By JONATHAN M. KATZ
The Associated Press
Thursday, November 11, 2010; 6:12 PM
PORT-AU-PRINCE, Haiti -- The first portion of U.S. reconstruction money for Haiti is on its way more than seven months after it was promised to help the country rebuild from the Jan. 12 earthquake.
The U.S. government will transfer $120 million - about one-tenth of the total amount pledged - to the World Bank-run Haiti Reconstruction Fund in the next few days, U.S. State Department spokesman P.J. Crowley said.
"Having completed the process as outlined in the appropriation, we are now moving aggressively to commit that money to Haiti's reconstruction," Crowley said.
A State Department aide said money destined for the fund would go toward rubble removal, housing, a partial credit guarantee fund, support for an Inter-American Development Bank education reform plan and budget support for the Haitian government. The fund's projects must be endorsed by the reconstruction commission co-chaired by former President Bill Clinton and Haitian Prime Minister Jean-Max Bellerive.
The U.S. money will nearly double the current reconstruction fund, into which eight other countries have contributed $135 million. It is to arrive almost exactly 10 months after the earthquake destroyed most of Haiti's capital and surrounding areas and killed an estimated 230,000 to 300,000 people.
Crowley told reporters at a Tuesday briefing that the money had been sent from the State Department to the Treasury Department for delivery.
The funds are part of a $1.15 billion pledge made by Secretary of State Hillary Rodham Clinton at the March 31 U.N. donors conference for Haiti. Pledged for fiscal year 2010, which ended in September, the money has faced several delays.
It wasn't until July that Congress appropriated nearly the entire amount pledged, $917 million, in a bill signed by President Barack Obama. But without an authorization bill or an approved spending plan, none of it could not be released.
The authorization bill was blocked by Sen. Tom Coburn of Oklahoma. When his hold was reported by The Associated Press, the senator's office initially said he objected to a provision creating a U.S. policy coordinator position that would cost $5 million over five years. Later he said he objected to a lack of cuts in other programs to offset the money spent in Haiti. That bill has never been voted on.
The spending plan was given to congressional committees in September and approved in October, when it was held up amid checks to make sure the money would not be lost to corruption, the State Department told AP. It is not clear if the other, nearly $800 million from the appropriations bill, has cleared that process.
The United States spent more than $1.1 billion in humanitarian aid for Haiti this year, most in the first weeks after the disaster. The reconstruction pledge is a different pool of money, intended to support long-term rebuilding of the nation and its economy.
The Secretary of State told the U.N. conference in March that if the effort to rebuild was "slow or insufficient, if it is marked by conflict, lack of coordination or lack of transparency, then the challenges that have plagued Haiti for years could erupt with regional and global consequences."
Nearly all the countries present at that conference have been slow in delivering on their promises since.
Less than 38 percent of the $5.6 billion pledged for 2010-11 has been delivered. Italy, Germany, the Netherlands, Switzerland, Finland, the Caribbean Development Bank - and, until the money arrives, the U.S. - have yet to give any of their promised funds, according to Bill Clinton's U.N. Office of the Special Envoy for Haiti.
After 10 months living among piles of rubble, more than 1 million without homes and their country now being ravaged by a cholera epidemic, many Haitians have lost faith that the pledged money will help, even if all of it does arrive.
"This money is going to be for the rich people," said Lonise Atilma, who lives in a tent camp in the impoverished Martissant district of Port-au-Prince. "We have been living in a tent since Jan. 12 ... We are still there, suffering, and we're not going to see this money."
Associated Press writer Bob Burns contributed from Washington.
Une fenêtre ouverte sur Haïti, le pays qui défie le monde et ses valeurs, anti-nation qui fait de la résistance et pousse les limites de la résilience. Nous incitons au débat conceptualisant Haïti dans une conjoncture mondiale difficile. Haïti, le défi, existe encore malgré tout : choléra, leaders incapables et malhonnêtes, territoires perdus gangstérisés . Pour bien agir il faut mieux comprendre: "Que tout ce qui s'écrit poursuive son chemin, va , va là ou le vent te pousse (Dr Jolivert)
samedi 13 novembre 2010
Mirlande Manigat caracole en tête dans les sondages, mais se veut "sereine et vigilante"
Malgré ses neuf points d’avance sur le candidat du pouvoir, Jude Célestin, 30% contre 21% dans la dernière enquête d’opinion du BRIDES, la dirigeante du RDNP lance un appel à la "vigilance citoyenne" en vue de barrer la route à toute tentative de fraudes électorales, le 28 novembre Vendredi 12 novembre 2010, Radio Kiskeya
La candidate du Rassemblement des démocrates nationaux progressistes (RDNP), Mirlande Manigat, a accueilli vendredi avec "satisfaction et sérénité" les résultats d’un nouveau sondage d’opinion qui lui donne une large avance sur le candidat officiel, Jude Célestin, 30,3% contre 21,7% des intentions de vote, à deux semaines des présidentielles du 28 novembre.
"Si à deux semaines du scrutin, je suis créditée d’un peu plus de 30% d’opinions favorables, je ne vois pas ce qui, dans l’intervalle, pourrait me faire perdre cet avantage. Dans le cas où je n’obtiendrais pas au moins 30% des voix, je m’interrogerais sérieusement là-dessus", a déclaré Mme Manigat placée régulièrement en tête d’une série de quatre sondages publiés depuis septembre.
La secrétaire générale du RDNP précise qu’elle n’a rien à voir avec les commanditaires de ces études dont les résultats favorables sont attribuables, dit-elle, au travail accompli par son équipe.
Dans la nouvelle enquête d’opinion du Bureau de recherche et d’information en développement économique et social (BRIDES) commanditée par le secteur privée, la constitutionnaliste creuse l’écart sur son plus proche poursuivant. Elle arrive en première position dans sept des dix départements du pays, l’ouest (32,5 %), le sud (23,6 %), les Nippes (sud-ouest, 36 %), le Plateau Central (centre, 26,5 %), le nord (26 %), le nord-ouest (54,8 %) et le nord-est (40,2 %).
En perte de vitesse, Jude Célestin de la plateforme présidentielle INITE ne devance plus sa rivale que dans les trois départements restants, le sud-est (32,8 %), la Grande-Anse (sud-ouest, 44,2 %) et l’Artibonite (nord, 39,4 %).
Quoique sérieusement distancés par les deux premiers, le chanteur de Compas Direct Michel Martelly "Sweet Micky" (Repons Peyizan) et le notaire Jean Henry Céant (Renmen Ayiti), réputé proche de Jean-Bertrand Aristide, se classent respectivement troisième (10,8%) et quatrième (8,3%).
Ils précèdent l’industriel Charles Henri Baker de RESPE et l’ex-Premier ministre Jacques-Edouard Alexis totalement décrochés avec 7% des intentions de vote pour le premier et 5,8% pour le second.
En dépit de sa confortable avance d’environ 9 points sur M. Célestin, soit l’écart le plus important entre les deux concurrents depuis le début des sondages, Mirlande Manigat évite d’être triomphaliste et va jusqu’à se montrer préoccupée par d’éventuelles fraudes électorales massives au profit du représentant du pouvoir.
Aussi, appelle-t-elle à une grande mobilisation de l’électorat et à la "vigilance citoyenne" dans les bureaux de vote, le 28 novembre, afin de faire échouer "toute tentative de détournement de la volonté populaire".
Mme Manigat a bénéficié ces dernières semaines d’une succession d’endossements grâce à des alliances conclues notamment avec le Collectif pour le renouveau haïtien (COREH) des Sénateurs Youri Latortue et Evallière Beauplan, le groupe 77 de Me André Michel, l’ex-prêtre Anick Joseph, candidat au Sénat dans l’Artibonite sous la bannière d’Alternative, et le parti Konbit Pou Refè Ayiti de la mairesse de Pétion-Ville, Claire Lydie Parent.
Le quatrième et dernier sondage du BRIDES, réalisé pour le comte du Forum économique du secteur privé, sortira le 25 novembre, trois jours avant le premier tour des présidentielles et législatives. spp/Radio Kiskeya
http://radiokiskeya.com/spip.php?article7224
La candidate du Rassemblement des démocrates nationaux progressistes (RDNP), Mirlande Manigat, a accueilli vendredi avec "satisfaction et sérénité" les résultats d’un nouveau sondage d’opinion qui lui donne une large avance sur le candidat officiel, Jude Célestin, 30,3% contre 21,7% des intentions de vote, à deux semaines des présidentielles du 28 novembre.
"Si à deux semaines du scrutin, je suis créditée d’un peu plus de 30% d’opinions favorables, je ne vois pas ce qui, dans l’intervalle, pourrait me faire perdre cet avantage. Dans le cas où je n’obtiendrais pas au moins 30% des voix, je m’interrogerais sérieusement là-dessus", a déclaré Mme Manigat placée régulièrement en tête d’une série de quatre sondages publiés depuis septembre.
La secrétaire générale du RDNP précise qu’elle n’a rien à voir avec les commanditaires de ces études dont les résultats favorables sont attribuables, dit-elle, au travail accompli par son équipe.
Dans la nouvelle enquête d’opinion du Bureau de recherche et d’information en développement économique et social (BRIDES) commanditée par le secteur privée, la constitutionnaliste creuse l’écart sur son plus proche poursuivant. Elle arrive en première position dans sept des dix départements du pays, l’ouest (32,5 %), le sud (23,6 %), les Nippes (sud-ouest, 36 %), le Plateau Central (centre, 26,5 %), le nord (26 %), le nord-ouest (54,8 %) et le nord-est (40,2 %).
En perte de vitesse, Jude Célestin de la plateforme présidentielle INITE ne devance plus sa rivale que dans les trois départements restants, le sud-est (32,8 %), la Grande-Anse (sud-ouest, 44,2 %) et l’Artibonite (nord, 39,4 %).
Quoique sérieusement distancés par les deux premiers, le chanteur de Compas Direct Michel Martelly "Sweet Micky" (Repons Peyizan) et le notaire Jean Henry Céant (Renmen Ayiti), réputé proche de Jean-Bertrand Aristide, se classent respectivement troisième (10,8%) et quatrième (8,3%).
Ils précèdent l’industriel Charles Henri Baker de RESPE et l’ex-Premier ministre Jacques-Edouard Alexis totalement décrochés avec 7% des intentions de vote pour le premier et 5,8% pour le second.
En dépit de sa confortable avance d’environ 9 points sur M. Célestin, soit l’écart le plus important entre les deux concurrents depuis le début des sondages, Mirlande Manigat évite d’être triomphaliste et va jusqu’à se montrer préoccupée par d’éventuelles fraudes électorales massives au profit du représentant du pouvoir.
Aussi, appelle-t-elle à une grande mobilisation de l’électorat et à la "vigilance citoyenne" dans les bureaux de vote, le 28 novembre, afin de faire échouer "toute tentative de détournement de la volonté populaire".
Mme Manigat a bénéficié ces dernières semaines d’une succession d’endossements grâce à des alliances conclues notamment avec le Collectif pour le renouveau haïtien (COREH) des Sénateurs Youri Latortue et Evallière Beauplan, le groupe 77 de Me André Michel, l’ex-prêtre Anick Joseph, candidat au Sénat dans l’Artibonite sous la bannière d’Alternative, et le parti Konbit Pou Refè Ayiti de la mairesse de Pétion-Ville, Claire Lydie Parent.
Le quatrième et dernier sondage du BRIDES, réalisé pour le comte du Forum économique du secteur privé, sortira le 25 novembre, trois jours avant le premier tour des présidentielles et législatives. spp/Radio Kiskeya
http://radiokiskeya.com/spip.php?article7224
Les écrivains Haïtiens au salon Haïti Solidarité
Publié le 13 novembre 2010 Chantal Guy, La Presse
À l'initiative de Rodney Saint-Éloi, directeur des éditions Mémoire d'encrier, qui nous font découvrir les meilleurs écrivains haïtiens, amérindiens et québécois, il y aura «une cour à l'haïtienne» au Salon cette année. «C'est en fait un espace de vie qui sera décoré afin de montrer que le pays est vivant, explique l'éditeur et écrivain, qui vient tout juste de publier le livre Haïti Kenbe La! - 35 secondes et mon pays à reconstruire chez Michel Lafon. «Ce sera l'illustration parfaite de ce que Dany a dit au lendemain du séisme: quand tout tombe, il reste la culture.» Dany Laferrière sera d'ailleurs le président de ce stand spécial, Haïti Solidarité, que les visiteurs pourront fréquenter pendant toute la durée du Salon.
Le but de Rodney Saint-Éloi est de faire rencontrer les cultures haïtienne et québécoise par l'entremise de la littérature depuis qu'il s'est installé au Québec, il y a une dizaine d'années, en fait. Le séisme du 12 janvier a créé chez les Québécois un besoin d'en savoir plus sur son pays natal, dit-il. «Je pense qu'on a dépassé la phase "exotique", les gens ont envie de mieux connaître Haïti.»
La littérature est là pour ça. Ils seront 17 écrivains, de la diaspora ou du Québec, à dynamiser le stand. Nous aurons la visite de Lyonel Trouillot, Gary Victor, Emmelie Prophète, Kettly Mars, Makenzy Orcel, Pierre Buteau, Leslie Péan et Christophe Charles. Les auteurs haïtiens du Québec, outre Dany Laferrière et Rodney Saint-Éloi bien sûr, seront Stanley Péan, Marie-Célie Agnant, Franz Benjamin, Gary Klang, Joe Jack, Lenous Suprice et Joël Des Rosiers.
Depuis deux ans, les écrivains haïtiens ne cessent de rafler des prix littéraires prestigieux, le plus célèbre au Québec étant le Médicis de Dany Laferrière pour L'énigme du retour, évidemment. Ce qui démontre hors de tout doute le caractère très contemporain de cette littérature qui touche la réalité de plusieurs continents dans un monde sans cesse en mutation. C'est aussi une autre façon de reconstruire Haïti. «Quand on pense à la reconstruction, on pense tout de suite aux murs, mais il y a la culture, souligne Rodney Saint-Éloi. L'imaginaire est tout aussi important que la réalité, parce que le pays est d'abord une projection de l'imaginaire. L'imaginaire crée le pays, et les murs vont suivre. Et qui de mieux que les écrivains pour faire entrer les gens dans leur pays?»
Haïti Solidarité présente aussi la table ronde Écrire le séisme, avec Dany Laferrière, Makenzy Orcel et Rodney Saint-Éloi dimanche, 13h, à la Grande Place.
http://www.cyberpresse.ca/arts/dossiers/salon-du-livre-de-montreal-2010/201011/10/01-4341244-les-ecrivains-haitiens-au-salon-haiti-solidarite.php
À l'initiative de Rodney Saint-Éloi, directeur des éditions Mémoire d'encrier, qui nous font découvrir les meilleurs écrivains haïtiens, amérindiens et québécois, il y aura «une cour à l'haïtienne» au Salon cette année. «C'est en fait un espace de vie qui sera décoré afin de montrer que le pays est vivant, explique l'éditeur et écrivain, qui vient tout juste de publier le livre Haïti Kenbe La! - 35 secondes et mon pays à reconstruire chez Michel Lafon. «Ce sera l'illustration parfaite de ce que Dany a dit au lendemain du séisme: quand tout tombe, il reste la culture.» Dany Laferrière sera d'ailleurs le président de ce stand spécial, Haïti Solidarité, que les visiteurs pourront fréquenter pendant toute la durée du Salon.
Le but de Rodney Saint-Éloi est de faire rencontrer les cultures haïtienne et québécoise par l'entremise de la littérature depuis qu'il s'est installé au Québec, il y a une dizaine d'années, en fait. Le séisme du 12 janvier a créé chez les Québécois un besoin d'en savoir plus sur son pays natal, dit-il. «Je pense qu'on a dépassé la phase "exotique", les gens ont envie de mieux connaître Haïti.»
La littérature est là pour ça. Ils seront 17 écrivains, de la diaspora ou du Québec, à dynamiser le stand. Nous aurons la visite de Lyonel Trouillot, Gary Victor, Emmelie Prophète, Kettly Mars, Makenzy Orcel, Pierre Buteau, Leslie Péan et Christophe Charles. Les auteurs haïtiens du Québec, outre Dany Laferrière et Rodney Saint-Éloi bien sûr, seront Stanley Péan, Marie-Célie Agnant, Franz Benjamin, Gary Klang, Joe Jack, Lenous Suprice et Joël Des Rosiers.
Depuis deux ans, les écrivains haïtiens ne cessent de rafler des prix littéraires prestigieux, le plus célèbre au Québec étant le Médicis de Dany Laferrière pour L'énigme du retour, évidemment. Ce qui démontre hors de tout doute le caractère très contemporain de cette littérature qui touche la réalité de plusieurs continents dans un monde sans cesse en mutation. C'est aussi une autre façon de reconstruire Haïti. «Quand on pense à la reconstruction, on pense tout de suite aux murs, mais il y a la culture, souligne Rodney Saint-Éloi. L'imaginaire est tout aussi important que la réalité, parce que le pays est d'abord une projection de l'imaginaire. L'imaginaire crée le pays, et les murs vont suivre. Et qui de mieux que les écrivains pour faire entrer les gens dans leur pays?»
Haïti Solidarité présente aussi la table ronde Écrire le séisme, avec Dany Laferrière, Makenzy Orcel et Rodney Saint-Éloi dimanche, 13h, à la Grande Place.
http://www.cyberpresse.ca/arts/dossiers/salon-du-livre-de-montreal-2010/201011/10/01-4341244-les-ecrivains-haitiens-au-salon-haiti-solidarite.php
Quand les ONG sont coupables
Publié le 13 novembre 2010
Mathieu Perreault, La Presse
Les organismes humanitaires prolongent les conflits en soignant les soldats et en enlevant aux combattants la responsabilité de gérer les populations civiles. Telle est la thèse de la journaliste néerlandaise Linda Polman dans son plus récent ouvrage, War Games, après avoir dénoncé l'inefficacité des missions de maintien de la paix de l'ONU dans son livre We Did Nothing. La Presse s'est entretenue avec elle.
Q : Est-ce que les interventions humanitaires prolongent les guerres?
R : Oui, certainement. Avant l'invention de la Croix-Rouge, les armées avaient la responsabilité de gérer les populations civiles. Leur sort était peu enviable, mais aucun général ne veut avoir affaire à une horde d'affamés qui n'ont plus rien à perdre. Ça forçait les combattants à limiter les effets de la guerre à quelque chose d'acceptable. Les hôpitaux civils devaient continuer à fonctionner pour que les hôpitaux militaires puissent se concentrer sur les soldats. Maintenant, les ONG s'occupent de la population civile. Les soldats peuvent même se faire soigner dans leurs hôpitaux. Les combattants sont libres de semer la désolation autour d'eux parce qu'ils savent que quelqu'un d'autre recollera les morceaux. En Sierra Leone, les rebelles ont même justifié les amputations qu'ils infligeaient aux enfants par le fait que c'était une manière d'attirer l'intervention internationale. Les ONG provoquent la surenchère de l'horreur.
Q : Les interventions humanitaires après les désastres naturels ont-ils aussi des effets néfastes?
R : Non, pourvu que les ONG ne servent pas d'outil politique ou militaire. Cela dit, il faut toujours tenir compte du potentiel de déstabilisation économique et politique des injections massives de capitaux qui accompagnent les missions humanitaires.
Q : Pouvez-vous parler plus particulièrement du problème du Congo?
R : Les ONG qui se trouvaient dans les camps de réfugiés hutus soignaient des soldats qui ensuite prolongeaient la guerre. Les milices hutues régentaient l'accès aux camps et la distribution des vivres et des médicaments. Quand des ONG sont parties pour protester contre la situation, des ONG rivales se sont battues pour prendre leur place. Je pense que l'ONU aurait dû établir cette responsabilité des ONG dans son récent rapport.
Q : Les problèmes liés à l'intervention humanitaire durant les guerres sont-ils récents?
R : Que se serait-il passé si les nazis n'avaient pas eu l'aide de la Croix-Rouge, qui apportait des colis aux prisonniers des camps de concentration? En se taisant, la Croix-Rouge a en quelque sorte dédouané le Troisième Reich. Plus près de nous, on peut penser au Biafra, au début des années 70: la guerre civile se serait terminée beaucoup plus rapidement si le gouvernement biafrais n'avait pas eu l'aide des ONG pour nourrir la population civile.
Q : La Chine offre-t-elle un modèle de développement différent de l'Occident dans ses relations commerciales avec l'Afrique?
R : La Chine n'offre pas d'aide à l'Afrique, elle y fait des affaires. Et les affaires peuvent être sales, tout comme l'aide. De l'autre côté, l'Occident prétend offrir de l'aide alors que, en réalité, il cherche à faire avancer ses propres intérêts commerciaux. Nous déstabilisons les économies des pays qui reçoivent de l'aide. Au plan de la corruption, dont on accuse souvent la Chine en Afrique, je ne crois pas que les lois qui interdisent cette pratique en Occident soient si efficaces. Par exemple, les banques britanniques ou suisses qui acceptent l'argent criminel des pays du tiers-monde sont à mon avis tout aussi corrompues.
Q : Que pensez-vous des pillages d'entrepôts d'aide humanitaire et des enlèvements de travailleurs humanitaires?
R : On exagère la plupart du temps. En Haïti, en 1995, j'ai été témoin de l'arrivée des soldats américains. Des foules de pauvres étaient venues pour saluer leurs sauveurs. Les soldats américains ont eu peur d'eux. Ils ont vu arriver les Lexus et les Audi des riches Haïtiens et ils ont repoussé la foule pour les laisser passer. Mais les victimes, ce n'était pas les riches dans les grosses voitures. Après le tremblement de terre en Haïti en janvier dernier, une équipe médicale belge a abandonné une clinique parce que les soldats de l'ONU ne voulaient pas en assurer la protection. Une équipe de CNN ayant à sa tête le correspondant médical Sanjay Gupta s'y est installée et a fait le travail sans subir aucune violence.
Q : Comment en êtes-vous venue à vous intéresser aux Casques bleus et à l'aide humanitaire?
R : Au début de ma carrière, je faisais des reportages de tourisme en Afrique pour des quotidiens néerlandais. Je me suis retrouvée en Somalie en 1993 et j'ai trouvé l'intervention de l'ONU absolument fascinante. Les Casques bleus pakistanais tentaient tout simplement de survivre. Leur mandat était inadéquat et ils n'avaient aucune infrastructure militaire. On avait envoyé des préposés à la circulation pour endiguer une guerre civile. Ils n'avaient ni le mandat ni les capacités de se battre ou d'arrêter les chefs de guerre.
Q : Pourquoi les Casques bleus n'ont-ils pas un mandat adéquat?
R : Parce que l'ONU est un grand jeu politique. Un diplomate américain m'a déjà dit que les résolutions de l'ONU, c'est comme de la saucisse: il vaut mieux ne pas savoir de quoi elles sont faites. Les pays autocratiques ne veulent pas que soient condamnées des pratiques auxquelles ils se livrent eux-mêmes. Les pays industrialisés et émergents ne veulent pas s'aliéner leurs partenaires commerciaux ou leurs alliés stratégiques.
Q : Cela signifie que vous êtes d'accord avec des interventions militaires contre des régimes autocratiques, par exemple l'invasion américaine de l'Irak en 2003?
R : Non, pas du tout. Je ne suis pas toujours en faveur des interventions unilatérales. Elles devraient être réservées aux cas de génocide. Je ne suis pas spécialiste de l'Irak, mais je crois que les États-Unis avaient des raisons politiques égoïstes d'y intervenir. En même temps, je sais que c'est une utopie de penser que les puissances militaires comme les États-Unis et la France interviendront pour stopper les génocides.
Q : Avez-vous un exemple d'une mission réussie des Casques bleus?
R : En Haïti au milieu des années 90. L'armée américaine a pris la place des autorités locales. Les Casques bleus se sont limités à transporter et à former les policiers locaux, à garder les prisons
http://www.cyberpresse.ca/dossiers/les-grandes-entrevues/201011/13/01-4342442-quand-les-ong-sont-coupables.php
Commentaires:
LES ONGs EN QUESTION!
Il faut avoir du courage et une certaine valeur morale pour toucher aux intouchables. Et aujourd'hui les ONGs sont de véritables intouchables. Qui oseraient critiquer l'actions de ces institutions presque divinisées qui empêchent des millions et des millions de décès dans les pays pauvres et les pays touchés par des catastrophes humaines (guerres et corruption) et naturelles?
Cependant on devrait se demander pourquoi il n'y a pas d'ONGs actives dans les pays riches ou developpées? Et pourquoi l'action des ONGs n'est jamais limitée dans le temps dans les pays pauvres?
Les ONGs qui se targuent d'être sur le terrain depuis 40 ans et qui continuent à gérer des situations d'urgences ne devraient -elles pas questionner leur méthodologies et leus champs d'action?
L'auteur parle d'injections d'argent qui tuent l'économie locale sans établir des nuances dans la destinantion réelle des fonds alloués.
Aujourd'hui de la même façon que des questionnements voire des critiques et des condamnations se font sur la gestion de certains gouvernements, on s'attend à ce que l'action des ONGs soient évaluées par des mécanismes exogènes.
De toutes les façons, crise financière oblige il faudra un jour modifier des paradigmes pour que les ONGs ressentent moins d'allergie à travailler avec les autorités locales des pays.
Mathieu Perreault, La Presse
Les organismes humanitaires prolongent les conflits en soignant les soldats et en enlevant aux combattants la responsabilité de gérer les populations civiles. Telle est la thèse de la journaliste néerlandaise Linda Polman dans son plus récent ouvrage, War Games, après avoir dénoncé l'inefficacité des missions de maintien de la paix de l'ONU dans son livre We Did Nothing. La Presse s'est entretenue avec elle.
Q : Est-ce que les interventions humanitaires prolongent les guerres?
R : Oui, certainement. Avant l'invention de la Croix-Rouge, les armées avaient la responsabilité de gérer les populations civiles. Leur sort était peu enviable, mais aucun général ne veut avoir affaire à une horde d'affamés qui n'ont plus rien à perdre. Ça forçait les combattants à limiter les effets de la guerre à quelque chose d'acceptable. Les hôpitaux civils devaient continuer à fonctionner pour que les hôpitaux militaires puissent se concentrer sur les soldats. Maintenant, les ONG s'occupent de la population civile. Les soldats peuvent même se faire soigner dans leurs hôpitaux. Les combattants sont libres de semer la désolation autour d'eux parce qu'ils savent que quelqu'un d'autre recollera les morceaux. En Sierra Leone, les rebelles ont même justifié les amputations qu'ils infligeaient aux enfants par le fait que c'était une manière d'attirer l'intervention internationale. Les ONG provoquent la surenchère de l'horreur.
Q : Les interventions humanitaires après les désastres naturels ont-ils aussi des effets néfastes?
R : Non, pourvu que les ONG ne servent pas d'outil politique ou militaire. Cela dit, il faut toujours tenir compte du potentiel de déstabilisation économique et politique des injections massives de capitaux qui accompagnent les missions humanitaires.
Q : Pouvez-vous parler plus particulièrement du problème du Congo?
R : Les ONG qui se trouvaient dans les camps de réfugiés hutus soignaient des soldats qui ensuite prolongeaient la guerre. Les milices hutues régentaient l'accès aux camps et la distribution des vivres et des médicaments. Quand des ONG sont parties pour protester contre la situation, des ONG rivales se sont battues pour prendre leur place. Je pense que l'ONU aurait dû établir cette responsabilité des ONG dans son récent rapport.
Q : Les problèmes liés à l'intervention humanitaire durant les guerres sont-ils récents?
R : Que se serait-il passé si les nazis n'avaient pas eu l'aide de la Croix-Rouge, qui apportait des colis aux prisonniers des camps de concentration? En se taisant, la Croix-Rouge a en quelque sorte dédouané le Troisième Reich. Plus près de nous, on peut penser au Biafra, au début des années 70: la guerre civile se serait terminée beaucoup plus rapidement si le gouvernement biafrais n'avait pas eu l'aide des ONG pour nourrir la population civile.
Q : La Chine offre-t-elle un modèle de développement différent de l'Occident dans ses relations commerciales avec l'Afrique?
R : La Chine n'offre pas d'aide à l'Afrique, elle y fait des affaires. Et les affaires peuvent être sales, tout comme l'aide. De l'autre côté, l'Occident prétend offrir de l'aide alors que, en réalité, il cherche à faire avancer ses propres intérêts commerciaux. Nous déstabilisons les économies des pays qui reçoivent de l'aide. Au plan de la corruption, dont on accuse souvent la Chine en Afrique, je ne crois pas que les lois qui interdisent cette pratique en Occident soient si efficaces. Par exemple, les banques britanniques ou suisses qui acceptent l'argent criminel des pays du tiers-monde sont à mon avis tout aussi corrompues.
Q : Que pensez-vous des pillages d'entrepôts d'aide humanitaire et des enlèvements de travailleurs humanitaires?
R : On exagère la plupart du temps. En Haïti, en 1995, j'ai été témoin de l'arrivée des soldats américains. Des foules de pauvres étaient venues pour saluer leurs sauveurs. Les soldats américains ont eu peur d'eux. Ils ont vu arriver les Lexus et les Audi des riches Haïtiens et ils ont repoussé la foule pour les laisser passer. Mais les victimes, ce n'était pas les riches dans les grosses voitures. Après le tremblement de terre en Haïti en janvier dernier, une équipe médicale belge a abandonné une clinique parce que les soldats de l'ONU ne voulaient pas en assurer la protection. Une équipe de CNN ayant à sa tête le correspondant médical Sanjay Gupta s'y est installée et a fait le travail sans subir aucune violence.
Q : Comment en êtes-vous venue à vous intéresser aux Casques bleus et à l'aide humanitaire?
R : Au début de ma carrière, je faisais des reportages de tourisme en Afrique pour des quotidiens néerlandais. Je me suis retrouvée en Somalie en 1993 et j'ai trouvé l'intervention de l'ONU absolument fascinante. Les Casques bleus pakistanais tentaient tout simplement de survivre. Leur mandat était inadéquat et ils n'avaient aucune infrastructure militaire. On avait envoyé des préposés à la circulation pour endiguer une guerre civile. Ils n'avaient ni le mandat ni les capacités de se battre ou d'arrêter les chefs de guerre.
Q : Pourquoi les Casques bleus n'ont-ils pas un mandat adéquat?
R : Parce que l'ONU est un grand jeu politique. Un diplomate américain m'a déjà dit que les résolutions de l'ONU, c'est comme de la saucisse: il vaut mieux ne pas savoir de quoi elles sont faites. Les pays autocratiques ne veulent pas que soient condamnées des pratiques auxquelles ils se livrent eux-mêmes. Les pays industrialisés et émergents ne veulent pas s'aliéner leurs partenaires commerciaux ou leurs alliés stratégiques.
Q : Cela signifie que vous êtes d'accord avec des interventions militaires contre des régimes autocratiques, par exemple l'invasion américaine de l'Irak en 2003?
R : Non, pas du tout. Je ne suis pas toujours en faveur des interventions unilatérales. Elles devraient être réservées aux cas de génocide. Je ne suis pas spécialiste de l'Irak, mais je crois que les États-Unis avaient des raisons politiques égoïstes d'y intervenir. En même temps, je sais que c'est une utopie de penser que les puissances militaires comme les États-Unis et la France interviendront pour stopper les génocides.
Q : Avez-vous un exemple d'une mission réussie des Casques bleus?
R : En Haïti au milieu des années 90. L'armée américaine a pris la place des autorités locales. Les Casques bleus se sont limités à transporter et à former les policiers locaux, à garder les prisons
http://www.cyberpresse.ca/dossiers/les-grandes-entrevues/201011/13/01-4342442-quand-les-ong-sont-coupables.php
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LES ONGs EN QUESTION!
Il faut avoir du courage et une certaine valeur morale pour toucher aux intouchables. Et aujourd'hui les ONGs sont de véritables intouchables. Qui oseraient critiquer l'actions de ces institutions presque divinisées qui empêchent des millions et des millions de décès dans les pays pauvres et les pays touchés par des catastrophes humaines (guerres et corruption) et naturelles?
Cependant on devrait se demander pourquoi il n'y a pas d'ONGs actives dans les pays riches ou developpées? Et pourquoi l'action des ONGs n'est jamais limitée dans le temps dans les pays pauvres?
Les ONGs qui se targuent d'être sur le terrain depuis 40 ans et qui continuent à gérer des situations d'urgences ne devraient -elles pas questionner leur méthodologies et leus champs d'action?
L'auteur parle d'injections d'argent qui tuent l'économie locale sans établir des nuances dans la destinantion réelle des fonds alloués.
Aujourd'hui de la même façon que des questionnements voire des critiques et des condamnations se font sur la gestion de certains gouvernements, on s'attend à ce que l'action des ONGs soient évaluées par des mécanismes exogènes.
De toutes les façons, crise financière oblige il faudra un jour modifier des paradigmes pour que les ONGs ressentent moins d'allergie à travailler avec les autorités locales des pays.
vendredi 12 novembre 2010
Haïti: le choléra a fait 796 morts, selon un nouveau bilan
Publié le 12 novembre 2010
Agence France-Presse
Port-au-Prince
L'épidémie de choléra qui sévit en Haïti a fait 796 morts, dont 13 à Port-au-Prince, tandis que 12 303 malades ont été hospitalisés, selon le bilan du ministère haïtien de la Santé publié vendredi sur son site internet, soit 72 morts de plus que le bilan annoncé la veille.
Le bilan du ministère de la Santé haïtien concerne la période allant jusqu'au 10 novembre. Le ministère indique que, jusqu'à présent, la plupart des décès (540) sont survenus dans le département de l'Artibonite (nord), principal foyer de l'épidémie qui sévit dans le pays depuis la mi-octobre.
Toutefois, 13 décès ont été recensés à Port-au-Prince, dont le bidonville de Cité Soleil, et dans ses banlieues, contre 4 selon le bilan fourni jeudi.
Près de 3 millions de personnes vivent à Port-au-Prince, dont plus d'un million dans des camps où les conditions sanitaires sont très précaires, depuis le séisme du 12 janvier.
L'ONU a lancé vendredi un appel de fonds d'urgence de 163,8 millions de dollars pour «éviter d'être dépassée» par l'épidémie de choléra dans le pays, le plus pauvre du continent américain.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201011/12/01-4342128-haiti-le-cholera-a-fait-796-morts-selon-un-nouveau-bilan.php
Agence France-Presse
Port-au-Prince
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Le bilan du ministère de la Santé haïtien concerne la période allant jusqu'au 10 novembre. Le ministère indique que, jusqu'à présent, la plupart des décès (540) sont survenus dans le département de l'Artibonite (nord), principal foyer de l'épidémie qui sévit dans le pays depuis la mi-octobre.
Toutefois, 13 décès ont été recensés à Port-au-Prince, dont le bidonville de Cité Soleil, et dans ses banlieues, contre 4 selon le bilan fourni jeudi.
Près de 3 millions de personnes vivent à Port-au-Prince, dont plus d'un million dans des camps où les conditions sanitaires sont très précaires, depuis le séisme du 12 janvier.
L'ONU a lancé vendredi un appel de fonds d'urgence de 163,8 millions de dollars pour «éviter d'être dépassée» par l'épidémie de choléra dans le pays, le plus pauvre du continent américain.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201011/12/01-4342128-haiti-le-cholera-a-fait-796-morts-selon-un-nouveau-bilan.php
Le CEP exhortent les candidats à respecter la loi électorale
La troisième rencontre entre les responsables du CEP et les acteurs du processus électoral a permis d'aborder le dossier du contentieux électoral. Le président du CEP, Gaillot Dorsainvil, assure que toutes les contestations formulées convenablement seront prises en compte. Il exhorte les acteurs à respecter les règles du jeu afin d'éviter des sanctions prévues dans la loi électorale. Les échanges au cours de cette rencontre sont diversement interprétés par les leaders politiques. Le chef de file de Respè, Charles Henry Baker, déplore que les principaux problèmes aient été évités. Il n'y a eu que des redites s'exclame M. Baker qui ne fait nullement confiance aux conseillers électoraux.
Rudy Heriveaux n'a pas la même lecture de la situation. Saluant l'initiative du CEP, l'ex sénateur ne que signale de petites imperfections. Il se dit préoccupé par certains observateurs qui en réalité apportent leur appui à certains candidats.
Un autre candidat au sénat dans l'Ouest, Steven Benoît, est préoccupé par la mise en branle de sa machine de mandataires. M. Benoît espère obtenir dans le meilleur délai les accréditations pour ses 4. 000 mandataires.
De leur coté, des représentants d'organisation de la société civile ont mis l'accent sur la nécessité de livrer les cartes d'accréditation pour les observateurs 15 jours avant le scrutin. Le directeur de l'Initiative de la Société Civile (ISC), Rosny Desroches, exhorte les responsables du CEP à respecter les prescrits de la loi électorale en la matière.
LLM / radio Métropole Haïti
Rudy Heriveaux n'a pas la même lecture de la situation. Saluant l'initiative du CEP, l'ex sénateur ne que signale de petites imperfections. Il se dit préoccupé par certains observateurs qui en réalité apportent leur appui à certains candidats.
Un autre candidat au sénat dans l'Ouest, Steven Benoît, est préoccupé par la mise en branle de sa machine de mandataires. M. Benoît espère obtenir dans le meilleur délai les accréditations pour ses 4. 000 mandataires.
De leur coté, des représentants d'organisation de la société civile ont mis l'accent sur la nécessité de livrer les cartes d'accréditation pour les observateurs 15 jours avant le scrutin. Le directeur de l'Initiative de la Société Civile (ISC), Rosny Desroches, exhorte les responsables du CEP à respecter les prescrits de la loi électorale en la matière.
LLM / radio Métropole Haïti
L'épidémie de choléra inquiète un expert du CDC
Un épidémiologiste des Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), Ezra Barzilay, affirme que l'épidémie de choléra a causé le décès de 800 personnes. Il estime que la situation se détériore de jour en jour dans plusieurs régions d'Haïti. "Les Haïtiens font la queue, il n'y a plus de lits d'hôpital, les hôpitaux sont totalement débordés", a-t-il ajouté, notant que des équipes médicales étaient contraintes de choisir parmi les malades lesquels elles allaient pouvoir soigner.
Au Gonaïves, le principal centre hospitalier ne peut répondre à la demande. Les personnes, soufrant de diarrhée, sont allongées à même le sol. Plus de 80 cas de décès ont été enregistrés au cours des 5 derniers jours dans la cité de l'indépendance.
Dans le Nord, à Pilate le seul centre de santé de la région a dénombré 12 décès. Les malades sont assis devant le centre et dans la rue dans l'espoir d'avoir accès à des soins médicaux.
L'épidémie de choléra considérée désormais comme un problème de sécurité nationale a déjà entraîné l'hospitalisation de plus de 11 000 personnes. Les autorités locales sont de moins en moins enclin à fournir des informations sur les cas de décès. Les autorités ont récemment décidé de procéder à l'inhumation des cadavres afin d'éviter de nouvelles contamination.
LLM / radio Métropole Haïti
Au Gonaïves, le principal centre hospitalier ne peut répondre à la demande. Les personnes, soufrant de diarrhée, sont allongées à même le sol. Plus de 80 cas de décès ont été enregistrés au cours des 5 derniers jours dans la cité de l'indépendance.
Dans le Nord, à Pilate le seul centre de santé de la région a dénombré 12 décès. Les malades sont assis devant le centre et dans la rue dans l'espoir d'avoir accès à des soins médicaux.
L'épidémie de choléra considérée désormais comme un problème de sécurité nationale a déjà entraîné l'hospitalisation de plus de 11 000 personnes. Les autorités locales sont de moins en moins enclin à fournir des informations sur les cas de décès. Les autorités ont récemment décidé de procéder à l'inhumation des cadavres afin d'éviter de nouvelles contamination.
LLM / radio Métropole Haïti
Multiplication des cas de choléra au centre ville de Port-au-Prince
Le choléra est désormais aux abords du Palais National. Au moins deux personnes vivant dans le camp d'hébergement du champ de Mars sont décédées mardi rapportent des témoins. Une femme et sa fille atteintes de vomissement, de migraine et de diarrhée ont rendu l'âme alors qu'elles avaient été transportées à l'hôpital général. Apeurés les sinistrés de la place Dessalines au champ de Mars appellent à une intervention urgente des autorités sanitaires. Les sinistrés soutiennent qu'ils partageaient les mêmes ustensiles de cuisine avec les victimes.
A la morgue de l'Hueh, 8 cadavres ont été recensés. Cependant d'autres corps se trouvaient dans la phase de traitement au chlore. L'épidémie qui sévit désormais dans 5 départements géographiques a fait 643 morts et 9 961 hospitalisations.
Des responsables de l'OPS assurent que le système sanitaire peut prendre en charge les personnes ayant été contaminées. 5 centres de traitement de choléra (CTC) fonctionnent dans la région métropolitaine.
Le centre de Gheskio a enregistré 30 nouveaux cas ces derniers jours. Les malades proviennent de tous les quartiers notamment Carrefour, Cité Soleil et Carrefour feuilles.
Les autorités sanitaires oeuvrent de concert avec les responsables du cluster eau et assainissement afin de freiner l'épidémie. Toutefois les récentes inondations de Tomas ont rendu des régions inaccessibles aux agents sanitaires.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18439
A la morgue de l'Hueh, 8 cadavres ont été recensés. Cependant d'autres corps se trouvaient dans la phase de traitement au chlore. L'épidémie qui sévit désormais dans 5 départements géographiques a fait 643 morts et 9 961 hospitalisations.
Des responsables de l'OPS assurent que le système sanitaire peut prendre en charge les personnes ayant été contaminées. 5 centres de traitement de choléra (CTC) fonctionnent dans la région métropolitaine.
Le centre de Gheskio a enregistré 30 nouveaux cas ces derniers jours. Les malades proviennent de tous les quartiers notamment Carrefour, Cité Soleil et Carrefour feuilles.
Les autorités sanitaires oeuvrent de concert avec les responsables du cluster eau et assainissement afin de freiner l'épidémie. Toutefois les récentes inondations de Tomas ont rendu des régions inaccessibles aux agents sanitaires.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18439
Choléra en Haïti: des besoins d'argent très urgents, alerte l'ONU
Publié le 12 novembre 2010 à
L'ONU a lancé vendredi un appel de fonds d'urgence de 163,8 millions de dollars pour «éviter d'être dépassée» par l'épidémie de choléra en Haïti dont le bilan atteint désormais 724 décès et 11 000 hospitalisations.
«Il nous faut absolument cet argent au plus vite pour éviter d'être dépassés par cette épidémie» déclarée à la mi-octobre, a expliqué la porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha), Elisabeth Byrs, lors d'un point de presse.
Selon des statistiques publiées jeudi sur le site du ministère haïtien de la Santé, 497 décès, soit plus des deux tiers du total des morts recensés, se sont produits dans le département de l'Artibonite (nord), principal foyer de l'épidémie.
Mais c'est à Port-au-Prince, la capitale surpeuplée où plus d'un million d'habitants vivent dans des conditions sanitaires précaires depuis le séisme du 12 janvier, que la situation est potentiellement la plus inquiétante, selon les organisations internationales.
Sur les dix départements de Haïti, cinq sont directement affectés par l'épidémie, selon un document publié vendredi par l'ONU.
L'organisation s'attend à ce que près de «200 000 personnes montrent des symptômes du choléra, allant de diarrhées légères à une déshydratation sévère».
«Les cas (de choléra) devraient apparaître lors d'une poussée de l'épidémie qui se produira de façon soudaine dans différentes parties du pays», selon l'ONU.
Face à cette propagation attendue de l'épidémie dans l'ensemble du pays, l'ONU estime que des ressources devront encore être mobilisées pour au moins six mois.
«Un effort considérable a déjà été fourni, mais la quantité même de matériel d'aide qui doit être distribuée dans les jours et semaines à venir demande plus de soutien logistique et financier pour le gouvernement (de Haïti) de la part des agences humanitaires et des donateurs», explique l'ONU.
Sans ce nouveau soutien, «l'épidémie pourrait bien venir à bout de nos efforts», avertit l'organisation.
Les fonds recueillis permettront d'offrir surtout des soins de santé, d'assainissement et hygiène.
La semaine dernière l'ouragan Tomas a fait au moins 21 morts en Haïti et provoqué d'importantes inondations et dégâts. Les autorités redoutaient une augmentation des infections, les précipitations ayant entraîné une augmentation du volume d'eau polluée, un des principaux vecteurs de la maladie.
En outre, un séisme de faible magnitude a été ressenti jeudi matin en Haïti, ont indiqué des habitants, faisant état de blessés légers dans une école proche de Port-au-Prince en raison de la panique qui a suivi.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201011/12/01-4342039-cholera-en-haiti-des-besoins-dargent-tres-urgents-alerte-lonu.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B4_manchettes_231_accueil_POS2
Notre commentaire:
Tiens, tiens. Et l'ONU qui réagit enfin. Oui disons enfin. On pensait que l'idée d'épidémie de choléra en Haïti ne représentait pas un vrai problème pour Haïti puisque on n'en parlait pas trop. On avait l'impression que le passage de Tomas avait accapré de façon particulière l'attention des médias et des ONG tandis que le choléra causait plus de 23 décès par jour.
Maintenant ça devient urgent. L'urgence se traduit par un énorme besoin d'argent. pres de 164 millions de dollars. Il est quand même bizarre de constater que l'ONU continue à demander des sommes significatives pour subvenir aux besoins de populations touchées par des catastrophes. Si ces demandes étaient honorées en totalité on serait poussé à croire qu'il existe dans ce monde des secteurs qui disposent de fonds à fonds perdus. Des fortunes ou des chiffres d'affaires illimités.
Heureusement que dans les suites du passage des ouragans et cyclones de 2008, l'ONU n'avaient pu collecter que 30% des sommes urgentes définissant les beoins du pays. Nous pensons qu'avec le nombre croissant des catastrophes qui engendrent une croissance exponentielle du nombre de nécessiteux on comprend pourquoi les appels de l'ONU ne sont entendus que partiellement.
Cela voudrait dire que l'ONU ne peut pas prétendre apporter des solutions à ces problèmes en comptant exclusivement sur la générosité des gesn ou des institutions.
L'ONU a lancé vendredi un appel de fonds d'urgence de 163,8 millions de dollars pour «éviter d'être dépassée» par l'épidémie de choléra en Haïti dont le bilan atteint désormais 724 décès et 11 000 hospitalisations.
«Il nous faut absolument cet argent au plus vite pour éviter d'être dépassés par cette épidémie» déclarée à la mi-octobre, a expliqué la porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha), Elisabeth Byrs, lors d'un point de presse.
Selon des statistiques publiées jeudi sur le site du ministère haïtien de la Santé, 497 décès, soit plus des deux tiers du total des morts recensés, se sont produits dans le département de l'Artibonite (nord), principal foyer de l'épidémie.
Mais c'est à Port-au-Prince, la capitale surpeuplée où plus d'un million d'habitants vivent dans des conditions sanitaires précaires depuis le séisme du 12 janvier, que la situation est potentiellement la plus inquiétante, selon les organisations internationales.
Sur les dix départements de Haïti, cinq sont directement affectés par l'épidémie, selon un document publié vendredi par l'ONU.
L'organisation s'attend à ce que près de «200 000 personnes montrent des symptômes du choléra, allant de diarrhées légères à une déshydratation sévère».
«Les cas (de choléra) devraient apparaître lors d'une poussée de l'épidémie qui se produira de façon soudaine dans différentes parties du pays», selon l'ONU.
Face à cette propagation attendue de l'épidémie dans l'ensemble du pays, l'ONU estime que des ressources devront encore être mobilisées pour au moins six mois.
«Un effort considérable a déjà été fourni, mais la quantité même de matériel d'aide qui doit être distribuée dans les jours et semaines à venir demande plus de soutien logistique et financier pour le gouvernement (de Haïti) de la part des agences humanitaires et des donateurs», explique l'ONU.
Sans ce nouveau soutien, «l'épidémie pourrait bien venir à bout de nos efforts», avertit l'organisation.
Les fonds recueillis permettront d'offrir surtout des soins de santé, d'assainissement et hygiène.
La semaine dernière l'ouragan Tomas a fait au moins 21 morts en Haïti et provoqué d'importantes inondations et dégâts. Les autorités redoutaient une augmentation des infections, les précipitations ayant entraîné une augmentation du volume d'eau polluée, un des principaux vecteurs de la maladie.
En outre, un séisme de faible magnitude a été ressenti jeudi matin en Haïti, ont indiqué des habitants, faisant état de blessés légers dans une école proche de Port-au-Prince en raison de la panique qui a suivi.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201011/12/01-4342039-cholera-en-haiti-des-besoins-dargent-tres-urgents-alerte-lonu.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B4_manchettes_231_accueil_POS2
Notre commentaire:
Tiens, tiens. Et l'ONU qui réagit enfin. Oui disons enfin. On pensait que l'idée d'épidémie de choléra en Haïti ne représentait pas un vrai problème pour Haïti puisque on n'en parlait pas trop. On avait l'impression que le passage de Tomas avait accapré de façon particulière l'attention des médias et des ONG tandis que le choléra causait plus de 23 décès par jour.
Maintenant ça devient urgent. L'urgence se traduit par un énorme besoin d'argent. pres de 164 millions de dollars. Il est quand même bizarre de constater que l'ONU continue à demander des sommes significatives pour subvenir aux besoins de populations touchées par des catastrophes. Si ces demandes étaient honorées en totalité on serait poussé à croire qu'il existe dans ce monde des secteurs qui disposent de fonds à fonds perdus. Des fortunes ou des chiffres d'affaires illimités.
Heureusement que dans les suites du passage des ouragans et cyclones de 2008, l'ONU n'avaient pu collecter que 30% des sommes urgentes définissant les beoins du pays. Nous pensons qu'avec le nombre croissant des catastrophes qui engendrent une croissance exponentielle du nombre de nécessiteux on comprend pourquoi les appels de l'ONU ne sont entendus que partiellement.
Cela voudrait dire que l'ONU ne peut pas prétendre apporter des solutions à ces problèmes en comptant exclusivement sur la générosité des gesn ou des institutions.
mercredi 10 novembre 2010
Les oubliés d'Haïti
Publié le 09 novembre 2010
Michèle Ouimet, envoyée spéciale
La Presse
(Léon, Haïti) Toute la nuit, une pluie fine est tombée sur Léon. À 6h30, juste après l'aube, le vent s'est levé d'un seul coup et l'ouragan Tomas a frappé.
«On entendait le bruit du vent qui passait au-dessus des montagnes, raconte le père Alphonse, curé de Léon. L'ouragan a duré 45 minutes. C'était très violent. On pensait tous qu'on allait mourir.»
Tomas n'a pas foncé directement sur Haïti. Même si l'oeil de l'ouragan est passé dans la mer des Caraïbes, il a soufflé avec force sur la côte ouest d'Haïti. Des vents violents ont secoué de petites localités isolées comme Jérémie, Dame-Marie, L'Anse d'Hainault et Léon.
C'est Léon qui a le plus souffert: toits envolés, arbres arrachés, récoltes ruinées. Deux maisons ont plongé dans les eaux tumultueuses de la rivière Voldrogue gonflées par la pluie.
Près de 20 000 personnes vivent à Léon, 6000 dans le village qui longe la Voldrogue et 14 000 perchées dans les montagnes. Un endroit perdu au bout d'Haïti, un coin oublié par le gouvernement et la plupart des ONG.
«Environ 75% des récoltes sont perdues, dit le père Alphonse. Il y aura de la faim dans les prochains mois.
- Qui va vous aider?
- Je ne sais pas. Est-ce que le gouvernement a les moyens? Je l'ignore. Et même s'il a les moyens, Léon n'est pas une priorité. Nous sommes isolés. Quand une catastrophe s'abat sur nous, on nous oublie: "Arrangez-vous!" C'est l'Église catholique qui tient l'école et le dispensaire à bout de bras. On nous a abandonnés.»
***
Pas facile de se rendre à Jérémie, à l'extrémité ouest d'Haïti. Encore moins à Léon. Environ 300 km séparent Port-au-Prince de Jérémie. La moitié du chemin est en terre battue. Il faut entre 8 et 10 heures pour aller de la capitale à Jérémie en auto. Si tout va bien.
Vendredi, les vents ont soufflé fort et la mer a grondé, mais Jérémie n'a pas été inondé. Même si la ville est au bord de la mer, elle est construite en hauteur.
Une route de terre mène à Léon. Une piste caillouteuse de 15 km qui s'enfonce à l'intérieur du pays. Franchir ces quelques kilomètres prend plus d'une heure. La piste grimpe dans les montagnes, puis redescend dans une vallée où se cache Léon. Le paysage est magnifique, la végétation luxuriante. Ici, les arbres n'ont pas été arrachés et les montagnes ne sont pas pelées, contrairement au reste du pays.
Le coeur du village s'étire le long de la Voldrogue. La rue principale est bordée de maisons en bois. La rivière coule à quelques mètres.
Vendredi matin, Tomas a déferlé dans la rue principale, arrachant des toits et précipitant deux maisons dans la rivière.
Juliane Auguste n'en revient toujours pas. Plantée au milieu de sa maison, les mains sur les hanches, elle lève la tête. Ce n'est pas le plafond qu'elle voit, mais le ciel nuageux. Le vent a emporté le toit à 7h vendredi matin.
Elle était réveillée lorsque Tomas s'est déchaîné. Elle s'est précipitée dans la rue même si le vent balayait tout sur son passage.
Qui va payer pour réparer sa maison? Elle tape dans ses mains. «Mais je ne sais pas!»
Un peu plus loin, juste avant le marché, Louis Casimir regarde ce qu'il reste de sa maison: les fondations, des débris de ciment et quelques casseroles éparpillées entre des chiens maigres.
Sa femme s'active au-dessus d'un feu de bois. Elle prend une casserole noircie et attrape une patte de brebis, qu'elle jette dans son ragoût.
La rivière a emporté leur maison. La Voldrogue coule follement à quelques mètres des débris. «La maison a commencé à s'affaisser jeudi soir», raconte M. Casimir. Sa femme et lui ont sorti en vitesse les lits, des ustensiles et des vêtements.
Le lendemain, il n'y avait plus rien. Ou presque.
De l'autre côté de la rue, une quinzaine d'hommes entourent une table installée sur le perron d'une buvette. Deux hommes jouent aux dominos. Les autres les observent.
Un des joueurs lève la tête. L'ouragan? «Le vent a secoué fort. C'était terrible. On est finis! On est finis!» dit-il avec un large geste de la main. Tout le monde se met à parler en même temps.
«Ma maison s'est écrasée!»
«Moi aussi!»
Ils s'énervent, discutent, puis replongent le nez dans leur partie de dominos.
On retourne au presbytère. Les gens saluent respectueusement le curé.
«Les gens viennent me voir et ils me disent: "S'il vous plaît, aidez-moi!" soupire le curé.
- Et qu'est-ce que vous leur répondez?
Il hésite avant de répondre, puis il me regarde droit dans les yeux: «Souvent, on n'a rien.»
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/ouragan-tomas-en-haiti/201011/08/01-4340667-les-oublies-dhaiti.php
Michèle Ouimet, envoyée spéciale
La Presse
(Léon, Haïti) Toute la nuit, une pluie fine est tombée sur Léon. À 6h30, juste après l'aube, le vent s'est levé d'un seul coup et l'ouragan Tomas a frappé.
«On entendait le bruit du vent qui passait au-dessus des montagnes, raconte le père Alphonse, curé de Léon. L'ouragan a duré 45 minutes. C'était très violent. On pensait tous qu'on allait mourir.»
Tomas n'a pas foncé directement sur Haïti. Même si l'oeil de l'ouragan est passé dans la mer des Caraïbes, il a soufflé avec force sur la côte ouest d'Haïti. Des vents violents ont secoué de petites localités isolées comme Jérémie, Dame-Marie, L'Anse d'Hainault et Léon.
C'est Léon qui a le plus souffert: toits envolés, arbres arrachés, récoltes ruinées. Deux maisons ont plongé dans les eaux tumultueuses de la rivière Voldrogue gonflées par la pluie.
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«Environ 75% des récoltes sont perdues, dit le père Alphonse. Il y aura de la faim dans les prochains mois.
- Qui va vous aider?
- Je ne sais pas. Est-ce que le gouvernement a les moyens? Je l'ignore. Et même s'il a les moyens, Léon n'est pas une priorité. Nous sommes isolés. Quand une catastrophe s'abat sur nous, on nous oublie: "Arrangez-vous!" C'est l'Église catholique qui tient l'école et le dispensaire à bout de bras. On nous a abandonnés.»
***
Pas facile de se rendre à Jérémie, à l'extrémité ouest d'Haïti. Encore moins à Léon. Environ 300 km séparent Port-au-Prince de Jérémie. La moitié du chemin est en terre battue. Il faut entre 8 et 10 heures pour aller de la capitale à Jérémie en auto. Si tout va bien.
Vendredi, les vents ont soufflé fort et la mer a grondé, mais Jérémie n'a pas été inondé. Même si la ville est au bord de la mer, elle est construite en hauteur.
Une route de terre mène à Léon. Une piste caillouteuse de 15 km qui s'enfonce à l'intérieur du pays. Franchir ces quelques kilomètres prend plus d'une heure. La piste grimpe dans les montagnes, puis redescend dans une vallée où se cache Léon. Le paysage est magnifique, la végétation luxuriante. Ici, les arbres n'ont pas été arrachés et les montagnes ne sont pas pelées, contrairement au reste du pays.
Le coeur du village s'étire le long de la Voldrogue. La rue principale est bordée de maisons en bois. La rivière coule à quelques mètres.
Vendredi matin, Tomas a déferlé dans la rue principale, arrachant des toits et précipitant deux maisons dans la rivière.
Juliane Auguste n'en revient toujours pas. Plantée au milieu de sa maison, les mains sur les hanches, elle lève la tête. Ce n'est pas le plafond qu'elle voit, mais le ciel nuageux. Le vent a emporté le toit à 7h vendredi matin.
Elle était réveillée lorsque Tomas s'est déchaîné. Elle s'est précipitée dans la rue même si le vent balayait tout sur son passage.
Qui va payer pour réparer sa maison? Elle tape dans ses mains. «Mais je ne sais pas!»
Un peu plus loin, juste avant le marché, Louis Casimir regarde ce qu'il reste de sa maison: les fondations, des débris de ciment et quelques casseroles éparpillées entre des chiens maigres.
Sa femme s'active au-dessus d'un feu de bois. Elle prend une casserole noircie et attrape une patte de brebis, qu'elle jette dans son ragoût.
La rivière a emporté leur maison. La Voldrogue coule follement à quelques mètres des débris. «La maison a commencé à s'affaisser jeudi soir», raconte M. Casimir. Sa femme et lui ont sorti en vitesse les lits, des ustensiles et des vêtements.
Le lendemain, il n'y avait plus rien. Ou presque.
De l'autre côté de la rue, une quinzaine d'hommes entourent une table installée sur le perron d'une buvette. Deux hommes jouent aux dominos. Les autres les observent.
Un des joueurs lève la tête. L'ouragan? «Le vent a secoué fort. C'était terrible. On est finis! On est finis!» dit-il avec un large geste de la main. Tout le monde se met à parler en même temps.
«Ma maison s'est écrasée!»
«Moi aussi!»
Ils s'énervent, discutent, puis replongent le nez dans leur partie de dominos.
On retourne au presbytère. Les gens saluent respectueusement le curé.
«Les gens viennent me voir et ils me disent: "S'il vous plaît, aidez-moi!" soupire le curé.
- Et qu'est-ce que vous leur répondez?
Il hésite avant de répondre, puis il me regarde droit dans les yeux: «Souvent, on n'a rien.»
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/ouragan-tomas-en-haiti/201011/08/01-4340667-les-oublies-dhaiti.php
Choléra en Haïti: «La population est traumatisée»
Publié le 10 novembre 2010 Michèle Ouimet, envoyée spéciale
La Presse
Même si l'hôpital de La Providence, aux Gonaïves, a des airs de fin du monde, le directeur reste calme.
«C'est un hôpital de fortune, explique le Dr Saint-Gilles. Les cas de choléra ont explosé depuis deux jours. Au début, on avait réservé 18 lits pour le choléra. Au cours du week-end, on est monté à 42, puis à 72. Parfois, on doit mettre deux ou trois enfants dans le même lit. Et j'ai dû ouvrir une quatrième salle.»
Le Dr Saint-Gilles me fait visiter la section réservée au choléra. Il passe à côté d'une patiente étendue par terre, son soluté collé sur le mur avec du ruban adhésif. Sous un toit de tôle, les patients gisent sur des lits étroits. L'hôpital est un ancien hangar.
Entre les bâtiments, des chèvres se promènent tranquillement, indifférentes au drame qui secoue les Gonaïves, une ville poussiéreuse de 250 000 habitants, située à 150 kilomètres au nord de Port-au-Prince.
Une longue flaque de diarrhée s'étire sur le ciment. C'est là, à côté de cette flaque, que j'ai croisé un logisticien de Médecins sans frontières, Emmanuel. Il monte des tentes dans l'arrière-cour de l'hôpital. Il est pressé, débordé.
«Les cas de choléra explosent, dit-il. Cette nuit, aux Gonaïves, il y a eu 35 morts. L'épidémie est grave, la maladie se propage rapidement. Vous avez des malades qui viennent ici en tap-tap. Ils vomissent dans le taxi. Personne ne nettoie. Le tap-tap continue à rouler toute la journée.»
Un vent de panique souffle sur les Gonaïves. Dans la rue, certains se promènent avec un masque, des gants ou de grandes bottes.
Des gens jettent des cadavres à côté du cimetière qui, lui aussi, a des airs de fin du monde. Une odeur de pourriture flotte au-dessus des tombes décaties.
Les écoles ont fermé à cause de l'ouragan Tomas. Elles doivent rouvrir aujourd'hui. «Elles vont peut-être rester fermées à cause de la panique, explique Franz Lebrun, journaliste à Radio Gonaïves. Il faudrait désinfecter les locaux.»
Les autorités locales sont débordées. La mairie? «Ils ne sont que deux, répond Franz Lebrun, et le maire s'occupe des cadavres jetés dans la rue. La directrice de la santé publique ne répond même pas à son téléphone.»
Le salon funéraire des Gonaïves n'a jamais été aussi occupé. «Quand on va chercher un cadavre chez les gens, on ne sait pas s'il a eu le choléra, dit le directeur adjoint du salon, Joël Placide, assis dans son bureau réfrigéré par la climatisation. On le prend quand même, mais on le désinfecte avec du chlore.»
«La situation dégénère, ajoute-t-il. Les gens sont laissés à eux-mêmes. Nous sommes très stressés. On a eu le séisme, l'ouragan et maintenant le choléra. La population est traumatisée.»
***
Tout a commencé à Petite Rivière, situé à mi-chemin entre Port-au-Prince et les Gonaïves. Un village où coule un fleuve, l'Artibonite. Le fleuve fait partie de la vie de tous les jours: les gens s'y baignent et y lavent leur linge.
C'est là, dans les eaux calmes de l'Artibonite que le vibrion, la bactérie responsable du choléra, s'est développé. Et c'est là que le premier cas est apparu, le 19 octobre. Depuis trois semaines, Haïti vit au rythme du choléra, une maladie qui avait disparu depuis cent ans.
Petite Rivière a eu le temps de s'organiser. L'hôpital fonctionne rondement, Médecins sans frontières a pris en charge le choléra. On est loin du chaos des Gonaïves même si la propagation de la maladie dans tout le pays inquiète.
L'hôpital roule à plein régime. Environ 150 lits sont réservés au choléra. Pour l'instant. «On ne contrôle pas complètement la situation», affirme Anne Koudiacoff, coordonnatrice de l'opération choléra pour Médecins sans frontières.
Les malades sont couchés nus sur des lits propres troués au milieu. Sous le trou, un seau. La diarrhée est tellement violente que les patients n'ont pas le temps de se lever.
Une femme tient la main de sa mère. Cheveux gris, bouche entrouverte, yeux mi-clos, souffle court. Elle vit dans les montagnes. Dès que les vomissements ont commencé, elle s'est rendue à l'hôpital. Une heure de moto. Elle est arrivée épuisée.
Les enfants sont regroupés dans une salle contiguë. Stevenson a 7 ans.
- Comment ça va?
- M'Bon (je suis bien), répond-il dans un souffle.
«Il ne vomit plus, mais il a toujours la diarrhée», précise sa mère qui sourit timidement, soulagée devant les progrès de son fils.
Plus loin, une femme enceinte regarde son garçon étendu sur un brancard. Le petit a les traits tirés et les yeux enfoncés. Il ne bouge pas et fixe sa mère avec ses yeux immenses. Il a 6 ans.
Sa mère, Madeline Joseph, doit accoucher en janvier. Elle a deux autres enfants. Et le père? Il n'est plus là.
Madeline est élégante avec son grand chapeau rouge orné d'un ruban bleu. Si elle attrape le choléra, elle risque de faire une fausse couche. Si elle survit.
La salle d'attente est pleine à craquer. Les gens, anxieux, attendent le verdict du médecin. Ils ont peur. Même s'ils présentent des symptômes alarmants, ils espèrent qu'ils n'ont pas le choléra.
«Les Haïtiens sont très vulnérables, dit Anne Koudiacoff. Ils sont souvent sous-alimentés, affaiblis, plusieurs sont séropositifs. Et ils ont vécu des traumatismes: le tremblement de terre et l'ouragan Tomas.»
Tomas qui a provoqué des inondations et qui a déversé des trombes d'eau sur Haïti. L'eau où vit et se multiplie la bactérie du choléra.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201011/10/01-4341080-cholera-en-haiti-la-population-est-traumatisee.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4341093_article_POS1
La Presse
Même si l'hôpital de La Providence, aux Gonaïves, a des airs de fin du monde, le directeur reste calme.
«C'est un hôpital de fortune, explique le Dr Saint-Gilles. Les cas de choléra ont explosé depuis deux jours. Au début, on avait réservé 18 lits pour le choléra. Au cours du week-end, on est monté à 42, puis à 72. Parfois, on doit mettre deux ou trois enfants dans le même lit. Et j'ai dû ouvrir une quatrième salle.»
Le Dr Saint-Gilles me fait visiter la section réservée au choléra. Il passe à côté d'une patiente étendue par terre, son soluté collé sur le mur avec du ruban adhésif. Sous un toit de tôle, les patients gisent sur des lits étroits. L'hôpital est un ancien hangar.
Entre les bâtiments, des chèvres se promènent tranquillement, indifférentes au drame qui secoue les Gonaïves, une ville poussiéreuse de 250 000 habitants, située à 150 kilomètres au nord de Port-au-Prince.
Une longue flaque de diarrhée s'étire sur le ciment. C'est là, à côté de cette flaque, que j'ai croisé un logisticien de Médecins sans frontières, Emmanuel. Il monte des tentes dans l'arrière-cour de l'hôpital. Il est pressé, débordé.
«Les cas de choléra explosent, dit-il. Cette nuit, aux Gonaïves, il y a eu 35 morts. L'épidémie est grave, la maladie se propage rapidement. Vous avez des malades qui viennent ici en tap-tap. Ils vomissent dans le taxi. Personne ne nettoie. Le tap-tap continue à rouler toute la journée.»
Un vent de panique souffle sur les Gonaïves. Dans la rue, certains se promènent avec un masque, des gants ou de grandes bottes.
Des gens jettent des cadavres à côté du cimetière qui, lui aussi, a des airs de fin du monde. Une odeur de pourriture flotte au-dessus des tombes décaties.
Les écoles ont fermé à cause de l'ouragan Tomas. Elles doivent rouvrir aujourd'hui. «Elles vont peut-être rester fermées à cause de la panique, explique Franz Lebrun, journaliste à Radio Gonaïves. Il faudrait désinfecter les locaux.»
Les autorités locales sont débordées. La mairie? «Ils ne sont que deux, répond Franz Lebrun, et le maire s'occupe des cadavres jetés dans la rue. La directrice de la santé publique ne répond même pas à son téléphone.»
Le salon funéraire des Gonaïves n'a jamais été aussi occupé. «Quand on va chercher un cadavre chez les gens, on ne sait pas s'il a eu le choléra, dit le directeur adjoint du salon, Joël Placide, assis dans son bureau réfrigéré par la climatisation. On le prend quand même, mais on le désinfecte avec du chlore.»
«La situation dégénère, ajoute-t-il. Les gens sont laissés à eux-mêmes. Nous sommes très stressés. On a eu le séisme, l'ouragan et maintenant le choléra. La population est traumatisée.»
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| Un homme veille sur son petit garçon atteint du choléra. Photo: David Boily, La Presse |
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Tout a commencé à Petite Rivière, situé à mi-chemin entre Port-au-Prince et les Gonaïves. Un village où coule un fleuve, l'Artibonite. Le fleuve fait partie de la vie de tous les jours: les gens s'y baignent et y lavent leur linge.
C'est là, dans les eaux calmes de l'Artibonite que le vibrion, la bactérie responsable du choléra, s'est développé. Et c'est là que le premier cas est apparu, le 19 octobre. Depuis trois semaines, Haïti vit au rythme du choléra, une maladie qui avait disparu depuis cent ans.
Petite Rivière a eu le temps de s'organiser. L'hôpital fonctionne rondement, Médecins sans frontières a pris en charge le choléra. On est loin du chaos des Gonaïves même si la propagation de la maladie dans tout le pays inquiète.
L'hôpital roule à plein régime. Environ 150 lits sont réservés au choléra. Pour l'instant. «On ne contrôle pas complètement la situation», affirme Anne Koudiacoff, coordonnatrice de l'opération choléra pour Médecins sans frontières.
Les malades sont couchés nus sur des lits propres troués au milieu. Sous le trou, un seau. La diarrhée est tellement violente que les patients n'ont pas le temps de se lever.
Une femme tient la main de sa mère. Cheveux gris, bouche entrouverte, yeux mi-clos, souffle court. Elle vit dans les montagnes. Dès que les vomissements ont commencé, elle s'est rendue à l'hôpital. Une heure de moto. Elle est arrivée épuisée.
Les enfants sont regroupés dans une salle contiguë. Stevenson a 7 ans.
- Comment ça va?
- M'Bon (je suis bien), répond-il dans un souffle.
«Il ne vomit plus, mais il a toujours la diarrhée», précise sa mère qui sourit timidement, soulagée devant les progrès de son fils.
Plus loin, une femme enceinte regarde son garçon étendu sur un brancard. Le petit a les traits tirés et les yeux enfoncés. Il ne bouge pas et fixe sa mère avec ses yeux immenses. Il a 6 ans.
Sa mère, Madeline Joseph, doit accoucher en janvier. Elle a deux autres enfants. Et le père? Il n'est plus là.
Madeline est élégante avec son grand chapeau rouge orné d'un ruban bleu. Si elle attrape le choléra, elle risque de faire une fausse couche. Si elle survit.
La salle d'attente est pleine à craquer. Les gens, anxieux, attendent le verdict du médecin. Ils ont peur. Même s'ils présentent des symptômes alarmants, ils espèrent qu'ils n'ont pas le choléra.
«Les Haïtiens sont très vulnérables, dit Anne Koudiacoff. Ils sont souvent sous-alimentés, affaiblis, plusieurs sont séropositifs. Et ils ont vécu des traumatismes: le tremblement de terre et l'ouragan Tomas.»
Tomas qui a provoqué des inondations et qui a déversé des trombes d'eau sur Haïti. L'eau où vit et se multiplie la bactérie du choléra.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201011/10/01-4341080-cholera-en-haiti-la-population-est-traumatisee.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4341093_article_POS1
Le choléra atteint Port-au-Prince
Publié le 10 novembre 2010
Isabelle Hachey, La Presse
«C'est en train d'exploser!» Le constat de Stefano Zannini, chef de mission de Médecins sans frontières en Haïti, est alarmant. Depuis trois jours, à Port-au-Prince, MSF a soigné plus de 200 personnes atteintes de diarrhée grave, un symptôme du choléra. «Lundi, on avait deux fois plus de cas que dimanche. Mardi, c'était le double de lundi. Et on s'attend encore à une augmentation exponentielle dans les prochains jours», a dit M. Zannini, joint à Port-au-Prince.
«Nous sommes extrêmement préoccupés par la situation», a-t-il ajouté. Le ministre de la Santé, Ariel Henry, partage ces craintes. Selon lui, une grave épidémie à Port-au-Prince est désormais probable. «Ça s'en vient», a-t-il déclaré à l'AFP.
Les autorités ont confirmé hier qu'un garçon de 3 ans avait contracté le choléra, bien qu'il n'ait pas eu de contact avec les habitants du nord de l'île, où l'épidémie s'est déclarée. Une personne a succombé au choléra dans un hôpital de Cité Soleil, un bidonville de Port-au-Prince. Trois cadavres ont aussi été ramassés dans la rue, sans que l'on sache si leur mort était liée à la maladie.
Une infirmière a de la difficulté à piquer la veine d'une patiente à cause de la déshydratation.
Photo: David Boily, La Presse
Conditions «extrêmement précaires»
La situation suscite d'autant plus d'inquiétude que que le choléra risque de trouver un terrain fertile dans les camps de Port-au-Prince, où s'entassent encore 1,4 million de rescapés du tremblement de terre. «Ces personnes vivent dans des conditions extrêmement précaires, dit M. Zannini. La promiscuité, la mauvaise hygiène et les conditions sanitaires déficientes forment un environnement parfait pour une épidémie de choléra.»
Jusqu'ici, la plupart des cas probables de choléra ont frappé les quartiers pauvres, insalubres et surpeuplés de Cité Soleil (73 cas recensés hier par MSF) et de Martissant (43 cas). «La semaine dernière, il n'y avait que quatre ou cinq cas par jour. L'augmentation est énorme.» Ces quartiers, réputés très violents, sont difficiles d'accès pour les travailleurs humanitaires.
«Le problème de la violence est un obstacle additionnel à la lutte contre le choléra. Mais le problème principal, c'est que les camps de déplacés se trouvent partout dans la ville, y compris dans les bidonvilles. Et certains d'entre eux ne reçoivent aucune aide», explique le chef de mission.
La peur, un obstacle majeur
Autre obstacle majeur: la peur. «Le choléra n'est pas du tout connu en Haïti. La population panique autour de cette maladie. Elle craint que la proximité de nos centres de traitement du choléra (CTC) n'amène des risques additionnels de contamination», dit M. Zannini. Les CTC permettent au contraire de traiter les gens plus rapidement et de les isoler afin de limiter la propagation de l'épidémie.
MSF s'emploie à construire un CTC de 320 lits à Port-au-Prince. D'ici à la fin de la semaine, l'organisme espère disposer de 1000 lits pour soigner les cas de choléra d'un bout à l'autre de la capitale.
***
L'épidémie de choléra à Haïti
583 morts
Plus de 9000 hospitalisations
73 cas confirmés à Port-au-Prince
Le choléra est une infection intestinale causée par une bactérie transmise dans l'eau ou la nourriture contaminée. La maladie, hautement contagieuse, provoque la diarrhée, des vomissements et une grave déshydratation. Elle tue rapidement si elle n'est pas traitée, mais elle se soigne aisément avec des antibiotiques.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201011/10/01-4341093-le-cholera-atteint-port-au-prince.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4341080_article_POS1
Isabelle Hachey, La Presse
«C'est en train d'exploser!» Le constat de Stefano Zannini, chef de mission de Médecins sans frontières en Haïti, est alarmant. Depuis trois jours, à Port-au-Prince, MSF a soigné plus de 200 personnes atteintes de diarrhée grave, un symptôme du choléra. «Lundi, on avait deux fois plus de cas que dimanche. Mardi, c'était le double de lundi. Et on s'attend encore à une augmentation exponentielle dans les prochains jours», a dit M. Zannini, joint à Port-au-Prince.
«Nous sommes extrêmement préoccupés par la situation», a-t-il ajouté. Le ministre de la Santé, Ariel Henry, partage ces craintes. Selon lui, une grave épidémie à Port-au-Prince est désormais probable. «Ça s'en vient», a-t-il déclaré à l'AFP.
Les autorités ont confirmé hier qu'un garçon de 3 ans avait contracté le choléra, bien qu'il n'ait pas eu de contact avec les habitants du nord de l'île, où l'épidémie s'est déclarée. Une personne a succombé au choléra dans un hôpital de Cité Soleil, un bidonville de Port-au-Prince. Trois cadavres ont aussi été ramassés dans la rue, sans que l'on sache si leur mort était liée à la maladie.
Une infirmière a de la difficulté à piquer la veine d'une patiente à cause de la déshydratation.
Photo: David Boily, La Presse
Conditions «extrêmement précaires»
La situation suscite d'autant plus d'inquiétude que que le choléra risque de trouver un terrain fertile dans les camps de Port-au-Prince, où s'entassent encore 1,4 million de rescapés du tremblement de terre. «Ces personnes vivent dans des conditions extrêmement précaires, dit M. Zannini. La promiscuité, la mauvaise hygiène et les conditions sanitaires déficientes forment un environnement parfait pour une épidémie de choléra.»
Jusqu'ici, la plupart des cas probables de choléra ont frappé les quartiers pauvres, insalubres et surpeuplés de Cité Soleil (73 cas recensés hier par MSF) et de Martissant (43 cas). «La semaine dernière, il n'y avait que quatre ou cinq cas par jour. L'augmentation est énorme.» Ces quartiers, réputés très violents, sont difficiles d'accès pour les travailleurs humanitaires.
«Le problème de la violence est un obstacle additionnel à la lutte contre le choléra. Mais le problème principal, c'est que les camps de déplacés se trouvent partout dans la ville, y compris dans les bidonvilles. Et certains d'entre eux ne reçoivent aucune aide», explique le chef de mission.
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| Une infirmière a de la difficulté à piquer la veine d'une patiente à cause de la déshydratation. Photo: David Boily, La Presse |
La peur, un obstacle majeur
Autre obstacle majeur: la peur. «Le choléra n'est pas du tout connu en Haïti. La population panique autour de cette maladie. Elle craint que la proximité de nos centres de traitement du choléra (CTC) n'amène des risques additionnels de contamination», dit M. Zannini. Les CTC permettent au contraire de traiter les gens plus rapidement et de les isoler afin de limiter la propagation de l'épidémie.
MSF s'emploie à construire un CTC de 320 lits à Port-au-Prince. D'ici à la fin de la semaine, l'organisme espère disposer de 1000 lits pour soigner les cas de choléra d'un bout à l'autre de la capitale.
***
L'épidémie de choléra à Haïti
583 morts
Plus de 9000 hospitalisations
73 cas confirmés à Port-au-Prince
Le choléra est une infection intestinale causée par une bactérie transmise dans l'eau ou la nourriture contaminée. La maladie, hautement contagieuse, provoque la diarrhée, des vomissements et une grave déshydratation. Elle tue rapidement si elle n'est pas traitée, mais elle se soigne aisément avec des antibiotiques.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201011/10/01-4341093-le-cholera-atteint-port-au-prince.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4341080_article_POS1
Pierre Louis Opont est préoccupé par les agressions au cours de la campagne électorale
Le directeur général du Conseil Electoral Provisoire (CEP), Pierre Louis Opont, dénonce les actes d'intimidation et les agressions qui nuisent au bon déroulement du processus électoral. Appelant les militants et les candidats au calme, M. Opont souhaitent que les autorités judiciaires et policières interviennent afin de rétablir l'ordre. A 19 jours du scrutin, il rappelle que l'organisme électoral peut adopter des sanctions prévues par la loi électorale contre les candidats fautifs. Les conseillers électoraux peuvent ordonner la formation de commission d'enquête afin de faire la lumière sur des incidents.
Toutefois les autorités électorales ne pourront pas surveiller le déroulement du processus électoral sur tout le territoire. M. Opont souhaite que les commissaires du gouvernement interviennent en cas de flagrant délit. Des heurts entre des partisans de candidats ont été enregistrés le week end écoulé à Cabaret et dans le sud.
Au cours des dernières semaines les autorités électorales ont multiplié les séances de travail avec les responsables de la sécurité publique.
Invité à la rubrique « Le Point sur le 100.1 « de radio Métropole, le directeur général du CEP a mis l'accent sur l'importance de la poursuite du dialogue avec les dirigeants de partis politiques. Une nouvelle rencontre entre les conseillers électoraux et les leaders politiques est prévue ce 11 novembre. Le contentieux et les sanctions prévues par la loi électorales seront abordées au cours de cette 3 eme rencontre entre le CEP et les acteurs politiques.
Dans le même temps, l'organisme électoral poursuit la campagne de sensibilisation des électeurs.
LLM / radio Métropole Haïti
Toutefois les autorités électorales ne pourront pas surveiller le déroulement du processus électoral sur tout le territoire. M. Opont souhaite que les commissaires du gouvernement interviennent en cas de flagrant délit. Des heurts entre des partisans de candidats ont été enregistrés le week end écoulé à Cabaret et dans le sud.
Au cours des dernières semaines les autorités électorales ont multiplié les séances de travail avec les responsables de la sécurité publique.
Invité à la rubrique « Le Point sur le 100.1 « de radio Métropole, le directeur général du CEP a mis l'accent sur l'importance de la poursuite du dialogue avec les dirigeants de partis politiques. Une nouvelle rencontre entre les conseillers électoraux et les leaders politiques est prévue ce 11 novembre. Le contentieux et les sanctions prévues par la loi électorales seront abordées au cours de cette 3 eme rencontre entre le CEP et les acteurs politiques.
Dans le même temps, l'organisme électoral poursuit la campagne de sensibilisation des électeurs.
LLM / radio Métropole Haïti
Hausse des cas de choléra aux Gonaïves
Les autorités municipales des Gonaïves font état d'une augmentation des cas de décès liés à l'épidémie de choléra. Le maire des Gonaïves, Saint Justin Pierre Lus, indique que pour la seule journée du 9 novembre, 31 cadavres ont été inhumés. Selon l'édile de la cité de l'indépendance l'épidémie a touché pratiquement tous les quartiers. Des corps visiblement déshydratés ont été récupérés dans les rues de Jubilé, Raboteau, K soleil, lot bo Kanal, Trou sab, Bigo etc. Au cours des 5 derniers jours les services municipaux ont récupéré une cinquantaine de cadavres dans les rues. Le maire est préoccupé par cette situation et sollicite une plus grande attention des autorités sanitaires. Il déplore également la passivité des médecins et le manque de personnel dans les hôpitaux.
Dans le même temps, le maire fait état de l'insuffisance de stock de chlore. Les autorités sanitaires recommandent le traitement au chlore des cadavres avant l'inhumation.
Les citoyens sont également inquiets face à la flambée de l'épidémie du choléra. Une centaine de personnes ont manifesté dans les rues des Gonaïves hier afin de réclamer une meilleure réponse face à l'épidémie. Les manifestants ont dénoncé le laxisme des autorités. Ils estiment que les élections doivent être reportées si l'épidémie n'est pas contrôlée.
Non loin des Gonaïves, à Gros Morne, les autorités municipales sont également inquiètes. Le maire de Gros Morne, Wilner Beaugé, lance un SOS en faveur de l'hôpital Alma mater, privé de matériels sanitaires.
Au cours de la journée du 9 novembre 6 personnes atteintes de choléra sont décédées. Le bilan partiel de l'épidémie dans cette ville est de 19 morts et plus de 600 hospitalisations.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18432
Dans le même temps, le maire fait état de l'insuffisance de stock de chlore. Les autorités sanitaires recommandent le traitement au chlore des cadavres avant l'inhumation.
Les citoyens sont également inquiets face à la flambée de l'épidémie du choléra. Une centaine de personnes ont manifesté dans les rues des Gonaïves hier afin de réclamer une meilleure réponse face à l'épidémie. Les manifestants ont dénoncé le laxisme des autorités. Ils estiment que les élections doivent être reportées si l'épidémie n'est pas contrôlée.
Non loin des Gonaïves, à Gros Morne, les autorités municipales sont également inquiètes. Le maire de Gros Morne, Wilner Beaugé, lance un SOS en faveur de l'hôpital Alma mater, privé de matériels sanitaires.
Au cours de la journée du 9 novembre 6 personnes atteintes de choléra sont décédées. Le bilan partiel de l'épidémie dans cette ville est de 19 morts et plus de 600 hospitalisations.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18432
La Fondation Héritage dénonce les zones d'ombres du financement de la campagne électorale
Cette organisation spécialisée dans la lutte contre la corruption, exhorte les candidats impliqués dans la course électorale à rendre compte de leurs sources de financement. Dans un communiqué, publié cette semaine la branche haïtienne de Transparency International s'est inquiétée, de l'opacité qui entoure le financement des activités de la campagne électorale de 2010.
Elle a demandé aux candidats indépendants, partis et plateforme politiques de publier la liste des subventions et dons en espèces et en nature reçus, ainsi que leur provenance.
La Fondation a également dit souhaiter la divulgation de la liste des dépenses effectuées par les candidats dans le cadre de cette compétition électorale. Elle invite les candidats indépendants, les partis ou plateforme politiques à observer les dispositions légales afin de démontrer leur engagement pour la transparence et la probité.
De nombreux secteurs avaient élevé la voix pour dénoncer la circulation de l'argent sale, dans cette campagne électorale qui est en sa seconde phase.
EJ/Radio Métropole Haïti
Elle a demandé aux candidats indépendants, partis et plateforme politiques de publier la liste des subventions et dons en espèces et en nature reçus, ainsi que leur provenance.
La Fondation a également dit souhaiter la divulgation de la liste des dépenses effectuées par les candidats dans le cadre de cette compétition électorale. Elle invite les candidats indépendants, les partis ou plateforme politiques à observer les dispositions légales afin de démontrer leur engagement pour la transparence et la probité.
De nombreux secteurs avaient élevé la voix pour dénoncer la circulation de l'argent sale, dans cette campagne électorale qui est en sa seconde phase.
EJ/Radio Métropole Haïti
L'épidémie choléra franchit la barre des 550 décès
Le directeur général du Ministère de la sante publique, Gabriel Timothée, confirme la stabilisation de l'épidémie de choléra dans les départements du Centre et de l'Artibonite. Les autorités sanitaires font état d'une dizaine de décès par jour alors que ces statistiques oscillaient autour de la centaine dans les premiers jours de l'épidémie.
Le système sanitaire haïtien répond convenablement à l'épidémie assure le docteur Timothée soulignant que la majorité des 8 000 personnes hospitalisées ont regagné leurs domiciles. A ce jour l'épidémie de choléra n'est pas contrôlée puisque l'impact n'est pas annulé admet le médecin.
Plus de 550 cas de décès ont été recensés par les autorités haïtiennes dans plusieurs départements dont l'Artibonite, le Centre, Le Nord, le Nord Ouest et l'Ouest.
Les autorités haïtiennes sont préoccupées par les nouveaux cas de choléra enregistrés dans l'Ouest et le sud. 20 décès et 223 cas d'hospitalisations ont été recensés dans l'Ouest notamment à l'Arcahaie, ville limitrophe de l'Artibonite. Dans le département du sud, les 4 premiers cas de choléra ont été confirmés hier.
Intervenant à la rubrique « Le Point sur le 100.1 « de radio Métropole, le directeur général du Ministère de la sante a soutenu que l'enquête sur l'origine de la contamination du fleuve Artibonite n'a pas encore été lancée. Des spécimens devront être prélevés dans les fosses sceptiques en vue de retrouver les traces de la bactérie.
Les sections communales et villes de Grand Boucan, Grande Saline et Drouin avaient enregistrées les premiers cas de choléra le 19 octobre 2010.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18428
Le système sanitaire haïtien répond convenablement à l'épidémie assure le docteur Timothée soulignant que la majorité des 8 000 personnes hospitalisées ont regagné leurs domiciles. A ce jour l'épidémie de choléra n'est pas contrôlée puisque l'impact n'est pas annulé admet le médecin.
Plus de 550 cas de décès ont été recensés par les autorités haïtiennes dans plusieurs départements dont l'Artibonite, le Centre, Le Nord, le Nord Ouest et l'Ouest.
Les autorités haïtiennes sont préoccupées par les nouveaux cas de choléra enregistrés dans l'Ouest et le sud. 20 décès et 223 cas d'hospitalisations ont été recensés dans l'Ouest notamment à l'Arcahaie, ville limitrophe de l'Artibonite. Dans le département du sud, les 4 premiers cas de choléra ont été confirmés hier.
Intervenant à la rubrique « Le Point sur le 100.1 « de radio Métropole, le directeur général du Ministère de la sante a soutenu que l'enquête sur l'origine de la contamination du fleuve Artibonite n'a pas encore été lancée. Des spécimens devront être prélevés dans les fosses sceptiques en vue de retrouver les traces de la bactérie.
Les sections communales et villes de Grand Boucan, Grande Saline et Drouin avaient enregistrées les premiers cas de choléra le 19 octobre 2010.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18428
L'ONI s'attaque au défi de la distribution des cartes
Les responsables de l'Office Nationale d'Identification (ONI) entendent relever un nouveau défi dans le cadre du processus électoral. Le directeur de cette institution, Ronald Covil, annonce la distribution de plus de 411 000 nouvelles cartes d'identification nationale (CIN) avant le 28 novembre. A partir de cette semaine toutes les ressources de l'ONI seront concentrées dans le processus de livraison des CIN. Afin de s'assurer de la réussite du programme M. Covil soutient que l'institution fonctionne 7 jours par semaine et interrompt le processus d'enregistrement de nouveaux citoyens. Les personnes réclamant de nouvelles CIN ne pourront pas exercer leur droit de vote le 28 novembre 2010.
Au moment de lancer le processus de livraison, l'ONI dispose de 50 % des nouvelles cartes ( 212 000). L'organisme a dû faire appel à l'Organisation des Etats Américains (OEA) afin de s'assurer du succès du processus.
Le représentant spécial du secrétaire général de l'OEA à Port-au-Prince, Ricardo Seitenfus, affirme que 62 000 cartes imprimées à New York ont été livrées hier lundi aux autorités haïtiennes.
Lancé dans l'Ouest hier lundi, le processus de livraison doit démarrer dans les villes de province ce jeudi. M. Seitenfus promet de fournir des unités mobiles qui permettront de distribuer les cartes dans les sections communales.
Grace à des fonds de l'ACDI, l'OEA apporte un appui logistique et technique à l'ONI dans la fabrication et la livraison des CIN.
Tenant compte des récentes catastrophes, M. Seitenfus affirme que la situation d'Haïti est unique. Il promet d'apporter tout l'appui nécessaire à la réussite du processus électoral.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18427
Au moment de lancer le processus de livraison, l'ONI dispose de 50 % des nouvelles cartes ( 212 000). L'organisme a dû faire appel à l'Organisation des Etats Américains (OEA) afin de s'assurer du succès du processus.
Le représentant spécial du secrétaire général de l'OEA à Port-au-Prince, Ricardo Seitenfus, affirme que 62 000 cartes imprimées à New York ont été livrées hier lundi aux autorités haïtiennes.
Lancé dans l'Ouest hier lundi, le processus de livraison doit démarrer dans les villes de province ce jeudi. M. Seitenfus promet de fournir des unités mobiles qui permettront de distribuer les cartes dans les sections communales.
Grace à des fonds de l'ACDI, l'OEA apporte un appui logistique et technique à l'ONI dans la fabrication et la livraison des CIN.
Tenant compte des récentes catastrophes, M. Seitenfus affirme que la situation d'Haïti est unique. Il promet d'apporter tout l'appui nécessaire à la réussite du processus électoral.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18427
lundi 8 novembre 2010
Pour Michaëlle Jean, Haïti ne doit plus être un laboratoire des erreurs
Publié le 08 novembre 2010
Michel Dolbec, La Presse Canadienne
Paris
La nouvelle envoyée spéciale de l'Unesco pour Haïti, Michaëlle Jean, souhaite que son pays d'origine cesse d'être un «vaste laboratoire d'essais et d'erreurs» de l'aide internationale.
L'ancienne gouverneure générale du Canada a été officiellement nommée dans ses nouvelles fonctions, lundi à Paris, par la directrice générale de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture, Irina Bokova.
À peine investie de ses nouvelles responsabilités, Mme Jean a déclaré que la population haïtienne avait désormais besoin d'un «pacte de solidarité essentiel» qui aille «au-delà de la logique de l'assistance» qui prévaut en Haïti depuis des décennies. D'urgences en catastrophes, celle-ci «a fini par faire d'Haïti un immense laboratoire de toutes les expériences, de tous les essais et erreurs de l'aide, avec une somme de stratégies lacunaires qui n'ont jamais rien produit, rien réalisé de réellement durable».
«Le grand problème en ce moment, c'est l'éparpillement. Il y a un besoin de coordination et de cohésion», a poursuivi Michaëlle Jean quelques minutes plus tard en conférence de presse.
Pour mettre fin à la dispersion et à la «fragmentation» des efforts de reconstruction, la nouvelle diplomate en appelle à la mise en place d'un plan de développement humain, «inclusif et durable», qui viendrait soutenir, notamment, le «renforcement des capacités de gouvernance» de l'État et la fondation d'un système d'éducation publique de qualité.
Le directrice générale de l'Unesco, Irina Bokova, a assuré Michaëlle Jean de son entier appui. «Nous pourrons compter, lui a-t-elle dit, sur votre connaissance intime du terrain, de sa population, de sa culture, pour mettre en oeuvre les programmes les plus efficaces, susceptibles d'être les mieux acceptés et de s'inscrire dans la durée.»
Mme Jean estime d'ailleurs que c'est là sa principale «valeur ajoutée».
«Le fait d'être d'Haïti est une plus value. Je parle la langue, je connais le pays de l'intérieur et en même temps j'ai le recul nécessaire», a-t-elle fait valoir.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201011/08/01-4340575-pour-michaelle-jean-haiti-ne-doit-plus-etre-un-laboratoire-des-erreurs.php
Commentaires:
"Dispersion" et "fragmentation" sont deux mots savants et corrects utilisés pour décrire et définir le bordel qui sévit en Haïti entre les actions des ONGs qui se prennent pour des organismes autonomes et un gouvernement silencieux et sans plans et sans moyens. Des ONGs défendant leur activités comme de vrais no men's land se cantonnent à faire ce qu'ils veulent au détriment d'un vrai plan consensuel capable d'apporter des solutions durables.
Si Haïti ne doit pas être un laboratoire des erreurs de l'aide internationale, il ne faut pas que les grandes instances comme l'ONU ou l'UNICEF se donnent bonne conscience en se coiffant de la notoriété de certains personnages publics dont le rayonnement ne fait aucun doute.
Madame Jean a bien cerné le problème qui a été identifié par des gens avec des auras moins luisants que ceux d'une ancienne gouverneure générale.
Le système éducatif haïtien doit pouvoir exhiber les avantages de cette nommination. Le cas échéant la responsabilité sera bien partagée!
Michel Dolbec, La Presse Canadienne
Paris
La nouvelle envoyée spéciale de l'Unesco pour Haïti, Michaëlle Jean, souhaite que son pays d'origine cesse d'être un «vaste laboratoire d'essais et d'erreurs» de l'aide internationale.
![]() |
| Michaëlle Jean prononce un discours après avoir été nommée envoyée spéciale de l'Unesco pour Haïti. PHOTO AP |
À peine investie de ses nouvelles responsabilités, Mme Jean a déclaré que la population haïtienne avait désormais besoin d'un «pacte de solidarité essentiel» qui aille «au-delà de la logique de l'assistance» qui prévaut en Haïti depuis des décennies. D'urgences en catastrophes, celle-ci «a fini par faire d'Haïti un immense laboratoire de toutes les expériences, de tous les essais et erreurs de l'aide, avec une somme de stratégies lacunaires qui n'ont jamais rien produit, rien réalisé de réellement durable».
«Le grand problème en ce moment, c'est l'éparpillement. Il y a un besoin de coordination et de cohésion», a poursuivi Michaëlle Jean quelques minutes plus tard en conférence de presse.
Pour mettre fin à la dispersion et à la «fragmentation» des efforts de reconstruction, la nouvelle diplomate en appelle à la mise en place d'un plan de développement humain, «inclusif et durable», qui viendrait soutenir, notamment, le «renforcement des capacités de gouvernance» de l'État et la fondation d'un système d'éducation publique de qualité.
Le directrice générale de l'Unesco, Irina Bokova, a assuré Michaëlle Jean de son entier appui. «Nous pourrons compter, lui a-t-elle dit, sur votre connaissance intime du terrain, de sa population, de sa culture, pour mettre en oeuvre les programmes les plus efficaces, susceptibles d'être les mieux acceptés et de s'inscrire dans la durée.»
Mme Jean estime d'ailleurs que c'est là sa principale «valeur ajoutée».
«Le fait d'être d'Haïti est une plus value. Je parle la langue, je connais le pays de l'intérieur et en même temps j'ai le recul nécessaire», a-t-elle fait valoir.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201011/08/01-4340575-pour-michaelle-jean-haiti-ne-doit-plus-etre-un-laboratoire-des-erreurs.php
Commentaires:
"Dispersion" et "fragmentation" sont deux mots savants et corrects utilisés pour décrire et définir le bordel qui sévit en Haïti entre les actions des ONGs qui se prennent pour des organismes autonomes et un gouvernement silencieux et sans plans et sans moyens. Des ONGs défendant leur activités comme de vrais no men's land se cantonnent à faire ce qu'ils veulent au détriment d'un vrai plan consensuel capable d'apporter des solutions durables.
Si Haïti ne doit pas être un laboratoire des erreurs de l'aide internationale, il ne faut pas que les grandes instances comme l'ONU ou l'UNICEF se donnent bonne conscience en se coiffant de la notoriété de certains personnages publics dont le rayonnement ne fait aucun doute.
Madame Jean a bien cerné le problème qui a été identifié par des gens avec des auras moins luisants que ceux d'une ancienne gouverneure générale.
Le système éducatif haïtien doit pouvoir exhiber les avantages de cette nommination. Le cas échéant la responsabilité sera bien partagée!
Tomas a fait 21 morts et pourrait aggraver le choléra
Publié le 08 novembre 2010 Clarens Renois, Agence France-Presse
Port-au-Prince
Le bilan du passage de l'ouragan Tomas en Haïti s'est brusquement alourdi lundi à 21 morts tandis que les fortes inondations qu'il a provoquées risquaient de propager encore davantage l'épidémie de choléra qui a fait 544 morts jusqu'à maintenant.
L'ouragan a fait au moins 21 morts et 36 blessés, a indiqué lundi la Protection civile haïtienne. Tomas avait causé la mort de 14 personnes dans l'île de Sainte-Lucie, au sud de la Martinique.
Tomas est le premier ouragan essuyé par Haïti depuis le séisme meurtrier du 12 janvier qui a fait 250 000 morts. Le cyclone n'a pas directement frappé le pays, se contentant d'évoluer le long de la côte ouest, épargnant le pire aux centaines de milliers de sinistrés du tremblement de terre qui vivent dans des camps dans la région de Port-au-Prince.
Mais les fortes précipitations ont été destructrices, en particulier dans l'ouest du pays. Quelque 857 maisons ont été détruites et 5000 endommagées, et le cyclone a laissé 5950 familles sinistrées, selon la Protection civile, qui a précisé que 36 000 personnes avaient dû être évacuées et que sept personnes étaient portées disparues lundi.
«L'évacuation des dégâts se poursuit», a déclaré lundi la directrice de la Protection civile haïtienne, Alta Jean-Baptiste. «Il y a eu beaucoup de dégâts, au niveau des routes qui sont coupées, et des plantations agricoles qui ont été détruites».
«Il y a une situation d'urgence à Léogâne, une trentaine de kilomètres à l'ouest de Port-au-Prince, la ville la plus frappée par les intempéries, totalement inondée», a-t-elle ajouté.
Vendredi, des images de la ville avaient montré des rues complètement inondées. «On a commencé à évacuer l'eau, mais il faut des actions urgentes (...) car si la pluie recommence à tomber, il y aura de nouvelles inondations», a souligné Mme Jean-Baptiste. «Léogâne est la ville qui a le plus souffert du passage de Tomas parce qu'elle avait été fragilisée par le séisme».
Trois jours après le passage de l'ouragan, les autorités craignaient une augmentation des infections de choléra, car les précipitations ont entraîné une augmentation du volume d'eau polluée, un des principaux vecteurs de la maladie.
«Il faut s'attendre à une progression (de la maladie) après le cyclone», a déclaré à l'AFP le docteur Daniel Henry, directeur de cabinet du ministre de la Santé.
L'épidémie a fait jusqu'à présent 544 morts, selon les données fournies lundi par le ministère haïtien de la Santé publique et de la population, qui a également fait état de plus de 8000 hospitalisations. Samedi, le ministère avait dénombré 501 morts et 7359 hospitalisations.
L'épidémie sévit en Haïti depuis mi-octobre. Des analyses de laboratoires publics américains ont révélé que la bactérie responsable de l'épidémie était similaire à des souches trouvées en Asie.
Le choléra mobilise une importante aide internationale. «C'est en dehors des zones les plus peuplées que l'assistance est devenue particulièrement nécessaire», a indiqué lundi l'ONG Médecins sans frontières.
«Nous sommes très préoccupés par la propagation de l'épidémie dans les zones rurales, car se rendre dans des structures existantes de santé est difficile. Des centres de traitement doivent être installés et ceux qui existent doivent être soutenus afin d'assurer un accès rapide au traitement», a expliqué Kate Alberti, épidémiologiste de MSF.
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/ouragan-tomas-en-haiti/201011/08/01-4340436-tomas-a-fait-21-morts-et-pourrait-aggraver-le-cholera.php
Port-au-Prince
Le bilan du passage de l'ouragan Tomas en Haïti s'est brusquement alourdi lundi à 21 morts tandis que les fortes inondations qu'il a provoquées risquaient de propager encore davantage l'épidémie de choléra qui a fait 544 morts jusqu'à maintenant.
L'ouragan a fait au moins 21 morts et 36 blessés, a indiqué lundi la Protection civile haïtienne. Tomas avait causé la mort de 14 personnes dans l'île de Sainte-Lucie, au sud de la Martinique.
Tomas est le premier ouragan essuyé par Haïti depuis le séisme meurtrier du 12 janvier qui a fait 250 000 morts. Le cyclone n'a pas directement frappé le pays, se contentant d'évoluer le long de la côte ouest, épargnant le pire aux centaines de milliers de sinistrés du tremblement de terre qui vivent dans des camps dans la région de Port-au-Prince.
Mais les fortes précipitations ont été destructrices, en particulier dans l'ouest du pays. Quelque 857 maisons ont été détruites et 5000 endommagées, et le cyclone a laissé 5950 familles sinistrées, selon la Protection civile, qui a précisé que 36 000 personnes avaient dû être évacuées et que sept personnes étaient portées disparues lundi.
«L'évacuation des dégâts se poursuit», a déclaré lundi la directrice de la Protection civile haïtienne, Alta Jean-Baptiste. «Il y a eu beaucoup de dégâts, au niveau des routes qui sont coupées, et des plantations agricoles qui ont été détruites».
«Il y a une situation d'urgence à Léogâne, une trentaine de kilomètres à l'ouest de Port-au-Prince, la ville la plus frappée par les intempéries, totalement inondée», a-t-elle ajouté.
Vendredi, des images de la ville avaient montré des rues complètement inondées. «On a commencé à évacuer l'eau, mais il faut des actions urgentes (...) car si la pluie recommence à tomber, il y aura de nouvelles inondations», a souligné Mme Jean-Baptiste. «Léogâne est la ville qui a le plus souffert du passage de Tomas parce qu'elle avait été fragilisée par le séisme».
Trois jours après le passage de l'ouragan, les autorités craignaient une augmentation des infections de choléra, car les précipitations ont entraîné une augmentation du volume d'eau polluée, un des principaux vecteurs de la maladie.
«Il faut s'attendre à une progression (de la maladie) après le cyclone», a déclaré à l'AFP le docteur Daniel Henry, directeur de cabinet du ministre de la Santé.
L'épidémie a fait jusqu'à présent 544 morts, selon les données fournies lundi par le ministère haïtien de la Santé publique et de la population, qui a également fait état de plus de 8000 hospitalisations. Samedi, le ministère avait dénombré 501 morts et 7359 hospitalisations.
L'épidémie sévit en Haïti depuis mi-octobre. Des analyses de laboratoires publics américains ont révélé que la bactérie responsable de l'épidémie était similaire à des souches trouvées en Asie.
Le choléra mobilise une importante aide internationale. «C'est en dehors des zones les plus peuplées que l'assistance est devenue particulièrement nécessaire», a indiqué lundi l'ONG Médecins sans frontières.
«Nous sommes très préoccupés par la propagation de l'épidémie dans les zones rurales, car se rendre dans des structures existantes de santé est difficile. Des centres de traitement doivent être installés et ceux qui existent doivent être soutenus afin d'assurer un accès rapide au traitement», a expliqué Kate Alberti, épidémiologiste de MSF.
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/ouragan-tomas-en-haiti/201011/08/01-4340436-tomas-a-fait-21-morts-et-pourrait-aggraver-le-cholera.php
Des Haïtiens inquiets pour leur pays
Ariane Faribault La Voix de l'Est |
Publié le 08 novembre 2010
(Granby) Le sort semble s'acharner sur Haïti. Dix mois après le tremblement de terre dévastateur qui a fait des centaines de milliers de morts, une épidémie de choléra fait des ravages et l'ouragan Tomas a inondé des secteurs entiers. Les Haïtiens qui habitent ici s'inquiètent pour leurs proches, mais aussi pour l'avenir d'un pays qui leur est cher.
«C'est pas mal difficile, parce que nous avons de la famille là-bas, mais aussi parce que c'est notre pays, indique Walter Fleuristil. Il y a un cordon qui ne pourra jamais être coupé. Heureusement, ma mère vient d'arriver ici et ma soeur n'est pas au coeur de l'épidémie, mais ce pays me tient à coeur. Il n'avait certainement pas besoin de ça, parce qu'il a déjà assez souffert. C'est certain que ce sont des causes naturelles sur lesquelles nous n'avons aucune prise, mais les mesures de prévention manquent cruellement chez nous. Espérons au moins que ça va forcer les gens à réfléchir et à bouger. Le problème actuellement est d'abord un manque de leadership politique.»
Les Haïtiens d'ici sont d'ailleurs unanimes: il faut aider le pays à se prendre en main. «Donner de l'argent, c'est bien, mais en donner continuellement, ce n'est pas une solution, croit Serge Élie. Même si on construit des maisons aux gens, il faut leur montrer à s'en servir, à les entretenir, à avoir une bonne hygiène. La solution à long terme passe par l'éducation. Les gens là-bas ne sont pas instruits et ils sont habitués à vivre dans la pauvreté.»
Garlancha Célestin estime quant à lui qu'il faut savoir où sont les sommes amassées lors de l'immense vague de solidarité qui a suivi le tremblement de terre.
La suite dans l'édition de lundi
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