Par Stefanie Schüler
C'est LE projet phare du président haïtien Michel Martelly : transformer une petite île encore non exploitée en destination de tourisme de luxe.
L’Île-à-Vache, îlot paradisiaque de 45 kilomètres carrés, situé dans le sud d'Haïti, connait de profonds bouleversements : des hôtels et des bungalows, des restaurants, des magasins et des aires de bien-être mais aussi des routes et un aéroport vont bientôt voir le jour. Ainsi ce petit bout de terre caribéen, jusqu'ici éternel oublié des hommes politiques haïtiens, se trouve-t-il brusquement au centre de toutes les convoitises.
Les habitants, eux, s'interrogent sur leur avenir.
http://www.rfi.fr/emission/20140109-ile-vache-future-vitrine-touristique-haiti
Une fenêtre ouverte sur Haïti, le pays qui défie le monde et ses valeurs, anti-nation qui fait de la résistance et pousse les limites de la résilience. Nous incitons au débat conceptualisant Haïti dans une conjoncture mondiale difficile. Haïti, le défi, existe encore malgré tout : choléra, leaders incapables et malhonnêtes, territoires perdus gangstérisés . Pour bien agir il faut mieux comprendre: "Que tout ce qui s'écrit poursuive son chemin, va , va là ou le vent te pousse (Dr Jolivert)
vendredi 10 janvier 2014
mardi 7 janvier 2014
MONSIEUR JEAN METELLUS ET MOI

Monsieur Jean Metellus, Malgré la renommée qu'il s'était construite de par la qualité de ses oeuvres, ne faisait pas partie de ces écrivains
haïtiens que j’aimais lire volontiers. Histoire de goût littéraire. Je me suis
un peu approché cependant des ces textes quand j’ai constaté qu’en France, à un
moment de la durée, tout ce qui concernait Haïti passait souvent par lui dans
les médias ou il entretenait une présence soutenue.
Particulièrement les gens
aimaient bien reprendre l’adjectif de « pathétique » qu’il avait
accolé à Haïti dans un de ces textes. « Haïti, le pays
pathétique » resta pendant
longtemps une formule que j’avais du mal à digéré. Surtout venant d’un écrivain
haïtien.
En 1999 pour Haïti et à causes des raisons professionnelle, j’ai
établi des contacts assez cordiaux et amicaux avec son fils. Du coup le père
comme par un pseudo atavisme inversé me parut plus intéressant.
En 2004, Madame Chantale Blondel organisa à Toulon le petit
festival de l’art nègre.
J’avais donc été désigné pour accompagner Monsieur Jean Métellus
lors d’une conférence traitant des aspects ethnologiques et ethnographique du
vaudou haïtien.
L’invitation une fois reçue, fut vite rangée dans la pochette ou
l’on entrepose les choses que l’on va surement oublier. Ceci, non pas par
manque d’intérêt sinon par la taille et l’immense valeur de l’intervenant que
je devais accompagner. Je m’étais moi-même attribué un rôle de figurant.
Pendant des mois et des semaines, je vaquais à mes occupations
sans réfléchir au sujet.
Quand arriva la semaine de la conférence, pour ne pas être perdu,
je me suis mis à compiler ça et là des informations. Des informations qui
risquaient d’être utiles pour la compréhension du sujet qui serait
magistralement par Monsieur Métellus.
Trois jours avant, j’ai pensé qu’il aurait été de bon ton de
l’appeler et de faire le point avec lui pour éclaircir certains points.
Dans mon esprit je voulais le contacter pour lui dire que
logiquement tenant compte de la hiérarchie, la façon la plus intéressante de
présenter la conférence était que lui il fasse tout et que moi je ferai de la
figuration.
Grâce à Philippe son fis, j’ai pu obtenir son numéro de téléphone.
Je l’ai appelé et je e suis présenté. Tout de suite, avec une
simplicité caricaturale, il me dit avant même que je lui pose le sujet que lui
aussi il allait m’appeler pour me dire qu’il sera ravi de m’accompagner et
d’écouter ma conférence sur le vaudou.
C’était sans doute une attitude qui m’honorait certes, mais je ne
m’y attendais pas du tout. Non seulement je ne m’y attendais pas, je n’avais
même pas envisagé la possibilité d’une telle situation.
Donc à trois jours de la conférence, je n’étais pas prêt. J’ai
retenu ma respiration, j’ai avalé ma salive
et j’ai essayé de lui dire que l’on pourrait faire un plan et que
chacun en ferait une partie.
Il insista en me disant qu’il était convaincu que j’étais capable
de prononcer une très bonne conférence sur le vaudou haïtien et qu’il serait là
pour rectifier ou ajouter ses points de vue si besoin.
Je n’ai pu que le remercier en me disant à moi-même qu’il fallait
tout de suite se mettre au travail.
Pendant deux jours et deux nuits je me suis mis à lire et à écrire
sur le vaudou haïtien.
Ce fut une expérience passionnante
d’imaginer quelqu’un qui professe
une foi chrétienne parler du vaudou dont une approche le considère comme du
satanisme, parler du vaudou en essayant de lui trouver ce qui a de meilleur
pour le placer là ou il doit être dans la culture et le folklore haïtien.
A un certain moment je trouvais tout ça amusant.
Le jour de la conférence, j’ai ressenti le stress de parler devant
un public avec à mes côtés Monsieur Metellus qui pour moi représentait un
censeur ou un professeur qui écoutait
son élève.
Finalement après mon exposé, il a déclaré qu’il n’y avait rien à
ajouter et que j’avait tout dit et bien dit !
En réponse à une question posée, il intervint sur un aspect
beaucoup plus proche du pratiquant vaudouisant tandis que moi j’avais fait
exprès de garder mes distances avec un exposé plus objectif.
En quelques minutes il a fait montre de tout son savoir avec la
simplicité et la sympathie que le caractérisait.
Il me demanda une copie de mon texte pour une publication sur son
site internet. Je n’ai pas répondu favorablement à sa requête dans l’immédiat
car je devais travailler la mise en forme. Après je fus pris par le temps et
les promesses n’ont pas été honorées.
Le public avait tellement bien appréhendé mon texte que des
particuliers sont venus en coulisses me demander des conseils.
Voici les contours d’une rencontre avec Monsieur Jean Mettélus
dont je garde encore les plus agréables souvenirs.
Qu’il repose en paix ! Qu’il s’en aille avec le sentiment du
devoir accompli ; avec l’haleine du soldat qui a combattu le bon combat
sans avoir gagné la guerre mais qui a laissé des traces que suivront des
légions des bonnes causes.
dimanche 5 janvier 2014
BELLES DE NUIT....
CHAPITRE XXX
Gaspard ne trouva
guère étonnante, la nature des programmations radiophoniques de ces premières
heures du matin.
En parcourant le
cadran, assis devant ses papiers en proie au doute et aux incertitudes
immédiates, il sentit aussi l'attentisme qui s'était emparé de la ville. Peut être
tout le pays s’y vautrait déjà.
Les stations de
radio qui depuis l’aube diffusaient des émissions à forte teneur religieuse ne
dérogeaient point à leurs coutumes. D'ailleurs rien ne les obligeait à le
faire. C'est surtout dans des moments de troubles qu'il faut rechercher la paix
à coups de prières, de psaumes et de cantiques.
« En route
avec Jésus », « debout pour Christ », « la cohorte des
saints », étaient autant de titres
de programmes qui s'accordaient parfaitement à la situation.
D'autres stations
de radios avaient carrément affiché leur penchant pour le régime à la mode. La
programmation du matin avait été certes modifiée pour la grande majorité. Pas
de panéliste ni d'intervenant. Seulement de la musique engagée.
Et dans le genre,
le chef du régime avait inspiré pas mal de groupes et institutions musicales de
telle sorte que la discographie dédiée à sa personne, sa cause et ses œuvres
était conséquente.
La chanson la plus
diffusée représentait une pointe directe lancée contre ceux qui voudraient
joindre les rangs des mutins. Elle comparait les citoyens à un paquet de crabes
ligotés qui cherchent à pincer les doigts de celui qui veut bien les libérer.
D'autres stations
du même bord rediffusait des discours prononcés lors de l'inauguration de
certaines réalisations capitales comme l'aéroport international qui portait son
nom d'ailleurs et la seule centrale hydroélectrique dont dépendait
l'électrification d'une grande partie du pays.
Les stations
reconnues pour leur tendance plutôt contraire misèrent sur une neutralité trop
prononcée qui pointa bien clairement leur attitude opposée au régime.
Leurs programmations
composées de musiques classiques, instrumentales et de chansonnettes françaises
ne surprirent pas Gaspard qui finit par accepter l'évidence. Pour l'instant ce
n'est pas à travers la radio qu'il allait se renseigner et s'informer.
L’obscurité de sa
chambre se dissipa graduellement avec la rentrée des rayons de soleil par les
murs en bois ajourés de la pièce. La cour était de plus en plus réveillée.
A chaque bruit
d’arme lourde, les gens qui commençaient à reprendre leur rythme habituel de la
journée, sursautèrent et restèrent figés quelques secondes avant de reprendre
leur souffle et continuer à vaquer à leurs occupations.
Il était clair que
les écoles chômeraient. Aujourd’hui et jusqu’à nouvel ordre. La cour sera
beaucoup plus bruyante et animée. Ce sera un jour de vacances d’été avant
l’heure. Ceci ne plait pas beaucoup à gaspard qui ne pourra surement pas
travailler chez lui.
Les premiers
enfants à se réveiller, déroulèrent leur routine sans trop se soucier du
bombardement dont faisait l’objet le palais national et d’autres édifices
publics du centre ville.
Les odeurs à café,
les aromes à cannelle, mélisse, citronnelle vinrent annoncer une journée
normale.
Pourtant, ce matin,
Gaspard n’a eu ni son gobelet de café
fumant sur sa table, ni son seau d’eau posé en périphérie du monticule de
pierres, attenant au mur.
Pour lui débutait
une journée de merde. Il souhaitait de toutes ses forces une issue la plus
rapide possible. Pour lui définitivement
la meilleure option aurait été la continuité pure et simple. Les changements de
gouvernement charrient en fait trop de changements dans l’administration. Des
modifications qui ne font que retarder les choses et faire perdre du temps.
Dans l’intérêt de
son enquête, il avait peur que ses personnages cibles n’aient été obligés de
quitter le pays. Il reconnut quand même
que son intérêt personnel passait, en
cette occasion, avant l’intérêt de sa
chère nation.
Il avait tout prévu
sauf cette énième révolution.
Dans son agenda
pour l’après midi d’aujourd’hui, il avait rendez-vous avec le cordonnier pour
récupérer ses chaussures et surtout pour discuter avec lui de Sion. Ce pays vers ou il faisait route tous les
matins. Accompagnés de sa femme et ses enfants. Sans oublier ses poules, son chien et son chat.
Il espérait de
toutes ses convictions un éclaircissement rapide de la situation car il se
trouvait cloîtré chez lui sans pouvoir entamer sa journée.
Il ne savait pas si
la marchande de café avait osé braver les tir d’obus et de mortier pour
préparer son produit. Il ignorait aussi si le petit garçon qui joue le rôle de
messager ne se trouvait pas caché sous
un lit, paralysé par la peur.
Il allait falloir
se démerder ce matin.
C’est compliqué de
vivre avec toutes ces incertitudes. L’attentisme est l’antichambre de la mort. Un pas vers le néant. Il vous éloigne
de la réalité et de ses vérités. Lui, il avait puisé son essence vitale dans
l’action et dans l’activité. Il vivait parce qu’il agissait. L’horreur de subir
les choses lui avait taillé une renommée d’enfant pommé puis de jeune homme
ayant perdu la raison.
D’ailleurs ce sont
ces mots qui revenaient le plus souvent quand il parlait à quelqu’un de
l’importance et du sérieux de son enquête.
Il n’a jamais
compris pourquoi il a toujours été le seul à capter l’évidence qui se cachait
dans la succession de ces faits qui a commencé par la présence d’une voiture
sur le faite d’un arbre centenaire d’un cimetière suivie sept cent soixante dix
sept jours plus tard par un accident mortel dans lequel avaient perdu la vie
les deux occupants de la voiture perchée.
Une curiosité utile
l’avait rongée depuis les premiers instants. Ses heures d’insomnie ne se
calculaient plus. Il écrivait la nuit ce qu’il corrigeait le matin. Des
synthèses, des hypothèses et des déductions se succédèrent. Mais il lui était
impossible voire interdit de ne pas
chercher à comprendre et à savoir.
Aujourd’hui, ou
plutôt hier, il se trouvait à deux pas de résoudre les énigmes indispensables
pour accoucher la démonstration de ses hypothèse et la conclusion de son
enquête.
Il y était presque.
Avant le passage de
l’avion avec ses tracts, le départ de
Lamentin d’un vaisseau de guerre, il avait interprété à moitié l’énigme
photographié pendant les funérailles.
Dans l’ordre
logique qu’il avait établi, il lui restait cette visite chez le pasteur pour
avoir sa version.
En passant il lui
aurait posé des questions pour savoir si au moins lui il était conscient que
ces fidèles sans trop savoir pourquoi, se déclaraient sionistes en faisant
route vers Sion leur beau pays.
Il était évident
que pour la grande majorité de ses ouailles le mot Sion représentait juste un
son. Et pour eux ce n’est pas le mot clé
de la chanson. D’ailleurs pourquoi s’emmerderaient-ils à se poser la question
sur un mot quand dans la chanson il est question que chaque soldat devra
recevoir la gloire après la souffrance ?
Combien de fois
dans ses sermons, le pasteur ne leur avait-il pas dit qu’ils étaient des
soldats de Christ ?
Ils avaient fini par s’assimiler à de vrais
soldats de Dieu. Et dans la chanson, ils étaient contents de savoir que comme
soldats, ils recevraient la gloire.
Toute gloire est
toujours bonne à prendre.
Même l’imméritée,
l’usurpée ou la divine. Surtout pour des humains qui se retrouvent un bon matin
les mains vides, liées derrière le dos obligés à prendre un train en marche. Le
train ou ne survivent que les braves.
Ce train-monde ou
l’humain ressemble plutôt à un élément de décor que le porteur et forgeur de
vies. L’être humain avec ses grimaces et ses gémissements, avec ses fausses
joies et ses rires sur commandes semble animer une parodie pour se moquer
d’eux-mêmes.
Il lui restait
aussi à élucider l’énigme des noms des filles divulgués lors du poignant
témoignage d’un des jeunes hommes. Elbaid et Refne.
Sa planification
était presque toute établie avant ce matin.
Aujourd’hui il doit
tout reprendre à zéro. Depuis son café, son seau d’eau puis sa douche.
Mais les tirs
continuaient encore et encore. Les forces gouvernementales ne répliquaient
toujours pas. Les échos s’écoutaient toujours et semblaient sortir d’un même
unité spatiale.
La vie revenait
petit à petit dans la cour et dans les rues avoisinantes. Des voitures
circulaient. En nombre beaucoup plus restreint que d’habitude. Mais les
véhicules transportaient des gens qui se sentaient obliger d’aller au travail.
En fait, le
gouvernement avait adopté comme méthode de réplique, l’indifférence. Il voulait
prouver à l’ensemble de l’opposition, mutins compris, que la population était
confiante et serein.
Les employés de
l’administration publique avaient reçu l’ordre formel et presque menaçant de se
démerder comme ils pouvaient pour arriver à leur travail tôt le matin comme
tous les jours.
Beaucoup ont fait
la route à pied.
Gaspard aima ce
qu’il pressentait.
Les bruits des tirs
finirent comme une banalité à intégrer l’environnement sonore de la ville. Ainsi entre les avertisseurs sonores, le
ronronnement des moteurs, les disputes de ménages, les vendeurs de tout, les
tirs de cannons faisaient sursauter les passant sans s’inquiéter.
Les enfants les
plus jeunes applaudissaient dans un vacarme épouvantable chaque détonation....
vendredi 3 janvier 2014
HAITI IN ENGLISH SPEAKING MEDIAS
Travel and Adventure: Should you visit Haiti?
When I told family and friends I was going to Haiti, the response was universal: "Why?" My answer: "Because I've never been there." And when I got there, I found that Haiti held so many surprises that can often happen when visiting a destination that is not overexposed.
In the late 1700s Haiti was the glory of the French colonies and one of the richest colonies in the world. The economy relied on slave trade and labor, which led to a successful slave revolt.
In 1804 Haiti became the first black independent nation. Over the years, poor leadership and other issues have caused economic troubles from which Haiti has never fully recovered. Still, I was impressed by the variety of things to see and the people who were very welcoming and proud to be Haitian.
Lire la suite:
http://www.wickedlocal.com/arlington/news/lifestyle/x1467743222/Travel-and-Adventure-Should-you-visit-Haiti
--------------------------------------------
Shakespeare's Antony & Cleopatra set in Haiti
MIAMI, USA (sentinel.ht) - A Haitian version of Shakespeare's famed tragedy of Antony & Cleopatra, set in Haiti on the eve of the revolution will have its opening night at the Colony Theatre in Miami Beach this month through a joint effort of GableStage, New York's Public Theatre and London's Royal Shakespeare Company.
The show will play from January 10 to February 9 with tickets starting at $65 and expected to sell strong. The stripped-down version was written by award-winning playwright and actor, Tarell Alvin McCraney.
The story line follows the relationship between Cleopatra and Mark Antony from the time of the Haitian revolution to Cleopatra's suicide during the final battle. The major antagonist is Octavius Caesar, one of Antony's fellow triumviri and the future first emperor of Rome in the original version.
Many consider the role of Cleopatra in this play one of the most complex female roles in Shakespeare's work. She is frequently vain and histrionic, provoking an audience almost to scorn; at the same time, Shakespeare's efforts invest both her and Antony with tragic grandeur. These contradictory features have led to famously divided critical responses.
January 10 to February 9 at the Colony Theater. Tickets cost $65. Visit gablestage.org.
Read more: http://www.sentinel.ht/entertainment/articles/performing/5325-shakespeare-antony-cleopatra-set-in-haiti#ixzz2pKzAQyR2
-----------------------------------------
Ja, Like Haiti, Can Make Tablets
Richard Browne, Business Reporter
If Jamaica looks to Haiti, it, too, could produce high-tech tablet computers for the local and export markets, according to Brian Pengelley, president of the Jamaica Manufacturers' Association (JMA).
He was responding to a report by the Associated Press last weekend that two rival companies in Haiti had started to produce tablets for the local and export market in that country.
Jamaica's nearest neighbour to the east is still recovering from its devastating earthquake of 2010, but it is now seeing its small manufacturing sector move up the value chain from simple products such as T-shirts to one of the world's most technologically advanced consumer products.
Jamaica can "very easily" follow Haiti's lead, Pengelley said. "We certainly have the skills and the capabilities here."…
http://jamaica-gleaner.com/gleaner/20140103/business/business6.html
--------------------------------------------
GIRL'S ESCAPE
PORT-AU-PRINCE, Haiti — She was a 13-year-old girl who said she was beaten daily by strangers who forced her to work unpaid in their home, and she wanted to escape.
Marilaine was one of 200,000 or more Haitian children called restaveks, typically serving as unpaid maids in strangers’ homes, working for room and board. It is a vast system of child trafficking that is often characterized as a modern form of slavery. I followed Marilaine for a week in Haiti as she tried to flee, find her parents and start life over — and this is her story.
Marilaine grew up in a remote village where no family planning or public schooling is available, one of 12 children to impoverished parents who later separated. As Marilaine tells the story, one day when she was 10 years old, she walked to her father’s house to ask him to help pay her school fees. Instead, he dispatched her here to the capital to work as a restavek, a Creole term used to describe child laborers, without even telling her mother.
http://www.nytimes.com/2014/01/02/opinion/kristof-a-girls-escape.html?_r=0
-------------------------------------------
Written by The Sweet Science
Stiverne Wants To Be 1st Haitian-Born Heavyweight Champ
OTTAWA, Canada (January 2, 2014) - On his mission to become the first Haitian-born heavyweight champion of the world, World Boxing Council (WBC) Silver champion Bermane "B. Ware" Stiverne (23-1, 20 KOs) still doesn't know exactly when and where he will be fighting for the vacant WBC heavyweight world title.
After patiently waiting 2 ½ years as the mandatory challenger, though, the 34-year-old Stiverne understands that he will be in his first world title fight sometime during the first-quarter of 2014 - date, place and network to be determined - in a rematch with Chris "The Nightmare" Arreola (36-3, 31 KOs).
Once Vitali Klitschko finally announced his retirement, the WBC mandated a title fight between its top two rated heavyweights, No. 1 Stiverne and No. 2 Arreola, ordering their respective promoters, Don King Productions and Goossen-Tutor Promotions, to begin negotiations. Stiverne-Arreola will go to a WBC purse bid in Mexico if an agreement is not reached by the January 17.
http://www.thesweetscience.com/news/articles/17808-stiverne-wants-to-be-1st-haitian-born-heavyweight-champ
When I told family and friends I was going to Haiti, the response was universal: "Why?" My answer: "Because I've never been there." And when I got there, I found that Haiti held so many surprises that can often happen when visiting a destination that is not overexposed.
In the late 1700s Haiti was the glory of the French colonies and one of the richest colonies in the world. The economy relied on slave trade and labor, which led to a successful slave revolt.
In 1804 Haiti became the first black independent nation. Over the years, poor leadership and other issues have caused economic troubles from which Haiti has never fully recovered. Still, I was impressed by the variety of things to see and the people who were very welcoming and proud to be Haitian.
Lire la suite:
http://www.wickedlocal.com/arlington/news/lifestyle/x1467743222/Travel-and-Adventure-Should-you-visit-Haiti
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Shakespeare's Antony & Cleopatra set in Haiti
MIAMI, USA (sentinel.ht) - A Haitian version of Shakespeare's famed tragedy of Antony & Cleopatra, set in Haiti on the eve of the revolution will have its opening night at the Colony Theatre in Miami Beach this month through a joint effort of GableStage, New York's Public Theatre and London's Royal Shakespeare Company.
The show will play from January 10 to February 9 with tickets starting at $65 and expected to sell strong. The stripped-down version was written by award-winning playwright and actor, Tarell Alvin McCraney.
The story line follows the relationship between Cleopatra and Mark Antony from the time of the Haitian revolution to Cleopatra's suicide during the final battle. The major antagonist is Octavius Caesar, one of Antony's fellow triumviri and the future first emperor of Rome in the original version.
Many consider the role of Cleopatra in this play one of the most complex female roles in Shakespeare's work. She is frequently vain and histrionic, provoking an audience almost to scorn; at the same time, Shakespeare's efforts invest both her and Antony with tragic grandeur. These contradictory features have led to famously divided critical responses.
January 10 to February 9 at the Colony Theater. Tickets cost $65. Visit gablestage.org.
Read more: http://www.sentinel.ht/entertainment/articles/performing/5325-shakespeare-antony-cleopatra-set-in-haiti#ixzz2pKzAQyR2
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Ja, Like Haiti, Can Make Tablets
Richard Browne, Business Reporter
If Jamaica looks to Haiti, it, too, could produce high-tech tablet computers for the local and export markets, according to Brian Pengelley, president of the Jamaica Manufacturers' Association (JMA).
He was responding to a report by the Associated Press last weekend that two rival companies in Haiti had started to produce tablets for the local and export market in that country.
Jamaica's nearest neighbour to the east is still recovering from its devastating earthquake of 2010, but it is now seeing its small manufacturing sector move up the value chain from simple products such as T-shirts to one of the world's most technologically advanced consumer products.
Jamaica can "very easily" follow Haiti's lead, Pengelley said. "We certainly have the skills and the capabilities here."…
http://jamaica-gleaner.com/gleaner/20140103/business/business6.html
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GIRL'S ESCAPE
PORT-AU-PRINCE, Haiti — She was a 13-year-old girl who said she was beaten daily by strangers who forced her to work unpaid in their home, and she wanted to escape.
Marilaine was one of 200,000 or more Haitian children called restaveks, typically serving as unpaid maids in strangers’ homes, working for room and board. It is a vast system of child trafficking that is often characterized as a modern form of slavery. I followed Marilaine for a week in Haiti as she tried to flee, find her parents and start life over — and this is her story.
Marilaine grew up in a remote village where no family planning or public schooling is available, one of 12 children to impoverished parents who later separated. As Marilaine tells the story, one day when she was 10 years old, she walked to her father’s house to ask him to help pay her school fees. Instead, he dispatched her here to the capital to work as a restavek, a Creole term used to describe child laborers, without even telling her mother.
http://www.nytimes.com/2014/01/02/opinion/kristof-a-girls-escape.html?_r=0
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Written by The Sweet Science
Stiverne Wants To Be 1st Haitian-Born Heavyweight Champ
OTTAWA, Canada (January 2, 2014) - On his mission to become the first Haitian-born heavyweight champion of the world, World Boxing Council (WBC) Silver champion Bermane "B. Ware" Stiverne (23-1, 20 KOs) still doesn't know exactly when and where he will be fighting for the vacant WBC heavyweight world title.
After patiently waiting 2 ½ years as the mandatory challenger, though, the 34-year-old Stiverne understands that he will be in his first world title fight sometime during the first-quarter of 2014 - date, place and network to be determined - in a rematch with Chris "The Nightmare" Arreola (36-3, 31 KOs).
Once Vitali Klitschko finally announced his retirement, the WBC mandated a title fight between its top two rated heavyweights, No. 1 Stiverne and No. 2 Arreola, ordering their respective promoters, Don King Productions and Goossen-Tutor Promotions, to begin negotiations. Stiverne-Arreola will go to a WBC purse bid in Mexico if an agreement is not reached by the January 17.
http://www.thesweetscience.com/news/articles/17808-stiverne-wants-to-be-1st-haitian-born-heavyweight-champ
mercredi 1 janvier 2014
BELLES DE NUIT ... CHAPITRE XXIX
Il ne pouvait plus se retenir.
Il fallait se vider la vessie. Le plus vite possible. Il s'était retenu la respiration. Il expulsait de l'air en soufflant par la bouche. Comme le font les femmes enceintes au moment d'accoucher.
Il bougeait avec de moins en moins d'entrain. Chaque minuscule mouvement semblait écarter, ouvrir et desserrer les sphincters vers l'évidence d'une miction soudaine et non contrôlée.
Il rentra dans l'immense immeuble en sautillant sur la pointe des pieds. Il poussa énergiquement les deux battants du grand portail qui ne lui opposa aucune résistance. Ses yeux s'écarquillèrent dans un geste de satisfaction entremêlé d'une lueur vive d'espoir.
L'immeuble abritait en fait une interminable succession de petites toilettes.
Tout en se dirigeant vers celui qui était droit devant lui, il constata qu'il était le seul à avoir envie de se débarrasser de son trop plein de déchets.
Ses pas décidés cognaient le parquet qui rechignait dans un bruit langoureux et tenace tandis que le grincement du va et vient sur les axes rouillés des battants de la porte d'entrée marquait la mesure de cette musique que Gaspard ne semblait plus écouter.
Chaque pas vers les toilettes le rapprochait vers la délivrance ultime.
A ce moment de sa vie, rien n'était plus important que de pouvoir pisser.
Il n'y arriverait jamais se disait-il, tant le besoin se faisait pressant.
Il avait carrément mal au bas ventre.
Les mouvements de contraction musculaire sur les sphincters avaient perdu toute leur efficacité.
Pourtant l'alignement des portes des cabines adossées contre le pan du mur de la grande salle était à portée de quelques pas.
Quatre, au grand maximum.
Il chercha et retrouva un dernier souffle pour ce bout de trajet.
Il poussa d'une main la porte et commença à défaire la fermeture éclair de sa braguette.
Le couvercle du sanitaire blanc nacré était rabaissé.
Peu importe.
Au besoin il pisserait sur ce couvercle. Il y avait urgence. Pour sortir le membre de son pantalon, il fallait se relâcher. Il le sentait à peine. Plus de considération ni sur sa taille, ni le tonus, ni les fonctions plaisantes qui lui sont généralement dévolues.
Là, il s’agissait d’un tuyau, d’un organe douloureux qui attendait le moment et l’endroit propices pour expulser en un seul jet la douleur et cette désagréable sensation qui ne pouvait cesser d’exister qu’après avoir pissé.
Il y parvint.
Il ferma les yeux pour déguster cet instant bienvenu et si plaisant de la vidange de sa vessie.
La sensation de soulagement lui parcourut immédiatement et assez vite le corps. Pourtant, il n'entendit pas le bruit du jet de liquide s'écraser dans l'eau du fond de la cuvette.
Il ouvrit les yeux pour constater la présence d'une sorte de magma nauséabond occupant plus de la moitié de la cuvette. Ce contenu bougeait sous l'impulsion de quelque chose qui semblait vouloir jaillir des entrailles de la terre.
Du fond de la cuvette sortait un ronronnement qui se transforma assez vite en grondements, en mugissements.
Il voudrait partir en courant mais il pissait encore. La cuvette s'emplit. Puis dans un bruit d'explosion, elle se vida en plaquant contre les murs de grosses boules de cheveux en pelotes, des crachats en jets, des matières fécales en cônes interminables.
Là, il fallait vraiment partir.
Quitter les lieux.
Il poussa dans l'autre sens la porte qui céda non sans peine avec un bruit d'explosion de boulet de canon.
Il porta les deux mains contre les oreilles en fuyant. Mais le bruit résonnait encore comme un écho.
Toutes les portes se mirent à s'ouvrir et à se fermer l’une après l’autre, observant toujours le même délai.
Il aurait pris du temps pour scruter et apprécier cette chorégraphie montée en valse ordonnée de centaines de portes. Mais le bruit devenait de plus en plus assourdissant. Les images inimaginables. Des sanitaires et des lavabos en pleine rébellion crachant dans un ras le bol effarant tout ce qui leur avait été déversé pendant des années.
Les pelotes de cheveux crépus explosaient dans tous les sens tandis qu’une bouillie immonde de merde, de pisse et d'eau se désintégrait en des myriades de minuscules bulles pour éclabousser les murs qui ne tardèrent point à perdre leur blancheur et leur aspect trop propre.
Toujours avec ce bruit: boom!
Le même bruit.
Ce boum qui domine l’ensemble de tous les autres bruits.
Arrivé à hauteur de la porte de sortie, Gaspard sentit des secousses atteignant les murs et le plancher qui céda sous ses pieds.
Il eut vite le temps, dans un élan naturel de survie, de saisir les marques de la porte de sortie. Le tremblement se fit de plus en plus violent. Mais rien ne cédait. Gaspard s'y arrima et s’y accrocha de toutes ses forces pour arrêter le mouvement qui allait finir par vaincre ce qui lui restait comme énergie.
Entre un boom et un autre boom, un coq chanta et délivra un strident cocorico. Puis un autre cocorico. Les chants résultèrent assez forts pour dissiper et couvrir les bruits des portes…
Le souffle haletant, Gaspard ouvrit les yeux et se retrouva accroché à la structure métallique de son lit.
- Ouf! Quel soulagement!
Il le comprit assez vite
- Ce ne fut qu'un rêve.
Gaspard se réveilla donc ce matin-là pas comme d'habitude. Il se retrouva en décubitus dorsal strict le regard embrumé, rivé vers la toiture en tôle de sa chambre. L'esprit comme sortant d'une nuit d'ivresse provoquée par l'ingestion d'alcool de mauvaise qualité, il avait beaucoup de mal à se ressaisir.
Pendant un bref instant il était comme perdu. Il ne pouvait pas discerner s'il était encore dans un rêve ou si l'environnement qu'il appréhendait était bien sa portion réelle d'univers.
La peur de ce déferlement de déchets, la crainte de la honte de se pisser dessus, l'épouvante de ces portes s'ouvrant et se refermant dans un bruit assourdissant avaient fait le voyage avec lui.
Il crut entendre ce "boom" répétitif de ces pelotes de cheveux raides qui explosaient en des millions de brins noirâtres pour se plaquer contre le mur.
Oui.
Le bruit l'avait accompagné dans sa petite chambre, dans sa cour. Le temps qui s'écoulait entre deux bruits s'était considérablement allongé.
Gaspard décida de se lever pour s'assurer de l'existence de ce bruit inhabituel dans le vacarme de la vie quotidienne de sa ville, de son quartier et de sa cour.
Ceux sont bien des détonations d'armes de gros calibre. Il essaya sans y parvenir, de localiser la cible ou la position du canonnier.
Il aurait pu être question d'un exercice de tir. Généralement les gens sont informés pour éviter la panique.
- Oh merde alors!
S'exclama-t-il, en se prenant la tête des deux mains.
- Oh putain de con! Les mutins passent à l'exécution de leurs menaces contre le palais national, une fois expiré l'ultimatum…
Comment fallait-il imaginer la suite ?
Voilà la grande question à laquelle il fallait répondre.
Après quelques minutes, nécessaire pour récupérer l’intégralité de son esprit et réfléchir correctement, il fit un constat évident. La ville avait elle aussi rêvé. De bruits inhabituels et de merde.
La ville se réveilla difficilement dans l'attente. Dans l'expectative. Aucune consigne nationale ou officielle n'avait été donnée.
En quelque sorte, la ville avait prolongé sa nuit, son sommeil dans une matinée qui s'annonçait à la fois grasse et lourde.
Comme signe de réveil, seuls les coqs s'étaient descendus de leurs perchoirs et se mirent à picorer au rythme des cocoricos.
Le pilonnage du palais présidentiel ou d'autres bâtiments officiels continuait à en juger par les bruits des tirs de mortiers ou de canon.
L'environnement matinal et sonore de Gaspard subit de profondes modifications surtout en matière de sonorités.
A cette heure-ci généralement la valse de prestataires de services divers anime déjà l'ambiance de sa cour.
Des acheteurs d'électro-domestiques en panne et jugés irréparables passaient les premiers. Puis, des acheteurs de toute sorte d’objets, du sommier au fer à repasser, sans oublier des morceaux de postes de télévision ou de ventilateurs, des aiguiseurs de couteaux, des vendeurs de fruits de saison et de légumes, des vendeurs de papiers hygiéniques s'entrecroisent souvent dans l'indifférence absolue des habitants de la cour qui considéraient ses services inutiles et non prioritaires.
Pourtant si le défilé s'est maintenu pendant des vies c'est que ces activités malgré leurs caractères peu utiles en apparence, rendent service et permettent à des gens de survivre et de subvenir aux besoins de leurs familles.
Pourtant, cette nouvelle révolution avec sa dose d'inconnu et sa portion de doute avait inculqué une prudence raisonnée qui poussait les gens à une attitude attentiste vis à vis des événements qui pouvaient basculer dans un sens ou dans l'autre.
Ce matin-là, le cordonnier avait lui aussi fait usage de la prudence. Gaspard ne saurait dire s'il avait oui ou non fait sa prière du matin. Il n'avait pas été bercé par cette chanson qui parle de Sion.
Les tirs continuèrent tandis que les minutes des premières heures du matin s'égrenaient peu à peu.
Il voudrait être mieux informé. Un état précis de la situation lui aurait permis de prévoir et organiser sa journée.
Il ne voulait pas le faire. Mais il n'avait pas le choix. Il sortit un petit poste de radio à transistor et parcourut le cadran en quête d'information. Qu'elles eussent été crédibles ou pas, en ce moment importait peu.
Ce qui l'intéressait c'était surtout la tendance du mouvement dictée par le comportement de la population.
L'opposition agissait de façon plutôt clandestine. La force politique ayant sympathisé avec le courant opposé, se trouvait surtout à l'extérieur, dans des pseudos mouvements entretenus pas les exilés dont le nombre n'arrêtait pas de grossir.
Et très justement, l’effet le plus direct de cette nouvelle tentative de se défaire du régime en place sera le départ en nombre non négligeable d’opposants en sourdine ou de citoyens que la sentence populaire aura étiqueté comme tels.
Pour cette raison, il y avait de fortes chances que l'action des mutins n'eût été suivie d'aucun support dans le pays.
Depuis quelques années l’issue de ces mouvements était souvent déterminée par la volonté des nations puissantes qui jouent le rôle d’arbitres pour mieux protéger leurs propres intérêts.
Auteur: Jonas JOLIVERT
Il fallait se vider la vessie. Le plus vite possible. Il s'était retenu la respiration. Il expulsait de l'air en soufflant par la bouche. Comme le font les femmes enceintes au moment d'accoucher.
Il bougeait avec de moins en moins d'entrain. Chaque minuscule mouvement semblait écarter, ouvrir et desserrer les sphincters vers l'évidence d'une miction soudaine et non contrôlée.
Il rentra dans l'immense immeuble en sautillant sur la pointe des pieds. Il poussa énergiquement les deux battants du grand portail qui ne lui opposa aucune résistance. Ses yeux s'écarquillèrent dans un geste de satisfaction entremêlé d'une lueur vive d'espoir.
L'immeuble abritait en fait une interminable succession de petites toilettes.
Tout en se dirigeant vers celui qui était droit devant lui, il constata qu'il était le seul à avoir envie de se débarrasser de son trop plein de déchets.
Ses pas décidés cognaient le parquet qui rechignait dans un bruit langoureux et tenace tandis que le grincement du va et vient sur les axes rouillés des battants de la porte d'entrée marquait la mesure de cette musique que Gaspard ne semblait plus écouter.
Chaque pas vers les toilettes le rapprochait vers la délivrance ultime.
A ce moment de sa vie, rien n'était plus important que de pouvoir pisser.
Il n'y arriverait jamais se disait-il, tant le besoin se faisait pressant.
Il avait carrément mal au bas ventre.
Les mouvements de contraction musculaire sur les sphincters avaient perdu toute leur efficacité.
Pourtant l'alignement des portes des cabines adossées contre le pan du mur de la grande salle était à portée de quelques pas.
Quatre, au grand maximum.
Il chercha et retrouva un dernier souffle pour ce bout de trajet.
Il poussa d'une main la porte et commença à défaire la fermeture éclair de sa braguette.
Le couvercle du sanitaire blanc nacré était rabaissé.
Peu importe.
Au besoin il pisserait sur ce couvercle. Il y avait urgence. Pour sortir le membre de son pantalon, il fallait se relâcher. Il le sentait à peine. Plus de considération ni sur sa taille, ni le tonus, ni les fonctions plaisantes qui lui sont généralement dévolues.
Là, il s’agissait d’un tuyau, d’un organe douloureux qui attendait le moment et l’endroit propices pour expulser en un seul jet la douleur et cette désagréable sensation qui ne pouvait cesser d’exister qu’après avoir pissé.
Il y parvint.
Il ferma les yeux pour déguster cet instant bienvenu et si plaisant de la vidange de sa vessie.
La sensation de soulagement lui parcourut immédiatement et assez vite le corps. Pourtant, il n'entendit pas le bruit du jet de liquide s'écraser dans l'eau du fond de la cuvette.
Il ouvrit les yeux pour constater la présence d'une sorte de magma nauséabond occupant plus de la moitié de la cuvette. Ce contenu bougeait sous l'impulsion de quelque chose qui semblait vouloir jaillir des entrailles de la terre.
Du fond de la cuvette sortait un ronronnement qui se transforma assez vite en grondements, en mugissements.
Il voudrait partir en courant mais il pissait encore. La cuvette s'emplit. Puis dans un bruit d'explosion, elle se vida en plaquant contre les murs de grosses boules de cheveux en pelotes, des crachats en jets, des matières fécales en cônes interminables.
Là, il fallait vraiment partir.
Quitter les lieux.
Il poussa dans l'autre sens la porte qui céda non sans peine avec un bruit d'explosion de boulet de canon.
Il porta les deux mains contre les oreilles en fuyant. Mais le bruit résonnait encore comme un écho.
Toutes les portes se mirent à s'ouvrir et à se fermer l’une après l’autre, observant toujours le même délai.
Il aurait pris du temps pour scruter et apprécier cette chorégraphie montée en valse ordonnée de centaines de portes. Mais le bruit devenait de plus en plus assourdissant. Les images inimaginables. Des sanitaires et des lavabos en pleine rébellion crachant dans un ras le bol effarant tout ce qui leur avait été déversé pendant des années.
Les pelotes de cheveux crépus explosaient dans tous les sens tandis qu’une bouillie immonde de merde, de pisse et d'eau se désintégrait en des myriades de minuscules bulles pour éclabousser les murs qui ne tardèrent point à perdre leur blancheur et leur aspect trop propre.
Toujours avec ce bruit: boom!
Le même bruit.
Ce boum qui domine l’ensemble de tous les autres bruits.
Arrivé à hauteur de la porte de sortie, Gaspard sentit des secousses atteignant les murs et le plancher qui céda sous ses pieds.
Il eut vite le temps, dans un élan naturel de survie, de saisir les marques de la porte de sortie. Le tremblement se fit de plus en plus violent. Mais rien ne cédait. Gaspard s'y arrima et s’y accrocha de toutes ses forces pour arrêter le mouvement qui allait finir par vaincre ce qui lui restait comme énergie.
Entre un boom et un autre boom, un coq chanta et délivra un strident cocorico. Puis un autre cocorico. Les chants résultèrent assez forts pour dissiper et couvrir les bruits des portes…
Le souffle haletant, Gaspard ouvrit les yeux et se retrouva accroché à la structure métallique de son lit.
- Ouf! Quel soulagement!
Il le comprit assez vite
- Ce ne fut qu'un rêve.
Gaspard se réveilla donc ce matin-là pas comme d'habitude. Il se retrouva en décubitus dorsal strict le regard embrumé, rivé vers la toiture en tôle de sa chambre. L'esprit comme sortant d'une nuit d'ivresse provoquée par l'ingestion d'alcool de mauvaise qualité, il avait beaucoup de mal à se ressaisir.
Pendant un bref instant il était comme perdu. Il ne pouvait pas discerner s'il était encore dans un rêve ou si l'environnement qu'il appréhendait était bien sa portion réelle d'univers.
La peur de ce déferlement de déchets, la crainte de la honte de se pisser dessus, l'épouvante de ces portes s'ouvrant et se refermant dans un bruit assourdissant avaient fait le voyage avec lui.
Il crut entendre ce "boom" répétitif de ces pelotes de cheveux raides qui explosaient en des millions de brins noirâtres pour se plaquer contre le mur.
Oui.
Le bruit l'avait accompagné dans sa petite chambre, dans sa cour. Le temps qui s'écoulait entre deux bruits s'était considérablement allongé.
Gaspard décida de se lever pour s'assurer de l'existence de ce bruit inhabituel dans le vacarme de la vie quotidienne de sa ville, de son quartier et de sa cour.
Ceux sont bien des détonations d'armes de gros calibre. Il essaya sans y parvenir, de localiser la cible ou la position du canonnier.
Il aurait pu être question d'un exercice de tir. Généralement les gens sont informés pour éviter la panique.
- Oh merde alors!
S'exclama-t-il, en se prenant la tête des deux mains.
- Oh putain de con! Les mutins passent à l'exécution de leurs menaces contre le palais national, une fois expiré l'ultimatum…
Comment fallait-il imaginer la suite ?
Voilà la grande question à laquelle il fallait répondre.
Après quelques minutes, nécessaire pour récupérer l’intégralité de son esprit et réfléchir correctement, il fit un constat évident. La ville avait elle aussi rêvé. De bruits inhabituels et de merde.
La ville se réveilla difficilement dans l'attente. Dans l'expectative. Aucune consigne nationale ou officielle n'avait été donnée.
En quelque sorte, la ville avait prolongé sa nuit, son sommeil dans une matinée qui s'annonçait à la fois grasse et lourde.
Comme signe de réveil, seuls les coqs s'étaient descendus de leurs perchoirs et se mirent à picorer au rythme des cocoricos.
Le pilonnage du palais présidentiel ou d'autres bâtiments officiels continuait à en juger par les bruits des tirs de mortiers ou de canon.
L'environnement matinal et sonore de Gaspard subit de profondes modifications surtout en matière de sonorités.
A cette heure-ci généralement la valse de prestataires de services divers anime déjà l'ambiance de sa cour.
Des acheteurs d'électro-domestiques en panne et jugés irréparables passaient les premiers. Puis, des acheteurs de toute sorte d’objets, du sommier au fer à repasser, sans oublier des morceaux de postes de télévision ou de ventilateurs, des aiguiseurs de couteaux, des vendeurs de fruits de saison et de légumes, des vendeurs de papiers hygiéniques s'entrecroisent souvent dans l'indifférence absolue des habitants de la cour qui considéraient ses services inutiles et non prioritaires.
Pourtant si le défilé s'est maintenu pendant des vies c'est que ces activités malgré leurs caractères peu utiles en apparence, rendent service et permettent à des gens de survivre et de subvenir aux besoins de leurs familles.
Pourtant, cette nouvelle révolution avec sa dose d'inconnu et sa portion de doute avait inculqué une prudence raisonnée qui poussait les gens à une attitude attentiste vis à vis des événements qui pouvaient basculer dans un sens ou dans l'autre.
Ce matin-là, le cordonnier avait lui aussi fait usage de la prudence. Gaspard ne saurait dire s'il avait oui ou non fait sa prière du matin. Il n'avait pas été bercé par cette chanson qui parle de Sion.
Les tirs continuèrent tandis que les minutes des premières heures du matin s'égrenaient peu à peu.
Il voudrait être mieux informé. Un état précis de la situation lui aurait permis de prévoir et organiser sa journée.
Il ne voulait pas le faire. Mais il n'avait pas le choix. Il sortit un petit poste de radio à transistor et parcourut le cadran en quête d'information. Qu'elles eussent été crédibles ou pas, en ce moment importait peu.
Ce qui l'intéressait c'était surtout la tendance du mouvement dictée par le comportement de la population.
L'opposition agissait de façon plutôt clandestine. La force politique ayant sympathisé avec le courant opposé, se trouvait surtout à l'extérieur, dans des pseudos mouvements entretenus pas les exilés dont le nombre n'arrêtait pas de grossir.
Et très justement, l’effet le plus direct de cette nouvelle tentative de se défaire du régime en place sera le départ en nombre non négligeable d’opposants en sourdine ou de citoyens que la sentence populaire aura étiqueté comme tels.
Pour cette raison, il y avait de fortes chances que l'action des mutins n'eût été suivie d'aucun support dans le pays.
Depuis quelques années l’issue de ces mouvements était souvent déterminée par la volonté des nations puissantes qui jouent le rôle d’arbitres pour mieux protéger leurs propres intérêts.
Auteur: Jonas JOLIVERT
jeudi 12 décembre 2013
Haïti-Cinéma/Séisme : E-diffusion d’un film sur la vie d’un immigrant haïtien
P-au-P, 11 déc. 2013 [AlterPresse] --- A partir de ce jeudi 12 décembre 2013, « J-12 », un film inspiré du tremblement de terre du 12 janvier 2010 en Haïti, est en diffusion gratuitement sur la plateforme vidéo web, vimeo.com [lien : http://www.vimeo.com/amisentertainment]. Diffusé à exactement un mois du 4e anniversaire du séisme de 2010, le film, d’une durée de 20 minutes, raconte l’existence de Vladimir, qui, après avoir été forcé d’abandonner l’école, est encouragé à se rendre à New York jusqu’à ce qu’il puisse se réinscrire par sa mère vivant en Haïti.
Dans la matinée du 12 janvier 2010, il est réveillé par un appel téléphonique de la part de sa mère. Et, dans l’après-midi, la nouvelle du séisme en Haïti est sur tous les écrans, rapporte le synopsis du film.
Principalement en Anglais, avec des sous-titres en Français, le film a été choisi dans plusieurs festivals de films à travers le monde.
La vidéo fait partie de l’émission télévisée "African American Short Films" pour une diffusion étasunienne sur des chaînes, comme NBC et KLMN.
Produit et réalisé́ par Perri Pierre, le film met en vedette l’acteur d’origine haïtienne, Perri Pierre, et Catherine Pena.
Viméo est un site web communautaire, sur lequel peuvent être partagées et visionnées des vidéos faites par les utilisatrices et utilisateurs.
Ce site web a été lancé, en novembre 2004, par des cinéastes, vidéastes et concepteurs de vidéos avides de partager leur travail.
Très connu dans le secteur e-vidéo et nominé plusieurs fois, Viméo compte des milliers d’utilisatrices et d’utilisateurs, ainsi que de vidéos postées chaque jour.
Le séisme dévastateur, qui a frappé Haïti, le 12 janvier 2010, se trouve au cœur de plusieurs réalisations musicales, littéraires et cinématographiques. [mm kft rc apr 11/12/2013 12:30]
Dans la matinée du 12 janvier 2010, il est réveillé par un appel téléphonique de la part de sa mère. Et, dans l’après-midi, la nouvelle du séisme en Haïti est sur tous les écrans, rapporte le synopsis du film.
Principalement en Anglais, avec des sous-titres en Français, le film a été choisi dans plusieurs festivals de films à travers le monde.
La vidéo fait partie de l’émission télévisée "African American Short Films" pour une diffusion étasunienne sur des chaînes, comme NBC et KLMN.
Produit et réalisé́ par Perri Pierre, le film met en vedette l’acteur d’origine haïtienne, Perri Pierre, et Catherine Pena.
Viméo est un site web communautaire, sur lequel peuvent être partagées et visionnées des vidéos faites par les utilisatrices et utilisateurs.
Ce site web a été lancé, en novembre 2004, par des cinéastes, vidéastes et concepteurs de vidéos avides de partager leur travail.
Très connu dans le secteur e-vidéo et nominé plusieurs fois, Viméo compte des milliers d’utilisatrices et d’utilisateurs, ainsi que de vidéos postées chaque jour.
Le séisme dévastateur, qui a frappé Haïti, le 12 janvier 2010, se trouve au cœur de plusieurs réalisations musicales, littéraires et cinématographiques. [mm kft rc apr 11/12/2013 12:30]
PORT-LOUIS.- Deux voiliers chargés de dons font route vers Haïti
Dans quelques jours, un voilier chargé de dons appareillera à l'Île à Vache, au sud d'Haïti, pour venir en aide aux enfants de l'orphelinat de soeur Flora. Une initiative d'une dizaine de Port-Louisiens qui ont créé l'antenne guadeloupéenne de l'association Voiles sans frontières Caraïbe.
Un groupe de Port-Louisiens a quitté la Guadeloupe aujourd'hui en voilier, pour appareiller à l'Île à Vache, au Sud d'Haïti. Il s'agit de la première mission humanitaire de l'antenne guadeloupéenne de l'association Voiles sans frontières Caraïbe (VSFC), présidée par Émilie Jonquart. En octobre, Brigitte Lincertin, vice-présidente de l'association, et Fabien Thomas avaient lancé une collecte de jouets pour offrir un Noël à l'orphelinat Saint-François, de l'Île à Vache. Un succès. Ainsi, The Bigor, le voilier de 34 pieds gréé en jonque de Fabien Thomas, est parti chargé de dons.
Un autre voilier qui l'accompagne est également rempli. « Les résultats sont là, il n'y a pas photo. La population guadeloupéenne dans son ensemble s'est montrée, une fois de plus, vraiment généreuse.
Grandes enseignes, professionnels de santé, écoles et particuliers nous ont permis de collecter un grand nombre de jouets, de fournitures scolaires, de médicaments, etc. » , a affirmé Brigitte Lincertin. Face à la montagne de cartons, sacs, cabas et autres contenants soigneusement triés et étiquetés, elle a le sourire. Les deux équipages devraient arriver à bon port après 4 à 5 jours de navigation.
UN TROISIÈME BATEAU PART DE SAINT-MARTIN
Si la première partie de la mission est un succès, reste à pérenniser ses actions. Les membres de VSFC ne perdent pas de vue l'objectif premier de l'association, qui est de rassembler un maximum de propriétaires de bateaux et de s'appuyer sur ce réseau pour mener des actions régulières. « Cette première fois va nous permettre de mieux cibler les besoins réels de l'orphelinat, explique Amélie Schmitter. La collecte de dons a si bien marché que nous avons même un stock d'avance pour un bateau qui voudrait partir. Et dans l'idéal, c'est cela qu'il faudrait : avoir toujours un convoi d'avance. Là, un troisième bateau part de Saint-Martin. Nous n'en sommes qu'à l'amorce du projet, mais c'est le début de quelque chose qui devrait grandir. » Gageons que la fête sera belle à l'arrivée des bateaux pour faire oublier l'espace d'un moment un quotidien difficile à ces enfants orphelins.
Suivez la traversée en temps réel sur Google earth en envoyant un mail à Blog de Voiles Sans Frontieres Caraibes - Antenne Guadeloupe
Orphelinat de soeur Flora :
L'ile aux enfants d'Haiti REPÈRES
But de l'antenne Leur but ? Participer à la mise en oeuvre d'actions dans des régions isolées, accessibles uniquement par voie maritime ou fluviale, en s'appuyant sur un réseau de propriétaires de voiliers. Orphelinat de soeur Flora
Fondé par soeur Flora en 1981, l'établissement accueille aujourd'hui 71 enfants, dont environ un tiers lourdement handicapé. Parmi les pensionnaires dépendants, il y en a même qui, devenus adultes, ne peuvent pas partir et restent à la charge de l'orphelinat. Située à 200 km au Sud-Est de Port au Prince, l'Île à Vache est loin des routes fréquentées et manque de tout.
http://www.guadeloupe.franceantilles.fr/actualite/societe/deux-voiliers-charges-de-dons-font-route-vers-haiti-246541.php
Un groupe de Port-Louisiens a quitté la Guadeloupe aujourd'hui en voilier, pour appareiller à l'Île à Vache, au Sud d'Haïti. Il s'agit de la première mission humanitaire de l'antenne guadeloupéenne de l'association Voiles sans frontières Caraïbe (VSFC), présidée par Émilie Jonquart. En octobre, Brigitte Lincertin, vice-présidente de l'association, et Fabien Thomas avaient lancé une collecte de jouets pour offrir un Noël à l'orphelinat Saint-François, de l'Île à Vache. Un succès. Ainsi, The Bigor, le voilier de 34 pieds gréé en jonque de Fabien Thomas, est parti chargé de dons.
Un autre voilier qui l'accompagne est également rempli. « Les résultats sont là, il n'y a pas photo. La population guadeloupéenne dans son ensemble s'est montrée, une fois de plus, vraiment généreuse.
Grandes enseignes, professionnels de santé, écoles et particuliers nous ont permis de collecter un grand nombre de jouets, de fournitures scolaires, de médicaments, etc. » , a affirmé Brigitte Lincertin. Face à la montagne de cartons, sacs, cabas et autres contenants soigneusement triés et étiquetés, elle a le sourire. Les deux équipages devraient arriver à bon port après 4 à 5 jours de navigation.
UN TROISIÈME BATEAU PART DE SAINT-MARTIN
Si la première partie de la mission est un succès, reste à pérenniser ses actions. Les membres de VSFC ne perdent pas de vue l'objectif premier de l'association, qui est de rassembler un maximum de propriétaires de bateaux et de s'appuyer sur ce réseau pour mener des actions régulières. « Cette première fois va nous permettre de mieux cibler les besoins réels de l'orphelinat, explique Amélie Schmitter. La collecte de dons a si bien marché que nous avons même un stock d'avance pour un bateau qui voudrait partir. Et dans l'idéal, c'est cela qu'il faudrait : avoir toujours un convoi d'avance. Là, un troisième bateau part de Saint-Martin. Nous n'en sommes qu'à l'amorce du projet, mais c'est le début de quelque chose qui devrait grandir. » Gageons que la fête sera belle à l'arrivée des bateaux pour faire oublier l'espace d'un moment un quotidien difficile à ces enfants orphelins.
Suivez la traversée en temps réel sur Google earth en envoyant un mail à Blog de Voiles Sans Frontieres Caraibes - Antenne Guadeloupe
Orphelinat de soeur Flora :
L'ile aux enfants d'Haiti REPÈRES
But de l'antenne Leur but ? Participer à la mise en oeuvre d'actions dans des régions isolées, accessibles uniquement par voie maritime ou fluviale, en s'appuyant sur un réseau de propriétaires de voiliers. Orphelinat de soeur Flora
Fondé par soeur Flora en 1981, l'établissement accueille aujourd'hui 71 enfants, dont environ un tiers lourdement handicapé. Parmi les pensionnaires dépendants, il y en a même qui, devenus adultes, ne peuvent pas partir et restent à la charge de l'orphelinat. Située à 200 km au Sud-Est de Port au Prince, l'Île à Vache est loin des routes fréquentées et manque de tout.
http://www.guadeloupe.franceantilles.fr/actualite/societe/deux-voiliers-charges-de-dons-font-route-vers-haiti-246541.php
lundi 9 décembre 2013
JetBlue Airways lance trois vols par jour vers Haïti
Publié le 9 décembre 2013 à 12h00 par François Duclos
La compagnie aérienne low cost JetBlue Airways a inauguré la semaine dernière deux nouvelles liaisons vers Port-au-Prince, sa 24e destination internationale, en provenance de New York et Fort Lauderdale.
Depuis le 5 décembre 2013, la spécialiste américaine du vol pas cher propose un vol quotidien entre sa base à l’aéroport de New York – JFK et la capitale haïtienne, opéré en Airbus A320 pouvant accueillir 42 passagers en classe Economie Plus et 108 en Economie.
Les vols décollent à 6h30 pour arriver à 10h25, et repartent d’Haïti à 11h20 pou ratterrir à 15h25.
JetBlue Airways est en concurrence avec American Airlines et Delta Air Lines sur cette route.
Autre ligne inaugurée le même jour, le Fort Lauderdale – Port-au-Prince est proposé deux fois par jour en Embraer 190 (16 sièges en classe Economie Plus, 84 en Economie), face cette fois à American Airlines et Spirit Airlines.
Les départs de Floride sont programmés à 6h45 et 9h45 (arrivées 8h45 et 11h55), et les retours de l’aéroport Toussaint Louverture à 13h30 et 16h25 (arrivées 15h30 et 18h35).
JetBlue Airways rappelle que les voyageurs haïtiens bénéficieront d’un grand choix de correspondances à JFK (vers Buffalo, Boston ou Chicago entre autres) comme à l’aéroport de Fort Lauderdale (par exemple vers Houston, Los Angeles ou San Francisco).
Et elle souligne que les destinations aux Caraïbes et en Amérique latine représentent désormais près d’un tiers de son réseau, dont Port-au-Prince est la 82eme destination.
La capitale haïtienne est entre autres desservie par Air France, Air Caraïbes, Copa Airlines, Air Canada, Air Transat ou Sunwing Airlines.
La low cost opère vers 82 destinations une flotte de 193 avions (130 A320, trois A321 et 60 E190), et elle en a commandé 143 supplémentaire dont trente A320neo et autant d’A321neo.
http://www.air-journal.fr/2013-12-09-jetblue-airways-lance-trois-vols-par-jour-vers-haiti-592207.html
La compagnie aérienne low cost JetBlue Airways a inauguré la semaine dernière deux nouvelles liaisons vers Port-au-Prince, sa 24e destination internationale, en provenance de New York et Fort Lauderdale.
Depuis le 5 décembre 2013, la spécialiste américaine du vol pas cher propose un vol quotidien entre sa base à l’aéroport de New York – JFK et la capitale haïtienne, opéré en Airbus A320 pouvant accueillir 42 passagers en classe Economie Plus et 108 en Economie.
Les vols décollent à 6h30 pour arriver à 10h25, et repartent d’Haïti à 11h20 pou ratterrir à 15h25.
JetBlue Airways est en concurrence avec American Airlines et Delta Air Lines sur cette route.
Autre ligne inaugurée le même jour, le Fort Lauderdale – Port-au-Prince est proposé deux fois par jour en Embraer 190 (16 sièges en classe Economie Plus, 84 en Economie), face cette fois à American Airlines et Spirit Airlines.
Les départs de Floride sont programmés à 6h45 et 9h45 (arrivées 8h45 et 11h55), et les retours de l’aéroport Toussaint Louverture à 13h30 et 16h25 (arrivées 15h30 et 18h35).
JetBlue Airways rappelle que les voyageurs haïtiens bénéficieront d’un grand choix de correspondances à JFK (vers Buffalo, Boston ou Chicago entre autres) comme à l’aéroport de Fort Lauderdale (par exemple vers Houston, Los Angeles ou San Francisco).
Et elle souligne que les destinations aux Caraïbes et en Amérique latine représentent désormais près d’un tiers de son réseau, dont Port-au-Prince est la 82eme destination.
La capitale haïtienne est entre autres desservie par Air France, Air Caraïbes, Copa Airlines, Air Canada, Air Transat ou Sunwing Airlines.
La low cost opère vers 82 destinations une flotte de 193 avions (130 A320, trois A321 et 60 E190), et elle en a commandé 143 supplémentaire dont trente A320neo et autant d’A321neo.
http://www.air-journal.fr/2013-12-09-jetblue-airways-lance-trois-vols-par-jour-vers-haiti-592207.html
lundi 18 novembre 2013
HOMMAGE AUX HEROS DE VERTIERES
Mon
Haïti et moi
Si tu
veux m’appeler
Appelle-moi
juste Haïti
Si tu
veux redire mon nom
Juste
prononce Haïti
Si tu
veux m’intéresser
Parle-moi
d’Haïti
Si tu
veux m’écouter
Prête
l’oreille quand je crie Haïti
Si tu
veux me montrer
Au-delà
du septième ciel
Et
l’extase et les délices
Du
sexe parfaitement exécuté
Sexe-moi
à l’haïtienne
Sur
une natte tendue
Entre
deux bananiers et trois palmiers
Intègre
dans ton menu
Tiboeuf,
pointes et gouillades créoles
Des
gémissements obscènes,
Peu
importe
Mais
surtout vernaculaires
Entrecoupés
de vrais Alcius créoles
Si tu
veux comprendre la fierté écarlate
Qui
comme l’éclair zèbre mes moues
Et
comme des gouttes de braises
Perle
mon front altier
Comme
de Jean Baptiste
La
sainte auréole
Qui
épie mes faits et gestes
Relis
ces écrits non inscrits
Dans
les pages des grands classiques
Relis
Haïti
Si tu
veux m’enivrer
Pour
tirer le meilleur de moi
Jusqu’à
l’abus plus ou moins consenti
Sers-moi
du tafia et du quatre campés
Saoule
moi avec du seller-brider
Du Barbancourt
plein d’étoiles et de glaçons
Haïti
ma guerre
Haïti
mon étendard
Haïti
ma bannière
Si tu
veux me régaler
Aujourd’hui,
demain et toujours
Si de
mon palais les papilles
Tu
rêves l’ébullition et le délire
Prépare-moi
du maïs moulu
Du
kalalou à l’afliba braisé
Du
riz au djondjon
Accompagné
de griot ou de tassot
Bananes
pesées, AK100 au sirop
Et
des doumbweys…
Haïti
ma guerre
Haïti
mon étendard
Haïti
ma bannière
Si tu
veux me parlez d’homme
Mentionne-moi
Toussaint Louverture
Jean-Jacques
Dessalines
Capois
La mort
Joseph
Anthénor Firmin
Jean
Price Mars et Fraketienne
Chante-moi
Haiti
Haïti
ma guerre
Haïti
mon étendard
Haïti
ma bannière
Comme
elle, appelle-moi chéri
Haïti-maculée,
Haïti-charge
Haïti
souillée, Haïti-Fardeau
Haïti
épuisée, Haïti défalquée
Haïti
devoir, Haïti essence
Haïti
sève, Haïti rempart
Haïti
désabusée
Mais
Haïti mon être
Haïti
mon sang
Haïti
entre hier et demain
Haïti
entre aurore et aube
Haïti
fière et altière
Haïti
aux commandes
Haïti
aux atouts reluisants
Haïti
ma guerre
Haïti
mon étendard
Haïti
ma bannière
vendredi 15 novembre 2013
LA REGENERATION DES SOLS ERODES D'HAITI EST POSSIBLE
DE VRAIS SIGNES D'ESPOIR!
Une des plus belles de mes découvertes de ces derniers temps: l'érosion des terres d’Haïti peut être réversible.
Oui. Je viens de l'apprendre!
Et cela m'a en quelque sorte revigoré. Ce n'est pas une découverte, me direz-vous. Je viens juste de combler une énorme lacune.
Cependant je ferai appel à votre condescendance pour me permettre encore de célébrer cette information.
L'érosion, la désertification sont des mots qui dans le cas d'Haïti, ont l'habitude de résonner dans ma tête comme une sentence, une condamnation, une malédiction, un mauvais sort.
Mes sensations se confortaient sur la base des conséquences désastreuses du déboisement sur l'environnement alors que la société haïtienne a toujours refusé et refuse encore aujourd'hui de prendre conscience de l'ampleur de la situation et de rentrer dans une logique de propositions concertées, de propositions visant à arrêter ce processus néfaste.
Aujourd'hui, constater que la désertification peut être réversible reste une étonnante bonne nouvelle. Qui mieux est, le processus est en cours en Haïti. J'aurais dû commencer par vous décrire les circonstances de ce constat.
Samedi dernier, 8 novembre 2013, nous avions été invités, par notre ami Michel Berthelot de l'association Colibris83, pour participer à une activité dans le cadre de la septième édition du film ALIMENTERRE, proposée par le CFSI en préparation à la semaine de la Solidarité Internationale.
Plusieurs partenaires se sont concertés pour la projection de films mettant en scène des problématiques faisant intervenir l'alimentation, la terre et le mouvement écologique...
Pour cette édition, plusieurs films-documentaires sont proposés et sont diffusés constituant l’essentiel de la filmographie prévue pour l’évènement :
- Le pain des tropiques
- Les déportés dû libre-échange,
- LoveMEATender,
- Cultures en transition,
- Taste the waste,
Par miles films disponibles traitant des sujets en accord avec ces problématiques, se trouve un documentaire filmé et réalisé en Haïti. Le titre " Le pain des tropiques" se réfère à la Cassave, cette galette cuite à partir de la farine de manioc.
La fabrication de la Cassave est mise en évidence au centre d'une réflexion concrète sur l'agriculture écologique qui dans certaines régions d'Haïti a rendu possible de vrais miracles.
Le film a bien entendu dépeint un pan de la réalité du pays avec cette paysannerie abandonnée, négligée et ignorée.
Un intervenant au eu le courage de dire que la nation haïtienne a été construite contre la paysannerie.
Les paysans haïtiens laissés pour contre à travers l’histoire sont devenus ce groupe qui pour survivre, s'est acharné, malgré lui, contre la terre comme un serpent qui mord et ronge sa propre queue.
Tandis que l'aide internationale, est montrée avec l'ampleur de son côté néfaste en se positionnant carrément contre la production nationale. Comme un exemple palpable, des sacs de riz estampillés USA apparaissent en nombre important sur les étalages des commerces et des marchés.
Pendant ce temps, les paysans observent et se comportent eux aussi comme agents nocifs, de la dégradation continue de l'environnement.
Il a fallu l'arrivée de ces groupements de réflexions, conscients de l'état déplorable et incompatible à la vie de l'environnement paysan, pour que se produisît ce mouvement qui semble fort heureusement embraser l'arrière pays.
Le film soulève beaucoup d'autres questions.
Mais ce que l'on devra retenir c'est qu'avec la philosophie et la démarche de l'agriculture écologique aujourd'hui il s'est poussé une conscience collective basée sur l'harmonie indispensable qui doit exister entre le paysan et la terre qui est une entité qui mérite des soins et une attention équivalente à celle prodiguée aux humains.
Ainsi, au fil des années, des terres complètement érodées finissent par reverdir et se réhabiliter pour nourrir les paysans et leur permettre de subvenir à leurs besoins.
Le mariage de raison entre l'homme et la terre est vu et vécu comme une réalité palpable et salutaire.
Cette entente idyllique est porteuse d'espoir pour les pays ou l'érosion constitue une vraie cause de misère et de pauvreté.
Les terres les plus fatiguées peuvent avoir une seconde vie, si on en prend conscience dans toutes les strates de la société.
Il y a là un vrai travail à faire et surtout à encourager et à poursuivre.
Le film montre aussi des images du charbon de bois.
Quelqu'un après la projection m'a demandé si le commerce du charbon de bois rentrait dans une gestion réfléchie de cette ressource.
Bien entendu j'ai répondu par la négative car même aujourd’hui aucun politicien haïtien n'ose dire aux gens d'arrêter de couper les arbres.
Dans plusieurs régions du pays, dans les endroits les plus oubliés, la coupe des arbres pour la fabrication du charbon de bois est le seul moyen de lutter contre la faim. Pour certains il établit la différence entre la vie et la faim. Pourtant il faudra encore plusieurs dizaines d'années de politique de reboisement
bien menée pour arriver à une reconstitution telle de la couverture végétale qui puisse autoriser coupe d'arbres dans une gestion réfléchie et rationnelle. Aujourd'hui pour tout haïtien, voir un sac de charbon circuler d'un point à l'autre devrait provoquer une réaction de rejet. On ne bouffe pas le fruit de ses entrailles quand la faim nous tenaille les tripes!
Je sais que c'est beaucoup plus facile à dire qu'à faire. Mais le message doit être fort et consistant. A la hauteur du danger qui pend sur Haïti et sa survie. D'autres éléments du film seront analysés ultérieurement
Dans cette remise, il fallait noter cette lueur de vrai espoir devenue clarté salutaire pour ce pays moribond devant son état de délabrement environnemental. Un spécialiste aurait expliqué très clairement la procédure et les méthodes mises en œuvre pour la régénération des sols.
Le peu que j'ai pu en retenir c'est l'importance de planter "quelque chose". Certaines espèces végétales sont moins exigeantes en terre fertiles et en apport d'eau. Le bambou est beaucoup mentionné.
Il est évident que dans une démarche visant à régénérer les sols moyennant le reboisement, une interdiction formelle de couper les arbres est tacitement inculquée dans la réflexion, élaboration et exécution du projet.
Pendant la projection du film, m'est revenue à la mémoire, une conversation que j'ai eue avec ma mère à propos d'une parcelle de terre que son père, mon grand père, lui avait léguée.
On était dans un camion du transport public pour aller dans le patelin de sa mère dans l'arrière pays de Léogane. A l'époque la route de l'amitié franco haïtienne, unissant Port-au-Prince à Jacmel n’existait pas.
Donc, pour aller chez ma grand mère, il fallait se rendre en voiture jusqu'à Carrefour Dufort, et à partir de là, continuer la route à pied pendant plus de quatre heures, « traverser 101 passes d’eau ».
A un moment du voyage, elle me montra une parcelle de terre qui avait des allures de lit de rivières desséchées depuis des siècles. Une localité appelée "Ka Dini". Je lui ai dit maman cette propriété ne peut se prêter qu'a la construction d'un cimetière.
Pour moi déjà, un environnement dans un état aussi délabré ne pouvait plus être source de vie.
Après avoir vu ce film, je crois que je vais me renseigner pour promouvoir la régénération des sols. Et qui sait, au lieu de cimetière, je pourrais y faire pousser des arbres fruitiers.
Et, tout compte fait, mieux que les propagandes incompréhensibles avec des résultats non visibles, la diffusion à l'échelle nationale du film documentaire "LE PAIN DES TROPIQUES" devrait servir de support pour lancer une campagne nationale de sensibilisation à la régénération des sols à partir de cette vision de l'agriculture écologique.
Une des plus belles de mes découvertes de ces derniers temps: l'érosion des terres d’Haïti peut être réversible.
Oui. Je viens de l'apprendre!
Et cela m'a en quelque sorte revigoré. Ce n'est pas une découverte, me direz-vous. Je viens juste de combler une énorme lacune.
Cependant je ferai appel à votre condescendance pour me permettre encore de célébrer cette information.
L'érosion, la désertification sont des mots qui dans le cas d'Haïti, ont l'habitude de résonner dans ma tête comme une sentence, une condamnation, une malédiction, un mauvais sort.
Mes sensations se confortaient sur la base des conséquences désastreuses du déboisement sur l'environnement alors que la société haïtienne a toujours refusé et refuse encore aujourd'hui de prendre conscience de l'ampleur de la situation et de rentrer dans une logique de propositions concertées, de propositions visant à arrêter ce processus néfaste.
Aujourd'hui, constater que la désertification peut être réversible reste une étonnante bonne nouvelle. Qui mieux est, le processus est en cours en Haïti. J'aurais dû commencer par vous décrire les circonstances de ce constat.
Samedi dernier, 8 novembre 2013, nous avions été invités, par notre ami Michel Berthelot de l'association Colibris83, pour participer à une activité dans le cadre de la septième édition du film ALIMENTERRE, proposée par le CFSI en préparation à la semaine de la Solidarité Internationale.
Plusieurs partenaires se sont concertés pour la projection de films mettant en scène des problématiques faisant intervenir l'alimentation, la terre et le mouvement écologique...
Pour cette édition, plusieurs films-documentaires sont proposés et sont diffusés constituant l’essentiel de la filmographie prévue pour l’évènement :
- Le pain des tropiques
- Les déportés dû libre-échange,
- LoveMEATender,
- Cultures en transition,
- Taste the waste,
Par miles films disponibles traitant des sujets en accord avec ces problématiques, se trouve un documentaire filmé et réalisé en Haïti. Le titre " Le pain des tropiques" se réfère à la Cassave, cette galette cuite à partir de la farine de manioc.
La fabrication de la Cassave est mise en évidence au centre d'une réflexion concrète sur l'agriculture écologique qui dans certaines régions d'Haïti a rendu possible de vrais miracles.
Le film a bien entendu dépeint un pan de la réalité du pays avec cette paysannerie abandonnée, négligée et ignorée.
Un intervenant au eu le courage de dire que la nation haïtienne a été construite contre la paysannerie.
Les paysans haïtiens laissés pour contre à travers l’histoire sont devenus ce groupe qui pour survivre, s'est acharné, malgré lui, contre la terre comme un serpent qui mord et ronge sa propre queue.
Tandis que l'aide internationale, est montrée avec l'ampleur de son côté néfaste en se positionnant carrément contre la production nationale. Comme un exemple palpable, des sacs de riz estampillés USA apparaissent en nombre important sur les étalages des commerces et des marchés.
Pendant ce temps, les paysans observent et se comportent eux aussi comme agents nocifs, de la dégradation continue de l'environnement.
Il a fallu l'arrivée de ces groupements de réflexions, conscients de l'état déplorable et incompatible à la vie de l'environnement paysan, pour que se produisît ce mouvement qui semble fort heureusement embraser l'arrière pays.
Le film soulève beaucoup d'autres questions.
Mais ce que l'on devra retenir c'est qu'avec la philosophie et la démarche de l'agriculture écologique aujourd'hui il s'est poussé une conscience collective basée sur l'harmonie indispensable qui doit exister entre le paysan et la terre qui est une entité qui mérite des soins et une attention équivalente à celle prodiguée aux humains.
Ainsi, au fil des années, des terres complètement érodées finissent par reverdir et se réhabiliter pour nourrir les paysans et leur permettre de subvenir à leurs besoins.
Le mariage de raison entre l'homme et la terre est vu et vécu comme une réalité palpable et salutaire.
Cette entente idyllique est porteuse d'espoir pour les pays ou l'érosion constitue une vraie cause de misère et de pauvreté.
Les terres les plus fatiguées peuvent avoir une seconde vie, si on en prend conscience dans toutes les strates de la société.
Il y a là un vrai travail à faire et surtout à encourager et à poursuivre.
Le film montre aussi des images du charbon de bois.
Quelqu'un après la projection m'a demandé si le commerce du charbon de bois rentrait dans une gestion réfléchie de cette ressource.
Bien entendu j'ai répondu par la négative car même aujourd’hui aucun politicien haïtien n'ose dire aux gens d'arrêter de couper les arbres.
Dans plusieurs régions du pays, dans les endroits les plus oubliés, la coupe des arbres pour la fabrication du charbon de bois est le seul moyen de lutter contre la faim. Pour certains il établit la différence entre la vie et la faim. Pourtant il faudra encore plusieurs dizaines d'années de politique de reboisement
bien menée pour arriver à une reconstitution telle de la couverture végétale qui puisse autoriser coupe d'arbres dans une gestion réfléchie et rationnelle. Aujourd'hui pour tout haïtien, voir un sac de charbon circuler d'un point à l'autre devrait provoquer une réaction de rejet. On ne bouffe pas le fruit de ses entrailles quand la faim nous tenaille les tripes!
Je sais que c'est beaucoup plus facile à dire qu'à faire. Mais le message doit être fort et consistant. A la hauteur du danger qui pend sur Haïti et sa survie. D'autres éléments du film seront analysés ultérieurement
Dans cette remise, il fallait noter cette lueur de vrai espoir devenue clarté salutaire pour ce pays moribond devant son état de délabrement environnemental. Un spécialiste aurait expliqué très clairement la procédure et les méthodes mises en œuvre pour la régénération des sols.
Le peu que j'ai pu en retenir c'est l'importance de planter "quelque chose". Certaines espèces végétales sont moins exigeantes en terre fertiles et en apport d'eau. Le bambou est beaucoup mentionné.
Il est évident que dans une démarche visant à régénérer les sols moyennant le reboisement, une interdiction formelle de couper les arbres est tacitement inculquée dans la réflexion, élaboration et exécution du projet.
Pendant la projection du film, m'est revenue à la mémoire, une conversation que j'ai eue avec ma mère à propos d'une parcelle de terre que son père, mon grand père, lui avait léguée.
On était dans un camion du transport public pour aller dans le patelin de sa mère dans l'arrière pays de Léogane. A l'époque la route de l'amitié franco haïtienne, unissant Port-au-Prince à Jacmel n’existait pas.
Donc, pour aller chez ma grand mère, il fallait se rendre en voiture jusqu'à Carrefour Dufort, et à partir de là, continuer la route à pied pendant plus de quatre heures, « traverser 101 passes d’eau ».
A un moment du voyage, elle me montra une parcelle de terre qui avait des allures de lit de rivières desséchées depuis des siècles. Une localité appelée "Ka Dini". Je lui ai dit maman cette propriété ne peut se prêter qu'a la construction d'un cimetière.
Pour moi déjà, un environnement dans un état aussi délabré ne pouvait plus être source de vie.
Après avoir vu ce film, je crois que je vais me renseigner pour promouvoir la régénération des sols. Et qui sait, au lieu de cimetière, je pourrais y faire pousser des arbres fruitiers.
Et, tout compte fait, mieux que les propagandes incompréhensibles avec des résultats non visibles, la diffusion à l'échelle nationale du film documentaire "LE PAIN DES TROPIQUES" devrait servir de support pour lancer une campagne nationale de sensibilisation à la régénération des sols à partir de cette vision de l'agriculture écologique.
mercredi 6 novembre 2013
Pour un rhum importé, Bicha avilit le vaudou et Barbancourt
Pour un rhum
importé, Bicha avilit le vaudou et Barbancourt
Le
Nouvelliste | Publié le : 04 novembre 2013
Tonton Bicha s’attire la foudre des critiques à
cause d’une pub pour le rhum Bakara. Jacky Baboun, l’un des responsables de
l’entreprise, dément, explique et partage ses plans.
Comédien,
publiciste, Tonton Bicha crève l’écran et « inonde » les ondes. Son secret se
résume en un parfait brassage de liberté linguistique, d’humour et
d’intelligence. Il est la poule aux œufs d’or, l’icône des pubs qui fait
exploser les ventes. A son actif, il compte des classiques.
Mais pas que ça
ces temps-ci. Sa dernière pub pour le rhum Bakara l’expose à la foudre de
certaines critiques.
On digère mal le
label « rhum culturel » accolé à Bakara, la banalisation de la préséance à des
boissons étrangères et le dialogue d’un adepte vaudou avec un houngan qui
descend en flamme « Pa ban m kou » (Barbancourt), la plus ancienne entreprise
haïtienne avec plus de 150 ans au compteur.
« Cette publicité est avilissante pour le
culte vaudou et pour Barbancourt, un produit national », s’indigne Max
Beauvoir, ati national. « Le vaudou a été traité de manière triviale. On ne le
ferait pas à une autre religion », soutient le chef suprême du culte vaudou en
Haïti. « Il faut cesser aussi tôt que possible la diffusion de cette publicité
», recommande Max Beauvoir.
« C’est une honte que l’on ait associé des
pratiques culturelles à un produit de consommation », selon l’écrivain Lyonel
Trouillot. Dans ce cas-ci, avance Trouillot, « la publicité a dépassé ses
droits ». « Rhum culturel ? ». « C’est de la bêtise. Je ne commente pas ça »,
tance Lyonel Trouillot.
« Bicha a du talent. C’est dommage qu’il l’ait
mis au service d’une telle grossièreté », indique Lyonel Trouillot. Pour
l’agronome Joël Ducasse, l’appellation Bakara « rhum culturel » dans « cette
publicité abjecte » est une « mystification qu’il faut interdire ».
« C’est un rhum importé
de la République
dominicaine. Il est fait spécialement pour Haïti », explique Joël Ducasse,
outré par ce qu’il appelle le « projet de pauvreté mis en place par des
éléments de l’élite économique au détriment des masses rurales».
« Bakara fait de
la compétition au clairin et participe à appauvrir tout le bas Plateau central,
St-Michel de l’Attalaye et Léogâne », tempête Ducasse, ajoutant que le marché
du clairin a représenté il n'y a pas longtemps un peu plus de 30 millions de
dollars américains par an.
« Je trouve sa publicité très malsaine de nos
jours », pense Jean Maxime Léonard, déplorant l’absence de la « fibre citoyenne
et patriotique » chez beaucoup de gens dans le pays.
« Comment un artiste peut-il participer à
déconstruire un produit national aussi prestigieux que le rhum Barbancourt qui
a fait notre fierté de peuple au cours des ans au profit d'un produit
étranger?, se demande Jean Maxime Leonard, détenteur d'un diplôme en
sociologie.
« Je doute fort
(dans ma grande tolérance naïve) que le concepteur de cette publicité soit
Haïtien ! Sinon, comment expliquer qu’à un moment où la République dominicaine
prend une décision raciste contre notre peuple, un publicitaire du terroir,
pour faire de l’esprit, - un produit national au profit d’un autre de bas carat
provenant de chez le voisin? », s’interroge Myria Charles ou Sister M*.
« C’est tout
simplement honteux et navrant », croit l’animatrice de la très prisée chronique
De vous à moi dans Ticket Magazine et à Magik 9. Rhum culturel ? « Je trouve tout
simplement très osé – frisant même le ridicule – de citer dans une publicité
une culture théologique nationale (déjà assez décriée malheureusement) pour
rabaisser un produit local, un symbole de fierté pour les Haïtiens », souligne
Myria avant d’ajouter que Barbancourt, crée des milliers d’emplois directs et
indirects à travers Haïti.
«C’est choquant. Je regrette que mon ami Bicha
ait prêté sa voix et son talent à cette provocation », confie Edner Jean de
Communication plus. Avec cette publicité qui est « une attaque frontale,
dénigrante contre un compétiteur, une frontière a été franchie ».
Dans aucun pays au
monde on n'aurait accepté qu’un « produit étranger » puisse attaquer un produit
comme Barbancourt qui fait la fierté du terroir, explique l’ex-journaliste et
publicitaire, outré par l’usage fait du culte vaudou dans la publicité du rhum
Bakara. « On peut séduire mais pas mentir.
Les publicitaires
ont intérêt à respecter la dimension éthique de la publicité », confie le
professeur de sociologue à l’UEH, Hérold Toussaint. « Il ne faut pas prendre
les récepteurs pour des cons », indique-t-il.
Les tentatives
pour obtenir un commentaire de Tonton Bicha se sont révélées infructueuses.
Joint au téléphone, Jacky Baboun l’un des responsables de rhum Bakara, rejette
les critiques. « Dans huit mois, Bakara sera produit nationalement.
L’usine en
construction à Croix-des-Bouquets est à un stade avancé, explique Jacky Baboun.
Nous savons que rhum Bakara va se faire en Haïti, c’est pour cela que nous
avons accepté que Bicha utilise le concept rhum culturel », poursuit-il,
ajoutant avoir créé du travail dans le pays entre-temps. « Nous sommes en
contact avec les producteurs d’alcool à travers le pays afin d’acheter à la
longue la matière première indispensable à notre production », explique Baboun.
Rhum Bakara fera beaucoup d’efforts et
concentrera des investissements afin d’avoir ses propres plantations de canne à
sucre, confie-t-il, sans faire fi des difficultés liées à la production en
Haïti. Du bouchon à la bouteille, on est obligé d’importer. C’est aussi le cas
de 90 % des fabriquants locaux, selon l'homme d'affaires.
Jacky Baboun, d’un
autre côté, souligne que le nom de son compétiteur n’a jamais été cité dans la
publicité de Tonton Bicha. « Nous ne citons pas le nom d’autres rhums »,
insiste Baboun. « Nous sommes tranquille, nous travaillons », explique-t-il,
ajoutant que rhum Bakara est très impliqué dans la promotion de la culture
haïtienne.
Ecouter la
publicité : https://soundcloud.com/stemarx/spot-tonton-bicha-fe-pou-rhum
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