P-au-P, 2 août 2013 [AlterPresse] --- L’enquête de la chambre des députés devant éclaircir les circonstances de la mort suspecte du juge Jean Serge Joseph est dans l’impasse faute de pouvoir auditionner le premier ministre, son chauffeur, ses agents de sécurité ainsi que ceux du président Martelly en service le 11 juillet 2013, affirme le député Sadrac Dieudonné, membre de la commission.
Le 11 juillet est la date à laquelle se serait tenue une réunion survoltée entre le juge défunt, Martelly et Lamothe entre autres, selon plusieurs témoignages.
Le juge Joseph aurait alors subi des pressions qui pourraient être à l’origine de sa mort subite le 13 juillet.
Ce juge, citoyen canadien d’origine haïtienne, était en charge du dossier d’accusation de corruption et d’usurpation de fonction contre l’épouse du chef de l’Etat, Sophia Martelly, et son fils Olivier Martelly.
Le 2 juillet 2012, il avait fait injonction au président de la République d’autoriser plusieurs grands fonctionnaires de l’Etat dont le premier ministre Laurent Lamothe à comparaitre à titre de témoins.
« Sur les 15 lettres que nous avons soumises au président Tholbert Alexis, il en a signé 13, le 24 juillet [2013]. Celles adressées à la présidence et à la primature via leur secrétariat général n’ont pas reçu sa signature prétextant qu’il aura le temps. Et voilà qu’il n’est même pas en Haïti.
L’enquête est bloquée », regrette le parlementaire Dieudonné dans une interview téléphonique accordée à AlterPresse.
Le député de la circonscription des Gonaïves estime qu’on ne peut pas parler de mauvaise fois du premier ministre ou du président de la République puisqu’ils n’ont pas encore reçu de lettre les invitant à mettre leurs employés à la disposition de la commission d’enquête.
Affirmant une « volonté » du député Alexis « de bloquer l’enquête », Dieudonné avertit qu’avec lui, la « démagogie » tramée par le bureau de la chambre en montant cette commission « n’atterrira pas ».
A la fin de la semaine dernière [du 21 au 27 juillet 2013], la commission parlementaire a reçu une correspondance du ministre de la justice, Jean Renel Sanon et du conseiller juridique du premier ministre, Louis Gary Lissade, informant de leur indisponibilité, poursuit-il.
« C’est carrément une fin de non-recevoir de la part de Me Lissade qui n’a même pas daigné mentionner sa disponibilité. Le ministre de la justice, pour sa part nous a laissé la possibilité de choisir une autre date. Ce qu’on comprend. Mais l’absence du président du bureau pour parapher la correspondance bloque encore une fois l’enquête », renchérit Dieudonné.
Le député Tholbert Alexis se trouverait à l’étranger pour le moment. AlterPresse a tenté de le contacter sans succès.
Quatre enquêtes tentent de faire la lumière sur la disparition du juge Joseph. [efd kft apr 2/08/2013 14 :35]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article14959#.Ufzjl9L0EbA
Une fenêtre ouverte sur Haïti, le pays qui défie le monde et ses valeurs, anti-nation qui fait de la résistance et pousse les limites de la résilience. Nous incitons au débat conceptualisant Haïti dans une conjoncture mondiale difficile. Haïti, le défi, existe encore malgré tout : choléra, leaders incapables et malhonnêtes, territoires perdus gangstérisés . Pour bien agir il faut mieux comprendre: "Que tout ce qui s'écrit poursuive son chemin, va , va là ou le vent te pousse (Dr Jolivert)
samedi 3 août 2013
Agence QMI |
01/08/2013
Véronique
HarveyImmersion à Port-au-Prince
PORT-AU-PRINCE, Haïti - Plus de trois ans après le séisme qui a
ravagé Haïti, en janvier 2010, le pays est enfin prêt à réintégrer le
tourisme... mais pas à n'importe quel prix.
Depuis
le début de 2013, Vacances Transat offre des forfaits pour la «Perle des
Antilles» dans le but de relancer l'économie et de stimuler l'emploi dans le
secteur du tourisme, qui a d'ailleurs été jugé comme prioritaire pour la
relance du pays.
Ainsi,
le voyagiste propose aux touristes de découvrir les décors pittoresques et les
sites historiques de ce pays avec des forfaits mi-découverte, mi-farniente,
soit deux jours dans l'effervescence de Port-au-Prince et cinq jours de détente
sur la Côte des
Arcadins.
Après
seulement quelques mois d'activité, les forfaits offerts ne sont certes pas
parfaits, mais offrent tout de même une expérience unique aux voyageurs en
quête de découverte.
Oubliez
les stations balnéaires typiques des forfaits «tout inclus» proposés par les
différentes destinations soleil.
En
Haïti, l'exploration et le défrichage sont à l'honneur, puisque l'on tente
d'enrichir au maximum les communautés locales avec les profits touristiques. Il
faut ainsi avoir l'esprit ouvert... et des yeux tout le tour de la tête!
Dès votre arrivée à Port-au-Prince, la capitale d'Haïti, vous
êtes littéralement immergé dans la culture haïtienne, qui regorge de vie et de
couleur. Mais la pauvreté et la misère sont toujours présentes.
Toutefois, contrairement à l'image misérabiliste projetée par
les médias du monde entier, Haïti n'est pas en si mauvais état. D'ailleurs, la
perspective de voir des touristes profiter de leur beau pays en tant que
simples visiteurs et non en «apprentis sauveurs» semble enchanter les Haïtiens.
Il
s'agit en fait d'un véritable retour aux sources pour ces derniers, car il fut
un temps où la «Perle des Antilles» était considérée comme une destination
tropicale prisée, au même titre que la République dominicaine, Cuba et le Mexique.
Durant
ces deux jours passés à Port-au-Prince, les vacanciers ont la chance de
découvrir la beauté des paysages et de s'immiscer au coeur de l'action avec des
visites de musées, de marchés et de villages typiques, comme celui de
Nouailles, où des artisans convertissent le métal recyclé en oeuvres d'art.
Sur
le chemin du retour, les touristes ont également la chance de visiter la
fabrique de rhum Barbancourt, qui, à en croire ses nombreuses distinctions lors
de la compétition International Wine and Spirit, produit l'une des meilleures liqueurs
du monde.
DÉCOUVRIR LA «PERLE DES ANTILLES» : HAÏTI CHÉRIE…Plage de rêve
Agence QMI |
01/08/2013
Véronique
HarveyVie nocturne
À la suite de ces deux journées de découverte, il est maintenant
temps d'oublier tous ses soucis et de profiter pleinement des magnifiques
plages de la Côte
des Arcadins, qui n'a d'ailleurs rien à envier aux stations balnéaires les plus
prisées de ce monde. Des six hôtels qui longent la côte, le 24
Heures a eu la chance
d'en visiter trois.
-Le
Wahoo Bay est le plus petit hôtel de la côte avec sa vingtaine de chambres
coquettes et semble tout indiqué pour ceux qui recherchent une ambiance
festive. D'ailleurs, les dimanches après-midi y sont particulièrement
mouvementés.
-L'hôtel
Moulin-sur-Mer semble être l'endroit par excellence pour les vacanciers en
quête de tranquillité. Le site est luxuriant, le personnel est discret et la
plage est tout simplement magnifique.
-Le
Club Indigo est situé sur l'ancien site du Club Med et se positionne comme la
destination de rêve pour les petites familles. Avec son immense plage de sable
blanc et ses installations pour les touts petits, cet hôtel est définitivement
le plus imposant de la côte.
Durant
ces cinq jours de farniente, les vacanciers peuvent demeurer sur le site de
leur hôtel respectif et se prélasser sur la plage ou en profiter pour s'offrir
des excursions personnalisées, offertes par une toute nouvelle agence de voyages
gérée par deux Français d'origine : Touris Lakay. Celle-ci propose des visites
de sites culturels, naturels et historiques selon vos désirs et vos moyens.
De toutes les activités proposées par le forfait Transat, la
soirée Découverte de la vie nocturne se positionne définitivement comme un
incontournable. Après un arrêt à La réserve, un petit bar où règne une ambiance
saxo tropicale, les vacanciers se déplacent au cœur du Quartier latin pour
danser sur des rythmes latins, interprétés par un orchestre haitiano-cubain.
Ces deux arrêts servent principalement à mettre la table pour la destination
finale : l'hôtel Oloffson, où l'orchestre RAM fait résonner sa musique racine,
aussi connue sous le terme vaudou rock, toute la nuit durant. Préparez-vous à
danser!
DÉCOUVRIR LA «PERLE DES ANTILLES» : HAÏTI CHÉRIE…Évitez les tracas
Agence QMI |
01/08/2013
Véronique Harvey
Relance en cours
De notre point de vue, le plus grand problème en Haïti, comme
dans la plupart des pays en voie de développement, se situe dans
l'organisation. Le pays est à ce point désorganisé que le trafic est
omniprésent du matin au soir, en raison du manque de signalisation routière,
que les déchets inondent les rues et qu'un simple arrêt à l'aéroport Toussaint
Louverture est une véritable «expérience» en soi.
Mais,
en adhérant aux forfaits offerts par Vacances Transat, heureusement, toutes ces
péripéties ne sont que passagères. Ainsi, pour un voyage sans tracas, nous
conseillons de faire confiance à Transat et d'éviter de vous aventurer en Haïti
par vous-mêmes.
En résumé, Haïti est en pleine période de relance et
sollicite l'appui des touristes étrangers pour assurer son retour, à commencer
par la diaspora haïtienne, qui totalise près de quatre millions de personnes à
travers le monde, dont près de 90 000 établies à Montréal.
La ministre du Tourisme en Haïti, Stéphanie Balmir Villedrouin,
travaille d'ailleurs d'arrache-pied pour changer l'image du pays et attirer la
diaspora de la première et de la deuxième génération, qui n'ont encore jamais
visité «leur pays».
Mme
Balmir Villedrouin travaille également de pair avec le gouvernement pour
renforcer la sécurité dans le pays en implantant, entre autres, une toute
nouvelle police touristique.
Le
plan de relance du pays prévoit aussi développer le secteur touristique et
encourager les Haïtiens à s'investir davantage dans cette industrie en
améliorant la formation de l'école hôtelière de Port-au-Prince et en ouvrant
sous peu une toute nouvelle école spécialisée dans le tourisme.
Ainsi,
avec l'appui de tout un chacun, la «Perle des Antilles» devrait retrouver sa
brillance d'antan d'ici peu.
Haïti-Politique : Le Rdnp réagit aux piques de Martelly concernant un « coup d’Etat »
P-au-P, 1er
août 2013 [AlterPresse] --- Le parti Rassemblement des démocrates nationaux
progressistes (Rdnp) « n’a jamais prôné, et ne prône pas de coup
d’État ».
Le Rdnp, dirigé par Mirlande Manigat, adversaire du président Michel Martelly lors de la présidentielle de2010, a
réagi, dans une note le mercredi 31 juillet, aux propos du président Michel
Martelly en marge du dernier jour des festivités carnavalesques (30 juillet) et
rapportés par le journal Nouvelliste.
Le président a laissé entendre qu’une « dame » serait « à la tête d’[un] groupe qui veut fomenter un coup d’État ».
« Elle exagère (…) Une dame qui a déjà pris un coup d’État, elle devrait être la première personne à faire des plaidoiries contre le coup d’État qui n’est pas dans le système démocratique », a poursuivi le chef de l’Etat selon le journal.
Martelly n’a toutefois pas cité le nom de sa rivale aux élections présidentielles.
Mais celle-ci a été immédiatement concernée par le putsch du haut commandement des Forces armées d’Haïti en 1988, contre son époux Lesly François Manigat, le président d’alors.
Lesly Manigat n’avait passé que trois mois au pouvoir.
Dans sa note du 31 juillet le parti de Mirlande Manigat sort de ses gonds.
Le Rdnp « n’a jamais été associé ni en 1991 ni en 2004 (…) à ceux qui faisaient du coup d’État la seule réponse aux crises politiques », écrit le parti dans sa note.
Une référence à peine voilée au fait que Michel Martelly a des liens avec les militaires ayant renversé par les armes du président Jean Bertrand Aristide en 1991 et soutenu des actions, dont des manifestations, qui ont conduit au départ forcé en exil d’Aristide en 2004.
Le Rdnp considère cette déclaration de Michel Martelly comme une diversion pour détourner l’attention de la population des préoccupations du moment, telles, la mort subite du juge Jean Serge Joseph, le chômage et la paupérisation des classes moyennes.
L’actuel mot d’ordre du secrétariat général du parti Rdnp aux adhérents c’est le « calme » et une « mobilisation » alliée à de la « vigilance » pour « de vraies élections » d’ici la fin de l’année en cours.
Le projet de loi électorale préparé par le Collège transitoire du conseil électoral permanent (Ctcep) attend depuis déjà un mois au niveau du cabinet de la présidence.
Martelly a répété à plusieurs reprises que son équipe prendra le temps qu’il faut pour analyser le projet de loi électorale, tout en proposant à plusieurs reprises de se contenter de la loi électorale de 2008.
Une attitude qui inquiète des secteurs politiques mais aussi ceux de la société civile haïtienne, craignant une stratégie du président pour ne pas organiser les élections. [srh kft gp apr 01/08/2013 13 :30
Le Rdnp, dirigé par Mirlande Manigat, adversaire du président Michel Martelly lors de la présidentielle de
Le président a laissé entendre qu’une « dame » serait « à la tête d’[un] groupe qui veut fomenter un coup d’État ».
« Elle exagère (…) Une dame qui a déjà pris un coup d’État, elle devrait être la première personne à faire des plaidoiries contre le coup d’État qui n’est pas dans le système démocratique », a poursuivi le chef de l’Etat selon le journal.
Martelly n’a toutefois pas cité le nom de sa rivale aux élections présidentielles.
Mais celle-ci a été immédiatement concernée par le putsch du haut commandement des Forces armées d’Haïti en 1988, contre son époux Lesly François Manigat, le président d’alors.
Lesly Manigat n’avait passé que trois mois au pouvoir.
Dans sa note du 31 juillet le parti de Mirlande Manigat sort de ses gonds.
Le Rdnp « n’a jamais été associé ni en 1991 ni en 2004 (…) à ceux qui faisaient du coup d’État la seule réponse aux crises politiques », écrit le parti dans sa note.
Une référence à peine voilée au fait que Michel Martelly a des liens avec les militaires ayant renversé par les armes du président Jean Bertrand Aristide en 1991 et soutenu des actions, dont des manifestations, qui ont conduit au départ forcé en exil d’Aristide en 2004.
Le Rdnp considère cette déclaration de Michel Martelly comme une diversion pour détourner l’attention de la population des préoccupations du moment, telles, la mort subite du juge Jean Serge Joseph, le chômage et la paupérisation des classes moyennes.
L’actuel mot d’ordre du secrétariat général du parti Rdnp aux adhérents c’est le « calme » et une « mobilisation » alliée à de la « vigilance » pour « de vraies élections » d’ici la fin de l’année en cours.
Le projet de loi électorale préparé par le Collège transitoire du conseil électoral permanent (Ctcep) attend depuis déjà un mois au niveau du cabinet de la présidence.
Martelly a répété à plusieurs reprises que son équipe prendra le temps qu’il faut pour analyser le projet de loi électorale, tout en proposant à plusieurs reprises de se contenter de la loi électorale de 2008.
Une attitude qui inquiète des secteurs politiques mais aussi ceux de la société civile haïtienne, craignant une stratégie du président pour ne pas organiser les élections. [srh kft gp apr 01/08/2013 13 :30
Haïti-Affaire Jean Serge Joseph : Le rapport du Senat est prêt
Martelly et Lamothe à couteaux tirés, selon le sénateur Moise
P-au-P, 1er août 2013 [AlterPresse] --- Le rapport d’enquête du sénat sur la mort subite du juge Jean Serge Joseph est prêt et sera présenté à l’assemblé le mardi 6 août prochain, apprend AlterPresse de source parlementaire.La commission sénatoriale avait prévu de présenter son rapport après le carnaval des fleurs (28, 29 et 30 juillet).
En revanche, du côté de la commission de la chambre basse aucune date n’est avancée. Le travail des députés serait entravé par des divergences entre le groupe Parlementaire pour la stabilité et le progrès (Psp), qui soutient le pouvoir, et le groupe Parlementaire pour le renforcement institutionnel (Pri).
Le décès soudain du juge Jean Serge Joseph qui enquêtait sur un dossier de corruption mettant en cause l’épouse et le fils ainé du président Martelly fait l’objet de quatre enquêtes dont une lancée au Canada où le corps du magistrat a été transporté par sa famille.
Soulevant de graves suspicions sur le président et son premier ministre, cette affaire connait d’étonnants rebondissements. Le dernier est provoqué par le sénateur Jean Charles Moise, opposant au pouvoir en place.
Dans une déclaration faite sur la radio privée Vision 2000, il réitère la thèse d’un empoisonnement contre le juge Joseph. Selon lui, Martelly aurait accusé Lamothe de lui avoir conseillé un tel acte pour se débarrasser du juge instructeur.
« Le président Michel Martelly ainsi que le premier ministre Laurent Lamothe sont en parfait désaccord autour de la mort du juge Jean Serge Joseph », indique le sénateur du Nord.
« Non seulement Martelly a des problèmes avec Laurent Lamothe, mais la famille du président aussi a des difficultés avec le premier ministre. Ces deux hommes sont des malins, tôt ou tard la population saura la vérité autour de ce dossier, parce que l’un accuse l’autre », ajoute-t-il.
Une déclaration qui intervient alors que plusieurs tags hostiles à Lamothe sont remarqués sur les murs de la capitale, notamment à Peguy-Ville (périphérie est), quartier de résidence du chef de l’Etat.
Accordant une certaine crédibilité aux membres de la commission sénatoriale, le sénateur Jean Charles Moise assure que « si l’on rate Martelly dans la chambre basse, il ne s’en sortira pas à la chambre haute ».
Si les suspicions contre Martelly s’avéraient fondées, il risquerait, suivant le rapport des forces, une mise en accusation du parlement, ce qu’ont déjà menacé certains parlementaires. Une mise en accusation qui pourrait aboutir à sa destitution. [jep kft gp apr 1/08/2013 15 :40]
HAITIANOS EN ARGENTINA
"Haití querida, no hay un país mejor que tú, tenía que dejarte para comprender tu valor, tenía que echarte de menos para poder apreciarte. Para sentir realmente qué significas para mí". Así dicen las letras en francés de una canción que los haitianos en Posadas la repiten como una plegaria cada vez que se reúnen para celebrar el aniversario de ese país caribeño.
La enciclopedia de la web informa que es un país de las Antillas, situado en la parte occidental de la isla La Española y que limita al Norte con el océano Atlántico, al Sur y Oeste con el mar Caribe o de las Antillas y al Este con la República Dominicana.
Pero es mucho más que eso, para los chicos que salieron un día de esas tierras para buscar un mejor futuro, de acuerdo con sus expectativas. Y fue así que algunos de ellos tomaron un avión y en sus mochilas, además de cargar sus ropas y otros objetos personales, le sumaron sus sueños y esperanzas. La aeronave no sintió ese peso de más pero el contingente sabía que tenían mucho más valor que el equipaje trasladado.
El trabajo documental comienza con la bella Isabela Moise cantando aquella canción, mientras espera a otros compatriotas elaborando una comida típica del país caribeño. Es 1ro de enero y van a celebrar la declaración de la independencia de la isla de un país europeo, Francia. (de 1804, varios años antes de la Revolución de Mayo argentina).
"No podemos dejar que nuestro país muera", le insta a sus compañeros de ruta, al recordarle que ya está casi lista la casa, con sólo detalles para la decoración que se merece una fiesta patria.
Perseguir los sueños
Isabela Moise hace más de 5 años que está en Argentina. El año pasado se recibió de enfermera profesional y trabaja en el Hospital Materno Neo Natal de Posadas.
"El cuadro que yo tenía pintado de esto era diferente, no solo yo sino de todo el grupo, éramos 30 chicos pero luchamos y seguimos. Hemos logrado el objetivo que era venir a estudiar", comenta en la entrevista realizada por el equipo universitario de la Unam.
Pero explica que no viajaron porque querían vivir alguna aventura tipo cinematográfica sino por necesidad. "La educación tiene mucho valor para nosotros porque desde chicos nuestros padres, nos dicen que lo mejor que nos pueden dejar es el saber, que te hace otra persona. Y eso lo tenemos bien grabado, no tiene precio".
En tanto, otro joven haitiano, Jonas Dumas, comenta que su país es muy valiente, con una cultura caliente, comida picante, muchos colores. "Es un lindo pueblo", expresa no sin un dejo de nostalgia.
Según recuerda, la educación superior allá es muy excluyente, con una sola Universidad pública que tiene cupos. Entonces, si la familia puede ayudar económicamente lo mejor es ir a otro país a estudiar porque las universidades privadas son muy caras.
"Cuando tuve la oportunidad de viajar lo hice, nunca me imaginé estar en Argentina, surgió como de casualidad", asevera como sincerándose.
Luego agrega que cuando llegó tuvo que empezar a leer muchos documentos en castellano, mirar mucha televisión y relacionarse con la gente del lugar.
Para él, todo es sorpresa. Tanto la naturaleza como la cuestión cultural y social. "Un haitiano no construye una amistad en poco tiempo, lleva meses. Invitarlo a su casa no es tan fácil. Acá me sorprendió la rapidez con que la gente te invitaba a cenar con su familia", sostiene aún maravillado por la calidez humana que encontró sin mucha dificultad.
Hacia un país racista?
En cambio, Wilky Desrosin tuvo muchas dudas al parecer antes de emprender el viaje a hacia el Sur del continente. Y todo por los pre conceptos que a diario le advertían sobre la idiosincracia argenta, de fama mundial.
"Imaginaba otra cosa, imaginaba que eran todos blancos, 90 por ciento racista como se ve desde afuera pero cuando llegué, empecé a convivir con la gente y vi que no era cierto. Al principio para mi era muy difícil, por el idioma", cuenta el joven.
Incluso recordó que a su llegada desde que se subió por primera vez a un colectivo ya estaba sorprendido. "Tomaban mate, se pasaban de uno a otro y le decía a mi primo ´mirá,esta gente se está drogando´. Luego me dijeron que era una costumbre. Cuando lo tomé por primera vez me quemé, también mi primo", dice y se ríe recordando la anécdota.
Por su parte, Dimitry Dorcely no había tanta diferencia entre lo que le decían en Haití y lo que encontró acá. Y así lo manifiesta: "Para mi era como la gente comentaba, cuando veñía tele y fútbol, siempre hablaban de esas cosas".
Sin embargo, a Marc Gamael la cosa pintaba fea. Y no era para menos, ya en el Aeropuerto haitiano, antes de venir, le decían que iba a tener problemas porque Argentina era un país "muy racista".
Pero esos comentarios no lo amedrentaron. Y se vino igual. "A mi esas cosas no me importan. Yo quiero una educación, cuando llegué era diferente", recuerda.
Volver, el dilema
Chrislor Michaud, por su parte, en Posadas tiene una esposa y una hija. Trabaja en una despensa, pollería y frutería que se llama "Katy Katy de Haití".
Contó que su sueño siempre fue casarse con una argentina, quizás movida por su pasión futbolera. Es que es fanático de la Selección nacional desde que estaba viviendo en su país. Y veía los partidos por la tele, soñando alguna vez venir a tierra gaucha
Vino y cumplió ese deseo. Y ahora tiene una hermosa hija que se llama Alana Katarina Michaud. "Es preciosa, un regalo de Dios", dice.
"Volver siempre está en la cabeza, uno tiene su familia allá pero acá uno ya tiene su vida propia", coinciden los jóvenes haitianos, estudiantes universitarios en su mayoría.
Jonas cree que con sus conocimientos y su experiencia ganadas en tierras extrañas puede ayudar y ser útil a su país.
Sus amigos, en tanto, dicen que "por ahora, sólo por ahora" sólo regresarían a las antillas para visitarla.
"Tenemos la etiqueta de ser el país más pobre del mundo, pero en mi país dicen "casa es casa, no importe como esté la casa pero el hogar es el hogar. Extraño a mi país", se sincera Isabela al final de la nota como resumiendo un sentimiento afin a todos sus compañeros.
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Casa es Casa
Ficha técnica
Dirección: Nicolás Franco Quiroga
Producción General: Simone Gil Mondavi
Producción: Belén Fonceca; Laura Dos Santos; Horacio Correa
Cámara: Elio Valdez; José Luis Monte
Edición: Carlos F. Dreger
Guión: Andrea Arzamendia; Alexandra Ramírez
Sonido: Cristian Quiroz
Iluminación; Sergio Centurión
Escenografía: Lourdes Benítez
Coordinación General: Rubén Zamboni, José Luis Monte
Carrera de Comunicación Social
Facultad de Humanidades
Unam
vendredi 2 août 2013
Un mort et des centaines de blessés au carnaval d'Haïti
Une personne est morte accidentellement et des centaines d'autres ont été légèrement blessées dans des altercations ou des accidents dus à l'alcool lors du "carnaval des fleurs", organisé depuis dimanche 28 juillet à Port-au-Prince.
Un homme âgé d'une trentaine d'années est mort dimanche en tombant du haut d'un char, selon la police haïtienne. Au total, environ 800 personnes, dont quatre enfants en bas âge, ont été soignées par les services de secours dimanche et lundi pour des malaises, des accidents ou des blessures à l'arme blanche. "Ce qui est alarmant, ce sont les nombreux jeunes, en majorité des filles, retrouvées en état d'ébriété. Ils auraient consommé de l'alcool et de la drogue", a-t-on souligné de source médicale.
Des dizaines de milliers de personnes ont participé aux deux premières journées du carnaval qui se déroule sous les yeux du président Michel Martelly, un ex-chanteur populaire, lui-même ancien grand animateur de ce carnaval d'été. Les festivités sécurisées par plus de 6 000 policiers – sur les quelque 10 000 que compte le pays – se tiennent de dimanche à mardi sur une grande place publique proche du palais présidentiel, détruit lors du séisme de 2010 qui avait fait plus de 250 000 morts.
"Le carnaval est un grand succès populaire. Cela va servir à promouvoir le tourisme et aura des retombées économiques intéressantes", a soutenu le président Martelly face aux critiques émanant d'associations et de partis d'opposition, qui ont notamment critiqué le fait qu'il débutait le 28 juillet, jour du débarquement en 1915 de troupes américaines en Haïti.
D'autres ont critiqué les sommes dépensées dans l'organisation du carnaval, près de 2 millions de dollars, arguant qu'elles auraient pu servir à soulager la misère de ceux qui vivent encore dans des abris de fortune plus de trois ans après le séisme qui a ravagé le pays.
http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2013/07/30/un-mort-et-des-centaines-de-blesses-au-carnaval-d-haiti_3455585_3222.html
LA DIASPORA HAITIENNE AUX USA INTERPELLE LE GOUVERNEMENT
Lettre ouverte au Gouvernement d’Haïti :
« M. le Président Michel Joseph Martelly ;
M. le Président du Sénat, Simon Dieuseul Desras ;
M. le Président dela Chambre des députés, Jean Alexis Tolbert,
La récente démission de Mme Bernice Fidélia, Ministre des Haïtiens Vivant à l'Étranger (MHAVE), a mis au premier plan la question de la double nationalité, son application et ses limites, en vertu dela Constitution haïtienne amendée de 2012, en ce qui attrait au droit de la diaspora d’assumer des charges publiques, ou d’être nommée à des fonctions politiques en Haïti. Les détails sur les raisons invoquées par la Ministre Fidélia pour sa démission ne sont pas encore disponibles. Le communiqué de presse publié par la Primature manque également de détails et de précision. Plusieurs observateurs en Haïti et à l'étranger ont conclu que la possession d'un passeport américain par la ministre serait la cause probable de sa démission soudaine.
Nous demandons au gouvernement d'Haïti d'inviter des représentants de la diaspora à participer aux prochaines consultations concernant le choix des dirigeants, et le travail de fond du MHAVE. Ce ministère est essentiel pour favoriser la création d’un environnement propice à encourager la participation des membres qualifiés de la diaspora au service d'Haïti et de son peuple. Nous apprécions le fait que le Gouvernement haïtien ait rapidement nommé le Ministre des Affaires Étrangères, M. Casimir, comme ministre « de tutelle » au cours de la transition vers une nouvelle direction du MHAVE.
Les récents amendements à la constitution haïtienne de 1987, votés en mai 2011 par la 49e législature, qui prirent effet et entrèrent pleinement en vigueur le 19 Juin 2012, date à laquelle ils furent promulgués par le Président Martelly, restaurèrent pleinement la nationalité haïtienne à tous les Haïtiens qui détiennent des passeports étrangers, et accordèrent la citoyenneté aux enfants nés à l'étranger d'une mère haïtienne et d'un père haïtien. Les amendements constitutionnels pertinents qui furent publiés dans Le Moniteur n° 96, le 19 juin 2012, sont comme suit :
Article 11 : « Possèdela Nationalité Haïtienne d’origine, tout individu né d’un père haïtien ou d’une mère haïtienne qui eux-mêmes sont nés Haïtiens et n’avaient jamais renoncé à leur nationalité. »
Article 11.1 : «La Loi établit les conditions dans lesquelles un individu peut acquérir la nationalité haïtienne. »
Article 12 : « Tout Haïtien est soumis à l’ensemble des droits, devoirs et obligations attachés à sa nationalité haïtienne. Aucun Haïtien ne peut faire prévaloir sa nationalité étrangère sur le Territoire dela République d’Haïti. »
Note : Les articles 12.1, 12.2, 13, 14 et 15 dela Constitution de 1987 qui traitaient de la nationalité haïtienne sont supprimés dans la constitution de 1987.
Note: La multiple nationalité est admise dansla Constitution haïtienne par l’abrogation de la Constitution de 1987 et l’adoption de l’article 12 de la Déclaration d’amendements.
Article 16 : « La jouissance, l’exercice des droits civils et politiques constituent la qualité du citoyen, la suspension et la perte de ces droits sont réglées parla Loi. »
Article 172.1 : « Pour être nommé Ministre, il faut: 1.) être Haïtien et administrer la preuve d’avoir répondu à l’ensemble de ses obligations en tant que citoyen fiscalement domicilié en Haïti, y posséder des biens immobiliers pouvant garantir et protéger l’Etat et ne détenir aucune autre nationalité au moment de la nomination ; 2.) être âgé de trente (30) ans accomplis ; 3.) jouir de ses droits civils et politiques et n'avoir jamais été condamné à une peine afflictive et infamante ; 4.) avoir reçu décharge de sa gestion si on a été comptable des deniers publics. »
Depuis l’entrée en vigueur de ces amendements, il y a eu une insuffisance d’action de la part de notre Assemblée législative et de nos responsables gouvernementaux qui n’ont, jusqu’à présent, articulé, proposé, ou soumis aucune « lois » pour « réglementer »... l'exercice des droits civiques et politiques constituant la « qualité de la citoyenneté ».
Nous sommes pleinement conscients du fait que l'article 172.1, en particulier, semble faire obstacle à la nomination à un poste ministériel, ou l’acceptation dudit poste, par les ressortissants haïtiens possédant une nationalité double ou multiple. Cependant, où sont les lois, les règlements, les protocoles, et les procédures pour l’application de cette loi? Par exemple, ne devrait-il pas y avoir avant ou même après l’acceptation de la nomination, un délai de grâce, au cours duquel un candidat aurait la possibilité de surmonter les obstacles érigés par la loi, afin de devenir admissible à cette opportunité de servir son pays. Ne devrait-on pas faire une exception pour le poste de Ministre des Haïtiens Vivant à l’Etranger ? L’exigence de résidence, ne devrait-elle pas être changée, pour permettre à un tel ministre de mieux servir la diaspora ? Une telle absence de réglementation et de considération rend vulnérables les meilleurs et les plus brillants, ou un membre de la diaspora particulièrement compétent, qui seraient disposés à faire les sacrifices nécessaires pour servir leur pays.
En tant que Président dela Fédération de la Diaspora Haïtienne (FDH), constituée de plusieurs organismes énumérés ci-dessous, je propose, par conséquent, de convoquer avec la plus grande urgence, une réunion à Port-au-Prince, entre les autorités constitutionnelles d'Haïti et les dirigeants de la diaspora. Cette réunion a pour but d’obtenir des éclaircissements sur les règles qui régissent la procédure de sélection des membres de la diaspora pour accéder aux fonctions publiques en Haïti. Quelles sont les mesures concrètes, les lois, les règlements, les procédures, et les modalités pour parvenir à la réinsertion de nos citoyens vivant dans la diaspora? La diaspora mérite une vision encore plus claire quant aux règlements que le Gouvernement haïtien et la législature entreprennent de mettre en vigueur pour effectuer les amendements constitutionnels qui octroient la double/multiple citoyenneté aux Haïtiens nés en Haïti, qui détiennent des passeports étrangers, et aux Haïtiens nés d'une mère haïtienne ou d’un père haïtien.
Nous savons tous que la diaspora haïtienne est une composante essentielle de la vie haïtienne. Dans de nombreuses réunions auxquelles j'ai assisté, à l'étranger ou en Haïti, sur les questions concernant la diaspora, d'innombrables représentants d’Haïti, au plus haut niveau, ont toujours clairement indiqué combien le soutien de la diaspora est précieux et indispensable pour Haïti, et ont loué la valeur potentielle que la diaspora haïtienne apporte au développement d'une Haïti moderne. J'ai lu plusieurs études et rapports émanant de nombreuses organisations internationales, qui proclament constamment la nécessité de la participation active, et de l’investissement de la diaspora haïtienne dans la reconstruction d'Haïti. De nombreuses études académiques ont également abouti à la même conclusion. Dans le récent Forum Mondial de la diaspora qui s'est tenu à Dublin, en Irlande, et, simultanément, aux États-Unis, en Mai 2013, les dirigeants mondiaux s’accordèrent à l’unanimité sur le fait que l'un des vecteurs les plus importants pour le progrès et la croissance soutenue des pays en voie de développement est leur diaspora. Haïti ne peut pas continuer à faire figure d'exception.
Environ 4 million d'Haïtiens résident en dehors d'Haïti. Selonla Banque mondiale, 84% des professionnels haïtiens forment partie de ceux qui résident en dehors d'Haïti. Des données statistiques facilement accessibles calculent le montant annuel des envois de fonds de la diaspora aux familles en Haïti à près de 2 milliards de USD. D’après une loi récemment adoptée par le gouvernement d’Haïti, des prélèvements sur les transferts d'argent et les appels téléphoniques entrants en Haïti rapportent d'importants revenus supplémentaires au pays, destinés à l'éducation et aux infrastructures. Les voyages quotidiens en Haïti des familles et des amis, à partir d'une multitude de pays, s’ajoutent aux importantes contributions socio-économiques de la diaspora à Haïti.
En dépit de toutes ces contributions tangibles, notre gouvernement Haïtien continue de tergiverser sur la pleine intégration de sa diaspora. La clameur continue à s’élever haut et fort pour réclamer une Haïti qui invite et permet la participation active de tous ses fils et de toutes ses filles dans les affaires de la nation, à tous les niveaux. Notre avenir dépend de la réintégration virtuelle, réelle, et totale de la capacité de la diaspora. Nos élus, que ce soit au niveau du pouvoir exécutif ou législatif, ont jusqu'ici négligé de prendre les initiatives qui s’imposent, pour établir un plan d'action concernant les mesures à prendre pour qu’un Haïtien ayant la double nationalité puisse obtenir son passeport, sa carte d'identité nationale, ou connaître les mesures à prendre pour commencer à se réinsérer dans la vie de son pays. Cela pourrait, en l’occurrence, constituer un nouveau flux de revenus important pour Haïti.
Nous devons remédier à ce problème afin d'aider Haïti. Nous ne pouvons nous permettre de laisser se prolonger cette situation de mépris persistant à l’égard de nos compatriotes de la diaspora, et en ignorer les conséquences pour notre société. En tant que Président dela FDH , je renouvelle mon appel pour une séance d'urgence afin de remédier à cette situation, et aboutir à une solution satisfaisante et durable.
Patriotiquement Vôtre,
Joseph M. Bernadel
Président, Fédération dela Diaspora Haïtienne »
Composition dela Fédération de la Diaspora Haïtienne :
La Fédération de la Diaspora Haïtienne est composée des organismes suivants : Organisation Nationale pour l'Avancement des Haïtiens - Colonel Commissaire Joseph Baptiste, DDS ; Association des Médecins Haïtiens à L'Étranger - Pierre Paul Cadet, MD ; Haïtien Resource Développent Foundation - Aldy Castor, MD ; Chambre Haïtien-Américaine de Commerce de la Floride - Mme Paola Pierre ; Rethink Haïti - Major Joseph Bernadel ; Congrès Haïtien pour Fortifier Haïti - Maitre Marie Lynn Toussaint ; Professionnels Haïtiens de la Philadelphie - Mme Florcy Morisset ; Coalition de l’Alliance Haïtienne de la Géorgie - Mme Delbie Noel ; Ingénieurs et Scientifiques Haïtiano-Américains – M. Marco Léveillé ; Haitian Hometown Associations Resource Group – Mme Katleen Felix ; Syndicats Mondiaux – M. Fabrice Armand ; FDHE-Europe – M. Samuel Colin ; La Société Haïti-Jamaïque – Mme Myrtha Désulmé.
« M. le Président Michel Joseph Martelly ;
M. le Président du Sénat, Simon Dieuseul Desras ;
M. le Président de
La récente démission de Mme Bernice Fidélia, Ministre des Haïtiens Vivant à l'Étranger (MHAVE), a mis au premier plan la question de la double nationalité, son application et ses limites, en vertu de
Nous demandons au gouvernement d'Haïti d'inviter des représentants de la diaspora à participer aux prochaines consultations concernant le choix des dirigeants, et le travail de fond du MHAVE. Ce ministère est essentiel pour favoriser la création d’un environnement propice à encourager la participation des membres qualifiés de la diaspora au service d'Haïti et de son peuple. Nous apprécions le fait que le Gouvernement haïtien ait rapidement nommé le Ministre des Affaires Étrangères, M. Casimir, comme ministre « de tutelle » au cours de la transition vers une nouvelle direction du MHAVE.
Les récents amendements à la constitution haïtienne de 1987, votés en mai 2011 par la 49e législature, qui prirent effet et entrèrent pleinement en vigueur le 19 Juin 2012, date à laquelle ils furent promulgués par le Président Martelly, restaurèrent pleinement la nationalité haïtienne à tous les Haïtiens qui détiennent des passeports étrangers, et accordèrent la citoyenneté aux enfants nés à l'étranger d'une mère haïtienne et d'un père haïtien. Les amendements constitutionnels pertinents qui furent publiés dans Le Moniteur n° 96, le 19 juin 2012, sont comme suit :
Article 11 : « Possède
Article 11.1 : «
Article 12 : « Tout Haïtien est soumis à l’ensemble des droits, devoirs et obligations attachés à sa nationalité haïtienne. Aucun Haïtien ne peut faire prévaloir sa nationalité étrangère sur le Territoire de
Note : Les articles 12.1, 12.2, 13, 14 et 15 de
Note: La multiple nationalité est admise dans
Article 16 : « La jouissance, l’exercice des droits civils et politiques constituent la qualité du citoyen, la suspension et la perte de ces droits sont réglées par
Article 172.1 : « Pour être nommé Ministre, il faut: 1.) être Haïtien et administrer la preuve d’avoir répondu à l’ensemble de ses obligations en tant que citoyen fiscalement domicilié en Haïti, y posséder des biens immobiliers pouvant garantir et protéger l’Etat et ne détenir aucune autre nationalité au moment de la nomination ; 2.) être âgé de trente (30) ans accomplis ; 3.) jouir de ses droits civils et politiques et n'avoir jamais été condamné à une peine afflictive et infamante ; 4.) avoir reçu décharge de sa gestion si on a été comptable des deniers publics. »
Depuis l’entrée en vigueur de ces amendements, il y a eu une insuffisance d’action de la part de notre Assemblée législative et de nos responsables gouvernementaux qui n’ont, jusqu’à présent, articulé, proposé, ou soumis aucune « lois » pour « réglementer »... l'exercice des droits civiques et politiques constituant la « qualité de la citoyenneté ».
Nous sommes pleinement conscients du fait que l'article 172.1, en particulier, semble faire obstacle à la nomination à un poste ministériel, ou l’acceptation dudit poste, par les ressortissants haïtiens possédant une nationalité double ou multiple. Cependant, où sont les lois, les règlements, les protocoles, et les procédures pour l’application de cette loi? Par exemple, ne devrait-il pas y avoir avant ou même après l’acceptation de la nomination, un délai de grâce, au cours duquel un candidat aurait la possibilité de surmonter les obstacles érigés par la loi, afin de devenir admissible à cette opportunité de servir son pays. Ne devrait-on pas faire une exception pour le poste de Ministre des Haïtiens Vivant à l’Etranger ? L’exigence de résidence, ne devrait-elle pas être changée, pour permettre à un tel ministre de mieux servir la diaspora ? Une telle absence de réglementation et de considération rend vulnérables les meilleurs et les plus brillants, ou un membre de la diaspora particulièrement compétent, qui seraient disposés à faire les sacrifices nécessaires pour servir leur pays.
En tant que Président de
Nous savons tous que la diaspora haïtienne est une composante essentielle de la vie haïtienne. Dans de nombreuses réunions auxquelles j'ai assisté, à l'étranger ou en Haïti, sur les questions concernant la diaspora, d'innombrables représentants d’Haïti, au plus haut niveau, ont toujours clairement indiqué combien le soutien de la diaspora est précieux et indispensable pour Haïti, et ont loué la valeur potentielle que la diaspora haïtienne apporte au développement d'une Haïti moderne. J'ai lu plusieurs études et rapports émanant de nombreuses organisations internationales, qui proclament constamment la nécessité de la participation active, et de l’investissement de la diaspora haïtienne dans la reconstruction d'Haïti. De nombreuses études académiques ont également abouti à la même conclusion. Dans le récent Forum Mondial de la diaspora qui s'est tenu à Dublin, en Irlande, et, simultanément, aux États-Unis, en Mai 2013, les dirigeants mondiaux s’accordèrent à l’unanimité sur le fait que l'un des vecteurs les plus importants pour le progrès et la croissance soutenue des pays en voie de développement est leur diaspora. Haïti ne peut pas continuer à faire figure d'exception.
Environ 4 million d'Haïtiens résident en dehors d'Haïti. Selon
En dépit de toutes ces contributions tangibles, notre gouvernement Haïtien continue de tergiverser sur la pleine intégration de sa diaspora. La clameur continue à s’élever haut et fort pour réclamer une Haïti qui invite et permet la participation active de tous ses fils et de toutes ses filles dans les affaires de la nation, à tous les niveaux. Notre avenir dépend de la réintégration virtuelle, réelle, et totale de la capacité de la diaspora. Nos élus, que ce soit au niveau du pouvoir exécutif ou législatif, ont jusqu'ici négligé de prendre les initiatives qui s’imposent, pour établir un plan d'action concernant les mesures à prendre pour qu’un Haïtien ayant la double nationalité puisse obtenir son passeport, sa carte d'identité nationale, ou connaître les mesures à prendre pour commencer à se réinsérer dans la vie de son pays. Cela pourrait, en l’occurrence, constituer un nouveau flux de revenus important pour Haïti.
Nous devons remédier à ce problème afin d'aider Haïti. Nous ne pouvons nous permettre de laisser se prolonger cette situation de mépris persistant à l’égard de nos compatriotes de la diaspora, et en ignorer les conséquences pour notre société. En tant que Président de
Patriotiquement Vôtre,
Joseph M. Bernadel
Président, Fédération de
Composition de
mardi 30 juillet 2013
Les Calinous aux côtés des enfants d’Haïti
Les Calinous aux côtés des enfants d’Haïti
L’association Les Calinous, qui vient en aide aux enfants d’Haïti, soutient la création d’un orphelinat dans ce pays. Elle continue à lancer un appel aux dons et aux parrainages.
On estime que près d’un million d’enfants vivent dans une situation très précaire à Haïti. Une partie d’entre eux est placée « en domesticité ». C’est-à-dire qu’ils sont quasiment traités comme des semi-esclaves.
De nombreux gamins se retrouvent également à la rue. D’autres encore sont abandonnés à des institutions par des familles qui n’ont pas les moyens de les nourrir, ou bien ils survivent dans des conditions misérables avec leurs parents.
Depuis neuf ans, une association basée à Pau, Les calinous d’Haïti, se démène pour venir en aide à certains de ces jeunes. Avec l’appui de bénévoles répartis dans tout le Sud-Ouest de la France , elle essaie d’apporter un soutien financier à un orphelinat installé près de Port-au-Prince, La Maison de l’espoir.
Cette structure comprend aussi une école. Les Calinous se sont engagés à l’épauler à hauteur de 6 000 € par mois. Mais, dans ce pays, où de nombreuses personnes vivent encore dans des camps de fortune après le séisme survenu en 2010, les besoins restent immenses.
Tout un projet à monter
L’association a donc confié une mission à une jeune femme de 25 ans, recrutée dans le cadre d’un service civique.
Titulaire d’un master en affaires internationales, Louis Roudil s’est rendue sur place d’octobre 2012 à juillet 2013. Elle avait plusieurs objectifs. Tout d’abord aider la responsable de la Maison de l’espoir à créer une fondation qui lui permettrait de collecter des fonds.
Mais aussi lui donner la possibilité de trouver des financeurs pour construire un nouvel orphelinat de 50 places. En leur garantissant que leur argent serait utilisé à bon escient, et que le projet éducatif du futur établissement tiendrait la route. Des précautions qui ne relèvent pas du détail lorsque l’on sait, explique Louise Roudil, que l’aide internationale recueillie pour Haïti a été utilisée à 80 % pour rémunérer le personnel d’ONG ainsi que de diverses institutions.
La mission organisée par les Calinous a reçu un autre soutien : celui du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques. Ce dernier a en effet accepté qu’une psychologue employée dans ses services, Catherine Prévost, se rende en Haïti dans le cadre d’un congé solidaire afin d’ apporter sa pierre au projet. Sa tâche a notamment porté sur les adoptions d’enfants. Une réalité qui concerne de près notre département : plus d’une centaine de petits Haïtiens y ont trouvé une nouvelle famille ces dernières années.
5 euros par jour et par enfant
Aujourd’hui, les projets soutenus par les Calinous sont placés sur de bonnes bases. Un nouvel appel aux dons est toutefois lancé par l’association.
« Une somme de 5 euros par jour et par enfant est nécessaire pour qu’un bambin soit logé, nourri, soigné et pris en charge », explique Dominique Uthurralt, son président. « Il faut également savoir qu’à Haïti, la plupart des écoles sont privées, et payantes. Nous relançons donc une campagne de parrainage pour scolariser une vingtaine d’enfants à hauteur de 300 euros par an et par jeune. Les gens peuvent donner ce qu’ils veulent. »
Louis Roudil et Catherine Prévost, elles, ont été marquées par Haïti jusqu’au fond de l’âme. « C’est un pays à la fois extrêmement pauvre, mais très riche de cœur. Ses habitants n’ont rien. Il y a pourtant chez eux une richesse culturelle énorme. Une vraie pulsion de vie aussi. »
Les Calinous d’Haïti, 9 rue du Baron Séguier à Pau. Tél. 05 59 30 63 61 ; 06 22 25 25 37, lescalinous@sfr.fr ; http://lescalinoushaiti.com
Haïti-Choléra : La mise en oeuvre du plan d’éradication de l’épidémie dans l’impasse
Enquête
La Banque Mondiale , l’UNICEF et PAHO ont récemment promis 29 millions $US, et deux autres agences de l’ONU 2.5 millions $US. Mais, jusqu’au 31 mai 2013, les promesses des bailleurs ne dépassaient pas la barre de 210 millions $US, soit moins de la moitié du montant nécessaire pour les deux premières années.
P-au-P., 29 juil. 2013 [AlterPresse / Ayiti Kale Je] --- À cause du manque de financement pour un plan visant l’éradication du choléra dans 10 ans, la maladie pourrait rester endémique en Haïti pendant longtemps.
La bactérie se transmet principalement par les aliments, l’eau et les matières fécales contaminées. L’un des aspects essentiels du « Plan d’élimination du choléra en Haïti », avec un budget de 2.2 milliards $US, est le financement pour des systèmes d’assainissement au niveau national.
La majorité des Haïtiens – à peu près 8 millions d’individus – n’ont pas accès à un système sanitaire hygiénique. Ils défèquent en plein air, sur les terrains vides, dans les ravines et aux abords des rivières. La région de la capitale produit plus de 900 tonnes d’excréments humains chaque jour, selon UNOPS (United Nations Office for Project Services).
« Haïti est le seul pays dans le monde entier dont la couverture d’assainissement a chuté durant la dernière décennie », selon le docteur Rishi Rattan, membre de Physicians for Haiti (Médecins pour Haïti), une association de médecins et d’autres professionnels de santé basés principalement à Boston et qui travaillent de concert avec Zanmi Lasante et d’autres institutions en Haïti.
« Avant le tremblement de terre et l’épidémie de choléra, la diarrhée était la deuxième cause de décès, en particulier des enfants de moins de cinq ans. Étant donné que le choléra est une bactérie véhiculée par l’eau, et considérant le manque d’accès à l’eau potable, il est fort probable que la maladie devienne endémique s’il n’y a pas un financement intégral des entités telles l’ONU pour le plan d’éradication de l’épidémie », relève le docteur Rattan dans un courriel à Ayiti Kale Je (AKJ).
Arrivé en Haïti en octobre 2010, l’épidémie, dont l’origine remonte, selon plusieurs études, à la Mission des Nations Unies pour la stabilisation d’Haïti (MINUSTAH), s’est répandue rapidement. A date, plus de 600,000 individus sont déjà infectés et au moins 8,190 autres ont trouvé la mort, selon un rapport du gouvernement daté du 21 juillet 2013. Près de 3000 personnes sont infectées chaque mois.
Dans les provinces, le taux de mortalité est encore à la hausse. Actuellement, plus de 4 pour cent des personnes infectées meurent à cause d’une déficience des centres de traitement de choléra. Si en janvier 2011 le pays disposait de 285 centres, en 2013, ils ne sont que 28, à cause d’un manque de financement et du retrait de la majorité des acteurs qui opéraient dans le secteur.
Pire : l’un des deux grands centres de traitement d’excrétas post-séisme est aujourd’hui fermé.
La connexion choléra-excréments
Elaboré par l’Organisation panaméricaine pour la santé (PAHO), les gouvernements américain et haïtien et l’UNICEF, et publié depuis novembre 2012, le plan contre le cholera met l’accent, entre autres, sur l’excrétât humain. Il vise à s’assurer qu’en 2022, « 90 % de la population aient accès et utilisent une installation sanitaire fonctionnelle », et que « 100 % des excrétas vidangés soient traités avant déversement dans le milieu naturel ».
Le volet assainissement à lui seul coutera plus de 467 millions $US.
« Selon les chiffres disponibles, on est en dessous de 30 pour cent de ce qu’on appelle l’assainissement de base à travers tout le pays », indique Edwidge Petit, responsable de l’assainissement à l’agence gouvernementale Direction nationale de l’eau potable et de l’assainissement (DINEPA). « Alors que les pays voisins d’Haïti ont entre 92 et 98 pour cent de couverture. »
Selon le constat de la DINEPA , à peu près la moitié des ménages des campagnes haïtiennes sont dépourvues de latrine ou d’autres installations sanitaires. Pour les milieux urbains le taux se situe autour de 10 à 20 pour cent. Ainsi, les canaux, les rivières, les ravines et les espaces vides servent de lieux d’aisances.
Dans un quartier de Cité-Soleil, un bidonville de la périphérie nord de la capitale, certains membres de la population satisfont encore leurs besoins physiologiques à même le sol.
« En ce qui concerne les latrines, nous avons l’habitude de nous rendre dans celle qui est à côté, tu vois ce que je veux dire ? Autrement dit dans les buissons qui sont là », témoigne sans détour le riverain Wisly Bellevue.
« Quand les enfants éprouvent le besoin d’aller à la selle, nous les plaçons sur le petit pot. Nous mettons de l’eau dans le petit pot et une fois fini nous allons tout déverser dans les buissons », ajoute-t-il.
Un autre système familier aux habitants de la région de Port-au-Prince et des villes de province consiste en des latrines qu’on doit vider de temps à autres : des toilettes temporaires qui se trouvaient dans plusieurs centaines de camps pour les déplacés du séisme de janvier 2010 ainsi que les fosses septiques de gros bâtiments et des institutions de la zone métropolitaine.
En ce qui concerne les grandes institutions ayant des fosses septiques, celles-ci sont vidées par des camions travaillant pour l’Etat, des agences humanitaires ou des compagnies privées. Entre 2010 et 2011, par exemple, les agences humanitaires se chargeaient de cette tâche en s’occupant des toilettes mobiles qui étaient dans les camps de déplacés.
Ceux qui ne peuvent pas se payer le luxe des compagnies pourvues de camions ont recours à un service plus économique : ce que l’on appelle en Haïti les « bayakou », les vidangeurs de fosses qui opèrent à la main.
Ces derniers fonctionnent surtout la nuit. En général, les bayakou de la région métropolitaine ne transportent pas les excréments extraits des fosses jusqu’aux nouveaux centres de traitement de la DINEPA. Ainsi , ce sont les cours d’eau, les canaux et les ravines qui en paient les frais. Souvent, lorsqu’ils sont surpris par le lever du jour (ne voulant pas être identifiés par les membres de la population), ils déversent les déchets humains à même le sol.
Avant l’épidémie de choléra, les bayakou et mêmes les camions se déchargeaient de leur contenu dans les ravines qui drainent les eaux pluvieuses vers la mer. Depuis l’apparition de la maladie, les autorités s’efforcent de convaincre les compagnies ainsi que les bayakou de vider leurs cargaisons dans des endroits convenables aux fins de ne pas mettre en danger la vie des individus.
Vers la fin de l’année 2010, la DINEPA et l’UNICEF ont aménagé un trou géant à la décharge de Truitier, au nord de la capitale pour vidanger les matières fécales, particulièrement celles qui provenaient des toilettes mobiles des camps de déplacés. A l’époque, un représentant de la DINEPA avait confié à AKJ que la grosse piscine d’excrétas était « le début d’une forme de gestion des excréments ».
Des avancées, des défis
D’octobre 2010 à aujourd’hui la DINEPA et ses partenaires ont réalisé des avancées considérables dans le domaine de l’assainissement. Avec l’appui du gouvernement espagnol, de l’UNICEF et d’autres acteurs, la DINEPA a pu construire deux centres de traitements pour les « eaux noires » (la matière fécale avec l’urine) de la région métropolitaine.
L’agence pense construire 22 autres centres. Le coût total serait de 159 millions $US. Pour le moment, la construction de trois d’entre eux a déjà débuté à Morne Saint-Marc (Artibonite/ nord), aux Cayes (Sud) et à Limonade (Nord).
Le centre de traitement d’excrétas de Morne à Cabri (est de la capitale), inauguré en septembre 2011 et qui a couté 2.5 millions $US, est impressionnant. La nouvelle installation « possède une capacité de traiter 500 mètres cube d’excrétas par jour, soit l’équivalent de ce que produirait 500 mille personnes », indique DINEPA.
Cependant, il y a déjà un hic.
Aujourd’hui le centre est fermé. Les excréments n’arrivent pas. Les portes sont verrouillées. Le manque de financement est une des raisons évoquées. Les frais de transport sont trop élevés pour les entreprises privées de vidange qui n’en tirent pas assez de revenus.
En plus, après le retrait, faute de financement, des agences humanitaires qui assuraient la gestion des camps, les livraisons des contenus des toilettes mobiles faisaient problème.
« On est passé de 10 à 20 pour cent de détritus dans les récipients à 70 à 80 pour cent », explique Petit. « La station n’était pas conçue pour des détritus. Elle devrait traiter de l’eau et des matières fécales. Nos bassins ont été bloqués par les détritus. »
En dépit du manque de financement, la DINEPA compte remettre le centre en marche.
« Nous allons utiliser les équipements que l’Etat peut mettre à notre disposition. Si nous les obtenons, 40 à 50 mille $US devraient nous permettre de faire le nettoyage », estime-t-elle.
Certes, l’autre centre fonctionne, mais pas sans difficulté. L’énigme est le suivant : comment convaincre tous les acteurs d’y amener leurs cargaisons ?
Et même quand les vœux de la DINEPA seraient exaucés, le problème de financement se ferait toujours sentir. Les compagnies privées peuvent assurément payer, mais rien n’est certain pour les bayakou. C’est peut-être la raison pour laquelle les observateurs pensent qu’ils continueront à déverser les matières fécales dans les cours d’eau, les canaux et les ravines.
« Les vidangeurs qui opèrent manuellement, le font mal… », critique Frantz François, responsable d’assainissement et de jardinage pour un centre communautaire de Cité-Soleil.
« Au moment même où nous parlons tu peux arpenter les abords du canal, tu verras qu’il est propre. Le lendemain, cela pue. Ils vident la matière tirée des fosses n’importe où », fait-il remarquer.
Un autre aspect du plan de lutte contre le choléra consiste en l’organisation de campagnes d’éducation au niveau national sur les comportements à adopter afin de changer « les mauvaises pratiques de défécation et d’hygiène ». D’après Petit, beaucoup de familles vivant en milieu rural ne pensent plus à construire des latrines ; elles ne font que bâtir leurs maisons.
« Durant ces 30 dernières années, nous avons pris l’habitude de compter sur l’autre (les organisations étrangères) pour nous apporter les toilettes », explique Petit.
Plutôt que de donner aux gens des latrines et des toilettes gratuites, la DINEPA compte créer un fonds de 120 millions $US afin de fournir des crédits aux familles pour la construction de toilettes.
Une alternative
Il n’y a pas que la DINEPA qui opère dans le domaine d’installations sanitaires en Haïti.Sustainable Organic Integrated Livelihoods (SOIL), une organisation basée aux Etats-Unis d’Amérique, traite et transforme les excréments humains en compost. Le produit peut être utilisé comme engrais.
Pour recueillir les matières fécales, SOIL place ses toilettes spéciales pour les personnes et les institutions qui acceptent de payer une modique somme pour assurer la collecte des matières chaque deux semaines par une camionnette spéciale appelée « Poopmobile » (véhicule collecteur d’excréments). SOIL indique que son système de toilettes « Eco-San » dessert aujourd’hui 24,000 individus à travers le pays.
Le centre pour la transformation d’excréments en compost est à Truitier, au nord de la capitale, non loin de l’un des deux centres de traitement des eaux usées de la DINEPA. Une équipe de trois individus s’occupent directement de la vidange des récipients : l’un les décharge dans des monticules où les matières se transformeront en compost après six mois, et les autres ouvriers les nettoient afin qu’ils soient utilisés au cours de la prochaine collecte. « Il y a beaucoup de pays qui utilisent ce système, notamment ceux de l’Afrique de l’ouest. C’est une nouvelle approche, il s’agit de l’assainissement écologique », indique Baudeler Magloire, responsable de projet à SOIL.
Ce n’est pas une approche totalement nouvelle. L’utilisation de matières fécales pour la fertilisation des cultures remonte à l’antiquité et a été pratiquée par les peuples de la Chine , de l’empire romain et d’autres civilisations. Les Aztèques et les Incas se sont servis également des excréments humains dans leur agriculture.
Magloire affirme que son organisation n’est pas contre le système de lagunage utilisé par la DINEPA pour traiter les déchets humains, mais ses objectifs sont différents.
« Notre mission est de permettre que la matière soit recyclée, transformée afin de l’utiliser dans divers endroits à travers le pays, là où des individus peuvent l’acheter, la vendre et l’utiliser dans l’agriculture », explique Magloire.
Quel avenir pour le plan anti-cholera ?
Pendant que le véhicule collecteur de matières fécales dessert 24,000 latrines dans un pays d’à peu près 10 millions d’habitants, les trois quarts de la population conservent encore des pratiques et des structures non hygiéniques et dangereuses.
Le Plan d’élimination du choléra en Haïti nécessite 2.2 milliards $US, et un plan pour la République Dominicaine requiert 77 millions $US supplémentaires. Pour les années 2013 et 2014, les deux pays sont à la recherche de 521 millions $US, dont 443.7 millions pour Haïti et 33 millions pour son voisin.
« L’investissement dans les secteurs de l’eau et de l’assainissement est absolument essentiel pour éliminer la transmission du choléra », signale Jon K. Andrus, directeur adjoint de PAHO, lors d’une rencontre à Washington au cours de laquelle on a annoncé le don.
Sa directrice exhorte à la participation de tout un chacun.
« Le gouvernement ainsi que ses partenaires doivent trouver de l’argent pour avoir l’assurance qu’on arrive à accomplir les tâches nécessaires. Notre objectif ne consiste pas seulement en l’élimination du choléra, mais nous devons avoir la garantie que chaque homme, femme et enfant aient accès à l’eau potable et à l’assainissement. Ce sont entre autres les éléments basiques de la dignité humaine », selon Carissa F. Etienne, directrice générale de PAHO.
L’ONU devrait fournir la majorité des fonds nécessaires, dès que possible, d’après le docteur Rattan de Physicians for Haiti.
« Il a réduit le montant initialement promis et il n’a pas encore fait le décaissement », a écrit le docteur le 17 juillet 2013 dans un courriel à AKJ. « Cela paralyse le gouvernement haïtien dans la mise en œuvre du plan. »
A Cité Soleil, Michelène Milfort sait très bien que l’exécution du plan n’est pas pour demain. Milfort vit sous une tente avec neuf autres individus, dans un camp où sont installés 38 abris provisoires, des tentes et des maisons de fortunes qui sont pour la plupart abimées. Ces rescapés du séisme n’ont que trois cabines de SOIL pour faire leurs besoins. Avant, ils avaient l’habitude de se soulager sur des parcelles vides.
John Abniel Poliné, son voisin, témoigne : « il y a des gens qui n’ont pas d’endroits fixes pour satisfaire leurs besoins physiologiques. Parfois l’individu est obligé d’utiliser des sachets plastiques qui sont jetés par la suite dans un canal. Parfois, la culpabilité ne revient pas à l’individu. Tu dois comprendre que si l’individu avait un endroit fixe pour faire ses besoins, il ne serait pas obligé d’agir ainsi. »
Poliné s’est interrogé sur les priorités du gouvernement haïtien et des acteurs internationaux, en particulier, la MINUSTHA. « L’on ne fait que fournir des milliers de dollars à la MINUSTHA , pendant que le peuple de Cité Soleil vit dans des conditions infrahumaines », dit-il.
Le budget de la MINUSTHA pour l’exercice 2012-2013 est de 648 millions $US. Ce montant est de 200 millions $US supérieur à la somme nécessaire à Haïti et la République Dominicaine durant les deux premières années de leurs plans de lutte contre le choléra.
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Ayiti Kale Je » (http://www.ayitikaleje.org/) est un partenariat établi entre AlterPresse (http://www.alterpresse.org/), la Société pour l’Animation de la Communication Sociale (SAKS -http://www.saks-haiti.org/), le Réseau des Femmes Animatrices des Radios Communautaires Haïtiennes (REFRAKA), les radios communautaires et des étudiants de la Faculté des Sciences Humaines/Université d’État d’Haïti.
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