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jeudi 9 septembre 2010

Un autre candidat à la présidence refuse de rencontrer le chef de l’Etat

Problèmes de forme dans l’invitation, souligne Eric M. Charles du PENH jeudi 9 septembre 2010,Radio Kiskeya
Le candidat à la présidence du Parti de l’Evolution Nationale d’Haïti (PENH), Eric Marcki Charles, a décliné mercredi une invitation à rencontrer le chef de l’Etat, René Préval, en raison de certains problèmes de forme dans la démarche y relative.
« C’est par SMS que l’invitation a été lancée, sans aucune précision quant à l’agenda de la rencontre », a relevé le candidat, ex-directeur de la Douane de Port-au-Prince.
Eric M. Charles estime par ailleurs que le Palais national (siège de la présidence) n’est sans doute pas le lieu idéal pour la série de rencontres du chef de l’Etat avec les candidats à la présidence. Il pense aussi qu’il serait plus logique et de plus grande utilité que de telles rencontres se tiennent plutôt entre le vainqueur des prochaines élections et le chef de l’Etat sortant.
C’est le deuxième candidat à la présidence à avoir publiquement refusé l’invitation à prendre part à l’initiative du président René Préval de rencontrer les candidats à la présidence. Me Jean Henry Céant (Renmen Ayiti ), le premier à avoir adopté une telle position, avait clairement expliqué ne pas souhaiter une « rencontre privée » avec le chef de l’Etat. Il s’était par contre dit prêt à le rencontrer de concert avec tous les autres candidats à la présidence autour des graves problèmes relevés dans le processus électoral.
D’autres candidats à la présidence ont toutefois répondu positivement aux invitations de M. Préval. [jmd/Radio Kiskeya]
http://radiokiskeya.com/spip.php?article7029

Vaste opération policière dans l’aire de Cité Soleil

Une douzaine de présumés bandits déjà appréhendés jeudi 9 septembre 2010,Radio Kiskeya
La police de Cité Soleil (vaste bidonville du Nord de la capitale) a procédé mercredi à l’arrestation de deux présumés bandits, dont le nommé Zacharie Occéda (alias Barthold), un évadé de prison impliqué dans l’enlèvement suivi de l’assassinat du journalistes, poète et diseur Jacques Roche, le 14 juillet 2005, lors de l’Opération Bagdad (février 2004-août 2005) lancée par les partisans du président renversé Jean Bertrand Aristide.
Ces deux arrestations portent à 12 le nombre de celles effectuées à Cité Soleil dans le cadre d’une vaste opération lancée conjointement par la Police Nationale d’Haïti (PNH) et la police de l’ONU (UNPOL) pour faire échec à une tendance marquée à la réactivation des groupes armés dans ce secteur de la capitale.
L’Inspecteur divisionnaire Rosemond Aristide qui dirige le Commissariat de police de Cité Soleil a annoncé la mobilisation des forces dont il dispose dans la recherche active de bandits, non seulement à Cité Soleil, mais dans tous les quartiers environnants tels que Fort Touron (La Saline) et Simon Pelé (non loin de l’aéroport international de Port-au-Prince). Le responsable de police informe que sont également activement recherchés des bandits de « Gran Ravin » (banlieue Sud de la capitale) qui se seraient implantés dans sa juridiction.
Le Collectif des Notables de Cité Soleil (CONOCS) avait récemment tiré la sonnette d’alarme sur une nette recrudescence des actes de banditisme et la tendance à la reconstitution des gangs dans la cité. L’organisation s’était interrogée sur l’éventuel rapport existant entre cette remontée de la violence et la proximité des élections, la tradition étant, pour certaines forces politiques, de "contrôler l’accès de Cité Soleil considérée comme l’une des plus principales réserves d’électeurs politisés du département de l’Ouest". [jmd/Radio Kiskeya]

Félicitations de la MINUSTAH à la PNH suite à l’arrestation du dangereux kidnappeur du Nord, Willy Etienne

10 présumés kidnappeurs appréhendés depuis la récente vague d’enlèvements dans les départements du Nord, du Nord-Ouest et du Nord-Est jeudi 9 septembre 2010, Radio Kiskeya
La Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH) a félicité mercredi dans un communiqué la Police Nationale d’Haïti (PNH) pour l’arrestation du présumé kidnappeur Willy Etienne et l’un de ses présumés complices, Joseph Amogène, alias Batis. Ils ont été appréhendés lors d’une opération menée par la Direction du Service Départemental de la Police Judiciaire (SDPJ) le 6 septembre à Port-au-Prince, précise la mission onusienne.
Le 7 septembre au cours de l’après-midi, Willy Etienne et son présumé complice ont été transférés par un vol de la MINUSTAH au Cap-Haïtien puis conduits au Commissariat de la ville où ils sont actuellement en garde à vue.
Considéré comme un redoutable chef de gang, Willy Etienne avait été jugé et condamné à la réclusion pour des actes de kidnapping commis entre 2006 et 2008, mais s’était évadé en avril 2008. Lors de son arrestation, il était recherché pour une vague de kidnappings survenus dans les départements du Nord, du Nord-Est et du Nord-Ouest.
La MINUSTAH précise que 10 présumés kidnappeurs ont été arrêtés depuis le 1er septembre 2010 dans le cadre des opérations anti-kidnapping de la PNH dans le Nord, réalisées de concert avec les casques bleus.
De nombreux criminels dangereux sont en cavale depuis leur évasion de divers centres de détention de Port-au-Prince et de la province lors du tremblement de terre du 12 janvier 2010. La police, aidée de la UNPOL (police de l’ONU) a, depuis, lancé une vaste offensive en vue de les retrouver. Ils sont nombreux à avoir été tués lors d’affrontements avec la police. D’autres, appréhendés par la population, ont été lynchés. [jmd/Radio Kiskeya]
http://radiokiskeya.com/spip.php?article7027

Me Osner Févry annonce son soutien prochain à une candidature

Mettant en avant le "réalisme politique", au nom de la CONACED, il retient sur une première liste de "douze présidentiables" des candidats de différents horizons politiques allant du représentant officiel du pouvoir à des figures de l’opposition démocratique Mercredi 8 septembre 2010, Radio Kiskeya
La Coalition nationale du centre démocratique (CONACED) de Me Osner Févry a annoncé mercredi son intention d’appuyer prochainement un des 19 candidat aux présidentielles de novembre dont le nom sortira de la liste des "douze meilleurs concurrents" sélectionnés et désormais soumise à la "nation".
"Entre la continuité inacceptable et la rupture impossible, la CONACED a choisi le réalisme politique", a répété lors d’une conférence de presse l’avocat en présentant les noms des protagonistes jugés plus aptes à succéder au Président René Préval : Axan Abellard (KNDA), Jacques-Edouard Alexis (MPH), Jean Hector Anacacis (MODEJHA), Charles Henry Baker (RESPE), Jean Henry Céant (Renmen Ayiti), Jude Célestin (INITE), Eric Charles (PENH), Wilson Jeudy (Force 2010), Chavannes Jeune (ACCRHA), Mirlande Hyppolite Manigat (RDNP), Yvon Neptune (Ayisyen Pou Ayiti) et Lesly Voltaire (Ansanm Nou Fò).
Tout en exprimant son plus profond respect pour les sept autres candidats n’ayant pas obtenu la bénédiction de la CONACED, Osner Févry relève que les "douze élus" disposent de plusieurs atouts comme l’expérience de la gestion de la chose publique, la compétence et une position politique généralement modérée.
La première étape dévoilée mercredi sera suivie d’une seconde qui, le mois prochain, fera passer à trois les "présidentiables" à la lumière de l’analyse de leur discours de campagne, de leur profil et des résultats des sondages d’opinion.
Enfin, Me Févry fixe à début novembre le choix final du candidat unique à qui la CONACED apportera son appui déclaré avant de faire campagne à ses côtés en vue d’une potentielle victoire à l’arrivée.
Le processus électoral, qui demeure très controversé, doit conduire aux prochaines présidentielles et législatives dont le premier tour est fixé au 28 novembre. spp/Radio Kiskeya.
http://radiokiskeya.com/spip.php?article7026
Commentaires:
Et qui voudrait chosir le perdant? Stratégie de dupe que voudrait adopter Maître Osner Févry. En fait, aujourd'hui il est impossible de deviner qui sera le prochain gagant des élections présidentielles. Dans les jours à venir, les choses seront beaucoup plus claires.
Un politicien chevronné, non attiré par les proximités et les entourloupes du pouvoir aurit fait son choix dés maintenant et aurait mis toute son énergie pour guider et conduire vers la victoire finale, le candidat qui correspond au mieux à ses idées et sa façon de voir haïti dansune logique de gouvernance normale et utile.
Ce politicen qui défend des idéologies et des idéaux bien clairs n'aura pas peur de perdre s'il consent à s'e,ngager dans une politique de constructioen et d'élaboration d'un rpojet.
Ici cependant on n'aime pas perdre. Car le perdant perd tout et le gagant gagne tout.
Mieux vaut se placer dans la ligne de mire d'un potentiel gagnant que de se perdre avec un looser dans la défense de ses idées.
Bravo Monsieur FEVRY votre parti c'est le PROPRE...PROCHAIN PRESIDENT!

Affaire Willy Etienne : le ministère des finances nie tout lien avec le chef de gang

Il remplissait une simple formalité administrative, lors de son arrestation dans une annexe du ministère, précise une note mercredi 8 septembre 2010,Radio Kiskeya
Le ministère de l’économie et des finances a confirmé mercredi l’arrestation lundi à son annexe de la rue Oswald Durand (centre de Port-au-Prince) du redoutable kidnappeur Willy Etienne qui, précise une note, "n’a jamais fait partie" du personnel de l’institution.
Transféré mardi au Cap-Haïtien (274 km au nord de la capitale) au milieu d’une effervescence populaire, M. Etienne s’était rendu au ministère en vue de "remplir les formalités de mise à jour des informations relatives à son identité fiscale", ajoute la note. Il s’agit d’un service offert à "tous les citoyens désireux d’accomplir cette démarche administrative", lit-on.
Le ministère des finances dit espérer que cette clarification mettra fin à la "mésinterprétation" à laquelle avait donné lieu l’arrestation dans ses locaux du chef de gang qui était activement recherché.
Des agents du service départemental du nord de la police judiciaire (SDPJ) et de la Brigade de recherche et d’investigation (BRI) avaient mis la main au collet du très dangereux repris de justice après avoir vérifié que c’était bien lui qui se trouvait au ministère des finances.
Accusé d’avoir notamment organisé le rapt crapuleux, en juin dernier, de l’ex-Député de Limonade/Quartier Morin, Hugues Célestin, Willy Etienne était en cavale depuis début 2008, peu après sa condamnation à perpétuité au Cap-Haïtien pour enlèvement et séquestration. spp/Radio Kiskeya
http://radiokiskeya.com/spip.php?article7025

Haïti, symbole de la détente américano-cubaine, selon Bill Richardson

Le gouverneur du Nouveau Mexique salue la coopération entre Washington et La Havane au service de l’aide post-séisme à Haïti en soulignant que les deux "ennemis idéologiques" ont réalisé des progrès au niveau bilatéral Mercredi 8 septembre 2010, Radio Kiskeya
Le gouverneur du Nouveau Mexique, Bill Richardson, candidat en 2008 à l’investiture du parti démocrate américain, a estimé mercredi que les relations américano-cubaines se trouvaient dans une "phase positive", citant à titre d’illustration la coopération entre les deux pays au profit d’Haïti.
Dans des déclarations à la presse relayées par EFE, M. Richardson, qui s’est rendu dans l’île communiste le mois dernier à la tête d’une mission commerciale, a souligné que ce rapprochement a permis aux représentants de Washington et de La Havane d’effectuer un travail conjoint dans le cadre de l’assistance post-séisme.
"Les Etats-Unis et Cuba ont coopéré en Haïti avec l’établissement de cliniques rurales conjointes", a dit le gouverneur qui qualifie ces pas de "fondamentaux" pour l’amélioration des relations bilatérales.
Avant Bill Richardson, l’ancien Président américain et actuel émissaire spécial de l’ONU pour Haïti, Bill Clinton, avait récemment présenté notre pays comme "l’unique sujet d’accord" entre les Etats-Unis, Cuba et le Venezuela en rappelant la "guerre idéologique" opposant le premier aux deux autres.
Depuis le séisme ayant dévasté Haïti, le 12 janvier, des équipes médicales américaines côtoient les membres de la brigade médicale cubaine déployés depuis plusieurs annéees à travers le pays. spp/Radio Kiskeya
http://radiokiskeya.com/spip.php?article7024

Raymond Joseph espère réintégrer la course électorale

L'ex ambassadeur d'Haïti à Washington Raymond Alcide Joseph poursuit ses démarches dans l'espoir de réintégrer la course électorale. Les conseillers juridiques de M. Joseph ont fait état de quelques actions infructueuses auprès des autorités judiciaires. De nouvelles interventions sont envisagées par les conseillers juridiques de M. Joseph qui qualifient d'illégales le rejet de la candidature de l'ex ambassadeur d'Haïti à Washington. Les proches de M. Joseph estiment qu'il a été écarté en raison de l'appui populaire qu'avait obtenu sa candidature et également parce qu'il est un proche parent de Wyclef.
M. Joseph, son neveu et les autres candidats en provenance de la diaspora n'avaient pas sollicité l'appui du ministère des haïtiens vivant à l'étranger (MHAVE). Le ministre Edwin Paraison tout en confirmant cette information a déploré la mise à l'écart de tous les candidats de la diaspora.
Il souhaite que le concept de résidence durant 5 années consécutives soit clarifié par les autorités haïtiennes. M. Paraison se prononce également en faveur d'une modification de la loi électorale qui permettra aux haïtiens de la diaspora d'exercer leur droit de vote lors des scrutins.
Il révèle avoir lancé des consultations auprès des acteurs politiques afin d'obtenir leur support pour l'installation de bureaux de vote à l'étranger. Le ministre Paraison déplore que le Parlement n'ait pas pu plancher sur le projet de modification de la loi électorale avant le violent séisme du 12 janvier.
Certains candidats écartés de la course dont Olicier Pierriche multiplient les interventions dans les medias afin de réclamer leur réintégration dans la course électorale.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18239

Les sans abris dénoncent leurs conditions de vie dans les camps

Des milliers de sans abris dans la région métropolitaine de Port-au-Prince sont déterminés à faire entendre leurs voix 9 mois après le violent séisme qui a causé le décès de plus de 250 000 personnes et la destruction de 225 000 maisons. Les dirigeants d'un regroupement de leaders de camp d'hébergement annoncent l'organisation le 12 septembre prochain d'une manifestation sur la voie publique afin d'exiger de nouvelles dispositions des autorités. Les leaders des camps d'hébergement estiment que leurs cris n'ont pas été entendus et s'indignent que les autorités soient préoccupées uniquement par les élections. Ils décrivent leur condition de vie comme bestiale. Nous sommes comme des porcs rassemblés dans une gare, lance un membre de la Fédération de comité Organisateur de Camp qui met l'accent sur les odeurs nauséabondes en raison de l'insalubrité.
A la date du 12 janvier plus de 1 500 000 personnes auront franchi la barre des 8 mois sur les places publiques ou des propriétés privées. Les propriétaires de ces terrains veulent récupérer leurs biens ce qui risque de compliquer d'avantage la situation.
Ces personnes vivant dans des situations vulnérables craignent le passage de cyclones, les épidémies, les multiples attaques des bandits, et sont préoccupés par la prochaine rentrée scolaire. Le soleil et les récentes averses ont déjà fortement endommagé les bâches et tentes qui n'offrent presque plus aucune protection. Les sinistres doivent fuir les tentes et bâches durant la journée et pendant les averses. Il y a une détérioration de la situation, insiste un porte parole de la Fédération des Comité Organisateurs de Camp qui réclame une intervention urgente de l'Etat.
Les sinistrés souhaitent une subvention de l'Etat à l'occasion de la rentrée scolaire et le lancement d'un programme de construction de résidences. Les leaders des camps se demandent s'ils devront vivre indéfiniment comme des bêtes.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18238

Un Québécois qui a survécu au séisme en Haïti raconte son calvaire

Publié le 09 septembre 2010
Judith Lachapelle, La Presse
«Je m'appelle Marc Perreault, je suis à l'aube de la quarantaine... et je suis né deux fois.»
L'entrevue se termine quand Marc Perreault cite cette dernière phrase de son récit. Il est assis dans sa cuisine, détendu, le regard vif, le teint basané, le sourire franc. Il ressemble à l'homme qui s'est envolé pour Port-au-Prince, le matin du 12 janvier, à la veille de sa deuxième naissance.
Il revient de loin. L'ingénieur s'était rendu à Port-au-Prince pour un contrat en compagnie de son collègue Serge Marcil, ancien député fédéral. Sitôt descendu de l'avion, il a rencontré des confrères haïtiens, traversé le chaos de la capitale, admiré les maisons cossues de Pétionville avant d'arriver à son hôtel, le Montana.
Au quatrième étage, où se trouvait sa chambre, Serge Marcil l'a salué avant de remonter dans l'ascenseur. Marc Perreault a eu à peine le temps de poser sa valise que la terre s'est mise à trembler. Blotti contre le lit, il s'est évanoui après avoir reçu un morceau de béton sur la tête.
Il s'est réveillé dans le noir, sous les décombres. Ses jambes étaient coincées, il n'était protégé que par un petit cocon qui menaçait de s'effondrer. Il est resté ainsi 18 heures avant qu'on ne le trouve.
Son calvaire, son sauvetage, son séjour dans les camps en attendant désespérément d'être évacué et sa longue réadaptation, il raconte tout dans un livre qui vient de paraître. Une opération «thérapeutique», dit-il, dans laquelle il décoche quelques flèches. Notamment lorsqu'il raconte que, dans le camp des blessés, sur le tarmac de l'aéroport, personne de l'ambassade du Canada n'est venu s'enquérir de l'état des ressortissants.
«Depuis trop longtemps, écrit-il, le Canada me fait penser à un majestueux vaisseau qui possède tout ce qu'il faut pour susciter la fierté chez ceux qui s'y embarquent. Seulement, les capitaines et la majorité des membres d'équipage qui obtiennent l'autorisation de manoeuvrer ce grand bateau sont généralement de bien mauvais marins.»
Marc Perreault ressemble physiquement à l'homme qu'il était avant de partir à Haïti. Mais quelque chose est bel et bien resté dans les décombres du Montana. Vendue, la grande maison qu'il habitait en banlieue. Partis, le 4X4, le bateau et la moto. Il passe désormais plus de temps avec ses trois enfants. «Je suis séparé, je les voyais une fin de semaine sur deux et ils ne voulaient même plus venir me voir, parce que je travaillais tout le temps pour me payer ces bébelles. Je ne veux plus être esclave de ça.»
***
Marc Perreault. Sous les décombres de l'hôtel Montana: Récit d'un survivant du séisme en Haïti. Éditions Les Intouchables.

Le «livre le plus cher au monde» bientôt en vente

Agence France-Presse, Londres
Publié le 09 septembre 2010
Un rare exemplaire du «livre le plus cher au monde», une oeuvre de l'ornithologue franco-américain John James Audubon datant du XIXe siècle, sera mis aux enchères le 7 décembre pour un prix estimé à 6 millions de livres, a indiqué jeudi la maison Sotheby's.
Birds Of America sera offert à la vente aux côtés d'autres livres rares, tel un exemplaire de First Folio par William Shakespeare, première compilation des oeuvres théâtrales du dramaturge anglais. La totalité de la collection est estimée à 10 millions de livres, a précisé Sotheby's.
Seule une centaine d'exemplaires de Birds Of America existent encore. Il y a dix ans, l'un d'eux s'était vendu 8,8 millions de dollars.
Le livre de taille impressionnante (environ 90 cm sur 60 cm) réunit des planches de dessins d'oiseaux, tels des flamants et des cygnes. Jean-Jacques Audubon, connu sous son nom anglais de John James Audubon, est un ornithologue et naturaliste né en Haïti en 1785, à l'époque colonie française, de parents français. Il a par la suite été naturalisé américain.
http://www.cyberpresse.ca/arts/livres/201009/09/01-4314004-le-livre-le-plus-cher-au-monde-bientot-en-vente.php

Les cas de profanation du Coran depuis 2005

Publié le 08 septembre 2010 à 10h42

En 2005, la publication de 12 caricatures de Mahomet
dans un journal danois avait déclenché des manifestations
violentes dans une partie du monde musulman. PHOTO: AP
Mis à jour le 08 septembre 2010 à 10h45

Agence France-Presse

Le projet d'un groupe évangélique américain de brûler des exemplaires du Coran à l'occasion de l'anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 rappelle des profanations, ou des accusations de profanation, passées du livre saint de l'Islam qui ont attisé les tensions et provoqué des manifestations parfois violentes. Voici un rappel des précédentes affaires depuis 2005:

Janvier 2010
Afghanistan: Sept personnes sont tuées lors d'une manifestation de villageois qui accusent les forces de l'OTAN d'avoir brûlé et lacéré un exemplaire du Coran lors d'une opération dans la province du Helmand (sud).

Août 2009
Pakistan: Un groupe de musulmans en colère tue sept chrétiens, dont un enfant, en les brûlant vifs, les accusant d'avoir profané le Coran. Ils incendient 40 maisons et une église, dans un village de l'ouest de Lahore.

Mai 2008
Afghanistan-Irak: Des milliers de personnes manifestent en Afghanistan pour protester contre la profanation du Coran par un soldat américain en Irak qui avait tiré sur un exemplaire lors d'une séance de tir dans la périphérie ouest de Bagdad. Le militaire est renvoyé de l'armée américaine et le président américain d'alors, George W. Bush, s'excuse auprès du premier ministre irakien Nouri al-Maliki.

Février 2006
Nigéria: Des affrontements entre musulmans et chrétiens à Bauchi, dans le nord du Nigeria, font 10 morts et au moins 40 blessés. Ces heurts éclatent alors que des élèves prétendent avoir vu leur professeur profaner le Coran. La rumeur de l'incident se répand en ville provoquant la colère de jeunes musulmans qui s'en prennent aux chrétiens.

Février 2006
Pakistan: Une manifestation après la profanation d'un exemplaire du Coran retrouvé dans un caniveau du quartier pauvre des faubourgs de Lahore se transforme en émeutes.
Juin 2005
Israël: Des détenus palestiniens à la prison de Meggido, dans le nord d'Israël, accusent des policiers israéliens d'avoir délibérément piétiné et déchiré des exemplaires du Coran ce qui provoque des manifestations de colère dans les territoires palestiniens occupés.
Mai 2005
Guantanamo: L'hebdomadaire Newsweek rapporte que des enquêteurs militaires ont trouvé la preuve dans un rapport interne que des gardiens de Guantanamo ont jeté un Coran dans les toilettes afin de faire pression sur les détenus. Des manifestations éclatent à Gaza, en Cisjordanie, au Pakistan et en Afghanistan où plus de 14 personnes sont tuées. Devant l'ampleur des protestations du monde musulman, une enquête du Pentagone est ordonnée. Newsweek se désavoue, s'excuse et admet que son article est erroné.
Par ailleurs, en septembre 2005 la publication de douze caricatures du prophète Mahomet dans des journaux danois suscite une controverse mondiale et provoque une vague de colère et de violence meurtrière dans le monde musulman. En janvier et février 2006, des émeutes font notamment une trentaine de morts en Libye et au Pakistan et 11 morts en Afghanistan.

Alerte mondiale face au projet de destruction du Coran

Publié le 09 septembre 2010
Juan Castro

Agence France-Presse, Gainesville
L'administration Obama envisageait jeudi de prendre contact directement avec le groupuscule américain qui prévoit de brûler le Coran dans l'espoir qu'il renonce à un projet dénoncé dans le monde entier comme une incitation à la violence.
«C'est un geste destructeur», a averti le président américain Barack Obama, au sujet de l'initiative de la petite église de Floride dirigée par le pasteur Terry Jones.
Le pasteur Terry Jones pose à côté de pancartes  -associant
l'islam au diable- plantées devant le Dove World Outreach Center.
PHOTO: CHIP LITHERLAND, THE NEW YORK TIMES
«C'est une aubaine pour le recrutement d'Al-Qaïda. Il pourrait y avoir de graves violences au Pakistan ou en Afghanistan. Cela pourrait intensifier le recrutement d'individus qui sont prêts à se faire exploser dans des villes américaines ou européennes», a-t-il ajouté.
L'administration Obama envisage de téléphoner au pasteur pour tenter de lui faire changer d'avis. Mais la marge de manoeuvre du gouvernement reste limitée et il ne dispose d'aucun moyen juridique d'empêcher l'autodafé, le droit américain étant fondé sur la liberté d'expression.
Toutefois, alors qu'il semblait décidé à mener son projet à terme coûte que coûte, le pasteur a reconnu jeudi dans le quotidien USA Today qu'il ne «pourrait pas ignorer» un éventuel appel des autorités américaines à annuler la manifestation.
À la tête du «Dove World Outreach Center» («Centre colombe pour aider le monde»), le pasteur compte brûler 200 exemplaires du Coran samedi, jour anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, vers 18h, à Gainesville.
L'initiative de ce groupuscule d'une cinquantaine de membres est censée glorifier le souvenir des victimes des attentats. Elle survient à un moment particulièrement sensible: les musulmans célèbrent autour du 10 septembre la fin du ramadan et les autorités aux États-Unis craignaient déjà avant cette polémique une montée du sentiment anti-musulman.
L'organisation de coopération policière Interpol a lancé une alerte à ses 188 pays membres, mettant en garde contre des «attaques violentes visant des innocents» si le projet est mené à terme.
Signe que la tension monte, en Afghanistan, des milliers de personnes se sont rassemblées dans une petite ville pour crier des slogans anti-américains et anti-chrétiens.
Le département d'État a invité les ambassades américaines à évaluer la menace et appelé les Américains dans le monde entier à «être attentifs aux réactions locales à la situation».
L'Université de Floride s'est aussi placée en état d'alerte, demandant à son personnel et ses étudiants de signaler toute «personne ou paquet suspect».
Le maire de Gainesville, Craig Lowe, a indiqué qu'il avait un «plan» pour gérer la situation, sans en préciser les modalités, et appelé la population à se tenir à l'écart du site où doit se dérouler l'autodafé.
Dans le monde, la liste des mises en garde s'allongeait d'heure en heure.
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a jugé l'initiative «inacceptable». Le président pakistanais Asif Ali Zardari a parlé d'un projet qui risque «d'enflammer les sentiments des musulmans».
La France a condamné ce projet qui constitue «une insulte» aux morts des attentats du 11 septembre 2001, victimes eux-mêmes du «dévoiement de la religion». L'Inde a appelé les médias du pays «à ne pas diffuser d'images de cet acte déplorable».
Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a jugé que de telles démarches «minent la tolérance religieuse et la paix». Pour Londres, il s'agit d'une «insulte» faite aux musulmans.
Des responsables religieux ont cependant cherché à désamorcer la colère.
Pour les oulémas (théologiens officiels) du Maroc, le projet d'autodafé relève «d'une initiative isolée, étrangère aux valeurs de la religion chrétienne».
L'une des principales organisations musulmane américaine, le Council on American Islamic Relations (CAIR), a appelé jeudi ses coreligionnaires au calme, soulignant que «la meilleure façon de défendre le Coran» restait d'«avoir un haut niveau de tolérance face aux personnes ignorantes».
http://www.cyberpresse.ca/international/etats-unis/201009/09/01-4314055-alerte-mondiale-face-au-projet-de-destruction-du-coran.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B4_manchettes_231_accueil_POS1

mercredi 8 septembre 2010

Un héros haïtien honoré à Québec

Publié le 08 septembre 2010 à 16h02

Pierre Pelchat Le Soleil
Le représentant de l'Association haïtienne de Québec,
Adrien Chavannes, le sculpteur Anioclès Grégoire
 et le président de la Commission de la capitale nationale,
Jacques Langlois, devant la statue du général Toussaint Louverture.

LE SOLEIL, STEVE DESCHÊNES

(Québec) Un héros haïtien a été honoré, mercredi, à Québec par le dévoilement d'une statue en bronze du général Toussaint Louverture dans le parc de l'Amérique latine situé dans la basse-ville, entre le Palais de justice et la rivière Saint-Charles.
L'événement s'est déroulé en présence de représentants du président d'Haïti, de la communauté haïtienne, du gouvernement du Québec, de la Commission de la capitale nationale, de la Ville Québec ainsi que de plusieurs invités.
Le représentant de l'Association haïtienne de Québec, Adrien Chavannes, a souligné le rôle important joué par le général dans l'abolition de l'esclavage à Haïti à la fin du 18e siècle qui a conduit, par la suite, à l'indépendance de son pays. L'action de Toussait Louverture a aussi ouvert le chemin au mouvement anticolonialiste en Amérique latine.
«Il a été le précurseur de l'indépendance. Il a conduit la seule révolution victorieuse d'esclaves de l'histoire. C'est le plus grand héros afro-américain. Il a fondé le premier État noir et il est considéré comme un grand libérateur des peuples», a affirmé M. Chavannes.
«Avec la statue de Toussaint Louverture, le parc de l'Amérique latine est un lieu de mémoire pour les Haïtiens, les Noirs mais aussi pour toutes les personnes qui rêvent de justice et liberté», a-t-il ajouté.
La statue est l'oeuvre de l'artiste sculpteur Anioclès Grégoire. Le monument a été offert par l'Association haïtienne de Québec.
Le général Toussait Louverture est décédé en 1803 dans une prison en France après avoir été fait prisonnier par les troupes françaises sous les ordres de Napoléon. L'année suivante, l'indépendance d'Haïti a été proclamée.
La statue du général haïtien se retrouve aux côtés de celles de l'écrivain cubain José Marti, du philosophe équatorien Juan Montalvo, du général uruguayen José Gervasio Artigas, de l'homme politique chilien Bernardo O'Higgins et du général vénézuélien Simon Bolivar.
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/societe/201009/08/01-4313731-un-heros-haitien-honore-a-quebec.php

Des personnalités accueillent favorablement les rencontres du chef de l'Etat avec les candidats

La série de rencontre avec les candidats initiée par le chef de l'Etat suscite des réactions diverses de la part de plusieurs politiques et des membres de la société civile. Les avis sont partagés sur l'opportunité de ces rencontres informelles tenues pour la plupart en la résidence du chef de l'Etat. L'historien Georges Michel salue la démarche qui vise à rencontrer notamment des personnalités qui ne sont pas membres de sa plateforme. Cette démarche inédite pourrait s'inscrire dans le cadre des stratégies ou méthodes propres au président Préval, assure M. Michel pour qui il ne devrait pas y avoir de mystères autour de ces rencontres.
Les journalistes doivent interroger les candidats à l'issue de ces rencontres, estime l'historien qui dit être dans l'attente de communiqués de presse du secrétariat de la Présidence autour du sujet.
Cet avis est partagé par l'analyste politique Patrice Dumont. Il qualifie d'élégant et efficace la démarche du président Préval. Même s'il n'est pas toujours tendre avec le chef de l'Etat, M. Dumont veut croire que le président haïtien tente de mettre en confiance les candidats en raison des nombreuses critiques relatives à un contrôle du CEP.
Préval joue et gagne parce que cela relève de la bienséance et de l'élégance, insiste M. Dumont pour qui il s'agit d'un effort dans le cadre de la modernité politique.
D'autres personnalités de la société civile tel le juriste Samuel Madistin n'a fait aucune objection à la série de rencontre du président Préval. Il soutient que le chef de l'Etat à la latitude de s'entretenir avec qui il veut.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18236

Les effets pervers de l'aide en semences sur l'agriculture haïtienne

Haïti: Une étude sur l'agriculture haïtienne effectuée après le séisme du 12 janvier par des experts de la University of East Anglia (UEA) a révélé que la plus grande partie de l'aide en semences fournie à Haïti suite à cette catastrophe n'a pas atteint son objectif, c'est-à-dire, n'a pas été utilisée pour soulager, comme prévu, les besoins d'urgence. Les recommandations suggérées dans cette étude font suite à un premier système d'évaluation de la sécurité des semences (en anglais, SSSA) en Haïti qui a vu une équipe internationale de chercheurs, dont le Dr Shawn McGuire de la University of East Anglia (UEA), examiner l'impact du séisme du 12 janvier sur les moyens de subsistance des familles paysannes.
Selon les conclusions du rapport sus-mentionné, l'aide en semences, lorsqu'elle est mal conçue, peut porter préjudice aux agriculteurs, démoraliser les marchés locaux et ainsi empêcher l'agriculture haïtienne de s'affranchir de l'assistanat.
Les travaux, menés dans 10 régions d'Haïti en mai et Juin de cette année, ont analysé l'effet du tremblement de terre sur les ressources et les activités des ménages agricoles au cours des saisons qui ont suivi immédiatement la catastrophe, apprend-on d'un document produit par l'UEA. Les changements dans le travail, les cultures plantées et les activités commerciales ont été analysés à côté d'importantes questions liées à des semences, en particulier la capacité des agriculteurs à obtenir les semences et plants qu'ils désiraient en temps d'ensemencement. Près d'un millier d'agriculteurs ont été interrogés dans le cadre de cette étude qui a également examiné les effets négatifs de l'aide en semence.
L'agriculture représente le tiers du produit intérieur brut (PIB) d'Haïti, selon le document de l'UEA qui souligne qu'une grande partie du pays a reçu une aide en semences après le séisme, en février et mars. Toutefois, poursuit le document, l'évaluation des experts de l'UEA a constaté que plusieurs régions ayant bénéficié d'une aide en semences, ne sont pas celles dont l'agriculture a été directement affectée par le séisme. L'évaluation a également mis en évidence les cas de semences remises en retard ou qui n'ont pas germé.
Dr McGuire, maître de conférences en ressources naturelles à l'école de développement international de l'UEA a déclaré: « Souvent, les distributions de semences d'urgence ne sont pas aussi nécessaires que vous le pensez, et elles ne sont pas inoffensives; l'acheminement de l'aide en semences mal adaptée ou qui ne germe pas constitue une source d'inquiétude même pour les agriculteurs les plus vulnérables. Et les distributions à grande échelle empêchent le développement des marchés de semences locales qui sont plus adaptées aux besoins des agriculteurs que les décisions des bailleurs de fonds.
«Si vous allez faire une aide en semences, vous devez vous assurer de la nécessité de cette aide dans la région ciblée au lieu de vous confiner dans des suppositions de besoins », a prôné Dr McGuire qui a noté dans ses évaluations que les problèmes relatifs à la disponibilité des semences en Haïti sont plutôt d'ordre financier qu'autre chose. Car, dit-il, les semences sont disponibles dans les marchés locaux, mais certains ne pouvaient pas se permettre de l'acheter.
« Ainsi, le type de réponse d'aide - les distributions de semences à grande échelle - ne correspond souvent pas au problème de la sécurité des semences à la main. Le problème immédiat est clairement l'une des difficultés financières, ce qui peut conduire à des problèmes d'accès à une gamme de produits, y compris les semences. Bien que le tremblement de terre ont affaibli les finances de nombreuses familles, la pauvreté chronique en Haïti a été la question fondamentale ».
L'équipe a recommandé que l'aide d'urgence en semences ne doit pas être utilisée pour résoudre les problèmes d'urgence. Les organisations humanitaires devraient veiller à ce que la semence qu'elles comptent distribuer est adaptée aux conditions locales, correspond aux goûts des agriculteurs, et est au moins aussi bonne que celle qu'ils utilisent normalement. L'évaluation a également constaté que les agriculteurs ont eu un accès très limité à de nouvelles cultures ou de variétés améliorées au cours des cinq dernières années. A ce sujet, elle a recommandé que des mesures soient prises pour développer et identifier de nouvelles variétés qui peuvent être introduites sur le terrain.
«Une des choses les plus frappantes que nous avons constatée était que seulement 14% des agriculteurs avaient rencontré de nouvelles variétés au cours des cinq dernières années, avec plus de la moitié de ces nouvelles variétés arrivant seulement à la distribution d'urgence en Février et Mars 2010 a expliqué le Dr McGuire . «Très peu d'innovations a atteint les agriculteurs haïtiens, beaucoup moins que dans d'autres pays très pauvres comme l'Ethiopie. La plupart des pays ont des institutions du secteur public et privé pour identifier de nouveaux types de cultures et de fournisseurs de semences, mais ces institutions sont faibles en Haïti. Les principales questions à long terme sont la pauvreté chronique dans l'agriculture et le manque de variété dans leurs cultures.
Toujours selon les évaluateurs de l'UEA, l'impact immédiat du tremblement de terre sur l'agriculture a été le déplacement massif de populations en provenance de Port-au-Prince vers les zones rurales, qui a mis la pression sur les ressources limitées des agriculteurs. Le séisme a également perturbé le fonctionnement du marché, ce qui a affecté les revenus des agriculteurs. Toutefois, l'évaluation a montré que, pour la plupart des indicateurs, les agriculteurs haïtiens ont rebondi rapidement des effets immédiats du tremblement de terre. La plupart des migrants sont retournés dans les villes. Bien que les agriculteurs sèment, 16% de moins que la normale immédiatement après le tremblement de terre, ils prévoient de semer plus que la normale dans la saison suivante.
L'étude de l'équipe de l'UEA a également pris en compte le cas des femmes haïtiennes dans l'agriculture, en particulier, les femmes chefs de famille. Selon l'équipe, ces dernières jouent un rôle essentiel dans la production de semences et de marché, et sont souvent responsables de la conservation des aliments et des semences. Le commerce rural, géré principalement par des femmes, a diminué de près de 90-92% dans certaines régions.
A rappeler que le SSSA a été financé par l'Office de l'aide étrangère aux sinistrés de l'Agence américaine pour le développement international (USAID) et coordonné par le Centre international d'agriculture tropicale (CIAT), en collaboration avec le Catholic Relief Services, l'UEA, la FAO, les ONG et le ministère de l'Agriculture en Haïti.
C.L.G
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=83315&PubDate=2010-09-07

Le Réseau protestant d'Haïti demande des comptes

Les responsables du Réseau protestant d'Haïti (RPHaïti) ne sont pas satisfaits de leur représentant au CEP. Dans une lettre ouverte adressée à la Fédération protestante d'Haïti, ils exigent des explications claires sur son silence et son appui au conseiller Léonel Raphaël. Faute de quoi, ils tourneront le dos à la Fédération et au CEP. Le RPHaïti estime que l'institution électorale frôle l'immoralité. Haïti: Le silence de la Fédération protestante d'Haïti sur les nombreuses critiques portées contre l'institution électorale interpelle la conscience des responsables du Réseau protestant d'Haïti (RPHaïti). Ceux-ci exigent des explications sur les motifs qui poussent la Fédération protestante à appuyer le CEP ainsi que leur représentant au sein de l'institution électorale, le conseiller et pasteur Léonel Raphaël. « Nous ne sommes pas satisfaits de la présence de notre représentant au sein du CEP. Tout au moins, nous ne savons pas ce qu'il fait », a déclaré le président du RPHaïti, le Dr Jerry Moncoeur dans une interview accordée ce mardi au Nouvelliste.
« Nous exigeons de la Fédération protestante des explications sur le soutien apporté au CEP et au conseiller Leonel Raphaël, a-t-il martelé. Si ces explications ne sont pas convaincantes, le RPHaïti se désolidarisera de la Fédération et par la même occasion d'avec le CEP », précise Jerry Moncoeur.
Tout en rappelant les dernières déclarations de l'ancien conseiller électoral, Jean Enel Désir, faisant croire que d'autres conseillers sont impliqués dans des pratiques pas trop orthodoxes, le président du RPHaïti estime que le CEP fait face à un grave problème de crédibilité.
« Récemment, nous avons entendu le président de la Fédération protestante d'Haïti renouveler sa confiance au pasteur Léonel Raphaël, représentant de la communauté protestante au CEP. Si son oeuvre est louable et la Fédération s'en réjouit, il est de tout respect pour le peuple chrétien d'en savoir les motifs, lit-on dans la susdite lettre ouverte. Pour balayer la confusion des observateurs intéressés et le doute qui pèse sur la Fédération dans ses nombreux choix de membres du CEP, le Conseil administratif du Réseau protestant d'Haïti vous demande, mesdames et messieurs, membres de la Fédération protestante d'Haïti d'informer le public protestant sur vos agissements au sein du CEP. »
« Tandis que la bataille politique s'engage, le temps se durcit de plus en plus, le pays s'enfonce dans l'abîme, le peuple se meurt, poursuit la lettre ouverte. Même les gens d'église de nos jours, se laissent emporter par la dépression, la lassitude et le découragement. Si les chrétiens ne peuvent plus communiquer le courage de vivre, la force de lutter et l'espérance d'un lendemain meilleur, quel est donc le rôle de l'église en Haïti ? », s'interroge le RPHaïti. »
Contacté par Le Nouvelliste mardi après midi au sujet de cette lettre ouverte, le président de la Fédération protestante affirme être en possession de cette correspondance de RPHaïti. Toutefois, le pasteur Sylvain Exantus se garde de prendre position pour le moment. « Je ne suis pas habilité à me prononcer aujourd'hui sur cette lettre ouverte, pas avant une concertation avec le reste de l'équipe », répond-il de façon mesurée aux questions du journal.
Par ailleurs, dans cette lettre ouverte adressée à la Fédération protestante, le RPHaïti se dit touché par la situation des sinistrés 8 mois après la catastrophe et la situation politique du pays. « La crise haïtienne, depuis le passage du séisme du 12 janvier, connaît une dimension de plus en plus douloureuse. A la faveur de ce triste événement, dans un élan patriotique et de profonds sentiments, le peuple était prêt à se donner la main pour arrêter la descente aux enfers du pays », peut-on lire dans cette correspondance.
« Malheureusement, poursuit-elle, les dirigeants n'ont pas su profiter de cet instant d'amour et de compassion si rarement manifesté entre les fils de cette nation. Quelques mois plus tard, plus que jamais, la division, la haine et la vengeance ont repris leur place dans le comportement habituel de l'Haïtien, toujours selon le document. Certains accusent le président de la République d'en être responsable, d'autres accusent les membres du CEP. »
Une situation sociopolitique confuse, selon le RPHaïti. « La classe politique rejette les élections, la plupart des citoyens sont dans la plus totale confusion. Les jeunes, fatigués de souffrir interrogent leurs leaders sur la conduite à suivre, poursuit la lettre ouverte. La nation presque entière se questionne sur la crédibilité des membres du CEP responsable de l'avenir politique et social du pays pour les cinq prochaines années. »
Face à cette situation, le Réseau protestant d'Haïti sort de son silence et demande des comptes à la Fédération protestante d'Haïti, qu'il somme de lui expliquer les motifs de son comportement et de son support au CEP.
Cette lettre ouverte à la Fédération protestante d'Haïti en date du 5 septembre 2010 porte les signatures du Dr Jerry Moncoeur, président du Réseau protestant d'Haïti (RPHaïti); du pasteur Casimir Remile, président de la Mission des Églises baptistes libres et secrétaire de liaison du RPHaïti; du pasteur Makir Kesa, président de l'Église Luthérienne d'Haïti et vice-président du RPHaïti, enfin de celle du pasteur Jorel Jacob, secrétaire exécutif du RPHaïti
Robenson Geffrard
rgeffrard@lenouvelliste.com
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=83303&PubDate=2010-09-07

A qui profite le crime ?

Haïti: Le CUSM, Comité d'Union et de Support aux Municipalités, a relevé avec beaucoup de douleur les actes inadmissibles et irréparables du CNE au Centre-Ville de Port-au-Prince. Le bloc compris entre le boulevard Jean-Jacques Dessalines, les rues Bonne Foi, des Fronts Forts et du Centre s'est vu tout simplement rasé sans l'assentiment des propriétaires, mais une nouvelle fois sans aucune prise en compte du Patrimoine Bâti par les institutions publiques. Qui a donné l'ordre de démolir ? Des questions ont été posées à plusieurs responsables - Commission de la Reconstruction, Ispan, Travaux Publics, Mairie -, les réponses sont toutes les mêmes : on ne sait pas. Le CNE, bien qu'étant un organisme autonome (?), peut-il prendre une telle décision, sans l'accord de son ministère de tutelle ou du gouvernement ?
Si dans cette affaire le CUSM laisse l'aspect du droit aux avocats et à la justice, il dénonce avec véhémence cette volonté manifeste des décideurs et gouvernants d'effacer toute trace de la mémoire haïtienne. A force de répéter à tort et à travers que depuis 200 ans rien n'a été fait, les acquis risquent de disparaître dans une prétendue refondation-reconstruction-réinvention. Aucun projet de développement, aucune nouvelle ville ne prendra corps dans cet espace où se détruit l'âme haïtienne, où les fils du temps sont systématiquement cassés, où ne se préserve pas le bien commun et où le patrimoine matériel, témoin de notre passé, est aussi maltraité... Un peuple sans passé n'a pas d'avenir...
La déclaration d'utilité publique du Centre-Ville a-t-elle ouvert la porte aux luttes et spéculations foncières ? La valse des millions fait rêver bien des gens... Face à la corruption qui gangrène les institutions, de sérieux garde-fous sont à établir dans l'intérêt de la collectivité. Les activités de démolition doivent être mieux pensées et appliquées, avec plus de transparence, de participation, et de rigueur. Pitié pour la population déjà mise à genoux dans cette conjoncture aussi difficile !
CUSM
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=83240&PubDate=2010-09-07
Commentaires:
C'est quoi et ou le crime.
Si on doit attendre l'accord de chaque individualité haïtienne pour démolir et reconstruire ça prendra la vie des rats...

249 cadres au service du développement national

Haïti: Cette année encore, parents, amis et la communauté éducative, des notables de la ville des Cayes n'ont pas raté le rendez-vous des finissants de l'Université publique du Sud des Cayes (UPSAC), le samedi 28 août 2010. Très tôt, ils se sont rendus à la presqu'île des Icaques, dans les locaux de l'hôtel « La Cayenne », en vue d'assister au défilé de ces jeunes qui participeront demain à la reconstruction de la nouvelle Haïti.
Des finissants de l'UPSAC
Sereins, calmes, les 249 récipiendaires étaient en toge. Au nombre de trois, on distinguait : la faculté de droit, la faculté des sciences de l'éducation et la faculté des Sciences administratives.
Débutée par une messe célébrée par monseigneur Guire Poulard, évêque des Cayes, la cérémonie de graduation s'inscrivait dans le cadre de la décentralisation prônée par le ministre de l'Éducation d'alors, M. Jacques Edouard Alexis. Les révérends pères Yves Voltaire et Jean Marcel Louis, respectivement recteur de l'UPSAC et doyen de la faculté des sciences de l'éducation, y ont pris part.
L'homélie de circonstance était centrée autour de la vie de St Augustin dont le passage a fortement marqué la pensée occidentale. Converti à l'âge de 33 ans, St Augustin était devenu prêtre et par la suite évêque. Il fut un modèle de théologien et de sociologue.
L'évêque des Cayes a choisi St Augustin parce qu'il voulait montrer que l'homme peut, à n'importe quel moment de la durée, prendre son destin en main. On dirait un message délivré, reçu, capté par l'assistance tout entière qui a suivi avec attention l'homélie de monseigneur Guire Poulard.
Ce samedi 28 août 2010, les représentants du grand Sud, notamment les gens du sud ont assisté à la huitième cérémonie de graduation de l'histoire de l'UPSAC. Aujourd'hui on compte 249 finissants qui célèbrent la fin de leurs études de licence en droit, en gestion des affaires et en sciences de l'éducation.
Selon le recteur de l'UPSAC, le révérend père Yves Voltaire, « cela porte à 1189 le nombre de professionnels formés à l'Université publique du Sud des Cayes depuis sa fondation en 1999 ». Et beaucoup de jeunes cadres formés à cette institution sont déjà intégrés plusieurs secteurs de la vie nationale tels que la banque, la fonction publique, la magistrature, les ONG, etc.
Le recteur de l'UPSAC,
le révérend père Yves Voltaire
Cela prouve que la formation supérieure constitue un véritable levier au service du développement, a indiqué le professeur Pierre-Michel Laguerre, directeur général du ministère de l'Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP).
Justement, dans son allocution de circonstance prononcée le samedi 28 août 2010, M. Laguerre avait mis l'accent sur la mission de cette institution en ces termes :
« La mission de l'UPSAC, si elle apparaît évidente aujourd'hui, ne l'était certes pas il y a peu de temps. Il s'agissait pour nous, bâtisseurs de l'avenir sur des socles de compétences, de secouer une société, de l'éveiller à une réalité de la vie moderne, de lui donner les bons instruments pour y participer et, dans toute la mesure du possible, de lui inculquer le goût de contrôler une large part de notre avenir.
Si le Sud d'aujourd'hui renaît de ses cendres, c'est largement grâce à l'UPSAC. Le Sud de demain pourra compter sur la contribution de cette grande institution : un corps professoral de haut niveau et des cohortes de sudistes rompus à l'excellence et que bien peu de défis rebuteront.
Voici donc un moment qui met en lumière les mutations du secteur de l'éducation, qu'il s'agisse de l'explosion des connaissances, du rythme et de la complexité des changements à l'échelle mondiale ou de la fréquentation massive de cet établissement d'enseignement supérieur. »
Vue partielle de l'assistance
Depuis 1999, avec la création du Centre d'Enseignement Supérieur et Technologique (CEST) ayant pour coordonnateur M. Pierre Michel Laguerre, un vent de changement commençait déjà à souffler sur la ville des Cayes. A une décennie environ, grâce à l'Université publique du Sud aux Cayes (UPSAC), on voit de plus en plus de jeunes qui peuvent aborder les questions économiques et sociales, a lancé avec fierté l'un des initiateurs du CEST transformé en UPSAC, M. Pierre Michel Laguerre.
Ces jeunes cadres frais émoulus, issus des trois facultés (droit, éducation, administration), représentant l'avenir du pays, vont devoir mettre leurs connaissances au service du pays.
Les doyens de chacune de ces facultés, le révérend père Jean Marcel Louis (éducation), Me Anthony Gédéon (droit) et Macule Despierres (administration), ont rappelé aux finissants la conduite à tenir dans la vie professionnelle. Leurs parrains et marraines en ont fait de même.
Dans son intervention, le recteur de l'Université publique du Sud des Cayes, le révérend père Yves Voltaire, a annoncé l'adhésion de l'UPSAC à l'Agence universitaire de la Francophonie, qui regroupe 159 universités des cinq continents. Il n'y a que douze universités en Haïti à être membres de cette grande famille internationale, a-t-il souligné.
Parrains et marraines de la promotion
 2006-2010
« Nous pouvons dire que cette adhésion à l'AUF est la première coupe qui couronne les efforts de nos prédécesseurs et de l'équipe actuelle et qui nous invite à aller de l'avant. J'ai la joie de vous annoncer également que mon collègue, le recteur de l'AUF, M. Cerquiglini, nous rendra visite le 27 septembre 2010 aux Cayes. Une délégation de la télé université du Québec sera aussi dans nos murs au début d'octobre », a annoncé le recteur de l'UPSAC, le révérend père Yves Voltaire.
Mme Marie Laurence Josselyn Lassègue, ministre de la Culture et de la Communication, a été choisie pour être la marraine de la promotion de la faculté de droit, baptisée Me Sténio Bellevue. Elle et le sénateur du département de l'Artibonite, M. Youri Latortue, ont accompagné les finissants sur les fonts baptismaux.
Le sénateur du département du Sud, M. Yvon Bissereth, et Nadia Ménélas (sciences de l'éducation) ; Bois-Guéné Rocavil et Marie Danielle Comeau (sciences administratives) étaient des parrains et marraines qui ont, à travers leur discours, prodigué des conseils salutaires à leurs filleuls.
Il est opportun de souligner l'importance de l'UPSAC à l'heure de la décentralisation. Elle joue, à n'en pas douter, un rôle significatif dans l'émergence d'une nouvelle élite intellectuelle et moderne dans le pays.
Jean-Robert Fleury
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=83182&PubDate=2010-09-07

L'Université de la Fondation Aristide se reprend peu à peu

Réputée pour les sciences de la santé, l'Université de la Fondation Aristide (UNIFA) vient de mettre en place un nouvel Institut des nouvelles technologies et d'informatique pour les jeunes désireux de parfaire leurs études en sciences informatiques. C'est le deuxième institut fonctionnel au sein de l'UNIFA depuis mai 2009. Entre temps, le plan de développement de l'UNIFA qui consiste à mettre en place les 6 facultés initialement prévues est en cours.
Le bâtiment principal de l’UNIFA
Haïti: 300 nouveaux étudiants suivent les cours en sciences informatiques depuis le 30 août dernier à l'Université de la Fondation Aristide, qui a rouvert ses portes en mai 2009 avec un Institut de langue espagnole. Cet Institut d'informatique répond, selon le secrétaire général de l'UNIFA, Fritz Dorziair, à une double exigence, scientifique et économique. « Nous nous rendons compte que l'informatique est un passage obligé que ce soit sur le plan économique ou scientifique », a déclaré M. Dorziair lors d'une interview accordée au journal Le Nouvelliste. Parmi les étudiants admis à cet Institut, 240 sont inscrits au niveau de la licence qui durera 3 ans. Les 40 autres y sont pour obtenir un certificat.
Dans le bibliothèque de l'UNIFA,
des étudiants font des recherches
Des investissements ont été faits à l'UNIFA pour répondre aux normes d'un Institut de sciences informatiques. « Un laboratoire informatique de plus d'une soixantaine d'ordinateurs a été aménagé en la circonstance, car en plus des cours théoriques, il y aura aussi et surtout des cours pratiques pour permettre qu'au terme du cycle de formation, les étudiants de l'UNIFA n'aient rien à envier à n'importe quel autre finissant en sciences informatiques », indique le secrétaire général de l'UNIFA qui nous a fait visiter les locaux de l'institution, particulièrement le laboratoire.
« Tous les étudiants de l'UNIFA sont en fait des boursiers de la Fondation Aristide. Ils paient symboliquement un frais annuel de 10 000 gourdes », fait savoir M. Dorziair. Avant le tremblement de terre du 12 janvier qui a sérieusement touché le bâtiment principal de l'UNIFA, les frais annuels étaient plutôt de 5 000 gourdes. « On a dû faire des débours importants pour la réparation des locaux, c'est pourquoi nous avions revu à la hausse les frais annuels », explique le secrétaire général, regrettant que l'UNIFA ne reçoie aucune subvention de l'Etat ni des organisations nationales et internationales. Il rappelle que l'UNIFA est une Université privée reconnue d'utilité publique à but non lucratif.
Ajouter une légende
Marie Yolette Edmond, 20 ans, débute ses études universitaires à l'UNIFA. Elle va concrétiser un des rêves de sa vie d'entrer dans une Université. « Entrer dans un Centre universitaire, c'est un de mes rêves qui est devenu réalité », déclare-t-elle , sourire aux lèvres. Être admis à l'Université d'Etat d'Haïti (UEH) n'est pas une partie de plaisir, vu le ratio entre le nombre de bacheliers et la capacité d'accueil de l'UEH. « L'UNIFA, qui a une capacité d'accueil globale de 5 000 étudiants, est une alternative pour les bacheliers qui ne peuvent pas entrer à l'UEH, ni payer une Université privée, pour surmonter cette exclusion », déclare le secrétaire général de l'UNIFA, Fritz Dorziair.
Une vue du laboratoire informatique
Parallèlement, 296 étudiants de l'Institut de langue espagnole dont 105 suivent des cours depuis mai 2009, vont recevoir la semaine prochaine leur diplôme après un an d'études de la langue espagnole. Cette formation assurée par des Cubains est très appréciée par les divers étudiants rencontrés sur le campus de l'UNIFA à Tabarre. Depuis la fondation de cette Université réputée pour les sciences de la santé, de bons rapports ont été établis entre l'UNIFA et Cuba. « Nous ne pouvons pas avoir mieux, même ailleurs. Nous sommes très bien formés pendant cette année par des Cubains grâce à la Fondation Aristide », déclare Jean-Louis Wenscky, 22 ans, étudiant finissant en espagnol. Il dit compter se servir de sa formation pour ouvrir son propre institut et donner des cours d'espagnol dans des écoles de la place.
La Fondation Aristide, selon M. Dorziair, n'a jamais cessé de travailler. « Après la reprise du contrôle du site de l'UNIFA en 2008, nous avons, avec nos faibles moyens, relancé le processus d'extension de l'Université », dit-il, précisant que des efforts sont en cours pour remettre en place la faculté de médecine de l'UNIFA. La majorité des jeunes trouvés sur le campus manifestent leur désir d'intégrer cette faculté lorsqu'elle rouvrira ses portes.
Fritz Dorziair,
secrétaire général
de l'Universite de la
Fondation Aristide (UNIFA)
Fondée en 2001, l'Université de la Fondation Aristide fait partie intégrante, selon Fritz Dorziair, des oeuvres sociales de l'ex-président Jean-Bertrand Aristide à travers sa Fondation. Cette Université avait des prévisions d'ouverture de 6 facultés notamment les sciences de la santé, le droit, l'agronomie, les sciences de l'environnement et les sciences de l'éducation. « Ces prévisions de l'UNIFA sont toujours en cours », fait savoir le secrétaire général qui regrette que les évènements de février 2001 aient brutalement interrompu ces prévisions et la bonne marche de l'Université.
« L'UNIFA avait débuté en 2001 avec 123 étudiants en sciences de la santé, qui avaient été recrutés sur une base d'équité sociale, car ils venaient pratiquement de tout le pays en raison de l'engouement qu'avaient les jeunes à s'inscrire à la faculté de médecine de l'UNIFA », rappele le secrétaire général. Avant la chute du président Jean-Bertrand Aristide en février 2004, cette Université comptait 247 étudiants pour trois promotions.
Carlin Michel
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=83311&PubDate=2010-09-07

Opérations de sauvetage des oeuvres au Centre d'art

Haïti: Le Centre de sauvetage de biens culturels a procédé, dans la matinée du lundi 6 septembre, aux opérations de sauvetage des oeuvres d'art enfouies sous les décombres du Centre d'Art dont les locaux ont été détruits dans le tremblement de terre du 12 janvier. Les travaux de sauvetage ont été effectués par l'équipe d'ingénieurs-militaires du contingent japonais de la Minustah sous la supervision technique du Centre de sauvetage de biens culturels et de la direction du Centre d'Art.
Opérations de sauvetage entreprises
par l'équipe d'ingénieurs-militaires
du contingent japonais de la Minustah.
(Photo: Chenald Augustin )
Ces opérations entrent dans le cadre de la formation sur la gestion de collection qu'organise, du 23 août au 10 septembre, le Centre de sauvetage, en partenariat avec l'ICCROM, la Smithsonian Institut, l'Institut canadien de conservation d'Ottawa, l'Institut central de conservation de Belgrade en Serbie, à l'intention des cadres d'institutions oeuvrant dans la préservation des biens culturels.
Cette session de formation animée par un groupe de conservateurs étrangers s'articule autour de l'importance et de la valeur du patrimoine culturel haïtien, des matériaux et agents de détérioration, de l'intervention d'urgence, de la gestion des risques de catastrophes, de la mise en place d'espaces de stockage sains et de solutions durables de conservation préventive. Elle vise la mise en place d'une véritable culture institutionnelle, la réhabilitation et la conservation du patrimoine et des collections aujourd'hui menacées.
Opérations de nettoyage
des œuvres et objets d'art récupérés
lors des opérations de sauvetage
le lundi 6 septembre 2010 au Centre d'art.

(Photo: Chenald Augustin)
Selon le directeur du Centre de sauvetage, Olsen Jean Julien, les opérations de sauvetage des oeuvres du Centre d'Art constituent la phase pratique de la formation axée durant les deux premières semaines sur les concepts théoriques de la gestion de collection de biens culturels. En effet, les participants à la formation ont pris part aux opérations au cours desquelles bien des oeuvres (peintures, sculptures sur bois, en métal découpé et pierre), documents administratifs et des ouvrages de la bibliothèque du Centre d'art ont été récupérées. Les objets d'art récupérés ont subi sur le champ des opérations de nettoyage qui consistent à enlever les agents de détérioration. Ces objets, une fois enlevés de sous des décombres, seront envoyés au laboratoire de restauration du Centre de sauvetage.
Les ruines du Centre d'art,
détruit dans le tremblement du
12 janvier dernier.

(Photo: Chenald Augustin)
Avant le séisme du 12 janvier, la collection artistique du Centre d'Art était estimée à environ 8 000 oeuvres et objets d'art. 80 % ont été récupérés de sous des décombres. Les oeuvres endommagées ont été confiées au Centre de sauvetage de biens culturels pour être restaurées. La plupart d'entre elles sont stockées dans des conteneurs. Certaines oeuvres avaient commencé à être attaquées par l'humidité à cause d'un large trou percé sur la toiture du conteneur, a indiqué la muséologue Marie-Lucie Vendryes, consultante au Centre d'Art. Au nombre de ces oeuvres figure une collection de dessins au fusain sur papier, qui devait être exposée au mois de janvier dernier, précise l'ex-directrice du Musée du panthéon national haïtien (Mupanah), Marie-Lucie Vendryes.
De concert avec le Centre de sauvetage de biens culturels, la direction du Centre d'Art travaille sur le stockage et la conservation de sa collection, ainsi que le projet de construction d'un nouveau centre en respect des normes modernes de préservation et de conservation.
Le Centre d'Art est considéré comme étant le berceau de la peinture haïtienne de la moitié du XXe siècle. Créé par l'artiste américain Dewitt Peters en 1944, ce centre fut le lieu précurseur de la peinture dite naïve. Il est pour plus d'un
le catalyseur de créativité de toute l'histoire de l'art haïtien contemporain.
Chenald Augustin
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=83237&PubDate=2010-09-07