Google

mardi 8 mars 2011

Rencontres Francophones : Haïti à l'honneur - Verson

Du 14 mars au 13 avril, les 16 e Rencontres francophones se dérouleront à l'espace Senghor avec le soutien de nombreux partenaires. « Le programme de cet événement s'articulera autour de quatre moments forts », souligne Isabelle Lamy la directrice de l'espace Senghor.

Une « humanité sur deux jambes »
Le 14 mars avec une rencontre avec la venue inédite de l'auteur Haïtien Rodney Saint-Eloy. On dit de lui que c'est une « humanité sur deux jambes ». Pour lui, l'engagement dans l'écriture est primordial, « engagement envers le social, la littérature et la liberté. » Il sera le 14 mars à partir de 20 h 30 dans le cadre de la soirée Latitudes animée par Bernard Magnier journaliste littéraire. L'entrée y sera libre.

A deux mains l'instant
« Une exposition d'Apourou et Barthélémy intitulée A deux mains l'instant qui sera présente du 19 mars au 9 avril toujours à l'espace Senghor. » Une exposition à voir absolument où avec Apourou, une réelle obsession se lit dans chacune de ses toiles, celle de la figure humaine, ses troubles et ses angoisses. Quant à Elodie Barthélémy, son travail prend différentes formes : dessins, peinture, tissus appliqués, sculptures, installations, photos, vidéos, enregistrements sonores ou bien encore oeuvres participatives.

3 e temps fort
« Revenons maintenant sur notre 3 e temps fort qui aura lieu le 12 avril à 20 h 30 et un spectacle mise en scène par Mimi Barthélémy, Soldats marrons. » C'est une évocation de l'histoire d'Haïti jusqu'à son indépendance en 1804. À travers les jeux, les souvenirs d'école et de vacances de la petite fille qu'elle a été, Mimi danse, chante, conte. « L'entrée y sera libre mais une réservation est indispensable à partir du 30 mars à la bibliothèque. À partir de 8 ans. »

4 e temps fort
Anne Lescot est anthropologue. Elle est née en France d'un père Haïtien. Elle a étudié pendant 10 ans le vaudou. « Elle est réalisatrice de documentaires, elle écrit et est auteur du guide la Caraïbe culturelle en 2010. C'est une véritable ambassadrice de la culture Haïtienne. » Elle sera l'invitée d'honneur de la rencontre autour de la culture Haïtienne animée par Bernard Magnier. Rendez-vous au 13 avril à partir de 20 h 30 avec entrée libre.
Pour tous renseignements complémentaires, prendre contact avec Isabelle Lamy (02 31 26 44 80) ou Antoinette Aze (02 31 26 44 79).
http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Rencontres-Francophones-Haiti-a-l-honneur-_14042-avd-20110305-60020007_actuLocale.Htm

CARCASSONNE D'Haïti à Narbonne, la justice en droite ligne

NARBONNE. Ce n'est pas de la cosmétique, du maquillage. Wando Saint-Villier ne joue pas. « Je suis né comme ça », insiste-t-il. « J'aime la rigueur, la rectitude. J'ai des convictions que je ne trahirai jamais. Les injustices me révoltent. Et lorsque j'en constate, je le dis haut et fort ». Cette flamme l'anime depuis toujours. Elle lui a donné la force de quitter son pays pour s'aguerrir en France et devenir magistrat. Son diplôme obtenu, il retournera en Haïti, « contribuer à la fortification de l'institution judiciaire ». Le voilà
son but ultime. Son rêve. « Sortir sa patrie de l'ornière, participer à l'élaboration du bien commun ».
Ce père de famille de 31 ans a posé ses bagages, en France, en septembre dernier pour intégrer l'école nationale de la magistrature à Bordeaux. En formation au Palais de Justice de Narbonne depuis le 2 février dernier, il n'en repartira que le 24 juin prochain. Le temps de goûter aux différentes activités de la magistrature.
Sa situation n'est pas des plus évidentes : « J'ai laissé mon épouse au pays, quand je suis parti notre enfant n'avait que neuf mois… ». Mais Wando Saint-Villier sait que cette expérience dans l'Aude peut s'avérer décisive. Elle pourrait bien l'amener à s'accomplir. « À mon retour, je veux contribuer à la distribution d'une saine, sereine et équitable justice en Haïti. Une justice qui ne broie pas les plus faibles. J'ai vu là-bas tant de choses qui me révoltent. C'est parce que j'éprouve un sentiment de révolte que j'ai souhaité intégrer la magistrature. Et aussi car je sais que le pays a besoin d'un groupe d'hommes et de femmes dotés d'une conscience citoyenne et attachés à sa patrie ».

« L'incompétence de la classe politique »
Ce souci de l'intérêt général, Wando Saint-Villier le cultive depuis l'enfance. « Je me suis toujours intéressé à la politique. Je pouvais passer toute une journée à faire des recherches à ce sujet ». Pas étonnant que les déboires d'Haïti suscitent chez lui « souffrance, amertume et tristesse ». Une affliction qu'il transforme en force. Issu de la classe moyenne - ses parents sont commerçants -, il s'est battu pour améliorer sa condition et celle des siens. « Car en Haïti, le meilleur moyen de réussir, c'est de suivre des études. Là-bas, on ne peut pas obtenir la reconnaissance en faisait des grimaces, du spectacle… Je le savais, alors j'ai agi en conséquence. J'ai travaillé ».
Ses années d'études seront marquées par les déceptions, les désillusions au niveau politique. Les bouleversements au plus haut niveau de l'État se succèdent. Les espérances du peuple sont déçues. Comme souvent depuis deux siècles. « Haïti est instable depuis l'indépendance en 1 804. Les coups d'états se multiplient. D'abord divisé entre noirs et métis, le pays est ensuite tombé aux mains de démagogues, de dictateurs… ». Wando Saint-Villier connaît l'histoire de son pays sur le bout des ongles. Les parcours des hommes qui ont marqué Haïti, de Jean-Jacques Dessalines à Jean-Bertrand Aristide et René Préval en passant par Henri Christophe, Alexandre Pétion, Jean-Pierre Boyer et François Duvalier, il les maîtrise parfaitement.
Capable de disséquer chaque période avec à-propos, il livre une analyse lucide de la situation. « Haïti, qui était une colonie française, est la première république indépendante de population majoritairement noire à avoir été proclamée. Mais l'idéal a été trahi par des hommes mus par leurs intérêts particuliers. Il y a eu une mauvaise gestion, une gabegie administrative, des déstabilisations souvent fomentées par l'extérieur. Surtout, la classe politique n'est pas au niveau. L'incompétence règne. Quant à la bourgeoisie, elle s'avère malheureusement parasitaire. Car elle ne produit rien et n'investit pas ». Sans concession, Wando Saint-Villier espère, maintenant, un réveil de la société dans son ensemble. Une prise de conscience qui lui semble essentielle.
Nicolas Boussu
http://www.lindependant.com/articles/2011-03-08/d-haiti-a-narbonne-la-justice-en-droite-ligne-346623.php

Mirlande Manigat aidée par une firme de génie-conseil du Québec

Publié le 08 mars 2011
Fabrice de Pierrebourg

La Presse
Mirlande Manigat, candidate à l'élection présidentielle d'Haïti, a profité de son court séjour à Montréal, la semaine dernière, pour rencontrer des représentants du groupe d'ingénieurs SMi et discuter du financement de sa campagne électorale, a indiqué à La Presse un membre de son comité au Québec.
«Nous avons parlé de son financement et de divers projets d'infrastructures à Port-au-Prince», a dit Marjorie Chassagne, qui a assisté au souper en tant que membre du comité de campagne de Mme Manigat à Montréal.
Le souper s'est déroulé samedi soir dernier chez Milos, restaurant huppé de l'avenue du Parc, fréquenté par des politiciens et des dirigeants d'entreprise, notamment du domaine de la construction. Autour de la table, ce soir-là, se trouvaient Mirlande Manigat, des membres de son comité de campagne, le fils de Bernard Poulin, PDG de la firme, et sa fille, Marie-Bernard, vice-présidente adjointe aux infrastructures de SMi.
Mme Manigat, du Rassemblement des démocrates nationaux progressistes (RDNP), est arrivée en tête au premier tour de l'élection. Elle affrontera le chanteur Michel Martelly au second tour le 20 mars.
Elle a passé deux jours à Montréal, vendredi et samedi derniers. Cette rencontre privée ne figurait pas au programme de la visite de Mme Manigat transmis aux médias. Seule figure une rencontre de 18h à 20h dans les locaux de l'organisme communautaire haïtien La Perle retrouvée. Un cocktail de financement a aussi eu lieu le vendredi au restaurant Cavalli.
«Le groupe SMi souhaite nous aider et contribuer au développement d'Haïti», a dit Marjorie Chassagne.

Orphelinats, ou pas?
Roch Landriault, porte-parole de SMi, dit que les conversations lors de ce souper ont porté exclusivement sur deux orphelinats «dans lesquels le groupe SMi est impliqué». Il s'agit de l'orphelinat Espoir d'enfants de la Fondation Jacqueline Lessard, détruit lors du séisme de janvier 2010, et de celui du père Dehoux, présidé par Jeanne-d'Arc Léger, détruit lui aussi. Le comité qui est chargé de mener la campagne pour la reconstruction de l'orphelinat est présidé par Bernard Poulin.
Aussi à table ce soir-là, Lola Chassagne, membre du comité de campagne de la candidate, affirme pourtant qu'il n'a pas été question d'orphelinats lors de ce «repas intime et amical»: «Nous avons beaucoup d'enjeux et nous avons besoin de l'aide d'amis. Les gens de SMi sont fiables, connaissent bien la situation là-bas et veulent appuyer la cause de Mme Manigat.» Toujours selon elle, aucune autre entreprise québécoise n'a rencontré Mme Manigat lors de ce court séjour. Elle insiste sur l'histoire particulière de SMi en Haïti. Un autre rendez-vous est prévu cette semaine entre la firme et le comité.

Bien implanté en Haïti
Le groupe SMi est bien implanté dans ce pays depuis des années. L'un de ses dirigeants, l'ex-ministre Serge Marcil, y a perdu la vie tragiquement dans l'effondrement de l'hôtel Montana, sur les hauteurs de Port-au-Prince, lors du tremblement de terre de janvier 2010. Un autre employé, l'ingénieur Marc Perreault, a été grièvement blessé et est resté prisonnier des décombres pendant 18 heures. Aujourd'hui, il collabore lui aussi au projet du père Dehoux.
Plusieurs autres firmes de génie sont actives en Haïti, dont SNC-Lavalin et Cima". La communauté internationale a promis de verser des milliards de dollars pour financer la reconstruction après le tremblement de terre. Une manne qui suscite des convoitises.
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/elections-en-haiti/201103/08/01-4377055-mirlande-manigat-aidee-par-une-firme-de-genie-conseil-du-quebec.php

Haiti-Carnaval : La fête n’attire pas la grande foule

P-au-P., 7 mars 2011 [AlterPresse]--- Les festivités carnavalesques de cette année, les premières depuis le terrible tremblement de terre du 12 janvier 2010, ont peu d’envergure en comparaison aux années précédentes.
Les activités ont débuté timidement le dimanche 6 mars en milieu d’après-midi et doivent durer jusqu’au 8 mars en cours, autour du thème « Ann selebre la vi (Célébrons la vie) ».
Des milliers de fêtards ont quand-même occupé les rues en dansant et chantant, certains d’entre eux munis de photos des deux candidats à la présidence (Mirlande Manigat et Michel Martelly) donnant une allure électorale aux festivités.
Contrairement aux années antérieures, de rares chars allégoriques ont été remarqués sur le parcours et les groupes les plus représentatifs des différentes tendances musicales d’Haïti n’étaient pas au rendez-vous.
Le décor est le même que pour les dimanches pré-carnavalesques : une dizaine de bandes à pied, quelques Dj et divers groupes musicaux constitués de jeunes défilent de la Mairie de Port-au-Prince (Bicentenaire, cote ouest de la capitale) vers le stade Sylvio Cartor (centre) en passant par les rues des Casernes, de la République et Oswald Durand.
Des pluies inattendues annonçant l’arrivée prochaine du printemps n’arrangent pas les choses. La première journée s’est terminée prématurément vers 9 :00 du soir (heure locale), tandis que la clôture était prévue à minuit.
Le gouvernement, via le Ministère de la Culture et de la Communication (MCC), a décaissé 50 millions de gourdes pour la réalisation du carnaval sur l’ensemble du territoire. La moitié de cette somme est allée à la commune de Port-au-Prince.
De l’avis de certains citoyens qui ne voient pas d’un bon œil la réalisation de cette fête populaire dans le contexte de l’après-séisme, ces fonds devraient de préférence être utilisés à améliorer les conditions de vie des victimes du cataclysme qui vivent actuellement dans des camps de fortune.
C’est aussi l’avis de plusieurs groupes musicaux comme Ram, T-Vice, Djakout Mizik, Kreyol La, Carimi et tant d’autres qui n’ont pas répondu au rendez-vous.
Plus de 800.000 Haïtiens, selon un rapport de l’ONU, vivent encore sous les tentes dans les environs de Port-au-Prince, notamment au Champ de Mars, haut-lieu du carnaval haitien. [sfd gp apr 07/03/2011 15 :00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article10723
Commentaire:
Avis plutôt mitigé aussi sur la réalisation du Carnaval. Heureusement que tout le monde aura été raisonnable. Le gouvernement aurait décaissé seulement l'équivalent de 20% du montant généralement alloué à cette activité.
En ce qui cocnerne les groupes musicaux les plus populaires qui ont l'habitude de recevoir des cachéts très juteux pour leur participation, ils auraient pu faire un effort et faire danser les caranavaliers.
C'est à se demander si la motivation de la non participation n'est pas bien ailleurs que le faux scrupule monté autour de la situation du pays.

Un premier Carnaval à Port-au-Prince depuis le séisme

Publié le 06 mars
Associated Press, Port-au-Prince
Des foules en liesse dansaient dans les rues de Port-au-Prince, dimanche, alors que la capitale haïtienne célébrait son premier Carnaval depuis le tremblement de terre de janvier 2010.
Photo: AFP
Le défilé s'est déplacé devant des façades de commerces dévastés du centre-ville. Pour l'occasion, le boulevard habituellement achalandé qui passe devant le Palais national, en ruines, a été transformé en zone piétonnière durant les trois jours de festivités.
Les organisateurs ont érigé un mur en contreplaqué pour séparer la zone réservée au Carnaval, événement annuel, de l'immense place Champ de Mars, désormais le lieu de campement pour des dizaines de milliers de personnes ayant été réduites au statut de sans-abri par le séisme.
Plusieurs spectateurs maugréaient, estimant que l'envergure du Carnaval de cette année était bien inférieure à celle des événements précédents. D'autres ont plutôt affirmé que Port-au-Prince n'aurait pas dû organiser le Carnaval.
Un homme de 24 ans, Gerda Delcy, qui attendait de voir passer sa fille dans le défilé a fait valoir qu'il ne s'agissait pas d'un moment approprié pour fêter, car des Haïtiens vivent toujours dans des tentes et dans la misère.
Même certains participants au défilé partageaient ce point de vue.
Portant une longue robe, Nerne Karinar, 59 ans, a affirmé que le pays n'était pas prêt pour le Carnaval, tout en se plaignant de la petite envergure de la parade.
Le séisme du 12 janvier 2010 a tué environ 300 000 personnes, laissé la majeure partie de la capitale haïtienne en ruines et forcé l'annulation du Carnaval.
L'Organisation des Nations unies affirme qu'environ 800 000 Haïtiens vivent encore dans des campements temporaires à proximité de Port-au-Prince.
Pour expliquer l'envergure du Carnaval, le coordonnateur de l'événement pour la ville de Port-au-Prince, Hervé Saint-Preux, a précisé que les organisateurs disposaient d'un budget correspondant à environ 20 pour cent des montants dépensés au cours des années précédentes.
M. Saint-Preux a expliqué que les autorités locales estimaient qu'il était important de tenir le Carnaval malgré les difficultés auxquelles fait face Haïti.
Il a fait valoir que la population désirait un Carnaval et qu'elle l'aurait planifié elle-même si les autorités n'avaient pas organisé l'événement.
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/haiti-un-an-apres/201103/06/01-4376649-un-premier-carnaval-a-port-au-prince-depuis-le-seisme.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4376596_article_POS1

Sean Penn a remercié Hugo Chavez pour son aide

Associated Press, Caracas
L'acteur américain Sean Penn a remercié, samedi, le président du Venezuela, Hugo Chavez, pour avoir soutenu son groupe d'aide en Haïti. Le Venezuela y a épaulé l'organisation J/P Haitian Relief Organization dans la distribution de médicaments.
M. Chavez a louangé l'acteur, à l'occasion d'une rencontre au palais présidentiel, pour ses efforts dans la reconstruction en Haïti. M. Penn avait mis sur pied l'organisme au lendemain du séisme qui a frappé l'île, en janvier 2010.
Aucun chiffre n'a été dévoilé quant au soutien financier apporté par le Venezuela au groupe de M. Penn.
L'acteur oscarisé a souligné que son organisme avait aussi reçu de l'aide de l'armée américaine. Il a qualifié d'ironique cet apport et a indiqué souhaiter que cette collaboration se répète. M. Penn faisait référence au peu de contacts diplomatiques échangés entre Caracas et Washington.
Depuis décembre dernier, aucun ambassadeur n'est présent dans les deux pays. Dans un différend diplomatique, le président Chavez avait formellement rejeté le candidat sélectionné par Washington. Le gouvernement fédéral avait alors répliqué en révoquant le visa de l'ambassadeur venezuelien aux États-Unis, Bernardo Alvarez.
M. Penn a rencontré à quatre reprises le leader venezuelien au cours des dernières années. M. Chavez est friand du jugement critique de l'acteur à l'égard de la politique étrangère des États-Unis.
Selon le président socialiste, la rencontre de samedi a été l'occasion de discuter de «nouveaux plans et d'idées».
Au terme de leur tête-à-tête, M. Chavez a indiqué que M. Penn, en tant que militant dans les luttes des populations oppressées, partait immédiatement pour Haïti.
http://www.cyberpresse.ca/arts/vie-de-stars/201103/06/01-4376596-sean-penn-a-remercie-hugo-chavez-pour-son-aide.php

dimanche 6 mars 2011

Haïti: un prêtre croupit en prison sans avoir été accusé d'un crime

De The Associated Press (CP) – Il y a 12 heures JACMEL, Haïti — C'en est devenu une farce cruelle pour Danny Pye: les autorités l'informent presque chaque semaine ce missionnaire américain qu'il sera libéré «la semaine prochaine» de sa cellule haïtienne, que l'homme qui voulait prendre soin d'Haïtiens orphelins pourra retourner voir sa propre fille et sa femme enceinte «la semaine prochaine».
Les semaines s'écoulent et presque rien n'a changé depuis que l'homme s'est brusquement retrouvé en prison en octobre dernier.
Selon ce qu'il a raconté à l'Associated Press, sa libération devait avoir lieu à chaque semaine depuis les cinq derniers mois.
Aucune accusation n'a été déposée contre le pasteur de 29 ans. Il avait tout d'abord été emprisonné pour 90 jours en attendant une enquête concernant des allégations de vols. Cet ordre a surpris même les responsables de la communauté religieuse qui croyaient en avoir fini avec cette affaire.
M. Pye a été temporairement libéré à la veille de Noël, mais alors qu'il marchait vers sa voiture avec sa femme, un policier s'est approché, lui a tendu un mandat, et l'a ramené en cellule, menottes aux poings. Les autorités ont alors contesté la validité de son permis de résidence.
Le détenu, qui patiente dans une cellule de trois mètres par trois mètres et demie partagée avec une trentaine hommes, trouve la situation kafkaïenne, affirmant qu'il n'y a pas d'accusations, et encore moins d'explications.
L'homme est connu en Haïti. À la suite du tremblement de terre du 12 janvier 2010, M. Pye est devenu une personne ressource pour le personnel médical, les collègues missionnaires et les journalistes arrivés en Haïti.
Les autorités haïtiennes avaient peu de choses à dire sur M. Pye. Aucune date d'audience n'a été déterminée.
Le système judiciaire haïtien donne une importante marge de manoeuvre aux juges pour détenir des individus sous enquête. En fait, la majorité des prisonniers du pays n'ont pas été reconnus coupables. Plusieurs d'entre eux attendent un procès depuis plus longtemps que la durée de la peine qu'ils pourraient devoir purger, une situation qui est depuis longtemps source de critiques de la part de groupes de défense des droits de la personne en Haïti et à l'étranger.
http://www.google.com/hostednews/canadianpress/article/ALeqM5jmgxFKCspPjZCdq4Ogi33lJEz26w?docId=6154584

samedi 5 mars 2011

Charlie Sheen veut attirer l'attention sur Haïti

Agence France-Presse, Los Angeles
L'acteur américain Charlie Sheen veut se rendre en Haïti et mettre à profit sa célébrité pour «attirer l'attention du monde» sur les difficultés des victimes du séisme du 12 janvier 2010, selon une interview diffusée sur une chaîne américaine.
Charlie Sheen, dont les frasques nourrissent quotidiennement la presse people, a indiqué qu'il prévoyait de se rendre en Haïti avec son ami Sean Penn, l'acteur américain étant lui-même très engagé dans la reconstruction d'Haïti.
«Je suis super emballé à cette idée, parce que vous savez, ça peut permettre d'attirer l'attention du monde» sur la situation en Haïti, a-t-il ajouté dans cette interview diffusée vendredi sur NBC.
L'acteur a également rejeté les accusations d'antisémitisme dont il fait l'objet en soulignant qu'il était lui-même juif. «Ma mère est juive (...) alors j'imagine que cela fait de moi un juif», a-t-il dit.
L'acteur confie avoir été «stupide» de ne pas l'avoir révélé plus tôt, alors que la polémique enflait.
Charlie Sheen est accusé d'avoir tenu des propos antisémites à l'égard du producteur de la série Two and a half men, dans laquelle il tient le rôle principal et dont la production a été arrêtée en raison de ses multiples frasques.
L'interview a été diffusée deux jours après que l'acteur eut annoncé que la police lui avait retiré deux de ses enfants, à la demande de leur mère, avec qui il est en procédure de divorce.
Selon les médias américains, c'est la mère des jumeaux, Brooke Mueller -- qui lutterait, comme Charlie Sheen, contre des problème de dépendance à la drogue -- qui a réclamé l'intervention des autorités, inquiète pour le bien-être de ses enfants.

100 jours pour «changer» Haïti

Agnès Gruda, La Presse À deux semaines du second tour de la présidentielle haïtienne, Mirlande Manigat a fait campagne, hier, à... Montréal. Où elle a plaidé pour la restauration de la souveraineté de son pays.
Sur une de ses affiches électorales, Mirlande Manigat, coiffée d'une casquette, serre une jeune femme dans un geste protecteur. Une image qui fait contraste avec la dame au collier de perles qui a enchaîné les entrevues, hier, dans un restaurant de Montréal.
La photo a été prise à Solino, quartier populaire de Port-au-Prince, où la candidate à la présidence d'Haïti a lancé sa campagne à la mi-février. Mirlande Manigat se souvient très bien du moment où l'adolescente a pris sa main et lui a lancé: «Je suis une jolie fille, pourquoi je ne peux pas aller à l'école?»
«J'ai compris que, ce qu'elle voulait dire, c'est qu'elle pourrait se prostituer pour pouvoir payer l'école», explique la candidate. Alors, Mme Manigat a craqué: elle lui a offert de payer ses études.
Ça, c'est une facette de Mirlande Manigat: la grand-mère de 70 ans qui n'a pu résister à un criant appel à l'aide. Mais il y a aussi l'autre facette: celle de la juriste et fine politicienne qui pèse bien ses mots et slalome entre les écueils.
De passage à Montréal, où elle fait campagne auprès de la diaspora haïtienne, Mme Manigat a expliqué que, même si Haïti ne reconnaît pas la double citoyenneté et que les Haïtiens naturalisés au Canada ne peuvent pas voter pour elle, ils peuvent néanmoins influencer leurs proches restés au pays. Du coup, elle leur a promis de changer la Constitution haïtienne pour permettre la double nationalité.

État court-circuité
C'était l'engagement électoral le plus concret qu'elle avait à offrir, hier. Pour le reste, son programme, rempli de bonnes intentions, occulte un peu les principaux enjeux auxquels Haïti doit faire face.
Ainsi, le programme de Mme Manigat passe sous silence la reconstruction du pays, dévasté par le séisme du 12 janvier 2010. Il faut dire que cette reconstruction est entre les mains de la communauté internationale, qui s'était engagée à verser 11 milliards de dollars en 5 ans pour remettre Haïti sur pied.
L'argent n'arrive pas au rythme prévu, déplore la candidate. Mais ce qui la dérange encore davantage, c'est que les sommes recueillies par la Commission intérimaire pour la reconstruction d'Haïti transitent par la Banque mondiale - et court-circuitent donc l'État haïtien.
«Ce fonctionnement met en cause la souveraineté d'Haïti. L'argent de la reconstruction doit être versé au gouvernement», plaide la candidate.
Si elle est élue présidente, Mirlande Manigat entend changer les règles du jeu. Elle en a déjà glissé un mot à Bill Clinton, l'un des deux présidents de la Commission. Mais encore faudra-t-il convaincre les donateurs internationaux que l'État haïtien, qui s'est montré totalement déficient au lendemain du séisme, est capable de reprendre les rênes de la reconstruction.

La quadrature du cercle
C'est ce à quoi Mirlande Manigat s'attellera durant les 100 premiers jours de son mandat, si elle est élue le 20 mars. «Nous devrons montrer que nous sommes sérieux et que nous voulons vraiment changer les choses», dit-elle.
Quels gestes ferait-elle, une fois élue, pour bien montrer ce désir de changement? Ici, Mme Manigat se fait évasive: «Nous travaillons là-dessus», dit-elle.
Avant de constater que, au bout du compte, le futur président d'Haïti devra résoudre une sorte de quadrature du cercle: «Nous avons besoin d'assistance massive pour nous moderniser, mais nous devons déclencher cette modernisation avant d'avoir reçu cette aide.»
Une juriste contre un chanteur
Le premier tour des élections législatives et présidentielle en Haïti s'est déroulé le 28 novembre dernier. Il a été marqué par des fraudes massives visant surtout à favoriser le candidat du régime, Jude Célestin. Selon les résultats officiels, Mirlande Manigat est arrivée première, avec 31% des voix, contre 22% pour Jude Célestin.
Le dépouillement judiciaire réclamé n'a finalement pas eu lieu, mais sous la pression, ce dernier s'est retiré, cédant la place au chanteur Michel Martelly. Ce dernier est particulièrement populaire auprès des jeunes Haïtiens. Dans un pays où la moitié de la population a moins de 21 ans, c'est un atout de poids.
Mais si Martelly peut compter sur le soutien d'un autre chanteur populaire, Wyclef Jean, Mirlande Manigat a récemment reçu un appui-surprise du groupe rap Barricade Crew... Comment éviter que le second tour soit lui aussi entaché par la fraude? Mirlande Manigat affirme avoir tiré la leçon du 28 novembre. Son parti s'organisera pour mieux surveiller les bureaux de scrutin, notamment. Mais elle reconnaît que le vote du 20 mars risque d'être «hypothéqué» par la faible participation et un éventuel déficit de crédibilité.
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/elections-en-haiti/201103/05/01-4376388-100-jours-pour-changer-haiti.php

Un voyage en enfer

Publié le 05 mars 2011
Caroline Touzin

La Presse
(Ouanaminthe, Haïti) À 14 ans, Wiseline ignore si elle a été abandonnée ou carrément vendue. Chose certaine: la trafiquante qui l'a fait entrer illégalement en République dominicaine l'a guidée tout droit vers l'enfer.
Fin janvier 2010, peu de temps après le tremblement de terre, l'adolescente était à une fête avec des amies lorsqu'elle a rencontré Mijaguite.
Cette jeune femme de 19 ans leur décrit en long et en large l'eldorado dominicain. À l'entendre parler, la vie là-bas est parfaite. Ce serait un jeu d'enfants de traverser, puis d'y trouver du travail. Un «bon» travail.
À la fin de la soirée, 14 jeunes filles, dont Wiseline, «décident» de quitter Ouanaminthe à l'aube pour traverser illégalement la frontière dominicaine. Destination: Santiago de los Caballeros. Mijaguite, dont elles ne connaissent même pas le nom de famille, leur servira de guide.
Le groupe franchit la frontière qui sépare Ouanaminthe de Dajabon en traversant la rivière Massacre. Wiseline, qui ne sait pas nager, a de l'eau jusqu'aux genoux.
«On ne pouvait pas passer par la route. Il y avait de l'immigration», raconte la jeune fille, qui ne semble pas encore sortie de l'enfance. Non loin de Dajabon, le groupe tombe face à face avec sept militaires sur une route de campagne. Les jeunes filles, sans papiers, se mettent à courir à travers une bananeraie. Wiseline, la plus menue du groupe, est vite rattrapée. «Si on ne retrouve pas les autres, on te laisse partir», lui dit un garde.
Au bout d'un moment, lassés de ratisser le champ sans succès, les gardes abandonnent Wiseline à son sort. La jeune fille finit par retrouver deux amies et Mijaguite. Elle n'a jamais revu les autres.
Le groupe marche ainsi à travers champs pendant quatre jours. Les filles mangent des bananes pour calmer leur faim. Elles finissent par regagner la route, le long de laquelle elles mendient pour amasser de quoi payer un aller simple en autocar vers Santiago.
Une fois dans la deuxième ville du pays, la trafiquante amène les filles dormir chez un «ami». Le soir venu, Mijaguite disparaît et les laisse seules avec l'homme d'une trentaine d'années. «Il nous a enfermées dans une pièce. On a commencé à crier, mais il nous a menacées de nous attacher les pieds et la bouche», murmure Wiseline, comme si l'histoire allait être moins douloureuse si elle la chuchotait.
Ce soir-là, l'homme, Dominicain d'origine haïtienne, les viole toutes les trois. Toute la nuit. Puis, il les force à s'endormir à ses côtés. Wiseline ne trouve pas le sommeil. Elle était vierge. Quand leur bourreau finit par quitter la maison, le lendemain matin, les filles s'enfuient.
Mijaguite les retrouve très vite... pour les convaincre de ne pas porter plainte à la police. «Elle nous a dit qu'il fallait avoir de l'argent pour aller à la police. On n'en avait pas», se souvient Wiseline.
Les adolescentes se mettent à errer dans les rues de Santiago. Sans argent. Sans toit. Elles mendient à un feu de circulation lorsqu'un travailleur social qui vient en aide aux enfants de la rue leur offre son aide. C'est là que Mijaguite disparaît pour de bon. «Je ne l'ai pas revue», dit Wiseline.
La jeune fille atterrit dans un orphelinat de Santiago qui a l'habitude de recueillir des Haïtiens abandonnés à leur sort par les trafiquants. L'orphelinat joint alors les soeurs de Saint-Jean, qui ont un foyer à Ouanaminthe, pour renvoyer Wiseline chez elle.
À son retour au village, les soeurs, à qui Wiseline raconte son viol, l'emmènent à l'hôpital, redoutant le pire. Le pire est survenu. Wiseline a contracté le VIH.
La mère de Wiseline, une femme de 35 ans qui a 8 autres enfants, dont un bébé naissant, ne veut pas la reprendre à la maison. Les religieuses mettent quatre mois à la convaincre. Elles ont fini par y parvenir en offrant de payer une pension pour l'adolescente.
«Ma mère ne s'occupe pas de moi», dit Wiseline, assise sur son lit. Elle partage une minuscule chambre avec deux de ses soeurs dans une maisonnette faite de terre et de branches de palmier. Des publicités découpées dans les journaux tapissent les murs.
L'eldorado dominicain n'existe pas. Wiseline le sait, aujourd'hui. Mais si un autre trafiquant lui promettait mer et monde, il n'est pas dit qu'elle ne tenterait pas de nouveau sa chance. «Je ne suis pas bien ici. Je n'étais pas bien là-bas», résume la jeune fille, dont les barrettes colorées lui donnent un air enfantin. Un contraste avec la profonde tristesse au fond de ses yeux.
Un mois après le tremblement de terre, Larose n'avait plus rien à perdre. L'orphelin de 15 ans n'allait va pas à l'école. Il squattait à gauche et à droite chez des amis à Cap-Haïtien. Parfois, il dormait sur les toits.
Un jour, il rencontre dans un quartier populaire un passeur qui lui demande 500 gourdes (15$) pour l'emmener en République dominicaine. «Il m'a dit que je pourrais trouver un bon travail et que je mangerais à ma faim», raconte le garçon.
Le jour du grand départ, Larose découvre qu'il aura des compagnes de voyage: deux jeunes filles de 17 et 18 ans qui viennent d'un minuscule village non loin de Cap-Haïtien.
Arrivées à la hauteur de la rivière Massacre, les deux filles ont peur de traverser. Elles ne savent pas nager. Le passeur trouve un vieux pneu auquel elles s'accrochent comme elles peuvent.
Une fois sur l'autre rive, le groupe est vite intercepté par des militaires dominicains. «Ils nous ont fait nous déshabiller au complet. Ils cherchaient de l'argent, mais on n'en avait pas.»
Le passeur a mis quelques billets dans les mains des gardes. Ils ont pu poursuivre leur route.
Le passeur a vite récupéré son argent en offrant les deux filles à tous les hommes qu'ils croisaient sur leur route. Larose a assisté à tout cela, impuissant. Une fois à Santiago, les filles ont été vendues chacune 2000 pesos à un proxénète.
Larose a compris que le passeur ne lui trouverait jamais un «bon travail». Il l'a planté là et a fait le chemin inverse vers Haïti. «Je me demande comment vont les filles», dit le garçon, qui se sent visiblement coupable de les avoir abandonnées ainsi.
À Cap-Haïtien, Larose est de retour à la case départ. Il est placeur dans les tap-tap, ces taxis collectifs toujours bondés. Il rêve d'amasser assez d'argent pour se payer une formation de maçon.

Tomber entre de mauvaises mains
Les «garçons de la rue» comme Larose sont des proies faciles pour les trafiquants. Geoffroy, l'un de ses amis, a aussi été leurré. À 14 ans, l'orphelin a suivi aveuglément un Haïtien qui lui promettait de lui trouver un nouveau foyer en République dominicaine.
«On cherche une meilleure vie et on tombe entre de mauvaises mains», lance l'adolescent à l'air fragile. À sa première nuit en sol dominicain, un fermier lui a offert de l'héberger dans sa grange. Le passeur, lui, pourrait dormir dans la maison.
Geoffroy regrette de ne pas s'être méfié davantage. «Pendant que je dormais, le fermier a baissé mon pantalon. Il a fait toutes sortes de choses. J'avais 14 ans, je ne pouvais pas me défendre.» Le lendemain matin, Geoffroy avait trop honte pour en parler au passeur.
Près de la ville de Mao, entre Dajabon et Santiago, dans le nord du pays, ils ont fait un arrêt dans une autre ferme. Geoffroy ne le savait pas, mais il venait d'être vendu à un éleveur de boeufs. «Il y avait deux autres enfants avec moi. Le plus souvent, on mangeait les bananes de son jardin. On commençait à 5h du matin et on travaillait jusqu'à 18h. Je dormais avec les bêtes.»
Après sept mois de ce régime, Geoffroy s'est enfui. Il est rentré à Cap-Haïtien, grossir les rangs des «garçons de la rue».

Les missionnaires baptistes s'en tirent
Le cas des 33 enfants «volés» en Haïti par 10 membres d'une Église baptiste américaine a fait le tour du monde. Les missionnaires ont été arrêtés à la frontière dominicaine un peu plus de deux semaines après le tremblement de terre. Ils ont affirmé que les enfants étaient orphelins. Or, leurs parents étaient toujours en vie. Certains ont admis avoir conclu un accord pour donner leur enfant. Les poursuites ont rapidement été abandonnées contre 9 des 10 baptistes de l'Idaho. La responsable du groupe a fait face à une accusation réduite de «voyage irrégulier». Aussitôt condamnée, elle a été libérée. Haïti n'a pas de loi qui interdit la traite des personnes. Un avant-projet de loi qui ferait de la traite un crime punissable de 7 à 15 ans d'emprisonnement est au menu législatif depuis des années. Il n'a jamais été voté. En 2009, Haïti a pourtant renouvelé ses engagements en ratifiant la Convention internationale contre la criminalité transnationale organisée et ses deux protocoles additionnels.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201103/05/01-4376385-un-voyage-en-enfer.php

Enfants à vendre

Publié le 05 mars 2011
(Ouanaminthe, Haïti) Des dizaines d'Haïtiens traversent le pont à pied, munis de brouettes remplies de douzaines d'oeufs, de sacs de charbon ou encore de rouleaux de papier hygiénique. Des garçons se fraient un chemin dans la foule compacte pour offrir leurs services comme cireurs de chaussures.

C'est jour de marché à Dajabon, dans le nord-ouest de la République dominicaine, à la frontière avec Haïti. Deux fois par semaine, le lundi et le vendredi, les Haïtiens arrivent en masse de Ouanaminthe, la ville jumelle du côté haïtien, pour faire leurs emplettes. Ces jours-là, ils n'ont pas à présenter de pièces d'identité.
Ce va-et-vient chaotique offre aux trafiquants d'enfants une couverture idéale. «Nous avons un très sérieux problème les jours de marché. Les gens traversent sans aucun contrôle. Les passeurs en profitent», souligne le commissaire Renel Costumé, de la Brigade de protection des mineurs (BPM).
Avant le séisme, la police haïtienne ne se souciait guère du trafic d'enfants. Depuis quelques mois, huit agents civils de la BPM sont affectés aux quatre principaux postes frontaliers du pays. «C'est nettement insuffisant», reconnaît le commissaire Costumé. Vu le manque de moyens de la police haïtienne, c'est l'UNICEF qui a financé la création de cette brigade au tournant des années 2000.
Depuis 8h ce matin, sous un soleil de plomb, deux agents interpellent chaque adulte accompagné d'un enfant sur l'un des deux ponts de Ouanaminthe. La BPM n'arrive pas à surveiller les deux en même temps, faute d'effectifs. Comme les agents civils ne sont pas armés, ils suscitent davantage d'impatience que de crainte.
L'agent Fredlin Vincent demande ses papiers à une jeune mère qui protège son garçon du soleil à l'aide d'un parapluie. Nerveuse, elle montre pour tout document un carnet fourni par l'hôpital de Dajabon. Elle dit avoir un rendez-vous médical. Un Dominicain, qui prétend être le père de l'enfant, reste à l'écart durant toute l'intervention. «On porte une attention particulière aux gens stressés; souvent, ils sont suspects», souligne l'agent Vincent. Finalement, il laissera partir le couple et l'enfant de 22 mois.
Travailler en vain
Cette méthode a récemment permis à l'agent Vincent de démasquer un trafiquant qui se faisait passer pour le père d'une fillette. L'homme n'avait pas les documents de voyage de l'enfant. Questionnée par l'agent, la petite de 6 ans a timidement répondu que l'homme était son père. Mais elle ne connaissait pas son nom. Le trafiquant a senti la soupe chaude. Visiblement habitué de soudoyer les autorités, il a proposé à l'agent: «Laisse-moi aller vendre l'enfant. On va partager les profits 50/50.»
L'agent Vincent a fait placer l'homme d'une quarantaine d'années en garde à vue. La fillette a été confiée à une organisation caritative catholique, le temps de vérifier si elle avait une famille. La police a retrouvé sa mère le jour même. Au milieu du marché où elle travaillait, elle pleurait et criait que sa fille, Angelica, avait disparu.
Le trafiquant, lui, restera impuni. Il a été libéré deux heures après avoir été placé en garde à vue, apparemment parce qu'il devait être soigné pour une blessure à la tête qu'il venait de se faire dans sa cellule. L'agent Vincent l'a revu traîner dans le marché.
«C'est un peu comme travailler en vain. On arrête un passeur; quand on est chanceux, il est accusé de voyage illégal; il paie une amende et on le revoit ici quelques jours plus tard», lance, découragée, sa collègue Fabienne Jean Valdemar.
Chaque année, quelque 2000 enfants haïtiens entrent illégalement en République dominicaine avec un passeur. Ils sont ensuite forcés à mendier, à se prostituer ou à travailler comme domestique, selon une récente étude de l'UNICEF. Après le tremblement de terre qui a fait quelque 300 000 morts et plus de 1,5 million de sans-abri le 12 janvier 2010, l'UNICEF a tiré la sonnette d'alarme: l'ouverture des frontières pour des raisons humanitaires donnait aussi une occasion en or aux passeurs de faire traverser illégalement des enfants chez le voisin dominicain.
Or, même si la frontière dominicaine s'est refermée ensuite, de nombreuses familles haïtiennes rendues encore plus vulnérables après le séisme ont accepté de confier leurs enfants au premier venu, quand elles ne les ont pas carrément vendus pour survivre. Quelque 40% des enfants haïtiens vivaient déjà dans la pauvreté absolue avant le séisme.
«On voit surtout des cas de parents qui vendent leur enfant. Les Haïtiens font cela depuis longtemps. La traite est une préoccupation occidentale beaucoup plus qu'haïtienne», indique Stéphane Tonon, policier de l'ONU responsable du dossier de la traite dans le nord-est d'Haïti.

Frontière poreuse
Dans les neuf mois qui ont suivi le séisme, ce ne sont pas 2000, mais plus de 7000 enfants haïtiens qui auraient été victimes de trafic et envoyés en République dominicaine, selon Réseau frontalier Jeannot Succès, un groupe haïtien de défense des droits présent à 10 endroits stratégiques sur la frontière haïtiano-dominicaine.
Cette statistique fait sourciller Gallianne Palayret, spécialiste de la protection de l'enfance à l'UNICEF. «Beaucoup d'enfants ont traversé du côté dominicain après le séisme, mais on n'a pas assez de données fiables pour prouver qu'ils ont été victimes de trafic.»
L'Organisation internationale pour les migrations partage les mêmes inquiétudes. «On sait que des familles dominicaines se rendent à Ouanaminthe pour se trouver un restavek (enfant domestique en créole). C'est un produit qu'on marchande», indique le responsable de la lutte contre le trafic d'enfants à l'OIM, Rodrigue Joseph.
Depuis le séisme, la police haïtienne a intercepté 4000 enfants aux principaux postes frontaliers d'Haïti, dont 82 étaient peut-être victimes de traite. Ce serait la pointe de l'iceberg. La plupart du temps, les passeurs empruntent avec les enfants ce qu'on appelle des «routes-jardins», des chemins non officiels, à l'abri du regard des agents frontaliers. Ils traversent à pied, à cheval ou à moto.
Le grand patron de la police haïtienne, Mario Andrésol, admet que la frontière est poreuse. «J'ai une vingtaine de commissariats et de sous-commissariats pour surveiller 360 km de frontière terrestre. Il y a des trous. Ce n'est pas vraiment un contrôle efficace.»
La lutte contre la traite est compliquée par le fait que seulement 40% des enfants possèdent un acte de naissance, fait valoir Ramsay Ben-Achour, directeur de la mission haïtienne de Heartland Alliance.
Cet organisme américain a été le premier à poster des gens à la frontière pour décourager les trafiquants dans les semaines qui ont suivi le séisme. Cela peut paraître ironique, mais ce sont les employés de Heartland qui ont formé les agents de la police haïtienne à détecter les cas de traite.
L'État semble dépassé par le fléau. En théorie, les policiers haïtiens confient à l'Institut du bien-être social et de recherche - la DPJ haïtienne - les enfants interceptés à la frontière. En pratique, à l'extérieur de la capitale Port-au-Prince, l'IBESR est une coquille vide. Et la plupart du temps, à Port-au-Prince, les enfants sont envoyés dans des foyers privés qui débordent.
La directrice de la défense sociale de l'IBESR, Marie Carmel Dejean, se sent impuissante. «Depuis le séisme, on reçoit des enfants qui partent prétendument rejoindre de la famille en Colombie, au Venezuela ou ailleurs en Amérique du Sud. Seront-ils victimes de traite? On ne sait pas exactement ce qui se passe.»
http://www.cyberpresse.ca/international/correspondants/201103/04/01-4376359-enfants-a-vendre.php

vendredi 4 mars 2011

« Mon école à Haïti » : André et Josette Hennebelle ont passé trois mois sur l'île

vendredi 04.03.2011, 05:05 - La Voix du Nord L'entrepreneur lillérois spécialisé dans la construction bois et sa femme sont rentrés lundi matin de Port-au-Prince, capitale d'Haïti. Pendant trois mois, ils ont vécu sur cette île dévastée par un énorme séisme le 20 janvier 2010. Trois mois pendant lesquels André a dirigé le chantier d'une école préfabriquée à Lillers puis transportée par bateau. Encore très ému de cette expérience qu'il n'a de cesse de relativiser, il raconte. PAR CÉLINE BARDY

bruay@info-artois.fr
André Hennebelle parle vite et baisse souvent la tête. Il ne veut surtout pas qu'on pense qu'il fait de la publicité pour son entreprise : « J'ai pas besoin de ça, et puis à mon âge ! » À 61 ans, « à l'aube de la retraite » comme il dit, il vient pourtant de vivre une expérience hors du commun.
Le fondateur de l'entreprise Bel'Bois (aujourd'hui dans le giron du groupe Ramery), spécialisée dans la construction en bois, s'est embarqué dans une aventure humanitaire à Haïti. « Ce sont les Rotariens qui sont à l'initiative », rappelle-t-il, moi je ne suis pas Rotarien ». Leur idée : reconstruire une école pour 800 élèves à Port-au-Prince. Commande des soeurs de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul. La société a sollicité l'entrepreneur lillérois pour ce chantier à 1 million d'euros. « On était parti pour faire quatre classes et puis après le travail de reconnaissance sur place, on a décidé d'en faire 20, un préau, un réfectoire et de rénover des bâtiments.
» Voilà le chantier qui l'a occupé ces trois derniers mois. Lui, le chef d'entreprise a retroussé ses manches pour mettre la main à la pâte. « Ça faisait longtemps que j'avais pas fait un travail physique, j'ai perdu 17 kg, mais ça va, j'ai vu que j'étais encore capable. Ça s'est très bien passé et le départ a même été douloureux, racontait-il hier la voix tremblante et les yeux sur le point de déborder. Il y avait beaucoup d'émotion des deux côtés, il nous on fait des petits cadeaux... »
Quand André dit « nous », il entend lui et sa femme Josette. « Heureusement qu'elle m'a accompagné. Tout seul, je crois que je ne l'aurais pas fait. C'était des journées dures et puis le soir, on était tout seuls dans notre petite cellule, chez les soeurs. Il n'y avait pas toujours l'électricité et l'eau courante, des fois Internet... »
Début avril, André repartira une dernière fois à Port-au-Prince pour l'inauguration de l'école. « Je partirai une semaine avant. Ils m'ont demandé d'y être et puis il y aura peut-être des choses à bricoler. » •

Haïti-Francophonie : « Melovivi ou le piège » en avant-première d’une quinzaine de festivités

P-au-P, 2 Mars 2011 [AlterPresse] --- La pièce prémonitoire du créateur haïtien Franketienne « Melovivi ou le piège » sera présentée ce 3 mars au Parc historique de la canne à sucre en ouverture de la Quinzaine de la Francophonie, informe l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). La Quinzaine de la Francophonie sera célébrée cette année sous le thème « Solidarité francophone pour la reconstruction d’Haïti » et s’étendra du 4 au 28 mars.
Conférence-débats, expositions de photographies, de peintures et de sculptures, ateliers pour les élèves des classes fondamentales, sont au nombre des activités prévues cette année.
Un concours national d’écritures francophones ouvert aux élèves des classes de 5e à la 9e année fondamentale sera pour la première fois lancé, et l’avant-première d’un film d’Arnold Antonin intitulé « Six Femmes d’exception » aura lieu dans le cadre de ces festivités.
Une soirée cabaret avec la troupe « Haïti en Scène » et 4 émissions spéciales « la Francophonie en Action » figurent également au programme et visent à faire découvrir au public la Francophonie et ses valeurs.
La journée Internationale de la Francophonie consacrée le 20 mars sera célébrée en Haïti par l’OIF avec le soutien de plusieurs partenaires dont huit ministères, la Primature, la France, ainsi que la Suisse. [kft gp apr 2/03/2011 12:00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article10720

Haïti-Cholera : Retrait progressif de MSF dans la prise en charge de l’épidémie

P-au-P, 4 mars 2011 [AlterPresse] --- L’organisation Médecins Sans Frontières(MSF) entend se retirer de certaines zones du pays et réduire le nombre de ses structures de traitement du cholera, comme nouvelle stratégie de réponse à l’épidémie, a annoncé Romain Gitenet, chef de mission MSF-France, lors d’une conférence de presse ce vendredi 4 mars. « L’épidémie est sous contrôle… La prise en charge est plutôt bonne », a-t-il déclaré, annonçant le retrait de MSF au profit du ministère de la santé et d’autres acteurs locaux.
Gitenet a fait savoir qu’à présent des structures plus petites, bien isolées, seront installées dans les centres de santé existants, bien que certaines structures plus grandes de l’organisation, à Port-au-Prince et aux Gonaïves (Nord) notamment, seront maintenues.
« L’idée c’est aussi que dans le futur le pays puisse se prendre en charge lui-même parce que le cholera ne va peut-être quand même pas disparaitre du jour au lendemain… Donc il faut maintenant que le système de santé puisse absorber ces cas dans le futur. Il faut qu’on travaille à cela maintenant », a t-il souligné, ajoutant que son organisation a formé des milliers d’haïtiens à la prise en charge du cholera.
Jusqu’ici 4 627 décès ont été enregistrés par les autorités sanitaires sur plus de 248 000 cas d’infection. L’épidémie qui concerne l’ensemble du pays accuse toutefois une baisse depuis le début 2011. La mortalité liée à la maladie a atteint un taux général de 1,2%, selon MSF, et le nombre de cas est en régression.
MSF a mis en place à date 79 structures de traitement dans 9 des 10 départements du pays où près de la moitié des malades recensés officiellement ont reçu un traitement. Seulement, depuis la chute du nombre de cas, les structures de 300 lits ne reçoivent que 3 à 4 cas par jour, d’après Gitenet, qui juge que « c’est complètement démesuré ».
Toutefois, ce retrait « ne signifie pas abandon », l’organisation est disposée à remettre ses structures en place en cas de flambée, a précisé le chef de mission.
Romain Gitenet a insisté par ailleurs sur la nécessité pour la population de continuer à suivre les consignes d’hygiènes et pour les responsables de maintenir le système de la gratuité de l’eau en faveur des ménages plus vulnérables.
Suivant le scenario prévu par différents organismes dont le Bureau des Nations Unies pour les Affaires Humanitaires (OCHA) et la Coordination Nationale pour la Sécurité alimentaire(CNSA), une hausse de l’épidémie pourrait survenir durant la période pluvieuse d’Avril à Juin.
Les festivités carnavalesques ce week-end présentent, aux yeux du ministère de la santé, également un risque. [kft gp apr 04/03/2011 11 :00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article10722

Haïti reçoit de Washington son "carnet" annuel pour le narcotrafic

L’administration Obama reste insatisfaite des résultats de la lutte contre le trafic de drogue et reconduit notre pays sur la "liste noire" des vingt principaux Etats producteurs et/ou de transit jeudi 3 mars 2011,
Haïti fait partie, pour la énième année consécutive, des vingt "principaux pays de production et/ou de transit" de la planète avec d’autres pays voisins, dont la République Dominicaine, selon le rapport annuel américain sur le trafic de drogue.
Le document officiel, acheminé jeudi au Congrès par le département d’Etat, désigne la Birmanie, la Bolivie et le Venezuela comme les trois Etats les plus impliqués dans le narcotrafic et identifie une fois de plus Haïti parmi les territoires qui permettent de faire passer les cargaisons de stupéfiants des pays producteurs vers les pays consommateurs.
La république voisine est également visée.
Les deux pays de l’île d’Haïti ou Quisqueya seraient, selon les statistiques de ces dernières années, responsables du transit de 20% de la drogue exportée vers les Etats-Unis, principal marché de consommation des produits illicites avec l’Europe occidentale.
Douze autres pays de la région, les Bahamas, la Bolivie, la Colombie, le Costa Rica, l’Equateur, le Guatémala, le Honduras, la Jamaïque, le Mexique, le Nicaragua, le Panama et le Pérou apparaissent aussi sur la fameuse liste noire de l’administration américaine. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article7567

Duvalier pourrait bientôt être accusé de crimes de guerre

Selon le conseiller spécial du président haïtien René Préval, des accusations de crimes de guerre devraient être déposées sous peu contre l'ancien dictateur Jean-Claude Duvalier.

Dans une entrevue accordée à Radio-Canada, vendredi à Montréal, Me René Magloire soutient que les traités internationaux sur les droits de la personne dont Haïti est signataire ignorent le délai de prescription de 10 ans et permettent donc de poursuivre Duvalier en justice.
« La poursuite contre Duvalier va permettre d'abord aux victimes de ce régime-là de retrouver une certaine dignité et ça va permettre aussi de démontrer en Haïti que l'impunité doit cesser », plaide-t-il.
Me Magloire profite d'ailleurs de son passage au Canada pour demander l'aide du gouvernement fédéral. Il souhaite que le Canada apporte une aide technique ou financière pour son système de justice dévasté par le tremblement de terre de janvier 2010. Il doit d'ailleurs comparaître lundi à Ottawa devant le comité permanent des Communes sur les Affaires étrangères.
Peu après son retour en Haïti, en février dernier, après 25 ans d'exil, Jean-Claude Duvalier a été accusé de vol, de corruption et de détournement de fonds. Une enquête est en cours pour déterminer s'il pourrait également être accusé de crimes contre l'humanité.
Un juge d'instruction a jusqu'en avril pour déposer des accusations formelles.
Jean-Claude Duvalier est soupçonné d'avoir détourné quelque 100 millions de dollars durant son règne, sous le couvert d'oeuvres sociales.
Le régime de l'ex-dictateur, notamment par sa milice des tontons macoutes, est aussi tenu responsable de la mort de milliers de personnes entre 1971 et 1986, et de la torture de milliers d'autres.
Certains Haïtiens demeurent sceptiques quant à la possibilité que Duvalier soit accusé de crimes de guerre. « Malheureusement, je crois que trop de temps s'est écoulé. Cela dit, je ne m'opposerais pas à cela, dans la mesure où vraiment il y aurait matière », dit Mirlande Manigat, candidate à la présidence d'Haïti, qui est aussi de passage à Montréal.
D'après un reportage de Denis-Martin Chabot
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/03/04/008-crimes-guerre-duvalier.shtml

L'ACDI met un frein à un projet de construction en Haïti

Radio-Canada a appris que l'Agence canadienne de développement international (ACDI) a retiré un appel d'offres sur la construction d'une académie de police en Haïti qui devait contribuer à réduire l'insécurité au pays.

L'ACDI affirme que le projet n'est pas abandonné pour autant, mais aucune décision n'a été prise au sujet d'un nouvel appel d'offres.
Ce projet de 18 millions de dollars avait été annoncé en grande pompe en Haïti par la ministre de la Coopération internationale, Bev Oda. Il prévoyait la reconstruction des infrastructures pour abriter l'académie de police qui devait approfondir la formation du corps policier.
En ce moment, les cadres sont formés sur le terrain, et les besoins en matière de sécurité sont criants. « On parle de criminalité transnationale organisée, et laisser un maillon faible en plein coeur des Caraïbes, ce ne serait pas à l'avantage de nous-mêmes, Haïtiens, et de nos autres partenaires », explique le porte-parole de la Police nationale d'Haïti, Franz Lerebours.
Un programme de formation appuyé par le Canada ira tout de même de l'avant d'ici le début de l'an prochain, mais sans l'espace promis, trois fois moins de personnes pourront être entraînées.
L'ACDI se contente de dire que l'appel d'offres a été retiré parce que les soumissionnaires n'ont pas respecté ses exigences, mais n'explique pas pourquoi elle n'en a pas fait un autre.
Et ce n'était pas le premier appel d'offres qui était lancé. Le premier remonte à 2007. Pour le député libéral Denis Coderre, le processus traîne en longueur.
« Il va falloir qu'on redéfinisse ce qui se passe au niveau de l'ACDI parce que, si on met des projets sur la glace, ça veut dire que ceux qu'on a annoncés, on a coupé le ruban, on est bien fiers, puis quatre ans plus tard, on n'a rien fait encore. Ça ajoute au cynisme, je dirais, de la situation haïtienne », affirme M. Coderre.
Même si l'ACDI se décide à aller de nouveau de l'avant avec le projet, la population haïtienne devra encore une fois faire preuve de patience parce que le dernier appel d'offres prévoyait que la construction des infrastructures prendrait trois ans.
D'après le reportage de Madeleine Blais-Morin
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/03/03/009-acdi-haiti-police.shtml

Le nouveau Parlement siégera dans des maisons préfabriquées

Agence France-Presse 04/03/2011 14h27
PORT-AU-PRINCE - Le nouveau parlement haïtien (30 sénateurs et 99 députés) qui sortira des élections législatives du 20 mars siégera dans des locaux préfabriqués offerts par la mission de l'ONU pour la stabilisation d'Haïti (Minustah), a annoncé cette dernière vendredi.

Le deuxième tour des élections est prévu le 20 mars et les résultats devraient être proclamés le 16 avril.
Ce projet, accepté par les autorités, «vise à permettre au Sénat et à la Chambre des députés d'amorcer les travaux parlementaires rapidement, entre la conclusion du processus électoral en avril et la construction d'un édifice transitoire qui couvrira les besoins du pouvoir législatif jusqu'à la reconstruction du nouvel édifice permanent», écrit la mission de l'ONU dans un communiqué.
Les nouveaux locaux dotés de climatiseurs, avec une large salle de 440 mètres carrés pouvant accueillir 230 personnes pour la tenue de l'Assemblée nationale haïtienne, seront placés sur le site de l'ancien parlement d'Haïti complètement détruit lors du séisme de janvier 2010.
Une salle de 145 mètres carrés pourra abriter les séances du Sénat de la République et un local pour deux salles de réunion pourra servir aux rencontres des commissions parlementaires. Un espace administratif permettra d'accueillir une centaine de fonctionnaires.
Le palais présidentiel d'Haïti, effondré le jour du tremblement de terre qui a ravagé la capitale Port-au-Prince faisant près de 250 000 morts, est toujours en ruines.
Le président sortant René Préval loge dans des bâtiments aménagés dans la cour de l'édifice, situé dans le centre de Port-au-Prince.
http://fr.canoe.ca/infos/international/archives/2011/03/20110304-142715.html

1-1. Haití y Venezuela se reparten los primeros puntos de la eliminatoria

Por Agencia EFE –
Caracas, 4 mar (EFE).- Las selecciones de Venezuela y de Haití se repartieron hoy los primeros puntos en la eliminatoria del Grupo II de la Zona Americana de Copa Davis de Tenis, al disputarse la primera jornada de individuales.
El venezolano Piero Luisi cerró la jornada al derrotar en tres sets consecutivos al haitiano Jean Marc Bazanne, por 6-2, 6-2 y 6-1 en una hora y quince minutos de juego.
La primera manga se decantó hacia el tenista venezolano, que rompió hasta tres servicios de Bazanne, para asegurar el parcial por un cómodo 6-2.
El segundo set parecía encaminarse por la misma ruta con los buenos primeros servicios de Piero Luisi para la ventaja de 2-0, pero errores en su recepción le permitió al jugador antillano igualar a dos.
Fue el mejor momento del visitante, que volvió a caer en su juego errático por deficiencias en su saque que le dio nuevamente la ventaja de 3-2 al número uno local.
Con otra rotura, Luisi mantuvo la diferencia para quedarse con el parcial por 6-2.
Con dos sets abajo y anímicamente desgastado, Jean Bazanne no tuvo arrestos para poder remontar la diferencia, que se evidenció con el contundente 6-1 que cerró el triunfo local.
La jornada comenzó con la victoria del número uno antillano Oliver Sajous sobre el venezolano Luis David Martínez en cuatro parciales por 7-6 (2), 6-3, 3-6 y 6-4, en casi tres horas de juego.
Sajous, jugador del tour, ratificó en el partido su superioridad pese a que fue Martínez el que le obligó a jugar la 'muerte súbita' en el primer parcial, que finalmente quedó 7-2 para el visitante.
Tras adjudicarse Sajous la segunda manga 6-3, fue el tenista venezolano el que recuperó sus ilusiones al ganar por 6-3 el tercer parcial.
En la cuarta manga, Sajous finalmente se quedó con el set y el partido 6-4, pese a que el venezolano sintió molestias en una de sus piernas.
Al concluir la jornada, el capitán haitiano Iphton Louis afirmó a Efe que se dieron los resultados esperados, esperando la definición en los dobles.
"Piero (Luisi) es el mejor jugador venezolano como nosotros tenemos a Oliver (Sajous). Ahora la misión es tratar de ganar el dobles", aseveró Louis.
Por su parte, el capitán venezolano William Campos aseguró que "Luisi hizo el trabajo en hora y cuarto y quedó bien fresco para el partido de dobles. Si logramos la victoria mañana quedamos bien encaminados en la serie".
La eliminatoria entre venezolanos y haitianos continuará este sábado con el partido de dobles.
http://www.google.com/hostednews/epa/article/ALeqM5jK4t5vmrQXVqzkIBEnvveIYEqRtQ?docId=1478483

Manigat veut que les USA stoppent les expulsions

MONTRÉAL - Si elle est élue présidente d'Haïti, Mirlande Manigat compte «négocier» avec Washington la fin des expulsions d'Haïtiens condamnés par la justice américaine, a-t-elle dit vendredi, estimant que ce processus réinstauré en janvier ajoutait au «fardeau» du pays caribéen.

L'administration de Barack Obama avait mis en place un moratoire sur les expulsions d'Haïtiens avec un casier judiciaire après le tremblement de terre du 12 janvier 2010 mais a annoncé en décembre que les expulsions allaient reprendre. 27 personnes ont ainsi été reconduites dans l'île francophone à la mi-janvier.
«Même ceux qui ont pris la nationalité américaine, ils sont expulsés!», a déploré l'ex-Première dame qui doit affronter Michel Martelly lors du second tour prévu le 20 mars.
Les Américains «ont un problème carcéral, ils n'arrivent pas à réhabiliter ceux qui sont en prison et c'est une solution de facilité de les expédier dans leur pays d'origine», a dit Mme Manigat à l'AFP, en marge d'une conférence de presse à Montréal.
Il y a un mois, la commission des droits de l'homme de l'Organisation des États américains (OEA) avait demandé aux Etats-Unis de suspendre les expulsions, affirmant qu'un des individus expulsés en janvier «est mort dans une prison haïtienne pour une raison non encore établie, avec des symptômes de choléra».
«Non seulement il n'y a pas de mécanisme d'accueil de ces Haïtiens, ces jeunes expulsés, mais (en plus) il n'y a pas de moyens de les accueillir: nous aussi en Haïti nous avons une surpopulation carcérale qui est épouvantable», a souligné la candidate.
«Il faudra négocier avec les États-Unis, leur faire comprendre que cela augmente le taux de criminalité en Haïti. Ca peut leur permettre peut-être d'alléger leur responsabilité, mais ils nous refilent allègrement un fardeau», a-t-elle insisté.
http://fr.canoe.ca/infos/international/archives/2011/03/20110304-161246.html