivement 22 et 17 gourdes.
Le sac de haricots frais, cultivés par les paysans, se vend depuis Cap-Rouge à 750 gourdes.
Les « madan Sara » (commerçantes intermédiaires entre les producteurs et les consommateurs) préfèrent acquérir la cuvette à 300 gourdes pour revendre le sac à 1750 gourdes, explique une jeune paysanne interrogée par AlterPresse.
« Le coût de la vie est partout élevé, nous devons nous aussi vendre nos produits à des prix élevés pour pouvoir nous procurer les produits étrangers », raconte une marchande d’ignames.
Pour une cuvette d’ignames, cette paysanne demande 500 gourdes à un visiteur qui souhaitait goûter la saveur de ce produit agricole.
A Cap-Rouge, la nécessité d’un marché public se fait vraiment sentir. Acheteurs et vendeurs sont contraints d’occuper, trois fois par semaine, la voie principale. Sans crainte des taxi-motocyclistes qui font le va-et-vient dans la zone.

Une zone supposée riche en production de café et de choux
La culture, en tant que légume, du chou, - plante comestible de la famille des Brassicacées, originaire du Sud-Ouest de l’Europe - est très fréquente à Cap-Rouge. Andrée-Rose Lycée, une jeune paysanne de 34 ans, vend jusqu’à 30 sachets par jour.
« Ici, nous avons notre mode de production. Grâce à l’ouverture de la boutique d’intrants, le volume de choux cultivés augmente au fur et à mesure », affirme Andrée-Rose Lycée, dont le mari est l’un des responsables de l’organisation paysanne locale « Viv Espwa pou Devlopman Kap Wouj » (Vedek).
La boutique d’intrants agricoles, mise en place avec l’aide, notamment, de la Plateforme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (Papda), est gérée par Vedek.
« Les insecticides sont vendus ici, à Vedek. Mais, pour avoir l’engrais naturel, il faut du bétail », ajoute-t-elle. Pour cela, Andrée-Rose et son époux Joachim Sanon élèvent des porcs.
A Cap-Rouge, si petite soit-elle, chaque paysan dispose de sa plantation caféière.
« Nous produisons aussi du café, mais pour cette année, la récolte a été détruite par les cyclones », se désole une vendeuse de bananes.
Cri pour sauver l’environnement
Dans cette localité du Sud-Est d’Haïti, au sol dénudé, privée d’eau potable, le plus grand espoir pour les responsables de Vedek c’est d’habiter un Cap-Rouge verdoyant où il continue à faire bon vivre.
« Nous devons planter des arbres fruitiers pour reboiser nos mornes. Cette année, nous célèbrerons (chez nous) la fête de l’agriculture », avance à AlterPresse Joachim Sanon, qui annonce que les paysans de Cap-Rouge seront à Jacmel le 1er mai 2008 pour faire valoir leurs revendications.

L’encadrement des techniciens de Vedek semble être un atout majeur pour les paysans de Cap-Rouge, ignorés des autorités constituées de l’Etat. La cassaverie (une usine de transformation de manioc), dont ils disposent, permet de trouver une alternative à la farine de blé.
D’ailleurs, le pain qu’ils consomment est un mélange de 80% de farine de manioc et de 20% de farine de blé. Conservée dans des sacs de 110 livres des Moulins d’Haïti, la farine de manioc est revendue à 850.00 gourdes le sac. [do rc apr 24/01/2008 12:00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article6874
Haïti-RD / Grippe aviaire : L’occupation d´Haïti par la République Dominicaine, promue par certains secteurs
Soumis à AlterPresse le 24 janvier 2008
La disposition haïtienne d´interdire temporairement l´importation d´œufs et de poulets de la Republique Dominicaine domine l´actualité dans ce pays depuis deux semaines. La presse écrite en fait état quotidiennement. La station Z-101, la plus écoutée du « dial » dominicain, a réalisé le 22 janvier un programme spécial de près de 10 heures de temps, sur les relations commerciales entre les deux pays, émettant a partir de la ville frontalière de Dajabon.
Les grands moyens ont été utilisés pour ce marathon radiophonique : hélicoptères, liaison par satellite, retransmission par un réseau de stations frontalières, construction d´un stand pour recevoir les invités à Dajabon -parmi lesquels le Consul haïtien Jean Baptiste Bien-Aimé- qui participaient en même temps que des experts en économie, reçus dans les studios de la station à la capitale.
Ce 24 janvier, 30 minutes ont été consacrées à débattre à nouveau de ce thème, sur la même station, qui annonce la réalisation d´ un sondage téléphonique sur les aspects énumérés plus bas, laissant donc a l´opinion publique le soin de décider quelle doit être la décision du gouvernement dominicain face à ce qui est considéré comme une « attitude irrationnelle et inacceptable » des autorités haïtiennes, provoquant des « dommages inutiles » à la production avicole dominicaine :
1- Envahissement et occupation militaire d´Haïti par la République Dominicaine
2- Rapatriement de 200,000 ressortissants haïtiens
3- Fermeture de la frontière
4- Rupture des relations commerciales entre les deux pays
Insolite diriez vous !
Nous nous référons au programme « Le gouvernement du matin » qui est le « talk show » interactif le plus populaire de la République Dominicaine, formé d´une équipe de cinq animateurs professionnels, dont la figure principale est Alvero Alvaro Hijo, promotteur de l´occupation d´Haïti par la République Dominicaine.
Don Alvaro, qui est l´un des plus farouches défenseurs des immigrants haïtiens dans ce pays, qui crie a qui veut l´entendre que « l´esclavage existe dans les bateys », qui qualifie ouvertement « d´anti-haitiens et de racistes » le député Pelegrin Castillo, l´intellectuel Manuel Casals Victorio et Co, soutient que des secteurs de l´élite économique haïtienne maintiennent dans la pauvreté la population haïtienne qui accueillerait les bras ouverts une intervention dominicaine dont l´objectif serait de « débarrasser Haïti de ces lacras »
Au sein même de l´équipe d´animateurs, l´idée ne fait pas l´unanimité, cependant des auditeurs ont rapidement appuyé par téléphone cette incongruité.
Quelle est l´origine de cette affaire ?
La mise en quarantaine haïtienne des produits dominicains provoque des pertes énormes estimées à RD$ 5 millions de pesos (US$ 33.30 x 1) par jour à l´industrie avicole dominicaine qui distribue quotidiennement 1 millions d´œufs et des centaines de milliers de poulets sur le marche haïtien.
La diplomatie dominicaine, malgré les bonnes relations entre les deux présidents de l´ile et la ténacité de l´Ambassadeur Jose Serulle, n´a pu jusqu´a présent résoudre la situation. Des réunions ont eu lieu à Port-au-Prince et Santo Domingo entre les autorités directement concernées. Des facilités de transport aérien par hélicoptère ont été mis à la disposition des techniciens haïtiens pour visiter les fermes dominicaines, mais Haiti tarde à prendre une décision finale.
Si Porto Rico, c´est-à-dire les Etats-Unis ont levé l´embargo sanitaire temporaire, pourquoi pas Haïti se demandent les Dominicains ? En plus, le gouvernement dominicain a appellé la population à consommer sans crainte œufs et poulets, en affirmant que le type de fièvre aviaire détecté en territoire dominicain, ne constitue aucun danger pour l’être humain.
Le Ministre de l´Agriculture dominicain, Mr Salvador (Chio) Jimenez a toutefois admis qu’à la place des Haïtiens il ferait de même. C´est-à-dire, mener une enquête pour prendre une décision. Cette position n´est pas partagée par le président de l´Association des commerçants du marché de Dajabon, Freddy Morillo accuse des secteurs économiques haïtiens d´être les instigateurs de la mesure d´ interdiction officielle, pour favoriser leurs intérêts économiques.
Parmi ces secteurs, le journaliste et animateur radiophonique Julio Martinez Pozo pointe du doigt un influent sénateur et des membres de l´entourage du Président de la République. L´on parle aussi d´un projet d´ importation d´œufs du Brésil destinés au marché haïtien, par des hommes d´affaires haïtiens et dominicains.
Manipulation et politisation du dossier sont à l´ordre du jour des deux cotés de la frontière. Dans la conjoncture électorale dominicaine, les critiques pleuvent sur le gouvernement dominicain le pressant de chercher une sortie à la crise qui frappe le secteur des producteurs avicoles dominicains.
Du coté haïtien, en plus des inquiétudes et plaintes spontanées et légitimes de nos marchandes à la frontière de Malpasse, relatives au manque de ces produits pour la vente et la consommation, relayées par des médias haïtiens, certains agitateurs ont été payés par des producteurs dominicains pour créer des faits d´actualité (déclarations ou autres) donnant lieu à une pression médiatique sur les autorités haïtiennes, selon différentes sources frontalières.
Nos amis journalistes de la Z-101 semblent oublier qu´après le passage des tempêtes Noel et Olga, le gouvernement dominicain avait décidé, dans le but de prévenir une rareté de produits agricoles pour la consommation locale, l´interdiction temporaire d´exportation vers Haïti de bananes, œufs et autres denrées. Evidemment cette décision avait provoqué différentes réactions et d´intéressants débats portant les autorités haïtiennes à réfléchir sur la question de la sécurité alimentaire dans la gestion de nos relations avec nos voisins.
Dans les deux cas d´interdiction d´importation ou d´exportation de produits dominicains, il s´agit d´une décision unilatérale dont la nature même, donne lieu a des conséquences fâcheuses potentiellement dangereuses pour la stabilité sociale et politique dans l´un ou l´autre des deux pays.
Le vrai problème est donc, l’absence d´un accord commercial entre les deux Etats, avec des clauses spécifiques prévoyant les procédures adéquates pour gérer des cas similaires. La commission mixte bilatérale devrait être convoquée le plus tôt possible par les deux chanceliers de l´ile, afin de relancer le dialogue officiel pour renforcer les liens de coopération entre nos deux nations.
Pour conclure, il serait facile de critiquer la légèreté avec laquelle des questions aussi sensibles ont été étalées, sans aucune préoccupation pour les effets qu´elles pourraient susciter dans l´opinion publique, ou de dire que les propositions faites par les animateurs de la station Z-101 sont insensées ou relèvent de l´émotionnel. Tout au contraire, il faut souligner deux niveaux d´interprétation.
La position de Don Alvaro, inacceptable à tous les points de vue, qui met l´emphase cependant sur « la trahison des élites économiques haïtiennes » vis-à-vis de la Nation. Et l´expression d´une fausse supériorité dominicaine par rapport à Haïti cherchant à minimiser, même à ridiculiser la position officielle haïtienne dans la gestion technique correcte de ce dossier.
Certainement, la République Dominicaine devance Haïti sur le plan des infrastructures urbaines et de développement humain. Mais, aujourd´hui, il existe sur l île une interdépendance socio-économique, à travers des échanges commerciaux/économiques et de la migration de travailleurs, qui rend totalement irréalisables les malheureuses suggestions véhiculées sur la Z-101, en même temps qu´elle (cette interdépendance) impose une redéfinition pratique des relations haitiano-dominicaines, fondée sur le respect mutuel, la fraternité et la solidarité.
D´autre part, ces mesures qui constitueraient des actions de représailles contre un pays ami et voisin, dont les autorités sont libres de prendre les décisions qu´elles jugent convenables pour leurs concitoyens, seraient rejetées de façon inconditionnelle par les secteurs démocratiques des deux peuples.
Pour finir, ce que j´ai ressenti au moment d´écouter le programme que j´ai capté après les appels téléphoniques de l´ami et du frère dominicain Alberto (Chico) Despradel, ex ambassadeur en Haiti, et de Maitre Ulrick Gaillard, un ami d´enfance, Directeur de Batey Relief Alliance (BRA), c´est de la fierté pour la radio haïtienne et pour les journalistes haïtiens. Sans commentaires.
http://www.alterpresse.org/spip.php?article6877
Notre commentaire :
Ce genre d’articles a le profil de ces informations qui sont créées interprétées et transformées dans le seul but d’alarmer ou de jeter du charbon sur des braises déjà ardentes.
Les dominicains à travers le temps se sont faits maîtres dans l’art d’alarmer les populations contre l’invasion massive imminente de leur pays par les haïtiens.
L’auteur de l’article fait partie de ces individus dont on se demande qui se sert de qui dans sa lutte en faveur des haïtiens des bateys, appris à la bonne école. Si des journalistes dominicains en quête de sensations fortes pour beurrer leurs audiences, lancent une émission faisant intervenir des « cuidams » évoquant une occupation d’Haïti comme réponse à une interdiction de la part du gouvernement haïtien (poussé par d’autres contraintes internationales !) ce genre de ragout ne devrait pas bénéficier de l’attention de la presse haïtienne.
Haïti dans un projet de films documentaires sur les « Musiques Caraïbes »
P-au-P, 25 janv. 08 [AlterPresse] --- Une série de documentaires-fiction sur le thème des musiques de la Caraïbe ciblant six pays de la région dont Haïti, est actuellement en cours de réalisation, apprend AlterPresse.
Cette série titrée « Musiques Caraïbes » est produite par Philippe Piani. Il concerne également Trinidad, Guadeloupe, Martinique, Guyane et Jamaïque, qui forment, selon le producteur, une région unique au monde en ce qui concerne la musique.
Un groupe de meilleurs réalisateurs des pays concernés ont été sélectionnés pour participer à ce projet, dont Guetty Félin pour Haïti. Le film haïtien pourrait être tourné entre avril et mai 2008, a pu savoir AlterPresse.
Avec cette collection, il s’agira non seulement de donner la parole à des minorités culturelles, mais aussi de montrer comment leur richesse artistique participe à l’élaboration d’un patrimoine culturel commun, rapporte l’hebdomadaire France-Antilles Magazine.
À côté de ces films, « Musiques Caraïbes » rassemble une véritable collection disques, livres, concerts et expositions.
« La préparation de ce projet a fait apparaitre une telle richesse qu’il nous a paru nécessaire d’associer tous les médias et donner au public le plus large éclairage sur la musique de la Caraïbe et son histoire », explique Philippe Piani, dont les propos sont rapportés par France-Antilles Magazine.
Chaque épisode de cette série de documentaires-fiction a pour principe, selon Philippe Piani, de mettre en scène la richesse musicale du pays sélectionné à travers les principaux acteurs des musiques locales, des lieux mythiques qui y sont associés et des liens entre les musiques actuelles et les musiques du patrimoine.
Les variétés musicales ciblées sont, entres autres, le Konpa, le Zouk et le Reggae.
Pour l’heure, deux documentaires sont déjà réalisés : Trinidad&Tobago et Guadeloupe. La première diffusion (Trinidad&Tobago) est prévue sur RFO, France 4 et Trace TV pour le mois de juin 2008. Les autres devraient suivre selon un calendrier défini. [do gp apr 25/01/2008 10:00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article6879
Jacques Bernard démissionne de son poste de directeur général du CEP
Les responsables de l’exécutif se sont jusqu’ici refusés à tout commentaire sur cette démission qui a été confirmée par des conseillers électoraux. Jacques Bernard ne se présente plus à son poste précise t-on.Des rumeurs sur l’éventuelle démission de M. Bernard circulaient depuis quelques jours. M. Bernard se plaignait que sa marge de manœuvre serait réduite dans le cadre des nouveaux règlements internes.
Au cours de cette semaine, des conseillers électoraux avaient démenti les rumeurs sur la démission de M. Bernard rappelant que ce dernier avait pris part aux négociations ayant permis la modification des règlements internes.
En réaction, le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Haïti (CCIH), Jean Robert Argant, croit que la modification des règlements internes est la principale cause de cette démission. " Il avait accepté le poste parce qu’il pensait que les règlements internes seraient maintenu", déclare M. Argant qui regrette que le pays perd une chance d’utiliser une personne compétente.
Jean Robert Argant fait remarquer que M. Bernard ne représente pas le secteur privé puisqu’il n’est pas un conseiller électoral.Le secrétariat général de la présidence avait publié le 21 janvier 2008 les dispositions générales devant régir le fonctionnement du conseil électoral provisoire.
Selon la présidence les règlements généraux qui viennent d'être publiés visent à permettre au CEP d'avoir une gestion efficace du processus électoral en clarifiant notamment la responsabilité des 9 membres de la structure administrative de l'institution par rapport à celle des responsables qui assistent et qui exécutent les taches relatives à la gestion des différents organes de l'institution électorale.
Ce nouvel épisode dans le conflit autour des règlements internes entraînera des retards dans la préparation du projet de loi électorale indispensable à l’organisation des élections sénatoriales et indirectes.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=13435
vendredi 25 janvier 2008
Le vodou haïtien sur un air de Baudelaire
Construite autour d'un poème de Charles Baudelaire, l'exposition «Le Vodou, un art de vivre » est un spectacle haut en couleur pour dérégler ses sens et ses certitudes.C'est un parcours initiatique dans l'univers du vodou haïtien, un cheminement en dix étapes qui sont autant d'expériences sensorielles et d'interrogations sur l'ici et l'ailleurs.

«C'est en Haïti que ce culte afro-caribéen est le plus développé. Sa spécificité tient à la culture de résistance développée par les créateurs du vodou. Comme en témoignent les objets présentés à Genève, essentiellement issus du vodou de nuit des Bizango (société secrète). Des objets intimement liés à cette culture de résistance qui fait toute l'originalité de la collection de Marianne Lehmann », explique Philippe Mathez.
Explications de Philippe Mathez: «Le vodou cherche aussi à capturer des âmes et des esprits pour les enfermer dans des bouteilles par exemple.
Un parcours initiatiqueS'en suivent neuf autres salles qui dévoilent et mettent en scène les statues et les objets du culte vodou. «Quand on déballe le vodou, surgissent pêle-mêle pléthore d'idées : une nation d'esclaves libérée, des zombies, des fantasmes hollywoodiens. Et toutes ces images haïtiennes et occidentales s'entrechoquent», commente Philippe Mathez.

Reste que la collection de Marianne Lehmann est toujours menacée par une partie de la société haïtienne qui y voit les reliques de superstitions révolues ou par les églises méthodistes - très actives en Haïti - qui considèrent le vodou comme une religion satanique qu'il faut éradiquer.Raison pour laquelle l'exposition voyagera ensuite à Amsterdam, Berlin, Brême et Göteborg, avant de retrouver le sol haïtien dans 4 ou 5 ans. «Notre exposition est également une action de sensibilisation pour créer un centre culturel et un musée en Haïti à même de présenter l'ensemble de la collection de Marianne Lehmann», signale Philippe Mathey.Avant de conclure : «La culture est aussi un instrument de développement. Le vodou joue le rôle de médiateur au sein de la société haïtienne. Si les acteurs locaux peuvent se rattacher aux normes du vodou, Haïti pourrait retrouver un équilibre prometteur.»
swissinfo,
Frédéric Burnand à Genève
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=53475&PubDate=2008-01-25
Cléante Lafontant-Guiteau vue par Rassoul Labuchin
On ne naît pas poète, on est conditionné pour le devenir. Cette opinion partagée par de nombreux critiques paraît logique, puisque basée sur des analyses plutôt objectives.Les pulsions intenses, les caractères héréditaires, la nature ambiante, le climat, la famille, la société, la religion, le contexte historique, la vie politique, les facteurs psychologiques sont, sans conteste, d'un apport considérable à la compréhension du phénomène de la création. Si on y ajoute un vécu, marqué par des expériences particulières qui façonnent un état d'âme privilégié, on avancera mieux sur la voie d'une définition plus efficiente du poète, de l'artiste, du littéraire, du scientifique, du politique. D'autres conditions s'y ajouteront pour nous aider à faire le tour de la question et boucler l'approche : l'amour et la passion de la lecture, du savoir, et l'effort au quotidien pour améliorer son art, sa science, sa vision politique.
Cléante LAFONTANT GUITEAU fut ''d'instinct'' une artiste qui taquinait la muse. Tout le long du sillon que trace son parcours, des graines fécondes en gestation attendaient le moment venu pour faire éclore ses pustules : maximes, poèmes, berceuses, petites histoires vraies ont mûri avant d'être livrés par les EDITIONS AREYTOS aux lecteurs avides de lecture.Respectueuses salutations à Cléante LAFONTANT GUITEAU, le jeune écrivain de 93 ans, le plus âgé des auteurs du demi-siècle dernier, dont la plume est chaude de création et fascinants les écrits.
Assis à son chevet, nous l'écoutons avec attention nous raconter que, fillette, elle métamorphosait des bouteilles de toutes les couleurs et de tailles différentes en poupées de verre. Les poupées de Cléante étaient simples et pures comme l'eau des roches ; l'image de la vierge immaculée, coiffée laïquement de tresses, d'un chou ou d'une natte à la mode de chez nous. Leurs jambes disparaissent sous des bancs imaginaires et le reste du corps drapé de vêtements de fortune. Quant à leurs bras, on reste avec l'impression qu'elles se les croisaient gentiment pour faire figure d'enfants dociles. Elles se tenaient les doigts et ne parlaient pas. Ainsi se montraient les élèves du samedi, du dimanche et des jours fériés de Mademoiselle Cléante, l'institutrice, qui leur assurait des cours sans l'ombre d'un créolisme. La langue vernaculaire n'avait pas droit de cité dans les salles de classe des écoles congréganistes ou laïques à l'époque. L'élève qui osait contrevenir à ce principe recevait de majeurs coups de règle sur les poings bien serrés. Quand aux infractions commises à la grammaire française, l'élève contrevenant devait s'attendre à une correction, et pas des moins sévères.Mademoiselle Cléante leur apprenait des poèmes, des notions d'arithmétique, la règle de trois, les racines carrées, de même que le catéchisme et l'instruction civique.
Chaque âge à ses plaisirs disait Boileau ; l'enfance de Cléante connut le paradis des poupées. Ce fut au temps où on s'extasiait sur ''l'alphabet des humanités neuves'', le temps des bouleversements de la révolution soviétique et, paradoxalement aussi, celui de l'occupation états-unienne d'Haïti.Cléante LAFONTANT GUITEAU avait rêvé de devenir une enseignante, mais s'est plutôt retrouvée derrière les bureaux de l'administration publique où elle a passé le plus clair de son existence. C'est là qu'elle a commencé à confier au papier ses maximes, ses poèmes, ses berceuses, ses petites histoires vraies. Elle profitait des temps morts dans son travail de secrétaire pour lire, écrire, évitant ainsi de se tourner les pouces et de prendre part aux conversations oiseuses.
Cléante se passionnait de livres et s'adonnait à la lecture des auteurs de l'Antiquité, des écrivains français, européens, américains, russes et latino-américains. Son choix allait plutôt à la poésie et aux maximes. On comprend dès lors son engouement pour Lamartine, Hugo, Musset. Le grand fabuliste français Lafontaine l'a beaucoup marquée, ainsi que La Rochefoucauld, Montesquieu... Cioran, l'écrivain français d'origine roumaine, de son vrai nom Emile Michel.On ressent dans ses écrits, hors du sacré, l'innocence de ses poupées. Ils sont empreints d'une laïcité proche des atomistes de la Grèce antique avec une pointe d'hédonisme sur les bords. Vivre selon nature serait sa devise qu'elle ne cache pas. Elle l'exalte même avec des traits piquants qu'atténue son style nuancé.
« L'amour que tu portes en toi, si grand soit-il, est bien peu de chose pour l'appétit d'un coeur. »« Nous sommes libres d'aimer qui nous plaît, à l'aurore comme au crépuscule de notre vie. »« Qu'importe l'âge en amour ! L'essentiel, c'est de vibrer à l'unisson. »Quand une femme dans sa 94e année assume de telles idées sur l'amour, elle mérite notre admiration. Les « Maximes » ne se limitent pas en commentaires sur l'amour, mais aussi sur les vertus, les travers humains, sur les femmes, sur la vie, la lutte des hommes, la souffrance humaine, l'illusion du paradis, la méchanceté...« Que l'espoir en Dieu ne détruise pas notre volonté de vaincre et ne nous endorme pas. »« Sous le ciel plein d'Ave, de Pater, de Credo et d'Alléluias,nous coulons durement des jours tristes et noirs. » « Garde ta langue de la médisance. »
Cette dernière maxime, qui concerne tellement le chez nous, donne plutôt l'air d'un conseil à ceux qui utilise la cruauté du ''coup de langue'' à l'endroit de leur prochain pour les détruire et s'en réjouir. Le grand musicologue haïtien, Constantin Dumervé, membre honoraire de la Société Beethoven, dans l'introduction de son livre sur la musique, préfacé par Maurice Lubin, une vieille connaissance de Cléante Lafontant Guiteau, a souligné la perfidie liée à ce phénomène dont il a été victime : «...épithètes humiliants, mépris, coup de langue de chez nous, n'ébranlèrent point ma conviction... »
Dans ses maximes, Cléante Lafontant Guiteau opine aussi sur la jalousie qui est, selon elle, une maladie qu'on retrouve chez les êtres humains et même parmi les artistes et les écrivains les plus doués, malheureusement !La méchanceté des jaloux et des envieux les porte à haïr leur prochain, à persécuter tout présumé adversaire.Jacques Roumain, Jacques Stéphen Alexis, des politiques et des littéraires d'obédience marxiste, ont été des citoyens persécutés à cause de leur vision politique, de leur pureté d'homme et de leur incontestable talent.« L'envie, la haine et l'orgueil sont des facteurs destructeurs de notre société. »« Le dépassement que tu convoites risque de t'anéantir si tu tiens seulement à dépasser les autres. »« Fuyons les méchants pour ne pas devenir plus méchants qu'eux. »
Une petite histoire vraie pour changer de ton. Cléante Lafontant Guiteau n'entendait pour rien au monde utiliser la langue créole dans ses écrits. Un jour, je lui lisais quelques-uns de mes poèmes en langue populaire. Elle m'affirma sans ambages : « Ça, ce n'est pas du créole, c'est de la poésie ! ». La poésie est, en effet, un langage universel et, mieux encore, le 7e art qui n'a pas nécessairement besoin du support de la langue pour communiquer ses images de rêve à tout spectateur avide de lyrisme. Que ce lyrisme soit un appel du coeur ou une ferveur révolutionnaire.
Cléante Lafontant Guiteau possède en elle les rosées magiques de l'art du rêve. C'est surtout sa poésie qui m'émerveille. De l'ensemble de son oeuvre se dégage une grande vitalité et un fort courant d'optimisme qui me font croire que le monde sortira vainqueur des catastrophes qui le menacent.
RASSOUL LABUCHIN
Yves MEDARD
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=53260&PubDate=2008-01-25
jeudi 24 janvier 2008
Haiti/Culture : L’exposition « Le vodou, un art de vivre » à Genève
P-au-P., 23 janv. 08 [AlterPresse] --- Le Musée ethnographique de Genève présente l’exposition « Le vodou, un art de vivre » jusqu’au 31 août 2008.Le projet, salué par la presse suisse, est soutenu par la Direction du développement et de la coopération suisse et l’ONG Helvetas.
Le musée met en scène plus de 300 pièces, datant dans années 30 à 60, issues d’une collection personnelle d’objets de culte de Marianne Lehmann.
Le formidable patrimoine réuni par cette Suissesse, installée à Port-au-Prince depuis 1957, témoigne non seulement de l’incroyable vitalité de la culture haïtienne, mais il interroge surtout le visiteur sur le propre rapport au monde et à l’existence, lit-on sur le site swissinfo.ch.
L’exposition conçue par Jacques Hainard, directeur du musée, et son équipe dont le conservateur Philippe Mathez, joue avec les limites de l’objectivité scientifique, tout en évitant les pièges d’une approche purement esthétique, selon les organisateurs.
C’est un parcours initiatique dans l’univers du vodou haïtien, un cheminement en dix étapes qui sont autant d’expériences sensorielles et d’interrogations sur l’ici et l’ailleurs, précisent-ils.
« Une exposition n’est pas un livre, mais un spectacle ou une expérience physique. Nous avons créé une dramaturgie avec des salles relativement vides au début qui se chargent petit à petit pour devenir foisonnantes vers la fin du parcours », souligne Philippe Mathez.
Construite autour d’un poème de Charles Baudelaire, l’exposition « Le Vodou, un art de vivre » est un spectacle haut en couleur. [cd gp apr 22/01/2008 11:00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article6871
Le chancelier haïtien attendu à une réunion de l’Association des Etats de la Caraïbe
jeudi 24 janvier 2008,
Radio Kiskeya
Le chancelier haïtien Jean Rénald Clérismé participe vendredi à Ciudad de Panama à une réunion de l’Association des Etats de la Caraïbe (AEC) au cours de laquelle seront analysées les avancées en matière d’intégration et de coopération régionale, indique une dépêche de l’Associated Press.
Selon les organisateurs, les délégations de 18 pays de la région plancheront notamment sur le commerce, le tourisme, le transport aérien et les efforts conjoints à déployer face aux catastrophes naturelles. Elles en profiteront pour renouveler la direction de l’AEC et élire pour un mandat de trois ans un nouveau secrétaire général.
Le directeur des relations économiques à la chancellerie panaméenne, Elmer Miranda, précise qu’outre M. Clérismé, les ministres des affaires étrangères du Mexique, de la Colombie, du Vénézuéla, de la Jamaïque et des pays d’Amérique centrale ont déjà confirmé leur présence au Panama.
En matière commerciale, des négociations seront engagées en vue d’approfondir les relations entre les pays membres du Système d’intégration centraméricaine (SICA) et de la Communauté Caraïbe (CARICOM).
L’Association des Etats de la Caraïbe est un forum de consultations, de coopération et d’intégration régionale. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4638