Une fenêtre ouverte sur Haïti, le pays qui défie le monde et ses valeurs, anti-nation qui fait de la résistance et pousse les limites de la résilience. Nous incitons au débat conceptualisant Haïti dans une conjoncture mondiale difficile. Haïti, le défi, existe encore malgré tout : choléra, leaders incapables et malhonnêtes, territoires perdus gangstérisés . Pour bien agir il faut mieux comprendre: "Que tout ce qui s'écrit poursuive son chemin, va , va là ou le vent te pousse (Dr Jolivert)
jeudi 6 septembre 2007
Des familles paysannes haïtiennes vont recevoir une assistance de l’OPEP
Cet apport en matière de sécurité alimentaire d’un montant de 750.000 dollars concerne également le Cambodge et la Sierra Leone
mercredi 5 septembre 2007,
Radio Kiskeya
Haïti bénéficiera d’une assistance alimentaire du Fonds international d’aide de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), a annoncé mercredi le ministère vénézuélien des finances dans un communiqué rendu public à Caracas et relayé par la télévision locale Globovisiòn.
Des familles pauvres du monde rural seront intégrées au programme d’aide en matière de sécurité alimentaire, précise le communiqué. D’autres familles du Cambodge et de la Sierra Leone seront également parmi les bénéficiaires de ce projet doté d’un budget de 750.000 dollars.
Le comité des investissements du Fonds international d’aide de l’OPEP comprend l’Arabie Saoudite, l’Iran et le Koweit. Cependant, après cinq ans d’absence, Caracas vient de reprendre sa place au sein de cet organisme ayant pour mission de financer des projets de développement dans des pays pauvres d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie.
Haïti a été récemment sélectionnée parmi les Etats auxquels l’Organisation des pays exportateurs de pétrole accordera une assistance financière. spp/RK
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4069
Visite du nouveau patron de la MINUSTAH au Parlement haïtien
mercredi 5 septembre 2007,
Radio Kiskeya
Le nouveau chef de la Mission de Stabilisation des Nations Unies en Haïti (MINUSTAH), le tunisien Hédi Anabi, a rendu visite mercredi matin aux parlementaires haïtiens auprès desquels il a renouvelé les engagements de la mission onusienne en ce qui concerne la stabilisation et le développement économique et social.
Le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies sollicite en ce sens le concours du parlement haïtien, ont fait savoir, à l’issue de la rencontre, les présidents des deux chambres, MM. Joseph Lambert et Pierre Erick Jean Jacques.
Le président du Sénat dit avoir exploré avec M. Anabi les différents champs de collaboration du parlement avec la mission onusienne. Joseph Lambert ajoute avoir toutefois profité de la visite du successeur de Edmond Mulet pour dénoncer les fâcheuses déclarations faites par ce dernier concernant l’institution parlementaire à la veille de son départ d’Haïti.
Commentant la menace d’interpellation du premier ministre par le Sénat, le diplomate guatémaltèque avait en effet mis en garde contre le risque pour les parlementaires de nuire à la lutte contre la corruption initiée par le gouvernement, en encourageant l’impunité et en protégeant des corrompus et des trafiquants de drogue.
Le président de la Chambre basse, Pierre Erick Jean Jacques, affirme pour sa part avoir mis l’accent sur la nécessité du renouvellement du mandat de la MINUSTAH et sur la poursuite de sa collaboration avec la Police nationale d’Haïti en vue du renforcement de la sécurité.
En marge de la visite du diplomate onusien, le président de la Commission Justice et Sécurité Publique de la Chambre basse, le député Joseph Nelson Pierre Louis, a déploré le fait par le gouvernement de ne manifester jusqu’à présent aucun intérêt pour la nouvelle force publique. A ce sujet, le gouvernement semble davantage s’aligner sur la position de la communauté internationale, a souligné le député
La mise en place de la nouvelle force publique devrait pourtant constituer la première étape dans le processus devant conduire au départ de la mission internationale, a conclu le député de Port-Salut (Sud), élu sous la bannière de l’Alliance démocratique. [jmd/RK]
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4072
L’interpellation du chef du gouvernement tient encore
jeudi 6 septembre 2007,
Radio Kiskeya
Le dossier de l’interpellation du premier ministre Jacques Edouard Alexis est toujours à l’ordre du jour au Sénat de la République où des consultations sont en cours en vue de la détermination d’une date pour sa réalisation.
Le sénateur Gabriel Fortuné, l’un des initiateurs de cette décision, a confirmé mercredi ces consultations, précisant que l’interpellation pourrait avoir lieu avant le 17 octobre. Il indique à ce sujet que le bureau du Sénat se serait engagé à transmettre au chef du gouvernement une lettre l’invitant à cette interpellation vers cette date.
Le sénateur du Sud élu sous la bannière de l’UNION annonce que c’est au moment de l’interpellation que tout le monde saura les véritables motifs qui ont amené les parlementaires à y recourir.
Pour sa part, le président du Sénat n’a avancé aucune date. Joseph Lambert s’est contenté de préciser que l’interpellation se tiendra irrémédiablement, mais à une date qui ne devrait entraîner aucune conséquence fâcheuse à la fois sur la rentrée des classes et sur l’analyse et le vote du budget pour le nouvel exercice fiscal (2007-2008).
Selon la Constitution de 1987 (en vigueur) toute interpellation doit se terminer par un vote de confiance ou de censure. En cas de vote de censure, le gouvernement est renvoyé. Dans le cas contraire, le chef du gouvernement ne pourra être de nouveau interpellé avant une année révolue.
La menace d’interpellation du chef du gouvernement formulée le 22 août dernier par les sénateurs était assortie d’une condition, celle du renvoi du commissaire du gouvernement. Ce jour-là, le commissaire Claudy Gassant avait infligé un cinglant camouflet à la fois au Sénat et au ministre de la justice, son supérieur immédiat, en refusant d’accompagner ce dernier à une séance de travail au Grand corps.
Des négociations entre le Sénat et la Présidence ont abouti à une séance au Sénat le 30 août à laquelle le ministre de la justice et le commissaire du gouvernement ont finalement pris part. Au fort de ces « négociations », l’ambassadeur des Etats-Unis à Port-au-Prince, Mme Janet Ann Sanderson, a rendu visite le 27 août au Sénat pour « souhaiter » que tout éventuel litige entre l’Exécutif et le Législatif soit résolu par le dialogue. [jmd/RK]
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4074
Des sénateurs constatent les conditions infrahumaines de vie au Pénitencier
Les membres de la délégation, les sénateurs Youri Latortue, Roudolph Boulos, Anacacis Jean Hector, Fequière Mathurin et Michel Clérié, ont constaté les conditions inhumaines dans lesquelles vivent les personnes incarcérées au Pénitencier National.
Les élus, accompagnés du substitut du commissaire du gouvernement, Cherubin Dupuis Eddy, ont reçu les doléances de plusieurs détenus, dont certains affirment avoir bénéficié d’une ordre de remise en liberté.
Des détenus sont obligés de dormir debout, d’autres assis dans ce centre carcéral qui compte plus de 3 000 personnes. Ceux qui restent debout pour dormir souffrent d’inflammation aux pieds indiquent des détenus qui font état de divers types de maladies.La visite de plus d’une heure a permis aux sénateurs de se faire une idée de la situation réelle dans le plus grand centre carcéral du pays, où règne une odeur nauséabonde en raison de l’insalubrité.
A l’issue de sa visite, le président de la commission justice du sénat, Youri Latortue a mis l’accent sur la nécessité d’analyser les dossiers des nombreuses personnes en détention préventive prolongée. " Nous allons recommander au ministère de la justice de créer une commission, composée de juges et de commissaires du gouvernement, pour statuer sur les cas des détenus ", dit-il estimant que la commission consultative n’a pas pu toucher le problème directement.
Le sénateur Latortue qualifie d’infrahumaines les conditions de vie au Pénitencier. " Sur 4 mètres carrées on a compté 160 personnes ", dit-il tout en faisant état de la nécessité de construire un autre centre carcéral. " Nous allons demander aux parlementaires d’allouer des fonds dans le prochain budget pour la construction d’une nouvelle prison", déclare t-il soulignant qu’un terrain a été offert à l’état dans la commune de Ganthier.
A sa sortie du Pénitencier National, le sénateur Latortue a promis d’acheminer, dans les 24 heures, les recommandations au ministre de la justice.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.phtml?id=13007
Indispensable prolongation du mandat de la MINUSTAH, selon le premier ministre haïtien
mercredi 5 septembre 2007,
Radio Kiskeya
La réunion des ministres de la défense et des chefs des armées de 9 pays latino-américains faisant partie de la Mission de Stabilisation des Nations Unies en Haïti (MINUSTAH) qui s’est achevée mardi à Port-au-Prince, s’inscrivait dans le cadre de l’élaboration d’une proposition de prolongation du mandat de la mission onusienne, a indiqué le chef du gouvernement haïtien à l’issue de cette réunion.
Jacques Edouard Alexis estime nécessaire cette prolongation de mandat qui expire le 15 octobre, en dépit des "progrès réalisés en matière de sécurité et de stabilité". "La situation demeure encore fragile et il reste encore beaucoup à faire en vue de consolider le climat actuel de sécurité", a-t-il ajouté. Il a toutefois souhaité que la MINUSTAH apporte sa contribution aux efforts visant le développement économique et le renforcement des institutions.
Parallèlement aux efforts de développement, le gouvernement s’attellera à la mise en place de structures en vue du départ progressif de la MINUSTAH. Cependant, en dépit d’un tel objectif , la question de la création d’une nouvelle force publique haïtienne n’a pas été débattue lors de cette importante réunion avec les dirigeants latino-américains, selon des précisions apportées par M. Alexis.
Se référant implicitement à la question de l’armée ou de la nouvelle force publique haïtienne dont il est vivement question depuis quelque temps dans les débats, le ministre chilien de la défense [qui faisait office de porte-parole du groupe de responsables latino-américains] a déclaré que la solution aux problèmes d’Haïti n’est pas militaire. Elle est plutôt d’ordre économique et social, a soutenu M. Jose Goni Carasco. [jmd/RK]
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4068
Nouveaux rebondissements dans l’affaire Jacques Roche
mardi 4 septembre 2007,
Radio Kiskeya
L’affaire Jacques Roche a pris mardi un nouveau tournant avec les réactions du chanteur Antonio Cheramy alias "Don Kato" démentant des insinuations qui viseraient sa mise en accusation, le soutien sans équivoque que lui ont apporté Anaïse Chavenet et Edner Jean de la firme Communication Plus et l’intervention de la militante des droits humains, Kettly Julien, exigeant des poursuites judiciaires contre l’artiste.
Dans une interview à Radio Kiskeya, le lead vocal du groupe Brothers Posse a catégoriquement nié avoir, en juillet 2005, soudoyé les ravisseurs du journaliste et poète en vue de prolonger la séquestration jusqu’à son exécution comme le suggéraient certaines déclarations d’Alby Joseph et de Chéry Beaubrun, condamnés jeudi dernier (30 août) à perpétuité.
"Don Kato", qui s’est dit prêt à répondre à toute invitation des autorités judiciaires dans le cadre de l’enquête sur l’enlèvement suivi de l’assassinat de Roche, a indiqué avoir été contacté par Anaïse Chavenet et Edner Jean afin de faire avancer les négociations alors dans l’impasse avec les ravisseurs. Cependant, très nuancé, il précise n’avoir jamais été en contact avec le gang qui avait été à l’origine du rapt alors qu’au Palais de justice de Port-au-Prince, Joseph et Beaubrun avaient déclaré que "Don Kato" avait "apporté un montant de 10.000 dollars", inférieur à la rançon fixée à 50.000. Un "ami", dont le musicien a voulu taire le nom, servait d’intermédiaire et avait recueilli les 10.000 dollars qui avaient pu être collectés à Communication Plus, une firme spécialisée dans le marketing, la production audiovisuelle et la diffusion de livres, et au quotidien Le Matin notamment.
Le chanteur indique avoir également apporté sa contribution financière à cet effort de solidarité qui avait été entrepris pour tenter d’inverser le cours des événements et de faire sortir l’otage du couloir de la mort. Car, dit-il, étant lui-même artiste, il ne saurait rester indifférent au sort qui était réservé au poète.
"Je suis bien content que justice soit rendue à Jacques Roche", a lâché "Don Kato", soutenant avoir appris avec satisfaction le verdict du tribunal criminel de Port-au-Prince.
Pour leur part, les deux responsables de Communication Plus ont reconnu avoir sollicité l’aide du leader de Brothers Posse pour empêcher à tout prix la fin tragique que devait connaître Roche. "Nous étions au journal Le Matin de plus en plus inquiets et angoissés. Face à l’intransigeance des ravisseurs, plus les jours passaient, plus nous craignons le pire pour Jacques", a raconté Mme Chavenet également une des responsables de la publication.
Estimant que le "médiateur" jouissait d’un aura populaire qui pouvait faciliter l’aboutissement des négociations, elle a conclu que pour "Don Kato" ce serait "s’attirer des ennuis en se mettant au service des autres" s’il devait être accusé dans la mort de Jacques Roche.
Quant à Edner Jean, il a expliqué qu’il fallait éviter de "ternir gratuitement la réputation de Don Kato" qui, une fois alerté, avait accepté spontanément de travailler à la libération du confrère. "Dans mon entretien téléphonique avec l’un des ravisseurs à qui je demandais vainement la libération de Jacques après le versement des 10.000 dollars, il m’avait clairement fait savoir que cette pitance ne pouvait servir qu’à assouvir la soif de ses soldats", a témoigné M. Jean. Il a enfin attribué à des problèmes de sécurité conjoncturels la discrétion totale ayant jusqu’ici occulté les efforts qui avaient été déployés en vue de sauver Jacques Roche.
Cependant, le rôle de "Don Kato" dans l’affaire, loin de faire l’unanimité, commence à soulever des polémiques qui rendent compte de positions diamétralement opposées. La militante des droits humains Kettly Julien est la première à demander que "l’action publique soit mise en mouvement contre le chanteur" après que son nom ait été cité par les condamnés Alby Joseph et Chéry Beaubrun, deux des meurtriers de Jacques Roche. Directrice de l’Institut mobile d’éducation démocratique et membre du Collectif des familles (IMED) et membre du Collectif des familles et amis des victimes du kidnapping, Mme Julien souligne que l’artiste, intimement lié au régime du Président René Préval, avait déjà fait l’objet de graves accusations notamment avant la chute d’Aristide.
Toutes les personnes impliquées dans l’assassinat du journaliste doivent être punies par la justice, a conclu la responsable de l’IMED.
Sans faire référence au musicien, le responsable de la section sportive du quotidien Le Matin, Patrice Dumont, a de son côté estimé que les aveux de Joseph et Beaubrun étaient amplement suffisants pour déclencher une offensive judiciaire contre tous ceux qui sont impliqués dans le crime. "C’est un début de soulagement pour moi, pour tous les amis de Jacques Roche et tous ceux qui l’avaient connu", a dit le chroniqueur sportif en relevant qu’une occasion en or s’offrait à la justice haïtienne pour redorer son blason.
Mettant l’accent sur la nécessité de mener une lutte sans merci contre l’impunité, M. Dumont a aussi rappelé qu’au lendemain de l’enlèvement du disparu la cotisation en sa faveur se faisait dans des conditions dramatiques et qu’on pouvait très difficilement satisfaire l’appétit de ses ravisseurs.
Les aveux des deux assassins condamnés à vie ont été confirmés par le commissaire Joseph Fanfan Jeudilien, le représentant du ministère public lors du procès. A côté de ce verdict exemplaire, le juge instructeur Jean Peres Paul, en charge du dossier de l’assassinat du journaliste et poète, devrait rendre bientôt son ordonnance de clôture.
Kidnappé le 10 juillet 2005 en tenue sportive, Jacques Roche, 44 ans, avait été retrouvé sauvagement exécuté quatre jours plus tard, le 14 juillet, dans le quartier populaire de Delmas 4 (nord de Port-au-Prince). spp/RK
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4066
mercredi 5 septembre 2007
PACODES: un programme qui a tout changé
Des habitants des huit habitations dépendant de cette structure de la World Vision ont exprimé leur gratitude vis-à-vis de l'organisation et surtout des agents répartis dans les quatre sections communales où intervient le programme.
Surnommé « Participation communautaire pour le Développement économique et social » (PACODES) cette branche de la World Vision entend donner aux gens des communautés où il travaille des outils sociaux et économiques leur facilitant de devenir autonomes, selon Evenel Morose, coordonnateur de la PACODES.
Réunis à l'arrière de l'espace aménagé pour accueillir le Parc des Enfants PACODES, bénéficiaires, facilitateurs, animateurs et responsables de l'institution n'ont pas manqué d'exprimer l'harmonie qui caractérise leurs actions tant au point de vue humain, social que développemental.
« En dépit du bilan positif que nous pouvons tirer de nos travaux au niveau du PACODES, il est à souligner que le développement de nos communautés ne peut pas se faire seulement avec cette structure », a fait remarquer M. Morose qui invite d'autres organisations à venir s'établir dans la région en vue d'une action plus rapide vers le développement.Sur tous les visages, se lit la satisfaction. « Nos enfants ne manifestaient aucun talent tant au niveau des études qu'au niveau artistique, culturel ou social. Grâce aux cours qu'ils suivent avec les animatrices et animateurs de la PACODES, ils sont aujourd'hui des artistes. Ils peuvent espérer beaucoup de ce qu'ils font pour le moment », témoigne Mme Josias Guérilus, responsable d'un groupement de femmes dans la zone.
Après cinq années de travail dans des conditions difficiles dues au mauvais états des routes et des conditions du transport maritime, l'équipe de la PACODES a pu dresser un bilan des plus fructueux grâce au financement de World Vision Australie.
Intervenant dans les domaines prioritaires tels que : éducation, environnement, santé et agriculture, la PACODES a réussi à transformer tous les habitants de ses huit localités en agents de développement, se félicite le président du comité administratif bénévole de l'institution, Sergo Ervilus.
Des volets de renforcement organisationnel, de développement économique, de sensibilisation sur le VIH Sida se sont ajoutés aux domaines d'intervention de cette structure. Une équipe d'animateurs vient en appui aux enfants à travers une rubrique baptisée 'plaidoyer pour enfants'.« En arrivant ici nous avons découvert une farouche volonté chez nos 10.000 enfants bénéficiaires et leurs parents de changer leurs conditions de vie. Heureusement nous sommes sur la bonne voie », se réjouit Anne-Bernadette Lapointe, responsable du volet autonomie des femmes et développement de l'enfance à l'institution.
Anne-Bernadette se rappelle son premier contact avec la communauté de Nan Kafe. « Tous les gens faisaient leurs besoins par terre et les enfants rechignaient quand on les appelait. Maintenant c'est différent. On n'a que des stars dans leurs rangs et les gens de ces communautés sont très responsables en ce qui a trait à la prise en charge de leur santé », dit-elle.
Quant au coordonnateur de la PACODES, grâce à ses réalisations, cette branche de la World Vision parvient à diminuer la vente du charbon de bois au niveau des huit communautés. Il insiste sur l'éducation des familles assurées à travers les enfants et la création de richesses qui se fait à partir des petits projets engagés par l'institution.
L'environnement désertique qui domine depuis Anse-à-Galets jusqu'à l'entrée de Grande-Source, l'une des communautés concernées par le programme, pose des problèmes à M. Morose.
« La PACODES interviendra au niveau de l'environnement dans certaines zones sèches situées dans le voisinage de Grande-Source à travers de petits projets de reboisement. Car la vue que présente l'environnement de ces zones n'est pas du tout agréable », avance-t-il.Toutefois, Evenel Morose ne cache pas sa satisfaction de voir le paysage merveilleux qu'offre les quatre sections communales où intervient son programme. Les responsables de PACODES abordent pour le moment une phase de sensibilisation sans précédent afin de garantir la prise en charge du programme par les gens des communautés une fois que le programme de la World Vision aura pris fin. Le PDZ qui agit sur une période de 10 ans doit plier bagages en 2012.
Lima Soirélus
lsoirelus@lenouvelliste.com
Indispensable prolongation du mandat de la MINUSTAH, selon le premier ministre haïtien
Mise en place toutefois de structures en vue du "départ progressif" de la mission onusienne
mercredi 5 septembre 2007,
Jacques Edouard Alexis estime nécessaire cette prolongation de mandat qui expire le 15 octobre, en dépit des "progrès réalisés en matière de sécurité et de stabilité". "La situation demeure encore fragile et il reste encore beaucoup à faire en vue de consolider le climat actuel de sécurité", a-t-il ajouté. Il a toutefois souhaité que la MINUSTAH apporte sa contribution aux efforts visant le développement économique et le renforcement des institutions.
Parallèlement aux efforts de développement, le gouvernement s’attellera à la mise en place de structures en vue du départ progressif de la MINUSTAH. Cependant, en dépit d’un tel objectif , la question de la création d’une nouvelle force publique haïtienne n’a pas été débattue lors de cette importante réunion avec les dirigeants latino-américains, selon des précisions apportées par M. Alexis.
Se référant implicitement à la question de l’armée ou de la nouvelle force publique haïtienne dont il est vivement question depuis quelque temps dans les débats, le ministre chilien de la défense [qui faisait office de porte-parole du groupe de responsables latino-américains] a déclaré que la solution aux problèmes d’Haïti n’est pas militaire. Elle est plutôt d’ordre économique et social, a soutenu M. Jose Goni Carasco. [jmd/RK]
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4068
Le FER s'active sur la route de l'Amitié
Dégradée par le temps et par une fréquentation intensive durant ces dernières années, la route de l'Amitié construite depuis 1976 est entretenue en vue d'assurer la longévité de cette principale voie d'accès au département du Sud-Est. Depuis le début du mois d'août, le groupement d'entreprises haïtiennes Vorbe & Fils/Tecina entreprend ces travaux financés par le FER (Fonds d'entretien routier).

Les glissières de sécurité bordant la route sont réparées pour éviter aux véhicules en cas d'accident de laisser la chaussée. Celles endommagées au Morne 15 (Morne Karaté) inquiète Davidson, un riverain qui voit déjà venir la période très redoutée des fêtes de fin d'année.Pour lui, durant cette période la route est très dangereuse à cause principalement du trafic intensif entre Jacmel et Port-au-Prince. L'intervention est d'une grande utilité, puisque, dit-il, un chauffeur a failli laisser sa peau, il y a moins d'une semaine. L'avis des chauffeurs assurant différents circuits le long de la route est pratiquement identique. « L'Etat déplorable des routes haïtiennes avait crée une sorte de désengagement des bailleurs.


« Certains travaux ne sont pas visibles par les chauffeurs et autres usagers de la route. Mais ils sont vraiment importants de les réaliser afin d'assurer la longévité de l'investissement », reconnaît le superviseur des travaux confiant que la signalisation horizontale axiale ne sera pas négligée.Le profil bas gardé par cette institution agissant sous la tutelle du ministère des Travaux publics, Transports et Communications est justifié par le fait que la direction générale du FER ne fait pas de publicité à longueur de journée, mais plutôt d'actions comme ces travaux entrepris sur la route de l'Amitié.A la question de savoir les critères de choix de la route de l'Amitié pour réaliser ces travaux, le responsable du FER a mis en relief les efforts de développement, de tourisme déjà réalisés dans toute la région. Pour permettre aux gens de mieux se situer, il est prévu des bornes kilométriques disparus depuis fort longtemps sur les routes haïtiennes.

Revelt Mompremier indique que son institution n'a pas que la route de l'Amitié dans sa sphère d'action. Le FER a travaillé avec des organisations communautaires de base dans les départements du Centre et du Sud en vue de remettre en état des voies secondaires et tertiaires. « La collaboration du FER avec ces organisations a permis de créer 680 emplois dans le Centre et 1539 dans le Sud », ajoute-t-il en soulignant que le FER peut intervenir sur tout le réseau éligible dans la mesure des fonds sont disponibles. *Mur, revêtement servant à soutenir les parois d'une tranchée, d'un fossé, d'un canal.

La loi portant création du Fonds d'entretien routier (FER) a été votée au Sénat de la République le 18 décembre 2002 et publié au journal officiel Le Moniteur le jeudi 24 juillet 2003.Selon l'article 12 de la loi portant création du FER, il est institué 12 redevances pour le financement de cette institution. De ces redevances, on peut compter 2 prélevées sur le carburant (gasoil et gazoline), 5 redevances dites véhicules allant de la première immatriculation aux poids lourds, et 5 autres redevances variant de la cigarette aux droits de péages. Le réseau routier éligible au financement du FER est fixé par décision du ministère de tutelle (MTPTC, ndlr) publiée sous forme de communiqué au journal officiel Le Moniteur, suivant les prescrits de ladite loi.
Dieudonné Joachim
djoachim@lenouvelliste.com
« La solution d'Haïti n'est pas militaire »
« C'était une occasion pour les autorités haïtiennes de faire état de la question de sécurité dans le pays, du travail de la MINUSTAH et les perspectives de collaboration », a indiqué le Premier ministre Jacques Edouard Alexis, qui réitère la demande du gouvernement de prolonger, pour une nouvelle année, le mandat de la MINUSTAH dans le pays.
Du haut de sa tribune, le Premier ministre Alexis a précisé qu'au cours de cette rencontre, les autorités haïtiennes ont montré la nécessité de continuer à faire des efforts pour maintenir la stabilité du pays. Selon M. Alexis, la professionnalisation de la police nationale d'Haïti (PNH), le processus de réforme de la Justice et la lutte contre l'impunité sont, entre autres, les conditions indispensables pour maintenir cette stabilité.
« Le gouvernement entend faire, au cours de cette nouvelle année de collaboration avec la mission onusienne, la lutte contre la corruption, la drogue et la contrebande sa priorité », a-t-il déclaré, arguant que nul n'est au dessus de loi.
Les discussions, a-t-il précisé, ont aussi porté sur la nécessité d'intensifier les programmes de développement socio-économique dans le pays. A cet effet, il a souhaité une collaboration plus fructueuse avec la communauté internationale particulièrement les pays latino-américains.
« Les fonds débloqués par les partenaires internationaux doivent atterrir», a affirmé le chef de la Primature qui avance que la sécurité du pays ne peut se réduire uniquement à la professionnalisation de la PNH. De même que le Premier haïtien, le ministre de la Défense du Chili, José Goni CARRASCO, admet que la situation actuelle du pays est fragile. En ce sens, il a estimé que la présence militaire est indispensable, mais « nous comprenons aussi qu'il est insuffisant ». Persuadé après la rencontre que la solution d'Haïti n'est pas uniquement militaire, le ministre de la Défense chilien a avoué que la solution réside, aussi, dans la capacité des responsables haïtiens et de la communauté internationale de venir avec des programmes de développement socio-économique au profit du peuple haïtien.
M. Carrasco qui a parlé au nom des neufs pays latino-américains faisant partie de la MINUSTAH, a promis aux autorités haïtiennes l'appui de la communauté latino-américaine pour la consolidation de la démocratie en Haïti.Les résultats de cette rencontre, a-t-il assuré, seront soumis au Conseil de sécurité de l'ONU qui aura à statuer très prochainement sur le prolongement de sa mission en Haïti. A en croire le Premier ministre haïtien, la MINUSTAH, au cours de sa nouvelle prolongation, devra tenir compter de certains problèmes liés au développement. Cette réunion qui s'est déroulée sur la définition du mandat de la MINUSTAH est une initiative des gouvernements du Chili et de l'Argentine avec le support des pays faisant partie de la MINUSTAH.
Jean Gardy Gauthier
gauthierjeangardy2001@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=48105&PubDate=2007-09-04
Commentaires:
Qui a jamais dit que la solution d'Haïti était militaire?
Personne. Si la question de l'armée d'Haïti est revenue sur le tapis ce n'est point pour redonner à cette armée ni une auréole ni une importance qu'elle ne mériterait pas. La présence des forces étrangères sur le sol haïtien d'une part et les difficultés qu'impliquent le maintien de l'ordre et le rétablissement de la sécurité démontrent clairement qu'il est illusoire de croire que le pays pourra s'en sortir sans la présence d'une force de l'ordre.
Aujourd'hui tourner autour du pot en se basant sur la dénomination de cette force n'est qu'une perte de temps d'autant plus que dans ces récentes déclarations l'ancien chef de mission Edmond Mulet qui, du haut de son fauteuil actuel a mieux compris les limites de l'ONU, a fait savoir d'une part que Haïti ne représentait point le seul foyer instable du monde et surtout que la MINUSTAH ne pourrait exister ad vitam eternam.
Plus inquiétantes par contre se révèlent cette information contenue dans la partie du texte mise en rouge.
On se demande si l'implication de la MINUSTAH dans la lutte contre la corruption, la contrebande et le rafic de drogue ne sous entend pas pour reprendre les rumeurs qui circulent que l'aministration d' instiututions comme les douanes, la DGI, l'APN ne soit remise à la MINSUTAH?
DrJJ HRV 050907
mardi 4 septembre 2007
BOUKMAN EKSPERYANS ET LA MUSIQUE RACINE
Voulant apporter des précisions au sujet de l'historique du Mouvement Racine, Théodore Beaubrun Junior reconnaît le rôle joué par Zao parmi les pionniers de cette musique de notre culture profonde. Il est allé un peu plus loin sur le Jazz, sur la culture populaire, sur le Rap Kreyòl, sur le compas et sur la conjoncture politique.
Le Nouvelliste : Il y a des années déjà que le groupe Boukman Eksperyans fait parler de lui dans l'histoire culturelle et musicale du pays. Faites-nous un portrait historique de ce groupe qui porte le nom d'une figure connue de la révolte saint-dominguoise contre l'esclavage ?
Théodore Beaubrun Junior : Boukman Eksperyans est fondé en 1978. Nous avons eu notre première répétition avec Fanfan Alexis qui fut notre premier guitariste, Chico Boyer un grand bassiste qui va plus tard former le groupe Ca. Foula va être mis sur pied quelque temps après. Manzè et moi avons fondé Boukman Eksperyans, précisément le 5 août 1978. Nous avons commencé par assumer notre authenticité culturelle en intégrant trois tambours vaudou dans le groupe. Le Keyboard est venu plus tard, en 1982. Ma femme et moi sommes partis vivre à Ouanaminthe. On y a fait une belle expérience communautaire. Samba Zao est aussi venu à Ouanaminthe, de même que Fanfan Alexis. Manzè est originaire de Ouanaminthe. On était allé se ressourcer. Contrairement à ce qui a été souligné dans l'article au sujet de Vodoula, c'est de là, à Ouanaminthe, non à Carrefour-Feuilles, que nous nous sommes inspirés pour écrire la musique « Nou pap sa blye ».
L.N : Une opinion laisse croire que c'est à Carrefour-Feuilles avec Samba Zao que le Mouvement Racine a pris naissance.
T.B.J : Samba Yo est formé bien après, en 1981. Zao était aussi à Ouanaminthe. Il peut témoigner de cette expérience. On peut citer aussi Ralph Lafontant comme un des pionniers de la musique Racine. J'apprécie beaucoup Zao. Au début, il n'était pas totalement dans le mouvement racine. Nous avions voulu éclaircir ce point pour les étudiants de l'Enarts. Mais, notre ami Zao n'était pas venu à cette rencontre. Je me rappelle avoir un groupe de danse nommé Fireman avec Hérold Nau, Jean Claude Dunac, Sandra Cadet qui était partie avec Claude François. Elle est devenue mannequin en France. Zao travaillait effectivement à Carrefour-Feuilles avec Aboudja dans un mouvement culturel qui faisait du tambour un instrument authentique et principal. Dernst Emile est le premier guitariste du Mouvement Racine. La première répétition du groupe Foula s'est réalisée en ma présence. Chico Boyer avait laissé Boukman pour former le groupe Foula en 1981. Après Boukman, il y a eu Picoranaya, le groupe Ca, le groupe Foula, Samba Yo entre 1981 et 1982. Eddy François, en 1981, faisait aussi l'expérience de l'authenticité à Carrefour-Feuilles avec Samba Zao.
L.N : Comment cette expérience de l'authenticité a-t-elle pris corps ? Parlez-nous de ses origines et de son évolution.
T.B.J : En 1978, il n'y avait pas beaucoup de groupe Racine. Je me rappelle qu'en décembre 1978, Boukman Eksperyans a joué à Radio Métropole. C'est en 1979 que j'ajoute les trois tambours. Mon petit frère Daniel nous a rejoint. Chico va former le groupe Ca. Picoranaya est fondé après Boukman. Zao est venu avec son style en laissant Ouanaminthe à la fin de 1981. Eddy François était aussi à cette communauté musicale à la recherche de l'authenticité. A cette époque, nous avons gagné un prix d'un concours dans le Nord-Est avec le chanteur Jacques Sauveur Jean. Chico Boyer qui aimait beaucoup le jazz faisait des expériences avec Tido, l'actuel mari de Sò Anne.
L.N : Après les recherches en ethnographie musicale, quand est-elle venue, votre renommée nationale, le grand succès public ?
T.B.J : En 1990. C'est avec le carnaval « Kè m pa sote ». Mais, soulignons qu'avant, en 1989, nous avions gagné le concours de la American Airlines. En 85, déjà, nous avions sorti, avec Desmangles, le disque de la chanson « Nou pap sa blye ». En avril 88, j'ai joué avec mon père, Languichatte Débordus, au Rex Théâtre. En 89, c'est mon départ à l'étranger au Festival de Louisianne. Notre premier carnaval de 90 a eu un grand succès.Je n'enlève pas le nom de Zao parmi les fondateurs. Il est l'un des pionniers du Mouvement Racine. Chico Boyer a, lui aussi, laissé un héritage important.
Mon père savait danser le folklore
L.N : Comment peut-on expliquer votre quête d'authenticité musicale au moment où régnait le compas dans sa splendeur, avec les mini-jazz ?
T.B.J : Bien que protestant, mon père savait danser et connaissait les rythmes de folklore national. Il n'a jamais, malgré sa foi chrétienne, renié ses origines culturelles. En 1975, à New-York, je découvre Bob Marley et le reggae. Je me disais qu'un tel phénomène est possible en Haïti avec nos richesses culturelles. J'ai constaté qu'on ne voulait pas changer le compas. Je rencontre ma femme, Manzè, en 1978 et nous avons fondé Boukman.
L.N : Pouvez-vous citer, à part votre femme, les autres musiciens du début de Boukman Eksperyans ?
T.B.J : Il y a eu Fanfan Alexis dit « Joe Louis », Chico Boyer, Frantz Seney dit Tikrab, Moscoso Jules Edouard... A partir de 1980, nous avons un groupe plus stable de musiciens. Mon premier tambour a été joué par mon père ,Théodore Beaubrun, dans une musique titré joliment, comme dirait un guadeloupéen : Mizik a Manzè. Nous avons eu notre premier album en 1990. C'était aussi l'ouverture internationale. Tite Pascal, à l'époque, était sur la voie de l'authenticité de la musique racine.
L.N : Cela a dû être difficile pour Mimose, votre femme, d'intégrer cette musique populaire, authentique, nationale et paysanne.
T.B.J : Ses parents n'aimaient pas cette histoire. Elle s'activait pour la promotion du jazz, puis pour la musique vodou, c'était à ne rien comprendre ! Mais, nous étions déterminés. Mon père me comprenait mieux. Avec le théâtre, j'étais un peu stable financièrement.
L.N : Boukman Eksperyans n'arrivait pas à joindre les deux bouts.
T.B.J : Nos rentrées financières ont commencé en 1990. Avant, on jouait au Café des Arts de septembre 79 à février 80, puis de mars à mai 80 à Ollofson Hôtel, au Bas-Peu-de-Chose. On jouait aussi à Le Magritte, un club à Pétion-Ville. En avril 1990, c'est notre grande tournée internationale en Europe, aux Etats-Unis, au Canada. La compagnie qui diffusait Bob Marley a enregistré pour nous des CD.
L.N : Zao, un des pionniers, n'a pourtant pas connu le même succès que vous.
T.B.J : J'admire Zao. Je respecte son mode de vie et son humilité.« Je suis prêt à descendre encore dans les rues »
L.N. : On vous aimait comme musicien contestataire d'un ordre militaire répressif dont vous avez fait la caricature dans « Kè m pa sote ». On se demandait aussi où allait Théodore Beaubrun Junior, Lòlò, à la tète des manifestations politiques de l'année terrible : 2004.
T.B.J : Je fais de la musique pour m'exprimer. J'étais descendu dans les rues en 2004 pour accomplir un devoir citoyen. La personnalité critiquée à l'époque sait bien que nous n'avions pas agi avec haine. Tout ce que nous faisions, c'était d'exiger le respect humain. Je constatais une grande décadence sociale. Mais, je n'ai pas dit mon dernier mot dans mes descentes de rue. 2004, ce n'est pas la dernière fois ! Nos biens nationaux doivent être sauvegardés, nos richesses protégées. Quand on vend ces biens, je suis prêt encore à descendre dans les rues. La Teleco, l'APN et autres institutions publiques sont des biens nationaux. Mes prises de position publiques n'ont pas eu un effet négatif sur ma musique. Cette dernière est faite pour tous les Haïtiens.
L.N : Peut-on dire que vous êtes un ardent nationaliste ?
T.B.J : J'ai peur des ismes. Cela nous enferme dans des tiroirs. J'aime mon pays et je lutte pour qu'il aille de l'avant.
L.N : Quels sont les musiciens haïtiens que vous aimez ?
T.B.J : Cheche Velasquez à la guitare. Il joue avec Belot. J'aime le travail de Boulot Valcourt dans les trois CD de Haïtiando. J'apprécie grandement Turgot Théodat pour ses innovations entre le jazz et la musique racine. Turgot était saxophoniste du groupe Foula pendant un bon bout de temps. Pour le compas, disons sèchement qu'il n'y a aucune nouveauté. Belot fait un grand effort. Djabel fait un bon travail en France. Simbi, un jazz suédois, joue exclusivement de la musique racine haïtienne. Batey Zéro en République dominicaine est très engagé. Il faut signaler Lataye de mon frère Daniel. La musique racine a fait du chemin. Le 14 août dernier, environ 50.000 personnes nous ont accueillis sur la place du Cap-Haïtien.
L.N : Que pouvez-vous dire du Rap Kreyòl ?
T.B.J. : Je le supporte. Mais, je déplore la violence de sa philosophie. Il y a là l'influence des questions de meurtre des gangs aux Etats-Unis. Cette affaire de mouchoir rouge et de mouchoir noir doit être évitée. Il faut une intégration du Rap Kreyòl dans la tradition sociale haïtienne.
L.N : Qu'en est-il du phénomène Wiclef Jean ?
T.B.J. : On n'a jamais travaillé ensemble. Je n'ai pas une mentalité de super-star.
L.N : Quelles sont les perspectives de Boukman Eksperyans ?
T.B.J : Nous préparons un CD qui contiendra environ 17 morceaux. Pour le théâtre, je vais reprendre Languichatte Débordus en hommage à Théodore Beaubrun, mon père, au Rex Théâtre, en octobre prochain.
L.N : Quelles sont vos opinions sur le contexte politique ?
T.B.J : Le dialogue national est mal parti. Il faut penser sérieusement à la décentralisation. On ne peut liquider la Téléco. Il faut changer l'Etat en profondeur. On devra penser à une gestion administrative de proximité. Port-au-Prince est trop loin de Croix-des-Bouquets. Les paysans ont besoin de banques agricoles, de magasins communautaires, de routes, de bonnes infrastructures.
L.N. : Existe-t-il une politique culturelle en Haïti ?
T.B.J : Il n'en n'est rien. On ne peut avoir une seule école des Arts. Il faut une décentralisation culturelle.
L.N : Quel bilan pour Boukman Eksperyans ?
T.B.J : Positif. Nous avons fait de la bonne musique. Des secteurs politiques nous ont offert de l'argent. Nous avons refusé.
Propos recueillis par Pierre Clitandre
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=47889&PubDate=2007-09-04
C'est honteux, mais c'est comme ça !
Cependant, dans la République dessalinienne, on a une drôle façon d'honorer les vivants ou les morts. C'est une source d'enrichissement. Jusqu'à présent, Shakespeare est sur les lèvres des Anglais ; Hugo est toujours présent dans les coeurs des Français ; Bob Marley existe toujours pour les Jamaïcains ; Ghandi roule sur les langues des Indiens ; le président cubain Fidel Castro reste et demeure l'idole des Cubains.
Mais en Haïti, on oublie vite et facilement quelqu'un qui a marqué son époque. L'année 2007 devrait être entièrement consacrée à deux grands écrivains haïtiens : Jacques Roumain, né en 1907 et Justin Lhérisson décédé en 1907. En outre, on a catégoriquement omis le second nom. On se demande pourquoi ? Comme disait l'autre, on a raté trop d'occasions.
Nous devons organiser des banquets culturels au mois de novembre dans le dessein de rendre un hommage bien mérité à Lhérisson. Il aimait beaucoup son pays et on pouvait même le compter parmi les patriotes malades d'Haïti. Evidemment cette mauvaise réaction des autorités diminuera sans doute le souffle patriotique de la jeunesse haïtienne. En effet, on devrait organiser beaucoup plus de manifestations culturelles pour célébrer le centenaire de Roumain. Beaucoup d'élèves de rhéto n'ont pas étudié Jacques Roumain, voire la population. "Gouverneurs de la Rosée" devrait être un signe de réconciliation. Pourquoi on ne projette pas ce film sur les places publiques en août dans le dessein de rendre un dernier hommage à Roumain ? Il avait prêché l'unité à travers Manuel, le Christ haïtien. Honnêtement, on n'a rien fait de valeur pour commémorer les deux centenaires. Chaque groupe a choisi une facette de ces deux écrivains dans le dessein de tirer des profits.
Je lance dès maintenant la première pierre pour l'année 2008. Une année qui devrait être consacrée à Massillon Coicou, le fondateur du théâtre haïtien. Enfin, tout Haïtien doué doit se questionner dans la suite pour prendre une décision. Je termine par cette fameuse citation de Jacques Stephen Alexis : « Un peuple qui vient de produire ces deux grands écrivains ne peut pas mourir ».
Bibliothèque Frédéric Marcelin
Route nationale # 1,
29 carrefour Shada
Tel : 409-6626
Mégie Carlo, avocat
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=47499&PubDate=2007-09-04
Le festival de films haïtiens fait place au drame des braceros
Ce film met en relief la réalité à laquelle sont confrontés les Haïtiens qui travaillent dans l´industrie de la canne à sucre en République dominicaine et met surtout l'accent sur les conditions de vie des enfants. La réalisatrice a reçu des menaces de mort des magnats de l´industrie du sucre, ont aussi indiqué les organisateurs du festival, qui précisent que le film a déjà suscité des réactions hostiles chez les autorités dominicaines. La soirée d'ouverture, prévue pour le 19 septembre prochain, se déroulera a la salle Mirella et Lino Saputo du centre Leonardo Da Vinci à partir de 19h. Quant au film « Le chauffeur », qui sera projeté en grande première en présence de son réalisateur Jean-Claude Bourjolly qui est aussi celui de Sonson, il clôturera le festival le 23 septembre. Très attendu et tourné entièrement en Haïti, ce long métrage se résume en une histoire d'amour impossible, de disparition et de complot, bref, un drame social. La soirée de clôture sera précédée de la cérémonie de remise de prix toujours à la salle Mirella et Lino Saputo du Centre Léonardo Da Vinci, à 20h. Les organisateurs ont aussi rappelé que la programmation officielle du 3e FIFHM sera dévoilée lors d'une conférence de presse le 11 septembre 2007 à la salle de projection ONF. HPN
Comparution de quelques bandits impliqués dans le sabotage des stations de radio
La présidente de l’ANMH et directrice de radio Signal FM, Anne Marie Issa, et le directeur de radio Antilles internationales, Jacques Sampeur, présents au tribunal, mardi dernier ont dénoncé un imbroglio judiciaire autour de ce dossier qui devrait être au cabinet d’instruction.
Selon Anne Marie Issa les directeurs de media ont été appelés en tant que témoins alors qu’ils sont des plaignants et qu’ils n’avaient mis en cause aucun individu mais l’état haïtien.
Mardi dernier, une première audience a été reportée, bizarrement en raison du refus d’un des quatre accusés, incarcéré au pénitencier national, de se présenter par devant le juge. " A notre grande surprise le juge a renvoyé l’affaire tout en indiquant que l’audience aura lieu si le détenu accepte de se présenter", soutient M. Sampeur.
Les directeurs de media, présents au palais de justice, affirment avoir été l’objet de menaces de la part des partisans des 3 accusés, originaires de Grand Ravine à Martissant. " Mon avocat m’a dit qu’il se pourrait que ces individus appréhendés pour des actes de kidnapping soient également impliqués dans le sabotage des installations des stations de radio", explique Anne Marie Issa.
Les responsables de l’Association Nationale des Media Haïtiens (ANMH) dénoncent le mauvais fonctionnement de l’appareil judiciaire, précisant que le juge instructeur en charge du dossier s’était dessaisi quelques mois plus tôt.Dans le cadre de l’instruction de l’affaire, des ingénieurs et des directeurs de media avaient été auditionnés par le premier juge instructeur, révèle Anne Marie Issa qui ne comprend pas l’intervention d’un autre juge." Nous avons intenté une action en justice contre l’état haïtien qui doit protéger les biens ", soutient Mme Issa qui entend répondre aux convocations de l’appareil judiciaire.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.phtml?id=13003
L’Ofnac enquête sur l’atterrissage forcé d’un appareil de Caribinter
L’appareil un Cesena Caravan 208 B d’une capacité de 13 places assure régulièrement la liaison entre la capitale et Cap Haïtien deuxième ville du pays.Le pilote a choisi de poser l’appareil sur un terrain vague de la commune de Croix-des-bouquets, afin de limiter au maximum les risques pour les passagers soutient M. Pressoir précisant que les 7 personnes qui se trouvaient à bord de l’appareil en sont sortis indemnes.
Interrogé sur les possibilités du pilote en cas de panne, M. Pressoir explique que le pilote a des options mais il doit faire un choix en une fraction de seconde. " Il y a eu quelque chose qui a contraint le pilote non seulement à faire demi-tour mais aussi à réaliser un atterrissage d’urgence", martèle t-il.En ce qui a trait aux garanties de sécurité, le responsable des relations publiques de la Caribinter assure que toutes les normes de sécurité sont remplies et respectées. " Les accidents, il y a toujours une chance qu’ils arrivent, l’essentiel est de tout faire pour que les conséquences soient le moins grave possible, en la circonstance l’essentiel a été préservé puisqu’il n’y a pas eu de blessés", ajoute t-il.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.phtml?id=13002
Débat autour des prochaines élections sénatoriales
En réaction le secrétaire général du Conseil Electoral Provisoire, Rosemond Pradel, affirme qu’il revient à l’exécutif de donner le feu vert pour lancer le processus des élections indirectes. " Nous espérons que le parlement et l’exécutif trouveront un accord relatif à un cadre légal pour les collectivités territoriales", explique t-il. Toutefois M. Pradel assure que le CEP s’est évertué à préparer un calendrier d’activités et un budget pour la réalisation de ces élections.
De son coté, le président de la Fusion des socio démocrates, Victor Benoît, entend faire une distinction entre l’organisation des sénatoriales et la mise sur pied d’un conseil Electoral Permanent. M. Benoît croit qu’ il est urgent de lancer le processus des élections indirectes mais souligne que les sénatoriales doivent être organisées avec ou sans un Conseil Electoral Permanent. Le chef de file de la Fusion, qui compte le plus grand nombre d’élus a l’échelle national, n’ aucune objection pour que le Cep actuel organise les prochaines joutes. Toutefois il estime que le gouvernement doit prendre toutes les dispositions en vue de favoriser la tenue des élections indirectes.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.phtml?id=13001
La rivière, un simple spectateur
La charmante et paisible petite ville de Cavaillon a accueilli, du 31 août au 2 septembre 2007, la troisième édition du festival de la rivière. En dépit de l'absence, cette année, de plusieurs ténors de la musique haïtienne, des milliers de festivaliers se sont, le temps d'un week-end, gavés de plaisir au bord de la rivière de cavaillon.Vendredi 31 août 2007, 7 h PM. Les rues adoquinées, propres et ordinairement paisibles de Cavaillon fourmillent de gens. Venus des 5 sections communales et des communes avoisinantes dont Aquin, Saint-Louis du Sud, Cayes voire de Port-au-Prince, tous ont convergé comme des pèlerins vers Martineau, le site où se tient la 3e édition du festival de la rivière. Monté sur un podium et bénéficiant d'une sonorisation signés Musique des Antilles de Jean Claude Verdier, un fils de Cavaillon, DJ Lambada, également originaire de la commune, a fait danser une foule compacte.
Malheureusement, Cavaillon ne dispose pas de structures hôtelières pour accueillir des touristes. Ce que déplore Adeline. « J'ai des amis de Port-au-Prince qui aimeraient participer au festival, mais ils n'y a pas de chambres d'hôtel », s'est-elle plainte.La rivière : absente des festivités
Le dimanche 2 septembre, le groupe Kampèch a électrisé la foule avec ses tubes. Le groupe Mass Konpa qui devait performer par la suite aux environs de 2 heures du matin n'a pas pu le faire en raison d'un incident survenu sur le podium. Ce qui a malheureusement mis fin au festival.
Adeline déplore surtout le fait que la rivière ne soit pas associée à aucune activité au cours de ce festival. « C'est la fête de la Rivière de Cavaillon. C'est bien d'avoir la prestation de groupes musicaux au bord de la rivière, mais les organisateurs auraient pu mettre sur pied des activités pour que la rivière ait une présence beaucoup plus active comme ce fut le cas lors des deux premières éditions », a-t-elle ajouté.
Idée que partage la ministre à la Condition féminine et aux Droits de la Femme (MCFDF), Mme Marie Laurence Jocelyn Lassègue. « Je crois que Cavaillon à intérêt à s'inspirer du festival de la mer de la ville des Cayes, avec des concours de "bwafouye", de natation.
Il faut que la rivière ait une présence beaucoup plus réelle, beaucoup plus active, il faut qu'on voie des activités sur cette rivière », a-t-elle souligné.Elle dit souhaiter qu'une date définitive soit arrêtée pour ce festival. Elle a émis le voeu qu'il soit organisé en décembre afin qu'il ne coïncide pas avec les patronales et la saison cyclonique.
Lancé en 2005, le festival de la rivière de Cavaillon s'est taillé une place dans les festivités marquant le département du sud. Cette troisième édition a été patronnée par le ministère de la Culture, la compagnie aérienne Tortug-Air, Caribbean T-shirt et la mairie de Cavaillon.
Alain Gaillard
gtilain@yahoo.fr
Branchée sur le réseau électrique de la ville des Cayes, Cavaillon reçoit 6 à 8 heures de courant par jour.
Bassin Bleu, la lutte pour la survie
Bassin-Bleu, cette ville du Nord-Ouest au nom exotique, n'est plus ce qu'elle était dans un passé pas trop lointain. Cette agglomération dont la fondation remonte seulement à 1930 est en passe de disparaître après seulement 77 ans d'existence. Les Bassinbléens se battent pour sauver ce qui peut encore l'être. Mais quelles sont leurs chances quand, déjà, l'Etat a jeté l'éponge et abandonné la commune de Bassin-Bleu à son sort ?A Bassin-Bleu, rien ne va plus. Les jeux sont déjà faits. Seuls quelques téméraires croient encore qu'ils sont capables de renverser le cours des choses et faire de leur commune le petit paradis que son nom suggère. Les responsables de la mairie, que nous avons rencontrés, n'ont pas caché que la situation est critique, pas trop loin de la catastrophe, et ce que nous avons pu constater ne fait que confirmer leurs dires.
Etat des lieuxSi les services de l'Etat sont généralement bien mal logées, Le commissariat de police parait, relativement, en bon état même s'il n'y a qu'un inspecteur et cinq policiers pour une population de 46458 habitants. De plus, les forces de police de la commune ne disposent que d'une motocyclette et ne peuvent compter, dans certains cas, que sur la bonne volonté des citoyens possédant un véhicule pour leurs déplacements dans le cadre de leurs services.

A part le football, les jeunes de la région n'ont pour toute distraction qu'une salle de cinéma où ont lieu, de loin en loin, des représentations théâtrales ou artistiques. Le maire principal, Antony Louis, conscient de la situation, est, nous a-t-il confié, en pourparler avec un groupe de Bassinbléens de la diaspora pour la création d'une bibliothèque municipale.
Education
L'école de la première section, par exemple, n'existe plus, de fait. Elle fonctionnait sous le toit d'un péristyle qu'avait généreusement offert, pour un certain temps, son responsable, un certain Josny. Temps qui, semble-t-il, est écoulé. De toute façon, les bancs ne sont plus des bancs et ce qui en reste est inutilisable. L'école de la 3e section fonctionne pratiquement sans toiture. Cette institution n'est d'ailleurs qu'un hangar en ruine divisé en ce qu'on ose péniblement appeler trois salles de classe. Une situation qui ne concerne, en principe, personne sauf les jeunes écoliers qui n'auront pas d'autre choix, cette année, que de s'adonner à la délinquance. Une façon comme une autre de se créer des activités.

Cette situation nous pousse à nous questionner sur la structure que devrait avoir une école communale. Quid de cette école communale ? n'exige-t-elle pas la mise en place, outre des salles de classe en nombre suffisant, d'espace de récréation, d'apprentissage artistique et sportif ? N'est-t-il pas obligatoire d'ouvrir à ces enfants, défavorisés à tous les niveaux, l'accès aux services d'un psychologue, d'un moniteur sportif, d'un instructeur artistique ? Pourquoi n'ont-ils pas accès à ce à quoi ils ont droit ? Si pour cela il suffit de couper les frais de service de certains « antyoutyout » qui ne font qu'embarrasser le pays par leur bêtise et leur inadéquation, pourquoi ne pas le faire? Si les communautés sont en train de prouver qu'ils peuvent prendre en charge leurs problèmes, à quoi donc servent tous ces élus qui ne font que remplir leurs poches ? Dieu nous épargne leurs services, vu leurs coûts prohibitifs !
Le lycée Jacques Stephen Alexis a le privilège d'être logé dans un local assez spacieux en béton armé, de construction récente, dans un immense espace sain et boisé. Malheureusement, à Bassin-Bleu, rien n'est parfait. La cour du lycée est laissée à l'abandon et les mauvaises herbes l'ont envahie. Par contre, la propriété est assez grande pour recevoir une bibliothèque, des terrains de jeu, une autre école fondamentale... On peut toujours rêver !Il n'existe, par ailleurs, aucune vraie école professionnelle, simplement des « degaje pa peche » qui essaient, tant bien que mal, de combler un vide inadmissible dans une commune qui compte plus de quarante mille âmes.
Santé
Pendant que le ministère ne gère, selon les dires des gestionnaires actuels, que la nomination et le salaire des médecins residents (2) nommés à Bassin-Bleu, « Tachka » s'occuppe de la gestion de l'hôpital, de son entretien, de l'approvisionnement de la pharmacie, de l'entretien du matériel, du payroll du personnel médical et administratif.

Patrice-Manuel Lerebours
Educateurs, parents, élèves aux abois

A l'avenue Christophe, zone ordinairement très fréquentée par les écoliers, aucun indice de rentrée officielle des classes n'a été pratiquement observé. Ni élèves en uniformes munis de sacs d'écoliers, ni enseignants en costume ou munis de cravates d'occasion. C'était l'absence totale ou presque. Car l'Institution du Sacré-Coeur a bel et bien fonctionné. Avec tout son effectif. Fermées généralement à la presse, les révérendes soeurs se sont refusées à toute rencontre. Raison évoquée: c'est la rentrée scolaire. Les activités administratives sont nombreuses...
Un peu plus loin, soit à la rue Lamarre, le légendaire Petit Séminaire Collège Saint-Martial (PSCSM) a également fonctionné. «Vêtus de leur uniforme, les élèves se sont présentés en grand nombre», a indiqué un responsable sous couvert de l'anonymat.

«Malgré la subvention directe annoncée par le gouvernement, l'année scolaire de mes deux enfants est presque hypothéquée. Faute d'argent. Je n'ai pas encore versé un seul sou pour leur scolarité qui a doublé presque de moitié», se plaint un parent venant de faire la queue à la Primature qui se propose d'accompagner les familles dans le cadre de la rentrée scolaire. jusqu'à huit mille (8000) personnes, pour le département de l'Ouest, recevront chacune une enveloppe de sept mille (7.000.00) gourdes dans le cadre de ce programme qui devra s'étendre sous peu dans les villes de province.
Le MENFP n'a pas les moyens de sa politique«Nous n'avons pas malheureusement les moyens de notre politique : le budget 2006-2007 avait proposé huit (8) milliards de gourdes. Nous n'avons pu obtenir que moins de cinq (5) milliards», explique le ministre de l'Éducation Gabriel Bien-Aimé qui avoue qu'il a des difficultés à exécuter ce qu'il avait planifié à son échelle.
Toutefois, pour la rentrée scolaire 2007-2008, M. Bien-Aimé se félicite, grâce à OIF, UNICEF, CHF, d'avoir réhabilité plus de deux cents (200) écoles à travers le pays. «C'est un vaste chantier dans lequel nous nous sommes engagés, en plus des 360 établissements réhabilités dans le cadre du PARQE et des 304 salles de classes aménagées dans le cadre du Projet d'Education de Base (PEB)», indique le titulaire du MENFP qui fait état de vingt (20) écoles sur vingt-sept (27) réhabilitées dans le département de l'Ouest.
A propos de l'état lamentable dans lequel se trouvent des établissements scolaires, au seuil de la rentrée scolaire, Gabriel Bien-Aimé fait remarquer que c'est un «héritage». Et que cela est dû à l'irresponsabilité de certains directeurs d'écoles dans la gestion des infrastructures scolaires. «La question est globale : l'Etat ne représente que 10% dans le parc scolaire. Un couteau dans la plaie : l'ouragan Dean a détruit complètement sept (7) écoles et soixante-treize (73) autres ont été endommagées», se plaint-il en précisant avoir besoin de 75 milliards de gourdes pour faire face à cette nouvelle situation qui s'ajoute à la planification à moyen, à court et à long terme qu'il avait faite bien avant le passage de Dean, et qui était estimée à un milliard soixante-dix millions de gourdes.
«Nous sommes en train de renforcer la direction du génie scolaire en termes de ressources humaines, d'appui technique et logistique pour que suivi soit effectué dans le dossier de réhabilitation des infrastructures scolaires», assure M. Bien-Aimé qui dit prévoir une enveloppe de cent millions de goures pour des interventions urgentes au niveau des infrastructures scolaires ciblées. Mais, ajoute-t-il, des mesures ont été adoptées pour responsabiliser les chefs d'établissements scolaires à travers le pays.
Eux qui ont pour tâche d'accompagner l'Etat dans leurs efforts d'entretien. Pour des questions cohérentes à des questions pertinentes«Les parents, dans leur grande majorité, n'ont pas d'argent pour envoyer leurs enfants dans les écoles privées où les frais augmentent de plus en plus», dénonce le secrétaire général de l'Union des Normaliens Haïtiens (UNNOH), Josué Mérilien. Il s'exprimait ce lundi au cours d'une conférence de presse à l'Ecole Normale Supérieure.
Réagissant au discours du ministre Bien-Aimé qui n'apporte pas, selon lui, de réponses cohérentes à des questions pertinentes portant sur l'école haïtienne, M. Mérilien dit s'étonner que les prix augmentent dans les écoles et que le titulaire du MENFP n'en dit mot.
La question des arriérés de salaire des enseignants, le faible pourcentage alloué à l'éducation au budget rectificatif national, les 70% des candidats ayant échoué aux examens du Bac, l'état physique de certaines écoles... autant de dossiers qui intéressent l'UNNOH qui propose un débat public et national sur l'éducation dans le cadre de la rentrée scolaire 2007-2008.
HAÏTI-PROVINCE: Anse à Galets, bientôt électrifié
En effet, selon le vice délégué de la ville, Espère Fénault, les techniciens de l’électricité d’Haïti (EDH) travaillent jour et nuit pour pouvoir mener ce projet à terme. Ainsi, de nombreux poteaux, des câbles conducteurs, des transformateurs, entre autres, sont installés un peu partout à travers la commune.
Par ailleurs, les habitants de la commune témoignent que le rétablissement du courant électrique dans la commune reste une grande satisfaction et marque une étape dans le processus de développement de l’île de la Gonâve.
« Quelques jours plutôt, une bougie a incendié tous les vêtements des enfants dans un orphelinat. Si la zone était électrifiée, on n’aurait pas connu de tels problèmes » relate Soliette Mius, responsable de l’orphelinat.
Entre temps, pour subvenir à leur besoin en énergies, les riverains nantis utilisent des panneaux solaires, des batteries rechargeables ou une génératrice alors que les moins aisés en sont réduits à utiliser des lampes à kérosène ou des bougies. En plus du problème d’électricité, la commune connaît un déficit d’infrastructures considérable. Les tronçons de routes reliant les communes aux sections communales sont rocailleux, l’accès à la santé est très difficile, seulement deux centres de santé fonctionnent dans la commune, selon les habitants.
Source : HPN
lundi 3 septembre 2007http://www.lematinhaiti.com/PageArticle.asp?ArticleID=8195