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mercredi 11 septembre 2013

Lamothe en Europe : « Les choses vont mieux et on veut le dire au monde entier »

Coopération internationale/Visite
Le Nouvelliste | Publié le :10 septembre 2013
Robenson Geffrard, rgeffrard@lenouvelliste.com
Le Premier ministre a quitté le pays lundi pour une tournée de quelques jours en Europe. Laurent Lamothe a commencé mardi sa visite à Paris où il a eu plusieurs rencontres.
Redynamiser et consolider les relations d'Haïti avec la France, faire du lobbying en faveur du pays au sein de l'Union européenne, inciter des investisseurs étrangers à s'intéresser aux potentiels d'Haïti sont, entre autres, les objectifs de cette tournée entamée par le Premier ministre en Europe. Selon les explications de Laurent Lamothe mardi matin sur les ondes de Radio Magik 9 depuis Paris, la présence haïtienne dans les grandes capitales européennes et devant de grands donateurs est très importante.
« Aujourd'hui, nous avons besoin du support non seulement du gouvernement français, mais également de l'Union européenne, qui a une importante enveloppe d'aide en discussion de vote pour Haïti dans le cadre du 11e FED», a indiqué le patron de la Primature en tournée officielle en Europe du 10 au 14 septembre.
Pour sa première visite en France depuis qu'il est Premier ministre, Lamothe doit 
s'entretenir avec son homologue français, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. En outre, il rencontrera le ministre fédéral belge des Affaires étrangères, Didier J.L. Reynders, le président de l'Union européenne (UE), Herman Van Rompuy, le commissaire européen au Développement, Andris Piebalgs, le commissaire à la Coopération internationale, à l'Aide humanitaire et à la Réaction aux crises, Kristalina Georgieva, le secrétaire général de l'Organisation internationale de la francophonie, Abdou Diouff, et le ministre d'Outre-mer français, Victorin Lurel.
Lamothe se rendra mercredi en Belgique pour rencontrer Herman Van Rompuy, Andris Pielbags et le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reyndres. Vendredi, il reviendra en France où il sera reçu par son homologue français, Jean-Marc Ayrault, et le secrétaire général de la francophonie, Abdou Diouf. Le Premier ministre profitera de son séjour en Europe pour conduire des entretiens avec de potentiels investisseurs et des responsables d'associations qui interviennent en Haïti.
Selon une note de la Primature, les échanges de Laurent Lamothe porteront notamment sur la vision de l'administration Martelly relative à l'aide européenne nécessaire à la reconstruction du pays, le renforcement de la coopération entre l'Union européenne et Haïti et l'appui de l'UE aux programmes gouvernementaux de développement. « L'UE doit également statuer sur le vote d'une enveloppe de 400 millions d'euros en faveur de la République d'Haïti. »



« Au cours de son séjour en France, le Premier ministre haïtien discutera avec les plus hautes autorités politiques de la nécessité de renforcer la coopération haïtiano-française et les liens d'amitié et de solidarité qui unissent les deux peuples ; du soutien de la France à l'épanouissement d'Haïti via son plan stratégique de développement à travers lequel se définissent les grandes priorités pour son essor 
économique. »


 Laurent Lamothe, selon la note, profitera de cette visite pour attirer de nouveaux investissements vers Haïti. Il rencontrera également les représentants de la Chambre de commerce belge et les responsables du Mouvement des entreprises de France (MEDEF) en vue d'attirer des investisseurs dans le pays.
Mardi à Paris, Laurent Lamothe a déclaré sur RFI que l'amélioration du climat des affaires est une priorité pour son gouvernement. « Haïti est en chantier actuellement. Nous avons plus de 800 projets en cours, 300 kilomètres de routes. L'investissement direct a augmenté de 20 %. Les choses vont mieux et on veut le dire au monde entier. »
Devant un parterre d'invités réunis à la maison de l'Amérique latine mardi en soirée, le Premier ministre a repris les mêmes thèmes. Sortant de son discours écrit, le PM a insisté sur le fait qu'Haïti est devenue, grâce aux efforts de la PNH et de l'administration Martelly, l'un des pays les plus sûrs de la Caraïbe avec un taux d'homicide de 9 pour 100 000.
Laurent Lamothe s'est réjoui de la nette amélioration du climat d'affaires en Haïti. « Le pays a enregistré 44 projets d'investissement privés évalués à 225 millions de dollars. » Il a souligné que l'inflation a été maîtrisée à 6,7% et que le Gouvernement vise un taux de croissance de 4.5%.
« Pour ce faire, a-t-il dit, une lutte acharnée est en train d'être menée contre la contrebande et la corruption, l'ULCC a été renforcée et tous les moyens ont été mis à la disposition de cet organisme afin de lui permettre de faire son travail. Pour la première fois, la Direction générale des impôts a pu collecter 15 milliards 920 millions de gourdes deux mois avant la fin de l'exercice. »
Par ailleurs, sur Radio Magik 9, le chef du gouvernement a dit lire dans la presse que le gouvernement du Canada avait l'intention de diminuer drastiquement les fonds mis à la disposition d'Haïti chaque année. « Nous n'avons aucune confirmation des autorités canadiennes en ce qui concerne cette information dévoilée par l'article et je ne veux pas faire de spéculations », a-t-il dit aux journalistes de l'émission Panel Magik.
Denis Paradis, ministre de Développement international du Canada, en visite récemment dans le pays, avait dit observer des progrès dans plusieurs domaines, a rappelé le Premier ministre. « On doit être clair sur une chose, a-t-il dit, le développement d'Haïti ne passera pas par les aides. Il y a des efforts qui se font pour attirer des investisseurs privés...L'aide au développement c'est quelque chose de temporaire en attendant qu'on puisse se prendre en charge... »
Le Premier ministre a dit orienter ses actions vers la souveraineté financière et l'indépendance économique du pays. Pour y arriver, a-t-il souligné, « on doit exploiter nos ressources naturelles, attirer l'investissement, inciter la diaspora à venir investir en Haïti... »
Le Premier ministre est accompagné dans son périple européen des sénateurs Jocelerme Privert et Wencesclass Lambert, de l'Ordonnateur national de l'Union européenne en Haïti Jean-Edner Nelson et du coordonnateur général de l'Office de management et de ressources humaines, Uder Antoine.
Robenson Geffrard, rgeffrard@lenouvelliste.com
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=121133

mardi 10 septembre 2013

"En Haïti, tout est un challenge"

INTERVIEW - Plus de trois ans après le séisme qui a fait 300 000 morts et 1,5 million de sans-abri, Haïti commence à sortir la tête de l'eau. "L'île est en chantier", mais "va bien mieux" affirme son Premier ministre, Laurent Salvador Lamothe, présent en France à l'occasion d'une tournée européenne. Rencontre.
  Pour la troisième année consécutive, la rentrée scolaire a dû être retardée d'un mois en Haïti. Que s'est-il passé ? On voulait être prêt. Il fallait finaliser le programme de scolarisation gratuite que nous venons de mettre en place. Celui-ci permet à 1,2 million d'enfants de bénéficier de l'école gratuite, alors qu'avant, 91 % de nos écoles étaient des établissements privés. Nous avons ainsi réussi à augmenter le pourcentage de personnes scolarisées dans le primaire de 55 à 88 %. En Haïti, tout est un challenge, mais le pays va bien mieux que l'année dernière.
Où en est la reconstruction du pays ? L'île est en chantier. Nous avons actuellement 800 projets en cours. 80 % des 1,5 million de sans-abri après le séisme de 2010 ont été relogés. Par ailleurs, nous construisons 300 km de routes, ainsi que dix refuges d'urgence en cas de cyclone ou de tremblement de terre. Dix ministères détruits sont aussi réhabilités. Mais les dégâts estimés après le séisme s'élevaient à 13 milliards de dollars. Sur les 9 milliards promis par l'aide internationale, seuls 52 % nous sont parvenus. Nous avons par ailleurs mis sur pied le plan de développement stratégique d'Haïti pour faire de l'île un pays émergent en 2030. Pour cela, nous pouvons nous appuyer sur nos ressources naturelles, dont l'or très présent dans nos sols.
  Début juillet, l’ambassadrice américaine accréditée en Haïti, Mme Pamela White, a indiqué avoir constaté de nombreux progrès en Haïti, mais regrette que la corruption continue de gangréner le pays...
 Pour l'endiguer, nous avons agi à plusieurs niveaux. Nous avons augmenté le budget de l'unité de lutte contre la corruption de 40 % et adopté de nouvelles lois. Il y a ainsi eu 72 arrestations ces derniers mois. Mais ce problème concerne tous les pays du monde. Pas plus Haïti qu'un autre.

  Vous êtes aux prises avec la justice pour une affaire de corruption qui aurait abouti à la mort d'un juge. On vous accuse même de "crime de haute trahison". Que répondez-vous ?
En effet, un juge est mort en juillet. Mais une autopsie faite au Canada a confirmé une mort naturelle par AVC. La rencontre avec le juge dont il est question n'avait jamais eu lieu. Tout cela est farfelu, c'est une manoeuvre politique de la part de sénateurs de l'opposition. Et puis, ce n'est pas parce que vous rencontrez quelqu'un qu'il meurt 3 jours plus tard ! Je pense qu'il faut laisser la politique en dehors de ça.

Quelles sont vos priorités aujourd’hui ?
 La lutte contre la pauvreté extrême est notre première priorité. Plus de 60 % de la population gagne moins d'un euro par jour. Un programme d'assistance sociale très ambitieux bénéficie aujourd’hui à près de 800 000 Haïtiens. La construction et le relogement des sans-abri sont aussi deux gros défis. En matière de sécurité, nous avons aussi fait un gros travail : avec un taux de criminalité de 9 pour 1000 habitants, Haïti est devenu un des pays les plus sûrs des Caraïbes. Tous les indicateurs de la sécurité sont au vert aujourd’hui.
  Est-ce qu'on peut espérer qu'un jour, Haïti redevienne un jour la perle des Antilles, voire une destination touristique ?
 Nous avons la 57e plus belle plage de sable fin et de cocotiers au monde, selon CNN. Un aéroport a même été construit pour faciliter l'accès. Chaque zone de notre île a un potentiel. C'est pourquoi nous construisons cinq aéroports. Avec près de 40 % de la population au chômage, le développement touristique est clairement une priorité
http://www.metronews.fr/info/en-haiti-tout-est-un-challenge/mmij!OL9CX6n6m77M/

Haïti demande aux bailleurs de verser une aide directe au pays

Le Monde.fr | 10.09.2013 à 19h44
Le premier ministre haïtien, Laurent Salvador Lamothe, a appelé mardi 10 septembre les bailleurs de fonds à verser leur aide directement au gouvernement afin de reconstruire le pays, ravagé par le séisme de janvier 2010, qui avait causé la mort de 250 000 personnes.
Sur les 9 milliards de dollars d'aide alloués par la communauté internationale, "52 % sont allés vers Haïti, mais ont transité à travers des tiers : des ONG, des agences de l'ONU" entre autres, a expliqué M. Lamothe à la chaîne de télévision France 24.
"PASSER DE L'AIDE URGENTE À L'AIDE AU DÉVELOPPEMENT"
"Il n'y a que 1 % qui est passé directement en appui budgétaire au gouvernement haïtien", a-t-il déploré. "Nous n'avons reçu que 4 milliards, et principalement à travers des ONG", a-t-il ajouté. Ce dernier voudrait "motiver les donateurs, les bailleurs de fonds pour qu'ils passent à travers le gouvernement haïtien directement".
Le premier ministre a rappelé qu'il y avait encore en Haïti "251 000" personnes à loger à la suite du séisme de janvier 2010. "Avoir zéro personne sous la tente d'ici deux ans, c'est notre objectif", a-t-il dit, tout en expliquant qu'il fallait passer de l'aide d'urgence "à l'aide au développement". "La reconstruction a commencé, 300 kilomètres de routes sont en train d'être asphaltées, il y a dix édifices publics qui sont en train d'être reconstruits", a-t-il affirmé.
http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2013/09/10/haiti-demande-aux-bailleurs-de-verser-une-aide-directe-au-pays_3475342_3222.html

lundi 9 septembre 2013

Construire à mains nues 18 kms de route

Nou Pou Nou/Développement communautaire
Le Nouvelliste | Publié le :06 septembre 2013
Valéry DAUDIER vdaudier@lenouvelliste.com
 Les paysans de la quatrième section communale de Grande-Rivière-du-Nord misent depuis toujours sur l'entraide traditionnelle pour résoudre leurs problèmes. Depuis quelques mois, ils ont même entamé un projet que d'aucuns jugent fou : construire à mains nues une route de 18 kilomètres reliant Grande-Rivière- du-Nord à Saint-Raphaël. Une idée qui a germé dans leur esprit après le calvaire vécu lors de l'épidémie de choléra qui a ravagé leur zone enclavée.
Dans les zones éloignées des centres urbains, les paysans ont conservé les formes anciennes de solidarité qui leur ont permis, oubliés pendant des siècles de tous les pouvoirs, de résoudre certains de leurs problèmes. Comme partout en Haïti, l'entraide la plus répandue a été la « Konbit ».
Si certaines communautés ont rompu avec cette forme de solidarité agissante, cela n'a pas été le cas des paysans de Gambade. Dépourvus d'outils agricoles modernes, manquant cruellement de moyens financiers pour améliorer la productivité de leurs terres, beaucoup de fils et de filles de cette section communale de quelque 5 600 habitants ont compris l'intérêt qu'il y avait à s'inspirer des pratiques anciennes.
« Tout ce que l'on fait, on le fait maintenant en konbit, affirme Elvina Marius, secrétaire générale de la Federasyon tèt kole pou devlope Gambade (FTKDG). Ce qu'on aurait pu faire en un an, on le fait en un mois. La konbit, c'est notre force de frappe ! »
Consciente de l'importance de ce type de mouvement associatif, six petites organisations de la section communale ont fusionné pour donner naissance à la FTKDG.
Justement en konbit, ses membres ont construit une maison qui sert de lieu de réunion pour la fédération.
Mais ce n'était que le début d'un commencement... Car tous avaient en tête la bonne cinquantaine de leurs proches ayant péri lors de l'épidémie de choléra de 2010. Des hommes et des femmes qui auraient pu être sauvés s'ils avaient pu être transportés rapidement dans un centre de réhydratation. Chose impossible à Gambade, perdue dans les mornes, sans route, sans centre de santé, sans électricité...
Depuis quelques mois, les habitants se relaient à tour de rôle chaque samedi pour travailler à la construction d'un chemin reliant Gambade à Saint-Raphaël. « Nous nous réunissons chaque vendredi pour prévoir quelque chose à manger pour le lendemain, explique Elvina Marius, une femme qui enseigne à l'école primaire de Gambade. On se cotise, chacun apporte ce qu'il a. »
Très tôt le samedi, ils sont quelques dizaines à traîner avec eux pelles, brouettes, pioches, machettes, piques...
Aucun engin de terrassement ne vient aider ces hommes et ces femmes qui suent pendant des heures sous le soleil, attaquant la terre avec leur seul courage.
Certes, la nouvelle voie ne pourra au début être empruntée par les voitures mais seulement par les motocyclettes et les bêtes de somme. N'empêche que le nouvel accès réduira considérablement le temps et l'argent nécessaires pour se déplacer dans la région.
« Pour se rendre à Saint-Raphaël en transport en commun, on est obligé de payer une course pour Cap-Haïtien puis une autre pour Saint-Raphaël avant de passer à nouveau par Grande-Rivière-du-Nord, explique Julien Wiler, un habitant de Gambade. On tourne en rond.»
Barbe et moustache blanches, Bertrand Clervilus, 42 ans, se dit lui aussi très motivé par le travail en équipe.
Selon lui, la politique politicienne est un frein au développement communautaire. C'est que les rapports entre les membres de la fédération et les CASEC ou ASEC ne sont guère cordiaux.
« Ces derniers pensent que nous sommes d'éventuels candidats aux élections, de futurs adversaires, confie Clervilus. Quand nous entreprenons des petits travaux communautaires, ils nous ignorent. Pour la construction de la route par exemple, on n'a pas reçu d'eux une seule machette... Mais on ne compte pas sur eux. Notre motivation est d'achever la construction de la route. C'est notre rêve et nous y parviendrons !» Quand ? Ils ne le savent pas.
« Ça n'a aucune importance, disent à l'unisson les deux membres de la FTKDG. Nous ne nous donnons aucun délai. Notre objectif, c'est d'arriver à achever le travail. Car nous réalisons que notre destin dépend de nous. »
Il faut dire que les habitants de Gambade ont tiré leçon des catastrophes récurrentes - essentiellement des inondations - qui tombent périodiquement sur eux, comme la misère sur le pauvre monde. Ils ont compris qu'ils devaient se tenir ensemble pour régler les problèmes communs.
« On est obligés de s'organiser si on veut avancer, explique Elvina Marius. En fait, nous faisons du développement communautaire. Car ici, il n'y a rien. S'il y avait un lycée ou une école professionnelle, la zone pourrait garder ses jeunes. Il y a aussi la Grande-Rivière-du-Nord qui constitue une grave menace quand elle est en crue. C'est pour ça que nous avons décidé de nous prendre en main. Il y avait du bon dans la tradition haïtienne, vous savez... » Valéry DAUDIER
vdaudier@lenouvelliste.com
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120845

TROPICANA DECORE PAR LE PARLEMENT HAITIEN

Le Nouvelliste | Publié le : 06 septembre 2013
Les bureaux des deux chambres du Parlement ont organisé, vendredi, une cérémonie d'hommage en l'honneur de l'orchestre Tropicana d'Haïti à l'occasion de son 50e anniversaire. L'activité a été organisée en présence d'un public hétérogène composé, entre autres, de politiques, d'intellectuels et d'artistes.
« Un demi-siècle après, l'orchestre Tropicana continue de faire l'honneur de tous les Haïtiens, a psalmodié le sénateur Maxime Roumer, président de la commission Affaires sociales du Grand corps. C'est avec étonnement, respect et émotion que nous vous recevons en grande pompe ici. Tropic, poursuit celui qui s'identifie à un fan des premières heures de cette formation musicale, a réussi là où beaucoup de groupes musicaux ont échoué... »
« Au nom du groupe, je vous félicite et vous remercie pour cette initiative, a répondu, fier, Antoine Augustin, un cadre de l'orchestre fusée d'or internationale. La vie haïtienne aurait eu un vide sans Tropicana. Eduquer, instruire, amuser et plaire : c'est notre mission première... »
Pour le maestro-conseiller Octavius Charles, dit Ti Blan, « au-delà du symbolisme de cette cérémonie, il y a une dimension de reconnaissance sociale du travail réalisé par sa bande pendant un demi-siècle. Nous sommes là pour lutter contre la mélancolie, la solitude et la nostalgie ».
Le président de la Chambre des députés baptise la formation aux 50 bougies de patrimoine commun. « Tropicana, c'est l'orchestre de la communauté », a dit Jean-Tholbert Alexis, recommandant ainsi aux autres groupes de la nouvelle génération de suivre les traces de la formation capoise.
« Le Parlement vous salue avec honneur et référence, cher Tropicana, s'est réjoui le président du Sénat. C'est avec honneur que les mandataires du peuple vous ont reçu. Nous savons que la route a été longue, glissante, semée d'embûches. Mais vous êtes aujourd'hui «le chouchou, le boul pik » de toute la nation. Tropic, c'est un modèle de réussite. Après 50 ans de succès, l'institution revêt une dimension nationale...»
Pour le sénateur Dieuseul Simon Desras, l'orchestre Tropicana est hors de portée «C'est un patrimoine national, un patrimoine mondial. Chapeau Tropic!» Visiblement en liesse, l'administrateur de Tropicana, Pierre Pelota, croit qu'une telle initiative témoigne la volonté des plus hautes instances de l'Etat de supporter la musique haïtienne.
« Sans nul doute, Tropicana est la Force. Nous marchons droit vers les 100 ans », a-t-il soufflé d'un air heureux.
A la fin de la cérémonie, les membres et fans de l'orchestre du maestro Ti blan ont chacun reçu une plaque Honneur et Mérite pour le travail accompli dans la communauté.
Parmi la brochette de personnalités qui y ont assisté se retrouvent Me Gérard Gourgues, le professeur Victor Benoit, les recteur et vice-recteur de l'Université d'Etat.
La bonne humeur était perceptible sur tous les visages.
Yvince Hilaire
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120966

« Energie pour l'union », PetroCaribe s'y met

XIe Conseil des ministres
Le Nouvelliste | Publi le :06 septembre 2013
Robenson Geffrard, rgeffrard@lenouvelliste.com
Le ministre haïtien des Affaires étrangères a procédé vendredi à l'ouverture de la 2e réunion de la Zone économique PetroCaribe (ZEP) et au 11e Conseil des ministres du même nom. Des représentants d'une vingtaine de pays se sont penchés sur cinq thèmes de coopération qui seront présentés et validés ce samedi.
C'est sous les regards de Simon Bolivar et d'Alexandre Pétion, deux personnalités historiques qui ont scellé les relations entre le Venezuela et Haïti, que le chancelier haïtien, Pierre-Richard Casimir, a ouvert vendredi le XI e Conseil des ministres de PetroCaribe et la 2e réunion de travail de la Zone économique PetroCaribe. Une grande photo de ces deux hommes d'Etat domine la salle où se tient le Conseil.
La ZEP se veut une force sociale régionale avec pour slogan : « PetroCaribe, Energie pour l'union ». Certains pays membres ont déjà commencé les échanges commerciaux, nourriture contre le pétrole du Venezuela.
A l'hôtel Royal Oasis à Pétion-Ville, des représentants d'une vingtaine de pays membres ont poursuivi les discussions entamées en juin dernier au Nicaragua sur le transport et la communication, la chaîne de production, le tourisme, l'aspect social et culturel, le commerce et l'intégration.
Avec un long retard de démarrage dû au décalage entre les vols des participants, les discussions sur ces thèmes se sont déroulées loin des caméras des journalistes.
Les conclusions des séances de travail réalisées pour la première journée de cette réunion de travail sur la Zone économique PetroCaribe seront présentées samedi aux différents ministres des pays membres du programme.
A l'issue de la rencontre, ces ministres signeront une résolution qu'ils soumettront aux dirigeants de leurs pays respectifs en attendant le prochain Conseil qui devrait se tenir en décembre prochain.
Dans son discours de circonstance, le ministre haïtien des Affaires étrangères a indiqué que la tenue dans le pays de ce XIe Conseil des ministres de PetroCaribe témoigne de « l'étendue des progrès réalisés sous l'administration Martelly-Lamothe ».
Pierre-Richard Casimir, qui a salué la mémoire de Hugo Chavez, l'initiateur du programme PetroCaribe, a été chaleureusement applaudi par les participants.
Le secrétaire exécutif du PetroCaribe a, de son côté, salué la capacité dont le gouvernement haïtien, selon lui, a fait montre dans l'organisation de ce Conseil des ministres.
« Le programme PetroCaribe doit participer dans l'amélioration des conditions de vie des populations de la région, a déclaré Astrobal Chavez. Ce programme, a-t-il ajouté, est un acquis de développement qui doit nous permettre de donner d'excellents résultats... »
Dans une adresse écrite à l'attention des participants, le Premier ministre Laurent Lamothe a déclaré qu'«Haïti, qui a déjà accueilli plusieurs événements internationaux d'envergure au cours de l'année 2013, saura encore une fois se montrer à la hauteur de ce rendez-vous important».
Il a rappelé l'importance de cette réunion à partir de laquelle doivent se définir les grandes orientations de la Zone économique PetroCaribe.
« Nous sommes fiers d'être à la fois acteurs et témoins de la naissance de ce nouveau mécanisme de solidarité régionale, porteur de croissance économique et d'emplois afin de combattre l'exclusion qui frappe des millions de personnes dans notre région », a indiqué le chef du gouvernement absent à la première journée de travail.
Egalement absent à l'ouverture du Conseil, le président de la République, Michel Joseph Martelly, s'est félicité de la résolution des chefs d'Etat et de gouvernement quant à la mise en place de la Zone économique PetroCaribe, « qui est porteuse d'espoir et de retombées économiques et sociales pour les peuples de la région, notamment les couches les plus vulnérables ».
Contrairement aux deux précédentes réunions internationales qui se sont tenues dans le pays cette année, le président Michel Martelly s'est retiré pour laisser la place aux photos de Simon Bolivar et d'Alexandre Pétion, deux hommes d'Etat qui ont fait l'histoire.
Le gouvernement haïtien profite de ce Conseil des ministres étrangers pour mettre en vitrine quelque 166 projets financés grâce aux fonds PetroCaribe.
Dans un document préparé pour la circonstance, les autorités soulignent que plus de 300 kilomètres de routes ont été construits ou réhabilités, plus de 80 000 personnes ont bénéficié du programme d'alphabétisation, le programme d'assistance sociale « EDE PEP » a bénéficié à plus d'un million de personnes, la construction de plusieurs bâtiments de l'administration publique, la construction de logements sociaux, entre autres.
Les participants au 11e Conseil des ministres de PetroCaribe en profitent pour découvrir sur le lieu de l'événement les richesses culturelles haïtiennes à travers une exposition artisanale, une fresque peinte au cours de ces deux jours.
Ils découvriront également à une foire dans les jardins de l'hôtel Royal Oasis la diversité des productions agricoles haïtiennes et des produits comme le café, le sucre liquide (sirop de canne à sucre) et le cacao que le pays pourrait exporter vers le Venezuela en remboursement de sa dette, selon les autorités.
Un cocktail de bienvenue a été organisé à l'intention des invités au cours duquel ils ont assisté à une cérémonie vaudou (Samba Zao), des chants a capella (Twoupakapela), des musiques racines (Vodoula) et des shows de guitare avec le groupe Strings.
Robenson Geffrard, rgeffrard@lenouvelliste.com
La mise en oeuvre de l'accord PetroCaribe en Haïti, selon le BMPAD
Utilisation des fonds PetroCaribe La portion financée, générée à travers l'Accord PetroCaribe, est utilisée pour le financement de 186 projets de développement.
Les fonds prévus pour le financement des projets font partie intégrante du budget de la République d'Haïti.
Du montant de US$ 1 316 803 731.00 engagé pour le financement des projets, les fonds transférés au compte du Trésor public, au 31 juillet 2013, totalisent US$ 1 007 288 456.43
Le volume des achats et les flux du compte PetroCaribe De l'entrée en vigueur de l'Accord PetroCaribe au 31 juillet 2013, le montant total des importations d'environ 26 millions de barils de produits pétroliers pour le pays s'élève à US$ 2 757 646 238.60.
La portion cash à payer est de US$ 1 235 678 589.98.
Il a été versé à PDVSA Petroleo S.A. US$ 1 215 680 547.15.
La dette à long terme cumulée au 31 juillet 2013, devant être payée sur une période de 25 ans, se chiffrerait à US$ 1 521 967 648.62.
Cependant, à la suite du séisme dévastateur du 12 janvier 2010, la République bolivarienne du Vénézuela a annulé officiellement US$ 395 000 000.00 de la dette de la République d'Haïti.
Par conséquent, la dette effective d'Haïti au 31 juillet 2013 est de US$ 1 126 967 648.62.
Les fonds de PetroCaribe accusent au 31 juillet 2013 des soldes bancaires de US$ 59 563 655.95 sur le compte en dollars américains et de 5 207 698 182.15 sur le compte en gourdes.
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120971

La fondation Rose et Blanc encaisse un gros chèque grâce à Sweet Micky

 Le Nouvelliste | Publié le :06 septembre 2013
Gaëlle C. Alexis
273 000 dollars américains. C'est le montant remis à la Fondation Rose et Blanc mercredi soir. Le gala des 25 ans de SweetMicky à 300 dollars us le participant a été utile. Que les mauvaises langues qui disaient que le président ne voulait que remonter sur scène se taisent ! Enfants démunis et pauvres pourront bénéficier de beaucoup plus que d'habitude grâce à cette collecte.
Les productions Bellevue ont remis le chèque dans la soirée du mercredi à la présidente de la fondation, Sophia Martelly, et en ont profité pour remercier leurs partenaires, sponsors et la presse par un long cocktail au Palms Résidence, dans les hauteurs de Pétion-Ville.
Pour les fans de SweetMicky et pour les amis du président Martelly, la soirée du 10 août 2013 restera gravée dans leur mémoire pendant longtemps. Classé comme l'événement qu'il ne fallait pas manquer pour l'été, le gala de collecte de fonds organisé par Les Productions Bellevue présidé par Mick Avin a réussi un coup de maître en convertissant les 25 ans de SweetMicky en soirée caritative.
De plus, la fête était belle. Au Palms Résidence mercredi soir, les photos du gala qui défilent sur grand écran dans la salle de réception, prouvent la réussite de la fête du 10 août.
Personnalités politiques, responsables de médias ou directeurs d'entreprises se mêlent avec artistes et amis de SweetMicky.
Vers 8 h 30 pm, quand Sophia, Olivier et Michel Martelly font leur entrée, c'est par respect que l'assistance se lève. Détendu, sourire aux lèvres, chemise blanche qui relève son teint hâlé, président Martelly fait le tour de la salle et salue chaque personne sans distinction.
Tout de suite, Mick Avin prend la parole et fait les remerciements d'usage envers les sponsors, la presse, les artistes, son équipe organisatrice, mais surtout envers le président Martelly qui avait vite accepté de lui confier une si grande soirée.
« Merci de nous avoir fait confiance. Merci à chaque personne de mon staff qui a cru en une équipe si exigeante et qui, je le sais, ne paie pas toujours à temps », lit Mick Avin, président des productions Bellevue.
« Un grand merci au public en général et à toux ceux qui sont là ce soir. Sans vous, le gala n'aurait pas eu lieu », termine-t-il sous les applaudissements.
Ensuite la parole est donnée Sophia Martelly qui se dit « heureuse et fière » de recevoir ce chèque au nom de la Fondation Rose et Blanc. « Depuis cinq ans que la fondation existe officiellement, elle a toujours travaillé pour le bien-être d'autrui et c'est ce que nous allons continuer à faire », insiste-t-elle, le chèque de 273 000 dollars US en main.
Quand vint le tour du président Martelly, il remonte rapidement en arrière pour expliquer les débuts de la fondation, la passion de sa femme pour aider les autres et comment depuis les années 90, ils se mettent ensemble pour tendre la main à ceux qui sont dans le besoin.
« Je ne suis pas venu pour faire un long discours, mais je voulais dire merci aux productions Bellevue. Merci parce qu'ils s'impliquent dans la société et merci parce qu'ils m'ont redonné la chance de monter sur scène. J'espère ne pas attendre 25 autres années pour que cela se reproduise ! Bravo à toute l'équipe et à Mick Avin, initiateur de ce projet », lance le président Martelly avant de se remêler joyeusement à l'assistance.
En attendant les 30, 40 ou 50 ans de SweetMicky, devrait-on commencer à penser au bal de retour du groupe pour 2016 ?
Gaëlle C. Alexis
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120924

samedi 7 septembre 2013

BELLES DE NUIT...CHAPITRE XX

CHAPITRE XX
Il considéra qu’il avait suffisamment travaillé pour offrir à son corps et son esprit quelques instants de répit. Quelques moments d’oisiveté. Il quitta, la sacoche sous le bras, l’aire du champ de Mars et marcha quelques minutes vers son quartier.
A l’entrée de la cour qui abritait ses deux pièces, il remarqua un petit rassemblement de plus de dix personnes devant un poste de télévision qui diffusaient les images d’un match du tournoi des clubs champions d’Europe. Une équipe anglaise affrontait son homologue Allemande. L’ambiance était plutôt bon enfant.
Il échangea quelques mots avec des voisins notamment sur le score du match et la tendance du jeu. Puis il rentra chez lui pour exécuter le rituel de la douche à la belle étoile avec le sceau d’eau, le monticule de pierres lisses, la savonnette cachée dans le trou d’un bloc.
Au moment de ranger son dossier juste avant de s’étaler dans son lit pour finir une journée bien remplie, il réfléchit encore au peu d’attention accordée aux deux mots-prénoms que les deux filles se sont attribuées et qui ont été murmurés aux oreilles des deux jeunes hommes. Juste après des orgasmes sensationnels. Et si toute la clé de l’énigme se trouvait cachée comme un code dans ces deux mots ? A la maison, il ne disposait pas de moyens efficaces pour explorer l’univers de ces deux prénoms.
Elbaid et Refner…
Malgré la fatigue et la lassitude provoquées par la répétition de l’écho des questions sans réponse, il se proposa quand même de débuter un approfondissement du sujet. Il chercha dans un meuble de rangement simulant un rayon de bibliothèque, deux petits dictionnaires basiques utilisés essentiellement pour vérifier l’orthographe de certains mots.
Aucun des deux prénoms n’y figure.
La bibliothèque du journal lui fournira une gamme plus large d’options pour parachever ses investigations.
Les volumineux dictionnaires, les tomes d’encyclopédies devaient bien contenir dans leurs pages des informations concernant ces deux prénoms. Si en réalité histoire ou signification ils en avaient bien entendu.
Il s’endormit facilement sans rêves érotiques faisant intervenir Elbaid ou Refne. Au réveil il enchaina comme un saint rituel bien coordonné les premiers gestes du matin : le café, le sceau d’eau, la douche. Et se rendit tôt dans les locaux du journal.
Il fut accueilli en héros. Comme toujours par le personnel. Lui qui n’avait rien accompli d’extraordinaire. Aucune prouesse. Mais les employés du journal étaient coutumiers des ses excentricités en matière de réflexions. Ses recherches métaphysiques, sa passion pour le triangle des Bermudes, et pour l’univers extraterrestre lui avaient monté une renommée d’homme doté d’une raison dépassant les limites nativement acceptables. Ce qui pour certains faisait de lui un fou. Un fou paisible. Un fou calme. A l’instar de Cyril Caravane…
Les applaudissements qui saluaient son passage dans les couloirs du bâtiment du journal s’intégraient plutôt dans cette attitude ironique qu’inspirent les gens étiquetés de dépourvus de raison. Les gens qui pour la grande majorité des êtres humains ont des comportements rangés en dehors des limites du socialement admis font rire. Le rire de l’insouciance. Un rire trop candide.
Ceux qui ont l’occasion de côtoyer de près Gaspard se méfient surtout de ses questionnements qu’il se fait.
A chaque jour pou lui, suffisait une énigme. On craignait par-dessus tout de se laisser entrainer dans des réflexions profondes sur de vieux et banaux faits divers que la mémoire et l’intérêt collectifs avaient déjà effacés.
Depuis plus de deux ans, il gonflait tous ses proches avec cette histoire de voiture retrouvée au sommet de l’arbre du centre du cimetière. Après un moment de répit, il était revenu avec plus de force à la charge après cet accident tragique qui avait causé la mort des deux jeunes. Les mêmes occupants de la voiture perchée. Pour lui personne ne pouvait lui faire avaler comme explication, une simple coïncidence ou une banale loi des séries.
Ses recherches s’intensifièrent et son intérêt se décupla après les funérailles.
Son apparition au bureau devint synonyme d’énigmes. Énigmes souvent indéchiffrables. Sur la liste remise à jour la plus récente reste l’explication d’un tableau présentant un chat noir portant accroché à son museau une couleuvre verte traversant juste devant le corbillard d’un cortège funéraire.
Ses amis, encore une fois, avaient, vu juste. Sa présence dans les locaux ce matin était bien motivée par la recherche d’éléments explicatifs concernant deux prénoms inhabituels. Orientaux peut –être… Il se dirigea sans détour vers le casier aménagé à l’intention de son ami qui le reçut avec un enthousiasme débordant non dissimulé.
- Alors mon bon ami, lui dit-il, quel bon vent conduit tes pas dans mon humble espace. Une poignée de main ferme accompagna ces mots élaborés avec une pointe de liberté entachée d’un zeste d’ironie
…- C'est toujours avec un immense plaisir que je viens parmi vous pour remplir malgré moi, ma mission qui est celle d'éblouir vos instants ténébreux de ma divine lumière.
A ce stade, personne ne se sentait choqué par cette réplique hautaine qui, venant d'un autre personnage, aurait été accueillie avec une certaine répugnance déclenchée comme un réflexe nauséeux pour vomir en jet cet accès de mégalomanie insupportable.
Les gens se mirent à applaudir. Certains reconnurent qu'il avait frappé encore plus fort ce matin. D'autres confessèrent avec clameur qu'ils n'allaient pas oublier de si tôt cette réplique bien membrée. Son ami, le journaliste, inclina la tête en signe d'hommage en récitant une litanie sortie de la prière chrétienne.
- Je vous salue cher maître...
Il l'interrompit de façon sèche en lui disant cette réplique sortie de sa propre besace: - Tu le sais très bien, mon bon ami et cher collègue qu'il n'est de Maître et de rois que dans l'esprit de ceux qui colportent comme un fardeau un statut d'esclave ou de sujet difficile à jeter devant l'autel de toutes les libertés.
- Cher Gaspard, en effet, tes idées sont définitivement éblouissantes. Reprit le collègue qui semblait être tout à coup inspiré pour mijoter une de ces situations mi embarrassantes, mi agaçantes à son endroit.
Ainsi continue-t-il sur un ton assez aguicheur...
- Ça tombe bien figure toi. Il serait ridicule que de ne pas voir en toi l'homme providentiel que tu as toujours été. Ta lumière nous sera encore une fois plus que salutaire.
Il lui fit signe de prendre place à sa droite. Juste derrière le bureau qui exhibait en premier plan, un tas de feuilles blanches comportant des textes écrits à la main et à la plume et à l'encre bleue. - Je vais te faire une mise en contexte pour que tu puisses bien me comprendre.
Le regard sûr, rivé sur les copies, Gaspard, prêta une attention soutenu au récit sérieux que lui faisait son ami.
- En effet cher ami, la semaine dernière je suis parti dispenser mon cours de philosophie à l'école et je suis passé juste après un cours de linguistique sorti du cerveau de l'un des directeurs. En fait, discrètement et sans l'avouer, il mettait à la disposition des élèves, des outils pour cerner et comprendre l'orthographe du créole.
J'aurais dû dire sa façon par lui préconisée pour l'écriture du créole. Il initia donc pendant une heure, juste avant mon temps de cours, les élèves à l'alphabet phonétique international. Il s'appuya bien sur la règle d'or "d'un seul signe pour un seul son et toujours le même signe pour le même son". J'ai donc retrouvé au tableau des phrases écrites issues du français et du créole en phonétique internationale.
Cette écriture que nous lisons souvent accrochée aux mots et aux expressions dans des livres de langues étrangères comme l'anglais et l'espagnol indiquant leurs prononciations correctes. Je me suis dit que c'était à la fois intéressant et amusant. Après avoir parcouru l'ensemble de ce qui se trouvait écrit sur le tableau, j'effaçai tout de quelques coups de brosse. Afin de ne pas oublier, je notai dans le coin supérieur gauche, en phonétique internationale, onekomone.
Sans faire semblant d'y accorder la moindre importance, je me suis retourné face aux élèves pour m'engouffrer dans un cours sur le hasard et le déterminisme faisant intervenir Cournot et son concept et bien d’autres d’ailleurs.
A la fin de mon heure de cours dispensé, j'effaçai encore une fois le tableau pout n'y laisser que ma fameuse phrase écrite bizarrement et qui se lit mieux en phonétique : Onekomone.
- Les jeunes, leur dis-je avec un sérieux militaire, je voudrais vous laisser un petit travail de réflexion philosophique ouverte pour la semaine prochaine. La compréhension du sujet étant une partie intégrante et évaluable, je vous demanderais de copier en français normal ce que vous lisez actuellement en phonétique internationale.
Pour la première fois, depuis son récit, Gaspard ne put s'empêcher de l'interrompre. Se grattant la partie du crâne située juste au dessus de l'oreille droite, les yeux écarquillés d'émerveillement il prit la parole et dit:
- Mais c'est monstrueux ce que tu leur as fait. Les possibilités d'écritures sont très nombreuses!
- En effet, répondit le journaliste, en pointant du doigt le tas de copies reposant sur le bureau, devant eux. Puis continua son recit...
- Le plus marrant de la situation, mon cher Gaspard, un étudiant a compris que les possibilités d'écritures étaient multiples et m'a rendu de multiples copies.
- Alors là, ça relève du pur génie. C'est qui ce jeune homme? Le premier de sa classe?
- Loin de là. Un jeune brillant certes mais assez atypique. Il ne s'intéresse qu'aux sujets que lui il trouve passionnants.
- wow! Le prototype du vrai génie! Indépendamment du fond de ses dissertations, il mérite la meilleure qualification... - Je savais qu'il allait te plaire. Ces amis disent qu'il est fou. Il est passionné des histoires de moines bouddhistes. Il parle et dit pratiquer la méditation transcendantale. Il dit pouvoir faire sécher un drap avec la chaleur émanant de son corps durant une séance de méditation-concentration. Ses lectures préférées traitent de Lobsang Rampa. Comme musique il écoute un chanteur de reggae de nationalité jamaïcaine qui ne se coupe pas les cheveux...
Gaspard était ravi de savoir de l'existence d'un tel jeune homme. Il tutoyait un état proche d'un orgasme foudroyant.
Son ami pour finir, ajouta
- Il s'amuse avec les copains à résoudre des multiplications à trois chiffres en haut et trois chiffres en bas plus rapidement qu'une calculatrice.
- Ce jeune homme possède quelque chose de divin. Une grande part de divinité ! S'il n'est pas le Christ redevenu homme, il doit être forcément l'antéchrist ou son envoyé spécial, ou son cousin...Je peux le rencontrer?
- On se calme cher ami. On verra tout cela après. Pour l'instant, j'aimerais juste que tu prennes et que tu corriges quelques copies. J'avais pensé au départ garder les autres copies et te passer celles bien nombreuses du jeune homme. Mais tu es en admiration devant lui. Tu seras incapable d'impartialité et d'objectivité au moment d'évaluer ses copies. On va donc faire le contraire.
Le journaliste sortit d'un tiroir un lot moins volumineux de copies et les tendit à Gaspard qui comprit que le tas de feuilles griffonnées à l'encre bleue visible des le début ne représentait que le travail du seul jeune homme. Il se mordit les lèvres en pensant qu'il venait de rater une occasion unique de rentrer dans la tête d'un vrai génie scellé par quelque chose de divin.
- Tout viendra à l'heure puisque tu sais attendre, lui dit le journaliste en guise de geste réconfortant en lui tapotant l'épaule.
- Je dispose de combien de temps?
- Prends-toi une petite semaine
Gaspard se dit : tel et pris qui croyait prendre. Lui qui était venu quérir une information sur deux prénoms orientaux, probables clés de l'énigme qu'il avait du mal à éclaircir, le voilà maintenant happé par l'insoutenable envie de pénétrer le monde de ce jeune peu compris par ses paires.
L'envie le faisait tournoyer comme pris pieds et mains dans un tourbillon d'une violence inouïe.
Là, il ne savait plus comment changer de sujet. Comment troquer son intérêt pour revenir vers son dossier important certes mais pas plus que les informations qu'il détenait enroulées sous les aisselles.
Son ami le journaliste le connaissait très bien. Il était impératif de le faire revenir sur terre. Il lui revenait à lui de l'aider à remonter le temps et faire ce voyage vers don monde à lui.
- Alors Gaspard, si on repartait à zéro, après avoir fermé cette intéressante parenthèse?
- J'ai failli oublier, le but et surtout l'objectif de ma visite dans ces locaux ce matin. Bref. Je voulais voir avec toi pour savoir si dans une de ces mythologies pour lesquelles tu démontres la plus religieuse des passions ce que pourraient évoquer pour toi des mots comme elbaid et refne.
- Comment tu dis? Elbaid...refne? Tu les a lus où ces mots? Dans quel contexte ?
- Il s'agit encore et toujours de mon enquête sur la mort des deux jeunes hommes. Ces mots seraient des prénoms. Des prénoms de jeunes filles. De jeunes filles plutôt riches, modernes évoluées, très émancipées, sexuellement.
- Elbaid? ...Refne?...Ça ne me dit pas grand chose. J'ai déjà entendu Jefte comme prénom masculin. Tu devrais jeter un coup d'œil dans les grands dictionnaires du placard.
- Merci, c'est effectivement ce qui me reste à faire.
Gaspard s'extirpa du groupe. Il trouva refuge dans une petite pièce déjetée du bâtiment comme un repli pour finir un élément non compris dans le plan initial. Peu de gens comprenaient l'utilité de ce recoin dans un espace assez juste pour le volume de travail et de travailleurs qui le fréquentaient. Un projet de réaménagement avait été planifié. Ce, depuis des années déjà. Cependant les ressources financières, toujours de plus en plus restreintes, guidaient et orientaient la hiérarchie des priorités.
Pour une fois, cet espace allait à Gaspard comme un gant. Il pouvait s'y enfermer sans être vu. Donc sans être dérangé. Il ne pouvait voir personne. Donc il ne dérangeait personne. A la rigueur, quelqu'un en quête d'un isoloir pourrait tomber sur lui. Mais la chaleur des lieux était la plus efficace des forces dissuasives.
Avant de s'isoler, il avait extirpé des rangées de deux grands buffets antiques, véritables garde-mangers taillés dans du bois d'ébène centenaire, deux grands et vieux dictionnaires. Sa recherche n'allait pas durer indéfiniment puisqu'il allait lire en suivant l'ordre alphabétique. Les mots qui l'intéressaient commençaient par E et R. Respectivement E, L, B et R, E, F.
Le moins volumineux des deux livres correspondaient à un dictionnaire des noms propres. Tandis que l'autre était un classique utilisé par tout le monde. Un vrai dictionnaire. Il débuta ses lectures par ce dernier. Il fut content de voir que le mot ELBAID existait et qu'il correspondait à un nom propre. Des artistes, des mannequins ont porté ce nom. Souvent écrit en deux mots. El et puis Baid. Les porteurs de ce nom écrit en un ou deux mots furent des personnages si différents qu'il ne vit aucun intérêt à en rapprocher un d'eux de son dossier. Les données piochées dans les deux livres lui permirent d'arriver à cette conclusion.
Quant à Refne, le mot le plus proche qu'il trouva correspondait à l'abréviation du nom d'un réseau de chemin de fer d'une nation européenne.
Il allait, comme souvent, depuis qu'il avait voulu embrasser cette enquête, repartir bredouille. Mais sa force de persuasion était telle que rien ni personne ne pouvait le faire lâcher prise. Il était tous les jours, encore plus convaincu que l’enchaînement de tous ces événements ne pouvait être platement le fruit d'un simple et limité hasard.
Ainsi il se poussait lui-même des zèles pour aller plus haut et plus loin. Même quand les plus fermes espoirs se transformaient en amères désillusions.
D'ailleurs deux heures de lecture ne sont jamais vaines. Que le livre soit la bible, un manuel de bandes dessinées, une revue pornographique, un journal ou autre chose, on y apprend toujours quelque chose.. Auteur: Jonas JOLIVERT

Haiti to host CFU under 17 final round


Port-au-Prince (Haiti), Sep 7 (IANS/CMC): Haiti will host the Caribbean Football Union (CFU) women's Under-17 final round starting this month.
 The final round will be played in two groups from Sep 18 to Sep 30 at the Sylvio Cator Stadium here, reports CMC.
 The top two teams from this final round will advance to the CONCACAF Under-17 finals scheduled for Jamaica in October.
 In Group A, Puerto Rico will meet the US Virgin Islands Sep 20 while hosts Haiti will face Antigua and Barbuda.
 The first game of Group B is scheduled for Sep 21 when Dominican Republic will meet Bermuda and Trinidad and Tobago take on Grenada.
 The semi-finals will be played Sep 27, and the third-place play-off and the grand final will be held Sep 29.
http://www.daijiworld.com/news/news_disp.asp?n_id=187610

Haiti's Unsung Heroes

Joseph Cahalan, PhDCEO, Concern Worldwide U.S.


In some quarters, Haiti has become a convenient lightning rod for all that's wrong with humanitarian aid and development assistance. You've no doubt heard it all: the problems are too complex and intractable; another example of the developed world forcing solutions on the developing world; fraud, corruption, and mismanagement syphon much-needed resources; quick fixes that are fleeting and unsustainable; and on and on and on. There's truth in that story line, of course, but it's only part of the story. Here's the rest.
On a recent trip to Haiti, I visited Port-au-Prince, the chaotic capital city of some two million people, and Saut d'Eau, a community of about 35,000 people and a rough two-hour drive northeast of Port-au-Prince. Concern Worldwide has been on the ground uninterrupted in both places since the mid-1990s. They don't consider themselves extraordinary, but I do. They are precisely the type of people you would want doing this work--big-hearted and tough-minded.
In Saut d'Eau, they followed our standard operating procedure: listening before doing. After rigorous data assessments and still on-going community conversations, Concern staff worked with the residents of Saut d'Eau to design a series of programs they wanted to help lift themselves out of poverty.
Like parents and communities the world over, they wanted their children to have a better future, making education a top priority. But rather than just building schools, Concern focused on training to improve the quality of education -- quality that will be measured and verified every step of the way. One teacher, Willie Sanon, told me that he thought he was a good teacher a few years ago. Now, he says, "I know what a good teacher is. I've become one on the way to becoming a great teacher." Working with people -- often women who had previously been too poor to participate in more traditional development programs-- Concern adapted a package of support to build capacity as well as confidence, both of which are equally important for people to move out of poverty for the long term. This includes the design of a training course and weekly follow-up support and guidance from a case worker that takes place over an 18-month period to give previously marginalized people the business and leadership skills to become aspiring entrepreneurs. Gradually, financial and material support from Concern is scaled back as people become eligible for loans to expand their small businesses.
We visited one of these small business owners, a proud woman named Annite Israel, who met us at her home that was built with proceeds from her business. Her journey has not been easy and Annite has had setbacks, but she also has resilience in abundance. When asked what Annite liked about the training she received, she said "all of it" and then proceeded to recite the ten parts of her curriculum. I have no doubt she will put it to good use.
Concern also organized 300 mango and avocado farmers into an association that has doubled their production and increased the price of their goods fivefold. In partnership with the Haitian government, we've almost completed a nearly eight-mile road to the ominous-sounding area of "Montagne Terrible," the most isolated part of the commune. In a few months, the road will link another farming community to the cooperative and improve the quality of life for another 1,400 farming families. The director of the cooperative, Jean Hilaire Florimau, says that "our crops, our lives, and our sense of self-worth all have improved."
The most ambitious of the work we are doing in Saut d'Eau is an attempt to jump-start a fledgling tourist industry. The community has at least two major attractions -- a magnificent waterfall and a culture where Christianity and voodoo live side by side. Each July, tens of thousands Haitian pilgrims descend on Saut d'Eau to celebrate a major voodoo holiday. Sadly, they leave little but garbage behind. If the nascent local tourism board has anything to say about it, soon they will be leaving money.
Ground is about to break on the construction of a cultural and tourist center. Eight residents are receiving support to construct small bed and breakfasts. The waterfall is one of a number of important tourist sites; five more of these are being made more appealing and accessible. Marketing plans are being drawn up. Sure, there are a lot of challenges ahead and the odds may be against it. But after meeting the tourist board, made up of all Haitians, I'd say it's a good bet.
In Port-au-Prince, our work is very different. Relocating people still living in camps is of paramount importance. While the public may perceive that the majority of those who lost their homes in the earthquake are still living in camps, the reality is something different. Just after the earthquake, some 1.5 million Haitians called camps their home. That number has already been reduced to 250,000 -- a number of course that is still unacceptable, but progress is being made, camp by camp, family by family.
In 2010, Concern developed a program called "Return to Neighborhoods," which created a framework for getting people out of camps and into permanent homes through rental subsidies and small cash grants. Some 2,850 people are now living in rented housing because of the efforts. Concern is now focusing on Boliman Brandt Camp, home to nearly 10,000 people. It's a rough place where food and water are constantly in short supply and cholera and gang violence are a way of life.
Each of these families -- 2,700 in total -- will soon have a new home, a year's rent paid up-front, and a $150 stipend to ease their transition. If history is a guide, the stipend will be used for education. Yes, that's right: parents who have nothing will invest their small windfall in their children's education. In eight short weeks, Boliman will be no more. The number of camp-dwellers will shrink by another 10,000 people. And this work will continue.
Our team in Haiti and the people they help are heroes in my book. Unsung heroes. We tend to focus on what is wrong with relief and aid, and in some cases it is justified. But it is time we recognize the people who are dedicating their lives, long after the world has moved on, to chipping away at the work that remains to be done in Haiti. It's a story of commitment and resilience, of hope and promise, of people who want and deserve a chance for a sense of normalcy.
It's not the stuff of headlines, but it's inspiring nonetheless.
Concern Worldwide is an international non-governmental organization dedicated to reducing extreme poverty through emergency response, recovery, and development programs. For information, please visit our website or follow us on Twitter (@Concern).
Follow Joseph Cahalan, PhD on Twitter: www.twitter.com/@JoeConcern
http://www.huffingtonpost.com/joseph-cahalan-phd/haitis-unsung-heroes_b_3875827.html

Grand Opening: Little Haiti Optimist Club Community Tech & Youth Center

BY DANIELLA MEDINA
DMEDINA@MIAMIHERALD.COM
A new social, educational and recreational center will open its doors on Friday in Little Haiti.
A ribbon-cutting ceremony will be held at 4 p.m. for the Little Haiti Optimist Club Community Tech & Youth Center at Soar Park, 100 NW 83rd St.
“Our parks Department and Commissioner Jean Monestime have created a space for opportunity and success, providing families with the tools that they need to improve the quality of their lives,” said Miami-Dade Mayor Carlos A. Gimenez.
The Little Haiti Optimist Club remodeled the existing park building in order to provide residents and their children with computer training, educational enrichment classes, and recreational program opportunities.
The new Center features work stations with computers, printers and copiers; a bulletin board for posting job announcements and other resource information. The facility will serve as a one-stop technology center for residents seeking new careers and personal enrichment. It will offer a wide range of classes and services.
In addition, the new center will function as a youth club with after-school and summer camp programs for school-age children.
The public is invited to attend the ceremony.
Read more here: http://www.miamiherald.com/2013/09/05/3608351/grand-opening-little-haiti-optimist.html#storylink=cpy

With less aid, a stronger Haiti will emerge

TATE WATKINS
Contributed to The Globe and Mail
Earlier this year, Haitian filmmaker Raoul Peck released Fatal Assistance, a documentary that eviscerated the international response to the January, 2010, earthquake that struck his home country. The gist of Mr. Peck’s argument is that most of the $11-billion in pledged aid went to foreign contractors who, along with international diplomats and celebrities, tripped over themselves to undermine local authority and capacity.
In one scene, Haitian officials complain to then-president René Préval about bottled water donations that had come into the country and undercut local water producers. Mr. Préval says that while he’d love to stand up to the unenlightened foreigners who had descended upon the country, Haiti is a weak state. Sometimes it has to sit by and let outsiders call the shots, he says, or else it might scare them – and their funding – off for good.
The scene sums up a dilemma about foreign aid just as the Canadian government considers significant cuts in funding to Haiti. Countries deliver aid to meet pressing needs today, but they might be undercutting chances for a recipient to stand on its own two feet tomorrow.
Haitian officials have bemoaned its “Republic of NGOs” label for years, and since his inauguration speech in May, 2011, President Michel Martelly has preached “trade, not aid.” His administration’s mantra: “Haiti is open for business.”
But the “open for business” cliché is openly mocked in a country with exorbitant energy costs, a regulatory environment and judicial system perceived as inefficient and corrupt, and one of the worst reputations for ease of doing business in the world. And while the administration shouts about its preference for trade, it hasn’t turned down the billions in offered aid. As long as the aid flow remains on full blast, there’s little incentive for the Haitian state to effect fundamental change required for progress.
Foreign aid helps thousands of Haitians – especially funding that provides access to health care – and cutting it would hurt in the short term. In recent years, aid from Canada has focused on providing health care for women and children, feeding schoolchildren and increasing economic opportunities for Haitians through financial services such as microcredit.
But whether it’s from Canada or any other donor, aid hasn’t led to the kind of economic development that would allow multitudes of poor Haitians to help themselves. As economist Michael Clemens of the Center for Global Development has noted, 82 per cent of Haitians who have escaped poverty have done so not by receiving direct aid but by migrating to the United States. And it’s conceivable that donors can curtail aid gradually and prioritize cuts in ways that avoid disastrous shocks for the Haitian families who, for better or worse, rely on aid for subsistence.
Because external funding remains more important than internal revenues – foreign aid has accounted for more than half of the country’s budget in recent years – Haitian officials continue to be more concerned with wining and dining the likes of Bill Clinton than providing the institutions that will help Haiti’s people flourish. One manifestation of the misguided priorities is the manner in which the government raises the small amount of revenue it does collect itself: Tax revenues come mainly from consumption, not income, a regressive system that punishes low-income Haitians, who wind up handing over much larger portions of their earnings than the well-off.
Haitian officials say that by 2030, they want the country to be known as an emerging market, rather than as the hemisphere’s top aid recipient. If Haiti truly wants to transform from the weak state Mr. Préval described into one that has a strong and productive economy in 20 years, someone has to take the first step in turning down the pressure from the aid hose.
Tate Watkins is a freelance economics journalist in Port-au-Prince.
http://www.theglobeandmail.com/commentary/less-aid-for-a-stronger-haiti/article14112209/

Haitian Boys Choir to Perform in D.C. Sept. 13 at Smithsonian

Thirty young ambassadors will remind a Washington, D.C. audience of the enduring spirit—and struggle—of the Haitian people three years after an earthquake devastated the impoverished country.
Les Petits Chanteurs, or The Little Singers, the renowned boys’ choir of the Holy Trinity Episcopal Cathedral Music School of Port-au-Prince, Haiti, will be featured in concert at The Smithsonian’s National Museum of African Art on Sept. 13.
The group, comprised of singers ranging from 8 to 18 years old, returns to the museum after a visit last year. Over the years, ensembles from Holy Trinity Music School have performed at the Kennedy Center in Washington, D.C., at Lincoln Center in New York City, at Tanglewood with the Boston Symphony Orchestra, with the Chicago Children’s Choir and at more than 90 churches across the United States.
“We are delighted to welcome back to the Smithsonian, and especially to our museum, this wonderfully talented group of boys and young men,” Johnnetta Betsch Cole, director of the National Museum of African Art, said in a statement. “At our museum we are committed to supporting connections with the African Diaspora, and we will continue to do what we can to keep Haiti on the minds of Americans and people all over the world.”
The group’s visit to the museum is part of a U.S. tour designed to spotlight the rich musical traditions of Haiti, but also to raise awareness and support for the rebuilding of the Holy Trinity Music School, which was completely destroyed in the Jan. 12, 2010 earthquake. The school is the only one of its kind in the island nation. Before the quake, it served more than 1,000 students and depended on charitable giving to support that mission.
Since the natural disaster, concerted efforts have been made to preserve Haiti’s lushly diverse heritage. Four months after the earthquake, the Smithsonian spearheaded the creation of the Haiti Cultural Recovery Project in partnership with the U.S. President’s Committee on the Arts and the Humanities, Haiti’s Ministry of Culture and Communication and the Haitian President’s Commission for Reconstruction, along with many other governmental and non-governmental entities.
“After saving people’s lives, the next to save is people’s reason for living,” Olsen Jean Julien, Haiti’s former Minister of Culture and Communication and manager of the Haiti Cultural Recovery Center, said of the effort.
Les Petits Chanteurs, accompanied by a Chamber ensemble from the Holy Trinity Philharmonic Orchestra, will continue that effort, offering a glimpse of Haitian art and culture in the concert, which will take place in the Smithsonian’s Enid A. Haupt Garden from 12:30 to 1:30 p.m. The concert is free and open to the public.
For more information about the concert, contact Eddie Burke at (202) 633-4660 or burke@si.edu.
http://www.afro.com/sections/arts_entertainment/story.htm?storyid=79678

Chamblanc : une sœur de retour d’Haïti

Elle ne revient pas de vacances mais de la partie de sa formation de novice qui constitue la deuxième année, une « démarche approfondie de la mission », c’est-à-dire l’assistance et l’aide aux personnes.
C’est des images et des souvenirs plein la tête que sœur Agnès Marie, novice dans l’ordre de Saint-Joseph de Cluny, parle de ses huit mois passés sur l’ancienne partie française de l’île.
Haïti était en effet partagé aux deux tiers sous protectorat espagnol, la partie est, devenue Saint-Domingue, et le tiers restant sous protectorat français, ancien havre des boucaniers français sur l’ouest de l’île dans la partie montagneuse et boisée devenue Haïti. L’histoire rappelle que c’est la première république noire qui est devenue autonome, même si elle a connu par la suite une succession de dictateurs.
Sœur Agnès Marie est partie le 11 novembre dernier, pour arriver à Port-au-Prince au cours de l’année jubilaire, soit les 150 ans de l’arrivée sur l’île des sœurs de l’ordre, des pères de Jacques d’Haïti originaires du Finistère et des frères de l’instruction chrétienne eux aussi de Ploërmel (29).
Le tremblement de terre a laissé des traces
Elle a pu y découvrir les méfaits du tremblement de terre de 2010, encore visibles, car, à part les écoles qui ont été reconstruites, l’éducation des enfants est la priorité du gouvernement en place, l’habitat reste précaire, sous des tentes, et le commerce fait seulement en grande partie de simples étales. Les ONG sont d’ailleurs encore largement présentes et aident les Haïtiens qui se démènent à la reconstruction. L’éducation reste une priorité pour assurer le développement de l’île, il reste encore beaucoup de défis à réaliser et éviter l’exode des plus aisés vers l’Amérique du nord.
Les enfants domestiques
Elle est ensuite partie dans le nord de l’île à Cap-Haïtien, ville de 600 000 habitants, ancienne capitale du pays, détruite elle aussi par un tremblement de terre dans les années 1850, ce qui permit à Port-au-Prince de devenir l’actuelle capitale. Hébergée dans une ­congrégation de l’île avec d’autres novices, elle est devenue enseignante à l’école des “reste-avec”, l’école de l’après-midi pour les enfants domestiques. Ces enfants, de 7 à 17 ans, portant l’uniforme impeccable comme les enfants scolarisés, sont des enfants de familles pauvres de la campagne qui sont accueillis en ville dans de la famille. En contrepartie, ils servent d’esclaves.
L’après-midi, ils sont scolarisés après avoir pris, dès leur arrivée joyeuse à l’école, un repas. Cette situation est « normale » dans la culture haïtienne, car considéré comme une aide aux pauvres, ce qui est aussi l’état d’esprit d’Anne-Marie Javouhey. Agnès Marie assurait dans cette école le soutien scolaire et le français. Elle a aussi enseigné la catéchèse aux enfants de 6e ; cette matière étant une matière à part entière dans l’éducation locale où les enfants sont cinquante par classe.
Plus qu’une expérience un cadeau Elle est très satisfaite de son expérience « dans un beau pays riche, plein de contrastes et fragile » à la végétation et à la culture des fruits et légumes luxuriantes. Elle la qualifie même de cadeau dans sa vie pour la découverte d’un nouveau pays. De retour à Chamblanc, elle a repris l’approfondissement de sa vie spirituelle et en communauté.
L’autre novice, sœur Marie Bruno, termine sa première année de formation avant de partir en septembre « approfondir sa mission » à Maisons-Alfort, près des populations à aider car elle a déjà fait des missions humanitaires pour une association auparavant au Brésil et en Afrique de l’Ouest.
http://www.bienpublic.com/edition-de-beaune/2013/09/07/une-soeur-de-retour-d-haiti

Haïti-PetroCaribe : Ouverture, avec beaucoup de retard, de la XI réunion du conseil des ministres de la Zep

P-au-P, 06 sept. 2013 [AlterPresse] --- Avec quasiment 7 heures de retard, la 11e réunion du conseil des ministres de la zone économique Petrocaribe (Zep) s’est ouverte à Petionville en Haïti, ce vendredi 6 septembre 2013, sous le signe de la confiance dans un « futur radieux », au cours duquel les conditions socio-économiques de vie des peuples seront améliorées.
« J’ose espérer que les résolutions et décisions paveront la voie d’un futur radieux, pour des lendemains qui chantent pour tous les peuples appartenant à cette nouvelle zone économique régionale », a lancé le ministre haïtien des affaires étrangères, Pierre-Richard Casimir, dans ses propos de circonstance.
21 délégations doivent évaluer le développement de la Zep au cours de cette réunion, la deuxième du groupe ad hoc de la Zep.
Transport et communication, chaînes de production, tourisme, commerce et intégration, (programmes) social et culturel sont les grandes thématiques devant être abordées.
Comme pays facilitateur de la thématique « programmes » social et culturel, Haïti devra présenter les axes : centre d’intégration communautaire, université Petrocaribe et activités culturelles.
Avec la Zep (petit clin d’œil aux États-Unis d’Amérique), les membres disent « oui on peut s’intégrer et s’unir dans un schéma autre » que celui généralement imposé dans la région, déclare, avec un tantinet du défunt président Hugo Chavez, le secrétaire exécutif de Petrocaribe, Astro Bal Chavez.
La Zep doit « devenir partie prenante de la réalité [des] peuples [membres », considère Sohail Hernandez, vice ministre à l’économie du Venezuela.
Hernandez plaide aussi pour des « projets concrets permettant [aux membres] de s’interconnecter ».
Chavez omniprésent
La simple évocation du nom de l’ancien président défunt du Venezuela – qui a initié l’accord de coopération énergétique Petrocaribe – semble avoir suffi pour déclencher une pluie d’applaudissements, dans la salle où se tient l’événement.
Sur son compte twitter, le premier ministre haïtien Laurent Salvador Lamothe a lancé « Viva Chavez ! Viva Haïti ».
Une journaliste étrangère s’est même dit « curieuse de savoir ce que pense l’ambassade [des États-Unis d’Amérique] « de cette passion chaviste d’Haïti », sur son compte de réseau social.
Le 7 mars 2013, à la veille des funérailles d’Hugo Chavez (le 8 mars 2013) Lamothe a éprouvé de l’embarras pour répondre à une question d’une journaliste concernant l’aide (entre celle des États-Unis d’Amérique et celle du Venezuela) qui serait la plus efficace pour Haïti.
Petrocaribe permet de « renforcer [nos] économies pour faire face à la crise économique et alimentaire, produite par les contradictions inhérentes au système capitaliste », ont souligné les participants au VIIe sommet Petrocaribe des chefs d’État et de gouvernement, déroulé le 29 juin 2013 à Managua ( Nicaragua).
Dans ce contexte, le ministre haïtien Casimir a rendu « un vibrant hommage » à Hugo Chavez pour « sa vision, son courage et son leadership, en posant la base d’une nouvelle forme de coopération ».
Astro Bal Chavez n’a pas raté, non plus, l’occasion pour marteler un « Vive Chavez, que la lutte continue ! ».
Sur plusieurs visages de personnalités, venues participer aux discussions ici en Haïti, semblerait se détacher une détermination de « s’impliquer activement dans la maturation et le développement de Petrocaribe ». [efd rc apr 06/09/2013 18:01]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article15087#.UisuN9L0HIY

vendredi 6 septembre 2013

Les Jeux de la Francophonie de retour en France

La ville de Nice accueille les septièmes Jeux de la Francophonie, qui réuniront une cinquantaine de délégation autour de compétitions sportives et artistiques, du 7 au 15 septembre. Les grandes nouveautés par rapport aux éditions précédentes seront l’arrivée des luttes africaines au programme, ainsi qu’une plus grande place accordée à l’athlétisme handisport.
Dix-neuf ans après leur deuxième édition à Paris-Bondoufle, les Jeux de la Francophonie font donc leur retour en France pour le millésime 2013. C’est Nice qui a en effet obtenu l’organisation de ces septièmes Jeux, la candidature de la capitale azuréenne surpassant celles de Malabo (Guinée équatoriale) et N’Djamena (Tchad). Ce vendredi, le maire de Nice, Christian Estrosi, accueillera donc Abdou Diouf (président de l’Organisation internationale de la francophonie), Yamina Benguigui (ministre française déléguée à la Francophonie) et François Hollande sur la place Masséna, où la cérémonie d’ouverture a été déplacée, après avoir été initialement prévue sur la promenade des Anglais. Après celle-ci, le président de la république en profitera pour rencontrer la quarantaine de chefs d’Etat et de ministres présents pour l’occasion.
L'athlétisme handisport à l'honneur
Car les Jeux de la Francophonie accueillent cette année 56 délégations, un record depuis leur création en 1989, qui s’affronteront dans sept disciplines sportives : l’athlétisme (18-35 ans), le basket-ball (uniquement féminin, entre 18 et 25 ans), le football (uniquement masculin et pour les moins de 20 ans), le judo (18-25 ans), le tennis de table (18-21 ans), les luttes (lutte africaine et lutte libre, 18-30 ans) et le cyclisme sur route en démonstration (19-22 ans pour les hommes, 18-35 ans pour les femmes) ; ces deux dernières remplaçant la boxe et le beach-volley, présents lors de l’édition 2009 à Beyrouth, mais pas reconduits.
Les compétitions les plus attendues seront sans doute le judo, le football, mais surtout le basket féminin, qui servira aux équipes africaines de préparation à l’Afrobasket, programmé à Maputo (Mozambique) du 20 au 29 septembre prochains. En ce qui concerne le tableau des médailles, le grand favori sera la France, qui a terminé en tête de cinq des six premières éditions, n’échouant qu’en 2001 derrière la Roumanie, qui avait obtenu moins de médailles au total, mais davantage en or.
Mais la grande nouveauté de 2013, c’est surtout l’arrivée de l’athlétisme handisport dans ces Jeux. Certes il était déjà présent en 2001 à Ottawa-Gatineau, mais seulement à travers deux épreuves (le 800 mètres fauteuil féminin et le 1500 mètres fauteuil masculin), uniquement pratiquées par des Français et des Canadiens. Cette fois-ci, hommes et femmes (entre 18 et 35 ans) de 27 pays pourront se mesurer sur le 400 mètres, le saut en longueur et le lancer du disque.
La question des désistements
Comme à leur accoutumée, les Jeux de la Francophonie permettront aux pays représentés de s’affronter également dans des concours culturels et artistiques, également répartis en sept catégories : arts de la rue (hip-hop, marionnettes et jonglerie), arts visuels (peinture et sculpture), chanson, conte et conteurs, danse de création, littérature et photographie. La nouveauté, c’est que tout cela sera accompagné de deux concours de création : un consacré au numérique, l’autre à l’écologie.
Alors que tout semble donc réuni pour des Jeux réussis, de nombreux bruits courent sur de possibles désistements de dernière minute. Une grande partie de la délégation de RDC ne pourrait en effet pas se déplacer, faut de visas, et les Sénégalais seraient encore bloqués à Dakar à la veille de la cérémonie d’ouverture, pour la même raison. Aux dernières nouvelles, l’Egypte pourrait également faire faux bond.

jeudi 5 septembre 2013

Jeux de la francophonie, Haïti présente à Nice

Jeux de la francophonie, Haïti présente à Nice
Le Nouvelliste | Publié le :04 septembre 2013
Valéry Daudier
Avec 48 athlètes et artistes, Haïti sera représentée aux VIIe Jeux de la francophonie qui se tiendront à Nice, en France. 3 000 sportifs et artistes de 55 pays prendront part à ce grand événement alliant le sport à la culture. La ministre des Sports, Magalie Racine, et d'autres membres de la délégation traverseront l'Atlantique ce jeudi.
Le président français, François Hollande, est attendu ce samedi à 19h30, place Masséna, à Nice, pour présider la cérémonie d'ouverture des Jeux de la francophonie. Haïti fait partie des 55 délégations qu'accueilleront les organisateurs de ce grand événement célébré sous le signe de l'amour, de l'amitié, de la fraternité et de la diversité culturelle.
48 athlètes et artistes issus de 11 disciplines différentes, dont cinq disciplines sportives (football, athlétisme, judo, ping-pong et cyclisme), défendront, en effet, les couleurs d'Haïti à ces Jeux auxquels prendront part 55 Etats et gouvernements représentés par plus de 3 000 sportifs et artistes qui auront à se mesurer pendant huit jours. Football masculin, athlétisme, judo, cyclisme et tennis de table, de quoi offrir au pays beaucoup d'échanges utiles pour le développement du sport et pour l'avenir. En football, Haïti sera représentée par sa sélection nationale U20.
Aux côtés des artistes des différentes disciplines dans lesquelles Haïti sera représentée, Samyr Lainé et Linouse Desravines seront les stars de la délégation haïtienne. Le premier en tant que finaliste olympique en triple saut aux Jeux Olympiques de Londres de 2012, la seconde en tant qu'olympienne en catégorie 52 kg aux Jeux Olympiques de Londres.
Outre le sport, le pays sera représenté dans la chanson, la littérature, le conte, la photographie, la sculpture et la danse. Dieulemersson Petit-Frère pour la catégorie littérature. Le jeune écrivain a déjà envoyé une nouvelle aux organisateurs des Jeux. Chelson Ermoza (catégorie conte). Il présentera « Dife flanbo e toran lavalas ». Son conte expose la naissance de la mer des Caraïbes et explique pourquoi elle est si chaude. L'auteur soutient que son titre est « traditionnel », choisi donc dans l'objectif de perpétuer la tradition.
Pour la chanson, Jean Jean Roosevelt, qui compte interpréter cinq morceaux, aura l'occasion une fois de plus d'exposer tout son talent à Nice. Quant à Pierre-Michel Jean, il représentera Haïti dans la catégorie photographie, et Jean Edy Rémy pour la catégorie sculpture. La passion de Pierre-Michel Jean est de photographier des scènes de la vie, les rituels haïtiens, le vaudou.
En ce qui a trait aux danseurs haïtiens, selon les responsables, ils se feront remarquer par leur participation à la Parade des nations à l'occasion de l'événement et porteront des costumes confectionnés par David André, collectionneur et designer haïtien. « C'est avec plaisir que mon pays participera à ces Jeux créés pour promouvoir la paix et le développement dans les pays francophones », a déclaré récemment la ministre des Sports, Magalie Racine, fière du fait qu'Haïti sera représentée à Nice par une délégation forte de 70 personnes, dont 48 concurrents.
De son côté, l'ambassadeur de France à Port-au-Prince, Patrick Nicoloso, a estimé qu'Haïti est un membre fondateur très important de la francophonie. « Nous sommes contents que vous participiez aux Jeux de la francophonie en dépit des malheurs qui vous ont frappés, a déclaré l'ambassadeur. Je veux vous souhaiter plein de succès et plein de bonheur. Notre coeur est avec vous.» Valéry Daudier
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120860

Mort d'un héros national...111e anniversaire de l'explosion de « La Crête-à-Pierrot »

Le Nouvelliste | Publié le :04 septembre 2013
Amos Cincir mcincir@lenouvelliste.com
Le vendredi 6 septembre 2013 ramènera le 111e anniversaire de la mort de l'amiral Martin James Hammerton Killick qui, plutôt que de se soumettre aux Allemands, préféra faire sauter le bateau «La Crête-à-Pierrot» dans la rade des Gonaïves, le 6 septembre 1902. Ce geste héroïque créa une vive émotion dans les coeurs angoissés des patriotes haïtiens.
Voulant rappeler cette date historique, le retraité Praviel Vieux, ancien fonctionnaire de l'administration publique haïtienne, estime qu'il est important de commémorer l'anniversaire de la disparition tragique de ce valeureux héros national. Le cas de l'amiral Hammerton Killick est en effet un témoignage remarquable de la résistance de l'Haïtien.
Selon M. Vieux, il est temps de faire revivre certains grands moments de la résistance. Il est aussi temps de montrer à la jeunesse et aux familles haïtiennes qu'il ne faut pas passer sous silence certaines dates qui ont marqué l'histoire de notre pays.
« Les valeurs culturelles, morales et historiques sont en perte de vitesse dans notre pays, estime-t-il. Notre jeunesse n'a pas de modèle. Que devient une société qui a perdu le sens des vraies valeurs ? En tant que Gonaïvien, depuis mon enfance, j'ai vécu des moments assez forts et historiques, car on déposait annuellement des gerbes de fleurs sur la tombe de ce valeureux homme.»
Retrouvés deux jours après sa mort, ses restes furent inhumés à la Place d'armes des Gonaïves, face à l'hôtel de la patrie, là où fut proclamée l'Indépendance nationale haïtienne. Les funérailles furent civilement célébrées. Le curé des Gonaïves, le père Aubéry, s'abstint d'une cérémonie religieuse, assimilant cette disparition à un suicide. A cette occasion, de nombreux discours furent prononcés, notamment ceux de Valbrune et d'Isnardine Vieux.
Selon le tome II de « l'Encyclopédie Biographique d'Haïti », l'Allemagne, s'étant engagée dans une lutte pour le pouvoir haïtien en 1902, soutenait un camp politique tandis que l'amiral Killick en soutenait un autre. Après la chute du président Tirésias Simon Sam, il y eut une lutte politique entre le général Nord Alexis et le démocrate Anténor Firmin pour la prise du pouvoir à Port-au-Prince.»
«L'amiral Killick, commandait le navire de guerre haïtien « La Crête-à-Pierrot ». Appuyant Firmin, il confisqua un navire allemand transportant des armes et des munitions destinées au gouvernement provisoire du général haïtien Alexis. Un navire de guerre allemand, le « SMS Panther», reçut l'ordre de saisir « La Crête-à-Pierrot ».
« Une fois que les marins haïtiens étaient hors de danger, l'amiral Killick et le Dr Coles, qui lui non plus ne voulait pas quitter le navire, s'enveloppèrent du drapeau haïtien, et l'amiral fit sauter « La Crête-à-Pierrot » en mettant le feu aux munitions. Les marins allemands ne pouvaient pas croire à cet acte héroïque. En faisant sauter son bateau, Killick a non seulement empêché la saisie d'un navire haïtien par les Allemands, mais il a pu détruire les munitions allemandes qu'il avait saisies. Il faillit aussi faire sauter le « SMS Panther », selon un membre de l'équipage allemand.»
Toujours selon « l'Encyclopédie Biographique d'Haïti », en août 1943, un arrêté gouvernemental se lisait ainsi : « Considérant qu'il convient de magnifier dans l'esprit des générations le geste à jamais inoubliable par lequel, le 6 septembre 1902, le commandant de l'aviso La Crête-à-Pierrot signifiait au brutal teuton la volonté haïtienne de ne pas se soumettre ignominieusement à l'agression, le gouvernement a décidé d'émettre une série de timbres-poste pour magnifier la mémoire du grand Hammerton Killick.»
Rappelons que l'« Encyclopédie Biographique d'Haïti », est une oeuvre unique et haut de gamme conçue par l'ex-présidente Ertha Pascal Trouillot et son feu époux Me Jean-Jacques Dessalines Ernst Trouillot, ex-bâtonnier de l'ordre des avocats du barreau de Port-au-Prince, juriste, historien et anthropologue, couvrant le XVIIe et le XVIIIe siècle à travers les personnages et les forgeurs d'idéal de notre histoire.
Livre de lecture facile et passionnante relatant des faits d'hier et parlant de l'histoire haïtienne contemporaine où brille, bien sûr, l'avenir, l'Encyclopédie Biographique d'Haïti constitue « un fonds commun, une oeuvre de référence, un précieux vade-mecum qui renseigne sur un peuple, son histoire et son prestige au sein de la société universelle.»
Amos Cincir mcincir@lenouvelliste.com
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120827

mercredi 4 septembre 2013

Port-Salut, des résistants prêts à protéger « Le Résistant »

Le Nouvelliste | Publi le :03 septembre 2013
Roberson Alphonse roberson_alphonse@yahoo.com
Port-Salut est une zone rouge pour les Casques bleus. Cette ville de la côte sud n'a plus de base militaire mais une statue,"Le Résistant", symbole d'une Haïti qui dit non à l'impunité, aux exactions de certains soldats de la paix. Cette statue que des chefs voudraient raser est protégée jour et nuit par des habitants de la ville.
1er septembre. C'est dimanche. Quelques coqs hystériques chantent le lever du jour. La ville, entre le vert des arbres et le bleu d'azur d'un ciel presque sans nuages, prend son temps avant de se réveiller. Des dévots, Bibles en main, sur le chemin de l'église, passent à côté de la « place de la Résistance », sans trop faire attention à deux gamins, heureux comme des demi-dieux. Des balançoires aux manèges, pieds nus, vêtements usagés, ces garnements s'amusent.
Doudou, le préposé au nettoyage, un bout de tissu en main, à une dizaine de pas de ces gosses, rend nickel la plaque au pied de la statue « Le Résistant », pas bien vue des gens du pouvoir. Cette oeuvre en fibre de verre et en fer du jeune sculpteur Josué Blanchard, ancien de l'ENARTS, montre un homme debout, point gauche vers le ciel, main droite tenant un mât planté dans un Casque bleu estampillé Minustah-Choléra posé sur des crânes. Sur ce qui ressemble à une montagne de cadavres, une chaîne est rompue. Impétueux, un coup de vent venant de la montagne se lève et les couleurs nationales flottent.
Cette place, inaugurée le 2 août, habite déjà des consciences plus que révoltées par les agissements des Casques bleus. Elles bouillonnent et sont prêtes à mourir s'il le faut pour faire échec au projet de briser la statue « Le Résistant ». « Quand il viendra, le bulldozer passera sur mon cadavre », jette Marckens Silvestre, 25 ans. Lunettes de soleil, ce déçu de Michel Martelly, assis à l'ombre du podium, écoute d'autres balancer leurs récriminations et leur mise en garde. Sur une échelle plus élevée, petit à petit, d'autres habitants de Port-Salut sont mis au courant de ce projet. Une pétition circule pour dénoncer la Minustah et le gouvernement qui exercent des pressions sur les autorités locales pour démolir la statue, confie Ernso Valentin, journaliste, animateur de l'émission « Louvri Je » sur radio Fraternité. Elle a déjà été signée par plus de 200 personnes, poursuit-il. « Ici, des Casques bleus ont commis des actes odieux », explique Ernso Valentin, visage de boxeur, regard de révolté.
Le viol sur Johnny Jean, filmé et posté sur Youtube par des Casques bleus, a scandalisé le monde mais on ne dit pas grand-chose de ces femmes mises enceintes par des Casques bleus uruguayens et abandonnées avec des enfants dans les bras, peste-t-il. Le cas le plus emblématique reste, souligne Ernso Valentin, celui d'une jeune fille de 17 ans. Sur la route, entre la place et l'endroit où se trouve ladite jeune fille, il souligne que celle-ci est aujourd'hui âgée de 19 ans. A l'extérieur de l'église Bethsaïda, à Dupin, Rosie(nom d'emprunt) raconte son histoire, avec son fils de deux ans dans les bras. « Julio était mon petit ami », explique-t-elle, pudiquement, sans acrimonie envers cet Uruguayen qui ne verra peut-être jamais cet enfant aux yeux de bronze. Sous les yeux de sa grande soeur et du journaliste, ses mots sont mesurés, sa déception évidente. « C'est comme ça , ils ont profité de la précarité socioéconomique de ces jeunes », indique Ernso Valentin, qui n'est pas le seul à dénoncer le projet de raser « Le Résistant ».
Le député de Port-Salut, Sinal Bertrand, l'affirme. Il dénonce et tance. Eric Jean-Baptiste, homme d'affaires, supporteur de Mirlande H. Manigat (RDNP), grand pourfendeur de la Minustah, qui a mis la main à la poche pour construire cette place, confirme, lui aussi, l'existence de ce projet visant à raser cette statue. Des membres du gouvernement et la Minustah sont derrière ce projet, affirme Eric Jean-Baptiste, ajoutant que cette statue fait désormais partie du patrimoine d'Haïti, un pays qui a toujours dit non à toutes les formes d'esclavage.
On dément en bloc « C'est faux. Tout ce que ces gens disent est faux », lance l'agent exécutif intérimaire (Maire A.I Ndlr) Pierre Clébert, joint au téléphone sur la route nationale numéro 2, entre Port-Salut et Port-au-Prince. Le chancelier Pierre-Richard Casimir affirme qu'il « n'est pas au courant de telles mesures concernant cette place ». Même son de cloche de la part de la Minustah. « La Minustah n'a fait aucune demande, quelle qu'elle soit concernant cette place et cette statue », selon Sophie Boutaud de Lacombe, porte-parole de la Minustah.
Des sources combinées laisseraient croire pourtant que le président Michel Joseph Martelly, qui aurait mal digéré le fait que cette place ait été construite par des « opposants », a passé des instructions pour que cette statue soit rasée. Lucien Jura, joint au téléphone, n'a pas voulu faire de déclaration sur le sujet. Entre-temps, la suspicion enfle à Port-Salut où des gens, jour et nuit, sont en mode résistance pour protéger la statue « Le Résistant ».
Roberson Alphonse roberson_alphonse@yahoo.com
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120752

La mairie souhaite récupérer les rues du centre-ville

Le Nouvelliste | Publié le :03 septembre 2013
Valéry Daudier
La nouvelle commission communale de Port-au-Prince interdit formellement aux garagistes et aux laveurs d'autos (car wash ambulants) d'utiliser les places publiques, les rues et les trottoirs pour garer, réparer ou laver les véhicules. Ces derniers ont jusqu'au 15 septembre pour se trouver d'autres espaces pour leurs activités.
Les conseils communaux de Port-au-Prince se suivent mais leurs priorités restent souvent les mêmes : mettre un peu d'ordre dans la ville ou s'occuper de l'assainissement qu'ils arrivent rarement à gérer. Nommée récemment par le président Michel Martelly, la nouvelle commission communale de Port-au-Prince n'échappe pas à la règle. Dirigé par Joseph Pierre-Richard Duplan, qui travaillait au palais national comme agent de sécurité du chef de l'Etat, le nouveau conseil se donne pour objectif de récupérer les rues du centre-ville, principalement celles occupées par des garagistes et des laveurs d'autos. Comme première décision, la mairie de Port-au-Prince avait déjà annoncé que des rues vont bientôt changer de sens.
« On se rend compte que le sens des rues n'est pas la cause majeure des embouteillages, a expliqué lundi au Nouvelliste Evens Jean-Baptiste, directeur de communication de la mairie de Port-au-Prince. Les garagistes, les véhicules mal garés, entre autres, en sont aussi la cause. » Vu que les rues ne répondent pas à leur vocation première, la commission communale met en garde leurs occupants anarchiques, notamment les garagistes et les laveurs d'autos.
« Un délai ne dépassant pas le 15 septembre 2013 leur est accordé pour déblayer la capitale, avertit la mairie dans une note. Passé cette date, les contrevenants seront déguerpis dans les formes et conditions édictées par la loi. »
Dans l'éventualité que les concernés ne soient pas (encore) avisés de cette mesure, les autorités communales annoncent une campagne médiatique dans les prochains jours. « On va parler aux gens pour qu'ils comprennent le bien-fondé de notre travail, a indiqué le directeur de communication de la mairie. On comprend que c'est dans la rue qu'ils gagnent leur vie, mais on doit aussi mettre un peu d'ordre. Tout est à refaire au bas de la ville.»
Les discours des précédents conseils communaux n'étaient pas différents, cependant les fruits n'ont pas toujours tenu la promesse des fleurs. Evens Jean-Baptiste le reconnaît. « Il n'y a pas eu beaucoup de résultats parce qu'il n'y avait pas de suivi dans les décisions des autorités, estime ce dernier.
Les rues de la ville doivent être déblayées et propres; nous nous donnons l'objectif de faire ce minimum. Nous sommes prêts à mener ce combat.
La route est longue et difficile. Mais, avec la compréhension de la population, on peut y arriver », a ajouté le directeur de communication de la mairie, qui rêve d'un centre-ville propre, pacifié et réanimé par des activités nocturnes. Entre le discours et l'action, le fossé est souvent grand... Valéry Daudier http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120748