Par FTV avec AFP et Reuters L'ex-dictateur haïtien est ressorti mardi libre du Palais de justice de Port-au-Prince
Il reste "à la disposition de la justice", après avoir été inculpé pour corruption, a affirmé à l'AFP un de ses avocats.
Arrêté dans la journée par la police à l'hôtel de Port-au-Prince où il résidait, "Baby Doc" est officiellement poursuivi pour corruption, vol et détournement de fonds pendant ses années au pouvoir (1971-1986) à Haïti.
Il appartiendra désormais au juge d'instruction de décider de poursuivre ou non l'affaire au plan judiciaire.
L'ex-dictateur est notamment accusé de détournements de fonds pendant l'exercice de son pouvoir. Les autorités d'Haïti estiment que plus de 100 millions de dollars ont été détournés sous le couvert d'oeuvres sociales jusqu'à sa chute en 1986.
La Suisse a déclaré qu'elle rendrait au peuple haïtien les quelque 5,7 millions de dollars déposés par la famille Duvalier dans des banques du pays.
Un retour inattendu
A la surprise générale, "Baby Doc", comme le surnomment les Haïtiens, est arrivé à Port-au-Prince dimanche soir après 25 ans d'exil en France avant de se cloîtrer dans un hôtel. Chassé du pouvoir par une révolte populaire en 1986, il avait succédé en 1971 à son père François Duvalier.
Des experts des droits de l'homme de l'ONU examinent actuellement les possibilités des autorités haïtiennes de poursuivre en justice l'ex-dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier, a indiqué mardi le Haut commissariat aux droits de l'homme.
Confidents, alliés et membres de la famille de M. Duvalier ont lundi défilé à l'hôtel Karibe, situé à Pétion-ville, en banlieue de la capitale haïtienne, pour saluer l'ex-dictateur.
A sa descente d'avion dimanche soir, "Baby Doc" s'était contenté de déclarer aux journalistes: "Je suis venu pour aider" le peuple haïtien. "Duvalier est un citoyen haïtien qui rentre au pays comme il en a le droit", a déclaré le Premier ministre Jean-Max Bellerive. "J'espère simplement que cela ne va pas compliquer une situation politique déjà tendue", a-t-il ajouté.
Didier Le Bret, ambassadeur de France en Haïti, a expliqué que M. Duvalier était en possession d'un billet retour pour la France le jeudi 20 janvier. "J'espère qu'il va l'utiliser", a ajouté M. Le Bret.
Après un premier tour dont les résultats sont contestés, les Haïtiens attendent le deuxième tour de la présidentielle dont la date a été repoussée.
L'ancien dictateur veut "participer à la renaissance d'Haïti"
"J'attendais ce moment depuis longtemps. Quand j'ai posé le pied au sol, j'ai ressenti une grande joie", a déclaré Jean-Claude Duvalier à son arrivée. "(Je reviens) parce que je sais que le peuple souffre", a-t-il poursuivi. "Je voulais lui témoigner ma solidarité, lui dire que je suis là, que je suis bien disposé et déterminé à participer à la renaissance d'Haïti".
La compagne de Duvalier, Véronique Roy, a déclaré que le séisme dévastateur du 12 janvier 2010 et ses quelque 250.000 morts les avait poussés à revenir en Haïti. "Ca a été le déclic, nous avons vu les images à la télévision", a-t-elle dit alors que le pays vient de commémorer le premier anniversaire de la catastrophe.
Les Tontons Macoutes, redoutables milices de Duvalier
Plus jeune chef d'Etat au monde à 19 ans, Jean-Claude Duvalier s'était proclamé "président à vie". Même s'il voulait offrir une image moins autoritaire que son père François Duvalier, il dirigeait un régime corrompu qui multipliait les atteintes aux droits de l'homme avec ses milices redoutables, les Tontons Macoutes. Il vivait dans l'opulence alors que son peuple était dans la misère.
La France avait accepté d'accueillir Jean-Claude Duvalier à titre temporaire en 1986, quand il avait été chassé par une révolte populaire. Il vivait depuis dans de belles demeures de la Côte d'Azur. Il répétait souvent qu'il souhaitait revenir "un jour" en Haïti.
En 2007, il était intervenu sur les ondes haïtiennes pour demander "pardon au peuple haïtien pour les erreurs commises pendant son règne". En doutant de la sincérité de ce message, le président René Préval avait alors relevé que s'il y avait "le pardon", il y avait aussi "la justice".
L'ex-dictateur est notamment accusé de détournements de fonds pendant l'exercice de son pouvoir. Les autorités d'Haïti estiment que plus de 100 millions de dollars ont été détournés sous le couvert d'oeuvres sociales jusqu'à la chute en 1986 de "Baby Doc".
http://info.france2.fr/monde/jean-claude-duvalier-inculpe-de-corruption-et-vol-66880488.html?sms_ss=facebook&at_xt=4d3613ac9096d9ad,0
Une fenêtre ouverte sur Haïti, le pays qui défie le monde et ses valeurs, anti-nation qui fait de la résistance et pousse les limites de la résilience. Nous incitons au débat conceptualisant Haïti dans une conjoncture mondiale difficile. Haïti, le défi, existe encore malgré tout : choléra, leaders incapables et malhonnêtes, territoires perdus gangstérisés . Pour bien agir il faut mieux comprendre: "Que tout ce qui s'écrit poursuive son chemin, va , va là ou le vent te pousse (Dr Jolivert)
mardi 18 janvier 2011
Haïti : l'ex-dictateur Jean-Claude Duvalier a été arrêté
Arrivé à Haïti dimanche après 25 ans d'exil, l'ancien «président à vie» Jean-Claude Duvalier aurait été conduit sous escorte policière ont rapporté des témoins ce mardi à Port-au-Prince. Une source judiciaire affirme que l'homme, non menotté à sa sortie de l'hôtel, devrait être conduit au tribunal. Jean-Claude Duvalier «est conduit au parquet pour une communication du dossier», a déclaré Gervais Charles, bâtonnier de l'ordre des avocats de Port-au-Prince. Face à l'hôtel où il était réfugié, les partisans de Duvalier manifestaient leur soutien aux cris de «Duvalier président», réclamant la démission de l'actuel chef d'Etat, René Préval.
Peu avant la mise aux arrêts de «Baby Doc», un juge accompagné d'une dizaine de policiers avaient investi l'hôtel Karibe de Port-au-Prince où l'ancien dictateur s'était installé dimanche après avoir être arrivé dans la capitale haïtienne. Depuis son arrivée à Port-au-Prince, Jean-Claude Duvalier avait laissé planer le doute sur les motivations de son retour à Haïti, vingt-cinq ans après son départ en exil.
Le juge Gabriel Ambroise et le chef du Parquet Aristidas Auguste sont entrés mardi à l'hôtel Karibe où l'ancien chef d'Etat était cloîtré depuis dimanche. Après 25 années d'exil en France, Jean-Claude Duvalier avait fait un retour remarqué ce dimanche dans le pays qu'il a dirigé d'une main de fer entre 1971 et 1986.
Plus tôt dans la journée, un proche de l'ancien «président à vie» affirmait que la police haïtienne tentait d'arrêter Duvalier. «Nous sommes en train de recruter des avocats afin de préparer une réponse juridique», avait avoué Eric Jean-Jacques, un proche de l'ancien président.
Jean-Claude Duvalier est accusé d'exactions commises durant ses quinze années de présidence, de violations des droits de l'homme ayant provoqué la mort de milliers d'Haïtiens ainsi que d'imposants détournements de fonds.
http://www.leparisien.fr/seisme-haiti/haiti-l-ex-dictateur-jean-claude-duvalier-a-ete-arrete-18-01-2011-1232887.php
Peu avant la mise aux arrêts de «Baby Doc», un juge accompagné d'une dizaine de policiers avaient investi l'hôtel Karibe de Port-au-Prince où l'ancien dictateur s'était installé dimanche après avoir être arrivé dans la capitale haïtienne. Depuis son arrivée à Port-au-Prince, Jean-Claude Duvalier avait laissé planer le doute sur les motivations de son retour à Haïti, vingt-cinq ans après son départ en exil.
Le juge Gabriel Ambroise et le chef du Parquet Aristidas Auguste sont entrés mardi à l'hôtel Karibe où l'ancien chef d'Etat était cloîtré depuis dimanche. Après 25 années d'exil en France, Jean-Claude Duvalier avait fait un retour remarqué ce dimanche dans le pays qu'il a dirigé d'une main de fer entre 1971 et 1986.
Plus tôt dans la journée, un proche de l'ancien «président à vie» affirmait que la police haïtienne tentait d'arrêter Duvalier. «Nous sommes en train de recruter des avocats afin de préparer une réponse juridique», avait avoué Eric Jean-Jacques, un proche de l'ancien président.
Jean-Claude Duvalier est accusé d'exactions commises durant ses quinze années de présidence, de violations des droits de l'homme ayant provoqué la mort de milliers d'Haïtiens ainsi que d'imposants détournements de fonds.
http://www.leparisien.fr/seisme-haiti/haiti-l-ex-dictateur-jean-claude-duvalier-a-ete-arrete-18-01-2011-1232887.php
lundi 17 janvier 2011
Duvalier n'a toujours pas expliqué son retour
Publié le 17 janvier 2011 à 17h44
Mis à jour le 17 janvier 2011 à 17h51
Clarens Renois, Agence France-Presse
Port-au-Prince
L'ancien président haïtien «à vie» Jean-Claude Duvalier, cloîtré dans un hôtel de Port-au-Prince, n'avait toujours pas expliqué lundi les raisons de son retour en Haïti la veille, après 25 ans d'exil en France.
Confidents, alliés et membres de la famille de M. Duvalier se rendaient en masse à l'hôtel Karibe, situé à Pétion-ville, en banlieue de la capitale haïtienne, pour saluer l'ex-dictateur.
«Baby Doc», comme le surnomment les Haïtiens, ne s'est pas montré en public depuis son arrivée surprise dimanche soir. A sa descente d'avion, il s'était contenté de déclarer : «Je suis venu pour aider».
Une conférence de presse d'abord prévue lundi a été reportée, car l'hôtel Karibe n'a pas la capacité de recevoir tous les journalistes désireux d'assister à l'événement, selon Henry Robert Sterlin, ancien ambassadeur d'Haïti à Paris et à l'Unesco.
Le retour de Jean-Claude Duvalier, président de 1971 à 1986 et exilé en France depuis, a pris Haïti par surprise, au moment où le pays traverse une grave crise politique.
Didier Le Bret, ambassadeur de France à Port-au-Prince, a expliqué à l'AFP que M. Duvalier était en possession d'un billet retour pour la France le 20 janvier. «J'espère qu'il va l'utiliser», a ajouté M. Le Bret.
Toutefois, pour Véronique Roy, épouse de M. Duvalier, qui s'est entretenue avec l'AFP, «rien n'est fixé, tout est modifiable», même si elle a confirmé que son époux avait bien un billet retour pour jeudi. «Il est prématuré de dire s'il va rentrer en France ou s'il va rester», a-t-elle ajouté.
Elle affirme par ailleurs qu'«aucun responsable du gouvernement (haïtien) ne l'a contacté depuis son retour au pays».
Des analystes interrogés par l'AFP se sont dit peu surpris de l'accueil relativement enthousiaste qu'a reçu M. Duvalier.
«La moitié de la population n'a pas connu la cruauté de la dictature. Et certains ont la nostalgie de l'époque où Duvalier était président et où la stabilité et la sécurité régnaient, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui», explique Robert Fatton, professeur à l'université de Virginie aux Etats-Unis, lui-même haïtien.
Dans le même temps, les circonstances du retour de M. Duvalier demeurent entourées de mystère.
Selon Osner Févry, un ancien secrétaire d'Etat de M. Duvalier, ce dernier «ne serait pas revenu sans prendre contact à un niveau ou à un autre» avec le gouvernement du président sortant René Préval.
Evans Paul, un ancien opposant aux Duvalier devenu maire de Port-au-Prince, «pense que M. Préval est à la base de cette décision. C'est une manoeuvre de diversion et de provocation destinée à intensifier la confusion» née du premier tour contesté de l'élection présidentielle.
Mais l'épouse de M. Duvalier a démenti les accusations du maire de la capitale haïtienne. «Il n'y a eu absolument aucun contact», a dit Mme Roy à l'AFP.
Dès le retour de M. Duvalier, des organisations de défense des droits de l'homme ont exigé qu'il soit jugé.
«Au cours de la présidence de Duvalier et (du règne) de ses "Tontons macoutes", des milliers de personnes ont été tuées et torturées et des centaines de milliers d'Haïtiens ont dû s'exiler. Cela fait longtemps qu'il doit rendre des comptes», a ainsi estimé Jose Miguel Vivanco, le directeur de Human Rights Watch pour les Amériques.
«Les violations des droits de l'homme, généralisées et systématiques, commises à Haïti pendant le règne de Duvalier constituent des crimes contre l'humanité», a commenté de son côté Javier Zuñiga, conseiller spécial d'Amnesty international.
«Nous sommes surpris par le moment choisi par Duvalier pour se rendre en Haïti. Cela ajoute un élément d'imprévu dans une période d'incertitude dans le processus électoral en Haïti», a réagi, quant à lui, le Département d'Etat américain.
Et le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, s'est dit «préoccupé» par ce retour «à un moment crucial du processus démocratique» en Haïti.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201101/17/01-4360952-duvalier-na-toujours-pas-explique-son-retour.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_aujourdhui-sur-cyberpresse_267_article_ECRAN1POS1
Mis à jour le 17 janvier 2011 à 17h51
Clarens Renois, Agence France-Presse
Port-au-Prince
L'ancien président haïtien «à vie» Jean-Claude Duvalier, cloîtré dans un hôtel de Port-au-Prince, n'avait toujours pas expliqué lundi les raisons de son retour en Haïti la veille, après 25 ans d'exil en France.
Confidents, alliés et membres de la famille de M. Duvalier se rendaient en masse à l'hôtel Karibe, situé à Pétion-ville, en banlieue de la capitale haïtienne, pour saluer l'ex-dictateur.
«Baby Doc», comme le surnomment les Haïtiens, ne s'est pas montré en public depuis son arrivée surprise dimanche soir. A sa descente d'avion, il s'était contenté de déclarer : «Je suis venu pour aider».
Une conférence de presse d'abord prévue lundi a été reportée, car l'hôtel Karibe n'a pas la capacité de recevoir tous les journalistes désireux d'assister à l'événement, selon Henry Robert Sterlin, ancien ambassadeur d'Haïti à Paris et à l'Unesco.
Le retour de Jean-Claude Duvalier, président de 1971 à 1986 et exilé en France depuis, a pris Haïti par surprise, au moment où le pays traverse une grave crise politique.
Didier Le Bret, ambassadeur de France à Port-au-Prince, a expliqué à l'AFP que M. Duvalier était en possession d'un billet retour pour la France le 20 janvier. «J'espère qu'il va l'utiliser», a ajouté M. Le Bret.
Toutefois, pour Véronique Roy, épouse de M. Duvalier, qui s'est entretenue avec l'AFP, «rien n'est fixé, tout est modifiable», même si elle a confirmé que son époux avait bien un billet retour pour jeudi. «Il est prématuré de dire s'il va rentrer en France ou s'il va rester», a-t-elle ajouté.
Elle affirme par ailleurs qu'«aucun responsable du gouvernement (haïtien) ne l'a contacté depuis son retour au pays».
Des analystes interrogés par l'AFP se sont dit peu surpris de l'accueil relativement enthousiaste qu'a reçu M. Duvalier.
«La moitié de la population n'a pas connu la cruauté de la dictature. Et certains ont la nostalgie de l'époque où Duvalier était président et où la stabilité et la sécurité régnaient, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui», explique Robert Fatton, professeur à l'université de Virginie aux Etats-Unis, lui-même haïtien.
Dans le même temps, les circonstances du retour de M. Duvalier demeurent entourées de mystère.
Selon Osner Févry, un ancien secrétaire d'Etat de M. Duvalier, ce dernier «ne serait pas revenu sans prendre contact à un niveau ou à un autre» avec le gouvernement du président sortant René Préval.
Evans Paul, un ancien opposant aux Duvalier devenu maire de Port-au-Prince, «pense que M. Préval est à la base de cette décision. C'est une manoeuvre de diversion et de provocation destinée à intensifier la confusion» née du premier tour contesté de l'élection présidentielle.
Mais l'épouse de M. Duvalier a démenti les accusations du maire de la capitale haïtienne. «Il n'y a eu absolument aucun contact», a dit Mme Roy à l'AFP.
Dès le retour de M. Duvalier, des organisations de défense des droits de l'homme ont exigé qu'il soit jugé.
«Au cours de la présidence de Duvalier et (du règne) de ses "Tontons macoutes", des milliers de personnes ont été tuées et torturées et des centaines de milliers d'Haïtiens ont dû s'exiler. Cela fait longtemps qu'il doit rendre des comptes», a ainsi estimé Jose Miguel Vivanco, le directeur de Human Rights Watch pour les Amériques.
«Les violations des droits de l'homme, généralisées et systématiques, commises à Haïti pendant le règne de Duvalier constituent des crimes contre l'humanité», a commenté de son côté Javier Zuñiga, conseiller spécial d'Amnesty international.
«Nous sommes surpris par le moment choisi par Duvalier pour se rendre en Haïti. Cela ajoute un élément d'imprévu dans une période d'incertitude dans le processus électoral en Haïti», a réagi, quant à lui, le Département d'Etat américain.
Et le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, s'est dit «préoccupé» par ce retour «à un moment crucial du processus démocratique» en Haïti.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201101/17/01-4360952-duvalier-na-toujours-pas-explique-son-retour.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_aujourdhui-sur-cyberpresse_267_article_ECRAN1POS1
Le ras-le-bol des Haïtiens envers les journalistes
Depuis un an, les habitants de Port-au-Prince sont filmés par des caméras de télévision et photographiés par des journalistes du monde entier. Ils en ont assez et n'hésitent pas à le faire savoir. Par Gaëlle LE ROUX , envoyée spéciale de France 24 en Haïti (texte)
Retour en France. Comme l’année dernière, partir d’Haïti au bout d'une semaine seulement me laisse un goût amer. Ce pays est d’une richesse dont j’ai encore envie de m’imprégner. Étrangement, pourtant, y travailler aura été moins aisé qu’il y a un an. J’ai ressenti, comme une gifle, le ras-le-bol des Haïtiens envers les journalistes, les ONG, ou encore l’ONU. L’an dernier, même dans les pires conditions, les gens nous souriaient, nous parlaient et nous ouvraient volontiers leurs toiles de tentes. J’imagine qu’à ce moment-là, la présence des journalistes représentait encore l’espoir que le monde puisse connaître leur détresse et leur vienne en aide.
Aujourd’hui, les journalistes sont toujours aussi nombreux, mais rien n’a vraiment changé pour les Haïtiens. Ils sont encore entre 1,5 et 2 millions à vivre sous des tentes, dans des conditions sanitaires effroyables, en proie à la violence, aux maladies et aux intempéries. Sur le Champ de Mars, la place longeant le palais présidentiel où 40 000 personnes campent depuis le séisme, la plupart des réfugiés refusent qu’on les prenne en photo, ou demandent de l’argent en échange. Souvent, des insultes fusent. Les journalistes ne sont plus les bienvenus : personne ne comprend plus trop le but de son travail. Au mieux dans les camps, on leur prête une complaisance mal placée.
Lors de la cérémonie commémorative à l’Université de Quiesqeya, plusieurs étudiants et membres de l’administration m’ont fait part de leur agacement. A l’exemple de Julien, 23 ans, étudiant en médecine : "Vous ne faites qu’appuyer sur la tête de gens en train de se noyer, explique-t-il. Ce que la presse étrangère dit de nous, c’est 'oh, les pauvres', en louant notre courage et notre résilience. Mais nous ne nous limitons pas à du courage ! Nous faisons des choses, nous élaborons des projets. Nous nous battons, nous avons besoin d’encouragements ! On a besoin qu’on nous dise : 'c’est bien ce que vous faites'".
Une foule de projets fleurissent en effet dans Port-au-Prince. Des projets disparates, parfois tout petits, mais portés par des hommes et des femmes dynamiques, animés par l’envie d’en finir avec cette idée fataliste du malheur haïtien. C’est le cas du père David César, responsable de l’épiscopat de la Sainte Trinité, qui se bat pour récolter assez d’argent et rouvrir ses écoles. C’est le cas aussi de l’Université de Quiesqueya, qui met sur pied un programme de recherches rémunérés pour que les étudiants puissent poursuivre leurs études. Ce sont aussi tous ces médecins, infirmiers, ingénieurs, architectes, écrivains, intellectuels, professeurs, installés aux Etats-Unis, en Europe ou au Canada, et qui reviennent en Haïti apporter leur pierre à l’édifice. "D’un certain point de vue, le séisme est une chance : nous pouvons tout reconstruire, réinventer Haïti", ose une étudiante en sciences politiques. "Encore faudrait-il que la communauté internationale accepte de nous laisser un peu de place pour participer à la reconstruction".
http://www.france24.com/fr/20110117-haiti-seisme-un-an-apres-carnet-route-retour-journalisme-defiance
Retour en France. Comme l’année dernière, partir d’Haïti au bout d'une semaine seulement me laisse un goût amer. Ce pays est d’une richesse dont j’ai encore envie de m’imprégner. Étrangement, pourtant, y travailler aura été moins aisé qu’il y a un an. J’ai ressenti, comme une gifle, le ras-le-bol des Haïtiens envers les journalistes, les ONG, ou encore l’ONU. L’an dernier, même dans les pires conditions, les gens nous souriaient, nous parlaient et nous ouvraient volontiers leurs toiles de tentes. J’imagine qu’à ce moment-là, la présence des journalistes représentait encore l’espoir que le monde puisse connaître leur détresse et leur vienne en aide.
Aujourd’hui, les journalistes sont toujours aussi nombreux, mais rien n’a vraiment changé pour les Haïtiens. Ils sont encore entre 1,5 et 2 millions à vivre sous des tentes, dans des conditions sanitaires effroyables, en proie à la violence, aux maladies et aux intempéries. Sur le Champ de Mars, la place longeant le palais présidentiel où 40 000 personnes campent depuis le séisme, la plupart des réfugiés refusent qu’on les prenne en photo, ou demandent de l’argent en échange. Souvent, des insultes fusent. Les journalistes ne sont plus les bienvenus : personne ne comprend plus trop le but de son travail. Au mieux dans les camps, on leur prête une complaisance mal placée.
Lors de la cérémonie commémorative à l’Université de Quiesqeya, plusieurs étudiants et membres de l’administration m’ont fait part de leur agacement. A l’exemple de Julien, 23 ans, étudiant en médecine : "Vous ne faites qu’appuyer sur la tête de gens en train de se noyer, explique-t-il. Ce que la presse étrangère dit de nous, c’est 'oh, les pauvres', en louant notre courage et notre résilience. Mais nous ne nous limitons pas à du courage ! Nous faisons des choses, nous élaborons des projets. Nous nous battons, nous avons besoin d’encouragements ! On a besoin qu’on nous dise : 'c’est bien ce que vous faites'".
Une foule de projets fleurissent en effet dans Port-au-Prince. Des projets disparates, parfois tout petits, mais portés par des hommes et des femmes dynamiques, animés par l’envie d’en finir avec cette idée fataliste du malheur haïtien. C’est le cas du père David César, responsable de l’épiscopat de la Sainte Trinité, qui se bat pour récolter assez d’argent et rouvrir ses écoles. C’est le cas aussi de l’Université de Quiesqueya, qui met sur pied un programme de recherches rémunérés pour que les étudiants puissent poursuivre leurs études. Ce sont aussi tous ces médecins, infirmiers, ingénieurs, architectes, écrivains, intellectuels, professeurs, installés aux Etats-Unis, en Europe ou au Canada, et qui reviennent en Haïti apporter leur pierre à l’édifice. "D’un certain point de vue, le séisme est une chance : nous pouvons tout reconstruire, réinventer Haïti", ose une étudiante en sciences politiques. "Encore faudrait-il que la communauté internationale accepte de nous laisser un peu de place pour participer à la reconstruction".
http://www.france24.com/fr/20110117-haiti-seisme-un-an-apres-carnet-route-retour-journalisme-defiance
Haïti : le tyran "Baby doc" revient sur les lieux de ses crimes !
17 Janvier 2011 Par Velveth Faut-il que pour un dictateur chassé de Tunisie en réapparaisse un autre en Haïti ? "Baby Doc", réfugié en France depuis 25 ans, est de retour !
Le retour à Haïti de l'ancien dictateur, « Bébé Doc », de la dynastie despotique des Duvalier et de leurs sinistres « tontons macoutes » qui assassinaient et pillaient, des décennies durant, est une très mauvaise nouvelle pour les haïtiens.
Obligé de fuir l'île sous la pression populaire en 1986, il trouva refuge en France. Exil doré sous le règne de Mitterrand.
Haïti, un an après le séisme, est île de la désolation et les milliards promis par les grandes puissances n'ont pas été versés. La population subsiste grâce à la présence d'une myriade d'ONG quand il faudrait « reconstruire » le pays mais l'aide promise n'arrivant pas, la population peut être tentée de se tourner vers d'absurdes "solutions".
D'ailleurs, des centaines de partisans de « Baby Doc » (payés ?), oublieux de sa sauvagerie, l'ont accueilli, hier au soir, à l'aéroport.
Le Premier ministre haïtien ne trouve d'ailleurs rien à dire à ce retour : « C'est un citoyen haïtien qui rentre au pays comme il en a le droit » !
Ainsi, profitant du chaos, avec un mutisme coupable des dirigeants occidentaux, les autorités actuelles réhabilitent-elles la dictature malgré ses milliers de victimes...
La "communauté internationale", stupide terme consacré, laissera-t-elle ce boucher reprendre pied en Haïti ?http://www.mediapart.fr/club/blog/velveth/170111/haiti-le-tyran-baby-doc-revient-sur-les-lieux-de-ses-crimes
Le retour à Haïti de l'ancien dictateur, « Bébé Doc », de la dynastie despotique des Duvalier et de leurs sinistres « tontons macoutes » qui assassinaient et pillaient, des décennies durant, est une très mauvaise nouvelle pour les haïtiens.
Obligé de fuir l'île sous la pression populaire en 1986, il trouva refuge en France. Exil doré sous le règne de Mitterrand.
Haïti, un an après le séisme, est île de la désolation et les milliards promis par les grandes puissances n'ont pas été versés. La population subsiste grâce à la présence d'une myriade d'ONG quand il faudrait « reconstruire » le pays mais l'aide promise n'arrivant pas, la population peut être tentée de se tourner vers d'absurdes "solutions".
D'ailleurs, des centaines de partisans de « Baby Doc » (payés ?), oublieux de sa sauvagerie, l'ont accueilli, hier au soir, à l'aéroport.
Le Premier ministre haïtien ne trouve d'ailleurs rien à dire à ce retour : « C'est un citoyen haïtien qui rentre au pays comme il en a le droit » !
Ainsi, profitant du chaos, avec un mutisme coupable des dirigeants occidentaux, les autorités actuelles réhabilitent-elles la dictature malgré ses milliers de victimes...
La "communauté internationale", stupide terme consacré, laissera-t-elle ce boucher reprendre pied en Haïti ?http://www.mediapart.fr/club/blog/velveth/170111/haiti-le-tyran-baby-doc-revient-sur-les-lieux-de-ses-crimes
Haiti, un an après : l’information, cruciale pour la survie des rescapés
Haiti, un an après : l’information, cruciale pour la survie des rescapés
par Vincent JAY
Thématique: Information, TIC
Rubrique: Contributions
Portail Caraibes, 17/01/11 à 16h51 GMT"Médias, systèmes d'informations et communautés : leçons d'Haïti"
La gestion de l'information a été centrale pour sauver des vies en Haïti, que ce soit grâce aux cartes interactives, aux SMS ou aux programmes radios et ce, pour la première fois dans l'histoire de la gestion des crises humanitaires de grande ampleur.
A l'occasion du premier anniversaire du séisme en Haïti, Internews assiste la publication du rapport "Médias, systèmes d'informations et communautés : leçons d'Haïti " (Media, Information Systems and Communities : Lessons from Haiti)" sur l'importance de la gestion de l'information et des médias dans les crises humanitaires, produit par le Communicating with Disaster Affected Communities (CDAC)et financé par la fondation Knight.
Depuis un an, Internews a produit plus de 1000 éditions du programme radio en créole ENDK, qui a permis une large diffusion de l'information de première nécessité au sein de la population touchée (choléra, eau etc.).
Source : Coordination SUD, 14 janvier 2011
http://www.mediaterre.org/caraibes/actu,20110117165144.html
par Vincent JAY
Thématique: Information, TIC
Rubrique: Contributions
Portail Caraibes, 17/01/11 à 16h51 GMT"Médias, systèmes d'informations et communautés : leçons d'Haïti"
La gestion de l'information a été centrale pour sauver des vies en Haïti, que ce soit grâce aux cartes interactives, aux SMS ou aux programmes radios et ce, pour la première fois dans l'histoire de la gestion des crises humanitaires de grande ampleur.
A l'occasion du premier anniversaire du séisme en Haïti, Internews assiste la publication du rapport "Médias, systèmes d'informations et communautés : leçons d'Haïti " (Media, Information Systems and Communities : Lessons from Haiti)" sur l'importance de la gestion de l'information et des médias dans les crises humanitaires, produit par le Communicating with Disaster Affected Communities (CDAC)et financé par la fondation Knight.
Depuis un an, Internews a produit plus de 1000 éditions du programme radio en créole ENDK, qui a permis une large diffusion de l'information de première nécessité au sein de la population touchée (choléra, eau etc.).
Source : Coordination SUD, 14 janvier 2011
http://www.mediaterre.org/caraibes/actu,20110117165144.html
Continental va relier New York à Haïti
Publié le 17 janvier 2011 par François Duclos dans Actualité, Info pratique, Nouvelle liaison - 0 commentaire
La compagnie aérienne Continental Airlines lancera en juin 2011 une nouvelle ligne directe entre New York et Port-au-Prince à Haïti.
Alors qu’Haïti commémore le premier anniversaire du tremblement de terre qui avait fait 250 000 morts le 12 janvier dernier, la compagnie américaine a annoncé pour le 9 juin 2011 le début de ses trois vols hebdomadaires entre New York – Newark et Port-au-Prince. Les vols quitteront l’aéroport Newark International les mardi, jeudi et samedi avant de devenir quotidiens à compter du premier juillet. La liaison sera effectuée à bord de Boeing 737-800 de 160 places (16 en première et 144 en économie), avec départ prévu à 9h25 pour une arrivée à Port-au-Prince à 12h15, le vol retour quittant l’aéroport Toussaint Louverture à 13h20 pour se poser à Newark à 18h15.
Il s’agit de la 27eme destination dans les Caraïbes pour la compagnie de Star Alliance, qui a fusionné avec United Airlines en octobre dernier, une fusion qui sera mise en œuvre cette année et finalisée en 2012. Aucune ne desservait jusque là Haïti, contrairement à American Airlines, Delta, Air Canada, Air Transat ou Spirit Airlines.
C’est cependant une autre compagnie aérienne qui est à la pointe de l’actualité en Haïti, Air France ayant déposé dimanche sur l’aéroport de la capitale l’ancien dictateur Jean Claude « Bébé Doc » Duvalier après 24 ans d’exil forcé.
http://www.air-journal.fr/2011-01-17-continental-va-relier-new-york-a-haiti-523366.html
La compagnie aérienne Continental Airlines lancera en juin 2011 une nouvelle ligne directe entre New York et Port-au-Prince à Haïti.
Alors qu’Haïti commémore le premier anniversaire du tremblement de terre qui avait fait 250 000 morts le 12 janvier dernier, la compagnie américaine a annoncé pour le 9 juin 2011 le début de ses trois vols hebdomadaires entre New York – Newark et Port-au-Prince. Les vols quitteront l’aéroport Newark International les mardi, jeudi et samedi avant de devenir quotidiens à compter du premier juillet. La liaison sera effectuée à bord de Boeing 737-800 de 160 places (16 en première et 144 en économie), avec départ prévu à 9h25 pour une arrivée à Port-au-Prince à 12h15, le vol retour quittant l’aéroport Toussaint Louverture à 13h20 pour se poser à Newark à 18h15.
Il s’agit de la 27eme destination dans les Caraïbes pour la compagnie de Star Alliance, qui a fusionné avec United Airlines en octobre dernier, une fusion qui sera mise en œuvre cette année et finalisée en 2012. Aucune ne desservait jusque là Haïti, contrairement à American Airlines, Delta, Air Canada, Air Transat ou Spirit Airlines.
C’est cependant une autre compagnie aérienne qui est à la pointe de l’actualité en Haïti, Air France ayant déposé dimanche sur l’aéroport de la capitale l’ancien dictateur Jean Claude « Bébé Doc » Duvalier après 24 ans d’exil forcé.
http://www.air-journal.fr/2011-01-17-continental-va-relier-new-york-a-haiti-523366.html
Haïti attend la décision des élections (BBC News, 17 jan)
Écrit par thierry Le gouvernement haïtien et des experts internationaux ont discuté de ce qu'il faut faire au sujet de l'élection présidentielle contestée. Le second tour de scrutin aurait dû avoir lieu le 16 janvier, mais il a été reporté en raison d'une ligne de plus sur le bulletin de vote.
C’est l'ancienne première dame Mirlande Manigat a remporté le premier tour en novembre. Mais les deux candidats du parti au pouvoir Jude Célestin et le chanteur Michel Martelly disent qu'ils devraient figurer sur les listes. Les 28 novembre, le premier tour de vote a été largement critiqué, avec des rapports stipulant des bourrages d'urnes, des violences et des intimidations dans les bureaux de vote.
Les résultats provisoires annoncés par le conseil électoral en Haïti en décembre, ont classé deuxième Célestin, battant de justesse Martelly. Mais les résultats ont provoqué de violentes protestations des partisans de Martelly, dénonçant des irrégularités. Craignant que la violence peut dégénérer, l'Organisation des États américains (OEA) a envoyé une équipe d'experts pour évaluer le résultat. Leur rapport a été présenté au président René Préval jeudi. Ils n’ont pas été rendus publics, mais selon une fuite, l'OEA a recommandé à Célestin d’être rayé du second tour en faveur de la pop star Martelly. Après l’actualisation des bulletins frauduleux, le rapport aurait conclu au fait que Martelly ait remporté plus de voix que Célestin.
Célestin est le candidat préféré du Président actuel Préval, qui a examiné le rapport de l'OEA avant de le transmettre au Conseil électoral provisoire d'Haïti, qui aura le dernier mot sur ce qui sera mis sur le bulletin de vote pour le second tour. Les correspondants disent que Préval fait face aux fortes pressions internationales pour accepter ces recommandations.
Le chef de la mission de l'OEA, Colin Granderson, a déclaré à l’AFP que les pourparlers entre l'OEA et le gouvernement haïtien aurait lieu dans les prochains jours. Celui qui gagne la présidence fera face à la tâche de la reconstruction d'Haïti après le séisme dévastateur de l'année dernière qui a tué plus de 250 000 personnes et qui a laissé la capitale Port-au-Prince en ruines.
Plus d'un million de personnes sont laissées sans abri et vivent encore dans des tentes dans des conditions déplorables, et le pays a également été ravagé par une épidémie de choléra qui a tué plus de 3 700 personnes. Le pays le plus pauvre des Caraïbes a subi des années de troubles politiques, et près de 12 000 Casques bleus sont dans le pays pour assurer la sécurité et le soutien des élections libres et équitables.
L’article sur BBC News, du 17 janvier 2011
Lire aussi : http://sharknews.fr/chroniques/articles-du-monde/1530-enfin-quelques-bonnes-nouvelles-en-provenance-dhaiti-washington-post
C’est l'ancienne première dame Mirlande Manigat a remporté le premier tour en novembre. Mais les deux candidats du parti au pouvoir Jude Célestin et le chanteur Michel Martelly disent qu'ils devraient figurer sur les listes. Les 28 novembre, le premier tour de vote a été largement critiqué, avec des rapports stipulant des bourrages d'urnes, des violences et des intimidations dans les bureaux de vote.
Les résultats provisoires annoncés par le conseil électoral en Haïti en décembre, ont classé deuxième Célestin, battant de justesse Martelly. Mais les résultats ont provoqué de violentes protestations des partisans de Martelly, dénonçant des irrégularités. Craignant que la violence peut dégénérer, l'Organisation des États américains (OEA) a envoyé une équipe d'experts pour évaluer le résultat. Leur rapport a été présenté au président René Préval jeudi. Ils n’ont pas été rendus publics, mais selon une fuite, l'OEA a recommandé à Célestin d’être rayé du second tour en faveur de la pop star Martelly. Après l’actualisation des bulletins frauduleux, le rapport aurait conclu au fait que Martelly ait remporté plus de voix que Célestin.
Célestin est le candidat préféré du Président actuel Préval, qui a examiné le rapport de l'OEA avant de le transmettre au Conseil électoral provisoire d'Haïti, qui aura le dernier mot sur ce qui sera mis sur le bulletin de vote pour le second tour. Les correspondants disent que Préval fait face aux fortes pressions internationales pour accepter ces recommandations.
Le chef de la mission de l'OEA, Colin Granderson, a déclaré à l’AFP que les pourparlers entre l'OEA et le gouvernement haïtien aurait lieu dans les prochains jours. Celui qui gagne la présidence fera face à la tâche de la reconstruction d'Haïti après le séisme dévastateur de l'année dernière qui a tué plus de 250 000 personnes et qui a laissé la capitale Port-au-Prince en ruines.
Plus d'un million de personnes sont laissées sans abri et vivent encore dans des tentes dans des conditions déplorables, et le pays a également été ravagé par une épidémie de choléra qui a tué plus de 3 700 personnes. Le pays le plus pauvre des Caraïbes a subi des années de troubles politiques, et près de 12 000 Casques bleus sont dans le pays pour assurer la sécurité et le soutien des élections libres et équitables.
L’article sur BBC News, du 17 janvier 2011
Lire aussi : http://sharknews.fr/chroniques/articles-du-monde/1530-enfin-quelques-bonnes-nouvelles-en-provenance-dhaiti-washington-post
Caritas maintient la vigilance contre le choléra en Haïti
17/01/2011.- Alors qu’Haïti commémore le premier anniversaire du séisme, l’épidémie de choléra continue de s’étendre sur le territoire. Sensibiliser la population reste encore le mode de protection le plus efficace contre la maladie. En l’espace de trois mois, le choléra aura fait plus de 3600 morts et contaminé près de 180 000 personnes en Haïti. Un bilan alarmant, qui devrait encore s’aggraver si l’on ne s’attaque rapidement à la racine du problème. Car si l’épidémie semble montrer des signes de ralentissement depuis le début de l’année, le pic de propagation de la maladie n’a pas encore été atteint, prévient l’OMS. Dans un tel contexte, Caritas met l’accent sur les campagnes de prévention, primordiales pour enrayer le cycle de contagion.
Faire comme au Bangladesh
« En période d’épidémie, le travail de sensibilisation est une priorité », explique Annick Genson, déléguée au sein du réseau Caritas en Haïti. « L’expérience montre que dans les pays où le choléra frappe depuis longtemps, un simple travail d’information et de prise de conscience de la population peut considérablement améliorer la situation. Au Bangladesh par exemple, les femmes savent non seulement comment éviter la maladie, mais elles sont également tout à fait au courant des procédures à suivre si l’un des membres de leur famille est contaminé. Et ça fonctionne. Il faut faire la même chose en Haïti ».
L’eau est très rarement potable
Depuis le mois de novembre, les campagnes de prévention sont au cœur de l’action du réseau Caritas. Dans la capitale bien sûr, mais aussi dans les zones rurales de l’île, comme à Gressier, commune de près de 65 000 habitants située à l’Ouest de Port-au-Prince, où les équipes de promoteurs de santé et infirmières Caritas se relaient auprès de la population, dépliants et affichettes en main. L’objectif : alerter et sensibiliser le plus grand nombre sur les risques liés à la maladie, ses symptômes et la manière de s’en protéger, et ce avant que celle-ci ne se propage trop fortement dans la région. Un travail indispensable dans un pays où le choléra avait disparu du territoire il y a près d’un siècle. « Le problème ici, c’est l’ignorance des gens. La plupart n’ont jamais entendu parler de la maladie. Ils sont donc très vulnérables », reprend Annick. Sans parler des conditions de vie dans ces régions reculées où l’eau, principal vecteur de la maladie, est très rarement potable. « A Gressier, nous sommes intervenus au bon moment car la plupart des points d’intervention ont été couverts avant l’apparition de l’épidémie », souligne encore Annick. Si quelques cas ont été recensés dans la région au cours des dernières semaines, ils sont encore relativement peu nombreux.
Les docteurs un peu sorciers des campagnes haïtiennes
Pour être efficace, adopter une approche adaptée au terrain est essentiel. Autour de Gressier, où Caritas développe notamment plusieurs projets de reconstruction de maisons et d’écoles, le réseau fait bon usage de sa connaissance des lieux et des communautés. Les promoteurs de santé sont tous originaires des environs et sont ainsi en mesure de couvrir le territoire jusque dans ses localités les plus reculées. Une proximité qui permet aux familles d’être alertées et de rester informées sur les campagnes de formation et de distributions de savon, chlore et kits d’hygiène, tout en bénéficiant d’un encadrement matériel et psychologique indispensable. Un soutien précieux dans ces zones isolées, où l’épidémie de choléra commence à fragiliser fortement les réseaux de solidarité existants. Aujourd’hui, Marie Julianne Saint Just, ne peut « plus compter sur grand monde depuis que la maladie est arrivée.Avant, on s’entraidait beaucoup. Mais maintenant, tout le monde a peur », se désole cette mère de 3 enfants. Comme elle, Émilienne Saintilens regrette beaucoup que tous deviennent aussi méfiants. Pour l’ancienne commerçante, qui a perdu maison et travail, la présence des équipes Caritas est très « rassurante ». Grâce ces interventions, elle comprend beaucoup mieux la situation et la manière de se protéger contre l’épidémie. Pourtant, si beaucoup, comme Émilienne, sont très réceptifs aux conseils prodigués par les promoteurs de santé, d’autres, comme Ilianne Maxilien continuent de penser que les « connaisseurs », ces docteurs un peu sorciers des campagnes haïtiennes, seront à même de « délivrer les malades du sortilège ». La bataille contre le choléra n’est pas gagnée, la prévention doit impérativement continuer.
Mathilde Magnier
http://www.secours-catholique.org/actualite/caritas-maintient-la-vigilance-contre-le-cholera-en-haiti,8605.html
Faire comme au Bangladesh
« En période d’épidémie, le travail de sensibilisation est une priorité », explique Annick Genson, déléguée au sein du réseau Caritas en Haïti. « L’expérience montre que dans les pays où le choléra frappe depuis longtemps, un simple travail d’information et de prise de conscience de la population peut considérablement améliorer la situation. Au Bangladesh par exemple, les femmes savent non seulement comment éviter la maladie, mais elles sont également tout à fait au courant des procédures à suivre si l’un des membres de leur famille est contaminé. Et ça fonctionne. Il faut faire la même chose en Haïti ».
L’eau est très rarement potable
Depuis le mois de novembre, les campagnes de prévention sont au cœur de l’action du réseau Caritas. Dans la capitale bien sûr, mais aussi dans les zones rurales de l’île, comme à Gressier, commune de près de 65 000 habitants située à l’Ouest de Port-au-Prince, où les équipes de promoteurs de santé et infirmières Caritas se relaient auprès de la population, dépliants et affichettes en main. L’objectif : alerter et sensibiliser le plus grand nombre sur les risques liés à la maladie, ses symptômes et la manière de s’en protéger, et ce avant que celle-ci ne se propage trop fortement dans la région. Un travail indispensable dans un pays où le choléra avait disparu du territoire il y a près d’un siècle. « Le problème ici, c’est l’ignorance des gens. La plupart n’ont jamais entendu parler de la maladie. Ils sont donc très vulnérables », reprend Annick. Sans parler des conditions de vie dans ces régions reculées où l’eau, principal vecteur de la maladie, est très rarement potable. « A Gressier, nous sommes intervenus au bon moment car la plupart des points d’intervention ont été couverts avant l’apparition de l’épidémie », souligne encore Annick. Si quelques cas ont été recensés dans la région au cours des dernières semaines, ils sont encore relativement peu nombreux.
Les docteurs un peu sorciers des campagnes haïtiennes
Pour être efficace, adopter une approche adaptée au terrain est essentiel. Autour de Gressier, où Caritas développe notamment plusieurs projets de reconstruction de maisons et d’écoles, le réseau fait bon usage de sa connaissance des lieux et des communautés. Les promoteurs de santé sont tous originaires des environs et sont ainsi en mesure de couvrir le territoire jusque dans ses localités les plus reculées. Une proximité qui permet aux familles d’être alertées et de rester informées sur les campagnes de formation et de distributions de savon, chlore et kits d’hygiène, tout en bénéficiant d’un encadrement matériel et psychologique indispensable. Un soutien précieux dans ces zones isolées, où l’épidémie de choléra commence à fragiliser fortement les réseaux de solidarité existants. Aujourd’hui, Marie Julianne Saint Just, ne peut « plus compter sur grand monde depuis que la maladie est arrivée.Avant, on s’entraidait beaucoup. Mais maintenant, tout le monde a peur », se désole cette mère de 3 enfants. Comme elle, Émilienne Saintilens regrette beaucoup que tous deviennent aussi méfiants. Pour l’ancienne commerçante, qui a perdu maison et travail, la présence des équipes Caritas est très « rassurante ». Grâce ces interventions, elle comprend beaucoup mieux la situation et la manière de se protéger contre l’épidémie. Pourtant, si beaucoup, comme Émilienne, sont très réceptifs aux conseils prodigués par les promoteurs de santé, d’autres, comme Ilianne Maxilien continuent de penser que les « connaisseurs », ces docteurs un peu sorciers des campagnes haïtiennes, seront à même de « délivrer les malades du sortilège ». La bataille contre le choléra n’est pas gagnée, la prévention doit impérativement continuer.
Mathilde Magnier
http://www.secours-catholique.org/actualite/caritas-maintient-la-vigilance-contre-le-cholera-en-haiti,8605.html
Jean-Claude Duvalier de retour en Haïti après 25 ans d'exil
Clarens Renois.- Agence France-Presse.- Port-au-Prince.-
L'ancien président «à vie» haïtien Jean-Claude Duvalier, chassé du pouvoir par une révolte populaire en 1986, est arrivé dimanche en Haïti après 25 ans d'exil alors que le pays traverse une grave crise politique.
À la surprise générale, Jean-Claude Duvalier, qui avait succédé en 1971 à son père François Duvalier et que les Haïtiens surnomment «Baby Doc», a atterri à l'aéroport de Port-au-Prince dimanche en fin d'après-midi à bord d'un vol Air France.
Alors qu'il se trouvait avec sa compagne à l'intérieur de l'aéroport, en train de remplir les formalités administratives, M. Duvalier a déclaré aux journalistes: «Je suis venu pour aider» le peuple haïtien.
Lorsqu'il est descendu de l'avion, l'ex-dictateur a embrassé le sol, a raconté sa compagne Véronique Roy à l'AFP. Il a alors déclaré: «Haïti mon pays, le pays de Dessalines», en référence au héros de l'indépendance d'Haïti Jean-Jacques Dessalines, toujours selon elle.
Mme Roy a déclaré que c'est le séisme dévastateur du 12 janvier 2010 et ses quelque 250 000 morts qui ont poussé le couple à revenir en Haïti. «Ca a été le déclic, nous avons vu les images à la télévision», a-t-elle dit alors que le pays vient de commémorer les un an de la catastrophe.
Elle a aussi précisé que M. Duvalier possédait un passeport diplomatique, alors que des centaines de supporters de l'ancien président se rassemblaient devant l'aéroport.
Agé de 59 ans, l'ex-dictateur vivait en exil en France depuis près de 25 ans. Il revient dans un pays plongé dans une grave crise politique, le jour même où devait être organisé le deuxième tour de l'élection présidentielle.
Mais les incertitudes qui entourent les résultats du premier tour du 28 novembre, les incidents qui l'ont émaillé et les accusations de fraude, ont amené les autorités à repousser ce deuxième tour sans fixer de nouvelle date.
Les résultats du premier tour diffusés en décembre, plaçant en tête l'ex-Première Dame Mirlande Manigat et en deuxième position le candidat du pouvoir Jude Célestin, avait provoqué la colère de la population et notamment des partisans du candidat Michel Martelly arrivé en troisième position.
Pour calmer le jeu, le président René Préval avait fait appel à une mission d'experts internationale pour recompter les voix. Cette dernière vient de remettre son rapport au chef de l'État dans lequel elle suggère d'écarter le candidat du pouvoir, soutenu par M. Préval, au profit de Michel Martelly.
Tout au long de son exil, Jean-Claude Duvalier qui avait été à 19 ans le plus jeune chef d'État du monde, a répété qu'il souhaitait revenir «un jour» en Haïti.
En 2007, il était intervenu sur les ondes haïtiennes pour demander «pardon au peuple haïtien pour les erreurs commises pendant son règne».
En doutant de la sincérité de ce message, le président René Préval avait alors relevé que s'il y avait «le pardon», il y avait aussi «la justice».
L'ex-dictateur a notamment été accusé de détournements de fonds pendant l'exercice de son pouvoir. Les autorités d'Haïti estiment que plus de 100 millions de dollars ont été détournés sous le couvert d'oeuvres sociales jusqu'à la chute en 1986 de «Baby Doc».
La France avait accepté en 1986 d'accueillir Jean-Claude Duvalier, à titre temporaire, alors que ce dernier était confronté depuis fin novembre 1985 à des manifestations anti-gouvernementales, au cours desquelles plusieurs dizaines d'Haïtiens ont trouvé la mort.
Comme le président Jean Bertrand Aristide en 2004, «Baby Doc» avait été poussé à la démission par les États-Unis. L'ex-président avait ensuite profité d'une retraite dorée dans de vastes demeures de la Côte d'Azur.
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/haiti-un-an-apres/201101/16/01-4360625-jean-claude-duvalier-de-retour-en-haiti-apres-25-ans-dexil.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4360683_article_POS1
L'ancien président «à vie» haïtien Jean-Claude Duvalier, chassé du pouvoir par une révolte populaire en 1986, est arrivé dimanche en Haïti après 25 ans d'exil alors que le pays traverse une grave crise politique.
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| Alors qu'il se trouvait à l'intérieur de l'aéroport, Jean-Claude Duvalier a déclaré aux journalistes: «Je suis venu pour aider» le peuple haïtien. Photo: AP |
Alors qu'il se trouvait avec sa compagne à l'intérieur de l'aéroport, en train de remplir les formalités administratives, M. Duvalier a déclaré aux journalistes: «Je suis venu pour aider» le peuple haïtien.
Lorsqu'il est descendu de l'avion, l'ex-dictateur a embrassé le sol, a raconté sa compagne Véronique Roy à l'AFP. Il a alors déclaré: «Haïti mon pays, le pays de Dessalines», en référence au héros de l'indépendance d'Haïti Jean-Jacques Dessalines, toujours selon elle.
Mme Roy a déclaré que c'est le séisme dévastateur du 12 janvier 2010 et ses quelque 250 000 morts qui ont poussé le couple à revenir en Haïti. «Ca a été le déclic, nous avons vu les images à la télévision», a-t-elle dit alors que le pays vient de commémorer les un an de la catastrophe.
Elle a aussi précisé que M. Duvalier possédait un passeport diplomatique, alors que des centaines de supporters de l'ancien président se rassemblaient devant l'aéroport.
Agé de 59 ans, l'ex-dictateur vivait en exil en France depuis près de 25 ans. Il revient dans un pays plongé dans une grave crise politique, le jour même où devait être organisé le deuxième tour de l'élection présidentielle.
Mais les incertitudes qui entourent les résultats du premier tour du 28 novembre, les incidents qui l'ont émaillé et les accusations de fraude, ont amené les autorités à repousser ce deuxième tour sans fixer de nouvelle date.
Les résultats du premier tour diffusés en décembre, plaçant en tête l'ex-Première Dame Mirlande Manigat et en deuxième position le candidat du pouvoir Jude Célestin, avait provoqué la colère de la population et notamment des partisans du candidat Michel Martelly arrivé en troisième position.
Pour calmer le jeu, le président René Préval avait fait appel à une mission d'experts internationale pour recompter les voix. Cette dernière vient de remettre son rapport au chef de l'État dans lequel elle suggère d'écarter le candidat du pouvoir, soutenu par M. Préval, au profit de Michel Martelly.
Tout au long de son exil, Jean-Claude Duvalier qui avait été à 19 ans le plus jeune chef d'État du monde, a répété qu'il souhaitait revenir «un jour» en Haïti.
En 2007, il était intervenu sur les ondes haïtiennes pour demander «pardon au peuple haïtien pour les erreurs commises pendant son règne».
En doutant de la sincérité de ce message, le président René Préval avait alors relevé que s'il y avait «le pardon», il y avait aussi «la justice».
L'ex-dictateur a notamment été accusé de détournements de fonds pendant l'exercice de son pouvoir. Les autorités d'Haïti estiment que plus de 100 millions de dollars ont été détournés sous le couvert d'oeuvres sociales jusqu'à la chute en 1986 de «Baby Doc».
La France avait accepté en 1986 d'accueillir Jean-Claude Duvalier, à titre temporaire, alors que ce dernier était confronté depuis fin novembre 1985 à des manifestations anti-gouvernementales, au cours desquelles plusieurs dizaines d'Haïtiens ont trouvé la mort.
Comme le président Jean Bertrand Aristide en 2004, «Baby Doc» avait été poussé à la démission par les États-Unis. L'ex-président avait ensuite profité d'une retraite dorée dans de vastes demeures de la Côte d'Azur.
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/haiti-un-an-apres/201101/16/01-4360625-jean-claude-duvalier-de-retour-en-haiti-apres-25-ans-dexil.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4360683_article_POS1
Haïti : l'école de Jacmel devrait bientôt rouvrir ses portes
Le poète de la route de Roubia veut « rendre intelligible l'âme des lieux en Haïti en matière de coopération internationale ». D'importantes sommes (11 milliards en tout) avaient été récoltées en mars 2010. Les Lézignanais avaient répondu nombreux à l'appel lancé et rempli l'urne posée à cet effet à la mairie. Ils se demandent où en est la reconstruction de l'école de Jacmel, la ville natale de René Depestre. C'est ce projet qui avait surtout guidé leur générosité, parce que René Depestre est citoyen d'honneur de la ville et qu'ils en sont fiers. Depuis son « Havre de paix », l'écrivain franco-haïtien reste en contact étroit avec Gérard Borne, directeur du centre culturel Alcibiade Pommayrac, qui gère lycée, collège et école primaire. Cette école, où René Depestre a appris à lire et à écrire, voici 80 ans, s'est effondrée lors du séisme du 12 janvier 2010. Elle est maintenant reconstruite, (aux normes antisismiques) et va ouvrir sous peu. Depuis un an, les élèves étudient sous une tente. Les autres établissements culturels de Jacmel n'ont pas été touchés.
La culture avant tout.
Malgré le chaos qui règne sur l'île, les enseignants ont continué leur travail. Les choses de l'esprit sont essentielles dans un pays riche en intellectuels de valeur : « La culture est debout », affirme René Depestre. Un pays, précise-t-il, qui doit « être refondé, plus encore que reconstruit ». Il faut commencer par l'instruction. C'est pourquoi les écoles sont prioritaires dans la longue liste des travaux urgents. Le palais, la cathédrale, les maisons d'habitations restent encore en ruine. « La manne financière tarde à être versée, car les donateurs veulent envoyer les fonds à des Haïtiens sérieux, crédibles. Les aides sanitaires et alimentaires ont été apportées. Pour le reste, on attend les élections, avec l'espoir, pour moi, que Mirlande Maniga, qui est sortie en tête du premier tour, soit élue. Elle saura s'entourer de gens compétents. Je l'ai eue récemment au téléphone. Elle me demandait d'être son conseiller, mais à bientôt 85 ans, ce n'est pas possible pour moi ! J'ai une grande confiance en elle. Elle saura prendre à bras le corps la tragédie haïtienne ».
Deux ouvrages de René Depestre vont sortir
En attendant, les critiques fusent en direction de la communauté internationale : « On parle même de déshonneur, devant le fait que Port-au-Prince, se trouve, un an après, dans l'état où le séisme l'a laissé. Or, pouvait- on verser ces sommes énormes à des interlocuteurs aussi peu valables que les membres de l'actuel gouvernement ? Les donateurs ne voudront investir durablement dans un pays sans état à sa tête ! », souligne René Depestre, qui reste cependant optimiste.
Haïti en a vu de toutes les couleurs, depuis qu'elle s'est libérée de l'esclavage. (D'ailleurs, elle n'a été réellement indépendante que quelques lustres !) Et elle s'est toujours relevée de ses multiples catastrophes.
Dans son livre 'Souci d'un Haïti debout', qui va paraître avant l'été, inspiré par le drame de son pays natal, il veut « rendre intelligible le chaos permanent, de 1692 à nos jours ». Un autre ouvrage, écrit avant le séisme, sortira aussi prochainement 'Une gomme pour le crayon du Christ'. René Depestre utilise son arme favorite, l'écriture. Comme tous les intellectuels de son « île naufragée », il espère qu'enfin ils auront une influence effective sur la société civile et le monde politique. Il souhaite que « les atouts actuels - la présence d'Obama à la Maison Blanche, les progrès de la civilité et de la solidarité mondiales - permettront à Haïti de créer un vrai état, capable de coordonner les actions des 10 000 ONG, qui y sont présentes, et de fixer des tâches à chacun. » Mais, réaliste, il ajoute : « Il faudra bien une génération entière pour y parvenir ! »
Noëlle Diamant-Berger
http://www.midilibre.com/articles/2011/01/17/VILLAGES-Haiti-l-39-ecole-de-Jacmel-devrait-bientot-rouvrir-ses-portes-1510281.php5
La culture avant tout.
Malgré le chaos qui règne sur l'île, les enseignants ont continué leur travail. Les choses de l'esprit sont essentielles dans un pays riche en intellectuels de valeur : « La culture est debout », affirme René Depestre. Un pays, précise-t-il, qui doit « être refondé, plus encore que reconstruit ». Il faut commencer par l'instruction. C'est pourquoi les écoles sont prioritaires dans la longue liste des travaux urgents. Le palais, la cathédrale, les maisons d'habitations restent encore en ruine. « La manne financière tarde à être versée, car les donateurs veulent envoyer les fonds à des Haïtiens sérieux, crédibles. Les aides sanitaires et alimentaires ont été apportées. Pour le reste, on attend les élections, avec l'espoir, pour moi, que Mirlande Maniga, qui est sortie en tête du premier tour, soit élue. Elle saura s'entourer de gens compétents. Je l'ai eue récemment au téléphone. Elle me demandait d'être son conseiller, mais à bientôt 85 ans, ce n'est pas possible pour moi ! J'ai une grande confiance en elle. Elle saura prendre à bras le corps la tragédie haïtienne ».
Deux ouvrages de René Depestre vont sortir
En attendant, les critiques fusent en direction de la communauté internationale : « On parle même de déshonneur, devant le fait que Port-au-Prince, se trouve, un an après, dans l'état où le séisme l'a laissé. Or, pouvait- on verser ces sommes énormes à des interlocuteurs aussi peu valables que les membres de l'actuel gouvernement ? Les donateurs ne voudront investir durablement dans un pays sans état à sa tête ! », souligne René Depestre, qui reste cependant optimiste.
Haïti en a vu de toutes les couleurs, depuis qu'elle s'est libérée de l'esclavage. (D'ailleurs, elle n'a été réellement indépendante que quelques lustres !) Et elle s'est toujours relevée de ses multiples catastrophes.
Dans son livre 'Souci d'un Haïti debout', qui va paraître avant l'été, inspiré par le drame de son pays natal, il veut « rendre intelligible le chaos permanent, de 1692 à nos jours ». Un autre ouvrage, écrit avant le séisme, sortira aussi prochainement 'Une gomme pour le crayon du Christ'. René Depestre utilise son arme favorite, l'écriture. Comme tous les intellectuels de son « île naufragée », il espère qu'enfin ils auront une influence effective sur la société civile et le monde politique. Il souhaite que « les atouts actuels - la présence d'Obama à la Maison Blanche, les progrès de la civilité et de la solidarité mondiales - permettront à Haïti de créer un vrai état, capable de coordonner les actions des 10 000 ONG, qui y sont présentes, et de fixer des tâches à chacun. » Mais, réaliste, il ajoute : « Il faudra bien une génération entière pour y parvenir ! »
Noëlle Diamant-Berger
http://www.midilibre.com/articles/2011/01/17/VILLAGES-Haiti-l-39-ecole-de-Jacmel-devrait-bientot-rouvrir-ses-portes-1510281.php5
Baby Doc de retour, les Haïtiens sceptiques
ReportageLe retour inattendu de Jean-Claude Duvalier dimanche soir a provoqué une vraie stupéfaction dans la capitale. Si quelques Haïtiens affichent sympathie ou nostalgie, la plupart restent circonspects. Par MARWAN CHAHINE
Il est 17 heures ce dimanche, le soleil se couche doucement sur Pétionville. La nouvelle commence à se répandre. Jean-Claude Duvalier va arriver en Haïti. Baby Doc est de retour. Une rumeur? Une blague? Non, tout ça a l’air d’être vrai. Les téléphones n’arrêtent pas de sonner. En apprenant la nouvelle, les gens sourient surtout d’hébètement et d’excitation. Pas de grand mouvement de joie, pas de colère non plus.
Trente minutes plus tard, devant l’aéroport Toussaint-Louverture de Port-au-Prince, trois cents personnes sont venues l’accueillir. Quelques «Bon papa Jean-Claude» sont clamés ci-et-là mais les simples curieux semblent aussi nombreux que les nostalgiques. D’autant que beaucoup sont jeunes, très jeunes. Ils n’étaient pas nés en 1986 au moment où le peuple haïtien fêtait le départ du dictateur. «Mes parents m’ont beaucoup parlé de lui», explique Marlon, un adolescent. «Avant, Haïti était un grand pays.» «Il nous faut du changement» complète sa sœur avec enthousiasme.
Enthousiaste, Franciscain, 20 ans, l’est moins. Il dit être là «pour voir» mais aussi «parce que mon père était militaire et Duvalier c’est le temps où on avait une armée». Il ne croit pourtant pas au retour providentiel et s’agace un peu de la situation. Tout le monde crie; l’avion aurait atterri. «Ça c’est du fromage, du show», lâche-t-il en désignant un groupe courant avec un drapeau haïtien; «moi, je veux du travail. Vous avez pas besoin d’un chauffeur?» A côté de lui, un homme d’une cinquantaine d’années fait cracher à son autoradio Tropicana, un hymne duvaliériste. Lorsqu’on l’interroge, son engouement est en fait très mitigé: «Il y avait un Etat mais c’était la dictature!»
«Il était roi d’Haïti?»
En pleine période électorale, l’arrivée de Baby Doc ne gomme pas les clivages partisans. Parmi son comité d’accueil, on trouve des défenseurs de Mirlande Manigat, de Michel Martelly et même de Jude Celestin, tiercé du premier tour des élections. Chacun y va de sa combinaison à imaginer Duvalier Premier ministre de l’un ou de l’autre. Des soldats de l’Onu, passent, casques bleus sur le crâne. «Minustah (la mission de l'ONU, ndlr) caca, vive la police (haïtienne)», chantent quelques badauds. Nesly, casquette vissée sur ses dreadlocks et baggy, n’approuve pas: «Vive la police? Ils sont fous?».
Certains sont là par pure coïncidence. Coincé contre la grille de sortie des voyageurs, dont la police bloque l’accès, un homme agite une pancarte ornée de cœurs, sur laquelle on peut lire «Gégé», vraisemblablement un passager de l’avion. Quelques humanitaires venus récupérer des commissionnaires cherchent à en savoir plus sur le fameux Jean-Claude: «Il était roi d’Haïti?», interroge une jeune anglophone. Lassés, les gens commencent à se disperser sans savoir s’il est vraiment parti et même s’il est vraiment arrivé. En rebroussant chemin, un jeune, visiblement énervé, prophétise: «Demain, c’est Aristide qui revient!»
Finalement Duvalier a quitte l’aéroport, il se dirigerait vers La réserve, un resto chic de Pétion-ville. Tout le long de la route, la vie semble suivre son cours, normalement. Par endroit, des groupes sont agglutinés derrière un poste de télé ou de radio, rien de plus. La seule scène de liesse que nous voyons se déroule devant une Eglise d’où sortent des fidèles, dansant et chantant. Sans doute ignorent-ils tout de ce retour surprise, leur messie est ailleurs.
Hypothèses
Après l’étonnement viennent les interrogations: Pourquoi ce retour? Pourquoi intervient-t-il entre les deux tours? Mais surtout: qui sert-il? Toutes les hypothèses même les plus farfelues sont envisagées à voix haute. Louis, un avocat d’une quarantaine d’années y voit une manigance de Washington ou de Paris pour garder la Minustah en fonction. Très vite, il se ravise: «Préval est dans le coup!» assure-t-il désormais. «Il a fait ça pour ne pas être lui-aussi contraint à l’exil.» Fils de Makoute, Louis a manifesté, adolescent, contre le régime duvaliériste puis contribué à porter Aristide au pouvoir avant de déchanter. Aujourd’hui, il ne sait plus très bien quoi penser: «Il a fait quoi pour son pays pendant vingt-cinq ans? Il vient rajouter sa merde?»
La Réserve était une fausse piste. Jean-Claude Duvalier et son épouse se trouvent en réalité au Karibe, l’un des plus chics hôtels du pays. Vers 21 heures, le gros des troupes a déjà déguerpi. Ne restent plus que quelques jeunes supporteurs qui, à leur démarche chancelante, ont tout l’air d’avoir déjà bien fêté leur champion. Il est minuit. Les rues sont vides, presque silencieuses. Frantz, un riche Haïtien qui habite une immense villa près de l’hôtel, est inquiet: «Ce soir, c’est calme mais demain tout le pays va manifester. Il y a des gens qui portent encore des vraies cicatrices.»
http://www.liberation.fr/monde/01012314149-baby-doc-de-retour-les-haitiens-sceptiques
Il est 17 heures ce dimanche, le soleil se couche doucement sur Pétionville. La nouvelle commence à se répandre. Jean-Claude Duvalier va arriver en Haïti. Baby Doc est de retour. Une rumeur? Une blague? Non, tout ça a l’air d’être vrai. Les téléphones n’arrêtent pas de sonner. En apprenant la nouvelle, les gens sourient surtout d’hébètement et d’excitation. Pas de grand mouvement de joie, pas de colère non plus.
Trente minutes plus tard, devant l’aéroport Toussaint-Louverture de Port-au-Prince, trois cents personnes sont venues l’accueillir. Quelques «Bon papa Jean-Claude» sont clamés ci-et-là mais les simples curieux semblent aussi nombreux que les nostalgiques. D’autant que beaucoup sont jeunes, très jeunes. Ils n’étaient pas nés en 1986 au moment où le peuple haïtien fêtait le départ du dictateur. «Mes parents m’ont beaucoup parlé de lui», explique Marlon, un adolescent. «Avant, Haïti était un grand pays.» «Il nous faut du changement» complète sa sœur avec enthousiasme.
Enthousiaste, Franciscain, 20 ans, l’est moins. Il dit être là «pour voir» mais aussi «parce que mon père était militaire et Duvalier c’est le temps où on avait une armée». Il ne croit pourtant pas au retour providentiel et s’agace un peu de la situation. Tout le monde crie; l’avion aurait atterri. «Ça c’est du fromage, du show», lâche-t-il en désignant un groupe courant avec un drapeau haïtien; «moi, je veux du travail. Vous avez pas besoin d’un chauffeur?» A côté de lui, un homme d’une cinquantaine d’années fait cracher à son autoradio Tropicana, un hymne duvaliériste. Lorsqu’on l’interroge, son engouement est en fait très mitigé: «Il y avait un Etat mais c’était la dictature!»
«Il était roi d’Haïti?»
En pleine période électorale, l’arrivée de Baby Doc ne gomme pas les clivages partisans. Parmi son comité d’accueil, on trouve des défenseurs de Mirlande Manigat, de Michel Martelly et même de Jude Celestin, tiercé du premier tour des élections. Chacun y va de sa combinaison à imaginer Duvalier Premier ministre de l’un ou de l’autre. Des soldats de l’Onu, passent, casques bleus sur le crâne. «Minustah (la mission de l'ONU, ndlr) caca, vive la police (haïtienne)», chantent quelques badauds. Nesly, casquette vissée sur ses dreadlocks et baggy, n’approuve pas: «Vive la police? Ils sont fous?».
Certains sont là par pure coïncidence. Coincé contre la grille de sortie des voyageurs, dont la police bloque l’accès, un homme agite une pancarte ornée de cœurs, sur laquelle on peut lire «Gégé», vraisemblablement un passager de l’avion. Quelques humanitaires venus récupérer des commissionnaires cherchent à en savoir plus sur le fameux Jean-Claude: «Il était roi d’Haïti?», interroge une jeune anglophone. Lassés, les gens commencent à se disperser sans savoir s’il est vraiment parti et même s’il est vraiment arrivé. En rebroussant chemin, un jeune, visiblement énervé, prophétise: «Demain, c’est Aristide qui revient!»
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| Duvalier à son hôtel dimanche soir. (REUTERS) |
Hypothèses
Après l’étonnement viennent les interrogations: Pourquoi ce retour? Pourquoi intervient-t-il entre les deux tours? Mais surtout: qui sert-il? Toutes les hypothèses même les plus farfelues sont envisagées à voix haute. Louis, un avocat d’une quarantaine d’années y voit une manigance de Washington ou de Paris pour garder la Minustah en fonction. Très vite, il se ravise: «Préval est dans le coup!» assure-t-il désormais. «Il a fait ça pour ne pas être lui-aussi contraint à l’exil.» Fils de Makoute, Louis a manifesté, adolescent, contre le régime duvaliériste puis contribué à porter Aristide au pouvoir avant de déchanter. Aujourd’hui, il ne sait plus très bien quoi penser: «Il a fait quoi pour son pays pendant vingt-cinq ans? Il vient rajouter sa merde?»
La Réserve était une fausse piste. Jean-Claude Duvalier et son épouse se trouvent en réalité au Karibe, l’un des plus chics hôtels du pays. Vers 21 heures, le gros des troupes a déjà déguerpi. Ne restent plus que quelques jeunes supporteurs qui, à leur démarche chancelante, ont tout l’air d’avoir déjà bien fêté leur champion. Il est minuit. Les rues sont vides, presque silencieuses. Frantz, un riche Haïtien qui habite une immense villa près de l’hôtel, est inquiet: «Ce soir, c’est calme mais demain tout le pays va manifester. Il y a des gens qui portent encore des vraies cicatrices.»
http://www.liberation.fr/monde/01012314149-baby-doc-de-retour-les-haitiens-sceptiques
Haïti: l'ex-dictateur Jean-Claude Duvalier est de retour au pays
Le retour surprise dimanche à Port-au-Prince de l'ancien président haïtien Jean-Claude Duvalier après 25 ans d'exil divise les Haïtiens. "Duvalier, Duvalier", chantent ses partisans. "Il a commis des crimes et a volé l'argent du peuple", leur crie un jeune. Une ONG a demandé à ce que M. Duvalier soit jugé. A la surprise générale Jean-Claude Duvalier, que les Haïtiens surnomment "Baby Doc", a atterri à l'aéroport de Port-au-Prince dimanche en fin d'après-midi à bord d'un vol Air France. Très rapidement des dizaines de supporters se sont rassemblés dans l'aéroport pour l'accueillir.
Sa compagne Véronique Roy a déclaré que c'est le séisme dévastateur du 12 janvier 2010 et ses quelque 250'000 morts qui ont poussé le couple à revenir en Haïti. "Ca a été le déclic, nous avons vu les images à la télévision", a-t-elle dit alors que le pays vient de commémorer le premier anniversaire de la catastrophe.
Aider Haïti
"On est revenu en toute simplicité, mais c'est extraordinaire cet accueil, il y a beaucoup d'émotions", a déclaré Mme Roy, souriante à côté d'un "Baby Doc" taciturne, le regard un peu perdu qui s'est contenté d'expliquer qu'il est venu "aider" Haïti.
Le Premier ministre haïtien Jean-Max Bellerive a pour sa part jugé qu'en tant qu'Haïtien, Duvalier avait le droit de retourner dans son pays. "Pourvu que sa présence ne vienne pas compliquer une situation politique déjà tendue", a-t-il nuancé.
"Duvalier de retour, nous allons avoir un vrai pays maintenant, nous sommes contents qu'il soit là pour redonner au pays son image d'antan", dit Ronald Brévil, 25 ans. Dans les rues de la capitale des groupes de manifestants joyeux dansent en chantant "Duvalier, Duvalier".
L'ancien président ne récolte cependant pas que des cris de joie. "Il doit être jugé, il a commis des crimes et a volé l'argent du peuple", crie un jeune.
(ats / 17 janvier 2011 12:25)
http://www.romandie.com/infos/ats/display.asp?page=20110117122524760172019048164_brf018.xml&associate=phf1202
Sa compagne Véronique Roy a déclaré que c'est le séisme dévastateur du 12 janvier 2010 et ses quelque 250'000 morts qui ont poussé le couple à revenir en Haïti. "Ca a été le déclic, nous avons vu les images à la télévision", a-t-elle dit alors que le pays vient de commémorer le premier anniversaire de la catastrophe.
Aider Haïti
"On est revenu en toute simplicité, mais c'est extraordinaire cet accueil, il y a beaucoup d'émotions", a déclaré Mme Roy, souriante à côté d'un "Baby Doc" taciturne, le regard un peu perdu qui s'est contenté d'expliquer qu'il est venu "aider" Haïti.
Le Premier ministre haïtien Jean-Max Bellerive a pour sa part jugé qu'en tant qu'Haïtien, Duvalier avait le droit de retourner dans son pays. "Pourvu que sa présence ne vienne pas compliquer une situation politique déjà tendue", a-t-il nuancé.
"Duvalier de retour, nous allons avoir un vrai pays maintenant, nous sommes contents qu'il soit là pour redonner au pays son image d'antan", dit Ronald Brévil, 25 ans. Dans les rues de la capitale des groupes de manifestants joyeux dansent en chantant "Duvalier, Duvalier".
L'ancien président ne récolte cependant pas que des cris de joie. "Il doit être jugé, il a commis des crimes et a volé l'argent du peuple", crie un jeune.
(ats / 17 janvier 2011 12:25)
http://www.romandie.com/infos/ats/display.asp?page=20110117122524760172019048164_brf018.xml&associate=phf1202
Retour surprise de Jean-Claude Duvalier en Haïti
L'ancien président "à vie" Jean-Claude Duvalier a effectué dimanche un retour surprise en Haïti, où il n'était pas revenu depuis son renversement par un soulèvement populaire en 1986. Lire la suite l'article
Il s'est dit prêt à aider son pays, plongé en pleine crise politique et sanitaire un an après un séisme dévastateur.
Vêtu d'un costume bleu et d'une cravate, Jean-Claude Duvalier, désormais âgé de 59 ans, est arrivé à Port-au-Prince en compagnie de sa compagne française Véronique Roy à bord d'un vol Air France en provenance de Paris, ont rapporté des témoins.
"J'attendais ce moment depuis longtemps. Quand j'ai posé le pied au sol, j'ai ressenti une grande joie", a-t-il dit, tandis que des centaines de partisans scandaient "Vive Duvalier" à l'extérieur de l'aéroport.
"(Je reviens) parce que je sais que le peuple souffre", a-t-il poursuivi.
"Je voulais lui témoigner ma solidarité, lui dire que je suis là, que je suis bien disposé et déterminé à participer à la renaissance d'Haïti", a-t-il dit à Reuters, sans préciser ses intentions exactes.
Il devrait donner une conférence de presse lundi.
Surnommé Baby Doc, Jean-Claude Duvalier a été propulsé à la tête du pays en 1971 à la mort de son père, François "Papa Doc" Duvalier, qui faisait régner un climat de terreur. A 19 ans, Jean-Claude Duvalier était alors le plus jeune chef d'Etat au monde et il s'était autoproclamé président "à vie".
TONTONS MACOUTES
Même s'il a tenté d'offrir une image moins autoritaire que son père, Jean-Claude Duvalier a été renversé en 1986 par un soulèvement populaire, accompagné de pressions diplomatiques de la part des Etats-Unis.
Il était alors accusé de diriger un régime corrompu, répressif et multipliant les atteintes aux droits de l'homme par le biais de la milice créée par son père, les Tontons Macoutes. Il vivait dans l'opulence pendant que sa population tentait de survivre dans la misère.
La fin de son exil en France a laissé de nombreux Haïtiens incrédules.
"Nous attendons de voir pourquoi il est ici. Mais ce n'est pas une bonne chose. J'ai vécu sous Duvalier", a dit un habitant de Port-au-Prince, Christian Joseph, âgé de 49 ans.
Interrogée au sujet de l'ancien dirigeant, une autre personne a refusé de répondre et même de donner son identité: "Vous plaisantez? Il me tuerait. Vous ne connaissez pas Duvalier?"
PASSEPORT DIPLOMATIQUE
Aucun mandat d'arrêt n'a été rendu public à son encontre et aucune disposition légale ne l'empêchait de revenir dans son pays.
De source proche de l'ancien dirigeant, on a déclaré qu'il était revenu avec un passeport diplomatique et qu'il devait tenir le ministère de l'Intérieur informé de ses déplacements.
Son retour ajoute une note supplémentaire d'incertitude en Haïti, l'un des pays les plus pauvres de la planète, plongé dans une crise politique en raison de la contestation des résultats du premier tour de l'élection présidentielle tenu le 28 novembre.
Ces résultats, dont l'annonce a été suivie d'émeutes, donnent en tête Mirlande Manigat, devançant de peu Jude Célestin, candidat soutenu par le président sortant René Préval.
Les experts de l'Organisation des Etats américains préconisent, sur la foi d'irrégularités "importantes" dans le décompte des voix, que Jude Célestin soit disqualifié et remplacé au second tour par le candidat arrivé troisième, le chanteur populaire Michel Martelly.
Ce scrutin présidentiel s'est déroulé en pleine épidémie de choléra, fatale à près de 4.000 personnes, et la date du second tour n'a toujours pas été fixée.
Haïti souffre en outre toujours des conséquences du violent séisme survenu le 12 janvier 2010, qui a fait plus de 300.000 morts.
Bertrand Boucey pour le service français
http://fr.news.yahoo.com/4/20110117/tts-haiti-duvalier-ca02f96.html
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| Photos/Vidéos liées JEAN-CLAUDE DUVALIER DE RETOUR À HAÏTI |
Il s'est dit prêt à aider son pays, plongé en pleine crise politique et sanitaire un an après un séisme dévastateur.
Vêtu d'un costume bleu et d'une cravate, Jean-Claude Duvalier, désormais âgé de 59 ans, est arrivé à Port-au-Prince en compagnie de sa compagne française Véronique Roy à bord d'un vol Air France en provenance de Paris, ont rapporté des témoins.
"J'attendais ce moment depuis longtemps. Quand j'ai posé le pied au sol, j'ai ressenti une grande joie", a-t-il dit, tandis que des centaines de partisans scandaient "Vive Duvalier" à l'extérieur de l'aéroport.
"(Je reviens) parce que je sais que le peuple souffre", a-t-il poursuivi.
"Je voulais lui témoigner ma solidarité, lui dire que je suis là, que je suis bien disposé et déterminé à participer à la renaissance d'Haïti", a-t-il dit à Reuters, sans préciser ses intentions exactes.
Il devrait donner une conférence de presse lundi.
Surnommé Baby Doc, Jean-Claude Duvalier a été propulsé à la tête du pays en 1971 à la mort de son père, François "Papa Doc" Duvalier, qui faisait régner un climat de terreur. A 19 ans, Jean-Claude Duvalier était alors le plus jeune chef d'Etat au monde et il s'était autoproclamé président "à vie".
TONTONS MACOUTES
Même s'il a tenté d'offrir une image moins autoritaire que son père, Jean-Claude Duvalier a été renversé en 1986 par un soulèvement populaire, accompagné de pressions diplomatiques de la part des Etats-Unis.
Il était alors accusé de diriger un régime corrompu, répressif et multipliant les atteintes aux droits de l'homme par le biais de la milice créée par son père, les Tontons Macoutes. Il vivait dans l'opulence pendant que sa population tentait de survivre dans la misère.
La fin de son exil en France a laissé de nombreux Haïtiens incrédules.
"Nous attendons de voir pourquoi il est ici. Mais ce n'est pas une bonne chose. J'ai vécu sous Duvalier", a dit un habitant de Port-au-Prince, Christian Joseph, âgé de 49 ans.
Interrogée au sujet de l'ancien dirigeant, une autre personne a refusé de répondre et même de donner son identité: "Vous plaisantez? Il me tuerait. Vous ne connaissez pas Duvalier?"
PASSEPORT DIPLOMATIQUE
Aucun mandat d'arrêt n'a été rendu public à son encontre et aucune disposition légale ne l'empêchait de revenir dans son pays.
De source proche de l'ancien dirigeant, on a déclaré qu'il était revenu avec un passeport diplomatique et qu'il devait tenir le ministère de l'Intérieur informé de ses déplacements.
Son retour ajoute une note supplémentaire d'incertitude en Haïti, l'un des pays les plus pauvres de la planète, plongé dans une crise politique en raison de la contestation des résultats du premier tour de l'élection présidentielle tenu le 28 novembre.
Ces résultats, dont l'annonce a été suivie d'émeutes, donnent en tête Mirlande Manigat, devançant de peu Jude Célestin, candidat soutenu par le président sortant René Préval.
Les experts de l'Organisation des Etats américains préconisent, sur la foi d'irrégularités "importantes" dans le décompte des voix, que Jude Célestin soit disqualifié et remplacé au second tour par le candidat arrivé troisième, le chanteur populaire Michel Martelly.
Ce scrutin présidentiel s'est déroulé en pleine épidémie de choléra, fatale à près de 4.000 personnes, et la date du second tour n'a toujours pas été fixée.
Haïti souffre en outre toujours des conséquences du violent séisme survenu le 12 janvier 2010, qui a fait plus de 300.000 morts.
Bertrand Boucey pour le service français
http://fr.news.yahoo.com/4/20110117/tts-haiti-duvalier-ca02f96.html
Jean-Claude Duvalier de retour à Port-au-Prince
Par FTV avec AFP et Reuters
Jean-Claude Duvalier à son arrivée à Port-au-Prince (16 janvier 2011)
AFP / Hector Retamal L'ancien dictateur Haïtien Jean-Claude Duvalier est arrivé dimanche en Haïti après 25 ans d'exil
A la surprise générale, Baby Doc a atterri à Port-au-Prince en fin d'après-midi à bord d'un vol Air France. Dans l'aéroport, il a déclaré aux journalistes: "Je suis venu pour aider" le peuple haïtien.
Jean-Claude Duvalier, qui avait succédé en 1971 à son père François Duvalier, avait été chassé du pouvoir par une révolte populaire en 1986.
Jean-Claude "Duvalier est un citoyen haïtien qui rentre au pays comme il en a le droit", a déclaré le Premier ministre Jean-Max Bellerive à l'AFP. "J'espère simplement que cela ne va pas compliquer une situation politique déjà tendue", a-t-il ajouté. Après un premier tour dont les résultats sont contestés, les Haïtiens attendent le deuxième tour de la présidentielle dont la date a été repoussée.
"J'attendais ce moment depuis longtemps. Quand j'ai posé le pied au sol, j'ai ressenti une grande joie", a déclaré Jean-Claude Duvalier à son arrivée. "(Je reviens) parce que je sais que le peuple souffre", a-t-il poursuivi. "Je voulais lui témoigner ma solidarité, lui dire que je suis là, que je suis bien disposé et déterminé à participer à la renaissance d'Haïti".
La compagne de Duvalier, Véronique Roy, a déclaré que le séisme dévastateur du 12 janvier 2010 et ses quelque 250.000 morts les avait poussés à revenir en Haïti. "Ca a été le déclic, nous avons vu les images à la télévision", a-t-elle dit alors que le pays vient de commémorer le premier anniversaire de la catastrophe. Elle a aussi indiqué aux journalistes que Jean-Claude Duvalier parlerait lundi à la presse, sans donner plus de détails.
Plus jeune chef d'Etat au monde à 19 ans, Jean-Claude Duvalier s'était proclamé "président à vie". Même s'il voulait offrir une image moins autoritaire que son père François Duvalier, il dirigeait un régime corrompu qui multipliait les atteintes aux droits de l'hommes avec ses milices redoutables, les Tontons Macoutes. Il vivait dans l'opulence alors que son peuple était dans la misère.
La France avait accepté d'accueillir Jean-Claude Duvalier à titre temporaire en 1986, quand il avait été chassé par une révolte populaire. Il vivait depuis dans de belles demeures de la Côte d'Azur. Il répétait souvent qu'il souhaitait revenir "un jour" en Haïti.
En 2007, il était intervenu sur les ondes haïtiennes pour demander "pardon au peuple haïtien pour les erreurs commises pendant son règne". En doutant de la sincérité de ce message, le président René Préval avait alors relevé que s'il y avait "le pardon", il y avait aussi "la justice".
L'ex-dictateur est notamment accusé de détournements de fonds pendant l'exercice de son pouvoir. Les autorités d'Haïti estiment que plus de 100 millions de dollars ont été détournés sous le couvert d'oeuvres sociales jusqu'à la chute en 1986 de "Baby Doc".
http://info.france2.fr/monde/jean-claude-duvalier-de-retour-a-port-au-prince-66880488.html
Jean-Claude Duvalier à son arrivée à Port-au-Prince (16 janvier 2011)
AFP / Hector Retamal L'ancien dictateur Haïtien Jean-Claude Duvalier est arrivé dimanche en Haïti après 25 ans d'exil
A la surprise générale, Baby Doc a atterri à Port-au-Prince en fin d'après-midi à bord d'un vol Air France. Dans l'aéroport, il a déclaré aux journalistes: "Je suis venu pour aider" le peuple haïtien.
Jean-Claude Duvalier, qui avait succédé en 1971 à son père François Duvalier, avait été chassé du pouvoir par une révolte populaire en 1986.
Jean-Claude "Duvalier est un citoyen haïtien qui rentre au pays comme il en a le droit", a déclaré le Premier ministre Jean-Max Bellerive à l'AFP. "J'espère simplement que cela ne va pas compliquer une situation politique déjà tendue", a-t-il ajouté. Après un premier tour dont les résultats sont contestés, les Haïtiens attendent le deuxième tour de la présidentielle dont la date a été repoussée.
"J'attendais ce moment depuis longtemps. Quand j'ai posé le pied au sol, j'ai ressenti une grande joie", a déclaré Jean-Claude Duvalier à son arrivée. "(Je reviens) parce que je sais que le peuple souffre", a-t-il poursuivi. "Je voulais lui témoigner ma solidarité, lui dire que je suis là, que je suis bien disposé et déterminé à participer à la renaissance d'Haïti".
La compagne de Duvalier, Véronique Roy, a déclaré que le séisme dévastateur du 12 janvier 2010 et ses quelque 250.000 morts les avait poussés à revenir en Haïti. "Ca a été le déclic, nous avons vu les images à la télévision", a-t-elle dit alors que le pays vient de commémorer le premier anniversaire de la catastrophe. Elle a aussi indiqué aux journalistes que Jean-Claude Duvalier parlerait lundi à la presse, sans donner plus de détails.
Plus jeune chef d'Etat au monde à 19 ans, Jean-Claude Duvalier s'était proclamé "président à vie". Même s'il voulait offrir une image moins autoritaire que son père François Duvalier, il dirigeait un régime corrompu qui multipliait les atteintes aux droits de l'hommes avec ses milices redoutables, les Tontons Macoutes. Il vivait dans l'opulence alors que son peuple était dans la misère.
La France avait accepté d'accueillir Jean-Claude Duvalier à titre temporaire en 1986, quand il avait été chassé par une révolte populaire. Il vivait depuis dans de belles demeures de la Côte d'Azur. Il répétait souvent qu'il souhaitait revenir "un jour" en Haïti.
En 2007, il était intervenu sur les ondes haïtiennes pour demander "pardon au peuple haïtien pour les erreurs commises pendant son règne". En doutant de la sincérité de ce message, le président René Préval avait alors relevé que s'il y avait "le pardon", il y avait aussi "la justice".
L'ex-dictateur est notamment accusé de détournements de fonds pendant l'exercice de son pouvoir. Les autorités d'Haïti estiment que plus de 100 millions de dollars ont été détournés sous le couvert d'oeuvres sociales jusqu'à la chute en 1986 de "Baby Doc".
http://info.france2.fr/monde/jean-claude-duvalier-de-retour-a-port-au-prince-66880488.html
dimanche 16 janvier 2011
Jean-Claude Duvalier est en Haïti, premières reactions
L'ancien président à vie Jean-Claude Duvalier, chassé du pouvoir par une révolte populaire le 7 février 1986, est arrivé dimanche en Haïti, ont constaté les journalistes à l'aéroport Toussaint Louverture de Port-au-Prince. Haïti: "L'avion a atterri. Il occupe les places 3A et 3B" à bord d'un vol de la compagnie Air France, a indiqué à l'AFP sous couvert d'anonymat un responsable de l'aéroport de Port-au-Prince.
Agé de 59 ans, l'ex-dictateur vivait en exil en France depuis près de 25 ans.
La rumeur de l'arrivée imminente de Jean Claude Duvalier a fait son apparition vers 2 heures 30 ce dimanche tranquille dans les milieux journalistiques. Quelques heures plus tard des sources des Antilles françaises ont confirmé la nouvelle avant que l'ambassade de France en Haïti la confirme officiellement.
Interrogé par Le Nouvelliste, une source proche de la présidence haïtienne a affirmé n'avoir pas été informée de cette arrivée. Des responsables de la Police Nationale d'Haïti ne savaient pas non plus quelle conduite tenir face à cette arrive impromptue.
Des centaines de sympathisants de l'ancien président dont la famille a gouverné Haïti pendant 29 ans (septembre 1957-février 1986) se sont massés à l'Aéroport pour accueillir l'ancien président. D'autres curieux qui n'ont pas connu le règne de Duvalier étaient aussi dans les parages de l'aéroport et commentaient ce revirement spectaculaire.
Michèle Montas, la veuve du Journaliste Jean Dominique a été la première personnalité à désapprouver sur les ondes de Signal FM cette réapparition de Baby Doc sur la scène politique haïtienne. Elle a rappelé pour les jeunes le règne des Duvalier et souligné les limitations de la liberté de la presse à cette époque.
Dans des micros trottoirs réalisés à travers les principales villes du pays et dans les rues de la capitale, la radio Signal FM a pu recueillir des réactions de joies et aussi des demandes pour le retour des autres exilés, dont Jean Bertrand Aristide.
Ce retour imprévu de l'ancien président survient alors que Haïti vient de marquer le premier anniversaire d'un séisme meurtrier et que le pays est plongé dans une impasse politique, trois semaines avant la fin du mandat du président sortant René Préval.
Le second tour de l'élection présidentielle tenue le 28 novembre a été repoussé sine die et aucune indication n'a encore été donnée par les autorités haïtiennes sur le nom des candidats qui s'opposeront lors de ce deuxième scrutin.
Frantz Duval
duvalf@hotmail.com
Avec AFP
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=87863&PubDate=2011-01-16
Agé de 59 ans, l'ex-dictateur vivait en exil en France depuis près de 25 ans.
La rumeur de l'arrivée imminente de Jean Claude Duvalier a fait son apparition vers 2 heures 30 ce dimanche tranquille dans les milieux journalistiques. Quelques heures plus tard des sources des Antilles françaises ont confirmé la nouvelle avant que l'ambassade de France en Haïti la confirme officiellement.
Interrogé par Le Nouvelliste, une source proche de la présidence haïtienne a affirmé n'avoir pas été informée de cette arrivée. Des responsables de la Police Nationale d'Haïti ne savaient pas non plus quelle conduite tenir face à cette arrive impromptue.
Des centaines de sympathisants de l'ancien président dont la famille a gouverné Haïti pendant 29 ans (septembre 1957-février 1986) se sont massés à l'Aéroport pour accueillir l'ancien président. D'autres curieux qui n'ont pas connu le règne de Duvalier étaient aussi dans les parages de l'aéroport et commentaient ce revirement spectaculaire.
Michèle Montas, la veuve du Journaliste Jean Dominique a été la première personnalité à désapprouver sur les ondes de Signal FM cette réapparition de Baby Doc sur la scène politique haïtienne. Elle a rappelé pour les jeunes le règne des Duvalier et souligné les limitations de la liberté de la presse à cette époque.
Dans des micros trottoirs réalisés à travers les principales villes du pays et dans les rues de la capitale, la radio Signal FM a pu recueillir des réactions de joies et aussi des demandes pour le retour des autres exilés, dont Jean Bertrand Aristide.
Ce retour imprévu de l'ancien président survient alors que Haïti vient de marquer le premier anniversaire d'un séisme meurtrier et que le pays est plongé dans une impasse politique, trois semaines avant la fin du mandat du président sortant René Préval.
Le second tour de l'élection présidentielle tenue le 28 novembre a été repoussé sine die et aucune indication n'a encore été donnée par les autorités haïtiennes sur le nom des candidats qui s'opposeront lors de ce deuxième scrutin.
Frantz Duval
duvalf@hotmail.com
Avec AFP
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=87863&PubDate=2011-01-16
Duvalier fils de retour d'exil
Je suis venu pour aider, dit Duvalier à son retour Mise à jour le dimanche 16 janvier 2011 à 19 h 21
L'ancien président Jean-Claude Duvalier est de retour en Haïti après 25 ans d'exil. Le dictateur avait régné de 1971 à 1986 avant d'être chassé par une révolte populaire.
Surnommé Bébé Doc, puisqu'il succédait à son père François Duvalier (dit Papa Doc), il est maintenant âgé de 59 ans. Il vivait en France depuis 25 ans.
Le collaborateur de Radio-Canada à Haïti, Clarence Renois, l'a vu à son arrivée. Selon lui, personne n'avait anticipé son retour.
M. Duvalier, qui promet sous peu une conférence de presse, n'a eu jusqu'ici que ces quelques mots : « Je suis venu pour aider ».
Son épouse, qui l'accompagne, a dit qu'il avait été très touché par le séisme dévastateur du 12 janvier 2010. Il aurait aussi embrassé le sol à sa descente d'avion et déclaré : « Haïti mon pays, le pays de Dessalines », en référence au héros de l'indépendance.
Des anciens officiels de son régime, dont son ministre des Affaires étrangères et son chef de la garde présidentielle de l'époque, étaient là pour l'accueillir.
Il est en ce moment dans les bureaux de l'immigration pour les formalités administratives.
Jean-Claude Duvalier est revenu à bord d'un avion d'Air France qui s'est posé en fin d'après-midi à Port-au-Prince.
La nouvelle de son départ avait d'abord été annoncée par une source diplomatique à Paris. Un responsable de l'aéroport de Port-au-Prince a confirmé son arrivée.
En 2007, Jean-Claude Duvalier était intervenu sur les ondes haïtiennes pour demander pardon au peuple haïtien pour les erreurs commises pendant son règne.
Le président sortant René Préval avait à l'époque dit que l'ex-dictateur, accusé de détournements de fonds pendant l'exercice de son pouvoir, n'échapperait pas à la justice.
Aucune interdiction de revenir au pays ne pese sur lui.
Ce retour imprévu de l'ancien président survient alors que l'impasse politique demeure, trois semaines avant la fin du mandat de René Préval. Le second tour de l'élection présidentielle tenue le 28 novembre a été repoussé sine die.
Radio-Canada.ca avec
Agence France Presse et Reuters
L'ancien président Jean-Claude Duvalier est de retour en Haïti après 25 ans d'exil. Le dictateur avait régné de 1971 à 1986 avant d'être chassé par une révolte populaire.
Surnommé Bébé Doc, puisqu'il succédait à son père François Duvalier (dit Papa Doc), il est maintenant âgé de 59 ans. Il vivait en France depuis 25 ans.
Le collaborateur de Radio-Canada à Haïti, Clarence Renois, l'a vu à son arrivée. Selon lui, personne n'avait anticipé son retour.
M. Duvalier, qui promet sous peu une conférence de presse, n'a eu jusqu'ici que ces quelques mots : « Je suis venu pour aider ».
Son épouse, qui l'accompagne, a dit qu'il avait été très touché par le séisme dévastateur du 12 janvier 2010. Il aurait aussi embrassé le sol à sa descente d'avion et déclaré : « Haïti mon pays, le pays de Dessalines », en référence au héros de l'indépendance.
Des anciens officiels de son régime, dont son ministre des Affaires étrangères et son chef de la garde présidentielle de l'époque, étaient là pour l'accueillir.
Il est en ce moment dans les bureaux de l'immigration pour les formalités administratives.
Jean-Claude Duvalier est revenu à bord d'un avion d'Air France qui s'est posé en fin d'après-midi à Port-au-Prince.
La nouvelle de son départ avait d'abord été annoncée par une source diplomatique à Paris. Un responsable de l'aéroport de Port-au-Prince a confirmé son arrivée.
En 2007, Jean-Claude Duvalier était intervenu sur les ondes haïtiennes pour demander pardon au peuple haïtien pour les erreurs commises pendant son règne.
Le président sortant René Préval avait à l'époque dit que l'ex-dictateur, accusé de détournements de fonds pendant l'exercice de son pouvoir, n'échapperait pas à la justice.
Aucune interdiction de revenir au pays ne pese sur lui.
Ce retour imprévu de l'ancien président survient alors que l'impasse politique demeure, trois semaines avant la fin du mandat de René Préval. Le second tour de l'élection présidentielle tenue le 28 novembre a été repoussé sine die.
Radio-Canada.ca avec
Agence France Presse et Reuters
L'ex-président Jean-Claude Duvalier en route pour Haïti après 25 ans d'exil
PARIS — L'ancien président haïtien Jean-Claude Duvalier (1971-1986), chassé du pouvoir par une révolte populaire et qui vivait en exil depuis près de 25 ans, est en route pour Haïti où il devait arriver dimanche en fin d'après-midi, a-t-on appris à Paris de source diplomatique. "Il est à bord de l'avion Air France" qui assure la liaison Paris-Port-au-Prince, a dit à l'AFP un diplomate sous couvert d'anonymat. Cet appareil devait arriver vers 17h30 locales dans la capitale haïtienne.
Agé de 59 ans, l'ex-dictateur, surnommé "Bébé Doc", vivait en exil en France depuis près de 25 ans.
Le retour imprévu de l'ancien président survient alors que Haïti vient de commémorer le premier anniversaire d'un séisme meurtrier et que le pays le plus pauvre du continent américain est plongé dans une impasse politique, trois semaines avant la fin du mandat du président sortant René Préval.
Le second tour de l'élection présidentielle tenue le 28 novembre a été repoussé sine die et aucune indication n'a encore été donnée par les autorités haïtiennes sur le nom des candidats qui s'opposeront lors du deuxième scrutin.
En 2007, Jean-Claude Duvalier était intervenu sur les ondes haïtiennes pour demander "pardon au peuple haïtien pour les erreurs commises pendant son règne". Dans un message adressé aux Haïtiens depuis son exil en France, il avait aussi estimé que "la division était le principal problème d'Haïti".
En doutant de la sincérité de ce message, le président René Préval avait alors relevé que s'il y avait "le pardon", il y avait aussi "la justice".
L'ex-dictateur a notamment été accusé de détournements de fonds pendant l'exercice de son pouvoir. Les autorités d'Haïti estiment que plus de 100 millions de dollars ont été détournés sous le couvert d'oeuvres sociales jusqu'à la chute en 1986 de "Bébé Doc" qui avait succédé en 1971 à son père François Duvalier, élu président en 1957.
La France avait accepté en 1986 d'accueillir Jean-Claude Duvalier, alors que ce dernier était confronté depuis fin novembre 1985 à des manifestations anti-gouvernementales, au cours desquelles plusieurs dizaines d'Haïtiens ont trouvé la mort.
Comme le président Jean Bertrand Aristide en 2004, "Bébé Doc" avait été poussé à la démission par les Etats-Unis et il avait quitté le pays le 7 février 1986 à bord d'un avion de l'US Air Force. Jean Bertrand Aristide vit aujourd'hui en exil en Afrique du Sud.
Le départ de Jean-Claude Duvalier avait mis fin au règne duvaliériste, né vingt-huit ans plus tôt avec l'arrivée démocratique au pouvoir de François Duvalier, alias "Papa Doc", auquel il a succédé en 1971 à 19 ans, pour devenir "président à vie".
Sa demande d'exil ayant été rejetée par la Suisse, l'Espagne, la Grèce, le Maroc et le Gabon, c'est finalement en France, à l'origine à titre temporaire, que Jean-Claude Duvalier s'était rendu.
"On a accueilli l'ancien président d'Haïti uniquement parce que cela permettait de libérer le pays de la dictature", avait alors déclaré le Premier ministre de l'époque, Laurent Fabius.
L'ex-président avait ensuite profité d'une retraite dorée dans de vastes demeures de la Côte d'Azur.
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5glPoddQlBbQ4gHEKm_PUuavWpC9w?docId=CNG.5cfaffa22245f74f314931d32ca75b9d.c81
Agé de 59 ans, l'ex-dictateur, surnommé "Bébé Doc", vivait en exil en France depuis près de 25 ans.
Le retour imprévu de l'ancien président survient alors que Haïti vient de commémorer le premier anniversaire d'un séisme meurtrier et que le pays le plus pauvre du continent américain est plongé dans une impasse politique, trois semaines avant la fin du mandat du président sortant René Préval.
Le second tour de l'élection présidentielle tenue le 28 novembre a été repoussé sine die et aucune indication n'a encore été donnée par les autorités haïtiennes sur le nom des candidats qui s'opposeront lors du deuxième scrutin.
En 2007, Jean-Claude Duvalier était intervenu sur les ondes haïtiennes pour demander "pardon au peuple haïtien pour les erreurs commises pendant son règne". Dans un message adressé aux Haïtiens depuis son exil en France, il avait aussi estimé que "la division était le principal problème d'Haïti".
En doutant de la sincérité de ce message, le président René Préval avait alors relevé que s'il y avait "le pardon", il y avait aussi "la justice".
L'ex-dictateur a notamment été accusé de détournements de fonds pendant l'exercice de son pouvoir. Les autorités d'Haïti estiment que plus de 100 millions de dollars ont été détournés sous le couvert d'oeuvres sociales jusqu'à la chute en 1986 de "Bébé Doc" qui avait succédé en 1971 à son père François Duvalier, élu président en 1957.
La France avait accepté en 1986 d'accueillir Jean-Claude Duvalier, alors que ce dernier était confronté depuis fin novembre 1985 à des manifestations anti-gouvernementales, au cours desquelles plusieurs dizaines d'Haïtiens ont trouvé la mort.
Comme le président Jean Bertrand Aristide en 2004, "Bébé Doc" avait été poussé à la démission par les Etats-Unis et il avait quitté le pays le 7 février 1986 à bord d'un avion de l'US Air Force. Jean Bertrand Aristide vit aujourd'hui en exil en Afrique du Sud.
Le départ de Jean-Claude Duvalier avait mis fin au règne duvaliériste, né vingt-huit ans plus tôt avec l'arrivée démocratique au pouvoir de François Duvalier, alias "Papa Doc", auquel il a succédé en 1971 à 19 ans, pour devenir "président à vie".
Sa demande d'exil ayant été rejetée par la Suisse, l'Espagne, la Grèce, le Maroc et le Gabon, c'est finalement en France, à l'origine à titre temporaire, que Jean-Claude Duvalier s'était rendu.
"On a accueilli l'ancien président d'Haïti uniquement parce que cela permettait de libérer le pays de la dictature", avait alors déclaré le Premier ministre de l'époque, Laurent Fabius.
L'ex-président avait ensuite profité d'une retraite dorée dans de vastes demeures de la Côte d'Azur.
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5glPoddQlBbQ4gHEKm_PUuavWpC9w?docId=CNG.5cfaffa22245f74f314931d32ca75b9d.c81
Haïti. La vie repousse sur les ruines
16 janvier 2011 Malgré les ruines qui rappellent à tous les coins de rue le violent séisme du 12 janvier 2010, les choses ont bien changé à Port-au-Prince en un an. Nephtalie Eva Joseph, Jean Rony Fils et Noé Morancy racontent leur parcours depuis que la terre a tremblé.
De notre envoyé spécial.
Fin janvier2010, Nephtalie, Walkyse Eva Joseph et leur jeune frère sont complètement désemparés. Facs effondrées, amis étudiants et professeurs tués ou grièvement blessés... Le système universitaire et éducatif n'est plus qu'un vaste champ de ruines. Très vite, Nephtalie, étudiante en psycho, et Walkyse, inscrite en cinquième année de médecine, vont mettre leur énergie et leur expérience au service d'un dispensaire. Puis Nephtalie participera à un programme de soutien psychologique auprès des familles. Une activité rétribuée qui lui permettra d'aider son père, chauffeur de tap-tap, un taxi en commun, à subvenir aux besoins de la famille. En avril, les étudiants reprendront enfin le chemin de la fac dans des bâtiments provisoires faits de poutres métalliques, de contreplaqué et de tôles.
«On craint toujours les secousses»
Il y a quelques mois, Walkyse a débuté son internat à l'hôpital central de Port-au-Prince. En début de semaine, elle accueillait notamment les malades du choléra au service des urgences. Sur le terrain familial, qui borde un grand camp de réfugiés, la petite maison lézardée est à nouveau occupée. «Mais uniquement le jour, précise la mère. Comme on craint toujours les secousses, on préfère dormir dans le cabanon de bois construit par une association caritative.» Deux chambres y ont été aménagées. «On nous a promis que notre maison, qui a été inspectée assez rapidement après le tremblement de terre, serait réparée prochainement, annonce-t-elle en faisant visiter les lieux. L'État s'est engagé à financer ces travaux. Quand la consolidation sera terminée, on y habitera jour et nuit.» Sur la rue, le père, les mains couvertes de cambouis, répare le moteur d'une voiture qui n'est pas la sienne. Une manière d'arrondir les fins de mois.
Jean Rony Fils retrouve une belle vitalité
Ce jeune homme de 22 ans, qui a perdu sa petite soeur et sa mère sous les décombres de la maison familiale, est resté bloqué sous un amas de parpaings et de poutres pendant huitheures. Grièvement blessé aux jambes et à la clavicule, il a très vite été pris en charge par une ONG médicale du nord de la France. Après des semaines passées en fauteuil roulant, il a retrouvé une belle vitalité. Son quartier, situé sur les hauteurs, a été littéralement éventré par le séisme. «Il a fallu attendre le mois d'avril pour déblayer les gravats. On a fait appel à une entreprise, raconte-t-il. On a retrouvé les corps de ma mère et de ma soeur. C'était dur de les savoir là, sans pouvoir rien faire. C'est mon grand frère qui a creusé leur tombe sur notre terrain et qui les a inhumées. À présent, elles reposent en paix.» Une première tente a été montée. Elle n'a pas résisté à la forte tempête tropicale qui a frappé l'île le 24septembre. La famille de Jean Rony a bénéficié d'une seconde tente plus grande, et plus résistante mais les conditions de vie restent extrêmement précaires. Les matelas sont jetés à même le sol. Et rien pour ranger les effets personnels. Souvent, par manque d'électricité, le campement est plongé dans l'obscurité. «On fait aussi la chasse aux rats qui rentrent sous la toile. C'est infernal. Côté hygiène, on nous a installé des toilettes. Mais leur nombre est insuffisant. Il faut être patient quand on veut y aller.» Jean Rony n'évoque même pas les bourrasques soulevant des nuages de poussière qui s'abattent sur ce secteur de la ville. Particules qui rendent les cheveux durs comme du carton. Et qui viennent gommer en quelques secondes les longues minutes passées à se doucher derrière une maigre palissade qui préserve à peine l'intimité des habitants. Dans quelques semaines, le jeune homme, qui désire poursuivre ses études en France, va relancer une demande de visa. L'université de Brest lui a donné l'assurance qu'elle pourrait l'accueillir en Administration économique et sociale. Il croise les doigts.
Moïse fête son premier anniversaire
Le 12janvier, le petit Moïse a fêté son premier anniversaire. Ce petit bonhomme plein de vitalité a perdu sa mère le jour de sa naissance. Cette dernière venait d'accoucher quand le toit de la maternité s'est écroulé sur elle, la tuant sur le coup. Le nourrisson, indemne, a été retrouvé sur le ventre de sa mère par une amie qui, inquiète, s'était rendue sur place. La jeune femme a adopté l'enfant, qui se porte comme un charme.
Didier Déniel
http://www.letelegramme.com/ig/generales/france-monde/france/haiti-la-vie-repousse-sur-les-ruines-16-01-2011-1175995.php
De notre envoyé spécial.
Fin janvier2010, Nephtalie, Walkyse Eva Joseph et leur jeune frère sont complètement désemparés. Facs effondrées, amis étudiants et professeurs tués ou grièvement blessés... Le système universitaire et éducatif n'est plus qu'un vaste champ de ruines. Très vite, Nephtalie, étudiante en psycho, et Walkyse, inscrite en cinquième année de médecine, vont mettre leur énergie et leur expérience au service d'un dispensaire. Puis Nephtalie participera à un programme de soutien psychologique auprès des familles. Une activité rétribuée qui lui permettra d'aider son père, chauffeur de tap-tap, un taxi en commun, à subvenir aux besoins de la famille. En avril, les étudiants reprendront enfin le chemin de la fac dans des bâtiments provisoires faits de poutres métalliques, de contreplaqué et de tôles.
«On craint toujours les secousses»
Il y a quelques mois, Walkyse a débuté son internat à l'hôpital central de Port-au-Prince. En début de semaine, elle accueillait notamment les malades du choléra au service des urgences. Sur le terrain familial, qui borde un grand camp de réfugiés, la petite maison lézardée est à nouveau occupée. «Mais uniquement le jour, précise la mère. Comme on craint toujours les secousses, on préfère dormir dans le cabanon de bois construit par une association caritative.» Deux chambres y ont été aménagées. «On nous a promis que notre maison, qui a été inspectée assez rapidement après le tremblement de terre, serait réparée prochainement, annonce-t-elle en faisant visiter les lieux. L'État s'est engagé à financer ces travaux. Quand la consolidation sera terminée, on y habitera jour et nuit.» Sur la rue, le père, les mains couvertes de cambouis, répare le moteur d'une voiture qui n'est pas la sienne. Une manière d'arrondir les fins de mois.
Jean Rony Fils retrouve une belle vitalité
Ce jeune homme de 22 ans, qui a perdu sa petite soeur et sa mère sous les décombres de la maison familiale, est resté bloqué sous un amas de parpaings et de poutres pendant huitheures. Grièvement blessé aux jambes et à la clavicule, il a très vite été pris en charge par une ONG médicale du nord de la France. Après des semaines passées en fauteuil roulant, il a retrouvé une belle vitalité. Son quartier, situé sur les hauteurs, a été littéralement éventré par le séisme. «Il a fallu attendre le mois d'avril pour déblayer les gravats. On a fait appel à une entreprise, raconte-t-il. On a retrouvé les corps de ma mère et de ma soeur. C'était dur de les savoir là, sans pouvoir rien faire. C'est mon grand frère qui a creusé leur tombe sur notre terrain et qui les a inhumées. À présent, elles reposent en paix.» Une première tente a été montée. Elle n'a pas résisté à la forte tempête tropicale qui a frappé l'île le 24septembre. La famille de Jean Rony a bénéficié d'une seconde tente plus grande, et plus résistante mais les conditions de vie restent extrêmement précaires. Les matelas sont jetés à même le sol. Et rien pour ranger les effets personnels. Souvent, par manque d'électricité, le campement est plongé dans l'obscurité. «On fait aussi la chasse aux rats qui rentrent sous la toile. C'est infernal. Côté hygiène, on nous a installé des toilettes. Mais leur nombre est insuffisant. Il faut être patient quand on veut y aller.» Jean Rony n'évoque même pas les bourrasques soulevant des nuages de poussière qui s'abattent sur ce secteur de la ville. Particules qui rendent les cheveux durs comme du carton. Et qui viennent gommer en quelques secondes les longues minutes passées à se doucher derrière une maigre palissade qui préserve à peine l'intimité des habitants. Dans quelques semaines, le jeune homme, qui désire poursuivre ses études en France, va relancer une demande de visa. L'université de Brest lui a donné l'assurance qu'elle pourrait l'accueillir en Administration économique et sociale. Il croise les doigts.
Moïse fête son premier anniversaire
Le 12janvier, le petit Moïse a fêté son premier anniversaire. Ce petit bonhomme plein de vitalité a perdu sa mère le jour de sa naissance. Cette dernière venait d'accoucher quand le toit de la maternité s'est écroulé sur elle, la tuant sur le coup. Le nourrisson, indemne, a été retrouvé sur le ventre de sa mère par une amie qui, inquiète, s'était rendue sur place. La jeune femme a adopté l'enfant, qui se porte comme un charme.
Didier Déniel
http://www.letelegramme.com/ig/generales/france-monde/france/haiti-la-vie-repousse-sur-les-ruines-16-01-2011-1175995.php
Un an après le séisme en Haïti – L’éducation pour transformer «Ayiti chéri»
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| Photo : François Pesant – Le Devoir |
Par sxm info le 15 jan 2011
Le frère Armand change les mentalités grâce à son modèle scolaire
frère Franklin Armand a consacré sa vie à changer les mentalités et à faire évoluer Haïti. «Nous croyons que les connaissances doivent passer de la tête aux mains et à nouveau des mains jusqu’à la tête.»
Le Devoir en Haïti – Le séisme en Haïti a détruit nombre d'écoles. Mais l'idée voulant que ce soit par l'éducation que passera l'amélioration de la vie de tous les Haïtiens est bien ancrée dans les esprits. Surtout dans celui du frère Armand, qui consacre sa vie à faire changer les mentalités en «Ayiti chéri».
Port-au-Prince — À Petite Place Cazeau, dans l'ouest de Port-au-Prince, l'École du foyer de l'Incarnation est déclarée zone sinistrée. Fissurée de partout, la structure de béton s'est en partie effondrée lors du séisme il y a un an, ne faisant aucun mort — «Dieu merci!». Il était 16h53 et la plupart des enfants étaient sur le chemin du retour à la maison. «Je suis restée sans bouger», raconte Love Darling Gustave, une élève du primaire. «J'avais peur du goudou goudou [tremblement de terre].»
Sains et saufs, les enfants en gardent pourtant de graves séquelles. Certains n'ont plus de maison et dorment dans des tentes. «C'était difficile pour les enfants. Ils sont fragiles. Mais ils ont eu un accompagnement psychologique», explique le frère Franklin Armand, qui gère l'école à travers la congrégation des Petits Frères et Petites Soeurs de l'Incarnation.
Pourtant, à peine quelques jours après le tremblement de terre, il a rouvert l'école de Port-au-Prince. «Il fallait clôturer l'année. Je ne pouvais pas laisser les enfants», souligne le frère Armand, qui est basé à Hinche, où il a de nombreux projets, notamment en lien avec l'eau. Les enfants du primaire ont eu droit à des classes en plein air, à l'ombre des arbres ou assis à des pupitres installés dans la cour, sous des bâches.
Entré en religion il y a 45 ans de cela, le sexagénaire a consacré sa vie à changer les mentalités et à faire évoluer son «Ayiti chéri». Doté d'un optimiste inébranlable, il voit dans le séisme une occasion de tout recommencer à zéro et de réformer le système d'éducation. Dans l'un des pays les plus pauvres de la planète, moins de 10 % des écoles sont publiques. Et le ministère de l'Éducation n'a que très peu de ressources, soutient-il.
La perle retrouvée
À l'heure de la visite du Devoir, les enfants quittent l'école et un groupe de jeunes «échangent des idées» sous les palmiers. L'air est frais et bon. Le bruit infernal de la ville, inaudible. Le domaine est une oasis de paix comme il ne s'en trouve nulle part à Port-au-Prince. La perle des Antilles retrouve ici son lustre. «Tout le monde se surprend en arrivant ici», lance-t-il en riant.
Cinq bassins de pisciculture servent à l'élevage des tilapias et des carpes. La basse-cour héberge des poules et des canards et pourrait fournir une armée en oeufs. Des cochons élevés biologiquement grognent dans un enclos à côté des champs d'aubergines et des jardins. Tout au fond, des ateliers — notamment de maçonnerie — font office de lycée technique. «On forme les enfants pour le bac classique, mais on leur donne aussi une formation technique sanctionnée par notre école privée», explique le frère Armand.
Ce grand sage possède une philosophie bien à lui et voudrait faire des émules.
«L'école est en opposition avec la réalité quotidienne. Les parents ne veulent pas envoyer leurs enfants au champ parce que ça leur rappelle l'esclavage», note-t-il. Mais dans les écoles du frère Armand, dont la plupart sont situées en zone rurale dans le centre d'Haïti, on fait cultiver une parcelle de terre aux enfants dès le primaire. Les récoltes vont à la cantine populaire. «Nous croyons que les connaissances doivent passer de la tête aux mains et à nouveau des mains jusqu'à la tête.»
«En Haïti, on a plutôt un style d'institution à sens unique. Ce n'est pas partout qu'on invite les jeunes à créer, à inventer, déplore-t-il. Si Haïti doit sortir un jour de l'état dans lequel il l'est, c'est l'école qui va faire ça.» Et ce sont surtout les Haïtiens eux-mêmes qui vont le faire, se plaît-il à répéter. Frère Armand à la présidence? Six partis différents l'ont courtisé. Mais lui préfère nettement cultiver les fragiles fleurs de son jardin.
Source Le Devoir.com
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