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lundi 29 mars 2010

Le Canada fournira 100 millions pour reconstruire Haïti

Publié le 28 mars 2010 à 16h01 | Mis à jour le 28 mars 2010 à 16h10
La Presse Canadienne Ottawa
Le Canada s'apprête à payer 100 millions de dollars pour se joindre à un nouveau groupe international exclusif qui aurait pour mandat de mener la reconstruction d'Haïti, dévasté par un séisme en janvier, selon ce qu'a appris La Presse Canadienne.
C'est le prix à payer pour occuper un siège au sein de la Commission intérimaire pour la reconstruction d'Haïti dont la mise sur pied devrait être annoncée lors de la conférence internationale sur Haïti, cette semaine, à New York.
La nouvelle commission sera constituée de représentants de plus d'une douzaine de pays donneurs, du gouvernement haïtien, de l'Organisation des États américains (OEA), des 15 pays de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), d'organisations non gouvernementales et d'institutions internationales.
Sa création fera l'objet de l'une des deux principales annonces devant être faites mercredi dans le cadre du sommet de New York, selon des responsables de la Banque mondiale.
L'autre annonce concerne la mise sur pied d'un fonds en fiducie pour la reconstruction à long terme d'Haïti, qui fonctionnerait de concert avec la commission.
La Banque mondiale et d'autres acteurs internationaux souhaitent que le Canada joue un rôle actif au sein de la commission.
Le gouvernement haïtien estime qu'il coûtera 11,5 milliards de dollars pour reconstruire le pays à la suite du séisme du 12 janvier, qui a fait plus de 220 000 morts.

Haïti: conférence à l'ONU pour financer la reconstruction

Publié le 28 mars 2010 à 12h30 | Mis à jour le 28 mars 2010 à 12h33
Gérard Aziakou Agence France-Presse New York
Plus de cent pays se réunissent mercredi au siège new-yorkais de l'ONU pour une conférence qui devrait permettre de recueillir plus de trois milliards de dollars pour la reconstruction d'Haïti, dévasté par le séisme du 12 janvier.
Cette «Conférence internationale des donateurs pour un avenir meilleur pour Haïti» sera présidée par le chef de l'Etat haïtien René Préval, avec comme co-hôtes le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton.
«Cette conférence vise à lever des fonds pour la reconstruction à long terme d'Haïti», selon une déclaration d'Helen Clark, l'administratrice du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) qui joue un rôle clé dans les efforts pour remettre l'économie d'Haïti sur les rails.
Pour ses organisateurs, la réunion est cruciale pour aider le pays, le plus pauvre du continent américain, à «se reconstruire en mieux», après le tremblement de terre qui a détruit une grande partie de sa capitale Port-au-Prince, tuant au moins 220 000 personnes et faisant 1,3 million de sans-abri.
Les Etats membres de l'ONU devraient prendre de nouveaux engagements permettant de financer la reconstruction pendant 18 mois à deux ans, a dit à l'AFP Jordan Ryan, chef du département de prévention des crises et de reconstruction du Pnud.
Il a souligné que le gouvernement haïtien avait établi une feuille de route pour la reconstruction identifiant une série de besoins, d'un coût de 3,9 milliards de dollars.
«Nous espérons bien que cette conférence permettra de recueillir plus de trois milliards», a-t-il ajouté.
Une telle somme représenterait un premier versement sur un montant total de 11,5 milliards de dollars d'aide estimée pour la reconstruction sur 10 ans. Le séisme de magnitude 7 a fait des dégâts estimés à près de huit milliards de dollars, l'équivalent de 120% du PIB d'Haïti.
Mais l'argent n'est qu'une partie du problème, souligne dimanche le New York Times.
Les sommes réuniees devraient être déposées sur un fonds géré par la Banque mondiale qui se concentrera sur le financement de «gros projets» et évitera «une redondance» d'initiatives similaires mais disparates, affirme le journal, citant des extraits du plan qui sera présenté.
Selon le quotidien, le plan prévoit la création d'une commission temporaire consacrée à la reconstruction, composée d'Haïtiens et d'étrangers, qui pourrait évoluer ensuite en une «Agence haïtienne de développement» dépendant du Premier ministre haïtien.
Et pour que le pays le plus pauvre des Amériques cesse d'être sous perfusion internationale, il faut rendre son économie «auto-suffisante». «Des investissements modestes dans l'industrie textile, associés à des préférences commerciales, pourraient promptement créer des milliers d'emplois et accélérer l'investissement étranger», selon le quotidien new-yorkais.
Egalement, le gouvernement haïtien doit encourager le retour de l'élite haïtienne expatriée, quitte à proposer des salaires avantageux, afin de profiter de leur «grande expertise», poursuit le New York Times.
Plus de trois millions d'Haïtiens vivent hors de leur pays, principalement aux Etats-Unis, au Canada, en République dominicaine et d'autres pays des Caraïbes, et en France.
La conférence, décidée lors d'une réunion de donateurs à Montréal le 25 janvier, commencera mercredi matin par des discours de MM. Préval et Ban et de Mme Clinton.

Des marques rouge, jaune et verte sur les bâtiments

Ce programme initié le 25 janvier dernier. Il a fallu dans un premier temps recruter des ingénieurs, assurer leur formation dans l'évaluation des bâtiments après un tremblement de terre, organiser les effectifs en équipes, former les travailleurs sociaux, procéder au découpage des zones géographiques par priorités et enfin coordonner leurs actions avec les autres acteurs qui effectuent des activités similaires, nous informe Suranga Mallawa, Coordinatrice du Projet Unité de Réponse d'Urgence du Bureau des Nations Unies pour les Services d'Appui aux Projets (UNOPS) .
D'un coût total de 2,3 millions US$, le projet emploie au total 200 ingénieurs, 40 chefs d'équipes et 150 évaluateurs». La majorité des ingénieurs proviennent du Ministère des Travaux Publics, une partie d'entre eux étant des ingénieurs du secteur privé. «Tous ont été formés aux normes d'évaluations ATC20 pour évaluer les dommages structurels des bâtiments après un tremblement de terre», selon les précisions de Mme Mallawa.
Tous les bâtiments des zones touchées par le tremblement de terre sont concernés, sans discrimination, par ledit programme. Toutefois, le Ministère des Travaux Publics a donné la priorité aux quartiers d'où sont originaires les personnes déplacées dans les 25 camps prioritaires de Port-au-Prince, ainsi que les écoles afin de favoriser la prochaine rentrée scolaire.
En moyenne, 1.700 à 2.000 bâtiments sont évalués chaque jour. 10.600 bâtiments ont déjà fait l'objet d'une évaluation entre Delmas 33 à Delmas 81A et entre la Route de Delmas et la rue de Marbois, ainsi que dans certains quartiers de Delmas 2.
Comme le précise la Coordinatrice du Projet Unité de Réponse d'Urgence de l'UNOPS, «dans certains cas, le retour dans les maisons de la catégorie rouge et jaune est envisageable après réparations et autorisations des autorités». Par ailleurs, «le retour des occupants des maisons vertes est possible immédiatement».
Autre appui de l'UNOPS, avec le soutien du Ministère des Travaux Publics, le déploiement des travailleurs sociaux qui accompagnent les équipes d'ingénieurs sur le terrain. Leur rôle : « informer le public de cette campagne d'évaluation gratuite des bâtiments et avertir les communautés vivant dans les camps, les quartiers et dans les maisons du prochain passage des ingénieurs dans leurs quartiers ». De plus, ces travailleurs sociaux sensibilisent et expliquent aux personnes concernées la signification de la couleur attribuée à leur maison et les actions à envisager : «quitter le camp et rentrer chez eux sans danger si la maison est classée dans la catégorie verte, expliquer le danger de rester dans un bâtiment jaune ou rouge sans réparation, proposer des solutions alternatives d'abris transitionnels sur place ou dans la communauté», nous explique Suranga Mallawa.
Le Ministère des Travaux Publics prévoit de faire l'évaluation des dommages structurels de 100.000 bâtiments publics et privés au cours des trois (3) premiers mois du programme. Au total, il s'agira d'évaluer 900.000 bâtiments dans les zones géographiques affectées par le tremblement de terre, dans la capitale et en région. «le Ministère des Travaux Publics et l'UNOPS ont besoin de financement additionnels afin d'augmenter leurs capacités opérationnelles, la durée du projet et augmenter les zones couvertes» souligne Suranga Mallawa,
Comme le souligne l'UNOPS, ce programme constitue «la pierre angulaire de l'assistance humanitaire et de la prochaine reconstruction d'Haïti après le tremblement de terre». En effet, l'ensemble des bâtiments évalués sont enregistrés dans une base de données nationale et va permettre d'identifier non seulement les maisons vertes dans lesquelles les personnes actuellement déplacées dans les camps vont pouvoir rentrer, mais également les maisons et les quartiers qui vont nécessiter une démolition ou un enlèvement des débris et des gravats afin de reloger rapidement les habitants dans des abris transitionnels qu'UNOPS propose de construire. «Le projet va donc contribuer de façon déterminante à la décongestion des camps de déplacés en permettant aux habitants des maisons vertes de rentrer chez eux et en offrant des solutions alternatives d'abris après avoir identifier les maisons à réparer ou à remplacer avec des abris transitionnels». Cette base de données constituera également un outil déterminant pour planifier la reconstruction, elle permettra de créer des cartes et d'avoir des informations clefs sur l'habitat à l'échelle d'un quartier, d'une ville ou d'une région en vue des futurs plans d'urbanisation et de reconstruction.
Le Ministère des Travaux Publics avec le soutien technique de l'UNOPS va coordonner l'ensemble des acteurs désireux de s'associer à cette initiative nationale. Enfin, la formation des ingénieurs publics du Ministère des Travaux Publics va permettre d'avoir de meilleurs appuis et structures institutionnels et techniques lors la prochaine phase de reconstruction. Selon le dernier rapport de la Direction de la Protection civile, «entre 50 à 90% des maisons ont été détruites (105.369 maisons) ou endommagées (208.164 maisons) dans les zones les plus frappées. «Le chiffre des maisons endommagées ne tient compte que de celles présentant des signes extérieurs de dommages. Plus d'un million de personnes (1.301.491) sont aujourd'hui logées dans les sites d'hébergement provisoires ».
N/ Radio Métropole Haïti http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17340

Haïti-Séisme : Pour une recomposition profonde et durable de l’espace politique national

Samedi 27 mars 2010 par Ronald Colbert
Cayes (Haïti), 27 mars 2010 [AlterPresse] --- Haïti doit profiter des opportunités qui s’offrent, au lendemain du séisme du 12 janvier 2010, pour se donner (à ses ressortissantes et ressortissants) les chances d’un nouveau départ en agissant sur l’espace politique grâce à une vision de refondation de la nation comme nécessité absolue.

Telles sont, entre autres, les conclusions dégagées d’une première rencontre interdépartementale, déroulée, le samedi 13 mars aux Cayes (à 165 kilomètres au sud de la capitale Port-au-Prince), dans la perspective d’aménager les bases d’une force politique régionale dans le Grand Sud : Sud, Sud-Est et Sud-Ouest (Nippes et Grande Anse), dont un compte-rendu a été acheminé à l’agence en ligne AlterPresse.
“ L’émergence de forces politiques régionales, issues de l’interactivité entre les pôles de réflexion au niveau des départements (Ndlr :géographiques), apparaît comme une stratégie légitime, efficace, susceptible de contribuer à l’émergence d’une puissance politique organisée et visionnaire, capable de s’opposer aux caciques de Port-au-Prince et de réorienter le cours de l’histoire en Haïti”, préconisent les participantes et participants à cette rencontre interdépartementale du 13 mars.
A 18 jours du sommet des bailleurs de fonds internationaux, le 31 mars à New York, ils ont insisté sur “la concentration outrancière des leviers de développement dans la zone métropolitaine de la capitale ; la nécessité d’une décentralisation rapide et ordonnée des ressources humaines, matérielles et financières vers les provinces ; l’accélération de la dégradation de l’environnement sur toute l´étendue du territoire national ; le poids de la communauté internationale dans le budget gouvernemental ; l’attitude de prédateurs, affichée par les élites nationales malgré les maigres ressources du pays et la paupérisation envahissante qui gangrène le tissu social”.
A noter que le Fonds monétaire international (Fmi) se prononce en faveur de l’octroi, par les bailleurs de fonds au sommet du 31 mars, d’environ 350 millions de dollars américains (US $ 1.00 = 41:00 gourdes aujourd’hui) d’appui budgétaire, sollicités par l’administration du premier ministre Joseph Jean Max Bellerive pour l’exercice fiscal 2009-2010.
Seulement 20 et 35 % des recettes fiscales prévues ont été collectées en janvier et février 2010, rappelle le Fmi.
Pour leur part, les délégués des organisations, ayant pris part au forum de discussions du 13 mars, invitent à un consensus sur l’idée de rupture avec les pratiques politiques (traditionnelles) dans le pays, les échéances électorales et politiques, la constitution de forces politiques régionales, la problématique de la décentralisation, du développement local et régional.
A leur avis les causes, qui expliquent l’immensité des pertes en vies humaines (plus de 250,000 morts, plusieurs centaines de milliers de sans abris et de milliers de handicapées et handicapés) ainsi que matérielles (destruction de la quasi-totalité des infrastructures immobilières de la capitale, entre autres), enregistrées dans le tremblement du terre du 12 janvier, doivent être recherchées dans l’inefficacité des politiques publiques et l’irresponsabilité des organismes d’État.
Aujourd’hui, Haïti se trouve aux bords de l’abîme, le fonctionnement des institutions reste chaotique, les citoyennes et citoyens sont livrés à eux-mêmes. Quel que soit l’angle de perception envisagée, l’action gouvernementale semble décevante, disent-ils.
Face à ce constat, il importe de parvenir à un consensus sur la reconstruction d’Haïti (qui n’a d’ailleurs pas été construite, argumentent certains).
Les réflexions de cette première rencontre doivent être approfondies au cours d’une deuxième rencontre interdépartementale, toujours aux Cayes, ce samedi 27 mars 2010.
Une troisième rencontre de suivi doit avoir lieu à une autre date, non encore déterminée (probablement en avril 2010), ou dans le Sud-Est ou dans le Sud-Ouest d’Haïti.
Avec l’apport de plusieurs dirigeants politiques et d’autres membres d’organisations sociales, l’initiative du forum régional de discussions est l’œuvre de la ligue citoyenne pour le progrès (Lcp, Cayes / Sud), la coordination régionale des organisations du Sud-Est (Cros), la coordination des organisations de la région des Nippes (Korenip, de son sigle en Créole), la coordination de la résistance dans la Grande Anse (Korega, de son sigle en Créole). [rc apr 27/03.2010 11:00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article9397

Haïti-Séisme : Initiative pour construire une force politique régionale dans le Grand Sud

Samedi 27 mars 2010 Cayes (Haïti), 27 mars 2010 [AlterPresse] --- Après une première, organisée le 13 mars, une deuxième rencontre interdépartementale, de mise en commun de réflexions et d’actions en vue de parvenir à la mise en place d’une force politique regionale dans le Grand Sud d’Haïti - incluant les départements géographiques du Sud, du Sud-Est et du Sud-Ouest (Nippes et Grande Anse) - se tient, pendant la journée du samedi 27 mars 2010, aux Cayes (troisième ville du pays, à 185 kilomètres au sud de la capitale Port-au-Prince), constate l’agence en ligne AlterPresse.
En plus de la construction d’une force politique régionale (dans le Grand Sud), l’initiative des forums de discussion aurait également pour objectif d’aboutir à une large représentativité régionale, susceptible d’encourager une décentralisation véritable et un développement régional pertinent, en passant par le développement local.
Les grandes orientations pour la reconstruction nationale, avec les conséquences du tremblement de terre du 12 janvier 2010 sur la zone métropolitaine de la capitale (Port-au-Prince, Delmas, Carrefour, Pétionville, Tabarre, Croix des Bouquets), Léogane, Petit-Goâve et Grand-Goâve (Ouest), le Sud-Est et une partie des Nippes (Sud-Ouest) constituent un des thèmes qui seront abordés ce 27 mars, à 4 jours de la rencontre des bailleurs de fonds internationaux sur Haïti au siège de l’organisation des Nations Unies (Onu) à New York.
Les échanges, du samedi 27 mars aux Cayes, seront aussi axés sur la conjoncture nationale et régionale, notamment la situation post-séisme du 12 janvier 2010, la proposition issue d’organisations de Nippes pour la formation d’un conseil d’Etat (avantages et inconvénients) dans le contexte actuel de gestion, les échéances électorales (à 11 mois de la prestation d’un nouveau chef d’Etat, en principe le 7 février 2011 et à quelques mois de consultations – les dates ne sont pas encore déterminées, ni pour la présidentielle d’ailleurs - pour le renouvellement de sénateurs, de l’ensemble des députés, de conseils municipaux et de conseils d’administration de sections communales / Casec).
Cependant, les partenaires du Sud, membres de l’initiative de concertation pour le Grand Sud, feront part de leur proposition, consistant en l’organisation (prochaine) d’un “congrès régional du Grand Sud et sa diaspora” (les personnes originaires du Grand Sud et résidant à l’extérieur d’Haïti) et en la “création des conseils régionaux de la décentralisation pour aboutir à un conseil national de la décentralisation”.
Diverses citoyennes et divers citoyens du pays, y compris des consultants autour des grands dossiers techniques nationaux, participent à cette deuxième rencontre interdépartementale pour la “construction d’une force politique régionale” dans le Grand Sud d’Haïti.
Parmi les organisations, auteures de l’initiative, figurent la ligue citoyenne pour le progrès (Lcp / Sud), la coordination régionale des organisations du Sud-Est (Cros), la coordination des organisations de la région des Nippes (Korenip, de son sigle en Créole), la coordination de la résistance dans la Grande Anse (Korega, de son sigle en Créole). [rc apr 27/03/2010 11:30]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article9395

Haiti-Séisme/Littérature : Dany Laferrière inspiré


Samedi 27 mars 2010 P-au-P., 26 mars 2010 [AlterPresse] --- Le grand écrivain haitien Dany Laferrière vient de publier à Montréal un livre/témoignage sur le seisme du 12 janvier 2010 sous le titre « Tout bouge autour de moi ».
Dans ce livre sur le tremblement de terre qui a dévasté Haïti, l’auteur retrace les principaux moments du désastre, indique la maison d’édition Mémoire d’encrier dans un communiqué transmis à AlterPresse.

L’ouvrage est constitué de textes brefs, portraits, informations, impressions et projections.

« Laferrière livre en des touches discrètes ses émotions, ses sentiments et ses pensées, dans cette poignante chronique », selon Mémoire d’encrier.

« Partout où je vais, les gens m’adressent la parole en baissant la voix. Conversation entrecoupée de silences. Les yeux baissés, on m’effleure la main. Bien sûr qu’à travers moi, on s’adresse à cette île blessée mais de moins en moins isolée. On me demande de ses nouvelles. Ils comprennent vite qu’ils sont plus au courant de ce qui se passe que moi. Je me suis éloigné de cette rumeur intoxicante afin de préserver ces images qui brûlent encore en moi », écrit Dany Laferrière.

Les profits tirés de la vente de l’ouvrage contribueront à financer la publication des textes de jeunes auteurs haïtiens chez Mémoire d’encrier.

Dany Laferrière a gagné le Prix Médicis 2009, le Grand Prix du livre de Montréal 2009 et le Grand Prix Métropolis Bleu 2010 pour son roman L’énigme du retour (Montréal, Boréal/ Paris, Grasset). [gp apr 26/03/2010 21 :00] .

http://www.alterpresse.org/spip.php?article9394

dimanche 28 mars 2010

Le matériel médical des JO envoyé à Haïti

AFP.- 27/03/2010 Près d'une tonne de fournitures médicales et dentaires, des surplus des jeux Olympiques d'hiver de Vancouver, sera envoyée en Haïti pour venir en aide aux sinistrés du séisme du 12 janvier, a annoncé vendredi le comité organisateur des jeux Olympiques.
"Notre travail est maintenant terminé et en tant que professionnels de la santé, nos premières pensées vont toujours à ceux qui ont besoin d'aide. C'est pourquoi nous sommes heureux de soutenir nos collègues médecins qui travaillent durement en Haïti", a dit dans un communiqué le médecin en chef des jeux Olympiques et Paralympiques d'hiver de Vancouver, Jack Taunton.
L'armée canadienne va acheminer à Port-au-Prince un premier envoi dès samedi. Il sera notamment composé de bandages, d'instruments chirurgicaux et d'attelles orthopédiques pour les genoux.
Ces fournitures médicales seront distribuées aux équipes médicales canadiennes venant en aide aux victimes du séisme qui a dévasté la région de la capitale haïtienne le 12 janvier dernier et fait plus de 220.000 morts.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/03/27/97001-20100327FILWWW00356-le-materiel-medical-des-jo-envoye-a-haiti.php

Enfants adoptés : Paris se défend

AFP.- 26/03/2010 Aucun pays "n'a fait plus et mieux" pour les enfants haïtiens que la France, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, réaffirmant qu'"enlever" un enfant, même malade, était impensable, en réponse aux critiques d'associations après le décès d'un enfant.
Un collectif de familles, "SOS Haïti enfants adoptés", avait critiqué le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner, en s'indignant jeudi qu'un petit garçon de trois ans, en cours d'adoption par une famille française depuis deux ans, soit décédé d'une pneumonie en Haïti. L'enfant ne disposait pas encore d'un jugement de la justice haïtienne pour gagner la France. Le collectif a publié une lettre ouverte des parents adoptifs au président Nicolas Sarkozy et M. Kouchner.
Bernard Valero, répondant à une journaliste qui lui demandait pourquoi la France n'avait pas privilégié la santé d'un enfant par rapport aux règles de droit, a dit son refus de tout ce qui reviendrait à "procéder à un enlèvement pour des raisons médicales".
"Cela voudrait dire, Madame, qu'il faudrait rapatrier, donc enlever, des milliers d'enfants, tous les enfants qui meurent orphelins en silence, dans l'ombre, dans l'indifférence", a-t-il dit, arguant du "respect de la souveraineté haïtienne".

Le plan international pour reconstruire Haïti sur les rails

Une vendeuse ambulante de boissons transporte sa marchandise, mercredi dernier,à Port-au-Prince. Crédits photo : AP



Un comité spécial piloté par Bill Clinton va diriger les opérations en faveur de l'île dévastée.

Par Thierry Portes
Le gouvernement haïtien a parlé de 11,5 milliards de dollars. Des experts de la Banque interaméricaine de développement sont montés jusqu'à 14 milliards de dollars. Vu son impact médiatique, l'enveloppe allouée au sauvetage d'Haïti, qui a perdu plus de 220 000 habitants dans le séisme du 12 janvier dernier et fait face à 1,5 million de sans-abri, sera assurément l'un des enjeux de la réunion de New York, le 31 mars prochain.
Mais derrière ce symbole sonnant et trébuchant, les grandes puissances et bailleurs de fonds internationaux doivent surtout officialiser, devant le gouvernement haïtien et les principales ONG qui travaillent à Port-au-Prince, la capitale aujourd'hui dévastée, leur plan d'action pour les années à venir. Conduite principalement par les États-Unis, le Canada, la France et certains pays d'Amérique latine impliqués en Haïti, la communauté internationale est prête à faire un effort important. Mais cherche, en contrepartie, sinon à imposer ses vues, du moins à encadrer l'action d'un pays à la dérive depuis des décennies.

Une commission intérimaire
Le plan qui se dessine prévoit la création d'une commission intérimaire pour la reconstruction d'Haïti qui, pendant dix-huit mois, aurait toute lati­tude pour engager des actions et leurs financements. Cette commission devrait être coprésidée par l'ancien président américain, Bill Clinton, et l'actuel premier ministre haïtien, Jean-Max Bellerive. Elle serait composée de 16 membres, dont 9 appartiendraient à des nations étrangères. Pour celles-ci, on parle d'un «ticket d'entrée» dans le club à 200 millions.
Mais on sait bien que les nations ayant des liens historiques et culturels avec la première République noire à s'être affranchie de la tutelle coloniale, française en l'occurrence, seront de la partie. Haïti aurait 7 représentants, donc ne disposerait pas de la majorité au sein de cette instance, mais son président, René Préval, sans en être membre, aurait un droit de veto sur les décisions prises. Après ces dix-huit mois, cette commission intéri­maire se transformerait en une «Autorité pour le développement d'Haïti», dont le mandat durerait pendant plusieurs années, le chiffre de quatre ayant été avancé.
D'emblée, la commission intérimaire aurait toute latitude pour financer des acquisitions foncières en Haïti, afin de lancer des opérations d'urbanisme et de logement à Port-au-Prince où plus de quatre cents camps de tentes côtoient des bidonvilles et des immeubles en ruine. Il est également prévu de procéder à des privatisations - celle, notamment, du port et de l'aéroport de la capitale. Les compagnies étrangères auraient la possibilité d'investir dans la plupart des secteurs d'activité, dont ceux agricole et touristique, qui paraissent les plus porteurs.
Dans le cadre du dialogue entre grandes puissances et le pouvoir haïtien, sur ces aspects les plus économiques, pour ne pas dire les plus rentables, de l'opération, les discussions sont serrées entre les compagnies inter­nationales et les milieux d'affaires ­haïtiens.
Depuis deux mois que la planète des experts internationaux cogite pour préparer cette grande réunion internationale, tout et n'importe quoi a déjà été suggéré. Quelques formules ont toutefois retenu l'attention. Celle du président haïtien, René Préval : «Il ne faut pas reconstruire, mais construire ­Haïti.»
Lors de la réunion préparatoire à Saint-Domingue, le 15 mars dernier, la somme de 3,8 milliards de dollars avait été mentionnée pour les dix-huit mois d'actions de la commission intérimaire de reconstruction. Bill Clinton, venu avec George W. Bush à Port-au-Prince le 22 mars dernier, avait toutefois prévenu des chefs d'entreprise haïtiens qu'il réunissait à huis clos : «Vous savez que 50 % de l'argent ne sort pas.» L'ancien président américain voulait ainsi rappeler que l'aide financière ­allouée sert pour une bonne part à payer le travail des entreprises et du personnel des nations investies dans les plans de reconstruction.
http://www.lefigaro.fr/international/2010/03/26/01003-20100326ARTFIG00707-le-plan-international-pour-reconstruire-haiti-sur-les-rails-.php
Commenatires:
Cela fait énormément plaisir de voir que certains jounaux français ne se limitent pas à parler d'adoption en ce qui concerne l'actualité haïtienne. Nous avons lu avec nos lecteurs des  nouvelle  faisant état de certaines mesures comme l'expropriation de terrain par l'état haïtien, un plain concerté par l'ensemble des organisations non gouvernementales pour reloger les sinistrés et maintenant l'idée d'une commission intérimaire pour la reconstruction.
Ces démarches me conviennent parfaitement au-delà des critiques des "crises convulsives" qu'elles risquent de déclencher au sein de certaines instances étatiques ou de la société civile dont le sport favori est de "protester" pour protester ou "s'opposer " pour s'opposer. Souvent sans aucun égard à la réalité du pays et de notre société.
Toutes les instances qui se sont vues investies d'une mission royale et divine de donner leurs avis sur la problématique actuelle d'Haïti semblent vouloir dresser un autel au tremblement de terre presque salvateur qui aurait la capacité de gommer, par ses violentes secousses, toutes les contradictions séculaires qui ont tissé la physionomie de notre pays en sa configuration et aspect actuels.
Les dysfonctionnements sociaux, l'inégalité, l'injustice, le refus le plus caractérisé des droits élémentaires à un grand pan de la population n'avaient, à les entendre, besoin que d'un tremblement de terre et d'une vitrine médiatique pour voir éjaculer des solutions miracles.
La construction ou reconstruction d'Haïti passera obligatoirement par certaines étapes. La compréhension d'une étape déterminée doit contemplée l'intégration de la prochaine et ainsi de suite. Cependant il est impossible de penser qu'aujourd'hui, comme sous l'effet d'une baguette magique, des consensus vont se dégager pour satisfaire à toutes les couches de la société.
Sur un plan purement pratique on ne voit pas l'instance haïtienne capable de gérer seule ce projet d'une telle envergure.
L'idée d'une commission de pilotage reste logique et sérieuse dans la conjoncture actuelle.

Haïti : pas d'adoption sans jugement

AFP La France n'envisage pas, par "sécurité juridique", la venue d'enfants haïtiens sans un jugement d'adoption prononcé en Haïti, a réaffirmé aujourd'hui le Quai d'Orsay en réponse à l'impatience de familles ayant engagé une procédure d'adoption avant le séisme.
"Le principe de sécurité juridique, ainsi que les règles de droit international applicables en matière d'adoption, nous empêchent d'envisager l'arrivée en France d'enfants pour lesquels un jugement d'adoption n'aurait pas été prononcé par la justice haïtienne", a expliqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero, lors d'un point de presse régulier.
Un collectif de familles, "SOS Haïti enfants adoptés", s'est plaint que des enfants adoptés avant le séisme restent en Haïti dans des conditions précaires faute de jugements d'adoption, souvent perdus lors du séisme. Il a demandé leur évacuation.
"Ce serait prendre le risque intolérable d'exposer l'enfant à une situation d'insécurité juridique préjudiciable à son intégration durable", a fait valoir Bernard Valero.
De plus, a-t-il dit, les autorités haïtiennes "ont exprimé clairement leur refus de voir des enfants dépourvus de jugement d'adoption quitter leur territoire", une "décision souveraine que nous devons respecter".
Selon Bernard Valero, 372 premiers enfants bénéficiant de documents de la justice haïtienne sont arrivés dans les semaines ayant suivi le séisme, et d'autres sont actuellement transférés, par groupes d'une vingtaine par semaine, vers la Guadeloupe ou directement vers la France métropolitaine.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/03/25/97001-20100325FILWWW00554-haiti-pas-d-adoption-sans-jugement.php

Haïti: améliorer le sort du citoyen ordinaire

Louise Leduc; La Presse
(Montréal) «Reconstruire quoi? On n'avait pas de pays!» lance Jacquelin Télémaque, journaliste pigiste d'origine haïtienne qui a passé un mois à Haïti après le tremblement de terre. «Ce que j'ai vu, moi, c'est un restant de pays, un restant de capitale, des amputés partout et une absence totale d'État.»
Cela fait des décennies qu'Haïti est sous perfusion. Des millions par-ci, des millions par-là, des ONG partout. Haïti est l'un des pays les plus aidés de la planète et pourtant, même avant le tremblement de terre, 4,5 millions d'Haïtiens vivaient avec moins de 1$ par jour. Pendant toutes ces années d'assistanat, «le sort des citoyens ordinaires ne s'est pas amélioré», dit Samuel Pierre, professeur à l'École polytechnique et organisateur d'une grande conférence sur la reconstruction, qui a eu lieu le mois dernier à Montréal.
«La nation haïtienne s'est construite contre l'État. Les Haïtiens ont une méfiance naturelle face à l'État», rappelle Edgard Prévilon, gestionnaire d'enseignement supérieur à l'Université Quisqueya, joint à Port-au-Prince.
«On parle toujours de la légendaire débrouillardise haïtienne. Ce que cela veut aussi dire, c'est que l'Haïtien est toujours dans sa solitude. Pour les transports, il se débrouille tout seul. Pour l'énergie dont il a besoin, il se débrouille seul. Pour l'éducation, il se débrouille seul.»
«Vous savez, tous ces gens qui vivent sous la tente, en Haïti? raconte le professeur Prévilon. Dans le lot, il y en a une partie qui a toujours une maison. Seulement, ils n'ont pas de quoi manger, pas de quoi se soigner. Ils vont donc se prendre une tente en prétendant ne plus avoir de maison et, vers 22, 23h, ils rentrent chez eux.»
Une responsable d'une ONG confirme l'existence de ces camps «de jour». C'est là qu'est rendu Haïti. Et c'est sur cela que seront jugés les pays bailleurs de fonds qui parleront à New York prochainement.
http://www.cyberpresse.ca/international/en-vedette/201003/27/01-4264928-haiti-ameliorer-le-sort-du-citoyen-ordinaire.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_lire_aussi_4264990_article_POS1

Haitï: un plan pour reloger les sinistrés fait consensus

Publié le 27 mars 2010 à 15h45 ort-au-Prince
Associated Press; P
Les membres des organismes humanitaires en Haïti ont finalement trouvé samedi la solution pour reloger les centaines de milliers de sinistrés qui ont perdu leur maison dans le violent séisme de janvier: les retourner d'où ils venaient.
Les rêves de vastes camps de relocalisation ont disparu du fait d'un manque de terres disponibles. Mais personne ne veut laisser les gens vivant dans la rue sous des tentes de fortune dans de telles conditions alors que s'annonce la saison des pluies.
Des Haïtiens retournent à la maison, aidés par une équipe financée par le ministère de la Défense américaine qui a promis de dégager les rues d'un quartier de Port-au-Prince si les gens débarrassent leur habitation des différents débris qui s'y trouvent.
La question du logement est susceptible d'être le principal sujet lors d'une conférence de l'ONU mardi à New York, où il sera envisagé d'adopter un plan d'aide international d'environ 11,5 milliards $.
Quelque 1,3 million de personnes ont perdu leur maison dans le tremblement de terre du 12 janvier. Des centaines de milliers de personnes vivent toujours dans les rues de la capitale, dans les collines et dans les lits des rivières, n'ayant comme toit qu'une bâche ou une planche de bois.
Le nouveau plan désormais accepté par les grands groupes internationaux ressemble à ceci: ceux qui le peuvent seront encouragés à revenir dans les foyers que les ingénieurs ont jugés sûrs. Ceux pour qui ce retour à la maison est impossible se verront aidés afin que les débris dans leur quartier soient enlevés pour qu'ils puissent y retourner. D'autres devront compter sur de l'aide familiale.
Des groupes d'assistance vont essayer d'améliorer les camps existants pour ceux qui n'ont pas d'autre endroit où aller.
En dernier recours, un petit nombre sera déplacé dans des camps de réinstallation.
Selon diverses estimations, 245 000 personnes font face à des risques d'inondations ou de glissements de terrain et près de 40 000 doivent être déplacés de toute urgence.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201003/27/01-4264990-haiti-un-plan-pour-reloger-les-sinistres-fait-consensus.php

Port-au-Prince: 10 fois plus de morts par balle à la morgue!

La morgue de l'Hôpital de l'Université d'État d'Haïti (HUEH) a enregistrée une soixantaine de morts par balle rien que pour le mois de mars, alors que du côté de Médecins sans Frontières selon un dernier bilan, 50 blessés par balle sont traité depuis le tremblement de terre du 12 janvier, parmi ces victimes plusieurs n'ont pas survécus. Des chiffres qui contredisent les récentes données de la MINUSTHA qui affirmait pas plus tard que jeudi dernier que la situation sécuritaire été stable. Sur place, Gaby Saget journaliste à Radio Métropole fait le point...
63 morts par balle depuis le début du mois de mars des chiffres émanant de la morgue de l'Hôpital de l'Université d'État d'Haïti (HUEH), une source proche de l'hôpital général, voulant garder l'anonymat, nous a dit que jamais la morgue n'avait enregistrée autant de victimes en si peu de temps.

Les victimes proviennent de tous les quartiers de la capitale et même de sa banlieue, cette même source nous a précisé qu'avant le 12 janvier, alors que le climat sécuritaire était «plus stable», la morgue enregistrait l'entrée de 6 morts par mois. Ajouté à cela, l'organisation international Médecins sans Frontières déclare avoir traitée 50 blessés par balle depuis le tremblement de terre sans compter une dizaine de blessures à l'arme blanche.

La meurtre par balle n'est donc pas la seule cause de morts violentes en recrudescence et on enregistre aussi une nette augmentation des cas de lapidation ou d'immolation. Tant de morts violente en si peu de temps il y a de quoi faire dresser les cheveux sur la tête, surtout lorsqu'on l'on sait que 4.000 évadés de prison courent toujours les rues.

À ce jour, malgré les efforts de la police et de la MINUSTAH, seulement 10% de ces évadés ont été remit sous les verrous. On craint actuellement la reconstitution des gangs dans les zones à risque. Si la comparaison des données statistiques de la mission onusienne de mars 2010 avec celle de 2009 ne permet pas de démontrer une éventuelle aggravation du climat sécuritaire on peut s'interroger sur la valeur de ces chiffres et notamment sur la méthode utilisée pour les obtenir dans la mesure où bon nombre de commissariats ont été détruits et qu'il est beaucoup plus difficile actuellement de rapporter un délit que cela ne l'a été l'année passée.

Rappellons que pas plus tard que jeudi dernier, le chef de la cellule intelligence criminelle de la MINUSTHA soulignait que rien que l'année passée pour la période de février-mars 697 crimes avaient été enregistré contre 442 cette année pour la même période. Le porte parole de la MINUSTAH George Ola-Davies avait même déclaré lors de cette même conférence hebdomadaire, que la situation sécuritaire était, à leur avis, stable.

Cependant les faits sur le terrain, s'acharnent à contredire les chiffres rassurants des données statistique, en tous cas du côté des autorités gouvernementale on semble préoccupé par le problème car désormais, le bureau du secrétaire d'Etat à la Sécurité publique, fait obligation aux professionnels de la santé de fournir à la force publique tout les renseignements sur les traitements et l'assistance fournies aux personnes blessées par balle depuis le premier mars dernier.
N/ Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17335

Mike Foster précise le soutien et les engagements du Royaume-Uni en Haïti

Le Ministre du Développement International du Royaume-Uni, Mike Foster, à la tête d'une délégation a fait une visite de 24 heures en Haïti. Cette délégation était composée, entre autres, du chef du Groupe des Opérations humanitaires, de la sécurité et du Conflit, au niveau du Département pour le Développement International (DFID), John Addam, et de l'ambassadeur de la Grande Bretagne en République Dominicaine, Steven Fisher. ont visité les abris provisoires, rencontré des autorités gouvernementales et échangé avec des acteurs humanitaires sur le terrain dont l'ONU, les ONG et les Agences de coopération internationale. Lors de cette visite de 24 heures en Haïti il a été question pour la délégation britannique de soutenir le travail de l'UKAID, l'agence d'aide au développement britannique, qui assiste plus de 350.000 Haïtiens, facilitant l'accès aux soins médicaux, à l'eau, à l'hébergement, à la nourriture et autres types d'approvisionnement essentiels. «Même si Haïti n'est pas sur nos écrans tous les jours, elle est toujours dans nos pensées», a souligné Mike Foster en s'adressant aux médias locaux et internationaux aux dernières heures de sa visite.
Le Département britannique du Développement international est l'institution gouvernementale à laquelle est dévolue l'aide au développement. Au nombre de ses objectifs figurent : l'éradication de l'extrême pauvreté, la promotion de l'équité, la réduction de la mortalité infantile, la promotion de la santé maternelle, la lutte contre le VIH/SIDA, le paludisme et d'autres maladies, ainsi que la mise en œuvre d'un partenariat global pour le développement.
Pour soutenir Haïti dans ses efforts post-séisme, le Royaume-Uni a décaissé quelque «223 millions de dollars. D'abord, 30 millions de dollars ont été octroyés au Gouvernement haïtien en tant que contribution à la réponse d'urgence. A cela s'ajoutent 135 millions de dollars provenant de la société civile et du secteur privé : aux ONG opérant sur place et au Programme Alimentaire Mondiale (PAM) ». L'aide fournit au PAM vise à optimiser ses capacités relatives à la distribution de l'aide alimentaire au bénéfice des populations ». John Addam a indiqué que «le reste des fonds a été mis à la disposition de la MINUSTAH pour son fonctionnement en Haïti».
Le ministre Mike Foster, s'est intéressé à la façon dont des experts de l'Unité de Stabilisation du Gouvernement du Royaume-Uni aident à reconstruire le système carcéral. En effet, «le respect des Droits de l'Homme, l'amélioration des conditions de détention, les questions des mineurs en prison, ainsi que la construction d'infrastructures carcérales» sont inscrits au nombre des actions du Royaume-Uni en Haïti».
La présence du ministre a été aussi l'occasion de préciser la nature de la coopération entre Haïti et son pays ; une coopération qui «se manifeste par l'entremise d'Organisations multilatérales et internationales, telles la Banque Mondiale, la Banque Interaméricaine de Développement (BID), les Agences des Nations Unies et la Commission européenne ».
«Le Royaume-Uni a annulé la dette d'Haïti avant le tremblement de terre », a précisé également le Ministre Foster et a précisé que l'aide de son pays à Haïti pourra évoluer conformément aux besoins identifiés et définis dans le cadre de la prochaine conférence des donateurs, prévue à New York fin mars.
N / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17334

Haiti : Expropriation de terrains, les détails

Un arrêté présidentiel portant sur l'expropriation de plusieurs terrains pour cause d'utilité publique a été publié dans le journal officiel de la République d'Haïti Le Moniteur le lundi 22 mars dernier. En voici les détails : Article 1er.-
Sont déclarées d'utilité publique, les propriétés situées à l'intérieur du polygone dont les sommets ont les coordonnées géographiques suivantes :
Le point A : 773251.73 ; 207373738,11, partant de l'angle de la Rivière Bretelle à la Route nationale numéro 1 en allant vers Port-au-Prince jusqu'à Chapigny à l'entrée de Bon Repos ;
Le point B: 788 486.84 ; 2061596,09 et le point B1: 791360.24 ; 2063980.60 ;
Le point C: 792673.33 ; 2067244.09 Corail Cesselesse ;
Le point D: 790316.37 ; 2066689.19 Montet ;
Le point E : 787514.38 ; 2066908.95 Lerebours ;
Le point F : 783064.17 ; 2069326.35 Morne St Christophe ;
Le point G : 780108.35 ; 2072381.07 Latanier ;
Le point H : 777487.67 ; 2076836.77 Cocombre.
Les terrains retenus dans le cadre de cet arrêté de déclaration d'utilité publique seront utilisés au réaménagement de la région métropolitaine de Port-au-Prince et en partie à la relocalisation des victimes du séisme du 12 janvier 2010.

Article 2.-
Dès la publication du présent arrêté, tous travaux de construction, de percement de route, de lotissement ou autre exploitation du sol, ainsi que toute transaction ou aliénation immobilière sont et demeurent interdits sur toute l'étendue de l'aire définie à l'article 1er.
Article 3.-
Pour toute propriété retenue dans le cadre du projet objet du présent arrêté, l'expropriation des propriétaires détenteurs de titres légaux justifiant leur droit légitime d'occupation ou la reprise des biens donnés à bail par l'Etat ou occupés indument se fera conformément aux dispositions des lois du 5 septembre 1979 sur l'expropriation pour cause d'utilité publique et du 28 juillet 1927 sur les reprises des biens donnés à bail ou indument occupés par les particuliers.
Article 4.-
La commission d'expertise prévue par les dispositions de la loi du 5 septembre 1979 sur l'expropriation pour cause d'utilité publique, sera immédiatement activée à l'effet de recueillir les informations et évaluations nécessaires pour une indemnisation juste et équitable dans le strict respect des droits des propriétaires à exproprier.
Article 5.-
Dans un délai de 15 jours, à compter de la date de la publication du présent arrêté, les propriétaires fonciers et les détenteurs de bail dans l'aire susmentionnée, déposeront, pour les suites nécessaires, au local provisoire de la Direction Générale des Impôts au numéro 62 de l'Avenue Christophe leurs titres de propriété et tous documents justifiant leurs droits d'occupation.
Article 6.-
Le présent Arrêté, qui entre immédiatement en vigueur, sera imprimé, publié et exécuté à la diligence des Ministres des Travaux Publics, Transports et Communications, de l'Economie et des Finances, de la Justice et de la Sécurité Publique, de l'Environnement, de l'Intérieur et des Collectivités Territoriales, de la Planification et de la Coopération Externe, des Affaires Sociales et du Travail chacun en ce qui le concerne.
Donné au Palais National à Port-au-Prince le 19 mars 2010, An 207ème de l'Indépendance.

Cet arrêter porte la signature du Président de la république René PRÉVAL, du Premier Ministre Jean Max BELLERIVE, du Ministre de l'Intérieur et des Collectivités Territoriales Paul Antoine BIEN-AIME, du Ministre de la Justice et de la Sécurité Publique Paul DENIS, du Ministre de l'Economie et des Finances Ronald BAUDIN, du Ministre de la Planification et de la Coopération Externe Jean Max BELLERIVE, du Ministre des Affaires Sociales et du Travail Yves CRISTALLIN et le Ministre des Travaux publics Transports et Communications Jacques Gabriel.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17332
Commentaires:
Une mesure qui va sans doute déclencher des critiques, des pleurs et des grincements de dents. Une mesure qui sera sans nul doute entachée d'irrégularités monstres. Une mesure sans doute perfectible. Mais une mesure indispensable, pour penser reconstruction. Que les propiétaires qui seront plus ou moins indemnisés accpetent le sacrifice pour le salut de notre pays.

Haïti, Petit-Goâve: construction en cours de 3000 logements provisoires

Deux mois après le séisme qui a ravagé Haïti et laissé de nombreux sans abris, «L'Adventist Development and Relief Agency» (ADRA - France, crée en 1989) a commencé la construction d'abris provisoires à Petit-Goâve. Les sinistrés qui vivent actuellement sous des bâches et des huttes de paille seront protégés des intempéries lors de la saison des pluies. C'est à la demande des autorités locales de Petit-Goâve, que l'ADRA va construire 3000 logements provisoires (d'une durée de vie de trois à cinq ans) pour 18 000 bénéficiaires. 

La construction se déroule en trois étapes:
Étape 1 - Un kit d'outils et des bâches en plastique sont remis en premier pour que les familles puissent nettoyer les décombres de leur parcelle.
Étape 2 - La fondation et la structure en bois constitue la deuxième phase.
Étape 3 - Le montage des parois en bois et la pose de la toiture en tôle ondulée achève la construction. 

Ces abris provisoires sont modulables et extensibles suivant les besoins des familles. Cette flexibilité est indispensable pour les mois, voire les années, à venir jusqu'à ce que les habitations définitives puissent être terminées.
N/ Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17331

Cap-Haïtien : Constructions de maisonnettes pour les déplacés

Plusieurs centaines de familles qui ont fuit Port-au-Prince au lendemain du séisme du 12 janvier posent de nombreux problèmes migratoire dont celui du logement au Cap-Haïtien. L'ONG Food of the Poor, a décidé de mettre des maisonnettes à la disposition des familles déplacées de la capitale. Construite en six jours environ, chaque maisonnette se compose d'une chambre à coucher, d'un salon, d'une mini galerie, d'une cuisine et de toilette. Un ou deux lits sont remis aux locataires des maisons au moment de la remise des clés. L'eau est fournie par un puits munis de deux pompes à bras.
16 maisons ont déjà été construites sur 34 prévues au cours de la première phase du projet. A terme, le village devrait compter 500 maisons. Débuté en janvier 2010, les constructions doivent s'étendre sur 13 hectares de terre à Chastenwa, une localité de la commune de Quartier Morin (10 kilomètres de Cap-Haïtien), terre mise à la disposition par le délégué départemental du Nord, Georgemain Prophète.

Initialement, le projet visait à offrir un logement à des habitants de Shadda I et II, Fort St-Michel et quelques autres quartiers défavorisés situés aux alentours de la métropole du Nord. Cependant, suite au tremblement de terre survenu à Port-au-Prince, «la priorité a été accordée aux personnes déplacées», a affirmé le Directeur de Food For The Poor, le Révérend père Dicken Augustin. Rappelons que Food For The Poor, est la plus grande organisation internationale de secours et de développement aux États-Unis. Organisme Chrétien interconfessionnel, il fournit dans 17 pays des Caraïbes et d'Amérique latine des secours d'urgence: eau potable, médicaments, matériel pédagogique, maisons, soutien aux orphelins et aux personnes âgées, formation et assistance aux micro-entreprises.

Ces logements bénéficieront également à d'autres locataires en provenance de quartiers populeux du Cap-Haïtien. Parmi eux, Nelly Etienne, la quarantaine. Elle, son mari et leurs 6 enfants habitaient une maison louée à Quartier Morin. «Ajouté au fait que cette maison était incapable de défier la pluie, le prix du loyer avait quintuplé en deux ans, sans ce projet, ma famille et moi serions en train de dormir dans la rue aujourd'hui», a-t-elle déclaré.

N/ Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17330

samedi 27 mars 2010

Séisme en Haïti: le génie québécois a aussi tremblé

Publié le 27 mars 2010 à 00h00

Mis à jour à 00h00
La Presse.-  Philippe Mercure et Hugo De Grandpré


Devant l'École d'agronomie et de médecine vétérinaire de Damien, près de Port-au-Prince, une dizaine d'étudiants sont assis dans l'herbe, l'air de s'ennuyer. Ils n'ont rien à faire: leur école est fissurée de partout et il est dangereux d'y entrer.
Les dortoirs sont endommagés et ne leur inspirent pas confiance. Alors ils dorment à la belle étoile, sur le terrain de basketball, en attendant une éventuelle reprise des cours.
Les plans initiaux du bâtiment ont été dessinés par un architecte montréalais, Guy de Varennes. Lorsqu'est venu le temps d'agrandir l'école, ce sont encore des architectes québécois, ceux de BBGL International (une firme aujourd'hui fusionnée avec la firme ABCP) qui ont dessiné les plans. Et c'est le bureau haïtien de la firme SNC-Lavalin, LGL SA, qui a supervisé la construction de cet agrandissement.
Un mois après le tremblement de terre du 12 janvier, l'école était si endommagée qu'elle attendait d'être démolie.
Le cas n'est pas unique. Le mois dernier, La Presse s'est rendue en Haïti pour tenter de répondre à une question: les bâtiments auxquels des firmes québécoises ont travaillé ont-ils mieux ou moins bien résisté au séisme du 12 janvier que les autres immeubles?
Après l'examen d'une demi-douzaine de constructions à forte contribution québécoise, le bilan est mitigé.


Série de facteurs
Certains immeubles, comme l'Hôpital de la communauté haïtienne (également une réalisation de BBGL International et de LGL SA) ou l'Institut national de gestion et des hautes études internationales ont admirablement tenu le coup.
D'autres, comme l'Institut de la Francophonie pour la gestion dans la Caraïbe, se sont effondrés. Cet effondrement a même coûté la vie à au moins trois étudiants et à un professeur, selon l'Agence universitaire de la Francophonie, propriétaire de l'immeuble.
L'ambassade canadienne a quant à elle subi de lourds dommages. L'architecte Michel Gallienne, qui en a fait les plans, est néanmoins soulagé de voir que l'immeuble est resté debout. «Je suis assez satisfait de cela parce que, dans la zone de l'ambassade, il y a eu beaucoup de dégâts. Ça montre que les calculs des ingénieurs étaient bons», dit-il.
Dans l'ensemble, toutefois, force est de constater que les immeubles auxquels ont travaillé les Québécois n'ont pas mieux résisté que les autres.
Des sept immeubles à forte contribution québécoise dans la région de Port-au-Prince, quatre ont subi d'importants dommages ou se sont effondrés, tandis que les trois autres ont tenu le coup (voir autre texte).
Dans les circonstances, toutefois, il est impossible d'accuser qui que ce soit d'avoir mal fait son travail.
D'abord, de l'architecte à l'ouvrier qui prépare le ciment en passant par le superviseur de chantier et le client qui a mal défini ses exigences, la liste des responsables potentiels est longue.
Il y a aussi le séisme lui-même, un événement exceptionnel d'une puissance destructrice peu commune.
«Les conséquences étaient absolument imprévisibles», juge l'architecte Michel Gallienne, qui a travaillé avec LGL SA à la supervision du projet de l'école de médecine vétérinaire de Damien.
«Un séisme d'une telle ampleur! Même chez nous, pas mal de choses tomberaient par terre, j'en suis assez sûr», ajoute-t-il.
L'exemple du récent tremblement de terre au Chili, qui a libéré 500 fois plus d'énergie que celui d'Haïti a tué 700 personnes, comparativement à plus de 200 000 en Haïti, montre toutefois qu'un autre coupable se cache sous la tragédie haïtienne.
«C'est bien simple. L'immense différence, c'est le code du bâtiment», a récemment déclaré à La Presse le sismologue à la retraite Reynald Du Berger.
«Le fait qu'il n'y ait pas de code national du bâtiment et les conséquences que ça entraîne, c'est un constat qui a été fait depuis longtemps en Haïti», dit aussi Bernard Chancy, directeur de SNC-Lavalin en Haïti.
Faute de normes haïtiennes, SNC dit avoir toujours appliqué les normes canadiennes en Haïti (voir à ce sujet notre dossier de lundi prochain sur la reconstruction d'Haïti et le code du bâtiment).


Des questions
Les firmes québécoises sont d'ailleurs loin d'être les seules à avoir été mises à l'épreuve lors du séisme du 12 janvier. Du palais national à l'hôtel Montana en passant par bon nombre d'immeubles ministériels, de banques et d'écoles, de nombreuses autres constructions majeures ont subi de lourds dommages. Plusieurs avaient été conçues ou construites par des firmes étrangères.
Les ingénieurs de chez nous tentent actuellement de comprendre ce qui a pu clocher dans les bâtiments qui ont mal résisté. Le bureau haïtien de SNC-Lavalin a dû fournir des explications à son client concernant l'écrasement de l'Institut de la Francophonie pour la gestion dans la Caraïbe.
«On est en train d'examiner ce qui s'est passé pour donner une explication au client, qui est l'Agence (universitaire) de la francophonie. Dans ce cas, on nous a clairement demandé d'expliquer ce qui s'est passé», dit Bernard Chancy.
Même si personne ne lui a demandé d'explication, SNC se penche aussi sur le cas de l'ambassade canadienne. Selon la porte-parole Gaëlle Delaquis, 50% du bâtiment a subi des dommages; un mois après le séisme, environ 30% de la superficie était encore inutilisable.
«On est en train de comprendre. Et ensuite, on va expliquer», promet Bernard Chancy.
Michel Gallienne, lui, demeure convaincu du bon travail des firmes québécoises. «Ça a sûrement été fait au meilleur des connaissances de tout le monde, dit-il. Personne n'a lésiné sur rien.»
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201003/26/01-4264871-seisme-en-haiti-le-genie-quebecois-a-aussi-tremble.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_les-plus-populaires-title_accueil_ECRAN1POS3

État de sept structures à forte contribution de firmes du Québec

Publié le 27 mars 2010 à 00h00

L'Institut national de gestion et des hautes études internationales de Port-au-Prince a très bien tenu le coup. L'agrandissement et la construction d'une nouvelle aile ont été supervisés par SNC-Lavalin.


La Presse.-  Philippe Mercure et Hugo De Grandpré


Démolis ou assez endommagés
1. Institut Aimé-Césaire de la Francophonie pour la gestion dans la Caraïbe, Port-au-Prince
Contribution québécoise: Études de génie et supervision des travaux de construction par SNC-Lavalin
État des lieux: Un coup d'oeil suffit pour comprendre qu'on ne travaillera plus jamais dans ce bâtiment. Une grande partie du toit s'est effondrée, écrasant la majeure partie de l'édifice sous son poids. Aujourd'hui, l'immeuble se résume en bonne partie à un amas de murs affaissés, de vitres cassées et de débris de ciment. Selon l'Agence universitaire de la Francophonie, au moins trois étudiants et un professeur ont perdu la vie dans l'effondrement.


2. Siège social des télécommunications d'Haïti SAM (la Téléco, comme on dit en Haïti), Port-au-Prince
Contribution québécoise: Études de génie réalisées par SNC-Lavalin
État des lieux: SNC-Lavalin parle de «fissures apparemment superficielles». Selon l'entreprise, le béton du bâtiment a été recouvert d'un enduit pour des raisons esthétiques. «À beaucoup d'endroits, c'est cet enduit qui a décollé», dit Bernard Chancy, directeur du bureau haïtien de SNC-Lavalin.
Le bâtiment, en tout cas, est encore debout. Un mois et demi après le séisme, il était toutefois encore barricadé et personne n'y travaillait. De larges pans de revêtement ont décollé des murs. Autour, des blocs de ciment gisent par terre, éclatés. Une petite Chevrolet a été complètement écrasée par des débris. Selon le gardien de sécurité, une personne est morte le jour du séisme, tuée par la chute d'un bloc alors qu'elle tentait de quitter l'édifice.


3. Ambassade du Canada, Port-au-Prince
Contribution québécoise: Conception et exécution des travaux par SNC-Lavalin, plans dessinés par les firmes d'architectes BBGL International et ABCP.
État des lieux: Selon la chargée des affaires publiques de l'ambassade, Gaëlle Delaquis, la moitié du bâtiment a subi des dommages. Un mois et demi après le séisme, 30% de la superficie était encore déclarée «zone rouge» - aucun employé n'y travaillait pour des raisons de sécurité. Même l'ambassadeur a aménagé son bureau dans le garage, le sien étant inutilisable.

4. Faculté d'agronomie et de médecine vétérinaire de Damien
Contribution québécoise: Les plans préliminaires ont été faits par un architecte montréalais, Guy de Varennes, aujourd'hui décédé. Le bureau haïtien de la firme SNC-Lavalin, LGL SA, a supervisé l'agrandissement de l'immeuble existant (bibliothèque et résidences), en collaboration avec les architectes québécois BBGL International. L'ACDI a participé au financement du projet.
État des lieux: Une partie du toit s'est effondrée, les murs sont fissurés et la cour est jonchée de débris de ciment et de verre cassé. Un mois après le séisme, des poutrelles de métal avaient été installées pour soutenir le toit pendant l'évacuation du matériel. Le bâtiment est voué à la démolition.


Ont tenu le coup


5. Institut national de gestion et des hautes études internationales (INAGHEI), Port-au-Prince
Contribution québécoise: L'agrandissement et la construction d'une nouvelle aile ont été supervisés par le bureau haïtien de SNC-Lavalin.
État des lieux: Le bâtiment a très bien tenu le coup. Un mois et demi après le séisme, les cours n'avaient pas repris à l'INAGHEI, mais on pouvait y circuler et beaucoup d'étudiants y déambulaient. Seules quelques vitres cassées, des pupitres renversés et des livres éparpillés témoignaient du séisme.


6. Hôpital de la communauté haïtienne, Port-au-Prince
Contribution québécoise: Mission dirigée par le Service administratif canadien outre-mer (SACO). L'ancienne firme d'architectes BBGL International, en collaboration avec l'architecte haïtien Albert Mangonèse, ont tracé le plan fonctionnel et technique de la petite clinique externe qui y est rattachée et ont fait des esquisses préliminaires de l'hôpital lui-même.
État des lieux: En pleine construction au moment du séisme, l'hôpital a très bien tenu le coup. Au moment du passage de La Presse, un peu plus d'un mois après le tremblement de terre, il était bondé de patients. Sur les murs, des certificats de l'armée française et d'experts en structure américains attestent qu'il est sûr.
Le directeur général de l'hôpital, Jean Adrien, nous montre des joints de dilatation qui, selon lui, ont encaissé le gros du choc. «On a eu bien du mal à convaincre les patients de revenir dans l'hôpital: ils avaient peur qu'il tombe. Mais il est en parfait état», assure M. Adrien.


7. Banque nationale de la république d'Haïti, Port-au-Prince
Contribution québécoise: Gestion de projet et contrôle de la qualité de l'ingénierie par Genivar.
État des lieux: La banque, située près du Palais national dans l'une des zones les plus dévastées de Port-au-Prince, présente le meilleur comme le pire. Une large partie de la banque s'est complètement écrasée. Un mois et demi après le séisme, des corps s'y trouvaient encore prisonniers et dégageaient une forte odeur de putréfaction.
La partie la plus moderne, construite par la société française Bouygues et dont Genivar a fait la gestion de projet, a par contre beaucoup mieux tenu le coup. En fait, il s'agit de l'un des très rares bâtiments du secteur à être encore debout et fonctionnel.
«Il y a quelques fissures et quelques consolidations à faire, mais le bâtiment ne sera pas démoli», a expliqué Philippe W. Lahens, gouverneur adjoint de la banque.
Au moment du passage de La Presse, les étages supérieurs étaient par contre fermés en attendant d'être certifiés sécuritaires.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201003/26/01-4264874-etat-de-sept-structures-a-forte-contribution-de-firmes-du-quebec.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_meme_auteur_4264871_article_POS1

Bélo, l'artiste [HAITIEN] au coeur immense

Par Philippe Lesaffre, publié le 23/03/2010 à 18:05 - mis à jour le 24/03/2010 à 11:46
Actuellement en France, Bélo, 30 ans et très populaire en Haïti, veut participer à la reconstruction de son pays, après le séisme.
Bélo, artiste haïtien en tournée en France, est une mégastar. Mais il a su rester proche de ses racines. A peine évoque-t-il "la chance qu'il a eue de pouvoir aller à l'école à Port-au-Prince", qu'il ajoute: "en quatorze ans d'études, j'ai moins appris que ma nièce, scolarisée en France, depuis cinq ans".
Quand le chanteur évoque le séisme, il succombe à l'émotion. Il n'était pas chez lui "ce 12 janvier". Loin des siens, loin de sa "base" de Pétionville, un quartier de Port-au-Prince, il se trouvait en tournée en Guadeloupe lors du tremblement de terre. "Cela m'a fait plaisir qu'on parle d'Haïti", lance t-il, bien que l'île se présente sous un bien mauvais jour. "On parle toujours de mon pays en mal: on ne relève jamais les bons côtés: les plages, la beauté des filles, les artistes qui, sans ressource, réussissent à tracer leur carrière"... Comme lui.
Bélo veut des "changements"
Une fois ses études de sciences comptables terminées et vite oubliées, les portes du succès se sont ouvertes: "J'ai voyagé sur le continent américain, en Europe, en Afrique de l'Ouest". Il donne des concerts de musique traditionnelle haïtienne -un mélange de reggae, ragga, blues et jazz. Et ça marche: "je ressens un certain confort économique", confie t-il. Au contraire de la majorité de ses concitoyens.
Bélo pense souvent, dit-il à "ces 80% de la population sur 8 millions d'habitants qui n'ont pas accès à l'eau potable, aux enfants qui n'ont guère les moyens de s'inscrire à l'école et la pauvreté extrême du pays". Il "voudrait du changement". Pour cet artiste engagé, c'est devenu une obsession: "Aider la majorité de mes compatriotes qui n'ont rien du tout".
Bélo sera à Marseille ("Babel-Med-Music"), le 26 mars puis à Montélimar au Théâtre de la ville, pour un concert de charité, le 29 mars en faveur de la reconstruction de l'école hôtelière de Port-au-Prince. D'autres dates et une biographie ici.
"Suite au séisme, je me suis demandé si je devais retourner chez moi, consoler les survivants ou bien voyager pour récolter des fonds grâce à la musique." Bélo a choisi la deuxième voie. Il a joué une vingtaine de concerts afin de soutenir, par exemple, la Croix Rouge haïtienne. Le 15 mars dernier, il a joué à Ney-York pour la reconstruction de la "seule" école de cinéma en Haïti ("Ciné Institut"), située à Jacmel (Sud de l'île). La soirée a rapporté 45000 dollars.


"Les gens m'écoutent davantage que les politiques"
Dans ses chansons, comme "Lakou Trankil" (2005), son titre de référence, il dénonce le sort des enfants délaissés, les femmes abandonnées, et la violence, prônant au passage le vivre- ensemble. "Quand je chante, je peux délivrer des messages universels, mobiliser mon peuple car les gens m'écoutent plus que les politiques, dont les discours indiffèrent". Pourquoi, alors, ne pas débuter une carrière en politique, à trente ans passé ? "Je préfère rester neutre." Cela reflète t-il une crainte de sa part ? "Pas du tout: si j'avais peur, je ne chanterais pas des chansons pour déranger". Bélo en profite pour adresser une pique indirecte aux élus haïtiens: "Je suis très connu, mais je refuse de vivre telle une star, de manipuler les gens et de me placer au dessus des autres".
L'urgence, désormais, c'est la reconstruction de son pays :"Il faut lancer des écoles, créer des salles de spectacles et de musique". Mais d'abord, celui qui voudrait devenir "messager du monde" invite les siens en quête d'un peu de confort à ne pas quitter leur île. Il leur demande de ne "plus se croiser les bras", de se "poser pendant cinq ans" pour "réfléchir à la manière dont ils pourraient régler les problèmes économiques, écologiques, sociaux et politiques". Il faut "éviter que nous dépensions de l'argent en l'air, poursuit-il; et mettre un terme aux programmes qui n'aboutissent pas. Sinon les investisseurs en auront marre, un jour!", avance t-il, avant de conclure: "Il convient de poser les vraies questions", comme celle concernant "la santé de nos enfants", en particulier, les épidémies dévastatrices de diarrhée chez les plus jeunes. "Donner des médicaments aux enfants qui souffrent de cette maladie servira-t-il sur le long terme? Les nouveaux-nés auront toujours le même souci, en buvant, à leur tour, l'eau de la même rivière ..."
http://www.lexpress.fr/actualite/monde/belo-l-artiste-haitien-au-coeur-immense_857567.html

"En Haïti, la culture est inversement proportionnelle à la richesse"


La maison d'édition parisienne Le Serpent à plumes publie une revue hors-série Spécial Haïti, au bénéfice d'un hôpital de Port-au-Prince. Une action humanitaire doublée d'un projet culturel qui permet de mieux saisir la réalité de cette île caribéenne. Nathalie Fiszman, directrice littéraire, répond à LEXPRESS.fr.

Pourquoi la maison d'édition du Serpent à Plumes a-t-elle tenu à participer au mouvement de solidarité avec Haïti?
Etant donné le nombre d'auteurs haïtiens présents dans notre catalogue, -comme Dany Laferrière qui a publié sept ouvrages chez nous- je me suis dit que nous pouvions difficilement rester les bras croisés. Et que nous avions une sorte d'obligation à mener une action éditoriale pour Haïti.
Dès le lendemain du tremblement de terre, j'ai donc proposé à nos auteurs l'idée de cette revue dont les bénéfices sont destinés à l'hôpital de la Communauté haïtienne, situé à Pétionville, un quartier de Port-au-Prince. Cet établissement de 50 lits, dont nous connaissons personnellement les dirigeants, accueille des malades particulièrement démunis. Comme il a été construit dans le respect des normes sismiques (en 1985), il demeure intact et tout son personnel ou presque est sorti indemne du séisme.


Comment les écrivains ont-ils réagi à l'idée de ce projet littéraire?
Ils ont immédiatement répondu, malgré leur état de choc et d'épuisement. Ils se trouvaient en effet presque tous à Haïti au moment du séisme, car le festival littéraire "Etonnants voyageurs" devait s'y dérouler [du 14 au 16 février, deux jours après le tremblement de terre]. La revue a été bouclée en huit jours, ce qui représente un petit tour de force.


En quoi consiste exactement le projet "Le Serpent à plumes pour Haïti"?
Au-delà de l'action humanitaire, il s'agit de proposer un panorama complet de la vie à Haïti et de donner à comprendre la réalité sociale de cette île en proposant un autre angle que celui des journaux télévisés. Ce numéro spécial se compose d'extraits de romans déjà publiés mais également de textes nouveaux, d'articles, de témoignages. Il y a par exemple cette magnifique Lettre à Sergine, de Thomas Spear, qui écrit à une amie disparue sous les décombres du tremblement de terre. On y découvre aussi les photos joyeuses ou tendres de la vie quotidienne sur l'île, signées Fred Koenig et David Damoison [Voir notre diaporama].


Quelle est la spécificité de la littérature haïtienne?
C'est une langue magnifique, colorée. On y trouve un mélange de réalisme cru et de naïveté. Evidemment, l'arrière-fond historique, politique, économique de l'île imprègne l'oeuvre des écrivains. Mais il me paraît gênant de vouloir enfermer ces auteurs dans une catégorie. Il s'agit surtout d'une littérature de grande qualité qui a pris de plus en plus d'importance en France au cours de 20 dernières années. On y trouve également beaucoup de diversité. Frankétienne mêle la langue créole et le Français dans une écriture expérimentale quasi-surréaliste tandis que Dany Laferrière (lauréat du prix Médicis 2009 pour L'Enigme du retour) poursuit, livre après livre, un travail plus autobiographique.
Quelques jours à peine après le séisme, Dany Laferierre a résumé l'importance de la place de la culture dans la vie des Haïtiens: "Quand tout tombe, il reste la culture, a-t-il déclaré. Et la culture, c'est la seule chose qu'Haïti a produite. Ca va rester. Ce n'est pas une catastrophe qui va empêcher Haïti d'avancer sur le chemin de la culture. Et ce qui sauve cette ville, c'est le peuple. C'est lui qui fait la vie dans la rue, qui crée cette vie. Il ne faut pas se laisser submerger par l'événement." Il a raison: la culture haïtienne est probablement inversement proportionnelle à la richesse économique de l'île.


Le Serpent à Plumes pour Haïti, 175 pages, 15 euros. En vente en librairie (Au profit d'un hôpital de Port-au-Prince).


http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique/en-haiti-la-culture-est-inversement-proportionnelle-a-la-richesse_853579.html