Haïti: La communauté internationale a-t-elle renoncé à voir s'installer en Haïti un régime démocratique authentique ? Beaucoup d'observateurs haïtiens en semblent convaincus, si l'on se réfère aux réactions indignées de certains compatriotes après les déclarations du secrétaire général de l'OEA sur le déroulement du processus électoral en Haïti. Cette frange de la population haïtienne se sent un peu trahie. Paradoxalement, ceux qui aujourd'hui réclament à cor et à cri une pause dans le processus démocratique, un changement dans l'appareil électoral, voire même le renversement du président en fin de mandat, sont ceux qui se présentent comme le secteur démocratique haïtien, entité hybride regroupant les membres de la société civile dite organisée et un secteur politique proche des principaux médias, historiquement fer de lance de la lutte contre l'autoritarisme en Haïti. On entend par société civile toutes les associations professionnelles telles que les barreaux de la République, les associations médicales, associations d'ingénieurs, de journalistes, etc... Les syndicats et les associations patronales, les Universités. En bref, toutes les institutions non étatiques. A ne pas confondre avec les associations qui sont plutôt des entreprises personnelles à vocation civique ou humanitaire qui s'apparentent plutôt à des ONG. En Haïti, le terme « société civile » se rapproche plutôt de cette dernière catégorie. Le secteur dit démocratique a été, depuis 1986, l'interlocuteur privilégié des émissaires internationaux promoteurs du « consensus de Washington », c'est-à-dire l'idéologie dominante de ces trente dernières années qui prône à la fois la démocratisation à l'échelle mondiale, la bonne gouvernance et la mise en place d'une économie de marché. Cette fois-ci, il semble que l'International ignore leurs préoccupations. En réaction, les responsables de la « Société Civile » ont protesté avec véhémence dans une note datée du 26 août en affirmant notamment que « le peuple haïtien attend de l'OEA, (...) qu'elle défende le droit de vote du peuple haïtien, son droit à la Démocratie et au Bonheur et non un Gouvernement ». La déception, voire la frustration doit être terrible car leur crainte d'un coup d'Etat électoral, d'un hold up sur le processus démocratique est profonde et sincère.
Cette préoccupation est d'autant plus forte que « La Société Civile » semble avoir perdu toute capacité d'orienter le débat politique. Elle a perdu toute influence sur le processus démocratique en Haïti qui, malheureusement, s'est révélé chaotique et tumultueux. Après le terrible séisme du 12 janvier, on pensait pouvoir remettre le compteur à zéro. En effet, cette catastrophe qui a mis les bâtiments publics par terre, ruiné un nombre incalculable de familles, fauché des centaines de milliers de vie, sans compter les milliers d'amputés et les millions de compatriotes traumatisés à jamais, n'a pas, malgré tout, diminué les antagonismes entre les acteurs politiques et sociaux. Ce choc violent et meurtrier n'a pas suffi pour nous porter à changer de comportement. Attitude qui éloigne toute perspective d'une réelle Refondation du pays en dépit de l'aide substantielle promise par la Communauté Internationale.
La démocratisation, un processus pénible et chaotique.
Cette refondation ne sera pas possible sans une remise en cause du système politique et social traditionnel du pays. Il ne s'agit pas uniquement de reconstruire les maisons détruites, d'ériger de nouveaux bâtiments, il faut s'attaquer à ce système. A cet effet, ma première démarche sera d'essayer d'expliquer pourquoi les secteurs démocratiques, malgré les efforts de la communauté internationale depuis la chute de Duvalier, peinent à ce point à s'imposer.
En effet, la misère chronique et l'instabilité politique endémique qui dominent notre quotidien depuis presque toujours laissent perplexes les experts internationaux et désolent nos frères des Caraïbes admirateurs et envieux de l'épopée de 1804. La situation est complexe, les causes du mal sont profondes et nombreuses. Démêler cet écheveau paraît titanesque. Des milliards de la communauté internationale ont été dépensés, des centaines de jeunes vies ont été perdues depuis 1986, les cadres laissent le pays par vagues et par milliers, des journalistes s'époumonent à longueur de journée, nous avons subi deux interventions militaires internationales, et pourtant « la transition n'en finit pas », pour répéter le fameux chroniqueur et éditorialiste du Nouvelliste, Pierre Raymond Dumas. Pourquoi n'en finit-elle pas ? La démocratie n'est-elle pas à la portée des Haïtiens ? Qu'est-ce qui éloigne cet objectif de nous ?
D'abord quels sont les caractéristiques d'une démocratie ?
L'élection des dirigeants au suffrage universel par les citoyens en âge de voter constitue l'élément absolument incontournable dans une démocratie. Des élections se tiennent régulièrement selon un calendrier fixé à l'avance par la Constitution. Le peuple exerce librement son droit, reconduit ou révoque les élus. Ces derniers appartiennent à des partis politiques dont la philosophie et les orientations idéologiques sont connues de tous ; ces partis ont des élus à travers tout le pays et le renouvellement de leadership est ouvert et transparent. La liberté d'expression existe, la société civile se fait entendre régulièrement sur les questions d'intérêt général et particulier. L'opposition politique exerce son droit de contrôle à travers le Parlement, pendant que les législateurs de la majorité adoptent des lois pour l'application des politiques publiques du gouvernement.
En outre, la Justice fonctionne, elle règle les différends entre les citoyens et sanctionnent les crimes et délits. S'il y a eu suspicion de malversation dans la gestion du patrimoine public, la Cour Supérieure des Comptes mène son enquête et établit librement son verdict. S'il y a eu des évidences d'indélicatesses, le dossier est transmis aux tribunaux ordinaires ou extraordinaires prévus par la Constitution et par les lois de la République.
Pendant ce temps, les mairies participent de manière cohérente à l'aménagement du territoire, s'assurent que l'offre publique scolaire satisfait à la demande démographique, contrôlent le respect des codes de construction. Les citoyens paient régulièrement leurs taxes et vaquent librement à leurs occupations sous la protection active des forces de sécurité publique. Les plus débrouillards s'enrichissent par leur dur labeur et leurs investissements, les autres rêvent de perspectives meilleures pour leurs enfants grâce à un système éducatif inclusif et sérieux, promesse d'intégration et de mobilité sociales. Voici le point d'arrivée. C'est cela la démocratie libérale.
En résumé, une démocratie repose sur plusieurs piliers : la citoyenneté, les élections, l'Etat fournisseur de service publique, la société civile, les droits de l'homme, et j'en passe. Donc, le problème n'est pas la démocratie, c'est le point de départ et le chemin à parcourir pour arriver à destination.
Déjà, il y a des bien-pensants qui affirment que la démocratie n'est pas faite pour Haïti, le peuple ne comprend que le langage du bâton. Quelle amnésie ! Les deux cents ans de bâton et de fusils ont-ils fait progresser Haïti ? Certainement pas. Malgré tout, certains insistent et pointent comme exemple d'autres dictatures qui ont fonctionné et donné des résultats positifs. Ils citent en référence Trujillo, en République dominicaine, et certainement, Fidel Castro, à Cuba. Je pourrais ajouter à cette liste la Chine, le Singapour ou la Malaisie. Malheureusement, les mêmes causes qui ont provoqué l'échec des dictatures d'Haïti sur le point du développement, de la mise en place d'une administration publique capable de fournir un minimum de services expliquent le chaos, la misère et les turpitudes de cette longue et pénible étape de démocratisation. Par conséquent, il convient de diagnostiquer correctement les véritables blocages au développement d'Haïti dans l'espoir d'y apporter les corrections appropriées.
Analyse du système politique traditionnel haïtien
Quels sont les obstacles majeurs qui handicapent la construction et le développement d'Haïti ? Ils sont nombreux, mais le principal problème est le régime politique qui prévaut depuis l'accession d'Haïti à l'Indépendance en 1804.
Le péché originel
En effet, le premier acte suicidaire a été commis le jour même de la Déclaration d'Indépendance lorsque les Généraux se sont réunis pour proclamer Dessalines Gouverneur Général A Vie. Plus tard, ce dernier se fera couronner Empereur. C'était le coup d'envoi de l'instabilité politique chronique qui va nous affecter tout au long de notre histoire. Tous les généraux de l'Indépendance pouvaient à juste titre aspirer à la fonction de chef d'Etat. Désormais, la conquête du pouvoir par la violence devient la seule alternative. C'est justement ce piège que les Pères Fondateurs américains ont su éviter en instaurant une démocratie avec des possibilités d'alternance tous les quatre ans.
Dans ces conditions, pour pérenniser son pouvoir, le Chef n'a que deux choix : la répression et/ou la cooptation. En d'autres termes, le bâton et/ou la carotte. Dessalines a distribué le premier sans compter, mais a été fort réticent pour le second. Nous connaissons tous la suite... Le 17 octobre 1806, il tomba sous les balles des généraux conjurés.
Notre péché originel c'est de n'avoir pas su organiser un mode de dévolution pacifique du pouvoir plus ou moins ouverte à tous les prétendants. Dès lors, les ambitions personnelles vont estomper tout projet commun indispensable au développement du pays. Toutes les énergies vont se concentrer à la lutte pour la conquête du pouvoir, synonyme de privilèges extraordinaires.
Le système va surtout être perpétué par Alexandre Pétion avec la mise en place d'un régime hypocrite (certains diront de marrons) : libéral dans la forme, dictatorial dans la pratique. La conquête du pouvoir juste pour le pouvoir, un besoin de chef et de jouissance des avantages disproportionnés par rapport aux ressources et le reste des citoyens, voilà l'obsession des élites. Pour se maintenir, le chef s'entoure d'un réseau de fidèles avec qui il partage le patrimoine du pays. Par exemple, Pétion et Boyer vont distribuer des terres aux officiers de l'Armée Indigène pour calmer leurs ardeurs et acheter leur loyauté. Cette distribution s'est faite sur une base clientéliste et parfois même ethnique. D'où le phénomène des grands dons, des disparités sociales et des luttes intestines en Haïti.
Dans ce système, le pouvoir ne repose sur aucune institution mais sur des hommes forts constitués en réseaux. Certes, le chef de l'Etat est l'autorité suprême ou viennent s'attacher le plus grand nombre de réseaux. Aucun citoyen ne peut jouir d'un privilège ou d'un service quelconque s'il ne connaît quelqu'un qui lui-même connaît quelqu'un attaché à une branche proche du chef de l'Etat. Bien entendu, chaque élément de cette chaîne se constitue son propre réseau. Il est un chef local, il a son propre fief où il fait la pluie et le beau temps, s'adonnant à toutes sortes d'exactions dans l'impunité totale. Parfois, l'un de ces chefs, se sentant assez fort et animé d'ambitions plus grandioses, rassemble sa bande et part à la conquête du pouvoir suprême par la violence. S'il réussit dans son entreprise, d'autres réseaux vont se constituer rapidement autour de lui, reproduisant exactement les mêmes comportements.
Dans ce système, le chef de l'Etat vit dans l'insécurité en permanence. Son seul souci, c'est de se maintenir au pouvoir. Souvent, il se croit plus malin et se sent capable d'éviter le sort de ses prédécesseurs en anéantissant ses rivaux par la force et contenir ses fidèles par la corruption. S'il y parvient, il restera longtemps au pouvoir. Cependant, son règne sera marqué par des complots à répétition et des purges. Quand il commence à s'affaiblir, les ambitions vont se déchaîner. S'il résiste, alors ce sera la guerre civile ; mais le plus souvent, il sera emporté assez rapidement par un coup d'Etat. Son sort était scellé à l'avance ; ce sera l'exil, la prison ou la mort.
D'après les spécialistes en relations internationales, ce type de régime ne se rencontre qu'en Afrique sub-saharienne et en Haïti. Ils l'appellent néo-patrimonial parce que les dirigeants se servent de l'Etat comme de leur patrimoine propre. Le plus souvent, c'est un régime qui adopte une forme démocratique et est autoritaire en pratique. Notez que tout régime autoritaire n'est pas forcément sanguinaire. La répression s'accentue quand il y a à la tête de l'Etat un leader qui soufre de ce qu'on appelle le Phénomène du Grand Homme ; ou bien quand il fait face à une forte résistance des clans rivaux.
Enfin, il se passe de toute institution, il établit plutôt des rapports patron-client pour asseoir son pouvoir. Dans ce cas, investir dans les services publics tel que éducation, santé, routes n'est pas nécessaire. La mobilité sociale se fait au compte-goutte. Les classes moyennes se réduisent en peau de chagrin. Le pays est plutôt divisé entre les nantis et les pauvres, et les inégalités sociales sont pour le moins choquantes. Une minorité jouit de tous les privilèges. Seuls les membres non inclus dans les différents réseaux plus ou moins hiérarchisés sont assujettis au fardeau des impôts et autres obligations envers l'Etat. Très souvent, le clan dominant appartient à une ethnie minoritaire en nombre. Investir dans l'éducation de la population ? A quoi bon ? Seule la force ou la corruption lui permet de maintenir sa domination sur la majorité. Avec ou sans ressources naturelles, l'économie est anémiée, l'Etat est faible, ou bien souvent il n'est présent dans la vie des citoyens qu'à travers les forces de répression.
Donc, d'un point de vue économique, ce système est un cauchemar ; pour obtenir des contrats, il faut être proche du régime. Le citoyen n'a aucune redevance ou attachement envers la patrie mais uniquement envers l'homme fort ou son parrain qui le protège. Il est soumis à ce qu'on appelle le dilemme de sécurité. S'il ne s'aligne pas, il met sa vie et celle de sa famille en danger, et s'il est perçu comme un membre du clan, il est aussi à la merci de déchoucage, de revanche en cas de chute du régime. D'où la nécessité de défendre jusqu'au bout le pouvoir auquel il est identifié. Par ailleurs, le dilemme de sécurité s'accompagne d'un dilemme économique. En effet, vu la faiblesse des investissements privés et le taux élevé du chômage, seul une certaine accointance avec l'équipe au pouvoir peut faciliter un emploi dans l'appareil d'Etat, de « souse yon zo », comme on dit en créole. Ainsi, l'Administration publique est remplie de fonctionnaires mais est très peu efficace dans la fourniture de services. Voilà en gros le tableau qu'il faudra changer. Plus qu'un système politique, c'est une culture qui se reproduit de génération en génération.
En réalité, la Communauté Internationale n'a pas renoncé à l'idée de démocratie en Haïti. Elle estime tout simplement que nous n'avons pas les institutions qu'il faut, les piliers indispensables pour supporter une démocratie libérale. Donc, elle nous propose de préférence un service minimum, un pas à la fois. Pour le moment, l'objectif est simple : réussir une deuxième élection présidentielle consécutive. La passation de pouvoir entre le président Préval et un autre président élu sera saluée dans le monde entier comme une victoire de la démocratie, un succès pour la communauté internationale et Haïti. D'ailleurs, la Refondation, seuls les Haïtiens pourront la réaliser par un changement de culture ou de mentalité; elle ne peut pas venir de l'extérieur.
Michel Brunache
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=83492&PubDate=2010-09-17
Une fenêtre ouverte sur Haïti, le pays qui défie le monde et ses valeurs, anti-nation qui fait de la résistance et pousse les limites de la résilience. Nous incitons au débat conceptualisant Haïti dans une conjoncture mondiale difficile. Haïti, le défi, existe encore malgré tout : choléra, leaders incapables et malhonnêtes, territoires perdus gangstérisés . Pour bien agir il faut mieux comprendre: "Que tout ce qui s'écrit poursuive son chemin, va , va là ou le vent te pousse (Dr Jolivert)
dimanche 19 septembre 2010
Cantine pour enfants à Canaan
Le bénévolat est la règle dans l'unique cantine de Canaan II situé au bord de la Nationale no I. Les gens qui vivent dans ce site y travaillent pour se nourrir. Des centaines d'enfants reçoivent de la nourriture moyennant cinq gourdes le plat chaud.
Haïti: Des centaines d'enfants reçoivent un repas chaud du lundi au vendredi dans une cantine populaire établie à Canaan II, site d'hébergement situé sur la Nationale no I. Depuis le mois d'août, les leaders de l'organisation de Canaan II ont établi des contacts avec la World Vision qui leur a donné des rations sèches et autres produits de premières nécessités tels que huile, sel pour renforcer leur stock de provisions alimentaires.
La cuisine de fortune où fument des grosses chaudières de riz et de purée de pois utilise à la fois des réchauds au gaz propane et au charbon de bois.
Des bâches entourant la tonnelle sous laquelle dix employés bénévoles s'activent ressemblent aux milliers de tentes élevées sur les collines et les buttes de Canaan, site délimité par des "frontières". Notons qu'après le tremblement de terre, les collines sont loties en Canaan I, II et III.
Neuf femmes et un homme se répartissent la tâche sous la tonnelle pour offrir le dîner à l'heure. Un homme s'occupe d'allumer le feu. Un groupe de femmes nettoient, vannent le riz ; un autre groupe prépare la nourriture et le reste. Tous ces bénévoles se mettent au service de la cuisine en vue de nourrir leurs enfants. La majorité des femmes, ici, n'ont pas de mari et assurent seules le foyer. « Nous travaillons pour manger », explique Marie-Ange Eloïs, 37 ans, mère de six enfants de trois pères différents.
Sadia Michèle, de Cité Soleil, 28 ans, la voix éraillée, a laissé son cours de couture qu'elle prenait à Port-au-Prince avant le 12 janvier. Depuis qu'elle est à Canaan II, c'est la galère pour elle. Mère de trois enfants, elle bosse comme les autres pour se mettre quelque chose sous la dent.
Hissé au rang de leader, Germain Joseph, le responsable de l'organisation des victimes de Canaan II, explique que le bénévolat est la règle dans ce site d'hébergement.
Pas de nourriture pour tous les enfants
« Des centaines d'enfants reçoivent de la nourriture moyennant cinq gourdes le plat chaud. Mais nous n'avons pas de la nourriture pour tous les enfants », signale-t-il.
Les enfants ne sont pas les seuls qui ont grand besoin de cette cantine, les adultes aussi meurent d'envie à l'ombre de leurs tentes, pensant à un repas chaud lorsqu'ils donnent cinq gourdes à leurs gamins.
« Dernièrement, un candidat à la magistrature de la Croix-des-Bouquets, nous a abordés et nous a promis de mettre une cantine à Canaan II. Ce serait intéressant, mais il réclame trop, il réclame vingt-cinq gourdes pour le plat chaud. Les gens n'ont pas les moyens », se désole-t-il.
Parfois, il n'est pas facile de trouver cinq gourdes pour donner aux enfants. C'est le cas de Junior et de Rodelain. Ils rôdent autour de la cuisine, vont à l'église, quémandant cinq gourdes à un bon samaritain qui vont leur permettre de manger ce midi.
Pasteur Michel Volny Joseph, le corps frêle, est très strict. Un enfant qui n'a pas les cinq gourdes n'a pas droit à une carte, il fait de la gestion. « Cinq gourdes, c'est rien. Quand des centaines d'enfants vous donnent cinq gourdes, cela fait une somme et vous permet d'acheter de la viande et d'autres ingrédients pour le dîner. »
Les enfants sont des innocents, bien qu'ils n'aient pas d'argent, ils demandent au pasteur de leur donner une carte. Il reste inébranlable. Mais un bon samaritain qui passait par là ce midi a fait don de cinquante gourdes. C'est la ruée, tout le monde veut avoir une carte pour avoir accès à la cantine.
Claude Bernard Sérant
serantclaudebernard@yahoo.fr
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| En arrière-plan, l'église de Canaan II |
La cuisine de fortune où fument des grosses chaudières de riz et de purée de pois utilise à la fois des réchauds au gaz propane et au charbon de bois.
Des bâches entourant la tonnelle sous laquelle dix employés bénévoles s'activent ressemblent aux milliers de tentes élevées sur les collines et les buttes de Canaan, site délimité par des "frontières". Notons qu'après le tremblement de terre, les collines sont loties en Canaan I, II et III.
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| Les enfants viennent réclamer leur ticket au pasteur Michel Volny Joseph |
Sadia Michèle, de Cité Soleil, 28 ans, la voix éraillée, a laissé son cours de couture qu'elle prenait à Port-au-Prince avant le 12 janvier. Depuis qu'elle est à Canaan II, c'est la galère pour elle. Mère de trois enfants, elle bosse comme les autres pour se mettre quelque chose sous la dent.
Hissé au rang de leader, Germain Joseph, le responsable de l'organisation des victimes de Canaan II, explique que le bénévolat est la règle dans ce site d'hébergement.
Pas de nourriture pour tous les enfants
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| Les cuisinières qui préparent le dîner sont toutes des bénévoles (Photo: Francis Concite) |
Les enfants ne sont pas les seuls qui ont grand besoin de cette cantine, les adultes aussi meurent d'envie à l'ombre de leurs tentes, pensant à un repas chaud lorsqu'ils donnent cinq gourdes à leurs gamins.
« Dernièrement, un candidat à la magistrature de la Croix-des-Bouquets, nous a abordés et nous a promis de mettre une cantine à Canaan II. Ce serait intéressant, mais il réclame trop, il réclame vingt-cinq gourdes pour le plat chaud. Les gens n'ont pas les moyens », se désole-t-il.
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| Un bénévole répare le seul réchaud à gaz propane de la cuisine (Photo: Francis Concite) |
Pasteur Michel Volny Joseph, le corps frêle, est très strict. Un enfant qui n'a pas les cinq gourdes n'a pas droit à une carte, il fait de la gestion. « Cinq gourdes, c'est rien. Quand des centaines d'enfants vous donnent cinq gourdes, cela fait une somme et vous permet d'acheter de la viande et d'autres ingrédients pour le dîner. »
Les enfants sont des innocents, bien qu'ils n'aient pas d'argent, ils demandent au pasteur de leur donner une carte. Il reste inébranlable. Mais un bon samaritain qui passait par là ce midi a fait don de cinquante gourdes. C'est la ruée, tout le monde veut avoir une carte pour avoir accès à la cantine.
Claude Bernard Sérant
serantclaudebernard@yahoo.fr
Emotion insoutenable aux obsèques de Manoucheka Louis Jean Brice
Le veuf et chef de la police de l’ouest, Ralph Stanley Jean Brice, plongé avec les membres de sa famille dans plus grande consternation malgré le réconfort des autorités qui promettent de retracer et de capturer les assassins Samedi 18 septembre 2010, Radio Kiskeya
Plusieurs officiels du gouvernement et les membres du haut commandement de la Police Nationale ont assisté samedi aux funérailles extrêmement bouleversantes de Manoucheka Louis Jean Brice, épouse du directeur départemental de l’ouest de la police, Ralph Stanley Jean Brice, assassinée une semaine plus tôt.
Des cris stridents fusaient dans l’assistance qui s’était réunie au cimetière privé parc du Souvenir pour faire ses adieux à la jeune femme de 39 ans dont la famille fondait littéralement en larmes, particulièrement sa mère, Joséphine Labranche, rentrée spécialement de l’étranger et qui a du être évacuée.
Avant de plonger dans une crise d’hystérie interminable, elle avait eu le temps de se demander ce qu’aurait pu faire sa fille Manouche pour mériter "un sort aussi cruel".
Pour sa part, avec un mâle courage, Djessie Jean Brice, la fille de Manoucheka, a communiqué des repères biographiques sur sa mère dont le départ brutal symbolise celui de sa meilleure confidente. “Mamie était mon amie, ma confidente et ma sœur. Je l’aimais, je l’aime et je l’aimerai toujours”, a dit, avec des sanglots dans la voix, l’adolescente devant une assistance émue dans laquelle on reconnaissait son frère Jeffrey et leur père, Ralph Stanley Jean Brice, abattus.
Officiant à ces obsèques, le père Arthur Clergé a réclamé justice pour la victime et appelé à la fin de la violence criminelle en Haïti où, observe-t-il, le mal semble vouloir l’emporter sur le bien. "Ce sera à la justice, aux policiers, aux dirigeants, aux gardiens de la ville de faire en sorte qu’il n’y ait pas d’autres Manoucheka. Car, cela a trop duré", a lancé le prêtre en confiant que la disparue était une fervente catholique, très sensible à la souffrance des autres.
Au cimetière se trouvaient notamment les ministres de la justice, Paul Denis et de l’éducation nationale, Joël Desrosier Jean-Pierre, le Sénateur de l’Artibonite (nord), Youri Latortue, le directeur général de la Police Nationale, Mario Andrésol, et d’autres membres du haut commandement ainsi que des agents de plusieurs unités de la PNH et de la MINUSTAH.
Interrogé en marge de la cérémonie, le ministre de la justice et de la sécurité publique a affirmé qu’il était traversé par des "sentiments de tristesse et d’indignation" face à ce nouvel assassinat. Promettant tous les efforts possibles en vue de la traque et de la capture des meurtriers, Paul Denis dit constater que les "bandits opèrent ces jours-ci avec une facilité révoltante". Un défi qui, déclare-t-il, interpelle à la fois les autorités et les citoyens.
Le chef de la police judiciaire (DCPJ), Frantz Thermilus, qui indique qu’aucune arrestation n’a encore été effectuée dans l’enquête ouverte sur le meurtre, souligne que les investigateurs travaillent avec professionalisme en évitant "toute précipitation ou indiscrétion". "Ce sont les vrais coupables qui doivent être appréhendés", a fait savoir le responsable soucieux de ne pas mettre la puce aux oreilles des suspects ni de faire des victimes innocentes.
Enfin, le Sénateur Youri Latortue, ami proche de la famille éplorée et camarade de promotion de Ralph Stanley Jean Brice, au sein des ex-Forces armées d’Haïti (FAd’H), a demandé au gouvernement de se résoudre à appliquer les recommandations faites depuis des mois par le Sénat dans le but de juguler l’insécurité.
La reconstitution du service d’intelligence nationale, disparue depuis des lustres, et la fourniture de moyens supplémentaires aux forces de l’ordre sont indispensables, a fait remarquer le parlementaire.
Femme d’affaires, diplômée en informatique et en haute couture, Manoucheka Jean Brice était venue au monde le 16 juillet 1971.
Vendredi dernier (10 septembre), trois malfaiteurs circulant à bord d’un véhicule l’avaient abattue de deux balles à une centaine de mètres de sa résidence alors qu’elle rentrait, seule au volant de sa voiture.
Plusieurs autres meurtres choquants commis cet été à Port-au-Prince, dont ceux du dirigeant politique de l’opposition, Dr Ronald Joseph, et du couple de professionnels, Yves Clément et Michèle Jumelle, sont restés jusqu’ici impunis. spp/Radio Kiskeya
Plusieurs officiels du gouvernement et les membres du haut commandement de la Police Nationale ont assisté samedi aux funérailles extrêmement bouleversantes de Manoucheka Louis Jean Brice, épouse du directeur départemental de l’ouest de la police, Ralph Stanley Jean Brice, assassinée une semaine plus tôt.
Des cris stridents fusaient dans l’assistance qui s’était réunie au cimetière privé parc du Souvenir pour faire ses adieux à la jeune femme de 39 ans dont la famille fondait littéralement en larmes, particulièrement sa mère, Joséphine Labranche, rentrée spécialement de l’étranger et qui a du être évacuée.
Avant de plonger dans une crise d’hystérie interminable, elle avait eu le temps de se demander ce qu’aurait pu faire sa fille Manouche pour mériter "un sort aussi cruel".
Pour sa part, avec un mâle courage, Djessie Jean Brice, la fille de Manoucheka, a communiqué des repères biographiques sur sa mère dont le départ brutal symbolise celui de sa meilleure confidente. “Mamie était mon amie, ma confidente et ma sœur. Je l’aimais, je l’aime et je l’aimerai toujours”, a dit, avec des sanglots dans la voix, l’adolescente devant une assistance émue dans laquelle on reconnaissait son frère Jeffrey et leur père, Ralph Stanley Jean Brice, abattus.
Officiant à ces obsèques, le père Arthur Clergé a réclamé justice pour la victime et appelé à la fin de la violence criminelle en Haïti où, observe-t-il, le mal semble vouloir l’emporter sur le bien. "Ce sera à la justice, aux policiers, aux dirigeants, aux gardiens de la ville de faire en sorte qu’il n’y ait pas d’autres Manoucheka. Car, cela a trop duré", a lancé le prêtre en confiant que la disparue était une fervente catholique, très sensible à la souffrance des autres.
Au cimetière se trouvaient notamment les ministres de la justice, Paul Denis et de l’éducation nationale, Joël Desrosier Jean-Pierre, le Sénateur de l’Artibonite (nord), Youri Latortue, le directeur général de la Police Nationale, Mario Andrésol, et d’autres membres du haut commandement ainsi que des agents de plusieurs unités de la PNH et de la MINUSTAH.
Interrogé en marge de la cérémonie, le ministre de la justice et de la sécurité publique a affirmé qu’il était traversé par des "sentiments de tristesse et d’indignation" face à ce nouvel assassinat. Promettant tous les efforts possibles en vue de la traque et de la capture des meurtriers, Paul Denis dit constater que les "bandits opèrent ces jours-ci avec une facilité révoltante". Un défi qui, déclare-t-il, interpelle à la fois les autorités et les citoyens.
Le chef de la police judiciaire (DCPJ), Frantz Thermilus, qui indique qu’aucune arrestation n’a encore été effectuée dans l’enquête ouverte sur le meurtre, souligne que les investigateurs travaillent avec professionalisme en évitant "toute précipitation ou indiscrétion". "Ce sont les vrais coupables qui doivent être appréhendés", a fait savoir le responsable soucieux de ne pas mettre la puce aux oreilles des suspects ni de faire des victimes innocentes.
Enfin, le Sénateur Youri Latortue, ami proche de la famille éplorée et camarade de promotion de Ralph Stanley Jean Brice, au sein des ex-Forces armées d’Haïti (FAd’H), a demandé au gouvernement de se résoudre à appliquer les recommandations faites depuis des mois par le Sénat dans le but de juguler l’insécurité.
La reconstitution du service d’intelligence nationale, disparue depuis des lustres, et la fourniture de moyens supplémentaires aux forces de l’ordre sont indispensables, a fait remarquer le parlementaire.
Femme d’affaires, diplômée en informatique et en haute couture, Manoucheka Jean Brice était venue au monde le 16 juillet 1971.
Vendredi dernier (10 septembre), trois malfaiteurs circulant à bord d’un véhicule l’avaient abattue de deux balles à une centaine de mètres de sa résidence alors qu’elle rentrait, seule au volant de sa voiture.
Plusieurs autres meurtres choquants commis cet été à Port-au-Prince, dont ceux du dirigeant politique de l’opposition, Dr Ronald Joseph, et du couple de professionnels, Yves Clément et Michèle Jumelle, sont restés jusqu’ici impunis. spp/Radio Kiskeya
Narcotrafic : Haïti ne bouge pas d’un iota sur la liste noire américaine
Dans sa certification annuelle rendue publique samedi, l’administration Obama a encore reconduit notre pays parmi les vingt principaux Etats producteurs et de transit responsables de l’expansion du trafic de drogue sur la planète Samedi 18 septembre 2010, Radio Kiskeya
Pour la énième fois, les Etats-Unis ont retenu Haïti sur la liste des pays d’Amérique latine et des Caraïbes impliqués dans le trafic de drogue international alors que les autorités locales n’ont cessé de souligner le renforcement de la coopération bilatérale, avec Washington, dans la lutte contre ce fléau.
Dans son rapport annuel rendu public samedi par le Département d’Etat, la Maison Blanche a indexé une vingtaine de pays dans le monde, dont treize appartenant à notre région, pour leur rôle de "producteurs majeurs ou de plateformes de transit de stupéfiants" destinés principalement aux marchés américain et européen.
Blâmant notamment la Bolivie et le Venezuela pour n’avoir pas "respecté de manière évidente" leurs engagements, le Président Barack Obama a néanmoins promis le maintien des programmes d’aide offerts aux différents pays concernés.
Haïti figure dans la deuxième catégorie, celle des territoires de transit, avec la République Dominicaine voisine, la Jamaïque, les Bahamas, le Costa Rica, l’Equateur, le Guatémala, le Honduras, le Nicaragua, le Panama et le Pérou.
Parmi les producteurs, l’administration américaine a identifié le Venezuela d’Hugo Chàvez, la Bolivie d’Evo Morales, la Colombie et le Mexique. Mais aussi, des pays d’autres régions du monde comme l’Afghanistan, le Pakistan, la Birmanie (Myanmar), le Laos ou encore l’Inde.
Le Président haïtien René Préval a, maintes fois, répété qu’à son avis, pour briser la chaîne du commerce international de la drogue, l’offensive devrait être menée en priorité dans les pays consommateurs dont la demande entraîne nécessairement, dit-il, la production et l’acheminement de stupéfiants.
Malgré les promesses renouvelées de la Police Nationale et la présence de la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH), de nombreuses pistes clandestines servant à l’atterrissage de nuit de petits avions remplis de cargaisons de cocaïne en provenance d’Amérique de sud continuent d’être opérationnelles à travers le pays.
Ces dernières années, des représentants de l’Agence antidrogue des Etats-Unis (DEA) ont arrêté en Haïti et extradé en Floride un certain nombre de trafiquants de drogue. Parmi eux, d’anciens hauts responsables de l’Etat sous l’administration Lavalas qui, pour certains, ont été libérés et déportés après une longue période d’emprisonnement ayant suivi leur condamnation. spp/Radio Kiskeya
http://radiokiskeya.com/spip.php?article7062
Commentaires:
Et si les autres pays établissaient une liste de pays consommateurs de drogues?
La drogue est produite et transférée surtout pour la consommation. Dans la lutte contre le trafic de drogue il doit y avoir un chapitre concernant la consommation. Et c'est sans doute le volet le plus important de l'ensemble des mesures consiste à contrôler diminuer et punir la consommation.
Cependant les américians continuent à renvoyer la balle aux autres et refusent de reconnaître leur leur part de responsabilité. Ils devraient se dire que s'il y a moins d'acheteurs, il y aura moins de producteurs!
Pour la énième fois, les Etats-Unis ont retenu Haïti sur la liste des pays d’Amérique latine et des Caraïbes impliqués dans le trafic de drogue international alors que les autorités locales n’ont cessé de souligner le renforcement de la coopération bilatérale, avec Washington, dans la lutte contre ce fléau.
Dans son rapport annuel rendu public samedi par le Département d’Etat, la Maison Blanche a indexé une vingtaine de pays dans le monde, dont treize appartenant à notre région, pour leur rôle de "producteurs majeurs ou de plateformes de transit de stupéfiants" destinés principalement aux marchés américain et européen.
Blâmant notamment la Bolivie et le Venezuela pour n’avoir pas "respecté de manière évidente" leurs engagements, le Président Barack Obama a néanmoins promis le maintien des programmes d’aide offerts aux différents pays concernés.
Haïti figure dans la deuxième catégorie, celle des territoires de transit, avec la République Dominicaine voisine, la Jamaïque, les Bahamas, le Costa Rica, l’Equateur, le Guatémala, le Honduras, le Nicaragua, le Panama et le Pérou.
Parmi les producteurs, l’administration américaine a identifié le Venezuela d’Hugo Chàvez, la Bolivie d’Evo Morales, la Colombie et le Mexique. Mais aussi, des pays d’autres régions du monde comme l’Afghanistan, le Pakistan, la Birmanie (Myanmar), le Laos ou encore l’Inde.
Le Président haïtien René Préval a, maintes fois, répété qu’à son avis, pour briser la chaîne du commerce international de la drogue, l’offensive devrait être menée en priorité dans les pays consommateurs dont la demande entraîne nécessairement, dit-il, la production et l’acheminement de stupéfiants.
Malgré les promesses renouvelées de la Police Nationale et la présence de la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH), de nombreuses pistes clandestines servant à l’atterrissage de nuit de petits avions remplis de cargaisons de cocaïne en provenance d’Amérique de sud continuent d’être opérationnelles à travers le pays.
Ces dernières années, des représentants de l’Agence antidrogue des Etats-Unis (DEA) ont arrêté en Haïti et extradé en Floride un certain nombre de trafiquants de drogue. Parmi eux, d’anciens hauts responsables de l’Etat sous l’administration Lavalas qui, pour certains, ont été libérés et déportés après une longue période d’emprisonnement ayant suivi leur condamnation. spp/Radio Kiskeya
http://radiokiskeya.com/spip.php?article7062
Commentaires:
Et si les autres pays établissaient une liste de pays consommateurs de drogues?
La drogue est produite et transférée surtout pour la consommation. Dans la lutte contre le trafic de drogue il doit y avoir un chapitre concernant la consommation. Et c'est sans doute le volet le plus important de l'ensemble des mesures consiste à contrôler diminuer et punir la consommation.
Cependant les américians continuent à renvoyer la balle aux autres et refusent de reconnaître leur leur part de responsabilité. Ils devraient se dire que s'il y a moins d'acheteurs, il y aura moins de producteurs!
De l'aide pour une école haïtienne
Publié le 19 septembre 2010 Yves Therrien, Le Soleil
(Québec) L'école de Baptiste, en Haïti, bénéficiera de l'aide de deux organisations de Québec. Coopération internationale Québec (CIQ) et l'Aide internationale à l'enfance (AMIE) ont lancé jeudi une campagne de financement qui servira à la restauration de l'école Dumarais-Estimé, dans ce village de la commune de Belladère.
À la mi-août, lors du passage du Soleil et de Sébastien Girard, coordonnateur de CIQ, le directeur de l'école, Villus Ednel, tenait à faire visiter le bâtiment qui est dans un état lamentable, mais qui sert toujours à l'enseignement. Même si l'école relève de l'État, elle n'a pas été entretenue depuis sa construction en 1948. Il n'y a pas d'éclairage dans les classes, les tableaux des professeurs sont aussi mal en point que les pupitres des élèves.
Il y a eu un projet d'agrandissement en 2008 qui aurait quadruplé l'espace de l'école, mais les travaux ont pris fin sans que personne ne sache les raisons. Sur le terrain, on voit des fondations, mais le chantier est à l'abandon. «L'école se trouve dans un tel état qu'il était impensable de ne pas faire quelque chose. Il y a deux classes pour 600 élèves. Comment conserver le goût d'étudier dans ces conditions?» affirme Sébastien Girard, qui parraine le projet.
Seule école de la municipalité, le bâtiment devait accueillir à l'origine une centaine d'élèves dans deux classes. Aujourd'hui, le directeur de l'école précise qu'il y a plus de 600 enfants dans des locaux inadéquats au point que les classes se tiennent en rotation comme les quarts de travail dans une usine dans des groupes à niveaux multiples.
Selon Sébastien Girard, l'argent récolté permettra d'améliorer les conditions d'apprentissage des classes actuelles par l'achat de ventilateurs et l'installation d'un système d'éclairage adéquat. En même temps du matériel pédagogique, comme des manuels, des pupitres et des tableaux, sera acheté.
Le directeur Ednel avait montré au Soleil, les deux seuls manuels de l'école offerts par une policière de Montréal, Marie-Ève Tremblay: le dictionnaire Larousse 2010 grand format et la version de poche.
«La population de Baptiste veut une école potable, avec une bibliothèque, des vrais pupitres. Et des ordinateurs aussi, car on ne peut pas préparer les enfants pour le monde moderne sans cela», avait affirmé le directeur. Accompagné de trois parents tout aussi découragés que lui de voir le peu de moyens mis à la disposition de l'école, il était étonné de voir que le commissariat de police juste en face avait été rénové à grands frais grâce à des subventions du Canada.
Pour le président de l'AMIE, André Jalbert, la collaboration de l'organisme tombe sous le sens puisqu'il s'agit d'un champ d'expertise de l'ONG spécialisée dans l'aide à l'enfance. L'AMIE est déjà partenaire de plusieurs projets en Haïti, notamment à Cap-Haïtien et à Limbé.
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/dossiers/haiti-de-lespoir-dans-le-chaos/201009/18/01-4317044-de-laide-pour-une-ecole-haitienne.php
(Québec) L'école de Baptiste, en Haïti, bénéficiera de l'aide de deux organisations de Québec. Coopération internationale Québec (CIQ) et l'Aide internationale à l'enfance (AMIE) ont lancé jeudi une campagne de financement qui servira à la restauration de l'école Dumarais-Estimé, dans ce village de la commune de Belladère.
À la mi-août, lors du passage du Soleil et de Sébastien Girard, coordonnateur de CIQ, le directeur de l'école, Villus Ednel, tenait à faire visiter le bâtiment qui est dans un état lamentable, mais qui sert toujours à l'enseignement. Même si l'école relève de l'État, elle n'a pas été entretenue depuis sa construction en 1948. Il n'y a pas d'éclairage dans les classes, les tableaux des professeurs sont aussi mal en point que les pupitres des élèves.
Il y a eu un projet d'agrandissement en 2008 qui aurait quadruplé l'espace de l'école, mais les travaux ont pris fin sans que personne ne sache les raisons. Sur le terrain, on voit des fondations, mais le chantier est à l'abandon. «L'école se trouve dans un tel état qu'il était impensable de ne pas faire quelque chose. Il y a deux classes pour 600 élèves. Comment conserver le goût d'étudier dans ces conditions?» affirme Sébastien Girard, qui parraine le projet.
Seule école de la municipalité, le bâtiment devait accueillir à l'origine une centaine d'élèves dans deux classes. Aujourd'hui, le directeur de l'école précise qu'il y a plus de 600 enfants dans des locaux inadéquats au point que les classes se tiennent en rotation comme les quarts de travail dans une usine dans des groupes à niveaux multiples.
Selon Sébastien Girard, l'argent récolté permettra d'améliorer les conditions d'apprentissage des classes actuelles par l'achat de ventilateurs et l'installation d'un système d'éclairage adéquat. En même temps du matériel pédagogique, comme des manuels, des pupitres et des tableaux, sera acheté.
Le directeur Ednel avait montré au Soleil, les deux seuls manuels de l'école offerts par une policière de Montréal, Marie-Ève Tremblay: le dictionnaire Larousse 2010 grand format et la version de poche.
«La population de Baptiste veut une école potable, avec une bibliothèque, des vrais pupitres. Et des ordinateurs aussi, car on ne peut pas préparer les enfants pour le monde moderne sans cela», avait affirmé le directeur. Accompagné de trois parents tout aussi découragés que lui de voir le peu de moyens mis à la disposition de l'école, il était étonné de voir que le commissariat de police juste en face avait été rénové à grands frais grâce à des subventions du Canada.
Pour le président de l'AMIE, André Jalbert, la collaboration de l'organisme tombe sous le sens puisqu'il s'agit d'un champ d'expertise de l'ONG spécialisée dans l'aide à l'enfance. L'AMIE est déjà partenaire de plusieurs projets en Haïti, notamment à Cap-Haïtien et à Limbé.
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/dossiers/haiti-de-lespoir-dans-le-chaos/201009/18/01-4317044-de-laide-pour-une-ecole-haitienne.php
Élections en Haïti: deuxième débat entre les candidats
Publié le 18 septembre 2010
Evens Sanon, La Presse Canadienne
Pétitionville
Haïti a tenu le deuxième débat présidentiel de son histoire, samedi, un événement auquel peu de gens ont assisté, où les réponses détaillées ont été rares, et qui a été interrompu à de multiples reprises par des pannes de courant.
Lors du débat de deux heures, télévisé et tenu dans un restaurant, seulement quatre des 19 candidats à l'élection présidentielle du 28 novembre se sont affrontés, en face d'un auditoire d'une quarantaine de personnes.
Ces quatre candidats n'ont donné que peu de détails sur leurs idées afin d'aider la nation à se remettre du séïsme du 12 janvier qui a tué jusqu'à 300 000 personnes en plus de jeter 1,5 million de citoyens à la rue. Le pays le plus pauvre et le moins développé de l'Occident n'a reçu qu'une fraction des 5,3 milliards $ promis par la communauté internationale.
Le candidat Gérard Blot a demandé une minute de silence pour les victimes du séisme avant son discours d'introduction, et il a encouragé les Haïtiens de la diaspora à s'impliquer davantage dans la reconstruction.
Le sénateur Jean Hector Anacacis a indiqué qu'il essaierait de reconstruire la Garde nationale et créerait une agence de services secrets qui aiderait à augmenter la sécurité et permettrait d'instaurer un environnement plus sécuritaire pour les investisseurs étrangers.
Le pasteur Jean Chavannes Jeune a expliqué, pour sa part, qu'il désirait un gouvernement qui créerait l'unité et qui aiderait à régler les problèmes.
Enfin, Wilson Jeudy, le maire de la ville de Delmas, à l'est de Port-au-Prince, a donné son accord.
«Tout le monde est fatigué», a-t-il résumé.
M. Jeudy a continué de parler même lorsque les lumières se sont éteintes pour la seconde fois, poussant un membre de l'auditoire à crier qu'il ne pouvait être entendu.
L'un des membres du public, Patrick Gorelien, s'est dit frustré par les réponses vagues et désappointé par le fait que les questions du public aient dû être soumises par écrit au lieu d'être posées directement.
Il a déclaré que le modérateur n'avait pas posé sa question - Comment aideriez-vous les gens à sortir de la pauvreté? - et s'est dit toujours indécis quant au candidat qui recevrait son vote.
L'artiste hip-hop Wyclef Jean n'était pas présent lors du débat, ayant été évincé de la course en raison d'une incapacité présumée à se conformer à la loi électorale.
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/seisme-en-haiti/201009/18/01-4317035-elections-en-haiti-deuxieme-debat-entre-les-candidats.php
Commentaires:
J'admire le courage des gens qui pèsent des mouches dans sur des balances de toile d'araignée. J'admire les gens qui se lance à défendre des cas perdus d'avance.
Ce n'est point faire preuve de mauvaise foi que de critiquer ce débat. Que peut -on tirer comme leçon d'un débat faisant intervenir 4 candidtas d'une liste de 19 et quatre candidats qui sauf un énorme miracle n'ont aucune chance de gagner les élections.
Les haïtiens l'on bien compris expliquant la raison d'une assistance aussi famélique.
On le sait que trop bien que les haïtiens ne votent pas pour un programme mais pour une personne. Preval n'avait eu aucun scrupule à déclarer publiquement qu'il n'avait aucun programme. Voulait-il insinuer par là que ce n'était pas lui qui allait réel et effectivement diriger le pays?
Que les candidats n'aient pas encore présenter de programmes de gouvernement n'est guère surprenant...
Mais de toutes les façons ... the show must go on!
Evens Sanon, La Presse Canadienne
Pétitionville
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| Peu de gens assistent au débat présidentiel à Port-au-Prince, auquel ne participaient que 4 candidats sur 19. PHOTO REUTERS |
Lors du débat de deux heures, télévisé et tenu dans un restaurant, seulement quatre des 19 candidats à l'élection présidentielle du 28 novembre se sont affrontés, en face d'un auditoire d'une quarantaine de personnes.
Ces quatre candidats n'ont donné que peu de détails sur leurs idées afin d'aider la nation à se remettre du séïsme du 12 janvier qui a tué jusqu'à 300 000 personnes en plus de jeter 1,5 million de citoyens à la rue. Le pays le plus pauvre et le moins développé de l'Occident n'a reçu qu'une fraction des 5,3 milliards $ promis par la communauté internationale.
Le candidat Gérard Blot a demandé une minute de silence pour les victimes du séisme avant son discours d'introduction, et il a encouragé les Haïtiens de la diaspora à s'impliquer davantage dans la reconstruction.
Le sénateur Jean Hector Anacacis a indiqué qu'il essaierait de reconstruire la Garde nationale et créerait une agence de services secrets qui aiderait à augmenter la sécurité et permettrait d'instaurer un environnement plus sécuritaire pour les investisseurs étrangers.
Le pasteur Jean Chavannes Jeune a expliqué, pour sa part, qu'il désirait un gouvernement qui créerait l'unité et qui aiderait à régler les problèmes.
Enfin, Wilson Jeudy, le maire de la ville de Delmas, à l'est de Port-au-Prince, a donné son accord.
«Tout le monde est fatigué», a-t-il résumé.
M. Jeudy a continué de parler même lorsque les lumières se sont éteintes pour la seconde fois, poussant un membre de l'auditoire à crier qu'il ne pouvait être entendu.
L'un des membres du public, Patrick Gorelien, s'est dit frustré par les réponses vagues et désappointé par le fait que les questions du public aient dû être soumises par écrit au lieu d'être posées directement.
Il a déclaré que le modérateur n'avait pas posé sa question - Comment aideriez-vous les gens à sortir de la pauvreté? - et s'est dit toujours indécis quant au candidat qui recevrait son vote.
L'artiste hip-hop Wyclef Jean n'était pas présent lors du débat, ayant été évincé de la course en raison d'une incapacité présumée à se conformer à la loi électorale.
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/seisme-en-haiti/201009/18/01-4317035-elections-en-haiti-deuxieme-debat-entre-les-candidats.php
Commentaires:
J'admire le courage des gens qui pèsent des mouches dans sur des balances de toile d'araignée. J'admire les gens qui se lance à défendre des cas perdus d'avance.
Ce n'est point faire preuve de mauvaise foi que de critiquer ce débat. Que peut -on tirer comme leçon d'un débat faisant intervenir 4 candidtas d'une liste de 19 et quatre candidats qui sauf un énorme miracle n'ont aucune chance de gagner les élections.
Les haïtiens l'on bien compris expliquant la raison d'une assistance aussi famélique.
On le sait que trop bien que les haïtiens ne votent pas pour un programme mais pour une personne. Preval n'avait eu aucun scrupule à déclarer publiquement qu'il n'avait aucun programme. Voulait-il insinuer par là que ce n'était pas lui qui allait réel et effectivement diriger le pays?
Que les candidats n'aient pas encore présenter de programmes de gouvernement n'est guère surprenant...
Mais de toutes les façons ... the show must go on!
Frankétienne: le pilier d'Haïti
Publié le 18 septembre 2010
Chantal Guy, La Presse
En mars dernier, le grand et «nobélisable» Frankétienne a présenté sa pièce Melovivi ou Le Piège au siège de l'UNESCO, qui venait de le nommer «artiste pour la paix». Un texte aux accents prophétiques, écrit deux mois avant le séisme du 12 janvier, que nous aurons l'immense privilège de découvrir dans le cadre du Festival international de la littérature. D'ici là, découvrez Frankétienne, l'homme qui parle aux astres.
Frankétienne, c'est l'artiste total, au parcours hors du commun. Dany Laferrière dit de lui qu'il est une métaphore d'Haïti, un ogre. Né Jean-Pierre Basilic Dantor Franck Étienne d'Argent, du viol de sa mère adolescente par un Américain, sa peau est blanche, ses yeux sont bleus, mais son visage est morphologiquement noir. Il ne parle que le créole quand on l'inscrit dans une école de langue française, langue pour laquelle il aura un coup de foudre violent, cette «aristocrate orgueilleuse» qu'il maltraitera avec plaisir, jusqu'à ce qu'il publie en 1975 Dezafi, le premier roman moderne écrit en créole (et dont une nouvelle mouture en français, Les affres d'un défi, vient de paraître chez Vents d'ailleurs).
Mais il affirme être devenu Frankétienne en 1972, à la publication d'Ultravocal, première manifestation écrite du mouvement spiraliste, «une invention qui ne plagie rien d'autre que la vie, la spirale en mouvement». «La spirale est dans la nature, elle est dans nos cyclones qui nous ravagent, dans les zones sismiques qui nous ont ravagés, dans le mouvement des galaxies, dans la double hélice de l'ADN porteur de toute la mémoire de l'individu et de la vie, explique-t-il au bout du fil. La spirale, c'est une quête, celle d'essayer de trouver la totalité du monde dans une oeuvre d'art.»
Car bien qu'il soit atteint de la «maladie d'écrire» (une quarantaine de titres publiés, en français et en créole), Frankétienne considère la littérature comme une «province ou un département un peu sophistiqué» de la création. Il est peintre -son principal revenu d'ailleurs, on le surnomme le «Picasso haïtien»- poète, chanteur, dramaturge, comédien, professeur... Il est ce qu'il nomme «un génial mégalomane». «Frankétienne ou Frankeinstein Dissident Subversif (...) j'aurai connu tous les désastres et toutes les joies, I am a survivor!», écrit-il dans L'anthologie secrète, publiée chez Mémoire d'encrier en 2005, un excellent livre pour aborder cet artiste aux contours titanesques.
Le poète est vivant!
À 74 ans, il est aussi un pilier d'Haïti, qu'il n'a jamais quitté avant 51 ans, frappé d'une interdiction de départ par le régime Duvalier. Il n'a pas connu l'exil, mais l'exil intérieur, oui. «Je me gardais de fréquenter certains milieux pour ne pas me fragiliser et me mettre à la portée de la dictature, et cela m'a permis un ancrage plus profond dans le réel haïtien, cela m'a permis même de comprendre certaines dimensions mystérieuses; Haïti comme terre de malheurs, de douleur, mais en même temps de jubilation, d'exaltation, de créativité permanente.»
Et puis le séisme du 12 janvier est arrivé. La maison de Frankétienne, construite de ses mains, véritable bunker de l'artiste et musée de ses oeuvres, a été touchée. Un traumatisme d'autant plus fort qu'il répétait depuis quelque temps sa nouvelle pièce, Melovivi ou Le Piège, huis clos entre deux hommes prisonniers d'un espace dévasté après un désastre. Il ne voulait plus jouer cette pièce, après cette journée «terrible, démentielle, insupportable». La visite de Dany Laferrière et Rodney Saint-Éloi a tout changé. «Ils m'ont dit: «Il faut continuer à faire ce que tu sais faire sans aucun complexe, tu ne peux pas réveiller les morts ni redresser les maisons, mais tu vas jouer ta pièce.» Je leur dirai toujours merci.» Et dans la tourmente de ces jours, quand les Haïtiens ont vu Frankétienne, ils ont clamé: «Le poète est vivant!»
Éloge du chaos, mépris de l'anarchie
Tout de même, cette prémonition dans le thème de Melovivi, c'est affolant, Frankétienne en convient, alors qu'il se considère athée. «J'avais une sorte de voyance, de pressentiment que ma terre et la planète étaient menacées, raconte-t-il. Et cela s'est avéré quand une voix m'a parlé. Je demande aux gens qui ne me connaissent pas de me faire ce crédit, parce que ceux qui me connaissent savent que je ne mens pas. Une voix m'a parlé à l'aube, ce moment où le soleil arrive sur terre avec toute son énergie, porteuse de certaines antennes qui vous permettent de saisir les messages qui passent, la musique intérieure à laquelle nous ne sommes pas attentifs, reliée à la musique du monde, du cosmos. La voix m'a dit: votre pays est menacé aussi bien que la planète, écrivez-nous une pièce sur l'écologie mondiale.»
Bien qu'attaché «maladivement» à sa terre, Frankétienne ne veut pas qu'on le considère comme un «fanatique d'Haïti», son pays natal envers lequel il se montre très critique, surtout envers l'élite. S'il embrasse le chaos et le mystère de son existence, de son pays, il méprise l'anarchie causée par la cupidité et la bêtise universelles. «Je dis que nous avons salopé la planète, et pour employer le créole, «salopété» la planète. Nous avons un comportement de prédateurs, nous agissons comme des maîtres absolus alors que nous ne sommes que des locataires de passage. Et le malheur, c'est que nous sommes de mauvais locataires.»
Frankétienne se méfie de l'espérance, qui nous plonge dans les bondieuseries, lui préférant le «désespoir actif», qui est un tremplin vers l'action, une possibilité de transformation, de mutation. «S'il arrive que tu tombes, apprends à chevaucher ta chute, dit-il, se citant lui-même. Que ta chute devienne ton cheval pour continuer le voyage.»
Melovivi ou Le piège, de Frankétienne, avec Frankétienne et Gamel Innocent, les 23 et 24 septembre, 20h, à la Cinquième Salle de la PdA. Frankétienne sera aussi du spectacle collectif Haïti debout, une mise en scène de Rodney Saint-Éloi, le 26 septembre au Lion d'or.
http://www.cyberpresse.ca/arts/spectacles-et-theatre/theatre/201009/18/01-4316982-franketienne-le-pilier-dhaiti.php
Chantal Guy, La Presse
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| Frankétienne et Rodney Saint-Éloi, qui l'a convaincu, avec Danny Laferrière, de jouer sa pièce après le tremblement de terre. «Je leur dirai toujours merci.» PHOTO FOURNIE PAR LE FIL |
Frankétienne, c'est l'artiste total, au parcours hors du commun. Dany Laferrière dit de lui qu'il est une métaphore d'Haïti, un ogre. Né Jean-Pierre Basilic Dantor Franck Étienne d'Argent, du viol de sa mère adolescente par un Américain, sa peau est blanche, ses yeux sont bleus, mais son visage est morphologiquement noir. Il ne parle que le créole quand on l'inscrit dans une école de langue française, langue pour laquelle il aura un coup de foudre violent, cette «aristocrate orgueilleuse» qu'il maltraitera avec plaisir, jusqu'à ce qu'il publie en 1975 Dezafi, le premier roman moderne écrit en créole (et dont une nouvelle mouture en français, Les affres d'un défi, vient de paraître chez Vents d'ailleurs).
Mais il affirme être devenu Frankétienne en 1972, à la publication d'Ultravocal, première manifestation écrite du mouvement spiraliste, «une invention qui ne plagie rien d'autre que la vie, la spirale en mouvement». «La spirale est dans la nature, elle est dans nos cyclones qui nous ravagent, dans les zones sismiques qui nous ont ravagés, dans le mouvement des galaxies, dans la double hélice de l'ADN porteur de toute la mémoire de l'individu et de la vie, explique-t-il au bout du fil. La spirale, c'est une quête, celle d'essayer de trouver la totalité du monde dans une oeuvre d'art.»
Car bien qu'il soit atteint de la «maladie d'écrire» (une quarantaine de titres publiés, en français et en créole), Frankétienne considère la littérature comme une «province ou un département un peu sophistiqué» de la création. Il est peintre -son principal revenu d'ailleurs, on le surnomme le «Picasso haïtien»- poète, chanteur, dramaturge, comédien, professeur... Il est ce qu'il nomme «un génial mégalomane». «Frankétienne ou Frankeinstein Dissident Subversif (...) j'aurai connu tous les désastres et toutes les joies, I am a survivor!», écrit-il dans L'anthologie secrète, publiée chez Mémoire d'encrier en 2005, un excellent livre pour aborder cet artiste aux contours titanesques.
Le poète est vivant!
À 74 ans, il est aussi un pilier d'Haïti, qu'il n'a jamais quitté avant 51 ans, frappé d'une interdiction de départ par le régime Duvalier. Il n'a pas connu l'exil, mais l'exil intérieur, oui. «Je me gardais de fréquenter certains milieux pour ne pas me fragiliser et me mettre à la portée de la dictature, et cela m'a permis un ancrage plus profond dans le réel haïtien, cela m'a permis même de comprendre certaines dimensions mystérieuses; Haïti comme terre de malheurs, de douleur, mais en même temps de jubilation, d'exaltation, de créativité permanente.»
Et puis le séisme du 12 janvier est arrivé. La maison de Frankétienne, construite de ses mains, véritable bunker de l'artiste et musée de ses oeuvres, a été touchée. Un traumatisme d'autant plus fort qu'il répétait depuis quelque temps sa nouvelle pièce, Melovivi ou Le Piège, huis clos entre deux hommes prisonniers d'un espace dévasté après un désastre. Il ne voulait plus jouer cette pièce, après cette journée «terrible, démentielle, insupportable». La visite de Dany Laferrière et Rodney Saint-Éloi a tout changé. «Ils m'ont dit: «Il faut continuer à faire ce que tu sais faire sans aucun complexe, tu ne peux pas réveiller les morts ni redresser les maisons, mais tu vas jouer ta pièce.» Je leur dirai toujours merci.» Et dans la tourmente de ces jours, quand les Haïtiens ont vu Frankétienne, ils ont clamé: «Le poète est vivant!»
Éloge du chaos, mépris de l'anarchie
Tout de même, cette prémonition dans le thème de Melovivi, c'est affolant, Frankétienne en convient, alors qu'il se considère athée. «J'avais une sorte de voyance, de pressentiment que ma terre et la planète étaient menacées, raconte-t-il. Et cela s'est avéré quand une voix m'a parlé. Je demande aux gens qui ne me connaissent pas de me faire ce crédit, parce que ceux qui me connaissent savent que je ne mens pas. Une voix m'a parlé à l'aube, ce moment où le soleil arrive sur terre avec toute son énergie, porteuse de certaines antennes qui vous permettent de saisir les messages qui passent, la musique intérieure à laquelle nous ne sommes pas attentifs, reliée à la musique du monde, du cosmos. La voix m'a dit: votre pays est menacé aussi bien que la planète, écrivez-nous une pièce sur l'écologie mondiale.»
Bien qu'attaché «maladivement» à sa terre, Frankétienne ne veut pas qu'on le considère comme un «fanatique d'Haïti», son pays natal envers lequel il se montre très critique, surtout envers l'élite. S'il embrasse le chaos et le mystère de son existence, de son pays, il méprise l'anarchie causée par la cupidité et la bêtise universelles. «Je dis que nous avons salopé la planète, et pour employer le créole, «salopété» la planète. Nous avons un comportement de prédateurs, nous agissons comme des maîtres absolus alors que nous ne sommes que des locataires de passage. Et le malheur, c'est que nous sommes de mauvais locataires.»
Frankétienne se méfie de l'espérance, qui nous plonge dans les bondieuseries, lui préférant le «désespoir actif», qui est un tremplin vers l'action, une possibilité de transformation, de mutation. «S'il arrive que tu tombes, apprends à chevaucher ta chute, dit-il, se citant lui-même. Que ta chute devienne ton cheval pour continuer le voyage.»
Melovivi ou Le piège, de Frankétienne, avec Frankétienne et Gamel Innocent, les 23 et 24 septembre, 20h, à la Cinquième Salle de la PdA. Frankétienne sera aussi du spectacle collectif Haïti debout, une mise en scène de Rodney Saint-Éloi, le 26 septembre au Lion d'or.
http://www.cyberpresse.ca/arts/spectacles-et-theatre/theatre/201009/18/01-4316982-franketienne-le-pilier-dhaiti.php
HAÏTI DEBOUT
Le 26 septembre 2010 26 septembre 2010
HAÏTI DEBOUT
Ce spectacle met en scène une vision festive d'Haïti et son fil conducteur est la trajectoire de l'écrivain Frankétienne qui, après le séisme du 12 janvier, a continué à faire, tel que lui conseillait Dany Laferrière, «ce qu'il sait faire, c'est-à-dire peindre, écrire, jouer du théâtre et chanter».
Le poète et éditeur Rodney Saint-Éloi, metteur en scène de cette soirée, avoue: «L'image centrale du pays s'incarne à travers la figure de Frankétienne; cet homme est donc toute une nation, comme le fut Toussaint Louverture. Je veux aussi en finir avec le misérabilisme post-séisme et offrir une traversée littéraire et sociale d'Haïti, plus soucieuse d'avenir, de beauté. Et donc de grandeurs. Je veux que cette soirée montre une autre réalité du peuple haïtien qui, comme le souligne Jean Price-Mars, est "un peuple qui chante et qui souffre, qui peine et qui rit, un peuple qui rit, qui danse et se résigne".»
C'est dans cet esprit que Rodney Saint-Éloi a choisi de nous offrir une grande fête en mots et en musique mettant en valeur le côté jouissif de la culture haïtienne avec comme mot d'ordre « De l'espoir comme mode d'emploi », et ce, en présence de Frankétienne et d'écrivains, de musiciens et de chanteurs québécois, améridiens et haïtiens. Une soirée que l'on veut inoubliable pour clôturer la seizième édition du Festival international de la littérature (FIL) et le parcours des arts haïtiens VIV AYITI présenté dans le cadre des Journées de la culture 2010.
Idée originale, choix des textes et mise en scène Rodney Saint-Éloi
Textes Frankétienne, Dany Laferrière, Jacques Stephen Alexis, Davertige, René Depestre, Anthony Phelps, Ida Faubert, Jacques Roumain, Davertige, Carl Brouard, Georges Castera, Jean Price-Mars, Roger Dorsinville, Marie-Célie Agnant, Rodney Saint-Éloi, Émile Roumer.
Musiciens et chanteurs Frankétienne (chant) Chantal Lavigne (chant) Katia Rock (percussions et chants) Anthony Rozankovic (piano)
Diseurs Joséphine Bacon, Franz Benjamin, Maxime Catellier, Frankétienne, Catherine Lalonde, Chantal Lavigne. Mireille Métellus, Pascale Montreuil, Stanley Péan, Katia Rock, Anthony Rozankovic, Michel Vézina et Louise Warren
Toutes les représentations pour cet événement
HAÏTI DEBOUT
Ce spectacle met en scène une vision festive d'Haïti et son fil conducteur est la trajectoire de l'écrivain Frankétienne qui, après le séisme du 12 janvier, a continué à faire, tel que lui conseillait Dany Laferrière, «ce qu'il sait faire, c'est-à-dire peindre, écrire, jouer du théâtre et chanter».
Le poète et éditeur Rodney Saint-Éloi, metteur en scène de cette soirée, avoue: «L'image centrale du pays s'incarne à travers la figure de Frankétienne; cet homme est donc toute une nation, comme le fut Toussaint Louverture. Je veux aussi en finir avec le misérabilisme post-séisme et offrir une traversée littéraire et sociale d'Haïti, plus soucieuse d'avenir, de beauté. Et donc de grandeurs. Je veux que cette soirée montre une autre réalité du peuple haïtien qui, comme le souligne Jean Price-Mars, est "un peuple qui chante et qui souffre, qui peine et qui rit, un peuple qui rit, qui danse et se résigne".»
C'est dans cet esprit que Rodney Saint-Éloi a choisi de nous offrir une grande fête en mots et en musique mettant en valeur le côté jouissif de la culture haïtienne avec comme mot d'ordre « De l'espoir comme mode d'emploi », et ce, en présence de Frankétienne et d'écrivains, de musiciens et de chanteurs québécois, améridiens et haïtiens. Une soirée que l'on veut inoubliable pour clôturer la seizième édition du Festival international de la littérature (FIL) et le parcours des arts haïtiens VIV AYITI présenté dans le cadre des Journées de la culture 2010.
Idée originale, choix des textes et mise en scène Rodney Saint-Éloi
Textes Frankétienne, Dany Laferrière, Jacques Stephen Alexis, Davertige, René Depestre, Anthony Phelps, Ida Faubert, Jacques Roumain, Davertige, Carl Brouard, Georges Castera, Jean Price-Mars, Roger Dorsinville, Marie-Célie Agnant, Rodney Saint-Éloi, Émile Roumer.
Musiciens et chanteurs Frankétienne (chant) Chantal Lavigne (chant) Katia Rock (percussions et chants) Anthony Rozankovic (piano)
Diseurs Joséphine Bacon, Franz Benjamin, Maxime Catellier, Frankétienne, Catherine Lalonde, Chantal Lavigne. Mireille Métellus, Pascale Montreuil, Stanley Péan, Katia Rock, Anthony Rozankovic, Michel Vézina et Louise Warren
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Frankétienne au Festival international de littérature - Hommage au père de la littérature romanesque créole
Caroline Montpetit 17 septembre 2010
Le jour du tremblement de terre qui a secoué Haïti, le 12 janvier dernier, Frankétienne était en répétition à Port-au-Prince pour sa pièce Mélovivi ou le piège, qui met en scène des personnages au bord d'un gouffre, au lendemain... d'un séisme.
Sauvé miraculeusement de l'effondrement de sa maison, l'auteur de 74 ans arrive à Montréal ces jours-ci pour jouer sa pièce au Festival international de littérature. Il y sera aussi l'objet d'une soirée-hommage.
Il faut dire que Frankétienne a profondément marqué l'histoire de la littérature haïtienne, entre autres en signant le premier roman en langue créole, Dézafi, qui vient d'ailleurs d'être traduit en français chez Vent d'ailleurs sous le titre Les Affres d'un défi.
Dézafi a été écrit en 1976. Frankétienne n'avait pas écrit une ligne en créole avant l'âge de 39 ans. Dans un autre texte, La Tourmente de la langue française, signé en 2003 et repris dans le livre Frankétienne, anthologie secrète aux éditions Mémoire d'encrier, il raconte aussi son premier choc, en tant que créolophone à la peau claire né du viol de sa mère par un industriel américain blanc, quand, à cinq ans, on lui a demandé son nom en français alors qu'il entrait à l'école. «Comment t'appelles-tu, petit? Phrase douloureuse de la mise hors jeu. Phrase indicative des exclusions sociales et de mon identité marginale.» Cette expérience l'a profondément marqué. «Cela m'a donné ce que j'appelle plutôt une motivation, faite d'un mélange de curiosité, de rage et de jubilation», dit-il en entrevue. Il se passionne alors pour la langue française, une langue étrangère pour lui, jusqu'à apprendre par coeur le dictionnaire Petit Larousse illustré. «Il y avait des mots doux, des mots sucrés, des mots salés, des mots amers, des mots tranchants», se souvient-il, citant par ailleurs Cioran, pour qui les rapports avec une langue étrangère sont faits «à la fois de tendresse et de violence».
C'est au cours d'une conversation avec le journaliste Jean Dominique, mort assassiné «par des gens de tous les milieux mafieux», que Frankétienne décide d'écrire son premier roman en créole. «C'est l'acte de baptême, l'extrait de naissance, l'acte fondateur de la littérature romanesque créole», dit-il. À cette époque, Frankétienne constate aussi que les personnes qui lisent son oeuvre en créole sont aussi celles qui la lisaient en français. «Lorsqu'un peuple est analphabète, constate-t-il, il ne lit aucune langue, même pas la sienne!» Aussi, c'est par son théâtre en créole que Frankétienne a réussi à toucher tous les niveaux de la population haïtienne. Pèlintèt, une pièce critique de la dictature duvaliériste, a connu un très grand succès en Haïti. Mais l'écrivain soutient qu'il faut aussi traduire les grandes oeuvres en créole, pour que «le peuple sache qui sont Goethe, Racine ou Molière».
Mélovivi, pour sa part, est la première pièce de théâtre que Frankétienne a écrite directement en français. «D'habitude, j'écrivais mes pièces en créole, puis je les adaptais en français, dit-il. Mélovivi est une pièce écrite à 80 % en français, parce que je pressentais qu'elle allait avoir une carrière à l'étranger.»
C'est en novembre 2009, donc deux mois avant le tremblement de terre en Haïti, que Frankétienne, taraudé par la menace écologique, pressent la nécessité d'écrire une pièce «pour la planète». Cette pièce devait être jouée le 20 janvier au parc historique de la Canne à sucre de Port-au-Prince.
Mais la terre a tremblé et la pièce n'a jamais été jouée à Port-au-Prince. Frankétienne songeait même à ne plus la jouer du tout lorsque Dany Laferrière l'a convaincu de continuer à faire ce qu'il savait faire, écrire, jouer, chanter, peindre. Mélovivi ou le piège sera donc présentée à la Cinquième Salle de la Place des Arts de Montréal, les 23 et 24 septembre prochains. Frankétienne y sera lui-même sur scène, accompagné du comédien Garnel Innocent. Le Festival international de littérature, qui débute aujourd'hui à Montréal, célébrera également la présence de Frankétienne à Montréal par une soirée-hommage, Haïti debout, montée par l'auteur et éditeur de Mémoire d'encrier, Rodney Saint-Éloi. «Je veux en finir avec le misérabilisme postséisme et offrir une traversée littéraire et sociale d'Haïti, plus soucieuse d'avenir, de beauté, et donc de grandeur», dit d'ailleurs Saint-Éloi à ce sujet. La soirée devrait avoir comme mot d'ordre: «de l'espoir comme mode d'emploi».
Frankétienne, auteur de plus de 40 oeuvres, figure sur la liste des candidats au prix Nobel de littérature. Il faut dire que l'écrivain est aussi peintre, et que c'est même de peinture qu'il vit, en plus d'être comédien, chanteur et enseignant. Il a en effet fondé en 1961 le collège Frankétienne, où il a été durant les deux premières années le seul et unique enseignant.
«J'ai dû enseigner toutes les matières à toutes les classes, écrit-il dans L'Anthologie secrète. Ce qui m'a aidé à acquérir une solide érudition.» Il aussi participé au mouvement spiraliste, qui étudie la spirale dans l'histoire du monde et qui l'utilise comme mode de création, qui plonge dans «le brassage chaotique du monde», parce que «le monde est chaos», dit-il. Il dit écrire la nuit et peindre le jour, à la lumière du soleil. «La sémantique est toujours défaillante par rapport à la richesse du réel.»
http://www.ledevoir.com/culture/livres/296352/franketienne-au-festival-international-de-litterature-hommage-au-pere-de-la-litterature-romanesque-creole
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| Frankétienne (à droite) en compagnie du comédien Garnel Innocent. Photo : source: Philippe Bernard |
Sauvé miraculeusement de l'effondrement de sa maison, l'auteur de 74 ans arrive à Montréal ces jours-ci pour jouer sa pièce au Festival international de littérature. Il y sera aussi l'objet d'une soirée-hommage.
Il faut dire que Frankétienne a profondément marqué l'histoire de la littérature haïtienne, entre autres en signant le premier roman en langue créole, Dézafi, qui vient d'ailleurs d'être traduit en français chez Vent d'ailleurs sous le titre Les Affres d'un défi.
Dézafi a été écrit en 1976. Frankétienne n'avait pas écrit une ligne en créole avant l'âge de 39 ans. Dans un autre texte, La Tourmente de la langue française, signé en 2003 et repris dans le livre Frankétienne, anthologie secrète aux éditions Mémoire d'encrier, il raconte aussi son premier choc, en tant que créolophone à la peau claire né du viol de sa mère par un industriel américain blanc, quand, à cinq ans, on lui a demandé son nom en français alors qu'il entrait à l'école. «Comment t'appelles-tu, petit? Phrase douloureuse de la mise hors jeu. Phrase indicative des exclusions sociales et de mon identité marginale.» Cette expérience l'a profondément marqué. «Cela m'a donné ce que j'appelle plutôt une motivation, faite d'un mélange de curiosité, de rage et de jubilation», dit-il en entrevue. Il se passionne alors pour la langue française, une langue étrangère pour lui, jusqu'à apprendre par coeur le dictionnaire Petit Larousse illustré. «Il y avait des mots doux, des mots sucrés, des mots salés, des mots amers, des mots tranchants», se souvient-il, citant par ailleurs Cioran, pour qui les rapports avec une langue étrangère sont faits «à la fois de tendresse et de violence».
C'est au cours d'une conversation avec le journaliste Jean Dominique, mort assassiné «par des gens de tous les milieux mafieux», que Frankétienne décide d'écrire son premier roman en créole. «C'est l'acte de baptême, l'extrait de naissance, l'acte fondateur de la littérature romanesque créole», dit-il. À cette époque, Frankétienne constate aussi que les personnes qui lisent son oeuvre en créole sont aussi celles qui la lisaient en français. «Lorsqu'un peuple est analphabète, constate-t-il, il ne lit aucune langue, même pas la sienne!» Aussi, c'est par son théâtre en créole que Frankétienne a réussi à toucher tous les niveaux de la population haïtienne. Pèlintèt, une pièce critique de la dictature duvaliériste, a connu un très grand succès en Haïti. Mais l'écrivain soutient qu'il faut aussi traduire les grandes oeuvres en créole, pour que «le peuple sache qui sont Goethe, Racine ou Molière».
Mélovivi, pour sa part, est la première pièce de théâtre que Frankétienne a écrite directement en français. «D'habitude, j'écrivais mes pièces en créole, puis je les adaptais en français, dit-il. Mélovivi est une pièce écrite à 80 % en français, parce que je pressentais qu'elle allait avoir une carrière à l'étranger.»
C'est en novembre 2009, donc deux mois avant le tremblement de terre en Haïti, que Frankétienne, taraudé par la menace écologique, pressent la nécessité d'écrire une pièce «pour la planète». Cette pièce devait être jouée le 20 janvier au parc historique de la Canne à sucre de Port-au-Prince.
Mais la terre a tremblé et la pièce n'a jamais été jouée à Port-au-Prince. Frankétienne songeait même à ne plus la jouer du tout lorsque Dany Laferrière l'a convaincu de continuer à faire ce qu'il savait faire, écrire, jouer, chanter, peindre. Mélovivi ou le piège sera donc présentée à la Cinquième Salle de la Place des Arts de Montréal, les 23 et 24 septembre prochains. Frankétienne y sera lui-même sur scène, accompagné du comédien Garnel Innocent. Le Festival international de littérature, qui débute aujourd'hui à Montréal, célébrera également la présence de Frankétienne à Montréal par une soirée-hommage, Haïti debout, montée par l'auteur et éditeur de Mémoire d'encrier, Rodney Saint-Éloi. «Je veux en finir avec le misérabilisme postséisme et offrir une traversée littéraire et sociale d'Haïti, plus soucieuse d'avenir, de beauté, et donc de grandeur», dit d'ailleurs Saint-Éloi à ce sujet. La soirée devrait avoir comme mot d'ordre: «de l'espoir comme mode d'emploi».
Frankétienne, auteur de plus de 40 oeuvres, figure sur la liste des candidats au prix Nobel de littérature. Il faut dire que l'écrivain est aussi peintre, et que c'est même de peinture qu'il vit, en plus d'être comédien, chanteur et enseignant. Il a en effet fondé en 1961 le collège Frankétienne, où il a été durant les deux premières années le seul et unique enseignant.
«J'ai dû enseigner toutes les matières à toutes les classes, écrit-il dans L'Anthologie secrète. Ce qui m'a aidé à acquérir une solide érudition.» Il aussi participé au mouvement spiraliste, qui étudie la spirale dans l'histoire du monde et qui l'utilise comme mode de création, qui plonge dans «le brassage chaotique du monde», parce que «le monde est chaos», dit-il. Il dit écrire la nuit et peindre le jour, à la lumière du soleil. «La sémantique est toujours défaillante par rapport à la richesse du réel.»
http://www.ledevoir.com/culture/livres/296352/franketienne-au-festival-international-de-litterature-hommage-au-pere-de-la-litterature-romanesque-creole
samedi 18 septembre 2010
Haïti - Reconstruction : L’UNICEF construit 200 écoles
18/09/2010 09:20:56 Françoise Gruloos-Ackerman, Représentante du Fond des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) en Haïti a annoncé cette semaine la construction de 200 écoles avec des structures semi-permanentes dans les zones affectées par le séisme. Le premier modèle d'écoles semi-permanente de l’UNICEF a été construite au Bel-Air, un quartier sensible de la capitale, sur le site de l'École Notre-Dame du Perpétuel Secours, qui s'était effondrée le 12 janvier dernier.
Cette action s'inscrit dans un appui à long terme et dans un effort commun qui implique de nombreux autres partenaires du Gouvernement dans le cadre de la seconde phase de l'aide de l'UNICEF qui vise à la reconstruction d'écoles plus favorables à l'apprentissage « dans le souci d'améliorer l'environnement scolaire du jeune haïtien », a ajouté Natalie Fiona Hamoudi, responsable de l'Education à l'UNICEF. « Ces structures sont plus aérée, plus éclairée et plus confortable »
Mme Gruloos-Ackerman a fait savoir que les travaux de construction des écoles ont débuté début août et qu’une centaine sera prêtes pour la rentrée scolaire fixé par le Ministère au 4 octobre. Elle a précisé que ces constructions sont faites pour durer 10 ans mais qu’elles peuvent être aisément transformé afin d’en augmenter la durée de vie.
Toutefois, l'UNICEF a conscience que la construction de 200 écoles ne suffit pas à faire face à la demande scolaire en Haïti, rappelant que 4,992 écoles, soit 23 % des écoles du pays, ont été touchées par le tremblement de terre et que près de 80% de ces écoles ont été sérieusement endommagées ou détruites.
S/ HaïtiLibre
http://www.haitilibre.com/article-1214-haiti-reconstruction-l-unicef-construit-200-ecoles.html
Cette action s'inscrit dans un appui à long terme et dans un effort commun qui implique de nombreux autres partenaires du Gouvernement dans le cadre de la seconde phase de l'aide de l'UNICEF qui vise à la reconstruction d'écoles plus favorables à l'apprentissage « dans le souci d'améliorer l'environnement scolaire du jeune haïtien », a ajouté Natalie Fiona Hamoudi, responsable de l'Education à l'UNICEF. « Ces structures sont plus aérée, plus éclairée et plus confortable »
Mme Gruloos-Ackerman a fait savoir que les travaux de construction des écoles ont débuté début août et qu’une centaine sera prêtes pour la rentrée scolaire fixé par le Ministère au 4 octobre. Elle a précisé que ces constructions sont faites pour durer 10 ans mais qu’elles peuvent être aisément transformé afin d’en augmenter la durée de vie.
Toutefois, l'UNICEF a conscience que la construction de 200 écoles ne suffit pas à faire face à la demande scolaire en Haïti, rappelant que 4,992 écoles, soit 23 % des écoles du pays, ont été touchées par le tremblement de terre et que près de 80% de ces écoles ont été sérieusement endommagées ou détruites.
S/ HaïtiLibre
http://www.haitilibre.com/article-1214-haiti-reconstruction-l-unicef-construit-200-ecoles.html
Haïti - Éducation : Un campus universitaire numérique
18/09/2010 08:32:55 L’Université de Moncton versera la somme de 125 000 $ pour la mise sur pied d’un Campus numérique francophone (CNF) en Haïti, dans le cadre du réseau des CNF de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF). Le recteur et vice-chancelier de l’Université de Moncton, M. Yvon Fontaine, en a fait l’annonce jeudi dernier en présence du recteur de l’Agence universitaire de la Francophonie, M. Bernard Cerquiglini, en visite au Campus de Moncton.
« Ce don de l’Université de Moncton permettra d’offrir à la fois des outils et des ressources pédagogiques. Nous sommes solidaires avec le peuple haïtien. Comme l’a démontré le partenariat Acadie-Haïti, l’Acadie toute entière est solidaire avec le peuple haïtien. Ce geste est notre façon d’exprimer encore une fois notre solidarité, comme nous l’avons fait auprès de nos étudiantes et étudiants d’Haïti suite au séisme l’an dernier » a souligné le recteur ajoutant que « Ce projet est une façon pour nous d'exprimer une fois de plus notre solidarité avec le peuple d'Haïti, comme nous l'avons fait l'hiver dernier en aidant nos étudiants haïtiens après le séisme. »
Le lieu et les détails entourant la réalisation du projet de Campus numérique francophone en Haïti, restent encore à préciser.
En savoir plus sur Les Campus numériques francophones
Les Campus numériques francophones (CNF) ont été créés par l’Agence universitaire de la Francophonie afin de promouvoir et de développer les technologies de l’information et des communications dans les universités du Sud, dans le but ultime de rendre l’activité universitaire, scientifique et académique, plus accessible de par le monde.
On y retrouve des salles de classes où les clientèles étudiantes et professionnelles peuvent y suivre des formations à distance et des ressources pour le personnel enseignant. Il s’agit de centres d’accès à l’information permettant la consultation à prix subventionné des grandes bases de données internationales et la commande de documents primaires, d’articles scientifiques (le tout en ligne), ainsi que l’accès à une documentation physique.
Le campus numérique offre également du matériel de vidéoconférence et de téléphonie permettant d’organiser des conférences, des cours et, entre autres, des soutenances de mémoire.
En savoir plus sur le rôle des Campus numériques francophones
Les Campus numériques francophones offrent bien plus qu’un ensemble de ressources techniques. Il s’agit d’un partage de savoir et de savoir-faire, dans l’esprit associatif qui guide l’AUF depuis sa création en 1961.
Par la mise en réseau de tous les CNF, l’AUF propose aux établissements membres un puissant outil de partage et de capitalisation des expériences, facilitant la structuration de l’offre pédagogique et scientifique, les échanges et la mise en œuvre de projets répartis. Le réseau des CNF est ainsi à la fois :
- un réseau humain de compétences
- un réseau physique d’implantations adaptées au milieu universitaire
- un réseau électronique d’échanges pour des services diversifiés
- un réseau de partenaires qui œuvrent dans la même direction
- un réseau de projets opérationnels et innovants qui s’appuient les uns sur les autres dans le cadre de la politique générale de l’AUF.
PI/ HaïtiLibre
http://www.haitilibre.com/article-1213-haiti-education-un-campus-universitaire-numerique.html
« Ce don de l’Université de Moncton permettra d’offrir à la fois des outils et des ressources pédagogiques. Nous sommes solidaires avec le peuple haïtien. Comme l’a démontré le partenariat Acadie-Haïti, l’Acadie toute entière est solidaire avec le peuple haïtien. Ce geste est notre façon d’exprimer encore une fois notre solidarité, comme nous l’avons fait auprès de nos étudiantes et étudiants d’Haïti suite au séisme l’an dernier » a souligné le recteur ajoutant que « Ce projet est une façon pour nous d'exprimer une fois de plus notre solidarité avec le peuple d'Haïti, comme nous l'avons fait l'hiver dernier en aidant nos étudiants haïtiens après le séisme. »
Le lieu et les détails entourant la réalisation du projet de Campus numérique francophone en Haïti, restent encore à préciser.
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Les Campus numériques francophones (CNF) ont été créés par l’Agence universitaire de la Francophonie afin de promouvoir et de développer les technologies de l’information et des communications dans les universités du Sud, dans le but ultime de rendre l’activité universitaire, scientifique et académique, plus accessible de par le monde.
On y retrouve des salles de classes où les clientèles étudiantes et professionnelles peuvent y suivre des formations à distance et des ressources pour le personnel enseignant. Il s’agit de centres d’accès à l’information permettant la consultation à prix subventionné des grandes bases de données internationales et la commande de documents primaires, d’articles scientifiques (le tout en ligne), ainsi que l’accès à une documentation physique.
Le campus numérique offre également du matériel de vidéoconférence et de téléphonie permettant d’organiser des conférences, des cours et, entre autres, des soutenances de mémoire.
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Les Campus numériques francophones offrent bien plus qu’un ensemble de ressources techniques. Il s’agit d’un partage de savoir et de savoir-faire, dans l’esprit associatif qui guide l’AUF depuis sa création en 1961.
Par la mise en réseau de tous les CNF, l’AUF propose aux établissements membres un puissant outil de partage et de capitalisation des expériences, facilitant la structuration de l’offre pédagogique et scientifique, les échanges et la mise en œuvre de projets répartis. Le réseau des CNF est ainsi à la fois :
- un réseau humain de compétences
- un réseau physique d’implantations adaptées au milieu universitaire
- un réseau électronique d’échanges pour des services diversifiés
- un réseau de partenaires qui œuvrent dans la même direction
- un réseau de projets opérationnels et innovants qui s’appuient les uns sur les autres dans le cadre de la politique générale de l’AUF.
PI/ HaïtiLibre
http://www.haitilibre.com/article-1213-haiti-education-un-campus-universitaire-numerique.html
Haïti - Gonaïves : Inauguration d’un abri communautaire de 150,000 dollars
18/09/2010 08:11:23 Monsieur Anthony S. Chan, directeur adjoint de l’USAID, a inauguré un centre communautaire à la Hatte Rocher, près de Gonaïves, en compagnie de Monsieur Saint Justin Pierrelus, maire de la ville et de nombreux autres représentants du gouvernement haïtien.
L’objectif principal de cette construction est non seulement de fournir aux habitants de la région un abri en cas de catastrophe naturelle mais aussi de servir d’espace pour différentes activités au bénéfice des habitants de Gonaïves telles que séances de formation, séminaires, éducation civique, etc.
Le bâtiment a été construit par l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) grâce à un financement du gouvernement américain, à travers l’USAID d’un montant de 150,000 dollars. Ce projet s’inscrit dans le cadre d’un vaste programme incluant un zonage précis des zones abritées ou la rénovation de plusieurs écoles, entre autres. Il est à noter que l’abri comprend un espace pouvant servir de dépôt, un grand réservoir d’eau, une cuisine, et des latrines.
Au cours de son allocution, Monsieur Chan, a rappelé l’engagement du gouvernement américain auprès de la population des Gonaïves après les évènements tragiques de 2004 et 2008 ainsi que l’étroite collaboration nécessaire entre le gouvernement haïtien, les autorités locales et la communauté pour faire face aux catastrophes naturelles: « Il est bien évident que nous ne pouvons rien contre la nature mais nous avons le devoir de nous préparer pour répondre aux besoins de la population. C’est ce que nous faisons à l’USAID en partenariat avec le gouvernement haïtien, bien sûr, avec les conseils des autorités locales et avec la collaboration des populations concernées ».
S/ HaïtiLibre
http://www.haitilibre.com/article-1212-haiti-gonaives-inauguration-d-un-abri-communautaire-de-150-000-dollars.html
L’objectif principal de cette construction est non seulement de fournir aux habitants de la région un abri en cas de catastrophe naturelle mais aussi de servir d’espace pour différentes activités au bénéfice des habitants de Gonaïves telles que séances de formation, séminaires, éducation civique, etc.
Le bâtiment a été construit par l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) grâce à un financement du gouvernement américain, à travers l’USAID d’un montant de 150,000 dollars. Ce projet s’inscrit dans le cadre d’un vaste programme incluant un zonage précis des zones abritées ou la rénovation de plusieurs écoles, entre autres. Il est à noter que l’abri comprend un espace pouvant servir de dépôt, un grand réservoir d’eau, une cuisine, et des latrines.
Au cours de son allocution, Monsieur Chan, a rappelé l’engagement du gouvernement américain auprès de la population des Gonaïves après les évènements tragiques de 2004 et 2008 ainsi que l’étroite collaboration nécessaire entre le gouvernement haïtien, les autorités locales et la communauté pour faire face aux catastrophes naturelles: « Il est bien évident que nous ne pouvons rien contre la nature mais nous avons le devoir de nous préparer pour répondre aux besoins de la population. C’est ce que nous faisons à l’USAID en partenariat avec le gouvernement haïtien, bien sûr, avec les conseils des autorités locales et avec la collaboration des populations concernées ».
S/ HaïtiLibre
http://www.haitilibre.com/article-1212-haiti-gonaives-inauguration-d-un-abri-communautaire-de-150-000-dollars.html
Haïti - Québec : 4 projets pour Léogâne et Gressier
Le conseil d'administration de l'Union des municipalités du Québec (UMQ) a confié au Centre d'étude et de coopération internationale (CECI), à la suite d'un appel de propositions, la réalisation de quatre projets de reconstruction et de réhabilitation d'infrastructures municipales détruites ou déficientes dans la région la plus éprouvée par le séisme du 12 janvier dernier en Haïti. Les deux villes de Léogâne et de Gressier qui se sont retrouvées à l'épicentre du séisme, bénéficieront de ces nouvelles infrastructures. « Nous sommes fiers aujourd'hui de procéder à la signature de cette convention de financement avec le CECI pour la réalisation de ces projets. En effet, le CECI collabore étroitement avec les autorités municipales de Gressier et de Léogâne depuis le 12 janvier et je peux témoigner de l'enthousiasme des maires de ces deux villes envers cet élan de générosité et de solidarité de leurs pairs du Québec. Présents en Haïti depuis 40 ans, nous sommes heureux d'appuyer ces initiatives municipales essentielles à la reprise de la vie quotidienne des citoyens et des citoyennes dans cette zone détruite à plus de 95% » ajoute Mario Renaud, Directeur général du CECI.
L'UMQ y contribuera à hauteur de tout près de 700 000$ à même son Fonds urgence Haïti qui a été constitué dans les semaines qui ont suivi le séisme par les contributions volontaires et généreuses de ses membres pour venir en aide à ces populations. « Il s'agit d'une première dans l'histoire de notre Union » a déclaré le président de l'UMQ et maire de Saint-Jérôme, monsieur Marc Gascon. L'UMQ a souhaité que la contribution financière exceptionnelle de ses municipalités membres puisse servir de levier et de complément significatif à d'autres programmes mis en œuvre en Haïti en matière de développement local, dans le contexte spécifique post-séisme. Le CECI a su répondre à cette exigence par l'apport de sa propre programmation et expertise reconnue depuis déjà 1985 en Haïti, notamment en développement local et renforcement des capacités des autorités locales et de la société civile. Outre son implication en Haïti, le CECI cumule une expérience de 50 ans en coopération internationale sur plusieurs continents. C'est donc avec un partenaire de grande expérience que l'UMQ s'associe pour assurer que ces fonds soient bien investis.
Ce sont quatre projets très concrets et directement liés à l'amélioration de la qualité de vie d'un grand nombre de citoyens des deux communes qui seront réalisés dans les prochains mois.
À Léogâne :
la réhabilitation partielle du système d'approvisionnement en eau potable, dans un secteur desservant 20 000 habitants.
la construction d'un marché public avec l'aménagement d'une plateforme de 6 000 mètres carrés, un espace construit de quatre modules d'entrepôt, des locaux pour l'administration. Le marché pourra favoriser l'économie locale et donner des lieux d'affaires salubres pour 800 marchandes permanentes et environ 3 000 marchandes les jours de marché avec des installations pour mieux préserver des produits alimentaires fragiles. Ce marché viendra relancer l'économie locale actuellement très précaire.
À Gressier :
la réhabilitation d'environ 1 km de route pour désenclaver un secteur rural afin de faciliter le passage en tout temps et de façon sécuritaire des habitants de la région et leur permettre de vaquer à leurs activités économiques dans la section urbaine de la commune. Ce projet touche 4 200 citoyens (700 familles).
la correction de la rivière Marion. La rivière sera corrigée sur environ 2 km de longueur afin de sécuriser plus de 1 000 familles. Un ouvrage mal conçu sur cette rivière sera réhabilité, les berges seront stabilisées, la rivière sera profilée de façon optimale permettant d'éviter des inondations récurrentes sur des terres agricoles et des secteurs résidentiels vulnérables.
Ces quatre projets seront réalisés dans un concept d'embauche locale à haute intensité de main d'œuvre pour favoriser l'économie locale et l'appropriation par les élus locaux et les communautés des réalisations dans un objectif ultime de pérennisation des ouvrages.
À propos de CECI - Centre d'études et de coopération internationale :
Le CECI, c'est plus de cinquante ans d'engagement responsable. Sa mission est de combattre la pauvreté et l'exclusion. À cette fin, le CECI renforce les capacités de développement des communautés défavorisées; il appuie des initiatives de paix, de droits humains et d'équité; il mobilise des ressources et favorise l'échange de savoir-faire.
À propos de l'UMQ :
Depuis sa fondation en 1919, l'UMQ représente les municipalités de toutes tailles dans toutes les régions du Québec. Elle a pour mission de promouvoir le rôle fondamental des municipalités dans le progrès social et économique de l'ensemble du territoire québécois et de soutenir ses membres dans la construction de milieux de vie démocratiques, innovants et compétitifs. Sa structure, qui regroupe ses membres en caucus d'affinité : municipalités locales, municipalités de centralité, cités régionales, grandes villes et municipalités de la Métropole, est l'expression de toute la diversité et de la solidarité municipale québécoise. Ses membres comptent près de cinq millions de citoyennes et de citoyens.
http://www.haitilibre.com/article-1211-haiti-quebec-4-projets-pour-leogane-et-gressier.html
L'UMQ y contribuera à hauteur de tout près de 700 000$ à même son Fonds urgence Haïti qui a été constitué dans les semaines qui ont suivi le séisme par les contributions volontaires et généreuses de ses membres pour venir en aide à ces populations. « Il s'agit d'une première dans l'histoire de notre Union » a déclaré le président de l'UMQ et maire de Saint-Jérôme, monsieur Marc Gascon. L'UMQ a souhaité que la contribution financière exceptionnelle de ses municipalités membres puisse servir de levier et de complément significatif à d'autres programmes mis en œuvre en Haïti en matière de développement local, dans le contexte spécifique post-séisme. Le CECI a su répondre à cette exigence par l'apport de sa propre programmation et expertise reconnue depuis déjà 1985 en Haïti, notamment en développement local et renforcement des capacités des autorités locales et de la société civile. Outre son implication en Haïti, le CECI cumule une expérience de 50 ans en coopération internationale sur plusieurs continents. C'est donc avec un partenaire de grande expérience que l'UMQ s'associe pour assurer que ces fonds soient bien investis.
Ce sont quatre projets très concrets et directement liés à l'amélioration de la qualité de vie d'un grand nombre de citoyens des deux communes qui seront réalisés dans les prochains mois.
À Léogâne :
la réhabilitation partielle du système d'approvisionnement en eau potable, dans un secteur desservant 20 000 habitants.
la construction d'un marché public avec l'aménagement d'une plateforme de 6 000 mètres carrés, un espace construit de quatre modules d'entrepôt, des locaux pour l'administration. Le marché pourra favoriser l'économie locale et donner des lieux d'affaires salubres pour 800 marchandes permanentes et environ 3 000 marchandes les jours de marché avec des installations pour mieux préserver des produits alimentaires fragiles. Ce marché viendra relancer l'économie locale actuellement très précaire.
À Gressier :
la réhabilitation d'environ 1 km de route pour désenclaver un secteur rural afin de faciliter le passage en tout temps et de façon sécuritaire des habitants de la région et leur permettre de vaquer à leurs activités économiques dans la section urbaine de la commune. Ce projet touche 4 200 citoyens (700 familles).
la correction de la rivière Marion. La rivière sera corrigée sur environ 2 km de longueur afin de sécuriser plus de 1 000 familles. Un ouvrage mal conçu sur cette rivière sera réhabilité, les berges seront stabilisées, la rivière sera profilée de façon optimale permettant d'éviter des inondations récurrentes sur des terres agricoles et des secteurs résidentiels vulnérables.
Ces quatre projets seront réalisés dans un concept d'embauche locale à haute intensité de main d'œuvre pour favoriser l'économie locale et l'appropriation par les élus locaux et les communautés des réalisations dans un objectif ultime de pérennisation des ouvrages.
À propos de CECI - Centre d'études et de coopération internationale :
Le CECI, c'est plus de cinquante ans d'engagement responsable. Sa mission est de combattre la pauvreté et l'exclusion. À cette fin, le CECI renforce les capacités de développement des communautés défavorisées; il appuie des initiatives de paix, de droits humains et d'équité; il mobilise des ressources et favorise l'échange de savoir-faire.
À propos de l'UMQ :
Depuis sa fondation en 1919, l'UMQ représente les municipalités de toutes tailles dans toutes les régions du Québec. Elle a pour mission de promouvoir le rôle fondamental des municipalités dans le progrès social et économique de l'ensemble du territoire québécois et de soutenir ses membres dans la construction de milieux de vie démocratiques, innovants et compétitifs. Sa structure, qui regroupe ses membres en caucus d'affinité : municipalités locales, municipalités de centralité, cités régionales, grandes villes et municipalités de la Métropole, est l'expression de toute la diversité et de la solidarité municipale québécoise. Ses membres comptent près de cinq millions de citoyennes et de citoyens.
http://www.haitilibre.com/article-1211-haiti-quebec-4-projets-pour-leogane-et-gressier.html
Haïti - Insécurité : La Minustah pointée du doigt
18/09/2010 09:59:48 Des secteurs politiques et étudiants ont dénoncé ce qu'ils croient être une étrange coïncidence entre la fin du mandat de la mission onusienne et l’augmentation de l'insécurité. Edmond Mulet, le représentant du secrétaire général des Nations Unies en Haïti, a qualifié jeudi «d’absurdes » les déclarations selon lesquelles la Mission des Nations-Unies pour la stabilisation d'Haïti (Minustah) serait responsable de la recrudescence de l’insécurité dans le pays au moment où l’on doit étudier la possibilité de renouveler son mandat
Edmond Mulet constate que chaque fois que la Minustah arrive en fin de mandat, on accuse la Minustah d’être responsable d’une situation d’insécurité dans le pays pour justifier sa présence « c’est ridicule » a déclaré Edmond Mulet, qui précise que le système des Nations Unies en Haïti n’a aucun intérêt à créer des situations d’instabilité dans le pays.
Il a fait savoir qu'il s'agit là « de pures inventions de certains groupes intéressés, qui ne veulent pas l’établissement d’un État de Droit dans le pays ». Le représentant du secrétaire Géneral estime que la position de ceux qui réclament le départ de la Mission onusienne ne représentent pas l’esprit de la majorité du peuple haïtien.
Il souligne que l’insécurité n’est pas aussi grave qu’on le dit, estimant que l'augmentation constatée aujourd'hui est causée par des milliers de prisonniers évadés qui tentent de se réorganiser tout en rappelant que l'insécurité en Haïti ne date pas du 12 janvier 2010.
Concernant le renouvellement du mandat de la Minustah, il s’est dit confiant que « Le mandat de la Minustah sera renouvelé cette année. Le conseil de sécurité de l’ONU a seulement souhaité que l’effectif des casques bleus et employés de l’ONU en Haïti qui avait été revu à la hausse après le 12 janvier, revienne, en juin ou juillet 2011 aux effectifs antérieurs à cette hausse » précisant que « le conseil de Sécurité de l’ONU n’a pas encore envisagé un départ des casques bleus du pays ».
S/ HaïtiLibre
http://www.haitilibre.com/article-1215-haiti-insecurite-la-minustah-pointee-du-doigt.html
Edmond Mulet constate que chaque fois que la Minustah arrive en fin de mandat, on accuse la Minustah d’être responsable d’une situation d’insécurité dans le pays pour justifier sa présence « c’est ridicule » a déclaré Edmond Mulet, qui précise que le système des Nations Unies en Haïti n’a aucun intérêt à créer des situations d’instabilité dans le pays.
Il a fait savoir qu'il s'agit là « de pures inventions de certains groupes intéressés, qui ne veulent pas l’établissement d’un État de Droit dans le pays ». Le représentant du secrétaire Géneral estime que la position de ceux qui réclament le départ de la Mission onusienne ne représentent pas l’esprit de la majorité du peuple haïtien.
Il souligne que l’insécurité n’est pas aussi grave qu’on le dit, estimant que l'augmentation constatée aujourd'hui est causée par des milliers de prisonniers évadés qui tentent de se réorganiser tout en rappelant que l'insécurité en Haïti ne date pas du 12 janvier 2010.
Concernant le renouvellement du mandat de la Minustah, il s’est dit confiant que « Le mandat de la Minustah sera renouvelé cette année. Le conseil de sécurité de l’ONU a seulement souhaité que l’effectif des casques bleus et employés de l’ONU en Haïti qui avait été revu à la hausse après le 12 janvier, revienne, en juin ou juillet 2011 aux effectifs antérieurs à cette hausse » précisant que « le conseil de Sécurité de l’ONU n’a pas encore envisagé un départ des casques bleus du pays ».
S/ HaïtiLibre
http://www.haitilibre.com/article-1215-haiti-insecurite-la-minustah-pointee-du-doigt.html
Haïti-Élections : Le Cep perçu favorablement par l’Onu, malgré les doutes exprimés par l’opposition
Vendredi 17 septembre 2010 P-au-P, 17 sept. 2010 [AlterPresse] --- L’ Organisation des Nations Unies (Onu) n’a aucune raison de douter de la crédibilité du Conseil électoral provisoire (Cep), a déclaré, jeudi, le représentant du secrétaire général de l’organisation internationale en Haïti, Edmond Mulet, lors d’une conférence de presse.
« Jusqu’à présent, nous n’avons pas de raison de douter de la capacité du Cep de réaliser de bonnes élections, mais de toute façon, nous suivons […] de très près les décisions qui seront prises non seulement au niveau technique mais aussi politique » a-t-il souligné.
Dans une lettre ouverte, le 13 septembre, au secrétaire général de l’Onu, Ban Ki Moon, le « collectif des organisations de la société civile », un regroupement qui a vu le jour, il y a quelques semaines, a exprimé ses préoccupations par rapport à la crédibilité du processus électoral, mettant l’accent notamment sur le centre de tabulation.
« Nous croyons que c’est là [au centre de tabulation], en effet, qu’il y a la moindre possibilité de fraude au niveau technique, parce que le traitement de l’information se fait de façon simultanée par deux équipes différentes. Deux équipes techniques totalement séparées en vue d’avoir un double mécanisme de vérification et de réduire au minimum toute tentative de fraude », met en avant Mulet.
Les observateurs nationaux et internationaux, tout comme les candidats, seront invités à observer les opérations au centre de tabulation, ajoute-t-il.
Toutefois, la lettre sera considérée avec attention et « le suivi nécessaire sera fait s’il y a des problèmes », assure Edmond Mulet.
Selon lui, l’appui technique aux élections, par la mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah) et l’organisation des États américains (Oea) « permettra de garantir de bonnes élections ».
Le chef civil de la Minustah appelle , en même temps, le peuple haïtien à participer aux élections du 28 novembre afin de garantir la légitimité des élus. [kft rl apr 17/09/2010 14:35]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article9998
« Jusqu’à présent, nous n’avons pas de raison de douter de la capacité du Cep de réaliser de bonnes élections, mais de toute façon, nous suivons […] de très près les décisions qui seront prises non seulement au niveau technique mais aussi politique » a-t-il souligné.
Dans une lettre ouverte, le 13 septembre, au secrétaire général de l’Onu, Ban Ki Moon, le « collectif des organisations de la société civile », un regroupement qui a vu le jour, il y a quelques semaines, a exprimé ses préoccupations par rapport à la crédibilité du processus électoral, mettant l’accent notamment sur le centre de tabulation.
« Nous croyons que c’est là [au centre de tabulation], en effet, qu’il y a la moindre possibilité de fraude au niveau technique, parce que le traitement de l’information se fait de façon simultanée par deux équipes différentes. Deux équipes techniques totalement séparées en vue d’avoir un double mécanisme de vérification et de réduire au minimum toute tentative de fraude », met en avant Mulet.
Les observateurs nationaux et internationaux, tout comme les candidats, seront invités à observer les opérations au centre de tabulation, ajoute-t-il.
Toutefois, la lettre sera considérée avec attention et « le suivi nécessaire sera fait s’il y a des problèmes », assure Edmond Mulet.
Selon lui, l’appui technique aux élections, par la mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah) et l’organisation des États américains (Oea) « permettra de garantir de bonnes élections ».
Le chef civil de la Minustah appelle , en même temps, le peuple haïtien à participer aux élections du 28 novembre afin de garantir la légitimité des élus. [kft rl apr 17/09/2010 14:35]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article9998
Le MPP totalement en phase avec les plateformes abstentionnistes
Le leader du Mouvement des paysans de Papaye, Chavannes Jean-Baptiste, se fait l’écho des revendications de l’aile de l’opposition qui se prononce contre les élections et pour la mise en place d’un "gouvernement de salut public" chargé de gérer l’après-Préval et la refondation d’Haïti Vendredi 17 septembre 2010, Radio Kiskeya
Le coordonnateur du Mouvement des paysans de Papaye (Centre), Chavannes Jean-Baptiste, a salué vendredi les résolutions de la conférence des forces politiques, sociales et territoriales de l’opposition radicale qui, souligne-t-il, reflètent la position de principe du MPP/MPNKP dans la conjoncture actuelle.
A l’instar des plateformes l’Alternative, Libération, Rasanble et UCCADE, le leader paysan croit qu’au départ du Président René Préval un "gouvernement de salut public" devra prendre les rênes du pouvoir pour assurer une transition démocratique responsable devant déboucher sur un processus électoral crédible et inclusif.
Réaffirmant son opposition au régime de Préval, accusé de conduire le pays à une nouvelle crise politique et à la faillite institutionnelle, Chavannes Jean-Baptiste reste aussi convaincu que des élections démocratiques ne peuvent se tenir sous l’égide de l’actuel CEP.
Il rappelle que la position exprimée dans la déclaration finale de la conférence de la Croix-des-Missions (banlieue nord de la capitale) a toujours été celle de Libération, l’Alternative, Rasanble et UCCADE qui se sont mises en ordre de bataille pour affronter, au moyen d’une stratégie unitaire, le pouvoir en place et offrir à la nation une "autre voie".
Outre la succession de René Préval, 11 sièges au Sénat et 99 à la Chambre des Députés seront en jeu lors du premier tour des présidentielles et législatives, le 28 novembre. spp/Radio Kiskeya
http://radiokiskeya.com/spip.php?article7059
Commentaires:
Le MPP se trouve du mauvais côté cette fois-ci. L'idée du gouvernement de salut national aurait du germer tout de suite après le tremblement de terre comme une alternative à une solution de crise humanitaire, une initiative pour rassembler tout le monde autour du projet Haïti.
L'opposition a , de façon très erronée, commencé à exiger le départ de René Preval. L'après préval aurait pu être résolu par la solution du gouvernement de salut national. Mais en exigeant le départ du président, la communauté considère que ce sectuer politique est envahi d'idée rétrograde dans un contexte de maintien de stabilité politique.
Cependant Haïti a eu droit à une sorte de gouvernement de salut national en 2004 après l'éviction de Jean Bertrand Aristide. L'institution d'un conseil de sages (Oui, des haïtiens ont été décrétés sages!), puis l'arrivée de Latortue à la présidence , bras dessus bras dessous avec le juge de la cour de cassation n'a pas laissé un souvenir impérissable dans la vie de tous les jours des haïtiens.
Les absents auront toujours tort!
Le coordonnateur du Mouvement des paysans de Papaye (Centre), Chavannes Jean-Baptiste, a salué vendredi les résolutions de la conférence des forces politiques, sociales et territoriales de l’opposition radicale qui, souligne-t-il, reflètent la position de principe du MPP/MPNKP dans la conjoncture actuelle.
A l’instar des plateformes l’Alternative, Libération, Rasanble et UCCADE, le leader paysan croit qu’au départ du Président René Préval un "gouvernement de salut public" devra prendre les rênes du pouvoir pour assurer une transition démocratique responsable devant déboucher sur un processus électoral crédible et inclusif.
Réaffirmant son opposition au régime de Préval, accusé de conduire le pays à une nouvelle crise politique et à la faillite institutionnelle, Chavannes Jean-Baptiste reste aussi convaincu que des élections démocratiques ne peuvent se tenir sous l’égide de l’actuel CEP.
Il rappelle que la position exprimée dans la déclaration finale de la conférence de la Croix-des-Missions (banlieue nord de la capitale) a toujours été celle de Libération, l’Alternative, Rasanble et UCCADE qui se sont mises en ordre de bataille pour affronter, au moyen d’une stratégie unitaire, le pouvoir en place et offrir à la nation une "autre voie".
Outre la succession de René Préval, 11 sièges au Sénat et 99 à la Chambre des Députés seront en jeu lors du premier tour des présidentielles et législatives, le 28 novembre. spp/Radio Kiskeya
http://radiokiskeya.com/spip.php?article7059
Commentaires:
Le MPP se trouve du mauvais côté cette fois-ci. L'idée du gouvernement de salut national aurait du germer tout de suite après le tremblement de terre comme une alternative à une solution de crise humanitaire, une initiative pour rassembler tout le monde autour du projet Haïti.
L'opposition a , de façon très erronée, commencé à exiger le départ de René Preval. L'après préval aurait pu être résolu par la solution du gouvernement de salut national. Mais en exigeant le départ du président, la communauté considère que ce sectuer politique est envahi d'idée rétrograde dans un contexte de maintien de stabilité politique.
Cependant Haïti a eu droit à une sorte de gouvernement de salut national en 2004 après l'éviction de Jean Bertrand Aristide. L'institution d'un conseil de sages (Oui, des haïtiens ont été décrétés sages!), puis l'arrivée de Latortue à la présidence , bras dessus bras dessous avec le juge de la cour de cassation n'a pas laissé un souvenir impérissable dans la vie de tous les jours des haïtiens.
Les absents auront toujours tort!
Les bailleurs de fonds confirment leur appui aux élections
Les Etats-Unis viennent de débloquer 5 millions de dollars et seront suivis, la semaine prochaine, du Canada, indique le directeur général du CEP, Pierre-Louis Opont, par ailleurs satisfait de la formation des bureaux de vote Vendredi 17 septembre 2010, Radio Kiskeya
Le directeur général du Conseil électoral provisoire, Pierre-Louis Opont, a annoncé vendredi que le financement du processus électoral était sur la bonne voie avec l’octroi par les Etats-Unis de cinq millions de dollars à titre de contribution au budget du scrutin du 28 novembre.
Comme l’avait déjà annoncé vendredi le chef de la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH), Edmond Mulet, le haut responsable du CEP a confirmé que le Canada procédera à son tour, la semaine prochaine, au décaissement des fonds qu’il avait promis.
Seule l’Union européenne n’a pas encore déterminé à quelle date elle compte délier les cordons de la bourse. Toutefois, Pierre-Louis Opont se montre optimiste sur la disponibilité de l’enveloppe de l’UE au cours du processus électoral.
Avec un montant de 500.000 dollars, le Brésil a été le premier partenaire étranger à honorer ses engagements dans le cadre du financement du budget des élections qui s’élève à 29 millions de dollars, dont dix fournis par l’Etat haïtien.
Sur un autre plan, le directeur général de l’institution électorale soutient que dans les différentes régions du pays la formation des bureaux de vote par tirage au sort progresse de manière satisfaisante, tout comme le fonctionnement des centres d’opération et de vérification (COV).
Dans l’ouest, les tirages au sort débuteront la semaine prochaine.
M. Opont précise que les partis politiques demeurent impliqués dans le processus et seront invités à désigner leurs représentants dans les BV.
Boycotté par une branche de l’opposition qui dénonce la mainmise de l’Exécutif sur la machine électorale, le scrutin présidentiel et législatif du 28 novembre permettra de désigner le successeur de René Préval, 11 Sénateurs et 99 Députés. spp/Radio Kiskeya
http://radiokiskeya.com/spip.php?article7060
Le directeur général du Conseil électoral provisoire, Pierre-Louis Opont, a annoncé vendredi que le financement du processus électoral était sur la bonne voie avec l’octroi par les Etats-Unis de cinq millions de dollars à titre de contribution au budget du scrutin du 28 novembre.
Comme l’avait déjà annoncé vendredi le chef de la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH), Edmond Mulet, le haut responsable du CEP a confirmé que le Canada procédera à son tour, la semaine prochaine, au décaissement des fonds qu’il avait promis.
Seule l’Union européenne n’a pas encore déterminé à quelle date elle compte délier les cordons de la bourse. Toutefois, Pierre-Louis Opont se montre optimiste sur la disponibilité de l’enveloppe de l’UE au cours du processus électoral.
Avec un montant de 500.000 dollars, le Brésil a été le premier partenaire étranger à honorer ses engagements dans le cadre du financement du budget des élections qui s’élève à 29 millions de dollars, dont dix fournis par l’Etat haïtien.
Sur un autre plan, le directeur général de l’institution électorale soutient que dans les différentes régions du pays la formation des bureaux de vote par tirage au sort progresse de manière satisfaisante, tout comme le fonctionnement des centres d’opération et de vérification (COV).
Dans l’ouest, les tirages au sort débuteront la semaine prochaine.
M. Opont précise que les partis politiques demeurent impliqués dans le processus et seront invités à désigner leurs représentants dans les BV.
Boycotté par une branche de l’opposition qui dénonce la mainmise de l’Exécutif sur la machine électorale, le scrutin présidentiel et législatif du 28 novembre permettra de désigner le successeur de René Préval, 11 Sénateurs et 99 Députés. spp/Radio Kiskeya
http://radiokiskeya.com/spip.php?article7060
Alerte aux houles cycloniques dans le nord d’Haïti
Les opérations de cabotage interdites jusqu’à dimanche soir dans la région exposée aux effets violents du passage lointain de l’ouragan Igor Vendredi 17 septembre 2010, Radio Kiskeya
Les autorités haïtiennes ont émis vendredi un avis d’alerte aux houles cycloniques sur la côte nord que pourrait provoquer jusqu’à lundi prochain le passage de l’ouragan Igor, même s’il s’éloignait de plus en plus d’Haïti pour remonter l’Océan Atlantique.
Des houles pouvant atteindre deux à trois mètres de hauteur étaient attendues vendredi soir et d’autres de quatre mètres samedi soir.
Face à ces menaces d’agitation de la mer, les opérations de cabotage sont formellement interdites sur toute la côte nord jusqu’à dimanche soir, selon le secrétariat permanent de gestion des risques et des désastres, la direction de la protection civile, le service maritime et de navigation d’Haïti (SEMANAH) et le Centre national de météorologie (CNM).
Pour le reste du pays, les prévisions annoncent un week-end tranquille avec seulement des périodes pluvieuses possibles sur certains départements.
Cependant, d’ici mardi, la pluviométrie pourrait devenir très abondante en raison de nouvelles perturbations des conditions météo dans la mer des Caraïbes.
Très active dans l’Océan Atlantique depuis son ouverture en juin, la saison cyclonique ne touchera officiellement à sa fin que le 30 novembre. spp/Radio Kiskeya
http://radiokiskeya.com/spip.php?article7058
Les autorités haïtiennes ont émis vendredi un avis d’alerte aux houles cycloniques sur la côte nord que pourrait provoquer jusqu’à lundi prochain le passage de l’ouragan Igor, même s’il s’éloignait de plus en plus d’Haïti pour remonter l’Océan Atlantique.
Des houles pouvant atteindre deux à trois mètres de hauteur étaient attendues vendredi soir et d’autres de quatre mètres samedi soir.
Face à ces menaces d’agitation de la mer, les opérations de cabotage sont formellement interdites sur toute la côte nord jusqu’à dimanche soir, selon le secrétariat permanent de gestion des risques et des désastres, la direction de la protection civile, le service maritime et de navigation d’Haïti (SEMANAH) et le Centre national de météorologie (CNM).
Pour le reste du pays, les prévisions annoncent un week-end tranquille avec seulement des périodes pluvieuses possibles sur certains départements.
Cependant, d’ici mardi, la pluviométrie pourrait devenir très abondante en raison de nouvelles perturbations des conditions météo dans la mer des Caraïbes.
Très active dans l’Océan Atlantique depuis son ouverture en juin, la saison cyclonique ne touchera officiellement à sa fin que le 30 novembre. spp/Radio Kiskeya
http://radiokiskeya.com/spip.php?article7058
Réunion extraordinaire de la CIRH lundi à New York
Le chancelier brésilien, Celso Amorim, parmi les participants à cette rencontre ministérielle sur l’avancement du processus de reconstruction d’Haïti Vendredi 17 septembre 2010, Radio Kiskeya
Le chef de la diplomatie brésilienne, Celso Amorim, qui doit ouvrir le 23 septembre à New York l’assemblée générale de l’ONU, participera auparavant lundi à une réunion extraordinaire de la Commission intérimaire mixte pour la reconstruction d’Haïti, a annoncé vendredi le gouvernement brésilien relayé par EFE.
Organisée au niveau ministériel sur différents aspects du processus de reconstruction post-séisme, cette séance de travail a été convoquée par le Premier ministre haïtien, Jean-Max Bellerive, et l’ancien Président américain, Bill Clinton, co-présidents de la CIRH.
Malgré l’annonce le mois dernier de l’approbation d’une série de projets, lors d’une réunion tenue à Port-au-Prince, la très controversée commission pour la reconstruction peine toujours à donner une impulsion significative à la mission qui lui a été confiée dans un pays frappé au cœur par le séisme dévastateur du 12 janvier.
Concernant Celso Amorim, il prononcera le discours d’ouverture de l’assemblée générale de l’ONU, en remplacement du Président Luiz Inácio Lula da Silva retenu par des affaires internes. spp/Radio Kiskeya
http://radiokiskeya.com/spip.php?article7061
Le chef de la diplomatie brésilienne, Celso Amorim, qui doit ouvrir le 23 septembre à New York l’assemblée générale de l’ONU, participera auparavant lundi à une réunion extraordinaire de la Commission intérimaire mixte pour la reconstruction d’Haïti, a annoncé vendredi le gouvernement brésilien relayé par EFE.
Organisée au niveau ministériel sur différents aspects du processus de reconstruction post-séisme, cette séance de travail a été convoquée par le Premier ministre haïtien, Jean-Max Bellerive, et l’ancien Président américain, Bill Clinton, co-présidents de la CIRH.
Malgré l’annonce le mois dernier de l’approbation d’une série de projets, lors d’une réunion tenue à Port-au-Prince, la très controversée commission pour la reconstruction peine toujours à donner une impulsion significative à la mission qui lui a été confiée dans un pays frappé au cœur par le séisme dévastateur du 12 janvier.
Concernant Celso Amorim, il prononcera le discours d’ouverture de l’assemblée générale de l’ONU, en remplacement du Président Luiz Inácio Lula da Silva retenu par des affaires internes. spp/Radio Kiskeya
http://radiokiskeya.com/spip.php?article7061
La reconstruction d’Haïti débattue au 40ème congrès annuel du Black Caucus
Sérieuses interrogations sur les élections du 28 novembre en présence du président du CEP et de 3 candidats à la présidence vendredi 17 septembre 2010, Radio Kiskeya
La reconstruction d’Haïti était, jeudi, au centre d’une des nombreuses sessions de la 40ème assemblée annuelle du ” Congressional Black Caucus” qui se tient du 15 au 18 septembre 2010 au “Walter E. Convention Center”, à Washington D.C.
Cette session sur Haïti dirigée par le président de la Commission judiciaire de la Chambre des représentants des Etats Unis, John Conyers, s’est déroulée en présence du président du Conseil Electoral Provisoire (CEP), Gaillot Dorsainvil, et des candidats à la présidence Leslie Voltaire (Ansanm nou fò), Eric Marcki Charles (PENH) et Michel Martelly (Repons Peyizan), invités pour la circonstance par l’association parlementaire noire américaine.
Le responsable de la Fondation Aristide pour la Démocratie, Toussaint Hilaire, invité par la congresswoman Maxine Waters (très proche du secteur Lavalas) et qui était le seul panéliste haïtien parmi une dizaine d’intervenants, a centré son intervention sur la gravité de la situation économique et politique et le désespoir de la population haïtienne 8 mois après le séisme. Il a dénoncé l’imposition de politiques par les pays étrangers et l’acceptation de celles-ci par des dirigeants non véritablement motivés par la défense des intérêts fondamentaux du pays et de la population. Ce fut aussi l’occasion pour le responsable de la Fondation Aristide de faire état non seulement des viols et des privations de toutes sortes dont les populations réfugiées sous les tentes sont l’objet, mais aussi de la constitution de gangs au sein de ces populations. Hilaire a aussi souligné le risque de la tenue d’élections sans la participation des couches populaires et particulièrement de son parti, Fanmi Lavalas.
Cette position a également été soutenue par des intervenants étrangers au point que, par moments, la session a paru être un véritable plaidoyer en faveur de l’intégration de Fanmi Lavalas dans les élections, d’autant qu’elle était ponctuée de slogans pro-Aristide lancés par des militants lavalas faisant partie des nombreuses délégations d’organisations haïtiennes de la diaspora. Un formulaire de pétition en faveur du retour en Haïti de l’ancien président Jean Bertrand Aristide a même été distribué dans la salle.
Intervenant à la suite des représentants de l’USAID, du Catholic Relief Service, de l’Organisation Transafrica et d’autres encore, l’ancien représentant républicain de New York Benjamin Gilman a dressé un véritable réquisitoire contre les violations par le gouvernement haïtien des droits des investisseurs privés. Il s’est en ce sens montré particulièrement acerbe contre le sort fait à la SOCABANK, à la compagnie de télécommunications HAITEL et à leur PDG Franck Ciné. L’ancien parlementaire a mis en garde contre des investissements en Haïti dans le cadre de la reconstruction si un système de protection de ceux-ci n’est pas mis en place.
Intervenant à son tour, le représentant Conyers a souligné qu’en raison de l’urgence et de la spécificité de la situation haïtienne, le Black Caucus s’engage résolument à soumettre incessamment le dossier d’Haïti au président Obama. Sans remettre en question le leadership de Bill Clinton et de la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, le parlementaire a mis l’accent sur la nécessité que soit nommé en urgence un responsable permanent du dossier d’Haïti.
Après le rappel des différents points du programme d’intervention du gouvernement des Etats Unis en Haïti par un adjoint du secrétaire américain au Commerce, le maitre de cérémonie, Ron Daniels, a mis l’accent sur la nécessité que le développement envisagé pour Haïti ne se limite pas à celui du secteur de la sous-traitance « comme cela parait être actuellement le cas avec la Loi Hope ». Il a souhaité que soit parallèlement développée la capacité propre du pays à subvenir à ses besoins.
La session a été clôturée par une vibrante intervention de la « star » de la musique Harry Belafonte sur le sort fait à Haïti par les grandes puissances, les multinationales et un système mondial dominant qui met l’Homme au second plan au bénéfice du profit à outrance.
Au nombre des nombreuses délégations d’organisations haïtiennes présentes à la 40ème assemblée annuelle du Black Caucus figurent celles du Center for Haitian Studies (CHS) et du Greater Miami Health Education Training Center (GMHETC) basés à Miami, Floride. [jmd/Radio Kiskeya]
http://radiokiskeya.com/spip.php?article7057
Commentaires:
Aurait-il fallu que l'on soit dupe ou con pour ressentir de la surprise sur l'orientation d'un congrès du black caucus qui introduit un sujet autour d'Haïti se résumant à un plaidoyer en faveur de Jean Bertrand Aristide?
L'ombre d'Aristide a mis six ans pour s'étioler complètement dans le subconscient haïtien. On ne pense pas plus a Aristide que l'on ne pense à Duvalier. Fort heureusement d'ailleurs.
Aristide c'est le passé. Il n'y a que le Black Caucus et ceux qui pour une raison ou une autre possédaient et le pouvoir et de l'argent du temps d'Aristide qui manifestent quelques élans effervescents en faveur d'un nom écrit dans les dernières pages de l'histoire du pays.
Aristide ne fait pas partie du programme.
Que le black Caucus se penche sur la situation des noirs américains au lieu de plaidoyer pour le retour d'un zombi.
Il faut dire à Aristide que ça y est. Le parlement suisse a voté une loi permettant de confisquer et restituer aux gouvernements des états fargiles les fonds exploiés par les dictateurs de mauvais poils!
La reconstruction d’Haïti était, jeudi, au centre d’une des nombreuses sessions de la 40ème assemblée annuelle du ” Congressional Black Caucus” qui se tient du 15 au 18 septembre 2010 au “Walter E. Convention Center”, à Washington D.C.
Cette session sur Haïti dirigée par le président de la Commission judiciaire de la Chambre des représentants des Etats Unis, John Conyers, s’est déroulée en présence du président du Conseil Electoral Provisoire (CEP), Gaillot Dorsainvil, et des candidats à la présidence Leslie Voltaire (Ansanm nou fò), Eric Marcki Charles (PENH) et Michel Martelly (Repons Peyizan), invités pour la circonstance par l’association parlementaire noire américaine.
Le responsable de la Fondation Aristide pour la Démocratie, Toussaint Hilaire, invité par la congresswoman Maxine Waters (très proche du secteur Lavalas) et qui était le seul panéliste haïtien parmi une dizaine d’intervenants, a centré son intervention sur la gravité de la situation économique et politique et le désespoir de la population haïtienne 8 mois après le séisme. Il a dénoncé l’imposition de politiques par les pays étrangers et l’acceptation de celles-ci par des dirigeants non véritablement motivés par la défense des intérêts fondamentaux du pays et de la population. Ce fut aussi l’occasion pour le responsable de la Fondation Aristide de faire état non seulement des viols et des privations de toutes sortes dont les populations réfugiées sous les tentes sont l’objet, mais aussi de la constitution de gangs au sein de ces populations. Hilaire a aussi souligné le risque de la tenue d’élections sans la participation des couches populaires et particulièrement de son parti, Fanmi Lavalas.
Cette position a également été soutenue par des intervenants étrangers au point que, par moments, la session a paru être un véritable plaidoyer en faveur de l’intégration de Fanmi Lavalas dans les élections, d’autant qu’elle était ponctuée de slogans pro-Aristide lancés par des militants lavalas faisant partie des nombreuses délégations d’organisations haïtiennes de la diaspora. Un formulaire de pétition en faveur du retour en Haïti de l’ancien président Jean Bertrand Aristide a même été distribué dans la salle.
Intervenant à la suite des représentants de l’USAID, du Catholic Relief Service, de l’Organisation Transafrica et d’autres encore, l’ancien représentant républicain de New York Benjamin Gilman a dressé un véritable réquisitoire contre les violations par le gouvernement haïtien des droits des investisseurs privés. Il s’est en ce sens montré particulièrement acerbe contre le sort fait à la SOCABANK, à la compagnie de télécommunications HAITEL et à leur PDG Franck Ciné. L’ancien parlementaire a mis en garde contre des investissements en Haïti dans le cadre de la reconstruction si un système de protection de ceux-ci n’est pas mis en place.
Intervenant à son tour, le représentant Conyers a souligné qu’en raison de l’urgence et de la spécificité de la situation haïtienne, le Black Caucus s’engage résolument à soumettre incessamment le dossier d’Haïti au président Obama. Sans remettre en question le leadership de Bill Clinton et de la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, le parlementaire a mis l’accent sur la nécessité que soit nommé en urgence un responsable permanent du dossier d’Haïti.
Après le rappel des différents points du programme d’intervention du gouvernement des Etats Unis en Haïti par un adjoint du secrétaire américain au Commerce, le maitre de cérémonie, Ron Daniels, a mis l’accent sur la nécessité que le développement envisagé pour Haïti ne se limite pas à celui du secteur de la sous-traitance « comme cela parait être actuellement le cas avec la Loi Hope ». Il a souhaité que soit parallèlement développée la capacité propre du pays à subvenir à ses besoins.
La session a été clôturée par une vibrante intervention de la « star » de la musique Harry Belafonte sur le sort fait à Haïti par les grandes puissances, les multinationales et un système mondial dominant qui met l’Homme au second plan au bénéfice du profit à outrance.
Au nombre des nombreuses délégations d’organisations haïtiennes présentes à la 40ème assemblée annuelle du Black Caucus figurent celles du Center for Haitian Studies (CHS) et du Greater Miami Health Education Training Center (GMHETC) basés à Miami, Floride. [jmd/Radio Kiskeya]
http://radiokiskeya.com/spip.php?article7057
Commentaires:
Aurait-il fallu que l'on soit dupe ou con pour ressentir de la surprise sur l'orientation d'un congrès du black caucus qui introduit un sujet autour d'Haïti se résumant à un plaidoyer en faveur de Jean Bertrand Aristide?
L'ombre d'Aristide a mis six ans pour s'étioler complètement dans le subconscient haïtien. On ne pense pas plus a Aristide que l'on ne pense à Duvalier. Fort heureusement d'ailleurs.
Aristide c'est le passé. Il n'y a que le Black Caucus et ceux qui pour une raison ou une autre possédaient et le pouvoir et de l'argent du temps d'Aristide qui manifestent quelques élans effervescents en faveur d'un nom écrit dans les dernières pages de l'histoire du pays.
Aristide ne fait pas partie du programme.
Que le black Caucus se penche sur la situation des noirs américains au lieu de plaidoyer pour le retour d'un zombi.
Il faut dire à Aristide que ça y est. Le parlement suisse a voté une loi permettant de confisquer et restituer aux gouvernements des états fargiles les fonds exploiés par les dictateurs de mauvais poils!
Le Canada maintient son engagement envers la Minustah
Le ministre canadien de la défense, Peter MacKay, a annoncé que le gouvernement du Canada prolongera jusqu'à mars 2011 son engagement à fournir 5 autres officiers d'état-major des Forces canadiennes à la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH). La Force opérationnelle du Canada est passée de 5 à 10 officiers d'état major après le violent séisme du 12 janvier. Déployé sur demande des Nations Unies, le personnel de renfort des FC travaille actuellement à titre d'officiers d'état-major au quartier général militaire de la mission des Nations Unies.
Outre les officiers d'état major, le contingent canadien compte 150 agents de police. " Les efforts de notre personnel aide à maintenir un environnement sécuritaire et stable pour le développement d'Haïti", explique M. MacKay. Il estime que le Canada continue de jouer un rôle important alors que la mission passe de l'aide aux sinistrés aux secours humanitaires.
Les autorités canadiennes soutiennent que le personnel de la Force opérationnelle à Port-au-Prince apporte une vaste expertise en logistique, en planification, en administration et en soutien aux communications à la disposition du quartier général de la MINUSTAH. Les 5 postes supplémentaires seront maintenus en soutien à la MINUSTAH tout au long de la période de récupération de l'intervention humanitaire à la suite du séisme.
LLM / radio Métropole Haïti
Outre les officiers d'état major, le contingent canadien compte 150 agents de police. " Les efforts de notre personnel aide à maintenir un environnement sécuritaire et stable pour le développement d'Haïti", explique M. MacKay. Il estime que le Canada continue de jouer un rôle important alors que la mission passe de l'aide aux sinistrés aux secours humanitaires.
Les autorités canadiennes soutiennent que le personnel de la Force opérationnelle à Port-au-Prince apporte une vaste expertise en logistique, en planification, en administration et en soutien aux communications à la disposition du quartier général de la MINUSTAH. Les 5 postes supplémentaires seront maintenus en soutien à la MINUSTAH tout au long de la période de récupération de l'intervention humanitaire à la suite du séisme.
LLM / radio Métropole Haïti
Live stream | Haitian presidential debate at 10 a.m.
Live stream
Haitian presidential debate at 10 a.m.
A debate among several presidential candidates in Haiti's November election will be televised live Saturday in Little Haiti -- the first of its kind.
Organizers hope the two-hour discussion -- which begins at 10 a.m. -- will spur presidential hopefuls to lay out their plans for rebuilding the quake-devastated country.
Held at a Petionville restaurant in Haiti, the debate will be broadcast at Konbit for Haiti, 521 NE 81st Sst.
The UM School of Communication media initiative Koze Ayiti is hosting the event, along with Konbit for Haiti, an earthquake recovery organization.
Read more: http://www.miamiherald.com/2010/09/18/1830791/live-stream-haitian-presidential.html#ixzz0ztMCr9VW
Haitian presidential debate at 10 a.m.
A debate among several presidential candidates in Haiti's November election will be televised live Saturday in Little Haiti -- the first of its kind.
Organizers hope the two-hour discussion -- which begins at 10 a.m. -- will spur presidential hopefuls to lay out their plans for rebuilding the quake-devastated country.
Held at a Petionville restaurant in Haiti, the debate will be broadcast at Konbit for Haiti, 521 NE 81st Sst.
The UM School of Communication media initiative Koze Ayiti is hosting the event, along with Konbit for Haiti, an earthquake recovery organization.
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Le 11 septembre, le 12 janvier
Publié le 18 septembre 2010
Chantal Guy, La Presse
Neuf ans après les attentats du 11 septembre, ça sent encore le brûlé. Un pasteur américain a failli faire de cette date sensible un BBQ d'exemplaires du Coran.
Ce qu'il y a de curieux avec les croyants les plus fervents, adeptes d'un seul livre sacré (et ça peut être le Petit Livre rouge de Mao ou Mein Kampf) est leur penchant pour l'autodafé.
Ces gens-là ne fréquentent sûrement pas les bibliothèques. Ils n'aiment pas la multitude de points de vue, ça fait désordre. La vérité est dans un seul livre ou dans aucun, point à la ligne. Les fervents des livres, eux, un peu échevelés et perdus, répugnent à voir ne serait-ce qu'un seul bouquin être la proie des flammes, peu importe son contenu.
Neuf ans après les attentats du 11 septembre, je demeure fascinée par la reconstruction constante de cet événement qualifié d'historique dès les premières secondes à la télé. Cette répétition minute par minute, respectueuse et pleine de gravité au début, qui devient la norme. On veut s'en tenir au plus près de la vérité, mais la fiction est déjà à l'oeuvre, car nous sommes des êtres de fiction. Se répéter inlassablement les détails de cette journée est certainement une façon de transformer le traumatisme en une histoire, circonscrite à un début, un milieu et une fin. Comme des enfants qui ne veulent pas qu'on change une ligne à leur conte préféré.
Cette sorte de mythe fondateur devient la matrice des écrivains qui voudront porter l'imaginaire plus loin. Les Beigbeder, Jonathan Safran Foer ou Don DeLillo, par exemple, qui se sont inspirés de l'événement pour leurs romans.
Le 11 septembre 2001, je l'ai passé à boire du café, tétanisée devant ma télé, à regarder en boucle ces images qui sont devenues des symboles dans nos têtes. Le 12 janvier 2010, j'étais dans la rue, parmi les sinistrés d'Haïti, sans télé et sans internet pour saisir l'onde de choc mondiale de cette catastrophe. Il n'y a pas d'images-chocs qui tournent en boucle pour ceux qui sont touchés, mais le choc, point.
Depuis, je lis tous les livres qui paraissent sur le 12 janvier, guettant les premiers signes de «l'après», tout en surveillant les détails de ce que j'ai vécu de près, seconde par seconde. Cela ressemble à un kaléidoscope. Une multitude de points de vue sur un événement particulier qui a duré 35 secondes, à 16h53, le 12 janvier. Je découvre les secondes des autres. Presque neuf mois après le séisme, nous sommes encore trop près du choc, et pour l'instant, ce qui s'écrit est plus proche du témoignage que de la fiction, mais tout ce qui s'écrit contribue à ancrer (et encrer!) ce moment dans ce qui deviendra un mythe pour la prochaine génération. Il y a eu Tout bouge autour de moi de Dany Laferrière. Il y a désormais Lionel-Édouard Martin qui décrit ces jours dans Le tremblement (chez Arléa); Nicolas Mazellier et Marc Perreault, deux survivants des ruines de l'hôtel Montana, qui racontent leur calvaire personnel dans Pourquoi? (chez Anne Sigier) et Sous les décombre de l'hôtel Montana (Les Intouchables). Et le collectif Haïti parmi les vivants (Actes Sud) qui se demande: «Que peut la littérature devant l'ampleur du drame? Rien, mais surtout pas se taire.»
Rien, vraiment? Je n'en suis pas si sûre. Parce que nous ne sommes pas encore dans la littérature, justement, mais dans les premiers balbutiements émis après le tremblement. Les premiers mots. Lorsque les préoccupations redeviendront d'ordre esthétique, nous seront alors dans la littérature et nous saurons alors que nous sommes peut-être un peu guéris...
Parce que tout le reste est littérature, écrivait Verlaine, n'est-ce pas?
http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/chantal-guy/201009/18/01-4316881-le-11-septembre-le-12-janvier.php
Chantal Guy, La Presse
Neuf ans après les attentats du 11 septembre, ça sent encore le brûlé. Un pasteur américain a failli faire de cette date sensible un BBQ d'exemplaires du Coran.
Ce qu'il y a de curieux avec les croyants les plus fervents, adeptes d'un seul livre sacré (et ça peut être le Petit Livre rouge de Mao ou Mein Kampf) est leur penchant pour l'autodafé.
Ces gens-là ne fréquentent sûrement pas les bibliothèques. Ils n'aiment pas la multitude de points de vue, ça fait désordre. La vérité est dans un seul livre ou dans aucun, point à la ligne. Les fervents des livres, eux, un peu échevelés et perdus, répugnent à voir ne serait-ce qu'un seul bouquin être la proie des flammes, peu importe son contenu.
Neuf ans après les attentats du 11 septembre, je demeure fascinée par la reconstruction constante de cet événement qualifié d'historique dès les premières secondes à la télé. Cette répétition minute par minute, respectueuse et pleine de gravité au début, qui devient la norme. On veut s'en tenir au plus près de la vérité, mais la fiction est déjà à l'oeuvre, car nous sommes des êtres de fiction. Se répéter inlassablement les détails de cette journée est certainement une façon de transformer le traumatisme en une histoire, circonscrite à un début, un milieu et une fin. Comme des enfants qui ne veulent pas qu'on change une ligne à leur conte préféré.
Cette sorte de mythe fondateur devient la matrice des écrivains qui voudront porter l'imaginaire plus loin. Les Beigbeder, Jonathan Safran Foer ou Don DeLillo, par exemple, qui se sont inspirés de l'événement pour leurs romans.
Le 11 septembre 2001, je l'ai passé à boire du café, tétanisée devant ma télé, à regarder en boucle ces images qui sont devenues des symboles dans nos têtes. Le 12 janvier 2010, j'étais dans la rue, parmi les sinistrés d'Haïti, sans télé et sans internet pour saisir l'onde de choc mondiale de cette catastrophe. Il n'y a pas d'images-chocs qui tournent en boucle pour ceux qui sont touchés, mais le choc, point.
Depuis, je lis tous les livres qui paraissent sur le 12 janvier, guettant les premiers signes de «l'après», tout en surveillant les détails de ce que j'ai vécu de près, seconde par seconde. Cela ressemble à un kaléidoscope. Une multitude de points de vue sur un événement particulier qui a duré 35 secondes, à 16h53, le 12 janvier. Je découvre les secondes des autres. Presque neuf mois après le séisme, nous sommes encore trop près du choc, et pour l'instant, ce qui s'écrit est plus proche du témoignage que de la fiction, mais tout ce qui s'écrit contribue à ancrer (et encrer!) ce moment dans ce qui deviendra un mythe pour la prochaine génération. Il y a eu Tout bouge autour de moi de Dany Laferrière. Il y a désormais Lionel-Édouard Martin qui décrit ces jours dans Le tremblement (chez Arléa); Nicolas Mazellier et Marc Perreault, deux survivants des ruines de l'hôtel Montana, qui racontent leur calvaire personnel dans Pourquoi? (chez Anne Sigier) et Sous les décombre de l'hôtel Montana (Les Intouchables). Et le collectif Haïti parmi les vivants (Actes Sud) qui se demande: «Que peut la littérature devant l'ampleur du drame? Rien, mais surtout pas se taire.»
Rien, vraiment? Je n'en suis pas si sûre. Parce que nous ne sommes pas encore dans la littérature, justement, mais dans les premiers balbutiements émis après le tremblement. Les premiers mots. Lorsque les préoccupations redeviendront d'ordre esthétique, nous seront alors dans la littérature et nous saurons alors que nous sommes peut-être un peu guéris...
Parce que tout le reste est littérature, écrivait Verlaine, n'est-ce pas?
http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/chantal-guy/201009/18/01-4316881-le-11-septembre-le-12-janvier.php
Objectifs du Millénaire: le monde tiendra-t-il ses promesses?
Publié le 18 septembre 2010 à 09h46
La Presse
En septembre 2000, dans les bureaux des Nations unies à New York, 189 pays ont signé un engagement inédit: huit objectifs à atteindre avant 2015 pour rendre le monde meilleur. Dix ans plus tard, alors que les chefs d'État s'apprêtent à se réunir la semaine prochaine pour évaluer le chemin parcouru, où en sommes-nous? Des progrès sont à signaler, mais les plus démunis sont encore plus pauvres aujourd'hui qu'au début des années 90, expliquent nos journalistes.
En regardant les statistiques mondiales, 10 ans après l'adoption par les Nations unies des Objectifs du Millénaire, il y a plusieurs raisons de se réjouir. Mondialement, la pauvreté a reculé, la mortalité infantile aussi. Mais quand on regarde les chiffres de plus près, on observe que les plus pauvres de la planète, eux, n'ont pas vu leur sort s'améliorer.
Ce constat très dur, c'est le grand patron d'Amnistie internationale, Salil Shetty qui le fait. «Il y a encore de très grandes sections de population qui sont laissées de côté», a-t-il dit à La Presse hier, lors d'une entrevue téléphonique.
Présentement à New York pour participer au Sommet sur les Objectifs du millénaire qui débutera lundi, le militant des droits humains s'intéresse à la question depuis le tout début. De 2003 au début de l'été dernier, il a lui-même dirigé la Campagne des Nations unies pour les objectifs du millénaire.
«Si on regarde les statistiques globalement, c'est vrai qu'il y a eu des avancées. Mais si on applique les statistiques seulement aux femmes ou à certaines minorités, on se rend compte que les progrès ne sont pas pareils pour tous», explique M. Shetty. «Les plus démunis sont encore plus pauvres aujourd'hui qu'ils ne l'étaient en 1990 alors que c'est pour eux que les objectifs ont été élaborés», ajoute-t-il.
Il donne en guise d'exemple le Brésil. «En général, le Brésil et sa population de 180 millions de personnes sont en voie d'atteindre les Objectifs du Millénaire d'ici 2015, mais malgré ça, 30 à 40 millions de personnes au Brésil, elles, n'atteindront pas ces mêmes objectifs», soutient Salil Shetty, promettant de plaider leur cause la semaine prochaine.
»Mieux vaut provoquer»
Dix ans plus tard, l'ancienne vice-secrétaire générale des Nations unies, Louise Fréchette, n'a pour sa part pas déchanté. «Le Sommet du millénaire a été un des moments les plus positifs de l'histoire récente des Nations unies», dit celle qui travaille aujourd'hui au Centre pour l'innovation en gouvernance internationale.
Le soulagement de plusieurs maux planétaires tient essentiellement à trois noms: Chine, Inde et Brésil. Trois pays qui ont connu une formidable croissance dans la dernière décennie. «On atteint nos objectifs là où il y a le plus de pauvres, dit Louise Fréchette, et il y en avait plus en Chine et en Inde qu'en Afrique.»
Mais l'Afrique compte aussi de belles performances à souligner, comme le Ghana et le Botswana. «Les pays africains partent de beaucoup plus loin et dans des conditions plus compliquées», rappelle Louise Fréchette. «C'est sûr que dans les pays qui sortent de conflits, comme le Mozambique, le Liberia, la Sierra Leone, ils partent à moins zéro.» D'ailleurs, d'autres pays, comme l'Irak, la Somalie ou le Congo, affichent des reculs.
Mais dans le rayon des bonnes nouvelles, Louise Fréchette désigne aussi la lutte au VIH-sida. Les objectifs qui avaient été fixés, raconte-t-elle, avaient été qualifiés «d'utopiques». Et puis, le prix des médicaments a chuté.
«On avait fixé un objectif ambitieux qui nous semblait tout à fait irréaliste à ce moment. Mais on se disait: mieux vaut provoquer», dit-elle. «Ce sont des choses qu'on espérait voir, mais qu'on n'était pas certain qu'on les verrait. Cela dit, ça ne veut pas dire que la crise soit passée.»
Pas qu'une question de sous
David Malone vivait à New York quand les Objectifs du millénaire ont été adoptés. Ces jours-ci, celui qui a été ambassadeur et sous-ministre des Affaires étrangères préside le Centre canadien de recherches en développement international (CRDI). Il se dit excédé par le secrétaire général des Nations unies qui, en préparation du Sommet de lundi, demande aux pays industrialisés de donner davantage pour que les cibles soient atteintes d'ici 2015.
«J'ai passé la moitié de ma vie aux Nations unies et malheureusement, tous les débats se résument à une dialectique où l'on réclame constamment plus d'argent pour réussir à atteindre tel ou tel objectif», soupire-t-il. «Qu'importe les donneurs de fonds, les objectifs sont irréalisables sans une volonté des pays visés à atteindre les objectifs. Et c'est cette volonté nationale que l'on a pu observer au cours des dernières années et qui est à ce jour l'aspect positif de cet exercice».
Louise Fréchette admet que «ce n'est pas juste une question d'argent». «L'aide publique au développement est une petite partie des ressources qui contribuent au développement des pays. Les investissements privés, le commerce apportent beaucoup.»
Mais le privé ne paiera pas pour un système d'éducation ou de santé. «Dans certains cas, plus d'argent ferait une grosse différence. Dans d'autres, ce n'est pas la solution.»
Même si le chemin qui reste à parcourir pour atteindre les objectifs sera le plus difficile, Mme Fréchette affiche un optimisme réservé. «Est-ce qu'on atteindra tous les objectifs du millénaire dans tous les pays de la planète? Je n'y crois pas. Est-ce qu'on atteindra globalement les objectifs? On va s'en rapprocher, mais pas dans tous les pays. Mais il y a peu d'objectifs pour lesquels on n'aura pas fait de progrès.»
Objectifs du millénaire
Objectif 1 Réduire l'extrême pauvreté et la faim
Cible 1: Réduire de 50% la proportion de la population dont le revenu est inférieur à 1$/jour
1990 1,8 milliard de personnes
2005: 1,4 milliard
Objectif 2015: 900 millions
Cible 2: Réduire de moitié la proportion de la population qui souffre de la faim
1990-1992: 20%
2005-2007: 16%
Objectif 2015: 10%
Objectif 2 Assurer l'éducation primaire pour tous
Cible: Donner à tous les enfants les moyens d'achever un cycle complet d'études primaires
1999: 82%
2008: 89%
Objectif 2015: 100%
Objectif 3 Promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes
Cible: Éliminer les disparités entre les sexes dans les enseignements primaire et secondaire d'ici 2005 et à tous les niveaux d'ici 2015 (données pour le secondaire).
1999: 88 filles/100 garçons
2008: 95 filles/100 garçons
Objectif 2015: 100 filles/100 garçons
Objectif 4 Réduire la mortalité infantile des enfants de moins de 5 ans
Cible: Réduire des 2/3 la mortalité infantile de 1990
1990: 100 morts/1000 naissances
2008: 72 morts/1000 naissances
Objectif 2015: 50 morts/1000 naissances
Objectif 5 améliorer la santé maternelle
Cible: Réduire de 75% le taux de mortalité maternelle
1980: 526 300
2008: 342 900
Objectif 2015: environ 250 000
Objectif 6 Combattre le VIH-sida, le paludisme et d'autres maladies
Cible 1: Stopper la propagation du VIH/sida et inverser la tendance actuelle
1996: 3,5 millions de nouvelles infections au VIH
2008: 2,7 millions de nouvelles infections au VIH
Objectif 2015: Moins de 3,5 millions
Cible 2: Maîtriser le paludisme et d'autres grandes maladies et inverser la tendance actuelle
2004: 143 cas de tuberculose pour 100 000 habitants
2008: 139 cas pour 100 000 habitants
Objectif 2015: Moins de 143 cas pour 100 000 habitants
Objectif 7 Assurer un environnement durable
Cible: Réduire de 50% le pourcentage de la population qui n'a pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau salubre
1990: 23%
2008: 13%
Objectif 2015: 11%
Objectif 8 Mettre en place un partenariat mondial pour le développement
Cible: Consacrer 0,56% du revenu national brut des pays développés (membres de l'OCDE) à l'aide publique au développement en 2010, et 0,7% en 2015 (membres de l'UE)
1997: 0,22%
2010: 0,31%
Objectif 2015: 0,7%
http://www.cyberpresse.ca/international/201009/18/01-4316895-objectifs-du-millenaire-le-monde-tiendra-t-il-ses-promesses.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B42_acc-manchettes-dimanche_369233_accueil_POS2
La Presse
En septembre 2000, dans les bureaux des Nations unies à New York, 189 pays ont signé un engagement inédit: huit objectifs à atteindre avant 2015 pour rendre le monde meilleur. Dix ans plus tard, alors que les chefs d'État s'apprêtent à se réunir la semaine prochaine pour évaluer le chemin parcouru, où en sommes-nous? Des progrès sont à signaler, mais les plus démunis sont encore plus pauvres aujourd'hui qu'au début des années 90, expliquent nos journalistes.
En regardant les statistiques mondiales, 10 ans après l'adoption par les Nations unies des Objectifs du Millénaire, il y a plusieurs raisons de se réjouir. Mondialement, la pauvreté a reculé, la mortalité infantile aussi. Mais quand on regarde les chiffres de plus près, on observe que les plus pauvres de la planète, eux, n'ont pas vu leur sort s'améliorer.
Ce constat très dur, c'est le grand patron d'Amnistie internationale, Salil Shetty qui le fait. «Il y a encore de très grandes sections de population qui sont laissées de côté», a-t-il dit à La Presse hier, lors d'une entrevue téléphonique.
Présentement à New York pour participer au Sommet sur les Objectifs du millénaire qui débutera lundi, le militant des droits humains s'intéresse à la question depuis le tout début. De 2003 au début de l'été dernier, il a lui-même dirigé la Campagne des Nations unies pour les objectifs du millénaire.
«Si on regarde les statistiques globalement, c'est vrai qu'il y a eu des avancées. Mais si on applique les statistiques seulement aux femmes ou à certaines minorités, on se rend compte que les progrès ne sont pas pareils pour tous», explique M. Shetty. «Les plus démunis sont encore plus pauvres aujourd'hui qu'ils ne l'étaient en 1990 alors que c'est pour eux que les objectifs ont été élaborés», ajoute-t-il.
Il donne en guise d'exemple le Brésil. «En général, le Brésil et sa population de 180 millions de personnes sont en voie d'atteindre les Objectifs du Millénaire d'ici 2015, mais malgré ça, 30 à 40 millions de personnes au Brésil, elles, n'atteindront pas ces mêmes objectifs», soutient Salil Shetty, promettant de plaider leur cause la semaine prochaine.
»Mieux vaut provoquer»
Dix ans plus tard, l'ancienne vice-secrétaire générale des Nations unies, Louise Fréchette, n'a pour sa part pas déchanté. «Le Sommet du millénaire a été un des moments les plus positifs de l'histoire récente des Nations unies», dit celle qui travaille aujourd'hui au Centre pour l'innovation en gouvernance internationale.
Le soulagement de plusieurs maux planétaires tient essentiellement à trois noms: Chine, Inde et Brésil. Trois pays qui ont connu une formidable croissance dans la dernière décennie. «On atteint nos objectifs là où il y a le plus de pauvres, dit Louise Fréchette, et il y en avait plus en Chine et en Inde qu'en Afrique.»
Mais l'Afrique compte aussi de belles performances à souligner, comme le Ghana et le Botswana. «Les pays africains partent de beaucoup plus loin et dans des conditions plus compliquées», rappelle Louise Fréchette. «C'est sûr que dans les pays qui sortent de conflits, comme le Mozambique, le Liberia, la Sierra Leone, ils partent à moins zéro.» D'ailleurs, d'autres pays, comme l'Irak, la Somalie ou le Congo, affichent des reculs.
Mais dans le rayon des bonnes nouvelles, Louise Fréchette désigne aussi la lutte au VIH-sida. Les objectifs qui avaient été fixés, raconte-t-elle, avaient été qualifiés «d'utopiques». Et puis, le prix des médicaments a chuté.
«On avait fixé un objectif ambitieux qui nous semblait tout à fait irréaliste à ce moment. Mais on se disait: mieux vaut provoquer», dit-elle. «Ce sont des choses qu'on espérait voir, mais qu'on n'était pas certain qu'on les verrait. Cela dit, ça ne veut pas dire que la crise soit passée.»
Pas qu'une question de sous
David Malone vivait à New York quand les Objectifs du millénaire ont été adoptés. Ces jours-ci, celui qui a été ambassadeur et sous-ministre des Affaires étrangères préside le Centre canadien de recherches en développement international (CRDI). Il se dit excédé par le secrétaire général des Nations unies qui, en préparation du Sommet de lundi, demande aux pays industrialisés de donner davantage pour que les cibles soient atteintes d'ici 2015.
«J'ai passé la moitié de ma vie aux Nations unies et malheureusement, tous les débats se résument à une dialectique où l'on réclame constamment plus d'argent pour réussir à atteindre tel ou tel objectif», soupire-t-il. «Qu'importe les donneurs de fonds, les objectifs sont irréalisables sans une volonté des pays visés à atteindre les objectifs. Et c'est cette volonté nationale que l'on a pu observer au cours des dernières années et qui est à ce jour l'aspect positif de cet exercice».
Louise Fréchette admet que «ce n'est pas juste une question d'argent». «L'aide publique au développement est une petite partie des ressources qui contribuent au développement des pays. Les investissements privés, le commerce apportent beaucoup.»
Mais le privé ne paiera pas pour un système d'éducation ou de santé. «Dans certains cas, plus d'argent ferait une grosse différence. Dans d'autres, ce n'est pas la solution.»
Même si le chemin qui reste à parcourir pour atteindre les objectifs sera le plus difficile, Mme Fréchette affiche un optimisme réservé. «Est-ce qu'on atteindra tous les objectifs du millénaire dans tous les pays de la planète? Je n'y crois pas. Est-ce qu'on atteindra globalement les objectifs? On va s'en rapprocher, mais pas dans tous les pays. Mais il y a peu d'objectifs pour lesquels on n'aura pas fait de progrès.»
Objectifs du millénaire
Objectif 1 Réduire l'extrême pauvreté et la faim
Cible 1: Réduire de 50% la proportion de la population dont le revenu est inférieur à 1$/jour
1990 1,8 milliard de personnes
2005: 1,4 milliard
Objectif 2015: 900 millions
Cible 2: Réduire de moitié la proportion de la population qui souffre de la faim
1990-1992: 20%
2005-2007: 16%
Objectif 2015: 10%
Objectif 2 Assurer l'éducation primaire pour tous
Cible: Donner à tous les enfants les moyens d'achever un cycle complet d'études primaires
1999: 82%
2008: 89%
Objectif 2015: 100%
Objectif 3 Promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes
Cible: Éliminer les disparités entre les sexes dans les enseignements primaire et secondaire d'ici 2005 et à tous les niveaux d'ici 2015 (données pour le secondaire).
1999: 88 filles/100 garçons
2008: 95 filles/100 garçons
Objectif 2015: 100 filles/100 garçons
Objectif 4 Réduire la mortalité infantile des enfants de moins de 5 ans
Cible: Réduire des 2/3 la mortalité infantile de 1990
1990: 100 morts/1000 naissances
2008: 72 morts/1000 naissances
Objectif 2015: 50 morts/1000 naissances
Objectif 5 améliorer la santé maternelle
Cible: Réduire de 75% le taux de mortalité maternelle
1980: 526 300
2008: 342 900
Objectif 2015: environ 250 000
Objectif 6 Combattre le VIH-sida, le paludisme et d'autres maladies
Cible 1: Stopper la propagation du VIH/sida et inverser la tendance actuelle
1996: 3,5 millions de nouvelles infections au VIH
2008: 2,7 millions de nouvelles infections au VIH
Objectif 2015: Moins de 3,5 millions
Cible 2: Maîtriser le paludisme et d'autres grandes maladies et inverser la tendance actuelle
2004: 143 cas de tuberculose pour 100 000 habitants
2008: 139 cas pour 100 000 habitants
Objectif 2015: Moins de 143 cas pour 100 000 habitants
Objectif 7 Assurer un environnement durable
Cible: Réduire de 50% le pourcentage de la population qui n'a pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau salubre
1990: 23%
2008: 13%
Objectif 2015: 11%
Objectif 8 Mettre en place un partenariat mondial pour le développement
Cible: Consacrer 0,56% du revenu national brut des pays développés (membres de l'OCDE) à l'aide publique au développement en 2010, et 0,7% en 2015 (membres de l'UE)
1997: 0,22%
2010: 0,31%
Objectif 2015: 0,7%
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