Le Nouvelliste | Publié le :03 septembre 2013
Claudy Bélizaire claudyb15@yahoo.fr
Le phénomène de mendicité prend de l'ampleur ces derniers jours dans la commune de Belle-Anse, département du Sud-Est . Des gens de tout âge s'installent dans des zones stratégiques de cette commune ou se promènent dans les rues pour demander l'aumône afin de résister à la faim à laquelle la population fait face.
L'agent exécutif intérimaire de la commune de Belle-Anse, Rony Rabel, lance un cri d'alarme auprès des autorités de l'administration Martelly -Lamothe en vue d'une intervention urgente dans la région afin de voler au secours de la population qui traverse une misère noire.
Selon Rony Rabel, la commune de Belle-Anse fait partie de l'une des zones les plus vulnérables du département du Sud-Est, surtout après le passage des derniers cyclones, particulièrement le cyclone Sandy qui a ravagé toutes les plantations des habitants de cette commune, ce qui a mis à genoux la population économiquement, alors qu'elle vit essentiellement de l'agriculture et de la pêche.
M. Rabel dit être dépassé par cette situation de faim à laquelle la population est confrontée depuis plusieurs mois, précisant que la mairie de Belle-Anse n'a pas les moyens nécessaires pour satisfaire aux désidératas des citoyens.
« Chaque jour c'est le défilé dans les locaux de la mairie, où les gens viennent dans l'espoir de trouver quelque chose à manger afin d'apaiser leur faim, ce qui nous a toujours mis dans nos petits souliers à la mairie et parfois nous sommes obligés de ne pas nous présenter à nos bureaux une façon de fuir la population nécessiteuse», a déclaré Rony Rabel.
Toutefois, il dit être confiant que le président Michel Joseph Martelly est animé de bonne foi et va se pencher rapidement sur ce problème. De son côté Lissage Généus, le Casec de Baie d'Orange, première section communale de Belle-Anse, réagissant sur la faim qui frappe actuellement cette commune, notamment la section Baie d'Orange, dit croire que la dégradation de l'environnement qui se fait dans cette région est l'un de facteurs de ce phénomène.
Le leader de la section Baie d'Orange a révélé que de jour en jour sa section ne cesse de connaître un exode rural très poussé, où les habitants quittent leur zone le plus souvent pour se réfugier en ville à la recherche d'un mieux-être.
M. Lissage Généus a indiqué que beaucoup de jeunes et même des adolescents abandonnent leur famille respective pour se rendre en République dominicaine espérant que leurs conditions de vie se changeront. Laissant derrière leurs études.
Le Casec Lissage Généus, a déclaré que Baie d'Orange, première section communale de Belle-Anse, est une zone livrée à elle-même, dépourvue de presque toutes les infrastructures élémentaires. Tout en reconnaissant qu'un grand effort est fait par le gouvernement en place sur le plan de l'éducation.
Le Casec de Baie d'Orange dit être inquiet pour ne pas enregistrer des pertes en vies humaines dans les jours avenir, demandant aux dirigeants du pays d'agir dans un délai très bref afin de remédier à cette situation.
Claudy Bélizaire claudyb15@yahoo.fr
La commune de Belle-Anse est composée de la ville de Belle-Anse, du quartier de Mapou, et des 6 sections communales : Baie d'Orange, Mabriole, Calumette, Corail Lamothe, Bel-Air, Pichon et Mapou (dont le quartier « Mapou »).
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120772
Une fenêtre ouverte sur Haïti, le pays qui défie le monde et ses valeurs, anti-nation qui fait de la résistance et pousse les limites de la résilience. Nous incitons au débat conceptualisant Haïti dans une conjoncture mondiale difficile. Haïti, le défi, existe encore malgré tout : choléra, leaders incapables et malhonnêtes, territoires perdus gangstérisés . Pour bien agir il faut mieux comprendre: "Que tout ce qui s'écrit poursuive son chemin, va , va là ou le vent te pousse (Dr Jolivert)
mercredi 4 septembre 2013
Le projet « Mer Sud » voit le jour
Le Nouvelliste | Publi le :03 septembre 2013
Joubert Rochefort rochefelle2013@gmail.com
Le ministère de l'Environnement a lancé jeudi 29 août 2013 le projet « Mer Sud » au fort des Oliviers dans la ville de Saint-Louis-du-Sud. Ce projet rend effectif l'arrêté du 7 août 2013 déclarant huit aires marines et côtières protégées dans le département du Sud.
Avec une superficie de 28 000 km2, l'île d'Haïti dispose d'un linéaire côtier de 1 535 km et d'une plate-forme insulaire de plus de 5 000 km2. En raison de la petite taille des îles voisines, le milieu côtier marin représente un atout majeur pour la croissance économique du pays. Les écosystèmes côtiers jouent également un rôle crucial dans la production et le maintien des pêcheries et d'autres sources biologiques de premier ordre pour la population haïtienne.
Les îles adjacentes aussi. Cependant, ces caractéristiques, qui devraient conférer au pays une position dominante, sont inexploitées.
Les espaces littoraux et marins haïtiens sont particulièrement dégradés. Une situation à laquelle les autorités entendent remédier.
« Nous voulons conserver la biodiversité marine, développer le tourisme comme une importante activité génératrice de revenus et créatrice d'emplois et organiser la filière pêche pour la rendre à la fois plus rentable et moins prédatrice de ressources », déclare le ministre de l'Environnement Jean François Thomas. Dans la foulée, le titulaire du ministère de l'Environnement se dit conscient que cette situation de forte dégradation s'explique en raison de la situation socio-économique du pays.
Malgré tout, Jean François Thomas se dit déterminé à refaire l'image de la côte sud. Dans ces propos, il indique que le complexe marin et côtier de la ville de Saint-Louis-du-Sud est constitué de systèmes naturels dont il faut assurer la protection à long terme. « Il faut maintenir la diversité biologique », encourage le ministre. Financé par le gouvernement norvégien, le projet « Mer Sud » vise à préserver l'environnement marin et à accompagner les pêcheurs de la ville de Saint-Louis-du-Sud en leur inculquant les meilleures pratiques de pêche pour ne pas décimer la biologie marine.
De surcroît, ce projet rend effectif l'arrêté du 7 août 2013 déclarant huit aires marines et côtières protégées dans le département du Sud, dénommées « Aires protégées de ressources naturelles gérées de Port-Salut/Aquin».
Pour la secrétaire exécutive du Comité interministériel d'aménagement du territoire (CIAT), Michèle Oriol, c'est une vraie innovation. Elle croit que la création de cet espace est un premier pas vers l'avenir. Toutefois, elle invite les différents partenaires internationaux et l'Etat haïtien à ne pas sous-estimer les efforts dont ils auront à faire montre dans les prochains mois et dans les prochaines années pour faire de ce projet une réalité.
« Pour réhabiliter l'environnement marin, il faut édicter les nouvelles règles du jeu en établissant un plan de gestion et en expliquant à la population l'importance d'un tel projet, puis en faire une opportunité économique », déclare Michèle Oriol.
Le secrétaire d'Etat à l'Agriculture Fresner Dorcin est aussi confiant quant aux opportunités que peuvent offrir la côte sud. Selon lui, elle regorge de possibilités. Les mangues, les cocotiers et beaucoup d'autres arbres fruitiers, dit-il, sont en abondance. En outre, il croit que le lancement de ce projet est une grande opportunité pour la côte sud du pays.
« La côte sud est en passe de devenir une grande destination touristique. Cela permettra de créer des chaînes d'hôtels et de générer des emplois. Nous devons travailler à son plein épanouissement», recommande-t-il.
Toutefois, il reste beaucoup à faire au gouvernement et aux partenaires internationaux pour réaliser ce projet car, l'aquaculture contrôlée n'existe plus dans les côtes et les récifs coralliens sont utilisés dans la construction des maisons.
Joubert Rochefort rochefelle2013@gmail.com
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120794
Joubert Rochefort rochefelle2013@gmail.com
Le ministère de l'Environnement a lancé jeudi 29 août 2013 le projet « Mer Sud » au fort des Oliviers dans la ville de Saint-Louis-du-Sud. Ce projet rend effectif l'arrêté du 7 août 2013 déclarant huit aires marines et côtières protégées dans le département du Sud.
Avec une superficie de 28 000 km2, l'île d'Haïti dispose d'un linéaire côtier de 1 535 km et d'une plate-forme insulaire de plus de 5 000 km2. En raison de la petite taille des îles voisines, le milieu côtier marin représente un atout majeur pour la croissance économique du pays. Les écosystèmes côtiers jouent également un rôle crucial dans la production et le maintien des pêcheries et d'autres sources biologiques de premier ordre pour la population haïtienne.
Les îles adjacentes aussi. Cependant, ces caractéristiques, qui devraient conférer au pays une position dominante, sont inexploitées.
Les espaces littoraux et marins haïtiens sont particulièrement dégradés. Une situation à laquelle les autorités entendent remédier.
« Nous voulons conserver la biodiversité marine, développer le tourisme comme une importante activité génératrice de revenus et créatrice d'emplois et organiser la filière pêche pour la rendre à la fois plus rentable et moins prédatrice de ressources », déclare le ministre de l'Environnement Jean François Thomas. Dans la foulée, le titulaire du ministère de l'Environnement se dit conscient que cette situation de forte dégradation s'explique en raison de la situation socio-économique du pays.
Malgré tout, Jean François Thomas se dit déterminé à refaire l'image de la côte sud. Dans ces propos, il indique que le complexe marin et côtier de la ville de Saint-Louis-du-Sud est constitué de systèmes naturels dont il faut assurer la protection à long terme. « Il faut maintenir la diversité biologique », encourage le ministre. Financé par le gouvernement norvégien, le projet « Mer Sud » vise à préserver l'environnement marin et à accompagner les pêcheurs de la ville de Saint-Louis-du-Sud en leur inculquant les meilleures pratiques de pêche pour ne pas décimer la biologie marine.
De surcroît, ce projet rend effectif l'arrêté du 7 août 2013 déclarant huit aires marines et côtières protégées dans le département du Sud, dénommées « Aires protégées de ressources naturelles gérées de Port-Salut/Aquin».
Pour la secrétaire exécutive du Comité interministériel d'aménagement du territoire (CIAT), Michèle Oriol, c'est une vraie innovation. Elle croit que la création de cet espace est un premier pas vers l'avenir. Toutefois, elle invite les différents partenaires internationaux et l'Etat haïtien à ne pas sous-estimer les efforts dont ils auront à faire montre dans les prochains mois et dans les prochaines années pour faire de ce projet une réalité.
« Pour réhabiliter l'environnement marin, il faut édicter les nouvelles règles du jeu en établissant un plan de gestion et en expliquant à la population l'importance d'un tel projet, puis en faire une opportunité économique », déclare Michèle Oriol.
Le secrétaire d'Etat à l'Agriculture Fresner Dorcin est aussi confiant quant aux opportunités que peuvent offrir la côte sud. Selon lui, elle regorge de possibilités. Les mangues, les cocotiers et beaucoup d'autres arbres fruitiers, dit-il, sont en abondance. En outre, il croit que le lancement de ce projet est une grande opportunité pour la côte sud du pays.
« La côte sud est en passe de devenir une grande destination touristique. Cela permettra de créer des chaînes d'hôtels et de générer des emplois. Nous devons travailler à son plein épanouissement», recommande-t-il.
Toutefois, il reste beaucoup à faire au gouvernement et aux partenaires internationaux pour réaliser ce projet car, l'aquaculture contrôlée n'existe plus dans les côtes et les récifs coralliens sont utilisés dans la construction des maisons.
Joubert Rochefort rochefelle2013@gmail.com
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120794
Le Chili en soutien à la politique du logement en Haïti
Le Nouvelliste | Publi le :03 septembre 2013
Louis-Joseph Olivier ljosepholivier@gmail.com
Le ministre chilien du Logement, Rodrigo Pérez, en visite en Haïti, mardi, a signé un protocole d'accord avec le ministre des Affaires étrangères, Pierre Richard Casimir. Cet accord, porté sur la coopération entre les deux pays dans le domaine du logement, vise la mise en oeuvre d'un programme pilote nommé Sites et services.
Le ministre Rodrigo Pérez est arrivé en Haïti ce mardi pour une visite de quelques heures. Au cours de son passage dans le pays, M. Perez s'est entretenu avec le ministre haïtien des Affaires étrangères, Pierre Richard Casimir, avant de signer un protocole d'accord entre Haïti et le Chili.
Par ce protocole d'accord, le Chili s'engage à soutenir la politique de logement du gouvernement à travers le programme Sites et services, mis en oeuvre par l'Unité de construction de logement et de bâtiments publics (UCLBP).
Le programme Sites et services a pour objectif de mettre à la disposition des familles dépourvues des parcelles aménagées et assainies, avec des infrastructures de base à leur disposition. 5.3 millions de dollars, c'est le montant nécessaire à l'exécution de ce programme pilote.
L'Etat chilien contribue à hauteur de 2 millions de dollars et le gouvernement haïtien ajoutera les 3.2 millions de dollars. Dans ses propos, le ministre des Affaires étrangères a mis l'accent sur le progrès constaté dans les relations entre les deux pays. Pour le chancelier haïtien, la signature de cet accord est l'expression du renforcement de la coopération entre Haïti et le Chili.
Dans un communiqué publié à la suite de ce nouvel accord, l'Unité de construction de logements et de bâtiments publics affirme que « cet accord de coopération traduit la volonté des deux pays d'établir un partenariat à long terme, notamment dans le secteur du logement sévèrement touché par le tremblement de terre du 12 janvier 2010.»
C'est le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) qui va assurer la gestion des fonds accordés pour la mise en oeuvre du programme. Pour cela, un accord tripartite a été signé entre l'UCLBP, le Chili et le PNUD, en tant qu'agence fiduciaire et d'assistance technique.
« C'est un honneur pour nous de pouvoir apporter notre grain de sable à cet édifice, de pouvoir continuer à travailler avec Haïti surtout dans le cadre de ce programme. Nous espérons que ce programme contribuera à offrir un appui à ces 500 familles haïtiennes qui en bénéficieront. » C'est ce qu'a indiqué le ministre chilien qui a évoqué tout l'intérêt du Chili participer à ce programme visant à aider des personnes nécessiteuses.
Cet accord signé avec le gouvernement haïtien est géré par l'Agence chilienne de coopération internationale, qui a dirigé la reconstruction de l'Ecole nationale de la République du Chili.
Le Chili vient de financer aussi la construction de deux centres pour enfants dans la commune d'Aquin. Après avoir quitté Haïti, le ministre Rodrigo Pérez doit se rendre dans la capitale américaine où il prendra part à plusieurs rencontres au sujet de la reconstruction du Chili qui, quelques jours après Haïti, a été frappé par un puissant tremblement de terre au début de l'année 2010.
Louis-Joseph Olivier ljosepholivier@gmail.com http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120790
Louis-Joseph Olivier ljosepholivier@gmail.com
Le ministre chilien du Logement, Rodrigo Pérez, en visite en Haïti, mardi, a signé un protocole d'accord avec le ministre des Affaires étrangères, Pierre Richard Casimir. Cet accord, porté sur la coopération entre les deux pays dans le domaine du logement, vise la mise en oeuvre d'un programme pilote nommé Sites et services.
Le ministre Rodrigo Pérez est arrivé en Haïti ce mardi pour une visite de quelques heures. Au cours de son passage dans le pays, M. Perez s'est entretenu avec le ministre haïtien des Affaires étrangères, Pierre Richard Casimir, avant de signer un protocole d'accord entre Haïti et le Chili.
Par ce protocole d'accord, le Chili s'engage à soutenir la politique de logement du gouvernement à travers le programme Sites et services, mis en oeuvre par l'Unité de construction de logement et de bâtiments publics (UCLBP).
Le programme Sites et services a pour objectif de mettre à la disposition des familles dépourvues des parcelles aménagées et assainies, avec des infrastructures de base à leur disposition. 5.3 millions de dollars, c'est le montant nécessaire à l'exécution de ce programme pilote.
L'Etat chilien contribue à hauteur de 2 millions de dollars et le gouvernement haïtien ajoutera les 3.2 millions de dollars. Dans ses propos, le ministre des Affaires étrangères a mis l'accent sur le progrès constaté dans les relations entre les deux pays. Pour le chancelier haïtien, la signature de cet accord est l'expression du renforcement de la coopération entre Haïti et le Chili.
Dans un communiqué publié à la suite de ce nouvel accord, l'Unité de construction de logements et de bâtiments publics affirme que « cet accord de coopération traduit la volonté des deux pays d'établir un partenariat à long terme, notamment dans le secteur du logement sévèrement touché par le tremblement de terre du 12 janvier 2010.»
C'est le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) qui va assurer la gestion des fonds accordés pour la mise en oeuvre du programme. Pour cela, un accord tripartite a été signé entre l'UCLBP, le Chili et le PNUD, en tant qu'agence fiduciaire et d'assistance technique.
« C'est un honneur pour nous de pouvoir apporter notre grain de sable à cet édifice, de pouvoir continuer à travailler avec Haïti surtout dans le cadre de ce programme. Nous espérons que ce programme contribuera à offrir un appui à ces 500 familles haïtiennes qui en bénéficieront. » C'est ce qu'a indiqué le ministre chilien qui a évoqué tout l'intérêt du Chili participer à ce programme visant à aider des personnes nécessiteuses.
Cet accord signé avec le gouvernement haïtien est géré par l'Agence chilienne de coopération internationale, qui a dirigé la reconstruction de l'Ecole nationale de la République du Chili.
Le Chili vient de financer aussi la construction de deux centres pour enfants dans la commune d'Aquin. Après avoir quitté Haïti, le ministre Rodrigo Pérez doit se rendre dans la capitale américaine où il prendra part à plusieurs rencontres au sujet de la reconstruction du Chili qui, quelques jours après Haïti, a été frappé par un puissant tremblement de terre au début de l'année 2010.
Louis-Joseph Olivier ljosepholivier@gmail.com http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120790
Analyse de la loi électorale...La commission accouchera de deux rapports
Le Nouvelliste | Publié le :03 septembre 2013
Danio Darius
Alors que le président de la commission chargée d'analyser le projet de loi électorale annonce le dépôt incessamment du rapport de son travail, des députés du bloc minoritaire membres de ladite commission annoncent leur propre rapport. Les commissaires n'arrivent pas à s'entendre sur les articles 3.1 et 245 de la loi électorale soumise par l'exécutif la semaine dernière.
Dans la nuit du lundi à mardi, les commissaires ont travaillé dans l' « harmonie et la sérénité » jusqu'à trois heures du matin en vue de finaliser le rapport, a informé Kenston Jean Baptiste sur les ondes de Radio Magik 9, mardi. Nous sommes en train de travailler sur la forme, a-t-il indiqué, avant d'en annoncer le dépôt dans les prochaines heures.
Président de la commission formée de représentants des différents blocs à la Chambre basse, le député du PSP (Parlementaires pour la stabilité et le progrès se dit convaincu que le document sera signé par tous les 13 membres. Un point de vue que ne partage pourtant pas son collègue du bloc des Parlementaires pour le renforcement des Institutionnel (PRI), Jean Danton Léger, également membre de la commission.
La réunion du lundi soir a été programmée dans le but de sauver ce qui pouvait être sauvé, a déclaré le député de Léogâne, avant de faire remarquer que les participants en sont sortis pourtant dos à dos. « Nous n'avons pas pu trouver une entente concernant l'article 3. 1 modifiant la proposition du Collège transitoire du Conseil électoral permanent (CTCEP) de remplacer la direction générale par une direction exécutive et l'article 245 fixant l'expiration du mandat des sénateurs élus en 2009 en janvier 2014 ».
Les députés du bloc majoritaire de la commission ont rejeté la proposition de leurs collègues d'amender ces deux articles, soutient Jean Danton Léger, méfiant par rapport à l'entêtement du président de la République de vouloir maintenir le poste de direction générale au lieu d'une direction exécutive tel que proposée par la CTCEP. « La durée des mandats des élus en fonction est consacrée par la Constitution amendée de 1987 à l'article 92.2 pour les députés, 95 pour les sénateurs et 134.2 pour le président », ont reformulé les députés du bloc minoritaire à propos de l'article 245.
Le bloc minoritaire présentera son propre rapport Ils sont en train de préparer leur rapport à soumettre à l'assemblée, nous aussi, nous sommes en train de préparer le nôtre, a averti Jean Danton Léger.
A cause des modifications apportées à la loi électorale, le groupe minoritaire avait proposé de déclarer le texte irrecevable, a poursuivi Jean Danton Léger, s'appuyant sur l'article 191.1 de la Constitution de 1987 selon lequel « le Conseil élabore le projet de loi et le soumet à l'exécutif pour les suites nécessaires ».
Lundi, les députés du bloc minoritaire de la commission se sont entretenus avec plusieurs responsables d'organisations de la société civile et de défense des droits de l'homme. Nous leur avons soumis un document dans lequel nous avons fait des recommandations concernant plus d'une vingtaine d'articles, a expliqué Edouard Paultre tout en déplorant le fait qu'ils n'ont pas pu rencontrer les autres membres de la commission.
«Ils ne sont pas prêts à entendre des personnalités de la société civile qui, depuis 2000, participent à l'observation des élections, a critiqué M. Paultre. Cela prouve qu'ils ont déjà formé leur opinion sur la qualité des élections à réaliser dans le pays, a-t-il poursuivi».
Edouard Paultre n'a nul doute que le rapport de la commission reflétera l'objectif de l'exécutif qui veut avoir son emprise sur le processus électoral. M. Paultre critique ces parlementaires qui, selon lui, ne seraient pas à la hauteur de leur tâche et seraient même disposés à sacrifier leur fonction au profit de l'exécutif qui leur donne des diktats.
Des déclarations qui n'ont pas plu au député de Gros-Morne, Fritz Chéry. « Nous ne sommes pas dupes. Chacun essaie de se positionner et défend ses intérêts. Si les parlementaires du bloc des Parlementaires pour la stabilité et le progrès (PSP) sont domestiqués par l'exécutif, les députés du bloc minoritaire le sont aussi par des organisations de la société civile et d'autres membres du CTCEP », a fait savoir le député en colère, avant de lancer « tout le monde connaît tout le monde » comme pour mettre en doute la crédibilité d'Edouard Paultre et d'autres acteurs de la société civile. Danio Darius
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120793
Danio Darius
Alors que le président de la commission chargée d'analyser le projet de loi électorale annonce le dépôt incessamment du rapport de son travail, des députés du bloc minoritaire membres de ladite commission annoncent leur propre rapport. Les commissaires n'arrivent pas à s'entendre sur les articles 3.1 et 245 de la loi électorale soumise par l'exécutif la semaine dernière.
Dans la nuit du lundi à mardi, les commissaires ont travaillé dans l' « harmonie et la sérénité » jusqu'à trois heures du matin en vue de finaliser le rapport, a informé Kenston Jean Baptiste sur les ondes de Radio Magik 9, mardi. Nous sommes en train de travailler sur la forme, a-t-il indiqué, avant d'en annoncer le dépôt dans les prochaines heures.
Président de la commission formée de représentants des différents blocs à la Chambre basse, le député du PSP (Parlementaires pour la stabilité et le progrès se dit convaincu que le document sera signé par tous les 13 membres. Un point de vue que ne partage pourtant pas son collègue du bloc des Parlementaires pour le renforcement des Institutionnel (PRI), Jean Danton Léger, également membre de la commission.
La réunion du lundi soir a été programmée dans le but de sauver ce qui pouvait être sauvé, a déclaré le député de Léogâne, avant de faire remarquer que les participants en sont sortis pourtant dos à dos. « Nous n'avons pas pu trouver une entente concernant l'article 3. 1 modifiant la proposition du Collège transitoire du Conseil électoral permanent (CTCEP) de remplacer la direction générale par une direction exécutive et l'article 245 fixant l'expiration du mandat des sénateurs élus en 2009 en janvier 2014 ».
Les députés du bloc majoritaire de la commission ont rejeté la proposition de leurs collègues d'amender ces deux articles, soutient Jean Danton Léger, méfiant par rapport à l'entêtement du président de la République de vouloir maintenir le poste de direction générale au lieu d'une direction exécutive tel que proposée par la CTCEP. « La durée des mandats des élus en fonction est consacrée par la Constitution amendée de 1987 à l'article 92.2 pour les députés, 95 pour les sénateurs et 134.2 pour le président », ont reformulé les députés du bloc minoritaire à propos de l'article 245.
Le bloc minoritaire présentera son propre rapport Ils sont en train de préparer leur rapport à soumettre à l'assemblée, nous aussi, nous sommes en train de préparer le nôtre, a averti Jean Danton Léger.
A cause des modifications apportées à la loi électorale, le groupe minoritaire avait proposé de déclarer le texte irrecevable, a poursuivi Jean Danton Léger, s'appuyant sur l'article 191.1 de la Constitution de 1987 selon lequel « le Conseil élabore le projet de loi et le soumet à l'exécutif pour les suites nécessaires ».
Lundi, les députés du bloc minoritaire de la commission se sont entretenus avec plusieurs responsables d'organisations de la société civile et de défense des droits de l'homme. Nous leur avons soumis un document dans lequel nous avons fait des recommandations concernant plus d'une vingtaine d'articles, a expliqué Edouard Paultre tout en déplorant le fait qu'ils n'ont pas pu rencontrer les autres membres de la commission.
«Ils ne sont pas prêts à entendre des personnalités de la société civile qui, depuis 2000, participent à l'observation des élections, a critiqué M. Paultre. Cela prouve qu'ils ont déjà formé leur opinion sur la qualité des élections à réaliser dans le pays, a-t-il poursuivi».
Edouard Paultre n'a nul doute que le rapport de la commission reflétera l'objectif de l'exécutif qui veut avoir son emprise sur le processus électoral. M. Paultre critique ces parlementaires qui, selon lui, ne seraient pas à la hauteur de leur tâche et seraient même disposés à sacrifier leur fonction au profit de l'exécutif qui leur donne des diktats.
Des déclarations qui n'ont pas plu au député de Gros-Morne, Fritz Chéry. « Nous ne sommes pas dupes. Chacun essaie de se positionner et défend ses intérêts. Si les parlementaires du bloc des Parlementaires pour la stabilité et le progrès (PSP) sont domestiqués par l'exécutif, les députés du bloc minoritaire le sont aussi par des organisations de la société civile et d'autres membres du CTCEP », a fait savoir le député en colère, avant de lancer « tout le monde connaît tout le monde » comme pour mettre en doute la crédibilité d'Edouard Paultre et d'autres acteurs de la société civile. Danio Darius
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120793
11e Conseil des ministres de PetroCaribe : Haïti est prête !
Coopération Sud-Sud
Le Nouvelliste | Publié le :03 septembre 2013
Robenson Geffrard, rgeffrard@lenouvelliste.com
Du 6 au 7 septembre, Haïti accueille le 11e Conseil des ministres de PetroCaribe. Une occasion énorme pour le pays de prouver à nouveau ses capacités. Tout est O.K. a assuré le ministre des Affaires étrangères. Haïti va présenter, entre autres, l'igname et le sirop de canne à sucre comme produits d'exportation dans le cadre du programme nourriture contre produits pétroliers...
La zone économique PetroCaribe. Haïti, pays hôte du 11e Conseil des ministres. Des représentants de 21 pays et une centaine de délégués séjourneront pendant deux jours à Port-au-Prince. Pour la troisième fois consécutive pour cette année 2013, le pays va recevoir des VIP de toute la région. Tout va se dérouler à Pétion-Ville et l'hôtel Royal Oasis qui sera le siège du sommet.
« Tout est fin prêt pour accueillir le sommet et les préparatifs vont bon train, a assuré le ministre haïtien des Affaires étrangères. Tous les agendas ont été déjà établis. La délégation du Venezuela qui s'occupe du secrétariat technique de l'événement est déjà dans le pays, a fait savoir au Nouvelliste Pierre-Richard Casimir, soulignant que le pays a beaucoup à gagner de ce Conseil des ministres. » « Une fois de plus, nous allons prouver notre capacité à accueillir de grands événements comme on l'avait déjà fait pour la Caricom et l'AEC, a indiqué le chancelier. Ce sommet est le troisième grand événement que nous allons accueillir pour l'année. Cela prouve qu'on nous fait confiance.
C'est le retour d'Haïti sur la scène internationale et régionale.» Pour s'assurer que tout se déroulera très bien et que rien n'est laissé au hasard, a ajouté M. Casimir, des rencontres de travail ont été réalisées avec les ministres du Tourisme, de la Santé publique, de la Culture, des responsables de la police nationale, entre autres. «Tous les aspects logistiques sont pris en compte pour le confort des visiteurs», a garanti le chancelier.
Les ministres de 21 pays de la région feront le suivi sur les cinq thèmes déjà abordés au Nicaragua lors du 10e Conseil. Le transport et la communication, la chaîne de production, le tourisme, l'aspect social et culturel, le commerce et l'intégration entre les pays de la zone. Les réflexions sur la construction de la zone économique PétroCaribe vont se poursuivre. Ce 11e Conseil des ministres est le prolongement de la réunion (10e Conseil) qui s'est tenue à Managua le 28 juin dernier.
Haïti assure le leadership du groupe qui travaille sur l'aspect social et culturel de la coopération.
Selon la ministre chargée des Droits humains et de la Lutte contre la pauvreté extrême qui avait proposé et fait accepter ces deux volets, la zone économique PetroCaribe ne se base pas sur l'exploitation, mais au contraire les pays membres se complètent et partagent leurs expériences. « C'est un rapport de solidarité et de fraternité qui se développe, a dit au Nouvelliste Rose Anne Auguste. On se rappelle que le Venezuela et Haïti ont des rapports d'amour et d'amitié depuis longtemps.
Pétion avait supporté Bolivar dans sa lutte de libération... » Le ministère de l'Agriculture a déjà identifié les produits qui seront proposés au Venezuela dans le cadre de l'échange nourriture contre les produits pétroliers dans le but de payer la dette de PetroCaribe, a souligné le ministre Casimir. Le ministre des Affaires étrangères a cité, à titre d'exemple, l'igname et le sirop de la canne à sucre, entre autres.
Le ministère de l'Agriculture présentera une foire artisanale au cours de laquelle les différents produits destinés à l'exportation seront présentés. En ce sens, un document en français, en anglais et en espagnol sera distribué aux différents participants de ce 11e Conseil des ministres de PetroCaribe.
Madame Auguste a souligné que la foire artisanale réunira sept artisans dans différents domaines. La délégation du Venezuela se fera accompagner d'un groupe musical, a-t-elle annoncé. La peinture haïtienne et la gastronomie seront également à l'honneur. La zone économique PetroCaribe, a souligné le chancelier, ne se résume pas uniquement dans l'échange de la nourriture contre le pétrole du Venezuela. Elle prend en compte également le commerce et les relations culturelles entre les pays membres. A l'intention des invités, le gouvernement organisera un cocktail de bienvenue et un gala au cours desquels la culture et la gastronomie du pays seront en valeur. Des groupes de troubadour et des artistes haïtiens assureront le volet musical de l'événement et les produits artisanaux du pays seront exposés. C'est le président de la République, Michel Martelly, qui prononcera les mots de bienvenue aux visiteurs.
Pour sa part, le Premier ministre Laurent Lamothe, animera les séances de travail. Le ministre Casimir a invité la population à accompagner le gouvernement comme elle l'avait déjà fait lors des événements précédents. Encore une fois, a-t-il dit, une autre image du pays sera projetée vers l'extérieur. http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120785
Le Nouvelliste | Publié le :03 septembre 2013
Robenson Geffrard, rgeffrard@lenouvelliste.com
Du 6 au 7 septembre, Haïti accueille le 11e Conseil des ministres de PetroCaribe. Une occasion énorme pour le pays de prouver à nouveau ses capacités. Tout est O.K. a assuré le ministre des Affaires étrangères. Haïti va présenter, entre autres, l'igname et le sirop de canne à sucre comme produits d'exportation dans le cadre du programme nourriture contre produits pétroliers...
La zone économique PetroCaribe. Haïti, pays hôte du 11e Conseil des ministres. Des représentants de 21 pays et une centaine de délégués séjourneront pendant deux jours à Port-au-Prince. Pour la troisième fois consécutive pour cette année 2013, le pays va recevoir des VIP de toute la région. Tout va se dérouler à Pétion-Ville et l'hôtel Royal Oasis qui sera le siège du sommet.
« Tout est fin prêt pour accueillir le sommet et les préparatifs vont bon train, a assuré le ministre haïtien des Affaires étrangères. Tous les agendas ont été déjà établis. La délégation du Venezuela qui s'occupe du secrétariat technique de l'événement est déjà dans le pays, a fait savoir au Nouvelliste Pierre-Richard Casimir, soulignant que le pays a beaucoup à gagner de ce Conseil des ministres. » « Une fois de plus, nous allons prouver notre capacité à accueillir de grands événements comme on l'avait déjà fait pour la Caricom et l'AEC, a indiqué le chancelier. Ce sommet est le troisième grand événement que nous allons accueillir pour l'année. Cela prouve qu'on nous fait confiance.
C'est le retour d'Haïti sur la scène internationale et régionale.» Pour s'assurer que tout se déroulera très bien et que rien n'est laissé au hasard, a ajouté M. Casimir, des rencontres de travail ont été réalisées avec les ministres du Tourisme, de la Santé publique, de la Culture, des responsables de la police nationale, entre autres. «Tous les aspects logistiques sont pris en compte pour le confort des visiteurs», a garanti le chancelier.
Les ministres de 21 pays de la région feront le suivi sur les cinq thèmes déjà abordés au Nicaragua lors du 10e Conseil. Le transport et la communication, la chaîne de production, le tourisme, l'aspect social et culturel, le commerce et l'intégration entre les pays de la zone. Les réflexions sur la construction de la zone économique PétroCaribe vont se poursuivre. Ce 11e Conseil des ministres est le prolongement de la réunion (10e Conseil) qui s'est tenue à Managua le 28 juin dernier.
Haïti assure le leadership du groupe qui travaille sur l'aspect social et culturel de la coopération.
Selon la ministre chargée des Droits humains et de la Lutte contre la pauvreté extrême qui avait proposé et fait accepter ces deux volets, la zone économique PetroCaribe ne se base pas sur l'exploitation, mais au contraire les pays membres se complètent et partagent leurs expériences. « C'est un rapport de solidarité et de fraternité qui se développe, a dit au Nouvelliste Rose Anne Auguste. On se rappelle que le Venezuela et Haïti ont des rapports d'amour et d'amitié depuis longtemps.
Pétion avait supporté Bolivar dans sa lutte de libération... » Le ministère de l'Agriculture a déjà identifié les produits qui seront proposés au Venezuela dans le cadre de l'échange nourriture contre les produits pétroliers dans le but de payer la dette de PetroCaribe, a souligné le ministre Casimir. Le ministre des Affaires étrangères a cité, à titre d'exemple, l'igname et le sirop de la canne à sucre, entre autres.
Le ministère de l'Agriculture présentera une foire artisanale au cours de laquelle les différents produits destinés à l'exportation seront présentés. En ce sens, un document en français, en anglais et en espagnol sera distribué aux différents participants de ce 11e Conseil des ministres de PetroCaribe.
Madame Auguste a souligné que la foire artisanale réunira sept artisans dans différents domaines. La délégation du Venezuela se fera accompagner d'un groupe musical, a-t-elle annoncé. La peinture haïtienne et la gastronomie seront également à l'honneur. La zone économique PetroCaribe, a souligné le chancelier, ne se résume pas uniquement dans l'échange de la nourriture contre le pétrole du Venezuela. Elle prend en compte également le commerce et les relations culturelles entre les pays membres. A l'intention des invités, le gouvernement organisera un cocktail de bienvenue et un gala au cours desquels la culture et la gastronomie du pays seront en valeur. Des groupes de troubadour et des artistes haïtiens assureront le volet musical de l'événement et les produits artisanaux du pays seront exposés. C'est le président de la République, Michel Martelly, qui prononcera les mots de bienvenue aux visiteurs.
Pour sa part, le Premier ministre Laurent Lamothe, animera les séances de travail. Le ministre Casimir a invité la population à accompagner le gouvernement comme elle l'avait déjà fait lors des événements précédents. Encore une fois, a-t-il dit, une autre image du pays sera projetée vers l'extérieur. http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120785
Chambre basse... Report sine die de la séance d'interpellation de Laurent Lamothe
Le Nouvelliste | Publié le :03 septembre 2013
Yvince Hilaire
La conférence des présidents n'a pas encore analysé la faisabilité de la motion d'interpellation de Laurent Salvador Lamothe déposée au bureau de la Chambre basse par un groupe de sept députés vendredi dernier. Les députés interpellateurs doivent attendre la tenue d'une conférence des présidents à l'extraordinaire ce mercredi pour décider de la suite à donner à leur demande. Le président de la Chambre basse croit cependant que le vote de la loi électorale devrait être la priorité de l'heure pour les députés qui partiront en vacances lundi prochain.
La séance d'interpellation de Laurent Salvador Lamothe comme ministre de la Planification et de la Coopération externe prévue ce mercredi à la Chambre des députés n'aura pas lieu. Le président du bureau de la Chambre basse, Jean-Tholbert Alexis, déplore le fait que les sept députés interpellateurs aient fait une fuite en avant en annonçant la date de la séance d'interpellation du titulaire du ministère de la Planinification portant également la casquette de chef du gouvernement.
« L'article 225 des Règlements intérieurs de la Chambre basse a rappelé Jean- Tholbert Alexis, dit clairement que c'est la conférence des présidents qui doit fixer la date pour une séance spéciale consacrée à la discussion d'une ou de plusieurs motions d'interpellation d'un ministre ou d'un gouvernement.» Selon le parlementaire, les députés signataires de la motion d'interpellation n'auraient pas dû faire mention d'une quelconque date dans leur correspondance déposée au bureau qu'il préside. « Ce n'est pas grave que les députés aient fixé une date, mais cela n'est pas dans leurs prérogatives », a-t-il précisé d'un ton catégorique. Ce, pour dire que les députés interpellateurs doivent attendre encore avant d'interroger le responsable du MPCE sur le décaissement des fonds communaux et sur la gestion des fonds d'urgence post-Sandy. De toute façon, a-t-il poursuivi, nous allons organiser une conférence des présidents à l'extraordinaire ce mercredi pour trouver un consensus sur une date pour la séance. L'élu de Croix-des-Bouquets/ Thomazeau a par ailleurs estimé que les députés devraient de préférence se préoccuper de l'urgence du moment.
« Le président de la République nous a demandé le bénéfice de l'urgence pour le vote de la loi électorale. Nous le lui avons accordé. C'est cela qui devrait être notre priorité pour l'instant », a dit le numéro un de la Chambre basse, qui dit attendre avec impatience le rapport de la commission chargée d'analyser le projet de loi électorale. Jean-Tholbert Alexis en a profité pour présenter, au nom de l'assemblée qu'il dirige, les condoléances de la Chambre des députés à la famille de l'ex-député Ernst Pedro Casséus, un ancien président mythique de cette institution. « J'annonce officiellement que Ernst Pedro Casséus aura des funérailles nationales lundi prochain à 6h du matin à la salle de séance de ladite chambre... » Yvince Hilaire
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120781
Yvince Hilaire
La conférence des présidents n'a pas encore analysé la faisabilité de la motion d'interpellation de Laurent Salvador Lamothe déposée au bureau de la Chambre basse par un groupe de sept députés vendredi dernier. Les députés interpellateurs doivent attendre la tenue d'une conférence des présidents à l'extraordinaire ce mercredi pour décider de la suite à donner à leur demande. Le président de la Chambre basse croit cependant que le vote de la loi électorale devrait être la priorité de l'heure pour les députés qui partiront en vacances lundi prochain.
La séance d'interpellation de Laurent Salvador Lamothe comme ministre de la Planification et de la Coopération externe prévue ce mercredi à la Chambre des députés n'aura pas lieu. Le président du bureau de la Chambre basse, Jean-Tholbert Alexis, déplore le fait que les sept députés interpellateurs aient fait une fuite en avant en annonçant la date de la séance d'interpellation du titulaire du ministère de la Planinification portant également la casquette de chef du gouvernement.
« L'article 225 des Règlements intérieurs de la Chambre basse a rappelé Jean- Tholbert Alexis, dit clairement que c'est la conférence des présidents qui doit fixer la date pour une séance spéciale consacrée à la discussion d'une ou de plusieurs motions d'interpellation d'un ministre ou d'un gouvernement.» Selon le parlementaire, les députés signataires de la motion d'interpellation n'auraient pas dû faire mention d'une quelconque date dans leur correspondance déposée au bureau qu'il préside. « Ce n'est pas grave que les députés aient fixé une date, mais cela n'est pas dans leurs prérogatives », a-t-il précisé d'un ton catégorique. Ce, pour dire que les députés interpellateurs doivent attendre encore avant d'interroger le responsable du MPCE sur le décaissement des fonds communaux et sur la gestion des fonds d'urgence post-Sandy. De toute façon, a-t-il poursuivi, nous allons organiser une conférence des présidents à l'extraordinaire ce mercredi pour trouver un consensus sur une date pour la séance. L'élu de Croix-des-Bouquets/ Thomazeau a par ailleurs estimé que les députés devraient de préférence se préoccuper de l'urgence du moment.
« Le président de la République nous a demandé le bénéfice de l'urgence pour le vote de la loi électorale. Nous le lui avons accordé. C'est cela qui devrait être notre priorité pour l'instant », a dit le numéro un de la Chambre basse, qui dit attendre avec impatience le rapport de la commission chargée d'analyser le projet de loi électorale. Jean-Tholbert Alexis en a profité pour présenter, au nom de l'assemblée qu'il dirige, les condoléances de la Chambre des députés à la famille de l'ex-député Ernst Pedro Casséus, un ancien président mythique de cette institution. « J'annonce officiellement que Ernst Pedro Casséus aura des funérailles nationales lundi prochain à 6h du matin à la salle de séance de ladite chambre... » Yvince Hilaire
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120781
mardi 3 septembre 2013
HAITI ET REPUBLIQUE DOMINICAINE....Une île, deux peuples, deux histoires
Des idées pour le développement...
Une île, deux peuples, deux histoires
Le Nouvelliste | Publi le :02 septembre 2013
Thomas Lalime thomaslalime@yahoo.fr
Le titre d'aujourd'hui est celui du onzième chapitre de l'ouvrage intitulé Effondrement de Jared Diamond, le très réputé biologiste de l'évolution et physiologiste qui enseigne actuellement la géographie à l'université de Californie, à Los Angeles. Cet ouvrage a reçu en 2007 le Prix du livre sur l'environnement, décerné par la fondation Veolia Environnement. Et justement, la comparaison que fait l'auteur entre Haïti et la République dominicaine est à forte consonance environnementale.
Contrairement à la grande majorité de la littérature sur le développement économique qui s'intéresse aux causes du progrès des sociétés, Diamond se penche plutôt sur les origines de leur effondrement. Il identifie cinq principaux facteurs qui, par le passé, ont conduit à la disparition des sociétés : des dommages environnementaux, un changement climatique majeur, des voisins hostiles, des rapports de dépendance avec des partenaires commerciaux, les réponses apportées par une société à ces problèmes selon ses valeurs propres.
Haïti et la République dominicaine servent d'illustration à Diamond pour montrer comment les sociétés qui ont disparu n'ont pas su apporter des réponses appropriées aux problèmes cruciaux auxquels elles étaient confrontées alors que celles qui ont subsisté dans le temps ont pu trouver des réponses adéquates aux problèmes fondamentaux auxquels elles faisaient face.
Haïti semble répondre à presque tous les critères d'effondrement de Diamond. Ce dernier dresse d'ailleurs trois profils. D'abord, les sociétés disparues : les îles de Pâques, de Pitcairn et d'Henderson ; les Indiens mimbres et anasazis du sud-ouest des États-Unis ; les sociétés moches et inca ; les colonies vikings du Groenland. Ensuite, les sociétés fragilisées d'aujourd'hui : Rwanda, Haïti et République dominicaine, la Chine, le Montana et l'Australie. Et enfin, les sociétés qui surent, à un moment donné, enrayer leur effondrement : la Nouvelle-Guinée, Tikopia et le Japon de Tokugawa.
Le diagnostic de Diamond est tranchant : « Pour toute personne qui veut comprendre les problèmes du monde contemporain, la frontière de quelque 160 km de long qui divise la grande île caraïbe d'Hispaniola, entre la République dominicaine et Haïti, constitue une énigme. Vue d'avion, elle ressemble à une ligne zigzagante, arbitrairement découpée au couteau et plus vert à l'est (le côté dominicain) et un passage plus clair et plus brun à l'ouest (côté haïtien). Sur le terrain, on peut en maints endroits de la frontière apercevoir des forêts de pins à l'est, mais à l'ouest seulement des champs dénudés, qui marquent une différence entre les deux pays.
À l'origine, les deux côtés de l'île étaient en grande partie recouverts de forêts : les premiers visiteurs européens ont remarqué que la caractéristique la plus frappante d'Hispaniola était l'exubérance de ses forêts, riches en essences de valeur. Les deux pays ont perdu leur couverture forestière, mais Haïti particulièrement, au point qu'il ne subsiste plus désormais que sept zones forestières importantes, dont deux seulement sont protégées par des parcs nationaux, où se pratiquaient néanmoins des coupes illégales. Aujourd'hui, 28 % de la superficie dominicaine sont recouverts de forêts, contre 1 % en Haïti. [...] Le système de réserves naturelles de la République dominicaine est comparativement le plus vaste et le plus grand des Amériques : il comprend 32 % des terres du pays, 74 parcs et incorpore tous les types d'habitats.»
Les conséquences de cette déforestation sautent aux yeux : manque de bois d'oeuvre et autres matériaux de construction forestiers, l'érosion des sols, la dégradation de leur fertilité, une forte quantité de sédiment dans les rivières, le manque de protection par des digues et donc d'énergie hydroélectrique potentielle, la raréfaction des pluies, manque de bois pour confectionner du charbon, principal combustible pour cuisiner en Haïti.
Diamond a fait une remarque importante : « Les différences qui existent malgré ces similitudes deviennent encore plus frappantes si l'on veut bien se souvenir qu'Haïti était plus riche et plus puissant que son voisin. (Au XIXe siècle, elle a annexé la République dominicaine pendant 22 ans.) Certaines différences entre les deux moitiés de l'île sont liées à l'environnement, mais elles n'expliquent pas tout. L'écart s'explique le plus souvent par les différences entre les deux peuples, leur histoire, leur attitude, l'identité, les institutions et le personnel politique qu'ils se sont donnés. Au «déterminisme environnemental», les histoires opposées de la République dominicaine et d'Haïti fournissent un antidote utile.»
Qu'ont fait les Dominicains ?
Jared Diamond compare un certain nombre de décisions politiques prises par les deux pays en termes de politiques intérieures et extérieures. Par exemple, remarque-t-il, s'il y a eu des dictateurs des deux côtés de l'île, ceux de l'est se montraient souvent plus éclairés et plus soucieux de l'avancement de leur pays. La dictature de Rafael Trujillo (1930-1962), nous dit l'auteur, s'efforça de moderniser la République dominicaine, développa les infrastructures et industries, gérant modestement le pays comme s'il s'était agi de biens familiaux.
Il poursuit : « Quoique médecin et plus instruit que Trujillo, il [François Duvalier] se révéla un politicien tout aussi retors et impitoyable, terrorisant son pays grâce à sa police secrète et en liquidant plus de citoyens que Trujillo ne le fit à Santo Domingo. Papa doc Duvalier différa de Trujillo par son manque d'intérêt pour la modernisation de son pays et pour le développement d'une économie industrielle.»
Les 28 % de couverture végétale dominicaine, soutient Diamond, est le résultat des décisions politiques des grands leaders dominicains. Parce que, dit-il, la République dominicaine a conservé une importante couverture forestière et a commencé à s'industrialiser. Le régime de Trujillo a planifié des barrages pour produire de l'énergie hydroélectrique, et les régimes de Balaguer et des présidents ultérieurs les ont construits. La continuité de l'État est à constater ici.
Balaguer a lancé à grands frais un programme pour économiser le bois utilisé comme combustible en important du propane et du gaz naturel liquide. Au contraire de la République dominicaine, indique Diamond, la misère en Haïti confina le peuple dans la dépendance du charbon de bois tiré de la forêt, accélérant ainsi l'ultime déforestation.
Selon Diamond, le contraste entre Haïti et la République dominicaine illustre clairement que le destin d'une société est entre ses mains et dépend substantiellement des choix qu'elle fait. Les mesures dominicaines pour protéger l'environnement ont commencé par le bas, le contrôle par le haut est venu après 1930 et elles combinent désormais les deux approches. La protection par le bas a démarré de façon sérieuse entre 1919 et 1930 dans la région de Santiago, deuxième ville de la République dominicaine et centre de sa zone agricole la plus riche et la plus exploitée.
L'avocat Juan Bautista Pérez Rancier et le médecin et hydrographe Miguel Canela y Lazaro, frappés par les conséquences des coupes de bois et du réseau forestier sur le peuplement agricole et les dégâts faits sur les lignes de partage des eaux, pressèrent la Chambre de commerce de Santiago d'acheter des terres afin de les transformer en réserve forestière, grâce notamment à une souscription publique. En 1927, le secrétaire à l'Agriculture de la République dominicaine, grâce à des fonds gouvernementaux complémentaires, permit l'acquisition de la première réserve naturelle, le Velado del Yaque.
À partir de 1930, Trujillo développe son approche par le haut. Son régime a étendu la zone du Vedado del Yaque. Il en crée d'autres, instaure en 1934 le premier parc national, institue un corps de gardes forestiers pour faire respecter la protection des forêts, interdit de brûler la forêt pour la déboiser au profit de l'agriculture et proscrit l'abattage de pins sans son autorisation dans la région de Constanza, sur la cordillère centrale.
Joaquin Balaguer avait reconnu le besoin urgent de son pays dans le but de préserver les forêts des bassins hydrographiques afin de satisfaire les besoins énergétiques grâce à l'électricité et de fournir la quantité d'eau nécessaire aux besoins industriels et domestiques. Il proscrira toute coupe à caractère commercial dans le pays et fermera les scieries. Un marché informel de coupe d'arbres et scieries allait prendre corps. Ce qui va pousser Balaguer à retirer au ministère de l'Agriculture la responsabilité de la protection des forêts pour la confiner à l'armée tout en déclarant les coupes de bois, crimes contre la sûreté de l'État.
Les militaires vont lancer un programme de vols de reconnaissance qui a culminé en 1967 à la faveur d'un des évènements les plus marquants de la l'histoire de l'environnement en République dominicaine : le premier d'une série de raids nocturnes des militaires contre un vaste camp de bûcherons clandestins. On déplore la mort d'une dizaine de bûcherons. En 1992, Balaguer promulgua une loi, difficile à appliquer il est vrai, selon laquelle toute clôture devait consister en arbres vivants plutôt qu'en madriers coupés.
Pour réduire la demande de produits forestiers dominicains en amont, raconte Diamond, Balaguer ouvrit le marché aux importations de bois du Chili, du Honduras et des États-Unis et, pour réduire la production traditionnelle de charbon de bois, il passa des contrats pour des importations de gaz naturel liquide du Venezuela. Il construisit plusieurs terminaux pour importer le gaz, subventionna le prix du gaz pour concurrencer le charbon de bois et distribua gratuitement des gazinières et des bouteilles afin de substituer le gaz au charbon de bois.
Il développa considérablement le système de réserves naturelles, instaura les deux premiers parcs nationaux côtiers du pays, ajouta deux récifs dans l'océan pour servir de sanctuaire aux baleines, protégea la terre à 18 mètres des rivières, défendit les marais, signa la convention de Rio sur l'environnement et interdit la chasse pendant dix ans.
Balaguer fit pression sur l'industrie pour qu'elle traite ses déchets, lança avec des succès limités certaines mesures pour la maîtrise de la pollution de l'air et préleva de lourdes taxes sur les compagnies minières. Il s'opposa à nombre de propositions dommageables pour l'environnement : projets de routes partant du port de Sanchez et traversant un parc national, d'une route nord-sud traversant la cordillère centrale, d'un aéroport international à Santiago, d'un port géant et d'un barrage à Madrigal.
À Santo Domingo, il fonda l'Aquarium, le jardin botanique et le Muséum d'histoire naturelle, et il fit reconstruire le Zoo national, tous devenus aujourd'hui d'importantes attractions touristiques. Et, en fin de carrière, il transforma le décret qui avait instauré le système de réserves naturelles en lui donnant force de loi.
En signe de reconnaissance, une station de métro ainsi qu'un aéroport international à Santo Domingo portent aujourd'hui le nom du Dr Balaguer.
Les 28 % de couverture végétale dominicaine sont le résultat des politiques environnementales adoptées par les leaders politiques dominicains. De même que notre 1 % de couverture reflète le laxisme, l'absence de leadership et de vision des dirigeants haïtiens. Comment comprendre des issues aussi différentes sur une même île? Diamond répond à cette question en indiquant que les réactions d'une société dépendent de ses institutions politiques, économiques et sociales ainsi que des valeurs économiques, sociales et culturelles.
Institutions et valeurs influent sur la manière dont une société résoudra ou tentera de résoudre ses problèmes. Et la capacité de résoudre ces problèmes détermine la survie ou l'effondrement d'une nation. Effondrement qui prend souvent la forme d'un déclin permanent. Déclin qu'Haïti symbolise bien aux yeux de Diamond qui voit pourtant dans la trajectoire de la République dominicaine une société qui sait comment s'éloigner de l'effondrement.
À la première lecture, j'avais trouvé un peu sévère le diagnostic du professeur Diamond. C'était cependant oublier la prédiction de Jacques Roumain dans Gouverneurs de la rosée en 1944: « Nous mourrons tous : les bêtes, les plantes, les chrétiens vivants». Au moment de la rédaction de ce roman, Haïti était pourtant encore verte. Le cri environnemental de Roumain a plutôt été écouté de l'autre côté de l'île. La couverture végétale d'aujourd'hui en est une éloquente illustration.
Thomas Lalime thomaslalime@yahoo.fr
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=119693
Une île, deux peuples, deux histoires
Le Nouvelliste | Publi le :02 septembre 2013
Thomas Lalime thomaslalime@yahoo.fr
Le titre d'aujourd'hui est celui du onzième chapitre de l'ouvrage intitulé Effondrement de Jared Diamond, le très réputé biologiste de l'évolution et physiologiste qui enseigne actuellement la géographie à l'université de Californie, à Los Angeles. Cet ouvrage a reçu en 2007 le Prix du livre sur l'environnement, décerné par la fondation Veolia Environnement. Et justement, la comparaison que fait l'auteur entre Haïti et la République dominicaine est à forte consonance environnementale.
Contrairement à la grande majorité de la littérature sur le développement économique qui s'intéresse aux causes du progrès des sociétés, Diamond se penche plutôt sur les origines de leur effondrement. Il identifie cinq principaux facteurs qui, par le passé, ont conduit à la disparition des sociétés : des dommages environnementaux, un changement climatique majeur, des voisins hostiles, des rapports de dépendance avec des partenaires commerciaux, les réponses apportées par une société à ces problèmes selon ses valeurs propres.
Haïti et la République dominicaine servent d'illustration à Diamond pour montrer comment les sociétés qui ont disparu n'ont pas su apporter des réponses appropriées aux problèmes cruciaux auxquels elles étaient confrontées alors que celles qui ont subsisté dans le temps ont pu trouver des réponses adéquates aux problèmes fondamentaux auxquels elles faisaient face.
Haïti semble répondre à presque tous les critères d'effondrement de Diamond. Ce dernier dresse d'ailleurs trois profils. D'abord, les sociétés disparues : les îles de Pâques, de Pitcairn et d'Henderson ; les Indiens mimbres et anasazis du sud-ouest des États-Unis ; les sociétés moches et inca ; les colonies vikings du Groenland. Ensuite, les sociétés fragilisées d'aujourd'hui : Rwanda, Haïti et République dominicaine, la Chine, le Montana et l'Australie. Et enfin, les sociétés qui surent, à un moment donné, enrayer leur effondrement : la Nouvelle-Guinée, Tikopia et le Japon de Tokugawa.
Le diagnostic de Diamond est tranchant : « Pour toute personne qui veut comprendre les problèmes du monde contemporain, la frontière de quelque 160 km de long qui divise la grande île caraïbe d'Hispaniola, entre la République dominicaine et Haïti, constitue une énigme. Vue d'avion, elle ressemble à une ligne zigzagante, arbitrairement découpée au couteau et plus vert à l'est (le côté dominicain) et un passage plus clair et plus brun à l'ouest (côté haïtien). Sur le terrain, on peut en maints endroits de la frontière apercevoir des forêts de pins à l'est, mais à l'ouest seulement des champs dénudés, qui marquent une différence entre les deux pays.
À l'origine, les deux côtés de l'île étaient en grande partie recouverts de forêts : les premiers visiteurs européens ont remarqué que la caractéristique la plus frappante d'Hispaniola était l'exubérance de ses forêts, riches en essences de valeur. Les deux pays ont perdu leur couverture forestière, mais Haïti particulièrement, au point qu'il ne subsiste plus désormais que sept zones forestières importantes, dont deux seulement sont protégées par des parcs nationaux, où se pratiquaient néanmoins des coupes illégales. Aujourd'hui, 28 % de la superficie dominicaine sont recouverts de forêts, contre 1 % en Haïti. [...] Le système de réserves naturelles de la République dominicaine est comparativement le plus vaste et le plus grand des Amériques : il comprend 32 % des terres du pays, 74 parcs et incorpore tous les types d'habitats.»
Les conséquences de cette déforestation sautent aux yeux : manque de bois d'oeuvre et autres matériaux de construction forestiers, l'érosion des sols, la dégradation de leur fertilité, une forte quantité de sédiment dans les rivières, le manque de protection par des digues et donc d'énergie hydroélectrique potentielle, la raréfaction des pluies, manque de bois pour confectionner du charbon, principal combustible pour cuisiner en Haïti.
Diamond a fait une remarque importante : « Les différences qui existent malgré ces similitudes deviennent encore plus frappantes si l'on veut bien se souvenir qu'Haïti était plus riche et plus puissant que son voisin. (Au XIXe siècle, elle a annexé la République dominicaine pendant 22 ans.) Certaines différences entre les deux moitiés de l'île sont liées à l'environnement, mais elles n'expliquent pas tout. L'écart s'explique le plus souvent par les différences entre les deux peuples, leur histoire, leur attitude, l'identité, les institutions et le personnel politique qu'ils se sont donnés. Au «déterminisme environnemental», les histoires opposées de la République dominicaine et d'Haïti fournissent un antidote utile.»
Qu'ont fait les Dominicains ?
Jared Diamond compare un certain nombre de décisions politiques prises par les deux pays en termes de politiques intérieures et extérieures. Par exemple, remarque-t-il, s'il y a eu des dictateurs des deux côtés de l'île, ceux de l'est se montraient souvent plus éclairés et plus soucieux de l'avancement de leur pays. La dictature de Rafael Trujillo (1930-1962), nous dit l'auteur, s'efforça de moderniser la République dominicaine, développa les infrastructures et industries, gérant modestement le pays comme s'il s'était agi de biens familiaux.
Il poursuit : « Quoique médecin et plus instruit que Trujillo, il [François Duvalier] se révéla un politicien tout aussi retors et impitoyable, terrorisant son pays grâce à sa police secrète et en liquidant plus de citoyens que Trujillo ne le fit à Santo Domingo. Papa doc Duvalier différa de Trujillo par son manque d'intérêt pour la modernisation de son pays et pour le développement d'une économie industrielle.»
Les 28 % de couverture végétale dominicaine, soutient Diamond, est le résultat des décisions politiques des grands leaders dominicains. Parce que, dit-il, la République dominicaine a conservé une importante couverture forestière et a commencé à s'industrialiser. Le régime de Trujillo a planifié des barrages pour produire de l'énergie hydroélectrique, et les régimes de Balaguer et des présidents ultérieurs les ont construits. La continuité de l'État est à constater ici.
Balaguer a lancé à grands frais un programme pour économiser le bois utilisé comme combustible en important du propane et du gaz naturel liquide. Au contraire de la République dominicaine, indique Diamond, la misère en Haïti confina le peuple dans la dépendance du charbon de bois tiré de la forêt, accélérant ainsi l'ultime déforestation.
Selon Diamond, le contraste entre Haïti et la République dominicaine illustre clairement que le destin d'une société est entre ses mains et dépend substantiellement des choix qu'elle fait. Les mesures dominicaines pour protéger l'environnement ont commencé par le bas, le contrôle par le haut est venu après 1930 et elles combinent désormais les deux approches. La protection par le bas a démarré de façon sérieuse entre 1919 et 1930 dans la région de Santiago, deuxième ville de la République dominicaine et centre de sa zone agricole la plus riche et la plus exploitée.
L'avocat Juan Bautista Pérez Rancier et le médecin et hydrographe Miguel Canela y Lazaro, frappés par les conséquences des coupes de bois et du réseau forestier sur le peuplement agricole et les dégâts faits sur les lignes de partage des eaux, pressèrent la Chambre de commerce de Santiago d'acheter des terres afin de les transformer en réserve forestière, grâce notamment à une souscription publique. En 1927, le secrétaire à l'Agriculture de la République dominicaine, grâce à des fonds gouvernementaux complémentaires, permit l'acquisition de la première réserve naturelle, le Velado del Yaque.
À partir de 1930, Trujillo développe son approche par le haut. Son régime a étendu la zone du Vedado del Yaque. Il en crée d'autres, instaure en 1934 le premier parc national, institue un corps de gardes forestiers pour faire respecter la protection des forêts, interdit de brûler la forêt pour la déboiser au profit de l'agriculture et proscrit l'abattage de pins sans son autorisation dans la région de Constanza, sur la cordillère centrale.
Joaquin Balaguer avait reconnu le besoin urgent de son pays dans le but de préserver les forêts des bassins hydrographiques afin de satisfaire les besoins énergétiques grâce à l'électricité et de fournir la quantité d'eau nécessaire aux besoins industriels et domestiques. Il proscrira toute coupe à caractère commercial dans le pays et fermera les scieries. Un marché informel de coupe d'arbres et scieries allait prendre corps. Ce qui va pousser Balaguer à retirer au ministère de l'Agriculture la responsabilité de la protection des forêts pour la confiner à l'armée tout en déclarant les coupes de bois, crimes contre la sûreté de l'État.
Les militaires vont lancer un programme de vols de reconnaissance qui a culminé en 1967 à la faveur d'un des évènements les plus marquants de la l'histoire de l'environnement en République dominicaine : le premier d'une série de raids nocturnes des militaires contre un vaste camp de bûcherons clandestins. On déplore la mort d'une dizaine de bûcherons. En 1992, Balaguer promulgua une loi, difficile à appliquer il est vrai, selon laquelle toute clôture devait consister en arbres vivants plutôt qu'en madriers coupés.
Pour réduire la demande de produits forestiers dominicains en amont, raconte Diamond, Balaguer ouvrit le marché aux importations de bois du Chili, du Honduras et des États-Unis et, pour réduire la production traditionnelle de charbon de bois, il passa des contrats pour des importations de gaz naturel liquide du Venezuela. Il construisit plusieurs terminaux pour importer le gaz, subventionna le prix du gaz pour concurrencer le charbon de bois et distribua gratuitement des gazinières et des bouteilles afin de substituer le gaz au charbon de bois.
Il développa considérablement le système de réserves naturelles, instaura les deux premiers parcs nationaux côtiers du pays, ajouta deux récifs dans l'océan pour servir de sanctuaire aux baleines, protégea la terre à 18 mètres des rivières, défendit les marais, signa la convention de Rio sur l'environnement et interdit la chasse pendant dix ans.
Balaguer fit pression sur l'industrie pour qu'elle traite ses déchets, lança avec des succès limités certaines mesures pour la maîtrise de la pollution de l'air et préleva de lourdes taxes sur les compagnies minières. Il s'opposa à nombre de propositions dommageables pour l'environnement : projets de routes partant du port de Sanchez et traversant un parc national, d'une route nord-sud traversant la cordillère centrale, d'un aéroport international à Santiago, d'un port géant et d'un barrage à Madrigal.
À Santo Domingo, il fonda l'Aquarium, le jardin botanique et le Muséum d'histoire naturelle, et il fit reconstruire le Zoo national, tous devenus aujourd'hui d'importantes attractions touristiques. Et, en fin de carrière, il transforma le décret qui avait instauré le système de réserves naturelles en lui donnant force de loi.
En signe de reconnaissance, une station de métro ainsi qu'un aéroport international à Santo Domingo portent aujourd'hui le nom du Dr Balaguer.
Les 28 % de couverture végétale dominicaine sont le résultat des politiques environnementales adoptées par les leaders politiques dominicains. De même que notre 1 % de couverture reflète le laxisme, l'absence de leadership et de vision des dirigeants haïtiens. Comment comprendre des issues aussi différentes sur une même île? Diamond répond à cette question en indiquant que les réactions d'une société dépendent de ses institutions politiques, économiques et sociales ainsi que des valeurs économiques, sociales et culturelles.
Institutions et valeurs influent sur la manière dont une société résoudra ou tentera de résoudre ses problèmes. Et la capacité de résoudre ces problèmes détermine la survie ou l'effondrement d'une nation. Effondrement qui prend souvent la forme d'un déclin permanent. Déclin qu'Haïti symbolise bien aux yeux de Diamond qui voit pourtant dans la trajectoire de la République dominicaine une société qui sait comment s'éloigner de l'effondrement.
À la première lecture, j'avais trouvé un peu sévère le diagnostic du professeur Diamond. C'était cependant oublier la prédiction de Jacques Roumain dans Gouverneurs de la rosée en 1944: « Nous mourrons tous : les bêtes, les plantes, les chrétiens vivants». Au moment de la rédaction de ce roman, Haïti était pourtant encore verte. Le cri environnemental de Roumain a plutôt été écouté de l'autre côté de l'île. La couverture végétale d'aujourd'hui en est une éloquente illustration.
Thomas Lalime thomaslalime@yahoo.fr
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=119693
Martelly évalue des travaux d'infrastructure à Jérémie
Le Nouvelliste | Le président de la République, Michel Joseph Martelly, toujours dans le souci d'évaluer les travaux d'infrastructure entrepris à travers le pays et d'être plus proche de la population haïtienne, a entamé, ce lundi 2 septembre 2013, une visite de trois jours dans le département de la Grand'Anse.
Accompagné, entre autres, du ministre de l'Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural, M. Thomas Jacques, de celui chargé des relations avec le Parlement, M. Ralph Théano, ainsi que de certains membres de son cabinet, le chef de l'Etat a visité des travaux à Duchity, à Beaumont et à Roseaux.
Le président Martelly a d'abord constaté, sous la pluie, l'état d'avancement des travaux de construction d'un pont sur la rivière Glace, financé par le gouvernement haïtien à travers les fonds PetroCaribe à hauteur de deux millions cinq cent mille dollars américains ( 2, 500, 000.00 dollars US); ce pont relie Camp-Perrin à Duchity. Le président de la République a ensuite rencontré diverses personnalités et représentants d'organisations de Duchity autour du développement de cette section communale de Pestel.
Par ailleurs, accueilli chaleureusement par les citoyens de Beaumont, avec lesquels il a parcouru plusieurs kilomètres à pied, le chef de l'Etat a procédé à l'inauguration officielle d'un bâtiment flambant neuf logeant le lycée national de cette commune. Ce nouvel espace, qui était dans un état critique depuis des dizaines d'années, offre aujourd'hui un cadre propice à l'apprentissage avec 18 salles de classe spacieuses, un laboratoire informatique, un bloc sanitaire, une bibliothèque, un réfectoire et un terrain multijeux.
En présence du maire de la commune, M. David Pierre, et de nombreuses personnalités du département, le président Martelly a rappelé la nécessité d'encourager l'éducation des jeunes, en vue de faciliter leur développement. Il a promis de continuer à oeuvrer pour des infrastructures modernes et un système éducatif adapté qui tienne compte des besoins de toutes les couches sociales du pays.
Cette première journée dans la Grand'Anse a aussi permis au chef de l'Etat de visiter les infrastructures électriques à Beaumont et de rencontrer les représentants de plusieurs associations et coopératives caféières du département autour du redressement de la production du café en Haïti.
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120751
Accompagné, entre autres, du ministre de l'Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural, M. Thomas Jacques, de celui chargé des relations avec le Parlement, M. Ralph Théano, ainsi que de certains membres de son cabinet, le chef de l'Etat a visité des travaux à Duchity, à Beaumont et à Roseaux.
Le président Martelly a d'abord constaté, sous la pluie, l'état d'avancement des travaux de construction d'un pont sur la rivière Glace, financé par le gouvernement haïtien à travers les fonds PetroCaribe à hauteur de deux millions cinq cent mille dollars américains ( 2, 500, 000.00 dollars US); ce pont relie Camp-Perrin à Duchity. Le président de la République a ensuite rencontré diverses personnalités et représentants d'organisations de Duchity autour du développement de cette section communale de Pestel.
Par ailleurs, accueilli chaleureusement par les citoyens de Beaumont, avec lesquels il a parcouru plusieurs kilomètres à pied, le chef de l'Etat a procédé à l'inauguration officielle d'un bâtiment flambant neuf logeant le lycée national de cette commune. Ce nouvel espace, qui était dans un état critique depuis des dizaines d'années, offre aujourd'hui un cadre propice à l'apprentissage avec 18 salles de classe spacieuses, un laboratoire informatique, un bloc sanitaire, une bibliothèque, un réfectoire et un terrain multijeux.
En présence du maire de la commune, M. David Pierre, et de nombreuses personnalités du département, le président Martelly a rappelé la nécessité d'encourager l'éducation des jeunes, en vue de faciliter leur développement. Il a promis de continuer à oeuvrer pour des infrastructures modernes et un système éducatif adapté qui tienne compte des besoins de toutes les couches sociales du pays.
Cette première journée dans la Grand'Anse a aussi permis au chef de l'Etat de visiter les infrastructures électriques à Beaumont et de rencontrer les représentants de plusieurs associations et coopératives caféières du département autour du redressement de la production du café en Haïti.
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120751
MOPOD, à la recherche d'alliés au Parlement
Le Nouvelliste | Yvince Hilaire
Une rencontre s'est tenue, lundi, entre les députés de l'opposition et une délégation du Mouvement patriotique de l'opposition démocratique (MOPOD) à la salle de séance de la Chambre basse. Cette délégation était composée de l'agronome Jean André Victor, de l'ancien sénateur Turneb Delpé et de l'ex-député Serge Jean-Louis.
«Les partis politiques membres du Mopod se lancent dans une bataille pour accompagner la population dans la démarche pour restaurer la démocratie dans le pays, a, d'entrée de jeu, expliqué Serge Jean-Louis, un des trois membres de cette délégation à l'issue de la séance de discussions. Nous avons rencontré les blocs de l'opposition à la Chambre basse dans le but d'harmoniser l'opposition et d'étendre le flambeau de la mobilisation..» L'ancien parlementaire rappelle que l'opposition ne vise pas la tête du pouvoir en place, mais elle cherche à se structurer pour la prise en charge de l'Etat.
Pour sa part, Jean André Victor indique que, par cette initiative, les partis politiques de l'opposition voulaient voir si les parlementaires de l'opposition ont une lecture partagée de la crise politique actuelle dominée par l'organisation des élections notamment.
« Nous voulons collaborer pour pallier cette crise. Nous décidons de rencontrer tous les secteurs de l'opposition afin de parvenir à des solutions », a dit M. Victor, indiquant que la mobilisation comporte plusieurs étapes. Ce, pour dire qu'ils ne font que chercher des alliés dans la lutte afin de sortir le pays de l'impasse politique dans laquelle il se trouve actuellement. « Nous envisageons plusieurs scénarios qui peuvent favoriser une sortie de crise sans casses, des scénarios institutionnels... »
Tout en ne contredisant pas ses collègues, l'ex-sénateur Turneb Delpé a toutefois mis l'accent sur le projet de loi électorale. « En tant que démocrates avérés, nous devons regarder le contenu du document déposé par l'exécutif, a-t-il dit, à l'issue de cette séance pour exprimer ses réserves quant au projet de loi électorale. Le dépôt de ce document ne se fait que pour la galerie, a-t-il poursuivi pour dire qu'il est matériellement impossible d'avoir des élections dans le pays à la fin de cette année.
Le député Sorel Jacinthe n'est pas d'avis contraire. La rencontre, précise-t-il, a été réalisée à l'initiative du représentant de Delmas-Tabarre, Arnel Bélizaire, membre du bloc Parlementaires pour le renforcement institutionnel(PRI). « C'était une rencontre de connaissance qui s'inscrit dans le cadre du contexte actuel de la politique. Il nous faut des perspectives afin de suivre une voie unique. Nous voulons de concert avec le MOPOD faire une lecture de la conjoncture politique et voir comment tenir un dialogue constant pour faire échec aux dérives du pouvoir en place », a martelé le député Jacinthe, se faisant le porte-parole des députés de l'opposition.
Le parlementaire a énuméré un ensemble de dossiers qui, d'après lui, méritent de retenir l'attention des partis politiques de l'opposition. En plus du dossier relatif à la loi électorale, l'élu de Moron /Chambellan a rappelé que le rapport de l'enquête sur la mort du juge Jean-Serge Joseph est jusqu'à présent au point mort à la Chambre basse... Yvince Hilaire
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120732
Une rencontre s'est tenue, lundi, entre les députés de l'opposition et une délégation du Mouvement patriotique de l'opposition démocratique (MOPOD) à la salle de séance de la Chambre basse. Cette délégation était composée de l'agronome Jean André Victor, de l'ancien sénateur Turneb Delpé et de l'ex-député Serge Jean-Louis.
«Les partis politiques membres du Mopod se lancent dans une bataille pour accompagner la population dans la démarche pour restaurer la démocratie dans le pays, a, d'entrée de jeu, expliqué Serge Jean-Louis, un des trois membres de cette délégation à l'issue de la séance de discussions. Nous avons rencontré les blocs de l'opposition à la Chambre basse dans le but d'harmoniser l'opposition et d'étendre le flambeau de la mobilisation..» L'ancien parlementaire rappelle que l'opposition ne vise pas la tête du pouvoir en place, mais elle cherche à se structurer pour la prise en charge de l'Etat.
Pour sa part, Jean André Victor indique que, par cette initiative, les partis politiques de l'opposition voulaient voir si les parlementaires de l'opposition ont une lecture partagée de la crise politique actuelle dominée par l'organisation des élections notamment.
« Nous voulons collaborer pour pallier cette crise. Nous décidons de rencontrer tous les secteurs de l'opposition afin de parvenir à des solutions », a dit M. Victor, indiquant que la mobilisation comporte plusieurs étapes. Ce, pour dire qu'ils ne font que chercher des alliés dans la lutte afin de sortir le pays de l'impasse politique dans laquelle il se trouve actuellement. « Nous envisageons plusieurs scénarios qui peuvent favoriser une sortie de crise sans casses, des scénarios institutionnels... »
Tout en ne contredisant pas ses collègues, l'ex-sénateur Turneb Delpé a toutefois mis l'accent sur le projet de loi électorale. « En tant que démocrates avérés, nous devons regarder le contenu du document déposé par l'exécutif, a-t-il dit, à l'issue de cette séance pour exprimer ses réserves quant au projet de loi électorale. Le dépôt de ce document ne se fait que pour la galerie, a-t-il poursuivi pour dire qu'il est matériellement impossible d'avoir des élections dans le pays à la fin de cette année.
Le député Sorel Jacinthe n'est pas d'avis contraire. La rencontre, précise-t-il, a été réalisée à l'initiative du représentant de Delmas-Tabarre, Arnel Bélizaire, membre du bloc Parlementaires pour le renforcement institutionnel(PRI). « C'était une rencontre de connaissance qui s'inscrit dans le cadre du contexte actuel de la politique. Il nous faut des perspectives afin de suivre une voie unique. Nous voulons de concert avec le MOPOD faire une lecture de la conjoncture politique et voir comment tenir un dialogue constant pour faire échec aux dérives du pouvoir en place », a martelé le député Jacinthe, se faisant le porte-parole des députés de l'opposition.
Le parlementaire a énuméré un ensemble de dossiers qui, d'après lui, méritent de retenir l'attention des partis politiques de l'opposition. En plus du dossier relatif à la loi électorale, l'élu de Moron /Chambellan a rappelé que le rapport de l'enquête sur la mort du juge Jean-Serge Joseph est jusqu'à présent au point mort à la Chambre basse... Yvince Hilaire
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Port-au-Prince dotée d'un nouveau port dans un an
Le Nouvelliste | Publié le :02 septembre 2013
Louis-Joseph Olivier ljosepholivier@gmail.com
Le nouveau port de la capitale sera reconstruit et ouvert au trafic dans une année, selon ce qu'a déclaré le directeur général de l'Autorité portuaire nationale, Alix Célestin, vendredi, en marge de la célébration du premier anniversaire du Centre d'information et de documentation portuaire (CIDOP).
Le gouvernement haïtien a signé depuis le mois de mai 2013 le contrat avec la firme qui devrait conduire les travaux de construction du nouveau port de la capitale détruit lors du séisme du 12 janvier 2010. La firme de construction est en phase de mobilisation, les premiers équipements sont déjà en route vers Haïti, selon ce qu'a précisé monsieur Alix Célestin, qui a confié qu'une première équipe de la compagnie est déjà à Port-au-Prince.
Dans l'objectif de lancer bientôt la reconstruction, les travaux de démolition de l'ancien quai et d'autres compartiments du port sévèrement endommagé commenceront au début de ce mois de septembre. Selon ce qui a été conclu avec la compagnie de construction, le port est censé disponible 21 mois après la signature du contrat, mais l'APN s'entend avec le constructeur afin de rendre disponible 150 mètres de quai dans une année. Ces 150 mètres de quai permettront à l'APN de reprendre progressivement ses activités, selon les informations fournies par le directeur.
Les travaux de reconstruction du port de la capitale coûteront plus de 200 millions de dollars, la première phase des travaux est estimée à 70 millions. « Nous voulons mettre ce port en adéquation avec ce qui se fait actuellement dans notre région. Nous voulons que ce port soit concurrentiel, compétitif et performant », a indiqué le numéro un de l'Autorité portuaire nationale. La construction de ce nouveau port sera financée par le Trésor public et le secteur privé qui aidera aussi à la gestion du nouveau terminal.
Monsieur Célestin a fait ces déclarations alors que l'APN célébrait le premier anniversaire de la création du Centre d'information et de documentation portuaire, CIDOP, lequel est présenté comme un outil d'emmagasinage de données, de traitement de l'information et de recherche dédiée au monde maritime et portuaire. Le centre propose aussi des ouvertures vers les métiers de la mer et de transmission des savoirs du secteur portuaire. Il est chargé d'ouvrir au public, aux professionnels, élèves, étudiants, jeunes et autres secteurs de la vie nationale les voies vers les connaissances autour de la vie maritime et portuaire.
Une année après la création de ce centre, monsieur Rodolphe Bertrand, responsable du CIDOP, affirme que « ce centre a aidé à faire connaître au grand public le vrai travail de l'Autorité portuaire nationale. M. Bertrand déclare considérer le CIDOP comme un outil qui permet de rapprocher l'APN des écoliers, étudiants et de tous ceux qui veulent prendre connaissance des domaines d'intervention de l'Autorité portuaire nationale.
« Je mesure toute l'importance de cette structure dans le paysage socio-éducatif à l'aube de profondes mutations du secteur maritime et portuaire haïtien, dans un contexte de modernisation assumée et de transformation de toute l'infrastructure éducationnelle, axée sur de nouveaux champs disciplinaires, pour de nouvelles compétences, l'exploration de nouveaux savoirs et la promotion entrepreneuriale dans le secteur maritime », a expliqué le directeur de l'APN dans ses propos de circonstance.
Louis-Joseph Olivier
ljosepholivier@gmail.com
Louis-Joseph Olivier ljosepholivier@gmail.com
Le nouveau port de la capitale sera reconstruit et ouvert au trafic dans une année, selon ce qu'a déclaré le directeur général de l'Autorité portuaire nationale, Alix Célestin, vendredi, en marge de la célébration du premier anniversaire du Centre d'information et de documentation portuaire (CIDOP).
Le gouvernement haïtien a signé depuis le mois de mai 2013 le contrat avec la firme qui devrait conduire les travaux de construction du nouveau port de la capitale détruit lors du séisme du 12 janvier 2010. La firme de construction est en phase de mobilisation, les premiers équipements sont déjà en route vers Haïti, selon ce qu'a précisé monsieur Alix Célestin, qui a confié qu'une première équipe de la compagnie est déjà à Port-au-Prince.
Dans l'objectif de lancer bientôt la reconstruction, les travaux de démolition de l'ancien quai et d'autres compartiments du port sévèrement endommagé commenceront au début de ce mois de septembre. Selon ce qui a été conclu avec la compagnie de construction, le port est censé disponible 21 mois après la signature du contrat, mais l'APN s'entend avec le constructeur afin de rendre disponible 150 mètres de quai dans une année. Ces 150 mètres de quai permettront à l'APN de reprendre progressivement ses activités, selon les informations fournies par le directeur.
Les travaux de reconstruction du port de la capitale coûteront plus de 200 millions de dollars, la première phase des travaux est estimée à 70 millions. « Nous voulons mettre ce port en adéquation avec ce qui se fait actuellement dans notre région. Nous voulons que ce port soit concurrentiel, compétitif et performant », a indiqué le numéro un de l'Autorité portuaire nationale. La construction de ce nouveau port sera financée par le Trésor public et le secteur privé qui aidera aussi à la gestion du nouveau terminal.
Monsieur Célestin a fait ces déclarations alors que l'APN célébrait le premier anniversaire de la création du Centre d'information et de documentation portuaire, CIDOP, lequel est présenté comme un outil d'emmagasinage de données, de traitement de l'information et de recherche dédiée au monde maritime et portuaire. Le centre propose aussi des ouvertures vers les métiers de la mer et de transmission des savoirs du secteur portuaire. Il est chargé d'ouvrir au public, aux professionnels, élèves, étudiants, jeunes et autres secteurs de la vie nationale les voies vers les connaissances autour de la vie maritime et portuaire.
Une année après la création de ce centre, monsieur Rodolphe Bertrand, responsable du CIDOP, affirme que « ce centre a aidé à faire connaître au grand public le vrai travail de l'Autorité portuaire nationale. M. Bertrand déclare considérer le CIDOP comme un outil qui permet de rapprocher l'APN des écoliers, étudiants et de tous ceux qui veulent prendre connaissance des domaines d'intervention de l'Autorité portuaire nationale.
« Je mesure toute l'importance de cette structure dans le paysage socio-éducatif à l'aube de profondes mutations du secteur maritime et portuaire haïtien, dans un contexte de modernisation assumée et de transformation de toute l'infrastructure éducationnelle, axée sur de nouveaux champs disciplinaires, pour de nouvelles compétences, l'exploration de nouveaux savoirs et la promotion entrepreneuriale dans le secteur maritime », a expliqué le directeur de l'APN dans ses propos de circonstance.
Louis-Joseph Olivier
ljosepholivier@gmail.com
Production agricole/Riz-maïs...Une augmentation qui n'en est pas une...
Le Nouvelliste |
Robenson Geffrard, rgeffrard@
à la clémence de la nature, le pays a connu une augmentation dans la production du maïs et du riz pour la période 2012-2013. Cependant, le coordonnateur de la Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA) a souligné que cette situation est passagère et que le pays devra importer plus de riz pour la période 2013-2014.
Hausse dans la production du maïs et du riz, mais...Pour bien comprendre l'augmentation dans la production du maïs et du riz enregistrée cette année, le coordonnateur de la Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA), l'agronome Gary Mathieu, établit la différence entre l'année fiscale et l'année agricole. Selon lui, l'année fiscale a commencé en octobre 2012 pour prendre fin en septembre 2013 alors que l'année agricole commence en mars 2013 pour prendre fin en février 2014.
Intervenant sur les ondes de Radio Magik 9, le week-end écoulé, Gary Mathieu a précisé que les calculs d'augmentation dans la production du maïs prennent en compte l'année fiscale. Il a indiqué que le maïs, la principale denrée du pays, a subi une augmentation de 80 000 tonnes. Cette augmentation n'est pas énorme, a reconnu M. Mathieu. Pour l'année 2012-2013, Haïti a produit 201 792 tonnes de ce produit. Selon le recensement du ministère de l'Agriculture réalisé en 2008-2009, le pays a une capacité de production en maïs de 393 000 tonnes. Donc, le pays a enregistré une perte à ce niveau dû notamment à la période de sécheresse.
La prévision pour l'année agricole 2013-2014, a ajouté Gary Mathieu, indique que le pays devra produire 334 131 tonnes de maïs. « Par contre, ce que les gens doivent comprendre, malgré cette augmentation, on a toujours un déficit de 6% par rapport à une année normale. C'est comme lorsque vous êtes dans un trou et vous commencez à monter... », a-t-il illustré.
En comparant les dégâts causés par le passage de Sandy et la production entre l'hiver 2012-2013, les saisons du printemps et de l'automne, la production agricole pendant ces périodes a permis de remplacer les pertes occasionnées par le mauvais temps dans le secteur. « Non seulement le secteur est arrivé à couvrir les pertes de Sandy, mais il y a également une augmentation à partir de certains produits », a souligné le coordonnateur de la CNSA.
Le prix du maïs est passé de 35 gourdes entre juin et juillet à environ 25 gourdes dans les régions où il y a eu l'excédent et dans les plaines des Cayes, a souligné le responsable de la CNSA. Mais il y a une crainte, a-t-il dit. Le prix risque de tomber trop bas, ce qui pénalisera les producteurs. Même le prix du maïs importé est en baisse dans le pays, a-t-il ajouté. Une baisse relative, a-t-il précisé, puisque le panier alimentaire ne connaît qu'une baisse de 3 à 4%.
Cette augmentation de la production agricole est de courte durée, elle ne va pas s'étaler sur l'année, a indiqué M. Mathieu comme un bémol. « Nous sommes en fin de récolte, a-t-il dit. A partir de septembre, on assistera au phénomène inverse dans les prix... »
L'année fiscale, qui prend fin dans un mois est bonne, a-t-il dit, mais elle devrait se confirmer avec l'année agricole. Si le pays n'est pas frappé par un cyclone majeur, on pourra dire que l'année 2013-2014 est très bonne et la production peut être même supérieure à une année normale. La récolte de la saison d'automne est attendue également celle d'hiver.
La production de riz a également augmenté
Selon le recensement du ministère de l'Agriculture réalisé en 2008-2009, le pays a une capacité de production de l'ordre de 75 000 tonnes. Cependant, pour une année normale de production de riz, le pays peut arriver jusqu'à 170 000 tonnes, le plus haut niveau. Pour la période 2012-2013, nous avons produit 147 599 tonnes. Une augmentation. Pour 2013-2014, il y a une possibilité d'avoir 159 000 tonnes. Une augmentation de 8%, selon Gary Mathieu.
L'agronome a fait savoir qu'au cours de cette année, l'Electricité d'Haïti (ED'H) a bloqué pendant un mois l'eau du barrage de Péligre. Cette situation a eu de graves conséquences sur le riz de l'Artibonite. Notre consommation annuelle de riz est de 420 000 tonnes. Nous importons environ 320 000 tonnes et produisons la différence. Selon le bilan alimentaire de la CNSA, le pays devra importer 375 000 tonnes de riz pour la prochaine année.
Les départements de l'Artibonite, de l'Ouest, du Nord, du Centre et du Nord-Est représentent 70% de la surface agricole utile (SAU) du pays. Parce que ces régions ont eu une bonne pluviométrie pendant cette période et n'ont pas été frappées par des intempéries, elles ont réussi leur saison à plus de 75%.
De quoi dire merci à la nature...
Robenson Geffrard, rgeffrard@lenouvelliste.com
Robenson Geffrard, rgeffrard@
à la clémence de la nature, le pays a connu une augmentation dans la production du maïs et du riz pour la période 2012-2013. Cependant, le coordonnateur de la Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA) a souligné que cette situation est passagère et que le pays devra importer plus de riz pour la période 2013-2014.
Hausse dans la production du maïs et du riz, mais...Pour bien comprendre l'augmentation dans la production du maïs et du riz enregistrée cette année, le coordonnateur de la Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA), l'agronome Gary Mathieu, établit la différence entre l'année fiscale et l'année agricole. Selon lui, l'année fiscale a commencé en octobre 2012 pour prendre fin en septembre 2013 alors que l'année agricole commence en mars 2013 pour prendre fin en février 2014.
Intervenant sur les ondes de Radio Magik 9, le week-end écoulé, Gary Mathieu a précisé que les calculs d'augmentation dans la production du maïs prennent en compte l'année fiscale. Il a indiqué que le maïs, la principale denrée du pays, a subi une augmentation de 80 000 tonnes. Cette augmentation n'est pas énorme, a reconnu M. Mathieu. Pour l'année 2012-2013, Haïti a produit 201 792 tonnes de ce produit. Selon le recensement du ministère de l'Agriculture réalisé en 2008-2009, le pays a une capacité de production en maïs de 393 000 tonnes. Donc, le pays a enregistré une perte à ce niveau dû notamment à la période de sécheresse.
La prévision pour l'année agricole 2013-2014, a ajouté Gary Mathieu, indique que le pays devra produire 334 131 tonnes de maïs. « Par contre, ce que les gens doivent comprendre, malgré cette augmentation, on a toujours un déficit de 6% par rapport à une année normale. C'est comme lorsque vous êtes dans un trou et vous commencez à monter... », a-t-il illustré.
En comparant les dégâts causés par le passage de Sandy et la production entre l'hiver 2012-2013, les saisons du printemps et de l'automne, la production agricole pendant ces périodes a permis de remplacer les pertes occasionnées par le mauvais temps dans le secteur. « Non seulement le secteur est arrivé à couvrir les pertes de Sandy, mais il y a également une augmentation à partir de certains produits », a souligné le coordonnateur de la CNSA.
Le prix du maïs est passé de 35 gourdes entre juin et juillet à environ 25 gourdes dans les régions où il y a eu l'excédent et dans les plaines des Cayes, a souligné le responsable de la CNSA. Mais il y a une crainte, a-t-il dit. Le prix risque de tomber trop bas, ce qui pénalisera les producteurs. Même le prix du maïs importé est en baisse dans le pays, a-t-il ajouté. Une baisse relative, a-t-il précisé, puisque le panier alimentaire ne connaît qu'une baisse de 3 à 4%.
Cette augmentation de la production agricole est de courte durée, elle ne va pas s'étaler sur l'année, a indiqué M. Mathieu comme un bémol. « Nous sommes en fin de récolte, a-t-il dit. A partir de septembre, on assistera au phénomène inverse dans les prix... »
L'année fiscale, qui prend fin dans un mois est bonne, a-t-il dit, mais elle devrait se confirmer avec l'année agricole. Si le pays n'est pas frappé par un cyclone majeur, on pourra dire que l'année 2013-2014 est très bonne et la production peut être même supérieure à une année normale. La récolte de la saison d'automne est attendue également celle d'hiver.
La production de riz a également augmenté
Selon le recensement du ministère de l'Agriculture réalisé en 2008-2009, le pays a une capacité de production de l'ordre de 75 000 tonnes. Cependant, pour une année normale de production de riz, le pays peut arriver jusqu'à 170 000 tonnes, le plus haut niveau. Pour la période 2012-2013, nous avons produit 147 599 tonnes. Une augmentation. Pour 2013-2014, il y a une possibilité d'avoir 159 000 tonnes. Une augmentation de 8%, selon Gary Mathieu.
L'agronome a fait savoir qu'au cours de cette année, l'Electricité d'Haïti (ED'H) a bloqué pendant un mois l'eau du barrage de Péligre. Cette situation a eu de graves conséquences sur le riz de l'Artibonite. Notre consommation annuelle de riz est de 420 000 tonnes. Nous importons environ 320 000 tonnes et produisons la différence. Selon le bilan alimentaire de la CNSA, le pays devra importer 375 000 tonnes de riz pour la prochaine année.
Les départements de l'Artibonite, de l'Ouest, du Nord, du Centre et du Nord-Est représentent 70% de la surface agricole utile (SAU) du pays. Parce que ces régions ont eu une bonne pluviométrie pendant cette période et n'ont pas été frappées par des intempéries, elles ont réussi leur saison à plus de 75%.
De quoi dire merci à la nature...
Robenson Geffrard, rgeffrard@lenouvelliste.com
Le« projet Macaya» passe à la 2e phase
Le Nouvelliste | Publi le :02 septembre 2013 Joubert Rochefort rochefelle2013@gmail.comLa ville des Cayes a accueilli vendredi 30 août le lancement de la 2e phase du projet « Macaya » qui vise à freiner la dégradation des ressources naturelles du parc et de sa proximité. Ce projet bénéficie d'une enveloppe de 12 millions de dollars américains de la coopération norvégienne, gérée par la Banque interaméricaine de développement (BID) sur une durée de cinq ans.
Placé sur une superficie de 8 000 ha, le parc national Macaya est situé dans le massif de la Hotte et s'étend sur les mornes Formond et Macaya. Pourtant, depuis plus d'une décennie, le parc national Macaya se trouve dans un état de délabrement déplorable. Les espèces endémiques qui constituaient la force vive du parc tendent à disparaitre. De plus, des squatters y dressent leurs abris. Une situation qui suscite de vives inquiétudes auprès des autorités et de la société civile. « Dans les deux premières semaines du mois de septembre, nous allons lancer des activités qui consistent à mettre en terre des plantules afin de reboiser le parc et les localités avoisinantes. Nous comptons également déloger les squatters et placer des agents du corps de la surveillance environnementale », lance Michelet Louis, coordonnateur du projet Macaya.
Lancé en décembre 2012, le projet Macaya comporte quatre volets: le renforcement de la gouvernance locale; le renforcement du régime foncier à l'intérieur du parc; le développement des pratiques agroforesteries de gestion durable des terres et le suivi du gaz à effet de serre. A en croire Michelet Louis, les six premiers mois du projet ont coûté au comité de pilotage près de 200 000 dollars américains pour sa mise en place, les études et les travaux de terrain. Par ailleurs, il promet de redoubler d'effort afin de redonner au parc son visage d'antan.
Le parc national Macaya protège la forêt tropicale humide qui recouvre une partie du massif de la Hotte. La végétation est luxuriante dans cette forêt de nuage qui entoure ce massif montagneux. C'est une zone qui renferme des ressources naturelles exceptionnelles, des espèces rares que l'on retrouve uniquement au parc. Michelet Louis croit qu'on peut encore sauver le parc qui est, selon lui, d'une grande importance pour le pays. « Le parc Macaya abrite 102 espèces de fougères, dont certaines sont endémiques, 141 variétés d'orchidées, dont 38 endémiques, 99 espèces de mousse, 367 autres variétés de plantes à fleurs, dont 55 endémiques », explique le coordonnateur du projet.
Le représentant du gouvernement norvégien, Joël Boutrou, se dit aussi confiant que ce projet fera de Macaya le plus important parc naturel du pays. « J'espère que ce projet contribuera au développement touristique et à l'amélioration de l'économie de la paysannerie », augure-t-il. Dans la foulée, il témoigne la volonté du gouvernement norvégien de collaborer avec le gouvernement haïtien dans la protection et la gestion des aires protégées. « Cette subvention aidera Haïti, entre autres, à mener un programme de gestion durable des terres dans le parc national Macaya, renforcer le corps de surveillance, reboiser environ 1 500 hectares de terre dégradés et construire des infrastructures de protection du bassin hydrologique contre les inondations et l'érosion », martèle Joël Boutrou.
Par conséquent, la représentante de la Banque interaméricaine de développement (BID), Marie Bonnard croit qu'il y a beaucoup de travail à faire avant le lancement des travaux de réaménagement du parc. Elle estime que les Haïtiens n'ont aucune idée de la création ou de la gestion d'un parc forestier. Toutefois, elle assure que l'argent du financement du projet Macaya est entre de bonnes mains, mais exige un rapport semestriel des dépenses. « Il y a 400 000 dollars qui sont disponibles pour le lancement de la 2e phase du projet. Mais, nous sommes très stricts sur le rapport des dépenses. De plus, nous faisons des audits tous les 6 mois afin d'être certains que l'argent a été dépensé à bon escient », déclare Marie Bonnard.
Dans les prochains jours, le comité de pilotage lancera les activités de la deuxième phase du projet Macaya. Il prévoit d'enclencher le dialogue avec les squatters afin de les sensibiliser à la nécessité de quitter le parc. En outre, il compte élaborer un plan de gestion du parc qui définira les voies d'accès, les points de surveillance et de contrôle, les infrastructures administratives et touristiques, les zones de biodiversité à protéger. Selon le coordonnateur du projet Macaya, Michelet Louis, le bornage physique du parc consistera en l'implantation de bornes en béton à tous les 200m de son pourtour.
Joubert Rochefort rochefelle2013@gmail.com
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120741
Placé sur une superficie de 8 000 ha, le parc national Macaya est situé dans le massif de la Hotte et s'étend sur les mornes Formond et Macaya. Pourtant, depuis plus d'une décennie, le parc national Macaya se trouve dans un état de délabrement déplorable. Les espèces endémiques qui constituaient la force vive du parc tendent à disparaitre. De plus, des squatters y dressent leurs abris. Une situation qui suscite de vives inquiétudes auprès des autorités et de la société civile. « Dans les deux premières semaines du mois de septembre, nous allons lancer des activités qui consistent à mettre en terre des plantules afin de reboiser le parc et les localités avoisinantes. Nous comptons également déloger les squatters et placer des agents du corps de la surveillance environnementale », lance Michelet Louis, coordonnateur du projet Macaya.
Lancé en décembre 2012, le projet Macaya comporte quatre volets: le renforcement de la gouvernance locale; le renforcement du régime foncier à l'intérieur du parc; le développement des pratiques agroforesteries de gestion durable des terres et le suivi du gaz à effet de serre. A en croire Michelet Louis, les six premiers mois du projet ont coûté au comité de pilotage près de 200 000 dollars américains pour sa mise en place, les études et les travaux de terrain. Par ailleurs, il promet de redoubler d'effort afin de redonner au parc son visage d'antan.
Le parc national Macaya protège la forêt tropicale humide qui recouvre une partie du massif de la Hotte. La végétation est luxuriante dans cette forêt de nuage qui entoure ce massif montagneux. C'est une zone qui renferme des ressources naturelles exceptionnelles, des espèces rares que l'on retrouve uniquement au parc. Michelet Louis croit qu'on peut encore sauver le parc qui est, selon lui, d'une grande importance pour le pays. « Le parc Macaya abrite 102 espèces de fougères, dont certaines sont endémiques, 141 variétés d'orchidées, dont 38 endémiques, 99 espèces de mousse, 367 autres variétés de plantes à fleurs, dont 55 endémiques », explique le coordonnateur du projet.
Le représentant du gouvernement norvégien, Joël Boutrou, se dit aussi confiant que ce projet fera de Macaya le plus important parc naturel du pays. « J'espère que ce projet contribuera au développement touristique et à l'amélioration de l'économie de la paysannerie », augure-t-il. Dans la foulée, il témoigne la volonté du gouvernement norvégien de collaborer avec le gouvernement haïtien dans la protection et la gestion des aires protégées. « Cette subvention aidera Haïti, entre autres, à mener un programme de gestion durable des terres dans le parc national Macaya, renforcer le corps de surveillance, reboiser environ 1 500 hectares de terre dégradés et construire des infrastructures de protection du bassin hydrologique contre les inondations et l'érosion », martèle Joël Boutrou.
Par conséquent, la représentante de la Banque interaméricaine de développement (BID), Marie Bonnard croit qu'il y a beaucoup de travail à faire avant le lancement des travaux de réaménagement du parc. Elle estime que les Haïtiens n'ont aucune idée de la création ou de la gestion d'un parc forestier. Toutefois, elle assure que l'argent du financement du projet Macaya est entre de bonnes mains, mais exige un rapport semestriel des dépenses. « Il y a 400 000 dollars qui sont disponibles pour le lancement de la 2e phase du projet. Mais, nous sommes très stricts sur le rapport des dépenses. De plus, nous faisons des audits tous les 6 mois afin d'être certains que l'argent a été dépensé à bon escient », déclare Marie Bonnard.
Dans les prochains jours, le comité de pilotage lancera les activités de la deuxième phase du projet Macaya. Il prévoit d'enclencher le dialogue avec les squatters afin de les sensibiliser à la nécessité de quitter le parc. En outre, il compte élaborer un plan de gestion du parc qui définira les voies d'accès, les points de surveillance et de contrôle, les infrastructures administratives et touristiques, les zones de biodiversité à protéger. Selon le coordonnateur du projet Macaya, Michelet Louis, le bornage physique du parc consistera en l'implantation de bornes en béton à tous les 200m de son pourtour.
Joubert Rochefort rochefelle2013@gmail.com
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120741
samedi 31 août 2013
Victoria Duval, graine de championne haïtienne
Malgré sa défaite face à Hantuchova, Victoria Duval a réussi son entrée dans la cour des grands à l'occasion de l'US Open.Par Eric Mamruth
Alors que l'US Open bat son plein, une très jeune joueuse d'origine haïtienne, Victoria Duval, est devenu en quelques jours la grande révélation de la quinzaine new-yorkaise. Même si son brillant parcours s'est interrompu jeudi 29 août face à la Slovaque Daniela Hantuchova (6-2 6-3), la 296e joueuse mondiale a marqué les esprits en sortant la lauréate de l'édition 2011, l'Australienne Samantha Stosur. A 17 ans, une star est née. Victoria Duval est née à Miami, mais elle a grandi en Haïti jusqu'à l'age de 8 ans. Un séjour déterminant dans son destin... Une vie aisée à Port-au-Prince avec son père médecin et sa mère danseuse professionnelle. Une profession que la jeune Victoria rêvait d'embrasser jusqu'au jour où elle a découvert le tennis. Une révélation due au plus grand des hasards.
La petite Victoria, âgée de 7 ans, accompagne ses frères qui participent à un tournoi à Saint-Domingue. Elle qui, à l'âge de 7 ans, n'avait tapé que quelques balles auparavant et ne savait meme pas compter les points, finit par jouer pour occuper le temps. A la surprise générale, elle s'adjuge le trophée et change alors de vocation.Peu après la famille Duval décide de rentrer aux Etats-Unis. Une sorte de fuite, car Victoria venait d'être victime d'un enlèvement à Port-au-Prince. Une séquestration destinée à obtenir une rançon qui lui cause un traumatisme sur lequel elle évite encore aujourd'hui de s'épancher.
Le miracle après le séïsme
Mais malgré ce retour aux Etats-Unis, son destin reste étroitement lié à Haïti, d'autant que son père, Jean-Maurice, continue à y séjourner. Elle raconte volontiers comment il a survécu miraculeusement au tremblement de terre de 2010 qui a fait plus de 100 000 morts en Haïti. Retrouvé sous les décombres après 11 heures de recherches, gravement blessé, il n'a la vie sauve que grâce à l'aide d'un ami riche qui dépêche un hélicoptère pour l'évacuer vers les Etats-Unis.
Sauvé, mais dans l'incapacité de travailler, Jean-Maurice ne peut plus continuer à financer la carrière de sa fille. Soutenue tant bien que mal par le reste de la famille, Victoria Duval passe notamment par l'Académie Bolletieri et poursuit une irrésistible progression récompensée par sa belle campagne à l'US Open.
Elle fait désormais partie d'un groupe de jeunes joueuses américaines très douées. Pas très grande, portant des lunettes, elle ne fait pas forte impression d'emblée, mais elle est puissante et endurante. Et si elle représente les Etats-Unis, elle porte également les couleurs haïtiennes, qui ne brillaient plus depuis longtemps sur la planète tennis. Avant elle, seul Ronald Agenor, 22ème mondial en 1989 avait réussi à faire exister Haïti sur les courts. Victoria Duval semble avoir pris la suite.http://www.rfi.fr/sports/20130830-victoria-duval-graine-championne-haitienne
Haïti : La Minustah et le gouvernement chercheraient à effacer un mémorial des victimes des casques bleus à Port Salut
P-au-P, 30 août 2013 [AlterPresse] --- Un groupe de citoyennes et citoyens dénoncent l’intention de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah) et de l’administration politique actuelle (du président Joseph Michel Martelly et du premier ministre Laurent Salvador Lamothe) de détruire la place « Résistance », située dans la commune de Port Salut (Sud du pays), dans une pétition signée à la fin du mois d’août 2013 et transmise à l’agence en ligne AlterPresse.
Les signataires de cette pétition, principalement les représentants d’organisations comme « Port Salut en action », critiquent la pression exercée, disent-ils, par la Minustah et le gouvernement sur les autorités locales (mairie et vice-délégation) afin de démolir cette place publique, sous prétexte que, construite par l’opposition, elle porterait atteinte à « la mission qui est là pour protéger le gouvernement ».
Mémorial dédié aux victimes de la force onusienne (déployée en Haïti depuis juin 2004), la place « Résistance » est vue par la population comme un symbole de liberté, évoquant la gloire de Port Salut dans la lutte contre les violations orchestrées par la Minustah dans la commune.
Port Salut a agi « avec bravoure », afin de pousser, hors de la commune, les soldats onusiens ayant commis des actes odieux, criminels et immoraux sur le jeune haïtien Johnny Jean, Rose Mina Joseph, une mineure-orpheline, et d’autres jeunes filles, victimes d’abus sexuels, soulignent ces citoyennes et citoyens. Le viol de Johnny Jean commis, à l’époque, par les casques bleus uruguayens a soulevé, en septembre 2011, de vives protestations en Haïti, notamment dans la ville de Port Salut.
Ces actes ont été unanimement condamnés par l’ensemble de la population haïtienne et des organisations un peu partout à l’étranger.
Ces exactions ont influé négativement sur les efforts, consentis, depuis plusieurs années, par l’ensemble des habitantes et habitants de Port-Salut, afin de donner une image positive de la commune, signalent les signataires de la pétition.
« Notre action est fondée (sur) la certitude que, si rien n’est fait, cette situation peut, à n’importe quel moment, dégénérer. Cela ne peut avoir d’autres répercutions qu’un rayonnement négatif sur la communauté, sur l’ensemble de la région et sur le pays tout entier », avertissent ces citoyennes et citoyens. Ils appellent les sénateurs et députés à faire pression sur le gouvernement pour éviter cette destruction.
Ils demandent aux autres citoyennes et citoyens de la communauté et au secteur des droits humains de se mobiliser « contre ce plan macabre de la Minustah et de l’administration Martelly/Lamothe qui manifeste leur ferme volonté de démolir la place publique résistance ».
Ces habitantes et habitants exigent, aux parlementaires du Sud, de soumettre une résolution au corps législatif, afin d’exiger du gouvernement et de la mission onusienne le respect et la protection de la place « Résistance » qui est une place historique.
Les personnes signataires de la pétition disent s’engager en tant que forces vives de la communauté à soutenir, pacifiquement, toutes démarches et mobilisations visant à empêcher la Minustah et le gouvernement d’effacer la place résistance qui constitue la fierté de Port Salut. [emb kft rc apr 30/08/2013 13:40] http://www.alterpresse.org/spip.php?article15057
Les signataires de cette pétition, principalement les représentants d’organisations comme « Port Salut en action », critiquent la pression exercée, disent-ils, par la Minustah et le gouvernement sur les autorités locales (mairie et vice-délégation) afin de démolir cette place publique, sous prétexte que, construite par l’opposition, elle porterait atteinte à « la mission qui est là pour protéger le gouvernement ».
Mémorial dédié aux victimes de la force onusienne (déployée en Haïti depuis juin 2004), la place « Résistance » est vue par la population comme un symbole de liberté, évoquant la gloire de Port Salut dans la lutte contre les violations orchestrées par la Minustah dans la commune.
Port Salut a agi « avec bravoure », afin de pousser, hors de la commune, les soldats onusiens ayant commis des actes odieux, criminels et immoraux sur le jeune haïtien Johnny Jean, Rose Mina Joseph, une mineure-orpheline, et d’autres jeunes filles, victimes d’abus sexuels, soulignent ces citoyennes et citoyens. Le viol de Johnny Jean commis, à l’époque, par les casques bleus uruguayens a soulevé, en septembre 2011, de vives protestations en Haïti, notamment dans la ville de Port Salut.
Ces actes ont été unanimement condamnés par l’ensemble de la population haïtienne et des organisations un peu partout à l’étranger.
Ces exactions ont influé négativement sur les efforts, consentis, depuis plusieurs années, par l’ensemble des habitantes et habitants de Port-Salut, afin de donner une image positive de la commune, signalent les signataires de la pétition.
« Notre action est fondée (sur) la certitude que, si rien n’est fait, cette situation peut, à n’importe quel moment, dégénérer. Cela ne peut avoir d’autres répercutions qu’un rayonnement négatif sur la communauté, sur l’ensemble de la région et sur le pays tout entier », avertissent ces citoyennes et citoyens. Ils appellent les sénateurs et députés à faire pression sur le gouvernement pour éviter cette destruction.
Ils demandent aux autres citoyennes et citoyens de la communauté et au secteur des droits humains de se mobiliser « contre ce plan macabre de la Minustah et de l’administration Martelly/Lamothe qui manifeste leur ferme volonté de démolir la place publique résistance ».
Ces habitantes et habitants exigent, aux parlementaires du Sud, de soumettre une résolution au corps législatif, afin d’exiger du gouvernement et de la mission onusienne le respect et la protection de la place « Résistance » qui est une place historique.
Les personnes signataires de la pétition disent s’engager en tant que forces vives de la communauté à soutenir, pacifiquement, toutes démarches et mobilisations visant à empêcher la Minustah et le gouvernement d’effacer la place résistance qui constitue la fierté de Port Salut. [emb kft rc apr 30/08/2013 13:40] http://www.alterpresse.org/spip.php?article15057
Le Collectif Haïti de France alerte sur la situation alimentaire critique de l'île.
Grand exportateur dans les années 50, Haïti s’est transformée en importateur d’aliments à la suite de l’ouverture de ses marchés dans les années 80 et 90.
L’application des politiques libérales par une élite haïtienne à la botte des bailleurs de fonds internationaux, a précipité l’agriculture haïtienne dans une crise sans précédent.
Trois ans et demi après le séisme, la situation en Haïti est alarmante. En effet, 6,7 millions de personnes y souffriraient d'insécurité alimentaire, selon le Programme alimentaire mondial (Pam).
Le règne de l’impunité sur l'île
Le 12 janvier 2010, un terrible tremblement de terre dévastait Port-au-Prince, la capitale d'Haïti, faisant 230.000 morts, plus de 300.000 blessés, et 1,5 million de sans-abris. Deux ans après, lors des commémorations, aux côtés de l’élite haïtienne et internationale, la présence du "dictateur" Jean- Claude Duvalier, président d’Haïti jusqu’en 1986 (il avait pris la succession de son père François, autoproclamé "président à vie" en 1964), et actuellement accusé et jugé pour corruption, paraissait surréaliste.
Raoul Peck dans son dernier documentaire "Assistance Mortelle", rend la chose réelle. L’impunité en Haïti semble non seulement avoir un visage mais est aussi cautionnable! La preuve. En fait, il faut savoir que le choc d’une telle image ne peut être étouffé, pour toute personne ayant vécu ou eu connaissance des exactions commises par la famille Duvalier lors de son règne, et dont les Haïtiens pâtissent encore aujourd’hui.
Car plus de 30 ans durant, Haïti fut marquée par la terreur des milices d’État causant la fuite de ses cerveaux et la mort de nombreux opposants ou simples citoyens désobéissants...Une tragédie politique dont l’une des conséquences directes est aujourd’hui, l’insécurité alimentaire chronique du pays.
Un pays plongé dans l'insécurité alimentaire
Et pour cause, la première République noire, qui n’a pu développer une politique agricole pérenne, dépend de l’aide internationale à hauteur de 60% de son budget total et affronte des aléas climatiques qui appauvrissent sa terre d’année en année. Tantôt politiques, tantôt naturelles, les épreuves subies épuisent les êtres et Haïti peine de plus en plus à nourrir son peuple.
"C’est au début des années 80, avec l’arrivée de politiques néolibérales que le pays commence à perdre sa souveraineté alimentaire", explique Jean-Baptiste Chavannes, porte-parole du Mouvement paysan de papaye (MPP), et également coordonnateur national de programmes au Mouvement Paysan National du Congrès de Papaye (MPNKP). Il poursuit: "Par le passé, Haïti a été autosuffisant en riz. Mais aujourd’hui, sur les 450.000 tonnes consommées par an, nous en produisons moins de 25%. Les importations de riz coûtent plus de 300 millions de dollars par an. Haïti produit à peine 40% de ses besoins alimentaires."
Des choix politiques remis en cause
En effet, principal secteur économique, l’agriculture souffre de son archaïsme et de la suppression des droits de douane actée par les accords de Miami de 1994. C’est Jean-Bertrand Aristide, le "mal nommé" président des pauvres qui, une nouvelle fois, flouera son peuple en signant ces accords. "La dette externe pesant, chaque année, ses intérêts représentent quatre fois les sommes consacrées par l’Etat à l’agriculture et à la ruralité."
Cela explique que plus d’un million de personnes soient en insécurité alimentaire. Alarmants ou alarmistes, les chiffres et les faits sont là. Ceux de l’observatoire Cniel des habitudes alimentaires (OCHA) et du Bureau de la coordination des affaires humanitaires affirment qu’en 2013, 15% (soit 1,52 million) de la population haïtienne est effectivement en situation d’insécurité alimentaire sévère, contre 8% (800.000) en 2011. De plus, 6,6% des enfants de moins de cinq ans sont en situation de malnutrition aiguë.
D'une catastrophe à l'autre
Ces chiffres matérialisent le drame qui se joue actuellement; drame qui semble coller à la peau d’une patrie qui tente en vain de se remettre d’une catastrophe à l’autre. À peine deux ans après le séisme, l’année 2012 a aussi connu une
série de désastres naturels affectant plus de 1,1 million de personnes: sécheresse, tempête tropicale Isaac et ouragan Sandy. "Les paysans ont perdu en moyenne 75% au moins de la production agricole. Les départements du Nord et du Nord-Est ont, eux, connu plus de sept mois de sécheresse."
La Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA) tire donc la sonnette d'alarme et appelle en conséquence les autorités à intervenir rapidement. "On compte 109 des 140 communes d'Haïti qui sont dans une situation d'insécurité alimentaire", appuie Myrta Kaulard, représentante du Programme alimentaire mondial en Haïti. "Les gens ont perdu leurs récoltes et leurs stocks alimentaires, achètent à crédit, donc plus cher, consomment des produits alimentaires de basse qualité, coupent les arbres où il y en a et en font du charbon pour le vendre. Ils retirent les enfants de l'école, et les donnent en domesticité. La période d'avril à juillet 2013 est la période la plus dure car ces mécanismes de survie sont épuisés." L’apathie de l’État haïtien Des assises régionales ont eu lieu le 14 juin 2013, en vue de l’élaboration d’un document sur la souveraineté et la sécurité alimentaires. Quatre contraintes majeures ont été identifiées: l’investissement, la précarité de l’environnement, le cadre macroéconomique défavorable et la faiblesse des institutions. Enfin, la volonté de tourner le dos aux formules politiques passées semble avoir été esquissée: "Élaborons des politiques publiques qui s’attaquent aux causes structurelles de ce grave problème et construisons des réponses efficaces, adaptées et durables sur le long terme!", a lancé le président du Sénat, Simon Dieuseul Desras. On l’espère aussi.
En attendant, "malheureusement, les gouvernements de notre pays ont toujours une politique alimentaire tournée uniquement vers l’importation. Lors des catastrophes naturelles, les dirigeants font appel aux importateurs pour trouver une solution. Les producteurs ne font jamais partie du plan". Rosanie Moise Germain, directrice de Veterimed, organisme de formation, de recherche et d’appui technique en santé et production animales poursuit: "Depuis 1986, les différentes décisions gouvernementales ont abouti à une transformation des habitudes alimentaires des Haïtiens, devenus dépendants presqu’à 100% de produits importés. On se retrouve avec une génération dont la principale alimentation est le riz, premier poste d’importation. Ce qui est différent des deux décennies précédentes, pendant lesquelles les Haïtiens consommaient toute une variété de produits, issus de la production nationale."
La dépendance à l’aide internationale
À ces transformations des comportements et habitudes alimentaires, s’ajoute la baisse du pouvoir d’achat des populations. De plus, le budget global de l’État haïtien dépend de l’aide internationale. Comment parler alors d’indépendance politique et économique en matière de politique agricole, pour un État à la merci de ses donateurs. "Dans le business de l'humanitaire, chacun plante son drapeau. La dictature de l'aide est violente et arbitraire", souligne Raoul Peck dans son récent documentaire.
En témoigne, d’ailleurs, cet "élan de générosité" de l’entreprise américaine Monsanto juste après le séisme et dont les conséquences sont déjà palpables. Pour "aider" l’agriculture haïtienne, l’entreprise a offert au pays 475 tonnes de semences génétiquement modifiées (OGM), en plus des engrais et pesticides qui leur sont associés. Tout cela sera distribué gratuitement par le projet Winner et encadré par le représentant en Haïti de Monsanto, Jean-Robert Estimé, ancien ministre des Affaires étrangères sous Duvalier .
"Une alliance prometteuse et surtout de nouveaux marchés. Les agriculteurs haïtiens qui voudront disposer du droit de ressemer pour leurs récoltes futures devront payer des royalties à Monsanto", constate amèrement le père Jean-Yves Urfié. Prêtre catholique, ce militant anti-Duvalier père et fils, est un des nombreux déçus de Jean Bertrand Aristide. Il comptabilise 48 ans de lutte et de résistance aux côtés des Haïtiens. Avec ces manœuvres consenties de l’intérieur par l’exécutif haïtien, l’arme alimentaire devient l’enjeu et la boucle de la dépendance est ainsi bouclée.
Des mesures insuffisantes
La faiblesse de la production et des prix alimentaires élevés conduisent de fait, à l’insécurité alimentaire. "C’est pourquoi, nous travaillons beaucoup avec la FAO, l’organisation onusienne en charge des questions agricoles. Nous travaillons aussi avec les associations paysannes pour les aider à vendre plus de leur production. Certes, il y a beaucoup de contraintes quant à la qualité, la quantité, la capacité financière, l'éducation des petits producteurs, le transport. Mais nous communiquons beaucoup pour expliquer comment répondre aux appels d'offre", affirme Myrta Kaulard du Programme alimentaire mondial.
Elle ajoute: "Nous avons aussi mis en place des projets "cash for work" qui sont toujours en cours. Ces projets donnent un travail temporaire et un salaire aux personnes affectées et permettent de réhabiliter les terres. Nous avons ainsi employé environs 11.000 personnes, pour moitié des femmes. Nous avons aussi assisté environ 145.000 mères enceintes ou allaitantes d’enfants de moins de 5 ans en état de malnutrition. Mais ce n'est que la moitié des personnes que nous estimons en nécessité."
Sortir "d'une considération chiffrée du problème"
En effet, les statistiques et la cartographie de la faim que pronostique l’OCHA, font froid dans le dos. Des chiffres accolés les uns à côté des autres qui correspondent, dans les faits, à des vies humaines condamnées (encore en 2013) à souffrir de la faim. Ces chiffres sont finalement peu révélateurs de l’étendue des dégâts (pour le lecteur non averti), ils sont destinés aux bureaucrates détenteurs de la fameuse "aide internationale". Celle-ci nourrira seulement les Haïtiens les plus misérables, selon des critères chiffrables et prédéterminés en hauts lieux. Pour les autres, les chiffres ne sont pas si alarmants! "La Coordination nationale de la sécurité alimentaire est en train de faire une reclassification des différentes régions d’Haïti, sur la base d’une méthodologie internationale. Cela permettra la classification, sur la base d'indicateurs standards, des conditions de sécurité alimentaire. Cela permettra aussi de définir si une zone est en urgence ou en crise de sécurité alimentaire. Pour l'instant on peut dire que l'insécurité alimentaire est très forte, très répandue: 6,7 millions de personnes y font face, de manière modérée ou sévère", conclut la représentante du Pam. Des explications qui laissent dubitatif... Il est donc attendu du document de politiques en préparation dans ce domaine les justes instruments qui serviront à pallier les carences d’une considération chiffrée du problème. Il a été affirmé que cette nouvelle politique aura des instruments de contrôle de la production, de régulation des flux d’importation et d’exportation, de constitution d’un stock de cinq produits alimentaires. Ce, pour enfin acter une réduction des risques liés à la variabilité des récoltes et des prix et moderniser les échanges afin de sortir des millions d’Haïtiens de la faim. Cet article a été initialement publié dans le numéro 119 du mensuel du Collectif Haïti de France, en juin 2013. http://www.youphil.com/fr/article/06789-haiti-arme-alimentaire-crise?ypcli=ano
Trois ans et demi après le séisme, la situation en Haïti est alarmante. En effet, 6,7 millions de personnes y souffriraient d'insécurité alimentaire, selon le Programme alimentaire mondial (Pam).
Le règne de l’impunité sur l'île
Le 12 janvier 2010, un terrible tremblement de terre dévastait Port-au-Prince, la capitale d'Haïti, faisant 230.000 morts, plus de 300.000 blessés, et 1,5 million de sans-abris. Deux ans après, lors des commémorations, aux côtés de l’élite haïtienne et internationale, la présence du "dictateur" Jean- Claude Duvalier, président d’Haïti jusqu’en 1986 (il avait pris la succession de son père François, autoproclamé "président à vie" en 1964), et actuellement accusé et jugé pour corruption, paraissait surréaliste.
Raoul Peck dans son dernier documentaire "Assistance Mortelle", rend la chose réelle. L’impunité en Haïti semble non seulement avoir un visage mais est aussi cautionnable! La preuve. En fait, il faut savoir que le choc d’une telle image ne peut être étouffé, pour toute personne ayant vécu ou eu connaissance des exactions commises par la famille Duvalier lors de son règne, et dont les Haïtiens pâtissent encore aujourd’hui.
Car plus de 30 ans durant, Haïti fut marquée par la terreur des milices d’État causant la fuite de ses cerveaux et la mort de nombreux opposants ou simples citoyens désobéissants...Une tragédie politique dont l’une des conséquences directes est aujourd’hui, l’insécurité alimentaire chronique du pays.
Un pays plongé dans l'insécurité alimentaire
Et pour cause, la première République noire, qui n’a pu développer une politique agricole pérenne, dépend de l’aide internationale à hauteur de 60% de son budget total et affronte des aléas climatiques qui appauvrissent sa terre d’année en année. Tantôt politiques, tantôt naturelles, les épreuves subies épuisent les êtres et Haïti peine de plus en plus à nourrir son peuple.
"C’est au début des années 80, avec l’arrivée de politiques néolibérales que le pays commence à perdre sa souveraineté alimentaire", explique Jean-Baptiste Chavannes, porte-parole du Mouvement paysan de papaye (MPP), et également coordonnateur national de programmes au Mouvement Paysan National du Congrès de Papaye (MPNKP). Il poursuit: "Par le passé, Haïti a été autosuffisant en riz. Mais aujourd’hui, sur les 450.000 tonnes consommées par an, nous en produisons moins de 25%. Les importations de riz coûtent plus de 300 millions de dollars par an. Haïti produit à peine 40% de ses besoins alimentaires."
Des choix politiques remis en cause
En effet, principal secteur économique, l’agriculture souffre de son archaïsme et de la suppression des droits de douane actée par les accords de Miami de 1994. C’est Jean-Bertrand Aristide, le "mal nommé" président des pauvres qui, une nouvelle fois, flouera son peuple en signant ces accords. "La dette externe pesant, chaque année, ses intérêts représentent quatre fois les sommes consacrées par l’Etat à l’agriculture et à la ruralité."
Cela explique que plus d’un million de personnes soient en insécurité alimentaire. Alarmants ou alarmistes, les chiffres et les faits sont là. Ceux de l’observatoire Cniel des habitudes alimentaires (OCHA) et du Bureau de la coordination des affaires humanitaires affirment qu’en 2013, 15% (soit 1,52 million) de la population haïtienne est effectivement en situation d’insécurité alimentaire sévère, contre 8% (800.000) en 2011. De plus, 6,6% des enfants de moins de cinq ans sont en situation de malnutrition aiguë.
D'une catastrophe à l'autre
Ces chiffres matérialisent le drame qui se joue actuellement; drame qui semble coller à la peau d’une patrie qui tente en vain de se remettre d’une catastrophe à l’autre. À peine deux ans après le séisme, l’année 2012 a aussi connu une
série de désastres naturels affectant plus de 1,1 million de personnes: sécheresse, tempête tropicale Isaac et ouragan Sandy. "Les paysans ont perdu en moyenne 75% au moins de la production agricole. Les départements du Nord et du Nord-Est ont, eux, connu plus de sept mois de sécheresse."
La Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA) tire donc la sonnette d'alarme et appelle en conséquence les autorités à intervenir rapidement. "On compte 109 des 140 communes d'Haïti qui sont dans une situation d'insécurité alimentaire", appuie Myrta Kaulard, représentante du Programme alimentaire mondial en Haïti. "Les gens ont perdu leurs récoltes et leurs stocks alimentaires, achètent à crédit, donc plus cher, consomment des produits alimentaires de basse qualité, coupent les arbres où il y en a et en font du charbon pour le vendre. Ils retirent les enfants de l'école, et les donnent en domesticité. La période d'avril à juillet 2013 est la période la plus dure car ces mécanismes de survie sont épuisés." L’apathie de l’État haïtien Des assises régionales ont eu lieu le 14 juin 2013, en vue de l’élaboration d’un document sur la souveraineté et la sécurité alimentaires. Quatre contraintes majeures ont été identifiées: l’investissement, la précarité de l’environnement, le cadre macroéconomique défavorable et la faiblesse des institutions. Enfin, la volonté de tourner le dos aux formules politiques passées semble avoir été esquissée: "Élaborons des politiques publiques qui s’attaquent aux causes structurelles de ce grave problème et construisons des réponses efficaces, adaptées et durables sur le long terme!", a lancé le président du Sénat, Simon Dieuseul Desras. On l’espère aussi.
En attendant, "malheureusement, les gouvernements de notre pays ont toujours une politique alimentaire tournée uniquement vers l’importation. Lors des catastrophes naturelles, les dirigeants font appel aux importateurs pour trouver une solution. Les producteurs ne font jamais partie du plan". Rosanie Moise Germain, directrice de Veterimed, organisme de formation, de recherche et d’appui technique en santé et production animales poursuit: "Depuis 1986, les différentes décisions gouvernementales ont abouti à une transformation des habitudes alimentaires des Haïtiens, devenus dépendants presqu’à 100% de produits importés. On se retrouve avec une génération dont la principale alimentation est le riz, premier poste d’importation. Ce qui est différent des deux décennies précédentes, pendant lesquelles les Haïtiens consommaient toute une variété de produits, issus de la production nationale."
La dépendance à l’aide internationale
À ces transformations des comportements et habitudes alimentaires, s’ajoute la baisse du pouvoir d’achat des populations. De plus, le budget global de l’État haïtien dépend de l’aide internationale. Comment parler alors d’indépendance politique et économique en matière de politique agricole, pour un État à la merci de ses donateurs. "Dans le business de l'humanitaire, chacun plante son drapeau. La dictature de l'aide est violente et arbitraire", souligne Raoul Peck dans son récent documentaire.
En témoigne, d’ailleurs, cet "élan de générosité" de l’entreprise américaine Monsanto juste après le séisme et dont les conséquences sont déjà palpables. Pour "aider" l’agriculture haïtienne, l’entreprise a offert au pays 475 tonnes de semences génétiquement modifiées (OGM), en plus des engrais et pesticides qui leur sont associés. Tout cela sera distribué gratuitement par le projet Winner et encadré par le représentant en Haïti de Monsanto, Jean-Robert Estimé, ancien ministre des Affaires étrangères sous Duvalier .
"Une alliance prometteuse et surtout de nouveaux marchés. Les agriculteurs haïtiens qui voudront disposer du droit de ressemer pour leurs récoltes futures devront payer des royalties à Monsanto", constate amèrement le père Jean-Yves Urfié. Prêtre catholique, ce militant anti-Duvalier père et fils, est un des nombreux déçus de Jean Bertrand Aristide. Il comptabilise 48 ans de lutte et de résistance aux côtés des Haïtiens. Avec ces manœuvres consenties de l’intérieur par l’exécutif haïtien, l’arme alimentaire devient l’enjeu et la boucle de la dépendance est ainsi bouclée.
Des mesures insuffisantes
La faiblesse de la production et des prix alimentaires élevés conduisent de fait, à l’insécurité alimentaire. "C’est pourquoi, nous travaillons beaucoup avec la FAO, l’organisation onusienne en charge des questions agricoles. Nous travaillons aussi avec les associations paysannes pour les aider à vendre plus de leur production. Certes, il y a beaucoup de contraintes quant à la qualité, la quantité, la capacité financière, l'éducation des petits producteurs, le transport. Mais nous communiquons beaucoup pour expliquer comment répondre aux appels d'offre", affirme Myrta Kaulard du Programme alimentaire mondial.
Elle ajoute: "Nous avons aussi mis en place des projets "cash for work" qui sont toujours en cours. Ces projets donnent un travail temporaire et un salaire aux personnes affectées et permettent de réhabiliter les terres. Nous avons ainsi employé environs 11.000 personnes, pour moitié des femmes. Nous avons aussi assisté environ 145.000 mères enceintes ou allaitantes d’enfants de moins de 5 ans en état de malnutrition. Mais ce n'est que la moitié des personnes que nous estimons en nécessité."
Sortir "d'une considération chiffrée du problème"
En effet, les statistiques et la cartographie de la faim que pronostique l’OCHA, font froid dans le dos. Des chiffres accolés les uns à côté des autres qui correspondent, dans les faits, à des vies humaines condamnées (encore en 2013) à souffrir de la faim. Ces chiffres sont finalement peu révélateurs de l’étendue des dégâts (pour le lecteur non averti), ils sont destinés aux bureaucrates détenteurs de la fameuse "aide internationale". Celle-ci nourrira seulement les Haïtiens les plus misérables, selon des critères chiffrables et prédéterminés en hauts lieux. Pour les autres, les chiffres ne sont pas si alarmants! "La Coordination nationale de la sécurité alimentaire est en train de faire une reclassification des différentes régions d’Haïti, sur la base d’une méthodologie internationale. Cela permettra la classification, sur la base d'indicateurs standards, des conditions de sécurité alimentaire. Cela permettra aussi de définir si une zone est en urgence ou en crise de sécurité alimentaire. Pour l'instant on peut dire que l'insécurité alimentaire est très forte, très répandue: 6,7 millions de personnes y font face, de manière modérée ou sévère", conclut la représentante du Pam. Des explications qui laissent dubitatif... Il est donc attendu du document de politiques en préparation dans ce domaine les justes instruments qui serviront à pallier les carences d’une considération chiffrée du problème. Il a été affirmé que cette nouvelle politique aura des instruments de contrôle de la production, de régulation des flux d’importation et d’exportation, de constitution d’un stock de cinq produits alimentaires. Ce, pour enfin acter une réduction des risques liés à la variabilité des récoltes et des prix et moderniser les échanges afin de sortir des millions d’Haïtiens de la faim. Cet article a été initialement publié dans le numéro 119 du mensuel du Collectif Haïti de France, en juin 2013. http://www.youphil.com/fr/article/06789-haiti-arme-alimentaire-crise?ypcli=ano
vendredi 30 août 2013
L'hôpital La Providence des Gonaïves en plein chantier
Le Nouvelliste | 3 Claude Bernard Sérant
Détruit par Hannah et Ike en 2008, La Providence, hôpital de référence des Gonaïves, fonctionne aujourd'hui dans un abri provisoire. Grâce au financement de la coopération canadienne, un nouvel hôpital est en construction sur une surface totale de 10 500 m2.
Au milieu de l'année 2014, l'hôpital départemental La Providence des Gonaïves sera fin prêt. Dans un espace désertique à l'abri des inondations, sur vingt carreaux de terre à Morne Blanc, au nord de la métropole de l'Artibonite, se construit la nouvelle infrastructure. Une construction qui a débuté l'année dernière en vue de loger cet hôpital public détruit par des ouragans.
Accompagnée de l'ambassadeur canadien en fin de mission en Haïti, Henri-Paul Normandin, du ministre du Développement international et de la Francophonie, Christian Paradis, et du chef de la coopération canadienne, Vincent Le Pape, la ministre de la Santé publique, le Dr Florence Duperval Guillaume, s'est rendue aux Gonaïves le mardi 26 août 2013, pour constater l'avancement des travaux. Sur le terrain, elle s'est dit impressionnée par la capacité des travailleurs à progresser depuis ce jour où la première pierre a été posée. Elle a vu des bâtiments en béton armé érigés sur une surface totale de 10 500 m2 coiffés par des toitures en béton avec des ouvertures facilitant l'aération. Elle a vu un chantier bourdonnant d'activités. « En moyenne, 150 à 200 ouvriers travaillent par jour dans la construction de l'hôpital La Providence qui devra être fin prêt entre mai et juin 2014 », a assuré un expert canadien à la ministre intéressée aux questions techniques. Pour tempérer les ardeurs du soleil à Morne Blanc, il est prévu un aménagement paysager. Quid de la route poussiéreuse ? « Elle sera asphaltée par l'État haïtien », a confié la ministre.
Le tour du chantier
Casque de sécurité sur la tête et gilet pour se protéger d'un soleil accablant et de la poussière blanchâtre, le Dr Guillaume a fait le tour du chantier sous la supervision des experts canadiens. On l'a informée que la main-d'oeuvre locale participe activement à la construction. Hommes et femmes prennent part aux travaux : maçonnerie, charpenterie, électricité, ferraillage, plomberie, climatisation, soudure et peinture sous le parapluie du maître d'oeuvre du chantier, la firme espagnole Abantia-Cots ! Claret, un consortium qui avait remporté haut la main ce projet de construction.
Le plus grand centre hospitalier de l'Artibonite se spécialisera en santé materno-infantile. Il comprendra les structures suivantes : centre gynéco-obstétrique, soins intensifs néonataux, urgence pédiatrique, pédiatrie, obstétrique-maternité, gynécologie, maison d'accueil pour femmes enceintes.
Les trois composantes du projet
Financé à hauteur de 26,4 millions de dollars par l'Agence canadienne de développement international (ACDI), le projet comporte trois composantes : la conception et la construction de l'infrastructure hospitalière, l'équipement (acquisition et installation des équipements médicaux) et l'appui à la gestion hospitalière (montage du programme de renforcement institutionnel au MSPP, avec la mise en place d'une équipe de renforcement des capacités et d'une équipe d'accompagnement initial à la gestion de l'hôpital).
Avec un tel hôpital universitaire de référence, Gonaïves n'aura rien à envier à l'hôpital de Mirebalais construit par les Américains dans le Plateau central. Surface totale 10 500 m2. 200 lits, capacité approximative de 280 consultations journalières, soit environ 84 000 consultations par année.
Et la gestion de cette structure ? La gestion de nos hôpitaux est un casse-tête. La ministre a répondu en marge de la rencontre : « J'ai demandé aux Canadiens de nous accompagner dans la mise en place d'un bon système de gestion dans cet hôpital pendant au moins les deux prochaines années. Nous aurons un personnel haïtien, ces professionnels reçoivent actuellement de la formation sur place sous la supervision des Canadiens en termes de gestion et d'organisation des services ».
Elle a remercié la coopération canadienne qui finance entièrement le projet et a soutenu que cette coopération donne une certaine espérance à Haïti. « Si nous nous mettons ensemble avec nos bailleurs pour bien définir ce que nous faisons, ce que nous voulons d'abord qu'ils comprennent aussi ce que nous faisons, pour qu'ils puissent voir concrètement les résultats que nous produisons à partir de leur contribution, je pense qu'on peut arriver à faire une différence dans ce pays. »
Dans la même matinée, le Dr Guillaume a visité avec les coopérants canadiens l'hôpital La Providence qui fonctionne, en attendant, dans une structure provisoire.
Claude Bernard Sérant
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120563
Détruit par Hannah et Ike en 2008, La Providence, hôpital de référence des Gonaïves, fonctionne aujourd'hui dans un abri provisoire. Grâce au financement de la coopération canadienne, un nouvel hôpital est en construction sur une surface totale de 10 500 m2.
Au milieu de l'année 2014, l'hôpital départemental La Providence des Gonaïves sera fin prêt. Dans un espace désertique à l'abri des inondations, sur vingt carreaux de terre à Morne Blanc, au nord de la métropole de l'Artibonite, se construit la nouvelle infrastructure. Une construction qui a débuté l'année dernière en vue de loger cet hôpital public détruit par des ouragans.
Accompagnée de l'ambassadeur canadien en fin de mission en Haïti, Henri-Paul Normandin, du ministre du Développement international et de la Francophonie, Christian Paradis, et du chef de la coopération canadienne, Vincent Le Pape, la ministre de la Santé publique, le Dr Florence Duperval Guillaume, s'est rendue aux Gonaïves le mardi 26 août 2013, pour constater l'avancement des travaux. Sur le terrain, elle s'est dit impressionnée par la capacité des travailleurs à progresser depuis ce jour où la première pierre a été posée. Elle a vu des bâtiments en béton armé érigés sur une surface totale de 10 500 m2 coiffés par des toitures en béton avec des ouvertures facilitant l'aération. Elle a vu un chantier bourdonnant d'activités. « En moyenne, 150 à 200 ouvriers travaillent par jour dans la construction de l'hôpital La Providence qui devra être fin prêt entre mai et juin 2014 », a assuré un expert canadien à la ministre intéressée aux questions techniques. Pour tempérer les ardeurs du soleil à Morne Blanc, il est prévu un aménagement paysager. Quid de la route poussiéreuse ? « Elle sera asphaltée par l'État haïtien », a confié la ministre.
Le tour du chantier
Casque de sécurité sur la tête et gilet pour se protéger d'un soleil accablant et de la poussière blanchâtre, le Dr Guillaume a fait le tour du chantier sous la supervision des experts canadiens. On l'a informée que la main-d'oeuvre locale participe activement à la construction. Hommes et femmes prennent part aux travaux : maçonnerie, charpenterie, électricité, ferraillage, plomberie, climatisation, soudure et peinture sous le parapluie du maître d'oeuvre du chantier, la firme espagnole Abantia-Cots ! Claret, un consortium qui avait remporté haut la main ce projet de construction.
Le plus grand centre hospitalier de l'Artibonite se spécialisera en santé materno-infantile. Il comprendra les structures suivantes : centre gynéco-obstétrique, soins intensifs néonataux, urgence pédiatrique, pédiatrie, obstétrique-maternité, gynécologie, maison d'accueil pour femmes enceintes.
Les trois composantes du projet
Financé à hauteur de 26,4 millions de dollars par l'Agence canadienne de développement international (ACDI), le projet comporte trois composantes : la conception et la construction de l'infrastructure hospitalière, l'équipement (acquisition et installation des équipements médicaux) et l'appui à la gestion hospitalière (montage du programme de renforcement institutionnel au MSPP, avec la mise en place d'une équipe de renforcement des capacités et d'une équipe d'accompagnement initial à la gestion de l'hôpital).
Avec un tel hôpital universitaire de référence, Gonaïves n'aura rien à envier à l'hôpital de Mirebalais construit par les Américains dans le Plateau central. Surface totale 10 500 m2. 200 lits, capacité approximative de 280 consultations journalières, soit environ 84 000 consultations par année.
Et la gestion de cette structure ? La gestion de nos hôpitaux est un casse-tête. La ministre a répondu en marge de la rencontre : « J'ai demandé aux Canadiens de nous accompagner dans la mise en place d'un bon système de gestion dans cet hôpital pendant au moins les deux prochaines années. Nous aurons un personnel haïtien, ces professionnels reçoivent actuellement de la formation sur place sous la supervision des Canadiens en termes de gestion et d'organisation des services ».
Elle a remercié la coopération canadienne qui finance entièrement le projet et a soutenu que cette coopération donne une certaine espérance à Haïti. « Si nous nous mettons ensemble avec nos bailleurs pour bien définir ce que nous faisons, ce que nous voulons d'abord qu'ils comprennent aussi ce que nous faisons, pour qu'ils puissent voir concrètement les résultats que nous produisons à partir de leur contribution, je pense qu'on peut arriver à faire une différence dans ce pays. »Dans la même matinée, le Dr Guillaume a visité avec les coopérants canadiens l'hôpital La Providence qui fonctionne, en attendant, dans une structure provisoire.
Claude Bernard Sérant
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120563
Les acteurs politiques ne doivent pas compromettre les efforts de développement
tian Paradis/Coopération canadienne
Le Nouvelliste | Publi le :28 août 2013
Valéry DAUDIER vdaudier@lenouvelliste.com
A la fin de sa visite en Haïti, le ministre canadien du Développement international, Christian Paradis, a appelé les acteurs politiques haïtiens à gérer les enjeux politiques et institutionnels de façon à ne pas compromettre les efforts de développement. Dans un entretien accordé au Nouvelliste, le ministre dit constater des progrès, mais il y a toujours des défis à relever en matière de développement. « Il faut être franc, il y a encore beaucoup de travail à faire », a affirmé Christian Paradis, quelques heures avant son départ, mercredi.
Pour son premier voyage officiel en tant que ministre du Développement international, Christian Paradis a choisi de visiter Haïti. Ce n'est pas un hasard. Juste avant son départ, le ministre a dit pourquoi il a fait ce choix. « Je pense que c'est un pays qui est prioritaire pour le Canada, a déclaré M. Paradis. Haïti est le plus important bénéficiaire de l'aide du Canada dans les Amériques. Et après les Etats-Unis, le Canada est le plus grand bailleur de fonds d'Haïti. »
Selon les autorités canadiennes, de 2006 à 2012, le gouvernement du Canada a versé plus d'un milliard de dollars en aide et en appui au développement de ce pays. En tant que représentant d'un partenaire aussi important, le ministre est venu visiter, entre autres, les projets de développement financés par son pays. Il a beaucoup apprécié le nouveau visage du Champ de Mars qui n'est plus occupé depuis plusieurs mois par des sans-abri grâce à un financement du Canada. Pour Paradis, c'est le projet de grande fierté de son pays.
« Le voyage m'a permis de mieux apprécier, mieux comprendre les enjeux, a indiqué Christian Paradis. Effectivement, j'ai vu beaucoup de choses. J'ai visité des camps, j'ai vu des gens dans la misère. En tant qu'être humain, ça m'a affecté de voir des personnes vivre dans ces conditions après plus de trois ans. Il faut conjuguer l'humanitaire et le développement. J'ai constaté qu'il y a des progrès. Le meilleur exemple, c'est le Champ de Mars », a ajouté le ministre, au cours de cet entretien au salon diplomatique de l'aéroport international Toussaint Louverture de Port-au-Prince.
Contrairement à Julian Fantino qui, au cours de sa visite dans le pays, avait exigé des autorités haïtiennes de la transparence, du leadership et de la responsabilisation, Christian Paradis se montre beaucoup plus compréhensif. Le Canada envisage, toutefois, une révision stratégique de son programme d'aide dans le pays qui, selon M. Paradis, permettra de répondre aux besoins et aux priorités du peuple haïtien. « On veut des résultats tangibles, qui puissent apporter des fruits à court, à moyen et à long terme, a expliqué le ministre. On travaille tous pour qu'Haïti ait une économie forte et autonome, des institutions durables, stables. »
Afin de mieux coordonner l'aide, le ministre a plaidé pour un pacte de responsabilité mutuelle entre les partenaires de développement et les autorités haïtiennes. Un pacte qui devrait être défini le plus rapidement possible comprenant des engagements précis, des résultats concrets et mesurables et un mécanisme de suivi. « Un pacte de responsabilité mutuelle établi sous le leadership du gouvernement permettrait à tous les acteurs de s'entendre pour fixer des objectifs communs qui seraient réalisés selon des délais et des échéanciers établis à l'avance », a expliqué le ministre.
Pour maintenir l'appui que le Canada offre depuis 2006 au projet « Appui durable aux programmes de cantines scolaires » du Programme alimentaire mondial (PAM), Christian Paradis a annoncé une contribution de 6,6 millions de dollars. Ce projet permet d'offrir un repas quotidien à des élèves afin de réduire la faim chronique et la malnutrition, d'améliorer les apprentissages et d'accroître l'assiduité scolaire.
« Les Canadiens et les Canadiennes sont des gens généreux et ils demeurent très préoccupés par les difficultés que vivent les Haïtiens et les Haïtiennes, a poursuivi Christian Paradis. Le Canada a fait des investissements importants pour aider le peuple haïtien, surtout en ce qui concerne la réinstallation des personnes qui vivaient dans des camps provisoires depuis le séisme. Cependant, il reste encore des défis à relever et nous encourageons le gouvernement d'Haïti à poursuivre les réformes de l'Etat et de l'administration publique, ainsi qu'à établir la primauté du droit. »
Par ailleurs, vu la conjoncture politique actuelle, il y a un peu d'inquiétude. Le ministre canadien du Développement international appelle au dialogue. « On continue d'insister sur le fait que les défis politiques institutionnels soient gérés par des acteurs en place pour assurer que le développement ne se compromet pas, a-t-il déclaré au cours de cette entrevue. C'est important d'établir un dialogue de part et d'autre. Ce ne sont pas des voix externes qui vont résoudre les problèmes. »
Valéry DAUDIER vdaudier@lenouvelliste.com
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120597
Le Nouvelliste | Publi le :28 août 2013
Valéry DAUDIER vdaudier@lenouvelliste.com
A la fin de sa visite en Haïti, le ministre canadien du Développement international, Christian Paradis, a appelé les acteurs politiques haïtiens à gérer les enjeux politiques et institutionnels de façon à ne pas compromettre les efforts de développement. Dans un entretien accordé au Nouvelliste, le ministre dit constater des progrès, mais il y a toujours des défis à relever en matière de développement. « Il faut être franc, il y a encore beaucoup de travail à faire », a affirmé Christian Paradis, quelques heures avant son départ, mercredi.
Pour son premier voyage officiel en tant que ministre du Développement international, Christian Paradis a choisi de visiter Haïti. Ce n'est pas un hasard. Juste avant son départ, le ministre a dit pourquoi il a fait ce choix. « Je pense que c'est un pays qui est prioritaire pour le Canada, a déclaré M. Paradis. Haïti est le plus important bénéficiaire de l'aide du Canada dans les Amériques. Et après les Etats-Unis, le Canada est le plus grand bailleur de fonds d'Haïti. »
Selon les autorités canadiennes, de 2006 à 2012, le gouvernement du Canada a versé plus d'un milliard de dollars en aide et en appui au développement de ce pays. En tant que représentant d'un partenaire aussi important, le ministre est venu visiter, entre autres, les projets de développement financés par son pays. Il a beaucoup apprécié le nouveau visage du Champ de Mars qui n'est plus occupé depuis plusieurs mois par des sans-abri grâce à un financement du Canada. Pour Paradis, c'est le projet de grande fierté de son pays.
« Le voyage m'a permis de mieux apprécier, mieux comprendre les enjeux, a indiqué Christian Paradis. Effectivement, j'ai vu beaucoup de choses. J'ai visité des camps, j'ai vu des gens dans la misère. En tant qu'être humain, ça m'a affecté de voir des personnes vivre dans ces conditions après plus de trois ans. Il faut conjuguer l'humanitaire et le développement. J'ai constaté qu'il y a des progrès. Le meilleur exemple, c'est le Champ de Mars », a ajouté le ministre, au cours de cet entretien au salon diplomatique de l'aéroport international Toussaint Louverture de Port-au-Prince.
Contrairement à Julian Fantino qui, au cours de sa visite dans le pays, avait exigé des autorités haïtiennes de la transparence, du leadership et de la responsabilisation, Christian Paradis se montre beaucoup plus compréhensif. Le Canada envisage, toutefois, une révision stratégique de son programme d'aide dans le pays qui, selon M. Paradis, permettra de répondre aux besoins et aux priorités du peuple haïtien. « On veut des résultats tangibles, qui puissent apporter des fruits à court, à moyen et à long terme, a expliqué le ministre. On travaille tous pour qu'Haïti ait une économie forte et autonome, des institutions durables, stables. »
Afin de mieux coordonner l'aide, le ministre a plaidé pour un pacte de responsabilité mutuelle entre les partenaires de développement et les autorités haïtiennes. Un pacte qui devrait être défini le plus rapidement possible comprenant des engagements précis, des résultats concrets et mesurables et un mécanisme de suivi. « Un pacte de responsabilité mutuelle établi sous le leadership du gouvernement permettrait à tous les acteurs de s'entendre pour fixer des objectifs communs qui seraient réalisés selon des délais et des échéanciers établis à l'avance », a expliqué le ministre.
Pour maintenir l'appui que le Canada offre depuis 2006 au projet « Appui durable aux programmes de cantines scolaires » du Programme alimentaire mondial (PAM), Christian Paradis a annoncé une contribution de 6,6 millions de dollars. Ce projet permet d'offrir un repas quotidien à des élèves afin de réduire la faim chronique et la malnutrition, d'améliorer les apprentissages et d'accroître l'assiduité scolaire.
« Les Canadiens et les Canadiennes sont des gens généreux et ils demeurent très préoccupés par les difficultés que vivent les Haïtiens et les Haïtiennes, a poursuivi Christian Paradis. Le Canada a fait des investissements importants pour aider le peuple haïtien, surtout en ce qui concerne la réinstallation des personnes qui vivaient dans des camps provisoires depuis le séisme. Cependant, il reste encore des défis à relever et nous encourageons le gouvernement d'Haïti à poursuivre les réformes de l'Etat et de l'administration publique, ainsi qu'à établir la primauté du droit. »
Par ailleurs, vu la conjoncture politique actuelle, il y a un peu d'inquiétude. Le ministre canadien du Développement international appelle au dialogue. « On continue d'insister sur le fait que les défis politiques institutionnels soient gérés par des acteurs en place pour assurer que le développement ne se compromet pas, a-t-il déclaré au cours de cette entrevue. C'est important d'établir un dialogue de part et d'autre. Ce ne sont pas des voix externes qui vont résoudre les problèmes. »
Valéry DAUDIER vdaudier@lenouvelliste.com
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120597
Réhabilitation des ''quartiers informels'', une priorité pour l'UCLBP
Le Nouvelliste | Publi le :29 août 2013
Jocelyn Belfort belfort87jocelyn@yahoo.fr
L'Unité de construction de logements et de bâtiments publics(UCLBP) a déjà réhabilité et construit des milliers de logements dans la zone métropolitaine. Elle en promet encore beaucoup d'autres.
Quelque 200 000 personnes vivent encore sous les tentes plus de trois ans après le cataclysme du 12 jamvier 2010. Pour remédier à cette situation et toujours dans la logique de permettre aux déplacés de retourner dans leurs quartiers et y vivre dignement, le gouvernement haïtien, appuyé par les Nations unies, a compris qu'il était impératif de construire des logements améliorés dans la zone métropolitaine et d'étendre cette expérience dans toutes les zones urbanisées du pays.
Une reconstruction rendue possible par l'identification de solutions de logement durables pour les personnes déplacées et les habitants des quartiers d'origine afin d'améliorer les conditions de vie dans ces quartiers.
Grâce au projet pilote 16/6, plus de 44 000 personnes vivent déjà dans un logement viable grâce à l'appui des services de protection communautaire. Pour faciliter l'accès de cette population aux infrastructures de base, l'UCLBP a décidé de lancer une deuxième phase du projet, à savoir la réhabilitation des bidonvilles dénommés ''quartiers informels''.
A Morne-à-Cabris par exemple, 3 000 logements sont en construction et 1 500 d'entre eux sont déjà achevés. « Très bientôt, il y aura un plan d'aménagement pour des familles qui vont habiter cet espace », explique Clément Bélizaire, directeur de division de relocalisation et de relogement à l'UCLBP.
La réhabilitation des quartiers est, selon lui, la deuxième phase du projet 16/6. « Plus de 400 000 déplacés sont déjà retournés dans leurs quartiers d'origine, dit-il. Si tout se passe bien, on n'aura plus de personnes sous les tentes d'ici 2014. Maintenant, nous passons à une autre vitesse dans le cadre du projet 16/6. »
Selon l'ingénieur Clément Bélizaire, la réhabilitation des quartiers a une importance capitale pour les déplacés qui ont développé un lien affectif avec leur quartier d'origine. « Nous voulons faire de ces ''quartiers informels'' des quartiers propres avec des services de base accessibles, appropriés pour ceux qui les habitent, déclare-t-il. Notre objectif est de connecter les quartiers informels à des quartiers formels pour avoir des résidents fiers de leurs quartiers. Ainsi, nous pourrons espérer un changement de mentalité chez ces résidents qui développeront à coup sûr une bonne relation avec leur milieu.»
L'autre objectif poursuivi par la deuxième phase du projet est surtout d'assurer la mobilité des quartiers tout en créant des opportunités économiques pour les habitants. « Pour assurer la mobilité dans les quartiers informels, nous avons par exemple à Morne Hercule construit plusieurs kilomètres de routes pour encourager une meilleure accessibilité entre les quartiers. Il faut également créer des opportunités économiques dans ces quartiers afin que les gens puissent gagner leur vie dignement », ajoute Clément Bélizaire.
De son côté, le directeur de division de logement à l'UCLBP,Odnell David, a surtout mis l'accent sur la question du logement social, une bonne alternative pour ceux qui n'ont pas encore les moyens de construire leur maison. Selon lui, la question du logement social ne concerne pas seulement les démunis. «Il est également destiné aux jeunes fonctionnaires qui n'ont pas encore les moyens de construire leur propre maison, dit-il. On trouvera des personnes de diverses classes sociales dans ces maisons.»
Les logements de Morne-à-Cabris sont, selon lui, un modèle de réussite de logement social. « A Morne-à- Cabris, il y a toutes les infrastructures nécessaires pour vivre convenablement, déclare-t-il. Vous y trouverez : route, électricité, eau, écoles, services sociaux de base et un commissariat.»
Un document sur la politique de logement sera présenté sous peu à la population. Selon Odnell David, ce document prendra en compte la nécessité d'une offre de logement locatif. « La politique de logement que le gouvernement mettra en place doit tenir compte de la capacité économique de la population. Il faut lier la politique de logement à une politique de création d'emplois. C'est seulement à ce niveau qu'on pourra changer l'image de Port-au-Prince et son environnement. »
Le violent séisme de janvier 2010 a été le plus meurtrier dans toute l'histoire d'Haïti, faisant plus de 220 000 morts et poussant 1,5 million de personnes à vivre sous des tentes dans des conditions très difficiles.
Jocelyn Belfort belfort87jocelyn@yahoo.fr
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120634
Jocelyn Belfort belfort87jocelyn@yahoo.fr
L'Unité de construction de logements et de bâtiments publics(UCLBP) a déjà réhabilité et construit des milliers de logements dans la zone métropolitaine. Elle en promet encore beaucoup d'autres.
Quelque 200 000 personnes vivent encore sous les tentes plus de trois ans après le cataclysme du 12 jamvier 2010. Pour remédier à cette situation et toujours dans la logique de permettre aux déplacés de retourner dans leurs quartiers et y vivre dignement, le gouvernement haïtien, appuyé par les Nations unies, a compris qu'il était impératif de construire des logements améliorés dans la zone métropolitaine et d'étendre cette expérience dans toutes les zones urbanisées du pays.
Une reconstruction rendue possible par l'identification de solutions de logement durables pour les personnes déplacées et les habitants des quartiers d'origine afin d'améliorer les conditions de vie dans ces quartiers.
Grâce au projet pilote 16/6, plus de 44 000 personnes vivent déjà dans un logement viable grâce à l'appui des services de protection communautaire. Pour faciliter l'accès de cette population aux infrastructures de base, l'UCLBP a décidé de lancer une deuxième phase du projet, à savoir la réhabilitation des bidonvilles dénommés ''quartiers informels''.
A Morne-à-Cabris par exemple, 3 000 logements sont en construction et 1 500 d'entre eux sont déjà achevés. « Très bientôt, il y aura un plan d'aménagement pour des familles qui vont habiter cet espace », explique Clément Bélizaire, directeur de division de relocalisation et de relogement à l'UCLBP.
La réhabilitation des quartiers est, selon lui, la deuxième phase du projet 16/6. « Plus de 400 000 déplacés sont déjà retournés dans leurs quartiers d'origine, dit-il. Si tout se passe bien, on n'aura plus de personnes sous les tentes d'ici 2014. Maintenant, nous passons à une autre vitesse dans le cadre du projet 16/6. »
Selon l'ingénieur Clément Bélizaire, la réhabilitation des quartiers a une importance capitale pour les déplacés qui ont développé un lien affectif avec leur quartier d'origine. « Nous voulons faire de ces ''quartiers informels'' des quartiers propres avec des services de base accessibles, appropriés pour ceux qui les habitent, déclare-t-il. Notre objectif est de connecter les quartiers informels à des quartiers formels pour avoir des résidents fiers de leurs quartiers. Ainsi, nous pourrons espérer un changement de mentalité chez ces résidents qui développeront à coup sûr une bonne relation avec leur milieu.»
L'autre objectif poursuivi par la deuxième phase du projet est surtout d'assurer la mobilité des quartiers tout en créant des opportunités économiques pour les habitants. « Pour assurer la mobilité dans les quartiers informels, nous avons par exemple à Morne Hercule construit plusieurs kilomètres de routes pour encourager une meilleure accessibilité entre les quartiers. Il faut également créer des opportunités économiques dans ces quartiers afin que les gens puissent gagner leur vie dignement », ajoute Clément Bélizaire.
De son côté, le directeur de division de logement à l'UCLBP,Odnell David, a surtout mis l'accent sur la question du logement social, une bonne alternative pour ceux qui n'ont pas encore les moyens de construire leur maison. Selon lui, la question du logement social ne concerne pas seulement les démunis. «Il est également destiné aux jeunes fonctionnaires qui n'ont pas encore les moyens de construire leur propre maison, dit-il. On trouvera des personnes de diverses classes sociales dans ces maisons.»
Les logements de Morne-à-Cabris sont, selon lui, un modèle de réussite de logement social. « A Morne-à- Cabris, il y a toutes les infrastructures nécessaires pour vivre convenablement, déclare-t-il. Vous y trouverez : route, électricité, eau, écoles, services sociaux de base et un commissariat.»
Un document sur la politique de logement sera présenté sous peu à la population. Selon Odnell David, ce document prendra en compte la nécessité d'une offre de logement locatif. « La politique de logement que le gouvernement mettra en place doit tenir compte de la capacité économique de la population. Il faut lier la politique de logement à une politique de création d'emplois. C'est seulement à ce niveau qu'on pourra changer l'image de Port-au-Prince et son environnement. »
Le violent séisme de janvier 2010 a été le plus meurtrier dans toute l'histoire d'Haïti, faisant plus de 220 000 morts et poussant 1,5 million de personnes à vivre sous des tentes dans des conditions très difficiles.
Jocelyn Belfort belfort87jocelyn@yahoo.fr
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120634
Martelly rend le CAOSS fonctionnel 30 ans après
Sécurité sociale
Le Nouvelliste | Publi le :29 août 2013
Valéry Daudier vdaudier@lenouvelliste.com
Le président Michel Martelly a donné, ce jeudi, l'investiture aux membres du Conseil supérieur des salaires (CSS) et à ceux du Conseil d'administration des organes de sécurité sociale (CAOSS). Selon le chef de l'Etat, le CAOSS doit pouvoir aider à la stabilité des organismes de sécurité sociale. Avec cette entité, les autorités s'attendent aussi à « une gestion efficace et efficiente des organismes de sécurité sociale pour garantir une retraite équitable aux travailleurs ».
30 ans après le vote de la loi réorganisant le ministère des Affaires sociales et du Travail (MAST) et créant le CAOSS et le CSS, ces entités sont enfin fonctionnelles. En présence du ministre des Affaires sociales et du Travail, de certains membres du gouvernement, de parlementaires, de membres du secteur privé et du secteur syndical, le président de la République a donné l'investiture aux membres de ces deux conseils au cours d'une cérémonie qui s'est déroulée au palais national. « La cérémonie de ce matin marque une étape importante dans l'histoire de la sécurité sociale en Haïti », a déclaré Michel Martelly.
« L'installation du CAOSS et du CSS fait partie des pratiques de bonne gestion instituées pour améliorer la performance des institutions prévues par la loi en vue de consolider notre démocratie, faire vivre les valeurs de la République, garantir la sécurité et la paix à nos concitoyens », a poursuivi le chef de l'Etat.
Selon lui, la réunion des acteurs du monde du travail - patronat et syndicat - dans une structure tripartite afin d'assurer la gestion stratégique de leurs intérêts est une conquête sociale. « Pour que le pays puisse continuer à avancer, il a besoin d'institutions politiques, économiques et sociales fonctionnelles, dirigées par des hommes et des femmes guidés par le sens de l'Etat et de l'intérêt commun », a indiqué le président de la République qui compte sur la responsabilité des membres des nouveaux conseils.
Pour Michel Martelly, qui a félicité le ministre des Affaires sociales et du Travail, Charles Jean-Jacques, pour son leadership, le renforcement de l'organisation du système de sécurité sociale est nécessaire afin d'offrir aux travailleurs des garanties contre les risques de toute nature susceptibles de réduire ou de supprimer leur capacité de gain et de prendre en charge les dépenses de maternité. Avec le CAOSS, l'ONA et l'OFATMA, a-t-il estimé, seront plus aptes à répondre aux besoins des travailleurs en termes de prestation sociale et pourront contribuer davantage à la stabilité et à la cohésion nationale.
« Celui qui travaille aujourd'hui doit cotiser pour soutenir la génération qui s'en va, a soutenu le chef de l'Etat dans son discours. En rendant fonctionnel le CAOSS, je veux réformer et consolider les fondements de notre système de sécurité sociale en garantissant une répartition solidaire entre les générations. Je profite de l'occasion pour rappeler le caractère obligatoire des cotisations aux caisses de la sécurité sociale. »
Si le rôle du Conseil supérieur des salaires est de travailler sur le dossier sensible en Haïti qu'est la fixation des salaires, cependant avec la mise en place du CAOSS, les dirigeants de l'ONA (Office national d'assurance vieillesse) ainsi que ceux de l'OFATMA (Office d'assurance- accidents du travail, maladie et maternité) n'auront plus tous les pouvoirs de décision sur certaines dépenses. Michel Martelly les a d'ailleurs mis en garde. Des mises en garde qui rappellent les accusations de corruption et de gabegie administrative pleuvant sur la direction de l'ONA.
« Je rappelle à tout le monde, notamment aux membres du CAOSS, que l'argent dans les caisses de l'ONA et de l'OFATMA ne sont pas des taxes de l'Etat ; ce n'est pas l'argent du patronat, encore moins des syndicats, a déclaré le président de la République. L'argent appartient aux travailleurs et doit servir les ouvriers. Personne n'a le droit d'utiliser l'argent de ces deux institutions pour gérer ses affaires personnelles. La justice sévira contre tous ceux qui tenteraient de détourner l'argent des travailleurs. »
Les concernés ont certainement pris note.
Valéry Daudier vdaudier@lenouvelliste.com
Les membres du Conseil d'Administration des Organes de Sécurité Sociale (C.A.O.S.S.) sont :
Volmy Desrameaux Fils, Tamara Georges Decastro, Réginald de Delva, (représentants de l'Etat) ;
Nahomme Dorvil, Nathale Hermantin, Gérald Marie Tardieu ( représentants du patronnat) ;
Leonel Pierre, Wisler Romain, Yvane Elie Castera (représentants du salariat).
Le Conseil supérieur des salaires est composé de :
Marie France H. Mondésir, Renan Hédouville, Daniel Altiné (représentants de l'État) ;
Norma Powell, Jean Dany Pierre François, Réginald Boulos (représentants du patronat) ;
Jean Bonald Golinsky Fatal, Jean Franck Noisimond, Louis Fignolé St Cyr (représentants du salariat).
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120645
Le Nouvelliste | Publi le :29 août 2013
Valéry Daudier vdaudier@lenouvelliste.com
Le président Michel Martelly a donné, ce jeudi, l'investiture aux membres du Conseil supérieur des salaires (CSS) et à ceux du Conseil d'administration des organes de sécurité sociale (CAOSS). Selon le chef de l'Etat, le CAOSS doit pouvoir aider à la stabilité des organismes de sécurité sociale. Avec cette entité, les autorités s'attendent aussi à « une gestion efficace et efficiente des organismes de sécurité sociale pour garantir une retraite équitable aux travailleurs ».
30 ans après le vote de la loi réorganisant le ministère des Affaires sociales et du Travail (MAST) et créant le CAOSS et le CSS, ces entités sont enfin fonctionnelles. En présence du ministre des Affaires sociales et du Travail, de certains membres du gouvernement, de parlementaires, de membres du secteur privé et du secteur syndical, le président de la République a donné l'investiture aux membres de ces deux conseils au cours d'une cérémonie qui s'est déroulée au palais national. « La cérémonie de ce matin marque une étape importante dans l'histoire de la sécurité sociale en Haïti », a déclaré Michel Martelly.
« L'installation du CAOSS et du CSS fait partie des pratiques de bonne gestion instituées pour améliorer la performance des institutions prévues par la loi en vue de consolider notre démocratie, faire vivre les valeurs de la République, garantir la sécurité et la paix à nos concitoyens », a poursuivi le chef de l'Etat.
Selon lui, la réunion des acteurs du monde du travail - patronat et syndicat - dans une structure tripartite afin d'assurer la gestion stratégique de leurs intérêts est une conquête sociale. « Pour que le pays puisse continuer à avancer, il a besoin d'institutions politiques, économiques et sociales fonctionnelles, dirigées par des hommes et des femmes guidés par le sens de l'Etat et de l'intérêt commun », a indiqué le président de la République qui compte sur la responsabilité des membres des nouveaux conseils.
Pour Michel Martelly, qui a félicité le ministre des Affaires sociales et du Travail, Charles Jean-Jacques, pour son leadership, le renforcement de l'organisation du système de sécurité sociale est nécessaire afin d'offrir aux travailleurs des garanties contre les risques de toute nature susceptibles de réduire ou de supprimer leur capacité de gain et de prendre en charge les dépenses de maternité. Avec le CAOSS, l'ONA et l'OFATMA, a-t-il estimé, seront plus aptes à répondre aux besoins des travailleurs en termes de prestation sociale et pourront contribuer davantage à la stabilité et à la cohésion nationale.
« Celui qui travaille aujourd'hui doit cotiser pour soutenir la génération qui s'en va, a soutenu le chef de l'Etat dans son discours. En rendant fonctionnel le CAOSS, je veux réformer et consolider les fondements de notre système de sécurité sociale en garantissant une répartition solidaire entre les générations. Je profite de l'occasion pour rappeler le caractère obligatoire des cotisations aux caisses de la sécurité sociale. »
Si le rôle du Conseil supérieur des salaires est de travailler sur le dossier sensible en Haïti qu'est la fixation des salaires, cependant avec la mise en place du CAOSS, les dirigeants de l'ONA (Office national d'assurance vieillesse) ainsi que ceux de l'OFATMA (Office d'assurance- accidents du travail, maladie et maternité) n'auront plus tous les pouvoirs de décision sur certaines dépenses. Michel Martelly les a d'ailleurs mis en garde. Des mises en garde qui rappellent les accusations de corruption et de gabegie administrative pleuvant sur la direction de l'ONA.
« Je rappelle à tout le monde, notamment aux membres du CAOSS, que l'argent dans les caisses de l'ONA et de l'OFATMA ne sont pas des taxes de l'Etat ; ce n'est pas l'argent du patronat, encore moins des syndicats, a déclaré le président de la République. L'argent appartient aux travailleurs et doit servir les ouvriers. Personne n'a le droit d'utiliser l'argent de ces deux institutions pour gérer ses affaires personnelles. La justice sévira contre tous ceux qui tenteraient de détourner l'argent des travailleurs. »
Les concernés ont certainement pris note.
Valéry Daudier vdaudier@lenouvelliste.com
Les membres du Conseil d'Administration des Organes de Sécurité Sociale (C.A.O.S.S.) sont :
Volmy Desrameaux Fils, Tamara Georges Decastro, Réginald de Delva, (représentants de l'Etat) ;
Nahomme Dorvil, Nathale Hermantin, Gérald Marie Tardieu ( représentants du patronnat) ;
Leonel Pierre, Wisler Romain, Yvane Elie Castera (représentants du salariat).
Le Conseil supérieur des salaires est composé de :
Marie France H. Mondésir, Renan Hédouville, Daniel Altiné (représentants de l'État) ;
Norma Powell, Jean Dany Pierre François, Réginald Boulos (représentants du patronat) ;
Jean Bonald Golinsky Fatal, Jean Franck Noisimond, Louis Fignolé St Cyr (représentants du salariat).
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120645
Hantuchova ends Duval's dream US Open
By McCarton Ackerman
Thursday, August 29, 2013
WHAT HAPPENED: Just two days after pulling off one of the biggest upsets of the tournament in defeating No. 11 Samantha Stosur in the opening round of the women’s singles event, American qualifier Victoria Duval had another daunting task on Thursday: topple former Top 5 player Daniela Hantuchova in the second round. Court 17 was filled to capacity for the teenager who endeared herself to fans with her feisty on-court personality and charming interviews. Unfortunately for the pro-Duval crowd, Hantuchova showed the form that has made her a fixture on tour for over a decade, easily defeating the American, 6-2, 6-3.
The packed Court 17 crowd thought they were in for another upset early on, as Duval forced a forehand error from Hantuchova to take a 2-1 lead. But that would be the last bit of momentum the American had in the set. While the relatively slow speed of Duval’s serve threw off Stosur in the opening round, Hantuchova thrived on the reduced space. Stepping into the court on all of Duval’s second serves, Hantuchova struck her returns with authority, breaking Duval three times to take the opening set.
The second set was nearly identical to the first. Duval struck a forehand winner to take a 2-1 lead and gave the crowd hope that we would see yet another comeback from her, but Hantuchova raised the level of her game when it was required. As Hantuchova began to reduce her unforced error count, Duval became visibly frustrated as hers increased, with the qualifier hitting 27 unforced errors throughout the evening. Hantuchova rolled through the final three games of the match, with Duval sending one final forehand wide to wrap things up after 72 minutes of play.
"I think today I couldn't quite get myself going," Duval said afterward. "But I've had a great experience this whole tournament ... and Daniela played really well today. I'm just going to take what I learned here and take it to the other tournaments."
WHAT IT MEANS: Although Hantuchova arrived at the US Open on a three-match losing streak, she has enjoyed plenty of success in New York, reaching the women’s singles quarterfinals here in 2002. Having reached the third round here for the first time since 2010, Hantuchova is now a favorite to make the second week. She will play qualifier Julia Glushko of Israel in a third round match on Saturday; Glushko has never gone this far before in a Grand Slam event.
If Hantuchova can get through that match, she will either play No. 7 seed Petra Kvitova of Czech Republic or American Alison Riske. With Hantuchova leading 2-0 in her head-to-head with Riske, and Kvitova being known for producing streaky tennis at the US Open, it’s possible the Slovak could match her career best performance at the final Grand Slam of the year.
THE QUESTION: Do you think Hantuchova can reach the quarterfinals of the US Open once again?
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