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mercredi 5 septembre 2012

Haïti–Développement : Kadef/Belladère souhaite la mise en place d’infrastructures durables sur tous les points frontaliers

Correspondance Shella Chauvette Belladère, 05 sept. 2012 [AlterPresse] --- Créer un environnement économique stable et propice, pouvant attirer des investisseurs dans les zones frontalières, et améliorer la situation des habitantes et habitants s’avèrent nécessaires pour donner une autre image d’Haïti, souligne le comité d’action pour le développement frontalier (Kadef) lors d’échanges multisectoriels, tenus le samedi 1e septembre 2012 à Belladère et auxquels a assisté l’agence en ligne AlterPresse. Kadef entend attirer l’attention des autorités étatiques sur les problèmes d’infrastructures, existant à différents points de la frontière haïtiano-dominicaine, notamment à Belladere (frontière commune avec Commendador / Elias Pina), Ouanaminthe (Dajabon / République Dominicaine), Fond Parisien (Malpaso / Jimani, Anse-à-Pitre (Pedernales). Rendre les frontières plus accessibles, faire venir des investisseurs afin de les développer et les réhabiliter demeure la préoccupation du comité, qui souhaite la création d’emplois dans une perspective de changer les conditions de vie des habitantes et habitants. « Pendant que pour la plupart des zones, la pêche et la mer tiennent une place prépondérante dans leurs sources de revenus, il est plutôt question de frontière à Belladère », déclare la secrétaire de Kadef, Yvonne Monclaire. Les échanges multisectoriels du 1er septembre 2012 à Belladère avaient pour objectif, non seulement d’analyser les problèmes enregistrés sur la frontière, mais aussi de clôturer un ensemble d’activités réalisées par l’organisation locale Kadef dans différentes sections communales, notamment à Quartier Baptiste, en août 2012. Il s’agissait aussi de définir un plan de développement pour les sections, comme Dos-Palais. Avec la collaboration de différents organismes des zones frontalières, les initiateurs de la rencontre préconisent une meilleure prise en charge des réalités dans les frontières, par un corps de police spécialisé et bien équipé, capable de faire respecter les droits des concitoyennes et concitoyens. Faisant un état des lieux des zones frontalières, le représentant de l’institut (étasunien) pour la démocratie (Ndi), Jude Jeudy, exhorte les communautés frontalières à prendre des initiatives en vue de contribuer à identifier les problèmes et les besoins existants. « Il faut être plus obtimiste, plus pragmatique, rationnel et avoir d’autres stratégies, si on ne veut pas que ces initiatives échouent », pense t-il. Quand les Haïtiennes et les Haïtiens traversent la frontière, des soldats dominicains les empêchent de rentrer en les bousculant, constate Jeudy, qui suggère une présence policière constante pour maintenir l’ordre et la discipline sur la frontière. De son coté, Jean Phèdre Delva, un autre membre de Kadef, critique l’irresponsabilité de l’Etat qui ne fait rien pour favoriser la construction, sur un carreau de terre (déjà) disponible, d’un complexe éducatif et culturel (bibliothèque, espace Internet, centre de loisirs, etc.) pour l’épanouissement des jeunes à Belladère. « Les organisations sociales en République Dominicaine semblent mieux organisées que celles en’Haïti », signale Delva, qui plaide pour un appui des organisations sociales haïtiennes dans la mise en œuvre des projets durables avec les organisations établies en divers points frontaliers sur le territoire national. Déroulée au local du groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (Garr), la rencontre multisectorielle du 1er septembre 2012 à Belladère a réuni une quarantaine de représentantes et représentants de divers organisations, comme le Kadef, le Garr ainsi que d’organisations de femmes, et des délégués du quartier Baptiste et des trois sections communales (Renth-Maté, Riyaibe, Roy-Sec) de Belladère. [sc emb rc apr 05/09/2012 1:12] http://www.alterpresse.org/spip.php?article13359

L'UE intensifie son aide à Haïti frappée par une tempête tropicale

L'Union européenne (UE) intensifie ses efforts d'assistance en Haïti pour venir en aide aux personnes les plus touchées par la tempête tropicale Isaac et renforcer leur capacité de résistance aux tempêtes à venir, a déclaré lundi la Commission européenne dans un communiqué. L'exécutif de l'UE a annoncé une nouvelle enveloppe de 3 millions d'euros destinée à fournir des kits de purification d'eau, des bâches en plastique, des abris temporaires et des équipements d'urgence aux sinistrés haïtiens, a indiqué le communiqué, précisant qu'une attention particulière serait accordée à la fourniture d'eau potable et d'infrastructures d'assainissement adéquates pour éviter les épidémies de choléra. "Notre aide vise à atteindre plus de 20.000 familles touchées par Isaac en Haïti. L'évaluation de nos experts après la tempête révèle une situation très préoccupante, en particulier dans les zones rurales précédemment touchées par une sécheresse", a déclaré la commissaire européenne chargée de la coopération internationale, de l'aide humanitaire et de la réponse aux crises, Kristalina Georgieva, citée dans le communiqué. Les chiffres préliminaires montrent que 100.000 personnes ont été affectées par les fortes pluies et les ventes violents provoqués par le cyclone tropical Isaac qui a frappé Haïti au cours de la nuit du 24 août. La tempête a engendré des risques particulièrement élevés pour ce pays pauvre où, deux ans et demi après le séisme de magnitude 7, 0, environ 400.000 personnes continuent à vivre dans des camps et sont vulnérables aux fortes pluies, aux inondations et aux coulées de boue. Suite au passage de la tempête Isaac en Haïti, les experts d'ECHO, Service humanitaire et de Protection civile de la Commission européenne, participent activement à l'évaluation des dégâts en vue d'une réponse immédiate de l'UE à la situation d'après-tempête. Depuis 2011, la Commission européenne et ses partenaires contribuent à hauteur de 9,6 millions d'euros à la préparation des populations vulnérables haïtiennes pour les saisons cycloniques, à travers sa Direction générale d'Aide Humanitaire et Protection Civile. La préparation à la tempête aura sauvé beaucoup de vies, et confirme que les fonds humanitaires de l'UE s'élevant à plus de 184 millions d'euros depuis 2009, revêtent une importance vitale pour la population d'Haïti. http://french.peopledaily.com.cn/VieSociale/7936301.html

Le judoka Mathieu Gouth revient de Haïti

Saint-Marcel le 05/09/2012 par Jean-Jacques Vadot (CLP) Mathieu Gouth, licencié au club de judo de Saint-Marcel, est de retour après avoir mené à bien un projet de reconstitution d’une école de judo en Haïti. Le rêve est réalisé.
Suite aux événements tragiques survenus en 2010 en Haïti, de nombreux clubs de judo ont été détruits. Un groupe de judokas bourguignons, notamment les jeunes ceintures noires, se sont donné pour mission d’aider à la reconstitution d’une école de judo en Haïti. Ce projet de solidarité qui véhicule les valeurs fondamentales du judo (entraide et prospérité mutuelle) a été monté par la Ligue de Bourgogne de judo et les jeunes judokas. Une expérience unique L’originalité de ce projet a abouti au départ de trois jeunes Bourguignons pour Haïti dont Mathieu Gouth, licencié au club de Saint-Marcel, club cher à son président Gabriel Guéry. C’est avec certes beaucoup de fatigue mais avec le sourire aux lèvres que les JCNB sont rentrés en France, satisfaits de leur aventure. « C’est une expérience unique, forte en émotions qui nous restera gravée en mémoire et nous aidera aujourd’hui à davantage relativiser. Parfois frustrés, il a fallu que l’on s’arme de patience pour accomplir nos missions et même plus que ce qui a été initialement prévu. Cela a été un dur combat mené contre les procédures administratives haïtiennes notamment pour récupérer le container et le matériel récolté », avise Mathieu Gouth. « Merci à tous les judokas, à nos proches, à nos partenaires, à tous ceux qui se sont impliqués dans ce projet de solidarité sans qui il n’aurait pu être mené à son terme. » Près de 150 jeunes Haïtiens (9-15ans), non pratiquants, ont été initiés au judo. Environ 120 judokas pratiquants ont bénéficié d’un stage de judo. 40 professeurs et futurs professeurs ont bénéficié d’un stage de formation, etc. Les JNCB ont participé également à la reconstitution d’un club de judo et fourni du matériel, des manuels scolaires, des livres pour reconstituer une bibliothèque, etc. http://www.lejsl.com/edition-de-chalon/2012/09/05/le-judoka-mathieu-gouth-revient-de-haiti

Haïti –Culture : Plus de 20 millions de gourdes de profits pour l’État, issus du carnaval des fleurs 2012

P-au-P, 4 sept. 2012 [AlterPresse] --- La tenue, les dimanche 29, lundi 30 et mardi 31 juillet 2012 à Port-au-Prince du carnaval des fleurs (une pratique empruntée à la dictature des Duvalier (François et Jean=Claude Duvalier, 22 septembre 1957 – 7 février 1986) aurait rapporté plus de 20 millions de gourdes (US $ 1.00 = 43.00 gourdes ; 1 euro = 58.00 gourdes aujourd’hui) à l’État haïtien, selon les informations parvenues à l’agence en ligne AlterPresse. Le trésor public a pu induire cette somme bénéfique (d’environ 300 mille dollars américains) de la location de stands et d’espaces publicitaires, informent le ministère de la culture et le comité d’organisation des festivités, lors d’une rencontre avec la presse le 3 septembre au centre de la capitale. A l’occasion de ce carnaval des fleurs 2012, le gouvernement du premier ministre Laurent Salvador Lamothe a décaissé un montant de 65 millions de gourdes, dont une partie a financé le paiement des dettes encourues pour le carnaval dit décentralisé, déroulé aux Cayes (Sud) les dimanche 19, lundi 20 et mardi 21 février 2012. L’administration politique du président Joseph Michel Martelly et du premier ministre Lamothe prévoit d’organiser un carnaval d’animateurs dj - qui sélectionnent et diffusent de la musique à l’intention de public varié (ceux plus connus sous le nom de “disc jockeys”) - à la date du dimanche 23 septembre 2012 et un concours de musique populaire appelée “troubadour” avant la fin de l’année. [srh rc apr 04/09/2012 11:39] http://www.alterpresse.org/spip.php?article13356

Haïti-Football : 14 expatriés appelés à la rescousse pour les éliminatoires de la Coupe Caraïbes après trois matches-tests négatifs

P-au-P, 04 sept. 2012 [AlterPresse] --- Quatorize (14) des joueurs expatriés d’Haïti, évoluant dans des compétitions de football en Amérique et en Europe, sont appelés en renfort pour compléter l’effectif de la sélection nationale senior, dans le cadre des éliminatoires de la coupe Caraïbes des nations de football (10e édition), apprend l’agence en ligne AlterPresse. Haïti, Porto Rico, Saint-Martin et Bermudes s’affronteront au premier tour du tournoi des Caraïbes, qui se tient du vendredi 7 au mardi 11 septembre 2012 au stade Sylvio Cator de la capitale Port-au-Prince. [1] Les trois dernières prestations de la sélection senior de football se sont terminés, en août 2012, sur des scores décevants (2 victoires étriquées et une défaite) face à 2 clubs de première division nationale en Haïti. Face au Don Bosco de Pétionville, la sélection nationale de football l’a emporté sur le score d’1 but à zéro. Puis, elle a gagné 1-0, puis baissé pavillon 1-2 face au football interclub association (Fica) du Cap-Haïtien. Seulement 3 joueurs expatriés évoluent en Amérique : Jean Marc Alexandre (San Jose Earthquakes/USA), et Peterson Joseph (Kansas City/USA) dans la Major Soccer League (MLS) des États-Unis d’Amérique, puis Judlin Aveska (Independiente /Argentine). Les 10 autres joueurs, convoqués par le sélectionneur cubain Israël Blake Cantero, prêtent leurs services comme footballeurs en Europe. Il s’agit de : Johnny Placide (Havre/France), Jean-Jacques Pierre (Caen/France), Kévin Pierre Lafrance (FK Viktoria Zizkov/République tchèque), Réginald Goreux (Standard de Liège /Belgique), Kim Jaggy (FC Wil/Suisse), James Jean-François (Le Mans FC /France), Frantz Bertin (Alki Larnaca/Chypre), Jean Sony Alcénat (SC FC Petrolul Ploiesti/Roumanie), Jeff Louis (AS Nancy/France), Kervens Fils Belfort (Le Mans/France) et Jean Eudes Maurice (PSG/France). 2 joueurs locaux (D1 Haïti), Hérold Charles Junior et Wild Donald Guerrier sont exclus de la sélection nationale pour cause d’abandon lors des récentes compétitions sportives nationales. [jep rc apr 04/09/2012 17:21] [1] Le calendrier prévu est le suivant : Vendredi 7 septembre 2012, Porto Rico vs Bermudes (5:00 pm = 21:00 gmt) et Haïti vs Saint-Martin (7:00 pm locales) ; Dimanche 9 septembre 2012, Porto Rico vs Saint-Martin et Haïti vs Bermudes ; Mardi 11 septembre 2012, Saint-Martin vs Bermudes (5:00 pm locales) et Haïti vs Porto Rico (7:00 pm locales). http://www.alterpresse.org/spip.php?article13357

Haïti/sud-est/Côtes –de- Fer: inondée, et menacée de choléra, de malaria, et de diarrhée.

Hier à 19h15 | Par BZ La commune de Côtes-de-Fer s’éteint à petit feu, une extinction due à divers problèmes, calamités que vivent au quotidien sa population. Du 29 au 31 Août dernier une inondation a mis à genou la ville des Côtes de Fer. Quelques heures de pluie qui a mis en crue les ravines sèches des localités Laplaine et Abri. L’eau venue d’Abri zone surplombant le cimetière communal a lessivé celui-ci et s’est mise avec l’eau venue de Laplaine pour inonder d’une eau boueuse épaisse et nauséabonde la ville entière. Quatre vingt dix neuf pour cent des maisons du centre ville de Côtes de Fer sont inondées par cette boue blanchâtre. La population de Côtes-de –Fer est ‘’décapitalisée’’, livrée à lui-même, elle a tout perdu, seulement quelques organisations humanitaires comme la Croix Rouge, Handicape international l’accompagnent depuis ce jour. Samedi premier septembre dernier bonzouti.com présent à Côtes -de- Fer a constaté le sénateur de la République, élu du sud-est Edwin Zenny distribuant quelques enveloppes contenant un peu d’argent à quelques citoyens de Côtes-de-Fer, pendant que le délégué départemental du sud-est, Pierre Michel Lafontant effectuait une visite d’évaluation. ‘’Notre système d’addiction en eau est complètement détruit donc l’accès à l’eau nous devient très difficile. Nous étions obligés de nous rendre à Aquin dans le département du Sud pour acheter de l’eau potable. Cependant Handicap International vient de mettre en place un blader de 10,000 Litres pour que les gens puissent s’approvisionner en eau potable. La DINEPA a également envoyé un camion d’eau’’ a expliqué un citoyen de la cité. Celui-ci a aussi avancé que ‘’des gens continuent à s’approvisionner dans une source appelée ‘’sous dèyè Pansyon’’ à cause d’une pension religieuse située en amont, malheureusement la latrine de cet établissement religieux se trouve directement sur la source polluant ainsi l’eau’’. La population de Côtes de Fer a faim. Bonzouti.com a eu la chance de discuter avec des représentants communaux d’ONG œuvrant dans la zone, ceux-ci craignent une famine sévère dans les jours à venir. La population de Côtes de –Fer est constituée en majorité de deux groupes de gens les vieillards et les très jeunes, les deux groupes les plus vulnérables, les jeunes laissent tous leur berceau pour la capitale, l’étranger, la ville des Cayes ou Jacmel donc il est urgent pour le gouvernement Lamothe d’intervenir à Côtes-de-Fer. Une distribution urgente de produits alimentaires et de kits d’hygiène s’impose. Notons que 44 milles citoyens vivent à Côtes de Fer mais 600 familles seulement peuplent le centre ville. La pèche est la principale activité économique de cette zone, qui a un centre de sante, un tribunal de paix. Source:Bonzouti.com Tags: Haïti/sud-est/Côtes –de- Fer: inondée, menacée de choléra, malaria, diarrhée. ________________________________________ http://bonzouti.com/actualite/actualite-No1484-Haiti-sud-est-Cotes-de-Fer-inondee-et-menacee-de-cholera-de-malaria-et-de-diarrhee-.html Haïti - Social : Le Gouvernement vient en aide aux riverains de Côte-de-fer 04/09/2012 11:24:37 Le Président Michel Joseph Martelly, a dépêché, samedi 1er Septembre, une délégation dans la commune de Côte-de-Fer, pour évaluer les dégâts causés par les pluies diluviennes, survenues les 30 et 31 Août. http://www.haitilibre.com/article-6557-haiti-social-le-gouvernement-vient-en-aide-aux-riverains-de-cote-de-fer.html

Des entrepreneurs déplorent des poursuites légales injustes

Plusieurs hommes d'affaires haïtiens critiquent la mesure d'interdiction de départ adoptée par les autorités fiscales et judiciaires. L'entrepreneur André Apaid, a été empêché par les agents de l'Immigration de prendre l'avion à destination des Etats-Unis hier après midi. En colère l'homme d'affaires a révélé que son absence à une réunion d'affaire importante peut entrainer des conséquences néfastes pour son entreprise qui garanti plusieurs milliers d'emplois. M. Apaid a nié avoir des créances envers le fisc et s'étonne que son nom figure sur la liste des personnalités coupables d'évasion fiscale. Ce qui s'est passé est grave, s'est plaint M. Apaid pour qui d'autres motifs inavouables sont à la base de cette décision. C'est également l'avis du président de la Chambre de Commerce et d'Industrie d'Haïti (CCIH), Hervé Denis. Il s'insurge contre la mesure d'interdiction de départ qu'il qualifie de brutale. Cette politique du coup de poing est contreproductive de l'avis de M. Denis qui plaide pour une approche harmonieuse dans le cadre d'un partenariat public- privé. Tout en réaffirmant sa détermination à œuvrer en faveur de l'augmentation de l'assiette fiscale, M. Denis juge que les entrepreneurs ciblés font partie de la catégorie saine du secteur privé. Le président de la CCIH également épinglé par les autorités fiscales nie toute évasion fiscale. Il assure que l'entreprise dont il est actionnaire à contesté certaines créances de la Direction Générale des Impôts (DGI). C'est le cas également pour M. André Morneau qui selon son avocat, Edwin Cock, a contesté par devant les autorités judiciaires la dette de 82 millions de gourdes. LLM / radio Métropole Haïti

Haïti-Commerce : Lancement des opérations de dénombrement des entreprises privées

P-au-P, 4 sept. 2012 [AlterPresse] --- « Où sont les entreprises, que font-elles et qui en sont les propriétaires ? » : c’est avec cette question que le premier ministre haïtien, Laurent Salvador Lamothe, a lancé, le lundi 3 septembre 2012, un processus de recensement des entreprises privées, apprend AlterPresse. « Il faut avoir une base de données pour savoir ce qu’elles sont et si elles peuvent recevoir l’aide de l’État », se veut, exigeant, le chef de gouvernement. Annoncé à la fin du mois d’août 2012 par le ministère du commerce et de l’industrie (Mci), ce processus de recensement des institutions commerciales et industrielles devrait permettre une meilleure gestion et un meilleur contrôle en les cartographiant. Pour le lancement des opérations, Lamothe et le ministre du commerce, Wilson Laleau, ont décidé de visiter l’ancienne minoterie d’Haïti une usine de production de farine privatisée depuis 1998 sous le label des ‘Moulins d’Haïti’’. L’entreprise ‘Moulins d’Haïti’’ est, de fait, la première à remplir le questionnaire d’enquête. Les raisons de ce choix ne sont pas communiquées par les autorités. La démarche de dénombrement des entreprises, qui concerne celles reconnues ou non par l’État, mobilise cinq cents (500) jeunes et quarante deux (42) superviseurs pour tout le territoire national. Toutefois, plus de 80% des activités économiques fonctionnent dans l’informel, selon le premier ministre. La première phase des opérations de recensement aura lieu, au départ, dans les départements du Nord, du Sud et de l’Oeust. Le contrôle de la qualité des produits, en circulation sur le marché haïtien, est un autre objectif poursuivi avec le projet de cartographie des entreprises privées, formelles et informelles. La somme, disposée à la réalisation des opérations, ainsi que la durée de l’action ne sont pas précisées. L’administration du président Joseph Michel Martelly et du premier ministre Laurent Salvador Lamothe vient de dénoncer une soixantaine d’entreprises, qui seraient en retard de paiement avec le fisc et appelées à comparaître par-devant la justice haïtienne. Cette liste de 60 était d’abord de 300, explique Lamothe, qui souligne que les autres entreprises, ayant été informées, ont vite pris le chemin de la direction générale des impôts (Dgi). Ce qu’il invite d’ailleurs les autres entreprises à faire. [srh rc apr 04/09/2012 11:17] http://www.alterpresse.org/spip.php?article13355

Haïti/BSF: les bibliothèques créées ou reconstruites après le séisme revivent

Bibliothèques sans frontières (BSF) va inaugurer cette semaine en Haïti des structures de lectures publiques, scolaires et universitaires haïtiennes, frappées par le séisme de janvier 2010, que l'association a permis de créer ou de reconstruire. Au total, ce sont plus de 460 structures haïtiennes qui ont bénéficié de l'appui de BSF depuis trois ans grâce à la dotation de 750.000 euros du Grand Prix culturel de la Fondation Louis D-Institut de France attribué à l'association en 2010, ont précisé mardi l'Institut et BSF dans un communiqué commun. La visite en Haïti de Gabriel de Broglie, chancelier de l'Institut de France, et de Hélène Carrère d'Encausse, secrétaire perpétuel de l'Académie française, à partir de mercredi, permettra de faire le bilan de ces réalisations et des partenariats locaux mis en oeuvre depuis 2010, a poursuivi le communiqué. Aux côtés de Patrick Weil, président de BSF, ils inaugureront notamment la bibliothèque numérique de l'université d'Etat d'Haïti, créée par BSF, et la bibliothèque du ministère haïtien des Affaires étrangères, entièrement reconstruite après le séisme. Ils découvriront également le "BiblioTaptap", la bibliothèque mobile qui dessert depuis juillet une quinzaine de lieux dans la région de Port-au-Prince. Mme Carrère d'Encausse donnera aussi une conférence autour du thème "Le français en partage: langue et littérature en Haïti et en France" et M. de Broglie s'exprimera sur "Haïti dans la francophonie". http://tempsreel.nouvelobs.com/education/20120904.AFP7679/haiti-bsf-les-bibliotheques-creees-ou-reconstruites-apres-le-seisme-revivent.html

lundi 3 septembre 2012

Haïti-Tourisme : Bras de fer entre la mairie et la direction départementale du ministère dans le Sud

Cayes, 02 sept. 2012 [AlterPresse] --- La direction départementale Sud du tourisme entreprend des travaux d’aménagement des principaux sites touristiques du département du Sud, d’Aquin à Tiburon, indique la directrice départementale du tourisme, Carine Condé. Cependant, ces travaux ne sont pas vus d’un bon œil par la commission communale intérimaire des Cayes, qui se dit exclue des démarches, selon les informations obtenues par l’agence en ligne AlterPresse. Renforcement des structures d’accueil des sites, aménagement physique et structurel, installation de blocs hydro-sanitaires : la direction departementale du tourisme a donné le coup d’envoi d’une vaste initiative. Le ministère a un plan de formation des restaurateurs, hôteliers, des hommes et femmes de service et des guides-touristiques en vue d’améliorer les services offerts, fait savoir Carine Condé. La direction départementale a déjà répertorié plus d’une vingtaine de sites à restaurer, à travers tout le département, dans le cadre de la politique du ministère, ajoute Condé. A Gelée, localité située à environ 4 kilomètres au sud-est de la ville des Cayes, la direction départementale a entrepris la première phase des travaux d’infrastructures sanitaires et l’aménagement physique d’une partie de la plage. Il y a environ 2 semaines, la nouvelle commission communale intérimaire des Cayes a demandé de suspendre les activités pour n’avoir pas été mise en courant de la faisabilité de ces travaux. L’ancienne administration communale élue, mise a pied par l’actuelle administration politique, avait, non seulement autorisé la réalisation des travaux, mais aussi participé activement à la conception du projet d’aménagement de la plage, révèle à AlterPresse une source proche de l’administration communale. Interrogés par AlterPresse, des habitants de Gelée (localité de la 1re section communale des Cayes) critiquent les autorités communales. Pierre Michel Janvier, de l’Union des jeunes pour l’avancement de Gelée, déclare apporter son support à la direction départementale du tourisme pour le projet. Pour sa part, le coordonnateur du groupement communautaire de Gelée, Jean Ronald Pierre-Louis, fait état de la mauvaise gestion de la plage par les autorités municipales. Pierre-Louis leur demande de se ressaisir pour éviter tout éventuel soulèvement de la population contre elles. La mairie souhaite seulement avoir des informations sur le déroulement des activités du projet et exercer un certain contrôle en tant que gestionnaire de la plage, avance, dans une entrevue à AlterPresse, l’ingénieur Aubierge Saint-Cyr, accusé d’être à l’origine du blocage des travaux. « Nous ne faisons qu’exécuter un ordre de nos supérieurs hiérarchiques », argue Saint-Cyr, soulignant avoir, en personne, participé à la conception du projet. AlterPresse a tenté en vain de joindre les maires intérimaires pour des explications supplémentaires. [js kft rc apr 02/09/2012 0:22] http://www.alterpresse.org/spip.php?article13332

Un projet de création d'une école de pêche à Haïti - Crozon

jeudi 30 août 2012 André-Jean Le Floch vient de passer quatre mois en Haïti pour le compte de l'association crozonnaise Jeune Corail, en faveur d'une association locale, Haïtien L'Asoch devenue aujourd'hui Jeune Corail Haïti, toutes les deux présidées par le Dr Carmelle.
Si André-Jean a dû prolonger son séjour sur le terrain, c'est que les demandes d'aides sont très importantes et pas toujours faciles à réaliser, faute de moyens. Dans ce pays pauvre, il reste beaucoup à faire, et malgré les sommes importantes qui leur sont donnés, les Haïtiens ne voient rien venir et sont très déçus par les promesses faites et non-tenues. De nombreuses actions En quatre mois, André-Jean a mis en place un centre nutritionnel, acheté un second véhicule Tap-Tap pour assurer les huit parrainages locaux établis par les associations, distribué des repas aux enfants orphelins ou abandonnés. Une première en Haïti Il a participé à fabriquer et mouiller une base de pêche (DCP) devant le village de Phaëton pour assurer la reproduction du poisson et surtout élaborer un important projet de création d'une école de pêche pour les jeunes défavorisés du Cap-Haïtien (2 e ville du pays, a plus d'un million d'habitants) et des départements du Nord, en collaboration avec l'organisme SOS village d'enfants et en partenariat avec la coopérative de pêcheurs locaux la Coppra forte de 150 membres. Il reste maintenant à trouver les financements. Si cette école pouvait être ouverte, ce serait une première en Haïti car il n'en existe aucune dans le pays. Toutes les autorités consultées sont favorables au projet et les ont encouragées pour le réaliser. Ce serait une avancée considérable pour toute l'île. Même la Minustah (Nations Unis) est très favorable au projet. De plus, à la demande des pêcheurs, il est prévu de fabriquer et de mouiller de nombreuses bases de pêche (DCP). André-Jean va tous les ans de un à quatre mois sur le terrain depuis 17 ans. Il a réalisé de nombreux projets et avait, il y a 5 ans, mis en place une base de ce type qui donne aujourd'hui d'excellents résultats. http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Un-projet-de-creation-d-une-ecole-de-peche-a-Haiti-_29042-avd-20120830-63481767_actuLocale.Htm

Haïti-Isaac : Des paysans appellent l’Etat à subventionner la production agricole

correspondance Ethzard Cassagnol Fonds Verrettes, 3 septembre 2012 [AlterPresse] --- Des paysannes et paysans de la commune de Fonds-Verrettes, victimes lors du passage de la tempête tropicale Isaac, demandent aux autorités de leur venir en aide en subventionnant leurs activités agricoles, selon les témoignages recueillis par AlterPresse.
Les personnes victimes du désastre, pour la plupart des paysannes et paysans, exigent de l’État un programme de subvention immédiate de la production agricole, pour qu’elles puissent relancer leurs activités. S’ils ne reçoivent pas ce support institutionnel dans les jours à venir, la faim s’abattra sur leurs familles, craignent ces paysans. Jusqu’à présent, aucune disposition n’a été mise en place par les autorités étatiques pour permettre à ces familles de faire face à leurs besoins. Pendant le passage d’Isaac sur Haïti, six (6) personnes ont trouvé la mort non loin de Fonds Verrettes. Quatre (4) femmes, qui venaient d’acheter des biscuits, sont décédées sur le chemin du retour à Gros Cheval (grande habitation). Elles sont originaires de « Pays pourri », une section communale de Ganthier. Les deux autres personnes, un enfant et une femme, sont mortes respectivement à Forêts des Pins et à Oriani. La femme en question est décédée à la suite d’un effondrement de maison. Aucun blessé n’a été enregistré. Plus de 43 pour cent de têtes de bétail emportées et 66 pour cent de jardins détruits : tel est le bilan provisoire dressé par les paysans à Fonds-Verrettes. 825 maisons, dont 194 complètement détruites, ont été endommagées à Fonds-Verrettes , selon le bilan transmis par les autorités. 116 familles ont été déplacées, par la protection civile, vers des abris provisoires à l’approche du passage de la tempête Isaac (les vendredi 24 et samedi 25 août 2012), de peur que leurs maisons ne s’effondrent au passage de la tempête tropicale. Ces 116 familles sont retournées vivre dans les mêmes zones à risque qu’auparavant, en général près de ravins. Elles continuent toujours de faire face à des problèmes de sécurité et de mauvaises conditions de vie. Par ailleurs, cinq (5) nouveaux cas de choléra viennent d’être enregistrés à Fonds-Verrettes, selon les dernières informations transmises à AlterPresse. Ces personnes infectées reçoivent actuellement des soins dans un centre de santé communautaire de la zone. Le dernier bilan, émis par la protection civile après le passage de la tempête tropicale Isaac - qui a causé d’importants dégâts à l’habitat et à l’agriculture, fait état de 24 morts, 3 disparus et 42 blessés. [ec emb kft rc apr 03/09/2012 0:00] http://www.alterpresse.org/spip.php?article13344

L'avenir du créole est-il lié à celui du peuple en Haiti ?

Le créole haïtien représente une de ces langues jeunes sur la valeur de laquelle plusieurs intellectuels, en Haïti même, ont du mal à se mettre d’accord. C’est à se demander d’où vient cette résistance, cette hystérie collective, en Haïti et ailleurs, qui consiste à nier au créole - malgré son statut de langue officielle au même titre que le français - la place qui lui correspond dans le patrimoine culturel du monde moderne. Les linguistes de toutes les tendances reconnaissent que chaque langue projette une vision du monde déterminée, une cosmovision qui particularise ses locuteurs par rapport à ceux des autres langues. Y aurait-il une caractéristique du créole haïtien qui refléterait l’alourdissement, l’inhibition, la paralysie de ce peuple à se structurer, à se prendre en main ? Pour répondre à cette question importante, interrogeons la sémiotique. Cette vaste discipline que Charles Sanders Pierce distingue de la sémiologie, englobe aussi la linguistique. Elle se définit, rappelons-le, comme la science de la production, de la codification et de la communication des signes. Avec l’indépendance d’Haïti le 1er janvier 1804, nait en Amérique un cas unique au monde. La première république noire souveraine des temps modernes. Il est évident qu’elle ne disposait d’aucun repaire, d’aucun terme de comparaison. La France de l’époque symbolisait aux yeux de l’Amérique, notamment des Etats-Unis qu’elle avait aidé à se libérer, et du reste de l’Europe, une référence incontournable. Le rayonnement de ses lettres, le triomphe de sa révolution, l’universalité des principes qui s’en dégageaient, en faisaient un phare dans le monde. C’était tout naturellement que sa langue s’imposait dans toutes les cours européennes et est demeurée longtemps la langue de la diplomatie. De Varsovie à Athènes, de Berlin à Moscou, tout le monde voulait parler français. Dans un univers ainsi polarisé, « Les révolutionnaires (haïtiens) en mal de cohésion sociale » ont « copi(é) le seul modèle qui s’offrit à leur intelligence », celui des maitres qu’ils avaient vaincus, comme l’a si clairement exprimé l’anthropologue haïtien Jean-Price Mars. Mais ces Haïtiens eux-mêmes, étaient le produit des esclaves venus du Dahomey, de la Guinée, du Bénin, du Sénégal, et parlaient des langues diverses. Pourquoi les faisait-on venir d’horizons si distincts ? Par calcul. En ignorant les langues et les cultures les uns des autres, en provenant de tribus différentes, ils ne risqueraient pas de se liguer entre eux pour affecter les intérêts de leurs oppresseurs et s’en libérer. Mais l’homme est un animal social. Son besoin de communication est inné. De cette nécessité vitale, de ce désir de contact avec l’autre naquit le créole. Cette langue s’est tissée grâce au français que les esclaves guettaient des lèvres de leurs maitres et aux nombreux dialectes africains des tribus dont les ressortissants étaient jetés sur les côtes d’Haïti. Elle est donc relativement jeune. Mais elle a souffert d’un handicap. Les maitres ne valorisaient que leur propre langue. Tout ce qui ne leur appartenait pas, langue, religion et couleur était différent, barbare. Les Grecs et les Romains antiques ne jugeaient pas autrement ce qui faisait son apparition hors des murs de leur cité. En tout cas, l’étymologie du terme barbare ne fait que le confirmer. Comment l’esclave qui se regardait avec les yeux du maitre, ne succomberait-ils pas à la tentation de reproduire son système de valeur ? Comment saurait-il éviter de sombrer dans cette crise d’identité frisant l’aliénation ? Celle qui vous porte à ne vous regarder qu’à travers le prisme de l’autre ? Cette déconstruction mentale, ce conflit individuel, était d’autant plus grave et profond, qu’aucune campagne d’éducation efficace n’a jamais été mise sur pied pour en éradiquer les séquelles. De sorte que le mal se perpétue. Haïti n’ayant pas été le seul pays à éprouver cette autocensure, c’est au nom de millions d’hommes que parlait Frantz Fanon dans cette analyse géniale intitulée Peau noire et masques blancs. Pour se distinguer de leur propre groupe d’appartenance, ceux qui parlaient le créole étaient les premiers à le dénigrer. C’était évident que tant que le modèle à suivre arriverait de l’extérieur, la situation risquait de ne pas s’améliorer. Car comment demander à des puissances colonisatrices de reconnaitre et de valoriser une nation née d’une victoire sur le colonialisme et sur l’esclavage ? Comment leur demander de précipiter la fin de cet esclavage dans lequel puisait sa sève la révolution industrielle ? Est-ce pour rien que la France a attendu 20 ans avant de reconnaitre l’indépendance d’Haïti 44 ans avant d’abolir l’esclavage sur ses territoires ? Est-ce par hasard que les Etats-Unis aient libéré ses esclaves 59 ans après l’indépendance d’Haïti ? Le Vatican lui-même n’a couru le risque de signer un concordat avec Haïti qu’en 1860. Soit 56 ans après sa libération. Ce contexte d’un XIXème siècle profondément marqué par l’ethnocentrisme était favorable à l’apparition de l’anthropologie physique. Cette étape sombre dans l’histoire de l’anthropologie. En effet, c’est l’époque où le mythe, la pseudoscience dénommée la phrénologie (ou craniologie) faisait son entrée dans le monde. Une discipline qui défrayait la chronique en prétendant établir comme un principe objectif que le caractère et les fonctions intellectuelles d’un individu sont déterminés par la forme de son crâne. Mais l’anthropologie culturelle est venue à la rescousse. Dès lors, rien d’étonnant que l’un des pionniers de cette face lumineuse de la discipline mentionnée ait été un Haïtien, Anténor Firmin. Ce qui peut-être explique paradoxalement que son œuvre majeur dans le domaine, De l’égalité des races humaines, publiée en 1885, ait connu un ostracisme complet pendant plus d’un siècle. Au milieu de ces péripéties séculaires, les intellectuels haïtiens se sont vus confrontés à un grave dilemme. Comment orienter l’éducation dans le pays ? À partir du français ou du créole ? Le français, d’une part, représentait la langue du maitre, celle dont la valeur est attestée par le nombre de locuteurs et l’engouement qu’elle suscite parmi les nations les plus avancées. Le français représente donc une véritable fenêtre ouverte sur le monde après avoir été un butin de guerre, une arme de combat pour les esclaves libérés eux-mêmes. D’autre part, le créole, langue jeune, méprisée par le colonisateur comme inférieure, ne présageait rien de favorable pour des relations soutenues de ses locuteurs avec le reste du monde. Mais dans ce conflit inégal, où doit-on chercher la vérité ? Avant toute discussion, peut-être faudrait-il rappeler aux Haïtiens eux-mêmes qu’aucun critère strictement linguistique ne permet de distinguer une langue d’un dialecte ou d’un patois, ces deux derniers termes n’ayant qu’une charge péjorative. C’est pourquoi, seuls les critiques agressifs, dans leur accès de colère y ont recours pour intimider leurs interlocuteurs timorés. Ainsi que l’a fait ce journaliste dominicain, Julio Gautreau qui, pour contester la création d’une chaire de créole proposée par l’Université Autonome de Santo Domingo, parlait du créole comme d’« un patois, (d’) un jargon confus des Haïtiens ». Comme les systèmes linguistiques ne se différencient pas des systèmes culturels, on peut appliquer aux premiers certaines conditions des seconds. Or « la vraie leçon à tirer de l’anthropologie culturelle est plutôt que, pour affirmer qu’une culture est supérieure à une autre, il faut fixer des paramètres. C’est une chose de définir ce qu’est une culture, et une autre de dire sur la base de quels paramètres nous la jugeons ». (À reculons comme une écrevisse, Umberto Eco, Grasset, Paris 2006, pp. 274-275) En laissant de coté ces discussions oiseuses, sans compliquer inutilement le débat, on peut parler de la langue maternelle des Haïtiens en ayant recours à un concept mathématique. Qui a jamais pu résoudre une équation du second degré avant d’en savoir résoudre du premier degré ? On part de ce qui est connu pour déterminer ce qui est inconnu. On ne peut bien apprendre une discipline nouvelle qu’en s’appuyant sur ce qu’on en sait déjà. Le créole semble dans ce contexte, l’instrument le plus efficace pour assimiler rationnellement d’autres connaissances y compris celle du français. Ce même raisonnement vaut aussi pour les langues autochtones du Canada, des Etats-Unis ou d’ailleurs. De nombreuses études révèlent en effet que les enfants apprennent beaucoup mieux dans leur langue maternelle que dans n’importe quelle autre. Y aurait-il un concept d’enfant dont seraient exclus les enfants haïtiens ? En tout cas, voilà d’importants sujets de méditations et d’analyses pour les didacticiens et les pédagogues de tous les horizons. Pour Leibniz, la langue est l’un des plus beaux monuments que peut bâtir un peuple. Cela commence de toute évidence par les chefs-d’œuvre graduellement produits dans cette langue qui la fixent et lui donnent sa physionomie propre. Poèmes, chansons, romans, contes, proverbes, sont autant de voies distinctes pour atteindre le même objectif. Dans le cas d’Haïti, le processus cristallisé par le premier roman en créole haïtien, Dezafi, de Frankétienne, s’est initié depuis bien longtemps. Et il ne fait que continuer. Mais cela ne suffira jamais. Il reste un travail périphérique, extralinguistique, à entreprendre pour donner à ce nouveau-né toute la latitude dont il a besoin pour accroitre sa robustesse et prendre la place qui lui correspond. La langue, ce n’est jamais exclusivement la langue. De par sa nature même, elle entre dans le cadre de ce que Marcel Mauss appelle un fait social global. Elle subit l’influence de l’histoire, de la politique, de l’économie, de la culture du peuple qui la parle. Un travail plus approfondi et à plus long terme attend donc d’être réalisé pour donner de la matière à cette langue qui n’aura jamais que le prestige de ses propres locuteurs. Car c’est de cela qu’il s’agit. La génération actuelle des éducateurs et surtout des politiciens haïtiens a-t-elle la volonté et la détermination d’atteindre un si noble objectif ? Publié par Renos Dossous http://haiti-nette.blogspot.fr/2012/08/lavenir-du-creole-est-il-lie-celui-du.html

vendredi 31 août 2012

Des automobilistes grognent, la police ne bronche pas : Bouclez-la !

Bouclez-la ! La police colle à tour de bras des contraventions pour « non-port de la ceinture de sécurité ». A Pétion-Ville, cela irrite. Et des automobilistes ne la bouclent pas, ils crient à la discrimination. Pire, au harcèlement. « Ce n’est pas possible, on a l’impression que tous les policiers du Service de la circulation, en faction à Pétion-Ville, n’ont qu’une mission : donner des contraventions », fulmine Jean Joseph, un entrepreneur dans la trentaine. « Ils ne conseillent pas, mais verbalisent, pénalisent », ajoute-t-il, irrité aussi par ce qu’il appelle un « harcèlement à but lucratif ». Sur la fiche de contravention, il n’y a pas d'article sur le port de la ceinture, proteste Jean. En fin de compte, ce sont les affaires à Pétion-Ville que l’on pénalise. Car, outre le remorquage systématique des véhicules, la police place désormais des sabots pour immobiliser des véhicules mal stationnés, déplore-t-il, sarcastique pourtant en évoquant l’anarchie tolérée sur la voie publique dans le reste du pays, où des véhicules de transport en commun parquent des gens comme du bétail. Cela n’attire pas l’attention du Service de la circulation. Mais cette dernière est d’une grande bienveillance à l’égard des automobilistes de Pétion-Ville que l’on prend pour des « gran nèg », ironise Francis, 36 ans, qui souligne en revanche n’être pas opposé aux normes et aux règles clairement signalées sur la voie publique. « Non, il n’y a ni discrimination ni harcèlement contre les automobilistes à Pétion-Ville. C’est dans cette commune que l’opération pour le port de la ceinture de sécurité a commencé. C’est pour cela que des gens peuvent avoir cette impression. Mais nos policiers font ce même travail à Delmas, à Carrefour, à Croix-des-Bouquets, à Port-au-Prince et dans d’autres communes de la zone métropolitaine », répond le commissaire divisionnaire Will Dimanche, responsable de la DCPR. Cette mesure n’est pas encore appliquée à l’échelle nationale uniquement à cause d’un problème d’effectif, ajoute-t-il, confirmant que l’article 42 de la loi du 4 avril 1986 régit les contraventions au Code de la route. « Cet article oblige le port de la ceinture de sécurité et du casque pour les motocyclistes », soutient Will Dimanche, qui rejette fermement une quelconque motivation financière dans les opérations de la DCPR. « La police gagne quand la circulation est fluide, quand il y a moins d’accidents de la route », déclare Will Dimanche. « L’automobiliste qui s’est mal garé paie 2 500 gourdes pour que le sabot soit enlevé. La DGI, pour le compte de l’Etat haïtien, perçoit 1 000 gourdes de ce montant et 15 % de TCA sur les 1 500 reviennent à la compagnie privée effectuant ces opérations, indique-t-il. Pour les remorquages, 4 000 gourdes sont exigées. Sur ce montant, l’Etat ne perçoit rien. Cependant, une partie est versée au crédit de la DCPR car celle-ci effectue des opérations, notamment de libération de la voie publique des carcasses de véhicules », explique Will Dimanche. Convaincu que ces mesures difficiles à accepter visent à garantir la sûreté et la sécurité des usagers de la voie publique, Will Dimanche affiche de la satisfaction face à la réduction du nombre d’accidents sur les routes nationales. « Les postes de radars sur les nationales numéro 1, 2 et 3 ont dissuadé les camionneurs de faire des excès de vitesse », indique le commissaire divisionnaire. En général, les gens sont réticents au changement. Cependant, on doit accepter qu’Haïti est un pays. Il y a des règles et des normes à respecter », argumente Will Dimanche, ajoutant que tout le monde porte la ceinture de sécurité à l’étranger sans rouspéter. « C’est, comme son nom l’indique, une ceinture de sécurité. Si elle n’était pas nécessaire, les constructeurs d'automobiles ne l’auraient pas mise dans chaque véhicule », souligne Will Dimanche. C’est pour votre sécurité. Bouclez-la !», confirme-t-il, décidé à continuer sur sa lancée, malgré la grogne des uns et des autres… Roberson Alphonse roberson_alphonse@yahoo.fr http://www.lenouvelliste.com/article4.php?newsid=108580

Et si enfin le «décollage» (take-off) devenait réalité ?

La volonté présidentielle d’accès généralisé au crédit est louable; en effet, vouloir du crédit pour tous part d’un bon sentiment. Seulement, même dans un Etat de bien-être (le «welfare state», le banquier n’est tenté de jeter de l’argent par la fenêtre. D’abord, l’argent au chaud dans son coffre-fort n’est pas le sien, il appartient au déposant. Ensuite, le réflexe de rétention est automatique chez le banquier. Aucun employé de banque n’assiste de gaieté de cœur aux retraits massifs de la clientèle. La raison tient en ce que, à un rythme ininterrompu, à une cadence soutenue, les désirs de retrait massif finissent par déstabiliser le système. La confiance réciproque Pour enrayer une panique des déposants, rien de mieux que la diligence de la Banque centrale à inonder de numéraire la banque menacée. Dès lors que celle-ci prouve sa capacité à répondre aux demandes multiples des épargnants, le calme revient. Les files se défont devant les guichets. En somme, la confiance est revenue. Et même la banque commerciale place la confiance à son plus haut exposant en traitant avec un client potentiel. Et sur quelle base accorde-t-elle un prêt ? Réponse : En fonction de la solvabilité de l’éventuel emprunteur. Comment est-on solvable ? On l’est par sa capacité à honorer son obligation, en un mot à rembourser le prêteur aux termes convenus. Le statut d’entrepreneur pour emprunter Quels sont les opérateurs (économiques) aptes à gagner la confiance du banquier (du prêteur) ? Grosso modo, ce sont les entrepreneurs. Dans quelle que soit l’activité entreprise, on est digne d’intérêt aux yeux du banquier. Toute l’habileté consiste à obtenir le premier financement. Et quand on paie rubis sur ongle (bref quand on est réglo) et avec les habitudes de contracter affaire, la confiance est acquise. L’entrepreneur commercial, l’entrepreneur petit ou moyen, l’entrepreneur agricole, l’entrepreneur industriel, tous présentent de l’intérêt pour le banquier. Les demandes de financement doivent être justifiées. Et même, dépendamment de l’importance du projet – agricole, hôtelier ou industriel –, le banquier réclame une étude préalable. C’est dire que le crédit, c’est du sérieux. Le banquier ne l’accorde qu’avec l’intuition (l’intime conviction) de bien miser l’avoir des déposants. Comme quoi il fait une bonne affaire en ajoutant à son livre des clients un nouvel emprunteur. Ecarté le critère du crédit à la consommation Pour les besoins de la démonstration, il n’est point nécessaire d’évoquer le crédit à la consommation dont le bénéficiaire est jugé sur son revenu, c’est-à-dire son pouvoir d’achat. Le pouvoir d’achat de son salaire ou de ses rentes est le critère qui est retenu par le banquier en cas de sollicitation d’un financement pour l’équipement de la maison ou du ménage. The bargaining power En dehors de ces cas de figure, il est illusoire d’espérer voir le banquier se débarrasser des avoirs à lui confiés. Le défi majeur à relever par le gouvernement est de mettre du pouvoir d’achat entre les mains de la population, comme nous ne cessons de le répéter. Comment ? En incitant les investisseurs à placer leurs mises dans tous les secteurs productifs. Seulement voilà, les investissements agricoles ne sont pas valorisés, je veux dire appréciés à leur juste valeur. Pourtant, l’agriculture absorbe des bras. Ces jours-ci, on observe un regain d’intérêt dans l’infrastructure hôtelière. Encourageant. Seulement, l’Ecole hôtelière d’Haïti réclame de l’aide pour couvrir le territoire afin d’assurer la formation des jeunes, désireux d’œuvrer dans le secteur. Je retiens ces deux secteurs d’activité parce que l’industrialisation exige un effort colossal que nous sommes incapables pour le moment de déployer. Illustration : Supposons la soudaine éclosion de l’industrie pharmaceutique, où trouver les chimistes en nombre suffisant ? Déjà, pour les brasseries existantes, leur nombre est restreint. Et ce type de formation s’installe dans la durée. L’exemple sud-coréen On n’en finirait pas d’identifier les conditions pour sortir du chômage massif, de relever les freins dans le désir légitime du mieux-être de la population, mais on entrevoit déjà la difficulté de transformer le rêve du crédit généralisé en réalité. Je crois plutôt que les élites (économiques et socioprofessionnelles) ont du pain sur la planche. Que faut-il faire pour vaincre leurs réticences ? Et si le gouvernement se dotait d’un véritable plan de développement comme l'a fait le général Park Thung-Hee en Corée du Sud ? En trois grands bonds, en trois décennies (1950-1960, 1960-1970 et 1970-1980), l’économie sud-coréenne est passée de l’arriération à l’industrialisation. Il y eut à la base la volonté d’un homme, d’un militaire, autrement dit sa vision. L’exemple sud-coréen est dans tous les esprits. Jean-Claude Boyer Jc2boyere@yahoo.com http://www.lenouvelliste.com/article4.php?newsid=108068

La révolution mains propres-caisses pleines

Le gouvernement Martelly-Lamothe est sur pied de guerre. Contre les contrebandiers et les mauvais contribuables. C’est au pas de charge, avec la loi comme boussole, que le Comité interinstitutionnel de lutte contre la contrebande, la fraude fiscale, le blanchiment des avoirs et la corruption mène ses opérations. Les résultats sont tangibles. Les millions enflent les caisses du Trésor public depuis le lancement des actions. Des tonnes de marchandises sont saisies. Des fonctionnaires indélicats sont aux arrêts. Des listes de contribuables en contravention sont rendues publiques. D’autres mesures sont attendues. Dans le train des sanctions, le numéro 1 de la Direction générale des impôts laisse fuiter l’information qu’une liste de soixante retardataires récalcitrants a été dressée. Les désignés seront interdits de quitter le pays dans les jours qui viennent. C’est comme un "lagè-avèti-pa-tiye-kokobe" ou un venez-mettre-vos-devoirs-au-propre. La DGI avertit avant de sévir. Cette annonce est un tournant dans la lutte contre les mauvais contribuables. La détermination de l’administration est sans faille. Selon ce qui se dit, le président de la République a donné toute latitude à son Premier ministre pour conduire cette mission mains propres, caisses pleines. Laurent Lamothe s’y adonne sans réserve. Chaque jour, il réclame plus de résultats à ses hommes sur le terrain. Le président Martelly le dit à la blague très sérieusement : il n’interviendra pas pour alléger le courroux de la loi contre ceux qui ne versent pas à César ce qui est dû à César. Dans les mois qui viennent, les recettes vont s’envoler, les prix aussi, craignent certains qui se disent que la détente fiscale bénéficiait à tout le monde. Sauf au Trésor public. Consommer moins cher ou construire l’Etat de nos rêves est un dilemme. Plus de moyens pour plus de projets, aucun contribuable ne peut s’y opposer ouvertement. Souhaiter vivre dans un autre pays commence par des taxes acquittées. Martelly et Lamothe vont cependant devoir donner plus que ce qu’ils récolteront dans un pays qui adore recevoir sans contrepartie. Faire payer ce qui revient à l’Etat, faire payer de plus en plus de contribuables, faire de chaque citoyen un assujetti à l’impôt, c’est une révolution qui est en cours. Nul ne peut prédire ce qu’il en adviendra. Frantz Duval http://www.lenouvelliste.com/article4.php?newsid=108543

Haïti-Politique : Un Cep, à quel prix ?

Un tour de force prévisible… P-au-P, 31 août 2012 [AlterPresse] --- Un nouveau tour de force s’annonce ce 31 août 2012, avec la perspective pour l’assemblée nationale de choisir, sur des bases irrégulières, des représentants du corps législatif devant siéger à un organisme électoral dit permanent, relève l’agence en ligne AlterPresse. Encore une fois, les politiciens de tout poil avanceront des manœuvres, arguments et arguties, pour justifier le viol de la Constitution du 29 mars 1987, qui avait banni la participation des trois pouvoirs formels (exécutif, législatif et judiciaire) dans la constitution de l’organisme devant conduire les processus électoraux. Ils entendent désigner, de manière provisoire, 3 noms devant siéger à l’organisme électoral qu’ils qualifient de “permanent”, sans tenir compte des contestations déjà soulevées dans un processus initié à bout de bras par l’appareil politique en place. Avec l’appui d’un regroupement politique dénommé “Inite” (unité), une version dite amendée de la Constitution de 1987 a été reproduite en juin 2012 (plus d’une année après un vote d’amendement suspect, réalisé à la va-vite et sans aucun débat sérieux avec les couches vives nationales) par l’administration politique de Joseph Michel Martelly, avec des modifications de taille, sautant d’un revers de main des verrous placés par les constituants de 1987. Un grand risque demeure pour des élections avec un organisme électoral “présidentiel”, puisque les 6 membres déclarés investis comme “conseillers permanents” sont soupçonnés de “soumission” au régime actuel. Ainsi, les résultats des futures compétitions électorales seront-elles connues à l’avance, craignent des dirigeants politiques. Non seulement, le processus ayant conduit aux amendements de la Constitution de 1987 est vicié, mais encore et surtout tout ce qui s’en est suivi tend à hypothéquer l’avenir d’Haïti avec la possibilité pour un régime politique d’asseoir une mainmise totale sur l’ensemble des institutions fondamentales. 15 mois après l’investiture d’un ancien chanteur à la présidence en Haïti, Martelly semble jouir de pleins pouvoirs, avec la complicité d’un parlement asservi ayant tendance à marcher dans ses vues non démocratiques. Depuis le début de l’année 2012, est mis en branle un processus de renvoi d’administrations communales élues au profit d’entités appelées “agents exécutifs intérimaires”, en guise de parade pour la non tenue, à la fin de 2011, d’élections pour le renouvellement d’un tiers du sénat et des 140 conseils municipaux. Certains “agents exécutifs intérimaires” sont des repris de justice, dénoncent des parlementaires. Désormais, les assemblées territoriales sont écartées dans le débat démocratique (pas de représentation au conseil des ministres, ni aucune participation dans la formation de l’organisme électoral) au profit d’un dirigisme et d’une politique autocratique, dessinés par une propagande de mauvais aloi mettant toutes les actions administratives sous le compte de la présidence. De quel organisme électoral s’agit-il ? Campant sur sa position, Michel Martelly souhaite que ces élections soient organisées avec “son” conseil électoral permanent (Cep), contesté (bien avant sa constitution) par des personnalités de la scène politique, notamment des parlementaires. La version, dite “reproduite” par l’administration Martelly/Lamothe de la Constitution , voudrait que “ce” conseil électoral permanent soit formé avec 9 membres, avec 3 membres représentant respectivement les pouvoirs exécutif, judiciaire et législatif. Les assemblées territoriales, prévues par la Constitution de 1987 et qui n’avaient jamais été formées durant les vingt-cinq dernières années (de 1987 à 2012), par les régimes qui se sont succédé, semblent apparemment écartées… La manière, dont les 3 représentants du pouvoir judiciaire ont été désignés, reste très controversée. Le choix de ces derniers a été fait en l’absence de plus de la moitié des membres du conseil supérieur du pouvoir judiciaire (Cspj), composé essentiellement de 9 personnes. Des représentants de partis politiques, des membres d’organisations de défenses des droits de la personne et d’organisations sociales, soutiennent que le Cspj travaille pour le compte de Michel Martelly. Deux membres du Cspj, qui rejettent le tour de force du président du Cspj (Anel Alexis Joseph) dans le choix des “représentants’ du judiciaire, ont démissionné. Le mouvement de rejet du processus électoral en cours n’aurait pas encore ralenti le zèle du président-chanteur, Michel Martelly, d’avancer “contre vents et marées” dans l’organisation d’élections déjà qualifiées de “truquées, malhonnêtes et non transparentes” par de nombreuses voix. Martelly presse les parlementaires de monter dans le train en marche … « L’Exécutif attend encore les trois représentants du parlement, afin d’atteindre le nombre de neuf conseillers électoraux, que doit contenir l’institution électorale… », indique la présidence dans une déclaration rendue publique le jeudi 30 août 2012. « Le président de la république, toujours ouvert au dialogue (…) », lit on dans cette même note du bureau de communication de la présidence. Une apparence d’ouverture politique, qui n’apportera aucune vraie modification, ni dans la composition de l’actuel organisme, ni dans le processus amorcé contre l’avis des partis politiques, car la détermination présidentielle est d’ « aller dans le droit chemin, en ce qui a trait au conseil électoral permanent ». Ou encore un conseil électoral « présidentiel », selon le qualificatif attribué par des sénateurs et des députés à cette institution, mise sur pied par Martelly. Pour un conseil électoral de consensus Les président et vice-président de l’assemblée nationale, respectivement Dieuseul Simon Desras et Lévaillant Louis Jeune, ont convoqué les parlementaires à une assemblée nationale pour ce vendredi 31 août 2012. À l’ordre du jour : le lancement du processus pour la désignation des trois (3) représentants du parlement au Cep. Une assemblée, « importante » pour le député Vickens Dérilus, qui en voit une occasion de bien prendre connaissance de la position d’un groupe de 40 députés contestatatires du conseil électoral instauré par Martelly. « Nous maintenons notre position : un conseil électoral de consensus », soutiennent les sénateurs Jean Charles Moïse et Wetsner Polycarpe. Une vision, partagée par les 40 députés signalés. Tous optent pour une organisation électorale de circonstance, qui n’aura qu’à organiser les prochaines élections. « Je serai présent dans l’enceinte, mais je ne participerai pas à cette assemblée », reste, ferme, le sénateur Polycarpe « Je n’y serai pas. Martelly doit reculer », insiste Jean Charles Moïse. Organiser les élections avec ce conseil, établi par Michel Martelly, ne permettra pas de tenir des scrutins honnêtes, crédibles et réalisés dans la communion de toutes les parties en présence dans la vie sociopolitique haïtienne, soulignent Moïse et Polycarpe, qui refusent de sacrifier les acquis démocratiques. Pour envoyer des représentants dans ce conseil, il faut 2 tiers de chacune des deux chambres , soit 66 députés et 20 sénateurs. Or, dans le contexte actuel, le sénat n’a que 20 membres, qui ne seront pas, tous, présents à l’assemblée nationale convoquée pour le 31 août 2012. Ce qui risque d’aboutir au « constat de l’impossibilité matérielle », de désigner ces personnalités, selon le député Dérilus. Ainsi, la situation reste t-elle tendue. “Il ne sera pas possible d’attendre, sans fin, le parlement, qui n’arrive pas encore à statuer sur la situation”, estime, dans ses sorties médiatiques, le porte parole de la présidence, Lucien Jura. Une impatience, qui s’oppose visiblement à l’attente nationale - qui a marqué la première année de gestion de Martelly - quant à la promulgation ou non de la version amendée de la Constitution de 1987. Une démarche, entreprise par Martelly au mois de juin 2012, plus d’une année après son investiture le 14 mai 2011, en autorisant une version amendée de la Constitution de 1987 que l’actuelle administration qualifie de “reproduction”. [srh rc apr 31/8/2012 1:18] http://www.alterpresse.org/spip.php?article13341

Après la tempête tropicale, Haïti redoute le choléra

LE MONDE | 27.08.2012 à 17h13 Par Jean-Michel Caroit (Saint-Domingue, correspondant) Au moins 10 morts et plus de 20 000 personnes évacuées : le bilan s'est alourdi sur l'île d'Hispaniola, que se partagent Haïti et la République dominicaine, vingt-quatre heures après le passage de la tempête tropicale Isaac. Après avoir balayé les provinces orientales de Cuba sans faire de victimes, Isaac a atteint le sud de la Floride, dimanche 26 août, contraignant le parti républicain à reporter de vingt-quatre heures l'ouverture de sa convention. Face aux risques d'inondations et de glissements de terrain, les autorités dominicaines et haïtiennes ont maintenu l'état d'alerte. Selon Joseph Edgard Célestin, responsable de la protection civile haïtienne, quatre des huit victimes enregistrées en Haïti sont des fillettes victimes de chutes d'arbres, d'éboulements ou emportées par des rivières en crue. Le Monde.fr a le plaisir de vous offrir la lecture de cet article habituellement réservé aux abonnés du Monde.fr. Profitez de tous les articles réservés du Monde.fr en vous abonnant à partir de 1€ / mois | Découvrez l'édition abonnés Juan Manuel Mendez, directeur du centre des opérations d'urgence en République dominicaine, a confirmé la mort de deux hommes, dont l'ancien maire de Villa Altagracia, au nord de la capitale, noyé en tentant de traverser une rivière. PLUIES TORRENTIELLES ET VIOLENTES BOURRASQUES Des centaines d'habitations ont été détruites dans les deux pays, notamment dans la région touristique de Jacmel, au sud d'Haïti. Précaire en temps normal, le service électrique a été sévèrement affecté. Plus de 400 000 foyers étaient toujours privés de courant dimanche soir en République dominicaine. Des routes ont été coupées par des coulées de boue et des ponts détruits, isolant 90 localités dans ce pays. La situation était plus dramatique en Haïti, où près de 400 000 rescapés du tremblement de terre de janvier 2010 - qui a fait plus de 250 000 morts - sont toujours entassés dans des camps. Selon la Mission des Nations unies en Haïti (Minustah), "de nombreuses tentes et bâches ont été emportées" par les vents d'Isaac qui ont dépassé 100 km/h. Cité Soleil, le plus vaste bidonville de la capitale haïtienne, a été inondée par la crue de la rivière Grise. Peu avant l'arrivée de la tempête, les autorités ont tenté d'évacuer plusieurs camps. De nombreux réfugiés ont refusé de partir, craignant que leurs maigres possessions ne soient pillées ou que l'évacuation ne se transforme en éviction définitive. Les pluies torrentielles et les violentes bourrasques d'Isaac ont provoqué d'importants dégâts dans l'agriculture. Les pertes de récolte et de bétail pourraient accélérer la hausse des prix des produits alimentaires enregistrée ces dernières semaines. Les inondations risquent aussi de provoquer une résurgence de l'épidémie de choléra qui a fait plus de 7 500 morts depuis octobre 2010, selon plusieurs ONG présentes en Haïti. "Les prochaines semaines seront cruciales pour empêcher la propagation du choléra", souligne Jane Cocking, directrice de l'aide humanitaire de l'ONG britannique Oxfam. "DYSFONCTIONNEMENT DE LA SURVEILLANCE ÉPIDÉMIOLOGIQUE" Le Bureau des Nations unies pour les affaires humanitaires s'est récemment inquiété de l'insuffisance des capacités d'accueil pour faire face à une recrudescence de l'épidémie, soulignant que "le pays ne dispose que de 468 lits, alors que 2 500 lits étaient disponibles lors du pic de juin 2011". Médecins sans frontières a aussi mis en garde contre le manque de moyens et "le dysfonctionnement du système de surveillance épidémiologique". Il y a un mois, le coordonnateur humanitaire des Nations unies en Haïti, Nigel Fisher, ne cachait pas sa déception face au manque d'empressement des bailleurs de fonds. Seuls 47 millions de dollars (37,6 millions d'euros) avaient été collectés fin juillet, sur les 231 millions sollicités en début d'année par les Nations unies pour faire face aux besoins humanitaires les plus urgents. "Les fragiles progrès pourraient être menacés sans l'apport continu des bailleurs", soulignait M. Fisher. Le président haïtien, Michel Martelly, qui a annulé un voyage au Japon à l'approche de la tempête, a critiqué la lenteur de l'aide internationale. Il a demandé une accélération des décaissements, notamment pour reloger les nombreux sinistrés qui vivent encore sous des tentes. Dimanche soir, Isaac se dirigeait vers la Louisiane, l'Alabama et le Mississippi, où l'état d'urgence a été décrété. http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/08/27/apres-la-tempete-tropicale-haiti-redoute-le-cholera_1751819_3244.html

Isaac rouvre les plaies d'Haïti

Rédaction, Romain De Oliveira | 30/08/2012
L'ouragan Isaac a frappé les Haïtiens qui vivent toujours dans des tentes. Aucune victime n'a été enregistrée aux États-Unis après le passage de l'ouragan Isaac le 30 août 2012. Ce n'est pas le cas en Haïti. L'île qui ne s'est pas encore relevée des ravages du séisme en janvier 2010 déplore des victimes. Depuis que l'ouragan a frappé l'île, les 24 et 25 août 2012, “on comptabilise 24 personnes décédées, 42 blessés et un peu plus de 6000 familles qui ont besoin d'un abris”, indique Georges Ngwa Anuongong, responsable de la communication du Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (Ocha), basé en Haïti. Un bilan sévère, mais moins grave qu’on aurait pu l'imaginer, compte tenu du nombres d'Haïtiens encore sans logement: “Plus de 300.000 personnes vivent encore sous des tentes”, explique Gaspard Dorélien, journaliste pour le quotidien haïtien Le Nouvelliste. À Port-au-Prince, la capitale, beaucoup d’Haïtiens ont été “déplacés dans des bâtiments publics ou des aires de jeu. Il y a eu une grande mobilisation avant la tempête et beaucoup de personnes ont pu être mises en lieu sûr.” Pour Vanessa Huguenin, chargée d’informations au sein de l’Ocha à Genève, le pire a été évité grâce à l’anticipation de l'ouragan. Des stocks de nourriture ont été prévus quelques jours avant l’arrivée de la tempête. “J’ai moi-même vu des photos où l’on constate la distribution de nourriture”, confirme Gaspard Dorélien. Le plus dur est à venir Un rapport de l’Ocha révèle que selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), “il y aurait des pertes très importantes de récoltes de banane, sur des producteurs déjà affectés par les effets de la sécheresse des campagnes d’hiver et de printemps 2012.” Pis encore, "un pic de choléra a été enregistré, explique Georges Ngwa Anuongong, alors que l'on constatait une baisse importante depuis début 2012. Il faut donc que nous restions très vigilents.” > Pour comprendre les enjeux de la reconstruction en Haïti, vous pouvez lire ou relire notre dossier spécial. Crédit photo: MINUSTAH/Victoria Hazou http://www.youphil.com/fr/article/05629-isaac-rouvre-les-plaies-d-haiti?ypcli=ano

Haïti-Budget national : L’investissement, parent pauvre des dépenses ministérielles ?

P-au-P, 31 août 2012 [AlterPresse] --- Environ 20% seulement du budget d’investissement de l’exercice fiscal 2011-2012 a été dépensé, selon ce qui a été révélé lors de l’audition, le mercredi 22 août 2012, de trois ministres devant la commission économie et finances du sénat de la république, a observe l’agence en ligne AlterPresse. Certains ministères ont dépensé jusqu’à 70% de leur budget de fonctionnement au 30 juin 2012. Par contre, les dépenses d’investissement n’ont pas été effectivement engagées. Cette 3e audition qui s’est déroulée en présence d’une dizaine de sénateurs, concernait le ministre de la culture, Mario Dupuy, la ministre des affaires sociales, Josépha Gauthier, et la ministre à la condition féminine, Yannick Mézile. La ministre Mézile, qualifiée de doublure de la femme du président, Sophia Saint Rémy Martelly, par les sénateurs lors de la séance d’audition, a été très critiquée. Sur les 86 millions de gourdes (Us $ 1.00 = 43.00 gourdes ; 1 euro = 58.00gourdes aujourd’hui), affectées à son ministère, seulement 15% ont été dépensées, relèvent les sénateurs. La raison se situe dans le fait que le ministère a encore 7 projets non exécutés, a toutefois répondu Mézile, pour se défendre. Pour sa part, le ministre de la culture, Mario Dupuy, s’est plaint de l’ « insuffisance » de l’enveloppe de son ministère, en dépit d’une très nette augmentation. L’investissement du ministère de la culture, à partir du secteur public, a subi une baisse de 65 millions de gourdes lors de l’exercice antérieur. Pour l’exercice fiscal de l’année 2012-2013, le ministère de la culture - bien qu’il ait été détaché de la communication - dispose d’une enveloppe de 159 millions de gourdes. Moins de deux semaines, depuis son arrivée au ministère des affaires sociales, Josépha Gauthier est intervenue à l’audition pour déplorer des irrégularités dans les traitements salariaux, octroyés aux fonctionnaires de certaines institutions attachées au ministère. Gauthier a particulièrement pointé l’office national d’assurance vieillesse (Ona), dont le directeur général, Bernard Dégraff, percevrait un salaire supérieur à celui de son ministère de tutelle. Ceci doit être corrigé dans le plus bref délai, indiquent les sénateurs, sans aller dans les détails. « L’objet fondamental de l’audition [du 22 août 2012] , c’est de mettre l’emphase sur l’aspect investissement de ce budget, car 89 milliards seront proposés pour les dépenses d’investissement, avec 40 milliards de l’assistance internationale et environ 40 milliards des ressources internes », à en croire le président de la commission économie et finances du sénat, Jocelerme Privert. De fait, cette commission, qui est à la recherche d’une articulation entre les différents ministères, souhaite aussi s’informer de la capacité de ces ministères à s’acquitter de leurs redevances envers la population haïtienne, indique Privert. Les auditions au sénat sur le projet de loi finances 2012-2013 se sont poursuivies le mardi 27 août 2012 avec d’autres titulaires de ministères. La loi, qui a été revue à la hausse par les députés, etait en discussion, pour un vote final, au sénat, dans l’après-midi du jeudi 30 août 2012. [jep kft rc apr 31/08/2012 1:20] http://www.alterpresse.org/spip.php?article13288