Une fenêtre ouverte sur Haïti, le pays qui défie le monde et ses valeurs, anti-nation qui fait de la résistance et pousse les limites de la résilience. Nous incitons au débat conceptualisant Haïti dans une conjoncture mondiale difficile. Haïti, le défi, existe encore malgré tout : choléra, leaders incapables et malhonnêtes, territoires perdus gangstérisés . Pour bien agir il faut mieux comprendre: "Que tout ce qui s'écrit poursuive son chemin, va , va là ou le vent te pousse (Dr Jolivert)
samedi 29 septembre 2007
Florence Augustin exposera un large échantillon d'oeuvres à Artisanat en Fête
Florence Augustin présentera des oeuvres réunissant broderie, bijoux, fleurs séchées sur verre ou articles perlés les 6 et 7 octobre 2007 au Parc Historique de la Canne à Sucre. Durant les deux jours de l'exposition, elle aura à créer des oeuvres en présence du public.
Le Nouvelliste : Vous peignez et vous êtes distributrice des produits « Tri Chem Inc.» en Haïti, parlez-nous un peu de vous ?
Florence Augustin : Je suis de Pétion-Ville. J'ai fait mes études primaires au Centre Classique Féminin (CCF) et mes études secondaires au Collège Canado-haïtien. J'ai appris le secrétariat au centre professionnel du Canado-haïtien. J'ai eu la chance de suivre des séminaires dans le domaine, tant en Haïti qu'à l'étranger, et j'ai une spécialisation en technique de vente.
L.N : Est-ce par hasard que vous vous adonnez à l'artisanat?
F.A : D'aussi loin que me ramène ma mémoire, j'ai toujours réalisé des crochets, tricots, dessins, etc. En 1984, j'ai représenté les produits Tri Chem pour Haïti. Une expérience qui m'a beaucoup aidée. Ainsi, j'ai continué, aujourd'hui encore, à enseigner aux jeunes, hommes et femmes, comment peindre sur tissu, bois, verre, métal, T-shirt, soit avec la peinture mate, soit avec la peinture en relief ou encore la peinture pailletée. En 1984, j'ai aussi participé à des foires et à des expositions en Haïti et à l'étranger. Je dirais, au passage, que l'expérience «Tri Chem » m'a beaucoup aidée à identifier la richesse des produits « en carabella » et en « siam ».
L.N: Vous aimez donc beaucoup l'artisanat. Qu'allez-vous présenter à « Artisanat en Fête » les 6 et 7 octobre 2007 ?
F.A : Je présenterai à la grande fête de l'artisanat toute une gamme d'oeuvres artisanales variées et diversifiées. Il y aura de la peinture sur différentes surfaces (tissu, canevas, broderie blanche, bijoux, fleurs séchées sur verre, articles perlés).
Comme je vous le disais plus haut, je réalise surtout des articles pour garnir les salles à manger et des petits sacs « en carabella » genre fourre-tout. Mais, depuis quelque temps, je fais revivre un objet d'antan, ce sont les sacs à main en tissu agrémentés de peinture qui enjolivent agréablement les cuisines des maîtresses de maison.
Le public aura l'occasion de découvrir des créations artistiques de notre terroir, des lampes «Tèt gridap », des cruches, etc.
L.N: Quels sont les artistes qui vous ont marquée dans la vie?
F. A : J'ai toujours apprécié les oeuvres d'Albert Desmangles, Lyonel Laurenceau et John Garçon.
L.N: Quel serait votre souhait pour l' « Artisanat en Fête » ?
F.A : « Artisanat en fête » est le rendez-vous de partage et d'échange avec les autres artistes. Cette fête de l'artisanat me permettra de présenter des oeuvres variées au public et de fournir des démonstrations de peinture. Ce sera la fête de la culture et de l'artisanat. J'attends le public en grand nombre et je remercie grandement les organisateurs d'avoir pris la décision de réaliser cette foire. C'est une noble idée.
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=49038&PubDate=2007-09-28
Au-delà des pages de l'histoire
Les Archives nationales d'Haïti (ANH), en prélude à la célébration de son cent cinquantenaire en 2010, organisent toute une série de manifestations, notamment culturelles. Du 26 septembre au 26 octobre 2007, autour du thème « L'esprit des pages », une exposition d'oeuvres d'art se tiendra à l'ancien local de l'institution au Poste-Marchand.Si les Archives nationales d'Haïti représentent en partie la mémoire de la nation, elles doivent s'ouvrir sur d'autres aspects du vécu de la population de cette nation. La peinture, la sculpture, la mode,...constituent également un centre d'intérêt pour cet organe qui aide à conserver notre identification.
« Il n'y a pas que les pages d'ouvrages, les pages d'histoire comme support pour faire véhiculer un message, pour exprimer ses sentiments, pour communiquer au monde ce qui se passe dans son for intérieur.
Les toiles, les draps, les nappes, les tissus sont aussi des vecteurs à utiliser à cette même fin. Conscients de cela, au niveau de l'ANH, nous collaborons avec les créateurs haïtiens », a précisé Wilfrid Bertrand, directeur général de cette institution, qui se réjouissait de l'événement.Dominique Domerçant, dans la collection qu'il présente, offre des oeuvres symbolistes et abstraites. Sur les dix-huit toiles exposées à la façade intérieure du mur de l'ancien local de l'ANH (communément appelées « Anciennes archives »), les couleurs rouge, jaune, vert et bleu s'harmonisent pour rendre hommage à ce patrimoine national.
Pour ses dix ans d'expérience dans la peinture, Dominique essaie d'aborder plusieurs domaines de la réalité afin de marquer celle-ci de ses empreintes. Par exemple, il s'intègre dans la confection et pratique la peinture sur tissu. C'est en collaboration avec ''Les Ateliers Pompi-créations'', un prêt-à-porter, qu'il donne sa contribution à la commémoration des cent quarante sept ans de l'ANH.Rébecca S. Cadeau
beckypfr@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=49000&PubDate=2007-09-27
Un hommage bien mérité... HOMMAGE A GERARD PIERRE-CHARLES
La cérémonie d'inauguration de la Fondation Gérard Pierre-Charles, le mercredi 26 septembre 2007, au Ritz Kinam II, a eu l'allure d'une soirée d'hommage. Parents, amis et collaborateurs de Gérard ont campé en des termes élogieux cet intellectuel, ce militant socialiste qui s'est éteint le 10 octobre à l'âge de 68 ans à La Havane.
« Aujourd'hui, cet hommage est dédié à Gérard Pierre-Charles qui portait, à cause du déroulement de sa vie, des marques de son évolution personnelle et de ses convictions, toute une humanité de souffrance, de lutte, de joie, de compréhension, de connaissance, de sérénité et de tendresse. » C'est en des termes émouvants que l'historienne Suzy Castor, veuve de Gérard Pierre-Charles, a campé ce personnage de notoriété publique, cet intellectuel-universel, ce militant socialiste, le mercredi 26 septembre 2007, au Ritz Kinam II, au moment d'inaugurer la fondation qui porte son nom.
L'émotion était grande. Devant une assemblée dense, composé d'intellectuels de haute facture, de militants socialistes haïtiens et latino-américains, de représentants politiques et diplomatiques, l'historienne a mis l'accent sur l'intellectuel fécond et engagé qu'était Gérard-Pierre charles. Cependant, argumente t-elle, chacune des facettes de cet homme aux morceaux permet de reconstituer sans mutilation, comme dans un caléidoscope, la richesse de ce Gérard entier et cohérent, inclus ce qu'il prônait publiquement et sa vie privée. Professeur, chercheur de renom continental, Gérard-Pierre Charles participa activement, à partir du Mexique, à tout un courant politico-académique qui souleva tant de débats féconds et innovateurs. Ses écrits constituent d'importants apports pour l'intégration de notre société dans toute sa complexité avec tous les désespoirs, rappelle Suzy Castor.
Le sociologue qui a été pendant toute sa vie un éducateur rêva de transformer ce pays en un vaste chantier de formation. Cet homme, a-t-elle poursuivi, qui, dans son long cheminement politique, s'est noué d'amitié avec Jacques Stephen Alexis, Gérald Brisson, Charles Adrien Georges, Ulrick Joly et tant d'autres resta jusqu'à sa mort un homme de conviction, fidèle à ses idéaux et aux rêves d'une société de justice et de liberté.
C'est en reconnaissance de ces aspects vitaux que ses amis et camarades ont mis sur pied cette fondation qui porte son nom, a révélé l'historienne. La fondation Gérard Pierre-Charles se donne entre autres pour mission de contribuer à l'émergence de leaders sociaux et politiques en vue de la promotion des valeurs citoyennes, démocratiques, humanistes, éthiques et d'équité de genre. Elle intervient dans le domaine de la formation, la recherche et la promotion.
Plusieurs autres personnalités ont honoré, à leur façon, ce combattant politique. La voix pleine d'émotion, Jean Pierre-Charles, fils de Gérard, a salué la mémoire de son père qu'il croit être bien vivante. Un point de vue partagé par Emile Sader, intellectuel-socialiste brésilien, directeur de Latin American Council of Social Sciences (CLACSO). « L'étoile de Gérard, dit-il, ne mourra jamais. »
La soirée a eu un cachet particulier avec le poète-diseur Anthony Phelps, rentré spécialement pour la circonstance, le musicien Jean Coulanges, Janaka du ballet folklorique d'Haïti, Bob et son tambour et les artisans du Sud-Est dans leur défilé de masques.
L'inauguration de la Fondation s'accompagne de deux journées de colloques les jeudi 27 et vendredi 28 septembre. Des intellectuels haïtiens et latino-américains interviendront sur des thèmes portant sur l'intégration régionale et la participation d'Haïti dans les luttes continentales. http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=49068&PubDate=2007-09-29
« Aujourd'hui, cet hommage est dédié à Gérard Pierre-Charles qui portait, à cause du déroulement de sa vie, des marques de son évolution personnelle et de ses convictions, toute une humanité de souffrance, de lutte, de joie, de compréhension, de connaissance, de sérénité et de tendresse. » C'est en des termes émouvants que l'historienne Suzy Castor, veuve de Gérard Pierre-Charles, a campé ce personnage de notoriété publique, cet intellectuel-universel, ce militant socialiste, le mercredi 26 septembre 2007, au Ritz Kinam II, au moment d'inaugurer la fondation qui porte son nom.
L'émotion était grande. Devant une assemblée dense, composé d'intellectuels de haute facture, de militants socialistes haïtiens et latino-américains, de représentants politiques et diplomatiques, l'historienne a mis l'accent sur l'intellectuel fécond et engagé qu'était Gérard-Pierre charles. Cependant, argumente t-elle, chacune des facettes de cet homme aux morceaux permet de reconstituer sans mutilation, comme dans un caléidoscope, la richesse de ce Gérard entier et cohérent, inclus ce qu'il prônait publiquement et sa vie privée. Professeur, chercheur de renom continental, Gérard-Pierre Charles participa activement, à partir du Mexique, à tout un courant politico-académique qui souleva tant de débats féconds et innovateurs. Ses écrits constituent d'importants apports pour l'intégration de notre société dans toute sa complexité avec tous les désespoirs, rappelle Suzy Castor.
Le sociologue qui a été pendant toute sa vie un éducateur rêva de transformer ce pays en un vaste chantier de formation. Cet homme, a-t-elle poursuivi, qui, dans son long cheminement politique, s'est noué d'amitié avec Jacques Stephen Alexis, Gérald Brisson, Charles Adrien Georges, Ulrick Joly et tant d'autres resta jusqu'à sa mort un homme de conviction, fidèle à ses idéaux et aux rêves d'une société de justice et de liberté.
C'est en reconnaissance de ces aspects vitaux que ses amis et camarades ont mis sur pied cette fondation qui porte son nom, a révélé l'historienne. La fondation Gérard Pierre-Charles se donne entre autres pour mission de contribuer à l'émergence de leaders sociaux et politiques en vue de la promotion des valeurs citoyennes, démocratiques, humanistes, éthiques et d'équité de genre. Elle intervient dans le domaine de la formation, la recherche et la promotion.
Plusieurs autres personnalités ont honoré, à leur façon, ce combattant politique. La voix pleine d'émotion, Jean Pierre-Charles, fils de Gérard, a salué la mémoire de son père qu'il croit être bien vivante. Un point de vue partagé par Emile Sader, intellectuel-socialiste brésilien, directeur de Latin American Council of Social Sciences (CLACSO). « L'étoile de Gérard, dit-il, ne mourra jamais. »
La soirée a eu un cachet particulier avec le poète-diseur Anthony Phelps, rentré spécialement pour la circonstance, le musicien Jean Coulanges, Janaka du ballet folklorique d'Haïti, Bob et son tambour et les artisans du Sud-Est dans leur défilé de masques.
L'inauguration de la Fondation s'accompagne de deux journées de colloques les jeudi 27 et vendredi 28 septembre. Des intellectuels haïtiens et latino-américains interviendront sur des thèmes portant sur l'intégration régionale et la participation d'Haïti dans les luttes continentales. http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=49068&PubDate=2007-09-29
Rivière Froide coule à sec
Quasiment asséchée par endroit, Rivière-Froide, jadis joyau des habitants de Carrefour, est aujourd'hui bourbeuse, congestionnée de pierrailles et de gravats provenant de l'exploitation anarchique des mines de sable et de pierres situées en amont. Arrosant autrefois plusieurs sections communales de Carrefour, ce cours d'eau a depuis longtemps perdu ses lettres de noblesse, sa belle réputation des années 60, 70 et 80.
Jeudi 20 septembre 2007, vers 10 heures du matin, des camions appartenant à une firme de construction viennent transporter de Rivière-Froide d'importantes quantités de remblais qui seront utilisés au remblayage du tracé de la route de Carrefour passant par les rails en construction depuis trois années. Cette opération se déroulait sous les yeux attentifs de M. Juste Jean Sergot, le coordonnateur du CASEC de Rivière-Froide. « Je suis doublement inquiet.
Jeudi 20 septembre 2007, vers 10 heures du matin, des camions appartenant à une firme de construction viennent transporter de Rivière-Froide d'importantes quantités de remblais qui seront utilisés au remblayage du tracé de la route de Carrefour passant par les rails en construction depuis trois années. Cette opération se déroulait sous les yeux attentifs de M. Juste Jean Sergot, le coordonnateur du CASEC de Rivière-Froide. « Je suis doublement inquiet.
D'une part, je ne sais ce qui en retour reviendra à la section communale, et, d'autre part, je suis plutôt content que la rivière soit débarrassée de ces remblais qui empêchent l'eau de couler à flot comme il se doit .» « Certaines mines de sable et de roches sont interdits d'exploitation.
Pourtant, les exploitants sont quotidiennement à l'oeuvre. Le ministère des Mines devrait intervenir afin de mettre un terme à l'exploitation anarchique de sable dans ces sections communales », explique M. Rosemond François, membre du cartel d'ASEC de la zone. Il se dit dégoûté et révolté par le laxisme affiché par les autorités du pays qui, à son avis, n'ont rien fait pour éviter pareille situation. « Aujourd'hui, ce cours d'eau est réduit en un filet qui s'affaiblit graduellement sur son parcours », a-t-il poursuivi en pointant du doigt le lit de la rivière.
Dans les années 70, toute la zone de Rivière-Froide était encore une référence en matière de verdure. A partir de 1986, des phénomènes sociaux qui affectent les principales régions du pays tels que exode rural, déboisement, n'ont pas épargné Rivière-Froide, 10e section communale de Carrefour. Et depuis, la dégradation de l'environnement se poursuit.Sur les rives gauche et droite de ce cours d'eau, des individus chassés par la misère qui frappe de plein fouet la paysannerie viennent ériger des bicoques. Nombre de ces habitats sont privés de latrine, a-t-on constaté. Ces logis sont pour la plupart construits sur des pentes. Ce qui constitue un danger permanent pour ceux qui y demeurent lors des précipitations qui occasionnent à répétition glissements de terrain et éboulements. Des solutions en perspectivePour faire face à cette situation, la mairie de Carrefour a déclenché depuis plus d'un mois une opération baptisée : « An'n sove Rivyè Fwad ». D'intenses travaux de gabionnage sont prévus sur les deux rives de la rivière. Les travaux de ce projet financé, entre autres, par la Banque mondiale, ont par ailleurs déjà commencé, a fait savoir le premier citoyen de cette commune, M. Yvon Jérôme, sur les ondes d'une radio de la Capitale.
Les autorités municipales espèrent, à l'achèvement de ces travaux, réduire en certains points les risques d'éboulement provoquant de considérables dégâts surtout après les averses.Au cours de sa récente visite dans cette localité, le maire de Carrefour a laissé entendre qu'un programme, qui vise à relocaliser les populations à risque de Rivière-Froide, est en cours d'élaboration.
Cependant, les autorités locales mettent en doute la réalisation de ces projets. Les averses qui se sont abattues sur la capitale et ses environs, le 9 août dernier, ont laissé 20 familles sinistrées, a rappelé M. Jean Sergot, coordonnateur du CASEC de la localité. « Le bilan risque d'être encore plus lourd à l'avenir si ces projets restent au stade de voeux pieux », ajoute-il. La gestion catastrophique de environnement ne s'arrête pas à Rivière-Froide. « Regardez, dit M. Jean Sergot, les amas d'ordures qui sont largués dans ce qui reste de lit de la rivière et certains habitants y jettent même avec mépris des sacs remplis de fatras.»Heureusement, il faut constater que cette situation ne connaît pas d'extension.
La vigilance des autorités locales permet tant bien que mal de maîtriser l'assainissement de la section communale. Au niveau de Taifer et de Dufresney (deux sections communales de Carrefour situées à proximité de celle Rivière-Froide), l'exploitation croissante et anarchique des mines de sable constituent l'un des facteurs fondamentaux qui a largement contribué à réduire le débit de la rivière.
Un paradis perduAu cours des années 60, 70 et au début des années 80, de nombreuses familles de Port-au-Prince et d'ailleurs, guidées par certaines coutumes et croyances populaire, venaient lessiver, à la fin du mois de décembre, linges et vêtements à Rivière-Froide. Elles espéraient par cette pratique se défaire de toutes les guignes de l'année écoulée et s'attirer la chance pour le nouvel an.
Cependant, les autorités locales mettent en doute la réalisation de ces projets. Les averses qui se sont abattues sur la capitale et ses environs, le 9 août dernier, ont laissé 20 familles sinistrées, a rappelé M. Jean Sergot, coordonnateur du CASEC de la localité. « Le bilan risque d'être encore plus lourd à l'avenir si ces projets restent au stade de voeux pieux », ajoute-il. La gestion catastrophique de environnement ne s'arrête pas à Rivière-Froide. « Regardez, dit M. Jean Sergot, les amas d'ordures qui sont largués dans ce qui reste de lit de la rivière et certains habitants y jettent même avec mépris des sacs remplis de fatras.»Heureusement, il faut constater que cette situation ne connaît pas d'extension.
La vigilance des autorités locales permet tant bien que mal de maîtriser l'assainissement de la section communale. Au niveau de Taifer et de Dufresney (deux sections communales de Carrefour situées à proximité de celle Rivière-Froide), l'exploitation croissante et anarchique des mines de sable constituent l'un des facteurs fondamentaux qui a largement contribué à réduire le débit de la rivière.Un paradis perduAu cours des années 60, 70 et au début des années 80, de nombreuses familles de Port-au-Prince et d'ailleurs, guidées par certaines coutumes et croyances populaire, venaient lessiver, à la fin du mois de décembre, linges et vêtements à Rivière-Froide. Elles espéraient par cette pratique se défaire de toutes les guignes de l'année écoulée et s'attirer la chance pour le nouvel an.
Rivière Froide était, à cette époque, l'un des plus importants cours d'eau de la commune de Carrefour. Elle coulait allègrement à travers les sections rurales de Platon-Dufresney et de la localité portant le même nom (Rivière Froide) jusqu'à l'Etang du Jonc.Aujourd'hui, il ne reste presque plus rien de ce qui fut dans les années antérieures un site agréable où venaient se baigner toutes les couches de la population carrefouroise et d'ailleurs.
Et même la rivière de « pass kresson », très fréquentée jadis, où la culture du cresson était très répandue, est pratiquement dénaturée. Quelques rares cressiculteurs maintiennent, en dépit de tout, leurs activités dans la contrée. En se remémorant de la belle époque où Rivière-Froide était ce qu'elle n'est plus aujourd'hui, il n'est pas permis d'oublier ces sculpteurs, qu'on peut heureusement encore croiser. Bien que moins nombreux, les amants et les professionnels de cet art continuent de concevoir de magnifiques oeuvres artisanales en pierres taillées.
A en croire Rosemond François, un sculpteur âgé de 30 ans, c'est un mouvement qui a démarré dans les années 65-70 avec un sculpteur haïtien, Georges Laraque, le premier à venir exécuter ses oeuvres au bord de la Rivière-Froide. Jean Brunel Rocklor, Jean Horace Salomon et bien d'autres s'inscrivent dans cette lignée d'artistes qui par leurs créations tant originales qu'étonnantes ont fait la réputation de l'endroit. « Les acheteurs sont en général de grands amateurs d'art et de prestigieux collectionneurs dont Patrick Cauvin », nous a dit avec satisfaction le jeune François.
De son passé glorieux à son avenir incertain, Rivière-Froide fait aujourd'hui appel à tous en vue de sauver ce qui peut l'être encore. Autorités centrales et locales, riverains et passants, jeunes et vieux, si ce cri d'alarme vous interpelle, agissez maintenant avant qu'il ne soit trop tard. Agir : c'est maintenant ou jamais.A en croire Rosemond François, un sculpteur âgé de 30 ans, c'est un mouvement qui a démarré dans les années 65-70 avec un sculpteur haïtien, Georges Laraque, le premier à venir exécuter ses oeuvres au bord de la Rivière-Froide. Jean Brunel Rocklor, Jean Horace Salomon et bien d'autres s'inscrivent dans cette lignée d'artistes qui par leurs créations tant originales qu'étonnantes ont fait la réputation de l'endroit. « Les acheteurs sont en général de grands amateurs d'art et de prestigieux collectionneurs dont Patrick Cauvin », nous a dit avec satisfaction le jeune François.
Béanet Wagnac
Décision faible, occupants forts
La décision des autorités municipales de Port-au-Prince de déloger les petits détaillants des trottoirs n'a pas fait long feu. Moins de trois mois après, les anciens occupants reviennent, en toute quiétude, étaler leurs tréteaux.A la rue Mgr Guilloux, tout près de l'hôpital de l'Université d'Etat d'Haïti, comme dans plusieurs autres rues de la capitale, les trottoirs ainsi qu'une bonne partie de la voie réservée aux automobilistes sont envahis par des détaillants. Ne laissant aucune ouverture aux piétons, ces commerçants se débrouillent comme bon leur semble. « Lari a se pou machin, twotwa se pou pyeton ! », rappelle une jeune fille à une détaillante qui lui lance des injures après avoir heurté son lot de marchandises étalées sur un trottoir situé à l'angle des rues Saint-Honoré et Mgr Guilloux.
Dans cette zone, les petits commerçants qui ont été délogés des trottoirs quelques semaines après l'installation du conseil municipal de la commune de Port-au-Prince sont retournés à leur place. Le même phénomène s'observe à la rue Pavée et au boulevard Jean-Jacques Dessalines aux alentours de la Téléco et à un pas du sous-commissariat Cafeteria.
Les détaillants qui occupaient ce carrefour étaient forcés de laisser cet espace au cours du mois de juillet dernier.
Actuellement, ils ont réinstallé leurs tréteaux en toute liberté. Selon des piétons, une telle situation montre combien sont temporaires les actions de nos autorités. « Nous nous demandons pourquoi ce n'est pas la priorité de nos décideurs d'adopter des décisions fermes qui peuvent aboutir au décongestionnement de la capitale », a fulminé un urbaniste de renom qui veut garder l'anonymat.
C'est le même scénario pour certains trottoirs fraîchement réhabilités par le ministère des Travaux publics, Transport et Communications (MTPTC). Le nombre des détaillants qui envahissent les trottoirs a augmenté, selon certains observateurs.
A côté de l'église Sainte Bernadette à Martissant, les trottoirs qui sont fraîchement réhabilités se transforment en atelier de menuiserie et en garage de fortune. « Cette situation constitue un vrai handicap pour les piétons. Chaque matin, je suis obligé de jouer à la marelle de peur de faire une collision avec des lots de marchandises qui obstruent mon passage », se plaint Etienne, un écolier contournant le portail de Léogane.
Actuellement, ils ont réinstallé leurs tréteaux en toute liberté. Selon des piétons, une telle situation montre combien sont temporaires les actions de nos autorités. « Nous nous demandons pourquoi ce n'est pas la priorité de nos décideurs d'adopter des décisions fermes qui peuvent aboutir au décongestionnement de la capitale », a fulminé un urbaniste de renom qui veut garder l'anonymat.C'est le même scénario pour certains trottoirs fraîchement réhabilités par le ministère des Travaux publics, Transport et Communications (MTPTC). Le nombre des détaillants qui envahissent les trottoirs a augmenté, selon certains observateurs.
Dans ce même lieu, une station de minibus et une autre station de motocyclettes ont créé un énorme bouchon qui entrave piétons et automobilistes. Ce phénomène de reconquête des trottoirs par des détaillants s'observe presque au niveau de toute la zone métropolitaine.
Au Champ de Mars, à l'avenue John Brown comme à la rue Capois, les trottoirs sont transformés une fois de plus en marché. A côté de ce phénomène, les coins de certaines rues et de quelques édifices publics et privés se convertissent en urinoirs par des citoyens indécents et très peu sociables. C'est le cas, par exemple, du mur séparant l'Antigang de la rue Mg Guilloux.
« Cet état de fait ne fait pas le bonheur d'une ville qui vient de fêter à peine son 258e anniversaire », a déploré Jeannette, une étudiante en sociologie qui se sent révoltée du non respect de l'espace public par la majorité de nos concitoyens.

Wanzor Beaubrun

Wanzor Beaubrun
Des femmes haïtiennes honorées...
La journée mondiale du tourisme se déroule, cette année, autour du thème : « Le tourisme, une porte ouverte pour les femmes. » En prélude à cette journée, le ministre du Tourisme, M. Patrick Delatour, en collaboration avec le Ministère à la Condition féminine et aux Droits des Femmes (MCFDF) a remis des plaques Honneur et Mérite à 13 femmes travaillant dans différentes régions du pays.
Ces femmes qui évoluent, pour la plupart, dans le domaine de l'art et de l'hôtellerie ont reçu cette distinction pour avoir grandement contribué, à travers leurs activités, à la promotion du tourisme dans le pays. Parmi les femmes honorées, au cours de cette soirée, par les ministres Patrick Delatour et Marie Laurence Jocelyn Lassègue citons, entre autres : Mme Elisabeth Simonise, Mme Marie Josée Nadal, Mme Lysa Nicolas Médaus, Mme Francine Murat, Marthe Marie Taverne Chalviré, Mme Monique Malebranche Hyppolite, Mme Carmel Delatour...
A travers ces femmes, a soutenu Mme Lassègue, nous honorons nos courageuses femmes réparties dans les dix départements qui ont mis leur savoir-faire au profit de ce secteur si important à l'accroissement de l'économie du pays. Pour montrer leur contribution à la promotion de ce secteur, elle a fait référence à une étude réalisée en 1995 par Mireille Neptune dans « la femme haïtienne en chiffres » qui a montrée la forte prévalence des femmes dans le commerce et le tourisme.
« Le Ministère à la Condition féminine et aux Droits des Femmes et le Ministère du Tourisme se sentent fiers d'honorer les femmes haïtiennes dévouées et dynamiques évoluant dans ce secteur. Nombreuses d'entres elles s'adonnent à la peinture, l'artisanat, le dessin et la sculpture », a-t-elle indiqué, arguant que les activités caractérisant ce domaine englobe une très forte proportion de femmes par rapport aux autres secteurs économiques.Cette soirée a été également l'occasion pour le ministre du Tourisme de féliciter 5 enfants haïtiens finalistes du concours de texte organisé par la revue internationale du tourisme "Conde Nast Praveller".
La journée mondiale du tourisme a été instaurée par l'Organisation mondiale du tourisme (l'OMT) dans les années 80. Elle a été établie dans le but de sensibiliser toutes les communautés du monde sur les bienfaits que le tourisme peut apporter au développement économique, social et culturel des communautés locales d'un pays. Le tourisme se trouve au coeur des enjeux économiques pour le développement durable d'une communauté.Soulignons que cette année, le Sri Lanka est le pays hôte choisi pour la commémoration de la journée mondiale du tourisme.
Jean Gardy Gauthier
jggauthier@lenouvelliste.com
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=49041&PubDate=2007-09-29
Ces femmes qui évoluent, pour la plupart, dans le domaine de l'art et de l'hôtellerie ont reçu cette distinction pour avoir grandement contribué, à travers leurs activités, à la promotion du tourisme dans le pays. Parmi les femmes honorées, au cours de cette soirée, par les ministres Patrick Delatour et Marie Laurence Jocelyn Lassègue citons, entre autres : Mme Elisabeth Simonise, Mme Marie Josée Nadal, Mme Lysa Nicolas Médaus, Mme Francine Murat, Marthe Marie Taverne Chalviré, Mme Monique Malebranche Hyppolite, Mme Carmel Delatour...
A travers ces femmes, a soutenu Mme Lassègue, nous honorons nos courageuses femmes réparties dans les dix départements qui ont mis leur savoir-faire au profit de ce secteur si important à l'accroissement de l'économie du pays. Pour montrer leur contribution à la promotion de ce secteur, elle a fait référence à une étude réalisée en 1995 par Mireille Neptune dans « la femme haïtienne en chiffres » qui a montrée la forte prévalence des femmes dans le commerce et le tourisme.
« Le Ministère à la Condition féminine et aux Droits des Femmes et le Ministère du Tourisme se sentent fiers d'honorer les femmes haïtiennes dévouées et dynamiques évoluant dans ce secteur. Nombreuses d'entres elles s'adonnent à la peinture, l'artisanat, le dessin et la sculpture », a-t-elle indiqué, arguant que les activités caractérisant ce domaine englobe une très forte proportion de femmes par rapport aux autres secteurs économiques.Cette soirée a été également l'occasion pour le ministre du Tourisme de féliciter 5 enfants haïtiens finalistes du concours de texte organisé par la revue internationale du tourisme "Conde Nast Praveller".
La journée mondiale du tourisme a été instaurée par l'Organisation mondiale du tourisme (l'OMT) dans les années 80. Elle a été établie dans le but de sensibiliser toutes les communautés du monde sur les bienfaits que le tourisme peut apporter au développement économique, social et culturel des communautés locales d'un pays. Le tourisme se trouve au coeur des enjeux économiques pour le développement durable d'une communauté.Soulignons que cette année, le Sri Lanka est le pays hôte choisi pour la commémoration de la journée mondiale du tourisme.
Jean Gardy Gauthier
jggauthier@lenouvelliste.com
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=49041&PubDate=2007-09-29
La Tortue, l'île aux trésors oubliée
Une île, une histoire
Perdue dans la mer des caraïbes, oubliée de presque tous en dépit de son histoire pleine de rebondissements, cette ile qui a fait rêver plus d'un n'a pourtant rien perdu de sa magie. Si elle n'excite plus l'imagination des chercheurs de trésors, si ses flibustiers et ses pirates ont été détrônés dans l'imaginaire des enfants par les Harry Potter et autres héros des temps modernes, elle n'en existe pas moins dans le coeur de pas mal d'amants de la nature et de nostalgiques de la Perle des Antilles
Située au nord de la grande île, cet îlot magnifique que l'on admire depuis Port-de-Paix, St Louis du Nord ou Anse-à-Foleur et dont les lumières, le soir, sont une invitation à entreprendre la traversée, a une histoire particulière, une histoire faite d'aventures, de batailles, une histoire que trop d'entre nous avons oubliée. Appelé « Cahini » ou « Gusaeni » par les autochtones, l'Ile de la Tortue doit son nom à Christophe Colomb qui la « découvrit » le matin du 6 décembre 1492. Avec 37 kilomètres de long sur 7 de large, elle n'est qu'une toute petite commune qui est administrativement divisée en deux sections communales : Pointe des Oiseaux et Mare Rouge.
Pour le moment la mairie partage un « kat pyès kay » avec le tribunal de paix et l'officier de l'état civil. Plutôt coincé comme situation. Et du train où vont les affaires dans ce pays, ce n'est pas demain la veille que cela va changer... à moins que la solution ne vienne de l'île. Il est évident, cependant, que la commune a grandement besoin d'un bâtiment administratif.Evidemment, seuls ceux qui ont déjà quitté l'île savent qu'il existe quelque part une institution qui porte le nom pompeux d' « Electricité d'Haïti ». Bien sûr, il savent ce qu'est l'électricité, La Tortue étant probablement la commune qui compte le plus de génératrices au kilomètre carré. D'ailleurs, la localité de Les Palmistes est alimentée par une génératrice gérée par la communauté.Quelques rares localités ont pu bénéficier de l'adduction d'eau potable. Pour les autres, c'est la débrouille. Dieu merci, les sources sont assez nombreuses et la population assez débrouillarde. La source de « Nan Zòl » à Pointe des Oiseaux a un débit suffisant pour, à elle seule, alimenter au moins le tiers de l'île.
La piste de la pointe Ouest, vu sa position dans une zone pratiquement inhabitée, ne saurait desservir la population mais en cas de développement de projets touristiques, elle pourrait se révéler d'une grande utilité. Car la pointe Ouest a l'une des plus belles, sinon la plus belle plage du pays.
Ce qui parait le plus paradoxal, pour cette petite ile qui vit presqu'exclusivement de la mer, c'est l'inexistence de débarcadère. Embarquer à Port-de-Paix pose déjà un problème. Il faut d'abord monter à bord d'une barque avant d'être transbahuté dans le navire qui assure le va-et-vient entre la grande terre et la petite île. Arrivé à destination, l'opération se fait en sens inverse et, pour ne pas se mouiller les pieds, il faut parfois se résigner à se faire porter à dos d'homme. Et dire que nous sommes en 2007 ! que ne justifierait pas le sous-développement ?
Faire un bilan du système éducationnel sur l'Ile de la Tortue est assez laborieux car, pour cela, il faudrait avoir la possibilité de visiter toutes les écoles, ce qui est particulièrement difficile si l'on tient compte des difficultés à surmonter pour atteindre certains sites. Toutefois, il est clair qu'il manque d'écoles secondaires et qu' un seul lycée ne peut, en aucune façon, satisfaire les besoins d'une population estimée à environ 45000 âmes. D'autant plus que le lycée ne permet aux élèves que d'arriver en classe de troisième. Après, il faut aller à Port-de-Paix, Saint-Louis du Nord, Port-au-Prince ou au Cap-Haïtien. Ce qui explique que beaucoup de jeunes arrêtent três tôt leurs études. Un vrai gaspillage de cerveaux !EconomieLa commune vit principalement de la mer, dans tous les sens du terme. De nombreux bateaux font le commerce entre l'ile et les villes côtières les plus proches et la pêche tient une place privilégiée dans la vie économique de la commune. Toutefois, l'agriculture, bien que pratiquée de manière empirique pour la subsistance, tient encore la route et a toute son importance pour une population dont une grande partie est sous-alimenté. Il est intéressant de noter que la plupart des bateaux qui se trouvent à La Tortue sont construits sur place, preuve de l'ingéniosité et du savoir-faire des Tortugais.
Environnement
Perdue dans la mer des caraïbes, oubliée de presque tous en dépit de son histoire pleine de rebondissements, cette ile qui a fait rêver plus d'un n'a pourtant rien perdu de sa magie. Si elle n'excite plus l'imagination des chercheurs de trésors, si ses flibustiers et ses pirates ont été détrônés dans l'imaginaire des enfants par les Harry Potter et autres héros des temps modernes, elle n'en existe pas moins dans le coeur de pas mal d'amants de la nature et de nostalgiques de la Perle des Antilles

Située au nord de la grande île, cet îlot magnifique que l'on admire depuis Port-de-Paix, St Louis du Nord ou Anse-à-Foleur et dont les lumières, le soir, sont une invitation à entreprendre la traversée, a une histoire particulière, une histoire faite d'aventures, de batailles, une histoire que trop d'entre nous avons oubliée. Appelé « Cahini » ou « Gusaeni » par les autochtones, l'Ile de la Tortue doit son nom à Christophe Colomb qui la « découvrit » le matin du 6 décembre 1492. Avec 37 kilomètres de long sur 7 de large, elle n'est qu'une toute petite commune qui est administrativement divisée en deux sections communales : Pointe des Oiseaux et Mare Rouge.
Etat des lieux
Complètement négligée, on ne retrouve, pratiquement, sur l'île aucune représentation des institutions étatiques sauf, bien sûr, celle de la Direction Générale des Impôts qui, de toute façon, ne sert pas à grand-chose car le préposé n'a nullement les moyens de la politique de l'institution. Après avoir passé une journée à faire le tour de l'île, on est à même de se demander si cette commune fait vraiment partie de la République d'Haïti. Et, pourtant, il y aurait toutes les raisons du monde pour qu'elle retienne l'attention. Malheureusement, commune ou pas, elle semble n'avoir jamais intéressé les gouvernements qui se sont succédé depuis l'indépendance vu son dénuement total.
Il n'existe sur l'île aucune infrastructure digne de ce nom. Les tracés qui existent et sur lesquels circulent des véhicules sans immatriculation ne méritent pas la dénomination de route. Ce ne sont que des chemins de terre en très mauvais état, sans pitié pour les reins de ceux qui osent s'y aventurer. Rallier, par exemple, Les Palmistes (centre « urbain » intérieur) à partir de Pointe des Oiseaux (agglomération côtière) est une véritable torture. D'ailleurs, assez souvent, le seul moyen de se rendre d'un lieu à un autre reste la mer. Quand on pense que dans le temps, il existait des voies ferrées et, évidemment, un train ! mais, cela, c'est une autre histoire !
Les Palmistes, centre administratif de l'Ile de La Tortue, arrive à tenir le coup, comme par magie. Comme la plupart de nos villes et villages, il n'y existe aucun drainage. Ce qui n'a rien d'étonnant quand on sait que Port-de-Paix, chef-lieu du département du Nord-Ouest est dans la même situation. Et pourtant, cette petite agglomération a son charme et, vu la surface qu'elle occupe, il ne serait vraiment pas nécessaire de faire venir l'or du Pérou pour lui donner une certaine fraîcheur et résoudre la plupart de ses problèmes.
Les Palmistes, centre administratif de l'Ile de La Tortue, arrive à tenir le coup, comme par magie. Comme la plupart de nos villes et villages, il n'y existe aucun drainage. Ce qui n'a rien d'étonnant quand on sait que Port-de-Paix, chef-lieu du département du Nord-Ouest est dans la même situation. Et pourtant, cette petite agglomération a son charme et, vu la surface qu'elle occupe, il ne serait vraiment pas nécessaire de faire venir l'or du Pérou pour lui donner une certaine fraîcheur et résoudre la plupart de ses problèmes.
Pour le moment la mairie partage un « kat pyès kay » avec le tribunal de paix et l'officier de l'état civil. Plutôt coincé comme situation. Et du train où vont les affaires dans ce pays, ce n'est pas demain la veille que cela va changer... à moins que la solution ne vienne de l'île. Il est évident, cependant, que la commune a grandement besoin d'un bâtiment administratif.Evidemment, seuls ceux qui ont déjà quitté l'île savent qu'il existe quelque part une institution qui porte le nom pompeux d' « Electricité d'Haïti ». Bien sûr, il savent ce qu'est l'électricité, La Tortue étant probablement la commune qui compte le plus de génératrices au kilomètre carré. D'ailleurs, la localité de Les Palmistes est alimentée par une génératrice gérée par la communauté.Quelques rares localités ont pu bénéficier de l'adduction d'eau potable. Pour les autres, c'est la débrouille. Dieu merci, les sources sont assez nombreuses et la population assez débrouillarde. La source de « Nan Zòl » à Pointe des Oiseaux a un débit suffisant pour, à elle seule, alimenter au moins le tiers de l'île.Dans le temps, il existait deux pistes d'aviation à l'île de La Tortue. Aujourd'hui, dans un état déplorable, elles ne servent plus à rien et, histoire plutôt cocasse, l'une d'elles, probablement celle de la Pointe Ouest, figure, officiellement, depuis quelques temps sur la liste des pistes clandestines utilisées pour le trafic de drogue. Or, officiellement, elle n'a jamais été désaffectée. De quoi se poser des questions ! La piste des Palmistes, mesure environ 2000 pieds et pourrait être prolongée jusqu'à 2500 pieds. Endommagée par les eaux, elle n'a jamais été réparée. Envisager le développement touristique de l'ile sans la réhabilitation de cette piste relèverait de l'absurde.
La piste de la pointe Ouest, vu sa position dans une zone pratiquement inhabitée, ne saurait desservir la population mais en cas de développement de projets touristiques, elle pourrait se révéler d'une grande utilité. Car la pointe Ouest a l'une des plus belles, sinon la plus belle plage du pays.Ce qui parait le plus paradoxal, pour cette petite ile qui vit presqu'exclusivement de la mer, c'est l'inexistence de débarcadère. Embarquer à Port-de-Paix pose déjà un problème. Il faut d'abord monter à bord d'une barque avant d'être transbahuté dans le navire qui assure le va-et-vient entre la grande terre et la petite île. Arrivé à destination, l'opération se fait en sens inverse et, pour ne pas se mouiller les pieds, il faut parfois se résigner à se faire porter à dos d'homme. Et dire que nous sommes en 2007 ! que ne justifierait pas le sous-développement ?
Santé
Question santé, c'est pas la joie à La Tortue. L'hôpital est dans un état exécrable, le personnel est carrément insuffisant. Quant aux centres de santé, ils n'existent, pour ainsi dire, pas. Parler de santé dans cette commune demande une expertise que, malheureusement, nous n'avons pas.
Education
Question santé, c'est pas la joie à La Tortue. L'hôpital est dans un état exécrable, le personnel est carrément insuffisant. Quant aux centres de santé, ils n'existent, pour ainsi dire, pas. Parler de santé dans cette commune demande une expertise que, malheureusement, nous n'avons pas.
Education
Faire un bilan du système éducationnel sur l'Ile de la Tortue est assez laborieux car, pour cela, il faudrait avoir la possibilité de visiter toutes les écoles, ce qui est particulièrement difficile si l'on tient compte des difficultés à surmonter pour atteindre certains sites. Toutefois, il est clair qu'il manque d'écoles secondaires et qu' un seul lycée ne peut, en aucune façon, satisfaire les besoins d'une population estimée à environ 45000 âmes. D'autant plus que le lycée ne permet aux élèves que d'arriver en classe de troisième. Après, il faut aller à Port-de-Paix, Saint-Louis du Nord, Port-au-Prince ou au Cap-Haïtien. Ce qui explique que beaucoup de jeunes arrêtent três tôt leurs études. Un vrai gaspillage de cerveaux !EconomieLa commune vit principalement de la mer, dans tous les sens du terme. De nombreux bateaux font le commerce entre l'ile et les villes côtières les plus proches et la pêche tient une place privilégiée dans la vie économique de la commune. Toutefois, l'agriculture, bien que pratiquée de manière empirique pour la subsistance, tient encore la route et a toute son importance pour une population dont une grande partie est sous-alimenté. Il est intéressant de noter que la plupart des bateaux qui se trouvent à La Tortue sont construits sur place, preuve de l'ingéniosité et du savoir-faire des Tortugais.Environnement
Il y a comme partout ailleurs certains problèmes dont il faudrait tenir compte si l'on veut vraiment protèger l'environnement de l'île. Cependant la commune est encore verte et il faudrait rapidement prendre des mesures pour qu'elle le reste car vu les conditions de vie difficiles d'une bonne partie de la population, les risques sont élevés qu'elle n'augmente sa production de charbon de bois pour résoudre ses problèmes économiques. La production de ce charbon est la pricinpale cause de la coupe du bois sur l'île.
Bizarrement, les plages sont dépourvues de cocotiers. Il faudrait peut-être penser à en planter s'il n'existe aucun risque de destabilisation d'un écosytème déjà fragilisé.

Développement
La Tortue est pratiquement vierge et tout est à faire. La meilleure option pour le développement de l'île est le tourisme car elle (l'île) offre de nombreux avantages. Le canal de La Tortue est un passage obligé pour beaucoup de bateaux de croisière et de plaisance.
Avec ses deux pistes d'atterrissage, l'une à la Pointe Ouest et l'autre Aux Palmistes, elle est à 45 minutes de vol de Puerto Plata en République dominicaine, 35 minutes de Port-au-Prince, 20 minutes de Inagua des Bahamas, et 15 minutes du Cap-Haïtien. Par voie maritime, elle est à 3 ou 4 heures de bateau du Cap-Haïtien et à 15 ou 20 minutes de St- Louis du Nord selon la puissance du moteur utilisé.
L'Ile bénéficie d'une biodiversité qui offre des randonnées dans les forêts et permet d'explorer les attraits naturels de l'île. De plus, son écosystème marin unique dans les Caraïbes. La grande disponibilité de plages vierges et de terrains à aménager sont propices à accueillir des sites hôteliers. La côte sud de l'île présente une bande de sable blanc de 37 km avec des zones peuplées de mangrove, des zones rocheuses, des zones de faible fond et des zones d'eau profonde. D'ailleurs, l'une des plages, « la Pointe Ouest », a été désignée comme étant l'une des dix plus belles plages de la caraïbe par la revue de tourisme « Condé Nast Traveler», une référence du tourisme mondial.
L'Ile bénéficie d'une biodiversité qui offre des randonnées dans les forêts et permet d'explorer les attraits naturels de l'île. De plus, son écosystème marin unique dans les Caraïbes. La grande disponibilité de plages vierges et de terrains à aménager sont propices à accueillir des sites hôteliers. La côte sud de l'île présente une bande de sable blanc de 37 km avec des zones peuplées de mangrove, des zones rocheuses, des zones de faible fond et des zones d'eau profonde. D'ailleurs, l'une des plages, « la Pointe Ouest », a été désignée comme étant l'une des dix plus belles plages de la caraïbe par la revue de tourisme « Condé Nast Traveler», une référence du tourisme mondial.
Fort heureusement, le ministère du Tourisme se penche actuellement, et sérieusement, sur un projet de développement touristique qui implique non seulement l'île, mais aussi la bande côtière qui va du Môle St-Nicolas à la baie de Mancenille. D'un autre côté, il existe des tortugais qui travaillent d'arrache-pied en vue de faire avancer les choses chez eux. Mais cela, c'est le sujet d'un autre article.
L'île de La Tortue est un petit paradis, l'un des derniers qui nous reste encore. Lui donner la considération qu'elle mérite pourrait nous aider à retrouver un petit peu de cette Haïti Chérie, Perle des Antilles, qui n'est plus qu'un lointain, très lointain souvenir...
Patrice-Manuel Lerebours
Patrice-Manuel Lerebours
Une mission mixte haïtienne va à la rencontre de la classe d’affaires canadienne
Les ministres des travaux publics et du tourisme ainsi que les présidents de trois chambres de commerce vont stimuler le développement des investissements canadiens en Haïti
vendredi 28 septembre 2007,
Radio Kiskeya
Une mission haïtienne multisectorielle de commerce et d’investissements laisse Port-au-Prince ce dimanche à destination du Canada où elle séjournera jusqu’au 7 octobre, annnonce le consulat général d’Haïti à Montréal dans un communiqué transmis à Radio Kiskeya.
Conduite par la Chambre de commerce et d’industrie haïtiano-canadienne, la délégation comprendra une trentaine d’officiels du gouvernement et de représentants des différentes entités du secteur privé des affaires. Les ministres des travaux publics, Frantz Verella et du tourisme, Patrick Delatour de même que le directeur général du Centre de facilitation des investissements (CFI), Guy Lamothe seront présents aux côtés des présidents de la Chambre de commerce et d’industrie haïtiano-canadienne, Frantz Liautaud, de la Chambre de commerce et d’insdustrie d’Haïti, Jean-Robert Argant et de la Chambre de commerce franco-haïtienne, Grégory Brandt.
La mission tentera de porter des investisseurs canadiens à installer leurs entreprises en Haïti en leur exposant les avantages comparatifs dont ils pourraient bénéficier. Une journée d’informations et de réseautage est notamment prévue mardi prochain à la Chambre de commerce du Montréal métrpolitain sur le thème "Participer à la relance d’Haïti".
Le Canada, dont la province francophone du Québec accueille une importante communauté haïtienne, fait partie des principaux partenaires de notre pays. Cependant, très peu d’entreprises canadiennes existent en Haïti et les échanges commerciaux entre les deux pays restent faibles. spp/RK
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4198
vendredi 28 septembre 2007,
Radio Kiskeya
Une mission haïtienne multisectorielle de commerce et d’investissements laisse Port-au-Prince ce dimanche à destination du Canada où elle séjournera jusqu’au 7 octobre, annnonce le consulat général d’Haïti à Montréal dans un communiqué transmis à Radio Kiskeya.
Conduite par la Chambre de commerce et d’industrie haïtiano-canadienne, la délégation comprendra une trentaine d’officiels du gouvernement et de représentants des différentes entités du secteur privé des affaires. Les ministres des travaux publics, Frantz Verella et du tourisme, Patrick Delatour de même que le directeur général du Centre de facilitation des investissements (CFI), Guy Lamothe seront présents aux côtés des présidents de la Chambre de commerce et d’industrie haïtiano-canadienne, Frantz Liautaud, de la Chambre de commerce et d’insdustrie d’Haïti, Jean-Robert Argant et de la Chambre de commerce franco-haïtienne, Grégory Brandt.
La mission tentera de porter des investisseurs canadiens à installer leurs entreprises en Haïti en leur exposant les avantages comparatifs dont ils pourraient bénéficier. Une journée d’informations et de réseautage est notamment prévue mardi prochain à la Chambre de commerce du Montréal métrpolitain sur le thème "Participer à la relance d’Haïti".
Le Canada, dont la province francophone du Québec accueille une importante communauté haïtienne, fait partie des principaux partenaires de notre pays. Cependant, très peu d’entreprises canadiennes existent en Haïti et les échanges commerciaux entre les deux pays restent faibles. spp/RK
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Arrestation de Fritznel Thérameau, fugitif et président du syndicat des agences maritimes d’Haïti
Evadé de prison, il était activement recherché ; cependant, ses partisans crient à l’injustice
vendredi 28 septembre 2007,
Radio Kiskeya
Le président du syndicat des agences maritimes d’Haïti (STAM), Fritznel Thérameau, considéré par la police comme un fugitif, a été arrêté vendredi à Port-au-Prince par des agents de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI), une unité spécialisée de la PNH.
Il sortait d’une assemblée générale du syndicat lorsqu’il a été intercepté et conduit immédiatement en prison.
Des membres du STAM ont énergiquement protesté contre cette opération et menacé de se mobiliser si leur leader n’était pas libéré. Qualifiant d’injustice l’arrestation de M. Thérameau, ils ont toutefois affirmé qu’il en est à son huitième séjour en taule.
La photo du syndicaliste avec son numéro de matricule de prisonnier apparaît très clairement sur un avis de recherche de la Police Nationale récemment publié. L’intéressé figure parmi d’autres fugitifs qui s’étaient évadés du Pénitencier National, la prison civile de la capitale.
Fritznel Thérameau, qui aurait été arrêté début 2004 lors des graves épisodes de violences qu’avait connus Port-au-Prince après le départ de Jean-Bertrand Aristide, Friznel Thérameau était pourtant revenu en juin dernier à la tête du syndicat des agences maritimes. Son élection souffrait de contestations de plus en plus vives.
Il faut aussi préciser que de fréquentes turbulences sont enregistrées au STAM dont le siège se trouve à l’Autorité portuaire nationale (APN). spp/RK
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4196
vendredi 28 septembre 2007,
Radio Kiskeya
Le président du syndicat des agences maritimes d’Haïti (STAM), Fritznel Thérameau, considéré par la police comme un fugitif, a été arrêté vendredi à Port-au-Prince par des agents de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI), une unité spécialisée de la PNH.
Il sortait d’une assemblée générale du syndicat lorsqu’il a été intercepté et conduit immédiatement en prison.
Des membres du STAM ont énergiquement protesté contre cette opération et menacé de se mobiliser si leur leader n’était pas libéré. Qualifiant d’injustice l’arrestation de M. Thérameau, ils ont toutefois affirmé qu’il en est à son huitième séjour en taule.
La photo du syndicaliste avec son numéro de matricule de prisonnier apparaît très clairement sur un avis de recherche de la Police Nationale récemment publié. L’intéressé figure parmi d’autres fugitifs qui s’étaient évadés du Pénitencier National, la prison civile de la capitale.
Fritznel Thérameau, qui aurait été arrêté début 2004 lors des graves épisodes de violences qu’avait connus Port-au-Prince après le départ de Jean-Bertrand Aristide, Friznel Thérameau était pourtant revenu en juin dernier à la tête du syndicat des agences maritimes. Son élection souffrait de contestations de plus en plus vives.
Il faut aussi préciser que de fréquentes turbulences sont enregistrées au STAM dont le siège se trouve à l’Autorité portuaire nationale (APN). spp/RK
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"Des politiciens et investigateurs ont participé à l’assassinat de journalistes haïtiens", confie le Président Préval au CPJ
Le chef de l’Etat, qui se garde de citer des noms, renouvelle son "soutien total" à la commission dite indépendante chargée d’accompagner les enquêtes sur les meurtres de différents confrères ; le Comité pour la protection des journalistes demande expressément à René Préval de renouveler le mandat du juge d’instruction Bernard Saint-Vil chargé de l’enquête sur l’assassinat du journaliste espagnol Ricardo Ortega, en 2004 à Port-au-Prince
jeudi 27 septembre 2007,
Radio Kiskeya
Le Président René Préval a indiqué jeudi à New York, lors d’une rencontre avec le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), qu’il soutenait entièrement la commission dite indépendante chargée de faire avancer les enquêtes judiciaires sur des assassinats de journalistes haïtiens dont "certains hommes politiques et investigateurs seraient responsables".
Le chef de l’Etat a affirmé que "les politiciens haïtiens et les investigateurs n’étaient pas intéressés à voir la justice faire la lumière sur des assassinats de journalistes parce que certains d’entre eux étaient impliqués dans ces crimes". Plus loin, il ajoute "maintenant, la situation a changé, il y a une volonté politique et elle nous permet de réaliser des progrès".
Le chef de l’Etat n’a toutefois pas voulu citer de noms dans ces révélations qu’il a faites au cours de sa conversation avec Joel Simon, directeur exécutif du CPJ, Franz Allina, membre du conseil d’administration et Carlos Laurìa, coordonnateur senior du programme pour les Amériques.
Selon un communiqué de l’organisation internationale de défense de la liberté de la presse basée à New York, le chef de l’Etat haïtien a exprimé son "soutien total" à la commission et a indiqué que le gouvernement "veut que le dernier mot revienne à la justice".
"Nous sommes contents de constater la détermination et l’engagement du Président Préval à déployer tous les efforts afin que les auteurs des crimes commis contre des membres de la presse fassent l’objet de poursuites judiciaires", a déclaré Joel Simon. "Les obstacles politiques étant levés, le gouvernement haïtien peut maintenant fortement encourager les enquêtes ouvertes sur des meurtres de journalistes. Haïti doit rompre le cycle de l’impunité, alors cette confiance pourra contribuer à réhabiliter le système judiciaire du pays", a poursuivi le responsable du CPJ.
Au cours de leur conversation, le chef de l’Etat et les deux dirigeants de l’organisation ont notamment passé en revue la situation de la liberté de la presse en Haïti et évoqué l’avenir de la commission récemment créée afin d’accompagner les enquêtes judiciaires portant sur différents cas d’assassinat de journalistes non résolus entre 2000 et 2007.
Le Président a toutefois affirmé qu’il sera difficile de rendre juustice aux victimes, particulièrement dans les cas les plus vieux. La création de la commission représente de son point de vue, un signal qui nous permettra d’apporter les réponses appropriées à certains crimes" ajoutant " la liberté de la presse est essentielle pour le développement de la démocratie". Dans cette optique, René Préval note que le climat de violence qui sévissait en Haïti depuis l’an 2000 a changé. "La situation est maintenant différente et la presse peut travailler dans un environnement relativement libre", selon ses propres termes.
Pour sa part, le CPJ a indiqué que suivant les données dont il dispose, les attaques contre la presse haïtienne ont chuté de manière significative au cours des deux dernières années. Il a aussi appelé le chef de l’Etat à soutenir tous les efforts visant à consolider le travail de la "commission indépendante d’investigation" et a souhaité que le gouvernement accorde à la police et aux magistrats instructeurs en charge des dossiers de journalistes assassinés tous les moyens dont ils ont besoin.
La délégation du Comité pour la protection des journalistes a expressément demandé au dirigeant haïtien de renouveler le mandat du juge d’instructeur Bernard Saint-Vil, responsable de l’enquête sur le meurtre du journaliste espagnol Ricardo Ortega, le 7 mars 2004 à Port-au-Prince. Le reporter et cameraman de la chaîne de télévision espagnole Antena 3 avait été abattu au cours d’une sanglante intervention de présumés partisans armés de Jean-Bertrand Aristide contre une manifestation gigantesque de plusieurs dizaines de milliers de personnes qui célébraient le renversement une semaine plus tôt de l’ancien régime caractérisé par des dérives autoritaristes.
La commission de journalistes formée conjointement par le Président René Préval et l’organisation SOS Journalistes de Guyler Delva est présidée par ce dernier. Elle comprend également sept autres journalistes, Euvrard Saint-Armand (Radio Caraïbes FM), Anne Marguerite Auguste (Radio Solidarité), Dieudonne Saincy (Radio Métropole), Jean Wilmer Morin (Radio Tropic FM et TELEMAX), Louis Gary Cyprien (Le Nouvelliste), Marie Nick Marcelin (Radio Ibo) et Idson Saint-Fleur (Radio Signal FM). spp/RK
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4194
jeudi 27 septembre 2007,
Radio Kiskeya
Le Président René Préval a indiqué jeudi à New York, lors d’une rencontre avec le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), qu’il soutenait entièrement la commission dite indépendante chargée de faire avancer les enquêtes judiciaires sur des assassinats de journalistes haïtiens dont "certains hommes politiques et investigateurs seraient responsables".
Le chef de l’Etat a affirmé que "les politiciens haïtiens et les investigateurs n’étaient pas intéressés à voir la justice faire la lumière sur des assassinats de journalistes parce que certains d’entre eux étaient impliqués dans ces crimes". Plus loin, il ajoute "maintenant, la situation a changé, il y a une volonté politique et elle nous permet de réaliser des progrès".
Le chef de l’Etat n’a toutefois pas voulu citer de noms dans ces révélations qu’il a faites au cours de sa conversation avec Joel Simon, directeur exécutif du CPJ, Franz Allina, membre du conseil d’administration et Carlos Laurìa, coordonnateur senior du programme pour les Amériques.
Selon un communiqué de l’organisation internationale de défense de la liberté de la presse basée à New York, le chef de l’Etat haïtien a exprimé son "soutien total" à la commission et a indiqué que le gouvernement "veut que le dernier mot revienne à la justice".
"Nous sommes contents de constater la détermination et l’engagement du Président Préval à déployer tous les efforts afin que les auteurs des crimes commis contre des membres de la presse fassent l’objet de poursuites judiciaires", a déclaré Joel Simon. "Les obstacles politiques étant levés, le gouvernement haïtien peut maintenant fortement encourager les enquêtes ouvertes sur des meurtres de journalistes. Haïti doit rompre le cycle de l’impunité, alors cette confiance pourra contribuer à réhabiliter le système judiciaire du pays", a poursuivi le responsable du CPJ.
Au cours de leur conversation, le chef de l’Etat et les deux dirigeants de l’organisation ont notamment passé en revue la situation de la liberté de la presse en Haïti et évoqué l’avenir de la commission récemment créée afin d’accompagner les enquêtes judiciaires portant sur différents cas d’assassinat de journalistes non résolus entre 2000 et 2007.
Le Président a toutefois affirmé qu’il sera difficile de rendre juustice aux victimes, particulièrement dans les cas les plus vieux. La création de la commission représente de son point de vue, un signal qui nous permettra d’apporter les réponses appropriées à certains crimes" ajoutant " la liberté de la presse est essentielle pour le développement de la démocratie". Dans cette optique, René Préval note que le climat de violence qui sévissait en Haïti depuis l’an 2000 a changé. "La situation est maintenant différente et la presse peut travailler dans un environnement relativement libre", selon ses propres termes.
Pour sa part, le CPJ a indiqué que suivant les données dont il dispose, les attaques contre la presse haïtienne ont chuté de manière significative au cours des deux dernières années. Il a aussi appelé le chef de l’Etat à soutenir tous les efforts visant à consolider le travail de la "commission indépendante d’investigation" et a souhaité que le gouvernement accorde à la police et aux magistrats instructeurs en charge des dossiers de journalistes assassinés tous les moyens dont ils ont besoin.
La délégation du Comité pour la protection des journalistes a expressément demandé au dirigeant haïtien de renouveler le mandat du juge d’instructeur Bernard Saint-Vil, responsable de l’enquête sur le meurtre du journaliste espagnol Ricardo Ortega, le 7 mars 2004 à Port-au-Prince. Le reporter et cameraman de la chaîne de télévision espagnole Antena 3 avait été abattu au cours d’une sanglante intervention de présumés partisans armés de Jean-Bertrand Aristide contre une manifestation gigantesque de plusieurs dizaines de milliers de personnes qui célébraient le renversement une semaine plus tôt de l’ancien régime caractérisé par des dérives autoritaristes.
La commission de journalistes formée conjointement par le Président René Préval et l’organisation SOS Journalistes de Guyler Delva est présidée par ce dernier. Elle comprend également sept autres journalistes, Euvrard Saint-Armand (Radio Caraïbes FM), Anne Marguerite Auguste (Radio Solidarité), Dieudonne Saincy (Radio Métropole), Jean Wilmer Morin (Radio Tropic FM et TELEMAX), Louis Gary Cyprien (Le Nouvelliste), Marie Nick Marcelin (Radio Ibo) et Idson Saint-Fleur (Radio Signal FM). spp/RK
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4194
jeudi 27 septembre 2007
Haiti-Nations Unies : Préval réitère son appel à une transformation de la MINUSTAH dont le mandat a été renouvelé pour un an
P-au-P., 26 sept. 07 [AlterPresse] --- Le président haïtien René Préval, a réitéré, ce 26 septembre, aux Nations Unies, son appel à une transformation de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d’Haiti (MINUSTAH), dont le mandat vient d’être renouvelé pour un an par le Conseil de Sécurité.
« Ce renouvellement était fort à propos », a déclaré Préval, lors de son discours à l’assemblée générale de l’ONU, en rappelant son souhait de voir la MINUSTAH « se réinventer pour que ses chars d’assaut et ses mitraillettes se transforment en bulldozers affectés à rebâtir les routes, en charrues et en houes pour aider nos paysans à rebâtir leur capacité productive ».
« Tout le monde m’explique, sans arriver à me le faire comprendre, que cela n’est pas possible, que l’argent des chars et des mitraillettes ne peut servir à faire du développement, à créer du bonheur », a-t-il déploré.
D’autre part, à propos de la situation générale en Haiti, le chef de l’État haitien a souligné qu’Haiti est en train de dire « lentement, patiemment, mais avec détermination », au revoir à la « faillite ».
Il a indiqué que les gangs armés responsables de violences directes à l’encontre des populations ont été démantelés, la gouvernance de l’économie s’est améliorée et un climat d’appaisement et de convivialité a été établi au sein de la classe politique.
A la tribune des Nations Unies, Préval s’est fait l’avocat des pays confrontés au trafic de la drogue. Il a appelé à un accroissement de l’aide à ces Etats.
La lutte contre le trafic de drogues « met en face de nous des adversaires sophistiqués, organisés et disposant de réseaux puissants au niveau international, tant dans les pays producteurs que dans les pays consommateurs », a-t-il déclaré.
« Ce trafic a des effets néfastes sur les structures économiques, sociales et politiques des petits Etats comme le nôtre et fait peser une grave menace sur leur souveraineté et leur sécurité », a-t-il expliqué.
Préval a fait savoir qu’Haïti et la République dominicaine ont « la ferme volonté d’aider les Etats-Unis et le Canada à éliminer la drogue qui arrive sur leur sol en prenant » son territoire comme « lieu de transit ». Il a estimé qu’un « pas de géant » pourrait être fait si les Etats-Unis mobilisaient suffisamment de moyens dans le cadre d’un accord de 1997 sur le trafic illicite par mer de la drogue.
Le président haïtien a souhaité une assistance dans la mise en oeuvre de la Déclaration du Sommet régional sur la drogue, la sécurité et la coopération qui a eu lieu à son initiative en République dominicaine, le 16 mars dernier. [gp apr 26/09/2007 16:00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article6450
« Ce renouvellement était fort à propos », a déclaré Préval, lors de son discours à l’assemblée générale de l’ONU, en rappelant son souhait de voir la MINUSTAH « se réinventer pour que ses chars d’assaut et ses mitraillettes se transforment en bulldozers affectés à rebâtir les routes, en charrues et en houes pour aider nos paysans à rebâtir leur capacité productive ».
« Tout le monde m’explique, sans arriver à me le faire comprendre, que cela n’est pas possible, que l’argent des chars et des mitraillettes ne peut servir à faire du développement, à créer du bonheur », a-t-il déploré.
D’autre part, à propos de la situation générale en Haiti, le chef de l’État haitien a souligné qu’Haiti est en train de dire « lentement, patiemment, mais avec détermination », au revoir à la « faillite ».
Il a indiqué que les gangs armés responsables de violences directes à l’encontre des populations ont été démantelés, la gouvernance de l’économie s’est améliorée et un climat d’appaisement et de convivialité a été établi au sein de la classe politique.
A la tribune des Nations Unies, Préval s’est fait l’avocat des pays confrontés au trafic de la drogue. Il a appelé à un accroissement de l’aide à ces Etats.
La lutte contre le trafic de drogues « met en face de nous des adversaires sophistiqués, organisés et disposant de réseaux puissants au niveau international, tant dans les pays producteurs que dans les pays consommateurs », a-t-il déclaré.
« Ce trafic a des effets néfastes sur les structures économiques, sociales et politiques des petits Etats comme le nôtre et fait peser une grave menace sur leur souveraineté et leur sécurité », a-t-il expliqué.
Préval a fait savoir qu’Haïti et la République dominicaine ont « la ferme volonté d’aider les Etats-Unis et le Canada à éliminer la drogue qui arrive sur leur sol en prenant » son territoire comme « lieu de transit ». Il a estimé qu’un « pas de géant » pourrait être fait si les Etats-Unis mobilisaient suffisamment de moyens dans le cadre d’un accord de 1997 sur le trafic illicite par mer de la drogue.
Le président haïtien a souhaité une assistance dans la mise en oeuvre de la Déclaration du Sommet régional sur la drogue, la sécurité et la coopération qui a eu lieu à son initiative en République dominicaine, le 16 mars dernier. [gp apr 26/09/2007 16:00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article6450
"Un parisien, Un arbre", une initiative du maire de Paris en faveur de l’environnement dans trois pays dont Haïti
Bertrand Delanoë incite les habitants de la ville à financer la plantation de deux millions d’arbres dans le cadre de la lutte contre les changements climatiques en Haïti, au Cameroun et au Madagascar
jeudi 27 septembre 2007,
Radio Kiskeya
Le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, a donné jeudi le coup d’envoi de l’opération baptisée "Un parisien, Un arbre" destinée à porter les habitants de la capitale française à parrainer, au moyen d’une contribution personnelle, une campagne de reboisement contre le réchauffement climatique dans trois pays du Sud dont Haïti.
Selon la presse française, ce projet parrainé par l’Association internationale des maires francophones (AIMF), dont M. Delanoë est le président en exercice, fera l’objet d’une réunion du Conseil de Paris lundi prochain.
"Un projet pilote de 100 hectares est également à l’étude sur Haïti", a indiqué le maire. Il a aussi annoncé la création de "puits de carbone forestiers" au Cameroun et au Madagascar grâce à la plantation de deux millions d’arbres sur une superficie de 2.000 ha.
"J’apppelle les parisiennes et les parisiens, à partir du mardi 2 octobre, à lancer eux-mêmes cette belle oeuvre collective", a répété Bertrand Delanoë qui s’exprimait lors d’une conférence de presse à l’Hôtel de ville. Il a mis l’accent sur l’importance de cette "action résolue, modeste, ambitieuse qui ne vise pas à se donner bonne conscience" mais à promouvoir un "vrai développement durable sur 25 ans".
Chaque parisien ou parisienne est invité à verser un minimum de cinq euros via "des dons en ligne sécurisés", a ajouté l’élu de la capitale française qui précise que la contribution de la ville sera également sollicitée.
Le militant écologiste et photographe français, Yann Arthus-Bertrand, président de l’association Goodplanet, s’est réjoui de cette initiative. Il a toutefois souligné la nécessité de ne pas "se contenter de planter des arbres, mais de donner aux habitants des pays en développement les moyens d’échanger le charbon de bois contre une énergie propre".
Personnalité attachante connue pour ses idées originales et son grand humanisme, Bertrand Delanoë sera candidat à sa propre succession aux élections municipales de 2008. Mais, la hausse constante de sa côte de popularité au sein du Parti Socialiste pourrait le porter à exprimer des ambitions présidentielles et se lancer dans la course à l’Elysée, en 2012. spp/RK
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4189
Commentaires:
Une très belle initiative qui risque de faire beaucoup de bien à Haïti. Le succès d'un tel projet particulièreent en Haïti requiert une implication de la France dans toutes ses phases. Une grande partie de nos compatriotes ne sont pas encore conscients de l'ampleur des dégats écologiques qui précipitent tous les jours le pays Vers une situation de délabrement irréversible. Il n'hésiteront pas à sacrifier la noblesse de ce projet sur l'autel des intérêts personnels et ils en feront ce qui a été fait du pays s'aidant de l'omniprésente corruption.
Qui pis est on nepourra même pas compter sur un appui officiel car les plsu corrompus inconscients et indifférents se trouvent généralement au timon des affaires
jeudi 27 septembre 2007,
Radio Kiskeya
Le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, a donné jeudi le coup d’envoi de l’opération baptisée "Un parisien, Un arbre" destinée à porter les habitants de la capitale française à parrainer, au moyen d’une contribution personnelle, une campagne de reboisement contre le réchauffement climatique dans trois pays du Sud dont Haïti.
Selon la presse française, ce projet parrainé par l’Association internationale des maires francophones (AIMF), dont M. Delanoë est le président en exercice, fera l’objet d’une réunion du Conseil de Paris lundi prochain.
"Un projet pilote de 100 hectares est également à l’étude sur Haïti", a indiqué le maire. Il a aussi annoncé la création de "puits de carbone forestiers" au Cameroun et au Madagascar grâce à la plantation de deux millions d’arbres sur une superficie de 2.000 ha.
"J’apppelle les parisiennes et les parisiens, à partir du mardi 2 octobre, à lancer eux-mêmes cette belle oeuvre collective", a répété Bertrand Delanoë qui s’exprimait lors d’une conférence de presse à l’Hôtel de ville. Il a mis l’accent sur l’importance de cette "action résolue, modeste, ambitieuse qui ne vise pas à se donner bonne conscience" mais à promouvoir un "vrai développement durable sur 25 ans".
Chaque parisien ou parisienne est invité à verser un minimum de cinq euros via "des dons en ligne sécurisés", a ajouté l’élu de la capitale française qui précise que la contribution de la ville sera également sollicitée.
Le militant écologiste et photographe français, Yann Arthus-Bertrand, président de l’association Goodplanet, s’est réjoui de cette initiative. Il a toutefois souligné la nécessité de ne pas "se contenter de planter des arbres, mais de donner aux habitants des pays en développement les moyens d’échanger le charbon de bois contre une énergie propre".
Personnalité attachante connue pour ses idées originales et son grand humanisme, Bertrand Delanoë sera candidat à sa propre succession aux élections municipales de 2008. Mais, la hausse constante de sa côte de popularité au sein du Parti Socialiste pourrait le porter à exprimer des ambitions présidentielles et se lancer dans la course à l’Elysée, en 2012. spp/RK
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4189
Commentaires:
Une très belle initiative qui risque de faire beaucoup de bien à Haïti. Le succès d'un tel projet particulièreent en Haïti requiert une implication de la France dans toutes ses phases. Une grande partie de nos compatriotes ne sont pas encore conscients de l'ampleur des dégats écologiques qui précipitent tous les jours le pays Vers une situation de délabrement irréversible. Il n'hésiteront pas à sacrifier la noblesse de ce projet sur l'autel des intérêts personnels et ils en feront ce qui a été fait du pays s'aidant de l'omniprésente corruption.
Qui pis est on nepourra même pas compter sur un appui officiel car les plsu corrompus inconscients et indifférents se trouvent généralement au timon des affaires
JOURNÉE INTERNATIONALE SANS VOITURES / L’état du transport public en Haïti

Par Jean Panel Fanfan et Ivan Casseus
fanfanjeanpanel@yahoo.fr
La journée internationale sans voiture, excepté pour le transport en commun, observée annuellement le 22 septembre offre l’opportunité, en Haïti, de mettre en relief les conditions de plus en plus préoccupantes dans lesquelles évolue la circulation automobile, particulièrement en ce qui concerne les véhicules publics.
Ils sont légion, en effet, ceux et celles pour qui le secteur du transport de passagers est devenu rien moins que catastrophique. La presque totalité des véhicules préposés à ce trafic sont en tout et pour tout des guimbardes recyclées et ne répondant à aucune norme tant au niveau de leur apparence que de leur fonctionnement. Leurs opérateurs, souvent, ne sont pas eux-mêmes imbus des notions de conduite ou s’en moquent ostensiblement.
Dans toute la zone métropolitaine, l’improvisation s’est érigée en norme car, mis à part les efforts des agents de l’ordre pour maintenir une certaine cohérence le long des grandes artères et intersections, les véhicules publics, qui ne sont pas astreints à des stops spécifiques etbien aménagés pour recevoir et débarquer des passagers, interrompent de façon répétitive le flot du trafic.
Ces dernières années, la pratique consistant à sectionner des trajets autrefois clairement établis est venue s’ajouter aux difficultés quotidiennes des usagers du transport public. C’est ainsi que l’itinéraire Port-au-Prince – Pétion-Ville qui partait autrefois des abords de Notre Dame du Perpétuel secours pour s’achever en face du cimetière de Pétion-Ville est désormais divisé en trois parties. Les directives des autorités dans le but d’y mettre un frein sont apparemment sans effet.
Quid du ministère des Transports ?Il est aujourd’hui clair qu’après les échecs de la Conatra et de Service Plus, deux initiatives étatiques, toute nouvelle entreprise de transport public du même type serait – en l’absence d’une structuration réellement exhaustive et d’investissements proportionnels à l’actuelle explosion démographique –, vouée à un échec certain.
Le palpable désintérêt des autorités préposées au transport public serait aisément explicable à cause de l’évidente carence des fonds nécessaires pour un projet d’une telle envergure. Mais, cette liberté qu’ont des milliers d’entrepreneurs de transporter des dizaines de milliers de passagers comme et où ils veulent, et quand bon leur semble sans la moindre responsabilité de leur part, ne devrait-elle pas, en contrepartie, être sujette à certaines obligations ?
Les chauffeurs de tap tap coupent, inversent et interrompent leurs itinéraires simplement parce que leurs véhicules ne sont pas identifiables. Aujourd’hui, il est impossible pour les passagers de savoir à l’avance s’ils aboutiront à un terminus donné sans changement de route, dépendamment de l’humeur du conducteur ou des opportunités qui surviennent, car c’est l’anarchie totale.
Des couleurs et une numérotation spécifiques pour chaque circuitDans le temps, les véhicules préposés à un circuit donné étaient immédiatement identifiables par leur marque. C’est ainsi que, durant plusieurs années, le circuit Centre ville – Bourdon – Pétion-Ville était assuré par les grosses « Station Wagon » américaines qui furent remplacées par les Peugeot 404 et 504 « familiales ». Maintenant, ce même circuit, ainsi que tous les autres, sont non seulement morcelés mais ils sont parcourus par des pick-up japonais à qui ne sont conformes à aucune norme de sécurité.
Contre le privilège qu’ils ont d’exploiter les différents itinéraires à volonté, l’instance qui a droit de regard sur cette activité économique pourrait, tout au moins, attribuer une ou des couleurs spécifiques reconnaissables par tout un chacun pour chaque circuit donné et dans son intégralité. Le véhicule pourrait, en outre, être requis d’arborer de façon clairement visible le numéro d’un permis exigible en contrepartie du droit d’exploitation du circuit.
Finalement, les opérateurs pourraient établir, conjointement avec ladite instance, un tarif se situant entre les deux ou trois actuellement extorqués et le prix unique que vaut réellement la course.
Le coût de la vie est un fardeau et un sujet de préoccupation pour toutes les couches sociales. Maintenant, avec la rentrée des classes, il passe à un niveau encore plus pénible pour des milliers de parents dépourvus de véhicules personnels et qui doivent quotidiennement conduire leurs enfants à l’école.
Dans ce contexte, l’État ne devrait-il pas intervenir davantage là où, à présent, seules les décisions et récriminations concernant le prix de l’essence et les plaques d’immatriculation font l’actualité.
jeudi 20 septembre 2007
http://www.lematinhaiti.com/PageArticle.asp?ArticleID=8650
fanfanjeanpanel@yahoo.fr
La journée internationale sans voiture, excepté pour le transport en commun, observée annuellement le 22 septembre offre l’opportunité, en Haïti, de mettre en relief les conditions de plus en plus préoccupantes dans lesquelles évolue la circulation automobile, particulièrement en ce qui concerne les véhicules publics.
Ils sont légion, en effet, ceux et celles pour qui le secteur du transport de passagers est devenu rien moins que catastrophique. La presque totalité des véhicules préposés à ce trafic sont en tout et pour tout des guimbardes recyclées et ne répondant à aucune norme tant au niveau de leur apparence que de leur fonctionnement. Leurs opérateurs, souvent, ne sont pas eux-mêmes imbus des notions de conduite ou s’en moquent ostensiblement.
Dans toute la zone métropolitaine, l’improvisation s’est érigée en norme car, mis à part les efforts des agents de l’ordre pour maintenir une certaine cohérence le long des grandes artères et intersections, les véhicules publics, qui ne sont pas astreints à des stops spécifiques etbien aménagés pour recevoir et débarquer des passagers, interrompent de façon répétitive le flot du trafic.
Ces dernières années, la pratique consistant à sectionner des trajets autrefois clairement établis est venue s’ajouter aux difficultés quotidiennes des usagers du transport public. C’est ainsi que l’itinéraire Port-au-Prince – Pétion-Ville qui partait autrefois des abords de Notre Dame du Perpétuel secours pour s’achever en face du cimetière de Pétion-Ville est désormais divisé en trois parties. Les directives des autorités dans le but d’y mettre un frein sont apparemment sans effet.
Quid du ministère des Transports ?Il est aujourd’hui clair qu’après les échecs de la Conatra et de Service Plus, deux initiatives étatiques, toute nouvelle entreprise de transport public du même type serait – en l’absence d’une structuration réellement exhaustive et d’investissements proportionnels à l’actuelle explosion démographique –, vouée à un échec certain.
Le palpable désintérêt des autorités préposées au transport public serait aisément explicable à cause de l’évidente carence des fonds nécessaires pour un projet d’une telle envergure. Mais, cette liberté qu’ont des milliers d’entrepreneurs de transporter des dizaines de milliers de passagers comme et où ils veulent, et quand bon leur semble sans la moindre responsabilité de leur part, ne devrait-elle pas, en contrepartie, être sujette à certaines obligations ?
Les chauffeurs de tap tap coupent, inversent et interrompent leurs itinéraires simplement parce que leurs véhicules ne sont pas identifiables. Aujourd’hui, il est impossible pour les passagers de savoir à l’avance s’ils aboutiront à un terminus donné sans changement de route, dépendamment de l’humeur du conducteur ou des opportunités qui surviennent, car c’est l’anarchie totale.
Des couleurs et une numérotation spécifiques pour chaque circuitDans le temps, les véhicules préposés à un circuit donné étaient immédiatement identifiables par leur marque. C’est ainsi que, durant plusieurs années, le circuit Centre ville – Bourdon – Pétion-Ville était assuré par les grosses « Station Wagon » américaines qui furent remplacées par les Peugeot 404 et 504 « familiales ». Maintenant, ce même circuit, ainsi que tous les autres, sont non seulement morcelés mais ils sont parcourus par des pick-up japonais à qui ne sont conformes à aucune norme de sécurité.
Contre le privilège qu’ils ont d’exploiter les différents itinéraires à volonté, l’instance qui a droit de regard sur cette activité économique pourrait, tout au moins, attribuer une ou des couleurs spécifiques reconnaissables par tout un chacun pour chaque circuit donné et dans son intégralité. Le véhicule pourrait, en outre, être requis d’arborer de façon clairement visible le numéro d’un permis exigible en contrepartie du droit d’exploitation du circuit.
Finalement, les opérateurs pourraient établir, conjointement avec ladite instance, un tarif se situant entre les deux ou trois actuellement extorqués et le prix unique que vaut réellement la course.
Le coût de la vie est un fardeau et un sujet de préoccupation pour toutes les couches sociales. Maintenant, avec la rentrée des classes, il passe à un niveau encore plus pénible pour des milliers de parents dépourvus de véhicules personnels et qui doivent quotidiennement conduire leurs enfants à l’école.
Dans ce contexte, l’État ne devrait-il pas intervenir davantage là où, à présent, seules les décisions et récriminations concernant le prix de l’essence et les plaques d’immatriculation font l’actualité.
jeudi 20 septembre 2007
http://www.lematinhaiti.com/PageArticle.asp?ArticleID=8650
L'actualité en question
Le premier sénateur de l'Ouest, Jean Hector Anacacis, a vertement fustigé les parlementaires qui ont accepté de recevoir des fonds dans le cadre d'une subvention prévue dans le budget rectificatif 2006-2007 pour la rentrée des classes.
L'intervention du sénateur de la plate-forme LESPWA fait pendant aux rumeurs de malversations entourant la gestion de ces fonds par des parlementaires dans leur circonscription ou leur département.Les incidents enregistrés jusqu'ici ne sont pas les derniers et étaient prévisibles, a indiqué le sénateur Anacacis qui a dédouané l'Exécutif dans cette affaire.
Les parlementaires ont eux-mêmes inscrit ce poste dans le budget, a-t-il précisé expliquant l'empressement de certains de ses confrères par un souci de trouver des moyens de financement de leur campagne...
Dans certaines zones du pays, cette histoire de millions de gourdes octroyées aux parlementaires pour subventionner des élèves économiquement pauvres donne déjà lieu à des esclandres.
Pensez-vous que c'est le seul moyen qui s'offre aux parlementaires pour venir en aide à leur population respective?Les fonds confiés à ces parlementaires ne pourraient-ils pas être utilisés pour jeter les bases de 10 écoles ou lycées dans les départements du pays? Pensez-vous que l'Exécutif veut piéger ces parlementaires qui constitutionnellement n'ont aucun droit de gérer des fonds pour l'Etat? Même quand les parlementaires auraient géré efficacement les fonds et présenté un rapport avec des pièces justificatives à l'appui, quelle instance de l'Etat se changerait de leur donner quittance de cette gestion?Selon vous, les parlementaires, agissant par simple ignorance des normes, sont-ils animés de bonnes intentions?
L'intervention du sénateur de la plate-forme LESPWA fait pendant aux rumeurs de malversations entourant la gestion de ces fonds par des parlementaires dans leur circonscription ou leur département.Les incidents enregistrés jusqu'ici ne sont pas les derniers et étaient prévisibles, a indiqué le sénateur Anacacis qui a dédouané l'Exécutif dans cette affaire.
Les parlementaires ont eux-mêmes inscrit ce poste dans le budget, a-t-il précisé expliquant l'empressement de certains de ses confrères par un souci de trouver des moyens de financement de leur campagne...
Dans certaines zones du pays, cette histoire de millions de gourdes octroyées aux parlementaires pour subventionner des élèves économiquement pauvres donne déjà lieu à des esclandres.
Pensez-vous que c'est le seul moyen qui s'offre aux parlementaires pour venir en aide à leur population respective?Les fonds confiés à ces parlementaires ne pourraient-ils pas être utilisés pour jeter les bases de 10 écoles ou lycées dans les départements du pays? Pensez-vous que l'Exécutif veut piéger ces parlementaires qui constitutionnellement n'ont aucun droit de gérer des fonds pour l'Etat? Même quand les parlementaires auraient géré efficacement les fonds et présenté un rapport avec des pièces justificatives à l'appui, quelle instance de l'Etat se changerait de leur donner quittance de cette gestion?Selon vous, les parlementaires, agissant par simple ignorance des normes, sont-ils animés de bonnes intentions?
177e sur 180, Haïti reste dans le peloton des pays les plus corrompus, selon Transparency International
L’indice de perceptions de la corruption 2007 montre que les pratiques de corruption ne faiblissent pas malgré la campagne annoncée par les autorités en vue de combattre ce fléau
mercredi 26 septembre 2007,
Radio Kiskeya
Haïti figure parmi les quatre pays les plus corrompus de la planète, changeant légèrement de position par rapport à 2006 alors que dans les faits son score est devenu encore plus faible, selon l’indice de perceptions de la corruption (IPC) 2007 publié mercredi à Berlin par l’ONG Transparency International (TI).
Lanterne rouge l’année dernière (163e sur 163), notre pays se classe cette année 177e sur 180 pays avec une note de 1.6 sur 10 ne devançant que l’Irak (1.5), la Birmanie ou Myanmar et la Somalie (ex aequo avec 1.4 chacune). Ils constituent trois Etats en proie à des crises majeures qui se sont internationalisées.
Le score d’Haïti a chuté, passant en un an de 1.8 à 1.6. Il est dû en grande partie à un "intervalle de confiance" extrêmement faible qui se situe entre 1.3 et 1.8 sur 10.
Deux rapports réalisés en 2006 et deux autres en 2007 par des institutions internationales ont permis d’établir ce classement. Ils ont montré qu’en dépit de la campagne anti-corruption que le Président René Préval annonce avoir lancée, les pratiques n’avaient fondamentalement pas changé tant dans les institutions publiques que dans le secteur privé.
Dans la Caraïbe, la Jamaïque (3.3) occupe la 84e place et la République Dominicaine (3) la 99e, loin des meilleurs élèves de la région, la Barbade (6.9) 23e et Sainte-Lucie (6.8) 24e.
Encore une fois, le classement mondial des différentes perceptions de la corruption rendu public par Transparency International est dominé par les pays scandinaves. Le Danemark arrive en tête avec la forte note de 9.4 en compagnie de la Finlande et de la Nouvelle Zélande qui récoltent le même nombre de points. Trois autres pays de la région, la Suède (4e ex aequo, 9.3), l’Islande (6e, 9.2) et la Norvège (9e, 8.7) se retrouvent parmi les dix premiers même s’ils sont précédés notamment de la Nouvelle Zélande (1ère ex aequo, 9.4) et du Singapour (4e, 9.3).
A noter que le Canada (8.7), la France (7.3) et les Etats-Unis (7.2) sont respectivement 9e, 19e et 20e.
Devenu un véritable baromètre mondial, le rapport annuel de Transparency International permet de juger de la capacité et de la détermination des Etats à entreprendre ou non des actions efficaces en vue de contrer l’offre et la demande de corruption de même que la spirale de leurs effets pervers.
Appelant de ses vœux à la formation d’une coalition mondiale de la société civile contre la corruption, TI tente de rendre compte à travers une démarche de perception des niveaux de corruption en cours dans l’administration et la classe politique. spp/RK
----------
Commentaires :
Ca y est on est plus dernier. On est 177 ème sur 180. Vous direz que l’on a gagné que 3 places mais c’est déjà pas mal. Maintenant il serait intéressant de vivre dansun environnement plus pourri que l’environnement haïtien !
mercredi 26 septembre 2007,
Radio Kiskeya
Haïti figure parmi les quatre pays les plus corrompus de la planète, changeant légèrement de position par rapport à 2006 alors que dans les faits son score est devenu encore plus faible, selon l’indice de perceptions de la corruption (IPC) 2007 publié mercredi à Berlin par l’ONG Transparency International (TI).
Lanterne rouge l’année dernière (163e sur 163), notre pays se classe cette année 177e sur 180 pays avec une note de 1.6 sur 10 ne devançant que l’Irak (1.5), la Birmanie ou Myanmar et la Somalie (ex aequo avec 1.4 chacune). Ils constituent trois Etats en proie à des crises majeures qui se sont internationalisées.
Le score d’Haïti a chuté, passant en un an de 1.8 à 1.6. Il est dû en grande partie à un "intervalle de confiance" extrêmement faible qui se situe entre 1.3 et 1.8 sur 10.
Deux rapports réalisés en 2006 et deux autres en 2007 par des institutions internationales ont permis d’établir ce classement. Ils ont montré qu’en dépit de la campagne anti-corruption que le Président René Préval annonce avoir lancée, les pratiques n’avaient fondamentalement pas changé tant dans les institutions publiques que dans le secteur privé.
Dans la Caraïbe, la Jamaïque (3.3) occupe la 84e place et la République Dominicaine (3) la 99e, loin des meilleurs élèves de la région, la Barbade (6.9) 23e et Sainte-Lucie (6.8) 24e.
Encore une fois, le classement mondial des différentes perceptions de la corruption rendu public par Transparency International est dominé par les pays scandinaves. Le Danemark arrive en tête avec la forte note de 9.4 en compagnie de la Finlande et de la Nouvelle Zélande qui récoltent le même nombre de points. Trois autres pays de la région, la Suède (4e ex aequo, 9.3), l’Islande (6e, 9.2) et la Norvège (9e, 8.7) se retrouvent parmi les dix premiers même s’ils sont précédés notamment de la Nouvelle Zélande (1ère ex aequo, 9.4) et du Singapour (4e, 9.3).
A noter que le Canada (8.7), la France (7.3) et les Etats-Unis (7.2) sont respectivement 9e, 19e et 20e.
Devenu un véritable baromètre mondial, le rapport annuel de Transparency International permet de juger de la capacité et de la détermination des Etats à entreprendre ou non des actions efficaces en vue de contrer l’offre et la demande de corruption de même que la spirale de leurs effets pervers.
Appelant de ses vœux à la formation d’une coalition mondiale de la société civile contre la corruption, TI tente de rendre compte à travers une démarche de perception des niveaux de corruption en cours dans l’administration et la classe politique. spp/RK
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Commentaires :
Ca y est on est plus dernier. On est 177 ème sur 180. Vous direz que l’on a gagné que 3 places mais c’est déjà pas mal. Maintenant il serait intéressant de vivre dansun environnement plus pourri que l’environnement haïtien !
"Confié à un fils de la maison"L'archéologue Eddy Lubin devient le nouveau ministre de la Culture et de la Communication (MCC).
Il remplace à cet effet l'architecte Daniel Elie, éjecté depuis environ deux mois du gouvernement Alexis après avoir obtenu un vote de censure à la Chambre des députés. La cérémonie d'installation a eu lieu ce mardi au local dudit ministère.« Vous devenez le titulaire d'un secteur dans lequel le gouvernement place beaucoup d'espoir. Parce qu'il est considéré comme une de nos forces principales », a lancé le Premier ministre Jacques-Edouard Alexis à l'endroit de l'archéologue Eddy Lubin qui vient d'être installé ce mardi à la tête du ministère de la Culture et de la Communication en remplacement de l'architecte Daniel Elie, renvoyé par les députés depuis le 31 juillet 2007.
Élaborer et développer une politique de communication pour tout le pays est l'une des tâches spécifiques du ministère, selon le Chef de la Primature. Cette politique, a-t-il précisé, doit prendre en compte les besoins de nos compatriotes qui vivent dans la Diaspora et qui s'inquiètent fort souvent de ce qui arrive dans le pays. A ce sujet, M. Alexis souhaite qu'une nouvelle forme de collaboration avec le ministère des Haïtiens vivant à l'étranger soit réellement effective.« Je m'apliquerai à me montrer à la hauteur »« Conscient de l'ampleur de cette tâche qui m'incombe et imbu des difficultés qui m'attendent, je m'appliquerai à me montrer à la hauteur de cette lourde responsabilité», a déclaré le nouveau ministre de la Culture, entouré du Chef du gouvernement, Jacques-Edouard Alexis; de l'ex-ministre Daniel Elie; du ministre de l'Education nationale Gabriel Bien-Aimé; du ministre chargé des relations avec le parlement Joseph Jasmin et d'autres personnalités haïtiennes.
A près avoir reçu l'ampliation de l'arrêté le nommant à ce poste politique, l'ancien directeur départemental Nord pour le compte du ministère qu'il va diriger a indiqué que la politique culturelle préconisée par le gouvernement haïtien constitue un facteur de cohésion qui tend à fortifier le tissu social. C'est pourquoi, dit-il, il s'engage à encourager la pratique d'une politique d'inclusion et de participation des citoyens à la vie publique comme éléments déclencheurs des capacités créatrices de chacun.
Dans son discours de circonstance, M. Lubin a surtout mis l'accent sur l'importance de la culture haïtienne qu'il compare à l'identité nationale. « Notre culture, c'est notre identité. Elle est notre richesse. Si notre société est telle qu'elle est, c'est parce qu'il y a un déficit d'identité », a-t-il rappelé.
Pour avoir travaillé pendant plus de 25 ans au service de la culture haïtienne, M. Lubin est convaincu que c'est la culture qui doit garantir le réveil de la conscience nationale. « Lors des situations douloureuses de notre histoire de peuple, nous n'avions pu trouver de force pour lutter que dans la culture », se souvient-il, espérant que cette dernière saura constituer un véritable vecteur de développement et un facteur de paix dans la société haïtienne. Daniel Elie satisfait ...« Après un an et trois mois, je laisse le ministère avec deux grandes satisfactions. D'abord, pour avoir rencontré des techniciens compétents, sérieux et honnêtes et avec qui de grands projets ont été réalisés ; ensuite, je vais partir avec le coeur en paix parce que cette tâche est confiée à un fils de la maison », s'est réjoui Daniel Elie, le ministre sortant du MCC.
Satisfait de son travail, l'ex-ministre a pris le temps d'énumérer certains des projets réalisés durant son passage au MCC. Il s'agit, entre autres, de la mise sur pied de Caraïbe en création à la citadelle Henri, la construction d'un réseau d'écoles de musique, la création de la Direction nationale du livre et du Bureau national des droits d'auteur, le début de la restauration du bâtiment construit par l'ex-président Estimé en 1949 à Belladère, etc.
Comme pour lancer un appel à la prudence, l'architecte Daniel Elie s'est adressé à M. Lubin en ces termes : «Vous êtes arrivé à la tête de ce ministère à un moment où la bataille n'est plus la même. L'ennemi fera tout ce qui est en son pouvoir pour vous attirer sur son propre terrain. Mais je sais que vous avez réalisé beaucoup de recherches historiques sur l'évolution des systèmes de défense, sur les stratégies militaires et sur l'art de la guerre.»« Le renforcement de notre culture est à la dimension du défi qui nous attend en tant que peuple. Il se traduit par l'élimination des barrières spirituelles, des rideaux idéologiques, des découpages absurdes et des cloisons dangereuses qui nous divisent », a fait remarquer le nouveau ministre qui dit compter sur la collaboration de tous en vue d'une gestion efficace du ministère.
Victor Jean Junior
Dans son discours de circonstance, M. Lubin a surtout mis l'accent sur l'importance de la culture haïtienne qu'il compare à l'identité nationale. « Notre culture, c'est notre identité. Elle est notre richesse. Si notre société est telle qu'elle est, c'est parce qu'il y a un déficit d'identité », a-t-il rappelé.
Pour avoir travaillé pendant plus de 25 ans au service de la culture haïtienne, M. Lubin est convaincu que c'est la culture qui doit garantir le réveil de la conscience nationale. « Lors des situations douloureuses de notre histoire de peuple, nous n'avions pu trouver de force pour lutter que dans la culture », se souvient-il, espérant que cette dernière saura constituer un véritable vecteur de développement et un facteur de paix dans la société haïtienne. Daniel Elie satisfait ...« Après un an et trois mois, je laisse le ministère avec deux grandes satisfactions. D'abord, pour avoir rencontré des techniciens compétents, sérieux et honnêtes et avec qui de grands projets ont été réalisés ; ensuite, je vais partir avec le coeur en paix parce que cette tâche est confiée à un fils de la maison », s'est réjoui Daniel Elie, le ministre sortant du MCC.
Satisfait de son travail, l'ex-ministre a pris le temps d'énumérer certains des projets réalisés durant son passage au MCC. Il s'agit, entre autres, de la mise sur pied de Caraïbe en création à la citadelle Henri, la construction d'un réseau d'écoles de musique, la création de la Direction nationale du livre et du Bureau national des droits d'auteur, le début de la restauration du bâtiment construit par l'ex-président Estimé en 1949 à Belladère, etc.
Comme pour lancer un appel à la prudence, l'architecte Daniel Elie s'est adressé à M. Lubin en ces termes : «Vous êtes arrivé à la tête de ce ministère à un moment où la bataille n'est plus la même. L'ennemi fera tout ce qui est en son pouvoir pour vous attirer sur son propre terrain. Mais je sais que vous avez réalisé beaucoup de recherches historiques sur l'évolution des systèmes de défense, sur les stratégies militaires et sur l'art de la guerre.»« Le renforcement de notre culture est à la dimension du défi qui nous attend en tant que peuple. Il se traduit par l'élimination des barrières spirituelles, des rideaux idéologiques, des découpages absurdes et des cloisons dangereuses qui nous divisent », a fait remarquer le nouveau ministre qui dit compter sur la collaboration de tous en vue d'une gestion efficace du ministère.
Victor Jean Junior
Arrivée d'Anthony Phelps à Port-au-Prince
Le poète Anthony Phelps arrive en Haïti, ce mardi 25 septembre 2007, pour participer au colloque sur Les dynamiques de la construction démocratique en Amérique Latine, la Caraïbe et Haïti qui se tiendra au Ritz Kinam II les 26, 27 et 28 septembre 2007.
Monsieur Phelps arrive dans son pays natal aux environs de 13 heures 45 à bord d'un vol de Air Canada. Dans la soirée du 26 septembre 2007, Anthony Phelps - de retour au pays natal - participera à la cérémonie inaugurale de la Fondation Gérard Pierre-Charles. Poète, romancier et diseur, Anthony Phelps a déjà réalisé et produit une dizaine de disques de poésie de poètes haïtiens et québécois.
Né à Port-au-Prince, le 25 août 1928, Anthony Phelps a fait des études de chimie et de céramique aux États-Unis et au Canada.
En 1961, il fonde, avec les poètes Davertige, Serge Legagneur, Roland Morisseau, René Philoctète et Auguste Thénor, le groupe Haïti Littéraire et la revue Semences.
Depuis mai 1964, Anthony Phelps s'installe à Montréal, fait du théâtre, du journalisme puis participe à la narration de plusieurs films. En 1985, après vingt ans de service à Radio Canada, il prend une retraite anticipée pour se consacrer entièrement à l'écriture.
Les journalistes, qui voudraient bien interviewer cette figure emblématique de la littérature haïtienne, sont priés de contacter la section presse du Comité organisateur du Colloque.
Djems Olivier
Contact Presse
Cellulaire : 509 731-7154
Monsieur Phelps arrive dans son pays natal aux environs de 13 heures 45 à bord d'un vol de Air Canada. Dans la soirée du 26 septembre 2007, Anthony Phelps - de retour au pays natal - participera à la cérémonie inaugurale de la Fondation Gérard Pierre-Charles. Poète, romancier et diseur, Anthony Phelps a déjà réalisé et produit une dizaine de disques de poésie de poètes haïtiens et québécois.
Né à Port-au-Prince, le 25 août 1928, Anthony Phelps a fait des études de chimie et de céramique aux États-Unis et au Canada.
En 1961, il fonde, avec les poètes Davertige, Serge Legagneur, Roland Morisseau, René Philoctète et Auguste Thénor, le groupe Haïti Littéraire et la revue Semences.
Depuis mai 1964, Anthony Phelps s'installe à Montréal, fait du théâtre, du journalisme puis participe à la narration de plusieurs films. En 1985, après vingt ans de service à Radio Canada, il prend une retraite anticipée pour se consacrer entièrement à l'écriture.
Les journalistes, qui voudraient bien interviewer cette figure emblématique de la littérature haïtienne, sont priés de contacter la section presse du Comité organisateur du Colloque.
Djems Olivier
Contact Presse
Cellulaire : 509 731-7154
Qui finance les PME en Haïti ?
Des acteurs représentant des PME et le secteur de la finance discutent, ce mardi, autour du thème « Problématique du financement pour les Petites et moyennes entreprises de production et de service en Haïti », un atelier organisé par le CLED.
Les différents acteurs et intéressés se sont réunis, ce mardi, au Ritz pour discuter, analyser et proposer des solutions autour de la « Problématique du financement pour les Petites et moyennes entreprises de production et de service en Haïti ». Cet atelier organisé par le Centre pour la libre entreprise et la démocratie (CLED) avec le financement du PRIMA cherche à identifier les accrocs au financement du secteur des PME en vue de les surmonter.
Les différents panélistes qui se sont succédé ont, à leur manière, fait ressortir les difficultés ayant trait au financement. Les représentants du secteur financier ont mis en exergue la faiblesse des dossiers, du management, des évaluations incorrectes, l'absence de statistiques et une kyrielle de manquements justifiant leur philosophie d'extrême prudence.
La directrice exécutive du CLED, Marie Nadine Gaston, croit que si l'on admet l'hypothèse d'accès au crédit avec les différents acteurs réunis, si les problèmes sont clairement et bien identifiés, le secteur financier représenté par les banques commerciales, les banques de développement et les caisses populaires à cet atelier sauront proposer les meilleures solutions.
Mme Gaston qui a mis l'emphase sur le rôle et la participation des différents secteurs représentés a fait appel à la responsabilité de l'Etat pour que les actes du colloque n'aillent pas pourrir dans les tiroirs.Juliette Nicolas Tardieu, propriétaire d'une auberge à Jérémie et responsable d'une librairie voit de nombreux autres problèmes au-delà du financement. Pour elle, le financement n'est pas forcément le noeud gordien de la question, les infrastructures de toutes sortes, la formation, le savoir-faire entravent trop souvent le résultat de bon nombre d'entrepreneurs. « On se retrouve tout le temps à gérer un cercle vicieux, avec un propriétaire-dirigeant qui fait tout. Trop souvent ces PME n'ont pas les moyens de faire appel à des professionnels qui peuvent produire la documentation de support réclamée par les institutions de financement », a indiqué Mme Tardieu soulignant que le manque de réglementation ou le rôle régulateur de certaines institutions se présente comme un danger qui mine l'activité des PME.
Sauveur Delva, directeur de l'OCODER représentant le secteur paysan, se plaint de l'indisponibilité du crédit en faveur de la classe paysanne. Il réclame des secteurs bancaire et financier une extension de services de crédits tout en plaidant pour la décentralisation des « richesses » du pays. Yvon Yacinthe Faustin de Top La, une entreprise de transformation de produits agricoles appartenant à l'Association des paysans de Vallue (APV) confie que le PRIMA finance un projet où Top La deviendra à terme soit une coopérative ou une société par actions avec les paysans comme investisseurs. M. Faustin qui est également trésorier de l'APV se demande si les PME ne financent-elles pas les banques commerciales ?Michel Chancy, directeur exécutif de Vétérimed, une ONG qui gère un réseau de producteurs laitiers à travers le pays (Lèt a Gogo) en dépit du fait qu'il comprend la philosophie des institutions commerciales en évitant de prendre trop de risques invite ces dernières à remplir leur rôle social. « Le développement des PME et du pays passe inévitablement par la contribution des institutions financières », conclut le directeur exécutif de Vétérimed ajoutant que le financement demeure le problème majeur du secteur agricole haïtien.
Dieudonné Joachim
djoachim@lenouvelliste.com
L'Etat prêche d'exemple
Les salaires mensuels des grands commis de l'Etat, des fonctionnaires et agents de la fonction publique vont connaître un ajustement allant de 20% à 36%, a-t-on appris de sources sûres. Cet ajustement préparé par le Comité de Pilotage du Ministère de l'Economie et des Finances (MEF) devrait être effectif à partir du mois d'octobre 2007, avec le vote du budget de la République. Il s'agit du troisième réajustement des salaires par rapport au coût de la vie consenti depuis en moins de trois exercices fiscaux.
Les pouvoirs publics avaient déjà opéré en janvier 2005 un ajustement des salaires des fonctionnaires et agents de la Fonction publique. Cet ajustement a été rendu possible après une rectification du budget de la République. En octobre 2006, employés, fonctionnaires et agents de la Fonction publique ont reçu un ajustement de salaire d'au moins 14% pour les aider à faire face à l'inflation et à la cherté de la vie. Et pour le prochain exercice fiscal, cet ajustement variera de 20 à 36%, selon les prévisions du Ministère des Finances.
Du personnel de soutien au personnel de décision pour le barème de salaire intermédiaire, du clerc de l'Office d'état civil au président de la Cour de Cassation pour les membres des instances judiciaires, de l'Agent I au Directeur général de la PNH, le personnel de la Police nationale d'Haïti, et de l'Instituteur I au Directeur de Lycée, en passant par les professeurs suppléants, les professeurs à temps plein et les censeurs pour le personnel enseignant, ce nouveau barème essaie d'intégrer tout type d'acteurs de l'Administration, selon les documents préparés et proposés par le Comité de Pilotage du MEF. A mesure que le fonctionnaire ou l'agent de la fonction publique est placé sur un échelon inférieur de la hiérarchie, à mesure que son pourcentage d'ajustement est plus élevé, selon les termes des nouvelles propositions.
Pour les membres de l'appareil judiciaire, par exemple, le président de la Cour de Cassation, plus haute personnalité du pouvoir judiciaire, qui gagnait jusque-là 101.000.00 Gourdes comme salaire va voir celui-ci augmenté de 20% pour passer à 121.000.00 Gourdes. Le Commis-Parquet des tribunaux de Première Instance qui, du personnel judiciaire, perçoit le plus bas salaire, va maintenant recevoir une rémunération passant de 4.700.00 Gourdes à 6.350.00 Gourdes suite à un ajustement de 35%.
En termes réels, le plus grand écart de salaire observé au niveau de l'appareil judiciaire est celui existant entre les Commissaire du Gouvernement et leurs substituts. En effet, à la Cour de Cassation, le Commissaire du Gouvernement et les juges gagnent le même salaire. De 67.500.00, le montant de leur chèque passera à 84.400.00 Gourdes, soit une augmentation de 25%, alors que pour un même pourcentage, les substituts du Commissaire du gouvernement près de cette cour percevront 54.600.00 Gourdes à partir d'octobre prochain, soit un écart d'environ 35%. Le même constat est entre les commissaires du gouvernement et leurs substituts près les Cours d'Appel et des Tribunaux de Première Instance. Pour les Cours d'Appel, le Commissaire en chef aura en octobre 2007 un chèque au montant brut de 50.300.00 et le Commissaire en Chef près les Tribunaux de Première Instance aura, quant à lui, 38.600.00 Gourdes alors que leurs substituts auront respectivement 38.600.00 Gourdes et 28.900.00 Gourdes, soit une différence de 23% pour les premiers et de 25% pour les seconds.
Pour la Police nationale d'Haïti (PNH), à partir de la nouvelle année fiscale 2007-2008, un agent I situé su le premier échelon dans la hiérarchie de l'institution aura, à partir d'octobre 2007, un chèque au montant de 15.400.00 en augmentation du salaire de 11.850.00 Gourdes qu'il gagne jusqu'à présent, soit une augmentation de 30% ; alors que le Directeur général, pour sa part, va recevoir 84.400.00 suite à une augmentation de 25%.
En ce qui concerne la PNH, il faut noter une faible variation de pourcentage d'augmentation comparativement aux autres catégories de fonctionnaires. De l'agent I à l'Inspecteur divisionnaire, le pourcentage d'augmentation par rapport au salaire précédent est de 30% ; du Commissaire de police au Directeur général, le pourcentage est de 25%. Le personnel enseignant est le secteur qui va recevoir le plus grand pourcentage d'ajustement de salaires à partir d'octobre 2007. Les variations pour ce secteur vont en effet de 30% à 36%. Cependant, à comparer aux autres, il s'agit du secteur le plus négligé eu égard aux efforts consentis. En ce domaine, les salaires varient de 24.050.00 Gourdes (30%) pour un Directeur de Lycée à 7.100.00 Gourdes (35%) pour un Instituteur IV. Toujours dans cette catégorie socioprofessionnelle, un directeur d'école primaire (fondamentale) aura 10.900.00 Gourdes (35%) alors qu'un professeur suppléant au niveau secondaire aura, quant à lui, 7.100.00 Gourdes (35%). Le professeur à chaire simple (six heures au maximum par semaine) va recevoir un salaire de 6.200.00 Gourdes (36%), ce qui équivaut à un salaire-horaire d'au moins 250.00 Gourdes par heure.
Il faut noter qu'en dépit ce faible salaire attribué au personnel enseignant par rapport aux autres secteurs, il reste globalement meilleur par rapport au secteur privé. Dans la plupart des établissements scolaires privés, le salaire proposé aux enseignants reste une pitance par rapport aux exigences académiques et aux services fournis. Au niveau du barème des salaires intermédiaires, les variations sont de 25%, 30% et 35%. Les membres du personnel de soutien de niveau III et de classe I, placés dans la rubrique du salaire minimum, vont, suite à un ajustement de 35%, recevoir en octobre 2007 un salaire de 3.650.00 Gourdes. L'agent qui lui est exactement supérieur va, pour sa part, recevoir un salaire de 5.000.00 Gourdes, ce qui équivaut à un salaire de 250 Gourdes par jour à raison de vingt jours de travail par mois. Ce qui est largement supérieur au salaire proposé aux ouvriers du secteur de la sous-traitance.
Avec la cherté de la vie et le taux d'inflation tournant annuellement autour des 10%, cet ajustement de salaire va apporter un ouf de soulagement aux fonctionnaires et agents de la fonction publique. L'Etat haïtien, prêchant d'exemple, à partir de cet ajustement, invite le secteur privé des affaires à emboîter le pas pour ne pas être en reste en matière de ressources humaines qualifiées.
Samuel BAUCICAUT
baucicaut@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=48933&PubDate=2007-09-25
Les pouvoirs publics avaient déjà opéré en janvier 2005 un ajustement des salaires des fonctionnaires et agents de la Fonction publique. Cet ajustement a été rendu possible après une rectification du budget de la République. En octobre 2006, employés, fonctionnaires et agents de la Fonction publique ont reçu un ajustement de salaire d'au moins 14% pour les aider à faire face à l'inflation et à la cherté de la vie. Et pour le prochain exercice fiscal, cet ajustement variera de 20 à 36%, selon les prévisions du Ministère des Finances.
Du personnel de soutien au personnel de décision pour le barème de salaire intermédiaire, du clerc de l'Office d'état civil au président de la Cour de Cassation pour les membres des instances judiciaires, de l'Agent I au Directeur général de la PNH, le personnel de la Police nationale d'Haïti, et de l'Instituteur I au Directeur de Lycée, en passant par les professeurs suppléants, les professeurs à temps plein et les censeurs pour le personnel enseignant, ce nouveau barème essaie d'intégrer tout type d'acteurs de l'Administration, selon les documents préparés et proposés par le Comité de Pilotage du MEF. A mesure que le fonctionnaire ou l'agent de la fonction publique est placé sur un échelon inférieur de la hiérarchie, à mesure que son pourcentage d'ajustement est plus élevé, selon les termes des nouvelles propositions.
Pour les membres de l'appareil judiciaire, par exemple, le président de la Cour de Cassation, plus haute personnalité du pouvoir judiciaire, qui gagnait jusque-là 101.000.00 Gourdes comme salaire va voir celui-ci augmenté de 20% pour passer à 121.000.00 Gourdes. Le Commis-Parquet des tribunaux de Première Instance qui, du personnel judiciaire, perçoit le plus bas salaire, va maintenant recevoir une rémunération passant de 4.700.00 Gourdes à 6.350.00 Gourdes suite à un ajustement de 35%.
En termes réels, le plus grand écart de salaire observé au niveau de l'appareil judiciaire est celui existant entre les Commissaire du Gouvernement et leurs substituts. En effet, à la Cour de Cassation, le Commissaire du Gouvernement et les juges gagnent le même salaire. De 67.500.00, le montant de leur chèque passera à 84.400.00 Gourdes, soit une augmentation de 25%, alors que pour un même pourcentage, les substituts du Commissaire du gouvernement près de cette cour percevront 54.600.00 Gourdes à partir d'octobre prochain, soit un écart d'environ 35%. Le même constat est entre les commissaires du gouvernement et leurs substituts près les Cours d'Appel et des Tribunaux de Première Instance. Pour les Cours d'Appel, le Commissaire en chef aura en octobre 2007 un chèque au montant brut de 50.300.00 et le Commissaire en Chef près les Tribunaux de Première Instance aura, quant à lui, 38.600.00 Gourdes alors que leurs substituts auront respectivement 38.600.00 Gourdes et 28.900.00 Gourdes, soit une différence de 23% pour les premiers et de 25% pour les seconds.
Pour la Police nationale d'Haïti (PNH), à partir de la nouvelle année fiscale 2007-2008, un agent I situé su le premier échelon dans la hiérarchie de l'institution aura, à partir d'octobre 2007, un chèque au montant de 15.400.00 en augmentation du salaire de 11.850.00 Gourdes qu'il gagne jusqu'à présent, soit une augmentation de 30% ; alors que le Directeur général, pour sa part, va recevoir 84.400.00 suite à une augmentation de 25%.
En ce qui concerne la PNH, il faut noter une faible variation de pourcentage d'augmentation comparativement aux autres catégories de fonctionnaires. De l'agent I à l'Inspecteur divisionnaire, le pourcentage d'augmentation par rapport au salaire précédent est de 30% ; du Commissaire de police au Directeur général, le pourcentage est de 25%. Le personnel enseignant est le secteur qui va recevoir le plus grand pourcentage d'ajustement de salaires à partir d'octobre 2007. Les variations pour ce secteur vont en effet de 30% à 36%. Cependant, à comparer aux autres, il s'agit du secteur le plus négligé eu égard aux efforts consentis. En ce domaine, les salaires varient de 24.050.00 Gourdes (30%) pour un Directeur de Lycée à 7.100.00 Gourdes (35%) pour un Instituteur IV. Toujours dans cette catégorie socioprofessionnelle, un directeur d'école primaire (fondamentale) aura 10.900.00 Gourdes (35%) alors qu'un professeur suppléant au niveau secondaire aura, quant à lui, 7.100.00 Gourdes (35%). Le professeur à chaire simple (six heures au maximum par semaine) va recevoir un salaire de 6.200.00 Gourdes (36%), ce qui équivaut à un salaire-horaire d'au moins 250.00 Gourdes par heure.
Il faut noter qu'en dépit ce faible salaire attribué au personnel enseignant par rapport aux autres secteurs, il reste globalement meilleur par rapport au secteur privé. Dans la plupart des établissements scolaires privés, le salaire proposé aux enseignants reste une pitance par rapport aux exigences académiques et aux services fournis. Au niveau du barème des salaires intermédiaires, les variations sont de 25%, 30% et 35%. Les membres du personnel de soutien de niveau III et de classe I, placés dans la rubrique du salaire minimum, vont, suite à un ajustement de 35%, recevoir en octobre 2007 un salaire de 3.650.00 Gourdes. L'agent qui lui est exactement supérieur va, pour sa part, recevoir un salaire de 5.000.00 Gourdes, ce qui équivaut à un salaire de 250 Gourdes par jour à raison de vingt jours de travail par mois. Ce qui est largement supérieur au salaire proposé aux ouvriers du secteur de la sous-traitance.
Avec la cherté de la vie et le taux d'inflation tournant annuellement autour des 10%, cet ajustement de salaire va apporter un ouf de soulagement aux fonctionnaires et agents de la fonction publique. L'Etat haïtien, prêchant d'exemple, à partir de cet ajustement, invite le secteur privé des affaires à emboîter le pas pour ne pas être en reste en matière de ressources humaines qualifiées.
Samuel BAUCICAUT
baucicaut@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=48933&PubDate=2007-09-25
Peut-on réhabiliter le duvaliérisme?
« Je reconnais qu'après votre long silence depuis 1986, le timbre particulier de votre voix sur les ondes des stations de radio à Port-au-Prince a la vertu de l'inattendu. Elle a replongé l'opinion dans une époque où, par prudence ou courbettes, on vous donnait du « prince » par-ci, du « démocrate des contingences » par-là. Elle a suscité un sentiment de nostalgie pour certains, tandis que pour d'autres, cela tombait comme la dernière des impostures par ces temps confus... »
A Monsieur Jean Claude Duvalier,
Ex-président d'Haïti
Ceci est une démarche personnelle. Elle n'implique ni le quotidien Le Nouvelliste auquel je donne très modestement ma collaboration depuis quelques mois, ni d'anciens amis victimes de l'arbitraire et de l'exil sous votre gouvernement. Elle pourrait contenir, sans hargne, une note de protestation véhémente et justifiée soit pour mon très cher ami Gasner Raymond assassiné à Brâches en 1976, soit au sujet de mon père, Mésilas Clitandre, porté disparu en 1982 alors que j'étais en exil à New York, soit pour mon oncle Augustin Clitandre, directeur du journal Le Soleil, assassiné sous le gouvernement de votre père, en 1958.
Si le temps a pu particulièrement cicatriser des blessures personnelles, l'histoire, par contre, est beaucoup plus rigoureuse dans son jugement. Votre « message à la Nation » du 22 septembre 2007, à l'occasion des cinquante ans de l'accession au pouvoir de feu votre père, Dr François Duvalier, peut n'être qu'un appel de circonstance.
Je reconnais qu'après votre long silence depuis 1986, le timbre particulier de votre voix sur les ondes des stations de radio à Port-au-Prince a la vertu de l'inattendu. Elle a replongé l'opinion dans une époque où, par prudence de conjoncture ou courbettes circonstanciées, on vous donnait du « prince » par-ci, du « démocrate des contingences » par-là. Elle a suscité un sentiment de nostalgie pour certains, tandis que pour d'autres cela tombait comme la dernière des impostures par ces temps trop confus.Pour nous qui suivons, un peu à distance mais avec attention, les aléas de la politique haïtienne contemporaine, nous voyions venir ce que vous appelez « un salut chaleureux » dans les publications qui ont suscité un certain intérêt à Port-au-Prince. D'anciens collaborateurs de votre régime décident de parler librement du duvaliérisme dans un contexte qui favorise le débat, sans contrainte. Les étudiants et autres chercheurs veulent savoir ce qui se cache derrière « le monstre ».
Je ne suis pas sûr que ces documents aient totalement convaincu tout le monde. Réhabiliter le duvaliérisme est une entreprise difficile parce que les faits, jusqu'à présent, ne jouent pas en sa faveur. Certains peuvent argumenter que votre père savait tenir tête aux diktats internationaux. Dans une conjoncture où notre souveraineté est rudement mise à l'épreuve, le recours à François Duvalier alimente la mémoire du nationalisme haïtien pour ceux qui ne savent pas que dans les coulisses, entre Washington et Port-au-Prince, un petit « téléphone rouge » faisait d'irréparables dégâts dans les rangs des contestataires du régime de Papa Doc.
Je ne suis pas convaincu que votre message aura un grand impact politique. Il peut soulever des passions sporadiques et provoquer des emportements spontanés. De là à affirmer qu'il « saura établir la vérité et réconcilier les frère ennemis », ce serait aller trop vite en besogne ! On peut soupçonner que « tous ceux qui sont restés fidèles à la logique de notre histoire » seraient non pas ce peuple attaché aux épopées des ancêtres, mais plutôt une partie de la population, les classes moyennes, qui ont appuyé votre père durant les élections de 1957 contre l'oligarchie traditionnelle. Elle est revenue, par la manière élégante et parfumée d'une noce, raconte-on, au palais national. Simone Ovide Duvalier a dû prendre une retraite forcée sur ses terres à Léogâne. Votre débâcle aurait commencé là.
Aujourd'hui que les contradictions s'enveniment et que les idéologies se perdent dans le dédale opaque des pragmatismes de l'enrichissement individuel, votre message pêche par un excès de grand humanisme réconciliateur. Quand vous parlez de « deux décennies d'exclusion », vous alimentez une confusion dans le vieux débat au sujet des victimes et des bourreaux de cette exclusion. La généralité du propos au sujet du « combat pour la régénération nationale, la sauvegarde du patrimoine sacré » tombe dans un contexte où le Docteur en Philosophie Yves Dorestal argumente que ce combat du bien commun ne se déploie pas en dehors des intérêts de groupes. « Si bergers du troupeau, nous en constituons les loups... » s'exclamait feu Dumarsais Estimé !
Nous serions prêts à vous prendre au mot, mais nous n'avons pas de précision de vos luttes « pour que le soleil se lève non seulement dans les romans de Roumain (quid de Jacques Stéphen Alexis ?) mais pour de nouvelles élites chargées d'insuffler à l'Etat ce sang neuf rénovateur et porteur d'espérances ».
Les nouvelles élites, c'est une longue histoire ! La Négritude n'a pas fait bon ménage avec les finances publiques. Sinon la bataille contre la corruption engagée ces derniers temps ne comporterait pas ses risques et périls. On n'a pas connu une éthique des classes moyennes et on peine encore douloureusement à « choisir entre l'argent facile, l'effort qui paie et le travail qui ennoblit. »L'histoire haïtienne de Monsieur Henry Siclait de la Régie du Tabac et des Allumettes, aux princes des Coopératives, n'a tellement pas bougé d'un cran qu'on ne sait plus si c'est Préval ou Duvalier qui s'exprime de la sorte : « Ce n'est ni le dollar ni l'euro qui sauveront Haïti, si en nous-mêmes le vide moral et l'absence d'un humanisme persistent au point que la corruption est devenue le tueur numéro 1 de l'effort et de l'imaginaire national. »Cette nation qui se porte si mal depuis 1986 a une histoire dont le duvaliérisme est un élément. Votre adresse « à toutes les catégories de cette nation déchirée, installée depuis deux décennies dans la précarité d'une transition qui nous a coûté en dix ans deux interventions étrangères... » serait bien reçue si le déchirement des familles et la précarité économique qui provoqua les boat people n'avaient pas marqué votre gouvernement. Bien sûr, la déchéance, la misère, l'insécurité politique, sociale, alimentaire et sanitaire ont empiré après votre départ en 1986.
Mais, dites-nous aussi que les bidonvilles ont commencé à s'établir sous votre règne, que les cagoulards de votre père ont été les annonciateurs de nos chefs de gangs, que les exils qui éclatent les familles ont été pratiqués par Edner Day, Emmanuel Orcel et Albert Pierre aux Casernes Dessalines, que le cochon créole a été égorgé sous votre présidence.C'était la conjoncture internationale ! Dites-le nous aussi et, avec cette courageuse vérité, les classes moyennes seront plus portées à vous entendre. Sinon, elles ne seront pas prêtes avec le peuple et la fraction progressiste de la bourgeoisie nationale à attendre, comme dans les plus purs messianismes, « un leadership avisé, pétri de doctrine, d'expérience et de savoir-faire. »
Je ne sais pas pourquoi cela me trouble, moi doublement victime, quand vous dites : «J'ai tiré des leçons des événements de ces vingt dernières années et avec toute la sincérité d'un homme brisé par vingt ans d'exil. » Il y a là, peut-être, une triste affaire de solitude vécue et d'épouse partie vers d'autres amours dont l'histoire ne retiendra que des anecdotes !Moi, je n'ai pas compris la richesse des uns et la misère des autres. Je n'ai pas bien saisi les « idéologies malsaines » que vous évoquées. S'il faut parler des torts, je me perds dans cette pompe de l'éloquence qui veut faire croire que « l'histoire reste la propagande des vainqueurs». Qu'en est-il de celle des vaincus ?Les historiens qui tiennent compte des valeurs subjectives des acteurs politiques souligneront cette phrase : « Si au cours de mon mandat présidentiel, le gouvernement a eu à causer des torts physiques, moraux ou économiques à tiers, je prends solennellement la responsabilité historique... de demander pardon au peuple et je sollicite le jugement impartial de l'Histoire. »
Pour ma part, je pardonne pour Gasner Raymond, pour la disparition de mon père, pour l'assassinat de mon oncle Augustin Clitandre en 1958, jumelliste et propriétaire du journal Le Soleil dont on me rapporte que votre mère Simone Ovide appréciait le dandysme, pour les traumatismes vécus en prison, puis en exil.
Je m'arrête là pour ne pas avoir à m'aventurer dans vos attentes politiques et la mobilisation que vous espérez. Je me dis qu'après cinquante ans, le duvaliérisme peut-il encore avoir une idée nette du vécu contemporain haïtien ? Déjà, de 1986 à 2007, l'ancrage idéologique fébrilement recherché n'est plus qu'une vague nostalgie de discipline et de leadership dictatorial....Vous n'avez pas été un homme de grandes pratiques électorales. Les regroupements et autres alliances politiques du contexte peuvent irriter un chef d'Etat habitué à une gouvernance unilatérale... Ces leçons doivent être apprises en Haïti. Le contexte est-il en faveur de votre retour qui pose aussi, automatiquement, le rapatriement de celui qui se considère comme « le kidnappé de 2004 » ? Les risques de recours à la justice des uns et des autres sur le plan de la répression politique et de la gestion des finances publiques sont toujours possibles.
Parce que je crois comme vous « qu'il y a encore d'autres souffrances et d'autres attentes », je vous souhaite de garder sereinement la raison au milieu de la démesure habituelle des ambitions politiques. Il y a encore d'autres domaines où vous pouvez aider votre pays.
Pierre Clitandre
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=48907&PubDate=2007-09-25
A Monsieur Jean Claude Duvalier,
Ex-président d'Haïti
Ceci est une démarche personnelle. Elle n'implique ni le quotidien Le Nouvelliste auquel je donne très modestement ma collaboration depuis quelques mois, ni d'anciens amis victimes de l'arbitraire et de l'exil sous votre gouvernement. Elle pourrait contenir, sans hargne, une note de protestation véhémente et justifiée soit pour mon très cher ami Gasner Raymond assassiné à Brâches en 1976, soit au sujet de mon père, Mésilas Clitandre, porté disparu en 1982 alors que j'étais en exil à New York, soit pour mon oncle Augustin Clitandre, directeur du journal Le Soleil, assassiné sous le gouvernement de votre père, en 1958.
Si le temps a pu particulièrement cicatriser des blessures personnelles, l'histoire, par contre, est beaucoup plus rigoureuse dans son jugement. Votre « message à la Nation » du 22 septembre 2007, à l'occasion des cinquante ans de l'accession au pouvoir de feu votre père, Dr François Duvalier, peut n'être qu'un appel de circonstance.
Je reconnais qu'après votre long silence depuis 1986, le timbre particulier de votre voix sur les ondes des stations de radio à Port-au-Prince a la vertu de l'inattendu. Elle a replongé l'opinion dans une époque où, par prudence de conjoncture ou courbettes circonstanciées, on vous donnait du « prince » par-ci, du « démocrate des contingences » par-là. Elle a suscité un sentiment de nostalgie pour certains, tandis que pour d'autres cela tombait comme la dernière des impostures par ces temps trop confus.Pour nous qui suivons, un peu à distance mais avec attention, les aléas de la politique haïtienne contemporaine, nous voyions venir ce que vous appelez « un salut chaleureux » dans les publications qui ont suscité un certain intérêt à Port-au-Prince. D'anciens collaborateurs de votre régime décident de parler librement du duvaliérisme dans un contexte qui favorise le débat, sans contrainte. Les étudiants et autres chercheurs veulent savoir ce qui se cache derrière « le monstre ».
Je ne suis pas sûr que ces documents aient totalement convaincu tout le monde. Réhabiliter le duvaliérisme est une entreprise difficile parce que les faits, jusqu'à présent, ne jouent pas en sa faveur. Certains peuvent argumenter que votre père savait tenir tête aux diktats internationaux. Dans une conjoncture où notre souveraineté est rudement mise à l'épreuve, le recours à François Duvalier alimente la mémoire du nationalisme haïtien pour ceux qui ne savent pas que dans les coulisses, entre Washington et Port-au-Prince, un petit « téléphone rouge » faisait d'irréparables dégâts dans les rangs des contestataires du régime de Papa Doc.
Je ne suis pas convaincu que votre message aura un grand impact politique. Il peut soulever des passions sporadiques et provoquer des emportements spontanés. De là à affirmer qu'il « saura établir la vérité et réconcilier les frère ennemis », ce serait aller trop vite en besogne ! On peut soupçonner que « tous ceux qui sont restés fidèles à la logique de notre histoire » seraient non pas ce peuple attaché aux épopées des ancêtres, mais plutôt une partie de la population, les classes moyennes, qui ont appuyé votre père durant les élections de 1957 contre l'oligarchie traditionnelle. Elle est revenue, par la manière élégante et parfumée d'une noce, raconte-on, au palais national. Simone Ovide Duvalier a dû prendre une retraite forcée sur ses terres à Léogâne. Votre débâcle aurait commencé là.
Aujourd'hui que les contradictions s'enveniment et que les idéologies se perdent dans le dédale opaque des pragmatismes de l'enrichissement individuel, votre message pêche par un excès de grand humanisme réconciliateur. Quand vous parlez de « deux décennies d'exclusion », vous alimentez une confusion dans le vieux débat au sujet des victimes et des bourreaux de cette exclusion. La généralité du propos au sujet du « combat pour la régénération nationale, la sauvegarde du patrimoine sacré » tombe dans un contexte où le Docteur en Philosophie Yves Dorestal argumente que ce combat du bien commun ne se déploie pas en dehors des intérêts de groupes. « Si bergers du troupeau, nous en constituons les loups... » s'exclamait feu Dumarsais Estimé !
Nous serions prêts à vous prendre au mot, mais nous n'avons pas de précision de vos luttes « pour que le soleil se lève non seulement dans les romans de Roumain (quid de Jacques Stéphen Alexis ?) mais pour de nouvelles élites chargées d'insuffler à l'Etat ce sang neuf rénovateur et porteur d'espérances ».
Les nouvelles élites, c'est une longue histoire ! La Négritude n'a pas fait bon ménage avec les finances publiques. Sinon la bataille contre la corruption engagée ces derniers temps ne comporterait pas ses risques et périls. On n'a pas connu une éthique des classes moyennes et on peine encore douloureusement à « choisir entre l'argent facile, l'effort qui paie et le travail qui ennoblit. »L'histoire haïtienne de Monsieur Henry Siclait de la Régie du Tabac et des Allumettes, aux princes des Coopératives, n'a tellement pas bougé d'un cran qu'on ne sait plus si c'est Préval ou Duvalier qui s'exprime de la sorte : « Ce n'est ni le dollar ni l'euro qui sauveront Haïti, si en nous-mêmes le vide moral et l'absence d'un humanisme persistent au point que la corruption est devenue le tueur numéro 1 de l'effort et de l'imaginaire national. »Cette nation qui se porte si mal depuis 1986 a une histoire dont le duvaliérisme est un élément. Votre adresse « à toutes les catégories de cette nation déchirée, installée depuis deux décennies dans la précarité d'une transition qui nous a coûté en dix ans deux interventions étrangères... » serait bien reçue si le déchirement des familles et la précarité économique qui provoqua les boat people n'avaient pas marqué votre gouvernement. Bien sûr, la déchéance, la misère, l'insécurité politique, sociale, alimentaire et sanitaire ont empiré après votre départ en 1986.
Mais, dites-nous aussi que les bidonvilles ont commencé à s'établir sous votre règne, que les cagoulards de votre père ont été les annonciateurs de nos chefs de gangs, que les exils qui éclatent les familles ont été pratiqués par Edner Day, Emmanuel Orcel et Albert Pierre aux Casernes Dessalines, que le cochon créole a été égorgé sous votre présidence.C'était la conjoncture internationale ! Dites-le nous aussi et, avec cette courageuse vérité, les classes moyennes seront plus portées à vous entendre. Sinon, elles ne seront pas prêtes avec le peuple et la fraction progressiste de la bourgeoisie nationale à attendre, comme dans les plus purs messianismes, « un leadership avisé, pétri de doctrine, d'expérience et de savoir-faire. »
Je ne sais pas pourquoi cela me trouble, moi doublement victime, quand vous dites : «J'ai tiré des leçons des événements de ces vingt dernières années et avec toute la sincérité d'un homme brisé par vingt ans d'exil. » Il y a là, peut-être, une triste affaire de solitude vécue et d'épouse partie vers d'autres amours dont l'histoire ne retiendra que des anecdotes !Moi, je n'ai pas compris la richesse des uns et la misère des autres. Je n'ai pas bien saisi les « idéologies malsaines » que vous évoquées. S'il faut parler des torts, je me perds dans cette pompe de l'éloquence qui veut faire croire que « l'histoire reste la propagande des vainqueurs». Qu'en est-il de celle des vaincus ?Les historiens qui tiennent compte des valeurs subjectives des acteurs politiques souligneront cette phrase : « Si au cours de mon mandat présidentiel, le gouvernement a eu à causer des torts physiques, moraux ou économiques à tiers, je prends solennellement la responsabilité historique... de demander pardon au peuple et je sollicite le jugement impartial de l'Histoire. »
Pour ma part, je pardonne pour Gasner Raymond, pour la disparition de mon père, pour l'assassinat de mon oncle Augustin Clitandre en 1958, jumelliste et propriétaire du journal Le Soleil dont on me rapporte que votre mère Simone Ovide appréciait le dandysme, pour les traumatismes vécus en prison, puis en exil.
Je m'arrête là pour ne pas avoir à m'aventurer dans vos attentes politiques et la mobilisation que vous espérez. Je me dis qu'après cinquante ans, le duvaliérisme peut-il encore avoir une idée nette du vécu contemporain haïtien ? Déjà, de 1986 à 2007, l'ancrage idéologique fébrilement recherché n'est plus qu'une vague nostalgie de discipline et de leadership dictatorial....Vous n'avez pas été un homme de grandes pratiques électorales. Les regroupements et autres alliances politiques du contexte peuvent irriter un chef d'Etat habitué à une gouvernance unilatérale... Ces leçons doivent être apprises en Haïti. Le contexte est-il en faveur de votre retour qui pose aussi, automatiquement, le rapatriement de celui qui se considère comme « le kidnappé de 2004 » ? Les risques de recours à la justice des uns et des autres sur le plan de la répression politique et de la gestion des finances publiques sont toujours possibles.
Parce que je crois comme vous « qu'il y a encore d'autres souffrances et d'autres attentes », je vous souhaite de garder sereinement la raison au milieu de la démesure habituelle des ambitions politiques. Il y a encore d'autres domaines où vous pouvez aider votre pays.
Pierre Clitandre
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=48907&PubDate=2007-09-25
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