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mercredi 14 mars 2007

Arrestation du puissant chef de gang Evens Jeune dit "Evens Ti Kouto"


Epinglé par la police haïtienne aux Cayes, le caïd de Cité Soleil a été héliporté à Port-au-Prince

Radio Kiskeya
Le redoutable chef de gang de Cité Soleil (banlieue nord de Port-au-Prince) Evens Jeune alias "Evens Ti Kouto" a été arrêté mardi aux Cayes (96 km au sud de la capitale) par la Police Nationale, a indiqué à Radio Kiskeya le directeur départemental du Sud de la PNH, Henriot Toussaint.

Le commandant précise que le concours de policiers connaissant bien le fugitif a été nécessaire pour l’identifier.

Surpris tôt dans la matinée dans la section communale de Laurent, Evens Jeune tentait pendant toute la journée de se faire passer pour Pierre Jacques. Sa femme et sa belle-mère ont été également arrêtées.

Celui qui a longtemps symbolisé la terreur à Boston, un des 34 quartiers du plus grand bidonville du pays, a été ramené dans l’après-midi à Port-au-Prince à bord d’un hélicoptère de la Mission de stabilisation des Nations Unies (MINUSTAH).

Il était en cavale depuis le démantèlement début février de son gang par les casques bleus.

Jouissant de la réputation peu enviable d’avoir la gâchette facile, le caïd serait responsable de nombreux meurtres et kidnappings notamment.

Deux autres importants leaders de bandes armées de Cité Soleil, Amaral Duclona et Bélony ainsi connu, font l’objet depuis plusieurs semaines d’avis de recherche. spp/RK

Les éléments du nouvel axe trilatéral Haïti-Vénézuéla-Cuba

Les autorités haïtiennes restent floues sur l’éventuelle adhésion du pays à l’ALBA tandis que Chàvez assume

Un accord trilatéral a été paraphé lundi soir à Port-au-Prince par les Présidents haïtien René Préval, vénézuélien Hugo Chàvez et le vice-président cubain Esteban Lazo donnant ainsi un coup d’accélérateur sans précédent à la coopération entre les trois pays dans une perspective éventuelle d’adhésion d’Haïti à l’Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA), un projet économique antinéolibéral inspiré du "chàvisme" et de la lutte du libérateur Simón Bolívar.Le chef de l’Etat haïtien a présenté devant le Premier ministre Jacques-Edouard Alexis et les membres de son gouvernement un résumé en six points des termes de référence de l’accord qui couvre des domaines de coopération comme la santé, l’énergie, le pétrole et les infrastructures :

La création par le Vénézuéla d’un fonds humanitaire de 21 millions de dollars réservé exclusivement à l’équipement et l’hébergement du personnel médical cubain.
Selon René Préval, Haïti bénéficiera bientôt d’une couverture médicale complète avec l’arrivée des médecins cubains dans les 17 communes dépourvues jusqu’ici d’assistance en la matière. Les coopérants seront remplacés progressivement par les 800 boursiers haïtiens étudiant actuellement la médecine à Cuba. 170 jeunes médecins fraîchement diplômés sont déjà de retour en Haïti.
L’évaluation par deux équipes techniques vénézuélienne et cubaine des capacités de production énergétique du pays et la construction de six centrales électriques. Une usine de 30 mégawatts sera implantée à Port-au-Prince tandis que deux autres de 15 mégawatts chacune seront installées respectivement au Cap-Haïtien (274 km au nord de Port-au-Prince) et aux Gonaïves (171 km au nord).
Trois usines à mazout seront également construites. La production énergétique nationale devrait augmenter de 100 mégawatts.
Le décaissement de 57 millions de dollars en vue de l’amélioration des infrastructures aéroportuaires d’Haïti dans une perspective de promotion touristique. Outre des travaux qui seront effectués à Port-au-Prince, l’aéroport du Cap et les aviations des Cayes (sud), de Jacmel (sud-est) et de Jérémie (Grand’Anse, sud-ouest) seront aménagés pour pouvoir accueillir des vols internationaux.
Le doublement des livraisons pétrolières quotidiennes prévues dans le cadre de l’accord préférentiel Petrocaribe. L’arrivage passera de 7.000 à 14.000 barils par jour.
La disponibilité d’un montant de trois millions de dollars destiné à l’acquisition de camions à bennes compactrices destinés au ramassage des ordures dans le cadre d’une politique d’assainissement et d’entretien de Port-au-Prince.
Le Président Préval n’a pas assumé qu’Haïti sé’tait engagée dans le processus d’intégration de l’Alternative bolivarienne des Amériques, un projet d’intégration économique régionale qui vise à contrer frontalement l’initiative américaine portant sur l’établissement d’une Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA). Il s’est borné à dire que des points d’accord ont été trouvés après plusieurs mois de discussions qui se sont déroulées alternativement en Haïti, au Vénézuéla et à Cuba. Cependant, Hugo Chàvez a clairement indiqué que l’accord paraphé constitue "un aspect essentiel du projet d’incorporation d’Haïti à l’ALBA pour que le pays puisse mener à bien ses projets de développement dans des domaines comme la pêche, l’élevage, l’agriculture, le tourisme, l’alphabétisation et l’éducation en général."
"Haïti va chercher à Cuba et au Vénézuéla ce dont elle a besoin parce qu’elle avait aussi aidé ces pays", a fait valoir le Président haïtien en vantant la sincérité et la solidarité qui caractérise les relations avec des "peuples frères" en dehors de tout intérêt particulier. M. Préval a insisté sur cette forme de coopération et celle engagée avec le groupe ABC (Argentine, Brésil, Chili) sans évoquer les rapports d’Haïti avec ses partenaires traditionnels, les Etats-Unis, le Canada et la France.
A l’issue de la conférence de presse conjointe des trois dirigeants, s’est déroulée la cérémonie de signature de l’accord commercial de vente des produits pétroliers provenant du Petrocaribe. Le document contenant l’ensemble des conditionnalités a été paraphé par le directeur de la nouvelle structure haïtienne dénommée bureau de monétisation du Petrocaribe, Michael Lecorps et le représentant de la compagnie pétrolière nationale du Vénézuéla (PDVSA).
Officiellement, aucun secteur de la vie nationale n’a été consulté dans le cadre du processus de négociation ayant abouti au nouveau partenariat tripartite avec Caracas et La Havane. spp/RK

http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article3339

Visites et réunion bilatérale avec Leonel Fernàndez avant le sommet anti-drogue vendredi à Santo Domingo


Le Président haïtien René Préval doit laisser Port-au-Prince mercredi à destination de la République Dominicaine pour une visite privée qui précédera sa participation vendredi au sommet régional sur la drogue, la sécurité et la coopération.
Selon des sources gouvernementales contactées par l’agence EFE à Santo Domingo, le chef de l’Etat haïtien arrivera en milieu de journée à l’aéroport de l’enclave touristique de Punta Caña. Dans cette ville située à l’extrême est de la république voisine, il doit avoir une réunion de travail avec un groupe d’investisseurs opérant dans le secteur touristique.
Des visites dans les complexes touristiques de Bàvaro et de Casa de Campo sont aussi dans l’agenda du Président ainsi que deux rencontres avec les Présidents du Sénat dominicain, Reynaldo Pared Pérez et de la Chambre des Députés, Julio Cesar Valentìn, rapporte une dépêche de l’agence cubaine Prensa Latina datée de Santo Domingo.
Mercredi soir, le chancelier dominicain Carlos Morales Troncoso offrira un dîner en l’honneur de M. Préval en sa résidence dans la province de La Romana (est).
Les mêmes sources précisent que jeudi le dirigeant haïtien se rendra à San Pedro de Macorìs, la troisième ville du pays, en vue de visiter les installations d’un projet énergétique. Par la suite, il se dirigera vers la capitale, Santo Domingo, où se tiendra le sommet anti-drogue auquel sont également attendus le Président colombien Alvaro Uribe et le Secrétaire général de l’Organisation des Etats américains (OEA), José Miguel Insulza.
Avant le début de l’événement, René Préval et son homologue dominicain Leonel Fernàndez doivent parapher un protocole d’accord en matière d’éducation. Les deux hommes auront aussi un entretien qui portera sur des questions bilatérales comme la situation des immigrants haïtiens en territoire voisin, l’environnement, le commerce de même que le trafic de drogue et d’armes à la frontière haïtiano-dominicaine.
Il s’agit du deuxième voyage du Président haïtien en République Dominicaine depuis son retour au pouvoir l’année dernière. Il avait effectué en mars 2006 une visite non officielle à Santo Domingo, son premier déplacement à l’étranger avant même son intronisation en mai. spp/RK

http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article3349

Chavez laisse Port-au-Prince après avoir manifesté sa reconnaissance envers Haiti

P-au-P., 13 mars. 07 [AlterPresse] --- Le président du Vénézuéla, Hugo Chavez, a laissé Port-au-Prince dans la soirée du 12 mars à l’issue d’une visite officielle en Haiti, où il a salué le peuple haitien, envers lequel il dit s’acquitter d’une dette historique et a, une nouvelle fois, critiqué le président américain Georges Bush.

« Je n’ai pas assez de mots pour dire merci au peuple haitien », a déclaré Chavez lors d’une rencontre avec les journalistes au palais présidentiel, en compagnie du président haïtien René Préval et du vice-président cubain, Esteban Lazo, en visite officielle également à la capitale haïtienne.

Chavez a rappelé les liens historiques entre le Vénézuéla et Haïti. « Ici Miranda (héros vénézuélien) a lancé le premier cri pour l’indépendance vénézuélienne », le 12 mars 1806, a-t-il souligné.

« Nous sommes conscients du lieu où nous nous trouvons, conscients de ce que représente le peuple haïtien », a affirmé le président venezuelien, en rappelant l’aide des autorités haïtiennes du début du XIX siècle aux résistants qui ont combattu pour faire du Venezuela un territoire indépendant.

« Quel peuple magnifique et quel espoir ! », s’est exclamé Chavez, qui a été accueilli à Port-au-Prince par des milliers de manifestants scandant des slogans en sa faveur et contre le chef d’État américain. Ces derniers l’ont suivi à chaque étape de son agenda, jusqu’aux abords du palais présidentiel où il a eu une réunion de travail avec Préval et Lazo.

Les dirigeants des trois pays ont jeté les bases d’une coopération trilatérale au bénéfice d’Haïti, dans plusieurs secteurs, particulièrement dans les domaines de la médecine et de l’énergie. « Nous avons effectué un grand pas en avant pour la concrétisation de l’Alternative Bolivarienne pour les Amériques (ALBA) », a fait savoir Chavez. L’ALBA est un plan opposé à la Zone de Libre Echange des Amériques (ZLEA) promue par les États-Unis.

« Une nouvelle vague de peuples se lève en Amérique latine et les Caraïbes », s’est réjoui le président vénézuélien. « Ceux qui veulent la voir, l’ont vue dans les rues de Port-au-Prince », a-t-il ajouté.

Par rapport à sa position face à la politique des Etats-Unis, le président du Vénézuéla a souligné qu’ « il ne s’agit pas d’une affaire personnelle entre Bush et moi ». Il a déclaré que le président Georges Bush « représente l’empire le plus cruel, le plus cynique et le plus criminel de toute la terre », tandis que « nous représentons le projet bolivarien de libération des peuples ».

Pour sa part, le président René Préval a souligné qu’après des années d’une « politique internationale timide et peureuse » d’Haïti, « aujourd’hui (…) Haiti va chercher à Cuba et au Venezuela ce dont elle a besoin, parce qu’elle a aussi aidé Cuba et le Venezuela », qualifiés de « peuples frères ».

Préval a fait savoir que le fonds de 21 millions de dollars créé par le Vénézuéla pour aider Haiti sera consacré à la logistique pour les médecins cubains qui vont être déployés dans toutes les régions d’Haïti.
D’autre part, après l’évaluation de la capacité très faible d’Haïti en matière électrique, le Vénézuéla va construire 3 usines électriques et réparer des infrastructures pour pouvoir assurer une disponibilité de 100 mégawatts.
Le Vénézuéla a doublé son aide en pétrole à Haïti qui est passé de 7 mille à 14 mille barils par jour, a informé Préval. Il a ajouté que le Vénézuéla va travailler pour améliorer les capacités aéroportuaires du pays et va financer pour 3 millions de dollars l’achat de camions à ordures.
Le chef d’État haitien a annoncé l’établissement prochain en Haïti d’un bureau de coopération Haïti-Vénézuéla- Cuba. Soulignant l’intérêt de Cuba pour Haïti, Préval a confié que durant la réunion au palais présidentiel ce 12 mars, le leader cubain actuellement en convalescence, Fidel Castro, a appelé plusieurs fois au téléphone pour s’enquérir de l’état d’avancement des pourparlers.
Dans son intervention au Palais national d’Haïti, le vice-président cubain, Esteban Lazo, a souligné « le sentiment profond que nourrit Fidel pour ce peuple courageux ». Il a fait part de l’engagement de Cuba à étendre la coopération avec Haiti, dans un esprit « de fraternité, d’humanité et de solidarité ». [gp apr 13/03/2007 01:00] (http://www.alterpress.org)


LA DIVA HAITIENNE EMELINE MICHEL VISITE ET CHANTE POUR LES HAITIENS DES BATEYS EN REPUBLIQUE DOMINICAINE

Haïti : Emeline Michel visite des bateys à Saint Domingue :
La célèbre chanteuse haïtienne, Emeline Michel, a séjourné pendant trois jours, début mars, dans les bateys en République dominicaine, voisine à Haïti. Elle a été reçue par l'organisation d'aide humanitaire Batey Relief Alliance - BRA Dominicana. Le 1er mars dernier, Emeline Michel, qui compte plus de 20 ans dans la chanson créole, s'est rendue dans des bateys dominicains, où vivent plus de 200.000 de ses compatriotes et descendants.
Elle a visité entre autres le batey Cojobal où une foule d'enfants et d'adultes l'ont accueillie avec joie, avec des ballons multicolores et en chantant, « Bienvenida Emelina ! Bienvenida Emelina ! »
« C'était un moment mémorable pour moi », a indiqué Emeline qui a chanté « Viejo » une complainte parlant des conditions de vies difficiles des Haïtiens dans les bateys, indique une note de BRA.
La chanteuse, surnommée « Reine de la chanson créole », saluait la foule avec émotion dans sa langue maternelle, « Bonjou zanmi m yo! » ou en français « Bonjour les amis ! » Elle a aussi interprété des chansons folkloriques haïtiennes, dont « Tolalito ». Elle a invité les enfants à chanter avec elle.
Après ses interprétations improvisées, l'artiste a signé des autographes et fait don d'exemplaires de ses derniers albums ainsi que des affiches personnalisées à la foule. Des hommes, des femmes et des enfants, tout âge confondu, étaient tout fiers de sa visite, soulignant qu'il s'agissait de la première visite d'un artiste haïtien de notoriété internationale dans les bateys.
Emeline Michel a expliqué que c'était « un véritable choc » de voir un monde différent que ce qu'elle avait imaginé. « Il était temps d'avoir finalement mon propre point de vue », a-t-elle soutenue. L'artiste a également visité un groupe de PV/VIH ainsi que des enfants orphelins du sida, conclut la note.

(Article soumis au forum de moun.com sur http://www.moun.com)
Un commentaire :
Un article d’une singulière importance relatant un fait unique un geste d’une portée et d’un symbolisme exemplaires. Nous faisons partie des gens qui voyons d’un très mauvais œil cette tendance à parler des haïtiens vivant en République Dominicaine dans un contexte très particulier qui ne les replace jamais au sein de la fameuse diaspora haïtienne.
Souvent nous lisons des notes sur des blogs et des sites Internet psalmodiant notre riche et importante diaspora qui « sur-usent d’épithètes plus qu’élogieux pour vanter les mérites de nos compatriotes résidant aux USA, au Canada ou en France. Mais de façon catégorique, ces récits « excluent » avec une indécence primaire plus d’un million d’haïtiens qui piétinent dans les fanges de la vie de l’autre côté de la frontière.
Cette exclusion, si elle n’est pas le fait du hasard peut être considérée comme le reflet de notre subconscient qui préfère scotomiser l’existence de cette population qui « fait honte ». Si on en parle pas ils n’existent pas. De là un paradoxe témoin de la plus pure des hypocrisies : pendant que le subconscient haïtien ignore ces fils d’Haïti nés en terre étrangère ou expatriés de fortune dans une indifférence pathologique, des voix s’élèvent pour demander au gouvernement dominicain de s’en occuper. La vérité reste toujours la même et plus immuable que jamais : Haïti doit solutionner les problèmes des haïtiens !
Emline Michel a fait un pas énorme pour ouvrir un sentier non battu jusqu’à présent.
Grâce à l’église catholique, grande institution –quand elle reste dans les limites de ses fonctions- nous avions eu à visiter et prodiguer des soins dans les bateys situés à Higuey. Ce genre de bain de foule font un bien fou, ce bain ouvre nos vrais pores et nous permet de transpirer notre humanité dans la plus pure et la plus claire de ces expressions.
Un souhait pieux et vertueux serait de croire que d’autres artistes, d’autres personnages importants et -qui sait- le président Préval et le premier ministre Alexis parcourront ce sentier pour retrouver et prouver à ces haïtiens qu’ils ne sont pas abandonnés à leur sort.
« Tande ak wè se de »… Il faut le voir pour le croire… Très près des consortiums touristiques accueillant des milliers de touristes se trouvent parqués très loin de la portée de la vue des êtres superficiels les « barrancones » des bateys ou s’agglutinent nos compatriotes. La pauvreté qui se respire dans cet environnement n’est rien à côté de l’avilissement de la dignité humaine qui se confine et s’évertuent à faire des habitants des bateys des êtres oubliés des bon-dieux.
(jopi http://www.moun.com)

vendredi 9 mars 2007

Hugo Chàvez en Haïti lundi prochain (officiel)


Le farouche adversaire de l’administration Bush en visite au pays ayant contribué à la naissance du sien, le Vénézuéla
Le Président vénézuélien est attendu lundi prochain à Port-au-Prince pour une visite officielle de 24 heures, a indiqué jeudi le secrétaire général de la présidence haïtienne, Fritz Longchamp, à Radio Kiskeya.

Le chef de l’Etat latinoaméricain qui arrivera à l’aéroport international Toussaint Louverture à 12 heures locales (17h00 GMT) aura notamment un tête-à-tête avec son homologue haïtien René Préval.

M. Chàvez se rendra également sur la Place de la paix, dans le quartier populaire de St-Martin (centre de la capitale).

Il devrait passer la soirée à Port-au-Prince avant de regagner Caracas le lendemain.

Pourfendeur de l’impérialisme américain et leader des manifestations hostiles organisées à l’occasion de l’actuelle tournée du Président George W. Bush en Amérique latine, Hugo Chàvez a multiplié les gestes d’amitié vis-à-vis d’Haïti depuis le retour au pouvoir en mai 2006 de René Préval, après avoir dénoncé le "kidnapping de Jean-Bertrand Aristide" et ignoré le gouvernement de transition qui lui succéda en 2004. Le dirigeant vénézuélien a permis l’intégration du pays dans le programme de vente de pétrole à prix préférentiels Petrocaribe mis en œuvre par Caracas au profit des nations pauvres de la région.

Parallèlement, plusieurs autres volets de coopération bilatérale sont envisagés. La Banque d’Etat et la chancellerie vénézuélienne ont paraphé lundi une convention prévoyant la création en faveur d’Haïti d’un fonds humanitaire d’un montant de 20 millions de dollars.

Après avoir accueilli René Préval le 24 avril 2006 au Palais de Miraflores au lendemain de sa victoire, deux mois plus tôt, aux présidentielles de février, Hugo Chàvez avait annoncé, à deux reprises, son intention d’entreprendre un voyage en Haïti afin témoigner au pays la reconnaissance du peuple vénézuélien.

Le drapeau de la Grande Colombie, qui allait donner naissance au Vénézuéla, à la Colombie et à l’Equateur, fut créé dans la ville de Jacmel (Sud-Est d’Haïti) le 12 mars 1806. La contribution historique décisive de la première république noire à l’indépendance du Vénézuéla passa également par l’octroi d’une aide militaire, logistique et financière à Simon Bolívar et au général Francisco de Miranda, les libérateurs de l’Amérique du Sud qui firent de longs séjours en Haïti. spp/RK

L'ESSENTIEL DE L'ACTUALITE CHEZ LES VOISINS

Le Président du sénat dominicain partage la préoccupation de l'Episcopat sur la violence
Manuel Azcona - 3/9/2007 12:07:00 AM SAINT-DOMINGUE. - Le président du Sénat, Reinaldo Pared Pérez, a partagé hier la préoccupation de la Conférence de l'Episcopat dominicain autour des niveaux de violence qui règnent dans la société dominicaine. Toutefois, il a regretté la participation de militaires et des policiers dans ces actions délictueuses conforme les appréciations de l'Église. "Cela est ainsi et ce n'est pas nouveau, bien qu'il faille souligner que le Gouvernement souhaite réduire les niveaux actuels de violence", a déclaré Pared Pérez. De même, il a favorisé que tant la société comme le Gouvernement unifient des efforts pour éviter que la violence continue à augmenter. Il a renvoyé que si on compare la situation dominicaine avec celle d'autres pays, la spirale de violence n'a pas pu noyé encore la nation. Il a ajouté que République dominicaine est privilégiée en comparaison avec d'autres nations, en ce qui concerne les indices de violence qui existent dans ces pays.
Pour lire l’article original en Espagnol :
http://www.listin.com.do/app/article.aspx?id=5557

Un étudiant blesse un professeur à coups de couteau dans un établissement scolaire.
Monte Plata. - Un étudiant mineur a blessé de deux coup de poignard un professeur dans l’enceinte de l'école de base 6to-B de la communauté le Deam de cette commune. Le professeur blessé répond au nom de Yeimy Elizabeth Moreno Mora, de 29 ans, qui est actuellement internée dans le Centre Médical de Monte Plata, et son agresseur un adolescent de 16 années dont le nom n’a pas été raisons légales. Selon le rapport médical, l'éducateur a reçu le coup avec un couteau type sévillanne dans le dos qui lui a presque perforé le poumon et une autre coup de poignard au bras gauche, en plus d’un coup de pierre. Sa condition est stable, mais les médecins ont recommandé de ne pas la déplacer du centre pour éviter des complications. Moreno Mora, dans son lit de la clinique, a raconté qu'elle discutait hier un sujet traitant les s valeurs morales et quand il a terminé son enseignement, l'élève agresseur lui aurait signalé qu'elle avait laissé de côté une autre valeur. Elle lui aurait demandé d’identifier cette valeur et l’élève aurait affirmé que la drogue n’avait pas été mentionnée pendant le cours. Le professeur a spécifié qu'en le corrigeant que cela n'était pas une valeur, le jeune a insisté alors sur le fait que "en effet c’était une valeur" et il a commencé à l'attaquer verbalement et à prononcer des mots obscènes. Elle a ajouté qu'après l'incident, le directeur de l'école, Ramón Columna, a convoqué le jeune et sa mère à une réunion, et il a pensé que l’incident était clos.

Lisez l’intégralité de l’article en espagnol sur : http://www.listin.com.do/app/article.aspx?id=5549


Des agriculteurs du Batey Mena abandonnent leurs jardins à cause des vols
BATEY MENA Tamayo. - Des agriculteurs de plusieurs bateyes de la zone sucrière de la province de Barahona ont dû abandonner leurs propriétés cultivées, devant la vague de vols et d’agressions dont ont été victimes les habitants de la zone. Selon des travailleurs de cette localité, les délinquants pénètrent dans les parcelles cultivées et dans les propriétés pour voler des poules, chèvres et du bovin, ainsi que des vivres. De nombreux jeunes qui se consacrent aux actions délictueuses, et qui proviennent d'autres lieux, même de la capitale, ont transformé les bateyes du Sud-ouest en cachettes.
La nuit, principalement, ils soustraient des motocyclettes, ils assaillent les passants et pénètrent dans les résidences pour emporter des téléviseurs, radios, ventilateurs et autres articles de valeur.
La situation a changé la vie des bateyes, et tôt dans la nuit ils paraissent désolés, parce que les gens craignent de sortir de leurs maisons. Josesito Pérez FELIZ, du batey Isabelita, a dit que le désordre existant dans ces communautés l'est à l’origine du fait que délinquants pénètrent la nuit dans la localité tirent sur les motocyclistes pour les dépouiller de leurs la motos et de leur argent.
Pour lire l’intégralité de l’article en Espagnol : http://www.hoy.com.do/article.aspx?id=15380

Les Etats –Unis d’Amérique veulent éradiquer le trafic de drogue dans les Caraïbes.
SAINT-DOMINGUE. - Le Gouvernement des Etats-Unis prétend "déraciner " le trafic de drogues de la zone des Caraïbes, ce pourquoi il comptera sur la participation République dominicaine et de Haïti, a révélé hier le représentant du Bureau d'Administration de Drogues des Etats-Unis (DEA) Karen P Tandy, après s’être réunie pour plus d’une heure avec le président Leonel Fernández au Palais National. Il a déclaré qu'il existe la nécessité de déraciner ces entreprises du trafic de drogues qu'empoisonnent les enfants, "ils corrompent nos gouvernements et détruisent le futur de nos pays". Il a indiqué être venue "à l'île Hispaniola", Haïti et la République dominicaine, comme alliée qui travaille avec deux pays qui s’engagent à "éradiquer le trafic de drogues", en disant que les Etats-Unis est aussi plongé dans cette lutte. "Nous partageons nos ressources humaines formées à cet effet, nous travaillons de manière conjointe dans cette mission commune", Tandy a expliqué en sortant du bureau présidentiel en compagnie de l'ambassadeur des Etats-Unis, Hans H Hertell. Elle a déclaré qu'il a eu le privilège de se réunir avec Fernández Reyna, dont elle dit pratiquer un leadership extraordinaire, non seulement pour République dominicaine mais pour toute la région et tout le secteur occidental. Il a dit que la DEA aura une participation au prochain sommet de présidents autour du sujet du trafic de drogues qui débute le 15 mars et qui comptera avec la présence les présidents Álvaro Uribe, de la Colombie, et de René Preval, de Haïti, outre d'importants chefs régionaux.
Pour lire en intégralité l’article en Espagnol :
http://www.listin.com.do/app/article.aspx?id=5559

Le Président Leonel Fernandez dispose d’une révision des fichiers de la police
SAINT-DOMINGUE. - Le président Leonel Fernández a disposé hier soir la révision et l'adéquation des fichiers policiers dans toutes les institutions qui manient des informations du service d’intelligence ou les antécédents pénaux, pour que ces dernières soient faites conformément aux dispositions du règlement qui a été aussi créé hier soir par le Pouvoir Exécutif.
Il établit que les certifications non délinquance et de non antécédents pénaux, pourront seulement être délivrés par le Ministère Public, à partir de la date d'expédition de ce décret 122-07. aucune autre institution ne pourra délivrée des documents de ce type.
De cette disposition sont exclus les certificats vie et ou de mœurs , dont l'expédition correspond au Secrétariat Intérieur et Policier, en vertu de la Loi 5188 de du 13 août de du 59. Le chef d'État a élaboré le règlement dont l'objectif est d'établir les normes et les procédures pour envoyer les certificats d'antécédents délictueux et de bonnes moeurs et régler l'accès à l'information sur les personnes qui possèdent un casier judiciaire, en faisant respecter l'article 8 de la Constitution, les réglementations contenues dans les traités internationaux et dans les lois.
Pour lire l’intégralité de l’article en Espagnol :
http://www.listin.com.do/app/article.aspx?id=5558

mercredi 7 mars 2007

François Duvalier, le mal aimé... Quelqu'un a osé le faire!


Avant-propos
Le lecteur s'étonnera certainement du titre énigmatique qu'il m'a plu de donner à ce livre. Cela n'a pas été facile, je l'avoue, de trouver le qualificatif convenable, capable de répondre au souci de rendre à la fois la densité du personnage, la diversité et la profondeur de ses facettes ainsi que les contradictions qui nourrissent à son sujet des controverses inexpiables.

Mariant le substantif excessif à l'épithète antithétique, j'eusse pu l'appeler Duvalier, le tyran bien-aimé, mettant en relief la condamnation sans appel des uns et la vénération sans nuance des autres. Mais cette appellation ne couvrirait pas assez la vérité épaisse et asymétrique du personnage, ni ne restituerait complètement l'émotion confuse et trouble que suscite la seule évocation de son nom. J'eusse pu l'appeler Duvalier, le titan maudit, reprenant en premier terme cette louange posthume d'un opposant notoire, trop virulent au début du règne pour n'être pas sincère en fin de parcours. Mais, cette dénomination, elle non plus, ne projetterait qu'une lumière tamisée, impropre à un éclairage sain et impartial.

C'est que François Duvalier possédait le talent catastrophique d'inspirer l'amour jusqu'à l'adoration ou au sacrifice, et d'allumer la haine jusqu'à l'incandescence et au meurtre. Voici énoncé un paradoxe qui ne contribue nullement à simplifier l'analyse ni à dissiper le mystère qui enveloppe cette vie d'Homme d'Etat. Il déroute au contraire. Il amplifie le drame de conscience chez tous ceux qui avaient approché l'homme, pour le servir ou pour le combattre, ou seulement pour étudier son itinéraire historique.

Qu'on l'admire ou qu'on le déteste, force est de reconnaître que, dans le sillage de Dumarsais ESTIME, François DUVALIER demeure le président haitien qui a lancé Haiti sur la voie de la modernité. Avec la création du CONADEP destiné à devenir le Ministère du Plan, Duvalier sort Haiti de la routine et de l'improvisation pour l'installer une fois pour toutes dans l'ère de la planification et des plans quinquennaux. Le Service des Contributions qui se transformera en Direction Générale des Impôts (D.G.I.) va quitter la promiscuité poussiéreuse et étouffante d'un minuscule bureau (du temps où le service s'appelait Bureau des Contributions), pour emménager dans un véritable palais moderne digne d'une telle institution publique. Le Télécom S.A.M. vient, au milieu des années 60, moderniser ce secteur qui n'offrait que de rares téléphones asthmatiques à quelques rares privilégiés. En ces temps - bien sûr dépassés - où l'Etat se croyait bon gestionnaire, les Entreprises Mixtes voyaient le jour et imprimaient une dynamique déterminante à maints services d'intérêt public : le Ciment d'Haïti, la Minoterie d'Haïti, l'OAVCT, l'APN, l'AAN, la TELECO....etc. Toutes ces entités qu'en ce début du 21ème siècle, on a tendance à privatiser ou à brader ont vu le jour grâce à la vision de François Duvalier. Sans compter les organismes à vocation sociale : l'OFATMA, l'Institut National du Bien-Etre Social, l'ONA... etc.

Duvalier a également électrifié une grande partie du pays en faisant tourner des turbines sur le barrage hydro-électrique de Péligre érigé par Magloire. Depuis les Duvalier père et fils, le fils poursuivant dans une certaine mesure l'oeuvre du père, aucun investissement n'a été effectué dans ce secteur, ce qui nous vaut depuis longtemps deux heures de courant par jour ou tous les deux jours à la capitale, alors que sous le régime de « La Révolution au Pouvoir », comme on disait à l'époque, on ne connaissait, et en saison sèche seulement, qu'une heure de black-out par jour.

Les maigres moyens haïtiens, démultipliés par la volonté prométhéenne de F. Duvalier, ont construit l'Aéroport International Dr François Duvalier de Port-au-Prince. Cette oeuvre herculéenne a désenclavé le pays et lavé les nationaux de la gifle d'une obligatoire escale dominicaine, chaque fois qu'ils projetaient de voyager par avion vers l'Amérique ou l'Europe. Il est quand même étonnant - si ce n'est ridicule - que se refusant à perpétuer un hommage exigé par la probité et l'histoire, on ait, au lendemain de 1986, débaptisé cet ouvrage capital, pour l'affubler du nom d'un ministre de la Justice qui n'avait à son actif que l'exploit de s'être fait assassiner dans un coin de rue. Heureusement le nom de Toussaint Louverture est venu, encore une fois, rétablir l'échelle des valeurs et un certain équilibre des grandeurs. Bref, après François Duvalier, en dehors de l'intermède de son fils qui a desserré l'étau sur une parole démocratique qui avait tardé à s'exprimer librement, on ne peut vraiment affirmer que quelque chose d'imposant ait surgi sur le sol d'Haïti.

Voilà une vérité bien hardie, impatiente de se dresser devant les mensonges étincelants d'une clameur suggérée et manipulée. Elle émerge de plus en plus. Elle surgit au carrefour de toutes les nostalgies et impatiences et déceptions de la conjoncture des années 2000- 2006. Prudemment certes, car les passions ne sont pas encore éteintes. Surtout qu'elles sont entretenues par ceux-là que dérange une tendance automatique et généralisée à comparer deux époques et deux expériences politiques.

Cette confrontation inévitable tourne à l'avantage de la dynamique duvaliérienne au détriment de l'anarcho-populisme lavalassien. Et l'on comprend que la classe politique et la société civile, qui dominent l'échiquier et les médias depuis 20 ans, artisans dépités de « l'ordre lavalassien », s'évertuent à se dédouaner, en recherchant en dehors de ce dernier un bouc émissaire responsable des malheurs actuels du pays.

Trente cinq ans après la mort de François Duvalier, on ne se lasse pas de parler de lui au présent, tant les empreintes de son passage ont marqué les esprits et les consciences. Certains, certes, s'acharnent à lui attribuer toutes les turpitudes de ses prédécesseurs et successeurs, comme s'il avait dirigé Haiti dans le presqu'aujourd'hui et depuis l'Indépendance. Ceci n'emêche que la population dans son quasi-ensemble le cite de plus en plus à l'honneur pour le leçon de compétence, de fierté et de dignité qu'il a laissée à nos gouvernants et au peuple haitien.

Au moment où la vérité perce l'écran opaque des nuages et que peu à peu s'essouffle l'idéologie d'ostracisme et d'exclusion à ce point dominante en 1987 qu'elle a réussi à polluer la noblesse d'un texte constitutionnel, il devient opportun de raconter courageusement une histoire d'homme, sans fard ni acrimonie, sans toutefois la présomption de vider le sujet. L'honnêteté consisterait à présenter l'homme dans ses dimensions multiformes, avec ses lumières et ses ombres, ses vérités et ses faces cachées, ses grandeurs et ses petitesses...

Il faut aller au-delà d'une subjectivité résiduelle qui continue d'opérer une distorsion des faits et renvoie aux calendes grecques les accents sincères du « dialogue national » et les premiers gestes authentiques de la réconciliation nationale. L'historien lui-même perd ses repères...

François Duvalier se campait homme d'airain, tout entier rivé à la cause pour laquelle il combattait. Cependant son agir ne rencontrait pas toujours l'adhésion, même chez ses partisans les plus fanatiques.

Les thuriféraires du régime récusaient en silence certaines outrances du comportement et de la méthodologie politique de l'homme Ils trouvaient, par exemple, disproportionnées certaines mesures drastiques appliquées à des situations susceptibles d'être résolues plus rationnellement et avec moins de casse. Même ses fanatiques les plus frustres, bénéficiaires privilégiés de l'incontestable mobilité économique, sociale et intellectuelle enclenchée par le régime, jugeaient inapproprié de violenter les citoyens, fût-ce dans le noble dessein de les rendre plus heureux. Sa technique de répression directe et collatérale a opéré des ravages immenses, beaucoup plus dans le camp de ses partisans qu'au sein de l'opposition. Naturellement, cela tient au fait historique que la plupart des complots intérieurs avaient été fomentés par des duvaliéristes en mal de pouvoir. Et les « invasions », ainsi que les lointains et vains mouvements des exilés, provoquaient dans le pays toutes sortes de persécutions à l'encontre de leurs parents et alliés, même si ceux-ci avaient au fil du temps développé d'ostensibles et rentables attaches duvaliéristes.

Qu'on se rappelle ! A l'orée du règne, en 1959, la première levée de boucliers au Sénat s'était soldée par la dissolution du Parlement, l'arrestation ou le départ pour l'exil de grands estimistes comme Jean David, Emmanuel Moreau, Hugues Bourjeolly, Thomas Désulmé... etc, les artisans incontestables de la victoire du 22 Septembre 1957 ; la chirurgie périodique opérée dans les rangs de l'Armée frappait le plus souvent des éléments que le président avait lui-même promus ; la charrette de Lucien Daumec avait emporté un grand nombre d'inconditionnels duvaliéristes ; la conspiration du colonel Honorat, que le président appelait son fils, avait mis sur le billot la tête de nombre de haut gradés très dévoués au régime ; même la triste équipée de Jeune Haiti avait semé un deuil cuisant au sein de la gent duvaliériste de la Grande Anse ; Barbot, le garde du corps, le fer de lance de la campagne électorale, le premier chef de la police politique, avait rameuté dans sa guérilla urbaine la plupart de ses premiers enrôlés ou compagnons, pour les jeter finalement dans les geôles ou sous la guillotine de Duvalier ; Octave Cayard amena en exil le gros du contingent de la Marine réputé duvaliériste... Et nous en passons.

Dans une certaine mesure, comme Saturne, "la Révolution mangeait ses propres fils ». Il n'est pas un seul duvaliériste, en fait, qui n'ait eu à regretter un proche, parent ou ami. A ce compte, dans le monde duvaliériste, l'amour, s'il est raisonné et quelque peu teinté de deuil, ne peut qu'être mitigé.

Du côté des opposants, on distingue deux catégories. D'abord, ceux qui ont réellement souffert du régime, dans leur chair et celle de leur famille, dans leurs affaires, leurs biens ou leur fortune. Ceux-là se font un point d'honneur hautement justifié de vilipender François Duvalier : ils lui vouent une haine féroce, professent à son endroit une aversion viscérale, presque épidermique. Ceux-là se proclament les victimes, encore qu'il faille en toute conscience et objectivité discuter du mot qui devrait le mieux définir ceux qui étaient venus d'ici ou de loin attaquer Duvalier pour le renverser ou le tuer, et qui avaient tout prosaïquement perdu la guerre et essuyé les conséquences - peut-être trop dramatiques - de la défaite. Si ces conjurés ou envahisseurs avaient réussi à mettre la main sur Duvalier et sa famille, il est peu probable qu'ils les eussent gratifiés des meilleurs cadeaux. La preuve, c'est qu'au lendemain du 7 Février 1986, ils ont littéralement détruit toute une classe, par le fer, par le feu et par le supplice du collier.

Il y a ensuite une autre catégorie, nombreuse et majoritaire, celle des braillards qui n'ont effectué que l'effort minimal de rallier une tendance à la mode et épouser les couleurs de l'environnement politique de l'après-Duvalier. N'ayant aucune raison valable d'abominer Duvalier, ils ne parviennent que difficilement à se dégager d'une secrète admiration pour ce politique pragmatique, qui a consacré une vie entière à bien étudier l'idiosyncrasie haitienne, échafauder un système politique solide et durable, arrivant, tout civil qu'il fut, à établir une dynastie en ce pays, là où nos forgeurs d'indépendance et seigneurs de la guerre avaient lamentablement échoué. Dessalines, Christophe, Pétion, Boyer, Soulouque, Geffrard..., eux tous caressaient ce rêve; mais ils n'avaient pas su maîtriser le courant de l'histoire. Duvalier réussit , et ce n'est pas de l'accuser d'être anachronique - ce qui est d'ailleurs vrai, à le regarder du haut des années 2000 - qui enlève sa valeur à l'exploit.

Et ce n'est pas non plus la seule performance qui nourrit l'admiration secrète de ses contempteurs apparents. Aujourd'hui plus qu'hier, au moment où toute grandeur se dissout et s'effondre, on s'accorde à lui reconnaître une tenue digne et fière face à la communauté internationale. Après le départ du second Duvalier, en 1986, Haiti a connu deux occupations étrangères et nos dirigeants politiques ne se gênent pas de s'agenouiller devant les diktats du plus insignifiant employé international. On dirait que nos politiciens d'à présent se désintéressent totalement d'améliorer le sort du peuple. Ce qui semble importer avant tout, c'est de se pavanner sur la scène des conférences mondiales en quête d'un satisfecit international. On se le rappelle et on le dit tout haut : du temps de François Duvalier, on ne flanait pas autant et si vainement et aucun étranger, fût-il ambassadeur de la plus grande puissance du monde, fût-il pape, ne se serait permis de s'immiscer dans les affaires intérieures de la République d'Haiti et de donner des ordres à ses dirigeants. Bien sûr, on objecterait que les temps ne sont plus les mêmes, soit. Mais le pape est toujours catholique ; la puissance hégémonique n'a changé ni de nom ni d'hémisphère. Ce n'est pas seulement de nos jours qu'elle veut imposer ses diktats. Et tout comme aujourd'hui, hier aussi le pape et autres autorités hégémoniques internationales toléraient difficilement qu'on ne céde le pas devant eux. Lorsqu'il estimait devoir défendre, consolider, étendre les acquis de sa gestion, François Duvalier ne reculait jamais. Il avait l'intrépidité d'assumer ses actes et prises de positions, quel que soit le prix politique à payer. Aussi est-il normal que, dans le secret de leur coeur, les uns et les autres regrettent de n'avoir pas le courage d'adopter certains de ses attitudes et discours, de s'inspirer de ses élans de patriotisme et de certaines de ses mesures qui avaient imposé considération et respect... Chez beaucoup de ceux qui occupent actuellement notre devant de scène, l'anti-duvaliérisme viscéral et intransigeant n'est peut-être motivé que par le dépit de ne pouvoir en ce chapitre égaler leur bête noire. A travers le monde, on affublait Duvalier d'un péjoratif PAPA DOC, mais on respectait l'haitien partout.

Ainsi donc, les apologistes de Duvalier l'aiment, tout en condamnant certaines de ses méthodes de gouvernement ; les familles des victimes traînent un héritage de haine indifférenciée, mais tous se souviennent d'une tenue qui flatte aujourd'hui leur nationalisme et leur orgueil d'haitien ; les opposants suivistes l'agonisent d'injures ronflantes, tout en l'admirant secrètement. Il est aimé, mais partout avec un bémol : il est donc MAL-AIME.

Les uns proclament sa grandeur en se détournant de la face patibulaire de ce Janus caraïbéen ; les autres le vouent aux gémonies tout en songeant à s'approprier sa baraka et ses sombres qualités politiques. On lui entonne un cantique d'amour, mais sur un ton mineur : il est donc MAL-AIME.

Tous rêvent en leur for intérieur de l'imiter, les premiers en se réclamant ouvertement de son obédience, les seconds en exorcisant d'un tribut de paroles ignominieuses leur mystérieuse et irrésistible inclination. On l'aime d'un amour presque ésotérique et clandestin, il est donc MAL-AIME.

Voici, en peu de mots, ce qui explique le titre de cet essai de restitution de l'histoire d'une époque qui suscite tant de controverses et d'interrogations.

Je me suis mis à écrire ce livre au cours de mon second exil, en République Dominicaine. Sans autre document que ma mémoire encore vivace et le lointain souvenir de quelques lectures anciennes. La Marche à la Présidence, Compilations pour l'Histoire, Mémoire d'un Leader du Tiers-Monde, Les Comédiens, Duvalier et les Tonton-Macoutes, la République Héréditaire, les Ombres d'une politique néfaste .... etc. Par la suite, d'autres lectures plus récentes me permirent de vérifier la fidélité de mes souvenirs. Et des fois, je l'avoue, je fis plus confiance à ceux-ci qu'à celles-là, tant semblait sytématique l'entreprise de distorsion des faits au profit de l'idéologie dominante de l'ostracisme et de l'exclusion.

Je sais bien à quoi est exposé ce livre. Cependant, et je n'hésite pas à me répéter, le moment semble être venu de raconter courageusement une histoire d'homme, telle qu'un contemporain, témoin privilégié, l'a vécue. Entre l'objectivité, aujourd'hui peut-être prématurée, et la subjectivité maladive qui pourrit la vérité, il y a place pour l'honnêteté. L'honnêteté, en la circonstance, consiste à présenter l'homme, avec ses lumières, ses ombres et ses faces cachées, en disant simplement ce qu'on a vu, entendu et vécu. D'autres diront ou écriront d'autres choses qui auront la vertu d'enrichir un dossier que les historiens de demain prendront en main, quand les passions se seront tues et qu'il sera devenu possible, grâce au recul du temps, de décanter le précipité des émotions individuelles et collectives, afin de libérer la vérité historique du magma des amours délirantes et éperdues, comme des haines irréductibles et inassouvies.

Dr Rony GILOT

Football - Gold Cup 2007 : Haïti en lice à partir du 6 juin 2007


[AlterPresse] --- Après son sacre à la Coupe Caraïbes des Nations baptisée « Digicel Cup », Haïti commencera à défendre ses couleurs, le mercredi 6 juin 2007, devant son homologue de la Guadeloupe, suivant le tirage au sort de la prochaine édition de football de la Gold Cup (Coupe d’Or) qui se tiendra en juin 2007 aux Etats-Unis d’Amérique.

La sélection haïtienne de football se retrouve dans le groupe A avec le Canada, la Guadeloupe et le Costa Rica, indique le tirage au sort du lundi 5 mars 2007 parvenu à l’agence en ligne AlterPresse.

Le coup d’envoi de la compétition sera donné le 6 juin 2007 au stade Orange Bowl de Miami par une rencontre qui opposera le Costa Rica à l’équipe canadienne de football.

Haïti entrera en lice, dans la même soirée (21 :00, heure de Miami), quand les champions de la Caribbean Digicel Cup auront à défendre les couleurs nationales face à la Guadeloupe devant un public floridien qu’ils connaissent très bien. Très nombreux aux Etats-Unis d’Amérique, notamment à Miami, les compatriotes Haïtiens devraient faire le déplacement en foule pour supporter l’équipe nationale de football pendant ses confrontations.

L’équipe haïtienne de football affrontera le Costa Rica le 9 juin, et le Canada le 11 juin 2007.

Le groupe B de l’édition 2007 de la Gold Cup est composé du Guatemala, du Salvador, de Trinidad & Tobago et des Etats-Unis d’Amérique. Dans le groupe C, on retrouve le Mexique, le Panama, le Honduras et Cuba.

Les deux premiers de chaque groupe, plus les deux meilleurs troisièmes, seront automatiquement qualifiés pour les quarts de finale.

Les demi-finales et la grande finale se dérouleront respectivement les 21 et 24 juin 2007 à Chicago, une ville des Etats-Unis d’Amérique fondée par un Haïtien, et à Illinois. [do rc apr 07/03/2007 12:15]

Source: Alter Presse sur http://www.alterpress.org


Légère amélioration de la situation des droits humains en Haïti, mais faible performance du gouvernement, selon les Etats-Unis

Le rapport 2007 du Département d’Etat sur les droits humains accuse des policiers d’avoir commis des exactions et rend les gangs armés principalement responsables de la violence en Haïti ; satisfecit décerné à la MINUSTAH

La situation des droits humains en Haïti a connu en 2006 une légère amélioration, mais le bilan du gouvernement dans ce domaine reste extrêmement maigre, a fait ressortir l’administration Bush dans son rapport mondial 2007 sur la situation des droits humains lancé mardi à Washington.

Le Département d’Etat s’est félicité du bon déroulement "du processus électoral relativement stable et pacifique", dont est isssu l’actuel Président René Préval et qui a été marqué par la participation de 63% des 3,5 millions d’haïtiens en âge de voter et détenteurs de la carte d’intentification nationale.

Le gouvernement américain a, d’autre part, salué le travail accompli par la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti. "La MINUSTAH a déployé 6.668 militaires et 1.692 policiers civils en vue de garantir la sécurité pendant et après les élections", indique le rapport. La mission a aussi assuré l’entraînement et l’encadrement de la Police Nationale, assisté le gouvernement dans la lutte contre la violence des gangs et empêché "l’émergence potentielle d’une opposition violente que pourraient alimenter des militants de groupes politiques bien armés", soutient le document.

Sur un plan plus général, Washington note "quelques signes d’amélioration" depuis l’arrivée du gouvernement Préval/Alexis notamment dans la lutte contre la violence entretenue par les bandes armées. Cependant, le tableau de la situation des droits humains continue d’être sombre et le pays reste confronté à de sérieux problèmes en matière de respect de la personne humaine.

Malgré les progrès à l’actif des autorités, de nombreuses violations des droits humains, même si elles n’ont pas été commanditées par le régime en place, ont été enregistrées l’année dernière sous diverses formes : des exécutions sommaires et extrajudiciaires dont des éléments de la Police Nationale d’Haïti (PNH) se sont rendus coupables, la surpopulation carcérale et les mauvaises conditions sanitaires constatées dans les prisons, des cas d’arrestations arbitraires, les détentions préventives prolongées, un système judiciaire inefficace et pouvant être influencé par l’Exécutif et le pouvoir législatif, la corruption sévère qui affecte le gouvernement dans tous ses compartiments, la non adoption de mesures visant à prévenir la violence et les discriminations sociales dont sont victimes les femmes, les violences sexuelles exercées contre les enfants, le trafic d’enfants et le travail des enfants en domesticité.

Le rapport 2007 du Département d’Etat dénonce également l’absence de mesures destinées à trouver des réponses apppropriées aux crimes commis par des membres de gangs et d’autres groupes armés et la "persistance des activités des membres des bandes armées consistant à pratiquer des enlèvements, torturer et traiter cruellement leurs otages".

Les bandes criminelles sont en grande partie responsables de la violence qui sévit dans le pays. Des cas courants d’actes criminels et d’attaques armées contre des civils ont continué à provoquer une psychose de peur au sein de la population.

Concernant la situation dans les 17 centres pénitentiaires que compte le pays, 4.663 détenus ont été recensés. Parmi eux, seuls 738, soit 16%, ont été jugés et condamnés. Les 3.925 autres personnes, 84%, attendaient d’être déférées devant un tribunal compétent après de longs mois de détention préventive.

Les conditions d’incarcération des mineurs sont également préoccupantes. Si les garçons, estimés à 154, sont généralement séparés des adultes, en revanche pour les filles aucun effort n’a été entrepris. A la prison des femmes de Port-au-Prince, 27 des 33 adolescentes de moins de 16 ans détenues le sont en compagnie de femmes n’ayant rien à voir avec leur catégorie d’âge.

Enfin, les Etats-Unis soulignent la libération sur décisions de justice ou pour raisons humanitaires de plusieurs anciens hauts responsables Lavalas ayant fait l’objet de détention préventive prolongée. Ils citent notamment les cas de l’ex-ministre de l’intérieur, Jocelerme Privert, de l’ancien Premier ministre Yvon Neptune, du père Gérard Jean-Juste, d’Annette Auguste alias Sò Ann et de Paul Raymond. Les deux premiers ont été relaxés respectivement le 15 juin et le 27 juillet 2006 après avoir été inculpés dans le massacre de La Scirie, un quartier de St-Marc (Artibonite, nord). Une cinquantaine de partisans présumés de l’opposition avaient été tués dont certains brûlés vifs en février 2004, quelques jours avant la démission d’Aristide, selon divers témoignages.

Le rapport américain souligne que pour beaucoup en Haïti messieurs Neptune et Privert avaient été emprisonnés à la mi-2004 pour des motifs politiques.

A rappeler que malgré l’ordonnance rendue par le juge instructeur Clunie Pierre Jules inculpant formellement dans l’affaire La Scirie les deux hommes et plusieurs autres anciens partisans zélés d’Aristide, le dossier a été pratiquement classé et toute perspective de procès anéantie. La partie civile et les organisations des droits humains se sont tues alors que progressivement les personnes détenues sont libérées par les autorités. spp/RK

L’OEA et la CARICOM satisfaites d’avoir contribué au renforcement institutionnel en Haïti

Les Secrétaires généraux des deux organisations, José Miguel Insulza et Edwin Carrington ont eu une réunion de travail au Guyana

La Communauté Caraïbe (CARICOM) et l’Organisation des Etats américains (OEA) ont mis l’accent sur leur contribution respective au renforcement institutionnel en Haïti à l’occasion de leur quatrième réunion conjointe organisée le week-end écoulé à Georgetown.

Selon un communiqué de l’OEA, le Secrétaire général de l’organisation panaméricaine, José Miguel Insulza et son homologue de la CARICOM, Edwin Carrington, réunis au siège de l’organisme sous-régional dans la capitale du Guyana, se sont félicités de leur convergence de vue concernant l’évolution de la situation en Haïti.

Passant en revue les différents projets communs aux deux entités dans le cadre d’un solide partenariat, M. Carrington a souligné les "efforts entrepris par l’OEA et la CARICOM dans le but d’aider les haïtiens à surmonter leurs difficultés politiques et à renforcer les mécanismes institutionnels dont ils disposent dans une perspective de consolidation de la gouvernance en Haïti".

La CARICOM, dont les quinze Etats membres font partie de l’Organisation des Etats américains, a renoué avec Haïti en 2006 après lui avoir imposé une suspension de deux ans consécutivement à la chute début 2004 de Jean-Bertrand Aristide.

Pour sa part, l’OEA a joué un rôle de premier plan dans le processus ayant conduit à l’organisation des élections de 2006 en contribuant notamment à la constitution du premier registre électoral national de l’histoire d’Haïti. spp/RK

Haïti parmi "sept pays stratégiques" sélectionnés par les Etats-Unis pour produire de l’éthanol

La production de biocarburants dans la région, enjeu principal de la visite du Président George Bush au Brésil où un nouveau partenariat doit être annoncé

mercredi 7 mars 2007,
Washington a placé Haïti sur une liste de "sept pays stratégiques" où la production d’éthanol sera subventionnée dans le cadre d’un programme de coopération que lanceront les Etats-Unis et le Brésil, rapporte le quotidien brésilien O Estado de Sao Paulo à la veille de l’arrivée jeudi à Brasilia du Président américain George W. Bush.

Selon les révélations d’un haut responsable républicain cité par le correspondant du journal à Washington, la Maison Blanche a déjà acheminé au Congrès (Parlement) un texte prévoyant des investissements en vue de la construction d’usines de production d’éthanol au Pérou, en Colombie, au Salvador, au Honduras, au Guatémala, à St Kitts et Nevis, en République Dominicaine et en Haïti.

L’énergie propre a la côte auprès de l’administration Bush qui cherche à garantir la sécurité énergétique des Etats-Unis au cours des prochaines années et à réduire la dépendance du pays vis-à-vis du Vénézuéla d’Hugo Chávez, l’un de ses principaux fournisseurs de produits pétroliers.

Les ressources qui seront mises à la disposition de ces pays viendront directement du gouvernement américain et de la mission américaine à l’Organisation des Etats américains (OEA), mais aussi de la Banque Interaméricaine de Développement (BID) et de la fondation des Nations Unies.

Le Sénateur républicain Richard Lugar doit présenter à ses collègues dans les prochains jours une proposition de loi visant à stimuler le marché de l’éthanol sur le continent. L’équipe du parlementaire américain envisage notamment la création de fonds de financement conjointement avec des institutions multilatérales afin de déterminer la viabilité du projet et la construction dans des pays de la Caraïbe et de l’Amérique centrale d’infrastructures réservées à la production de biocombustibles.

Pour sa part, le Président brésilien Luiz Inàcio Lula da Silva cherchera dans ses entretiens avec son homologue américain à le convaincre d’accepter de consacrer des ressources financières à la stimulation de la production de la canne à sucre en Afrique et en Haïti.

Avec des plantations estimées à plus de 400 millions de tonnes, le Brésil est le premier producteur mondial d’éthanol et s’impose comme un partenaire incontournable des Etats-Unis.

George Bush effectue jeudi et vendredi une visite officielle au Brésil dont l’objectif principal est la promotion d’une coopération bilatérale axée sur la production de biocarburants à base d’éthanol. Ce sera la première étape de la plus importante tournée en Amérique latine du chef de la Maison Blanche attendu également en Uruguay, en Colombie, au Guatémala et au Mexique. spp/RK

lundi 5 mars 2007

HAIUTI A L'HONNEUR A PARIS

CFHCI/POINT PAYS / Haïti fait jour à Paris Par notre envoyé spécial, Thomas Lalimethomaslalime@lematinhaiti.com
« Journées d’Haïti » est le thème retenu par la Chambre franco- haïtienne de commerce et d’industrie (CFHCI) pour le « point pays » qu’elle organise en concertation avec le gouvernement haïtien du lundi 5 au mardi 13 mars 2007 en France et en Belgique. Le « point pays » facilite la rencontre entre des représentants des secteurs public et privé haïtiens et leurs homologues français et fait suite à la visite en France en juin dernier du président René Préval. Le lancement se fera ce soir par la Chambre franco-haïtienne et ses partenaires qui recevront les représentants du gouvernement français dans une salle mise à sa disposition par le Sénat français au Palais de Luxembourg. La presse française notamment Le Monde, Le Figaro, Libération assurera la couverture médiatique de « Journée d’Haïti » de même que la presse économique à travers Les échos, La Tribune. Les rendez-vous se donnent à Paris, Bordeaux, Nice et Bruxelles. La délégation haïtienne composée d’hommes d’affaires et d’officiels, assistés par des membres de la presse,Présentera des projets aux entrepreneurs et au gouvernement français afin de les convaincre de l’opportunité d’y apporter leurs supports techniques et financiers. Au menu de « journées d’Haïti » : quatorze projets touchant les secteurs tourisme, agro-industrie, énergie, transport… La construction des zones franches tant à Port-au-Prince que dans certaines villes de province occupe aussi une place de choix dans les discussions. Aujourd’hui à 13 h, le déjeuner offert à la délégation haïtienne par la ministre française déléguée à la Coopération, au Développement et à la Francophonie, Mme Brigite Girardin, sera suivi d’une réunion avec le Club de Paris au ministère de l’Économie et des Finances à Bercy. Une séance de travail avec le directeur général de l’Agence française de développement (AFD), Jean Michel Severino, viendra clôturer la première des journées d’Haïti à Paris. La deuxième journée, le mardi 6 mars 2007, s’ouvrira par une réunion avec le Mouvement des entreprises françaises (Medef) et se terminera par la soirée de la diaspora haïtienne, organisée par l’ambassade d’Haïti à Paris. Une rencontre est prévue le mercredi 7 mars avec le directeur des Affaires économiques et internationales au ministère des Transports, de l’Équipement, du Tourisme et de la Mer, M. Dominique Bureau. Au cours de cette même journée, la délégation haïtienne doit s’entretenir avec M. Christian Estrosi, ministre délégué à l’Aménagement du territoire auprès de M. Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur français. Dans l’après-midi, la délégation rencontrera des représentants de l’Assemblée nationale, certains ministres du gouvernement français, des entrepreneurs et promoteurs du tourisme. Elle laissera Paris pour Bordeaux, Nice où elle visitera Sophia Antipolis jeudi et vendredi. La délégation s’envolera vers Lille le lundi 12 mars et sera à Bruxelles le mardi 13 mars 2007.Les projetsLes quatorze projets qui seront présentés font tous l’objet d’une description sommaire incluant le contexte de leur réalisation, leur localisation, leur mise en œuvre, les coûts et financements ainsi que les indicateurs de performances au niveau économique, social et environnemental. À titre d’illustration, nous soumettons à l’attention de nos lecteurs le projet visant la construction d’un complexe hôtelier et touristique à Montrouis sur la côte des Arcadins. La description sommaire des autres projets sera présentée tout au cours de la semaine. Le tourisme a été identifié comme un secteur susceptible de contribuer au développement économique et social d’Haïti. Ainsi, le gouvernement de la République a choisi de poursuivre la mise en œuvre du Plan directeur du tourisme élaboré en 1996 et révisé entre 2003 et 2005. Quatre zones touristiques sont classées prioritaires, dont la Côte des Arcadins. Le projet offre un produit touristique hôtelier haut de gamme de type « resort », avec des zones de plage, de ski nautique, de sports et de campagne. Il comprend 250 chambres et 6 suites, et offre un service prépayé de navette aller-retour entre l’hôtel et l’aéroport, des programmes pour famille, y compris les enfants, sous forme d’excursions, de promenades quotidiennes et d’autres attractions organisées, des activités récréatives comme les jeux de casino et les spectacles, ainsi que la possibilité d’organiser des réunions et des banquets. Le tourisme balnéaire y est associé avec le tourisme culturel et l’écotourisme, grâce à des excursions vers l’intérieur du pays. Ce projet permettra de boucler le circuit triangulaire Cuba - République dominicaine - Haïti, dans le cadre des voyages multidestination.Il sera érigé sur un terrain de 12 ha. Au niveau de la phase d’exploitation, le marché haïtien, particulièrement celui de la plaine de l’Arcahaïe, sera la principale source d’approvisionnement des produits agricoles nécessaires à la restauration des touristes. Il en est de même de certains produits industriels légers. Les coûts d’investissement du projet sont estimés à environ 25,17 millions de dollars américains répartis comme suit : environ 15,5 millions de dollars pour le coût des travaux, 5 millions pour les équipements et 1,6 million pour les honoraires au titre des services professionnels. Ces montants tiennent compte des avantages dont bénéficiera le projet durant sa phase de construction, et qui , selon le Code des investissements du pays, se rapportent à « la franchise douanière et fiscale sur les importations de biens d’équipements et de matériels nécessaires à la prospection, l’implantation, l’aménagement ou le réaménagement, quand ce matériel ou ces équipements ne peuvent pas être trouvés localement dans les mêmes conditions de quantité, de qualité et de prix ». Les investissements seront financés par fonds propres, à hauteur de 11 millions de dollars et par dettes bancaires pour un montant de 14 millions de dollars. Pour Edouard Clément qui a travaillé sur la rédaction et la mise en forme des différents projets présentés, « Journées d’Haïti » représente une excellente opportunité pour stimuler l’investissement en Haïti à travers la recherche de partenariat stratégique entre les secteurs privés français et haïtien. La dynamique ainsi créée devrait contribuer à remettre Haïti sur la carte mondiale des affaires. *Reportage réalisé grâce au support de la Comcel

Legende 1) : Vue d’un quartier proche des Champs ÉlyséesLegende 2) : Vue d’un hôtel hébergeant une partie de la délégation haïtienne.

lundi 5 mars 2007
Source Journal le matin sur http://www.lematinhaiti.com

Il y a trois ans, Aristide faisait ses malles

par Ladenson Fleurival ladenson@lematinhaiti.com
Des sympathisants Lavalas, fidèles à leur leader Jean- Bertrand Aristide, ont manifesté dans les rues de Port-au-Prince ce mercredi 28 février pour le retour de l’ex-président déchu du pouvoir le 29 février 2004, et le départ des forces onusiennes, présentes depuis deux ans dans le pays. Des hommes, des femmes, et même des gamins ont marché depuis le quartier volatile de Cité Soleil, en passant par Bel-Air, afin d’atteindre le Champ de Mars, siège du palais présidentiel.Quelques pancartes, frappées à l’effigie de l’ancien prêtre président, étaient brandies, tandis que sur d’autres se lisaient des messages tels : « Vive la paix » ou encore « Cité Soleil veut la paix ». Les manifestants ont profité de l’occasion pour lancer des flèches à l’endroit du président de la République, René Préval, qui « n’a rien fait pour soulager leur misère ». Ils ont encore une fois accusé les États-Unis d’Amérique d’implication dans la chute d’Aristide qui, selon eux, aurait été « kidnappé », le 29 février 2004.Arrivés au Champ de Mars où régnait une chaleur torride, les manifestants ont plongé sous les principaux jets d’eau de la place, ôtant leurs t-shirts ou chemises comme pour un véritable bain.Bref historique du départLa chute d’Aristide fut provoquée par un soulèvement populaire qui traduisait l’ensemble des frustrations de la société. Les évènements sanglants du 5 décembre 2003 à la faculté des Sciences humaines et à l’INAGHEI radicaliseront l’opposition contre celui qui a dominé la scène politique haïtienne durant plus d’une décennie (1990-2004). Mais toujours est-il que l’homme charismatique de la Saline n’a pas su terminer aucun des deux mandats présidentiels de 5 ans qu’il a obtenus aux élections de décembre 1990 et novembre 2000. Le premier a été interrompu suite à un coup d’État militaire sanglant après seulement sept mois, et le second, après deux ans, conséquence de la contestation orchestrée par tous les secteurs du pays. Alors que les manifestations pacifiques de rues peinaient à faire fléchir le régime, les actions de groupes d’hommes armés, venus du nord du pays, avec en tête Guy Philippe, ancien directeur départemental du Nord de la Police nationale d’Haïti (PNH), allaient faire changer les donnes. En quelques jours, la bande de Guy Philipe, qualifiée de « rebelles » par Aristide et ses proches, avait pris le contrôle de toute la région du grand Nord (Artibonite, Nord, Nord-Est, Nord-Ouest, Hinche) et menaçait de marcher sur Port-au-Prince si Aristide refusait d’entendre raison. Les menaces sans cesse croissantes des « rebelles » de déloger l’occupant du palais national de ses fonctions, la conjonction et la détermination des forces sociales dans le pays, les actes de terreur des partisans armés d’Aristide allaient finalement motiver la communauté internationale à faire pression sur ce dernier et à obtenir sa démission. Le 28 février 2004, le bruit courait que les troupes de Guy Philipe étaient dans les parages de la capitale. Les rumeurs se sont intensifiées dans la nuit du 28 au 29 février 2004 et les habitants de Port-au-Prince ont veillé, accrochés à leur téléphone et à leur poste de radio, sensibles à toutes nouvelles informations. Tôt le 29 février, la nouvelle du départ d’Aristide était annoncée sur les ondes des stations de radios du pays. Et au cours de la matinée, l’international, sous le leadership des États-Unis d’Amérique du Nord, allait confirmer qu’Aristide avait choisi de démissionner. « Jean-Bertrand Aristide a choisi de démissionner face à la menace des insurgés armés qui s’apprêtaient à marcher sur Port-au-Prince », avait soutenu James B. Foley, ambassadeur des États-Unis en Haïti en mars 2004, quelques jours après le départ du président lavalas .« À preuve, 24 heures après le départ pour l’exil de monsieur Aristide, les rebelles étaient déjà dans la capitale haïtienne », avait poursuivi l’ambassadeur.Et, de son exil, Aristide de rétorquer : « Les États-Unis et leurs alliés m’ont kidnappé dans la nuit du 28 au 29 février 2004 et m’ont démis du pouvoir ». Il y a déjà trois ans… Mais le discours de l’ex-président n’a pas changé.
jeudi 1 mars 2007

Source Journal Le Matin sur http://www.lematinhaiti.com

ENTRETIEN DE MONSIEUR L'AMBASSADEUR DE LA REPUBLIQUE DOMINICAINE MONSIEUR JOSE SERRULLE RAMIA AVEC LE JOURNAL LE MATIN

« Construisons l’avenir ensemble » « Le bien-être des Haïtiens, c’est le bonheur des Dominicains »
Par Marc-Kenson Josephjmarckenson@lematinhaiti.com
Dans une interview exclusive accordée au Matin, l’ambassadeur dominicain, Jose Serulle Ramia, homme « de foi et d’enthousiasme », a fait un vibrant plaidoyer pour le renforcement des relations entre les peuples dominicain et haïtien. Construisons l’île ensemble, n’a-t-il cessé d’exhorter tout au cours de l’entretien qui s’est déroulé autour des différents sujets qui marquent quotidiennement l’actualité haitiano-dominicaine. L’ambassadeur dominicain a répondu aux questions de notre éditorialiste en chef, Claude Moise, de notre rédacteur en chef, Clarens Fortuné, de l’éditorialiste Roody Edmé et du reporter Marc-Kenson Joseph.

Le Matin : Ce 27 février ramène le 163è anniversaire de l’indépendance de votre pays. Pourriez-vous faire un survol historique ?
José Serulle Ramia : Dès sa naissance, la nation dominicaine a connu des heures très difficiles. Il faut rappeler que l’île Quisqueya n’a pas été divisée par les Dominicains ni par les Haïtiens. Ce sont les puissances coloniales qui ont fragmenté ce territoire. Elles ont créé des conditions différentes des points de vue culturels, socio- économique, d’exploitation du territoire. Plus de 600 000 esclaves ont été recensés en Haïti où il y avait un système de plantation très cruel depuis le transport des Noirs à partir d’Afrique en 1503. L’économie était basée sur l’exploitation intensive. La division de l’île à travers les luttes de puissances colonialistes de l’époque a marqué son histoire.
À partir de 1800 des intérêts distincts se sont manifestés d’un côté comme de l’autre. Il y avait déjà des commerçants espagnols dans le Saint-Domingue espagnol qui avaient leurs propres intérêts. Des classes sociales étaient nées chez nous. L’église catholique s’imposait. La langue espagnole s’était taillée une place. De l’autre côté, il y avait le français puis le créole patois qui s’est tissé au niveau des plantations, en même temps que des croyances propres aux esclaves. Un synchrétisme très particulier était remarqué chez ces derniers qui recherchaient une voie de libération sous l’empire de l’esclavage.
On a créé des circonstances pour que des cultures plus ou moins différentes surgissent sur une même île. Un phénomène unique dans le monde. Plus unique au moment de la formation de l’État haïtien en 1804 et celle de l’État dominicain en 1834. Il n’existe aucune île au monde où il y a deux États indépendants. Cela enrichit la vie même des deux peuples qui ont des traditions différentes, des couleurs différentes à tous les niveaux. On a deux systèmes politiques, économiques qui se sont définis à travers l’histoire dans des circonstances totalement différentes. Mais, on a aussi des racines communes : Afrique, Espagne, France, États- Unis, Angleterre. On a connu les interventions des Etats-Unis (1815 en Haïti, 1816 en République dominicaine) qui ont marqué la vie économique, sociale, politique et culturelle des deux pays. Il y a eu encore en 1965 une autre intervention des États-Unis en République dominicaine. Nos histoires ont été construites sur la base de circonstances indépendantes de la volonté de nos peuples. Il faut réécrire cette histoire. C’est très important pour l’éducation de nos enfants, de nos populations, afin que celles-ci puissent combattre toute sorte de préjugés.
LM : Que faut-il retenir de la période de séparation?

JSR : À l’époque de notre indépendance, il y a eu une certaine séparation vis-à-vis d’Haïti. Mais, c’étaient des circonstances très spécifiques. Par exemple, le président Boyer s’était rendu en République dominicaine sur la demande des commerçants qui se sentaient abandonnés par l’Espagne. Alors qu’ils voyaient en Boyer une façon de faire recette, ce dernier, malheureusement, appliquait de mauvaises politiques. Il appliquait de bonnes politiques d’un côté parce qu’il avait mis fin à l’esclavage dans la partie Est et distribué des terres mais il posait des actions non convenables d’un autre côté, notamment la fermeture de l’université de Saint-domingue, la première université du Nouveau Monde. Il s’était mis aussi en contradiction avec l’Église catholique qui était une puissance spirituelle mais également une puissance sociale du point de vue de propriété. Le peuple haïtien était un peu fatigué car son dirigeant s’était transformé en despote. L’avènement du général Geffrard au pouvoir (1859-1868) coïncidait avec l’annulation de l’indépendance de la République dominicaine par la puissance espagnole qui occupait une fois de plus le territoire national avec un mauvais gouvernement. L’économie était basée sur une exploitation libre du bétail et du bois. En 1834, c’était le secteur le plus conservateur qui avait pris le pouvoir. Pedro Santana– premier président dominicain – cherchait constamment le prétexte de l’invasion haïtienne pour rattacher la République dominicaine à l’Espagne. Ce rattachement fut contesté et le 16 août 1863, la guerre de Restauration éclata. C’est ce que j’appelle la véritable guerre de l’indépendance qui dura plus de deux ans. En 1865, grâce, entre autres, au général Gregorio Luperón qui combattit Santana, l’indépendance fut restaurée. L’histoire de la République dominicaine est très bouleversée. Elle n’est pas rectiligne. Mais, un constat : à partir de la séparation en1844, il n’ y a pas eu de vraie guerre entre les deux républiques. On a connu la guerre de la restauration et il y a eu certes des problèmes. La nation dominicaine et la nation haïtienne se sont construites.

LM : À quoi faut-il s’attendre ?
JSR : Ce qu’il faut chercher maintenant c’est voir comment les deux nations peuvent partager un avenir d’où le préjugé sera totalement éliminé. Le véritable patriotisme, c’est construire l’île (Quisqueya). Construire chaque nation dans un esprit de paix, de dialogue permanent, de réalisations concrètes. Il faut des coopérations aux niveaux économique, technique, éducatif et sanitaire. Il faut penser à rétablir une politique migratoire. Construire une politique commune comme l’Europe. Les États ont commencé petit à petit. Ils étaient 2, 6 puis 25. Avec toutes leurs différences. Nous sommes une petite île, alors pourquoi ne pouvons-nous pas vivre en paix en construisant un avenir ?.La solution ne sera jamais dans la division, la guerre. Vous vous imaginez une guerre entre les deux républiques. Qu’est-ce que cela peut apporter ?

LM : Selon vous, quelle est la pierre d’achoppement au fonctionnement de la commission mixte binationale ?
JSR : On doit multiplier les contacts. C’est cela le problème. L’instabilité (minimum de sécurité) aussi chez le peuple haïtien en est un autre. Il faut que les relations soient transparentes, honnêtes. Il y a de bonnes conditions pour que la commission mixte puisse démarrer. Elle doit être dynamique et non bureaucratique. Récemment, j’ai assisté à une conversation téléphonique franche entre les présidents Préval et Fernandez. Ils ont parlé comme des frères. Ce sont deux chefs d’État, deux interlocuteurs valables qui se comprennent. Ils ont conscience de la nécessité d’œuvrer pour l’établissement de bons rapports entre les deux pays. Vraiment, c’est une occasion historique qui nous est offerte. Il faut en profiter. Les ministres, les maires, les sociétés civiles, les institutions des deux pays doivent se jumeler. Les citoyens des deux pays ont pour obligation de connaître l’île entière. Je suis ici depuis deux ans et j’ai voyagé à travers les dix départements d’Haïti sans avoir été sujet au moindre geste d’hostilité. On doit changer l’image d’Haïti. On a exagéré au cours de l’histoire en présentant une image négative de ce coin de l’île. Il faut la contribution de la République dominicaine. Mais, il faut surtourt que le peuple haïtien s’unisse pour projeter une autre image. Haïti a une richesse extraordinaire, une puissance créative aux points de vue culturel et artistique. La biodiversité et les potentialités éco- touristiques de l’île sont énormes. Et, avec une commission mixte efficace et efficiente nous pouvons ensemble faire avancer les choses. Le bien-être des Haïtiens, c’est le bonheur des Dominicains. Nous n’avons pas de conflit individuel. Vous savez, les populations ont moins de problème, moins de conflit sur la ligne frontalière. Quand il y a une grande migration dans un pays, c’est normal que l’on enregistre des conflits personnels, familiaux entre nationaux et immigrés. Mais, ce n’est pas au niveau de la frontière que l’on rencontre ces problèmes. On constate une relation d’harmonie entre les gens de la frontière. Toutefois, on constatera des indices de pauvreté des deux côtés. Il faut reconstruire et sécuriser la frontière entre les deux pays. Les Forces armées dominicaines le font mais cela ne suffit pas. L’État haïtien doit lui aussi œuvrer en ce sens.

LM : N’y a-t-il pas un projet de l’Union européenne relative à cette situation ?
JSR : En effet, il y a un projet très important de l’Union européenne (UE) en cours au niveau de Ouanaminthe-Dajabon qui doit être inauguré bientôt. On considère aussi la possibilité de construire probablement des bureaux de douane en commun. La construction de la route entre Dajabon et Cap-Haïtien est en cours. Cela va ouvrir un grand marché sur le Nord des deux pays. Je dis que c’est la voie à des échanges de plus de 400 millions de dollars par an, tenant compte du nombre de résidents dans cette zone. On peut faire des villages touristiques avec des itinéraires touristiques communs (Citadelle, Labadee, la baie de l’Acul…).J’ai déjà parlé au ministre des Affaires étrangères extérieures, M. Jean-Raynald Clérismé qui m’a exposé le désir du gouvernement de construire des commissariats dans la zone frontalière afin d’avoir une présence véritable. Le ministre des Travaux publics Frantz Verella, s’est exprimé en faveur de la construction de route pouvant relier toutes les villes frontalières. Des efforts qui vont améliorer les échanges commerciaux, culturels, sont en train de se faire
LM : Avez-vous une idée du chiffre des exportations entre les républiques dominicaine et haïtienne ?
JSR : Officiellement on parle de 147-250 millions de dollars américains. Moi, en tant qu’économiste et observateur, je parle de plus de 500 millions de dollars américains, un chiffre qui a tendance à augmenter de plus en plus. Pour- quoi Haïti doit importer d’autres pays lointains s’il y a un marché tout près, des frères et des sœurs dominicains. Ce que je souhaite en tant que citoyen de cette île, c’est qu’Haïti augmente son offre en exportation également. Certains disent que « les Dominicains ferment leurs barrières aux produits haïtiens », ce n’est pas vrai. Il y a un système de tarif douanier un peu différent de celui d’Haïti, mais tout cela peut être négocié entre les gouvernements. On doit s’asseoir pour autoriser le passage des marchandises libres, les tarifs que l’on va mettre sur chaque produit haïtien, etc. L’économie haïtienne s’est beaucoup plus libéralisée que celle de la Dominicanie. Ça fait peut-être du bien mais ça fait peut-être du mal aussi. C’est à vous d’analyser cela. On (République dominicaine) applique une libéralisation progressive, car il faut appliquer des politiques commerciales qui protègent les producteurs nationaux. De ce fait, on décide d’augmenter nos tarifs afin de rendre beaucoup plus compétitifs les producteurs nationaux.
Puis, graduellement on baisse les prix. On a vu au cours des dernières années une croissance du produit intérieur brut à 12 %. Je vois que l’économie haïtienne aspire à une croissance de 4 %. Si cela se maintient pendant 3 à 5 ans ou augmente, on dira qu’Haïti commencera vraiment à s’en sortir et est devenue un pays prospère socio économiquement.
LM : Les intellectuels dominicains dans le temps faisaient la promotion de l’histoire commune entre les deux peuples. Quel rôle jouent-ils aujourd’hui dans la perception de l’histoire de l’île ?
JSR : Ces intellectuels continuent à faire leur boulot. Certains nationalistes dominicains croient qu’ils ont une vision correcte du monde. Ils défendent leurs intérêts. Faut pas les diaboliser. Ce sont des gens qui contribuent au dialogue et qui sont conscients de l’importance des rapports harmonieux entre les deux pays. C’est pour cela que j’appelle les deux peuples à se battre pour que leurs relations soient véritablement améliorées, basées sur le respect des identités, la diversité. Il y a une chose commune que personne ne peut nier : le territoire. Ce sont nos rivières nos montagnes, nos oiseaux, nos cultures comme a parlé René Depestre. Ce dernier a parlé de peuple de culture, pas une culture. Moi, j’aimerais bien qu’il y ait une matière commune au niveau de l’enseignement sur la géographie et l’histoire. Parce que les gens doivent connaître la géographie de l’île. Pour qu’ils comprennent l’importance du vivre ensemble. On a un privilège, Quisqueya est la troisième île du monde riche en biodiversité. Il faut faire des programmes de sauvegarde de la nature, développer l’écotourisme, construire des routes écotouristiques : route des paysages, route des indiens, route pour observer les plantes et nos montagnes qui sont si belles. Avant, il n’y avait pas de foire écotouristique et de production binationale. Cela met en mouvement toute une série d’institutions de la société civile, des intellectuels dominicains, des producteurs. Pour la première foire réalisée à Fonds-Parisien, plus de 60 000 Dominicains s’y étaient rendus. Plus de 150 000 Haïtiens s’étaient rendus à Dajabon pour la deuxième édition. Les Dominicains ne savaient pas s’il y avait le lac Azueï. Une beauté curieuse. Les premiers jeux de l’amitié étaient un grand succès en dépit d’une faible participation.La 4ème édition de la Foire binationale qui se prépare pour le 24 novembre au mois de décembre à Belladères touchera tout le Plateau central et quatre provinces dominicaines. Les maires, les intellectuels des deux pays vont se côtoyer. Faut pas considérer seulement les intellectuels de la capitale. Il faut démocratiser ces initiatives.


LM : Et le problème migratoire est un point sensible ?
JSR : Les deux gouvernements doivent discuter franchement. Il y aura toujours des rapatriements tant que le problème migratoire n’est pas résolu. La migration n’est pas un mal. Les États-Unis se sont construits grâce aux immigrants. Aujourd’hui, plus d’un million de migrants haïtiens et plus d’un million de migrants dominicains sont recensés là-bas. Les migrants haïtiens en République dominicaine apportent beaucoup (300-400 millions de dollars par an) à l’économie haïtienne. L’État dominicain, conscient de cette situation, a consacré 27 % de son budget aux travailleurs (population haïtienne vivant en république voisine).Environ 90 % des Haïtiens travaillent dans tous les secteurs en République dominicaine. L’apport de ces travailleurs à l’économie dominicaine est considérable. Il faut cependant identifier chaque citoyen haïtien qui rentre en République dominicaine, établir une carte de séjour. Si les deux États restent à l’écart des solutions, ce problème persistera. Cependant, l’immigration haïtienne a beaucoup changé, il faut expliquer au peuple haïtien que ce n’est pas l’immigration des années 60,70, voire même 80 qui était destinée aux bateyes.

LM : Le sommet contre la drogue aura lieu prochainement en République dominicaine. Les préparatifs sont au point ?
JSR : Il y a une délégation – le ministre de la Justice en fait partie– qui part dans les prochains jours pour une réunion préparatoire du sommet contre la drogue (initié par le président René Préval). On (les deux pays) est envahi par la drogue. Mais, nous ne sommes pas responsables ni en tant que producteur ni en tant que consommateur. Nous ne sommes pas des producteurs de drogue, ni de grands consommateurs. Nonobstant, nos enfants, nos populations payent les conséquences. Et nos États n’ont pas de ressources pour combattre ce fléau. Il faut établir une politique commune là-dessus. Les deux États sont très affectés.

LM : Comment sont les relations entre l’ambassade et le ministère de l’Environnement ?
JSR : Je crois qu’il y a de très bonnes relations entre les deux peuples. Nous avons de très bonnes relations avec M. Germain, le ministre de l’Environnement et avec tous les autres ministres. J’essaie de stimuler les ministres haïtiens pour qu’ils aillent en République dominicaine et vice-versa. C’est un effort permanent que je fais. Je m’arrange afin que le président Leonel Fernandez soit en contact de plus en plus étroit avec le président Préval. Mon rôle est de contribuer à l’amélioration des rapports entre les deux pays, des facteurs d’unité dans l’action concrète pour résoudre les problèmes. Je suis pour l’élimination des facteurs discordants.
LM : Que préconisez-vous ?
JSR : Je prône la construction d’une route écotouristique au niveau de la frontière. On y remarquera le parc de Bahoruco, la forêt des pins, Duverge, etc. Il faut construire des villages modèles où les services de base (l’accès à l’éducation, la santé, la production agricole, l’élevage de bétail…), sont offerts dans le but de regrouper les populations qui sont isolées. C’est ainsi que l’on construit la patrie. En fait, ce qui sépare les êtres humains, c’est l’indigence. Il faut éliminer la pauvreté, le trafic illégal de marchandises, celui des travailleurs et des armes. Si on met de l’ordre dans nos relations, on verra combien d’Haïtiens vont en République dominicaine, combien y resteront et combien retourneront en Haïti. On verra, en outre, combien de marchandises circulent d’un côté à l’autre car il y a 64 postes frontaliers et personne n’en parle. Pourquoi ? Je ne sais pas et je n’accepterai jamais que l’on cache des choses aux deux peuples.

LM : Votre impression du peuple haïtien ?
JSR : J’ai une immense admiration pour le peuple dominicain et je ressens la même chose pour le peuple haïtien, sa culture, ses intellectuels, ses poètes, ses romanciers... C’est un peuple valeureux ; La manière dont les Haïtiens et les Haïtiennes travaillent avec dévouement, voir les femmes haïtiennes qui se réveillent à 4 heures du matin pour envoyer leurs enfants à l’école. Elles ne veulent pas que leurs progénitures vivent dans les mêmes conditions qu’elles ont vécues. Les travailleurs haïtiens sont vraiment responsables.Quand on parle des écrivains haïtiens, on décrit l’âme et la culture de tout un peuple. Quand on voit un tableau naïf haïtien, c’est vraiment la richesse culturelle concentrée. C’est un peuple qui veut le bonheur. Il faut que les artistes dominicains viennent en Haïti. D’ailleurs, ce 2 mars, le festival de l’île aura lieu en République dominicaine. On prépare un festival de la musique qui aura lieu cette année à Jacmel. J’établis les contacts pour que les artistes dominicains puissent y participer. On a la foire écotouristique binationale qui se tiendra du 22 mars au 1er avril. L’État et le peuple haïtien sont invités. Le ministère haïtien de la Culture et l’ambassade dominicaine en Haïti sont en train de discuter sur une éventuelle rencontre entre intellectuels et artistes haïtiano-dominicains au Cap-Haïtien au cours de cette année. Le ministre du Tourisme a proposé qu’elle se réalise à la Citadelle Laferrière.Les ministres de la Culture des deux pays ont de très bons rapports. Ils vont signer prochainement un important accord de travail. Ce vendredi, le ministre de l’Éducation se rendra en République dominicaine pour rencontrer le ministre dominicain de l’Éducation supérieure, science et technologie.

LM : La presse dominicaine vulgarise-t-elle les actions entreprises pour l’amélioration des relations entre les deux peuples ?
JSR : La presse dominicaine vulgarise plus que la presse haïtienne les progrès qui se réalisent dans les deux pays. Je fais appel, avec beau- coup de respect, à la presse des deux pays pour mettre en évidence tout ce travail collectif qui se fait. J’ai remarqué qu’elle monte le ton particulièrement quand il y a crise. Donnons peu d’importance aux choses qui peuvent affecter négativement les relations entre les deux pays. Il faut changer l’image, montrer au monde que Haïti et la République dominicaine peuvent travailler ensemble tout en respectant leur indépendance, leur identité respective. Des entrepreneurs dominicains sont en train de venir en Haïti. J’ai déjà fait trois rencontres avec environ une cinquantaine d’entre- preneurs haïtiens à l’ambassade. Cela se fait conjointement avec la ministre du Commerce et de l’Industrie, Maguy Durcé qui est une femme très dynamique. On a fait aussi des voyages pour voir comment marche le plan de compensation sociale à Ouanaminthe. C’est un projet d’entrepreneurs dominicains qui vise l’amélioration des conditions de vie des travailleurs au niveau de la zone franche.
On a également des entreprises dominicaines qui participent dans la construction des routes. Nous voudrions que ces compagnies qui ont beaucoup d’expériences en République dominicaine, viennent de plus en plus et soient jumelées avec les entreprises haïtiennes. Le ministre des Travaux publics, Frantz Verella, a précisé que des 300 millions de dollars qu’on peut investir dans la construction du réseau routier de la République d’Haïti, les compagnies haïtiennes sont en mesure de s’en approprier 80 millions. Ensemble, on peut absorber ces 300 millions si on procède au jumelage des compagnies de l’île. Je n’adhère pas à l’idée qu’une entreprise dominicaine vienne ici et fasse seule un travail. Il faut que ce soit avec une entreprise haïtienne, laquelle acquerra l’expérience pour qu’après Haïti devienne de plus en plus indépendante à tous les niveaux.

LM : Parlez-nous un peu de votre expérience dans la mise en œuvre des accords entre les deux pays et la perception du peuple dominicain?
JSR : Vous savez, les églises catholiques des deux pays ont de très bons rapports. D’ailleurs, les conférences épiscopales font des rencontres régulières. Chaque fois que l’Église catholique dominicaine sort un document relatif au rapport haïtiano-dominicain, elle le fait avec beaucoup de maturité, d’équilibre. L’Église catholique dominicaine a fait des avancées extraordinaires. Elle se prépare pour le progrès de notre pays en comprenant que le monde change. Je crois que le peuple et l’État dominicains ont apprécié les derniers changements qui ont lieu et ont salué la réalisation d’élections démocratiques en Haïti. Et la presse dominicaine assure le suivi en venant faire des reportages, des interviews avec le chef de l’État haïtien qui a un incontestable charisme. Mais, vous savez que le président Fernandez a amélioré son français. Je m’imagine que c’est parce qu’il savait qu’il allait avoir beaucoup plus de rapports avec le président Préval.
vendredi 2 mars 2007
Source Journal Le Matin sur http://www.lematinhaiti.com
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