Publié le 22 novembre 2010
Agnès Gruda, La Presse
(Cap-Haïtien) Après le capharnaüm de Port-au-Prince, Cap-Haïtien apparaît comme un havre de paix sur lequel souffle la brise fraîche de la mer. Pendant quatre jours, la semaine dernière, de violentes émeutes ont pourtant embrasé cette ville. Que voulaient vraiment les protestataires? S'agissait-il d'une éruption spontanée? Autopsie d'une révolte qui couve toujours, à l'approche des élections de dimanche.
La semaine dernière, le policier montréalais Gilles Saindon a eu la frousse de sa vie quand un gros boulon métallique a fracassé la vitre du camion de l'ONU qu'il conduisait à Cap-Haïtien, grande ville côtière à une demi-heure de vol de Port-au-Prince.
Il était vers 8h40, lundi, et le policier en mission auprès de l'UNPOL, la police des Nations unies, escortait des Casques bleus népalais dans la deuxième ville en importance d'Haïti.
Des manifestants venaient d'attaquer un véhicule qui transportait d'autres soldats népalais. Et Gilles Saindon faisait partie de ceux qui venaient d'être appelés à la rescousse.
En voyant un tas de pneus en flammes, le convoi a tenté de rebrousser chemin. Soudain, une vitre a explosé et un collègue du policier s'est affalé sur le siège arrière en gémissant.
«On était sur la panique pas à peu près», raconte Gilles Saindon, qui est rentré à toute vitesse à la caserne de la MINUSTAH -la mission de stabilisation de l'ONU en Haïti.
C'était le début de quatre jours de violences qui ont mis la ville sens dessus dessous, forcé ses habitants à se terrer à la maison et coupé toutes les voies d'accès à Cap-Haïtien.
Ce que l'on a surtout retenu de cette semaine folle, c'est que les manifestants réclamaient le départ des forces de l'ONU qu'ils accusent d'avoir causé l'épidémie de choléra.
Samedi, j'ai passé la journée à Cap-Haïtien. C'était assez pour comprendre que la réalité est infiniment plus complexe. C'est un peu comme des couches de peinture superposées où, en grattant un peu, on découvre sans cesse de nouvelles images. Qui révèlent les unes après les autres un peu de ce qui s'est passé -et de ce que les gens en pensent..
«L'État n'a pas pris ses responsabilités»
L'aéroport est relié à la ville par une route défoncée où il ne reste que de rares plaques d'asphalte. À notre arrivée, le sol noirci était jonché de boules de fils roux -c'est tout ce qui restait des tas de pneus qui avaient brûlé pendant quatre jours.
Au bout de la rue Espagnole, principale artère commerciale, nous entrons dans ce qu'on appelle ici «les ghettos», quartiers défavorisés en périphérie du centre-ville.
«L'État aurait dû installer des centres de traitement du choléra dans tous les ghettos. Ici, les gens n'ont pas les moyens de payer pour se rendre à l'hôpital!»
Dans la cité Elie Lescot, les hommes nous regardent avec méfiance. Roudy Cameus, un des leaders du coin, accepte finalement de nous parler. Gérant d'un «reposoir du voyageur», abri où les gens de passage à Cap-Haïtien peuvent passer la nuit sur des planches de carton, moyennant quelques gourdes, Roudy Cameus est révolté par l'irresponsabilité du gouvernement.
A-t-il participé au mouvement de protestation? «Évidemment, comme tout le monde», dit-il en prenant ses voisins à témoin.
Il en veut au président René Préval de n'avoir jamais mis les pieds à Cap-Haïtien durant toute la durée de son mandat! Les gens du Nord ont de bonnes raisons pour se sentir abandonnés. Frappée de plein fouet par le choléra, la population a explosé.
Mais pourquoi alors avoir visé la MINUSTAH?
«La MINUSTAH et Préval, c'est la même chose», résume Roudy Cameus. Il assure que l'éruption de révolte était spontanée. Et ce n'est pas fini, avertit-il.
«Je comprends la grogne»
Le délégué général du département du Nord, Ardouin Zéphirin, a passé la journée de samedi à faire le point sur la situation qui régnait à Cap-Haïtien, à l'issue des émeutes. C'est lui qui a négocié la fin des protestations avec les nombreux groupes de manifestants.
«Ils voulaient de l'argent, mais je leur ai promis de réparer les routes et de construire plus de centres contre le choléra», raconte-t-il dans ses bureaux d'un centre-ville à l'architecture coloniale un peu décrépite.
Jeune administrateur plein de bonne volonté, Ardouin Zéphirin comprend la colère populaire. «Comme citoyen, je suis d'accord avec les manifestants.» Et comme délégué général? «Je les comprends aussi.»
Il faut dire que dès que la ville s'est embrasée, cinq ministres s'y sont précipités pour calmer le jeu. Dans cette ville délaissée par la capitale, «c'est quasiment un miracle».
M. Zéphirin admet que des politiciens ont exploité la fureur populaire: «Ils auraient été idiots de ne pas le faire.»
La main cachée
Cap-Haïtien entre dans ce que les épidémiologistes appellent le «pic» du choléra. Dans le gymnase des Médecins sans frontières, les lits de camp sont cordés au maximum. Un homme se soulage sur un pot, à la vue de tous. Des femmes sont affalées, les seins nus.
«Tout le monde a peur du choléra», affirme Nawoon Marcellus, candidat au Sénat du parti Inité, formation du président sortant René Préval. «Moi aussi, j'ai peur.Hier je suis allé chercher les cadavres de deux amis morts du choléra.» Selon lui, c'est cette peur omniprésente qui a conduit les gens à descendre dans la rue.
Mais il est convaincu qu'une «main cachée» a tiré les ficelles de la révolte. «Il y a des gens qui veulent saboter les élections sous prétexte de choléra», avance-t-il.
Ils sont nombreux, à Cap-Haïtien, à croire que cette main est, en fait, celle de M. Marcellus. La veille de l'explosion, le candidat au Sénat a organisé un défilé électoral qui a mal tourné, relate Cyrus Sibert, journaliste et blogueur respecté. Ce soir-là, des coups de feu ont été tirés. Et le lendemain, tout s'est embrasé.
Selon le journaliste, Inité traîne de la patte dans les sondages. Et c'est le régime lui-même qui souhaite annuler les élections en créant de l'instabilité sociale. Ou en affaiblissant la MINUSTAH pour pouvoir trafiquer les urnes à l'abri des regards indiscrets.
«Au début des protestations, les manifestants criaient: «À bas les élections, à bas le choléra»», raconte le journaliste. Puis, le slogan a changé. Cette fois, il visait le régime lui-même.
«Des gens proches du pouvoir ont allumé le feu et le baril de poudre a explosé», résume Cyrus Sibert. Il n'est pas le seul à croire que la stratégie d'un régime aux abois a fait boomerang, à Cap-Haïtien. Mais il est un des rares à le dire ouvertement. Et à penser que si le calme est revenu ce week-end à Cap-Haïtien, ce n'est peut-être qu'une simple trêve.
Une fenêtre ouverte sur Haïti, le pays qui défie le monde et ses valeurs, anti-nation qui fait de la résistance et pousse les limites de la résilience. Nous incitons au débat conceptualisant Haïti dans une conjoncture mondiale difficile. Haïti, le défi, existe encore malgré tout : choléra, leaders incapables et malhonnêtes, territoires perdus gangstérisés . Pour bien agir il faut mieux comprendre: "Que tout ce qui s'écrit poursuive son chemin, va , va là ou le vent te pousse (Dr Jolivert)
lundi 22 novembre 2010
Haïti - Élections : Jude Célestin Président ? Tous les moyens sont bons
22/11/2010 13:45:37 L’homme du président René Préval, Jude Célestin, se fait discret dans la campagne. Il refuse de rencontrer la presse afin d’éviter d'avoir à répondre à des questions embarrassantes et laisse le soin à ses partisans de faire campagne à sa place le jour... et a ses commandos la nuit...
Les sondages donnent le candidat perdant. Mais ses partisans crient à la manipulation. Pour eux, la victoire de Jude Célestin ne fait aucun doute...
Ce qui ne fait aucun doute, ce sont les méthodes peu orthodoxes utilisées par la plateforme INITE pour conduire le candidat Célestin à la victoire. Une campagne où la dialectique des armes remplace les long discours...
Rappelons deux exemples parmi d’autres : l’incident qui s’est produit dans la nuit du Jeudi 11 au vendredi 12 novembre 2010, aux environs de 2 heures du matin, ou des partisans et des sympathisants d’INITE, ont semé la terreur à l’entrée de la ville de Jacmel, au « portail Léogâne ». Yves Rabel, coordonnateur dans le Sud-Est, du parti « Ansanm nou fò » y avait été malmené et menacé par un commando d’individus lourdement armés, dirigé par le sénateur Joseph Lambert. Certains de ces individus se s’étaient clairement identifié, comme des partisans d’INITE.
Ou encore l’incident du lundi 25 Octobre aux environs de 15:00 heures, à Maissade, Hinche (département du Centre) ou quatre individus armés, dans un véhicule identifié au parti INITE, ont tirée des coups de feu sur le véhicule utilisé par M. Jean Leonard Joseph, et son entourage, candidat pour Union de Citoyens Haïtiens Démocrates pour le Développement et l'Education (UCADDE).
Bien sûr les armes ne sont qu’un élément utilisé dans la campagne d’INITE, il faut aussi prévoir la manipulation du scrutin et agir sur les bureaux de vote. Richard Désir, l’un des représentants du parti « Renmen Ayiti », du Candidat à la présidence, Jean Henry Céant, a dénoncé récemment la relocalisation de certains bureaux de vote habituellement placés au centre ville de Jacmel, et qui se trouvent actuellement dans la localité de Bréman située à l’Est de Jacmel. « Tous ces bureaux de vote vont être placés à l’école Nationale de Bréman à environ 10 mètres de la résidence du sénateur Joseph Lambert, coordonnateur National de la Plateforme INITE où les électeurs ne seront pas en sécurité lors du déroulement des joutes, en raison du commando d’INITE [aux ordres du Sénateur Lambert], qui à déjà commencé à semer la terreur dans la ville. ».
Si cela n'est pas encore insuffisant INITE n'hésite pas à payer les gens. Un reportage vidéo d’Aljazeera met en lumière cette pratique.
Journaliste d’Aljazeera (JA) : Combien d'argent le comité du camp reçoit t-il pour supporter Jude Célestin, et aller dans les rallye... ?
Le responsable du camp (RC) : Juste un exemple, s'il nous donne 200,000 gourdes, je peux garder 5,000 gourdes et donner aux gens 500 gourdes ou 1,000 gourdes. Ils n'ont pas d'argent [les autres candidats], la seule personne qui a de l'argent dans ce pays en ce moment est Jude Célestin!
JA : Vous pensez que Célestin est un bon candidat ?
RC : Nous ne disons pas qu'il est un bon candidat. Nous devons manger. Il est le seul qui a de l'argent maintenant. Nous avons besoin d'argent, voilà pourquoi. Et non pas parce que nous l'aimons. Oui, il nous a donné de l'argent déjà. Il nous donnera encore plus d'argent.
Quelque semaines avant cette entrevue, des accusations similaires avaient déjà été portés contre Jude Célestin, qui les avait rejeté (lors d'un entretien avec la même journaliste), affirmant que « Ce n’est pas l'argent qui peut acheter des votes en Haïti. C'est une question de conviction et d'idéologie politique ».
Il suffit de constater l’utilisation de commandos de partisans d’INITE dans les rassemblement d’autres candidats, dont la mission consiste à semer le désordre et empêcher le bon déroulement de ces manifestations politiques, pour avoir une bonne idée de ce que Jude Célestin entend par «Idéologie politique» et la définition personnelle qu’il a du mot «démocratie».
Dans 7 jours nos compatriotes sont appelés à voter, mais peut-on réellement affirmer qu’il s’agit d’élection libre? D’un processus démocratique dans de telles circonstances? Ces actes et manœuvres dignes du banditisme, vont probablement se multiplier d’ici à dimanche. Rappelons que jusqu’à présent, aucune mesure judiciaire n’a été prise contre les personnes identifiées et impliquées dans ces faits, [sous protectorat du pouvoir en place] et que toutes ces personnes, continueront en toute impunité au grand jour comme ne nuit, à multiplier leurs actions d’intimidation pour convaincre les électeurs de faire le bon choix, celui de voter pour Jude Célestin ou de s’abstenir.
http://www.haitilibre.com/article-1716-haiti-elections-jude-celestin-president-tous-les-moyens-sont-bons.html
Les sondages donnent le candidat perdant. Mais ses partisans crient à la manipulation. Pour eux, la victoire de Jude Célestin ne fait aucun doute...
Ce qui ne fait aucun doute, ce sont les méthodes peu orthodoxes utilisées par la plateforme INITE pour conduire le candidat Célestin à la victoire. Une campagne où la dialectique des armes remplace les long discours...
Rappelons deux exemples parmi d’autres : l’incident qui s’est produit dans la nuit du Jeudi 11 au vendredi 12 novembre 2010, aux environs de 2 heures du matin, ou des partisans et des sympathisants d’INITE, ont semé la terreur à l’entrée de la ville de Jacmel, au « portail Léogâne ». Yves Rabel, coordonnateur dans le Sud-Est, du parti « Ansanm nou fò » y avait été malmené et menacé par un commando d’individus lourdement armés, dirigé par le sénateur Joseph Lambert. Certains de ces individus se s’étaient clairement identifié, comme des partisans d’INITE.
Ou encore l’incident du lundi 25 Octobre aux environs de 15:00 heures, à Maissade, Hinche (département du Centre) ou quatre individus armés, dans un véhicule identifié au parti INITE, ont tirée des coups de feu sur le véhicule utilisé par M. Jean Leonard Joseph, et son entourage, candidat pour Union de Citoyens Haïtiens Démocrates pour le Développement et l'Education (UCADDE).
Bien sûr les armes ne sont qu’un élément utilisé dans la campagne d’INITE, il faut aussi prévoir la manipulation du scrutin et agir sur les bureaux de vote. Richard Désir, l’un des représentants du parti « Renmen Ayiti », du Candidat à la présidence, Jean Henry Céant, a dénoncé récemment la relocalisation de certains bureaux de vote habituellement placés au centre ville de Jacmel, et qui se trouvent actuellement dans la localité de Bréman située à l’Est de Jacmel. « Tous ces bureaux de vote vont être placés à l’école Nationale de Bréman à environ 10 mètres de la résidence du sénateur Joseph Lambert, coordonnateur National de la Plateforme INITE où les électeurs ne seront pas en sécurité lors du déroulement des joutes, en raison du commando d’INITE [aux ordres du Sénateur Lambert], qui à déjà commencé à semer la terreur dans la ville. ».
Si cela n'est pas encore insuffisant INITE n'hésite pas à payer les gens. Un reportage vidéo d’Aljazeera met en lumière cette pratique.
Journaliste d’Aljazeera (JA) : Combien d'argent le comité du camp reçoit t-il pour supporter Jude Célestin, et aller dans les rallye... ?
Le responsable du camp (RC) : Juste un exemple, s'il nous donne 200,000 gourdes, je peux garder 5,000 gourdes et donner aux gens 500 gourdes ou 1,000 gourdes. Ils n'ont pas d'argent [les autres candidats], la seule personne qui a de l'argent dans ce pays en ce moment est Jude Célestin!
JA : Vous pensez que Célestin est un bon candidat ?
RC : Nous ne disons pas qu'il est un bon candidat. Nous devons manger. Il est le seul qui a de l'argent maintenant. Nous avons besoin d'argent, voilà pourquoi. Et non pas parce que nous l'aimons. Oui, il nous a donné de l'argent déjà. Il nous donnera encore plus d'argent.
Quelque semaines avant cette entrevue, des accusations similaires avaient déjà été portés contre Jude Célestin, qui les avait rejeté (lors d'un entretien avec la même journaliste), affirmant que « Ce n’est pas l'argent qui peut acheter des votes en Haïti. C'est une question de conviction et d'idéologie politique ».
Il suffit de constater l’utilisation de commandos de partisans d’INITE dans les rassemblement d’autres candidats, dont la mission consiste à semer le désordre et empêcher le bon déroulement de ces manifestations politiques, pour avoir une bonne idée de ce que Jude Célestin entend par «Idéologie politique» et la définition personnelle qu’il a du mot «démocratie».
Dans 7 jours nos compatriotes sont appelés à voter, mais peut-on réellement affirmer qu’il s’agit d’élection libre? D’un processus démocratique dans de telles circonstances? Ces actes et manœuvres dignes du banditisme, vont probablement se multiplier d’ici à dimanche. Rappelons que jusqu’à présent, aucune mesure judiciaire n’a été prise contre les personnes identifiées et impliquées dans ces faits, [sous protectorat du pouvoir en place] et que toutes ces personnes, continueront en toute impunité au grand jour comme ne nuit, à multiplier leurs actions d’intimidation pour convaincre les électeurs de faire le bon choix, celui de voter pour Jude Célestin ou de s’abstenir.
http://www.haitilibre.com/article-1716-haiti-elections-jude-celestin-president-tous-les-moyens-sont-bons.html
HAITI CHOLERA.. LES SOIGNANTS LUXEMBOURGEOIS MENACES
L'équipe de la Croix-Rouge luxembourgeoise a été contrainte de suspendre l’installation du campement pour la prise en charge de personnes atteintes du choléra à Gressier.
Équipe directement visée
Le personnel de la Croix-Rouge luxembourgeoise sur place a dû évacuer les lieux. «Ils sont arrivés avec des bidons d’essence pour mettre le feu aux tentes. Ils étaient très énervés», confirme Marc Crochet, directeur des opérations de la Croix-Rouge luxembourgeoise, contacté par L’essentiel Online. «Il y avait déjà eu des manifestations qui étaient essentiellement liées aux futures élections et nous n’en avions pas tenu compte, mais cette fois-ci, notre équipe était directement visée».
En effet, la population de Gressier, en l’absence de cas de choléra concret dans la ville, s’est vivement opposée à l’installation de ce centre par peur de voir l’épidémie se propager: «Bien que la maladie soit déjà aux portes de la ville, les habitants pensent qu’ils ne seront pas touchés. Ils ont peur que nous amenions des malades d’autres villes et que l’épidémie se propage», explique Marc Crochet.
Personnel évacué
Suite à ces manifestations, l’équipe de la Croix-Rouge a finalement renoncé à l’installation du campement. Les malades seront accueillis dans le centre de santé et les cas les plus graves seront transportés par ambulance vers l’hôpital de la ville voisine. «Les soignants restent confiants. Il y a eu d’autres cas similaires dans le nord du pays et la population a finalement compris que la Croix-Rouge était là pour les aider. Et puis, le climat actuel permet encore de vivre normalement», rassure le directeur des opérations Marc Crochet.
Aucune mesure de sécurité supplémentaire n’a été mise en place. Mais, l’équipe médicale, qui logeait dans le centre de santé, a été évacuée à l’extérieur de la ville: «Il faut voir comment évolue le climat. Les élections doivent avoir lieu lundi, si tout se passe bien, le calme devrait revenir à partir de la semaine prochaine», espère Marc Crochet.
L'essentiel Online/jbSamedi, les habitants de Gressier sont venus manifester leur colère contre la mise en place d’un campement de prise en charge pour des personnes atteintes du choléra.
Haïti-Insécurité : Quatre coopérants français agressés à Pétionville
Lundi 22 novembre 2010 P-au-P, 22 nov. 2010 [AlterPresse] --- Quatre coopérants français du secteur de l’éducation ont été attaqués par des membres de la population de Pétionville [périphérie est de la capitale], le dimanche 21 novembre, a appris AlterPresse.
L’information a été confirmée par le commissaire de police de Pétionville, Vanel Lacroix, qui précise que l’un d’entre eux a été blessé.
Selon le responsable policier, les coopérants français faisaient leur jogging dominical lorsqu’ils ont été pris a partie par plusieurs individus.
Il indique qu’aucune arrestation n’a pu être effectuée et que les quatre ressortissants ont été retenus temporairement au commissariat de Pétionville « pour leur sécurité ».
Cet incident s’est produit quelques jours après les violentes manifestations qui se sont déroulées au Cap (Nord), à Hinche (Est) et à Port-au-Prince (Ouest) pour réclamer le départ des casques bleus.
Ces derniers sont accusés d’être responsables de la propagation de l’épidémie de choléra qui a fait 1344 morts durant les 4 dernières semaines.
Le contingent népalais basé à Mirebalais (Est) est particulièrement pointé du doigt pour avoir apparemment déversé des matières fécales dans un affluent du fleuve Artibonite.
Dans le contexte actuel, des Organisations Non Gouvernementales (ONG) auraient fait circuler des messages vers leurs employés étrangers leur demandant d’observer la prudence. [rh gp apr 22/11/2010 13:00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article10280
L’information a été confirmée par le commissaire de police de Pétionville, Vanel Lacroix, qui précise que l’un d’entre eux a été blessé.
Selon le responsable policier, les coopérants français faisaient leur jogging dominical lorsqu’ils ont été pris a partie par plusieurs individus.
Il indique qu’aucune arrestation n’a pu être effectuée et que les quatre ressortissants ont été retenus temporairement au commissariat de Pétionville « pour leur sécurité ».
Cet incident s’est produit quelques jours après les violentes manifestations qui se sont déroulées au Cap (Nord), à Hinche (Est) et à Port-au-Prince (Ouest) pour réclamer le départ des casques bleus.
Ces derniers sont accusés d’être responsables de la propagation de l’épidémie de choléra qui a fait 1344 morts durant les 4 dernières semaines.
Le contingent népalais basé à Mirebalais (Est) est particulièrement pointé du doigt pour avoir apparemment déversé des matières fécales dans un affluent du fleuve Artibonite.
Dans le contexte actuel, des Organisations Non Gouvernementales (ONG) auraient fait circuler des messages vers leurs employés étrangers leur demandant d’observer la prudence. [rh gp apr 22/11/2010 13:00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article10280
Présidentielle en Haïti : les partisans de Jude Célestin en marche pour leur candidat
lundi 22 novembre 2010 Une haïtienne marche à coté des affiches de Jude Celestin, candidat à l'élection présidentielle en Haïti. Port-au-Prince, le 30 octobre 2010.
Eduardo Munoz / ReutersPar RFI
Alors que l’aide humanitaire reprend dans le nord de Haïti, la campagne électorale pour les élections présidentielle et législatives prévues le 28 novembre 2010 bat son plein. Évoquant le choléra qui sévit dans le pays, des candidats à la présidentielle avaient demandé le 21 novembre, le report des scrutins. Un appel qui n'a pas été entendu. Au total, 19 candidats sont en lice, mais l'homme adoubé par l'actuel président René Préval, Jude Célestin, est absent de la campagne. Ses partisans, pourtant, défilent régulièrement dans les villes.
Avec notre correspondante à Port-au-Prince, Amélie Baron
Affiches portées à bout de bras, tee-shirts jaunes à l’effigie de Jude Célestin, le portrait du candidat du Parti inite est omniprésent dans le défilé. Plus de 500 personnes marchent en musique pour leur favori. Jude célestin a le désavantage d’avoir été choisi par René Préval, l’actuel président qui est peu apprécié par la population. Mais pour Omar, ce n’est pas un problème. « René Préval a une façon de fonctionner, ainsi que Jude Célestin. Ils sont différents. Il s’occupe de la jeunesse haïtienne, il construit des ponts, des routes… Je crois que Jude Célestin, c’est le choix de la jeunesse haïtienne ».
Un candidat bâtisseur présenté comme celui qui offre du travail aux jeunes. Dans le cortège, un étudiant en sciences économiques ne doute absolument pas de la victoire de Jude Célestin. « Il a le peuple avec lui. En Haïti, c’est la masse qui compte. Donc, si vous voulez gagner, il faut gagner la masse. De ce fait, par déduction, Jude sera président ».
Les sondages donnent le candidat perdant. Mais les jeunes crient à la manipulation. Jude Célestin est absent de la campagne. Il refuse de rencontrer la presse. Mais cela ne dérange pas ses partisans car, pour eux, plus que de beaux discours, c’est du concret qu’il faut.
http://www.rfi.fr/ameriques/20101122-presidentielle-haiti-partisans-jude-celestin-marche-leur-candidat
Eduardo Munoz / ReutersPar RFI
Alors que l’aide humanitaire reprend dans le nord de Haïti, la campagne électorale pour les élections présidentielle et législatives prévues le 28 novembre 2010 bat son plein. Évoquant le choléra qui sévit dans le pays, des candidats à la présidentielle avaient demandé le 21 novembre, le report des scrutins. Un appel qui n'a pas été entendu. Au total, 19 candidats sont en lice, mais l'homme adoubé par l'actuel président René Préval, Jude Célestin, est absent de la campagne. Ses partisans, pourtant, défilent régulièrement dans les villes.
Avec notre correspondante à Port-au-Prince, Amélie Baron
Affiches portées à bout de bras, tee-shirts jaunes à l’effigie de Jude Célestin, le portrait du candidat du Parti inite est omniprésent dans le défilé. Plus de 500 personnes marchent en musique pour leur favori. Jude célestin a le désavantage d’avoir été choisi par René Préval, l’actuel président qui est peu apprécié par la population. Mais pour Omar, ce n’est pas un problème. « René Préval a une façon de fonctionner, ainsi que Jude Célestin. Ils sont différents. Il s’occupe de la jeunesse haïtienne, il construit des ponts, des routes… Je crois que Jude Célestin, c’est le choix de la jeunesse haïtienne ».
Un candidat bâtisseur présenté comme celui qui offre du travail aux jeunes. Dans le cortège, un étudiant en sciences économiques ne doute absolument pas de la victoire de Jude Célestin. « Il a le peuple avec lui. En Haïti, c’est la masse qui compte. Donc, si vous voulez gagner, il faut gagner la masse. De ce fait, par déduction, Jude sera président ».
Les sondages donnent le candidat perdant. Mais les jeunes crient à la manipulation. Jude Célestin est absent de la campagne. Il refuse de rencontrer la presse. Mais cela ne dérange pas ses partisans car, pour eux, plus que de beaux discours, c’est du concret qu’il faut.
http://www.rfi.fr/ameriques/20101122-presidentielle-haiti-partisans-jude-celestin-marche-leur-candidat
Hélène nous transmets ce courrier qu’elle a reçu d’Haïti
Chère Hélène, Ce qui se passe à Haïti dépasse l’imagination quant à l’horreur de la situation. Et la colère, l’indignation que tu exprimes, est tout à fait justifiée et légitime. En outre, comme toi, je m’interroge sur les millions d’euros de dons qui ont été collectés pour Haïti, suite au tremblement de terre. Sauf pour quelques ONG sérieuses (exemple : médecins du monde, l’UNICEF) et chevronnées qui ont bien fait et continuent de bien faire leur travail (malgré des conditions effarantes) on ne peut qu’être perplexe sur le suivi des annonces faites par les différents chefs d’États et de gouvernements pour aider Haïti. Des grands trémolos dans la voix et puis... dans les faits, mystère ! Quid des subsides ? où ? pour qui ?
Il est probable que :
1 - Les annonces de dons au niveau des gouvernements n’aient pas été suivies ou peu ou mal gérées par les administrations chargées de l’’exécution du dossier.
2 - La corruption - massive - ait entrainé l’évasion et les détournements des aides financières, matérielles et humaines arrivées à destination. Cette corruption est hélas quasi inévitable dans ce pays comptant parmi les plus pauvres de la planète, où, même avant le tremblement de terre, les structures institutionnelles sont en totale déliquescence.
3 - Le choléra, dans la situation catastrophique dans laquelle est placée la population, ait en effet trouvé un terrain de choix et qu’il soit installé pour longtemps...
À cet égard, que des élections puissent être tenues dans ces conditions, c’est un non sens, c’est surréaliste ! Quelle signification pourra-t-on donner aux résultats alors que la plupart des électeurs n’aura pas eu les conditions minimales suffisantes au plan matériel (ne parlons même pas de la "campagne électorale") pour aller voter ? Ce constat décrit, que pouvons nous faire ? Certes, on peut aiguillonner nos gouvernants avec moult courriers, fax, courriels, etc. Mais pas d’illusion à se faire : les gouvernements, USA et Europe en tête, ont d’autres choses à fouetter et se moquent d’Haïti :
1 - En ce moment tout ce beau monde se réunit pour la session de l’OTAN.
2 - le "G20" est soucieux de faire des courbettes pour plaire aux Marchés (sous entendu du Capital)
3 - L’Europe elle même est, à très court terme, focalisée sur l’Irlande ; laquelle est sommée de se plier au remède de cheval préconisés par L’UE et le FMI, et appliqué à grand renfort de purge d’austérité budgétaire déjà en Islande, en Grèce, en Hongrie, dans les trois états baltes, en Espagne et ON SE DIT : À QUI LE TOUR et tout le monde de se tourner vers le Portugal...
Quant aux autres pays de l’UE, regarde bien les préconisations de la Commission européenne, et vois comme elles vont être très fidèlement appliquées, malgré les rodomontades des gouvernants fiers de leur "indépendance nationale". Les "spécialistes éclairés", TOUS formés dans le même moule néolibéral, insistent sur la nécessité de convergence des politiques économiques, des convergences en matière de fiscalité et régime social. Dans l’absolu, certes l’harmonisation est souhaitable pour éviter les dumpings fiscaux et sociaux entre partenaires au sein de l’ensemble européen. Mais la diversité des situations et des cultures au sein de l’Europe nécessiterait, au contraire, des mesures contre-cycliques, de relance de la conso. des ménages, (pour qu’il y ait de l’activité du fait de la demande ainsi favorisée des ménages). Il faudrait des politiques très fines, différenciées et très ajustées par pays. Au lieu de cela, ce qui est promu : Cure d’austérité budgétaire radicale pour résorber les dettes publiques et ramener au plus vite les déficits budgétaires à 3% du PIB. Mais cette austérité ne touchera pas tout le monde avec la même violence, les plus pauvres vont payer d’abord...
La preuve : on ne prête qu’aux riches, c’est bien connu. Or, en ce moment, au niveau des États (comme "préteur en dernier ressort" et/ou "assureur en dernier ressort") ce sont les banques centrales qui prêtent à coup de milliards de $ et d’€ aux banques (il faut sauver le Général Capital et ses armées d’actionnaires). Quant aux pauvres... Ils peuvent crever... Dont la pauvre Haïti... CQFD !
Bise H. B.
rougemidi.org
http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article15217
Commentaires:
Une vision trop bon enfant de al réalité d'Haïti charriant des clichés archaïques. Cette personne devrait s'informer avant de faire aprt de SES probabilités!
Il est probable que :
1 - Les annonces de dons au niveau des gouvernements n’aient pas été suivies ou peu ou mal gérées par les administrations chargées de l’’exécution du dossier.
2 - La corruption - massive - ait entrainé l’évasion et les détournements des aides financières, matérielles et humaines arrivées à destination. Cette corruption est hélas quasi inévitable dans ce pays comptant parmi les plus pauvres de la planète, où, même avant le tremblement de terre, les structures institutionnelles sont en totale déliquescence.
3 - Le choléra, dans la situation catastrophique dans laquelle est placée la population, ait en effet trouvé un terrain de choix et qu’il soit installé pour longtemps...
À cet égard, que des élections puissent être tenues dans ces conditions, c’est un non sens, c’est surréaliste ! Quelle signification pourra-t-on donner aux résultats alors que la plupart des électeurs n’aura pas eu les conditions minimales suffisantes au plan matériel (ne parlons même pas de la "campagne électorale") pour aller voter ? Ce constat décrit, que pouvons nous faire ? Certes, on peut aiguillonner nos gouvernants avec moult courriers, fax, courriels, etc. Mais pas d’illusion à se faire : les gouvernements, USA et Europe en tête, ont d’autres choses à fouetter et se moquent d’Haïti :
1 - En ce moment tout ce beau monde se réunit pour la session de l’OTAN.
2 - le "G20" est soucieux de faire des courbettes pour plaire aux Marchés (sous entendu du Capital)
3 - L’Europe elle même est, à très court terme, focalisée sur l’Irlande ; laquelle est sommée de se plier au remède de cheval préconisés par L’UE et le FMI, et appliqué à grand renfort de purge d’austérité budgétaire déjà en Islande, en Grèce, en Hongrie, dans les trois états baltes, en Espagne et ON SE DIT : À QUI LE TOUR et tout le monde de se tourner vers le Portugal...
Quant aux autres pays de l’UE, regarde bien les préconisations de la Commission européenne, et vois comme elles vont être très fidèlement appliquées, malgré les rodomontades des gouvernants fiers de leur "indépendance nationale". Les "spécialistes éclairés", TOUS formés dans le même moule néolibéral, insistent sur la nécessité de convergence des politiques économiques, des convergences en matière de fiscalité et régime social. Dans l’absolu, certes l’harmonisation est souhaitable pour éviter les dumpings fiscaux et sociaux entre partenaires au sein de l’ensemble européen. Mais la diversité des situations et des cultures au sein de l’Europe nécessiterait, au contraire, des mesures contre-cycliques, de relance de la conso. des ménages, (pour qu’il y ait de l’activité du fait de la demande ainsi favorisée des ménages). Il faudrait des politiques très fines, différenciées et très ajustées par pays. Au lieu de cela, ce qui est promu : Cure d’austérité budgétaire radicale pour résorber les dettes publiques et ramener au plus vite les déficits budgétaires à 3% du PIB. Mais cette austérité ne touchera pas tout le monde avec la même violence, les plus pauvres vont payer d’abord...
La preuve : on ne prête qu’aux riches, c’est bien connu. Or, en ce moment, au niveau des États (comme "préteur en dernier ressort" et/ou "assureur en dernier ressort") ce sont les banques centrales qui prêtent à coup de milliards de $ et d’€ aux banques (il faut sauver le Général Capital et ses armées d’actionnaires). Quant aux pauvres... Ils peuvent crever... Dont la pauvre Haïti... CQFD !
Bise H. B.
rougemidi.org
http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article15217
Commentaires:
Une vision trop bon enfant de al réalité d'Haïti charriant des clichés archaïques. Cette personne devrait s'informer avant de faire aprt de SES probabilités!
À travers la villeLes musiciens se mobilisent pour Haïti
Afin de sensibiliser et de récolter des fonds pour Haïti, le collectif Unité pour Haïti chérie a réalisé un CD 3 titres auquel ont participé des artistes de Montpellier, musiciens, techniciens et bénévoles. À l'initiative des associations Ti Conodo et SoulFire music, en partenariat avec le Secours catholique et Caritas, il a pour but d'aider les populations locales « car l'océan n'est constitué en fin de compte que de gouttes d'eau ». Les bénéfices étant reversés au Secours catholique qui, sur place, œuvre pour améliorer le quotidien dramatique des Haïtiens. « Le public a ainsi la garantie que l'argent va réellement sur le terrain et c'est aussi pour cela qu'autant de personnalités artistiques ont accepté de s'investir dans ce projet », affirme Thierry Geffry, président d'une association culturelle antillaise.
Plusieurs mois après le séisme fulgurant, une épidémie fait encore rage et les conditions sanitaires du pays sont déplorables. Les rescapés des décombres ont encore besoin de soutien et cette initiative locale est telle une prière, un geste, une force collective à l'image du titre Ensemble pour Haïti, qui résume la volonté de ne pas rester les bras croisés face à cette tragédie.
Disponible sur commande au 06 81 25 92 84 ou chez certains partenaires de Montpellier : Fnac, mairie, Antirouille, MPT Colucci, soirée Ruff & Kultcha (place d'Ovalie), Association des commerçants de Puech (pizza Le Chalet, boulangerie Constant), bar tabac Le Lion (avenue de Toulouse), salon de coiffure afro Aux coupes du monde, salon Natte & dread, magasin African art...
Ú www.youtube.com/ watch?v=qR8IwD10-WA.
http://www.midilibre.com/articles/2010/11/21/VILLAGES-Les-musiciens-se-mobilisent-pour-Haiti-1458550.php5
Plusieurs mois après le séisme fulgurant, une épidémie fait encore rage et les conditions sanitaires du pays sont déplorables. Les rescapés des décombres ont encore besoin de soutien et cette initiative locale est telle une prière, un geste, une force collective à l'image du titre Ensemble pour Haïti, qui résume la volonté de ne pas rester les bras croisés face à cette tragédie.
Disponible sur commande au 06 81 25 92 84 ou chez certains partenaires de Montpellier : Fnac, mairie, Antirouille, MPT Colucci, soirée Ruff & Kultcha (place d'Ovalie), Association des commerçants de Puech (pizza Le Chalet, boulangerie Constant), bar tabac Le Lion (avenue de Toulouse), salon de coiffure afro Aux coupes du monde, salon Natte & dread, magasin African art...
Ú www.youtube.com/ watch?v=qR8IwD10-WA.
http://www.midilibre.com/articles/2010/11/21/VILLAGES-Les-musiciens-se-mobilisent-pour-Haiti-1458550.php5
Marche pour Haïti ...Les élèves du lycée Daguin organisent mercredi une marche parrainée.
Pour la deuxième année consécutive les enseignats et les 15 classes de seconde du lycée Daguin organisent une marche parrainée au profit d'une action intitulée « Mon défi pour l'éducation », lancée par l'ONG Aide et action.
Ainsi donc, 450 élèves se mobiliseront mercredi dans le parc du Château en faveur du projet Nap Vanse (nouveau départ en créole). Plus de 4 000 écoles ont été détruites ou sérieusement endommagées à Haïti par le séisme du 12 janvier dernier et ne permettent pas le retour à l'école. Les dons récoltés au travers de cette action serviront à la reconstruction du pays.
Zoom sur l'asso
L'association Aide et action a été créée en 1981. Organisation de solidarité internationale pour le développement, elle est présente dans 22 pays. Elle contribue à l'amélioration de l'accès et de la qualité de l'éducation de plus de cinq millions d'enfants et d'adultes. Aide et action a ouvert un programme à Haïti en 1989. Suite au séisme du 12 janvier, elle a engagé des actions d'urgence en coordination avec les équipes de la République dominicaine. Les espaces Nap Vanse ont pour objectif de redonner aux rescapés du sinistre goût à la vie et de leur fournir entre autres des soins médicaux, un suivi psychologique et des repas.
« Les élèves ont profité de ces dernières semaines pour démarcher des sponsors dans leur entourage. Ceux-ci s'engagent à verser une somme d'argent par kilomètre parcouru. Un pointage précis sera effectué à l'issue de la marche. Les lycéens reviendront ensuite auprès de leurs parrains pour collecter les fonds », détaille Anne Fauquignon, prof d'anglais. L'année dernière, l'opération avait permis de recueillir 2 800 euros.
Cet événement s'inscrit dans le cadre de la Semaine de la solidarité. « Dans le cas présent, nous l'avons décalée de quelques jours en raison du Festival international du film d'histoire de Pessac auquel nous participons », souligne l'enseignante.
Collecte de denrées
La marche se glissera en complément de nombreuses autres actions. Quels seront les intervenants qui iront à la rencontre des jeunes ? L'Unicef, les Amap (Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne) Terres d'Adèles, l'Ifed (Institut de formation et d'appui aux initiatives de développement) ou encore Solidarité laïque, Artisans du monde. Les lycéens lanceront parallèlement une collecte de denrées alimentaires au profit des Restos du cœur, qui se poursuivra au-delà de la semaine.
Pour la prochaine édition, Anne Fauquignon réfléchit déjà à d'autres actions symbolisant l'expression concrète d'un don de soi, comme la participation à une opération de collecte de sang avec des volontaires majeurs (1).
(1) À ce titre, l'Établissement français du sang organise une opération de collecte les 26 et 27 novembre à la Maison des associations, avenue de Lattre-de-Tassigny.
http://www.sudouest.fr/2010/11/22/marche-pour-haiti-245947-3001.php
Ainsi donc, 450 élèves se mobiliseront mercredi dans le parc du Château en faveur du projet Nap Vanse (nouveau départ en créole). Plus de 4 000 écoles ont été détruites ou sérieusement endommagées à Haïti par le séisme du 12 janvier dernier et ne permettent pas le retour à l'école. Les dons récoltés au travers de cette action serviront à la reconstruction du pays.
Zoom sur l'asso
L'association Aide et action a été créée en 1981. Organisation de solidarité internationale pour le développement, elle est présente dans 22 pays. Elle contribue à l'amélioration de l'accès et de la qualité de l'éducation de plus de cinq millions d'enfants et d'adultes. Aide et action a ouvert un programme à Haïti en 1989. Suite au séisme du 12 janvier, elle a engagé des actions d'urgence en coordination avec les équipes de la République dominicaine. Les espaces Nap Vanse ont pour objectif de redonner aux rescapés du sinistre goût à la vie et de leur fournir entre autres des soins médicaux, un suivi psychologique et des repas.
« Les élèves ont profité de ces dernières semaines pour démarcher des sponsors dans leur entourage. Ceux-ci s'engagent à verser une somme d'argent par kilomètre parcouru. Un pointage précis sera effectué à l'issue de la marche. Les lycéens reviendront ensuite auprès de leurs parrains pour collecter les fonds », détaille Anne Fauquignon, prof d'anglais. L'année dernière, l'opération avait permis de recueillir 2 800 euros.
Cet événement s'inscrit dans le cadre de la Semaine de la solidarité. « Dans le cas présent, nous l'avons décalée de quelques jours en raison du Festival international du film d'histoire de Pessac auquel nous participons », souligne l'enseignante.
Collecte de denrées
La marche se glissera en complément de nombreuses autres actions. Quels seront les intervenants qui iront à la rencontre des jeunes ? L'Unicef, les Amap (Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne) Terres d'Adèles, l'Ifed (Institut de formation et d'appui aux initiatives de développement) ou encore Solidarité laïque, Artisans du monde. Les lycéens lanceront parallèlement une collecte de denrées alimentaires au profit des Restos du cœur, qui se poursuivra au-delà de la semaine.
Pour la prochaine édition, Anne Fauquignon réfléchit déjà à d'autres actions symbolisant l'expression concrète d'un don de soi, comme la participation à une opération de collecte de sang avec des volontaires majeurs (1).
(1) À ce titre, l'Établissement français du sang organise une opération de collecte les 26 et 27 novembre à la Maison des associations, avenue de Lattre-de-Tassigny.
http://www.sudouest.fr/2010/11/22/marche-pour-haiti-245947-3001.php
Une artiste et une avocate qui agissent en faveur d’Haïti
Spectacles - Arts visuels
Écrit par Agnès Gaudet
Dimanche, 21 novembre 2010
Beaucoup de gens se demandent encore comment faire pour aider les résidants d’Haïti, qui tentent de surmonter une catastrophe après l’autre. Paule Juneau et Geneviève Rochette ne se posent plus la question. La première a fondé un organisme qui amasse de l’argent pour eux grâce à la vente d’œuvres d’art créées de leurs propres mains. La seconde prête son nom et son image à cet organisme.
Le 1er décembre, Paule Juneau sera très fébrile. Elle attendra les amateurs d’art au Phillips Lounge de la place Phillips, à Montréal, aux côtés de Geneviève Rochette, en espérant que les tableaux réalisés par des femmes haïtiennes trouveront preneur. Ces tableaux proviennent tout droit d’Haïti, d’autres arrivent de Tanzanie, deux pays parmi les plus pauvres du monde.
Ils ont été réalisés au cours de visites que Paule Juneau a effectuées auprès de femmes de milieux défavorisés. Elle leur a fourni du papier, de la peinture acrylique, de l’encre de Chine, des toiles, des pinceaux et des pailles (pour souffler sur la peinture), ainsi qu’une initiation à une technique de base. Les femmes, d’abord hésitantes, ont embarqué dans l’aventure.
Pour les amener à participer à l’activité créatrice, l’organisme de Paule Juneau, Challenge Art Global, leur a payé un salaire (c’était avant le tremblement de terre). Les personnes démunies veulent bien prendre le temps de s’amuser un peu, mais de toute évidence, leurs priorités sont ailleurs.
«On leur offrait un salaire, sinon elles ne seraient pas venues, estime Paule Juneau. Ces femmes doivent se battre au quotidien pour leur survie. Elles doivent trouver de la nourriture avant de penser à faire des tableaux.»
Néanmoins, les recrues de Challenge Art Global ont grandement pris plaisir à peindre. Une activité rarissime dans leur univers qui leur a donné «un moment de répit», dira Paule Juneau. En fait, en cours d’exécution, certaines n’étaient plus «arrêtables». Le plaisir l’emportait sur les inquiétudes du moment. Quand enfin leurs œuvres d’art ont été terminées, la valorisation liée au projet leur a fait grand bien, quasi autant que les dollars.
Faire un geste
Geneviève Rochette, l’avocate fonceuse de La Galère, n’a pas hésité à cautionner Challenge Art Global (CGA). Elle qui a du sang antillais par sa mère, née en Guadeloupe, est particulièrement touchée par le sort des femmes haïtiennes.
«Je ne sais pas si c’est en raison de ma fibre antillaise, mais j’ai envie d’aider», dit-elle.
L’aspect artistique de l’organisation est aussi pour elle un incitatif à s’associer à la cause. Vendre à des gens des pays riches des œuvres conçues par les démunis des pays pauvres a ce petit quelque chose d’accrocheur.
«En ce moment, les gens sont très sollicités pour toutes sortes de causes, estime la comédienne. Il faut user d’originalité pour faire bouger les choses. J’aime bien la formule de Challenge Art Global, qui apporte une grande valorisation à ces femmes-là, qui les aide à s’aider elles-mêmes par le biais de la création. D’autant plus que les œuvres sont belles, poursuit-elle. Les gens qui vont les acheter vont faire l’acquisition de quelque chose de beau et en même temps faire un geste plus large.»
Très en demande pour toutes sortes de causes, Geneviève Rochette avoue que c’est difficile pour un artiste de dire non. «Il faut choisir ses causes selon ses coups de cœur, dit-elle. Prêter son nom à une cause, c’est un geste simple, facile à faire. Nous sommes tous tellement des privilégiés.»
«La participation des artiste, pour nous, c’est toute la différence du monde», réplique Paule Juneau, qui ne cesse de remercier Geneviève pour son implication.
Faire une différence
Les tableaux en provenance d’Haïti et de Tanzanie seront vendus le 1er décembre au Phillips Lounge, de 17h à 22h, lors d’un encan silencieux. La soirée sera animée par Geneviève Rochette et Emmanuel Bilodeau. Le public est invité à l’événement et les sociétés sont bienvenues. Au cours de la soirée, question de mettre un peu de piquant, quelques œuvres seront aussi vendues à la criée.
Geneviève Rochette nous présente quelques-unes des œuvres d’art réalisées par des femmes démunies d’Haïti, œuvres qui seront vendues lors d’un encan silencieux.
Les prix des œuvres varieront entre 200$ et 800$. Des pièces plus petites et moins coûteuses seront aussi disponibles. Il y aura une trentaine d’œuvres offertes, toutes des créations abstraites à la Jackson Pollock. Sachant d’où elles proviennent et par qui elles ont été exécutés, leur valeur n’en est que plus grande.
«Il n’y a pas que les artistes des Beaux-Arts et de Paris qui aient du talent, souligne Paule Juneau. Le marché de l’art n’est pas très représentatif.»
Paule Juneau est avocate en droit international. Après avoir quitté un poste à la société Hydro-Québec, elle a voulu faire une différence. Son travail l’avait amené à voir la pauvreté dans divers pays. Elle s’est lancée dans l’aventure il y a quelques années.
L’encan de CGA en est à sa deuxième tenue et, depuis, Paule Juneau… perd des milliers de dollars. Pourtant, toujours, elle y croit. Si les profits de la vente de tableaux le permettent, CGA pourra initier un projet de développement durable. Les idées ne manquent pas: une plantation de citronniers, des bourses d’études pour les enfants, un dispensaire avec des infirmières, un potager attenant à une école.
«Souvent, les gens me demandent ce qui m’a pris de me lancer là-dedans. Mais c’est ma cause sociale à moi, dit-elle. J’ai vu de mes yeux vu les besoins de ces gens et je sais qu’il faut les aider.»
Consciente de l’urgence
De son côté, Geneviève Rochette, qui a longtemps fait de la critique sociale par l’humour alors qu’elle était membre des Zapartistes (de 2001 à 2005), souhaite s’impliquer de plus en plus. Lors de notre rencontre, cette mère de deux enfants de six et quinze ans comptait notamment participer à la Journée internationale des droits de l’enfant (le 20 novembre) et appuyer la cause d’Omar Khadr, l’enfant soldat de Guantánamo.
«Pas étonnant que nos enfants soient accablés, qu’ils décrochent», ajoute-t-elle, mentionnant au passage le dépotoir de déchets de plastique qui flotte sur l’océan Atlantique et les marchés qui mènent le monde plutôt que les idéaux. «Je les comprends, dit-elle. Ce qui s’en vient est apeurant. Longtemps, avec les Zapartistes, je prônais que "le rire est une si jolie façon de montrer les dents". C’est vrai. Mais ce n’est pas assez. Notre démocratie s’effrite. L’élite est de plus en plus à droite. Le gouvernement Harper n’en fait qu’à sa guise, dans une quasi-légitimité. Les gens sont estomaqués par tout ce qui se passe, poursuit-elle, mais semble figés dans leur torpeur. On s’insurge. Mais personne n’agit. L’urgence pourtant est à l’action. Le "non-agir" est complice de ce raz-de-marée-là. On est – les Québécois – les plus sociaux-démocrates d’Amérique du Nord, mais on fait des révolutions, malheureusement, bien, bien tranquilles…»
Quelle Galère!
Lundi (22 novembre), le dernier épisode de la saison de La Galère sera diffusé à Radio-Canada. Vu son succès, la série écrite par Renée-Claude Brazeau doit revenir l’an prochain. Geneviève Rochette ne sait pas ce que lui réserve l’auteure, mais elle a bien hâte de le savoir.
«L’année a fini en beauté, estime la comédienne. Une femme qui découvre l’orgasme à 40 ans et qui décide de se rattraper, c’est… réjouissant!»
Ce qui enthousiasme aussi Geneviève (qu’on avait découverte il y a bien des années dans la série Au nom du Père), c’est le large jeu que permet son personnage de La Galère, Isabelle.
«Ce rôle-là est un exutoire, dit-elle. Il me permet de jouer autant la comédie que des scènes très dramatiques.»
Dans la rue, le public complice se fait une joie de saluer la comédienne et de partager avec elle les bons et mauvais coups d’Isabelle.
«Les gens m’abordaient de façon plus sérieuse à l’époque où je jouais un rôle plus dur dans la série Omertà, se souvient-elle. Certains me parlaient même en italien, moi qui ne parle pas du tout l’italien (en revanche, elle parle le créole). Avec La Galère, les propos des gens sont plus légers. Quand Isabelle a donné sa démission du bureau d’avocats, les femmes me félicitaient dans la rue. Les femmes s’identifient beaucoup à Isabelle, toujours à la course, conclut-elle. Mais tout ça est fait avec un clin d’œil, évidemment. Les gens font la part des choses et savent distinguer le personnage de la comédienne.»
http://www.ruefrontenac.com/spectacles/artsvisuels/30557-rochette-haiti
Écrit par Agnès Gaudet
Dimanche, 21 novembre 2010
Beaucoup de gens se demandent encore comment faire pour aider les résidants d’Haïti, qui tentent de surmonter une catastrophe après l’autre. Paule Juneau et Geneviève Rochette ne se posent plus la question. La première a fondé un organisme qui amasse de l’argent pour eux grâce à la vente d’œuvres d’art créées de leurs propres mains. La seconde prête son nom et son image à cet organisme.
Le 1er décembre, Paule Juneau sera très fébrile. Elle attendra les amateurs d’art au Phillips Lounge de la place Phillips, à Montréal, aux côtés de Geneviève Rochette, en espérant que les tableaux réalisés par des femmes haïtiennes trouveront preneur. Ces tableaux proviennent tout droit d’Haïti, d’autres arrivent de Tanzanie, deux pays parmi les plus pauvres du monde.
![]() |
| La comédienne Geneviève Rochette, qui interprète la passionnée avocate Isabelle dans La Galère, s’implique de plus en plus. Photo Alain Décarie |
Pour les amener à participer à l’activité créatrice, l’organisme de Paule Juneau, Challenge Art Global, leur a payé un salaire (c’était avant le tremblement de terre). Les personnes démunies veulent bien prendre le temps de s’amuser un peu, mais de toute évidence, leurs priorités sont ailleurs.
«On leur offrait un salaire, sinon elles ne seraient pas venues, estime Paule Juneau. Ces femmes doivent se battre au quotidien pour leur survie. Elles doivent trouver de la nourriture avant de penser à faire des tableaux.»
Néanmoins, les recrues de Challenge Art Global ont grandement pris plaisir à peindre. Une activité rarissime dans leur univers qui leur a donné «un moment de répit», dira Paule Juneau. En fait, en cours d’exécution, certaines n’étaient plus «arrêtables». Le plaisir l’emportait sur les inquiétudes du moment. Quand enfin leurs œuvres d’art ont été terminées, la valorisation liée au projet leur a fait grand bien, quasi autant que les dollars.
Faire un geste
Geneviève Rochette, l’avocate fonceuse de La Galère, n’a pas hésité à cautionner Challenge Art Global (CGA). Elle qui a du sang antillais par sa mère, née en Guadeloupe, est particulièrement touchée par le sort des femmes haïtiennes.
«Je ne sais pas si c’est en raison de ma fibre antillaise, mais j’ai envie d’aider», dit-elle.
L’aspect artistique de l’organisation est aussi pour elle un incitatif à s’associer à la cause. Vendre à des gens des pays riches des œuvres conçues par les démunis des pays pauvres a ce petit quelque chose d’accrocheur.
«En ce moment, les gens sont très sollicités pour toutes sortes de causes, estime la comédienne. Il faut user d’originalité pour faire bouger les choses. J’aime bien la formule de Challenge Art Global, qui apporte une grande valorisation à ces femmes-là, qui les aide à s’aider elles-mêmes par le biais de la création. D’autant plus que les œuvres sont belles, poursuit-elle. Les gens qui vont les acheter vont faire l’acquisition de quelque chose de beau et en même temps faire un geste plus large.»
Très en demande pour toutes sortes de causes, Geneviève Rochette avoue que c’est difficile pour un artiste de dire non. «Il faut choisir ses causes selon ses coups de cœur, dit-elle. Prêter son nom à une cause, c’est un geste simple, facile à faire. Nous sommes tous tellement des privilégiés.»
«La participation des artiste, pour nous, c’est toute la différence du monde», réplique Paule Juneau, qui ne cesse de remercier Geneviève pour son implication.
Faire une différence
Les tableaux en provenance d’Haïti et de Tanzanie seront vendus le 1er décembre au Phillips Lounge, de 17h à 22h, lors d’un encan silencieux. La soirée sera animée par Geneviève Rochette et Emmanuel Bilodeau. Le public est invité à l’événement et les sociétés sont bienvenues. Au cours de la soirée, question de mettre un peu de piquant, quelques œuvres seront aussi vendues à la criée.
Geneviève Rochette nous présente quelques-unes des œuvres d’art réalisées par des femmes démunies d’Haïti, œuvres qui seront vendues lors d’un encan silencieux.
Les prix des œuvres varieront entre 200$ et 800$. Des pièces plus petites et moins coûteuses seront aussi disponibles. Il y aura une trentaine d’œuvres offertes, toutes des créations abstraites à la Jackson Pollock. Sachant d’où elles proviennent et par qui elles ont été exécutés, leur valeur n’en est que plus grande.
«Il n’y a pas que les artistes des Beaux-Arts et de Paris qui aient du talent, souligne Paule Juneau. Le marché de l’art n’est pas très représentatif.»
Paule Juneau est avocate en droit international. Après avoir quitté un poste à la société Hydro-Québec, elle a voulu faire une différence. Son travail l’avait amené à voir la pauvreté dans divers pays. Elle s’est lancée dans l’aventure il y a quelques années.
L’encan de CGA en est à sa deuxième tenue et, depuis, Paule Juneau… perd des milliers de dollars. Pourtant, toujours, elle y croit. Si les profits de la vente de tableaux le permettent, CGA pourra initier un projet de développement durable. Les idées ne manquent pas: une plantation de citronniers, des bourses d’études pour les enfants, un dispensaire avec des infirmières, un potager attenant à une école.
«Souvent, les gens me demandent ce qui m’a pris de me lancer là-dedans. Mais c’est ma cause sociale à moi, dit-elle. J’ai vu de mes yeux vu les besoins de ces gens et je sais qu’il faut les aider.»
Consciente de l’urgence
De son côté, Geneviève Rochette, qui a longtemps fait de la critique sociale par l’humour alors qu’elle était membre des Zapartistes (de 2001 à 2005), souhaite s’impliquer de plus en plus. Lors de notre rencontre, cette mère de deux enfants de six et quinze ans comptait notamment participer à la Journée internationale des droits de l’enfant (le 20 novembre) et appuyer la cause d’Omar Khadr, l’enfant soldat de Guantánamo.
«Pas étonnant que nos enfants soient accablés, qu’ils décrochent», ajoute-t-elle, mentionnant au passage le dépotoir de déchets de plastique qui flotte sur l’océan Atlantique et les marchés qui mènent le monde plutôt que les idéaux. «Je les comprends, dit-elle. Ce qui s’en vient est apeurant. Longtemps, avec les Zapartistes, je prônais que "le rire est une si jolie façon de montrer les dents". C’est vrai. Mais ce n’est pas assez. Notre démocratie s’effrite. L’élite est de plus en plus à droite. Le gouvernement Harper n’en fait qu’à sa guise, dans une quasi-légitimité. Les gens sont estomaqués par tout ce qui se passe, poursuit-elle, mais semble figés dans leur torpeur. On s’insurge. Mais personne n’agit. L’urgence pourtant est à l’action. Le "non-agir" est complice de ce raz-de-marée-là. On est – les Québécois – les plus sociaux-démocrates d’Amérique du Nord, mais on fait des révolutions, malheureusement, bien, bien tranquilles…»
Quelle Galère!
Lundi (22 novembre), le dernier épisode de la saison de La Galère sera diffusé à Radio-Canada. Vu son succès, la série écrite par Renée-Claude Brazeau doit revenir l’an prochain. Geneviève Rochette ne sait pas ce que lui réserve l’auteure, mais elle a bien hâte de le savoir.
«L’année a fini en beauté, estime la comédienne. Une femme qui découvre l’orgasme à 40 ans et qui décide de se rattraper, c’est… réjouissant!»
Ce qui enthousiasme aussi Geneviève (qu’on avait découverte il y a bien des années dans la série Au nom du Père), c’est le large jeu que permet son personnage de La Galère, Isabelle.
«Ce rôle-là est un exutoire, dit-elle. Il me permet de jouer autant la comédie que des scènes très dramatiques.»
Dans la rue, le public complice se fait une joie de saluer la comédienne et de partager avec elle les bons et mauvais coups d’Isabelle.
«Les gens m’abordaient de façon plus sérieuse à l’époque où je jouais un rôle plus dur dans la série Omertà, se souvient-elle. Certains me parlaient même en italien, moi qui ne parle pas du tout l’italien (en revanche, elle parle le créole). Avec La Galère, les propos des gens sont plus légers. Quand Isabelle a donné sa démission du bureau d’avocats, les femmes me félicitaient dans la rue. Les femmes s’identifient beaucoup à Isabelle, toujours à la course, conclut-elle. Mais tout ça est fait avec un clin d’œil, évidemment. Les gens font la part des choses et savent distinguer le personnage de la comédienne.»
http://www.ruefrontenac.com/spectacles/artsvisuels/30557-rochette-haiti
Haïti - Élections : Axan Abellard jette l’éponge
21/11/2010 Le candidat Axan D'elson Abellard du parti Konbit Nasyonal pour Devlopman (KNDA) a annoncé samedi 20 novembre, à 9 jours du scrutin, qu'il se retirait de la course à la présidence. Il a invité tous ses partisans à voter pour Mirlande Manigat. Candidat en mauvaise posture dans les sondages, il a expliqué que sa décision de rallier la candidature de la candidate en tête des sondages, s’explique par la convergence de ses idées avec celle du programme du RDNP.
Rappelons que plusieurs groupements et plateformes politiques ont déjà apporté leur appui à Mirlande Manigat à l'occasion des prochaines élections (le Comité national des églises évangéliques (CONAMISE), le Réseau protestant d’Haïti, le Front civico-patriotique haïtien (FRONTCIPH) et le parti Konbit Pou Refè Ayiti de la mairesse de Pétion-Ville.
Axan Abellard est le premier candidat à la présidence à se retirer de la course, ce ne sera sans doute pas le dernier « Réagissant à cette décision, le candidat Jean Hector Anacacis peu surpris « Cela m'étonne qu'il soit le premier, mais je le savais. D'autres annonces seront faites avant le 28 novembre » a prédit Anacacis, qui pense que 6 à 8 candidats seulement resteront dans la course.
D'autres candidats qui sont en situations difficiles tels : Josette Bijou, Garaudy Laguerre, Gérard Blot et Wilson Jeudy pourraient faire partie de ceux qui abandonneront la course dans les prochains jours.
http://www.haitilibre.com/article-1709-haiti-elections-axan-abellard-jette-l-eponge.html
Commentaires:
Les 17 candidats restant, en un geste magnanime, dans une démonstration de leur amour pour Haïti devraient adopter de façon la même posture c'est-à-dire abandonner la course et se rassembler derrière la meilleure et unique option valable: Madame MYRLANDE MANIGAT...
Rappelons que plusieurs groupements et plateformes politiques ont déjà apporté leur appui à Mirlande Manigat à l'occasion des prochaines élections (le Comité national des églises évangéliques (CONAMISE), le Réseau protestant d’Haïti, le Front civico-patriotique haïtien (FRONTCIPH) et le parti Konbit Pou Refè Ayiti de la mairesse de Pétion-Ville.
Axan Abellard est le premier candidat à la présidence à se retirer de la course, ce ne sera sans doute pas le dernier « Réagissant à cette décision, le candidat Jean Hector Anacacis peu surpris « Cela m'étonne qu'il soit le premier, mais je le savais. D'autres annonces seront faites avant le 28 novembre » a prédit Anacacis, qui pense que 6 à 8 candidats seulement resteront dans la course.
D'autres candidats qui sont en situations difficiles tels : Josette Bijou, Garaudy Laguerre, Gérard Blot et Wilson Jeudy pourraient faire partie de ceux qui abandonneront la course dans les prochains jours.
http://www.haitilibre.com/article-1709-haiti-elections-axan-abellard-jette-l-eponge.html
Commentaires:
Les 17 candidats restant, en un geste magnanime, dans une démonstration de leur amour pour Haïti devraient adopter de façon la même posture c'est-à-dire abandonner la course et se rassembler derrière la meilleure et unique option valable: Madame MYRLANDE MANIGAT...
Vers un report du scrutin en Haïti?
Publié le 21 novembre 2010
Lise Millette, La Presse Canadienne
Port-au-Prince
Alors que s'amorce la dernière semaine officielle de la campagne présidentielle en Haïti, les candidats et électeurs supputent la possibilité d'exiger un report du scrutin.
Des 19 candidats engagés dans la course, quatre ont réclamé ce week-end un report des élections en raison du choléra qui progresse toujours. Dans un contexte sanitaire en crise, alors que la maladie a fait plus d'un millier de morts selon le bilan des autorités, des candidats croient que le terreau n'est pas fertile pour l'exercice démocratique.
Josette Bijou, Garaudy Laguerre, Wilson Jeudy et Gérard Blot considèrent que la précarité de la santé publique représente une menace pour la sécurité du pays.
Carel Pedre, animateur de radio à Port-au-Prince, confirme ces demandes de report, mais il précise qu'il ne s'agit pas de la volonté d'une majorité.
Selon lui, il serait erroné d'arrêter le processus électoral en raison de la propagation de l'épidémie. L'opinion de la majorité des candidats penche davantage sur la nécessité de stabiliser le pays, le plus rapidement possible, afin de prendre en charge la situation.
Les Haïtiens sont appelés à se rendre aux urnes dimanche prochain, le 28 novembre. Sur le site Internet Haïti élections 2010, les statistiques rapportent 2 240 000 électeurs inscrits.
L'inquiétude et l'insécurité qui planent sur Haïti, sont assurément reprises à des fins politiques croient Carel Pedre.
«Les rumeurs ont avancé que des gens mal intentionnés sont à l'origine des troubles pour déplacer les élections», a confié l'animateur.
Il soutient également que les conditions d'hygiène du pays et les difficultés liées à l'information limitent les efforts de prévention et entretiennent les craintes des citoyens.
«Nous vivons dans un pays pauvre où l'accès à l'information n'est pas évident», estime Carel Pedre qui constate que les conditions d'hygiène ne s'améliorent pas.
Les organisations internationales prennent part aux initiatives de distribution de pastilles de chlore et autres savons, mais les lieux sanitaires ne sont toujours pas sécurisés. Les eaux usées continuent de circuler et les enfants jouent à proximité d'endroits souillés.
«Tout ce que les gens peuvent faire, c'est d'être près, mais rien n'est nettoyé», a déploré Carel Pedre.
Les équipes de Médecins sans frontière ont traité plus de 16 500 malades depuis le 22 octobre. Plus de 240 tonnes de matériel médical et logistique ont été acheminées à Haïti.
http://www.cyberpresse.ca/international/201011/21/01-4344879-vers-un-report-du-scrutin-en-haiti.php
Lise Millette, La Presse Canadienne
Port-au-Prince
Alors que s'amorce la dernière semaine officielle de la campagne présidentielle en Haïti, les candidats et électeurs supputent la possibilité d'exiger un report du scrutin.
Des 19 candidats engagés dans la course, quatre ont réclamé ce week-end un report des élections en raison du choléra qui progresse toujours. Dans un contexte sanitaire en crise, alors que la maladie a fait plus d'un millier de morts selon le bilan des autorités, des candidats croient que le terreau n'est pas fertile pour l'exercice démocratique.
Josette Bijou, Garaudy Laguerre, Wilson Jeudy et Gérard Blot considèrent que la précarité de la santé publique représente une menace pour la sécurité du pays.
Carel Pedre, animateur de radio à Port-au-Prince, confirme ces demandes de report, mais il précise qu'il ne s'agit pas de la volonté d'une majorité.
Selon lui, il serait erroné d'arrêter le processus électoral en raison de la propagation de l'épidémie. L'opinion de la majorité des candidats penche davantage sur la nécessité de stabiliser le pays, le plus rapidement possible, afin de prendre en charge la situation.
Les Haïtiens sont appelés à se rendre aux urnes dimanche prochain, le 28 novembre. Sur le site Internet Haïti élections 2010, les statistiques rapportent 2 240 000 électeurs inscrits.
L'inquiétude et l'insécurité qui planent sur Haïti, sont assurément reprises à des fins politiques croient Carel Pedre.
«Les rumeurs ont avancé que des gens mal intentionnés sont à l'origine des troubles pour déplacer les élections», a confié l'animateur.
Il soutient également que les conditions d'hygiène du pays et les difficultés liées à l'information limitent les efforts de prévention et entretiennent les craintes des citoyens.
«Nous vivons dans un pays pauvre où l'accès à l'information n'est pas évident», estime Carel Pedre qui constate que les conditions d'hygiène ne s'améliorent pas.
Les organisations internationales prennent part aux initiatives de distribution de pastilles de chlore et autres savons, mais les lieux sanitaires ne sont toujours pas sécurisés. Les eaux usées continuent de circuler et les enfants jouent à proximité d'endroits souillés.
«Tout ce que les gens peuvent faire, c'est d'être près, mais rien n'est nettoyé», a déploré Carel Pedre.
Les équipes de Médecins sans frontière ont traité plus de 16 500 malades depuis le 22 octobre. Plus de 240 tonnes de matériel médical et logistique ont été acheminées à Haïti.
http://www.cyberpresse.ca/international/201011/21/01-4344879-vers-un-report-du-scrutin-en-haiti.php
Haïti: 1250 morts du choléra
AFP, 21/11/2010 Le choléra a fait au total 1250 morts en Haïti depuis le début de l'épidémie à la mi-octobre, selon le bilan communiqué dimanche par le ministère haïtien de la Santé, soit 64 de plus que dans le précédent bilan diffusé vendredi.
Le nombre d'hospitalisations atteint 20.687 depuis le début de l'épidémie et 52.715 cas de contamination ont été recensés, selon ces données arrêtées au 17 novembre. Un peu plus de la moitié des cas de choléra et des décès se concentrent dans le département de l'Artibonite (nord), où s'est déclarée la maladie.
A Port-au-Prince, la capitale, où se trouvent de nombreux camps de réfugiés du séisme du 12 janvier aux conditions d'hygiène très insuffisantes, le nombre de décès a été porté à 64, dont 20 enfants âgés de moins de cinq ans, selon le bilan du ministère de la Santé.
Pour le docteur Gérard Chevallier, un médecin français travaillant avec le ministère haïtien, le nombre de foyers épidémiques augmente et les bilans des autorités sont "sous-évalués". Le coordonnateur humanitaire de l'ONU en Haïti a de son côté affirmé que l'aide internationale était très insuffisante pour faire face à la maladie. L'épidémie a par ailleurs provoqué un débat sur l'opportunité de reporter les élections présidentielle et législatives qui doivent se tenir dans une semaine.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/11/21/97001-20101121FILWWW00143-haiti-1250-morts-du-cholera.php
Le nombre d'hospitalisations atteint 20.687 depuis le début de l'épidémie et 52.715 cas de contamination ont été recensés, selon ces données arrêtées au 17 novembre. Un peu plus de la moitié des cas de choléra et des décès se concentrent dans le département de l'Artibonite (nord), où s'est déclarée la maladie.
A Port-au-Prince, la capitale, où se trouvent de nombreux camps de réfugiés du séisme du 12 janvier aux conditions d'hygiène très insuffisantes, le nombre de décès a été porté à 64, dont 20 enfants âgés de moins de cinq ans, selon le bilan du ministère de la Santé.
Pour le docteur Gérard Chevallier, un médecin français travaillant avec le ministère haïtien, le nombre de foyers épidémiques augmente et les bilans des autorités sont "sous-évalués". Le coordonnateur humanitaire de l'ONU en Haïti a de son côté affirmé que l'aide internationale était très insuffisante pour faire face à la maladie. L'épidémie a par ailleurs provoqué un débat sur l'opportunité de reporter les élections présidentielle et législatives qui doivent se tenir dans une semaine.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/11/21/97001-20101121FILWWW00143-haiti-1250-morts-du-cholera.php
Haïti: le choléra ne faiblit pas et l'aide manque à 7 jours des élections
De Stéphane JOURDAIN (AFP) –
PORT-AU-PRINCE — L'épidémie de choléra continue de progresser en Haïti où l'aide internationale n'arrive pas suffisamment vite d'après l'ONU, à sept jours des élections présidentielle et législatives dont plusieurs candidats demandent le report.
Depuis le début de l'épidémie à la mi-octobre, 1.250 personnes en sont mortes, selon le bilan des autorités haïtiennes publié dimanche.
"Le nombre de foyers de contagion augmente et les foyers qui sont apparus il y a un mois ne sont pas éteints. Il y avait une vingtaine de foyers au début du choléra, il y en a maintenant une cinquantaine", a déclaré à l'AFP le docteur français Gérard Chevallier qui travaille avec l'épidémiologiste Renaud Piarroux sur l'évolution de l'épidémie.
Samedi, cette équipe française, accompagnée par un épidémiologiste du ministère de la Santé haïtien, est allée sur les bords du fleuve Artibonite, d'où l'épidémie a commencé à se développer, pour observer si les habitudes de la population avaient commencé à changer.
Dans un petit village situé près du barrage de Péligre, ils ont constaté que des pastilles pour purifier l'eau avaient été distribuées. Mais ils ont aussi vu des enfants se laver dans le fleuve à quelques mètres d'excréments flottant à la surface.
Plus au nord, à Hinche, ils se sont entretenus avec la direction de l'hôpital où un centre de traitement du choléra a été installé. En une matinée, les décès enregistrés depuis le début de l'épidémie sont passés de 18 à 22. "Ca évolue de manière négative", atteste le directeur Prince-Pierre Sonçon. "Au début de l'épidémie on avait trois cas par jour, puis 15, puis 35. Ce matin, on en a déjà eu 60", a-t-il dit samedi.
L'ONU estime que l'aide internationale face à l'épidémie est loin d'être suffisante. "Nous avons reçu jusqu'à présent moins de 10% de ce dont nous avons besoin", a indiqué le coordonnateur humanitaire de l'ONU en Haïti, Nigel Fischer.
Les Nations Unies ont lancé un appel à l'aide de 164 millions de dollars.
"Nous avons besoin de manière urgente de matériel essentiel (...) de médecins, d'infirmières, de systèmes de purification de l'eau, de pastilles de chlore, de savon, de sels de réhydratation oraux et de tentes pour les centres de traitement du choléra", a précisé M. Fischer.
Sur le terrain, la campagne électorale bat son plein. Affiches et estrades aux couleurs des candidats sont visibles même dans les villages reculés. Dimanche des Haïtiens faisaient la queue à Pétion-ville, près de Port-au-Prince pour obtenir le document d'identité permettant de voter.
L'avenue de Delmas à Port-au-Prince était en partie bloquée dimanche à cause du convoi du candidat du parti au pouvoir, Jude Célestin, suivi de centaines de militants portant le tee-shirt aux couleurs jaunes et vertes du parti Inite.
Près de 4,7 millions d'Haïtiens sont appelés à choisir un successeur au président René Préval et élire 11 sénateurs et 99 députés.
Quatre des 19 candidats à la présidence ont demandé ce week-end un report des scrutins à cause du choléra.
"Nous demandons aux autorités de repousser la date des élections, d'établir et de publier un plan de lutte contre l'épidémie de choléra qui menace la vie de tous les Haïtiens", ont écrit ces candidats très mal classés dans les sondages.
Interrogé dimanche par l'AFP, l'un des favoris de l'élection, l'industriel Charles-Henri Baker, s'est dit contre tout report. "Le choléra est là pour dix ans. Plus vite on enlèvera ce gouvernement, plus vite on pourra prendre des mesures contre l'épidémie. La population dit clairement 'non' au report".
"Levez-vous, allez voter, ne vendez pas vos votes, ni votre conscience. Ne participez pas à la violence", a dit dimanche la Conférence des évêques d'Haïti.
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hS-MnRCRxM2_lzGWo73iKzHMo6-w?docId=CNG.6bc36e55ea5d2137b39005e4acab661e.481
PORT-AU-PRINCE — L'épidémie de choléra continue de progresser en Haïti où l'aide internationale n'arrive pas suffisamment vite d'après l'ONU, à sept jours des élections présidentielle et législatives dont plusieurs candidats demandent le report.
Depuis le début de l'épidémie à la mi-octobre, 1.250 personnes en sont mortes, selon le bilan des autorités haïtiennes publié dimanche.
"Le nombre de foyers de contagion augmente et les foyers qui sont apparus il y a un mois ne sont pas éteints. Il y avait une vingtaine de foyers au début du choléra, il y en a maintenant une cinquantaine", a déclaré à l'AFP le docteur français Gérard Chevallier qui travaille avec l'épidémiologiste Renaud Piarroux sur l'évolution de l'épidémie.
Samedi, cette équipe française, accompagnée par un épidémiologiste du ministère de la Santé haïtien, est allée sur les bords du fleuve Artibonite, d'où l'épidémie a commencé à se développer, pour observer si les habitudes de la population avaient commencé à changer.
Dans un petit village situé près du barrage de Péligre, ils ont constaté que des pastilles pour purifier l'eau avaient été distribuées. Mais ils ont aussi vu des enfants se laver dans le fleuve à quelques mètres d'excréments flottant à la surface.
Plus au nord, à Hinche, ils se sont entretenus avec la direction de l'hôpital où un centre de traitement du choléra a été installé. En une matinée, les décès enregistrés depuis le début de l'épidémie sont passés de 18 à 22. "Ca évolue de manière négative", atteste le directeur Prince-Pierre Sonçon. "Au début de l'épidémie on avait trois cas par jour, puis 15, puis 35. Ce matin, on en a déjà eu 60", a-t-il dit samedi.
L'ONU estime que l'aide internationale face à l'épidémie est loin d'être suffisante. "Nous avons reçu jusqu'à présent moins de 10% de ce dont nous avons besoin", a indiqué le coordonnateur humanitaire de l'ONU en Haïti, Nigel Fischer.
Les Nations Unies ont lancé un appel à l'aide de 164 millions de dollars.
"Nous avons besoin de manière urgente de matériel essentiel (...) de médecins, d'infirmières, de systèmes de purification de l'eau, de pastilles de chlore, de savon, de sels de réhydratation oraux et de tentes pour les centres de traitement du choléra", a précisé M. Fischer.
Sur le terrain, la campagne électorale bat son plein. Affiches et estrades aux couleurs des candidats sont visibles même dans les villages reculés. Dimanche des Haïtiens faisaient la queue à Pétion-ville, près de Port-au-Prince pour obtenir le document d'identité permettant de voter.
L'avenue de Delmas à Port-au-Prince était en partie bloquée dimanche à cause du convoi du candidat du parti au pouvoir, Jude Célestin, suivi de centaines de militants portant le tee-shirt aux couleurs jaunes et vertes du parti Inite.
Près de 4,7 millions d'Haïtiens sont appelés à choisir un successeur au président René Préval et élire 11 sénateurs et 99 députés.
Quatre des 19 candidats à la présidence ont demandé ce week-end un report des scrutins à cause du choléra.
"Nous demandons aux autorités de repousser la date des élections, d'établir et de publier un plan de lutte contre l'épidémie de choléra qui menace la vie de tous les Haïtiens", ont écrit ces candidats très mal classés dans les sondages.
Interrogé dimanche par l'AFP, l'un des favoris de l'élection, l'industriel Charles-Henri Baker, s'est dit contre tout report. "Le choléra est là pour dix ans. Plus vite on enlèvera ce gouvernement, plus vite on pourra prendre des mesures contre l'épidémie. La population dit clairement 'non' au report".
"Levez-vous, allez voter, ne vendez pas vos votes, ni votre conscience. Ne participez pas à la violence", a dit dimanche la Conférence des évêques d'Haïti.
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hS-MnRCRxM2_lzGWo73iKzHMo6-w?docId=CNG.6bc36e55ea5d2137b39005e4acab661e.481
Haïti: à une semaine des élections, la campagne continue malgré le choléra
PORT-AU-PRINCE - Les véhicules tout terrain du candidat du parti au pouvoir, précédés de motards et suivis par des centaines de militants bloquent l'avenue de Delmas à Port-au Prince: dimanche, malgré l'épidémie de choléra qui frappe Haïti, la campagne électorale se poursuit. Malgré quelques danseurs de rue et des musiciens aux habits colorés, aux abords de la route, des passants indifférents poursuivent leurs activités; un vendeur de fleurs présente des bouquets à une femme, une vendeuse de fruits à l'ombre d'un grand parasol époussette ses produits.
"Je ne suis pas encore certaine. La dernière fois que je suis allée voter j'ai eu des problèmes de sécurité", se souvient Sabina, une jeune femme qui fait ses courses dans un supermarché.
Margareth Costumé, une ancienne candidate à la municipalité de Delmas, ses yeux cachés derrières d'épaisses lunettes noires, est déterminée: "Je vais voter avec toute ma famille. Je ne veux pas boire cette soupe que Préval (le président sortant) nous prépare".
"Je ne sais pas qui va gagner les élections, mais je connais le perdant: le peuple haïtien", prédit avec un sourire triste un ancien diplomate haïtien, les cheveux tout blanc.
Mais pour Petit-Frère, un jeune de 25 ans, les élections n'apporteront pas de changement et "il faut une révolution à Haïti".
Les élections doivent-elles se tenir dimanche, malgré le choléra? Quatre candidats à la présidence ont demandé samedi leur report en raison de l'épidémie qui se propage depuis la mi-octobre et qui a déjà fait 1.250 morts.
"Nous demandons aux autorités de repousser la date des élections, d'établir et de publier un plan de lutte contre l'épidémie de choléra qui menace la vie de tous les Haïtiens", ont écrit Josette Bijou, Gérard Blot, Garaudy Laguerre et Wilson Jeudy, des candidats très mal classés dans les sondages.
Quelque 4,7 millions d'habitants de ce pays frappé par une instabilité chronique sont appelés aux urnes le 28 novembre pour élire leur nouveau président et un nouveau parlement.
Pour les églises, les Haïtiens doivent aller voter "pour choisir des dirigeants qui travailleront pour tout le peuple", a indiqué dimanche la Conférence des évêques d'Haïti dans un "message au peuple de Dieu".
"Levez-vous, allez voter, ne vendez pas vos votes, ni votre conscience. Ne participez pas à la violence. L'Etat doit mettre les moyens pour garantir la sécurité", poursuit le message des évêques.
De fait, la question de la sécurité revient dans toutes les conversations. Plusieurs partis politiques ont dénoncé des actes d'intimidation de l'électorat lors de rassemblements dans les provinces ainsi que des armes qui pourraient perturber la journée de vote.
(©AFP / 21 novembre 2010 22h28)
http://www.romandie.com/infos/news2/101121212810.axbaxbc0.asp
"Je ne suis pas encore certaine. La dernière fois que je suis allée voter j'ai eu des problèmes de sécurité", se souvient Sabina, une jeune femme qui fait ses courses dans un supermarché.
Margareth Costumé, une ancienne candidate à la municipalité de Delmas, ses yeux cachés derrières d'épaisses lunettes noires, est déterminée: "Je vais voter avec toute ma famille. Je ne veux pas boire cette soupe que Préval (le président sortant) nous prépare".
"Je ne sais pas qui va gagner les élections, mais je connais le perdant: le peuple haïtien", prédit avec un sourire triste un ancien diplomate haïtien, les cheveux tout blanc.
Mais pour Petit-Frère, un jeune de 25 ans, les élections n'apporteront pas de changement et "il faut une révolution à Haïti".
Les élections doivent-elles se tenir dimanche, malgré le choléra? Quatre candidats à la présidence ont demandé samedi leur report en raison de l'épidémie qui se propage depuis la mi-octobre et qui a déjà fait 1.250 morts.
"Nous demandons aux autorités de repousser la date des élections, d'établir et de publier un plan de lutte contre l'épidémie de choléra qui menace la vie de tous les Haïtiens", ont écrit Josette Bijou, Gérard Blot, Garaudy Laguerre et Wilson Jeudy, des candidats très mal classés dans les sondages.
Quelque 4,7 millions d'habitants de ce pays frappé par une instabilité chronique sont appelés aux urnes le 28 novembre pour élire leur nouveau président et un nouveau parlement.
Pour les églises, les Haïtiens doivent aller voter "pour choisir des dirigeants qui travailleront pour tout le peuple", a indiqué dimanche la Conférence des évêques d'Haïti dans un "message au peuple de Dieu".
"Levez-vous, allez voter, ne vendez pas vos votes, ni votre conscience. Ne participez pas à la violence. L'Etat doit mettre les moyens pour garantir la sécurité", poursuit le message des évêques.
De fait, la question de la sécurité revient dans toutes les conversations. Plusieurs partis politiques ont dénoncé des actes d'intimidation de l'électorat lors de rassemblements dans les provinces ainsi que des armes qui pourraient perturber la journée de vote.
(©AFP / 21 novembre 2010 22h28)
http://www.romandie.com/infos/news2/101121212810.axbaxbc0.asp
dimanche 21 novembre 2010
La lutte contre le choléra reprend dans le nord d'Haïti
22/11/2010
L'aide humanitaire parvient de nouveau dans le nord d'Haïti après des manifestations d'habitants reprochant aux casques bleus de l'Onu d'avoir apporté le choléra dans le pays, ont déclaré dimanche les organisations d'aide.
Des véhicules transportant du matériel ont atteint la ville de Cap-Haïtien, où les efforts internationaux ont été suspendus la semaine dernière par plusieurs jours d'émeutes.
"La situation est désormais stabilisée en matière de sécurité", a déclaré Imogen Wall, du Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies. "Nous allons devoir nous dépêcher pour revenir au point où nous en étions."
L'épidémie de choléra a fait 1.250 morts, essentiellement dans la partie nord du pays.
Julie Schindall, porte-parole d'Oxfam, a déclaré que cette ONG envisageait de reprendre lundi ses activités dans le nord d'Haïti.
Kevin Gray à Miami; Bertrand Boucey pour le service français
http://www.lexpress.fr/actualites/2/la-lutte-contre-le-cholera-reprend-dans-le-nord-d-haiti_938783.html
L'aide humanitaire parvient de nouveau dans le nord d'Haïti après des manifestations d'habitants reprochant aux casques bleus de l'Onu d'avoir apporté le choléra dans le pays, ont déclaré dimanche les organisations d'aide.
Des véhicules transportant du matériel ont atteint la ville de Cap-Haïtien, où les efforts internationaux ont été suspendus la semaine dernière par plusieurs jours d'émeutes.
"La situation est désormais stabilisée en matière de sécurité", a déclaré Imogen Wall, du Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies. "Nous allons devoir nous dépêcher pour revenir au point où nous en étions."
L'épidémie de choléra a fait 1.250 morts, essentiellement dans la partie nord du pays.
Julie Schindall, porte-parole d'Oxfam, a déclaré que cette ONG envisageait de reprendre lundi ses activités dans le nord d'Haïti.
Kevin Gray à Miami; Bertrand Boucey pour le service français
http://www.lexpress.fr/actualites/2/la-lutte-contre-le-cholera-reprend-dans-le-nord-d-haiti_938783.html
SOUS LES AILES DE MINUIT...CINQUIEME PARTIE
CINQUIEME PARTIE
Elle s’étonna de s’observer assise juste derrière ce parfait inconnu. Comme une partie de son équipage. De ses affaires. Elle côtoyait habituellement des gens par elle pas connus du tout. C’était l’une des caractéristiques de ce métier qui était le sien. Elle comptait dans sa clientèle de vrais clients dans le sens large du mot.
Par contre occuper le siège juste à l’arrière du chauffeur-client était beaucoup inhabituel.
Elle avait abordé la voiture avec la célérité de celle qui préférait ne pas être remarquée. Elle n’eut pas le temps de se demander pourquoi celui-ci ne faisait pas comme les autres qui ont toujours hâte de commencer pour finir. C’est-à-dire la laisser ouvrir elle-même la portière avant droite et s’installer dans le fauteuil d’à coté. Pourtant, Rien ne semblait l’incommoder. Peu de chose la dérangeait. Elle avait appris à maîtriser les situations en s’attendant toujours au pire.
Prostrée derrière cet homme dont la carrure des épaules semblant taillées parfaitement dans du marbre lui obstruant la vision de la route qu’empruntait le véhicule, elle se disait embarquée dans une aventure imprévisible.
Tous ces quartiers des hauteurs de Fontamara étaient assez familiers à Sabine. Certains recoins lui avaient fourni d’insoupçonnables cachettes, de fabuleux terrains de jeu.
Ainsi reconnut-elle le haut de la rue Madame Ganot tandis que la voiture abordait les routes serpentées menant vers La Vallée du Silence. Le chauffeur-client lui aussi faisait preuve d’une maîtrise des lieux. Les pièges de la route trouée et caillouteuse étaient évités avec une aisance qui prêterait des yeux à la voiture.
Les minutes semblaient suspendues entre l’espace exigu de deux rangées de fauteuils et le silence timide de deux inconnus s’aventurant vers les sentiers du plaisir volé et monnayé. Un genre de plaisir interdit, impur et immoral.
L’attitude calme et silencieuse du client devint génératrice de suppositions, de doutes et d’angoisses.
Le temps pour elle valait beaucoup. Le facteur temps était particulièrement pris en compte dans les transactions. Ainsi, se décida-t-elle de rompre le silence et lancer les affaires.
- Que me voulez vous ? Ou m’emmenez-vous ?…
Fit-elle d’une voix tremblante, se voulant cependant ferme, rassurée, maîtresse de la situation.
Sans s’arrêter et surtout sans la regarder, il lui apprit qu’il voulait juste sa compagnie et passer du temps avec elle.
Tandis qu’il répondait à sa question, elle croisa son regard à travers le rétroviseur. L’inconnu avait un regard plutôt paisible et apaisant. Elle ne retint pas la couleur des yeux mais se sentit rassurée, en sécurité.
- De combien de temps avez-vous besoin ?
- Le temps que vous aurez jugé utile et intéressant de m’accorder
- Vous le savez très bien. Il n’y a que votre argent qui m’intéresse. Si vous avez de quoi me payer les heures, je pourrai passer ce qui me reste de vie avec vous.
- Votre proposition est flatteuse et honore celui a qui elle est faite. Je pourrais prendre le risque de l’accepter…
- Attendez Cher Monsieur, j’ai juste voulu faire une blague. Je ne veux surement pas être votre pute pendant des années.
- Ah bon ? Répondit le conducteur qui manœuvra juste un peu, histoire d’arrêter la voiture au sommet d’une petite colline surplombant la zone sud du quartier.
Elle découvrit pour la première fois le visage de l’inconnu. Un homme à peine mur très beau. Vêtu avec élégance et sobriété.
- … Vous n’aimez pas votre métier ?
- Vous pensez que l’on peut être fière de faire la pute ?
- Pourquoi pas, n’est-ce pas un métier comme les autres ?
- Aimeriez-vous que votre fille ou votre femme vous annonce qu’elle veut faire de la prostitution son métier ?
- Si cela peut les aider à être heureuses et contribuer à leur épanouissement…
- Vous pensez que l’on peut être heureuse et s’épanouir de fellations à fellations entre deux pénétrations avec des inconnus souvent vicieux et parfois sales ?
- Il suffirait que vous soyez un peu plus sélective mademoiselle ?
- Réalisez-vous que nous aussi nous subissons les fluctuations capricieuses du binôme offre et demande ?
- Vous permettez que je me mette à vos côtés ? lui fit-il en ouvrant la portière de la voiture…
En guise de réponse elle s’éloigna en se décalant un peu vers la droite.
La silhouette qu’elle découvrit n’était pas mal. Plutôt entre bien faite et parfaite.
L’inconnu prit donc place aux côtés de Sabine. Elle resta appuyée contre la face intérieure de la portière.
Il évita timidement de la regarder en face. Elle, ayant adopté sans le vouloir une posture très suggestive. Elle s’était en fait adaptée à l’espace restreint de la banquette de la voiture et à sa jupe définitivement trop courte. La jambe gauche fléchie contre son torse arcbouté, assise sur la banquette arrière, la jambe droite reposant en position neutre sur le plancher entre les deux sièges, elle attendait…
Il s’asseya normalement à ses côtés à une distance respectable malgré l’espace restreint qu’offrait le véhicule.
Il refusa soigneusement de la regarder en face. Il préféra éviter le regard plongé de rigueur orienté vers son décolleté.
Il évita consciencieusement la rencontre sa vue et la vision béate de son entrecuisse décalotté de sa jupe trop courte.
Elle continuait à attendre. De toutes les façons elle n’était pas pressée. Le temps au rythme de chaque minute passée roulait en sa faveur. En espèce et en papiers monnaie.
Elle n’avait certes aucune idée du temps qui s’était écoulé depuis que l’inconnu le fit monter en voiture après l’avoir abordée. Pour elle, pour son métier, le temps représentait réel et effectivement de l’argent. Aussi n’eut-elle point envie de jeter un coup d’œil même furtif sur le cadran de sa montre.
Dans sa tête elle comptait additionnait et multipliait.
Elle était si absorbée dans ses calculs qu’elle ne fit point attention à la question que lui posait le bel inconnu.
Elle ne s’y attendait surtout pas. Généralement à cet instant des transactions seul prime le langage muet des corps chauffés au rouge en quête de sensations fortes et d’extase enivrante.
Et si question il devait y en avoir, c’était à elle de les poser. D’un ton sec. Coutumier. Faisant usage d’un lexique restreint. D’une profondeur plutôt banale. Du genre comment je me mets ? Qu’est ce que je vous fais ?
L’inconnu dut reformuler sa question quand en matière de réponse sabine lui répliqua qu’elle n’avait ni entendu ni compris sa question.
Il raccourcit cette fois-ci la distance entre les deux. La regarda dans les yeux et lui dit :
- Cette fois-ci vous oubliez vos calculs et vous faites attention à ce que je vais vous dire… (A SUIVRE)
En Haïti, le choléra sème les grains mortels de la colère
L’épidémie de choléra qui a débuté fin octobre prend des dimensions apocalyptiques en Haïti, pays déjà fortement touché par un séisme en janvier.
Tristan Cerf, avec les agences - le 21 novembre 2010, 11h18
Le Matin Dimanche
«Ça va exploser! Les centres de traitement d’urgence de la capitale sont surchargés, on peut donc craindre une catastrophe majeure.» Stéphane Reynier de Montlaux se prépare au pire. Il est à peine 10 h 30 ce vendredi, au Sud-Ouest de la capitale Port-au-Prince, et le coordinateur de Médecins sans frontières suisse en Haïti a déjà passé toute sa matinée en séances interminables. Ici, il faut tout négocier, discuter des heures pour l’installation à l’extérieur du moindre hôpital, d’un centre de traitement des malades du choléra.
C'est la première fois que les Haïtiens ont affaire à cette maladie effrayante qui tue en quatre heures mais est si facile à soigner. Témoins de l’immobilisme dans lequel le pays est plongé depuis le séisme meurtrier du 12 janvier, ils se méfient des mesures prises par les ONG. Comme à l’Hôpital Saint-Marc, lorsque la construction d’un centre de traitement d’urgence destiné à séparer les malades du choléra du reste des patients a été empêchée à coup de pierres. Résultat: l’hôpital a été inondé de cas de choléra et les patients ont dû fuir, propageant plus encore la terrible maladie.
L’ONU accusée
Dans plusieurs villes du pays, des manifestants s’en sont violemment pris aux soldats de l’ONU au cours de la semaine. Ils accusent des soldats népalais d’être à l’origine de l’épidémie.
Vendredi, Les organisations d’aide humanitaire ne travaillaient toujours pas au Cap-Haïtien, une ville du nord du pays qui a connu quatre jours de heurts entre Casques bleus et manifestants durant lesquels trois personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), les violences empêchent de livrer des plats chauds à 190 000 enfants dans les écoles du Cap-Haïtien et de porter assistance à 35 000 femmes enceintes et enfants de moins de cinq ans touchés par la malnutrition.
Signalé pour la première fois fin octobre dans la région des Gonaïves, au nord, le choléra a fait au total 1186 morts et provoqué l’hospitalisation de 19 646 personnes en Haïti depuis le début de l’épidémie, selon le bilan officiel communiqué par les autorités haïtiennes vendredi. Mais ces chiffres sont loin de la réalité. «Il ne s’agit que des cas confirmés par les laboratoires d’Etat, explique Charles Dago, de Médecins du monde. Le problème c’est que 75 à 80% des personnes contaminées sont des porteurs sains.» Seuls 20% déclarent la maladie.
Des Haïtiens trop mobiles
«La propagation de la maladie est accentuée par le fait que les Haïtiens se déplacent beaucoup et très rapidement dans le pays et, pour travailler, en République dominicaine voisine», précise David Dandres, de Terre des hommes Suisse. L’épidémie a d’ailleurs déjà franchi les frontières avec des cas en République dominicaine et aux Etats-Unis, où ils ne devraient pas provoquer d’épidémie dans la mesure où les excréments n’y viennent pas polluer l’eau potable.
Par ailleurs, ce dimanche, deux nouveaux renforts du Corps suisse d’aide humanitaire devraient arriver en Haïti.
Une maladie de pauvres
«Il suffit d’hydrater le malade.» Voici la réponse de tout médecin à qui l’on demande comment soigner le choléra. Ça paraît si simple. Et pourtant. Le choléra est une infection intestinale aiguë due à une bactérie, Vibrio cholerae , qui se transmet par voie directe fécale ou orale, ou par l’ingestion d’eau et d’aliments contaminés. La forme la plus grave de la maladie se caractérise par l’apparition soudaine d’une diarrhée aqueuse aiguë qui peut entraîner une déshydratation sévère et une insuffisance rénale mortelle. La période d’incubation très courte – de deux heures à cinq jours – accroît le risque de flambées explosives car le nombre de cas peut augmenter très rapidement. Sans traitement, la mort survient en quatre à huit heures. Le traitement consiste essentiellement en une réhydratation qui maintient le patient en vie le temps qu’il guérisse spontanément en quelques jours. Dans un pays où tout manque, égouts, eau potable et infrastructures de soin, cette maladie de pauvres peut faire des ravages.
Tristan Cerf, avec les agences - le 21 novembre 2010, 11h18
Le Matin Dimanche
«Ça va exploser! Les centres de traitement d’urgence de la capitale sont surchargés, on peut donc craindre une catastrophe majeure.» Stéphane Reynier de Montlaux se prépare au pire. Il est à peine 10 h 30 ce vendredi, au Sud-Ouest de la capitale Port-au-Prince, et le coordinateur de Médecins sans frontières suisse en Haïti a déjà passé toute sa matinée en séances interminables. Ici, il faut tout négocier, discuter des heures pour l’installation à l’extérieur du moindre hôpital, d’un centre de traitement des malades du choléra.
C'est la première fois que les Haïtiens ont affaire à cette maladie effrayante qui tue en quatre heures mais est si facile à soigner. Témoins de l’immobilisme dans lequel le pays est plongé depuis le séisme meurtrier du 12 janvier, ils se méfient des mesures prises par les ONG. Comme à l’Hôpital Saint-Marc, lorsque la construction d’un centre de traitement d’urgence destiné à séparer les malades du choléra du reste des patients a été empêchée à coup de pierres. Résultat: l’hôpital a été inondé de cas de choléra et les patients ont dû fuir, propageant plus encore la terrible maladie.
L’ONU accusée
Dans plusieurs villes du pays, des manifestants s’en sont violemment pris aux soldats de l’ONU au cours de la semaine. Ils accusent des soldats népalais d’être à l’origine de l’épidémie.
Vendredi, Les organisations d’aide humanitaire ne travaillaient toujours pas au Cap-Haïtien, une ville du nord du pays qui a connu quatre jours de heurts entre Casques bleus et manifestants durant lesquels trois personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), les violences empêchent de livrer des plats chauds à 190 000 enfants dans les écoles du Cap-Haïtien et de porter assistance à 35 000 femmes enceintes et enfants de moins de cinq ans touchés par la malnutrition.
Signalé pour la première fois fin octobre dans la région des Gonaïves, au nord, le choléra a fait au total 1186 morts et provoqué l’hospitalisation de 19 646 personnes en Haïti depuis le début de l’épidémie, selon le bilan officiel communiqué par les autorités haïtiennes vendredi. Mais ces chiffres sont loin de la réalité. «Il ne s’agit que des cas confirmés par les laboratoires d’Etat, explique Charles Dago, de Médecins du monde. Le problème c’est que 75 à 80% des personnes contaminées sont des porteurs sains.» Seuls 20% déclarent la maladie.
Des Haïtiens trop mobiles
«La propagation de la maladie est accentuée par le fait que les Haïtiens se déplacent beaucoup et très rapidement dans le pays et, pour travailler, en République dominicaine voisine», précise David Dandres, de Terre des hommes Suisse. L’épidémie a d’ailleurs déjà franchi les frontières avec des cas en République dominicaine et aux Etats-Unis, où ils ne devraient pas provoquer d’épidémie dans la mesure où les excréments n’y viennent pas polluer l’eau potable.
Par ailleurs, ce dimanche, deux nouveaux renforts du Corps suisse d’aide humanitaire devraient arriver en Haïti.
Une maladie de pauvres
«Il suffit d’hydrater le malade.» Voici la réponse de tout médecin à qui l’on demande comment soigner le choléra. Ça paraît si simple. Et pourtant. Le choléra est une infection intestinale aiguë due à une bactérie, Vibrio cholerae , qui se transmet par voie directe fécale ou orale, ou par l’ingestion d’eau et d’aliments contaminés. La forme la plus grave de la maladie se caractérise par l’apparition soudaine d’une diarrhée aqueuse aiguë qui peut entraîner une déshydratation sévère et une insuffisance rénale mortelle. La période d’incubation très courte – de deux heures à cinq jours – accroît le risque de flambées explosives car le nombre de cas peut augmenter très rapidement. Sans traitement, la mort survient en quatre à huit heures. Le traitement consiste essentiellement en une réhydratation qui maintient le patient en vie le temps qu’il guérisse spontanément en quelques jours. Dans un pays où tout manque, égouts, eau potable et infrastructures de soin, cette maladie de pauvres peut faire des ravages.
Haïti: quatre candidats demandent un report des élections
Publié le 20 novembre 2010
Agence France-Presse, Port-au-Prince
À huit jours des élections présidentielle et législatives en Haïti, quatre des 19 candidats engagés dans la course à la présidence ont demandé un report des scrutins alors que le pays fait face à une épidémie de choléra qui a déjà fait plus de mille morts.
«Nous demandons aux autorités de repousser la date des élections, d'établir et de publier un plan de lutte contre l'épidémie de choléra qui menace la vie de tous les Haïtiens», écrivent Josette Bijou, Gérard Blot, Garaudy Laguerre et Wilson Jeudy, des candidats très mal classés dans les sondages.
Ils réclament la création d'une commission d'enquête indépendante pour déterminer l'origine de la maladie et établir les responsabilités, en indiquant que «plusieurs indices» montrent que la Mission de l'ONU en Haïti (Minustah) a une responsabilité dans l'éclosion du choléra dans le pays.
D'autres candidats ont souhaité que les élections se tiennent à la date prévue, le 28 novembre, pour éviter de nouvelles crises politiques au pays.
«Il n'est pas raisonnable de parler de report, nous sommes à un point où les gens sont prêts à aller voter», a soutenu cette semaine la candidate à la présidence Mirlande Manigat, favorite dans les sondages.
«On ne peut pas reporter les élections d'un mois ou deux, personne ne sait si dans l'intervalle la maladie ne va pas s'aggraver», a affirmé un autre candidat, Leslie Voltaire.
Près de 4,7 millions d'Haïtiens sont appelés à choisir un successeur au président René Préval. Ils devront également élire 11 sénateurs et 99 députés.
Des milliers d'Haïtiens ont manifesté cette semaine, parfois violemment, dans certaines villes du pays, dont la capitale Port-au-Prince, pour réclamer le départ des forces onusiennes, accusées d'être à l'origine de l'épidémie, et reprocher aux autorités leur gestion de la maladie.
Au moins cinq personnes sont mortes et plusieurs ont été blessées au cours de heurts, dont au moins six parmi les Casques bleus.
«Nous saluons le courage et la détermination des gens qui manifestent chaque jour dans les rues pour exiger le respect de leur dignité. Nous réclamons justice et réparation pour les victimes de la maladie», poursuivent les quatre candidats souhaitant un report des élections.
Sans aller jusqu'à là, Yvon Neptune, un ancien premier ministre également candidat à la présidence, regrette le manque de préparation des autorités face à la maladie. «Le gouvernement doit donner des indications claires au lieu de laisser tout le monde dans le flou. Quelle garantie avons-nous que les élections peuvent se tenir dans le contexte actuel?"
Il rappelle que le ministère de la Santé avait déconseillé au début de l'épidémie les rassemblements politiques dans les endroits où la maladie, très contagieuse, s'est développée. «Aujourd'hui, c'est tout le pays» qui est touché, remarque-t-il.
Depuis son apparition à la mi-octobre, le choléra a fait au moins 1186 morts, tandis que près de 20 000 personnes ont été hospitalisées, selon le dernier bilan des autorités de Haïti, pays le plus pauvre des Amériques, touché en janvier dernier par un séisme dévastateur qui a fait plus de 250 000 morts.
Un bilan que le docteur français Gérard Chevallier, qui travaille avec les autorités sanitaires haïtiennes, juge toutefois «sous-évalué». «Les notifications sont imparfaites, il y a des zones où des personnes meurent et personne ne le sait», affirme-t-il dans un entretien à l'AFP, précisant que les «deux tiers du territoire ne sont accessibles qu'à pieds».
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201011/20/01-4344683-haiti-quatre-candidats-demandent-un-report-des-elections.php
Commentaires:
Trop tard messieurs les faceties de candidats à la présidence. Il fallait s'opposer aux élections le 13 janvier. Pas maintenant. Comme disent les anglosaxons les élections en Haïti sont une vrai "Pain in the ass". Il faut en finir pour penser et passer à autre chose.
Il faut souhaiter que les haïtiens se réveillent et ouvrent leurs yeux en donnant au pays la meilleure des chances c'est à dire voter pour le meilleur candidat qui aujourd'hui sans aucun doute reste MADAME MYRLANDE MANIGAT...
Agence France-Presse, Port-au-Prince
À huit jours des élections présidentielle et législatives en Haïti, quatre des 19 candidats engagés dans la course à la présidence ont demandé un report des scrutins alors que le pays fait face à une épidémie de choléra qui a déjà fait plus de mille morts.
«Nous demandons aux autorités de repousser la date des élections, d'établir et de publier un plan de lutte contre l'épidémie de choléra qui menace la vie de tous les Haïtiens», écrivent Josette Bijou, Gérard Blot, Garaudy Laguerre et Wilson Jeudy, des candidats très mal classés dans les sondages.
Ils réclament la création d'une commission d'enquête indépendante pour déterminer l'origine de la maladie et établir les responsabilités, en indiquant que «plusieurs indices» montrent que la Mission de l'ONU en Haïti (Minustah) a une responsabilité dans l'éclosion du choléra dans le pays.
D'autres candidats ont souhaité que les élections se tiennent à la date prévue, le 28 novembre, pour éviter de nouvelles crises politiques au pays.
«Il n'est pas raisonnable de parler de report, nous sommes à un point où les gens sont prêts à aller voter», a soutenu cette semaine la candidate à la présidence Mirlande Manigat, favorite dans les sondages.
«On ne peut pas reporter les élections d'un mois ou deux, personne ne sait si dans l'intervalle la maladie ne va pas s'aggraver», a affirmé un autre candidat, Leslie Voltaire.
Près de 4,7 millions d'Haïtiens sont appelés à choisir un successeur au président René Préval. Ils devront également élire 11 sénateurs et 99 députés.
Des milliers d'Haïtiens ont manifesté cette semaine, parfois violemment, dans certaines villes du pays, dont la capitale Port-au-Prince, pour réclamer le départ des forces onusiennes, accusées d'être à l'origine de l'épidémie, et reprocher aux autorités leur gestion de la maladie.
Au moins cinq personnes sont mortes et plusieurs ont été blessées au cours de heurts, dont au moins six parmi les Casques bleus.
«Nous saluons le courage et la détermination des gens qui manifestent chaque jour dans les rues pour exiger le respect de leur dignité. Nous réclamons justice et réparation pour les victimes de la maladie», poursuivent les quatre candidats souhaitant un report des élections.
Sans aller jusqu'à là, Yvon Neptune, un ancien premier ministre également candidat à la présidence, regrette le manque de préparation des autorités face à la maladie. «Le gouvernement doit donner des indications claires au lieu de laisser tout le monde dans le flou. Quelle garantie avons-nous que les élections peuvent se tenir dans le contexte actuel?"
Il rappelle que le ministère de la Santé avait déconseillé au début de l'épidémie les rassemblements politiques dans les endroits où la maladie, très contagieuse, s'est développée. «Aujourd'hui, c'est tout le pays» qui est touché, remarque-t-il.
Depuis son apparition à la mi-octobre, le choléra a fait au moins 1186 morts, tandis que près de 20 000 personnes ont été hospitalisées, selon le dernier bilan des autorités de Haïti, pays le plus pauvre des Amériques, touché en janvier dernier par un séisme dévastateur qui a fait plus de 250 000 morts.
Un bilan que le docteur français Gérard Chevallier, qui travaille avec les autorités sanitaires haïtiennes, juge toutefois «sous-évalué». «Les notifications sont imparfaites, il y a des zones où des personnes meurent et personne ne le sait», affirme-t-il dans un entretien à l'AFP, précisant que les «deux tiers du territoire ne sont accessibles qu'à pieds».
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201011/20/01-4344683-haiti-quatre-candidats-demandent-un-report-des-elections.php
Commentaires:
Trop tard messieurs les faceties de candidats à la présidence. Il fallait s'opposer aux élections le 13 janvier. Pas maintenant. Comme disent les anglosaxons les élections en Haïti sont une vrai "Pain in the ass". Il faut en finir pour penser et passer à autre chose.
Il faut souhaiter que les haïtiens se réveillent et ouvrent leurs yeux en donnant au pays la meilleure des chances c'est à dire voter pour le meilleur candidat qui aujourd'hui sans aucun doute reste MADAME MYRLANDE MANIGAT...
Un verre d'eau pour éteindre un incendie
Publié le 20 novembre 2010
Agnès Gruda, La Presse
Cinq semaines après l'apparition des premiers cas de choléra en Haïti, l'organisation humanitaire Médecins sans frontières, qui soigne 80% des victimes de la maladie, est au bord de la crise des nerfs. Ses installations débordent. Et les patients sont de plus en plus nombreux.
Jusqu'à maintenant, tous les malades qui se sont présentés dans des centres de traitement du choléra ont pu être soignés. Mais si la tendance se maintient, ça ne durera pas. «À la fin du mois, nous nous attendons à recevoir jusqu'à 500 malades par jour. Nous allons être dépassés. Nous avons besoin d'aide», dit Virginie Cauderlier, responsable des soins médicaux au centre de traitement du choléra de Sarthe.
Aménagé sur un terrain appartenant à la brasserie Brana, derrière l'aéroport, ce centre compte une quinzaine de tentes pouvant accueillir une vingtaine de lits chacune. C'est là que l'on envoie les malades les plus atteints, quand leur état a été stabilisé au point de permettre leur transport.
Les tentes s'alignent en rangées, avec leurs lits troués et des patients qui vomissent en gémissant. Hier matin, plusieurs de ces lits étaient vides. Mais ce calme n'était qu'apparent. «Les listes d'attente sont pas possibles», dit Virginie Cauderlier.
Le problème, ce n'est pas seulement le manque de lits. C'est aussi qu'il n'y a plus assez de personnel médical pour soigner les malades. Les médecins et les infirmières haïtiens ne s'y connaissent pas en choléra, maladie que l'on n'a pas vue dans ce pays depuis un siècle. Il faut les former. Et surmonter les craintes qu'inspire cette maladie.
À Sarthe, on continue à aménager de nouvelles tentes. Bientôt, le centre pourra soigner 400 patients à la fois. Même course contre l'épidémie dans l'unité de traitement de l'hôpital Choscal, dans Cité Soleil. Il y a tellement de malades que des lits ont dû être installés à l'extérieur, en attendant l'aménagement de nouvelles tentes médicales.
Cette semaine, MSF se préparait à emménager dans un vieux bâtiment abandonné près de l'hôpital. Mais la propagation de l'épidémie s'accélère. La porte-parole de MSF, Isabelle Jeanson, résume la situation en ces mots: «Nous nous débattons, c'est une course contre la montre.»
L'organisation humanitaire se sent un peu seule dans la galère du choléra haïtien. Hier, elle a publié un appel à la mobilisation générale. «Nous constatons que 80% du travail est assuré par une seule organisation, le choléra est une maladie facile à soigner, mais il faut une action globale», dit Stefano Zannini, le chef de la mission de MSF en Haïti.
S'il y avait des points d'hydratation dans les quartiers de Port-au-Prince, la vaste majorité des malades pourraient se soigner chez eux, sans aller à l'hôpital, explique-t-il. Il faut aussi distribuer des kits pour l'enterrement hygiénique des cadavres, améliorer les conditions d'hygiène dans les camps et les bidonvilles.
«Nous sommes au bout de nos capacités. Bientôt, on devra refuser des patients. Et il y aura une augmentation de la mortalité.»
Aux yeux de Stefano Zannini, la lutte contre le choléra en Haïti ressemble un peu à un incendie que l'on tenterait d'éteindre avec un verre d'eau.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201011/20/01-4344664-un-verre-deau-pour-eteindre-un-incendie.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4344659_article_POS1
Agnès Gruda, La Presse
Cinq semaines après l'apparition des premiers cas de choléra en Haïti, l'organisation humanitaire Médecins sans frontières, qui soigne 80% des victimes de la maladie, est au bord de la crise des nerfs. Ses installations débordent. Et les patients sont de plus en plus nombreux.
Jusqu'à maintenant, tous les malades qui se sont présentés dans des centres de traitement du choléra ont pu être soignés. Mais si la tendance se maintient, ça ne durera pas. «À la fin du mois, nous nous attendons à recevoir jusqu'à 500 malades par jour. Nous allons être dépassés. Nous avons besoin d'aide», dit Virginie Cauderlier, responsable des soins médicaux au centre de traitement du choléra de Sarthe.
Aménagé sur un terrain appartenant à la brasserie Brana, derrière l'aéroport, ce centre compte une quinzaine de tentes pouvant accueillir une vingtaine de lits chacune. C'est là que l'on envoie les malades les plus atteints, quand leur état a été stabilisé au point de permettre leur transport.
Les tentes s'alignent en rangées, avec leurs lits troués et des patients qui vomissent en gémissant. Hier matin, plusieurs de ces lits étaient vides. Mais ce calme n'était qu'apparent. «Les listes d'attente sont pas possibles», dit Virginie Cauderlier.
Le problème, ce n'est pas seulement le manque de lits. C'est aussi qu'il n'y a plus assez de personnel médical pour soigner les malades. Les médecins et les infirmières haïtiens ne s'y connaissent pas en choléra, maladie que l'on n'a pas vue dans ce pays depuis un siècle. Il faut les former. Et surmonter les craintes qu'inspire cette maladie.
À Sarthe, on continue à aménager de nouvelles tentes. Bientôt, le centre pourra soigner 400 patients à la fois. Même course contre l'épidémie dans l'unité de traitement de l'hôpital Choscal, dans Cité Soleil. Il y a tellement de malades que des lits ont dû être installés à l'extérieur, en attendant l'aménagement de nouvelles tentes médicales.
Cette semaine, MSF se préparait à emménager dans un vieux bâtiment abandonné près de l'hôpital. Mais la propagation de l'épidémie s'accélère. La porte-parole de MSF, Isabelle Jeanson, résume la situation en ces mots: «Nous nous débattons, c'est une course contre la montre.»
L'organisation humanitaire se sent un peu seule dans la galère du choléra haïtien. Hier, elle a publié un appel à la mobilisation générale. «Nous constatons que 80% du travail est assuré par une seule organisation, le choléra est une maladie facile à soigner, mais il faut une action globale», dit Stefano Zannini, le chef de la mission de MSF en Haïti.
S'il y avait des points d'hydratation dans les quartiers de Port-au-Prince, la vaste majorité des malades pourraient se soigner chez eux, sans aller à l'hôpital, explique-t-il. Il faut aussi distribuer des kits pour l'enterrement hygiénique des cadavres, améliorer les conditions d'hygiène dans les camps et les bidonvilles.
«Nous sommes au bout de nos capacités. Bientôt, on devra refuser des patients. Et il y aura une augmentation de la mortalité.»
Aux yeux de Stefano Zannini, la lutte contre le choléra en Haïti ressemble un peu à un incendie que l'on tenterait d'éteindre avec un verre d'eau.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201011/20/01-4344664-un-verre-deau-pour-eteindre-un-incendie.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4344659_article_POS1
Port-au-Prince sur le point d'exploser
Publié le 20 novembre 2010
Agnès Gruda, La Presse
(Haïti) Mercredi, Jenny Duperval était encore en pleine forme. À la sortie de l'école, elle a joué avec des bambins dans une des ruelles étroites de Cité Soleil, le grand bidonville de Port-au-Prince.
Mais le lendemain matin, la fillette de 5 ans s'est effondrée. Diarrhée, vomissements. Jenny a de la chance: elle habite juste derrière l'hôpital Choscal, où Médecins sans frontières a aménagé une unité de traitement du choléra.
Jeudi après-midi, Jenny y était assise, toute nue sur un lit troué: les patients atteints de choléra n'ont pas le temps de courir aux toilettes.
Elle ne disait pas un mot et triturait un morceau de bandage sur son bras. Son père, Jean-Claude, veillait à ses côtés. Il nous a expliqué que la soeur aînée de Jenny avait eu le choléra, quelques jours plus tôt. «Vous savez, elles dorment ensemble, dans le même lit.»
À vrai dire, le mot «lit» décrit mal l'endroit où Jenny, ses parents et ses quatre frères et soeurs vivent entassés, à sept dans une case de béton d'une seule petite pièce.
Devant la maison, un caniveau où s'écoule une eau boueuse pleine de détritus. Dans le vestibule, des ustensiles de cuisine posés à même le sol. Dans la chambre sans fenêtre, l'air est irrespirable. Un rideau coupe la pièce en deux. Derrière le rideau, un bébé gazouille sur une structure de bois recouverte d'un tas de couvertures. Devant, il n'y a qu'un plancher de ciment. C'est là que les Duperval s'étendent pour la nuit.
Depuis que l'épidémie a commencé, Jean-Claude lave le sol à l'eau de javel. Les jours où il en a les moyens. À Cité Soleil, il n'y a ni toilettes ni eau courante. Les gens font leurs besoins dans un pot qu'ils vident dans la mer toute proche. Quelques pas plus loin, des pêcheurs étendent leurs filets. Les poissons qu'ils attrapent traversent l'eau souillée d'excréments.
Or, la bactérie du choléra se transmet par les matières fécales. Et elle prolifère remarquablement bien en milieu salin. Elle a aussi tendance à s'accrocher aux couvertures et matelas.
Tout, dans les conditions de vie de la famille Duperval, contribue aux risques de contagion. Le fait de dormir les uns sur les autres; l'absence d'eau potable; l'impossibilité de préserver des conditions d'hygiène minimales; et l'extrême pauvreté qui ne permet pas d'acheter des produits pour traiter l'eau.
«À Cité Soleil, on vit dans une grande promiscuité, les gens font leurs besoins à même le sol et ils n'ont pas assez d'argent pour acheter de l'eau traitée, la situation est vraiment inconfortable», résume le chef des nouvelles de la station locale Radio Boukman, Jean Joceler.
«C'est impossible de stopper l'épidémie dans ces conditions, les gens vivent les uns sur les autres, quand quelqu'un attrape le choléra, sa soeur, son frère vont l'avoir aussi, c'est sûr», dit Virginie Cauderlier, infirmière responsable des services médicaux à Sarthe, un des grands centres de traitement du choléra de la capitale.
Mme Cauderlier a soigné les victimes de plusieurs épidémies de choléra dans le monde, mais elle dit n'avoir jamais vu une crise comme celle qui sévit à Port-au-Prince. Et elle craint ce qui s'en vient: «La ville est une bombe sur le point d'exploser!»
L'épidémie gagne du terrain
Depuis le tremblement de terre du 12 janvier, plus d'un million d'habitants de Port-au-Prince vivent dans des abris improvisés qu'ils ont rafistolés au fil des mois, avec des planches de contreplaqué et des bouts de tôle.
Les organisations humanitaires visitent régulièrement ces camps. Elles y ont installé des latrines et distribuent de l'eau potable.
Ces camps ne sont pas des palaces, bien sûr. Mais à mesure que l'épidémie de choléra s'étend à Port-au-Prince, ce qui inquiète le plus, ce sont les bidonvilles qui ne reçoivent pas autant d'attention de la part des ONG internationales.
Des 3000 cas de choléra recensés jusqu'à maintenant dans la capitale, la plupart se sont d'ailleurs déclarés à Cité Soleil. Mais le nombre de cas augmente dans d'autres bidonvilles, celui de Martissant, par exemple. Et la maladie commence aussi à se manifester dans les camps où s'entassent les victimes du séisme du 12 janvier.
Prenez Delmas 2, un camp installé sur l'ancienne place de la Paix. Dans une ruelle, la poubelle déborde de déchets. Autour de la poubelle, une eau stagnante et brunâtre. Près de là un gamin nu comme un ver donne des coups de pied dans une boule de papier. Le ballon improvisé roule dans la boue. Et le garçon le suit, nu-pieds.
C'est dans ces mêmes circonstances que Ryan, le fils de Choupette Lafortune, a attrapé le choléra, la semaine dernière. Le gamin de 10 ans s'est mis soudainement à vomir, quelques heures après avoir joué au soccer dans une flaque d'eau sale de Delmas 2.
Jeudi, il était soigné dans une aile isolée, aménagée dans la cour de l'hôpital général de Port-au-Prince pour les victimes du choléra. Avec Samaëlle, sa petite soeur...
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/seisme-en-haiti/la-presse-en-haiti/201011/20/01-4344659-port-au-prince-sur-le-point-dexploser.php
Agnès Gruda, La Presse
(Haïti) Mercredi, Jenny Duperval était encore en pleine forme. À la sortie de l'école, elle a joué avec des bambins dans une des ruelles étroites de Cité Soleil, le grand bidonville de Port-au-Prince.
![]() |
| Des 3000 cas de choléra recensés jusqu'à maintenant dans la capitale, la plupart se sont déclarés à Cité Soleil. Photo: AP |
Jeudi après-midi, Jenny y était assise, toute nue sur un lit troué: les patients atteints de choléra n'ont pas le temps de courir aux toilettes.
Elle ne disait pas un mot et triturait un morceau de bandage sur son bras. Son père, Jean-Claude, veillait à ses côtés. Il nous a expliqué que la soeur aînée de Jenny avait eu le choléra, quelques jours plus tôt. «Vous savez, elles dorment ensemble, dans le même lit.»
À vrai dire, le mot «lit» décrit mal l'endroit où Jenny, ses parents et ses quatre frères et soeurs vivent entassés, à sept dans une case de béton d'une seule petite pièce.
Devant la maison, un caniveau où s'écoule une eau boueuse pleine de détritus. Dans le vestibule, des ustensiles de cuisine posés à même le sol. Dans la chambre sans fenêtre, l'air est irrespirable. Un rideau coupe la pièce en deux. Derrière le rideau, un bébé gazouille sur une structure de bois recouverte d'un tas de couvertures. Devant, il n'y a qu'un plancher de ciment. C'est là que les Duperval s'étendent pour la nuit.
Depuis que l'épidémie a commencé, Jean-Claude lave le sol à l'eau de javel. Les jours où il en a les moyens. À Cité Soleil, il n'y a ni toilettes ni eau courante. Les gens font leurs besoins dans un pot qu'ils vident dans la mer toute proche. Quelques pas plus loin, des pêcheurs étendent leurs filets. Les poissons qu'ils attrapent traversent l'eau souillée d'excréments.
Or, la bactérie du choléra se transmet par les matières fécales. Et elle prolifère remarquablement bien en milieu salin. Elle a aussi tendance à s'accrocher aux couvertures et matelas.
Tout, dans les conditions de vie de la famille Duperval, contribue aux risques de contagion. Le fait de dormir les uns sur les autres; l'absence d'eau potable; l'impossibilité de préserver des conditions d'hygiène minimales; et l'extrême pauvreté qui ne permet pas d'acheter des produits pour traiter l'eau.
«À Cité Soleil, on vit dans une grande promiscuité, les gens font leurs besoins à même le sol et ils n'ont pas assez d'argent pour acheter de l'eau traitée, la situation est vraiment inconfortable», résume le chef des nouvelles de la station locale Radio Boukman, Jean Joceler.
«C'est impossible de stopper l'épidémie dans ces conditions, les gens vivent les uns sur les autres, quand quelqu'un attrape le choléra, sa soeur, son frère vont l'avoir aussi, c'est sûr», dit Virginie Cauderlier, infirmière responsable des services médicaux à Sarthe, un des grands centres de traitement du choléra de la capitale.
Mme Cauderlier a soigné les victimes de plusieurs épidémies de choléra dans le monde, mais elle dit n'avoir jamais vu une crise comme celle qui sévit à Port-au-Prince. Et elle craint ce qui s'en vient: «La ville est une bombe sur le point d'exploser!»
L'épidémie gagne du terrain
Depuis le tremblement de terre du 12 janvier, plus d'un million d'habitants de Port-au-Prince vivent dans des abris improvisés qu'ils ont rafistolés au fil des mois, avec des planches de contreplaqué et des bouts de tôle.
Les organisations humanitaires visitent régulièrement ces camps. Elles y ont installé des latrines et distribuent de l'eau potable.
Ces camps ne sont pas des palaces, bien sûr. Mais à mesure que l'épidémie de choléra s'étend à Port-au-Prince, ce qui inquiète le plus, ce sont les bidonvilles qui ne reçoivent pas autant d'attention de la part des ONG internationales.
Des 3000 cas de choléra recensés jusqu'à maintenant dans la capitale, la plupart se sont d'ailleurs déclarés à Cité Soleil. Mais le nombre de cas augmente dans d'autres bidonvilles, celui de Martissant, par exemple. Et la maladie commence aussi à se manifester dans les camps où s'entassent les victimes du séisme du 12 janvier.
Prenez Delmas 2, un camp installé sur l'ancienne place de la Paix. Dans une ruelle, la poubelle déborde de déchets. Autour de la poubelle, une eau stagnante et brunâtre. Près de là un gamin nu comme un ver donne des coups de pied dans une boule de papier. Le ballon improvisé roule dans la boue. Et le garçon le suit, nu-pieds.
C'est dans ces mêmes circonstances que Ryan, le fils de Choupette Lafortune, a attrapé le choléra, la semaine dernière. Le gamin de 10 ans s'est mis soudainement à vomir, quelques heures après avoir joué au soccer dans une flaque d'eau sale de Delmas 2.
Jeudi, il était soigné dans une aile isolée, aménagée dans la cour de l'hôpital général de Port-au-Prince pour les victimes du choléra. Avec Samaëlle, sa petite soeur...
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/seisme-en-haiti/la-presse-en-haiti/201011/20/01-4344659-port-au-prince-sur-le-point-dexploser.php
Haïti - Epidémie : Manifestation anti-haïtiens en République Dominicaine
20/11/2010 15:00:39 Haïti - Epidémie : Manifestation anti-haïtiens en République Dominicaine
Wilmo Louwes, d’origine Haïtienne, le premier cas de choléra confirmé en République Dominicaine est sortie de l’hôpital hier vers 10:00 du matin en bonne santé, après que le Dr Reyes, responsable de l’hôpital où il a été soigné, lui ait confirmé qu’il ne pouvait pas infecter d’autres personnes.
Toutefois, les problèmes de Wilmo ne faisait que commencé. Il s’est vu refuser l’accès à l’appartement qu’il louait avec sa compagne depuis 3 ans, au 46, rue Julia Peña à San Martín un secteur d'Higuey. Le propriétaire lui a expliqué (sous pression), qu’il devait se trouver un autre appartement, les autres locataires menaçaient de partir, si « l’haïtien qui avait eu le choléra » revenait habiter dans l’immeuble. Wilmo Louwes et sa compagne ont dû déménager ce samedi vers une destination inconnue.
Samedi, dans la municipalité de El Peñón de Barahona, un groupe de résidents est descendu dans la rue pour manifester. La foule demandait aux autorités sanitaires, militaires et aux forces de l'ordre d’arrêter les haïtiens qui vivent dans cette municipalité, accusant ces derniers, une communauté d’environ 500 haïtiens sans papier, d’être porteur du choléra. Les manifestants animés par la peur, armés de bâtons, ont brûlés des pneus et bloqués les rues, jetant des pierres et des bouteilles. Un manifestant a déclaré « Nous ne voulons pas de la présence des haïtiens dans El Peñón parce que nous avons des informations qu’ils ont le choléra ».
Des situations qui risquent malheureusement de ce reproduire dans les zones rurales, alimentées par l’ignorance et la peur du choléra, à l’image de ce qui se passe en Haïti où les casques bleus sont devenus, sans distinction, les « criminels » qui ont apporté la maladie, la mort et la désolation, et où la vue d’un compatriote atteint du choléra provoque la fuite au lieu de lui porter secours. Il est urgent que des campagnes d’informations et de sensibilisations soient mises en place auprès des populations peu éduquées, des deux pays, avant que l’irréparable ne soit commis.
http://www.haitilibre.com/article-1706-haiti-epidemie-manifestation-anti-haitiens-en-republique-dominicaine.html
Commentaires:
J'ai revu ces scènes dans ma tête depuis le début. Alors que l'on a du mal à admettre que la maladie ait été transportée par les casques bleus de l'ONU, toute la population haïtienne de la République Dominicaine sera en grand danger.
Là personne ne va pouvoir dire aux dominicains que les haïtiens ne sont pour rien dans la transmission et la propagation de la maladie. Alors l'ONU va-t-elle partager le sort réservé aux haïtiens par les dominicains?
Wilmo Louwes, d’origine Haïtienne, le premier cas de choléra confirmé en République Dominicaine est sortie de l’hôpital hier vers 10:00 du matin en bonne santé, après que le Dr Reyes, responsable de l’hôpital où il a été soigné, lui ait confirmé qu’il ne pouvait pas infecter d’autres personnes.
Toutefois, les problèmes de Wilmo ne faisait que commencé. Il s’est vu refuser l’accès à l’appartement qu’il louait avec sa compagne depuis 3 ans, au 46, rue Julia Peña à San Martín un secteur d'Higuey. Le propriétaire lui a expliqué (sous pression), qu’il devait se trouver un autre appartement, les autres locataires menaçaient de partir, si « l’haïtien qui avait eu le choléra » revenait habiter dans l’immeuble. Wilmo Louwes et sa compagne ont dû déménager ce samedi vers une destination inconnue.
Samedi, dans la municipalité de El Peñón de Barahona, un groupe de résidents est descendu dans la rue pour manifester. La foule demandait aux autorités sanitaires, militaires et aux forces de l'ordre d’arrêter les haïtiens qui vivent dans cette municipalité, accusant ces derniers, une communauté d’environ 500 haïtiens sans papier, d’être porteur du choléra. Les manifestants animés par la peur, armés de bâtons, ont brûlés des pneus et bloqués les rues, jetant des pierres et des bouteilles. Un manifestant a déclaré « Nous ne voulons pas de la présence des haïtiens dans El Peñón parce que nous avons des informations qu’ils ont le choléra ».
Des situations qui risquent malheureusement de ce reproduire dans les zones rurales, alimentées par l’ignorance et la peur du choléra, à l’image de ce qui se passe en Haïti où les casques bleus sont devenus, sans distinction, les « criminels » qui ont apporté la maladie, la mort et la désolation, et où la vue d’un compatriote atteint du choléra provoque la fuite au lieu de lui porter secours. Il est urgent que des campagnes d’informations et de sensibilisations soient mises en place auprès des populations peu éduquées, des deux pays, avant que l’irréparable ne soit commis.
http://www.haitilibre.com/article-1706-haiti-epidemie-manifestation-anti-haitiens-en-republique-dominicaine.html
Commentaires:
J'ai revu ces scènes dans ma tête depuis le début. Alors que l'on a du mal à admettre que la maladie ait été transportée par les casques bleus de l'ONU, toute la population haïtienne de la République Dominicaine sera en grand danger.
Là personne ne va pouvoir dire aux dominicains que les haïtiens ne sont pour rien dans la transmission et la propagation de la maladie. Alors l'ONU va-t-elle partager le sort réservé aux haïtiens par les dominicains?
En Haïti, les humanitaires s'avouent démunis face au choléra
samedi 20 novembre 2010
Par RFI
Médecins sans frontières et l'agence onusienne OCHA tirent la sonnette d'alarme à propos de l'épidémie de choléra en Haïti. Ils réclament davantage de moyens pour lutter contre la propagation d'une maladie qui a dejà fait près de 1 200 morts et touché quelque 18 000 personnes.
La réponse internationale à l'épidémie de choléra est inadaptée et manque de financement estiment dans un communiqué les deux agences. Sur son site internet, OCHA l'agence des Nations unies, réclame plus de 160 millions de dollars pour faire face à cette grave situation sanitaire.
Pour Mégo Terzian responsables des urgences à Médecins sans frontières, c'est aussi un problème de moyens humains : « Nous, on a réussi à installer des centres de traitement spécialisés un peu partout, dans le nord du pays, notamment dans l’Artibonite pour Port-de Paix et Cap-Haïtien, mais on ne constate pas d’autres acteurs ou très peu d’acteurs impliqués ».
La question des moyens humains et financiers est d'autant plus importante que le choléra n'est pas une fatalité. Certes, l'épidémie a tué depuis plus d'un mois 1 200 personnes mais 20 000 autres ont aussi été touchées par la maladie et ont pu être soignées grâce à des traitements qui sont parfaitement connus.
Mego Terzian : « C’est une maladie certes qui se transmet assez rapidement, mais s’il y a des soins appropriés, le pronostic de cette maladie est plutôt positif ; 98 % des malades sortent guéris des centres de traitement spécialisés ».
Si les moyens sont insuffisants, c'est aussi en raison de la réaction irrationnelle qui voudrait que l'épidémie soit venue des casques bleus de la Minustah. Les attaques contre eux compliquent encore plus le déploiement de moyens suffisants partout dans le pays.
http://www.rfi.fr/ameriques/20101120-haiti-humanitaires-s-avouent-demunis-face-cholera
Par RFI
Médecins sans frontières et l'agence onusienne OCHA tirent la sonnette d'alarme à propos de l'épidémie de choléra en Haïti. Ils réclament davantage de moyens pour lutter contre la propagation d'une maladie qui a dejà fait près de 1 200 morts et touché quelque 18 000 personnes.
La réponse internationale à l'épidémie de choléra est inadaptée et manque de financement estiment dans un communiqué les deux agences. Sur son site internet, OCHA l'agence des Nations unies, réclame plus de 160 millions de dollars pour faire face à cette grave situation sanitaire.
Pour Mégo Terzian responsables des urgences à Médecins sans frontières, c'est aussi un problème de moyens humains : « Nous, on a réussi à installer des centres de traitement spécialisés un peu partout, dans le nord du pays, notamment dans l’Artibonite pour Port-de Paix et Cap-Haïtien, mais on ne constate pas d’autres acteurs ou très peu d’acteurs impliqués ».
La question des moyens humains et financiers est d'autant plus importante que le choléra n'est pas une fatalité. Certes, l'épidémie a tué depuis plus d'un mois 1 200 personnes mais 20 000 autres ont aussi été touchées par la maladie et ont pu être soignées grâce à des traitements qui sont parfaitement connus.
Mego Terzian : « C’est une maladie certes qui se transmet assez rapidement, mais s’il y a des soins appropriés, le pronostic de cette maladie est plutôt positif ; 98 % des malades sortent guéris des centres de traitement spécialisés ».
Si les moyens sont insuffisants, c'est aussi en raison de la réaction irrationnelle qui voudrait que l'épidémie soit venue des casques bleus de la Minustah. Les attaques contre eux compliquent encore plus le déploiement de moyens suffisants partout dans le pays.
http://www.rfi.fr/ameriques/20101120-haiti-humanitaires-s-avouent-demunis-face-cholera
Manifestants abattus en Haïti
Par Bill Van Auken 20 novembre 2010
Haïti demeure tendue à la suite des violents affrontements survenus lundi entre des manifestants et des troupes des Nations unies qui ont fait au moins deux morts et seize blessés à Cap-Haïtien, la deuxième plus grande ville du pays.
La ville portuaire, située à environ 300 kilomètres au nord de la capitale Port-au-Prince, était toujours largement paralysée mardi : les écoles, les bureaux de la fonction publique et les commerces étaient fermés, des rues étaient bloquées par des barricades de pneus enflammés et on a rapporté que des fusillades étaient entendues sporadiquement. Le pont menant à l'aéroport de la ville avait été bloqué par des barrières de métal soudées entre elles.
Les Nations unies ont envoyé un contingent de troupes espagnoles pour renforcer sa garnison à Cap-Haïtien.
Les violences ont éclaté lundi après que des milliers de manifestants sont sortis dans les rues pour protester contre la force d'occupation de l'ONU (connue sous le nom de MINUSTAH, Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti), que de nombreuses personnes accusent d'être responsable de l'épidémie de choléra qui a fait plus de 1000 victimes, et pour dénoncer le gouvernement du premier ministre René Préval et sa réponse inadéquate à la propagation de la maladie.
Les troupes de l'ONU et la police haïtienne ont tenté de disperser les manifestants à l'aide de gaz lacrymogènes, provoquant du coup un mouvement de foule dans lequel plusieurs personnes ont été blessées. Les manifestants ont réagi en lançant des pierres, et selon les responsables de l'ONU, par des coups de feu. Les soldats ont tiré dans la foule, tuant un jeune d'une balle dans le dos dans Quartier-Morin, tout juste à l'extérieur de la ville. Un autre homme a été abattu à Cap-Haïtien. On a rapporté jusqu'à 16 blessés, dont plusieurs dans un état grave.
Les manifestants ont incendié un poste de police et des voitures de police et ont pillé un entrepôt de nourriture.
De plus petites manifestations ont aussi été rapportées à Hinche et dans Les Gonaïves, au centre et au nord du pays, ainsi que dans la capitale. À Hinche, une foule de plusieurs centaines de personnes a lancé des pierres à une division népalaise des troupes onusiennes, largement blâmée pour l'épidémie de choléra.
Des responsables de la santé publique soutiennent qu'il est difficile de déterminer avec certitude comment la bactérie a pu être introduite au pays, qui n'a connu aucun cas de choléra en un siècle. Cependant, l'épidémie a été déclenchée peu après l'arrivée du bataillon népalais le mois dernier. Le Népal a récemment dû faire face à sa propre épidémie de choléra.
Les reporters qui ont visité la base des troupes y ont trouvé des problèmes sanitaires, dont des excréments rejetés dans la rivière Artibonite. La région a été l’épicentre de l’épidémie de choléra, qui est attribué à la contamination de la rivière. Les scientifiques des centres américains de prévention et de contrôle des maladies, entre-temps, ont confirmé que la souche de la bactérie est courante en Asie du Sud.
Des soupçons voulant que les troupes de l’ONU aient introduit la maladie mortelle en Haïti ont enflammé les ressentiments non exprimés envers la soi-disant force du maintien de la paix en Haïti. Elle y a été déployée après le coup d’État orchestré par les États-Unis qui a renversé le président Jean-Bertrand Aristide et contraint à l’exil. Comptant quelque 12.000 soldats, le MINUSTAH dirigé par le Brésil est largement considéré comme une force d’occupation dont le but est de s’opposer l’agitation populaire.
Les fonctionnaires des Nations unies en Haïti ont tenté de rejeter les soulèvements à Cap-Haitien comme étant le travail d’agitateurs politiques qui cherchent à déstabiliser le pays à l’approche des élections nationales prévues pour le 28 novembre.
Dans une déclaration, le MINUSTAH a affirmé que « la façon dont se sont déroulés les événements suggèrent que ces incidents ont été motivés politiquement, visant à créer un climat d’insécurité à la veille des élections ». La déclaration continuait, « le MINUSTAH fait appel à la population pour qu’elle reste vigilante et ne se laisse pas manipuler par les ennemis de la stabilité et de la démocratie dans le pays ». Les officiels de l’ONU n’ont donné aucune indication quant à l’identité de ces « ennemis ».
La colère populaire à Cap-Haitien et ailleurs dans le pays a été alimentée par la propagation rapide du choléra. Haïti Libre a rapporté que des « cadavres de personnes mortes du choléra jonchaient les rues de la ville durant la fin de semaine ». Il a cité un fonctionnaire de la ville de Cap-Haitien disant qu’« au moins vingt corps ont été ramassés par les autorités médicales depuis vendredi ».
Il y a eu des rapports similaires venant des Gonaïves, au nord du pays. « Vendredi il y a eu des rapports qu’environ 30 personnes sont « tombées mortes » dans les rues des Gonaïves », a rapporté le British Independent. « Le maire aurait rejoint des résidents pour enterrer les morts, selon Jane Moyo d’ActionAid. Dans les régions rurales entourant la ville, il y avait des rapports non confirmés de familles entières mourant sans aide, alors que les populations locales fuyaient les malades à cause de la peur de plus en plus grande face à la maladie. »
Mardi, le ministère haïtien de la Santé publique et des Populations a publié ses derniers chiffres sur le bilan du choléra, rapportant que le nombre de morts a atteint 1034 dimanche, avec 16.799 personnes ayant été hospitalisées.
Il a aussi été confirmé que le choléra est en train de se répandre à Port-au-Prince, alors qu’il a été rapporté que 875 personnes ont dû être hospitalisées et que 38 sont mortes dans la région métropolitaine. Des responsables sanitaires et des organismes humanitaires ont exprimé la crainte que la maladie pourrait devenir incontrôlable à Port-au-Prince, où plus de 1 million de personnes sont toujours sans logement et doivent habiter dans des campements de tentes à cause du tremblement de terre qui a tué plus d’un quart de million d’Haïtiens en janvier dernier.
Cependant, selon le coordonateur humanitaire des Nations unies en Haïti, Nigel Fisher, la maladie s’est déclarée beaucoup plus dans les bidonvilles de la ville comme Cité Soleil, qui a encore moins accès à de l’eau potable et à des installations sanitaires que dans les villes tentes. « Cela ne veut pas dire que les camps seront épargnés », a-t-il averti.
Dans une vidéoconférence avec des journalistes, Fisher a contredit les responsables du gouvernement, insistant que le choléra s’est répandu aux 10 départements haïtiens (le gouvernement a prétendu que 4 d’entre eux n’avaient été témoins d’aucun cas). Faisant référence aux manifestations, il a dit que la maladie était devenue une question de « sécurité nationale ».
« Le nombre de morts va croître significativement, ce qui ne sera pas une surprise », a dit le responsable des Nations unies. Plusieurs croient que le décompte officiel du gouvernement des cas de choléra et du nombre de morts reliés est une importante sous-estimation, vu que plusieurs infections et morts, particulièrement dans les zones les plus rurales, ne sont pas rapportées.
Les Nations unies ont estimé que jusqu’à 200.000 Haïtiens pourraient contracter la maladie dans les prochains mois. Des experts en santé ont mis en garde que, vu les conditions de pauvreté extrêmes et d’infrastructures inadéquates en Haïti, la nation la plus pauvre de l’hémisphère ouest, le choléra va demeurer un problème pour les années à venir.
Les hôpitaux et les organisations humanitaires sont déjà surchargés par le nombre de malades et de mourants. Plusieurs se demandent où sont passés les milliards promis par les Etats-Unis et d’autres pays après le tremblement de terre, une partie seulement de ces milliards ayant effectivement transférés au pays. Les Nations unies ont émis un nouvel appel pour un maigre 163,8 millions de dollars en fonds d’urgence pour confronter la présente crise.
« La situation est très alarmante », selon Stéphane Reynier, directeur des opérations pour Médecins sans frontières. Les structures de MSF sont surchargés par le nombre de patients, pas seulement à Port-au-Prince, mais nationalement. Nous sommes rapides et sur la ligne de front, mais nous ne pouvons contrôler une épidémie nationale seul. Où sont les Nations unies? Où sont les O.N.G. ? Où sont les milliards de dollars promis après le tremblement de terre ? Il y a eu assez de réunions, maintenant nous voulons de l’action.
Le choléra, même s’il est très contagieux, peut être facilement prévenu et facilement guéri lorsque l’on a accès à de l’eau potable, des installations sanitaires et un service de santé. Pour la grande majorité de la population pauvre d’Haïti, toutefois, tout cela est hors de portée.
Selon une étude datant de 2008, seulement 41 pour cent de la population haïtienne a accès à des latrines et seulement la moitié a accès à de l’eau potable. Au moins 71 pour cent de la population n’a pas accès à de l’eau potable en tout temps. A la campagne, les conditions sont encore pires. A Artibonite, le centre de l’épidémie, moins du tiers de la population peut bénéficier d’eau potable ou d’installations sanitaires adéquates.
Ces conditions étaient présentes bien avant le tremblement de terre qui a dévasté Haïti en janvier dernier. En 2008, Partners in Health, une ONG basée à Boston ainsi que d’autres groupes d’aide ont publié un rapport intitulé « Le déni du droit à l’eau en Haïti » dans lequel on pouvait lire : « Le fait qu’il est généralement impossible d’avoir accès à une eau potable est un des principaux obstacles en Haïti lorsqu’il est question de respecter les normes les plus élémentaires des droits de l’homme. L’histoire a légué à Haïti, l’inégalité, la dictature, la corruption et une pauvreté extrême et persistante, qui tous, contribuent à leur façon à l’échec du gouvernement haïtien à offrir une eau propre à la population. Le non-accès à cette ressource cruciale continue à peser sur tous les aspects de la vie pour la vaste majorité des Haïtiens, contribuant à la mauvaise santé, à la famine et le peu d’opportunité de s’éduquer. La conséquence : un cercle vicieux de consommation d’eau contaminée, une hygiène publique inefficace, des crises de santé récurrentes et, sous-tendant tout ce qui précède, une pauvreté chronique et profondément enracinée. »
Le rapport accusait les Etats-Unis et l’administration démocrate du président Bill Clinton d’avoir bloqué les prêts de la Banque inter-américaine du développement destinés à améliorer l’infrastructure d’assainissement et d’approvisionnement en eau. Les tentatives de l’administration Clinton d’empêcher que ces prêts ne soient émis faisaient partie de sa campagne pour déstabiliser le gouvernement haïtien et pour mettre au pouvoir un régime plus soumis aux intérêts de Washington dans la région.
Dans la décennie qui a suivi, les conditions n’ont qu’empiré, alors que la politique américaine consistait à tenter de subordonner le développement du pays aux investissements des multinationales à la recherche de travailleurs à bon marché et au même moment de contrôler l’agitation sociale au moyen du déploiement d’une myriade d’ONG et d’organismes d’aides. Un gouvernement central faible et corrompu n’a pratiquement rien fait pour développer l’infrastructure du pays. Cela a contribué à laisser le peuple haïtien sans défense devant une série de calamités, culminant avec le tremblement de terre de janvier dernier et l’actuelle épidémie de choléra.
(Article original anglais paru le 18 novembre 2010)
http://www.wsws.org/francais/News/2010/nov2010/hait-n20.shtml
Haïti demeure tendue à la suite des violents affrontements survenus lundi entre des manifestants et des troupes des Nations unies qui ont fait au moins deux morts et seize blessés à Cap-Haïtien, la deuxième plus grande ville du pays.
La ville portuaire, située à environ 300 kilomètres au nord de la capitale Port-au-Prince, était toujours largement paralysée mardi : les écoles, les bureaux de la fonction publique et les commerces étaient fermés, des rues étaient bloquées par des barricades de pneus enflammés et on a rapporté que des fusillades étaient entendues sporadiquement. Le pont menant à l'aéroport de la ville avait été bloqué par des barrières de métal soudées entre elles.
Les Nations unies ont envoyé un contingent de troupes espagnoles pour renforcer sa garnison à Cap-Haïtien.
Les violences ont éclaté lundi après que des milliers de manifestants sont sortis dans les rues pour protester contre la force d'occupation de l'ONU (connue sous le nom de MINUSTAH, Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti), que de nombreuses personnes accusent d'être responsable de l'épidémie de choléra qui a fait plus de 1000 victimes, et pour dénoncer le gouvernement du premier ministre René Préval et sa réponse inadéquate à la propagation de la maladie.
Les troupes de l'ONU et la police haïtienne ont tenté de disperser les manifestants à l'aide de gaz lacrymogènes, provoquant du coup un mouvement de foule dans lequel plusieurs personnes ont été blessées. Les manifestants ont réagi en lançant des pierres, et selon les responsables de l'ONU, par des coups de feu. Les soldats ont tiré dans la foule, tuant un jeune d'une balle dans le dos dans Quartier-Morin, tout juste à l'extérieur de la ville. Un autre homme a été abattu à Cap-Haïtien. On a rapporté jusqu'à 16 blessés, dont plusieurs dans un état grave.
Les manifestants ont incendié un poste de police et des voitures de police et ont pillé un entrepôt de nourriture.
De plus petites manifestations ont aussi été rapportées à Hinche et dans Les Gonaïves, au centre et au nord du pays, ainsi que dans la capitale. À Hinche, une foule de plusieurs centaines de personnes a lancé des pierres à une division népalaise des troupes onusiennes, largement blâmée pour l'épidémie de choléra.
Des responsables de la santé publique soutiennent qu'il est difficile de déterminer avec certitude comment la bactérie a pu être introduite au pays, qui n'a connu aucun cas de choléra en un siècle. Cependant, l'épidémie a été déclenchée peu après l'arrivée du bataillon népalais le mois dernier. Le Népal a récemment dû faire face à sa propre épidémie de choléra.
Les reporters qui ont visité la base des troupes y ont trouvé des problèmes sanitaires, dont des excréments rejetés dans la rivière Artibonite. La région a été l’épicentre de l’épidémie de choléra, qui est attribué à la contamination de la rivière. Les scientifiques des centres américains de prévention et de contrôle des maladies, entre-temps, ont confirmé que la souche de la bactérie est courante en Asie du Sud.
Des soupçons voulant que les troupes de l’ONU aient introduit la maladie mortelle en Haïti ont enflammé les ressentiments non exprimés envers la soi-disant force du maintien de la paix en Haïti. Elle y a été déployée après le coup d’État orchestré par les États-Unis qui a renversé le président Jean-Bertrand Aristide et contraint à l’exil. Comptant quelque 12.000 soldats, le MINUSTAH dirigé par le Brésil est largement considéré comme une force d’occupation dont le but est de s’opposer l’agitation populaire.
Les fonctionnaires des Nations unies en Haïti ont tenté de rejeter les soulèvements à Cap-Haitien comme étant le travail d’agitateurs politiques qui cherchent à déstabiliser le pays à l’approche des élections nationales prévues pour le 28 novembre.
Dans une déclaration, le MINUSTAH a affirmé que « la façon dont se sont déroulés les événements suggèrent que ces incidents ont été motivés politiquement, visant à créer un climat d’insécurité à la veille des élections ». La déclaration continuait, « le MINUSTAH fait appel à la population pour qu’elle reste vigilante et ne se laisse pas manipuler par les ennemis de la stabilité et de la démocratie dans le pays ». Les officiels de l’ONU n’ont donné aucune indication quant à l’identité de ces « ennemis ».
La colère populaire à Cap-Haitien et ailleurs dans le pays a été alimentée par la propagation rapide du choléra. Haïti Libre a rapporté que des « cadavres de personnes mortes du choléra jonchaient les rues de la ville durant la fin de semaine ». Il a cité un fonctionnaire de la ville de Cap-Haitien disant qu’« au moins vingt corps ont été ramassés par les autorités médicales depuis vendredi ».
Il y a eu des rapports similaires venant des Gonaïves, au nord du pays. « Vendredi il y a eu des rapports qu’environ 30 personnes sont « tombées mortes » dans les rues des Gonaïves », a rapporté le British Independent. « Le maire aurait rejoint des résidents pour enterrer les morts, selon Jane Moyo d’ActionAid. Dans les régions rurales entourant la ville, il y avait des rapports non confirmés de familles entières mourant sans aide, alors que les populations locales fuyaient les malades à cause de la peur de plus en plus grande face à la maladie. »
Mardi, le ministère haïtien de la Santé publique et des Populations a publié ses derniers chiffres sur le bilan du choléra, rapportant que le nombre de morts a atteint 1034 dimanche, avec 16.799 personnes ayant été hospitalisées.
Il a aussi été confirmé que le choléra est en train de se répandre à Port-au-Prince, alors qu’il a été rapporté que 875 personnes ont dû être hospitalisées et que 38 sont mortes dans la région métropolitaine. Des responsables sanitaires et des organismes humanitaires ont exprimé la crainte que la maladie pourrait devenir incontrôlable à Port-au-Prince, où plus de 1 million de personnes sont toujours sans logement et doivent habiter dans des campements de tentes à cause du tremblement de terre qui a tué plus d’un quart de million d’Haïtiens en janvier dernier.
Cependant, selon le coordonateur humanitaire des Nations unies en Haïti, Nigel Fisher, la maladie s’est déclarée beaucoup plus dans les bidonvilles de la ville comme Cité Soleil, qui a encore moins accès à de l’eau potable et à des installations sanitaires que dans les villes tentes. « Cela ne veut pas dire que les camps seront épargnés », a-t-il averti.
Dans une vidéoconférence avec des journalistes, Fisher a contredit les responsables du gouvernement, insistant que le choléra s’est répandu aux 10 départements haïtiens (le gouvernement a prétendu que 4 d’entre eux n’avaient été témoins d’aucun cas). Faisant référence aux manifestations, il a dit que la maladie était devenue une question de « sécurité nationale ».
« Le nombre de morts va croître significativement, ce qui ne sera pas une surprise », a dit le responsable des Nations unies. Plusieurs croient que le décompte officiel du gouvernement des cas de choléra et du nombre de morts reliés est une importante sous-estimation, vu que plusieurs infections et morts, particulièrement dans les zones les plus rurales, ne sont pas rapportées.
Les Nations unies ont estimé que jusqu’à 200.000 Haïtiens pourraient contracter la maladie dans les prochains mois. Des experts en santé ont mis en garde que, vu les conditions de pauvreté extrêmes et d’infrastructures inadéquates en Haïti, la nation la plus pauvre de l’hémisphère ouest, le choléra va demeurer un problème pour les années à venir.
Les hôpitaux et les organisations humanitaires sont déjà surchargés par le nombre de malades et de mourants. Plusieurs se demandent où sont passés les milliards promis par les Etats-Unis et d’autres pays après le tremblement de terre, une partie seulement de ces milliards ayant effectivement transférés au pays. Les Nations unies ont émis un nouvel appel pour un maigre 163,8 millions de dollars en fonds d’urgence pour confronter la présente crise.
« La situation est très alarmante », selon Stéphane Reynier, directeur des opérations pour Médecins sans frontières. Les structures de MSF sont surchargés par le nombre de patients, pas seulement à Port-au-Prince, mais nationalement. Nous sommes rapides et sur la ligne de front, mais nous ne pouvons contrôler une épidémie nationale seul. Où sont les Nations unies? Où sont les O.N.G. ? Où sont les milliards de dollars promis après le tremblement de terre ? Il y a eu assez de réunions, maintenant nous voulons de l’action.
Le choléra, même s’il est très contagieux, peut être facilement prévenu et facilement guéri lorsque l’on a accès à de l’eau potable, des installations sanitaires et un service de santé. Pour la grande majorité de la population pauvre d’Haïti, toutefois, tout cela est hors de portée.
Selon une étude datant de 2008, seulement 41 pour cent de la population haïtienne a accès à des latrines et seulement la moitié a accès à de l’eau potable. Au moins 71 pour cent de la population n’a pas accès à de l’eau potable en tout temps. A la campagne, les conditions sont encore pires. A Artibonite, le centre de l’épidémie, moins du tiers de la population peut bénéficier d’eau potable ou d’installations sanitaires adéquates.
Ces conditions étaient présentes bien avant le tremblement de terre qui a dévasté Haïti en janvier dernier. En 2008, Partners in Health, une ONG basée à Boston ainsi que d’autres groupes d’aide ont publié un rapport intitulé « Le déni du droit à l’eau en Haïti » dans lequel on pouvait lire : « Le fait qu’il est généralement impossible d’avoir accès à une eau potable est un des principaux obstacles en Haïti lorsqu’il est question de respecter les normes les plus élémentaires des droits de l’homme. L’histoire a légué à Haïti, l’inégalité, la dictature, la corruption et une pauvreté extrême et persistante, qui tous, contribuent à leur façon à l’échec du gouvernement haïtien à offrir une eau propre à la population. Le non-accès à cette ressource cruciale continue à peser sur tous les aspects de la vie pour la vaste majorité des Haïtiens, contribuant à la mauvaise santé, à la famine et le peu d’opportunité de s’éduquer. La conséquence : un cercle vicieux de consommation d’eau contaminée, une hygiène publique inefficace, des crises de santé récurrentes et, sous-tendant tout ce qui précède, une pauvreté chronique et profondément enracinée. »
Le rapport accusait les Etats-Unis et l’administration démocrate du président Bill Clinton d’avoir bloqué les prêts de la Banque inter-américaine du développement destinés à améliorer l’infrastructure d’assainissement et d’approvisionnement en eau. Les tentatives de l’administration Clinton d’empêcher que ces prêts ne soient émis faisaient partie de sa campagne pour déstabiliser le gouvernement haïtien et pour mettre au pouvoir un régime plus soumis aux intérêts de Washington dans la région.
Dans la décennie qui a suivi, les conditions n’ont qu’empiré, alors que la politique américaine consistait à tenter de subordonner le développement du pays aux investissements des multinationales à la recherche de travailleurs à bon marché et au même moment de contrôler l’agitation sociale au moyen du déploiement d’une myriade d’ONG et d’organismes d’aides. Un gouvernement central faible et corrompu n’a pratiquement rien fait pour développer l’infrastructure du pays. Cela a contribué à laisser le peuple haïtien sans défense devant une série de calamités, culminant avec le tremblement de terre de janvier dernier et l’actuelle épidémie de choléra.
(Article original anglais paru le 18 novembre 2010)
http://www.wsws.org/francais/News/2010/nov2010/hait-n20.shtml
Des candidats demandent que les élections présidentielles à Haïti soient reportés dû à l'épidémie de choléra
21.11.2010 09:21 - mise à jour: 09:56 A 8 jours des élections présidentielles et législatives en Haïti, 4 des 19 candidats engagés dans la course à la présidence ont demandé un report des scrutins. L'épidémie de choléra qui y sévit a déjà fait plus de mille morts. "Nous demandons aux autorités de repousser les élections et d'établir un plan de lutte contre l'épidémie", écrivent les 4 candidats, très mal classés dans les sondages. D'autres candidats ont souhaité que les élections se tiennent comme prévu afin d'éviter de nouvelles crises politiques au pays. Près de 4,7 mio d'Haïtiens sont appelés à choisir un successeur à René Préval.
http://www.tsr.ch/info/monde/2710118-des-candidats-demandent-que-les-elections-presidentielles-a-haiti-soient-reportes-du-a-l-epidemie-de-cholera.html
http://www.tsr.ch/info/monde/2710118-des-candidats-demandent-que-les-elections-presidentielles-a-haiti-soient-reportes-du-a-l-epidemie-de-cholera.html
Inscription à :
Articles (Atom)





