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mardi 25 septembre 2007

Pour que Cité Soleil devienne cité de paix

Le ministère à la Condition féminine et aux Droits des Femmes (MCDF) a mis fin vendredi à un séminaire organisé à l'intention des jeunes de Cité Soleil sur l'éducation à la non-violence. Durant quatre jours de formation, les participants ont appris des notions relatives à la gestion de conflits et à l'instauration d'une culture de paix.
Les femmes ont un rôle important à jouer dans la lutte contre la violence en Haïti. Elles sont bien placées pour le faire vu leur rôle fondamental au sein de la famille, au sein des organisations de féministes, dans l'éducation des enfants ... Voilà, en substance, le mobile qui a poussé les responsables du MCDF à organiser du 18 au 21 septembre un séminaire sur l'éducation à la non-violence à l'intention des jeunes de Cité Soleil, en particulier des jeunes filles de ce quartier sensible.

La clôture de ce séminaire coïncide avec la célébration de la journée internationale de la paix. Elle a donc constitué une occasion favorable pour la ministre à la Condition féminine et aux Droits des femmes, Marie Laurence Jocelyn Lassègue, de saluer la mémoire de tous ceux qui ont été victimes au cours de ces dernières années d'actes de violence à travers le pays. La ministre en a profité pour mettre l'accent sur la nécessité d'investir dans l'éducation des jeunes filles dans la lutte contre la violence. Mme Lassègue déplore le fait que les femmes soient des éternelles victimes de sévisses corporelles, de violences psychologiques et sociales.

Mais elle ne nie pas qu'elles ont été, fort souvent, utilisées comme bouclier des bandits qui sèment la terreur dans la capitale. « Les femmes ne sont pas seulement victimes des actes de violence, mais elles en sont, dans la plupart du temps, partie prenante », regrette la ministre. « Nous avons et faisons encore le constat de la participation des femmes dans les gangs et de leur rôle spécifique dans la garde des personnes kidnappées », poursuit-elle.Tout cela aiguise l'intérêt des responsables du MCDF à mener cette campagne d'éducation à la non-violence à Cité Soleil, mais aussi dans d'autres coins du pays où le besoin se fait sentir. Habilitation des jeunes, développement du leadership communautaire et prévention de la violence sont les trois principaux axes du programme initié par le MCDF à l'endroit des jeunes venus des quartiers sensibles.« Nous n'allons pas rester là. Nous allons étendre ce programme dans les différents départements du pays», promet la ministre Lassègue à l'assistance. La quelque quarantaine de jeunes, pour la plupart membres d'organisations sociales, qui ont participé à ce séminaire, n'ont pas caché leur satisfaction des différents sujets développés par des formateurs spécialisés en la matière. « En quatre jours, nous avons appris à nous familiariser à des notions relatives à la gestion de conflits, aux techniques d'animation, aux concepts de droits et à la démocratie», explique un des participants, Raymond Esau, membre du Centre de Développement humain de Cité Soleil. Ils ont surtout appris à identifier certains facteurs générateurs de violence et des impacts qui s'ensuivent: la violence entraine la violence, elle fait perdre des êtres chers, bref elle détruit le pays. Après ce séminaire de formation, ces jeunes deviendront à leur tour des ambassadeurs de la paix dans leur quartier respectif.

Jean-Max St Fleurtmaxner@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=48795&PubDate=2007-09-24

Commentaires :

Encore et toujours Cité Soleil
Si tous les quartiers défavorisés qui n’ont pas (encore) choisi la violence comme moyen d’expression pouvaient (avant que cela ne dégénère !) recevoir la même attention que Cité Soleil, dans peu de temps Haïti sortirait définitivement de la misère.
Ils sont nombreux les programmes sociaux (certes pas assez !) qui s’annoncent en faveur de cette zone devenue tristement célèbre. Cependant de façon concomitante, des voix s’élèvent pour réclamer encore plus d’actions. Aujourd’hui il y a une tendance à échanger le kidnapping d’individus par un kidnapping d’institutions qui vont finir par oublier d’autres zones en difficulté.

Daniel Elie partira-t-il "le coeur léger"?(Préval vicitme de l'incompétence des ses proches... une fois de plus!)

Dans l'attente d'un dépôt de budget différé plus d'une fois, les députés découvrent un rapport accablant pour Daniel Elie, le ministre récemment éjecté du gouvernement pluriel. Le chef de l'Etat, disent-ils, se félicite d'un rapport qui selon eux ne fait pas honneur au ministre Elie.
Accablé aujourd'hui encore, par la majorité des députés, le ministre Daniel Elie ne partira pas avec le coeur si léger comme l'aurait souhaité le président René Préval. Dans les couloirs et les salons du Palais législatif, la récente lettre du chef de l'Etat au ministre de la Culture et de la Communication éjecté depuis plus d'un mois résonne comme un brevet à un ministre privé de l'état de grâce.
« Le président René Préval n'a pas lu le rapport, ou du moins il a été induit en erreur », s'étonne le député Poly Faustin (Fanmi Lavalas). Daniel Elie devrait avoir la conscience troublée et se mettre à la disposition de la justice, a réagi l'élu de Miragoâne, mécontent des réflexions du chef de l'Etat à propos d'un rapport de la Cour supérieure des comptes et de l'Unité de lutte contre la corruption « établissant la vérité concernant les accusations dont le ministre Daniel Elie a fait l'objet le 31 juillet dernier ». Népotisme, clientélisme, immobilisme, abus de pouvoir...constituaient l'acte qui faisait tomber, il y a de cela près de deux mois, le ministre de la Culture et de la Communication. Après avoir raté son examen oral à l'hémicycle du Parlement, Daniel Elie avait exigé de l'Exécutif une enquête de la Cour supérieure des comptes et de l'Unité de lutte contre la corruption.

« A l'exception de certaines faiblesses constatées au niveau du système comptable dudit ministère, les rapports financiers concernant l'organisation du carnaval 2007 présentent fidèlement les transactions financières effectuées par le (MCC) ministère de la Culture et de la Communication. Au sens strict du terme, notre vérification n'a révélé aucune irrégularité majeure pouvant être qualifiée de malversation, de détournement ou de vol de nature à engager la responsabilité de l'ordonnateur », a retenu René Préval dans le rapport de la Cour supérieure des comptes comme pour réfuter les accusations imputées au ministre démissionnaire.

« Dans le cadre de cette enquête, à la lumière des dispositions des articles 137 et suivants du code pénal haïtien réprimant la corruption et des articles 6 et 9 de la Convention internationale contre la corruption, les faits relatés par les personnes rencontrées ne constituent pas l'infraction de corruption, en ce qui concerne Monsieur Daniel Elie », a aussi retenu le chef de l'Etat dans le rapport parallèle de l'Unité de lutte contre la corruption pour exprimer l'assurance de sa « plus haute considération » au ministre Elie.
Des extraits pas assez convaincants pour changer l'opinion négative du député Laurore Edouard (Union) à propos de l'architecte qui a la triste particularité d'être le deuxième ministre renvoyé par le Parlement depuis l'entrée en vigueur de la Constitution de 1987. « La lettre du chef de l'Etat est en contradiction avec le rapport de l'ULCC », estime-t-il.
La conclusion du rapport est contraire au contenu de cette lettre, ajoute-t-il. « Bon nombre des dépenses effectuées ne sont pas supportées par les pièces justificatives qui devraient être versées dans le dossier, soit 6 sur un total de 36 pièces », a révélé le rapport évoqué par les détracteurs de Daniel Elie. L'institution étatique a, entre autres, noté des irrégularités dans les pièces relatives aux dépenses consenties par le ministère de la Culture pour la commémoration de la fête du drapeau le 18 mai dernier. « Dans plusieurs cas, le ministère de la Culture et de la Communication a violé la loi sur la passation des marchés publics et il existe des pièces non conformes aux normes administratives généralement reconnues », poursuit le rapport de l'ULCC qui a été diligenté par l'Exécutif.
Certains contrats passés avec des artistes et des institutions, note le rapport, sont imprécis. Aucun appel d'offres, n'a été lancé pour certains contrats, a souligné l'ULCC qui a également révélé que « deux chèques ont été émis sans contrat, pour le même montant sur la base d'un seul pro forma. »
« Comment peut-on demander à un ministre dont la gestion est bourrée d'irrégularités de partir avec le coeur léger ? », s'énerve l'une des 68 voix qui ont mis Daniel Elie à la porte. « La position du chef de l'Etat va trahir sa lutte contre la corruption », a prédit le député de Cité Soleil, Jean Salibar (Fusion des sociaux-démocrates).

Claude Gilles
gonaibo73@yahoo.fr
Jean Pharès Jérôme
pjerome@lenouvelliste.com

http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=48878&PubDate=2007-09-24

Commentaires:

Préval victime de l’incompétence de ses proches :
Un rebondissement inattendu dans l’affaire Daniel Elie. Le Président Préval s’appuyant sur les bases du rapport des organismes experts en la matière vient de reconnaître la transparence de la gestion du ministre de la Culture tandis que certains députés réclament haut et fort que le ministre éjecté reste plutôt à la disposition de la justice au lieu de partir le cœur léger.
Le Président René Préval selon toute vraisemblance vient de commettre une gaffe monumentale qui sans remettre en cause sa bonne foi lui aura pris quelques plumes.
Sans vouloir condamner l’ancien ministre ou désavouer l’interprétation des députés qui crient au scandale, il faut noter que les conseillers du président ont fait preuve soit de laxisme ou ont démontré une incompétence qui est souvent mise en exergue au niveau de l’administration.
Ce simple fait démontre le danger de vouloir gouverner sans projet de gouvernement qui aurait impliqué la présence et la participation d’experts dans les différents domaines.
On a l’impression que le gouvernement actuel a pallié son ingénuité et le sens poussé de l’improvisation en se maquillant d’une étiquette de gouvernement pluriel, multisectoriel…
La logique voudrait que le président redresse la barre rapidement avec énergie dans des déclarations de rigueur et surtout dans des actions concrètes.

Lula va porter la cause d’Haïti devant l’assemblée générale de l’ONU

Le Président brésilien reste convaincu que le développement du pays doit passer par une plus grande implication de la communauté internationale
dimanche 23 septembre 2007,
Radio Kiskeya

Le Président brésilien Luiz Inàcio Lula da Silva, qui est arrivé dimanche à New York pour prendre part à la 62e assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies, lancera un nouvel appel international en faveur d’Haïti, selon des déclarations de son porte-parole, Marcelo Baumbach, rapportées par l’agence italienne ANSA.
Premier intervenant sur la liste des chefs d’Etat attendus à la tribune de l’ONU, le dirigeant brésilien tentera de porter la communauté internationale à coopérer davantage afin d’engager le pays dans un véritable processus de développement.
Lula, dont le pays détient le commandement de la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH), consacrera également une partie de son discours à l’importance environnementale de la production des biocombustibles dans laquelle Haïti et trois autres pays de la région seront intégrés dans le cadre d’un partenariat entre le Brésil et les Etats-Unis.
Le Président brésilien, qui rencontrera ses homologues américains, George W. Bush et français, Nicolas Sarkozy, devrait s’entretenir aussi avec René Préval. Le chef de l’Etat haïtien sera présent aux débats généraux prévus à New York du 26 au 30 septembre. spp/RK
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4172

Les vols de la Caribintair formellement interdits au personnel du gouvernement américain en Haïti

Une décision de Washington qui demande parallèlement à tous les ressortissants américains de ne pas prendre les vols de la compagnie haïtienne dont deux avions ont effectué récemment des atterrissages d’urgence
dimanche 23 septembre 2007,
Radio Kiskeya

L’ambassade des Etats-Unis à Port-au-Prince a formellement interdit à tous les membres de son personnel diplomatique et non diplomatique de voyager à bord des vols de la compagnie haïtienne de ligne intérieure Caribintair dont les activités ont été suspendues à la suite de deux accidents aériens.
Selon le quotidien américain Chicago Tribune, outre ces instructions qui concernent les employés de l’ambassade, les Etats-Unis déconseillent fortement à tous leurs ressortisants voyageant ou résidant en Haïti d’être parmi les passagers de la plus importante compagnie aérienne du pays.
Ces dispositions, très préjudiciables à l’image de la Caribintair, sont annoncées alors qu’il y a une semaine, des experts de l’avionneur américain Cessna Aircraft et de l’entreprise ayant construit les moteurs des deux appareils qui avaient connu des défaillances techniques étaient arrivés à Port-au-Prince. Ils participaient aux investigations qui avaient été annoncées en vue de déterminer les causes des accidents.
Les résultats de l’enquête n’ont pas encore été publiés officiellement.
Les directeurs généraux de l’Autorité aéroportuaire nationale (AAN), Lionel Isaac et de l’Office national de l’aviation civile (OFNAC), Jean Lemercque Pierre ainsi que le PDG de la Caribintair, Jean-Claude Mériné, avaient répondu le 13 septembre dernier aux questions du chef du parquet de Port-au-Prince, Claudy Gassant, dans le cadre d’une information judiciaire ouverte sur la double catastrophe aérienne.
A la fin de l’audition, M. Isaac avait affirmé avoir fourni au commissaire du gouvernement tous les renseignements nécessaires en ce qui concerne son administration tout en rappelant que les atterrissages d’urgence à répétition des avions de ligne ne relevaient pas de sa compétence.
Le 31 août et le 11 septembre derniers, deux Cessna monomoteurs du transporteur aérien haïtien, qui voyageaient à destination du Cap-Haïtien (274 km au nord de Port-au-Prince), avaient atterri en catastrophe sur un terrain vague et dans un marécage respectivement à la Croix-des-Bouquets (nord-est de la capitale) et à Source Puante (nord).
Chacun des accidents avait fait des blessés légers.
La Caribintair, qui dispose d’une flotte d’une dizaine d’appareils, assurait 30 liaisons aériennes quotidiennement vers 7 destinations locales et régionales. spp/RK
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4124

Gérard Latortue dément avoir affirmé que les haïtiens ne sont pas l'objet de mauvais traitement en République dominicaine et qu'Haïti ne connaissait p

Port-au-Prince, le 19 septembre 2007 ; (AHP)- L'ex-premier ministre intérimaire haïtien, Gérard Latortue, a dénoncé lundi ce qu'il appelle une compagne internationale de dénigrements contre la République dominicaine victime a-t-il dit, de fausses dénonciations sur les présumées conditions d'esclavage des haïtiens dans ce pays.
Nous n'accepterons pas que des gens malintentionnés mettent en péril les excellentes relations entre Haïti et la République dominicaine, a lancé M. Latortue qui participait à une conférence organisée par le Centre de Politique Hémisphérique de l'Université de Miami où le président dominicain Leonel Fernandez était l'orateur principal.
Il y a des gens qui ne se rendent pas compte que les temps ont changé et qu'aujourd'hui on ne peut parler d'avenir pour Haïti sans envisager l'avenir des 2 pays, a dit Gérard Latortue dont les propos ont été rapportés par la presse dominicaine.
Il a également estimé que le président dominicain aime Haïti et souhaiterait voir ses problèmes résolus.
Les bonnes relations existant entre Leonel Fernandez et Préval seront un élément décisif dans le cadre des efforts visant le développement de l'île via la mobilisation d'une coopération internationale, a dit Latortue, rejetant les accusations de mauvais traitement infligés aux haïtiens, pesant sur la République dominicaine.
Intervenant mardi soir sur une radio haïtienne de New York, Radio Tropicale, Latortue a nié des déclarations rapportées par la presse dominicaine.
Les journalistes dominicains pourraient avoir rapporté plus que je n'ai dit au cours de la conférence, s'est défendu Latortue, réclamant qu'on lui apporte la bande sur laquelle sont enregistrées ces déclarations.
On verrait que je n'ai pas parlé plus de 2 minutes, a-t-il ajouté, faisant savoir qu'il n'a soulevé que trois éléments: la nécessité pour la république dominicaine et Haiti de chercher des formules pour arriver à s'entendre ; l'inégalité des niveaux de développement des 2 pays qui expliquerait le flux migratoire haïtien en direction de la république dominicaine et la nécessité d'un plus grand appui de la communauté internationale à Haïti.
Je n'ai pas non plus parlé de politique migratoire, a encore souligné l'ex chef de gouvernement, estimant qu'il est temps d'en finir avec la désinformation.
Latortue qui avait quitté le pays avant l'entrée en fonction du gouvernement constitutionnel, officiellement pour raison de santé, a également démenti avoir dit qu'Haïti ne connaît pas de croissance économique.
Ce serait nier les progrès que ma propre administration a réalisés et consolidés par le gouvernement constitutionnel, a dit l'ancien chef du régime intérimaire.
AHP 19 septembre 2007 11: 00 AM

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Commentaires
Nous reprenons cet article de l’agence AHP, encore un énième article qui traite des réactions de personnalités haïtiennes au sujet de cet aspect épineux des relations haïtiano-dominicaines. Dans l’ordre nous avions eu droit à des rumeurs sur des déclarations prêtées au président de la République ; puis fut le tour de l’ambassadeur controversé Cinéas et selon toute vraisemblance l’ex-premier ministre du gouvernement de transition, « parti » par la petite porte après les élections présidentielles vient d’être pris au piège.
Cet article n’aurait aucune sorte d’importance s’il ne devait servir a rouvrir une fenêtre pour déblatérer et lancer des injures ou des éloges dirigés vers ce personnage. Cependant comme nous l’avions toujours crié haut et fort, un jour les fonctionnaires haïtiens apprendront que la seule façon d’échapper à ce genre de situation qui vous impose le choix entre le cœur et le politiquement correct, une situation sans issue pour celui qui se laisse prendre au piège, c’est d’éviter ces réunions mondaines ou les medias ne manqueront pas de lancer leurs appâts.
Il faut savoir rester sur ses gardes de façon continue pour éviter des malentendus car définitivement on ne peut pas dans ce cas ménager la chèvre et le chou !

lundi 24 septembre 2007

SOUVENIRS..SOUVENIRS...JEAN CLAUDE DUVALIER EN 2003....

Jean-Claude Duvalier Ancien président de la République d'Haïti

HAÏTI - 15 juin 2003 - par VALÉRIE THORIN

A croire son avocat et les rares personnes qui l’ont côtoyé, Jean-Claude Duvalier, alias Baby Doc, l’ancien président de la République d’Haïti, est un homme fini. Il vit aujourd’hui à Paris avec sa compagne, Véronique Roi, dans un modeste deux pièces, loué obligeamment par un ami qui s’acquitte des 850 euros (550 000 F CFA) de loyer.
Physiquement, Duvalier a changé. Terminé le triple menton et l’air repu qu’il affichait sur les photographies d’avant 1986, date de sa chute. Il a maigri, ses tempes sont grisonnantes et sa voix n’est plus qu’un murmure.
Le journaliste italien Riccardo Orizio, qui l’a rencontré pour les besoins de son livre, Conversation avec le diable, rencontre avec sept dictateurs (éditions Secker & Warburg), a noté son ton las, son air fatigué, presque absent.
Baby Doc est ruiné. Vendues la Ferrari Testarossa et la BMW à bord desquelles il sillonnait le sud-est de la France, aux premières heures de l’exil. Vendu le château de Théméricourt (région parisienne), où le président à vie jouait les Roi-Soleil. Quant aux 20 millions de dollars – certains disent 300 millions – déposés sur un compte suisse, après lesquels couraient, dans les années quatre-vingt-dix, les avocats du nouveau pouvoir haïtien, envolés ! Tout comme Michèle Bennett, sa dépensière épouse. Grande argentière officieuse du temps de la splendeur, elle était trop avisée en affaires pour conserver un nom aussi encombrant.
Après les ors du pouvoir absolu, Duvalier a erré sans le sou, poursuivi par le fisc français, les avocats internationaux, les créanciers. Sa rencontre avec Véronique Roi lors d’une réception, le jour de l’invasion du Koweït par l’Irak – le 2 août 1990 –, n’a pas tout de suite arrangé les choses. La jeune femme a seulement partagé sa galère. Toujours dans le sud de la France, le couple a logé dans des bicoques de plus en plus petites, se faisant même couper le téléphone pour défaut de paiement, jusqu'à être contraint d’habiter à l’hôtel. Un jour, Baby Doc s’est fait arrêter pour grivèlerie à Mougins, après être parti sans payer de l’Eden Bleu, où il résidait avec sa mère, Simone, sous le nom de monsieur et madame Valère. Véronique l’a tiré du commissariat en réglant la note. Impétueuse conseillère en communication, la jeune femme est plus « duvaliériste » qu’un Tonton Macoute, comme on appelait les membres de la police politique en Haïti. Elle a pris son bâton de pèlerin pour mobiliser les Haïtiens de la diaspora déçus par le régime de Jean-Bertrand Aristide et lever des fonds. Elle s’occupe aussi du site Web de son idole, quoique www.duvalier.net soit toujours « en construction ».
C’est pourtant par ce biais que l’ancien président est censé garder le contact avec ses militants, pour lesquels il s’est fendu d’une « adresse à la nation » en septembre 2000 et hélas ! aujourd’hui indisponible. Elle était supposée les mobiliser en sa faveur pour les élections haïtiennes de novembre de la même année. Les nostalgiques de la dictature restent cependant peu nombreux, même si Véronique affirme qu’ils sont en constante augmentation. Elle estime que Baby Doc est influent au point d’être le « cauchemar » d’Aristide. Il est vrai que les chauffeurs de taxi, agents immobiliers, ouvriers d’usine émigrés de la première heure, soutenus par quelques fils à papa partis avec la caisse de l’entreprise avant l’effondrement du régime sont autant d’agents de propagande.
Moyennant quoi, le peu loquace président, qui déteste parler du passé, envisage l’avenir sous d’agréables auspices. Il a chassé le fantôme de son père, la mort l’a délivré d’une mère étouffante, et les exigences extravagantes de Michèle ne sont plus qu’un vieux souvenir. Mais le chemin d’un hypothétique retour en grâce est long. Comment meubler le temps dans l’intervalle ?
En dix-sept ans d’exil, Jean-Claude Duvalier n’a rien fait. Il n’a ni écrit, ni esquissé le moindre geste pour gagner de l’argent. De hobby, il n’en a pas. Il a confié à une journaliste du quotidien américain The Wall Street Journal qu’il a fréquenté l’université pour améliorer ses connaissances en administration et en relations internationales. Voulait-il apprendre à être président, lui qui ne l’est devenu que parce que son père l’était ? « Tout ce que je sais faire, c’est de la politique,
déclare-t-il, pour excuser son inertie. Une seule chose m’intéresse : l’énergie solaire. J’aimerais l’utiliser pour relancer l’économie d’Haïti. » Un programme un peu mince, mais Jean-Claude Duvalier a du temps devant lui, il n’a que 51 ans. http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_jeune_afrique.asp?art_cle=LIN15063jeancitahde0

DANS LES MEDIAS DANS LES RUES ET DANS LES SALONS

Le Sénat Haïtien dans la tourmente. Histoire de drogues !
Une autre histoire de corruption au sein du parlement haïtien. Un bateau impliqué dans la réception d’une cargaison de drogue appartiendrait à un sénateur du département du sud est. Après beaucoup de tractations de « kasé fèy kouvri sa » le sénateur sur qui repose la charge des suspicions n’est personne d’autre que l’actuel Président du Sénat haïtien.

Cette histoire, en dépit, des rebondissements de tout genre ne semble surprendre personne. L’opinion publique a déjà tranché et l’impliqué aura fort à faire pour se refaire une image. L’histoire récente ne va pas l’aider dans ce dossier assez complexe dans sa configuration.

En effet en février dernier, un membre du sénat avait tiré déjà la sonnette d’alarme dans ce sens en affirmant que des véhicules appartenant à des parlementaires étaient utilisés dans la logistique de trafic de stupéfiants. Cette accusation très médiatisée à l’époque a été mise en deuxième position dans un dossier compliqué de distribution-réception de pots de vin des membres du parlement haïtien pour forcer le vote d’une résolution en faveur de la SOCABANK dans le conflit opposant cette institution avec la BRH. Curieusement, ces accusations avaient été l’objet d’une enquête menée par une commission interne présidée par le président du Sénat lui-même pointé du doigt aujourd’hui.

Pour beaucoup de citoyens, le travail de cette commission d’enquête n’a été que de la cuisine domestique adepte de l’alléchant « kasé fèy kouvri sa ».
Un peu plus de recul nous ramène a évoquer la présence d’un ancien sénateur, lui aussi président du sénat pendant le régime de Jean Bertrand Aristide actuellement écroué dans une prison nord américaine condamné pour trafic de drogues.
Le parlement haïtien a du pain sur la planche pour regagner les épithètes qui caractérisent l’honorabilité, le sérieux et la probité d’un tel engagement envers un peuple et une nation.
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Jean Claude Duvalier, le béni des Dieux.
22 septembre 1957-22 septembre 2007
Déjà 50 ans depuis l’avènement du régime de François Duvalier. Une classe politique moribonde renaissant de ces cendres non pas comme l’oiseau phénix mais profitant de l’engrais de l’incompétence de ceux qui avaient pris les armes pour mettre fin en 1986 à cette dynastie. Après 21 ans de silence, d’apathie politique, Jean Claude Duvalier qui semblait avoir d’autres préoccupations que la politique et le sort des haïtiens a été poussé, sans vraie conviction à déclarer qu’il était là, bien là, comme une option au renouveau. Rien de nouveau sur le soleil dans un discours de circonstances qui en fait ne représente qu’un discours-cliché, dans la lignée du politiquement correct et du conjoncturel. Cependant il faut se garder de lui en vouloir car s’il a été plébiscité comme le meilleur président d’Haïti des dernières années c’est parce que les enquêteurs avaient inconsciemment demandé de choisir « le meilleur des pires ». Les ennemis et les adversaires de Jean Claude Duvalier ont tout fait pour favoriser sa réhabilitation.
Aujourd’hui la note discordante, sublime inconnue, qui ponctue encore cette cacophonie c’est de savoir si les restes du duvaliérisme, régime qui n’a existé que l’espace d’un déchoucage, puisque DUVALIERISTE n’aura été que François Duvalier, sont prêts à renoncer aux pratiques dépassées et archaïques qui ont permis la pérennisation d’un régime pendant plus de 30 ans dans un contexte politique ou les mandats présidentiels restaient à la merci de la volonté de certains secteurs de la vie nationale.
Certains pseudoduvaliéristes avaient agi en montrant une certaine fébrilité dans ce sens. Un Roger Lafontant auteur d’un dernier coup de force après l’élection de Jean Bertrand Aristide ou la création par Franck Romain d’un parti politique dont les sigles trop évocateurs d’une certaine présence arbitraire sur la scène politique « PAKA PALA » sont autant d’éléments qui alimentent cette inquiétude.
Ceci reste plus que légitime si on accepte le fait que Jean Claude Duvalier depuis 20 ans de présence en France n’a rien fait pour acquérir de vraies capacités de compréhension pour se pourvoir de moyens pour répondre favorablement aux attentes de la nation.
Les leçons à tirer de cet épisode sont multiples. En 2025 ou 2028, 20 ans après 2004, Jean Bertrand Aristide risque de revenir sur la scène comme un énième messie puisque rien est fait pour lui demander des comptes de sa gestion désastreuse.
Le retour de Jean Claude Duvalier pourrait ouvrir les portes ç un Jean Bertrand Aristide et le scénario serait fin prêt pour une confrontation entre TONTONS MAKOUTS et CHIMERES. Une situation qui ne saurait en rien profiter aux besoins de la population haïtienne.
Il faut espérer que les vrais amis d’Haïti aient compris le danger de cette situation.
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Le sort des haïtiens des bateys évoqué à Montréal…

L’édition actuelle du féstival du film haïtien de Montréal a ouvert une large fenêtre sur les tribulations des haïtiens travaillant dans les bateys de la République Dominicaine. Une initiative à saluer si l’idée de Céline Anaya de partager ses expériences avec les hommes de bonne volonté peut recevoir l’effet souhaité c'est-à-dire conscientiser sur l’impensable et l’inacceptable. Chaque fois qu’une voix se lève pour dénoncer cet état de choses, l’étau se resserre davantage sur les haïtiens toujours livrés à eux-mêmes. Après les rassemblements pour dénoncer, il faudrait suivre par des réunions pour trouver de vraies solutions à un problème dont la complexité n’a pas toujours été évaluée correctement…

Message de Jean-Claude Duvalier à la Nation

22 septembre 2007
Chers compatriotes, hommes et femmes de mon Pays, jeunesse haïtienne
Il y a bien cinquante ans, le 22 septembre 1957, le docteur François Duvalier accédait par des élections démocratiques et libres à la présidence d’Haïti. Aujourd’hui 22 septembre 2007 la mémoire collective attend encore le verdict d’une histoire qui saura rétablir la vérité et réconcilier les frères ennemis. C’est du moins mon souhait et mon rêve pour les hommes, les femmes et les jeunes de mon pays, et enfin pour tous ceux qui sont restés fidèles à la logique de notre Histoire.
J’adresse un salut chaleureux à tous ceux et celles qui, au prix d’un héroïsme quotidien, ont continué, pendant deux décennies de souffrances et d’exclusion, d’alimenter la dévotion à une cause généreuse qui se résume essentiellement à un combat pour la régénération nationale, la sauvegarde du patrimoine sacré de souveraineté et de dignité nationale.
Chers compatriotes,
Il est hélas malheureux que le sang soit le principal tribut qu’il faille payer à la justice et à la paix. Nous n’avons jamais demandé aux élites de cesser d’être telles, nous avons simplement lutté pour que le soleil se lève non seulement dans les romans de Roumain, mais aussi pour de nouvelles élites chargées d’insuffler à l’Etat ce sang neuf rénovateur et porteur d’espérances.
Mais, cinquante ans plus tard, nous voici encore à la case départ, donnant au reste du monde, l'impression que nous sommes le pays de l'éternel recommencement, alors que nos voisins de l’Hémisphère sont déjà engagés dans la fièvre du renouveau. Bien sûr, la chance qui passe, la chance à prendre sont encore au rendez-vous, mais, parce que rentrer en politique fait songer un peu à ceux qui rentrent en sacerdoce, faudra-t-il bien que nous nous donnions la peine de choisir entre l’argent facile, l’effort qui paie et le travail qui ennoblit.
François Duvalier croyait fermement que la dignité était une conquête, il a encore raison.
Chers compatriotes,
Ce n’est ni le dollar ni l’euro qui sauveront Haïti, si en nous-mêmes le vide moral et l’absence d’un humanisme persistent au point que la corruption est devenue le tueur numéro 1 de l’effort et de l’imaginaire national.
Je prends occasion de ce glorieux anniversaire pour lancer un appel à la paix, à l’ordre, à la réconciliation nationale, à l’instauration en Haïti d’une réelle démocratie participative qui ne marginalise aucun secteur de la société haïtienne. J’associe ma voix aux revendications de tous les chefs de Partis de ce pays qui condamnent la violence et la division. Je salue le sens de l’abnégation de ces leaders qui ont accepté le consensus en vue d’assurer la stabilité politique pour la reconquête de la dignité nationale et le salut de la patrie commune.
A toutes les catégories de cette nation déchirée, installée depuis plus de deux décennies dans la précarité d’une transition qui nous a coûté en dix ans deux interventions militaires étrangères, à ce peuple qui aura connu toutes les affres de la déchéance, de la misère, de l’insécurité politique, sociale, alimentaire et sanitaire, à vous tous, vivant anxieusement dans l’attente de jours meilleurs, j’indique d’une voix ferme et assurée l’horizon des temps prochains où un leadership avisé, pétri de doctrine, d’expérience et de savoir-faire viendrait aménager des voies sûres à la satisfaction de vos aspirations.
J’ai tiré des leçons des évènements de ces vingt dernières années et avec toute la sincérité d’un homme brisé par vingt ans d’exil, mais revigoré par l’espoir que dégage la Jeunesse de mon pays, j’ai compris.


J’ai compris que la gestion des inégalités sociales est la responsabilité de l’Etat et que la richesse des uns n’est pas la cause de la misère des autres ;
J’ai compris que le maintien des masses dans l’ignorance abjecte peut faire prospérer toutes sortes d’idéologies malsaines et destructrices;
j’ai compris qu’ accuser nos adversaires des torts que nous avons nous-mêmes causés, c’est innocenter les coupables et diaboliser les victimes, même si l’histoire par définition reste la propagande des vainqueurs,
Si, au cours de mon mandat présidentiel, le gouvernement a eu à causer des torts physiques, moraux, ou économiques à tiers, je prends solennellement la responsabilité historique en ce jour du 22 septembre 2007 de demander pardon au Peuple et je sollicite le jugement impartial de l’Histoire.
Chers compatriotes,
Je ne prétends point être donneur de leçons. Je souhaite ardemment que la morale se mêle aussi des affaires de la République et que l’on marque un certain respect quand il s’agit de l’Etat.
Il viendra chez nous des hommes et des femmes pour panser les blessures, sourire aux humbles et aux nécessiteux; il viendra d’autres croisés et d’autres croisades, parce qu’il y a encore d’autres souffrances et d’autres attentes. Haïti vit dans l’espérance des prophètes qui parleront d’amour, de paix et d’esprit de famille. Telle est l’attente générale, telle est du moins l'attente de la jeunesse. Cette jeunesse, on le comprendra, a besoin d’un monde nouveau parce qu’elle apporte un esprit nouveau dans une société essoufflée et vermoulue. Cette jeunesse si chère à François Duvalier a besoin de croire et d’aimer. La jeunesse haïtienne attend qu’on lui invente un rêve et qu’on la fasse rêver, qu’on lui demande quelle est la couleur de ses songes et la nature de ses pulsions. Un pays ne peut vivre sans rêve.

Quel sera l’avenir d’une jeunesse à laquelle on a appris à tuer avant de lui avoir dit ce qu’elle était ? Jeunes de mon pays, je sais que ces questions vous tiennent à coeur, je sais aussi que vous attendez une réponse. Je sais également que ce jour viendra. Evitons de tomber dans le piège de la facilité et de la parole creuse et frivole. Gardons-nous de croire que ce pays est né d’hier et qu’il n’a connu que viols, assassinats, corruption, racisme et exclusion.

Cinquante ans plus tard, le duvaliérisme attend encore de la part de la Jeunesse ce second souffle qui sut sauver les sociétés qui agonisent et les familles guettées par la faillite et le doute. Plus que jamais, sa mission ne fait que commencer.
A travers le pays sonne déjà le lambi de la mobilisation. Le mot d’ordre est déjà lancé, la consigne est donnée. Militants, militantes et sympathisants du Parti Unité Nationale soyez prêts.
Nous vivons, croyez-moi, sous le regard des ancêtres et dans l’attente du renouveau.
Que Dieu sauve Haïti!
Merci.

JEAN CLAUDE DUVALIER: L’OCCASION MANQUEE

Le monde entier était mobilisé pour cette émission spéciale de Ranmase sur Caraïbes F.M consacrée au 50e anniversaire de l’élection de François Duvalier (22 Septembre 1957 – 22 Septembre 2007) à la présidence et la première intervention radiophonique en Haïti de l’ancien président Jean Claude Duvalier, son fils depuis sa chute en 1986 et son départ pour l’exil en France. Depuis les 8 heures locales, les diverses stations de province et de la diaspora relayaient la radio (Caraïbes) pour cette émission historique que personne ne voulait manquer.

L’intervention de l’ancien président Jean Claude Duvalier a eu lieu vers les 10hres 30 locales et elle n’a pas duré plus qu’une dizaine de minutes. L’ancien chef d’Etat qui vit depuis 21 ans à Paris a été plutôt modéré dans ses propos tout en dressant un tableau sombre de la situation socio-économique du pays depuis son départ du pouvoir et du pays. Il croit que la division et la haine sociale sont fautrices de tous nos maux et de toutes nos misères et a appelé à l’unité au sein de la famille haïtienne pour sauver les grands principes et parvenir au sauvetage national.
Jean Claude Duvalier a été particulièrement tendre à l’endroit du pouvoir actuel qu’il a salué pour ses efforts en faveur de l’établissement d’un climat sûr et stable (sécurité) et aussi pour les progrès constatés en matière de démocratie. Fidèle à ses principes et à sa conviction, Jean Claude Duvalier a soigneusement évité de répondre aux diverses questions du panel de journalistes présents pour l’occasion (Jean Monard, Péguy, Rotschild F. Junior, Romel Pierre, Jacky Cantave, Gérin Alexandre) ; il a brièvement dit sa satisfaction de pouvoir s’exprimer avec le peuple après ces 21 ans de silence et s’est dit ému pour l’occasion.

L’invité de marque de Ranmase pour ce samedi s’est excusé en promettant de donner sous peu à la station une interview exclusive où il pourra aborder toutes les questions. La classe politique à travers plusieurs dirigeants comme Evans Paul (Alyans), Me Reynold George (ALAH), Dr Grégoire Eugène Jr (PSCH), l’ancien sénateur Clark Parent (URN), l’ancien beau-père de Jean Claude Duvalier, Me Ernest Bennett ou l’historien George Michel n’ont pas tardé à réagir à cette première intervention de l’ancien dictateur Duvalier.

Clark Parent s’est dit déçu pour l’occasion unique et exceptionnelle que l’intéressé n’a pas su saisir pour s’expliquer au peuple et dévoiler sa vision et des plans.
Même point de vue chez Evans Paul qui a quand même salué le ton rassembleur de l’intervention de M. Duvalier alors que le Dr Eugène a quand à lui reconnu qu’il est de bonne guerre que Baby Doc reconnaisse aujourd’hui les vertus de la démocratie et de l’Etat de droit puisqu’il a félicité le gouvernement pour ses progrès dans ce domaine.
Grégoire Eugène Junior en profite pour inviter les acteurs politiques à enterrer la hache de guerre et à oublier le passé pour construire l’avenir.
George Michel a lui-même été plutôt élogieux envers le fils clouant au pilori le père qui s’est révélé pour lui un dictateur sanguinaire. ‘’Jean Claude avait l’intelligence de comprendre qu’il ne pouvait suivre la trace du père ; d’où l’essence de son discours prononcé peu après son arrivée au pouvoir en 1971 : mon père a fait la Révolution politique, moi, je ferai la révolution économique’’. Stanley Lucas de Washington Democracy Project est aussi intervenu pour analyser le style du discours de Jean Claude Duvalier. Un style, dit-il, qui rejoint curieusement et bizarrement celui de Jean Bertrand Aristide. ‘’Comme la gauche et la droite se ressemblent aujourd’hui’’, conclut l’ancien professeur des arts martiaux.
Le professeur Ernest Bennett dit lui-même ne pas s’étonner que son ex-beau-fils ait évité les questions. C’est son style et c’est aussi sa stratégie’’, confie le chroniqueur des dits et non dits sur le Nouvelliste qui confie son admiration pour Jean Claude Duvalier en dépit du fait qu’il ait perdu le contact avec lui.
http://www.caraibesfm.com/index.php?id=2891

dimanche 23 septembre 2007

Jean-Claude Duvalier amorce son retour sur la scène politique à l’occasion du cinquantenaire de la victoire de son père, François Duvalier, aux présid

Pour sa première intervention en Haïti en plus de vingt ans d’exil, l’ex-dictateur implore le pardon du peuple haïtien pour les méfaits de son régime, mais appelle ses partisans à la mobilisation
samedi 22 septembre 2007,
Radio Kiskeya

L’ancien dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier s’est exprimé publiquement en Haïti pour la première fois depuis son départ en exil, il y a 21 ans, en appelant les haïtiens à lui pardonner ses erreurs lors de la célébration samedi du cinquantième anniversaire de la victoire de son père, François Duvalier, aux présidentielles de 1957.
Intervenant de Paris sur les ondes d’une station de radio de la capitale relayée par des amplificateurs placés dans le cour du Parti de l’Unité Nationale (PUN), "Baby Doc" s’est adressé en français à plusieurs centaines de partisans et sympathisants enthousiastes rassemblés au siège de la formation politique néomacoute situé à Babiole (centre-est de Port-au-Prince).
L’ex-Président à vie, qui séjourne en France depuis sa chute spectaculaire, le 7 février 1986, a demandé "pardon" au peuple haïtien pour les "dommages physiques er économiques" causés par son régime au cours de sa longue domination absolue de 15 ans (1971-1986).
Il a aussi lancé un appel à l’unité nationale et salué la contribution des partis politiques à la "lutte contre la violence". Accusé d’avoir pillé le trésor public, Jean-Claude Duvalier s’est découvert des vertus de leader exemplaire au point de recommander "le respect de la moralité dans la gestion de la chose publique".
Il a enfin convié tous les duvaliéristes à rester mobiliser, car, selon lui, la flamme de l’espoir est en train de se rallumer. Une allusion à peine voilée à un futur rôle dans la vie politique du pays auquel M. Duvalier ne semble pas avoir renoncé, plus de vingt ans après avoir été mis sur la touche par un peuple en quête de démocratie et d’émancipation économique.
Pour sa part, le secrétaire général du PUN, Jacques Deverson, a fait savoir que le triomphe électoral du 22 septembre 1957 était celui du peuple haïtien. Il a qualifié "d’humaniste qui croyait à l’éducation de la jeunesse et au développement de l’université" François Duvalier qui avait, dès 1960, démantelé toutes los organisations écolières et estudiantines, vassalisé l’Université d’Etat d’Haïti et chassé du pays les meilleurs universitaires.
Tout comme Jean-Claude Duvalier, M. Deverson a appelé à la mobilisation des néoduvaliéristes.
Parmi les nombreux sympathisants et invités présents on pouvait distinguer Me Gérard Gourgue, ancien militant des droits humains et candidat à la Présidence, l’ex ministre et Député, Rony Gilot, l’ex-ministre des sports, André Rémy, Daniel Supplice, sociologue et ex-secrétaire d’Etat à la jeunesse et aux sports sous Jean-Claude Duvalier, l’ex-colonel et maire de Port-au-Prince, Franck Romain, les anciens colonels Christophe Dardompré et Léonce Qualo.
La violence, la manipulation des institutions et des fraudes électorales massives avaient permis à François Duvalier, médecin et ethnologue au discours ultranationaliste, de l’emporter le 22 septembre 1957 sur son principal rival, l’agronome Louis Déjoie après avoir écarté deux autres leaders de premier plan, le populiste Daniel Fignolé et le technocrate Clément Jumelle. "Papa Doc" allait instaurer l’une des dictatures les plus féroces au monde en régnant sur le pays sans partage jusqu’à sa mort en 1971. spp/RK

Haïti/Rép. Dominicaine : Vives émotions à l’exposition « Esclaves au Paradis » à Montréal


vendredi 21 septembre 2007
P-au-P, 21 sept. 07 [AlterPresse] --- L’exposition internationale « Esclaves au Paradis » a suscité, cette semaine, beaucoup d’émotions et de réactions en Amérique du Nord lors de la troisième édition du Festival international du film haïtien à Montréal (Fifhm), selon les informations parvenues à l’agence en ligne AlterPresse.
Réalisée par la photographe franco-péruvienne Céline Anaya Gauthier, cette exposition traite de l’esclavage contemporain des Haïtiens dans les plantations de canne à sucre en République Dominicaine.
A Montréal, cette exposition, qualifiée d’émouvante, d’innommable, est considérée comme un choc pour l’âme et les yeux.
Le moment le plus émouvant de cette exposition a été la prise de parole du père Pedro Ruquoy qui, en décrivant les photos, se rappelait des personnes qu’il a connues et aidées, apprend AlterPresse.
Très ému, le religieux, qui ne pouvait même contenir ses larmes, a dû reprendre son souffle à deux reprises.
Pour la première fois, l’événement baptisé « Esclaves au paradis » a permis aux communautés, haïtienne et dominicaine, de Montréal de se rencontrer autour d’un même problème qui concerne l’Île tout entière, soulignent les organisateurs de cette exposition.
La journaliste Nancy Roc, commissaire de l’exposition, rappelle que les braceros (coupeurs de canne à sucre) haïtiens et leurs familles vivent dans des conditions infra humaines en République Dominicaine.
Nancy Roc invite tous les secteurs à faire un faisceau en vue de trouver des solutions concrètes aux problèmes de ces Haïtiens qui se font exploiter arbitrairement dans les bateyes dominicains.
« Chacun doit essayer de comprendre, se poser les questions suivantes : pourquoi et comment, la Première Nation Noire et libre du monde peut-elle encore produire des esclaves au XXIe siècle ? À quel prix, le sucre que nous dégustons est-il fabriqué aujourd’hui ? N’est-il pas fait de sang et de sueur ? »,s’interroge Nancy Roc.
« Quand vous êtes noir, que vous ayez une carte d’identité ou un certificat de naissance, ça ne change rien. Ça n’a aucune valeur ... Dans la rue, face aux agents de l’immigration, vous n’avez plus aucun droit », déplore la commissaire de cette exposition internationale sur la situation des coupeurs de canne haïtiens.
Pour Nancy Roc, l’heure est venue de passer à l’action, d’interpeller la conscience des autorités dominicaines sur les mauvais traitements infligés à ces Haïtiens. Roc appelle à un sursaut collectif aux fins de faire cesser les expulsions massives des Haïtiens et de veiller au respect des droits fondamentaux de tous les travailleurs migrants. [do rc apr 21/09/2007 13 :40]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article6435

Haïti à l’honneur à Montréal - Coup de maître de Fabienne Colas

Envoyée Spéciale - Liliane Pierre-Paul (Texte + Photos)
samedi 22 septembre 2007,
Radio Kiskeya

Le troisième festival international du film haïtien de Montréal se poursuit jusqu’à dimanche dans la métropole canadienne. Lancé officiellement ce 19 septembre 2007, ce jeune festival a pris cette année une dimension spéciale avec la thématique des bateys, dont le point d’orgue aura été le jumelage d’un colloque international sur la situation des haïtiens dans les bateys à une exposition de photos. « Sang, sucre et sueur » tel a été le titre du colloque international qui s’est déroulé dans les locaux de Radio-Canada ce mercredi 19 septembre 2007.

Pendant toute une journée, ce colloque animé par la journaliste Nancy Roc a permis à des invités spéciaux de plancher sur la situation catastrophique des haïtiens vivants dans les bateys. Parmi les principaux intervenants, on peut notamment citer le prêtre belge Pierre Ruquoy, expulsé en 2005 de la République Dominicaine après 30 ans de militance dans les bateys et qui vit depuis en Zambie, Sonia Pierre, militante dominico-haïtienne, récipiendaire des prix Amnesty International 2003 et Fondation Robert F. Kennedy 2006, persécutée dans son propre pays pour son action en faveur des braceros haïtiens dans les bateys, la sociologue et militante féministe haïtienne Danielle Magloire, représentante de Droits et Démocratie en Haïti et la communicatrice Lisane André responsable de la section communication au GARR, organisme de défense des droits des haïtiens en République Dominicaine.
Outre ces interventions mentionnons celles de Gérardo Ducos, de Amnesty International Grande-Bretagne, auteur d’un rapport de l’organisme humanitaire sur les bateys et Thor Halvorssen président de Human Rights Foundation basé aux Etats-Unis. Il est à noter que le débat public a été très animé. Les participants tant haïtiens qu’étrangers ont fait nombre de recommandations pour l’amélioration des conditions de vie des haïtiens vivants dans les bateys. De ces interventions on retiendra celle du consul général de la République Dominicaine à Montréal, Mme Rachel Jacobo, qui tout en défendant la position de son gouvernement, s’est montrée ouverte à un dialogue constructif avec les haïtiens. Elle n’a pas caché ses appréhensions sur l’impact négatif que pourrait avoir ces événement culturels sur l’industrie touristique de son pays, qui dépend entre autres du Canada comme pourvoyeurs de touristes sur « les plages dorées » dominicaines.

C’est ce qui expliquerait peut être qu’elle était accompagnée d’un groupe nationaliste dominicain qui a vainement tenté de détourner le débat vers les problèmes internes d’Haïti telle que la situation des « restavèk » assimilable selon ce groupe à celle des braceros.
Simultanément, se déroule jusqu’au début octobre à la galerie MozaïkArt l’exposition photo « Esclaves au Paradis » accompagné par le chant des braceros de la photographe franco-péruvienne Céline Anaya Gautier. Une exposition qui a déjà eu beaucoup d’impacts tant en Europe qu’en Amérique et qui dérange profondément l’establishment dominicain.
Le festival de films en soi propose 35 films, longs, courts et moyens métrages à l’occasion de cette troisième édition répartie essentiellement sur les sites de l’Office National du Film (ONF) et le centre Léonardo Da Vinci. Tous ceux qui s’y intéressent pourront visionner jusqu’à dimanche soir une demi-douzaine de films consacrés essentiellement à la situation des braceros dans les bateys via « Sugar Babies » de la cinéaste cubano-américaine Amy Serrano, « Le Prix du Sucre » de Bill Haney (USA), « Les Enfants Esclaves » de Karen Kramer (USA), « Batey Zero » de Gérard Maximen (France), « Sucre Noir » de Michel Reignier (Canada), « Le Batey » d’Yves Langlois (France) et « L’empire du sucre »de Brian McKenna (Canada). Quant aux autres films à l’affiche, on retient « Vers le Sud » de Laurent Cantin (France) tiré du roman de Dany Laferrière, « Port-au-Prince au goutte à goutte » de Félix Vinier, « Pélérinage à Thomassin » de Frantz Voltaire et Didier Berry (Haïti), « Le Président a-t-il le SIDA ? » d’Arnold Antonin (Haïti) et un classique du cinéma haïtien « L’homme sur les quais » de Raoul Peck (Haïti-France). La clôture du festival aura lieu ce dimanche 23 septembre 2007, avec en grande première « Le chauffeur » du jeune cinéaste haïtien Jean-Claude Bourjolly entièrement tourné en Haïti. Le nom du récipiendaire du prix Radio-Canada du meilleur film de ce festival sera dévoilé ce même soir.
Le festival international du film haïtien de Montréal est l’initiative de la jeune comédienne haïtienne émigrée à Montréal, Fabienne Colas et de sa fondation éponyme. Fabienne Colas a su pendant ces trois dernières années intelligemment s’entourer d’organismes et de personnalités influentes, tant de la société québécoise que de la communauté haïtienne citons entre autres son compagnon et programmateur du festival Émile Castonguay, le Réseau-Liberté de Réal Barnabé et de Paul Breton qui, d’ailleurs, a été déterminant dans le lancement de ce festival, la journaliste Nancy Roc commissaire à l’exposition « Esclaves au Paradis », la porte-parole de l’édition de cette année, la journaliste Francine Grimaldi, nulle autre que la papesse des activités culturelles à Radio-Canada, l’écrivain haïtien de renommé internationale Dany Laferrière, le chanteur bien connu Luc Mervil, le parolier haïtien et membre du jury Ralph Boncy ainsi que des institutions comme notamment Radio-Canada, l’ONF, Droits et libertés, des organisations et des médias de la communauté haïtienne de Montréal ont été autant de ressources qui ont aidé la fondation Fabienne Colas à mettre Haïti, en quelque sorte, sur la carte du happening montréalais. Ce festival a été entièrement dédié à deux illustres disparus du monde culturel haïtien : Le comédien François Latour enlevé et assassiné le 22 mai 2007 et le réalisateur Raphaël Stines décédé des suites d’une courte maladie le 25 août 2007. RK/LPP
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4168

Haïti/Rép. Dominicaine : L’exposition « Esclaves au Paradis », saluée à Montréal

Samedi 22 septembre 2007
P-au-P, 22 sept. 07 [AlterPresse] --- Plusieurs personnalités du monde culturel et artistique saluent le succès de l’exposition internationale « Esclaves au Paradis », présentée à Montréal, dans le cadre de la troisième édition du Festival international du film haïtien (Fifhm).
Réalisée par la photographe franco-péruvienne Céline Anaya Gauthier, cette exposition traite de l’esclavage contemporain des Haïtiens dans les plantations de canne à sucre en République Dominicaine.
Parmi les réactions parvenues à AlterPresse, il y a celles du père Pedro Ruquoy, qui a longtemps accompagné les braceros haitiens, de la chroniqueuse culturelle Maguy Metellus, de la directrice de la galerie Mosaikart (qui accueille l’exposition), Myrtelle Chery et de la sociologue Danielle Magloire.
Pedro Ruquoy (Texte qui a été lu avec beaucoup d’émotions lors de l’inauguration de l’exposition le 18 septembre) : « Regardez bien ces photos ! Regardez ces yeux : ils vous regardent, ils vous invitent à pénétrer dans le mystère de la souffrance. Regardez ces bouches : elles crient. Elles gueulent « C`est assez ! C`est trop ! » Regardez ces mains, ces bras, ces corps. Ils sont l`image de la misère humaine. Ces photos d`enfants, de femmes et d`hommes parlent et nous disent ce que des monstres sont capables de faire avec les pauvres êtres humains pour produire toujours plus d`argent.
Quand je regarde plusieurs de ces photos, je revis des moments intenses que j`ai eu la joie de connaître dans les bateys du sud-ouest de la Republique Dominicaine. Par exemple, cette photo de la dépouille de Saintilien sur son lit de mort chez moi dans le Batey 5. Je revis le moment ou il est arrive chez moi, maigre, sans force, désespéré. Je revis le moment ou j’ai du lui annoncer qu`il était atteint du SIDA. Et puis le long cheminement que nous avons fait ensemble jusqu’à son départ pour le pays sans chapeau. Quelques jours avant sa mort, les quelques 15 orphelins haïtiens qui vivaient chez mi on entouré Saint Hilien et puis au milieu des chants, je lui ai impose les mains pour lui donner la force de continuer son voyage. Un moment d`une dignité intense. Quelques heures après sa mort, une cinquantaine de coupeurs de canne a sucre sont venus rendre un dernier hommage a ce chauffeur de taxi qui avait quitte son pays pour pourvoir une dette. Toute la nuit ils ont chante, toute la nuit ils ont danse. Toute la nuit ils ont prie. Au petit matin, Il fallait les voir danser avec le cercueil de leur compagnon jusque le trou creuse dans la terre…
En regardant la photo de Tina dans son cercueil, je ne peux m'empêcher de la voir marcher avec son compagnon Lafimen, un vieux coupeur de canne a sucre qui est maintenant aveugle a force de couper la canne. La seule richesse de Tina était son Dieu. Quand elle est morte, les habitants du Batey 3 on entouré son cadavre de fleurs rouges. Ils étaient convaincus que Tina n’était pas morte. Elle avait tellement de foi…
Vous avez aussi cette photo de Lider en train de montrer la moitie de sa carte de coupeur de canne a sucre. Lide est un jeune haitien de la région de Port de Paix. Il avait déjà commence les études secondaires.
Mais a cause de la misère, il avait abandonné ses études pour chercher la vie en RD. Nous étions devenus des amis. Avec lui, nous avions formé un groupe de chanteurs haïtiens. C'est eux qui interprètent la plupart des chants que vous avez sur le CD.
J’avais convaincu Lukner qu’il fallait mieux pour lui retourner dans sa terre natale. Avec un groupe d'une douzaine d’autres adolescents, il avait accepte de rentrer chez lui. Pour ne pas qu’il perde la face, je lui avais donne une belle chemise et un beau pantalon. Quand il est arrive chez lui, il n`à jamais osé raconter l’enfer qu’il avait vécu. Et ses parents ont cru que ça avait bien été en Dominicanie et il a du retourner dans l'enfer pousse par les siens.
Mais vous savez, derrière toutes ces photos, je contemple le même visage : le visage du Maitre. Celui qu'on a un jour cloué sur une croix. Oui ! Sur ces photos, je vois la croix du maitre de Nazareth. Une gigantesque croix pousse sans fin dans les bateys : la croix de l`humiliation, la croix de l’esclavage, la croix du mépris, la croix du racisme, la croix de l'oppression. J'ai eu la chance, la merveilleuse chance de vivre au pied de cette croix, de sentir le cœur du Christ palpiter dans les cœurs de ces victimes. J'ai eu la joie d'accompagner ces crucifies dans leurs souffrances, dans leurs rêves, dans leur espoir. Jamais je n ai jamais été aussi heureux qu'a leurs cotés. Ces esclaves modernes débordent d'humanité. Ils respirent de dignité. Les photos que vous avez devant vous expriment aussi magnifiquement cette dignité.
Contemplez donc ces photos. Écoutez le cri des bateys. Et Aidez-nous à faire fleurir la croix des Bateys. Aidez nous a détruire l'esclavage ! Aidez-nous à faire en sorte que le sucre n'aie plus cette saveur à sueur et à sang. »

Maguy Metellus (en compagnie d’Émile Gastongay sur la photo) : « On ne peut que saluer Céline Anaya Gauthier bien bas : pour son audace, son courage, sa détermination, sa créativité et bien sûr son talent.
Des compliments vont également à la compagnie qui a su faire un travail d’une qualité incomparable dans la reproduction des images grand format.
La galerie Mosaïk’Art mérite notre gratitude pour avoir accepté de laisser transformer son espace de la sorte - il faut aller voir pour comprendre !
Et que dire de la commissaire de l’exposition qui a su utiliser les images et les éléments sonores de façon à leur donner toute leur puissance d’évocation et a eu l’excellente idée d’utiliser le foin du Québec pour quelque peu recréer les champs de canne
Et en tant que coordonnatrice du colloque, qui a su, en situant l’événement dans la sensibilisation et non la dénonciation, dans la concertation et non l’exclusion - manifestes dans le choix des membres du panel et les invitations - permettre des échanges tout compte fait sereins et temporiser un climat qui aurait pu être explosif
Parce qu’indiscutablement l’autre grand mérite de l’événement Esclaves au paradis, est sans contredit de permettre pour la toute première fois il me semble, la rencontre des communautés haïtienne et dominicaine de Montréal autour de ce sujet ô combien sensible.
Céline Anaya Gautier pourra se dire qu’elle aura su atteindre ses objectifs de susciter prise de conscience, réflexion, débats, prises de parole. Devant impérieusement déboucher sur une prise de position et des gestes concrets.
On ne pourra donc assez remercier les organisatrices et leurs partenaires de cette heureuse initiative et leur souhaitons de pouvoir aller au bout de leur ambition, qui est d’en arriver à des propositions réalisables pour un changement réel. Pour que nous n’ayons pas, dans vingt ans, à renouveler l’expérience ».
Danielle Magloire : « Une très belle exposition… Les photos son comme des affiches gigantesques et la photographe a fait vraiment des photos magnifiques…C’est très intéressant cette conception de l’exposition où on montre d’abord, avant d’entrer dans les bateys en tant que tels, l’environnement, des plantations de cannes où on voit des individus au travail…Une photo qui m’a beaucoup frappé, c’est cet Haitien-là qui montre une moitié d’une carte d’identité qui a été déchirée, alors qu’il a les papiers de la République Dominicaine. »
Myrtelle Chery : « C’est un événement qui fait écho et qui galvanise la communauté Montréalaise autour du sort des Haïtiens vivant dans les Bateys dominicains. Plusieurs signent le livre d’or et les mots qui reviennent sont : Émouvant... L’innommable... un choc pour l’âme et les yeux... Très parlante, ces photos…pour tout dire … »
Béatrice Veaugrante, directrice d’Amnistie Canada
Amnistie Canada a profité de la tenue de l’exposition pour lancer une campagne de lettres aux autorités dominicaines pour demander leur demander de :
« cesser les expulsions collectives et veiller à ce que les droits fondamentaux de tous les travailleurs migrants soient respectés en cas d’expulsion ;
mettre fin aux politiques discriminatoires qui empêchent les Dominicains d’origine haïtienne d’obtenir la nationalité dominicaine ;
adopter une politique d’immigration qui protège les droits fondamentaux, notamment en ratifiant et en mettant en œuvre la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille. » [gp apr 22/09/2007 18 :00]

samedi 22 septembre 2007

Bientôt une enquête sur l'économie informelle

L'Institut Haïtien de Statistique et d'Informatique (IHSI) réalisera une enquête, la première du genre, sur l'emploi, l'économie informelle et la consommation (EEEICM). L'objectif poursuivi est d'améliorer les statistiques du travail, des comptes nationaux en vue de reconnaître la contribution du secteur informel dans la création d'emplois et la production nationale.Le directeur technique de l'EEEICM, Daniel Milbin, informe que ladite enquête permettra de mesurer et d'analyser l'emploi informel dans l'emploi total tout en étudiant les micro-entreprises informelles.

Dans le souci de former les enquêteurs, l'IHSI organise du 20 septembre au 12 octobre 2007, dans les locaux de la Faculté des Sciences de l'Université d'Etat d'Haïti (UEH), un séminaire de formation, à l'intention de 225 jeunes étudiants venus des quatre coins du pays. De ce groupe, les responsables de l'IHSI auront à choisir les enquêteurs qui réaliseront sur le terrain l'EEEICM en trois phases. La collecte des informations de cette enquête doit être bouclée au mois de janvier 2008.

Selon les informations fournies par le directeur administratif et financier de l'EEEICM, Harry Salomon, plus de 8 000 ménages seront interrogés dans le cadre de cette enquête sur l'emploi, l'économie informelle et la consommation à réaliser en trois phases (1-2-3). M. Salomon qui est aussi directeur des Statiques économiques à l'IHSI confie que 148 enquêteurs et 52 superviseurs seront sélectionnés à la fin de cette séance de formation. Il annonce la fin de la première phase de l'enquête pour le 30 novembre 2007 et celle de la deuxième phase pour la fin de février 2008. La date de la dernière phase est encore à déterminer.

La méthodologie de l'enquête qui cite un document de l'Organisation internationale de Travail (OIT) définit l'économie informelle comme l'ensemble des activités exercées par les travailleurs et les unités économiques qui ne sont pas couvertes ou qui sont insuffisamment couvertes par des arrangements formels.

Dieudonné Joachim

http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=48816&PubDate=2007-09-22

Pain quotidien : le prix à payer

Le prix de la farine a, depuis quelques jours, augmenté sur le marché local. Cela est dû à la flambée du prix de blé sur le marché international, selon les responsables de l'entreprise commerciale Les Moulins d'Haïti (LMH).

Le prix pain et autres produits à base de farine a légèrement augmenté sur le marché local. Et cela n'est pas sans répercussion sur le budget des ménages. Certains grossistes et revendeurs se plaignent de l'augmentation brusque de la farine. « Nous payons actuellement un surplus de 25 % sur la farine, explique Midguet Sanchez, directeur de la boulangerie adventiste d'Haïti. Donc, nous sommes bien obligés d'augmenter nos prix jusqu'à 15 %.» Les consommateurs, pour leur part, font remarquer que le pain qu'ils achètent aux coins des rues est moins volumineux. « Le sachet de ''pain bois'' qui coûtait autrefois 10 gourdes est passé aujourd'hui à 12 gourdes. Dans certaines zones, on peut le payer jusqu'à 15 gourdes », explique une jeune femme rencontrée ce matin dans les parages de la boulangerie de Delmas 60. Le pire, poursuit-elle, c'est que le prix a augmenté tandis que le volume du pain diminue considérablement.

Cette réalité n'est pas la même partout. Des boulangeries font carrément varier le prix du pain entre cinq à dix gourdes, sans pour autant modifier le poids. Cette politique appliquée suite à la flambée du prix de la farine atténue l'effet de la hausse qui affecte le consommateur, la principale victime.
Chez les grossistes, un sac de farine de blé coûtait autrefois 1000 gourdes contre 1225 à 1240 aujourd'hui. A la boulangerie adventiste d'Haïti à Diquini, le pain enrichi est passé de 30 à 35 gourdes. Le prix d'un plateau de 24 pains n'a pas changé à la boulangerie L'Eternel est Grand à Delmas 89. « Les petits détaillants refusent de payer le plateau au prix fixé », lâche Will Dossou, un boulanger de Delmas.
Cette hausse a un impact direct sur la clientèle. Depuis début septembre, des boulangeries reçoivent moins de clients que d'habitude. Une situation qui inquiète certains propriétaires de boulangeries. « Si la clientèle se réduit davantage, nous finirons par fermer nos portes », se désole Midguet Sanchez, directeur de la boulangerie adventiste de Diquini. L'artisan-boulanger dit toutefois espérer à une amélioration de la situation.
Une amélioration qui ne dépend nullement des autorités haïtiennes, selon Saurel Gilet, directeur du commerce intérieur au Ministère du Commerce et de l'Industrie (MCI). Haïti est un pays importateur de blé et par conséquent dépend des variations du prix sur le marché international. « Les consommateurs doivent attendre. Nous dépendons du marché international », reconnaît Emmanuel Brinvil, assistant commercial de Les Moulins d'Haïti (LMH).

Cependant, tout comme les consommateurs, M. Brinvil ne sait pas trop quand cela va changer. Les causes de l'augmentation sont multiples et un peu délicates. Les pays producteurs de blé ont connu une période de vache maigre cette année. Les fortes pluies qui se sont abattues dans diverses régions des Etats-Unis, troisième producteur mondial de blé, ont considérablement diminué le produit sur le marché international.

D'autant plus que, l'utilisation de certaines céréales, telles que le maïs, comme intrants dans la fabrication du biocarburant, notamment l'éthanol, affecte quelque peu la filière. Les spécialistes jettent le cap sur le blé pour la fabrication du biocarburant. Ce qui porte certains pays producteurs de blé à garder leurs marchandises chez eux. La demande étant plus élevée, les producteurs jouent sur le prix.

Haïti n'est pas le seul pays à être victime de la flambée de blé sur le marché international. Plusieurs pays de l'Europe, de l'Amérique et de l'Afrique subissent également le contrecoup. Le prix du blé dans certains pays a presque doublé. En France, par exemple, le prix de la baguette subit régulièrement l'effet yoyo. « Le prix de la baguette n'est plus réglementé en France depuis 1978. Traditionnellement, les boulangers décident de modifier les étiquettes à la hausse ou à la baisse en septembre, et de rares fois en janvier », a rapporté une agence en ligne.
Dans certains pays d'Afrique, notamment au Bénin, on commence à expérimenter d'autres intrants, tels le manioc, dans la fabrication du pain. En Haïti, on pourrait faire de même, souligne Dieuseul Lefèvre, assistant directeur à la direction du commerce interne à Ministère du Commerce et de l'Industrie. « Nous pouvons utiliser certains vivres et tubercules riches en amidon, comme l'arbre véritable, le manioc et autres, dans la fabrication de pain », a-t-il conclu.

Jean Max Saint-Fleur
tmaxner@yahoo.fr

Sherline Chanlatte Duplan
sherlinecduplan@yahoo.fr

http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=48613&PubDate=2007-09-22

Le PIC (Programme à Impact Communal) devient réalité



Vingt communes sont actuellement bénéficiaires du premier lot de 40 projets du Programme à impact communal (PIC). Ce programme initié par l'Etat Haïtien vise l'amélioration des conditions matérielles d'existences des populations rurales et urbaines et le renforcement du cadre administratif et de gestion des mairies.

Un protocole d'accord a été signé, ce vendredi, entre le Ministère de l'Intérieur et des Collectivités territoriales (MICT), le PL-480, des représentants de la Primature et les maires de Bainet et d'Anse-d'Hainault. Ce protocole à pour objectif de renforcer la capacité d'action des mairies à répondre aux besoins immédiats des communautés et permettre aux firmes locales de participer à la réalisation des projets.

Selon le ministre de l'Intérieur et des Collectivités territoriales, Paul Antoine Bien-Aimé, ce protocole d'accord entre dans le cadre du Programme à impact communal (PIC). « Un premier lot de 40 projets pour un total de vingt communes est actuellement en cours. Les communes de Gros-Morne, de Port de Paix, de Marigot comptent parmi les tout premiers bénéficiaires », a-t-il informé.

Financé à hauteur de 500 000 à 3 millions de gourdes, chaque projet du PIC entend renforcer la capacité d'action des mairies et répondre aux différents besoins immédiats des 140 communes du pays, selon ce qu'a informé Michael Lecorps, directeur général du Bureau de gestion PL-480. Selon lui, le PL-480 va mettre des fonds à la disposition des mairies en vue de les aider à réaliser leurs projets. Pour sa part, Marcel Mondésir, l'un des représentants de la Primature, a indiqué que le PIC a débuté depuis juin 2007, suivant une démarche participative. « Les élus locaux et les différents secteurs des communes ont participé à la conception des projets », a-t-il précisé.
Selon M. Mondésir, les projets du PIC répondent aux besoins primaires des sections communales et des communes tout en facilitant le processus de décentralisation et la cohésion sociale. Le renforcement de la production agricole, la réhabilitation de certaines écoles, des centres de santé, la réhabilitation des citernes publiques sont, entres autres, les priorités du programme.
De l'avis de M. Mondésir, la réalisation des ces projets est une façon de créer des emplois dans les zone rurales et urbaines, aussi les firmes locales seront-elles privilégiées.

Wanzor Beaubrun

winby07@hotmail.com
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=48814&PubDate=2007-09-22
Une question:
Combien y a –t-il de programmes?

L'ambassadeur Fritz Cinéas précise

Suite à la publication, dans notre édition du jeudi 20 septembre en cours, de l'article titré "Ascendance haïtienne : binationaux ou apatrides" paru sous la plume de notre rédacteur Samuel Baucicaut relativement aux déclarations de l'Ambassadeur Fritz Cinéas, le diplomate haïtien en poste à Santo Domingo a écrit au journal pour donner sa propre version des faits. Le Nouvelliste publie in extenso la correspondance de l'ambassadeur.

Santo Domingo, le 21 septembre 2007

Cher monsieur Baucicaut,

Je désire tout d'abord vous remercier pour l'occasion que vous m'avez offerte, en fin de votre article paru le 20 septembre 2007 dans les colonnes de" Le Nouvelliste", d'apporter des précisions au sujet de mes déclarations faites le 29 août dernier, à l'occasion d'un déjeuner auquel j'avais été convié par le Groupe Corripio, à Santo Domingo.

Il est vraiment malheureux qu'il soit difficile de publier in extenso ma conversation avec les plus de vingt journalistes de la presse parlée, écrite et télévisée de cet important Groupe qui participaient à cette agape. S'il en était autrement, le débat aurait été académique et n'aurait peut être pas soulevé autant de commentaires.
En répondant à la question concernant la situation des enfants nés de père haïtien ou de mère haïtienne en République Dominicaine, j'ai cité exactement ce qui est prévu à l'article 11 de notre Constitution, nonobstant ce que détermine la Constitution de la République Dominicaine en ce qui concerne la nationalité des enfants nés sur son territoire et ai parlé de la déclaration d'option à l'âge de la majorité.
L'Ambassadeur d'Haïti ne pourrait admettre que les enfants de nos compatriotes nés en République Dominicaine sont des apatrides. Notre Constitution protège justement les enfants de nos expatriés. Nos ressources financières malheureusement ne nous permettent pas de les atteindre partout où ils se trouvent pour leur offrir les services auxquels ils ont droit.
Nous luttons pour le respect des droits de nos compatriotes dans ce pays.
Dès notre arrivée en janvier 2006, à la tête de notre représentation Diplomatique en République Dominicaine, à un moment particulièrement délicat de nos rapports avec nos voisins, notre leitmotiv a été le suivant et nous n'avons jamais cessé de le répéter:" Nous allons travailler pour une entente cordiale" entre notre pays et la République Dominicaine. Mais cette "Entente Cordiale" ne se fera jamais au détriment des intérêts supérieurs de notre Patrie ni de ceux de nos nombreux frères, les ouvriers agricoles, travaillant péniblement chez nos voisins.
Evidemment, l'action d'un diplomate n'est pas toujours visible et dans notre cas plus spécialement. Débattre publiquement nos querelles avec nos voisins aurait été négatif et au lieu d'améliorer les rapports les auraient envenimés. C'est pourquoi le grand public et la presse ne pourront jamais apprécier à sa juste valeur notre action et nos démarches. Nous continuerons à utiliser les voies traditionnelles de la diplomatie, les canaux normaux de communication, filières habituelles par lesquelles les agents diplomatiques doivent passer pour évacuer les querelles, les dissensions, les chocs qui sont souvent le lot des rapports surtout entre pays limitrophes.

Ce que certains appellent " le mutisme" de l'Ambassadeur Cinéas traduit une méconnaissance du rôle du diplomate. Il y a une réserve qui est indispensable dans les positions difficiles et l'activité de l'Ambassadeur, fondée sur la prévention de tout incident, est exposée à des situations à risque qui révèlent toute la fragilité du rôle diplomatique. C'est pourquoi, le sang froid, la réserve, le tact, la maîtrise de soi et la civilité, doivent prévaloir sur les éclats verbaux, souvent préjudiciables aux principes et à ceux que l'on prétend défendre.

La négociation dans la vie internationale est la recherche des solutions par voie d'un accord pacifique. Ce jeu complexe se déroule discrètement par les contacts, les entretiens personnels ainsi que les concessions réciproques et aboutit parfois à des ajustements qui consolident les relations pacifiques, but essentiel de la diplomatie.

Dans leur lettre, les organisations signataires font référence à un certain rapport de la CIA condamnant le régime des Présidents Duvalier " dans le trafic des personnes par l'embauche des braceros à l'époque où j'étais Ambassadeur". Le contrat d'embauchage a existé bien longtemps avant l'avènement en 1957 du Docteur François Duvalier à la Présidence de la République. Il fut un instrument légal signé le cinq février 1952 durant le gouvernement du Général de division Paul Eugène Magloire, repris et modifié le 14 novembre 1966 entre les gouvernements des Présidents François Duvalier et Joaquim Balaguer.
Nous avons certes été Ambassadeur, pour la première fois en République Dominicaine, de mars 1979 à mars 1981 et si le rapport de la CIA nous concernait, il eut été impossible pour nous de devenir, par la suite, Ambassadeur, comme nous l'avons été, aux Etats Unis d'Amérique, près la Couronne Espagnole etc.

C'est l'occasion aussi pour moi, cher Monsieur Baucicaut, de faire savoir que s'il est vrai que j'ai reçu une invitation du Groupe Vicini à visiter leurs bateys et installations, je n'ai pas encore répondu à cette invitation. Mes efforts après plus de trois lettres aux organisateurs du déjeuner pour rectification ont été vains. Je vous rappellerai également les propos attribués à notre Président, S.E. René Préval, lors de sa visite en mars dernier par un important quotidien de cette capitale alors que le Chef de l'Etat n'avait fait aucune déclaration.

Toute notre vie diplomatique a été consacrée à la défense des intérêts supérieurs de notre pays. Nous continuerons à le faire aussi longtemps que le Chef de l'Etat, le Chef du Gouvernement et le Sénat de la République nous en auront gardé leur confiance.Je reste à votre disposition pour tous les éclaircissements que vous désireriez avoir et saisis l'occasion pour vous exprimer, mon cher concitoyen, les assurances de ma haute et distinguée considération.

Dr. Fritz N. CinéasAmbassadeur d'Haïti
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=48799&PubDate=2007-09-21
Commentaires :
Malgré les déclarations fracassantes des organisations qui puisent leurs sèves et leurs essences dans ce genre de situation ou la maladresse conjoncturelle est assimilée à une mauvaise foi structurelle, il faudrait reconnaître une part de vérité dans la mise au point de l’ambassadeur.
Il sera toujours très difficile d’être ambassadeur d’Haïti et toujours éviter ce genre de situation embarrassante. La presse et l’opinion dominicaine utiliseront toujours tous les subterfuges pour mettre les fonctionnaires haïtiens dans leurs petits souliers en les interrogeant sur certains aspects troubles des relations dominico-haïtiennes.
Lors du scandale des médias autour des déclarations prêtées à tort au président Preval lors de son passage en République Dominicaine en mars dernier, nous avions eu les réflexions de ce genre. Sans affranchir complètement le président nous avions déploré l’inefficacité d’un éventuel service de presse de la présidence qui n’aurait pas suffisamment filtré les questions et les thèmes embarrassants pour un président de la République dans le contexte de la complexité des relations entre les deux pays.
Aujourd’hui plus que jamais, il est très compliqué d’être diplomatique haïtien en République Dominicaine, comme il est définitivement très compliqué d’être président de la République en Haïti.
Nous ne prétendons pas absoudre l’ambassadeur Cinéas des ses responsabilités face aux accusations souvent portées contre lui. Nous voulons juste admettre qu’il est très difficile de défendre correctement les intérêts d’Haïti en République Dominicaine quand tous les jours on ne parle que de rapatriement de citoyens haïtiens.

Tiga, fondateur du mouvement Saint-Soleil, revisité par Mérès Wèche

Le critique d'art Mérès Wèche vient de publier une monographie sur Tiga, l'illustre fondateur du mouvement « Saint-Soleil », dont l'oeuvre picturale personnelle ne cesse de susciter de vibrants commentaires. Pour l'édification de nos lecteurs, nous publions cet entretien accordé au journal par l'auteur de ladite monographie
Le Nouvelliste : M. Wèche, à lire les propos liminaires de votre intéressant travail critique sur Tiga, on a l'impression de vous retrouver au coeur d'un vif débat. Est-ce bien le cas ?
Mérès Wèche : C'est précisément au cours d'une discussion animée faisant de Tiga un « hermétique » que l'idée m'est venue d'écrire ce livre aussi vite que possible, non pour épater la galerie, mais pour tenter de faire la lumière sur des questions vivement controversées.
L.N : Donc, l'oeuvre de Tiga suscite des commentaires diamétralement opposés ?
M.W : C'est exact. On les retrouve non seulement sur le plan technique, mais aussi idéologique.

L.N : Comment concevez-vous donc l'approche technique de Tiga ?
M.W : Pour Tiga, l'essentiel dans la création artistique, c'est la maîtrise de la matière, non seulement comme élément basique, mais aussi et surtout comme objet de domination technique. On constate chez lui l'aboutissement d'une quête de l'authentique à travers tous ses moyens d'expression : écriture, peinture, musique, ferronnerie, exercice de langage, etc.
La palette de Tiga n'est pas un kaléidoscope. En ce sens, elle ne recèle aucune tendance décorative. Dans l'ensemble, son oeuvre picturale célèbre la sobriété de la couleur et la force des combinaisons neutres ...

L.N : Vous parlez aussi d'idéologie ?
M.W : Il n'y a pas de doute là-dessus. Les tonalités qu'il priorise s'adaptent avec les philosophies qu'il professe : l'humanisme dont il tire ses valeurs abstraites, le déterminisme qui le fait remonter aux conceptions naturalistes de l'antiquité selon lesquelles il existe des rapports de cause à effet entre les phénomènes physiques, les actes humains, etc.
Pour Tiga, les éléments de la création s'harmonisent, se soutiennent, se complètent et s'interpénètrent. Les symbioses « homme-poisson », « homme-oiseau », « poisson-soleil », illustrent sa démarche qui consiste à prouver que l'être est Un, continu et éternel. A l'exemple d'Anaximandre, il fait de l'indéterminé le principe de sa création.

L.N : Comment comprenez-vous la thématique du soleil chez Tiga ?
M.W : Concernant cette thématique, le terme le plus abondamment répandu est « Saint-Soleil », son aspect didactique. D'autres terminologies, telles que « poisson-soleil » et « l'oeil du soleil » constituent respectivement ses aspects thérapeutique et esthétique ; toute une trilogie solaire en mouvance dans l'oeuvre de Tiga.

L.N : S'agissant de « Saint-Soleil » comme expérience-pilote à Soissons-la-Montagne, est-ce que l'esthétique comme théorie de la beauté peut être à la base de l'expression artistique en milieu paysan ?
M.W : En art, vous savez, quelque idéal qu'il puisse être, le « beau » n'est pas tributaire de la subjectivité du goût, mais plutôt de l'exaltation de l'acte de création. A « Saint-Soleil », il existait une esthétique qui n'était pas une invention bourgeoise, philosophique, mais l'expression inconsciente d'un réseau de rapports nouveaux entre l'art et la vie, entre le naturel et l'artistique. L'art savant, au contact des référents populaires, devient partageable, il renouvelle ses ressources et rafraîchit ses nécessaires bagages symboliques. L'art populaire est à même de satisfaire les normes les plus importantes de la tradition esthétique.

L.N : Sur le plan de la création pure, où se situait Tiga lui-même par rapport à ses disciples paysans ?
M.W : Comme chef de file d'une activité de production artistique en milieu paysan, Tiga ne se considérait pas comme un peintre des degrés par rapport à ses disciples. Il n'était pas en soi une « représentation » distincte, distante, mais une forme d'expression plus élaborée appelée à toujours se redéfinir par rapport au naturel. Comme l'écrit Jean-Luc Nancy, « l'art qui reste là, qui se conçoit comme une représentation est en effet un art fini, un art mort ». Au contact des paysans de Soissons, Tiga renouvelait constamment ses acquis factuels.

L.N : En quoi consiste cette philosophie tigasienne dite du « primodernisme » ?
M.W : C'est par sa quête inconditionnelle de l'authentique que Tiga aboutit à cette symbiose du « primitif » et du « moderne » qu'est le primodernisme ; une démarche esthétique qui identifie la puissance de l'art au coeur du sensible, qui consacre l'innéité du pouvoir créateur, qui affirme l'autonomie des beautés inédites et qui détruit les rapports de subordination entre l'art et la société de profit. Par beauté inédite, j'entends cette générosité naturelle qui caractérise l'art primitif et qui « donne à voir » dans le vagissement originel de la conscience toute l'essence de l'être. En tant que quête inconditionnelle de l'authentique, le primodernisme est à la fois beauté naturelle et artistique.

En se disant primodernité, Tiga initie un mode de représentation qui l'engage dans une subtile définition de l'espace quasiment inaccessible, mais qui lui assure, à la manière de Paul Eluard, « une résistance formelle aux apparences mortelles ». Lui-même eut à dire : « J'ai trouvé mon art à l'école de mon peuple ».
L.N : Pour un peintre d'origine bourgeoise, comment avait-il pu rompre avec les pratiques sociales de son milieu pour aboutir à Soissons ?
M.W : Choisir de s'installer à Soissons et d'y faire école, c'était un choix délibéré pour Tiga de se positionner face au traditionnel marché de l'art haïtien, c'est-à-dire en réaction contre une certaine esthétique consacrée (officielle), sorte de régime de production et de reconnaissance de l'art. Vous admettrez avec moi qu'avant Saint-Soleil, on était loin de concevoir en Haïti une activité picturale non « bourgeoise » ou non récupérée par un certain establishment marchand, qui soumettait à sa loi les pratiques artistiques, en les absolutisant et en leur confiant des pouvoirs de pensée, des modes d'inscription dans la pratique sociale.

L.N : Dès lors, Tiga fait figure d'un révolutionnaire ?
M.W : Tout à fait. Permettez-moi, en passant, de vous dire que Tiga était considéré par certains comme un bourgeois en rupture de classe (considération coloriste), et par d'autres, comme un apprenti-sorcier, par rapport à ses accointances vaudouesques. L'entreprise de Tiga, quoique frappée de suspicion, est certainement perçue comme une révolution esthético-sociale, pour être partie d'un milieu stéréotypé. C'est une prise de conscience solitaire et courageuse.

L.N : Comment expliquez-vous l'émerveillement d'André Malraux face à l'expérience « Saint-Soleil » ?
M.W : Vous changez carrément de registre, et je m'attendais à cette question. Bien avant la publication de son « Intemporel », Malraux montrait dans « le Miroir des limbes » qu'il cherchait le moyen de lutter contre la corruption du temps et l'instinct de mort de l'homme. A l'instar des surréalistes, il se dressait contre toutes les formes d'ordre et de conventions logiques, morales, sociales et leur opposait les valeurs de l'instinct et de l'expression naturelle. Malraux, pour qui l'art est un anti-destin, un accès à l'éternité dans la succession des formes, trouvait à Soissons le reflet de son imaginaire : réécritures et métamorphoses diverses.
L'on comprend bien pourquoi il consacra dans son « Intemporel » un long chapitre au mouvement de Soissons. Ne s'est-il pas exclamé : « Saint-Soleil, l'expérience la plus saisissante et la seule contrôlable de peinture magique en notre siècle »!

L.N : Comment les mythes et légendes se construisent dans l'oeuvre de Tiga ?
M.W : Tiga aborde avec succès les allégories mythologiques et montre une profonde compréhension de la nature humaine. Comme je l'ai déjà dit, il s'obstine à remonter le temps jusques aux conceptions naturalistes de l'antiquité. Sa théorie du « Soleil brûlé », c'est non seulement l'acceptation de l'irrationnel comme valeur assignée dans l'univers, mais aussi un renoncement à certaines conceptions conventionnelles de l'art, une théorie qui montre que le monde de l'inorganique et celui de la vie conspirent pour créer d'étranges et symboliques configurations dans le vaste domaine de l'espace et du temps. Un art qui bouscule certaines structures habituelles pour tenter des coïncidences, parfois proches de l'anomalie, mais combien manifestes et indéniables.
En ce qui concerne précisément les mythes et légendes, ils recèlent sous l'apparence d'histoires imaginaires, toute la richesse et la vérité relatives aux origines de la pensée d'avant la raison. Les principaux mythes, en particulier ceux qui concernent les événements majeurs de la vie, existent en nous, sans que nous n'en ayons conscience. Autrement dit, c'est dans l'inconscient collectif que Tiga va chercher l'essentiel de sa création.
L.N : Et d'où vient que la pensée dominante chez Tiga soit le Soleil ?
M.W : C'est en fonction, bien sûr, de la valeur qu'il donne au mythe. Le Soleil, vous savez, est au coeur de la mythologie de la plupart des peuples de la terre. Grecs, Egyptiens, Gaulois, Germains, Scythes, Mayas, Incas, Aztèques, tous accordaient une importance particulière au soleil. Déifié, ils lui attribuaient la paternité de l'esprit et croyaient que sans lui l'humanité n'aurait été qu'un insondable chaos. « En maîtrisant le feu, dira Tiga, l'homme a pris à l'univers une part de son pouvoir ».

L.N : Vu votre connaissance de Tiga, aviez-vous eu des rapports privilégiés avec lui ?
M.W : Sans avoir été son ami intime et même son proche collaborateur, il y avait entre nous certaines affinités artistiques et intellectuelles, au point de m'avoir invité à présenter trois de mes pièces sur support-papier à son exposition « Noir et Blanc » au début des années 90 à Pétion-Ville. Deux ans auparavant, il m'avait accordé une interview à la Télévision Nationale d'Haïti, réalisée par Raphaël Stines, dans le cadre de l'émission « Coup de pinceau ». Aujourd'hui, à côté du film d'Arnold Antonin sur Tiga, cette production qui date d'une vingtaine d'années garde encore sa fraîcheur et fixe dans le temps le profil de ce grand artiste enlevé trop tôt à notre affection.

L.N : Qu'en pense sa famille de votre récente publication ?
M.W : J'en sais rien. J'avais tout de même pris la précaution de communiquer mon projet à sa fille Paskal qui m'apprenait à Miami, au cours du mois de janvier, que mon nom figure sur une liste laissée par son père, comme personne-ressource à voir dans l'éventualité d'un événement autour de sa personne. C'est, cependant, à mon corps défendant que je m'étais faufilé à Kay Tiga dans la salle de dévoilement de son urne funéraire. N'était ma détermination à y être, je n'y serais pas. Je demeure toutefois redevable à Collette Pérodin d'avoir accueilli à bras ouverts ce projet de publication et à Rudolf Dérose de Photo Vision d'avoir bien voulu l'imprimer en partenariat avec Collection Antilles que je dirige depuis 1980.

L.N : Comptez-vous publier d'autres monographies de ce genre ?
M.W : Toujours en collaboration avec Photo Vision, Collection Antilles s'ouvre sur la production artistique haïtienne, et nous espérons pouvoir nous concentrer sur l'oeuvre d'un autre peintre de l'envergure de Tiga.