Une fenêtre ouverte sur Haïti, le pays qui défie le monde et ses valeurs, anti-nation qui fait de la résistance et pousse les limites de la résilience. Nous incitons au débat conceptualisant Haïti dans une conjoncture mondiale difficile. Haïti, le défi, existe encore malgré tout : choléra, leaders incapables et malhonnêtes, territoires perdus gangstérisés . Pour bien agir il faut mieux comprendre: "Que tout ce qui s'écrit poursuive son chemin, va , va là ou le vent te pousse (Dr Jolivert)
lundi 21 janvier 2013
Un mystérieux tronc d’arbre fait le tour d’Haïti
18 janvier 2013 |
Depuis le 1er janvier dernier, un curieux tronc d’arbre porté à dos d’homme traverse le pays, du Sud-ouest au Nord-est, mobilisant sur son passage des milliers d’haïtiens.
« Men bwa ! » (Voici l’arbre !). Depuis deux semaines, ce cri se répand comme une trainée de poudre dans les villes et villages haïtiens au passage d’un tronc d’arbre bien énigmatique. Porté au pas de course par une dizaine de volontaires, « Kita Nago », un objet en acajou de 3 mètres de haut, fait le tour d’Haïti.
Sur le Champs de Mars, en plein cœur de la capitale haïtienne, une foule bruyante se masse autour du curieux objet. « Je trouve dans ce tronc d’arbre un exemple d’union nationale », s’écrie, excité, Jean-Baptiste. « Il représente tout ce que nous croyons être irréalisable », explique le jeune homme venu se faire photographier avec le tronc d’arbre de 500 kg.
Selon l’un des organisateurs de ce mouvement inconnu il y a quelques semaines, « Kita Nago rassemble la société pour atteindre un objectif commun ; constituer une chaine de solidarité pour éveiller la conscience de la nation », confie l’acteur et publiciste Smoye Noisy.
Des émissions radiophoniques aux réseaux sociaux en passant par les tap-tap, le moyen de transport propre aux haïtiens, tout le monde parle de Kita Nago. Coup médiatique ou mouvement d’unité nationale, l’opération ne laisse personne indifférent.
Une « révolution tranquille »
Selon le poète haïtien Emmanuel Eugène dit Manno Ejèn, le Kita et le Nago sont deux danses distinctes dans la culture haïtienne. « De ces deux mots découle une expression affirmant qu’une personne – ou, par extension, le pays – est figée ». Pour l’artiste résidant au Canada, «Kita Nago est un mouvement pacifique, une révolution tranquille derrière un symbole – l’arbre – qui stimule le peuple haïtien à bouger, à aller de l’avant dans un esprit positif ».
Pour sa part, le professeur en sociologie de la communication à l’Université d’Etat d’Haïti, Louis Gabriel Blot, croit que « ce mouvement représente un peuple fatigué des problèmes de tous les jours, qui se redonne confiance et croit qu’avec le courage, la détermination et surtout la solidarité, il peut changer son destin ».
En tout cas, à chaque ville ou village traversé par le tronc d’arbre aux formes tarabiscotées, la foule grossit un peu plus. Le 14 janvier, lors de son arrivée à Port-au-Prince, des dizaines de milliers de personnes se sont massées pour l’occasion, bloquant la route nationale accédant à la capitale. L’arbre a même sa propre page sur la plateforme sociale Facebook.
Manno Ejèn considère ce mouvement comme « le premier rassemblant tous les Haïtiens de différente couches sociales, religions et tendances politiques ». Le poète pense que celui-ci « doit continuer dans le pays pour que ce même esprit les animent tous et leur permette de construire une nouvelle Haïti ».
Un musée à l’arrivée et des milliers d’arbres à planter
Parti aux Irois, dans le Sud-ouest du pays, le 1er janvier dernier, l’arbre a déjà parcouru plus de 400 kilomètres en deux semaines.
Après avoir longé la côte ouest et nord d’Haïti, et traversé 47 communes et 7 départements, Kita Nago devrait finir sa course à la frontière avec la République dominicaine, à Ouanaminthe.
Selon les organisateurs, un musée sera construit dans cette ville pour conserver le tronc d’arbre. En outre, chaque haïtien est invité à planter un arbre le jour, encore incertain, de son arrivée.
Jonas Laurince/Sophie Boudre
http://minustah.org/?p=39844
Ils se sont mobilisés pour reconstruire Haïti
Les bénévoles des associations Motion France et Amérique latine organisent une fête pour récupérer des fonds pour aider le pays.
« Haïti trois ans après »,lit-on sur l'affiche d'annonce d'une fête de solidarité, vendredi, pour le pays. Avec quel objectif ? Récupérer des fonds pour aider à sa reconstruction après le séisme qui a frappé l'île. « Nous menons des projets, confient Charles Harrigan, président de Motion France et Pierrette Leproust, présidente du comité sarthois de l'association Amérique latine. En particulier l'électrification de la ville de Môle Saint-Nicolas. »
Car même si les promesses de dons ont afflué, « la moitié est consacrée au remboursement de la logistique et les frais pour ceux qui sont venus aider », expliquent les deux responsables. Deux intervenants viendront parler de la reconstruction du pays : Stanley Lucas, un Haïtien, en poste à l'ambassade de Washington et Edelyn Dorismond, un philosophe-politologue, professeur de philosophie à Paris.
Il y aura aussi de la musique et des danses avec le groupe culturel Capoeira, des poèmes, du folklore, une vente d'objets d'art et un jeu gratuit qui permettra de gagner un tableau d'art naïf. La Maison pour Tous Jean-Moulin apporte sa contribution en mettant les locaux à disposition et du personnel pour l'organisation.
Vendredi 25 janvier, à partir de 18 h, Maison pour tous Jean-Moulin, 23, rue Robert-Collet, Le Mans. Tél. 02 43 50 31 60. Assiette créole 12 € à réserver dès maintenant. Conférences à 19 h et 21 h.
http://www.lemans.maville.com/actu/actudet_-Ils-se-mobilisent-pour-reconstruire-Haiti_fil-2279783_actu.Htm
jeudi 17 janvier 2013
Haïti : trois ans après le tremblement de terre, la situation en matière de logement est catastrophique
Trois ans après le tremblement de terre en Haïti, la situation du pays sur le plan du logement est tout à fait catastrophique. Des centaines de milliers de personnes continuent à vivre dans des abris précaires. Le séisme du 12 janvier 2010 a fait plus de 200 000 morts et quelque 2,3 millions de sans abris.
Aujourd’hui, on estime que plus de 350 000 personnes vivent actuellement dans 496 camps à travers le pays.
D’après les témoignages recueillis, les conditions de vie dans ces camps improvisés se dégradent ; l’accès à l’eau, les installations sanitaires et les services de voirie en particulier y font cruellement défaut, ce qui contribue à la propagation de maladies infectieuses telles que le choléra. Femmes, jeunes filles et fillettes y sont en outre fortement exposées aux risques d’agressions sexuelles et aux viols.
Comme si le fait d’être à la merci de l’insécurité, des maladies et des ouragans ne suffisait pas, de nombreuses personnes habitant dans des camps de fortune vivent par ailleurs dans la peur constante d’être expulsées de force.
Depuis le tremblement de terre, des dizaines de milliers de personnes ont été forcées à quitter les camps. L’Organisation internationale pour les migrations a indiqué que près de 80 000 autres personnes vivant principalement dans des camps établis sur des terrains privés risquent actuellement d’être expulsées – cela représente 21 % de la population totale des camps.
Le 21 décembre 2011, Marie et son enfant ont été expulsés de force et de manière violente du camp de la place Jérémie, de même que des dizaines d’autres familles. : « Le comité de camp faisait pression sur nous pour que nous quittions les lieux. Ils disaient qu’ils avaient besoin de la place pour un championnat [de football]. Mais comme nous n’avions nulle part où aller, nous sommes restés. De temps en temps ils distribuaient des prospectus au ton menaçant. La nuit ils jetaient des pierres et des bouteilles sur nos tentes […] Puis un jour, à 3 heures du matin, ils sont venus et ont commencé à frapper aux portes. Ensuite ils ont détruit mon abri avec des lames de rasoir et des couteaux […] Ils m’ont poussée dehors et ont commencé à tout démolir. Je n’ai pas eu le temps de prendre quoi que ce soit avec moi ; je suis partie avec les habits que j’avais sur le dos, c’est tout. »
Haïti souffrait déjà d’une grave pénurie de logements avant le tremblement de terre, mais pour des centaines de milliers de personnes, la situation actuelle est dramatique.Les initiatives actuelles du gouvernement en matière de logement semblent avoir davantage pour but d’empêcher les gens de vivre sur des places publiques plutôt que de leur proposer des logements sûrs. La mise en œuvre de politiques qui feront véritablement du droit à un logement convenable une réalité dans ce pays, voilà ce que nous voulons voir. Xavier Zúñiga, conseiller spécial pour Amnesty International.
Action insuffisante des autorités
En avril 2012, les autorités haïtiennes ont rendu public un projet de politique nationale du logement. Ce projet fixe un certain nombre de priorités concernant la construction de maisons, mais ne définit pas les conditions à réunir pour que les personnes vivant dans la pauvreté puissent bénéficier de logements convenables et abordables. Il ne contient par ailleurs aucun engagement contre les expulsions forcées.
Avec le soutien de donateurs internationaux, les autorités nationales ont par ailleurs lancé en août 2011 un plan visant à reloger dans 16 quartiers des personnes venant de 50 camps de déplacés (« projet 16/6 »). Dans le cadre de cette initiative, des familles reçoivent une allocation logement d'environ 380 euros sur une période de 12 mois – le but étant de les encourager à quitter les camps pour des logements de meilleure qualité –, ainsi qu'environ 20 euros pour les frais de transport. C’est aux familles que revient la responsabilité de trouver leur propre logement à louer et de parvenir à un accord avec le propriétaire.
Si ce projet a aidé quelques familles, le montant de l’allocation est trop faible, les personnes concernées ne sont pas épaulées dans leur recherche de logement et les familles ne sont pas soutenues sur le long terme.
De nombreuses personnes ont fait part aux délégués d’Amnesty International en Haïti de leurs inquiétudes, ne sachant pas où elles vivraient à l’expiration de la période d’allocation puisqu'elles ne seraient plus en mesure de payer leur loyer. En l’état actuel des choses, elles éprouvent déjà des difficultés à nourrir leur famille, sans parler des dépenses correspondant à d’autres articles et services de première nécessité tels que les vêtements, les médicaments et l’éducation.
Le départ d’acteurs humanitaires début 2011 et le manque de financements ont contribué à la dégradation des conditions de vie dans les camps improvisés. Seule une petite partie des fonds versés par les donneurs a été allouée à des projets relatifs au logement.
En 2010, tout le monde s’est empressé d’aider Haïti mais trois ans plus tard, nous constatons que les espoirs d’amélioration n’ont pas été concrétisés, car les droits des Haïtiens ne semblent pas constituer une priorité. Ce pays a besoin que les autorités nationales passent à l’action et que la communauté internationale lui apporte un réel soutien.
LE SÉISME EN HAÏTI : QUELQUES CHIFFRES
Le tremblement de terre
200 000 morts ;
2,3 millions de sans-abri :
105 000 maisons détruites ; 208 164 habitations gravement endommagées.
Les personnes déplacées
357 785 personnes (90 415 familles) vivant dans 496 camps (fin octobre 2012).
52 % sont des femmes.
Les expulsions forcées
60 978 personnes ont été expulsées de 152 camps depuis le séisme.
78 175 personnes sont sous la menace d’une expulsion – ce qui représente 21 % du nombre total de personnes déplacées vivant dans des camps.
Les conditions de vie dans les camps
72 038 personnes déplacées, installées dans 264 des 541 camps existants, n’avaient pas accès à l’eau potable ni à des toilettes sur site (en juin 2012).
50 % des camps restants ne disposaient pas sur site d’un accès à l’eau ni de toilettes, ce qui touchait plus d’une personne déplacée sur six, pour un total de 66 546 personnes (en juin 2012).
Avant le tremblement de terre
67 % de la population urbaine vivait dans des bidonvilles construits sur les zones qui ont été les plus touchées par le séisme.
Le pays le plus inégalitaire des Amériques
56 % des ménages vivent avec moins d’un dollar par jour et 77% avec moins de 2 dollars par jour.
Les 10 % des ménages les plus riches en Haïti contrôlaient 68 % de l’ensemble des revenus des ménages.
Sources : Organisation internationale pour les migrations, Bureau de la coordination de l’aide humanitaire et Programme de développement et d’évaluation des besoins post-désastre en Haïti (ONU).
http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Lutter-contre-la-pauvrete/Bidonvilles/Actualites/Haiti-situation-en-matiere-de-logement-toujours-catastrophique-7543
Aujourd’hui, on estime que plus de 350 000 personnes vivent actuellement dans 496 camps à travers le pays.
D’après les témoignages recueillis, les conditions de vie dans ces camps improvisés se dégradent ; l’accès à l’eau, les installations sanitaires et les services de voirie en particulier y font cruellement défaut, ce qui contribue à la propagation de maladies infectieuses telles que le choléra. Femmes, jeunes filles et fillettes y sont en outre fortement exposées aux risques d’agressions sexuelles et aux viols.
Comme si le fait d’être à la merci de l’insécurité, des maladies et des ouragans ne suffisait pas, de nombreuses personnes habitant dans des camps de fortune vivent par ailleurs dans la peur constante d’être expulsées de force.
Depuis le tremblement de terre, des dizaines de milliers de personnes ont été forcées à quitter les camps. L’Organisation internationale pour les migrations a indiqué que près de 80 000 autres personnes vivant principalement dans des camps établis sur des terrains privés risquent actuellement d’être expulsées – cela représente 21 % de la population totale des camps.
Le 21 décembre 2011, Marie et son enfant ont été expulsés de force et de manière violente du camp de la place Jérémie, de même que des dizaines d’autres familles. : « Le comité de camp faisait pression sur nous pour que nous quittions les lieux. Ils disaient qu’ils avaient besoin de la place pour un championnat [de football]. Mais comme nous n’avions nulle part où aller, nous sommes restés. De temps en temps ils distribuaient des prospectus au ton menaçant. La nuit ils jetaient des pierres et des bouteilles sur nos tentes […] Puis un jour, à 3 heures du matin, ils sont venus et ont commencé à frapper aux portes. Ensuite ils ont détruit mon abri avec des lames de rasoir et des couteaux […] Ils m’ont poussée dehors et ont commencé à tout démolir. Je n’ai pas eu le temps de prendre quoi que ce soit avec moi ; je suis partie avec les habits que j’avais sur le dos, c’est tout. »
Haïti souffrait déjà d’une grave pénurie de logements avant le tremblement de terre, mais pour des centaines de milliers de personnes, la situation actuelle est dramatique.Les initiatives actuelles du gouvernement en matière de logement semblent avoir davantage pour but d’empêcher les gens de vivre sur des places publiques plutôt que de leur proposer des logements sûrs. La mise en œuvre de politiques qui feront véritablement du droit à un logement convenable une réalité dans ce pays, voilà ce que nous voulons voir. Xavier Zúñiga, conseiller spécial pour Amnesty International.
Action insuffisante des autorités
En avril 2012, les autorités haïtiennes ont rendu public un projet de politique nationale du logement. Ce projet fixe un certain nombre de priorités concernant la construction de maisons, mais ne définit pas les conditions à réunir pour que les personnes vivant dans la pauvreté puissent bénéficier de logements convenables et abordables. Il ne contient par ailleurs aucun engagement contre les expulsions forcées.
Avec le soutien de donateurs internationaux, les autorités nationales ont par ailleurs lancé en août 2011 un plan visant à reloger dans 16 quartiers des personnes venant de 50 camps de déplacés (« projet 16/6 »). Dans le cadre de cette initiative, des familles reçoivent une allocation logement d'environ 380 euros sur une période de 12 mois – le but étant de les encourager à quitter les camps pour des logements de meilleure qualité –, ainsi qu'environ 20 euros pour les frais de transport. C’est aux familles que revient la responsabilité de trouver leur propre logement à louer et de parvenir à un accord avec le propriétaire.
Si ce projet a aidé quelques familles, le montant de l’allocation est trop faible, les personnes concernées ne sont pas épaulées dans leur recherche de logement et les familles ne sont pas soutenues sur le long terme.
De nombreuses personnes ont fait part aux délégués d’Amnesty International en Haïti de leurs inquiétudes, ne sachant pas où elles vivraient à l’expiration de la période d’allocation puisqu'elles ne seraient plus en mesure de payer leur loyer. En l’état actuel des choses, elles éprouvent déjà des difficultés à nourrir leur famille, sans parler des dépenses correspondant à d’autres articles et services de première nécessité tels que les vêtements, les médicaments et l’éducation.
Le départ d’acteurs humanitaires début 2011 et le manque de financements ont contribué à la dégradation des conditions de vie dans les camps improvisés. Seule une petite partie des fonds versés par les donneurs a été allouée à des projets relatifs au logement.
En 2010, tout le monde s’est empressé d’aider Haïti mais trois ans plus tard, nous constatons que les espoirs d’amélioration n’ont pas été concrétisés, car les droits des Haïtiens ne semblent pas constituer une priorité. Ce pays a besoin que les autorités nationales passent à l’action et que la communauté internationale lui apporte un réel soutien.
LE SÉISME EN HAÏTI : QUELQUES CHIFFRES
Le tremblement de terre
200 000 morts ;
2,3 millions de sans-abri :
105 000 maisons détruites ; 208 164 habitations gravement endommagées.
Les personnes déplacées
357 785 personnes (90 415 familles) vivant dans 496 camps (fin octobre 2012).
52 % sont des femmes.
Les expulsions forcées
60 978 personnes ont été expulsées de 152 camps depuis le séisme.
78 175 personnes sont sous la menace d’une expulsion – ce qui représente 21 % du nombre total de personnes déplacées vivant dans des camps.
Les conditions de vie dans les camps
72 038 personnes déplacées, installées dans 264 des 541 camps existants, n’avaient pas accès à l’eau potable ni à des toilettes sur site (en juin 2012).
50 % des camps restants ne disposaient pas sur site d’un accès à l’eau ni de toilettes, ce qui touchait plus d’une personne déplacée sur six, pour un total de 66 546 personnes (en juin 2012).
Avant le tremblement de terre
67 % de la population urbaine vivait dans des bidonvilles construits sur les zones qui ont été les plus touchées par le séisme.
Le pays le plus inégalitaire des Amériques
56 % des ménages vivent avec moins d’un dollar par jour et 77% avec moins de 2 dollars par jour.
Les 10 % des ménages les plus riches en Haïti contrôlaient 68 % de l’ensemble des revenus des ménages.
Sources : Organisation internationale pour les migrations, Bureau de la coordination de l’aide humanitaire et Programme de développement et d’évaluation des besoins post-désastre en Haïti (ONU).
http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Lutter-contre-la-pauvrete/Bidonvilles/Actualites/Haiti-situation-en-matiere-de-logement-toujours-catastrophique-7543
Haïti-Justice : L’accusatrice de viol par Josué Pierre-Louis, auditionnée pour espionnage
P-au-P, 16 janv. 2013 [AlterPresse] --- Le mardi 15 janvier 2013, le magistrat instructeur Lamarre Bélizaire a auditionné Marie Danielle Bernadin, accusatrice de viol par Josué Pierre-Louis, dans le cadre d’une plainte déposée par le présumé violeur pour espionnage.
L’information a été confirmée à AlterPresse par Newton St Juste, l’un des avocats de la nouvellement accusée d’espionnage après son accusation de viol [sur sa personne par Josué Pierre-Louis].
L’audition s’est déroulée au tribunal civil de première instance de Port-au-Prince.
« Le vol d’information n’existe pas dans le droit pénal haïtien. De plus, pour parler d’espionnage, il faut qu’il y ait soustraction d’information d’un pays au profit d’un État ennemi. Il ne peut avoir d’espionnage entre deux nationaux », déclare St Juste qui qualifie la plainte de « prétendue » et de « non-crédible ».
Les avocats de Marie Danielle Bernadin semblent, tout de même, s’étonner de la plainte.
Ils confient avoir constaté, le 28 novembre 2012, avec un juge de paix, qu’aucune plainte de cette nature n’a été enregistrée au greffe du tribunal civil de Port-au-Prince.
« Vu la carrure de l’accusateur [d’espionnage, Josué Pierre-Louis] et son contrôle du système [judiciaire haïtien], cela ne surprend pas que le cahier soit falsifié pour pouvoir rentrer cette plainte, dont même les avocats de Josué Pierre-Louis ne s’entendaient pas sur la date de déposition. Ses avocats indiquaient confusément 22 ou 23 novembre [2012] », croit St Juste.
Marie Danielle Bernadin a demandé qu’elle soit confrontée, le plus tôt possible, avec Josué Pierre-Louis, selon les déclarations de Me St Juste,
Pour parler d’espionnage, « il faudrait que le mobile principal consiste en la transmission de documents en faveur d’un pays étranger », précise, pour AlterPresse, un avocat réputé du barreau de Port-au-Prince, voulant garder l’anonymat.
Ne connaissant « ni le mobile, ni la finalité de la subtilisation de documents », cet homme de loi évite de qualifier l’action pour le moment et en « laisse le soin à la justice haïtienne ».
Les avocats de Bernadin (les mêmes dans le dossier d’accusation de viol contre Josué Pierre-Louis que dans celui d’accusée d’espionne par Pierre-Louis) se disent toutefois, « patients, vigilants et confiants. Pas confiants dans le système, mais dans le courage et la détermination de la victime [accusée d’autre part] ».
Rappelons que le dossier de viol est instruit par un nouveau juge, le magistrat Merlan Bellabe.
Me Joseph Jeudilien Fanfan, chargé initialement du dossier, s’est déporté, en raison de menaces dont il aurait été l’objet.
« Au cours de cette semaine, notre cliente répondra aux questions du magistrat instructeur Bellabe », annonce Me Newton St Juste.
Josué Pierre-Louis, proche du chef de l’État Joseph Michel Martelly, et Marie Danielle Bernadin, sa subordonnée, s’affrontent sur deux terrains judiciaires où les rôles s’inversent.
Marie Danielle Bernadin accuse Josué Pierre-Louis de viol sur sa personne. Josué Pierre-Louis accuse Marie Danielle Bernadin d’espionnage.
Qui des deux sera blanchi par la justice haïtienne ?
Marie Danielle Bernadin s’est déjà présentée au cabinet d’instruction dans le cadre du dossier de viol le 6 décembre 2012. [efd kft rc apr 16/01/2013 15:55]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article13954
L’information a été confirmée à AlterPresse par Newton St Juste, l’un des avocats de la nouvellement accusée d’espionnage après son accusation de viol [sur sa personne par Josué Pierre-Louis].
L’audition s’est déroulée au tribunal civil de première instance de Port-au-Prince.
« Le vol d’information n’existe pas dans le droit pénal haïtien. De plus, pour parler d’espionnage, il faut qu’il y ait soustraction d’information d’un pays au profit d’un État ennemi. Il ne peut avoir d’espionnage entre deux nationaux », déclare St Juste qui qualifie la plainte de « prétendue » et de « non-crédible ».
Les avocats de Marie Danielle Bernadin semblent, tout de même, s’étonner de la plainte.
Ils confient avoir constaté, le 28 novembre 2012, avec un juge de paix, qu’aucune plainte de cette nature n’a été enregistrée au greffe du tribunal civil de Port-au-Prince.
« Vu la carrure de l’accusateur [d’espionnage, Josué Pierre-Louis] et son contrôle du système [judiciaire haïtien], cela ne surprend pas que le cahier soit falsifié pour pouvoir rentrer cette plainte, dont même les avocats de Josué Pierre-Louis ne s’entendaient pas sur la date de déposition. Ses avocats indiquaient confusément 22 ou 23 novembre [2012] », croit St Juste.
Marie Danielle Bernadin a demandé qu’elle soit confrontée, le plus tôt possible, avec Josué Pierre-Louis, selon les déclarations de Me St Juste,
Pour parler d’espionnage, « il faudrait que le mobile principal consiste en la transmission de documents en faveur d’un pays étranger », précise, pour AlterPresse, un avocat réputé du barreau de Port-au-Prince, voulant garder l’anonymat.
Ne connaissant « ni le mobile, ni la finalité de la subtilisation de documents », cet homme de loi évite de qualifier l’action pour le moment et en « laisse le soin à la justice haïtienne ».
Les avocats de Bernadin (les mêmes dans le dossier d’accusation de viol contre Josué Pierre-Louis que dans celui d’accusée d’espionne par Pierre-Louis) se disent toutefois, « patients, vigilants et confiants. Pas confiants dans le système, mais dans le courage et la détermination de la victime [accusée d’autre part] ».
Rappelons que le dossier de viol est instruit par un nouveau juge, le magistrat Merlan Bellabe.
Me Joseph Jeudilien Fanfan, chargé initialement du dossier, s’est déporté, en raison de menaces dont il aurait été l’objet.
« Au cours de cette semaine, notre cliente répondra aux questions du magistrat instructeur Bellabe », annonce Me Newton St Juste.
Josué Pierre-Louis, proche du chef de l’État Joseph Michel Martelly, et Marie Danielle Bernadin, sa subordonnée, s’affrontent sur deux terrains judiciaires où les rôles s’inversent.
Marie Danielle Bernadin accuse Josué Pierre-Louis de viol sur sa personne. Josué Pierre-Louis accuse Marie Danielle Bernadin d’espionnage.
Qui des deux sera blanchi par la justice haïtienne ?
Marie Danielle Bernadin s’est déjà présentée au cabinet d’instruction dans le cadre du dossier de viol le 6 décembre 2012. [efd kft rc apr 16/01/2013 15:55]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article13954
Haïti-Union Européenne : Signature d’un accord de 20 millions d’euros en faveur de la sécurité alimentaire
P-au-P, 16 janv. 2013 [AlterPresse] --- Le gouvernement haïtien et l’Union Européenne (Ue) ont signé conjointement, le mardi 15 janvier 2013, une convention de financement d’un programme évalué à un montant de 20 millions d’euros (US $ 1.00 = 43.00 gourdes ; 1 euro = 60.00 gourdes aujourd’hui), en vue d’améliorer la sécurité alimentaire en Haïti, apprend AlterPresse.
Cette action, qui s’inscrit dans le cadre de la politique de la coopération européenne avec la République d’Haïti, vise à apporter un soutien aux initiatives de l’État haïtien dans la réduction de l’insécurité alimentaire, annonce l’Ue dans une note.
En cette même occasion, deux conventions - portant sur la mise en œuvre de deux composantes du programme - ont été signées par les représentants de l’organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) et de l’agence française de développement (Afd) avec l’Ue.
Ces composantes ont pour objectif d’améliorer la disponibilité alimentaire à travers le renforcement des systèmes de production, commercialisation et transformation des productions locales.
Cette convention de financement s’inscrit dans le cadre de l’initiative, établie en 2010 par l’Ue et visant à accélérer l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement (Omd), informe la note.
L’initiative Omd dans le pays consiste à réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population souffrant de la faim.
En ce sens, ce programme permettra d’améliorer la sécurité alimentaire dans les départements du Nord-Ouest, du Nord-Est, du Centre, de l’Artibonite (Nod) et du Sud, par l’amélioration quantitative et qualitative de la production agricole et de l’élevage.
Il contribuera aussi à la promotion d’opportunités de commercialisation, au renforcement de l’entrepreneuriat et à l’amélioration des conditions nutritionnelles des mères enceintes et allaitantes, et des enfants.
Ce programme débute ce mois de janvier 2013.
Ont procédé, à cette signature conjointe, le chef de délégation de l’Ue, Javier Niño Pérez, l’ordonnateur national du fonds européen du développement, Jean Edner Nelson, le ministre de l’agriculture, des ressources naturelles et du développement rural (Marndr), Thomas Jacques, et la ministre de la santé publique et de la population (Mspp), Florence Duperval Guillaume.[emb kft rc apr 16/01/2013 9:20]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article13948
Cette action, qui s’inscrit dans le cadre de la politique de la coopération européenne avec la République d’Haïti, vise à apporter un soutien aux initiatives de l’État haïtien dans la réduction de l’insécurité alimentaire, annonce l’Ue dans une note.
En cette même occasion, deux conventions - portant sur la mise en œuvre de deux composantes du programme - ont été signées par les représentants de l’organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) et de l’agence française de développement (Afd) avec l’Ue.
Ces composantes ont pour objectif d’améliorer la disponibilité alimentaire à travers le renforcement des systèmes de production, commercialisation et transformation des productions locales.
Cette convention de financement s’inscrit dans le cadre de l’initiative, établie en 2010 par l’Ue et visant à accélérer l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement (Omd), informe la note.
L’initiative Omd dans le pays consiste à réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population souffrant de la faim.
En ce sens, ce programme permettra d’améliorer la sécurité alimentaire dans les départements du Nord-Ouest, du Nord-Est, du Centre, de l’Artibonite (Nod) et du Sud, par l’amélioration quantitative et qualitative de la production agricole et de l’élevage.
Il contribuera aussi à la promotion d’opportunités de commercialisation, au renforcement de l’entrepreneuriat et à l’amélioration des conditions nutritionnelles des mères enceintes et allaitantes, et des enfants.
Ce programme débute ce mois de janvier 2013.
Ont procédé, à cette signature conjointe, le chef de délégation de l’Ue, Javier Niño Pérez, l’ordonnateur national du fonds européen du développement, Jean Edner Nelson, le ministre de l’agriculture, des ressources naturelles et du développement rural (Marndr), Thomas Jacques, et la ministre de la santé publique et de la population (Mspp), Florence Duperval Guillaume.[emb kft rc apr 16/01/2013 9:20]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article13948
Haïti-Histoire : Une association du Centre projette une tournée à Ouanaminthe en mars 2013
Perspectives d’un collège ambulant sur le territoire national
Correspondance Shella Chauvette
Belladère 17 janv. 2013 [Alter Presse] --- L’association culturelle et éducative du Centre (Acec) projette une tournée à Ouanaminthe, (département du Nord-Est) du 8 au 10 mars 2013, dans le but de créer des relations culturelles et éducatives entre les deux départements, apprend l’agence en ligne AlterPresse.
« Connaître notre histoire » est le thème de cette excursion socioéducative, dont l’objectif est de lancer un collège ambulant dans le pays.
« Une prise de conscience dans nos actions permettra de mieux connaitre nos valeurs et notre engagement dans la reconstruction du pays », affirme le coordonnateur de l’Acec, Jean Phèdre Delva.
Cette tournée durera trois jours, avec des conférences, visites de sites historiques, événements culturels, et échanges socioprofessionnels, selon Delva.
Se réjouissant d’une telle initiative, la coalition des organisations pour la survie de Belladère (Codesbel) encourage les autres départements géographiques à s’initier dans ce mouvement, afin de « créer l’harmonie ».
« Je souhaite que les organisations des autres départements comprennent qu’Haïti ne peut pas se développer sans la participation de toutes ses filles et de tous ses fils. Donc, apprenons à mieux connaitre notre pays, notre culture, et les apprécier à leur juste valeur », recommande le coordonnateur de Codesbel, Frisnel Fleurdé.
Une telle initiative est louable dans la mesure où elle apportera des changements positifs dans la vie de toutes les participantes et de tous les participants, considèrent les responsables de l’hôtel Rozo Plaza, qui, officiellement, soutient cette activité.
« Je loue, de tout cœur, une telle initiative. Je m’associe à l’Acec pour la réussite de cette tournée, qui, dans un premier temps, favorisera une connaissance plus approfondie de la diversité de notre culture », avance le président directeur général de cet hôtel privé, l’ancien ministre de l’agriculture Joanas Gué.
La plateforme pour le développement socio-économique de la région frontalière ainsi que le réseau frontalier Jeannot succès (Rfjs), à Ouanaminthe, se disent prêts pour accueillir les 150 personnes qui viendront du département du Centre.
« Nous serons très contents de faire ces échanges éducatifs et culturels, afin de créer plus d’harmonie et de solidarité entre nous », déclare le coordonnateur de la plateforme de Ouanaminthe.
Plusieurs groupes et artistes de Mirebalais, Belladère, Lascahobas comptent se produire à Ouanaminthe à cette occasion. [sc kft rc apr 17/01/2013 0:50]
Correspondance Shella Chauvette
Belladère 17 janv. 2013 [Alter Presse] --- L’association culturelle et éducative du Centre (Acec) projette une tournée à Ouanaminthe, (département du Nord-Est) du 8 au 10 mars 2013, dans le but de créer des relations culturelles et éducatives entre les deux départements, apprend l’agence en ligne AlterPresse.
« Connaître notre histoire » est le thème de cette excursion socioéducative, dont l’objectif est de lancer un collège ambulant dans le pays.
« Une prise de conscience dans nos actions permettra de mieux connaitre nos valeurs et notre engagement dans la reconstruction du pays », affirme le coordonnateur de l’Acec, Jean Phèdre Delva.
Cette tournée durera trois jours, avec des conférences, visites de sites historiques, événements culturels, et échanges socioprofessionnels, selon Delva.
Se réjouissant d’une telle initiative, la coalition des organisations pour la survie de Belladère (Codesbel) encourage les autres départements géographiques à s’initier dans ce mouvement, afin de « créer l’harmonie ».
« Je souhaite que les organisations des autres départements comprennent qu’Haïti ne peut pas se développer sans la participation de toutes ses filles et de tous ses fils. Donc, apprenons à mieux connaitre notre pays, notre culture, et les apprécier à leur juste valeur », recommande le coordonnateur de Codesbel, Frisnel Fleurdé.
Une telle initiative est louable dans la mesure où elle apportera des changements positifs dans la vie de toutes les participantes et de tous les participants, considèrent les responsables de l’hôtel Rozo Plaza, qui, officiellement, soutient cette activité.
« Je loue, de tout cœur, une telle initiative. Je m’associe à l’Acec pour la réussite de cette tournée, qui, dans un premier temps, favorisera une connaissance plus approfondie de la diversité de notre culture », avance le président directeur général de cet hôtel privé, l’ancien ministre de l’agriculture Joanas Gué.
La plateforme pour le développement socio-économique de la région frontalière ainsi que le réseau frontalier Jeannot succès (Rfjs), à Ouanaminthe, se disent prêts pour accueillir les 150 personnes qui viendront du département du Centre.
« Nous serons très contents de faire ces échanges éducatifs et culturels, afin de créer plus d’harmonie et de solidarité entre nous », déclare le coordonnateur de la plateforme de Ouanaminthe.
Plusieurs groupes et artistes de Mirebalais, Belladère, Lascahobas comptent se produire à Ouanaminthe à cette occasion. [sc kft rc apr 17/01/2013 0:50]
Haïti-Union Européenne : Signature d’un accord de 20 millions d’euros en faveur de la sécurité alimentaire
P-au-P, 16 janv. 2013 [AlterPresse] --- Le gouvernement haïtien et l’Union Européenne (Ue) ont signé conjointement, le mardi 15 janvier 2013, une convention de financement d’un programme évalué à un montant de 20 millions d’euros (US $ 1.00 = 43.00 gourdes ; 1 euro = 60.00 gourdes aujourd’hui), en vue d’améliorer la sécurité alimentaire en Haïti, apprend AlterPresse.
Cette action, qui s’inscrit dans le cadre de la politique de la coopération européenne avec la République d’Haïti, vise à apporter un soutien aux initiatives de l’État haïtien dans la réduction de l’insécurité alimentaire, annonce l’Ue dans une note.
En cette même occasion, deux conventions - portant sur la mise en œuvre de deux composantes du programme - ont été signées par les représentants de l’organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) et de l’agence française de développement (Afd) avec l’Ue.
Ces composantes ont pour objectif d’améliorer la disponibilité alimentaire à travers le renforcement des systèmes de production, commercialisation et transformation des productions locales.
Cette convention de financement s’inscrit dans le cadre de l’initiative, établie en 2010 par l’Ue et visant à accélérer l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement (Omd), informe la note.
L’initiative Omd dans le pays consiste à réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population souffrant de la faim.
En ce sens, ce programme permettra d’améliorer la sécurité alimentaire dans les départements du Nord-Ouest, du Nord-Est, du Centre, de l’Artibonite (Nod) et du Sud, par l’amélioration quantitative et qualitative de la production agricole et de l’élevage.
Il contribuera aussi à la promotion d’opportunités de commercialisation, au renforcement de l’entrepreneuriat et à l’amélioration des conditions nutritionnelles des mères enceintes et allaitantes, et des enfants.
Ce programme débute ce mois de janvier 2013.
Ont procédé, à cette signature conjointe, le chef de délégation de l’Ue, Javier Niño Pérez, l’ordonnateur national du fonds européen du développement, Jean Edner Nelson, le ministre de l’agriculture, des ressources naturelles et du développement rural (Marndr), Thomas Jacques, et la ministre de la santé publique et de la population (Mspp), Florence Duperval Guillaume.[emb kft rc apr 16/01/2013 9:20]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article13948
Cette action, qui s’inscrit dans le cadre de la politique de la coopération européenne avec la République d’Haïti, vise à apporter un soutien aux initiatives de l’État haïtien dans la réduction de l’insécurité alimentaire, annonce l’Ue dans une note.
En cette même occasion, deux conventions - portant sur la mise en œuvre de deux composantes du programme - ont été signées par les représentants de l’organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) et de l’agence française de développement (Afd) avec l’Ue.
Ces composantes ont pour objectif d’améliorer la disponibilité alimentaire à travers le renforcement des systèmes de production, commercialisation et transformation des productions locales.
Cette convention de financement s’inscrit dans le cadre de l’initiative, établie en 2010 par l’Ue et visant à accélérer l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement (Omd), informe la note.
L’initiative Omd dans le pays consiste à réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population souffrant de la faim.
En ce sens, ce programme permettra d’améliorer la sécurité alimentaire dans les départements du Nord-Ouest, du Nord-Est, du Centre, de l’Artibonite (Nod) et du Sud, par l’amélioration quantitative et qualitative de la production agricole et de l’élevage.
Il contribuera aussi à la promotion d’opportunités de commercialisation, au renforcement de l’entrepreneuriat et à l’amélioration des conditions nutritionnelles des mères enceintes et allaitantes, et des enfants.
Ce programme débute ce mois de janvier 2013.
Ont procédé, à cette signature conjointe, le chef de délégation de l’Ue, Javier Niño Pérez, l’ordonnateur national du fonds européen du développement, Jean Edner Nelson, le ministre de l’agriculture, des ressources naturelles et du développement rural (Marndr), Thomas Jacques, et la ministre de la santé publique et de la population (Mspp), Florence Duperval Guillaume.[emb kft rc apr 16/01/2013 9:20]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article13948
Haïti-Frontière : Lancement des travaux d’infrastructures routières entre Lascahobas et Belladère
Belladère, 16 janv. 2013 [Alter Presse] --- Lancés le lundi 7 janvier 2013, les travaux d’infrastructures routières, entre Lascahobas et Belladère (département du Centre, au nord-est de la capitale), jusqu’à la frontière d’Elias Piña (République Dominicaine) suscitent la joie chez les riveraines et riverains de ces communes, constate l’agence en ligne AlterPresse.
Les travaux qui seront entrepris par la firme dominicaine d’exécution Estrella, dureront vingt mois (janvier 2013 - septembre 2014).
Sur place, déjà sont à l’œuvre, ingénieurs et opérateurs spécialisés, maniant pelleteuses mécaniques, bulldozers et autres engins lourds.
Outre le tronçon de route de 30 kilomètres, cette équipe aura à construire 24 dalots et 2 ponts d’une longueur de 25 mètres à Onde Verte et Las Aguas.
Les habitantes et habitants des communes de Lascahobas et de Belladère, se réjouissent de la mise en œuvre de ces travaux, qui doivent permettre, à terme, de valoriser la production agricole et renforcer l’autosuffisance alimentaire dans le département.
« Je suis ravie de la construction de cette route. Je vais pouvoir pousser un ouf de soulagement, car je souffre assez souvent du mauvais état de cette route », affirme une commerçante Dulia Desrosiers.
L’idée de réhabiliter cette route, déjà très appréciée, pousse aussi les contribuables à exiger plus d’efforts institutionnels, de l’actuelle administration politique, dans la lutte contre la contrebande et la gestion des frontières.
« Si l’État faillit à sa mission en ne protégeant pas les contribuables, ce sont les racketteurs qui en profiteront, au détriment des contribuables », craint un homme d’affaires, Macluche Ledoux.
Un des axes essentiels pour le développement du département du Plateau central, la réhabilitation du tronçon de route Lascahobas / Belladère devrait favoriser la création de richesses. estime le maire de Belladère, Roselor Alcide.
L’aménagement de « ce tronçon de route constituera un moyen de contrôle important pour la collecte des taxes douanières, une porte d’entrée officielle à la frontière haïtiano-dominicaine, et devra contribuer au maintien des relations conviviales entre les deux pays », anticipe Alcidel.
Le 9 novembre 2012, un accord pour la réhabilitation de l’axe routier Lascahobas / Belladère, d’un montant de 23 millions 5 cent mille euros (US $ 1.00 = 43.00 gourdes ; 1 euro = 60.00 gourdes aujourd’hui) a été signé entre le ministre des travaux publics, transports et communications (Mtptc), Jacques Rousseau, et le chef de la délégation de l’Union européenne (Ue) en Haïti, Javier Nino Perez.
Ce financement entre dans le cadre de l’appui à la politique nationale des transports (Apontra), conclu en avril 2012 avec le gouvernement haïtien et s’élevant à près de 184 millions d’euros.
Érigée sur la frontière par le président Dumarsais Estimé, la commune de Belladère (bas Plateau central) a été inaugurée le 31 octobre 1948. Elle est limitée à l’est par la commune Comendador (province d’Elias Piña) de la République Dominicaine. [sc kft rc apr 16/01/2013 1:05]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article13943
Les travaux qui seront entrepris par la firme dominicaine d’exécution Estrella, dureront vingt mois (janvier 2013 - septembre 2014).
Sur place, déjà sont à l’œuvre, ingénieurs et opérateurs spécialisés, maniant pelleteuses mécaniques, bulldozers et autres engins lourds.
Outre le tronçon de route de 30 kilomètres, cette équipe aura à construire 24 dalots et 2 ponts d’une longueur de 25 mètres à Onde Verte et Las Aguas.
Les habitantes et habitants des communes de Lascahobas et de Belladère, se réjouissent de la mise en œuvre de ces travaux, qui doivent permettre, à terme, de valoriser la production agricole et renforcer l’autosuffisance alimentaire dans le département.
« Je suis ravie de la construction de cette route. Je vais pouvoir pousser un ouf de soulagement, car je souffre assez souvent du mauvais état de cette route », affirme une commerçante Dulia Desrosiers.
L’idée de réhabiliter cette route, déjà très appréciée, pousse aussi les contribuables à exiger plus d’efforts institutionnels, de l’actuelle administration politique, dans la lutte contre la contrebande et la gestion des frontières.
« Si l’État faillit à sa mission en ne protégeant pas les contribuables, ce sont les racketteurs qui en profiteront, au détriment des contribuables », craint un homme d’affaires, Macluche Ledoux.
Un des axes essentiels pour le développement du département du Plateau central, la réhabilitation du tronçon de route Lascahobas / Belladère devrait favoriser la création de richesses. estime le maire de Belladère, Roselor Alcide.
L’aménagement de « ce tronçon de route constituera un moyen de contrôle important pour la collecte des taxes douanières, une porte d’entrée officielle à la frontière haïtiano-dominicaine, et devra contribuer au maintien des relations conviviales entre les deux pays », anticipe Alcidel.
Le 9 novembre 2012, un accord pour la réhabilitation de l’axe routier Lascahobas / Belladère, d’un montant de 23 millions 5 cent mille euros (US $ 1.00 = 43.00 gourdes ; 1 euro = 60.00 gourdes aujourd’hui) a été signé entre le ministre des travaux publics, transports et communications (Mtptc), Jacques Rousseau, et le chef de la délégation de l’Union européenne (Ue) en Haïti, Javier Nino Perez.
Ce financement entre dans le cadre de l’appui à la politique nationale des transports (Apontra), conclu en avril 2012 avec le gouvernement haïtien et s’élevant à près de 184 millions d’euros.
Érigée sur la frontière par le président Dumarsais Estimé, la commune de Belladère (bas Plateau central) a été inaugurée le 31 octobre 1948. Elle est limitée à l’est par la commune Comendador (province d’Elias Piña) de la République Dominicaine. [sc kft rc apr 16/01/2013 1:05]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article13943
Haïti-Delmas 33 : Un drame déjà oublié !
De nombreux débrouillards continuent de s’installer arbitrairement aux abords de la rue de Delmas 33, particulièrement dans les parages de la Télévision nationale d’Haïti (TNH) où, on se le rappelle, un monstrueux accident de la circulation a été enregistré le 16 janvier de l’année dernière. L’État qui s’était montré très ébranlé lors du drame ne dit mot, constate Haiti Press Network.
16 janvier 2012-16 janvier 2013. Un an exactement depuis que s’est produit un terrible accident sur la route de Delmas, notamment au niveau de Delmas 33, où un camion dont le chauffeur aurait perdu le contrôle, avait causé la mort de plus d’une trentaine de personnes et fait quelque 50 blessés.
Qui ne se rappelle pas de ce tragique accident de la circulation qu’a fait pleurer mêmes les âmes les moins sensibles de la population? Des gens se souviennent avoir vu des corps sans vie totalement écrabouillés sur la chaussée. Un an après, peut-on parler d’amnésie ou d’insouciance ?
Chose certaine, ce que le laisser-aller se poursuit et la population s’embarque quotidiennement dans l’anarchie contre elle-même.
En effet, de nombreuses personnes, notamment des marchands et des marchandes, des conducteurs de taxi-moto, au péril de leur vie, s’installent toujours sur les trottoirs dans les parages de la TNH à Delmas 33, a-t-on remarqué.
Même des victimes de cet illustre accident occupent toujours les lieux comme s’ils ont déjà oublié ce qui s’était passé. Les responsables municipaux paraissent impuissants face aux attitudes insouciantes de la population.
Interrogé, l’un d’entre eux indique n’avoir malheureusement pas d’autres endroits en quête d’un pain pour nourrir ses enfants.
« Le danger est imminent. Je sais que je suis exposé encore au malheur. Mais hélas ! Je n’ai pas le choix. C’est ici que je me débrouille pour survivre avec ma famille », laisse entendre Yvon, une victime de l’accident qui trime encore dans les parages derrière son barbecue.
Adèle, une marchande de poulet rôti à Delmas 33, affirme pour sa part vouloir quitter le lieu volontiers, si les autorités constituées le lui demandent.
Entre-temps, le risque de passer de la vie au trépas est plus qu’évident, comme ça a été le cas pour les victimes de l’année dernière. Aucune d’entre elles ne savait pas qu’ils allaient dire au revoir à la vie dans de telle condition.
« En attendant une décision des autorités, je reste là pour continuer à chatouiller la vie jusqu’à ce qu’elle me sourit. Je n’ignore pas à quel danger que je suis exposée. Mais la vie a choisi de me placer là pour l’instant, j’y reste jusqu’à nouvel ordre », dit-elle, pendant qu’elle s’occupe de ses attirails éparpillés sur le trottoir.
Pour des citoyens avisés, aucune leçon n’a été tirée de ce drame de trop. Bénédique, propriétaire d’une boutique à Delmas 33, se rappelle avoir vu une patrouille fixe de la police sur les lieux durant une semaine seulement après l’accident. « Depuis lors, a-t-il indiqué, aucune présence de l’État n’a été remarquée et le désordre continue comme avant. »
« Nous passons les choses trop vite à l’oubli. Trop de laxisme du côté des autorités. Où sont passées les mesures susceptibles d’éviter la répétition de telle catastrophe ? », s’interroge Lucien, avant d’appeler l’État haïtien à adopter toutes les mesures nécessaires pour forcer les marchandes à dégager rues et trottoirs de la capitale.
Texte : Alix Laroche
Source: http://hpnhaiti.com/site/index.php/societe/8410-haiti-delmas-33-un-drame-deja-oublie-
16 janvier 2012-16 janvier 2013. Un an exactement depuis que s’est produit un terrible accident sur la route de Delmas, notamment au niveau de Delmas 33, où un camion dont le chauffeur aurait perdu le contrôle, avait causé la mort de plus d’une trentaine de personnes et fait quelque 50 blessés.
Qui ne se rappelle pas de ce tragique accident de la circulation qu’a fait pleurer mêmes les âmes les moins sensibles de la population? Des gens se souviennent avoir vu des corps sans vie totalement écrabouillés sur la chaussée. Un an après, peut-on parler d’amnésie ou d’insouciance ?
Chose certaine, ce que le laisser-aller se poursuit et la population s’embarque quotidiennement dans l’anarchie contre elle-même.
En effet, de nombreuses personnes, notamment des marchands et des marchandes, des conducteurs de taxi-moto, au péril de leur vie, s’installent toujours sur les trottoirs dans les parages de la TNH à Delmas 33, a-t-on remarqué.
Même des victimes de cet illustre accident occupent toujours les lieux comme s’ils ont déjà oublié ce qui s’était passé. Les responsables municipaux paraissent impuissants face aux attitudes insouciantes de la population.
Interrogé, l’un d’entre eux indique n’avoir malheureusement pas d’autres endroits en quête d’un pain pour nourrir ses enfants.
« Le danger est imminent. Je sais que je suis exposé encore au malheur. Mais hélas ! Je n’ai pas le choix. C’est ici que je me débrouille pour survivre avec ma famille », laisse entendre Yvon, une victime de l’accident qui trime encore dans les parages derrière son barbecue.
Adèle, une marchande de poulet rôti à Delmas 33, affirme pour sa part vouloir quitter le lieu volontiers, si les autorités constituées le lui demandent.
Entre-temps, le risque de passer de la vie au trépas est plus qu’évident, comme ça a été le cas pour les victimes de l’année dernière. Aucune d’entre elles ne savait pas qu’ils allaient dire au revoir à la vie dans de telle condition.
« En attendant une décision des autorités, je reste là pour continuer à chatouiller la vie jusqu’à ce qu’elle me sourit. Je n’ignore pas à quel danger que je suis exposée. Mais la vie a choisi de me placer là pour l’instant, j’y reste jusqu’à nouvel ordre », dit-elle, pendant qu’elle s’occupe de ses attirails éparpillés sur le trottoir.
Pour des citoyens avisés, aucune leçon n’a été tirée de ce drame de trop. Bénédique, propriétaire d’une boutique à Delmas 33, se rappelle avoir vu une patrouille fixe de la police sur les lieux durant une semaine seulement après l’accident. « Depuis lors, a-t-il indiqué, aucune présence de l’État n’a été remarquée et le désordre continue comme avant. »
« Nous passons les choses trop vite à l’oubli. Trop de laxisme du côté des autorités. Où sont passées les mesures susceptibles d’éviter la répétition de telle catastrophe ? », s’interroge Lucien, avant d’appeler l’État haïtien à adopter toutes les mesures nécessaires pour forcer les marchandes à dégager rues et trottoirs de la capitale.
Texte : Alix Laroche
Source: http://hpnhaiti.com/site/index.php/societe/8410-haiti-delmas-33-un-drame-deja-oublie-
mercredi 16 janvier 2013
Haïti-Séisme: les malheurs vécus et des opportunités ratées 3 ans après
Lundi, 14 Janvier 2013 09:20 RD/HPN
Pour commémorer le troisième anniversaire du séisme qui avait dévasté plusieurs communes du pays, une conférence débat autour du thème « 12 janvier 2010 – 12 janvier 2013 : Malheurs vécus, opportunités ratées en Haïti », s’est tenue samedi à Petite Rivière de l’Artibonite.
Au cours de cette activité commémorative, les dimensions politiques, économiques, judiciaires et culturelles de la reconstruction d’Haïti ont été abordées par les intervenants à la Rotonde, salle spéciale du Palais aux 365 portes, où se tenait de grandes réunions sous le règne du Roi Henry 1er d’Haïti (Henry Christophe).
Environ 250 élèves en classe de rhétorique et de philosophie ainsi que des jeunes regroupés en associations ont pris part à cet évènement organisé par l’Association des Parents et Professeurs d’Ecoles de Liancourt (APPEL).
Le journaliste Marc Antoine Aldorphe, directeur de radio Tête-à-tête et télé Amani-y a fait office de modérateur lors des discussions intenses portées sur les vulnérabilités d’Haïti amplifiées avec le tremblement de terre et des débats traitant des facteurs de blocage à la reconstruction nationale.
Dans son intervention, Victor Benoit, président de l’Internationale Socialiste a critiqué l’absence de gouvernance, car selon lui les défis existaient depuis l’indépendance même si la catastrophe avait pourtant offert une opportunité. « Les mauvais leaders ont dirigé la barque nationale dans de mauvaises directions », a jugé le professeur Benoit.
L’écrivain haïtien Gary Victor, prix RFO 2004, qui se trouvait dans son fief de Carrefour Feuilles (quartier de Port-au-Prince, où plus 10000 victimes ont été recensées) au moment des terribles secousses de 16h53, le 12 janvier 2010, a pour sa part, regretté que ce choc n’ait pas réellement constitué un électrochoc pour un réel réveil haïtien, trois ans plus tard.
Kénol Louis, directeur du lycée Henry Christophe de la Petite Rivière de l’Artibonite, a invité les haïtiens à se solidariser davantage en dégageant l’énergie qu’il faut comme celle qui constitue la lumière quand elle se trouve dans l’ampoule et la chaleur quand il s’agit du fer à repasser. « Haïti doit être un pays de débats et non de combats », a souhaité l’enseignant rivartibonitien.
Pour Me Dilia Lemaire, membre du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), qui a emprunté des propos de l’écrivain Frankétienne comparant Haïti à un jardin où une fleur doit jaillir des déchets, les opportunités ne passeront jamais tant qu’on est vivant, mais il faut enfin une planification pour savoir saisir les bonnes.
Par ailleurs, Haïti Press Network a constaté que le Palais aux 365 portes se trouve actuellement dans un état de délabrement très avancé. Entrepris en 1816 et construit par Luis Dupeyrac, le Palais de la Belle Rivière a été restauré et achevé par l’ancien président Sténio Vincent en avril 1933.
Le Palais aux 365 portes est malgré tout un symbole fort de l’être haïtien qui est capable de résister, de rester dignement debout en dépit des malheurs, des souffrances et des opportunités ratées, a fait savoir le Dr Ely Thélot, directeur de l’APPEL, concernant le choix de ce site historique pour marquer ce triste jour.
L’APPEL organise régulièrement et systématiquement des séminaires de formation et des activités culturelles dans le département de l’Artibonite dans le cadre d’un projet mis en place grâce à un financement du Fonds des Nations Unies pour la Démocratie (FNUD), OXFAM et Coopération Suisse.
Robens Duversaint, robensfusion@yahoo.fr
http://222.hpnhaiti.com/site/index.php/reconstruction/8369-haiti-seisme-les-malheurs-vecus-et-des-opportunites-ratees-3-ans-apres
Haïti-Séisme/3 ans : Des progrès encourageants au niveau de l’enfance
P-au-P, 14 Janv. 2013 [AlterPresse]--- Trois ans après le séisme du 12 janvier 2010, une amélioration significative a été enregistrée concernant la situation des enfants en Haïti en matière d’éducation, de nutrition, de santé infantile et d’installations sanitaires, selon les résultats préliminaires de la cinquième Enquête mortalité, morbidité et utilisation des services (Emmus V).
Des résultats encourageants pour le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (Unicef), qui se félicite en même temps de son apport, dans un communiqué.
77% des enfants âgés de 6 à 11 ans sont scolarisés en établissement primaire contre 50% en 2005-2006, selon l’Emmus V réalisé en 2012.
Les données ont été recueillies auprès de 13 350 ménages haïtiens par l’Institut haïtien de l’enfance sous la direction générale du Ministère de la santé publique et de la population (Mspp).
Entre 2005-2006 et 2012, la malnutrition sévère des enfants âgés de 6 à 59 mois a été réduite de moitié, passant de 10% à 5%. La malnutrition chronique, quant à elle, est passée de 29% à 22%.
L’accès à l’assainissement amélioré a presque doublé passant de 14 pour cent en 2005-2006 à 26 pour cent en 2012.
Selon les nouvelles estimations, le taux de mortalité des moins de cinq ans, qui est de 88 décès pour 1000 naissances vivantes, a montré une tendance à la baisse au cours des 15 dernières années avec 112 en 1997-2001 contre 96 en 2002-2006.
L’accès à une source d’eau potable améliorée est cependant resté inchangé à 65 pour cent, tandis que 82 pour cent des habitants des camps de déplacés internes ont eu accès à des sources d’eau améliorées, rapporte le communiqué de l’Unicef.
L’Emmus qui fournit entre autres des indicateurs socio-économiques, démographiques et de santé sur toute la population haïtienne, offre cette fois des données sur les sinistrés du séisme de 2010 vivant dans les camps.
C’est pour la première fois en Haïti que cette enquête combinée à l’étude concernant les enquêtes à indicateurs multiples (Mics) (en anglais : Multiple Indicator Cluster Survey) reflète des données relatives à la discipline des enfants, à leur protection contre la violence, y compris celle exercée par leurs parents, explique Unicef dans le communiqué.
Pour l’organisme onusien ces données vont pousser à relever les défis qui subsistent tout en maintenant le soutien en faveur du pays.
Emmus V a été soutenue par l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (Usaid), l’Unicef, le Fonds des Nations Unies pour la Population (Fnuap), l’Agence canadienne de développement (Acdi) et le Fond mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. [emb kft gp apr 14/01/2013 12 :55]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article13936
Des résultats encourageants pour le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (Unicef), qui se félicite en même temps de son apport, dans un communiqué.
77% des enfants âgés de 6 à 11 ans sont scolarisés en établissement primaire contre 50% en 2005-2006, selon l’Emmus V réalisé en 2012.
Les données ont été recueillies auprès de 13 350 ménages haïtiens par l’Institut haïtien de l’enfance sous la direction générale du Ministère de la santé publique et de la population (Mspp).
Entre 2005-2006 et 2012, la malnutrition sévère des enfants âgés de 6 à 59 mois a été réduite de moitié, passant de 10% à 5%. La malnutrition chronique, quant à elle, est passée de 29% à 22%.
L’accès à l’assainissement amélioré a presque doublé passant de 14 pour cent en 2005-2006 à 26 pour cent en 2012.
Selon les nouvelles estimations, le taux de mortalité des moins de cinq ans, qui est de 88 décès pour 1000 naissances vivantes, a montré une tendance à la baisse au cours des 15 dernières années avec 112 en 1997-2001 contre 96 en 2002-2006.
L’accès à une source d’eau potable améliorée est cependant resté inchangé à 65 pour cent, tandis que 82 pour cent des habitants des camps de déplacés internes ont eu accès à des sources d’eau améliorées, rapporte le communiqué de l’Unicef.
L’Emmus qui fournit entre autres des indicateurs socio-économiques, démographiques et de santé sur toute la population haïtienne, offre cette fois des données sur les sinistrés du séisme de 2010 vivant dans les camps.
C’est pour la première fois en Haïti que cette enquête combinée à l’étude concernant les enquêtes à indicateurs multiples (Mics) (en anglais : Multiple Indicator Cluster Survey) reflète des données relatives à la discipline des enfants, à leur protection contre la violence, y compris celle exercée par leurs parents, explique Unicef dans le communiqué.
Pour l’organisme onusien ces données vont pousser à relever les défis qui subsistent tout en maintenant le soutien en faveur du pays.
Emmus V a été soutenue par l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (Usaid), l’Unicef, le Fonds des Nations Unies pour la Population (Fnuap), l’Agence canadienne de développement (Acdi) et le Fond mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. [emb kft gp apr 14/01/2013 12 :55]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article13936
Haïti-Politique : Le gouvernement minimise le mauvais accueil du Pri à Lamothe et critique les députés protestataires
P-au-P, 15 janv.2013 [AlterPresse] --- Le comportement des députés du bloc Parlementaires pour le Renforcement Institutionnel (Pri-opposition), qui a sifflé le premier ministre Laurent Lamothe, à l’occasion de la rentrée parlementaire, le lundi 14 janvier 2013, ne changera pas les rapports entre le gouvernement et le parlement, a fait savoir Ralph Théano, ministre chargé des relations entre l’Exécutif et le Législatif.
Les membres du PRI ont sifflé et klaxonné le premier ministre Laurent Lamothe pour l’empêcher de présenter le bilan de son gouvernement pour l’année 2012 et indiquer les perspectives pour 2013. Le chef du gouvernement a seulement remis des exemplaires de son bilan au président de l’assemblée nationale, Dieuseul Simon Desras.
La « banalisation », c’est le prix du comportement des membres du PRI, selon Ralph Théano. Toutefois, leur attitude ne devra pas modifier les échanges entre l’équipe gouvernementale haïtienne et les élus du Parlement.
Le gouvernement « entend rester droit et conséquent », déclare le ministre Théano, qui n’a pas fait part de démarches à l’endroit du groupe parlementaire.
Les députés protestataires reprochent au chef du gouvernement de n’avoir pas décaissé, jusqu’à présent, les fonds du budget 2012-2013, alloués au développement de leur localité respective.
Théano assure cependant que l’exécution de tous les projets pour toutes les communes du pays, se fera après les analyses, technique, administrative et légale, de ceux-ci. Déjà 40 projets sont en cours d’exécution dont 7 relatifs aux communes de certains membres du bloc PRI, poursuit-il.
« Pas de discrimination », ajoute le ministre.
Il considère ce qui s’est passé comme « un crime, une honte à la nation », qui ne cache pas « un sentiment de colère » vis-à-vis des députés du PRI.
Kedlaire Augustin, porte-parole du premier ministre, souhaite que ce type d’attitude ne se répète pas à l’avenir. Il qualifie l’actuel régime semi-parlementaire de « déséquilibré et irrationel ». [srh kft gp apr 15/1/2013 15 :35]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article13947
Reconstruction en Haïti : Laurent Lamothe mise sur le tourisme
EXCLUSIF - Le gouvernement haïtien mise sur le développement de l'industrie touristique pour relancer l'économie du pays mise à mal par une série de catastrophes naturelles. Dans une entrevue exclusive accordée à Radio-Canada, le premier ministre du pays, Laurent Lamothe, estime qu'il est maintenant temps pour Haïti « de montrer au monde ses richesses ».
« Haïti a besoin de montrer ses richesses, parce que pendant trop longtemps on parlait des problèmes et des zones à risques. Il est temps de montrer nos super-plages, nos superbes îles, ce qu'on a de beau! » — Laurent Lamothe, premier ministre d'Haïti
Il faut dire que, depuis trois ans, Haïti peine à se remettre sur pied après le tremblement de terre dévastateur qui a détruit, en janvier 2010, une partie importante des infrastructures et laissé des milliers de personnes sans logis.
Selon M. Lamothe, le gouvernement haïtien, qui vit essentiellement d'aide humanitaire et étrangère, a résolu de miser sur le tourisme international pour stimuler l'investissement privé et remettre l'économie nationale sur les rails.
« L'aide humanitaire est ponctuelle. Il faut faire une transition graduelle de l'aide humanitaire à l'aide au développement, en passant par l'investissement privé. Parce que c'est l'investissement privé […] qui pourra amener les touristes, les garder et faire la promotion. » —
« Une destination sécuritaire », assure Laurent Lamothe
En ce qui a trait à la sécurité dans les villes d'Haïti, qui est une condition essentielle au retour des touristes dans le pays, Laurent Lamothe assure que son pays est sécuritaire.
« Haïti, selon les statistiques, est l'une des destinations les plus sûres avec un taux de criminalité de 6,9 % pour 100 000 habitants. Ce qui est bien plus bas que dans la plupart des pays de la région », assure le premier ministre haïtien. Il reconnaît cependant qu'il y a malgré tout des secteurs à éviter, « comme dans toutes les capitales du monde », a précisé M. Lamothe.
Le gouvernement de Laurent Lamothe compte à ce chapitre doter le pays d'une « police touristique » au cours des six prochains mois afin d'améliorer encore la sécurité des touristes.
Des projets se réalisent
Rappelant que plusieurs nouveaux grands hôtels ont été inaugurés dans le pays au cours des dernières semaines, Laurent Lamothe a également souligné l'accord signé par son gouvernement avec le transporteur Air Transat qui desservira Haïti à partir du 23 janvier prochain.
« Comme premier ministre, j'invite tous les Canadiens et les Québécois à venir voir Haïti. On parlebeaucoup d'Haïti à travers le monde et j'invite tout le monde à faire l'expérience haïtienne », a conclu le premier ministre haïtien.
Ces efforts du gouvernement haïtien pour relancer l'industrie touristique dans le pays sont mis en lumière peu de temps après que le gouvernement canadien eut annoncé qu'il ne financerait plus de nouveaux projets en Haïti.
Selon le ministre fédéral de la Coopération internationale, Julian Fantino, il est temps pour Ottawa de revoir son approche de l'aide internationale afin de permettre aux Haïtiens « de se prendre en main ».
Une décision qui a soulevé la colère de l'opposition, qui accuse le gouvernement conservateur de ne pas comprendre le dossier haïtien.
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2013/01/15/008-entrevue-laurent-lamothe.shtml
« Haïti a besoin de montrer ses richesses, parce que pendant trop longtemps on parlait des problèmes et des zones à risques. Il est temps de montrer nos super-plages, nos superbes îles, ce qu'on a de beau! » — Laurent Lamothe, premier ministre d'Haïti
Il faut dire que, depuis trois ans, Haïti peine à se remettre sur pied après le tremblement de terre dévastateur qui a détruit, en janvier 2010, une partie importante des infrastructures et laissé des milliers de personnes sans logis.
Selon M. Lamothe, le gouvernement haïtien, qui vit essentiellement d'aide humanitaire et étrangère, a résolu de miser sur le tourisme international pour stimuler l'investissement privé et remettre l'économie nationale sur les rails.
« L'aide humanitaire est ponctuelle. Il faut faire une transition graduelle de l'aide humanitaire à l'aide au développement, en passant par l'investissement privé. Parce que c'est l'investissement privé […] qui pourra amener les touristes, les garder et faire la promotion. » —
« Une destination sécuritaire », assure Laurent Lamothe
En ce qui a trait à la sécurité dans les villes d'Haïti, qui est une condition essentielle au retour des touristes dans le pays, Laurent Lamothe assure que son pays est sécuritaire.
« Haïti, selon les statistiques, est l'une des destinations les plus sûres avec un taux de criminalité de 6,9 % pour 100 000 habitants. Ce qui est bien plus bas que dans la plupart des pays de la région », assure le premier ministre haïtien. Il reconnaît cependant qu'il y a malgré tout des secteurs à éviter, « comme dans toutes les capitales du monde », a précisé M. Lamothe.
Le gouvernement de Laurent Lamothe compte à ce chapitre doter le pays d'une « police touristique » au cours des six prochains mois afin d'améliorer encore la sécurité des touristes.
Des projets se réalisent
Rappelant que plusieurs nouveaux grands hôtels ont été inaugurés dans le pays au cours des dernières semaines, Laurent Lamothe a également souligné l'accord signé par son gouvernement avec le transporteur Air Transat qui desservira Haïti à partir du 23 janvier prochain.
« Comme premier ministre, j'invite tous les Canadiens et les Québécois à venir voir Haïti. On parlebeaucoup d'Haïti à travers le monde et j'invite tout le monde à faire l'expérience haïtienne », a conclu le premier ministre haïtien.
Ces efforts du gouvernement haïtien pour relancer l'industrie touristique dans le pays sont mis en lumière peu de temps après que le gouvernement canadien eut annoncé qu'il ne financerait plus de nouveaux projets en Haïti.
Selon le ministre fédéral de la Coopération internationale, Julian Fantino, il est temps pour Ottawa de revoir son approche de l'aide internationale afin de permettre aux Haïtiens « de se prendre en main ».
Une décision qui a soulevé la colère de l'opposition, qui accuse le gouvernement conservateur de ne pas comprendre le dossier haïtien.
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2013/01/15/008-entrevue-laurent-lamothe.shtml
Haïti-Carnaval : Entre commémoration d’une catastrophe et jouissance populaire !
mardi 15 janvier 2013
Nouvelle collecte pour les enfants d'Haïti
Depuis le 12 janvier 2010 et le séisme qui ravagea une bonne partie des villes de l'île d'Haiti, le Dr Raphaël Beauzile est mobilisé. Haïtien d'origine, ce dentiste à la retraite, ancien conseiller municipal de Châtellerault, a très durement vécu cette catastrophe qui touche un pays dont il est proche et pour lequel il avait créé voici des années une association d'aide au développement pour le secteur de la ville des Cayes, berceau de sa famille.
La sensibilisation du public, d'abord, puis une première collecte de matériel pour les enfants suivie d'un voyage sur place pour s'assurer de la bonne utilisation des dons avaient marqué le début de son action. Un colloque et une exposition en juin de l'an dernier s'en étaient suivis, toujours dans l'optique de rendre plus visible un pays qui conserve une grande proximité de cœur et de civilisation avec la France.
Depuis, la tempête Sandy d'octobre dernier est venue ajouter un peu de désolation supplémentaire à cette île.
« Même Bill Clinton, qui dirigeait la mission internationale de reconstruction a regretté de n'avoir pu être plus efficace, observe Raphaël Beauzile. Seul 1 % de l'aide initialement dévolue aux Haïtiens leur a véritablement été utile. Le reste a été en grande partie gaspillé par des ONG qui n'ont pas su travailler ensemble et qui ont beaucoup dépensé sans résultat. Aujourd'hui, elles sont reparties et les gravats, eux, ne sont toujours pas enlevés dans leur totalité. Quant à la reconstruction, si elle a permis de rebâtir le grand marché historique de Port-au-Prince et une université au nord du pays, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il reste énormément à faire. »
Nouveaux envois à la fin de l'été
Pour ce qui est de faire, Raphaël Beauzile, lui, œuvre à sa mesure. « Dans ce pays, la population a toujours accordé beaucoup d'importance à l'instruction. Les familles se saignent pour permettre à leurs enfants d'étudier. » Alors, au printemps, le Dr Beauzile voudrait pouvoir renvoyer de nouveaux containers en Haïti. « Je lance donc une nouvelle collecte de fournitures scolaires et de livres pour les enfants. Une collecte que j'espère pouvoir faire parvenir là-bas vers le mois de septembre. Mais d'ici là, j'ai besoin de la mobilisation de tous ici. »
Les personnes qui souhaitent participer à cette collecte ou effectuer des dons de fournitures et de livres peuvent s'adresser à Raphaël Beauzile. Même si elle est nécessairement limitée, son action à lui est efficace.
Contact : 06.64.81.37.98.
http://www.lanouvellerepublique.fr/Vienne/Actualite/24-Heures/n/Contenus/Articles/2013/01/15/Nouvelle-collecte-pour-les-enfants-d-Haiti
La sensibilisation du public, d'abord, puis une première collecte de matériel pour les enfants suivie d'un voyage sur place pour s'assurer de la bonne utilisation des dons avaient marqué le début de son action. Un colloque et une exposition en juin de l'an dernier s'en étaient suivis, toujours dans l'optique de rendre plus visible un pays qui conserve une grande proximité de cœur et de civilisation avec la France.
Depuis, la tempête Sandy d'octobre dernier est venue ajouter un peu de désolation supplémentaire à cette île.
« Même Bill Clinton, qui dirigeait la mission internationale de reconstruction a regretté de n'avoir pu être plus efficace, observe Raphaël Beauzile. Seul 1 % de l'aide initialement dévolue aux Haïtiens leur a véritablement été utile. Le reste a été en grande partie gaspillé par des ONG qui n'ont pas su travailler ensemble et qui ont beaucoup dépensé sans résultat. Aujourd'hui, elles sont reparties et les gravats, eux, ne sont toujours pas enlevés dans leur totalité. Quant à la reconstruction, si elle a permis de rebâtir le grand marché historique de Port-au-Prince et une université au nord du pays, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il reste énormément à faire. »
Nouveaux envois à la fin de l'été
Pour ce qui est de faire, Raphaël Beauzile, lui, œuvre à sa mesure. « Dans ce pays, la population a toujours accordé beaucoup d'importance à l'instruction. Les familles se saignent pour permettre à leurs enfants d'étudier. » Alors, au printemps, le Dr Beauzile voudrait pouvoir renvoyer de nouveaux containers en Haïti. « Je lance donc une nouvelle collecte de fournitures scolaires et de livres pour les enfants. Une collecte que j'espère pouvoir faire parvenir là-bas vers le mois de septembre. Mais d'ici là, j'ai besoin de la mobilisation de tous ici. »
Les personnes qui souhaitent participer à cette collecte ou effectuer des dons de fournitures et de livres peuvent s'adresser à Raphaël Beauzile. Même si elle est nécessairement limitée, son action à lui est efficace.
Contact : 06.64.81.37.98.
http://www.lanouvellerepublique.fr/Vienne/Actualite/24-Heures/n/Contenus/Articles/2013/01/15/Nouvelle-collecte-pour-les-enfants-d-Haiti
L'hommage de Roumazières à son disparu d'Haïti
Jean-Christophe Fernandes disparaissait mi-janvier 2010 en Haïti dans le tremblement de terre. Le centre social de Roumazières ouvre une expo sur son travail auprès des Haïtiens de la Cité soleil à découvrir jusqu'au 25 janvier.
Jeune ingénieur français formé à Limoges, Jean-Christophe Fernandes, originaire de Roumazières-Loubert, vivait depuis un peu plus d'un an à Port-au-Prince en Haïti. Le 12 janvier 2010 il est décédé lors du tremblement de terre qui a ravagé cette île des Grandes Antilles.
Passionné par la protection de l'environnement, le Charentais menait un programme de recherches pour améliorer la gestion des déchets dans les zones périurbaines notamment dans la Cité soleil à Haïti. Sa mission était réalisée en co-tutelle entre l'Insa (Institut national des sciences appliquées) de Lyon et l'université Quisqueya de Port-au-Pince.
Jean-Christophe Fernandes avait un statut de volontaire, financé par le Cefrepade (centre francophone de recherches partenariales sur l'assainissement, les déchets et l'environnement), France Volontaire et l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie). Quelque temps avant la catastrophe, il avait distribué une vingtaine d'appareils photo jetables à des jeunes de Cité soleil pour leur permettre de fixer la réalité de leur quotidien dans cette zone considérée comme un des bidonvilles les plus pauvres et les plus violents du monde.
Après la catastrophe, treize appareils ont été retrouvés. Le Cefrepade a décidé de mettre sur pied une exposition de ces photos en hommage à Jean-Christophe Fernandes et de rassembler quelques-unes d'entre elles, commentées par leurs auteurs dans un recueil. Les recettes de la vente de l'ouvrage sont intégralement reversées au profit du «centre de valorisation des déchets» haïtien qui porte le nom de Jean-Christophe Fernandes.
«Une expo miroir»
Le centre social culturel et sportif de Haute-Charente a relayé cette initiative en exposant à Roumazières les photos prises par les habitants de la Cité soleil. Le projet suivi par Romain Raffin et Stéphanie Defoulounoux sera baptisé «Haïti en valise». «Nous utilisons l'exposition produite par le Cefrepade pour agir en coopération avec les habitants, les bénévoles, l'éducation nationale, les collectivités et les associations locales» expliquent les deux animateurs du centre. Documents et photos circuleront entre les écoles et les collèges du secteur, transportés dans des valises et à vélo.»
Enfants et familles de l'accueil de loisirs seront également invités à réfléchir sur le sujet du développement durable, à réaliser une fresque et à illustrer les grandes thématiques abordées sur l'exposition par des dessins, des collages ou des expressions. Une exposition locale pourra être réalisée sur les thématiques des déchets, la protection de l'environnement, la politique, la religion le travail le bonheur, le malheur... «Comme une expo miroir à celle réalisée par les jeunes Haïtien sur ces mêmes sujets suggérés par Jean-Christophe» concluent les animateurs qui trouvent intéressant l'idée de voir si la vision du petit Français est différente de celle du petit Haïtien.
http://www.charentelibre.fr/2013/01/15/l-hommage-de-roumazieres-a-son-disparu-d-haiti,1134348.php
Jeune ingénieur français formé à Limoges, Jean-Christophe Fernandes, originaire de Roumazières-Loubert, vivait depuis un peu plus d'un an à Port-au-Prince en Haïti. Le 12 janvier 2010 il est décédé lors du tremblement de terre qui a ravagé cette île des Grandes Antilles.
Passionné par la protection de l'environnement, le Charentais menait un programme de recherches pour améliorer la gestion des déchets dans les zones périurbaines notamment dans la Cité soleil à Haïti. Sa mission était réalisée en co-tutelle entre l'Insa (Institut national des sciences appliquées) de Lyon et l'université Quisqueya de Port-au-Pince.
Jean-Christophe Fernandes avait un statut de volontaire, financé par le Cefrepade (centre francophone de recherches partenariales sur l'assainissement, les déchets et l'environnement), France Volontaire et l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie). Quelque temps avant la catastrophe, il avait distribué une vingtaine d'appareils photo jetables à des jeunes de Cité soleil pour leur permettre de fixer la réalité de leur quotidien dans cette zone considérée comme un des bidonvilles les plus pauvres et les plus violents du monde.
Après la catastrophe, treize appareils ont été retrouvés. Le Cefrepade a décidé de mettre sur pied une exposition de ces photos en hommage à Jean-Christophe Fernandes et de rassembler quelques-unes d'entre elles, commentées par leurs auteurs dans un recueil. Les recettes de la vente de l'ouvrage sont intégralement reversées au profit du «centre de valorisation des déchets» haïtien qui porte le nom de Jean-Christophe Fernandes.
«Une expo miroir»
Le centre social culturel et sportif de Haute-Charente a relayé cette initiative en exposant à Roumazières les photos prises par les habitants de la Cité soleil. Le projet suivi par Romain Raffin et Stéphanie Defoulounoux sera baptisé «Haïti en valise». «Nous utilisons l'exposition produite par le Cefrepade pour agir en coopération avec les habitants, les bénévoles, l'éducation nationale, les collectivités et les associations locales» expliquent les deux animateurs du centre. Documents et photos circuleront entre les écoles et les collèges du secteur, transportés dans des valises et à vélo.»
Enfants et familles de l'accueil de loisirs seront également invités à réfléchir sur le sujet du développement durable, à réaliser une fresque et à illustrer les grandes thématiques abordées sur l'exposition par des dessins, des collages ou des expressions. Une exposition locale pourra être réalisée sur les thématiques des déchets, la protection de l'environnement, la politique, la religion le travail le bonheur, le malheur... «Comme une expo miroir à celle réalisée par les jeunes Haïtien sur ces mêmes sujets suggérés par Jean-Christophe» concluent les animateurs qui trouvent intéressant l'idée de voir si la vision du petit Français est différente de celle du petit Haïtien.
http://www.charentelibre.fr/2013/01/15/l-hommage-de-roumazieres-a-son-disparu-d-haiti,1134348.php
Haïti-Séisme/3 ans : Sauvées de justesse, 72 étudiantes de l’Enip reçoivent leurs diplômes d’infirmières
Par Jean Élie Paul
P-au-P, 14 janv. 2013 [AlterPresse] --- 72 étudiantes de l’École nationale des infirmières de Port-au-Prince (Enip) ont reçu, le dimanche 13 janvier 2013 à l’est de la capitale, leurs diplômes de fin d’études, soit trois ans après le séisme du 12 janvier 2010.
Quatre-vingt dix (90) étudiantes et trois (3) professeurs ont péri dans l’effondrement du bâtiment de l’école, un effondrement qui a constitué l’une des scènes les plus terribles du séisme dans la capitale.
La promotion sortante 2009-2012 a été la seule de l’établissement, qui, dans l’après-midi du mardi 12 janvier 2010, n’avait pas connu un très grand nombre de victimes. Une camarade a, cependant, été tuée.
Environ douze (12) étudiantes ont abandonné leurs études après le drame.
Certaines sont parties à l’étranger. D’autres, qui s’étaient réfugiées dans les villes de province, n’ont pas suivi le mouvement inverse.
Les jeunes filles ont ainsi décidé de baptiser leur promotion Victory, pour affirmer leur victoire sur tout ce qu’elles ont vécu, depuis ce jour fatidique et au long des trois années qui ont suivi.
« Les choses ne sont pas revenues au beau fixe, depuis, pour cette école d’infirmières, parce que les difficultés de toutes sortes continuent de se présenter », confie à AlterPresse la directrice des études, Christine D. Neptune.
Pour elle, parler du séisme est encore difficile et, avec les souvenirs affreux de ce jour, remontent à ces yeux des larmes qu’elle peine à cacher.
Malgré le lent relèvement, toujours regarder de l’avant
L’Enip fonctionne dans un bâtiment préfabriqué, assemblage de containers, dans les locaux de la faculté de médecine et de pharmacie (Fmp) de l’Université d’État d’Haïti (Ueh).
L’espace, qui logeait le bâtiment de l’Enip, établissement fondé par feue l’infirmière Simone Ovide Duvalier (1913 - 1997, femme du dictateur François Duvalier et mère du dictateur Jean-Claude Duvalier) abrite, pour sa part, des tentes effilochées, offrant le spectacle d’un petit camp d’hébergement.
AlterPresse a tenté, à plusieurs reprises, de joindre la directrice de formation et de perfectionnement en sciences de la santé, qui a refusé d’accorder toute interview sans l’autorisation de la directrice du ministère de la santé publique et de la population (Mspp), elle-même injoignable.
Silence donc des responsables autour de la reconstruction de cette école-patrimoine. Et même silence autour de l’explosion d’écoles d’infirmières au lendemain du séisme de janvier 2010.
Trois ans après, en tout cas, l’Enip continue de regarder de l’avant, en se rappelant la douleur de la perte de près d’une centaine de jeunes filles, mais aussi tout le courage qu’il a fallu pour surmonter la souffrance.
La lauréate de la promotion « Victory », Ruthnelle Darley Désir, raconte combien a cru que tout était terminé au lendemain du drame.
« C’était vraiment le désespoir. Les locaux de l’école ont été détruits complètement. Malgré les difficultés, nous avons repris les cours sous les tentes. Il n’y avait pas de structures pour travailler correctement, mais malgré tout, nous avons tenu le coup. Et, ce dimanche (12 janvier 2013), nous récoltons le fruit de nos longs efforts », affirme t-elle dans une interview à AlterPresse.
« Le 12 janvier 2010, c’est un chiffre tout à fait inoubliable. Le fait de vivre quelque chose qu’on n’avait jamais vécu, de regarder, en quelques minutes, tous ces dégâts, c’était vraiment choquant. Cette date, c’est une tache indélébile dans le cœur de chacune », ajoute t-elle.
Un sentiment, partagé pratiquement par toutes les autres étudiantes.
Toutefois, la présidente de la promotion « Victory », Fabienne Désilien, croit qu’elles vont pouvoir affronter l’avenir avec assurance, tout en gardant, en mémoire, les disparues. [jep kft rc apr 14/01/2013 11:00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article13933
P-au-P, 14 janv. 2013 [AlterPresse] --- 72 étudiantes de l’École nationale des infirmières de Port-au-Prince (Enip) ont reçu, le dimanche 13 janvier 2013 à l’est de la capitale, leurs diplômes de fin d’études, soit trois ans après le séisme du 12 janvier 2010.
Quatre-vingt dix (90) étudiantes et trois (3) professeurs ont péri dans l’effondrement du bâtiment de l’école, un effondrement qui a constitué l’une des scènes les plus terribles du séisme dans la capitale.
La promotion sortante 2009-2012 a été la seule de l’établissement, qui, dans l’après-midi du mardi 12 janvier 2010, n’avait pas connu un très grand nombre de victimes. Une camarade a, cependant, été tuée.
Environ douze (12) étudiantes ont abandonné leurs études après le drame.
Certaines sont parties à l’étranger. D’autres, qui s’étaient réfugiées dans les villes de province, n’ont pas suivi le mouvement inverse.
Les jeunes filles ont ainsi décidé de baptiser leur promotion Victory, pour affirmer leur victoire sur tout ce qu’elles ont vécu, depuis ce jour fatidique et au long des trois années qui ont suivi.
« Les choses ne sont pas revenues au beau fixe, depuis, pour cette école d’infirmières, parce que les difficultés de toutes sortes continuent de se présenter », confie à AlterPresse la directrice des études, Christine D. Neptune.
Pour elle, parler du séisme est encore difficile et, avec les souvenirs affreux de ce jour, remontent à ces yeux des larmes qu’elle peine à cacher.
Malgré le lent relèvement, toujours regarder de l’avant
L’Enip fonctionne dans un bâtiment préfabriqué, assemblage de containers, dans les locaux de la faculté de médecine et de pharmacie (Fmp) de l’Université d’État d’Haïti (Ueh).
L’espace, qui logeait le bâtiment de l’Enip, établissement fondé par feue l’infirmière Simone Ovide Duvalier (1913 - 1997, femme du dictateur François Duvalier et mère du dictateur Jean-Claude Duvalier) abrite, pour sa part, des tentes effilochées, offrant le spectacle d’un petit camp d’hébergement.
AlterPresse a tenté, à plusieurs reprises, de joindre la directrice de formation et de perfectionnement en sciences de la santé, qui a refusé d’accorder toute interview sans l’autorisation de la directrice du ministère de la santé publique et de la population (Mspp), elle-même injoignable.
Silence donc des responsables autour de la reconstruction de cette école-patrimoine. Et même silence autour de l’explosion d’écoles d’infirmières au lendemain du séisme de janvier 2010.
Trois ans après, en tout cas, l’Enip continue de regarder de l’avant, en se rappelant la douleur de la perte de près d’une centaine de jeunes filles, mais aussi tout le courage qu’il a fallu pour surmonter la souffrance.
La lauréate de la promotion « Victory », Ruthnelle Darley Désir, raconte combien a cru que tout était terminé au lendemain du drame.
« C’était vraiment le désespoir. Les locaux de l’école ont été détruits complètement. Malgré les difficultés, nous avons repris les cours sous les tentes. Il n’y avait pas de structures pour travailler correctement, mais malgré tout, nous avons tenu le coup. Et, ce dimanche (12 janvier 2013), nous récoltons le fruit de nos longs efforts », affirme t-elle dans une interview à AlterPresse.
« Le 12 janvier 2010, c’est un chiffre tout à fait inoubliable. Le fait de vivre quelque chose qu’on n’avait jamais vécu, de regarder, en quelques minutes, tous ces dégâts, c’était vraiment choquant. Cette date, c’est une tache indélébile dans le cœur de chacune », ajoute t-elle.
Un sentiment, partagé pratiquement par toutes les autres étudiantes.
Toutefois, la présidente de la promotion « Victory », Fabienne Désilien, croit qu’elles vont pouvoir affronter l’avenir avec assurance, tout en gardant, en mémoire, les disparues. [jep kft rc apr 14/01/2013 11:00]
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Le logement en Haïti, la crise qui dure
Trois ans après le séisme meurtrier, et malgré les aides, beaucoup d'Haïtiens vivent encore dans des abris provisoires.
Building back better communities. C'était le slogan de l’été 2011, 18 mois après le tremblement de terre meurtrier du 12 janvier 2010 qui a ravagé Port-au-Prince.Trois ans après le séisme, la reconstruction en Haïti semble au point mort. Le secteur du logement est l’illustration manifeste de ce marasme. Près de 358.000 personnes survivent encore dans des camps de fortune, plus de 100.000 familles victimes du séisme s’entassent dans des abris temporaires et qui sait combien d’autres sont allées grossir les rangs des bidonvilles de la capitale?
Le gouvernement haïtien pensait pourtant avoir trouvé la bonne formule. Directement importée des expériences clintonniennes de reconstruction en Asie, après le passage du tsunami et en Louisiane, après l’ouragan Katrina, il l’avait traduite ainsi: reconstruire en mieux nos communautés.
Le sort de l’Expo Habitat en est l’un des nombreux symboles. Sur ce site, aménagé par la Banque interaméricaine de développement, des constructeurs avaient été invités à installer des prototypes de logement respectant les normes antisismiques et paracycloniques.
Le projet avait été lancé dans le faste, la Fondation Clinton ayant financé trois jours de conférence et l’inauguration du site pour pas moins de 500.000 dollars. Des familles devaient s'y installer pour tester les 70 modèles proposés afin d'élire les meilleurs d'entre eux, qui auraient alors été retenus pour participer aux futurs projets de reconstruction du gouvernement.
Jusqu'à huit personnes dans une pièce sous-louée
A ce jour, les maisons n’ont jamais été habitées. Leurs cuisines et sanitaires n’ont même jamais été raccordés à une quelconque alimentation ou évacuation d’eau. Elles sont à l’abandon. Aucun des entrepreneurs engagés n’a jamais été recontacté pour un projet gouvernemental. Un beau gâchis.
Le logement est pourtant un besoin criant et prioritaire en Haïti. Il l’était déjà avant le tremblement de terre du 12 janvier. Il l’est encore davantage si l’on considère qu'environ 200.000 habitations ont été détruites par le séisme.
«Dans toutes les catégories de population, les générations vivent ensemble, explique Joël Jean-Baptiste, secrétaire général du Mouvement de solidarité avec les sans-abri d’Haïti. Mais ce n’est pas par tradition que 7 ou 8 personnes se partagent une pièce sous-louée à un propriétaire qui lui vit avec sa famille dans une autre pièce, c’est bien parce qu’elles n’ont pas les moyens de faire autrement.»
Mososah, le mouvement de solidarité avec les sans-abri de Haïti, estime qu’il manquait déjà plus de 200.000 logements avant le tremblement de terre. C’est actuellement 400.000 habitations qui font défaut et le chiffre ira grandissant avec la croissance démographique incessante que connaît le pays.
En lieu et place des maisons, ce sont surtout des abris temporaires ou T-Shelter, conçus pour durer ici cinq ans, là dix ans, qui ont été érigés.
Des abris à étage, 12m2 par palier et par famile
A Ravine Pintade, dans la capitale, une ONG américaine (Cooperative Housing Foundation[1]) a même conçu des abris à étage (12 m2 par palier pour une famille) qu’elle estime pouvoir durer jusqu’à 25 ans! Les constructions sont conçues sur une charpente métallique, certes, mais recouvertes d’une bâche plastique grise. L’équipe initiale serait à la recherche de solutions pour remplacer la bâche par un matériau plus durable et plus esthétique...
Il n’en reste pas moins que plus de 110.000 T-Shelters ont été installés en Haïti entre 2010 et 2012. Et les standards que l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a tenté d’imposer (une surface minimale de 18 m2, une dalle en ciment, une couverture en contreplaqué ou panneaux de ciment) ne sont pas respectés par les multiples agences et ONG qui ne craignent pourtant pas d’apposer leur logo sur de telles constructions.
«L’eau s’infiltre quand il pleut, car il n’y a pas de joint entre les panneaux de contreplaqué», se plaint un habitant du camp de Corail Cessellesse, à l’extérieur de Port-au-Prince. «Chez nous, les animaux peuvent entrer en se glissant sous la bâche plastique qui n’est pas solidement fixée au sol», critique une autre, dont l’abri est installé aux portes de Jacmel, sur la côte sud-est.
Comme le montre un rapport [PDF] de l’Observatoire des politiques publiques et de la coopération internationale (fondé par le Cerfas), les millions de dollars investis dans ces constructions temporaires ont représenté jusqu’en mai 2012 80% des fonds distribués. «Or les coûts de la reconstruction globale peuvent être diminués de manière significative si on passe rapidement à la construction de bâtiments permanents», lit-on dans ce rapport publié à l’été 2012. Depuis, les organisations internationales se sont engagées à cesser d’encourager l’implantation de T-Shelters.
Passer de l'urgence à la reconstruction
«Mais par ailleurs, en 2010, 2011, 2012, la plupart des ONG qui étaient sur place étaient des organisations d’urgence», note Gwendoline Mennetrier, adjointe au coordinateur des programmes d’ONU-Habitat en Haïti. Elles n’étaient pas préparées à faire de la formation de maçons, d’ingénieurs, ni même la sensibilisation des particuliers à la qualité de la construction tout ce travail nécessaire pour sensibiliser la population aux risques du bâti.
«Nous avons commencé à passer à des équipes qui peuvent vraiment travailler sur le développement, avec du personnel qualifié, des urbanistes, au cours du dernier trimestre 2012.»
Actuellement, ce que le gouvernement haïtien met en avant, ce sont les initiatives en matières de réhabilitation des quartiers, qui incluent un volet logement. Leur but est de renvoyer les habitants dans leur quartier d’origine, et de libérer les espaces insalubres occupés par les camps de personnes déplacées. Terminés, donc, les rêves de déconcentration de la capitale haïtienne.
«Alors qu’on devait libérer les zones à risques de glissement de terrain ou d’inondations, on renvoie les gens dans les mêmes quartiers», regrette Joël Jean-Baptiste. Du côté d’ONU-Habitat, Gwendoline Mennetrier justifie:
«Les choix qui ont été faits sont des choix pragmatiques. Haïti n’avait pas les moyens de raser des quartiers entiers et de les reconstruire. Donc il faut rester sur l’existant en créant les conditions pour limiter les risques.»
Les gens pourraient paniquer «s'ils savaient qu'ils vivent dans une zone à risque»
Ici ou là, des travaux de mitigation sont effectués pour limiter notamment les risques de glissement de terrain ou d’inondation. Mais ce n’est certainement pas le cas partout. En témoigne la confidentialité imposée par l’UCBLP (Unité de construction de logements et de bâtiments publics) sur les cartes des différentes zones à risque de Port-au-Prince. Clément Bélizaire, son directeur, veut bien les montrer rapidement à une journaliste, mais pas plus.
«Ces documents sont réservés aux professionnels, cela pourrait créer de la panique si les gens savaient qu’ils vivent dans une zone classée à risque.»
Le projet 16/6 en particulier fait sa fierté. Il consiste notamment à subventionner le retour des familles dans une maison qui n’a pas été détruite par le tremblement de terre ou que des travaux ont permis de réhabiliter.
«C’est grâce à ce programme que nous n’avons plus aujourd’hui de camps sur nos places publiques.»
A ce jour, 23.000 familles auraient bénéficié d’une subvention au logement et 6.000 logements auraient été réparés ou reconstruits grâce à ce programme.
Mais les critiques sont très vite apparues. «Le 16/6 a encore fait augmenter les loyers», accuse Jackson Doliscar, l’un des responsables de la Frakka (Force d’action et de réflexion sur la question du logement, qui réunit différentes organisations communautaires haïtiennes) créée dans les suites du tremblement de terre, en mars 2010.
«Tous les propriétaires connaissent le montant de la subvention, 20.000 gourdes annuelles (environ 360 euros) qu’ils perçoivent directement du programme. Il n’y a aucune marge de négociation pour le locataire.»
Des maçons qui n'ont pas le temps de se former
La perspective de pouvoir mettre une pièce ou deux en location a également pu inciter certains propriétaires à réparer rapidement leur logement, sans connaissance ni application des normes de constructions antisismiques.
Jackson Doliscar poursuit:
«La pression est forte sur les propriétaires. Et moi j’ai vu des maisons très fissurées qu’on a louées dans le cadre du 16/6. Et puis, quand il y a des réparations, une fois qu’elles sont terminées, aucun expert ne peut assurer qu’elles ont été faites dans les règles de l’art.»
La plus grande partie des maisons haïtiennes qui sont reconstruites ou rénovées le sont avec le seul investissement du propriétaire, souvent aidé par les membres de sa famille vivant à l’étranger. Selon les estimations d’ONU-Habitat, plus de 50.000 logements seraient concernés. Mais la reconstruction s’est généralement opérée sans la moindre garantie de sécurité, les programmes de formation de professionnels ou de sensibilisations de la population n’ayant été mis en place que récemment.
«Et encore, pour construire de manière sûre, il faudrait que nos boss maçons et nos ingénieurs soient vraiment formés, remarque Elonge Othelot, directeur général de l’EPPLS. Des sessions de 6 mois sont nécessaires. Mais aucun boss maçon ne peut laisser son job pendant six mois pour prendre le temps de se former.» Un cercle vicieux.
«Nous ne demandons pas l'aumône»
Le projet de politique nationale du Logement non encore publié maintient pourtant que la construction des logements est de la responsabilité des familles...
«Que peuvent faire les 70% d’Haïtiens qui n’ont pas de quoi se construire une maison?, s’insurge encore Jackson Doliscar. Nous ne demandons pas l’aumône. Mais c’est à l’Etat de prendre ses responsabilités et de construire des logements que nous pourrons louer. Ou de mettre en place un système de crédit qui soit accessible à tous. Sans quoi, seuls les riches reconstruiront.»
Mais qui est responsable de cette dérive? Le gouvernement haïtien est loin d’être le seul décisionnaire dans l’orientation de l’aide. Au mieux, les fonds sont co-administrés par des comités de pilotage ou des commissions multinationales. Et dans de nombreux cas, les projets sont directement financés par les agences internationales ou étrangères (USAID, par exemple).
Selon le rapport de l’Envoyé spécial des Nations unies en Haïti, seuls 8,5% de l’aide internationale promise lors de la conférence de New York en mars 2010 étaient destinés à l’appui budgétaire, c’est-à-dire versés directement au gouvernement haïtien.
Et sur les quelque 9 milliards de dollars engagés dans la reconstruction, seuls 70 millions ont été décaissés pour un programme concernant le logement. Encore, décaissé ne signifie-t-il pas dépensé, mais simplement transféré à l’organisation qui exécutera le programme...
Et même si l’on ajoute à ces 70 millions les 112 millions de dollars consacrés par le Fond de reconstruction d’Haïti, administré par la Banque mondiale, on est très loin de pouvoir apporter au secteur l’impulsion nécessaire pour construire des logements en nombre.
«On peut retirer 5m2 sur une maison, ça ne se remarque pas»
«De toute façon, intervenir sur le logement prend du temps, souligne encore Gwendoline Mennetrier. Il faut d’abord élaborer la cartographie des zones à risques, faire le point sur le foncier et les droits de chacun, intervenir sur l’urbanisme, la sensibilisation des communautés, implanter des centres de ressources techniques, etc.»
Jusqu’à présent, seuls deux grands projets de construction de logements sociaux ont vu le jour pour les personnes déplacées par le séisme. 400 maisons ont été construites à Zoranje, au nord de la capitale. Et environ 3.000 sont encore en construction au pied du Morne à Cabrit (un projet dont l’origine a suscité diverses polémiques). Mais ce dernier programme est aussi très critiqué par les Haïtiens. Les maisons de trois pièces y font à peu près 25 m2. «C’est de l’argent gaspillé, résume Jackson Doliscar. On dit qu’on construit du logement social, mais les gens du peuple ont beaucoup d’enfants, c’est trop petit.»
Du côté de l’UCLBP, on explique qu’il s’agit d’être économe. «Si sur un logement, on retire un mètre de côté, ça peut nous permettre d’économiser 1.200 à 1.500 dollars par maison ou d’en construire davantage, souligne Clément Bélizaire. Pour nous ça compte. Et puis franchement, je vous assure, on peut retirer 5m2 sur une maison, ça ne se remarque même pas.»
Les projets de logement proposés par des ONG ou des agences étrangères brillent par leur taille réduite. «Quand un projet est lancé, il s’agit, pour l’Etat comme pour les bailleurs, de loger un maximum de gens, le plus vite possible, pour le moins cher possible, souligne Camille Chalmers, économiste et responsable de la Plateforme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (PAPDA). Peu importe les habitudes de vie ou la concertation locale.»
Depuis le tremblement de terre de 2010, il a fait partie d’un groupe qui a travaillé sur le logement en milieu rural. Deux prototypes ont été construits en concertation avec les populations de Gressier et Cap Rouge.
«Nous sommes parvenus à un coût de 11.000 dollars par maison pour 35 m2. Eh bien, les bailleurs trouvent encore que c’est trop cher.»
A titre de comparaison pourtant, un T-Shelter coûte, lui 4.200 dollars en moyenne...
Pas de sanitaires, pas de route d'accès...
Dans le quartier de Nérette, à Pétionville, l’un de ceux qui sont visés par le programme 16/6, il n’est pas difficile de constater le désenchantement, voire la détresse de la population. Certains ont en effet déjà vu s’achever leur bail, comme Lexon Dutervil, père de 3 enfants.
«Après un an, j’ai dû laisser le logement que j’avais trouvé. Avec ma famille, nous avons pu louer un shelter, 200 dollars pour 6 mois, mais la période touche à sa fin et je ne sais pas où je vais aller.»
Un peu plus loin, Edeline Antoinette a dû, elle, s’installer chez sa sœur avec ses 5 enfants, faute de moyens pour rester dans son logement subventionné. Quant à Vanette Lisher, qui vit avec une amie et leurs trois enfants dans une pièce louée a flan de morne, elle voit l’échéance arriver avec inquiétude.
«Déjà le propriétaire nous harcèle et nous demande quand est-ce qu’on va partir.»
Alors, certes, les camps se vident, et les habitants regagnent leur quartiers, mais dans quelles conditions...
«Le plus alarmant, note Esther Schneider, c’est que beaucoup de familles sont sorties des camps sans aucune aide quelconque.» Elles sont parties d’elles-mêmes avant le lancement du programme à l’été 2011, ou, pire, ont été expulsées manu militari lorsqu’elles se trouvaient sur des terrains privés.
On retrouve certaines d’entre elles sur les flancs du Morne à Cabrit, à une vingtaine de kilomètres du centre de Port-au-Prince. Lorsque l’Etat a annoncé qu’une nouvelle communauté serait construite dans les environs, les populations ont afflué avec quelques planches, quelques bâches pour y construire un abri de bric et de broc. Sans aucune infrastructure sanitaire, sans route d’accès, et à des kilomètres à la ronde du moindre lieu de travail…
«Mais vous savez, l’Etat est très faible, la transition après la dictature au milieu des années 1980 a été mal faite. Les municipalités n’ont pas suffisamment de compétences en matière d’urbanisme. Mais revenez dans deux ans, vous verrez ça ira mieux, on s’y emploie», cherche à rassurer Clément Bélizaire. En attendant, croisons les doigts pour qu’un autre tremblement de terre ne se produise pas…
Sandra Mignot
[1] Depuis, le CHF s’est transformé en Global Communities. Retourner à l'article
http://www.slate.fr/story/67177/haiti-logement
Haïti: le président Martelly annonce des législatives partielles en 2013
Le président haïtien Michel Martelly a annoncé lundi devant le Parlement réuni en Assemblée nationale, la tenue d'élections législatives partielles et de scrutins locaux "libres et démocratiques" au cours de l'année 2013.
"Je poursuivrai les discussions avec les pouvoirs législatif et judiciaire en vue de la tenue d'élections libres et démocratiques dans le pays", a promis le président haïtien.
Ces élections qui concernent 10 sièges au Sénat (sur 30), devaient être organisées en 2012 mais elles ont été retardées en raison de désaccord entre les différentes forces politiques sur la formation de l'institution responsable d'organiser ces élections.
Intervenant devant les sénateurs et les députés à l'occasion de l'ouverture de la nouvelle année législative, le président Martelly s'est engagé à favoriser le dialogue pour trouver un consensus sur la formation du Conseil électoral.
"Au cours de l'année 2013, je redoublerai d'effort pour améliorer la gouvernance politique en vue d'éviter que les élections soient une source de conflits inutiles pouvant dégrader le climat de paix sociale et la tranquillité publique dont nous avons besoin pour aller de l'avant", a-t-il notamment déclaré.
Des parlementaires de l'opposition ont néanmoins brandi des cartons jaunes au moment de l'intervention du chef de l'Etat après s'être bruyamment opposé à la présentation, par le Premier ministre Laurent Lamothe, de son bilan annuel.
Des centaines de partisans et des adversaires du gouvernement ont manifesté sans incident devant le bâtiment préfabriqué où se réunissent les parlementaires haïtiens depuis l'effondrement en 2010 du siège du Parlement lors du violent séisme qui a ravagé Haïti.
AFP http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Haiti-le-president-Martelly-annonce-des-legislatives-partielles-en-2013-_NG_-2013-01-15-899119
"Je poursuivrai les discussions avec les pouvoirs législatif et judiciaire en vue de la tenue d'élections libres et démocratiques dans le pays", a promis le président haïtien.
Ces élections qui concernent 10 sièges au Sénat (sur 30), devaient être organisées en 2012 mais elles ont été retardées en raison de désaccord entre les différentes forces politiques sur la formation de l'institution responsable d'organiser ces élections.
Intervenant devant les sénateurs et les députés à l'occasion de l'ouverture de la nouvelle année législative, le président Martelly s'est engagé à favoriser le dialogue pour trouver un consensus sur la formation du Conseil électoral.
"Au cours de l'année 2013, je redoublerai d'effort pour améliorer la gouvernance politique en vue d'éviter que les élections soient une source de conflits inutiles pouvant dégrader le climat de paix sociale et la tranquillité publique dont nous avons besoin pour aller de l'avant", a-t-il notamment déclaré.
Des parlementaires de l'opposition ont néanmoins brandi des cartons jaunes au moment de l'intervention du chef de l'Etat après s'être bruyamment opposé à la présentation, par le Premier ministre Laurent Lamothe, de son bilan annuel.
Des centaines de partisans et des adversaires du gouvernement ont manifesté sans incident devant le bâtiment préfabriqué où se réunissent les parlementaires haïtiens depuis l'effondrement en 2010 du siège du Parlement lors du violent séisme qui a ravagé Haïti.
AFP http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Haiti-le-president-Martelly-annonce-des-legislatives-partielles-en-2013-_NG_-2013-01-15-899119
lundi 14 janvier 2013
La difficile condition d'étudiant en Haïti
Publié le dimanche 13 janvier 2013 à 14:03 par Marc MAHUZIER
Comment arrive-t-on à faire des études quand on est fils de paysan en Haïti, un des pays les plus pauvres au monde ? Réponse à l'université régionale des Gonaïves, dans le département de l'Artibonite. Avec ses 1500 étudiants et un manque effarant de moyens, elle concentre toutes les difficultés de l'enseignement supérieur public dans un pays qui n'arrive pas à se remettre du tremblement de terre de janvier 2010.
Chemise blanche et cravate foncée, Stanley, 23 ans, est élégant comme pour un mariage. La journée est importante. Sa petite université régionale des Gonaïves reçoit des visiteurs de marque : une délégation d'universitaires français et haïtiens venus inaugurer le tout nouveau « campus numérique ». Une salle équipée d'ordinateurs avec accès gratuit à Internet. On a préparé des discours, installé une sono qui se montrera capricieuse. Et prévu un buffet de boissons fraîches sur lequel tout le monde se jettera, car la chaleur est écrasante.
« Pratiquement personne n'a d'ordinateur personnel »
Ce « campus numérique » installé par l'Agence des universités francophones, c'est la bonne nouvelle du trimestre pour ces étudiants, tous fils de paysans d'une région parmi les plus pauvres du pays. « Pratiquement personne n'a d'ordinateur personnel. Quand on veut aller sur Internet, il faut payer vingt-cinq gourdes (0,50 €) de l'heure dans un cybercafé. C'est cher ! », explique le jeune homme.
Avec ses 1 500 étudiants qui suivent des formations en comptabilité, gestion, soins infirmiers ou sciences de l'éducation, l'université des Gonaïves concentre tous les problèmes de l'enseignement supérieur public haïtien. Elle a été créée en 2006, dans les bâtiments d'un hôpital désaffecté. Le nouveau « campus numérique », par exemple, a trouvé refuge dans l'ancien bloc opératoire. L'installation dans de nouveaux locaux était prévue. Mais une inondation, en 2008, a stoppé le chantier. Depuis, le provisoire dure et nul n'ose prédire quand il prendra fin.
En octobre, les étudiants ont fait grève et défilé avec des pancartes. « Depuis la sortie de la première promotion, en 2011, aucun de nous n'a reçu son diplôme », explique Nadège Jean. La jeune femme a passé une licence en comptabilité. Elle voulait poursuivre vers un master, sans doute à l'étranger, car c'est souvent la seule solution. Elle a dû renoncer.
Le recteur, Roldano Auguste, parle de « crise purement administrative ». Mais l'affaire est autrement plus grave. Son prédécesseur à la tête de l'université avait dénoncé la corruption de son adjoint, le secrétaire général. Il a reçu des menaces de mort et s'est enfui. De là, la « crise purement administrative » dont parle Roldano Auguste, qui a hérité d'une situation des plus délicates.
« On n'a rien »
Corruption ? À Port-au-Prince, Sauvenel, étudiant en droit, confirme que sans l'appui d'un « parrain », on ne peut ni s'incrire à l'université publique ni ensuite trouver un travail. Reste la solution de l'université privée. Beaucoup sont d'un niveau crasse, avec des enseignants possèdant tout juste le bac. Quelques unes sont excellentes, comme Lumière, Notre Dame ou, surtout, Quisqueya. Mais la qualité a un prix : 1 300 € l'inscription annuelle. Une fortune pour 99 % de la population. « Seule une minorité d'Haïtiens peut faire des études », regrette Stanley.
Accéder à une instruction supérieure reste un privilège dont ne profitent que 60 000 jeunes. Les facultés de médecine, par exemple, ne produisent que 400 médecins par an. Dont la moitié file exercer à l'étranger, aux États-Unis surtout. La fuite des cerveaux est le problème numéro 1 : 85 % des diplômés exercent hors du pays. Mais comment les en blâmer quand on sait qu'un médecin gagne 600 € par mois ?
« On étudie dans des conditions exécrables »
On visite les locaux des Gonaïves et on est effaré par l'indigence des moyens. Les salles de cours sont d'une simplicité monacale. Pas de restaurant universitaire ni de résidence pour loger ces garçons et filles. Certains font 25 km à vélo le matin et autant le soir pour assister aux cours. Les autres se logent comme ils peuvent.
Stanley dort par terre chez un copain qui ne le fait pas payer. « De toutes façons, je ne pourrais pas. » Il se nourrit de sandwiches, d'un plat chaud quand il peut. Et reconnaît avoir souvent faim. « Parfois, des étudiants tombent dans les pommes en cours », confirme cet universitaire français en poste à Port-au-Prince. « On étudie dans des conditions exécrables », résume Ernso, grand gaillard au verbe éloquent.
Et ce n'est pas là une exception réservée à la province. Léandre, qui étudie le droit à la capitale, témoigne du même dénuement. « On n'a rien, même pas une bibliothèque digne de ce nom. On est obligés d'acheter les manuels. Comme cela coûte cher, on se cotise à plusieurs et on recopie. »
Le gouvernement, qui annonce avoir fait de l'éducation une priorité, a promis des bourses de 60 € par mois. Mais beaucoup d'étudiants sont opposés au pouvoir et pas décidés à accepter. « Ce qu'on veut, c'est une véritable politique de l'enseignement supérieur », dit Léandre. Revendication légitime, mais qui semble pour le moment, hors de portée.
http://www.jactiv.ouest-france.fr/actualites/monde/difficile-condition-detudiant-haiti-13475
Comment arrive-t-on à faire des études quand on est fils de paysan en Haïti, un des pays les plus pauvres au monde ? Réponse à l'université régionale des Gonaïves, dans le département de l'Artibonite. Avec ses 1500 étudiants et un manque effarant de moyens, elle concentre toutes les difficultés de l'enseignement supérieur public dans un pays qui n'arrive pas à se remettre du tremblement de terre de janvier 2010.
Chemise blanche et cravate foncée, Stanley, 23 ans, est élégant comme pour un mariage. La journée est importante. Sa petite université régionale des Gonaïves reçoit des visiteurs de marque : une délégation d'universitaires français et haïtiens venus inaugurer le tout nouveau « campus numérique ». Une salle équipée d'ordinateurs avec accès gratuit à Internet. On a préparé des discours, installé une sono qui se montrera capricieuse. Et prévu un buffet de boissons fraîches sur lequel tout le monde se jettera, car la chaleur est écrasante.
« Pratiquement personne n'a d'ordinateur personnel »
Ce « campus numérique » installé par l'Agence des universités francophones, c'est la bonne nouvelle du trimestre pour ces étudiants, tous fils de paysans d'une région parmi les plus pauvres du pays. « Pratiquement personne n'a d'ordinateur personnel. Quand on veut aller sur Internet, il faut payer vingt-cinq gourdes (0,50 €) de l'heure dans un cybercafé. C'est cher ! », explique le jeune homme.
Avec ses 1 500 étudiants qui suivent des formations en comptabilité, gestion, soins infirmiers ou sciences de l'éducation, l'université des Gonaïves concentre tous les problèmes de l'enseignement supérieur public haïtien. Elle a été créée en 2006, dans les bâtiments d'un hôpital désaffecté. Le nouveau « campus numérique », par exemple, a trouvé refuge dans l'ancien bloc opératoire. L'installation dans de nouveaux locaux était prévue. Mais une inondation, en 2008, a stoppé le chantier. Depuis, le provisoire dure et nul n'ose prédire quand il prendra fin.
En octobre, les étudiants ont fait grève et défilé avec des pancartes. « Depuis la sortie de la première promotion, en 2011, aucun de nous n'a reçu son diplôme », explique Nadège Jean. La jeune femme a passé une licence en comptabilité. Elle voulait poursuivre vers un master, sans doute à l'étranger, car c'est souvent la seule solution. Elle a dû renoncer.
Le recteur, Roldano Auguste, parle de « crise purement administrative ». Mais l'affaire est autrement plus grave. Son prédécesseur à la tête de l'université avait dénoncé la corruption de son adjoint, le secrétaire général. Il a reçu des menaces de mort et s'est enfui. De là, la « crise purement administrative » dont parle Roldano Auguste, qui a hérité d'une situation des plus délicates.
« On n'a rien »
Corruption ? À Port-au-Prince, Sauvenel, étudiant en droit, confirme que sans l'appui d'un « parrain », on ne peut ni s'incrire à l'université publique ni ensuite trouver un travail. Reste la solution de l'université privée. Beaucoup sont d'un niveau crasse, avec des enseignants possèdant tout juste le bac. Quelques unes sont excellentes, comme Lumière, Notre Dame ou, surtout, Quisqueya. Mais la qualité a un prix : 1 300 € l'inscription annuelle. Une fortune pour 99 % de la population. « Seule une minorité d'Haïtiens peut faire des études », regrette Stanley.
Accéder à une instruction supérieure reste un privilège dont ne profitent que 60 000 jeunes. Les facultés de médecine, par exemple, ne produisent que 400 médecins par an. Dont la moitié file exercer à l'étranger, aux États-Unis surtout. La fuite des cerveaux est le problème numéro 1 : 85 % des diplômés exercent hors du pays. Mais comment les en blâmer quand on sait qu'un médecin gagne 600 € par mois ?
« On étudie dans des conditions exécrables »
On visite les locaux des Gonaïves et on est effaré par l'indigence des moyens. Les salles de cours sont d'une simplicité monacale. Pas de restaurant universitaire ni de résidence pour loger ces garçons et filles. Certains font 25 km à vélo le matin et autant le soir pour assister aux cours. Les autres se logent comme ils peuvent.
Stanley dort par terre chez un copain qui ne le fait pas payer. « De toutes façons, je ne pourrais pas. » Il se nourrit de sandwiches, d'un plat chaud quand il peut. Et reconnaît avoir souvent faim. « Parfois, des étudiants tombent dans les pommes en cours », confirme cet universitaire français en poste à Port-au-Prince. « On étudie dans des conditions exécrables », résume Ernso, grand gaillard au verbe éloquent.
Et ce n'est pas là une exception réservée à la province. Léandre, qui étudie le droit à la capitale, témoigne du même dénuement. « On n'a rien, même pas une bibliothèque digne de ce nom. On est obligés d'acheter les manuels. Comme cela coûte cher, on se cotise à plusieurs et on recopie. »
Le gouvernement, qui annonce avoir fait de l'éducation une priorité, a promis des bourses de 60 € par mois. Mais beaucoup d'étudiants sont opposés au pouvoir et pas décidés à accepter. « Ce qu'on veut, c'est une véritable politique de l'enseignement supérieur », dit Léandre. Revendication légitime, mais qui semble pour le moment, hors de portée.
http://www.jactiv.ouest-france.fr/actualites/monde/difficile-condition-detudiant-haiti-13475
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