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mercredi 19 décembre 2007

Un tap-tap pour transporter Wyclef

Wyclef Jean a été circulé en tap-tap, dimanche, pour son défilé programmé plusieurs heures à l'avance par les organisateurs de sa visite en Haïti en compagnie des superstars américaines Akon et Matt Damon. « Depuis septembre dernier Wyclef avait annoncé qu'il viendrait en Haïti et circulerait en tap-tap », affirme d'un air enchanté Ancener Petit-Bois, président de l'Association professionnelle des Artisans Tap-tap et Autobus haïtiens (APATAH).« Le tap-tap c'est tout ce qu'il faut surtout lorsqu'on n'a pas tout son temps », a déclaré Wyclef Jean, qui s'était dissimulé dans ce véhicule pour n'avoir pas disposé de temps pour parler aux gens qui l'attendaient à l'entrée de l'hôtel et sur tout le parcours. La superstar haïtiano-américaine a laissé son hôtel - Hôtel Montana - dans un bwafouye construit par cette association pour exposition. Wyclef a fait tout son parcours dans le tap-tap en compagnie de plusieurs personnes chargées de l'organisation de sa tournée. De son hôtel, il s'est rendu au commissariat de Delmas 33 où il allait organiser une petite fête pour les jeunes gens placés en garde à vue. Wyclef a obtenu la grâce pour deux des membres de la Fondation Yélé Haïti - son organisation - retrouvés dans ce centre policier. Il s'est dirigé ensuite à la Place Boyer où il s'est entretenu avec des jeunes et des enfants. Les organisateurs ont beaucoup travaillé pour mettre à la disposition de Wyclef cette oeuvre d'art qu'il a beaucoup admiré en décembre 2006 lors du festival film Jacmel, s'est rappelé M. Petit-Bois. Le bwafouye qui se trouvait aux Etats-Unis après sa brillante participation à une exposition à Montréal a été bloqué à la douane de Port-au-Prince. « Ce n'est que samedi que les responsables du ministère du Tourisme ont fait diligence pour le rendre à l'APATAH », dit M. Petit-Bois. « Heureusement leurs efforts n'ont pas été vains. Il s'est félicité d'avoir fait son chemin dans le tap-tap », s'est réjoui le président de l'APATAH.L'APATAH a réalisé ce tap-tap, grâce à la générosité de la Automeca qui a, depuis plus d'une année, prêté à cette association un camion Isuzu NKR.

VISITES D’INSPECTION DES MONUMENTS HISTORIQUES / Le Palais de la Belle-Rivière et le fort de la Crête-à-Pierrot

Par Chénald Augustin
chenald@lematinhaiti.com

Du 6 au 10 décembre dernier, nous avons accompagné le directeur général de l’Institut de sauvegarde du patrimoine national (Ispan), l’architecte Daniel Élie à une visite d’inspection de monuments historiques dans le Nord d’Haïti. Notre première étape fut la Petite-Rivière de l’Artibonite où se trouvent le Palais de la Belle-Rivière et le fort de la Crête-à-Pierrot.Communément appelé Palais aux 365 portes en raison de ses nombreuses ouvertures, le Palais de la Belle-Rivière fut construit en 1820 par Louis Dupeyrac pour servir de résidence à Henri 1er, alors roi d’Haïti. « Placé sur une hauteur dominant le bourg de la Petite-Rivière, il devait avoir une vue imprenable sur la Plaine de l’Artibonite depuis Verrettes au Sud-Est jusque qu’à la baie des Gonaïves au Nord-Ouest, nous renseigne la fiche d’identification des monuments historique dressée par l’Ispan. Encore en chantier lors de la chute du royaume du Nord en 1820, la construction, qui devait probablement recevoir un second niveau, resta inachevée.Le Palais de la Belle-Rivière – nommé ainsi à cause de son voisinage avec le fleuve Artibonite – est le second palais construit par Christophe après celui de Sans-Souci à Milot. Il s’agissait pour celui-ci de consolider son pouvoir dans la vaste région agricole de l’Artibonite.

Première intervention sur le monument Lors de la première campagne de sauvegarde de nos monuments historiques, lancé sous le gouvernement de Sténio Vincent, d’importants travaux de restauration furent entrepris au Palais de la Belle-Rivière, en 1932. À cette occasion, il fut décidé de doter le palais d’une couverture en tôle ondulée soutenue par une charpente en bois. La structure du palais, alors en ruines, fut consolidée, ses murs revêtus d’un enduit de ciment et ses nombreuses ouvertures dotées de volets en bois. Si la restauration architecturale a pour but « de conserver la structure historique ainsi que sa fonction portante, et d’en révéler la valeur culturelle en améliorant la lisibilité de son intégrité historique, de ses stades antérieurs et de sa conception originale », l’intervention de Vincent a quelque peu raté cet objectif. Cependant, elle a pu néanmoins freiner le délabrement du monument, assurer sa protection contre les intempéries et transmettre aux générations futures, avec les moyens du bord et les connaissances techniques d’alors, un formidable témoin de la vision d’Henry Christophe, nous explique l’architecte Daniel Élie.
Un complexe administratif et éducatif Quelques années plus tard, le Palais de la Belle-Rivière abrita une école communale de cycle primaire (École Madame Pageot) et logea différents bureaux de l’État dont la mairie, le bureau des Contributions (la succursale de la Direction générale des Impôts), le service des télégraphies terrestres qui sera transformé plus tard en bureau de service national des Télécommunications (la Téléco). Le Palais abrita le bureau local des Volontaires de la sécurité nationale qui valut au Palais son premier «déchoukaj » en 1986. Le Palais de la Belle-Rivière a été classé Patrimoine national par arrêté.

Le Palais de la Belle-Rivière présente un plan rectangulaire de 68 mètres de long sur 11 mètres de large, auquel est adossée à la façade Ouest une vaste rotonde d’environ douze mètres de diamètre. Celle-ci précède une galerie formée d’arcades successives longeant complètement l’édifice. La façade Est, arrière, se singularise en son axe par une avancée surmontée d’un fronton en béton armé ajouté lors de l’intervention en 1932. Les murs sont de maçonnerie, de moellons liés par un mortier de chaux et parementées de briques rouges aux arêtes.

Un monument abandonné

Le Palais actuellement, quoique sous le contrôle de la mairie, est, faute de moyens financiers, dans un état d’abandon complet. L’intérieur de l’édifice est jonché d’immondices. Bon nombre de tôles manque à la couverture. Certaines pièces sont presque à ciel ouvert. Des pans de murs sont sérieusement attaqués par l’humidité et l’infiltration d’eau de pluie. Des ouvertures sont démunies de volets. Et lorsqu’elles en sont pourvues, celles-ci sont défoncées ou branlantes. Des gosses revenant de l’école profitent de cette situation pour se payer une bonne partie de football avant de regagner leurs demeures. Des chèvres fréquentent également les lieux… La carcasse de ce qui fut un temps un camion est abandonnée sur la cour Est du Palais et semble s’y agripper comme pour chercher un ultime souffle. La cour arrière est déserte, rocailleuse et poussiéreuse. Le Palais de la Belle-Rivière constitue cependant la fierté des Rivartibonitiens.

Le fort de la Crête-à-Pierrot
À environ un kilomètre du Palais de la Belle Rivière, vers l’est, sur un roc dominant la vallée de l’Artibonite et le bourg de la Petite-Rivière, se trouve le fort de la Crête à Pierrot. La fiche d’inventaire dressé par les techniciens de l'Ispan nous fournit à nouveau de précieuses informations sur la valeur historique de ce monument : « Le fort de la Crête-àPierrot est située sur un monticule de l’habitation Dupuy, à l’entrée des gorges des Cahos. Cette habitation a appartenu à Nappe Petit-Fils qui en fit don aux affranchis de l’Artibonite, peu de temps avant l’occupation anglaise à Saint-Domingue (1794-1796). Ils fortifièrent cette position lors des différends avec Borel et les saliniers en 1790 (Thomas Madiou). Laplaine Sterling et Guy L’Ainé qui construisirent le fort lui donnèrent le nom de Crête-à-Pierrot ».
À suivre…
Mardi 18 décembre 2007
http://www.lematinhaiti.com/PageArticle.asp?ArticleID=10238

Comme des damnés de la terre

Le paysan est livré à lui-même. On a cure de ses misères, de ses besoins dans un pays en « crise alimentaire » où les agronomes labourent les bureaux climatisés en attendant l'aide internationale.

A Tuffet, 2e section communale des Cayes, tout homme qui se respecte doit se mettre au travail dès l'aube. Les tirs au flanc ne sont pas tolérés. Clausel Ferrier, fils de cultivateur, le sait bien. Une houe à la main, un vieux chapeau sur la tête, un maillot troué sur le dos, il sarcle chaque recoin de son champ de pistache alors que le soleil, radieux, tape et chasse le frisquet des brises de ce matin de décembre. Le front ruisselant de sueur, ce père de cinq enfants confie s'être adonné à la culture de la pistache à cause de la chute des prix du maïs, de la flambée de l'engrais et de l'eau qui ne coule plus dans un vieux canal d'irrigation construit au milieu des années quarante.

Sûr de lui, il explique que « la culture d'un hectare de maïs nécessite 12 sacs d'engrais. Et que le sac, en quelques mois, est passé de 500 à 1200 gourdes tandis que la petite marmite de maïs en grain se vend à 20 gourdes après avoir atteint la barre des 35 gourdes ». L'acceptation en don par l'Etat haïtien d'un surplus de production de maïs venant de l'Argentine aurait cassé les reins des paysans en provoquant la chute des cours et une baisse de la production locale, se rappelle-t-il avoir entendu dire un agronome, il y a quelques années.
« L'Etat n'a cure du paysan. Mais l'Etat n'est pas l'unique responsable », fait remarquer Clausel contant, dans la même veine, les humiliations subies par d'autres paysans de la zone, regroupés au sein d'associations qui ont essayé en vain de trouver des crédits dans des banques commerciales ayant pignon sur rue dans tout le pays. « Le paysan est seul, il n'a pas de subvention », martèle-t-il en jurant ses grands dieux de ne pas aller gonfler les bidonvilles de Port-au-Prince avec sa femme et ses enfants. Le défi de l'eauIndispensable à l'agriculture, l'eau est devenue une denrée rare à Tuffet et dans les localités avoisinantes alimentées par le canal, confie Clausel. Le temps de passer ses récriminations une fois à la maison sur un bol de patate douce, il chausse une vielle godasse et prend, en compagnie de Valcourt Joseph Vilnor et de Paul André Chéry, la direction de Moreau. « L'eau est retenue en haut », dit-t-il en pointant du doigt le canal sec comme le désert du Sahara à quelques pas de « Eglise Dévouée pour Christ » de Tuffet.

Toutefois, à Moreau, non loin de Ferme Leblanc, elle coule, généreuse, en dépit de la réduction de son débit causée par la coupe effrénée d'arbres magnifiques et verdoyants dans les bassins versants avoisinants. « Avant, un comité planifiait la distribution. Chacune des 39 localités, de Major à Fondfrède, avait accès à l'eau au moins une fois par semaine », soutient-il en déplorant les conflits enregistrés dans le passé. Une femme enceinte a été battue par un homme suite à une dispute à cause de l'eau du canal, regrette Clausel qui appelle, au passage, au forage de puits comme alternative.

Léger confirmeLe paysan haïtien est effectivement abandonné, confirme l'agronome Pierre Léger, président de la Chambre de commerce du Grand Dud (Sud, Sud-Est, Grand'Anse et Nippes). « Les agronomes sont en train de labourer les bureaux de Damien. Ces monstres rongeurs attendent l'aide internationale », crache-t-il en expliquant comment l'aide internationale peut être déstabilisante si elle n'est pas bien canalisée. « Haïti n'est pas pauvre. Faisons la révolution économique », appelle l'industriel qui plaide en faveur du désenclavement du Grand Sud.Le ministère de l'Agriculture, qui ne repose son action que sur le financement des bailleurs de fonds, a une réputation de gestionnaire de projet. Ce qui, estime-t-on, constitue un handicap à l'élaboration et à l'application d'une stratégie de développement de l'agriculture.
Au classement de la catastrophe
Au moment où l'on tire la sonnette d'alarme sur le déclin de l'agriculture locale, Haïti, selon la FAO, fait partie des 37 pays au monde qui sont en "situation de crise alimentaire". Le pays est confronté à des situations sévères d'insécurité alimentaire localisée, souligne le rapport 2007 de cet organisme des Nations unies, qui préconise une assistance externe rapide pour les pays concernés. Cette situation résulte des graves inondations des derniers mois, fait-on remarquer.En dépit de sa détermination à lutter contre vents et marées, rien ne dit que Clausel, comme des centaines de milliers de paysans avant lui, n'ira pas gonfler les bidonvilles de la capitale ou risquer sa vie sur un rafiot en tentant d'atteindre les Etats-Unis ou les Bahamas. Du reste, il boit la tasse de la misère et de l'oubli jusqu'à la lie. L'autre aurait dit de lui qu'il est le damné de la terre.
Roberson Alphonse
robersonalphonse@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=52062&PubDate=2007-12-17

Lueur d'humanité pour les restavèk

Pareille à ces dizaines -voire même des centaines- de milliers d'enfants au destin tragique, *Cristela, née et élevée dans une province du Sud, a connu l'enfer de la domesticité au lendemain de la disparition de ses père et mère. Jadis humiliée, désespérée, l'adolescente, fréquentant aujourd'hui le Foyer Maurice Sixto, retrouve progressivement le sourire.
Quatorze ans accomplie, passablement vêtue de son uniforme, *Cristela, restavèk éprouvée, n'a pour estime que sa scolarité. Cette maigrelette en 3e année fondamentale au Foyer Maurice Sixto, malgré elle, n'a pas caché son bonheur de connaître la civilité d'une salle de classe comme tant d'autres adolescents de son milieu à Carrefour. « J'aime être à l'école, c'est l'endroit idéal où un enfant puisse se retrouver », soupire t-elle, les yeux pleins de vie et de rêves. A son âge, d'autres gosses jouissant d'une enfance relativement normale s'installent déjà en secondaire. Cristela, elle, est moins préoccupée par le niveau d'études que par la joie de lire et écrire à un moment où des dizaines -voire même des centaines- de milliers de ses pairs vivent en état d'asservissement ou sont carrément réduits en ''esclavage''.
Pareille à ces enfants au destin tragique, Cristela, née et élevée dans une province du Sud, a connu l'enfer de la domesticité au lendemain de la disparition de ses père et mère. « Ma tante -formule de politesse généralement utilisée pour nommer la responsable de la famille d'accueil- m'a invité à suivre ses pas à Port-au-Prince, me promettant une vie décente capable de m'épargner de la solitude orpheline, se rappelle Cristela toute pensive. Je l'ai suivie avec entrain ». Là commence le calvaire de l'adolescente. Il lui revient en propre, au lendemain de son arrivée, de s'occuper assidûment des tâches ménagères : faire la vaisselle, laver les linges, aller à la recherche de l'eau, etc. « Le droit aux loisirs m'est pratiquement refusé ; Et le comble de mon malheur, ce sont les longues fessées qui récompensent la moindre maladresse et le moindre oubli », dit-elle, avec une note d'amertume dans la voix.
La raison de vivre de Cristela aujourd'hui, c'est son droit de pouvoir aller à l'école. Elle s'en est accrochée aussi solidement qu'elle semble être prête à se battre pour le garder intact. Fort heureusement, personne n'a jamais osé le lui enlever. « Beaucoup d'enfants se sont vus empêchés par leur famille d'accueil de fréquenter le Foyer Maurice Sixto en dépit du fait qu'elles n'ont aucun frais à payer pour leur formation académique, dénonce Wénès Jeanty, directeur exécutif de cette institution. Ces familles avancent, comme prétexte, que leur domestique dispose de peu de temps pour s'occuper de leurs tâches quotidiennes ».

Foyer Maurice Sixto, lieu de civilité, d'humanité
C'est en l'année 1989 en réponse à « Sentaniz », lodyans populaire de Maurice Sixto -posant dans son inhumanité, et sa barbarie la problématique de la domesticité en Haïti, agitée avant lui par Justin Lhérisson dans « Zoune Chez Sa Ninainne »- que le Foyer a été fondé par le prêtre Miguel Jean-Baptiste. Le foyer fournit une assistance éducative, psychologique et affective aux enfants en domesticité dans la commune de Carrefour. « L'espace, dans sa philosophie, est un plaidoyer sur la nécessité urgente d'une prise de conscience collective du phénomène en vue de modifier le comportement des familles d'accueil qui infligent de lourdes peines à ces pauvres enfants », explique Wénès Jeanty. Le directeur exécutif soutient que c'est une honte pour le pays qu'à l'échelle internationale on continue à dénoncer, 203 ans après le miracle de l'indépendance et 13 ans après avoir ratifié la Convention relative aux droits de l'Enfant, l'esclavage moderne en Haïti.
Financé par ''Terre des Hommes Suisse'' et supporté par UNICEF dans ses projets ponctuels, le Foyer Maurice Sixto est un lieu de civilité, d'humanité et d'apprentissage où plus de 350 restavèk se côtoient, se frottent et se socialisent. Majoritairement des filles, les moins de 15 ans suivent un cycle normal de scolarisation jusqu'à la 4e année fondamentale avant d'intégrer d'autres centres d'enseignement de la zone. Ce que Wénès Jeanty appelle une forme subtile de réinsertion sociale. Au-delà de 15 ans, ils suivent des cours d'alphabétisation et sont orientés vers des professions manuelles. Au Foyer, tous ont droit à un repas chaque jour et des séances d'animation qui leur permettront, même l'espace d'un cillement, de retrouver la joie de vivre loin de la geôle et de l'enfer que représente souvent le toit d'accueil.
Bien qu'il demeure encore criant -le dernier recensement de l'UNICEF fait état de 200 000 enfants domestiques- le problème de la domesticité en Haïti, a fait remarquer M. Jeanty, interpelle de plus en plus de consciences. Beaucoup de comportements ont changé suite à des campagnes de sensibilisation. Des institutions nationales, relativement nombreuses, et internationales sont de plus en plus conscientes du phénomène : d'où le prix des Droits de l'Homme de la République française 2007 décerné au Foyer Maurice Sixto. Le problème est posé avec acuité dans les médias par des organismes des droits humains. Mais le phénomène ne disparaîtra pas, reconnaît le numéro 2 de la Fondation Maurice Sixto, s'il n'y a aucune volonté politique de transformer la société haïtienne, si nos valeureux paysans ne sont pas encadrés, si l'Etat ne crée pas des écoles dans les zones les plus reculées du pays pour contenir l'exode rural, si rien n'est fait pour casser cette dichotomie « moun an deyò/ moun lavil », ... s'il n'y a pas une politique de création d'emplois pour réduire le chômage et la misère en Haïti.
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* Cristela est un nom d'emprunt qui protège l'identité véritable de cette adolescente en 3e année fondamentale au Foyer Maurice Sixto.
Nélio Joseph

mardi 18 décembre 2007

Un prévenu réputé dangereux et soupçonné d’implication dans des crimes de sang, libéré pour la seconde fois en moins de 2 mois par le commissaire du g

Apparent nouveau bras de fer entre le Parquet et la Police
mardi 18 décembre 2007,
Radio Kiskeya

Le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Me Claudy Gassant, a ordonné samedi la libération du nommé Pierre Richard Mulus (alias « Kanson Fè »), individu réputé dangereux, auteur de meurtres et d’autres actes répréhensibles perpétrés notamment dans la zone de Martissant (banlieue sud de la capitale).
Libéré une première fois le 7 novembre 2007 dans le cadre du programme de décongestionnement des prisons initié par le chef du Parquet du Tribunal civil de Port-au-Prince, Pierre Richard Mulus a été de nouveau appréhendé par la police le 7 décembre 2007.à Martissant 23 où, selon des riverains, il avait recommencé à terroriser la population.
Ce jour là, « Kanson Fè » aurait échappé de justesse au lynchage que s’apprêtait à lui faire subir une foule en colère. Dans l’échauffourée qui s’est alors produite, incluant des tirs attribués par certains à des partisans de Pierre Richard Mulus et, par d’autres, à la police, au moins deux personnes ont été tuées par balle, dont une adolescente de 13 ans, et d’autres blessées. Il s’en est suivie la mise en isolement d’au moins 3 policiers pour implication présumée dans les incidents.
Le 14 décembre, conduit au Parquet du Tribunal civil par des agents du Commissariat de Port-au-Prince, le prévenu Pierre Richard Mulus n’est pas reçu, encore moins son dossier, selon des sources policières. L’explication qui aurait alors été donnée aux policiers est que Me Claudy Gassant avait passé des instructions pour ce dossier ne soit pas reçu.
Le 15 décembre, nouveau développement : Me Claudy Gassant ordonne la libération immédiate de Pierre Richard, alias « Kanson Fè ».
De sérieuses charges pèsent encore sur l’individu au moment où il bénéficie de cette nouvelle mesure d’élargissement prise par le chef du Parquet de Port-au-Prince.
Déjà, réagissant le 14 novembre dernier aux « libérations arbitraires » ordonnées par le Parquet, le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) soulignait le fait que le nommé Pierre Richard (alias Kanson Fè) avait été appréhendé le 15 février 2007 pour association de malfaiteurs et implication présumée dans l’assassinat, le 31 décembre 2006 à Martissant, du nommé Jean Baptiste Hilaire.
Pierre Richard Mulus est aussi soupçonné d’implication dans le meurtre perpétré en décembre 2006 à Martissant sur la personne du policier Kandy Jean Baptiste de la Compagnie d’intervention et de Maintien de l’Ordre (CIMO), selon des sources policières.
Sa première arrestation en février 2007 était également en rapport avec de nombreux cas de vol, de séquestration de personnes enlevées et d’exactions sur de paisibles citoyens, indiquent les mêmes sources. Relaxé le 7 novembre 2007 par le Parquet parmi d’autres prisonniers victimes de détention préventive prolongée, « Kanson Fè » aurait rapidement repris du service. Des habitants de Martissant ont dénoncé ses menées sur les ondes de plusieurs radios de la capitale.
Son nom est associé au meurtre perpétré le 13 novembre 2007 à Martissant 9 sur la personne du chauffeur de transport public Rosier Guyto (30 ans). La victime, n’ayant pas obtempéré à l’ordre de l’agresseur de lui verser un montant de mille gourdes, a été abattue sur le champ.
Le 11 décembre 2007, un frère de la victime, Pierre Louis Eddy (26 ans) porte formellement plainte contre Pierre Richard Mulus qu’il accuse d’être l’homme qui a abattu Rosier Guyto. Quelqu’un qui s’est présenté à la police comme témoin oculaire de l’incident, le nommé Sanon Maurius (39 ans), soutient que c’est bien Pierre Richard Mulus, dont il ne connaissait pas alors le nom, qui a perpétré l’acte. [jmd/RK]
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4532
Commentaires :
C’est dommage, écœurant et inadmissible qu’un bras de fer aussi loin. L’absurdité bat son plein au sein de cette société en agonie ou les valeurs sont carrément foulées aux pieds. Nous comprenons mal comment dans un pays ou les plus hauts fonctionnaires de l’état ne semblent plus dominer les principes élémentaires autour de la hiérarchie des intérêts on puisse s’attendre à une relance de l’économie à une réduction de la pauvreté.
Aujourd’hui Maître Claudy Gassant – Si ce criminel est bien coupable des faits qui lui sont imputés- en dehors des supposés vices de forme retrouvé dans les dossiers qui renforcent l’accusation, est tout simplement entrain de dire aux haïtiens de l’étranger qui regardent par la fenêtre se demandant s’ils doivent retourner au pays de ne plus caresser le rêve de venir mettre à contribution leurs compétences et leurs savoir-faire.
Nous ne voyons pas comment on pourrait faire renaître l’espoir dans cette atmosphère morbide d’une jungle peuplée des pires espèces. Si le découragement fini par s’emparer de ceux là qui couvent de façon continue l’espoir de jours meilleurs et qui se blottissent contre l’idée de renouveau et de nouveau départ, c’est la patience est plus amère quand son fruit regorge la saveur du fiel.
Nos « amis » par contre auront une toute autre lecture. Ils seront définitivement convaincus de notre incapacité de résoudre nos problèmes et stopper cette défense en enfer et arrêter l’agonie d’une nation. La communauté internationale a essayé beaucoup de choses. Des attitudes et des activités qui n’épousent que très peu les sens de nos besoins et de nos attentes et pas du tout le sens de nos intérêts.
Ce qui l’empêche de faire une vraie main mise sur le pays par une occupation en bonne et due forme doit être très mince, si cette possibilité n’est pas noyée dans un désir ardent et cacher de nous voir croupir jusqu’à « néantisation ».
Aujourd’hui, la société doit rendre note et ne pas avoir honte de pointer du doigt comme complice celui qui a rendu cette sorte de licence pour tuer à ce prétendu criminel. Le prochain meurtre d’un citoyen quelconque perpétré par ce Pierre Richard Mulus tombera sur la toute et seule responsabilité du Commissaire de gouvernement qui aura aujourd’hui décrété son élargissement.
Et, si les citoyens détiennent les informations concernant les fonctions du commissaire du gouvernement, ils comprendront qu’il n’y a plus personne pour les protéger. La légitime défense s’impose et est déjà pardonnée !

Quatre importantes organisations paysannes haïtiennes renforcent leur collaboration pour faire face aux problèmes de l’heure

Après deux jours de discussions dans le Sud-est
lundi 17 décembre 2007,
Radio Kiskeya

Les dirigeants de 4 importantes organisations paysannes haïtiennes ont annoncé lundi dans un communiqué conjoint, leur décision de renforcer leur collaboration pour faire face aux problèmes de l’heure, dont la cherté de la vie, l’occupation du pays par des forces étrangères, l’option néo-libérale des autorités, la perte de la souveraineté nationale, le déclin de la production agricole et la dégradation de l’environnement.
Réunis les 13 et 14 décembre derniers dans la localité de « Zoranje » (Sud-est), les dirigeants de la Coordination Régionale des Organisations du Sud-est (Sigle créole KROS), du Mouvement des Paysans de Papaye (Hinche, Centre) du Mouvement Paysan National du Congrès de Papaye et « Tèt kole pou yon ti mouvman ti peyizan ayisyen », ont passé en revue leurs différentes prises de position au cours des dernières années, relevant les erreurs commises tout au long de leur combat. Ils ont notamment analysé leur engagement dans les efforts en vue de l’accession de Lavalas au pouvoir, leurs rapports avec le pouvoir lavalas et d’autres secteurs dans la lutte en vue de la conquête du pouvoir.
En résumé, ils ont résolu de divorcer avec toutes les pratiques susceptibles de les diviser, de rétablir la communication entre eux et de définir les règles en vue d’une collaboration et d’un fonctionnement basés sur la transparence.
Ils ont par ailleurs décidé de développer des rapports avec toute autre organisation partageant leur point de vue , leur vision en vue de la construction d’un état responsable, défenseur des intérêts du pays et de la majorité de la population haïtienne.
Les signataires du communiqué des 4 organisations sont : l’ancien ministre de l’agriculture, Gérald Mathurin et Denise Desmarattes(KROS) ; Chavannes Jean Baptiste (MPP) ; Ruth Dérilus et Taléus Christophe (MPNKP) ; Vernicia Joseph et Rosnel Jean-Baptiste de Tèt Kole. [jmd/RK]
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4530

Bref séjour à Port-au-Prince du chancelier taïwanais, James Huang

Taipei envisage de contribuer au développement de l’agriculture haïtienne
mardi 18 décembre 2007,
Radio Kiskeya

Le chef de la diplomatie taïwanaise, James Huang, a effectué comme prévu une brève visite à Port-au-Prince samedi dernier, selon un communiqué du ministère des affaires étrangères taïwanais cité mardi par Radio Taiwan International.
Au cours de son passage à Port-au-Prince, M. Huang s’est entretenu notamment avec le Président René Préval. Les discussions ont porté sur le renforcement de la coopération économique entre les deux pays et l’aide que Taipei peut apporter au développement de l’agriculture en Haïti.
Cependant, la Présidence haïtienne est restée muette sur cete visite comme sur beaucoup d’autres.
Le chancelier taïwanais s’était rendu auparavant en République Dominicaine où il a été décoré de l’ordre national Christophe Colomb.
Haïti et la République Dominicaine figurent parmi 24 pays au monde ayant maintenu leurs relations diplomatiques avec Taïwan et continué à lui reconnaître un statut d’Etat souverain au grand dam de Pékin.
Mécontente des relations privilégiées existant entre les autorités haïtiennes et sa "province rebelle", la Chine Populaire a déjà menacé d’exercer son droit de veto au Conseil de sécurité contre le renouvellement du mandat de la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH) déployée en Haïti depuis 2004. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4531

Haïti créditée d’une croissance économique de 3,5% en 2007, selon la CEPAL


Troisième année consécutive de croissance positive, mais le chômage reste extrêmement élevé
mardi 18 décembre 2007,
Radio Kiskeya

L’économie haïtienne a enregistré une croissance de 3,5% en 2007, maintenant une tendance favorable pour la troisième année consécutive, selon le rapport annuel de la Commission Economique pour l’Amérique Latine et les Caraïbes (CEPAL) qui vient d’être rendu public à Santiago du Chili.
L’organe onusien chargé de monitorer les économies de la région souligne que des résultats relativement positifs ont caractérisé les indicateurs macroéconomiques de l’année fiscale 2006/2007, premier exercice budgétaire complet de l’adiministration Préval/Alexis arrivée au pouvoir à la mi-2006.
Cependant, le document intitulé "Bilan préliminaire des économies de l’Ámérique latine et de la Caraïbe" montre aussi que la croissance reste très modeste dans plusieurs secteurs, ce qui indique que la relance de l’économie mérite d’être encore consolidée.
Parallèlement, la CEPAL souligne que les graves déficiences des infrastructures, particulièrement en matière énergétique, peuvent représenter une menace pour une relance économique soutenue même si en 2008 le Produit Intérieur Brut (PIB) devrait connaître une croissance de 4%, selon les projections.
Le taux d’inflation s’est situé au cours des douze derniers mois autour de 7,9%, soit une baisse de 4,5 points en rythme annuel par rapport à l’exercice précédent. Ces bons points sont attribués à la politique du gouvernement, mais aussi et surtout à la stabilité des taux de change.
Le déficit fiscal qui correspond à 1,5% du PIB a pu être comblé sans aucun financement de la Banque Centrale se félicite la CEPAL qui relève que, pour la première fois depuis dix ans, la balance des paiements accuse un excédent de 99 millions de dollars.
La lutte contre l’évasion fiscale, la fraude et la corruption annoncée par le gouvernement a apparemment joué un rôle important dans les résultats enregistrés.
Enfin, la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes déplore la persistance de la stagnation du marché de l’emploi dans un pays confronté au chômage de masse.
En dépit de ce bilan relativement intéressant dressé par la CEPAL, l’économie nationale, très peu compétitive, reste la plus faible de toute l’Amérique latine et de la Caraïbe. Seul le Mexique a connu un taux de croissance égal à celui d’Haïti (3,5%) et de loin inférieur à la moyenne régionale. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4525
Pour rire :
Vous avez dit macroéconomie ?...ahhhh ok !

Sixième anniversaire de l’attaque contre les partis politiques

Les chefs de partis politiques se souviennent de la journée du 17 décembre 2001 comme l’un des pires moments de leur existence. A l’époque des militants du parti d’Aristide, Fanmi Lavalas, avaient incendié les locaux de plusieurs partis politiques de l’opposition en représailles à une rumeur non vérifiée de coup d’état. Le chef de file de l’Alliance, Evans Paul espère qu’il ne vivra plus des moments aussi terribles, et se réjouit du climat d’apaisement politique instauré dans le pays depuis environ deux ans à l’initiative du président René Préval. Selon M. Paul, la présidence et le gouvernement n’encouragent pas les actes de violence enregistrés dans le pays comme ce fut le cas sous le gouvernement d’Aristide. Tout en rappelant que des actes de violence sont enregistrés dans tous les pays du monde, M. Paul appelle tous les acteurs politiques à œuvrer en vue de consolider le climat d’apaisement politique. De plus, Evans Paul croit qu’il faut adopter des dispositions pour faire baisser la violence sociale. De son coté, le leader du Mouvement Chrétien pour une nouvelle Haïti ( Mochrenah), Luc Mesadieu, affirme avoir été sauvé in extremis de l’attaque des lavalasiens au cours duquel son garde du corps a été tué. " Ma maison a été incendié ainsi que 4 véhicules", dit-il précisant que l’église et la résidence du vice président du parti ont été également incendiées. A l’époque l’Union Européenne (UE) avait reprouvé les actions violentes déclenchées à la capitale comme en province par des Organisations Populaires (OP)” contre des responsables de l’opposition. Les Quinze disent “réprouver, sans réserve, les violences et intimidations dont sont victimes ces derniers temps, et en toute impunité, certains médias “. Pour sa part, l’Association Nationale des Médias Haïtiens (ANMH) avait condamné l’explosion de violence sous toutes ses formes et quelle qu’en soit la provenance qui a marqué la journée du 17 décembre 2001 et qui s’est soldée par des pertes en vies humaines et différents actes de vandalisme.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=13328
Pour rire :
Masèl kokob man chalan dèyè-w…Atansyon K-plim men nawoum maselis dèyè-w !

Des haïtiens en République Dominicaine victime de la tempête Olga

Les autorités dominicaines ont annoncé lundi la découverte des corps de neuf nouvelles victimes de la tempête tropicale Olga, portant ainsi le bilan humain de cette catastrophe naturelle à 33 morts. La plupart des dépouilles ont été découvertes dans la province de Santiago, au centre de l'île, région la plus la touchée par la tempête Olga qui s'est abattue la semaine dernière sur les Antilles. Selon le Groupe d’Appui aux Refugiés et Rapatriés (GARR) un grand nombre de migrants haïtiens auraient péri à Santiago dans les inondations qui ont suivi le passage de la tempête Olga dans le Nord de la République Dominicaine. " Les corps sans vie d’immigrants haïtiens ont été retrouvés dans plusieurs quartiers de Santiago de los Caballeros, informe une source proche de la Défense Civile citée par les médias locaux", rapporte le Garr. Cette tragédie vient s’ajouter à celle enregistrée lors du passage de la tempête Noël qui avait dévasté en novembre dernier, plusieurs bateys et aggravé la situation déjà précaire d’un grand nombre de travailleurs migrants haïtiens. Selon des sources combinées, plus de 5000 familles, dont un nombre élevé d’Haïtiens et Dominicains d’origine haïtienne, vivant dans une trentaine de bateys de la province de Barahona et dans l’aire de Santo Domingo avaient été sinistrées. Les autorités haïtiennes avaient indiqué qu’au moins deux personnes ont été tuées dans le nord du pays en raison du passage de la tempête tropicale Olga dans les départements du Nord, Nord-est, Nord Ouest et Artibonite.Des dégâts matériels importants ont été enregistrés dans les communes de Cap Haïtien, Plaisance, Pilate et Dondon (Nord), Caracol ( Nord-est) et Anse-à-Foleur ( Nord Ouest).
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=13330

Il existe un malaise entre le parquet et la police selon le sénateur Fortuné

Le sénateur Gabriel Fortuné déplore les dissensions entre les responsables du parquet de Port-au-Prince et de la police, et souligne que le peuple est le grand perdant de ces conflits.Il annonce que la rencontre entre les membres de la commission justice et sécurité du sénat et du Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN), le mercredi 19 décembre doit permettre de trouver une solution au problème. " C’est un malaise profond qui existe entre le parquet et la police, on parle de manque de motivation des policiers et le parquet fait état de manque de collaboration de la police", dit-il expliquant que le commissaire du gouvernement Claudy Gassant avait fait part de son intention de participer à la rencontre. Le sénateur Fortuné s’interroge sur les causes profondes de cette dissension entre les responsables de la justice et de la police et soutient que les hautes autorités doivent transcender les questions d’idéologie politique. Selon lui, des personnes estimant avoir de solides appuis politiques ont tendance à semer la discorde dans la chaîne pénale. " La rencontre avec les responsables du CSPN sera une rencontre à caractère politique", déclare t-il précisant que la première partie de cette rencontre se fera a huit clos. " Nous avons besoin des compétences de Mario Andrésol et de Claudy Gassant et je crois qu’il s’agira d’une ultime tentative dans ce dossier", soutient le sénateur Fortuné qui fait état d’un climat de méfiance entre le parquet et la policeIl croit que ces dissensions nuisent au bon fonctionnement de la chaîne pénale. Le sénateur Fortuné cite en exemple l’impasse dans l’enquête sur le dossier de Martissant.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=13331

lundi 17 décembre 2007

Le chef de la police refuse de répondre à une invitation d’un juge

Le chef de la police haïtienne, Mario Andrésol ne répondra pas à l’invitation du juge d’instruction, Fritzner Fils Aimé, en charge du dossier de l’assassinat de Jean Dominique. " Le juge d’instruction a commis une erreur monumentale dans l’exercice de sa fonction en invitant le chef de la PNH à comparaître en tant que témoin ", a déclaré l’avocat du directeur de la PNH, Samuel Madistin. Il indique que le juge instructeur est coupable d’avoir violé les articles 400 et 401 du code d’instruction criminel traitant de la procédure à suivre pour la comparution des grands fonctionnaires de l’état. M. Madistin précise que le juge doit au préalable écrire au ministre de la justice ajoutant que le chef de l’état doit rendre une ordonnance spéciale dans ce cas. " En raison de l’imminente dignité de la fonction de certains responsables de grands corps de l’état, la loi fait une dérogation en ce qui concerne leur comparution par devant une juridiction", ajoute M. Madistin. Il soutient que le directeur de la Police est l’une des plus importante personnalité de la république puisqu’il a été choisi par le chef de l’état et ratifié par le sénat. Samuel Madistin souligne que le Conseil Supérieur de la Magistrature a été saisie de la violation de la loi commise par le juge d’instruction, Fritzner Fils Aimé et le commissaire du gouvernement Claudy Gassant.Selon l’avocat, des gens se donnent des pouvoirs arbitraires en réglant leur affaire personnelle parce que le chef de l’état est intéressé par le dossier de Jean Dominique.
Tout en indiquant que le juge instructeur doit rester dans les limites de la loi, M. Madistin soutient que le demande de comparution doit être formulée par une des parties en conflit. Qualifiant ces pratiques de dérives, le juriste souligne qu’il est temps de rappeler aux magistrats qu’ils doivent respecter la loi.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/liste_spor_fr.php?d=1712071

Réactions divergentes autour de la demande de comparution du chef de la police

L’avocat Aviol Fleurant s’interroge sur la justification légale du terme grand fonctionnaire de l’état attribué au chef de la police, et croit que ce dernier devrait répondre à l’invitation du juge d’instruction. Tout en indiquant qu’il n’existe aucun texte de loi définissant qui sont les grands fonctionnaires de l’état, M. Fleurant appelle les parlementaires à préparer une législation en la matière. Intervenant à la rubrique " Invité du jour" de radio Métropole, le juriste a estimé que le chef de la police devrait faire preuve d’élégance en écrivant au juge instructeur pour faire valoir son statut de grand fonctionnaire de l’état.
" Pour ne pas donner l’impression de faire obstruction à la justice", explique t-il. Tout en rappelant que le chef de la police avait déjà comparu par devant un juge d’instruction, Aviol Fleurant se défend d’être un proche un proche du commissaire du gouvernement. De son coté, le président de la commission justice et sécurité du sénat, Youri Latortue, croit que la convocation du directeur de la PNH et l’incarcération de trois policiers le week end écoulé sont de nature à favoriser une recrudescence de l’insécurité.
Il annonce que le Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN) sera convoqué au sénat au cours de cette semaine autour de ces affaires ,précisant que les autorités judiciaires doivent respecter la loi en ce qui concerne les hauts fonctionnaires de l’état. " Cette mauvaise approche peut provoquer une frustration et une démobilisation au sein de la police", insiste M. Latortue rappelant que la PNH dispose de structures pour punir les fautes administratives.http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=13326

Trois policiers écroués et recrudescence de l’insécurité

Trois policiers affectés à la direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) ont été écroués, le week end écoulé, sur ordre du commissaire du gouvernement de Port-au-Prince. Ces agents de l’ordre sont accusés de meurtre et de tentative de meurtre sur des riverains de Martissant au moment de l’arrestation du présumé bandit, Pierre Richard alias " Kanson Fè" ( pantalon métallique). Des résidents de Martissants auraient tenté de lyncher ce bandit lorsque des policiers procédaient à son arrestation a-t-on appris de source digne de foi.
Dans le même temps on apprend que le présumé bandit, Pierre Richard, accusé d’avoir assassiné un chauffeur de tap-tap, le 13 novembre 2007, serait sur le point d’être une nouvelle fois remis en liberté par le parquet.
Le commissaire du gouvernement a confirmé la nouvelle de la prochaine libération de Kanson Fè, qui avait été remis en liberté début novembre, avant d’être impliqué dans une nouvelle affaire d’assassinat.
Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) avait critiqué la libération de ce bandit, dénoncé par les résidents de Martissant.
Parallèlement on assiste à une recrudescence des actes de violence dans la région métropolitaine, où plusieurs cas de kidnapping et de vol de véhicules ont été enregistrés durant le week end ecoulé. Au moins trois personnes ont été enlevées au centre ville non loin du quartier de Bel Air et 2 deux autres ont été tuées dans des incidents séparés durant le week end.
Dans le même temps, une dizaine de véhicule tout terrain, dont un appartenant à la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (Minustah), ont été vole samedi et dimanche dernier. D’autre part, les trois enfants et une jeune fille de 17 ans dont la mère est une employée de la Minustah, ont été libérés contre rançon alors qu’une autre personne a pu tromper la vigilance de ses bourreaux.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=13327

Affaire Jean Dominique : Le chef de la Police Nationale attendu lundi au cabinet d’instruction, selon Guyler Delva

Mario Andrésol ne répondra pas à l’invitation et a porté plainte contre le juge Fritzner Fils-Aimé et le commissaire Claudy Gassant, rétorque l’un des avocats du directeur de la PNH, Me Samuel Madistin ; il proteste, par ailleurs, contre le fait que la convocation ait été annoncée par le président de la commission de journalistes chargée d’appuyer les enquêtes sur les assassinats de journalistes
lundi 17 décembre 2007,
Radio Kiskeya

Le directeur général de la Police Nationale, Mario Andrésol, devrait répondre lundi à une invitation du juge d’instruction Fritzner Fils-Aimé dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du directeur de Radio Haïti Inter, Jean Dominique et du gardien de la station, Jean-Claude Louissaint, a annoncé le président de la commission dite indépendante d’appui aux enquêtes relatives aux assassinats de journalistes (CIAPEAJ), Guyler Delva.
Le chef du parquet de Port-au-Prince, Claudy Gassant, avait, par l’intermédiaire d’un huissier, acheminé mercredi dernier à M. Andrésol une "citation à comparaître à titre de témoin", a appris Radio Kiskeya de sources policières.
Aucune explication n’était encore disponible sur les raisons ayant porté le magistrat instructeur à vouloir interroger le commandant en chef de la PNH. Ce dernier assumait certaines responsabilités au sein de l’institution lors du double meurtre du 3 avril 2000.
Cependant, les avocats de Mario Andrésol, dont Me Samuel Madistin, annoncent déjà que leur client ne répondra pas à la convocation et a "porté plainte devant le conseil de la magistrature contre Fritzner Fils-Aimé et Claudy Gassant pour abus d’autorité et violation du code d’instruction criminelle". Ils menacent également de traduire en justice le juge d’instruction et le commissaire du gouvernement accusés d’avoir tous deux "violé le secret de l’instruction". Car, l’information relative à l’invitation adressée au directeur de la police a été divulguée par le journaliste Guyler Delva.
Pour sa part, le commissaire de police Jean Daniel Ulysse, arrêté le 10 décembre après avoir subi un interrogatoire au cabinet d’instruction, a été auditionné une nouvelle fois jeudi dernier par le juge Fils-Aimé. La résidence de l’ancien directeur a.i de la police judiciaire (DCPJ) en 2000 aurait été perquisitionnée en son absence et certains de ses effets personnels emportés.
Selon Guyler Delva, qui s’exprimait peu avant l’arrestation, M. Ulysse aurait fait obstruction à l’instruction de l’affaire en refusant à plusieurs reprises de se présenter au cabinet d’instruction. Le responsable de la CIAPEAJ avait fait les mêmes considérations sur l’attitude du Sénateur Rudolph Boulos qui figure lui aussi sur la liste des personnes que le juge Fritzner Fils-Aimé souhaiterait interroger.
Plusieurs suspects identifiés dans l’assassinat du plus célèbre journaliste haïtien ont été assassinés ou sont en fuite à l’image de Markington Philippe réfugié en Argentine.
Outre son statut de propriétaire et directeur de média, Jean Dominique fut l’ami personnel et le conseiller politique du Président René Préval au cours de son premier mandat (1996-2001). spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4522

Un otage échappe à ses ravisseurs, trois enfants libérés contre rançon


L’actrice Nathalie Ambroise et son fiancé Stéphane Lerouge toujours séquestrés ; une fonctionnaire d’une institution internationale aurait été blessée par balle lors de son enlèvement dimanche
lundi 17 décembre 2007,
Radio Kiskeya
Un otage, dont l’identité n’a pas été révélée, s’est échappé dimanche menotté de la planque où il était séquestré alors que trois enfants enlevés la semaine dernière ont été libérés contre rançon quelques heures avant l’enlèvement violent d’une fonctionnaire d’une organisation internationale, a appris Radio Kiskeya de sources combinées.
Le miraculé ayant organisé sa fuite a été récupéré par une patrouille policière avant d’être remis à sa famille. On ignorait l’état dans lequel il se trouvait.
Quant aux jeunes écoliers, leur libération a été obtenue en contrepartie du versement d’une rançon. Ils avaient été interceptés mardi dernier dans le centre de Port-au-Prince par des bandits armés alors qu’ils revenaient de l’école en compagnie d’un chauffeur.
Un quatrième otage a pu recouvrer sa liberté dans les mêmes conditions. En revanche, Nathalie Ambroise et son fiancé Stéphane Lerouge étaient encore lundi en captivité plus de 48 heures après leur enlèvement vendredi soir devant leur résidence à Delmas 64 (banlieue est) malgré les appels lancés aux ravisseurs par l’oncle de la jeune femme, Jean-Robert Simonise.
Une forte rançon serait réclamée.
Petite-fille de deux martyrs de la dictature des Duvalier, Jean-Jacques Dessalines Ambroise et Lucette Lafontant, Nathalie Ambroise fait également du cinéma à côté de ses activités professionnelles. Elle figure notamment dans le casting du film "La Rebelle" du réalisateur haïtien Sacha Parisot.
Par ailleurs, une femme travaillant pour une organisation internationale aurait été blessée par balle au cours de son enlevèment très mouvementé dimanche à Port-au-Prince. Aucune précision n’était disponible lundi sur l’état de santé de la victime. Les rapts se sont multipliés ces dernières semaines malgré le renforcement du dispositif de sécurité annoncé par la Police Nationale et la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH) à l’approche des fêtes de fin d’année. Les véhicules de plusieurs personnes kidnappées ont été retrouvés au Bel-Air (centre de Port-au-Prince), un des anciens bastions des bandes armées favorables à Jean-Bertrand Aristide qui avaient déclenché en 2004 "l’Opération Bagdad", un cycle infernal de violences meurtrières qui avait mis Port-au-Prince sens dessus dessous. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4529

Haïti-Rép. Dominicaine : Vers le déploiement de patrouilles onusiennes dans la zone frontalière

P-au-P, déc. 07 [AlterPresse] --- Hédi Annabi, chef civil de la Mission de stabilisation des Nations Unies en Haïti (Minustah), a effectué cette semaine une visite officielle en République Dominicaine autour des dispositions à mettre en place pour la sécurisation de la frontière haïtiano-dominicaine, rapporte l’agence dominicaine Espacinsular, partenaire d’AlterPresse.
Des patrouilles de la force onusienne seront déployées le long des frontières maritimes et terrestres pour appuyer les activités de la Police nationale d’Haïti (Pnh) dans la lutte contre les trafics illicites, notamment les trafics d’armes, de munitions et de drogue, selon les nouvelles mesures adoptées par le Conseil de sécurité dans sa résolution 1780 prorogeant, pour octobre 2008, le mandat de la Minustah.
A Santo Domingo, cette question a été débattue lors d’un déjeuner offert par le chancelier dominicain Carlos Morales Troncoso en l’honneur du diplomate Hédi Annabi.
Les travaux de la Minustah commencent à porter des fruits, selon le représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies. Au cours de ce déjeuner, Hédi Annabi a également mentionné la diminution des cas d’enlèvement en Haïti à la fin de l’année 2007.
De 99 en novembre 2006, seulement 19 cas de kidnapping ont été signalés en novembre 2007, selon le chef civil de la Minustah.
Un nombre de 198 cas d’enlèvements ont été recensés en Haïti de janvier à décembre 2007, selon des statistiques évoquées le 13 décembre 2007 par Fred Blaise, porte-parole de la Police des Nations Unies (Unpol).
Tout en rappelant que la Minustah n’est pas une agence de développement, Hédi Annabi dit, par ailleurs, espérer que les actions entreprises par les troupes onusiennes puissent contribuer à la création d’un climat propice aux investissements dans le pays.
Annabi dit avoir intérêt à travailler pour conscientiser la communauté internationale sur la possibilité d’investir en Haïti en vue d’arriver au développement économique et social du pays.
Pour sa part, le chancelier dominicain a salué la mise en place du nouveau Conseil électoral provisoire (Cep) qui devra organiser au début de 2008 des élections sénatoriales partielles ainsi que des élections indirectes.
La possibilité pour la République Dominicaine de participer à la création d’emplois en Haïti à travers l’Accord de partenariat économique avec l’Union européenne a été également discutée. [do apr 14/12/2007 10 :35]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article6760
Commentaires :
Maintenant la Minustah va s’occuper de surveiller notre frontière avec la République Dominicaine. Nous savons que le plan de « nos amis » de l’ONU c’est d’établir son autorité sur plusieurs de nos institutions clé comme les douanes, l’autorité portuaire nationale sans oublier leur grand souci de « passer les mains » en profondeur dans notre système judiciaire.
Oui. L’ancien chef de la Minustah, Edmond Mulet avait manifesté un désir ardent et pressant de contribuer à la réforme de notre système judiciaire jugé très malade aux dires même de personnages dignes de confiances comme le chef de la Police Nationale d’Haïti. A l’époque, la tentative d’une ingérence étrangère avait déclenché de un tonnerre de critiques de la part de nos juristes et nos nationalistes. Actuellement Preval semble s’occuper personnellement de la réforme de la justice…sous dictée ?
Qui a encore peur de parler d’occupation ?
Qu’en est-il de notre autonomie ?

Haiti-France : Accords de co-développement

P-au-P [AlterPresse] --- Haïti et la France sont désormais partenaires dans un processus de « codéveloppement », scellés par des accords qui viennent d’être présentés publiquement.
C’est dans la soirée du mercredi 12 décembre, devant un parterre d’invités que le ministre des haïtiens vivant à l’étranger, Jean Généus, et l’ambassadeur de France en Haïti, Christian Conan, ont officiellement fait part au public des accords de co-développement signés en Avril dernier entre la France et Haïti, a constaté AlterPresse.
L’ambassadeur Conan a rappelé que « l’on entend par co-développement toute action d’aide au développement, quelle que soit le secteur dans lequel elle est réalisée, à laquelle participent des migrants vivant en France (métropolitaine et DOM-TOM).
Il a poursuivi en avançant que « ces accords de co-développement peuvent concerner aussi bien les Haïtiens qui désirent retourner dans leur pays pour y créer une activité, que ceux (hommes d’affaires, médecins, universitaires, ingénieurs, électriciens, plombiers établis durablement en France...) qui sont disposés à investir dans leur pays d’origine pour y promouvoir des activités productives ou qui souhaitent faire profiter Haïti de leurs compétences, leur savoir-faire et leur leadership ».
Le ministre Généus a rappelé quant à lui qu’« Haïti enregistre la fuite de cerveaux la plus élevée au monde ». Pas moins de 80% des spécialistes haïtiens partiraient du pays, ce qui, de manière évidente, fait obstacle à l’augmentation du niveau de développement d’Haïti.
Les dits accords pourraient, selon le ministre, remédier, dans un certain sens, à ce phénomène.
Concrètement, le programme de co-développement intervient sur trois points. Premièrement, dans le cas d’une association haïtienne établie en France, le programme peut l’aider à financer un projet en Haïti. Le programme privilégiera les projets productifs selon l’ambassadeur Conan.
Dans le cas d’un migrant vivant en France qui souhaiterait retourner vivre en Haïti, le programme peut le soutenir à hauteur de 7000 euros pour mettre en place un projet générateur de revenus qui lui permettra de vivre.
Enfin pour les membres de la Diaspora scientifique, technique et économique le programme peut les appuyer financièrement dans des missions courtes en Haïti.
Le programme est géré conjointement par le ministère des Haïtiens vivant à l’étranger (MHAVE) et le Service de Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade de France (SCAC).
Ces accords interviennent au moment où les pays du nord adoptent une politique migratoire plus stricte dans le cadre d’une restructuration de leurs économies. Ainsi Gustave Massiah, président du CRID (Centre de recherche et d’informations pour le développement) relativise la notion de co-développement et en donne une autre définition.
Pour lui « le co-développement, c’est de la coopération d’égal à égal. C’est faire le lien entre deux pays. C’est également remettre en question notre propre développement pour le mettre en relation avec celui d’autres pays. Ce n’est de toute façon qu’un outil complémentaire de solidarité internationale, des rapports Nord-Sud. Mais, pour avoir une pensée du co-développement, il faut d’abord avoir une pensée du développement. » [cd gp apr 14/12/2007 16:40]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article6759
Commentaires :
Le concept « co-développement », un « rêve-proposition » cher au Président Français Nicolas Sarkozy risque d’apporter très peu de solutions aux vrais problèmes d’Haïti. Cette façon de s’engager sur une nouvelle forme de coopération se base essentiellement sur une diaspora très forte et organisée. Tel n’est sûrement pas le cas de la diaspora haïtienne. Et cette caractéristique ne concerne pas que la diaspora haïtienne mais toute la communauté des haïtiens vivant à l’étranger qui, malgré leurs tendances à crier haut et fort leurs poids et leur importance comme base et support de l’économie du pays ont encore trop de mal à montrer cette organisation qui en ferait une vraie force sur laquelle il faudrait définitivement compter.
Les Haïtiens de l’étranger traînent les tares caractéristiques et sui generi de tous les haïtiens qui se résument dans cette attitude de méfiance ancestrale et trop ancrée dans nos mentalités et cette volonté expresse de croire que l’on peut toujours être chef, président ou directeur de quelque chose.
Il suffit pour s’en rendre compte d’énumérer les innombrables associations et regroupements professionnels haïtiens oeuvrant sur de petits territoires géographiques et d’espaces conjoncturels étroits.
Dans cette configuration, il sera très difficile de concevoir un projet valable dont l’exécution apporterait un vrai plus à un secteur de la société haïtienne. Les associations ayant Haïti ou une problématique haïtienne en ligne de mire cherchent souvent une reconnaissance trop personnelle et ceci, même quand le projet visé demande et exige un travail mutualisé de plusieurs secteurs associatifs.
Et à cela s’ajoute le fait que l’acceptation d’un projet peut être favorisée par une certaine connivence avec les élus locaux, pièce maîtresse de cette coopération décentralisée. Comme résultat les projets conçus ne sont pas les plus adaptés au secteurs ciblé.
Il n’est pas rare de voir s’élever un projet de création d’université dans une ville de l’arrière pays complètement dépourvu d’infrastructure ou le problème de l’éducation primaire n’a pas encore été réglé.
Il est bien de rester vigilant et voir comment vont s’agencer les projets et surtout en dépister les retombées réellement positives et utiles pour Haïti.

Haïti-Rép. Dominicaine : Vers le déploiement de patrouilles onusiennes dans la zone frontalière

P-au-P, 14 déc. 07 [AlterPresse] --- Hédi Annabi, chef civil de la Mission de stabilisation des Nations Unies en Haïti (Minustah), a effectué cette semaine une visite officielle en République Dominicaine autour des dispositions à mettre en place pour la sécurisation de la frontière haïtiano-dominicaine, rapporte l’agence dominicaine Espacinsular, partenaire d’AlterPresse.
Des patrouilles de la force onusienne seront déployées le long des frontières maritimes et terrestres pour appuyer les activités de la Police nationale d’Haïti (Pnh) dans la lutte contre les trafics illicites, notamment les trafics d’armes, de munitions et de drogue, selon les nouvelles mesures adoptées par le Conseil de sécurité dans sa résolution 1780 prorogeant, pour octobre 2008, le mandat de la Minustah.
A Santo Domingo, cette question a été débattue lors d’un déjeuner offert par le chancelier dominicain Carlos Morales Troncoso en l’honneur du diplomate Hédi Annabi.
Les travaux de la Minustah commencent à porter des fruits, selon le représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies. Au cours de ce déjeuner, Hédi Annabi a également mentionné la diminution des cas d’enlèvement en Haïti à la fin de l’année 2007.
De 99 en novembre 2006, seulement 19 cas de kidnapping ont été signalés en novembre 2007, selon le chef civil de la Minustah.
Un nombre de 198 cas d’enlèvements ont été recensés en Haïti de janvier à décembre 2007, selon des statistiques évoquées le 13 décembre 2007 par Fred Blaise, porte-parole de la Police des Nations Unies (Unpol).
Tout en rappelant que la Minustah n’est pas une agence de développement, Hédi Annabi dit, par ailleurs, espérer que les actions entreprises par les troupes onusiennes puissent contribuer à la création d’un climat propice aux investissements dans le pays.
Annabi dit avoir intérêt à travailler pour conscientiser la communauté internationale sur la possibilité d’investir en Haïti en vue d’arriver au développement économique et social du pays.
Pour sa part, le chancelier dominicain a salué la mise en place du nouveau Conseil électoral provisoire (Cep) qui devra organiser au début de 2008 des élections sénatoriales partielles ainsi que des élections indirectes.
La possibilité pour la République Dominicaine de participer à la création d’emplois en Haïti à travers l’Accord de partenariat économique avec l’Union européenne a été également discutée. [do apr 14/12/2007 10 :35]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article6760
Commentaires :
Maintenant la Minustah va s’occuper de surveiller notre frontière avec la République Dominicaine. Nous savons que le plan de « nos amis » de l’ONU c’est d’établir son autorité sur plusieurs de nos institutions clé comme les douanes, l’autorité portuaire nationale sans oublier leur grand souci de « passer les mains » en profondeur dans notre système judiciaire.
Oui. L’ancien chef de la Minustah, Edmond Mulet avait manifesté un désir ardent et pressant de contribuer à la réforme de notre système judiciaire jugé très malade aux dires même de personnages dignes de confiances comme le chef de la Police Nationale d’Haïti. A l’époque, la tentative d’une ingérence étrangère avait déclenché de un tonnerre de critiques de la part de nos juristes et nos nationalistes. Actuellement Preval semble s’occuper personnellement de la réforme de la justice…sous dictée ?
Qui a encore peur de parler d’occupation ?
Qu’en est-il de notre autonomie ?

Enlèvement d’un jeune couple à Port-au-Prince

Le professeur Jean-Robert Simonise appelle à la libération immédiate de sa nièce, Nathalie Ambroise et de son fiancé, Stéphane Lerouge
samedi 15 décembre 2007,
Radio Kiskeya

Nathalie Ambroise, petite-fille de Jean-Jacques Dessalines Ambroise, un des martyrs de la dictature des Duvalier, a été enlevée vendredi soir à Port-au-Prince par des individus armés en compagnie de son fiancé, Stéphane Lerouge, a annoncé à la presse l’oncle de la jeune femme, le professeur Jean-Robert Simonise.
Jusqu’à samedi soir, les deux otages se trouvaient encore aux mains de leurs ravisseurs qui auraient exigé une forte rançon en échange de leur libération.
Le couple a été kidnappé pendant qu’il se trouvait à bord d’une Jeep Mercedes, à l’entrée d’une maison dans le quartier de Delmas 64 (banlieue est de la capitale). Le véhicule de couleur beige, immatriculé AA-31618, a été retrouvé abandonné quelques heures plus tard devant l’église Notre-Dame du Perpétuel Secours au Bel-Air (centre de la capitale). Un scénario identique à celui d’autres kidnappings enregistrés ces derniers jours.
"Ma famille a déjà payé le prix du sang, s’il vous plaît remettez nous sains et saufs Nathalie et Stéphane, deux jeunes professionnels", a affirmé dans un appel aux ravisseurs M. Simonise, professeur de relations internationales et ancien ministre des affaires étrangères (1991-1992). Il en a profité pour inviter à la mobilisation tous les artistes en soulignant que le guitariste et leader du groupe "Strings", Jacky Ambroise, est également l’oncle de Nathalie.
Le grand-père et la grand-mère de l’otage, l’avocat Jean-Jacques Dessalines Ambroise et la militante Lucette Lafontant, alors enceinte de sept mois, furent emprisonnés et exécutés en 1964 par les tortionnaires du régime sanguinaire de François Duvalier.
Emmanuel Ambroise, l’un de leurs fils, fit partie du Conseil Electoral Provisoire qui opposa une résistance héroïque au Conseil National de Gouvernement (CNG) des généraux Henri Namphy et Williams Régala qui, avec les "Tontons Macoutes", massacra de nombreux électeurs pour faire avorter les premières élections démocratiques de l’histoire du pays, le 29 novembre 1987. Les chocs psychologiques subis et les attaques violentes contre sa résidence et son magasin eurent raison d’Ambroise quelques années plus tard.
Plusieurs cas d’enlèvement d’enfants ont été notamment recensés ces derniers jours à Port-au-Prince.
Malgré les mesures annoncées par la Police Nationale et la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH), les kidnappeurs continuent à frapper, cherchant à tout prix à propager la peur au sein de la population à l’approche des fêtes de fin d’année. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4528