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dimanche 23 décembre 2007

Jérémie ou l'angoisse d'une odyssée provinciale

Indicible langueur. Heures interminables et sans contenu. Voyager à Jérémie? Un exercice affreux, épouvantable: route scabreuse, rocailleuse et en cul-de-sac. Jusqu'ici, il n'y a pas de voie permettant d'accéder avec joie à la légendaire " cité des poètes". La ville, marquée par son calme et une immense couverture végétale, est extrêmement isolée du reste du pays. On n'en a cure. Et c'est presque dommage.
La Carambole (à gauche) et la Zibéline, surnommée djaka, deux fruits comestibles spécifiques à la flore grand'anselaise (Photo: Robenson Bernard)

Jérémie. On est bien précis sur son nom qui renvoie à un personnage biblique inspiré. Il prédit l'avenir et révéla des vérités cachées. Sa vie entière fut marquée par une sorte de plainte sans fin qui importuna. En raison de sa misère, de sa solitude et de son destin lourd de malaise. Mais il crût à la vie et garda l'espoir. La vérité est bonne à dire: à cause de son isolement causé avant tout par l'état lamentable de la route principale qui y conduit, la ville n'est jamais fatiguée de ses jérémiades.
Située à 584 km de Port-au-Prince, elle est forcée de placer le transport par voie terrestre et par voie maritime dans le même rapport logique. La voie aérienne, quant à elle, fait passer à une simplification poétique d'une réalité infiniment plus complexe et dotée de curieuses vertus.A l'entrée de la ville, la mer est accueillante. La hauteur des vagues et l'impétuosité du courant sont particulièrement sensibles.
Le ciel impose sa sérénité à ce spectacle plus majestueux que romantique. Par moments, des remous creusent un sillon profond et laissent bondir une gerbe d'écume voilant et dévoilant la quincaillerie marine. «Pareil spectacle gagnerait à avoir son peintre ou son vidéographe», note un observateur qui déplore le caractère hideux de l'entrée principale de la ville ornée d'un long ruban de taudis trônant en face de la mer. Ces constructions anarchiques sont caractéristiques de la situation socioéconomique d'une population qui ne bénéficie d'aucune politique de logements sociaux inscrite dans le cadre d'un plan national d'urbanisation.
Dans une région si isolée du reste du pays et abandonnée à son sort, on ne doute pas qu'il y aurait beaucoup à apprendre sur le fonctionnement des rouages de l'administration. Mais pour bien le comprendre, il faudrait connaître déjà le pays tel qu'il a toujours marché.
Une vue du pont La Voldrogue, trop étroit pour piétons,
bêtes de somme et véhicules à moteur
( Photo: Robenson Bernard)
Un trajet pénible
Le trajet Cayes/Jérémie fait apparaître l'extraordinaire complication, l'enchevêtrement de tous les problèmes auxquels fait face le département de la Grand'Anse. Pas besoin de les nommer. L'état lamentable de la route est un prétexte formidable pour l'isolement et le sous-développement des différentes régions plutôt riches en produits agricoles de toutes sortes.De Moron, Marfranc, Chambellan à Abricots, Roseaux, Pestel en passant par Latibolière, Léon, Dame-Marie,Anse-d'Hainault, etc. Les Irois, (presque toutes des communes de Jérémie), la Grand'Anse est abondamment boisée. On a peine à la quitter. Même si ses nuits sont obscures. «Depuis plusieurs mois déjà, Jérémie est en plein dans le noir», se plaint un riverain grattant, désenchanté, une allumette pour lire une prescription médicale. Et déterminé à dompter les nuits sans étoiles et sans lune avec ses chandelles et sa lampe (à essence) artisanale. La ville est comme née de rien, sinon du désir de vivre de la communauté. L'irresponsabilité de nos dirigeants en matière d'infrastructures routières dans la Grand'Anse saute aux yeux. Sensible à l'urbanisation et à la modernité, Jérémie est représentative de la réalité socioéconomique de l'arrière-pays. Mais la cité d'Etzer Vilaire pourrait être une ville-musée avec ses galeries d'art, son conservatoire d'art dramatique, ses salles de spectacle, ses kiosques, ses fécondes écoles de peinture, ses jets d'eau, ses espaces de loisirs, etc.
Elle pourrait également orchestrer thèmes et sortilèges de son charme qui prolonge et fond dans les mythes tous les aspects de la poésie d'Etzer Vilaire, d'Emile Roumer; toutes les facettes de la littérature de Josaphat-Robert Large, Jean-Claude Fignolé, Claude C. Pierre, Merès Wèche, Serge Madhère, Margareth Lizaire, Clotaire Saint-Natus, pour ne citer que ces écrivains grand'anselais de bonne facture.Une ville ouverte sur le mondeC'est évident: Jérémie a l'ultime avantage d'avoir débouché sur la mer: fenêtre d'une région active et dynamique, ouverte sur la Jamaïque et le monde. Sauf qu'il ne faut pas perdre de vue le danger que courent souvent les villes côtières à la merci des " intempéries" venues du large. Toujours est-il que la cité maritime présente le profil d'un véritable refuge. Un exutoire. Elle est aménagée et sauvegardée par un effort humain exceptionnel qui préfigure sa possible refondation.
Des pêcheurs précaires livrés à leur sort dans la localité de Bacardère à Dame-Marie
(Commune d'Anse d'Hainault située à quelques mètres de la Navase).
Photo: Robenson Bernard
Le dynamisme jérémien
Prospère, riche en produits vivriers et en céréales (banane, igname, pois, maïs, manioc, arbre véritable, etc), Jérémie donne la preuve du dynamisme de ses habitants auquel tient sa grandeur.Des régions sont peuplées de pêcheurs, de marins et de vrais faux sauniers. D'aucuns, réfléchissant sur l'histoire de la cité, son expansion, son déclin lent, majestueux et son espoir de renaissance, soulignent le fait que le commerce est pour eux la base et le rempart de la finance et de la richesse. Ici et là, on laboure, on sème, on vendange. Les activités proches et rentables des salines, comme du charbon de bois sont étouffées étant donné la situation du transport vers Port-au-Prince ou les Cayes. Des transporteurs assurent par caravanes de bêtes de somme les communications interrégionales.
Les Grand'Anselais sont capables d'accueil et d'hospitalité. Distendue, la métropole du département a principalement de charmant ce qu'elle doit au climat naturel. La carambole (au goût d'orange) et la zibeline surnommée Djaka (de la famille de l'arbre véritable) sont des fruits savoureux spécifiques à la flore des différentes régions.
La ville a ses quartiers pauvres tel que Sainte-Hélène; et ses zones huppées comme Bordes. Cette dernière, soigneusement adoquinée, accueille les principaux hôtels établis selon un ordre hiérarchique rigoureux. Bon temps, la Cabane, Auberge Inn, Trois Dumas, sont de ceux-là. Quelle énigme!
A Bordes, il souffle continuellement un vent léger, mais il faut accepter de suer sous une moustiquaire pour tromper l'appétit des maringouins aussi géants et imposants que ceux de la Cité de l'Indépendance. A propos, ces moustiques s'attaquent sans complexe aux corps frêles des enfants comme aux jambes et aux chevilles des femmes que ne protègent pas des souliers bas. Ces insectes dont la piqûre est douloureuse s'aventurent même dans les pantalons pour attaquer, sans risque de se faire abattre, les mollets. «Même à travers l'étoffe, nous avons les genoux et le corps entier dévorés», murmure une jeune femme qui avoue que sa sieste s'en trouve souvent contrariée. «C'est dégueulasse!», lâche-t-elle non sans dépit.
Trois (3) lycées fonctionnent à Jérémie à plein rendement: Nord Alexis (ou Lycée des Garçons), Lycée des Jeunes Filles et Saint-Luc. S'il n'y a pas de station de télévision locale, plusieurs chaînes de Port-au-Prince sont captées. Des stations de radio diffusent des programmes d'éducation, de divertissements et d'informations. Il s'agit nommément de Radio Tèt Ansanm, Power Mix, Lambi, Quisqueya, Grand'Anse, Xaragua. Et dire que tout cela tient d'une subtile alchimie. Ou ses avatars.
Le défi du temps
Un taxi moto: phénomène plutôt récent en milieu rural.
A Jérémie, l'offre répond parfaitement à la demande
(Photo: Robenson Bernard)

Il n'est pas illusoire de vouloir sauver Jérémie de son isolement. Encore faut-il redéfinir sa fonction par rapport au reste du pays. Pour l'agriculture, le reboisement, la Grand'Anse pourrait jouer le rôle d'un département d'équilibre. Et si l'on admet que l'on parvienne à disjoindre le sort de Jérémie à l'essort industriel de la région, on rendra facile la tâche qui consiste à en faire une ville touristique, artistique et culturelle. Ce n'est pas le charme qui manque à la région qui semble prête à repousser la tentation de l'affairisme bon marché, de la débrouillardise mauvais teint. En toute urbanité.La Grand'Anse est heureusement à l'abri de la dégradation du terrain de l'art et de la culture. Régénérée, elle pourrait avoir son festival international de poésie, son colloque international sur Etzer Vilaire, Emile Roumer, Jean-Claude Fignolé, Claude C. Pierre, Josaphat-Robert Large, Margareth Lizaire, etc. Elle disposerait également de son festival des Arts plastiques, son salon du livre, ses sessions musicales et universitaires d'été, ses concours de beauté et ses événements culturels d'une grande intensité. Et ses centres sportifs bien adaptés.
On se représente volontiers Jérémie sauvée comme un centre international de culture possédant déjà ses bases sous l'impulsion d'un mécénat d'une grande efficacité. Mais la survie de la Grand'Anse concerne d'abord les Grand'Anselais - toutes couches sociales confondues. Ceux qui, déjà, ont dressé son constat de carence qui se veut moins le signe d'une déroute de l'imagination, d'un manque de solidarité que d'une incapacité politique à trancher. En faveur de l'arrière-pays.On trouve, enfin de compte, dans les solutions empiriques apportées jusqu'ici aux problèmes complexes de Jérémie la preuve que le désir de vivre ensemble permet aux hommes de bonne volonté de créer un tissu social solidaire. Aussi les générations actuelles sauront-elles dépasser cet héritage pour relever le défi du temps?
Robenson Bernard

robernard2202@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=51901&PubDate=2007-12-21

Dialogue de sourds entre la population et le gouvernement à l’occasion de la Noël

Des commerçants, étalagistes et consommateurs se déclarent frustrés à l’approche des fêtes de fin d’année en raison de la situation socioéconomique du pays. Des riverains et étalagistes du centre ville de Port-au-Prince très critiques envers le gouvernement, affirment que les cadeaux des autorités se résument en insécurité, insalubrité et black out. " Le gouvernement est aveugle, sourd et muet", lance un étalagiste pour qui on ne peut pas parler de fête de Noël. " Noël est passée il y a un mois", ironise une mère en référence au passage de la tempête tropicale Noël en novembre dernier. Les résidents de la région métropolitaine font état d’une aggravation du rationnement électrique depuis quelques jours. " Je n’ai pas la chance d’utiliser l’énergie de l’EDH parce que le courant est disponible durant mes heures de sommeil", explique un résident de Fontamarra. En dépit des efforts consentis par les autorités, des tas d’immondice sont encore visibles dans certaines artères de la capitale.Cependant, le gouvernement annonce avoir lancé une série d’activités dans le cadre des fêtes de fin d’année. Le ministre des affaires sociales, Gerald Germain, explique que le ministère de l’intérieur réalise un projet qui permettra de créer 20 000 jobs durant la période des fêtes. " Ces petits boulots s’inscrivent dans le cadre des travaux d’assainissement réalisés en partenariat avec les mairies", ajoute t-il. M. Germain annonce également l’organisation d’activités culturelles dans les 140 communes du pays. " L’objectif est de donner espoir aux enfants, jeunes et personnes âgées", dit-il soulignant que 100 000 jouets seront distribués aux enfants. Un millier d’enfants des rues prendront part aux festivités de fin d’année, explique le ministre soulignant que des restaurants communautaires seront installés dans plusieurs communes.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=13344

Un juge américain interdit à l’administration Bush de déporter un haïtien acquitté de terrorisme

Lyglenson Lemorin se trouve dans un centre de détention de Géorgie, malgré le verdict d’acquittement prononcé en sa faveur ; les six autres membres du groupe des "Sept de Liberty City", dont cinq d’origine haïtienne, poursuivis pour un présumé projet d’attentats terroristes avec Al-Qaïda
vendredi 21 décembre 2007,
Radio Kiskeya

Un juge fédéral de Miami a ordonné vendredi à l’administration Bush de surseoir à son projet de déportation vers Port-au-Prince d’un ressortissant haïtien de 32 ans, Lyglenson Lemorin, le seul à être acquitté parmi sept présumés terroristes majoritairement d’origine haïtienne jugés aux Etats-Unis.
"J’ai le devoir de protéger les droits de ces inculpés et c’est ce que j’essaie de faire", a affirmé lors d’une audition le juge Joan Lenard en charge du dossier. En attendant l’audience prévue le 8 janvier prochain dans le cadre de cette affaire, le magistrat a mis en garde la police des services d’immigration et des douanes (ICE) contre toute tentative d’expulser Lemorin rapidement des Etats-Unis.
Selon le Miami Herald, Lemorin, qui est titulaire de la carte de résident permamanent, a été reconnu non coupable le 13 décembre à l’issue d’un procès marathon de deux mois ayant tenu en haleine de nombreux secteurs aux Etats-Unis. Les membres du jury n’ont retenu aucune charge contre l’accusé tandis que les six autres, soupçonnés d’être liés à Al-Qaïda, font l’objet de poursuites pour leur implication présumée dans un vaste complot qui viserait à faire exploser la Tour Sears de Chicago, le bâtiment le plus élevé des Etats-Unis, et les bureaux du FBI (la Sûreté fédérale) en Floride.
Cependant, une semaine après le verdict du tribunal, Lyglenson Lemorin n’est toujours pas libéré. Au contraire, il est retenu par les services d’immigration et des douanes dans un centre de détention de Stewart dans la localité de Lumpkin, en Géorgie, où les procédures de déportation ont été engagées.
L’immigrant avait été emmené dans un premier temps à l’aéroport international de Miami, puis brièvement incarcéré à la prison de Krome à l’ouest du comté de Miami-Dade.
Lyglenson Lemorin a fait savoir à sa famille et à ses avocats qu’il avait peur d’être embarqué à bord d’un vol à destination d’Haïti. "Il a des enfants ici et nous avons réellement besoin de sa présence à la maison", a déclaré vendredi Charline Mingo Lemorin, l’épouse de l’ancien accusé qui estime que son mari ne pourra rien faire pour ses proches s’il est contraint de revenir dans son pays.
Né en Haïti, M. Lemorin, qui a grandi aux Etats-Unis, est père de deux enfants qui vivaient avec lui dans le quartier de Little Haiti jusqu’à son arrestation en juin 2006.
Les six autres coaccusés, cinq d’origine haïtienne et le sixième de nationalité dominicaine, seront jugés à partir du 7 janvier 2008 par un tribunal antiterroriste dans le cadre d’un nouveau procès. Les membres de ce groupe baptisé les "Sept de Liberty City" (du nom d’un quartier déshérité de Miami), risquent chacun 70 ans de prison s’ils sont reconnus coupables de terrorisme et complicité avec Al-Qaïda, le réseau de l’ennemi public numéro un des américains, Oussama Ben Laden. spp/Radio Kiskeya

http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4548

Libération contre rançon du couple Nathalie Ambroise et Stéphane Lerouge

Aucune précision sur le montant de la rançon
samedi 22 décembre 2007,
Radio Kiskeya

La jeune actrice de cinéma Nathalie Ambroise et son fiancé Stéphane Lerouge enlevés vendredi dernier à Delmas 64 (banlieue est de la capitale) ont été relâchés contre rançon samedi matin, aux environs de 4 heures au bas de Delmas.
L’oncle de Nathalie Ambroise, Jean Robert Simonise, professeur de relations internationales et ancien ministre des affaires étrangères (1991-1992).qui a confirmé l’information, n’a pas précisé le montant de la rançon versée aux ravisseurs. Les deux ex-otages n’auraient vraisemblablement pas subi de mauvais traitements, selon Simonise qui a remercié tous ceux qui ont contribué à cette libération. Il a enfin lancé un appel à la vigilance à la population face à la nette recrudescence du phénomène du kidnapping.
Le couple avait été kidnappé pendant qu’il se trouvait à bord d’une Jeep Mercedes, à l’entrée d’une maison dans le quartier de Delmas 64. Le véhicule de couleur beige, immatriculé AA-31618, avait été retrouvé abandonné quelques heures plus tard devant l’église Notre-Dame du Perpétuel Secours au Bel-Air (centre de la capitale).
Nathalie Ambroise est la petite-fille de Jean-Jacques Dessalines Ambroise, un des martyrs de la dictature des Duvalier. Jean-Jacques Dessalines Ambroise et son épouse, la militante Lucette Lafontant, alors enceinte de sept mois, furent emprisonnés et exécutés en 1964 par les tortionnaires du régime sanguinaire de François Duvalier.
Emmanuel Ambroise, le frère de Jean-Jacques Dessalines Ambroise, fit partie du Conseil Electoral Provisoire qui opposa une résistance héroïque au Conseil National de Gouvernement (CNG) des généraux Henri Namphy et Williams Régala qui, avec les "Tontons Macoutes", massacra de nombreux électeurs pour faire avorter les premières élections démocratiques de l’histoire du pays, le 29 novembre 1987. Les chocs psychologiques subis et les attaques violentes contre sa résidence et son magasin eurent raison d’Ambroise quelques années plus tard.
Le guitariste et leader du groupe "Strings", Jacky Ambroise, est également l’oncle de Nathalie.
Stéphane Lerouge est le fils de Hervé Lerouge, PDG d’une firme haïtienne de construction et de travaux publics.
Plusieurs cas d’enlèvement d’enfants notamment, ont été recensés ces derniers jours à Port-au-Prince. Malgré les mesures annoncées par la Police Nationale et la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH), les kidnappeurs continuent à frapper, cherchant à tout prix à propager la peur au sein de la population à l’approche des fêtes de fin d’année. [spp/jmd/RK]
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4551

De retour de Cuba, le président René Préval comptabilise des projets de l’ALBA pour l’amélioration de la situation en Haïti l’année prochaine

Augmentation prochaine des salaires dans l’administration publique/Apparemment pas de remaniement ministériel en vue
samedi 22 décembre 2007,
Radio Kiskeya

De retour samedi de Cuba où il a participé à la réunion des dirigeants de pays bénéficiaires du programme vénézuélien Petrocaribe, le président René Préval a annoncé l’entrée d’Haïti dans la phase finale d’application de l’accord pétrolier avec le gouvernement de Hugo Chavez avec le choix de la firme internationale Chevron qui, dès la signature d’un accord début janvier 2008, assurera le transport des produits pétroliers du Vénézuéla à Haïti.
Dans le cadre de Petrocaribe, les livraisons de produits pétroliers à Haïti se font au rythme de 14.000 barils par jour, précise le chef de l’Etat.
M. Préval a mis l’accent sur un ensemble d’autres projets en cours de réalisation dans le cadre de l’Alternative Bolivarienne pour les Amériques (ALBA). Il s’agit, entre autres, de la construction de deux centrales électriques de 15 Mw aux Gonaïves (Nord) et au Cap-Haïtien (Nord) qui devraient être opérationnelles à partir de février de l’année prochaine. Une centrale de 30 Mw à Port-au-Prince (Ouest) devrait commencer à fonctionner en mai 2008, a annoncé le chef de l’Etat.
Le marché de la Croix-des-Bossales (centre ville) devrait bientôt bénéficier d’un toit et Cité Soleil (Nord de la capitale) de 500 unités d’habitation d’un montant de 5 millions de dollars.
Toujours dans le cadre de l’ALBA, Haïti devrait bénéficier d’un prêt de 57 millions de dollars pour la modernisation des aéroports internationaux de Port-au-Prince et du Cap-Haïtien.
Par ailleurs, Hugo Chavez a insisté en vue de l’envoi d’experts pour déterminer le site d’implantation d’une raffinerie de pétrole en Haït, informe le président Préval.
Fort de tous ces projets, le chef de l’Etat a estimé que la situation pourrait être bien meilleure en Haïti l’année prochaine, comparée à 2007.
René Préval a également annoncé une prochaine augmentation des salaires dans l’administration publique ; des efforts en vue d’augmenter les recettes publiques tout en facilitant les formalités douanières pour les importateurs, notamment à l’occasion des fêtes de fin d’année.
Se prononçant sur l’insécurité, le chef de l’Etat a relevé les progrès accomplis. Grâce aux efforts conjugués de la Police Nationale et des casques bleus de l’ONU, les groupes armés qui terrorisaient certaines zones de la capitale n’existent plus, a-t-il fait savoir. Reconnaissant une certaine remontée de l’insécurité et du phénomène du kidnapping, René Préval s’est dit confiant en la capacité de la police nationale et des casques bleus à en venir à bout.

Sur la stabilité politique, réagissant implicitement à des appels au changement de certains ministres et même au renvoi du gouvernement, M. Préval a de nouveau justifié et défendu sa position consistant à ne point recourir, de façon systématique, à des changements au sein du gouvernement et dans l’administration publique en général. La réaffirmation d’une telle option survient au moment où, au parlement, de nombreuses voix se sont élevées pour condamner l’immobilisme de l’Exécutif et appeler au changement partiel ou total de l’équipe gouvernementale.
Le président Préval a enfin jugé satisfaisants les résultats du contrôle médical auquel il s’est soumis à la faveur de sa visite de travail à Cuba.
A l’aéroport, le chef de l’Etat a été reçu par le premier ministre, Jacques Edouard Alexis, et plusieurs ministres de son gouvernement. [jmd/RK]
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4553

vendredi 21 décembre 2007

Frankétienne: un géant à cheval entre deux siècles

Au poète Eric Ménard
Il faudra distinguer le Frankétienne du spiralisme psychédélique et flou du vingtième siècle du Frankétienne sagace et pragmatique du XXIe siècle, du philosophe puissant, du mystique éclairé, de l'écrivain prolifique, du politologue avisé et convaincant, de l'érudit ultramoderne malgré les 70 ans de l'auteur.

Entre ces deux hommes, confluant en une seule âme, un seul corps, s'impose encore un autre, magnifié par la peinture mystico-réaliste, mystico-érotique, créée par le même Frankétienne. Notre auteur est donc un être pluridimensionnel, "un génial mégalomane", comme il se présente lui-même.

Quand, vers le début des années soixante-dix, les collègues de Frankétienne dans le spiralisme et de Gérard Dougé du pluréalisme firent appel aux très jeunes hommes que nous étions - mon frère de plume Pierre Edouard Domond et moi - nous nous sommes câbrés, nous qui étions plutôt deux jeunes auteurs romantiques perdus dans les derniers boulevards du vingtième siècle. Le spiralisme nous paraissait plutôt futuriste, et nous sentions que son tourbillonnement menaçait de nous aliéner.
Depuis, nous avons vécu et nous nous sommes lancés, résolus, vers la maturité.Ce n'est qu'aujourd'hui, après trente-cinq années, que nous commençons à pénétrer, à pas feutrés, dans l'univers controversé de ce personnage géant, cet "athlète de la plume" qu'est Frankétienne. L'auteur n'a pas attendu l'An 2000 pour montrer les nouvelles couleurs du spectre. Depuis le milieu des années quatre-vingt, après le succès retentissant de Pèlen-Tèt, l'on découvrait en l'homme la puissance motrice qui bravait la fureur du statu quo de l'époque. L'on était imprégné du style créole savoureux qui s'annonçait, un créole qui coexistait dans une idylle "coriace" avec le français.

L'auteur, s'il était encore fluidifié dans les premières spirales, dans les effluves et les volutes de sa poésie, est descendu sur terre en homme sagace et libre pour " initier [ses] frères à l'alphabet humain", pour "ouvrir tout grand [son] catéchisme éclatant de vérité," et finalement, pour sauver l'homme haitien du pèlen-tèt qui l'attendait.
En cela Frankétienne a-t-il réussi?
Il est sans doute trop tôt pour fournir une réponse. Toutefois, il est déjà certain que le poète a fait un pas de géant vers l'acte salvateur.Une poésie et une peinture volantes, violentes, aigres-douces

Quiconque se propose de pénétrer dans la sphère des écrits ou des tableaux de Frankétienne accepte avec bravoure de pénétrer dans un univers mouvant, brassé et rebrassé, remué à couper le souffle, par des tempêtes, des secousses telluriques, des tourbillons affreux, cruels. Un critique y voit " des paysages cauchemardesques mais terriblement réalistes."
En effet, Frankétienne est souvent comparé à l'écrivain flammand Gérome Bosch, créateur d'obsessions et de cauchemars. Le même critique allègue que " l'univers de Frankétienne est peuplé de mouches, de reptiles, d'arraignées, de charognards, de pieuvres, de rats crevés, de caïmans, de porcs pansus, d'oiseaux sanglants."
Ainsi, l'écriture qui fait la force de l'imaginaire de Frankétienne n'est point l'érotisme douçâtre et mol que l'on retrouve chez Carl Brouard, ni la religion phallique qui fait bander la Négritude, ni l'érotisme d'un Dieudonné Fardin dans ses "Poèmes à ma Femme".
Non...chez Frankétienne, l'érotisme est comme dans "L'enfer de Bosch," où " les chairs palpitent sous la torture, où les plus répugnants symptômes pathologiques composent l'horrible chaudière de la sorcellerie au fond de laquelle barbotent végétation fécale, éruptions herpétiques, plaques lépreuses, vomissures vaginales, tumeurs phalliques mijotant dans le miel anal et la peste du sida."
Avec Mots d'Ailes en Infini d'Abîme de Frankétienne qui vient de paraître aux Presses Nationales d'Haïti, nous sommes en face d'un éventail de quarante-trois écrits d'un auteur prolifique, le plus grand poète et écrivain haitien vivant,... mais aussi quarante tableaux d'un cauchemar inouï, celui d'une " île hallucinée d'images excrémentielles."
Quiconque entre dans la géante spirale de l'auteur ne peut en aucune façon en sortir sain et sauf. Le poète le dit lui même: " Nul n'échappera à la texture du cancer, ni aux métastases de la nuit" (Spasmes)Et pourtant, tel univers qui sort du cerveau de Frankétienne n'est pas une création fortuite, gratuite, irresponsable. C'est le portrait même d'Haïti , cette "femme jeune, facile au pardon, crédule aux mensonges de l'infidèle, " cette femme " à la chair délicate de noix " dont " l'amant, l'à-côté, n'a point de cesse de chiffonner la robe tant il l'étreint fort" (Chevaux de l'Avant-jour, chant troisième).
Finalement, cette femme, "négresse-flamme-des-îles", après être violée tant de fois par des bacoulous magouilleurs de toutes sortes, est en train d'être lapidée par des dictateurs féroces.
En cela, Frankétienne crie "Haïti, c'est moi," c'est-à-dire - si j'ose- : Découvrez les laideurs et les douleurs d'Haïti, à travers mon oeuvre faite de misères et de laideurs. En cela Frankétienne s'est fait, comme on l'a dit, "la caisse de résonance des maux de la Nation".
Mais...que croiriez vous? Malgré l'évident "effrondrement du songe" de l'auteur, Frankétienne n'est guère pessimiste ou sceptique pour vouer son pays à l'anathème. Au contraire, cette "haïtienne de mon amour", comme il dit, "me possède comme un chien". Car, fidèle, il croit fermement en l'avenir d'Haïti, cette femme encore "baigneuse aux seins durs et nus, au coeur brûlant de l'Amérique."
Gloire au Spiralisme!
Frankétienne entre dans la mouvance littéraire révolutionnaire, en ce sens que l'auteur, pour produire son oeuvre immense, refuse de se servir des structures esthétiques déjà existantes, mais plutôt crée la sienne propre, c'est-à-dire une spirale, comme Frankétienne préfère le dire.
Il s'agit, dans cette spirale, d'une structure esthétique, un "arc de vision qui recrée les ensembles,... réconcilie l'art et la vie en rompant forcément avec l'hypocrisie du verbe". Cette " esthétique de choc" refait le continuum spatio-temporel en fixant les éléments: permutation, translation, extrapolation.
Ainsi, la spirale qui est reconnaissance, " utilise le genre total où sont mariés harmonieusement la description romanesque, le souffle poétique, l'effet théâtral, les récits, les contes, les esquisses, la fiction", etc. Le nouvel ouvrage de l'auteur soumet le même modèle en suivant comme on l'a écrit, une certaine non-linéarité le long de laquelle plusieurs genres (poésie, dialogue et récit) viennent se disputer l'espace.Cette révolution est réussie aujourd'hui tant pour Frankétienne que pour Jean-Claude Fignolé et René Philoctète, les cofondateurs du mouvement, et qui sont attelés au char du destin de l'auteur.
C'est ce destin qui vient de valoir à Frankétienne le Grand Prix de littérature Romane 2006 à Rome, un grand honneur rendu à notre littérature. On notera aussi le Prix Prince Clauss adjugé en août 2006 en Hollande à Frankétienne, l'actuel Prince de notre Littérature. Ce même destin lui avait déjà valu plus d'une vingtaine d'autres prix et distinctions, comme la Médaille d'Honneur Présidentielle 2004, au Mexique, à l'occasion du Centenaire de Pablo Neruda. Ou d'autres prix, notamment le Grand Prix 2005 du Livre Insulaire d'Ouessant en France, pour son " Anthologie Secrète".
Du Poète Philosophe à l'Erudit et au Politologue[Cette partie du texte se réfère à une longue interview accordée en 2004 par Frankétienne à notre collègue Alex St-Surin à Radio Carnivale de Miami dans sa très populaire émission "Carrefour."]Frankétienne n'a pas dérivé sa philosophie de la poésie, comme l'ont fait, dans notre littérature un Coriolan Ardouin ou, surtout, un Etzer Vilaire. Il la trouve, je crois, à un versant tout autre, tout original. J'appellerais la poésie frankiénne ( ou frankétiénienne) une esthétique volante tandis que sa philosophie a un visage certain et se fixe en tant qu'esprit dans la matière.
En effet, un des premiers enseignements de cette philosophie est que l'esprit et la matière sont congénitalement inséparables. Ils participent d'un même tout, d'une même immanence. Frankétienne, philosophe, découvre que les chrétiens ont tort de diviser matière et esprit comme le font à leur façon les marxistes. Il postule plutôt ce qu'il appelle " la spiritualité de la matière et la matérialité de l'esprit."De cette consubstantiation du corps et de l'esprit, ou plutôt de cette interdépendance nécessaire, entre la matière et l'esprit, naît la vie.La vie est pour notre philosophe pure énergie. Dieu lui-même est l'énergie pure, l'énergie suprême qui se perpétue.
Cette énergie habite en moi. Et si elle habite en moi qui ai vie, je suis dieu moi aussi. Malheureusement, l'homme et les religions modernes s'acharnent à représenter Dieu dans des mensurations anthropomorphiques. D'aucuns se représentent Dieu comme étant un Père, suivant la hiérarchisation familiale. Pourquoi Dieu ne peut-il pas être une Femme, une Mère? Ainsi, à la place de Dieu qui nous aurait créés à son image, c'est nous, au contraire, qui créons Dieu à notre ressemblance. Or, Dieu est neutre. Il est énergie pure.
Et la mort? Alors la mort, suivant Frankétienne, n'est pas une fin. Elle n'est que mutation, transformation de l'énergie. "Et tout le processus de l'existence est un échelonnement infini de métamorphoses, de mutations, ou de transmutations." En fait, la Nature, dans un cruel et incessant combat, ne s'emploie, au dire de Frankétienne, qu'à une seule chose: la perpétuation, la pérennisation de cette énergie.
Le problème de Dieu et de la vie une fois résolue par Frankétienne, la religion n'est autre chose qu'une création humaine pour générer une morale devant présider à la vie sociale, une morale assortie d'une force de coercition puissante: l'enfer, la damnation éternelle, toute chose, tout symbole ou toute image qui suscite la crainte. Cette morale est assortie de même d'une eschatologie encourageante , la promesse du salut, celle d'un paradis, d'un nirvana, de l'éternité dans la félicité.
L'auteur voit ici une vaste création sociale, humaine, donc terrestre, au lieu de préceptes qui émaneraient d'en haut. Questionnez l'auteur sur le vaudou, il vous parlera de cette même énergie, mais vous dira que cette religion tend à se dénaturer ou même à dépérir, car la politique chez nous a presque fini de la "récupérer". Toute religion récupérée est dans un état de nécrose terminale, selon Frankétienne.
Frankétienne finalement devient, à la surprise de tous, un politologue sagace, un historien impartial, un conférencier enthousiaste, le "blagueur" qu'il a toujours été, un professeur érudit qui parcourt le monde pour partager, avec tous, ses trésors. Il est aussi un géant qui voit au loin. Il voit que - pour difficille que cela soit - une renaissance à l'haïtienne est encore imaginable, car il a pu percer les raisons de notre naufrage collectif. Mais Frankétienne a-t-il une solution à proposer? Si oui, quelle est-elle?
Il est désormais interdit d'ignorer Frankétienne. Il y a beaucoup plus chez lui qu'on l'eût cru. Qu'on aille à lui. Qu'entre deux avions on retienne Frankétienne pour s'enrichir de sa parole. Il y a encore du temps, beaucoup de temps, mais l'on a intérêt à commencer maintenant, avant que cet athlète ne soit fatigué... et ne veuille plus parler.
Dr NICOLAS L. PAUYO
E-mail: openhands2004@yahoo.com
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=52027
Vsitez l'univers de FRANKETIENNE SUr: http://www.franketienne.com/

Haïti/Cuba : Des chercheurs rendent hommage au feu professeur Gérard Pierre-Charles

Décembre 2007
Port-au-Prince, 20 déc. 07 [AlterPresse] --- A l’Université de La Havane, un hommage posthume a été rendu, le mardi 18 décembre 2007, au professeur Gérard Pierre-Charles, intellectuel et homme politique haïtien pour marquer son 72e anniversaire de naissance, selon les informations communiquées à l’agence en ligne AlterPresse.
Il a été question pour participants et organisateurs de camper le personnage politique et révolutionnaire que fut Gérard Pierre-Charles. Les débats ont été dirigés par le professeur cubain Digna Casteeda, avec la participation de quatre autres intellectuels cubains.
Il s’agit de Aurelio Alonso (vice-président de Casa de las Americas), Fernando Martinez Heredia du centre Juan Marinello, du professeur Luis Suarez Salazar et de Silvio Platero (vice-directeur du centre d’étude de l’Amérique).
Durant deux heures d’horloge, les œuvres littéraires de Pierre-Charles ont été abordées. Les panélistes ont souhaité une nouvelle publication de « Cuba a la hora del Caribe », un livre de Gérard Pierre-Charles ayant obtenu en 1980 le prix Casa de las Americas.
Durant ses 20 années d’exil, Gérard Pierre-Charles était professeur à l’Université autonome du Mexique (Unam). En Amérique latine, il avait joué un rôle important dans le mouvement des forces progressistes.
Tout en rappelant qu’il a été candidat au prix Nobel de la paix, les panélistes au débat du 18 décembre 2007 ont aussi relevé le caractère humaniste et la vision de Gérard Pierre-Charles.
Le nom de Suzy Castor, veuve de Gérard Pierre-Charles, a également été cité comme l’une des intellectuelles haïtiennes.
En octobre 2007, l’Université de La Havane a ouvert une chaire en l’honneur du professeur Gérard Pierre-Charles considéré comme un ami des peuples latino-américains et mondiaux.
A l’occasion du lancement en Haïti de la Fondation Gérard Pierre-Charles, en septembre 2007, 23 personnalités étrangères ont participé à un colloque sur « les dynamiques de la construction démocratique en Amérique Latine, la Caraïbe et Haïti ».
Ce colloque était considéré comme le premier acte officiel de la jeune Fondation Gérard Pierre-Charles.
Économiste, Sociologue et auteur de plusieurs ouvrages (Radiographie de la dictature, l’Économique haïtienne et sa voie de développement) Gérard Pierre-Charles était également le premier coordinateur national de l’Organisation du peuple en lutte (Opl) et membre fondateur de ce parti politique.
Gérard Pierre-Charles est décédé à Cuba le 10 octobre 2004, à l’âge de 68 ans. [do rc apr 20/12/2007 13 :55]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article6783

Le directeur général de la police veut éviter une nouvelle crise au pays

Décembre 2007
P-au-P, 20 déc. 07 [AlterPresse] --- Pour éviter une nouvelle crise institutionnelle dans le pays, le directeur général de la Police nationale d’Haïti (Pnh), Mario Andrésol, a répondu, le mercredi 19 décembre 2007, à une convocation du juge instructeur Fritzner Fils-Aimé autour de l’assassinat du directeur de Radio Haïti Inter, Jean Léopold Dominique, et du gardien de la station, Jean-Claude Louissaint.
Mario Andrésol a été invité à comparaître par-devant le magistrat instructeur à titre de témoin.
« Le directeur général a fourni tous les renseignements », déclare à l’agence en ligne AlterPresse Me. Samuel Madistin, l’un des avocats de Mario Andrésol.
En dépit des problèmes de procédure soulevés par le conseil de la défense du directeur général de la Pnh, Madistin estime qu’ « il était plus sage de répondre » à cette invitation en vue d’éviter une nouvelle crise institutionnelle au pays.
Me. Samuel Madistin dénonce le fait que des personnes continuent d’utiliser la justice, non pas pour faire avancer les enquêtes criminelles mais pour commettre de l’arbitraire.
Le juriste persiste à affirmer que le directeur général, au même titre que les autres directeurs généraux, est un grand fonctionnaire de l’Etat haïtien. Pour cela, le juge instructeur devait respecter les procédures prévues par la loi dans le cadre de sa convocation.
Samuel Madistin signale qu’« il y a des lois dans ce pays. Même si elles sont anciennes, on doit les respecter ».
« Le directeur général de la police est un grand fonctionnaire de l’Etat. Il n’y a pas de discussion sur cette question, le premier ministre l’a reconnu », insiste le juriste.
Madistin en profite pour féliciter le courage de Jacques Édouard Alexis face à ce dossier.
Pendant que le directeur général de la Pnh était au cabinet d’instruction, les autres membres du Conseil supérieur de la police nationale (Cspn) répondaient à une convocation de la commission justice et sécurité du sénat de la république.
Président du Cspn, Jacques Édouard Alexis a même menacé de sanctionner Mario Andrésol et le commissaire du gouvernement, Claudy Gassant, qui vraisemblablement n’arrivent pas à s’entendre ni à collaborer.
Dans le système judiciaire haïtien, les responsables de la police nationale, dont le directeur général Mario Andrésol, ont souvent dénoncé des cas de juges corrompus qui rendent parfois difficile le travail de la police en libérant de présumés criminels contre de l’argent.
« Notre structure judiciaire se veut fragile, fragilité caractérisée par l’absence de maturité, de compétence et, de surcroît, par la culture malhonnête de la vénalité entretenue par la corruption qui bat le record », avait déploré Mario Andrésol le 15 décembre 2006 lors de la graduation de la 18e promotion de la Police nationale d’Haïti.
Suite à ces propos, des magistrats de la juridiction de Port-au-Prince ont observé plusieurs journées de grève en réaction aux propos des dirigeants de la police. [do rc apr 20/12/2007 9 :50]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article6781

Le représentant démocrate Kendrick Meek (Miami, Floride) introduit au congrès une résolution reconnaissant la contribution d’un contingent de soldats

Hommage également à l’indépendance haïtienne et à la victoire contre le système esclavagiste
jeudi 20 décembre 2007,
Radio Kiskeya

Le représentant démocrate de Miami (Floride), Kendrick Meek, a introduit mercredi au congrès américain une résolution rendant hommage aux noirs libres de Saint-Domingue qui avaient combattu à Savannah (Géorgie) en faveur de l’indépendance des Etats-Unis.
Une clause de la résolution salue également l’indépendance obtenue par l’armée indigène à Saint-Domingue au prix d’une longue et difficile lutte contre le système esclavagiste et le colonialisme.
Le Miami Herald qui apporte des précisions sur la résolution Meek, rappelle l’initiative prise en octobre dernier par la Société Haïtiano-Américaine d’Histoire (Haitian American Historical Society), organisation à but non lucratif basée à Miami, d’ériger à Savannah un monument à la mémoire des valeureux soldats noirs de Saint-Domingue dont le sang a coulé pour l’indépendance des Etats-Unis. La réalisation du monument a coûté 400.000 dollars.
L’histoire rapporte qu’au cours du dernier trimestre de 1779, plus de 500 noirs libres de Saint-Domingue, avaient rejoint des colons américains et des troupes françaises dans un héroïque combat en vue de chasser de Savannah des soldats britanniques qui y étaient bien implantés. Ils n’y parvinrent malheureusement pas. Aux environs du 9 octobre 1779, 300 des soldats alliés furent abattus alors qu’ils donnaient l’assaut aux fortifications britanniques.
Les « Chasseurs volontaires de Saint-Domingue », tels qu’on les appelait à l’époque, ont constitué la majorité des soldats d’origine africaine qui, aux côtés des forces françaises et américaines, ont héroïquement résisté au siège de Savannah.
De retour à Saint-Domingue, les noirs qui avaient survécu à cette grande bataille, ont pris part à la guerre révolutionnaire qui allait aboutir à la victoire contre les français en 1803 et à la naissance de l’Etat d’Haïti en 1804.
Dans les années 1800, des monuments en l’honneur de certains héros de Savannah, tels le Major Général Nathaniel Greene, le Brigadier Général Casimir Pulaski et le Sergent William Jasper, avaient été érigés à Savannah.[jmd/RK]
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4546

Une fin d’année encore marquée par le kidnapping


Plusieurs personnes en captivité, parmi elles des hommes d’affaires ; Nathalie Ambroise et son fiancé Stéphane Lerouge continuent de manquer à leurs proches ; libération d’une fonctionnaire allemande de la Banque Mondiale
vendredi 21 décembre 2007,
Radio Kiskeya

Deux femmes ont été kidnappées mercredi soir à Fontamara 47 (banlieue sud de Port-au-Prince), un nouvel épisode des enlèvements en cascade enregistrés dans la capitale haïtienne et qui se sont nettement intensifiés ces dernières 72 heures.
Selon des sources policières, des individus armés sont partis vers une destination inconnue avec les deux otages qui circulaient à bord d’une jeep Montero de couleur blanche.
Dans la nuit de mardi à mercredi, plusieurs personnes ont été enlevées, parmi elles des hommes d’affaires. Certaines des victimes ont été piégées par des bandits qui ont utilisé des stratagèmes pour s’introduire chez elles en simulant notamment des demandes de renseignements ou d’aide. Ainsi, le chef d’une entreprise spécialisée dans le transport de colis par voie maritime a été kidnappé par deux individus qui s’étaient présentés à son domicile à Frères (banlieue est de la capitale) en affirmant qu’ils avaient un chèque à lui remettre.
Dans la même région, une dame s’est fait kidnapper à Pernier.
Plusieurs autres personnes enlevées ces dernières heures dans l’aire métropolitaine seraient encore séquestrées.
Pour leur part, Nathalie Ambroise et son fiancé Stéphane Lerouge, deux jeunes professionnels, n’étaient toujours pas relâchés une semaine après leur enlèvement par des inconnus armés à Delmas 64 (est).
Les dernières informations disponibles indiquaient que les prétentions financières des ravisseurs restaient très élevées.
Seule bonne nouvelle pour l’instant, la libération par la police de Pétion-Ville de Vanessa Paul, une fonctionnaire de la Banque Mondiale qui est intervenue dans la nuit de mardi à mercredi. Blessée par balle lors de son enlèvement brutal dimanche dernier, l’ex-otage de nationalité allemande a été retrouvée dans les locaux d’un ancien cybercafé à Laboule 12 (banlieue est).
Le commissaire de Pétion-Ville, Francène Moreau, a indiqué que Mme Paul a dû être hospitalisée d’urgence afin de recevoir les soins que nécessitait son cas. Il a aussi annoncé l’arrestation de deux des présumés ravisseurs, Pierre Emmanuel et Patrick Fénelon, récemment déportés des Etats-Unis.
Devant la recrudescence des rapts, l’officier de police a une fois de plus appelé la population à se montrer vigilante et coopérative afin d’aider les forces de l’ordre à faire échec aux bandits.
Le Président René Préval a reconnu mardi que les cas de kidnapping sont devenus plus fréquents depuis le début de la saison des fêtes. Le chef de l’Etat, qui s’exprimait peu avant son départ pour Cuba, a toutefois relativisé l’importance du phénomène en soulignant qu’au cours des deux dernières années les enlèvements avaient diminué de moitié passant de 600 environ en 2005/2006 à moins de 250 cette année.
Pour sa part, le secrétaire d’Etat à la sécurité publique, Eucher-Luc Joseph, a insisté sur le rôle fondamental que doit jouer la population civile dans l’efficacité de l’action policière contre les kidnappeurs en fournissant en permanence des informations à la PNH.
Enfin, le célèbre chanteur haïtiano-américain de hip-hop, Wyclef Jean, a multiplié ces derniers jours les appels contre le kidnapping qui crée, selon lui, un climat de déstabilisation et ternit l’image du pays à l’étranger. "Wyclef Jean est contre le kidnapping, il faut en finir avec ce phénomène", avait en substance déclaré haut et fort "l’ambassadeur de bonne volonté d’Haïti", samedi dernier lors d’un mégaconcert avec la star R&B américaine d’origine sénégalaise, Akon, devant une foule considérable qui s’était rassemblée au Champ de Mars, dans le centre de Port-au-Prince. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4543

jeudi 20 décembre 2007

ENTRETIEN DE MADAME MIRLANDE MANIGAT ACCORDE A REOBERT BENODIN DE RADIO CLASSIQUE INTER :QUATRIEME PARTIE

RB : Les narcotrafiquants ayant atteint les plus hauts sommets de l’Etat sous le premier mandat de Préval, par exemple, Fourel Célestin président de l’Assemblée Nationale et plusieurs autres autorités lavalassiennes croupissent aujourd’hui dans les prisons de la Floride. Peut-on croire à la lutte contre la drogue sous Préval ?

MHM : C’est un peu la même chose. La drogue est une calamité. Haïti malheureusement est sur le chemin, sur l’itinéraire de la drogue, entre les zones de production et de commercialisation. Haïti devient un des circuits des zones de distribution et de consommation. Je suis d’accord que nous n’avons pas les moyens qu’il faut pour lutter efficacement contre la drogue. Mais, on n’a pas non plus la volonté réelle de lutter contre la drogue. Parce que ce qui fait la puissance des narcotrafiquants, c’est que participer d’une manière ou d’une autre à la production, à la commercialisation, et même à ce circuit intermédiaire que représente Haïti, ceci est extrêmement lucratif. Il y a beaucoup de gens qui se laissent tenter. Donc, il y a des particuliers qui sont impliqués dans le trafic de drogue, dans ce circuit, cette étape que représente Haïti. Mais il y a aussi des fonctionnaires de l’Etat. Pourquoi ?
Parce que la distribution, la commercialisation font d’Haïti un circuit important pour l’acheminement de la drogue. Ceci implique une certaine complicité au niveau des structures de l’Etat. Que ce soit l’aéroport. Que ce soit les douanes. Que ce soit la police. Il y a nécessairement la complicité. Les avions ne peuvent pas impunément atterrir en Haïti, livrer la drogue et repartir, s’il n’y a pas une complicité des fonctionnaires de l’Etat. Donc, on ne peut pas lutter contre le Trafic (T majuscule). Mais on peut certainement contrôler les circuits, les poches, les interstices de l’Etat par lesquels passe le trafic de la drogue. Là encore, s’il y a la détermination politique, je pense qu’il n’est peut être pas facile, mais il n’est pas impossible d’identifier les coupables et de les punir.

S’il y a des gens qui sont inculpés aux Etats-Unis. Ou qui attendent leur jugement. Qui sont déjà jugés et condamnés. Ca signifie qu’un tribunal américain a donc toutes les évidences qu’il faut pour les inculper. Vous savez qu’en matière de trafic de drogue, les Etats-Unis ont pu obtenir de plusieurs pays latino-américains que la DEA puisse intervenir directement dans le territoire même, pour arrêter les gens et les extrader vers les Etats-Unis. Il y a un double problème de souveraineté de l’Etat. Le premier problème c’est la capacité de l’Etat lui-même d’identifier les fauteurs, les trafiquants, les complices du trafic de la drogue en Haïti, les fonctionnaires de l’Etat. De l’autre un problème de souveraineté à savoir l’incapacité des tribunaux haïtiens à les juger, comme ils le sont aux Etats-Unis.

RB : Préval veut que les élections indirectes soient tenues après la promulgation de lois régissant le fonctionnement des Assemblées. Or le dysfonctionnement du Sénat constituera irréfutablement un handicap à l’adoption de telles lois. Ce pré-requis n’étant ni dans la lettre, ni dans l’esprit de la Constitution de 1987, Préval peut-il faire une telle exigence ?
MHM : Le fonctionnement des Assemblées, vous voulez dire les ASEC les Assemblées Municipales, les Assemblées Départementales et les Conseils. La Constitution a prévu quand même l’adoption de lois à cet égard. C’est vrai qu’il n’y a que le parlement et le gouvernement qui peuvent prendre l’initiative des lois. Mais il n’y a pas de conditionnalité prévue par la Constitution. C’est exact, il n’y en a pas.

Il y a une étape qui est la constitution de ces Assemblées et une autre étape qui est leur fonctionnement. Evidemment la Constitution a prévu une cinquantaine de lois d’application pour toutes les institutions qu’elle a créées. Ces lois d’application n’ont jamais été votées depuis 20 ans, depuis que la Constitution existe. Ceci représente un handicape. Mais pas un handicape pour la préparation, pour la constitution de ces organes eux-mêmes. Car la constitution de ces organes est prévue aussi bien par la Constitution que par les lois électorales antérieures et par le décret de 2005, qui régit les élections du moment.

Le Sénat n’est pas encore dysfonctionnel. Il ne l’est pas encore. Il peut le devenir. Même à 19, encore une fois comme je vous le dis, sauf des cas très rares où la Constitution prévoit la majorité des deux tiers. Comme par exemple, pour adopter définitivement une réforme, un amendement constitutionnel. Le quorum pour le Sénat c’est la majorité plus un. Ce quorum est éminemment fragile. Un gouvernement qui veut agir dans ce sens, qui veut rendre virtuellement caduc le Sénat, peut, peut être convaincre quatre sénateurs de ne jamais se présenter. Le dysfonctionnement s’exprime dans la continuité de défaut de quorum. Mais pas dans la réalité présente.

Nous avons une situation dangereuse. A savoir que sur les 19 sénateurs, obtenir le quorum peut être facile mathématiquement. Mais politiquement ce quorum est extrêmement fragilisé, car il dépend de la volonté soit de quelques sénateurs, soit de la possibilité pour l’Exécutif d’agir auprès des ces quatre sénateurs.

RB : Comment percevez-vous la décentralisation, la déconcentration et le régime d’Assemblée ? Quels sont les bénéfices que les Collectivités Territoriales peuvent en tirer ?
MHM : Vous mentionnez trois questions dont deux sont comparables. La troisième, non. Les deux questions sont la décentralisation et la déconcentration. Ce qu’on appelle le régime d’Assemblée n’a rien à voir avec les Collectivités Territoriales. J’estime que vous voulez dire des Assemblées des Collectivités Territoriales. Pas le rédime d’Assemblée tel que prévu par le droit constitutionnel.
J’ai une opinion en ce qui concerne les Collectivité Territoriales, disons pour rafraîchir la mémoire de nos auditeurs que la Constitution identifie comme Collectivités Territoriales, la Section Communale, la Commune et le Département. Les institutions des Collectivités Territoriales sont le CASEC, l’Assemblée Communale et l’Assemblée Départementale. Il est bien précisé dans la Constitution que par la loi, on peut créer d’autres Collectivités Territoriales. C'est-à-dire que l’on ne peut pas créer une autre catégorie. On ne peut pas dire par exemple la Région est une collectivité territoriale. Mais dans les trois catégories qui existent, Section Communale, Commune, et Département, la loi peut en créer. C’est pourquoi d’ailleurs le président Aristide n’avait pas violé la Constitution en créant le Département des Nippes qui devient le 10e Département du pays. Il n’a pas violé la Constitution en créant Cité Soleil et Tabarre comme Commune. Ou créant d’autres Sections Communales à travers le pays.

Les institutions elles-mêmes CASEC, Conseil Municipale, Conseil Départemental, en outre à coté d’elles il y a des Assemblées. On a coutume de dire que le CASEC représente un pouvoir exécutif local et l’ASEC un embryon de pouvoir législatif. Ceci est une mauvaise interprétation dans la mesure où l’ASEC n’a pas un pouvoir de créer quoi que ce soit, ni comme norme, encore moins des lois. Cependant ceux sont des organes de délibération. Ceux sont des organes supposément dans lesquelles les représentants des populations locales peuvent venir délibérer de choses, de problèmes qui les concernent.

Mais le grand problème en ce qui concerne les Collectivités Territoriales, c’est qu’on a multiplié les institutions. Nous devrions donc avoir du Département 10 Assemblées départementales, et au dessus un Conseil Interdépartemental, 142 Communes, 142 Conseils municipaux, et 142 Assemblées communales, 565 Sections communales, 565 CASEC, 565 ASEC. C’est une machine extrêmement lourde. On les a créés, et pour la plupart elles sont vides de sens. Elles sont vides de pouvoir. Et elles sont vides surtout de moyen. Il n’y a pas à ma connaissance une cinquantaine de CASEC qui fonctionnent normalement. Les CASEC se plaignent qu’ils n’ont pas de moyen. Les communes se plaignent qu’elles n’ont pas de moyen. Alors que la Constitution dit que la Commune est autonome. C’est-à-dire elle est financièrement autonome. Elle devrait être en mesure de prélever des taxes, de marché, le droit d’alignement, l’impôt locatif, qui est très mal nommé, ceux sont les propriétaires qui paient l’impôt locatif. Dans les Communes ceci ne se fait pas régulièrement. Il y a énormément de problèmes pour faire fonctionner les Collectivité Territoriales.

C’est pourquoi la Décentralisation qui est considérée comme étant synonyme de Démocratisation. Si cette Démocratisation doit passer par la Décentralisation, il aurait fallu que celle-ci fût mieux pensée, d’abord par les constituants et en outre par les lois.

La France a adopté des lois de Décentralisation en 1982 depuis lors, il y a une soixantaine de lois d’application et beaucoup plus de règlements qui ont été adoptés par l’Etat français pour mettre tout ceci en pratique. Car il y a énormément de problème à considérer. Un des problème, en ce qui concerne les Collectivités Territoriales, c’est la délimitation géographique. C’est la délimitation territoriale. C’est insensé lorsque l’on voit une carte d’Haïti avec les Communes et à l’intérieur des Communes les Sections communales. J’aime bien citer le cas d’une Commune que je connais bien. Parce que j’y vis, c’est la Croix-des-Bouquets. Vous avez des Sections communales de la Croix-des-Bouquets qui sont plus proches de Pétionville que de la Croix-des-Bouquets.

Il faudra, je pense pour ma part, de manière à mieux réaliser cette délimitation, il faudra revoir tout le processus. A commencer par un réaménagement territorial du pays. 565 unités, sans compter les Habitations. On a plus de 12 milles Habitations à l’intérieur des Sections communales. Il faudra peut être repenser tout cela. Et faire appel à des équipes de démographes, de géographes, de géologues, de spécialistes en administration publique et aussi à des fonctionnaires, pour établir des politiques publiques. Si non on n’aboutira pas à l’objectif meme de la Décentralisation, qui est d’apporter le bien-être matériel, le progrès, la modernisation aux populations là où elles se trouvent. C’est ça le grand défi !

Il ne s’agit pas d’obliger les gens a venir inscrire leurs enfants dans une école primaire de la ville la plus proche. Il s’agit en matière d’éducation d’apporter l’éducation, les structures de l’éducation là où vivent les enfants et leur famille.

La Déconcentration, mais nous l’avons dans le droit administratif haïtien. Le fait pour un ministère d’avoir des représentants au niveau des Départements et au niveau des Communes. La Déconcentration ne marche pas en ce qui concerne tout les ministères. Mais c’est déjà dans le panorama. Mais il y a des problèmes qui se posent sur place, entre les agences déconcentrés de l’Etat et les quelques rares élément d’une fonction publique territoriale, dépendant donc des Collectivités Territoriales sur place. Sans compter des conflits de compétence entre les agents de déconcentration et de décentralisation et les représentants de l’Etat à travers les délégués et les vices délégués.

On a toute une série de problèmes qui sont liés entre eux et qu’il s’agira de résoudre de façon à rendre cette Décentralisation, cette Déconcentration vraiment des réalités. A faire d’elles des réalités efficaces.

Des parlementaires réclament à nouveau le depart du gouvernement

Le député de Jérémie, Ysidor Joseph Mercier, réclame une nouvelle fois le renvoi de l’équipe gouvernementale, selon lui, inactive face à la cherté de la vie.Le député Mercier, vice président d’un regroupement comptant 60 membres, estime que les élus doivent démissionner en bloc si le parlement n’utilise pas ses prérogatives constitutionnelles pour renvoyer le gouvernement de Jacques Edouard Alexis. " La population vit dans la misère alors que des parlementaires font des " deals" et défendent leurs intérêts mesquins", dit-il tout en mettant l’accent sur les hausses récentes des prix des produits de premières nécessité. " La petite marmite de riz est à 26 gourdes, ce n’est pas possible ", lance t-il estimant que les ministres font preuve d’insouciance. Le député Mercier se déclare prêt à démissionner si après la rentrée parlementaire, les séances pour le renvoi du gouvernement ne sont pas tenues. " Le premier ministre n’a réalisé aucun des points listés dans la déclaration de politique générale présentée il y a deux ans au parlement", soutient le parlementaire qui déplore que la majorité des députés hésitent à sanctionner le gouvernement de Jacques Edouard Alexis. " Le gouvernement a échoué, ses membres devraient démissionner, mais ils sont sans scrupule", ajoute t-il. De son coté, le député Dort Jean Pressoir apporte son appui à la démarche de son collègue et réclame une réaction des députés face à l’inaction du gouvernement. " Les députés doivent prendre une position ferme ", dit-il tout en exprimant ses réserves sur la démission des parlementaires.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=13334

Le conflit police –parquet, principale cause de la recrudescence de l’insécurité selon Andrésol

Le commandant de la police Mario Andrésol affirme que la recrudescence de l’insécurité est due aux dissensions entre la police et le parquet. " La libération des bandits entraîne une démobilisation des policiers ", dit-il tout en annonçant des visites dans les commissariats afin de motiver les agents de l’ordre. " La tournure des évènements ces derniers jours semble qu’on persécute les policiers, ceci est un signal clair envoyé aux bandits en ce qui a trait à l’impunité", fait remarquer M. Andrésol pour qui l’objectif inavoué de ces comportements est de montrer l’inefficacité de la police. " Des gens sont jaloux du succès de la police ", lance t-il tout en mettant les policiers en garde contre des violations des droits de l’homme. M. Andrésol avait répondu hier à l’invitation du juge d’instruction Fritzner Fils Aimé afin dit-il de montrer qu’il ne veut pas faire obstruction à la justice. Le chef de la police soutient que le juge d’instruction a fait preuve de courtoisie au cours de la rencontre. " Le juge a été correct, la rencontre a été empreinte de cordialité", ajoute t-il. " Je n’ai pas voulu me mettre au dessus de la loi ; mais j’avais souhaité le respect de la procédure", déclare M. Andrésol qui dénonce certains secteurs voulant utiliser le dossier à des fins politiques. " Pour couper court aux ragots, j’ai décidé de répondre à l’invitation", explique M. Andrésol. Les avocats du chef de la police soulignent que M. Andrésol a été interrogé en sa qualité d’ancien directeur central de la police judiciaire (DCPJ), pendant la période de l’assassinat de Jean Dominique. Cependant Samuel Madistin soutient que le dossier de l’assassinat de Jean Dominique, a été traité directement à l’époque par le juge d’instruction Jean Sénat Fleury et non par la DCPJ.

DISKOU ANSYEN MON PE PREZIDAN JEAN BERTRAND ARISTIDE DEPI PEYI LAFRIK DISID/ TWAZYEM MOSO


- An natandan, nou vanse rive sou janvye. Sitiyasyon an toujou ret malouk malouk.Ki sans nou wè premye janvye 2008 sa a Gen pou nou menm jenès Peyi d Ayiti a ? Ki sa ou menm Jina, ou wè bò kote pa w ?
- Dòk, pou nou menm, premye janvye 2008 sa aPa gen ankenn sans si nou pa ploge l dirèk dirèkNan tèt sous la ki se Premye Janvye 1804 la. Se sèl isit la, isit sou tè d Ayiti, Esklav yo te rive Kale kolon blan yo pwòp, nan kase chenn nan pou Deklare: dezòmè nou tout lib, nou pa esklav ankò. Nan ki lòt peyi omond, Esklav te rive fè sa ? Pa gen lòt. Leson sa a, se sèl Ayiti ki trase l.Tout moun sivilize oblije respekte nou pou sa. Eritaj sa a, se yon trezò istorik pou n konsève. Lè swadizan yon save nan zafè maladi sida Retounen lage vye akizasyon san fondman Sou do tout Ayisyen, sa montre nou kijan Moun ki pa sivilize vle sal ni Pèp Ayisyen, Ni Ayiti, ni Istwa d Ayiti, ni avni Peyi d Ayiti.
Tout moun sou latè beni swaf diyite menm jan Ayisyen nan 10e nan swaf doub nasyonalite a. Se nòmal, se lejitim e anpil sakrifis deja fèt Pou drapo doub nationalite a flote nan diyite. Konsa tou, Pèp Ayisen an deja fè anpil sakrifis Pou retire Peyi a nan kalite twou san fon sa a. Nou tout natif natal, nou gen responsabilite pa n. Nou responsab men se pa nou sèl ki responsab. An natandan nou rive nan reparasyon ak restitisyon,Nou deja gen yon richès istorik ki dwe fè Lonè Respè Tout Pitit tè d Ayiti ak tout Pitit Pitit Manman Lafrik. Moun save ak moun sivilize respekte verite sa a Paske se sèl listwa d Ayiti ki pèmèt lemonn antye Wè kijan pisans diyite a te akouche libète depi 1804. Se la a, nan tèt sous sa a pou n al chèche Ni sans ni esans premye janvye 2008 la. Jan n abitye chante nan Im Nasyonal la : Viktwa sa a, se pa kado blan te fè nou,Se san Zanzèt nou yo ki te koule pou li. Natirèlman, lè zotobre pa ka manje yon manje, Yo fè mannigans sou mannigans pou rive gate l. Gad kijan yo pann ansyen koloni yo nan kòd dèt la ! Jisteman, sou kesyon lajan Ayiti dwe bank etranje yo, Tom Ricker bay kèk bon jan presizyon pou n wè pi klè.
1. Preske mwatye lajan Ayiti dwe bank etranje, Se lajan ki te prete anvan eleksyon 1990 yo. 2. Nan lane 1991, Bank Mondyal te dakò Pou prete Ayiti 37 milyon dola men, Se sèlman 6 jou anvan koudeta 1991 la, Bank la dekese 30 nan 37 milyon sa a. Moun k ap reflechi oblije mande pouki sa Se sèlman 6 grenn jou anvan koudeta a, Bank Mondyal te deside dekese kòb la? Kòm lè sa a, Gouvènman Lavalas la Ta pral depanse kòb la nan enterè Pèp la, Bank lan kenbe l pou l bay poutchis yo Kraze ni Pèp la, ni lajan an ak asosye yo. Demenm, nou byen konprann pouki sa Bank Mondyal te prete gouvènman Jan Klod Divalye a, koute byen wi, 256 milyon plis yon lòt 158 milyon Ki te al jwenn gouvènman militè ke Nouvo kolon yo te mete apati ane 1986.
3. Ann gade kijan yon lòt bank etranje yo rele BID boule ak Peyi d Ayiti. Apre eleksyon 16 desanm 1990 yo, BID te dakò pou prete Peyi d Ayiti Sèlman 12 milyon dola ameriken. Men, se menm BID sa a ki te prete Gouvènman militè yo 110 milyon Anvan eleksyon 16 desanm 90 yo; Plis yon lòt 55 milyon dola meriken Pandan sèl grenn ane 1990 la menm. Rezon an trè klè: yo pito an nafè ak Gouvènman restavèk kap peze souse. Donk, bèl pawòl blòf se pou Pèp la ; E gwo mago lajan se pou volè piyajè.
4. Men yon dènye egzanp: Nan mwa novanm 2003, BID te dakò Pou prete Ayiti 200 milyon dola men, An realite manman kòb la rive sèlman Apre kidnaping 29 Fevriye 2004 la. Rezon an trè klè: Lè se moun serye K ap fè depanse kòb la pou Pèp la, Bank etranje sa yo kenbe lajan an. Lè se volè ki pral dechèpiye kòb la Ak tout asosye yo, pa gen pwòblèm. An bon kreyòl, chodyè a monte sou do Pèp, Li desann sou do gwo gwo konplo koripsyon. E moun ki renmen pale lang Ebre a ta ajoute: א ל ת ת ן ל ח ח ו ל ל ש מ ו ר ע ל ה ש מ נ ת Sa vle di : Ou pa bay chat veye mantèg.
Verite sa yo pike Ti Wil jis nan fon kè l. Li manje dan sou plas. Tout kò l grate l.Olye pou Ti Wil kite kòlè a toufe l, li di :
- Dòk, zotobre yo mechan, men yo fò nan Peze souse pou fè tòtòt ak malere, papa! Lè w ap kritike marengwen, ou oblije admèt Marengwen manyen vyolon l san repwòch. Mòd entèlijans zotobre sa yo fè mwen sonje Yon lòt ti blag, wi yon lòt ti blag dezyèm men .Ou sonje pwofesè ki antèlijan anpil la… ?M vle di pwofèsè k damou pou Lavalas la ! Bon, msye te genyen yon bon bon zanmi Ki kounye a fache avèk li, poutèt Lavalas. Alaverite, sa pa twò twò deranje pwofesè a Ki kontan jwenn plis tan pou ede miltipliye Ti Fanmi Lavalas atravè tout rakwen Peyi a. E, men nan men ak Komite ki Responsab la, Pwòf la di :
- Fòk Fanmi Lavalas toujou loreya Nan mobilize Pèp la pou defann enterè Pèp la. Pasifikman ! Fòk Fanmi Lavalas toujou loreya Nan mobilize Pèp la pou defann enterè Pèp la.Se sa Tousen Louvèti ta di nou e Pòt Pawòl la Te presize: Fòk Fanmi Lavalas toujou loreya Nan mobilize Pèp la pou defann enterè Pèp la.Woy ! Se pawòl sa a menm ansyen zanmi an Te sèmante pou l pat janm tande nan zòrèy li. Sepandan, avan kòm apre fineray zanmitay la, Pwòf la di :
- Fòk Fanmi Lavalas toujou loreya Nan mobilize Pèp la pou defann enterè Pèp la. Ansyen zanmi sa a ki kounye a fache ak pwòf la, Se yon demon-krat patripòch ke yo rele Barabas. Tande ak wè se de. Barabas sa a se malè pandye. Ou ta di se kouzen jèmen ak lòt Barabas kolon romen yo Te libere pandan yon gwoup esklav mantal t ap plede rele : Lage Barabas, krisifye Jezu. Lage Barabas, krisifye Jezu ! Pandan lane 2000, 2001, 2002, Barabas te pote labanyè Nan rasanble vakabon pou monte gwo konplo 2004 la. Lè sa a, dola vèt, lajan dwòg, lajan sal, lajan koripsyon, Lajan chango tap distribiye tribò pabò, anvetu, anvwala Pou gaye manti sou manti, anndan lakay kòm aletranje. Barabas pat fou men li te fin fou pou chavire Peyi a nèt. Jan cheche, jan trouve, Peyi a chavire sou do. Domaj ! Tout moun soufri. Tout moun jwenn. Konsa tou, nou soulaje wè kijan moun entèlijan Eseye reflechi, pran konsyans pou demen pi bèl. Kalvè san parèy sa a oblije tout moun konprann Sèl solisyon ki rete a, se pòt dyalòg la, kidonk Menm pòt dyalòg ki te toujou louvri de batan, Lajounen kou lannwit avan kidnaping 2004 la.Verite sa a devan grenn je Barabas, men li pa wè. Ni li ni asosye l yo bay latinis yo rezon pou di :‘‘Oculos habent et non videbunt.’’Sa vle di : Yo gen je men yo pa wè. Anvan kòm apre ane 2004, Barabas tèlman fin fou Pou chavire Peyi a tèt anba, msye di : Pòt pou pòt, M pito pòt lopital moun fou pase pòt dyalòg sa a. Donk, Barabas al entène tèt li nan lopital moun fou. Avan yè la a, psikyat an chèf la reyini tout moun fou Arebò yon pisin ki vid pou wè konbyen nan yo ki geri. Psikyat la di, nou wè, gade byen, pisin sa a pa gen dlo,Tout moun ki vle benyen ladann, met kostim deben w,Antre, naje, benyen, amize w, fè laplanch kalmeman…O ! O ! sa w tande a, Tout moun te gen tan An kostim de ben, Sof mesye Barabas. Tout moun antre, naje, Benyen, amize, samize. Sof mesye Barabas. Psikyat la gade, li gade byen, li souke tèt li, li di :Kou ou baba! Omwen, m sove youn. Barabas geri.
Psikyat la mache sou Barabas, li ba l lanmen, e di l: Bravo ! Bravo ! Jodia menm, m pra l ba w ekzeyat Paske se ou sèl ki te wè pisin nan vid. Felisitasyon! Se ou sèl ki konnen moun pa benyen nan pisin vid !Eeee ! Barabas fache ! Li move ! Li di Psikyat la : Gade w koze ! Rete, rete ! Pouki ou pran m la a ? Ou gen lè pran m pou you moun fou tout bon ?Dòk, kite m di w : Si m te fè sòt mwen pou m antre Nan gwosè pisin vid saa, m tap tou mouri nwaye wi !M pa konn naje ! M pakonn naje ! Donk ou tou wè ! M pa ta ka antre nan yon pisin ki deja tou vid, vid ! E apre, sa k tap pase? M tap tou mouri tou nwaye! Pandan doktè Love ap ri, ri, Ti Wil di li :A a, m konnen ou tap renmen ti blag sa a.Ou wè sa ki rive yon lòt doktè parèy ou !Bon, bon, kounye a, dòk, ou fin ri kont ou,An nou fèmen chapit blag dèzyèm men an Pou n louvri yon chapit ki chaje ak leson. Dabò, men yon premye leson m tire Konsènan sante psikolojik Pèp la: Mizè fè Pèp la anvi pati, Men, Mizè pa fè tèt Pèp la pati. M ap repete :Mizè fè Pèp la anvi pati, Men,Mizè pa fè tèt Pèp la pati. Lè pisin nan vid, a wi, li konnen. Lè pisin monntana a chaje ak dlo, Pèp la plonje ladann ak tout rad li Pou chèche bilten vòt li pasifikman. Malerezman, rad mouye sa a poko janm ka seche Paske solèy espwa a pa leve pou Pèp Ayisyen an. Dayè plis nèg engra kontinye chaje pisin espwa a Ak klowòs trayizon, se plis dezespwa pra l devore Tout ti branch fil pasyans ki koud rad mouye sa a. Dezyèm leson !Tout mouye se mouye men, tout mouye pa menm. Rad Pèp la toujou mouye anba kout ponya trayizon, Men rad poutchis yo toujou mouye ak siwo pouvwa a. Ki yès ki moulen kann nan ? Viktim yo ak Inosan yo. Ki yès kap bwè siwo a ? Bouwo yo ak tout asosye yo.Ki yès ki moulen kann nan ? Pèp la. Toujou Pèp la.Ki yès kap bwè siwo a ? Yo, toujou yo… sòf Pèp la. Se pou sa menm ti branch fil pasyans ki koud rad mouye a Menm gwosè ak yon fil arenye ou ak branch cheve yon Pèp Ki refize kontinye bay pouvwa san patisipe nan pouvwa a. Twazyèm leson !A ! A ! Sèt fwa si, Ti Wil pap gen tan pataje Yon lòt leson moral, psikolojik ou filozofik Paske gen yon moun k ap frape nan pòt la!Sipriz ! Bèl sipriz ! Mis Dada k ap frape nan pòt la ! San tade yon segonn, dòk la ouvri pòt la pou mis Dada.Ki yès ki kanpe byen bwòdè bò kote mis la ? Devine ?Bènadèt ki te gen tan leve, benyen, penyen, poudre, abiye. Se pa ti kontan 3 sè ak frè sa yo te kontan retwouve yo Tèt kole, kè louvri, youn nan bra lòt, youn plòtonnen ak lòt. Dòktè Love avèk mis Dada kontan admire bèl tablo sa a !Ak anpil limyè sou vizaj li, Jina remèsye dòk la ak mis Dada,E touswit, li envite Bènadèt di de ti mo rekonans anvan yale. Yo tou lè 3 te kanpe tou pre pòt la. Mis Dada pwoche ak yon chèz,Li pase men nan kou Bènadèt, Li di :
- Fè yon ti chita, pitit mwen !E, Bènadèt reponn :
- Mèsi mis Dada !Avèk anpil konsantrasyon nan lespri l,Li branche antèn li sou Tousen Louvèti. Konsa, Bènadèt chaje batri sèvo l, e l di :
- M tèlman kontan, m pa konn kijan pou m Remèsye ni Doktè Love, ni ou Mis Dada, Jina, Ti Wil, anfen tout moun ki te ede m Travèse moman difisil sa a, nan lopital la.Talè a, lè Mis Dada t ap eksplike m Kijan m antre nan lopital la, a ki lè,Ki sa k te pase, kijan m te fatige, M santi se yon bon bon manman Ki t ap dyaloge epi koze ak pitit fi l. M di w mèsi anpil, anpil, mis Dada. Bon Dye va renmèt ou sa pou nou. Pandan m ap lonmen non Bon Dye la, M sonje yon bon ti rèv m te fè talè a. M reve m tap lapriyè pou Lovenski epi,M wè li vi n wè m lopital la ak Ti Wil. Kou m reveye, mwen wè rèv sa a Gen moso ki vrè, gen moso ki fo.Sa vle di, se vre se lopital m ye la a ,Men se fo, Lovenski poko retounen. Antouka, m swete menm jan Nou tout kanpe avè m jodia, N ap toujou ka fè solidarite Pou n rive jwenn Lovenski. Mwen sèten tou Jeni nou an, Tousen Louvèti, Ap ba nou limyè, entèlijans ak anpil kouraj Pou n rive fè solidarite ak tout lòt viktim yo,Tout viktim san distenksyon, tout viktim ki nan Tout seksyon kominal kòm nan tout katye popilè Okap, Okay, Jeremi, Pòdepè, Fò Libète, Gonayiv,Ench, Jakmèl, Miragwan, Sen Mak, Tigwav, Site Solèy, Lasalin, Bèlè, Solino, Matisan, Gran Ravin, Kafou, Taba, Laplenn, Delma, Petyonvil, Kenskòf, kòm nan Pòtoprens Enfen, tout viktim bò isit kòm lòt bò dlo. Depi Tousen Louvèti te jèn ti gason, Jis li viktim konplo trayizon 1802 a, Li te toujou ap goumen pou defann Libète tout moun… Nwa kòm Blan.
Gwo risk Tousen Louvèti te pran Pou Bayon de Libertat montre klè Li pat mele ni ak trèt, ni ak engra. Nou menm tou, elèv lise Tousen, Nou vle swiv bèl egzanp Jeni an. Depi n tande moun ki engra kontinye di : ‘‘La reconnaissance est une lâcheté ;’’Nou menm, elèv lise Tousen, nap reponn : La reconnaissance est la mémoire du cœur. Se fòs edikasyon sa a menm ki fè chak 15 Jiyè, Nou bat tanbou rekonesans la byen byen fò Pou l rezonnen ni nan zòrèy Manman Lafrik,Ni nan zòrèy lòt Gran Frè ki nan peyi Zansèt yo.Nou wè kiyès m vle di wi.. Li menm !Kiyès ankò ? Li menm ak Minouch…M sèten si yo te isit, yo tap avè n la a. An natandan nou wè yo fasafas isit sou tè d Ayiti, N ap debouche menm pafen rekonans ak renmen Gran Frè a abitye debouche nan chak finisman ane Pou anbrase n fràtènèlman e swete nou Bòn Ane !Mwaka Mpya, dòk! Sa vle di nan lang Swahili :Bòn Ane, dòk! Mwaka Mpya, Mis Dada !Bòn Ane, mis Dada ! Ninakupenda, Mis Dada. Sa vle di : M renmen w, Mis Dada. Ninakupenda, Jina. M renmen w, Jina. Ninakupenda, Ti Wil .M renmen w, Ti Wil. Ninakupenda sana, Ayiti ! M renmen w anpil, Ayiti ! Ninakupenda sana ! M damou nèt pou ou ! Ou ban m lavi, m ba w lavi m Pou move lavi pa fè moun di :Ou se yon manman ki genyen 2 tete: youn dous, youn anmè.Ninakupenda sana.M damou nèt pou ou.Mèm Amou. Mèm Amou. Mèm Amou.Pretoria, Desanm 2007

Promouvoir le developpement du milieu rural haïtien

La 4e édition de la Foire de la Montagne, organisée par l'Association des paysans de Vallue (APV), s'est déroulée cette année autour du thème « Nous gouvernons la rosée : hommage à Jacques Roumain ». L'occasion pour les paysans de rendre un hommage solennel à Jacques Roumain.
Dans un cadre pittoresque et paradisiaque, la 4e édition de la Foire de la Montagne de Vallue (12e section communale de Petit-Goâve), s'est déroulée du 13 au 16 décembre 2007 dans une ambiance de convivialité et de réjouissances. Cette foire, qui se veut un plaidoyer pour le développement du milieu rural haïtien, visait à mettre en valeur les produits des paysans et l'écologie de la montagne. C'est aussi un moyen de sensibiliser les institutions oeuvrant dans les domaines de l'environnement, de la culture et du tourisme sur l'importance et les retombées positives de l'initiative de l'Association des Paysans de Vallue (APV) et ce que ce genre d'activités peut apporter comme profit à l'économie nationale. Durant ces 4 jours de fête, les participants avaient droit à une exposition de divers produits agricoles, artisanaux et à des spectacles...
Cette quatrième édition de la Foire de la Montagne organisée sous la houlette de la Commission culturelle et le Comité de Pilotage de la Foire de la Montagne, selon Abner Septembre, coordonnateur général de l'APV, se veut une manifestation socioculturelle et économique. C'est l'occasion plus que jamais pour la communauté paysanne de se sentir concernée par les questions relatives au développement de leur communauté et à la protection de l'environnement.« Quelque 5 millions de gourdes étaient disponibles pour la réalisation de cet événement, a confié M. Septembre. Nous voulons mettre l'accent sur les potentialités de la montagne. La foire s'adresse donc à un public très large et varié. Cette initiative s'inscrit également dans la volonté d'offrir aux Haïtiens et aux étrangers un beau prétexte d'aller en milieu rural à la rencontre du paysan en établissant avec lui un autre type de rapport qui lui permettra de mieux comprendre son mode de vie, son milieu environnemental et économique. »Colette Pérodin, directrice de la Fondation Culture Création, a, pour sa part, indiqué que la participation de l'organisme qu'elle dirige à cette foire est due à sa croyance dans la capacité de mobilisation dont faisaient montre les paysans lors des éditions précédentes. A partir de là, affirme-t-elle, nous avons décidé de leur apporter notre soutien en offrant aux visiteurs, durant ces quatre jours, une série de spectacles diversifiés où toutes les disciplines se sont confondues.
La Foire de la Montagne, appelée aussi « Festi-Vallue », est, pour Mme Pérodin, une autre dynamique de développement rural axée sur l'Agro-tourisme. « C'est une démarche d'équité sociale pour rebâtir les communautés et revaloriser nos montagnes », poursuit-elle.
L'exposition des produits durant l'événementUne quarantaine de tentes de style rustique accueillaient l'expo-vente. Quelque 10 000 visiteurs y prenaient part durant les quatre jours de l'événement. Des oeuvres d'artistes, qui travaillaient en atelier pendant toute la semaine précédant la foire, ont été présentées aux visiteurs à la clôture de celle-ci pour être vendues aux enchères. Un pourcentage de cette vente va à l'APV pour continuer sa lutte pour le développement communautaire, ont précisé les organisateurs de l'événement. Ils annoncent plus loin que les autres éditions de la Foire de la Montagne ne se limiteront pas uniquement à Vallue. N'importe quelle région du pays peut se charger de l'organisation de cet événement avec toujours le soutien de l'APV et de Culture Création.Inauguration d'un marché communautaire Les responsables de l'APV, au cours de ce festival de la montagne, ont, du même coup, procédé à l'inauguration d'un marché communautaire d'une capacité de 100 places et d'un réservoir de 75 mille gallons. Ce projet a été réalisé par l'APV et financé par le Fonds de développement et d'emplois (FODEM) du centre de gestion des fonds locaux de la Coopération canadienne en Haïti.François Montour, chef de la Coopération canadienne en Haïti, a, de son côté, affirmé que la construction de ce marché communautaire est rendue possible grâce aux efforts consentis par des membres de la communauté de Vallue en collaboration avec le gouvernement canadien. « Dans le cadre de notre coopération avec Haïti, nous allons travailler en commun accord avec l'Association des Paysans de Vallue en vue de réhabiliter les parties endommagées de la route afin de mieux favoriser le transport vers ce lieu mirifique », a promis M. Montour.D'où vient cette idée de tourisme rural-nature-cultureLe programme de tourisme rural-nature-culture de Vallue a vu le jour aux environs de novembre 2001. Celle-ci a débouché en 2003 sur la Foire de la Montagne dont la première édition avait eu lieu du 5 au 7 décembre 2003. Cette activité entre dans le cadre de la déclaration par les Nations unies de l'année 2002 «Année internationale de l'écotourisme et de la montagne» et 2003 «Année internationale de l'eau douce».
L'Association des Paysans de Vallue(APV), a vu le jour le 3 janvier 1987. cette ONG haïtienne a été reconnue par l'Etat en 1989. Son siège social est à Vallue, communauté de la 12e section communale de Petit-Goâve. Elle intervient dans la région Goâvienne notamment en milieu rural à travers une dynamique organisationnelle de district.
Amos Cincir

cincir2005@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=52175&PubDate=2007-12-19

Assassinat du propriétaire de l’hôtel Le Palace, Frédéric Denizé II

Il serait victime de la folie meurtrière d’un employé qui lui a asséné de nombreux coups de couteau
mercredi 19 décembre 2007,
Radio Kiskeya

Le propriétaire de l’hôtel Le Palace, Frédéric Denizé II, a été retrouvé assassiné à l’arme blanche mercredi matin dans une chambre de l’établissement situé au Champ de Mars (centre de Port-au-Prince), a constaté sur place Radio Kiskeya.
Selon les premiers éléments d’information, l’homme d’affaires, âgé d’une cinquantaine d’années, aurait été tué à coups de couteau par un employé de l’hôtel en froid avec lui depuis quelques jours. Le présumé assassin se serait rendu à la police après avoir avoué son forfait.
Le corps mutilé de M. Denizé a été découvert dans sa chambre.
Une foule considérable de proches de la victime et de curieux s’est rasssemblée tôt dans la matinée dans l’enceinte et à l’extérieur de Le Palace très connu à Port-au-Prince. La police était également sur les lieux.
Frédéric Denizé II résidait à l’hôtel dont il était le principal responsable depuis la mort, il y a quelques années, de son père Frédéric Denizé I. Ce dernier fut un militant politique très proche de l’ancien leader du Parti démocrate-chrétien haïtien (PDCH), feu pasteur Sylvio Claude, un opposant historique à la dictature de Jean-Claude Duvalier (1971-1986). spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4536

DISKOU ANSYEN MON PE PREZIDAN JEAN BERTRAND ARISTIDE DEPI PEYI LAFRIK DISID DEZYEM MOSO

Nou pral eseye fè radyografi sitiyasyon an. E, touswit, li travèse nan sal kote Jina ye a. Li debake rilakseman e kreyòleman palan.
- Bonswa ! Bonswa ! Kouman nou ye ! M sipoze nou dwe bouke, sa w di Jina ?
- Wi, dòk, se vre, men nou sitou enkyè pou malad la.
- Wi, wi, m konprann nou. Se nòmal pou n enkyè. Erezman, m ka di nou malad la evolye trè trè byen. Sèl sa l bezwen pou kounye a se repo ak sewòm. Si te gen yon konplikasyon, wi, m tap deja konn sa. Antretan, kòm ni li menm, ni nou, ni nmwen menm, Nou youn pa ka fè won pòt, n oblije pran pasyans. E, deplis, m ta byen renmen nou ede m konprann Sitiyasyon sa a anndan Site Solèy jounen jodi a. Natirèlman, si sa pa deranje n ! Petèt sa ka difisil !M espere nou pap gen pwoblèm ede m konprann Sitiyasyon makawon sa a ki sanble kaye toupatou. Jina, ou menm kijan w wè Site a ? Sa w di nan sa ?
- -Dòk, alaverite, jodia, se premye jou nou pale fasafas, Men trè souvan, bò isit la, n abitye pale de ou aklè. Nou pa ka di nou konnen w byen, men pèsonèlman, M pa sezi ni pou bèl akèy la, ni pou kesyon w poze a. Jan m di w, n ap swiv ou e n ap obsève w depi lontan. Pèmèt mwen prezante w jèn jan ou wè la a : Se frè m Wilne, alyas Ti Wil pou Site Solèy. Menm jan avè m, Ti Wil se manm fondatè Yon Oganizasyon djanm ki rele Mèm Amou. Oganizasyon Mèm Amou nan tout Peyi a, Men se isit la nou te chwazi koupe lonbrik li Nan non Jeni an, kidonk Tousen Louvèti e Jou sa a Lovenski Pierre Antoine te la avè n. Oganizasyon Mèm Amou pap dòmi. Nou toujou ap reflechi sou avni Ayiti. Sakrifis Tousen Louvèti fè pou Ayiti Montre nou kijan wout amou sensè a Toujou debouche sou yon gwo viktwa. Nou jwenn filozofi sa a tou nan Yon bèl ti pwovèb laten ki di: Omnia vincit amor ; sa vle di L'amour triomphe de tout. Lanmou toujou fè 2 kabès. Lanmou toujou ap kente. Lanmou toujou soti loreya. Lanmou toujou chanpyon. Pandan n ap pale la a, kounye a menm,Plizyè manm Oganizasyon an ap obsève,Analize, veye sou tout katye bò lakay yo. E si deyò a pat myèl, t ap gen plis jèn la a, E yo t ap vrèman kontan pou dyaloge avè w. Ann tounen sou kesyon sitiyason malouk sa a.
Dòk, pou nou menm, tout sa k ap fèt la aS e vye rezilta gwo gwo konplo 2004 la.Jou fèy tonbe nan dlo, se pa jou a li pouri. Kidnapig lan fèt jou 29 Fevriye 2004 la, Men konsekans yo ap parèt chak jou pi klè.S i Peyi a pa fè 50 ane an naryè, se chans! Dènye kou Pèp la pran an, se kout ponya trayizon Ki plante nan do l depi dènye seleksyon 2006 yo. Pèp la sibi operasyon sou operasyon san anestezi. Operasyon Retou imedya a, se manman kesyon an. Donk, ponya trayizon sa a pike Pèp la jis nan kè l. Plan an se demantibile Pèp la, dekouraje l, elimine l. Nan vide manti, yo fè inosan toujou pase pou koupab. E deplizanpli, yo pra l kontinye dyabolize viktim yo Pandan yap bay koupab yo kominyon san konfesyon. Menm si viktim yo ap mande jistis, jistis, jistis, se rèv. Plis pase 10.000 inosan deja tonbe, san nou pa konte Moun ki disparèt sou fòm kidnapig tankou Lovenski. Prizonye politik ki Lavalas toujou ap pouri nan prizon. Pèsekisyon politik kont Lavalas ap fèt o non demokrasi. Tout bouwo ki fè krim koudeta ap byen mennen libelibè. Men viktim yo anba pèsekisyon paske yo pa trayi Pèp la. Jou apre jou, mizè a ap malmennen viktim yo pi plis. Gade kijan dife grangou a vin pi pi wouj nan lanfè a! Kote 184 paradi terès ki tap vann 2 pou 5 nan Peyi a? Si lè sa a n te kite yo andòmi konsyans nou ak manti, Jodi a, remò ak kòlè ta deja toufe nou tout bò isit la. Nou konprann jwèt makyavelik la e se pou sa nou di : Rat manje kann nan, men domaj, zandolit mouri inosan. Gade jan pitit Pèp la kontinye ap sibi anba gwo vyolans Zam lagè malgre bonm lanmò yo te deja lage sou Site a!
Dòk, ou kwè ou realize jan prejije Fè kèk moun rayi Pèp Ayisyen an ? Yo rayi Pèp la jis tèt yo anvi pati ! Yo rayi Pèp la jis lòlòy yo vire ! A ! Se pa ti vire, vire an jwèt non ! Se bon vire a, vire pou chavire a ! Yo fin fou pou elimine Pèp la nèt. Malgre gen moun ki mòde ni pous yo, ni bra, ni koud, Gen lòt ki fè kòm si yo pa wè ke yo te fè yon erè grav. Jiskaprezan, ti ekip zwit sa a ta ka peye lò ak dyaman Pou cha blende disparèt Site Solèy ak tout katye popilè: Donk, mas pèp la menm ke yo pa konsidere kòm moun. Poutan, Pèp la tèlman bon li tounen bonbon. Entèlijans li fè l respekte dwa tout moun, Pòv kou rich paske tout moun se moun. Nan jaden lespri l, li pa vide angrè prejije. Afè maladi prejije sa a anpeche moun realizeKijan kolon renmen kache dèyè esklav mantal Pou mare chenn lesklavaj nan pye nèg ak nègès. Plezi kolon an se itilize esklav mantal kòrekteman E fè l tounen rat kay kap manje pay kay. Egzanp : An 1939, nan peyi Nijerya ki an Afrik, Se te sèlman 1315 kolon blan Angle Ki t ap domine 20 milyon Nijeryen. Nan Kongo Bèlj, sèlman 2384 kolon blan T ap domine 9 milyon 400 mil Afriken. Nan Lwès Afrik, sèlman 3660 kolon franse T ap domine 15 milyon Esklav Afriken. Donk, yon ti ponyen kolon blan te ka domine Yon majorite natif natal nan peyi Afrik sa yo Paske kolon yo te toujou monte gwo konplo Ak gwo tonton rat kay pou manje pay kay.
Bò isit tou, anvan n rive nan premye janvye 1804, Sitiyasyon Peyi d Ayiti pat twò diferan. Gade byen! Te gen sèlman 40 mil kolon franse ki tap domine 500 mil Esklav plis 30 mil milat imilye, meprize. Kòm Tousen Louvèti se te yon Jeni san parèy, Li reziste djanm kont ni kolon ni esklav mantal Pou kòd lonbrik li te ret mare ak mas Esklav yo.Ki kalkil Tousen Louvèti te fè kòm nèg entèlijan? Li di se pa nòmal pou kite sèlman 40 mil kolon Ap sakrifye, sasinen 530 mil kretyen vivan. Non ! Sekrè viktwa a se Lavalas, kidonk L’Union fait la force.
Dènye fraz sa a tèlman mache nan san dòk la, ayayay,Msye leve kanpe brip, li di : Jina, tann, tanpri, repete !Sekrè viktwa a se Lavalas, kidonk L’Union fait la force. Sekrè viktwa a se Lavalas, kidonk L’Union fait la force. Mezanmi, dòk la kontan, li souri, li rejwi, li transfòme ! Ou ta di se lwa Tousen an menm k anvi monte msye. Sètadi, menm lespri entèlijans, lespri bon konprann Ki te konn danse nan tèt Tousen yo anvayi sèvo dòk la. Ak 2 men l nan 2 pòch li, doktè Love kontinye repete : Sekrè viktwa a se Lavalas, kidonk L’Union fait la force. Menm kote a, Jina souri tankou moun k anvi dedouble.Ti Wil, frè a, kapte kouran an toptop; li mande lapawòl. Men, Jina ezite kite l pale paske Ti Wil se yon gwo blagè. Depi msye estat, li louvri bouch li, fòk moun ri kanmenm. A a ! A ! Ti Wil pa ka kenbe ankò, li di:
- Sistè, eskize m ! M pat sou pale paske M konnen se nan yon lopital nou ye la a.Ou wè, dòk, lè m pa sou sa, M gen dwa prann pòz m bèbè, M antre la a bèbè, m soti bèbè,San m pa mete ni zip, ni tep Ni adezif sou po bouch mwen. Men, m sot tande yon son la a Ki estat motè a san m pa chofe l. Depi m ti katkat m renmen ri e m renmen fè moun ri. Dabò se kote ki gen chagren menm, m renmen bay blag. Daprè sondaj pa m, dòk, si m pat vide blag nan Site a, Ou tap chaje ak malad ki bouke tande rafal bal sa yo.Gen kriminèl ki fò nan chire zòrey ak kout kanno lagè. Mwen m diplome nan grese zorèy ak plim poul blagoloji. Blag pa m yo espesyal paske tout se ti blag dezyèm men. M ranje, m korije, met sik, siwo, bon jan ti epis, sof piman. Pa egzanp, talè a, lè sistè a pale De entèlijans Tousen Louvèti, Sa raple m entèlijans yon ansyen Poutchis ke m renmen a mò ò ò. An 2004, te gen yon pwofesè poutchis Ki te pi cho pase leve danse nan fè konplo. Tout elèv te rele l p.p kidonk pwòf poutchis. Mwa pase a, msye bay Lavalas rezon. Pwofesè a di ni elèv li yo, ni zanmi l ke: Sitiyasyon malouk sa a louvri je l anpil,Se kounye a li wè ki mal li te fè Peyi a. Bagay sa a tèlman domine l, boulvèse l, trakase l,Pwofesè a oblije chwazi bay tèt li yon penitans. Kòm li te renmen bwè kleren anpil anpil, li di Dezòmè, olye li bwè kleren, l ap bwè limonad. Selman limonad. Menm sant kleren an pa ladan l. Elèv yo aplodi pwofesè a lavalaseman, Men, gen twa vagabon nan klas laKi di ok : olye n rele pwòf la poutchis, Ann rele l Limonad, sèlman Limonad. Sa w tande a, pandan gwo aplodisman ap bouyi, Trio vakabon an tonbe rele Limonad, Limonad…Tout klas la fache kont ti ekip ka p rele limonad la.Yo di : Non mesye, se pa serye sa ; manyè reflechi ! Gras a limyè entèlijans pwòfesè nou an, Nou gen la a yon bèl egzanp pou Peyi a. Lè bouki fin fè erè, li bonbe lestomak li E li pèsiste anfonse de je fèmen nan erè a. Lè malis fè erè, entèlijans li fè l reflechi pou di : Errare humanum est, sed perseverare diabolicum. Sa vle di, nenpòt ki moun kapab fè yon erè. Men, pèsistans nan erè a se yon bagay diabolik. E, se demonstrasyon entèlijans sa a menm Nou jwenn nan konpòtman pwofesè nou an. Bravo pou li ! Aplodi ! Aplodisman pou li ! Twa ti msye anbetan yo kalma, e yo aplodi San yo pa kontinye rele pwofesè a Limonad. Sepandan, klòch la annik sonnen beng beng pou lekòl lage, Youn nan twa ti mesye anbetan yo di byen fò: sitwon !Gen yon dezyèm ki di : sik ! Twazèm nan di byen fò: dlo! E Pwofese a kale je l sou yo, li di: A a ! M pini nou brase l. Nou ka di sitwon, sik, dlo men kanta pou brase l la, bliye sa! Babay! Babay! A demen! Aplodisman bouyi, djayi pi rèd! Kou Ti Wil fi n pouse ti blag dezyèm men sa a, Li di: Dòk, men yon gwo gwo leson m jwenn Nan repons pwofesè a bay twa ti mesye yo. Pou mwen, sa a se yon gwo leson entèlijans Ki ploge nan yon leson moral! Men sa m wè : Moun ki kriminèl pa ka brase yon ti limonad espwa Ale wè, ale wè pou yon bon jan soup demokrasi. Yo fann Ayiti tankou joumou pou fè soup. Malgre tout kadav inosan yo deja lage Kòm vyan nan mòd soup demokrasi a,Malgre se pwòp san Pèp Ayisyen an menm Mechan yo chwazi kòm dlo pou fè soup sa a, Li enposib pou yo brase l kòm solisyon an. Demokrasi pa mache ak kalite vyolans sa yo. Sa Site Solèy ak Pèp Ayisyen an egzije,Se lapè, travay, jistis, respè ak sekirite Pou tout tout moun san distenksyon. Sa w di nan sa, dòk ?
- Monchè Ti Wil, ou pale dò ò ò.Jan ou di a, si gen lapè, travay,Respè ak sekirite, nou bon nèt.

(A SUIVRE)