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mercredi 21 août 2013

Haïti: « Besoin de renfort: tout le monde sur le pont! »

Publié le 20 août 2013
par Médecins Sans Frontières
 Ahmed Fadel, responsable terrain de projet MSF, décrit la mobilisation, le travail d’équipe et les émotions fortes ressenties lors d’une urgence à l’hôpital de Chatuley, à Léogâne en Haïti.
Il est 22h passé à l’hôpital MSF de Chatuley à Léogâne. Un enfant de deux ans est sous oxygène, plongé dans le coma suite à un traumatisme crânien sévère. Il est en train de partir. La pédiatre et deux infirmières le regardent d’un air désemparé. Une autre infirmière le caresse avec attention et tendresse pour adoucir son départ vers l’au-delà… L’enfant s’en est allé. On ne pouvait plus rien pour le sauver, son sort était déjà scellé. L’infirmière en chef, les larmes aux yeux, le prend dans ses bras et se dirige vers sa maman qui est elle aussi en train de recevoir des soins. Un moment de silence, de solitude : la maman, sous le choc, ne réalise pas tout de suite ce qui vient de se passer, puis elle éclate en sanglots.
Le personnel autour d’elle marque un moment de silence. J’ai eu l’impression que la terre s’arrêtait de tourner, que tout s’était figé autour de nous, sauf les larmes qui coulaient des yeux des uns et des autres.
 Je reviens en arrière, plus tôt dans la journée. On est mardi à Léogâne, un beau matin ensoleillé. Mon agenda et bien chargé: longues réunions avec les équipes pour discuter des objectifs et des résultats atteints, s’organiser pour le mois à venir et discuter des axes stratégiques pour l’année prochaine.
A la fin de la journée, nous rentrons à la base en prenant un raccourci. On croise une famille habitant un abri de fortune et un homme nous demande de nous arrêter. J’ai cru qu’il venait nous demander une assistance médicale et j’étais soulagé d’être accompagné d’un médecin ! Eh bien non, ce monsieur voulait nous faire part de sa gratitude et nous remercier de notre travail en nous tendant un petit cadeau : un fruit. Nous rentrons donc à la base, contents de ce petit geste très significatif et nous le partageons avec l’équipe. La soirée s’annonce dans la joie et la bonne humeur…
Il est 19h45 lorsque j’entends des bruits de sirènes. Avant même d’avoir le temps de me demander ce qu’il se passe, un gardien accoure nous informer que la salle radio a reçu un appel de l’hôpital : il y a eu un accident de la route, suivi d’un afflux de blessés légers. L’équipe à l’hôpital aurait la situation sous contrôle.
Mais quelques minutes plus tard, à 20h, les deux chirurgiens, l’infirmier et l’anesthésiste reçoivent des appels: le bloc opératoire pourrait avoir besoin d’eux.
A 20h25, on m’informe que l’afflux de blessés serait plus important que ce que nous pensions.
 A 20h33, j’arrive à l’hôpital. En face de la salle d’urgence se trouvent des pickups de particuliers, des ambulances du ministère de la Santé et de la Croix-Rouge haïtienne, tous remplis de blessés. Les brancardiers sont débordés. Une trentaine de blessés sont arrivés alors que d’autres ambulances sont en route vers l’hôpital.
Besoin de renforts !
Je fais rapidement sortir les véhicules pour faire de la place et me dirige vers la salle d’urgence : il y a des blessés de partout en phase de triage. Le chirurgien me dit qu’il a besoin de renforts pour prendre en charge les blessés qui devraient arriver à tout moment. Je prends mon téléphone pour composer le numéro de la base et trouve une dizaine de messages de l’équipe demandant s’ils peuvent nous aider.Je les appelle: « Urgence. Afflux de blessés important. Besoin de renforts: tout le monde sur le pont!».
Réponse : «Message copié.
 L’équipe entière en mouvement». Je me retourne et tombe sur une consœur d’une autre organisation qui m’explique ce qu’elle a vu : deux gros camions chargés à craquer de passagers entassés les uns sur les autres sont entrés en collision. Il y avait environ 60 à 70 personnes. C’était à Gressier, sur la route nationale entre Port-au-Prince et Léogâne.
La route vers la capitale est donc bloquée jusqu’à ce que tous les blessés aient été évacués et que les deux camions soient dégagés. Par conséquent, l’hôpital de MSF à Chatuley est la seule structure hospitalière accessible!
 Il est 20h38 lorsque je vois le véhicule MSF se garer et mon renfort débarquer: médecins, infirmières, sages femmes, logisticiens. L’équipe d’expatriés est arrivée au complet, l’air concentré et déterminé : « Dis-nous quelle est la situation et ce que nous devons faire!». J’annonce rapidement : «Blessés toutes catégories… 30 personnes. Autres blessés en route. Pour les médicaux : le médecin urgentiste et les chirurgiens sont les points focaux: agissez sous leurs instructions. La logistique, suivez moi!». A peine ai-je fini mon discours que je vois un nouveau renfort arriver : le staff national qui était au repos a tout laissé tomber après avoir entendu la nouvelle. Ils sont là, sans même que je n’aie dû les appeler. A partir de là, la ruche s’active simplement : sans panique, sans stress, mais avec une fébrilité positive. Chacun connaît son rôle et sa place, pas de cris, ni de précipitation, mais de l’activité. Cette attitude calme les blessés et les accompagnants que l’on retenait à distance. Les gens nous font confiance. La terre s’arrête de tourner un instant
 A 22h 30, une nouvelle vague de blessés arrive et la situation n’est pas jolie à voir. On prend notre courage à bras le corps et on continue avec détermination et professionnalisme.
 Dès 23h, les cas les plus désespérés décèdent. On en est à quatre. Non, on ne se laisse pas abattre, on active les boucliers émotionnels et on continue. A 23h15, le garçon de deux ans meure sous les caresses de l’infirmière. Silence. Je vois des pleurs discrets et l’infirmière en chef le porter vers sa maman afin qu’elle puisse le tenir dans ses bras une dernière fois. La terre s’arrête de tourner un instant.
A 23h30, le médecin urgentiste annonce d’une voie rassurante et encourageante: «Blessés stabilisés à transporter dans les salles d’observation et sous les tentes aménagées à cet effet ». Tout le monde s’active, il n’y a plus de brancardiers, de chirurgiens, de médecins ou de non-médicaux : nous sommes tous devenus brancardiers. Le transport s’exécute. Dernière ligne droite Il est minuit passé, dernière ligne droite de nettoyage et de rangement avant de rentrer à la base.
Dans la voiture, l’équipe marque un moment de silence, suivi de croisements de regards, puis d’un éclat de rire collectif et fier. Quelqu’un lance : « Les gars : 43 blessés, dont la moitié graves et en danger de mort, nous les avons sauvés !». Une autre dit : « YES, we did it !! ».
Soulagés, nous allons nous coucher, car demain est un autre jour. Il faudra assurer le suivi des blessés, le transfert de certains vers d’autres structures hospitalières de MSF à Port-au-Prince. Il faudra aussi procéder à l’identification des morts avec le juge de paix et à l’accueil et au soutien des familles des défunts, sans pour autant paralyser le fonctionnement de l’hôpital. Et moi, je dois encore briefer la nouvelle pédiatre qui vient juste d’arriver et qui a tout de suite été jetée dans cette réponse d’urgence. Je sais déjà ce que je vais lui dire : «Merci pour ce que tu as fait hier et pour ce que tu vas faire encore. Tu vois, c’est ça MSF !»
Depuis 2010, MSF gère un hôpital de Chatuley à Léogâne situé à une trentaine de kilomètres de la capitale Port-au-Prince et offrant des soins gratuits et accessibles 24 heures sur 24 en cas d’urgence.
http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2013/08/20/haiti-besoin-de-renfort-tout-le-monde-sur-le-pont/

Laleau pris au piège par les sénateurs

C'est sur des sénateurs très coriaces que le ministre de l'Economie et des Finances, Wilson Laleau, a butté ce mardi. Alors que le grand argentier de la République tentait de s'expliquer, avec difficulté, sur l'utilisation du budget de l'exercice fiscal 2012-2013 avant de justifier les innovations spectaculaires prévues dans le projet de loi de finances 2013-2014, les sénateurs, à l'image de Jocelerme Privert, président de la commission permanente Economie et Finances du Grand corps, se sont montrés sans pitié pour le ministre. Veste noire, chemise blanche et cravate noire, Wilson Laleau, accompagné entre autres des directeurs généraux de la DGI, des douanes, n'a pas attiré la sympathie des pères conscrits. « On a dû faire un ensemble de choix cette année pour marquer la rupture, a, d'entrée de jeu, déclaré le ministre Laleau pour justifier le budget devant la commission sénatoriale. Nous avons fait le pari de lutter contre l'inflation dans l'économie haïtienne. Les propositions que nous avons soumises au Parlement sont de nature à changer la donne en matière économique et sociale pour Haïti... » Les boulets de Privert « Je ne suis pas d'accord avec vos réponses, Monsieur le Ministre », a rétorqué, amer, le sénateur Privert. Le parlementaire a commencé par énumérer les véritables points sur lesquels le ministre doit tout d'abord apporter des clarifications. « Nos préoccupations, a -t-il enchaîné, concernent le rapport financier annuel du gouvernement qui doit être soumis au Parlement. Nous avons besoin des informations qui sont indispensables, à savoir la liste de tous les comptes courants ouverts à la banque centrale au nom des différents ministères, institutions et organismes publics. Un rapport détaillé identifiant les bénéficiaires des contrats, les fonds alloués et les projets exécutés et/ou en exécution à travers les fonds PetroCaribe pour l'exercice fiscal 2012-2013. Et un autre rapport détaillé sur l'utilisation des fonds décaissés et mis à la disposition de certains ministres pour le financement des activités, projets et programmes relatifs à la rentrée scolaire et les fêtes de fin d'année...» Laleau nage, mais.. « Les informations demandées portent sur l'année passée. Je m'engage à vous faire parvenir ces informations avant la fin de l'exercice fiscal », a laconiquement répondu Wilson Laleau, précisant qu'au moment du dépôt du projet de loi de finances à la Chambre des députés, il avait déposé également la loi des règlements de l'année fiscale qui prendra fin le 30 septembre. « Ce que je peux dire, c'est qu'on est en train de mettre en place un système pour faire les rapports réguliers sur les dépenses afin de les mettre à votre disposition en temps et lieu. On a pris acte de vos demandes. » Les choses qui retiennent le plus l'attention du sénateur Privert dans le budget concernent surtout les dispositions relatives aux ressources, les dispositions relatives aux charges et les dispositions concernant les crédits. « Malgré votre bonne volonté, vos interventions dans les médias, vous n'avez pas encore assuré l'opinion publique quant aux dispositions concernant les ressources », a dit le parlementaire déplorant que le ministre de l'Economie et des Finances n'ait présenté aucun tableau justifiant l'impact de ces mesures fiscales sur la population. « Nous avons de sérieuses inquiétudes, Monsieur le Ministre. » Des augmentations extravagantes! Alors qu'on est en pénurie de ressources, poursuit Jocelerme Privert, le gouvernement a décidé d'augmenter le budget de fonctionnement au détriment du budget d'investissement. « Le budget de fonctionnement du bureau du ministère des Finances est passé de 41 millions de gourdes à 91 millions de gourdes. Celui du ministère de la Justice a augmenté de 156%, la présidence 99%, la Primature 150%, le ministère de l'Intérieur 157%, énumère le président de la commission Finances et Budget du Sénat, exhortant le ministre à s'expliquer sur le bien-fondé de ce choix. Pire, ce sont les secteurs politiques qui sont privilégiés sur les secteurs économiques dans le budget. » « Cette année, nous avons fait le choix de rendre le budget plus visible et plus lisible », a gesticulé Wilson Laleau pour expliquer la décision d'augmenter les taxes sur un ensemble de services dont les 10 000 gourdes pour le droit du passeport. Autre raison avancée par le ministre pour justifier le budget, c'est la nécessité de construire ou de reconstruire des édifices douaniers dans le pays. Mais l'économiste, professeur d'université, n'a pas pu convaincre les sénateurs de l'augmentation des taxes sur les services comme les taxes sur le permis de conduire, sur le tarif douanier, sur le droit du passeport, sur la vente et/ou l'achat d'animaux, sur les produits de première nécessité... « Monsieur le Ministre, votre intervention pourrait faire le poids dans un débat académique. Mais ici, vous êtes au Sénat de la République », a répondu le sénateur Privert, cadrant l'ancien vice-recteur de l'Université d'Etat d'Haïti. Question de lui demander d'être plus pratique dans les réponses apportées pour justifier le budget. Qui finance les voyages du président de la République? Ce n'est pas le sénateur Steven Benoit qui aura pitié du ministre qui n'était pas dans ses beaux jours. « C'est un budget criminel. Nous allons mobiliser les sénateurs pour retourner le document à l'exécutif », a fulminé l' « homme-dossier » avant de questionner le ministre Laleau sur le montant exact du per diem pour les voyages du président Martelly. « Pouvez-vous nous dire, en tant que principal responsable du Trésor, où est passé le chef de l'Etat ? A combien s'élève le per diem de ses voyages ? Combien de personnes composent la délégation qui l'accompagne? » Selon Wilson Laleau, les réponses à ces questions ne relèvent pas de sa compétence. « La présidence a son budget. Le ministère des Finances ne s'occupe guère des voyages du président de la République.» Une réponse peu convaincante pour les sénateurs rappelant au ministre qu'il est l'ordonnateur principal des fonds du Trésor public. Donc, cette question ne peut pas lui échapper. Allant plus loin que ses collègues, le sénateur Moïse Jean-Charles, ennemi juré du chef de l'Etat, croit que le budget, qualifié de suicidaire, n'est pas l'oeuvre du ministre Laleau qu'il connaît de par son origine sociale, mais bien celle du président Martelly. « En feuilletant le document, j'ai peur pour l'avenir du pays. C'est une véritable répression fiscale », a-t-il fulminé, accusant le gouvernement de protéger les plus riches au détriment des couches défavorisées. Les sénateurs, à l'image de leurs collègues Privert et Benoit, affirment que leur conviction est déjà faite sur le budget. Ils restaient visiblement sur leur soif. Ils ont même menacé de ne pas voter le budget. En l'absence du ministre de la Planification Laurent Lamothe portant également la casquette de Premier ministre, Wilson Laleau est le premier à être auditionné par les sénateurs dans le cadre de l'analyse du projet de loi de finances 2013-2014. Yvince Hilaire yvincehilaire@yahoo.fr http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120281

Le SMCRS lance un plan de ramassage d'ordures...

Rentrée des classes
Le directeur général du Service métropolitain de collecte des résidus solides (SMCRS), Donald Paraison, a donné une conférence de presse ce mardi, à la Primature, pour annoncer un plan de ramassage d'ordures dans la zone métropolitaine pour la rentrée des classes.
Selon le directeur général, un montant de plus de 20 millions de gourdes sera décaissé dans le cadre de cette initiative qui vise à créer quelque 5 000 emplois temporaires. Il en a profité pour parler de l'évolution du programme « civisme environnemental » et de l'arrêté interdisant la vente des produits en polyéthylène expansé sur le marché national.
« Le SMCRS veut mettre la population en confiance pour la rentrée des classes, a dit Donald Paraison, annonçant un programme de nettoyage des rues de la zone métropolitaine. Nous allons redoubler d'efforts, a-t-il ajouté, pour enlever tous les débris à travers les rues de la zone métropolitaine afin de rendre le climat beaucoup plus salubre pour la rentrée des classes. Sous peu, environ 4 à 5 000 emplois temporaires seront créés dans le cadre de ce programme qui s'échelonnera sur une période allant de 15 à 30 jours... »
Concernant l'arrêté interdisant la vente et la commercialisation des produits en polyéthylène et polystyrène expansé, le titulaire du SMCRS a fait savoir que le gouvernement allait poursuivre les opérations de saisie jusqu'à ce que ces produits ne soient plus disponibles sur le marché.
« Le gouvernement est très sérieux sur cette question », a dit M. Paraison. En outre, Donald Paraison a indiqué qu'il est formellement interdit d'entrer dans les institutions de l'Etat avec de la nourriture dans des emballages en styrofoam. Il a fait savoir qu'une circulaire était déjà passée à ces différentes institutions à ce sujet.
 « Le gouvernement sera sans pitié pour toute personne ou groupe de personnes qu'on surprend en train d'utiliser ces produits à l'intérieur des institutions de l'Etat », a martelé le DG du SMCRS. Cependant, plus d'un pense que les autorités devaient avoir une alternative bien avant de rendre publique l'interdiction de ces produits sur le marché.
 M. Paraison a fait remarquer que des mesures ont été mises en place à temps pour substituer aux produits en polyéthylène d'autres produits moins néfastes à l'environnement. « Probablement, a-t-il avancé, on n'apporte pas encore le volume nécessaire pour remplacer le polyéthylène.
Le ministre de l'Environnement continue de parler avec les grands importateurs pour faciliter l'arrivage des emballages biodégradables comme alternative aux produits en styrofoam. »
Le directeur général du SMCRS a également parlé de l'évolution du programme « civisme environnemental », lancé conjointement avec les mairies de la région métropolitaine et le ministère de l'Environnement, il y a deux mois.
Ce programme vise à sensibiliser les citoyens à prendre l'engagement de nettoyer les devantures de leurs maisons et de leurs quartiers à partir d'un horaire donné. A cet effet, Donald Paraison a exhorté la population à mieux gérer leurs déchets ménagers en les gardant dans des endroits appropriés pour attendre le passage d'un camion du SMCRS.
Ceux qui ont les moyens de payer pour faire jeter leurs fatras, il les invite à embaucher des compagnies ayant les capacités logistiques nécessaires pour jeter les déchets à Truitier - le seul endroit de la zone métropolitaine réservé à cet effet. Au lieu d'engager des brouettiers qui souvent jettent les ordures dans des endroits inappropriés causant ainsi beaucoup de problèmes à la population.
Bertrand Mercéus
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120277

Le Parquet de Port-au-Prince broie un nouveau commissaire et accueille un dirigeant conspué dans le Nord-Ouest, qui annonce dejà la couleur

Le nouveau commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Francisco René, a prêté serment ce mardi en remplacement de Me Lucmane Delille qui n'a pas eté informé officiellement de son renvoi du Parquet.
De fait, c'est dans la presse que j'ai appris la nouvelle, a-t-il dit.
 Des informations de toutes sortes circulent sur le net autour de la disgrâce de ce magistrat qui se voulait chasseur de " Zokiki, kidnappeurs et autres bandits".
 Me Delille serait surtout accusé d'avoir refusé de sévir contre des citoyens avec qui il avait collaborré de près dans le passé, notamment dans le cadre du mouvement GNB.
Quant au nouveau venu qui vient de créer sa propre association de magistrats, l'ASMAH, dont Me Lamarre Bélizaire, le juge qui a fait arrêter Henold Florestal, est le secretaire genéral, il est presenté comme un dur, un élément conflictuel, un homme capable de donner pleine et entière satisfaction au gouvernement.
 N'a-t-il pas été, avant Port-de-paix, conspué dans la juridiction de Miragoâne. Le barreau de Port-de-Paix s'est d'ailleurs déclaré soulagé du transfert de ce commissaire que les avocats de la ville considéraient comme persona non grata et contre qui ils s'étaient mobilisés.
Francisco René ne serait pas non plus, comme avocat, en odeur de sainteté dans la juridiction de Port-au-Prince où il est interdit de plaider, alors qu'une plainte a été déposée contre lui dans la juridiction de la Croix-des-Bouquets.
 Et le bâtonnier de Port-au-Prince, Me Carlos Hercules, de considérer sa nomination comme une provocation lancée à la face de l'Ordre qui s'apprêterait à demander des explications au Ministère de la Justice. Mais, ce ministère semble prendre tout le monde de court, en faisant installer le nouveau commissaire mardi après-midi, une façon de dire qu'aucune contestation ne sera prise en considération.
 Si le Ministre de la justice fait valoir, avec cette nomination, sa volonté d'apporter du sang neuf dans l'appareil judiciaire, dans l'oposition on redoute que l'arrivée de Me Francisco René vienne renforcer ce qu'ils appellent les persécutions contre les opposants au pouvoir, étant donné les liens qui unissent le nouveau commissaire à Me Lamarre Belizaire.
 De fait, Francisco René a averti, au moment de son installation par le directeur géneral du Ministère de la Justicde, Jean Roudy Aly, que la récréátion est finie et qu'il ne sera plus toléré qu'on dise n'importe quoi sur les autorités.
 Ces déclarations pourraient rendre encore plus tendues les relations entre le gouvernement et l'opposition, déjà marquées par l'arrestation du militant politique Enold Florestal-le citoyen qui avait endossé la plainte pour corruption contre des membres de la famille présidentielle-, par l'incertitude qui pèse sur l'organisation avant la fin de l'année, des élections sénatoriales et locales et aussi par les contestations provoquées par l'augmentation des coûts de certains services prévus dans le projet de budget 2013/2014.
 Ainsi, un passeport passerait de moins de 2000 gourdes à 10.000 gourdes. Et le paysan qui achète, vend ou tue un cabri devrait verser la somme de 500 gourdes. Et tous ces dévelopements interviennent alors que le président Michel Martelly s'est, sans annonce, absenté depuis 4 jours du pays, sans qu'on sache où il se trouve.
Tout ce qu'on sait, est qu'il devrait être reçu le 23 août au Surinam de Desi Bouterse pour participer à la 11ème édition de Carifiesta .
Source: AHP
http://www.radiotelevisioncaraibes.com/nouvelles/haiti/le_parquet_de_port-au-prince_broie_un_nouveau_commissaire_et_acc.html

Installation de Me René, sortie honorable de Me Délille

Au palais de justice/ Parquet de Port-au-Prince
Le directeur général du ministère de la Justice et de la Sécurité publique, Me Roudy Aly, a procédé mardi à l'installation de Me Francisco René, nouveau chef du parquet de Port-au-Prince.
Avant sa nomination à la capitale, il a occupé le même poste dans le Nord-Ouest. Après Miragoâne, Aquin, Port-de-Paix, Me René dirige son quatrième parquet. Il remplace à ce poste Me Lucmanne Délille qui y a passé environ dix mois.
Celui-ci a posé, ce mardi 20 août, un acte de grandeur d'âme. Il a salué tous ses anciens collaborateurs, le petit personnel du parquet avant de laisser le poste de commissaire du gouvernement pour celui de chargé de mission, responsable de la coordination des parquets de la République.
Dans sa conférence de presse le lendemain de son transfert, Me Délille a tenu à remercier le président de la République, le Premier ministre et le ministre de la Justice pour avoir jeté leur dévolu sur sa personne.
Il a remercié également tous ceux-là qui lui ont apporté leur collaboration, sans oublier le monde de la basoche, la Police nationale d'Haïti pour sa franche et bonne collaboration, la population civile qui a donné son support dans la lutte contre la criminalité organisée : vol à main armée, enlèvement suivi de séquestration contre rançon, incitation à la débauche, faux et usage de faux, insécurité foncière...
Me Lucmanne Délille dit avoir laissé le parquet de Port-au-Prince avec le sentiment d'avoir fait un travail inachevé. Mais l'expérience n'a pas été mauvaise, ajoute-t-il. Humble, très ponctuel, Me Délille est toujours à son bureau tous les matins, sauf aux heures de rendez-vous.
Il travaillait jour et nuit en vue de garantir la sécurité dans la ville et les quartiers environnants. Il allait partout dans sa juridiction pour rechercher les crimes, délits et contraventions.
Me Délille avait mis l'accent sur les nuisances sonores qui troublent le sommeil de paisibles citoyens. Il entretenait de bons rapports avec les tribunaux et même avec les avocats. Il a un peu marché sur les traces de son prédécesseur Me Jean Renel Sénatus, mais avec souplesse et fermeté, lorsque les circonstances l'exigaient.
Il voulait mettre de l'ordre dans la maison, mais on ne lui a pas laissé le temps de le faire.
Dans la lutte contre l'illégalité, Me Délille était parti en guerre contre les homosexuels en attirant leur attention sur le fait qu'il n'existe aucun texte de loi autorisant le mariage entre deux personnes de même sexe. Beaucoup de gens étaient d'avis que l'ancien commissaire du gouvernement de Port-au-Prince avait raison de toucher la plaie du doigt en lançant une mise en garde aux homosexuels dans une société qui tend à perdre chaque jour ses repères.
Trop tard
Il avait ouvert une enquête sur les circonstances qui entourent la mort suspecte du juge instructeur Jean Serge Joseph. Beaucoup de personnes, même au niveau de la magistrature, lui ont reproché d'avoir attendu trop de temps pour ouvrir l'enquête.
Dans le cadre de ce dossier, il a auditionné bon nombre de gens. Il avait invité Me Samuel Madistin à son bureau. Celui-ci avait boudé l'invitation, motif pris : la loi ne fait aucune obligation au dénonciateur de se présenter au parquet pour signer sa dénonciation.
Et Me Délille s'était montré compréhensif et n'avait aucune objection du fait que Me Madistin avait choisi de ne pas se présenter à son bureau pour parler des confidences que le juge défunt lui avait faites.
Dans le même ordre d'idées, une invitation a été adressée à Mme Kettely Julien de l'Institut mobile d'éducation démocratique (IMED).
Elle avait affiché le même comportement que Me Madistin. Mme Julien avait déclaré qu'elle n'attendait que la convocation du juge instructeur qui sera désigné sur l'affaire.
De l'avis de plusieurs magistrats, Lucmanne Délille, pour n'avoir pas été formé à l'Ecole de la Magistrature, a tenu la dragée haute aux bandits.
Donc, il a en quelque sorte marqué son passage.
Au cours de son administration, et sur beaucoup d'autres sujets, le parquet n'a pas enregistré de scandale. Avant de partir, ce qui n'arrive pas souvent, Me Délille a eu le courage de saluer tout le monde, non pas par regret de la fonction, mais pour montrer qu'il a du respect pour ceux-là qui ont collaboré avec lui pendant des mois. Jean-Robert Fleury
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120279

Non aux styromousses, retour aux anciennes pratiques

Polyéthylène/ Interdiction
 Le Nouvelliste | Publié le :20 août 2013
 Joubert Rochefort rochefortjoubert@yahoo.fr
Pendant que le gouvernement procède à la saisie des styromousses (assiettes et gobelets en polystyrène expansé), à cause de leur contribution à la dégradation de l'environnement, des marchandes et des usagers ne cessent de réclamer du gouvernement des alternatives.
En attendant que les grands commerçants importent des produits biodégradables, le ministre de l'Environnement, Jean François Thomas, indique qu'il faut retourner aux anciennes pratiques.
 Les produits en polyéthylène ne sont plus la bienvenue à Port-au-Prince. Les emballages bon marché à usage alimentaire unique dont se servait la population de l'aire métropolitaine sont mis à l'index.
A la frontière haitïano-dominicaine, comme dans les magasins du centre-ville, les autorités font la chasse auxdits produits.
 Le ministre de l'Environnement Jean François Thomas croit que les styromousses sont les véritables ennemis de l'environnement qu'il faut à tout prix combattre. Il souligne que les égouts et les canaux d'évacuation sont encombrés de ces produits, fabriqués de matières qui prennent des centaines d'années à se décomposer.
 « Les articles en polystyrène expansé produisent des effets catastrophiques sur l'environnement immédiat. En plus de bloquer les drains et de provoquer des inondations, ces déchets, une fois emportés par les eaux de pluie, finissent par se jeter dans la mer », déclare-t-il.
Dans les restaurants, c'est le comble. Les marchandes comme les acheteurs se plaignent de la saisie des styromousses. Ils réclament du gouvernement des alternatives.
Cependant, le ministre Jean François Thomas n'y va pas avec le dos de la cuillère. Selon lui, les marchandes doivent retourner aux anciennes pratiques.
 « Les alternatives au polyéthylène sont plus visibles que jamais, dit-il. Auparavant, les marchandes vendaient dans des assiettes en aluminium qu'elles nettoyaient après usage. De plus, les gens qui ne pouvaient prendre leurs repas au restaurant, par faute de temps, apportaient toujours leurs assiettes. Je crois que c'était une très bonne pratique que la population est obligée de reprendre partiellement, le temps que le gouvernement ou les commerçants importent des assiettes biodégradables.
Le ministre Jean François Thomas croit que les produits en polyéthylène sont considérés comme étant des grands pollueurs et des handicaps pour l'environnement. Ils ne sont pas biodégradables et ne peuvent être transformés en aucun autre produit.
De plus, les assiettes à usage alimentaire unique donnent le cancer. Toutefois, il précise que les bouteilles, les sachets transparents servant de récipients pour les boissons, les médicaments et aliments, les sachets blancs ou clairs pour ramassage d'ordures, les petits sachets à usage uniquement pour semences, production et conservation de plantules sont exempts de l'interdiction et feront l'objet d'autres réglementations.
 « Nous avons des alternatives pour des produits autres que les styromousses parce qu'ils peuvent être recyclés. Le gouvernement compte lancer dans les prochains mois une vaste campagne qui permettra de recycler des produits en plastique et de les transformer », indique le ministre.
L'idée de retourner aux anciennes pratiques ne date pas d'hier. Le prédécesseur du ministre Jean François Thomas, le ministre Jean Vilmond Hilaire, avait lui aussi sollicité le retour d'une telle pratique suite à l'arrêté du 1er octobre 2012.
 Une alternative qui avait suscité pas mal de mécontentements au sein de la population. Les usagers soulignaient qu'une telle pratique allait à l'encontre des normes hygiéniques. Ces revendications ont permis aux restaurants et aux vendeurs ambulants de perdurer dans l'utilisation des gobelets et assiettes en styromousse qui, éventuellement, finissent dans les canaux d'évacuation des eaux de pluie puis dans la mer. A présent, peut-on s'attendre concrètement à un retour aux anciennes pratiques ?
Joubert Rochefort rochefortjoubert@yahoo.fr

Tout va changer à l'Ile-à-Vache

Le Nouvelliste | Publié le :20 août 2013
Sur le bord de mer de Port-Morgan, à quelques pas du débarcadère, les vagues tapent sur des galets blancs. Une radio égrène « Jérusalem » de Gracia Delva. Au loin, une vedette déchire la mer laissant, quelques secondes, un sillage blanc et, pendant plus longtemps, comme suspendu dans l'air, le ronron de son moteur hors-bord.

4 heures de l'après-midi, l'air est lourd, chargé comme les policiers surarmés, assis, çà et là, entre les motos et les Polaris vert olive du ministère de l'Environnement.
Deux hélicoptères, portes ouvertes, hélices à l'arrêt, attendent les officiels et leurs invités. Il se passe quelque chose en ce lieu.
Les murmures du dernier point de presse de la journée, donné par le premier ministre Laurent Lamothe et la ministre du Tourisme, arrivent jusqu'à la plage. Indéchiffrables.
Le terrain de beach-volley a connu des jours meilleurs, les kayaks aussi. Les petites maisons paysannes, où toute l'aventure touristique de l'Ile-à-Vache a débuté, se fondent dans le décor. Elles aussi, comme les habitants de l'île qui s'aventurent depuis le mitan de la journée au plus près du ballet des notables pour chercher à comprendre ce qui se passe, s'attendent à ce que quelque chose change ici.
Des officiels venus de Port-au-Prince, des techniciens font le va-et-vient depuis des mois dans la région et voilà que des tracteurs sont arrivés. Puis des agents de sécurité, des journalistes, des caméras. Tout est en place pour les grandes annonces. Si toutes les promesses sont tenues, l'île verra son potentiel se transformer en emplois et devises.
Le député de la circonscription et ses partisans et ce candidat au Sénat pour le Sud déjà en campagne sur ces terres vierges qui gonflent le cortège officiel mesurent tout le potentiel des projets, eux aussi.
Une route en terre battue pour le moment, la première depuis la création du monde, traverse l'ancien repaire de Sir Henry Morgan, le pirate, et de Bernard Kock, l'aventurier, deux anciens maîtres des lieux.
Un aéroport va sortir de terre et des investisseurs affûtent leurs calculs avant d'ériger hôtels, resorts all inclusive et autres attractions touristiques dans ce coin perdu et paradisiaque.
C'est ce qui se dit depuis des jours et plus précisément depuis que le chef du gouvernement y a mis les pieds ce mardi.
 Laurent Lamothe, quand il ne conduit pas lui-même une Polaris, pilote des arrêts symboliques. Le premier à KayKoy, l'une des agglomérations de l'île, où des projets sociaux seront réalisés au bénéfice de la population.
Un centre communautaire a vu sa première pierre faire corps avec le mortier. L'école sera réparée, l'Internet sera disponible, les pêcheurs auront accès à de meilleurs bateaux, l'eau potable jaillira, le solaire apportera de l'éclairage public, apprennent avant d'applaudir ceux qui ont fait le déplacement pour venir écouter les autorités.
Entre une série de discours et des photographies couleur de l'avenir qui se dessine, la population a compris qu'on n'allait pas la forcer à faire place nette pour que les gros Blancs viennent se prélasser au soleil.
Des travailleurs sociaux éduquent déjà les rebelles et les curieux sur ce qui va changer et sur leurs droits acquis. Il y aura aussi de la formation pour ceux qui travailleront, bientôt ils l'espèrent tous, dans les hôtels qui vont s'ériger dans les zones de développement identifiées dans le plan de développement de la destination.
 Ici, ce n'est pas un secret, les gens ont voté Tèt Kale. Beaucoup arborent le fameux bracelet rose, signe de ralliement au régime en place.
Pour ne rien déranger à l'affaire, le député est l'un des trois seuls élus aux dernières élections à l'être sous la bannière du même parti que le président de la République. L'Ile-à-Vache a comme le sentiment que le premier ministre lui rend ce qui lui est dû quand il cite les projets qui vont prendre forme dans les mois à venir.
Et pour ne rien gâcher, les ressources naturelles de l'île sont indéniables, le potentiel touristique réel. Il suffit de traverser ce territoire pour s'en rendre compte.
La nature est luxuriante, le dénuement n'y est pas synonyme de misère ni de pauvreté extrême.
L'Ile-à-Vache était simplement abandonnée, laissée dans son coin par les gouvernements passés.
 « Destination Ile-à-Vache » est l'un des plus ambitieux projets du quinquennat du président Martelly. Sur le papier, très vite, il y aura des routes, la construction vers l'horizon 2015 d'un aéroport international, la mise en service d'un centre commercial, l'édification d'un terrain de golf de dix-huit trous et la mise en opération de mille chambres d'hôtel.
Le coût total de ce projet est estimé à 230 millions de dollars, selon les chiffres avancés par les responsables du gouvernement. Avec moins de 50 kilomètres carrés pour près de 20 000 habitants, l'Ile-à-Vache, avec ses plages, sa nature préservée, son passé mouvementé de repaire de pirates et de colonie de peuplement pour les Noirs américains après l'abolition de l'esclavage aux États-Unis d'Amérique, a de quoi se positionner sur le marché touristique mondial.
La question est : va-t-elle se vendre, se laisser séduire ou être conquise ?
La route, l'aéroport dont le premier coup de tracteur a été donné par le premier ministre à Pointe-Est resteront pour l'île, quelle que soit l'issue de cette affaire. Avec ou sans les investisseurs, la petite population de l'Ile-à-Vache, l'une des dernières régions du pays qui vivent loin de tout, gardera des acquis de la politique volontariste de l'administration Martelly-Lamothe.
Tout va changer à l'Ile-à-Vache, avec ou sans le tourisme de masse.
Frantz Duval duval@lenouvelliste.com Twitter:@Frantzduval http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120294

L'Haïtiano-Américain Jean-Michel Voltaire se rapproche d'Haïti

Amos Cincir mcincir@lenouvelliste.com
Rude travailleur et doué d'un esprit créateur, Jean-Michel Voltaire - qui vit depuis plus de 19 ans aux Etats-Unis - est un personnage fascinant.
Substitut du procureur du département américain de la Justice depuis 10 ans, il prouve qu'avec de la volonté, de la constance et une bonne dose de pugnacité, les Haïtiens peuvent arriver à faire de grandes choses à l'étranger.


Et même à tendre une main secourable à leurs compatriotes en difficulté en Haïti.
Né en 1971 à Roche-Jabouin, un village à Port-Salut (Sud), l'Haïtiano-Américain Jean-Michel Voltaire s'est envolé en 1994 à destination des États-Unis d'Amérique en tant que réfugié politique, fuyant le coup d'État militaire qui a renversé l'ancien président Jean-Bertrand Aristide.
19 ans plus tard, il travaille pour le département de la Justice des Etats-Unis. C'est un homme brillant et compétent. Détenteur d'un doctorat en droit à New York Law School, il a aussi reçu une formation en diplomatie, leadership, démocratie, État de droit, prévention et résolution des conflits internationaux, notamment au Foreign Service Institute du département d'État et à l'Institut américain pour la paix.
Comme tout immigrant, notre interlocuteur explique que ses débuts n'ont pas été faciles, mais qu'il savait ce qu'il voulait.
Tout en respectant les lois et les autorités établies de ce grand pays, il a lutté pour s'adapter à la réalité culturelle et climatique de New York. « Après maints efforts, je suis parvenu à faire des études avancées et à avoir une carrière professionnelle réussie. A mon arrivée aux Etats-Unis, j'ai dû faire face à d'énormes défis parce que je ne parlais pas l'anglais. J'étais au chômage, mais j'ai dû m'adapter à une nouvelle culture et à un nouveau climat. Chose certaine, je ne regrette pas d'avoir fait ce choix. C'est un grand pays offrant une multitude d'opportunités. Il suffit d'être discipliné et d'avoir le sens des responsabilités pour atteindre le sommet. »
En termes de satisfaction, l'homme de loi se dit très ambitieux parce qu'il a eu la chance de pratiquer le droit dans le pays le plus puissant de la planète.
 «Je n'aurais jamais imaginé même dans mon rêve le plus fou qu'un fils de paysan comme moi, devenu avocat, pouvait représenter le gouvernement américain dans les 50 États. Avec ma détermination, mon éducation, et un pays qui s'ouvre aux immigrants, tout est devenu possible», confie-il.
Voltaire veut être plus proche de sa terre natale Malgré la distance qui le sépare de sa terre natale, Jean-Michel Voltaire, après le séisme du 12 janvier, a entrepris des démarches pour voir dans quelle mesure il pouvait apporter assistance à Haïti et aux Haïtiens en difficulté.
Il a été dépêché après le cataclysme par le département d'Etat pour évaluer le système judiciaire haïtien et aider le gouvernement des États-Unis à élaborer une nouvelle stratégie pour Haïti.
Partageant avec ardeur la philosophie selon laquelle les avocats devaient être des travailleurs sociaux actifs dans leurs collectivités, M. Voltaire confie avoir fondé « Réunion sportive d'Haïti», une organisation à but non lucratif visant le mieux-être des jeunes Haïtiens, particulièrement ceux du département du Sud.
«Comme une personne qui a connu la pauvreté dès son enfance, mais, avec la grâce de Dieu, qui a eu du succès, je suis obligé de mettre mes compétences au service de mon pays, dit-il. Nous avons tous la responsabilité d'aider nos semblables. Mon souci est d'aider une nouvelle génération de jeunes à devenir des leaders dans leurs communautés.»
 « Avec le soutien de la Digicel, l'USAID et CRS, nous faisons un travail appréciable dans le département du Sud.
A côté des camps d'été que nous organisons annuellement, nous travaillons avec la Fondation Digicel et les soeurs de Port-Salut pour reconstruire la seule école de filles de cette communauté construite en 1947. Je compte aussi doter cette école d'une salle informatique bien équipée. Nous travaillons actuellement avec Waters missions internationale pour installer un projet d'eau potable dans le village de Roche-Jabouin.
Ce projet d'eau potable servira plusieurs milliers d'habitants.
« An nou rebati Ayiti» est le thème de nos projets. Il reflète les idéaux sur lesquels le pays a été fondé: l'unité et la force. Ces idéaux doivent continuer à vivre dans nos coeurs et servir de principes fondamentaux à nos efforts collectifs pour relever Haïti qui est à genoux.»
Tout en travaillant, il écrit et fait du bénévolat dans sa communauté.
En somme, il est loin de chômer. Ce personnage fascinant a reçu plusieurs prix du département de la Justice et du département d'État pour ses oeuvres. Il vient juste d'être honoré pour son travail. Ce prix intitulé « prix Service communautaire» qu'il a reçu du département américain de la Justice rend hommage à un des employés du département d'État pour ses activités bénévoles qui ont un impact direct sur le bien-être de sa communauté. Il se dit très fier d'avoir reçu ce prix.
Amos Cincir mcincir@lenouvelliste.com http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120231

mardi 20 août 2013

Tropicana, un demi-siècle de bonne musique

Valéry Daudier
Ils étaient des centaines de fans de l'orchestre Tropicana d'Haïti à venir célébrer le cinquantenaire de la formation musicale au Club International, samedi soir. Différentes institutions ont décerné des plaques d'honneur à la « Fusée d'or internationale », un patrimoine national. Avec le phénomène Tabou Combo comme invité à une telle soirée, la fête était carrément belle.
Des cheveux blancs. Des barbes blanches. Des rides sur certains visages. Ils sont tous là pour fêter avec leur groupe musical qui les fait danser depuis plusieurs années : Tropicana d'Haïti.
Ils dansent Tropic depuis leur jeunesse. Tropicana touche la barre du demi-siècle ils dansent encore. Les anciens fans comme les nouveaux sont présents au Club International pour fêter avec leur groupe.
Il est seulement 21h 11, le club où joue traditionnellement Tropic est quasiment rempli. De longs bouchons sur la route de Frères. Dehors, le trafic est dense, à l'intérieur, un public impatient d'assister aux premières notes de leur groupe musical s'amuse.

 Les membres du comité organisateur du cinquantenaire placent leurs mots de remerciement, rendent hommage au groupe qui joue sans complexe un peu partout dans le pays, et dans toute la diaspora « Tropicana n'est pas seulement une institution musicale, c'est aussi un patrimoine national. Le groupe n'appartient pas aux musiciens ou aux responsables, mais à la communauté », estiment à l'unanimité ceux qui ont pris la parole, dont Marvel Dandin de radio Kiskeya et Kesner Pharel.
Ils ont par ailleurs décerné des plaques d'honneur à l'orchestre à l'instar d'autres institutions qui apprécient le travail de la formation musicale.
La designer Murielle Leconte, malade malheureusement et qui vit aux Etats-Unis depuis quelque temps, est rentrée pour la soirée. « Nous vivons dans une société de désorganisation où les institutions fonctionnent à son image. Mais heureusement, Tropicana a échappé à cette tradition », se félicite un fan de l'orchestre, estimant que les jeunes musiciens du groupe ont une lourde responsabilité. Ils doivent garder le flambeau allumé.
22h 25, le moment tant attendu arrive.
Tropicana joue sa première partition. Comme un public qui motive son équipe de football, des applaudissements pour saluer les musiciens retentissent.
Dès les premières notes, la piste de danse est déjà remplie. Avec Tropic, c'est comme ça. Si l'on est seul(e), on peut le regretter. « Yon sèl karo ». Il est déconseillé d'aller au spectacle de cet orchestre sans être accompagné.
La formule est appliquée ce soir au Club International. Tenue décente aussi. C'est une vieille tradition. Côté musical, la rigueur est de taille. L'orchestre joue ses bals comme s'il était dans un studio d'enregistrement. Ils ne sont pas beaucoup, les groupes musicaux à le faire ainsi. Pour un public conquis à l'avance, Tropicana passe en revue ses hits.
La piste de danse est trop petite. Certains dansent à côté de leur table. « Ce n'est pas le lieu où l'on danse qui est important, l'essentiel est de profiter de l'orchestre », indique Ronald Romain, 69 ans, costume noire, chemise rouge, grillant une cigarette. Sa femme Marlène Romain, 45 ans, robe noire, est heureuse. « Cela fait 25 ans que je danse Tropicana, dit-elle. Et j'ai toujours envie de danser à chaque fois que l'occasion se présente. »
1h du matin. Tropicana met fin à sa prestation.
Certains se demandent pourquoi ça se termine si tôt. Mais, le Tabou Combo, surnommé « ambassadeur du compas », doit performer.
Le groupe, qui joue un peu partout à travers le monde, ne saurait commencer sans rendre hommage au groupe âgé de cinq ans plus que lui. Shoubou, chanteur vedette de Tabou, décerne une plaque à Tropicana. Et quand il entame sa prestation en interprétant « Joyeux anniversaire », le public est ému tellement l'interprétation est extraordinaire.
Et quand Tabou, qui célèbre pour sa part ses 45 ans, joue la chanson « Zap zap », une ambiance électrique règne dans le club. En enchaînant avec « Baby paramount », « Phénomène Tabou », « Lakay », « Konsole », « Mabouya », le public en a pour son argent. Voire trop. On danse, on saute, on crie, on chante.
Tout se Tabou.
Pourtant, on ne le savait pas.
Dener Séïde est excellent à la guitare, et Jonas Imbert fait son show à la batterie. Tabou Combo, c'est aussi du spectacle. Pour ce 50 e anniversaire, la musique haïtienne était tout simplement à l'honneur. Avec ces deux géants sur une même scène, imaginez le reste. Valéry Daudier 
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120233

LE GROUPE KLASS EFFECTUE SA RENTREE

La bande dirigée par le talentueux maestro Ritchie a conquis dimanche le public de Carrefour, qui était venu en nombre au New Moving pour assister à la première sortie de cette formation musicale fraîchement constituée et composée en grande partie de transfuges de Zenglen.
Jusque très tôt lundi matin les échos de la voix un peu fatiguée du meilleur chanteur compas du moment, Pipo, [pour reprendre la formule de Ritchie, faiseur de stars], montaient dans le ciel carrefourois.
Revenons sur les faits saillants de la soirée. Tout a commencé avec le groupe K-zino qui a gratifié le public d’une très bonne prestation. Une sorte d’apéritif avant le plat de résistance. Les musiciens de K-zino ont interprété tour à tour des chansons des répertoires populaires haïtien et antillais repris en choeur par le public.
Vers une heure du matin, ils ont laissé la place au disc jockey Sound Design, le temps pour les musiciens de Klass d’apporter leurs fournitures.
Vers une heure trente, enfin les premières notes de la puissante voix de Pipo résonnaient et faisaient frémir les filles, parées de leurs plus jolies robes pour la circonstance, qui venaient s’amasser au devant de la scène.
Les chansons tirées du premier opus du groupe sont déjà connues des fans. C’est un véritable moment de communion. Les artistes ont demandé au public de se donner la main comme à l’église en signe de fraternité et de solidarité.
Certains ont versé des larmes de joie mêlées de tristesse quand la chanson « Mizik Sa » est interprétée par Pipo qui en profite pour rappeler que le sinistre dévastateur du 12 Janvier 2010 nous a appris que la fin nous guette à tout moment.
Quelques artistes reconnus ont fait le déplacement aussi. Et, à l’invitation des musiciens de Klass, Misty Jean et Black Easy ont rejoint le groupe sur scène. Ils ont performà dans une bonne ambiance.
Les artistes par cet acte voulaient montrer que l’union entre les Haïtiens est possible.
D’ailleurs, leur tout premier album, un bijou, contient des morceaux qui nous interpellent et incitent aux changements indispensables à opérer dans nos mentalités pour créer une société juste et égalitaire.
Pour finir, Pipo, dont le joyau Klass est serti de diamant, selon Ritchie, s’est surpassé. Il confirme pour les nombreux fans qui le pressent de questions que "Pipo poze nan Klass la".
Comme on dit qui veut Juin prépare Octobre. Les élèves ont montré dimanche soir que le talent n’attend pas le nombre des années. Ils ont réussi avec succès cet examen. Ils sont devenus, grâce à cette tournée, un groupe musical avec lequel il faut compter.
On ne peut que leur souhaiter bonne continuation et surtout de regarder dans la même direction pour éviter que certains élèves ne refassent la Klass, seuls, en raison de mauvaises notes.
 Franck S. VANEUS, av.
http://www.hpnhaiti.com/site/index.php/art-a-spectacle/10200-haiti-culture-musique-klass-effectue-sa-rentree

LE DOSSIER D'ENOLD FLORESTAL FAIT DES VAGUES

Le Nouvelliste | Publié le :19 août 2013
 Edrid St Juste shneyfadrick@yahoo.fr
Pendant que le secrétaire d'Etat à la Sécurité publique, Réginald Delva, tente d'établir les liens entre Béata Saint-Jour, aspirante policière, et Enold Florestal impliqué dans la mort de l'étudiant Frantzy Duverseau, les membres du comité de la FOPARK se sont réunis, lundi, au club Alvarez pour dénoncer l'arrestation de leur confrère Enold Florestal et exiger du même coup sa libération.
Au bureau du secrétaire d'Etat à la Sécurité publique, celui-ci attendait les journalistes pour un point de presse relatif au dossier de l'arrestation d'Enold Florestal et de l'aspirante policière, Béata Saint-Jour. Cette dernière qui a utilisé de faux documents lors de son dépôt de pièces à l'académie de police pour participer au concours d'admission de la 24e promotion de police, a été arrêtée vendredi pour usage de faux.
Bien que plusieurs cas de ce genre ont été répertoriés, celui de Béata Saint-Jour a retenu beaucoup plus l'attention, a expliqué Réginald Delva.
Dans tous les documents qu'elle a présentés, le nom d'Enold Florestal a été retrouvé. Cependant, dans chacun d'eux, Enold joue un rôle différent. « Dans son acte de baptême, Enold Florestal est son parrain. Pourtant dans la fiche qu'elle a remplie pour entrer à l'académie, elle a indiqué qu'elle vit en concubinage avec lui » a informé Réginald Delva.
En outre, la date de naissance et le NIF dans chacun de ses documents, sont différents. »
Parmi les 1101 élèves policiers qui ont été acceptés, 27 déjà ont été écartés du groupe pour plusieurs raisons dont l'usage de faux.
Le secrétaire d'Etat dit regretter ces cas d'irrégularité qui ne cessent de se présenter chaque fois que l'institution policière recrute des candidats pour de nouvelles promotions.
Il a tenu à s'excuser au nom du ministre de la Justice et de la Sécurité publique et de la police nationale auprès des jeunes inscrits au concours d'admission de la 24e promotion. « Parce que nos institutions sont faibles, des gens sont victimes » dit-il.
Réginald Delva précise: Au sujet des images d'Enold Florestal qui circulent sur les réseaux sociaux présentant un visage défiguré de celui-ci, le secrétaire d'Etat a profité du point de presse pour porter quelques précisions.
Il a clairement fait comprendre aux journalistes que ces images sont manipulées. Dans une courte projection sur power point, plusieurs images ont défilé révèlant une photo d'Enold manipulée.
La FOPARK dénonce l'arrestation d'Enold Florestal Entre-temps, au club Alvarez, les membres de la Force patriotique pour le respect de la Constitution(FOPARK) ont organisé une conférence de presse pour dénoncer l'arrestation de leur confrère.
A propos de cette arrestation qualifiée de politique, arbitraire et sans fondement, le coordonnateur général de cette organisation a précisé pour les quelques journalistes présents: « Les membres du gouvernement ont cherché à soudoyer Florestal. Mais, puisqu'il n'a pas accepté leur marché, on a accolé à son dos une étiquette pour l'inculper. Aujourd'hui, ajoute- t-il, nous demandons à la société nationale et internationale d'agir.»
Enold Florestal, l'accusateur de la famille présidentielle pour corruption se retrouve derrière les barreaux du pénitencier national depuis son audition ce lundi au parquet de Port-au-Prince.
Edrid St Juste
shneyfadrick@yahoo.fr
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120226

Vers le report de la rentrée des classes

Robenson Geffrard, rgeffrard@lenouvelliste.com
Prévue initialement pour le 2 septembre, tout porte à croire que les autorités du pays sont sur le point de reporter la date de la réouverture des classes. Une décision qui plaira à plusieurs organisations syndicales impliquées dans l'enseignement.
 « Aujourd'hui, on est déjà le 19 août, nous n'avons pas encore donné les résultats des examens du baccalauréat et, ensuite, il faut organiser la reprise pour les élèves ajournés.
Là maintenant, on discute pour voir comment renvoyer la rentrée des classes sans toutefois perdre tout le mois de septembre », a expliqué au journal Le Nouvelliste un cadre du ministère de l'Education nationale joint au téléphone lundi soir.
D'autres paramètres, a ajouté notre source au ministère, comme les mauvais temps qui se sont abattus sur le pays, le report des examens pour les élèves des classes terminales lors du passage de Chantal...sont à la base de cette décision.
« Je ne peux pas encore vous donner de date précise, puisque le ministre de l'Education nationale doit rencontrer le Premier ministre sur le dossier avant d'arrêter une décision finale », a souligné ce cadre très bien placé au ministère de l'Education.
A partir de ce mardi, le ministère va commencer à publier graduellement les résultats des examens du baccalauréat, a-t-il annoncé.
Pour sa part, le responsable de communication du ministère a fait savoir au Nouvelliste que, jusqu'à présent et officiellement, la date du 2 septembre prévue pour la réouverture des classes est maintenue.
Cependant, Miloody Vincent a souligné au journal que l'éventualité d'un changement de date est envisagée. « A partir de mardi, les résultats des examens seront connus pour certains départements, notamment l'Ouest », a-t-il dit, ajoutant qu'au cours de la semaine, tous les résultats seront disponibles pour tout le pays.
Pour les élèves ajournés, la reprise des examens est prévue le 26 août. Là encore, Miloody Vincent n'a pas écarté la possibilité qu'il y ait des changements.
« De toute façon, c'est ou bien le 26 août ou bien le 2 septembre...On va voir...Cela dépendra des aléas...On doit bien préparer les choses... », a-t-il expliqué.
Pour plusieurs raisons, le secrétaire général de l'Union des parents d'élèves progressistes haïtiens (UPEPH) a estimé que l'idée de changer la date de la rentrée des classes serait une bonne décision. Selon Léo Litholu, les manuels scolaires d'habitude subventionnés par les autorités ne sont pas encore prêts et les résultats des examens du baccalauréat ne sont pas encore publiés.
 « Beaucoup de gens me demandent de plaider pour le report de la rentrée », a-t-il dit au journal. S'il arrive qu'effectivement les autorités reportent la rentrée des classes, Léo Litholu a suggéré une considération particulière pour les parents qui ont déjà payé le mois de septembre.
« Le ministère de l'Education nationale ne devrait pas simplement prendre la décision de changer la date, a-t-il dit. Les autorités doivent également prendre en compte les parents qui ont déjà fait des versements à certains établissements scolaires. »
Pour le responsable de l'Union nationale des normaliens haïtiens (UNNOH), il ne peut pas y avoir de réouverture des classes sans le payement des arriérés de salaire aux enseignants.
Toujours très acide contre le ministre de l'Education nationale avec qui il a des démêlés par-devant la justice, Josué Mérilien continue de réclamer le salaire mensuel minimum de 50 000 gourdes pour les enseignants. Selon le syndicaliste, la situation socioéconomique de la population ne lui permet pas de faire face aux exigences de la rentrée des classes.
Il faut souligner qu'à ce niveau, chaque année, les parents se plaignent du coût de la vie et la plupart d'entre eux ont toujours déclaré qu'ils ne pourront pas envoyer leurs enfants à l'école.
Robenson Geffrard, rgeffrard@lenouvelliste.com
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120230

Où est passé le président Michel Martelly ?

C'est à la cloche de bois que le chef de l'Etat a quitté le pays le week-end écoulé. Aucun communiqué de la présidence n'a annoncé son départ ni sa destination. Plusieurs sources ont confirmé au Nouvelliste que Michel Martelly devrait arriver le 23 de ce mois au Surinam pour participer à la 11e édition de Carifesta.
Ni du côté de la présidence ni du côté de la Primature, personne n'est en mesure de donner- ou ne veut donner- de précision sur le voyage privé du président de la République.
 Le Nouvelliste a simplement appris que Michel Martelly a quitté le pays vendredi dernier. Destination inconnue. Aucune information n'est disponible sur l'absence du chef de l'Etat. Sans succès, Le Nouvelliste a contacté le porte-parole de la présidence, Lucien Jura, qui est en congé. Malgré de nombreux appels, le journal n'a pas pu entrer en contact avec le chef de cabinet de M. Martelly.
 Selon la ministre de la Culture, le chef de l'Etat devra arriver au Surinam le 23 août. « 34 pays de la Caraïbe, de l'Amérique et de l'Asie prennent part à Carifesta, a informé Josette Darguste. Haïti y participe à tous les niveaux : musique, artisanat, bijouterie, gastronomie, peinture, sculpture, mode... » Haïti sera le pays hôte de cet événement en 2015.
Michel Martelly va recevoir le flambeau des mains de son homologue du Surinam. Tabou Combo, Tikoka, Mikaben, Ballet Bakoulou d'Haïti sont déjà sur place pour représenter le pays.
 Les ministres du Tourisme et de la Culture quitteront le pays le 21 août à la tête d'une délégation pour rejoindre les autres membres qui les attendent déjà au Surinam. Le 23 du même mois, Haïti sera à l'honneur.
Le président Martelly profitera de sa présence dans la ville de Saramacca pour rencontrer la communauté haïtienne forte d'environ 4 000 compatriotes, a appris le journal d'une source au Surinam.
 Pendant 9 jours, du 16 au 25 août, Le Surinam reçoit environ 4 000 visiteurs dans le cadre du Carifesta organisé tous les deux ans dans un pays différent.
 Cette année, c'est sur le thème « Culture pour le développement » que les 34 pays participants mettront en valeur leurs cultures respectives.
Robenson Geffrard rgeffrard@lenouvelliste.com
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120216

Lucmane Délille transféré, son remplaçant est déjà contesté

Parquet de Port-au-Prince
Me Francisco René remplace Me Lucmane Délille au parquet de Port-au-Prince. Une décision que le ministre de la Justice, Me Jean Renel Sanon, a confirmé au Nouvelliste lundi soir alors que Me Delille dit ne pas être au courant de ce changement.
Parallèlement, le bâtonnier de l'ordre des avocats de la capitale s'oppose énergiquement à la présence de Me Réné à la tête du parquet comme l'avait déjà fait le bâtonnier de Port-de-Paix. « Je vais adresser une correspondance mardi au ministre de la Justice pour lui faire savoir notre opposition au transfert de Me Francisco René au parquet de Port-au-Prince », a confié au Nouvelliste Me Carlos Hercule, le bâtonnier de l'ordre des avocats de la capitale.
Toutefois, Le Nouvelliste a appris que le ministre Sanon n'entend pas lâcher Me Francisco René. « Nous savons qu'il est un personnage très conflictuel, reproche Me Hercule à Me René. Il a déjà fait trois juridictions et a accumulé scandale après scandale. Il a toujours des problèmes avec les barreaux là où il passe. C'est comme une provocation qu'on fait au barreau de Port-au-Prince. En outre, il a une plainte déposée contre lui au barreau de Croix- des-Bouquets, a fait savoir Me Carlos Hercule. »
Comme cette plainte est une action disciplinaire, il n'a pas voulu en parler à la presse.
 Interrogé par Le Nouvelliste sur les contestations dont a été et est encore l'objet Me Francisco René à Aquin, à Port-de-Paix et maintenant à Port-au-Prince, le ministre de la Justice a indiqué que Me René n'est pas un voleur. « Il met de l'ordre et j'apprécie son travail », a-t-il dit.
Selon le ministre de la Justice, le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Lucmane Délille, a été transféré au ministère comme chargé de mission et responsable de coordination des parquets de la République.
Me Sanon a souligné que ce changement veut tout simplement dire que son ministère apporte du sang neuf, soulignant qu'il n'a aucun problème avec Me Lucmane Délille. « Si je n'étais pas satisfait de son travail, je l'aurais révoqué », a-t-il dit, précisant que Me Délille est maintenant avec lui dans son cabinet.
Parallèlement, contacté par le journal sur son transfert, Me Lucmane Délille a déclaré : « Je ne sais pas. Je n'ai aucune lettre. J'ai entendu la nouvelle à la radio, attendons demain afin de voir ce qui se passera. » L'ancien chef contesté du parquet de Port-de-Paix, Me Francisco René, doit être installé à son poste au parquet de Port-au-Prince le mercredi 21 août, a appris Le Nouvelliste.
Robenson Geffrard
 http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120235

lundi 19 août 2013

Haïti-Gelée : Entre la musique, la mer et l’eau douce, ça chauffe aux Cayes

« Entre la musique, la mer et l’eau douce : Okay nou la ». C’est le thème retenu cette année pour le déroulement de la 25e édition du « Festival de Gelée » qui a drainé comme d’habitude, du 15 au 18 août en cours, la grande foule, a constaté sur place un reporter de Haiti Press Network...


Quoique la mer et l’environnement immédiat ne soient pas du tout agréables pour un espace d’accueil digne de son nom, Gelée attire encore de nombreux fêtards de toutes les couches sociales, a constaté HPN...
 Ils viennent de partout, notamment de la ville des Cayes pour danser, manger du poisson grillé et se baigner malgré tout, dans des eaux sales, puantes et remplies de limons...
« Ce n’est pas possible ! Il semblerait que les organisateurs et/ou les autorités municipales n’ont jamais eu le souci et la décence pour embellir l’espace. C’est honteux! », opine un visiteur, une bouteille de bière à la main...
Ce qui attire l’attention le plus, c’est le volume de personnes qui circulent dans tous les sens sur le site. Dans la foulée, tout un commerce s’y développe. On y trouve toutes sortes de choses à consommer. Certains produits sont offerts avec un minimum de respect des principes élémentaires d’hygiène. D’autres pas. Mais on en consomme quand même...
Le poisson boucané, particularité de Gelée, même hors festival, est au rendez-vous. Des gens les dévorent à belles dents au rythme de la musique des Troubadours, magistralement exécutée par de modestes musiciens...
 Eh oui ! Cette catégorie de musiciens traditionnels est toujours sur les lieux pour essayer d’empocher aussi un peu d’argent, aux côtés des groupes musicaux de renom comme T-Vice et d’autres formations musicales locales invitées pour amuser le public. Ah ! Ça fait l’affaire des commerçants et des débrouillards qui, sans doute, feront vache grasse après les festivités...
Une fête, une tradition, des activités
Le budget prévisionnel pour la réalisation du festival, était élevé à quelque 16 millions (16 000 000) de gourdes cette année, selon ce qu’a indiqué un confrère de la presse locale citant l’ancien maire des Cayes, Jean Frantz Télusma...
Depuis 25 ans, la ville des Cayes accueille dans le cadre de cet événement entre dix mille (10 000) à vingt mille (20 000) personnes, d’après un notable de la zone. Cette affluence, fait-il remarquer, requiert une mobilisation sans précédent de ressources dans toutes les branches.
Ces festivités, constate-t-on, ont un impact direct sur le transport, le petit commerce, l’hôtellerie, la restauration, les activités dans les boites de nuit et l’artisanat, car les touristes locaux et étrangers achètent quelques produits. Elles créent également de petits emplois temporaires, soulageant ainsi quelques poches généralement crevées...
De l’avis du notable qui n’a pas voulu révélé son identité à HPN, cette 25e édition constitue une occasion pour la municipalité de grossir sa caisse sur les plans économique et financier, tenant compte des revenus que doivent générer les activités sur la plage. Même si les travaux de réaménagement du site vieux de quatre ans, ne présentent aucun aspect attrayant, l’une des deux voix qui mènent à Gelée, il faut le dire, est soigneusement asphaltée et l’autre en cours d’exécution.
Texte et photo : Alix Laroche
http://www.hpnhaiti.com/site/index.php/provinces/10188-haiti-gelee-entre-la-musique-la-mer-et-leau-douce-ca-chauffe-aux-cayes alix.l@hpnhaiti.com
Les Commentaires de HRV:
Nous avions participé à ce festival en 1998 et déjà nous faisions les mêmes remarques que l'auteur de cet intéressant article. Nous avions déploré à l'époque l'absence d'infrastructure hôtelière, et surtout l'absence d'aménagement des plages qui perdaient de leur beauté naturelle sous des décombres jonchant le littoral sur des kilomètres.
Nous avions assimilé cela à l'attitude de celui qui meurt de soif au bord d'une source fraîche et limpide.
Les cayens devraient essayer le chauvinisme propre aux Jacméliens pour rehausser l'éclat de ce festival et pousser les autorités à intervenir pour améliorer les conditions de déroulement de cet événement.
Les Cayens en Diaspora se feront toujours un plaisir de calquer la date de leurs voyages sur celles du Festival si toutes les conditions sont réunies pour avoir du bon temps et s’amuser avec les siens!

Du patin à glace en Haïti

Amélie Baron / RFIPar RFI
 Faire du patin à glace en plein mois d'août en Haïti. Ca n'est pas une blague : après des mois de reports, le projet Haïti on Ice est devenu réalité.

 Entre les habitués du roller qui se débrouillent sans problème et les jeunes qui ont eu toutes les difficultés du monde pour chausser les patins, l'ambiance est assez drôle et bon enfant.
Avec notre correspondante à Port-au-Prince, Amélie Baron
 Contrairement à ce qui était prévu initialement, la patinoire n'a pas été installée en plein air sur le stade national, car sous le soleil tropical évidemment la glace fond.
 C'est donc dans le gymnase de Port-au-Prince que les Haïtiens ont pu s'essayer au patinage. Un réel moment de plaisir pour les jeunes.
« On est saisi car c'est la première fois qu'on voit de la glace : c'est très bizarre », remarque Chamy Sénatus, âgé de 19 ans.
 Bizarre, c'est le moins qu'on puisse dire, avec de la glace à Port-au-Prince. La patinoire est bien là, dans le gymnase, et Chamy Sénatus ne cache pas son plaisir : « On est content. On pensait que c'était difficile mais c'est très facile, c'est comme du roller blade ».
 Evidemment, il y a ceux qui pratiquent le roller dans les rues de Port-au-Prince et eux foncent sans problème sur la glace. Mais ça n'est pas le cas de tous.
Kaline, 14 ans, a les patins aux pieds mais hésite encore : « J'ai peur de tomber, de me blesser. Je ne suis pas habituée, j'ai le coeur qui va se casser.
Et puis j'ai un peu froid », explique-t-elle. Sur la glace qui fond, les enfants tombent, finissent trempés mais ils rigolent.
À 29 ans, Giovanni est sur un petit nuage : « Je sens la glace et yo, je regrette de ne pas avoir eu ça avant dans mon pays. Il faut donner la chance aux enfants de connaître ce genre de jeu. Ça c'est un cadeau pour moi en Haïti parce que je me sens vivre là ! ».
 Les ados s'amusent dans le bruit assourdissant des génératrices qui tournent à plein régime. Sur le plan écologique, Haïti on Ice est un scandale mais pour ces enfants qui découvrent les joies de la glisse, ça n'a aucune importance.
http://www.rfi.fr/ameriques/20130818-patin-glace-haiti-port-au-prince

dimanche 18 août 2013

BELLES DE NUIT ...CHAPITRE XIX....

Oui.
En gros, c’est ce qu’il avait retenu du témoignage. Deux jeunes garçons ayant bu en soirée quelques bières, se seraient faits aborder par deux créatures de rêves du sexe opposé qui les auraient conduits dans une villa superbe pour une nuit intime et se seraient retrouvés à l’aube dans leur propre voiture perchée sur les branches du sommet d’un arbre.
Le récit sembla cohérent. Mais en faisant usage de la raison, toute cette histoire avait plutôt des allures de fable.
Pourtant la voiture avait été bel et bien retrouvée sur l’arbre. Ce que personne n’arrivait à comprendre, fut comment elle était arrivée là.
Juste après la prise de parole du jeune homme, Gaspard comme journaliste d’investigation, avait élaboré une liste de questions qu’il voudrait bien poser au jeune homme. Mais il se ravisa rapidement car il comprit que l’occasion ne se prêtait pas à une session question-réponse. Il ne s’agissait non plus d’une conférence de presse. Le jeune homme et toute sa famille cherchait de l’aide. Cette fois-ci de l’aide divine.
Les conclusions du pasteur qui intervint dans les minutes qui suivirent furent sans équivoque. Pour lui, les jeunes hommes avaient été abordés et possédés par le diable, Satan, Lucifer ou le démon qui avait lu dans leurs cœurs et qui avaient noté que de par leurs âges leurs esprits étaient rivés aux débauches de la chair et le sexe.
Il profita de l’occasion pour exhorter l’assemblée à rester sur sa garde en priant sans cesse de façon à pouvoir déceler et contourner les ruses du malin en s’imprégnant sans relâche de l’esprit de discernement divin.
Il déclare en fin de sermon être à la disposition de tous ceux qui voudront poser des questions dans le futur.
Gaspard saisit la balle aux bonds. Il fut le premier à solliciter un rendez-vous avec l’homme de Dieu.
L’entretien se réalisa quelques jours plus tard. Ceci permit à Gaspard de s’approcher la vision du monde de ce leader religieux qui se voulait directeur de foi, recteur de conscience et arbitre de conduites.
Chacun de ses arguments se basait sur un ou plusieurs versets de la  sainte bible. Donc le premier requis pour mériter puis entamer et apprécier le dialogue, condition préalable et sine qua none c’était de reconnaître que la bible était la seule, l’unique et la vraie parole de Dieu. Cette acceptation devait avoir un caractère exclusif et fermé.
Ceci cadrait fort mal avec le caractère pragmatique, et l’esprit aiguisé et critique à fleur de peau de Gaspard.
IL fit cependant preuve d’intelligence. Il se montra capable de tolérance. Il l’écouta avec attention et respecta ses opinions. Il ne chercha pas à démonter ses opinions qu’il trouva trop figées. Mais il s’agissait des ses opinions à lui ; partagées avec ceux qui se laissent emballer par la vie éternelle et la peur de l’enfer.
Il voulut savoir si le jeune homme portait sur son physique des stigmates ou des traces de ce qu’ils avaient vécu avec les filles. Le révérend, d’un ton rassuré lui apprit que généralement après les rencontres avec le diable, les stigmates laissés ne sont pas visibles à l’œil nu du profane. Ils étaient souvent d’ordre psychologique et spirituel et que seul le vrai homme de Dieu était capable de les déceler.
Il eut envie de lui dire que tous ceux qui ont connu le jeune homme avant sont unanimes à admettre qu’il a beaucoup changé.
En fin de compte, cet entretien ne lui apporta ni doute ni certitude. Il s’est retrouvé devant un illuminé convaincu défendant sa foi et sa croyance en étant convaincu que son rôle et sa mission étaient de convaincre les autres de penser, agir et vivre comme lui, selon cette fois qui en quelque sorte le rendait aveugle et borné.

Gaspard eut l’occasion d’écouter une fois de plus le témoignage du jeune homme, dans une autre assemblée de chrétiens. En effet, à la fin du culte, une jeune dame tout de blanc vêtue, cachant sa chevelure sous un madras blanc brodé u fil bleu d’une colombe en plein vol, s’approcha de Madame A pour lui dire que ce témoignage était  si vivant qu’il fallait le propager pour pousser plus de gens à sortir des ornières du péché. Car le retour du Christ était réellement imminent. Ainsi elle lui conseilla de prendre contact avec les responsables de l’église Hébraïque de Delmas. Un quartier en plein essor localisé entre Port-au-Prince et Pétion Ville.
Il put écouter quelques bribes de conversation de la jeune dame décrivant l’histoire de cette église qui venait de s’ouvrir après que le pasteur ait eu une révélation au cours de laquelle Dieu en personne lui aurait demandé de vendre tout ce qu’il possédait pour construire un temple.
Gaspard avait noté sur son bloc-note, ce rendez vous à venir et il s’était arrangé pour être renseigné sur la date de cette nouvelle intervention. Dans l’attente, il s’était informé sur cette église hébraïque. Son étonnement fut énorme quand il fit le constat que cet endroit était un vrai phénomène de mode. Tout le monde en parlait. Dans les milieux défavorisés les postes de radio captaient sur les ondes les offices célébrés et retransmis 24 heures sur 24 sur tout le territoire national.
L’église hébraïque officiait régulièrement et sur des périodes assez longues des cultes à thèmes. Des sujets  tirés des problèmes les plus courants de la population. Une semaine de jeune et prière pour les demandeurs d’emplois, une semaine de jeune et de prière pour les personnes qui attendent d’être appelés de l’ambassade américaine pour l’octroi de visas de résidence permanente, une semaine de jeune et de prière pour les femmes en mal d’enfants, une semaine de jeune et de prière pour les femmes qui veulent des maris, une semaine de jeune et de prière pour les malades et contre les maladies…
Une fois  passés en revue et en prière tous les problèmes sociaux et sociétaux, l’église oriente ses prières vers la  spiritualité. Et dans ce contexte, le sujet qui drainait plus d’adeptes c’est la prière pour ou contre le déblocage.
L’église hébraïque de Delmas en très peu de temps était devenue le lieu de miracle par excellence.
Le jour du témoignage du jeune homme devant les fidèles de l’église hébraïque de Delmas, Gaspard se décida d’aller faire un tour. Histoire de tester le gout de l’éclectisme religieux et de sa pratique. Qui sait, le jeune pourrait bien donner un détail omis lors de sa première remise, à cause de l’émotion de l’atmosphère du moment.
Le bâtiment de l’église se trouvait à la hauteur de Delmas 63. Il descendit d’un minibus et s’apprêta à traverser l’autoroute pour s’engouffrer dans cette rue assez étroite et en terre battue identifiée par un petit panneau soutenu par un pilonne incliné vers la gauche et en avant.
Tout à coup, aperçut des gens vêtus de blancs, hommes, femmes et enfants débouchant de cette rue. Telle une gueule béante et ouverte vomissant en jet des choses animées et colorées. Les femmes portaient toutes des chapeaux et des madras ceignant leurs chevelures avec cette colombe en pleine vol. Les hommes portaient avec élégance des cravates à fond bleu maintenant bien fermés leurs cols de chemises.
Une fois l’intersection avec l’autoroute atteinte, la foule se dispersait en partant à gauche et à gauche et à droite. Tout le monde courrait. Les uns plus rapidement que les autres. Les plus âgés y allaient à leur rythme. Moins vite.
Les passants, dans la plus absolue des incompréhensions leur ouvrirent passage soit en se collant au mur des maisons soit  en se jetant carrément sur la chaussée goudronnée. Une atmosphère de panique s’installa rapidement et brièvement devant cette course effrénée, insensée  et soudaine.
Certains, entraînés par le vent de panique se mirent à courir aussi sans  comprendre.
Gaspard avait cependant vu et observé une dame d’un certain âge occupant le trottoir jouxtant l’intersection de Delmas 63 et l’autoroute. Elle était  assise devant un traiteau minuscule et bancal supportant un petit bac contenant un monticule d’arachides grillés surmontés d’un petit verre transparent à anse dont le volume était réduit du tiers par une couche de cire fondue coulée et collée au fond.
Elle ne sembla ni surprise ni paniquée. Elle protégea son traiteau, son bac, ses arachides et son verre à anse en se plaçant devant. Elle tenait d’une main ferme un poste de radio à transistors qui diffusait des chants de cultes protestants.
Gaspard s’étonna de la quiétude de la dame comparée à l’attitude de l’ensemble des gens se trouvant sur ce tronçon de route.
Il décida de l’approcher. Tout laissait comprendre qu’elle était bien au courant de ce dont il était question en réalité.
Il reçut une explication qui le laissa coi. La première église hébraïque de Delmas venait de clôturer une semaine de prière consacrée à des demandes de miracles divers. A la fin du dernier culte, le pasteur leur avait intimé l’ordre de ne pas  perdre sur la route du retour vers la maison la moindre parcelle, la moindre goutte de la bénédiction qu’ils venaient de recevoir. Donc il avait fortement recommandé aux fidèles de laisser les enceintes de l’église et regagner en courant leurs domiciles sans s’arrêter sur le chemin, sans adresser le moindre mot à qui que ce soit et surtout sans regarder en arrière.
Gaspard demanda à la dame comment elle s’était arrangée pour en savoir autant. Il apprit que la dame fréquentait assidument cette église et que les privilèges des cultes de cette semaine particulière restaient réservés aux membres de l’église qui de surcroît  ont fait leur inscription au Club Hébraïque. La carte d’adhésion coutait 2000 gourdes et que la dame n’avait pas encore pu mettre cette somme de côté pour se la payer.
Le souvenir de cette épisode provoqua encore une fois cette sensation d’agacement comme la première fois qu’il le vécut en compagnie de cette dame. Bien entendu, cette anecdote ne se trouvait pas consignée dans ses papiers.
Au bas du premier témoignage il avait griffonné quelques mots.
Possibilité de deuxième audition à EHDD.
Audition ratée.
EHDD pas nette.
Il eut un peu mal au cou. Il n’avait pas changé de position depuis quelques bonnes minutes. La lecture de son dossier était très passionnante et en plus il ne voulut pas rater un élément significatif capable de l’aider à avancer.
La nuit était assez avancée sur la ville qui s’était tue petit à petit. Les bruits de la ville, les bruits de la vie avaient fait place à un silence résigné, imposé mais apaisant.
L’espace de la grande place du Champ de Mars luisait déserte. Seuls quelques rares étudiants se trouvaient encore sous les lampadaires.
Les marchandes de tisane et de pains de mie allaient rentrer bredouilles.
Gaspard jeta un dernier coup d’œil sur son dossier. Sur cette partie portant l’étiquette « récit ». Il pensa surtout aux stigmates et aux traces que les femmes bonnes et démons auraient gravés sur la peau des jeunes gens. Contrairement au pasteur, lui, il aurait tellement aimé déceler un de ces multiples stigmates qu’une femme dans le feu de l’acte sexuel bien fait, peut dessiner involontairement sur la peau de l’amant trop performant : des éraflures, des égratignures, de vraies griffures d’ongles longues et aiguisées, des baisers-ventouses trop appuyées du côté du cou, une vraie morsure sur la portion unissant le deltoïde et le trapèze…
Il était persuadé qu’elles avaient laissé certaines traces. Mais cette information ne figura nulle part dans son dossier.
Il relut les dialogues entamés par les filles. Pas trop d’indices ni de vocables suspicieux lancés comme des pointes énigmatiques.
Leurs prénoms étaient d’une banalité déconcertante. Linda et Soraya.
Leurs façons de s’habiller ne reflétaient que leurs gouts raffinés de l’élégance.
Les  comestibles aussi témoignaient un certain art du bon gout. Caviar, bon vin et fin champagne.
Dans l’élan des ébats sexuels enlaçant des corps trop imbibés d’alcool, elles avaient prononcés deux mots dénués de sens. Refne et Elbaid.
Des mots qui, s’ils devaient s’associer à quelque chose, seraient de simples prénoms de culture orientale.
Ce qui pourrait éventuellement servir à expliquer la facilité de certains écarts de comportement  reflet d’un certain libertinage répudié et peu accepté par les filles du pays.
Refne et Elbaid.
Deux déesses du sexe. Deux expertes du cul venant d’autres horizons.
Merde !
Il n’avait jamais accordé d’importance à ces mots qui pour lui ne pouvait rien expliquer ni inspirer.
Il se penchera à nouveau sur le sujet. Pour l’instant la lecture fraîche et nouvelle du récit ne lui avait apporté nouveau utile à son enquête ou pouvant faire avancer son dossier.
Pour l’instant il se devait de tout remettre dans l’ordre initial. Depuis plus de deux ans, ce dossier avait bénéficié d’un traitement fait de soins méticuleux. Pas question ce soir de déroger à ses habitudes.
Malgré tout il était encore persuadé qu’il avait raison de s’intéresser à cette succession d’évènements.