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mercredi 23 avril 2008

Nouveau premier ministre et prochain gouvernement : « pressions » sur René Préval pour qu’il se décide rapidement

Les 16 sénateurs majoritaires donnent « la fin de la semaine »
mercredi 23 avril 2008,
Radio Kiskeya

Une certaine impatience était perceptible mardi au Parlement et dans la classe politique au sujet du temps mis jusqu’ici par le chef de l’Etat à désigner un nouveau premier ministre, dix jours après la destitution de Jacques Edouard Alexis par le Sénat.
Le groupe des seize sénateurs qui avait renversé le chef du gouvernement, a souhaité que le président de la République procède à ce choix d’ici la fin de la semaine en cours. « Pour le bien du pays, il est impératif que la période de liquidation des affaires courantes par le gouvernement démissionnaire n’aille pas au-delà de la semaine en cours », précise le groupe dans une lettre adressée lundi au chef de l’Etat.
Les « 16 » estiment que l’heure est à l’urgence. Le président de la République, le Parlement et les autres acteurs politiques doivent se mettre au travail en toute célérité en vue de doter le pays d’un nouveau gouvernement dont la mission première consistera en la mise en application d’une nouvelle politique qui puisse, à la limite des ressources du pays, satisfaire les revendications légitimes de la population, indiquent les 16 sénateurs.
Ils mettent l’accent sur la lutte contre la misère et la faim, la baisse du coût de la vie, la lutte contre le chômage et la corruption et la relance de la production nationale.
Le groupe se dit prêt à collaborer à la ratification du nouveau premier ministre et à l’approbation de sa déclaration de politique générale.
Dans le même temps, il appelle à la vigilance du chef de l’Etat et des institutions concernées afin que « les mesures administratives et financières prises pendant la période de liquidation des affaires courantes, soient conformes aux lois en vigueur sur la comptabilité publique ».
L’Organisation du Peuple en Lutte (OPL), l’un des principaux partis représentés au Parlement et au gouvernement, a elle aussi exhorté le président René Préval à se décider. Le coordonnateur de ce parti, Edgard Leblanc Fils, a souligné, lors d’une conférence presse mardi, la nécessité que le chef de l’Etat ne fasse pas durer « les consultations » et qu’il aboutisse au plus vite à des décisions, de concert avec les secteurs concernés.
Un député de l’OPL, Acluche Louis Jeune, présent à la table de conférence, a accordé au président Préval un "délai" allant jusqu’au prochain week-end pour qu’il se décide.
L’idée que le président Préval soit généralement lent à se décider sur des questions cruciales, est très répandue dans les milieux politiques. Elle l’est aujourd’hui davantage en raison des soupçons ayant cours dans ces milieux sur l’intention qu’aurait le chef de l’Etat de retarder sa décision jusqu’au 9 mai, date de la fin du mandat de 8 des 16 sénateurs du bloc majoritaire actuel. [jmd/RK]
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4955

Aucune notification officielle à Haïti de la « disparition » du virus de la grippe aviaire en République dominicaine,

selon le secrétaire d’Etat à l’Agriculture, Joanas Gué
Maintien de l’interdiction d’entrée en Haïti de produits avicoles dominicains
mercredi 23 avril 2008,
Radio Kiskeya

Le gouvernement haïtien n’a jusqu’ici reçu aucune notification officielle des autorités dominicaines sur la disparition du virus de la grippe aviaire en territoire voisin, a déclaré mardi le secrétaire d’Etat à l’Agriculture, Joanas Gué, en réaction à des déclarations faites en ce sens par son homologue dominicain, Salvador Chio Jimenez, et l’ambassadeur de la République dominicaine à Port-au-Prince, Jose Serulle Ramia.
« Ce n’est pas dans les médias que des officiels dominicains devraient se prononcer sur la question. Ils connaissent bien les voies à emprunter », a ajouté M. Gué dans une interview accordée mardi à Radio Kiskeya.
Il a en sens mis en doute, de façon implicite, les déclarations faites par les deux officiels dominicains sur la disparition du virus chez eux, en citant un article du quotidien dominicain « Diario Libre » en date du 10 mars dans lequel il est fait mention du manque d’argent et de ressources humaines des autorités sanitaires dominicaines pour réaliser au moins 3.000 analyses relatives au virus de la grippe aviaire.
« S’ils ont pu, en si peu de temps, recruter le personnel nécessaire et procéder à tous ces tests, ils devraient régulièrement en informer les autorités haïtiennes », a soutenu le secrétaire d’Etat Joanas Gué.
Il a enfin réaffirmé le maintien, jusqu’à nouvel ordre, des mesures d’interdiction en Haïti des importations de produits avicoles dominicains. Ces meures datent du 4 janvier 2008, après la découverte en décembre 2007 du virus de la grippe aviaire à Higuey, en République dominicaine. [jmd/RK]
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4956

Crise alimentaire : Jesse Jackson exhorte Washington à aider Haïti

Le pasteur noir, qui estime que les Etats-Unis ont une "responsabilité morale" envers le pays, s’apprête à arriver à Port-au-Prince à la tête d’une mission ; il a été précédé du congressmen Kendrick Meek
mardi 22 avril 2008,
Radio Kiskeya
Le révérend noir américain Jesse Jackson, attendu la semaine prochaine à Port-au-Prince, a appelé lundi le gouvernement des Etats-Unis à intervenir en Haïti afin d’aider les autorités à faire face à la grave crise alimentaire qui a provoqué, il y a deux semaines, un violent mécontentement social à travers le pays.
Selon la chaîne de télévision américaine CBS4, lors de plusieurs interventions dans le comté de Miami-Dade, Jackson a estimé que l’administration Bush avait "l’obligation morale" de fournir une assistance alimentaire, de l’eau potable et de la sécurité à Haïti. Très critique vis-à-vis du manque de générosité de son pays, il a aussi souhaité que cet effort s’accompagne d’une assistance médicale et d’un engagement en faveur de l’annulation de la dette externe d’Haïti. Il en a profité pour appeler les aspirants à la Maison Blanche, dans le cadre de l’élection de novembre prochain, à faire aussi de cette cause la leur.
"Je presse les candidats à la Présidence de se mobiliser sur le dossier d’Haïti qui nous concerne directement comme ils se penchent sur l’Irak et l’Afghanistan", a martelé le leader afro-américain en insistant sur le fait que la priorité demeure le rétablissement de la sécurité.
Il a rappelé que 80% des haïtiens vivent en dessous du seuil de pauvreté avec moins de deux dollars par jour.
Jesse Jackson a tenu dimanche une série de rencontres sur Haïti avec des élus et responsables gouvernementaux de l’Etat de Floride, des dirigeants de l’église communautaire haïtienne située au nord-ouest de Miami-Dade et des activistes, dont Jean-Robert Lafortune, président de Haitian american grassroots coalition.
Avant de diriger lui-même une délégation qui viendra à Port-au-Prince discuter de la situation avec le Président René Préval, le pasteur Jackson s’est entretenu avec le Représentant (Député) démocrate du 17e district de Floride, Kendrick Meek, peu avant le départ de ce dernier pour Haïti. Au cours de cet énième séjour dans la capitale haïtienne, le congressmen a rencontré lundi M. Préval et le secteur privé des affaires autour de la crise alimentaire. Il voulait s’enquérir des besoins du pays et des intiatives que pourrait prendre le gouvernement des Etats-Unis.
Après les mainfestations en cascade contre la vie chère dont avaient profité des groupuscules ultraviolents pour saccager, piller des entreprises et semer le chaos, le Président George W. Bush s’était déclaré "très préoccupé" devant l’ampleur de la crise en Haïti. Une partie d’une enveloppe de 200 millions de dollars, annoncée aussitôt après en faveur de plusieurs pays touchés par le renchérissement des produits alimentaires, devrait permettre aux autorités haïtiennes de maintenir le prix du riz importé à un niveau stable
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4954

Le Brésil et l’ONU annoncent une conférence d’urgence sur Haïti

Une décision conjointe du Président Luiz Inàcio Lula da Silva et du Secrétaire général Ban Ki-moon en réponse aux protestations contre la faim alors que Brasilia s’inquiète d’une éventuelle implication de ses troupes dans des affrontements avec la population civile
mardi 22 avril 2008,
Radio Kiskeya

Le Président brésilien Luiz Inàcio Lula da Silva et le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon sont parvenus mardi à un accord en vue de l’organisation d’une conférence d’urgence sur la situation en Haïti, théâtre des plus importantes protestations à travers le monde contre l’escalade des prix de l’alimentation.
"J’ai appelé le Brésil à maintenir son engagement envers Haïti", a affirmé M. Ban à l’issue de près d’une heure de conversation avec Lula sur la question haïtienne, souligne une dépêche de l’agence brésilienne Agencia Estado.
Parlant de la nécessité d’une relance accélérée de l’économie du pays, le patron de l’ONU a fait savoir "précisément, nous développons une coopération pour qu’il y ait une stabilité sociale en Haïti".
Tout de suite après les manifestations aiguës de la crise alimentaire les 6, 7 et 8 avril, le Brésil a envoyé 14 tonnes d’aide alimentaire à bord d’un avion militaire. De son côté, l’ONU a mobilisé ses différentes agences dans une vaste opération humanitaire au profit des couches les plus pauvres de la population haïtienne.
D’autre part, de hauts fonctionnaires des Nations Unies ont révélé que le Brésil craint énormément que ses troupes déployées en Haïti ne soient utilisées pour réprimer des émeutes contre la faim et n’entraînent une perception négative de l’image du pays. Au cours des deux dernières semaines, le Président Lula a personnellement demandé à Ban Ki-moon d’ordonner à la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH) que les casques bleus brésiliens ne soient pas placés en première ligne lors des manifestations. En effet, le chef de l’Etat veut absolument que le nom du géant sud-américain ne soit pas associé à des répressions sanglantes en Haïti.
De nombreux manifestants s’en étaient directement pris aux troupes onusiennes et les avaient affrontées dans le but d’obtenir leur départ.
Le Brésil est, depuis 2004, à la tête de la MINUSTAH qui compte environ 9.000 militaires et policiers internationaux. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4951

mardi 22 avril 2008

Haïti jouera contre le guatemala avec une sélection réduite.


Par EDDY RECINOS
Menés par le président de la fédération Haïtienne de Football Jean-Bart Yves, la sélection caribéenne est arrivé hier soir à Guatemala avec une équipe formée exclusivement de joueurs évoluant dans la ligue locale.
« Notre intention c’est de continuer la préparation aux éliminatoires de la coupe du monde. Nous sommes venus avec une équipe diminuée, parce que la rencontre ne se jouera pas dans le cadre d’une journée de la FIFA, pour cette raison nous allons renforcer le groupe qui pour la grande majorité font partie de la ligue locale » a exprimé le dirigeant.
La sélection caribéenne s’est entraînée à deux reprises aujourd’hui. Le matin au projet goal et l’après midi dans le stade de Mateo Flores.
« Le Guatemale est une équipe de tradition de la zone et nous n’avons jamais obtenu de victoire dans leur stade. Nous les avons battu en 1973 seulement » s’est exprimé le dirigeant en se référant à la rencontre qui doit se disputer demain entre Haïti et le Guatemala.
LA dernière confrontation en date remonte au 12 février 2005, avec une victoire deux buts à un en faveur du Guatemala
http://www.prensaescrita.com/diarios.php?codigo=AME&pagina=http://www.prensalibre.com

HAITI- GUATEMALA: La presse guatemathèque en parle: La nouvelle aventure de Ramón Maradiaga

Technicien bicolore est à quelques heures d'entamer sa seconde ère.
Par Luis Barrios Bautista et Romeo Rios
Souriant, Ramón Maradiaga voit avec optimisme le début de sa seconde ère à la tête du bicolore, et demain, devant une sélection haïtienne diminuée commencera une autre aventure. El Primi a expliqué que peu importe de commencer bien, au contraire il aspire à bien terminer avec une qualification pour la phase finale de la coupe du monde 2010.
Le hondurien dit se sentir heureux du travail et de l’évolution du groupe et sans tituber il a fait savoir que son équipe évoluera en 4-4-2 face à la sélection Caribéenne.
Il a indiqué qu’il attend avec anxiété la rencontre pour sentir encore une fois l’appui des supporters guatémaltèque. » J’espère que les gens encouragent leur sélection et que nous commencions à sentir la chaleur des éliminatoires. Nous espérons être à la hauteur avec un beau jeu et un résultat favorable », a-t-il manifesté.
Sur la question à savoir s’il est obligatoire de gagner le match demain, Maradiaga a expliqué que c’est l’idéal, mais le football est illogique et imprévisible. « Nous aimons gagner et nous avons le devoir de bien jouer, nous pouvons le faire et perdre ou jouer mal et gagner, alors le développement du match nous dira ce qui va se passer » a-t-il exposé. « Je préfère commencer mal et terminer bien, durant l’exercice antérieure le début il a été bon, mais nous n’avons pas participé à la coupe du monde, il est alors clair que ma préoccupation c’est d’arriver en Afrique du Sud », il a manifesté.
Joueurs probabales
Les deux entrainements qi ont eu lieu à Sele hier a eu comme objectif le travail tactique et on a vu la façon de joeur de Maradiaga avec une ligne de quatre formée par Jaime Vides (à droite ), Cristian Noriega y Luis Rodríguez (au centre), et avec Gustavo Cabrera à gauche .
Au mileur du terrain Jean Márquez y Rigoberto Gómez (milieu défensif et mixte), Freddy García (à gauche), José Contreras (à droite), Mario Rodríguez y Selvyn Motta (en attaque).

Le gardien de but serait Ricardo Foster.
http://www.prensaescrita.com/diarios.php?codigo=AME&pagina=http://www.prensalibre.com

Le gouvernement haïtien interdit l’exportation de riz

Toute opération d’éxpédition à l’étranger sera sévèrement sanctionnée, a averti l’administration générale des douanes chargée de l’application de ces mesures destinées à maintenir la stabilisation des prix après les récentes "émeutes de la faim"
lundi 21 avril 2008,
Radio Kiskeya

Par l’entremise de l’administration générale des douanes (AGD), le gouvernement a déclaré lundi "formellement interdite, sous quelque forme que ce soit" l’expédition à l’étranger de riz en provenance d’Haïti afin d’empêcher toute hausse artificielle des prix de la céréale sur le marché local.
Dans un communiqué signé de son directeur général, Jean-Jacques Valentin, l’administration des douanes souligne à l’attention des commerçants et exportateurs que ces mesures sont prises conformément aux instructions de l’Exécutif. "Aucune exportation visant à détourner de leurs objectifs les mesures prises en vue de faire baisser le prix du riz sur le marché national ne sera tolérée", préviennent les autorités douanières.
Des instructions ont été passées en conséquence aux bureaux de l’administration et à ses brigades de surveillance.
L’AGD menace d’appliquer les dispositions du code douanier relatives à la "répression de la contrebande sous toutes ses formes". Les contrevenants seront arrêtés, jugés et punis en vertu des articles 227 à 245 du code.
Enfin, l’administration des douanes rappelle que son intervention s’inscrit dans le cadre de sa "mission de protection".
Cette "mission de protection" des Douanes haïtiennes serait en rapport avec l’existence en République dominicaine d’un puissant circuit d’importation ou de drainage du riz disponible en Haïti, a-t-on appris dans les milieux financiers.
Ces nouvelles mesures ont suivi de quelques jours l’annonce de la chute du prix du riz, l’élément de base de l’alimentation populaire dont le renchérissement avait déclenché, il y a moins de deux semaines, de violentes manifestations aux conséquences désastreuses pour l’économie et l’image du pays.
Dans les marchés publics, elle est tant bien que mal respectée, la baisse de 15% conclue entre le Président René Préval et certains importateurs qui a fait passer le sac de riz de 55 kilos de 51 à 43 dollars. Mais, cette entente n’ira pas au-delà d’une période très courte d’un mois.
Parallèlement, les prix de plusieurs autres produits alimentaires tels la farine et l’huile de cuisine flambent sur le marché haïtien, provoquant de profondes inquiétudes chez les consommateurs qui, dans leur majorité, disposent d’un pouvoir d’achat insignifiant.
La crise alimentaire sans précédent que connaît Haïti a provoqué de multiples interventions de la communauté internationale également préoccupée par la tendance à la mondialisation du phénomène. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4949
Nos commentaires :
Si vous êtes comme moi et que vous lisez cette dépêche ne serait-ce qu'avec un soupçon de logique, vous vous direz mais ce n’est pas possible !
Ben oui en Haïti tout est possible, rien n’est impossible. Ou mieux rien n’est possible tout est impossible.
Il serait en effet difficile d’imaginer que dans cette conjoncture marquée par l’existence d’une faim menaçant la stabilité politique du pays qu’il puisse exister un trafic de produits alimentaires vers la République Dominicaine un pays qui normalement constitue le grenier du pays en matière de produits alimentaires, résultat de leur presqu’autosuffisance.
Ben oui. N’en déplaise aux puritains, ces circuits existent.
Les haïtiens vendent notre café aux dominicains, les haïtiens vendent du charbon de bois aux dominicains tandis que les dominicains surveillent depuis les airs la présence des fours à charbon pour contrôler la coupe dangereuse des arbres. Nous les haïtiens avec moins de 2% de couverture végétale nous ne nous limitons pas à « décherpiller » ce qui nous reste pour notre usage personnel mais nous exportons le charbon de bois vers la République Dominicaine !
Revenons au problème du riz. Le gouvernement fait bien de le mentionner qu’il existe un trafic de riz ou il risque de se créer un circuit pour ce trafic. Ce trafic concernerait le riz subventionné par les aides de l’état et les organisations internationales.
Et si on fouille « l’os du gombo » on trouvera de puissantes et très connues mains derrière ce crime odieux.
Ceux qui ne pensent qu’à l’appât du gain prostitueraient leurs propres mères.
Si cette disposition des autorités douanières du pays n’était point un leurre en plus, il faudrait l’applaudir mais « Nou dòmi ak Jean, nou konn ronfl jean » Tout cela risque d’être beaucoup de bruit pour rien.

La République dominicaine réaffirme avoir résolu le problème de la grippe aviaire

L’ambassadeur dominicain à Port-au-Prince encourage le gouvernement haïtien à lever l’embargo sur les importations de produits avicoles dominicains
lundi 21 avril 2008,
Radio Kiskeya

A l’instar du secrétaire d’Etat dominicain de l’agriculture, Salvador Chio Jiménez, l’ambassadeur dominicain en Haïti, Jose Serulle Ramia, a affirmé lundi dans une interview accordée à Radio Kiskeya, que le virus de la grippe aviaire n’existe plus sur toute l’étendue du territoire dominicain.
Le diplomate a de ce fait invité les autorités haïtiennes à vérifier les conclusions auxquelles les inspecteurs de l’Organisation des Nations Unies pou l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) ont abouti à ce sujet.
Contrairement à Salvador Chio Jiménez, Ramia s’est gardé d’accuser le gouvernement haïtien de faire obstruction à la reprise des exportations de produits avicoles dominicains vers Haïti. « Le secrétaire d’Etat dominicain n’aurait aucune raison de faire pareille déclaration, si toutefois il l’a véritablement faite. Haïti est un pays souverain », a souligné le diplomate.
Jose Serulle Ramia a tout de même appelé le gouvernement haïtien à lever l’embargo sur l’importation par Haïti de poules et d’œufs dominicains, une mesure qui date du 4 janvier 2008, motivée par la découverte fin décembre 2007 d’un foyer de grippe aviaire à Higuey.
La République dominicaine exporte vers Haïti 15% de sa production de viande de volailles et 20% de ses œufs, selon des sources officielles.
Le Ministère haïtien de l’Agriculture avait annoncé un ambitieux programme de relance de la production avicole nationale, à la faveur de la crise qui sévissait en République dominicaine. Ce programme n’a certes pas été solidement implanté au moment où la République dominicaine affirme avoir résolu le problème du virus de la grippe aviaire. Il l’est d’autant moins que, en dépit de l’embargo, des produits avicoles dominicains ont continué à être expédiés vers Haïti par les zones non contrôlées de la frontière entre les deux pays, relèvent des organisations de la société civile présentes dans la région frontalière. [jmd/RK]
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4952
Nos commentaires :
Sans réfuter catégoriquement cette nouvelle qui voudrait faire croire que l’histoire de la grippe aviaire a été définitivement contrôler, je procèderais à agir avec parcimonie en mettant un bémol sur ces genres de vérité qui cachent derrière elles et trainent dans leur sillage un désir ardent de vendre des œufs et du poulet aux haïtiens.
La problématique de la faim est susceptible d’être utilisée dans un pays ou la seule actualité qui prime reste celle des élections qui se dérouleront dans trois semaines avec une intensification des dénonciations et une montée du ton des invectives échangées par les divers candidats.
Le gouvernement haïtien – si on en avait un- doit ou devrait se montrer encore ferme en exigeant de vraies garanties supportées par des études sérieuses.
De toutes les façons c’est un acte patriotique et de souveraineté saine que de vouloir faire comprendre aux dominicains que le marché des produits avicoles c’est un marché à récupérer par les haïtiens.
Nous leur suggérons de venir produire leurs poulets et leurs œufs en Haïti de façon à nous aider a faire face à nos problème en nous faisant cadeau de leur savoir-faire.
Le secrétaire d’état dominicain à l’agriculture à l’habitude de dire tout et n’importe quoi d’ailleurs.

Pestel encore sur le qui-vive après « l’intervention étrangère » de mars dernier contre Guy Philippe

Vent de panique dans la ville suite à des rumeurs sur un nouveau débarquement des « blancs »
mardi 22 avril 2008,
Radio Kiskeya

Un vent de panique a soufflé dimanche dernier à Pestel (Grande Anse, Sud-Ouest) où les habitants ont couru dans toutes les directions pour s’abriter, croyant à une nouvelle intervention d’un commando étranger à la recherche du leader du Front de Reconstruction Nationale (FRN), Guy Philippe.
Le député de Pestel, Ronald Etienne (FRN), qui a rapporté lundi l’information, n’était pas en mesure d’indiquer la provenance des rumeurs ayant semé inutilement l’émoi dans la ville. Il en a profité pour attirer l’attention sur le traumatisme subi par la population de Pestel lors de l’intervention dans la ville le 25 mars 2008 d’un commando constitué d’éléments étrangers qui avaient malmené de nombreux citoyens, dont des proches de l’ex-chef rebelle anti-Aristide, Guy Philippe. Le parlementaire exhorte les autorités à apporter une assistance aux pestélois, de sorte qu’ils puissent se défaire du traumatisme causé par cet événement.
Un commando constitué en majorité d’éléments étrangers, vraisemblablement américains, lourdement armés, arrivé à bord d’au moins 4 vedettes, avait débarqué à Pestel (Grande-Anse, Sud-Ouest) dans la matinée du 25 mars en vue de procéder à l’arrestation de l’ex-chef rebelle anti-Aristide Guy Philippe.
Toutes les personnes trouvées dans les parages de la résidence du leader du FRN avaient été dans un premier temps menottées. De nombreuses maisons avaient été perquisitionnées et leurs habitants, dont des adolescents, ligotés et/ou molestés pendant le déroulement de l’opération ponctuée par des rafales d’armes automatiques.
Une opération pour appréhender Guy Philippe en sa résidence à Bergeau (Sud) avait déjà échoué en juillet 2007. [jmd/RK]
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4953

Haïti/Naufrage : Environ 20 Haïtiens périssent au large des côtes des Bahamas

lundi 21 avril 2008
P-au-P, 21 avr. 08 [AlterPresse] --- Les corps sans vie de 20 personnes, ressemblant à des migrants haïtiens qui se trouvaient dans une embarcation de fortune, ont été découverts le 20 avril au large des côtes des Bahamas, rapportent des médias internationaux.
Parmi les occupants de ce petit bateau qui a chaviré, seulement trois survivants ont été retrouvés en mer, à quelque 24 kilomètres de Nassau, la capitale des Bahamas.
Les trois rescapés ont confirmé que 24 personnes se trouvaient à bord de ce bateau.
Ces Haïtiens tentaient de fuir la situation de misère abjecte qui sévit en Haïti et qui a déjà provoqué de violentes manifestations de rue.
Dans les eaux des Bahamas, une opération de recherche a été menée le dimanche 20 avril 2008 par des pêcheurs à la rescousse des gens qui criaient au secours, apprend AlterPresse.
A la suite des informations recueillies auprès de ces pêcheurs, les Etats-Unis ainsi que les Bahamas ont lancé une vaste opération de recherche en mobilisant un avion, un hélicoptère et trois bateaux. [do gp apr 21/04/2008 14 :20]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article7172

Haïti-Crise alimentaire : Engagement étatsunien de 30 millions de dollars pour supporter les subventions sur 6 mois

Lundi 21 avril 2008par
Ronald Colbert
Mirebalais (Haïti), 20 avril 08 [AlterPresse]--- Les Etats-Unis d’Amérique se sont engagés à apporter un montant de 30 millions de dollars afin de supporter les subventions à la consommation, sur une période de 6 mois, en Haïti frappée par une grave crise alimentaire, apprend l’agence en ligne AlterPresse.
« Il s’agira, pourtant, de savoir de quelle maniere les subventions seront accordées : directement aux importateurs sur le marché national, ou par une demande aux Etats-Unis pour une réduction de la tonne de riz vers US $ 600.00 », avertit, ce dimanche 20 avril 2008, le secrétaire d’Etat sortant à l’agriculture Joanas Gué.
Après le 12 avril, des pourparlers ont commencé avec les entreprises importatrices de lait, d’huile de cuisine et de sucre, afin de faire baisser les prix de ces biens essentiels au meme titre que le riz importé, déjà entendu avec les importateurs de ce produit.
Pour Gué, qui revient d’un séjour de 4 jours au Venezuela en vue de négocier des conditions d’achat de semences a un prix préférentiel, l’approche retenue consiste à ne pas agir sur les tarifs douaniers.
« L’alimentation et la sécurité alimentaire relèvent de la souveraineté nationale, lors meme que les accords internationaux conclus nous limiteraient dans un processus de subventions », indique le secrétaire d’Etat sortant a l’agriculture.
Dans la perspective de recherche de solutions durables au phénomène de la vie chère, et par ricochet de la crise alimentaire, des échanges ont lieu ces jours-ci avec différentes institutions partenaires d’Haïti, comme le Fonds des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao), l’Union européenne (UE) via le fonds international de développement agricole et la France.
Sur le million d’euros promis au fort des émeutes de la deuxième semaine d’avril 2008, la France a déjà transmis une lettre d’engagement pour 500 mille euros aux autorités haïtiennes, lesquelles vont négocier les conditions de l’autre moitié de financement.
A AlterPresse, Joanas Gué déclare que l’accent sera mis sur la Vallée de l’Artibonite pour une relance de la production agricole, par des actions de structuration et une approche de filières.
Des interrogations fusent tout de meme sur le suivi qui sera effectué à l’ensemble de ces pourparlers par le nouveau gouvernement, dont le choix devrait intervenir cette semaine, pour remplacer l’équipe de Jacques Edouard Alexis censurée le samedi 12 avril 2008 par les sénateurs. [rc apr 20/04/2008 18:00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article7166

lundi 21 avril 2008

D’énormes pertes ont été enregistrées lors des manifestations violentes contre la vie chère

Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) informe que 268 personnes ont été blessées dont 220 à Port-au-Prince lors des manifestations violentes des 9 et 10 avril 2008. Dans son rapport, le RNDDH fait état de 10 véhicules incendiés et 342 bâtiments endommagés lors des attaques des casseurs, et dénonce l’inaction des autorités gouvernementales et policières face aux actes de violence.
Le secrétaire exécutif du RNDDH, Viles Alizar, souligne que 10 casques bleus ont été blessés tout en critiquant l’utilisation exagérée des armes à feu par les soldats de la mission onusienne.
Les responsables du RNDDH pressent les autorités de constituer une commission d’enquête afin d’identifier les auteurs de ces actes qui devront être traduits par devant leurs juges.
De son coté, le maire de Port-au-Prince, Jean Yves Jason Muscadin, rappelle que une annexe de la Mairie a été pillée et annonce la mise en place d’un bureau en vue de recueillir les doléances des commerçants victimes des casseurs. Il estime nécessaire la création d’une police communale, chargée de surveiller les biens publics et de faire respecter les décrets communaux.
D’autre part, le maire de Delmas, Wilson Jeudi, informe que plus de 170 entreprises et résidences ont été attaquées par des casseurs lors des manifestations contre la vie chère.
Tout en faisant remarquer que la mairie était impuissante lors de ces évènements, M. Jeudi révèle que les agents de l’ordre étaient étonnés de la stratégie des bandits. " Les policiers ont fait une bonne gestion de la situation afin d’éviter un grand nombre de victimes", ajoute t-il tout en expliquant que les pertes sont énormes. Le maire de Delmas envisage un accompagnement pour les entrepreneurs victimes mais fait remarquer que l’administration communale ne dispose pas de grand moyen financier.
La situation est tout autre pour le maire de Carrefour, Yvon Jérôme, se réjouit du comportement exemplaire des carrefourois. Selon M. Jérôme ceci permettra à terme de faire oublier la mauvaise réputation de sa commune.
Par ailleurs, une commission sénatoriale avait effectué une visite d’évaluation au Cayes, quelques jours après les manifestations violentes contre la vie chère. La commission présidée par le sénateur Fritz Carlos Lebon a eu des entretiens avec le commissaire du gouvernement, les autorités policières et les responsables de l’organisation " La Savanne ".
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=13683

Des progrès sont enregistrés dans la production du biodiesel en Haïti

Les experts, Reginald Noël du Groupe Carburant d’Haïti et Gaël Pressoir de Chibas, font état de progrès enregistrés depuis deux ans dans la production du Biodiesel en Haïti.
M. Noël révèle que le biodiesel produit en Haïti est utilisé convenablement dans les véhicules et les génératrices. " Nous produisons 500 galons de biodiesel par mois", déclare M. Noël expliquant que le biodiesel produit en Haïti est certifié par Volkswagen du Brésil. Selon le responsable du Groupe carburant d’Haïti, le biodiesel mélangé au kérosène fait fonctionner normalement les lampes et réchauds. Reginald Noël et Gaël Pressoir se prononcent pour un renforcement de la production nationale dans le domaine du biodiesel, et réclament l’élaboration d’une législation dans le domaine.Selon les experts, les moteurs des véhicules peuvent fonctionner uniquement au biodiesel, ce qui n’est pas le cas pour l’éthanol qui doit être associé à une quantité de gazoline.Le Groupe carburant d’Haïti dispose d’une usine pouvant produire 400 000 galons de biodiesel insiste M. Noël, qui révèle l’existence de 7 fermes expérimentales à travers le pays.
De son coté, Gaël Pressoir soutient que le groupe Chibas entend apporter un appui technique aux associations de paysans pour la culture du Jatropha.
Connu en Haïti sous le nom de " Gros Medsiyin ", le Jatropha, qui pousse dans des terres arides permet de produire l’huile nécessaire à la production du biodiesel.
M. Pressoir souligne que les sables ne pouvant pas produire des denrées, peuvent permettre de cultiver le jatropha. Tout en expliquant qu’il s’agit d’une énorme opportunité économique pour le pays, M. Pressoir révèle que le Jatropha a une durée de vie commerciale de 20 ans.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=13684

dimanche 20 avril 2008

Une lyrique de la femme

Le peintre allemand, Michael Heckert, expose environ une quinzaine de tableaux dans « Les Jardins de Gérard » à Pétion-Ville du 16 au 23 avril 2008. Des couleurs flamboyantes se marient et s'harmonisent dans une quête perpétuelle de la représentation de l'univers féminin.
La présente exposition, qui est ouverte de 11h a.m. à 11h du soir, réunit les toiles de Michael Heckert dans deux salles de « Les Jardins de Gérard». Le thème retenu est «Le cosmos féminin».
Michael Heckert ne fait que traduire l'événement « femme » en événement de couleurs. Il arrive à créer par l'harmonie des couleurs et la représentation des cercles, ce que Roland Barthes appelle une lyrique de la femme. Son procédé est un expressionnisme non figuratif qui ne nie pas son admiration pour Willem de Kooning et Per Kirkeby, mais qui perpétue une certaine tradition allemande d'art expressif.
A ses débuts, ce créateur des formes et des couleurs s'adonnait à une représentation figurative de la femme.

Sa formation universitaire axée sur les nus lui a donné l'occasion, à partir des années 80, de représenter la créature féminine en un drame de couleurs et de parier sur ses valeurs. Ce qu'il associe en matière de séduction et de défense devient suggestif, à l'aide des couleurs. Chaque toile porte en elle une certaine énergie, une certaine vibration, une harmonie pleine et entière. Ce qui saute aux yeux, c'est la dominance du cercle.
La représentation des cercles est inhérente à son oeuvre, mais elle n'est pas régulière et soignée. «Les cercles de Michael Heckert ne sont pas construits, mais tout en mouvance vivante, pulsionnels, explosifs : ce sont des remous, des disques en rotation, des cyclones, des phénomènes solaires ou des planètes tournantes, et, entre ceux-ci, une supernova qui fait une apparition ébouissante», note le Dr HD Rauh. Ses oeuvres arrivent à produire un effet immédiat sur l'observateur. Elles n'ont rien à avoir avec un art intellectuel. Cependant, les formes arrondies suggèrent un certain idéalisme.
Ce chantre de la femme est pathétique, mais beaucoup de ses toiles montrent la gaieté. Sans faux-fuyant. La couleur, forte et intense, ludique, superposée en touches épaisses est pleine de vitalité et souvent exaltée, elle forme des « corps sonores ». Le rouge, le bleu et le jaune sont les plus représentés.
Au vernissage des oeuvres de Michael Heckert, l'ambassadeur de la République fédérale d'Allemagne à Port-au-Prince, Hubertus Thoma, était présent. Le diplomate considère ce peintre, dont les oeuvres se trouvent aujourd'hui dans beaucoup de collections privées et des musées d'art contemporain de marque en Allemagne, comme un « véritable maître de son art ».
Herbetus Thoma se dit fier de collaborer avec madame Michèle Alfred, une galeriste haïtienne, celle qui a fait preuve de grand civisme et de responsabilité patriotique avec la création de la «Fondation d'art haïtien contemporain ».
Il a profité de l'occasion pour « féliciter le président René Préval d'avoir donné avec succès l'ordre de cesser les violences » survenues récemment dans le pays suite à des émeutes de la faim. Le diplomate allemand termine son discours avec une très belle épigraphe : « On doit aimer pour pouvoir peindre. Dès lors, l'univers commence à bouger».

Dame-Marie va présenter sa deuxième Fête du cacao

La deuxième édition de la Fête du Cacao se déroulera les 25, 26 et 27 avril 2008 à Dame-Marie dans le département de la Grand'Anse, à l'initiative de la Fondation Elvecina St-Martin (FESMAR), en collaboration avec l'Association d'Entre Aide des Dame-mariens (AEADMA) et la Coopérative Agricole Union Développement (CAUD.
En plus des deux cents (200) représentants d'organisations cacaoyères des différentes communes avoisinantes, plus de cinq mille (5000) personnes sont attendues à cet important évènement appuyé entre autres par le Ministère du Tourisme, le Ministère de l'Agriculture, l'Institut Interaméricain pour la Coopération avec l'Agriculture (IICA) et la Plate-forme des Associations Haïtiennes pour un Développement Alternatif (PAPDA).
Pour aller au-delà des objectifs de l'édition d'avril 2007, les organisateurs entendent cette année mettre en place un programme d'actions de renforcement de la production du cacao, de création de fermes de démonstration dédiées à la culture du cacao, d'assistance technique aux petits ateliers de transformation du cacao, de sensibilisation et d'information permanente de la population sur le marché du cacao, tout cela dans le but de travailler à l'amélioration des conditions de vie de ceux qui s'adonnent à la culture de cette denrée d'exportation dans le pays. Il faut préciser en passant que, selon les chiffres publiés par le service des procédures à l'exportation du Ministère du Commerce et de l'Industrie, Haiti a exporté environ 3.5 Millions de kilogrammes de cacao au cours de l'année 2007 pour un montant de 5 417095 dollars US.
D'un autre côté, la deuxième édition de la Fête du Cacao à Dame-Marie vise également la mise en valeur de la région en développant un tourisme basé sur le cacao et les sites naturels de la région. Les organisateurs de cet événement croient dur comme fer qu'en associant la culture du cacao à la promotion du tourisme à travers la mise en place du « circuit du cacao », les acteurs impliqués dans la chaine de production de cette denrée verront certainement leurs sources de revenus augmenter. De plus, ils entendent établir la relation entre la culture du cacao et la protection de l'environnement et ceci dans une perspective de lutte contre le déboisement et la dégradation des conditions de vie.En vue de mieux cerner les problèmes auxquels font face les planteurs et travailleurs du cacao, une journée de réflexion a été organisée à Dame- Marie le 7 mars 2008. Des représentants de coopératives et d'autres organisations communautaires, des spéculateurs, des artisans et des planteurs ont participé à cette activité. Les décisions arrêtées à partir des différents points débattus seront présentées sous forme de cahier de charge à la Fête du Cacao les 25, 26 et 27 avril 2008.
La commune de Dame-Marie en tant que pôle principal de production du cacao dans la Grand'Anse est entourée de zones de production, partant de la commune de Jérémie jusqu'à celle des Irois. La Grand'Anse et le Nord sont les deux grandes régions productrices de cacao d'Haiti.

Petite tasse d'espoir pour le café d'Haïti

COOPCAB obtient US$4.00 pour la livre de café produit par la coopérative appelée CMIA située à Mare Blanche, commune de Thiotte. C'est une première qui permet d'espérer...
Pour la première fois dans l'histoire de la commercialisation du café haïtien dans le monde, la livre de café atteint la barre de 4 dollars américains. Il s'agit là d'une grande première qui vient confirmer la qualité supérieure du café de Mare Blanche, commune de Thiotte, réputée pour son café gourmet. Il est tout aussi important de mettre en exergue la capacité de négociation avec les acheteurs internationaux pour obtenir un prix plus équitable qui tient compte de la qualité de café offert. En effet, ce niveau de prix est généralement pratiqué dans les ventes aux enchères des concours nationaux et internationaux dénommés « Tasse d'Excellence » pour des cafés gourmets de la région latino-américaine et caribéenne. Cet exploit hors du circuit des concours internationaux, vient rappeler à juste titre la nécessité de considérer le café haïtien comme une ressource naturelle prometteuse de richesses, pour autant que l'on y consacre les ressources et les énergies nécessaires à sa valorisation.
En effet, il est impérieux que :- L'Etat haïtien apporte tout le support nécessaire aux producteurs de café, en termes de régulation, de promotion, d'assistance technique et de financement ;- Les bailleurs de fonds internationaux aident au financement du secteur;- La contrebande de café à la frontière haitiano-dominicaine cesse;- Les exportateurs recherchent pour le café haut de gamme, un prix équitable et qui profite aux producteurs de café eux-mêmes ;- Les petits planteurs de café soient informés des cours du café sur le marché mondial, et puissent mieux négocier le prix de vente de leur café ; - Le café haïtien puisse occuper sur le marché international la place qui lui revient.
Suite à la disparition des exportateurs traditionnels en 1997, des associations et des coopératives de planteurs ont heureusement pris la relève et commencé à exporter les produits de leurs membres vers l'extérieur. Elles sont : FACN , RECOCARNO , COOPCAB , APCAB , UCOOPCAB , etc. Ce sont toutes des organisations relativement jeunes et qui ont grands besoins d'assistance technique, administrative et financière. Il est crucial pour la survie et l'essor de cette filière que l'Etat haïtien et les bailleurs de fonds soutiennent ces institutions associatives pour qu'elles arrivent à surmonter les problèmes inhérents aux petites et moyennes entreprises émergeantes.
Il est important de souligner qu'il y a eu une baisse de plus de 58% de la production totale en café en Haïti qui serait passée de 600,000 sacs (36,000 TM) en 1950 à moins de 400,000 sacs (24,000 TM) dans les années 2000 (CIRAD 1999), pour atteindre aujourd'hui 250,000 sacs (estimation). Pourquoi cette diminution sensible ? Comment expliquer cette chute vertigineuse ?
I).- Au fil des années, l'histoire de la commercialisation du café en Haïti s'est caractérisée par un système reposant sur la spéculation commerciale outrancière. Toute une série d'intermédiaires, du spéculateur au voltigeur, de l'exportateur traditionnel au sous-marin, en passant par les taxes que prélevait l'Etat haïtien, accaparaient la plus grande part du prix de vente du produit. Les planteurs eux-mêmes ne recevaient qu'une misérable et insignifiante part de la vente. « Le café est une mine d'or pour tous, sauf pour son producteur » pour citer un ministre haïtien de l'agriculture. Jusqu'en 1996, la structure de la filière pouvait se schématiser ainsi avec les nombres estimés d'acteurs suivants : Schéma 1 : Structure de distribution du café en Haïti en 1996Source : APROMA 1996Paradoxalement ceux qui ont fait fortune dans le café n'ont jamais réinvesti un sou dans la filière. Sur ce constat, beaucoup de planteurs ont fait le choix de remplacer les caféiers par d'autres cultures plus rentables.
II.- En 2000 toutes les régions caféières du pays ont été envahies par des scolytes qui ont ravagé les plantations. L'inaction de l'Etat et des exportateurs de café ajoutée à l'impuissance des planteurs sont autant de facteurs qui expliquent la baisse considérable de la production caféière.III).- L'embargo de 1992 a livré les planteurs haïtiens mains liées aux acheteurs dominicains. Ces derniers importaient et importent encore « illégalement » le café haïtien pour leur consommation propre et sa réexportation sous le label « produit dominicain ». « Sòt ki bay, enbesil ki pa pran ».

Aujourd'hui plus de la moitié de la production haïtienne de café traverse la frontière hors du circuit légal de commerce, donc sans connaissement, sans facture commerciale, sans aucune trace de vente. Des dominicains se sont établis dans toutes les régions de production de café d'Haïti, remplaçant les spéculateurs d'antan avec des pratiques encore plus préjudiciables pour les planteurs et le Pays. Toute une série de Madame Sarah, d'acheteurs, de voltigeurs, de sous-marins travaillent dans les régions les plus reculées du pays, à la solde de ces spéculateurs dominicains. Voici comment le schéma se présentait en 2004:Schéma 2 :Structure de distribution du café en Haïti en 2004
Source : AGRICORP 2004

Source : AGRICORP 2005
Le président de la plus grande compagnie dominicaine finançant l'opération, eut à déclarer avec arrogance et fierté : « Je décide du prix de vente du café en Haïti ! ».
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La COOPCAB, Coopérative des Planteurs de l'Arrondissement de Belle Anse, qui regroupe 2,663 planteurs dont 788 femmes, s'occupe de la commercialisation du café de ses membres vers le Japon, l'Italie, la France, les Etats-Unis et le Canada. Le prix de US$ 4.00 a été obtenu dans le cadre de négociation régulière entre la COOPCAB et un acheteur avisé de café gourmet du monde.

Tous les membres de la COOPCAB se réjouissent de cette nouvelle extraordinaire et profitent pour remercier tous ceux qui y ont contribué, plus particulièrement :
- la Banque de Crédit Agricole (BCA) qui a octroyé un prêt à la COOPCAB pour la campagne 2007-2008 ;
- les ONG internationales : la Fédération Luthérienne Mondiale et ActionAid et l'ONG nationale CROSE qui ont financé la campagne de marketing de l'année ;
- L'Ambassade du Japon en Haïti qui a financé le matériel et équipement du centre de traitement final de la COOPCAB - Monsieur Marcel Duret, Ex Ambassadeur d'Haïti à Tokyo, pour sa contribution personnelle et désintéressée.
1- Fédération des Associations Caféières Natives

2 - Réseau des Coopératives Caféières de la Région Nord
3 - Coopérative des Planteurs de l'Arrondissement de Belle-Anse
4 - Association des Planteurs de Café de Belle Anse
5 - Union des Coopératives Caféières de Baptiste

En piste pour une deuxième semaine de consultations politiques

On s’achemine vers une deuxième semaine de discussions et de consultations politiques en vue de la formation d’un nouveau gouvernement. Une nouvelle rencontre entre le chef de l’état et les dirigeants des partis politiques représentés au parlement est prévue pour le lundi 21 avril au palais national.
Pendant ce temps, le sénateur Rudy Herivaux est indigné de l’exclusion du parti Fanmi Lavalas des négociations lancées mardi dernier. M. Herivaux qui se dit consterné rappelle au chef de l’état qu’il avait pu revenir au pouvoir grâce à la détermination des militants du parti Lavalas. " J’attends une invitation du chef de l’état", martèle t-il.
Le premier ministre démissionnaire, Jacques Edouard Alexis, dans ses premières déclarations, 7 jours après le renvoi de son gouvernement a voulu calmer la tension des acteurs et de l’opinion publique en évitant de critiquer les sénateurs ayant censuré son gouvernement. " C’est le jeu constitutionnel et démocratique", lance t-il tout en appelant à la formation du nouveau gouvernement." C’est dommage que je quitte le poste ainsi mais le pays ne perd rien parce que je continuerai à être à son service ", a soutenu M. Alexis en marge de la cérémonie funèbre du policier nigérian de la Minustah assassiné samedi dernier. Jacques Edouard Alexis estime qu’au delà des personnes tout doit être fait pour sortir le pays du marasme. " Il faut tout mettre en place pour que le pays retrouve la voie de la paix et de la stabilité", ajoute t-il.
Au sénat, les sénateurs de Lespwa affichent leur désaccord avec les 16 sénateurs interpellateurs. Le sénateur Joseph Lambert ( Lespwa) avait indiqué que le chef de l’état peut nommer le premier ministre sur une période s’étalant jusqu’au 31 avril.
Les sénateurs interpellateurs eux souhaite la désignation dans le meilleur délai d’un nouveau chef de gouvernement.Evaliere Beauplan (Pont) dit comprendre les déclarations du sénateur Lambert qui n’est pas motivé par les nombreuses manifestations contre la cherté de la vie. " Il y a des gens qui font des faux calculs et qui sont content quand le pays est en crise", lance le sénateur Beauplan. http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=13682

La crise alimentaire en Haïti, sujet de préoccupation pour la COPPPAL

Thème central d’une réunion plénière qui s’est achevée samedi au Panama, cette problématique fera prochainement l’objet d’un sommet spécial des partis sociaux-démocrates latinoaméricains
samedi 19 avril 2008,
Radio Kiskeya

La crise alimentaire mondiale ayant touché notamment Haïti, ces derniers jours, a marqué samedi la clôture au Panama de la XXVIIe réunion plénière de la Conférence permanente des partis politiques d’Amérique latine (COPPPAL), rapporte l’agence espagnole EFE.
Cette rencontre a servi de travail préparatoire à un sommet prévu en main ou juin prochain sur la problématique de l’accès aux denrées alimentaires et auquel prendront part toutes les formations politiques membres de ce regroupement régional.
Intervenant à l’issue de la rencontre, le président de la COPPPAL, l’argentin Antonio Cafiero, a qualifié les discussions de "productives". Soulignant que, selon la déclaration finale intitulée Déclaration de Panama, "la crise alimentaire ne représente pas un élément mineur", il a précisé que pour cette raison une réunion spéciale sera organisée sur les ressources alimentaires naturelles dont dispose l’Amérique latine.
Une centaine de délégués venus de 13 pays ont pris part à ces discussions qu’abritait Ciudad de Panama, la capitale panaméenne.
Haïti et le Salvador sont les deux pays de la région où la flambée des prix des produits de première nécessité ont donné lieu à d’importants mouvements de protestation ces dernières semaines.
Deux partis politiques haïtiens se situant dans la mouvance de la social-démocratie, la Fusion des sociaux-démocrates (FUSION) et l’Organisation du peuple en lutte (OPL), sont membres de la COPPPAL qui compte 29 ans d’existence. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4947
Notre Commentaire :
On en connaît et on en a vu des réunions de « conglomérats » de partis politiques qui viennent toujours à point après le passage d’une catastrophe. On a l’impression que, de part leur célérité et leur agilité à sauter sur de telles occasions, ça les arrange même le fait qu’il y ait des tsunami, des émeutes de la faim. Ils semblent ne pas savoir ni pouvoir exister autrement.
Le monde change. Les notions politiques devraient être revues. Le traditionalisme des formules clichés a été repoussé par une réalité trop crue et trop poignante. Le fondamentalisme doit trouver son compte dans un questionnement spontané vulgaire sans l’utilisation des ces discours qui font des politiciens des hommes à part. Les problèmes se posent en questions simples :
Pour quoi cette flambée du prix de pétrole ? Qui fait augmenter le prix du pétrole ? Pourquoi on se dit rien devant les détournements de fonds alloués aux pays pauvres ? Pourquoi on ne dit rien devant les patrimoines carrément aberrants des chefs d’état africains dont les citoyens de leurs pays repoussés par la misère, constituent la chair a canon des projets d’immigration ?
Donc ces préoccupations, on le sait que trop bien, servent « à faire dodo les enfants »

Le secrétaire d’Etat français à la coopération attendu en Haïti lundi

Alain Joyandet s’entretiendra de la grave crise alimentaire actuelle avec les autorités du pays et les représentants de la communauté internationale
samedi 19 avril 2008,
Radio Kiskeya
Le secrétaire d’Etat français à la coopération et à la francophonie, Alain Joyandet, arrive lundi à Port-au-Prince pour une visite de 48 heures qui portera essentiellement sur la crise alimentaire à l’origine de violentes protestations sociales en Haïti, selon un communiqué de l’ambassade de France cité par l’AFP .
"Cette visite intervient après l’annonce par le président Nicolas Sarkozy du doublement de l’aide alimentaire française en 2008", indique le communiqué.
Durant son séjour, M. Joyandet aura des entretiens avec les autorités haïtiennes dont le Président René Préval et le Premier ministre démissionnaire Jacques-Edouard Alexis. Ce dernier a été évincé, il y a une semaine, par le Sénat en raison de l’incapacité de son gouvernement à juguler la crise.
Des rencontres avec des responsables locaux du Programme alimentaire mondial (PAM) et de la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH) sont également prévues.
Différents partenaires bilatéraux et multilatéraux d’Haïti, dont la France, se sont mobilisés au lendemain des événements en vue de fournir une assistance humanitaire d’urgence aux populations les plus pauvres du pays. Paris a débloqué une aide de 900.000 euros (un peu plus d’un million de dollars).
Pour sa part, la Banque Mondiale a annoncé une enveloppe de 10 millions de dollars.
Des opérations de distribution de nourriture supervisées dans la plupart des cas par des casques bleus ont commencé dans certains quartiers populaires comme Cité Soleil (banlieue nord de Port-au-Prince).
Des manifestations colossales accompagnées de graves violences avaient fait, il y a quelques jours, cinq morts par balle, plus de 200 blessés et causé de lourdes pertes matérielles et économiques. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4946
Notre commentaire :
Il est sensé de noter que depuis l’arrivée au pouvoir de René Preval, qui, pour les naïfs signe un retour à la démocratie en Haïti – Un retour vers la démocratie pour le politiquement correct- Haïti est devenue un endroit prisé par les missions étrangères et diplomatiques. Cette semaine risque de bouchons avec la présence du chancelier espagnol et le secrétaire d’état à la coopération et a la francophonie !
On ne saurait s’en plaindre car au moins on est plus cloué au pilotis de l’indifférence car nous sommes définitivement désenclavés. Nous sommes devenus célèbres. Qui dans le monde d’aujourd’hui n’a pas entendu parler de Cité Soleil ? Qui n’a pas été choqué par des scènes abominables de gens préparant dans des conditions nauséeuses de manque d’hygiène des galettes de boue qui sont commercialisées et consommées contre la faim ?. Aujourd‘hui nous sommes aussi des acteurs de premier rang des émeutes de la faim. Nous avons donc pris des gallons.
Ce que les gens ne savent toujours pas c’est que d’une certaine manière les raison de se lancer dans des rues pour exiger de quoi manger ont toujours existées. Quand on parle de pauvreté dans le langage haïtien comme dans tous les pays pauvres, il ne s’agit pas d’enfants qui ne vont pas au ski en hiver ou qui ne vont pas en vacances à la Guadeloupe en été.
Nous nous référons à des gens qui se lèvent le matin qui ne savent pas ce qu’ils vont manger aujourd’hui, demain et les jours à venir. Les responsables de ces familles se lèvent le matin. Ils partent chercher la vie. Sans destination fixe. Sans un endroit particulier ou il serait susceptible de trouver du travail. Ils partent errer dans la nature. Le salut vient quelques fois de la rencontre avec un pasteur d’église ou un homme politique qui lui donne juste pour ce jour de quoi tromper la faim. Souvent un emprunt pour faire un commerce de n’importe quoi et voilà les rues remplies de ces marchands d’inutilités de la conjoncture.
Ce qui a vraiment changé aujourd’hui c’est l’absence de régime et de forces répressifs pour rendre impensables la réalisation de manifestations populaires.
Ceux qui veulent nous aider devraient en tenir compte car la gestion de l’urgence ne résout jamais les problèmes de base. Il faut des actions profondes capables de modifier les structures enracinées dans les mentalités et les façons de gouvernes qui sont des obstacles insurmontables, des murs infranchissables. Il faut du cran pour introduire la main dans la plaie… cette plaie béante et immonde, loin de laquelle on détourne le regard pour ne pas sentir la nausée et la pestilence des émanations…

samedi 19 avril 2008

CRI DU COEUR DE CARLTON RARA... AUX HAITIENS ET AUX AMIS D'HAITI

Je me permets de partager avec vous ce cri du cœur d’un haïtien, haïtianophyle et surtout un humain. Carlton Rara pourtant n’a pas parlé lui-même. Il n’a fait de présentation non plus. Je savais qui il était. J’avais visité son site.
Cependant en recevant ce document j’avais eu une sorte de hoquet m’invitant à le balancer à la poubelle comme je le fais avec les centaines de courriers de gens venant de la Côte d’Ivoire héritiers pour la grande majorité de richissimes hommes d’affaires assassinés qui, dans leur grande bonté vous demandent gentiment de leur passer un numéro de compte pour bénéficier de 15 ou 10 % après juste un naïf transfert de fonds qui se comptent toujours en millions de dollars.

Le mot DIASPORA avait aussi eu un effet très désagréable sur moi. Je sais ce qui se dit autour de ce groupe d’expatriés et surtout comment des individus en panne et en quête de notoriété s’avisent du jour au lendemain de se parer d’un habit de représentant de plus de 2.000.000 d’haïtiens, - sans leur en demander l'autorisation- avec à la clé des congrès mondiaux au Venezuela (ou résident quelques dizaines d’haïtiens, en ou Haïti juste quelques mois après la victoire de Préval.
J’ai quand même pris le soin de lire et je me suis retrouvé de plein pied dans l’approche de Carlton RARA à travers les différentes questions qu’il se pose. Je me suis dit que si on se pose les mêmes questions pourquoi ne pas se les poser en même temps , dans un même espace de réflexion de façon à construire et élaboré les réponses.
Je l’ai contacté tout de suite. Je n’ai pas été le seul. Il y a un réseau qui est entrain de se former. Ce n’est point pour une énième association, ONG, collectif mais pour un vrai espace de concertation pour aller au-delà des démarches routinières qui ne donnent pas de résultats.
C’est dans cet esprit que je propose aux lecteurs de HAITI RECTO VERSO le partage de ce document.

Vous pouvez contacter Carlton Rara qui assure rapidement l’échange des courriers électroniques entre l’ensemble des individus qui ont pris le temps de réagir.
Pour contact : Carlton Rara
infocarlton@yahoo.com

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Lettre ouverte à tous les Haïtiens de la diaspora ou permanents du pays, tous sexes, tous âges, tous passeports confondus et autres intéressés francophones
Chers vous tous
A tous ceux qui voudraient anticiper la fuite d’un énième discours politique de bistrot, ne partez pas tout de suite, rien de tel ci-après, rassurez-vous, je ne suis qu’un illustre cancre.Je ne suis même pas citoyen de mon pays : Haïti...et l'état civil de cette République ne peut rien pour moi, enfin je ne m'en porte pas plus mal après tout...
Mon pays, lui, ne se porte pas bien; on me demande ici ou là si j'ai encore de la famille « là bas », si tout va bien pour eux....enfin, la politesse d'usage quoi ; à ça j'ai envie de répondre que oui, j'y ai encore de la famille effectivement, à peu près 8,5 millions de parents et pas grand chose ne va pour l'immense majorité d'entre eux.
J’ai grandi en dehors d’Haïti avec comme album de famille les crises sociales et politiques qui rythment la survie du pays depuis 200 ans et avec moi a grandi l’idée que cette « misère » et ce désordre faisaient partie du décor jusqu’à ce que cette idée se brise le jour où j’ai compris qu’en Haïti il n’y avait pas plus de fatalité qu’en Sibérie ou en Papouasie Nouvelle Guinée et que la situation à l’échelle d’un collectif ou d’un pays est la conséquence de causes et que ces causes sont produites par des actes, posés eux-mêmes par des décisions et que finalement ces décisions il fallait bien que ce soit des hommes qui les prennent.
Derrière, devant ou dedans le tableau apocalyptique de la situation de tiers monde qui galope en Haïti on distingue bien des hommes en effet (ne vous offusquez pas les filles je prends le mot homme dans une acception philosophique et générique, allez bisou), qu’ils soient ceux qui meurent, ceux qui souffrent, ceux qui souffrent moins, ceux qui ne souffrent pas du tout.
En effet, étranglés à travers le maillage si « complexe » du « système », on aperçoit rien d’autre que des hommes ou enfin ce qu’il en reste.
On a beau m’expliquer toute l’extraordinaire complexité de la chose, en chiffres, diagrammes, statistiques savantes, exposés et rapports de sciences humaines par les plus brillants spécialistes de ce monde, j’ai encore aujourd’hui la faiblesse de penser que même si la majorité de mes compatriotes crèvent « complexement » la dalle ou crèvent « complexement » tout court, que cela revient au même que si la mécanique du fléau avait été dérisoirement simple.
A qui la faute ? Qui aurait mal agi ou mal décidé et dont les conséquences des actes auraient été directement responsables de cette calamité ? Que devrait-on faire ?
L’histoire une fois de plus fera en son temps son œuvre en nous enseignant après coup les tenants, le déroulement et les aboutissements de la bataille dans des écritures préfigurant l’exposition des vestiges dans les musées.
Nous, les diasporés d’Haïti, ferons nous parti de cette histoire?
Comme nombre d’entre nous donc, et à toute époque la contemporanéité de sa crise, il y a bien longtemps que je me suis demandé ce que je pouvais bien faire pour ce pays qui souffre et qui finalement a enfanté pour partie ce que je suis aujourd’hui.
Comme beaucoup j’ai été inlassablement découragé, submergé par l’ampleur des difficultés, rendu incapable d’agir, par le ressac des crises ou des catastrophes, les impressions de déjà vu, les bis repetita placent, en proie à la résignation devant le déferlement implacable du destin, esseulé dans mes réflexions ou intellectuellement mal accompagné, livré à la facilité d’enfoncer des portes ouvertes et de jeter des pavés dans le sens du vent pour finir par me convaincre que de toutes manières il n’y a rien que je puisse faire moi et mes amis.
Sans compter que des difficultés, il y en a aussi ici (en France pour ma part où je réside le plus clair de mon temps) pour la plupart d’entre nous dans des pays industrialisés qui connaissent leur lot de souffrance et de misère pour être eux aussi le fruit du règne de l’homme évolué (il faut bien qu’on se marre un peu quand même). Ca n’est pas toujours dimanche en effet pour nous ici mais à celui qui voudrait s’égarer dans sa complainte je dis tout net que la « pénibilité » de la vie dans les pays industrialisés est sans commune mesure avec la réalité haïtienne « insoutenablement » pesante.
Evidemment les plus jeunes d’entre nous et ceux qui n’auront jamais mis les pieds dans ce pays impraticable pour les non initiés, ne connaissent pas les coupures de courant, quand bien sûr on en a dans sa maison, quand bien sûr on a une maison, quand on a les moyens d’en avoir une ; pas plus que le manque d’eau potable qui, lui frappe tout le monde ; ne leur évoque rien le soleil de plomb qui sèche la terre auquel succèdent les pluies torrentielles et la boue meurtrière dans ce pays déroutant et sans route où l’on saute un repas comme on oublierait un rendez-vous chez la manucure.
J’ai connu toutes sortes d’haïtiens (même chose que pour les « hommes » les filles, mettez tout ça au féminin évidemment), des gros, des petits, des noirs et des moins noirs, des artistes, des paysans, des portauprinciens, des provinciaux, des vaudouisants, des ecclésiastiques, des diplomates, des banquiers, des docteurs, des marchandes de pistaches, des policiers, des nés prématurés, des chauffeurs, des putes, des déconneurs, des dépressifs, des pédés, des alcooliques, des poètes, des riches, des très très pauvres, des infirmes, des blancs, des rouges, des qui dorment avec une pétoire sous l’oreiller, des gentils, des cons, des ordures, des sirènes, des gueulards, des escrocs et mêmes des princesses, et oui…… et tout aussi divers qu’ils m’apparaissent, ils ont une ressemblance qui tient dans le fait, il me semble, qu’ils viennent tous d’Haïti.
Après ces tergiversations d’Haïtien naturel, j’en viens au fait avec mon lot de questions connexes et subsidiaires.(accrochez-vous, y en a encore pour 7 pages, mais non je plaisante…quoique)
Depuis la dernière grosse crise en Haïti, qu’elle fut d’ordre socio-politique ou liée aux outrances climatiques et alors qu’une fois de plus nous nous trouvions mus par les émotions tous désireux d’agir mais dans l’impossibilité de le faire (vous remarquez bien que je n’envisage même pas qu’il y en eût parmi nous qui n’eussent pas eu l’intention d’agir, vous avez vu comme je manie bien le subjonctif).
Après le constat de cette vieille incapacité donc, qu’avons-nous fait depuis pour réparer les rouages défectueux qui précisément entraver nos actions ? Alors que les indices sont à l’heure de toutes les régressions en Haïti.
Qu’avons-nous entrepris qui nous fasse voir aujourd’hui de façon flagrante le fruit de nos actions ?

Nous ne sommes même pas capables aujourd’hui d’acheminer un container lorsqu’il le faudrait d’un point A dans le monde à un point B en Haïti.
Le nombre d’associations ne cesse d’augmenter, Haïti est un des pays comportant le plus d’ONG au monde.
Pourquoi cette quantité nouvelle ne produit-elle pas plus d’effet, pourquoi sa proportion se laisse-t-elle dépasser par celle de la paupérisation ?
Doit-on aujourd’hui encore attendre et ce au niveau mondial que le « système » apporte des solutions au mal même dont il est la cause ?

Y en a t-il encore parmi nous qui pensent ça ? Le fait de penser ci ou ça dispense-t-il d’agir ?
Les actions locales doivent elles se faire au détriment d’actions plus globales, ne peut on pas les mener toutes de front ?

Les derniers événements en Haïti ( cf journaux, nouvelles en tout genre pour les moins informés) semblent démontrer de façon criante que nous faisons malgré tout trop peu, ou mal, ou pas assez, que cela ne suffit tout simplement pas dans ce climat d’exceptionnelle pauvreté. Exceptionnels la pauvreté et les problèmes, exceptionnelle la mobilisation devrait être, hors force est de constater que nous sommes loin du compte.
Nous ne sommes même pas capables de coordonner des actions au niveau national dans un petit pays comme la France.
La vitesse de mobilisation (ce qui implique que la conscience ait fait préalablement son chemin dans les esprits de chacun) au niveau international, toutes problématiques confondues, n’a jamais été aussi lente et inopérante (je prends pour référence, le siècle passé) alors que les machines et les moyens de communications n’ont jamais été aussi performants et aussi répandus.
Nous n’avons jamais produit autant de denrées alimentaires dans le monde qu’à l’heure actuelle et on m’explique que des gens meurent de faim alors que les poubelles des autres ici trop pleines finissent d’engraisser les chiens errants.
Comment se fait-il aujourd’hui qu’UNE SEULE femme tibétaine ait réussi à faire exister médiatiquement la cause de son pays 20 fois plus que les vagues échos qu’on a pu entendre à propos d’Haïti sur les principales stations d’information (pour la seule France) ?
Je crois savoir pourtant que notre communauté compte jusqu’à plusieurs dizaines de milliers d’individus en France.
Nous serions pourtant en mesure d’agir, qu’est ce qui nous retient donc ?
Est-ce peut-être alors parce qu’une femme tibétaine vaut plusieurs dizaine de milliers d’haïtiens ? (comme quoi, à rien ne sert d’ignorer les maths modernes)
Ne me rétorquez pas que le sort d’Haïti n’intéresse pas le reste du monde, les gens sont intéressés par ce à quoi on veut bien les intéresser.
Sommes nous désunis à ce point, sommes nous négligents à ce point ?
Je ne veux tout de même pas croire à l’indifférence.
Y en-t-il parmi nous qui considèrent que travailler à faire accéder l’ensemble de la population haïtienne à des conditions de vie acceptables prête à débats ou controverses ?
Sommes nous à ce point habitués à ces situations hors normes au point de les considérer comme normales ?
Faut-il plus de sang, faut-il plus de misère, faut-il plus de chair refroidie, plus de rien ?

Tradition orale oblige, nous nous permettons d’avoir un avis sur toutes les questions soulevées par les problématiques haïtiennes mais notre participation à la vie du pays est sporadique et n’a aucun poids n’en déplaise aux amuseurs, aux fanas du microphone, à ceux qui montent à la tribune pour montrer leur cul et leurs bonnes manières comme dirait l’autre. Passons pour une fois la parole à ceux qui n’amusent personne, ceux qui n’ont soit disant rien à dire et qui gardent leur arrière train en bonne place.
Nous avons, par tradition désormais, cessé de considérer les institutions de ce pays comme crédibles (fautes qu’elles l’aient toujours été certes) mais aujourd’hui il y a bel et bien un gouvernement en Haïti, il y a bel et bien des hommes qui décident et sur qui repose le sort de la nation, au-delà de la politique et des divergences de point de vue, qu’on les considère légitimes ou pas, il sont bien là.
Hors quel rapport avons-nous avec eux ? De quel conseil sommes-nous à leur endroit ? Quel débat citoyen avons-nous avec eux ?
Quelles exigences avons-nous envers eux ? De la même façon qu’on a décrété leur surdité à nos attentes depuis fort longtemps, quelles mesures, quels moyens d’action forts et fédérés avons-nous mis en œuvre pour forcer le rétablissement de leur écoute ?
Le fait d’avoir souvent échoué dans nos tentatives implique-t-il qu’il faille renoncer à recommencer, et à recommencer encore, et encore et encore…. ?

Le fait que la bataille soit âpre implique-t-elle que nous ne dussions pas la mener ? (décidemment ce subjonctif, une merveille)
Quel plan, quelle stratégie avons-nous établis pour peser dans la balance ?
Quelle organisation avons-nous mis en place ? Quel espoir avons-nous donc généré chez nos familles restées au pays et qui aujourd’hui pensent par pure ignorance que nous buvons ici (en pays riches) du miel et du lait et que nos poches se remplissent d’argent comme par miracle ?

J’entends fuser ici et là des avis déterminés réclamant le départ de ces « traîtres » de Minusthas qui sont aujourd’hui la seule force armée, il faut le dire, dans le pays.
Par qui va-t-on les remplacer ?
Ne doit-on pas également réclamer par conséquent le départ de nombre d’ONG qui viennent justifier de leur budget dans des études ou des travaux trop souvent obsolètes, inachevés, inachevables, irréfléchis, impropres, ne produisant rien ou parfois du désordre ?
Vous me dites pour certains d’entre vous envisager votre propre avenir en Haïti, mais comment le préparons-nous ?
Des étrangers de bonne fois et de bonnes compositions veulent nous aider, hélas bien souvent le fait de ne pas être « initiés » (pas d’acception cultuelle ici) les rend inefficaces ou à côté de la plaque ou alors cachent en définitive leurs véritables motivations dans leur inconscient qui s’avère cibler trop la rédemption de leur individu.
Voila pourquoi je m’adresse en priorité aux Haïtiens. Nous, nous ne devrions pas être en proie à cet excès même si aider l’autre et se soucier de lui reste toujours une manière de se soucier de soi, nous sommes d’accord.
Sans aller décrocher la lune, avons-nous encore des échanges sur les questions primaires, nous parlons nous encore, dans des pays où nous sommes pourtant libres de penser à voix haute ?
Même pas le minimum à vrai dire ! Les e-mails, les boîtes aux lettres sont vides, les téléphones muets, les bouches pleines de salive ? (La répétition des vieilles conneries sans science et sans conscience exclue, bien entendu, car pour ça nous avons encore pas mal de ressources inépuisées).
Et quand il nous arrive de retrouver l’usage de la parole dans nos familles, parlons nous vraiment de l’essentiel ?.....de ce qui peut préoccuper un enfant, une femme, un vieillard que sais-je, qui ne bouffe pas, ou qui souffre d’une maladie qui lui est inconnue? de ce qui les préoccupe ou de ce qui ne les préoccupe plus…..
Y en a-t-il parmi nous qui ont agressé leur boulanger parce que son pain été trop cher, casser sa vitrine, mis sa vie en danger ?
Non personne vraiment ?...
vous m’étonnez. Mais alors comment se fait-il que nous laissions nos familles faire une chose aussi « insensée » sans être alarmés, sans réagir, seulement sous prétexte que c’est en Haïti que ça se passe. C’est bien ce que je disais, les normes sont à géométrie variable, y compris celles du bon sens.
Ne soyons pas, je vous prie, démissionnaire ou actionnaire d’Haïti lorsque ça nous chante, lorsque le vent est favorable, lorsque les plus faibles d’entre nous ont joué leur rôle de tampon et de bouclier contre l’adversité et qu’ils nous ont rendu la voie libre.
C’est encore le plus faible qui a besoin du plus fort pour vivre à ce que je sache et non l’inverse.
Qu’allons nous raconter à nos petits enfants ? Que le jour de la bataille nous étions à la plage ou à la foire ? Que l’après-midi ou mamie a pris une balle, nous étions au supermarché ?
Nous leur dirons tout simplement que nous étions des incapables ou pire encore, nous n’aurons rien à leur raconter du tout… encéphalogramme plat !
A ceux qui travaillent modestement de leur côté, ne vous sentez vous pas seuls et en sous nombre parfois ? Cela aussi vous semble-t-il normal ?
Sommes nous tous d’un certain âge et usés ou en proie au handicap ou à la maladie?
Cette immense partie du peuple haïtien dispersé que nous sommes, ne peut-il pas trouver d’ambassadeur (nous avons des ambassadeurs et des consuls mais nous ne les considérons pas plus que n’importe quel autre officiel ou alors juste au moment de faire mettre un tampon sur un document). Ne peut-on pas créer des entités qui matérialisent notre présence, qui rendraient plus probables nos actions ?
Ne me dites pas que je pose trop de questions et que je n’apporte pas assez de réponses, nous allons nous épargnez pour une fois les débats merdiques, les formules de prétoire et la poésie mal placée ou encore les idées politiciennes qui font chier tout le monde, tout ça ne doit pas avoir cours ici.
J’ai déjà pour ma part trop parlé et pas assez agi. Il appartient à chacun de vouloir apporter des réponses ou bien de se poser d’autres questions, enfin de prendre ses responsabilités pour les plus responsables d’entre nous et ça je ne peux pas le faire à votre place.
Il est d’usage que les artistes ou les intellectuels essaient de chatouiller les monolithes… il est tard, je suis fatigué, j’ai sommeil mais je suis à mon poste.
Les manifestations imposées du 10 mai et ce partout en France ont-elles pensé à remanier leur programme pour la circonstance ? Les problèmes actuels sont-ils au programme ? Des manifestations (revendicatives) sont-elles prévues, des gens ont-ils prévu de s’exprimer, que préparons nous à part une bonne popote et un bon bal kompa ?
Allons-nous célébrer bêtement et béatement l’abolition de l’esclavage alors que nous sommes on ne peut plus asservis aujourd’hui, asservis à mort ?
Allons nous encore faire comme si de rien n’était ?

Prévoit-on une aide de masse directe à la population haïtienne (je ne parle pas uniquement de parachuter de la bouffe) ? Doit-on encore attendre le prochain coup de canon pour s’indigner à heure fixe.
Est-il prévu qu’Haïti regarde Haïti dans les yeux sans honte ?


Enfin voilà, je m’interrogeais modestement, juste comme ça, loin du désir d’importuner quiconque….enfin si j’en emmerde quelques uns c’est pas plus mal non plus, mais affectueusement s’entend (que voulez-vous c’est mon esprit taquin).
Un peu de théâtre maintenant (je vous l’ai dit, faut bien se marrer un peu quand même, enfin, m’ap ri men m’p’ap jwe – traduction : je ris mais je ne m’amuse pas) , allez, un peu de courage c’est la dernière ligne droite.
Moi, je soussigné Carlton Rara, citoyen illégitime mais conséquent du pays d’Haïti.
J’en appelle, à tous ceux qui aiment ce pays, tout ceux qui en parlent, tous ceux qui n’en parlent plus, tout ceux qui ne l’ont pas oublié, tous ceux qui y vivent, tous ceux qui y ont une habitation, tout ceux qui n’y ont rien ni personne, tous ceux qui ont des idées, tous ceux qui ont de la volonté, tous ceux qui n’ont pas de volonté, tous ceux qui n’ont pas d’idée, tous ceux qui parlent bien, tous ceux qui écrivent bien, tous ceux qui jouent bien du tambour ou de la cornemuse, ceux qui n’ont pas de voiture mais qui aimeraient bien en avoir une, tous les usagers des camionnettes, les femmes, les hommes, les plus jeunes, ceux qui ont des responsabilités, ceux qui n’en n’ont pas, les attachés, les détachés, ceux qui ont de l’argent, ceux qui n’en n’ont pas, ceux qui ont des terres, ceux qui bandent bien, ceux qui ne bandent plus, les premiers de la classe, les derniers, les non voyants, les politiques, les parvenus, les revenants, les inconnus, les scientifiques, tous ceux qui ont des pigments dans la peau, les albinos, les retardés, les attardés, les optimistes, les pessimistes, les saltimbanques, les comptes en banque, ceux plus au Nord, ceux moins au Sud, ceux qui n’entravent rien à ce que je raconte, ceux qui me reçoivent 5 sur 5, ceux qui sont partis en court de lecture, ceux qui avaient gardé un cinquième as dans leur manche ou une poire pour la soif, celles qui aiment toujours leur mari après 50 ans de mariage, mes frères, mes sœurs, l’oncle Sam, l’oncle Tom, les culs de jatte, les malpolis, tout ceux qui ont compris que la prochaine bataille n’aura pas lieu faute de combattants, ceux qui savent qu’il est plus que temps, ceux qui entendent Haïti hurler sourdement comme on entend son gosse, Haïtiens de mon cœur, j’en appelle à tout ceux qui comme moi ne connaissent rien de plus doux pour la tête que les senteurs de la brune enveloppante d’Haïti.
Je compte sur tout ceux-là pour agir, pour parler, pour faire hommage à tout ce qu’Haïti nous a enseigné de bon, nous a donné sans compter, sans reprendre, nous a transmis à nous, ses enfants égarés.
Je m’excuse par avance auprès de tout ceux à qui tout cela n’évoque rien et ceux qui penseraient qu’on leur fait la leçon (soyez vous-mêmes vos professeurs).

Nous avons un jour fait trembler de stupeur le monde par une révolution improbable, perdue et condamnée d’avance et pourtant achevée par la volonté et la stratégie des hommes.
Ce que nos ancêtres ont fait de la révolution n’enlève rien à l’exemplarité de cette victoire…voilà encore la seule chose que tous les haïtiens savent encore aujourd’hui…nous avons un jour fait trembler de stupeur le monde …
et bien recommençons voulez-vous !?

Merci bien de votre attention
Allez on se fait la bise, n’oubliez pas d’éteindre en partant…
Allez hop en deux clics passe le message à ton voisin, enfin c’est toi qui vois.
Carlton Rara
Fait à Mont de Marsan (France) le 14 avril 2008
PS : et moi qui pensais faire court