Les "Restaveks", petits esclaves oubliés d'Haïti
Lorsqu'on lui demande quel est son loisir préféré, Sylvine, petite Haïtienne de six ans, ne parle pas de jouer à la poupée mais répond "balayer".
Comme des centaines de milliers d'enfants haïtiens, sa mère, une paysanne pauvre du nord du pays, lui a dit de "rester avec" une famille plus aisée de la capitale, dont elle est depuis deux ans la "domestique".
Première levée dans la maisonnée du quartier de Pacot, dès 05H00, la petite fille frêle est chargée d'aller chercher de l'eau potable à la fontaine publique distante de 5 km.
Moins d'un quart des habitations de la capitale ont l'eau courante et les enfants que l'on croise avec de lourds fardeaux sont souvent des "Restaveks", le surnom créole des quelque 200.000 enfants réduits en esclavage en Haïti, dont une grande majorité de filles.
En 1994, Haïti a ratifié la Convention relative aux droits de l'enfant mais la première république noire indépendante (1804), qui a payé cher son combat pour l'abolition de l'esclavage, n'a pas fait disparaître la pratique de l'asservissement des enfants pauvres.
Sylvine doit aussi dans une journée d'environ 16 heures de travail s'occuper des enfants des cousins éloignés à qui elle a été confiée, nettoyer la maison...
En retour elle ne reçoit pas de salaire et pas beaucoup de nourriture. Elle dort dehors sur une paillasse. "Je n'ai jamais le temps de jouer, mon activité préférée c'est balayer", dit la fillette qui déplore qu'on ne la "laisse pas aller à l'école comme cela avait été promis" à sa mère. "Les Restaveks sont privés de leurs droits les plus élémentaires, de jouer, de vivre à l'abri de la violence physique et des abus sexuels", souligne Njanja Fassu, responsable de l'Unicef en Haïti.
"Des raisons principalement économiques poussent les familles pauvres des zones rurales à +donner+ un (ou parfois plusieurs) de leurs enfants à des familles citadines en mesure de leur offrir un peu de nourriture et un coin pour dormir, espérant ainsi leur assurer une vie plus décente, notamment une éducation même s'ils savent qu'il va souffrir", souligne Wenés Jeanty, du foyer Maurice Sixto.
Des promesses sont faites par la famille d'accueil mais la plupart du temps, elles ne sont pas tenues. Aucun document écrit n'officialise l'accord, la majorité de la population étant analphabète.
Les rapports entre l'enfant, qui n'a souvent même pas de certificat de naissance, et sa famille biologique sont distandus, vu les distances et l'impossibilité à communiquer. Le foyer Maurice Sixto apporte aux "Restaveks" un soutien éducatif, psychologique et affectif tout en essayant de sensibiliser les familles qui leur imposent d'épuisantes corvées ménagères et parfois de mauvais traitements.
"L'opinion de l'enfant domestique ne compte pas et c'est pour cela qu'il s'exprime rarement. Ici, nous essayons de changer ce comportement et de faire en sorte qu'il puisse se forger une estime de soi", explique M. Jeanty.
L'établissement, soutenu par Terre des Hommes, cherche aussi à remettre les enfants en contact avec leur famille d'origine.
Jean-Robert Cadet, ancien "Restavek", souligne que la pauvreté ne saurait expliquer totalement cette pratique. Il la considère pour sa part comme un héritage de l'esclavage, qui a marqué le pays au fer rouge. Faute d'action gouvernementale et internationale forte, "la tradition" des enfants esclaves se perpétue, parfois sur plusieurs générations.
Les filles "Restaveks" sont souvent violées par le père et les fils de la famille "d'accueil". Si elles tombent enceintes, elles sont souvent mises à la porte et vont rejoindre les rangs des enfants des rues. Mais parfois leur progéniture sera utilisée à son tour comme de petits domestiques, de petits esclaves.
Source Le Nouvelliste sur http://www.lenouvelliste.com
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Il faut noter que très souvent les familles d’accueil ne font pas partie des familles à sous du pays. Et l’observateur ne connaissant pas le contexte socioéconomique dans lequel évolue cette pratique pourrait se demander comment une famille avec aussi peu de ressources peut promettre monts et merveilles à un membre d’une autre famille.
Il existe très souvent des liens de parentés. Il s’agit de la petite nièce qui est envoyée à Port-au-Prince chez la tante.
Avant la crise d’après 1986, il existait les fameuses écoles du soir. En effet beaucoup d’enfants-domestiques fréquentaient l’école du soir et ils apprenaient à lire et à écrire.
Avec la fameuse doctrine tout homme est un homme prôné par l’ancien prêtre président, on s’attendait à l’application d’une politique visant à changer non seulement la mentalité mais la mise en oeuvre de programmes visant à améliorer de façon considérables les conditions de vie de tous les haïtiens.
Comme d’habitude, la société a miroité à travers un vieux mirage projeté par les discours à la Tartuffe, et de cette maxime, la société a hérité des enfants-chimères convertis aujourd’hui en jeunes gangsters-combattants d’une mauvaise cause lourde de plus de 800.000.000 d’euros.
C’est ça notre réalité.
Une fenêtre ouverte sur Haïti, le pays qui défie le monde et ses valeurs, anti-nation qui fait de la résistance et pousse les limites de la résilience. Nous incitons au débat conceptualisant Haïti dans une conjoncture mondiale difficile. Haïti, le défi, existe encore malgré tout : choléra, leaders incapables et malhonnêtes, territoires perdus gangstérisés . Pour bien agir il faut mieux comprendre: "Que tout ce qui s'écrit poursuive son chemin, va , va là ou le vent te pousse (Dr Jolivert)
dimanche 27 mai 2007
Adoption... Des dizaines d'enfants haïtiens adoptés chaque année à l'étranger...Une procédure définitivement trop complexe...
Des dizaines d'enfants haïtiens adoptés chaque année à l'étranger
Orphelins, abandonnés par des familles trop pauvres pour les faire survivre, fruits de grossesses précoces, des dizaines d'enfants haïtiens sont adoptés chaque année à l'étranger par l'intermédiaire de foyers comme celui de la Nouvelle Vie à Pétionville.
"Les enfants nous sont signalés par l'Institut du Bien Etre Social et de Recherches (IBESR), la police, des notables ou des religieux.
Nous effectuons une enquête sociale, psychologique, sanitaire et au bout de trois mois, un enfant peut être déclaré adoptable mais tout est fait pour le laisser dans sa famille d'origine", assure Yva Samedy, la directrice du foyer créé en 1992. "Si le ou les parents peuvent assurer un repas par jour à leurs enfants, ils ne pensent pas à l'adoption mais parfois quand la misère devient trop grande...", explique-t-elle.
Le foyer, qui fait adopter 10 à 20 enfants par an, n'accepte pas tous les enfants et dispose d'une enveloppe pour améliorer les revenus de certaines familles et leur permettre de garder leur progéniture auprès d'elles. "Parfois, il faut un minimum pour détourner un parent d'abandonner son enfant", dit la directrice. "Il suffit par exemple d'une machine à coudre qui permettra à la mère de travailler".
La Nouvelle Vie est notamment le correspondant pour Haïti de Médecins du Monde, habilité depuis peu comme organisme autorisé à l'adoption dans ce pays. En Haïti, comme dans les 10 autres pays où elle évolue en tant qu'organisme autorisé pour l'adoption, l'ONG souhaite, conformément à sa charte, "rechercher une famille pour les enfants et non l'inverse" et "donner la priorité aux fratries, enfants les plus âgés, porteurs de handicaps ou de pathologies médicales".
Selon les chiffres officiels, l'adoption par des Haïtiens représente 10% des adoptions totales d'enfants haïtiens. L'essentiel des enfants adoptables part donc pour l'étranger dans des conditions parfois nettement moins encadrées qu'au foyer la Nouvelle Vie d'où le sentiment de certains Haïtiens que les enfants de ce pays pauvre sont "vendus" à des pays plus opulents.
Certains abus ont entraîné une période de blocage des autorités haïtiennes et des protestations de l'Unicef. "De septembre 2004 à septembre 2006 en particulier, les autorités ont été contre l'adoption internationale, qu'elles assimilaient notamment à des trafics d'organe", précise Mme Samedy.
Le foyer a "33 passeports bloqués au ministère de l'Intérieur depuis janvier et le parquet nous fait aussi des problèmes", poursuit-elle. "Les procédures s'allongent de 10 mois à deux ans".
La directrice raconte qu'un enfant de cinq ans répète tous les jours "je veux rejoindre ma maman blanche" mais admet aussi que certains enfants au moment de partir "ne veulent pas nous lâcher et s'accrochent à nos jupes".
Le foyer a connu des histoires qui finissent bien comme celle de cette fillette adoptée à cinq mois, partie en Suisse et devenue biochimiste et revenant régulièrement travailler dans le lieu où elle séjourna bébé.
Mais aussi des épisodes douloureux: un homme malade et pauvre qui déposa son fils devant un orphelinat de Petit-Goave et ressurgit deux ans plus tard demandant des nouvelles de l'enfant, adopté en France.
Ou encore cet enfant adopté, otage d'un divorce houleux entre "une dame qui était partie avec un monsieur et son mari qui était aussi parti avec un monsieur". "Les enfants adoptés ne sont pas différents des enfants biologiques, leur vie n'est pas parfaite", conclut la directrice.
Le coût d'une procédure d'adoption en Haïti avec un organisme agréé oscille entre 7.500 et 8.700 euros selon le pays d'origine des parents adoptifs. Ce coût ne comprend pas les billets d'avion et les frais de séjour des parents. "Ce qu'on paie c'est la procédure", souligne Mme Samedy. "Jamais on ne doit dire ou penser qu'on achète un enfant".
Orphelins, abandonnés par des familles trop pauvres pour les faire survivre, fruits de grossesses précoces, des dizaines d'enfants haïtiens sont adoptés chaque année à l'étranger par l'intermédiaire de foyers comme celui de la Nouvelle Vie à Pétionville.
"Les enfants nous sont signalés par l'Institut du Bien Etre Social et de Recherches (IBESR), la police, des notables ou des religieux.
Nous effectuons une enquête sociale, psychologique, sanitaire et au bout de trois mois, un enfant peut être déclaré adoptable mais tout est fait pour le laisser dans sa famille d'origine", assure Yva Samedy, la directrice du foyer créé en 1992. "Si le ou les parents peuvent assurer un repas par jour à leurs enfants, ils ne pensent pas à l'adoption mais parfois quand la misère devient trop grande...", explique-t-elle.
Le foyer, qui fait adopter 10 à 20 enfants par an, n'accepte pas tous les enfants et dispose d'une enveloppe pour améliorer les revenus de certaines familles et leur permettre de garder leur progéniture auprès d'elles. "Parfois, il faut un minimum pour détourner un parent d'abandonner son enfant", dit la directrice. "Il suffit par exemple d'une machine à coudre qui permettra à la mère de travailler".
La Nouvelle Vie est notamment le correspondant pour Haïti de Médecins du Monde, habilité depuis peu comme organisme autorisé à l'adoption dans ce pays. En Haïti, comme dans les 10 autres pays où elle évolue en tant qu'organisme autorisé pour l'adoption, l'ONG souhaite, conformément à sa charte, "rechercher une famille pour les enfants et non l'inverse" et "donner la priorité aux fratries, enfants les plus âgés, porteurs de handicaps ou de pathologies médicales".
Selon les chiffres officiels, l'adoption par des Haïtiens représente 10% des adoptions totales d'enfants haïtiens. L'essentiel des enfants adoptables part donc pour l'étranger dans des conditions parfois nettement moins encadrées qu'au foyer la Nouvelle Vie d'où le sentiment de certains Haïtiens que les enfants de ce pays pauvre sont "vendus" à des pays plus opulents.
Certains abus ont entraîné une période de blocage des autorités haïtiennes et des protestations de l'Unicef. "De septembre 2004 à septembre 2006 en particulier, les autorités ont été contre l'adoption internationale, qu'elles assimilaient notamment à des trafics d'organe", précise Mme Samedy.
Le foyer a "33 passeports bloqués au ministère de l'Intérieur depuis janvier et le parquet nous fait aussi des problèmes", poursuit-elle. "Les procédures s'allongent de 10 mois à deux ans".
La directrice raconte qu'un enfant de cinq ans répète tous les jours "je veux rejoindre ma maman blanche" mais admet aussi que certains enfants au moment de partir "ne veulent pas nous lâcher et s'accrochent à nos jupes".
Le foyer a connu des histoires qui finissent bien comme celle de cette fillette adoptée à cinq mois, partie en Suisse et devenue biochimiste et revenant régulièrement travailler dans le lieu où elle séjourna bébé.
Mais aussi des épisodes douloureux: un homme malade et pauvre qui déposa son fils devant un orphelinat de Petit-Goave et ressurgit deux ans plus tard demandant des nouvelles de l'enfant, adopté en France.
Ou encore cet enfant adopté, otage d'un divorce houleux entre "une dame qui était partie avec un monsieur et son mari qui était aussi parti avec un monsieur". "Les enfants adoptés ne sont pas différents des enfants biologiques, leur vie n'est pas parfaite", conclut la directrice.
Le coût d'une procédure d'adoption en Haïti avec un organisme agréé oscille entre 7.500 et 8.700 euros selon le pays d'origine des parents adoptifs. Ce coût ne comprend pas les billets d'avion et les frais de séjour des parents. "Ce qu'on paie c'est la procédure", souligne Mme Samedy. "Jamais on ne doit dire ou penser qu'on achète un enfant".
Un Grand trafic de cubains préoccupe les autorités de la Marine de Guerre
Par Diogenes Tejada
Aéroport les Amériques.- Le chef de la marine de Guerre, le vice amiral Ivan Peña Castillo, a fait remarquer hier, tout autant que des citoyens cubains pénètrent avec une certaine facilité en République Dominicaine, par la frontière avec Haïti, le contrôle sera un sérieux problème.
Il a de la m^me façon révélé, que la Marine de Guerre et le service des gardes cotes des Etats-Unis ont détenu en haute mer plusieurs dominicains qui ont été rapatriés et qui essaient d’abandonner à nouveau le pays.
Peña Castillo a admis que l’objectif final des cubains qui arrivent depuis Haïti est d’atteindre les Etats-Unis par Porto Rico, par voie maritime, mais ils sont capturés par les unités côtières. Cependant beaucoup atteignent leurs objectifs et sont autorisés à résider aux Etats-Unis.
Souvent ces cubains voyagent en compagnie de dominicains.
Tant que l’on aura pas Fermer cette brèche, ce conduit ouvert, qui existe au niveau de la frontière entre les deux nations, les cubains continueront à arriver en petits groupes qui ne dépassent pas douze ou quinze personnes » a-t-il manifesté.
Peña Castillo assure que les cubains utilisent une forme très habile pour arriver en territoire dominicain en groupes de douze ou membres pour éviter qu’ils soient détectés par les autorités.
Il a ajouté que tenant compte du fait que les Cubains qui atteignent les cotes porto ricaines ne sont pas touchés par les organismes, ils tenteront toujours de rentrer en République Dominicaine par Haïti.
« Et ce flux, je répète, continuera, jusqu’à ce que ce conduit frontalier soit fermé et que les facilités pour y accéder soient favorables », a-t-il précisé au cours d’une interview au cours de la quelle il informait sur la détention d’un groupe de cubains et d’haïtiens qui prétendaient arriver de façon clandestine à Porto Rico.
En observant les haïtiens, les premiers à être transportés depuis la commune de Miches vers la division d’intelligence M-2, Peña Castillo ordonna au sous commandant de cet organisme, Capitaine Juan B Chrisostomo Marinez, de distribuer des aliments aux détenus.
« Ces haïtiens sont pâles. Achetez du jus de fruits et d’autres aliments pour ses gens » donna comme instruction le chef de la Marine de guerre à l’officier, qui a offert des détails sur les conditions des arrestations.
Peña Castillo dit qu’ils ont détenu des dominicains qui sont recherchés par la justice dans le pays et qu’ils ont payé des sommes élevées à des trafiquants d’illégaux pour les sortir du pays vers porto Rico ou autres lieux.
« Nous avons détecté plusieurs cas de ce genre au cours d’opérations conjointes de la Marine et des gardes côtes de porto rico avec lesquelles nous échangeons des données tous les jours », a-t-il manifesté.
Il a annoncé qu’à partir du moi de juin, la Marine de Guerre aura une flotte de 40 unités, avec la remise des deux premières chaloupes rapide des forces armées des Etats-Unis la surveillance navale sera augmentée.
Le porte parole de la Marine de Guerre, le Capitaine Carlos Rodriguez Medrano, a informé la détention à Pedro Santana, San Pedro de Macoris, du conducteur d’un camion qui transportait une chaloupe de 30 pieds destiné à un voyage à Porto Rico.
Il a dit qu’avec le conducteur d’un camion Adriano Guzman, a été détenu Ruben Dario Peña, les deux ont été remis au Capitaine José Roberto Muñoz Mencion, directeur de Intelligencia M-2 de la Marine de Guerre.
Il a informé aussi que les dénommés Emeterio Jiménez, Richard Lora Moquete, Dionision saul Javier, Juan Diego Paniagua, José Antonio Ramirez y Elizabeth, ont été détenus comme faisant partie des personnes qui devraient voyager vers porto rico à bord de la chaloupe saisie.
Article original paru dans l’édition digitale du journal HOY (: http://www.hoy.com.do/article.aspx?id=23401) traduit de l’espagnol par Thom Gato pour Haïti Recto Verso
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En 1998, je me retrouvais à Cuba pour assister la mère d’un bon copain qui avait été victime d’un mauvais traitement d’un problème de genou. Se laissant emporter par tout le bien qui se dit de la médecine cubaine, la famille avait opté pour un séjour thérapeutique à Cuba.
En lieu et place d’une prothèse de genou, l’indication avait été modifiée et elle avait subi une ostéotomie qui s’est compliquée d’une déhiscence de la plaie opératoire ce qui prolongea énormément le séjour de la patiente dans un centre hospitalier payant. Au cours de l’hospitalisation elle avait fait aussi un accident vasculocérébral.
C’était mon premier séjour à Cuba avec toute la charge d’émotion que cela pouvait représenter. J’avais cependant été frappé par cette volonté réelle mal cachée et mal camouflée de certains cubains qui e rêvaient que d’une chose : abandonner Cuba !
Le soir de mon retour vers Port-au-Prince, pour une raison que j’ignore encore, j’ai été contraint de passer une nuit à l’hôtel aux frais bien entendu des organisateurs des voyages. Pour rendre notre nuit plus agréable une soirée avait été organisée avec la participation de ces danseuses bien faites que nous écorchons vives du regards sur les couvertures de revues ou se mélangent glamour et autres mots à la mode du même genre.
Les danseuses, bien au-delà de leurs performances souhaitaient particulièrement satisfaire le public masculin en utilisant toute sorte de subterfuge qui généralement dosé au creuset du charme féminin ne nous laisse jamais de glace.
Sans rentrer dans les détails, je me suis retrouvé le lendemain matin avec une sacoche remplie de formulaire remplie pour la lotterie des visas de résidence organisée par les autorités américaines.
Elles avaient pu contourner l’obstacle de ne pas pouvoir par elles-mêmes poster le précieux document.
Que les politiciens s’arrangent pour insérer dans une rubrique particulière ces faits au moment de faire le bilan de la Révolution.
Aujourd’hui, les cubains semblent avoir compris que les haïtiens et les dominicains possédaient un passe temps commun : quitter leur pays et arriver sur les côtes américaines. Voici donc une nouvelle coopération tripartite qui allie dans leur essence boat people, yoleros, et marielitos. Dans cette configuration les cubains sont largement favorisés par la politique discriminatoire des américains en matière d’immigration (clandestine). La politique pieds mouillés, pieds secs continue à être la motivation principale qui poussera les cubains qui veulent sortir de cuba à utiliser tous les moyens possibles pour toucher les côtes américaines.
Aéroport les Amériques.- Le chef de la marine de Guerre, le vice amiral Ivan Peña Castillo, a fait remarquer hier, tout autant que des citoyens cubains pénètrent avec une certaine facilité en République Dominicaine, par la frontière avec Haïti, le contrôle sera un sérieux problème.
Il a de la m^me façon révélé, que la Marine de Guerre et le service des gardes cotes des Etats-Unis ont détenu en haute mer plusieurs dominicains qui ont été rapatriés et qui essaient d’abandonner à nouveau le pays.
Peña Castillo a admis que l’objectif final des cubains qui arrivent depuis Haïti est d’atteindre les Etats-Unis par Porto Rico, par voie maritime, mais ils sont capturés par les unités côtières. Cependant beaucoup atteignent leurs objectifs et sont autorisés à résider aux Etats-Unis.
Souvent ces cubains voyagent en compagnie de dominicains.
Tant que l’on aura pas Fermer cette brèche, ce conduit ouvert, qui existe au niveau de la frontière entre les deux nations, les cubains continueront à arriver en petits groupes qui ne dépassent pas douze ou quinze personnes » a-t-il manifesté.
Peña Castillo assure que les cubains utilisent une forme très habile pour arriver en territoire dominicain en groupes de douze ou membres pour éviter qu’ils soient détectés par les autorités.
Il a ajouté que tenant compte du fait que les Cubains qui atteignent les cotes porto ricaines ne sont pas touchés par les organismes, ils tenteront toujours de rentrer en République Dominicaine par Haïti.
« Et ce flux, je répète, continuera, jusqu’à ce que ce conduit frontalier soit fermé et que les facilités pour y accéder soient favorables », a-t-il précisé au cours d’une interview au cours de la quelle il informait sur la détention d’un groupe de cubains et d’haïtiens qui prétendaient arriver de façon clandestine à Porto Rico.
En observant les haïtiens, les premiers à être transportés depuis la commune de Miches vers la division d’intelligence M-2, Peña Castillo ordonna au sous commandant de cet organisme, Capitaine Juan B Chrisostomo Marinez, de distribuer des aliments aux détenus.
« Ces haïtiens sont pâles. Achetez du jus de fruits et d’autres aliments pour ses gens » donna comme instruction le chef de la Marine de guerre à l’officier, qui a offert des détails sur les conditions des arrestations.
Peña Castillo dit qu’ils ont détenu des dominicains qui sont recherchés par la justice dans le pays et qu’ils ont payé des sommes élevées à des trafiquants d’illégaux pour les sortir du pays vers porto Rico ou autres lieux.
« Nous avons détecté plusieurs cas de ce genre au cours d’opérations conjointes de la Marine et des gardes côtes de porto rico avec lesquelles nous échangeons des données tous les jours », a-t-il manifesté.
Il a annoncé qu’à partir du moi de juin, la Marine de Guerre aura une flotte de 40 unités, avec la remise des deux premières chaloupes rapide des forces armées des Etats-Unis la surveillance navale sera augmentée.
Le porte parole de la Marine de Guerre, le Capitaine Carlos Rodriguez Medrano, a informé la détention à Pedro Santana, San Pedro de Macoris, du conducteur d’un camion qui transportait une chaloupe de 30 pieds destiné à un voyage à Porto Rico.
Il a dit qu’avec le conducteur d’un camion Adriano Guzman, a été détenu Ruben Dario Peña, les deux ont été remis au Capitaine José Roberto Muñoz Mencion, directeur de Intelligencia M-2 de la Marine de Guerre.
Il a informé aussi que les dénommés Emeterio Jiménez, Richard Lora Moquete, Dionision saul Javier, Juan Diego Paniagua, José Antonio Ramirez y Elizabeth, ont été détenus comme faisant partie des personnes qui devraient voyager vers porto rico à bord de la chaloupe saisie.
Article original paru dans l’édition digitale du journal HOY (: http://www.hoy.com.do/article.aspx?id=23401) traduit de l’espagnol par Thom Gato pour Haïti Recto Verso
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En 1998, je me retrouvais à Cuba pour assister la mère d’un bon copain qui avait été victime d’un mauvais traitement d’un problème de genou. Se laissant emporter par tout le bien qui se dit de la médecine cubaine, la famille avait opté pour un séjour thérapeutique à Cuba.
En lieu et place d’une prothèse de genou, l’indication avait été modifiée et elle avait subi une ostéotomie qui s’est compliquée d’une déhiscence de la plaie opératoire ce qui prolongea énormément le séjour de la patiente dans un centre hospitalier payant. Au cours de l’hospitalisation elle avait fait aussi un accident vasculocérébral.
C’était mon premier séjour à Cuba avec toute la charge d’émotion que cela pouvait représenter. J’avais cependant été frappé par cette volonté réelle mal cachée et mal camouflée de certains cubains qui e rêvaient que d’une chose : abandonner Cuba !
Le soir de mon retour vers Port-au-Prince, pour une raison que j’ignore encore, j’ai été contraint de passer une nuit à l’hôtel aux frais bien entendu des organisateurs des voyages. Pour rendre notre nuit plus agréable une soirée avait été organisée avec la participation de ces danseuses bien faites que nous écorchons vives du regards sur les couvertures de revues ou se mélangent glamour et autres mots à la mode du même genre.
Les danseuses, bien au-delà de leurs performances souhaitaient particulièrement satisfaire le public masculin en utilisant toute sorte de subterfuge qui généralement dosé au creuset du charme féminin ne nous laisse jamais de glace.
Sans rentrer dans les détails, je me suis retrouvé le lendemain matin avec une sacoche remplie de formulaire remplie pour la lotterie des visas de résidence organisée par les autorités américaines.
Elles avaient pu contourner l’obstacle de ne pas pouvoir par elles-mêmes poster le précieux document.
Que les politiciens s’arrangent pour insérer dans une rubrique particulière ces faits au moment de faire le bilan de la Révolution.
Aujourd’hui, les cubains semblent avoir compris que les haïtiens et les dominicains possédaient un passe temps commun : quitter leur pays et arriver sur les côtes américaines. Voici donc une nouvelle coopération tripartite qui allie dans leur essence boat people, yoleros, et marielitos. Dans cette configuration les cubains sont largement favorisés par la politique discriminatoire des américains en matière d’immigration (clandestine). La politique pieds mouillés, pieds secs continue à être la motivation principale qui poussera les cubains qui veulent sortir de cuba à utiliser tous les moyens possibles pour toucher les côtes américaines.
Un article du site officiel de la fédération japonaise de football autour de la coupe du monde des moins 17 en Corée
Japan drawn to tough group in FIFA Under-17 World Cup
Japan will play African champions Nigeria, CONCACAF champions Haiti and European semifinalists France in the FIFA Under-17 World Cup from August 18 to September 9 in Korea Republic, it was announced at the draw in Seoul on Thursday.
In the 24-team tournament, Japan, who qualified by winning the Asian title, will meet
Haiti first on August 19 before playing Nigeria on August 22, both in Gwangyang, and
France on August 25 in Goyang.
Japan have previously lost twice to Nigeria (2-1 in the quarterfinals of the 1993 World
Championship and 4-0 in the group stage of the 2001 contest), and were beaten 5-1 by
France in the group stage of the 2001 tournament.
The top three finishers from each group will advance to the Round of 16 slated for August
29-30. The quarterfinals will take place on September 1-2, the semifinals on September 5-6
and the final and third-place playoff on September 9 at Seoul World Cup Stadium.
Japan Under-17 coach Hiroshi Jofuku said, "We've been drawn to a very tough group. How
much we can play our own football will be the key to our success. We'd like to do our best
and play as many games as possible there."
Japan will be making their fourth appearance in the tournament.
Groups:
Group A—Korea Republic, Peru, Costa Rica, Togo
Group B—DPR Korea, England, Brazil, New Zealand
Group C—Honduras, Spain, Argentina, Syria
Group D—Nigeria, France, Japan, Haiti
Group E—Belgium, Tunisia, Tajikistan, United States
Group F—Colombia, Germany, Trinidad and Tobago, Ghana
http://www.jfa.or.jp/eng/news/news/070517_10.html
Japan will play African champions Nigeria, CONCACAF champions Haiti and European semifinalists France in the FIFA Under-17 World Cup from August 18 to September 9 in Korea Republic, it was announced at the draw in Seoul on Thursday.
In the 24-team tournament, Japan, who qualified by winning the Asian title, will meet
Haiti first on August 19 before playing Nigeria on August 22, both in Gwangyang, and
France on August 25 in Goyang.
Japan have previously lost twice to Nigeria (2-1 in the quarterfinals of the 1993 World
Championship and 4-0 in the group stage of the 2001 contest), and were beaten 5-1 by
France in the group stage of the 2001 tournament.
The top three finishers from each group will advance to the Round of 16 slated for August
29-30. The quarterfinals will take place on September 1-2, the semifinals on September 5-6
and the final and third-place playoff on September 9 at Seoul World Cup Stadium.
Japan Under-17 coach Hiroshi Jofuku said, "We've been drawn to a very tough group. How
much we can play our own football will be the key to our success. We'd like to do our best
and play as many games as possible there."
Japan will be making their fourth appearance in the tournament.
Groups:
Group A—Korea Republic, Peru, Costa Rica, Togo
Group B—DPR Korea, England, Brazil, New Zealand
Group C—Honduras, Spain, Argentina, Syria
Group D—Nigeria, France, Japan, Haiti
Group E—Belgium, Tunisia, Tajikistan, United States
Group F—Colombia, Germany, Trinidad and Tobago, Ghana
http://www.jfa.or.jp/eng/news/news/070517_10.html
Les autorités policières déterminées à traquer les bandits
Le chef de la police, Mario Andrésol réaffirme la détermination de l’institution policière à poursuivre la lutte contre l’insécurité, et annonce une série d’opération en vue d’appréhender des criminels en cavale.
M. Andrésol soutient que la guerre contre la corruption décrétée par le chef de l’état implique le désarmement de certains secteurs qui encouragent la violence et l’instabilité. Tout en se refusant à citer un secteur nommément le chef de la police précise qu’il veut faire référence aux individus impliqués dans les événements de 2004." Le désarmement se réalise de manière déséquilibré", déclare t-il soulignant que ses remarques ne visent pas des anciens membres des forces armées d’Haïti. Je ne fais pas non plus allusion aux membres du secteur privé soutient–il alors que les journalistes le pressaient d’identifier le secteur en question.
Le chef de la police a par ailleurs expliqué que sa démarche s’inscrit dans un cadre global de contrôle de la circulation des armes à travers le pays, soulignant que des secteurs impliqués dans le trafic de la drogue ou liés à la politique peuvent alimenter un climat d’insécurité.
Les forces de l’ordre sont déterminés à traquer les criminel indique M. Andrésol qui en veut pour preuve la mort lors d’affrontement avec la police de deux bandits impliqués dans l’assassinat de policiers à Carrefour. " Nous avons retrouvés l’arme de service du policier en possession de l’un des bandits ", assure t-il précisant que les forces de l’ordre doivent adopter de nouvelles disposition afin de démanteler les réseaux de malfaiteurs.
Par ailleurs, le porte parole de la PNH, Frantz Lerebours, annonce qu’une quarantaine d’individus ont été appréhendés dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du célèbre publiciste François Latour.
Selon M. Lerebours ces individus sont interrogés par les responsables de la Direction centrale de la Police Judiciaire (DCPJ), chargés de l’enquête. " Il est possible que les personnes impliquées dans ce crime crapuleux soient déjà entre les mains de la police", soutient M. Lerebours précisant que les enquêteurs sont à la recherche d’indices pour acheminer le dossier aux autorités judiciaires.
Source : Radio Métropole Haïti sur http://www.metropolehaiti.com
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Notre commentaire
La population en générale a souvent déploré l’attitude transparente dans le mauvais sens du terme des autorités du pays quand elle est frappée par des drames plongeant dans la peur et le désarroi une société qui cherche au fond du tunnel la lueur qui signifierait la fin de l’obscurité d’un côté et de la cécité de ceux qui refusent de voir en empêchant les autres d’accéder à la lumière.
Nous demeurons conscients du fait que la délinquance et la violence ne sont pas l’apanage de la société haïtienne cependant nous ne voyons pas d’action ni d’attitude d’un gouvernement intéressé et surtout concerné à combattre le fléau.
Ceci se traduit justement par l’absence d’intervention officielle assortie d’une pointe de détermination énergique des organismes de l’état. L’autorité de l’Etat n’a donc toujours pas été rétablie.
Les bandits, de mèche et de connivence avec certains secteurs qui ne peuvent et ne savent exister qu’en démontrant leur capacité de créer la peur et la panique au sein de la société haïtienne, lancent un défi permanent à Préval, Alexis, Mario Andresol et la Minustah.
Dans tous les pays affectés par le fléau de la délinquance, conséquence de la fracture sociale, les autorités démontrent au -moins superficiellement- qu’elles se placent toujours aux côtés de la population. Avec des messages clairs, souvent corroborés par certaines actions productives, elles arrivent à redonner confiance à la population en lançant un message fort aux délinquants en les plaçant directement face au poids de leur responsabilité.
Ceux qui choisissent de transgresser les lois doivent être conscients des châtiments qui puniront leurs méfaits.
Les auteurs doivent être pourchassés et les commanditaires dénoncés à l’opinion publique afin de faire tomber les masques et qu’ils endossent la responsabilité du deuil et de la tristesse des citoyens affectés.
Le Message de Mario Andrésol, le seul mec « couillu » de l’administration, est clair et rassurant. On déplore souvent que ses dénonciations finissent trop souvent sans suite.
D.L 27/05/07
M. Andrésol soutient que la guerre contre la corruption décrétée par le chef de l’état implique le désarmement de certains secteurs qui encouragent la violence et l’instabilité. Tout en se refusant à citer un secteur nommément le chef de la police précise qu’il veut faire référence aux individus impliqués dans les événements de 2004." Le désarmement se réalise de manière déséquilibré", déclare t-il soulignant que ses remarques ne visent pas des anciens membres des forces armées d’Haïti. Je ne fais pas non plus allusion aux membres du secteur privé soutient–il alors que les journalistes le pressaient d’identifier le secteur en question.
Le chef de la police a par ailleurs expliqué que sa démarche s’inscrit dans un cadre global de contrôle de la circulation des armes à travers le pays, soulignant que des secteurs impliqués dans le trafic de la drogue ou liés à la politique peuvent alimenter un climat d’insécurité.
Les forces de l’ordre sont déterminés à traquer les criminel indique M. Andrésol qui en veut pour preuve la mort lors d’affrontement avec la police de deux bandits impliqués dans l’assassinat de policiers à Carrefour. " Nous avons retrouvés l’arme de service du policier en possession de l’un des bandits ", assure t-il précisant que les forces de l’ordre doivent adopter de nouvelles disposition afin de démanteler les réseaux de malfaiteurs.
Par ailleurs, le porte parole de la PNH, Frantz Lerebours, annonce qu’une quarantaine d’individus ont été appréhendés dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du célèbre publiciste François Latour.
Selon M. Lerebours ces individus sont interrogés par les responsables de la Direction centrale de la Police Judiciaire (DCPJ), chargés de l’enquête. " Il est possible que les personnes impliquées dans ce crime crapuleux soient déjà entre les mains de la police", soutient M. Lerebours précisant que les enquêteurs sont à la recherche d’indices pour acheminer le dossier aux autorités judiciaires.
Source : Radio Métropole Haïti sur http://www.metropolehaiti.com
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Notre commentaire
La population en générale a souvent déploré l’attitude transparente dans le mauvais sens du terme des autorités du pays quand elle est frappée par des drames plongeant dans la peur et le désarroi une société qui cherche au fond du tunnel la lueur qui signifierait la fin de l’obscurité d’un côté et de la cécité de ceux qui refusent de voir en empêchant les autres d’accéder à la lumière.
Nous demeurons conscients du fait que la délinquance et la violence ne sont pas l’apanage de la société haïtienne cependant nous ne voyons pas d’action ni d’attitude d’un gouvernement intéressé et surtout concerné à combattre le fléau.
Ceci se traduit justement par l’absence d’intervention officielle assortie d’une pointe de détermination énergique des organismes de l’état. L’autorité de l’Etat n’a donc toujours pas été rétablie.
Les bandits, de mèche et de connivence avec certains secteurs qui ne peuvent et ne savent exister qu’en démontrant leur capacité de créer la peur et la panique au sein de la société haïtienne, lancent un défi permanent à Préval, Alexis, Mario Andresol et la Minustah.
Dans tous les pays affectés par le fléau de la délinquance, conséquence de la fracture sociale, les autorités démontrent au -moins superficiellement- qu’elles se placent toujours aux côtés de la population. Avec des messages clairs, souvent corroborés par certaines actions productives, elles arrivent à redonner confiance à la population en lançant un message fort aux délinquants en les plaçant directement face au poids de leur responsabilité.
Ceux qui choisissent de transgresser les lois doivent être conscients des châtiments qui puniront leurs méfaits.
Les auteurs doivent être pourchassés et les commanditaires dénoncés à l’opinion publique afin de faire tomber les masques et qu’ils endossent la responsabilité du deuil et de la tristesse des citoyens affectés.
Le Message de Mario Andrésol, le seul mec « couillu » de l’administration, est clair et rassurant. On déplore souvent que ses dénonciations finissent trop souvent sans suite.
D.L 27/05/07
Coup d’envoi du festival de la musique de Jacmel
Patrick Boucard, l’un des membres du comité organisateur annonce que le record de 10 000 tambours ne sera pas battu en raison des difficultés financières auxquelles sont confrontés les organisateurs.
La fondation Sant D A Jacmel (FOSAJ), à l'origine du Festival Mizik Jakmel, avait promis de réunir dix mille tambourineurs sur Congo plage, à Jacmel, lors de l'ouverture le 25 mai de la première édition, en vue de battre le record mondial de la catégorie." Nous avons bénéficié d’un grand support du gouvernement et de la présidence, mais nous n’avons pu avoir un appui important du secteur privé", soutient M. Boucard qui fait état des dépenses énormes en matière de logistique. Nous avons dû sacrifier ce record mais nous comptons réaliser un exercice de tambours avec une bande à pied souligne t-il précisant que les dispositifs de sonorisation et d’éclairage ont été installés hier.
Plusieurs artistes internationaux participeront à ce festival dont les frères Marley de la Jamaïque , des artistes en provenance du Cameroun, Simbie de la Suede, Bruce de la Nouvelle Orleans.
Le festival met en scène plus de 24 artistes de tendances différentes, haïtiens et étrangers. Des musiciens rasin, hip hop, konpa, reggae, R&B, jazz et blues attendent les festivaliers. Pas moins de 14 groupes et artistes haïtiens et une dizaine de groupes et artistes étrangers se produiront pendant plus de 24 heures.
Interrogé sur les dispositifs mis en place pour accueillir les nombreux participants à ce festival, Patrick Boucard, explique qu’il y a un partenariat avec plusieurs associations et institutions pour accueillir les visiteurs.
Source : Radio Métropole Haïti sur http://www.metropolehaiti.com
La fondation Sant D A Jacmel (FOSAJ), à l'origine du Festival Mizik Jakmel, avait promis de réunir dix mille tambourineurs sur Congo plage, à Jacmel, lors de l'ouverture le 25 mai de la première édition, en vue de battre le record mondial de la catégorie." Nous avons bénéficié d’un grand support du gouvernement et de la présidence, mais nous n’avons pu avoir un appui important du secteur privé", soutient M. Boucard qui fait état des dépenses énormes en matière de logistique. Nous avons dû sacrifier ce record mais nous comptons réaliser un exercice de tambours avec une bande à pied souligne t-il précisant que les dispositifs de sonorisation et d’éclairage ont été installés hier.
Plusieurs artistes internationaux participeront à ce festival dont les frères Marley de la Jamaïque , des artistes en provenance du Cameroun, Simbie de la Suede, Bruce de la Nouvelle Orleans.
Le festival met en scène plus de 24 artistes de tendances différentes, haïtiens et étrangers. Des musiciens rasin, hip hop, konpa, reggae, R&B, jazz et blues attendent les festivaliers. Pas moins de 14 groupes et artistes haïtiens et une dizaine de groupes et artistes étrangers se produiront pendant plus de 24 heures.
Interrogé sur les dispositifs mis en place pour accueillir les nombreux participants à ce festival, Patrick Boucard, explique qu’il y a un partenariat avec plusieurs associations et institutions pour accueillir les visiteurs.
Source : Radio Métropole Haïti sur http://www.metropolehaiti.com
La Minustah annonce des dispositions pour freiner la violence
La Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d’Haïti, déplore l’assassinat du publiciste François Latour et entend apporter sa contribution à la réalisation de l’enquête.
Le porte parole de la police onusienne Fred Blaise regrette que deux travailleurs de la presse aient été assassiné au cours de ce mois et révèle que la police haïtienne a ouvert une enquête sur ce dossier.
Tout en indiquant que 8 cas d’enlèvement ont été enregistrés au cours du mois de mai, M. Blaise note une augmentation des cas d’assassinat après enlèvement. Selon lui cette situation prouve que les bandits craignent une intervention des forces de l’ordre sachant que la population est disposée à fournir des informations à la police.
Pour lui les citoyens doivent faire preuve de vigilance et continuer à informer les forces de l’ordre sur les activités des bandits. De plus, il annonce des opérations des forces de l’ordre en vue d’appréhender les bandits qui ont refait surface dans la ville des Gonaives. Nous savons où les bandits se terrent et nous avons déjà arrêté l’un d’entre eux a précisé le porte parole de la Unpol.
Au cours de cette dernière semaine 11 présumés membres de gang ont été appréhendés par les patrouilles conjointes de la Minustah et de la PNH.
Par ailleurs, les forces de l’ordre ont dispersé hier aux Gonaives, une manifestation organisée à l’issue des funérailles du journaliste Alix Joseph assassiné la semaine dernière. Plusieurs centaines de personnes dont des membres d’une délégation de SOS journalistes, et le sénateur Youri Latortue avaient assisté à la cérémonie funéraire.
Lors d’une manifestation improvisée des individus ont lancé des pierres sur les casques bleus et les policiers haïtiens qui ont riposté en lançant des gaz lacrymogène ce qui a entraîné la dispersion des manifestants.
Au moins 3 manifestations ont été organisées au cours de cette semaine par des journalistes et des élèves en vue de réclamer l’arrestation des criminels impliqués dans l’assassinat de Alix Joseph, directeur de programmation de radio Provencial.
Le porte parole militaire de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d’Haïti, Capitaine François Brouges, déplore les incidents enregistrés lors des manifestations de rues dans la cité de l’indépendance.
Source : Radio Métropole Haïti sur http://www.metropolehaiti.com
Le porte parole de la police onusienne Fred Blaise regrette que deux travailleurs de la presse aient été assassiné au cours de ce mois et révèle que la police haïtienne a ouvert une enquête sur ce dossier.
Tout en indiquant que 8 cas d’enlèvement ont été enregistrés au cours du mois de mai, M. Blaise note une augmentation des cas d’assassinat après enlèvement. Selon lui cette situation prouve que les bandits craignent une intervention des forces de l’ordre sachant que la population est disposée à fournir des informations à la police.
Pour lui les citoyens doivent faire preuve de vigilance et continuer à informer les forces de l’ordre sur les activités des bandits. De plus, il annonce des opérations des forces de l’ordre en vue d’appréhender les bandits qui ont refait surface dans la ville des Gonaives. Nous savons où les bandits se terrent et nous avons déjà arrêté l’un d’entre eux a précisé le porte parole de la Unpol.
Au cours de cette dernière semaine 11 présumés membres de gang ont été appréhendés par les patrouilles conjointes de la Minustah et de la PNH.
Par ailleurs, les forces de l’ordre ont dispersé hier aux Gonaives, une manifestation organisée à l’issue des funérailles du journaliste Alix Joseph assassiné la semaine dernière. Plusieurs centaines de personnes dont des membres d’une délégation de SOS journalistes, et le sénateur Youri Latortue avaient assisté à la cérémonie funéraire.
Lors d’une manifestation improvisée des individus ont lancé des pierres sur les casques bleus et les policiers haïtiens qui ont riposté en lançant des gaz lacrymogène ce qui a entraîné la dispersion des manifestants.
Au moins 3 manifestations ont été organisées au cours de cette semaine par des journalistes et des élèves en vue de réclamer l’arrestation des criminels impliqués dans l’assassinat de Alix Joseph, directeur de programmation de radio Provencial.
Le porte parole militaire de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d’Haïti, Capitaine François Brouges, déplore les incidents enregistrés lors des manifestations de rues dans la cité de l’indépendance.
Source : Radio Métropole Haïti sur http://www.metropolehaiti.com
Louis Joinet estime que ses recommandations sont restées lettres mortes
L’expert indépendant des droits humains de l’ONU, Louis Joinet, affirme qu’aucun programme concret pour favoriser une bonne distribution de la justice n’a été réalisé par le gouvernement.
M. Joinet qui effectue un séjour de 8 jours dans le pays pour évaluer la situation des droits humains indique toutefois que des débuts de réponse sont apportés à certains problèmes récurrents. Parmi ces dossiers il cite la réforme de l’état civil qualifiant d’encourageant le débat autour de ce sujet.
En ce qui a trait au domaine sécuritaire, M. Joinet croit qu’on assiste à une évolution positive et se réjouit de l’isolement de certains chefs de gang qui est selon lui la manifestation de la dynamique de la paix. " Avant que le peuple développe cette aspiration à la saveur de la paix il faut prendre des risques", soutient M. Joinet pour qui la violence en Haïti n’est pas post-conflictuelle.
Tout en indiquant avoir assisté à une évolution de la situation, l’expert indépendant de l’ONU se réjouit de la participation de la population dans les efforts pour rétablir un climat de paix.
De plus, Louis Joinet se déclare satisfait de l’application d’un programme d’épuration de la police haïtienne. " Le veting permet d’assainir l’institution policière ", souligne le magistrat français précisant qu’à moyen terme on devrait sentir les résultats de ce changement. " J’ai eu 5 expériences de vetting dans d’autres pays, et je pense que la méthode appliquée actuellement pourra servir de modèle à d’autres pays", déclare t-il rappelant qu’il y a de nombreux critères d’évaluation." Patrimoine, paiement des douanes, des impôts, ce sont des questions objectives et le processus est transparent", assure t-il tout en faisant part de ces objections en ce qui concerne les enquêtes de voisinage.
L’expert indépendant de l’ONU estime qu’il faut réaliser également des réformes au sein de l’appareil judiciaire rappelant que ces institutions doivent travailler en collaboration. " Si vous améliorez la déontologie et le professionnalisme de la police et que ça ne suit pas du coté des juges vous découragez le policier", indique M. Joinet tout en mettant l’accent sur la complexité du dossier en raison de l’inamovibilité des juges.
Source : Radio Métropole Haïti sur http://www.metropolehaiti.com
M. Joinet qui effectue un séjour de 8 jours dans le pays pour évaluer la situation des droits humains indique toutefois que des débuts de réponse sont apportés à certains problèmes récurrents. Parmi ces dossiers il cite la réforme de l’état civil qualifiant d’encourageant le débat autour de ce sujet.
En ce qui a trait au domaine sécuritaire, M. Joinet croit qu’on assiste à une évolution positive et se réjouit de l’isolement de certains chefs de gang qui est selon lui la manifestation de la dynamique de la paix. " Avant que le peuple développe cette aspiration à la saveur de la paix il faut prendre des risques", soutient M. Joinet pour qui la violence en Haïti n’est pas post-conflictuelle.
Tout en indiquant avoir assisté à une évolution de la situation, l’expert indépendant de l’ONU se réjouit de la participation de la population dans les efforts pour rétablir un climat de paix.
De plus, Louis Joinet se déclare satisfait de l’application d’un programme d’épuration de la police haïtienne. " Le veting permet d’assainir l’institution policière ", souligne le magistrat français précisant qu’à moyen terme on devrait sentir les résultats de ce changement. " J’ai eu 5 expériences de vetting dans d’autres pays, et je pense que la méthode appliquée actuellement pourra servir de modèle à d’autres pays", déclare t-il rappelant qu’il y a de nombreux critères d’évaluation." Patrimoine, paiement des douanes, des impôts, ce sont des questions objectives et le processus est transparent", assure t-il tout en faisant part de ces objections en ce qui concerne les enquêtes de voisinage.
L’expert indépendant de l’ONU estime qu’il faut réaliser également des réformes au sein de l’appareil judiciaire rappelant que ces institutions doivent travailler en collaboration. " Si vous améliorez la déontologie et le professionnalisme de la police et que ça ne suit pas du coté des juges vous découragez le policier", indique M. Joinet tout en mettant l’accent sur la complexité du dossier en raison de l’inamovibilité des juges.
Source : Radio Métropole Haïti sur http://www.metropolehaiti.com
Des spécialistes tirent la sonnette d’alarme face à la recrudescence de l’insécurité
Des spécialistes en sécurité font état d’une légère augmentation des cas d’enlèvement dans la région métropolitaine au cours du mois de mai. Plusieurs cas d’enlèvements suivis d’assassinats ont été enregistrés dont l’un d’entre eux concerne le célèbre publiciste François Latour.
Tout en appelant les citoyens à la vigilance, l’expert en sécurité, Reginald Delva, souhaite que les autorités accordent des moyens additionnels aux agents de l’ordre afin qu’ils puissent être efficace.
Il indique que les bandits disposent de nouveaux moyens matériels pour échapper aux patrouilles de police rappelant que les policiers ne sont pas munis de radio communication. " La semaine dernière des bandits utilisant un véhicule à vitres teintées sont partis de Delmas pour réaliser un kidnapping à Mayote ( commune de Pétion ville) pour ensuite redescendre par Delmas et arriver à la route 9", informe t-il dénonçant le laxisme des autorités.
Selon M. Delva l’inaction des autorités est interprétée par les bandits comme un feu vert à la perpétration d’autres actes de violence. De plus, il affirme que des parents ou des proches de certaines victimes sont impliqués dans de nombreux cas d’enlèvement, et souhaite que les autorités policières publient des informations sur ces cas. " Il est important que les parents des victimes ne cèdent pas au chantage mais informent les forces de l’ordre sur ces cas d’enlèvement", souligne t-il.
Le responsable de l’organisation Alerte Haïti estime que les forces de l’ordre doivent envoyer un signal clair aux bandits notamment en mettant en place une structure adéquate pour limiter les actions des kidnappeurs. Le déploiement d’un effectif imposant de policiers dans les rues ne suffit pas ; si ces agents de l’ordre n’ont pas des radios à leur disposition ils ne pourront pas stopper un véhicule utilisé par des bandits ajoute t-il.
Par ailleurs, M. Delva croit que le secteur privé doit collaborer avec les autorités policières dans les investigations pour démanteler les réseaux de kidnapping. Certaines compagnies de téléphonie vendent des téléphones sans réclamer d’informations assure t-il précisant que les bandits savent que ces compagnies ne fourniront pas d’informations à la police.
Source : Radio Métropole Haïti sur http://www.metropolehaiti.com
Tout en appelant les citoyens à la vigilance, l’expert en sécurité, Reginald Delva, souhaite que les autorités accordent des moyens additionnels aux agents de l’ordre afin qu’ils puissent être efficace.
Il indique que les bandits disposent de nouveaux moyens matériels pour échapper aux patrouilles de police rappelant que les policiers ne sont pas munis de radio communication. " La semaine dernière des bandits utilisant un véhicule à vitres teintées sont partis de Delmas pour réaliser un kidnapping à Mayote ( commune de Pétion ville) pour ensuite redescendre par Delmas et arriver à la route 9", informe t-il dénonçant le laxisme des autorités.
Selon M. Delva l’inaction des autorités est interprétée par les bandits comme un feu vert à la perpétration d’autres actes de violence. De plus, il affirme que des parents ou des proches de certaines victimes sont impliqués dans de nombreux cas d’enlèvement, et souhaite que les autorités policières publient des informations sur ces cas. " Il est important que les parents des victimes ne cèdent pas au chantage mais informent les forces de l’ordre sur ces cas d’enlèvement", souligne t-il.
Le responsable de l’organisation Alerte Haïti estime que les forces de l’ordre doivent envoyer un signal clair aux bandits notamment en mettant en place une structure adéquate pour limiter les actions des kidnappeurs. Le déploiement d’un effectif imposant de policiers dans les rues ne suffit pas ; si ces agents de l’ordre n’ont pas des radios à leur disposition ils ne pourront pas stopper un véhicule utilisé par des bandits ajoute t-il.
Par ailleurs, M. Delva croit que le secteur privé doit collaborer avec les autorités policières dans les investigations pour démanteler les réseaux de kidnapping. Certaines compagnies de téléphonie vendent des téléphones sans réclamer d’informations assure t-il précisant que les bandits savent que ces compagnies ne fourniront pas d’informations à la police.
Source : Radio Métropole Haïti sur http://www.metropolehaiti.com
samedi 26 mai 2007
Le gouvernement haïtien en quête d’une hypothétique récupération de 6,2 millions de dollars volés par Jean-Claude Duvalier
Le chancelier Jean Rénald Clérismé annonce le départ imminent d’un responsable de la Banque Centrale pour la Suisse où l’argent gelé à la banque doit être remis dans les prochains jours à l’ex-dictateur
vendredi 25 mai 2007,
Radio Kiskeya
Le gouvernement haïtien s’est lancé dans d’ultimes efforts désespérés visant à récupérer plus de six millions de dollars placés dans des comptes bancaires que la Suisse s’apprête à rendre à Jean-Claude Duvalier, vingt ans après le gel d’une partie des avoirs de l’ancien dictateur, rapporte l’Associated Press.
Le ministre des affaires étrangères, Jean Rénald Clérismé, a annoncé vendredi qu’un officiel de la Banque Centrale doit laisser Port-au-Prince dans les prochains jours à destination de Genève. Il va tenter de rapatrier 7,6 millions de francs suisses (6,2 millions de dollars) volés au peuple haïtien et auxquels Duvalier n’avait plus accès dans les banques de Suisse où ils sont gardés.
"Nous allons faire de notre mieux pour faire revenir cet argent", a indiqué vendredi M. Clérismé dans une interview à AP. "C’est important pour nous, parce que nous avons besoin d’argent pour développer le pays", a poursuivi le chancelier ajoutant "nous sommes vraiment dans la dernière ligne droite quant à la possibilité de faire quelque chose. Nous allons faire tout ce qui est en notre pouvoir. Nous pouvons parvenir au meilleur résultat possible". Le responsable haïtien soutient que le gouvernement bénéficie de l’aide d’officiels suisses dans ses efforts.
Mercredi, un responsable du ministère suisse des affaires étrangères, Paul Seger, avait annoncé que les autorités helvétiques n’allaient plus continuer à confisquer des fonds dont la provenance illégale n’a jamais été prouvée. Tous les efforts légaux visant à empêcher la libération de l’argent déposé sur les comptes de l’ancien Président à vie exilé en France depuis 1986.
Si rien ne vient bloquer la procédure judiciaire déjà engagée, à partir du 3 juin, "Baby Doc" pourra entrer en possession de ce pactole de 6,2 millions de dollars.
A la chute de la dynastie des Duvalier, le 7 février 1986, des poursuites judiciaires avaient été engagées contre l’ancien despote et ses proches en vue de les déposséder d’une infime partie des sommes colossales tirées du trésor public. Mais, l’anarchie politique régnant dans le pays a empêché de suivre les procédures pénales de récupération, selon Berne.
Un arrangement à l’amiable prévoyant le versement de la plus grande partie de l’argent à l’Etat haïtien avait été conclu. Mais, loin de respecter leurs engagements, les Duvalier et leurs avocats s’étaient dérobés, préférant attendre la date fatidique du 3 juin pour s’emparer du joli magot.
Totalement désargenté, l’ancien chouchou des "Tontons Macoutes"avait gaspillé son immense fortune en fréquentant les casinos et les palaces du sud de la France, selon Radio France Internationale (RFI). Confronté à de sérieux problèmes de santé après avoir été abandonné par son ex-épouse, Michèle Benett et leurs deux enfants, Nicolas et Michèle-Ania, Jean-Claude Duvalier était réduit ces dernières années à quémander de l’aide auprès d’amis reconnaissants qui s’étaient enrichis sous son régime.
Au moment d’abandonner le pouvoir après quinze ans de règne, sa fortune personnelle était estimée à 120 millions de dollars.
Cependant, Jean-Claude Duvalier n’a jamais été jugé par un tribunal haïtien, pas plus que ses successeurs accusés pour la plupart d’implication dans des crimes de sang et la dilapidation du trésor public.
A rappeler que l’une des toutes premières mesures de l’administration Préval/Alexis a été l’arrêt des poursuites judiciaires que le gouvernement intérimaire (2004-2006) avait engagées contre Jean-Bertrand Aristide pour le détournement présumé de plusieurs millions de dollars. spp/RK
Source Radio Kiskeya sur http://www.radiokiskeya.com
--------------------
Je voudrais tellement que les autorités suisses apprennent le créole haïtien pour comprendre la force et l’essence de ce proverbe : « Si pa gen sitirèz, pa gen volo ».
Personne n’ose mettre les doigts sur cette plaie nauséabonde que représente le comportement des administrateurs des banques de Suisse qui augmentent impunément leur chiffre d’affaire au dépens de la pauvreté des peuples dirigés par des corrompus.
Le commerce équitable, le tourisme équitable sont autant de réponses individuelles citoyennes pour alléger des consciences face a des réalités trop crues.
A quand une banque équitable.
Qui osera demander aux Suisses de changer de méthodes !
vendredi 25 mai 2007,
Radio Kiskeya
Le gouvernement haïtien s’est lancé dans d’ultimes efforts désespérés visant à récupérer plus de six millions de dollars placés dans des comptes bancaires que la Suisse s’apprête à rendre à Jean-Claude Duvalier, vingt ans après le gel d’une partie des avoirs de l’ancien dictateur, rapporte l’Associated Press.
Le ministre des affaires étrangères, Jean Rénald Clérismé, a annoncé vendredi qu’un officiel de la Banque Centrale doit laisser Port-au-Prince dans les prochains jours à destination de Genève. Il va tenter de rapatrier 7,6 millions de francs suisses (6,2 millions de dollars) volés au peuple haïtien et auxquels Duvalier n’avait plus accès dans les banques de Suisse où ils sont gardés.
"Nous allons faire de notre mieux pour faire revenir cet argent", a indiqué vendredi M. Clérismé dans une interview à AP. "C’est important pour nous, parce que nous avons besoin d’argent pour développer le pays", a poursuivi le chancelier ajoutant "nous sommes vraiment dans la dernière ligne droite quant à la possibilité de faire quelque chose. Nous allons faire tout ce qui est en notre pouvoir. Nous pouvons parvenir au meilleur résultat possible". Le responsable haïtien soutient que le gouvernement bénéficie de l’aide d’officiels suisses dans ses efforts.
Mercredi, un responsable du ministère suisse des affaires étrangères, Paul Seger, avait annoncé que les autorités helvétiques n’allaient plus continuer à confisquer des fonds dont la provenance illégale n’a jamais été prouvée. Tous les efforts légaux visant à empêcher la libération de l’argent déposé sur les comptes de l’ancien Président à vie exilé en France depuis 1986.
Si rien ne vient bloquer la procédure judiciaire déjà engagée, à partir du 3 juin, "Baby Doc" pourra entrer en possession de ce pactole de 6,2 millions de dollars.
A la chute de la dynastie des Duvalier, le 7 février 1986, des poursuites judiciaires avaient été engagées contre l’ancien despote et ses proches en vue de les déposséder d’une infime partie des sommes colossales tirées du trésor public. Mais, l’anarchie politique régnant dans le pays a empêché de suivre les procédures pénales de récupération, selon Berne.
Un arrangement à l’amiable prévoyant le versement de la plus grande partie de l’argent à l’Etat haïtien avait été conclu. Mais, loin de respecter leurs engagements, les Duvalier et leurs avocats s’étaient dérobés, préférant attendre la date fatidique du 3 juin pour s’emparer du joli magot.
Totalement désargenté, l’ancien chouchou des "Tontons Macoutes"avait gaspillé son immense fortune en fréquentant les casinos et les palaces du sud de la France, selon Radio France Internationale (RFI). Confronté à de sérieux problèmes de santé après avoir été abandonné par son ex-épouse, Michèle Benett et leurs deux enfants, Nicolas et Michèle-Ania, Jean-Claude Duvalier était réduit ces dernières années à quémander de l’aide auprès d’amis reconnaissants qui s’étaient enrichis sous son régime.
Au moment d’abandonner le pouvoir après quinze ans de règne, sa fortune personnelle était estimée à 120 millions de dollars.
Cependant, Jean-Claude Duvalier n’a jamais été jugé par un tribunal haïtien, pas plus que ses successeurs accusés pour la plupart d’implication dans des crimes de sang et la dilapidation du trésor public.
A rappeler que l’une des toutes premières mesures de l’administration Préval/Alexis a été l’arrêt des poursuites judiciaires que le gouvernement intérimaire (2004-2006) avait engagées contre Jean-Bertrand Aristide pour le détournement présumé de plusieurs millions de dollars. spp/RK
Source Radio Kiskeya sur http://www.radiokiskeya.com
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Je voudrais tellement que les autorités suisses apprennent le créole haïtien pour comprendre la force et l’essence de ce proverbe : « Si pa gen sitirèz, pa gen volo ».
Personne n’ose mettre les doigts sur cette plaie nauséabonde que représente le comportement des administrateurs des banques de Suisse qui augmentent impunément leur chiffre d’affaire au dépens de la pauvreté des peuples dirigés par des corrompus.
Le commerce équitable, le tourisme équitable sont autant de réponses individuelles citoyennes pour alléger des consciences face a des réalités trop crues.
A quand une banque équitable.
Qui osera demander aux Suisses de changer de méthodes !
vendredi 25 mai 2007
UN LIVRE .... DEUX ECRIVAINS... POLITIQUE ET CULTURE A L'HAITIENNE
Deux complices en écritureCastel Germeil et Marie Marcelle Ferjuste signeront « Politique et Culture à l'haïtienne » le 7 juin prochain à Livres en folie.
Personne ne pourra les accuser de manquer de constance dans leurs idées.
Le Nouvelliste : Père Castel Germeil, vous vous adonnez à l'écriture depuis près de vingt-cinq ans, vous avez déjà publié une dizaine de recueils de poèmes, un recueil de nouvelles et un extrait de votre thèse de doctorat sur Simone Weil. Vous collaborez de temps à autre à des quotidiens et à des revues en Haïti, comme à l'étranger, plus particulièrement en Italie où vous avez poursuivi vos études de philosophie. Comment expliquez-vous cette passion pour l'écriture ?
Castel Germeil : Je dirais plutôt un intérêt ininterrompu pour l'écriture. Car, si je suis passionné, c'est des êtres et des hommes que je le suis. Ma complicité avec l'écriture n'est que la conséquence d'un tel attachement. Dès mon plus jeune âge, je me suis découvert cet intérêt manifeste pour les personnes et la réalité environnante, voire la réalité tout court. Je ne l'ai sans doute pas toujours traduit en actes concrets et visibles. Je n'ai pas aménagé les domaines ni cultivé les terres auxquels j'ai rêvé, je n'ai pas aidé mes voisins à faire fructifier les leurs, je n'ai pas transmis mes connaissances à leurs rejetons. Je n'ai pas non plus défendu la cause nationale pour n'avoir pas été là quand ses défenseurs étaient hésitants et je ne l'ai point fait à mon tour quand l'obligation s'est présentée à ma porte. Voilà la vocation ratée qui m'a sincèrement poussé vers l'écriture. Toutefois, je ne la considère pas comme un simple palliatif, j'ai aussi une grande vénération pour elle. En peu de mots, j'aime écrire parce que j'aime les choses et les gens.
L. N : Marie Marcelle Ferjuste, vous vous êtes fait connaître très jeune, à tout juste seize ans si je ne m'abuse, avec la publication de deux recueils "Le premier jet" et "Jets de mots". Ils ont eu une très large diffusion à travers la presse culturelle et l'élite intellectuelle. Et depuis, on n'a plus rien lu de vous. Comment expliquer ce silence interminable de près de trente ans de même que ce regain d'intérêt soudain pour l'écriture ?
Marie Marcelle Ferjuste : A cet amour de jeunesse, je suis pourtant restée fidèle. J'ai eu dans la vie une saison morte, j'étais absente de la scène littéraire. L'entracte ayant pris fin, me revoilà avec vous tous.
L. N : Aujourd'hui, vous publiez un ouvrage au titre évocateur « Politique et Culture à l'haïtienne », quelle thèse développez-vous dans ce précieux essai sur notre culture ?
C. G : Nous vous savons gré de juger le titre évocateur. Du reste, tout le monde n'est pas du même avis que vous. L'un ou l'autre de nos amis, informé de l'imminence de la publication, nous a révélé n'avoir pas franchement bien compris la locution adverbiale "à l'haïtienne". D'autres incriminent notre volonté, obstinée à leur sens, de conjuguer la politique à la culture au lieu que naturellement ils ne feraient point bon ménage. Nous sommes loin d'acquiescer à leurs points de vue. Pour ne faire allusion qu'à des ouvrages assez récents, nous évoquons le texte de l'analyste politique et critique Pierre Raymond Dumas, "La transition d'Haïti vers la démocratie", les essais des sociologues Micial Nérestant et Claude Souffrant, "Religions et politique en Haïti "et "Littérature et Société en Haïti", l'étude du politologue Kern Delince, "Les forces politiques en Haïti", les ouvrages de l'anthropologue Laënnec Hurbon, "Dieu dans le vaudou haïtien", "Culture et dictature en Haïti" : "l'imaginaire sous contrôle", "Comprendre Haïti", etc. Haïti est peut-être le pays dont le nom et l'attribut reviennent le plus en page de couverture. En ce qui nous concerne, quand nous avons choisi de faire usage de la locution « à l'haïtienne », nous voudrions insister par-dessus tout sur le fait régulièrement avéré qu'il y a bien une manière haïtienne de comprendre, d'envisager et de peupler le monde de la culture, mais aussi d'explorer le territoire de la politique et d'en faire.
M. M. F : Les questions de politique et de culture, si elles ne sont pas toujours indissociables, ne sont jamais indépendantes les unes des autres. La politique est l'expression souveraine de la régulation de la vie sociale et la culture est le moteur, l'âme, le coeur de toute société. Un moteur déréglé ne peut pas donner sa pleine mesure, une âme débridée finit par se perdre et le coeur, dont les battements sont sans cesse irréguliers, finit par flancher tôt ou tard, plutôt tôt que tard. Par ailleurs, je me reprocherais de ne pas souligner que le titre, comme l'aventure même de "Politique et Culture à l'haïtienne", n'est pas dû tout juste à la simplicité du hasard. Après son retour en Haïti en 1994, le Père Castel Germeil a été invité par le rédacteur en chef du Nouvelliste d'alors Carlo Désinor et son ami et son collaborateur Pierre Raymond Dumas à alimenter dans les colonnes du journal à l'occasion un espace de réflexion sur la vie politique surtout mais aussi sur l'actualité culturelle à partir de sa vision ou même de celle que les Haïtiens s'en font habituellement. La rubrique a ainsi conservé le titre de 'Politique à l'haïtienne" pendant plusieurs années. Toutefois, les thèmes débattus n'étaient pas exclusivement d'ordre politique. Je me souviens bien d'un texte fort étoffé sur la première rentrée littéraire française du troisième millénaire, d'ailleurs repris dans l'ouvrage (pp. 49-53), d'un compte-rendu de la disparition de Xavier Orville, très bon poète et romancier martiniquais et par-dessus tout d'un mémorable reportage sur la visite du Nonce apostolique Luigi Bonazzi au Pic La Selle au début de mars 2002.
L. N : Mais alors, Marie Marcelle Ferjuste, expliquez-nous votre contribution dans la rédaction de cet ouvrage.
M. M. F : C'est étrange !... Par où commencer ?.... Le Père Castel Germeil et moi, nous sommes complices au niveau de l'écriture et de la recherche académique depuis fort longtemps. Quand après avoir été ordonné prêtre, il a cessé de se retrouver à Port-au-Prince et est retourné en mission dans son diocèse d'origine des Cayes, j'ai été son principal pourvoyeur de revues et de journaux. J'en éprouvais une vraie satisfaction parce que je savais qu'il était omnivore en matière de lecture et que sa digestion n'était pas mauvaise. Au cours de son séjour à Rome, notre correspondance s'agrémentait également de découpures et de photocopies d'informations et d'articles intéressants. A son retour en Haïti, Dieu seul sait combien de fois nous nous sommes retrouvés entre nous ou avec des amis pour partager, dialoguer, échanger sur le cinéma, la religion, le folklore, la presse, la politique, etc. Je n'oublierai pas de préciser que depuis la maladie et la disparition de Carlo Désinor, le Père Castel Germeil avait interrompu ses analyses dans Le Nouvelliste. C'est à la faveur du Second Tour des élections générales de l'année écoulée et d'une anecdote cocasse que nous avons décidé de ressusciter la rubrique et de la co-écrire dorénavant. En effet, Castel a été à la maison tout au cours de la matinée du vendredi 21 avril 2006. Dans l'après-midi, aux environs de deux heures, il a voulu à tout prix prendre congé de nous pour se rendre à son bureau de vote et accomplir son devoir de citoyen. Le soir, quand je l'appelle pour m'informer du dénouement de son projet, quelle n'a pas été ma surprise d'apprendre qu'il n'avait pas voté ? A son arrivée à 3h 30 au seuil de la barrière du siège du scrutin, l'entrée a été interdite et la barrière carrément fermée au grand dam de quelques votants potentiels. Alors, on s'est mis d'accord que c'était inacceptable et que par-dessus tout ça vaudrait mieux de le souligner. Il m'a alors proposé de co-écrire pour réalimenter Politique à l'haïtienne. J'avoue encore, après avoir hésité un moment, avoir sauté sur l'occasion d'autant plus qu'il ne s'agissait point d'un ballon d'essai, étant donné que nous avions déjà relevé le défi de la collaboration dans l'écriture d'une fiction romanesque intitulée " La teigne sous le képi ".
L. N : Concrètement, quelle politique culturelle proposez-vous dans cet essai aux décideurs du pays ?
Comment peut-on arriver à l'expliquer en Haïti ?
C. G : Pour être équitable, nous devons reconnaître que nous n'avons pas procédé avec la rigueur méthodique d'un anthropologue consommé à une analyse en bonne et due forme du thème de la culture, de ses aspects sociopolitiques ou de la nécessité pour nos décideurs, tant du secteur privé que public, de la prendre à bras-le-corps et de l'ensemble des moyens y afférents. Nous avons épilogué à son sujet plus ou moins à notre manière dans l'essai particulier dédié à sa nature et à celles de l'éducation et de la civilisation (op. cit., pp. 79-82). La culture est l'âme d'un peuple, son trésor inestimable, son bien le plus précieux. Elle avoisine la transcendance et le sacré. Quand bien même son exploitation peut contribuer à l'agrandissement de notre assiette de consommation, la culture, en tant que telle n'est pas négociable pour de l'argent, de l'influence ou des titres honorifiques
M. M. F : J'ajouterais que l'identité culturelle, plus que le folklore, les traditions, les coutumes, les usages, les manifestations et les produits culturels, a partie liée avec la mentalité. Nous avons été trop longtemps habitués en Haïti à une atmosphère de violence, de façade et de faire-valoir. Nous n'avons pas su protéger nos acquis, nous n'avons pas su consolider l'authenticité de notre patrimoine ni restaurer non plus les murailles lézardées. Nous avons trop souvent répondu aux sirènes de l'acculturation. Il nous faudrait nous ré-approprier et être nous-mêmes le plus complètement possible, comme l'a si bien dit Jean Price Mars.
C. G : Pour cela, il faudrait que nos vaillants décideurs, en tout premier lieu et nous à leur suite, nous agissions beaucoup sur le facteur incontournable de la mentalité. Nos dictatures et nos gouvernements irresponsables successifs ne nous ont jamais facilité la tâche. En Haïti, personne n'est dupe de rien mais presque tout le monde agit comme si son voisin était le plus nigaud de la bande. Nous sommes un peuple pauvre, mais digne de respect et capable de se faire respecter. Notre peuple est débrouillard, généralement bon, tant soit peu libertin. Il est alors impossible de comprendre que nous soyons du nombre des premiers parmi les peuples ou plutôt les nations les plus corrompues. A cette enseigne, il faut conclure que la gangrène de la corruption vient d'en haut et non d'en-bas. Les gardiens du troupeau, férus de corruption, de manipulations, de méchants tours d'adresse, de désirs insatiables de grandeur, de luxe, d'ascendant malséant et d'opulence, trahissent le troupeau et contribuent à sa perte. C'est ainsi qu'il faut comprendre la colère de Frankétienne contre l'intelligentsia à l'haïtienne dans " Pèlen tèt ". La charité bien ordonnée commence par soi-même, dit le proverbe. La lutte contre la mentalité corruptrice, philistine et opportuniste doit commencer par chacun de nous et continuer naturellement avec la modification de celle de nos concitoyens et de nos concitoyennes.
L. N : Ecrivez-vous ce livre pour vendre l'image du pays ou promouvoir la culture haïtienne ?
C. G : Comme il me plairait que le contact et la familiarité avec notre ouvrage contribuent à une reconquête de la confiance des uns et des autres dans l'avenir et la destinée du pays ! Nous, les intellectuels et les universitaires haïtiens, nous avons le devoir, pour ne pas prêcher dans le désert, d'être exemplaires. Notre témoignage de cohérence, de générosité, de disponibilité, de sagesse et de perspicacité vaudra mieux que notre verbe. Jamais, plus jamais le Verbe sans le témoignage et l'engagement. Nous avons la réputation, non tout à fait tort, d'être de beaux parleurs. "Pale franse pas vle di lespri !" Cessons cette habitude de parler tout juste pour parler, enchanter et distraire. Parlons bien mais parlons vrai !
M. M. F : Le livre n'a pas été spécifiquement rédigé pour vendre l'image du pays ou promouvoir la culture haïtienne. Cependant, il ne demeure pas moins une analyse de l'existant dans les domaines qui ont été abordés et à ce titre c'est tout au bénéfice du pays et des compatriotes d'ici et d'outre-mer.
L. N : Vous écrivez de beaux poèmes à la Rimbaud, à la Bernanos ou à la Claudel. Avez-vous lu ces poètes ou d'autres poètes français de la même génération qu'Arthur Rimbaud ?
L. N : Entretenez-vous des relations avec des écrivains haïtiens ou de l'étranger ?
C. G : Je suis un lecteur insatiable de poésie en tous genres. Vous allez- vous en rendre compte ou vous vous en êtes sans doute rendu compte en vous arrêtant sur le dernier essai de notre ouvrage consacré à la poésie du terroir et en particulier de celle de deux auteurs qui nous sont familiers mais qui évoluent un peu en marge de l'activité poétique port-au-princienne. Il s'agit de Jean-Patrick Louis-Jacques et d'Armoce Dugé. Je lis toute la poésie et tous les commentaires autour des poètes qui me tombent sous les yeux. Marie Marcelle le sait bien, elle que j'alimente en recueils étrangers et qui met à ma disposition son répertoire de titres haïtiens que je n'ai pas eu le loisir de m'acquérir. Je crois avoir lu tout Rimbaud qui a cessé d'écrire à moins de vingt-deux ans, mis à part ses lettres à ses amis et sa correspondance commerciale comme explorateur français au Harar, en Afrique de l'est. J'ai aussi lu certains ouvrages de Bernanos qui est plutôt romancier, Journal d'un curé de campagne, l'Imposture, Sous le soleil de Satan, Monsieur Ouine, Le dialogue des Carmélites. J'ai aussi lu une bonne partie du théâtre, de la poésie de synthèse et d'élaboration cosmique et transcendante de Claudel avec notamment Partage de Midi, L'annonce faite à Marie, La Jeune fille Violaine et par-dessus tout son oeuvre maîtresse, Le soulier de satin. J'en ai fait d'ailleurs allusion dans l'un des poèmes de La passion de l'@utre, Promesse (cit. p. 76) en y associant les héros (dona Prouhèze) à ceux de " Gouverneurs de la rosée " et de " L'espace d'un cillement " (Annaïse, Manuel, La Nina, el Gaucho). Les poètes-maudits de la génération de Rimbaud, Verlaine, Baudelaire, Lautréamont, mais également Albert Samain et Jules Laforgue frappés de malédiction davantage par leur disparition précoce que par leur orientation existentielle libérale et déréglée sont aussi connus de nous autant que nous avons entendu parler ou lu certains de la plupart des poètes anglais, russes, américains, allemands, italiens et espagnols de la fin du dix-neuvième et du vingtième siècle. Mais il y a aussi et surtout une génération maudite en Haïti, celle d'Haïti-Littéraire de 1960, suivie par celle des condamnés à mort, à la prison perpétuelle, à l'exil et au silence par le duvaliérisme. Elle aura exercé sur nous une grande et belle fascination par sa vénération de l'inspiration et des sublimes composantes de l'univers, par son courage de résistance et conviction et par-dessus tout par son patriotisme et ses vertus nationales.
C. G : Malgré les apparences trompeuses et déconcertantes, Haïti n'est pas un pays en panne de patrimoine littéraire. Il y a des trésors d'écriture et les écrivains sont de divers ordres : critique, littéraire proprement dit, scientifique. Nous n'avons pas encore atteint le niveau de foisonnement, de communication et de brassage littéraires attendu. Dans le monde de la littérature et de la critique, je connais bien Georges Castera fils avec qui j'ai eu des échanges fructueux, Pierre Raymond Dumas, Pierre Clitandre, Willems Edouard, Marc Exavier, Mona Guérin, Rudolph Muller (qui malheureusement observe depuis des années un silence sépulcral), Christophe Charles, St John Kauss. J'ai dans le métier de grands amis disparus : Pradel Pompilus, Gérard Dougé, René Belance, Max Dominique. Il y a également de bons auteurs académiques et scientifiques qui me sont des interlocuteurs privilégiés : Hérold Toussaint, Legrand Bijoux, Gasner Joint, Micial Nerestant, Jean Elie Larrieux, Ernst Mirville, Claude Souffrant, Kawas François, pour ne citer que ceux-là. D'autres bons auteurs amis tels que François Sildor, Pierre André Voltaire, Serge Jules Audate ont malheureusement jeté l'éponge. A l'étranger, nous gardons des contacts avec le critique et poète jésuite français Jean Mambrino de même qu'avec les écrivains italiens Antonio Nocera, Attilio Danese, Giulia Paola di Nicola.
M. M. F : Plus ou moins les mêmes contacts que ceux de Père Castel. J'ajouterais la familiarité avec Verly Dabel et, en revanche, je regrette d'avoir perdu la piste de beaucoup d'interlocuteurs littéraires de jadis, en particulier Adyjeangardy, Kern Grand-Pierre, Riollet Senat Celestin, Marie Claude Guichard, Yolande Jean-Baptiste et du critique littéraire Roland Thadal.
L. N : Mise à part l'écriture et la prêtrise, que faites-vous dans la vie ?
C. G : J'enseigne la philosophie, la méthodologie et les techniques de composition dans une institution en terminale et dans des facultés et des instituts à Port-au-Prince et à Jérémie.L. N : Comment conciliez-vous votre intérêt pour l'écriture avec la prêtrise ?
C. G : Mon intérêt soutenu pour l'écriture et ma vocation de prêtre ne s'importunent pas vraiment. Je cherche régulièrement à m'arranger pour que mes activités respectives ne se troublent point. Un temps pour chaque chose, comme dit si bien l'Ecclésiaste.
L. N : Avez-vous des projets d'écriture en cours ?
C. G : Nous tous, nous en avons toujours. En ce qui concerne l'écriture immédiate, je rédige des histoires merveilleuses en collaboration avec Marie Marcelle Ferjuste. Nous leur donnerons le titre suivant : " Les ombres de la fascination ". Je travaille lentement depuis un an à la rédaction d'un essai philosophique : « La dimension plurielle de la philosophie ». Il y a aussi une petite fondation d'entraide et de possibilités de communication et d'échange que des amis, Marie Marcelle et moi sommes en train d'envisager. Elle s'appellerait Madre di Tutti. Ce n'est encore qu'un voeu pieux.
M. M. F : Comme l'a dit le Père Castel, nous avons en commun " Les ombres de la fascination " en phase de rédaction ; j'ai déjà mentionné notre fiction romanesque " La teigne sous le képi " et personnellement j'ai d'autres titres que je compte publier au fur et à mesure tels " Adresse au féminin ".
L. N : Avez-vous un souhait ?
C. G : Je laisse le soin à la sensibilité féminine de l'exprimer à notre compte.
M. M. F : Trois petits points : 1) Le souhait de voir dans ce pays de véritables maisons d'édition.
2) Une pensée pieuse à l'égard de nos amis disparus : Frère Raphaël Berrou, Roger Gaillard, Edris St Amand, Dennery Ménelas, Dr Carlo A. Désinor, Jacques Roche et Michel Denejour.
3) Un merci sincère et spécial au quotidien Le Nouvelliste qui nous a toujours offert cet espace de communication et de partage. Grand merci à vous, M. Jobnel Pierre et à tous nos lecteurs.
Castel Germeil : Né aux Anglais, en 1961, Castel Germeil fit ses études classiques au Petit Séminaire Collège de Mazenod à Camp-Perrin et au Collège St Jean des Cayes. Il étudia ensuite la philosophie et la théologie au Grand Séminaire Notre Dame d'Haïti, l'anthropologie et la sociologie à la faculté d'Ethnologie. En 1989, il s'en alla à Rome pour des études approfondies en Philosophie jusqu'au doctorat qu'il obtint en 1993 avec une thèse sur la vie et l'oeuvre de Simone Weil. A son retour en Haïti, il a enseigné à l'Ecole Normale Supérieure, au Grand Séminaire Notre Dame, au CREFI, à la Faculté de Droit de Jérémie (ESCDROJ) et à l'UPH (Université Polyvalente d'Haïti). Son intérêt pour les lettres est manifeste par la publication de poèmes, de récits (L'Evasion et autres récits) et d'essais dans des revues en Haïti et à l'étranger. Cet ouvrage co-signé est un stimulant supplémentaire vers d'autres explorations philosophiques et littéraires.OEuvres de Castel Germeil :
• La valse des chandelles, poèmes, Imprimerie des Scouts d'Haïti, Port-au-Prince, 1983
• Projet d'innocence, poèmes, Imprimerie la Phalange, Port-au-Prince, 1985
• Paroles sans frontières, poèmes, Imprimerie la Phalange, Port-au-Prince, 1988
• Les chemins de l'absolu. Une analyse de leur impact sur la vie et l'oeuvre de Simone Weil (thèse de doctorat en philosophie), Rome, 1993 (extraits).
• L'évasion et autres récits, nouvelles et récits, Editions Fleur-Yo, Port-au-Prince, 1997
• L'automne incertain, poèmes, Editions Fleur-yo, Port-au-Prince, 1998
• La flamme de chaque éveil, poèmes, Editions Fleur-yo, Port-au-Prince, 1998.
• Les derniers soupirs de Sébastien, poèmes, Editions Fleur-yo, Port-au-Prince, 2000.
• La passion de l'autre, poèmes, Fleur-Yo, 2002.
• AA. VV (Sous la direction de Claude Souffrant), Haïti à l'ère des ordinateurs, Port-au-Prince, Editions Henri-Deschamps, 2004.
• Le dilemme de Théo (roman, inédit)• Une année de grâce (roman, inédit)
• L'expulsion (roman, inédit)
• La philosophie de la méthode (essai en préparation)
• La dimension plurielle de la philosophie (essai en préparation)
• Une alliance en sursis (roman, en préparation)
• La teigne sous le képi (roman en collaboration, inédit)
• Les ombres de la fascination (récits fantastiques en collaboration, en préparation)
Marie Marcelle FerjusteNée aux Cayes en 1961, Marie Marcelle Ferjuste commença ses études classiques chez les Soeurs de l'Immaculée Conception à Camp-Perrin pour les terminer au Collège des Soeurs de la Charité de St Louis (CSL) à Bourdon. Elle est diplômée en Secrétariat Bilingue chez les Soeurs du Christ-Roi (CK), a décroché, au terme de la soutenance de son mémoire de sortie Pour une dynamique de Gestion des Avantages Sociaux dans les Entreprises Publiques Haïtiennes, une Licence en Administration, à l'Institut National d'Administration, de Gestion et des Hautes Etudes Internationales (INAGHEI) et a étudié le Droit à la Faculté de Droit et des Sciences Economiques (FDSE). Lorsqu'elle publia en 1977, son premier poème dans le quotidien Le Nouvelliste (28 et 29 mai), on soupçonnait bien que couvait chez elle un vif intérêt pour les lettres. La publication de Le premier jet (1978) et de Jets de mots (1980), bien accueillie dans le milieu littéraire haïtien, devait confirmer la promesse. En se mettant à tous les genres, elle a enfin décidé de publier ces essais co-signés dans la perspective de faire paraître d'autres textes.
Oeuvres de Marie Marcelle Ferjuste :
• Le Premier jet (Poèmes, 1978)
• Jets de mots (Poèmes, 1980)
• Maîtresse d'elle-même (roman, inédit)
• Adresse au féminin (roman, inédit)
• Sans commune mesure (roman en préparation)
• La tétralogie (portraits, en préparation)
• L'éprouvé (roman, en préparation)
• La teigne sous le képi (roman en collaboration, inédit)• Les ombres de la fascination (récits fantastiques en collaboration, en préparation)
Personne ne pourra les accuser de manquer de constance dans leurs idées.
Le Nouvelliste : Père Castel Germeil, vous vous adonnez à l'écriture depuis près de vingt-cinq ans, vous avez déjà publié une dizaine de recueils de poèmes, un recueil de nouvelles et un extrait de votre thèse de doctorat sur Simone Weil. Vous collaborez de temps à autre à des quotidiens et à des revues en Haïti, comme à l'étranger, plus particulièrement en Italie où vous avez poursuivi vos études de philosophie. Comment expliquez-vous cette passion pour l'écriture ?
Castel Germeil : Je dirais plutôt un intérêt ininterrompu pour l'écriture. Car, si je suis passionné, c'est des êtres et des hommes que je le suis. Ma complicité avec l'écriture n'est que la conséquence d'un tel attachement. Dès mon plus jeune âge, je me suis découvert cet intérêt manifeste pour les personnes et la réalité environnante, voire la réalité tout court. Je ne l'ai sans doute pas toujours traduit en actes concrets et visibles. Je n'ai pas aménagé les domaines ni cultivé les terres auxquels j'ai rêvé, je n'ai pas aidé mes voisins à faire fructifier les leurs, je n'ai pas transmis mes connaissances à leurs rejetons. Je n'ai pas non plus défendu la cause nationale pour n'avoir pas été là quand ses défenseurs étaient hésitants et je ne l'ai point fait à mon tour quand l'obligation s'est présentée à ma porte. Voilà la vocation ratée qui m'a sincèrement poussé vers l'écriture. Toutefois, je ne la considère pas comme un simple palliatif, j'ai aussi une grande vénération pour elle. En peu de mots, j'aime écrire parce que j'aime les choses et les gens.
L. N : Marie Marcelle Ferjuste, vous vous êtes fait connaître très jeune, à tout juste seize ans si je ne m'abuse, avec la publication de deux recueils "Le premier jet" et "Jets de mots". Ils ont eu une très large diffusion à travers la presse culturelle et l'élite intellectuelle. Et depuis, on n'a plus rien lu de vous. Comment expliquer ce silence interminable de près de trente ans de même que ce regain d'intérêt soudain pour l'écriture ?
Marie Marcelle Ferjuste : A cet amour de jeunesse, je suis pourtant restée fidèle. J'ai eu dans la vie une saison morte, j'étais absente de la scène littéraire. L'entracte ayant pris fin, me revoilà avec vous tous.
L. N : Aujourd'hui, vous publiez un ouvrage au titre évocateur « Politique et Culture à l'haïtienne », quelle thèse développez-vous dans ce précieux essai sur notre culture ?
C. G : Nous vous savons gré de juger le titre évocateur. Du reste, tout le monde n'est pas du même avis que vous. L'un ou l'autre de nos amis, informé de l'imminence de la publication, nous a révélé n'avoir pas franchement bien compris la locution adverbiale "à l'haïtienne". D'autres incriminent notre volonté, obstinée à leur sens, de conjuguer la politique à la culture au lieu que naturellement ils ne feraient point bon ménage. Nous sommes loin d'acquiescer à leurs points de vue. Pour ne faire allusion qu'à des ouvrages assez récents, nous évoquons le texte de l'analyste politique et critique Pierre Raymond Dumas, "La transition d'Haïti vers la démocratie", les essais des sociologues Micial Nérestant et Claude Souffrant, "Religions et politique en Haïti "et "Littérature et Société en Haïti", l'étude du politologue Kern Delince, "Les forces politiques en Haïti", les ouvrages de l'anthropologue Laënnec Hurbon, "Dieu dans le vaudou haïtien", "Culture et dictature en Haïti" : "l'imaginaire sous contrôle", "Comprendre Haïti", etc. Haïti est peut-être le pays dont le nom et l'attribut reviennent le plus en page de couverture. En ce qui nous concerne, quand nous avons choisi de faire usage de la locution « à l'haïtienne », nous voudrions insister par-dessus tout sur le fait régulièrement avéré qu'il y a bien une manière haïtienne de comprendre, d'envisager et de peupler le monde de la culture, mais aussi d'explorer le territoire de la politique et d'en faire.
M. M. F : Les questions de politique et de culture, si elles ne sont pas toujours indissociables, ne sont jamais indépendantes les unes des autres. La politique est l'expression souveraine de la régulation de la vie sociale et la culture est le moteur, l'âme, le coeur de toute société. Un moteur déréglé ne peut pas donner sa pleine mesure, une âme débridée finit par se perdre et le coeur, dont les battements sont sans cesse irréguliers, finit par flancher tôt ou tard, plutôt tôt que tard. Par ailleurs, je me reprocherais de ne pas souligner que le titre, comme l'aventure même de "Politique et Culture à l'haïtienne", n'est pas dû tout juste à la simplicité du hasard. Après son retour en Haïti en 1994, le Père Castel Germeil a été invité par le rédacteur en chef du Nouvelliste d'alors Carlo Désinor et son ami et son collaborateur Pierre Raymond Dumas à alimenter dans les colonnes du journal à l'occasion un espace de réflexion sur la vie politique surtout mais aussi sur l'actualité culturelle à partir de sa vision ou même de celle que les Haïtiens s'en font habituellement. La rubrique a ainsi conservé le titre de 'Politique à l'haïtienne" pendant plusieurs années. Toutefois, les thèmes débattus n'étaient pas exclusivement d'ordre politique. Je me souviens bien d'un texte fort étoffé sur la première rentrée littéraire française du troisième millénaire, d'ailleurs repris dans l'ouvrage (pp. 49-53), d'un compte-rendu de la disparition de Xavier Orville, très bon poète et romancier martiniquais et par-dessus tout d'un mémorable reportage sur la visite du Nonce apostolique Luigi Bonazzi au Pic La Selle au début de mars 2002.
L. N : Mais alors, Marie Marcelle Ferjuste, expliquez-nous votre contribution dans la rédaction de cet ouvrage.
M. M. F : C'est étrange !... Par où commencer ?.... Le Père Castel Germeil et moi, nous sommes complices au niveau de l'écriture et de la recherche académique depuis fort longtemps. Quand après avoir été ordonné prêtre, il a cessé de se retrouver à Port-au-Prince et est retourné en mission dans son diocèse d'origine des Cayes, j'ai été son principal pourvoyeur de revues et de journaux. J'en éprouvais une vraie satisfaction parce que je savais qu'il était omnivore en matière de lecture et que sa digestion n'était pas mauvaise. Au cours de son séjour à Rome, notre correspondance s'agrémentait également de découpures et de photocopies d'informations et d'articles intéressants. A son retour en Haïti, Dieu seul sait combien de fois nous nous sommes retrouvés entre nous ou avec des amis pour partager, dialoguer, échanger sur le cinéma, la religion, le folklore, la presse, la politique, etc. Je n'oublierai pas de préciser que depuis la maladie et la disparition de Carlo Désinor, le Père Castel Germeil avait interrompu ses analyses dans Le Nouvelliste. C'est à la faveur du Second Tour des élections générales de l'année écoulée et d'une anecdote cocasse que nous avons décidé de ressusciter la rubrique et de la co-écrire dorénavant. En effet, Castel a été à la maison tout au cours de la matinée du vendredi 21 avril 2006. Dans l'après-midi, aux environs de deux heures, il a voulu à tout prix prendre congé de nous pour se rendre à son bureau de vote et accomplir son devoir de citoyen. Le soir, quand je l'appelle pour m'informer du dénouement de son projet, quelle n'a pas été ma surprise d'apprendre qu'il n'avait pas voté ? A son arrivée à 3h 30 au seuil de la barrière du siège du scrutin, l'entrée a été interdite et la barrière carrément fermée au grand dam de quelques votants potentiels. Alors, on s'est mis d'accord que c'était inacceptable et que par-dessus tout ça vaudrait mieux de le souligner. Il m'a alors proposé de co-écrire pour réalimenter Politique à l'haïtienne. J'avoue encore, après avoir hésité un moment, avoir sauté sur l'occasion d'autant plus qu'il ne s'agissait point d'un ballon d'essai, étant donné que nous avions déjà relevé le défi de la collaboration dans l'écriture d'une fiction romanesque intitulée " La teigne sous le képi ".
L. N : Concrètement, quelle politique culturelle proposez-vous dans cet essai aux décideurs du pays ?
Comment peut-on arriver à l'expliquer en Haïti ?
C. G : Pour être équitable, nous devons reconnaître que nous n'avons pas procédé avec la rigueur méthodique d'un anthropologue consommé à une analyse en bonne et due forme du thème de la culture, de ses aspects sociopolitiques ou de la nécessité pour nos décideurs, tant du secteur privé que public, de la prendre à bras-le-corps et de l'ensemble des moyens y afférents. Nous avons épilogué à son sujet plus ou moins à notre manière dans l'essai particulier dédié à sa nature et à celles de l'éducation et de la civilisation (op. cit., pp. 79-82). La culture est l'âme d'un peuple, son trésor inestimable, son bien le plus précieux. Elle avoisine la transcendance et le sacré. Quand bien même son exploitation peut contribuer à l'agrandissement de notre assiette de consommation, la culture, en tant que telle n'est pas négociable pour de l'argent, de l'influence ou des titres honorifiques
M. M. F : J'ajouterais que l'identité culturelle, plus que le folklore, les traditions, les coutumes, les usages, les manifestations et les produits culturels, a partie liée avec la mentalité. Nous avons été trop longtemps habitués en Haïti à une atmosphère de violence, de façade et de faire-valoir. Nous n'avons pas su protéger nos acquis, nous n'avons pas su consolider l'authenticité de notre patrimoine ni restaurer non plus les murailles lézardées. Nous avons trop souvent répondu aux sirènes de l'acculturation. Il nous faudrait nous ré-approprier et être nous-mêmes le plus complètement possible, comme l'a si bien dit Jean Price Mars.
C. G : Pour cela, il faudrait que nos vaillants décideurs, en tout premier lieu et nous à leur suite, nous agissions beaucoup sur le facteur incontournable de la mentalité. Nos dictatures et nos gouvernements irresponsables successifs ne nous ont jamais facilité la tâche. En Haïti, personne n'est dupe de rien mais presque tout le monde agit comme si son voisin était le plus nigaud de la bande. Nous sommes un peuple pauvre, mais digne de respect et capable de se faire respecter. Notre peuple est débrouillard, généralement bon, tant soit peu libertin. Il est alors impossible de comprendre que nous soyons du nombre des premiers parmi les peuples ou plutôt les nations les plus corrompues. A cette enseigne, il faut conclure que la gangrène de la corruption vient d'en haut et non d'en-bas. Les gardiens du troupeau, férus de corruption, de manipulations, de méchants tours d'adresse, de désirs insatiables de grandeur, de luxe, d'ascendant malséant et d'opulence, trahissent le troupeau et contribuent à sa perte. C'est ainsi qu'il faut comprendre la colère de Frankétienne contre l'intelligentsia à l'haïtienne dans " Pèlen tèt ". La charité bien ordonnée commence par soi-même, dit le proverbe. La lutte contre la mentalité corruptrice, philistine et opportuniste doit commencer par chacun de nous et continuer naturellement avec la modification de celle de nos concitoyens et de nos concitoyennes.
L. N : Ecrivez-vous ce livre pour vendre l'image du pays ou promouvoir la culture haïtienne ?
C. G : Comme il me plairait que le contact et la familiarité avec notre ouvrage contribuent à une reconquête de la confiance des uns et des autres dans l'avenir et la destinée du pays ! Nous, les intellectuels et les universitaires haïtiens, nous avons le devoir, pour ne pas prêcher dans le désert, d'être exemplaires. Notre témoignage de cohérence, de générosité, de disponibilité, de sagesse et de perspicacité vaudra mieux que notre verbe. Jamais, plus jamais le Verbe sans le témoignage et l'engagement. Nous avons la réputation, non tout à fait tort, d'être de beaux parleurs. "Pale franse pas vle di lespri !" Cessons cette habitude de parler tout juste pour parler, enchanter et distraire. Parlons bien mais parlons vrai !
M. M. F : Le livre n'a pas été spécifiquement rédigé pour vendre l'image du pays ou promouvoir la culture haïtienne. Cependant, il ne demeure pas moins une analyse de l'existant dans les domaines qui ont été abordés et à ce titre c'est tout au bénéfice du pays et des compatriotes d'ici et d'outre-mer.
L. N : Vous écrivez de beaux poèmes à la Rimbaud, à la Bernanos ou à la Claudel. Avez-vous lu ces poètes ou d'autres poètes français de la même génération qu'Arthur Rimbaud ?
L. N : Entretenez-vous des relations avec des écrivains haïtiens ou de l'étranger ?
C. G : Je suis un lecteur insatiable de poésie en tous genres. Vous allez- vous en rendre compte ou vous vous en êtes sans doute rendu compte en vous arrêtant sur le dernier essai de notre ouvrage consacré à la poésie du terroir et en particulier de celle de deux auteurs qui nous sont familiers mais qui évoluent un peu en marge de l'activité poétique port-au-princienne. Il s'agit de Jean-Patrick Louis-Jacques et d'Armoce Dugé. Je lis toute la poésie et tous les commentaires autour des poètes qui me tombent sous les yeux. Marie Marcelle le sait bien, elle que j'alimente en recueils étrangers et qui met à ma disposition son répertoire de titres haïtiens que je n'ai pas eu le loisir de m'acquérir. Je crois avoir lu tout Rimbaud qui a cessé d'écrire à moins de vingt-deux ans, mis à part ses lettres à ses amis et sa correspondance commerciale comme explorateur français au Harar, en Afrique de l'est. J'ai aussi lu certains ouvrages de Bernanos qui est plutôt romancier, Journal d'un curé de campagne, l'Imposture, Sous le soleil de Satan, Monsieur Ouine, Le dialogue des Carmélites. J'ai aussi lu une bonne partie du théâtre, de la poésie de synthèse et d'élaboration cosmique et transcendante de Claudel avec notamment Partage de Midi, L'annonce faite à Marie, La Jeune fille Violaine et par-dessus tout son oeuvre maîtresse, Le soulier de satin. J'en ai fait d'ailleurs allusion dans l'un des poèmes de La passion de l'@utre, Promesse (cit. p. 76) en y associant les héros (dona Prouhèze) à ceux de " Gouverneurs de la rosée " et de " L'espace d'un cillement " (Annaïse, Manuel, La Nina, el Gaucho). Les poètes-maudits de la génération de Rimbaud, Verlaine, Baudelaire, Lautréamont, mais également Albert Samain et Jules Laforgue frappés de malédiction davantage par leur disparition précoce que par leur orientation existentielle libérale et déréglée sont aussi connus de nous autant que nous avons entendu parler ou lu certains de la plupart des poètes anglais, russes, américains, allemands, italiens et espagnols de la fin du dix-neuvième et du vingtième siècle. Mais il y a aussi et surtout une génération maudite en Haïti, celle d'Haïti-Littéraire de 1960, suivie par celle des condamnés à mort, à la prison perpétuelle, à l'exil et au silence par le duvaliérisme. Elle aura exercé sur nous une grande et belle fascination par sa vénération de l'inspiration et des sublimes composantes de l'univers, par son courage de résistance et conviction et par-dessus tout par son patriotisme et ses vertus nationales.
C. G : Malgré les apparences trompeuses et déconcertantes, Haïti n'est pas un pays en panne de patrimoine littéraire. Il y a des trésors d'écriture et les écrivains sont de divers ordres : critique, littéraire proprement dit, scientifique. Nous n'avons pas encore atteint le niveau de foisonnement, de communication et de brassage littéraires attendu. Dans le monde de la littérature et de la critique, je connais bien Georges Castera fils avec qui j'ai eu des échanges fructueux, Pierre Raymond Dumas, Pierre Clitandre, Willems Edouard, Marc Exavier, Mona Guérin, Rudolph Muller (qui malheureusement observe depuis des années un silence sépulcral), Christophe Charles, St John Kauss. J'ai dans le métier de grands amis disparus : Pradel Pompilus, Gérard Dougé, René Belance, Max Dominique. Il y a également de bons auteurs académiques et scientifiques qui me sont des interlocuteurs privilégiés : Hérold Toussaint, Legrand Bijoux, Gasner Joint, Micial Nerestant, Jean Elie Larrieux, Ernst Mirville, Claude Souffrant, Kawas François, pour ne citer que ceux-là. D'autres bons auteurs amis tels que François Sildor, Pierre André Voltaire, Serge Jules Audate ont malheureusement jeté l'éponge. A l'étranger, nous gardons des contacts avec le critique et poète jésuite français Jean Mambrino de même qu'avec les écrivains italiens Antonio Nocera, Attilio Danese, Giulia Paola di Nicola.
M. M. F : Plus ou moins les mêmes contacts que ceux de Père Castel. J'ajouterais la familiarité avec Verly Dabel et, en revanche, je regrette d'avoir perdu la piste de beaucoup d'interlocuteurs littéraires de jadis, en particulier Adyjeangardy, Kern Grand-Pierre, Riollet Senat Celestin, Marie Claude Guichard, Yolande Jean-Baptiste et du critique littéraire Roland Thadal.
L. N : Mise à part l'écriture et la prêtrise, que faites-vous dans la vie ?
C. G : J'enseigne la philosophie, la méthodologie et les techniques de composition dans une institution en terminale et dans des facultés et des instituts à Port-au-Prince et à Jérémie.L. N : Comment conciliez-vous votre intérêt pour l'écriture avec la prêtrise ?
C. G : Mon intérêt soutenu pour l'écriture et ma vocation de prêtre ne s'importunent pas vraiment. Je cherche régulièrement à m'arranger pour que mes activités respectives ne se troublent point. Un temps pour chaque chose, comme dit si bien l'Ecclésiaste.
L. N : Avez-vous des projets d'écriture en cours ?
C. G : Nous tous, nous en avons toujours. En ce qui concerne l'écriture immédiate, je rédige des histoires merveilleuses en collaboration avec Marie Marcelle Ferjuste. Nous leur donnerons le titre suivant : " Les ombres de la fascination ". Je travaille lentement depuis un an à la rédaction d'un essai philosophique : « La dimension plurielle de la philosophie ». Il y a aussi une petite fondation d'entraide et de possibilités de communication et d'échange que des amis, Marie Marcelle et moi sommes en train d'envisager. Elle s'appellerait Madre di Tutti. Ce n'est encore qu'un voeu pieux.
M. M. F : Comme l'a dit le Père Castel, nous avons en commun " Les ombres de la fascination " en phase de rédaction ; j'ai déjà mentionné notre fiction romanesque " La teigne sous le képi " et personnellement j'ai d'autres titres que je compte publier au fur et à mesure tels " Adresse au féminin ".
L. N : Avez-vous un souhait ?
C. G : Je laisse le soin à la sensibilité féminine de l'exprimer à notre compte.
M. M. F : Trois petits points : 1) Le souhait de voir dans ce pays de véritables maisons d'édition.
2) Une pensée pieuse à l'égard de nos amis disparus : Frère Raphaël Berrou, Roger Gaillard, Edris St Amand, Dennery Ménelas, Dr Carlo A. Désinor, Jacques Roche et Michel Denejour.
3) Un merci sincère et spécial au quotidien Le Nouvelliste qui nous a toujours offert cet espace de communication et de partage. Grand merci à vous, M. Jobnel Pierre et à tous nos lecteurs.
Castel Germeil : Né aux Anglais, en 1961, Castel Germeil fit ses études classiques au Petit Séminaire Collège de Mazenod à Camp-Perrin et au Collège St Jean des Cayes. Il étudia ensuite la philosophie et la théologie au Grand Séminaire Notre Dame d'Haïti, l'anthropologie et la sociologie à la faculté d'Ethnologie. En 1989, il s'en alla à Rome pour des études approfondies en Philosophie jusqu'au doctorat qu'il obtint en 1993 avec une thèse sur la vie et l'oeuvre de Simone Weil. A son retour en Haïti, il a enseigné à l'Ecole Normale Supérieure, au Grand Séminaire Notre Dame, au CREFI, à la Faculté de Droit de Jérémie (ESCDROJ) et à l'UPH (Université Polyvalente d'Haïti). Son intérêt pour les lettres est manifeste par la publication de poèmes, de récits (L'Evasion et autres récits) et d'essais dans des revues en Haïti et à l'étranger. Cet ouvrage co-signé est un stimulant supplémentaire vers d'autres explorations philosophiques et littéraires.OEuvres de Castel Germeil :
• La valse des chandelles, poèmes, Imprimerie des Scouts d'Haïti, Port-au-Prince, 1983
• Projet d'innocence, poèmes, Imprimerie la Phalange, Port-au-Prince, 1985
• Paroles sans frontières, poèmes, Imprimerie la Phalange, Port-au-Prince, 1988
• Les chemins de l'absolu. Une analyse de leur impact sur la vie et l'oeuvre de Simone Weil (thèse de doctorat en philosophie), Rome, 1993 (extraits).
• L'évasion et autres récits, nouvelles et récits, Editions Fleur-Yo, Port-au-Prince, 1997
• L'automne incertain, poèmes, Editions Fleur-yo, Port-au-Prince, 1998
• La flamme de chaque éveil, poèmes, Editions Fleur-yo, Port-au-Prince, 1998.
• Les derniers soupirs de Sébastien, poèmes, Editions Fleur-yo, Port-au-Prince, 2000.
• La passion de l'autre, poèmes, Fleur-Yo, 2002.
• AA. VV (Sous la direction de Claude Souffrant), Haïti à l'ère des ordinateurs, Port-au-Prince, Editions Henri-Deschamps, 2004.
• Le dilemme de Théo (roman, inédit)• Une année de grâce (roman, inédit)
• L'expulsion (roman, inédit)
• La philosophie de la méthode (essai en préparation)
• La dimension plurielle de la philosophie (essai en préparation)
• Une alliance en sursis (roman, en préparation)
• La teigne sous le képi (roman en collaboration, inédit)
• Les ombres de la fascination (récits fantastiques en collaboration, en préparation)
Marie Marcelle FerjusteNée aux Cayes en 1961, Marie Marcelle Ferjuste commença ses études classiques chez les Soeurs de l'Immaculée Conception à Camp-Perrin pour les terminer au Collège des Soeurs de la Charité de St Louis (CSL) à Bourdon. Elle est diplômée en Secrétariat Bilingue chez les Soeurs du Christ-Roi (CK), a décroché, au terme de la soutenance de son mémoire de sortie Pour une dynamique de Gestion des Avantages Sociaux dans les Entreprises Publiques Haïtiennes, une Licence en Administration, à l'Institut National d'Administration, de Gestion et des Hautes Etudes Internationales (INAGHEI) et a étudié le Droit à la Faculté de Droit et des Sciences Economiques (FDSE). Lorsqu'elle publia en 1977, son premier poème dans le quotidien Le Nouvelliste (28 et 29 mai), on soupçonnait bien que couvait chez elle un vif intérêt pour les lettres. La publication de Le premier jet (1978) et de Jets de mots (1980), bien accueillie dans le milieu littéraire haïtien, devait confirmer la promesse. En se mettant à tous les genres, elle a enfin décidé de publier ces essais co-signés dans la perspective de faire paraître d'autres textes.
Oeuvres de Marie Marcelle Ferjuste :
• Le Premier jet (Poèmes, 1978)
• Jets de mots (Poèmes, 1980)
• Maîtresse d'elle-même (roman, inédit)
• Adresse au féminin (roman, inédit)
• Sans commune mesure (roman en préparation)
• La tétralogie (portraits, en préparation)
• L'éprouvé (roman, en préparation)
• La teigne sous le képi (roman en collaboration, inédit)• Les ombres de la fascination (récits fantastiques en collaboration, en préparation)
Deux ouvrages incontournables aux Editions Coicou:
Les Editions Nationales A Coicou présente, cette année, deux ouvrages qui couvrent l'histoire d'Haïti. De la captivité et de la mort de Toussaint Louverture aux événements lourds de conséquences du 25 mai 1957, les férus d'histoire seront enchantés.
Le Nouvelliste: Parlez-nous des deux livres d'histoire que vous venez d'éditer à l'Imprimeur II.Robert A. Coicou : Le premier est "l'Histoire de la captivité et de la mort de Toussaint Louverture" par le colonel Nemours.
Ce livre fait référence aux derniers jours du précurseur de l'Indépendance, depuis son arrestation par traîtrise effectuée par le général Brunet, (qui depuis cette date a été surnommé péjorativement par ses confrères, le gendarme), sur l'instigation du capitaine général Leclerc, chef de l'armée expéditionnaire. Il relate l'embarquement de Toussaint sur Le Héros, le voyage, le débarquement à Brest, la traversée de la France jusqu'à la frontière suisse où il fut incarcéré au Fort de Joux dans les hauteurs du Jura.
L'auteur nous fait une chronique quasi quotidienne de toutes les souffrances et humiliations endurées par Toussaint. Il rapporte la visite de Caffareli le tentateur. Toussaint Louverture n'a droit à d'autres égards qu'à ceux que confère l'humanité. Il ne doit pas sortir de sa cellule, l'interdiction de parler, l'interdiction d'écrire, de sorte que l'isolement, le froid, associés aux fouilles nocturnes, au manque d'aliments constitués de fromage, de viande salée et de biscuit, servis froid le matin pour toute la Journée ont fini par détériorer la santé de Toussaint Louverture.
L'auteur nous apprend comment ces vexations et ces privations ont été endurées par Toussaint Louverture stoïquement, de sorte que même malade avec le bras gauche en écharpe, atteint d'accès de fièvre et de toux sèche, il n'a jamais proféré aucun plainte et même son bourreau, le geolier Amiot, dut l'admettre : « Il ne m'a jamais demandé de médecin »- Enfin dans la matinée du 7 avril, à 11 heures du matin, on le retrouve assis, sans vie, la tête appuyée contre la cheminée du cachot.
Cet ouvrage est appelé à dissiper bien des doutes. Notamment sur les causes de la mort de Toussaint, car il publie la copie de l'autopsie de Toussaint Louverture.
L'ouvrage « L'Histoire de la captivité et de la mort de Toussaint » est sans nul doute un chef-oeuvre de l'Histoire d'Haïti tant par l'intérêt du sujet traité, la rigueur dans la recherche documentaire, l'auteur n'avance rien qu'il ne prouve, et la pureté du style. Le président Vincent disait que le général Nemours « est l'une des plus belles plumes de la République », et dans ce livre, l'auteur donne toute la mesure de son talent.
C'est vraiment un livre qui mérite de figurer dans toutes les bibliothèques.
Le deuxième livre d'histoire est intitulé « Les Forces du Bien contre les Forces du Mal ». Il relate les événements de la Journée du 25 mai, que je considère comme étant la date la plus déterminante de l'histoire politique des 50 dernières années, particulièrement celles allant du 22 mai 57 au 7 février 86.
Ce jour-là, un groupe de militaires conduits par le colonel Armand, à la solde d'un parti politique, décida d'attaquer à l'aide de l'artillerie, de l'aviation et des garde-côtes les casernes Dessalines. Ce fut la guerre civile durant une journée qui se solda par la mort de trois officiers artilleurs et d'un soldat parmi les assaillants et de nombreux civils, et le sac de plusieurs stations de radio, de journaux et de maisons privées.
Cette journée tire son importance du fait de ses conséquences immédiates et lointaines.Sur le plan politique, pour calmer les esprits et le peuple, en majorité fignoliste qui avait gagné les rues et brisait tout sur son passage, on décida d'accorder la présidence provisoire au professeur Daniel Fignolé qui fut installé le 26 mai 1957.
Pour accepter la présidence, Fignolé exigea qu'on lui donne le colonel Kébreau comme chef d'état-major, et dix neuf jours plus tard, celui-ci allait le renverser du pouvoir.
En 1957 il existait quatre candidats majeurs capables de remporter les élections : Clément Jumelle, Daniel Fignolé, Louis Déjoie et François Duvalier.
Jumelle avait été le dernier ministre des Finances du gouvernement de Paul Magloire. Il était compromis dans une affaire de gestion frauduleuse et eût des démêlés avec la justice. Donc, il était pratiquement éliminé de la campagne électorale.
Fignolé renversé le 14 juin et exilé par l'armée n'était pratiquement plus dans la course.
Déjoie en faveur de qui les événements du 25 mai avaient été réalisés, avait perdu la faveur d'une bonne partie de l'électorat et de la majorité des officiers, qui avaient juré de se faire justice, à la suite de cette journée.
Donc, en conclusion, à partir du 25 mai Duvalier devenait l'élément incontournable et pratiquement restait le seul en course dans la marche à la présidence.
Sur le plan institutionnel, le 25 mai a créé un précédent dans la nouvelle armée, celle d'après 1915. Même si l'armée était intervenue dans l'arène politique le 11 janvier 1946 et le 10 mai 1950, c'était toujours contre des civils. Ainsi, c'est la première fois (depuis 1915, je le souligne) qu'une faction de l'armée se tournait vers une autre faction de l'armée dans une guerre ouverte - malheureusement cet exemple sera suivi par la suite, mais c'est une autre histoire.
Les officiers dissidents, membres d'un secteur de la société, furent jugés et écartés de l'armée, ce qui changea notablement la composante et la physionomie de l'Institution.
Deux (2) éléments rescapés du 25 mai (parmi les plus actifs) le capitaine Alix Pasquet et le lieutenant Philippe Dominique aidés du capitaine Henry Perpignan et de mercenaires américains revinrent attaquer les casernes le 29 juillet 1958. Les duvaliéristes s'armèrent pour défendre leur pouvoir menacé, ce fut la création de la milice VSN - qui devait causer tant de ravage dans les 30 prochaines années.
Le 25 mai, tout en donnant une idée de l'organisation et de la richesse de l'armée d'Haïti, qui disposait à l'époque de l'aviation, de la marine, de l'infanterie, d'un service de santé, de l'artillerie, d'un corps de génie, d'une académie militaire et même d'une cavalerie, marque vraiment la date la plus déterminante de l'histoire des cinquante dernières années.
Nous pensons sincèrement que tous ceux qui s'intéressent à l'histoire de ce pays doivent s'imprégner des événements du 25 mai et de leurs conséquences sur la vie politique des 50 dernières années.
L.N: Allez-vous signer ces deux livres d'histoire?
R.A.C: Etant donné qu'il s'agit d'un lancement promotionnel où ces livres seront vendus à prix réduit, et étant donné qu'il s'agit de la fête du livre, je vais les signer en qualité d'éditeur, car le premier est l'oeuvre du colonel Nemours, celui qui a étonné le monde et la Société des Nations (SND) et le second est un document historique, que je soumets à l'attention de la jeunesse intellectuelle et aux politiciens de ce pays.
L.N: Avez-vous des projets d'éditer d'autres ouvrages?
R.A.C: Notre voeu est de continuer à offrir des ouvrages rares et introuvables aux têtes pensantes. Nous sommes convaincus que c'est en revisitant notre passé que nous trouverons les réponses nous permettant de sortir ce beau pays de ce bourbier dans lequel il se trouve.
L.N: M. Robert A. Coicou, un dernier mot
Merci au journal Le Nouvelliste, et que la fête soit belle!
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Un avis
Nous sommes heureux de prolonger sur ce blog ces publications du Nouvelliste afin de permettre à ceux qui, pris dans le train-train agité des activités de tous les jours avaient négligé la lecture de ces documents. Le Nouvelliste nous rappelle la disponibilité sur le marché de deux œuvres brûlantes d’actualité. Un des livres traite des derniers instants de la vie du Précurseur justement au moment ou certains secteurs maintiennent une vive polémique autour d’un projet de réalisation d’un film autour de ce personnage universellement légendaire parrainé par des pointures de la taille de Danny Glover et Le Président de la République Bolivarienne du Vénézuela.
Le second ouvrage parle des évènements de l’année 1957, le point de départ des déboires des 50 dernières années. Au moment ou les nostalgiques Volontaires de la Sécurité Nationale « froubissent » leurs uniformes « cannies » par les affres de l’oubli dans une tentative de renaissance pour parader dans les principales rues du pays le 22 septembre prochain ; renaissance offerte par la suite dédaigneuse et irresponsable de la gestion du pouvoir d’après Duvalier, ceux qui ont moins de 50 ans scrutent depuis des années l’horizon littéraire historique en quête de cette lumière-vérité absolue et objective sur cette période.
Les écrits ou apologétiques destinés à redonner vie à un banni, les œuvres noires cherchant la pure et simple diabolisation des meneurs de cette période de l’histoire se rangent dans les mêmes rayons pour ceux qui sont mus par la recherche de la vérité.
Nous voulons espérer que ces ouvrages sauront assouvir notre saine curiosité.
RENCONTRE AVEC UNE ROMANCIERE JESSICA FIEVRE
Jessica Fièvre: "Ecrire, c'est lever toutes les censures"Des fantasmes sexuels, nous en avons tous! Ceux de Sophie, brûlants, se révèlent sans tabous ni censure. L'héroïne du roman, emportée au gré d'aventures tendres et épicées, fait du lecteur le complice de sa démesure. Rencontre avec Jessica Fièvre, une romancière décidément pas comme les autres.
Le Nouvelliste: Comment êtes-vous venue à l'écriture ?
Jessica Fièvre: J'ai toujours eu la fibre de l'écriture. Même avant de savoir écrire, j'inventais des histoires. Mes premiers travaux « littéraires » (petites nouvelles) remontent à mon enfance. En ce temps-là, je ne pensais pas devenir un jour un écrivain professionnel, c'était hors de l'horizon de mes rêves: je voulais plutôt devenir médecin ou enseignante... J'ai commencé à écrire mon premier roman pour me distraire et amuser mes amis. Je ne considérais pas cela très sérieusement.
L.N : L'écriture est-elle pour vous un moyen d'exprimer vos joies et vos regrets, vos haines et vos amours ?J.F: Cette question revient souvent au cours de beaucoup d'entretiens que les journalistes réalisent avec moi. Et ma réponse semble toujours laisser le lecteur insatisfait et soupçonneux: je ne m'identifie jamais (volontairement, du moins) aux personnages de mes romans. Leurs joies, leurs regrets, leurs haines et leurs amours ne sont pas forcément les miens. L'écriture, c'est l'inconnu. Sous ma plume, les personnages mènent leur vie propre. Mes textes naissent sans que je m'en aperçoive. Ils sont là, cachés quelque part en moi et finissent par prendre forme sur le papier ou sur l'écran. Magie?
L'écriture, c'est surtout un défi à relever. Cette fois, par exemple, je voulais me prouver ma versatilité. J'ai donc entrepris d'écrire deux histoires à la fois : Le Fantôme de Lisbeth (Roman Jeunesse) et Les Fantasmes de Sophie (réservé aux adultes). Je peux non seulement me mettre dans la peau d'une adolescente rêvant de devenir un petit rat de l'opéra, mais également dans celle d'une femme sexy et sensuelle. C'est cela la magie de la création.
L.N : Vous étudiez aux Etats-Unis et vous continuez à écrire. Comment arrivez-vous à concilier le métier de l'écriture avec vos études ?
J.F: Il y a deux ans, j'ai obtenu mon Bachelor's Degree en éducation spécialisée. Je viens d'être acceptée à la Florida International University pour une maîtrise en «Creative Writing » (Création Littéraire)... Alors pas de problème pour concilier ma passion et mes études.De toute façon, l'écriture fait partie de ma routine quotidienne. J'écris tous les jours de 6 heures à 8 heures du matin, après avoir promené mes chiens. Je prends aussi sur mes soirées, mes nuits et mes vacances pour trouver le temps d'écrire. Mes heures libres sont nourries d'écriture... dans des petits carnets, sur des petits bouts de papiers... Tout comme un musicien ou un athlète doit s'entraîner quotidiennement pour garder sa technicité, un écrivain écrit tous les jours pour se perfectionner. Je ne crois pas à la fée Inspiration penchée au-dessus de mon épaule; lorsque j'écris dix pages, il n'en reste parfois que trois utilisables.
L'écriture est un travail solitaire avec aussi des crises de nerfs. J'ai besoin de m'asseoir dans le calme pour écrire mes histoires. Certaines personnes ont l'air de penser que mes romans surgissent par génération spontanée sans que j'aie à m'en occuper. Eh bien, non!
L.N : Vous écrivez plus de romans que de poésie, peut-on dire que l'écriture du roman vous est plus facile?
J.F: J'écris de tout. En Floride, j'ai publié plusieurs nouvelles, telles que Ghost Phone et Brush with a Star. J'ai également publié plusieurs poèmes en anglais.
L.N : En lisant « Les fantasmes de Sophie », à quoi les lecteurs peuvent-ils s'attendre ?
J.F: En 2006, j'ai décidé que j'avais assez d'assurance personnelle et d'expérience littéraire pour me lancer dans une nouvelle aventure. Pour me donner un nouveau challenge, j'ai fait quelque chose d'inouï pour la personne réservée et timide que je suis: j'ai commencé un roman érotique. Le sexe reste très tabou; j'ai commencé une sorte d'escalade dans la "désinhibition littéraire" en écrivant Les Fantasmes de Sophie, un roman érotique. Sophie, le personnage principal, intelligente, curieuse et insatiable, a de nombreux atouts pour séduire. Avec Christian, elle vit une relation sensuelle et sexuelle riche en aventures, en interrogations sur ses propres désirs, sur le regard posé sur soi et sur autrui.
Les Fantasmes de Sophie, ce n'est pas simplement un catalogue de fantasmes et de positions acrobatiques. C'est également un roman psychologique et une réflexion sur la situation en Haïti. Je ne publierais jamais de l'érotisme pour l'érotisme. J'ai voulu créer un roman érotique réussi dans lequel le lecteur non seulement se trouve plongé dans des scènes plus excitantes les unes que les autres, mais où les personnages sont assez complexes pour qu'on s'intéresse réellement à eux, pour qu'ils incitent à poursuivre plus avant la lecture. Ce livre peut troubler, par son évocation régulière, mais non obsédante, de scènes sensuelles éveillant ou réveillant chez le lecteur des désirs enfouis parfois sous des couches de pudeur, de honte de soi, de silence par rapport aux plaisirs sensuels.
Le livre parle de politique, d'amour, de haine, de désespoir, de crime et châtiment. Ecrire, c'est lever toutes les censures. Pour dire après Renée Dunan : «Il faut oser dire n'importe quoi ! La morale est ailleurs que là où on l'imagine.»
L.N : L'amour revient souvent dans votre oeuvre, est-ce une obsession ?
J.F: Par amour, entendez-vous érotisme? C'est difficile d'écrire un roman érotique, parce qu'on court toujours le risque de laisser entendre que ce qu'on raconte, c'est son érotisme à soi, alors qu'évidemment ce n'est pas toujours vrai. L'érotisme est partout, non?Des fantasmes, nous en avons tous! Ceux de Sophie sont brûlants, marquants, se révèlent sans tabous ni censure. L'héroïne, emportée au gré d'aventures à la fois tendres et épicées, fait du lecteur le complice de sa démesure.
Une obsession? Disons que savoir que mes mots font naître une résonance chez d'autres personnes peut être amusant. Je vais citer le Marquis de Sade: « L'érotisme est un pouvoir sans bornes, illimité, démesuré.»
L.N : Quels sont vos auteurs préférés ?
J.F: D'abord Gary Victor. A part ça, mes préférences vont surtout au roman noir, où la distance entre le bon et le méchant est très subtile.
L.N : Le dernier mot.
J.F: Moins de 18 ans? Lisez Le Fantôme de Lisbeth.
Plus de 18 ans? Attrapez Les Fantasmes de Sophie.
1) FIEVRE (Jessica), Les fantasmes de Sophie, L'Imprimeur II, Port-au-Prince, 2006, 86 p.
(2) FIEVRE (Jessica), Le fantôme de Lisbeth, Média Texte, Port-au-Prince, 2007, 78 p.
L'opinion de Gary Victor sur Les Fantasmes de Sophie:"Pour son nouveau roman, Jessica Fièvre nous surprend en nous livrant un texte brûlant de sensualité. Un récit qui explore sur un mode mi intimiste les sentiments d'une jeune femme n'arrivant pas encore à assumer son divorce et qui dans le tumulte de ses relations éphémères cherche désespérément à renouer avec l'essentiel. Mais au-delà du fracas des sentiments, c'est aussi le regard lucide d'un jeune auteur sur un moment qui est encore dans toutes les mémoires, les mois ayant suivi le départ de celui qui, nous l'espérons tous, soit le dernier dictateur de notre histoire. Une intrigue forte qui plonge dans la folie et l'inhumanité du moment. Un livre à lire certainement. Un livre qui nous permet aussi de découvrir Jessica Fièvre dans un tout autre registre".
(Propos recueillis par Rébecca S. Cadeau)
Source le Nouvelliste sut http://ww.lenouvelliste.com
Le Nouvelliste: Comment êtes-vous venue à l'écriture ?
Jessica Fièvre: J'ai toujours eu la fibre de l'écriture. Même avant de savoir écrire, j'inventais des histoires. Mes premiers travaux « littéraires » (petites nouvelles) remontent à mon enfance. En ce temps-là, je ne pensais pas devenir un jour un écrivain professionnel, c'était hors de l'horizon de mes rêves: je voulais plutôt devenir médecin ou enseignante... J'ai commencé à écrire mon premier roman pour me distraire et amuser mes amis. Je ne considérais pas cela très sérieusement.
L.N : L'écriture est-elle pour vous un moyen d'exprimer vos joies et vos regrets, vos haines et vos amours ?J.F: Cette question revient souvent au cours de beaucoup d'entretiens que les journalistes réalisent avec moi. Et ma réponse semble toujours laisser le lecteur insatisfait et soupçonneux: je ne m'identifie jamais (volontairement, du moins) aux personnages de mes romans. Leurs joies, leurs regrets, leurs haines et leurs amours ne sont pas forcément les miens. L'écriture, c'est l'inconnu. Sous ma plume, les personnages mènent leur vie propre. Mes textes naissent sans que je m'en aperçoive. Ils sont là, cachés quelque part en moi et finissent par prendre forme sur le papier ou sur l'écran. Magie?
L'écriture, c'est surtout un défi à relever. Cette fois, par exemple, je voulais me prouver ma versatilité. J'ai donc entrepris d'écrire deux histoires à la fois : Le Fantôme de Lisbeth (Roman Jeunesse) et Les Fantasmes de Sophie (réservé aux adultes). Je peux non seulement me mettre dans la peau d'une adolescente rêvant de devenir un petit rat de l'opéra, mais également dans celle d'une femme sexy et sensuelle. C'est cela la magie de la création.
L.N : Vous étudiez aux Etats-Unis et vous continuez à écrire. Comment arrivez-vous à concilier le métier de l'écriture avec vos études ?
J.F: Il y a deux ans, j'ai obtenu mon Bachelor's Degree en éducation spécialisée. Je viens d'être acceptée à la Florida International University pour une maîtrise en «Creative Writing » (Création Littéraire)... Alors pas de problème pour concilier ma passion et mes études.De toute façon, l'écriture fait partie de ma routine quotidienne. J'écris tous les jours de 6 heures à 8 heures du matin, après avoir promené mes chiens. Je prends aussi sur mes soirées, mes nuits et mes vacances pour trouver le temps d'écrire. Mes heures libres sont nourries d'écriture... dans des petits carnets, sur des petits bouts de papiers... Tout comme un musicien ou un athlète doit s'entraîner quotidiennement pour garder sa technicité, un écrivain écrit tous les jours pour se perfectionner. Je ne crois pas à la fée Inspiration penchée au-dessus de mon épaule; lorsque j'écris dix pages, il n'en reste parfois que trois utilisables.
L'écriture est un travail solitaire avec aussi des crises de nerfs. J'ai besoin de m'asseoir dans le calme pour écrire mes histoires. Certaines personnes ont l'air de penser que mes romans surgissent par génération spontanée sans que j'aie à m'en occuper. Eh bien, non!
L.N : Vous écrivez plus de romans que de poésie, peut-on dire que l'écriture du roman vous est plus facile?
J.F: J'écris de tout. En Floride, j'ai publié plusieurs nouvelles, telles que Ghost Phone et Brush with a Star. J'ai également publié plusieurs poèmes en anglais.
L.N : En lisant « Les fantasmes de Sophie », à quoi les lecteurs peuvent-ils s'attendre ?
J.F: En 2006, j'ai décidé que j'avais assez d'assurance personnelle et d'expérience littéraire pour me lancer dans une nouvelle aventure. Pour me donner un nouveau challenge, j'ai fait quelque chose d'inouï pour la personne réservée et timide que je suis: j'ai commencé un roman érotique. Le sexe reste très tabou; j'ai commencé une sorte d'escalade dans la "désinhibition littéraire" en écrivant Les Fantasmes de Sophie, un roman érotique. Sophie, le personnage principal, intelligente, curieuse et insatiable, a de nombreux atouts pour séduire. Avec Christian, elle vit une relation sensuelle et sexuelle riche en aventures, en interrogations sur ses propres désirs, sur le regard posé sur soi et sur autrui.
Les Fantasmes de Sophie, ce n'est pas simplement un catalogue de fantasmes et de positions acrobatiques. C'est également un roman psychologique et une réflexion sur la situation en Haïti. Je ne publierais jamais de l'érotisme pour l'érotisme. J'ai voulu créer un roman érotique réussi dans lequel le lecteur non seulement se trouve plongé dans des scènes plus excitantes les unes que les autres, mais où les personnages sont assez complexes pour qu'on s'intéresse réellement à eux, pour qu'ils incitent à poursuivre plus avant la lecture. Ce livre peut troubler, par son évocation régulière, mais non obsédante, de scènes sensuelles éveillant ou réveillant chez le lecteur des désirs enfouis parfois sous des couches de pudeur, de honte de soi, de silence par rapport aux plaisirs sensuels.
Le livre parle de politique, d'amour, de haine, de désespoir, de crime et châtiment. Ecrire, c'est lever toutes les censures. Pour dire après Renée Dunan : «Il faut oser dire n'importe quoi ! La morale est ailleurs que là où on l'imagine.»
L.N : L'amour revient souvent dans votre oeuvre, est-ce une obsession ?
J.F: Par amour, entendez-vous érotisme? C'est difficile d'écrire un roman érotique, parce qu'on court toujours le risque de laisser entendre que ce qu'on raconte, c'est son érotisme à soi, alors qu'évidemment ce n'est pas toujours vrai. L'érotisme est partout, non?Des fantasmes, nous en avons tous! Ceux de Sophie sont brûlants, marquants, se révèlent sans tabous ni censure. L'héroïne, emportée au gré d'aventures à la fois tendres et épicées, fait du lecteur le complice de sa démesure.
Une obsession? Disons que savoir que mes mots font naître une résonance chez d'autres personnes peut être amusant. Je vais citer le Marquis de Sade: « L'érotisme est un pouvoir sans bornes, illimité, démesuré.»
L.N : Quels sont vos auteurs préférés ?
J.F: D'abord Gary Victor. A part ça, mes préférences vont surtout au roman noir, où la distance entre le bon et le méchant est très subtile.
L.N : Le dernier mot.
J.F: Moins de 18 ans? Lisez Le Fantôme de Lisbeth.
Plus de 18 ans? Attrapez Les Fantasmes de Sophie.
1) FIEVRE (Jessica), Les fantasmes de Sophie, L'Imprimeur II, Port-au-Prince, 2006, 86 p.
(2) FIEVRE (Jessica), Le fantôme de Lisbeth, Média Texte, Port-au-Prince, 2007, 78 p.
L'opinion de Gary Victor sur Les Fantasmes de Sophie:"Pour son nouveau roman, Jessica Fièvre nous surprend en nous livrant un texte brûlant de sensualité. Un récit qui explore sur un mode mi intimiste les sentiments d'une jeune femme n'arrivant pas encore à assumer son divorce et qui dans le tumulte de ses relations éphémères cherche désespérément à renouer avec l'essentiel. Mais au-delà du fracas des sentiments, c'est aussi le regard lucide d'un jeune auteur sur un moment qui est encore dans toutes les mémoires, les mois ayant suivi le départ de celui qui, nous l'espérons tous, soit le dernier dictateur de notre histoire. Une intrigue forte qui plonge dans la folie et l'inhumanité du moment. Un livre à lire certainement. Un livre qui nous permet aussi de découvrir Jessica Fièvre dans un tout autre registre".
(Propos recueillis par Rébecca S. Cadeau)
Source le Nouvelliste sut http://ww.lenouvelliste.com
JACQUES ROUMAIN A L'HONNEUR A NEW YORK
Jacques Roumain à l'honneur à New York
Jacques Roumain (1907-1944) a été à l'honneur les 18 et 19 mai 2007 à Brooklyn College (N.Y). La Fondation Mémoire, en collaboration avec HABETAC (Haitian Bilingual Technical Assistance Center), DASWI (Department of Africana Studies of the Wolfe Institute) et HASA (Haitian American Student Association), a organisé un collogue international sur cette figure emblématique de la littérature haïtienne. Ecrivains, chercheurs, enseignants d'ici et d'ailleurs ont croisé leurs regards sur l'oeuvre profonde et diffuse de Roumain dont l'année 2007 ramène le centenaire de naissance.
«Figure légendaire de la littérature haïtienne, Jacques Roumain dont l'oeuvre dépasse les frontières ne cesse de retenir l'attention. Le colloque international que nous lui consacrons s'inscrit dans la logique de restaurer sa mémoire d'écrivain, de visionnaire, d'idéologue qui aimait son pays plus que tout». Par ces propos, le Dr Hugues Saint Fort, président de la Fondation Mémoire, a déclaré ouverte la première session du colloque.
A l'instar de Nicole B. Rosefort, directrice de HABETAC, Darnell Joseph, président de la HASA, il a placé dans son contexte cette conférence internationale qui a réuni des chercheurs, écrivains, poètes et professeurs de littérature d'horizons divers. «J'invite l'assistance à un voyage exploratoire autour des oeuvres de Roumain qui contribuent largement à la promotion de la culture haïtienne», a indiqué Frantz Antoine Leconte de la Fondation Mémoire.
Des thématiques variées et diversifiées ont été développées par des chercheurs, écrivains, poètes, professeurs (de littérature) d'horizons divers. Le Dr Frantz Antoine Leconte, de Kingsbrough Community College et chargé des Relations publiques à la Fondation Mémoire, a cerné les thèmes de la migration, du retour et de la culture haïtienne dans "Gouverneurs de la Rosée".
Clément Mbom, du Brooklyn College, a abordé, pour sa part, la question relative à la problématique du retour dans ce même roman de Roumain.
Michel Acacia, de l'Université d'Etat d'Haïti (UEH), a fait ressortir, du mieux qu'il a pu, l'allure de provocation dans certaines évocations de Roumain: auteur prolifique qui publia coup sur coup. De "La montagne ensorcelée" (traduit de l'anglais par F.A Leconte et Alfonso Garcia Osuna) préfacé par Jean Price-Mars, à "Les Fantoches" en passant par "La Proie et l'Ombre" (roman auquel Robenson Bernard a consacré une étude critique d'importance selon Josaphat-Robert Large), Roumain a mis un accent particulier sur la question des couleurs, à en croire Acacia qui estime que la question de la couleur est très prononcée chez Roumain. «Si Jacques Roumain n'était pas mulâtre, certaines de ses remarques d'une extrême pertinence auraient été taxées de noirisme par des critiques étrangers», a lancé le sociologue Michel Acacia qui déplore le fait que « l'Analyse Schématique» de Roumain ait été attribuée injustement à Etienne Charlier et Christian Beaulieu.
«Jacques Roumain parle aux enfants», tel est le titre d'un recueil de contes présenté par Jocelyne Trouillot Lévy, toute heureuse d'apprendre aux enfants à découvrir des aspects moins connus du romancier-conteur.
Roumain dans les lunettes de Bernard DelpêcheBernard Delpêche, professeur à l'Université de la Nouvelle Ecosse, et auteur d'un brillant essai sur Dépestre, a traité du merveilleux dans "Gouverneurs de la Rosée". «Jacques Stéphen Alexis a présenté une théorie du réalisme merveilleux. Jacques Roumain, à l'instar de Fanon Glissant, est allé avec facilité vers l'universalisme», indique le Dr Delpêche qui dénonce à son compte l'intertextualité et la redondance chez Roumain qu'il croit colonialiser la pensée.
Bernard Delpêche ne mâche pas ses mots : «Analyser l'oeuvre de Roumain permet de minimaliser la vision de l'idéologie exportée du socialisme prolétaire, athée, voyant, bourgeois», note-t-il en se demandant si Roumain était communiste ou déviationniste pour son époque ou du moins s'il était pour la disparition des classes sociales en Haïti.
Apprendre aux enfants à découvrir Roumain
Pour Mme Trouillot-Lévy, Jacques Roumain fut un écrivain qui a pu s'adapter à différents niveaux d'âge, et sous des formes variées (conte et poésie). «Ça témoigne de son génie créateur», juge-t-elle en faisant remarquer que ce sont des oeuvres posthumes présentant un aspect intéressant du père qui écrivait pour son petit garçon Daniel.
Pour sa part, Jean-Yves Plaisir a animé un atelier dans lequel il visait à initier les enfants à la poésie. Explorant les oeuvres d'auteurs haïtiens et étrangers comme Price-Mars, Dépestre, Alexis, Langston Hughes, Nicolas Guillen (Cuba), le Dr Plaisir a présenté Roumain comme « la voix des sans voix » (Voice to Haiti's Voiceless). Il a donc plaidé pour une meilleure diffusion des oeuvres de cet auteur qui, aux côtés de Hughes et Guillen, a pris fait et cause pour la lutte des Noirs en faveur de la liberté.
Etienne Télémaque pour une politique de l'habitat humainLa question de l'aménagement du territoire dans l'oeuvre de Roumain a particulièrement intéressé l'urbaniste Etienne Télémaque qui relève le concept de village agricole chez l'auteur de "Gouverneurs de la Rosée". «Sans être agronome, Roumain a frayé avec le monde agricole», fait-il remarquer en attirant l'attention sur le fait que le monde rural se meurt, faute d'un plan d'aménagement qui repose sur les valeurs défendues par Délira. «Il faut bâtir sans casser le paysage», lance M. Télémaque qui dénonce l'absence d'une politique conséquente d'aménagement du territoire.
Katell Colin et Rodney St-Eloi : regards croisés sur Roumain
«Lecture socio-pragmatique de Jacques Roumain», tel est le titre de la réflexion de Katell Colin de l'Université d'Ottawa. Très intéressée à la littérature haïtienne en général et à l'oeuvre de Roumain en particulier, Madame Collin a mis en relation la trajectoire de l'écrivain avec des constantes discursives. Analysant Les Fantoches, elle a montré que les personnages de ce roman sont écartelés entre leurs aspirations à l'idéal et le cynisme, comme Roumain d'ailleurs qui fut un enfant ayant grandi sous l'occupation.
Rodney St-Eloi, poète et éditeur, a poétisé de fort belle manière le mythe roumainien : «En Roumain, je garderai le dieu», un titre cher à l'écrivain haïtien bien connu Anthony Lespès, a-t-il lancé. Pour St-Eloi, l'écriture de Roumain est une exigence esthétique permettant de dépasser la tentation schizophrénique de Léon Laleau.
Soulignant le sens de la révolte et de la vie chez l'auteur de "Gouverneurs de la Rosée", M. St-Eloi n'a pas caché son attachement viscéral à celui qu'il considère comme son héros, tout en dénonçant ce qu'il appelle « l'imbécillité bourgeoise ». «Je veux lire Roumain pour comprendre la vie ; lui qui voulait construire la société sur une nouvelle base, lui qui prenait parti contre l'atmosphère de déchéance de l'absurdité et de l'univers clos», précise-t-il en citant, non sans une certaine émotion dans l'âme, des extraits de textes d'Alexis, d'Ollivier, de Nicolas Guillèn et d'Anthony Lespès. «Jacques Roumain est mort, mais nous garderons le dieu», conclut le poète qui voit Roumain comme un modèle d'éclairage, la mythologie littéraire haïtienne.
Et dire que les interventions successives de Patrick Sylvain de University of Massachusetts, Franck Laraque de City College of N.Y, de Serge Madhère de Howard University ont tout aussi retenu l'attention d'une assistance composée majoritairement de chercheurs, écrivains, étudiants haïtiens et étrangers d'horizons divers.
EducaVision, Les Editions de l'Université Caraïbes, des auteurs ont exposé leurs ouvrages. Les membres du Collectif Jacques Roumain 2007 dont Frantz Antoine Leconte, Hugues Saint-Fort et Robenson Bernard, en ont profité pour signer le livre Collectif titré « Jacques Roumain au pluriel ». Le Colloque international sur Jacques Roumain ? Une aventure qui valait bien la peine d'être tentée.
De notre envoyé spécial
Robenson Bernard
robernard@yahoo.fr
N.B- Remerciements spéciaux à FOKAL, UNIQ, OFATMA qui ont rendu possible notre participation à ce colloque international sur Jacques Roumain.
Source LE Nouvelliste sur http://www.lenouvelliste.com
Jacques Roumain (1907-1944) a été à l'honneur les 18 et 19 mai 2007 à Brooklyn College (N.Y). La Fondation Mémoire, en collaboration avec HABETAC (Haitian Bilingual Technical Assistance Center), DASWI (Department of Africana Studies of the Wolfe Institute) et HASA (Haitian American Student Association), a organisé un collogue international sur cette figure emblématique de la littérature haïtienne. Ecrivains, chercheurs, enseignants d'ici et d'ailleurs ont croisé leurs regards sur l'oeuvre profonde et diffuse de Roumain dont l'année 2007 ramène le centenaire de naissance.
«Figure légendaire de la littérature haïtienne, Jacques Roumain dont l'oeuvre dépasse les frontières ne cesse de retenir l'attention. Le colloque international que nous lui consacrons s'inscrit dans la logique de restaurer sa mémoire d'écrivain, de visionnaire, d'idéologue qui aimait son pays plus que tout». Par ces propos, le Dr Hugues Saint Fort, président de la Fondation Mémoire, a déclaré ouverte la première session du colloque.
A l'instar de Nicole B. Rosefort, directrice de HABETAC, Darnell Joseph, président de la HASA, il a placé dans son contexte cette conférence internationale qui a réuni des chercheurs, écrivains, poètes et professeurs de littérature d'horizons divers. «J'invite l'assistance à un voyage exploratoire autour des oeuvres de Roumain qui contribuent largement à la promotion de la culture haïtienne», a indiqué Frantz Antoine Leconte de la Fondation Mémoire.
Des thématiques variées et diversifiées ont été développées par des chercheurs, écrivains, poètes, professeurs (de littérature) d'horizons divers. Le Dr Frantz Antoine Leconte, de Kingsbrough Community College et chargé des Relations publiques à la Fondation Mémoire, a cerné les thèmes de la migration, du retour et de la culture haïtienne dans "Gouverneurs de la Rosée".
Clément Mbom, du Brooklyn College, a abordé, pour sa part, la question relative à la problématique du retour dans ce même roman de Roumain.
Michel Acacia, de l'Université d'Etat d'Haïti (UEH), a fait ressortir, du mieux qu'il a pu, l'allure de provocation dans certaines évocations de Roumain: auteur prolifique qui publia coup sur coup. De "La montagne ensorcelée" (traduit de l'anglais par F.A Leconte et Alfonso Garcia Osuna) préfacé par Jean Price-Mars, à "Les Fantoches" en passant par "La Proie et l'Ombre" (roman auquel Robenson Bernard a consacré une étude critique d'importance selon Josaphat-Robert Large), Roumain a mis un accent particulier sur la question des couleurs, à en croire Acacia qui estime que la question de la couleur est très prononcée chez Roumain. «Si Jacques Roumain n'était pas mulâtre, certaines de ses remarques d'une extrême pertinence auraient été taxées de noirisme par des critiques étrangers», a lancé le sociologue Michel Acacia qui déplore le fait que « l'Analyse Schématique» de Roumain ait été attribuée injustement à Etienne Charlier et Christian Beaulieu.
«Jacques Roumain parle aux enfants», tel est le titre d'un recueil de contes présenté par Jocelyne Trouillot Lévy, toute heureuse d'apprendre aux enfants à découvrir des aspects moins connus du romancier-conteur.
Roumain dans les lunettes de Bernard DelpêcheBernard Delpêche, professeur à l'Université de la Nouvelle Ecosse, et auteur d'un brillant essai sur Dépestre, a traité du merveilleux dans "Gouverneurs de la Rosée". «Jacques Stéphen Alexis a présenté une théorie du réalisme merveilleux. Jacques Roumain, à l'instar de Fanon Glissant, est allé avec facilité vers l'universalisme», indique le Dr Delpêche qui dénonce à son compte l'intertextualité et la redondance chez Roumain qu'il croit colonialiser la pensée.
Bernard Delpêche ne mâche pas ses mots : «Analyser l'oeuvre de Roumain permet de minimaliser la vision de l'idéologie exportée du socialisme prolétaire, athée, voyant, bourgeois», note-t-il en se demandant si Roumain était communiste ou déviationniste pour son époque ou du moins s'il était pour la disparition des classes sociales en Haïti.
Apprendre aux enfants à découvrir Roumain
Pour Mme Trouillot-Lévy, Jacques Roumain fut un écrivain qui a pu s'adapter à différents niveaux d'âge, et sous des formes variées (conte et poésie). «Ça témoigne de son génie créateur», juge-t-elle en faisant remarquer que ce sont des oeuvres posthumes présentant un aspect intéressant du père qui écrivait pour son petit garçon Daniel.
Pour sa part, Jean-Yves Plaisir a animé un atelier dans lequel il visait à initier les enfants à la poésie. Explorant les oeuvres d'auteurs haïtiens et étrangers comme Price-Mars, Dépestre, Alexis, Langston Hughes, Nicolas Guillen (Cuba), le Dr Plaisir a présenté Roumain comme « la voix des sans voix » (Voice to Haiti's Voiceless). Il a donc plaidé pour une meilleure diffusion des oeuvres de cet auteur qui, aux côtés de Hughes et Guillen, a pris fait et cause pour la lutte des Noirs en faveur de la liberté.
Etienne Télémaque pour une politique de l'habitat humainLa question de l'aménagement du territoire dans l'oeuvre de Roumain a particulièrement intéressé l'urbaniste Etienne Télémaque qui relève le concept de village agricole chez l'auteur de "Gouverneurs de la Rosée". «Sans être agronome, Roumain a frayé avec le monde agricole», fait-il remarquer en attirant l'attention sur le fait que le monde rural se meurt, faute d'un plan d'aménagement qui repose sur les valeurs défendues par Délira. «Il faut bâtir sans casser le paysage», lance M. Télémaque qui dénonce l'absence d'une politique conséquente d'aménagement du territoire.
Katell Colin et Rodney St-Eloi : regards croisés sur Roumain
«Lecture socio-pragmatique de Jacques Roumain», tel est le titre de la réflexion de Katell Colin de l'Université d'Ottawa. Très intéressée à la littérature haïtienne en général et à l'oeuvre de Roumain en particulier, Madame Collin a mis en relation la trajectoire de l'écrivain avec des constantes discursives. Analysant Les Fantoches, elle a montré que les personnages de ce roman sont écartelés entre leurs aspirations à l'idéal et le cynisme, comme Roumain d'ailleurs qui fut un enfant ayant grandi sous l'occupation.
Rodney St-Eloi, poète et éditeur, a poétisé de fort belle manière le mythe roumainien : «En Roumain, je garderai le dieu», un titre cher à l'écrivain haïtien bien connu Anthony Lespès, a-t-il lancé. Pour St-Eloi, l'écriture de Roumain est une exigence esthétique permettant de dépasser la tentation schizophrénique de Léon Laleau.
Soulignant le sens de la révolte et de la vie chez l'auteur de "Gouverneurs de la Rosée", M. St-Eloi n'a pas caché son attachement viscéral à celui qu'il considère comme son héros, tout en dénonçant ce qu'il appelle « l'imbécillité bourgeoise ». «Je veux lire Roumain pour comprendre la vie ; lui qui voulait construire la société sur une nouvelle base, lui qui prenait parti contre l'atmosphère de déchéance de l'absurdité et de l'univers clos», précise-t-il en citant, non sans une certaine émotion dans l'âme, des extraits de textes d'Alexis, d'Ollivier, de Nicolas Guillèn et d'Anthony Lespès. «Jacques Roumain est mort, mais nous garderons le dieu», conclut le poète qui voit Roumain comme un modèle d'éclairage, la mythologie littéraire haïtienne.
Et dire que les interventions successives de Patrick Sylvain de University of Massachusetts, Franck Laraque de City College of N.Y, de Serge Madhère de Howard University ont tout aussi retenu l'attention d'une assistance composée majoritairement de chercheurs, écrivains, étudiants haïtiens et étrangers d'horizons divers.
EducaVision, Les Editions de l'Université Caraïbes, des auteurs ont exposé leurs ouvrages. Les membres du Collectif Jacques Roumain 2007 dont Frantz Antoine Leconte, Hugues Saint-Fort et Robenson Bernard, en ont profité pour signer le livre Collectif titré « Jacques Roumain au pluriel ». Le Colloque international sur Jacques Roumain ? Une aventure qui valait bien la peine d'être tentée.
De notre envoyé spécial
Robenson Bernard
robernard@yahoo.fr
N.B- Remerciements spéciaux à FOKAL, UNIQ, OFATMA qui ont rendu possible notre participation à ce colloque international sur Jacques Roumain.
Source LE Nouvelliste sur http://www.lenouvelliste.com
Réprobation générale en Haïti après l’assassinat de François Latour
Les artistes, les intellectuels et la communauté des médias fortement secoués ; le gouvernement déplore la disparition du célèbre comédien et publicitaire exécuté peu après son enlèvement
jeudi 24 mai 2007,
Radio Kiskeya
L’odieux assassinat mardi soir à Port-au-Prince du célèbre artiste et publicitaire haïtien, François Latour, 63 ans, suscite indignation, colère et désolation dans les milieux artistiques, intellectuels et médiatiques en Haïti.
De Caracas où il participe au IVe Festival mondial de la poésie, l’écrivain et peintre Frankétienne, ami de longue date de la victime, s’est déclaré "profondément choqué, bouleversé et renversé par ce coup de poignard ". La terrible nouvelle lui a été annoncée par sa femme Marie-André qui, sous le coup de l’émotion, n’a pu s’empêcher de l’appeler.
"Je ne sais pas ce qu’il faut penser d’une telle situation, je n’ai aucune certitude sur l’avenir de ce pays. C’est terrible qu’on assassine des valeurs comme Latour", a déclaré au bord des larmes Frankétienne dans une interview exclusive à Radio Kiskeya. Le célèbre écrivain haïtien s’est gravement interrogé sur "l’utilité de ses œuvres et de celles d’autres créateurs face à la puissance d’une arme à feu entre les mains d’un bandit" capable d’engendrer les pires barbaries.
Rappelant les études très avancées en art dramatique qu’avait suivies le disparu en France, il l’a présenté comme son "initiateur au théâtre" et le principal artisan de sa popularité actuelle. Les succès de "Pèlen Tèt" (la tête prise au piège), notamment auprès de jeunes gens issus de couches sociales modestes, ont, en effet, valu à Frankétienne une énorme reconnaissance au-delà des frontières du monde théâtral.
A la mort de Franck Foucher, un important auteur dramatique haïtien tué dans un accident au Canada, François Latour s’était donné pour mission de porter l’autre Franck à assurer la relève afin d’empêcher "la disparition du théâtre en Haïti".
Frankétienne met en relief les performances et l’intelligence remarquables de l’homme de théâtre qui avait le secret de la "mise en scène à la fois sobre et éclatée". Il avait réalisé le tour de force de mettre en scène et d’interpréter des pièces aussi difficiles que "L’exception et la règle" et "La somme et la différence" de Berthold Brecht.
Vers les années 1959-1960, François, Franck et Gérard Etienne, un écrivain haïtien vivant au Canada, animaient sur les ondes de Radio Port-au-Prince une émission dominicale très prisée consacrée à la poésie.
Frankétienne a tenu à rappeler sa récente réconciliation avec François Latour grâce à un ami commun, le comédien et journaliste Fritz Valescot. Après de longues années de brouille, nées de divergences profondes entr’autres sur le théâtre, les deux hommes recommençaient à se fréquenter avec assiduité.
Le cinéaste haïtien de renommée internationale Raoul Peck a, dans un hommage posthume intitulé "Les lâches", évoqué la grandeur, la verticalité, le patriotisme et la personnalité sublime de François Latour.
"Un acteur inégalable, si rarement utilisé, trop grand pour notre pays qui n’a su qu’en faire. Un homme, souvent déçu et blessé, fuyant amateurisme, médiocrité, et plus que tout la malveillance. Un homme grand, droit, sincère, entier, modeste, drôle, généreux. Un homme seul aussi, sans place pour ceux comme lui", écrit Raoul Peck dans ce texte envoyé à Radio Kiskeya.
En réaction à l’exécution du comédien, l’écrivain et historien Michel Soukar a dénoncé "une Haïti mangeuse d’hommes" qu’il attribue à la politique criminelle menée à la tête de l’Etat au cours de ces dernières années.
"Un François Latour ne naît pas tous les jours", a poursuivi Soukar qui se souvient des années de sa jeunesse lorsqu’il rencontrait régulièrement le défunt chez le dramaturge Robert Bauduy, en compagnie des acteurs Roland Dorfeuille dit "Pyram" et Fritz Valescot alias "Pitit Fèy".
Qualifiant d’inaceptable l’insécurité chronique qui sévit en Haïti, l’historien a mis en garde contre les conséquences néfastes que l’assassinat de François Latour pourraient avoir sur l’économie nationale qui était sur le pont d’amorcer une timide reprise.
Pour sa part, Fritz Valescot, ami personnel et compagnon de scène de M. Latour, révèle que la victime était quotidiennement confrontée à l’insécurité économique et n’a possédé qu’une seule fois dans sa vie un véhicule neuf. Ces derniers temps, il devait constamment lever les pannes à répétition de son Isuzu Trooper déglinguée.
Valescot, qui était l’invité de l’émission "Pale Pou n Vanse" à diffuser dimanche sur Radio Kiskeya, se console à l’idée que François Latour est mort debout malgré la volonté des assassins de lui enlever sa dignité en l’humiliant. Même ses souliers ont été volés.
L’historien et ancien ministre de l’éducation nationale, Pierre Buteau, avoue ne pas comprendre un crime aussi gratuit qui a emporté l’une des grandes figures du théâtre haïtien. Il affirme que la résurgence du cycle infernal de la violence, qui a récemment fait d’autres victimes dont l’architecte Nadim Hyppolite William, le responsable de média et enseignant Alix Joseph et deux policiers, risque d’anéantir tous les efforts déployés depuis un certain temps en vue d’une normalisation de la situation du pays.
Pierre Buteau rend hommage à François Latour comme celui qui a appris sa génération à apprécier le théâtre et qui concevait "des messages publicitaires dont le langage était porteur d’une grande théâtralité".
Le responsable du Centre œcuménique des droits humains, Jean-Claude Bajeux, également écrivain, a indiqué s’être réveillé mercredi "dans la colère et l’indignation" en apprenant qu’un homme aussi talentueux avait été exécuté par des bandits. "Il semble qu’il n’y a pas de vaccin contre cette maladie qui frappe Haïti" s’est exclamé avec désespoir Bajeux qui explique s’être vu contraint de limiter ses activités personnelles en raison de l’insécurité.
Le défenseur des droits humains en a profité pour dénoncer l’émergence des gangs sous l’ancien gouvernement de Jean-Bertrand Aristide. Ils seraient à l’origine de la majorité des 2 à 3.000 assassinats enregistrés en Haïti au cours des trois dernières années.
Le bâtonnier par intérim de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince, Me Gérard Gourgue, a qualifié François Latour de "grand citoyen". Il a fait remarquer que sa fin tragique est arrivée au moment où le Président René Préval dansait mardi soir au Palais National.
"Il faut que la bête de l’insécurité meure", a martelé l’éminent juriste qui appelle les habitants de Port-au-Prince à se réveiller comme l’ont fait ceux des Gonaïves après l’assasinat d’Alix Joseph. Me Gourgue s’est moqué des propos de responsables d’Etat et diplomates proclamant la fin de l’insécurité à Port-au-Prince alors que les infrastructures des bandes armées restent opérationnelles. Il estime qu’un corps de 15 à 20.000 hommes devrait assurer la sécurité publique à la capitale.
La Primature et le ministère de la culture ont également condamné le meurtre de l’artiste en soulignant que cet acte a "plongé la Présidence et le gouvernement dans la consternation et l’indignation". Ils saluent le départ d’un "fils du pays aux talents multiples et d’une grande générosité".
Une minute de recueillement à la mémoire de M. Latour a été observée mercredi au stade Sylvio Cator lors du match international amical Haïti-Chili auquel assistait le Président René Préval.
Le Théâtre National d’Haïti, où Latour travailla dans le temps, a particulièrement rappelé la contribution du disparu à la vie théâtrale et la longue liste de pièces qu’il avait créées.
Les Députés Steven Benoît et Accluche Louis-Jeune de même que le PDG de la station privée Radio Ibo, Hérold Jean-François et le rédacteur en chef de Radio Vision 2000, une autre station privée, Valéry Numa, ont fermement réprouvé ce crime abominable. Ils réclament des autorités des mesures urgentes visant à stopper la recrudescence des activités criminelles.
Jeudi, les stations de radio continuaient à diffuser à profusion les spots publicitaires du créateur avec un accent d’hommage qui rencontrait les exigences commerciales des commanditaires
Kidnappé mardi en début de soirée par des inconnus armés au moment où il regagnait sa résidence à Delmas 31 (nord de Port-au-Prince), l’illustre comédien a été tué d’une balle au ventre. Son cadavre a été découvert en caleçon près des magasins Bâtimat (entrée nord) mercredi aux premières heures.
Les ravisseurs exigeaient une rançon de 100.000 dollars américains.
Né vers la fin de 1943, François Latour était un metteur en scène, acteur, diseur, homme de radio et publicitaire de haut vol. spp/RK
jeudi 24 mai 2007,
Radio Kiskeya
L’odieux assassinat mardi soir à Port-au-Prince du célèbre artiste et publicitaire haïtien, François Latour, 63 ans, suscite indignation, colère et désolation dans les milieux artistiques, intellectuels et médiatiques en Haïti.
De Caracas où il participe au IVe Festival mondial de la poésie, l’écrivain et peintre Frankétienne, ami de longue date de la victime, s’est déclaré "profondément choqué, bouleversé et renversé par ce coup de poignard ". La terrible nouvelle lui a été annoncée par sa femme Marie-André qui, sous le coup de l’émotion, n’a pu s’empêcher de l’appeler.
"Je ne sais pas ce qu’il faut penser d’une telle situation, je n’ai aucune certitude sur l’avenir de ce pays. C’est terrible qu’on assassine des valeurs comme Latour", a déclaré au bord des larmes Frankétienne dans une interview exclusive à Radio Kiskeya. Le célèbre écrivain haïtien s’est gravement interrogé sur "l’utilité de ses œuvres et de celles d’autres créateurs face à la puissance d’une arme à feu entre les mains d’un bandit" capable d’engendrer les pires barbaries.
Rappelant les études très avancées en art dramatique qu’avait suivies le disparu en France, il l’a présenté comme son "initiateur au théâtre" et le principal artisan de sa popularité actuelle. Les succès de "Pèlen Tèt" (la tête prise au piège), notamment auprès de jeunes gens issus de couches sociales modestes, ont, en effet, valu à Frankétienne une énorme reconnaissance au-delà des frontières du monde théâtral.
A la mort de Franck Foucher, un important auteur dramatique haïtien tué dans un accident au Canada, François Latour s’était donné pour mission de porter l’autre Franck à assurer la relève afin d’empêcher "la disparition du théâtre en Haïti".
Frankétienne met en relief les performances et l’intelligence remarquables de l’homme de théâtre qui avait le secret de la "mise en scène à la fois sobre et éclatée". Il avait réalisé le tour de force de mettre en scène et d’interpréter des pièces aussi difficiles que "L’exception et la règle" et "La somme et la différence" de Berthold Brecht.
Vers les années 1959-1960, François, Franck et Gérard Etienne, un écrivain haïtien vivant au Canada, animaient sur les ondes de Radio Port-au-Prince une émission dominicale très prisée consacrée à la poésie.
Frankétienne a tenu à rappeler sa récente réconciliation avec François Latour grâce à un ami commun, le comédien et journaliste Fritz Valescot. Après de longues années de brouille, nées de divergences profondes entr’autres sur le théâtre, les deux hommes recommençaient à se fréquenter avec assiduité.
Le cinéaste haïtien de renommée internationale Raoul Peck a, dans un hommage posthume intitulé "Les lâches", évoqué la grandeur, la verticalité, le patriotisme et la personnalité sublime de François Latour.
"Un acteur inégalable, si rarement utilisé, trop grand pour notre pays qui n’a su qu’en faire. Un homme, souvent déçu et blessé, fuyant amateurisme, médiocrité, et plus que tout la malveillance. Un homme grand, droit, sincère, entier, modeste, drôle, généreux. Un homme seul aussi, sans place pour ceux comme lui", écrit Raoul Peck dans ce texte envoyé à Radio Kiskeya.
En réaction à l’exécution du comédien, l’écrivain et historien Michel Soukar a dénoncé "une Haïti mangeuse d’hommes" qu’il attribue à la politique criminelle menée à la tête de l’Etat au cours de ces dernières années.
"Un François Latour ne naît pas tous les jours", a poursuivi Soukar qui se souvient des années de sa jeunesse lorsqu’il rencontrait régulièrement le défunt chez le dramaturge Robert Bauduy, en compagnie des acteurs Roland Dorfeuille dit "Pyram" et Fritz Valescot alias "Pitit Fèy".
Qualifiant d’inaceptable l’insécurité chronique qui sévit en Haïti, l’historien a mis en garde contre les conséquences néfastes que l’assassinat de François Latour pourraient avoir sur l’économie nationale qui était sur le pont d’amorcer une timide reprise.
Pour sa part, Fritz Valescot, ami personnel et compagnon de scène de M. Latour, révèle que la victime était quotidiennement confrontée à l’insécurité économique et n’a possédé qu’une seule fois dans sa vie un véhicule neuf. Ces derniers temps, il devait constamment lever les pannes à répétition de son Isuzu Trooper déglinguée.
Valescot, qui était l’invité de l’émission "Pale Pou n Vanse" à diffuser dimanche sur Radio Kiskeya, se console à l’idée que François Latour est mort debout malgré la volonté des assassins de lui enlever sa dignité en l’humiliant. Même ses souliers ont été volés.
L’historien et ancien ministre de l’éducation nationale, Pierre Buteau, avoue ne pas comprendre un crime aussi gratuit qui a emporté l’une des grandes figures du théâtre haïtien. Il affirme que la résurgence du cycle infernal de la violence, qui a récemment fait d’autres victimes dont l’architecte Nadim Hyppolite William, le responsable de média et enseignant Alix Joseph et deux policiers, risque d’anéantir tous les efforts déployés depuis un certain temps en vue d’une normalisation de la situation du pays.
Pierre Buteau rend hommage à François Latour comme celui qui a appris sa génération à apprécier le théâtre et qui concevait "des messages publicitaires dont le langage était porteur d’une grande théâtralité".
Le responsable du Centre œcuménique des droits humains, Jean-Claude Bajeux, également écrivain, a indiqué s’être réveillé mercredi "dans la colère et l’indignation" en apprenant qu’un homme aussi talentueux avait été exécuté par des bandits. "Il semble qu’il n’y a pas de vaccin contre cette maladie qui frappe Haïti" s’est exclamé avec désespoir Bajeux qui explique s’être vu contraint de limiter ses activités personnelles en raison de l’insécurité.
Le défenseur des droits humains en a profité pour dénoncer l’émergence des gangs sous l’ancien gouvernement de Jean-Bertrand Aristide. Ils seraient à l’origine de la majorité des 2 à 3.000 assassinats enregistrés en Haïti au cours des trois dernières années.
Le bâtonnier par intérim de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince, Me Gérard Gourgue, a qualifié François Latour de "grand citoyen". Il a fait remarquer que sa fin tragique est arrivée au moment où le Président René Préval dansait mardi soir au Palais National.
"Il faut que la bête de l’insécurité meure", a martelé l’éminent juriste qui appelle les habitants de Port-au-Prince à se réveiller comme l’ont fait ceux des Gonaïves après l’assasinat d’Alix Joseph. Me Gourgue s’est moqué des propos de responsables d’Etat et diplomates proclamant la fin de l’insécurité à Port-au-Prince alors que les infrastructures des bandes armées restent opérationnelles. Il estime qu’un corps de 15 à 20.000 hommes devrait assurer la sécurité publique à la capitale.
La Primature et le ministère de la culture ont également condamné le meurtre de l’artiste en soulignant que cet acte a "plongé la Présidence et le gouvernement dans la consternation et l’indignation". Ils saluent le départ d’un "fils du pays aux talents multiples et d’une grande générosité".
Une minute de recueillement à la mémoire de M. Latour a été observée mercredi au stade Sylvio Cator lors du match international amical Haïti-Chili auquel assistait le Président René Préval.
Le Théâtre National d’Haïti, où Latour travailla dans le temps, a particulièrement rappelé la contribution du disparu à la vie théâtrale et la longue liste de pièces qu’il avait créées.
Les Députés Steven Benoît et Accluche Louis-Jeune de même que le PDG de la station privée Radio Ibo, Hérold Jean-François et le rédacteur en chef de Radio Vision 2000, une autre station privée, Valéry Numa, ont fermement réprouvé ce crime abominable. Ils réclament des autorités des mesures urgentes visant à stopper la recrudescence des activités criminelles.
Jeudi, les stations de radio continuaient à diffuser à profusion les spots publicitaires du créateur avec un accent d’hommage qui rencontrait les exigences commerciales des commanditaires
Kidnappé mardi en début de soirée par des inconnus armés au moment où il regagnait sa résidence à Delmas 31 (nord de Port-au-Prince), l’illustre comédien a été tué d’une balle au ventre. Son cadavre a été découvert en caleçon près des magasins Bâtimat (entrée nord) mercredi aux premières heures.
Les ravisseurs exigeaient une rançon de 100.000 dollars américains.
Né vers la fin de 1943, François Latour était un metteur en scène, acteur, diseur, homme de radio et publicitaire de haut vol. spp/RK
Intempéries à Port-au-Prince : Au moins quatre morts, une dizaine de blessés et d’importants dégâts
Une famille entière victime de l’effondrement d’un mur à Carrefour-Feuilles
vendredi 25 mai 2007,
Radio Kiskeya
Les pluies diluviennes qui se sont abattues ces dernières heures sur Port-au-Prince et ses environs ont fait au moins quatre morts et d’importants dégâts matériels entre mercredi soir et jeudi matin, a appris Radio Kiskeya de sources combinées.
Un enfant de douze ans prénommé Junior a été tué et onze autres personnes blessées par l’effondrement d’un mur qui a détruit trois maisonnettes jeudi matin à Carrefour-Feuilles (banlieue sud-est de la capitale). Selon le porte-parole de la protection civile, Dieufort Desloges, interrogé par Radio Kiskeya, les blessés ont été transportés d’urgence dans un hôpital administré par Médecins Sans Frontières (MSF).
Les victimes, qui appartiendraient à une seule famille, se trouvaient pour la plupart dans un état grave, ont affirmé des témoins. Des jeunes filles ont notamment eu la hanche fracturée par des blocs de béton.
Alors que la protection civile intervenait dans des quartiers inondés et collectait des informations en vue d’établir un bilan exhaustif, des données déjà disponibles ont fait état d’autres victimes.
A Delmas 95, dans le secteur appelé communément Jacquet-Toto (est), un jeune homme non identifié a été retrouvé enseveli sous les décombres d’une maison qui s’est effondrée. Plusieurs autres personnes ont été blessées, selon des témoins.
A Morne Lazard, un bidonville situé à l’entrée de Pétion-Ville (banlieue est), Yolande Jeudi, 41 ans, a été tuée par l’effondrement d’un mur, a confirmé son mari en état de choc. La victime rentrait de son travail.
A Désermite, un autre bidonville de la même commune, un garçon de dix ans, connu sous le nom d’Assonnié, a été emporté par des eaux en furie. Il tentait de regagner le domicile de ses parents après avoir assisté chez des voisins au match international de football Haïti-Chili qui avait été retransmis à la télévision mercredi soir.
Des maisonnettes construites dans un ravin ont été touchées à Désermite.
Des dégâts considérables ont été également enregistrés dans d’autres secteurs de la capitale. Dans la zone de Truitier, à Carrefour (banlieue sud), une dizaine de maisonnettes ont été endommagées.
Au wharf de Jérémie, sur le boulevard La Saline (nord), un amas de boue et des trombes d’eau ont paralysé la circulation et ralenti les activités.
Sur la route de Frères (est), à hauteur de Vivi Mitchell et à Tabarre (nord), la circulation était très difficile jeudi à cause des nombreux alluvions qui jonchaient la chaussée.
Au Canapé-Vert (est), la circulation automobile avait été suspendue pendant de longues heures mercredi soir et jeudi matin sur l’un des principaux axes routiers reliant Port-au-Prince et Pétion-Ville à cause de la chute de deux pylônes électriques.
Le Centre national de météorologie a indiqué que ces intempéries ont été provoquées par la présence d’un nouveau système dans la mer des Caraïbes. Les populations des zones à risques sont appelées à la prudence.
Le mois de mai, qui ouvre la saison pluvieuse en Haïti, a été marqué par une pluviométrie particulièrement abondante.
La saison cyclonique -dont le début généralement en juin a été avancé de trois semaines- risque d’être très active dans l’Océan Atalantique et pourrait donner naissance à une dizaine de tempêtes tropicales, selon les prévisions du Centre national des ouragans (NHC), basé à Miami. spp/RK
vendredi 25 mai 2007,
Radio Kiskeya
Les pluies diluviennes qui se sont abattues ces dernières heures sur Port-au-Prince et ses environs ont fait au moins quatre morts et d’importants dégâts matériels entre mercredi soir et jeudi matin, a appris Radio Kiskeya de sources combinées.
Un enfant de douze ans prénommé Junior a été tué et onze autres personnes blessées par l’effondrement d’un mur qui a détruit trois maisonnettes jeudi matin à Carrefour-Feuilles (banlieue sud-est de la capitale). Selon le porte-parole de la protection civile, Dieufort Desloges, interrogé par Radio Kiskeya, les blessés ont été transportés d’urgence dans un hôpital administré par Médecins Sans Frontières (MSF).
Les victimes, qui appartiendraient à une seule famille, se trouvaient pour la plupart dans un état grave, ont affirmé des témoins. Des jeunes filles ont notamment eu la hanche fracturée par des blocs de béton.
Alors que la protection civile intervenait dans des quartiers inondés et collectait des informations en vue d’établir un bilan exhaustif, des données déjà disponibles ont fait état d’autres victimes.
A Delmas 95, dans le secteur appelé communément Jacquet-Toto (est), un jeune homme non identifié a été retrouvé enseveli sous les décombres d’une maison qui s’est effondrée. Plusieurs autres personnes ont été blessées, selon des témoins.
A Morne Lazard, un bidonville situé à l’entrée de Pétion-Ville (banlieue est), Yolande Jeudi, 41 ans, a été tuée par l’effondrement d’un mur, a confirmé son mari en état de choc. La victime rentrait de son travail.
A Désermite, un autre bidonville de la même commune, un garçon de dix ans, connu sous le nom d’Assonnié, a été emporté par des eaux en furie. Il tentait de regagner le domicile de ses parents après avoir assisté chez des voisins au match international de football Haïti-Chili qui avait été retransmis à la télévision mercredi soir.
Des maisonnettes construites dans un ravin ont été touchées à Désermite.
Des dégâts considérables ont été également enregistrés dans d’autres secteurs de la capitale. Dans la zone de Truitier, à Carrefour (banlieue sud), une dizaine de maisonnettes ont été endommagées.
Au wharf de Jérémie, sur le boulevard La Saline (nord), un amas de boue et des trombes d’eau ont paralysé la circulation et ralenti les activités.
Sur la route de Frères (est), à hauteur de Vivi Mitchell et à Tabarre (nord), la circulation était très difficile jeudi à cause des nombreux alluvions qui jonchaient la chaussée.
Au Canapé-Vert (est), la circulation automobile avait été suspendue pendant de longues heures mercredi soir et jeudi matin sur l’un des principaux axes routiers reliant Port-au-Prince et Pétion-Ville à cause de la chute de deux pylônes électriques.
Le Centre national de météorologie a indiqué que ces intempéries ont été provoquées par la présence d’un nouveau système dans la mer des Caraïbes. Les populations des zones à risques sont appelées à la prudence.
Le mois de mai, qui ouvre la saison pluvieuse en Haïti, a été marqué par une pluviométrie particulièrement abondante.
La saison cyclonique -dont le début généralement en juin a été avancé de trois semaines- risque d’être très active dans l’Océan Atalantique et pourrait donner naissance à une dizaine de tempêtes tropicales, selon les prévisions du Centre national des ouragans (NHC), basé à Miami. spp/RK
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