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mardi 18 mai 2010

Nouvelle manifestation contre le président René Préval à Port-au-Prince

1 mort, 1 blessé par balle et 11 arrestations lundi 17 mai 2010, Radio Kiskeya
Plusieurs milliers de personnes ont de nouveau manifesté lundi à Port-au-Prince pour exiger le départ du président René Préval. Un individu qui, selon la police, dévalisait des gens sur le parcours de la manifestation, a été lynché. Un manifestant a été blessé par balle dans des circonstances non encore élucidées. Onze (11) autres ont été appréhendés par la police pour « comportement délictueux ».
Les manifestants ont renversé des barricades établies par la police aux abords des ruines du Palais national afin d’investir les lieux, scandant des slogans hostiles au Chef de l’Etat à qui ils reprochent d’avoir délibérément prorogé son mandat jusqu’au 14 mai 2011 par l’amendement de la loi électorale de 2008 voté par des parlementaires à sa solde. Ils exigent le retrait de ladite loi, ainsi que de celle relative à l’établissement pour 18 mois de l’Etat d’urgence.
Au nombre des dirigeants politiques présents à la manifestation figuraient la coordonnatrice de Fanmi Lavalas (parti de l’ancien président Aristide), le Dr Maryse Narcisse ; le Dr Turneb Delpé du PNDPH et de la Palteforme « Rasanble » ; Charles Henri Baker du parti « Respect » qui a été chahuté par certains manifestants pour son rôle dans le renversement d’Aristide ; André Michel, porte-parole du KID et coordonnateur d’une coalition récemment formée, le « Groupe des 77 » ; les chefs d’organisations populaires lavalas René Civil, Yves Pierre Louis ; l’ancien délégué du Sud sous Aristide, Jacques Mathelier ; des ex-parlementaires, dont l’ex-sénateur du Sud-Est, Ricard Pierre (OPL) ; l’ex-sénateur de la Grande-Anse sous la bannière de Lavalas, Louis Gérald Gilles ; l’ancien député de Lascahobas (Centre), Gary Guiteau (OPL).
A signaler également la présence significative dans la manifestation d’un nombre considérable d’employés licenciés des entreprises publiques qui se sont lancés depuis déjà plusieurs mois dans un véritable mouvement d’opposition au gouvernement.
Dans un message délivré sur le parcours de la manifestation, la coordonnatrice de Fanmi Lavalas, Mme Maryse Narcisse, a formellement exigé la démission du chef de l’Etat et la tenue d’élections anticipées. Une autre revendication de Mme Narcisse soutenue par certains responsables de partis hier hostiles à l’ancien président Aristide, est la délivrance d’un passeport à l’ancien chef de l’Etat réfugié à Prétoria (Afrique du Sud).
Les revendications soutenues de concert par les secteurs politiques d’horizons divers qui ont lancé les mots d’ordre de manifestations anti-gouvernementales, sont le retrait des lois d’Etat d’urgence et de prorogation jusqu’au 14 mai 2011 du mandat présidentiel, la dissolution du Conseil Electoral Provisoire (CEP) accusé d’être le jouet de l’Exécutif. Concernant le départ du chef de l’Etat, les points de vue oscillent entre l’exigence qu’il parte le 7 février 2011 et la nécessité qu’il s’en aille dès maintenant.
En marge d’une rencontre samedi dernier avec le président de la Banque Interaméricaine de Développement (BID), Luis Alberto Moreno, le chef de l’Etat a déclaré qu’il lui restait 8 mois au pouvoir, si les élections se tiennent le dernier dimanche de novembre 2010. [jmd/Radio Kiskeya]
http://radiokiskeya.com/spip.php?article6768

Des enseignants sont attristés par le décès de Gabriel Bien Aimé

L'ex-ministre de l'éducation nationale Gabriel Bien Aimé est décédé le samedi 15 mai 2010 dans un centre hospitalier de la capitale haïtienne. M. Bien Aimé qui était jusqu'à cette date membre du directoire de l'Organisation du Peuple en Lutte (OPL), a succombé à une crise d'hypertension artérielle. Hospitalisé depuis une semaine en raison des complications de sa maladie, M. Bien Aimé a rendu l'âme avant d'être transporté vers un hôpital à l'étranger.
Ex-pretre engagé dans les années 1990, M. Bien Aimé avait joué un rôle important dans la communauté " Ti Legliz " de Saint Gérard aux coté de Jean Mary Vincent et Ti Jean. Partisan de la théologie de libération M. Bien Aimé aurait envisagé de briguer la présidence lors des prochaines joutes.
Sa dernière intervention publique remonte au 18 avril 2010 dans la Grand Anse. Il avait dénoncé la loi d'urgence qui selon lui comporte des effets pervers puisqu'elle restreigne les libertés fondamentales.
Le départ de M. Bien Aimé attriste des responsables de syndicats d'enseignants et ses camarades de l'OPL qui ont en mémoire son action au sein du ministère de l'éducation nationale. Entre juin 2006 et septembre 2008, M. Bien Aimé avait occupé la fonction de ministre de l'éducation au sein du gouvernement d'ouverture de Jacques Edouard Alexis.
Quelques mois après son départ du gouvernement son action a été critiquée par les autorités y compris le chef de l'Etat. Plus de 2 000 personnes avaient été intégrées dans le système éducatif sans lettre de nomination. A l'époque les dirigeants de l'OPL avaient dénoncé les critiques contre M. Bien Aimé qui selon eux visaient à ternir l'image du parti avant les sénatoriales.
Aujourd'hui encore l'ex-sénateur Andrice Riché soutient que M. Bien Aimé avait déployé des efforts pour améliorer le système éducatif.

Cet avis est partagé par les dirigeants des syndicats, GYEL, Leonel Pierre et CONEH, Paul Saint Preux. M. Pierre croit que l'ex-ministre de l'éducation avait fait montre de détermination pour faire bouger le système éducatif.

On notera que les responsables du ministère de l'éducation ont exprimé leur tristesse en raison du décès de M. Bien Aimé.

LLM / Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17733

Haïti cherche à reloger ses sinistrés

AFP.- 18/05/2010 Le représentant en Haïti du secrétaire général de l'ONU Edmond Mulet a annoncé que les Nations unies travaillaient avec le gouvernement haïtien sur plusieurs solutions pour déloger les sinistrés qui occupent les places publiques de la capitale.
Plus de 1,3 million de personnes ont été jetées à la rue suite au séisme du 12 janvier qui a fait entre 250.000 à 300.000 morts, selon l'ONU. Plusieurs centaines de milliers de personnes campent depuis dans la rue, faute de maison encore debout ou de peur qu'elle ne s'écroule.
"Nous sommes en train d'identifier des maisons qui n'ont pas été trop abîmées pour aider les propriétaires à faire des réparations afin d'inciter les personnes à rentrer chez elles et accueillir d'autres sinistrés", a fait savoir lundi le responsable onusien.
M. Mulet, qui visitait un camp de réfugiés de 8.000 personnes près de Cité soleil, le plus grand bidonville d'Haïti, a indiqué que l'ONU était en train de discuter avec le gouvernement haïtien afin de développer une stratégie à moyen et à long terme pour les personnes déplacées.
"Après avoir fourni des tentes à la majorité des victimes du séisme, nous devons passer à une autre phase qui consiste à donner des abris plus solides et plus sûrs aux gens car la saison pluvieuse est là et la saison des cyclones arrive", a averti M. Mulet.
"La vie de certains résidents du camp de Tapis vert est menacée par les inondations. Nous envisageons de faire venir des engins lourds pour creuser des canaux d'écoulement des eaux de pluie", a déclaré Nigel Fisher, coordinateur de l'aide humanitaire de l'ONU en Haïti. Le camp de Tapis vert à la sortie nord de Port-au-Prince abrite plus de 8.000 personnes.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/05/18/97001-20100518FILWWW00443-haiti-cherche-a-reloger-ses-sinistres.php

Deux millions d'Haïtiens menacés du pire

Arnaud Poissonnier, fondateur du site de micro-crédit Babyloan, revient d'un voyage en Haïti. Il lance un appel aux bailleurs de fonds pour qu'ils aident les organismes de micro-crédit, les banquiers des pauvres.

Quatre mois après le tremblement de terre qui a provoqué entre 250.000 et 300.000 morts sur une population de 8 millions d'habitants, les Haïtiens continuent de souffrir. Malgré les centaines de millions d'euros de financements internationaux qui vont permettre de reconstruire le pays dans les prochaines années et la présence de près de 1.000 organisations non gouvernementales, le timide début de reprise de la vie économique est menacé. Le secteur privé est au bord de l'asphyxie. Les petits commerçants qui sont parmi les premiers bénéficiaires du micro-crédit, sont durement touchés.
« La micro finance haïtienne qui est essentielle à la vie économique du pays, est au bord du gouffre », affirme Arnaud Poissonnier, président fondateur de Babyloan qui rentre d'un voyage en Haïti. Premier site français de micro-crédit, Babyloan permet à des internautes de financer des entrepreneurs installés dans les pays du Sud.
Prêts à 800.000 Haïtiens
Les 70 sociétés de micro-crédit jouaient un rôle clé avant les événements du 12 janvier. Elles prêtaient de petites sommes à environ 800.000 Haïtiens. Elles apportaient ainsi leur soutien à environ 2 millions de personnes. Le tremblement de terre les a mises à terre.
«Nombre des sociétés de micro-crédit ont subi des pertes humaines. Des sièges sociaux ont été détruits. Ces pertes peuvent être estimées à une quinzaine de millions de dollars», explique Arnaud Poissonnier. L'asphyxie financière les guette.
Un de ces organismes va devoir réduire ses activités s'il ne trouve pas d'argent entre juillet et septembre. Quatre sont au bord du gouffre. D'autres pourraient faire faillite.
«Le constat est simple. Les sociétés de micro-crédit ont dû presque totalement stopper leurs activités sur les zones sinistrées. Elles ne peuvent plus pratiquer de recouvrements ou débloquer de nouveaux micro-crédits puisque les gens sont morts, ont perdu leur emploi ou leur logement. Elles connaissent également des difficultés dans les régions moins touchées. Cette déflagration met à mal l'économie tout entière. C'est le pire des scénarios alors que le pays doit se relancer. Il est donc essentiel que l'Etat haïtien, la conférence des Etats donateurs et les bailleurs institutionnels prennent en urgence conscience de l'urgence du problème et s'en emparent au plus vite», témoigne Arnaud Poissonnier.
La BID va lancer un fonds de 12 millions de dollars
Premier signe d'espoir, la Banque Interaméricaine de Développement (BID) a annoncé il y a deux mois le lancement d'un fonds doté de 12 millions de dollars qui va racheter une partie des créances douteuses de certaines sociétés haïtiennes de micro-crédit. « Son tour de table n'est pas encore totalement bouclé. Il est ouvert aux bailleurs qui souhaitent s'y greffer. Il faut promouvoir cette initiative», affirme Arnaud Poissonnier. Malgré des moyens limités, Babyloan a décidé de s'engager à aider quelques organismes de micro-crédit en espérant que «des bailleurs de fonds internationaux se mobiliseront également pour cette cause».
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2010/05/17/04016-20100517ARTFIG00591-deux-millions-d-haitiens-menaces-du-pire.php

Haïti : Paris veut accélérer l'adoption des enfants

INFO LE FIGARO - Un rapport qui sera remis mardi matin à Nadine Morano souligne les conditions de vie très précaires des enfants dans les orphelinats.

Quatre mois après le séisme en Haïti, plus de cinq cents familles françaises attendent toujours leur enfant adoptif. Sur place, les conditions de vie demeurent très précaires. Comme le préconise un rapport qui sera remis mardi matin à la secrétaire d'État à la Famille, Nadine Morano, la France s'efforce d'accélérer les procédures d'adoption. «Le devenir de ces enfants fragiles et vulnérables nous soucie énormément», écrit le Dr Dominique ­Rosset, pédopsychiatre et chef de la mission qui s'est rendu en Haïti début mars. Les experts ont visité 18 orphelinats et rencontré 112 enfants qui ont, depuis, été remis à leurs parents adoptifs.
Le rapport se prononce pour un maintien du dispositif d'accueil en Guadeloupe, étape nécessaire avant un départ forcément bouleversant pour la France. «Cela permet une rencontre en douceur. La plupart des parents n'ont vu leur enfant adoptif que sur une photographie», souligne-t-on au cabinet de Nadine Morano, qui devrait reconduire ce dispositif pour quelques mois. Son coût est de 1 000 euros par enfant environ. La mission déconseille d'ailleurs aux parents adoptifs de venir chercher leurs enfants en Haïti, en raison d'une grande insécurité dans ce pays détruit.
La France premier pays d'accueil
Plus de 500 enfants ont déjà été rapatriés en ­France depuis le séisme, selon le Service de l'adoption internationale. L'administration haïtienne a repris le cours des procédures en mars, mais le rythme est ralenti par un manque de moyens. «Pour les familles qui ont un jugement d'adoption, nous avons obtenu une accélération de la délivrance des passeports. Cette phase durait plusieurs mois auparavant, indique-t-on au ministère des Affaires étrangères. Mais les autorités haïtiennes sont exigeantes et nous attendons leur réponse pour les autres.» Ainsi, l'incertitude demeure pour les 445 familles qui sont encore dans la phase précédant un jugement d'adoption.
En attendant, la mission redoute que l'état physique et psychique des enfants se dégrade. À Port-au-Prince, beaucoup dorment encore dans des tentes par crainte des répliques. «Dans sa très grande majorité, le personnel est peu ou pas formé», peut-on également lire dans le rapport. Les nourrices semblent «angoissées, tristes, épuisées, peu disponibles psychiquement, et en grande difficulté pour soutenir le lien à l'enfant».
Suivi des enfants
Les experts recommandent un renforcement des structures permettant un suivi de ces enfants en France. «Or ces enfants, qui ont vécu des choses extrêmes, sont probablement très fragilisés, et les parents peuvent passer à côté de signes de détresse, confirme le Dr Anne de Truchis, pédiatre à l'hôpital de Versailles. Il faudrait qu'ils puissent être reçus régulièrement dans le temps.» Mais les délais pour obtenir un rendez-vous dans une consultation spécialisée sont aujourd'hui très longs.
Pour l'avenir, le rapport recommande enfin un meilleur encadrement de l'adoption. La France est le premier pays d'accueil des enfants adoptés en Haïti. Interrogé au Sénat, le ministre des Affaires étrangères, Bernard ­Kouchner, avait indiqué qu'il avait «un grand espoir» de voir Haïti signer la convention de La Haye sur l'adoption internationale. En attendant, la France a gelé toute nouvelle adoption dans ce pays.
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2010/05/17/01016-20100517ARTFIG00602-haiti-paris-veut-accelerer-l-adoption-des-enfants.php
Commentaires:
La déprédation massive, l'expoliation de toutes les ressources d'Haïti se poursuivent. Chacun y met du sien et y contribue largement. Le Canada et les USA prennent les cadres et les professionnels de premier rang. La france prend les enfants.
pour faire une réalité le rêve d'être meres des françaises on prive de ce droit les mères haïtiennes!

Manifestation à Port-au-Prince : un blessé par balle

Plusieurs milliers de personnes ont pris part ce lundi à Port-au-Prince à une nouvelle manifestation anti- gouvernementale, au cours de laquelle, une personne a été blessée par balle.
Les groupes de manifestants qui provenaient d'endroits différents se sont rencontrés dans les parages du Palais National où un important dispositif de sécurité avait été mis en place très tôt dans la matinée en prévision à ce mouvement.
Les protestataires ont forcé des barrages installés par les membres d'une unité spécialisée de la Police Nationale. Ils scandaient des slogans hostiles au Chef de l'État.
Soulignons que tous les participants n'avaient pas les mêmes revendications. Si certains manifestants pro-Lavalas exigeaient le retour de leur leader, Jean Bertrand Aristide, d'autres réclamaient purement et simplement le départ du président Préval, qui selon eux est en train de violer la constitution de 1987.
Notons que cette manifestation a été organisée par plusieurs organisations politiques dont Lavalas et le PNDPH. Elle fait suite aux mobilisations qui ont eu lieu le week-end écoulé, notamment au Cap Haïtien dans le Nord ou à Jacmel dans le sud-est.
EJ/Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17730

L'Oxfam réhabilite des captages d'eau potable à Grand Goave et Petit Goave

L'organisation internationale, Oxfam, annonce que des travaux de réhabilitation de 37 captages d'eau détruits ou endommagés pendant le séisme sont actuellement en cours d'exécution à Grand Gôave et à Petit Gôave. Ces travaux, sont réalisés en coordination avec la Direction nationale d'eau potable et d'assainissement (Dinepa) dans les localités situées dans les mornes de Petit Gôave, soit les 11e et 12e sections communales et dans les 1e, 2e, 3e et 4e sections communales de Grand Gôave, indique, l'organisation non gouvernementale, dans un communiqué.
Parallèlement, l'Oxfam indique qu'elle a installé un centre de production d'eau potable depuis le 28 avril 2010 dans le centre ville de Léogane. Ce centre aménagé de concert avec d'autres organismes dont Save the Children au local de la Dinepa, produit une moyenne de 155 mètres cubes d'eau potable par jour.
« Nous faisons progressivement la transition de l'urgence aux programmes à impact sur le long terme. Ainsi, de concert avec d'autres institutions locales et agences internationales, nous cherchons des solutions durables aux problèmes d'eau et d'assainissement rencontrés dans nos zones d'intervention », dit Céline Gagné, Field Manager de Oxfam à Petit Gôave, Grand Gôave et Gressier.
Selon le communiqué, le point de production d'eau potable à Léogane a été établi suite à une demande formelle des différentes ONG travaillant dans la commune et des autorités locales. L'équipe de la Croix rouge Espagnole est provisoirement chargée de tester la qualité du produit. Cette eau est redistribuée aux bénéficiaires par les acteurs sur le terrain dont Terre des Hommes, Save the Children et ACTED.
« Nous intervenons sur le terrain avec l'appui des acteurs locaux afin de renforcer leur capacité. Par ce mécanisme, Oxfam s'assure que la population est capable de maintenir ces infrastructures afin de pouvoir s'approvisionner en eau potable dans l'avenir », déclare Antonella Scifo, une des coordonnatrice humanitaires de Oxfam.
Dans le cadre de son programme de cash for work, Oxfam fait aussi le nettoyage de canaux d'évacuation et des lits de rivières ainsi que la réalisation de drainages dans ses sites d'intervention. Ces cours d'eau sont identifiés par la direction de protection civile comme étant les principales causes des inondations dans ces lieux pendant les fortes averses.
L'Oxfam a fait remarquer qu'elle a déjà réalisé un ensemble d'activités depuis le séisme, du 12 janvier, notamment la distribution de l'eau potable, et la promotion de l'hygiène dans plusieurs communes affectées dans le sud du pays.
EJ
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17732

Le casse-tête universitaire

Malorie Beauchemin, La Presse.-
(Haïti) Christina Colimon a bien cru qu'elle ne reverrait pas de si tôt les bancs d'école. Étudiante en droit à l'université privée Quisqueya, elle s'apprêtait à entamer son deuxième trimestre lorsque le séisme a frappé. «Pendant au moins un mois, j'ai pensé que ça n'allait pas reprendre. Je suis contente. Sur six cours, il y en a cinq qui ont recommencé, c'est bon quand même», dit-elle, souriante.
Certains cours ont repris en avril, d'autres au début du mois de mai. En empiétant sur les mois normalement consacrés au trimestre d'été - qui sera sûrement annulé de toute façon -, la catastrophe n'entraînera pas, pour Christina et plusieurs autres, de retard dans leur formation.
Les bâtiments de l'un des deux campus de l'université, en haut de la montagne, se sont écroulés complètement.
Dans la cour, là où se trouvait l'un des pavillons, des ouvriers s'affairent à construire un bâtiment semi-temporaire de bois et de tôle. L'institution attend les évaluations de la qualité du sol pour prendre une décision importante: reconstruire sur le même terrain ou déménager tout le campus.
Mais la perspective de la reconstruction est encore bien lointaine.
«Nous sommes actuellement dans la phase de réhabilitation», explique le vice-doyen à la faculté des sciences, du génie et d'architecture, Evenson Calixte.
Et elle doit se faire en douceur, tant le choc psychologique a été grand.
«On a dû passer par une étape où, en guise de cours, on se racontait des blagues, on se parlait de ce qui s'est passé le 12 janvier, après le 12 janvier, comment vous avez vécu ça, quelle a été la situation chez vous, raconte le professeur de sciences politiques Wilson Jabouin. Certains de mes étudiants ont été pris sous les décombres et se sont nourris de cola pendant des heures ou des jours. Je prends la précaution de ne pas les étouffer avec le cours.»
L'enseignement, d'abord donné sous la tente, se fait depuis le mois d'avril dans 14 salles aménagées dans un abri de bois, de tôle et de béton. Et comme l'essentiel des bibliothèques universitaires de Port-au-Prince a disparu, c'est l'internet qui prend le relais.
«Bien entendu, je demande aux étudiants de vérifier les sources, alors ils cherchent sur des sites universitaires surtout», précise le professeur Jabouin. Bientôt, les syllabus, les devoirs et la documentation pourraient aussi se retrouver en ligne.
Puis, l'Université a créé un programme de volontariat pour les étudiants qui ont de la difficulté à payer les droits de scolarité. Un trimestre à Quisqueya coûte de 900 à 1300$, ce que peu d'Haïtiens peuvent se permettre. Contre quelques heures de bénévolat dans les camps de déplacés, avec les enfants ou les blessés, les étudiants reçoivent quelques centaines de dollars par mois.
Mais le plus grand problème qui s'annonce à Quisqueya, c'est la baisse de fréquentation. Seulement 500 des 1800 étudiants que comptait l'université avant le séisme sont revenus sur les bancs d'école après quatre mois. Qu'est-il advenu des autres? «Ceux qui avaient de l'argent sont partis à l'étranger», dit Evenson Calixte, résigné.
Le rêve d'un campus unique
À l'Université d'État d'Haïti (UEH), seule institution nationale publique d'enseignement supérieur, le problème est tout autre.
À Port-au-Prince seulement, les facultés de l'UEH étaient dispersées en 11 lieux différents. Les dommages sont immenses. La faculté de linguistique, entre autres, est complètement détruite, et plus de 300 personnes y ont trouvé la mort. Les cours reprennent maintenant graduellement, par rotation, pour les 15 000 étudiants de la capitale. Mais l'Université n'est pas au bout de ses peines.
«On doit rassembler les étudiants. On n'a pas beaucoup de locaux, les anciens bâtiments étaient en hauteur, il y avait des laboratoires, des résidences, explique le recteur de l'UEH, Jean Vernet Henry. On n'a pas encore fini les abris temporaires destinés à accueillir les étudiants.»
D'ici à la fin du mois de mai, l'Université d'État d'Haïti estime que la totalité de ses étudiants auront repris certains de leurs cours. Mais le recteur ne se fait pas d'illusions: «Tout le monde sera diplômé un peu plus tard», concède-t-il.
Dans le chaos et la désolation, les dirigeants de l'UEH ont toutefois un rêve: construire un nouveau campus qui réunira l'ensemble des facultés.
«Le plan de match est là, nous avons trouvé un terrain de 30 hectares au nord de Port-au-Prince», raconte le recteur, une étincelle dans les yeux.
Mais comme c'est souvent le cas, le financement manque. En Haïti, seulement 0,7% du budget de l'État est consacré à l'éducation. Ailleurs dans les Caraïbes, c'est 4 ou 5%, et autour de 20% au Québec.
«Même avant le séisme, le gouvernement s'occupait très peu de l'Université d'État. On est sous-financé, sous-équipé», déplore M. Henry.
Les étudiants entrent à l'UEH à la suite d'un concours - «ils sont sélectionnés au mérite», précise le recteur - et n'auront à débourser que de 10 à 20$ par année pour leur formation.
L'UEH survit grâce à des partenaires étrangers, dont l'ACDI, l'Université Laval ou encore l'Université de Montréal. Jean-Vernet Henry mise aussi sur l'aide étrangère pour financer son campus. Sa solution: fractionner la construction par faculté, pavillon, laboratoire, pour que les bailleurs de fonds puissent contribuer chacun à sa façon.
L'ÉDUCATION HAÏTIENNE EN CHIFFRES
> 40% de la population haïtienne a moins de 15 ans.
> Les deux tiers de la population scolaire ont été affectés par le séisme.
> 38 000 élèves et 1300 professeurs sont morts dans la catastrophe.
> La moitié des enfants d'âge scolaire n'allaient pas à l'école avant le tremblement de terre.
> Les écoles primaires publiques ne comptent que pour 8% des établissements scolaires mais accueillent 20% des élèves.
Sources : UNICEF, Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA).
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201005/17/01-4281030-le-casse-tete-universitaire.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_seisme-en-haiti_557239_section_POS3

lundi 17 mai 2010

«Enfants volés» en Haïti: la missionnaire américaine libérée

Agence France-Presse, Port-au-Prince.

La missionnaire américaine Laura Silsby, arrêtée fin janvier alors qu'elle essayait de quitter Haïti avec un groupe de 33 enfants a été libérée lundi, et était en partance pour les États-Unis, a annoncé à l'AFP son avocat Shiller Roy.
Initialement poursuivie pour «enlèvement de mineurs» et «association de malfaiteurs», elle a été reconnue coupable de «voyage irrégulier» avec le groupe d'enfants, mais les autorités ont estimé que la détention qu'elle avait déjà effectuée couvrait sa condamnation, selon son avocat.
Elle devait s'envoler pour la Floride dans la journée, a-t-il précisé.
Mme Silsby était présentée comme la chef d'un groupe de 10 Américains baptistes arrêtés fin janvier avec 33 enfants sans papiers à la frontière dominicaine. Les neuf autres membres du groupe ont déjà été libérés.
Au moment de leur arrestation, les 10 Américains avaient expliqué avoir agi avec de bonnes intentions, croyant que les enfants étaient orphelins, mais certains parents ont déclaré de leur côté qu'ils avaient conclu avec eux un accord pour leur laisser les enfants.
Les 33 petits Haïtiens ont depuis retrouvé leurs familles après avoir séjourné dans un orphelinat de l'ONG américaine Save the children.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201005/17/01-4281307-enfants-voles-en-haiti-la-missionnaire-americaine-liberee.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B9_international_29810_accueil_POS4

Les voiles de Alinghi seront converties en tentes de champagne pour Haïti

Coupe América La mairie de Valence va donner le matériel à Messagers de la Paix
Efe, Valencia
Les voiles de ALINGHI, bateau qui a défendu les deux dernières éditions de la Copa America, seront converties en tentes de champagne pour les camps de sinistrés du tremblement de terre d’Haïti, a informé l’association bénéfique Messagers de la Paix.
La mairie de Valencia va donner à Messagers de la paix dans le cadre de la réalisation de ses projets d’assistance à Haïti, du matériel pour la fabrication de 1000 tentes qui seront confectionnées avec les voiles du bateau de course suisse ALINGHI, un matériel reconnu pour sa légèreté, sa résistance et son imperméabilité.
Les tentes seront découpées, cousues et montées en Haïti par les propres bénéficiaires, à travers un programme de travail qui relancera une activité économique et laborale dans la région.
Les dons seront complétés par plus de 65 caisses de vêtements de sport de l’équipe ALINGHI, qui participe dans la réalisation de ce projet, et qui sera aussi distribuée à la population haïtienne.
Selon Messagers de la Paix, en Haïti vivent encore plus de 800.000 personnes dans des camps de déplacés, dont la majeur partie dans des campements improvisés dépourvus de tout type de services en infrastructures, ou les familles vivent sous des sacs en plastiques ou des couvertures attachés à des morceaux de bois ou par des fils électriques.
Une partie de ces dons partira demain 18 mai de l’aéroport de Madrid, en compagnie d’un groupe de collaborateurs de Messagers de la Paix, qui voyagent depuis l’Espagne pour participer à l’inauguration de plusieurs centres sociaux mis en marche par cette ONG en Haïti.
Cette organisation développe depuis le mois de janvier dernier des activités d’aide en faveur d’Haïti comme la présence de personnel en matière de santé et de logistique déplacés vers des zones pour travailler avec des professionnels haïtiens et des organisations locales.
http://www.elmundo.es/elmundo/2010/05/17/nautica/1274113314.html
Traduction Jonas Jolivert pour Haïti Recto Verso

Myrlande Manigat approuve le mouvement anti-Préval

La secrétaire générale du Rassemblement des Démocrates Nationaux Progressistes, (RDNP), Myrlande Hyppolite Manigat dit supporter le mouvement orchestré depuis quelques semaines, contre le pouvoir en place. Cependant, la constitutionaliste ne demande pas le départ anticipé du Président Préval. Intervenant à la rubrique le point sur le 100, la secrétaire générale du RDNP, estime que la mobilisation anti-Préval est justifiée compte tenu des violations de la constitution perpétrées par le régime en place.
« Je ne réclame pas son départ, je dis que son départ serait une bonne chose », précise madame Manigat de la Plateforme des patriotes haïtiens (PLAPH).

Tout en présentant son soutien au mouvement populaire, elle croit que le départ du Chef de l'État, est inéluctable et que ce sera une bonne chose pour le pays.

Selon, madame Manigat, cette mobilisation, qui prend de l'ampleur, doit être prise au sérieux parce qu'elle permet à une frange de la population qui ne s'implique pas habituellement dans la politique de s'exprimer concernant le départ du président.

Depuis plusieurs semaines, les manifestations anti-gouvernementales se multiplient au pays, notamment en province. Les manifestants réclament le départ du Président de la République qui selon eux ne respecte pas la constitution de 1987.

EJ/Radio Métropole
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17729
Commentaires:
 Notre fameuse constitutionnaliste a surement parlé. Mais elle n'a rien dit. Elle s'est mise au pas et à la cadence des autres politiciens de la scène. Helas. Surout pour elle qui a toujours été vue et considérée comme la seule et unique réserve politique du pays.
Aujourd'ui s'il faut réclamer quelques choses à Préval et à la communauté internationale qui va surtout financer les élections, c'est de leur dire de faire en sorte que celle-ci soient réalisées de façon àpouvoir changer de gouvernement le 7 février prochain.
Changer de gouvernement c'est bien un euphémisme car en observant la tronche des candidats posibles on a du mal à croire que de ce groupuscule sortira prochainement un chef d'état.
Cependant, ce que Madame Manigat et les autres politiciens devraient savoir et se mettre bien en tête c'est que dans l'agenda de la communauté internationale qui, je répète, finance nos élections présidentielles, il est prévu que le président René Preval finisse son mandat. Comme demonstration de la plus belle avancée démocratique.
Donc Madame Manigat, et les autres définissez mieux les critères de votre combat en tenant compte de cette réalité plus visible dans le panorama politique haïtien que le nez au milieu de la figure.

L’ECOLE SOUS LA TENTE

Malorie Beauchemin, envoyée spéciale.
La Presse La cloche sonne. Fin de la récréation. Quelques centaines d'écolières rangent leurs cordes à danser, leurs friandises et entrent dans la cour, en rangs, deux par deux. En jupe bleue et chemisier à carreaux, des rubans assortis dans les cheveux, elles rient et bavardent.
Au lycée du Cent-cinquantenaire, au centre-ville de Port-au-Prince, les classes ont repris depuis le début du mois d'avril. De la rue, derrière les grilles et les murs, on ne voit que le bâtiment principal de l'école secondaire pour filles. Il faut entrer dans la cour pour découvrir la fourmilière: pour accueillir les 3500 élèves du lycée, 22 salles de classe ont été aménagées dans une dizaine de petits bâtiments construits par le Programme de construction de structures d'accueil provisoires, financé par la Banque inter-américaine de développement et le Fonds d'assistance économique et sociale haïtien.
À Port-au-Prince, où se trouvaient environ 3500 des 4000 établissements d'enseignement détruits par le séisme du 12 janvier, les classes ont repris sous la tente ou dans des abris temporaires dans 700 écoles.
Au grand bonheur des jeunes, comme Carlinda Faustin Marie, «presque 15 ans», qui adore les mathématiques et voudrait travailler plus tard en comptabilité. Comme des centaines d'autres élèves, après le séisme, ses parents l'avaient envoyée en région, où les écoles ont été moins abîmées, pour ne pas trop compromettre sa scolarité.
«Je suis allée à l'école à Saint-Marc. Et puis, ma mère m'a appelée pour me dire de revenir ici», raconte Carlinda, ravie d'avoir enfin retrouvé les copines, les professeurs... et les cours de maths.
À quelques rues de là, dans la classe de Mme Chery, à l'école nationale République du Chili, les enfants de deuxième année lisent en choeur la dictée au tableau. «Je n'ai pas de badine. Tu as une banane. Marie a une carafe...»
L'école, complètement démolie, a été remplacée par un bâtiment temporaire, fait de bois et de tôle. «Après le séisme, on a changé l'horaire. Il y a le groupe du matin, de 8h à 12h, et le groupe de l'après-midi, de 13h à 17h», explique Rosemarie Chery.
Malgré cela, la cacophonie règne: les 28 enfants de la classe de Mme Chery partagent la salle avec ceux de première année et les tout-petits de la maternelle.
«On a beaucoup de problèmes. C'est plus difficile pour les professeurs d'avoir trois classes dans une seule salle. On aimerait que l'école soit rebâtie et que chaque classe ait une salle, comme avant», explique Ginie Jean-Bapstiste, qui enseigne au préscolaire.
Mais pour Claudia Senatus, 9 ans, c'est le bonheur. «J'aime faire des devoirs», confie-t-elle, intimidée, dans un français impeccable, avant de reprendre la lecture de Je lis et je parle.
Dans Pétionville, c'est l'UNICEF qui a fourni les 12 tentes qui servent de classes aux petits garçons de l'école catholique Saint-Joseph, un des rares établissements publics de Port-au-Prince. En Haïti, 80% des enfants scolarisés fréquentent le privé.
Les tentes font une sorte de petit campus dans la cour d'école. Ici, le bâtiment principal de l'école primaire est intact, mais pas question d'y donner les cours. Le tremblement de terre a laissé dans la population des séquelles psychologiques importantes. «Tout le monde a peur du béton, les parents, les enfants, explique le frère Enceau Laguerre, directeur de l'école. Si on veut avoir les enfants ici, il faut écouter les parents.»
Les garçons ne semblent pas s'en formaliser. Sous la tente, en polo blanc et bermuda gris, ils répètent après le professeur pendant que des parents attendent en file pour inscrire ou réinscrire leurs petits.
«Les enfants reviennent progressivement. Sur 502, ils étaient 215 en mars, souligne le directeur. Nous étions une des seules écoles qui fonctionnaient. Mais on ne donnait pas de cours. On offrait du soutien psychologique, on les faisait parler, on faisait beaucoup de jeux en plein air.» Ce n'est que le 12 avril que l'école a repris pour de bon.


Faire mieux
L'UNICEF estime que, du million et demi d'enfants qui ont vu leur scolarité interrompue en janvier, 200 000 seront de retour à l'école à la fin du mois de mai, et plus de 700 000 en septembre. «Ça ne se fait pas en une nuit, concède Edward Carwardine, de l'UNICEF. Il n'y a pas beaucoup d'espaces libres et le ministère de l'Éducation veut rouvrir les écoles à l'endroit où elles se trouvaient. Il faut souvent faire disparaître des montagnes de débris avant d'installer les tentes. Il faut prévoir des latrines, l'approvisionnement en eau potable..."
Les études psychologiques démontrent que la reprise des classes a un effet stabilisateur pour les enfants qui ont subi un choc. C'est une priorité pour le gouvernement haïtien. Mais dans un pays où, avant le séisme, la moitié des enfants d'âge scolaire n'allaient pas à l'école et où les écoles privées dominent, on songe à aller plus loin, à bâtir un véritable réseau d'écoles publiques, accessibles et offrant une éducation de qualité.

«Avec toute l'attention qu'on porte à Haïti maintenant, avec tout l'argent injecté par la communauté internationale, on n'a pas d'excuse. On ne peut pas se contenter de revenir à ce que c'était avant», soutient M. Carwardine.

Le Canada appuie cette démarche. «Un des gros problèmes, c'est qu'Haïti a un des systèmes d'éducation les plus privés du monde, qui ne fonctionne pas du tout, a expliqué la semaine dernière l'ambassadeur du Canada en Haïti, Gilles Rivard. La ministre de la Coopération internationale, Bev Oda, a discuté avec le premier ministre et le président de la façon dont le Canada pourrait aider Haïti à se doter d'un système d'éducation publique digne de ce nom. Nous avons la capacité.» Reste à voir comment cela va se matérialiser.

http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201005/16/01-4281012-a-haiti-lecole-sous-la-tente.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B42_acc-manchettes-dimanche_369233_accueil_POS1

Décès de Gabriel Bien-Aimé, ex-ministre de l’Education nationale du gouvernement Alexis/Préval à titre de représentant de l’OPL

Il a succombé à une crise cardiaque Samedi 15 mai 2010,Radio Kiskeya
L’ex-ministre de l’Education nationale et de la formation professionnelle du gouvernement Alexis/Préval, Gabriel Bien-Aimé est décédé samedi à Port-au-Prince suite à une crise cardiaque.
M. Bien-Aimé avait été admis en milieu de semaine dans un centre hospitalier privé avant d’être transféré dans un hôpital de campagne aménagé après le séisme dans l’aire de l’aéroport international de Port-au-Prince par une ONG étrangère. Il allait être transporté vers l’étranger quand il a rendu l’âme, selon les précisions obtenues de sources médicales.
L’ex-sénateur de la Grande-Anse, membre du directoire de l’Organisation du Peuple en Lutte (OPL, social-démocrate), a confirmé le décès de M. Bien-Aimé qui avait représenté l’OPL au sein du gouvernement Alexis/Préval. Il a mis l’accent sur les efforts qu’il avait déployés en vue d’améliorer le système éducatif haïtien.
Membre du clergé catholique dans les années 90, le prêtre Gabriel Bien-Aimé dit « Pè Gabi », adepte de la théologie de la libération et membre avait joué un rôle actif dans les activités sociales et politiques des communautés ecclésiales de base communément appelées « Ti Legliz » au niveau de la paroisse de Saint Gérard (Sud de Port-au-Prince). Il évoluait alors dans le cadre d’un mouvement très vaste de l’église engagée, aux côtés de nombreux prêtres, dont Jean Bertrand Aristide et les prêtres assassinés Jean Marie Vincent et Jean Pierre Louis.
Au lendemain du départ de Gabriel Bien-Aimé du Ministère de l’Education nationale, le président René Préval et des officiels du gouvernement ont publiquement dénoncé le fait que son administration avait délibérément augmenté l’effectif du personnel du secteur public de l’enseignement au-delà des disponibilités budgétaires du Ministère. Dans le même temps, le bruit circulait dans les milieux politiques que Bien-Aimé avait été écarté du gouvernement en raison des craintes du Palais national qu’il ne soit intéressé à briguer la présidence. [jmd/Radio Kiskeya]
http://radiokiskeya.com/spip.php?article6764

L’Evêque Pierre André Dumas (Miragoâne/Anse-à-Veau) appelle au respect de la date du 7 février pour l’échéance du mandat présidentiel

Mettant en garde contre toute distance vis-à-vis de la Constitution, il se dit en faveur de la tenue d’élections honnêtes et crédibles Samedi 15 mai 2010,Radio Kiskeya
L’Evêque du Diocèse de Miragoâne/Anse-à-Veau (Nippes, Sud-Ouest), Mgr Pierre André Dumas, a lancé samedi un appel au président René Préval pour qu’il respecte le délai constitutionnel du 7 février 2011 pour qu’il laisse le pouvoir.
« Le pays sera ingouvernable au-delà de cette date si des élections honnêtes et crédibles ne sont pas organisées entre temps », déclare le prélat dans une interview accordée à Radio Kiskeya.

Interrogé sur les appels de plus en plus répétés à la démission du chef de l’Etat, Mgr Dumas a mis en garde contre des initiatives qui, de quelque lieu qu’elles proviennent, peuvent compliquer davantage la situation. Il suggère que toute démarche entreprise dans le contexte de cette grave crise s’inspire de la Constitution et que le sens du dialogue soit privilégié.

« Il est clair que, quatre mois après le séisme, la confiance n’a pas pu être créée autour du gouvernement et de son projet de reconstruction », ajoute le prélat, estimant qu’ « il doit y avoir des gens à en assumer la responsabilité ». Il met cette perte de confiance en rapport avec la non-amélioration de la situation de la population et l’adoption de la loi d’Etat d’urgence de 18 mois et de celle portant prorogation du mandat présidentiel jusqu’au 14 mai 2011. [jmd/Radio Kiskeya]

http://radiokiskeya.com/spip.php?article6765

dimanche 16 mai 2010

LECTURE DOMINICALE: LA POUDRE QUI TUE

Aujourd’hui dimanche, le lendemain du premier mai, tout paraît ralenti. Les agences de presse ont chômé ce week-end. Les nouvelles sur Haïti ne sont pas légions. On est seulement à 110 jours du tremblement de terre. Il serait prématuré de dire que la rareté des informations corresponde déjà à une sorte de lassitude des médias par rapport à la situation d’Haïti.
Fort heureusement d’ailleurs. Nous avions pu disposer d’un peu plus de temps pour revoir les éphémérides et surtout vérifier ce qui faisait l’actualité surtout en 2008 en pleine crise politique suite à l’éviction du gouvernement de Jacques Edouard Alexis, suite aux émeutes de la faim du 8 avril.
La découverte ou redécouverte de certains détails reste assez….rassurante dira-t-on. Par exemple que le gouvernement des Etats –Unis d’Amérique avait déboursé une enveloppe de 20.000.000 de dollars pour Cité Soleil, que le gouvernement canadien avait alloué une enveloppe de 50.000.000 de dollars supplémentaires pour à Haïti, que le directeur du PAM avait annoncé un plan génial pour la restructuration de l’agriculture haïtienne pour réduire l’insécurité alimentaire. Plusieurs dépêches allaient dans ce sens ou le sens du Document National Pour la Réduction de la Pauvreté. Oui aussi bizarre que cela puisse vous paraître un tel document a existé chez nous en Haïti avant le 12 janvier 2010.
Soyons indulgents. Ne me forcez surtout pas à répondre à la question bi-syllabique, trop dérangeant dans certains cas. Alors ? Merde…Il ne fallait surtout pas le répéter…
Mon attention fut attirée et retenue par une dépêche émanant du service de presse de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d’Haïti, MINUSTAH. En fait la mission internationale annonçait le décès d’un de ses sous-officiers de nationalité brésilienne dans un hôpital De Santo Domingo. Le soldat avait succombé à une hémorragie cérébrale. Donc une hémorragie scientifiquement due soit à une rupture d’un anévrisme intracrânien ou d’une Malformation Vasculaire d'un autre type. Rien de bien important jusque la dans le contenu de la dépêche. Mais le journaliste de la MINUSTAH a poursuivi en faisant savoir qu’il s’agissait d’une maladie imprévisible et indétectable. Il voulait par la signifier que le jeune sous officier, avant son hémorragie, n’avait présenté aucun signe qui aurait pu conduire au diagnostique de sa pathologie.
Mais une maladie imprévisible et indécelable ou indétectable, traduit dans l’univers colloquial haïtien, veut dire tout autre chose. Une maladie venant d’un autre monde. Une maladie inconnue.
Cela me ramène à repenser à une histoire que m’avait racontée un compatriote et ami.
Un vendredi saint, je cherchais éperdument un repas adapté dans le milieu haïtien de la ville. Je me suis fait inviter carrément chez l’ami Tony. Là j’étais sur de pouvoir déguster poissons en sauce à base d’oignons et d’huile d’olive, haricots blancs en sauce, salade de betterave et riz blanc parfumé.
Pendant l’apéritif, après avoir parlé de tout et de rien nous nous sommes retrouvés automatiquement en Haïti. Le pays d’avant-hier. Le pays d’hier. Le pays d’un temps qui a fui trop vite s’enlisant dans la brume et dans ses traces.
A un moment donné il était question de la Minustah, mission de stabilisation pour certains. Force d’occupation pour d’autres.
- Doc, me dit Tony, savez-vous que les soldats de la Minustah ne rentrent jamais dans la Ville de Léogane ?
- Ah bon ? Non Je ne le savais pas. Lui répondis-je en me préparant à écouter un de ces récits à dormir ou faire dormir debout. Mais des récits tout à fait crédibles et éventuellement prouvés dans le contexte de la légende urbaine haïtienne.
- Ils ont très peur et ils ont même été interdits de s’approcher des habitants de cette ville.
- Et pourquoi donc ?
- Doc vous êtes au moins au courant de l’histoire des chèvres.
- Je sais que les haïtiens ont pris l’habitude de les appeler voleurs de cabris.
En fait en Haïti, dans certains villages de l’arrière pays, les paysans élèves des cabris. Ces animaux souvent maigres sont lâchés dans la nature dans des zones très sèches, avec peu de végétation. Ils s’éloignent donc de leurs habitats à la recherche de quoi ruminer. Souvent on les voit perchés sur des rochers dans des régions très accidentées. Très loin des habitations.
Les soldats de la minustah sillonnant le pays ont vite fait de les assimiler à des cabris sauvages et ils ont commencé à les capturer pour agrémenter leur barbecue. Delà ils ont donc mérité en fait leurs pseudonymes de voleurs de cabris.
- En fait Doc, reprit Tony, les gens de Léogane se sont dits qu’ils n’allaient pas se laisser faire. Et chaque soldat de la Minustah qui osait s’aventurer dans la ville recevait un « coup de poudre ».
Tony continua son récit avec le ton le plus convainquant possible. Il me raconta que quelques temps plus tard, quand la poudre a commencé à faire de l’effet c'est-à-dire en provoquant ou déclenchant des maladies bizarres indétectables, il fut intimé l’ordre aux soldats de ne pas trop s’approcher des habitations. Là encore, les haïtiens ont utilisés des animaux domestiques, plus particulièrement les chiens comme vecteur pour faire arriver la poudre jusqu’aux soldats de la Minustah. Les étrangers ne se souciant pas des chiens continuaient à jouer, à toucher et à alimenter les chiens. Même les chiens les plus galleux. Les soldats de l’occupation subissaient encore le même sort sous la forme de maladies incurables.
La pratique, a-t-il poursuivi, a été utilisée de façon intensive par des jeunes nationalistes qui enrageaient à l’idée de voir le sol d’Haïti Thomas, la terre de nos ancêtres, foulée par des bottes étrangères.
Les soldats de la Minustah ont fini par comprendre et ils évitent de séjourner à Léogane.
Malgré le côté incongru et incohérent de l’histoire, je fis semblant d’accepter le récit comme une arole d’évangile. Car toute mécréance ou désaccord de ma part l’aurait poussé à me parler de cas encore plus incroyables d’histoire de personnes chevauchant d’autres personnes converties en chevaux la nuit.
En fait j’ai compris car je suis un haïtien natif-natal…
Docteur Jonas Jolivert
Oui…Il y aura élections présidentielles en Haïti à la fin de l’année. Plus précisément le 28 Novembre 2010. La communauté internationale a considéré que même dans un pays résumé en un tas de ruines et décombres on peut réaliser des élections présidentielles pour renforcer notre démocratie. Le secrétaire général adjoint de l’OEA (Organisation des Etats Américains) Monsieur Albert Ramdin l’a déclaré hier, au lendemain d’une réunion tenue dans le siège de l’organisation du Groupe des Amis d’Haïti. Celui-ci considère que d’un point de vue technique la réalisation des élections présidentielles est faisable avant la fin de l’année si toute fois les bonnes décisions politiques sont prises à temps.

Cette déclaration aura au moins la vertu de calmer les esprits des politiciens de l’opposition que se sont lancés dans une chasse ouverte à René Préval utilisant arguments fous et prétextes boiteux.
Justement le président Préval suite à cette déclaration a souligné qu’il serait prêt à laisser le pouvoir le 7 février comme le prescrit la Constitution.
L’OEA garantit l’appui logistique nécessaire pour la réalisation des joutes.
Il faut savoir qu’il faudra débourser plus de 60.000.000 de dollars pour les élections présidentielles dans lesquelles le nombre de candidats sans aucune chance de faire plus de 5 pour cent sera très important.
Ce sera un peu burlesque et pitoyable de voir aussi des candidats faire leurs campagnes dans des camps de réfugiés ; au lieu de promesses vides et de t-shirt avec photos et slogans, les candidats donneront des petits sachets de riz, de lait ou de sucre.
Il faut finalement retenir qu’il y aura élections présidentielles en Haïti en novembre prochain.
Les amis d’Haïti l’auront ainsi décidé. Et il faut admettre que tenant compte de la tournure des choses politiques du pays. Ce n’est pas la moins bonne des solutions.
JJ

Le sens commun

Le sens commun

Dans quel monde vivons-nous ?
Dans un article précédent, (Vigile, « On nous "explique" la Grèce ! » ) je cite Monsieur Mikis Theodorakis disant : « ce que je dis, je le dis avec mon sens commun. »
Le sens commun. ça se perd, comme si ça ne valait plus rien. C’est comme si ça n’existait plus, comme si personne ne pouvait voir la réalité autrement qu’à travers les "études" et les yeux desdits "experts".
Le sens commun c’est le bon sens, le sens des réalités, le jugement, bref, la jugeote. Avec ce journalisme ne rapportant que les discours "d’experts" et les fameuses « études-qui-révèlent » au détriment de la simple réalité flagrante, on en vient à déconsidérer la saine jugeote. Ce simple bon sens qui est bien souvent désarmant de logique pragmatique.
Pour faire accepter l’inacceptable, pour étouffer le sens commun, on s’applique à faire lustrer les titres de ceux qui nous endorment. Combien de fois on pavane le titre en locomotive du propos comme pour justifier sans beaucoup d’efforts ce qui est bien souvent totalement aberrant.
Prenons simplement lorsqu’on "justifie" la hausse de l’essence à la pompe, on nous sort "l’expert" qui nous dit absolument n’importe quoi pour étouffer le sens commun. Imaginez qu’on nous sortirait le bilan financier des pétrolières ! Imaginez qu’on nous sortirait le tableau du cours du brut versus le prix à la pompe versus le profit réalisé. Je crois que le sens commun deviendrait en ébullition et "l’expert" au titre lustré aurait affaire à tenir des propos conséquents sinon, le lustre de son titre en prendrait pour son rhume.
On parle du prix à la pompe, mais on pourrait parler de bien des dossiers, entre autres, politiques où le bon sens est évacué.
Comme le notait monsieur Christian Lambert dans son excellent texte « Des mots pour le dire » :" Je suis ni, ni, ni. mais, j’ai réussi quand même a atteindre une certaine maturité, je suis assez conscient et éveillé pour comprendre en parti la situation dans laquelle nous vivons sur cette planète."
Je crois que nous devons tous retrouver notre salutaire « sens commun ». Il faut utiliser ce que nous avons entre les deux oreilles, même si on ne cesse de nous répéter que les "experts", les "intellectuels" et les "études" sont là pour nous livrer la pensée-clef-en-main.

Il faut cesser de prendre cette opinion-clef-en-main que nous livre les canons médiatiques. Nous sommes en pleine guerre du bon sens où la bataille se fait entre les valeurs (sic) de l’église économique et les valeurs humaines élémentaires.
Plusieurs exemples illustrent cette guerre des valeurs qui se fait à l’aide des canons médiatiques et des spécialistes de l’image et de la perception.
- La crise virtuelle de la Grèce en est un excellent exemple.
- La crise du H1N1 en est un autre.
- La terrible (sic) crise économique de 2008 encore un autre.
Souvenez-vous de la crise "alimentaire" où le riz pourrissait sur les tablettes parce que l’utilisateur-payeur n’avait plus les moyens de manger. (Crise "alimentaire" qu’on disait ! Dans une crise "alimentaire" on manque d’aliments, mais lors de cette crise, on manquait "d’argent". Et où est-elle passée cette crise ? A-t-on mis de nouveaux territoires en culture pour nourrir les affamés ? Non, nous avons nourri les Nestlé de la planète pour qu’il "donne" (sic) leur maigre pitance aux affamés).
- Autre exemple : Les explications clef-en-main des 40 milliards disparues des coffres de notre caisse de dépôt. 40 milliards volatilisés. dans les poches de qui ? (Rien ne se perd rien ne se crée. En tout cas en physique.)

Beaucoup de dossiers méritent que nous dépoussiérions notre salutaire « sens commun ». Il faut suivre l’exemple de Monsieur Lambert et de Monsieur Theodorakis.
On nous endort. Il faut nous réveiller.
Que se passe-t-il en Grèce ?
Que se passe-t-il dans pratiquement toutes les économies des États du monde ?
Sommes-nous fatalement destinés à devenir des esclaves de la sainte trinité de l’église économique (FMI, BM et OMC) ?
L’Être Humain doit-il accepter de se faire mettre au pas en fonction des "commandements" de l’église économique ?
Ou si au contraire, l’Être Humain devrait se révolter et mettre à leur place ces dieux tout puissants de l’économie ? Ces dieux (sic) mus par la cupidité la plus totale et la plus abjecte.
Notre « sens commun » devrait nous guider vers l’économie RÉELLE et nous libérer de l’économie virtuelle qui nous assujettit. Cette économie où l’on transige du vide, cette économie où le jeu dépravé de la spéculation vise la cupide croissance infinie.
Partout on dit aux gens : vous n’avez plus les moyens de bien vivre. Vos États "providences" n’ont plus les moyens. Vous devez, en tant qu’utilisateurs-payeurs payer ou crever dans votre merde.
Les demandes syndicales sont présentées comme des absurdités, les citoyens qui protestent comme des anarchistes enragés. Bref, le monde nous est présenté uniquement à travers les yeux et les lunettes des prédateurs économiques.
Pourquoi donc nos États n’ont plus les moyens ?
Parce qu’ils nous donnent trop de services ou parce qu’ils n’ont plus le pouvoir de collecter et répartir la richesse ?
Nul besoin de créer de la richesse, elle existe. Il n’y a qu’à dresser les bilans financiers des compagnies qui nous exploitent. En commençant par les pétrolières (Exxon-Mobil, Total, BP, etc.), puis les pharmacies (Pfizer, Merck La Roche, Aventis, GlaxoSmithKline, etc.), puis les banques (JP Morgan, Royal Bank, Citigroup, Goldman Sachs, etc.) et finalement l’industrie agroalimentaire mondiale (Monsanto, Nestlé et Cie).
Nos États n’ont plus les moyens parce qu’ils se font escroqués (avec leur propre aide) par les agences de cotations et les magouilles économiques mondiales (Moodys, Standard & Poor’s, Enron, Goldman Sachs, AIG, FMI, BM, OMC, etc.).
Nos États n’ont plus les moyens parce qu’ils offrent les pays sur un plateau d’argent aux prédateurs économiques mondiaux (ressources naturelles et main-d’ouvre bon marché).
Nos États n’ont plus les moyens parce qu’ils ferment les yeux et même « favorisent » les paradis fiscaux (se souvenir du G20 de Londres. Qu’a-t-on dit ? Et qu’a-t-on fait ?).
Nos États n’ont plus les moyens non pas parce qu’ils dépensent trop, mais plutôt parce qu’ils ne collectent plus.
Et de l’argent, il y en a (Exxon : 45 milliards de profits en 2008, Shell : 26 milliards, Chevron : 24, BP : 21. En voyant ces PROFITS, ça fait plaisir (sic) de payer son essence, avec une bonne taxe "pour sauver l’environnement" !).
L’argent existe, elle est tout simplement honteusement concentrée et ceux qui contrôlent le monde n’ont pas du tout l’intention de partager quoi que ce soit.
La réalité des choses c’est l’église économique qui asservit l’Être Humain tandis que ce devrait être l’Être Humain qui devrait dire aux prêtres économiques : Vos gueules. On en a marre de vos lois. Elles sont injustes, inhumaines et INJUSTIFIABLES. La réalité, ce n’est pas une cote de crédit. La réalité c’est notre sueur, NOS richesses naturelles, NOTRE créativité, NOTRE imagination, NOTRE productivité et cesser de nous faire chier avec la compétitivité à l’échelle mondiale. Nous allons remettre en place nos essentiels outils de protection (protectionnisme) pour compenser les différences propres aux régions aux cultures et à la RÉALITÉ du monde. Le monde N’EST PAS un grand village.
Les peuples et les nations devraient tous se reprendre en main et se réapproprier leur économie réelle. L’économie locale : protectionnisme, nationalisation.
On devrait envoyer notre armée, non pas en Afghanistan, mais saisir les comptes en banques dans les paradis fiscaux de ces fraudeurs légalisés.
Suis-je en plein délire ? Possible, mais il n’empêche que des milliards d’individus survivent à peine (1 ou 2 $ par jour : moins de 1000 $ PAR ANNÉE) et des prédateurs s’approprient les richesses du monde entier pour étancher leur soif insatiable de profit scandaleux, pendant que d’autres n’ont pas d’eau pour boire et se laver ni de chiottes pour chier.
Quand on regarde le monde. 1000 milliards pour sauver l’euro. L’an dernier c’était 1500 milliards pour sauver les banques et les "pauvres" compagnies.
Combien pour sauver Haïti ? Et pire, cet argent qui sauve Haïti, elle enrichit qui ?
Combien pour le Chili ? Vous aviez oublié le Chili ?
Non, c’est scandaleux ! Et pourtant certains coins du monde nous enseignent la sagesse et tentent de modeler plus humainement le monde. À certains endroits, l’économie n’est plus une église, mais un outil.
La création du "Sucré" par l’Union des pays sud-américains (UNASUR) est un exemple à suivre. Plusieurs de ces pays ont mis à la porte le FMI et ont repris leurs économies en main. Les ressources naturelles sont exploitées non pas pour servir la cupidité des prédateurs économiques mondiaux, mais pour servir les besoins des populations et le développement des pays.
Il faut prendre conscience que nous devons être maîtres chez nous en étant maîtres de nos ressources et de nos industries. Nationalisation et gestion publique des secteurs vitaux de nos sociétés (eau, énergie, ressources naturelles, éducation, santé). Il faut élire des dirigeants au service des citoyens et non au service de l’oligarchie mondiale.
Il ne faut pas nous laisser endormir par le discours de ces fourbes qui se foutent éperdument de la misère des gens et qui ne jurent que par la "croissance" de leur portefeuille.
Il faut se rendre compte que ces crises sont virtuelles et créer pour servir ce monde de la spéculation et de l’exploitation sans limites.
Il faut appuyer le courage des Grecs dans la rue, comme celui des Népalais ou encore ces chemises rouges qui demandent plus de justice sociale.
Partout les populations demandent plus de justice sociale, comme nous ici, suite au budget Bachand/Charest protégeant le capital des riches et vidant les minces portefeuilles de la classe jadis moyenne.
Il y a une constante partout à travers le monde capitaliste. Quelques-uns ont tout et des milliards d’individus n’ont rien. Et le pire c’est que cette situation qui semble inéluctable pourrait être corrigée rapidement si une volonté réelle de partage existait (prenons simplement le budget de la défense US : 800 milliards. Imaginez si on dépensait 2000 millions par jour pour corriger les inégalités. Ou si on utilisait les 1000 milliards servant à sauver l’euro ou ces 2000 milliards de l’an dernier.)
Et dire que l’on parle de la crise virtuelle grecque avec le plus grand sérieux !
Serge Charbonneau
Québec
URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/La-Grece-et-la-virtualite.html
http://www.lepost.fr/article/2010/05/15/2074448_la-grece-et-la-virtualite.html

Il ne faut pas reconstruire Haïti.

Dans sa chronique du Devoir des 24-25 avril 2010, Gilles Courtemanche pose la question : Faut-il reconstruire Haïti ? Sa réponse, c’est qu’il ne faudrait pas reconstruire le pays dysfonctionnel d’avant le séisme mais d’abord investir dans l’éducation, en en faisant si nécessaire une condition imposée par les bailleurs de fonds.
Pour une rare fois, je ne suis pas du tout d’accord avec lui. D’abord, de qui est-il question dans cette question ? De Nous : faut-il que Nous reconstruisions Haïti ? Il n’en peut être autrement lorsque les choix à faire sont ceux des « bailleurs de fonds ». Sur ce point crucial, je pense que nous sommes enfoncés jusqu’au cou dans l’erreur et l’illusion. L’illusion que nous, avec notre argent et notre culture supérieure, pourrions, si nous le voulions, faire les bons choix et reconstruire un pays viable qui serait mis à la disposition des Haïtiens.
Où, dans le monde ou dans l’histoire, avons-nous vu un pays être construit ou reconstruit par d’autres que ses habitants ? Un pays, ce n’est pas un territoire et des bâtiments. Ce n’est pas non plus une collection de lois qui règlent le fonctionnement des institutions politiques ou économiques. C’est un peuple et la culture qu’il s’est donnée. Penser que nous pourrions reconstruire Haïti, c’est exactement le genre de rêve fou du docteur Frankenstein qui voulait insuffler la vie à une créature obtenue en recousant des parties de corps humains. Et pourtant, dans ce cas, le concepteur pouvait à tout le moins mener son projet farfelu avec la cohérence normale qu’un individu peut fournir, ce qui n’est absolument pas le cas avec les projets farfelus menés par « l’aide internationale » ou « les bailleurs de fonds ».
Les tremblements de terre ne détruisent pas les pays.
Après la dernière guerre mondiale, l’Allemagne et le Japon, bien plus détruits qu’Haïti par les bombardements, ont bénéficié de plans de financement extérieurs de la part des « bailleurs de fonds » pour faciliter leur reconstruction matérielle mais ils n’ont jamais eu besoin d’être reconstruits en tant que pays, pour la bonne raison que le bombes n’avaient pu détruire que du matériel. Pas la culture ou les institutions. Les Haïtiens ne sont pas moins intelligents que les Allemands ou les Japonais, même si leurs institutions avaient déjà été sabotées bien avant qu’un séisme ne détruise en plus une partie de leurs infrastructures matérielles.
Avant de discuter des choix que Nous pourrions faire pour l’avenir d’Haïti, il faudrait d’abord se demander pourquoi ce pays a pu être désorganisé à ce point, bien avant le séisme du 12 janvier. Cette question demanderait de longs développements, tant notre compréhension générale du sous-développement est viciée par les manipulations et la propagande menées par les vrais maîtres du monde qui tentent de nous faire croire que la pauvreté découle de la surpopulation, du climat ou des catastrophes naturelles, de la culture ou des institutions locales, mais jamais des règles qu’ils ont eux-mêmes imposées dans le jeu des échanges économiques et politiques internationaux.
Depuis qu’ils ont été systématisés aux XVIIIe et XIXe siècles, les rapports internationaux de domination créent de la pauvreté dans certaines zones de la planète, en même temps et pour les mêmes raisons qu’ils accumulent la richesse dans d’autres zones. C’était le cas dans les empires coloniaux et c’est toujours le cas de nos jours, même si la géographie de la richesse s’est un peu complexifiée, mais à partir du milieu du XXe siècle, les choses se sont drôlement aggravées. C’est que les colonies, jusqu’alors gérées par un seul maître à la fois, pouvaient être exploitées à volonté mais elles n’avaient pas à supporter les conséquences désastreuses du régime d’incohérence qui a été établi au moment où elles sont devenus « indépendantes » sur papier mais en réalité soumises à la prédation de n’importe quelle grande puissance politique ou économique. Comme un grand nombre de pays d’Afrique ou d’ailleurs, Haïti a sombré dans les affres d’un nouveau type de sous-développement, issu principalement de l’incohérence des décisions imposées par des maîtres qui s’ignorent les uns les autres : les Grandes Puissances, les multinationales, les organisations internationales, les dizaines de milliers d’ONG (1), les réseaux mafieux, le Pape, etc., et bien sûr aussi les mafias locales et la plupart des gouvernements locaux.
La vraie question
La véritable question qu’il faudrait poser est la suivante : croyons-Nous que, si Nous leur en laissions la chance, les Haïtiens auraient l’intelligence requise pour organiser une société viable et prendre en charge leurs besoins matériels ou autres ?
Du bout des lèvres, tout le monde répondrait « oui » mais les « mais » suivraient rapidement : pas tout de suite, pas sans support, pas sans le concours de la diaspora, etc. Bref, peut-être des Haïtiens le pourraient-ils mais il faudrait d’abord que, d’une façon ou d’une autre, quelqu’un leur apporte un quelconque ingrédient magique tel que « l’éducation ».
Et pourtant, dans l’histoire de l’humanité, la grande majorité des pays ont été créés par des humains sans « éducation », au sens où nous l’entendons de nos jours…
En observant de loin la mise en œuvre des secours dépêchés en Haïti en janvier dernier, il m’a semblé clair que pour la quasi totalité des intervenants et commentateurs, « les Haïtiens » étaient des corps souffrants ou indemnes, affamés ou pas, et aussi des êtres dotés d’émotions humaines mais jamais des personnes douées de compétences qui auraient pu être mises à profit dans l’organisation des secours. Ainsi, plus de deux semaines après le séisme, le maire de Port-au-Prince confiait à un journaliste de La Presse qu’il devait s’en remettre à la gentillesse de tel ou tel employé de l’ONU pour pouvoir utiliser un moment un ordinateur ou faire quelques appels téléphoniques. On avait transporté sur place des dizaines de milliers de secouristes et des tonnes d’équipements mais personne, semble-t-il, n’avait cru utile de fournir des équipements de base à un leader élu pour qu’il puisse mettre ses compétences à profit.
Plus récemment, quand les « bailleurs de fonds » ont annoncé le total de leurs investissements à venir (plus de dix milliards de dollars), la même logique prévalait, même si on a pu demander la signature du Président ou du Premier ministre sur un quelconque document d’acceptation. Tout le problème d’Haïti est là, dans son statut de bénéficiaire n’ayant pas un mot à dire dans les décisions qui le concernent. En attendant, l’avenir qui lui est préparé est à peu de choses près celui du plus grand camp de réfugiés sur la planète – des réfugiés dans leur propre pays.
Les Haïtiens, comme tous les autres peuples de la planète, possèdent de façon innée les compétences nécessaires pour créer des cultures, façonner des institutions et prendre en charge leurs propres besoins – c’est là un simple constat factuel. Ils l’ont fait aussi longtemps qu’ils n’en ont pas été empêchés. Ils n’ont besoin que de liberté, de responsabilité réelle et d’une dignité reconnue mais si on les prive de ces trois ingrédients essentiels pour les réduire à l’état de dépendance, leurs compétences sont momentanément réduites ou anéanties. Si Nous souhaitions vraiment qu’ils puissent prendre leur destin en main, Nous ferions en sorte de reconnaître et de respecter cette dignité, cette liberté et cette responsabilité. Nous cesserions de tout leur imposer, en prétendant assumer nous-mêmes, par pure grandeur d’âme, la responsabilité de leur bien-être ou de leur simple survie.
Nous pourrions faire preuve de solidarité en cas de coup dur, comme nous le faisons lorsqu’une tempête de verglas désorganise temporairement nos services, mais nous n’en profiterions pas pour remettre en place des régimes de dépendance et de déresponsabilisation qui sont ultimement fondés sur la croyance inavouée en l’inaptitude des assistés.
Denis Blondin
Anthropologue
(1) Seulement en Haïti, leur nombre est évalué entre 10,000 et 15,000 mais personne n’en connaît le nombre exact. Dès lors, comment penser que leurs interventions puissent être coordonnées à l’intérieur d’un plan global de développement ?
URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Il-ne-faut-pas-reconstruire-Haiti.html
http://www.lepost.fr/article/2010/05/12/2070768_il-ne-faut-pas-reconstruire-haiti.html

samedi 15 mai 2010

La BID va prêter 2 milliards de dollars sur dix ans

Agence France-Presse, Port-au-Prince;
 La Banque interaméricaine de développement (BID) va octroyer deux milliards de dollars sur 10 ans à Haïti, pays ravagé en janvier par un violent séisme qui a fait de 250 000 à 300 000 morts, a annoncé samedi le président de la BID Luis Alberto Moreno.
«C'est une décision prise par le conseil des gouverneurs de la BID, 200 millions de dollars seront versés chaque année pour des projets en énergie, pour la construction de routes et la refonte du système éducatif», a déclaré M. Moreno lors d'une conférence de presse au palais présidentiel haïtien.
La BID va également effacer la dette du pays le plus pauvre du continent américain auprès de l'institution qui s'élève à 479 millions de dollars.
«Nous sommes en train de finaliser le processus d'élimination de cette dette et désormais nous allons faire uniquement des dons à Haïti», a encore indiqué M. Moreno qui a annoncé d'importants projets routiers financés par la BID en Haïti.
«La Banque interaméricaine de développement a créé un fond de financement non remboursable pour Haïti, les 200 millions prévus par année sur une période de 10 ans serviront à financer des projets conduits sur le terrain», a précisé Eric Pierre représentant d'Haïti à la banque.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/aide-internationale/201005/15/01-4280838-la-bid-va-preter-2-milliards-de-dollars-sur-dix-ans.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_seisme-en-haiti_557239_section_POS1

« Le Programme éducation pour tous » financé par la banque mondiale

La banque Mondiale vient d'accorder un montant de 10 millions de dollars américain au Ministère de l'Education National et de la Formation Professionnelle. Selon le ministre de l'éducation Nationale, Joël Desrosiers Jean Pierre, Cette somme permettra au Ministère de financer le programme baptisé « Education pour tous »
Ce projet vise à octroyer des subventions à des écoles non publiques. Il permet aussi d'éliminer les frais scolaires directement payables à l'école et les frais d'acquisition de manuels scolaires.

Les écoles qui ont été sélectionnées dans le cadre de ce projet bénéficient, pour chaque élève, inscrit d'une subvention couvrant les couts de fonctionnement.

Le ministre a indiqué que ce montant concerne une première liste comportant 969 écoles sur les 1247 établissements scolaires visés. Ces écoles ont été sélectionnées selon des critères bien définis, a expliqué Monsieur Jean-Pierre.

Il a souligné également que depuis quelques années la banque mondiale a toujours supporté le projet d'éducation pour tous.
Pour sa par la directrice régionale d'éducation en Amérique latine et les caraïbes, CHingboon Lee a salué les progrès réalisés par les autorités haïtiennes dans le cadre de ce projet.
Madame Lee a réitéré l'engagement de la banque mondiale à continuer à soutenir le gouvernement haïtien dans ses efforts pour améliorer la qualité de l'enseignement en Haïti.
De son coté le représentant de la banque mondiale, Michael Drabble , a fait remarquer que ce programme sera exécuté dans 8 départements géographiques du pays.
Monsieur Drabble estime que beaucoup reste à faire dans ce domaine en Haïti, vu le nombre élevé d'enfants haïtiens qui n'ont pas accès à l'éducation.
EJ/Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17725