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vendredi 12 novembre 2010

Haïti: le choléra a fait 796 morts, selon un nouveau bilan

Publié le 12 novembre 2010
Agence France-Presse

Port-au-Prince
L'épidémie de choléra qui sévit en Haïti a fait 796 morts, dont 13 à Port-au-Prince, tandis que 12 303 malades ont été hospitalisés, selon le bilan du ministère haïtien de la Santé publié vendredi sur son site internet, soit 72 morts de plus que le bilan annoncé la veille.
Le bilan du ministère de la Santé haïtien concerne la période allant jusqu'au 10 novembre. Le ministère indique que, jusqu'à présent, la plupart des décès (540) sont survenus dans le département de l'Artibonite (nord), principal foyer de l'épidémie qui sévit dans le pays depuis la mi-octobre.
Toutefois, 13 décès ont été recensés à Port-au-Prince, dont le bidonville de Cité Soleil, et dans ses banlieues, contre 4 selon le bilan fourni jeudi.
Près de 3 millions de personnes vivent à Port-au-Prince, dont plus d'un million dans des camps où les conditions sanitaires sont très précaires, depuis le séisme du 12 janvier.
L'ONU a lancé vendredi un appel de fonds d'urgence de 163,8 millions de dollars pour «éviter d'être dépassée» par l'épidémie de choléra dans le pays, le plus pauvre du continent américain.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201011/12/01-4342128-haiti-le-cholera-a-fait-796-morts-selon-un-nouveau-bilan.php

Le CEP exhortent les candidats à respecter la loi électorale

La troisième rencontre entre les responsables du CEP et les acteurs du processus électoral a permis d'aborder le dossier du contentieux électoral. Le président du CEP, Gaillot Dorsainvil, assure que toutes les contestations formulées convenablement seront prises en compte. Il exhorte les acteurs à respecter les règles du jeu afin d'éviter des sanctions prévues dans la loi électorale. Les échanges au cours de cette rencontre sont diversement interprétés par les leaders politiques. Le chef de file de Respè, Charles Henry Baker, déplore que les principaux problèmes aient été évités. Il n'y a eu que des redites s'exclame M. Baker qui ne fait nullement confiance aux conseillers électoraux.
Rudy Heriveaux n'a pas la même lecture de la situation. Saluant l'initiative du CEP, l'ex sénateur ne que signale de petites imperfections. Il se dit préoccupé par certains observateurs qui en réalité apportent leur appui à certains candidats.
Un autre candidat au sénat dans l'Ouest, Steven Benoît, est préoccupé par la mise en branle de sa machine de mandataires. M. Benoît espère obtenir dans le meilleur délai les accréditations pour ses 4. 000 mandataires.
De leur coté, des représentants d'organisation de la société civile ont mis l'accent sur la nécessité de livrer les cartes d'accréditation pour les observateurs 15 jours avant le scrutin. Le directeur de l'Initiative de la Société Civile (ISC), Rosny Desroches, exhorte les responsables du CEP à respecter les prescrits de la loi électorale en la matière.
LLM / radio Métropole Haïti

L'épidémie de choléra inquiète un expert du CDC

Un épidémiologiste des Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), Ezra Barzilay, affirme que l'épidémie de choléra a causé le décès de 800 personnes. Il estime que la situation se détériore de jour en jour dans plusieurs régions d'Haïti. "Les Haïtiens font la queue, il n'y a plus de lits d'hôpital, les hôpitaux sont totalement débordés", a-t-il ajouté, notant que des équipes médicales étaient contraintes de choisir parmi les malades lesquels elles allaient pouvoir soigner.
Au Gonaïves, le principal centre hospitalier ne peut répondre à la demande. Les personnes, soufrant de diarrhée, sont allongées à même le sol. Plus de 80 cas de décès ont été enregistrés au cours des 5 derniers jours dans la cité de l'indépendance.
Dans le Nord, à Pilate le seul centre de santé de la région a dénombré 12 décès. Les malades sont assis devant le centre et dans la rue dans l'espoir d'avoir accès à des soins médicaux.
L'épidémie de choléra considérée désormais comme un problème de sécurité nationale a déjà entraîné l'hospitalisation de plus de 11 000 personnes. Les autorités locales sont de moins en moins enclin à fournir des informations sur les cas de décès. Les autorités ont récemment décidé de procéder à l'inhumation des cadavres afin d'éviter de nouvelles contamination.
LLM / radio Métropole Haïti

Multiplication des cas de choléra au centre ville de Port-au-Prince

Le choléra est désormais aux abords du Palais National. Au moins deux personnes vivant dans le camp d'hébergement du champ de Mars sont décédées mardi rapportent des témoins. Une femme et sa fille atteintes de vomissement, de migraine et de diarrhée ont rendu l'âme alors qu'elles avaient été transportées à l'hôpital général. Apeurés les sinistrés de la place Dessalines au champ de Mars appellent à une intervention urgente des autorités sanitaires. Les sinistrés soutiennent qu'ils partageaient les mêmes ustensiles de cuisine avec les victimes.
A la morgue de l'Hueh, 8 cadavres ont été recensés. Cependant d'autres corps se trouvaient dans la phase de traitement au chlore. L'épidémie qui sévit désormais dans 5 départements géographiques a fait 643 morts et 9 961 hospitalisations.
Des responsables de l'OPS assurent que le système sanitaire peut prendre en charge les personnes ayant été contaminées. 5 centres de traitement de choléra (CTC) fonctionnent dans la région métropolitaine.
Le centre de Gheskio a enregistré 30 nouveaux cas ces derniers jours. Les malades proviennent de tous les quartiers notamment Carrefour, Cité Soleil et Carrefour feuilles.
Les autorités sanitaires oeuvrent de concert avec les responsables du cluster eau et assainissement afin de freiner l'épidémie. Toutefois les récentes inondations de Tomas ont rendu des régions inaccessibles aux agents sanitaires.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18439

Choléra en Haïti: des besoins d'argent très urgents, alerte l'ONU

Publié le 12 novembre 2010 à
L'ONU a lancé vendredi un appel de fonds d'urgence de 163,8 millions de dollars pour «éviter d'être dépassée» par l'épidémie de choléra en Haïti dont le bilan atteint désormais 724 décès et 11 000 hospitalisations.

«Il nous faut absolument cet argent au plus vite pour éviter d'être dépassés par cette épidémie» déclarée à la mi-octobre, a expliqué la porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha), Elisabeth Byrs, lors d'un point de presse.
Selon des statistiques publiées jeudi sur le site du ministère haïtien de la Santé, 497 décès, soit plus des deux tiers du total des morts recensés, se sont produits dans le département de l'Artibonite (nord), principal foyer de l'épidémie.
Mais c'est à Port-au-Prince, la capitale surpeuplée où plus d'un million d'habitants vivent dans des conditions sanitaires précaires depuis le séisme du 12 janvier, que la situation est potentiellement la plus inquiétante, selon les organisations internationales.
Sur les dix départements de Haïti, cinq sont directement affectés par l'épidémie, selon un document publié vendredi par l'ONU.
L'organisation s'attend à ce que près de «200 000 personnes montrent des symptômes du choléra, allant de diarrhées légères à une déshydratation sévère».
«Les cas (de choléra) devraient apparaître lors d'une poussée de l'épidémie qui se produira de façon soudaine dans différentes parties du pays», selon l'ONU.
Face à cette propagation attendue de l'épidémie dans l'ensemble du pays, l'ONU estime que des ressources devront encore être mobilisées pour au moins six mois.
«Un effort considérable a déjà été fourni, mais la quantité même de matériel d'aide qui doit être distribuée dans les jours et semaines à venir demande plus de soutien logistique et financier pour le gouvernement (de Haïti) de la part des agences humanitaires et des donateurs», explique l'ONU.
Sans ce nouveau soutien, «l'épidémie pourrait bien venir à bout de nos efforts», avertit l'organisation.
Les fonds recueillis permettront d'offrir surtout des soins de santé, d'assainissement et hygiène.
La semaine dernière l'ouragan Tomas a fait au moins 21 morts en Haïti et provoqué d'importantes inondations et dégâts. Les autorités redoutaient une augmentation des infections, les précipitations ayant entraîné une augmentation du volume d'eau polluée, un des principaux vecteurs de la maladie.
En outre, un séisme de faible magnitude a été ressenti jeudi matin en Haïti, ont indiqué des habitants, faisant état de blessés légers dans une école proche de Port-au-Prince en raison de la panique qui a suivi.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201011/12/01-4342039-cholera-en-haiti-des-besoins-dargent-tres-urgents-alerte-lonu.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B4_manchettes_231_accueil_POS2
Notre commentaire:
Tiens, tiens. Et l'ONU qui réagit enfin. Oui disons enfin. On pensait que l'idée d'épidémie de choléra en Haïti ne représentait pas un vrai problème pour Haïti puisque on n'en parlait pas trop. On avait l'impression que le passage de Tomas avait accapré de façon particulière l'attention des médias et des ONG tandis que le choléra causait plus de 23 décès par jour.
Maintenant ça devient urgent. L'urgence se traduit par un énorme besoin d'argent. pres de 164 millions de dollars. Il est quand même bizarre de constater que l'ONU continue à demander des sommes significatives pour subvenir aux besoins de populations touchées par des catastrophes. Si ces demandes étaient honorées en totalité on serait poussé à croire qu'il existe dans ce monde des secteurs qui disposent de fonds  à fonds perdus. Des fortunes ou des chiffres d'affaires illimités.
Heureusement que dans les suites du passage des ouragans et cyclones de 2008, l'ONU n'avaient pu collecter que 30% des sommes urgentes définissant les beoins du pays. Nous pensons qu'avec le nombre croissant des catastrophes qui engendrent une croissance exponentielle du nombre de nécessiteux on comprend pourquoi les appels de l'ONU  ne sont entendus que partiellement.
Cela voudrait dire que l'ONU ne peut pas prétendre apporter des solutions à ces problèmes en comptant exclusivement sur la générosité  des gesn ou des institutions.

mercredi 10 novembre 2010

Les oubliés d'Haïti

Publié le 09 novembre 2010
Michèle Ouimet, envoyée spéciale

La Presse
(Léon, Haïti) Toute la nuit, une pluie fine est tombée sur Léon. À 6h30, juste après l'aube, le vent s'est levé d'un seul coup et l'ouragan Tomas a frappé.
«On entendait le bruit du vent qui passait au-dessus des montagnes, raconte le père Alphonse, curé de Léon. L'ouragan a duré 45 minutes. C'était très violent. On pensait tous qu'on allait mourir.»
Tomas n'a pas foncé directement sur Haïti. Même si l'oeil de l'ouragan est passé dans la mer des Caraïbes, il a soufflé avec force sur la côte ouest d'Haïti. Des vents violents ont secoué de petites localités isolées comme Jérémie, Dame-Marie, L'Anse d'Hainault et Léon.
C'est Léon qui a le plus souffert: toits envolés, arbres arrachés, récoltes ruinées. Deux maisons ont plongé dans les eaux tumultueuses de la rivière Voldrogue gonflées par la pluie.
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On craint toujours que l'épidémie de choléra continue
de se propager dans le pays. L'ONU a livré des trousses sanitaires
aux environs de Jérémie lundi. Photo: David Boily, La Presse

Près de 20 000 personnes vivent à Léon, 6000 dans le village qui longe la Voldrogue et 14 000 perchées dans les montagnes. Un endroit perdu au bout d'Haïti, un coin oublié par le gouvernement et la plupart des ONG.
«Environ 75% des récoltes sont perdues, dit le père Alphonse. Il y aura de la faim dans les prochains mois.
- Qui va vous aider?
- Je ne sais pas. Est-ce que le gouvernement a les moyens? Je l'ignore. Et même s'il a les moyens, Léon n'est pas une priorité. Nous sommes isolés. Quand une catastrophe s'abat sur nous, on nous oublie: "Arrangez-vous!" C'est l'Église catholique qui tient l'école et le dispensaire à bout de bras. On nous a abandonnés.»
***
Pas facile de se rendre à Jérémie, à l'extrémité ouest d'Haïti. Encore moins à Léon. Environ 300 km séparent Port-au-Prince de Jérémie. La moitié du chemin est en terre battue. Il faut entre 8 et 10 heures pour aller de la capitale à Jérémie en auto. Si tout va bien.
Vendredi, les vents ont soufflé fort et la mer a grondé, mais Jérémie n'a pas été inondé. Même si la ville est au bord de la mer, elle est construite en hauteur.

Une route de terre mène à Léon. Une piste caillouteuse de 15 km qui s'enfonce à l'intérieur du pays. Franchir ces quelques kilomètres prend plus d'une heure. La piste grimpe dans les montagnes, puis redescend dans une vallée où se cache Léon. Le paysage est magnifique, la végétation luxuriante. Ici, les arbres n'ont pas été arrachés et les montagnes ne sont pas pelées, contrairement au reste du pays.
Le coeur du village s'étire le long de la Voldrogue. La rue principale est bordée de maisons en bois. La rivière coule à quelques mètres.
Vendredi matin, Tomas a déferlé dans la rue principale, arrachant des toits et précipitant deux maisons dans la rivière.
Juliane Auguste n'en revient toujours pas. Plantée au milieu de sa maison, les mains sur les hanches, elle lève la tête. Ce n'est pas le plafond qu'elle voit, mais le ciel nuageux. Le vent a emporté le toit à 7h vendredi matin.
Elle était réveillée lorsque Tomas s'est déchaîné. Elle s'est précipitée dans la rue même si le vent balayait tout sur son passage.
À Jérémie, la plage est couverte
de débris charriés par les eaux
tumultueuses de la rivière
Voldrogue. Des jeunes examinent
 les fragments à la recherche
de matériaux réutilisables.
Photo: David Boily, La Presse



À l'arrière de sa maison, il n'y a plus de porte, plus de palier, plus de bananier. Qu'un ravin de 20 pieds qui plonge dans la rivière.
Qui va payer pour réparer sa maison? Elle tape dans ses mains. «Mais je ne sais pas!»
Un peu plus loin, juste avant le marché, Louis Casimir regarde ce qu'il reste de sa maison: les fondations, des débris de ciment et quelques casseroles éparpillées entre des chiens maigres.
Sa femme s'active au-dessus d'un feu de bois. Elle prend une casserole noircie et attrape une patte de brebis, qu'elle jette dans son ragoût.
La rivière a emporté leur maison. La Voldrogue coule follement à quelques mètres des débris. «La maison a commencé à s'affaisser jeudi soir», raconte M. Casimir. Sa femme et lui ont sorti en vitesse les lits, des ustensiles et des vêtements.

Le lendemain, il n'y avait plus rien. Ou presque.
De l'autre côté de la rue, une quinzaine d'hommes entourent une table installée sur le perron d'une buvette. Deux hommes jouent aux dominos. Les autres les observent.
Un des joueurs lève la tête. L'ouragan? «Le vent a secoué fort. C'était terrible. On est finis! On est finis!» dit-il avec un large geste de la main. Tout le monde se met à parler en même temps.
«Ma maison s'est écrasée!»
«Moi aussi!»
Ils s'énervent, discutent, puis replongent le nez dans leur partie de dominos.
On retourne au presbytère. Les gens saluent respectueusement le curé.
«Les gens viennent me voir et ils me disent: "S'il vous plaît, aidez-moi!" soupire le curé.
- Et qu'est-ce que vous leur répondez?
Il hésite avant de répondre, puis il me regarde droit dans les yeux: «Souvent, on n'a rien.»
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/ouragan-tomas-en-haiti/201011/08/01-4340667-les-oublies-dhaiti.php

Choléra en Haïti: «La population est traumatisée»

Publié le 10 novembre 2010 Michèle Ouimet, envoyée spéciale
La Presse
«On a eu le séisme, l'ouragan et maintenant le choléra.
La population est traumatisée», explique Joël Placide,
directeur adjoint du salon funéraire des Gonaïves.
Ci-dessus, l'hôpital Charles Colimon, à Petite-Rivière,
près de l'endroit où est apparue la maladie à Haïti.

Photo: David Boily, La Presse

(Haïti) La cour des miracles. Un enfant couché dans un coin sur une couverture tachée par la diarrhée. Des malades entassés dans des salles surpeuplées, un soluté fiché dans la main. Dehors, sous les arbres, des gens étendus par terre. Certains vomissent dans des seaux improvisés.
Même si l'hôpital de La Providence, aux Gonaïves, a des airs de fin du monde, le directeur reste calme.
«C'est un hôpital de fortune, explique le Dr Saint-Gilles. Les cas de choléra ont explosé depuis deux jours. Au début, on avait réservé 18 lits pour le choléra. Au cours du week-end, on est monté à 42, puis à 72. Parfois, on doit mettre deux ou trois enfants dans le même lit. Et j'ai dû ouvrir une quatrième salle.»
Le Dr Saint-Gilles me fait visiter la section réservée au choléra. Il passe à côté d'une patiente étendue par terre, son soluté collé sur le mur avec du ruban adhésif. Sous un toit de tôle, les patients gisent sur des lits étroits. L'hôpital est un ancien hangar.
Entre les bâtiments, des chèvres se promènent tranquillement, indifférentes au drame qui secoue les Gonaïves, une ville poussiéreuse de 250 000 habitants, située à 150 kilomètres au nord de Port-au-Prince.
Une longue flaque de diarrhée s'étire sur le ciment. C'est là, à côté de cette flaque, que j'ai croisé un logisticien de Médecins sans frontières, Emmanuel. Il monte des tentes dans l'arrière-cour de l'hôpital. Il est pressé, débordé.
«Les cas de choléra explosent, dit-il. Cette nuit, aux Gonaïves, il y a eu 35 morts. L'épidémie est grave, la maladie se propage rapidement. Vous avez des malades qui viennent ici en tap-tap. Ils vomissent dans le taxi. Personne ne nettoie. Le tap-tap continue à rouler toute la journée.»
Un vent de panique souffle sur les Gonaïves. Dans la rue, certains se promènent avec un masque, des gants ou de grandes bottes.
Des gens jettent des cadavres à côté du cimetière qui, lui aussi, a des airs de fin du monde. Une odeur de pourriture flotte au-dessus des tombes décaties.
Les écoles ont fermé à cause de l'ouragan Tomas. Elles doivent rouvrir aujourd'hui. «Elles vont peut-être rester fermées à cause de la panique, explique Franz Lebrun, journaliste à Radio Gonaïves. Il faudrait désinfecter les locaux.»
Les autorités locales sont débordées. La mairie? «Ils ne sont que deux, répond Franz Lebrun, et le maire s'occupe des cadavres jetés dans la rue. La directrice de la santé publique ne répond même pas à son téléphone.»
Le salon funéraire des Gonaïves n'a jamais été aussi occupé. «Quand on va chercher un cadavre chez les gens, on ne sait pas s'il a eu le choléra, dit le directeur adjoint du salon, Joël Placide, assis dans son bureau réfrigéré par la climatisation. On le prend quand même, mais on le désinfecte avec du chlore.»
«La situation dégénère, ajoute-t-il. Les gens sont laissés à eux-mêmes. Nous sommes très stressés. On a eu le séisme, l'ouragan et maintenant le choléra. La population est traumatisée.»

Un homme veille sur son petit
garçon atteint du choléra.
Photo: David Boily, La Presse

***
Tout a commencé à Petite Rivière, situé à mi-chemin entre Port-au-Prince et les Gonaïves. Un village où coule un fleuve, l'Artibonite. Le fleuve fait partie de la vie de tous les jours: les gens s'y baignent et y lavent leur linge.
C'est là, dans les eaux calmes de l'Artibonite que le vibrion, la bactérie responsable du choléra, s'est développé. Et c'est là que le premier cas est apparu, le 19 octobre. Depuis trois semaines, Haïti vit au rythme du choléra, une maladie qui avait disparu depuis cent ans.
Petite Rivière a eu le temps de s'organiser. L'hôpital fonctionne rondement, Médecins sans frontières a pris en charge le choléra. On est loin du chaos des Gonaïves même si la propagation de la maladie dans tout le pays inquiète.
L'hôpital roule à plein régime. Environ 150 lits sont réservés au choléra. Pour l'instant. «On ne contrôle pas complètement la situation», affirme Anne Koudiacoff, coordonnatrice de l'opération choléra pour Médecins sans frontières.
Les malades sont couchés nus sur des lits propres troués au milieu. Sous le trou, un seau. La diarrhée est tellement violente que les patients n'ont pas le temps de se lever.
Une femme tient la main de sa mère. Cheveux gris, bouche entrouverte, yeux mi-clos, souffle court. Elle vit dans les montagnes. Dès que les vomissements ont commencé, elle s'est rendue à l'hôpital. Une heure de moto. Elle est arrivée épuisée.

Les enfants sont regroupés dans une salle contiguë. Stevenson a 7 ans.
- Comment ça va?
- M'Bon (je suis bien), répond-il dans un souffle.
«Il ne vomit plus, mais il a toujours la diarrhée», précise sa mère qui sourit timidement, soulagée devant les progrès de son fils.
Plus loin, une femme enceinte regarde son garçon étendu sur un brancard. Le petit a les traits tirés et les yeux enfoncés. Il ne bouge pas et fixe sa mère avec ses yeux immenses. Il a 6 ans.
Sa mère, Madeline Joseph, doit accoucher en janvier. Elle a deux autres enfants. Et le père? Il n'est plus là.
Madeline est élégante avec son grand chapeau rouge orné d'un ruban bleu. Si elle attrape le choléra, elle risque de faire une fausse couche. Si elle survit.
La salle d'attente est pleine à craquer. Les gens, anxieux, attendent le verdict du médecin. Ils ont peur. Même s'ils présentent des symptômes alarmants, ils espèrent qu'ils n'ont pas le choléra.
«Les Haïtiens sont très vulnérables, dit Anne Koudiacoff. Ils sont souvent sous-alimentés, affaiblis, plusieurs sont séropositifs. Et ils ont vécu des traumatismes: le tremblement de terre et l'ouragan Tomas.»
Tomas qui a provoqué des inondations et qui a déversé des trombes d'eau sur Haïti. L'eau où vit et se multiplie la bactérie du choléra.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201011/10/01-4341080-cholera-en-haiti-la-population-est-traumatisee.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4341093_article_POS1

Le choléra atteint Port-au-Prince

Publié le 10 novembre 2010
Isabelle Hachey, La Presse
À l'hôpital Charles Colimon, dans le village de Petite Rivière,
 Mevilia Josefa tient la main de sa mère Adelia Étienne,
 qui reçoit un traitement intraveineux dans la section réservée
aux cas graves. Photo: David Boily, La Presse

L'épidémie de choléra a atteint la ville de Port-au-Prince. Et elle se propage à une vitesse folle. Désormais considérée comme une question de sécurité nationale par les autorités haïtiennes, la maladie, hautement contagieuse, menace les 3 millions d'habitants de la capitale - dont près de la moitié vit encore dans des camps de toile érigés après le séisme dévastateur du 12 janvier.
«C'est en train d'exploser!» Le constat de Stefano Zannini, chef de mission de Médecins sans frontières en Haïti, est alarmant. Depuis trois jours, à Port-au-Prince, MSF a soigné plus de 200 personnes atteintes de diarrhée grave, un symptôme du choléra. «Lundi, on avait deux fois plus de cas que dimanche. Mardi, c'était le double de lundi. Et on s'attend encore à une augmentation exponentielle dans les prochains jours», a dit M. Zannini, joint à Port-au-Prince.
«Nous sommes extrêmement préoccupés par la situation», a-t-il ajouté. Le ministre de la Santé, Ariel Henry, partage ces craintes. Selon lui, une grave épidémie à Port-au-Prince est désormais probable. «Ça s'en vient», a-t-il déclaré à l'AFP.
Les autorités ont confirmé hier qu'un garçon de 3 ans avait contracté le choléra, bien qu'il n'ait pas eu de contact avec les habitants du nord de l'île, où l'épidémie s'est déclarée. Une personne a succombé au choléra dans un hôpital de Cité Soleil, un bidonville de Port-au-Prince. Trois cadavres ont aussi été ramassés dans la rue, sans que l'on sache si leur mort était liée à la maladie.
Une infirmière a de la difficulté à piquer la veine d'une patiente à cause de la déshydratation.
Photo: David Boily, La Presse

Conditions «extrêmement précaires»
La situation suscite d'autant plus d'inquiétude que que le choléra risque de trouver un terrain fertile dans les camps de Port-au-Prince, où s'entassent encore 1,4 million de rescapés du tremblement de terre. «Ces personnes vivent dans des conditions extrêmement précaires, dit M. Zannini. La promiscuité, la mauvaise hygiène et les conditions sanitaires déficientes forment un environnement parfait pour une épidémie de choléra.»
Jusqu'ici, la plupart des cas probables de choléra ont frappé les quartiers pauvres, insalubres et surpeuplés de Cité Soleil (73 cas recensés hier par MSF) et de Martissant (43 cas). «La semaine dernière, il n'y avait que quatre ou cinq cas par jour. L'augmentation est énorme.» Ces quartiers, réputés très violents, sont difficiles d'accès pour les travailleurs humanitaires.
«Le problème de la violence est un obstacle additionnel à la lutte contre le choléra. Mais le problème principal, c'est que les camps de déplacés se trouvent partout dans la ville, y compris dans les bidonvilles. Et certains d'entre eux ne reçoivent aucune aide», explique le chef de mission.
Une infirmière a de la difficulté
à piquer la veine d'une patiente
à cause de la déshydratation.

Photo: David Boily, La Presse


La peur, un obstacle majeur
Autre obstacle majeur: la peur. «Le choléra n'est pas du tout connu en Haïti. La population panique autour de cette maladie. Elle craint que la proximité de nos centres de traitement du choléra (CTC) n'amène des risques additionnels de contamination», dit M. Zannini. Les CTC permettent au contraire de traiter les gens plus rapidement et de les isoler afin de limiter la propagation de l'épidémie.
MSF s'emploie à construire un CTC de 320 lits à Port-au-Prince. D'ici à la fin de la semaine, l'organisme espère disposer de 1000 lits pour soigner les cas de choléra d'un bout à l'autre de la capitale.
***
L'épidémie de choléra à Haïti
 583 morts
 Plus de 9000 hospitalisations
 73 cas confirmés à Port-au-Prince
 Le choléra est une infection intestinale causée par une bactérie transmise dans l'eau ou la nourriture contaminée. La maladie, hautement contagieuse, provoque la diarrhée, des vomissements et une grave déshydratation. Elle tue rapidement si elle n'est pas traitée, mais elle se soigne aisément avec des antibiotiques.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201011/10/01-4341093-le-cholera-atteint-port-au-prince.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4341080_article_POS1

Pierre Louis Opont est préoccupé par les agressions au cours de la campagne électorale

Le directeur général du Conseil Electoral Provisoire (CEP), Pierre Louis Opont, dénonce les actes d'intimidation et les agressions qui nuisent au bon déroulement du processus électoral. Appelant les militants et les candidats au calme, M. Opont souhaitent que les autorités judiciaires et policières interviennent afin de rétablir l'ordre. A 19 jours du scrutin, il rappelle que l'organisme électoral peut adopter des sanctions prévues par la loi électorale contre les candidats fautifs. Les conseillers électoraux peuvent ordonner la formation de commission d'enquête afin de faire la lumière sur des incidents.
Toutefois les autorités électorales ne pourront pas surveiller le déroulement du processus électoral sur tout le territoire. M. Opont souhaite que les commissaires du gouvernement interviennent en cas de flagrant délit. Des heurts entre des partisans de candidats ont été enregistrés le week end écoulé à Cabaret et dans le sud.
Au cours des dernières semaines les autorités électorales ont multiplié les séances de travail avec les responsables de la sécurité publique.
Invité à la rubrique « Le Point sur le 100.1 « de radio Métropole, le directeur général du CEP a mis l'accent sur l'importance de la poursuite du dialogue avec les dirigeants de partis politiques. Une nouvelle rencontre entre les conseillers électoraux et les leaders politiques est prévue ce 11 novembre. Le contentieux et les sanctions prévues par la loi électorales seront abordées au cours de cette 3 eme rencontre entre le CEP et les acteurs politiques.
Dans le même temps, l'organisme électoral poursuit la campagne de sensibilisation des électeurs.
LLM / radio Métropole Haïti

Hausse des cas de choléra aux Gonaïves

Les autorités municipales des Gonaïves font état d'une augmentation des cas de décès liés à l'épidémie de choléra. Le maire des Gonaïves, Saint Justin Pierre Lus, indique que pour la seule journée du 9 novembre, 31 cadavres ont été inhumés. Selon l'édile de la cité de l'indépendance l'épidémie a touché pratiquement tous les quartiers. Des corps visiblement déshydratés ont été récupérés dans les rues de Jubilé, Raboteau, K soleil, lot bo Kanal, Trou sab, Bigo etc. Au cours des 5 derniers jours les services municipaux ont récupéré une cinquantaine de cadavres dans les rues. Le maire est préoccupé par cette situation et sollicite une plus grande attention des autorités sanitaires. Il déplore également la passivité des médecins et le manque de personnel dans les hôpitaux.
Dans le même temps, le maire fait état de l'insuffisance de stock de chlore. Les autorités sanitaires recommandent le traitement au chlore des cadavres avant l'inhumation.
Les citoyens sont également inquiets face à la flambée de l'épidémie du choléra. Une centaine de personnes ont manifesté dans les rues des Gonaïves hier afin de réclamer une meilleure réponse face à l'épidémie. Les manifestants ont dénoncé le laxisme des autorités. Ils estiment que les élections doivent être reportées si l'épidémie n'est pas contrôlée.
Non loin des Gonaïves, à Gros Morne, les autorités municipales sont également inquiètes. Le maire de Gros Morne, Wilner Beaugé, lance un SOS en faveur de l'hôpital Alma mater, privé de matériels sanitaires.
Au cours de la journée du 9 novembre 6 personnes atteintes de choléra sont décédées. Le bilan partiel de l'épidémie dans cette ville est de 19 morts et plus de 600 hospitalisations.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18432

La Fondation Héritage dénonce les zones d'ombres du financement de la campagne électorale

Cette organisation spécialisée dans la lutte contre la corruption, exhorte les candidats impliqués dans la course électorale à rendre compte de leurs sources de financement. Dans un communiqué, publié cette semaine la branche haïtienne de Transparency International s'est inquiétée, de l'opacité qui entoure le financement des activités de la campagne électorale de 2010.
Elle a demandé aux candidats indépendants, partis et plateforme politiques de publier la liste des subventions et dons en espèces et en nature reçus, ainsi que leur provenance.
La Fondation a également dit souhaiter la divulgation de la liste des dépenses effectuées par les candidats dans le cadre de cette compétition électorale. Elle invite les candidats indépendants, les partis ou plateforme politiques à observer les dispositions légales afin de démontrer leur engagement pour la transparence et la probité.
De nombreux secteurs avaient élevé la voix pour dénoncer la circulation de l'argent sale, dans cette campagne électorale qui est en sa seconde phase.
EJ/Radio Métropole Haïti

L'épidémie choléra franchit la barre des 550 décès

Le directeur général du Ministère de la sante publique, Gabriel Timothée, confirme la stabilisation de l'épidémie de choléra dans les départements du Centre et de l'Artibonite. Les autorités sanitaires font état d'une dizaine de décès par jour alors que ces statistiques oscillaient autour de la centaine dans les premiers jours de l'épidémie.
Le système sanitaire haïtien répond convenablement à l'épidémie assure le docteur Timothée soulignant que la majorité des 8 000 personnes hospitalisées ont regagné leurs domiciles. A ce jour l'épidémie de choléra n'est pas contrôlée puisque l'impact n'est pas annulé admet le médecin.
Plus de 550 cas de décès ont été recensés par les autorités haïtiennes dans plusieurs départements dont l'Artibonite, le Centre, Le Nord, le Nord Ouest et l'Ouest.
Les autorités haïtiennes sont préoccupées par les nouveaux cas de choléra enregistrés dans l'Ouest et le sud. 20 décès et 223 cas d'hospitalisations ont été recensés dans l'Ouest notamment à l'Arcahaie, ville limitrophe de l'Artibonite. Dans le département du sud, les 4 premiers cas de choléra ont été confirmés hier.
Intervenant à la rubrique « Le Point sur le 100.1 « de radio Métropole, le directeur général du Ministère de la sante a soutenu que l'enquête sur l'origine de la contamination du fleuve Artibonite n'a pas encore été lancée. Des spécimens devront être prélevés dans les fosses sceptiques en vue de retrouver les traces de la bactérie.
Les sections communales et villes de Grand Boucan, Grande Saline et Drouin avaient enregistrées les premiers cas de choléra le 19 octobre 2010.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18428

L'ONI s'attaque au défi de la distribution des cartes

Les responsables de l'Office Nationale d'Identification (ONI) entendent relever un nouveau défi dans le cadre du processus électoral. Le directeur de cette institution, Ronald Covil, annonce la distribution de plus de 411 000 nouvelles cartes d'identification nationale (CIN) avant le 28 novembre. A partir de cette semaine toutes les ressources de l'ONI seront concentrées dans le processus de livraison des CIN. Afin de s'assurer de la réussite du programme M. Covil soutient que l'institution fonctionne 7 jours par semaine et interrompt le processus d'enregistrement de nouveaux citoyens. Les personnes réclamant de nouvelles CIN ne pourront pas exercer leur droit de vote le 28 novembre 2010.
Au moment de lancer le processus de livraison, l'ONI dispose de 50 % des nouvelles cartes ( 212 000). L'organisme a dû faire appel à l'Organisation des Etats Américains (OEA) afin de s'assurer du succès du processus.
Le représentant spécial du secrétaire général de l'OEA à Port-au-Prince, Ricardo Seitenfus, affirme que 62 000 cartes imprimées à New York ont été livrées hier lundi aux autorités haïtiennes.
Lancé dans l'Ouest hier lundi, le processus de livraison doit démarrer dans les villes de province ce jeudi. M. Seitenfus promet de fournir des unités mobiles qui permettront de distribuer les cartes dans les sections communales.
Grace à des fonds de l'ACDI, l'OEA apporte un appui logistique et technique à l'ONI dans la fabrication et la livraison des CIN.
Tenant compte des récentes catastrophes, M. Seitenfus affirme que la situation d'Haïti est unique. Il promet d'apporter tout l'appui nécessaire à la réussite du processus électoral.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18427

lundi 8 novembre 2010

Pour Michaëlle Jean, Haïti ne doit plus être un laboratoire des erreurs

Publié le 08 novembre 2010
Michel Dolbec, La Presse Canadienne
Paris
La nouvelle envoyée spéciale de l'Unesco pour Haïti, Michaëlle Jean, souhaite que son pays d'origine cesse d'être un «vaste laboratoire d'essais et d'erreurs» de l'aide internationale.
Michaëlle Jean prononce un discours après avoir été nommée
envoyée spéciale de l'Unesco pour Haïti.  PHOTO AP
L'ancienne gouverneure générale du Canada a été officiellement nommée dans ses nouvelles fonctions, lundi à Paris, par la directrice générale de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture, Irina Bokova.
À peine investie de ses nouvelles responsabilités, Mme Jean a déclaré que la population haïtienne avait désormais besoin d'un «pacte de solidarité essentiel» qui aille «au-delà de la logique de l'assistance» qui prévaut en Haïti depuis des décennies. D'urgences en catastrophes, celle-ci «a fini par faire d'Haïti un immense laboratoire de toutes les expériences, de tous les essais et erreurs de l'aide, avec une somme de stratégies lacunaires qui n'ont jamais rien produit, rien réalisé de réellement durable».
«Le grand problème en ce moment, c'est l'éparpillement. Il y a un besoin de coordination et de cohésion», a poursuivi Michaëlle Jean quelques minutes plus tard en conférence de presse.
Pour mettre fin à la dispersion et à la «fragmentation» des efforts de reconstruction, la nouvelle diplomate en appelle à la mise en place d'un plan de développement humain, «inclusif et durable», qui viendrait soutenir, notamment, le «renforcement des capacités de gouvernance» de l'État et la fondation d'un système d'éducation publique de qualité.
Le directrice générale de l'Unesco, Irina Bokova, a assuré Michaëlle Jean de son entier appui. «Nous pourrons compter, lui a-t-elle dit, sur votre connaissance intime du terrain, de sa population, de sa culture, pour mettre en oeuvre les programmes les plus efficaces, susceptibles d'être les mieux acceptés et de s'inscrire dans la durée.»
Mme Jean estime d'ailleurs que c'est là sa principale «valeur ajoutée».
«Le fait d'être d'Haïti est une plus value. Je parle la langue, je connais le pays de l'intérieur et en même temps j'ai le recul nécessaire», a-t-elle fait valoir.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201011/08/01-4340575-pour-michaelle-jean-haiti-ne-doit-plus-etre-un-laboratoire-des-erreurs.php
Commentaires:
"Dispersion" et "fragmentation" sont deux mots savants et corrects utilisés pour décrire et définir le bordel qui sévit en Haïti entre les actions des ONGs qui se prennent pour des organismes autonomes et un gouvernement silencieux et sans plans et sans moyens. Des ONGs défendant leur activités comme de vrais no men's land se cantonnent à faire ce qu'ils veulent au détriment d'un vrai plan consensuel capable d'apporter des solutions durables.
Si Haïti ne doit pas être un laboratoire des erreurs de l'aide internationale, il ne faut pas que les grandes instances comme l'ONU ou l'UNICEF se donnent bonne conscience en se coiffant de la notoriété de certains personnages publics dont le rayonnement ne fait aucun doute.
Madame Jean a bien cerné le problème qui a été identifié par des gens avec des auras moins luisants que ceux d'une ancienne gouverneure générale.
Le système éducatif haïtien doit pouvoir exhiber les avantages de cette nommination. Le cas échéant la responsabilité sera bien partagée!

Tomas a fait 21 morts et pourrait aggraver le choléra

Publié le 08 novembre 2010 Clarens Renois, Agence France-Presse
Port-au-Prince
Le bilan du passage de l'ouragan Tomas en Haïti s'est brusquement alourdi lundi à 21 morts tandis que les fortes inondations qu'il a provoquées risquaient de propager encore davantage l'épidémie de choléra qui a fait 544 morts jusqu'à maintenant.
Quelque 857 maisons ont été détruites et 5000 endommagées
 dans ce département, qui compte également 5950 familles
sinistrées, a ajouté la protection civile haïtienne, précisant
 que 36 000 personnes avaient dû être évacuées.
PHOTO: DAVID BOILY, LA PRESSE
Tomas s'est abattu entre jeudi et vendredi sur Haïti avec des vents soufflant à plus de 130 kmh et des pluies torrentielles.
L'ouragan a fait au moins 21 morts et 36 blessés, a indiqué lundi la Protection civile haïtienne. Tomas avait causé la mort de 14 personnes dans l'île de Sainte-Lucie, au sud de la Martinique.
Tomas est le premier ouragan essuyé par Haïti depuis le séisme meurtrier du 12 janvier qui a fait 250 000 morts. Le cyclone n'a pas directement frappé le pays, se contentant d'évoluer le long de la côte ouest, épargnant le pire aux centaines de milliers de sinistrés du tremblement de terre qui vivent dans des camps dans la région de Port-au-Prince.
Mais les fortes précipitations ont été destructrices, en particulier dans l'ouest du pays. Quelque 857 maisons ont été détruites et 5000 endommagées, et le cyclone a laissé 5950 familles sinistrées, selon la Protection civile, qui a précisé que 36 000 personnes avaient dû être évacuées et que sept personnes étaient portées disparues lundi.
«L'évacuation des dégâts se poursuit», a déclaré lundi la directrice de la Protection civile haïtienne, Alta Jean-Baptiste. «Il y a eu beaucoup de dégâts, au niveau des routes qui sont coupées, et des plantations agricoles qui ont été détruites».
«Il y a une situation d'urgence à Léogâne, une trentaine de kilomètres à l'ouest de Port-au-Prince, la ville la plus frappée par les intempéries, totalement inondée», a-t-elle ajouté.
Vendredi, des images de la ville avaient montré des rues complètement inondées. «On a commencé à évacuer l'eau, mais il faut des actions urgentes (...) car si la pluie recommence à tomber, il y aura de nouvelles inondations», a souligné Mme Jean-Baptiste. «Léogâne est la ville qui a le plus souffert du passage de Tomas parce qu'elle avait été fragilisée par le séisme».
Trois jours après le passage de l'ouragan, les autorités craignaient une augmentation des infections de choléra, car les précipitations ont entraîné une augmentation du volume d'eau polluée, un des principaux vecteurs de la maladie.
«Il faut s'attendre à une progression (de la maladie) après le cyclone», a déclaré à l'AFP le docteur Daniel Henry, directeur de cabinet du ministre de la Santé.
L'épidémie a fait jusqu'à présent 544 morts, selon les données fournies lundi par le ministère haïtien de la Santé publique et de la population, qui a également fait état de plus de 8000 hospitalisations. Samedi, le ministère avait dénombré 501 morts et 7359 hospitalisations.
L'épidémie sévit en Haïti depuis mi-octobre. Des analyses de laboratoires publics américains ont révélé que la bactérie responsable de l'épidémie était similaire à des souches trouvées en Asie.
Le choléra mobilise une importante aide internationale. «C'est en dehors des zones les plus peuplées que l'assistance est devenue particulièrement nécessaire», a indiqué lundi l'ONG Médecins sans frontières.
«Nous sommes très préoccupés par la propagation de l'épidémie dans les zones rurales, car se rendre dans des structures existantes de santé est difficile. Des centres de traitement doivent être installés et ceux qui existent doivent être soutenus afin d'assurer un accès rapide au traitement», a expliqué Kate Alberti, épidémiologiste de MSF.
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/ouragan-tomas-en-haiti/201011/08/01-4340436-tomas-a-fait-21-morts-et-pourrait-aggraver-le-cholera.php

Des Haïtiens inquiets pour leur pays

Ariane Faribault
La Voix de l'Est
Publié le 08 novembre 2010
(Granby) Le sort semble s'acharner sur Haïti. Dix mois après le tremblement de terre dévastateur qui a fait des centaines de milliers de morts, une épidémie de choléra fait des ravages et l'ouragan Tomas a inondé des secteurs entiers. Les Haïtiens qui habitent ici s'inquiètent pour leurs proches, mais aussi pour l'avenir d'un pays qui leur est cher.
«C'est pas mal difficile, parce que nous avons de la famille là-bas, mais aussi parce que c'est notre pays, indique Walter Fleuristil. Il y a un cordon qui ne pourra jamais être coupé. Heureusement, ma mère vient d'arriver ici et ma soeur n'est pas au coeur de l'épidémie, mais ce pays me tient à coeur. Il n'avait certainement pas besoin de ça, parce qu'il a déjà assez souffert. C'est certain que ce sont des causes naturelles sur lesquelles nous n'avons aucune prise, mais les mesures de prévention manquent cruellement chez nous. Espérons au moins que ça va forcer les gens à réfléchir et à bouger. Le problème actuellement est d'abord un manque de leadership politique.»
Les Haïtiens d'ici sont d'ailleurs unanimes: il faut aider le pays à se prendre en main. «Donner de l'argent, c'est bien, mais en donner continuellement, ce n'est pas une solution, croit Serge Élie. Même si on construit des maisons aux gens, il faut leur montrer à s'en servir, à les entretenir, à avoir une bonne hygiène. La solution à long terme passe par l'éducation. Les gens là-bas ne sont pas instruits et ils sont habitués à vivre dans la pauvreté.»
Garlancha Célestin estime quant à lui qu'il faut savoir où sont les sommes amassées lors de l'immense vague de solidarité qui a suivi le tremblement de terre.
La suite dans l'édition de lundi

La France au chevet d’Haïti : un avion d’aide humanitaire pour aider les sinistrés de Tomas et faire face au choléra

L’ambassadeur de France se réjouit que la tempête n’ait pas provoqué des dégâts qui puissent entrainer le report des élections dimanche 7 novembre 2010, Radio Kiskeya
De l’aide humanitaire comprenant une tonne de chlore, a été apportée samedi à l’aéroport international Toussaint Louverture de Port-au-Prince par un avion militaire français en provenance de La Martinique.
Le chlore est destiné à la Direction nationale de l’eau potable et de l’assainissement (DINEPA) dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de choléra, a fait savoir l’Ambassadeur de France, Didier Lebret, venu recevoir le stock d’aide sur le tarmac de l’aéroport. L’aide comprend aussi 500 tentes envoyées en don par la Croix-Rouge française à son homologue d’Haïti, la Croix-Rouge Haïtienne. Elles devraient être distribuées aux personnes qui ont perdu les leurs lors du passage de la tempête tropicale Tomas.
Dix mille bâches doivent également être distribuées. Mais c’est seulement une partie d’entre elles qui sont arrivées samedi, a précisé le diplomate français.
Ce fut l’occasion pour lui d’annoncer un projet de 100 mille euros du gouvernement français destiné à assurer la prévention contre le choléra dans des orphelinats et des crèches en Haïti.
Didier Lebret s’est enfin réjoui que la tempête tropicale Tomas n’ait pas provoqué dans le pays les dégâts qu’on craignait. Il révèle avoir eu des appréhensions que l’impact de la tempête, ajouté aux conséquences du séisme, n’entraine le report des élections présidentielles et législatives du 28 novembre 2010.
Le Ministre de la jeunesse, des Sports et de l’Action Civique, Evans Lescouflair, qui recevait l’aide humanitaire français au nom du gouvernement haïtien, a exprimé la gratitude de celui-ci vis-à-vis du geste de la France à l’attention de la population haïtienne en proie à l’épidémie de choléra. [jmd/Radio Kiskeya]
http://radiokiskeya.com/spip.php?article7205

Un mort et une personne amputée d’un bras à coups de machettes dans une "apparente affaire" de stupéfiants impliquant des ressortissants jamaïcains, à la 13ème section communale de Jacmel

Un mort et une personne amputée d’un bras à coups de machettes dans une "apparente affaire" de stupéfiants impliquant des ressortissants jamaïcains, à la 13ème section communale de Jacmel

Quatre jamaïcains retenus par la police/Trois autres recherchés
dimanche 7 novembre 2010, Radio Kiskeya
Une personne a été emportée jeudi par les eaux de la Rivière de Jacmel, en crue, alors qu’elle tentait d’atteindre l’autre rive de celle-ci pour se rendre chez le nommé Genot Pierre, à la 13ème section communale de Jacmel, pour exiger de ce dernier sa part du « butin » obtenu quelques heures plus tôt de la mise à sac d’un petit navire transportant sept (7) ressortissants jamaïcains et "une quantité indéterminée de marijuana".
Christian Jean Philippe, responsable du Conseil d’Administration communale (CASEC) de la localité de « Kay Charles » (13ème section communale de Jacmel) où s’est produit l’incident, rapporte des témoignages selon lesquels le bateau à bord duquel se trouvaient les 7 jamaïcains avait mouillé dans la rade, à cause d’une panne d’essence. Les ayant remarqués et les prenant pour des trafiquants de drogue, des riverains les ont attaqués. Tout ce qui avait à bord a été emporté, y compris le moteur du bateau. Il a fallu l’intervention urgente des autorités locales pour sauver des assaillants 4 des étrangers. Les 3 autres ont dû fuir, selon le responsable de CASEC.
Dans le cadre du même incident, le nommé Luxène Guerrier a subi l’amputation d’un bras à coups de machette dans l’échauffourée enregistrée dans les parages de la résidence de Genot Pierre où des gens armés d’armes tranchantes ont débarqué pour exiger leur part du « butin » enlevé aux occupants du navire.
Des policiers de l’Unité Départementale de Maintien d’Ordre (UDMO) se sont rendus samedi dans la localité de « Kay Charles » pour récupérer les 4 jamaïcains et les conduire à Jacmel. On ignore encore le sort des 3 autres ressortissants étrangers. [jmd/Radio Kiskeya]
http://radiokiskeya.com/spip.php?article7206

Au moins 20 morts après le passage de Tomas en Haïti

L'ouragan Tomas a fait, vingt morts 36 blessés et 11 disparus. L'annonce a été faite par les responsables du bureau de la protection civile, dans un nouveau bilan partiel publié ce lundi. Selon Yolene Surena du bureau de la Protection civile, les victimes ont été recensées dans les départements de la Grande Anse, Sud, Sud-est et Artibonite. Elle a également fait remarquer que plusieurs tronçons de route ont été endommagés et nombreuses plantations ont été détruites. Madame Suréna a indiqué que les responsables du ministère des travaux publics sont déjà mobilisés en vue de réparer les dégâts causés par l'ouragan Tomas, dans certaines régions du pays. Entre temps, le directeur du Centre National de Météorologie, Ronald Semelfort annonce que l'alerte rouge est levée sur tous les départements géographiques du pays EJ/Radio Métropole Haïti.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18426

La distribution des Cartes d'Identification Nationale débute ce lundi

L'Office National d'Identification (ONI) en partenariat avec l'Organisation des Etats Américains (OEA) annonce, le début ce lundi 8 de la campagne de distribution des Cartes d'Identification Nationale (CIN) dans le département de l'Ouest pour les Communes de Port-au-Prince, Delmas, Pétion-ville et Tabarre. Dans un communiqué , l'ONI invite tous les électeurs de venir retirer leur carte dans les bureaux de l'ONI dans les Communes précitées dans les heures habituelles, c'est-à-dire de 8 heures am à 4 pm, du lundi au vendredi et de 8 heure am à 1 heure pm les samedis et dimanches.
Par ailleurs, l'Office National d'Identification informe que la distribution des CIN débutera ce jeudi 11 novembre dans tous les autres Départements du territoire national.
L'ONI a fait remarquer qu'en plus de 140 bureaux dans tout le pays, 63 unités mobiles seront déployées sur l`ensemble du territoire national afin de faciliter aux citoyens et citoyennes d'avoir leur carte.
« l`Office National d'Identification rappelle a la population que seules les personnes ayant fait leurs demandes avant le 28 septembre 2010, pourront voter, mais également pourront retirer leur CIN dans les bureaux de l'ONI. Les personnes qui ont fait leur demande après le 28 septembre 2010 recevront leurs CIN à une date ultérieure que leur sera communiquée en temps utile. ». Conclut, le communiqué
EJ/Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18425