Sans nuancer ses propos, ni prendre la mesure des aspirations profondes du peuple haïtien, l’immense auteur latinoaméricain soutient que les efforts internationaux de reconstruction du pays sont voués à l’échec si les "élites locales corrompues" ne sont pas mises à l’écart dimanche 2 mai 2010, Radio Kiskeya
Le célèbre écrivain mexicain Carlos Fuentes, considéré comme l’un des nobelisables potentiels, a proposé dimanche à Santo Domingo qu’Haïti devienne un "protectorat" dont la direction serait confiée aux Nations Unies afin, dit-il, d’éviter que ses "élites corrompues" fassent perdre au pays l’occasion de se relever des effets dévastateurs du séisme grâce aux efforts de la communauté internationale.
"Pour pouvoir reconstruire Haïti, il est nécessaire que les Nations Unies s’associent à la communauté internationale pour créer un protectorat capable de gouverner ce pays. Sinon, dans le cas contraire, les efforts déployés seraient vains", a estimé un tantinet condescendant M. Fuentes lors d’une conférence de presse relayée par EFE.
A son avis, la "corruption traditionnelle" sévisant en Haïti constitue un obstacle majeur à la réalisation des objectifs de relance et de développement du pays.
"Le problème est qu’en Haïti il existe une élite corrompue qui ne permettra pas que ce pays puisse progresser", a martelé l’illustre auteur latinoaméricain avant de conclure "la restauration ne sera possible que de cette façon avec un protectorat assumant la direction et le contrôle de ce qui doit être fait en vue d’aider cette nation".
A mots couverts ou sans détours diplomatiques, plusieurs voix étrangères ont, ces derniers temps, sollicité la "mise sous tutelle d’Haïti", une formule rejetée par de nombreux compatriotes qui, parallèlement, critiquent sévèrement l’attitude jugée rétrograde des élites du pays.
Invité spécial de la foire internationale du livre de Santo Domingo, Carlos Fuentes s’est aussi exprimé devant les journalistes sur différents thèmes d’actualité relatifs à son pays, le Mexique, et à la marche du monde. Tour à tour, il a rejeté la loi de l’Etat américain d’Arizona criminalisant l’immigration illégale et qui vise directement plusieurs millions de sans-papiers mexicains, appelé les autorités mexicaines à faire appel aux forces spéciales françaises et israéliennes pour combattre les narcotrafiquants avant de dénoncer une "globalisation partiale et injuste".
Fuentes, qui affirme ne pas penser au Prix Nobel de littérature, est devenu docteur honoris causa d’une université dominicaine et sera décoré par le Président Leonel Fernàndez lors d’une cérémonie prévue lundi au Palais présidentiel.
Romancier, dramaturge et essayiste de renommée mondiale, Carlos Fuentes, 82 ans, compte parmi ses principales publications La volonté et la chance et Une limpide région. spp/Radio Kiskeya
http://radiokiskeya.com/spip.php?article6743
Une fenêtre ouverte sur Haïti, le pays qui défie le monde et ses valeurs, anti-nation qui fait de la résistance et pousse les limites de la résilience. Nous incitons au débat conceptualisant Haïti dans une conjoncture mondiale difficile. Haïti, le défi, existe encore malgré tout : choléra, leaders incapables et malhonnêtes, territoires perdus gangstérisés . Pour bien agir il faut mieux comprendre: "Que tout ce qui s'écrit poursuive son chemin, va , va là ou le vent te pousse (Dr Jolivert)
lundi 3 mai 2010
De nouvelles manifestations anti-gouvernementales en province
Pour la première fois, les opposants au gouvernement ont organisé une manifestation à Jacmel dans le Sud'Est contre la loi d'urgence. Plusieurs milliers de personnes avaient pris part à ce mouvement de protestation réalisé par la Coordination Régionale des Organisations du Sud-est (CROS). Le chef de l'Etat et les parlementaires de la majorité étaient dans le collimateur des protestataires. Ils dénoncent la loi d'urgence comme un complot visant à favoriser un enrichissement illicite des proches du pouvoir.
La marche a été organisée à l'occasion de la célébration de la fête de l'agriculture et du travail ce samedi premier mai. Aucune présence policière n'a été remarquée lors de cette manifestation qui s'est déroulée sans aucun incident.
En réaction à la manifestation, la ministre de la culture et de la communication, Marie Laurence Jocelyn Lassègue a indiqué que manifester est un droit garanti par la démocratie pourvu que cela se fasse selon des normes et dans le respect de tous.
Parallement au Cap Haïtien dans la deuxième ville du pays, des partisans et des sympathisants de Fanmi Lavalas ont gagné les rues pour dénoncer la mauvaise gestion du gouvernement Préval /Bellerive. Mais un autre groupe de manifestants se réclamant d'une autre branche de Fanmi Lavalas ont attaqué à coup de pierres et de tessons de bouteilles les premiers manifestants.
Dans le même temps à, Port-au-Prince, plusieurs dizaines de membres de l'opposition avaient également gagné les rues pour critiquer les actions gouvernementales.
Ces dernières semaines des manifestations ont eu lieu à Miragoane, Léogane, Hinche, Cayes, Saint Marc, et aux Gonaïves. Des dizaines de militants des partis de l'opposition n'ont cessé de réclamer le départ du président Préval et le retrait de la loi d'urgence qu'ils qualifient d'inconstitutionnelle.
EJ/Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17665
La marche a été organisée à l'occasion de la célébration de la fête de l'agriculture et du travail ce samedi premier mai. Aucune présence policière n'a été remarquée lors de cette manifestation qui s'est déroulée sans aucun incident.
En réaction à la manifestation, la ministre de la culture et de la communication, Marie Laurence Jocelyn Lassègue a indiqué que manifester est un droit garanti par la démocratie pourvu que cela se fasse selon des normes et dans le respect de tous.
Parallement au Cap Haïtien dans la deuxième ville du pays, des partisans et des sympathisants de Fanmi Lavalas ont gagné les rues pour dénoncer la mauvaise gestion du gouvernement Préval /Bellerive. Mais un autre groupe de manifestants se réclamant d'une autre branche de Fanmi Lavalas ont attaqué à coup de pierres et de tessons de bouteilles les premiers manifestants.
Dans le même temps à, Port-au-Prince, plusieurs dizaines de membres de l'opposition avaient également gagné les rues pour critiquer les actions gouvernementales.
Ces dernières semaines des manifestations ont eu lieu à Miragoane, Léogane, Hinche, Cayes, Saint Marc, et aux Gonaïves. Des dizaines de militants des partis de l'opposition n'ont cessé de réclamer le départ du président Préval et le retrait de la loi d'urgence qu'ils qualifient d'inconstitutionnelle.
EJ/Radio Métropole Haïti
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Haïti- Reconstruction : La BID accorde un appui budgétaire de 50 millions de dollars
Les responsables de la Banque interaméricaine de développement ont annoncé l'octroi d'un don d'appui budgétaire de 50 millions de dollars à Haïti. Cette assistance pour la restauration des institutions budgétaires est importante en raison de la chute des recettes fiscales après le séisme.
Un communiqué de la BID précise que les ressources aideront le gouvernement haïtien à rétablir certaines des fonctions essentielles des institutions fiscales importantes, comme la Direction générale des impôts (DGI), dont le siège a été complètement détruit. Ce don accordé en une seule tranche permettra également de couvrir des dépenses courantes telles que le paiement des salaires des fonctionnaires, les subventions aux hôpitaux, aux écoles et aux services publics, et l'appui au secteur agricole et aux programmes de prévention des catastrophes.
Le programme d'appui budgétaire de la BID, réalisé en collaboration avec les pays donateurs et d'autres organisations multilatérales, soutiendra les réformes fiscales qui étaient engagées avant le tremblement de terre, de même que la préparation d'un plan de modernisation de la DGI et un plan de réforme globale du service des douanes (AGD).
D'autres initiatives telles la réforme de la gestion des dépenses et de la dette publiques et l'amélioration de la transparence budgétaire et de lutte contre la corruption bénéficieront également de cette assistance.
LLM / Radio Métropole Haïti
Un communiqué de la BID précise que les ressources aideront le gouvernement haïtien à rétablir certaines des fonctions essentielles des institutions fiscales importantes, comme la Direction générale des impôts (DGI), dont le siège a été complètement détruit. Ce don accordé en une seule tranche permettra également de couvrir des dépenses courantes telles que le paiement des salaires des fonctionnaires, les subventions aux hôpitaux, aux écoles et aux services publics, et l'appui au secteur agricole et aux programmes de prévention des catastrophes.
Le programme d'appui budgétaire de la BID, réalisé en collaboration avec les pays donateurs et d'autres organisations multilatérales, soutiendra les réformes fiscales qui étaient engagées avant le tremblement de terre, de même que la préparation d'un plan de modernisation de la DGI et un plan de réforme globale du service des douanes (AGD).
D'autres initiatives telles la réforme de la gestion des dépenses et de la dette publiques et l'amélioration de la transparence budgétaire et de lutte contre la corruption bénéficieront également de cette assistance.
LLM / Radio Métropole Haïti
Fin de la Mission d'évaluation de l'ONU sur la tenue prochaine des élections
Durant leur séjour, les experts onusiens se sont rendus dans plusieurs localités affectées par le séisme du 12 janvier dernier (Jacmel, Léogane, St-Marc, etc) pour évaluer la machine électorale et se rendre compte de l'ampleur du désastre.
Suite aux différentes rencontres et visites sur le terrain, la Mission d'évaluation a étudié les conditions qui permettront la réalisation des élections d'ici la fin de l'année 2010.
Selon le chef de la délégation onusienne, Tadjoudine Ali-Diabacté, des conclusions et recommandations seront formulées dans le rapport qui sera bientôt soumis au Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon. La rencontre d'environ d'une heure avec le président de la république a été très fructueuse, affirme le chef de la Mission.
LLM / Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17663
dimanche 2 mai 2010
Reconstruction de Port-au-Prince: le Québec veut sa part du gâteau
Publié le 02 mai 2010 à 11h29 Port-au-Prince
La Presse Canadienne,
Le Québec entend bien bénéficier de la manne des contrats de reconstruction d'Haïti, dont la capitale Port-au-Prince a été dévastée par le séisme du 12 janvier dernier.
Le ministre des Relations internationales, Pierre Arcand, est de retour dimanche d'une visite de deux jours en Haïti où il a notamment rencontré le président haïtien, René Préval, vendredi.
En entrevue à La Presse Canadienne, au terme de cet entretien de 90 minutes, il dit avoir discuté des «mécanismes qui pourraient permettre aux entreprises québécoises» de bénéficier de certains contrats de reconstruction. Le ministre a affirmé qu'il comptait travailler de concert avec le gouvernement haïtien à ce sujet.
Le ministre a expliqué que le processus sera complexe mais bien encadré. Comme les contrats viendront de la part de plusieurs organismes différents, c'est l'Association patronale des entreprises en construction du Québec (APECQ) qui se chargera de transmettre les informations au sujet des appels d'offres aux entreprises du Québec.
«Les gens veulent que ça se fasse dans la transparence, que les entreprises qui vont obtenir les contrats soient de qualité et que la gouvernance soit correcte, a-t-il dit. Mais je pense qu'il y a une urgence pour la reconstruction d'Haïti et que ça devrait aller assez vite à partir de ce moment là.»
Le ministre s'était également rendu en Haïti dans le but de déterminer de quelles façons le Québec viendra en aide à l'île dévastée dans les prochains mois. Il a révélé que le gouvernement québécois se concentrera sur les besoins au niveau de l'éducation, sans toutefois donner plus de détails. M. Arcand rencontrera à ce sujet la ministre fédérale de la Coopération internationale, Bev Oda, au cours de la semaine prochaine.
M. Arcand a cependant annoncé que le projet d'appui au renforcement de la gestion publique d'Haïti, entamé avant le tremblement de terre, sera repris dans les prochaines semaines. Le gouvernement du Québec, avec l'implication de l'École nationale d'administration publique (ENAP), aidera Haïti à combler un urgent besoin de 300 fonctionnaires.
De plus, l'ENAP reprendra son programme de maîtrise à distance dès le mois d'août.
Le ministre a également profité de sa visite pour aller constater le chemin parcouru par l'aide financière d'urgence versée par le gouvernement du Québec, soit environ 3 millions $. Il a précisé que l'argent a été remis à des organismes non-gouvernementaux (ONG) reconnus, tels Oxfam Québec et la Croix-Rouge, plutôt qu'au gouvernement haïtien. M. Arcand s'est dit très satisfait de la façon dont les sommes ont été utilisées.
«Je suis content du travail de plusieurs ONG qui ont respecté nos critères, comme par exemple Oxfam qui utilise des produits locaux à 80 pour cent, ce qui encourage l'économie haïtienne», a-t-il illustré.
Finalement, Pierre Arcand a visité le centre des médias mis sur pied par Reporters sans frontière (RSF) après le séisme. Il en a profité pour annoncer une contribution financière de 10 000 $ afin d'équiper le centre d'un studio d'enregistrement.
Près de quatre mois après le séisme dévastateur, il a rappelé que les besoins de la population sont encore criants. Cependant, le ministre a estimé que le pays pouvait maintenant se tourner vers la reconstruction économique, et plus seulement se concentrer sur les besoins humanitaires d'urgence.
«La situation est encore difficile, la ville est loin d'être reconstruite, on trouve encore des cadavres sous les décombres, a-t-il expliqué. Mais il semble y avoir un meilleur contrôle, une reprise économique.»
«Il y a toujours des questions humanitaires mais on revient petit à petit à la situation qui prévalait avant le tremblement de terre», a-t-il dit.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201005/02/01-4276331-reconstruction-de-port-au-prince-le-quebec-veut-sa-part-du-gateau.php
Commentaires:
Port-au-Prince, le beau gateau!
Il n'y a pas que les canadiens qui pensent que Port-au-Prince est un succulent gateau et qu'il faut absolument se placer pour réclamer sa part.
Actuellement la grande majorité des instances, instritutions et personnalité qui gravitent autour du pays pensent à profiter de l'occasion pour se faire un peu plus de blé. De cette logique partent l'ensemble des réactions venant des classes politiques ou du secteur social.
Le tremblement de terre aura fait donc tomber du ciel une manne qui fera pousser des vocations et surtout attiser des convoitises.
Ce qui est rageant c'est le fait de cacher ces objectifs derrière des pseudorevendications sociales.
La Presse Canadienne,
Le Québec entend bien bénéficier de la manne des contrats de reconstruction d'Haïti, dont la capitale Port-au-Prince a été dévastée par le séisme du 12 janvier dernier.
Le ministre des Relations internationales, Pierre Arcand, est de retour dimanche d'une visite de deux jours en Haïti où il a notamment rencontré le président haïtien, René Préval, vendredi.
En entrevue à La Presse Canadienne, au terme de cet entretien de 90 minutes, il dit avoir discuté des «mécanismes qui pourraient permettre aux entreprises québécoises» de bénéficier de certains contrats de reconstruction. Le ministre a affirmé qu'il comptait travailler de concert avec le gouvernement haïtien à ce sujet.
Le ministre a expliqué que le processus sera complexe mais bien encadré. Comme les contrats viendront de la part de plusieurs organismes différents, c'est l'Association patronale des entreprises en construction du Québec (APECQ) qui se chargera de transmettre les informations au sujet des appels d'offres aux entreprises du Québec.
«Les gens veulent que ça se fasse dans la transparence, que les entreprises qui vont obtenir les contrats soient de qualité et que la gouvernance soit correcte, a-t-il dit. Mais je pense qu'il y a une urgence pour la reconstruction d'Haïti et que ça devrait aller assez vite à partir de ce moment là.»
Le ministre s'était également rendu en Haïti dans le but de déterminer de quelles façons le Québec viendra en aide à l'île dévastée dans les prochains mois. Il a révélé que le gouvernement québécois se concentrera sur les besoins au niveau de l'éducation, sans toutefois donner plus de détails. M. Arcand rencontrera à ce sujet la ministre fédérale de la Coopération internationale, Bev Oda, au cours de la semaine prochaine.
M. Arcand a cependant annoncé que le projet d'appui au renforcement de la gestion publique d'Haïti, entamé avant le tremblement de terre, sera repris dans les prochaines semaines. Le gouvernement du Québec, avec l'implication de l'École nationale d'administration publique (ENAP), aidera Haïti à combler un urgent besoin de 300 fonctionnaires.
De plus, l'ENAP reprendra son programme de maîtrise à distance dès le mois d'août.
Le ministre a également profité de sa visite pour aller constater le chemin parcouru par l'aide financière d'urgence versée par le gouvernement du Québec, soit environ 3 millions $. Il a précisé que l'argent a été remis à des organismes non-gouvernementaux (ONG) reconnus, tels Oxfam Québec et la Croix-Rouge, plutôt qu'au gouvernement haïtien. M. Arcand s'est dit très satisfait de la façon dont les sommes ont été utilisées.
«Je suis content du travail de plusieurs ONG qui ont respecté nos critères, comme par exemple Oxfam qui utilise des produits locaux à 80 pour cent, ce qui encourage l'économie haïtienne», a-t-il illustré.
Finalement, Pierre Arcand a visité le centre des médias mis sur pied par Reporters sans frontière (RSF) après le séisme. Il en a profité pour annoncer une contribution financière de 10 000 $ afin d'équiper le centre d'un studio d'enregistrement.
Près de quatre mois après le séisme dévastateur, il a rappelé que les besoins de la population sont encore criants. Cependant, le ministre a estimé que le pays pouvait maintenant se tourner vers la reconstruction économique, et plus seulement se concentrer sur les besoins humanitaires d'urgence.
«La situation est encore difficile, la ville est loin d'être reconstruite, on trouve encore des cadavres sous les décombres, a-t-il expliqué. Mais il semble y avoir un meilleur contrôle, une reprise économique.»
«Il y a toujours des questions humanitaires mais on revient petit à petit à la situation qui prévalait avant le tremblement de terre», a-t-il dit.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201005/02/01-4276331-reconstruction-de-port-au-prince-le-quebec-veut-sa-part-du-gateau.php
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Port-au-Prince, le beau gateau!
Il n'y a pas que les canadiens qui pensent que Port-au-Prince est un succulent gateau et qu'il faut absolument se placer pour réclamer sa part.
Actuellement la grande majorité des instances, instritutions et personnalité qui gravitent autour du pays pensent à profiter de l'occasion pour se faire un peu plus de blé. De cette logique partent l'ensemble des réactions venant des classes politiques ou du secteur social.
Le tremblement de terre aura fait donc tomber du ciel une manne qui fera pousser des vocations et surtout attiser des convoitises.
Ce qui est rageant c'est le fait de cacher ces objectifs derrière des pseudorevendications sociales.
Peut-on éprouver de la fierté à être Haïtien ?
Suite du dernier article intitulé: « Un enfant haïtien a-t-il de l’avenir ? (En Haïti et en République Dominicaine) »
Par : Renos Dossous
Peut-on éprouver de la fierté à être Haïtien ? Voilà la question qu’une amie étrangère indignée par ce qui se passe dans ce pays, n’a pas hésité à poser à son compagnon haïtien. C’est pour y répondre nous-mêmes que nous l’avons abordée. Il faut reconnaitre en passant que l’observation de ce qui s’y fait et la qualité des acteurs qui s’en occupent n’encourage pas un Haïtien à marcher la tête haute. Cependant l’honnêteté la plus naturelle nous impose aussi, avant tout, l’obligation de nous demander si la caractérisation d’un pays pourrait ne dépendre que de ce qu’en font ses dirigeants incompétents. En tout cas, en analysant cette question, malgré toute apparence, nous ne nous démarquerons nullement du contexte de la situation de l’éducation en Haïti qui a fait l’objet de notre dernier article.
Nous avons fait allusion à quelques-unes des causes de la faiblesse de l’actuel système éducatif haïtien. Nous avons admis qu`il s`agit d`un frein terrible appliqué à la possibilité de développement de la nation. Ce marasme qui a vraiment trop duré provoque de sérieuses inquiétudes. En a-t-il toujours été ainsi ? Les Haïtiens ont-ils toujours vu leur pays se précipiter vers l’abîme sans apparemment aucun moyen de remédier à la tragédie ?
I. Le cheminement d’Haïti dans le domaine éducatif
Nous avons dit que l’histoire récente d’Hispaniola, cette ile que se partagent Haïti et la République Dominicaine, est jonchée d’événements difficiles. Les conquistadors espagnols l’ont d’abord découverte et les Français les y ont rejoints. Chacun ayant trouvé ce qui pouvait faire sa fortune, ils s’y sont établis à leur aise. Après que la population locale ait été décimée, des noirs importés d’Afrique l’ont relayée. Il a fallu attendre que brillent peu à peu les feux de l’indépendance pour que les colonisateurs soient éclipsés. Deux peuples ont ainsi vu le jour dans des conditions bien différentes. Du côté haïtien, dans le tiers occidental de l’ile, beaucoup d’événements ont ponctué l’histoire. La première véritable lutte pour la survie a commencé par celle de la promotion de l’éducation. Comment s’y sont pris les héros de l’indépendance ?
Dès l’introduction de son livre Peau noire, masques blancs , Frantz Fanon, ce brillant psychiatre, politicien et écrivain martiniquais, affirmait en 1937, « Dussé-je encourir le ressentiment de mes frères de couleur, je dirai que le noir n’est pas un homme ». Pour comprendre la valeur d’une telle assertion, il suffit de revivre les restrictions de tous genres, les contrôles, les interdictions qui pesaient contre les noirs de cette époque troublée que fût la première moitié du XXIème siècle et même une partie de sa deuxième moitié. Car s’il est vrai que ce livre a examiné en détail comment le colonisé était exposé à un processus de déshumanisation permanente, il n’en était pas autrement du colonisateur. Dans cette perspective, nous trouvons deux classes d`êtres humains différemment mutilés. L`une se persuadait que pour s`affirmer, elle devait supprimer toute la liberté, toute la dignité de l`autre qui, à son tour, était complètement à la merci de son bourreau, totalement dépouillé de ce qui fait d’un être humain ce qu’il doit représenter : un individu digne et solidaire, jouissant de sa liberté de choix, n’ayant de compte à rendre qu’à sa propre conscience. N’est-ce pas pour indiquer l’obscurité de son abîme que le poète martiniquais Aimé Césaire s’écriait : « Je parle de milliers d’hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme »1 ?
« L’homme normal est celui qui remplit son rôle social sans anxiété pour lui-même et sans trouble pour ceux qui l’entourent.»2 Cette définition de l’Organisation Mondiale de la Santé reprise par l’anthropologue haïtienne Jeanne Philippe, qu’on l’accepte ou non, semble avoir au moins le mérite de cerner l’homme sous les diverses dimensions de sa personnalité notamment psychologique et sociale. C’est aussi l’intuition de la nécessité de concilier ces différentes perspectives, qui portait les libérateurs d’Haïti à mettre un accent spécial sur l’éducation. Peu d’historiens haïtiens, en effet, passent sous silence le fait que même dans le plus fort des luttes opposant les esclaves aux colonisateurs, ou pendant les vagues de déportation des anciens maitres vers leur terre d’origine, non seulement les médecins mais aussi les enseignants de tous les niveaux étaient épargnés. Car l’éducation du peuple, ils le pressentaient, devait être l’une des priorités du nouvel état, s’il voulait subsister, si on voulait lui assurer un avenir prometteur.
Qui eut cru, en effet, que ces personnages à peine sortis des fers de l’esclavage, analphabètes dans leur grande majorité, prendraient conscience si tôt de la valeur de l’instruction ? Il faut s’avouer qu’ils avaient déjà devant eux l’exemple de certains affranchis, esclaves libérés soit parce qu’ils avaient acheté leur liberté, soit parce qu’ils étaient nés de père français. Ces affranchis dont l’éducation avait été faite en France ou dans les écoles qui existaient déjà dans la colonie, se démarquaient de leurs ancêtres par le raffinement de leur comportement, leur habileté et leur détermination dans la défense de leurs droits et dans leur respect envers autrui. Ce sont là des qualités à envier. C’est d’ailleurs dans ce même contexte que naquit le grand-père d’Alexandre Dumas fils, l’un des auteurs les plus lus de la littérature française, à Jérémie, dans le sud d’Haïti.
Sous l’impulsion de ces hommes éclairés, des actions d’une immense générosité allaient s’accomplir sous des latitudes aussi diverses que dans les Caraïbes, en Amérique latine ou en Amérique du Nord. D’abord aux États-Unis, en 1776, les futurs héros de l’indépendance haïtienne ont fait leurs premières armes aux côtés des Étatsuniens contre les Anglais. A Savannah, particulièrement, plus d’un historien rendent témoignage des faits d’armes de ces libérateurs haïtiens. En Amérique du Sud, le jeune état haïtien se signale déjà par l’aide importante en homme, en arme et en argent fournie premièrement au jeune révolutionnaire vénézuélien Francisco de Miranda tombé malheureusement aux mains des Espagnols et décédé en 1816 en prison. Plus tard vint le tour de son compatriote le général Simon Bolivar, cet icône des luttes anticoloniales et de la liberté en Amérique latine. Lorsque Bolivar, ému par l’intérêt porté par les Haïtien à l’indépendance de son pays, et reconnaissant envers eux pour toute l’assistance reçue à l’instar de son prédécesseur, demanda ce qu’il pouvait offrir en récompense à ce peuple héroïque, la réponse de son représentant d’alors, Alexandre Pétion, fut de libérer les esclaves des territoires qui auront acquis leur indépendance sous son commandement. A-t-on besoin d’un plus bel exemple de noblesse, d’un exemple plus manifeste d’universalisme de l’indépendance d’une nation à peine émancipée du carcan de l’esclavage ?
II. Les influences politique et éducative d’Haïti au delà de ses frontières
A. Dantès Bellegarde
Le XXième siècle nous a offert les plus éloquentes illustrations de cette vision universaliste qui caractérisait les fondateurs de la nation haïtienne et qui est encore si profondément ancrée dans les traditions de ce pays.
Dantès Bellegarde est né à Port-au-Prince au sein d’une famille pauvre en 1877. Après qu’il eut pris conscience de l’importance de l’éducation, ayant été lui-même le produit d’un cheminement personnel difficile, il a décidé de devenir éducateur afin de s’ériger en champion de l’éducation dans son pays. Son travail y prit une ampleur telle qu’un historien de la littérature haïtienne, Duraciné Vaval, le considérait, en 1933, comme l’idéologue officiel de l’état haïtien. Mais dans sa vision extrêmement large de sa mission d’éducateur, Bellegarde a compris que si quelque chose pouvait contribuer au progrès de son pays, il devait aussi légitimement être mis à la portée des autres, particulièrement de ceux qui cherchaient encore à déceler les premiers rayons du soleil de l’indépendance, surtout en Afrique. C’est ainsi que sa détermination, son activité fébrile furent récompensées quand il put finalement trouver une tribune pour faire entendre sa voix : La Société des Nations. C’est là, dès le début de sa carrière diplomatique, qu’il s’est battu pour faire inclure l’éducation dans le programme de cet organisme international. Il avait déjà occupé les fonctions de professeur au Lycée Pétion (de Port-au-Prince), directeur de l’Instruction publique, secrétaire d’état de l’Instruction publique, co-fondateur du journal La Ronde, entre autres activités remarquables dans son pays. Ses luttes acharnées pour la promotion du français dans le système éducatif haïtien et à l’échelle internationale, lui valurent de nombreuses reconnaissances. En France, le gouvernement le nomma commandeur de la légion d’honneur en 1922. Un an plus tard, W.E.B. Du Bois, fondateur de l’Association nationale pour l’avancement des gens de couleur (du sigle NAACP, en anglais) aux Etats-Unis, lui conféra le titre de porte-parole international des noirs du monde. Et ce, à cause, surtout de ses prises de position pour le respect des droits de l’homme, notamment dans les pays qui étaient encore des colonies en Afrique et ailleurs. L`un des plus vibrants hommages qu’il ait reçu de son vivant lui a été rendu par cette sommité de l’épistémologie et de la psychologie, Jean Piaget. En effet, l’éminent savant suisse rappela aux délégués de la XVIIIème conférence internationale sur l’instruction publique, à Paris, en 1955, que Dantès Bellegarde était la seule personne à avoir fait d’infatigables efforts pour que l’éducation fût incluse au programme culturel de la Société des Nations, prélude de ce qui allait devenir l’Organisation des Nations Unies.
B. Jean Price-Mars
Pendant plus d’un demi-siècle, deux grands intellectuels haïtiens se sont opposés autour de l’orientation à imprimer à l’éducation en Haïti. L’un s’appelait Dantès Bellegarde et l’autre, Jean Price-Mars. L’un défendait avec acharnement la nécessité d’axer l’enseignement haïtien sur les méthodes en vigueur en France donc sur la langue française ; l’autre prônait l’établissement d’un système national, spécifiquement haïtien où le créole jouerait un rôle déterminant. Qu’on ait été d’accord avec le premier ou avec le second, il est difficile de ne pas reconnaitre que chacun d’eux, à sa manière, a fait des apports inestimables à l’éducation dans son pays et que très peu de place à été laissée à l’improvisation et au manque d’imagination dans leurs démarches respectives. Le premier, Dantès Bellegarde, nous en avons vu brièvement la trajectoire. L’autre, Jean Price-Mars, a été surnommé le père de la négritude. La négritude fut un mouvement universel de revalorisation des cultures nègres qui a embrasé l’Afrique et où ont puisé énergie et inspiration plus d’une nation du monde dans leur lutte pour la reconnaissance de leur dignité. L’un des fondateurs du mouvement, le Sénégalais, membre de l’Académie française, Léopold Sédar Senghor a ainsi défini ce courant littéraire et politique : « La négritude, c’est l’ensemble des valeurs économiques, politiques, intellectuelles, morales, artistiques et sociales des peuples d’Afrique et des minorités noires d’Amérique, d’Asie et d’Océanie »3 Qu’est-ce que Jean Price-Mars a fait pour mériter le titre de père d’un mouvement aussi ambitieux ?
Né à la Grande rivière du nord, en Haïti, en 1876, Jean Price-Mars après ses études classiques en Haïti, obtint une bourse pour étudier la médecine en France. Avant même de recevoir son diplôme de médecin, il s’intéressa à l’anthropologie et aux sciences sociales. Sous l’influence de ces dernières disciplines il publia plusieurs ouvrages. Mais c’est la compilation de ses articles d’orientation ethnographique, parue sous le titre de Ainsi parla l’oncle, qui le fit connaitre dans le monde entier, surtout dans les pays encore colonisés.
Il s’agit d’un livre amplement inspiré de l’occupation américaine d’Haïti qui a duré de 1915 à 1934. Selon l’auteur, les Haïtiens avaient consacré trop d’énergie à vivre une vie inauthentique, basée non sur ce qu’ils sont en réalité, des descendants d’Africains, mais sur ce qu’ils s’imaginaient être, des descendants français. Ce qui, selon lui, diminuait leur prise sur leur propre réalité et les rendait on ne peut plus vulnérables. Il baptisa ce phénomène du nom de « bovarysme collectif » emprunté au critique français Jules de Gaultier. Tout en prônant le créole et le vaudou comme éléments déterminants de l’identité nationale, il présenta une étude approfondie de l’Afrique, son anthropologie, son histoire, sa géographie. Il remonta très loin dans l’histoire de la civilisation pour montrer jusqu'à quel point l’apport du continent noir à l’humanité, tout en étant extrêmement considérable, a toujours été, sans raison, mal connu sinon tout bonnement ignoré. L’objectif premier de Mars était de faire prendre conscience aux Haïtiens de la spécificité de leur culture, de la valeur de leurs racines africaines, et de la nécessité d’éviter toute tentation à donner dans cette aliénation caractéristique de ceux qui ont peur de se regarder en face. Revaloriser les cultures nègres était le point culminant de son combat.
Pour mesurer l’impact de la révolution identitaire de Price-Mars, écoutons ce que pense de lui Léopold Sédar Senghor déjà mentionné, (au moment de la célébration du quatre-vingtième anniversaire de l’anthropologue haïtien) :
« Il est des noms qui sonnent comme un manifeste. Tel me fut révélé le nom du docteur Price-Mars lorsque je l’entendis pour la première fois. Étudiant en Sorbonne, j’avais commencé de réfléchir au problème d’une Renaissance culturelle en Afrique noire, et je me cherchais- nous nous cherchions – un parrainage qui put garantir le succès de l’entreprise.
Au bout de ma quête je devais trouver Alain Locke et Jean Price-Mars. Je lus Ainsi parla l’oncle d’un trait comme l’eau de la citerne…au soir après une longue étape dans le désert. J’étais comblé. L’Oncle légitimait les raisons de ma quête, confirmait ce que j’avais pressenti. Car, en me montrant les trésors de la Négritude qu’il avait découverts sur et dans la terre haïtienne, il m’apprenait à découvrir les mêmes valeurs, mais vierges et plus fortes, sur et dans la terre d’Afrique. »4
Pour aller plus loin dans son éloge, pour montrer la dimension universelle de cette lumière projetée par Price-Mars, Senghor poursuivit :
« Aujourd’hui, tous les écrivains et ethnologues d’expression française doivent beaucoup à Jean Price-Mars ; l’essentiel, cette vérité que nous n’avons de chance d’être nous-mêmes que si nous ne répudions aucune part de l’héritage ancestral… »5
Ce mouvement de revendication des cultures nègres, qui a franchi les frontières des pays francophones en réunissant des penseurs noirs et des intellectuels du monde entier, notamment français, n’a pas eu que des admirateurs. Jean-Paul Sartre, l’un des intellectuels du mouvement définissait la négritude comme « la négation de la négation de l’homme noir »6. Mais cela ne l’a pas empêché de reconnaitre que la discrimination raciale n’était pas un phénomène appelé à durer éternellement et, qu’a fortiori, la négritude elle-même était une combat provisoire : « la négritude est… passage et non aboutissement ». Un autre écrivain africain, prix Nobel de littérature en 1986, le dramaturge nigérian Wole Soyinka, réprouve la négritude comme un faux besoin ressenti par certains noirs de se justifier, de défendre la valeur de leur culture. Selon lui, la culture n’a qu’à se manifester spontanément, elle est sa propre justification. Il a écrit ceci : « Le tigre ne proclame pas sa tigritude, il bondit sur sa proie et la dévore »7. Un autre intellectuel africain, l’ex-président de la république populaire et révolutionnaire de la Guinée (assassiné au pouvoir) que nous citons de mémoire, Ahmed Sékou Touré, eut à dire que « la négritude est un faux problème, une arme irrationnelle fondée sur la discrimination raciale ».
Si les temps évoluent et si la négritude elle-même, à mesure que la classe d’hommes qui justifiaient son existence assume la position qui leur revient de droit dans le monde, est une réaction condamnée à disparaitre, on ne peut pas nier son importance et son rôle dans l’histoire de la prise de conscience qui a alimenté, entre autres, la libération des pays africains. L’ampleur du travail du penseur haïtien, Jean Price-Mars, n’a donc pas diminué avec le temps. Et les éloges que lui ont valus ses travaux ethnographiques ne se limitent pas aux seules communautés noires. Le Secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences d’outre-mer, président de l’association des écrivains de langue française, Monsieur Robert Cornevin brossa un portrait de Jean Price-Mars en ces termes :
« Lorsque je le rencontrai pour la première fois à mon bureau du Quai Voltaire à Paris, le docteur Jean Price-Mars avait 90 ans. Il était presqu’aveugle et avait dû se faire accompagner de sa fille Madeleine. Malgré son âge, il se tenait droit et parlait d’une voix claire et nette des sujets les plus variés. Ce fut pour moi un véritable choc que cette rencontre d’un homme qui avait tenu une si grande place dans le destin de sa patrie haïtienne et celui de la race noire tout entière ». 7
C. Les jeunes états africains et le reste du monde
Les écrivains haïtiens ne se sont pas contentés de prêcher en faveur de l’éducation du haut d`une tour d`ivoire. Ils ont pris une part active dans sa propagation un peu partout dans le monde. L’Afrique des Années 50 et 60 a reçu un contingent considérable de professeurs haïtiens de diverses disciplines. Ce n’est pas un hasard si de brillants écrivains tels que le poète Jean Brière, le cinéaste Raoul Peck, le comédien Lucien Lemoine et de nombreux autres sont liés au continent noir, soit parce qu’ils ont adopté la nationalité d’un pays africain, soit parce qu’ils y ont enseigné, soit encore parce qu’ils y ont étudié ou développé des lignes éditoriales comme c’était le cas, à Dakar, de Roger Dorsainvil et les Nouvelles Editions Africaines.
Mais les écrivains, les penseurs et les professeurs haïtiens n’ont pas l’Afrique pour frontière. Il s’en trouve au Canada, Dany Laferriere (Prix Medicis 2009), Joel Desrosiers, Stanley Péan, Anthony Phelps (récemment émigré au Mexique), Gary Klang, Émile Ollivier, etc., en France, Laennec Hurbon, René Depestre (Le Prix Renaudot 1988 et le prix Robert Ganzo 2007), aux Etats-Unis, Edwidge Danticat (l’un des 20 meilleurs romanciers étatsuniens), Patrick Bellegarde Smith (le petit-fils de Dantès Bellegarde). Cette liste qui est loin, très loin, d’être exhaustive ne saurait passer sous silence les écrivains haïtiens restés au pays : Lyonel Trouillot (prix Wepler en France, en 2009), Frankétienne, Gary Victor, etc.
Ce serait presqu’une injustice de ne pas mentionner des poètes, des penseurs, du calibre d’Oswald Durand, Massillon Coicou, Etzer Vilaire, Antenor Firmin, Louis-Joseph Janvier, mais la liste nous mènerait trop loin.
D. Conclusion
Vivre constamment dans le passé ne semble pas une option intelligente. Cependant faut-il oublier la nécessité de bien l’appréhender afin de mieux comprendre le présent ? « Elle n’est pas viable, la race ou la nation qui, parvenue à une certaine civilisation, méprise son passé comme indigne d’elle, parce qu’alors, elle aura rompu sous ses pas la chaîne des traditions qui la lie avec ses ancêtres »8 nous rappelle le psychiatre et historien haïtien J.C.Dorsainvil. La nation haïtienne qui a su faire briller sa lumière dans le monde entier peut avoir de la difficulté à se reconnaitre, elle peut vivre des épisodes dramatiques, mais il subsiste toujours la possibilité d’une renaissance. Il suffit que se présente le guide le mieux intentionné au moment opportun. C’est à sa recherche que nous devons nous lancer. Un pays qui a eu le parcours d’Haïti peut renaitre de ses cendres ! Aussi pour nous résumer et répondre à la question de départ, au terme de l’évocation de cette foule d’Haïtiens remarquables qui ont apporté une contribution considérable à leur pays, à la Francophonie et au monde entier, la réponse est-elle oui, on peut éprouver de la fierté à être Haïtien.
Notes
1. Discours sur le colonialisme, Aime Césaire, Editions Présence Africaine 1955, Paris et Dakar, p. 20
2. Les causes des maladies mentales en Haïti, Jeanne Philippe, Les éditions Fardin, Port-au-Prince, Haïti, 1968, p. 23
3. http://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9gritude
4. Ainsi parla l’oncle, Jean Price-Mars, Collection Caraïbes, LEMEAC, Ottawa 1973, p. 11
5. Ibidem.
6. http://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9gritude
7. Ibídem.
8. Vodou et névrose, Dr J. C. Dorsainvil, Bibliothèque Haïtienne, Imprimerie « La Presse », Port-au-Prince, 1931, p. 144
Par : Renos Dossous
Peut-on éprouver de la fierté à être Haïtien ? Voilà la question qu’une amie étrangère indignée par ce qui se passe dans ce pays, n’a pas hésité à poser à son compagnon haïtien. C’est pour y répondre nous-mêmes que nous l’avons abordée. Il faut reconnaitre en passant que l’observation de ce qui s’y fait et la qualité des acteurs qui s’en occupent n’encourage pas un Haïtien à marcher la tête haute. Cependant l’honnêteté la plus naturelle nous impose aussi, avant tout, l’obligation de nous demander si la caractérisation d’un pays pourrait ne dépendre que de ce qu’en font ses dirigeants incompétents. En tout cas, en analysant cette question, malgré toute apparence, nous ne nous démarquerons nullement du contexte de la situation de l’éducation en Haïti qui a fait l’objet de notre dernier article.
Nous avons fait allusion à quelques-unes des causes de la faiblesse de l’actuel système éducatif haïtien. Nous avons admis qu`il s`agit d`un frein terrible appliqué à la possibilité de développement de la nation. Ce marasme qui a vraiment trop duré provoque de sérieuses inquiétudes. En a-t-il toujours été ainsi ? Les Haïtiens ont-ils toujours vu leur pays se précipiter vers l’abîme sans apparemment aucun moyen de remédier à la tragédie ?
I. Le cheminement d’Haïti dans le domaine éducatif
Nous avons dit que l’histoire récente d’Hispaniola, cette ile que se partagent Haïti et la République Dominicaine, est jonchée d’événements difficiles. Les conquistadors espagnols l’ont d’abord découverte et les Français les y ont rejoints. Chacun ayant trouvé ce qui pouvait faire sa fortune, ils s’y sont établis à leur aise. Après que la population locale ait été décimée, des noirs importés d’Afrique l’ont relayée. Il a fallu attendre que brillent peu à peu les feux de l’indépendance pour que les colonisateurs soient éclipsés. Deux peuples ont ainsi vu le jour dans des conditions bien différentes. Du côté haïtien, dans le tiers occidental de l’ile, beaucoup d’événements ont ponctué l’histoire. La première véritable lutte pour la survie a commencé par celle de la promotion de l’éducation. Comment s’y sont pris les héros de l’indépendance ?
Dès l’introduction de son livre Peau noire, masques blancs , Frantz Fanon, ce brillant psychiatre, politicien et écrivain martiniquais, affirmait en 1937, « Dussé-je encourir le ressentiment de mes frères de couleur, je dirai que le noir n’est pas un homme ». Pour comprendre la valeur d’une telle assertion, il suffit de revivre les restrictions de tous genres, les contrôles, les interdictions qui pesaient contre les noirs de cette époque troublée que fût la première moitié du XXIème siècle et même une partie de sa deuxième moitié. Car s’il est vrai que ce livre a examiné en détail comment le colonisé était exposé à un processus de déshumanisation permanente, il n’en était pas autrement du colonisateur. Dans cette perspective, nous trouvons deux classes d`êtres humains différemment mutilés. L`une se persuadait que pour s`affirmer, elle devait supprimer toute la liberté, toute la dignité de l`autre qui, à son tour, était complètement à la merci de son bourreau, totalement dépouillé de ce qui fait d’un être humain ce qu’il doit représenter : un individu digne et solidaire, jouissant de sa liberté de choix, n’ayant de compte à rendre qu’à sa propre conscience. N’est-ce pas pour indiquer l’obscurité de son abîme que le poète martiniquais Aimé Césaire s’écriait : « Je parle de milliers d’hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme »1 ?
« L’homme normal est celui qui remplit son rôle social sans anxiété pour lui-même et sans trouble pour ceux qui l’entourent.»2 Cette définition de l’Organisation Mondiale de la Santé reprise par l’anthropologue haïtienne Jeanne Philippe, qu’on l’accepte ou non, semble avoir au moins le mérite de cerner l’homme sous les diverses dimensions de sa personnalité notamment psychologique et sociale. C’est aussi l’intuition de la nécessité de concilier ces différentes perspectives, qui portait les libérateurs d’Haïti à mettre un accent spécial sur l’éducation. Peu d’historiens haïtiens, en effet, passent sous silence le fait que même dans le plus fort des luttes opposant les esclaves aux colonisateurs, ou pendant les vagues de déportation des anciens maitres vers leur terre d’origine, non seulement les médecins mais aussi les enseignants de tous les niveaux étaient épargnés. Car l’éducation du peuple, ils le pressentaient, devait être l’une des priorités du nouvel état, s’il voulait subsister, si on voulait lui assurer un avenir prometteur.
Qui eut cru, en effet, que ces personnages à peine sortis des fers de l’esclavage, analphabètes dans leur grande majorité, prendraient conscience si tôt de la valeur de l’instruction ? Il faut s’avouer qu’ils avaient déjà devant eux l’exemple de certains affranchis, esclaves libérés soit parce qu’ils avaient acheté leur liberté, soit parce qu’ils étaient nés de père français. Ces affranchis dont l’éducation avait été faite en France ou dans les écoles qui existaient déjà dans la colonie, se démarquaient de leurs ancêtres par le raffinement de leur comportement, leur habileté et leur détermination dans la défense de leurs droits et dans leur respect envers autrui. Ce sont là des qualités à envier. C’est d’ailleurs dans ce même contexte que naquit le grand-père d’Alexandre Dumas fils, l’un des auteurs les plus lus de la littérature française, à Jérémie, dans le sud d’Haïti.
Sous l’impulsion de ces hommes éclairés, des actions d’une immense générosité allaient s’accomplir sous des latitudes aussi diverses que dans les Caraïbes, en Amérique latine ou en Amérique du Nord. D’abord aux États-Unis, en 1776, les futurs héros de l’indépendance haïtienne ont fait leurs premières armes aux côtés des Étatsuniens contre les Anglais. A Savannah, particulièrement, plus d’un historien rendent témoignage des faits d’armes de ces libérateurs haïtiens. En Amérique du Sud, le jeune état haïtien se signale déjà par l’aide importante en homme, en arme et en argent fournie premièrement au jeune révolutionnaire vénézuélien Francisco de Miranda tombé malheureusement aux mains des Espagnols et décédé en 1816 en prison. Plus tard vint le tour de son compatriote le général Simon Bolivar, cet icône des luttes anticoloniales et de la liberté en Amérique latine. Lorsque Bolivar, ému par l’intérêt porté par les Haïtien à l’indépendance de son pays, et reconnaissant envers eux pour toute l’assistance reçue à l’instar de son prédécesseur, demanda ce qu’il pouvait offrir en récompense à ce peuple héroïque, la réponse de son représentant d’alors, Alexandre Pétion, fut de libérer les esclaves des territoires qui auront acquis leur indépendance sous son commandement. A-t-on besoin d’un plus bel exemple de noblesse, d’un exemple plus manifeste d’universalisme de l’indépendance d’une nation à peine émancipée du carcan de l’esclavage ?
II. Les influences politique et éducative d’Haïti au delà de ses frontières
A. Dantès Bellegarde
Le XXième siècle nous a offert les plus éloquentes illustrations de cette vision universaliste qui caractérisait les fondateurs de la nation haïtienne et qui est encore si profondément ancrée dans les traditions de ce pays.
Dantès Bellegarde est né à Port-au-Prince au sein d’une famille pauvre en 1877. Après qu’il eut pris conscience de l’importance de l’éducation, ayant été lui-même le produit d’un cheminement personnel difficile, il a décidé de devenir éducateur afin de s’ériger en champion de l’éducation dans son pays. Son travail y prit une ampleur telle qu’un historien de la littérature haïtienne, Duraciné Vaval, le considérait, en 1933, comme l’idéologue officiel de l’état haïtien. Mais dans sa vision extrêmement large de sa mission d’éducateur, Bellegarde a compris que si quelque chose pouvait contribuer au progrès de son pays, il devait aussi légitimement être mis à la portée des autres, particulièrement de ceux qui cherchaient encore à déceler les premiers rayons du soleil de l’indépendance, surtout en Afrique. C’est ainsi que sa détermination, son activité fébrile furent récompensées quand il put finalement trouver une tribune pour faire entendre sa voix : La Société des Nations. C’est là, dès le début de sa carrière diplomatique, qu’il s’est battu pour faire inclure l’éducation dans le programme de cet organisme international. Il avait déjà occupé les fonctions de professeur au Lycée Pétion (de Port-au-Prince), directeur de l’Instruction publique, secrétaire d’état de l’Instruction publique, co-fondateur du journal La Ronde, entre autres activités remarquables dans son pays. Ses luttes acharnées pour la promotion du français dans le système éducatif haïtien et à l’échelle internationale, lui valurent de nombreuses reconnaissances. En France, le gouvernement le nomma commandeur de la légion d’honneur en 1922. Un an plus tard, W.E.B. Du Bois, fondateur de l’Association nationale pour l’avancement des gens de couleur (du sigle NAACP, en anglais) aux Etats-Unis, lui conféra le titre de porte-parole international des noirs du monde. Et ce, à cause, surtout de ses prises de position pour le respect des droits de l’homme, notamment dans les pays qui étaient encore des colonies en Afrique et ailleurs. L`un des plus vibrants hommages qu’il ait reçu de son vivant lui a été rendu par cette sommité de l’épistémologie et de la psychologie, Jean Piaget. En effet, l’éminent savant suisse rappela aux délégués de la XVIIIème conférence internationale sur l’instruction publique, à Paris, en 1955, que Dantès Bellegarde était la seule personne à avoir fait d’infatigables efforts pour que l’éducation fût incluse au programme culturel de la Société des Nations, prélude de ce qui allait devenir l’Organisation des Nations Unies.
B. Jean Price-Mars
Pendant plus d’un demi-siècle, deux grands intellectuels haïtiens se sont opposés autour de l’orientation à imprimer à l’éducation en Haïti. L’un s’appelait Dantès Bellegarde et l’autre, Jean Price-Mars. L’un défendait avec acharnement la nécessité d’axer l’enseignement haïtien sur les méthodes en vigueur en France donc sur la langue française ; l’autre prônait l’établissement d’un système national, spécifiquement haïtien où le créole jouerait un rôle déterminant. Qu’on ait été d’accord avec le premier ou avec le second, il est difficile de ne pas reconnaitre que chacun d’eux, à sa manière, a fait des apports inestimables à l’éducation dans son pays et que très peu de place à été laissée à l’improvisation et au manque d’imagination dans leurs démarches respectives. Le premier, Dantès Bellegarde, nous en avons vu brièvement la trajectoire. L’autre, Jean Price-Mars, a été surnommé le père de la négritude. La négritude fut un mouvement universel de revalorisation des cultures nègres qui a embrasé l’Afrique et où ont puisé énergie et inspiration plus d’une nation du monde dans leur lutte pour la reconnaissance de leur dignité. L’un des fondateurs du mouvement, le Sénégalais, membre de l’Académie française, Léopold Sédar Senghor a ainsi défini ce courant littéraire et politique : « La négritude, c’est l’ensemble des valeurs économiques, politiques, intellectuelles, morales, artistiques et sociales des peuples d’Afrique et des minorités noires d’Amérique, d’Asie et d’Océanie »3 Qu’est-ce que Jean Price-Mars a fait pour mériter le titre de père d’un mouvement aussi ambitieux ?
Né à la Grande rivière du nord, en Haïti, en 1876, Jean Price-Mars après ses études classiques en Haïti, obtint une bourse pour étudier la médecine en France. Avant même de recevoir son diplôme de médecin, il s’intéressa à l’anthropologie et aux sciences sociales. Sous l’influence de ces dernières disciplines il publia plusieurs ouvrages. Mais c’est la compilation de ses articles d’orientation ethnographique, parue sous le titre de Ainsi parla l’oncle, qui le fit connaitre dans le monde entier, surtout dans les pays encore colonisés.
Il s’agit d’un livre amplement inspiré de l’occupation américaine d’Haïti qui a duré de 1915 à 1934. Selon l’auteur, les Haïtiens avaient consacré trop d’énergie à vivre une vie inauthentique, basée non sur ce qu’ils sont en réalité, des descendants d’Africains, mais sur ce qu’ils s’imaginaient être, des descendants français. Ce qui, selon lui, diminuait leur prise sur leur propre réalité et les rendait on ne peut plus vulnérables. Il baptisa ce phénomène du nom de « bovarysme collectif » emprunté au critique français Jules de Gaultier. Tout en prônant le créole et le vaudou comme éléments déterminants de l’identité nationale, il présenta une étude approfondie de l’Afrique, son anthropologie, son histoire, sa géographie. Il remonta très loin dans l’histoire de la civilisation pour montrer jusqu'à quel point l’apport du continent noir à l’humanité, tout en étant extrêmement considérable, a toujours été, sans raison, mal connu sinon tout bonnement ignoré. L’objectif premier de Mars était de faire prendre conscience aux Haïtiens de la spécificité de leur culture, de la valeur de leurs racines africaines, et de la nécessité d’éviter toute tentation à donner dans cette aliénation caractéristique de ceux qui ont peur de se regarder en face. Revaloriser les cultures nègres était le point culminant de son combat.
Pour mesurer l’impact de la révolution identitaire de Price-Mars, écoutons ce que pense de lui Léopold Sédar Senghor déjà mentionné, (au moment de la célébration du quatre-vingtième anniversaire de l’anthropologue haïtien) :
« Il est des noms qui sonnent comme un manifeste. Tel me fut révélé le nom du docteur Price-Mars lorsque je l’entendis pour la première fois. Étudiant en Sorbonne, j’avais commencé de réfléchir au problème d’une Renaissance culturelle en Afrique noire, et je me cherchais- nous nous cherchions – un parrainage qui put garantir le succès de l’entreprise.
Au bout de ma quête je devais trouver Alain Locke et Jean Price-Mars. Je lus Ainsi parla l’oncle d’un trait comme l’eau de la citerne…au soir après une longue étape dans le désert. J’étais comblé. L’Oncle légitimait les raisons de ma quête, confirmait ce que j’avais pressenti. Car, en me montrant les trésors de la Négritude qu’il avait découverts sur et dans la terre haïtienne, il m’apprenait à découvrir les mêmes valeurs, mais vierges et plus fortes, sur et dans la terre d’Afrique. »4
Pour aller plus loin dans son éloge, pour montrer la dimension universelle de cette lumière projetée par Price-Mars, Senghor poursuivit :
« Aujourd’hui, tous les écrivains et ethnologues d’expression française doivent beaucoup à Jean Price-Mars ; l’essentiel, cette vérité que nous n’avons de chance d’être nous-mêmes que si nous ne répudions aucune part de l’héritage ancestral… »5
Ce mouvement de revendication des cultures nègres, qui a franchi les frontières des pays francophones en réunissant des penseurs noirs et des intellectuels du monde entier, notamment français, n’a pas eu que des admirateurs. Jean-Paul Sartre, l’un des intellectuels du mouvement définissait la négritude comme « la négation de la négation de l’homme noir »6. Mais cela ne l’a pas empêché de reconnaitre que la discrimination raciale n’était pas un phénomène appelé à durer éternellement et, qu’a fortiori, la négritude elle-même était une combat provisoire : « la négritude est… passage et non aboutissement ». Un autre écrivain africain, prix Nobel de littérature en 1986, le dramaturge nigérian Wole Soyinka, réprouve la négritude comme un faux besoin ressenti par certains noirs de se justifier, de défendre la valeur de leur culture. Selon lui, la culture n’a qu’à se manifester spontanément, elle est sa propre justification. Il a écrit ceci : « Le tigre ne proclame pas sa tigritude, il bondit sur sa proie et la dévore »7. Un autre intellectuel africain, l’ex-président de la république populaire et révolutionnaire de la Guinée (assassiné au pouvoir) que nous citons de mémoire, Ahmed Sékou Touré, eut à dire que « la négritude est un faux problème, une arme irrationnelle fondée sur la discrimination raciale ».
Si les temps évoluent et si la négritude elle-même, à mesure que la classe d’hommes qui justifiaient son existence assume la position qui leur revient de droit dans le monde, est une réaction condamnée à disparaitre, on ne peut pas nier son importance et son rôle dans l’histoire de la prise de conscience qui a alimenté, entre autres, la libération des pays africains. L’ampleur du travail du penseur haïtien, Jean Price-Mars, n’a donc pas diminué avec le temps. Et les éloges que lui ont valus ses travaux ethnographiques ne se limitent pas aux seules communautés noires. Le Secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences d’outre-mer, président de l’association des écrivains de langue française, Monsieur Robert Cornevin brossa un portrait de Jean Price-Mars en ces termes :
« Lorsque je le rencontrai pour la première fois à mon bureau du Quai Voltaire à Paris, le docteur Jean Price-Mars avait 90 ans. Il était presqu’aveugle et avait dû se faire accompagner de sa fille Madeleine. Malgré son âge, il se tenait droit et parlait d’une voix claire et nette des sujets les plus variés. Ce fut pour moi un véritable choc que cette rencontre d’un homme qui avait tenu une si grande place dans le destin de sa patrie haïtienne et celui de la race noire tout entière ». 7
C. Les jeunes états africains et le reste du monde
Les écrivains haïtiens ne se sont pas contentés de prêcher en faveur de l’éducation du haut d`une tour d`ivoire. Ils ont pris une part active dans sa propagation un peu partout dans le monde. L’Afrique des Années 50 et 60 a reçu un contingent considérable de professeurs haïtiens de diverses disciplines. Ce n’est pas un hasard si de brillants écrivains tels que le poète Jean Brière, le cinéaste Raoul Peck, le comédien Lucien Lemoine et de nombreux autres sont liés au continent noir, soit parce qu’ils ont adopté la nationalité d’un pays africain, soit parce qu’ils y ont enseigné, soit encore parce qu’ils y ont étudié ou développé des lignes éditoriales comme c’était le cas, à Dakar, de Roger Dorsainvil et les Nouvelles Editions Africaines.
Mais les écrivains, les penseurs et les professeurs haïtiens n’ont pas l’Afrique pour frontière. Il s’en trouve au Canada, Dany Laferriere (Prix Medicis 2009), Joel Desrosiers, Stanley Péan, Anthony Phelps (récemment émigré au Mexique), Gary Klang, Émile Ollivier, etc., en France, Laennec Hurbon, René Depestre (Le Prix Renaudot 1988 et le prix Robert Ganzo 2007), aux Etats-Unis, Edwidge Danticat (l’un des 20 meilleurs romanciers étatsuniens), Patrick Bellegarde Smith (le petit-fils de Dantès Bellegarde). Cette liste qui est loin, très loin, d’être exhaustive ne saurait passer sous silence les écrivains haïtiens restés au pays : Lyonel Trouillot (prix Wepler en France, en 2009), Frankétienne, Gary Victor, etc.
Ce serait presqu’une injustice de ne pas mentionner des poètes, des penseurs, du calibre d’Oswald Durand, Massillon Coicou, Etzer Vilaire, Antenor Firmin, Louis-Joseph Janvier, mais la liste nous mènerait trop loin.
D. Conclusion
Vivre constamment dans le passé ne semble pas une option intelligente. Cependant faut-il oublier la nécessité de bien l’appréhender afin de mieux comprendre le présent ? « Elle n’est pas viable, la race ou la nation qui, parvenue à une certaine civilisation, méprise son passé comme indigne d’elle, parce qu’alors, elle aura rompu sous ses pas la chaîne des traditions qui la lie avec ses ancêtres »8 nous rappelle le psychiatre et historien haïtien J.C.Dorsainvil. La nation haïtienne qui a su faire briller sa lumière dans le monde entier peut avoir de la difficulté à se reconnaitre, elle peut vivre des épisodes dramatiques, mais il subsiste toujours la possibilité d’une renaissance. Il suffit que se présente le guide le mieux intentionné au moment opportun. C’est à sa recherche que nous devons nous lancer. Un pays qui a eu le parcours d’Haïti peut renaitre de ses cendres ! Aussi pour nous résumer et répondre à la question de départ, au terme de l’évocation de cette foule d’Haïtiens remarquables qui ont apporté une contribution considérable à leur pays, à la Francophonie et au monde entier, la réponse est-elle oui, on peut éprouver de la fierté à être Haïtien.
Notes
1. Discours sur le colonialisme, Aime Césaire, Editions Présence Africaine 1955, Paris et Dakar, p. 20
2. Les causes des maladies mentales en Haïti, Jeanne Philippe, Les éditions Fardin, Port-au-Prince, Haïti, 1968, p. 23
3. http://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9gritude
4. Ainsi parla l’oncle, Jean Price-Mars, Collection Caraïbes, LEMEAC, Ottawa 1973, p. 11
5. Ibidem.
6. http://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9gritude
7. Ibídem.
8. Vodou et névrose, Dr J. C. Dorsainvil, Bibliothèque Haïtienne, Imprimerie « La Presse », Port-au-Prince, 1931, p. 144
Haïti: 50% des Américains ont donné
AFP Plus de la moitié des familles américaines ont fait un don à Haïti après le séisme du 12 janvier, a annoncé hier à Port-au-Prince Susan Reichle, une responsable de l'agence américaine d'aide au développement (USAID).
Mme Reichle a présenté la contribution des familles américaines aux victimes de la catastrophe comme "la preuve de l'excellente relation" entre les deux pays.
Le tremblement de terre qui a frappé Haïti le 12 janvier dernier a fait entre 250.000 à 300.000 morts et jeté plus de 1,3 millions de Haïtiens à la rue, selon l'ONU et les autorités haïtiennes.
Mme Reichle, qui s'exprimait à l'ambassade des Etats-Unis en Haïti, a estimé à plus d'un milliard de dollars les dépenses effectuées par le gouvernement américain en Haïti dans les 100 premiers jours de la catastrophe dans le cadre de l'intervention d'urgence de l'administration américaine.
"L'effort du gouvernement américain va se poursuivre sur le long terme mais il va changer pour se consacrer à la reconstruction", a-t-elle assuré, promettant en outre aux Haïtiens que Washington travaillera avec la commission internationale pour la reconstruction d'Haïti (CIRH).
Elle a rappelé en ce sens que les Etats-Unis se sont engagés à apporter une contribution de 2 milliards de dollars aux fonds pour la reconstruction d'Haïti.
Pour sa part, le secrétaire d'Etat américain adjoint chargé de la population, des réfugiés et de la migration, Eric Schwartz, a réitéré l'engagement personnel du président Barack Obama et de la secrétaire d'Etat Hillary Clinton à soutenir l'effort de reconstruction d'Haïti.
Il a annoncé que le gouvernement américain avait débloqué une aide supplémentaire de 10,5 millions de dollars pour appuyer les activités entreprises par des organisations internationales pour soutenir les Haïtiens qui se sont réfugiés à la frontière avec la République dominicaine après le séisme.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/04/30/97001-20100430FILWWW00295-haiti-50-des-americains-ont-donne.php
Mme Reichle a présenté la contribution des familles américaines aux victimes de la catastrophe comme "la preuve de l'excellente relation" entre les deux pays.
Le tremblement de terre qui a frappé Haïti le 12 janvier dernier a fait entre 250.000 à 300.000 morts et jeté plus de 1,3 millions de Haïtiens à la rue, selon l'ONU et les autorités haïtiennes.
Mme Reichle, qui s'exprimait à l'ambassade des Etats-Unis en Haïti, a estimé à plus d'un milliard de dollars les dépenses effectuées par le gouvernement américain en Haïti dans les 100 premiers jours de la catastrophe dans le cadre de l'intervention d'urgence de l'administration américaine.
"L'effort du gouvernement américain va se poursuivre sur le long terme mais il va changer pour se consacrer à la reconstruction", a-t-elle assuré, promettant en outre aux Haïtiens que Washington travaillera avec la commission internationale pour la reconstruction d'Haïti (CIRH).
Elle a rappelé en ce sens que les Etats-Unis se sont engagés à apporter une contribution de 2 milliards de dollars aux fonds pour la reconstruction d'Haïti.
Pour sa part, le secrétaire d'Etat américain adjoint chargé de la population, des réfugiés et de la migration, Eric Schwartz, a réitéré l'engagement personnel du président Barack Obama et de la secrétaire d'Etat Hillary Clinton à soutenir l'effort de reconstruction d'Haïti.
Il a annoncé que le gouvernement américain avait débloqué une aide supplémentaire de 10,5 millions de dollars pour appuyer les activités entreprises par des organisations internationales pour soutenir les Haïtiens qui se sont réfugiés à la frontière avec la République dominicaine après le séisme.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/04/30/97001-20100430FILWWW00295-haiti-50-des-americains-ont-donne.php
Reconstruire Haïti avec des mots
Terre de pauvreté, de misère et de déliquescence politique : c'est ainsi qu'Haïti est souvent dépeinte, notamment depuis ce 12 janvier 2010, jour du séisme qui frappa avec la violence que l'on sait. Mais cette terre ne se réduit pas aux fléaux qui l'accablent.
Alors que les journalistes relataient l'événement, très vite les écrivains haïtiens se sont mobilisés pour témoigner du drame, de la solidarité à l'oeuvre, et surtout pour donner une autre image de ce pays structuré par une longue tradition artistique. Comme l'affirmait Dany Laferrière dans Le Monde du 17 janvier : "C'est la culture qui nous sauvera."
Après l'urgence de dire et de combattre les préjugés, vient celle de reconstruire, par les mots et les livres. D'où la publication de Pour Haïti (Le Serpent à plume, 176 p., 15 euros) et Haïti parmi les vivants (Actes Sud-Le Point, 200 p., 15 euros, en librairie le 14 mai), deux ouvrages caritatifs et collectifs, conçus pour garder trace de ce moment unique où les voix des écrivains se sont jointes à celles des journalistes. Des écrivains que l'on retrouvera aussi dans Haïti, une traversée littéraire, de Louis-Philippe Dalembert et Lyonel Trouillot (Presses nationales d'Haïti-CulturesFrance-Philippe Rey, 176 p., 19 euros).
Pour retracer plus de deux cents ans d'une histoire littéraire féconde et, à travers elle, "donner à entendre la complexité d'une terre, d'une culture, d'un peuple (...)", les deux romanciers haïtiens ont choisi la forme du dialogue entre un "candide" et un écrivain. Avec beaucoup d'humour, ils mettent en lumière l'histoire de ce pays où "la négritude se mit debout pour la première fois" (Aimé Césaire).
Revenant sur les temps forts de cette histoire, ils en éclairent les grandes étapes, de l'influence française des premiers temps de l'indépendance (1804) au mouvement d'émancipation commencé avec l'indigénisme. Ils analysent la place fondamentale de l'histoire dans les écrits haïtiens et étrangers (Victor Hugo, Lamartine, Alejo Carpentier, Madison Smartt Bell, etc.) et abordent la question du bilinguisme ou celle de la division entre écrivains "du dedans" et "du dehors".
Les auteurs évoquent enfin les différents courants littéraires (le réalisme merveilleux ou le spiralisme) en insistant sur l'influence déterminante de la poésie et sur la qualité de certaines oeuvres phares, telles que Ainsi parla l'Oncle, de Jean Price-Mars, Gouverneurs de la rosée, de Jacques Roumain, ou Compère Général Soleil, de Jacques Stephen Alexis.
Utile pour appréhender cette nation d'écrivains et de poètes, ce texte - accompagné d'une anthologie de textes et d'un CD avec des témoignages, notamment de René Depestre ou d'Emile Ollivier - l'est aussi par son aspect financier : le produit des ventes doit être reversé à des ONG pour la reconstruction de la Bibliothèque nationale d'Haïti.
Dans Haïti parmi les vivants, Lyonel Trouillot écrit : "Que peut faire la littérature devant les grands malheurs ? Rien. Mais surtout pas se taire. Avec nos mots, avec nos morts, nous qui sommes revenus du déluge de pierres, écrivons pour trouver une place dans le monde des vivants."
Christine Rousseau
http://www.lemonde.fr/livres/article/2010/04/29/reconstruire-haiti-avec-des-mots_1344326_3260.html
Alors que les journalistes relataient l'événement, très vite les écrivains haïtiens se sont mobilisés pour témoigner du drame, de la solidarité à l'oeuvre, et surtout pour donner une autre image de ce pays structuré par une longue tradition artistique. Comme l'affirmait Dany Laferrière dans Le Monde du 17 janvier : "C'est la culture qui nous sauvera."
Après l'urgence de dire et de combattre les préjugés, vient celle de reconstruire, par les mots et les livres. D'où la publication de Pour Haïti (Le Serpent à plume, 176 p., 15 euros) et Haïti parmi les vivants (Actes Sud-Le Point, 200 p., 15 euros, en librairie le 14 mai), deux ouvrages caritatifs et collectifs, conçus pour garder trace de ce moment unique où les voix des écrivains se sont jointes à celles des journalistes. Des écrivains que l'on retrouvera aussi dans Haïti, une traversée littéraire, de Louis-Philippe Dalembert et Lyonel Trouillot (Presses nationales d'Haïti-CulturesFrance-Philippe Rey, 176 p., 19 euros).
Pour retracer plus de deux cents ans d'une histoire littéraire féconde et, à travers elle, "donner à entendre la complexité d'une terre, d'une culture, d'un peuple (...)", les deux romanciers haïtiens ont choisi la forme du dialogue entre un "candide" et un écrivain. Avec beaucoup d'humour, ils mettent en lumière l'histoire de ce pays où "la négritude se mit debout pour la première fois" (Aimé Césaire).
Revenant sur les temps forts de cette histoire, ils en éclairent les grandes étapes, de l'influence française des premiers temps de l'indépendance (1804) au mouvement d'émancipation commencé avec l'indigénisme. Ils analysent la place fondamentale de l'histoire dans les écrits haïtiens et étrangers (Victor Hugo, Lamartine, Alejo Carpentier, Madison Smartt Bell, etc.) et abordent la question du bilinguisme ou celle de la division entre écrivains "du dedans" et "du dehors".
Les auteurs évoquent enfin les différents courants littéraires (le réalisme merveilleux ou le spiralisme) en insistant sur l'influence déterminante de la poésie et sur la qualité de certaines oeuvres phares, telles que Ainsi parla l'Oncle, de Jean Price-Mars, Gouverneurs de la rosée, de Jacques Roumain, ou Compère Général Soleil, de Jacques Stephen Alexis.
Utile pour appréhender cette nation d'écrivains et de poètes, ce texte - accompagné d'une anthologie de textes et d'un CD avec des témoignages, notamment de René Depestre ou d'Emile Ollivier - l'est aussi par son aspect financier : le produit des ventes doit être reversé à des ONG pour la reconstruction de la Bibliothèque nationale d'Haïti.
Dans Haïti parmi les vivants, Lyonel Trouillot écrit : "Que peut faire la littérature devant les grands malheurs ? Rien. Mais surtout pas se taire. Avec nos mots, avec nos morts, nous qui sommes revenus du déluge de pierres, écrivons pour trouver une place dans le monde des vivants."
Christine Rousseau
http://www.lemonde.fr/livres/article/2010/04/29/reconstruire-haiti-avec-des-mots_1344326_3260.html
samedi 1 mai 2010
ARIEL ORTEGA appelé en sélection par Diego Maradona
L’attaquant Ariel Ortega a été convoqué par le sélectionneur argentin Diego Maradona, pour disputer la rencontre amicale que la sélection albiceleste jouera contre la sélection Haïtienne le 5 mai prochain dans la province de Neuquén (Sud d’argentine) ont informé des sources de la fédération.
Maradona a appelé les joueurs locaux pour disputer cette rencontre, l’avant dernier match que jouera l’Argentine avant de voyager vers l’Afrique du Sud pour disputer la coupe du monde.
Le 24 mai la sélection argentine dira au revoir à son public face au Canada à Buenos aires.
Ortega , surnommé « el burrito » âgé de 36 ans portera de nouveau les couleurs argentines après sept ans. L’avant centre de River Plate, qui a disputé les coupes du monde 1994, 1998, 2002 avait joué sa dernière rencontre en sélection en février 2003 quand l’argentine baissa pavillon devant la Hollande à Amsterdam sur le score de un but à zéro.
La liste des joueurs convoqués par Maradona pour affronter Haïti diffusée par l’association de Football argentin est la suivante :
Gardiens de but: Adrián Gabbarini (Independiente) y Diego Pozo (Colón).
Défenseurs: : Matías Caruzzo (Argentinos Juniors), Luciano Monzón (Boca Juniors), Paolo Goltz (Huracán), Juan Manuel Insaurralde (Newell's Old Boys) y Ariel Garcé (Colón).
Milieux de terrain : Juan Mercier (Argentinos Juniors), Patricio Toranzo (Huracán), Leonel Vangioni (Newell's Old Boys), Facundo Bertoglio (Colón), Sebastián Blanco (Lanús) y Nicolás Olmedo (Godoy Cruz).
Attaquants : Franco Jara (Arsenal), Martín Palermo (Boca Juniors), Ariel Ortega (River Plate) y Juan Pablo Pereyra (Atlético Tucumán).
vendredi 30 avril 2010
Haiti-Séisme/ État d’urgence : Trois parlementaires auraient été monnayés
jeudi 29 avril 2010
AlterPresse a pu prendre connaissance de la lettre adressée le 26 avril 2010 par le RNDDH à l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) avec copie conforme à l’Unité Centrale de Renseignements Financiers (UCREF).
AlterPresse en reproduit ici quelques extraits :
Le RNDDH est profondément préoccupé par le scandale qui entoure le vote du projet de Loi portant modification de la Loi du 9 septembre 2008 sur l’état d’urgence.
(…) le 8 avril 2010, la Chambre des Députés a sanctionné le projet de Loi par quarante-trois (43) voix pour, cinq (5) voix contre et huit (8) abstentions.
(…)
Le projet de Loi présenté à la Chambre Haute le mardi 13 avril 2010, avait du mal à passer, faute de quorum. Dans l’intervalle, des tractations de toutes sortes ont eu lieu et, le vendredi 16 avril de l’année en cours, le Sénat a approuvé ce projet de Loi par treize (13) voix pour, une (1) voix contre et deux (2) abstentions.
Le scandale qui a entouré le vote de cette Loi est préoccupant car des rumeurs persistantes font état que trois (3) parlementaires auraient été monnayés pour leur participation à cette séance. Il s’agit des Sénateurs Cemephise GILLES, Judnel JEAN et Rudy HERIVAUX qui auraient reçu des montants respectifs de cinq millions (5.000.000) de gourdes, trois millions (3.000.000) de gourdes et quarante mille (40.000) dollars américains.
De tels faits méritent d’être approfondis par une enquête sérieuse car la population haïtienne a droit à la vérité. (…)
(…) le RNDDH sollicite de votre institution l’ouverture d’une enquête car il est inacceptable que la refondation de l’Etat, prônée par le chef d’Etat démarre sur fond de corruption, de pots de vins et de mauvaise gouvernance. (…)
Commentaires:
Ce genre d'information point à l'horizon chaque fois qu'une décision importante doit être prise au niveau du parlement. C'est comme une épidémie d'un mal endémique à notre société. Qui pis est, il n'y a jamais d'enquête sérieuse réalisée car ce sont les parlementaires eux-mêmes qui créent des commissions.
Comme résultat ce parlement est peu fiable. Et aujourd'hui quand il exige son droit de surveillance sur les projets de reconstruction tout le monde est convaincu que les parlementaires veulent se positionner le plus près possible de là ou coulent le lait et le miel. Mais en ce qui concerne l'intérêt de la nation....On verra...
La Téléco passe officiellement sous le contrôle de Viettel
La « disparition » de la Téléco au profit de la NATCOM effective au terme d’une période de transition de 2 mois
vendredi 30 avril 2010, Radio Kiskeya
La compagnie nationale de télécommunications (Téléco) est officiellement passée jeudi soir sous le contrôle de la firme de télécommunications vietnamienne Viettel au terme de plusieurs mois de négociations menées avec l’assistance de la Société financière internationale, une filiale de la Banque mondiale.
Viettel détient 60% de la NATCOM , la société nouvellement constituée, dans laquelle l’Etat haïtien, via la Banque de la République d’Haïti (BRH), possède les 40% restants.
L’accord dit de « modernisation » de la Téléco a été paraphé, côté haïtien, par le gouverneur de la Banque centrale, Charles Castel, le directeur du Conseil de Modernisation des entreprises publiques, Yves Bastien et le directeur général de la Téléco Michel Présumé.
Une période de transition de deux mois est ouverte au cours de laquelle les dirigeants de Viettel assureront la mise en place des nouvelles structures de direction de la compagnie. Une douzaine d’ingénieurs vietnamiens sont déjà à pied d’œuvre en vue d’assurer un service minimum à la clientèle avant de grands travaux de développement de l’entreprise. Il est précisé en ce sens que la compagnie réhabilitera le réseau filaire, la NATCOM ne devant pas être entièrement « wireless ».
Les responsables haïtiens ont expliqué qu’il n’y avait aucune autre issue pour la Téléco que d’être privatisée. Ils soutiennent que l’erreur majeure ayant entrainé la chute vertigineuse de celle-ci de 100% à 4% du marché a été le fait que la libéralisation du marché des télécoms a précédé des restructurations majeures de la Téléco. De nouvelles firmes de téléphonie sont venues avec des capitaux frais et de nouvelles normes de gestion et de marketing, alors que la Téléco demeurait une vache á lait pour les pouvoirs politiques, avec un personnel pléthorique non qualifié et des équipements faisant l’objet de toutes sortes d’actes de sabotage. Le gouverneur de la Banque centrale explique que cette institution soutenait douloureusement la Téléco à raison de 1 million de dollars par mois et que cette situation ne pouvait plus continuer. Ce fut également la Banque centrale qui finança à hauteur de 675 millions de gourdes le « dégraissage » de l’entreprise, en l’occurrence la réduction à sa plus simple expression du personnel jugé trop nombreux de celle-ci.
A ce sujet, Charles Castel, Michel Présumé et Yves Bastien ont de nouveau rejeté les allégations des employés licenciés sur les abus dont ils auraient été l’objet. Leur renvoi a été réalisé conformément aux prescrits du Code du travail et la plupart d’entre eux ont perçu 18 mois de salaires, ont-ils déclaré, l’air agacé, à des journalistes qui voulaient débattre de la question.
Forts, disent-ils, de leur expérience au Cambodge et au Laos, les dirigeants de Viettel ont promis de hisser la Téléco au sommet de la technologie. Les responsables haïtiens présents à la cérémonie de signature de l’accord ont à ce sujet donné la garantie que celui-ci ouvre la voie à la mise en place des infrastructures technologiques et informatiques nécessaires au développement. Grace à la mise en place d’un vaste réseau de fibres optiques à travers le pays d’ici 3 ans, Haïti se placera bientôt parmi les pays de la région les mieux pourvus en la matière.
Les 1.045 employés actuels de la compagnie ont la garantie d’être maintenus à leurs postes moyennant leur rendement et leur capacité d’adaptation aux nouvelles normes de travail et de fonctionnement.
Interrogés sur leur coopération avec les compagnies de téléphonie sur place, les dirigeants de Viettel ont assuré qu’elle sera normale. Elle ne mettra cependant pas en cause leur propre stratégie de développement, déclarent-ils. La firme Viettel qui prend officiellement les rênes de la Téléco appartient à l’armée vietnamienne. Elle projette bientôt de s’installer également à Cuba.[jmd/Radio Kiskeya]
La BID annonce un don de 90 millions de dollars à Haïti
Dans la perspective de la reconstruction post-séisme, ces fonds serviront notamment à appuyer le budget et à construire des logements sociaux
jeudi 29 avril 2010,Radio Kiskeya
Selon un communiqué rendu public à Washington, une tranche de 50 millions de dollars sera accordée à titre d’appui budgétaire alors que les recettes fiscales ont chuté de plus de 50% depuis la tragédie qui a fait près de 300.000 morts et anéanti des pans entiers de l’économie en causant des dégâts équivalant à 120% du PIB.
Ces fonds permettront la réorganisation de certains services de la Direction générale des impôts (DGI) dont le siège s’était effondré.
Une deuxième tranche de 30 millions de dollars sera consacrée à la construction de logements sociaux en vue d’accueillir 5.000 familles de sinistrés vivant actuellement dans des campements de réfugiés à Port-au-Prince.
Enfin, les dix millions restants sont réservés à un programme d’adduction d’eau potable et d’installations sanitaires en faveur de 60.000 habitants des zones rurales du département de l’Artibonite (nord).
Aucune augmentation du flux de boat people depuis le 12 janvier
Déclaration de l’amiral Thad Allen, commandant des garde-côtes américains, pour qui la pénurie de ressources post-séisme a freiné l’ardeur des haïtiens candidats à l’émigration clandestine vers les Etats-Unis
jeudi 29 avril 2010, Radio Kiskeya
Le commandant des garde-côtes américains, l’amiral Thad Allen, a indiqué jeudi n’avoir remarqué aucun changement significatif dans le flux migratoire clandestin d’Haïti vers la Floride depuis le violent tremblement de terre de janvier dernier.
Interrogé par l’Associated Press, le haut gradé a fait savoir que des boat people haïtiens ont été interceptés, mais leur nombre n’a jamais franchi la barre historique des vagues de réfugiés enregistrées par le passé.
Après la catastrophe, certains responsables américains étaient préoccupés à l’idée d’un éventuel déferlement de voyageurs clandestins en quête d’asile économique aux Etats-Unis.
Cependant, le commandant Allen affirme n’avoir été nullement surpris par la stabilité du flux migratoire. Car, dit-il, ceux qui veulent tenter d’atteindre les côtes américaines ont besoin d’un bateau ou d’argent et de la logistique nécessaire à la traversée.
Il se trouve justement que ces ressources sont devenues rares après le séisme.
Depuis le début de l’année, un peu plus de 444 boat people en provenance d’Haïti ont été interceptés contre 1.782 pour l’ensemble de l’année 2009.
En vertu de la législation actuelle sur l’immigration, les boat people haïtiens surpris en mer ou sur le territoire américain sont systématiquement traqués, arrêtés, détenus pour être finalement rapatriés sans aucun recours possible. spp/Radio Kiskeya
Les orphelins du séisme pris en charge par les gangs
| Clément Sabourin Agence France-Presse, Port-au-Prince |
Ils ont abandonné les bancs de l'école et appris à manier des pistolets. Hold-up, cambriolages, vente de drogue: les orphelins du séisme tentent comme ils peuvent de gagner de quoi manger. Et à défaut de parents, c'est auprès des gangs du bidonville Cité Soleil que ces petits Haïtiens cherchent protection.
Suivi d'une nuée de gamins et de membres de son groupe, «Toutou Soleil 19» slalome entre les ruines du 12 janvier, les cases de fortune et les cordes à linge qui jalonnent les allées crasseuses du plus grand bidonville d'Haïti.
Ce chef de gang, qui a officiellement déposé les fusils en 2006 mais avoue posséder encore «des armes blanches», traverse un égout et désigne une cabane de tôles sise sur des tas d'immondices, en bord de mer.
«Ici, huit à neuf orphelins dorment depuis le séisme», déclare-t-il à l'AFP, ravi de présenter la misère de son territoire que «personne n'est venu aider».
Devant la porte de l'abri, des enfants sont regroupés autour de la radio que tient Jef, 14 ans. Regard angélique et chemise à carreaux, l'adolescent reçoit de «Toutou» une conserve de lait concentré qu'il déguste avec ses amis.
«Il y en a beaucoup comme eux, ils sont éparpillés dans Cité Soleil», dit le caïd de 31 ans, un chapeau de laine sur le crâne.
En l'absence d'ONG ou d'autorités locales, les gangs constituent la seule autorité dans le quartier d'au moins 300.000 personnes. C'est donc vers eux que se sont tournés les orphelins après la catastrophe.
«Ils viennent nous voir parce qu'ils n'ont personne. On essaie de les aider, mais on n'a rien», raconte Toutou.
Les parents de Jef sont décédés durant le séisme qui a tué entre 250.000 et 300.000 personnes. Sans famille, il commet des «hold-up» et «des cambriolages» de maisons la nuit. «On fait ça avec les autres enfants», raconte le garçon. Depuis le drame, il ne va plus à l'école. «Je voudrais y aller mais je n'ai pas d'économies», dit-il en baissant le regard.
«De toutes façons, toutes les écoles se sont effondrées», note Jimis, 25 ans, rappeur et également membre d'un gang.
Sur les murs de la cabane des orphelins, des affiches d'une marque de rhum et des photos porno côtoient des publicités de fusils automatiques. Sur le sol en gravats, quelques morceaux de carton font offices de lits.
Tout au long du tour de quartier de Toutou, de nombreux d'enfants, impliqués depuis la mort de leurs parents dans différents délits, viennent saluer le jeune «parrain».
«Certains vendent de la drogue. Beaucoup ont des pistolets que les gangs leurs donnent», affirme un travailleur social engagé depuis plusieurs années dans le bidonville.
Les Nations unies enquêtent depuis peu sur le cas de ces orphelins. «À ce niveau, on n'a pas d'information», avoue sous couvert de l'anonymat un employé de l'ONU chargé du dossier.
«Il faut aider les enfants à ne pas devenir comme nous, à ne pas devenir des dangers pour la société», plaide «Ea», qui s'est évadé de la prison de Port-au-Prince lors du séisme, comme quelque 4.500 prisonniers.
Bastion de gangs violents, Cité Soleil était quasiment en état de guerre entre 2004 et 2007. L'intervention des troupes de l'ONU et la mise en place d'un programme de désarmement a calmé le quartier. Mais le feu couve toujours.
À l'hôpital de MSF, une augmentation des blessés par balle a été constatée dernièrement. «Mais pas de quoi parler d'une tendance», souligne Karel Janssens, responsable de l'établissement.
Et les chefs de gangs menacent: «Si l'aide n'arrive pas, on va préparer une révolte», déclare Patrick, chef d'un autre groupe. «On va lutter jusqu'au bout si on ne reçoit pas d'argent, s'il n'y a pas de justice», dit Toutou. «On est en prison ici».
Ce chef de gang, qui a officiellement déposé les fusils en 2006 mais avoue posséder encore «des armes blanches», traverse un égout et désigne une cabane de tôles sise sur des tas d'immondices, en bord de mer.
«Ici, huit à neuf orphelins dorment depuis le séisme», déclare-t-il à l'AFP, ravi de présenter la misère de son territoire que «personne n'est venu aider».
Devant la porte de l'abri, des enfants sont regroupés autour de la radio que tient Jef, 14 ans. Regard angélique et chemise à carreaux, l'adolescent reçoit de «Toutou» une conserve de lait concentré qu'il déguste avec ses amis.
«Il y en a beaucoup comme eux, ils sont éparpillés dans Cité Soleil», dit le caïd de 31 ans, un chapeau de laine sur le crâne.
En l'absence d'ONG ou d'autorités locales, les gangs constituent la seule autorité dans le quartier d'au moins 300.000 personnes. C'est donc vers eux que se sont tournés les orphelins après la catastrophe.
«Ils viennent nous voir parce qu'ils n'ont personne. On essaie de les aider, mais on n'a rien», raconte Toutou.
Les parents de Jef sont décédés durant le séisme qui a tué entre 250.000 et 300.000 personnes. Sans famille, il commet des «hold-up» et «des cambriolages» de maisons la nuit. «On fait ça avec les autres enfants», raconte le garçon. Depuis le drame, il ne va plus à l'école. «Je voudrais y aller mais je n'ai pas d'économies», dit-il en baissant le regard.
«De toutes façons, toutes les écoles se sont effondrées», note Jimis, 25 ans, rappeur et également membre d'un gang.
Sur les murs de la cabane des orphelins, des affiches d'une marque de rhum et des photos porno côtoient des publicités de fusils automatiques. Sur le sol en gravats, quelques morceaux de carton font offices de lits.
Tout au long du tour de quartier de Toutou, de nombreux d'enfants, impliqués depuis la mort de leurs parents dans différents délits, viennent saluer le jeune «parrain».
«Certains vendent de la drogue. Beaucoup ont des pistolets que les gangs leurs donnent», affirme un travailleur social engagé depuis plusieurs années dans le bidonville.
Les Nations unies enquêtent depuis peu sur le cas de ces orphelins. «À ce niveau, on n'a pas d'information», avoue sous couvert de l'anonymat un employé de l'ONU chargé du dossier.
«Il faut aider les enfants à ne pas devenir comme nous, à ne pas devenir des dangers pour la société», plaide «Ea», qui s'est évadé de la prison de Port-au-Prince lors du séisme, comme quelque 4.500 prisonniers.
Bastion de gangs violents, Cité Soleil était quasiment en état de guerre entre 2004 et 2007. L'intervention des troupes de l'ONU et la mise en place d'un programme de désarmement a calmé le quartier. Mais le feu couve toujours.
À l'hôpital de MSF, une augmentation des blessés par balle a été constatée dernièrement. «Mais pas de quoi parler d'une tendance», souligne Karel Janssens, responsable de l'établissement.
Et les chefs de gangs menacent: «Si l'aide n'arrive pas, on va préparer une révolte», déclare Patrick, chef d'un autre groupe. «On va lutter jusqu'au bout si on ne reçoit pas d'argent, s'il n'y a pas de justice», dit Toutou. «On est en prison ici».
Le capital de la Téléco s'ouvre à Viettel
La Compagnie Vietnamienne Viettel vient de procéder à l'acquisition de 60 % des actions de la Téléco. L'accord de partenariat a été paraphé hier jeudi par les responsables de Viettel et la Banque de la République d'Haïti, (BRH), le principal actionnaire de cette entreprise.
La cérémonie s'est déroulée en présence du directeur du Conseil de Modernisation des Entreprises Publiques (CMEP), Yves Bastien qui a estimé que la privatisation de la Téléco était un passage obligé.
Lors de son intervention, le gouverneur de la Banque Centrale, Charles Castel a affirmé que la Téléco était déficitaire, l'état haïtien était obligé de lui attribuer une subvention mensuelle substantielle afin qu'elle puisse fonctionner.
« La Téléco a subi des assauts permanent, son réseau a été saboté à plusieurs reprises, la situation n'était pas tenable », a déclaré Charles de la BRH.
Par ailleurs, monsieur Castel a révélé que l'état haïtien avait déjà débloqué plus de 675 millions de gourdes afin de faciliter le dégraissage de cette compagnie.
De son coté le directeur de la Teleco, Michel Presumé a indiqué que la meilleure façon de sauver cette entreprise c'était de la moderniser.
« La Teleco avait plus de 5 mille employés qui ne faisaient rien, beaucoup d' entre eux passaient plus de temps dans les stations de radio que sur leur lieu de travail. », a-t-il poursuivi.
Pour sa part l'un de des représentants de la compagnie de téléphonie Vietnamienne, M-Nnguyen Khac Chung a annoncé son intention de faire de la Téléco le premier operateur de la région.
Il promet de garder les employés restants, s'ils sont capables de s'adapter aux exigences nouvelles qui s'imposent, actuellement, dans le secteur de la Télécommunication, à travers le monde.
Monsieur Khac Chung a fait remarquer que la compagnie qu'il dirige avait déjà fait ses preuves dans plusieurs autres pays, notamment au Cambodge et au Laos.
La Téléco fonctionnera désormais sous le nom de Natcom, une nouvelle société dans laquelle l'état haïtien détient 40% des actions.
EJ/Radio Métropole Haïti
La cérémonie s'est déroulée en présence du directeur du Conseil de Modernisation des Entreprises Publiques (CMEP), Yves Bastien qui a estimé que la privatisation de la Téléco était un passage obligé.
Lors de son intervention, le gouverneur de la Banque Centrale, Charles Castel a affirmé que la Téléco était déficitaire, l'état haïtien était obligé de lui attribuer une subvention mensuelle substantielle afin qu'elle puisse fonctionner.
« La Téléco a subi des assauts permanent, son réseau a été saboté à plusieurs reprises, la situation n'était pas tenable », a déclaré Charles de la BRH.
Par ailleurs, monsieur Castel a révélé que l'état haïtien avait déjà débloqué plus de 675 millions de gourdes afin de faciliter le dégraissage de cette compagnie.
De son coté le directeur de la Teleco, Michel Presumé a indiqué que la meilleure façon de sauver cette entreprise c'était de la moderniser.
« La Teleco avait plus de 5 mille employés qui ne faisaient rien, beaucoup d' entre eux passaient plus de temps dans les stations de radio que sur leur lieu de travail. », a-t-il poursuivi.
Pour sa part l'un de des représentants de la compagnie de téléphonie Vietnamienne, M-Nnguyen Khac Chung a annoncé son intention de faire de la Téléco le premier operateur de la région.
Il promet de garder les employés restants, s'ils sont capables de s'adapter aux exigences nouvelles qui s'imposent, actuellement, dans le secteur de la Télécommunication, à travers le monde.
Monsieur Khac Chung a fait remarquer que la compagnie qu'il dirige avait déjà fait ses preuves dans plusieurs autres pays, notamment au Cambodge et au Laos.
La Téléco fonctionnera désormais sous le nom de Natcom, une nouvelle société dans laquelle l'état haïtien détient 40% des actions.
EJ/Radio Métropole Haïti
Un projet de loi sur la paternité suscite des controverses
La proposition de loi soumise au parlement par l'ancienne ministre à la condition féminine et aux droits des femmes, Marie Laurence, Jocelyn Lassègue ne fait pas l'unanimité au sein de la société haïtienne. Invité à l'espace le point sur Radio Métropole, le responsable de la commission épiscopale pour la famille au sein de l'église catholique, Jean Marie Caidor a affiché clairement son opposition à ce projet de loi qu'il qualifie d'amoral.
Les solutions proposées dans cette loi ne vont pas résoudre le problème mais bien au contraire l'aggraver en déstructurant la famille, cellule de base de la société, poursuit, monsieur Caidor.
Alors que, dans ce même espace, l'actuelle ministre à la condition féminine et aux droits des femmes, Marjorie Michel estime que ce projet de loi sur la paternité responsable vise a corriger certaines dérives en Haïti.
La loi sur la paternité responsable, permettra aux enfants de jouir, tous leurs droits qu'ils soient légitimes ou naturels.
La présidente de la commission des affaires sociales à la chambre basse, Gérandalle Thélusma a abondé dans le même sens que la ministre à la Condition féminine, elle estime que les enfants nés en dehors du mariage ne doivent pas être victimes d'une situation dont ils ne sont pas responsables.
Elle se dit confiante quant à l'adoption de cette loi par ses collègues de la chambre des députés.
Par ailleurs Madame Thelusma a révelé que 65% des enfants haïtiens naissent en dehors du mariage et bon nombre d'entre eux sont issus d'une relation d'adultère.
Rappelons que ce projet de loi, qui est actuellement en attente d'approbation à la chambre des députés a plusieurs objectifs, dont celui de contraindre la mère ou le père insouciant à assumer ses responsabilités et remplir ses devoirs envers son enfant.
EJ/Radio Métropole Haïti
Les solutions proposées dans cette loi ne vont pas résoudre le problème mais bien au contraire l'aggraver en déstructurant la famille, cellule de base de la société, poursuit, monsieur Caidor.
Alors que, dans ce même espace, l'actuelle ministre à la condition féminine et aux droits des femmes, Marjorie Michel estime que ce projet de loi sur la paternité responsable vise a corriger certaines dérives en Haïti.
La loi sur la paternité responsable, permettra aux enfants de jouir, tous leurs droits qu'ils soient légitimes ou naturels.
La présidente de la commission des affaires sociales à la chambre basse, Gérandalle Thélusma a abondé dans le même sens que la ministre à la Condition féminine, elle estime que les enfants nés en dehors du mariage ne doivent pas être victimes d'une situation dont ils ne sont pas responsables.
Elle se dit confiante quant à l'adoption de cette loi par ses collègues de la chambre des députés.
Par ailleurs Madame Thelusma a révelé que 65% des enfants haïtiens naissent en dehors du mariage et bon nombre d'entre eux sont issus d'une relation d'adultère.
Rappelons que ce projet de loi, qui est actuellement en attente d'approbation à la chambre des députés a plusieurs objectifs, dont celui de contraindre la mère ou le père insouciant à assumer ses responsabilités et remplir ses devoirs envers son enfant.
EJ/Radio Métropole Haïti
Haïti-Reconstruction : L'expert indépendant Michel Forst est inquiet et confiant
L'expert indépendant des droits humains de l'ONU, Michel Forst, a bouclé hier jeudi sa 5 eme mission en Haïti. Au cours de son séjour, M. Forst a eu des entretiens avec le chef de l'Etat haïtien, des membres du gouvernement, des responsables de la Minustah et des représentants des secteurs de la société. Michel Forst invite les autorités haïtiennes à privilégier l'approche par les droits dans le processus de reconstruction. " On peut faire l'assainissement et l'adduction d'eau autrement en prenant en compte l'accès aux droits", soutient M. Forst pour qui cette approche n'est pas encore intégrée au programme. Il faut qu'on s'interroge sur la finalité de la reconstruction qui doit satisfaire les besoins de la population explique t-il.
L'expert de l'ONU a attiré l'attention sur les droits des déplacés. M. Forst qui a visité plusieurs centres d'hébergement note que les standards ne sont pas respectés dans certaines villes de province dont Jacmel, Léogane et Gressier.
Il a également formulé des recommandations pour qu'une protection spéciale soit accordée aux personnes vulnérables dont les femmes, les enfants et les handicapés.
Au cours d'un point de presse avant son départ, Michel Forst a appelé les bailleurs de fonds à accorder des dons et non des prêts pour le programme de reconstruction. Les dettes contractées par l'Etat doivent être annulées insiste t-il.
M. Forst estime que la reconstruction tout en s'exerçant sous le leadership des haïtiens doit prendre en compte les besoins de la population et non être entreprise suivant un modèle venant de l'étranger. L'expert indépendant se dit inquiet mais confiant dans la capacité des haïtiens à construire le pays de leur rêve.
LLM / Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17660
L'expert de l'ONU a attiré l'attention sur les droits des déplacés. M. Forst qui a visité plusieurs centres d'hébergement note que les standards ne sont pas respectés dans certaines villes de province dont Jacmel, Léogane et Gressier.
Il a également formulé des recommandations pour qu'une protection spéciale soit accordée aux personnes vulnérables dont les femmes, les enfants et les handicapés.
Au cours d'un point de presse avant son départ, Michel Forst a appelé les bailleurs de fonds à accorder des dons et non des prêts pour le programme de reconstruction. Les dettes contractées par l'Etat doivent être annulées insiste t-il.
M. Forst estime que la reconstruction tout en s'exerçant sous le leadership des haïtiens doit prendre en compte les besoins de la population et non être entreprise suivant un modèle venant de l'étranger. L'expert indépendant se dit inquiet mais confiant dans la capacité des haïtiens à construire le pays de leur rêve.
LLM / Radio Métropole Haïti
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Des leaders politiques désapprouvent toute tentative de formation d'une assemblée constituante
A deux semaines du départ des membres de la 48 eme législature, des acteurs politiques mettent en garde contre toute tentative de formation d'une assemblée constituante. Le président de la chambre basse Levaillant Louis Jeune (Inite) s'était dit favorable à cette option arguant qu'elle permettrait d'apporter des correctifs indispensables à la constitution de 1987.
De son coté, le Premier Ministre Jean Max Bellerive n'avait pas écarté cette option. Toutefois il avait estimé nécessaire que cette décision soit le résultat d'un consensus.
Les chefs de file des regroupements politiques, Alternative, Liberasyon, Rasanblé et Ucadde dénoncent ce "projet anti démocratique "du président Préval. Les leaders de l'opposition veulent faire échec au " plan macabre" du chef de l'Etat qui selon eux veut imiter la stratégie de François Duvalier.
L'un des dirigeants de l'Alternative, Victor Benoît, rappelle que François Duvalier avait utilisé cette formule pour se forger une constitution en 1964 et se maintenir au pouvoir.
Serge Jean Louis, président de Liberasyon assure que la lutte vise à empêcher le rejet de la procédure tracée par la constitution. Il estime que René Préval fait peu de cas de la loi mère et veut diriger le pays à sa guise.
Victor Benoît, Serge Jean Louis et les autres leaders exigent le respect de la procédure d'amendement enclenchée en Mars 2009. La 49 eme législature aura à statuer sur le projet d'amendement expliquent –ils.
LLM / Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17659
De son coté, le Premier Ministre Jean Max Bellerive n'avait pas écarté cette option. Toutefois il avait estimé nécessaire que cette décision soit le résultat d'un consensus.
Les chefs de file des regroupements politiques, Alternative, Liberasyon, Rasanblé et Ucadde dénoncent ce "projet anti démocratique "du président Préval. Les leaders de l'opposition veulent faire échec au " plan macabre" du chef de l'Etat qui selon eux veut imiter la stratégie de François Duvalier.
L'un des dirigeants de l'Alternative, Victor Benoît, rappelle que François Duvalier avait utilisé cette formule pour se forger une constitution en 1964 et se maintenir au pouvoir.
Serge Jean Louis, président de Liberasyon assure que la lutte vise à empêcher le rejet de la procédure tracée par la constitution. Il estime que René Préval fait peu de cas de la loi mère et veut diriger le pays à sa guise.
Victor Benoît, Serge Jean Louis et les autres leaders exigent le respect de la procédure d'amendement enclenchée en Mars 2009. La 49 eme législature aura à statuer sur le projet d'amendement expliquent –ils.
LLM / Radio Métropole Haïti
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Nouvelle manifestation à Saint Marc et Miragoane contre la loi d'urgence
Pour la troisième semaine consécutive les opposants au gouvernement ont organisé une manifestation à Miragoane contre la loi d'urgence. Plus de 500 personnes avaient pris part à cette manifestation réalisée par plusieurs organisations populaires dont Kore Nip et Kadnip. Outre le retrait de la loi d'urgence les manifestants ont exprimé leur opposition à toute tentative visant la formation d'une assemblée constituante. La marche s'est déroulée dans le calme avec la présence des forces de l'ordre. Un des organisateurs de la marche a soutenu que la décentralisation doit être le principal outil pour la reconstruction du pays.
Cet argument a été repris à quelques centaines de kilomètres plus loin, à Saint Marc par d'autres protestataires. Les opposants au gouvernement avaient organisé hier un sit-in devant le local de la Vice délégation de Saint Marc.
Les manifestants ont réclamé le départ des conseillers électoraux comme préalable au lancement du processus électoral.
Le chef de l'Etat et les parlementaires de la majorité sont dans le collimateur des protestataires. Ils dénoncent la loi d'urgence comme un complot visant à favoriser un enrichissement illicite des proches du pouvoir.
Ces dernières semaines des manifestations ont eu lieu à Miragoane, Léogane, Hinche, Cayes, Saint Marc, Gonaïves et Cap Haïtien. Des dizaines de militants des partis de l'opposition ne cessent de réclamer le départ du président Préval et le retrait de la loi d'urgence jugée inconstitutionnelle.
Evans Paul, l'un des chefs de file de l'Alternative, est le principal promoteur du mouvement de protestation réclamant le départ du chef de l'Etat. D'autres leaders de l'opposition ont ces dernières semaines pris leur distance vis-à-vis de cette démarche, exprimant leur volonté de participer aux prochaines joutes.
LLM / Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17658
Cet argument a été repris à quelques centaines de kilomètres plus loin, à Saint Marc par d'autres protestataires. Les opposants au gouvernement avaient organisé hier un sit-in devant le local de la Vice délégation de Saint Marc.
Les manifestants ont réclamé le départ des conseillers électoraux comme préalable au lancement du processus électoral.
Le chef de l'Etat et les parlementaires de la majorité sont dans le collimateur des protestataires. Ils dénoncent la loi d'urgence comme un complot visant à favoriser un enrichissement illicite des proches du pouvoir.
Ces dernières semaines des manifestations ont eu lieu à Miragoane, Léogane, Hinche, Cayes, Saint Marc, Gonaïves et Cap Haïtien. Des dizaines de militants des partis de l'opposition ne cessent de réclamer le départ du président Préval et le retrait de la loi d'urgence jugée inconstitutionnelle.
Evans Paul, l'un des chefs de file de l'Alternative, est le principal promoteur du mouvement de protestation réclamant le départ du chef de l'Etat. D'autres leaders de l'opposition ont ces dernières semaines pris leur distance vis-à-vis de cette démarche, exprimant leur volonté de participer aux prochaines joutes.
LLM / Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17658
La conférence internationale du GRAHN se tient les 20 et 21 mai prochain à Montréal
Suite au colloque « Reconstruire Haïti-Horizon 2030 » qui a accueilli plus de 600 personnes à l'École de Polytechnique de Montréal les 4 et 5 mars derniers, le Groupe de réflexion et d'action pour une Haïti nouvelle (GRAHN) a convenu de la tenue d'une conférence internationale les 20 et 21 mai prochains à l'École Polytechnique de Montréal. À l'occasion de cet événement, les différents comités thématiques du GRAHN présenteront aux participants les résultats de leur réflexion, notamment :
• leur vision stratégique sectorielle de la reconstruction d'Haïti sur un horizon temporel de 20 ans;
• les objectifs à court, moyen et long terme par secteur;
• leurs propositions concrètes en lien avec ces objectifs;
• les projets structurants qui seront promus et/ou réalisés en concertation avec les instances concernées.
La conférence comprendra :
• 1 séance d'ouverture;
• 1 panel sur les aspects techniques de la reconstruction;
• 9 synthèses thématiques assorties de propositions pour la reconstruction;
• 1 exposé de projets structurants pour la reconstruction;
• 1 présentation de l'organisation GRAHN-Monde;
• 1 présentation portant sur l'intégration de la diaspora à la vie nationale;
• 1 séance de clôture.
Les inscriptions sont désormais ouvertes sur le site www.haiti-grahn.org.
N.B : les places sont limitées à 300 personnes. Pour toutes informations supplémentaires :
http://www.haiti-grahn.org/ Contacts : Rodrigue Baugé, Responsable du Comité de promotion, rodrigue.baug@sympatico.ca Nancy Roc, Responsable de la promotion auprès des médias hors-Québec, rocprodz@yahoo.fr Renseignements : Andrée Peltier 514.846.0003 apeltier@ca.inter.net
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17657
• leur vision stratégique sectorielle de la reconstruction d'Haïti sur un horizon temporel de 20 ans;
• les objectifs à court, moyen et long terme par secteur;
• leurs propositions concrètes en lien avec ces objectifs;
• les projets structurants qui seront promus et/ou réalisés en concertation avec les instances concernées.
La conférence comprendra :
• 1 séance d'ouverture;
• 1 panel sur les aspects techniques de la reconstruction;
• 9 synthèses thématiques assorties de propositions pour la reconstruction;
• 1 exposé de projets structurants pour la reconstruction;
• 1 présentation de l'organisation GRAHN-Monde;
• 1 présentation portant sur l'intégration de la diaspora à la vie nationale;
• 1 séance de clôture.
Les inscriptions sont désormais ouvertes sur le site www.haiti-grahn.org.
N.B : les places sont limitées à 300 personnes. Pour toutes informations supplémentaires :
http://www.haiti-grahn.org/ Contacts : Rodrigue Baugé, Responsable du Comité de promotion, rodrigue.baug@sympatico.ca Nancy Roc, Responsable de la promotion auprès des médias hors-Québec, rocprodz@yahoo.fr Renseignements : Andrée Peltier 514.846.0003 apeltier@ca.inter.net
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