Alexandra Vézina Actualités - Publié le 10 août 2011
Marguerite St-Louis Constantineau reprend du service, sur son terrain de St-Aimé-du-Lac-des-Iles, avec sa vente de garage annuelle au profit des habitants de Gaspard en Haïti. Les 12, 13 et 14 août prochain, on achète usagé!
D’une générosité naturelle, d’une énergie hors du commun, Marguerite ne peut s’empêcher, année après année, de réaliser l’impossible pour venir en aide à ses amis Haïtiens. Rappelons que l’an passé, la vente de garage qu’elle a organisée avec l’aide de bénévoles, a permis d’amasser plus de 8000$. « Tous ensemble, on peut faire une différence pour ces personnes si démunies », justifie-t-elle naturellement. Cette somme avait servi à débuter la construction d’un dispensaire à Gaspard, mais il faut maintenant le terminer! Madame St-Louis Constantineau compte sur la générosité des gens d’ici pour arriver à ses fins.
Soignés chez eux
La construction de ce dispensaire a débuté en février dernier, grâce à la belle participation des gens de la région au concert de Noël de décembre dernier, organisé par Marie Bonami et Charles Paquette ainsi qu’au diner conférence qui a eu lieu à la Cage aux sports en mai dernier. Ces deux événements avaient permis de récolter plus de 7000$. Cependant, il manque fenêtres, portes intérieures, plafond, planchers, réservoir d'eau et fosse septique avant que l’endroit soit fonctionnel.
Plus de 20 000 habitants vont bénéficier de ce dispensaire. En cas de besoins médicaux, ces gens doivent présentement marcher six kilomètres pour avoir accès à un médecin. Bien entendu, ils n'ont pas de civière et les malades doivent parfois être transportés sur une porte ou des planches. Malheureusement, certains n’arrivent jamais.
Vente de garage
La vente de garage aura lieu du 12 au 14 août prochain, au 560 chemin du Lac-Rouge, à St-Aimé-du-Lac-des-Iles (accessible par le chemin Kiamika). Outre la vente d’objets usagés, il y aura épluchettes de blés d’Inde, hot dog et souper spaghetti. De plus, un lot de souliers de la boutique Chat botté sera en vente à des prix dérisoires, un généreux appui de Caroline Venne, propriétaire de l’endroit. Il est aussi possible d'envoyer vos dons à Marguerite Constantineau, au 560 chemin Lac-Rouge, Lac-des-Iles, J0W 1J0 ou par téléphone au 819 597-2357. Pour tout don de 20$ et plus, un reçu sera émis. Beau temps, mauvais temps, achetez usagé!
Prochain voyage
Accompagnée de six bénévoles, Marguerite St-Louis Constantineau se rendra à Gaspard en octobre prochain. Le père Phechner Julmisse et ses concitoyens les attendent pour la bénédiction de la boulangerie et du dispensaire, espérant qu’il sera terminé. Leur boulangerie est en fonction depuis janvier 2011, grâce à la belle participation des gens d’ici.
http://lechodelalievre.canoe.ca/webapp/sitepages/content.asp?contentid=201205&id=804&classif=Nouvelles&catname=
Une fenêtre ouverte sur Haïti, le pays qui défie le monde et ses valeurs, anti-nation qui fait de la résistance et pousse les limites de la résilience. Nous incitons au débat conceptualisant Haïti dans une conjoncture mondiale difficile. Haïti, le défi, existe encore malgré tout : choléra, leaders incapables et malhonnêtes, territoires perdus gangstérisés . Pour bien agir il faut mieux comprendre: "Que tout ce qui s'écrit poursuive son chemin, va , va là ou le vent te pousse (Dr Jolivert)
jeudi 11 août 2011
Haiti : Des matières fécales déversées par la Minustah près d’une rivière à Hinche
mardi 9 août 2011 Correspondance - Ronel Odatte
La population de la région du Plateau Central (est) réprouve les actes de la mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah) qui a déversé en fin de semaine dernière des matières fécales prés de la rivière Guayamouc. Les autorités locales dénoncent ces pratiques, qualifiées de « vagabondage », moins d’un an après le déclenchement dans cette région de l’épidémie de choléra qui a déjà fait plus de 5000 morts à travers le pays.
Hinche, 9 août 2011 [AlterPresse] --- Les habitants du quartier de Sully à Hinche (est) sont en colère après que plusieurs camions de la mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah) ont déversé, le 6 août 2011, des matières fécales dans des trous creusés à quelques mètres de la rivière Guayamouc.
Les riverains ont été alarmés, mais n’ont pas pu stopper l’opération, selon des témoignages recueillis sur place par AlterPresse.
Pour l’heure, c’est l’inquiétude qui règne, et personne ne veut emprunter la route menant vers cette partie du quartier de Sully, où les matières fécales dégagent une odeur nauséabonde.
Le maire de la ville, André Renard, qui s’est rendu sur les lieux en compagnie de plusieurs journalistes, n’a pas caché son indignation devant ce qu’il appelle « une atteinte à la dignité humaine ».
« Je réclame, une fois de plus, le départ du contingent népalais. Ce sont des porteurs de la bactérie Vibrio cholerae, ils viennent nous exterminer, il est temps qu’ils partent », ajoute-t-il.
André Renard exhorte la population a s’organiser en brigade de vigilance en vue d’empêcher toute action visant à utiliser leurs quartiers comme dépotoirs de matières fécales.
De son côté, le premier sénateur du Plateau Central, Franscisco Delacruz (Alternative), qualifie le déversement de matières fécales près de la rivière Guayamuc d’acte de « vagabondage ».
L’élu du centre se propose de s’entretenir avec les autorités compétentes de de l’organisation des Nations Unies (Onu) en vue de corriger cette situation.
Par ailleurs, des jeunes qui habitent le village Kiskeya (Hinche) demandent à lÉtat haïtien de prendre des dispositions pour débarrasser le sol national des forces étrangères. Ils menacent de créer des troubles, si leur voix n’est pas entendue.
Des membres de diverses organisations sociales, interrogés par AlterPresse, expriment leur réprobation des actes posés par la Minustah.
Pour eux, les forces onusiennes n’accordent pas d’importance à la vie des Haïtiens. Ils critiquent aussi l’attitude, apparemment insouciante, des responsables de l’État.
Jusqu’à dimanche dernier (7 août 2011), aucun responsable local de la Minustah ne s’était prononcé sur les actions reprochées à la force onusienne.
La thèse, selon laquelle les casques bleus népalais basés à Mirebalais (toujours dans le Plateau Central) ont importé en Haïti la souche de choléra, a été confirmée par des scientifiques, entre autres le Francais Renaud Piarroux.
L’argumentation - accusant la force onusienne dans la propagation du choléra en Haïti - est développée dans le numéro de juillet 2011 de la revue “Emerging infectious diseases”, une publication des centres nord-américains de contrôle et de prévention des maladies (Cdc).
Les scientifiques ont présenté des “preuves solides”, “suggérant fortement” l’implication d’un contingent de militaires onusiens, originaires du Népal, ayant contaminé une rivière haïtienne à cause des mesures sanitaires inappropriées sur leur base.
Mais cette thèse a été réfutée par la Minustah.
Dès octobre 2010, les riverains de la rivière de Mirebalais avaient pointé du doigt les militaires népalais dans l’introduction de l’épidémie du choléra, à partir de matières fécales jetées dans le fleuve de l’Artibonite qui traverse les départements géographiques du Centre et du Nord d’Haïti.
Il s’en était suivi plusieurs manifestations de protestations contre la force onusienne déployée en Haïti depuis juin 2011. [ro apr 09/08/2011 17:00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article11380
La population de la région du Plateau Central (est) réprouve les actes de la mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah) qui a déversé en fin de semaine dernière des matières fécales prés de la rivière Guayamouc. Les autorités locales dénoncent ces pratiques, qualifiées de « vagabondage », moins d’un an après le déclenchement dans cette région de l’épidémie de choléra qui a déjà fait plus de 5000 morts à travers le pays.
Hinche, 9 août 2011 [AlterPresse] --- Les habitants du quartier de Sully à Hinche (est) sont en colère après que plusieurs camions de la mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah) ont déversé, le 6 août 2011, des matières fécales dans des trous creusés à quelques mètres de la rivière Guayamouc.
Les riverains ont été alarmés, mais n’ont pas pu stopper l’opération, selon des témoignages recueillis sur place par AlterPresse.
Pour l’heure, c’est l’inquiétude qui règne, et personne ne veut emprunter la route menant vers cette partie du quartier de Sully, où les matières fécales dégagent une odeur nauséabonde.
Le maire de la ville, André Renard, qui s’est rendu sur les lieux en compagnie de plusieurs journalistes, n’a pas caché son indignation devant ce qu’il appelle « une atteinte à la dignité humaine ».
« Je réclame, une fois de plus, le départ du contingent népalais. Ce sont des porteurs de la bactérie Vibrio cholerae, ils viennent nous exterminer, il est temps qu’ils partent », ajoute-t-il.
André Renard exhorte la population a s’organiser en brigade de vigilance en vue d’empêcher toute action visant à utiliser leurs quartiers comme dépotoirs de matières fécales.
De son côté, le premier sénateur du Plateau Central, Franscisco Delacruz (Alternative), qualifie le déversement de matières fécales près de la rivière Guayamuc d’acte de « vagabondage ».
L’élu du centre se propose de s’entretenir avec les autorités compétentes de de l’organisation des Nations Unies (Onu) en vue de corriger cette situation.
Par ailleurs, des jeunes qui habitent le village Kiskeya (Hinche) demandent à lÉtat haïtien de prendre des dispositions pour débarrasser le sol national des forces étrangères. Ils menacent de créer des troubles, si leur voix n’est pas entendue.
Des membres de diverses organisations sociales, interrogés par AlterPresse, expriment leur réprobation des actes posés par la Minustah.
Pour eux, les forces onusiennes n’accordent pas d’importance à la vie des Haïtiens. Ils critiquent aussi l’attitude, apparemment insouciante, des responsables de l’État.
Jusqu’à dimanche dernier (7 août 2011), aucun responsable local de la Minustah ne s’était prononcé sur les actions reprochées à la force onusienne.
La thèse, selon laquelle les casques bleus népalais basés à Mirebalais (toujours dans le Plateau Central) ont importé en Haïti la souche de choléra, a été confirmée par des scientifiques, entre autres le Francais Renaud Piarroux.
L’argumentation - accusant la force onusienne dans la propagation du choléra en Haïti - est développée dans le numéro de juillet 2011 de la revue “Emerging infectious diseases”, une publication des centres nord-américains de contrôle et de prévention des maladies (Cdc).
Les scientifiques ont présenté des “preuves solides”, “suggérant fortement” l’implication d’un contingent de militaires onusiens, originaires du Népal, ayant contaminé une rivière haïtienne à cause des mesures sanitaires inappropriées sur leur base.
Mais cette thèse a été réfutée par la Minustah.
Dès octobre 2010, les riverains de la rivière de Mirebalais avaient pointé du doigt les militaires népalais dans l’introduction de l’épidémie du choléra, à partir de matières fécales jetées dans le fleuve de l’Artibonite qui traverse les départements géographiques du Centre et du Nord d’Haïti.
Il s’en était suivi plusieurs manifestations de protestations contre la force onusienne déployée en Haïti depuis juin 2011. [ro apr 09/08/2011 17:00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article11380
Kébreau et le pantalon de Sweet Micky font des vagues !
Monseigneur Louis Kébreau, « nostalgique » du pantalon de Sweet Micky qui confère fougue, énergie pour agir au profit de la population, n'a pas de « jugement moral » sur ce personnage de scène obscène incarné jadis par le président Michel Joseph Martelly. L'important aujourd'hui c'est « d'encadrer le chef de l'Etat pour mettre le pays sur les rails ». Haïti: Mgr Louis Kébreau n'est pas un conseiller du président Michel Joseph Martelly. Mais, il confie avoir « conseillé » au chef de l'Etat, novice en politique, d'enfiler le pantalon de Sweet Micky. Sweet Micky dont la grivoiserie, les frasques et obscénités sont légendaires a, selon l'homme d'église, des vertus : la « fougue » et la volonté de faire, sans « tergiverser », à un moment où la population est confrontée à beaucoup de difficultés.
« On ne peut pas jouer avec la vie de huit millions d'Haïtiens », a répété Mgr Louis Kébreau, préoccupé par le dilettantisme, la polarisation politique, responsables de l'absence d'un nouveau gouvernement, trois mois après l'investiture du président Michel Joseph Martelly le 14 mai 2011.
Des vagues et des précisions
Les propos du Monseigneur Kébreau, tenus sur les ondes de Vision 2000, ont suscité des remous dans la presse et dans les réseaux sociaux. Certains y voient un appel à la répression lancé au président Martelly et d'autres une réhabilitation de Sweet Micky, un personnage de scène obscène.
« C'est très mal interpréter mes propos. Pas question de répression. Pas question de dictature », a martelé Mgr Louis Kébreau, le président de la Conférence éspiscopale sur Magik 9, le mercredi 10 août 2011. « Je n'ai pas de jugement moral. Si nous avons choisi un président, il faut l'encadrer pour mettre le pays sur les rails », a-t-il poursuivi, soulignant que « nous n'irons nulle part si nous continuons à déshabiller le président ».
L'urgence d'un coaching
« C'est un homme inexpérimenté qui a besoin de bonnes orientations pour bien connaître la mentalité, la culture du pays. Du monde d'où il vient à ce monde très étriqué, très difficile; il faut qu'il ait de bons conseillers, de bons guides, de bons visionnaires », a indiqué Mgr Kébreau, qui insiste sur la nécessité d'un pacte de gouvernabilité. « Si nous avons, a-t-il dit, élu un président, il faut un accord entre les autorités pour offrir la possibilité à la nation de vivre et d'aller de l'avant ».
« Il faut aller de l'avant », a lancé Louis Kébréau, rappelant que les conflits politiques sont toujours néfastes. « Haïti rate toujours des rendez-vous avec l'histoire. Et dans le jeu politique actuel on continuera à rater des rendez-vous », a-t-il prévenu.
L'archevêque du Cap-Haïtien, dont les propos sur le pantalon de Sweet Micky ont fait des vagues, a souhaité que l'on ait des dialogues paisibles dans le pays où il faudra également faire l'effort de considérer les choses positives de plus en plus. Bref, en rose pour sortir du gris et de la grisaille ambiante !!!
Roberson Alphonse
ralphonse@lenouvelliste.com
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=95922&PubDate=2011-08-10
« On ne peut pas jouer avec la vie de huit millions d'Haïtiens », a répété Mgr Louis Kébreau, préoccupé par le dilettantisme, la polarisation politique, responsables de l'absence d'un nouveau gouvernement, trois mois après l'investiture du président Michel Joseph Martelly le 14 mai 2011.
Des vagues et des précisions
Les propos du Monseigneur Kébreau, tenus sur les ondes de Vision 2000, ont suscité des remous dans la presse et dans les réseaux sociaux. Certains y voient un appel à la répression lancé au président Martelly et d'autres une réhabilitation de Sweet Micky, un personnage de scène obscène.
« C'est très mal interpréter mes propos. Pas question de répression. Pas question de dictature », a martelé Mgr Louis Kébreau, le président de la Conférence éspiscopale sur Magik 9, le mercredi 10 août 2011. « Je n'ai pas de jugement moral. Si nous avons choisi un président, il faut l'encadrer pour mettre le pays sur les rails », a-t-il poursuivi, soulignant que « nous n'irons nulle part si nous continuons à déshabiller le président ».
L'urgence d'un coaching
« C'est un homme inexpérimenté qui a besoin de bonnes orientations pour bien connaître la mentalité, la culture du pays. Du monde d'où il vient à ce monde très étriqué, très difficile; il faut qu'il ait de bons conseillers, de bons guides, de bons visionnaires », a indiqué Mgr Kébreau, qui insiste sur la nécessité d'un pacte de gouvernabilité. « Si nous avons, a-t-il dit, élu un président, il faut un accord entre les autorités pour offrir la possibilité à la nation de vivre et d'aller de l'avant ».
« Il faut aller de l'avant », a lancé Louis Kébréau, rappelant que les conflits politiques sont toujours néfastes. « Haïti rate toujours des rendez-vous avec l'histoire. Et dans le jeu politique actuel on continuera à rater des rendez-vous », a-t-il prévenu.
L'archevêque du Cap-Haïtien, dont les propos sur le pantalon de Sweet Micky ont fait des vagues, a souhaité que l'on ait des dialogues paisibles dans le pays où il faudra également faire l'effort de considérer les choses positives de plus en plus. Bref, en rose pour sortir du gris et de la grisaille ambiante !!!
Roberson Alphonse
ralphonse@lenouvelliste.com
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=95922&PubDate=2011-08-10
$ 3.3 milliards nécessaires pour reconstruire Port-au-Prince
La mairie de Port-au-Prince dispose du plan directeur de reconstruction du centre-ville de Port-au-Prince. 3.3 milliards de dollars sont nécessaires pour transformer Port-au-Prince en une ville moderne, d'après le plan élaboré par le Centre haïtien de recherche en aménagement et en développement (CHRAD). Haïti: Le plan d'aménagement du centre-ville de Port-au-Prince, élaboré gracieusement par le CHRAD a été présenté au public ce mercredi au Karibe Convention Center. « On a déjà soumis ce plan au président Michel Martelly », a indiqué le maire de Port-au-Prince, Muscadin Jean Yves Jason. Il a par ailleurs rappelé que la mairie est légalement responsable pour gérer et planifier la commune.
L'aménagement du centre-ville de Port-au-Prince, d'après les responsables du CHRAD, doit aller de pair avec l'aménagement de la zone métropolitaine de Port-au-Prince. « La réhabilitation de l'environnement, notamment la protection des mornes et des berges des rivières et de la baie de Port-au-Prince, la régulation du transport en commun, procéder à un rééquilibrage démographique, construire des voies de contournement et diminuer certaines fonctions de la capitale telles que le commerce en gros », sont parmi les solutions proposées par le CHRAD pour la réhabilitation des communes de la zone métropolitaine de Port-au-Prince.
Aucune somme, ni délai n'ont été avancés pour l'aménagement de la zone métropolitaine de Port-au-Prince. En ce qui concerne le centre-ville de Port-au-Prince, sa réhabilitation va coûter 3.3 milliards de dollars. « Changement de vocation du port commercial en port touristique ; libération et protection du littoral ; construction du réseau ferroviaire ; établissement du réseau maritime ; définition des autoroutes et voies rapides ; édification des gares routières avec un méga marché ; établissement des voies de contournement ; construction de la rue du Front de mer ; réalisation du parking-relais ; agencement de voies piétonnes et création de nouvelles percées », sont les grands projets qui composent le plan soumis par le CHRAD.
D'après l'ingénieur architecte Elisabeth Coicou qui a présenté le projet, la réhabilitation du centre-ville de Port-au-Prince devra générer quelque 30 000 emplois directs et 90 000 emplois indirects. « Il ne s'agit pas d'une utopie, mais d'un projet réalisable », a-t-elle dit à l'assistance qui suivait religieusement sa présentation en power point. Avec un total engagement de l'Etat, elle dit croire que le projet pourra démarrer d'ici octobre prochain. Et dans cinq ans, à la fin des travaux, le centre-ville de Port-au-Prince ne devrait avoir rien à envier aux autres villes de la Caraïbe. Les routes défoncées, les piles d'immondices çà et là, les mares d'eau puante, les constructions anarchiques, les garages à ciel ouvert, seront ainsi de vieux souvenirs. Tout sera soigneusement contrôlé et planifié au nouveau Centre-ville.
Les bidonvilles élevés sur le littoral, de Cité-Soleil à Carrefour, disparaîtront au profit de projets touristiques d'envergure.
Séduit par la présentation power point de Mme Coicou, le public-composé de propriétaires du centre-ville, de représentants d'institutions publiques et privées, de professionnels d'horizons divers - a applaudi des deux mains aux différentes séquences qui ont défilé sur l'écran.
Le plan d'aménagement en question est élaboré par le CHRAD suite à une série de consultations et de discussions avec les acteurs concernés par la reconstruction du centre-ville, notamment l'organisation SOS Port-au-Prince. « En élaborant ce plan, l'ingénierie haïtienne a triomphé », s'est réjoui Jean Lucien Ligondé, le président du CHRAD.
« Nous remercions la mairie et le CHRAD de nous avoir invité à participer à la réflexion sur la reconstruction du centre-ville de Port-au-Prince », a enchaîné Michèle Mourra de SOS Centre-ville. Elle dit remercier le président Michel Martelly qui a promis de respecter la propriété privée dans le cadre de la reconstruction du centre-ville de Port-au-Prince. Le ministre démissionnaire de l'Intérieur, Paul Antoine Bien-Aimé, présent dans l'assistance, a dans une courte déclaration salué l'initiative de la mairie de Port-au-Prince.
Interrogé sur l'ébauche du projet de reconstruction du centre-ville déjà préparé et présenté par la Fondation Prince Charles, le maire de Port-au-Prince, Muscadin Jean Yves Jason, a précisé que cette initiative n'a pas eu de suite pour diverses raisons. Il a par ailleurs ajouté que la mairie a joué pleinement son rôle en récupérant le projet.
Jean Pharès Jérôme
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=95921&PubDate=2011-08-10
Commentaires: Nous aurions aimé voir des maquettes du projet. La dépêche n'a mis que des photos d'individus ayant pris la parole lors de cette rencontre.
L'aménagement du centre-ville de Port-au-Prince, d'après les responsables du CHRAD, doit aller de pair avec l'aménagement de la zone métropolitaine de Port-au-Prince. « La réhabilitation de l'environnement, notamment la protection des mornes et des berges des rivières et de la baie de Port-au-Prince, la régulation du transport en commun, procéder à un rééquilibrage démographique, construire des voies de contournement et diminuer certaines fonctions de la capitale telles que le commerce en gros », sont parmi les solutions proposées par le CHRAD pour la réhabilitation des communes de la zone métropolitaine de Port-au-Prince.
Aucune somme, ni délai n'ont été avancés pour l'aménagement de la zone métropolitaine de Port-au-Prince. En ce qui concerne le centre-ville de Port-au-Prince, sa réhabilitation va coûter 3.3 milliards de dollars. « Changement de vocation du port commercial en port touristique ; libération et protection du littoral ; construction du réseau ferroviaire ; établissement du réseau maritime ; définition des autoroutes et voies rapides ; édification des gares routières avec un méga marché ; établissement des voies de contournement ; construction de la rue du Front de mer ; réalisation du parking-relais ; agencement de voies piétonnes et création de nouvelles percées », sont les grands projets qui composent le plan soumis par le CHRAD.
D'après l'ingénieur architecte Elisabeth Coicou qui a présenté le projet, la réhabilitation du centre-ville de Port-au-Prince devra générer quelque 30 000 emplois directs et 90 000 emplois indirects. « Il ne s'agit pas d'une utopie, mais d'un projet réalisable », a-t-elle dit à l'assistance qui suivait religieusement sa présentation en power point. Avec un total engagement de l'Etat, elle dit croire que le projet pourra démarrer d'ici octobre prochain. Et dans cinq ans, à la fin des travaux, le centre-ville de Port-au-Prince ne devrait avoir rien à envier aux autres villes de la Caraïbe. Les routes défoncées, les piles d'immondices çà et là, les mares d'eau puante, les constructions anarchiques, les garages à ciel ouvert, seront ainsi de vieux souvenirs. Tout sera soigneusement contrôlé et planifié au nouveau Centre-ville.
Les bidonvilles élevés sur le littoral, de Cité-Soleil à Carrefour, disparaîtront au profit de projets touristiques d'envergure.
Séduit par la présentation power point de Mme Coicou, le public-composé de propriétaires du centre-ville, de représentants d'institutions publiques et privées, de professionnels d'horizons divers - a applaudi des deux mains aux différentes séquences qui ont défilé sur l'écran.
Le plan d'aménagement en question est élaboré par le CHRAD suite à une série de consultations et de discussions avec les acteurs concernés par la reconstruction du centre-ville, notamment l'organisation SOS Port-au-Prince. « En élaborant ce plan, l'ingénierie haïtienne a triomphé », s'est réjoui Jean Lucien Ligondé, le président du CHRAD.
« Nous remercions la mairie et le CHRAD de nous avoir invité à participer à la réflexion sur la reconstruction du centre-ville de Port-au-Prince », a enchaîné Michèle Mourra de SOS Centre-ville. Elle dit remercier le président Michel Martelly qui a promis de respecter la propriété privée dans le cadre de la reconstruction du centre-ville de Port-au-Prince. Le ministre démissionnaire de l'Intérieur, Paul Antoine Bien-Aimé, présent dans l'assistance, a dans une courte déclaration salué l'initiative de la mairie de Port-au-Prince.
Interrogé sur l'ébauche du projet de reconstruction du centre-ville déjà préparé et présenté par la Fondation Prince Charles, le maire de Port-au-Prince, Muscadin Jean Yves Jason, a précisé que cette initiative n'a pas eu de suite pour diverses raisons. Il a par ailleurs ajouté que la mairie a joué pleinement son rôle en récupérant le projet.
Jean Pharès Jérôme
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=95921&PubDate=2011-08-10
Commentaires: Nous aurions aimé voir des maquettes du projet. La dépêche n'a mis que des photos d'individus ayant pris la parole lors de cette rencontre.
Mgr Kebreau réclame la fougue de " Sweet Micky" au sommet de l'Etat
Le président Martelly doit revêtir son costume de Sweet Micky pour diriger le pays, c'est l'avis du président de la Conférence Episcopale d'Haïti (CEH), Mgr. Louis Kebreau. L'archevêque du Cap Haïtien, connu pour ses prises de position favorables au chef d'Etat, estime que le personnage de " Sweet Micky " est incontournable pour M. Martelly en raison des multiples obstacles qu'il devra surmonter pour réussir son quinquennat. Les déclarations de Mgr Kebreau interviennent alors que le président haïtien poursuit depuis deux mois un bras de fer avec l'Inité sur le processus de ratification du Premier Ministre désigné. On ne peut pas vivre dans la tergiversation, il faut mettre le pays sur les rails, martèle le prélat.
L'administration Martelly touchera ses 100 premiers jours deux semaines et Mgr Kebreau constate avec amertume que rien n'a été fait. Faisant valoir que la fougue de Sweet Micky peut l'aider à contourner les différents obstacles à venir, le religieux dénonce le marronnage de certains secteurs qui font peu de cas des conditions de vies des haïtiens.
Mgr. Kebreau souhaite que le président soit direct dans son action. Il doit poser des actes qui permettent au pays de s'enraciner et trouver la route à suivre, insiste t-il. En tant que rassembleur le président Martelly pourra ressusciter la conscience morale en faisant appel aux sentiments patriotiques des acteurs.
Sur la scène politique l'archevêque du Cap Haïtien note la présence de " petits Machiavels" et de personnes animées de mauvaises intentions qui s'évertuent à ternir l'image du couple présidentiel. Il exhorte ces détracteurs à reconnaître le coté positif de nombres d'initiatives du chef d'Etat.
C'est la première personnalité à prendre le contre-pied des déclarations de nombreux parlementaires de l'Inité faisant état de l'incompétence de l'ex chanteur. Un des chefs de file de l'Inité avait souhaité que Sweet Micky laisse M. Martelly diriger.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_poli_fr.php?id=19365
L'administration Martelly touchera ses 100 premiers jours deux semaines et Mgr Kebreau constate avec amertume que rien n'a été fait. Faisant valoir que la fougue de Sweet Micky peut l'aider à contourner les différents obstacles à venir, le religieux dénonce le marronnage de certains secteurs qui font peu de cas des conditions de vies des haïtiens.
Mgr. Kebreau souhaite que le président soit direct dans son action. Il doit poser des actes qui permettent au pays de s'enraciner et trouver la route à suivre, insiste t-il. En tant que rassembleur le président Martelly pourra ressusciter la conscience morale en faisant appel aux sentiments patriotiques des acteurs.
Sur la scène politique l'archevêque du Cap Haïtien note la présence de " petits Machiavels" et de personnes animées de mauvaises intentions qui s'évertuent à ternir l'image du couple présidentiel. Il exhorte ces détracteurs à reconnaître le coté positif de nombres d'initiatives du chef d'Etat.
C'est la première personnalité à prendre le contre-pied des déclarations de nombreux parlementaires de l'Inité faisant état de l'incompétence de l'ex chanteur. Un des chefs de file de l'Inité avait souhaité que Sweet Micky laisse M. Martelly diriger.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_poli_fr.php?id=19365
La Présidence lance des consultations internes avant les négociations
Le conseiller juridique du chef d'Etat, Gregory Mayard Paul, indique que la Présidence prendra le temps nécessaire pour designer un Premier Ministre pouvant bénéficier de l'approbation du Parlement. Après les échecs de Daniel Rouzier et Bernard Gousse, le président Michel Martelly aurait décidé de ne pas se précipiter dans le processus de ratification. Une semaine après le rejet de la candidature de Bernard Gousse par le Sénat, les conseillers du président sont à la phase de concertation au sein de l'équipe gouvernementale.
Les prétendants ne manqueraient pas mais il faut un peu de temps pour cette phase considérée comme de vraies consultations. " L'important c'est de trouver quelqu'un qui ne va pas soulever des passions ", insiste Gregory Mayard Paul regrettant que des sentiments personnels prennent le dessus sur la logique et les intérêts nationaux.
Ces consultations internes sont préalables aux consultations avec les présidents du sénat et de la chambre des députés, explique le juriste. Cependant les conseillers du chef d'Etat n'ont aucune indication sur les critères pour designer une personnalité acceptable à la fois pour la Présidence et la majorité parlementaire.
M. Mayard Paul déplore la détermination des législateurs à considérer des critères parfois personnels dans le processus de ratification du choix du Premier Ministre désigné. La Présidence n'a aucun recours pour exiger le respect des critères constitutionnels puisque le conseil consultatif, chargé d'arbitrer les différends entre l'exécutif et le législatif, n'a jamais été mis sur pied.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=19364
Les prétendants ne manqueraient pas mais il faut un peu de temps pour cette phase considérée comme de vraies consultations. " L'important c'est de trouver quelqu'un qui ne va pas soulever des passions ", insiste Gregory Mayard Paul regrettant que des sentiments personnels prennent le dessus sur la logique et les intérêts nationaux.
Ces consultations internes sont préalables aux consultations avec les présidents du sénat et de la chambre des députés, explique le juriste. Cependant les conseillers du chef d'Etat n'ont aucune indication sur les critères pour designer une personnalité acceptable à la fois pour la Présidence et la majorité parlementaire.
M. Mayard Paul déplore la détermination des législateurs à considérer des critères parfois personnels dans le processus de ratification du choix du Premier Ministre désigné. La Présidence n'a aucun recours pour exiger le respect des critères constitutionnels puisque le conseil consultatif, chargé d'arbitrer les différends entre l'exécutif et le législatif, n'a jamais été mis sur pied.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=19364
Anacacis Jean Hector annonce que le prochain Premier Ministre désigné pourrait être rejeté
Le vice-président du Sénat haïtien, Anacacis Jean Hector, (Inité) prédit un nouveau rejet du prochain Premier Ministre désigné en cas d'échec des négociations avec le Parlement. Réagissant aux consultations au sein de l'équipe Martelly pour la désignation d'une nouvelle personnalité, le sénateur Jean Hector a fait valoir que cette formule s'est déjà soldée par deux échecs. Il presse le chef d'Etat et ses conseillers d'engager le dialogue avec les présidents des commissions et des blocs parlementaires afin de trouver un compromis. Le compromis n'est pas une mauvaise chose c'est le résultat du dialogue indispensable en politique, martèle l'ex candidat à la présidence.
Plaidant pour une entente entre le chef d'Etat et la majorité parlementaire le sénateur Anacacis Jean Hector a soutenu que le président ne peut rien faire sans le Parlement. Il cite entre autres des articles de la constitution recommandant la ratification du Parlement pour les accords internationaux, la nomination de certains hauts fonctionnaires et le budget de la république.
Interrogé sur les points au menu des négociations politiques, le sénateur Jean Hector a mis l'accent sur la nécessité d'un partage du pouvoir avec l'Inité. Il exige que les 5 principaux ministères et des délégations soient attribuées au parti Inité qui avait remporté les législatives.
Les nouvelles déclarations du sénateur Jean Hector, considéré comme un membre influent de l'Inité, renvoi à la case de départ et lève le voile sur les vrais motifs du rejet des candidatures de Daniel Rouzier et Bernard Gousse.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=19363
Plaidant pour une entente entre le chef d'Etat et la majorité parlementaire le sénateur Anacacis Jean Hector a soutenu que le président ne peut rien faire sans le Parlement. Il cite entre autres des articles de la constitution recommandant la ratification du Parlement pour les accords internationaux, la nomination de certains hauts fonctionnaires et le budget de la république.
Interrogé sur les points au menu des négociations politiques, le sénateur Jean Hector a mis l'accent sur la nécessité d'un partage du pouvoir avec l'Inité. Il exige que les 5 principaux ministères et des délégations soient attribuées au parti Inité qui avait remporté les législatives.
Les nouvelles déclarations du sénateur Jean Hector, considéré comme un membre influent de l'Inité, renvoi à la case de départ et lève le voile sur les vrais motifs du rejet des candidatures de Daniel Rouzier et Bernard Gousse.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=19363
La presse haïtienne est-elle trop négative et le président Martelly a-t-il tout à fait tort?
PORT-AU-PRINCE, 7 Août – Le président Michel Martelly reproche à la presse haïtienne de n'être pas seulement critique, mais également trop négative et de faire ainsi du tort à l'image du pays.
Nos médias se braquent et accusent le président d'arbitraire et de pouvoir représenter une menace pour la liberté de l'information.
Un dialogue de sourds, c'est à dire qui ne dit pas toute la vérité sur la question.
1 : La presse est-elle négative dans son traitement de l'actualité nationale ?
2 : Le président a-t-il le droit d'avoir son opinion comme tout citoyen ?
3 : Michel Martelly a-t-il par contre le droit de chercher à influencer la presse jusqu'à déclarer quels sont ses médias préférés, divisant ainsi délibérément la presse entre médias pro-Martelly (sous-entendu méritant les faveurs du prince) et les anti-Martelly donc pouvant être éventuellement victimes du courroux présidentiel ?
‘Président de tous les Haïtiens' ( ?) …
Le président Martelly et le citoyen Martelly ne sont pas tout à fait une seule et même chose.
Le citoyen Martelly peut avoir ses préférences parmi les médias, ainsi que ses amis. C'est humain, comme on dit. D'autant que sa longue carrière de musicien l'y prépare.
Mais une fois qu'il parle en qualité de chef de l'Etat, le président Martelly est soumis à ce qu'on appelle : l'obligation de réserve. C'est pas par hasard qu'on dit ‘président de tous les Haïtiens.'
Tout comme il n'a pas le droit de parler de la Radio-Télévision Nationale d'Haïti (RTNH) comme de son bien propre. C'est un média public et de service public, qui est financé avec des fonds de l'Etat haïtien, donc appartenant à toutes les catégories de la population comme de la classe politique. Et il n'y a que sous les régimes totalitaires que le chef de l'Etat peut dire : ‘L'Etat c'est moi !'
Ceci dit, est-ce que la presse haïtienne présente une mauvaise image d'Haïti ?
On ne peut le cacher, la réponse est oui. Et pour toutes sortes de raisons, dues autant au manque de formation qu'à une concurrence médiocre entre une trop grande quantité de radios et de télévisions pour un marché publicitaire exigu …
Haïti comme laboratoire ! …
Mais due aussi à une certaine influence internationale qui (il y a quelques années) s'est livrée sciemment à une manipulation des jeunes journalistes haïtiens comme pour tester les nouvelles armes de conquête (et d'agression) internationale que sont la désinformation et la déstabilisation, en amenant les jeunes confrères haïtiens à les utiliser contre leur propre pays. Haïti comme laboratoire !
Nous payons aussi aujourd'hui le prix de ces expériences malhonnêtes.
----
Des chiens savants …
C'est un mélange assez complexe à la fois de chômage qui pousse de nombreux jeunes à entrer dans une branche quelconque sans aucune intention d'en faire une profession, cela joint à une explosion de la bande FM (puis des stations de télévision) lancées dans une concurrence acharnée pour les quelques rares commanditaires de la place, avec pour conséquence qu'on ne prend plus le temps pour la formation du personnel et que celui-ci se complait vite dans sa médiocrité 'triomphante', véritables chiens savants car en effet les nouvelles technologies sont censées remplacer toutes les années qu'on peut passer sur les bancs de l'université ou dans un centre de training. Du moins le croient-ils!
Mais le dernier gadget électronique ne peut vous apprendre à faire la différence entre un simple incident et un grand événement.
De plus nous vivons, ne l'oublions pas, dans un pays à plus de 60% d'analphabètes. Et où environ le tiers d'une population de 10 millions d'âmes se trouve concentré à la capitale.
Ensuite, de soi-disant instituts de sondage poussent à cette même tendance au nivellement par le bas. A cette guerre à forte dose contre la qualité. Encourageant donc nos médias au moindre effort.
Charité bien ordonnée commence par soi-même! …
Par conséquent ce n'est pas tant (ce n'est plus) une volonté délibérée de salir l'image du pays dont il s'agit, ce n'est pas une intention politique (sauf peut-être chez certaines publications paraissant à l'extérieur du pays), mais c'est pour beaucoup d'entre nous parce que ne sachant faire autrement. C'est aussi simple que cela.
Cependant est-ce au président Martelly qu'il revient d'apporter une correction au problème?
Mais d'abord le président a-t-il le droit d'avoir son avis sur la question? Absolument oui. D'autant qu'il s'attribue la mission de lutter contre la mauvaise image du pays. Sur tous les fronts. Extérieur (par ses voyages incessants à l'étranger) et intérieur aussi, bien entendu, charité bien ordonnée!
Cependant le président Martelly adresse très mal la question en en faisant un instrument polémique. Allant jusqu'à afficher ses préférences au niveau des médias eux-mêmes. C'est la meilleure façon évidemment de ne pas se faire suivre.
Non à l'auto-déstabilisation! …
Non, c'est à la presse haïtienne qu'il revient de prendre elle-même la question en main.
La semaine dernière, même pour annoncer l'approche de la tempête Emily que les prévisionnistes de TV5 doivent dire 'la maudite Haïti'!
Ou quand on lit dans Le Monde ou Le Figaro: 'évidemment c'est moins dangereux qu'en Haïti, en Irak ou en Afghanistan.'
Et comment parler de la famine qui fait rage actuellement en Somalie sans oublier de mentionner Haïti!
Est-ce qu'on doit continuer à apporter de l'eau au moulin de cette déstabilisation dont on sait qu'elle est fort intéressée?
Et aujourd'hui encore continuer à nous déstabiliser nous-mêmes alors que nous en payons les conséquences!
Haïti en Marche, 7 Août 2011
http://www.haitienmarche.com/articledelasemaine.php?completedate=2011-08-08
Nos médias se braquent et accusent le président d'arbitraire et de pouvoir représenter une menace pour la liberté de l'information.
Un dialogue de sourds, c'est à dire qui ne dit pas toute la vérité sur la question.
1 : La presse est-elle négative dans son traitement de l'actualité nationale ?
2 : Le président a-t-il le droit d'avoir son opinion comme tout citoyen ?
3 : Michel Martelly a-t-il par contre le droit de chercher à influencer la presse jusqu'à déclarer quels sont ses médias préférés, divisant ainsi délibérément la presse entre médias pro-Martelly (sous-entendu méritant les faveurs du prince) et les anti-Martelly donc pouvant être éventuellement victimes du courroux présidentiel ?
‘Président de tous les Haïtiens' ( ?) …
Le président Martelly et le citoyen Martelly ne sont pas tout à fait une seule et même chose.
Le citoyen Martelly peut avoir ses préférences parmi les médias, ainsi que ses amis. C'est humain, comme on dit. D'autant que sa longue carrière de musicien l'y prépare.
Mais une fois qu'il parle en qualité de chef de l'Etat, le président Martelly est soumis à ce qu'on appelle : l'obligation de réserve. C'est pas par hasard qu'on dit ‘président de tous les Haïtiens.'
Tout comme il n'a pas le droit de parler de la Radio-Télévision Nationale d'Haïti (RTNH) comme de son bien propre. C'est un média public et de service public, qui est financé avec des fonds de l'Etat haïtien, donc appartenant à toutes les catégories de la population comme de la classe politique. Et il n'y a que sous les régimes totalitaires que le chef de l'Etat peut dire : ‘L'Etat c'est moi !'
Ceci dit, est-ce que la presse haïtienne présente une mauvaise image d'Haïti ?
On ne peut le cacher, la réponse est oui. Et pour toutes sortes de raisons, dues autant au manque de formation qu'à une concurrence médiocre entre une trop grande quantité de radios et de télévisions pour un marché publicitaire exigu …
Haïti comme laboratoire ! …
Mais due aussi à une certaine influence internationale qui (il y a quelques années) s'est livrée sciemment à une manipulation des jeunes journalistes haïtiens comme pour tester les nouvelles armes de conquête (et d'agression) internationale que sont la désinformation et la déstabilisation, en amenant les jeunes confrères haïtiens à les utiliser contre leur propre pays. Haïti comme laboratoire !
Nous payons aussi aujourd'hui le prix de ces expériences malhonnêtes.
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Des chiens savants …
C'est un mélange assez complexe à la fois de chômage qui pousse de nombreux jeunes à entrer dans une branche quelconque sans aucune intention d'en faire une profession, cela joint à une explosion de la bande FM (puis des stations de télévision) lancées dans une concurrence acharnée pour les quelques rares commanditaires de la place, avec pour conséquence qu'on ne prend plus le temps pour la formation du personnel et que celui-ci se complait vite dans sa médiocrité 'triomphante', véritables chiens savants car en effet les nouvelles technologies sont censées remplacer toutes les années qu'on peut passer sur les bancs de l'université ou dans un centre de training. Du moins le croient-ils!
Mais le dernier gadget électronique ne peut vous apprendre à faire la différence entre un simple incident et un grand événement.
De plus nous vivons, ne l'oublions pas, dans un pays à plus de 60% d'analphabètes. Et où environ le tiers d'une population de 10 millions d'âmes se trouve concentré à la capitale.
Ensuite, de soi-disant instituts de sondage poussent à cette même tendance au nivellement par le bas. A cette guerre à forte dose contre la qualité. Encourageant donc nos médias au moindre effort.
Charité bien ordonnée commence par soi-même! …
Par conséquent ce n'est pas tant (ce n'est plus) une volonté délibérée de salir l'image du pays dont il s'agit, ce n'est pas une intention politique (sauf peut-être chez certaines publications paraissant à l'extérieur du pays), mais c'est pour beaucoup d'entre nous parce que ne sachant faire autrement. C'est aussi simple que cela.
Cependant est-ce au président Martelly qu'il revient d'apporter une correction au problème?
Mais d'abord le président a-t-il le droit d'avoir son avis sur la question? Absolument oui. D'autant qu'il s'attribue la mission de lutter contre la mauvaise image du pays. Sur tous les fronts. Extérieur (par ses voyages incessants à l'étranger) et intérieur aussi, bien entendu, charité bien ordonnée!
Cependant le président Martelly adresse très mal la question en en faisant un instrument polémique. Allant jusqu'à afficher ses préférences au niveau des médias eux-mêmes. C'est la meilleure façon évidemment de ne pas se faire suivre.
Non à l'auto-déstabilisation! …
Non, c'est à la presse haïtienne qu'il revient de prendre elle-même la question en main.
La semaine dernière, même pour annoncer l'approche de la tempête Emily que les prévisionnistes de TV5 doivent dire 'la maudite Haïti'!
Ou quand on lit dans Le Monde ou Le Figaro: 'évidemment c'est moins dangereux qu'en Haïti, en Irak ou en Afghanistan.'
Et comment parler de la famine qui fait rage actuellement en Somalie sans oublier de mentionner Haïti!
Est-ce qu'on doit continuer à apporter de l'eau au moulin de cette déstabilisation dont on sait qu'elle est fort intéressée?
Et aujourd'hui encore continuer à nous déstabiliser nous-mêmes alors que nous en payons les conséquences!
Haïti en Marche, 7 Août 2011
http://www.haitienmarche.com/articledelasemaine.php?completedate=2011-08-08
EVENS PAUL PROCHAIN PREMIER MINISTRE DESIGNE
Le président de la République d’Haïti serait sur le point de désigner l’ancien maire de Port-au-Prince Evans Paul pour diriger son gouvernement. Selon des sources proches du Palais National, le leader de la Convention de l’Unité Démocratique a été approché. Le désormais cadre de la Plateforme Alternative serait en train de voir la proposition.
Les informations rapportent que Evans Paul et Thierry Mayard Paul, l’actuel chef de cabinet du président Michel Martelly, étaient les mieux placés pour être désigné au poste de premier ministre, mais ce dernier a fait part mardi de son désintéressement, affirmant qu’il préfère rester chef de cabinet.« Non, je ne suis pas intéressé, c'est officiel. Je suis le chef du cabinet du président Martelly et je reste à ce poste », a répondu Thierry Mayard-Paul à une question de l’agence HPN qui voulait confirmer l’information circulant dans le milieu politique lundi selon laquelle le fils du feu Me Constantin Mayard Paul allait être désigné.
Invité à réagir à l’éventualité de la désignation du juriste, le sénateur Anick François Joseph a affirmé que ce serait le pire choix que le président Martelly aurait fait. Thierry Mayard Paul a deux fois moins de chance de passer là où Me Bernard Gousse a échoué le 2 Aout 2011, si l’on en croit l’élu de l’Artibonite. Anick François Joseph qui évoquait la tendance au parlement a essayé de présenter l’image que ses collègues sénateurs se font de monsieur Mayard Paul. « ….un homme envahissant, arrogant, qui au cours des rencontres avec le président de la République, cherchent à monopoliser la parole », a-t-il dit.
Grégory Mayard Paul, frère de Thierry a reconnu mardi que le président de la République discute avec son équipe afin de choisir la personnalité capable de faire l’unanimité au parlement. Ce n’est qu’après avoir fait son choix que le chef de l’Etat entrera en consultation avec les présidents des deux chambres, a-t-il révélé.
Ce sont de mauvaises stratégies, réagit le sénateur Anacacis Jean Hector qui croit que les consultations devraient partir du parlement. Il s’agit de manœuvres dilatoires, selon un élu du Sud qui n’entend pas se plier aux exigences d’un groupe de son département qui appelle à manifester pour faire pressions sur les élus de ce département afin qu’ils soutiennent le projet politique du président Martelly.
Le sénateur Joseph Lambert croit que le chef de l’Etat a intérêt à choisir une personnalité capable d’inspirer confiance.
Etant donné le niveau de crédibilité qu’il a acquis ces derniers temps au niveau de la classe politique et sa longue expérience de militant, Evans Paul devrait pouvoir se faire admettre au parlement dont les membres affichent une certaine hostilité par rapport à la présidence qu’ils estiment trop arrogante.
Entretemps c’est de l’impatience au Palais Législatif. Des parlementaires estiment que le président de la République a pris trop de temps avant de relancer les consultations en vue de la nomination d’un nouveau premier ministre. Jusqu’à mardi, les présidents des deux chambres n’étaient pas encore consultés autour du choix d’une personnalité.
Il faut dire que le sociologue Daniel Supplice, conseiller politique du chef de l’Etat et l’ancien candidat à la présidence Jean Henry Céant sont parmi les personnalités citées comme potentiels candidats à la primaturhttp://www.signalfmhaiti.com/index.php?option=com_content&view=article&id=3851%3Ahaiti-evans-paul-premier-ministre-&catid=34%3Apolitiquee
mercredi 10 août 2011
Parrainage Québec-Haïti: difficile adaptation
La Presse
Pauline Dorval est arrivée d'Haïti au Québec avec sa famille le 15 mars. Tout comme son mari, elle gagne déjà très correctement sa vie et envisage un retour aux études. Rapidement, avec sa famille, elle s'est installée dans un appartement tout à fait convenable, avec trois chambres à coucher. «Je n'ai pas à me plaindre», dit-elle. Cet atterrissage en douceur est loin d'être le lot de tous les Haïtiens immigrés ici depuis le tremblement de terre.»
Mme Dorval était bien outillée à son arrivée ici. Détentrice d'un diplôme en gestion, elle était infirmière auxiliaire en Haïti. Son époux, lui, enseignait l'histoire et la géographie. Ici, elle occupe un poste de commis de bureau qui l'amène à faire un peu de comptabilité.
Lui n'a pas encore trouvé un emploi à la mesure de ses capacités, mais ça va, dit Mme Dorval: il est agent de sécurité. De toute façon, il était impensable pour eux et leurs enfants de rester en Haïti. «J'ai peur du pays», dit Pauline Dorval.
Trop instable, trop difficile d'y gagner sa vie? Rien à voir. «En fait, depuis le séisme, nous sommes tous traumatisés. Les enfants, surtout, mais nous aussi, confie Mme Dorval. Moi, par exemple, je ne supporte pas que des gens courent et fassent vibrer le plancher. Quand ça arrive, je me sens mal.» Alors même si le couple avait en Haïti sa propre maison, des emplois qui correspondaient plus à leurs études, c'est ici qu'ils veulent faire leur vie. La bureaucratie? Les permis? Tout s'est fait facilement, dans les temps.
Manque d'entraide
Voilà qui tranche avec l'histoire de Marie-Ange (nom fictif), qui occupait un poste dans la sécurité en Haïti. Au Québec depuis janvier, elle a bien trouvé au départ un bon travail dans une pâtisserie, mais les choses se sont gâtées depuis. On lui a retiré son statut de résidente temporaire et son permis de travail, dit-elle, ce qui l'a empêchée de continuer de travailler. En discutant un peu, on comprend qu'en fait, elle a omis d'envoyer ses renouvellements dans les temps parce qu'elle n'avait pas l'argent requis.
Son mari est dans la même situation et le couple a deux enfants en bas âge. «Je veux retourner en Haïti, dit-elle. Là-bas, au moins, les gens s'entraident quand il y a un problème. On n'est pas laissés à nous-mêmes.»
Roger Petit-Frère, cofondateur du regroupement des intervenants d'origine haïtienne de Montréal-Nord, connaît bien le problème. «Les gens qui arrivent d'Haïti ont du mal à s'adapter au système. Souvent, plutôt que de dire qu'elle n'arrive pas à assumer le coût de tel ou tel permis, une personne laisse passer le délai», relève M. Petit-Frère.
Mais ces gens n'ont-ils pas obligatoirement un parrain au pays capable de les aiguiller? «Oui, mais même si cette personne habite ici depuis longtemps, elle ne sait pas nécessairement comment naviguer dans toutes les procédures. C'est compliqué, et à mon avis, le gouvernement canadien ne traite pas les dossiers avec toute l'humanité requise.»
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/seisme-en-haiti/201108/08/01-4424283-parrainage-quebec-haiti-difficile-adaptation.php
Pauline Dorval est arrivée d'Haïti au Québec avec sa famille le 15 mars. Tout comme son mari, elle gagne déjà très correctement sa vie et envisage un retour aux études. Rapidement, avec sa famille, elle s'est installée dans un appartement tout à fait convenable, avec trois chambres à coucher. «Je n'ai pas à me plaindre», dit-elle. Cet atterrissage en douceur est loin d'être le lot de tous les Haïtiens immigrés ici depuis le tremblement de terre.»
Mme Dorval était bien outillée à son arrivée ici. Détentrice d'un diplôme en gestion, elle était infirmière auxiliaire en Haïti. Son époux, lui, enseignait l'histoire et la géographie. Ici, elle occupe un poste de commis de bureau qui l'amène à faire un peu de comptabilité.
Lui n'a pas encore trouvé un emploi à la mesure de ses capacités, mais ça va, dit Mme Dorval: il est agent de sécurité. De toute façon, il était impensable pour eux et leurs enfants de rester en Haïti. «J'ai peur du pays», dit Pauline Dorval.
Trop instable, trop difficile d'y gagner sa vie? Rien à voir. «En fait, depuis le séisme, nous sommes tous traumatisés. Les enfants, surtout, mais nous aussi, confie Mme Dorval. Moi, par exemple, je ne supporte pas que des gens courent et fassent vibrer le plancher. Quand ça arrive, je me sens mal.» Alors même si le couple avait en Haïti sa propre maison, des emplois qui correspondaient plus à leurs études, c'est ici qu'ils veulent faire leur vie. La bureaucratie? Les permis? Tout s'est fait facilement, dans les temps.
Manque d'entraide
Voilà qui tranche avec l'histoire de Marie-Ange (nom fictif), qui occupait un poste dans la sécurité en Haïti. Au Québec depuis janvier, elle a bien trouvé au départ un bon travail dans une pâtisserie, mais les choses se sont gâtées depuis. On lui a retiré son statut de résidente temporaire et son permis de travail, dit-elle, ce qui l'a empêchée de continuer de travailler. En discutant un peu, on comprend qu'en fait, elle a omis d'envoyer ses renouvellements dans les temps parce qu'elle n'avait pas l'argent requis.
Son mari est dans la même situation et le couple a deux enfants en bas âge. «Je veux retourner en Haïti, dit-elle. Là-bas, au moins, les gens s'entraident quand il y a un problème. On n'est pas laissés à nous-mêmes.»
Roger Petit-Frère, cofondateur du regroupement des intervenants d'origine haïtienne de Montréal-Nord, connaît bien le problème. «Les gens qui arrivent d'Haïti ont du mal à s'adapter au système. Souvent, plutôt que de dire qu'elle n'arrive pas à assumer le coût de tel ou tel permis, une personne laisse passer le délai», relève M. Petit-Frère.
Mais ces gens n'ont-ils pas obligatoirement un parrain au pays capable de les aiguiller? «Oui, mais même si cette personne habite ici depuis longtemps, elle ne sait pas nécessairement comment naviguer dans toutes les procédures. C'est compliqué, et à mon avis, le gouvernement canadien ne traite pas les dossiers avec toute l'humanité requise.»
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/seisme-en-haiti/201108/08/01-4424283-parrainage-quebec-haiti-difficile-adaptation.php
Parrainage Québec-Haïti: l'urgence passée, la vie continue
La Presse
Dans les jours qui ont suivi le séisme en Haïti, Québec a mis sur pied un programme de parrainage pour permettre aux citoyens d'origine haïtienne de faire sortir rapidement leurs proches du pays en ruine. Les demandeurs ont ensuite dû patienter - et pester - à cause des longs délais imposés par la bureaucratie canadienne. Mais un an et demi plus tard, un constat surprend: le tiers des demandeurs tardent encore à compléter leur dossier de parrainage. Explications.
Plus du tiers des demandes de parrainage d'Haïtiens sinistrés à la suite du séisme de janvier 2010 attendent toujours d'être approuvées par Immigration Canada. Et cette fois, Ottawa n'y est pour rien: ce sont plutôt les demandeurs eux-mêmes qui tardent à compléter le dossier pour faire venir leurs proches.
Les dernières données compilées par Citoyenneté et Immigration Canada (CIC) indiquent que, en date du 2 juin, 3100 demandes ont été reçues. De ce nombre, 1800 ont été approuvées et «plus de 1100 sont toujours en attente d'une décision», écrit la porte-parole de CIC, Rachel Bédard. Les demandes en attente d'une décision «ont été examinées par un agent», précise la porte-parole, mais «nous attendons que le demandeur ait soumis tous les documents exigés avant de lui accorder un visa». «Ces documents comprennent les résultats de l'examen médical, le paiement des frais associés au visa de résident permanent, la déclaration selon laquelle une personne à charge fréquente à temps plein un établissement d'enseignement, etc.»
Roger Petit-Frère, conseiller au Centre de formation Jean-Paul-Lemay, a accompagné plusieurs de ses compatriotes dans ces démarches auprès des services d'immigration. «Pour certains, c'est un problème d'argent: il faut 490$ pour remplir le dossier, dit-il. Et puis, l'émotion est passée.»
L'émotion? «Oui. Le temps a passé et la vie continue, à Haïti.»
«Moi-même, dit M. Petit-Frère, j'ai une soeur à Haïti pour laquelle on a fait une demande qui n'est pas encore complétée.» Sa soeur a un bon travail à Haïti et est déjà venue le voir à Montréal avec un visa de touriste. «Elle n'est plus aussi pressée, dit-il. C'est le cas des personnes qui ont une profession à Haïti. Mais ceux qui sont dans la misère, sans travail, sans avenir, eux veulent venir ici.»
Rushler Vaval, du Carrefour intercultures de Laval, voit plusieurs demandeurs se heurter à la bureaucratie, surtout en Haïti. Des actes de naissance comportant des erreurs de nom ou de dates et qu'il faut refaire, un mauvais formulaire pour les antécédents judiciaires, un passeport difficile à faire renouveler... «Le Canada demande que le passeport soit valide pour encore deux ans, dit M. Vaval. Mais Haïti ne renouvelle pas le passeport s'il est encore bon pour plus de six mois. Les gens doivent donc attendre plusieurs mois pour le faire renouveler.»
À moins de connaître quelqu'un dans l'administration et de payer un «supplément» pour obtenir un document plus rapidement. «La bureaucratie à Haïti est scabreuse, dit M. Vaval. Normalement, pour faire une carte d'identité, ça devrait prendre une journée. Mais là-bas, on peut attendre un mois. Ou alors on doit donner beaucoup d'argent.»
L'intégration, la clé?
Le 3 février 2010, moins d'un mois après le séisme, Québec a adopté des mesures extraordinaires pour élargir la notion de famille aux fins de la réunification. Le «programme spécial de parrainage humanitaire» permettait aux citoyens canadiens et résidants québécois d'origine haïtienne de parrainer des membres de leur famille normalement exclus des programmes de parrainage, comme les frères et soeurs ainsi que les enfants adultes.
Québec s'était engagé à accueillir 3000 demandes; l'objectif a été atteint en cinq mois et, en juillet dernier, Québec a annoncé la fin du programme. Les dossiers retenus par Québec doivent ensuite être approuvés par Citoyenneté et Immigration Canada, qui vérifie notamment les antécédents judiciaires des candidats.
Les critères de parrainage ont peut-être été assouplis, mais les demandeurs sont quand même soumis à de sévères conditions, notamment sur les garanties financières pour soutenir les membres de leur famille. Plusieurs demandes ont été rejetées parce que les garanties fournies n'étaient pas suffisantes.
Mais plusieurs demandes, estime Roger Petit-Frère, ont trébuché sur la «capacité d'intégration au Québec».
«C'est une raison subtile, dont on n'a pas beaucoup parlé, mais que le gouvernement applique», dit-il. Il songe au cas d'une personne qui a voulu faire venir sa mère, âgée et peu instruite. «On a rejeté la demande, même si la fille avait les garanties financières nécessaires. Je sais qu'il y a beaucoup de cas comme ça, que beaucoup de demandes rejetées concernent des gens qui avaient moins de capacité à s'intégrer à la société.»
«On a parlé de parrainage humanitaire, mais on voit que le mot humanitaire n'est pas très présent. On aurait pu simplement dire pour les gens victimes du séisme» dit M. Petit-Frère. «Mais les demandes de ceux qui ont de bonnes garanties financières sont plus rapidement accueillies», précise le conseiller.
Rushler Vaval, de son côté, a vu des familles séparées parce que des neveux et nièces adultes, par exemple, n'ont pu accompagner leurs parents. «Une dame ici a pu faire venir sa soeur et son beau-frère, mais seulement deux de leurs quatre enfants.» Les deux enfants refusés sont âgés de plus de 22 ans, mais ils sont encore aux études. Les parents n'ont pas démontré à la satisfaction des autorités canadiennes que leurs enfants étaient encore à leur charge. «La mère a pleuré d'avoir dû laisser ses deux enfants derrière», dit M. Vaval.
Mais la plupart des démarches se terminent bien, précisent les deux conseillers. À la fin, dit M. Petit-Frère, il reste une grande reconnaissance envers Québec pour ce programme. «On a encore l'impression qu'Ottawa n'a pas fait tout ce qu'il aurait pu pour venir en aide à ces gens-là. On pense que Québec a fait beaucoup plus. Le Québec était de bonne foi et il a agi.»
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/seisme-en-haiti/201108/08/01-4424279-parrainage-quebec-haiti-lurgence-passee-la-vie-continue.php
Dans les jours qui ont suivi le séisme en Haïti, Québec a mis sur pied un programme de parrainage pour permettre aux citoyens d'origine haïtienne de faire sortir rapidement leurs proches du pays en ruine. Les demandeurs ont ensuite dû patienter - et pester - à cause des longs délais imposés par la bureaucratie canadienne. Mais un an et demi plus tard, un constat surprend: le tiers des demandeurs tardent encore à compléter leur dossier de parrainage. Explications.
Plus du tiers des demandes de parrainage d'Haïtiens sinistrés à la suite du séisme de janvier 2010 attendent toujours d'être approuvées par Immigration Canada. Et cette fois, Ottawa n'y est pour rien: ce sont plutôt les demandeurs eux-mêmes qui tardent à compléter le dossier pour faire venir leurs proches.
Les dernières données compilées par Citoyenneté et Immigration Canada (CIC) indiquent que, en date du 2 juin, 3100 demandes ont été reçues. De ce nombre, 1800 ont été approuvées et «plus de 1100 sont toujours en attente d'une décision», écrit la porte-parole de CIC, Rachel Bédard. Les demandes en attente d'une décision «ont été examinées par un agent», précise la porte-parole, mais «nous attendons que le demandeur ait soumis tous les documents exigés avant de lui accorder un visa». «Ces documents comprennent les résultats de l'examen médical, le paiement des frais associés au visa de résident permanent, la déclaration selon laquelle une personne à charge fréquente à temps plein un établissement d'enseignement, etc.»
Roger Petit-Frère, conseiller au Centre de formation Jean-Paul-Lemay, a accompagné plusieurs de ses compatriotes dans ces démarches auprès des services d'immigration. «Pour certains, c'est un problème d'argent: il faut 490$ pour remplir le dossier, dit-il. Et puis, l'émotion est passée.»
L'émotion? «Oui. Le temps a passé et la vie continue, à Haïti.»
«Moi-même, dit M. Petit-Frère, j'ai une soeur à Haïti pour laquelle on a fait une demande qui n'est pas encore complétée.» Sa soeur a un bon travail à Haïti et est déjà venue le voir à Montréal avec un visa de touriste. «Elle n'est plus aussi pressée, dit-il. C'est le cas des personnes qui ont une profession à Haïti. Mais ceux qui sont dans la misère, sans travail, sans avenir, eux veulent venir ici.»
Rushler Vaval, du Carrefour intercultures de Laval, voit plusieurs demandeurs se heurter à la bureaucratie, surtout en Haïti. Des actes de naissance comportant des erreurs de nom ou de dates et qu'il faut refaire, un mauvais formulaire pour les antécédents judiciaires, un passeport difficile à faire renouveler... «Le Canada demande que le passeport soit valide pour encore deux ans, dit M. Vaval. Mais Haïti ne renouvelle pas le passeport s'il est encore bon pour plus de six mois. Les gens doivent donc attendre plusieurs mois pour le faire renouveler.»
À moins de connaître quelqu'un dans l'administration et de payer un «supplément» pour obtenir un document plus rapidement. «La bureaucratie à Haïti est scabreuse, dit M. Vaval. Normalement, pour faire une carte d'identité, ça devrait prendre une journée. Mais là-bas, on peut attendre un mois. Ou alors on doit donner beaucoup d'argent.»
L'intégration, la clé?
Le 3 février 2010, moins d'un mois après le séisme, Québec a adopté des mesures extraordinaires pour élargir la notion de famille aux fins de la réunification. Le «programme spécial de parrainage humanitaire» permettait aux citoyens canadiens et résidants québécois d'origine haïtienne de parrainer des membres de leur famille normalement exclus des programmes de parrainage, comme les frères et soeurs ainsi que les enfants adultes.
Québec s'était engagé à accueillir 3000 demandes; l'objectif a été atteint en cinq mois et, en juillet dernier, Québec a annoncé la fin du programme. Les dossiers retenus par Québec doivent ensuite être approuvés par Citoyenneté et Immigration Canada, qui vérifie notamment les antécédents judiciaires des candidats.
Les critères de parrainage ont peut-être été assouplis, mais les demandeurs sont quand même soumis à de sévères conditions, notamment sur les garanties financières pour soutenir les membres de leur famille. Plusieurs demandes ont été rejetées parce que les garanties fournies n'étaient pas suffisantes.
Mais plusieurs demandes, estime Roger Petit-Frère, ont trébuché sur la «capacité d'intégration au Québec».
«C'est une raison subtile, dont on n'a pas beaucoup parlé, mais que le gouvernement applique», dit-il. Il songe au cas d'une personne qui a voulu faire venir sa mère, âgée et peu instruite. «On a rejeté la demande, même si la fille avait les garanties financières nécessaires. Je sais qu'il y a beaucoup de cas comme ça, que beaucoup de demandes rejetées concernent des gens qui avaient moins de capacité à s'intégrer à la société.»
«On a parlé de parrainage humanitaire, mais on voit que le mot humanitaire n'est pas très présent. On aurait pu simplement dire pour les gens victimes du séisme» dit M. Petit-Frère. «Mais les demandes de ceux qui ont de bonnes garanties financières sont plus rapidement accueillies», précise le conseiller.
Rushler Vaval, de son côté, a vu des familles séparées parce que des neveux et nièces adultes, par exemple, n'ont pu accompagner leurs parents. «Une dame ici a pu faire venir sa soeur et son beau-frère, mais seulement deux de leurs quatre enfants.» Les deux enfants refusés sont âgés de plus de 22 ans, mais ils sont encore aux études. Les parents n'ont pas démontré à la satisfaction des autorités canadiennes que leurs enfants étaient encore à leur charge. «La mère a pleuré d'avoir dû laisser ses deux enfants derrière», dit M. Vaval.
Mais la plupart des démarches se terminent bien, précisent les deux conseillers. À la fin, dit M. Petit-Frère, il reste une grande reconnaissance envers Québec pour ce programme. «On a encore l'impression qu'Ottawa n'a pas fait tout ce qu'il aurait pu pour venir en aide à ces gens-là. On pense que Québec a fait beaucoup plus. Le Québec était de bonne foi et il a agi.»
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/seisme-en-haiti/201108/08/01-4424279-parrainage-quebec-haiti-lurgence-passee-la-vie-continue.php
«L'école Alexandra» en Haïti: donner un sens à la mort, comme à la vie
Publié le 08 août 2011 à 05h00
Gilbert Lavoie, Le Soleil
(Québec) Comme tous les parents qui ont perdu un enfant, Marie-Dominique Bédard a dû «faire son deuil». Une expérience terriblement exigeante qu'il faut accepter, selon elle, pour arriver à s'en sortir. «Il faut foncer dedans, il faut le faire. C'est une décision que l'on prend. Ou bien tu la fuies toute ta vie, ou tu rentres dedans. Moi, j'ai décidé de rentrer dedans.»
Il lui a fallu du temps pour y parvenir. «J'ai d'abord vécu une année où je n'étais pas là, pas concentrée. J'en reviens avec une vision de la mort et de la vie qui n'est plus la même, explique-t-elle. Pour moi, la mort fait partie de la vie. Je ne dis pas que ce n'est pas triste, je dis juste que c'est normal. On a tendance à penser que la mort, ce n'est pas normal, mais c'est normal. Elle n'est pas intégrée dans notre société. En dedans de 24 heures, les morts sont enterrés, les sandwichs sont mangés, puis tout est fini.» La fin de ce deuil ne signifie pas qu'on oublie sa perte, ajoute Mme Bédard, tout au contraire.
«Je vais souvent au cimetière, j'y mets des fleurs, je lui parle et elle est avec moi. Des fois, je me dis qu'elle n'est peut-être plus là du tout. Mais quand j'écoute toutes les mères qui ont perdu des enfants, c'est une autre dimension. Je n'avais pas compris ce qu'elles disaient autant que maintenant. C'est sûr que c'est ton enfant, ça t'arrache une partie de toi-même, et tu vas toujours rester avec une perte. Mais il y a quelque chose là-dedans. Ce n'est pas le fun, mais c'est l'apprentissage de la sagesse par rapport à la vie et la mort. J'ai changé beaucoup là-dessus.»
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/societe/201108/07/01-4424152-lecole-alexandra-en-haiti-donner-un-sens-a-la-mort-comme-a-la-vie.php
Gilbert Lavoie, Le Soleil
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| Les travaux de construction des classes de maternelle sont en cours depuis le mois de mai. |
Il lui a fallu du temps pour y parvenir. «J'ai d'abord vécu une année où je n'étais pas là, pas concentrée. J'en reviens avec une vision de la mort et de la vie qui n'est plus la même, explique-t-elle. Pour moi, la mort fait partie de la vie. Je ne dis pas que ce n'est pas triste, je dis juste que c'est normal. On a tendance à penser que la mort, ce n'est pas normal, mais c'est normal. Elle n'est pas intégrée dans notre société. En dedans de 24 heures, les morts sont enterrés, les sandwichs sont mangés, puis tout est fini.» La fin de ce deuil ne signifie pas qu'on oublie sa perte, ajoute Mme Bédard, tout au contraire.
«Je vais souvent au cimetière, j'y mets des fleurs, je lui parle et elle est avec moi. Des fois, je me dis qu'elle n'est peut-être plus là du tout. Mais quand j'écoute toutes les mères qui ont perdu des enfants, c'est une autre dimension. Je n'avais pas compris ce qu'elles disaient autant que maintenant. C'est sûr que c'est ton enfant, ça t'arrache une partie de toi-même, et tu vas toujours rester avec une perte. Mais il y a quelque chose là-dedans. Ce n'est pas le fun, mais c'est l'apprentissage de la sagesse par rapport à la vie et la mort. J'ai changé beaucoup là-dessus.»
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/societe/201108/07/01-4424152-lecole-alexandra-en-haiti-donner-un-sens-a-la-mort-comme-a-la-vie.php
Haïti: le rêve d'Alexandra Duguay se concrétise
Publié le 08 août 2011
Gilbert Lavoie, Le Soleil
(Québec) Elle a fait son deuil, mais elle n'a pas oublié sa mission. Marie-Dominique Bédard, la mère d'Alexandra Duguay, cette employée de l'ONU décédée à Port-au-Prince dans le séisme de 2010, se rendra en Haïti au début d'octobre. Elle remettra à soeur Flora les clefs de «l'école Alexandra», construite à l'orphelinat de l'île à Vache, grâce aux fonds recueillis en mémoire de sa fille.
Les travaux de construction de quatre nouvelles classes pour les élèves de la maternelle ont commencé à la fin avril et vont bon train. Les locaux de l'école primaire font également l'objet d'une rénovation. C'est un projet de 155 000 $, dont plus du tiers provient des quelque 60 000 $ recueillis par Mme Bédard et des amis, dont le restaurateur Jacques Fortier, avec l'aide de la famille de Marc-André Franche, le conjoint d'Alex.
Ce dernier a d'ailleurs repris son travail au sein du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en Haïti, ce qui lui a permis de superviser le projet. Il a conclu une entente avec une fondation locale, la Digitel, qui investira les 100 000 $ qui manquent. M. Franche s'est également engagé à fournir les bureaux et le matériel pédagogique nécessaires à l'école, afin d'améliorer ainsi les conditions de travail des professeurs. Par l'entremise d'une amie, il a recruté un professeur de maternelle, Nathalie Gadbois, qui est sur l'île à Vache depuis le 9 juillet jusqu'au 25, pour former et actualiser les méthodes pédagogiques des quatre professeurs de maternelle de l'école. «Il va peut-être manquer un peu de fonds, et je vais couvrir la différence», annonce-t-il à la famille d'Alex dans un courriel. Le rêve d'Alexandra prend vie.
Malgré le succès de ses levées de fonds, Marie-Dominique Bédard n'est pas restée inactive au cours de la dernière année. Elle a, dans son sous-sol, deux boîtes de jeux éducatifs destinés aux enfants de l'école Alexandra. Ils ont été fabriqués par les enfants de l'école Les Bocages de Cap-Rouge, qui les lui ont remis à l'occasion d'une cérémonie spéciale en février. Des jeux de toute nature, allant des casse-tête, aux marionnettes, en passant par des exercices de mémorisation.
Pourquoi cette cause?
C'est à la suggestion de sa mère qu'Alexandra Duguay s'est donné une cause en Haïti. «Quand elle est partie là-bas, je n'étais pas très enthousiaste et je lui ai dit de se trouver une oeuvre à laquelle je pourrais participer de Québec. Au moins, ça me permettait de m'impliquer dans le fait qu'elle soit en Haïti.»
C'est à l'occasion de vacances à l'île à Vache et d'une visite à l'institution de soeur Flora qu'elle a pris sa décision. «Elle a été vraiment émue. Elle a vu les enfants, l'état de la maternelle et les conditions dans lesquelles les professeurs travaillaient et elle s'est dit que c'est ça qu'elle voulait améliorer.»
Dès son retour, à Noël, la jeune femme a récolté plus de 1000 $ en organisant une vente aux enchères dans sa maison en Haïti. «Et le 31 décembre, elle est allée faire un réveillon aux enfants avec des amis, raconte sa mère. Ils ont donné le reste de l'argent à soeur Flora. Et 10 jours après, elle est morte...»
Marie-Dominique Bédard a su tout de suite qu'elle poursuivrait la mission de sa fille. «Forcément, parce que sinon, y a rien qui a un sens. Je me dis qu'au moins, elle regarde ça, c'est ça qu'elle voulait, et c'est parfait.»
Mission accomplie? Jamais totalement. L'oeuvre de sa fille se poursuivra, grâce à l'aide des donateurs qui continuent d'appuyer l'orphelinat de soeur Flora, par l'entremise des Ailes de l'Espérance qui a créé un fonds à part pour cette cause. Le père de Marc-André Franche, André Franche, y voit personnellement.
Un sens à la mort, comme à la vie
Comme tous les parents qui ont perdu un enfant, Marie-Dominique Bédard a dû «faire son deuil». Une expérience terriblement exigeante qu'il faut accepter, selon elle, pour arriver à s'en sortir. «Il faut foncer dedans, il faut le faire. C'est une décision que l'on prend. Ou bien tu la fuies toute ta vie, ou tu rentres dedans. Moi, j'ai décidé de rentrer dedans.»
Il lui a fallu du temps pour y parvenir. «J'ai d'abord vécu une année où je n'étais pas là, pas concentrée. J'en reviens avec une vision de la mort et de la vie qui n'est plus la même, explique-t-elle. Pour moi, la mort fait partie de la vie. Je ne dis pas que ce n'est pas triste, je dis juste que c'est normal. On a tendance à penser que la mort, ce n'est pas normal, mais c'est normal. Elle n'est pas intégrée dans notre société. En dedans de 24 heures, les morts sont enterrés, les sandwichs sont mangés, puis tout est fini.» La fin de ce deuil ne signifie pas qu'on oublie sa perte, ajoute Mme Bédard, tout au contraire.
«Je vais souvent au cimetière, j'y mets des fleurs, je lui parle et elle est avec moi. Des fois, je me dis qu'elle n'est peut-être plus là du tout. Mais quand j'écoute toutes les mères qui ont perdu des enfants, c'est une autre dimension. Je n'avais pas compris ce qu'elles disaient autant que maintenant. C'est sûr que c'est ton enfant, ça t'arrache une partie de toi-même, et tu vas toujours rester avec une perte. Mais il y a quelque chose là-dedans. Ce n'est pas le fun, mais c'est l'apprentissage de la sagesse par rapport à la vie et la mort. J'ai changé beaucoup là-dessus.»
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/societe/201108/07/01-4424151-haiti-le-reve-dalexandra-duguay-se-concretise.php
Gilbert Lavoie, Le Soleil
(Québec) Elle a fait son deuil, mais elle n'a pas oublié sa mission. Marie-Dominique Bédard, la mère d'Alexandra Duguay, cette employée de l'ONU décédée à Port-au-Prince dans le séisme de 2010, se rendra en Haïti au début d'octobre. Elle remettra à soeur Flora les clefs de «l'école Alexandra», construite à l'orphelinat de l'île à Vache, grâce aux fonds recueillis en mémoire de sa fille.
Les travaux de construction de quatre nouvelles classes pour les élèves de la maternelle ont commencé à la fin avril et vont bon train. Les locaux de l'école primaire font également l'objet d'une rénovation. C'est un projet de 155 000 $, dont plus du tiers provient des quelque 60 000 $ recueillis par Mme Bédard et des amis, dont le restaurateur Jacques Fortier, avec l'aide de la famille de Marc-André Franche, le conjoint d'Alex.
Ce dernier a d'ailleurs repris son travail au sein du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en Haïti, ce qui lui a permis de superviser le projet. Il a conclu une entente avec une fondation locale, la Digitel, qui investira les 100 000 $ qui manquent. M. Franche s'est également engagé à fournir les bureaux et le matériel pédagogique nécessaires à l'école, afin d'améliorer ainsi les conditions de travail des professeurs. Par l'entremise d'une amie, il a recruté un professeur de maternelle, Nathalie Gadbois, qui est sur l'île à Vache depuis le 9 juillet jusqu'au 25, pour former et actualiser les méthodes pédagogiques des quatre professeurs de maternelle de l'école. «Il va peut-être manquer un peu de fonds, et je vais couvrir la différence», annonce-t-il à la famille d'Alex dans un courriel. Le rêve d'Alexandra prend vie.
Malgré le succès de ses levées de fonds, Marie-Dominique Bédard n'est pas restée inactive au cours de la dernière année. Elle a, dans son sous-sol, deux boîtes de jeux éducatifs destinés aux enfants de l'école Alexandra. Ils ont été fabriqués par les enfants de l'école Les Bocages de Cap-Rouge, qui les lui ont remis à l'occasion d'une cérémonie spéciale en février. Des jeux de toute nature, allant des casse-tête, aux marionnettes, en passant par des exercices de mémorisation.
Pourquoi cette cause?
C'est à la suggestion de sa mère qu'Alexandra Duguay s'est donné une cause en Haïti. «Quand elle est partie là-bas, je n'étais pas très enthousiaste et je lui ai dit de se trouver une oeuvre à laquelle je pourrais participer de Québec. Au moins, ça me permettait de m'impliquer dans le fait qu'elle soit en Haïti.»
C'est à l'occasion de vacances à l'île à Vache et d'une visite à l'institution de soeur Flora qu'elle a pris sa décision. «Elle a été vraiment émue. Elle a vu les enfants, l'état de la maternelle et les conditions dans lesquelles les professeurs travaillaient et elle s'est dit que c'est ça qu'elle voulait améliorer.»
Dès son retour, à Noël, la jeune femme a récolté plus de 1000 $ en organisant une vente aux enchères dans sa maison en Haïti. «Et le 31 décembre, elle est allée faire un réveillon aux enfants avec des amis, raconte sa mère. Ils ont donné le reste de l'argent à soeur Flora. Et 10 jours après, elle est morte...»
Marie-Dominique Bédard a su tout de suite qu'elle poursuivrait la mission de sa fille. «Forcément, parce que sinon, y a rien qui a un sens. Je me dis qu'au moins, elle regarde ça, c'est ça qu'elle voulait, et c'est parfait.»
Mission accomplie? Jamais totalement. L'oeuvre de sa fille se poursuivra, grâce à l'aide des donateurs qui continuent d'appuyer l'orphelinat de soeur Flora, par l'entremise des Ailes de l'Espérance qui a créé un fonds à part pour cette cause. Le père de Marc-André Franche, André Franche, y voit personnellement.
Un sens à la mort, comme à la vie
Comme tous les parents qui ont perdu un enfant, Marie-Dominique Bédard a dû «faire son deuil». Une expérience terriblement exigeante qu'il faut accepter, selon elle, pour arriver à s'en sortir. «Il faut foncer dedans, il faut le faire. C'est une décision que l'on prend. Ou bien tu la fuies toute ta vie, ou tu rentres dedans. Moi, j'ai décidé de rentrer dedans.»
Il lui a fallu du temps pour y parvenir. «J'ai d'abord vécu une année où je n'étais pas là, pas concentrée. J'en reviens avec une vision de la mort et de la vie qui n'est plus la même, explique-t-elle. Pour moi, la mort fait partie de la vie. Je ne dis pas que ce n'est pas triste, je dis juste que c'est normal. On a tendance à penser que la mort, ce n'est pas normal, mais c'est normal. Elle n'est pas intégrée dans notre société. En dedans de 24 heures, les morts sont enterrés, les sandwichs sont mangés, puis tout est fini.» La fin de ce deuil ne signifie pas qu'on oublie sa perte, ajoute Mme Bédard, tout au contraire.
«Je vais souvent au cimetière, j'y mets des fleurs, je lui parle et elle est avec moi. Des fois, je me dis qu'elle n'est peut-être plus là du tout. Mais quand j'écoute toutes les mères qui ont perdu des enfants, c'est une autre dimension. Je n'avais pas compris ce qu'elles disaient autant que maintenant. C'est sûr que c'est ton enfant, ça t'arrache une partie de toi-même, et tu vas toujours rester avec une perte. Mais il y a quelque chose là-dedans. Ce n'est pas le fun, mais c'est l'apprentissage de la sagesse par rapport à la vie et la mort. J'ai changé beaucoup là-dessus.»
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/societe/201108/07/01-4424151-haiti-le-reve-dalexandra-duguay-se-concretise.php
Le Brésil envisage un retrait de ses casques bleus en Haïti
Le nouveau ministre brésilien de la défense, Celso Amorim, envisage un retrait des casques bleus de la Mission des Nations Unis pour la Stabilisation en Haïti (Minustah). Ancien ministre des affaires étrangères ayant effectué deux visites en Haïti, M. Amorim estime que la mission des brésiliens touche à sa fin avec le renforcement de la démocratie et la croissance économique. Il s'agit de changement radical dans la stratégie de M. Amorim qui avait encouragé l'engagement du Brésil au sein de la Minustah sous le gouvernement de Lula.
Entrée en fonction lundi dernier, M. Amorim justifie sa décision par l'essoufflement de l'économie brésilienne. " Au plan international, l'heure est au désengagement militaire et du point de vue économique, la croissance brésilienne s'essouffle", insiste t-il. De plus M. Amorim attire l'attention sur l'amélioration du climat sécuritaire en Haïti. " Même si le pays est loin d'être un havre de paix, il est désormais doté d'un président avec la perspective que les institutions retrouvent un fonctionnement normal", fait-il remarquer.
Les multiples dénonciations dans les medias contre les casques bleus, accusés d'avoir propagé le cholera en Haïti, sont également de nature à provoquer une baisse de la confiance vis-à-vis de la mission onusienne. Un départ des brésiliens qui apportent le plus gros contingent risque de sonner le glas de cette mission arrivée en Haïti en 2004.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=19361
Entrée en fonction lundi dernier, M. Amorim justifie sa décision par l'essoufflement de l'économie brésilienne. " Au plan international, l'heure est au désengagement militaire et du point de vue économique, la croissance brésilienne s'essouffle", insiste t-il. De plus M. Amorim attire l'attention sur l'amélioration du climat sécuritaire en Haïti. " Même si le pays est loin d'être un havre de paix, il est désormais doté d'un président avec la perspective que les institutions retrouvent un fonctionnement normal", fait-il remarquer.
Les multiples dénonciations dans les medias contre les casques bleus, accusés d'avoir propagé le cholera en Haïti, sont également de nature à provoquer une baisse de la confiance vis-à-vis de la mission onusienne. Un départ des brésiliens qui apportent le plus gros contingent risque de sonner le glas de cette mission arrivée en Haïti en 2004.
LLM / radio Métropole Haïti
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Des élus de l'Inité réclament la désignation d'un nouveau Premier Ministre
Des parlementaires de l'Inité, qui avaient rejeté le choix des deux Premiers Ministres désignés, pressent le chef d'Etat haïtien, Michel Martelly, de designer une nouvelle personnalité. De nombreux acteurs s'interrogent sur l'absence de contact officiel entre le chef d'Etat et les président des deux chambres une semaine après le rejet de la candidature de Bernard Gousse. Pire au cours de cette semaine le président Martelly effectuera deux déplacements en Argentine et au Chili.
Au nombre des sénateurs des l'Inité réclamant à cor et a cris la désignation d'un nouveau Premier Ministre, figurent le vice président du sénat, Anacacis Jean Hector et le premier secrétaire de la chambre basse, Guy Gérard Georges.
M. Jean Hector questionne les retombées des déplacements à l'étranger du président Martelly puisqu'aucun ministre des finances ne peut éventuellement traiter le dossier des aides financières. Il soutient que l'absence d'un gouvernement est néfaste au président Martelly qui n'est en réalité qu'un président / portrait et non un chef d'Etat.
Interrogé sur les vrais responsables de l'absence de gouvernement, le sénateur Jean Hector accuse le président Martelly qui n'aurait jamais désigné une "personnalité acceptable". De plus, il met l'accent sur la nécessité d'un partage de poste entre le président et le parti Inité, majoritaire au Parlement.
De son coté, le député Guy Gérard Georges se plaint de la lenteur du chef d'Etat à designer un Premier Ministre. Il estime que le président Martelly devrait reprendre les négociations avec les leaders du Parlement au lendemain du rejet du choix de Bernard Gousse.
Le chef d'Etat doit comprendre que s'il détient la prérogative de designer un premier ministre, les parlementaires ont le droit de rejeter son choix, précise le député Georges pour qui la formation d'un gouvernement légitime est une urgence.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=19362
Au nombre des sénateurs des l'Inité réclamant à cor et a cris la désignation d'un nouveau Premier Ministre, figurent le vice président du sénat, Anacacis Jean Hector et le premier secrétaire de la chambre basse, Guy Gérard Georges.
M. Jean Hector questionne les retombées des déplacements à l'étranger du président Martelly puisqu'aucun ministre des finances ne peut éventuellement traiter le dossier des aides financières. Il soutient que l'absence d'un gouvernement est néfaste au président Martelly qui n'est en réalité qu'un président / portrait et non un chef d'Etat.
Interrogé sur les vrais responsables de l'absence de gouvernement, le sénateur Jean Hector accuse le président Martelly qui n'aurait jamais désigné une "personnalité acceptable". De plus, il met l'accent sur la nécessité d'un partage de poste entre le président et le parti Inité, majoritaire au Parlement.
De son coté, le député Guy Gérard Georges se plaint de la lenteur du chef d'Etat à designer un Premier Ministre. Il estime que le président Martelly devrait reprendre les négociations avec les leaders du Parlement au lendemain du rejet du choix de Bernard Gousse.
Le chef d'Etat doit comprendre que s'il détient la prérogative de designer un premier ministre, les parlementaires ont le droit de rejeter son choix, précise le député Georges pour qui la formation d'un gouvernement légitime est une urgence.
LLM / radio Métropole Haïti
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Les responsables de l'église catholique lancent un appel au calme
Le secrétaire général de la Conférence épiscopale d'Haïti (CEH), père Alexandre, affirme que la profanation de la cathédrale du Cap Haïtien est à la fois une provocation et une tentative de déstabilisation. Au lendemain de cette profanation les autorités religieuses ont lancé un appel au calme refusant tout acte de vengeance. Le secrétaire général de la CEH s'était rendu hier au Cap Haïtien afin de constater les dégâts. Il estime que les auteurs du saccage avaient bien planifié leur forfait puisque des matériels ont été utilisés pour renverser les statuts.
L'église ne répondra pas à cette provocation, promet le prélat rappelant que le président de la conférence épiscopale, Mgr Louis Kebreau, a appelé les catholiques à la prière. Les activités religieuses dans l'enceinte de la cathédrale Notre Dame sont interrompues mais la neuvaine se poursuit devant l'église.
Outre la provocation, le père Alexandre croit que certains secteurs ont perpétré cet acte pour créer un climat de déstabilisation. Il révèle que des tracts appelant à une attaque contre les paroisses catholiques avaient été retrouvés lors des fêtes patronales de Port-Margot et Limbé.
Il donne l'assurance que les tentatives de provoquer des luttes interreligieuses seront vaines rappelant que l'église continuera à prêcher l'unité et la paix. La profanation de la cathédrale a eu lieu quelques jours avant la célébration de la fête Notre Dame.
Interrogé sur les relations avec les cultes protestants, le père Alexandre indique que certaines confessions ont maintenu de bonnes relations avec les catholiques dans le cadre du mouvement œcuménique. Cependant il soutient que certains groupes ont toujours diffusé des messages hostiles à l' endroit de l'église catholique.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=19360
L'église ne répondra pas à cette provocation, promet le prélat rappelant que le président de la conférence épiscopale, Mgr Louis Kebreau, a appelé les catholiques à la prière. Les activités religieuses dans l'enceinte de la cathédrale Notre Dame sont interrompues mais la neuvaine se poursuit devant l'église.
Outre la provocation, le père Alexandre croit que certains secteurs ont perpétré cet acte pour créer un climat de déstabilisation. Il révèle que des tracts appelant à une attaque contre les paroisses catholiques avaient été retrouvés lors des fêtes patronales de Port-Margot et Limbé.
Il donne l'assurance que les tentatives de provoquer des luttes interreligieuses seront vaines rappelant que l'église continuera à prêcher l'unité et la paix. La profanation de la cathédrale a eu lieu quelques jours avant la célébration de la fête Notre Dame.
Interrogé sur les relations avec les cultes protestants, le père Alexandre indique que certaines confessions ont maintenu de bonnes relations avec les catholiques dans le cadre du mouvement œcuménique. Cependant il soutient que certains groupes ont toujours diffusé des messages hostiles à l' endroit de l'église catholique.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=19360
DIASPORA-HAITI-MOEURS...Pyram 30 ans après …
MIAMI, 29 Juillet – Depuis l'aéroport de Port-au-Prince, ils nous cassent les oreilles. Horriblement. Sauvagement. Ils, ce sont quatre jeunes hommes, dont l'un, qui parait saoul on ne peut plus, n'arrête pas de critiquer à haute voix ce pays où rien n'a été fait depuis le séisme de 2010 et qui, Dieu merci, n'est plus le sien.
On espère embarquer le plus vite que possible pour cesser d'écouter de pareilles âneries.
Mais voici que la bande des quatre nous poursuit jusque dans l'avion. Et que c'est alors qu'ils s'en donnent à cœur joie.
Pendant une heure et quarante cinq minutes, on sera soumis à ce supplice. Quatre individus déblatérant à plein tube. Racontant par le menu toutes leurs exhibitions, y compris amoureuses, pendant les ‘fêtes champêtres' (saison estivale très courue en Haïti et constituée de célébrations à la chaine de fêtes patronales, ensemble d'activités à la fois religieuses et profanes, et d'un bout à l'autre du pays).
Cependant c'est pour vomir en même temps leur dégoût d'un pays qui n'a plus rien à leur offrir … tandis que la vie est si belle au pays d'adoption. Les Etats-Unis, bien sûr. Même Little-Haiti qu'ils ne fréquentent plus, à en croire le plus excité des quatre, ne pouvant plus supporter ces maudits Haïtiens dans leur entourage.
Est-ce une blague, se demande-t-on ?
En tout cas nos quatre lascars, se prenant tout à fait au sérieux, continuent à pérorer, sans aucun égard pour les autres passagers, haïtiens ou étrangers, s'esclaffant, riant à perdre haleine de leurs propres remarques – de plus en plus bêtes, ne semblant nullement sensibles au dérangement qu'ils provoquent ni à la gêne de l'hôtesse de l'air qui n'ose rien leur dire. Tout le monde est renversé.
Les plus choqués ce sont bien sûr les autres passagers haïtiens qui ne veulent pas croire que ce genre d'énergumènes puissent exister.
Et surtout qu'on n'y peut rien ! Rien pour les ramener à la raison.
Mais cela nous fait penser, tiens, au Pyram de ‘Pèlen tèt', la pièce de Frankétienne.
Un Pyram, immigrant analphabète, qui, commençant à gagner quelques dollars en effectuant les boulots les plus ingrats, se prendrait à s'émerveiller sur son propre sort, qu'il estime le plus heureux du monde.
Comme la Perrette de la fable La laitière et le pot au lait. En un rien de temps, on se voit millionnaire. Et pourquoi pas, même ambassadeur des Etats-Unis en Haïti !
----
Disons, c'est Pyram, trente ans après! Le délire. Multiple. Haïti n'est pas sorti de ses malheurs. Bien au contraire. Conséquence: alors que le personnage de l'œuvre théâtrale haïtienne la plus populaire des années 1970 se décrivait comme un 'analphabète de bonne volonté', aujourd'hui la mauvaise volonté de sa réincarnation est évidente.
Oui, que voulez-vous, voilà que, de notre côté, nous nous surprenons à rêvasser, partir bien loin, seul moyen d'échapper au chahut incompréhensible provoqué par ces malheureux.
Malheureux parce que tout ce cinéma c'est parce qu'on est là à les écouter, ce sont leurs frustrations qu'ils nous jettent aussi joyeusement au visage, y compris dans ce comportement irrationnel et provocateur de gamin qui mériterait une bonne paire de claques, en un mot c'est tout à fait la traduction d'une sorte de 'dépit amoureux.'
Amoureux puisque leur plus beau souvenir, à les entendre, ce sont les fêtes champêtres chaque été se succédant dans tous les coins d'Haïti.
Mais c'est pas fini. On est arrivé. La queue devant les guichets de l'immigration. Devinez. Nos quatre lascars ne sont pas seulement enfin silencieux mais ils ont soudain totalement perdu la parole. Figurez-vous que l'un d'eux a voyagé en Haïti alors qu'il n'avait pas encore reçu sa carte de résident permanent et sans autorisation du service d'immigration.
Adieu veau, vache, cochon, couvée!
Pas si grave. Il ne sera pas déporté mais pour n'avoir pas respecté les règlements, trop pressé de revoir ce pays que cependant il dit exécrer, il passera au moins deux heures assis dans la salle de rétention de l'aéroport de Miami.
Marcus, Mélodie 103.3 FM
http://www.haitienmarche.com/articledelasemaine.php?completedate=2011-08-01
On espère embarquer le plus vite que possible pour cesser d'écouter de pareilles âneries.
Mais voici que la bande des quatre nous poursuit jusque dans l'avion. Et que c'est alors qu'ils s'en donnent à cœur joie.
Pendant une heure et quarante cinq minutes, on sera soumis à ce supplice. Quatre individus déblatérant à plein tube. Racontant par le menu toutes leurs exhibitions, y compris amoureuses, pendant les ‘fêtes champêtres' (saison estivale très courue en Haïti et constituée de célébrations à la chaine de fêtes patronales, ensemble d'activités à la fois religieuses et profanes, et d'un bout à l'autre du pays).
Cependant c'est pour vomir en même temps leur dégoût d'un pays qui n'a plus rien à leur offrir … tandis que la vie est si belle au pays d'adoption. Les Etats-Unis, bien sûr. Même Little-Haiti qu'ils ne fréquentent plus, à en croire le plus excité des quatre, ne pouvant plus supporter ces maudits Haïtiens dans leur entourage.
Est-ce une blague, se demande-t-on ?
En tout cas nos quatre lascars, se prenant tout à fait au sérieux, continuent à pérorer, sans aucun égard pour les autres passagers, haïtiens ou étrangers, s'esclaffant, riant à perdre haleine de leurs propres remarques – de plus en plus bêtes, ne semblant nullement sensibles au dérangement qu'ils provoquent ni à la gêne de l'hôtesse de l'air qui n'ose rien leur dire. Tout le monde est renversé.
Les plus choqués ce sont bien sûr les autres passagers haïtiens qui ne veulent pas croire que ce genre d'énergumènes puissent exister.
Et surtout qu'on n'y peut rien ! Rien pour les ramener à la raison.
Mais cela nous fait penser, tiens, au Pyram de ‘Pèlen tèt', la pièce de Frankétienne.
Un Pyram, immigrant analphabète, qui, commençant à gagner quelques dollars en effectuant les boulots les plus ingrats, se prendrait à s'émerveiller sur son propre sort, qu'il estime le plus heureux du monde.
Comme la Perrette de la fable La laitière et le pot au lait. En un rien de temps, on se voit millionnaire. Et pourquoi pas, même ambassadeur des Etats-Unis en Haïti !
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Disons, c'est Pyram, trente ans après! Le délire. Multiple. Haïti n'est pas sorti de ses malheurs. Bien au contraire. Conséquence: alors que le personnage de l'œuvre théâtrale haïtienne la plus populaire des années 1970 se décrivait comme un 'analphabète de bonne volonté', aujourd'hui la mauvaise volonté de sa réincarnation est évidente.
Oui, que voulez-vous, voilà que, de notre côté, nous nous surprenons à rêvasser, partir bien loin, seul moyen d'échapper au chahut incompréhensible provoqué par ces malheureux.
Malheureux parce que tout ce cinéma c'est parce qu'on est là à les écouter, ce sont leurs frustrations qu'ils nous jettent aussi joyeusement au visage, y compris dans ce comportement irrationnel et provocateur de gamin qui mériterait une bonne paire de claques, en un mot c'est tout à fait la traduction d'une sorte de 'dépit amoureux.'
Amoureux puisque leur plus beau souvenir, à les entendre, ce sont les fêtes champêtres chaque été se succédant dans tous les coins d'Haïti.
Mais c'est pas fini. On est arrivé. La queue devant les guichets de l'immigration. Devinez. Nos quatre lascars ne sont pas seulement enfin silencieux mais ils ont soudain totalement perdu la parole. Figurez-vous que l'un d'eux a voyagé en Haïti alors qu'il n'avait pas encore reçu sa carte de résident permanent et sans autorisation du service d'immigration.
Adieu veau, vache, cochon, couvée!
Pas si grave. Il ne sera pas déporté mais pour n'avoir pas respecté les règlements, trop pressé de revoir ce pays que cependant il dit exécrer, il passera au moins deux heures assis dans la salle de rétention de l'aéroport de Miami.
Marcus, Mélodie 103.3 FM
http://www.haitienmarche.com/articledelasemaine.php?completedate=2011-08-01
mardi 9 août 2011
HOTEL OLOFFSON...L'HOTEL DE LA MEMOIRE
Vaudou et combats de coqs, peintres naïfs et dictateurs corrompus, rhum et Coca-Cola, Elizabeth Taylor et Richard Burton... C'était une soirée en Haïti, dimanche 7 août, sur Arte. Une soirée entre un film, Les Comédiens, de Peter Glenville, et un documentaire, Hôtel Haïti, situés au même endroit : une grande bâtisse en bois blanc aux balustrades ajourées, l'hôtel Oloffson. Dans le film de 1967, il joue le rôle de l'hôtel Trianon, à Port-au-Prince, où se chassent et se croisent des stars (le couple Burton-Taylor donc, Alec Guinness, Peter Ustinov, Lilian Gish), mais c'est lui qui tient la vedette.
http://videos.arte.tv/fr/videos/hotel_haiti-4067588.html
Richard Burton est M. Brown, propriétaire de l'hôtel, qui accueille trafiquants d'armes et politiciens américains sous l'oeil torve des "tontons macoutes", les hommes de main du dictateur "Papa Doc". Son affaire à lui, c'est surtout Martha (Elizabeth Taylor), l'épouse d'un ambassadeur sud-américain, qui joue les maîtresses impatientes - "Pourquoi as-tu pris le bateau, pourquoi pas l'avion ? Nous avons perdu quatre jours", lui reproche-t-elle langoureusement - mais refuse de quitter son mari à cause de leur fils, Angelito le mal-nommé.
Entre deux scènes torrides à peine rafraîchies par le lent tournoiement des ventilateurs du plafond, Burton découvre des cadavres dans sa piscine.
Justement, dans le documentaire de 2011, on reconnaît tout de suite la piscine (sans cadavre), on entend le ronronnement des ventilateurs et les chambres portent toujours les noms de personnalités qui s'y sont arrêtées.
L'une d'entre elles s'appelle "Graham Greene", car c'est là que l'auteur britannique, spécialiste des coups tordus sous les tropiques, trouva l'inspiration pour écrire Les Comédiens, publié en 1966 et adapté l'année suivante par Hollywood.
Aujourd'hui, un écrivain américain, Herbert Gold, et une romancière haïtienne, Edwidge Danticat, viennent régulièrement séjourner dans des chambres où leur nom est écrit sur la porte. Y cherchent-ils ce que l'on voit dans le film ? Cette lumière tamisée par les volets à claire-voie qui éclaire juste ce qu'il faut les plus sombres desseins, les moustiquaires abritant d'interminables insomnies, le rhum-coca qui se déguste sur la véranda ?
Ou venaient-ils voir Aubelin Jolicoeur, chroniqueur de la vie mondaine haïtienne, disparu en 2005, et dont la silhouette élégante et la canne à pommeau, qui apparaissent sur des documents d'archives, rappellent "Petit Pierre", journaliste ambigu et boiteux dans le film ? C'est que Jolicoeur servit de modèle à Graham Greene, et certains disent aujourd'hui qu'il s'attacha ensuite à ressembler à "Petit Pierre".
Entre le film et le documentaire, le temps semble être suspendu. L'hôtel a même résisté au terrible séisme de 2010. Mais il a souffert "psychologiquement", affirme son propriétaire actuel. Sans doute l'hôtel Oloffson a-t-il une âme.
http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/08/08/hotel-de-la-memoire_1557344_3232.html
http://videos.arte.tv/fr/videos/hotel_haiti-4067588.html
Richard Burton est M. Brown, propriétaire de l'hôtel, qui accueille trafiquants d'armes et politiciens américains sous l'oeil torve des "tontons macoutes", les hommes de main du dictateur "Papa Doc". Son affaire à lui, c'est surtout Martha (Elizabeth Taylor), l'épouse d'un ambassadeur sud-américain, qui joue les maîtresses impatientes - "Pourquoi as-tu pris le bateau, pourquoi pas l'avion ? Nous avons perdu quatre jours", lui reproche-t-elle langoureusement - mais refuse de quitter son mari à cause de leur fils, Angelito le mal-nommé.
Entre deux scènes torrides à peine rafraîchies par le lent tournoiement des ventilateurs du plafond, Burton découvre des cadavres dans sa piscine.
Justement, dans le documentaire de 2011, on reconnaît tout de suite la piscine (sans cadavre), on entend le ronronnement des ventilateurs et les chambres portent toujours les noms de personnalités qui s'y sont arrêtées.
L'une d'entre elles s'appelle "Graham Greene", car c'est là que l'auteur britannique, spécialiste des coups tordus sous les tropiques, trouva l'inspiration pour écrire Les Comédiens, publié en 1966 et adapté l'année suivante par Hollywood.
Aujourd'hui, un écrivain américain, Herbert Gold, et une romancière haïtienne, Edwidge Danticat, viennent régulièrement séjourner dans des chambres où leur nom est écrit sur la porte. Y cherchent-ils ce que l'on voit dans le film ? Cette lumière tamisée par les volets à claire-voie qui éclaire juste ce qu'il faut les plus sombres desseins, les moustiquaires abritant d'interminables insomnies, le rhum-coca qui se déguste sur la véranda ?
Ou venaient-ils voir Aubelin Jolicoeur, chroniqueur de la vie mondaine haïtienne, disparu en 2005, et dont la silhouette élégante et la canne à pommeau, qui apparaissent sur des documents d'archives, rappellent "Petit Pierre", journaliste ambigu et boiteux dans le film ? C'est que Jolicoeur servit de modèle à Graham Greene, et certains disent aujourd'hui qu'il s'attacha ensuite à ressembler à "Petit Pierre".
Entre le film et le documentaire, le temps semble être suspendu. L'hôtel a même résisté au terrible séisme de 2010. Mais il a souffert "psychologiquement", affirme son propriétaire actuel. Sans doute l'hôtel Oloffson a-t-il une âme.
http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/08/08/hotel-de-la-memoire_1557344_3232.html
Haïti-Religion : Stratégie intersectorielle pour dépister les auteurs d’un acte de vandalisme à la cathédrale romaine du Cap-Haïtien
P-au-P, 08 août 2011 [AlterPresse] --- Les autorités municipale, judiciaire, policière et religieuse du Cap-Haïtien ont organisé, ce lundi 8 août 2011, à l’archevêché de cette deuxième ville du pays (à 248 km au nord de la capitale), une rencontre intersectorielle en vue de dégager une stratégie commune devant permettre de traquer les auteurs et coupables d’une acte de vandalisme, perpétré à la cathédrale de l’église catholique romaine le week-end écoulé, apprend l’agence en ligne AlterPresse.
Les détails de la stratégie arrêtée n’ont pas été révélés.
Cependant, le directeur départemental (Nord) de la police nationale d’Haïti (Pnh), Joani Canéus, annonce avoir diligenté une enquête afin d’identifier les auteurs et coupables.
« Cet acte ne va pas rester impuni. La Pnh va mettre tout en œuvre pour trouver les coupables et les déférer à la justice pour les suites judiciaires nécessaires », promet Canéus.
Des individus non identifiés ont vandalisé, dans la nuit du samedi 6 au dimanche 7 août 2011, l’enceinte de la cathédrale catholique romaine du Cap-Haïtien (Nord).
« Personne n’a eu le temps de repérer ces individus qui ont fait irruption, par effraction, samedi soir dans l’enceinte du bâtiment logeant la cathédrale », indique un journaliste contacté par AlterPresse.
Ces agresseurs ont brisé quatre des cinq statuts se trouvant à l’intérieur de l’église catholique romaine. Ils ont également saccagé une bonne partie de l’église, avant de s’échapper tranquillement, précise le journaliste.
Dans la nuit du 7 au 8 août 2011, une tentative d’agression sur l’église catholique anglicane (épiscopale) du Cap-Haïtien a été avortée, grâce à la vigilance d’agents de sécurité.
Intervenant dans la presse régionale, l’archevêque du Cap-Haïtien, Mgr Louis Kébreau, a déploré cette action d’un groupe de « fanatiques religieux malsains » qui, à son avis, chercheraient, à tout prix, à déclencher une « guerre de religion ».
Plusieurs églises catholiques romaines, dans différentes communes (Acul du Nord, Bas Limbé) du département géographique du Nord, auraient déjà été attaquées, durant les jours antérieurs, signale l’archevêque Kébreau.
Depuis des semaines, des personnes d’autres sectes religieux de la ville du Cap-Haïtien profèrent des menaces à l’encontre des fidèles catholiques romains, rapporte une source d’AlterPresse dans le Nord d’Haïti, citant Mgr Kébreau qui, dit-il, avait dénoncé ces menaces en maintes occasions. [sfd rc apr 08/08/2011 14:00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article11377
Les détails de la stratégie arrêtée n’ont pas été révélés.
Cependant, le directeur départemental (Nord) de la police nationale d’Haïti (Pnh), Joani Canéus, annonce avoir diligenté une enquête afin d’identifier les auteurs et coupables.
« Cet acte ne va pas rester impuni. La Pnh va mettre tout en œuvre pour trouver les coupables et les déférer à la justice pour les suites judiciaires nécessaires », promet Canéus.
Des individus non identifiés ont vandalisé, dans la nuit du samedi 6 au dimanche 7 août 2011, l’enceinte de la cathédrale catholique romaine du Cap-Haïtien (Nord).
« Personne n’a eu le temps de repérer ces individus qui ont fait irruption, par effraction, samedi soir dans l’enceinte du bâtiment logeant la cathédrale », indique un journaliste contacté par AlterPresse.
Ces agresseurs ont brisé quatre des cinq statuts se trouvant à l’intérieur de l’église catholique romaine. Ils ont également saccagé une bonne partie de l’église, avant de s’échapper tranquillement, précise le journaliste.
Dans la nuit du 7 au 8 août 2011, une tentative d’agression sur l’église catholique anglicane (épiscopale) du Cap-Haïtien a été avortée, grâce à la vigilance d’agents de sécurité.
Intervenant dans la presse régionale, l’archevêque du Cap-Haïtien, Mgr Louis Kébreau, a déploré cette action d’un groupe de « fanatiques religieux malsains » qui, à son avis, chercheraient, à tout prix, à déclencher une « guerre de religion ».
Plusieurs églises catholiques romaines, dans différentes communes (Acul du Nord, Bas Limbé) du département géographique du Nord, auraient déjà été attaquées, durant les jours antérieurs, signale l’archevêque Kébreau.
Depuis des semaines, des personnes d’autres sectes religieux de la ville du Cap-Haïtien profèrent des menaces à l’encontre des fidèles catholiques romains, rapporte une source d’AlterPresse dans le Nord d’Haïti, citant Mgr Kébreau qui, dit-il, avait dénoncé ces menaces en maintes occasions. [sfd rc apr 08/08/2011 14:00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article11377
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