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jeudi 27 septembre 2007

177e sur 180, Haïti reste dans le peloton des pays les plus corrompus, selon Transparency International

L’indice de perceptions de la corruption 2007 montre que les pratiques de corruption ne faiblissent pas malgré la campagne annoncée par les autorités en vue de combattre ce fléau
mercredi 26 septembre 2007,
Radio Kiskeya

Haïti figure parmi les quatre pays les plus corrompus de la planète, changeant légèrement de position par rapport à 2006 alors que dans les faits son score est devenu encore plus faible, selon l’indice de perceptions de la corruption (IPC) 2007 publié mercredi à Berlin par l’ONG Transparency International (TI).
Lanterne rouge l’année dernière (163e sur 163), notre pays se classe cette année 177e sur 180 pays avec une note de 1.6 sur 10 ne devançant que l’Irak (1.5), la Birmanie ou Myanmar et la Somalie (ex aequo avec 1.4 chacune). Ils constituent trois Etats en proie à des crises majeures qui se sont internationalisées.
Le score d’Haïti a chuté, passant en un an de 1.8 à 1.6. Il est dû en grande partie à un "intervalle de confiance" extrêmement faible qui se situe entre 1.3 et 1.8 sur 10.
Deux rapports réalisés en 2006 et deux autres en 2007 par des institutions internationales ont permis d’établir ce classement. Ils ont montré qu’en dépit de la campagne anti-corruption que le Président René Préval annonce avoir lancée, les pratiques n’avaient fondamentalement pas changé tant dans les institutions publiques que dans le secteur privé.
Dans la Caraïbe, la Jamaïque (3.3) occupe la 84e place et la République Dominicaine (3) la 99e, loin des meilleurs élèves de la région, la Barbade (6.9) 23e et Sainte-Lucie (6.8) 24e.
Encore une fois, le classement mondial des différentes perceptions de la corruption rendu public par Transparency International est dominé par les pays scandinaves. Le Danemark arrive en tête avec la forte note de 9.4 en compagnie de la Finlande et de la Nouvelle Zélande qui récoltent le même nombre de points. Trois autres pays de la région, la Suède (4e ex aequo, 9.3), l’Islande (6e, 9.2) et la Norvège (9e, 8.7) se retrouvent parmi les dix premiers même s’ils sont précédés notamment de la Nouvelle Zélande (1ère ex aequo, 9.4) et du Singapour (4e, 9.3).
A noter que le Canada (8.7), la France (7.3) et les Etats-Unis (7.2) sont respectivement 9e, 19e et 20e.
Devenu un véritable baromètre mondial, le rapport annuel de Transparency International permet de juger de la capacité et de la détermination des Etats à entreprendre ou non des actions efficaces en vue de contrer l’offre et la demande de corruption de même que la spirale de leurs effets pervers.
Appelant de ses vœux à la formation d’une coalition mondiale de la société civile contre la corruption, TI tente de rendre compte à travers une démarche de perception des niveaux de corruption en cours dans l’administration et la classe politique. spp/RK

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Commentaires :
Ca y est on est plus dernier. On est 177 ème sur 180. Vous direz que l’on a gagné que 3 places mais c’est déjà pas mal. Maintenant il serait intéressant de vivre dansun environnement plus pourri que l’environnement haïtien !

"Confié à un fils de la maison"L'archéologue Eddy Lubin devient le nouveau ministre de la Culture et de la Communication (MCC).

Il remplace à cet effet l'architecte Daniel Elie, éjecté depuis environ deux mois du gouvernement Alexis après avoir obtenu un vote de censure à la Chambre des députés. La cérémonie d'installation a eu lieu ce mardi au local dudit ministère.
« Vous devenez le titulaire d'un secteur dans lequel le gouvernement place beaucoup d'espoir. Parce qu'il est considéré comme une de nos forces principales », a lancé le Premier ministre Jacques-Edouard Alexis à l'endroit de l'archéologue Eddy Lubin qui vient d'être installé ce mardi à la tête du ministère de la Culture et de la Communication en remplacement de l'architecte Daniel Elie, renvoyé par les députés depuis le 31 juillet 2007.
Élaborer et développer une politique de communication pour tout le pays est l'une des tâches spécifiques du ministère, selon le Chef de la Primature. Cette politique, a-t-il précisé, doit prendre en compte les besoins de nos compatriotes qui vivent dans la Diaspora et qui s'inquiètent fort souvent de ce qui arrive dans le pays. A ce sujet, M. Alexis souhaite qu'une nouvelle forme de collaboration avec le ministère des Haïtiens vivant à l'étranger soit réellement effective.« Je m'apliquerai à me montrer à la hauteur »« Conscient de l'ampleur de cette tâche qui m'incombe et imbu des difficultés qui m'attendent, je m'appliquerai à me montrer à la hauteur de cette lourde responsabilité», a déclaré le nouveau ministre de la Culture, entouré du Chef du gouvernement, Jacques-Edouard Alexis; de l'ex-ministre Daniel Elie; du ministre de l'Education nationale Gabriel Bien-Aimé; du ministre chargé des relations avec le parlement Joseph Jasmin et d'autres personnalités haïtiennes.

A près avoir reçu l'ampliation de l'arrêté le nommant à ce poste politique, l'ancien directeur départemental Nord pour le compte du ministère qu'il va diriger a indiqué que la politique culturelle préconisée par le gouvernement haïtien constitue un facteur de cohésion qui tend à fortifier le tissu social. C'est pourquoi, dit-il, il s'engage à encourager la pratique d'une politique d'inclusion et de participation des citoyens à la vie publique comme éléments déclencheurs des capacités créatrices de chacun.



Dans son discours de circonstance, M. Lubin a surtout mis l'accent sur l'importance de la culture haïtienne qu'il compare à l'identité nationale. « Notre culture, c'est notre identité. Elle est notre richesse. Si notre société est telle qu'elle est, c'est parce qu'il y a un déficit d'identité », a-t-il rappelé.

Pour avoir travaillé pendant plus de 25 ans au service de la culture haïtienne, M. Lubin est convaincu que c'est la culture qui doit garantir le réveil de la conscience nationale. « Lors des situations douloureuses de notre histoire de peuple, nous n'avions pu trouver de force pour lutter que dans la culture », se souvient-il, espérant que cette dernière saura constituer un véritable vecteur de développement et un facteur de paix dans la société haïtienne. Daniel Elie satisfait ...« Après un an et trois mois, je laisse le ministère avec deux grandes satisfactions. D'abord, pour avoir rencontré des techniciens compétents, sérieux et honnêtes et avec qui de grands projets ont été réalisés ; ensuite, je vais partir avec le coeur en paix parce que cette tâche est confiée à un fils de la maison », s'est réjoui Daniel Elie, le ministre sortant du MCC.

Satisfait de son travail, l'ex-ministre a pris le temps d'énumérer certains des projets réalisés durant son passage au MCC. Il s'agit, entre autres, de la mise sur pied de Caraïbe en création à la citadelle Henri, la construction d'un réseau d'écoles de musique, la création de la Direction nationale du livre et du Bureau national des droits d'auteur, le début de la restauration du bâtiment construit par l'ex-président Estimé en 1949 à Belladère, etc.

Comme pour lancer un appel à la prudence, l'architecte Daniel Elie s'est adressé à M. Lubin en ces termes : «Vous êtes arrivé à la tête de ce ministère à un moment où la bataille n'est plus la même. L'ennemi fera tout ce qui est en son pouvoir pour vous attirer sur son propre terrain. Mais je sais que vous avez réalisé beaucoup de recherches historiques sur l'évolution des systèmes de défense, sur les stratégies militaires et sur l'art de la guerre.»« Le renforcement de notre culture est à la dimension du défi qui nous attend en tant que peuple. Il se traduit par l'élimination des barrières spirituelles, des rideaux idéologiques, des découpages absurdes et des cloisons dangereuses qui nous divisent », a fait remarquer le nouveau ministre qui dit compter sur la collaboration de tous en vue d'une gestion efficace du ministère.

Victor Jean Junior


Arrivée d'Anthony Phelps à Port-au-Prince

Le poète Anthony Phelps arrive en Haïti, ce mardi 25 septembre 2007, pour participer au colloque sur Les dynamiques de la construction démocratique en Amérique Latine, la Caraïbe et Haïti qui se tiendra au Ritz Kinam II les 26, 27 et 28 septembre 2007.

Monsieur Phelps arrive dans son pays natal aux environs de 13 heures 45 à bord d'un vol de Air Canada. Dans la soirée du 26 septembre 2007, Anthony Phelps - de retour au pays natal - participera à la cérémonie inaugurale de la Fondation Gérard Pierre-Charles. Poète, romancier et diseur, Anthony Phelps a déjà réalisé et produit une dizaine de disques de poésie de poètes haïtiens et québécois.

Né à Port-au-Prince, le 25 août 1928, Anthony Phelps a fait des études de chimie et de céramique aux États-Unis et au Canada.

En 1961, il fonde, avec les poètes Davertige, Serge Legagneur, Roland Morisseau, René Philoctète et Auguste Thénor, le groupe Haïti Littéraire et la revue Semences.

Depuis mai 1964, Anthony Phelps s'installe à Montréal, fait du théâtre, du journalisme puis participe à la narration de plusieurs films. En 1985, après vingt ans de service à Radio Canada, il prend une retraite anticipée pour se consacrer entièrement à l'écriture.

Les journalistes, qui voudraient bien interviewer cette figure emblématique de la littérature haïtienne, sont priés de contacter la section presse du Comité organisateur du Colloque.

Djems Olivier

Contact Presse
Cellulaire : 509 731-7154

Qui finance les PME en Haïti ?


Des acteurs représentant des PME et le secteur de la finance discutent, ce mardi, autour du thème « Problématique du financement pour les Petites et moyennes entreprises de production et de service en Haïti », un atelier organisé par le CLED.

Les différents acteurs et intéressés se sont réunis, ce mardi, au Ritz pour discuter, analyser et proposer des solutions autour de la « Problématique du financement pour les Petites et moyennes entreprises de production et de service en Haïti ». Cet atelier organisé par le Centre pour la libre entreprise et la démocratie (CLED) avec le financement du PRIMA cherche à identifier les accrocs au financement du secteur des PME en vue de les surmonter.

Les différents panélistes qui se sont succédé ont, à leur manière, fait ressortir les difficultés ayant trait au financement. Les représentants du secteur financier ont mis en exergue la faiblesse des dossiers, du management, des évaluations incorrectes, l'absence de statistiques et une kyrielle de manquements justifiant leur philosophie d'extrême prudence.

La directrice exécutive du CLED, Marie Nadine Gaston, croit que si l'on admet l'hypothèse d'accès au crédit avec les différents acteurs réunis, si les problèmes sont clairement et bien identifiés, le secteur financier représenté par les banques commerciales, les banques de développement et les caisses populaires à cet atelier sauront proposer les meilleures solutions.

Mme Gaston qui a mis l'emphase sur le rôle et la participation des différents secteurs représentés a fait appel à la responsabilité de l'Etat pour que les actes du colloque n'aillent pas pourrir dans les tiroirs.Juliette Nicolas Tardieu, propriétaire d'une auberge à Jérémie et responsable d'une librairie voit de nombreux autres problèmes au-delà du financement. Pour elle, le financement n'est pas forcément le noeud gordien de la question, les infrastructures de toutes sortes, la formation, le savoir-faire entravent trop souvent le résultat de bon nombre d'entrepreneurs. « On se retrouve tout le temps à gérer un cercle vicieux, avec un propriétaire-dirigeant qui fait tout. Trop souvent ces PME n'ont pas les moyens de faire appel à des professionnels qui peuvent produire la documentation de support réclamée par les institutions de financement », a indiqué Mme Tardieu soulignant que le manque de réglementation ou le rôle régulateur de certaines institutions se présente comme un danger qui mine l'activité des PME.

Sauveur Delva, directeur de l'OCODER représentant le secteur paysan, se plaint de l'indisponibilité du crédit en faveur de la classe paysanne. Il réclame des secteurs bancaire et financier une extension de services de crédits tout en plaidant pour la décentralisation des « richesses » du pays. Yvon Yacinthe Faustin de Top La, une entreprise de transformation de produits agricoles appartenant à l'Association des paysans de Vallue (APV) confie que le PRIMA finance un projet où Top La deviendra à terme soit une coopérative ou une société par actions avec les paysans comme investisseurs. M. Faustin qui est également trésorier de l'APV se demande si les PME ne financent-elles pas les banques commerciales ?Michel Chancy, directeur exécutif de Vétérimed, une ONG qui gère un réseau de producteurs laitiers à travers le pays (Lèt a Gogo) en dépit du fait qu'il comprend la philosophie des institutions commerciales en évitant de prendre trop de risques invite ces dernières à remplir leur rôle social. « Le développement des PME et du pays passe inévitablement par la contribution des institutions financières », conclut le directeur exécutif de Vétérimed ajoutant que le financement demeure le problème majeur du secteur agricole haïtien.

Dieudonné Joachim

djoachim@lenouvelliste.com

L'Etat prêche d'exemple

Les salaires mensuels des grands commis de l'Etat, des fonctionnaires et agents de la fonction publique vont connaître un ajustement allant de 20% à 36%, a-t-on appris de sources sûres. Cet ajustement préparé par le Comité de Pilotage du Ministère de l'Economie et des Finances (MEF) devrait être effectif à partir du mois d'octobre 2007, avec le vote du budget de la République. Il s'agit du troisième réajustement des salaires par rapport au coût de la vie consenti depuis en moins de trois exercices fiscaux.

Les pouvoirs publics avaient déjà opéré en janvier 2005 un ajustement des salaires des fonctionnaires et agents de la Fonction publique. Cet ajustement a été rendu possible après une rectification du budget de la République. En octobre 2006, employés, fonctionnaires et agents de la Fonction publique ont reçu un ajustement de salaire d'au moins 14% pour les aider à faire face à l'inflation et à la cherté de la vie. Et pour le prochain exercice fiscal, cet ajustement variera de 20 à 36%, selon les prévisions du Ministère des Finances.

Du personnel de soutien au personnel de décision pour le barème de salaire intermédiaire, du clerc de l'Office d'état civil au président de la Cour de Cassation pour les membres des instances judiciaires, de l'Agent I au Directeur général de la PNH, le personnel de la Police nationale d'Haïti, et de l'Instituteur I au Directeur de Lycée, en passant par les professeurs suppléants, les professeurs à temps plein et les censeurs pour le personnel enseignant, ce nouveau barème essaie d'intégrer tout type d'acteurs de l'Administration, selon les documents préparés et proposés par le Comité de Pilotage du MEF. A mesure que le fonctionnaire ou l'agent de la fonction publique est placé sur un échelon inférieur de la hiérarchie, à mesure que son pourcentage d'ajustement est plus élevé, selon les termes des nouvelles propositions.

Pour les membres de l'appareil judiciaire, par exemple, le président de la Cour de Cassation, plus haute personnalité du pouvoir judiciaire, qui gagnait jusque-là 101.000.00 Gourdes comme salaire va voir celui-ci augmenté de 20% pour passer à 121.000.00 Gourdes. Le Commis-Parquet des tribunaux de Première Instance qui, du personnel judiciaire, perçoit le plus bas salaire, va maintenant recevoir une rémunération passant de 4.700.00 Gourdes à 6.350.00 Gourdes suite à un ajustement de 35%.

En termes réels, le plus grand écart de salaire observé au niveau de l'appareil judiciaire est celui existant entre les Commissaire du Gouvernement et leurs substituts. En effet, à la Cour de Cassation, le Commissaire du Gouvernement et les juges gagnent le même salaire. De 67.500.00, le montant de leur chèque passera à 84.400.00 Gourdes, soit une augmentation de 25%, alors que pour un même pourcentage, les substituts du Commissaire du gouvernement près de cette cour percevront 54.600.00 Gourdes à partir d'octobre prochain, soit un écart d'environ 35%. Le même constat est entre les commissaires du gouvernement et leurs substituts près les Cours d'Appel et des Tribunaux de Première Instance. Pour les Cours d'Appel, le Commissaire en chef aura en octobre 2007 un chèque au montant brut de 50.300.00 et le Commissaire en Chef près les Tribunaux de Première Instance aura, quant à lui, 38.600.00 Gourdes alors que leurs substituts auront respectivement 38.600.00 Gourdes et 28.900.00 Gourdes, soit une différence de 23% pour les premiers et de 25% pour les seconds.

Pour la Police nationale d'Haïti (PNH), à partir de la nouvelle année fiscale 2007-2008, un agent I situé su le premier échelon dans la hiérarchie de l'institution aura, à partir d'octobre 2007, un chèque au montant de 15.400.00 en augmentation du salaire de 11.850.00 Gourdes qu'il gagne jusqu'à présent, soit une augmentation de 30% ; alors que le Directeur général, pour sa part, va recevoir 84.400.00 suite à une augmentation de 25%.

En ce qui concerne la PNH, il faut noter une faible variation de pourcentage d'augmentation comparativement aux autres catégories de fonctionnaires. De l'agent I à l'Inspecteur divisionnaire, le pourcentage d'augmentation par rapport au salaire précédent est de 30% ; du Commissaire de police au Directeur général, le pourcentage est de 25%. Le personnel enseignant est le secteur qui va recevoir le plus grand pourcentage d'ajustement de salaires à partir d'octobre 2007. Les variations pour ce secteur vont en effet de 30% à 36%. Cependant, à comparer aux autres, il s'agit du secteur le plus négligé eu égard aux efforts consentis. En ce domaine, les salaires varient de 24.050.00 Gourdes (30%) pour un Directeur de Lycée à 7.100.00 Gourdes (35%) pour un Instituteur IV. Toujours dans cette catégorie socioprofessionnelle, un directeur d'école primaire (fondamentale) aura 10.900.00 Gourdes (35%) alors qu'un professeur suppléant au niveau secondaire aura, quant à lui, 7.100.00 Gourdes (35%). Le professeur à chaire simple (six heures au maximum par semaine) va recevoir un salaire de 6.200.00 Gourdes (36%), ce qui équivaut à un salaire-horaire d'au moins 250.00 Gourdes par heure.

Il faut noter qu'en dépit ce faible salaire attribué au personnel enseignant par rapport aux autres secteurs, il reste globalement meilleur par rapport au secteur privé. Dans la plupart des établissements scolaires privés, le salaire proposé aux enseignants reste une pitance par rapport aux exigences académiques et aux services fournis. Au niveau du barème des salaires intermédiaires, les variations sont de 25%, 30% et 35%. Les membres du personnel de soutien de niveau III et de classe I, placés dans la rubrique du salaire minimum, vont, suite à un ajustement de 35%, recevoir en octobre 2007 un salaire de 3.650.00 Gourdes. L'agent qui lui est exactement supérieur va, pour sa part, recevoir un salaire de 5.000.00 Gourdes, ce qui équivaut à un salaire de 250 Gourdes par jour à raison de vingt jours de travail par mois. Ce qui est largement supérieur au salaire proposé aux ouvriers du secteur de la sous-traitance.

Avec la cherté de la vie et le taux d'inflation tournant annuellement autour des 10%, cet ajustement de salaire va apporter un ouf de soulagement aux fonctionnaires et agents de la fonction publique. L'Etat haïtien, prêchant d'exemple, à partir de cet ajustement, invite le secteur privé des affaires à emboîter le pas pour ne pas être en reste en matière de ressources humaines qualifiées.

Samuel BAUCICAUT

baucicaut@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=48933&PubDate=2007-09-25

Peut-on réhabiliter le duvaliérisme?

« Je reconnais qu'après votre long silence depuis 1986, le timbre particulier de votre voix sur les ondes des stations de radio à Port-au-Prince a la vertu de l'inattendu. Elle a replongé l'opinion dans une époque où, par prudence ou courbettes, on vous donnait du « prince » par-ci, du « démocrate des contingences » par-là. Elle a suscité un sentiment de nostalgie pour certains, tandis que pour d'autres, cela tombait comme la dernière des impostures par ces temps confus... »

A Monsieur Jean Claude Duvalier,

Ex-président d'Haïti
Ceci est une démarche personnelle. Elle n'implique ni le quotidien Le Nouvelliste auquel je donne très modestement ma collaboration depuis quelques mois, ni d'anciens amis victimes de l'arbitraire et de l'exil sous votre gouvernement. Elle pourrait contenir, sans hargne, une note de protestation véhémente et justifiée soit pour mon très cher ami Gasner Raymond assassiné à Brâches en 1976, soit au sujet de mon père, Mésilas Clitandre, porté disparu en 1982 alors que j'étais en exil à New York, soit pour mon oncle Augustin Clitandre, directeur du journal Le Soleil, assassiné sous le gouvernement de votre père, en 1958.

Si le temps a pu particulièrement cicatriser des blessures personnelles, l'histoire, par contre, est beaucoup plus rigoureuse dans son jugement. Votre « message à la Nation » du 22 septembre 2007, à l'occasion des cinquante ans de l'accession au pouvoir de feu votre père, Dr François Duvalier, peut n'être qu'un appel de circonstance.

Je reconnais qu'après votre long silence depuis 1986, le timbre particulier de votre voix sur les ondes des stations de radio à Port-au-Prince a la vertu de l'inattendu. Elle a replongé l'opinion dans une époque où, par prudence de conjoncture ou courbettes circonstanciées, on vous donnait du « prince » par-ci, du « démocrate des contingences » par-là. Elle a suscité un sentiment de nostalgie pour certains, tandis que pour d'autres cela tombait comme la dernière des impostures par ces temps trop confus.Pour nous qui suivons, un peu à distance mais avec attention, les aléas de la politique haïtienne contemporaine, nous voyions venir ce que vous appelez « un salut chaleureux » dans les publications qui ont suscité un certain intérêt à Port-au-Prince. D'anciens collaborateurs de votre régime décident de parler librement du duvaliérisme dans un contexte qui favorise le débat, sans contrainte. Les étudiants et autres chercheurs veulent savoir ce qui se cache derrière « le monstre ».

Je ne suis pas sûr que ces documents aient totalement convaincu tout le monde. Réhabiliter le duvaliérisme est une entreprise difficile parce que les faits, jusqu'à présent, ne jouent pas en sa faveur. Certains peuvent argumenter que votre père savait tenir tête aux diktats internationaux. Dans une conjoncture où notre souveraineté est rudement mise à l'épreuve, le recours à François Duvalier alimente la mémoire du nationalisme haïtien pour ceux qui ne savent pas que dans les coulisses, entre Washington et Port-au-Prince, un petit « téléphone rouge » faisait d'irréparables dégâts dans les rangs des contestataires du régime de Papa Doc.

Je ne suis pas convaincu que votre message aura un grand impact politique. Il peut soulever des passions sporadiques et provoquer des emportements spontanés. De là à affirmer qu'il « saura établir la vérité et réconcilier les frère ennemis », ce serait aller trop vite en besogne ! On peut soupçonner que « tous ceux qui sont restés fidèles à la logique de notre histoire » seraient non pas ce peuple attaché aux épopées des ancêtres, mais plutôt une partie de la population, les classes moyennes, qui ont appuyé votre père durant les élections de 1957 contre l'oligarchie traditionnelle. Elle est revenue, par la manière élégante et parfumée d'une noce, raconte-on, au palais national. Simone Ovide Duvalier a dû prendre une retraite forcée sur ses terres à Léogâne. Votre débâcle aurait commencé là.

Aujourd'hui que les contradictions s'enveniment et que les idéologies se perdent dans le dédale opaque des pragmatismes de l'enrichissement individuel, votre message pêche par un excès de grand humanisme réconciliateur. Quand vous parlez de « deux décennies d'exclusion », vous alimentez une confusion dans le vieux débat au sujet des victimes et des bourreaux de cette exclusion. La généralité du propos au sujet du « combat pour la régénération nationale, la sauvegarde du patrimoine sacré » tombe dans un contexte où le Docteur en Philosophie Yves Dorestal argumente que ce combat du bien commun ne se déploie pas en dehors des intérêts de groupes. « Si bergers du troupeau, nous en constituons les loups... » s'exclamait feu Dumarsais Estimé !

Nous serions prêts à vous prendre au mot, mais nous n'avons pas de précision de vos luttes « pour que le soleil se lève non seulement dans les romans de Roumain (quid de Jacques Stéphen Alexis ?) mais pour de nouvelles élites chargées d'insuffler à l'Etat ce sang neuf rénovateur et porteur d'espérances ».

Les nouvelles élites, c'est une longue histoire ! La Négritude n'a pas fait bon ménage avec les finances publiques. Sinon la bataille contre la corruption engagée ces derniers temps ne comporterait pas ses risques et périls. On n'a pas connu une éthique des classes moyennes et on peine encore douloureusement à « choisir entre l'argent facile, l'effort qui paie et le travail qui ennoblit. »L'histoire haïtienne de Monsieur Henry Siclait de la Régie du Tabac et des Allumettes, aux princes des Coopératives, n'a tellement pas bougé d'un cran qu'on ne sait plus si c'est Préval ou Duvalier qui s'exprime de la sorte : « Ce n'est ni le dollar ni l'euro qui sauveront Haïti, si en nous-mêmes le vide moral et l'absence d'un humanisme persistent au point que la corruption est devenue le tueur numéro 1 de l'effort et de l'imaginaire national. »Cette nation qui se porte si mal depuis 1986 a une histoire dont le duvaliérisme est un élément. Votre adresse « à toutes les catégories de cette nation déchirée, installée depuis deux décennies dans la précarité d'une transition qui nous a coûté en dix ans deux interventions étrangères... » serait bien reçue si le déchirement des familles et la précarité économique qui provoqua les boat people n'avaient pas marqué votre gouvernement. Bien sûr, la déchéance, la misère, l'insécurité politique, sociale, alimentaire et sanitaire ont empiré après votre départ en 1986.

Mais, dites-nous aussi que les bidonvilles ont commencé à s'établir sous votre règne, que les cagoulards de votre père ont été les annonciateurs de nos chefs de gangs, que les exils qui éclatent les familles ont été pratiqués par Edner Day, Emmanuel Orcel et Albert Pierre aux Casernes Dessalines, que le cochon créole a été égorgé sous votre présidence.C'était la conjoncture internationale ! Dites-le nous aussi et, avec cette courageuse vérité, les classes moyennes seront plus portées à vous entendre. Sinon, elles ne seront pas prêtes avec le peuple et la fraction progressiste de la bourgeoisie nationale à attendre, comme dans les plus purs messianismes, « un leadership avisé, pétri de doctrine, d'expérience et de savoir-faire. »

Je ne sais pas pourquoi cela me trouble, moi doublement victime, quand vous dites : «J'ai tiré des leçons des événements de ces vingt dernières années et avec toute la sincérité d'un homme brisé par vingt ans d'exil. » Il y a là, peut-être, une triste affaire de solitude vécue et d'épouse partie vers d'autres amours dont l'histoire ne retiendra que des anecdotes !Moi, je n'ai pas compris la richesse des uns et la misère des autres. Je n'ai pas bien saisi les « idéologies malsaines » que vous évoquées. S'il faut parler des torts, je me perds dans cette pompe de l'éloquence qui veut faire croire que « l'histoire reste la propagande des vainqueurs». Qu'en est-il de celle des vaincus ?Les historiens qui tiennent compte des valeurs subjectives des acteurs politiques souligneront cette phrase : « Si au cours de mon mandat présidentiel, le gouvernement a eu à causer des torts physiques, moraux ou économiques à tiers, je prends solennellement la responsabilité historique... de demander pardon au peuple et je sollicite le jugement impartial de l'Histoire. »

Pour ma part, je pardonne pour Gasner Raymond, pour la disparition de mon père, pour l'assassinat de mon oncle Augustin Clitandre en 1958, jumelliste et propriétaire du journal Le Soleil dont on me rapporte que votre mère Simone Ovide appréciait le dandysme, pour les traumatismes vécus en prison, puis en exil.

Je m'arrête là pour ne pas avoir à m'aventurer dans vos attentes politiques et la mobilisation que vous espérez. Je me dis qu'après cinquante ans, le duvaliérisme peut-il encore avoir une idée nette du vécu contemporain haïtien ? Déjà, de 1986 à 2007, l'ancrage idéologique fébrilement recherché n'est plus qu'une vague nostalgie de discipline et de leadership dictatorial....Vous n'avez pas été un homme de grandes pratiques électorales. Les regroupements et autres alliances politiques du contexte peuvent irriter un chef d'Etat habitué à une gouvernance unilatérale... Ces leçons doivent être apprises en Haïti. Le contexte est-il en faveur de votre retour qui pose aussi, automatiquement, le rapatriement de celui qui se considère comme « le kidnappé de 2004 » ? Les risques de recours à la justice des uns et des autres sur le plan de la répression politique et de la gestion des finances publiques sont toujours possibles.

Parce que je crois comme vous « qu'il y a encore d'autres souffrances et d'autres attentes », je vous souhaite de garder sereinement la raison au milieu de la démesure habituelle des ambitions politiques. Il y a encore d'autres domaines où vous pouvez aider votre pays.

Pierre Clitandre



http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=48907&PubDate=2007-09-25

mercredi 26 septembre 2007

Arrêt complet de la production de l’électricité à la centrale de Péligre

Une "intervention technique d’urgence" qui accentue le rationnement à Port-au-Prince et dans d’autres régions
mardi 25 septembre 2007,
Radio Kiskeya

Un nouveau plan de rationnement du courant électrique dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince et d’autres régions du pays est entré en vigueur depuis lundi matin après la décision de l’Electricité d’Haïti (ED’H) de mettre à l’arrêt, pour des raisons techniques, les turbines de la centrale hydro-électrique de Péligre près de Mirebalais (Centre).
Dans un avis, la compagnie d’Etat justifie cette mesure par la nécessité d’effectuer une "intervention technique urgente" dont la nature n’a pas été précisée.
Ces travaux entraîneront durant une période indéterminée une "réduction sensible de la distribution du courant sur les différents circuits", prévient l’ED’H. Les abonnés devraient pouvoir bénéficier à nouveau d’un régime de distribution normale dès la fin de l’intervention.
Cependant, déjà avant la suspension de la production à Péligre, la crise énergétique s’était accentuée ces derniers jours dans différents secteurs de la capitale. De nombreux foyers privés quotidiennement d’électricité n’étaient que rarement alimentées après de longues périodes d’interruption en raison d’une mauvaise politique de distribution de l’ED’H ou de la surcharge qu’accuse le réseau dans des zones situées à proximité des bidonvilles où vit une importante population totalement marginalisée. spp/RK
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4176

Le Brésil et le Panama expriment leur soutien à la MINUSTAH devant l’assemblée générale de l’ONU

Le Président brésilien, Luiz Inàcio Lula da Silva réclame l’entrée de son pays au Conseil de sécurité au nom de son "leadership" en Haïti ; son homologue panaméen, Martin Torrijos, estime indispensable le renforcement des institutions du pays avant le départ des casques bleus
mardi 25 septembre 2007,
Radio Kiskeya

Les Présidents brésilien, Luiz Inàcio Lula da Silva et panaméen, Martin Torrijos, ont appelé mardi à New York au maintien des casques bleus en Haïti, à l’ouverture de la 62e assemblée générale annuelle de l’Organisation des Nations Unies.
Le chef de l’Etat brésilien a mis en relief le caractère indéfectible du soutien de son pays à la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH) en exprimant sa confiance dans l’efficacité d’une diplomatie multilatérale en Haïti.
"En Haïti, nous sommes en train de prouver que la paix et la stabilité sont capables d’amener à la construction de la démocratie et du développement social", a affirmé du haut de la tribune des Nations Unies Lula dont les déclarations ont été reproduites par le Centre de nouvelles de l’ONU.
Pour sa part, le Président panaméen s’est prononcé pour le renouvellement du mandat de la MINUSTAH, mais a souligné que des efforts supplémentaires s’avéraient nécessaires dans le processus de consolidation de la démocratie en Haïti. "Il est essentiel qu’il ne soit mis un terme au travail de la force de stabilisation pas avant que les institutions du pays ne soient renforcées", a expliqué Martin Torrijos en s’adressant aux différents chefs d’Etat et de gouvernement présents au siège de l’ONU.
Le dirigeant panaméen doit avoir des discussions bilatérales avec son homologue haïtien, René Préval, arrivé mardi soir à New York.
Concernant le projet d’élargissement du Conseil de sécurité à des pays en voie de développement, Lula est revenu à la charge en réclamant une fois de plus un siège permanent pour le Brésil. Dans ce contexte, le chef de l’Etat a justifié les prétentions de son pays en soulignant "son leadership au sein de la composante militaire de la MINUSTAH", rapporte l’agence officielle brésilienne Agência Brasil.
Le 15 octobre, l’actuel mandat de la mission onusienne arrivera à expiration. Elle compte 9.000 militaires et policiers internationaux, dont 1.200 brésiliens, soit le contingent le plus important. spp/RK
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4178

Commentaire:
Tout ça pour ça…Avec le leadership en Haïti on a droit à un siège au niveau du conseil de sécurité ?
Merci Lula
!

Haïti et Louis Joinet appellent le Conseil des droits de l’homme à renouveler le mandat de l’expert indépendant des Nations Unies pour les droits huma

Le représentant d’Haïti à Genève, Jean-Claude Pierre, attribue les progrès réalisés depuis quelque temps aux recommandations du magistrat français tandis que ce dernier révèle son "affection" pour le pays
mardi 25 septembre 2007,
Radio Kiskeya

Le gouvernement haïtien et l’expert indépendant des Nations Unies sur la situation des droits humains en Haïti, Louis Joinet, ont sollicité mardi à Genève le renouvellement du mandat du magistrat français à l’occasion de son examen par le Conseil des droits de l’homme dans le cadre de sa sixième session qui s’achève vendredi.
Le représentant d’Haïti auprès du Conseil, Jean-Claude Pierre, a particulièrement salué la qualité du travail de l’expert indépendant et indiqué que les récents progrès enregistrés dans le pays en matière de respect des droits humains étaient le fruit de ses recommandations. Il a appelé au maintien du mandat de M. Joinet tout en souhaitant le renforcement de sa coopération avec les autorités et la société civile haïtiennes en vue de l’établissement d’un Etat de droit.
"La plupart des recommandations de l’expert indépendant sont appropriées. Ce climat de confiance a permis d’aboutir à plusieurs réalisations, notamment la mise en place de l’office national d’identification (ONI), la nomination d’un fonctionnaire indépendant à la tête de l’institut médico-légal et l’épuration au sein de la police", a affirmé Jean-Claude Pierre en insistant sur l’amélioration de la situation sécuritaire et les efforts de l’administration Préval/Alexis visant à promouvoir la bonne gouvernance.
De son côté, Louis Joinet a exhorté le Conseil à proroger son mandat et en a profité pour appuyer la procédure des mandats dits géographiques dont le rôle est différent, selon lui, de "l’examen périodique universel" contrairement aux points de vue de certains membres du Conseil.
"A chaque fin de mission en Haïti, lorsque je quitte le pays, chaque fois que l’avion s’élève au-dessus de l’immense bidonville de Cité Soleil, qui sort enfin de son aliénation aux gangs, chaque fois que je vois progressivement s’éloigner la capitale, alors je me demande, reverrai-je encore Haïti et son peuple ? La réponse dépend de vous", a déclaré le magistrat en invitant les membres du Conseil des droits de l’homme à lui renouveler leur confiance.
Louis Joinet a rappelé qu’avant le pouvoir actuel, le gouvernement de transition du Premier ministre Gérard Latortue (2004-2006) et même celui du Président Lavalas, Jean-Bertrand Aristide (2001-2004), avaient été favorables à la reconduction de son mandat.
Au cours du débat consacré à l’examen du mandat de l’expert indépendant des Nations Unies sur la situation des droits humains en Haïti, les représentants d’une quinzaine de pays sont intervenus, certains comme la France rendant hommage au travail de M. Joinet d’autres, à l’image du Portugal (qui assure la présidence de l’Union européenne), mettant l’accent sur la nécessité de la poursuite des réformes entreprises au sein de la police et de la justice haïtiennes.
Successeur du sénégalais Adama Dieng, Louis Joinet occupe ses fonctions depuis cinq ans. Il avait été désigné le 25 mars 2002 par le Secrétaire général d’alors de l’ONU, Koffi Annan. spp/RK
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4179

Drogue/Affaire de Tiburon : le sénateur Joseph Lambert contre-attaque

Le juge d’instruction et un député dans la ligne de mire du président du Sénat
mercredi 26 septembre 2007,
Radio Kiskeya

Le sénateur Joseph Lambert, président du Sénat haïtien, a solennellement rejeté mardi les allégations selon lesquelles il serait le propriétaire d’un navire impliqué dans le trafic illicite des stupéfiants au début du mois à Tiburon (extrême pointe Sud d’Haïti).
Profitant d’une rencontre entre la commission justice et sécurité du Sénat avec le ministre de l’intérieur, Paul Antoine Bien-Aimé, le ministre de la justice, René Magloire et le secrétaire d’Etat à la sécurité publique, Luc Eucher Joseph, le premier sénateur du Sud-Est a assuré sa défense en exhibant un bordereau de douane et des documents, tels manifestes et pièces d’enregistrement du navire à Miami, pour établir le fait que le bateau appartient plutôt au nommé Joseph Jean Pierre appréhendé dans le cadre de l’affaire.
Au cours de ce qui a paru comme une plaidoirie au Temple de Thémis, Joseph Lambert a exhibé la copie de la carte d’identité de Joseph Jean Pierre. Par la suite, sans révéler la façon dont il a mené sa propre enquête, il a fait visionner à l’assistance un disque vidéo digital (DVD) de l’interrogatoire des prévenus dans le cadre de cette affaire dans lequel Jean Pierre assure être propriétaire du bateau.
Il a également fait auditionner une bande sonore dans laquelle Jean Délouis Félix, un député de son département et de la même plate-forme politique que lui (LESPWA), l’identifiait comme le propriétaire du bateau.
Pour Joseph Lambert muet jusqu’à ce mardi sur le dossier de Tiburon, les accusations portées contre lui constituent une véritable tentative d’assassinat politique contre sa personne. Il s’en est pris, de façon virulente, au juge d’instruction des Côteaux (Sud), Jacques Saint-Jean qui, dit-il, a délibérément falsifié la déposition des prévenus pour l’impliquer, lui, dans l’affaire. Il a tout aussi bien fustigé Jean Délouis Félix qui avait affirmé avoir personnellement lu le rapport du juge d’instruction citant nommément Lambert comme le propriétaire du bateau.
Lambert exige que le parlementaire présente des excuses publiques, ajoutant qu’il va intenter une action en dommages intérêts, notamment contre le juge d’instruction. Il justifie une telle décision par le fait que, dit-il, son père est récemment décédé en raison de ce dossier.
Intervenant suite à la plaidoirie du président du Sénat haïtien, le ministre de l’intérieur, Paul Antoine Bien-Aimé et le secrétaire d’Etat à la sécurité publique, Luc Eucher Joseph, ont affirmé ne pas disposer d’informations sur l’affaire de Tiburon, en dépit du fait que le ministère de l’intérieur y avait dépêché une mission. Luc Eucher Joseph a abondé dans le même sens, ajoutant pour sa part que la Garde-Côtière d’Haïti, qui devrait pouvoir mener des enquêtes ne dispose pas de moyens pour y parvenir.
En définitive, le ministre de la justice, René Magloire, a annoncé sa décision de porter plainte contre le juge par-devant le Conseil supérieur de la magistrature, en raison de sa mauvaise gestion du dossier. D’abord, Me Jacques Saint-Jean n’aurait pas dû lui adresser un rapport sur le dossier, le juge d’instruction n’ayant à entreprendre aucune démarche de ce type en raison de l’indépendance du judiciaire par rapport à l’Exécutif. Le principe du secret de l’instruction est également violé par le fait que, précise Magloire, le juge a divulgué dans la presse des éléments recueillis dans le cadre de l’instruction de l’affaire.
Le ministre croit toutefois que, quant au fond de l’affaire, c’est à la justice qu’il revient de se prononcer.
Interrogé sur la demande d’excuses publiques formulée par Lambert, le député Jean Délouis Félix a répondu par un non catégorique, précisant que c’est plutôt au juge d’instruction que Lambert devrait s’en prendre. Il précise à ce sujet n’avoir fait autre chose que prendre lecture du rapport adressé par le juge au ministre de la justice. [jmd/RK]
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4180

Commentaires :
Peu importeront les détails et les arguments que Monsieur Lambert fera prévaloir pour démontrer son innocence, il aura beaucoup de difficulté pour se refaire une image digne d’un honorable parlementaire. Malgré toute la bonne volonté du monde, un citoyen quelconque devra se fier à son instinct pour se faire lui-même un jugement dans cette affaire.
Les antécédents, les déclarations d’autres membres du sénat concordent pour ne pas donner la communion sans confession aux membres des deux chambres.
Dans les déclarations type contre-attaques du Sénateur pointé du doigt, ne ressortent les conditions ni les circonstances justifiant l’introduction de son nom dans ce dossier.
Les observateurs ont du remarquer un silence trop prolongé de la part du sénateur qui aurait eu dès le départ sa conscience tranquille. Ce temps de silence pourrait être assimilé au temps utilisé pour la mise en œuvre d’une mise en scène propice à une décharge.
La lumière sera-t-elle faite un jour sur cette histoire ?

L’ex-responsable de la DCPJ, l’inspecteur général Michaël Lucius, blessé par balle

Vraisemblablement, Lucius a été la cible des tireurs
mercredi 26 septembre 2007,
Radio Kiskeya

L’ex-chef de la Direction Centrale de Police Judiciaire (DCPJ), l’inspecteur général Michaël Lucius, a été blessé par balle mardi soir à Frères (Pétion Ville, Est de Port-au-Prince) par des inconnus armés.
On ignorait encore, tard dans la soirée de mardi, les circonstances exactes de l’incident. Mais, selon des sources proches du haut-gradé de la police, il aurait été atteint d’au moins deux projectiles, dont l’un au thorax. Il devait subir dans la soirée une intervention chirurgicale dans un centre hospitalier de la capitale, selon les mêmes sources qui précisent que, vraisemblablement, Lucius a été la cible des tireurs.
Michaël Lucius qui avait la réputation d’être l’un des plus efficaces des officiers de la PNH dans la lutte contre le grand banditisme, dont le trafic illicite des stupéfiants, avait dû démissionner de son poste de directeur central de la police judiciaire au terme d’une véritable saga qui l’avait mis aux prises avec un juge d’instruction près le tribunal de première instance de Port-au-Prince, Me Napela Saintil. Ce dernier avait décerné des mandats d’amener contre lui et deux autres policiers sous l’accusation de "complicité de kidnapping". Ce qu’il avait obstinément démenti jusqu’à un arrêt en sa faveur de la Cour de Cassation, la plus haute instance judiciaire du pays.
L’affaire avait pris une telle dimension qu’elle commençait à menacer sérieusement les rapports entre la PNH et le système judiciaire. Le juge Napela Saintil devait d’abord se dessaisir du dossier. Michaël Lucius devait peu de temps après annoncer sa démission de la DCPJ.
Jusqu’à l’agression dont il vient d’être l’objet, Michaël Lucius remplissait la fonction de conseiller en matière d’enquête judiciaire au sein du cabinet particulier du commandant en chef de la police, Mario Andrésol. [jmd/RK]
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4181

Commentaires :
L’inspecteur général Michael Lucius est une des personnalités haïtiennes impliquées dans une « histoire » qui n’a pas été complètement élucidée. Cet attentat contre sa vie sera diversement interprété. Un acte de banditisme banal ou un règlement de compte ? En Haïti on est tellement habitué à des histoires inachevées se disputant la une de l’actualité que la tentative d’assassinat perpétrée contre l’inspecteur de Police sera sans doute un cas de plus.

mardi 25 septembre 2007

Pour que Cité Soleil devienne cité de paix

Le ministère à la Condition féminine et aux Droits des Femmes (MCDF) a mis fin vendredi à un séminaire organisé à l'intention des jeunes de Cité Soleil sur l'éducation à la non-violence. Durant quatre jours de formation, les participants ont appris des notions relatives à la gestion de conflits et à l'instauration d'une culture de paix.
Les femmes ont un rôle important à jouer dans la lutte contre la violence en Haïti. Elles sont bien placées pour le faire vu leur rôle fondamental au sein de la famille, au sein des organisations de féministes, dans l'éducation des enfants ... Voilà, en substance, le mobile qui a poussé les responsables du MCDF à organiser du 18 au 21 septembre un séminaire sur l'éducation à la non-violence à l'intention des jeunes de Cité Soleil, en particulier des jeunes filles de ce quartier sensible.

La clôture de ce séminaire coïncide avec la célébration de la journée internationale de la paix. Elle a donc constitué une occasion favorable pour la ministre à la Condition féminine et aux Droits des femmes, Marie Laurence Jocelyn Lassègue, de saluer la mémoire de tous ceux qui ont été victimes au cours de ces dernières années d'actes de violence à travers le pays. La ministre en a profité pour mettre l'accent sur la nécessité d'investir dans l'éducation des jeunes filles dans la lutte contre la violence. Mme Lassègue déplore le fait que les femmes soient des éternelles victimes de sévisses corporelles, de violences psychologiques et sociales.

Mais elle ne nie pas qu'elles ont été, fort souvent, utilisées comme bouclier des bandits qui sèment la terreur dans la capitale. « Les femmes ne sont pas seulement victimes des actes de violence, mais elles en sont, dans la plupart du temps, partie prenante », regrette la ministre. « Nous avons et faisons encore le constat de la participation des femmes dans les gangs et de leur rôle spécifique dans la garde des personnes kidnappées », poursuit-elle.Tout cela aiguise l'intérêt des responsables du MCDF à mener cette campagne d'éducation à la non-violence à Cité Soleil, mais aussi dans d'autres coins du pays où le besoin se fait sentir. Habilitation des jeunes, développement du leadership communautaire et prévention de la violence sont les trois principaux axes du programme initié par le MCDF à l'endroit des jeunes venus des quartiers sensibles.« Nous n'allons pas rester là. Nous allons étendre ce programme dans les différents départements du pays», promet la ministre Lassègue à l'assistance. La quelque quarantaine de jeunes, pour la plupart membres d'organisations sociales, qui ont participé à ce séminaire, n'ont pas caché leur satisfaction des différents sujets développés par des formateurs spécialisés en la matière. « En quatre jours, nous avons appris à nous familiariser à des notions relatives à la gestion de conflits, aux techniques d'animation, aux concepts de droits et à la démocratie», explique un des participants, Raymond Esau, membre du Centre de Développement humain de Cité Soleil. Ils ont surtout appris à identifier certains facteurs générateurs de violence et des impacts qui s'ensuivent: la violence entraine la violence, elle fait perdre des êtres chers, bref elle détruit le pays. Après ce séminaire de formation, ces jeunes deviendront à leur tour des ambassadeurs de la paix dans leur quartier respectif.

Jean-Max St Fleurtmaxner@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=48795&PubDate=2007-09-24

Commentaires :

Encore et toujours Cité Soleil
Si tous les quartiers défavorisés qui n’ont pas (encore) choisi la violence comme moyen d’expression pouvaient (avant que cela ne dégénère !) recevoir la même attention que Cité Soleil, dans peu de temps Haïti sortirait définitivement de la misère.
Ils sont nombreux les programmes sociaux (certes pas assez !) qui s’annoncent en faveur de cette zone devenue tristement célèbre. Cependant de façon concomitante, des voix s’élèvent pour réclamer encore plus d’actions. Aujourd’hui il y a une tendance à échanger le kidnapping d’individus par un kidnapping d’institutions qui vont finir par oublier d’autres zones en difficulté.

Daniel Elie partira-t-il "le coeur léger"?(Préval vicitme de l'incompétence des ses proches... une fois de plus!)

Dans l'attente d'un dépôt de budget différé plus d'une fois, les députés découvrent un rapport accablant pour Daniel Elie, le ministre récemment éjecté du gouvernement pluriel. Le chef de l'Etat, disent-ils, se félicite d'un rapport qui selon eux ne fait pas honneur au ministre Elie.
Accablé aujourd'hui encore, par la majorité des députés, le ministre Daniel Elie ne partira pas avec le coeur si léger comme l'aurait souhaité le président René Préval. Dans les couloirs et les salons du Palais législatif, la récente lettre du chef de l'Etat au ministre de la Culture et de la Communication éjecté depuis plus d'un mois résonne comme un brevet à un ministre privé de l'état de grâce.
« Le président René Préval n'a pas lu le rapport, ou du moins il a été induit en erreur », s'étonne le député Poly Faustin (Fanmi Lavalas). Daniel Elie devrait avoir la conscience troublée et se mettre à la disposition de la justice, a réagi l'élu de Miragoâne, mécontent des réflexions du chef de l'Etat à propos d'un rapport de la Cour supérieure des comptes et de l'Unité de lutte contre la corruption « établissant la vérité concernant les accusations dont le ministre Daniel Elie a fait l'objet le 31 juillet dernier ». Népotisme, clientélisme, immobilisme, abus de pouvoir...constituaient l'acte qui faisait tomber, il y a de cela près de deux mois, le ministre de la Culture et de la Communication. Après avoir raté son examen oral à l'hémicycle du Parlement, Daniel Elie avait exigé de l'Exécutif une enquête de la Cour supérieure des comptes et de l'Unité de lutte contre la corruption.

« A l'exception de certaines faiblesses constatées au niveau du système comptable dudit ministère, les rapports financiers concernant l'organisation du carnaval 2007 présentent fidèlement les transactions financières effectuées par le (MCC) ministère de la Culture et de la Communication. Au sens strict du terme, notre vérification n'a révélé aucune irrégularité majeure pouvant être qualifiée de malversation, de détournement ou de vol de nature à engager la responsabilité de l'ordonnateur », a retenu René Préval dans le rapport de la Cour supérieure des comptes comme pour réfuter les accusations imputées au ministre démissionnaire.

« Dans le cadre de cette enquête, à la lumière des dispositions des articles 137 et suivants du code pénal haïtien réprimant la corruption et des articles 6 et 9 de la Convention internationale contre la corruption, les faits relatés par les personnes rencontrées ne constituent pas l'infraction de corruption, en ce qui concerne Monsieur Daniel Elie », a aussi retenu le chef de l'Etat dans le rapport parallèle de l'Unité de lutte contre la corruption pour exprimer l'assurance de sa « plus haute considération » au ministre Elie.
Des extraits pas assez convaincants pour changer l'opinion négative du député Laurore Edouard (Union) à propos de l'architecte qui a la triste particularité d'être le deuxième ministre renvoyé par le Parlement depuis l'entrée en vigueur de la Constitution de 1987. « La lettre du chef de l'Etat est en contradiction avec le rapport de l'ULCC », estime-t-il.
La conclusion du rapport est contraire au contenu de cette lettre, ajoute-t-il. « Bon nombre des dépenses effectuées ne sont pas supportées par les pièces justificatives qui devraient être versées dans le dossier, soit 6 sur un total de 36 pièces », a révélé le rapport évoqué par les détracteurs de Daniel Elie. L'institution étatique a, entre autres, noté des irrégularités dans les pièces relatives aux dépenses consenties par le ministère de la Culture pour la commémoration de la fête du drapeau le 18 mai dernier. « Dans plusieurs cas, le ministère de la Culture et de la Communication a violé la loi sur la passation des marchés publics et il existe des pièces non conformes aux normes administratives généralement reconnues », poursuit le rapport de l'ULCC qui a été diligenté par l'Exécutif.
Certains contrats passés avec des artistes et des institutions, note le rapport, sont imprécis. Aucun appel d'offres, n'a été lancé pour certains contrats, a souligné l'ULCC qui a également révélé que « deux chèques ont été émis sans contrat, pour le même montant sur la base d'un seul pro forma. »
« Comment peut-on demander à un ministre dont la gestion est bourrée d'irrégularités de partir avec le coeur léger ? », s'énerve l'une des 68 voix qui ont mis Daniel Elie à la porte. « La position du chef de l'Etat va trahir sa lutte contre la corruption », a prédit le député de Cité Soleil, Jean Salibar (Fusion des sociaux-démocrates).

Claude Gilles
gonaibo73@yahoo.fr
Jean Pharès Jérôme
pjerome@lenouvelliste.com

http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=48878&PubDate=2007-09-24

Commentaires:

Préval victime de l’incompétence de ses proches :
Un rebondissement inattendu dans l’affaire Daniel Elie. Le Président Préval s’appuyant sur les bases du rapport des organismes experts en la matière vient de reconnaître la transparence de la gestion du ministre de la Culture tandis que certains députés réclament haut et fort que le ministre éjecté reste plutôt à la disposition de la justice au lieu de partir le cœur léger.
Le Président René Préval selon toute vraisemblance vient de commettre une gaffe monumentale qui sans remettre en cause sa bonne foi lui aura pris quelques plumes.
Sans vouloir condamner l’ancien ministre ou désavouer l’interprétation des députés qui crient au scandale, il faut noter que les conseillers du président ont fait preuve soit de laxisme ou ont démontré une incompétence qui est souvent mise en exergue au niveau de l’administration.
Ce simple fait démontre le danger de vouloir gouverner sans projet de gouvernement qui aurait impliqué la présence et la participation d’experts dans les différents domaines.
On a l’impression que le gouvernement actuel a pallié son ingénuité et le sens poussé de l’improvisation en se maquillant d’une étiquette de gouvernement pluriel, multisectoriel…
La logique voudrait que le président redresse la barre rapidement avec énergie dans des déclarations de rigueur et surtout dans des actions concrètes.

Lula va porter la cause d’Haïti devant l’assemblée générale de l’ONU

Le Président brésilien reste convaincu que le développement du pays doit passer par une plus grande implication de la communauté internationale
dimanche 23 septembre 2007,
Radio Kiskeya

Le Président brésilien Luiz Inàcio Lula da Silva, qui est arrivé dimanche à New York pour prendre part à la 62e assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies, lancera un nouvel appel international en faveur d’Haïti, selon des déclarations de son porte-parole, Marcelo Baumbach, rapportées par l’agence italienne ANSA.
Premier intervenant sur la liste des chefs d’Etat attendus à la tribune de l’ONU, le dirigeant brésilien tentera de porter la communauté internationale à coopérer davantage afin d’engager le pays dans un véritable processus de développement.
Lula, dont le pays détient le commandement de la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH), consacrera également une partie de son discours à l’importance environnementale de la production des biocombustibles dans laquelle Haïti et trois autres pays de la région seront intégrés dans le cadre d’un partenariat entre le Brésil et les Etats-Unis.
Le Président brésilien, qui rencontrera ses homologues américains, George W. Bush et français, Nicolas Sarkozy, devrait s’entretenir aussi avec René Préval. Le chef de l’Etat haïtien sera présent aux débats généraux prévus à New York du 26 au 30 septembre. spp/RK
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4172

Les vols de la Caribintair formellement interdits au personnel du gouvernement américain en Haïti

Une décision de Washington qui demande parallèlement à tous les ressortissants américains de ne pas prendre les vols de la compagnie haïtienne dont deux avions ont effectué récemment des atterrissages d’urgence
dimanche 23 septembre 2007,
Radio Kiskeya

L’ambassade des Etats-Unis à Port-au-Prince a formellement interdit à tous les membres de son personnel diplomatique et non diplomatique de voyager à bord des vols de la compagnie haïtienne de ligne intérieure Caribintair dont les activités ont été suspendues à la suite de deux accidents aériens.
Selon le quotidien américain Chicago Tribune, outre ces instructions qui concernent les employés de l’ambassade, les Etats-Unis déconseillent fortement à tous leurs ressortisants voyageant ou résidant en Haïti d’être parmi les passagers de la plus importante compagnie aérienne du pays.
Ces dispositions, très préjudiciables à l’image de la Caribintair, sont annoncées alors qu’il y a une semaine, des experts de l’avionneur américain Cessna Aircraft et de l’entreprise ayant construit les moteurs des deux appareils qui avaient connu des défaillances techniques étaient arrivés à Port-au-Prince. Ils participaient aux investigations qui avaient été annoncées en vue de déterminer les causes des accidents.
Les résultats de l’enquête n’ont pas encore été publiés officiellement.
Les directeurs généraux de l’Autorité aéroportuaire nationale (AAN), Lionel Isaac et de l’Office national de l’aviation civile (OFNAC), Jean Lemercque Pierre ainsi que le PDG de la Caribintair, Jean-Claude Mériné, avaient répondu le 13 septembre dernier aux questions du chef du parquet de Port-au-Prince, Claudy Gassant, dans le cadre d’une information judiciaire ouverte sur la double catastrophe aérienne.
A la fin de l’audition, M. Isaac avait affirmé avoir fourni au commissaire du gouvernement tous les renseignements nécessaires en ce qui concerne son administration tout en rappelant que les atterrissages d’urgence à répétition des avions de ligne ne relevaient pas de sa compétence.
Le 31 août et le 11 septembre derniers, deux Cessna monomoteurs du transporteur aérien haïtien, qui voyageaient à destination du Cap-Haïtien (274 km au nord de Port-au-Prince), avaient atterri en catastrophe sur un terrain vague et dans un marécage respectivement à la Croix-des-Bouquets (nord-est de la capitale) et à Source Puante (nord).
Chacun des accidents avait fait des blessés légers.
La Caribintair, qui dispose d’une flotte d’une dizaine d’appareils, assurait 30 liaisons aériennes quotidiennement vers 7 destinations locales et régionales. spp/RK
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4124

Gérard Latortue dément avoir affirmé que les haïtiens ne sont pas l'objet de mauvais traitement en République dominicaine et qu'Haïti ne connaissait p

Port-au-Prince, le 19 septembre 2007 ; (AHP)- L'ex-premier ministre intérimaire haïtien, Gérard Latortue, a dénoncé lundi ce qu'il appelle une compagne internationale de dénigrements contre la République dominicaine victime a-t-il dit, de fausses dénonciations sur les présumées conditions d'esclavage des haïtiens dans ce pays.
Nous n'accepterons pas que des gens malintentionnés mettent en péril les excellentes relations entre Haïti et la République dominicaine, a lancé M. Latortue qui participait à une conférence organisée par le Centre de Politique Hémisphérique de l'Université de Miami où le président dominicain Leonel Fernandez était l'orateur principal.
Il y a des gens qui ne se rendent pas compte que les temps ont changé et qu'aujourd'hui on ne peut parler d'avenir pour Haïti sans envisager l'avenir des 2 pays, a dit Gérard Latortue dont les propos ont été rapportés par la presse dominicaine.
Il a également estimé que le président dominicain aime Haïti et souhaiterait voir ses problèmes résolus.
Les bonnes relations existant entre Leonel Fernandez et Préval seront un élément décisif dans le cadre des efforts visant le développement de l'île via la mobilisation d'une coopération internationale, a dit Latortue, rejetant les accusations de mauvais traitement infligés aux haïtiens, pesant sur la République dominicaine.
Intervenant mardi soir sur une radio haïtienne de New York, Radio Tropicale, Latortue a nié des déclarations rapportées par la presse dominicaine.
Les journalistes dominicains pourraient avoir rapporté plus que je n'ai dit au cours de la conférence, s'est défendu Latortue, réclamant qu'on lui apporte la bande sur laquelle sont enregistrées ces déclarations.
On verrait que je n'ai pas parlé plus de 2 minutes, a-t-il ajouté, faisant savoir qu'il n'a soulevé que trois éléments: la nécessité pour la république dominicaine et Haiti de chercher des formules pour arriver à s'entendre ; l'inégalité des niveaux de développement des 2 pays qui expliquerait le flux migratoire haïtien en direction de la république dominicaine et la nécessité d'un plus grand appui de la communauté internationale à Haïti.
Je n'ai pas non plus parlé de politique migratoire, a encore souligné l'ex chef de gouvernement, estimant qu'il est temps d'en finir avec la désinformation.
Latortue qui avait quitté le pays avant l'entrée en fonction du gouvernement constitutionnel, officiellement pour raison de santé, a également démenti avoir dit qu'Haïti ne connaît pas de croissance économique.
Ce serait nier les progrès que ma propre administration a réalisés et consolidés par le gouvernement constitutionnel, a dit l'ancien chef du régime intérimaire.
AHP 19 septembre 2007 11: 00 AM

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Commentaires
Nous reprenons cet article de l’agence AHP, encore un énième article qui traite des réactions de personnalités haïtiennes au sujet de cet aspect épineux des relations haïtiano-dominicaines. Dans l’ordre nous avions eu droit à des rumeurs sur des déclarations prêtées au président de la République ; puis fut le tour de l’ambassadeur controversé Cinéas et selon toute vraisemblance l’ex-premier ministre du gouvernement de transition, « parti » par la petite porte après les élections présidentielles vient d’être pris au piège.
Cet article n’aurait aucune sorte d’importance s’il ne devait servir a rouvrir une fenêtre pour déblatérer et lancer des injures ou des éloges dirigés vers ce personnage. Cependant comme nous l’avions toujours crié haut et fort, un jour les fonctionnaires haïtiens apprendront que la seule façon d’échapper à ce genre de situation qui vous impose le choix entre le cœur et le politiquement correct, une situation sans issue pour celui qui se laisse prendre au piège, c’est d’éviter ces réunions mondaines ou les medias ne manqueront pas de lancer leurs appâts.
Il faut savoir rester sur ses gardes de façon continue pour éviter des malentendus car définitivement on ne peut pas dans ce cas ménager la chèvre et le chou !

lundi 24 septembre 2007

SOUVENIRS..SOUVENIRS...JEAN CLAUDE DUVALIER EN 2003....

Jean-Claude Duvalier Ancien président de la République d'Haïti

HAÏTI - 15 juin 2003 - par VALÉRIE THORIN

A croire son avocat et les rares personnes qui l’ont côtoyé, Jean-Claude Duvalier, alias Baby Doc, l’ancien président de la République d’Haïti, est un homme fini. Il vit aujourd’hui à Paris avec sa compagne, Véronique Roi, dans un modeste deux pièces, loué obligeamment par un ami qui s’acquitte des 850 euros (550 000 F CFA) de loyer.
Physiquement, Duvalier a changé. Terminé le triple menton et l’air repu qu’il affichait sur les photographies d’avant 1986, date de sa chute. Il a maigri, ses tempes sont grisonnantes et sa voix n’est plus qu’un murmure.
Le journaliste italien Riccardo Orizio, qui l’a rencontré pour les besoins de son livre, Conversation avec le diable, rencontre avec sept dictateurs (éditions Secker & Warburg), a noté son ton las, son air fatigué, presque absent.
Baby Doc est ruiné. Vendues la Ferrari Testarossa et la BMW à bord desquelles il sillonnait le sud-est de la France, aux premières heures de l’exil. Vendu le château de Théméricourt (région parisienne), où le président à vie jouait les Roi-Soleil. Quant aux 20 millions de dollars – certains disent 300 millions – déposés sur un compte suisse, après lesquels couraient, dans les années quatre-vingt-dix, les avocats du nouveau pouvoir haïtien, envolés ! Tout comme Michèle Bennett, sa dépensière épouse. Grande argentière officieuse du temps de la splendeur, elle était trop avisée en affaires pour conserver un nom aussi encombrant.
Après les ors du pouvoir absolu, Duvalier a erré sans le sou, poursuivi par le fisc français, les avocats internationaux, les créanciers. Sa rencontre avec Véronique Roi lors d’une réception, le jour de l’invasion du Koweït par l’Irak – le 2 août 1990 –, n’a pas tout de suite arrangé les choses. La jeune femme a seulement partagé sa galère. Toujours dans le sud de la France, le couple a logé dans des bicoques de plus en plus petites, se faisant même couper le téléphone pour défaut de paiement, jusqu'à être contraint d’habiter à l’hôtel. Un jour, Baby Doc s’est fait arrêter pour grivèlerie à Mougins, après être parti sans payer de l’Eden Bleu, où il résidait avec sa mère, Simone, sous le nom de monsieur et madame Valère. Véronique l’a tiré du commissariat en réglant la note. Impétueuse conseillère en communication, la jeune femme est plus « duvaliériste » qu’un Tonton Macoute, comme on appelait les membres de la police politique en Haïti. Elle a pris son bâton de pèlerin pour mobiliser les Haïtiens de la diaspora déçus par le régime de Jean-Bertrand Aristide et lever des fonds. Elle s’occupe aussi du site Web de son idole, quoique www.duvalier.net soit toujours « en construction ».
C’est pourtant par ce biais que l’ancien président est censé garder le contact avec ses militants, pour lesquels il s’est fendu d’une « adresse à la nation » en septembre 2000 et hélas ! aujourd’hui indisponible. Elle était supposée les mobiliser en sa faveur pour les élections haïtiennes de novembre de la même année. Les nostalgiques de la dictature restent cependant peu nombreux, même si Véronique affirme qu’ils sont en constante augmentation. Elle estime que Baby Doc est influent au point d’être le « cauchemar » d’Aristide. Il est vrai que les chauffeurs de taxi, agents immobiliers, ouvriers d’usine émigrés de la première heure, soutenus par quelques fils à papa partis avec la caisse de l’entreprise avant l’effondrement du régime sont autant d’agents de propagande.
Moyennant quoi, le peu loquace président, qui déteste parler du passé, envisage l’avenir sous d’agréables auspices. Il a chassé le fantôme de son père, la mort l’a délivré d’une mère étouffante, et les exigences extravagantes de Michèle ne sont plus qu’un vieux souvenir. Mais le chemin d’un hypothétique retour en grâce est long. Comment meubler le temps dans l’intervalle ?
En dix-sept ans d’exil, Jean-Claude Duvalier n’a rien fait. Il n’a ni écrit, ni esquissé le moindre geste pour gagner de l’argent. De hobby, il n’en a pas. Il a confié à une journaliste du quotidien américain The Wall Street Journal qu’il a fréquenté l’université pour améliorer ses connaissances en administration et en relations internationales. Voulait-il apprendre à être président, lui qui ne l’est devenu que parce que son père l’était ? « Tout ce que je sais faire, c’est de la politique,
déclare-t-il, pour excuser son inertie. Une seule chose m’intéresse : l’énergie solaire. J’aimerais l’utiliser pour relancer l’économie d’Haïti. » Un programme un peu mince, mais Jean-Claude Duvalier a du temps devant lui, il n’a que 51 ans. http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_jeune_afrique.asp?art_cle=LIN15063jeancitahde0

DANS LES MEDIAS DANS LES RUES ET DANS LES SALONS

Le Sénat Haïtien dans la tourmente. Histoire de drogues !
Une autre histoire de corruption au sein du parlement haïtien. Un bateau impliqué dans la réception d’une cargaison de drogue appartiendrait à un sénateur du département du sud est. Après beaucoup de tractations de « kasé fèy kouvri sa » le sénateur sur qui repose la charge des suspicions n’est personne d’autre que l’actuel Président du Sénat haïtien.

Cette histoire, en dépit, des rebondissements de tout genre ne semble surprendre personne. L’opinion publique a déjà tranché et l’impliqué aura fort à faire pour se refaire une image. L’histoire récente ne va pas l’aider dans ce dossier assez complexe dans sa configuration.

En effet en février dernier, un membre du sénat avait tiré déjà la sonnette d’alarme dans ce sens en affirmant que des véhicules appartenant à des parlementaires étaient utilisés dans la logistique de trafic de stupéfiants. Cette accusation très médiatisée à l’époque a été mise en deuxième position dans un dossier compliqué de distribution-réception de pots de vin des membres du parlement haïtien pour forcer le vote d’une résolution en faveur de la SOCABANK dans le conflit opposant cette institution avec la BRH. Curieusement, ces accusations avaient été l’objet d’une enquête menée par une commission interne présidée par le président du Sénat lui-même pointé du doigt aujourd’hui.

Pour beaucoup de citoyens, le travail de cette commission d’enquête n’a été que de la cuisine domestique adepte de l’alléchant « kasé fèy kouvri sa ».
Un peu plus de recul nous ramène a évoquer la présence d’un ancien sénateur, lui aussi président du sénat pendant le régime de Jean Bertrand Aristide actuellement écroué dans une prison nord américaine condamné pour trafic de drogues.
Le parlement haïtien a du pain sur la planche pour regagner les épithètes qui caractérisent l’honorabilité, le sérieux et la probité d’un tel engagement envers un peuple et une nation.
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Jean Claude Duvalier, le béni des Dieux.
22 septembre 1957-22 septembre 2007
Déjà 50 ans depuis l’avènement du régime de François Duvalier. Une classe politique moribonde renaissant de ces cendres non pas comme l’oiseau phénix mais profitant de l’engrais de l’incompétence de ceux qui avaient pris les armes pour mettre fin en 1986 à cette dynastie. Après 21 ans de silence, d’apathie politique, Jean Claude Duvalier qui semblait avoir d’autres préoccupations que la politique et le sort des haïtiens a été poussé, sans vraie conviction à déclarer qu’il était là, bien là, comme une option au renouveau. Rien de nouveau sur le soleil dans un discours de circonstances qui en fait ne représente qu’un discours-cliché, dans la lignée du politiquement correct et du conjoncturel. Cependant il faut se garder de lui en vouloir car s’il a été plébiscité comme le meilleur président d’Haïti des dernières années c’est parce que les enquêteurs avaient inconsciemment demandé de choisir « le meilleur des pires ». Les ennemis et les adversaires de Jean Claude Duvalier ont tout fait pour favoriser sa réhabilitation.
Aujourd’hui la note discordante, sublime inconnue, qui ponctue encore cette cacophonie c’est de savoir si les restes du duvaliérisme, régime qui n’a existé que l’espace d’un déchoucage, puisque DUVALIERISTE n’aura été que François Duvalier, sont prêts à renoncer aux pratiques dépassées et archaïques qui ont permis la pérennisation d’un régime pendant plus de 30 ans dans un contexte politique ou les mandats présidentiels restaient à la merci de la volonté de certains secteurs de la vie nationale.
Certains pseudoduvaliéristes avaient agi en montrant une certaine fébrilité dans ce sens. Un Roger Lafontant auteur d’un dernier coup de force après l’élection de Jean Bertrand Aristide ou la création par Franck Romain d’un parti politique dont les sigles trop évocateurs d’une certaine présence arbitraire sur la scène politique « PAKA PALA » sont autant d’éléments qui alimentent cette inquiétude.
Ceci reste plus que légitime si on accepte le fait que Jean Claude Duvalier depuis 20 ans de présence en France n’a rien fait pour acquérir de vraies capacités de compréhension pour se pourvoir de moyens pour répondre favorablement aux attentes de la nation.
Les leçons à tirer de cet épisode sont multiples. En 2025 ou 2028, 20 ans après 2004, Jean Bertrand Aristide risque de revenir sur la scène comme un énième messie puisque rien est fait pour lui demander des comptes de sa gestion désastreuse.
Le retour de Jean Claude Duvalier pourrait ouvrir les portes ç un Jean Bertrand Aristide et le scénario serait fin prêt pour une confrontation entre TONTONS MAKOUTS et CHIMERES. Une situation qui ne saurait en rien profiter aux besoins de la population haïtienne.
Il faut espérer que les vrais amis d’Haïti aient compris le danger de cette situation.
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Le sort des haïtiens des bateys évoqué à Montréal…

L’édition actuelle du féstival du film haïtien de Montréal a ouvert une large fenêtre sur les tribulations des haïtiens travaillant dans les bateys de la République Dominicaine. Une initiative à saluer si l’idée de Céline Anaya de partager ses expériences avec les hommes de bonne volonté peut recevoir l’effet souhaité c'est-à-dire conscientiser sur l’impensable et l’inacceptable. Chaque fois qu’une voix se lève pour dénoncer cet état de choses, l’étau se resserre davantage sur les haïtiens toujours livrés à eux-mêmes. Après les rassemblements pour dénoncer, il faudrait suivre par des réunions pour trouver de vraies solutions à un problème dont la complexité n’a pas toujours été évaluée correctement…

Message de Jean-Claude Duvalier à la Nation

22 septembre 2007
Chers compatriotes, hommes et femmes de mon Pays, jeunesse haïtienne
Il y a bien cinquante ans, le 22 septembre 1957, le docteur François Duvalier accédait par des élections démocratiques et libres à la présidence d’Haïti. Aujourd’hui 22 septembre 2007 la mémoire collective attend encore le verdict d’une histoire qui saura rétablir la vérité et réconcilier les frères ennemis. C’est du moins mon souhait et mon rêve pour les hommes, les femmes et les jeunes de mon pays, et enfin pour tous ceux qui sont restés fidèles à la logique de notre Histoire.
J’adresse un salut chaleureux à tous ceux et celles qui, au prix d’un héroïsme quotidien, ont continué, pendant deux décennies de souffrances et d’exclusion, d’alimenter la dévotion à une cause généreuse qui se résume essentiellement à un combat pour la régénération nationale, la sauvegarde du patrimoine sacré de souveraineté et de dignité nationale.
Chers compatriotes,
Il est hélas malheureux que le sang soit le principal tribut qu’il faille payer à la justice et à la paix. Nous n’avons jamais demandé aux élites de cesser d’être telles, nous avons simplement lutté pour que le soleil se lève non seulement dans les romans de Roumain, mais aussi pour de nouvelles élites chargées d’insuffler à l’Etat ce sang neuf rénovateur et porteur d’espérances.
Mais, cinquante ans plus tard, nous voici encore à la case départ, donnant au reste du monde, l'impression que nous sommes le pays de l'éternel recommencement, alors que nos voisins de l’Hémisphère sont déjà engagés dans la fièvre du renouveau. Bien sûr, la chance qui passe, la chance à prendre sont encore au rendez-vous, mais, parce que rentrer en politique fait songer un peu à ceux qui rentrent en sacerdoce, faudra-t-il bien que nous nous donnions la peine de choisir entre l’argent facile, l’effort qui paie et le travail qui ennoblit.
François Duvalier croyait fermement que la dignité était une conquête, il a encore raison.
Chers compatriotes,
Ce n’est ni le dollar ni l’euro qui sauveront Haïti, si en nous-mêmes le vide moral et l’absence d’un humanisme persistent au point que la corruption est devenue le tueur numéro 1 de l’effort et de l’imaginaire national.
Je prends occasion de ce glorieux anniversaire pour lancer un appel à la paix, à l’ordre, à la réconciliation nationale, à l’instauration en Haïti d’une réelle démocratie participative qui ne marginalise aucun secteur de la société haïtienne. J’associe ma voix aux revendications de tous les chefs de Partis de ce pays qui condamnent la violence et la division. Je salue le sens de l’abnégation de ces leaders qui ont accepté le consensus en vue d’assurer la stabilité politique pour la reconquête de la dignité nationale et le salut de la patrie commune.
A toutes les catégories de cette nation déchirée, installée depuis plus de deux décennies dans la précarité d’une transition qui nous a coûté en dix ans deux interventions militaires étrangères, à ce peuple qui aura connu toutes les affres de la déchéance, de la misère, de l’insécurité politique, sociale, alimentaire et sanitaire, à vous tous, vivant anxieusement dans l’attente de jours meilleurs, j’indique d’une voix ferme et assurée l’horizon des temps prochains où un leadership avisé, pétri de doctrine, d’expérience et de savoir-faire viendrait aménager des voies sûres à la satisfaction de vos aspirations.
J’ai tiré des leçons des évènements de ces vingt dernières années et avec toute la sincérité d’un homme brisé par vingt ans d’exil, mais revigoré par l’espoir que dégage la Jeunesse de mon pays, j’ai compris.


J’ai compris que la gestion des inégalités sociales est la responsabilité de l’Etat et que la richesse des uns n’est pas la cause de la misère des autres ;
J’ai compris que le maintien des masses dans l’ignorance abjecte peut faire prospérer toutes sortes d’idéologies malsaines et destructrices;
j’ai compris qu’ accuser nos adversaires des torts que nous avons nous-mêmes causés, c’est innocenter les coupables et diaboliser les victimes, même si l’histoire par définition reste la propagande des vainqueurs,
Si, au cours de mon mandat présidentiel, le gouvernement a eu à causer des torts physiques, moraux, ou économiques à tiers, je prends solennellement la responsabilité historique en ce jour du 22 septembre 2007 de demander pardon au Peuple et je sollicite le jugement impartial de l’Histoire.
Chers compatriotes,
Je ne prétends point être donneur de leçons. Je souhaite ardemment que la morale se mêle aussi des affaires de la République et que l’on marque un certain respect quand il s’agit de l’Etat.
Il viendra chez nous des hommes et des femmes pour panser les blessures, sourire aux humbles et aux nécessiteux; il viendra d’autres croisés et d’autres croisades, parce qu’il y a encore d’autres souffrances et d’autres attentes. Haïti vit dans l’espérance des prophètes qui parleront d’amour, de paix et d’esprit de famille. Telle est l’attente générale, telle est du moins l'attente de la jeunesse. Cette jeunesse, on le comprendra, a besoin d’un monde nouveau parce qu’elle apporte un esprit nouveau dans une société essoufflée et vermoulue. Cette jeunesse si chère à François Duvalier a besoin de croire et d’aimer. La jeunesse haïtienne attend qu’on lui invente un rêve et qu’on la fasse rêver, qu’on lui demande quelle est la couleur de ses songes et la nature de ses pulsions. Un pays ne peut vivre sans rêve.

Quel sera l’avenir d’une jeunesse à laquelle on a appris à tuer avant de lui avoir dit ce qu’elle était ? Jeunes de mon pays, je sais que ces questions vous tiennent à coeur, je sais aussi que vous attendez une réponse. Je sais également que ce jour viendra. Evitons de tomber dans le piège de la facilité et de la parole creuse et frivole. Gardons-nous de croire que ce pays est né d’hier et qu’il n’a connu que viols, assassinats, corruption, racisme et exclusion.

Cinquante ans plus tard, le duvaliérisme attend encore de la part de la Jeunesse ce second souffle qui sut sauver les sociétés qui agonisent et les familles guettées par la faillite et le doute. Plus que jamais, sa mission ne fait que commencer.
A travers le pays sonne déjà le lambi de la mobilisation. Le mot d’ordre est déjà lancé, la consigne est donnée. Militants, militantes et sympathisants du Parti Unité Nationale soyez prêts.
Nous vivons, croyez-moi, sous le regard des ancêtres et dans l’attente du renouveau.
Que Dieu sauve Haïti!
Merci.

JEAN CLAUDE DUVALIER: L’OCCASION MANQUEE

Le monde entier était mobilisé pour cette émission spéciale de Ranmase sur Caraïbes F.M consacrée au 50e anniversaire de l’élection de François Duvalier (22 Septembre 1957 – 22 Septembre 2007) à la présidence et la première intervention radiophonique en Haïti de l’ancien président Jean Claude Duvalier, son fils depuis sa chute en 1986 et son départ pour l’exil en France. Depuis les 8 heures locales, les diverses stations de province et de la diaspora relayaient la radio (Caraïbes) pour cette émission historique que personne ne voulait manquer.

L’intervention de l’ancien président Jean Claude Duvalier a eu lieu vers les 10hres 30 locales et elle n’a pas duré plus qu’une dizaine de minutes. L’ancien chef d’Etat qui vit depuis 21 ans à Paris a été plutôt modéré dans ses propos tout en dressant un tableau sombre de la situation socio-économique du pays depuis son départ du pouvoir et du pays. Il croit que la division et la haine sociale sont fautrices de tous nos maux et de toutes nos misères et a appelé à l’unité au sein de la famille haïtienne pour sauver les grands principes et parvenir au sauvetage national.
Jean Claude Duvalier a été particulièrement tendre à l’endroit du pouvoir actuel qu’il a salué pour ses efforts en faveur de l’établissement d’un climat sûr et stable (sécurité) et aussi pour les progrès constatés en matière de démocratie. Fidèle à ses principes et à sa conviction, Jean Claude Duvalier a soigneusement évité de répondre aux diverses questions du panel de journalistes présents pour l’occasion (Jean Monard, Péguy, Rotschild F. Junior, Romel Pierre, Jacky Cantave, Gérin Alexandre) ; il a brièvement dit sa satisfaction de pouvoir s’exprimer avec le peuple après ces 21 ans de silence et s’est dit ému pour l’occasion.

L’invité de marque de Ranmase pour ce samedi s’est excusé en promettant de donner sous peu à la station une interview exclusive où il pourra aborder toutes les questions. La classe politique à travers plusieurs dirigeants comme Evans Paul (Alyans), Me Reynold George (ALAH), Dr Grégoire Eugène Jr (PSCH), l’ancien sénateur Clark Parent (URN), l’ancien beau-père de Jean Claude Duvalier, Me Ernest Bennett ou l’historien George Michel n’ont pas tardé à réagir à cette première intervention de l’ancien dictateur Duvalier.

Clark Parent s’est dit déçu pour l’occasion unique et exceptionnelle que l’intéressé n’a pas su saisir pour s’expliquer au peuple et dévoiler sa vision et des plans.
Même point de vue chez Evans Paul qui a quand même salué le ton rassembleur de l’intervention de M. Duvalier alors que le Dr Eugène a quand à lui reconnu qu’il est de bonne guerre que Baby Doc reconnaisse aujourd’hui les vertus de la démocratie et de l’Etat de droit puisqu’il a félicité le gouvernement pour ses progrès dans ce domaine.
Grégoire Eugène Junior en profite pour inviter les acteurs politiques à enterrer la hache de guerre et à oublier le passé pour construire l’avenir.
George Michel a lui-même été plutôt élogieux envers le fils clouant au pilori le père qui s’est révélé pour lui un dictateur sanguinaire. ‘’Jean Claude avait l’intelligence de comprendre qu’il ne pouvait suivre la trace du père ; d’où l’essence de son discours prononcé peu après son arrivée au pouvoir en 1971 : mon père a fait la Révolution politique, moi, je ferai la révolution économique’’. Stanley Lucas de Washington Democracy Project est aussi intervenu pour analyser le style du discours de Jean Claude Duvalier. Un style, dit-il, qui rejoint curieusement et bizarrement celui de Jean Bertrand Aristide. ‘’Comme la gauche et la droite se ressemblent aujourd’hui’’, conclut l’ancien professeur des arts martiaux.
Le professeur Ernest Bennett dit lui-même ne pas s’étonner que son ex-beau-fils ait évité les questions. C’est son style et c’est aussi sa stratégie’’, confie le chroniqueur des dits et non dits sur le Nouvelliste qui confie son admiration pour Jean Claude Duvalier en dépit du fait qu’il ait perdu le contact avec lui.
http://www.caraibesfm.com/index.php?id=2891