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dimanche 14 octobre 2007

Le tambour, sa peau et son histoire

Sanba Zao rappelle que la notion de « laviwon piebwa » est un principe de non retour, un voyage « one way ». Il se souvient qu'en 1997 il a été à Nantes, en France, et qu'il en a profité pour visiter la cellule de Toussaint Louverture, au Fort-de-Joux. Il avait évoqué un chant dahoméen au réduit humide où l'Homme de Bréda est mort, seul, la tête appuyée contre une cheminée comme pour transmettre, dit Sanba Zao, « le principe du savoir. » Des concepts de « demanbre » et de « la vente d'un choisi », Sanba Zao s'est un peu étendu sur la notion de l'éclatement du vaudou, du caractère militaire des rites et des différences rythmiques d'un « lakou » à un autre.
Sanba Zao a un autre talent. On ne peut pas dire qu'il a de l'éloquence. Sanba Zao a une énergie particulière de la communication. Est-ce sa pratique de professeur à l'Enarts ou le fait de se colleter à la réalité populaire du pays qui nous le présente dans l'évidence de la proximité ? Ce qui est convaincant, c'est que cet homme dans la cinquantaine a de l'énergie à en revendre.S'il se complait dans les anecdotes de l'histoire de la musique Racine en Haïti, il est très méthodique aussi bien dans ses recherches sur le plan ethnographique que dans l'explication technique des rythmes de la musique populaire ou du Mouvement Racine dont il est, incontestablement, un des pionniers.
Au cours de sa présentation le samedi 6 octobre à la Bibliothèque du Soleil en présence d'une quarantaine d'étudiants et de professionnels, le fondateur du groupe Sanba Yo est parti de l'histoire de la terre haïtienne qui avait le nom de « Bohio, c'est-à-dire matrice originelle » pour faire mieux comprendre aux participants des Ateliers la valeur du tambour, la naissance, le développement et les évolutions de la musique haïtienne.
De l'Afrique ancestrale, il retient le phénomène de l'esclavage qui « est surtout une déstabilisation géographique et une perte de contact avec la terre mère. » Sommes-nous tous des...« exilés » ? Cette question soulève la notion contemporaine d'enracinement caribéen contre l'indigénisme africaniste.
Il rappelle que la notion de « laviwon piebwa » est un principe de non retour, un voyage « one-way » pour d'autres terres. Il se souvient qu'en 1997 il a été à Nantes, en France, et qu'il en a profité pour visiter la cellule de Toussaint Louverture au Fort-de-Joux. Il avait évoqué un chant dahoméen à la cellule où l'homme de Bréda est mort, seul, la tête appuyée contre une cheminée, comme pour transmettre, dit Sanba Zao, « le principe du savoir. » Des concepts de « granbwa », de « demanbre », de « la vente d'un choisi », Sanba Zao s'est un peu étendu sur la notion de l'éclatement du vaudou, du caractère militaire des rites et des différences rythmiques d'un « lakou » à un autre.
Précisant être né le 13 septembre 1957, 9 jours avant la prise du pouvoir par François Duvalier, le 22, Sanba Zao a fait le portrait d'une époque marquée par les préjugés de couleur et de classe à l'Université, par l'idée répandue de « premier baka de la République » dont s'enorgueillissait papa Doc. Il a mentionné les coups d'Etat intempestifs, le macoutisme anarchique et la clandestinité imposée par ces temps sombres où l'on entendait « La Voix de l'Amérique » au petit jour, dans une chambre hermétiquement close.

Contre toute attente, c'est par la musique française qu'il dit avoir commencé à chanter tout en spécifiant qu'à « l'époque nationaliste de Papa Doc on entendait plutôt les chansons d'Eddie Gorme, de Los Diplomaticos et de Miguel Acevez Mejia .Il se souvient qu'il y avait aussi, par des dimanches nostalgiques, des airs de Tino Rossi à la radio.
Sur le plan national, notre musique, soutient Sanba Zao, était représentée par Raoul Guillaume, le groupe Issa El Saïeh, le Jazz des Jeunes, Dodoph Legros et Lumane Casimir. Il n'oublie pas Toto Bissainthe, Martha Jean Claude, Nemours Jean Baptiste, Wébert Sicot et le style Tipico dont, sur le tambour, il a montré les variations qui on produit d'un côté le Compas Direct et de l'autre le "Cadence Rempas". Il considère ce dernier rythme « plus sophistiqué, plus élaboré que le compas plus facile et plus popularisé. »
Mais, qu'en était-il des instruments traditionnels, du folklore et de notre identité musicale ? Sanba Zao informe que « le lambi, le bambou, le cornet en tôle, le tambour accompagnaient les instruments harmoniques. » En soulignant que la culture populaire était clandestine dans les années 50, sous Paul Magloire, malgré le boom touristique, il précise que le vaudou était relégué à l'arrière-plan, que le français bousculait le créole dans ses derniers retranchements, que l'évangélisation des sectes religieuses gagnait du terrain. Il argumente que François Duvalier « avait du respect dans toutes les religions ». Pourquoi ?
De peau et de rythme
Les changements, commente Sanba Zao, commencent chez lui en passant par Aznavour, Ferrat et Adamo à James Brown, le Pop américain, le blues de Harlem et les nuits de discothèque, à Pétion-Ville. Il a cité, pour le souvenir : Michèle's Scotch, Rétro Folies, entre autres. Dans la vingtaine, il dit avoir rencontré Yvon Louissaint, « un inoubliable artiste », reconnaît-il. A partir de 1975, il diminue sa fréquentation des discothèques en s'intéressant sérieusement au chant vaudou.
Les expériences instrumentales ont continué avec détermination du tambour à la guitare. C'est en 1982 que d'heureuses rencontres se font avec Denis Emile, Chico Boyer qui pratiquaient le « jazz n' blues » et expérimentaient le rythme vaudou. Il cite un peintre comme Jean René Jérôme, un musicologue tel Gérald Merceron parmi les premiers à accueillir le Vodou Jazz avec enthousiasme.
Il en profite pour donner des précisions sur les rituels sacrés des « lakou » et leur rapport avec le tambour. « A Soukri Danache, soutient-il, c'est le tambour Petro, le rituel du feu, qui prédomine. » Il donne l'exemple d'Azor comme le vrai prototype de la musique Petro. Sanba Zao a avancé de précieuses informations sur le matériel avec lequel on fabrique le tambour qu'il considère comme « une matrice instrumentale ». Il souligne que la qualité du bois est déterminante dans la netteté du son. Au sujet de la surface du tambour, il argumente que « la peau de boeuf est liée au rite rada, la peau de cabri au rituel Petro, la peau de mouton encore au Petro. Le tambour Asòtò représente le charbon du temple et symbolise des rituels militaires. » Sanba Zao a parlé des lwa peu connus du panthéon vaudou comme Keviesou, Bazoumennen et du rituel du feu qui s'origine en Angola.
A partir de ces données historiques et techniques, la part réservée à l'histoire de la musique Racine était plutôt mince, malgré des questions qui voulaient relancer une polémique intelligemment évitée.
Commencé à partir de 4h p.m., l'Atelier autour des savoir-faire du tambour, des rituels vaudous et de la musique Racine s'est terminé jusqu'à 7hp.m. Sanba Zao ne se fatiguait pas de parler de la drogue, le joint, chez les artistes en général et les musiciens Racine en particulier, de la relation entre la politique et la mouvance Racine.
Après le romancier Gary Victor, le musicien Théodore Beaubrun Junior, Sanba Zao est le troisième intervenant aux Ateliers du Soleil qui recevront ce samedi 13 octobre le père Castel Germeil autour du thème : « L'ambiguité du religieux dans la pensée humaniste de Jacques Roumain ». Le 17 octobre l'esthéticien et critique Mérès Wèche et le Dr Yves Dorestal parleront respectivement de l'Esthétique caribéenne dans l'oeuvre de Tiga et de « Jacques Roumain et l'Ethnologie haïtienne ».
Pierre Clitandre
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=49625&PubDate=2007-10-13

« 72 heures chrono » arrive en Haïti

'initiative Taling Dialo, en collaboration avec ses partenaires en Haïti (l'Association haïtienne des cinéastes, le Centre Pétion Bolivar, le Festival Film Jakmèl et ses partenaires au Canada, l'Office national du film du Canada, EquiJeunes et Production Bonsaï) organise les 5e et 6e éditions du concours de création cinématographique "72 heures chrono" à Port-au-Prince du 19 au 24 novembre et à Jakmèl du 26 novembre au 1er décembre.
Les activités des "72 heures chrono" visent à identifier et à former des jeunes cinéastes de la relève âgés de 18 à 35 ans et à leur permettre de se familiariser avec les outils de la nouvelle technologie : prises de vues, montage numérique, production multimédia, etc.
Précédé de trois jours de formation intensive dans les disciplines suivantes : initiation à la caméra numérique, prise de son, montage numérique, conception, scénarisation, documentaire et fiction, réalisation, direction de production, techniques d'entrevue. Les équipes en compétition font face au défi de réaliser un court film sur support numérique d'une durée maximale de 6 minutes, et ce en seulement trois jours. Les oeuvres revêtiront plusieurs formes (documentaire, animation, fiction, etc.).
Les prix et mentions seront décernés aux meilleures oeuvres lors de la soirée de projection à la fin du concours.

Contact: Port-au-Prince
Arnold Antonincpb@haitelonline
Jakmèl Film Festival
Paula Hyppolite
paula@festivalfilmjakmel.com
Initiative Taling Dialo
Hyacinthe Combary
Chyacinthe@gmail.com
Concert de jazz classique
Jens Thomas et Christof Lauer, deux musiciens allemands, vont donner un concert de jazz le jeudi 11 octobre 2007 à 18h p.m. à l'Ecole Sainte Trinité à la salle Sainte Cécile. L'entrée sera libre.
Eliacin au Festival Arts
Festival Arts et Marie-Alice Théard Ravix présentent les oeuvres de l'artiste Maud Eliacin le 12 octobre 2007 à partir de 4h p.m. L'exposition restera ouverte jusqu'au 22 octobre 2007. http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=49585&PubDate=2007-10-13

Ouf de soulagement à Croix-des-Bouquets

La rue Saint-Jean, où stationnaient les véhicules de transport à destination de Thomazeau et de Mirebalais, offre pour le moment l'image d'un espace plus ou moins agréable(Photo: Victor Jean Junior)
Les piles d'immondices qui souillaient l'entrée de la commune de Croix-des-Bouquets ont disparu. Les aires de stationnement des véhicules de transport ont définitivement changé de place. Les marchandes abandonnent peu à peu les trottoirs, et les embouteillages monstres ont considérablement diminué aux carrefours... Les résidents de cette commune respirent enfin un nouvel air.
C'est à l'occasion de la fête patronale de cette commune, la Notre-Dame du Rosaire, célébrée le week-end écoulé, que les autorités municipales ont déployé des efforts considérables afin de présenter un nouveau visage de la zone aux visiteurs. Des travaux d'infrastructure et une vaste campagne d'assainissement y avaient précédemment été mis sur pied. Résultat : la « ville du fer découpé » présente aujourd'hui un environnement quasi agréable.« Maintenant nous sommes en train de vivre dans un espace plus ou moins vivable », s'est réjouie une septuagénaire qui réside depuis sa naissance à la rue Saint-Jean. Satisfaite des travaux de nettoyage fraîchement réalisés par le conseil municipal, la veuve dit espérer que les Cruciens vont renouer avec la propreté d'antan.
Vue partielle de la petite place publique. Cet espace était un lieu de stationnement également
(Photo: Victor Jean Junior)
Pour rendre la ville attrayante, une petite place publique a été récemment construite à l'entrée de l'ancien local du marché public où des marchands - surtout des petites marchandes - installaient librement leurs produits. Aménagé par les autorités municipales de concert avec certains citoyens, selon une source digne de foi, cet espace a été transformé pendant deux jours en un véritable site d'exposition de produits artisanaux lors de la célébration de la Notre-Dame du Rosaire.
Sur l'un des murs clôturant ce lieu d'attraction, un message de sensibilisation, qui appelle à la solidarité, est lancé à tous les fils et filles de la commune : « Mezanmi ann kenbe komin nou an pwòp ». En français : « Mes amis, gardons notre commune propre ».« Si les autorités continuent d'entreprendre ces travaux d'assainissement et si les habitants décident d'apporter leur contribution pour le bon usage de l'espace environnemental, Croix-des-Bouquets pourra devenir réellement une ville digne de ce nom », estime un habitant, comme pour féliciter les employés de la mairie et pour inviter, du même coup, la population à mettre la main à la pâte.
Les embouteillages monstres ont complètement disparus au Carrefour Calvaire (Photo: Victor Jean Junior)
Applaudissant des deux mains les efforts de la mairie, d'autres résidents pensent toutefois qu'il reste encore beaucoup à faire à l'actuel conseil municipal. « Des tronçons de route attendent encore l'intervention des autorités concernées. Des citoyens, qui ne cessent de construire des maisons de manière anarchique dans la ville, doivent être interrogés. Certains points de stationnement des « Tap-Tap » méritent d'être révisés. »Après le délogement des marchands, en juin dernier, de l'ancien local du marché public situé non loin du carrefour Calvaire, le maire titulaire, Jean Saint-Ange Darius, avait envisagé de construire un complexe commercial et un centre hospitalier à cet endroit. « Nous comptons réserver cet espace pour la construction d'un hôpital et d'un centre commercial », avait-il déclaré. En attendant cette réalisation, les résidents de la « ville du fer découpé » poussent un ouf de soulagement contrairement aux six derniers mois.
Victor Jean Junior

djune14@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=49673&PubDate=2007-10-13
Commentaires
Pendant les premiers jours de la gestion des élus de la mairie de Port-au-Prince, la population n générale aait applaudi des deux mains les effort entrepris pour donner un nouveau visage à certains quartiers de Port-au-Prince. Le nettoyage et la libération des rues comme Lalue, Le déguerpissement des commerce sur la zone du Champs de Mars représenatient des actions susceptibles a réinstaurer la confiance et de se dire qu'une autre Haïti était possible.
Après des discours divergents entre la mairie et le pouvoir central "le peuple" a fait valoir ses droits au dessus de ceux de la majorité car c'est pour cela qu'ils s'étaient rendus à Montana". On comprend mieux le sens des votes en Haïti. C'est pour perpétrer le statut quo et le désordre.
Si les élus de la croix des bouquets peuvent sauvegarder ces acquis ce serait une très bonne chose pour l'image du pays.
Aujourd'hui, les innondations devastatrices à la moindre précipitation ne suffisent toujours pas à faire comprendre aux haïtiens, gouvernants et gouvernés que ces manières de gérer l'environnement ne peuvent plus continuer. Pour protéger ce qui peut l'être encore, pour que le pays ne s'engloutisse uen fois de plus il faut de la fermeté, de l'autorité de la vision et de l'action.
Bravo Croix des bouquets au moins on ne vous reprochera pas de n'avoir pas essayé!

Le bilan s'alourdit d'heure en heure

Le bilan partiel des inondations qui ont affecté plusieurs départements d'Haïti ces derniers jours fait état d'au moins 45 morts, de milliers de maisons détruites et endommagées et de dizaines de milliers de familles sinistrées.
Alors que les chiffres ne cessent d'augmenter en ce qui a trait aux dernières inondations qui ont provoqué d'énormes dégâts à travers le pays, des pluies diluviennes continuent de s'abattre sur diverses régions du territoire national. A cet effet, le Secrétariat permanent de gestion des risques et des désastres maintient toujours l'alerte jaune et orange et demande à la population de rester vigilante et d'appliquer les consignes de sécurité.Seulement dans la commune de Cabaret, plus d'une vingtaine de corps ont été recensés jeudi et une dizaine de personnes sont portées disparues après les inondations de mercredi. Trois jours après ces inondations, aucun chiffre définitif n'a encore été rendu public. Une délégation, composée de représentants du Bureau de la protection civile et d'élus locaux, sillonnait encore, ce vendredi, les endroits affectés afin d'évaluer les dégâts. La situation est tellement grave que le ministre de l'Intérieur et des Collectivités territoriales, Paul Antoine Bien-Aimé, pense qu'il faut décréter l'état d'urgence à Cabaret qui est, selon lui, menacée d'une catastrophe majeure. Le ministre Bien-Aimé affirme également que des sinistrés commençaient à être évacués.Une aide d'urgence de 10 millions de gourdes serait débloquée par le gouvernement, a-t-on appris vendredi d'une source digne de foi. Cette aide pourrait être augmentée en fonction de l'importance des dégâts. Les familles sinistrées vont-elles recevoir effectivement l'aide en question? A Zoranje, une section communale de Croix-des-Bouquets, les corps de 18 personnes auraient été retrouvés dans les décombres, selon certains riverains. Un responsable local, qui n'était pas en mesure de confirmer cette information, parle toutefois d'une vingtaine de maisons détruites.Même spectacle désolant à Croix-des-Missions, un quartier situé dans la commune de Tabarre, où les résidents font état d'un mort et plus d'une dizaine de maisons endommagées provoquées par la crue de la rivière Grise dans la nuit du mardi 9 au mercredi 10 octobre. C'est la même situation à Petit-Goâve où d'importants dégâts ont été enregistrés.Dans le département de la Grand'Anse, une mère de famille, dont le petit-fils de six ans a été blessé, est morte dans sa résidence située dans le quartier populaire de Mackandal, à Jérémie. Des dizaines de maisons ont été également détruites dans la commune de Dame-Marie et une dizaine d'autres dans la localité proche de Leçon.Récemment, le passage d'une onde tropicale dans la côte sud du pays avait provoqué la mort d'un enfant de 11 ans et laissé 3000 familles sinistrées aux Cayes. Selon les prévisions météorologiques, une zone large de basse pression continue d'influencer la météo sur presque toute la région caribéenne. Des averses éparses sont encore prévues sur nos départements.
Consignes de sécurité à appliquer en cas d'inondation, d'éboulements, de glissements de terrain et d'orages violents:

• Mettre hors d'eau tout ce qui peut être endommagé en cas d'inondation.
• Mettre les animaux en lieux sûrs.
• Se préparer à évacuer, si nécessaire, les zones exposées aux inondations et glissements de terrain : (plaines inondables, bords de mer, ravines, rivières, flancs des montagnes, ect).
• Ne rester pas sur les ponts.
• Ne pas traverser les rivières en crue sous aucun prétexte.
• S'abriter en lieux sûrs à l'intérieur des maisons, loin des fenêtres lors des orages violents.

Victor Jean Junior

djune14@yahoo.fr

L'appui technique international aux enquêtes, un atout

Une importante réunion de travail s'est tenue jeudi au Palais national sur les dossiers des journalistes assassinés et sur les moyens à mettre en place pour renforcer les structures de la presse haitienne afin de la rendre plus performante, plus indépendante, plus professionnelle et plus éthiquement responsable.Cette séance de travail, présidée par le président René Préval, a réuni les personnalités suivantes: le secrétaire général de Reporters Sans Frontières, Robert Ménard et deux autres membres de sa délégation; le secrétaire général de SOS Journalistes et président de la Commission Indépendante d'Appui aux Enquêtes relatives aux Assassinats des Jouranalistes (CIAPEAJ), Joseph Guyler C. Delva ; les autres membres de la commission: le ministre de la Justice, René Magloire ; le doyen du tribunal de 1ère intance de Port-au-Prince, le juge Rock Cadet ; le commissaire du gouvernement, Claudy Gassant; le correspondant de RSF en Haiti, Claude Gilles; des proches collaborateurs du chef de l'Etat.« Auparavant, il y avait des obstacles politiques qui empêchaient l'avancement de ces dossiers, » a dit Préval. « Aujourd'hui, les autorités s'engagent à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour résoudre ces cas d'assassinat », a confié le chef de l'Etat, réitérant son engagement à appuyer le travail de la CIAPEAJ.Au cours de cette rencontre, plusieurs questions relatives à la liberté de la presse en Haiti, aux cas des journalistes assassinés et à la structuration de la presse ont été soulevées.« Aujourd'hui, le président Préval l'a bien dit, les obstacles politiques sont levés, mais certains obstacles techniques demeurent » a déclaré Robert Ménard, le chef de la délégation de Reporters Sans Frontières, qui comprenait également Bernoit Hervieu, Francois Boguingo, respectivement responsable de RSF pour les Amériques et représentant de RSF- Canada.« Nous allons travailler avec SOS Journalistes pour faire des propositions communes sur un certain nombre de dossiers relatifs au cadre légal pour la presse et des programmes de formation pour les journalistes », a annoncé Robert Ménard qui souligne également l'importance de la participation des patrons de presse.Les participants - y compris le ministre de la Justice, le chef du parquet et le doyen- ont convenu de la nécessité de faciliter la venue en Haiti d'experts étrangers pour aider les juges travaillant sur les cas des journalistes assassinés à bien monter les dossiers et à faciliter, par exemple, l'établissement de preuves techniques très déterminantes pour la manifestation de la vérité dans le cadre de ces meurtres.
Le président Préval s'était empressé d'entrer en contact par téléphone avec l'expert indépendant des Nations unies pour les droits humains en Haiti, l'expérimenté et respectable juge Français, Louis Joinet, depuis Paris.Lors de cet entretien, le juge Joinet a promis au président Préval et à Robert Ménard de faire contribuer à la concrétisation de cette initiatve. Il a sur le coup proposé un expert qui pourrait aider, tandis que Ménard a promis de mobiliser les instances internationales susceptibles de financer pareilles initiatives. La section de la mission de l'ONU qui s'occupe de l'appui à la justice sera également sollicitée.Six cas prioritairesLes participants - sur proposition de RSF, de la CIAPEAJ et de SOS Journalistes - se sont mis d'accord pour concentrer leurs efforts sur 6 cas de meurtre considérés pour le moment comme prioritaires sans préjudicier aux autres cas de journalistes assassinés. Il s'agit des cas de Jean Dominique, Brignol Lindor, Jacques Roche, Ricardo Ortega, Jean-Rémy Badiau et Alix Joseph.Lors d'une conférence de presse conjointe au palais présidentiel à l'issue de la rencontre, Robert Ménard et Guyler C. Delva - en présence du ministre de la justice, du doyen et du commissaire du gouvernement - ont fait un compte rendu sur l'état d'avancement des enquêtes sur les assassinats des journalistes et ont appelé les professionnels des médias à se mobiliser autour du travail de la CIAPEAJ pour exiger que lumière soit faite.Robert Ménard a présenté la création de la CIAPEAJ comme une heureuse et positive initiative qui est en train de faire une différence."Nous pensons qu'avec le travail de la commission les dossiers ont de bonnes chances de progresser, et elle peut compter sur le soutien de Reporters sans Frontières," a dit Ménard.Selon Guyler C. Delva, la CIAPEAJ va continuer à faire le suivi de chacun des cas et à insister sur le respect des délais impartis aux enquêtes.« Ce qui fait traîner les enquêtes, c'est que personne ne se soucie des délais impartis », a déclaré Guy Delva. « Il n'est plus question que les enquêtes se poursuivent indéfiniment », a dénoncé Delva.Un institut de journalismeLes participants étaient unanimes à reconnaître la nécessité de la mise sur pied d'un véritable institut de journalisme qui pourrait contribuer à valoriser ce métier.Les questions de l'adoption d'une législation adéquate sur la presse, notamment sur l'accès à l'information, et d'un code d'éthique pour les journalistes haïtiens ont été abordées.« Les journalistes et les médias ont des droits, mais ils ont aussi des devoirs », a souligné Ménard. « Ils doivent se montrer responsables et doivent savoir qu'ils sont responsables de tout ce qu'ils diffusent, même s'il s'agit de déclarations faites par tiers », a mis en garde Robert Ménard.
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=49698&PubDate=2007-10-13
Nous ne sommes pas un état en faillite mais l’appui international dans toutes nos sauces !

Franck Ciné et consorts renvoyés au correctionnel

Le juge Patrique R. Métellus a rendu son ordonnance de clôture le 8 octobre 2007, bouclant par ainsi l'instruction ouverte et poursuivie contre les anciens administrateurs de la Socabank sur plainte de l'Etat haïtien.Cette ordonnance a pour dispositif: « Disons qu'il n'y a pas lieu de poursuivre les nommés Joseph Surpris Saint-Louis, Joseph Léon Paul, Lesly Péan, les renvoyons en conséquence hors des liens de l'inculpation; disons de préférence qu'il y a charges et indices suffisants retenus contre les nommés Charles A. Beaulieu, Georges Racine, Harry Pétion, Gilbert Dauphin, Frantz Noiailles, Franck Ciné, Patrick Vieux, Franck Dessources, Harold Cadet, Claudel Joseph Géhy, Marie Robert Poitevien, Telfort Pérard, ci-dessus qualifiés et identifiés, les renvoyons en conséquences devant le tribunal correctionnel pour y être jugés, conformément aux dispositifs de l'article 337 du code pénal; ordonnons que toutes les pièces de la procédure pénale ainsi que la présente ordonnance soit transmises au commissaire du gouvernement de ce ressort pour, par lui, en être fait ce que de droit... »M. Franck Ciné, par l'intermédiaire de l'un de ses avocats mandataires, a formellement interjeté appel contre cette ordonnance par déclaration faite au greffe du tribunal de première instance de Port-au-Prince, ce vendredi 12 octobre 2007.Le conseil de défense de Franck Ciné, contacté par le journal après la déclaration d'appel, a qualifié l'ordonnance de véritable honte nationale en raison du fait que leur client a été renvoyé devant le tribunal correctionnel pour dettes contractées par des sociétés anonymes dans lesquelles Franck Ciné a des intérêts. La même ordonnance renvoie hors des liens de l'inculpation plusieurs anciens membres du conseil d'administration de la Socabank au motif qu'ils n'étaient pas actifs dans le Conseil.Le juge reconnait que M. Ciné n'était pas lui aussi actif dans le conseil, qu'il n'a aucune dette personnelle vis-à-vis de la Socabank, qu'il n'a jamais signé un document comptable de cette institution mais l'a quand même renvoyé devant la juridiction de jugement sans aucun motif valable.Juge Patrique Métellus devant la Cour de cassationLa cour de cassation sur demande de M. Ciné, au dessaisissement du juge Patrique R. Métellus (récusation), a rendu un arrêt - avant dire droit le mercredi 10 octobre 2007, invitant le juge d'instruction Métellus du Tribunal de Première instance de Port-au-Prince à se présenter devant la première section de la Cour de Cassation le lundi qui sera 15 octobre 2007 à 11 heures a.m., en vue d'éclairer la religion de la Cour sur le fait reproché dans la requête en dessaisissement soumise à elle par M. Franck Ciné.Il y a lieu de rappeler qu'en avril 2007, deux des avocats de Franck Ciné, Mes Camille Leblanc et Joel Petit-Homme, avaient dénoncé devant la presse le fait que le juge Métellus aurait été surpris en train de rédiger un ordre d'interdiction de départ contre leur client sous la dictée de l'un des avocats de l'Etat haïtien. C'est ce fait qui a été porté à la connaissance de la Cour de cassation contre le juge Métellus.Cette convocation intervient le 10 octobre, deux jours après que celui-ci s'est dessaisi du dossier en rendant une ordonnance de clôture.
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=49736&PubDate=2007-10-13

En palce pour combien de temps (LE CEP)


Le Conseil électoral provisoire existe toujours. Le Premier ministre Jacques-Edouard Alexis en a fait l'annonce, confirmant par ailleurs qu'une décision serait prise rapidement sur le sort de de l'institution électorale, abandonnée par ses alliés politiques.La nouvelle du renvoi du Conseil électoral provisoire dirigé par Max Mathurin, qui défraie la chronique depuis le début de la semaine, a été commentée vendredi par le chef du gouvernement, Jacques-Edouard Alexis, qui a tenu à rectifier certains points. « L'Exécutif n'a pas renvoyé le CEP », a dit le Premier ministre, confirmant cependant que des consultations étaient en cours en vue d'aboutir à un consensus sur ce dossier qui provoque maints remous. « En attendant, les conseillers électoraux peuvent continuer à remplir leur mission », a-t-il déclaré.Pourtant, au sein de l'Exécutif, il ne fait plus de doute que le sort du CEP de Max Mathurin est déjà réglé. « L'actuel CEP n'a aucune chance d'organiser les prochaines sénatoriales partielles, a laissé entendre le président du Sénat, Joseph Lambert. Pour preuve, les dernières réunions organisées entre l'Exécutif et les autres secteurs concernés dans l'organisation de ces joutes se sont déroulées autour des modalités de choix des membres du prochain CEP et de son mandat. »« Aucune décision officielle n'est encore prise sur la question », a déclaré Jacques-Edouard Alexis, se référant aux déclarations de Joseph Jasmin, ministre chargé des relations avec le Parlement, qui, le premier, avait parlé à la presse du renvoi du CEP. Vendredi, le Secrétariat de la présidence a même publié un communiqué de presse pour se démarquer des déclarations de M. Jasmin. « Toutes déclarations faites par qui que ce soit suite à une rencontre sur le dossier du CEP n'engagent pas l'Exécutif », a fait savoir Assad Volcy, qui a lu le communiqué. « Je maintiens mes déclarations, a réagi Joseph Jasmin. Je suis intervenu dans la presse comme le dirigeant de la Plateforme Lespwa et non comme porte-parole du gouvernement. »Tous les partis politiques membres du gouvernement de coalition, à l'exception de la Fusion des sociaux-démocrates haïtiens, donnent mandat à la présidence pour créer un nouveau Conseil électoral provisoire. « La Fusion ne peut pas faire cavalier seul, estime le dirigeant de l'organisation politique au pouvoir. Nous l'invitons à nous rejoindre. »
Dans un communiqué de presse rendu public ce vendredi, les responsables de la Fusion des sociaux-démocrates haïtiens ont réaffirmé leur support au CEP dirigé par Max Mathurin. « La Fusion pense qu'il faut maintenir en place le CEP, étant donné qu'il a déjà fourni un travail globalement satisfaisant au niveau des élections présidentielle, législatives et territoriales, et qu'il n'aura pas besoin d'un temps de rodage pour réaliser de nouvelles élections », lit-on dans ce communiqué qui porte la signature du professeur Victor Benoît. Les responsables de la Fusion ont aussi invité le président de la République, René Préval, à prendre en compte les points de vue de tous les secteurs du pays sur la tenue des prochaines élections. La Fusion ne fait pas cavalier seuleLa décision des chefs de partis politiques de donner mandat à l'Exécutif pour renvoyer l'actuel CEP est vertement critiquée par leurs collègues de la classe politique. « Il s'agit là d'un acte de lâcheté et de traîtrise parce que les chefs de partis ont livré les conseillers électoraux, juge le leader du Grand rassemblement pour l'évolution d'Haïti (GREH), Himmler Rébu. Ces partis auront à assumer toutes les conséquences de cette décision sur les institutions du pays. »Même s'il est favorable au renvoi du CEP actuel, René Julien, chef de file de l'Alliance démocratique pour bâtir Haïti (ADEBAH), se dit pourtant opposé à la méthode que veut utiliser l'Exécutif. « C'est dommage que le gouvernement ne veuille pas respecter les procédures légales dans la mise en place d'un CEP », regrette René Julien. Le Parti libéral haïtien a lui aussi pris partie en faveur de l'actuel Conseil électoral provisoire. « Nous recommandons au gouvernement de laisser fonctionner les institutions indépendantes comme le CEP », a écrit Jean André Victor dans un communiqué de presse.Il n'y a pas que des leaders politiques qui sont favorables au maintien du Conseil électoral provisoire. Le président de la Chambre de Commerce et d'Industrie d'Haïti (CCIH), Jean Robert Argant, dit renouveler son appui à François Benoît, représentant du secteur privé au CEP. Il dit croire que l'actuel CEP est en mesure d'organiser les prochaines élections. Pour sa part, le directeur exécutif de l'Initiative de la société civile (ISC), Rosny Desroches, estime qu'une décision consistant à renvoyer le CEP doit être interprétée comme une violation de la Constitution. « La démocratie et l'Etat de droit sont menacés parce que la loi n'est pas respectée », a-t-il lancé. En début de semaine, plusieurs autres institutions dont l'Eglise catholique avaient réaffirmé leur soutien au Conseil électoral provisoire.


Jean Pharès Jérôme
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=49740&PubDate=2007-10-13

Morne-à-Chandelle, une autre réalité

Morne-à-Chandelle, la première section communale de Carrefour est toute aussi délaissée qu'un enfant abandonné par sa mère. Pourtant, dans cette localité, survivent de vieilles traditions haïtiennes. Là-bas, se marier est une longue histoire.
La piste qui mène à la première section communale de Carrefour est un calvaire (Photo: RAJ Magazine)
Peuplée de 600.000 habitants, la commune de Carrefour est certainement, sur le plan géographique, la plus grande du département de l'Ouest. Elle comporte treize sections communales. Paradoxalement, c'est sans doute ce qui fait son malheur. La majorité de ses sections, situées dans les hauteurs, sont pratiquement coupées de la réalité sociale, économique et culturelle de la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Quelques-unes d'entre elles sont même beaucoup plus près de Jacmel que de Carrefour. Pour s'y rendre, il faut marcher des heures, voire, une demi-journée, sous un soleil de plomb ou sous la pluie.
La maisonnette abritant le bureau du Conseil de l'administration communale (Photo: RAJ Magazine)
Morne-à-Chandelle, la première section communale de Carrefour, n'échappe pas à cette triste réalité. Ses résidents doivent marcher plus de trois heures pour se rendre à la station de camionnettes située dans les parages de l'Eglise paroissiale Saint Charles. Le trajet est plus difficile au retour qu'à l'aller et prend beaucoup plus de temps. La route, ou plutôt la piste, qui mène à Morne à Chandelle est une pente raide, cahoteuse et boueuse. Les véhicules ne fréquentent presque pas la zone depuis 1985, selon Louis Jean Robert, un des membres du Casec de la zone. Seules les grosses cylindrées résistent aux innombrables nids-de-poule.
A défaut d'âne ou de cheval, certains résidents préfèrent marcher pieds nus au lieu d'abîmer leurs chaussures sur les roches.
Tout est prioritaire...
Des membres du Conseil communal de Morne-à-Chandelle (Photo: RAJ Magazine)
A l'image de plusieurs régions excentrées du pays, tout paraît prioritaire à Morne-à-Chandelle : la santé, l'école, l'eau, l'électricité, pour ne citer que ceux-là. L'eau potable fait cruellement défaut à Morne-à-Chandelle. Il n'y a aucun système d'adduction d'eau. La Centrale autonome métropolitaine d'eau potable (CAMEP), n'est pas représentée dans la zone. Les entreprises spécialisées dans la vente d'eau non plus.
Pour s'alimenter, les habitants ont donc recours à l'eau de sources qui, souvent, est contaminée par les fosses septiques creusées n'importe où. Les plus avisés utilisent des agents purificateurs mais le font de manière exagérée. Il en résulte que les habitants sont souvent frappés de certaines maladies dues à la contamination de l'eau de consommation. « Les maladies les plus courantes enregistrées dans la localité sont généralement la malaria, la typhoïde, la diarrhée... », énumère minutieusement, Louis Jean-Robert. Des infections qui les obligent, la plupart du temps, à laisser Morne-à-Chandelle pour se rendre ailleurs en quête de traitements efficaces.En fait, à Morne-à-Chandelle, il y a seulement deux centres de santé et trois infirmières pour s'occuper des quelques 3000 habitants, selon un responsable de l'administration communale.
Quand les cas dépassent leurs compétences, les patients doivent alors se rendre dans un centre hospitalier à Carrefour ou au centre ville de Port-au-Prince. « La plupart du temps, les malades sont référés en ville », explique Constant Jules, un habitant de la zone. D'autres, à défaut d'argent, préfèrent s'adresser aux médecins traditionnels, notamment aux sages-femmes lors des accouchements. Beaucoup d'exercices pour manger le pain de l'instruction
A Morne-à-Chandelle, la population est vieillissante, les jeunes sont peu nombreux. Ceci est dû au fait que la zone ne disponse d'aucun centre de loisirs. Mais particulièrement parce que l'ambiance scolaire est pauvre. Le plus dur, c'est le long et difficile trajet que doivent parcourir quotidiennement professeurs et élèves. « Les élèves marchent de longues distances pour venir ici. Beaucoup de professeurs qui prêtent leurs services à ces écoles viennent de Mariani, de Source Corossol, de Dégan, de Waney,..», explique Dorné Genet, un représentant de l'administration communale.Les deux écoles de la section communale n'offrent pas la possibilité aux élèves d'aller au-delà de la 3e secondaire. A ce stade, les enfants mettent le cap sur d'autres écoles situées à Mariani, ou dans une autre section communale. Pour diverses raisons, la majorité ne revient plus dans la localité. « Je n'ai rien à reprocher un parent qui décide d'envoyer son enfant ailleurs », lance un sexagénaire, membre de l'administration communale. En fait, la vie n'est pas trop aisée à Morne-à-Chandelle. Il n'y a pas d'électricité ni de groupe électrogène.

Les véhicules ne fréquentent presque pas Morne à Chandelle. Heureux ceux qui possèdent un âne ou un cheval (Photo: RAJ Magazine)

« Seuls le curé de la paroisse, le révérend François Petit et Miss Adline possèdent des génératrices », lance d'un ton ironique l'ASEC Dorné Génet. Conséquemment, le secteur économique est paralysé. On n'y retrouve aucune entreprise commerciale. L'agriculture est donc la principale activité des habitants. Ces derniers cultivent le pois, le petit-mil et particulièrement les vivres et tubercules. Cette production agricole se fait à basse échelle et est destinée à l'autoconsommation. Heureusement pour les habitants, la vague d'insécurité qui prévaut dans la capitale n'a pas vraiment frappé la localité. Heureusement pour eux. « Nous n'avons pas de policiers dans la zone », déplore justement le CASEC Louis Jean-Robert. Lui et ses confrères du Casec sont les seules autorités qui gèrent les conflits entre habitants.
Les traditions ne meurent pasEn revanche, Morne-à-Chandelle est l'une des rares régions du pays qui gardent encore certaines traditions tissées des valeurs morales des générations antérieures. Là bas, demander une fille en mariage n'est pas chose facile. Le gendre doit nécessairement faire la demande aux parents de la fille qui, à leur tour, se font un devoir de rencontrer les parents du garçon pour discuter du mariage. Le jeune homme doit aussi verser une somme d'argent au père de la future mariée, question de garantir l'alliance conjugale. La cérémonie dure généralement deux jours. On organise d'abord une grande fête la veille de la cérémonie nuptiale, qui a lieu soit à la paroisse catholique de Saint-Michel ou dans une église protestante. Même s'ils sont proclamés mari et femme, tout n'est pas encore dit. A Morne-à-Chandelle, les jeunes gens portent beaucoup d'intérêt aux jeunes filles qui n'ont pas encore connu d'autres hommes dans leur vie. Si, contrairement aux attentes du jeune homme, la fille n'a pas été trouvée vierge sur le lit conjugal, les parents de celle-ci devront dédommager le marié. Le gendre achète alors un pain, communément appelée cabiche, il enlève la mie et le dépose sur la table avec une bouteille de cola. Les parents sont invités à faire, eux-mêmes, le constat. « Le pain creux (sans la mie) veut dire tout simplement '' manje gate''. Les parents vont devoir dédommager le jeune homme, la mariée, quant à elle, va payer sa duperie », raconte Constant Jules, en souriant de toutes ses dents.Morne-à-Chandelle est comme tant d'autres régions du pays une zone délaissée. Pourtant, elle a beaucoup de ressources, notamment ses mines de sable, ses roches et sa végétation. L'hospitalité, la solidarité et les valeurs morales de ses habitants donnent envie aux visiteurs d'y revenir. Mais, lorsqu'on songe au véritable calvaire que constitue la piste qui y mène, on préfère tout oublier.

Jean Max St Fleur

Haïti-UE : 26 millions d’euros sous forme d’appui budgétaire direct et non ciblé

Samedi 13 octobre 2007
P-au-P, 12 oct. 07 [AlterPresse] --- Vingt-six (26) millions d’euros, c’est le montant total d’une convention de financement budgétaire paraphée entre le gouvernement haïtien et la délégation de l’Union européenne en Haïti (UE).
La signature de cet accord a eu lieu le vendredi 12 octobre 2007 à la Primature (Bureau du premier ministre) en présence des ambassadeurs de pays contributeurs de l’Union européenne et de membres de la Presse, dont un journaliste de l’agence en ligne AlterPresse.
Ces 26 millions d’euros, qui seront décaissés en deux tranches respectives de 15 millions et 10 millions d’euros, contribueront à atténuer le gag de financement du budget des deux prochains exercices fiscaux (2007-2008 et 2008-2009), selon les clauses de cette convention.
Le reste, 1 million d’euros, sera alloué à l’assistance technique au ministère de l’économie et des finances (Mef) pour la mise en œuvre du programme de réformes macro-économiques.
Pour le premier ministre Jacques Édouard Alexis, ce geste des pays contributeurs de l’UE fait suite aux engagements pris par les donateurs internationaux à la conférence de juillet 2006 qui s’était déroulée à Port-au-Prince.
« Avec la signature de cette convention, force est de reconnaître que nous sommes en train d’engranger le fruit de la compréhension » des bailleurs de fonds internationaux, estime Alexis.
Le chef du gouvernement haïtien tient à préciser que cet accord, paraphé avec les représentants de l’UE en Haïti, concerne un programme d’appui budgétaire visant à faciliter la poursuite de la mise en œuvre des réformes initiées depuis l’année 2004.
Ces réformes, à en croire Alexis, doivent contribuer à l’amélioration de la gestion publique, à la lutte contre la pauvreté en utilisant des instruments modernes.
« Cet appui budgétaire permettra au gouvernement d’améliorer le fonctionnement du secteur public par le renforcement de sa capacité opérationnelle, afin de fournir un meilleur service à la population », dit le premier ministre haïtien.
Alexis ajoute que ce programme va également encourager son équipe à résoudre certains problèmes et à « renforcer la coordination dans le mécanisme d’appui à la réforme des finances publiques ».
L’aide budgétaire, un instrument de dialogue intergouvernemental
« Nous interprétons l’aide budgétaire comme un instrument de dialogue avec les pays partenaires », indique, pour sa part, Francesco Gosetti di Sturmeck, chef de la délégation de l’UE en Haïti.
Ce dialogue, poursuit le diplomate européen, se fait autour des priorités et des politiques identifiées par le gouvernement.
« Nous avons désormais la possibilité de passer d’une coopération faite de microprojets, généralement basés seulement sur l’urgence, à un partenariat solide avec le gouvernement légitime, basé sur des objectifs mesurables et sur une stratégie cohérente et à long terme », soutient Francesco Gosetti.
Pour le chef de la délégation de l’Union européenne, « la convention signée [ce 12 octobre] n’est qu’un premier pas de cette relation dynamique que le gouvernement d’Haïti entretient avec l’Union européenne ».
Les 26 millions d’euros de l’UE à Haïti ont été octroyés au gouvernement haïtien sous forme d’appui budgétaire direct et non ciblé, selon Gosetti.
Jacques Édouard Alexis reconnaissant envers l’UE
La signature de cet accord de coopération budgétaire a été l’occasion pour le premier ministre haïtien de raffermir les liens de son gouvernement avec l’Union européenne.
Fort de cela, Alexis considère qu’il n’y a pas de preuves plus éclatantes de la confiance installée entre Haïti et l’UE, soulignant que « ce programme d’appui budgétaire (…) démontre que les partenaires composant l’Union européenne apprécient les efforts réalisés par le gouvernement pour remettre de l’ordre dans la maison ».
Les efforts, jusqu’ici consentis par l’UE en faveur d’Haïti, inciteront, d’après Jacques Édouard Alexis, les autres bailleurs de fonds internationaux à tenir leurs promesses envers ce pays des Caraïbes.
Le premier ministre haïtien a, par ailleurs, promis aux pays contributeurs de l’UE que bon usage sera fait des 26 millions d’euros accordés, lesquels aideront les autorités haïtiennes à opérer certaines réformes au niveau des finances publiques du pays et développer, du même coup, des programmes allant dans le sens des principales revendications de la population.
Alexis ajoute que son gouvernement attend de l’Union européenne un effort complémentaire pour pouvoir atteindre les objectifs qu’il s’est fixés dans son document de stratégie nationale pour la croissance et la réduction de la pauvreté (Dsncrp).
Au cours de l’année 2006, Haïti a bénéficié, de l’Union européenne, d’une enveloppe de 60 millions d’euros, dont 10 millions ont été convertis en appui budgétaire.
Pour le 10e Fonds européen pour le développement (Fed), qui va de 2008 à 2012, l’UE envisage de consacrer une enveloppe de 230 millions d’euros pour financer des programmes et projets dans les domaines de l’infrastructure et de la gestion publique. [do rc apr 12/10/2007 14 :25]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article6510

Le Premier ministre sur les ruines de Cabaret

Plusieurs de ses ministres accompagnaient Jacques-Edouard Alexis lors de cette visite de solidarité qui a coïncidé avec le début de la distribution de l’aide et des travaux de réhabilitation
samedi 13 octobre 2007,
Radio Kiskeya

Le Premier ministre Jacques-Edouard Alexis était à la tête d’une importante délégation gouvernementale qui a rendu samedi une visite de solidarité à la population de Cabaret (environ 35 km au nord de Port-au-Prince), une petite commune dévastée par les inondations qui y ont fait au moins 25 morts et des milliers de sinistrés.
La découverte de deux nouveaux corps a encore alourdi le bilan national qui est passé à au moins 47 morts, une trentaine de blessés et des milliers de familles sinistrées.
Accompagné notamment des ministres de l’intérieur, Paul Antoine Bien-Aimé, de la santé publique, Robert Auguste, du secrétaire d’Etat à la sécurité publique, Eucher-Luc Joseph et de la directrice de la protection civile, Alta Jean-Baptiste, le chef du gouvernement a visité les ruines de diverses maisonnettes englouties sous des coulées de boue. Il s’est entretenu avec des sinistrés retrouvés dans la désolation totale après avoir tout perdu dans les crues de la rivière Bretelle qui ont provoqué un déluge à Cabaret où l’eau atteignait jusqu’à 1m50 de hauteur dans la nuit de mercredi à jeudi.
Le Député Lavalas de la circonscription, Pierre Jérôme Valciné, qui rendait compte du passage de la délégation, a pressé les autorités gouvernementales d’agir en vue de soulager les souffrances des habitants de la commune qui, pour la plupart, n’ont plus un toit où dormir. L’élu précise que toutes les maisonnettes situées des deux côtés de la rivière ont été rasées.
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4272

JO-2008/Eliminatoires : Haïti survole les débats et se retrouve au troisième tour

Après le festival de Port-au-Prince, la sélection U-23 doit affronter l’ogre mexicain ou américain pour aller à Pékin
samedi 13 octobre 2007,
Radio Kiskeya

La sélection olympique haïtienne de football s’est brillamment qualifiée pour la troisième et dernière phase des éliminatoires des JO-2008, zone CONCACAF, en la Jamaïque sur le score de 2 buts à 1 lors du match final du triangulaire du groupe H disputé samedi soir au stade Sylvio Cator devant environ 15.000 spectateurs.
Surpris en première mi-temps par un magistral coup franc des 25 mètres du jamaïcain Austin Rodolf (18’), les haïtiens ont dû attendre la pause pour concrétiser leur nette supériorité au tableau d’affichage.

A la 51e minute, Bidrès Azor, en net progrès après sa décevante prestation face aux bahaméens, égalisait de la tête après une première tentative infructueuse de Fritson Jean-Baptiste repoussée par le poteau. A l’origine de cette belle réalisation collective, Leonel St-Preux qui avait lancé en profondeur Tiga, le maestro du onze national, auteur d’un centre bien ajusté pour Fritson Jean-Baptiste, l’attaquant du Don Bosco de Pétion-Ville.
Un deuxième but, inscrit à la 75e minute, allait sceller le sort du match et récompenser le talent et l’effort des jeunes internationaux haïtiens. Tim Velten, joueur de première division aux Pays-Bas tout comme Lesly Fellinga, se trouvait à point nommé pour reprendre un tir de FaBrice Noël ayant heurté le montant gauche des "Boyz" sur un nouveau service parfait de Jean Sonny Alcéna "Tiga", impérial pendant toute la soirée.
Avec la note maximale de 6 points sur 6, Haïti décroche la première place qualificative pour l’ultime phase des éliminatoires au cours de laquelle elle devra se mesurer à trois autres équipes de la zone CONCACAF dont le Mexique ou les Etats-Unis. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4271

Funérailles de l’ingénieur Fritzner Louis-Jeune

Hommages posthumes unanimes à l’inoubliable "Mèt Nè"
samedi 13 octobre 2007,
Radio Kiskeya

Les funérailles du directeur du stade Sylvio Cator et dirigeant emblématique du Racing Club Haïtien, Fritzner Louis-Jeune surnommé affectueusement "Mèt Nè", ont été chantées samedi à la cathédrale Sainte-Trinité de l’église épiscopale d’Haïti en présence d’une assistance nombreuse réunissant la grande famille du football.
Outre les membres de la famille éplorée et les amis proches, on pouvait remarquer des personnalités du monde sportif et des délégations représentants les différents clubs de football du championnat national de première division.
L’un des concélébrants, le révérend père David César, a vanté les qualités humaines de "Mèt Nè" et rappelé la passion du football qui l’habitait en citant des propos qui lui revenaient souvent à la bouche comme un leitmotiv.
Les président et vice-président de la Fédération Haïtienne de Football, respectivement Yves Jean-Bart et Julio Cadet de même que l’ancien entraîneur de la sélection nationale au cours des années 70 et raiciniste de la première heure, le patriarche René Vertus, ont chacun rendu un vibrant hommage au très regretté Fritzner Louis-Jeune.
Agé tout juste de 51 ans, "l’amoureux fou du football haïtien" avait succombé samedi dernier à une crise d’hypertension artérielle dans un centre hospitalier de la capitale. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4270

20e anniversaire de l’assassinat de Me Yves Volel

Un démocrate descendu devant la police de Port-au-Prince en défendant le respect de la loi
samedi 13 octobre 2007,
Radio Kiskeya

Ce samedi marquait le 20e anniversaire de la disparition de Me Yves Volel, assassiné le 13 octobre 1987 devant le quartier-général de la Police de Port-au-Prince avec un exemplaire de la constitution à la main.
Selon les indices de la scène de crime, la victime fut abattue de plusieurs balles à la tête et au thorax.
Les autorités avaient invité à dessein les journalistes à constater que Me Volel était tombé avec sa toge et le doigt sur la gâchette de son pistolet comme pour suggérer qu’il voulait s’attaquer au poste militaire. Cependant, ce mauvais scénario fut facilement démonté à partir du seul fait qu’une ultime photo prise quelques instants avant le meurtre montrait l’avocat debout et donnant dos au QG de la police.
Le futur colonel Joseph Baguidy, alors responsable des fameuses Recherches Criminelles, déclara avec désinvolture et sans broncher que l’assassin était un "jeune homme vêtu d’un t-shirt de couleur rouge". Il avait eu le temps de s’enfuir sous le nez des policiers en franchissant aisément le portail du bâtiment.
Le début de l’enquête sur ce crime odieux et signé précéda sa fin de seulement quelques secondes.
Dans la matinée, Yves Volel avait annoncé sur les ondes d’une station de radio qu’il se rendait dans cette sinistre section de la police afin d’obtenir la libération d’un homme incarcéré et maltraité au mépris de ses droits.
Ancien officier des Forces Armées d’Haïti et leader du Rassemblement des démocrates chrétiens (RDC), Me Yves Volel, qui était connu pour sa rectitude morale et son engagement patriotique courageux, mourait tout juste un an après son retour d’exil.
Sa fin tragique se produisit à quelques mètres du Palais National (siège de la Présidence) et des bureaux de son ancien camarade de promotion, le général-Président Henry Namphy, avec qui il était en froid en raison des dérives autoritaires de son régime. Elles allaient culminer avec le massacre, moins de deux mois après l’assassinat de Volel, avec le massacre des électeurs et l’avortement dans le feu et le sang du premier scrutin démocratique de toute l’histoire d’Haïti, le 29 novembre 1987. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4269

Cinq jeunes hommes exécutés par balle

Leurs corps ont été retrouvés à Fontamara gisant sur la chaussée ; une enquête policière ouverte sur ce drame
vendredi 12 octobre 2007,
Radio Kiskeya

Les cadavres de cinq jeunes hommes abattus chacun d’une balle au cou ont été retrouvés jeudi matin à Fontamara 47 (banlieue sud de Port-au-Prince), a indiqué vendredi à Radio Kiskeya le porte-parole de la Police Nationale, Frantz Lerebours.
Toutes les victimes étaient ligotées et allongées sur le ventre.
Les premiers éléments d’information recueillis sur place laisseraient croire qu’il s’agirait de présumés bandits lynchés par les riverains. Cependant, le commissaire Lerebours souligne que la PNH n’entend nullement s’en tenir à cette version. Une enquête criminelle a été ouverte en vue de déterminer le mobile de cette tuerie et d’en identifier les auteurs.
Des résidents de Fontamara ont pour leur part affirmé que les cinq individus exécutés résidaient dans le quartier et en ont profité pour décliner leur identité.
Au moment de les abattre, les tueurs les auraient accusés d’avoir fourni à d’autres des renseignements sur des armes qu’ils détenaient.
Malgré une baisse significative de l’insécurité maintes fois soulignée par la Police Nationale et la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH), diverses manifestations de violences sporadiques, mais extrêmes, ont été enregistrées ces dernières semaines dans et autour de la capitale haïtienne. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4267

Un nouveau présumé trafiquant de drogue haïtien candidat à l’extradition


Muni d’un mandat international, le BLTS a procédé à l’arrestation de Jean-Robert Darius dans sa résidence
vendredi 12 octobre 2007,
Radio Kiskeya

Un nouveau présumé narcotrafiquant, Jean-Robert Darius, devrait être extradé incessamment en Floride quelques jours après son arrestation par des agents du Bureau haïtien de lutte contre le trafic des stupéfiants (BLTS), a annoncé vendredi le porte-parole de la Police Nationale, Frantz Lerebours.
M. Darius a été appréhendé à son domicile samedi dernier dans la commune de Ganthier (environ 40 km au nord-est de Port-au-Prince). Accusé d’avoir exporté de la drogue aux Etats-Unis, il faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international.
Le commissaire Lerebours précise que comme c’était déjà le cas au cours de récentes opérations similaires, le BLTS a procédé seul à la capture du présumé trafiquant de stupéfiants, sans aucune intervention de l’Agence antidrogue des Etats-Unis (DEA).
Depuis le déclenchement, il y a quelques mois, de l’offensive contre les "cartels haïtiens", une dizaine d’individus ont été appréhendés au cours de chasses à l’homme spectaculaires ou de discrètes opérations ciblées.
De puissants hommes d’affaires locaux tels Lavaud François dit "Chachou" des Gonaïves (Artibonite, nord), Savil Dessain de La Gonâve (Ouest) et Gesner Delva alias "Ti Chèf" de Lazile (Nippes, sud-ouest) ont été notamment appréhendés et conduits vers des prisons américaines.
L’ex-chef rebelle et candidat à la Présidence en 2006, Guy Philippe, qui avait échappé en juillet dernier à à l’intervention d’un commando haïtiano-américain a refait surface cette semaine à travers une lettre ouverte adressée au ministre de la justice et de la sécurité publique, René Magloire. Le leader du Front pour la Reconstruction Nationale, qui dénonce des persécutions politiques dont il serait victime, a notamment appelé les autorités à "faire respecter ses droits fondamentaux de citoyen haïtien".
Dans son rapport 2007 sur le narcotrafic, le Département d’Etat américain a classé Haïti parmi les 20 premiers pays producteurs de drogue ou de transit répertoriés dans le monde. spp/Radio Kiskeya.
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4266

Inondations : Au moins 45 morts et des milliers de familles sinistrées, selon le ministre de l’intérieur

Le Premier ministre Jacques-Edouard Alexis attendu à Cabaret où au moins 23 corps ont été retrouvés ; l’état d’urgence pourrait être décrété dans cette commune alors que la mort annoncée d’une vingtaine d’autres personnes à la Croix-des-Bouquets n’a pas encore été confirmée
vendredi 12 octobre 2007,
Radio Kiskeya

Le bilan des inondations ayant affecté au cours des deux dernières semaines différentes régions d’Haïti s’est nettement alourdi passant à au moins 45 morts et plus de 5.000 familles sinistrées, a annoncé vendredi le ministre de l’intérieur et des collectivités territoriales, Paul Antoine Bien-Aimé, évoquant la possibilité de déclarer l’état d’urgence à Cabaret (environ 35 kilomètres au nord de Port-au-Prince) en proie à une catatsrophe majeure.
Une délégation gouvernementale ayant à sa tête le Premier ministre Jacques-Edouard Alexis était attendue vendredi dans cette petite commune dévastée par les crues de la rivière Béthel.
"La situation est très grave, il faudra mobiliser toutes les ressources disponibles pour y faire face", a déclaré le ministre qui précise que 23 corps, dont ceux de deux bébés, ont été recensés tandis que d’autres personnes, au moins une dizaine, manquaient à l’appel.
Une aide d’urgence de 10 millions de gourdes (environ 300.000 dollars américains) a été débloquée par le gouvernement et pourrait être augmentée en fonction des indications des rapports d’évaluation.
Les sinistrés qui se comptaient par centaines commençaient à être évacués. Mais, Paul Antoine Bien-Aimé reconnaissait que des lenteurs énormes retardaient la mise en place du dispositif de secours nécessaire face à la gravité de la situation. Des stocks de produits alimentaires de réserve étant indisponibles, ce n’est que sur les lieux que les équipes du Secrétariat permanent de gestion des risques et des désastres (SPGRD) et de la Direction de la protection civile (DPC) devaient chercher à acheter de la nourriture destinée à des sinistrés crevant de faim.
La directrice de la protection civile, Alta Jean-Baptiste, avait pourtant prévu dès jeudi matin l’intervention du centre d’opérations d’urgence à Cabaret en vue de l’évacuation et du ravitaillement de nombreuses personnes privées d’eau potable, de nourriture et de couvertures.
La commune voisine de Cazale était également isolée, les voies d’accès étant coupées.
Presque toutes les exploitations agricoles ont été dévastées et de nombreuses têtes de bétail emportées.
Déjà confrontées à de graves difficultés de gestion d’une multiplicité de catastrophes à gérer dans la majorité des dix départements du pays, les autorités devaient désormais concentrer leurs interventions principalement à Cabaret. L’administration communale et le Député de la circonscription, Pierre Jérôme Valciné, chiffraient à plusieurs dizaines les morts et disparus et à environ 6.000 les sinistrés enregistrés à la suite des pluies diluviennes qui se sont abattues sur la région dans la nuit de mercredi à jeudi.
Par ailleurs, des missions de reconnaissance effectuées jeudi par des hélicoptères onusiens n’ont pas permis de repérer à la Croix-des-Bouquets (environ 35 km au nord-est de Port-au-Prince) les corps de 18 personnes qui auraient péri noyées, selon la Députée de cette circonscription, Cluny Dumay. L’élue, qui tenait l’information d’un responsable local, précise que cette catastrophe se serait produite à Zoranger, une section communale où de fortes précipitations ont été enregistrées.
Les casques bleus devaient toutefois continuer à survoler vendredi la Croix-des-Bouquets et d’autres régions du pays encore sous les eaux.
Dans la Grand’Anse (sud-ouest), une mère de famille, Orphélia Titus, est morte dans l’effondrement de sa résidence située dans le quartier populaire de Mackandal, à Jérémie. Un petit-fils de la victime, âgé de six ans, a été également blessé.
Dans ce même département, 30 maisons ont été détruites dans la commune de Dame-Marie et 15 autres dans la localité proche de Leçon.
Un déséquilibré mental a été également emporté par les eaux dans les Nippes (sud-ouest).
Un précédent bilan rendu public mercredi soir faisait état d’au moins huit tués et plus de 4.000 familles sinistrées dans plusieurs départements dont le Sud, sévèrement touché par des pluies soutenues depuis plus d’une dizaine de jours.
Des centaines de maisons ont été également détruites ou endommagées.
Malgré une éclaircie, l’alerte aux inondations, éboulements et glissements de terrain était maintenue sur tout le territoire national, passant de rouge à jaune ou orange selon les régions. Le directeur du Centre national de météorologie, Ronald Sémelfort, a indiqué que les prévisions montraient que deux centres de basse presion à l’état stationnaire ces derniers jours dans la Caraïbe pouvaient continuer à provoquer des périodes pluvieuses au cours des prochaines 24 à 48 heures.
A cause du désastre écologique constaté depuis plusieurs décennies et qui s’est encore accentué ces dernières années, Haïti demeure très vulérable aux inondations, particulièrement au cours de la saison cyclonique qui s’achève le 30 novembre dans l’Océan Atlantique. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4265

Eliminatoires/JO-2008 : Les Bahamas offrent à Haïti son billet pour le troisième tour

Humiliée par la sélection nationale mardi, l’équipe bahaméenne a fait tomber la Jamaïque 1-0, à la surprise générale
jeudi 11 octobre 2007,
Radio Kiskeya

La sélection olympique haïtienne s’est virtuellement qualifiée pour la troisième phase des éliminatoires des Jeux de Pékin 2008, zone CONCACAF, grâce à la surprenante victoire des Bahamas aux dépens de la Jamaïque 1-0 (mi-temps :0-0) jeudi soir au stade Sylvio Cator, lors du deuxième match du triangulaire du groupe H disputé à Port-au-Prince.
Un joueur d’origine haïtienne, Lesly Saint-Fleur, a inscrit l’unique but de la partie à la 84e minute en reprenant la balle de l’intérieur du pied après un passage en force dans la surface de réparation jamaïcaine. Les "Boyz" se sont montrés très limités techniquement et en panne d’inspiration à l’image de leur vedette Luton Shelton du Sheffield United (Angleterre, Div.2).
L’exploit de Saint-Fleur, que la suite de la rencontre n’allait pas démentir, a été doublement fêté par les quelques centaines de spectateurs présents au stade. Ils étaient contents de voir un buteur d’acendance haïtienne faire trembler les filets de l’adversaire et surtout satisfaits d’obtenir le résultat idéal qu’attendait la sélection nationale, largement victorieuse des bahaméens mardi (6-0).
Avec 3 points au compteur et une différence de buts +6 Haïti est pratiquement assurée de terminer en tête et d’obtenir à la clé l’unique place qualificative du groupe. Seule une catastrophe invraisemblale avec la bagatelle de 7 buts d’écart au minimum en faveur de la Jamaïque pourrait inverser le cours des choses. D’autres scénarios encore plus proches de la réalité, une victoire ou un nul, s’offriront à nos jeunes compatriotes samedi à l’occasion de leur dernière sortie face à une Jamaïque désarçonnée.
Désormais, la campagne haïtienne doit prendre de la hauteur en vue d’une hypothétique qualification pour les Jeux Oympiques. Dans le tour final, il faudra affronter outre des représentants centraméricains les grosses cyclindrées de la CONCACAF, le Mexique, les Etats-Unis et/ou le Canada. Rien que des poids lourds ! spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4263

jeudi 11 octobre 2007

DES NOUVELLES DE NEPHTALIE

Nephtalie IlISSE entame son sixième jour postopératoire dans le service de neurochirurgie pédiatrique de la Timone, prise en charge par le docteur Gabriel Lena.
Elle se porte bien, les suites opératoires sont normales.
Elle a reçue hier 10 octobre 2007 la visite de Monsieur Lionel ETIENNE, ambassadeur d’Haïti à Paris en tournée de travail dans la région.
La sortie de la petite fille de l’hôpital pourrait se faire dans les 48 prochaines heures.

Le ministre Joseph Jasmin annonce le renvoi du Conseil Electoral Provisoire

Empêtrée, la Présidence n’assume pas les déclarations du porte-parole du gouvernement qui fait part de consultations engagées en vue de la création d’un nouveau Conseil le 17 octobre, au plus tard ; mutisme et expectative au CEP
mercredi 10 octobre 2007,
Radio Kiskeya

Le renvoi du Conseil Electoral Provisoire (CEP) a été décidé lors d’une réunion mardi soir au Palais National (siège de la Présidence) entre le Président René Préval et les partis politiques représentés au Parlement et membres de la coalition gouvernementale, a annoncé mercredi le ministre chargé des relations avec le Parlement, Joseph Jasmin dont les déclarations n’étaient toutefois pas confirmées par la Présidence.
Les consultations se poursuivent en vue de trouver, d’ici le 17 octobre, une "formule équilibrée" qui permettra de désigner les membres du nouveau CEP chargé d’organiser les prochaines élections sénatoriales et indirectes, a indiqué le ministre.
Selon le haut responsable, qui fait également office de porte-parole du gouvernement, les autorités n’ont fait que constater la caducité de l’organisme électoral qui ne disposait plus de "provisions légales" pour prendre en charge l’organisation des élections devant permettre de renouveler, à la fin de l’année, le tiers du Sénat et de mettre en place les différentes assemblées nécessaires à la formation du Conseil Electoral Permanent. M. Jasmin a, d’autre part, estimé que les conseillers électoraux ne jouissaient plus d’aucune crédibilité auprès de la population, certains d’entre eux tombant sous le coup de poursuites judiciaires parce qu’ils sont accusés de détournement de fonds et malversation par leurs propres collègues.
Ce CEP "fertile en incidents" et dont l’image "agresse la morale moyenne" est "jeté en pâture à la population et fait l’objet de toutes les conversations", a affirmé à la presse le ministre Jasmin qui exposait les arguments pouvant justifier la décision prise, dit-il, par l’Exécutif de concert avec le Parlement.
Dans le processus de consultation engagé plusieurs options sont envisagées dont la désignation par chacun des trois pouvoirs (Exécutif, Législatif, Judiciaire) de trois conseillers électoraux.
Les déclarations de Joseph Jasmin n’étaient toutefois pas immédiatement confirmées au siège de la Présidence où la confusion le disputait à l’embarras. Des collaborateurs immédiats du chef de l’Etat, interrogés par Radio Kiskeya, sont allés jusqu’à exprimer off the record leur étonnement d’entendre pareilles affirmations.
De leur côté, le président de l’institution électorale, Max Mathurin et d’autres conseillers ont annulé à la dernière minute une conférence de presse prévue mercredi à la mi-journée, préférant attendre avant de se prononcer sur les derniers développements de la situation.
Après le parti Fusion des Sociaux-Démocrates, au cours des dernières 48 heures, l’Initiative de la Société Civile (ISC), la Conférence Episcopale d’Haïti (CEH), la Fédération Protestante d’Haïti (FPH) et l’Eglise Episcopale d’Haïti (EEH) ont mis en garde contre une "nouvelle crise institutionnelle" et apporté un soutien nuancé ou déclaré aux membres du Conseil Electoral engagés dans un bras de fer avec l’Exécutif et dont trois sont interdits de séjour à l’étranger, selon les instructions du chef du parquet de Port-au-Prince, Claudy Gassant. Parallèlement, trois autres conseillers, Patrick Féquière, Louis Gerson Richemé et Pierre-Richard Duchemin se sont objectivement ralliés à la position du pouvoir.
En vertu des prescrits du décret électoral de 2005, seul le Conseil Electoral Permanent doit succéder à l’actuel CEP à la fin du cycle électoral ayant notamment permis l’accession au pouvoir en 2006 du Président René Préval et le rétablissement du corps législatif après deux années de vide institutionnel. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4252

Condoleezza Rice salue la contribution de la Caraïbe à la stabilisation d’Haïti

La Secrétaire d’Etat tente de réchauffer les relations entre les Etats-Unis et les pays de la CARICOM
mercredi 10 octobre 2007,
Radio Kiskeya

La Secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, a indiqué mercredi à Washington que l’administration Bush cherchait à relancer ses relations avec les "pays amis" de la Caraïbe en soulignant le rôle conjoint des deux parties dans le processus de stabilisation d’Haïti, selon une dépêche de l’agence caribéenne Hardbeatnews.
"Nous sommes en train de renouveler nos relations avec nos amis caribéens et nous travaillons avec la communauté internationale en vue de rétablir la stabilité et l’espoir en Haïti", a déclaré Rice qui intervenait devant les responsables de l’Organisation des Etats américains (OEA) dans le cadre d’une conférence sur les accords commerciaux avec l’Amérique latine prononcée au siège du Conseil des relations internationales.
Elle tentait d’apaiser les sentiments de frustration maintes fois exprimés ces derniers mois par des dirigeants de la Communauté Caraïbe (CARICOM) à l’endroit de Washington.
Récemment, l’ancien Premier ministre jamaïcain, Percival Patterson avait émis le voeu que le successeur de George Bush serait plus attentif aux problèmes des Etats de la Caraïbe. Il avait aussi rappelé que la région fournissait des ressources humaines qualifiées au marché américain et souligné tout particulièrement la mort de 200 ressortissants des pays caribéens dans les attentats du 11 septembre 2001. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4253

Valse-hésitation au sein du pouvoir sur le sort du CEP : Un ministre confirme la dissolution, la Présidence nie toute décision

Un proche collaborateur du chef de l’Etat attribue les propos de Joseph Jasmin à ceux d’un chef de parti, mais l’intéressé persiste et signe ; Micha Gaillard de la FUSION dément la version du porte-parole du gouvernement et entretient l’espoir sur le maintien des conseillers électoraux
mercredi 10 octobre 2007,
Radio Kiskeya

L’annonce de la dissolution du Conseil Electoral Provisoire (CEP), pleinement assumée par le ministre Joseph Jasmin, semblait avoir plongé l’administration Préval/Alexis dans la confusion et une succession de contradictions alors que des réactions fusaient de toutes parts.
La Présidence a catégoriquement nié qu’une décision ait été déjà prise, se bornant à indiquer que seules des opinions ont émises à la fois pour et contre le renvoi de l’institution électorale. Démentant implicitement les affirmations du ministre chargé des relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement, un proche collaborateur du Président René Préval a déclaré à Radio Kiskeya, sous le couvert de l’anonymat, qu’il s’agissait simplement d’une réunion de consultation avec les partis représentés au sein de l’équipe gouvernementale et quelques parlementaires. Il précise que si la mise à l’éviction du CEP est effective, elle fera l’objet d’une communication officielle.
Selon la même source, M. Jasmin se serait exprimé en sa qualité de leader de la Plate-Forme Lespwa (Espoir) à laquelle appartient le chef de l’Etat. Cependant, dans ses déclarations, l’intéressé, qui revendique d’ailleurs rarement le titre de dirigeant de parti, s’est exprimé au nom de l’Exécutif avec une assurance inébranlable. Il a répété qu’un "consensus a été trouvé"sur la nécessité de renvoyer l’organisme électoral dont "les provisions légales sont épuisées". Joseph ajoute qu’outre sa caducité, le CEP est totalement discrédité en raison de sa répution d’institution "fertile en incidents" et qui "agresse la morale moyenne".
Mardi soir, explique-t-il, tous les dirigeants politiques étaient unanimes à reconnaître que cette situation était inacceptable et se sont engagés à trouver d’ici le 17 octobre une formule consensuelle concernant la création d’un nouveau CEP et la définition de son mandat.
Toutefois, cette version des discussions a été catégoriquement rejetée par Micha Gaillard. Le secrétaire général du parti Fusion des Sociaux-Démocrates, qui était aussi présent au Palais National (siège de la Présidence), a démenti qu’une entente ait été dégagée sur la dissolution du Conseil Electoral. Il a souligné que l’objectif n’était pas de procéder à des délibarations, mais de poursuivre des consultations qui doivent être élargies à d’autres acteurs tels les parlementaires, la société civile et le secteur privé des affaires.
Tout en reconnaissant que le point de vue de la FUSION était minoritaire face à la position exprimée par les autres participants, M. Gaillard a estimé que tout n’était pas encore perdue dans la lutte visant à sauvegarder le CEP et à éviter au pays une nouvelle période d’instabilité. Outre la formation politique social-démocrate, la Plate-Forme Lespwa, l’Organisation du Peuple en Lutte (OPL), l’Alyans Demokratik et l’UNION étaient représentés.
La polémique entre partisans et adversaires de la mise à l’écart du Conseil Electoral porte également sur le lieu de la rencontre de mardi. Si le responbable anonyme de la Présidence prétend qu’elle s’est tenue au domicile de René Préval, en revanche, Micha Gaillard révèle que tout s’est passé dans les appartements privés du chef de l’Etat, mais bel et bien au siège de la Présidence.
Pour leur part, les conseillers électoraux, frappés d’interdiction de départ et menacés d’arrestation par le chef du parquet de Port-au-Prince, Claudy Gassant, attendaient d’être officiellement fixés sur leur sort. Après avoir dû annuler la conférence de presse hebdomadaire en raison de la précipitation des événements, mercredi à la mi-journée ils ont quitté le siège du CEP avec des expressions de doute et de déception. Leur départ en ordre dispersé -après de longues minutes de silence sous l’effet de l’émotion- ressemblait à un abandon définitif des lieux souhaité tout haut par certains, mais amèrement regretté par d’autres. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4254

Un fugitif très recherché, Wensley Boshomme, retrouvé à Cité Soleil

Cet ancien lieutenant présumé de "Yoyo Piman" pourrait être l’un des coauteurs du meurtre du journaliste Jacques Roche
jeudi 11 octobre 2007,
Radio Kiskeya

Wensley Boshomme, un présumé bandit de Cité Soleil (banlieue nord de Port-au-Prince), qui pourrait avoir participé à l’assassinat du journaliste Jacques Roche, est actuellement détenu à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) où il a déjà subi plusieurs interrogatoires.
Selon le commissaire de Delmas (banlieue est), Carl-Henry Boucher, Boshomme, un ancien fugitif qui se fait couramment appeler Zachary Occeda, a été intercepté lundi soir à Cité Soleil grâce à une filature de la Police Nationale aidée des agents de la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH). Depuis son évasion le 19 février 2005 du Pénitencier National, la prison civile de la capitale, le brigand était activement recherché. Il avait été appréhendé une première fois en juin 2004 sous l’accusation de meurtre, association de malfaiteurs et vol.
L’implication de Wensley Boshomme dans l’enlèvement et l’exécution, en juillet 2005, de Jacques Roche n’était pas encore confirmée mercredi. Mais, le commissaire Boucher soutient que les premiers indices relevés par la police pourraient permettre d’aboutir à une telle conclusion.
Le prévenu semble présenter un palmarès peu ordinaire en matière d’activités criminelles pour avoir fait partie du gang de feu Junior Acdhély alias "Yoyo Piman", l’un des commandants autoproclamés les plus terrifiants qu’avait connus Cité Soleil jusqu’à sa mort en juin dernier dans une confrontation avec la MINUSTAH.
D’autres présumés bandits sont tombés ces derniers jours dans l’escarcelle de la police de Delmas. Les informations sur les différentes opérations seront communiquées ultérieurement. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4255

Haïti : Les transferts ne sont pas synonymes de développement

Mercredi 10 octobre 2007
P-au-P., 10 oct. 07 [AlterPresse] --- Pendant les soixante dernières années, de nombreux haïtiens ayant pris naissance en Haïti ont migré vers l’étranger.
L’une des raisons à l’origine de cette situation, c’est l’inefficacité des modèles de développement que les dirigeants successifs du pays prétendent officiellement appliquer. Dit autrement, ces modèles explicites n’ont jamais contribué à améliorer les conditions de vie de la population.
C’est l’opinion par exemple de l’économiste Rémy Montas qui intervenait récemment à un forum organisé à Port-au-Prince par le Centre Pétion Bolivar. Cet ancien dirigeant de la Banque centrale haïtienne note que les principaux éléments propulseurs de croissance économique ont en général toujours été absents ou faibles.
Montas cite parmi ces facteurs le capital, les ressources naturelles importantes, la technologie et une main d’œuvre de plus en plus en plus qualifiée ainsi que des politiques économiques adéquates permettant de mettre en combinaison l’ensemble de ces facteurs pour propulser la croissance économique.
« Étant donné que nous n’avons jamais réussi dans ce domaine, dans un tel contexte, l’émigration a toujours été considérée comme une voie de sortie pour un très grand nombre d’individus et de ménages », renchérit l’économiste.
La carte mondiale de la migration haïtienne donne à voir que les Haïtiens sont éparpillés aux quatre coins du monde. On les retrouve dans les Amériques (Amérique du Nord, Caraïbe, Amérique centrale, Amérique du sud), mais aussi en Europe, en Asie, en Afrique et au Moyen Orient.
Neuf sur dix Haïtiens vivant à l’étranger sont recensés dans les Amériques alors que cinq sur dix le sont en Europe.
« Le revenu annuel moyen des ménages est de trente-six mille dollars américains. Les ménages pauvres, parmi les haïtiens, c’est environ dix neuf pour cent. Les ménages avec chef féminin (environ) trente-et-un pour cent. Parmi ces haïtiens, (environ) quarante pour cent sont des propriétaires de maisons. Le coût médian de propriété est de quelque cent vingt-deux mille dollars américains ».
Ces données ont été présentées par le statisticien et démographe Gabriel Bidegain à ce (même) forum du Centre Pétion Bolivar auquel participait également un autre expert dans le domaine, Jacques Hendry Rousseau.
Les transferts envoyés par les Haïtiens de l’étranger à leurs familles (en Haïti) dépassent de loin l’aide publique au développement et l’investissement externe privé.
Une récente étude de la Banque interaméricaine de développement a en effet estimé à plus d’un milliard 650 millions de dollars le montant des transferts (des haïtiens de la « diaspora ») vers Haïti.
Le professeur Jacques Hendry Rousseau relève le fait que les transferts en provenance de l’extérieur ont permis, au cours des années récentes, à des familles de survivre à « la situation de crise qui sévit au pays », de « résister, si vous voulez bien, à ce contexte de crise généralisée en tant que telle. Ça a permis à pas mal de ménages, de familles de subvenir à leurs besoins fondamentaux, c’est-à-dire de couvrir les frais de logement, d’éducation de leurs enfants, les frais d’alimentation, pour ne citer que ceux-là ».
Cependant la migration internationale ne comporte pas que des avantages. Il y a aussi le revers de la médaille. Un des effets pervers est la fuite des cerveaux (en provenance d’Haïti).
Les données telles que présentées par les statisticiens et démographes Gabriel Bidegain et Jacques Hendry Rousseau (à ce forum du Centre Pétion Bolivar) concernant les Haïtiens en Amérique du Nord font voir que, rien qu’aux Etats-Unis, 13,5% (des Haïtiens) ont le niveau de licence alors que 20% sont des managers et des professionnels.
Les deux experts ont par ailleurs souligné la politique migratoire attractive menée par certains pays occidentaux. « Des pays comme les Etats-Unis d’Amérique, la France et le Canada, en particulier le Québec à cause de la langue, ont une politique pour attirer des professionnels, notamment des médecins et des infirmières », fragilisant par ainsi le système (national) de santé.
L’administration publique et privée haïtienne en a déjà ressenti les effets pervers. Les impacts se répercuteront à coup sûr à moyen terme sur le fonctionnement des structures de la société (haïtienne). Les experts craignent à moyen terme « un effondrement des activités étatiques et même privées » dans le cas où « le pays n’arrive pas à sortir du cycle de la pauvreté et à retenir les professionnels ».
Autant dire que les transferts ne sont pas synonymes de développement. Ils peuvent seulement soulager les ménages et contribuer à réduire, un tant soit peu, la pauvreté. Mais les transferts ne sauraient remplacer les politiques publiques appropriées que les gouvernements se doivent de mettre en place. Et pour cause, les transferts ne sont pas stables (à long terme), ils ne peuvent pas être considérés comme une source intarissable.
Selon l’économiste Rémy Montas, par un effet démographique normal, les générations d’Haïtiens ou d’étrangers d’origine haïtienne auront moins d’attaches avec leurs familles d’origine et les transferts de fonds s’en trouveront réduits. Il s’agit, selon lui, d’un phénomène classique. « La première génération connaît ses parents, envoie de l’argent. La deuxième génération est venue voir sa grand-mère une fois, deux fois. Sur la troisième génération, ils ne connaissent plus de grand-mère, plus de grand-père, encore moins les cousins et cousines ». [vs gp apr 10/10/2007 21:00]
Notes : Nous nous sommes inspirés pour ce texte d’un panel auquel ont notamment participé les professeurs Rémy Montas (économiste), Gabriel Bidegain (démographe et statisticien) et Jacques Hendry Rousseau (démographe et statisticien), de documents de l’UNFPA, du CELADE-CEPAL et du RNPD.
……………
Cet article fait partie d’une série intitulée « Nou tout konte » et réalisée avec le concours du
Fond des Nations-Unies pour la Population (UNFPA). Dans ce cadre, des chroniques radios hebdomadaires sont également diffuées sur Radio Kiskeya suivant l’horaire ci-dessous : - Mardi, au journal de 6 :00 AM - Mercredi au journal de 7 :00 AM - Jeudi au journal de 4 :00 PM - Vendredi, peu avant le journal des sports (12 :55 PM)
http://www.alterpresse.org/spip.php?article6500

Haïti-Elections : Le gouvernement décide d’écarter les membres de l’actuel conseil électoral provisoire

Le regroupement Fusion exprime son « désaccord », mais n’entend pas faire obstacle
mercredi 10 octobre 2007
P-au-P, 10 oct. 07 [AlterPresse] --- Les membres de l’actuel Conseil électoral provisoire (Cep) ont été « mis à l’écart » mardi soir 9 octobre 2007, aux termes des consultations entamées depuis plusieurs jours par le président René Garcia Préval avec les différents secteurs nationaux, confirme à l’agence en ligne AlterPresse Joseph Jasmin, ministre chargé des relations avec le parlement.
« Il y a un consensus qui est trouvé et qui a abouti à la mise à l’écart de ce Cep », déclare qui ne veut parler ni de destitution, ni de révocation des membres de ce Conseil électoral provisoire présidé par Max Mathurin.
Cette décision, ayant conduit au renvoi des membres dudit conseil, a été adoptée lors d’une grande réunion tenue mardi soir au Palais présidentiel entre le chef de l’Etat haïtien et les partis politiques représentés au parlement et membres de la coalition gouvernementale, précise le ministre Jasmin.
Deux grandes conclusions ont été retenues à l’issue de cette rencontre. Il s’agit de réfléchir sur la nouvelle composition d’un nouveau Cep pour succéder à celui de Max Mathurin et de déterminer le mandat à attribuer à ce nouveau conseil qui aura éventuellement à organiser les élections indirectes et législatives pour renouveler le tiers du Sénat.
« La formule n’est pas encore trouvée », indique Joseph Jasmin qui pense que la formule à utiliser sortira des multiples réflexions engagées par les secteurs qui ont été consultés à cet effet.
En tant que ministre sans portefeuille, Jasmin est d’avis que ces élections pourraient ne pas avoir lieu avant la fin de l’année 2007, comme le craignaient déjà différents secteurs. Car, selon lui, il y a tout un ensemble de mises en place préalables à l’organisation d’élections dans de bonnes conditions.
L’Organisation du peuple en lutte (Opl), le parti Fusion des sociaux-démocrates (Fusion), le parti Union du pasteur Jean Chavannes Jeune, l’Alliance démocratique (Alyans) de Evans Paul, la plate-forme Lespwa (le regroupement au pouvoir) sont les grands partis politiques ayant pris part à cette dernière rencontre au Palais national.
Les représentants de ces partis, pour la grande majorité, ont exprimé des positions relatives à un remaniement au niveau de ce conseil électoral, selon les explications du professeur Micha Gaillard du parti Fusion
Joint au téléphone par AlterPresse, Micha Gaillard réaffirme son désaccord par rapport à la révocation des membres de l’actuel Cep, tout en reconnaissant que la position exprimée par son parti est minoritaire par rapport à celle des autres partis représentés.
« Nous acceptons d’être minoritaire, mais nous ne représenterons en aucun cas un élément de blocage », soutient le porte-parole de la Fusion des sociaux-démocrates.
Les arguments avancés pour mettre à l’écart le Conseil de Max Mathurin sont peu solides, selon Micha Gaillard qui considère que c’est dans ce même climat que ce Cep avait réalisé les élections de 2006 ayant conduit à l’installation des autorités actuelles d’Haïti.
Depuis sa formation, le Conseil électoral provisoire, qui vient d’être « écarté » en octobre 2007 par l’équipe au pouvoir « en consultation avec des partis politiques », faisait l’objet de nombreuses dénonciations. Des cas de malversations et d’irrégularités ont été évoqués par certains conseillers électoraux.
Des responsables de ce Cep ont même été convoqués à la fois au Parlement et au Parquet du tribunal de première instance de Port-au-Prince autour des questions relatives à ces dénonciations.
Un audit, réalisé par la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (Csc/ca), a seulement parlé d’irrégularités dans la gestion de ce conseil. [do rc apr 10/10/07 15 :15]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article6498

Haïti-Elections : La commission Justice et Paix met en garde contre une nouvelle crise institutionnelle

Jilap plaide pour un aboutissement du processus devant favoriser l’achèvement du montage institutionnel local
mercredi 10 octobre 2007
P-au-P, 10 oct. 07 [AlterPresse] --- La commission nationale Justice et Paix (Jilap) de l’église catholique romaine met en garde le pouvoir exécutif en Haïti contre une nouvelle crise institutionnelle, dans laquelle le pays risque de plonger avec le blocage annoncé du processus électoral non encore complété avec les compétitions indirectes.
« Le débat est ouvert sur les élections sénatoriales et on discute sur un Conseil électoral permanent (Cep). Mais, il ne peut y avoir de CEP permanent, si d’abord on ne termine pas les élections liées aux collectivités territoriales », considère Jilap au terme d’une réunion, du 1er au 5 octobre 2007 à Port-au-Prince de son comité exécutif, dont les conclusions ont été acheminées le 9 octobre à l’agence en ligne AlterPresse.
« Le pays ne peut plus supporter une nouvelle crise institutionnelle », avertit la commission épiscopale de l’église catholique romaine demandant à l’Exécutif de « discontinuer à agir de façon légère avec les droits des citoyennes et citoyens », mais à créer le conditions pour permettre l’organisation des élections indirectes.
Aux yeux de Jilap, l’importance de ces consultations est négligée par une bonne partie de la population en raison, entre autres, du fait que le gouvernement du Premier ministre Jacques Edouard Alexis ne soumet pas au Parlement le projet de loi sur les élections indirectes, préparé par l’actuel conseil électoral provisoire et remis depuis le 24 mai 2007 à l’Exécutif.
Or, les élections indirectes doivent compléter les Assemblées municipales avec les représentants des sections communales ainsi que permettre d’organiser les Assemblées départementales et le Conseil interdépartemental. Les Assemblées représentent la population à différents niveaux lors de la réflexion sur le plan de développement pour la zone et pour la Nation.
De même, les Assemblées départementales doivent proposer les candidats pour le CEP permanent. Les différentes Assemblées, selon leur niveau et compétences, doivent proposer des candidats pour la nomination des juges à certains niveaux du Pouvoir judiciaire.
Tout ceci, laisse entrevoir la commission nationale Justice et Paix dans la note transmise à AlterPresse, ne semble pas intéresser les autorités issues des élections des collectivités territoriales, déroulées le 3 décembre 2006, reprises en certains lieux le 21 avril 2007 et dont les résultats ont été publiés au journal officiel du pays les 25 juillet et 11 septembre 2007.
Les nouvelles autorités se donnent à de nombreux abus, parce que le pouvoir central manque de prendre ses responsabilités, rapportent les membres du comité exécutif national de Justice et Paix.
En de nombreux endroits, signale Jilap, les délégués de ville ont prêté serment et ont reçu des badges. Pourtant, les délégués de ville seuls ne peuvent former une Assemblée municipale. La faiblesse des institutions et le manque de bomme information sur leur rôle et fonctionnement ouvrent le chemin à de nombreuses injustices, violations des droits humains, banditisme et insécurité en province.
« Certains Casec se proclament juges ou chefs de section : ils opèrent des arrestations, émettent des mandats, fixent les prix des contraventions ; il y en a qui nomment des aides ou qui font appel à des dépisteurs, comme dans le temps des chefs de section et leurs aides, les choukèt lawouze. On nous signale des abus de ce genre à Fonds Baptiste et Petit Goâve (département de l’Ouest), à La Montagne (Sud Est), dans les départements du Nord Ouest et la Grande Anse, pour ne donner que ces exemples ».
Face à cette conjoncture, la commission nationale Justice et Paix de l’église catholique romaine appelle l’Exécutif, investi de la mission de veiller sur la bonne organisation et le bon fonctionnement des structures de l’Etat, à « déployer plus d’efforts pour informer la population sur l’importance des structures étatiques au niveau de la section communale et de la commune ».
Pour Jilap, qui pointe du doigt la responsabilité des actuels dirigeants, qui ont « le ballon dans leur camp, les citoyennes et citoyens sont finalement la seule garantie pour le bon fonctionnement de ces structures. Les citoyennes et citoyens ont le droit de savoir et de comprendre ; il doivent recevoir des informations correctes qui permettent de les apprécier à leur juste valeur ». [rc apr 10/10/2007 13 :00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article6497