Une fenêtre ouverte sur Haïti, le pays qui défie le monde et ses valeurs, anti-nation qui fait de la résistance et pousse les limites de la résilience. Nous incitons au débat conceptualisant Haïti dans une conjoncture mondiale difficile. Haïti, le défi, existe encore malgré tout : choléra, leaders incapables et malhonnêtes, territoires perdus gangstérisés . Pour bien agir il faut mieux comprendre: "Que tout ce qui s'écrit poursuive son chemin, va , va là ou le vent te pousse (Dr Jolivert)
lundi 22 octobre 2012
Haïti: un trésor sous les ruines?
Publié le 21 octobre 2012 à 06h00
Hugo Fontaine
La Presse
L'économie d'Haïti est exsangue et l'État est sans le sou. Le tremblement de terre n'a qu'accentué le malheur. C'est à se demander comment Haïti pourra s'en sortir. Dans la même île, la République dominicaine connaît une forte croissance et peut compter sur de riches gisements d'or et de nickel. Mais la minéralisation ne connaît pas les frontières. Y aurait-il sous les ruines d'Haïti un trésor qui permettrait aux Haïtiens d'espérer?
Ca sent l'huile et le bruit est assourdissant. Sept hommes - un Dominicain et six Haïtiens - surveillent la machine jaune dont l'extrémité filiforme s'élève 2 ou 3 mètres au-dessus de leurs têtes et dont la mèche ronge le sol, 400 mètres sous leurs pieds. Dès qu'elle complète une section, l'équipe s'affaire à remonter la carotte de roches, sans perdre une minute, afin de pouvoir rapidement continuer de forer.
Le Montréalais d'origine Daniel Hachey, avec son casque en forme de chapeau de cow-boy, et le consultant géologue Dale Schultz, avec son casque orné de feuilles d'érable, surveillent de près le travail de leurs hommes. Les deux jettent un oeil attentif aux carottes, tentant d'y découvrir des traces du minerai recherché, contenant du cuivre et de l'or.
À cette petite foreuse portative cachée dans les collines du massif du Nord, en Haïti, sont associées des espérances énormes, qui dépassent le seul cadre minier. Les deux hommes espèrent être en mesure de publier sous peu le premier calcul de ressources d'un indice minéralisé appelé Douvray, qui fait partie d'une vaste propriété de 50 kilomètres carrés appartenant à la Société minière du Nord-Est haïtien (SOMINE). La petite société canadienne Ressources Majescor, dont Daniel Hachey est président et chef de la direction, contrôle plus de 70% de la SOMINE. À long terme, l'objectif est bien sûr d'ouvrir une mine, puis de participer à la relance d'un pays dont l'économie est dans un état de délabrement complet.
En Haïti, plus des deux tiers de la force de travail n'a pas d'emploi formel. Plus de 80% des gens vivent sous le seuil de la pauvreté, la moitié est analphabète. La corruption est un fléau. L'État est incapable de financer ses activités. Le pays n'arrive pas à créer de la richesse. «Tout laisse croire qu'il n'y a aucun avenir», résumait le scientifique américain Jared Diamond dans son ouvrage Effondrement, en 2005.
De l'autre côté d'Hispaniola, l'île dont Haïti occupe la partie occidentale, la République dominicaine offre un frappant contraste. Depuis 10 ans, le pays connaît l'une des croissances économiques les plus fortes des Caraïbes et de l'Amérique latine. Le secteur minier y contribue avec de riches mines d'or, de nickel et de cuivre qui garnissent les coffres de l'État.
En Haïti, rien ou presque. L'industrie minière se résume à quelques carrières de sable et de pierre. Mais la structure géologique qui accueille les mines dominicaines se prolonge dans le nord d'Haïti. «La minéralisation ne s'arrête pas à la frontière», croit Daniel Hachey. Comme en République dominicaine, Haïti peut-il rêver à un trésor souterrain?
Dans les montagnes du Nord
Le camp de SOMINE est à Roche-Plate, à 35 kilomètres de Cap-Haïtien, deuxième ville en importance d'Haïti. Après avoir traversé une rivière à gué, on y arrive par une petite route de campagne sinueuse et vallonneuse où vivent plusieurs Haïtiens dans des habitations rudimentaires. Le camp, seule empreinte de modernité dans ce territoire paysan où on vit du seul travail de ses mains et de quelques animaux, est clôturé et bien protégé.
Au moment de notre passage, en mai, une équipe s'affaire à assembler une nouvelle foreuse. L'autre foreuse, plus petite, est déjà en activité, plus haut dans la montagne.
Ce n'est pas la première fois que les Haïtiens du coin voient arriver des équipes d'exploration minière. Le camp avait déjà été utilisé au tournant des années 2000 par une autre société minière canadienne, Ressources Sainte-Geneviève. Des spécialistes de l'Organisation des Nations unies avaient aussi travaillé sur la propriété - et identifié son potentiel - dans les années 70. Majescor et SOMINE doivent reprendre le travail pour prouver que le gisement remplit ses promesses.
Niché sur une crête, à 230 mètres d'altitude, Jean-Carlo, 23 ans, est assis près d'un petit bassin d'eau circulaire. L'eau pompée plus bas y est emmagasinée avant de monter plus loin dans la colline pour alimenter la foreuse qui boit 200 gallons d'eau par jour - il faut neutraliser la chaleur causée par la friction.
Chaque jour, cet employé de SOMINE doit marcher une heure pour venir à son travail, qui consiste à surveiller ce bassin pendant 12 heures, avant de retourner à la maison où sa femme l'attend. Tout cela au salaire minimum de 200 gourdes par jour, l'équivalent de 5$US. «C'est mieux que de rester à ne rien faire, dit-il en fixant des yeux la brindille qu'il tourne entre ses doigts. Il n'y a pas d'autre travail dans le coin », dit le timide jeune homme.
Derrière lui, du côté ouest de la crête, il voit les sommets du massif du Nord, principal ensemble montagneux du pays. Dans ce massif travaille aussi, outre SOMINE, la société américaine Newmont, deuxième producteur mondial d'or, qui a dépensé plus de 20 millions US sur des propriétés qu'elle détient en partenariat avec la junior Eurasian Minerals.
Au loin, on aperçoit Cap-Haïtien. La ville n'a pas été affligée par le tremblement de terre et se porte mieux que Port-au-Prince. Mais son économie est trop rudimentaire pour soutenir l'afflux de réfugiés venus de la capitale. L'économie de la région se résume à l'agriculture de subsistance et au petit commerce de rue où on propose des babioles ramassées à la frontière dominicaine (paquets de gomme, parfums génériques, vêtements) ou à peu près tout ce qui peut se trouver et se vendre (pièces d'autos usagées, bidons d'essence, etc.). Il n'y a pas de réelle industrie dans la région, sauf la distillerie La Rue. Le long des routes, les édifices de maçonnerie jamais achevés sont légion.
Le patron de Majescor, Daniel Hachey, est convaincu que l'industrie minière peut apporter des bénéfices à Haïti. Son seul projet donne des emplois à plus d'une centaine d'Haïtiens, dont des géologues qui gagnent de 600 à 800$US par mois. Au-delà des emplois, les mines pourraient générer des revenus pour l'État et entraîner une amélioration des infrastructures.
Encore faut-il des gisements à exploiter. Il n'y a plus de mine de métaux en Haïti depuis que Reynolds a fermé sa mine de bauxite en 1982. Avant cela, seule une petite exploitation de cuivre avait vécu, entre 1960 et 1971.
De son point de vue, près du bassin d'eau, Jean-Carlo tourne les yeux du côté est de la crête et voit s'étendre des plaines, la mer, et, pas tellement loin, les terres de la République dominicaine. La Dominicanie, comme disent les Haïtiens. Un pays qui a trouvé, lui, le chemin de la croissance.
L'or de la Dominicanie
Pueblo Viejo, République dominicaine, à une heure de route au nord de Santo Domingo. Près de l'entrée de la mine, six jeunes se tiennent sur le bord de la route et arrêtent tous les véhicules, plats de plastique à la main. Ils offrent des gâteaux au maïs faits maison.Business is booming, dit une des membres de l'équipe. «On essaie de tirer profit de l'arrivée de la mine», ajoute-t-elle en espagnol.
Il est 17 h, le vendredi. Les milliers de travailleurs se massent à la sortie où les attendent des dizaines d'autobus. Ils ont droit à un repos mérité. Ils sont en train de concrétiser le plus important investissement privé de l'histoire de la République dominicaine.
Derrière eux, au milieu des montagnes, s'élève un gigantesque complexe industriel s'étendant sur neuf kilomètres carrés. D'immenses pelles mécaniques arrachent des tonnes de pierre à la montagne. Comme des fourmis au travail, les énormes camions-bennes qu'on aperçoit au loin transportent le calcaire dans un ballet bien coordonné.
À quelques pas de là, les équipes s'affairent à terminer tous les bâtiments d'une usine qui traitera chaque jour 24 000 tonnes de minerai et 12 000 tonnes de calcaire. Le processus chimique est extrêmement complexe. Il s'écoulera trois semaines avant que chaque tonne de minerai qui entre dans l'usine ne se transforme en trois petits grammes d'or à la sortie.
Barrick Gold a fait démarrer à l'été cette mine d'or à ciel ouvert qui deviendra l'une des 10 plus importantes de la planète en termes de production: environ 1 million d'onces par année. Le coût du projet est faramineux: 3,8 milliards, un investissement que le numéro un mondial Barrick partage avec un autre géant aurifère canadien, Goldcorp, qui détient 40% du projet.
Barrick et Goldcorp misent sur des réserves de 23,7 millions d'onces d'or, qui valent quelque 40 milliards aux cours actuels.
La mise en production de Pueblo Viejo n'est que la démonstration la plus visible de l'intérêt du monde minier pour la République dominicaine. L'exploration y connaît un véritable boom, mené en cela par des sociétés canadiennes comme Unigold, Goldquest ou Everton. Les investissements miniers, à peu près nuls à la fin des années 90, ont redémarré en 2001 pour compter plus de 2,7 milliards au cours des 10 dernières années, contre 2 milliards pour le tourisme.
Pueblo Viejo consacre aussi le relatif succès économique de la République dominicaine, qui a réussi à trouver la voie du développement. Haïti a de quoi être jaloux. Il a déjà été une nation plus puissante que son voisin hispanophone, au XIXe siècle. Dans les années 30, l'économie dominicaine et le niveau de richesse de ses habitants étaient égaux à ceux d'Haïti, raconte André Corten, professeur à l'UQAM et auteur du livre L'État faible, qui porte sur les deux pays. La comparaison ne tient plus aujourd'hui.
Pour une population semblable, le PIB dominicain est presque huit fois plus important que celui d'Haïti. Le taux de pauvreté est deux fois moins grand. La République dominicaine n'est pas très bien classée au chapitre de l'Indice de développement humain (98e sur 187 pays). Elle peut toutefois se consoler en regardant Haïti (158e) qui, parmi tous les pays non africains, ne devance que l'Afghanistan.
Pour expliquer cette disparité, on peut invoquer la déforestation massive qui a ravagé le pays francophone. Mais il y a aussi qu'en Haïti, remarque André Corten, la dictature des Duvalier (1957-1986) engrangeait les profits de la production sans réinvestir ni se soucier de modernisation et de développement industriel.
À l'est, le dictateur Rafael Trujillo (1930-1961) a accaparé toute l'économie avec ses entreprises personnelles, mais «le capital d'État a représenté un socle pour le développement économique, note André Corten. Il s'est créé une élite entrepreneuriale qui connaissait le fonctionnement des entreprises».
Pour Eduardo Garcia Michel, économiste dominicain et membre du conseil de politique monétaire du pays, plusieurs facteurs ont favorisé la République dominicaine: un renforcement institutionnel, un accent sur l'éducation, et un effort manifeste pour quitter le sous-développement. L'industrie minière a contribué en générant un important apport de devises étrangères, note M. Garcia Michel, par ailleurs ancien conseiller économique du gouvernement.
En 2011, le PIB dominicain a grimpé de 4,5%, surtout grâce à Pueblo Viejo. «Pour attirer des investissements de plusieurs milliards comme celui de Barrick, il faut montrer que le pays a une stabilité, une continuité institutionnelle et un niveau important de garanties juridiques», affirme le ministre de l'Industrie et du Commerce, Manuel Garcia Arevalo, qui reçoit La Presse Affaires dans son bureau de Santo Domingo (M. Arevalo a été remplacé en août après l'arrivée d'un nouveau président).
Outre Pueblo Viejo, deux autres mines sont en exploitation dans le pays: la mine de ferronickel Falcondo, appartenant à Xstrata mais lancée par la canadienne Falconbridge en 1971. La société australienne Perylia, contrôlée par des intérêts chinois, exploite Cerro de Maimon, une mine de moindre envergure qui produit du cuivre et de l'or.
Quand les trois mines fonctionneront à plein rendement, elles fourniront de 5 à 7% du produit intérieur brut dominicain, contre 0,4% en 2011, souligne le ministre Arevalo.
La République dominicaine compte bien en retirer des bénéfices. Le printemps dernier, vers la fin de la construction, Barrick employait près de 10 000 personnes, dont au moins 80% de Dominicains, comme l'exige l'État. En production, la mine compte 1500 employés.
Surtout, l'État dominicain prévoit retirer environ 7 milliards sur 25 ans en impôts et redevances de Barrick Gold, si le prix de l'or se maintient autour de 1400$ US. Après une relance en 2011, la mine de nickel Falcondo devrait à terme verser de 180 à 200 millions annuellement, selon un porte-parole de la mine. L'État reverse une part des bénéfices aux communautés directement touchées par les projets, sans compter les initiatives de Barrick et Falcondo dans le développement communautaire de la région où sont situées les trois mines du pays.
«Je ne dirais pas que la population a accueilli Barrick à bras ouverts», concède toutefois Octavio Lopez, à la tête de la Direction générale des mines. Il subsiste une certaine méfiance dans la population face à l'industrie minière, responsable du désastre de la Rosario Dominicana sur ce même site de Pueblo Viejo (voir encadré).
Pour l'environnementaliste Luis Carvajal, de l'Université autonome de Santo Domingo et de l'Académie nationale des sciences, l'État accorde des concessions aux sociétés minières dans des zones écologiques trop sensibles pour les accueillir, et le développement minier se fait au détriment de la population.
Une courte visite dans une communauté pauvre forcée au déménagement en raison de la construction de la mine de Barrick a permis de constater le désarroi de familles déracinées. En septembre, une manifestation d'habitants de la région, qui affirmaient que Barrick n'embauchait pas assez de travailleurs locaux, a viré à l'affrontement avec les policiers. Il y a eu 25 blessés.
M. Carvajal dénonce aussi le contrat controversé que l'État dominicain a signé avec Barrick, et qui établit le partage des revenus de la mine. Le contrat prévoit que l'État ne retirera pas son maximum de redevances avant que les investisseurs aient fait leurs frais, c'est-à-dire dans environ quatre ans.
Celui qui a présidé aux destinées du projet Pueblo Viejo jusqu'en septembre, Manuel Bonilla, assure que la mine et les initiatives communautaires de l'entreprise auront des impacts positifs et concrets pour la population. «On ne peut pas avoir la plus grande mine du pays, la plus grande source de revenus du gouvernement, et que ça ne change rien à la pauvreté autour, soutient-il. Ça ne fonctionnerait pas.»
Malgré la croissance économique dominicaine, les besoins de la population sont encore criants. À côté d'un métro tout neuf dont la première ligne a coûté 700 millions US, l'extrême pauvreté subsiste dans la capitale et dans les campagnes. Le pays reste parmi les plus pauvres d'Amérique latine. André Corten constate encore une «dégradation de la population» chez ce «dragon latino-américain», où les bas salaires sont encore la norme.
L'industrie minière n'est pas la panacée qui assure à elle seule le développement d'un pays, explique l'économiste Eduardo Garcia Michel. «Les mines ne génèrent pas autant d'emplois que certains l'espéraient, observe-t-il. La contribution passe par l'entrée de devises étrangères. Pour prendre avantage de cela, il faut investir les revenus pour le développement du pays.
«Tout dépend de la manière dont l'État gère l'argent qu'il recevra des mines, poursuit l'économiste. S'il le fait bien, la nation va en bénéficier.»
Une nouvelle attitude pour Haïti
La même question se pose en Haïti. Noël Paulince, croisé à un carrefour routier de Caracol, dans le nord du pays, a entendu parler d'éventuelles mines dans sa région. Au-delà des emplois - lui-même veut savoir comment travailler au camp de SOMINE -, il se demande ce que la population va en retirer. Mais cette interrogation a un préalable: peut-il y avoir un développement minier en Haïti?
On accède au Bureau des mines et de l'énergie, dans le quartier Delmas 31 de Port-au-Prince, par une rue de gravier cahoteuse, à peu près impraticable autrement qu'en véhicule utilitaire sport. Entre les deux trop grands bâtiments de l'organisme s'alignent des tentes fabriquées avec des bâches marquées du sceau de l'US Aid, l'organisation américaine d'aide humanitaire. Ils sont plusieurs centaines à vivre dans ce camp de réfugiés, dans la cour du Bureau des mines, plus de deux ans après le séisme qui a ravagé la capitale. Cela ne fait que rappeler l'ampleur des défis d'Ayiti, comme on écrit son nom en créole.
Le Bureau, dont le mandat est à la fois de promouvoir le développement des ressources, accorder les permis, négocier les ententes et contrôler les activités, a été laissé à lui-même dans les dernières années. Il manque de ressources humaines et financières, et le laboratoire d'analyse ne fonctionne plus, faute de moyens. Toutes les procédures se font très lentement, a-t-on entendu des sociétés minières.
«Il n'y avait pas de politique minière, nous n'étions pas appuyés par les gouvernements», déplore le directeur général Dieuseul Anglade. Mais cela pourrait changer, croit-il. La politique du président Martelly est très ouverte aux affaires et aux investissements étrangers. «On sent un certain intérêt pour le développement minier.»
Le Club de Madrid, un regroupement d'anciens chefs d'État qui compte parmi ses membres Jean Chrétien et Bill Clinton, a désigné le secteur minier parmi les secteurs porteurs pour l'avenir d'Haïti. Les mines pourraient représenter beaucoup pour ce pays dont les revenus budgétaires dépasseront à peine 2 milliards en 2012-2013, dont la moitié en aide internationale.
Il reste toute une pente à remonter pour rejoindre la République dominicaine. Depuis des décennies, les sociétés minières et leurs actionnaires sont bien hésitants à investir en Haïti en raison de l'instabilité politique et de la faiblesse du cadre réglementaire et légal.
La loi minière est vétuste et mal adaptée. «Il existe des dispositions trop contraignantes pour les entreprises», note Dieuseul Anglade. «La plus flagrante» est cette obligation pour l'entreprise de négocier avec l'État une convention minière qui dictera les conditions d'exploitation et de partage de bénéfices, avant même l'obtention d'un permis pour effectuer les forages. «Cela consiste à signer un contrat d'exploitation d'une ressource que vous ne connaissez même pas», illustre M. Anglade, qui a été remplacé après le changement de gouvernement, en mai dernier. La SOMINE dispose déjà d'une telle convention, qui prévoit que l'État récoltera la moitié des profits, tandis que Newmont fore en vertu d'une dérogation spéciale.
Un rapport de 1996 préparé pour le ministère de l'Environnement notait toutefois que l'État haïtien manquait d'autorité et d'un cadre institutionnel fort pour négocier avec les minières et faire respecter les lois. Les mines du passé (bauxite et cuivre) n'ont pas rapporté à l'État ce qu'elles auraient dû - l'économiste Fred Doura parle de «pillage» dans son ouvrage Économie d'Haïti. Le même constat prévaut aujourd'hui pour les carrières de sable et de pierre, souligne Dieuseul Anglade, si bien qu'il se pourrait que «la nation ne tire aucun profit de ses richesses».
Peu après sa prestation de serment, en mai, le premier ministre haïtien Laurent Lamothe a confirmé que le gouvernement préparait une nouvelle législation minière, qui visera à rendre le pays plus attrayant aux yeux des investisseurs, à assurer que l'État tire sa part des bénéfices et que l'environnement et les droits des habitants soient protégés.
Pendant que Port-au-Prince rebâtit son cadre minier, c'est plein soleil sur le camp de SOMINE/Majescor à Roche-Plate. Le deuxième jour de notre visite, des hommes démontent la nouvelle foreuse et la transportent vers les sommets pour l'assembler de nouveau. À partir des résultats de forages, Majescor espère séduire un acteur important qui pourrait racheter la société et mettre la main sur le projet. On est encore loin d'une mine, peut-être à 7 à 10 ans, selon Daniel Hachey, mais il croit fermement que quelque chose de nouveau s'ouvre pour Haïti.
Au loin, des choeurs de femmes s'élèvent. C'est un chant religieux qui résonne dans la vaste campagne de Roche-Plate, mais on ne peut discerner les mots. On ne serait pas surpris qu'il soit question d'espérance.
***
Barrick, applaudie et critiquée
Des citoyens et des groupes environnementaux n'acceptent pas la présence de Barrick Gold en République dominicaine, mais le gouvernement et une partie des citoyens la saluent. Car la société canadienne vient nettoyer les ravages causés par l'État dominicain lui-même. En 1979, l'État a nationalisé Rosario Dominicana, la société qui exploitait la mine de Pueblo Viejo depuis 1975. Les activités ont cessé en 1999 parce que l'opérateur n'avait plus la technologie pour exploiter de manière rentable le minerai, qui changeait de nature en profondeur.
Or, la Rosario Dominicana a laissé derrière elle un véritable désastre environnemental, notamment la pollution des cours d'eau causée par la génération d'acides provenant de roches exposées à l'air libre. Au début des années 2000, Placer Dome a remporté un appel d'offres lancé par l'État et a signé un contrat pour nettoyer le site et l'exploiter de nouveau avec une technologie plus adaptée. Barrick Gold, qui a racheté Placer Dome en 2006, a demandé à renégocier le contrat dans la foulée de la crise financière, en 2009. «En plein milieu de la crise, il fallait (pour le financement) des garanties sur le retour sur investissement», soutient le président du projet Pueblo Viejo, Manuel Bonilla.
Aujourd'hui, le contrat cause la controverse, même si Barrick paiera la totalité des coûts du nettoyage environnemental. C'est que la formule de redevances a été revue de façon à ce que Barrick récupère la totalité de son investissement avant qu'elle ait à verser le maximum de redevances à l'État. Barrick est aussi exemptée d'une panoplie de taxes, notamment les taxes municipales.
L'économiste Eduardo Garcia Michel n'est pas convaincu des mérites du contrat signé par l'État, mais il se résigne. Le respect des contrats doit primer. «Si le contrat a été mal négocié, il faut en assumer la responsabilité, dit-il. Le contrat doit être respecté, sinon nous perdrons la confiance et le respect.»
http://affaires.lapresse.ca/economie/energie-et-ressources/201210/19/01-4585232-haiti-un-tresor-sous-les-ruines.php
Haïti: à la recherche des touristes perdus
Publié le 22 octobre 2012 à 06h30
Mis à jour à 06h30
Hugo Fontaine, envoyé spécial
La Presse
(Caracol, Haïti) Dans les années 60, la «perle des Antilles» était un lieu prisé des vacanciers, et spécialement des Québécois. C'est tout le contraire aujourd'hui, mais le tourisme pourrait être l'un des ingrédients de la relance d'Haïti.
«Il y a 40 ans, Haïti était LA destination des Caraïbes», rappelle Samuel Pierre, professeur à Polytechnique et président du Groupe de réflexion et d'action pour une Haïti nouvelle (GRAHN). Selon M. Pierre, il y a moyen de ramener les touristes en Haïti non pas en misant sur le tourisme de masse, déjà bien établi dans le pays voisin, mais plutôt sur l'écotourisme ou le tourisme culturel. «Il y a un partenariat possible avec la République dominicaine pour combiner les types de tourisme», note-t-il.
Haïti n'aura pas de cadeau de ses voisins s'il veut reprendre sa place sur l'échiquier touristique. «C'est aux Haïtiens à prendre les moyens pour remettre le tourisme en force, soutient Michel Julien, responsable du comité développement économique du GRAHN. Avec le tourisme, Haïti pourrait très bien s'organiser. Si on avait les capitaux récoltés par la République dominicaine dans le tourisme chaque année, mon dieu, ça irait bien en Haïti!»
Selon M. Julien, le tourisme peut créer des emplois dans toutes les régions. «C'est un secteur qu'on n'aurait pas dû laisser dépérir.»
Il lance un appel aux gens d'ici. «Les Québécois qui vont en Virginie et en Floride gagneraient à aller en Haïti. On parle français, on en a plus pour son dollar, et le paysage est différent.»
http://affaires.lapresse.ca/economie/international/201210/22/01-4585572-haiti-a-la-recherche-des-touristes-perdus.php
Mis à jour à 06h30
Hugo Fontaine, envoyé spécial
La Presse
(Caracol, Haïti) Dans les années 60, la «perle des Antilles» était un lieu prisé des vacanciers, et spécialement des Québécois. C'est tout le contraire aujourd'hui, mais le tourisme pourrait être l'un des ingrédients de la relance d'Haïti.
«Il y a 40 ans, Haïti était LA destination des Caraïbes», rappelle Samuel Pierre, professeur à Polytechnique et président du Groupe de réflexion et d'action pour une Haïti nouvelle (GRAHN). Selon M. Pierre, il y a moyen de ramener les touristes en Haïti non pas en misant sur le tourisme de masse, déjà bien établi dans le pays voisin, mais plutôt sur l'écotourisme ou le tourisme culturel. «Il y a un partenariat possible avec la République dominicaine pour combiner les types de tourisme», note-t-il.
Haïti n'aura pas de cadeau de ses voisins s'il veut reprendre sa place sur l'échiquier touristique. «C'est aux Haïtiens à prendre les moyens pour remettre le tourisme en force, soutient Michel Julien, responsable du comité développement économique du GRAHN. Avec le tourisme, Haïti pourrait très bien s'organiser. Si on avait les capitaux récoltés par la République dominicaine dans le tourisme chaque année, mon dieu, ça irait bien en Haïti!»
Selon M. Julien, le tourisme peut créer des emplois dans toutes les régions. «C'est un secteur qu'on n'aurait pas dû laisser dépérir.»
Il lance un appel aux gens d'ici. «Les Québécois qui vont en Virginie et en Floride gagneraient à aller en Haïti. On parle français, on en a plus pour son dollar, et le paysage est différent.»
http://affaires.lapresse.ca/economie/international/201210/22/01-4585572-haiti-a-la-recherche-des-touristes-perdus.php
Haïti: le retour de l'usine américaine
Publié le 22 octobre 2012 à 06h19
Mis à jour à 06h19
Hugo Fontaine
La Presse
(Caracol, Haïti) Il y a les lointains rêves d'un trésor d'or et de cuivre dans le sous-sol d'Haïti, dont faisait état notre dossier de samedi. Mais à bien plus court terme, la relance économique d'Haïti passe par des secteurs qui y ont déjà été bien plus actifs. À commencer par le manufacturier, pour lequel les Clinton sont en Haïti aujourd'hui.
Pour et contre des zones franches
Mis à jour à 06h19
Hugo Fontaine
La Presse
(Caracol, Haïti) Il y a les lointains rêves d'un trésor d'or et de cuivre dans le sous-sol d'Haïti, dont faisait état notre dossier de samedi. Mais à bien plus court terme, la relance économique d'Haïti passe par des secteurs qui y ont déjà été bien plus actifs. À commencer par le manufacturier, pour lequel les Clinton sont en Haïti aujourd'hui.
Deux véhicules de police sont stationnés sous un arbre, à l'ombre du chaud soleil. Les quatre agents de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti - deux membres du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et deux Américains - discutent en regardant les camions qui soulèvent la poussière en passant la barrière de sécurité. Il ne s'écoule jamais plus que quelques minutes entre les passages des poids lourds qui entrent et ceux qui sortent du site.
Au moment du passage de La Presse Affaires, en mai, on construisait sur ces terres du nord du pays, près de la mer, un autre espoir économique d'Haïti: un grand parc industriel de 250 hectares, supporté par le gouvernement américain, qui permettra la création de plusieurs milliers d'emplois.
Six mois plus tard, c'est aujourd'hui que le gouvernement haïtien inaugure en grande pompe le parc industriel de Caracol, en compagnie de la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton et de l'ex-président Bill Clinton.
D'immenses bâtiments industriels construits sur cette ancienne plantation de sisal accueilleront le fabricant de vêtements coréen Sae-A Trading, qui bénéficiera d'exemptions de droits de douane pour importer les matières premières, et exporter les produits finis sur le territoire américain. Haïti espère que d'autres sociétés suivront les traces de la société coréenne et s'établiront dans cette zone franche, où les entreprises bénéficieront d'exemptions d'impôt de 8 à 15 ans, selon les cas.
Le président Michel Martelly et son gouvernement ont de grands espoirs pour la région du Nord. La République dominicaine a financé la construction d'une toute nouvelle université à Limonade, non loin de Caracol. On a également entrepris la modernisation de l'aéroport de Cap-Haïtien, deuxième ville en importance du pays.
Et il y a ce parc industriel de Caracol. Le gouvernement américain (124 millions) et la Banque interaméricaine de développement (100 millions jusqu'à maintenant) sont les principaux bailleurs de fonds. Sae-A investit quant à elle 78 millions pour l'aménagement de l'usine, de la machinerie et de l'équipement. Le gouvernement haïtien restera propriétaire des lieux.
Sae-A occupera 50 hectares de terrain et entend créer environ 20 000 emplois sur six ans. On en est encore loin - seulement un millier d'emplois pour l'instant - mais le nombre a de quoi faire rêver un pays où les deux tiers des gens n'ont pas d'emploi formel, et une région où l'industrie est presque inexistante. Le nombre total d'emplois dans l'ensemble du parc pourrait éventuellement atteindre 65 000, selon un document officiel d'août 2011.
Le projet, qui comprend une petite centrale électrique et la construction de 5000 logements, fait partie des efforts pour décentraliser le développement économique d'Haïti, longtemps concentré seulement sur Port-au-Prince.
Les zones franches comme celles-là ont contribué au succès de la République dominicaine voisine et pourraient aider à relancer l'emploi en Haïti, où l'industrie du textile a déjà employé 100 000 personnes il y a 20 ans, contre 30 000 aujourd'hui.
«Haïti a des avantages», explique Michel Julien, responsable du comité développement économique au Groupe de réflexion et d'action pour une Haïti nouvelle, établi au Québec. «La main-d'oeuvre est bon marché, c'est une main-d'oeuvre habile qui apprend vite.»
Reste à créer les conditions pour faciliter la venue d'entreprises. Les zones franches en sont une.
Les zones franches opèrent par contre en vase clos et n'ont pas d'impact miraculeux sur l'économie nationale. «On importe la matière première et on la réexporte sans droits de douane, observe André Corten, professeur à l'UQAM. Outre l'emploi et les salaires, l'effet est réduit. Il n'y a pas beaucoup de réinvestissement des entreprises dans l'économie locale.»
«Si rien ne change, peut-être que ça n'apportera pas grand-chose, avertit d'ailleurs le président de la chambre de commerce du Nord, Martin Malherbe David, dans une entrevue avec La Presse Affaires à Cap-Haïtien. On a tenu à cela, mais peut-être qu'on n'en bénéficiera que très peu.»
M. Malherbe David déplore la mainmise des Dominicains sur la construction du parc industriel. Le secrétaire exécutif de la Chambre, Harold Durand, aurait souhaité davantage de mentorat au bénéfice des entrepreneurs locaux.
EN CHIFFRES
90%: Part des exportations haïtiennes liées à l'industrie du vêtement.
83% : Exportations haïtiennes à destination des États-Unis, sur un total de 721 millions US.
38% : Proportion des Haïtiens vivant de l'agriculture, surtout de subsistance.
Source : CIA World Factbook
http://affaires.lapresse.ca/economie/international/201210/22/01-4585569-haiti-le-retour-de-lusine-americaine.phpGabriel de Broglie : reconstruire les bibliothèques en Haïti (2/3)
BIBLIOTHEQUES SANS FRONTIERES, UNE ONG SOUTENUE PAR LA FONDATION LOUIS D. DE L’INSTITUT DE FRANCE
Le chancelier de l’Institut de France, Gabriel de Broglie, en compagnie de Hélène Carrère d’Encausse, Secrétaire perpétuel de l’Académie Française, a été accueilli en Haïti du 5 au 8 septembre 2012 pour visiter les programmes mis en œuvre par l’Association Bibliothèques sans frontières (BSF) à la suite du terrible séisme qui a dramatiquement endeuillé celle que l’on surnomma au cours des siècles « la perle des Antilles ».
Dès 2010, la Fondation Louis D., l’une des Fondations abritées par l’institut de France, décerne sur décision de son jury présidé par Hélène Carrère d’Encausse, Secrétaire perpétuel de l’Académie Française, son grand prix culturel, doté de 750 000€ à l’Association Bibliothèques sans Frontières.
« Quand tout tombe, il reste la culture » écrit Dany Laferrière, écrivain haïtien, signataire de l’appel de BSF Pierre Richard Casimir, Ministre des Affaires Etrangères d’Haïti et M. Patrick Weil, Président de Bibliothèques Sans Frontières aux côtés de Mme Carrère d’Encausse qui s’apprête à donner une conférence au sein de la Bibliothèque du Ministère des Affaires Etrangères soutenue par BSF après le séisme de 2010. – à Port-au-Prince.
En lui décernant son Prix culturel, la Fondation Louis D. a souhaité ainsi soutenir l’engagement de BSF dans cette action d’urgence mais aussi dans les projets éducatifs et culturels que l’ONG a développés en Haïti, depuis 2007. Au cours de cette émission radio téléchargeable sur internet, le chancelier de l’Institut de France, Gabriel de Broglie livre ses impressions et réactions à la suite de son déplacement en Haïti, 2 ans après le séisme pour une évaluation des reconstructions en cours menées par la BSF en coopération avec l’ambassade de France, avec le ministère haïtien de la culture et la MINUSTAH (ONU).
Née en 2006, à l’initiative de Patrick Weil, directeur de recherche au CNRS et historien, l’Organisation Non Gouvernementale : Bibliothèques Sans Frontières (BSF) œuvre pour l’accès au savoir partout dans le monde à travers la création de bibliothèques, la formation et la professionnalisation des filières du livre, la dotation de livres et l’appui au développement des nouvelles technologies (informatisation et bibliothèques numériques). « En favorisant l’accès à la connaissance, nous voulons renforcer partout dans le monde les aspirations à la démocratie, à la justice et au dialogue des cultures. » déclare Patrick Weil. Haïti a été le plus important terrain d’action de Bibliothèques Sans Frontières depuis 2007.
Un projet de soutien à la création de 200 bibliothèques avait été mis en place avec le ministère de la Culture haïtien, l’ambassade de France et l’ONU. Après le séisme du 12 janvier 2010, la sauvegarde du patrimoine littéraire et archivistique a été l’un des premiers impératifs de BSF qui est intervenue en mission d’urgence dès le mois février de cette même année. Nombre de bibliothèques construites étaient détruites. Si bien entendu la priorité a été laissée sur le terrain aux ONG d’aide aux personnes, il y avait une véritable urgence quant à la préservation du patrimoine culturel haïtien, puisque les trois grandes bibliothèques patrimoniales avaient été touchées. En effet, au-delà des ouvrages littéraires, les archives et les manuscrits étaient gravement endommagés.
Deux cents ans d’archives du ministère des Affaires Étrangères s’étaient retrouvés sous les gravats. Lancement du projet de la RUCHE (Réserve Universitaire Centrale Haïtienne) - www.ruche-haiti.org – à Port-au-Prince Son projet présente 3 axes d’interventions et vise à atteindre le public le plus large possible, soit près de 200 000 personnes :
1) Éducation dans les camps de réfugiés où vivent plus d’un million de personnes : animation, lecture, création de deux bibliothèques mobiles de rues et de six bibliothèques containers pour accompagner la sédentarisation des camps, formation du personnel et mise en place d’un bibliobus.
2) Renforcement des bibliothèques du pays : dons de livres, apport de matériel de stockage, sessions de formations à l’animation et à la gestion des collections, création de huit bibliothèques rurales de proximité et création de la bibliothèque municipale centrale de Port-au-Prince.
3) Littérature universitaire et ressources humaines : création de deux campus numériques de 50 postes informatiques pour les 30 000 étudiants de Port-au-Prince et création de la bibliothèque universitaire centrale de Port-au-Prince.
Gabriel de Broglie, Chancelier de l’Institut de France précise : « Concernant la bibliothèque nationale, nous avons contribué à construire de nouveaux bâtiments légers dans lesquels a été placé ce qu’il reste de l’ancienne bibliothèque nationale d’Haïti c’est-à-dire très peu. BSF a obtenu des concours nombreux venant de France pour envoyer des livres, tels ceux la Bibliothèque Nationale de France, de l’Ecole Normale Supérieure, des Universités. L’Institut a bien évidemment contribué à l’envoi de livres par caisses entières, fournissant ainsi un fonds à la bibliothèque nationale d’Haïti. En la circonstance, je dois vous dire que nous avons dévoilé une plaque mais cela est loin d’être terminé ; tous les livres envoyés ne sont pas encore sur des rayons catalogués ; c’est une chose vraiment naissante et que nous avons aidée à naître.
Tous les dons de livres restent les bienvenus.
Par ailleurs, la bibliothèque des Affaires Etrangères en Haïti est la bibliothèque du droit et de l’histoire diplomatique, mais aussi de l’histoire de ce pays ; c’est donc une bibliothèque importante qui joue un rôle de bibliothèque universitaire et de recherche ; elle est plus importante que son nom l’indique du point de vue de la connaissance et elle méritait d’être rétablie ; là aussi, nous avons contribué à rétablir une des bibliothèques des affaires étrangères qui est en fonctionnement actuellement ; nous avons là encore, pour marquer l’évènement, dévoilé une plaque.
Enfin, nous avons concentré tous nos efforts sur la bibliothèque de l’université d’État d’Haïti. La Fondation de l’Institut de France a constamment suivi cette affaire, et a donné son approbation aux inflexions suivantes : il y a en effet, à Port au Prince et en Haïti, sur le sol de ce pays dévasté et appauvri dont 90 % de la population n’est pas formée au niveau secondaire, quinze universités, témoins d’un passé encore très présent dans les mémoires d’une société lettrée haïtienne.
Nous avons donc soutenu la mise en réseau informatique de toutes les bibliothèques des universités d’Haïti de manière à ce qu’elles puissent bénéficier toutes des services d’une bibliothèque centrale. Nous avons, de ce fait, pris entièrement sous notre financement une institution régionale qui s’appelle la Réserve Universitaire Centrale Haïtienne, baptisée RUCHE , et symbolisée par un losange qui représente une alvéole de ruche, de couleur miel, symbole plein de promesse puisque nous souhaitons vivement que les étudiants et les professeurs puissent dorénavant "faire leur miel" à partir de ce que nous avons contribué à mettre en place. Là aussi, nous avons eu le plaisir d’inaugurer une plaque. »
Avec les Biblio Tap Tap, en route pour la lecture et la culture en Haïti La Fondation Louis D., dont le Prix culturel a pour objet la défense de la langue française, a souhaité soutenir ce projet engagé par BSF, d’autant plus qu’aux besoins fondamentaux en terme de développement éducatif et culturel (le pays compte 30% d’analphabètes) s’ajoute en Haïti un véritable enjeu pour la francophonie, aujourd’hui concurrencée par l’anglais et l’espagnol. Patrick Weil, Directeur de recherches au CNRS, Président de Bibliothèques Sans Frontières déclare : « Le monde compte aujourd’hui 795 millions d’adultes analphabètes et 72 millions d’enfants non scolarisés.
Des centaines de millions d’autres, enfants et adultes, n’ont pas accès à des livres faute de ressources. J’ai souvent constaté le rôle que jouent le livre et les bibliothèques dans la réussite des étudiants venus des milieux les plus pauvres. Tant de femmes, d’hommes et d’enfants, s’ils pouvaient accéder à des livres, verraient leur avenir transformé. Un livre ne se contente pas de transmettre un savoir, d’ouvrir à l’autre. C’est aussi l’instrument essentiel de l’exercice de l’esprit critique et de l’éducation à la démocratie. Le livre est enfin, et doit être plus encore, un moteur essentiel du développement durable. Installé dans une bibliothèque, il passe de mains en mains et de génération en génération. » Présentation du bibliotaptap à M. de Broglie et Mme Carrère d’Encausse. – à Port-au-Prince.
Un certain nombre d’anecdotes témoignent de l’attachement des Haïtiens pour leur patrimoine littéraire. Le jour où la Bibliothèque de l’École Normale Supérieure, l’une des plus grandes de Port-au-Prince, s’est effondrée sur elle-même, les professeurs et les étudiants ont rampé sous les décombres pour en sortir un à un les 18 000 ouvrages qu’elle contenait. Un autre exemple, le jour où Frankétienne, l’un des géants de la littérature haïtienne est sorti de sa demeure très endommagée, les gens qui le suivaient dans la rue s’écriaient « le poète est vivant, Haïti est debout ! ».
Même si l’illettrisme touche près d’une personne sur deux, les Haïtiens restent très attachés à la littérature et considèrent que la reconstruction du pays ne peut se faire sans un travail autour du livre. http://www.canalacademie.com/ida9681-Gabriel-de-Broglie-reconstruire-la-bibliotheque-nationale-en-Haiti.html
Le chancelier de l’Institut de France, Gabriel de Broglie, en compagnie de Hélène Carrère d’Encausse, Secrétaire perpétuel de l’Académie Française, a été accueilli en Haïti du 5 au 8 septembre 2012 pour visiter les programmes mis en œuvre par l’Association Bibliothèques sans frontières (BSF) à la suite du terrible séisme qui a dramatiquement endeuillé celle que l’on surnomma au cours des siècles « la perle des Antilles ».
Dès 2010, la Fondation Louis D., l’une des Fondations abritées par l’institut de France, décerne sur décision de son jury présidé par Hélène Carrère d’Encausse, Secrétaire perpétuel de l’Académie Française, son grand prix culturel, doté de 750 000€ à l’Association Bibliothèques sans Frontières.
« Quand tout tombe, il reste la culture » écrit Dany Laferrière, écrivain haïtien, signataire de l’appel de BSF Pierre Richard Casimir, Ministre des Affaires Etrangères d’Haïti et M. Patrick Weil, Président de Bibliothèques Sans Frontières aux côtés de Mme Carrère d’Encausse qui s’apprête à donner une conférence au sein de la Bibliothèque du Ministère des Affaires Etrangères soutenue par BSF après le séisme de 2010. – à Port-au-Prince.
En lui décernant son Prix culturel, la Fondation Louis D. a souhaité ainsi soutenir l’engagement de BSF dans cette action d’urgence mais aussi dans les projets éducatifs et culturels que l’ONG a développés en Haïti, depuis 2007. Au cours de cette émission radio téléchargeable sur internet, le chancelier de l’Institut de France, Gabriel de Broglie livre ses impressions et réactions à la suite de son déplacement en Haïti, 2 ans après le séisme pour une évaluation des reconstructions en cours menées par la BSF en coopération avec l’ambassade de France, avec le ministère haïtien de la culture et la MINUSTAH (ONU).
Née en 2006, à l’initiative de Patrick Weil, directeur de recherche au CNRS et historien, l’Organisation Non Gouvernementale : Bibliothèques Sans Frontières (BSF) œuvre pour l’accès au savoir partout dans le monde à travers la création de bibliothèques, la formation et la professionnalisation des filières du livre, la dotation de livres et l’appui au développement des nouvelles technologies (informatisation et bibliothèques numériques). « En favorisant l’accès à la connaissance, nous voulons renforcer partout dans le monde les aspirations à la démocratie, à la justice et au dialogue des cultures. » déclare Patrick Weil. Haïti a été le plus important terrain d’action de Bibliothèques Sans Frontières depuis 2007.
Un projet de soutien à la création de 200 bibliothèques avait été mis en place avec le ministère de la Culture haïtien, l’ambassade de France et l’ONU. Après le séisme du 12 janvier 2010, la sauvegarde du patrimoine littéraire et archivistique a été l’un des premiers impératifs de BSF qui est intervenue en mission d’urgence dès le mois février de cette même année. Nombre de bibliothèques construites étaient détruites. Si bien entendu la priorité a été laissée sur le terrain aux ONG d’aide aux personnes, il y avait une véritable urgence quant à la préservation du patrimoine culturel haïtien, puisque les trois grandes bibliothèques patrimoniales avaient été touchées. En effet, au-delà des ouvrages littéraires, les archives et les manuscrits étaient gravement endommagés.
Deux cents ans d’archives du ministère des Affaires Étrangères s’étaient retrouvés sous les gravats. Lancement du projet de la RUCHE (Réserve Universitaire Centrale Haïtienne) - www.ruche-haiti.org – à Port-au-Prince Son projet présente 3 axes d’interventions et vise à atteindre le public le plus large possible, soit près de 200 000 personnes :
1) Éducation dans les camps de réfugiés où vivent plus d’un million de personnes : animation, lecture, création de deux bibliothèques mobiles de rues et de six bibliothèques containers pour accompagner la sédentarisation des camps, formation du personnel et mise en place d’un bibliobus.
2) Renforcement des bibliothèques du pays : dons de livres, apport de matériel de stockage, sessions de formations à l’animation et à la gestion des collections, création de huit bibliothèques rurales de proximité et création de la bibliothèque municipale centrale de Port-au-Prince.
3) Littérature universitaire et ressources humaines : création de deux campus numériques de 50 postes informatiques pour les 30 000 étudiants de Port-au-Prince et création de la bibliothèque universitaire centrale de Port-au-Prince.
Gabriel de Broglie, Chancelier de l’Institut de France précise : « Concernant la bibliothèque nationale, nous avons contribué à construire de nouveaux bâtiments légers dans lesquels a été placé ce qu’il reste de l’ancienne bibliothèque nationale d’Haïti c’est-à-dire très peu. BSF a obtenu des concours nombreux venant de France pour envoyer des livres, tels ceux la Bibliothèque Nationale de France, de l’Ecole Normale Supérieure, des Universités. L’Institut a bien évidemment contribué à l’envoi de livres par caisses entières, fournissant ainsi un fonds à la bibliothèque nationale d’Haïti. En la circonstance, je dois vous dire que nous avons dévoilé une plaque mais cela est loin d’être terminé ; tous les livres envoyés ne sont pas encore sur des rayons catalogués ; c’est une chose vraiment naissante et que nous avons aidée à naître.
Tous les dons de livres restent les bienvenus.
Par ailleurs, la bibliothèque des Affaires Etrangères en Haïti est la bibliothèque du droit et de l’histoire diplomatique, mais aussi de l’histoire de ce pays ; c’est donc une bibliothèque importante qui joue un rôle de bibliothèque universitaire et de recherche ; elle est plus importante que son nom l’indique du point de vue de la connaissance et elle méritait d’être rétablie ; là aussi, nous avons contribué à rétablir une des bibliothèques des affaires étrangères qui est en fonctionnement actuellement ; nous avons là encore, pour marquer l’évènement, dévoilé une plaque.
Enfin, nous avons concentré tous nos efforts sur la bibliothèque de l’université d’État d’Haïti. La Fondation de l’Institut de France a constamment suivi cette affaire, et a donné son approbation aux inflexions suivantes : il y a en effet, à Port au Prince et en Haïti, sur le sol de ce pays dévasté et appauvri dont 90 % de la population n’est pas formée au niveau secondaire, quinze universités, témoins d’un passé encore très présent dans les mémoires d’une société lettrée haïtienne.
Nous avons donc soutenu la mise en réseau informatique de toutes les bibliothèques des universités d’Haïti de manière à ce qu’elles puissent bénéficier toutes des services d’une bibliothèque centrale. Nous avons, de ce fait, pris entièrement sous notre financement une institution régionale qui s’appelle la Réserve Universitaire Centrale Haïtienne, baptisée RUCHE , et symbolisée par un losange qui représente une alvéole de ruche, de couleur miel, symbole plein de promesse puisque nous souhaitons vivement que les étudiants et les professeurs puissent dorénavant "faire leur miel" à partir de ce que nous avons contribué à mettre en place. Là aussi, nous avons eu le plaisir d’inaugurer une plaque. »
Avec les Biblio Tap Tap, en route pour la lecture et la culture en Haïti La Fondation Louis D., dont le Prix culturel a pour objet la défense de la langue française, a souhaité soutenir ce projet engagé par BSF, d’autant plus qu’aux besoins fondamentaux en terme de développement éducatif et culturel (le pays compte 30% d’analphabètes) s’ajoute en Haïti un véritable enjeu pour la francophonie, aujourd’hui concurrencée par l’anglais et l’espagnol. Patrick Weil, Directeur de recherches au CNRS, Président de Bibliothèques Sans Frontières déclare : « Le monde compte aujourd’hui 795 millions d’adultes analphabètes et 72 millions d’enfants non scolarisés.
Des centaines de millions d’autres, enfants et adultes, n’ont pas accès à des livres faute de ressources. J’ai souvent constaté le rôle que jouent le livre et les bibliothèques dans la réussite des étudiants venus des milieux les plus pauvres. Tant de femmes, d’hommes et d’enfants, s’ils pouvaient accéder à des livres, verraient leur avenir transformé. Un livre ne se contente pas de transmettre un savoir, d’ouvrir à l’autre. C’est aussi l’instrument essentiel de l’exercice de l’esprit critique et de l’éducation à la démocratie. Le livre est enfin, et doit être plus encore, un moteur essentiel du développement durable. Installé dans une bibliothèque, il passe de mains en mains et de génération en génération. » Présentation du bibliotaptap à M. de Broglie et Mme Carrère d’Encausse. – à Port-au-Prince.
Un certain nombre d’anecdotes témoignent de l’attachement des Haïtiens pour leur patrimoine littéraire. Le jour où la Bibliothèque de l’École Normale Supérieure, l’une des plus grandes de Port-au-Prince, s’est effondrée sur elle-même, les professeurs et les étudiants ont rampé sous les décombres pour en sortir un à un les 18 000 ouvrages qu’elle contenait. Un autre exemple, le jour où Frankétienne, l’un des géants de la littérature haïtienne est sorti de sa demeure très endommagée, les gens qui le suivaient dans la rue s’écriaient « le poète est vivant, Haïti est debout ! ».vendredi 12 octobre 2012
L'Islam se propage en Haïti, pays où le christianisme et le vaudou règnent
Vendredi, 12 Octobre 2012 09:59 Écrit par la rédaction
Image : Darlene Derosier participe activement aux activités de la Mosquée Al-Fattah.
Port-au-Prince (Haïti). Un reportage du Washington Post en Haïti montre que l’islam est en net progression depuis le tremblement de terre de 2010. Enquête sur ces nouveaux musulmans convertis.
Enseignante dans une école, Darlene Derosier a perdu sa maison dans le tremblement de terre de 2010 qui a dévasté son pays. Son mari est mort un mois plus tard après avoir subi ce qu'elle dit être un « traumatisme émotionnel » suite au tremblement de terre. Elle et ses deux filles vivent maintenant dans des tentes en dehors de la capitale de Port-au-Prince, entouré par des milliers d'autres sans abri et désespérée par la catastrophe.
Qu'est-ce qui a bien pu aider cette personne à traverser toutes ses épreuves et ce chagrin ? Pour elle, une seule réponse : sa foi. Non pas sa foi catholique, protestante ou encore Vaudoo qui ont prédominé dans ce pays durant des siècles mais bien sa foi musulmane. Comme des milliers d’autres haïtiens, c’est une nouvelle convertie à une religion tout récemment installée sur ce bout de terre.
L'islam a gagné un nombre croissant d'adeptes dans ce pays pauvre, surtout après la catastrophe d’il y a deux ans qui a tué quelque 300 000 personnes et des millions de sans-abri. Une capitale où la fréquentation des églises est si répandue que chaque dimanche, les rues résonnent des chants chrétiens. Mais maintenant, la capitale possède au moins cinq mosquées, un membre du parlement musulman et un programme de télévision locale consacrée à des programmes islamiques diffusés tous les soirs.
Pourtant, la catastrophe a attiré des ONG du monde entier, dont beaucoup était spécialisées dans la prédication au christianisme. Une des seules était islamique, l’ONG Islamic Relief USA (le Secours Islamique USA), qui a construit 200 abris et une école secondaire avec 20 salles de classe.
"Après le tremblement de terre nous avons eu beaucoup de gens qui se sont joint à notre foi", a déclaré Robert Dupuy, un des rares imams de la capitale. "Nous avons été organisée. Nous avons eu un peu de place dans les mosquées pour recevoir des gens et leur donner de la nourriture pour les nourrir."
Darlene Derosier indique qu'elle a été attirée par l’islam pour son autodiscipline, l'accent sur l'éducation et l'attention à la propreté. Le lavage constant par exemple dit-elle, l'aide à éviter le choléra, la maladie d'origine hydrique que les autorités sanitaires affirment qu’elle a fait plus de 600 000 victimes depuis le séisme.
"C'est une victoire pour moi" a déclaré cette femme de 43 ans au sujet de sa conversion. Ancienne protestante, elle témoigne dans la petite cour de sa maison, ses cheveux protégés par un foulard noir. "C'est une victoire d’avoir reçu de la paix de Dieu et trouvé des conseils."
"L'islam est de retour en Haïti pour y rester"
En partie, la croissance de la communauté musulmane ne peut être attribuée qu’au retour des expatriés qui ont adopté la foi aux Etats-Unis puis son revenu au pays, a déclaré Billy Kishner, propriétaire de la chaîne de télévision Télémax et animateur de l'émission nocturne "Haïti Islam".
Billy, comme beaucoup d'autres, sont convaincu que le passé haïtien de l'islam remonte à avant l'indépendance du pays en 1804, lorsqu’un esclave et prêtre jamaïcain nommé Boukman a mené la révolte des esclaves qui a chassé les colonisateurs français qui était en fait un musulman.
"L'islam est de retour en Haïti pour y rester", ajoute Billy, converti au christianisme il y a 20 ans puis devenu musulman. "Les générations futures, mes fils et mes filles, prendrons la parole à propos de l'islam."
Il n'y a pas de statistiques fiables sur le nombre de musulmans en Haïti, tout comme il n'existe pas de chiffres fiables pour beaucoup de choses dans le pays, dont la population exacte de Port-au-Prince.
Une étude menée en 2009 par le Pew Research Center sur la population musulmane dans le monde estime que l'Haïti abrite environ 2 000 musulmans. Les dirigeants sont unanime pour dire que le chiffre est beaucoup plus élevé et croissant surtout depuis le tremblement de terre.
http://www.mooslym.com/accueil/actualite/556-lislam-se-propager-en-haiti-pays-ou-le-christianisme-et-le-vaudou-regnent.html
Préfète Duffaut, figure majeure de la peinture haïtienne, est mort
Le Monde.fr | 10.10.2012 à 17h56 • Mis à jour le 10.10.2012 à 18h08
Par Jean-Michel Caroit
Figure majeure de l'art naïf, le peintre haïtien Préfète Duffaut est mort le samedi 6 octobre 2012 à l'âge de 89 ans à Port-au-Prince.
L'artiste est né le 1er janvier 1923 à Cyvadier, une bourgade proche de Jacmel, sur la côte sud de l'île. Enfant taciturne et renfermé, il aide son père, qui construit des voiliers pour les pêcheurs, et lui apprend le métier de " charpentier marin ". Contraint de quitter l'école jeune, il s'adonne au dessin.
LA VIERGE MARIE
Préfète Duffaut racontait que sa carrière d'artiste avait débuté à la suite d'une apparition de la Vierge Marie. Alors qu'il terminait un chantier sur la petite île de La Gonâve, à l'ouest d'Haïti, elle lui est apparue en rêve, perchée en haut d'une montagne en forme de pain de sucre, et lui a demandé de peindre sa ville de Jacmel. Tout au long de sa vie, il ne cessera de répondre à cette demande.
Collectionneur et propriétaire d'une des galeries les plus réputés d'Haïti, Michel Monnin l'a comparé au Douanier Rousseau. " Duffaut s'efforce de reconstituer dans un réalisme forcené rues sinueuses et verticales, maisons délicates et colorées construites au début du siècle qui caractérisent Jacmel ", observe-t-il. Son sens inné de la composition et son génie des couleurs le placent d'emblée parmi les grands de l'art naïf.
Impressionné par le talent de Duffaut, Bill Kraus, un journaliste américain de passage à Jacmel, le présente en 1948 à son concitoyen Dewitt Peters qui a créé le Centre d'art à Port-au-Prince. Il y rejoint les pionniers de l'art naïf haïtien comme Hector Hyppolite, Philomé Obin, Castera Bazile, Wilson Bigaud, Rigaud Benoît et André Pierre.
LA VILLE IMAGINAIRE
En 1950, il participe, avec plusieurs de ces artistes, à la réalisation des fresques de la cathédrale épiscopale Sainte-Trinité à Port-au-Prince. Ces œuvres majeures ont été partiellement détruites lors du tremblement de terre qui a dévasté la capitale le 12 janvier 2010.
Artiste mystique influencé par la mythologie vaudou, Préfète Duffaut n'a cessé de peindre des " villes imaginaires " inspirées de Jacmel. Ses toiles, souvent symétriques, font apparaître des ponts gigantesques reliant de hautes montagnes, où les hommes cheminent comme des colonnes de fourmis.
Exposés dans plusieurs musées en Europe et aux Etats-Unis, ses tableaux ont souvent été copiés. Devenu l'un des peintres les plus cotés de l'art haïtien, Préfète Duffaut a commencé à tenir un répertoire de ses œuvres une quinzaine d'années avant sa mort. " Je ne l'avais jamais fait auparavant, je suis incapable de dire combien j'en ai peint ni où elles se trouvent ", confiait-il alors.
Jean-Michel Caroit
http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2012/10/10/prefete-duffaut-figure-majeure-de-la-peinture-haitienne_1773186_3382.html
jeudi 11 octobre 2012
HAITI....1000 JOURS...1000 REVES....1000 DESILLUSIONS PLUS TARD
Entre aujourd'hui 8 octobre 2012, et le 12 janvier 2010, se sont écoulés mille jours. Un nombre rond. Comme un an. Deux ou dix ans. Mille jours appellent plus l'attention que 365 ou 730 jours.
Ca fait donc déjà mille jours depuis qu’Haïti a été littéralement secoué par le tremblement de terre tristement célèbre par l'étendue des dégâts causés. L'histoire retient 200.000 morts, 1500.000 personnes lâchées dans les rues.
Le tremblement de terre n'a pas fait que des dégâts matériels ou des milliers de morts, il avait mis a nu, les faiblesses structurelles et les contradictions morbides de la société haïtienne.
Paradoxalement, après le coup de semonce de cette terre qui a bougé et qui a fait onduler le sol, ces constructions et ces gens comme une feuille de papier ou des voyageurs ayant emprunté le tapis volant, certains se sont grisés et se sont mis à rêver en une nouvelle nation.
Comme si le tremblement de terre avait, en plus de balayer l'environnement, avait aussi eu la vertu saugrenue d'enterrer et les tares et les handicaps qui depuis deux siècles maintiennent le pays dans un état de délabrement constant et progressif.
Tout le monde s'est rué vers des espérances bourgeonnantes peintes de vert exagéré, éblouissant jusqu'à l'aveuglement.
De mon côté je me disais et maintenant on fait quoi?
J'étais persuadé, avec la conviction de l'illuminée que le plus dur restait à venir. Je me demandais comment, sur le fond d'une situation de désespoir extrême, faisant fleurir l'idée du "sauve qui peut", nous autres les haïtiens, nous allions être capables d'une entente absolue pour reconstituer un nouveau modèle de société moyennant l'élaboration d'un nouveau contrat social?
Pendant ce temps, les remue-ménages continuaient sans lassitude aucune. Des comportements très superficiels ont vu le jour tandis que la situation méritait une prise en charge marquée par une certaine profondeur dans la conceptualisation des idées et surtout en tenant compte de la réalité du pays qui se définissait comme laide et complexe.
Tandis que les demandes de dons fusaient de toute part et que des promesses s'ajoutaient et se rajoutaient, certains de nos compatriotes se sont excellés dans des accès de zèle d'une puérilité notoire.
Le désir d'avoir enfin un pays où tout fonctionne, prit le pas sur la raison froide qui ferait voir et prévoir l'ampleur des taches qui incombaient aux haïtiens pour tenter de sauver ce qui pouvait l'être encore.
Tout le monde voulait faire quelque chose. Tout le monde voulait participer.
Tout à coup, toutes les voix allaient compter. Tous les avis allaient converger en un gigantesque levier pour faire bouger enfin les choses dans la bonne direction.
Même ceux qui n'avaient rien à dire ou rien à faire ont voulu sérieux et candidement revêtir leurs habits d'acteurs.
Dans tous les recoins de la terre se tinrent des réunions, des rencontres et des sommets. Souvent avec des intervenants natifs comme centre d'intérêt.
Là encore, la méconnaissance de la réalité haïtienne, rendit infructueuses les bonnes intentions.
Dans cette logique, des compatriotes ont brandi des drapeaux patriotiques ou souverainistes pour mettre en garde contre "l'occupation" du pays, alors que l'on assistait simplement à un déferlement en masse d'organisations non gouvernementales de tout acabit.
Au lieu de se concentrer et de tirer la sonnette d'alarme sur l'action disjonctée qui était entrain de se mettre en place par la multiplicité très hétérogène des organisations humanitaires récipiendaires du fruit de la générosité des gens et des institutions.
Le gouvernement d'Haïti, remarquée et remarquable par ses tares ancestrales a eu du mal à trouver sa place dans les structures décisionnelles. Le chef de l'état lors de sa première sortie en public après le 12 janvier, avait annoncé les couleurs. Tout le monde avait compris qu'il avait lui aussi pris un coup sur la tête.
Et la question n'était plus de savoir qui pilotait l'avion sinon y en avait-il un commandant dans ce navire qui venait de sombrer dans les profondeurs d'un désastre sans précédent.
Un gouvernement réputé de façon empirique d'être corrompu jusqu'à la moelle qui fait montre d'une absence de fermeté et d'initiative a automatiquement orienté les bailleurs de fonds et le « recueilleurs » de sous à se diriger surtout vers les ONGs de renom. Et ceci au détriment même d'autres ONG de moindre renommée mais dont l’activité était centrée sur la problématique de la reconstruction.
Les résolutions des sommets remplissaient l'équivalent de plusieurs tomes d'encyclopédie. Chaque expert, dans son domaine de compétence et dans son champ d'action cernèrent les problèmes dans les détails et dans leur globalité. Les solutions semblaient sortir de vrais rêves. Tandis que les promesses ajoutaient des chiffres aux chiffres. Mais des promesses. Dans un contexte de crise financière et économique je comprenais très mal comment des états en difficulté allaient s'arranger pour se dépouiller de leurs ressources dont ils ont crânement besoin, pour les allouer au service d'un autre état désorganisé acéphale et corrompu.
La classe politique haïtienne elle aussi a montré ses insuffisances et sa vision erronée car devant une situation grave qui méritait une entente et un consensus sur les positions à adopter pour faire face à l'urgence, l'opposition pour réagir à une résolution de René Preval tendant à prolonger son mandat au-delà du temps constitutionnel, a carrément demandé à la démission du chef de l'état avant la fin de son mandat.
Pendant ce temps, 3.000.000 de compatriotes sont durement affectés. Les membres de la classe moyenne avec résidence et ressources abandonnent le pays. Certains pour fuir entreprennent des voyages à destination floue et périlleuse
Encore une fois le destin du pays est laissé aux mains de la communauté internationale qui fera vite le constat que les problèmes d'Haïti pouvaient ne pas être prioritaires longtemps et toujours. Les promesses ne se concrétisent pas. La reconstruction ne démarre pas non plus.
Vint l'époque des grandes distractions:
- Jean Claude Duvalier revient après 25 ans d'exile
- Jean Bertrand Aristide revient sous la croupe de Danny Glover
- des élections présidentielles sont financées organisées et gérées par la communauté internationale pour accoucher d'un président de la République nommée Michel Martelly.
- l'ancien président Bill Clinton endosse la casaque d'administrateur impliqué et non responsable de ce qui ne marche pas. Celui-ci aura, avec la fameuse commission mixte pour la reconstruction, un destin aussi flou que le travail réalisé depuis le 12 janvier 2010.
Une visite à Port-au-Prince, Leogane ou Jacmel, ne vous infusera l'espoir d'une dynamique visible d'une vraie reconstruction.
Ceci est d'autant plus déplorable dans la mesure où l'ouverture de vrais chantiers de reconstruction aurait dynamisé et revigoré la relance économique avec la création d'emplois.
Il n'y a pas d'avantage de chantiers qu'avant le 12 janvier, 1000 jours après!
400.000 personnes vivraient encore dans des villages de toile.
L'hypermobilité du chef d'état contraste avec le balbutiement des haïtiens qui attendent et espèrent encore dans leur résilience.
Peu de gens se sont posé les bonnes questions. Les problèmes n'ont pas été posés correctement et la conception des solutions non plus.
Pour une fois de plus, Haïti s'es retrouvée à la croisée des chemins et nous n'avons pas pu saisir la balle au bond.
Comme depuis 208 ans nous ratons les bonnes occasions de nous surpasser et de penser à cette œuvre que Toussaint Louverture avait si bien conçue!
vendredi 5 octobre 2012
Haïti : La présidence pleure le décès du policier Frandieu Jean-Pierre
P-au-P, 04 oct. 2012 [AlterPresse] --- Le chef de l’État, Joseph Michel Martelly, semble, comme le plus commun des citoyens haïtiens, attendre l’élucidation des circonstances du décès, le lundi 1er octobre 2012, de l’agent de la garde présidentielle, Frandieu Jean-Pierre.
« La présidence attend, avec impatience, les résultats de l’autopsie de la dépouille du policier pour savoir officiellement les circonstances exactes du décès », lit-on dans un communiqué émanant du bureau de communication de Martelly.
Officiellement, Frandieu Jean-Pierre est décédé d’une « hémorragie massive » à l’hôpital de l’office d’assurance accidents du travail, maladies et maternité (Ofatma) à la suite d’un malaise ressenti lors de la marche-démonstration de popularité de 9 km de Martelly et de ses sympathisants le lundi 1er octobre 2012.
« La mort de Frandieu Jean-Pierre m’attriste beaucoup. Il a perdu la vie, alors qu’il assurait ma sécurité », a indiqué Martelly, selon le communiqué.
D’aucuns y voient un certain sentiment de culpabilité de l’ancien chanteur grivois, devenu président de la république.
« A défaut de carnaval de disques jockeys et de réjouissances populaires de troubadour, Martelly s’est offert un troisième carnaval pour dire au peuple qu’il n’a pas faim, que la vie n’est pas chère », a déclaré l’ancien député Hugues Célestin, l’un des opposants du régime rose dans le Nord.
Âgé de 39 ans, appartenant à l’unité Cat Team, Frandieu Jean-Pierre s’est vu qualifier de « très valeureux agent, qui remplissait sa fonction avec professionnalisme et dévouement », dans le communiqué de la présidence.
Les pleurs du président de la république et ses promesses d’accompagnement de la famille du défunt n’arrivent pas encore à dissiper les doutes autour des circonstances exactes de la mort du policier national. [efd kft rc apr 04/10/2012 11:00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article13501
Haïti - Commerce : Les vêtements usagés dominicains interdits à Anse-à-Pitres, les marchandes veulent une alternative
correspondance Penia Bonicet
Anse-à-Pitres, 05 oct. 2012. [AlterPresse]--- Depuis plus d’un mois, des marchandes et marchands d’Anse-a-Pitres sont désemparés à cause de l’interdiction des vêtements usagés venant de la zone franche de Pedernales (République Dominicaine) posée par la mairesse principale d’Anse-à-Pitres, Guilène Daphnis.
La raison avancée est le mauvais état des vêtements. Depuis, la douane et la mairie d’Anse-à-Pitres refusent l’entrée des vêtements usagés sur le marché haïtien.
« Je veux que les autorités dominicaines améliorent et régularisent la qualité des vêtements qu’elles vendent aux marchandes et marchands haïtiens », déclare la mairesse principale d’Anse-à-Pitres.
« Celles et ceux, qui fournissent ces marchandises, doivent respecter les marchandes haïtiennes et cesser de nous vendre des vêtements qui sont en mauvais état », recommande la mairesse.
Pour que les marchandes haïtiennes aient accès à ces linges usés, elles doivent verser au préalable un montant de 35 mille pesos pour un camion » (1 peso = 1.07 gourde ; US $ 1.00 = 43.00 gourdes ; 1 euro = 58.00 gourdes aujourd’hui)), indique t-elle.
« Parfois, ça peut prendre un mois et même plus pour que les requérantes reçoivent leurs soit-disant marchandises », déplore t-elle, ajoutant qu’elle entend luter contre ces actes arbitraires que subissent les Haïtiennes et Haïtiens quotidiennement dans la ville d’Anse-a-Pitres.
Depuis l’interdiction de certains produits au marché binational, la plupart des marchandes haïtiennes vendent des vêtements usagés pour répondre aux besoins de leurs familles.
« Je n’ai aucun problème avec la décision qu’a prise la mairesse Guilène Daphnis, mais je déplore la façon dont elle a choisi de fermer cette activité commerciale », soutient la coordonnatrice de l’association des marchandes d’Anse-a-Pitres (Ama), Christa Jeudy.
« Cette décision devrait se faire avec l’Ama », ajoute la coordonnatrice.
Plusieurs marchandes et marchands haïtiens ont déjà payé pour des marchandises que, visiblement, ils ne recevront plus, constate l’Ama, qui croit que le blocage des vêtements usagés à Anse-à-Pitres a des conséquences néfastes sur la rentrée scolaire.
Depuis le lundi 1er octobre 2012, les portes de l’école la maison des petits à Anse-à Pitres sont largement ouvertes, la directrices et les professeures présentes. Mais, les élèves absents.
C’est le cas pour toutes les autres écoles primaires d’Anse-à-Pitres, raconte Jeudy.
« Moi, je vendais des vêtements usagés pour subvenir aux besoins de ma famille. J’ai versé 35 mille gourdes pour l’achat de marchandises », souligne, Rosenie Jean, mère de 4 enfants.
Jusqu’à présent, ses enfants n’ont pas pu aller l’école.
« Je ne sais pas quoi faire », se plaint-elle.
L’association des marchandes d’Anse-a-Pitres réclame des mesures immédiates, de la part des responsables haïtiens, en vue de trouver une solution à ces problèmes. [pb kft rc apr 05/10/2012 0:45]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article13500
«Le Maroc continuera d'appuyer le processus en cours à Haïti», Mohamed Loulichki
Reconstruction d'Haïti
«Le Maroc appuie le processus en cours»
«Le Maroc appuie le processus en cours à Haïti, frappée par un séisme dévastateur il a y plus de deux ans, et réitère sa disponibilité à approfondir sa coopération, fidèle aux principes d'une coopération Sud-Sud agissante», a affirmé mercredi à New York, l'ambassadeur du Maroc à l'Onu, Mohamed Loulichki.
Le Royaume «continuera d'appuyer le processus en cours à Haïti, comme il l'a fait par le passé en apportant sa modeste contribution au relèvement et au développement» de ce pays et réitère sa «disponibilité à approfondir sa coopération dans les différents domaines où le Maroc a développé une expertise reconnue, fidèle aux principes d'une coopération Sud-Sud solidaire et agissante», a indiqué l'ambassadeur devant le Conseil de sécurité de l'Onu.
De même, il a souligné le soutien du Royaume à la mise en place d'un nouveau dispositif de coordination de l'aide en Haïti et salué les efforts déployés par les autorités haïtiennes pour le parachèvement des réformes institutionnelles nécessaires au renforcement de l'Etat de droit.
«Plus de deux ans après la catastrophe qui a frappé la République d'Haïti, des progrès remarquables ont été réalisés et le processus de stabilisation se poursuit», mais nécessite cependant des «moyens financiers importants», a affirmé l'ambassadeur devant le Conseil réuni dans le cadre d'un débat sur Haïti.
A cet égard, a-t-il poursuivi, «nous soutenons la mise en place d'un nouveau dispositif de coordination de l'aide, succédant à la Commission intérimaire pour la reconstruction d'Haïti», et soulignons son importance car (...), au-delà de la disponibilité de ressources financières, un des principaux obstacles à une aide efficiente et optimale est le manque de coordination des différents acteurs impliqués».
L'ensemble des partenaires d'Haïti se doivent de favoriser la coordination de leur soutien, en veillant à une meilleure adéquation entre leurs actions et le plan d'action du gouvernement, facilitant ainsi le processus d'appropriation par les autorités locales, qui demeure un facteur primordial de succès, a-t-il préconisé. Et d'appeler la Communauté internationale à accompagner et soutenir les «efforts conjoints du gouvernement, des Nations unies et de la population» afin de permettre à Haïti de tourner la page, et de poursuivre son processus de développement socio-économique de manière pérenne.
Il a salué, dans ce contexte, la signature, la semaine dernière à New York, du Protocole d'accord des activités d'aide étrangère à la République d'Haïti, «un pas encourageant dans ce sens».
Publié le : 04.10.2012 - 09h48 - MAP
http://www.lematin.ma/express/Reconstruction-d-Haiti_Le-Maroc-appuie-le-processus-en-cours-/172331.html
HAITI – Selon le rapport de l’ONU, 400.000 victimes du séisme vivraient encore dans les villages de toile
Agenzia Fides , le 4 octobre 2012 à 14:23
Port-au-Prince (Agence Fides) – Près de 400.000 victimes du séisme d’Haïti de janvier 2010 vivent encore sous la tente, dans des villages provisoires qui sont toujours plus détériorés à cause du manque de ressources.
L’alarme a été lancée par un récent rapport des Nations unies présenté hier au Conseil de Sécurité. Selon le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, ces personnes vivent dans de mauvaises conditions de santé et sont vulnérables aux risques naturels, aux infections aigues diarrhéiques, et au choléra.
Le rapport affirme que 30% des 10 millions de mètre cubes de débris dérivant du séisme de 2010 doivent encore être évacués. A propos de l’épidémie de choléra ayant éclaté en octobre 2010, le rapport indique qu’elle a fait 7.440 morts et a contaminé 581.000 personnes.
Le rapport reconnaît en outre que, sur 5,5 milliards de dollars d’aides promises au cours de la conférence de mars 2010 ayant eu lieu aux Nations unies, seuls 2,57 milliards ont effectivement été perçus par le pays soit moins de la moitié.
Par ailleurs, sur un total de 5,78 milliards de dollars provenant de donateurs bilatéraux et multilatéraux au cours de la période 2010-2012 en vue d’activités humanitaires, seuls 556 millions de dollars soit 10% de la somme ont été remis au gouvernement. Le rapport du Secrétaire général propose enfin le retrait d’une partie des militaires et de la police de la MINUSTAH (Mission de stabilisation des Nations unies à Haïti). (CE) (Agence Fides 04/10/2012)
http://www.chretiente.info/201210042351/haiti-selon-le-rapport-de-lonu-400-000-victimes-du-seisme-vivraient-encore-dans-les-village-de-toile/
Haïti : un appel pour des bons alimentaires - Maël-Carhaix
mardi 02 octobre 2012
Trois questions à...
Corinne Mao, à propos de l'association Ede Timoun Yo, qui aide un orphelinat à Haiti.
Pouvez-vous nous faire un point de la situation sur place ?
Oui, les containers partis en juin ont été vidés, et leur contenu a été réparti dans les différentes structures Ede Timoun Yo. Du matériel scolaire a été distribué aux écoles de Hinches, ainsi que des vêtements à la population de Hinches, grâce à la présence de religieuses sur place. Les containers partis de France sont en passe d'être réaménagé en logement. Le plus important, est le déménagement qui a eu lieu début août, en présence du vice-président et de la trésorière de Ede Timoun Yo. Le déménagement de l'orphelinat à Hinche, s'est bien passé. Les enfants sont dans un environnement sain, sans pollution et vont bien. La 1 re classe « action, justice et paix » a été ouverte, grâce à un don de l'association de Rostrenen que nous remercions encore pour son soutien permanent.
Quels sont les besoins aujourd'hui ?
Lors de leur séjour au mois d'août, les membres de Ede Timoun Yo ont constaté qu'il restait encore un problème de fourniture d'alimentation. Les crèches n'arrivent pas à subvenir à leur besoin.
Un nouvel appel au secours a été lancé auprès des parents adoptants de nid d'amour, afin de faire parvenir des bons alimentaires. De notre côté, nous lançons aussi une action.
Justement, il y a cette soirée humour du 20 octobre, à la salle des fêtes du canton ?
Oui et l'objectif de la soirée du 20 octobre est de pouvoir continuer les travaux, d'apporter de l'eau au moulin pour commencer une 2 e phase de travaux, avec des locaux pour les enfants adoptables.
Nous espérons que les adoptions reprendront d'ici la fin de l'année, puisqu'elles sont gelées depuis le séisme. Ce qui explique le manque d'argent des structures pour alimenter les enfants. Mais il faut quand même nourrir 25 enfants et payer les personnels, l'alimentation, les couches et tout le matériel divers.
Pratique : Contact : la famille Mao, tél. 02 98 93 73 90.
http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Haiti-un-appel-pour-des-bons-alimentaires-_22052-avd-20121002-63712221_actuLocale.Htm
http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Haiti-un-appel-pour-des-bons-alimentaires-_22052-avd-20121002-63712221_actuLocale.Htm
Haïti, Sean Penn et le palais détruit
LE MONDE CULTURE ET IDEES | 04.10.2012 à 17h38 • Mis à jour le 04.10.2012 à 17h40
Par Arnaud Robert (Port-au-Prince (Haïti), envoyé spécial)
En Haïti, la mémoire est au mieux un mur fendillé. Elle peut aussi ressembler à un immense tas de gravats dans lequel s'avancent quatre pelleteuses. Depuis quelques semaines, dans la capitale Port-au-Prince, on a accroché sur les grilles du Palais national une sorte de rideau vert pour protéger les passants des poussières de la démolition. Il est translucide, pour permettre d'apercevoir le chantier.
En permanence, des dizaines d'Haïtiens scrutent l'avancée de la casse. Ils commentent telle coupole qui s'effondre, évoquent la salle des banquets où gisent encore les souvenirs de présidences bousculées. Comme tout le monde, ils ont appris que c'est un acteur américain, Sean Penn, qui pilote cet abattage. Cela avance vite. En quelques jours, l'essentiel a été fait. Désormais, un gros déblayage est attendu, tout comme quelques menus travaux de démolition.
De cette énorme bâtisse meringuée, à la blancheur phosphorescente, il ne reste qu'une poignée de reliques, quelques pièces, des blocs décoratifs. Selon Frédérick Mangonès, architecte des monuments auprès de l'Institut de sauvegarde du patrimoine national (Ispan), ces objets et morceaux significatifs du palais, restés intacts, vont être conservés et envoyés dans plusieurs institutions du pays. En souvenir...
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C'est un symbole, c'est-à-dire presque rien. L'écrivain Emmelie Prophète prétend qu'elle avait fini par aimer ce palais tant meurtri par le tremblement de terre du 12 janvier 2010 qu'il aurait suffi d'un vent mauvais pour qu'il disparaisse totalement : "Ce bâtiment à genoux rendait, quelque part, compte d'événements passés, mais aussi d'un présent rendu impossible parce qu'on n'a pas correctement fait le deuil. Le deuil des gens aimés. Le deuil d'une ville qui n'existe plus."
Depuis deux ans et demi, chacun passait sur le Champ-de-Mars, cette place où tout se joue de la mémoire haïtienne, et jetait un oeil sur le palais en ruine, sorte de gisant planté sur un plateau de 40 000 m2, pour se rappeler la catastrophe ; mais aussi la lenteur effrayante de la reconstruction. Le 22 août, le président de la République, Michel Martelly, a donc accepté l'offre de J/P HRO de raser "gratis". Jusqu'ici, l'ONG dirigée par Sean Penn s'était surtout illustrée dans la gestion d'un camp de déplacés sur les hauteurs de la ville.
Quatre engins ont donc été loués et la presse a été conviée pour assister à la démolition. Sur la pelouse de la présidence, un ingénieur canadien a expliqué la difficulté de l'ouvrage. Il s'agissait d'éviter qu'un pan du palais ne s'effondre sur l'immense tente climatisée qui sert de quartier général à la présidence. "Les murs étaient si instables que nous avons été contraints d'évacuer les bureaux à proximité", explique l'ingénieur. Il y a quelques mois encore, si l'on s'organisait, on pouvait visiter les vestiges de l'édifice. La galerie des Glaces aux parois éventrées. Les appartements présidentiels où gisaient un piano à queue, acquis pour un concert du Cubain Bebo Valdés, et quelques boîtes de médicaments dont l'étiquette portait le nom de l'ancien président René Préval. Des lettres étaient éparpillées sur le sol, adressées au chef de l'Etat. Elles demandaient toujours la même chose : un geste présidentiel pour se sortir d'une situation inextricable.
"Il y a un paradoxe dans ce pays, affirme le cinéaste Arnold Antonin. Malgré la faiblesse absolue de l'Etat, la présidence reste le pilier absolu de la nation." Et le palais, depuis presque un siècle, était le berceau de cette permanence. "Il est vu comme la Maison blanche des Haïtiens, ajoute même le sociologue Laënnec Hurbon, chercheur au CNRS. Un Haïtien ordinaire s'y reconnaît, le palais soutient sa représentation de pays indépendant. " Au point que personne ou presque, dans ce pays dévasté, ne remet en cause son statut de "lieu du pouvoir suprême", ajoute Laënnec Hurbon. Il fascine et ouvre l'appétit de tous ceux qui rêvent un jour d'être président de la République ; beaucoup d'Haïtiens sont dans ce cas. Pourtant, le palais aurait dû être considéré comme un espace public et non comme la propriété du président en exercice. L'idée de propriété fait que rares sont les présidents qui veulent partir du palais, leur mandat terminé."
Si on plonge dans l'Histoire, le site a souffert, comme s'il était le témoin et la victime des aléas du pays. Un premier palais est incendié en 1868 et détruit en 1869 lors d'une guerre civile. Un deuxième palais est rasé après l'explosion d'une poudrière, en 1912, qui tue le président Cincinnatus Leconte, et plusieurs centaines de militaires. Un concours international d'architecture est lancé. Georges Baussan, un Haïtien de 38 ans qui a étudié l'architecture à Paris, l'emporte et dessine le palais qui vient d'être détruit. Baussan a laissé sa marque à Port-au-Prince, auteur de l'Hôtel de ville, de l'hôtel Splendid, de l'église du Sacré-Coeur de Turgeau, des casernes Dessalines, autant de lieux gravement endommagés voire détruits par le séisme de 2010.
Pour ces bâtiments, et surtout pour le Palais national, Georges Baussan reprend en substance les éléments de l'architecture néoclassique française, adoptée largement dans le Nouveau Monde. Mais, à l'heure de l'occupation américaine qui s'étend en Haïti de 1915 à 1934, l'esthétique imposante, voire grandiloquente, pleine de coupoles et de colonnades, a quelque chose d'impérial. De déplacé, même. Le journal Le Matin, édité à Port-au-Prince, décrit à l'époque une architecture qui n'a pas sa place ici : "Il y a même lieu de croire qu'il a été dressé par un étranger, maître de son métier mais ignorant de nos besoins. C'est un palais sans doute, mais un palais dans une ville étrangère froide."
Etrangement, un siècle plus tard, lorsque la nouvelle a été diffusée que c'était une ONG américaine qui allait démolir cette Maison blanche, le même sentiment nationaliste a resurgi. Pas un jour où les radios locales s'abstenaient de commentaires sur Sean Penn, sur le fait que l'Etat haïtien n'était même pas capable d'assurer une simple démolition, sur l'écart phénoménal entre les moyens déployés sur l'île par l'international et ceux, infimes, dont le gouvernement actuel dispose.
Tout est revenu. La mémoire des présidents passés par là. François Duvalier, dont le titre de "président à vie" était inscrit en lumignons sur les flancs du palais et qui sortait en limousine pour distribuer des billets à ses citoyens. Son fils, Jean-Claude, revenu l'année dernière au pays après un exil de vingt-cinq ans sans que cette présence ne fasse plus débat. Jean-Bertrand Aristide, lui aussi rapatrié de son ermitage sud-africain, qui reste terré dans sa grande propriété près de l'aéroport dans l'attente, peut-être, d'un éventuel retour sur la scène politique. Un palais présidentiel, entendait-on en substance, ce ne sont pas des murs. Mais une empreinte collective.
L'architecte chargé de sauver le patrimoine Frédérick Mangonès supervise le chantier. Sous un casque jaune, il accompagne les techniciens de l'ONG de Sean Penn. "Franchement, je ne comprends pas cette polémique au sujet de la démolition du palais par des Américains. Depuis janvier 2010, l'Etat n'a rien fait pour réhabiliter le bâtiment qui menaçait de s'effondrer. Nous profitons d'un geste gracieux. Bien entendu, Sean Penn y trouve son intérêt, notamment sur le plan publicitaire, mais je suis un pragmatique. Il nous faut avancer."
Frédérick Mangonès a retrouvé les plans originaux de l'architecte ; ce qui, dans un pays où les rares archives conservées ont été souvent endommagées ou détruites par le séisme, relève déjà de l'exploit. Il semble que le président de la République veuille reconstruire le palais à l'identique. Il l'a dit. "Il nous faut réfléchir à l'aménagement intérieur pour en faire le réceptacle d'une présidence moderne."
En dehors du palais, la reconstruction du pays avance. La plupart des déplacés du séisme ont déserté les places publiques. Plusieurs ministères sont en chantier. Et le privé, sur les hauteurs de la commune de Pétion-Ville, là où les gens les plus aisés se retrouvent, investit massivement dans la pierre.
Mais, tandis que 400 000 personnes vivent encore sous tente à Port-au-Prince, la question du patrimoine reste secondaire, voire dérisoire, dans l'esprit de la plupart des acteurs présents, locaux ou internationaux. "Le palais présidentiel sera reconstruit, c'est certain, affirme Frédérick Mangonès, mais que va-t-on faire de nos citadelles, de nos fortifications qui ont mené à l'indépendance haïtienne, des églises, des maisons boisées de type Gingerbread et de tout notre patrimoine colonial ? Il y a bien entendu d'autres urgences. Mais un peuple sans mémoire est un peuple sans culture. Le patrimoine architectural a une place centrale dans notre imaginaire."
Laënnec Hurbon est sur la même ligne : "Si la mémoire est dans la pierre, il n'y a pas beaucoup d'Haïtiens à s'en apercevoir, car en règle générale les gouvernements négligent le patrimoine. On lutte pour qu'on reconnaisse ce qui est ou relève du patrimoine, et pour qu'il ne soit pas vandalisé. Un gouvernement vit dans le présent, mais, quand il le veut, il sait paradoxalement sauter au-dessus de deux siècles de notre histoire pour faire continuellement référence à 1804 [date de l'établissement en Haïti de la première république noire au monde]. Une éducation au sens du patrimoine donnerait aux Haïtiens, à tous les Haïtiens, le sentiment d'appartenance à une même nation."
Mais, pour l'heure, ces considérations se perdent dans l'urgence. Et l'argent manque. Même si l'Unesco, via son envoyée spéciale Michaëlle Jean, s'active sur le terrain.
A quelques kilomètres au nord de Port-au-Prince, il est un lieu où le ciment relève autant du désir d'implantation que du rêve d'appartenance. Depuis le séisme, des milliers d'Haïtiens ont émigré vers ces collines nues, mangées par l'érosion et le soleil, qu'ils ont baptisées Canaan. Ce n'est pas un camp, ni encore un quartier. Cependant des dizaines de milliers de citoyens vivent ici, dans ce bidonville où les tentes croisent les églises et les épiceries de briques.
Un des coordinateurs de Canaan, site grouillant qui n'a pas encore d'identité juridique, Louis Evenson, 30 ans, passe sa vie dans les administrations au loin dans la plaine pour faire reconnaître la propriété légitime de ces terres que des Haïtiens ont conquises sur le désastre. "Nous voulons être considérés comme une commune pour avoir accès aux services de base, tels que l'eau et l'électricité. " Sur leur terrain à l'abandon, où même les mauvaises herbes ont soif, ils ont déjà dessiné au cordeau un emplacement pour la future mairie.
Entre le Palais national, en bas à Port-au-Prince, et Canaan, sur les collines, quelque chose se joue du projet haïtien. Dans ce pays que l'on décrit le plus souvent comme chaotique, la proie des renversements politiques, des milices et de la débrouille, c'est surtout le formidable désir d'Etat qui frappe.
http://www.lemonde.fr/culture/article/2012/10/04/haiti-sean-penn-et-le-palais-detruit_1770416_3246.html
lundi 1 octobre 2012
Rencontre entre Laurent Lamothe et le président sud-africain
Le Premier Ministre, Laurent Salvador LAMOTHE, accompagné du Ministre des Affaires Etrangères et des Cultes, Monsieur Pierre-Richard CASIMIR, a rencontré, ce mardi 25 septembre 2012, au Siège des Nations Unies à New York, le Président de l'Afrique du Sud.
Selon un communiqué Monsieur Jacob ZUMA était accompagné de son épouse et de la Ministre sud-africaine des Affaires Etrangères et de la Coopération internationale, Madame Maïté Nkoana MASHABANE.
Les deux Hommes d'Etat, qui se sont félicités des fortes ressemblances culturelles entre les deux nations et des liens historiques d'amitié et de coopération qui les unissent, ont mis en avant leur volonté manifeste de travailler au renforcement des relations entre la République d'Haïti et l'Afrique du sud et au rapprochement des deux peuples.
Le Premier Ministre LAMOTHE a souligné que le réchauffement des rapports entre la République d'Haïti et les Etats africains en général et l'Afrique du Sud en particulier constitue l'une des grandes priorités de la politique étrangère de son Gouvernement. Il a annoncé pour bientôt la réouverture de l'Ambassade d'Haïti à Pretoria.
Le Président ZUMA s'est réjoui des progrès spectaculaires réalisés en Haïti matière de redressement post séisme, de stabilisation socio politique, de réaménagement des infrastructures et d'amélioration du climat sécuritaire, particulièrement sous le Gouvernement haïtien.
Il s'est montré déterminé à appuyer les efforts de reconstruction et de développement d'Haïti. L'Afrique du Sud est sur le point d'accréditer un nouvel Ambassadeur en Haïti avec résidence à la Jamaïque.
En matière de coopération bilatérale entre les deux Etats, les domaines principaux suivants ont été identifiés : les mines, l'énergie, le tourisme, l'agriculture, la culture et les sports. Le Chef d'Etat sud-africain a aussi promis de soutenir le rapprochement d'Haïti avec l'Union Africaine et de participer à la mobilisation de la solidarité internationale en faveur de la reconstruction du pays.
Les deux hauts dignitaires ont chargé leurs Ministres des Affaires Etrangères respectifs d'assurer le suivi de leurs échanges qui se sont déroulés dans une ambiance de cordialité et d'ouverture.
L'éventualité d'une visite en Afrique du Sud du Président Michel Joseph Martelly a été évoquée, en marge du quatorzième Sommet des Chefs d'Etat et de Gouvernement de la Francophonie qui se tiendra à Kinshasa, en République Démocratique du Congo à la mi-octobre.
Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=21447
Des milliers d'Haïtiens protestent contre le président Martelly
Plusieurs milliers de personnes ont envahi les rues de la capitale haïtienne dimanche afin de protester contre le gouvernement du président Michel Martelly.
Ce rassemblement comptait parmi les plus importantes manifestations à avoir eu lieu cette année à Port-au-Prince contre M. Martelly alors que ce dernier tente de reconstruire le pays après le puissant tremblement de terre de 2010 qui a entraîné le déplacement d'un million d'Haïtiens et détruit des milliers de maisons.
Les manifestants, qui ont défilé dans les quartiers les plus pauvres de la capitale, ont notamment dénoncé le coût élevé de la vie, l'augmentation du prix de la nourriture ainsi que les allégations de corruption au sein du gouvernement.
Certains d'entre eux brandissaient de petits cartons rouges comme ceux que les arbitres utilisent au soccer pour expulser un joueur du terrain, laissant entendre que le président avait commis trop de fautes depuis son élection en mai 2011.
Le gouvernement Martelly n'a pas fait de déclaration publique concernant la manifestation.
Ancienne vedette de la chanson, Michel Martelly a joué la carte du nouveau venu en politique lors de la course à la présidence. Il a promis une éducation et des maisons gratuites aux personnes déplacées en raison du séisme. Mais certains Haïtiens se plaignent qu'il n'a pas réussi à améliorer le sort des habitants de ce pays figurant parmi les plus pauvres au monde.
« Le président a fait beaucoup de promesses, mais aucune n'est devenue réalité », a déclaré Max Dorlien, l'un des manifestants. « C'est seulement une clique composée de ses amis qui fait de l'argent. »
La manifestation de dimanche fait suite à de nombreuses semaines de protestations pacifiques dans les régions rurales. D'autres rassemblements sont prévus en octobre.
Elle marque aussi le 21e anniversaire de la première fois que l'ex-président haïtien Jean-Bertrand Aristide a été chassé du pouvoir. L'ancien prêtre est revenu à Haïti l'an dernier après avoir passé sept ans en exil. Depuis son retour, il est demeuré caché dans sa résidence de Port-au-Prince et s'est tenu loin des projecteurs, alimentant le débat sur sa pertinence politique.
Associated Press
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2012/09/30/011-manifestation-haiti-martelly.shtml
mercredi 19 septembre 2012
Haïti est à la croisée des chemins..."
Port-au-Prince. Mardi 18 septembre 2012. CCN. Ivan Simonovic, a parlé de « signes encourageants en Haïti aujourd’hui», mais également de risques, à la fin de sa mission de quatre jours dans le pays.
«Haïti est à la croisée des chemins Si les bonnes décisions sont prises sur un certain nombre de questions clé, il existe un potentiel pour le progrès – mais en même temps, le risque d’un retour en arrière. Le nouveau Conseil Electoral Permanent doit être crédible et jouir de la confiance de l’ensemble de la classe politique pour s’assurer que les élections locales, municipales et parlementaires aient lieu sans délai et soient libres et exemptes de violence. »
Il a qualifié de signes positifs les récents amendements constitutionnels qui établissent un quota de 30% pour les femmes dans la vie publique et un conseil constitutionnel, la nomination d’un ministre des droits de l’homme et de la lutte contre l’extrême pauvreté, ainsi que la diminution significative de la population des camps de 1,5 million à 370.000.
Au cours de sa visite du 12 au 15 septembre pour discuter des défis des droits de l’homme avant le prochain examen du mandat de la MINUSTAH, la mission de stabilisation des Nations Unies dans le pays, par le Conseil de sécurité de l’ONU, Simonovic a rencontré de hauts responsables gouvernementaux, y compris le Premier ministre Laurent Lamothe, les ministres des Affaires étrangères, des Droits de l’homme et de l’Extrême pauvreté, de la Justice ainsi que le Directeur Général de la Police et l’Inspecteur Général de la Police. Il a également rencontré des représentants de l’ONU, le corps diplomatique et des représentants de la société civile.
«Le recrutement prévu de 5.000 nouveaux agents de police au cours des 4 prochaines années augure d’un grand potentiel pour un environnement sûr et stable en Haïti. S’ils sont recrutés en fonction de leur mérite, bien formés, et comprennent davantage de femmes, la Police Nationale d’Haïti en sera renforcée tout comme la confiance de la population en elle. Le rôle et l’indépendance de l’Inspecteur Général sont essentiels pour s’assurer que les auteurs des violations des droits de l’homme soient interdits de servir, » a t-il dit.
Simonovic a appelé à accompagner la réduction planifiée des forces militaires de la MINUSTAH d’un soutien accru à la police nationale et aux institutions garantissant l’état de droit.
« Réformer la police ne suffit pas. La réforme du système judiciaire est attendue depuis longtemps. J’ai visité le Pénitencier National où les 3.489 détenus vivent dans des conditions inhumaines et dégradantes. Parmi eux, seuls 278 ont été reconnus coupables par un tribunal, la plupart des autres sont en détention préventive prolongée. Un système de justice plus indépendante, fiable et efficace est nécessaire pour résoudre non seulement cette situation, mais pour s’assurer que les droits de la population soient mieux protégés, notamment les droits fonciers. La réforme du code pénal en cours doit être achevée sans délai et devrait conduire à des poursuites judiciaires contre les graves violations passées des droits de l’homme, conformément aux obligations juridiques internationales d’Haïti. »
Simonovic a exhorté la communauté internationale à accroître son soutien aux efforts de développement à long terme d’Haiti, compte tenu du fait que l’aide humanitaire destinée au pays après le tremblement de terre est en baisse. « Pendant trop longtemps, beaucoup trop d’Haïtiens ont réclamé en vain leurs droits économiques et sociaux, mais n’ont pas été en mesure d’accéder aux services de base. Les efforts de développement qui ont été engagés doivent être fondés sur les droits de l’homme et bénéficier à tous, en particulier aux plus démunis.
«Nombreuses parmi les personnes les plus vulnérables sont toujours dans des camps, dont 70% sur des terres privées et sont menacés d’expulsions forcées. J’ai insisté sur la nécessité d’une concertation avec la population des camps et du respect des normes internationales relatives aux droits de l’homme dans le processus de démantèlement des camps qui sont toujours occupés. Une politique de logement et de développement urbains est nécessaire ».
Simonovic a observé qu’Haïti a le potentiel d’attirer des investissements et de créer de nouveaux emplois décents, ce qui est essentiel dans un pays où la majorité de la population active est au chômage et où la jouissance des droits économiques et sociaux reste un défi. Dans ce contexte, la sécurité et le respect de l’état de droit ainsi que la lutte contre la corruption sont essentiels.
Le responsable onusien a noté que les organisations de la société civile et l’opposition ont une grande contribution à apporter aux efforts de développement du pays. Il est donc important pour le gouvernement de les engager, ainsi que tous les Haïtiens dans la reconstruction de leur pays.
http://www.caraibcreolenews.com/news,haiti,1,3972,18-09-2012-hay-ti-hay-ti-est-yy-la-croisy-e-des-chemins-.html
Sean Penn, "déconstructeur" du palais national à Haïti
LE MONDE | 18.09.2012 à 14h03
Par Jean-Michel Caroit (Saint-Domingue, correspondant)
Sévèrement touché par le tremblement de terre de janvier 2010, le palais national haïtien est la proie des pelleteuses qui vont achever de le démolir au cours des trois prochains mois. Le président Michel Martelly a donné le coup d'envoi des travaux le 6 septembre. Il les a confiés à J/P Haitian Relief Organization, l'ONG de la star hollywoodienne Sean Penn.
Nommé ambassadeur itinérant par le président haïtien, l'acteur a multiplié les initiatives humanitaires après le séisme qui a tué près de 250 000 personnes. Selon l'entourage du président, Sean Penn a proposé de prendre en charge "bénévolement" les travaux de "déconstruction" du palais. Les avis sont partagés, sur les réseaux sociaux et parmi les badauds qui se pressent devant les grilles entourant le terrain de 40 000 m2, au centre de Port-au-Prince, où les engins lourds poursuivent la démolition de l'immense bâtisse blanche en forme de E.
Des voix s'élèvent pour déplorer l'absence de transparence et le manque d'information sur la reconstruction du palais. "Livrer le palais national à une ONG est tout un symbole, 221 ans après le soulèvement général des esclaves, nous sommes incapables de déblayer les ruines de la maison nationale", regrette le quotidien Le Nouvelliste.
"Orgueil"
Lors de son entrée en fonction, en mai 2011, Michel Martelly a exclu la reconstruction du palais de ses priorités. L'urgence, disait-il, était le relogement des sinistrés du séisme. Plus de 390 000 sans-abri sont toujours entassés dans des campements de fortune, dans des conditions que les dernières pluies ont encore aggravées. Mais pour Michel Martelly, il est temps de s'attaquer à la reconstruction des bâtiments publics.
"La nouvelle construction reproduira à l'identique ces lignes, formes et volumes qui entretenaient et justifiaient notre orgueil", a promis le chef de l'Etat. Après consultation de l'Institut de sauvegarde du patrimoine national, il a précisé que le seul ajout serait "la prise en compte des normes parasismiques". Ni le coût du projet de reconstruction ni l'origine des fonds n'ont été annoncés.
Quinze jours après le séisme, le président René Préval, alors en fonctions, avait évoqué une proposition française pour la reconstruction du palais, transmise par l'ambassadeur de France, Didier Le Bret. Cette offre avait été rapidement abandonnée face à l'ampleur des besoins humanitaires.
Comme celle d'Haïti, l'histoire du palais a été mouvementée. En 1869, il fut incendié lors d'une rébellion qui renversa le président de l'époque, Sylvain Salnave. En 1912, l'explosion de la poudrière du palais a détruit l'édifice et tué le président Cincinnatus Leconte et près de deux cents soldats.
L'année suivante Georges Baussan, architecte haïtien formé aux Beaux-Arts, à Paris, a remporté le concours pour la reconstruction du palais. L'édification de l'imposant bâtiment de style néoclassique, surmonté de trois coupoles, s'est achevée en 1921, sous la supervision des ingénieurs qui accompagnaient les troupes d'occupation américaines.
Jean-Michel Caroit (Saint-Domingue, correspondant)
http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2012/09/18/sean-penn-deconstructeur-du-palais-national-a-haiti_1761829_3222.html
10% de la population haïtienne vit avec un handicap physique
Le Bureau du Secrétaire d'Etat à l'intégration des Personnes Handicapées (BSEIPH) et le Projet de Renforcement du Cadre Juridique pour les Personnes Handicapées en Haïti de l'OEA ont organisé le lundi 10 Septembre dernier une causerie avec le secteur privé des affaires sur la problématique du handicap en Haïti.
Selon un communiqué du Bureau de la présidence, cette rencontre déroulée sous le thème « Accès des personnes handicapées à l'emploi et au travail adaptés », a été l'occasion pour M. Gérald Oriol Junior, Secrétaire d'Etat à l'Intégration des Personnes Handicapées, de faire une plaidoirie en faveur de la présence des handicapés dans les entreprises. M. Oriol dit croire qu'une personne vivant avec un handicap ne représente pas un handicap pour une entreprise quelconque.
Le Chef de l'Etat, qui ne cesse d'intercéder pour la cause des handicapés, plaide une fois de plus en faveur du respect de la différence et l'acceptation des personnes handicapées. Il demande à tout un chacun de supporter ces dernières, car un effort supplémentaire doit être fait en vue d'accompagner ce secteur.
« Notre pays a besoin, pour son décollage, de l'apport de tous ses fils et filles et nous n'avons pas le droit de laisser se perdre le moindre atome d'intelligence, la moindre parcelle de potentialité », a déclaré le Président. La présence du Chef de l'Etat à cette grande réunion prouve son souci de sauvegarder l'égalité de tous les êtres humains, de faire respecter la liberté et la dignité de tous, de créer le cadre nécessaire pour enrayer toute discrimination fondée sur le handicap.
« Je regarde cette initiative comme un pas vers l'émergence d'une conscience citoyenne qui tient compte des conditions d'existence de l'ensemble de la population. Et ce pas me renforce dans ma conviction que, nous autres Haïtiens, pouvons dépasser notre petite personne et nous ouvrir aux besoins de nos compatriotes. »
Plusieurs entrepreneurs présents ont compris la nécessité d'offrir des opportunités égales à tous et promis d'intégrer désormais les personnes handicapées compétentes dans leurs entreprises. M. Hervé Denis, Président de la Chambre de Commerce et de l'Industrie en Haïti (CCIH) invite tous les autres membres à faire pareil.
Le Président Martelly invite tous les Haïtiens à s'épauler et à avancer sur la voie d'une construction collective et solidaire de cette Haïti dont nous rêvons tous.
Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=21382
Haïti-Politique : Des sénateurs mèneraient la bataille sur un autre front contre Martelly
P-au-P, 17 sept. 2012 [AlterPresse] --- Le président haïtien, Joseph Michel Martelly, le président du conseil supérieur du pouvoir judiciaire et de la cour de cassation, Anel Alexis Joseph, et deux autres juges de la cour de cassation se trouvent dans le collimateur d’une partie du sénat de la république, selon des déclarations recueillies par AlterPresse au cours d’une série d’entretiens.
Quatre (4) juges, Frantzy Philémon, Thélot Wendell Coq, Kesner Michel Thermesi et Louis Pressoir, ont été installés le vendredi 17 février 2012 pour compléter la cour de cassation du pays.
En fait, Frantzy Philémon et Kesner Michel Thermesi « sont entrés en fonction dans l’irrespect de la loi », fait savoir le sénateur du Nord-Est, Jean Baptiste Bien-Aîmé.
Les noms de ces 2 derniers ne figuraient pas dans une liste reconnue par le parlement, selon les explications de l’élu.
En conséquence, « nous allons prendre une résolution pour demander à ces derniers de démissionner », ajoute Bien-Aîmé, qui explique que le sénat a été dupé de l’intérieur lors du processus.
Le dossier, relatif à l’entrée soupçonnée d’irrégulière de 2 juges à la cour de cassation de la république, ouvre une fenêtre sur celui du conseil électoral (dit permanent) à 6 membres établi par Michel Martelly.
Un conseil incomplet, car la version amendée de la Constitution de 1987 et "reproduite" par l’administration de Martelly / [premier ministre Laurent Salvador] Lamothe stipule un organisme électoral de 9 membres.
Les six (6) membres déjà installés ont prêté serment devant ces juges incrimines à la cour de cassation, qui font désormais l’objet d’une résolution parlementaire.
Tous les « actes » qu’ils [ces 2 juges] auraient posés seraient « nuls et non avenus », au terme de la résolution envisagée par le sénat de la république.
Les membres de ce conseil électoral (dit permanent pour certains et présidentiel pour d’autres) sont : Josué Pierre-Louis (représentant de l’exécutif, président ; il est nommé au dit conseil sans avoir reçu décharge de sa gestion au poste de ministre de la justice, auquel il a renoncé en octobre 2011 au fort des remous provoqués par l’arrestation arbitraire et illégale du député en fonction Arnel Bélizaire), Gustave Acacia (représentant de l’exécutif, vice-président), Reynaldo Brunet (représentant de l’Exécutif, responsable des opérations électorales), Yves Benoit Jean Marie (représentant du judiciaire, trésorier), Patrick Métellus (représentant du judiciaire, secrétaire général) et Salnave Exantus (représentant du judiciaire, responsable de la communication).
Autre personnalité concernée par cette résolution, c’est Anel Alexis Joseph, le président de la cour de cassation et du conseil supérieur du pouvoir judiciaire (Cspj). Lui aussi aurait violé la loi en acceptant son poste, limite à 65 ans l’âge de nomination d’un juge en son article 51 ; alors que le juge Anel Alexis Joseph est septuagénaire.
Est également contestée la nomination des représentants du Cspj au conseil électoral permanent (Cep) mis sur pied par Michel Martelly .
Changement de phase …
« La bataille », contre Martelly « a changé de phase », a déclaré à AlterPresse le sénateur du Nord Jean-Charles Moïse.
« Nous avons passé 15 mois à parler. Maintenant, les armes sont les manifestations, les grèves et les sit-in », préconise Moïse, qui entend mettre fin politiquement au mythe d’un Michel Martelly "très populaire".
Pour appuyer ses assertions, le sénateur Moise évoque les mouvements de protestation et de grève, tenus, les 12 et 13 septembre 2012, respectivement au Cap-Haïtien (Nord) et aux Cayes (Sud). contre le mode de gestion de l’administration Martelly / Lamothe.
Jean Charles Moïse annonce une autre série de manifestations, lesquelles devront, cette fois-ci, impliquer des habitantes et habitants des Gonaïves (Artibonite / Nord). [srh kft rc apr 17/09/2012 10:30]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article13409
Haïti-Éducation : Une marche pacifique en vue pour le vendredi 5 octobre
P-au-P, 17 sept, 2012 [AlterPresse] --- L’union nationale des normaliennes et normaliens haïtiens (Unnoh) appelle à une marche pacifique à l’échelle nationale le vendredi 5 octobre 2012 (journée mondiale des enseignantes et enseignants), dans l’objectif de porter le ministère de l’éducation nationale à prendre en considération le niveau de traitement des enseignantes et enseignants du secteur public, annonce son secrétaire général, Josué Mérilien, dans des declarations faites à plusieurs journalistes, dont de l’agence en ligne AlterPresse.
Pour inciter les autorités de l’État à se pencher sur les conditions des enseignantes et enseignants du secteur public, l’Unnoh entend réitérer le mouvement enclenché le 10 septembre dernier dans tout le pays.
Parmi les recommandations de l’Unnoh, figurent les arriérés de traitements des enseignantes et enseignants (alors que l’ouverture des classes est annoncée pour le lundi 1er octobre), et la nomination des professeures et professeurs qui travaillent déjà dans le système, celle des étudiantes et étudiants finissants de l’école normale supérieure ainsi que celle des enseignantes et enseignants de l’école normale des institutrices et instituteurs.
L’Unnoh réclame un salaire mensuel de base de cinquante mille gourdes (G. 50,000.00) [US $ 1.00 = 43.00 gourdes ; 1 euro = 58.00 gourdes] pour toutes les enseignantes et tous les enseignants, quels que soient leur niveau d’études et le secteur (privé ou public).
De fait, la dynamisation de ce projet passerait par une augmentation du budget national pour le secteur éducatif à près de 34 pour cent, avec 30 pour cent pour le niveau préscolaire, fondamental, et secondaire et professionnel et 4 % pour l’enseignement supérieur public.
Vu que plus de quatre-vingt pour cent (+ de 80 %) des écoles du pays sont privées, l’Unnoh demande aux autorités de l’État de prendre toutes les mesures nécessaires pour construire, dans tout le pays, des écoles publiques, afin que la question de scolarisation gratuite ne soit pas du chantage, mais de préférence une réalité.
Lors de la mobilisation, tenue le 10 septembre 2012, beaucoup d’organisations d’enseignantes et d’enseignants du monde ont manifesté leur solidarité à l’Unnoh pour l’encourager dans sa lutte.
Parmi ces organisations, figurent le syndicat national des enseignants en France, le syndicat des enseignants de l’Amérique du Nord, l’association des peuples des Caraïbes et le comité défendre Haïti en Martinique.
A l’occasion du 5 octobre 2012, journée mondiale des enseignantes et enseignants, l’Unnoh compte honorer certaines professeures et certains professeurs dans tous les départements du pays, en hommage à leurs sacrifices. [jep kft rc apr 17/09/2012 14:10]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article13411
ONU : des signes encourageants en Haïti
ONU : des signes encourageants en Haïti
Mise à jour 19.09.2012 08h57
Le Sous-secrétaire général de l'ONU aux droits de l'homme, Ivan Simonovic, a parlé de "signes encourageants en Haïti aujourd'hui », mais aussi des risques, à la fin de sa mission de quatre jours dans le pays.
Selon un communiqué de presse parvenu lundi à Genève, le sous- secrétaire général a cité comme signes positifs les récents amendements constitutionnels qui établissent un quota de 30% pour les femmes dans la vie publique et un conseil constitutionnel, la nomination d'un ministre des droits de l'homme et de la lutte contre l'extrême pauvreté, ainsi qu'une diminution significative de la population des camps de 1,5 million à 370.000.
"Haïti est à la croisée des chemins. Si de bonnes décisions sont prises sur un certain nombre de questions clés, il existe un potentiel pour le progrès - mais en même temps il y a des risques d'un retour en arrière. Le nouveau Conseil électoral permanent doit être crédible et avoir la confiance de l'ensemble de la classe politique pour s'assurer que les élections locales, municipales et parlementaires ont lieu sans délai et soient libres et sans violence ", indique le commniqué.
Simonovic a exhorté la communauté internationale à accroître son soutien aux efforts des Haïtiennes de développement à long terme, vu que l'aide humanitaire destiné au pays après le tremblement de terre est fortement réduite.
http://french.peopledaily.com.cn/International/7952981.html
ONU : des signes encourageants en Haïti
ONU : des signes encourageants en Haïti
Mise à jour 19.09.2012 08h57
Le Sous-secrétaire général de l'ONU aux droits de l'homme, Ivan Simonovic, a parlé de "signes encourageants en Haïti aujourd'hui », mais aussi des risques, à la fin de sa mission de quatre jours dans le pays.
Selon un communiqué de presse parvenu lundi à Genève, le sous- secrétaire général a cité comme signes positifs les récents amendements constitutionnels qui établissent un quota de 30% pour les femmes dans la vie publique et un conseil constitutionnel, la nomination d'un ministre des droits de l'homme et de la lutte contre l'extrême pauvreté, ainsi qu'une diminution significative de la population des camps de 1,5 million à 370.000.
"Haïti est à la croisée des chemins. Si de bonnes décisions sont prises sur un certain nombre de questions clés, il existe un potentiel pour le progrès - mais en même temps il y a des risques d'un retour en arrière. Le nouveau Conseil électoral permanent doit être crédible et avoir la confiance de l'ensemble de la classe politique pour s'assurer que les élections locales, municipales et parlementaires ont lieu sans délai et soient libres et sans violence ", indique le commniqué.
Simonovic a exhorté la communauté internationale à accroître son soutien aux efforts des Haïtiennes de développement à long terme, vu que l'aide humanitaire destiné au pays après le tremblement de terre est fortement réduite.
http://french.peopledaily.com.cn/International/7952981.html
Haïti a perdu sa « mère Teresa ».
Renette François-Barbier est décédée samedi dernier des suites d'un cancer à l'âge de 67 ans.
Figure indispensable de la diaspora haïtienne, Mme François-Barbier a fondé la Cellule de réveil de la communauté haïtienne en 1986, puis L'Organisation Têtes Ensemble Internationale SOS Haïti (OTEI), dix ans plus tard.
« Renette était très sensible aux besoins des autres, confie son mari, Jean-René Barbier. Elle était animée d'une grande bonté. »
L'infirmière de formation débarque à Montréal en 1970. Elle écrit la première page de son oeuvre deux ans plus tard. Une école sur la terre familiale est créée, et elle paye de sa poche le salaire de l'enseignante qui y travaille.
Elle ne reviendra dans sa terre natale que 28 ans plus tard. Celle qui a quitté sa patrie dans un état d'extrême pauvreté la retrouve dans une misère indicible. Nous sommes en 1999. Maintenant jeune retraitée, Mme François-Barbier se dévouera par la suite entièrement aux miséreux de la Perle des Antilles.
Mais le véritable électrochoc survient en septembre 2004, après le passage de l'ouragan Jeanne, dans Les Gonaïves. Les images de détresse se multiplient à la télévision. Horrifiée et fortement ébranlée, Rénette François-Barbier s'active et amasse en quelques semaines près de 150 000 $, avec l'aide précieuse de Gisèle Lalonde. Cinq conteneurs chargés de vêtements, de meubles, et de produits d'hygiène, quittent bientôt le port de Montréal pour la commune située dans l'ouest d'Haïti.
« Elle avait vraiment l'amour de son pays et des Haïtiens, raconte l'ancienne mairesse de Vanier. Elle les avait tout le temps dans son esprit et dans son coeur. »
Le 12 janvier 2010, le malheur s'abat une nouvelle fois sur Haïti. Un violent séisme tue environ 200 000 personnes, en grande partie dans sa capitale, Port-au-Prince.
Plus de détails dans l'édition du 18 septembre ou sur ledroitsurmonordi.ca
Haïti: après la collecte de l'eau, des enfants viennent lire au BiblioTaptap
PORT-AU-PRINCE, 18 sept 2012 (AFP) - 18.09.2012 06:28 - Par Clarens RENOIS
"Men machinn liv-la!" --"Voilà la voiture à livres!"--, crient les enfants de la Communauté Sainte-Marie, dans la banlieue de Port-au-Prince. Dans les minutes qui suivent, une salle de lecture est dressée sous un arbre pour écouter les histoires merveilleuses que Suze Dorange va raconter.
Les petite têtes curieuses fêtent l'arrivée du "BiblioTaptap", une camionnette transformée en bibliothèque grâce à Bibliothèque sans frontières (BSF), arrivé ce samedi matin dans le quartier de Canapé-vert à l'est de la capitale haïtienne.
Le séisme de janvier 2010 a détruit de nombreuses bibliothèques à Port-au-Prince. Grâce à l'intervention de BSF, beaucoup ont été remises sur pied et l'organisation a permis aux personnes déplacées de rester en contact avec les livres en tenant des séances de lectures publiques.
Certains enfants arrivent au pas de course. Après la collecte de l'eau pour leur famille, ils ont rendez-vous avec les livres.
Emilcar Dieuphène, 8 ans, est assis aux pieds de l'animatrice et répète toutes les phrases qu'elle entend, tirées du conte de Maryse Lamigeon "Dauphin, Dauphin quand reviendras-tu ?"
Les enfants ouvrent de grands yeux et applaudissent à la fin de la lecture.
"C'est une belle histoire, lis encore", dit Emilcar.
"Nous allons aussi dans les camps de déplacés du séisme de 2010. Il y a des enfants qui y vivent et qui découvrent le livre pour la première fois. Ils ne vont pas à l'école et font la fête quand le BiblioTaptap arrive", raconte l'animatrice.
Ces enfants se contentent de voir des illustrations et écoutent les animateurs de la bibliothèque mobile qui déclament en créole.
"Le BiblioTaptap a un tel succès, c'est incroyable! Cela correspond à un vrai besoin de la population", a relevé Patrick Veil le directeur de BSF.
Le tremblement de terre en janvier 2010 a fait au moins 220.000 morts, dont 1.350 enseignants et 38.000 élèves. Les écoles ont rouvert officiellement le 6 avril 2010 dans la capitale, mais beaucoup n'ont pas encore été reconstruites.
Les adultes aussi
BSF a lancé en Haïti sa première bibliothèque mobile il y a environ deux mois et depuis, de nombreux enfants dans les quartiers de la capitale goûtent chaque jour au plaisir de la lecture.
Mike, 9 ans, préfère "le Loup et l'agneau", la fable de Jean de La Fontaine, que l'animatrice a raconté en créole pour la joie des enfants. Terra, 4 ans, a apporté ses propres livres pour qu'ils soient lus par l'animatrice.
"Les enfants sont adorables, ils ne sont jamais rassasiés de contes. Ils aiment Kirikou, Obélix, Astérix ou Alladin", explique Suze qui fait ainsi le tour de Port-au-Prince cinq fois par semaine pour apporter les livres dans les quartiers et sur les places publiques.
Les adultes ne sont pas en reste et viennent eux aussi passer quelques heures à lire au passage de la bibliothèque mobile très appréciée.
"Nous avons une bonne clientèle de jeunes et d'adultes qui viennent consulter nos rayons, mais certains ont des demandes très spécifiques. Alors on prend note et on essaie de répondre à leur demande", rapporte Marc-Elsius Saintvilus, bibliothécaire et animateur.
Dictionnaire, romans, ouvrages sur le droit ou l'économie, les lecteurs lisent tout ce qui est disponible. Des jeunes en profitent pour préparer leurs devoirs de classe.
"Parfois, certains nous suivent d'un quartier à un autre pour pouvoir terminer une lecture ou poursuivre une consultation", souligne le bibliothécaire.
Bibliothèques sans frontières (BSF) a récemment inauguré la bibliothèque du ministère haïtien des Affaires étrangères et un centre des archives détruits en 2010. L'université d'Etat a bénéficié d'une bibliothèque numérique.
Au total, plus de 460 structures haïtiennes bénéficient du soutien de BSF depuis trois ans grâce à une dotation de 750.000 euros du grand prix culturel de la Fondation Louis D-Institut de France attribué à l'association en 2010.
© 2012 AFP
http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/p-1911-Haiti-apres-la-collecte-de-l-eau-des-enfants-viennent-lire-au-BiblioTaptap.htm?&rub=5&xml=120918062831.w283mnfd.xml
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