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jeudi 23 septembre 2010

Haïti-Cuba-CARICOM : Création d’un fonds CARICOM-Haïti

P-au-P, 22 sept. 2010 [AlterPresse] --- A l’issue du troisième sommet entre Cuba et les quinze états membres de la Communauté des États de la Caraïbe (CARICOM), déroulé le 17 septembre dernier à la Havane, les participants se sont félicités de la création d’un fonds CARICOM-Haïti, apprend AlterPresse d’un communiqué en date du 21 septembre de l’ambassade cubaine à Port-au-Prince. Ce fonds devra faciliter la participation du secteur privé régional à la reconstruction et au relèvement d’Haïti, informe le communiqué.
Les secteurs de la santé, de l’agriculture, des logements durables en quantité suffisante, de l’éducation, du tourisme, de la gestion des catastrophes et du relèvement des infrastructures institutionnelles du pays demeurent les priorités, toujours selon le communiqué.
Les participants au troisième sommet Cuba-CARICOM en ont profité pour appeler les bailleurs de fonds internationaux à concrétiser leurs engagements et leurs promesses en vue de la reconstruction d’Haïti.
Cette reconstruction doit être l’œuvre d’un effort mondial, coordonné dans le cadre d’un projet à long terme, sous les orientations et le leadership du gouvernement haïtien, dans le plein respect de la souveraineté nationale, selon la CARICOM.
La situation haïtienne était au cœur des discussions de la troisième réunion ministérielle Cuba –CARICOM, dont le thème principal était : « Pour une Caraïbe unie et solidaire ».
Le premier sommet Cuba-CARICOM a eu lieu, à la Havane, en décembre 2002, le second, à Bridgetown, la capitale de la Barbade, en 2005.
Ces sommets sont généralement consacrés au renforcement des relations entre Cuba et les pays membres de la Communauté des États de la Caraïbe. [cer rl gp apr 22/09/10 10:00]

Le ministre Evans Lescouflair au centre d’un présumé double scandale sexuel

Cinq Sénateurs de l’opposition pressent le Président René Préval d’autoriser la justice à interroger son ministre de la jeunesse et des sports accusé de pédophilie et viol par un adolescent de 16 ans et un homme qu’il aurait menacés de mort ; les parlementaires jugent inacceptable le mutisme de l’Exécutif face à une affaire aussi grave malgré une démarche entreprise par le parquet depuis environ un mois ; pas de réaction de M. Lescouflair ni du gouvernement pour l’instant Mercredi 22 septembre 2010, Radio Kiskeya
Cinq Sénateurs de l’opposition appartenant au groupe minoritaire à la Chambre haute ont appelé mercredi le Président René Préval à mettre à la disposition de la justice son ministre de la jeunesse et des sports, Evans Lescouflair, contre qui deux plaintes pour viol présumé sur un mineur et un homme ont été déposées au parquet de Port-au-Prince.
Youri Latortue (AAA/Artibonite, nord), Mélius Hyppolite (OPL/nord-ouest), Edmonde Supplice Beauzile (Fusion/Centre), Jean William Jeanty (KORENIP/Nippes, sud-ouest) et Jean Willy Jean-Baptiste (AAA/Artibonite) ont adressé une requête au commissaire du gouvernement, Me Harrycidas Auguste, pour s’informer de l’avancement de la procédure judiciaire prévue en la matière.
S’exprimant lors d’une conférence de presse à l’occasion de leur retour sur le site du Palais Législatif, détruit lors du séisme du 12 janvier, les parlementaires ont jugé anormale qu’aucune suite n’ait été donnée aux graves accusations portées contre le ministre Lescouflair par un adolescent de 16 ans et un homme d’une trentaine d’années.
Ils ont été identifiés au cours de la conférence, mais nous tairons leurs noms pour des raisons d’ordre éthique.
Au cours de présumés actes homosexuels séparés, l’officiel aurait brutalisé et menacé de mort les deux plaignants avant de les contraindre à avoir des relations intimes avec lui.
“Il faut que cette situation soit tirée au clair. Car, il est anormal que le pouvoir continue de garder le silence là-dessus”, s’est emporté le Sénateur Youri Latortue révélant qu’une correspondance adressée au Président Préval, depuis le mois dernier, par le chef du parquet est restée sans réponse.
En vertu de la législation en vigueur, le parquet est tenu de solliciter l’autorisation du chef de l’Etat pour pouvoir interroger un membre de l’Exécutif et, éventuellement, exercer des poursuites judiciaires contre lui.
Se félicitant du traitement réservé au dossier par le commissaire Harycidas Auguste, Youri Latortue soutient que les présumées victimes ont acheminé aux autorités judiciaires des pièces à conviction accablantes, dont des certificats médicaux et photos montrant les violences sexuelles caractérisées que M. Lescouflair aurait exercées contre elles.
Très proche du chef de l’Etat, le ministre de la jeunesse, des sports et de l’action civique n’a pas encore réagi à ces accusations de pédophilie, viol et menaces de mort.
Ses collaborateurs contactés mercredi ont affirmé qu’il séjourne actuellement à l’étranger.
Pas de déclaration officielle non plus du gouvernement que cette affaire, vraie ou fausse, risque d’éclabousser. spp/Radio Kiskeya

René Préval intervient à l’ONU ce vendredi

Le chef de l’Etat, qui est arrivé mercredi à New York, participera à la 65e assemblée générale de l’organisation ainsi qu’à la réunion annuelle de la fondation de Bill Clinton consacrée en grande partie à Haïti Mercredi 22 septembre 2010, Radio Kiskeya
Le Président René Préval est arrivé mercredi à New York où il doit prendre part au débat général de la 65e assemblée générale des Nations Unies ouverte depuis lundi.
Un communiqué du secrétariat général de la Présidence informe que le chef de l’Etat a quitté Port-au-Prince en compagnie de la ministre des affaires étrangères, Marie-Michèle Rey, et de membres de son cabinet particulier non identifiés.
M. Préval doit intervenir vendredi après-midi à la tribune de l’ONU et participer à une session spéciale de Clinton Global Initiative. Lors de sa réunion annuelle, la fondation de l’ex-président américain Bill Clinton, envoyé spécial de l’ONU pour Haïti, cherchera à collecter des fonds en faveur du pays et du Pakistan, deux Etats gravement affectés ces derniers mois par des catastrophes naturelles majeures.
René Préval sera de retour en Haïti au cours du week-end, souligne le communiqué sans préciser le jour.
Le Président, dont le mandat ce cinq ans arrivera à terme le 7 février 2011, en est à sa toute dernière participation à l’assemblée générale des Nations Unies. spp/Radio Kiskeya

La production agricole haïtienne plus faible qu’en 2009, s’inquiète la FAO

Malgré des chutes significatives prévues dans certaines filières de production telles les céréales et la banane, l’agence onusienne estime que parallèlement la sécurité alimentaire s’est améliorée depuis le 12 janvier Mercredi 22 septembre 2010, Radio Kiskeya
L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a averti mercredi, qu’en dépit de quelques signes d’amélioration, la production alimentaire en Haïti restait faible et se trouvait à un niveau inférieur à celui d’avant le séisme dévastateur du 12 janvier.
Ces préoccupations reflètent les conclusions d’un rapport conjoint de la FAO et du Programme alimentaire mondial (PAM) rendu public à Rome.
“La distribution opportune de l’aide alimentaire et d’intrants agricoles, combinée à un climat favorable, a permis aux paysans affectés de commencer à récupérer”, a expliqué dans un entretien à EFE, Mario Zapacosta, économiste du système mondial d’information et d’alerte sur l’agriculture et l’alimentation de la FAO.
Les projections des deux agences onusiennes montrent que la production céréalière d’Haïti pour cette année, estimée antérieurement à 503.600 tonnes, sera de 9% inférieure à celle de 2009.
Les mêmes prévisions pessimistes concernent la production de légume, 148.000 tonnes et 20% de moins que l’année précédente, d’haricot et de banane, respectivement 1,2 million de tonnes, 12% de moins et 313.200 tonnes, 14% de moins par rapport à 2009.
La FAO a tenté de mettre un bémol à ces informations inquiétantes en estimant que des progrès ont été réalisés en Haïti en matière de sécurité alimentaire. Le nombre de familles accusant une alimentation pauvre ou limitée aurait ainsi chuté de 31 à 27% depuis le tremblement de terre qui, outre la décapitalisation massive causée dans certaines couches de la population, a fait 300.000 morts, 300.000 blessés et 1,5 million de sinistrés. spp/Radio Kiskeya
http://radiokiskeya.com/spip.php?article7070

Certains partis redoutent le financement occulte de la campagne

Moins d’une semaine avant le début officiel de la bataille électorale, les états-majors de campagne de Jean Henry Céant, Charles Henry Baker et Jacques-Edouard Alexis sont à pied d’oeuvre, avec des suspicions dans l’entourage des deux premiers candidats sur les risques d’accaparement des ressources du trésor public par la plateforme au pouvoir INITE et de l’irruption de narcodollars sur la scène électorale Mardi 21 septembre 2010, Radio Kiskeya
A moins d’une semaine de l’ouverture officielle, lundi prochain, de la campagne électorale en vue des présidentielles et législatives du 28 novembre, l’inquiétude est manifeste au sein de plusieurs états-majors de campagne contactés par Radio Kiskeya qui se montrent préoccupés par le rôle que pourraient jouer dans le processus électoral des fonds illégaux provenant du trésor public et les narcodollars.
Membre du staff du candidat de Renmen Ayiti, Jean Henry Céant, Me Camille Leblanc dénonce la décision du parti officiel INITE de lancer de manière anticipée sa campagne à travers l’installation dans des lieux publics de panneaux publicitaires portant l’inscription "100% Haïti", le slogan de Jude Célestin, l’un des prétendants à la succession de René Préval.
Le président de Aimer Haïti estime problématique le financement de la campagne électorale en raison de sa longue durée, deux mois, mais aussi à cause de la provenance ou de la nature douteuse de l’argent qui pourrait l’alimenter. Il faut tout aussi craindre la présence dans le processus électoral de l’argent sale que celle des fonds du Petrocaribe, le programme de coopération énergétique conclu entre Haïti et le Venezuela, a insisté Me Camille Leblanc.
En ce qui concerne le notaire Jean Henry Céant, l’avocat affirme qu’il entrera en campagne à partir du 27 septembre dans le souci de se conformer aux exigences du calendrier électoral.
De son côté, l’ancienne Sénatrice Lavalas de l’Ouest, Evelyne Chéron, qui se représente sous la bannière de RESPE, exprime le désaccord du parti de Charles Henry Baker avec la décision du CEP de n’autoriser la tenue des rassemblements électoraux qu’à compter du 15 octobre.
Néanmoins, RESPE, qui met la dernière touche à sa stratégie de campagne, entend respecter la date du 27 septembre pour amorcer son offensive électorale, selon sa secrétaire générale adjointe.
Sur la question sensible du financement électoral, Evelyne Chéron a déjà des certitudes et des craintes relatives aux ressources de l’Etat que certains candidats s’apprêteraient à utiliser à des fins partisanes.
En revanche, pour le candidat à la présidence Charles Henry Baker et les autres représentants de RESPE dans la course, il sera difficile de trouver les ressources financières souhaitées dans un pays encore sous le choc de la tragédie du 12 janvier, affirme l’ex-parlementaire.
L’ancien secrétaire général du parti Louvri Baryè (PLB), François Pierre-Louis, directeur de campagne de Jacques-Edouard Alexis, le candidat du parti Mobilisation pour le progrès d’Haïti (MPH), indique que des efforts sont entrepris pour assurer le financement des dépenses électorales. L’ancien Premier ministre de René Préval pourra compter sur le soutien d’amis, de supporters et surtout de membres du secteur privé des affaires.
Estimant que l’argent représentait un facteur secondaire dans l’issue des compétitions électorales en Haïti, M. Pierre-Louis a promis que son équipe ne s’associera à aucune forme de financement douteux.
Jacques-Edouard Alexis ouvrira sa campagne le 27 septembre, date du coup d’envoi des activités de propagande, a conclu son chef de campagne dont l’ancien parti PLB est, officiellement, jusqu’à aujourd’hui, membre de la plateforme présidentielle INITE.
Avant de commencer à se positionner les uns par rapport aux autres, la plupart des 19 aspirants à la présidence se sont lancés, dans la discrétion ou à grand renfort de battage médiatique, dans une multiplicité d’activités en Haïti et à l’étranger, opérations de levée de fonds, tournées régionales, débats et efforts d’exploitation des nouvelles technologies.
Selon le calendrier électoral remanié, du 27 septembre au 15 octobre, les candidats pourront faire des apparitions dans les médias et exposer leurs messages de propagande sur la voie publique. Par contre, les meetings se dérouleront dans la fourchette comprise entre le 15 octobre et le 26 novembre.
Cependant, ces dispositions peuvent se limiter à des vœux pieux sans force contraignante. Le directeur général du Conseil électoral, Pierre Louis Opont, a lui-même reconnu que l’institution ne disposait d’aucun moyen coercitif pour faire entendre raison aux contrevenants. Il a même botté en touche en souhaitant que la justice sévisse contre ceux qui auront violé la loi électorale.
Contesté de bout en bout, le CEP pense pouvoir mener à bon port le processus électoral en arbitrant, le 28 novembre prochain, des joutes pleines d’enjeux au cours desquelles les électeurs devraient désigner le successeur du Président Préval ainsi que 11 Sénateurs et 99 Députés. spp/Radio Kiskeya
http://radiokiskeya.com/spip.php?article7069

Nouvelle secousse sismique en Haïti

Si elle a révéillé les souvenirs macabres du 12 janvier, cette réplique de 4,4 n’a causé aucune victime ni dégât Mardi 21 septembre 2010, Radio Kiskeya
Une réplique de magnitude 4,4 sur l’échelle de Richter a été ressentie dans la nuit de lundi à mardi à Port-au-Prince et en province, mais, elle n’a fait aucune victime ni dégât.
Selon les indications de l’institut américain de géophysique (USGS), cette secousse a été enregistrée lundi à 23h33 heure locale (mardi 04h33 GMT).
Son épicentre se situait entre les villes de Petit-Goâve et de Miragoâne (sud-ouest de la capitale).
Des témoins affirment avoir senti la terre trembler dans les Nippes (sud-ouest), le sud-est et dans l’ouest, près de Petit-Goâve et dans certains quartiers de la capitale.
Les haïtiens restent traumatisés par le séisme dévastateur remontant à un peu plus de huit mois et qui a été suivi de plusieurs dizaines de répliques, les unes moins importantes que les autres.
Le tremblement de terre de magnitude 7,3 du 12 janvier a officiellement fait 300.000 morts, 300.000 blessés et estropiés et 1,5 million de sinistrés. spp/Radio Kiskeya

Le chef de la Minustah fait obstruction à la justice selon des leaders politiques

Des représentants de divers secteurs de la vie nationale condamnent le refus du chef de la Minustah d'autoriser une enquête sur le décès d'un adolescent dans un baraquement des casques bleus népalais. Des sénateurs et leaders politiques accusent le chef de la Mission Onusienne, Edmond Mulet, d'obstruction à la justice en refusant d'autoriser la comparution d'une interprète de la Minustah par devant le juge instructeur en charge du dossier. Certains sénateurs de l'opposition dont Edmonde Supplice Beauzile (Fusion) et ceux du parti au pouvoir dont Kelly Bastien, exigent la poursuite de l'enquête sur l'assassinat de Gerald Jean Gilles. La sénatrice Beauzile se demande s'il ne serait pas nécessaire que des membres de la mission onusienne soient déclarées " persona non grata.
Le silence des autorités haïtiennes est également condamné par certains dirigeants politiques et des membres de la société civile. Le président du parti Jeunesse Pour la république (JPR), Fednel Monchery, soutient qu'il s'agit d'une exécution sommaire. Il révèle que les casques népalais avaient accusé la victime d'avoir volé 800 dollars. Le chef de file de JPR souligne que Gérard Jean Gilles a été pendu pour avoir commis le forfait.
Les dirigeants de JPR réclament le départ de la Minustah et annoncent la tenue d'un sit-in devant le ministère de la justice. M. Monchery lance un appel à un soulèvement populaire contre la Minustah qui selon lui a déclaré la guerre au peuple. Les dirigeants de la mission continueront à tuer par pendaison de nombreux citoyens haïtiens si le peuple ne se révolte pas, martèle M. Monchery.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18272

Le président Préval refuse de publier la loi sur les frais scolaire selon des organisations sociales

Plus d'un an après le vote de la loi sur les frais scolaires le chef de l'Etat haïtien ne l'a toujours pas publié la loi sur les frais scolaires dans le journal officiel Le Moniteur. Plusieurs parlementaires dont Kelly Bastien (Unité), et l'ex député Steven Benoît (Alternative) ainsi que des dirigeants d'organisations de la société civile s'étonnent de la non publication de cette loi. L'ex député de Carrefour, Esdras Fabien, estime que le président Préval fait preuve de sa méchanceté en refusant de publier la loi. La constitution accorde un délai au chef de l'Etat pour faire objection à une loi votée par le Parlement. Le chef de l'Etat n'a fait aucune objection à cette loi votée par les deux chambres.
Au début du mois le ministère de l'éducation avait demandé aux directeurs d'écoles de ne pas augmenter les frais scolaires afin d'être solidaires des parents qui ont consenti de grands efforts financiers pour la scolarisation de leurs enfants.
Plusieurs dirigeants d'organisations dénoncent la hausse des frais scolaires avant le début de la nouvelle année académique. Le secrétaire général de l'Union des Parents d'élèves Progressiste (Upeph), Léo Lutholu, affirme que de nombreux directeurs d'écoles ont décidé d'ignorer les recommandations du ministère de l'éducation. Il exige la publication de la loi sur les frais scolaires et réclament des sanctions contre les directeurs fautifs.
De son coté, le coordonnateur général de l'organisation Jen koré Jen, Gary Bodeau, invite le chef de l'Etat à publier la loi sur les frais scolaires afin de soulager la population défavorisée.
Cet avis est partagé par le coordonnateur de l'Unnoh, Josué Merilien, insiste sur la nécessité pour que les directeurs d'écoles privées n'augmentent pas les frais scolaires.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18273

Les sénateurs de l'opposition se ravisent et veulent reprendre les séances

Les sénateurs de l'opposition veulent mettre fin au dysfonctionnement du grand corps qu'ils avaient provoqué après le vote de la loi d'urgence. Membres du groupe minoritaires, les sénateurs William Jeanty, Youri Latortue et Edmonde Supplice Beauzile maintiennent leurs revendications entres autres le départ du président Kelly Bastien. Tout en déplorant le manque de confort dans le nouveau local du sénat, les parlementaires de l'opposition sont déterminés à reprendre les séances en assemblée.
Le sénateur William Jeanty attire l'attention sur la nécessité pour que le grand corps assume ses prérogatives notamment en ce qui concerne la nomination d'un nouveau gouverneur de la Banque centrale et des membres du conseil d'administration de la Banque Nationale de Crédit. Il revendique également le droit des sénateurs de faire valoir leurs points de vue sur le prochain budget.
Les membres du groupe minoritaire assurent qu'ils ne sont pas responsables du dysfonctionnement du grand corps. Ils veulent reprendre les séances afin disent-ils de combattre ce qu'ils qualifient de dérive, de corruption au sein du gouvernement.
La sénatrice Edmonde Supplice Beauzile (Fusion) affiche la détermination des sénateurs de l'opposition à contrôler l'action du gouvernement. Elle déplore que les sénateurs ne soient pas en mesure de convoquer les autorités sur la recrudescence de l'insécurité. Mme Beauzile se dit favorable à l'interpellation de certains ministres en raison de l'inaction du gouvernement dans plusieurs domaines. .
Les 7 sénateurs de l'opposition accusent leurs collègues de se soucier uniquement des rencontres au Palais national.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18271

Haïti: Le Nouvelliste : Quels sont les enjeux pour Haïti cette semaine à New York ?

JMB : Le principal enjeu pour Haïti, cette semaine, au cours des différentes réunions à New York, est de continuer à maintenir le pays au-devant de la scène internationale. Il y a deux événements majeurs qui se déroulent à New York : le Clinton Global Initiative (CGI) qui regroupe des gens de tous les milieux du monde entier : hommes d'affaires, investisseurs, ONG, acteurs politiques ; et l'Assemblée générale des Nations unies à laquelle prendront part beaucoup de grandes personnalités, incarne aussi le monde entier.

Il était important que le Premier ministre, le coprésident de la CIRH, soit présent pour expliquer ce qui a été fait en Haïti et ce qui reste à faire afin de pouvoir garder la mobilisation et surtout rendre plus efficace le travail qui est en train d'être fait aujourd'hui sur le terrain.

L N: Lundi dernier a eu lieu une réunion spéciale de la CIRH, pouvez-vous nous en faire un bilan ?

JMB: Dans le cadre de la venue à New York de tout un ensemble de chefs d'Etat, de chefs de gouvernement, de ministres des Affaires étrangères et autres responsables, il était important pour nous de leur faire savoir deux choses : premièrement, parler des fonds déjà décaissés qui sont en-dessous de l'espérance du gouvernement haïtien, de la CIRH et de beaucoup de partenaires ; et deuxièmement, leur expliquer qu'il faut redéfinir, repenser la mission et le rôle de la CIRH vis-à-vis des vrais financements nécessaires pour Haïti.

Je leur ai dit que 5.5 milliards de dollars sur trois ans, cela représente 1.8 milliard par année. Divisés par 10 millions d'Haïtiens, cela vous fait 180 dollars par Haïtien l'an. Et, c'est de l'argent qui est promis pour le développement qui n'est pas encore arrivé. Voici ce qu'on a sur la table pour faire l'éducation, les routes, la santé, les logements, etc. Si l'on regarde sur les 10 ans, c'est pire. Les onze milliards de dollars promis sur 10 ans, cela fait beaucoup d'argent, mais ne représente que 100 dollars par Haïtien par an.

Avec si peu de moyens, on ne va pas faire de développement. On peut faire de l'humanitaire, et, surtout, on peut faire la mise en place de l'environnement pour attirer le secteur privé qui va créer la richesse. Le message c'était; pendant que l'on doit continuer à faire ce que l'on fait, il faut avoir une meilleure coordination qui puisse permettre l'arrivée d'un secteur privé qui va investir dans le pays, créer de la richesse et du travail.

LN: C'est un nouveau paradigme qu'on met en place pour parler d'investissement massif par le secteur privé ? L'investissement privé représente une béquille dont nous avons besoin... ?

JMB: Le secteur privé sera même la béquille principale dans la reconstruction. 
Il faut bien les deux béquilles, l'Etat et le privé, parce que les deux sont indispensables, pourvu qu'elles aient vraiment une coordination parfaite. Il ne s'agit plus de faire des routes pour faire des routes, il s'agit de faire des routes qui vont permettre le développement de l'investissement privé. Il ne s'agit plus d'avoir des initiatives dans l'agriculture qui soient déconnectées avec les besoins spécifiques dans telle ou telle zone. Donc, il faut bien comprendre quels sont les besoins du secteur privé.

Prenons en exemple le logement. Il est clair qu'on a un déficit d'environ 400 000 à 500 000 unités de logement dans le pays. Si je fais un calcul simple, au prix minimal de vingt mille dollars par logement qui, pratiquement n'existe pas aujourd'hui, multiplié par ces cinq cent mille logements, vous avez déjà dix milliards de dollars.

Cela signifie que la totalité des engagements qui ont été promis à Haïti pour les dix prochaines années serait consacrée au logement sans avoir de garantie que ce serait un projet soutenable. Parce que, ces gens qu'il faut loger, ont-ils les moyens de se payer un loyer ? Aujourd'hui, certainement pas. Donc, il faut de toute façon impliquer les banques, les compagnies d'assurances, les compagnies de construction.... dans ce plan de logement. Il faut que le plan soit soutenable. Il faut que les gens puissent payer un appartement, puissent payer une petite maison, puissent payer les services de base qu'ils vont recevoir.

Tout le monde parle de projet de construction. Il faut sortir les gens du Champ de Mars. Oui, il faut le faire. Mais, il faut le faire de manière soutenable. On a eu des expériences similaires dans le passé, sans citer aucun régime, de commencer des constructions, d'y placer des gens qui ne peuvent pas payer. Très vite le projet se transforme en une sorte de bidonville de luxe, où on ne peut plus construire.

Notre gouvernement s'est engagé à construire des logements pour 100 millions de dollars, mais 100 millions de dollars c'est à peine quatre mille logements. Et, on est en train de se battre pour trouver ces 100 millions. Donc, on va où avec ça ? Il faut impliquer le secteur privé qui doit trouver une rentabilité dans cette histoire. La rentabilité existe.

LN: Monsieur le Premier ministre, tous les membres du gouvernement, vous en particulier, vous vous déplacez beaucoup pour rencontrer la communauté internationale. Mais cet appel au secteur privé pour qu'il s'implique n'a pas encore été lancé en Haïti. Ce sera fait quand et où de façon formelle ?JMB: Le secteur privé, je le rencontre en Haïti. Je voyage beaucoup pour aller rencontrer à l'étranger les secteurs qui ont les moyens et les expériences. Aujourd'hui en Haïti, est-ce qu'il y a un secteur privé qui a l'expérience, l'habitude de construire des appartements pour quatre mille, cinq mille familles ? Moi, je ne connais pas d'exemple. C'est tout un métier différent. Ce n'est pas construire une maison et la vendre et puis fini. Il y a aussi la question des terres (NDLR : de la multi propriété). Comment les notaires vont-ils donner un papier pour l'appartement 3 C du bloc D ? C'est un problème qu'il faut résoudre à l'intérieur d'Haïti. 

Quand on parle d'un bloc de trois mille à quatre mille appartements, vous en avez partout dans la Caraïbe, cela demande des financements d'environ 160 millions de dollars. J'ai un secteur privé qui peut faire ces financements en Haïti ? Non. Les banques n'ont pas de reins solides pour faire cela en Haïti. Donc, elles doivent rechercher des partenaires à l'extérieur. Nous allons les aider à impliquer le secteur privé national. Mais la réponse à court terme n'est pas en Haïti.

LN: Monsieur le Premier ministre, vous avez eu aussi à intervenir mardi sur les Objectifs du Millénaire ; dix ans après leur lancement, quel est le bilan d'Haïti, pendant qu'on est en train de demander de nouveaux fonds ? Qu'est-ce que vous avez eu à dire pour les 10 ans qui se sont écoulés.

JMB: J'ai eu un discours mi-figue mi-raisin. Il y a des acquis extraordinaires qui ont été faits en Haïti dont on ne parle pas, mais qui sont la base du développement et très utiles pour la reconstruction du pays.

Premièrement, nous sommes dans une ère de stabilité. On considère cela comme un acquis, mais ça ne l'est pas. Cette stabilité est toujours fragile, alors que c'est le premier pas pour arriver à des investissements privés. Il y a tout un environnement macroéconomique mis en place qu'on a beaucoup critiqué, mais qui également est une condition sine qua non pour attirer des investissements privés en Haïti.

Personne ne va aller investir dans un pays où on ne contrôle pas l'inflation, où la monnaie n'est pas stable. Les gens ne peuvent pas calculer leur marge de bénéfice éventuelle dans une économie qui n'est pas contrôlée. Donc, il y a des efforts de base qui ont été faits et qui ont été permis par un travail continu qui a précédé le travail de ce gouvernement-là. Je vais plus loin, ce travail a commencé depuis 2004. 

La mauvaise image d'Haïti est en train de changer, mais cela se fait très lentement. Il y a encore beaucoup de choses à faire et il faut encore améliorer la coordination avec nos bailleurs, mais également avec le secteur privé. Heureusement qu'on peut dire qu'aujourd'hui le secteur privé travaille en gros avec le gouvernement haïtien la main dans la main, puisque nous visons le même objectif : créer du travail, créer de la richesse.

LN: L'autre rendez-vous important de la semaine, vous l'avez dit, c'est l'Initiative Clinton qui tient son assemblée annuelle. Haïti y aura-t-elle une représentation ? Le Premier ministre ou le président y prendra-t-il la parole ? Y a-t-il un message que vous allez faire passer ?

JMB: Mon message sera le même et c'est le message important cette semaine : il faut trouver les moyens de rassurer le secteur privé national et international sur les possibilités de faire de l'argent en Haïti et de créer des richesses. Le gouvernement doit surtout apprendre à décrypter leurs besoins pour savoir de quoi ont-ils besoin pour pouvoir investir en Haïti.

On ne peut pas rester à leur faire des propositions sans savoir ce dont ils ont besoin. Pourquoi ils n'investissent pas en Haïti ? Ce sont eux qui doivent nous le dire, pour qu'on puisse s'adapter. Notre législation, nos procédures administratives et le fonctionnement que l'on a par rapport aux investisseurs qui viennent en Haïti sont-ils adéquats ? Les gens viennent en Haïti, ils ne savent pas à qui s'adresser, ni quelle est l'agence responsable de telle ou telle question... 

Donc, il faut parler avec eux, comprendre leurs préoccupations, leurs besoins. C'est ce qu'on est en train de faire. Cela demande beaucoup de rencontres, beaucoup de voyages. Certains investisseurs font l'effort de venir en Haïti. Je crois que c'est à nous aussi de faire l'effort d'aller vers eux.

LN: Vendredi le président René Préval doit prendre la parole aux Nations unies. Vous savez le thème central de son message ?

JMB : Non, non, je ne veux pas anticiper sur le discours du président. Je sais de quoi il va parler, mais n'oubliez pas que c'est le dernier discours international de cette envergure que le président fera devant la communauté internationale. Je peux anticiper pour dire que ce sera un discours très politique.

LN: On est en train de reconstruire. Il y a de l'impatience chez ceux qui sont sous les tentes, mais en même temps il y a de l'impatience chez ceux qui voient que le gouvernement tarde à reprendre force. Qu'est-ce que le Premier ministre a à dire à ce sujet ? Il y a des ministères qui sont toujours logés dans quatre petites pièces alors que ce sont des ministères importants...

JMB: Ce qui est important, c'est le travail par rapport aux priorités. Il y a deux ou trois priorités majeures que je dois accepter et gérer. On doit mettre le maximum de ressources humaines, le maximum de moyens et d'équipements sur les attentes fondamentales de la population. Aujourd'hui, on peut faire ce qu'on veut, on peut avoir des super programmes agricoles, des super programmes dans l'éducation, dans la santé on vous mettra toujours en face 1.3 million de gens qui sont sous les tentes.

Quels que soient les efforts d'un gouvernement, tout sera toujours mesuré à l'aune de ce spectacle des gens qui sont sous les tentes. Donc, il faut adresser directement cette question pour que l'on puisse aller vers les questions de fond qui vont permettre le développement à long terme.
La réponse du développement n'est pas au Champ de Mars. Personne ne vous prendra au sérieux tant que vous aurez tous ces gens, là, sous des tentes. 

LN: Est-ce que vous ne craignez pas que la situation difficile qui se déroule au Pakistan vole la vedette à Haïti et que les fonds promis n'arrivent jamais ?

JMB: C'est justement pour cela que le gouvernement est aussi massivement mobilisé. C'est pour maintenir l'attention sur Haïti. Je suis venu, le président va venir. J'ai participé à plusieurs réunions, j'ai donné beaucoup d'interviews pour maintenir l'intérêt sur Haïti. Je crois que c'est positif. Au contraire, les Pakistanais se plaignent.

Haïti joue gros cette semaine à New York

Haïti joue gros cette semaine à New York


Toutes les grosses légumes de la soupe de la reconstruction d'Haïti sont à New York cette semaine, où ils enchaînent meetings et rendez-vous. Lundi, il y a eu une rencontre « informelle, mais importante » des membres de la Commission intérimaire de reconstruction d'Haïti (CIRH), pour citer un des membres qui y a participé. Mardi, le Premier ministre Jean-Max Bellerive a pris la parole devant les 142 représentants d'Etats ou de gouvernements au sommet sur les Objectifs du Millénaire. Mercredi, le président René Préval a débarqué pour prendre part jeudi à la réunion annuelle du Clinton Global Initiative et pour s'adresser au monde entier vendredi à la séance plénière de la 65e Assemblée générale de l'ONU. De gros calibres du secteur privé sont aussi à New York cette semaine, de même que des responsables d'ONG présentes en Haïti.


Haïti: Manhattan est sous haute surveillance depuis huit jours. Chaque coin de rue est bouclé par des voitures de police ou des véhicules banalisés qui ne cachent pas leur appartenance aux forces de l'ordre. Les hommes en veston sombre des services secrets sont aussi nombreux que les policiers. Tout le monde a une arme à la ceinture et une radio de communication à portée de main. Devant les hôtels, c'est le ballet des limousines. Les grosses berlines coupent les files et se faufilent en priorité dans le trafic. De temps à autre, plus souvent que d'habitude, le cri strident des sirènes et l'éclairage bleu-rouge des gyrophares donnent le ton : les chefs du monde passent.
Tout ce que la planète compte de dirigeants importants est à New York pour l'une ou l'autre des rencontres de la semaine. C'est dans ce contexte qu'Haïti doit déployer tous ses charmes pour justifier la confiance placée en son gouvernement depuis le séisme. Haïti doit aussi convaincre que l'argent des donateurs privés, publics et institutionnels est bien engagé et concourt effectivement à la reconstruction du pays.
Haïti est dans une situation spéciale. A l'interne, la patience s'épuise, et à l'international, nos dirigeants doivent répondre aux interrogations sur l'avenir politique de la République à la veille de l'ouverture d'une campagne électorale pour des élections présidentielles et législatives, le 28 novembre. Pour le scrutin présidentiel, aucun candidat ne se démarque encore depuis la sortie de Wyclef Jean de la course. Même si INITE, la plateforme du président René Préval, paraît en bonne position pour remporter la majorité des sièges au Parlement, la communauté internationale cherche des garanties pour bien placer ses billes et ses dons.
Haïti joue donc cette semaine la maîtrise de son destin pour les douze mois qui viennent. Il lui faut inspirer confiance et garantir une certaine stabilité, deux conditions sine qua non pour encourager les bailleurs à tenir leurs promesses.
C'est dans cette atmosphère que lundi, dans un grand hôtel de Manhattan, la CIRH a tenu une réunion de haut niveau en présence de ses deux coprésidents, Bill Clinton et Jean-Max Bellerive, avec les plus importants partenaires de la reconstruction d'Haïti.
Hillary Clinton, Bernard Kouchner, des ministres du Brésil, de l'Espagne, du Canada, du Japon, des responsables de l'Union Européenne, du FMI et d'autres pays amis d'Haïti y ont renouvelé leurs engagements. Selon un membre de la CIRH présent, c'est Hillary et Bill Clinton qui ont pesé de tout leur poids pour faire de cette rencontre une réussite.
« Ce n'était pas une réunion formelle de la CIRH, mais plutôt une de ces occasions que l'on ne doit pas rater, car tout le monde est à New York cette semaine. La rencontre avait pour but d'encourager les représentants des donateurs à reconfirmer leurs promesses et préciser leur agenda de décaissement. Cela s'est bien passé dans l'ensemble... », a estimé ce membre de la Commission joint au téléphone par Le Nouvelliste.

Pour preuve, elle a cité en exemple la signature du protocole sur la reconstruction de l'Hôpital général d'Haïti. « Le 17 août dernier, la CIRH, lors de sa réunion plénière au Karibe, avait annoncé un financement de 17 millions d'euros. Cette somme était insuffisante pour remettre à neuf le plus grand centre hospitalier du pays grandement affecté par le tremblement de terre du 12 janvier dernier. Un mois plus tard, nous en sommes à 50 millions de dollars. La différence de 33 millions de dollars provient des USA et de l'Etat haïtien qui va lui aussi contribuer pour près de 2 millions de dollars. »



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Mardi, c'est le Premier ministre Bellerive qui a pris la parole au sommet sur les Objectifs du Millénaire. Dans les nombreuses rencontres qui se déroulent en marge avec la presse et des notables de la coopération, le PM a dû sans doute expliquer pourquoi nous ne sommes pas de bons élèves depuis l'an 2000. Crise politique de 2003 à 2005, cyclones puis séisme. Toutes les circonstances atténuantes sont versées au dossier de la défense d'Haïti. Mais aussi, il y a le fait que l'argent promis arrive rarement dans les proportions promises et jamais en respect des échéances. Ensuite, il y a la désolante statistique des montants engagés. Moins de cent dollars américains par tête d'habitant dans un pays pauvre et détruit. C'est peu et pas assez.

Autre réunion importante de la semaine, celle du Clinton Global Initiative, une rencontre selecte qui met autour d'une même table les hommes les plus riches du monde et les pays à problèmes. En quelques années, l'ancien président des Etats-Unis d'Amérique a réussi à inventer un Davos d'été autour d'un noble but : résoudre des problèmes concrets. A vingt mille dollars américains le droit d'entrée, les participants ne viennent surtout pas perdre leur temps. Il y aura des PDG d'entreprises, des ONG, des hommes politiques et surtout une belle brochette de dirigeants de tous les secteurs d'activités.

Haïti a été, l'an dernier déjà, un des invités de marque. La situation de l'après-séisme et le rôle que les deux Clinton jouent à un titre ou à un autre dans le cas de Haïti (Madame est Secrétaire d'Etat des USA et Monsieur l'Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations unies et Coprésident de la CIRH), placent nos gouvernants sous les feux des projecteurs encore une fois. Il ne semble manquer autour de ces aréopages que nos hommes d'affaires en nombre suffisant (lire l'interview du Premier ministre Bellerive sur ce point et bien d'autres) pour que la synergie nécessaire à la reconstruction soit parfaite.

Toute la semaine, le rôle des officiels haïtiens sera de faire le plaidoyer pour que les engagements soient respectés, les allocations revues à la hausse et maintenues sur une période significative.

Le président Préval, qui a débarqué ce mercredi soir à New York avec la ministre des Affaires Etrangères, Marie Michèle Rey, aura le même rôle à jouer avec, sans doute, un discours similaire. Il devra en plus rassurer que la transition ne viendra pas tordre le cou aux efforts qui sont faits depuis des années pour maintenir la stabilité macroéconomique et assurer la marche timide des institutions démocratiques.

Après avoir informé les principaux candidats à la présidence de son agenda pour la reconstruction, le président René Préval prendra son bâton de pèlerin pour convaincre les dirigeants de la planète de ses intentions et de la situation d'Haïti. A son retour, on ne peut qu'espérer qu'il informera la population de son plan de route.

L'impatience et les incertitudes sur l'avenir peuvent être des trouble-fête en cette période électorale spéciale placée sous le signe de l'urgence et de l'après-séisme. D'autant que pour assurer la bonne tenue des élections, il faudra que les sans-abri votent dans l'isoloir, pas en faisant abstention ni diversion... En ce sens, la déclaration de Wyclef Jean de mettre fin à ses intentions d'attaquer en justice et devant les instances internationales les responsables du Conseil Electoral Provisoire de Gaillot Dorsainvil est une bonne nouvelle pour René Préval.

Le ralliement du PLAPH au processus électoral est aussi un appui de taille. Himmler Rébu et Déjean Bélizaire arrivent autour des urnes comme de bons petits soldats qui n'ont pas laissé la porte du camp se fermer. Le camp de l'espoir de gagner ? Non, celui de l'unité pour les élections...
Frantz Duval
duval@lenouvelliste.com

mercredi 22 septembre 2010

Les Etats Unis aident à la sauvegarde du patrimoine haïtien


Le gouvernement américain a accordé un don de 360 000 dollars aux autorités haïtiennes pour la réalisation de plusieurs projets visant la sauvegarde du patrimoine nationale.
L'ambassadeur des Etats-Unis à Port-au-Prince, Kenneth Merten a remis le 17 septembre dernier le chèque totalisant le montant au directeur de l'Institut de Sauvegarde du Patrimoine National (ISPAN), Daniel Elie.
Une cérémonie spéciale a eu lieu à la citadelle La Ferrière où des travaux de préservation seront réalisés. Plus de 100 000 dollars seront consacrés à la réparation du toit de la Batterie Royale et la restauration de la Caserne militaire du Palais de Sans Souci.
Le diplomate américain a assuré que le financement permettra à l'Ispan de préserver et protéger une partie du patrimoine d'Haïti chérie. «La population d'Haïti est en train de vivre des moments difficiles. Le tremblement de terre du 12 janvier a détruit non seulement des vies et des bâtiments à Port-au-Prince, mais il a perturbé les progrès fragiles qui étaient sur le point d'être accomplis un peu partout à travers le pays, y compris ici dans le Département du Nord".
M. Merten a également émis le vœu que la citadelle restaurée combinée à la réhabilitation des infrastructures routières contribueront à l'intensification des activités touristiques dans la région.
La Citadelle La Ferrière a été déclarée Héritage du Patrimoine mondial par l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation la Science et la Culture (UNESCO).
La seconde tranche de l'enveloppe sera permettra à l'Ispan d'inventorier les dommages subis par les monuments historiques et des bâtiments à Port-au-Prince lors du tremblement de terre. Le directeur de l'Ispan, Daniel Elie, envisage de réorganiser un bureau qui sera chargé de documenter les dommages dans la région métropolitaine.
LLM / radio Métropole Haïti 

http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18268

Wyclef Jean accepte le verdict du CEP et maintient son engagement politique



La star internationale du Hip hop Wyclef Jean abandonne la procédure visant à obtenir sa réintégration dans le processus électoral. Il suspend ainsi le recours engagé par ses avocats auprès de l'organisme électoral.
Cette annonce n'est pas une surprise pour les observateurs. M. Jean avait dans un message diffusé sur les ondes de plusieurs medias, dont radio Métropole, admis qu'il ne pouvait plus briguer cette année la présidence.
Cependant l'artiste n'entend pas abandonner la scène politique après cet échec. Il réaffirme sa détermination à poursuivre la bataille sous d'autres formes. L'ex candidat de Viv Ansanm veut assumer la gestion de son électorat potentiel et met en garde contre toute invitation des autres formations politiques. Il promet de lancer des mots d'ordre relatifs au comportement de ses supporters durant le processus électoral.
Wyclef adopte ainsi une stratégie différente de celle de Dumarsais Siméus en 2005. L'industriel américain d'origine haïtienne, candidat sérieux à la présidentielle de 2006, avait été écarté par l'organisme électoral.
Le propriétaire de Simeus Food Inc. n'est plus apparu sur l'échiquier politique depuis le rejet de sa candidature pour double nationalité.
Wyclef Jean ne pliera pas ses bagages mais se positionne en tant que faiseur de roi.
Le conseiller politique de M. Jean, Claude Roumain a révélé que plusieurs candidats avaient sollicité l'appui de l'artiste.
Avant le rejet de sa candidature au cours d'une rencontre avec le chef de l'Etat, Wyclef avait pu s'entretenir au téléphone avec le candidat de la plateforme présidentielle, Jude Célestin. Il s'agissait visiblement d'une tentative du président de rapprocher les deux hommes.

LLM / radio Métropole Haïti 
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18270

Une organisation étudiante et un syndicat supportent la candidature de Jude Célestin

Le candidat de l'Unité, Jude Célestin, bénéficie désormais de l'appui d'une importante organisation étudiante et du syndicat des transporteurs haïtiens.
Le Grand Front National des Etudiants Haïtiens (Grafneh), connu pour ses prises de positions contre le gouvernement, a conclu au bout de plusieurs rencontres, une entente avec le candidat de la plateforme présidentielle. Le président du Grafneh, James Jacques, estime que M. Célestin répond aux critères préalablement définis par l'organisation.
Il s'agit d'un revirement spectaculaire pour cette organisation qui a toujours critiqué les actions du gouvernement de René Préval. Le président du Grafneh avait paraphé plusieurs communiqués des organisations de la société civile qui dénonçaient les violations de la constitution par le Conseil Electoral Provisoire (CEP).
L'appui à M. Célestin ne remet pas en question les autres revendications relatives entre autres à une modification du CEP et à la formation d'un gouvernement d'ouverture. En dépit des critiques contre le gouvernement de René Préval, M. Jacques croit que l'ex directeur du Centre National des Equipements (CNE) est en mesure d'apporter une réponse aux desideratas de la jeunesse haïtienne.
Le bilan de M. Célestin à la tête du CNE a encouragé les dirigeants du Grafneh à supporter sa candidature. M. Jacques rappelle que les infrastructures routières réhabilitées par le CNE contribuent à la mise en place du processus de décentralisation.
Par ailleurs, les responsables du syndicat des transporteurs haïtiens apportent leur appui au candidat de l'Unité. Il jugent positif l'action de l'ex directeur du CNE.
LLM / radio Métropole Haïti 

http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18269
Commentaires:
On peut aussi en politique se mettre du côté de l'opposition quand on ne trouve pas la brèche pour atteindre le pouvoir. Les syndicats veulent se mettre avec le candidat avec la plus haute probabilité de gagner les élections et ainsi s'approcher de la table et du partage....
Ce serait pas mal de pouvoir juger la trajectoire de ce groupe en fonction du sens des revendications soulevées  au sein de la société haïtienne...

Wyclef Jean leaves Haiti politics to promote album

PORT-AU-PRINCE, Haiti -- Wyclef Jean has officially ended his bid for Haiti's presidency.
A statement sent Tuesday by his publicist says the singer is leaving Haitian politics to promote a new album.
Jean's candidacy ended last month when the Caribbean country's eight-member provisional electoral council left him and more than a dozen other hopefuls off the ballot. Nineteen candidates were approved.
No official reasons were given for the exclusions. Jean is presumed not to have met constitutional requirements including living in Haiti. He lives in New Jersey.
The announcement ends speculation the singer would contest the disqualification, though the council does not allow appeals.
The election is slated for Nov. 28.
Read more: http://www.miamiherald.com/2010/09/21/1835288/wyclef-jean-leaves-haiti-politics.html#ixzz10GKwBR00

Let Haitians lead the effort

BY DIANA AUBOURG MILLNER http://www.bread.org/
Haiti is attracting renewed international attention as it prepares to elect its next leader, thanks in part to the potential candidacy (ultimately ruled invalid) of Haitian-born musician and producer Wyclef Jean.
Also at the heart of the scrutiny are two important questions that the upcoming election raises: How do we keep reconstruction moving, and what type of leadership is required in Haiti to do so? The remaining candidates must consider these questions as they also prepare to inherit all of the problems that Haiti has faced for many years.
Even before the January 2010 earthquake, Haiti was the poorest country in the Western Hemisphere, with 80 percent of the population living on less than $2 a day and the highest malnutrition rate in the region.
Despite these obstacles, this time of transition provides an opportunity to ensure that development assistance for Haiti is delivered far more effectively than before. Enter the United States and the international community. Since the January earthquake, the United States and other nations have shown unprecedented levels of goodwill, focus, and commitment.
Our commitment to Haiti must also be matched with consistent action, keeping the following goals in mind:
• Recovery must be led by Haitians. The Haitian government must reclaim its role and lead rebuilding efforts in Haiti. While we cannot discount the critical role of nongovernmental organizations in Haiti relief and recovery, the government of Haiti must increasingly be visible in the lives of its citizens. Undoubtedly the temptation has been to work around the beleaguered Haitian government to get results, but donors and aid groups must make it a priority to include Haitians -- and their government -- in accomplishing their tasks.
• Efforts should build -- rather than undermine -- the capacity of the Haitian government. Similarly, one of the most valuable ways we can support Haiti is by coordinating our relief efforts with the Haitian government so as to strengthen it and ensure future self-sufficiency. Through Feed the Future, the Obama administration's new global food-security initiative, the United States is making a concerted effort to work with the Haitian Ministry of Agriculture to revive Haiti's agriculture sector. We must do more of this.
• Aid must be accountable, transparent, predictable, and better coordinated. Haiti has suffered one of the largest urban disasters of modern times. People all over the world have responded to Haiti's needs by contributing billions of dollars to relief efforts. However, only a small percentage of the aid that has been pledged has been disbursed. To continue to support Haitians in rebuilding, we must respond quickly and effectively with resources to meet the needs -- not allow stalled legislative processes or stagnant bureaucratic structures to cloud our resolve.
• Haitian civil society, including members of the diaspora, must have a seat at the table. No one can rebuild Haiti more effectively than Haitians, with their concrete and intimate understanding of their own needs. The United States and the international community can provide resources, but Haitian civil society must have a seat at the table. Failing to engage the diaspora, which offers an enormous flow of financial support and a growing pool of professionals, would undermine the rebuilding efforts.
Haiti will need support and encouragement to continue rebuilding long after the elections are over and the international media stop reporting on the country's challenges. If we are serious about long-term recovery, we should work to harness the considerable energy around Haiti today to make aid more effective in building a better future for Haitians.
Diana Aubourg Millner, a Haitian-American, is a senior policy analyst with Bread for the World Institute.
http://www.miamiherald.com/2010/09/22/1836044/let-haitians-lead-the-effort.html
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Tired of crime, Liberty City group seeks solutions door-to-door

Volunteers went to Liberty City as part of the `Zero Tolerance Zone' initiative, which aims to cut down on crime and find out what residents need.
BY JENNIFER LEBOVICH
JLEBOVICH@MIAMIHERALD.COM
As she walked along Northwest 58th Terrace in Liberty City Tuesday night, Elaine Black heard a range of concerns and needs from residents.
Cedrick Akra, 31, wanted more activities for kids. Shantrice Shipman, too, was worried for the youth and about the quality of education. Down the street, Courtney Cooper told Black she felt safe only when she was inside her home.
Black, the president of Liberty City Trust, and volunteers with other organizations, fanned out around Liberty City on Tuesday night to talk to residents about reporting crime and to complete surveys -- getting basic information about their households and asking residents what kinds of crime they see, whether they feel safe at home and what concerns they have.
The goal was to knock on about 100 doors on four streets, give residents cards to report crime and survey residents about crime and changes they would like to see.
Organizers said the initiative was spurred by a drive-by shooting at the end of May that injured two boys, ages 4 and 9, as they played basketball at 1231 NW 58th Ter.
A string of shootings in the inner city followed.
In July, a stray bullet killed 17-year-old Lexsis Ray in a drive-by as she walked in Little Haiti. Days later, in Liberty Square, a toddler was struck in the foot by a stray bullet and her uncle, the shooter's target, was critically injured.
Even the church where the group met, Jordan Grove Missionary Baptist Church, has been victimized. Last summer, members were robbed at gunpoint and days later the church was burglarized.
Black described the initiative as a neighborhood crime watch and said teams will go out every few months to hand out materials. ``We're tired of all this going on in the community,'' said Black, whose organization works to revitalize Liberty City. ``When the community takes control by reporting crime, our neighborhood becomes safer.''
Tuesday night, volunteers covered several blocks in Liberty City -- from Northwest 12th to 15th avenues between Northwest 58th Terrace and 62nd Street.
The teams passed out HotSpot cards, prepaid postage cards that allow residents to anonymously report crime, and asked people about their concerns.
The cards have been distributed around the county, and hundreds have been returned from Liberty City alone, said Nathaniel Wilcox, executive director of People United to Lead the Struggle for Equality.
At the three-story beige and light brown apartment building on 58th Terrace, Black and Chris Manson, a member of the church, got a mixed reception.
One couple agree to take the HotSpot card, but they were skeptical that tipsters would remain anonymous. Another woman didn't want to open her door.
Courtney Cooper, 35, was comforted to see Black and others going door to door, saying that maybe it would get people ``more involved to call the police when something happens, instead of acting like because it's not me I have nothing to do with it. They want to do something about crime, trying to make it better.''
In her nearby apartment, Shantrice Shipman, 25, said she is concerned about schools in the area and the quality of education children are getting.
``Maybe it will help people to report crime,'' she said of the effort.
Miami police Maj. Keith Cunningham said they're asking residents to report crimes of any kind, whether it's a man walking down the street smoking marijuana or someone breaking into a home.
To get more people involved ``we need to do it block by block, brick by brick,'' he said.

http://www.miamiherald.com/2010/09/21/1836004/tired-of-crime-liberty-city-group.html


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Jean-Max Bellerive demande à l'international de respecter ses engagements

Cette semaine, les dirigeants du monde entier sont réunis au siège de l'ONU, à New York, pour évaluer les engagements pris le 6 septembre 2000 sur les objectifs du millénaire et prendre de nouvelles résolutions. Le chef du gouvernement haïtien, Jean-Max Bellerive, a rappelé à la communauté internationale les promesses qu'elle avait faites à Haïti le 31 mars dernier. Jean-Max Bellerive a également formulé le voeu d'avoir des informations sur les montants alloués aux ONG et agences de développement qui opèrent dans le pays. Haïti: A quelque cinq ans de l'échéance de 2015 fixée, les dirigeants du monde se sont réunis en sommet à New York, du 20 au 22 septembre, afin de permettre une accélération des progrès en vue de la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). « Il n'y a pas de projet mondial plus valable que celui-là », a déclaré d'entrée de jeu le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, devant les quelque 140 chefs d'État et de gouvernement participant à ce sommet. « Diffusons un vigoureux message d'espoir. Tenons les promesses que nous avons faites », a-t-il renchéri.
Parlant promesses, dans son intervention, le Premier ministre haïtien, Jean-Max Bellerive a, de façon voilée, critiqué la communauté internationale qui n'a pas tenu ses promesses envers Haïti après le tremblement de terre du 12 janvier dernier. « Le 31 mars, dans cette même ville, nous avions lancé un appel concret à travers le Plan national pour le relèvement et le développement d'Haïti. Notre appel a été bien accueilli et des montants importants ont été promis, a-t-il rappelé sur la tribune de l'ONU. Ces promesses ne se sont pas cependant totalement traduites par des fonds additionnels qui permettraient de passer à la vitesse supérieure et couvrir de façon adéquate tous les grands programmes qui sont en attente de financement. »
« Haïti a été profondément marquée et a reçu de plein fouet les résultats de décennies de mauvais choix de développement et d'un contexte international incertain. Que peut faire Haïti seule, lorsque, années après années, les coups de boutoir des cyclones basculent des dizaines de milliers de familles plus loin dans la pauvreté ? Que peut faire Haïti seule, lorsqu'elle est frappée par une tragédie sans précédent comme celle du 12 janvier ? Comment enfin pouvoir, dans un tel environnement, se donner les moyens de sortir Haïti de ce cercle vicieux de vulnérabilité grandissante qui approfondit la pauvreté, jette sur les routes et sur les mers des milliers d'Haïtiens et Haïtiennes qui fuient l'insupportable, et apporte une instabilité peu propice aux investissements ? Bref, comment donner les moyens au gouvernement de remplir le rôle qui lui échoit, celui de renverser la situation ? » Autant de questions que Jean-Max Bellerive adresse à la communauté internationale.
« Depuis 2004, a ajouté le premier ministre, Haïti jouit d'une certaine stabilité. Cela n'est pas négligeable et doit être rappelé. Le classement d'Haïti, je le crois fermement, ne reflète pas toute la réalité du pays, et encore moins son potentiel. Cependant, nous aurions certainement dû mieux jouer le jeu et investir nos maigres ressources sur certains aspects du développement qui auraient relativement amélioré le score d'Haïti et ainsi projeter une autre image. »
Par ailleurs, Jean-Max Bellerive veut avoir des informations sur les montants alloués aux ONG et agences de développement qui opèrent dans le pays. « Il nous est extrêmement difficile de connaître les montants réels mis à la disposition des agences de développement multilatérales, bilatérales ou autres. Quels montants pourraient être programmés ? Combien de fonds additionnels sont disponibles ? Ces questions sont cruciales et sont la clé de voûte d'une coordination des efforts plus efficaces. J'engage donc la communauté internationale à un meilleur partage de l'information, qui est à la base de tout véritable dialogue », a-t-il déclaré.
L'objectif du sommet est de faire le bilan des progrès accomplis vers la réalisation des OMD qui sont de réduire l'extrême pauvreté et la faim, assurer l'éducation primaire pour tous, promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomie des femmes, réduire la mortalité infantile, améliorer la santé maternelle, combattre le VIH/sida, le paludisme et d'autres maladies, préserver l'environnement, mettre en place un partenariat mondial pour le développement et accélérer les efforts pour assurer la réalisation de ces objectifs d'ici à 2015.
Robenson Geffrard
(New York)
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=83849&PubDate=2010-09-22

Haïti se prépare à des élections générales malgré le désordre laissé par le séisme

Haïti: Sur les murs de Port-au-Prince épargnés par le terrible séisme du 12 janvier, les graffitis fleurissent. La campagne pour les élections présidentielle et législatives du 28 novembre ne commencera officiellement que le 27 septembre. Mais, déjà, les partisans de plusieurs candidats, dont Jude Célestin, le dauphin du président René Préval et l'ancien premier ministre Jacques-Edouard Alexis rivalisent à coup de bombages. Ces élections pourront-elles avoir lieu alors que plus de 1,3 million de sinistrés croupissent dans les camps qui ont surgi dans tous les espaces libres de la capitale et qu'une partie de l'opposition appelle au boycottage des urnes ? "Il n'y a pas d'autre option que les élections, il est vital d'avoir un gouvernement légitime pour la reconstruction d'Haïti", répond Edmond Mulet, le diplomate guatémaltèque qui dirige la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah). "J'étais le 13 septembre devant le Conseil de sécurité des Nations unies, tous les intervenants, qui représentaient 26 pays, ont insisté sur l'urgence d'organiser des élections crédibles", ajoute-t-il.
Dénonçant le Conseil électoral provisoire (CEP) "à la solde du pouvoir", plusieurs partis de l'opposition boycottent "la mascarade électorale". "Préval est un anarcho-pragmatique qui a profité de la faiblesse des institutions pour racheter les parlementaires de l'opposition. La communauté internationale s'intéresse plus à la stabilité qu'à la démocratie, et une tutelle économique s'est ajoutée à la tutelle militaire", dénonce l'ancien premier ministre Rosny Smarth, porte-parole de ce rassemblement. Il réclame la formation d'un gouvernement de transition pour organiser "des élections libres, honnêtes et sans exclusion".
"J'ai conscience de cautionner un conseil électoral contesté, mais ne pas faire ces élections aurait des conséquences désastreuses pour le pays", plaide Mirlande Manigat, candidate à la présidence de l'opposition centriste. "Plus il y aura de monde à voter, moins il y aura de possibilités de magouilles", ajoute cette universitaire, qui espère réunir "entre 1 et 2 millions de dollars" pour sa campagne.
"Les préparatifs avancent bien, tout sera prêt le 28 novembre", assure Gaillot Dorsinville, le président du CEP. Ce personnage madré, tout en rondeurs, reçoit au Gold Gym, un gymnase de la banlieue de Pétionville. "Les candidats aux législatives de l'opposition ne se sont pas désistés malgré la position de leur parti et les bailleurs de fonds ont promis que nous aurons l'argent", ajoute-t-il. Le gouvernement haïtien finance le tiers des 28,9 millions de dollars nécessaires au scrutin. Le reste viendra du Canada, de l'Union européenne (UE), des Etats-Unis et du Brésil.
"Dans les camps (de sinistrés), les gens disent qu'ils n'ont pas de raison d'aller voter. Ils ont été oubliés par le gouvernement, beaucoup ont perdu leur carte", prévient Jonas Atis, jeune responsable de la fédération des organisateurs de camps. "Les leaders politiques utilisent les programmes "cash for work" ("argent contre travail" pour le déblaiement des décombres) pour gagner des voix en faveur de candidats proches du pouvoir ou des maires", ajoute-t-il.
Mêmes réticences dans les milieux aisés, sur les hauteurs de Pétionville : "Tout le monde est démoralisé, on fera notre devoir, mais ce n'est pas de gaieté de coeur, surtout avec l'insécurité qui remonte", dit la galeriste Axelle Liautaud.
De longues queues se forment devant les bureaux de l'Office national d'identification, qui délivre de nouvelles pièces d'identité. "Nous avons 150 000 cartes disponibles en Haïti et 700 000 sont stockées à New York et peuvent être envoyées sous quarante-huit heures, si nécessaire", explique Ricardo Seitenfus, le représentant de l'Organisation des Etats américains (OEA). L'OEA assiste les autorités pour la confection des nouvelles cartes et la mise à jour du registre électoral. "Cette révision va porter sur 9 % à 10 % des électeurs inscrits, décédés avant et pendant le tremblement de terre ou partis à l'étranger", calcule M. Seitenfus.
L'OEA, en collaboration avec la Communauté des Caraïbes (Caricom), va déployer la seule mission d'observation internationale des élections. Sous la direction de Colin Granderson, un diplomate trinidadien qui connaît bien Haïti, elle comptera 150 observateurs. L'ancien premier ministre français Lionel Jospin, qui vient de recueillir les préoccupations des différents acteurs lors d'une mission pour le Club de Madrid (regroupant 75 anciens chefs d'Etat et de gouvernement), regrette que l'UE n'ait pas prévu d'envoyer des observateurs.
Un regret partagé par Edmond Mulet : "Nous espérons que l'Union européenne pourra envoyer une mission d'observation électorale de haut niveau", dit le représentant du secrétaire général des Nations unies en Haïti.
Jean-Michel Caroit
Le Monde 22.09.10
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=83828&PubDate=2010-09-21

L'école de toutes les attentes

700 élèves répartis sur deux vacations, sept salles de classe, 98% de réussite aux examens d'Etat, l'Ecole de Cazeau est considérée à la fois comme l'un des établissements de référence de l'axe Tabarre et l'un des moins équipés. Bref coup d'oeil sur le leadership d'un directeur d'école qui se bat pour le meilleur et pour le pire à moins de deux semaines de la rentrée des classes.
L'Ecole nationale de Cazeau
(Photo: Francis Concite)
Haïti: Dans une petite pièce ne mesurant pas plus de 7 mètres carrés, Adam Dorzin montre son bureau où est entreposé tout le bataclan qui a permis à l'école de fonctionner l'année dernière. Des planches à dessin, des morceaux de bois, des seaux...; le directeur de l'Ecole nationale de Cazeau peut à peine entrer et sortir de sa cage. « Nous venons de débuter avec les inscriptions pour cette année académique. Mais les demandes excèdent nos capacités », lâche-t-il au bord de l'affaissement.
M. Dorzin doit se partager entre la planification de la reprise des activités scolaires prévue pour le 4 octobre prochain, l'organisation des examens d'admission de ses recrues et les nombreuses sollicitations pour les résultats de ses candidats au CEP. « Je ne sais où mettre la tête », souffle-t-il.
Du préscolaire au CEP, l'Ecole nationale de Cazeau reçoit 700 élèves chaque année. Mais, pour 2009-2010, les résultats en classe ne satisfont personne. Qu'il s'agisse du corps professoral ou du directeur, le fait que l'établissement ait enregistré un taux de réussite de 65% seulement prouve qu'il y a beaucoup de choses à corriger. Car en temps normal, la réussite se fixe toujours entre 90 et 98%.
Le taux d'échec qui variait toujours entre 2 et 16% a creusé l'écart en s'imposant à 22%. De quoi alarmer le directeur de l'école qui planche sur des mesures urgentes à adopter en vue de corriger cette difficile situation. « En voyant baisser la capacité d'apprentissage de certains de mes meilleurs élèves, j'ai pu comprendre que le séisme a tout changé dans mon univers », explique Adam Dorzin, qui prie ses dieux pour que reviennent dans ses murs les psychologues des ONG qui se sont donné corps et âme au lendemain du 12 janvier.
Adam Dorzin, le directeur de l'Ecole nationale de Cazeau
M. Dorzin qui rêvait tant de relever le taux de réussite doit faire tout son possible pour atteindre son objectif. Entre-temps, il doit se colleter avec d'autres défis comme ceux liés aux inscriptions d'élèves ayant perdu leurs pièces et au ravitaillement pour réparer les mobiliers endommagés, acheter du matériel de fonctionnement de l'école et maintenir en vie la cantine.
Pour garantir le fonctionnement de l'école qu'il dirige depuis 15 ans, Adam Dorzin dit avoir encouragé, dès son arrivée à la direction de cet établissement, la formation de comités de parents et d'élèves qui ont abouti à la création du comité de gestion de l'école. « Sans quoi, cette école déjà traitée en parent pauvre aurait crevé », dit-il.
Le directeur explique que l'Etat exige annuellement de chaque élève 100 gourdes dont 40 vont dans la caisse de l'école. « Comment faire fonctionner une école avec un si maigre budget ? », se demande-t-il. Le ministère de l'Éducation nationale ne fait que payer le corps professoral, le personnel de direction et un gardien. L'État ignore tout le reste, avoue M. Dorzin, qui explique que le comité de gestion a entrepris de réclamer de chaque élève 555 gourdes de frais annuels. « Certains parents me reprochent de vouloir leur soutirer de l'argent, mais les décisions ont été prises par le comité et discutées en réunion plénière, soupire-t-il. La loi est dure mais c'est la loi. »
L'un des plus grands rêves que caresse cet éducateur pour le moment est de voir fonder le comité des anciens élèves de l'Ecole nationale de Cazeau. Entre-temps, il se concentre sur la reconstruction du bâtiment que lui a promis l'lslamic Relief Worldwide et l'intégration des cours d'artisanat avec l'aide de jeunes talents de la zone.
Lima Soirélus
lsoirelus@lenouvelliste.com
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=83817&PubDate=2010-09-21