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mardi 4 mai 2010

Le CECI fait le point sur son aide en Haïti

Lia Lévesque, La Presse Canadienne, Montréal
Le Centre d'étude et de coopération internationale (CECI) a recueilli 11 millions $ depuis le début de sa campagne pour Haïti au Canada et son parrain, Luck Mervil, quittera sous peu Montréal pour un grand projet, celui d'un «village pour le monde» en Haïti.
Au cours d'une rencontre avec la presse, mardi, à Montréal, pour faire le point sur l'aide apportée en Haïti depuis le tremblement de terre du 12 janvier, le chanteur Luck Mervil a expliqué ce projet de village inspiré du développement durable qu'il veut voir implanté en Haïti.
Il quittera dans deux jours, avec une équipe de spécialistes en reconstruction et développement durable, afin d'évaluer les possibilités sur le terrain.
Le projet du CECI, qui s'appelle «Villages pour le monde», vise à créer un village moderne selon les normes haïtiennes de 5000 habitants, en arrimant l'école pour les enfants, la promotion de l'hygiène, les soins de santé et les activités communautaires.
M. Mervil rêve d'«un village où, d'un point de vue énergétique, d'un point de vue environnemental, d'un point de vue humain, le respect sera à la base de toute cette construction-là, de toutes les façons de faire pour ce village-là».
«L'idée au CECI, c'est toujours de travailler à long terme. Les projets qui sont accomplis par le CECI ne sont pas des projets du CECI, ce sont les vôtres, c'est votre argent qui accomplit ces projets-là», a affirmé M. Mervil.
Ce concept du «village pour le monde» pourrait éventuellement être étendu ailleurs, dans d'autres pays. «L'idée, c'est de faire un village. On commence à Haïti parce que le besoin est pressant», a justifié M. Mervil.
Jusqu'ici, la campagne du CECI a permis d'amasser 11,6 millions $, dont 6,2 millions $ en argent, a précisé Chantal-Sylvie Imbeault, du CECI.
Le centre a distribué de la nourriture et de l'eau d'une valeur de 1,5 million $, des médicaments d'une valeur de 1 million $, sans compter des trousses d'hygiène, des tentes, des vêtements, du matériel scolaire, des bâches.
Le séisme a fait entre 250 000 et 300 000 morts, sans compter les blessés. Il a aussi laissé derrière lui 1,3 million de sinistrés et 600 000 personnes déplacées, a rappelé Mme Imbeault. Et la saison des ouragans sévira en juillet et août, alors que les conditions de vie de ces gens sont encore précaires.
Le docteur Harry Max Prochette, un médecin qui collabore au CECI, a indiqué pour sa part que même au plan de la santé, «il reste beaucoup de choses à faire» en Haïti après les soins d'urgence. «Le volet santé mentale n'a pas été adressé du tout», a-t-il souligné.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201005/04/01-4277135-le-ceci-fait-le-point-sur-son-aide-en-haiti.php

Attentat de New York: le suspect formellement inculpé de terrorisme

Sebastian Smith, Agence France-Presse, New York
L'auteur présumé de l'attentat raté à la voiture piégée de samedi à New York a été formellement inculpé mardi pour terrorisme, a-t-on appris mardi auprès de l'accusation, qui a indiqué qu'il avait appris à manier les explosifs au Pakistan.
Faisal Shahzad est accusé d'avoir «reçu un entraînement pour apprendre à manier les armes au Waziristan, au Pakistan» avant d'essayer «de faire exploser» samedi une bombe placée dans une voiture garée dans le centre de New York, selon l'accusation.
Il va être poursuivi notamment pour «acte de terrorisme dépassant les frontières nationales» et «tentative d'utilisation d'une arme de destruction massive», a déclaré M. Holder, qui a ajouté que Shahzad avait «reconnu son implication» dans l'attentat raté.
Le directeur adjoint du FBI, John Pistole, a pour sa part indiqué qu'il avait «fourni des informations et des éléments de preuve intéressants».
Le président Obama a qualifié l'affaire de «nouveau rappel brutal de l'époque dans laquelle nous vivons». «Nous ne nous laisserons pas terroriser, nous ne nous recroquevillerons pas dans la peur», a-t-il dit mardi, promettant que «justice sera rendue».
L'arrestation a eu lieu lundi soir vers 23h45.
Faisal Shahzad est soupçonné d'avoir «conduit une voiture piégée à Times Square le soir du 1er mai», selon les autorités judiciaires, et devait comparaître mardi devant le tribunal fédéral de Manhattan.
Son interpellation intervient 48 heures après la découverte samedi dans un 4x4 Nissan Pathfinder à Times Square, l'un des lieux les plus fréquentés du monde, d'un engin explosif fait de feux d'artifice, de bidons d'essence et de bonbonnes de gaz.

Le maire de New York, Michael Bloomberg, s'est félicité de la rapidité de l'arrestation, critiquant toutefois le fait que Shahzad ait presque été en mesure de quitter le pays.

«Manifestement, le type se trouvait dans l'avion alors qu'il n'aurait pas dû», a-t-il déploré.
M. Pistole a indiqué que Shahzad avait été placé sur la liste américaine des personnes interdites de vol («no-fly list») quelques heures après avoir été identifié comme suspect.
Les procédures de sécurité et les services de renseignement américains avaient été sévèrement mis en cause après un autre attentat manqué, le jour de Noël, contre un avion américain.
Le suspect de Times Square faisait mardi la Une des chaînes d'informations américaines qui diffusaient en boucle des photos où il apparaît souriant, portant un collier de barbe, les cheveux courts.
Selon la presse américaine, il est âgé de 30 ans et vivait dans le Connecticut, près de New York, où le FBI menait l'enquête mardi. La télévision américaine montrait des images de policiers fouillant sa maison.
Faisal Shahzad serait récemment rentré d'un voyage au Pakistan, selon les médias, et aurait séjourné à Peshawar, ville considérée comme l'un des centres de recrutement des talibans et de leurs alliés d'Al-Qaeda.
Le ministre de la Justice a indiqué que l'enquête suivait plusieurs pistes, dont celle menant au terrorisme international.
«Il est clair que le but de cet acte de terrorisme était de tuer des Américains», a déclaré Eric Holder.
Les autorités américaines ont jusqu'ici mis en doute le sérieux de la revendication de l'attentat faite dimanche par le Tehrik-e-Taliban (TTP), le mouvement des talibans pakistanais affilié à Al-Qaeda.
Selon CNN, le Pakistan était la destination finale du suspect.
«Nous travaillons étroitement avec le gouvernement du Pakistan» sur ce dossier, a déclaré le porte-parole du département d'État, Philip Crowley.
Peu après ces déclarations, les autorités pakistanaises ont annoncé avoir interpellé mardi à Karachi deux suspects sur la base de communications téléphoniques les reliant à Shahzad.

Premier pas en vue d'un renforcement de la coopération haïtiano-quebecoise

La mission conduite par le ministre québécois des affaires étrangères Pierre Arcand pourrait faciliter la consolidation des relations entre le Québec et Haïti. Vendredi dernier les membres de la délégation se sont entretenus avec le chef de l'Etat René Préval. L'implication du Québec dans le processus de reconstruction d'Haïti a été le thème central de cette rencontre. M. Arcand a réitéré l'engagement du Québec à œuvrer pour la relance économique et la bonne gouvernance..
Le député Emmanuel Duibourg, membre de la délégation, a expliqué que le gouvernement québécois a réalisé une extension du programme de regroupement familial. Plus de 4 000 haïtiens ont été accueillis au Canada depuis le séisme précise t-il.
De son coté, Gilles Bernier, ancien ambassadeur du Canada à Port-au-Prince, a annoncé le don d'un édifice pouvant abriter un hôpital. Cet immeuble sera construit dans un mois par une firme canadienne.
En plus des nouveaux projets, le Québec entend maintenir le programme de bourse en administration publique pour 300 fonctionnaires. Dans son intervention le chef de l'Etat a attiré l'attention sur l'ampleur de la tache après le violent séisme. Soulignant que le gouvernement s'est évertué à répondre aux besoins de la population, le président haïtien a dit comprendre les insatisfactions des citoyens qui se retrouvent sous les tentes.
Il a souhaité le renforcement de la coopération dans le secteur éducatif qui constitue l'une des priorités du gouvernement Considérant l'éducation comme un élément pour l'augmentation du PIB, M. Préval a attiré l'attention sur la stabilité et la continuité qui permettraient de consolider les progrès économiques.
LLM / Radio Métropole Haïti

Préval estime que la liberté d'expression doit être protégée

Le message du chef de l'Etat à l'occasion de la journée internationale de la presse n'est pas différent des discours des dirigeants de syndicats ou d'associations de journalistes. Appelant les travailleurs de la presse à faire montre de vigilance pour protéger les acquis de la liberté d'expression, le premier mandataire de la nation a réaffirmé son attachement au respect des principes de droit à l'information et de liberté d'expression. La liberté de la presse est une conquête des journalistes a rappelé M. Préval attirant l'attention sur le rôle des medias dans un système démocratique.
Dans ce court message en créole le président haïtien a appelé les membres du gouvernement à être tolérant à l'égard des journalistes qui sont appelés à critiquer les actions des autorités. Le chef de l'Etat préfère des " critiques éclairés " présentées avec un certains sens de responsabilité. En insistant sur cet aspect M. Préval a fait remarquer que la Presse contribue a former l'opinion publique nationale et internationale.

Dans le contexte de la reconstruction M. Préval estime qu'il est important de faire écho à la fois des choses positives et de celles qui sont négatives. Il croit que les critiques formulées dans le respect et avec professionnalisme peuvent être bénéfiques pour la nation.

Il s'agit d'une bonne répartition des taches indispensable pour le progrès économique du pays.

LLM / Radio Métropole Haïti

Retour prochain des lycéens dans leurs salles de classe

Le gouvernement œuvre afin de favoriser une reprise des activités scolaires dans les lycées servant de centre d'hébergement. Au cours d cette semaine les élèves des Lycées Croix des Bouquets, Louis Joseph Janvier, Henry Christophe et Toussaint Louverture pourraient regagner leurs salles de classe. Des tentes et des hangars ont été installés sur la cour de ces lycées afin d'accueillir les élèves.
Pendant ce temps les responsables du ministère de l'intérieur s'évertuent à trouver d'autres espaces pour regrouper les sans abris.
Le chef de l'Etat haïtien René Préval s'est impliqué dans le dossier afin d'encourager la relocalisation et l'intensification des activités académiques. Au cours d'une séance de travail vendredi avec les directeurs des 4 lycées, le président Préval a insisté sur la nécessité de poursuivre le dialogue en vue de résoudre le problème.
Le président haïtien a mis l'accent sur la nécessité de reloger les sans abris dans de bonnes conditions pour favoriser l'accueil des élèves dans de bonnes conditions. Les participants à la rencontre ont analysé la possibilité d'ériger des clôtures afin de délimiter les espaces réservés aux élèves. Plusieurs institutions et ONG sont impliquées dans le programme dont le FAES qui fournira les meubles et l'Unicef les tentes. Le CNE est chargé de nettoyer les sites et d'aménager les espaces.
Le processus de relocalisation a débuté cette semaine au lycée Henry Christophe avec le déplacement de 64 familles. Les autorités haïtiennes ont promis d'encourager les ONG à accompagner les sans abris dans leur nouveau centre d'hébergement. De nombreux sinistrés avaient fait part de leurs inquiétudes sur la réticence des ONG à maintenir l'appui humanitaire dans les nouveaux centres d'hébergement.
LLM / Radio Métropole Haïti

La BID accorde une subvention de 30 millions pour faciliter la relocalisation

Les responsables de la Banque Inter américaine de Développement annoncent une subvention de 30 millions de dollars a Haïti en vue de favoriser la relocalisation des sans abris. Le programme permettra de reloger quelque 5000 familles dans de nouveaux sites équipés de logements provisoires et de services sanitaires de base/ Dans le cadre de ce programme un nouveau camp, conforme aux orientations du Plan d'intervention dans le secteur du logement, sera construit dans la zone de " Les Orangers. Les maisons de 18 mètres carrées seront conçues pour résister à des conditions climatiques extrêmes. Les habitants auront accès aux routes, à l'éclairage public et à des services communautaires d'alimentation en eau et d'assainissement.
Ces constructions transitionnelles seront construites sur des lopins de terre séparés pour prévoir de l'espace en vue d'un agrandissement éventuel explique un communiqué de la BID.
Plusieurs ONG concernées dans l'effort humanitaire depuis le 12 janvier seront impliquées dans le programme.
Par ailleurs, le don de la BID soutiendra le programme « Reconstruire dans des conditions plus sûres » du Plan d'intervention dans le secteur du logement, en renforçant les capacités d'aménagement foncier du Ministère du plan et en reconstruisant le siège et le laboratoire du Ministère des travaux publics.
LLM / Radio Métropole Haïti

Un conseiller électoral contraint de démissionner

Le Conseil Electoral Provisoire annonce qu'il a obligé le Conseiller, Jean Enel Désir à donner sa démission. Le représentant de l'Eglise Catholique au sein du CEP est accusé d'avoir confisqué et encaissé à plusieurs reprises le chèque de certains de ses collaborateurs. Dans une note de presse rendue publique ce lundi 3 mai, l'institution électorale annonce que suite à des informations recueillies, tous les conseillers à l'exception de l'accusé ont adopté et signé une résolution demandant à monsieur Désir, de remettre sa démission à l'autorité de nomination.
L'organisme électoral a fait remarquer que cette décision à pour but de préserver la bonne réputation dont jouit actuellement l'institution et aussi de bloquer toute action de corruption au sein du CEP.

Le CEP a indiqué également que les autorités compétentes ont été informées en vue d'engager une action légale à l'encontre du conseiller Désir.

Depuis son installation, c'est la seconde fois que ce CEP contraint un de ses membres à démissionner. Le cas précédant concernait le vice président Rodol Pierre, suite à ses révélations sur le résultat des élections législatives de 2009.
EJ/Radio Métropole Haïti

CHEMINS DE FER....SIX JOUR AVEC HAITI

Programme des 6 jours de débat ou « stations du chemin de fer » :

Station 1 : Histoire de l’esclavage en Haïti et de sa révolution anti-esclavagiste
Intervenant : Dr Antoine Fritz Pierre, vétérinaire et directeur du journal Haïti Tribune
Modérateur : Pr. Serge Romana, président du CM98
Samedi 8 mai 2010. De 14h30 à 18h. Salle Max Jacob, 35 rue de Vienne, 93000 Bobigny. Métro Bobigny Pablo Picasso (ligne 5). Puis, tramway en direction de Noisy-le-Sec. Arrêt Pont de Bondy.
Station 2 : Les causes de la faillite économique en Haïti
Intervenant : Paul Eric Jean, doctorant en économie
Modérateur : Thierry Tabord, économiste
Dimanche 9 mai 2010. De 14h30 à 18h. Foyer Jean Cocteau, salle E, 8 avenue Carnot 94190 Villeneuve-Saint-Georges. RER D, station : Villeneuve-Saint-Georges.
Station 3 : La fabrication des dictatures en Haïti de 1804 à nos jours
Intervenant : Eric Sauray, juriste, politologue et écrivain. Docteur en droit public Modérateur : Frank Salin, journaliste et écrivain
Jeudi 13 mai 2010. De 14h30 à 18h. Salle Saint-Denys, 8 rue de la Boulangerie, 93200 Saint-Denis. Métro Saint-Denis Basilique (ligne 13).
Station 4 : La diaspora haïtienne : parcours migratoires et intégration en France
Intervenant : André Bogentson, doctorant en démographie, Centre de Recherche en Population et Société (CERPOS), Université de Paris X
Modérateur : Romel Louis-Jacques, secrétaire général de la PAFHA
Vendredi 14 mai 2010. De 18h à 22h. Salle Saint-Denys, 8 rue de la Boulangerie, 93200 Saint-Denis. Métro Saint-Denis Basilique (ligne 13).
Station 5 : Vaudou et Christianisme
Intervenants : Edelyn Dorismond, doctorant en philosophie et Jean Zougbédé, docteur en psychologie clinique spécialisé en psychothérapie interculturelle
Modératrice : Viviane Rolle-Romana, docteur en psychologie clinique spécialisée en psychothérapie interculturelle
Samedi 15 mai 2010. De 14h30 à 18h. Salle Sadi Carnot, 2 rue Sadi Carnot, 93500 Pantin. RER E – arrêt Pantin. Bus 170 ou 249 – arrêt Pantin RER-Mairie
Station 6 : L’identité haïtienne
Intervenant : Edelyn Dorismond, doctorant en philosophie
Modératrice : Viviane Rolle-Romana, docteur en psychologie clinique spécialisée en psychothérapie interculturelle
Dimanche 16 mai 2010. De 14h30 à 18h. Salle Saint-Denys, 8 rue de la Boulangerie, 93200 Saint-Denis. Métro Saint-Denis Basilique (ligne 13).

L'adoption internationale n'est pas une prédation, par Patricia Mowbray

Je suis née deux fois. Une première fois au mois d'août 1956 en Angleterre d'une femme danoise et d'un homme nigérian, et une seconde fois en février 1959 pour rejoindre ma famille adoptive au pied de la butte Montmartre. Pour moi l'adoption est une seconde naissance, un choc salutaire qui peut se transformer en atout pour mieux interpréter et apprécier la diversité du monde qui nous entoure.
Le drame à Haïti le 12 janvier, avec son cortège d'enfants meurtris, orphelins et abîmés, a ravivé les polémiques récurrentes qui tournent autour de cette prise en charge particulière qu'est l'adoption internationale. Elle permet à près de 40 000 enfants de passer, chaque année, les frontières de leur terre natale, pour exercer leur droit à vivre dans l'intimité d'une famille.
Mais au-delà de cette spécificité haïtienne, c'est la question plus générale de l'adoption internationale avec ses détracteurs et ses défenseurs qui est posée : sa légitimité, son fonctionnement et son impact tant dans les pays de provenance que dans les pays d'accueil.
Comme l'énoncent plusieurs conventions internationales, l'adoption est une mesure de protection de l'enfant, qui a le droit de grandir avec sa famille. Si les circonstances l'en ont privé, il doit pouvoir bénéficier dans son pays de naissance ou "dans un pays étranger, d'une adoption comme moyen d'assurer ses soins nécessaires, si celui-ci ne peut, dans son pays d'origine, être placé dans une famille nourricière ou adoptive ou être convenablement élevé", article 21 de la Convention internationale des droits de l'enfant de 1 989 (CIDE).
Avant le séisme dévastateur sur les 300 000 enfants haïtiens accueillis dans des structures diverses d'aide à l'enfance, en 2009, 1 300 sont partis à l'étranger, principalement en France, au Canada et aux Etats-Unis pour y être adoptés, pour y vivre et devenir des filles ou des fils de parents qui les inscrivent ainsi dans une nouvelle histoire familiale et nationale. Qu'advient-il de tous les autres ? Sont-ils condamnés au statut d'orphelins à vie, dans une errance affective et morale ? Dans des camps, avec le seul soutien d'un personnel souvent très dévoué mais qui aura rarement la possibilité de les porter vers un avenir serein. On sait que, bien avant l'adolescence, nombre d'entre eux iront rejoindre la cohorte des enfants des rues.
A ceux qui recommandent de ne pas agir dans la précipitation mais dans le souci du respect des lois, je répondrai que les règles qui régissent l'adoption internationale sont laborieuses et contraignantes. A Haïti, par exemple, quinze étapes de procédure doivent être franchies pour enfin obtenir le visa d'adoption à l'ambassade de France, qui autorise l'enfant à rejoindre légalement son nouveau pays. Les délais pour ce sésame varient de quelques mois à plusieurs années. Compte tenu de ces parcours, on peut estimer que le temps de la réflexion est offert aux parents et aux institutions pour juger de la pertinence et de la validité de la démarche engagée.
L'enfant pendant ce temps se trouve dans un no man's land affectif, vivant son quotidien dans l'orphelinat, et, déjà engagé ailleurs, apprenant à désigner avec des mots nouveaux ou oubliés, comme "papa" ou "maman", des visages imprimés sur papier glacé. On sait que plus l'enfant grandit plus il aura de difficultés à guérir des séquelles de ces traumatismes. Il est donc vital d'accorder le temps de la justice à celui de l'enfant en accélérant les procédures sans les dénaturer, après que les apparentements ont été décidés.
Ce phénomène a toujours généré des débats passionnés. Il est vrai qu'il interpelle les sociétés par la mixité qu'il entraîne, il s'inscrit aussi comme une des conséquences de l'internationalisation des échanges. Le droit de l'enfant à avoir une famille est reconnu au-delà des frontières qui l'ont vu naître, en conformité avec l'intérêt supérieur de l'enfant - ouvrant ainsi depuis 1989 un espace juridique transfrontalier spécifique au monde de l'enfance qui reconnaît l'universalité de son statut.
Pour certains, le tribut de cet exil nécessaire pour trouver une famille serait trop lourd, trop invalidant, puisqu'il amputerait les enfants d'une partie de leur identité et favoriserait, de surcroît, un comportement égoïste et prédateur des Occidentaux, qui continueraient par ce biais à exploiter la misère du monde.
La stratégie familiale, qui consiste à laisser partir un ou plusieurs enfants dans l'espoir d'une vie meilleure, est un phénomène qui a toujours existé même sous nos latitudes. La littérature des XIXe et XXe siècles, Dickens en Angleterre, Maupassant en France, foisonne de récits mettant en scène des parents qui confient ou abandonnent leurs enfants.
Pour l'immense majorité des enfants recueillis, la seule chance de grandir dans un espace qui prenne le temps de les aimer et qui les inscrive à nouveau dans une appartenance affective et morale est l'adoption, qu'elle soit locale ou internationale, conjuguant le désir de parents de fonder ou agrandir une famille et le droit de l'enfant à en posséder une. Aucun camp, personne du monde socio-éducatif, ne remplacera le lien privilégié qu'entretiennent des parents avec leur enfant.
Sous prétexte de quelques dérives répréhensibles, très médiatisées, ne cachons pas la réalité de ces millions d'enfants qui attendent et grandissent nourris et parqués sur leur terre natale, dans des lieux sans âme et sans espoir. En Roumanie, de jeunes adultes se retournent maintenant contre les autorités de leurs pays, les accusant de les avoir privés de leur enfance en les gardant en otages depuis 2001 dans des institutions, en les empêchant d'être adoptés par des familles étrangères. A l'époque, le pays s'était fermé à l'adoption internationale pour mettre fin à la corruption qui sévissait aussi dans ce secteur. L'adoption n'est pas une prédation, elle est la juste réponse à la pire des solitudes, celle pour un enfant de grandir sans personne à qui se lier.
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Patricia Mowbray est fondatrice de l'association Racines d'enfance, auteur d'"A comme Adoption" (éd. Pascal, 2009).
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/05/03/l-adoption-internationale-n-est-pas-une-predation-par-patricia-mowbray_1345939_3232.html
Commentaires:
112 jours après le tremblement de terre d'Haïti, une des plus grandes catastrophes naturelles de l'histoire de l'humanité, la presse Française mentionne encore Haïti. La France n'oublie pas Haïti. Peu importe que ce soit à travers un article traitant de l'adoption et de l'angélisme de ces centaines de mères Theresa qui se couvrent de vertus en arrachant un enfant de la misère et de la solitude.
Peu importe ce que l'on puisse dire sur Haïti et les haïtiens dans les rues aujourd'hui.
Le débat sur l'adoption sera toujours très passionnant . Il y en aura toujours qui se poseront des questions comme ce que l'on ressent quand on est poussé par un désir irrésistible d'être mère on arrive à arracher un enfant à une autre mère. Ou encore pourquoi certaines catégories de familles n'ont pas le droit d'adopter en France tandis qu'elles peuvent le faire en Haïti. Pourquoi si cette loi est faite pour protéger les enfants, cette forme de discrimination dans la "distribution" de cette protection. Ce sont des questions qui n'inspoirent pas toujours des réponses. Pour eviter de contrarier et de se fâcher pour rien.

L'UPU annonce la reprise des échanges de courrier

L'Union Postale Universelle (UPU) a annoncé la reprise des échanges de courrier entre Haïti et les Etats-Unis et la France. Trois mois après le violent séisme Haïti est dans l'attente des premiers chargements de courrier en provenance des Etats-Unis et de la France. L'Union postale universelle a informé ces deux pays qu'ils pouvaient débloquer le courrier retenu depuis le tremblement de terre du 12 janvier pour l'envoyer à Port-au-Prince, où il sera traité et distribué. Environ 3.500 kilogrammes de courrier seraient en route vers Haïti depuis Miami et Paris, selon les informations obtenues.
La reprise des échanges avec l'ensemble des pays-membres de l'UPU est attendue d'ici peu. L'UPU a lancé récemment la construction d'une structure de 600 mètres carrés dans le parc SONAPI de Port-au-Prince, qui servira de bureau d'échange international dès son ouverture.
Le directeur général de l'UPU, Edouard Dayan, a soutenu que la « reprise des échanges postaux avec la communauté internationale est essentielle, car des millions d'Haïtiens vivant à l'étranger n'attendent que ça, de pouvoir envoyer de l'aide à leurs concitoyens touchés par la catastrophe ».
La relance des services postaux internationaux a été rendue possible grâce aux dons financiers et matériels de la communauté postale internationale et de l'Office des postes d'Haïti.
LLM / Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17666

Deux nouvelles répliques ressenties à Port-au-Prince

Une nouvelle réplique de moyenne intensité a été ressentie lundi à Port –au-prince. Selon L'Institut géophysique américain (USGS) Cette secousse de magnitude 4.4, s'est produite vers 2h 21 PM à 40 kilomètres à l'Ouest de la Capitale haïtienne. Mais certains résidents de la région métropolitaine de Port-au-Prince ont également ressenti une autre réplique quelques heures plus tôt, dont la magnitude n'a pas révélée par USGS.
Les répliques provoquent un climat de peur chez les haïtiens. A chacune de ces secousses, les gens se précipitent dans les rues craignant un nouveau séisme.
Les Responsable du Bureau Des Mines, avaient récemment appelé à la vigilance, expliquant que les répliques peuvent détruire certains bâtiments déjà endommagés précédemment.
Depuis quelque temps ces secousses résiduelles avaient quasiment cessées. Toutefois, selon les experts, la poursuite des répliques à la suite d'un tremblement de terre de forte magnitude, est un phénomène normal.
EJ/Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17668

lundi 3 mai 2010

L’écrivain mexicain Carlos Fuentes pour un "protectorat" onusien en Haïti

Sans nuancer ses propos, ni prendre la mesure des aspirations profondes du peuple haïtien, l’immense auteur latinoaméricain soutient que les efforts internationaux de reconstruction du pays sont voués à l’échec si les "élites locales corrompues" ne sont pas mises à l’écart dimanche 2 mai 2010, Radio Kiskeya
Le célèbre écrivain mexicain Carlos Fuentes, considéré comme l’un des nobelisables potentiels, a proposé dimanche à Santo Domingo qu’Haïti devienne un "protectorat" dont la direction serait confiée aux Nations Unies afin, dit-il, d’éviter que ses "élites corrompues" fassent perdre au pays l’occasion de se relever des effets dévastateurs du séisme grâce aux efforts de la communauté internationale.
"Pour pouvoir reconstruire Haïti, il est nécessaire que les Nations Unies s’associent à la communauté internationale pour créer un protectorat capable de gouverner ce pays. Sinon, dans le cas contraire, les efforts déployés seraient vains", a estimé un tantinet condescendant M. Fuentes lors d’une conférence de presse relayée par EFE.
A son avis, la "corruption traditionnelle" sévisant en Haïti constitue un obstacle majeur à la réalisation des objectifs de relance et de développement du pays.
"Le problème est qu’en Haïti il existe une élite corrompue qui ne permettra pas que ce pays puisse progresser", a martelé l’illustre auteur latinoaméricain avant de conclure "la restauration ne sera possible que de cette façon avec un protectorat assumant la direction et le contrôle de ce qui doit être fait en vue d’aider cette nation".
A mots couverts ou sans détours diplomatiques, plusieurs voix étrangères ont, ces derniers temps, sollicité la "mise sous tutelle d’Haïti", une formule rejetée par de nombreux compatriotes qui, parallèlement, critiquent sévèrement l’attitude jugée rétrograde des élites du pays.
Invité spécial de la foire internationale du livre de Santo Domingo, Carlos Fuentes s’est aussi exprimé devant les journalistes sur différents thèmes d’actualité relatifs à son pays, le Mexique, et à la marche du monde. Tour à tour, il a rejeté la loi de l’Etat américain d’Arizona criminalisant l’immigration illégale et qui vise directement plusieurs millions de sans-papiers mexicains, appelé les autorités mexicaines à faire appel aux forces spéciales françaises et israéliennes pour combattre les narcotrafiquants avant de dénoncer une "globalisation partiale et injuste".
Fuentes, qui affirme ne pas penser au Prix Nobel de littérature, est devenu docteur honoris causa d’une université dominicaine et sera décoré par le Président Leonel Fernàndez lors d’une cérémonie prévue lundi au Palais présidentiel.
Romancier, dramaturge et essayiste de renommée mondiale, Carlos Fuentes, 82 ans, compte parmi ses principales publications La volonté et la chance et Une limpide région. spp/Radio Kiskeya
http://radiokiskeya.com/spip.php?article6743

De nouvelles manifestations anti-gouvernementales en province

Pour la première fois, les opposants au gouvernement ont organisé une manifestation à Jacmel dans le Sud'Est contre la loi d'urgence. Plusieurs milliers de personnes avaient pris part à ce mouvement de protestation réalisé par la Coordination Régionale des Organisations du Sud-est (CROS). Le chef de l'Etat et les parlementaires de la majorité étaient dans le collimateur des protestataires. Ils dénoncent la loi d'urgence comme un complot visant à favoriser un enrichissement illicite des proches du pouvoir.
La marche a été organisée à l'occasion de la célébration de la fête de l'agriculture et du travail ce samedi premier mai. Aucune présence policière n'a été remarquée lors de cette manifestation qui s'est déroulée sans aucun incident.

En réaction à la manifestation, la ministre de la culture et de la communication, Marie Laurence Jocelyn Lassègue a indiqué que manifester est un droit garanti par la démocratie pourvu que cela se fasse selon des normes et dans le respect de tous.

Parallement au Cap Haïtien dans la deuxième ville du pays, des partisans et des sympathisants de Fanmi Lavalas ont gagné les rues pour dénoncer la mauvaise gestion du gouvernement Préval /Bellerive. Mais un autre groupe de manifestants se réclamant d'une autre branche de Fanmi Lavalas ont attaqué à coup de pierres et de tessons de bouteilles les premiers manifestants.

Dans le même temps à, Port-au-Prince, plusieurs dizaines de membres de l'opposition avaient également gagné les rues pour critiquer les actions gouvernementales.

Ces dernières semaines des manifestations ont eu lieu à Miragoane, Léogane, Hinche, Cayes, Saint Marc, et aux Gonaïves. Des dizaines de militants des partis de l'opposition n'ont cessé de réclamer le départ du président Préval et le retrait de la loi d'urgence qu'ils qualifient d'inconstitutionnelle.

EJ/Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17665

Haïti- Reconstruction : La BID accorde un appui budgétaire de 50 millions de dollars

Les responsables de la Banque interaméricaine de développement ont annoncé l'octroi d'un don d'appui budgétaire de 50 millions de dollars à Haïti. Cette assistance pour la restauration des institutions budgétaires est importante en raison de la chute des recettes fiscales après le séisme.
Un communiqué de la BID précise que les ressources aideront le gouvernement haïtien à rétablir certaines des fonctions essentielles des institutions fiscales importantes, comme la Direction générale des impôts (DGI), dont le siège a été complètement détruit. Ce don accordé en une seule tranche permettra également de couvrir des dépenses courantes telles que le paiement des salaires des fonctionnaires, les subventions aux hôpitaux, aux écoles et aux services publics, et l'appui au secteur agricole et aux programmes de prévention des catastrophes.
Le programme d'appui budgétaire de la BID, réalisé en collaboration avec les pays donateurs et d'autres organisations multilatérales, soutiendra les réformes fiscales qui étaient engagées avant le tremblement de terre, de même que la préparation d'un plan de modernisation de la DGI et un plan de réforme globale du service des douanes (AGD). 

D'autres initiatives telles la réforme de la gestion des dépenses et de la dette publiques et l'amélioration de la transparence budgétaire et de lutte contre la corruption bénéficieront également de cette assistance. 
LLM / Radio Métropole Haïti

Fin de la Mission d'évaluation de l'ONU sur la tenue prochaine des élections

Les membres de la commission d'évaluation électorale de l'ONU dirigée par Tadjoudine Ali-Diabacté, se sont entretenus le jeudi 29 avril avec le chef de l'Etat, René Préval. Au cours d'une mission de 10 jours, les membres de la commission ont rencontré les membres du gouvernement, l'ensemble des acteurs politiques, les membres de plusieurs partis politiques, les différentes branches de la société civile et des représentants de la communauté internationale. 

Durant leur séjour, les experts onusiens se sont rendus dans plusieurs localités affectées par le séisme du 12 janvier dernier (Jacmel, Léogane, St-Marc, etc) pour évaluer la machine électorale et se rendre compte de l'ampleur du désastre. 
Suite aux différentes rencontres et visites sur le terrain, la Mission d'évaluation a étudié les conditions qui permettront la réalisation des élections d'ici la fin de l'année 2010.
Selon le chef de la délégation onusienne, Tadjoudine Ali-Diabacté, des conclusions et recommandations seront formulées dans le rapport qui sera bientôt soumis au Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon. La rencontre d'environ d'une heure avec le président de la république a été très fructueuse, affirme le chef de la Mission.
LLM / Radio Métropole Haïti

http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17663

dimanche 2 mai 2010

Reconstruction de Port-au-Prince: le Québec veut sa part du gâteau

Publié le 02 mai 2010 à 11h29 Port-au-Prince
La Presse Canadienne,
Le Québec entend bien bénéficier de la manne des contrats de reconstruction d'Haïti, dont la capitale Port-au-Prince a été dévastée par le séisme du 12 janvier dernier.
Le ministre des Relations internationales, Pierre Arcand, est de retour dimanche d'une visite de deux jours en Haïti où il a notamment rencontré le président haïtien, René Préval, vendredi.
En entrevue à La Presse Canadienne, au terme de cet entretien de 90 minutes, il dit avoir discuté des «mécanismes qui pourraient permettre aux entreprises québécoises» de bénéficier de certains contrats de reconstruction. Le ministre a affirmé qu'il comptait travailler de concert avec le gouvernement haïtien à ce sujet.
Le ministre a expliqué que le processus sera complexe mais bien encadré. Comme les contrats viendront de la part de plusieurs organismes différents, c'est l'Association patronale des entreprises en construction du Québec (APECQ) qui se chargera de transmettre les informations au sujet des appels d'offres aux entreprises du Québec.
«Les gens veulent que ça se fasse dans la transparence, que les entreprises qui vont obtenir les contrats soient de qualité et que la gouvernance soit correcte, a-t-il dit. Mais je pense qu'il y a une urgence pour la reconstruction d'Haïti et que ça devrait aller assez vite à partir de ce moment là.»
Le ministre s'était également rendu en Haïti dans le but de déterminer de quelles façons le Québec viendra en aide à l'île dévastée dans les prochains mois. Il a révélé que le gouvernement québécois se concentrera sur les besoins au niveau de l'éducation, sans toutefois donner plus de détails. M. Arcand rencontrera à ce sujet la ministre fédérale de la Coopération internationale, Bev Oda, au cours de la semaine prochaine.
M. Arcand a cependant annoncé que le projet d'appui au renforcement de la gestion publique d'Haïti, entamé avant le tremblement de terre, sera repris dans les prochaines semaines. Le gouvernement du Québec, avec l'implication de l'École nationale d'administration publique (ENAP), aidera Haïti à combler un urgent besoin de 300 fonctionnaires.
De plus, l'ENAP reprendra son programme de maîtrise à distance dès le mois d'août.
Le ministre a également profité de sa visite pour aller constater le chemin parcouru par l'aide financière d'urgence versée par le gouvernement du Québec, soit environ 3 millions $. Il a précisé que l'argent a été remis à des organismes non-gouvernementaux (ONG) reconnus, tels Oxfam Québec et la Croix-Rouge, plutôt qu'au gouvernement haïtien. M. Arcand s'est dit très satisfait de la façon dont les sommes ont été utilisées.
«Je suis content du travail de plusieurs ONG qui ont respecté nos critères, comme par exemple Oxfam qui utilise des produits locaux à 80 pour cent, ce qui encourage l'économie haïtienne», a-t-il illustré.
Finalement, Pierre Arcand a visité le centre des médias mis sur pied par Reporters sans frontière (RSF) après le séisme. Il en a profité pour annoncer une contribution financière de 10 000 $ afin d'équiper le centre d'un studio d'enregistrement.
Près de quatre mois après le séisme dévastateur, il a rappelé que les besoins de la population sont encore criants. Cependant, le ministre a estimé que le pays pouvait maintenant se tourner vers la reconstruction économique, et plus seulement se concentrer sur les besoins humanitaires d'urgence.
«La situation est encore difficile, la ville est loin d'être reconstruite, on trouve encore des cadavres sous les décombres, a-t-il expliqué. Mais il semble y avoir un meilleur contrôle, une reprise économique.»
«Il y a toujours des questions humanitaires mais on revient petit à petit à la situation qui prévalait avant le tremblement de terre», a-t-il dit.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201005/02/01-4276331-reconstruction-de-port-au-prince-le-quebec-veut-sa-part-du-gateau.php
Commentaires:
Port-au-Prince, le beau gateau!
Il n'y a pas que les canadiens qui pensent que Port-au-Prince est un succulent gateau et qu'il faut absolument se placer pour réclamer sa part.
Actuellement la grande majorité des instances,  instritutions et personnalité qui gravitent autour du pays pensent à profiter de l'occasion pour se faire un peu plus de blé. De cette logique partent l'ensemble des réactions venant des classes politiques ou du secteur social.
Le tremblement de terre aura fait donc tomber du ciel une manne qui fera pousser des vocations et surtout attiser des convoitises.
Ce qui est rageant c'est le fait de cacher ces objectifs derrière des pseudorevendications sociales.

Peut-on éprouver de la fierté à être Haïtien ?

Suite du dernier article intitulé: « Un enfant haïtien a-t-il de l’avenir ? (En Haïti et en République Dominicaine) »
Par : Renos Dossous
Peut-on éprouver de la fierté à être Haïtien ? Voilà la question qu’une amie étrangère indignée par ce qui se passe dans ce pays, n’a pas hésité à poser à son compagnon haïtien. C’est pour y répondre nous-mêmes que nous l’avons abordée. Il faut reconnaitre en passant que l’observation de ce qui s’y fait et la qualité des acteurs qui s’en occupent n’encourage pas un Haïtien à marcher la tête haute. Cependant l’honnêteté la plus naturelle nous impose aussi, avant tout, l’obligation de nous demander si la caractérisation d’un pays pourrait ne dépendre que de ce qu’en font ses dirigeants incompétents. En tout cas, en analysant cette question, malgré toute apparence, nous ne nous démarquerons nullement du contexte de la situation de l’éducation en Haïti qui a fait l’objet de notre dernier article.
Nous avons fait allusion à quelques-unes des causes de la faiblesse de l’actuel système éducatif haïtien. Nous avons admis qu`il s`agit d`un frein terrible appliqué à la possibilité de développement de la nation. Ce marasme qui a vraiment trop duré provoque de sérieuses inquiétudes. En a-t-il toujours été ainsi ? Les Haïtiens ont-ils toujours vu leur pays se précipiter vers l’abîme sans apparemment aucun moyen de remédier à la tragédie ?
I. Le cheminement d’Haïti dans le domaine éducatif
Nous avons dit que l’histoire récente d’Hispaniola, cette ile que se partagent Haïti et la République Dominicaine, est jonchée d’événements difficiles. Les conquistadors espagnols l’ont d’abord découverte et les Français les y ont rejoints. Chacun ayant trouvé ce qui pouvait faire sa fortune, ils s’y sont établis à leur aise. Après que la population locale ait été décimée, des noirs importés d’Afrique l’ont relayée. Il a fallu attendre que brillent peu à peu les feux de l’indépendance pour que les colonisateurs soient éclipsés. Deux peuples ont ainsi vu le jour dans des conditions bien différentes. Du côté haïtien, dans le tiers occidental de l’ile, beaucoup d’événements ont ponctué l’histoire. La première véritable lutte pour la survie a commencé par celle de la promotion de l’éducation. Comment s’y sont pris les héros de l’indépendance ?
Dès l’introduction de son livre Peau noire, masques blancs , Frantz Fanon, ce brillant psychiatre, politicien et écrivain martiniquais, affirmait en 1937, « Dussé-je encourir le ressentiment de mes frères de couleur, je dirai que le noir n’est pas un homme ». Pour comprendre la valeur d’une telle assertion, il suffit de revivre les restrictions de tous genres, les contrôles, les interdictions qui pesaient contre les noirs de cette époque troublée que fût la première moitié du XXIème siècle et même une partie de sa deuxième moitié. Car s’il est vrai que ce livre a examiné en détail comment le colonisé était exposé à un processus de déshumanisation permanente, il n’en était pas autrement du colonisateur. Dans cette perspective, nous trouvons deux classes d`êtres humains différemment mutilés. L`une se persuadait que pour s`affirmer, elle devait supprimer toute la liberté, toute la dignité de l`autre qui, à son tour, était complètement à la merci de son bourreau, totalement dépouillé de ce qui fait d’un être humain ce qu’il doit représenter : un individu digne et solidaire, jouissant de sa liberté de choix, n’ayant de compte à rendre qu’à sa propre conscience. N’est-ce pas pour indiquer l’obscurité de son abîme que le poète martiniquais Aimé Césaire s’écriait : « Je parle de milliers d’hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme »1 ?
« L’homme normal est celui qui remplit son rôle social sans anxiété pour lui-même et sans trouble pour ceux qui l’entourent.»2 Cette définition de l’Organisation Mondiale de la Santé reprise par l’anthropologue haïtienne Jeanne Philippe, qu’on l’accepte ou non, semble avoir au moins le mérite de cerner l’homme sous les diverses dimensions de sa personnalité notamment psychologique et sociale. C’est aussi l’intuition de la nécessité de concilier ces différentes perspectives, qui portait les libérateurs d’Haïti à mettre un accent spécial sur l’éducation. Peu d’historiens haïtiens, en effet, passent sous silence le fait que même dans le plus fort des luttes opposant les esclaves aux colonisateurs, ou pendant les vagues de déportation des anciens maitres vers leur terre d’origine, non seulement les médecins mais aussi les enseignants de tous les niveaux étaient épargnés. Car l’éducation du peuple, ils le pressentaient, devait être l’une des priorités du nouvel état, s’il voulait subsister, si on voulait lui assurer un avenir prometteur.
Qui eut cru, en effet, que ces personnages à peine sortis des fers de l’esclavage, analphabètes dans leur grande majorité, prendraient conscience si tôt de la valeur de l’instruction ? Il faut s’avouer qu’ils avaient déjà devant eux l’exemple de certains affranchis, esclaves libérés soit parce qu’ils avaient acheté leur liberté, soit parce qu’ils étaient nés de père français. Ces affranchis dont l’éducation avait été faite en France ou dans les écoles qui existaient déjà dans la colonie, se démarquaient de leurs ancêtres par le raffinement de leur comportement, leur habileté et leur détermination dans la défense de leurs droits et dans leur respect envers autrui. Ce sont là des qualités à envier. C’est d’ailleurs dans ce même contexte que naquit le grand-père d’Alexandre Dumas fils, l’un des auteurs les plus lus de la littérature française, à Jérémie, dans le sud d’Haïti.
Sous l’impulsion de ces hommes éclairés, des actions d’une immense générosité allaient s’accomplir sous des latitudes aussi diverses que dans les Caraïbes, en Amérique latine ou en Amérique du Nord. D’abord aux États-Unis, en 1776, les futurs héros de l’indépendance haïtienne ont fait leurs premières armes aux côtés des Étatsuniens contre les Anglais. A Savannah, particulièrement, plus d’un historien rendent témoignage des faits d’armes de ces libérateurs haïtiens. En Amérique du Sud, le jeune état haïtien se signale déjà par l’aide importante en homme, en arme et en argent fournie premièrement au jeune révolutionnaire vénézuélien Francisco de Miranda tombé malheureusement aux mains des Espagnols et décédé en 1816 en prison. Plus tard vint le tour de son compatriote le général Simon Bolivar, cet icône des luttes anticoloniales et de la liberté en Amérique latine. Lorsque Bolivar, ému par l’intérêt porté par les Haïtien à l’indépendance de son pays, et reconnaissant envers eux pour toute l’assistance reçue à l’instar de son prédécesseur, demanda ce qu’il pouvait offrir en récompense à ce peuple héroïque, la réponse de son représentant d’alors, Alexandre Pétion, fut de libérer les esclaves des territoires qui auront acquis leur indépendance sous son commandement. A-t-on besoin d’un plus bel exemple de noblesse, d’un exemple plus manifeste d’universalisme de l’indépendance d’une nation à peine émancipée du carcan de l’esclavage ?
II. Les influences politique et éducative d’Haïti au delà de ses frontières
A. Dantès Bellegarde
Le XXième siècle nous a offert les plus éloquentes illustrations de cette vision universaliste qui caractérisait les fondateurs de la nation haïtienne et qui est encore si profondément ancrée dans les traditions de ce pays.
Dantès Bellegarde est né à Port-au-Prince au sein d’une famille pauvre en 1877. Après qu’il eut pris conscience de l’importance de l’éducation, ayant été lui-même le produit d’un cheminement personnel difficile, il a décidé de devenir éducateur afin de s’ériger en champion de l’éducation dans son pays. Son travail y prit une ampleur telle qu’un historien de la littérature haïtienne, Duraciné Vaval, le considérait, en 1933, comme l’idéologue officiel de l’état haïtien. Mais dans sa vision extrêmement large de sa mission d’éducateur, Bellegarde a compris que si quelque chose pouvait contribuer au progrès de son pays, il devait aussi légitimement être mis à la portée des autres, particulièrement de ceux qui cherchaient encore à déceler les premiers rayons du soleil de l’indépendance, surtout en Afrique. C’est ainsi que sa détermination, son activité fébrile furent récompensées quand il put finalement trouver une tribune pour faire entendre sa voix : La Société des Nations. C’est là, dès le début de sa carrière diplomatique, qu’il s’est battu pour faire inclure l’éducation dans le programme de cet organisme international. Il avait déjà occupé les fonctions de professeur au Lycée Pétion (de Port-au-Prince), directeur de l’Instruction publique, secrétaire d’état de l’Instruction publique, co-fondateur du journal La Ronde, entre autres activités remarquables dans son pays. Ses luttes acharnées pour la promotion du français dans le système éducatif haïtien et à l’échelle internationale, lui valurent de nombreuses reconnaissances. En France, le gouvernement le nomma commandeur de la légion d’honneur en 1922. Un an plus tard, W.E.B. Du Bois, fondateur de l’Association nationale pour l’avancement des gens de couleur (du sigle NAACP, en anglais) aux Etats-Unis, lui conféra le titre de porte-parole international des noirs du monde. Et ce, à cause, surtout de ses prises de position pour le respect des droits de l’homme, notamment dans les pays qui étaient encore des colonies en Afrique et ailleurs. L`un des plus vibrants hommages qu’il ait reçu de son vivant lui a été rendu par cette sommité de l’épistémologie et de la psychologie, Jean Piaget. En effet, l’éminent savant suisse rappela aux délégués de la XVIIIème conférence internationale sur l’instruction publique, à Paris, en 1955, que Dantès Bellegarde était la seule personne à avoir fait d’infatigables efforts pour que l’éducation fût incluse au programme culturel de la Société des Nations, prélude de ce qui allait devenir l’Organisation des Nations Unies.
B. Jean Price-Mars
Pendant plus d’un demi-siècle, deux grands intellectuels haïtiens se sont opposés autour de l’orientation à imprimer à l’éducation en Haïti. L’un s’appelait Dantès Bellegarde et l’autre, Jean Price-Mars. L’un défendait avec acharnement la nécessité d’axer l’enseignement haïtien sur les méthodes en vigueur en France donc sur la langue française ; l’autre prônait l’établissement d’un système national, spécifiquement haïtien où le créole jouerait un rôle déterminant. Qu’on ait été d’accord avec le premier ou avec le second, il est difficile de ne pas reconnaitre que chacun d’eux, à sa manière, a fait des apports inestimables à l’éducation dans son pays et que très peu de place à été laissée à l’improvisation et au manque d’imagination dans leurs démarches respectives. Le premier, Dantès Bellegarde, nous en avons vu brièvement la trajectoire. L’autre, Jean Price-Mars, a été surnommé le père de la négritude. La négritude fut un mouvement universel de revalorisation des cultures nègres qui a embrasé l’Afrique et où ont puisé énergie et inspiration plus d’une nation du monde dans leur lutte pour la reconnaissance de leur dignité. L’un des fondateurs du mouvement, le Sénégalais, membre de l’Académie française, Léopold Sédar Senghor a ainsi défini ce courant littéraire et politique : « La négritude, c’est l’ensemble des valeurs économiques, politiques, intellectuelles, morales, artistiques et sociales des peuples d’Afrique et des minorités noires d’Amérique, d’Asie et d’Océanie »3 Qu’est-ce que Jean Price-Mars a fait pour mériter le titre de père d’un mouvement aussi ambitieux ?
Né à la Grande rivière du nord, en Haïti, en 1876, Jean Price-Mars après ses études classiques en Haïti, obtint une bourse pour étudier la médecine en France. Avant même de recevoir son diplôme de médecin, il s’intéressa à l’anthropologie et aux sciences sociales. Sous l’influence de ces dernières disciplines il publia plusieurs ouvrages. Mais c’est la compilation de ses articles d’orientation ethnographique, parue sous le titre de Ainsi parla l’oncle, qui le fit connaitre dans le monde entier, surtout dans les pays encore colonisés.
Il s’agit d’un livre amplement inspiré de l’occupation américaine d’Haïti qui a duré de 1915 à 1934. Selon l’auteur, les Haïtiens avaient consacré trop d’énergie à vivre une vie inauthentique, basée non sur ce qu’ils sont en réalité, des descendants d’Africains, mais sur ce qu’ils s’imaginaient être, des descendants français. Ce qui, selon lui, diminuait leur prise sur leur propre réalité et les rendait on ne peut plus vulnérables. Il baptisa ce phénomène du nom de « bovarysme collectif » emprunté au critique français Jules de Gaultier. Tout en prônant le créole et le vaudou comme éléments déterminants de l’identité nationale, il présenta une étude approfondie de l’Afrique, son anthropologie, son histoire, sa géographie. Il remonta très loin dans l’histoire de la civilisation pour montrer jusqu'à quel point l’apport du continent noir à l’humanité, tout en étant extrêmement considérable, a toujours été, sans raison, mal connu sinon tout bonnement ignoré. L’objectif premier de Mars était de faire prendre conscience aux Haïtiens de la spécificité de leur culture, de la valeur de leurs racines africaines, et de la nécessité d’éviter toute tentation à donner dans cette aliénation caractéristique de ceux qui ont peur de se regarder en face. Revaloriser les cultures nègres était le point culminant de son combat.
Pour mesurer l’impact de la révolution identitaire de Price-Mars, écoutons ce que pense de lui Léopold Sédar Senghor déjà mentionné, (au moment de la célébration du quatre-vingtième anniversaire de l’anthropologue haïtien) :
« Il est des noms qui sonnent comme un manifeste. Tel me fut révélé le nom du docteur Price-Mars lorsque je l’entendis pour la première fois. Étudiant en Sorbonne, j’avais commencé de réfléchir au problème d’une Renaissance culturelle en Afrique noire, et je me cherchais- nous nous cherchions – un parrainage qui put garantir le succès de l’entreprise.
Au bout de ma quête je devais trouver Alain Locke et Jean Price-Mars. Je lus Ainsi parla l’oncle d’un trait comme l’eau de la citerne…au soir après une longue étape dans le désert. J’étais comblé. L’Oncle légitimait les raisons de ma quête, confirmait ce que j’avais pressenti. Car, en me montrant les trésors de la Négritude qu’il avait découverts sur et dans la terre haïtienne, il m’apprenait à découvrir les mêmes valeurs, mais vierges et plus fortes, sur et dans la terre d’Afrique. »4
Pour aller plus loin dans son éloge, pour montrer la dimension universelle de cette lumière projetée par Price-Mars, Senghor poursuivit :
« Aujourd’hui, tous les écrivains et ethnologues d’expression française doivent beaucoup à Jean Price-Mars ; l’essentiel, cette vérité que nous n’avons de chance d’être nous-mêmes que si nous ne répudions aucune part de l’héritage ancestral… »5
Ce mouvement de revendication des cultures nègres, qui a franchi les frontières des pays francophones en réunissant des penseurs noirs et des intellectuels du monde entier, notamment français, n’a pas eu que des admirateurs. Jean-Paul Sartre, l’un des intellectuels du mouvement définissait la négritude comme « la négation de la négation de l’homme noir »6. Mais cela ne l’a pas empêché de reconnaitre que la discrimination raciale n’était pas un phénomène appelé à durer éternellement et, qu’a fortiori, la négritude elle-même était une combat provisoire : « la négritude est… passage et non aboutissement ». Un autre écrivain africain, prix Nobel de littérature en 1986, le dramaturge nigérian Wole Soyinka, réprouve la négritude comme un faux besoin ressenti par certains noirs de se justifier, de défendre la valeur de leur culture. Selon lui, la culture n’a qu’à se manifester spontanément, elle est sa propre justification. Il a écrit ceci : « Le tigre ne proclame pas sa tigritude, il bondit sur sa proie et la dévore »7. Un autre intellectuel africain, l’ex-président de la république populaire et révolutionnaire de la Guinée (assassiné au pouvoir) que nous citons de mémoire, Ahmed Sékou Touré, eut à dire que « la négritude est un faux problème, une arme irrationnelle fondée sur la discrimination raciale ».
Si les temps évoluent et si la négritude elle-même, à mesure que la classe d’hommes qui justifiaient son existence assume la position qui leur revient de droit dans le monde, est une réaction condamnée à disparaitre, on ne peut pas nier son importance et son rôle dans l’histoire de la prise de conscience qui a alimenté, entre autres, la libération des pays africains. L’ampleur du travail du penseur haïtien, Jean Price-Mars, n’a donc pas diminué avec le temps. Et les éloges que lui ont valus ses travaux ethnographiques ne se limitent pas aux seules communautés noires. Le Secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences d’outre-mer, président de l’association des écrivains de langue française, Monsieur Robert Cornevin brossa un portrait de Jean Price-Mars en ces termes :
« Lorsque je le rencontrai pour la première fois à mon bureau du Quai Voltaire à Paris, le docteur Jean Price-Mars avait 90 ans. Il était presqu’aveugle et avait dû se faire accompagner de sa fille Madeleine. Malgré son âge, il se tenait droit et parlait d’une voix claire et nette des sujets les plus variés. Ce fut pour moi un véritable choc que cette rencontre d’un homme qui avait tenu une si grande place dans le destin de sa patrie haïtienne et celui de la race noire tout entière ». 7
C. Les jeunes états africains et le reste du monde
Les écrivains haïtiens ne se sont pas contentés de prêcher en faveur de l’éducation du haut d`une tour d`ivoire. Ils ont pris une part active dans sa propagation un peu partout dans le monde. L’Afrique des Années 50 et 60 a reçu un contingent considérable de professeurs haïtiens de diverses disciplines. Ce n’est pas un hasard si de brillants écrivains tels que le poète Jean Brière, le cinéaste Raoul Peck, le comédien Lucien Lemoine et de nombreux autres sont liés au continent noir, soit parce qu’ils ont adopté la nationalité d’un pays africain, soit parce qu’ils y ont enseigné, soit encore parce qu’ils y ont étudié ou développé des lignes éditoriales comme c’était le cas, à Dakar, de Roger Dorsainvil et les Nouvelles Editions Africaines.
Mais les écrivains, les penseurs et les professeurs haïtiens n’ont pas l’Afrique pour frontière. Il s’en trouve au Canada, Dany Laferriere (Prix Medicis 2009), Joel Desrosiers, Stanley Péan, Anthony Phelps (récemment émigré au Mexique), Gary Klang, Émile Ollivier, etc., en France, Laennec Hurbon, René Depestre (Le Prix Renaudot 1988 et le prix Robert Ganzo 2007), aux Etats-Unis, Edwidge Danticat (l’un des 20 meilleurs romanciers étatsuniens), Patrick Bellegarde Smith (le petit-fils de Dantès Bellegarde). Cette liste qui est loin, très loin, d’être exhaustive ne saurait passer sous silence les écrivains haïtiens restés au pays : Lyonel Trouillot (prix Wepler en France, en 2009), Frankétienne, Gary Victor, etc.
Ce serait presqu’une injustice de ne pas mentionner des poètes, des penseurs, du calibre d’Oswald Durand, Massillon Coicou, Etzer Vilaire, Antenor Firmin, Louis-Joseph Janvier, mais la liste nous mènerait trop loin.
D. Conclusion
Vivre constamment dans le passé ne semble pas une option intelligente. Cependant faut-il oublier la nécessité de bien l’appréhender afin de mieux comprendre le présent ? « Elle n’est pas viable, la race ou la nation qui, parvenue à une certaine civilisation, méprise son passé comme indigne d’elle, parce qu’alors, elle aura rompu sous ses pas la chaîne des traditions qui la lie avec ses ancêtres »8 nous rappelle le psychiatre et historien haïtien J.C.Dorsainvil. La nation haïtienne qui a su faire briller sa lumière dans le monde entier peut avoir de la difficulté à se reconnaitre, elle peut vivre des épisodes dramatiques, mais il subsiste toujours la possibilité d’une renaissance. Il suffit que se présente le guide le mieux intentionné au moment opportun. C’est à sa recherche que nous devons nous lancer. Un pays qui a eu le parcours d’Haïti peut renaitre de ses cendres ! Aussi pour nous résumer et répondre à la question de départ, au terme de l’évocation de cette foule d’Haïtiens remarquables qui ont apporté une contribution considérable à leur pays, à la Francophonie et au monde entier, la réponse est-elle oui, on peut éprouver de la fierté à être Haïtien.
Notes
1. Discours sur le colonialisme, Aime Césaire, Editions Présence Africaine 1955, Paris et Dakar, p. 20
2. Les causes des maladies mentales en Haïti, Jeanne Philippe, Les éditions Fardin, Port-au-Prince, Haïti, 1968, p. 23
3. http://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9gritude
4. Ainsi parla l’oncle, Jean Price-Mars, Collection Caraïbes, LEMEAC, Ottawa 1973, p. 11
5. Ibidem.
6. http://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9gritude
7. Ibídem.
8. Vodou et névrose, Dr J. C. Dorsainvil, Bibliothèque Haïtienne, Imprimerie « La Presse », Port-au-Prince, 1931, p. 144

Haïti: 50% des Américains ont donné

AFP   Plus de la moitié des familles américaines ont fait un don à Haïti après le séisme du 12 janvier, a annoncé hier à Port-au-Prince Susan Reichle, une responsable de l'agence américaine d'aide au développement (USAID).
Mme Reichle a présenté la contribution des familles américaines aux victimes de la catastrophe comme "la preuve de l'excellente relation" entre les deux pays.
Le tremblement de terre qui a frappé Haïti le 12 janvier dernier a fait entre 250.000 à 300.000 morts et jeté plus de 1,3 millions de Haïtiens à la rue, selon l'ONU et les autorités haïtiennes.
Mme Reichle, qui s'exprimait à l'ambassade des Etats-Unis en Haïti, a estimé à plus d'un milliard de dollars les dépenses effectuées par le gouvernement américain en Haïti dans les 100 premiers jours de la catastrophe dans le cadre de l'intervention d'urgence de l'administration américaine.
"L'effort du gouvernement américain va se poursuivre sur le long terme mais il va changer pour se consacrer à la reconstruction", a-t-elle assuré, promettant en outre aux Haïtiens que Washington travaillera avec la commission internationale pour la reconstruction d'Haïti (CIRH).
Elle a rappelé en ce sens que les Etats-Unis se sont engagés à apporter une contribution de 2 milliards de dollars aux fonds pour la reconstruction d'Haïti.
Pour sa part, le secrétaire d'Etat américain adjoint chargé de la population, des réfugiés et de la migration, Eric Schwartz, a réitéré l'engagement personnel du président Barack Obama et de la secrétaire d'Etat Hillary Clinton à soutenir l'effort de reconstruction d'Haïti.
Il a annoncé que le gouvernement américain avait débloqué une aide supplémentaire de 10,5 millions de dollars pour appuyer les activités entreprises par des organisations internationales pour soutenir les Haïtiens qui se sont réfugiés à la frontière avec la République dominicaine après le séisme.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/04/30/97001-20100430FILWWW00295-haiti-50-des-americains-ont-donne.php

Reconstruire Haïti avec des mots

Terre de pauvreté, de misère et de déliquescence politique : c'est ainsi qu'Haïti est souvent dépeinte, notamment depuis ce 12 janvier 2010, jour du séisme qui frappa avec la violence que l'on sait. Mais cette terre ne se réduit pas aux fléaux qui l'accablent.
Alors que les journalistes relataient l'événement, très vite les écrivains haïtiens se sont mobilisés pour témoigner du drame, de la solidarité à l'oeuvre, et surtout pour donner une autre image de ce pays structuré par une longue tradition artistique. Comme l'affirmait Dany Laferrière dans Le Monde du 17 janvier : "C'est la culture qui nous sauvera."

Après l'urgence de dire et de combattre les préjugés, vient celle de reconstruire, par les mots et les livres. D'où la publication de Pour Haïti (Le Serpent à plume, 176 p., 15 euros) et Haïti parmi les vivants (Actes Sud-Le Point, 200 p., 15 euros, en librairie le 14 mai), deux ouvrages caritatifs et collectifs, conçus pour garder trace de ce moment unique où les voix des écrivains se sont jointes à celles des journalistes. Des écrivains que l'on retrouvera aussi dans Haïti, une traversée littéraire, de Louis-Philippe Dalembert et Lyonel Trouillot (Presses nationales d'Haïti-CulturesFrance-Philippe Rey, 176 p., 19 euros).

Pour retracer plus de deux cents ans d'une histoire littéraire féconde et, à travers elle, "donner à entendre la complexité d'une terre, d'une culture, d'un peuple (...)", les deux romanciers haïtiens ont choisi la forme du dialogue entre un "candide" et un écrivain. Avec beaucoup d'humour, ils mettent en lumière l'histoire de ce pays où "la négritude se mit debout pour la première fois" (Aimé Césaire).

Revenant sur les temps forts de cette histoire, ils en éclairent les grandes étapes, de l'influence française des premiers temps de l'indépendance (1804) au mouvement d'émancipation commencé avec l'indigénisme. Ils analysent la place fondamentale de l'histoire dans les écrits haïtiens et étrangers (Victor Hugo, Lamartine, Alejo Carpentier, Madison Smartt Bell, etc.) et abordent la question du bilinguisme ou celle de la division entre écrivains "du dedans" et "du dehors".

Les auteurs évoquent enfin les différents courants littéraires (le réalisme merveilleux ou le spiralisme) en insistant sur l'influence déterminante de la poésie et sur la qualité de certaines oeuvres phares, telles que Ainsi parla l'Oncle, de Jean Price-Mars, Gouverneurs de la rosée, de Jacques Roumain, ou Compère Général Soleil, de Jacques Stephen Alexis.

Utile pour appréhender cette nation d'écrivains et de poètes, ce texte - accompagné d'une anthologie de textes et d'un CD avec des témoignages, notamment de René Depestre ou d'Emile Ollivier - l'est aussi par son aspect financier : le produit des ventes doit être reversé à des ONG pour la reconstruction de la Bibliothèque nationale d'Haïti.

Dans Haïti parmi les vivants, Lyonel Trouillot écrit : "Que peut faire la littérature devant les grands malheurs ? Rien. Mais surtout pas se taire. Avec nos mots, avec nos morts, nous qui sommes revenus du déluge de pierres, écrivons pour trouver une place dans le monde des vivants."

Christine Rousseau

http://www.lemonde.fr/livres/article/2010/04/29/reconstruire-haiti-avec-des-mots_1344326_3260.html

samedi 1 mai 2010

ARIEL ORTEGA appelé en sélection par Diego Maradona

L’attaquant Ariel Ortega a été convoqué par le sélectionneur argentin Diego Maradona, pour disputer la rencontre amicale que la sélection albiceleste jouera contre la sélection Haïtienne le 5 mai prochain dans la province de Neuquén (Sud d’argentine) ont informé des sources de la fédération.
Maradona a appelé les joueurs locaux pour disputer cette rencontre, l’avant dernier match que jouera l’Argentine avant de voyager vers l’Afrique du Sud pour disputer la coupe du monde.
Le 24 mai la sélection argentine dira au revoir à son public face au Canada à Buenos aires.
Ortega , surnommé « el burrito » âgé de 36 ans portera de nouveau les couleurs argentines après sept ans. L’avant centre de River Plate, qui a disputé les coupes du monde 1994, 1998, 2002 avait joué sa dernière rencontre en sélection  en février 2003 quand l’argentine baissa pavillon devant la Hollande à Amsterdam sur le score de un but à zéro.
La liste des joueurs convoqués par Maradona pour affronter Haïti  diffusée par l’association de Football argentin est la suivante :
Gardiens de but:  Adrián Gabbarini (Independiente) y Diego Pozo (Colón).
Défenseurs: : Matías Caruzzo (Argentinos Juniors), Luciano Monzón (Boca Juniors), Paolo Goltz (Huracán), Juan Manuel Insaurralde (Newell's Old Boys) y Ariel Garcé (Colón).
Milieux de terrain : Juan Mercier (Argentinos Juniors), Patricio Toranzo (Huracán), Leonel Vangioni (Newell's Old Boys), Facundo Bertoglio (Colón), Sebastián Blanco (Lanús) y Nicolás Olmedo (Godoy Cruz).
Attaquants : Franco Jara (Arsenal), Martín Palermo (Boca Juniors), Ariel Ortega (River Plate) y Juan Pablo Pereyra (Atlético Tucumán).