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dimanche 23 septembre 2007

Jean-Claude Duvalier amorce son retour sur la scène politique à l’occasion du cinquantenaire de la victoire de son père, François Duvalier, aux présid

Pour sa première intervention en Haïti en plus de vingt ans d’exil, l’ex-dictateur implore le pardon du peuple haïtien pour les méfaits de son régime, mais appelle ses partisans à la mobilisation
samedi 22 septembre 2007,
Radio Kiskeya

L’ancien dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier s’est exprimé publiquement en Haïti pour la première fois depuis son départ en exil, il y a 21 ans, en appelant les haïtiens à lui pardonner ses erreurs lors de la célébration samedi du cinquantième anniversaire de la victoire de son père, François Duvalier, aux présidentielles de 1957.
Intervenant de Paris sur les ondes d’une station de radio de la capitale relayée par des amplificateurs placés dans le cour du Parti de l’Unité Nationale (PUN), "Baby Doc" s’est adressé en français à plusieurs centaines de partisans et sympathisants enthousiastes rassemblés au siège de la formation politique néomacoute situé à Babiole (centre-est de Port-au-Prince).
L’ex-Président à vie, qui séjourne en France depuis sa chute spectaculaire, le 7 février 1986, a demandé "pardon" au peuple haïtien pour les "dommages physiques er économiques" causés par son régime au cours de sa longue domination absolue de 15 ans (1971-1986).
Il a aussi lancé un appel à l’unité nationale et salué la contribution des partis politiques à la "lutte contre la violence". Accusé d’avoir pillé le trésor public, Jean-Claude Duvalier s’est découvert des vertus de leader exemplaire au point de recommander "le respect de la moralité dans la gestion de la chose publique".
Il a enfin convié tous les duvaliéristes à rester mobiliser, car, selon lui, la flamme de l’espoir est en train de se rallumer. Une allusion à peine voilée à un futur rôle dans la vie politique du pays auquel M. Duvalier ne semble pas avoir renoncé, plus de vingt ans après avoir été mis sur la touche par un peuple en quête de démocratie et d’émancipation économique.
Pour sa part, le secrétaire général du PUN, Jacques Deverson, a fait savoir que le triomphe électoral du 22 septembre 1957 était celui du peuple haïtien. Il a qualifié "d’humaniste qui croyait à l’éducation de la jeunesse et au développement de l’université" François Duvalier qui avait, dès 1960, démantelé toutes los organisations écolières et estudiantines, vassalisé l’Université d’Etat d’Haïti et chassé du pays les meilleurs universitaires.
Tout comme Jean-Claude Duvalier, M. Deverson a appelé à la mobilisation des néoduvaliéristes.
Parmi les nombreux sympathisants et invités présents on pouvait distinguer Me Gérard Gourgue, ancien militant des droits humains et candidat à la Présidence, l’ex ministre et Député, Rony Gilot, l’ex-ministre des sports, André Rémy, Daniel Supplice, sociologue et ex-secrétaire d’Etat à la jeunesse et aux sports sous Jean-Claude Duvalier, l’ex-colonel et maire de Port-au-Prince, Franck Romain, les anciens colonels Christophe Dardompré et Léonce Qualo.
La violence, la manipulation des institutions et des fraudes électorales massives avaient permis à François Duvalier, médecin et ethnologue au discours ultranationaliste, de l’emporter le 22 septembre 1957 sur son principal rival, l’agronome Louis Déjoie après avoir écarté deux autres leaders de premier plan, le populiste Daniel Fignolé et le technocrate Clément Jumelle. "Papa Doc" allait instaurer l’une des dictatures les plus féroces au monde en régnant sur le pays sans partage jusqu’à sa mort en 1971. spp/RK

Haïti/Rép. Dominicaine : Vives émotions à l’exposition « Esclaves au Paradis » à Montréal


vendredi 21 septembre 2007
P-au-P, 21 sept. 07 [AlterPresse] --- L’exposition internationale « Esclaves au Paradis » a suscité, cette semaine, beaucoup d’émotions et de réactions en Amérique du Nord lors de la troisième édition du Festival international du film haïtien à Montréal (Fifhm), selon les informations parvenues à l’agence en ligne AlterPresse.
Réalisée par la photographe franco-péruvienne Céline Anaya Gauthier, cette exposition traite de l’esclavage contemporain des Haïtiens dans les plantations de canne à sucre en République Dominicaine.
A Montréal, cette exposition, qualifiée d’émouvante, d’innommable, est considérée comme un choc pour l’âme et les yeux.
Le moment le plus émouvant de cette exposition a été la prise de parole du père Pedro Ruquoy qui, en décrivant les photos, se rappelait des personnes qu’il a connues et aidées, apprend AlterPresse.
Très ému, le religieux, qui ne pouvait même contenir ses larmes, a dû reprendre son souffle à deux reprises.
Pour la première fois, l’événement baptisé « Esclaves au paradis » a permis aux communautés, haïtienne et dominicaine, de Montréal de se rencontrer autour d’un même problème qui concerne l’Île tout entière, soulignent les organisateurs de cette exposition.
La journaliste Nancy Roc, commissaire de l’exposition, rappelle que les braceros (coupeurs de canne à sucre) haïtiens et leurs familles vivent dans des conditions infra humaines en République Dominicaine.
Nancy Roc invite tous les secteurs à faire un faisceau en vue de trouver des solutions concrètes aux problèmes de ces Haïtiens qui se font exploiter arbitrairement dans les bateyes dominicains.
« Chacun doit essayer de comprendre, se poser les questions suivantes : pourquoi et comment, la Première Nation Noire et libre du monde peut-elle encore produire des esclaves au XXIe siècle ? À quel prix, le sucre que nous dégustons est-il fabriqué aujourd’hui ? N’est-il pas fait de sang et de sueur ? »,s’interroge Nancy Roc.
« Quand vous êtes noir, que vous ayez une carte d’identité ou un certificat de naissance, ça ne change rien. Ça n’a aucune valeur ... Dans la rue, face aux agents de l’immigration, vous n’avez plus aucun droit », déplore la commissaire de cette exposition internationale sur la situation des coupeurs de canne haïtiens.
Pour Nancy Roc, l’heure est venue de passer à l’action, d’interpeller la conscience des autorités dominicaines sur les mauvais traitements infligés à ces Haïtiens. Roc appelle à un sursaut collectif aux fins de faire cesser les expulsions massives des Haïtiens et de veiller au respect des droits fondamentaux de tous les travailleurs migrants. [do rc apr 21/09/2007 13 :40]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article6435

Haïti à l’honneur à Montréal - Coup de maître de Fabienne Colas

Envoyée Spéciale - Liliane Pierre-Paul (Texte + Photos)
samedi 22 septembre 2007,
Radio Kiskeya

Le troisième festival international du film haïtien de Montréal se poursuit jusqu’à dimanche dans la métropole canadienne. Lancé officiellement ce 19 septembre 2007, ce jeune festival a pris cette année une dimension spéciale avec la thématique des bateys, dont le point d’orgue aura été le jumelage d’un colloque international sur la situation des haïtiens dans les bateys à une exposition de photos. « Sang, sucre et sueur » tel a été le titre du colloque international qui s’est déroulé dans les locaux de Radio-Canada ce mercredi 19 septembre 2007.

Pendant toute une journée, ce colloque animé par la journaliste Nancy Roc a permis à des invités spéciaux de plancher sur la situation catastrophique des haïtiens vivants dans les bateys. Parmi les principaux intervenants, on peut notamment citer le prêtre belge Pierre Ruquoy, expulsé en 2005 de la République Dominicaine après 30 ans de militance dans les bateys et qui vit depuis en Zambie, Sonia Pierre, militante dominico-haïtienne, récipiendaire des prix Amnesty International 2003 et Fondation Robert F. Kennedy 2006, persécutée dans son propre pays pour son action en faveur des braceros haïtiens dans les bateys, la sociologue et militante féministe haïtienne Danielle Magloire, représentante de Droits et Démocratie en Haïti et la communicatrice Lisane André responsable de la section communication au GARR, organisme de défense des droits des haïtiens en République Dominicaine.
Outre ces interventions mentionnons celles de Gérardo Ducos, de Amnesty International Grande-Bretagne, auteur d’un rapport de l’organisme humanitaire sur les bateys et Thor Halvorssen président de Human Rights Foundation basé aux Etats-Unis. Il est à noter que le débat public a été très animé. Les participants tant haïtiens qu’étrangers ont fait nombre de recommandations pour l’amélioration des conditions de vie des haïtiens vivants dans les bateys. De ces interventions on retiendra celle du consul général de la République Dominicaine à Montréal, Mme Rachel Jacobo, qui tout en défendant la position de son gouvernement, s’est montrée ouverte à un dialogue constructif avec les haïtiens. Elle n’a pas caché ses appréhensions sur l’impact négatif que pourrait avoir ces événement culturels sur l’industrie touristique de son pays, qui dépend entre autres du Canada comme pourvoyeurs de touristes sur « les plages dorées » dominicaines.

C’est ce qui expliquerait peut être qu’elle était accompagnée d’un groupe nationaliste dominicain qui a vainement tenté de détourner le débat vers les problèmes internes d’Haïti telle que la situation des « restavèk » assimilable selon ce groupe à celle des braceros.
Simultanément, se déroule jusqu’au début octobre à la galerie MozaïkArt l’exposition photo « Esclaves au Paradis » accompagné par le chant des braceros de la photographe franco-péruvienne Céline Anaya Gautier. Une exposition qui a déjà eu beaucoup d’impacts tant en Europe qu’en Amérique et qui dérange profondément l’establishment dominicain.
Le festival de films en soi propose 35 films, longs, courts et moyens métrages à l’occasion de cette troisième édition répartie essentiellement sur les sites de l’Office National du Film (ONF) et le centre Léonardo Da Vinci. Tous ceux qui s’y intéressent pourront visionner jusqu’à dimanche soir une demi-douzaine de films consacrés essentiellement à la situation des braceros dans les bateys via « Sugar Babies » de la cinéaste cubano-américaine Amy Serrano, « Le Prix du Sucre » de Bill Haney (USA), « Les Enfants Esclaves » de Karen Kramer (USA), « Batey Zero » de Gérard Maximen (France), « Sucre Noir » de Michel Reignier (Canada), « Le Batey » d’Yves Langlois (France) et « L’empire du sucre »de Brian McKenna (Canada). Quant aux autres films à l’affiche, on retient « Vers le Sud » de Laurent Cantin (France) tiré du roman de Dany Laferrière, « Port-au-Prince au goutte à goutte » de Félix Vinier, « Pélérinage à Thomassin » de Frantz Voltaire et Didier Berry (Haïti), « Le Président a-t-il le SIDA ? » d’Arnold Antonin (Haïti) et un classique du cinéma haïtien « L’homme sur les quais » de Raoul Peck (Haïti-France). La clôture du festival aura lieu ce dimanche 23 septembre 2007, avec en grande première « Le chauffeur » du jeune cinéaste haïtien Jean-Claude Bourjolly entièrement tourné en Haïti. Le nom du récipiendaire du prix Radio-Canada du meilleur film de ce festival sera dévoilé ce même soir.
Le festival international du film haïtien de Montréal est l’initiative de la jeune comédienne haïtienne émigrée à Montréal, Fabienne Colas et de sa fondation éponyme. Fabienne Colas a su pendant ces trois dernières années intelligemment s’entourer d’organismes et de personnalités influentes, tant de la société québécoise que de la communauté haïtienne citons entre autres son compagnon et programmateur du festival Émile Castonguay, le Réseau-Liberté de Réal Barnabé et de Paul Breton qui, d’ailleurs, a été déterminant dans le lancement de ce festival, la journaliste Nancy Roc commissaire à l’exposition « Esclaves au Paradis », la porte-parole de l’édition de cette année, la journaliste Francine Grimaldi, nulle autre que la papesse des activités culturelles à Radio-Canada, l’écrivain haïtien de renommé internationale Dany Laferrière, le chanteur bien connu Luc Mervil, le parolier haïtien et membre du jury Ralph Boncy ainsi que des institutions comme notamment Radio-Canada, l’ONF, Droits et libertés, des organisations et des médias de la communauté haïtienne de Montréal ont été autant de ressources qui ont aidé la fondation Fabienne Colas à mettre Haïti, en quelque sorte, sur la carte du happening montréalais. Ce festival a été entièrement dédié à deux illustres disparus du monde culturel haïtien : Le comédien François Latour enlevé et assassiné le 22 mai 2007 et le réalisateur Raphaël Stines décédé des suites d’une courte maladie le 25 août 2007. RK/LPP
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4168

Haïti/Rép. Dominicaine : L’exposition « Esclaves au Paradis », saluée à Montréal

Samedi 22 septembre 2007
P-au-P, 22 sept. 07 [AlterPresse] --- Plusieurs personnalités du monde culturel et artistique saluent le succès de l’exposition internationale « Esclaves au Paradis », présentée à Montréal, dans le cadre de la troisième édition du Festival international du film haïtien (Fifhm).
Réalisée par la photographe franco-péruvienne Céline Anaya Gauthier, cette exposition traite de l’esclavage contemporain des Haïtiens dans les plantations de canne à sucre en République Dominicaine.
Parmi les réactions parvenues à AlterPresse, il y a celles du père Pedro Ruquoy, qui a longtemps accompagné les braceros haitiens, de la chroniqueuse culturelle Maguy Metellus, de la directrice de la galerie Mosaikart (qui accueille l’exposition), Myrtelle Chery et de la sociologue Danielle Magloire.
Pedro Ruquoy (Texte qui a été lu avec beaucoup d’émotions lors de l’inauguration de l’exposition le 18 septembre) : « Regardez bien ces photos ! Regardez ces yeux : ils vous regardent, ils vous invitent à pénétrer dans le mystère de la souffrance. Regardez ces bouches : elles crient. Elles gueulent « C`est assez ! C`est trop ! » Regardez ces mains, ces bras, ces corps. Ils sont l`image de la misère humaine. Ces photos d`enfants, de femmes et d`hommes parlent et nous disent ce que des monstres sont capables de faire avec les pauvres êtres humains pour produire toujours plus d`argent.
Quand je regarde plusieurs de ces photos, je revis des moments intenses que j`ai eu la joie de connaître dans les bateys du sud-ouest de la Republique Dominicaine. Par exemple, cette photo de la dépouille de Saintilien sur son lit de mort chez moi dans le Batey 5. Je revis le moment ou il est arrive chez moi, maigre, sans force, désespéré. Je revis le moment ou j’ai du lui annoncer qu`il était atteint du SIDA. Et puis le long cheminement que nous avons fait ensemble jusqu’à son départ pour le pays sans chapeau. Quelques jours avant sa mort, les quelques 15 orphelins haïtiens qui vivaient chez mi on entouré Saint Hilien et puis au milieu des chants, je lui ai impose les mains pour lui donner la force de continuer son voyage. Un moment d`une dignité intense. Quelques heures après sa mort, une cinquantaine de coupeurs de canne a sucre sont venus rendre un dernier hommage a ce chauffeur de taxi qui avait quitte son pays pour pourvoir une dette. Toute la nuit ils ont chante, toute la nuit ils ont danse. Toute la nuit ils ont prie. Au petit matin, Il fallait les voir danser avec le cercueil de leur compagnon jusque le trou creuse dans la terre…
En regardant la photo de Tina dans son cercueil, je ne peux m'empêcher de la voir marcher avec son compagnon Lafimen, un vieux coupeur de canne a sucre qui est maintenant aveugle a force de couper la canne. La seule richesse de Tina était son Dieu. Quand elle est morte, les habitants du Batey 3 on entouré son cadavre de fleurs rouges. Ils étaient convaincus que Tina n’était pas morte. Elle avait tellement de foi…
Vous avez aussi cette photo de Lider en train de montrer la moitie de sa carte de coupeur de canne a sucre. Lide est un jeune haitien de la région de Port de Paix. Il avait déjà commence les études secondaires.
Mais a cause de la misère, il avait abandonné ses études pour chercher la vie en RD. Nous étions devenus des amis. Avec lui, nous avions formé un groupe de chanteurs haïtiens. C'est eux qui interprètent la plupart des chants que vous avez sur le CD.
J’avais convaincu Lukner qu’il fallait mieux pour lui retourner dans sa terre natale. Avec un groupe d'une douzaine d’autres adolescents, il avait accepte de rentrer chez lui. Pour ne pas qu’il perde la face, je lui avais donne une belle chemise et un beau pantalon. Quand il est arrive chez lui, il n`à jamais osé raconter l’enfer qu’il avait vécu. Et ses parents ont cru que ça avait bien été en Dominicanie et il a du retourner dans l'enfer pousse par les siens.
Mais vous savez, derrière toutes ces photos, je contemple le même visage : le visage du Maitre. Celui qu'on a un jour cloué sur une croix. Oui ! Sur ces photos, je vois la croix du maitre de Nazareth. Une gigantesque croix pousse sans fin dans les bateys : la croix de l`humiliation, la croix de l’esclavage, la croix du mépris, la croix du racisme, la croix de l'oppression. J'ai eu la chance, la merveilleuse chance de vivre au pied de cette croix, de sentir le cœur du Christ palpiter dans les cœurs de ces victimes. J'ai eu la joie d'accompagner ces crucifies dans leurs souffrances, dans leurs rêves, dans leur espoir. Jamais je n ai jamais été aussi heureux qu'a leurs cotés. Ces esclaves modernes débordent d'humanité. Ils respirent de dignité. Les photos que vous avez devant vous expriment aussi magnifiquement cette dignité.
Contemplez donc ces photos. Écoutez le cri des bateys. Et Aidez-nous à faire fleurir la croix des Bateys. Aidez nous a détruire l'esclavage ! Aidez-nous à faire en sorte que le sucre n'aie plus cette saveur à sueur et à sang. »

Maguy Metellus (en compagnie d’Émile Gastongay sur la photo) : « On ne peut que saluer Céline Anaya Gauthier bien bas : pour son audace, son courage, sa détermination, sa créativité et bien sûr son talent.
Des compliments vont également à la compagnie qui a su faire un travail d’une qualité incomparable dans la reproduction des images grand format.
La galerie Mosaïk’Art mérite notre gratitude pour avoir accepté de laisser transformer son espace de la sorte - il faut aller voir pour comprendre !
Et que dire de la commissaire de l’exposition qui a su utiliser les images et les éléments sonores de façon à leur donner toute leur puissance d’évocation et a eu l’excellente idée d’utiliser le foin du Québec pour quelque peu recréer les champs de canne
Et en tant que coordonnatrice du colloque, qui a su, en situant l’événement dans la sensibilisation et non la dénonciation, dans la concertation et non l’exclusion - manifestes dans le choix des membres du panel et les invitations - permettre des échanges tout compte fait sereins et temporiser un climat qui aurait pu être explosif
Parce qu’indiscutablement l’autre grand mérite de l’événement Esclaves au paradis, est sans contredit de permettre pour la toute première fois il me semble, la rencontre des communautés haïtienne et dominicaine de Montréal autour de ce sujet ô combien sensible.
Céline Anaya Gautier pourra se dire qu’elle aura su atteindre ses objectifs de susciter prise de conscience, réflexion, débats, prises de parole. Devant impérieusement déboucher sur une prise de position et des gestes concrets.
On ne pourra donc assez remercier les organisatrices et leurs partenaires de cette heureuse initiative et leur souhaitons de pouvoir aller au bout de leur ambition, qui est d’en arriver à des propositions réalisables pour un changement réel. Pour que nous n’ayons pas, dans vingt ans, à renouveler l’expérience ».
Danielle Magloire : « Une très belle exposition… Les photos son comme des affiches gigantesques et la photographe a fait vraiment des photos magnifiques…C’est très intéressant cette conception de l’exposition où on montre d’abord, avant d’entrer dans les bateys en tant que tels, l’environnement, des plantations de cannes où on voit des individus au travail…Une photo qui m’a beaucoup frappé, c’est cet Haitien-là qui montre une moitié d’une carte d’identité qui a été déchirée, alors qu’il a les papiers de la République Dominicaine. »
Myrtelle Chery : « C’est un événement qui fait écho et qui galvanise la communauté Montréalaise autour du sort des Haïtiens vivant dans les Bateys dominicains. Plusieurs signent le livre d’or et les mots qui reviennent sont : Émouvant... L’innommable... un choc pour l’âme et les yeux... Très parlante, ces photos…pour tout dire … »
Béatrice Veaugrante, directrice d’Amnistie Canada
Amnistie Canada a profité de la tenue de l’exposition pour lancer une campagne de lettres aux autorités dominicaines pour demander leur demander de :
« cesser les expulsions collectives et veiller à ce que les droits fondamentaux de tous les travailleurs migrants soient respectés en cas d’expulsion ;
mettre fin aux politiques discriminatoires qui empêchent les Dominicains d’origine haïtienne d’obtenir la nationalité dominicaine ;
adopter une politique d’immigration qui protège les droits fondamentaux, notamment en ratifiant et en mettant en œuvre la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille. » [gp apr 22/09/2007 18 :00]

samedi 22 septembre 2007

Bientôt une enquête sur l'économie informelle

L'Institut Haïtien de Statistique et d'Informatique (IHSI) réalisera une enquête, la première du genre, sur l'emploi, l'économie informelle et la consommation (EEEICM). L'objectif poursuivi est d'améliorer les statistiques du travail, des comptes nationaux en vue de reconnaître la contribution du secteur informel dans la création d'emplois et la production nationale.Le directeur technique de l'EEEICM, Daniel Milbin, informe que ladite enquête permettra de mesurer et d'analyser l'emploi informel dans l'emploi total tout en étudiant les micro-entreprises informelles.

Dans le souci de former les enquêteurs, l'IHSI organise du 20 septembre au 12 octobre 2007, dans les locaux de la Faculté des Sciences de l'Université d'Etat d'Haïti (UEH), un séminaire de formation, à l'intention de 225 jeunes étudiants venus des quatre coins du pays. De ce groupe, les responsables de l'IHSI auront à choisir les enquêteurs qui réaliseront sur le terrain l'EEEICM en trois phases. La collecte des informations de cette enquête doit être bouclée au mois de janvier 2008.

Selon les informations fournies par le directeur administratif et financier de l'EEEICM, Harry Salomon, plus de 8 000 ménages seront interrogés dans le cadre de cette enquête sur l'emploi, l'économie informelle et la consommation à réaliser en trois phases (1-2-3). M. Salomon qui est aussi directeur des Statiques économiques à l'IHSI confie que 148 enquêteurs et 52 superviseurs seront sélectionnés à la fin de cette séance de formation. Il annonce la fin de la première phase de l'enquête pour le 30 novembre 2007 et celle de la deuxième phase pour la fin de février 2008. La date de la dernière phase est encore à déterminer.

La méthodologie de l'enquête qui cite un document de l'Organisation internationale de Travail (OIT) définit l'économie informelle comme l'ensemble des activités exercées par les travailleurs et les unités économiques qui ne sont pas couvertes ou qui sont insuffisamment couvertes par des arrangements formels.

Dieudonné Joachim

http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=48816&PubDate=2007-09-22

Pain quotidien : le prix à payer

Le prix de la farine a, depuis quelques jours, augmenté sur le marché local. Cela est dû à la flambée du prix de blé sur le marché international, selon les responsables de l'entreprise commerciale Les Moulins d'Haïti (LMH).

Le prix pain et autres produits à base de farine a légèrement augmenté sur le marché local. Et cela n'est pas sans répercussion sur le budget des ménages. Certains grossistes et revendeurs se plaignent de l'augmentation brusque de la farine. « Nous payons actuellement un surplus de 25 % sur la farine, explique Midguet Sanchez, directeur de la boulangerie adventiste d'Haïti. Donc, nous sommes bien obligés d'augmenter nos prix jusqu'à 15 %.» Les consommateurs, pour leur part, font remarquer que le pain qu'ils achètent aux coins des rues est moins volumineux. « Le sachet de ''pain bois'' qui coûtait autrefois 10 gourdes est passé aujourd'hui à 12 gourdes. Dans certaines zones, on peut le payer jusqu'à 15 gourdes », explique une jeune femme rencontrée ce matin dans les parages de la boulangerie de Delmas 60. Le pire, poursuit-elle, c'est que le prix a augmenté tandis que le volume du pain diminue considérablement.

Cette réalité n'est pas la même partout. Des boulangeries font carrément varier le prix du pain entre cinq à dix gourdes, sans pour autant modifier le poids. Cette politique appliquée suite à la flambée du prix de la farine atténue l'effet de la hausse qui affecte le consommateur, la principale victime.
Chez les grossistes, un sac de farine de blé coûtait autrefois 1000 gourdes contre 1225 à 1240 aujourd'hui. A la boulangerie adventiste d'Haïti à Diquini, le pain enrichi est passé de 30 à 35 gourdes. Le prix d'un plateau de 24 pains n'a pas changé à la boulangerie L'Eternel est Grand à Delmas 89. « Les petits détaillants refusent de payer le plateau au prix fixé », lâche Will Dossou, un boulanger de Delmas.
Cette hausse a un impact direct sur la clientèle. Depuis début septembre, des boulangeries reçoivent moins de clients que d'habitude. Une situation qui inquiète certains propriétaires de boulangeries. « Si la clientèle se réduit davantage, nous finirons par fermer nos portes », se désole Midguet Sanchez, directeur de la boulangerie adventiste de Diquini. L'artisan-boulanger dit toutefois espérer à une amélioration de la situation.
Une amélioration qui ne dépend nullement des autorités haïtiennes, selon Saurel Gilet, directeur du commerce intérieur au Ministère du Commerce et de l'Industrie (MCI). Haïti est un pays importateur de blé et par conséquent dépend des variations du prix sur le marché international. « Les consommateurs doivent attendre. Nous dépendons du marché international », reconnaît Emmanuel Brinvil, assistant commercial de Les Moulins d'Haïti (LMH).

Cependant, tout comme les consommateurs, M. Brinvil ne sait pas trop quand cela va changer. Les causes de l'augmentation sont multiples et un peu délicates. Les pays producteurs de blé ont connu une période de vache maigre cette année. Les fortes pluies qui se sont abattues dans diverses régions des Etats-Unis, troisième producteur mondial de blé, ont considérablement diminué le produit sur le marché international.

D'autant plus que, l'utilisation de certaines céréales, telles que le maïs, comme intrants dans la fabrication du biocarburant, notamment l'éthanol, affecte quelque peu la filière. Les spécialistes jettent le cap sur le blé pour la fabrication du biocarburant. Ce qui porte certains pays producteurs de blé à garder leurs marchandises chez eux. La demande étant plus élevée, les producteurs jouent sur le prix.

Haïti n'est pas le seul pays à être victime de la flambée de blé sur le marché international. Plusieurs pays de l'Europe, de l'Amérique et de l'Afrique subissent également le contrecoup. Le prix du blé dans certains pays a presque doublé. En France, par exemple, le prix de la baguette subit régulièrement l'effet yoyo. « Le prix de la baguette n'est plus réglementé en France depuis 1978. Traditionnellement, les boulangers décident de modifier les étiquettes à la hausse ou à la baisse en septembre, et de rares fois en janvier », a rapporté une agence en ligne.
Dans certains pays d'Afrique, notamment au Bénin, on commence à expérimenter d'autres intrants, tels le manioc, dans la fabrication du pain. En Haïti, on pourrait faire de même, souligne Dieuseul Lefèvre, assistant directeur à la direction du commerce interne à Ministère du Commerce et de l'Industrie. « Nous pouvons utiliser certains vivres et tubercules riches en amidon, comme l'arbre véritable, le manioc et autres, dans la fabrication de pain », a-t-il conclu.

Jean Max Saint-Fleur
tmaxner@yahoo.fr

Sherline Chanlatte Duplan
sherlinecduplan@yahoo.fr

http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=48613&PubDate=2007-09-22

Le PIC (Programme à Impact Communal) devient réalité



Vingt communes sont actuellement bénéficiaires du premier lot de 40 projets du Programme à impact communal (PIC). Ce programme initié par l'Etat Haïtien vise l'amélioration des conditions matérielles d'existences des populations rurales et urbaines et le renforcement du cadre administratif et de gestion des mairies.

Un protocole d'accord a été signé, ce vendredi, entre le Ministère de l'Intérieur et des Collectivités territoriales (MICT), le PL-480, des représentants de la Primature et les maires de Bainet et d'Anse-d'Hainault. Ce protocole à pour objectif de renforcer la capacité d'action des mairies à répondre aux besoins immédiats des communautés et permettre aux firmes locales de participer à la réalisation des projets.

Selon le ministre de l'Intérieur et des Collectivités territoriales, Paul Antoine Bien-Aimé, ce protocole d'accord entre dans le cadre du Programme à impact communal (PIC). « Un premier lot de 40 projets pour un total de vingt communes est actuellement en cours. Les communes de Gros-Morne, de Port de Paix, de Marigot comptent parmi les tout premiers bénéficiaires », a-t-il informé.

Financé à hauteur de 500 000 à 3 millions de gourdes, chaque projet du PIC entend renforcer la capacité d'action des mairies et répondre aux différents besoins immédiats des 140 communes du pays, selon ce qu'a informé Michael Lecorps, directeur général du Bureau de gestion PL-480. Selon lui, le PL-480 va mettre des fonds à la disposition des mairies en vue de les aider à réaliser leurs projets. Pour sa part, Marcel Mondésir, l'un des représentants de la Primature, a indiqué que le PIC a débuté depuis juin 2007, suivant une démarche participative. « Les élus locaux et les différents secteurs des communes ont participé à la conception des projets », a-t-il précisé.
Selon M. Mondésir, les projets du PIC répondent aux besoins primaires des sections communales et des communes tout en facilitant le processus de décentralisation et la cohésion sociale. Le renforcement de la production agricole, la réhabilitation de certaines écoles, des centres de santé, la réhabilitation des citernes publiques sont, entres autres, les priorités du programme.
De l'avis de M. Mondésir, la réalisation des ces projets est une façon de créer des emplois dans les zone rurales et urbaines, aussi les firmes locales seront-elles privilégiées.

Wanzor Beaubrun

winby07@hotmail.com
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=48814&PubDate=2007-09-22
Une question:
Combien y a –t-il de programmes?

L'ambassadeur Fritz Cinéas précise

Suite à la publication, dans notre édition du jeudi 20 septembre en cours, de l'article titré "Ascendance haïtienne : binationaux ou apatrides" paru sous la plume de notre rédacteur Samuel Baucicaut relativement aux déclarations de l'Ambassadeur Fritz Cinéas, le diplomate haïtien en poste à Santo Domingo a écrit au journal pour donner sa propre version des faits. Le Nouvelliste publie in extenso la correspondance de l'ambassadeur.

Santo Domingo, le 21 septembre 2007

Cher monsieur Baucicaut,

Je désire tout d'abord vous remercier pour l'occasion que vous m'avez offerte, en fin de votre article paru le 20 septembre 2007 dans les colonnes de" Le Nouvelliste", d'apporter des précisions au sujet de mes déclarations faites le 29 août dernier, à l'occasion d'un déjeuner auquel j'avais été convié par le Groupe Corripio, à Santo Domingo.

Il est vraiment malheureux qu'il soit difficile de publier in extenso ma conversation avec les plus de vingt journalistes de la presse parlée, écrite et télévisée de cet important Groupe qui participaient à cette agape. S'il en était autrement, le débat aurait été académique et n'aurait peut être pas soulevé autant de commentaires.
En répondant à la question concernant la situation des enfants nés de père haïtien ou de mère haïtienne en République Dominicaine, j'ai cité exactement ce qui est prévu à l'article 11 de notre Constitution, nonobstant ce que détermine la Constitution de la République Dominicaine en ce qui concerne la nationalité des enfants nés sur son territoire et ai parlé de la déclaration d'option à l'âge de la majorité.
L'Ambassadeur d'Haïti ne pourrait admettre que les enfants de nos compatriotes nés en République Dominicaine sont des apatrides. Notre Constitution protège justement les enfants de nos expatriés. Nos ressources financières malheureusement ne nous permettent pas de les atteindre partout où ils se trouvent pour leur offrir les services auxquels ils ont droit.
Nous luttons pour le respect des droits de nos compatriotes dans ce pays.
Dès notre arrivée en janvier 2006, à la tête de notre représentation Diplomatique en République Dominicaine, à un moment particulièrement délicat de nos rapports avec nos voisins, notre leitmotiv a été le suivant et nous n'avons jamais cessé de le répéter:" Nous allons travailler pour une entente cordiale" entre notre pays et la République Dominicaine. Mais cette "Entente Cordiale" ne se fera jamais au détriment des intérêts supérieurs de notre Patrie ni de ceux de nos nombreux frères, les ouvriers agricoles, travaillant péniblement chez nos voisins.
Evidemment, l'action d'un diplomate n'est pas toujours visible et dans notre cas plus spécialement. Débattre publiquement nos querelles avec nos voisins aurait été négatif et au lieu d'améliorer les rapports les auraient envenimés. C'est pourquoi le grand public et la presse ne pourront jamais apprécier à sa juste valeur notre action et nos démarches. Nous continuerons à utiliser les voies traditionnelles de la diplomatie, les canaux normaux de communication, filières habituelles par lesquelles les agents diplomatiques doivent passer pour évacuer les querelles, les dissensions, les chocs qui sont souvent le lot des rapports surtout entre pays limitrophes.

Ce que certains appellent " le mutisme" de l'Ambassadeur Cinéas traduit une méconnaissance du rôle du diplomate. Il y a une réserve qui est indispensable dans les positions difficiles et l'activité de l'Ambassadeur, fondée sur la prévention de tout incident, est exposée à des situations à risque qui révèlent toute la fragilité du rôle diplomatique. C'est pourquoi, le sang froid, la réserve, le tact, la maîtrise de soi et la civilité, doivent prévaloir sur les éclats verbaux, souvent préjudiciables aux principes et à ceux que l'on prétend défendre.

La négociation dans la vie internationale est la recherche des solutions par voie d'un accord pacifique. Ce jeu complexe se déroule discrètement par les contacts, les entretiens personnels ainsi que les concessions réciproques et aboutit parfois à des ajustements qui consolident les relations pacifiques, but essentiel de la diplomatie.

Dans leur lettre, les organisations signataires font référence à un certain rapport de la CIA condamnant le régime des Présidents Duvalier " dans le trafic des personnes par l'embauche des braceros à l'époque où j'étais Ambassadeur". Le contrat d'embauchage a existé bien longtemps avant l'avènement en 1957 du Docteur François Duvalier à la Présidence de la République. Il fut un instrument légal signé le cinq février 1952 durant le gouvernement du Général de division Paul Eugène Magloire, repris et modifié le 14 novembre 1966 entre les gouvernements des Présidents François Duvalier et Joaquim Balaguer.
Nous avons certes été Ambassadeur, pour la première fois en République Dominicaine, de mars 1979 à mars 1981 et si le rapport de la CIA nous concernait, il eut été impossible pour nous de devenir, par la suite, Ambassadeur, comme nous l'avons été, aux Etats Unis d'Amérique, près la Couronne Espagnole etc.

C'est l'occasion aussi pour moi, cher Monsieur Baucicaut, de faire savoir que s'il est vrai que j'ai reçu une invitation du Groupe Vicini à visiter leurs bateys et installations, je n'ai pas encore répondu à cette invitation. Mes efforts après plus de trois lettres aux organisateurs du déjeuner pour rectification ont été vains. Je vous rappellerai également les propos attribués à notre Président, S.E. René Préval, lors de sa visite en mars dernier par un important quotidien de cette capitale alors que le Chef de l'Etat n'avait fait aucune déclaration.

Toute notre vie diplomatique a été consacrée à la défense des intérêts supérieurs de notre pays. Nous continuerons à le faire aussi longtemps que le Chef de l'Etat, le Chef du Gouvernement et le Sénat de la République nous en auront gardé leur confiance.Je reste à votre disposition pour tous les éclaircissements que vous désireriez avoir et saisis l'occasion pour vous exprimer, mon cher concitoyen, les assurances de ma haute et distinguée considération.

Dr. Fritz N. CinéasAmbassadeur d'Haïti
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=48799&PubDate=2007-09-21
Commentaires :
Malgré les déclarations fracassantes des organisations qui puisent leurs sèves et leurs essences dans ce genre de situation ou la maladresse conjoncturelle est assimilée à une mauvaise foi structurelle, il faudrait reconnaître une part de vérité dans la mise au point de l’ambassadeur.
Il sera toujours très difficile d’être ambassadeur d’Haïti et toujours éviter ce genre de situation embarrassante. La presse et l’opinion dominicaine utiliseront toujours tous les subterfuges pour mettre les fonctionnaires haïtiens dans leurs petits souliers en les interrogeant sur certains aspects troubles des relations dominico-haïtiennes.
Lors du scandale des médias autour des déclarations prêtées à tort au président Preval lors de son passage en République Dominicaine en mars dernier, nous avions eu les réflexions de ce genre. Sans affranchir complètement le président nous avions déploré l’inefficacité d’un éventuel service de presse de la présidence qui n’aurait pas suffisamment filtré les questions et les thèmes embarrassants pour un président de la République dans le contexte de la complexité des relations entre les deux pays.
Aujourd’hui plus que jamais, il est très compliqué d’être diplomatique haïtien en République Dominicaine, comme il est définitivement très compliqué d’être président de la République en Haïti.
Nous ne prétendons pas absoudre l’ambassadeur Cinéas des ses responsabilités face aux accusations souvent portées contre lui. Nous voulons juste admettre qu’il est très difficile de défendre correctement les intérêts d’Haïti en République Dominicaine quand tous les jours on ne parle que de rapatriement de citoyens haïtiens.

Tiga, fondateur du mouvement Saint-Soleil, revisité par Mérès Wèche

Le critique d'art Mérès Wèche vient de publier une monographie sur Tiga, l'illustre fondateur du mouvement « Saint-Soleil », dont l'oeuvre picturale personnelle ne cesse de susciter de vibrants commentaires. Pour l'édification de nos lecteurs, nous publions cet entretien accordé au journal par l'auteur de ladite monographie
Le Nouvelliste : M. Wèche, à lire les propos liminaires de votre intéressant travail critique sur Tiga, on a l'impression de vous retrouver au coeur d'un vif débat. Est-ce bien le cas ?
Mérès Wèche : C'est précisément au cours d'une discussion animée faisant de Tiga un « hermétique » que l'idée m'est venue d'écrire ce livre aussi vite que possible, non pour épater la galerie, mais pour tenter de faire la lumière sur des questions vivement controversées.
L.N : Donc, l'oeuvre de Tiga suscite des commentaires diamétralement opposés ?
M.W : C'est exact. On les retrouve non seulement sur le plan technique, mais aussi idéologique.

L.N : Comment concevez-vous donc l'approche technique de Tiga ?
M.W : Pour Tiga, l'essentiel dans la création artistique, c'est la maîtrise de la matière, non seulement comme élément basique, mais aussi et surtout comme objet de domination technique. On constate chez lui l'aboutissement d'une quête de l'authentique à travers tous ses moyens d'expression : écriture, peinture, musique, ferronnerie, exercice de langage, etc.
La palette de Tiga n'est pas un kaléidoscope. En ce sens, elle ne recèle aucune tendance décorative. Dans l'ensemble, son oeuvre picturale célèbre la sobriété de la couleur et la force des combinaisons neutres ...

L.N : Vous parlez aussi d'idéologie ?
M.W : Il n'y a pas de doute là-dessus. Les tonalités qu'il priorise s'adaptent avec les philosophies qu'il professe : l'humanisme dont il tire ses valeurs abstraites, le déterminisme qui le fait remonter aux conceptions naturalistes de l'antiquité selon lesquelles il existe des rapports de cause à effet entre les phénomènes physiques, les actes humains, etc.
Pour Tiga, les éléments de la création s'harmonisent, se soutiennent, se complètent et s'interpénètrent. Les symbioses « homme-poisson », « homme-oiseau », « poisson-soleil », illustrent sa démarche qui consiste à prouver que l'être est Un, continu et éternel. A l'exemple d'Anaximandre, il fait de l'indéterminé le principe de sa création.

L.N : Comment comprenez-vous la thématique du soleil chez Tiga ?
M.W : Concernant cette thématique, le terme le plus abondamment répandu est « Saint-Soleil », son aspect didactique. D'autres terminologies, telles que « poisson-soleil » et « l'oeil du soleil » constituent respectivement ses aspects thérapeutique et esthétique ; toute une trilogie solaire en mouvance dans l'oeuvre de Tiga.

L.N : S'agissant de « Saint-Soleil » comme expérience-pilote à Soissons-la-Montagne, est-ce que l'esthétique comme théorie de la beauté peut être à la base de l'expression artistique en milieu paysan ?
M.W : En art, vous savez, quelque idéal qu'il puisse être, le « beau » n'est pas tributaire de la subjectivité du goût, mais plutôt de l'exaltation de l'acte de création. A « Saint-Soleil », il existait une esthétique qui n'était pas une invention bourgeoise, philosophique, mais l'expression inconsciente d'un réseau de rapports nouveaux entre l'art et la vie, entre le naturel et l'artistique. L'art savant, au contact des référents populaires, devient partageable, il renouvelle ses ressources et rafraîchit ses nécessaires bagages symboliques. L'art populaire est à même de satisfaire les normes les plus importantes de la tradition esthétique.

L.N : Sur le plan de la création pure, où se situait Tiga lui-même par rapport à ses disciples paysans ?
M.W : Comme chef de file d'une activité de production artistique en milieu paysan, Tiga ne se considérait pas comme un peintre des degrés par rapport à ses disciples. Il n'était pas en soi une « représentation » distincte, distante, mais une forme d'expression plus élaborée appelée à toujours se redéfinir par rapport au naturel. Comme l'écrit Jean-Luc Nancy, « l'art qui reste là, qui se conçoit comme une représentation est en effet un art fini, un art mort ». Au contact des paysans de Soissons, Tiga renouvelait constamment ses acquis factuels.

L.N : En quoi consiste cette philosophie tigasienne dite du « primodernisme » ?
M.W : C'est par sa quête inconditionnelle de l'authentique que Tiga aboutit à cette symbiose du « primitif » et du « moderne » qu'est le primodernisme ; une démarche esthétique qui identifie la puissance de l'art au coeur du sensible, qui consacre l'innéité du pouvoir créateur, qui affirme l'autonomie des beautés inédites et qui détruit les rapports de subordination entre l'art et la société de profit. Par beauté inédite, j'entends cette générosité naturelle qui caractérise l'art primitif et qui « donne à voir » dans le vagissement originel de la conscience toute l'essence de l'être. En tant que quête inconditionnelle de l'authentique, le primodernisme est à la fois beauté naturelle et artistique.

En se disant primodernité, Tiga initie un mode de représentation qui l'engage dans une subtile définition de l'espace quasiment inaccessible, mais qui lui assure, à la manière de Paul Eluard, « une résistance formelle aux apparences mortelles ». Lui-même eut à dire : « J'ai trouvé mon art à l'école de mon peuple ».
L.N : Pour un peintre d'origine bourgeoise, comment avait-il pu rompre avec les pratiques sociales de son milieu pour aboutir à Soissons ?
M.W : Choisir de s'installer à Soissons et d'y faire école, c'était un choix délibéré pour Tiga de se positionner face au traditionnel marché de l'art haïtien, c'est-à-dire en réaction contre une certaine esthétique consacrée (officielle), sorte de régime de production et de reconnaissance de l'art. Vous admettrez avec moi qu'avant Saint-Soleil, on était loin de concevoir en Haïti une activité picturale non « bourgeoise » ou non récupérée par un certain establishment marchand, qui soumettait à sa loi les pratiques artistiques, en les absolutisant et en leur confiant des pouvoirs de pensée, des modes d'inscription dans la pratique sociale.

L.N : Dès lors, Tiga fait figure d'un révolutionnaire ?
M.W : Tout à fait. Permettez-moi, en passant, de vous dire que Tiga était considéré par certains comme un bourgeois en rupture de classe (considération coloriste), et par d'autres, comme un apprenti-sorcier, par rapport à ses accointances vaudouesques. L'entreprise de Tiga, quoique frappée de suspicion, est certainement perçue comme une révolution esthético-sociale, pour être partie d'un milieu stéréotypé. C'est une prise de conscience solitaire et courageuse.

L.N : Comment expliquez-vous l'émerveillement d'André Malraux face à l'expérience « Saint-Soleil » ?
M.W : Vous changez carrément de registre, et je m'attendais à cette question. Bien avant la publication de son « Intemporel », Malraux montrait dans « le Miroir des limbes » qu'il cherchait le moyen de lutter contre la corruption du temps et l'instinct de mort de l'homme. A l'instar des surréalistes, il se dressait contre toutes les formes d'ordre et de conventions logiques, morales, sociales et leur opposait les valeurs de l'instinct et de l'expression naturelle. Malraux, pour qui l'art est un anti-destin, un accès à l'éternité dans la succession des formes, trouvait à Soissons le reflet de son imaginaire : réécritures et métamorphoses diverses.
L'on comprend bien pourquoi il consacra dans son « Intemporel » un long chapitre au mouvement de Soissons. Ne s'est-il pas exclamé : « Saint-Soleil, l'expérience la plus saisissante et la seule contrôlable de peinture magique en notre siècle »!

L.N : Comment les mythes et légendes se construisent dans l'oeuvre de Tiga ?
M.W : Tiga aborde avec succès les allégories mythologiques et montre une profonde compréhension de la nature humaine. Comme je l'ai déjà dit, il s'obstine à remonter le temps jusques aux conceptions naturalistes de l'antiquité. Sa théorie du « Soleil brûlé », c'est non seulement l'acceptation de l'irrationnel comme valeur assignée dans l'univers, mais aussi un renoncement à certaines conceptions conventionnelles de l'art, une théorie qui montre que le monde de l'inorganique et celui de la vie conspirent pour créer d'étranges et symboliques configurations dans le vaste domaine de l'espace et du temps. Un art qui bouscule certaines structures habituelles pour tenter des coïncidences, parfois proches de l'anomalie, mais combien manifestes et indéniables.
En ce qui concerne précisément les mythes et légendes, ils recèlent sous l'apparence d'histoires imaginaires, toute la richesse et la vérité relatives aux origines de la pensée d'avant la raison. Les principaux mythes, en particulier ceux qui concernent les événements majeurs de la vie, existent en nous, sans que nous n'en ayons conscience. Autrement dit, c'est dans l'inconscient collectif que Tiga va chercher l'essentiel de sa création.
L.N : Et d'où vient que la pensée dominante chez Tiga soit le Soleil ?
M.W : C'est en fonction, bien sûr, de la valeur qu'il donne au mythe. Le Soleil, vous savez, est au coeur de la mythologie de la plupart des peuples de la terre. Grecs, Egyptiens, Gaulois, Germains, Scythes, Mayas, Incas, Aztèques, tous accordaient une importance particulière au soleil. Déifié, ils lui attribuaient la paternité de l'esprit et croyaient que sans lui l'humanité n'aurait été qu'un insondable chaos. « En maîtrisant le feu, dira Tiga, l'homme a pris à l'univers une part de son pouvoir ».

L.N : Vu votre connaissance de Tiga, aviez-vous eu des rapports privilégiés avec lui ?
M.W : Sans avoir été son ami intime et même son proche collaborateur, il y avait entre nous certaines affinités artistiques et intellectuelles, au point de m'avoir invité à présenter trois de mes pièces sur support-papier à son exposition « Noir et Blanc » au début des années 90 à Pétion-Ville. Deux ans auparavant, il m'avait accordé une interview à la Télévision Nationale d'Haïti, réalisée par Raphaël Stines, dans le cadre de l'émission « Coup de pinceau ». Aujourd'hui, à côté du film d'Arnold Antonin sur Tiga, cette production qui date d'une vingtaine d'années garde encore sa fraîcheur et fixe dans le temps le profil de ce grand artiste enlevé trop tôt à notre affection.

L.N : Qu'en pense sa famille de votre récente publication ?
M.W : J'en sais rien. J'avais tout de même pris la précaution de communiquer mon projet à sa fille Paskal qui m'apprenait à Miami, au cours du mois de janvier, que mon nom figure sur une liste laissée par son père, comme personne-ressource à voir dans l'éventualité d'un événement autour de sa personne. C'est, cependant, à mon corps défendant que je m'étais faufilé à Kay Tiga dans la salle de dévoilement de son urne funéraire. N'était ma détermination à y être, je n'y serais pas. Je demeure toutefois redevable à Collette Pérodin d'avoir accueilli à bras ouverts ce projet de publication et à Rudolf Dérose de Photo Vision d'avoir bien voulu l'imprimer en partenariat avec Collection Antilles que je dirige depuis 1980.

L.N : Comptez-vous publier d'autres monographies de ce genre ?
M.W : Toujours en collaboration avec Photo Vision, Collection Antilles s'ouvre sur la production artistique haïtienne, et nous espérons pouvoir nous concentrer sur l'oeuvre d'un autre peintre de l'envergure de Tiga.

vendredi 21 septembre 2007

Haïti/Ouanaminthe : Un centre de dépistage des IST pour répondre au besoin de confidentialité des jeunes

jeudi 20 septembre 2007
P-au-P, 20 sept. 07 [AlterPresse] --- Un nouveau centre de dépistage anonyme et gratuit (Cdag) des Infections sexuellement transmissibles (Ist) vient d’être inauguré dans la ville de Ouanaminthe (nord-est d’Haïti), par l’organisation Volontariat pour le développement d’Haïti (Vdh), apprend AlterPresse.
Ce centre de dépistage anonyme et gratuit, le premier du pays, a débuté ses activités le 14 septembre 2007, en vue répondre au besoin de confidentialité des jeunes de Ounaminthe.
« Avec l’ouverture de ce centre de dépistage anonyme et gratuit nous espérons influencer la statistique des jeunes haïtiens dépistés qui ne dépassent pas aujourd’hui 1% », a déclaré Arnoux Descardes, directeur exécutif du Vdh.
La prévention reste un pilier de la lutte contre la pandémie du Vih/Sida, estime le principal dirigeant du Vdh qui pense qu’il faut actualiser les services et les approches selon les besoins des communautés et des jeunes.
Arnoux Descardes considère l’inauguration de ce centre comme l’une des innovations du Vdh qui depuis 19 ans fait œuvre de pionnier.
« La méthodologie de travail de notre centre se diffère un peu des autres centres de dépistages pour atteindre un même résultat : le dépistage », a-t-il précisé.
Grâce à cette nouvelle approche, le Vdh pense que les données sur les jeunes dépistés seront plus palpables et reflèteront mieux la situation du pays.
Ce centre de dépistage, inspiré du model français, était en étude depuis 2004 et sera répété un peu partout en Haïti, à travers différentes Maisons de jeunes du Vdh, indique Descardes.
L’inauguration de ce centre a été marquée par la présence d’autres personnalités, dont Guyrlène Dorvil, représentant du ministère de la santé publique et de la population (Mspp). Elle a demandé aux jeunes du Vdh de s’impliquer dans des activités du ministère dans la région pour sensibiliser le maximum de gens possible.
Le jeune chanteur et compositeur haïtien, Jean Roosevelt Jean, a, pour sa part, vivement encouragé les jeunes à se faire dépister.
Originaire de Jérémie (Sud-ouest), Jean Roosevelt Jean vient de réaliser son premier album, dont la vente signature se fera ce 22 septembre 2007, à Pétion-Ville (périphérie est). [do apr 20/09/2007 10 :30]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article6425

Haïti : La réalité de la pauvreté massive n’est plus acceptable, déclare un réseau d’institutions et d’organisations

Jeudi 20 septembre 2007
P-au-P, 20 sept. 07 [AlterPresse] --- La situation de chômage et de pauvreté des masses défavorisées en Haïti est considérée comme insupportable et inacceptable par un ensemble de 114 associations et institutions de 13 secteurs de l’ensemble du pays.
Regroupées au sein du Conseil haïtien des acteurs non étatiques (Conhane), ces organisations plaident en faveur de l’intensification des investissements publics et privés pour renverser la tendance du chômage et réduire la pauvreté dans le pays.
La réalité de la pauvreté de masse en Haiti « n’est plus supportable ni acceptable », souligne le Conhane dans un communiqué émis le 19 septembre. Haïti coule avec une tranche élevée de la population évaluée à plus de 70% qui vit avec moins de $2 par jour, constate le Conhane.
Pour remédier à cette situation, « il est plus que temps de s’engager dans une dynamique économique et sociale devant conduire Haïti à inverser les chiffres du chômage de 70 à 30% », déclare le Conhane.
Le Conseil des acteurs non étatiques estime qu’il est nécessaire créer des emplois et des richesses, « en faveur d’une plus grande cohésion sociale et d’une relance durable de l’économie nationale ».
Le réseau lance également « un appel à la mobilisation générale en vue d’atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), à travers les projets, programmes et politiques publiques définis dans le cadre du Document stratégique national pour la croissance et la réduction de la pauvreté (Dsncrp).
Le Conhane prône enfin la « vigilance pour une meilleure gouvernance des fonds alloués par la coopération internationale à Haïti, une meilleure exécution et une gestion plus efficiente du budget national, en participant activement au choix des projets et programmes de développement, à leur orientation et à leur mise en œuvre ».
Créé à Port-au-Prince, le 1er décembre 2005, lors d’une assemblée des acteurs non étatiques, le Conhane a pour rôle de servir d’interlocuteur des acteurs non étatiques auprès de l’Etat haïtien et de l’ensemble des bailleurs de fonds. Il est composé des secteurs droits humains, ONG, femmes, paysans, culture, religion, jeunes, média, organisations de base, socioprofessionnel, syndicats, éducation et secteur privé
Le Conhane compte fédérer les intérêts de ces secteurs dans le domaine de la coopération et « mettre en place des mécanismes » pour « renforcer leurs capacités d’analyse des programmes de coopération » et de « plaidoyers en faveur des populations ».
La mise en place du Conhane, relève d’un principe de l’Accord de partenariat avec l’Europe, signé en juin 2000 à Cotonou par 77 pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). [do apr 20/09/2007 11:00]

Washington octroie un appui budgétaire de 8 millions de dollars à Haiti

jeudi 20 septembre 2007
P-au-P, 20 sept. 07 [AlterPresse] --- Le gouvernement des Etats-Unis d’Amérique vient d’octroyer à Haïti une aide de 8 millions de dollars américains en vue de soutenir le budget national pour l’exercice fiscal 2006-2007, en cours.
A cette occasion, une cérémonie a eu lieu ce 20 septembre 2007 au Lycée Marie Jeanne à Port-au-Prince, en présence des ministres haïtiens de la planification, Jean-Max Bellerive, et de l’éducation nationale, Gabriel Bien-Aimé, ainsi que du directeur général de l’Agence américaine pour le développement international (Usaid), Paul Tuebner.
L’ambassade des États-Unis indique que cette aide permettra la distribution de plus de deux millions de manuels scolaires, subventionnés à hauteur de 70%, aux élèves.
Le budget 2006-2007 arrive presqu’à son terme. Les députés et sénateurs de la 48e Législature ont deux semaines pour voter la loi de Finances de l’exercice 2007-2008, qui doit être déposée au Parlement. Ce budget devrait être voté avant la date du 1er octobre qui marque le début d’une nouvelle année fiscale. [do gp apr 20/09/2007 13 :30]

Nouvelle opération antidrogue : Un haïtien et un américain envoyés en prison aux Etats-Unis

Gesner Delva a été arrêté à Lazile où des armes et de l’argent ont été confisqués ; Carlton White s’est fait surprendre dans le Nord-Ouest
vendredi 21 septembre 2007,
Radio Kiskeya

De nouvelles opérations des agents du Bureau haïtien de lutte contre le trafic des stupéfiants (BLTS) ont abouti à deux arrestations ces derniers jours, a annoncé à Radio Kiskeya le porte-parole de la Police Nationale, Frantz Lerebours.
Gesner Delva alias "Ti Chèf", qui faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international, a été appréhendé jeudi matin à Lazile, une commune du département des Nippes (sud-ouest). Un montant de 10.000 dollars américains en liquide, trois armes à feu, une mitrailleuse UZI, un fusil de calibre 12 et un pistolet ont été confisqués lors de l’opération de même qu’une Nissan Patrol et deux génératrices.
M. Delva devait être extradé aux Etats-Unis jeudi ou vendredi au plus tard, a confié le commissaire Lerebours à Radio Kiskeya.
D’autre part, un présumé narcotrafiquant américain, Carlton White, a été refoulé lundi dans son pays où il a été placé en détention dans une prison fédérale. Cet homme, contre qui un mandat d’arrêt international était également décerné, a été appréhendé dans le Nord-Ouest.
Pour éviter d’éveiller des soupçons sur ses activités, il avait tenté de se faire passer pour un ressortissant jamaïcain, a fait savoir le porte-parole de la PNH. spp/RK
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4160

Leonel Fernàndez insiste à Washington sur l’importance de l’aide internationale à Haïti

Le Président dominicain estime également indispensable le soutien des Etats-Unis à la lutte contre le narcotrafic dans la région
jeudi 20 septembre 2007,
Radio Kiskeya

Le Président dominicain Leonel Fernàndez a appelé jeudi les Etats-Unis à maintenir leur appui à Haïti et aux efforts visant à favoriser l’établissement d’un régime démocratique stable, rapporte l’agence espagnole EFE.
Lors d’une rencontre au Département d’Etat avec le sous-secrétaire d’Etat américain, John Negroponte, Fernàndez a indiqué que "la communauté internationale doit offrir son appui en vue de permettre aux haïtiens de cheminer vers un processus de renforcement de la démocratie"
Très critique vis-à-vis du dernier rapport américain qui a placé son pays parmi les vingt grands Etats producteurs de drogue ou de transit de la planète, le Président dominicain a pressé l’administration Bush de fournir une assistance plus importante aux pays de l’Amérique centrale et des Caraïbes dans la lutte contre le fléau. Il estime nécessaire de stopper la progression de la drogue devenue "l’une des principales causes de la criminalité dans la région".
John Negroponte a promis de faire tout son possible pour appuyer les initiatives du dirigeant dominicain qui a entrepris une longue tournée de 13 jours aux Etats-Unis.
Outre la république voisine, Haïti fait partie de la liste noire du narcotrafic international en compagnie notamment de la Jamaïque, de la Colombie et du Vénézuéla. spp/RK
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4156

Le chancelier brésilien Celso Amorim arrive vendredi à Port-au-Prince

Il doit réitérer le soutien de son pays à la mission onusienne ainsi qu’aux autorités haïtiennes et préparer la visite en Haïti du Président Luiz Inàcio Lula da Silva prévue en novembre prochain
jeudi 20 septembre 2007,
Radio Kiskeya

Le ministre brésilien des affaires étrangères, Celso Amorim, est attendu vendredi à Port-au-Prince pour une visite officielle de 24 heures destinée à renouveler l’appui de Brasilia au travail des casques bleus et aux progrès politiques réalisés en Haïti au cours des derniers mois, rapporte le quotidien brésilien Correio Braziliense.
Amorim profitera également de son séjour dans la capitale haïtienne pour préparer la prochaine visite du Président Luiz Inàcio Lula da Silva. Le chef de l’Etat sera, en effet, en Haïti au cours du mois de novembre afin de montrer l’importance que son administration accorde à la stabilisation et au développement d’Haïti. Il en sera à sa deuxième visite, après celle historique d’août 2004 qui était consacrée à un match de football pour la paix entre la sélection haïtienne et la Seleçao dont les superstars Ronaldo, Ronaldinho et Roberto Carlos avaient déclenché des scènes d’hystérie collective à Port-au-Prince.
Avant l’arrivée de Lula, Celso Amorim doit mettre l’accent sur le renouvellement du mandat de la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH) qui arrive à expiration le 15 octobre. Cet appui est d’autant plus crucial que l’avenir de la force internationale de paix risque d’être menacé par le déploiement au Darfour (Soudan) d’une mission onusienne qui mobilisera 26.000 soldats, selon le journal brésilien.
Durant son passage à Port-au-Prince, le chef de la diplomatie brésilienne s’entretiendra notamment avec le Président René Préval et les ambassadeurs des Etats-Unis, Janet Ann Sanderson et du Canada, Claude Boucher dont les pays figurent parmi les principaux partenaires bilatéraux d’Haïti. M. Amorim arrivera de Manaus où il participe jeudi à une rencontre entre le Président Lula et ses homologues vénézuélien, Hugo Chàvez et équatorien, Rafael Correa. En laissant Haïti, il se rendra directement à New York pour prendre part à la 62e assemblée générale de l’ONU.
Les autorités brésiliennes reconnaissent sans ambages que l’implication militaire de leur pays en Haïti constitue l’un des principaux ressorts de Lula en matière de politique internationale dans sa quête d’un leadership régional incontestable du géant sud-américain.
Le Brésil, qui a déployé 1.200 casques bleus en Haïti, assure le commandement de la MINUSTAH qui compte 9.000 militaires et policiers internationaux. spp/RK
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4151

Assassinat d’un homme d’affaires à Delmas 75

David Guiteau a été abattu de plusieurs balles par deux tueurs qui l’attendaient devant sa résidence ; plusieurs suspects interpellés ; Franck Dossous, un présumé bandit capturé par INTERPOL aux Etats-Unis bientôt ramené en Haïti
mercredi 19 septembre 2007,
Radio Kiskeya

L’homme d’affaires David Guiteau est mort criblé de balles au moment où il descendait de voiture mardi soir à Puits Blain, dans le quartier de Delmas 75 (est), a indiqué la police de Pétion-Ville à Radio Kiskeya.
Deux inconnus armés d’un T-65 étaient en embuscade dans un véhicule garé devant la résidence de la victime. Ils ont ouvert le feu sur celui qu’ils devaient exécuter après avoir neutralisé et ligoté son jeune frère qui était à ses côtés.
David Guiteau, qui s’occupait d’importation et de vente de véhicules sur le marché, venait à peine de déposer sa belle-soeur au centre-ville lorsqu’il est tombé sous les balles assassines. Pas moins de treize douilles de T-65 ont été retrouvées sur les lieux du drame, selon le service d’investigation du commissariat de Pétion-Ville qui annonce plusieurs arrestations dans le cadre de l’enquête ouverte sur ce nouveau meurtre. Les personnes interpellées ont été interrogées tandis que d’autres seraient activement recherchées.
Dans ce même quartier de Delmas 75, où pourtant une patrouille policière assure la permanence, les attaques meurtrières et enlèvements se sont enchaînés à un rythme effarant ces derniers jours. Un fonctionnaire civil de la Police Nationale, Oril Gorguette et sa femme, Gustie André ont été abattus à bout portant devant leur domicile. Frantz Lerebours, qui s’exprimait lors de son point de presse hebdomadaire, a souligné que l’enquête menée par la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) progressait et avait conduit à de très bonnes pistes.
Par ailleurs, Franck Dossous, un ressortissant haïtien, activement recherché pour association de malfaiteurs, a été arrêté aux Etats-Unis par la Police criminelle internationale (INTERPOL). Le porte-parole de la PNH précise qu’il doit être rapatrié bientôt afin de répondre des accusations portées contre lui.
272 arrestations ont été opérées par la police au cours des deux dernières semaines dans le cadre de la lutte contre le banditisme et la délinquance. Parmi les personnes épinglées figurent Carlène Jean et Sheila Abellard concubines respectivement de Zakal" et "Ti Elie" ainsi connus, les deux principaux chefs de gang de la Croix-des-Bouquets (nord-est de la capitale).
Le nommé Pierre Rolf Robenson, qui se faisait passer pour le commandant de la Brigade de recherche et d’investigation (BRI), est également sous les verrous. Sans titre ni qualité, il aurait lancé un processus de recrutement de nouveaux agents devant théoriquement intégrer cette unité spécialisée de la Police Nationale. spp/RK
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4153

Un pasteur enlevé et tué lors d’une intervention policière visant à le libérer

La riposte violente des ravisseurs à l’origine de ce drame survenu mardi soir à Fontamara où des membres de gangs démobilisés tentent de reprendre du service ; la police dément toute recrudescence du kidnapping, mais la multiplication des cas est éloquente
mercredi 19 septembre 2007,
Radio Kiskeya

Un pasteur enlevé par des individus armés a été tué mardi soir à Fontamara 27 (banlieue sud de Port-au-Prince) au cours d’une intervention policière, a annoncé mercredi à la presse le directeur général de la Police Nationale, Mario Andrésol.
L’otage, dont l’identité n’a pas encore été révélée, a été mortellement blessé dans des échanges de tirs entre ses ravisseurs et les forces de l’ordre qui tentaient de le libérer.
Le responsable religieux avait été kidnappé en même temps que son épouse. Les auteurs de cette prise d’otage seraient des récidivistes qui avaient déjà fait la prison ou appartiendraient à des gangs que l’on croyait dissous.
Par ailleurs, l’ex-colonel des Forces Armées d’Haïti, Ernst Mompoint, également entraîneur de football, avait été kidnappé dimanche dernier à Delmas 33 (banlieue nord) où il circulait au volant d’un véhicule. Une dame qui l’accompagnait avait été également interceptée avant d’être libérée peu de temps après.
L’ancien officier avait pu, lui aussi, retrouver sa famille sans qu’on ne sache si une rançon a été versée. Ancien joueur et technicien de la sélection nationale, Ernst Mompoint, qui a fait l’essentiel de sa carrière de footballeur au Victory Sportif Club, était jusqu’à récemment l’entraîneur du Racing Club Haïtien.
Pour sa part, un ressortissant américain, Yvon Witty, avait été relâché après une semaine de séquestration. Des négocations financières entre ses proches et les ravisseurs ont été nécessaires pour obtenir sa libération.
En revanche, un haïtien, victime de la même prise d’otage le 9 septembre sur la route de Frères (est), n’avait toujours pas répondu à l’appel mercredi, selon le porte-parole de la PNH, le commissaire Frantz Lerebours.
Sur le cas de Lovinsky Pierre Antoine, coordonnateur de la fondation 30 septembre et dirigeant de Fanmi Lavalas, porté disparu à Port-au-Prince depuis le 12 août, le porte-parole n’était pas en mesure d’annoncer des progrès dans l’enquête. Interrogé par des journalistes sur l’éventuelle audition de personnes qui accompagnaient l’activiste Lavalas le jour de sa disparition, M. Lerebours a affirmé ne disposer d’aucune information à ce sujet. Des indices signaficatifs n’ont pu être relevés malgré l’examen minutieux du véhicule dans lequel se trouvait Pierre Antoine.
Enfin, le commissaire s’est inscrit en faux contre les informations selon lesquelles une quarantaine d’enlèvements auraient été enregistrés ces derniers jours dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Il a renouvelé la détermination de la PNH de combattre avec la dernière rigueur la pratique du kidnapping. spp/RK
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4152

Trois haïtiens décédés en prison aux îles Turks et Caicos

La déshydratation a provoqué la mort des détenus qui étouffaient dans des cellules surpeuplées ; des pathologistes américains sur place pour des investigations appropriées ; près de 250 boat people sur le point d’être rapatriés
mercredi 19 septembre 2007,
Radio Kiskeya

Trois pathologistes du l’office des examens médicaux du comté de Miami-Dade se trouvent depuis mardi aux îles Turks et Caicos où ils doivent mener des investigations sur la mort suspecte de trois haïtiens dans un centre de détention, rapporte le Miami Herald.
Les trois personnes décédées à Providenciales, la capitale, se trouvaient parmi 250 sans-papiers qui avaient été arrêtés à leur arrivée d’Haïti le week-end écoulé à bord de deux embarcations de fortune, ont déclaré des officiels du gouvernement du petit archipel britannique situé au large du Cap-Haïtien (nord). Après le décès lundi soir de deux des détenus, les autorités avaient décidé de faire appel aux experts de l’hôpital américain avec lequel elles ont signé un contrat d’assistance médicale.
Le troisième migrant s’est éteint mardi au moment où des médicaments lui étaient administrés dans une clinique proche de la prison pour stopper une déshydratation sévère.
Définitivement, le centre de détention n’a pas la capacité d’accueil qu’il faut pour contenir toutes ces personnes. C’est un centre de détention très exigu, on ne peut pas y mettre 200 personnes", a déclaré à l’Associated Press l’ambassadeur d’Haïti aux Bahamas et aux îles Turks et Caicos, Harold Joseph.
Pour sa part, le bureau du gouverneur de l’archipel, Ricahrd Tauwhare, a refusé de faire le moindre commentaire sur l’étendue de la prison et a indiqué que des questions de cette nature devaient être adressées au ministère britannique des affaires étrangères.
Cependant, dans un communiqué émis mardi le même gouvernement local avait reconnu que le centre d’incarcération était rempli d’un nombre extrêmement élevé de migrants haïtiens lorsque les décès ont été enregistrés.
Grainne O’Hara, une fonctionnaire du Programme des Nations Unies pour les réfugiés qui avait visité les installations pénitentiaires le mois dernier, a affirmé que les haïtiens étaient entassés dans deux petites cellules qui peuvent passer 48 heures sans avoir de l’air conditionné.
Les rescapés de ce nouveau drame, 247 boat people, devraient être rapatriés dans les prochaines heures.
En mai dernier, 61 des 150 boat people haïtiens qui se trouvaient à bord d’un bateau, avaient péri noyés dans les eaux territoriales des îles Turks et Caicos. Accusées par les survivants d’avoir délibérément provoqué l’accident, les autorités locales ont nié toute responsabilité dans cette tragédie.
Le gouvernement haïtien est resté muet près de six mois après avoir promis une enquête internationale indépendante sur cette grave catastrophe maritime. spp/RK

Ascendance haïtienne : binationaux ou apatrides? Enfants nés en République Dominicaine et/ou de parents haïtiens..

La nationalité est l'acte par lequel un Etat atteste que telle personne fait partie de la communauté placée sous son autorité et sa protection de manière privilégiée. C'est un droit naturel et également un droit humain. Cependant, au XXIe siècle, on refuse à nombre d'enfants d'origine haïtienne l'accès à l'exercice de ce droit en dépit des normes et conventions internationales auxquelles les Etats haïtien et dominicain sont parties.
Des spécialistes haïtiens en droit public se sont prononcés suite à la publication d'une lettre ouverte émanant de plusieurs organisations de défense des droits des Haïtiens vivant en République dominicaine relative aux déclarations qu'aurait faites l'ambassadeur haïtien à Santo Domingo, le Dr Fritz Cinéas.

Selon la teneur de cette lettre ouverte adressée au Président de la République, René Préval, l'ambassadeur Cinéas, qui participait à un dîner hebdomadaire à l'initiative des médias du Groupe Corripio, le 29 août dernier, aurait fait des déclarations portant atteinte aux intérêts des migrants haïtiens vivant de l'autre côté de la frontière. Entre autres déclarations, le diplomate haïtien aurait laissé entendre que « les enfants d'Haïtiens nés en République dominicaine restent des Haïtiens comme lui » à part entière, ce qui a soulevé la colère d'un ensemble d'organisations luttant pour le respect des droits des migrants haïtiens et pour leur intégration sociale en République dominicaine.Invités à se prononcer autour de cette question, véritable pomme de discorde, deux spécialistes haïtiens en droit public ont déploré cet incident émanant de ce qu'ils considèrent comme une vérité juridique. « C'est une tristesse pour l'ambassadeur Cinéas et également une tristesse pour ceux qui le contestent et qui préfèrent la nationalité dominicaine au détriment de celle d'Haïti », a déclaré au journal le professeur Fritz Jean-Louis.

Le conflit jus soli VS jus sanguinisSelon le professeur Jean-Louis, en principe, tout mineur à la nationalité de ses parents. Il y a toujours des nuances en droit mais ce sont généralement les parents qui prennent l'initiative effective de la nationalité de leur progéniture, nonobstant les principes du jus soli ou du jus sanguinis que pourraient adopter les Etats en matière de nationalité.Le jus soli, droit du sol, est le principe selon lequel l'enfant a la nationalité de l'Etat où il est venu au monde. Et le jus sanguinis, droit du sang, est celui qui veut que l'enfant a la nationalité de ses parents. Haïti a adopté, au terme de l'article 11 de la Constitution en vigueur, le jus sanguinis, et la République Dominicaine, le jus soli, avec chacune une variante rendant difficile toute solution de compromis. En effet, l'article 11 de la Constitution de 1987 dispose : « Possède la nationalité d'origine, tout individu né d'un père haïtien ou d'une mère haïtienne qui eux-mêmes sont nés haïtiens et n'avaient jamais renoncé à leur nationalité au moment de la naissance. » Et l'article 15 de renchérir : « La double nationalité haïtienne et étrangère n'est admise sous aucun prétexte. »

Et l'article 11-1 de la Constitution de la république voisine dispose, pour sa part : « Sont Dominicains, les enfants nés sur le territoire de la République Dominicaine à l'exception des enfants de diplomates et de ceux des étrangers de passage. » Pris en sandwich« Au regard de la Constitution haïtienne, un enfant né de parents haïtiens est Haïtien quel que soit son lieu de naissance en vertu du droit du sang. Et du point de vue de la République Dominicaine, l'enfant né sur le territoire dominicain est Dominicain en vertu du droit du sol », a commenté le professeur Jean-Louis faisant remarquer que « l'enfant né de parents haïtiens en République Dominicaine a dans sa personne la nationalité haïtienne et la nationalité dominicaine».



« L'autorité dominicaine en la matière, tout en n'ayant pas un pouvoir discrétionnaire, peut souverainement décider de la nationalité effective du mineur », a renchéri Me Jean-Louis faisant remarquer que les deux principes, droit du sol et droit du sang, sont constitutionnels en République Dominicaine et peuvent être cumulatifs au cas où l'enfant d'ascendance haïtienne né de l'autre côté de la frontière aurait au moins un parent dominicain.« La nationalité est un lien juridique reliant un individu à un Etat, a rétorqué, pour sa part, un professeur de droit international privé à l'Université d'Etat d'Haïti. Il doit être manifesté. Le drame, a-t-il poursuivi, beaucoup d'enfants d'ascendance haïtienne ne sont pas déclarés par leurs parents à qui de droit. Ce qui leur confère une situation hybride. » En effet, plusieurs parents haïtiens vivant en République Dominicaine n'ont pas déclaré leurs enfants aux Consulats haïtiens, comme le veulent les normes en la matière, soit par ignorance, soit parce qu'ils y vivent de manière irrégulière, soit parce qu'ils préfèrent la nationalité dominicaine pour leurs enfants à celle d'Haïti. De l'avis de certains Dominicains, les travailleurs haïtiens sont considérés comme des étrangers de passage et n'ont pas droit à la nationalité dominicaine. « L'Etat dominicain n'a rien fait pour sortir ces enfants de cette situation hybride en leur accordant la nationalité dominicaine, et l'Etat haïtien n'a pas fait grand-chose non plus pour aider ces enfants à avoir la nationalité haïtienne », a déploré ce spécialiste en droit international privé sous couvert de l'anonymat.

Le rôle de l'Etat« L'Etat détermine qui sont ses nationaux, qui ne le sont pas. Aucune autre organisation ne peut se substituer à l'Etat. Les Consulats haïtiens en République Dominicaine devraient faire en sorte que tous les enfants d'ascendance haïtienne soient déclarés pour leur éviter l'apatridie », a-t-il conseillé au regard des organisations qui critiquent la position de l'ambassadeur Cinéas.Dans leur lettre ouverte au Président de la République datée du 5 septembre 2007, avec copie conforme au Premier ministre, au ministre des Affaires étrangères, au ministre des Haïtiens vivant à l'Etranger et aux présidents du Sénat de la République et de la Chambre des Députés, les organisations signataires qualifient « d'impropres » les déclarations de l'ambassadeur Cinéas et estiment que de telles déclarations « mettent en évidence une méconnaissance du principe de la territorialité du Droit constitutionnel (...) et offrent un argument officiel, non valide, aux secteurs qui, de façon discriminatoire, s'opposent à l'intégration sociale des Dominicains d'origine haïtienne». « Ces organisations, de l'avis du spécialiste, ne sont pas des interprétatrices des lois de l'Etat. Leurs luttes justifient leur existence. L'ambassadeur Cinéas, en ce qui concerne la notion de nationalité, a été correct. Cependant, il n'a pas poursuivi son raisonnement ou celui-ci a été tronqué par ceux qui l'ont rapporté. »L'ambassadeur Cinéas est un diplomate de carrière. Il a été désigné ambassadeur d'Haïti à Santo Domingo à la fin de l'année 2005. Il a déjà occupé cette fonction sous le règne de Jean-Claude Duvalier. A ce propos, lit-on dans la correspondance adressée au président Préval, la Centrale d'Intelligence américaine a révélé récemment l'implication de fonctionnaires du régime des Duvalier dans le trafic des personnes par l'embauche des braceros à l'époque où le Dr Cinéas était ambassadeur.Nos efforts pour joindre l'ambassadeur Cinéas se sont révélés vains. Toutefois, les colonnes du journal restent ouvertes au diplomate au cas où il aurait des précisions à apporter autour de cet incident.

Samuel BAUCICAUT

baucicaut@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=48746&PubDate=2007-09-20

Les activités de portefaix affectent la région cervicale

80% des marchand(e)s de 35 à 40 ans s'adonnant aux activités de portefaix ont une déviation cervicale exagérée. Preuve de l'impact de ce métier sur cette catégorie socio-professionnelle. C'est ce qui ressort d'une étude réalisée par Ritho Planteau, étudiant finissant à l'Ecole des Sciences infirmières (ESI) de l'Université Notre-Dame d'Haïti
«Sur (100) marchands choisis, 28 sont des vendeurs de pain, 20 d'entre eux sont des marchands de charbon, 32 sont des vendeurs de légumes et 20 sont des vendeurs de riz», indique l'étude qui fait état de ces marchands avec leur panier reconstitué élargi, surchargé à l'excès. Et circulant dans les rues de la capitale où ils enregistrent, sans s'en rendre compte, des conséquences cliniques néfastes sur leur colonne cervicale.

Ritho Planteau qui reconnaît que tout travail de recherche impose des exigences, du temps, de l'adaptation et par-delà diverses contraintes, une persévérance dans l'action entreprise, avoue avoir fait face à de nombreuses difficultés au cours de l'élaboration de ce travail. «Nos observations nous prouvent que la déviation de la région cervicale liée à la pratique de portefaix cause un problème de handicap lent et progressif au sein de la population», fait-il remarquer en attirant l'attention sur le fait que ce métier est pratiqué aussi bien par des femmes que par des hommes.

D'autant que les objectifs poursuivis dans ce travail de recherche étaient d'identifier les risques de la déviation cervicale pour pouvoir informer les marchands concernés, les éduquer et soulever les problèmes liés au métier de portefaix.«28% de ces marchands n'ont aucun niveau d'éducation et 77% sont de niveau primaire et secondaire», note l'étudiant qui estime inférieur à ceux des lettrés le taux d'analphabètes. De plus, la majorité des marchands résident dans les bidonvilles, soit 85% de l'échantillon; tandis que 15% résident en ville, ce qui justifie la variable économie sociale.

Cadre théorique
Tout travail de recherche scientifique doit avoir une base théorique pour le valider. Aussi, Ritho Planteau dit avoir choisi parmi les grandes théories socio-anthropologiques. Il s'agit d'une approche fonctionnaliste (toutes les activités sociales remplissent une fonction correspondant à un besoin dans le système social), d'une approche structuraliste (en termes de modèle conceptuel) et d'une approche systémique (qui tient compte des interrelations et de l'interdépendance).

Cette dernière, estime M. Planteau, rend l'action plus efficace d'englober un système dans sa totalité, sa complexité et sa dynamique. Elle a été utilisée parce qu'elle permet de décrire la structure sociale dont relève la catégorie socioprofessionnelle considérée, aussi bien que d'analyser son fonctionnement à partir de ses interrelations avec d'autres composantes de la société haïtienne.

Cadre humain
Ritho Planteau explique, à partir de ces références, avoir recherché les facteurs qui influencent ou contribuent à l'émergence de cette pratique. Les soins ne sont pas accessibles à tous, ce qui implique qu'économiquement les marchands ne peuvent répondre à toutes les exigences médicales et paramédicales. «A cause de la distance des lieux d'établissement, d'absence de spécialité, leurs besoins primaires ne peuvent être comblés de façon aussi bien quantitative que qualitative. Faute d'argent», analyse M. Planteau qui croit que ce fait prend une allure politico-économique, socio-sanitaire et culturelle.

Prenant en compte l'aspect socio-sanitaire du problème, Ritho Planteau note que l'une des caractéristiques de la société haïtienne est le type d'entretien de facteurs marginaux dans son organisation et son fonctionnement. «Dans cette société, ceux qui pratiquent le métier de portefaix sont des êtres humains. Ils ne fréquentent pas souvent un centre de santé sur le plan social et sanitaire, pas plus qu'ils ne jouissent d'une grande considération», écrit-il.

Ils sont vulnérables à la maladie à cause du peu de soins qu'ils se procurent, de la diminution des mécanismes de défense de leur organisme et de leur réserve physiologique.

«La majorité des marchands de plus de 35 ans souffrent au moins d'une maladie, comme en témoigne un qui dit souffrir de la thyroïde. Une autre marchande avoue être atteinte d'ulcère gastrique.»

La problématiqueLa façon dont les gens pratiquent le métier de portefaix n'est pas sans conséquences sur leur état de santé. On relève notamment une déformation et un tassement des vertèbres, un raidissement de la zone cervicale, un oedème veineux de la zone (gonflement de la carotide).

Tous ces phénomènes mettent en exergue un problème où tout un groupe de professionnels, d'humains, de femmes, d'hommes, de jeunes et de handicapés au fil du temps se trouveront en plein chômage n'ayant d'autre profession que celle de portefaix. Sans prise en charge au niveau sanitaire. Charbon, ciment, paniers de pain, blocs en céramique on en ciment, paniers de fruits, sacs de riz dans les rues constituent les éléments de surcharge.Recommandation
Ritho Planteau a donc posé des diagnostics infirmiers pertinents: eu égard au manque de connaissance sur les risques du métier. Il adresse en conséquence des recommandations aux responsables du ministère de la Santé publique pour qu'ils prennent en charge les marchands, c'est-à-dire prévoir dans les centres de santé le dépistage de ce mal. Il propose un encadrement pour formaliser cette pratique et une campagne de sensibilisation sur les dangers de cette pratique. Il suggère l'utilisation des brouettes, mobilettes, chariots, etc par les marchands exerçant le métier de portefaix à Port-au-Prince comme dans les villes de province.
Robenson Bernard