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jeudi 8 mars 2012

Haïti: un banquier tué en pleine rue

..THE ASSOCIATED PRESS
PORT-AU-PRINCE, Haïti - Un banquier haïtien bien en vue — et dont le fils a récemment plaidé coupable dans une affaire de corruption aux États-Unis — a été abattu en pleine rue dans la capitale, Port-au-Prince, selon ce qu'a révélé mercredi la police.
Venel Joseph a été tué mardi soir au volant de sa voiture, a indiqué le porte-parole de la police, Gary Desrosiers. Aucune arrestation n'a été effectuée et les autorités ne disposent d'aucun détail supplémentaire.
M. Joseph a été le gouverneur de la Banque centrale d'Haïti pendant le deuxième mandat de l'ancien premier ministre Jean-Bertrand Aristide, entre 2001 et 2004.
Son fils, Patrick Joseph, a plaidé coupable à des accusations de corruption devant un tribunal fédéral américain le mois dernier. Il a aussi accepté de témoigner contre d'autres individus soupçonnés d'avoir empoché des pots-de-vin pour obtenir des tarifs préférentiels de Teleco, l'entreprise haïtienne de télécommunications détenue par la banque centrale du pays.
Patrick Joseph est l'ancien directeur de Teleco.
http://www.journalmetro.com/monde/article/1118062--haiti-un-banquier-tue-en-pleine-rue

Haïti touchée par un séisme de 4,6 .

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.THE ASSOCIATED PRESS
PORT-AU-PRINCE, Haiti - Un tremblement de terre d'intensité modérée a ébranlé le sud d'Haïti, mercredi soir, mais les autorités n'ont pas rapporté de victimes ou de dégâts dans l'immédiat.
Selon l'Institut d'études géologiques des États-Unis, l'épicentre du séisme, d'une magnitude de 4,6, se trouvait à 38 km au sud-est de Port-au-Prince, la capitale, et à une profondeur de 4,9 km. La secousse a été ressentie à 21 h 51, heure de l'Est.
Des résidants, encore marqués par le violent tremblement de terre de janvier 2010, ont accouru dans les rues de la capitale. Ce séisme, d'une magnitude de 7,0, avait tué 314 000 personnes et détruit des milliers de résidences.
http://www.journalmetro.com/monde/article/1118849--haiti-touchee-par-un-seisme-de-4-6

Danser avec les Lwa

Chantal Guy, La Presse
Festifs, les Haïtiens? Vous n'avez pas idée. Surtout pendant le carnaval, plus grande fête du pays, qui fait passer le Festival de jazz de Montréal pour une réunion paroissiale en comparaison. Impressions d'une virée au coeur de la foule.
Une semaine avant le carnaval national - qui s'est tenu cette année pour la première fois aux Cayes, même si on le fête partout -, il y a toujours le fameux carnaval de Jacmel, le plus «touristique», qui attire les gens de partout dans le pays. Cette ville plutôt calme voit sa population tripler pendant l'événement. Tous les hôtels sont pleins. Et Jacmel, ville d'artistes, est particulièrement fier de «son» carnaval, un peu comme la ville de Québec est fière du sien.
On se prépare des mois à l'avance pour l'occasion. Le Grand Jour, on se maquille, on se déguise, peu importe la chaleur, et c'est le défilé, où se déploie une quantité phénoménale de fabuleux personnages en papier mâché qui se déversent dans les rues. Pendant des heures, c'est la procession carnavalesque, merveilleuse et inquiétante à la fois, où se mêlent le comique et le macabre, l'humain et l'animal, une succession de monstres qui éblouissent et terrifient les enfants comme les adultes. Le tout puigé dans le riche répertoire vaudou. On rend hommage aux Lwa (les esprits), et vous croisez plusieurs Baron Samedi avec le distinctif chapeau haut-de-forme, des danseurs traditionnels, des musiciens; les jeunes comme les vieux participent. Au détour de n'importe quelle rue surgissent des «bandes à pied», petites troupes de musique, tambours et trompettes, rapidement entourées de spectateurs qui suivent le rythme. Et pas qu'à peu près. La société haïtienne est plutôt prude, il est par exemple très mal vu de s'embrasser en public. En revanche, quand il est question de danse, on peut pratiquement mimer la copulation devant tout le monde! Ezili, divinité de l'amour, est forcément à l'oeuvre... Le Barbancourt et la Prestige, qui coulent à flots, doivent aider un peu. Mais ça empire les problèmes de salubrité aussi. Disons que ça sent l'humain qui fête fort et qu'il n'y a pas de toilettes publiques. Quand on est habitué à des festivals entourés de clôtures, avec des policiers qui fouillent vos sacs à l'entrée, on ne peut qu'être ahuri devant l'absence de toute contrainte. C'est un vrai défouloir collectif.
La nuit
Dès que le soleil se couche, ces créatures fantastiques cèdent la place aux énormes chars musicaux coiffés des meilleurs groupes kompa, qui font carrément la largeur de la rue, alourdis par d'énormes haut-parleurs hurlant à nous défriser les oreilles. La frénésie monte. Les passions se déchaînent. Quelques rares ambulances sont postées pour conduire à l'hôpital d'éventuels blessés. L'heure n'est plus aux agoraphobes, qui peuvent se réfugier, moyennant quelques gourdes, sur les estrades édifiées pour l'occasion. Les plus audacieux choisissent le bain de foule. Pas un centimètre carré de libre - parfois on ne touche même pas le sol: on danse, on se bouscule, et les mains baladeuses des voleurs à la tire nous tâtent (mieux vaut avoir les poches vides). On se dit qu'un mouvement de panique et c'est l'hécatombe, mais ici, on danse avec la mort. Sans l'aide de mon ami haïtien Géraldo, je n'aurais pas réussi à m'extirper de cette marée humaine. Il faut avoir le sens de la foule. Au moment où la crise de panique se pointait, le président Martelly et sa cour sont passés juste devant nous, comme pour faire diversion. Il faut savoir que les fans de Martelly l'ont désigné président Kompa avant de le confirmer à son poste politique. Ce n'est pas pour rien qu'il était et à Jacmel et aux Cayes.
Enfin, les touristes fatigués ne peuvent compter sur la quiétude de leur chambre d'hôtel. La musique et les gens sont partout, ça durera toute la nuit. Ça durera plusieurs jours. Jusqu'à ce que les Haïtiens, et les Lwa, soient repus.

Haïti, l'île magique

(Port-au-Prince) Désertée par les touristes depuis la chute de Bébé Doc, Haïti n'est plus visitée maintenant que par les travailleurs des ONG, les militaires et les missionnaires. Est-ce possible d'être touriste en Haïti? Oui, mais oubliez le tout-inclus et les paramètres occidentaux de sécurité. Visiter Haïti, c'est se lancer dans le vide, sans filet. Une étrange découverte de la liberté, grisante et inquiétante à la fois.

Le voyageur un peu téméraire peut-il débarquer avec son sac à dos, sur un coup de tête, en Haïti?
Probablement. Mais sans préparation, il risque de trouver l'expérience assez pénible. D'abord, 90% de la population ne parle que le créole. Et si vous êtes blanc, le mot «argent» est écrit en lettres de feu sur votre front, peu importe votre budget.
Pour tout dire, la meilleure façon de découvrir Haïti, c'est d'être introduit. L'esprit de clan ici est fort, et les Haïtiens ont créé les réseaux sociaux bien avant Facebook.
Si un ami haïtien vous amène à un cercle, à une rue, à un quartier, à un village, particulièrement hors de Port-au-Prince, où le téléphone arabe est fort développé, tout le monde saura avec qui vous êtes et ce que vous avez fait la veille. Sachez-le. C'est précisément cela, votre sécurité. Car en l'absence de surveillance policière, voilà ce qui crée la cohésion sociale dans ce chaos.
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, la société haïtienne n'est pas une société plus «dangereuse». Il y a comme partout de la criminalité, mais certainement proportionnellement moins que dans les quartiers les plus louches des pays industrialisés.
Bien sûr, le voyageur fortuné peut se terrer dans Pétionville, sorte de Westmount de Port-au-Prince et emprunter sa voiture pour le moindre déplacement. Il y découvrira le luxe, le confort, la bonne chère, étonnamment possibles au milieu de tant de misère. Mais il ne découvrira en rien la véritable Haïti. Car Haïti vit dans la rue.

Destination hipster?
Dans un monde où les endroits les plus reculés ont été découverts, explorés et exploités à fond - ce qui désolait l'anthropologue Claude Lévi-Strauss - Haïti demeure un cas à part, un joyau préservé. Pour les mauvaises raisons et bien malgré elle, bien sûr, mais c'est l'une des conséquences de son isolement historique et de la crainte qu'elle inspire, même aux voyageurs les plus aguerris. Mis à part les Haïtiens de la diaspora qui font régulièrement le va-et-vient et les travailleurs humanitaires de tout acabit, rares sont les touristes qui y débarquent simplement par curiosité. Cette espèce manque cruellement à Haïti, ce qui fausse les rapports entre étrangers et Haïtiens. Dire qu'il y a déjà eu un Club Med très populaire sous la dictature! Un «Blanc» - ce mot désigne avant tout un étranger, peu importe la couleur de sa peau - n'est jamais ici gratuitement et ne semble exister que pour apporter son aide.
Il est d'ailleurs étonnant pour le voyageur habitué aux grands centres urbains de constater à quel point Haïti n'est pas une société «multiculturelle». Il découvrira rapidement ce que signifie être une «minorité visible». Mais c'est une réalité qui pourrait changer. Des jeunes gens bien intentionnés ont pris d'assaut cette île et veulent la faire découvrir au monde. C'est tout naturel: la population d'Haïti est incroyablement jeune et appelle à elle la jeunesse avide de renouveau. Rien ne le démontre mieux que la folie festive dans la période du carnaval que nous avons vécu lors de notre passage, où nous avons croisé Régine Chassagne et Win Butler du groupe Arcade Fire...

L'île aux mystères
Haïti n'est pas une anomalie de l'histoire, elle EST l'Histoire. Des siècles de bruits et de fureur sans aucun répit. C'est Hispaniola où Colomb a débarqué, la terre du génocide des indigènes Taino et Arawak, remplacés par les Africains soumis à l'esclavage le plus impitoyable, jusqu'à la révolution qui a donné naissance à la première République noire du monde, traversée par mille convulsions jusqu'au tremblement de terre de 2010. L'atmosphère d'Haïti est imprégnée de cette destinée incroyable et tragique, qui semble flotter au-dessus de ses paysages époustouflants. Une vie ne suffirait pas à comprendre ses mystères, ses paradoxes et ses absurdités. Mais si le dieu Legba, celui qui ouvre les portes, est avec vous, peut-être aurez-vous le privilège d'être invité un jour dans ses coins les plus secrets...
On ne l'appelle pas l'île magique pour rien.
http://www.cyberpresse.ca/voyage/destinations/amerique-latine/haiti/201203/08/01-4503550-haiti-lile-magique.php

mercredi 7 mars 2012

Haïti: le Sénat enjoint le président à faire la lumière sur sa nationalité

Agence France-Presse, Port-au-Prince
Six sénateurs haïtiens, membres d'une commission qui enquête sur la nationalité étrangère présumée du président Michel Martelly et des membres du gouvernent, ont demandé dans une lettre au chef de l'État de collaborer à l'aboutissement de celle-ci.
«La commission vous enjoint au nom du peuple souverain qui a mandaté le législatif, au nom de l'histoire et de la vérité, à écrire personnellement et respectivement aux instances compétentes des États-Unis d'Amérique et d'Italie, pour leur demander de fournir de manière explicite à la nation haïtienne toutes les informations relatives à votre nationalité», écrivent les six sénateurs dans leur missive adressée lundi à M. Martelly et dont l'AFP a obtenu une copie.
Depuis près de trois mois Haïti est au bord d'une crise politique en raison des accusations portées contre Michel Martelly par un de ses plus farouches opposants, le sénateur Moïse Jean-Charles. Celui-ci assure que le président haïtien détient des passeports américain et italien dans un pays qui n'autorise pas la double nationalité.
Lundi, un autre parlementaire, Anick François Joseph, a affirmé que le président Martelly, arrivé au pouvoir en mai 2011, avait séjourné en prison aux États-Unis au moins à deux reprises en Floride sous le double prénom de Michel et sous le nom de Michael Martelly.
Quelques heures après ces déclarations, le parlementaire a dénoncé dans la presse des menaces de mort reçues de la part d'inconnus.
Le président Martelly, un ancien chanteur populaire connu sous le nom de Sweet Micky, a toujours ironisé sur cette affaire reconnaissant cependant avoir dit dans une de ses chansons qu'il était né en Italie.
Les signataires de la lettre reprochent au chef de l'État de maintenir sur sa nationalité «un flou déstabilisant qui accélère la descente aux enfers du pays au détriment de la stabilité politique».

http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201203/06/01-4502929-haiti-le-senat-enjoint-le-president-a-faire-la-lumiere-sur-sa-nationalite.php

Haïti-Double nationalité : Michel Martelly ou Mickael Martelly ?

lundi 5 mars 2012 P-au-P, 5 mars 2012 [AlterPresse] --- Le sénateur de l’Artibonite, François Anick Joseph a révélé certaines pistes, pouvant conduire à la vérification de la double nationalité du chef de l’Etat, Michel Martelly. Selon le sénateur qui est intervenu le 1er mars dans la presse, le président a effectué des déplacements aux Etats-Unis avec un passeport américain et une autre identité.
Michel ou Mickael Martelly ?
« Michel Martelly aurait voyagé à bord d’un vol de la American Airlines à destination de la Floride, en date du 21 novembre 2007, plusieurs parlementaires étaient à bord de ce vol ».
Le sénat a officiellement demandé à cette compagnie aérienne de lui faire parvenir la liste des passagers, mais le nom de Michel Martelly n’y figure pas. Anick Joseph suggère à ses collègues sénateurs de rechercher plutôt le nom de « Mickael Martelly ».
Anick Joseph a également dénoncé la lenteur affichée par la commission sénatoriale d’enquête dans le dossier alors que Michel Martelly refuse de présenter ses documents de voyage.
La collaboration de Michel Martelly dans la suite de cette enquête se révèle déterminante pour la ratification de son premier ministre désigné Laurent Lamothe. Pour le sénateur Joseph cette question doit être clarifiée avant d’aborder le processus de ratification du premier ministre.
« En refusant d’apporter ses documents de voyage à la commission spéciale sénatoriale, le président nie l’autorité du sénat, et dans ces conditions il ne pourra pas demander à cette institution de ratifier son premier ministre », a indiqué le sénateur François Anick Joseph.
Selon les prescrits constitutionnels de 1987, « pour être président de la République il faut « être haïtien d’origine et n’avoir jamais renoncé à sa nationalité ».

L’enquête continue malgré la démission du gouvernement
Le co-président de la commission spéciale sénatoriale enquêtant sur la double nationalité des hauts dignitaires de l’Etat, Joseph Lambert, a révélé ce 28 février que « L’enquête sur la nationalité des hauts fonctionnaires de l’Etat, ne parait pas trop important pour le moment en raison de la démission du gouvernement, mais la commission continue avec son enquête jusqu’au bout ».
Pour le nouveau co-président de cette commission, Moise Jean Charles, « la commission attend de pied ferme les documents de voyage du président Martelly. Une concertation avec les membres de cette commission sera envisagée en vue d’acheminer une lettre au chef de l’Etat pour qu’il présente ses documents de voyage. On ne saurait attendre indéfiniment le président de la République ».
Par contre, selon ce qu’indique le sénateur Nènel Cassy le mardi 28 février, une délégation de la commission s’est rendue à l’immigration pour effectuer des recherches dans le cadre de l’enquête. Les sénateurs ont obtenus tous les documents à leur portée concernant Martelly.

Pour le renouvellement du tiers du sénat : Martelly et Lamothe s’engagent
Le chef de l’Etat Michel Martelly s’est engagé le vendredi 2 mars à organiser les prochaines joutes électorales sénatoriales et des collectivités territoriales dans les plus brefs délais, devant les acteurs de la communauté internationale, au cours d’une réunion tenue au palais national.
Michel Martelly a insisté sur le fait qu’un conseil électoral permanent sera mis en place pour organiser les élections, aussitôt que son premier ministre désigné Laurent Lamothe sera ratifié.
L’ambassadeur de France en Haïti, Didier Le Bret, a souligné au chef de l’Etat Michel Martelly que les conditions pour la tenue des prochaines élections passent avant tout par la promulgation de la Constitution amendée et la formation du conseil électoral permanent.
Le Bret a profité de l’occasion pour affirmer que la France ne financera pas la remobilisation des Forces Armées d’Haïti (FAD’H).
Des individus armés, portant des uniformes ont été remarqués dans plusieurs zones du pays en démonstration militaire. La présidence de Michel Martelly pour laquelle le retour de l’armée est un projet prioritaire a toujours nié toute implication dans la mobilisation de ces « militaires ».

Gourgue déconseille à la présidence de publier le texte amendé
Le président du groupe de travail indépendant sur l’amendement de la Constitution de 1987, Gérard Gourgue suggère au président de la République de ne pas publier le texte amendé, reconstitué par un groupe de parlementaires assistés de membres de la société civile.
Les « conclusions de ce rapport se révèlent accablantes parce que tout le monde a triché ou triche dans cette affaire dans l’objectif de faire passer son point de vue, contrairement à ce qui a été voté réellement lors de la séance de vote des amendements en Assemblée nationale », explique Gourgue.

Les deux maires de Tabarre sous interdiction de départ
Le commissaire du gouvernement de la commune de la Croix des Bouquets, Mario Beauvoir, a pris des mesures d’interdiction de départ contre les deux maires de Tabarre (périphérie nord-est), Jean Frantz Théodat et Jean Bernard Chassagne, dans le cadre de l’incendie qui a ravagé une bonne partie du marché de Tabarre dans la nuit du 24 au 25 février dernier.
« Ils sont libres mais n’ont pas le droit de laisser le pays ni par voie terrestre, ni par voie maritime, ni par voie aérienne, pas avant que mon enquête n’arrive à terme », a prévenu le commissaire Beauvoir.
Par ailleurs, « un policier serait impliqué dans le dossier, et une correspondance a été adressée au directeur général de la police Mario Andrésol afin qu’il mette ce policier à la disposition de la justice », a poursuivi Beauvoir.
Un autre individu est très recherché dans le cadre de cette affaire, il s’agit de Jean Claude Alciné alias Ti Jean, a indiqué Mario Beauvoir. L’inspecteur en chef du commissariat de Delmas, Boyer Délin, a lui aussi diligenté une enquête concernant le mobile de l’incendie.
Le sinistre qui a causé d’importants dégâts sur le plan économique, est d’origine criminelle selon le commissaire du gouvernement de la commune de la Croix des Bouquets qui a ordonné d’appréhender six suspects.
Parmi ces personnes figurent le responsable du marché, Saint Jean Venus, le chef de sécurité du marché et 4 autres agents de sécurité qui sont déjà derrière les barreaux à fin de fournir des éléments d’informations pouvant faciliter la clarification sur les faits.
Ce marché contenait plus de 220 compartiments. Plus de 12 mille marchandes et marchands, contraints de laisser les marchés Tête Bœuf et Hyppolite (centre-ville), à cause d’incendies similaires, s’y étaient établis.

Décès de l’ancien président de la chambre des députés
L’ancien président de la Chambre des députés (48 eme législature), Eric Jean Jacques est décédé ce samedi 3 mars en République Dominicaine à l’âge de 62 ans.
Il est mort suite à une longue hospitalisation pour un cancer de la prostate. La dépouille de l’ancien député de la plateforme Lespwa, transformé aujourd’hui en Inite, sera rapatriée en Haïti, demain 6 mars. La date des funérailles n’est pas encore annoncée.

Haïti et Venezuela paraphent un accord de 369 millions de dollars
Un accord de 369 millions de dollars a été paraphé ce 3 mars par le ministre des affaires étrangères Laurent Lamothe et le vice ministre des affaires étrangères du Venezuela, Temir Porras, à Port-au-Prince, à l’issue du sommet Haïti-Venezuela, qui a duré deux jours.
L’accord concerne le financement de 9 projets touchant à l’agriculture, l’éducation, le logement, la santé et la reconstruction du parlement entre autres.
Le Venezuela s’engage également dans le cadre de Petrocaribe à augmenter le nombre de barils de pétrole à Haïti de 14 mille par jour à 20 mille par jour. [jep kit gp apr 05/03/12 9 :45]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article12466

lundi 5 mars 2012

Hausse de la criminalité dans les grandes villes haïtiennes

Le nombre de crimes commis dans les grandes villes d'Haïti a considérablement augmenté au cours des six derniers mois, contribuant à miner la confiance de la population envers les forces de l'ordre, selon une étude publiée dimanche. Le rapport portant sur la criminalité en milieu urbain dans le pays des Caraïbes fait écho aux inquiétudes de nombreux Haïtiens, alors que la nation entre dans une période d'instabilité politique qui pourrait saper les efforts de reconstruction lancés après le terrible tremblement de terre de janvier 2010.
Le taux d'homicides semble avoir fait un bond important dans les quartiers densément peuplés des villes haïtiennes entre août 2011 et février 2012, d'après l'étude réalisée par les chercheurs Athena Kolbe et Robert Muggah, avec le soutien du Centre de recherches pour le développement international, une société d'État canadienne, et l'Institut Igarape, un organisme à but non lucratif brésilien.
La plupart des meurtres en sol haïtien se produisent dans des endroits populeux très touchés par la marginalisation sociale et la pauvreté comme Cap-Haïtien, Les Cayes et Gonaïves.
Si la situation est moins alarmante à Port-au-Prince que dans d'autres centres urbains des Caraïbes, la capitale haïtienne a toute même atteint en février les 60,9 meurtres pour 100 000 habitants, le taux le plus élevé depuis 2006. En comparaison, le nombre d'homicides à New York était de moins de 7 par 100 000 résidents en 2011, alors que celui de la ville d'Oakland, en Californie, était de 23 pour 100 000 habitants.
Haïti se trouve actuellement à une époque charnière de son histoire, alors que les tentatives pour reconstruire le pays après le puissant séisme avancent lentement et que des centaines de milliers de personnes vivent encore dans des camps.
Le mois dernier, le premier ministre haïtien a brusquement démissionné parce qu'il n'arrivait pas à s'entendre avec le président Michel Martelly. Le Parlement n'a pas encore fait savoir quand il choisirait son successeur.
Pendant ce temps, des milliers de partisans de l'ancien président Jean-Bertrand Aristide ont récemment manifesté pour critiquer le travail de M. Martelly dans le dossier de la reconstruction.
Selon les auteurs de l'étude, plusieurs raisons peuvent expliquer la montée de la criminalité à Haïti. Ils croient toutefois que la frustration découlant de la venue, puis du départ de nombreux groupes d'aide humanitaire dans le pays à la suite du tremblement de terre a joué un rôle déterminant dans le phénomène.
Le rapport montre aussi que la confiance des Haïtiens en leur police nationale a plongé pour la première fois depuis 2007, près d'un répondant sur cinq ayant exprimé de l'inquiétude quant à la capacité et la volonté des policiers de les protéger.
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2012/03/04/008-villes-haitiennes-hausse-criminalite-etude.shtml

dimanche 4 mars 2012

Le collectif pour Haïti s'unit aux associations locales - Bain-de-Bretagne

Développer des partenariats avec des associations et manifestations locales, c'est l'orientation qu'a pris, mardi soir, le collectif des Vallons pour Haïti afin de donner un second souffle à ses actions. « Notre précédente animation du 13 janvier n'a pas eu le succès escompté, même si nous avons récolté 700 € ce soir de spectacle », commentait lundi soir le président Jean-Maurice Mahé. Lassitude du public, souvenir de durée trop longue l'année dernière, événement du séisme haïtien déjà un peu lointain, une multitude de raisons poussent l'association à envisager l'avenir différemment. « Cette notion de partenariat nous permet de maintenir notre objectif du lien, de l'échange et de l'information », poursuit Patrick le Roux, membre du collectif. « Deux rendez-vous seront ainsi proposés au public avec la troupe théâtrale Les Troubadours qui jouera la pièce J'y Croix Pas, mardi 27 mars à 20 h 30 et dimanche 1er avril à 17 h à l'école Sainte-Anne (cf. notre édition mardi 28 février). » Le collège Saint-Joseph organisera vendredi 6 avril une marche parrainée au profit de trois associations solidaires locales, dont le collectif pour Haïti, en vendant des kilomètres.
« Côté vente, les nouveaux sacs rouges ont déjà été vendus à 800 exemplaires et nous poursuivons cette opération, ainsi que la vente de café solidaire avec le centre d'aide par le travail ».
Par ailleurs, plus de trois mètres cubes de vêtements sont en attente d'être livrés au container de Landivisiau qui partira bientôt pour Haïti.
Prochains rendez-vous du collectif jeudi 26 avril à 20 h 15 (entre autre pour décider du montant à envoyer sur place et déterminer l'action à soutenir) et assemblée générale vendredi 8 juin à 19 h.
http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Le-collectif-pour-Haiti-s-unit-aux-associations-locales-_35012-avd-20120301-62341644_actuLocale.Htm

samedi 3 mars 2012

Haïti-Politique : Des parlementaires surfent sur une vague de contestation anti-Martelly

P-au-P, 2 mars 2012 [AlterPresse] --- Plusieurs parlementaires rejoignent des groupes sociaux dans leur contestation de certaines dérives reprochées au président de la république Michel Martelly. Les présidents des deux chambres ont affiché leur désaccord par rapport au comportement de Michel Martelly dans une lettre publiée suite à la démission de Garry Conille.
La lettre évoque « une situation de grande inquiétude » qui « détourne l’attention de la population ». Desras et Louis-Jeune appellent à « une vigilance des citoyens et citoyennes… pour éviter le pire ».
Lors d’une manifestation anti-Martelly, organisée récemment par des groupes de base attachés à Lavalas, parti de l’ancien président Jean Bertrand Aristide, des sénateurs et députés ont témoigné leur support à la contestation.
Lors de cette manifestation, des milliers de partisans de l’ex-chef d’État, Jean Bertrand Aristide, ont scandé des propos hostiles au président, Michel Joseph Martelly, comme « Aba Martelly, Aba l’armée rose, Martelly doit soumettre ses passeports au parlement ».
Ces manifestants entendent occuper la rue le 18 mars prochain, date qui marque le retour de l’ex président, Jean Bertrand Aristide en Haïti.
Aux alentours du parlement, les organisateurs ont invité des parlementaires à prendre la parole en la circonstance en vue de s’adresser aux manifestantes et manifestants, notamment les sénateur Francky Exius, John Joël Joseph et le député Sorel Jacinthe.
A cette occasion, le sénateur Francky Exius a dénoncé les manœuvres tendant à accuser Jean Bertrand Aristide de trafiquant de drogue et de corrupteur tout en réitérant sa solidarité au mouvement lavalas.
Le rapport d’enquête sur les actes reprochés à Aristide en 2004 est politique, selon Exius qui demande son annulation.
« Comme ’lavalassiens’, vous pouvez compter sur nous. Nous, les sénateurs n’entendons pas violer la loi mais les faire respecter », assure t-il.
Le sénateur John Joël Joseph rappelle que le départ de Jean Bertrand Aristide en 2004 serait dû à un "coup d’État". Il souligne le rôle joué par la lutte de Fanmi lavalas pour le retour de l’ex-président.
« Ils disent qu’Aristide n’a pas le droit de parler. Nous sommes là pour parler à sa place. Ils pensent qu’ils peuvent effrayer Aristide, nous sommes là pour contrecarrer les dangers pour lui », polémique-t-il.
Pour sa part, le député Sorel Jacinthe dit supporter toute organisation luttant dans la mouvance démocratique contre le projet de mise en place du système dictatorial de Martelly.
Il lance un appel à tous les démocrates du pays qui ont combattu depuis les années 1957 à 1986 en faveur d’un système démocratique, en vue de faire un front commun en dépit de leur appartenance politique différente pour freiner le « projet dictatorial » du chef de l’Etat.
« La dictature ne doit jamais refaire surface dans le pays parce qu’elle a causé trop de mal », souhaite-t-il.
En ce sens, il appelle à un retour à la mouvance démocratique qui charrie l’application des principes démocratiques, condition sine qua non de la stabilité du pays.
Le député Arnel Bélizaire (Veye yo/Delmas/Tabarre) demande, de son coté, au président Martelly de « soumettre son passeport plutôt que de donner des motos » [allusion aux dons de motocyclettes effectués par Martelly fin 2011]. [emb kft gp apr 02/03/2012 11:20]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article12462

Commentaires :
Nous ne cesserons de déplorer la « gentillesse » des amis d’Haïti qui nous ont gratifiés en peu de temps du retour en Haïti de Jean Claude Duvalier et de Bertrand Aristide.
Entre le refus de l‘exile et l’éloignement utile ils ont préféré se débarrassé de deux colis plus qu’encombrant. Heureusement jusqu’à présent le pays bénéficie du ce droit de silence qui aurait sans doute été conseillé à Jean-Bertrand Aristide en échange de l’on se sait quoi.
La popularité d’un pseudo leader politique en Haïti ne se juge jamais par le nombre de manifestants sillonnant les rues lors des mouvements de masse.
Un peu de sous, du tafia et un bol de bouillon vous pouvez amasser dans un lieu public une quantité innombrable de gens.
Ce n’est guère surprenant que des lavalassiens de tout poil réinvestissent les rues de Port-au-Prince. A cette partie de la population au chômage, on vient de leur proposer de quoi se faire quelques gourdes de temps en temps. Ceci dit, parmi tous les politiciens déchus ou en activité présents en Haïti actuellement Aristide doit être le plus populaire.
En ce qui concerne les parlementaires qui se sont rapprochés de cette manifestation, leur attachement à LAVALAS laisse à désirer. Ils sont probablement entrain de se placer quelque part autour de la « table ». On les avait rarement vu ou entendu défendre les principes de leurs partis. Et quand le parti avait appelé au boycott des élections, ils ont préféré sauver leurs positions de parlementaires que de s’aligner sur les désidératas du parti.
Finalement, dans la tourmente anti-Martelly on aura noté que dans les rangs des députés se trouve quand même Monsieur Arnel Bélizaire dont l’arrestation sous des allégations de repris de justice avait donné le coup d’envoi de cette confrontation opposant les pouvoirs exécutif et législatif. Toujours est-il que jusqu’à présent nous ne savons pas exactement qui est ce citoyen qui occupe un poste aussi honorable que celui de député dont sa fonction est de contrôler l’action du gouvernement. On aimerait bien qu’une enquête aussi soit diligentée de façon à déterminer sa vraie situation par rapport à la justice haïtienne.
Jonas Jolivert

vendredi 2 mars 2012

HISTOIRE DE DONBREY...DOUMBREY...DOUMBWEY...DONBWEY

On était arrivé à Marseille au mois de novembre de 1990. Les citadins profitaient encore de la douceur de ce début d’hiver tandis que les parisiens commençaient déjà à se morfondre dans la grisaille de leur temps et leur climat caractéristiques de saison. On avait commencé à retrouver et à comprendre le fonctionnement de tout ce qui était nouveau ou différent jusque là pour nous : l’espace exigu de ces chambres des cités universitaires ; ces bâtiments eux-mêmes affichant une disposition très proche de « nos caisses cola ». On arrivait tant bien que mal à s’adapter ; d’ailleurs, on n’avait pas trop le choix. Pendant les premiers jours on éprouvait un certain mal à accepter d’utiliser comme douche et WC le même coin du studio. C’était encore moins évident quand les utilisations se faisaient de manière successive.
Cependant l’anecdote que j’essaie de raconter concerne plutôt le côté alimentation.
En effet comme étudiants on avait droit au restau U. Le restaurant universitaire représentait un pilier important dans les infrastructures destinées à rendre agréable la vie de l’étudiant en lui peaufinant un environnement lui permettant de tirer un maximum de profit de son temps pour l’apprentissage.
Avec l’équivalent de 10 francs à l’époque on avait droit au repas de midi et un autre dix francs le repas du soir. Quand on avait entendu vanté les mérites et les qualités de la bonne cuisine française on ressentait carrément déception et frustration devant les propositions des cuisiniers : steak haché/ frites, petit-pois/carotte, tournedos / endives, merguez/purée. C’était encore plus décevant pour un adepte de riz et pois collés, pois en sauce, « légumes d’aubergines » etc… Là encore il fallait admettre que l’on ne disposait pas d’autre choix que de s’adapter. En fait d’autres choix il y en avait mais les bourses aux crié au secours !
Tout le souci ne venait pas exclusivement du contenu des menus mais de tout l’agencement qui se faisait autour et là ça allait poser un vrai problème et nous pousser à inventer.
En effet les restaurants universitaires servent à manger de 18 à 20 heures. Il fallait s’arranger pour être parmi les premiers sous peine de se voir servir un menu de remplacement. On arrivait donc à 18 :30 à peu près on faisait gentiment la queue. On vous servait dans une assiette une louche de petit pois carotte et deux petits merguez frits. On se dirigeait alors vers une grosse boîte pour faire le plein en morceau de pain, un peu plus loin le plein en salade (des feuilles de laitue !!!) puis un fruit ou un dessert type yaourt nature ! Souvent on pouvait sans vergogne se servir en pain l’équivalent d’une ou de deux baguettes. Mais quelques fois c’était un peu plus gênant quand l’individu qui nous suivait était une de ces créatures de rêves à qui on aurait aimé paraître plus que raffiné et bien au dessus de la moyenne en ce qui concerne les bonnes manières. Là alors il fallait se résigner à faire comme elle : prendre très peu de pain !
A l’époque on se couchait très tard car on n’a jamais été de grands dormeurs devant l’éternel. On bouquinait jusqu’à deux heures du matin. Pour bien replacer les bases du dilemme il faut savoir qu’en cité U il est interdit de posséder des réfrigérateurs dans les dortoirs. Enfin avec cette bagatelle au fond d’un estomac coutumier de vrais « babako », riz, pois, viandes… il était impossible de ne pas se ravitailler en pleine nuit. La solution était toute prête : le fameux et dédaigneux fast food : le Mac do. Mais c’était assez coûteux pour l’abus d’un usage quotidien.
En cité U aussi vivait un ingénieur civil de nationalité zaïroise qui était mon voisin de pallier. On avait commencé dans un premier temps par se croiser en route depuis ou vers le restau universitaire. On s’est ensuite rapproché surtout par la magie du partage du morphotype. Après on a constaté que nous partagions aussi les mêmes difficultés autour de la question de l’alimentation.
Il avait un nom à coucher dehors que je ne citerai pas. Le nom ressemblait beaucoup à ces combinaisons de sons incompréhensibles que prononcent les chroniqueurs sportifs lors des narrations des matchs de football. En effet on à l’impression que pour prononcer correctement le nom il fallait tousser une fois ‘éternuer deux fois de suite puis tousser une deuxième fois. Là je faisait référence à son nom africain. Heureusement et je ne sais trop pourquoi d’ailleurs il avait un prénom chrétien aussi connu, banal et facile à prononcer comme Jean.

Un après midi d’un dimanche de décembre. Jean est venu frapper à ma porte. Il semblait couver un souci majeur. Le reflet gênant de son regard au moins laissait présager quelque chose de grave. Il tenait un peu caché derrière le dos un petit agenda mi ouvert. Après les salutations de rigueur et les excuses pour le dérangement, il me tendit l’agenda complètement ouvert avec une carte du monde dans sa version plate et étalée. Avec humilité il me demanda de lui repérer Haïti sur la carte. Ce que j’ai fait avec une facilité idiote. Il a regardé avec des yeux ébahis en me disant ha bon c’est ça Haïti ? J’ai hoché la tête affirmativement sans trop lui prêter attention.

Quelques jours plus tard, il m’aborda de nouveau en me disant « Jopi, j’étais très déçu de voir les dimension de ton pays. J’ai répondu ha bon ! Et pourquoi ? Jean commença par me raconter qu’au Zaïre le doyen de sa faculté de génie était de nationalité haïtienne, les professeurs de je ne sais quelles autres matières étaient aussi de nationalité haïtienne. En gros les universités regorgeaient de cadres haïtiens. Donc dans sa tête il se disait qu’Haïti devait être un grand pays au moins comme la France avec un surplus de cadres dont on pouvait s’en débarrasser en les expédiant comme coopérants en Afrique francophone. Nous prîmes le temps d’expliquer les réalités du pays et ce fait inédit dont le pays en pâtit encore aujourd’hui.
Avec cette sympathie qui s’est installé automatiquement renforcé par les réminiscences haitiannophyles de mon copain zaïrois, nous avons pris le temps de parler de nos difficultés respectives en France et nous sommes tombés d’accord sur la nécessité de trouver une solution au problème de la bouffe. Un matin je l’ai vu arriver de loin avec un sac en plastic contenant un objet carré. Il a eu tout de suite la gentillesse de me montrer la manifestation même d’une intervention divine : une plaque chauffante électrique (réchaud !). Il l’a retrouvé dans un coin de rue !
Il m’a dit ça y est « jopi » on va commencer à cuisiner. Là en fait je me suis rappelé que ma maman m’avait initié à l’art culinaire quand j’étudiais encore à l’étranger inquiète et touchée par l’atrocité et les rudiments différents de la cuisine du pays d’accueil.
Mon ami ne disposait pas de sources de revenues. Donc il s’arrangeait pour aller crier des marchandises au marché aux puces. Il touchait entre dix et 20 francs et il se procurait avec ces sous des petits sacs de riz de pomme de terre des tomates etc.…
Il a été le premier à m’inviter à savourer sa création culinaire. Même la politesse ne m’avait empêché de constater que c’était carrément dégueulasse le truc qu’il avait fait « mijoter ». Par politesse masquée je lui ai promis de cuisiner la prochaine fois en faisant un peu de prévention.
On est allé tous les deux au marché de produits exotiques on a acheté du piments, des pois inconnus, et du riz et des épices. On s’est donc mis a préparer quelques choses de simples : des poids inconnus aux petits lardons et du riz nature (blanc). On s’est ré-ga-lé ! Nou manjé vant deboutonen !
Mais le point fort du repas était sans aucun doute « les donmbwèy ». Oui vous connaissez les donmbwèy ou donbrey ou doumbwèy » ? Ces boules de farine bouillies dans de l’eau du bouillon, dans les haricots en sauce. J’avais par hasard mis faire cuire des doumbwèy dans les pois inconnus.
Mon copain a été émerveillé. Il n’avait jamais vu voire mangé des doumbwèy auparavant. Après en avoir mangé, il m’a confessé que c’était l’invention la plus extraordinaire qu’il ait jamais vue.
En fait après il m’a fait comprendre que pour faire des dounbwèy il ne fallait que de la farine du sel et de l’eau. Donc c’était beaucoup moins cher que d’acheter du pain. Avec un peu d’ail et d’oignons on pouvait déguster une sauce épaisse accompagnant le doumbwèy.
J’ai appris par la suite qu’il en faisait le matin, le midi avant d’aller à la faculté J’ai appris aussi que cette recette a été transmise à la famille au Zaïre comme l’invention de l’année.…

Source jopi sur http://www.moun.com/

jeudi 1 mars 2012

Haiti – Politique : Le Ministre des Affaires étrangères, Laurent Lamothe officiellement désigné comme nouveau Premier Ministre

PORT-AU-PRINCE, Haiti – Le président d’Haïti Michel Martelly a officiellement demandé à son ministre des Affaires étrangères Laurent Lamothe de former un nouveau gouvernement comme Premier Ministre, après la démission la semaine dernière du Premier ministre Garry Conille. Laurent Lamothe, né en août 1972 selon sa page Facebook, devrait remplacer M Conille qui a démissionné la semaine dernière après seulement quatre mois à la tête du gouvernement, suite à une série de désaccords avec le président et certains ministres.
Ces désaccords portaient principalement sur une enquête lancée au Sénat sur la nationalité des membres du gouvernement, mais aussi sur celle du président Martelly, dans un pays qui ne reconnaît pas la double nationalité.
Le processus de ratification du nouveau Premier ministre haïtien devait être lancé sous peu au parlement, où le président Martelly ne dispose cependant pas d’une majorité, les deux chambres étant dominées par l’opposition.
Laurent Lamothe a étudié en Haïti et aux Etats-Unis où il a obtenu une licence en sciences politiques à l’université de Barry, en Floride. Il a également obtenu une maîtrise en gestion des affaires à l’université Saint-Thomas.
Conseiller personnel du président Martelly dont il est présenté comme l’un des plus proches amis, Laurent Lamothe est un ancien joueur de tennis qui a représenté Haïti à la Coupe Davis.
http://www.haitinews509.net/2012/03/haiti-politique-le-ministre-des-affaires-etrangeres-officiellement-designe-comme-nouveau-premier-ministre/

Haiti – Politique : Des nouveaux personnages pour administrer la commune de Port-au-Prince

De nouvelles personnalités vont désormais diriger la commune de Port-au-Prince, selon la décision du président Michel Jospeh Martelly. En effet, Gabrielle Hyacinthe, Jean Marie Descorbett et Gérald Junior Estimé, respectivement présidente et membres, ont été nommés par arrêté en date du 23 février 2012.

Ces nouveaux personnages remplaceront officiellement le cartel municipal conduit depuis plusieurs années par Jean Yves Muscadin Jason.
Le maire Jean Yves Jason avait pourtant prévu de donner une conférence de presse ce jeudi où il devait se prononcer sur des dossiers d’actualité dont la démission du Premier ministre et la question de la nationalité étrangère présumée des membres du gouvernement ainsi que la question des maires révoqués.
Selon l’article premier de cet arrêté présidentiel, les citoyens susmentionnés sont nommés pour « former la Commission municipale devant administrer la Commune de Port-au-Prince, jusqu’aux prochaines élections ».
http://www.haitinews509.net/2012/02/haiti-politique-des-nouveaux-personnages-pour-administrer-la-commune-de-port-au-prince/

Luz-Saint-Sauveur. Une expo riche en couleurs !

Du 01/03/2012 au 31/03/2012

La Maison du Parc et de la vallée abrite sous ses voûtes une nouvelle exposition, « Haïti, après le chaos, l'art de renaître », jusqu'au 31 mars Cette exposition est présentée par l'APAM (Association pour la promotion des arts du monde) qui avait déjà exposé il y a quelque temps, aux thermes de Saint-Sauveur.
Cette association a pour but de faire connaître la peinture haïtienne, haute en couleur comme en qualité et d'une variété exceptionnelle.
Créée en 1989, l'Association pour la promotion des arts du monde poursuit trois buts : promouvoir les productions des artistes plasticiens des pays sous-développés, affecter tous les bénéfices réalisés sur les ventes à des œuvres humanitaires, permettre à tous de s'offrir une œuvre de qualité pour un prix abordable.
L'association, constituée uniquement de bénévoles, fonctionne depuis 1989 sans aucune subvention. Ses revenus sont constitués uniquement du produit des ventes des tableaux qu'elle achète elle-même en Haïti. Ph. L.
http://www.ladepeche.fr/article/2012/03/01/1295080-luz-saint-sauveur-une-expo-riche-en-couleurs.html

Manifestation de soutien à l'ancien président Aristide en Haïti

Mis à jour le 01.03.12 à 07h38 Plusieurs milliers de Haïtiens sont descendus dans les rues de Port-de-Prince, la capitale, mercredi pour apporter leur soutien à Jean-Bertrand Aristide, huit ans après la chute de l'ancien président. Les partisans d'Aristide, qui est revenu à Haïti l'année dernière après sept ans d'exil, entendaient apporter leur soutien à l'ancien chef d'Etat qui pourrait, selon la presse locale, faire l'objet d'une enquête pour soustraction de deniers publics.
Ancien prêtre catholique, Aristide a été élu président en 1991 mais a passé l'essentiel de son premier mandat de cinq ans en exil en raison d'un putsch militaire. Il a été élu de nouveau président en 2000 mais son second mandat a été entaché par une profonde instabilité économique. Il a finalement été renversé en 2004 par un soulèvement armé ourdi par d'anciens soldats.
La manifestation de mercredi survient en pleine crise politique alors que le Premier ministre Garry Conille a démissionné de ses fonctions en raison de tensions avec le chef de l'Etat Michel Martelly. Sa démission a plongé le pays dans une situation de paralysie politique alors que Haïti tente toujours de se reconstruire deux ans après le puissant séisme qui a fait plus de 200.000 morts.
http://www.20minutes.fr/ledirect/889469/manifestation-soutien-ancien-president-aristide-haiti

mercredi 29 février 2012

Le groupe des 58 le lâche, Martelly devra trouver d'autres alliés

Haïti: Le président de la République, Michel Martelly, ne pourra plus compter sur le groupe des 58 députés pour obtenir la ratification de son prochain Premier ministre. Le groupe qui a facilité l'accession de Garry Conille à la Primature il y a quatre mois n'existe plus. Bien des événements sont survenus à la Chambre basse et ont mis fin à l'existence du groupe, a expliqué, mardi, Abel Descolines sur les ondes de Radio Magik 9. Le ministre chargé des relations avec le Parlement, Ralph Théano, avait indiqué lundi sur les ondes de la même station de radio qu'une majorité de députés avaient donné la garantie au président de la république qu'il pouvait compter sur eux dans le cadre de la ratification de son prochain Premier ministre. Je ne sais pas de quel univers parlementaire dont parle Ralph Théano , a réagi le député de Mirebalais avant de préciser qu'ils n'ont jamais été acquis à la cause du chef de l'Etat.
« Ce regroupement, constitué de membres du RPC, du PDP et de « Ansanm nou fò », tendances minoritaires à la Chambre des députés, avait juste compris la nécessité de doter le pays d'un Premier ministre répondant aux critères établis par la Constitution de 1987 », a rappelé l'ancien secrétaire du groupe, niant tout compromis politique dans le cadre des négociations avec le président qui ont abouti à la ratification de Garry Conille.
« Les députés attendent avec beaucoup d'impatience la désignation du prochain Premier ministre. L'absence d'un gouvernement a un impact négatif sur l'action des parlementaires qui sont perçus dans leur circonscription comme des agents de développement », a fait remarquer Abel Descolines qui n'est pas surpris de la démission de Garry Conille, vu que la divergence entre l'ancien locataire de la primature et ses ministres sur le dossier de la double nationalité avait laissé pressentir une telle fin, selon le député.
Laurent Lamothe, ministre des Affaires étrangères, Thierry Mayard-Paul, ministre de l'Intérieur, Anne-Valérie Milfort, tels sont les noms pressentis pour remplacer Garry Conille. « Le premier a toujours fait preuve de volontariste. Il est jovial et très accessible. Mais s'il est désigné pour être le chef du gouvernement, il doit faire attention à son entourage regorgé de gens qui ignorent le véritable rôle du Parlement haïtien dont la mission consiste à contrôler les actions du gouvernement », a suggéré Abel Descolines.
« Thierry Mayard-Paul a d'excellentes qualités. Il est également très abordable », a indiqué le parlementaire, qui croit que le fils de Constantin Mayard-Paul, ancien juriste très respecté, doit veiller à son égo. Même s'il n'existe aucune preuve concernant l'implication du ministre de l'Intérieur démissionnaire dans l'arrestation illégale du député Arnel Bélizaire en octobre dernier, ce dossier pourrait jouer contre Thierry Mayard-Paul, selon Abel Descolines. Il a refusé d'admettre que les 80 millions de gourdes mises à la disposition des députés en décembre dernier par le ministre de l'Intérieur pourrait avoir une quelconque influence sur leur décision.
Moins connue de tous, Anne- Valérie Milfort est une grande technicienne mais le poste de Premier ministre est éminemment politique, selon Abel Descolines, qui appelle l'ancienne représentante de la présidence à la CIRH à en prendre conscience.
Abel Descolines a par-dessus tout plaidé en faveur un gouvernement issu d'un accord politique entre les différentes forces représentées au Parlement, seule alternative au problème de gouvernance auquel fait face actuellement le pays, selon le parlementaire.
Danio Darius
http://lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=102930&PubDate=2012-02-29

Champ de Mars se vide, Martelly tient parole

Fin juin 2012, le Champ de Mars devrait être totalement vidé des familles qui y avaient élu domicile depuis plus de deux ans. Le processus de relogement, débuté en janvier, va bon train. Lentement peut-être mais sûrement. Environ 1 050 familles, qui ont déjà trouvé un logement, sont en voie de quitter la plus grande place publique de la capitale. Haïti: Des déplacés commencent à quitter le Champ de Mars. Les places Pigeon, Toussaint, entre autres, situées en face de la façade principale du palais national, ont été priorisées. Toutefois, les familles qui sont les premières à trouver une maison à louer sont du coup les premières servies dans le cadre de ce projet de la présidence, financé par l'Agence canadienne pour le développement international (ACDI). L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a été chargée de rencenser les familles, et l'équipe du programme16/6 de la présidence exécute le projet.
Selon François Desruisseaux, un responsable de l'OIM rencontré au Champ de Mars ce lundi, entre 4 600 à 4 700 familles ont été recensées sur cette grande place publique occupée par des déplacés depuis le 12 janvier 2010. Dans le cadre de ce projet de relogement qui, dit-il, est « similaire » au projet 16/6 de la présidence, chaque famille doit recevoir 20 000 gourdes (US $500) après avoir trouvé un logement que les responsables de l'OIM doivent par la suite visiter.
« Il y a différentes étapes dans le processus. Si nous gardons le même rythme, d'ici fin mars, nous devrons terminer avec cinq places (Pigeon, Catherine Flon, Toussaint...) aux abords du palais national. Et dans cinq mois (fin juin), le Champ de Mars devrait être totalement vidé », a confié M. Desruisseaux au Nouvelliste.
Une fois totalement vidé, le Champ de Mars sera restauré par la suite dans le cadre de ce projet qui coûtera environ 20 millions de dollars américains dont le versement se fera sur deux ans.
La ministre de la Coopération internationale du Canada, Oda Beverley, en avait fait l'annonce en janvier dernier. « Le gouvernement canadien s'est engagé au côté de l'Etat haïtien à réinstaller 5 000 familles regroupant quelque 20 000 personnes des camps du Champ de Mars.
« Le projet du camp de Champ de Mars met l'accent sur l'avenir des familles et des entreprises haïtiennes », avait-elle ajouté.
En effet, des bénéficiaires ne cachent pas leur satisfaction. Même si elle n'est pas encore rentrée chez elle, Vilorène Prédeu, qui vivait au Fort-National, estime que ce projet arrive « trop tard ». « Si j'avais eu les moyens pour louer une maison, je n'aurais pas passé plus de deux ans à vivre dans des conditions si difficiles », a indiqué cette dame d'une cinquantaine d'années, debout devant sa tente abîmée sur la place Catherine Flon au Champ de Mars.
A l'instar de beaucoup d'autres déplacés, Vilorène a déjà trouvé une chambre à louer au Fort-National que les responsables du projet ont déjà visitée.
« Désormais, je n'attends que les autorités concernées parce que j'ai déjà trouvé une chambre à 15 000 gourdes l'an. Avec les cinq mille gourdes qui restent, je vais me débrouiller dans la rue pour que je puisse continuer à payer le loyer », a expliqué la dame, qui va retourner dans son quartier d'origine.
« Je suis heureuse de quitter finalement ce camp. Je n'aurais jamais cru que j'allais passer tout ce temps ici. Je remercie les autorités qui ont pensé à nous », a déclaré de son côté Roselène Mérilus, une bénéficiaire qui est déjà retournée à Delmas 2, son quartier d'origine.
« L'OIM nous a donné rendez-vous pour le 27 février afin de payer le logement, mais c'est reporté au 5 mars. Nous sommes un peu inquiets parce que des malfrats nous menacent, prétextant que nous avons de l'argent en notre possession », ont enchaîné un groupe de femmes qui semblent vouloir quitter le Champ de Mars à tout prix !
Valéry DAUDIER
vdaudier@lenouvelliste.com

Les trafiquants de drogue sont de retour, craint Andrésol

Trois cents (300) kilos de cocaïne saisis. Des rumeurs le disant démissionnaire. Son avenir à la tête de la Police nationale. Mario Andrésol fait le point et dit sa détermination à faire son travail. Le DG de la PNH dénonce le retour des trafiquants de drogue dans l'entourage des autorités. Ils cherchent le parapluie des puissants pour reprendre leurs habitudes d'il y a quelques années, craint le chef de la police. Première partie d'une longue interview accordée au Nouvelliste.
Haïti: Le Nouvelliste : Le directeur général de la Police nationale d'Haïti (PNH) a-t-il démissionné comme le dit la rumeur?
Mario Andrésol : La rumeur de ma démission n'est pas fondée. J'ai un mandat qui court jusqu'au 18 août 2012. Il n'y a pas de fondement à cette rumeur. Je n'y ai jamais pensé. Cela n'a jamais été évoqué.

L.N : Cependant, le directeur est invisible...

M. A. : Je ne sors plus de chez moi car, depuis plus d'un mois, j'ai eu une rupture de 90% de mon tendon d'Achille droit. J'ai dû rester alité, immobilisé. J'ai été opéré. Je me remets et d'ici la fin de cette semaine je vais commencer ma rééducation physique.

Cependant, je n'ai jamais cessé de travailler.

Chaque jour, je me réunis avec l'état-major de la Police nationale d'Haïti et il n'y a pas de décision dont je ne suis pas informé et les ordres partent de chez moi.

L.N. : Cette rumeur de démission intervient alors qu'il y a des saisies importantes de drogues, des arrestations, des incendies... cette rumeur serait-elle liée à l'actualité de ces derniers jours ?

M. A. : Nous sommes dans une situation de grande confusion politique. A chaque fois que le pays traverse des périodes similaires, il y a un ensemble de faits qui ont une incidence directe sur la sécurité du pays.

A chaque fois qu'il y a des troubles politiques, l'insécurité augmente.

Tout a commencé avec la saisie des trois cents kilos de cocaïne et l'arrestation des trafiquants : le marché de Tabarre a brûlé, il y a les rumeurs qui annoncent ma démission... il y a sans doute un secteur qui a intérêt à faire cela.

L.N. : Dans quel but, selon vous?
M. A. : Notre job à la police est de permettre à la population de vaquer à ses occupations et d'arrêter les bandits quel que soit l'endroit où ils se trouvent ou quelle que soit leur importance. Le dossier des 300 kilos de cocaïne panique un secteur qui a peur que les investigations ne remontent toute la filière.
La garantie que je peux donner à la population est que la police va continuer à faire son travail. Mon passé, on le connaît. Quand j'étais à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), nous ne plaisantions pas avec les trafiquants de drogue, aujourd'hui avec cette affaire et l'arrestation du Colombien, nous sommes prêts à arrêter quelle que soit la personne qui serait impliquée dans cette affaire, quel que soit son encrage.
Sans doute, cela dérange.

L.N. : Il y a eu aussi une autre saisie cette semaine, à l'aéroport, de 35 kilos de marijuana. Cela fait beaucoup de stupéfiants saisis. Cela ne s'était pas vu depuis des temps des prises aussi proches sur une si courte période?
M. A. : Ce n'est pas une saisie brusque.
Nous menons des opérations contre la drogue; ce sont des opérations délicates et sensibles qui nécessitent la collaboration d'autorités policières de plusieurs pays de la région (USA, République dominicaine, et agences importantes : la DEA, Interpol et autres).
Ces opérations demandent du temps et de la patience. Nous mettons en place des mesures pour empêcher aux petits bateaux et au petits avions de recommencer à prendre la zone sud du pays comme point de passage de la drogue, particulièrement dans la zone de Savan Djann.
Il y a des activités. Nous essayons de les contrer régulièrement et oeuvrons pour empêcher le retour du trafic florissant.

L.N. : Il y a une recrudescence du trafic de drogue de nos jours? M. A. : Aujourd'hui, j'ai comme l'impression que nous revenons aux temps anciens d'il y a huit ou neuf ans quand le trafic avait ses belles années. Au temps où les trafiquants avaient des amis haut placés et bénéficiaient de la couverture de certains policiers ripoux.
Je suis très préoccupé, car je constate qu'il y a des éléments qui reviennent sur le terrain et nous avons des indices qui laissent croire qu'ils essaient de renouer avec ces anciennes pratiques. Ils cherchent a réactiver leurs anciennes filières.
Il y a des têtes qui sont de retour au pays, lesquelles étaient impliquées dans les cas de kidnapping, meurtre, trafic de la drogue et le trafic d'armes et de véhicules volés entre Haïti et la République dominicaine. Ils sont de retour dans le paysage et s'affichent avec certaines personnalités pour faire passer le message que la situation ante peut se réinstaller à tout moment.

L. N. : Que comptez-vous faire?
M.A. : D'ici la fin de mon mandat on va continuer à travailler pour les contrer et appliquer la loi pour éviter que la PNH et la société haïtienne ne retombent dans la situation déplorable que nous avons connue il y a de cela quelques années avec ces éléments qui reviennent à visière levée.
Rappelez-vous, entre 2001 et 2004 aussi on avait arrêté tous ceux qui s'adonnaient au trafic des stupéfiants dans le pays et moi je n'étais pas sur le terrain.
La police, en tout temps, fera son travail. Ce n'est pas une question de qui en est le directeur général.
Quand nous refusons d'appliquer nos propres lois, d'autres le font à notre place et c'est bien dommage.

L. N. : Vous avez identifié d'anciens trafiquants qui reprennent du service?
M.A. : Après sept ans à la tête de la PNH si quelqu'un croit que je n'ai pas des informations sur certains acteurs et que je ne suis pas renseigné par les forces de police des pays amis du continent, ils se trompent.
Les secteurs qui s'agitent et qui propagent toutes sortes de rumeurs peuvent s'inquiéter. Avec ou sans moi, la PNH fera son devoir.
En 2005-2006, j'étais très à cheval sur les principes pour rétablir l'ordre. Pendant le temps qu'il me reste, d'ici le mois d'août, je le serai encore.
On peut me tuer, attenter à ma vie, faire circuler des rumeurs, la PNH fera son devoir.

L.N. : Vous avez un message pour ceux dont vous parlez?
M.A. : Le signal que j'envoie à ceux qui ne mènent pas bien leur barque est clair : la police les a dans son viseur et finira par les appréhender.
Nous avons une tradition d'hommes qui essayent toujours de se faufiler dans le giron des hautes personnalités et cherchent à bénéficier de cette proximité pour mener, à leur insu, leurs activités criminelles. La police fera son travail de surveillance, fera les enquêtes et procédera à des arrestations, si nécessaire.

L.N. : Croyez-vous que le 18 août votre mandat va être reconduit pour une nouvelle tranche de trois années?

M.A. : Je ne m'inquiète jamais de l'avenir.
Je peux assurer que d'aujourd'hui au 18 août je ferai mon travail comme je le fais depuis mon premier jour au sein de la Police nationale d'Haïti et ce, dans le respect de la Constitution, des lois et du règlement interne de la PNH.
Je ne les violerai pas. Personne ne pourra me les faire violer non plus. Et advienne que pourra.
Cependant, je ne me fais pas d'illusion non plus - après sept ans à la tête de la PNH passés à faire ce que je pense être bon pour la PNH et la société -, je sais qu'ils sont nombreux ceux qui voudraient prendre la tête de la PNH pour faire à leur aise en oubliant d'où nous sommes partis et quelle est l'histoire de cette institution créée en 1995.
Cela dit, cessons les tripotages, les commérages, les on-dit et les kout lang.

Propos recueillis par Frantz Duval
duval@lenouvelliste.com
Twitter:dalfaz
http://lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=102932&PubDate=2012-02-29

MWEN AK DEMPKRASI SE DE

Demokrasi se, san grate tèt, youn nan pi bon rejim politik ke yo ka itilize pou dirije you sosyete, you peyi. Sistèm pi efikas si li aplike nan peyi ki gen you sèten kilti libète, nan you sosyete kote chak manm yo konnen ki sa ki rele dwa kisa ki rele devwa e kote moun kap dirije peyi-a konnen ke se you dyob yo bali pou fè peyi-a oubyen sosyete a vanse. Se pa you kle yo bali pou fè pale de li kom si wa pa kouzen-l prezidan pa bopèl. Ni se pa you kle yo kofrefo yo bali pou foure menl pran e plen poch li.

Demokrasi nan peyi pov, se you rans. Se you miraj li ye. Nan peyi pov kote moun ap bat dlo pou fè bè, aktivite politik se sel domen ki ka fèw monte nan sosyete –a. Ou jwenn bon Dyob. Yo mete-w kote ki gen brase. Epi si anplis de lamizè-a gen koripsyon ki admèt andedan sosyete sila-a kom you bagay ki nomal, le you neg rive nan politik, se nan tèt jwèt li ke li rive.
Se pou sa kif è ke nan peyi pov, le you neg rive sou pouvwa, li ranje kol Poul pa Janmen Nagel. Gen neg ki todye kou manman lwa peyi yo pou yo ka rete sou fotèy boure-a. Si nou vel you ekzanp al gade sa kap pase nana peyi Senegal jounen jodi-a.
Sa fè lontan ke map obsève zafè politik andedan peyi-a. Map gade konpotman pouvwa yo. Patikilyèman sa kap pase andedan palman ayisyen an. Mwen finn pa remake ke pi bon Doob, pi bon plas you moun ka jwenn se depite oubyen senatè. Yo peyew byen, ou gen tout jan de komodite, ou vwayaje al chita nan mitan you seri de moun ou pa menm konprann sa yap di le yap pale, siw te volè ak kriminel, kondisyon palmantè_w efase tout pou wou. Ou vinn otunen you moun enpotan. Yo relew diyitè.
Poutan, lotre jou you zanmim tap eksplike-m kijan Group yo ak pati politik yo cuasi kandida pou depite. Kondisyon nou ta kwè ke moun sa yo ta dwe ranpli yo se p asa menm. Gen you katalog you seri de lot kalite you neg dwe genyen.
Sak bon lè ou depite anayiti, se ke apre chak lejislati, pa janm gen moun ki mande ki bilan palmann genyen. Se kom si out a mete you timoun lekol epi li pa Jansen mennen you kanè lakay li. Sosyete pa nou an pa mande sa.
Konsa, mwen wè k epa le fèt ke palman nou an gen dwa pou li siveye sa ekzekitif la ap fè, yo pi maton na kreye kriz ke nan fè lwa ak ede ekzekitif la pou peyi ka vanse.
Konbyen jou gouvenan Preval la fè sans premye minis? Sak pi rèd la, ke gen premye minis ke pa gen premye minis se menm man pareyman. Pa gen anyen ki chanje. Gen moun ki pwofite di bagay y opa vanse paske kriz la bloke peyi-a. sa se sitou diskou zanmi ayiti yo. Men le pa gen kriz bagay yo sanble yo toujou bloke men nankondisyon saa « no dyol tou tok »
Epi, moun ki gen memwa dwe sonje e remake ke andedan palman saa, dosye ki louvri pa janm fèmen. Petèt sel dosye ki te fèmen se dosye ki te pèmèt radye senate-a ki te gen doub nasyonalite. Se anpil fwa nou tande leskonbrit ak eskandal sou you seri de dosye kote non senatè ak depite lonmen. Pep ayisyen pa janm konnen ki rezilta ankèt sa yo bay. Mwen pap site ekzanp paske tout konpatriyot yo sonje ka sa yo.
Pou tout rezon sa yo, mwen pa kwè nan demokrasi nan peyi pov. Anplis se pa nan peyi pov Selman ke demokrasi a banm pwoblem. Map swiv kanpay electoral nan peyi lafrans. Lè wap tande kandida yo ap pale se bagay ki pou fèw pèdi zandye-w. Sou chak sijè, chak neg yo bay verite pa yo epi yo di ke lot la se manti lap bay. Si ou pral vote eke ou pa fanatik yon nan kandida sa yo ou pa konnen pou ki moun pou vote.
Ou rekonèt you pye zaboka lèl donnen zaboka. Siw se maton ou konn kouman you pye zaboka monte ou ka di ke se you pye zaboka li ye. Men lew jwen bon zaboka ladann pou manje pa gen moun ki ka diw se you pye mango ki donnen zaboka.
Mwen menm sa fè lontan ke mwen chwazi poum kritike you gouvenman pa sou sa li di ni sou sa yap di de li sinon sou sa la fè. Mwen gen pwoblem ak pouvwa lejislatif la paske jiska prezan ; si pa zafè sansire ekzekitif la mwen gen lenpresyon ke y opa fè anyen.
Nan konjonkti peyi dayiti ye jodi-a, gen you seri de prensip ke tout moun oblije defann. Gen you seri de gabel ke nou pa dwe bay sou konba ki mennen deja. Men gen anpil pwoblem andedan sosyete a ki poko janmen regle ak mod gouvenman sa yo ke nou geneyen depi dik dantan.
Pou mwen you sistèm efikas sil bay bon rezilta. E nou konnen kijan de rezilta nou bezwen pou gason ak fanm ayisyen lakay!

Les passeports de Martelly sont haïtiens, mais l'enquête se poursuit

Haïti: Le président Michel Martelly n'a utilisé qu'un passeport haïtien pour entrer et pour sortir du pays depuis 1999, date au-delà de laquelle les archives informatisées du service d'Immigration et d'Émigration n'existent pas, a confié au Nouvelliste un influent sénateur, membre de la commission d'enquête sur la nationalité du président de la République et des ministres démissionnaires du gouvernement Conille. "Selon les recherches que la commission a effectué au service d'Immigration nous avons pu retracer quatre passeports utilisés par Michel Martelly depuis 1999. Nous avons aussi pu vérifier son acte de naissance, sa carte de résidence aux États-Unis et le manifeste de certaines lignes aériennes. Tout confirme que Michel Joseph Martelly a toujours voyagé avec son passeport haïtien pour la période", a précisé pour le journal le sénateur qui veut garder l'anonymat en attendant que la commission dévoile ses conclusions. "Il n'y a aucune trace d'un quelconque passeport américain qui aurait pu appartenir à Michel Joseph Martelly dans les archives que nous avons pu analyser", insiste-t-il ajoutant que les pièces sont aujourd'hui aux mains des sénateurs Youri Latortue et Steven Benoît.
Questionné sur la carte de résidence américaine du président alors que la Constitution fait obligation de résider en Haïti cinq ans avant les élections, le sénateur ne pense pas que cela causera un problème. "Il y a depuis des années des élus, sénateurs, députés et présidents qui ont ou avaient une carte de résidence. Cela fait débat, mais ne les a jamais empêché d'être élu ou réélu."
Ne se voulant pas en mesure de décider de l'orientation de la commission d'enquête, le sénateur insiste que l'enquête se poursuit. "Nous continuons à chercher", dit-il. Ces déclarations sont corroborées par un autre élu du Grand corps qui a confié au Nouvelliste, lui aussi sous le couvert de l'anonymat : « Michel Martelly utilise toujours son passeport haïtien à l'aéroport international Toussaint Louverture, selon les données recueillies dans les archives de la direction de l'Immigration et de l'Émigration. La commission d'enquête n'arrive pas à retracer s'il utilise un passeport américain ou italien dans les aéroports étrangers ».
La nouvelle qui fait l'objet de fuites depuis cet après-midi explique peut-être l'atmosphère du point de presse de ce mardi. Souvent en conflit ouvert depuis l'enquête diligentée sur la nationalité réelle du président Michel Martelly, les sénateurs Moïse Jean-Charles et Joseph Lambert jouent aujourd'hui à l'unité parfaite. Ils lâchent les ministres démissionnaires, dédouanent le directeur de l'Immigration et prennent le chef de l'Etat comme seule cible de l'affaire dite de la nationalité.
Des chuchotements à l'oreille, de petites tapes sans agression sur la tête et un point de presse conjoint...les sénateurs Moïse Jean-Charles et Joseph Lambert filent le parfait amour. Premier acte d'une harmonisation des ex-querelleurs liés par la plateforme INITE coprésidents désormais de la commission d'enquête spéciale. « Le gouvernement étant démissionnaire, l'enquête sur leur nationalité paraissait pas trop nécessaire, a lâché le sénateur Joseph Lambert sous les regards approbateurs de son collègue Moïse Jean-Charles. Mais, nous menons jusqu'au bout notre mission ». Les passeports d'un ensemble de ministres et secrétaires d'Etat du gouvernement démissionnaire de Garry Conille, poursuit le parlementaire, sont en possession des membres de la commission d'enquête qui continuent de les analyser minutieusement.
Le président Michel Martelly, a enchaîné le sénateur Jean-Charles, est toujours en fonction. « Nous attendons ses documents de voyage. Nous ne pouvons pas l'attendre définitivement. Dès ce mercredi, nous allons demander au président du Sénat d'écrire au chef de l'Etat qui ne peut pas servir d'obstacle à la commission sénatoriale », a martelé le sénateur du Nord lors du point de presse conjoint auquel prendrait part son collègue Nènèl Cassy, nouveau cosecrétaire-rapporteur de ladite commission.
Une convocation du ministre de l'Intérieur et des Collectivités territoriales, Thierry Mayard-Paul, qui devrait être accompagné du directeur général de l'Immigration et de l'Émigration, Roland Chavannes, au Sénat, a été de fait annulée en raison de la démission du gouvernement de Garry Conille. Sept des neuf membres de la commission ad hoc allaient fouiller dans le système informatique de l'Immigration. « Nous avons mis l'emphase sur le président Michel Martelly. Ses documents ont été répertoriés », a précisé le sénateur Cassy. La commission a recueilli, dit-il, toutes les informations nécessaires et nous avançons très bien avec l'enquête.
Les membres de la commission se sont gardés de répondre aux questions des journalistes lors du point de presse. Pour produire son rapport dans quinze à vingt et un jours, la commission s'adressera à d'autres instances pour tenter de faire toute la lumière sur la nationalité réelle du 56e président d'Haïti. « Nous allons adresser des correspondances à des instances qui peuvent nous fournir des preuves », a fait savoir le sénateur Nènèl Cassy.

Chavannes dédouané
Le directeur général de l'Immigration et de l'Émigration, Roland Chavannes, en attendant le rapport de la commission d'enquête, est libéré de tout fardeau sur les suspicions de sabotage ou de destruction de preuves par rapport à l'enquête. Nous disons compliments à Roland Chavannes et aux techniciens du Service de l'Immigration, a lancé Joseph Lambert, sans crainte d'un démenti de Moïse Jean-Charles qui exigeait récemment la tête de l'ancien général des Forces armées d'Haïti, en charge de l'institution logée à l'avenue John Brown. La réalité, a expliqué le sénateur Lambert, « c'est que les documents détruits sont constitués d'un lot de passeports diplomatiques et de substitut liés qui étaient inutilisables ».

Quelque 70 000 livrets de passeports achetés avant des modifications dans le système de production de la direction de l'Immigration et de l'Émigration et des extraits d'archives qui encombraient le bâtiment, selon des chiffres cités par le coprésident de la commission d'enquête spéciale, ont été brûlés. L'opération, a précisé le parlementaire, a été menée en présence d'un juge de paix et est immortalisée par une vidéo.
Des institutions internationales oeuvrant dans le domaine de l'immigration, a avancé le sénateur Lambert, ont fixé un délai de trois ans pour éliminer les manifestes des compagnies de voyage. Le coprésident de la commission d'enquête ne tarie pas d'éloges pour le système informatique mis en place sous la direction de Roland Chavannes au Service de l'Immigration et de l'Émigration. « C'est l'un des réseaux les plus performants de toute la Caraïbe », a félicité le sénateur Lambert. Sauf, a-t-il précisé, les données disponibles remontent à 1999.
Le ministre des Haïtiens vivant à l'étranger, Daniel Supplice, a jugé inapproprié, la semaine dernière, que des documents de voyage aient été brûlés au Service de l'Immigration. Le moment, a encore jugé le ministre qui répondait aux questions de la commission d'enquête, est mal choisi pour brûler des documents, car l'enquête est actuellement en cours sur la nationalité des membres du gouvernement et du président de la République. Ces documents, selon Supplice, auraient dû être acheminés aux bureaux des Archives nationales.

Commission modifiée
« Des avancées importantes au niveau de la structure interne de la commission d'enquête sur la nationalité des membres du gouvernement du chef de l'Etat ont été effectuées la semaine dernière », a annoncé le sénateur Joseph Lambert. Nous nous mettons d'accord, dit-il, pour restructurer la commission avec désormais deux coprésidents en la personne de moi-même et du sénateur Moïse Jean-Charles et de deux corapporteurs, à savoir les sénateurs Youri Latortue et Nènèl Cassy.
Le rapport final de la commission composée de neuf membres, selon les modifications, doit être approuvé par la majorité de ses membres. Ces changements ont été apportés suite à des contestations de Moïse Jean-Charles qui considérait que ses collègues Joseph Lambert et Youri Latortue étaient trop proches du président Michel Martelly dont la seule nationalité haïtienne est mise en doute.
Claude Gilles et Frantz Duval
http://lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=102912&PubDate=2012-02-28

mardi 28 février 2012

Le scandale du « Cabinet rose »? Haiti : singulier comme toujours

Haïti: Qui l'eût dit ? Qui l'eût cru ? Mais ce n'est pas de la fiction : cela s'est bien passé, et en Haïti. Encore et toujours « un singulier petit pays ». Mais quoi ? Qu'y a-t-il eu de si extraordinaire, apte à provoquer l'étonnement et, encore plus, le désarroi ?
Il s'agit du fait par les ministres et secrétaires d'Etat du gouvernement Conille de s'être rebellés tous contre lui, d'avoir boudé une convocation du Parlement sur la base de certaines arguties juridiques et d'avoir opéré, moins de vingt-quatre heures après l'incartade, un spectaculaire revirement les ayant portés finalement à donner suite à la demande de dépôt de pièces de la commission sénatoriale d'enquête sur la nationalité. Ceux qui se sont présentés au Parlement portaient des bracelets roses, en signe d'allégeance indéfectible au chef de l'Etat.
Quelle interprétation et quelles conséquences d'un tel état de fait, au regard des avancées réalisées dans le domaine de la démocratie en Haïti ?
Il s'agit d'une action anticonstitutionnelle à plus d'un titre : l'exécutif est bicéphale, avec le chef de l'Etat et celui du gouvernement. Ce dernier tient sa légitimité du Parlement, codépositaire de la souveraineté nationale. Il est ratifié sur la base d'une déclaration de politique générale dont il assure l'exécution et à propos de laquelle il doit rendre compte au Parlement. Il répond donc des ministres, en relation avec ladite politique. En aucune manière, ces derniers ne peuvent se substituer à lui, le supplanter ou l'ignorer dans tout ce qui se rapporte à l'action gouvernementale.
Outre le fait que le Parlement légitime le chef du gouvernement, il autorise le fonctionnement des membres de celui-ci. Ils ont de ce fait des comptes à lui rendre sur leur action. Comment comprendre qu'ayant reçu le laissez-passer du Parlement, ils se rebellent quand celui-ci entreprend de vérifier leur nationalité, au regard de la Constitution.
Comment, des hommes et des femmes formés, n'ont-ils pas eu le courage d'aider le chef de l'Etat à comprendre que, à titre de ministres et de secrétaires d'Etat, ils ne pouvaient et ne devraient, en aucune façon, comploter et agir contre leur supérieur hiérarchique immédiat ? Pourquoi l'ont-ils laissé ou même encouragé à s'engager dans une telle voie, se sabordant du même coup, eux aussi ? Quels dividendes espèrent-ils tirer d'un tel acte ?
Par la bicéphalie de l'exécutif, telle que définie dans la Constitution de 1987, celle-ci se positionne de manière catégorique contre le présidentialisme fort. Soutenir délibérément une telle option est donc ouvertement anticonstitutionnel. Dans un autre contexte, un tel acte eût pu être qualifié de crime de haute trahison et ses auteurs passibles de la Haute Cour de justice. Continuer >
Leur attitude s'inscrit manifestement dans la dynamique de moins en moins camouflée du rétablissement de l'ordre ancien. Des signes annonciateurs de cette démarche sont assez significatifs : décisions unilatérales dans plusieurs domaines ; opacité dans plusieurs aspects de la gouvernance ; retour aux affaires de gens connus pour leur hostilité aux normes démocratiques ; tolérance envers des groupes dont les membres se font passer pour des militaires ; hostilité envers la presse démocratique ; retour apparent des « attachés ». Concernant ces derniers, un étudiant a récemment dénoncé son arrestation par des individus armés qui ne seraient pas des policiers.
Les bracelets roses portés par des membres du gouvernement lors de leur convocation au Parlement ne laissent planer aucun doute sur l'option de retour aux pratiques honnies. On est alors en droit d'établir un parallélisme entre le symbolisme de ce geste et l'instruction passée par feu Roger Lafontant: Que tous portent l'uniforme bleu des VSN!
Sur le plan strictement éthique, on a le droit de s'interroger sur le message envoyé à la nation, surtout aux jeunes, par nos ministres et secrétaires d'Etat en ce qui concerne les notions de solidarité et de loyauté en politique. On avait pourtant coutume d'entendre parler de « solidarité ministérielle ». Qu'en est-il aujourd'hui, après l'acte historique du « Cabinet rose » ? Un ministre ne critiquait pas un collègue, encore moins un chef de gouvernement, en public. Or, voilà que c'est arrivé avec le ministre chargé des relations avec le Parlement.
On recule. Depuis la Constitution de 1987, le président de la République n'était plus perçu comme un personnage placé au-dessus des institutions. On le prenait tout simplement pour un haut fonctionnaire investi d'une mission cardinale : celle de s'assurer du respect et de l'application de la Constitution et des lois et du bon fonctionnement des institutions. La situation créée par les ministres et secrétaires d'Etat nous renvoie au statu quo ante.
Que l'on ne s'étonne pas alors de l'aggravation subséquente de la déliquescence de l'Etat et de l'impossibilité pour les Haïtiens d'assumer leur destinée! Dans ces conditions, le départ de la mission étrangère n'est pas pour demain.
L'aide massive et les investissements directs étrangers ne sont pas également pour bientôt, en dépit des bonnes intentions exprimées il y a peu de temps. Surtout si Garry Conille était bien l'envoyé spécial des « Grands ». Une nouvelle période de « wait and see », donc d'expectative, s'annonce au cours de laquelle la présidence peut avoir beaucoup de mal à « délivrer ».
Souhaitons, pour le pays, que notre analyse ne soit pas exacte. Car si elle l'est et que les difficultés se présentent effectivement, il n'y aura pas que l'équipe au pouvoir à en pâtir. Il ne faudra alors pas écarter l'éventualité d'un recours à la force de celle-ci contre divers secteurs de la société qu'elle rendra responsables de ses déboires.
Le Parlement, appelé à ratifier le prochain chef de gouvernement, agira-t-il de sorte que nous n'arrivions pas à une telle situation ? Profitera-t-il de la désignation d'un nouveau Premier ministre pour assumer le leadership qui fait aujourd'hui défaut au pays ? Voudra-t-il garder en place l'équipe gouvernementale actuelle ? Se confinera-t-il plutôt dans le rôle de comparse de l'exécutif, qui est traditionnellement celui de beaucoup de ses membres ?
Le Parlement lâchera-t-il les dossiers de la nationalité et de l'audit des contrats de la période de l'état d'urgence qui, sans conteste, ont emporté le Premier ministre Conille et motivé l'action des membres de son gouvernement ?
Nous n'allons certainement pas tarder, en suivant l'actualité, à obtenir les réponses à ces lancinantes questions.
Marvel DANDIN