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mardi 9 octobre 2007

Artisanat en Fête suscite admiration et questionnement

Durant deux jours, les samedi 6 et dimanche 7 octobre 2007, visiteurs et exposants ont investi le Parc historique de la Canne à Sucre pour venir jouir du meilleur de l'artisanat haïtien à travers la première édition d'Artisanat en Fête.
Pendant deux jours, les samedi 6 et dimanche 7 octobre, le public a fait le déplacement pour venir admirer le meilleur de l'artisanat haïtien au Parc historique de la Canne à Sucre en dépit d'un temps maussade. Ces deux jours de foire, qui se sont déroulés dans une ambiance de fête, ont suscité de l'admiration et occasionné des questionnements sur l'avenir de l'artisanat haïtien et de ses nombreuses potentialités.
Bien des visiteurs et observateurs ont su apprécier les nombreux articles et oeuvres exposés sur le site durant ces deux journées. « C'est vraiment une très belle initiative et j'espère que l'expérience aura des suites », a dit une jeune femme, étonnée par la qualité des sculptures présentées au stand des Créations Tob's. D'autres ont été plus critiques. « L'animation sur le podium a relégué la foire elle-même au second plan », a dit un visiteur féru d'artisanat.
Exposants et visiteurs sont toutefois sortis satisfaits de cette expérience qui constitue une vitrine nouvelle pour l'art haïtien. La première édition d'Artisanat en Fête fait dire que les prochaines promettent beaucoup.
Berthony Seïze des Créations Tob'sest sculpteur et se spécialise dans la conception et réalisation d'oeuvres de poteaux décoratifs, de fontaine et de bustes. La tour de Toussaint qui a retenu beaucoup d'attention est une façon pour l'auteur de rendre hommage à cette figure emblématique de l'histoire haïtienne. Une partie de la vie du héros est retracée dans l'oeuvre. « L'un de mes objectifs est de rendre Toussaint Louverture vivant », explique Berthony Seïze.
Le sculpteur Francois Sanon, qui a l'habitude de travailler au Sanon Studio à Laboule, croit que les deux journées ont été agréables et enrichissantes dans la mesure où la foire lui a permis d'agrandir ses nombreux contacts aussi bien en Haiti qu'à l'étranger. En dépit du fait que ses oeuvres ne sont pas des produits de l'artisanat, il a voulu prendre part à Artisanat en Fête, non pas pour vendre, mais surtout pour interagir avec les visiteurs.
Se plaignant du manque criant de touristes dans le pays, M. Sanon se souvient du temps des présidents Magloire et Duvalier. Un peu nostalgique, il pense qu'on ne pourra pas revivre de sitôt une période aussi prospère si tout le monde ne met pas la main à la pâte. Il a beaucoup apprécié la grande diversité de gens venus de partout qui l'ont questionné sur ses oeuvres.« Inspiration dans la nuit », comme son nom l'indique, est une pièce tirée du sommeil de l'auteur et mise à prix à 20 000 dollars américains. Le créateur nous raconte que la pièce, sculptée dans un tronc gigantesque, lui a été dictée par Dieu et qu'il est allé chercher l'arbre du côté de Jérémie.Une centaine d'enfants de l'Association philanthropique de l'Eglise Missionnaire pour le développement des enfants d'Haïti (Apemdeh) ont soumis à l'appréciation du public des vêtements crochetés et des articles en fibres végétales. « Une expérience superbe ! », jubile Esther B. Guervil, responsable de l'organisme.
Malgré les efforts remarquables des artisans haïtiens, le secteur cherche incessamment de nouveaux créneaux de distribution. L'industrie rentable dont rêvent tant les artistes et les artisans n'existe pas encore. Ceux qui se connaissent dans le domaine font remarquer que la production visant le marché extérieur comporte ses exigences. On a évoqué la rigueur au niveau de la qualité de certains produits, les fonds, la disponibilité des matériaux, des intrants et la présentation (emballage).
En attendant une véritable plate-forme de l'artisanat haïtien, une participation accrue de l'Etat, l'identification des filières, Artisanat en Fête a dépassé les espérances des visiteurs et des exposants.
Dieudonné Joachim

La belle messe de l'art




Une tentative de méthode donnerait sommairement une idée globale au niveau de la récurrence des sujets : l'obsession du poisson, la persistance de l'arbre, la référence au soleil, les particularités anthropomorphiques de l'éternel féminin s'opposent, par leurs symboles, à des thèmes plus séculiers : le rituel rara, le travail paysan, l'habitat rural, les fruits de table et les masques de carnaval. Toutefois, c'est une approche réductive qui ne donne pas toute la dimension de cette fête de l'Art qui, selon Martine Blanchard, l'initiatrice de l'événement avec M. Max Chauvet, directeur de Le Nouvelliste, « malgré vents et marées est un grand succès. »
Entre Joseph Lubernier qui a affirmé « être très fier d'exposer, par exemple, son tambour miroir » et Berthony Seize qui travaillait à son stand un superbe buste du peintre Dieudonné Cédor, il y a mille et une beautés allant de la rutilance des drapeaux rituels pailletés à la provocation du goût face à un cocktail de fruits de Micheline Hector.
On déambule d'un stand à l'autre pour découvrir une réussite sculpturale sur une pierre de rivière, l'élégance minimaliste du découpage d'un métal et l'anthropomorphisme baroque de Sanon François. Entre les assiettes décorées d'un art de la cuisine qui tarde à se répandre chez nous et les vases sublimes aux allures d'amphores de caciquats, éblouissants en formes, motifs et teintes, on essaie, dans la difficulté, de chercher un fil conducteur. On le perçoit du photographe de la beauté naturelle, Antoine Verdier, à l'art de la mosaïque qui, selon Frantz L. Gardère, remonte au XVIIIe siècle. Art qui s'est imposé en Haïti avec " Mosaïque Gardère " en 1944.
De l'instantané d'une photo de Verdier montrant le bleu du lac Azuéï sur lequel flotte, étrangement, la géographie de la République d'Haïti comme dans une oeuvre de Salvador Dali, là-haut dans les nuages, on découvre un peu plus loin la modernité, le dynamisme, le design nouveau, l'Art Décor caribéen de Gary Douyon qui réussit des symbioses heureuses entre diffusion de lumière et stabilité de l'objet. Il traverse de l'utilitaire à la beauté avec une finesse que lui donne, en toute dextérité, sa profession d'architecte. Cette profusion lyrique et baroque de multiples tendances et de diverses sensibilités traduit ce qu'il faut appeler, désormais, les textures particulières de l'imagination haïtienne. Toutes les expériences s'y mêlent. L'Occident lui donne une certaine raison dans l'anatomie et l'harmonie chromatique. Mais, cet art ne connaît pas la perspective du XVIe siècle. Les formes éclatent dans tous les sens et présentent un monde si merveilleux et tellement superposé qu'il est trop prématuré de faire la différence, ce dimanche 7 octobre 2007, entre l'art et l'artisanat. Un thème, d'ailleurs, qui peut soulever tout un débat à partir de ce qui est présenté à la première édition de Artisanat en fête.
Une tentative de méthode donnerait sommairement une idée globale au niveau de la récurrence des sujets : l'obsession du poisson, la persistance de l'arbre, la référence au soleil, les particularités de l'éternel féminin s'opposent, par leurs symboles, à des thèmes plus séculiers : le rara rituel, le travail paysan, l'habitat rural, les fruits de table dominicale, les masques de carnaval... Toutefois, c'est une approche réductive qui ne donne pas toute la dimension de cette fête de l'art qui, selon Martine Blanchard, l'initiatrice de l'événement culturel avec M.Max Chauvet, directeur de Le Nouvelliste, « malgré vents et marées est un grand succès. »

LA GRACE DU BEAU TEMPS

En effet, le premier report de Artisanat en fête des 18 et 19 août 2007 a du avoir psychologiquement un impact sur les organisateurs. Reprise avec détermination de vaincre les aléas du temps pour les 6 et 7 octobre au moment où la météo annonçait des turbulences atmosphériques, la foire a tenu bon en dépit de la pluie de la première journée. On n'a pas encore assez de précision sur l'impact de la température au niveau des ventes. Cependant, les artisans interviewés à ce sujet affirment tous que « l'atmosphère de samedi a joué un rôle un peu négatif sur les achats. »
Comme Keslyne C. Mathurin qui expose de beaux objets de bureau avec des motifs haïtiens et selon laquelle « la pluie a été une bénédiction », Mme Martine Blanchard se réjouit du fait que « Dieu nous a fait grâce du beau temps. » On est le dimanche et la fête se transforme en une belle messe. Le Parc historique de la Canne à sucre devient, selon les observateurs, un lieu de grandes fêtes « socialement correct ». En fait, le Champ de Mars de plus en plus délaissé pour des raisons de...conjoncture politique ou sociale, une attraction dont on n'a pas encore saisi la vraie nature sociologique attire les amants de l'art et du spectacle. A Tabarre, dans la banlieue nord de la capitale. Cela devrait inciter les autorités politiques et culturelles du pays à repenser des stratégies de sécurité et de logistique pour réaliser au Champ de Mars des événements culturels à la portée de tous.
Des commentateurs argumentent que la Fête du Travail, le 1er Mai, « est presque obsolète quand il n'y a aucune nouveauté et lorsqu'on n'invite, en toute quiétude, tous les secteurs de la production haïtienne à y participer.» On peut souligner que c'est un peu cocardier et orthodoxe quand une foire de l'art se transforme en kermesse patriotique ! Mais, la finesse et le savoir-faire doivent être aussi des attributs d'un Etat moderne et réconciliateur.
Ne nous empressons pas, en ces temps imprécis, à parler d'une géographie des classes sociales. Le constat de la vitalité de notre imaginaire, tous secteurs confondus, est si envahissant qu'on doit un instant laisser de coté les vieilleries idéologiques. Les événements culturels comme Artisanat en Fête mobilisent beaucoup de monde, par expertise, par amateurisme, ou par snobisme, vers un lieu dont le décor nous rappelle les origines de la technologie du colonialisme. C'est le premier pas qui compte.Les nouveaux sponsors sont pour beaucoup dans les succès de ces « fêtes culturelles » qui nous éloignent de la nocivité du quotidien et des redites médiatiques qui nous accablent. Les organisateurs ont compris et ont agi pour mieux oxygéner les Port-au-princiens. Entre le ballon gonflable de Digicel qui flottait dans le ciel bleu et l'érotisme sulfureux des « girls and boys » on peut affirmer qu'en bousculant la vieille moralité décadente et les activités culturelles limitées à de petits groupes de connaisseurs, nous entrons dans une modernité qui présente de nouvelles valeurs. Les artisans entrent sans grand bruit dans une autre époque : sortir de l'atelier vers le grand public est un pas géant.
Après avoir assisté à cette brillante fête de l'Artisanat, le dimanche 7 octobre au Parc historique de la Canne à Sucre, on en sort avec l'impression d'un grand excès de l'imagination en Haïti. On se pose des questions sur tant d'élaboration esthétique par ces temps où le contexte socioéconomique suscite plutôt le pessimisme pur et dur.La réponse qui vient spontanément est celle-ci : c'est au milieu des adversités les plus prononcées que le peuple haïtien montre les multiples aspects de sa résistance. Ce qui se passe, ces derniers temps, sur le plan culturel, prouve que la « résistance », ce n'est pas seulement celle des Marrons ou des Cacos. C'est aussi, et surtout, à cette époque de trouble idéologique qui ressemble à ce qu'on considère comme « la fin de l'histoire », cette manière élégante et inédite des artistes haïtiens de prouver qu'ils existent. Avec leur pays. Pour des lendemains meilleurs.
Devant la floraison d'un imaginaire que le chaos physique de la ville n'arrive pas à détruire, il est, sinon impossible du moins pas souhaitable d'en faire un simple reportage objectif. Le spectateur est comme submergé entre l'intérêt commercial, l'étonnement esthétique et le bonheur des formes et des couleurs.
La question à se poser est celle-ci : le spectacle à décibels nuit-il à l'exposition d'oeuvres artistiques dont on gagnerait à introduire les structures didactiques sans trop « académiser » les fêtes ? Les autres éditions d'Artisanat en fête viendront répondre à cette importante question.
Pierre Clitandre

Croix-des-Bouquets fête sa reine

Croix-des-Bouquets, la ville du fer découpé, a fait de Marie, depuis plus d'un siècle, sa patronne. Belles comme l'aurore, les prières dédiées à la Vierge ont résonné dans l'église Notre-Dame du Rosaire, ce week-end. Par centaines, les fidèles les reprenaient dévotement. « Ô Marie Notre-Dame du Rosaire, tournez vers nous un regard favorable, et écoutez nos prières avec bienveillance. Nos genoux se ploient devant vous, nos yeux se fixent sur vous... »
Les yeux larmoyants, les bras grands ouverts, une jeune femme priait haut et fort après la messe solennelle célébrée en l'honneur de Notre-Dame du Rosaire, patronne de la commune de la Croix-des-Bouquets. Ponctuées de geignements, d'autres prières dites par d'autres femmes s'élevaient vers le ciel. Geignant, elles déchargeaient leurs peines, leurs tourments aux pieds de Notre-Dame. Des mains égrenant des chapelets se tendaient, suppliantes, les regards fixant la statue impassible de la Vierge.
Plusieurs messes ont ainsi été chantées dimanche dernier en l'église Notre-Dame du Rosaire. Son enceinte était pleine comme un oeuf. Le parvis y débordait de monde, comme si toute la communauté crucienne avait attendu la patronale pour se rendre à la messe.
Crucien de 40 ans, Dieufène, la cravate bleue tombant sur sa chemise blanche, se dit catholique. Chaque année, il se fait un devoir de visiter la maison de Dieu. Il croit dur comme fer que, en ce jour de la fête de la mère de Jésus, un surplus de grâce descendra sur tous ceux qui viennent faire acte de contrition pour les péchés qu'ils ont commis pendant l'année. « Mes activités ne me laissent pas de temps pour aller à l'église. Mais aujourd'hui, ma petite famille est là au grand complet », se félicite Dieufène. Il confie que la chance est de son côté. Il en veut pour preuve le geste de l'officiant, Mgr Dumas, qui a posé sa main sur la tête de sa fille cadette à la sortie de l'église.

Tête ceinte d'un mouchoir bleu, sobre dans sa robe blanche, Laura, une octogénaire, achète une prière de Notre-Dame du Rosaire inscrite sur une feuille volante entre les mains des marchandes qui font le commerce d'objets de piété. Devant l'église, la bonne dame se procure quelques cierges bleus et blancs qu'elle allumera chez elle en vue de prolonger le culte marial. « Je me suis sentie un peu mal à l'aise à l'église quand je sais que les gens qui sont venus nous coincer aujourd'hui n'y seront pas dimanche prochain », reproche-t-elle. Comme pour se corriger, Laura ajoute : « L'église, c'est chaque jour pour moi. Nous sommes l'église a dit le Pape Jean-Paul II. »Des officiels du gouvernement, des parlementaires, les maires des communes de la Croix-des-Bouquets et de Ganthier ont pris part à la messe solennelle ; parmi eux, la ministre à la Condition féminine et aux Droits des Femmes, Mme Marie Laurence Jocelyn Lassègue, la sénatrice Evelyne Chéron, les maires Jean Saint-Ange Darius et Ralph Lapointe.
La patronale, un tremplin pour des activités artistiques et culturellesLa patronale a servi aussi de tremplin aux activités artistiques et culturelles. Les artisans en ont profité pour promouvoir leurs produits. Pendant que beaucoup d'artisans de Croix-des-Bouquets spécialisés dans le fer découpé exposaient à « Artisanat en Fête », les 6 et 7 octobre, au Parc Historique de la Canne à Sucre à Tabarre, d'autres étaient restés sur place. A part le métal découpé, le public découvrait des broderies, des bijoux créés à partir de coquillage, de « grenn madyòk » et autres matériaux locaux.


La veille de la patronale, la caravane de Konesans Fanmi (KF) a attiré des milliers de jeunes. Plusieurs talents de Croix-des-Bouquets ont performé sur le podium de l'unité mobile de la caravane d'Education et de Service de Santé. Plusieurs groupes se réclamant du style de Wyclef Jean ont chanté et dansé du hip hop et du rap. Des concours de « Limbo », une danse dans le vent, ont amusé le public. A tour de rôle, des jeunes hommes, des jeunes filles venaient s'inscrire pour danser « Limbo ». Parallèlement à cette activité culturelle, la caravane de KF a déployé des tentes pour abriter des services de conseil et de dépistage volontaire (CDV). Infirmières, laborantins, conseillers psychologiques ont accueilli des volontaires après les séances de sensibilisation entrepris par des artistes et des animateurs de KF sur les maladies transmissibles, dont le VIH/Sida. Ce duo de travailleurs sociaux a expliqué au public les possibilités qui s'ouvrent pour les gens qui sont infectés par le VIH, virus qui conduit à la maladie du Sida.
Debout sur le podium de KF, le sénateur de l'Ouest, Evelyne Chéron, a prêché le sens de la responsabilité à des milliers de jeunes en âge de procréer. Dans l'état où se trouve Haïti, le pays ne peut pas se permettre le luxe de laisser le sida faucher une quantité de vies qui puissent être utile à la nation, a-t-elle déclaré. Aussi le sénateur a soutenu la démarche de la caravane qui consiste à informer la population et à encourager les jeunes à se faire tester.
La patronale, une occasion pour se faire dépisterDans la file d'attente de volontaires qui attendaient d'être testés, un jeune de quatorze ans s'est fait remarqué. « Tu es un enfant. Qu'est-ce que tu viens faire ici ? », lui demande un père de famille. L'enfant répond : « Je fais toujours l'amour sans capote à plusieurs enfants de mon âge. Il est temps pour moi de savoir si j'ai ou pas le virus dans mon sang. »
Une mère de famille, trentenaire, avoue qu'elle vient faire le test pour avoir sa quiétude d'esprit. « Moi, je sais que je fréquente uniquement mon mari. Mais lui, il couche à droite et à gauche. Je veux savoir », affirme-t-elle. Un résultat positif bouleverserait sa vie, mais pour ses enfants elle continuerait à vivre autrement.« J'ai fait mon test en 1993, et depuis, j'ai commis beaucoup d'imprudences. Dans le cas où je suis séronégatif, j'abandonne toutes mes petites amies. Seule ma femme comptera pour moi », déclare ce jeune homme, décidé à s'attacher avec une dévotion toute neuve à sa femme.Le maire de la commune de Croix-des-Bouquets, Jean Saint-Ange Darius, a salué l'initiative de Konesans Fanmi tout en encourageant les autres institutions qui oeuvrent dans le domaine sanitaire dans la commune à encadrer les jeunes.
Croix-des-Bouquets, a fait savoir le maire, est une commune abandonnée à elle-même. « Notre commune n'a pas d'hôpitaux, elle n'a que des centres de santé qui sont gérés par des ONG », a-t-il déclaré.
Il dit regretter l'époque pas trop lointaine où Croix-des-Bouquets était une collectivité territoriale paisible. Avec les derniers événements, la population a augmenté. « Les gens viennent de Cité Soleil, de Delmas, de Fonds-Verrettes, du Plateau Central. Tous viennent se réfugier à Croix-des-Bouquets.
Ici, ce n'est plus paisible. Les rapports de la police nationale le confirme », se plaint-il tout en pointant du doigt Marin et Lilavois.
Avant de se rendre à la cérémonie solennelle, le maire nous a, entre autres, entretenu des projets de jumelage de la mairie de Croix-des-Bouquets à celles d'autres pays en perspective comme Macouba en Martinique, Spring Valley aux Etats-Unis, Marseille et Anjou en France.
Claude Bernard Sérant

serantclaudebernard@yahoo.fr

Joachim Alciné défend bientôt sa couronne mondiale

Le boxeur canadien d’origine haïtienne disputera le 7 décembre le championnat du monde des superwelters contre le panaméen Alfonso Mosquera
lundi 8 octobre 2007,
Radio Kiskeya

Le boxeur canadien d’origine haïtienne, Joachim Alciné, champion du monde WBA des superwelters (154 livres), mettra son titre en jeu pour la première fois le 7 décembre prochain à Montréal face au panaméen Alfonso "El Huracàn" Mosquera, a annoncé lundi l’Association mondiale de boxe (WBA) à Ciudad de Panama (Panama).
Devenu le roi de la catégorie en battant le 7 juillet dernier le boxeur américain Travis Simms, jusque là invaincu, Alciné, affectueusement surnommé "Ti Joa", prépare sérieusement depuis quelques semaines la défense de sa couronne qui lui a permis d’accéder à la célébrité sur sa terre d’adoption, le Québec.
Agé de 31 ans, l’haïtien devenu canadien, qui compte un record de 29 victoires en autant de combats, dont 18 K.O, est le premier représentant de son pays natal à décrocher un titre de champion du monde sur le ring.
Quant à son futur adversaire panaméen, Mosquera, 27 ans, son palmarès est de 19 victoires contre 5 défaites. Il affirme consacrer tout son temps à un intense travail de préparation en vue de ne pas laisser passer cette "opportunité de s’emparer du titre mondial". "El Huracàn", champion de la Fédération latinoaméricaine de boxe (FEDELATIN) et bien placé dans le classement mondial, devra cependant être au sommet de son art pour espérer triompher de Joachim Alciné doté d’une technique redoutable.
Né aux Gonaïves le 26 mars 1976, le champion du monde avait émigré très jeune au Canada en compagnie de ses parents. Il est resté malgré tout très attaché à Haïti où il compte notamment parrainer la scolarisation d’un certain nombre d’enfants pauvres. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4239

Fin de la visite en Haïti d’une délégation américaine

Des congressmen dont John Conyers et Marie Saint-Fleur d’origine haïtienne ainsi que Ron Daniels ont bouclé au Palais Législatif une visite consacrée à la promotion de Milot
lundi 8 octobre 2007,
Radio Kiskeya

Une délégation de congressmen et activistes afroaméricains membres de Haiti Support Project s’est rendue lundi au Parlement avant de mettre fin à une visite de cinq jours consacrée à un projet de modernisation de la commune historique et touristique de Milot (Nord).
A l’occasion, le Représentant (Député) démocrate du Michigan, John Conyers, président de la commission justice de la Chambre des Représentants a salué le travail de la commission justice et sécurité du Sénat haïtien présidée par Youri Latortue.
Très proche de Lavalas, Conyers a aussi appelé à la multiplication des échanges entre les parlementaires d’ici et de Washington en vue de la consolidation de cette forme de coopération haïtiano-américaine.
Le Sénateur Latortue a abondé dans le même sens tout soulignant l’importance de cette visite de la délégation au Palais Législatif.
Pour sa part, Ron Daniels, le président de Haiti Support Project, a mis l’accent sur le rêve que nourrissent les membres de l’organisation, celui de transformer Milot en une ville moderne à travers un projet de développement ambitieux
Dans nos murs depuis mercredi dernier, la délégation réunissait également d’autres membres du Black Caucus dont la première Représentante américaine d’origine haïtienne, Marie Saint-Fleur. Cette élue du Massachussets, qui avait quitté sa terre natale dans sa prime enfance, a noué ses premiers contatcs avec Haïti dans un créole bien articulé.
Le Président René Préval et l’ambassadeur des Etats-Unis à Port-au-Prince, Janet Ann Sanderson, se sont également entretenus avec les membres de Haiti Support Project. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4241

Il y a huit ans, l’ex-colonel Jean Lamy tombait sous les balles assassines

La femme de celui qui était pressenti au poste de secrétaire d’Etat à la sécurité publique sous Préval/Alexis I réitère ses revendications de justice face au complot du silence
mardi 9 octobre 2007,
Radio Kiskeya

Ce lundi ramenait le huitième anniversaire de l’assassinat du colonel Jean Lamy, abattu par un commando le 8 octobre 1999 à Port-au-Prince alors qu’il se préparait à succéder à Robert Manuel au poste de secrétaire d’Etat à la sécurité publique du cabinet Préval/Alexis, première version.
Huit ans après ce meurtre vraisemblablement commandité, l’épouse de l’ancien officier des Forces Armées d’Haïti (FAd’H) a appelé Radio Kiskeya de New York où elle vit avec ses enfants pour souligner que l’enquête criminelle ouverte sur la disparition de son mari s’était terminée, comme beaucoup d’autres, dans le silence et la plus grande indifférence.
Mme Lamy ne peut toujours pas découvrir le visage des assassins qui bénéficient largement de la démission des autorités judiciaires. Confiée dans un premier temps au juge Eddy Darang, l’instruction de l’affaire a été abandonnée. Tous les magistrats instructeurs sollicités l’ont gentiment repoussée, lui conseillant même parfois de "consacrer sa jeunesse à l’éducation de ses enfants".
Pratiquement désigné comme le nouveau patron de la sécurité publique dans un contexte politique extrêmement troublé, Jean Lamy avait été exécuté dans les derniers jours de ses fonctions de conseiller spécial à la direction générale de la Police Nationale dont Pierre Denizé tenait les rênes.
Selon différents témoignages de sa famille, le colonel se rendait à un rendez-vous important consécutif à la réception d’un appel téléphonique losrqu’il a été assassiné. Atteint de plusieurs projectiles au volant de son véhicule à l’angle de Lalue et de la ruelle Berne (centre de la capitale), il devait décéder peu après son admission à l’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti (HUEH).
Lors des funérailles, organisées le 16 octobre à la cathédrale de Port-au-Prince, l’ancien major et futur Sénateur contesté, Danny Toussaint, très proche du défunt, se voyait porter en triomphe par des partisans galvanisés sous le regard inquisiteur de Jean-Bertrand Aristide, déjà engagé dans le processus de récupération du pouvoir en 2001. Ce jour-là, même le directeur de la PNH, Pierre Denizé, agressé, avait dû compter sur la "bienveillance" de l’ancien chef d’Etat pour regagner son véhicule.
Ces adieux mouvementés à Jean Lamy devaient annoncer une longue saison de règlements de compte meurtriers au sein de Lavalas, jamais élucidés. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4243

La CDF tire la sonnette d’alarme pour le lac Azueï

Les responsables de la Commission de Développement Frontalier (CDF) ont réalisé vendredi, une visite en vue d’évaluer l’état de dégradation du lac Azueï et de son environnement. Le directeur exécutif de la CDF, Max Antoine II, réclame des mesures urgentes des différents ministères en vue d’empêcher l’augmentation du niveau du lac. Tout en affirmant que cette situation est préoccupante, Max Antoine souligne que l’augmentation des eaux du lac est due aux inondations enregistrées dans la région ces dernières semaines.
" Les terres sont inondées, les plages sont détruites, c’est une région avec un potentiel touristique énorme qui se dégrade par manque d’entretien", ajoute t-il. Selon Max Antoine l’augmentation du niveau du lac fragilise l’environnement et rend plus difficile la vie des résidents de la région. " Il y a des risques d’inondations, des possibilités d’épidémies et probablement la perte d’une partie du territoire", argue t-il. Les membres de la délégation ont constaté que le lac devient de plus en plus sale et que les localités avoisinantes ont été inondées après les dernières averses.
De plus, Max Antoine dénonce l’exploitation anarchique des carrières de sable dans les mornes entourant le lac Azueï, précisant que ceci aura pour conséquences de provoquer de plus graves inondations. " Si un jour le lac déborde, les eaux atteindront Thomazeau, Croix-des-Bouquets et la localité de Lafiteau et causeront d’énormes pertes en vies humaines", prévient-il.
De son coté, l’historien Georges Michel, a fait remarquer que le canal d’évacuation du lac Azueï n’a pas été curé depuis plusieurs années. " En 1918 sous la première occupation un canal déversoir avait été construit pour évacuer l’eau dans la région de Sources Puantes", dit-il mettant l’accent sur le niveau trop élevé du lac. M. Michel estime urgent de contrôler le niveau du lac qui continue à augmenter au rythme des averses et des inondations. " Sur la rive est du lac il y a une bande de terre appartenant à Haïti qui est en danger", ajoute t-il rappelant que les dominicains jouissent d’un droit de navigabilité sur le lac Azueï.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.phtml?id=13103

La PNH a renforcé le dispositif sécuritaire au centre ville

Le porte parole de la Police Nationale d’Haïti (PNH), Frantz Lerebours, donne l’assurance que les nouvelles dispositions sécuritaires permettront de réduire les multiples "cas de petites et moyenne délinquance " enregistrés ces dernière semaines dans la capitale.
Selon lui les nouvelles dispositions seront combinées avec la sortie de la nouvelle promotion de la PNH qui permettra de combattre efficacement la délinquance dans le centre commercial de Port-au-Prince. " S’il y a des gens lourdement armés qui attaquent les commerçants ceci va avoir le traitement approprié", dit-il. Interrogé sur la nécessité de dispositions urgentes, M. Lerebours a indiqué qu’il y a eu au cours du week end un important déploiement d’effectif de la police au centre ville et à Delmas.
Frantz Lerebours ne veut pas dévoiler les autres points de la stratégie de la PNH, mais fait état d’un renforcement du sous commissariat de Port-au-Prince. Répondant aux critiques sur le rôle de pompier de la PNH, il souligne que les déploiements à travers le pays ne peuvent réduire la criminalité à zéro. Le porte parole de la PNH, refuse de parler de l’augmentation des actes de violence, mais plutôt d’une augmentation des infractions dans la région métropolitaine.
Intervenant à la rubrique " Invité du jour" de radio Métropole, M. Lerebours a dit ne pas croire à une réorganisation des gangs armés, précisant que les forces de l’ordre s’appliquent à consolider les acquis sécuritaires.
Par ailleurs, en ce qui a trait à l’utilisation d’un véhicule volé en République Dominicaine, M. Lerebours a expliqué que la voiture en question avait été mise à sa disposition par un ancien responsable de la DCPJ. " C’est le juge Jean Carves qui avait donné l’autorisation pour utiliser le véhicule et ceci est une formule utilisée exceptionnellement pour les autorités", argue t-il.
Tout en refusant d’entrer dans une polémique avec le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Claudy Gassant, qui avait fait la révélation, M. Lerebours affirme avoir la conscience tranquille. " Je n’ai rien à me reprocher", dit-il précisant qu’il n’utilise plus la voiture qui sera sous peu expédié en République Dominicaine.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.phtml?id=13105

L’interpellation du premier ministre n’est pas une priorité pour le président du sénat

Le président du sénat, Joseph Lambert, révèle n’avoir pas acheminé la lettre d’interpellation au premier ministre, Jacques Edouard Alexis, comme convenu avec les sénateurs.
La séance d’interpellation préalablement fixée au 16 octobre a été reportée selon Joseph Lambert pour qui d’autres dossiers plus importants méritent l’attention des parlementaires. " Aujourd’hui il y a des débats beaucoup plus importants que l’interpellation tels les debats sur le Conseil Electoral Provisoire (CEP), les élections sénatoriales, la modification de la constitution, le chômage et la vie chère ", indique le président du sénat qui révèle avoir pris seul l’initiative de ne pas expédier la lettre d’interpellation au Premier ministre. Joseph Lambert souhaite plutôt que les sénateurs dans les prochains jours engagent des débats avec les représentant des différents secteurs de la société sur des thèmes brûlants d’actualité. Interrogé sur une date probable pour l’interpellation du premier ministre, le sénateur Lambert affirme ne pas voir la nécessité d’une interpellation. " Les sénateurs n’avaient pas fixé une date pour l’interpellation et la situation par rapport au commissaire du gouvernement Claudy Gassant a évolué ", dit-il. La semaine dernière, le premier ministre, Jacques Edouard Alexis, s’était dit prêt à répondre à une interpellation du grand corps. " Le chef du gouvernement n’est pas élu, il peut partir à n’importe quel moment ", avait indiqué M. Alexis se déclarant relativement satisfait de l’action de son gouvernement. Par ailleurs, le président du sénat est préoccupé par l’organisation des élections pour le renouvellement du tiers du sénat, se déclarant favorable à ce que le scrutin soit organisé par un conseil électoral provisoire. " Il ne faut pas qu’il y ait un vide institutionnel puisqu’une assemblée de 19 sénateurs aura une marge de manœuvre réduite", fait-il remarquer précisant que ceci est sa principale préoccupation.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.phtml?id=13106
Commentaires :
Cette nouvelle tombe à pic au moment ou l’on se demande ou en est la justice avec le dossier de drogue impliquant profondément l’actuel président du Sénat haïtien comme principal suspect.
De scandales en scandales celui de Tiburon a été expulsé et remplacé par les démêlés faisant intervenir le tout puissant et l’omniprésent commissaire du Gouvernement.
Ce qui est encore plus triste c’est la prédisposition de l’opinion publique a accepter notre fameux « kase fèy kouvri sa » sans broncher. Un scandale de plus. Des enquêtes sans suites.
Avec la démarcation du président du sénat haïtien de la prochaine interpellation du chef du gouvernement qui ne saurait s’en sortir sans un vote de censure ressemble trop à un échange de bon procédé…
Il faudra attendre, et ceci n’en déplaise aux nationalistes inconditionnels, que les mains de l’oncle Sam traversent les mers et les océans pour demander des comptes.
Dommage..
Monsieur Lambert lui-même n’a pas intérêt à se limiter à se satisfaire d’un silence ou d’un semblant d’oubli sinon pap gen dlo ki pou lave misye.

lundi 8 octobre 2007

Élements pour une politique nationale de l'artisanat

La tenue de la Foire Populaire « Artisanat en Fête » est pour le Ministère des Affaires Sociales et du Travail (MAST) l'occasion, d'une part, de réaffirmer le statut de l'artisanat comme secteur porteur de l'économie nationale, et d'autre part, de présenter au pays tout entier, aux acteurs du secteur de l'artisanat, en particulier, des éléments d'orientation pour une véritable politique nationale de l'artisanat.
L'apport de l'artisanat à la vie socio-économique du pays est apprécié à travers des paramètres tels que : la population active occupée par l'artisanat, soit décoratif soit utilitaire, tant en milieu rural qu'en milieu urbain, la créativité des artisans, l'image de marque de l'art et de la production artisanale, ainsi que les opportunités ouvertes aux produits de l'artisanat décoratif haïtien à l'exportation, etc.
Ce qui en fait, à la fois, un secteur important de création de richesses comme de lutte contre la pauvreté, donc un vecteur majeur de promotion de l'intégration socio-économique des masses. Cette double dimension consacre la place centrale de l'artisanat dans la stratégie du Ministère des Affaires Sociales et du Travail comme élément devant mobiliser les forces vives du pays, et contribuer à limiter et réduire sensiblement le chômage des jeunes.
A cet égard, un des objectifs majeurs que poursuit le MAST, dans le cadre de son Plan d'Actions 2007 -2011, est le développement du secteur de l'artisanat par la structuration et l'organisation du secteur, la mise en place et/ou le renforcement de mécanismes adéquats de promotion, de valorisation des artisans et des petits métiers urbains, de renforcement, de normalisation, et de valorisation de la production, de soutien aux micro et petits artisans ainsi qu'à l'offre exportable haïtienne de l'artisanat décoratif.

La politique du MAST repose fondamentalement sur le développement de l'accès de l'artisan aux ressources productives, de stratégies de coopération et de mise en réseau des MPME. Elle s'articule autour des cinq domaines ou axes suivants :
- Statut de l'artisan
- Organisation et animation des filières artisanales
- Normalisation et renforcement de la production
- Financement
- Information et Promotion commerciale
Ce cadre de référence permet de dériver un programme d'actions en vue du renforcement du secteur. Les prochaines sections déclinent ces actions.
1. Statut de l'artisanAu titre de cet axe, il s'agit, avant tout, pour le MAST, de rechercher l'amélioration du cadre de fonctionnement de l'artisan en Haïti. L'action prioritaire sera menée surtout au niveau juridique. Elle constitue en l'élaboration et la mise en application d'un Code définissant et reconnaissant le statut de l'artisan haïtien. Ce Code de l'artisan, élaboré, validé par le secteur, voté par le Parlement et promulgué, permettra d'ouvrir l'accès de l'artisan haïtien, en milieu rural et en milieu urbain, à un paquet minimum de services ou à des ressources productives, tels formation et encadrement technique, information commerciale, crédit commercial, services de sécurité sociale, etc.

2. Organisation et animation des filières artisanales
La définition du statut de l'artisan permettra de valoriser l'artisan. Ce qui favorisera, à moyen terme, la promotion du développement de l'esprit d'appartenance réseau chez les artisans haïtiens.
Dans la foulée, le MAST entend promouvoir l'organisation et l'animation des filières artisanales, comme deuxième domaine d'actions devant renforcer encore plus la valorisation de l'artisanat haïtien, par un appui direct aux associations et aux chambres d'artisans. Sous ce registre, les mesures concernent l'octroi de subvention, la mobilisation de crédit et de l'assistance technique, la promotion de l'achat en commun d'intrants et de matières premières ainsi que des facilités fiscales à cet effet, le partage de facilités de production entre artisans et de commercialisation conjointe de la production d'articles d'artisanat, et finalement la promotion d'une plus grande division du travail entre les artisans.
La coopération inter-institutionnelle et le partenariat avec des regroupements d'artisans pour la mise en place de centres de formation spécialisés en artisanat et de programmes de diffusion de technologie appropriée au profit des artisans, pour des études sur les filières et les sources d'approvisionnement, pour l'appui au développement de chaînes d'approvisionnement et de valeur dans les filières artisanales, pour la réalisation d'ateliers de diffusion et de partage d'informations, participent également de cet effort d'organisation des filières.
A cet égard, il faudra repenser la mission de l'Office National de l'Artisanat (ONART), qui ne jouerait plus des rôles d'opérateur mais plutôt de leadership, d'encadrement, d'animation et d'organisation, de veille, et de mobilisation de l'assistance technique et d'autres ressources productives au profit du secteur.
3. Normalisation et renforcement de la production

Dans un secteur exposé à la concurrence de la Chine et d'autres pays asiatiques, ce 3ème axe concerne l'ensemble du Gouvernement et vise à permettre de préserver la compétitivité de l'artisanat décoratif haïtien. Cet axe concerne l'amélioration de procédés de fabrication, la formation des artisans en normalisation et standardisation, l'appui à l'implantation de normes et à l'application de standards internationaux de sécurité, la réalisation d'investissements en capacité (volume de production) et en technologie (innovation technologique), en vue du passage d'un système de production purement artisanale à une production semi industrielle, et également de l'amélioration de la productivité, de la qualité et de la compétitivité dans une vingtaine de PME artisanales exportatrices ou à vocation exportatrice. A ce chapitre, certains sous-secteurs, tels la broderie, la peinture sur tissu, sont particulièrement indiqués.
La réalisation de ces investissements en biens d'équipements nécessitera des débours substantiels, et conséquemment la disponibilité de mécanismes de financement novateurs, tels un fonds de garantie et/ou de capital-risque pour la modernisation de ces PME.
4. Financement
A ce chapitre, le MAST promeut vigoureusement la mise en place d'un fonds de crédit et d'un fonds de garantie au bénéfice des artisans, dans le cadre d'un partenariat avec les opérateurs du système financier national en vue de dégager un fonds de micro-crédit et un fonds de garantie pouvant atteindre jusqu'à 5,000 artisans dans le secteur décoratif.

5. Information et promotion commercialeL'axe Information et Promotion commerciale doit favoriser la mise en oeuvre d'une stratégie cohérente et d'une meilleure organisation de l'effort de promotion de l'artisanat haïtien. Il comprend quatre activités, à savoir :
- La mise en place d'un système d'information commerciale devant permettre de générer systématiquement et de façon permanente les données commerciales et de guider les décisions des artisans haïtiens en matière de commercialisation ;
- L'exploitation systématique des opportunités ouvertes par le e-commerce ;- La participation des artisans à des foires, la prospection de marchés d'exportation, la promotion des ventes et le développement de supports promotionnels, etc.

- Le développement de produits devant permettre d'exploiter au maximum la créativité et l'image de marque de l'artisanat haïtien, d'adapter ou d'améliorer, par la recherche et développement (R & D), les produits existants pour mieux répondre aux besoins des marchés d'exportation, etc.;
Nous terminons cette section en relevant le caractère structurant des mesures proposées. Le nouveau climat de stabilité, qui prévaut dans le pays, permet, pour la première fois au cours des 20 dernières années, de poser des problèmes de fond et de considérer les solutions pour l'artisanat, secteur porteur à double impact sur l'économique et le social en Haïti. Le MAST convient de travailler sur le moyen et le long terme, et convie tous les partenaires institutionnels intéressés par l'artisanat à le rejoindre dans un combite national pour le plus grand bien de notre pays.
Gérald Germain, Ministre

http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=49328&PubDate=2007-10-08
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Commentaire :
Quand le secteur officiel s’en mêle !
L’enthousiasme qui s’est emparé de certaines individualités et institutions du pays pour la promotion de notre artisanat reste très encourageant. L’idée d’une foire dédiée de deux jours représente une vraie lumière pour éclairer ce sentier destiné à conduire cette activité vers une reconnaissance éclairée du talent de ceux qui gagnent leur vie grâce à l’agilité, et à la maîtrise de certains matériaux qui sont transformés au gré de leurs fantaisies et de leur imagination.
Le résultat est une production variée et riche en formes et en contours.
Cependant quand le secteur officiel s’en mêle avec discours-clichés circonstanciels à l’appui on a envie de s’exclamer : Messieurs soyons sérieux. Ce sont les mêmes diatribes vidées de sens et de convictions qui font mal à l’oreille avertie. Il suffirait de changer le vocable artisanat pour d’autres mots tels que éducation, finances, musique, agriculture, sécurité entre autres et le discours ne pêcherait point d’incohérence ni d’incompréhension.
Personne ne s’attend réellement à ce qui est une prise en charge conséquente de cette activité. Jusqu’à la preuve du contraire, le recul permet d’aller dans le sens de l’histoire : de beaux discours prometteurs face à une inactivité pathologique ponctuent tout le passage des ces ministres et ces directeurs généraux qui comme motif de satisfaction se contente d’avoir, durant leur exercice, amassé suffisamment d’argent pour protéger leurs descendance de tous les soucis financiers et économiques à venir…
Monsieur le ministre, osez nous démontrer le contraire !

La ville des Cayes appelle au secours


Malgré l'apparition timide du soleil, et la descente des eaux qui recouvrent la quasi-totalité des rues de la ville, les Cayens continuent de s'inquiéter d'une recrudescence des averses sur la troisième ville du pays. Les craintes de la population du sud d'Haïti ont augmenté après les déclarations du ministre de l'Intérieur et des Collectivités territoriales, Paul Antoine Bien-Aimé qui a décrété, jeudi, l'alerte rouge sur 4 départements d'Haïti dont le sud, exposés aux risques d'inondation, d'éboulements et de glissement de terrains au cours des prochaines 48 heures. Ceci, dit-il, à cause d'une onde susceptible de se transformer en cyclone.
Entre-temps, les effets des dernières inondations du Sud sont très visibles et frappent durement la population des Cayes et des communes environnantes les plus touchées (Torbeck, Saint-Jean du Sud, Port-Salut) où les marchés publics fonctionnent au ralenti et les produits de première nécessité plus rares et plus chers. Ajoutez à cela l'insalubrité, la pollution des sources et les risques de contamination qui guettent les habitants de la région.Ces derniers attendent incessamment les secours des autorités haïtiennes qui, près d'une semaine après le début des averses et plus de 48 heures après la visite du ministre de l'Intérieur, Paul Antoine Bien-Aimé, se font toujours attendre.
Face à cette situation, le maire de la 3e ville du pays, Yvon Chéry, intervenant jeudi sur radio Métropole, a fait mention de l'état critique de la ville et des dommages causés dans les sections communales par les inondations. La métropole du sud et les communes environnantes les plus touchées par les inondations (Torbeck, Saint-Jean, Port-Salut) continuent d'attendre les secours des autorités haïtiennes près d'une semaine après le début des averses et plus de 48 heures après la visite du Ministre Paul Antoine Bien Aimé. Le maire des Cayes, Yvon Chéry, affirme que la situation est critique après les inondations qui ont causé des dommages importants dans les sections communales notamment. La localité de Laborde, située à quelques km des Cayes sur la route menant à Camp-Perrin est une des régions les plus touchées, a laissé entendre le maire. Information confirmée par le bureau de la protection civile qui fait état d'un mort et d'un millier de maisonnettes inondées dans plusieurs localités notamment Laurent, Simon, quatre Chemins et Laborde.

Selon le maire Yvon Chéry, les fréquentes inondations qui frappent la ville sont dues au déboisement du Pic Macaya, une des plus grandes réserves forestières du pays, et aux constructions anarchiques pullulant la ville transformée en un marché public. Il est urgent de procéder au nettoyage des canaux d'écoulement des eaux usées et des égouts près desquels les étalagistes installent des containers. Jusqu'à ce jeudi, les autorités gouvernementales n'avaient fourni aucune aide aux sinistrés indique le maire Yvon Chéry. Aussi lance-t-il un SOS aux autorités gouvernementales afin de venir en aide aux sinistrés qui ont besoin de nourriture et de vêtements.
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=49397&PubDate=2007-10-08
3000 familles sinistrées aux Cayes
3000 familles sont sinistrées dans le sud d'Haiti, après les inondations enregistrées le 1er octobre dernier. De nombreuses personnes ont été placées dans des abris provisoires.Les dégâts matériels ne sont pas encore chiffrés, mais on sait que la prison civile, le commissariat de police, le centre hospitalier et l'aérogare des Cayes, 3ème ville d'Haiti, sont restés fermés, après avoir été affectés par les inondations, signale l'agence en ligne, AlterPresse.Une quantité non définie de maisons privées ont également été inondées.
C'est toute la métropole du Sud d'Haïti qui a été paralysée, consécutivement à la montée des eaux. Une rareté de produits de première nécessité, notamment le pain, se fait également sentir dans la ville et ses environs pendant l'inodation.Cette dernière est due aux effets d'une onde tropicale qui traverse ces derniers jours la partie méridionale d'Haïti. A ce sujet, le bureau de la protection civile haïtienne appelle les populations des autres régions à la prudence en raison des risques d'averses.
Les conditions météorologiques sont encore favorables à du mauvais temps, voire des intempéries, jusqu'à ce 3 octobre 2007 sur l'ensemble du territoire d'Haiti.

http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=49376&PubDate=2007-10-08

La Saint-Jérôme à la Petite-Rivière de l'Artibonite

En prélude à la célébration de la fête de Saint Jérôme, patron de la ville de Petite-Rivière de l'Artibonite, un tridium a été organisé en l'église paroissial les 27, 28 et 29 septembre 2007 autour du thème « Le rôle des saints dans l'Eglise ».
Des séminaristes et des prêtres de la paroisse ont débattu ce thème combien vaste et important pour le plus grand bien des fidèles. Les orateurs en ont profité, avec force détails, pour apprendre aux fidèles que les saints sont des hommes comme nous et nous sont présentés en tant que modèles sur lesquels nous devons façonner notre vie. Dieu est jaloux et lui seul doit être adoré...
Le dimanche 30 septembre, à dix heures du matin, une procession formée de dix (10) fillettes vêtues de blanc, portant des chaussettes et une ceinture rouge, d'enfants de choeur, de seize (16) prêtres dont treize (13) arborant l'étole blanche et les trois autres la chasuble blanche, partie du presbytère, s'est regroupée sur le parvis de l'église.
Mlle Fana Sénatus, la commentatrice du jour, a parlé de la vie de Saint Jérôme, de son travail et du rôle qu'il a joué dans l'Eglise. Elle a invité l'assistance à imiter Jérôme et à donner à la parole de Dieu la première place dans sa vie. Aussi a-t-elle demandé à la chorale paroissiale dans sa tenue des grandes fêtes - complet bleu marine et chemise ou corsage bleu ciel pour les hommes et pour les femmes, de guider les pas des membres de la procession à travers le chant : « Célébrons le nom de Dieu, aujourd'hui c'est notre fête ». Les dix fillettes ont mimé ce beau chant à la satisfaction de l'assistance. Le révérend père Dachemy Destiné, le célébrant principal, entouré de ses collègues Mario Augustin et Marc Eddy Dessalines, fermait la marche tout en aspergeant d'eau bénite les fidèles se trouvant sur son passage.
Après avoir encensé l'autel, faire les salutations d'usage, campé la personnalité de celui dont l'Eglise fait mémoire le 30 septembre, la chorale paroissiale sous la direction de M. Gulbert Benoit, habilement secondé par Cassandra Gervil et Fabienne Fanord respectivement au violon et à la violoncelle, a chanté « Je vis la Nouvelle Jérusalem ».
Le R.P. Destiné a invité l'assistance composée de fidèles, de pèlerins, de Rivartibonitiens venus de la capitale et de la diaspora à se reconnaître pécheresse. Le Kyrie et le Gloria ont été magistralement chantés pour le bonheur des participants qui se sont recueillis en la circonstance pour louer le Seigneur.
Mlle Sénatus s'est approchée d'un des lutrins pour inviter M. Francklin Estimé à faire la lecture de la parole de Dieu à partir du livre de la Sagesse au chap 11 verset 23, puis 12, les deux premiers versets. Après le chant de méditation, ce fut le tour de Mlle Cladène Mervilus de porter le deuxième message du jour à partir du 2e livre de Thimotée, chap 3, 14 à 17.
Quant à l'évangile, il a été proclamé par le R.P. Marc Eddy Dessalines, curé de Marchand-Dessalines, à partir du livre de Matthieu au chapitre 13, les versets 47 à 53. Il a été chargé égalementdu sermon dans lequel il a mis l'accent sur la soif de justice de tout un chacun. Il a parlé en long et en large de Saint Jérôme dont la plus grande oeuvre est la Vulgate, traduction de la Bible en latin.
Il en a profité pour saluer les parlementaires, les autorités civiles et policières, dont l'honorable Youri Latortue, premier sénateur de l'Artibonite, le maire Rolin Delva, le commissaire de police Yves Joseph Candio, l'ancien président du Sénat de la Républque, l'honorable Déjean Bélizaire, les députés Cholzer Chancy (Ennery), Jean Pressoir Dort (Dessalines) Gustinvil Astrel (Petite-Rivière), Dorsonne Jean Beauvoir (Verrettes), Eliphète Noël (L'Estère).
A l'offertoire, Mlle Sénatus a invité les fidèles, les dévots et autres à offrir à Dieu une partie du fruit de leur labeur. L'occasion a été donnée à l'assemblée d'apprécier la procession d'offrande faite par dix (10) dames, pieds nus et portant la même robe bleu. Partie de la porte principale, elles ont mimé le beau chant O kote ou ye. Elles ont été très applaudies. Le Sanctus a été magistralement chanté en latin, faisant ainsi résonner les voûtes de l'église Saint Jérôme. Au baiser de paix, les prêtres ont manifesté leur joie, leur fraternité ecclésiale. Eparpillés à travers le diocèse des Gonaïves, ces retrouvailles ne sont pas faciles. Aussi ont-ils mis leur coeur, leur âme pour chanter, en se tenant la main, la prière reçue du Sauveur.
Trois beaux chants ont été exécutés par les membres de la chorale paroissiale pour mieux accompagner tous ceux qui ses sont approchés de la table du Seigneur pour partager son Corps et son Sang. Le festin terminé, la chorale a chanté avec l'assemblée un chant d'action de grâce en signe de remerciements à celui qui est, qui était et qui sera éternellement.
Dix (10) fillettes revêtues de jaune, de rose, de saumon et de blanc ont gravi le maître -autel où elles se faisaient apprécier dans leur mime. Il revenait au R.P. Maurice Christophe, curé de la paroisse, d'adresser ses remerciements à l'assistance tout en leur souhaitant « Bonne fête Saint Jérôme ».
Il a parlé de la nécessité pour tout un chacun de prendre conscience de ce qu'on est afin d'apporter sa pierre au développement de la Petite-Rivière de l'Artibonite dans un «Tèt ansanm pou peyi a chanje».
Au nom de tous les fidèles, il a adressé ses remerciements en tout premier lieu au R.P. Cachemy Destiné, ensuite au R.P. Dessalines pour le sermon du jour et sa présence aux côtés du célébrant principal.
Il les a étendus à ses collègues dans le sacerdoce qui sont venus d'un peu partout dans l'Artibonite. Il les a tous mentionnés. Qu'il s'agisse des Pères Chéry, Prévilon, Georges, Bernard de Lascahobas, Valeur de Port-au-Prince, merci à tous les prêtres qui ont célébré l'Eucharistie avec lui. Qu'ils en soient tous remerciés !
Merci aux sénateurs Latortue et Bergromme ; aux députés, aux maires ; aux délégués de ville et des chapelles ; au commissaire Yves Joseph Candio et à tous les policiers qui travaillent à la sécurité de la population.
Il n'a pas manqué de les étendre à tous les autres membres des secteurs de la société civile. Les membres de la presse parlée, écrite et télévisée. Pour ne pas omettre de citer des noms, il a remercié tous ceux qui ont collaboré et qui collaborent encore à la réussite de la fête.

A l'issue de cette cérémonie religieuse, les autorités civiles et policières, les notables, les religieux, les membres de la presse ont été invités au presbytère où une table garnie a été dressée en leur honneur. Tout un chacun, dans une ambiance fraternelle et conviviale, a mangé et s'est désaltéré.
Un grand merci aux révérends pères Christophe et Charles qui sont responsables du clergé paroissial et qui ont donné à cette célébration, ce cachet en invitant Cassandra et Fabienne à faire apprécier leur talent au violon et à la violoncelle.
A tous les fidèles venus de partout, aux Rivartibonitiens de l'intérieur comme de l'extérieur, nous leur disons Merci et Bonne fête ! Que Manman Marie les couvre de son manteau et que Saint Jérôme les protège !
Fred McGuffie
L'histoire de l'église Saint Jérôme de la Petite Rivière de l'Artibonite remonte à l'année 1623. A cette époque, les prêtres qui desservaient cette église prêtaient leurs services à l'église des Gonaïves, selon ce que le R.P. Maurice Christophe nous a appris. Cette église est la plus ancienne du département de l'Artibonite, et était de plus grande dimension avant d'être par la suite brûlée. La nouvelle église, celle dans laquelle a été célébrée la messe en l'honneur de Saint Jérôme, patron de la ville, a été construite en 1948.
Le tabernacle et l'autel datent du temps de la colonie ainsi que le fauteuil du curé.
A la Petite-Rivière, on rencontre les soeurs de Saint Paul de Chartre qui travaillent à Savane à Roche.- Soeurs de Sainte Thérèse qui sont en charge de l'asile où se trouvent les pauvres.- Soeurs de la Charité qui ont une école dans le centre de la paroisse.
Le R.P. Maurice Christophe est originaire de Marchand-Dessalines et se présente comme le petit-fils du roi bâtisseur. Comme lui, il a entrepris certaines constructions dans la paroisse. A son actif, il a entre autres :
- agrandissement et rénovation du presbytère;
- réparation de l'église Saint Jérôme;
- clôture du presbytère, sécurisation de l'église.
Le 4 octobre 2007, le R.P. Maurice Christophe bouclera sa 9e année à la tête de la paroisse.. Il a été installé dans ses fonctions le 4 octobre 1998 par le R.P. Jean Pélissier. Il remplace à ce poste le R.P. Valcourt.
Le R.P. Faubert Charles, originaire de L'Estère, est vicaire à la paroisse St Jérôme depuis tantôt 7 années.
La paroisse ne comptait qu'une seule école presbytérale. Aujourd'hui, on en compte 4 dont celle qui porte le nom de Mgr Emmanuel Constant.

- 18 chapelles sont desservies régulièrement par le curé Christophe et son vicaire Faubert Charles.
Petite-Rivière de l'Artibonite abrite le Palais des 365 portes. Il a été construit par le roi Henry Christophe en 1816. On y retrouve aussi le fort de la Crête-à-Pierrot qui a été construit par des Affranchis. Amélioré par les Anglais, il a été transformé par Dessalines en Citadelle. Ce fort fut le théâtre en mars 1802 de l'une des batailles ayant conduit à l'indépendance d'Haïti. Blanchie à la chaux, cette citadelle sert aujourd'hui de lieu de rencontre aux jeunes oisifs du coin.
On y retrouve aussi L'Estère Beach qui représente une plage où les jeunes prennent leurs ébats. La chute de L'Estère Beach est unique dans le département de l'Artibonite. Ce site représente aussi un lieu de prédilection pour poètes et artistes en quête d'inspiration.
Les jeunes Rivartibonitiens de l'intérieur travaillent en étroite collaboration avec l'Association JHOOVARE (Jeunes Haïtiens organisés oeuvrant volontairement pour l'amélioration et la restructuration de l'espace social) de la Petite-Rivière de l'Artibonite dans l'optique de promouvoir les potentialités touristiques de la zone.

Le drame à la rue Métellus, dans le soir pluvieux

Le dimanche 9 septembre 2007, je me tiens à la rue Métellus, en face du lieu du drame survenu dans la soirée du jeudi 6 septembre. Un adolescent de 19 ans - le baccalauréat fraîchement passé - emporté par les eaux furieuses parce que là, à l'intersection des rues Métellus et Chavannes, Pétion-Ville, deux égouts à ciel ouvert avaient élu domicile. Les deux bouches d'égouts sont restées trop longtemps sans couvercle. N'importe quel passant aurait pu avoir le sort de ce jeune homme qui a fait, dans le soir pluvieux, une chute mortelle dans l'un des deux égouts.
Au matin, attroupement des badauds. S'épuisant en commentaires stériles, en lamentations vaines. Ils étaient trois, trois jeunes revenant du terrain de foot de la Place Boyer où ils avaient tapé dans le ballon. Quand la pluie s'est mise à tomber à verse, la prudence aurait dû les commander de s'abriter. Mais, voulant regagner leurs pénates, ils s'aventurèrent dans la rue Métellus où déjà grondaient furieusement les eaux dévalant de la Montagne Noire. Minimisant le péril encouru avec les éléments naturels. A l'intersection, l'un s'avisa de remonter sur la droite et sous les yeux de ses deux camarades, eux-mêmes cheminant à gauche, il est happé par ce trou béant. Le corps inanimé ne sera retrouvé que le lendemain matin très loin dans la plaine, du côté de l'entrée de «Vivy Mitchel»
Toute la ville est choquée par le drame. Mais toute la ville avait remarqué le danger et avait choisi de poursuivre son chemin. Chacun a sa part de responsabilité dans l'incurie et l'inertie. Le citoyen n'alerte pas la Mairie, ne rameute pas la police pour éviter un accident, au pire : un drame..

L'automobiliste contourne l'obstacle ; le piéton évite soigneusement. La patrouille policière est frappée de cécité, les inspecteurs municipaux ont les yeux au ciel. Chacun tarde à corriger une situation anormale, prévenir un accident. C'est le règne de l'imprévoyance.
Quand, faute de protection, une vie est prématurément enlevée, alors on s'active. L'autorité de la ville s'empresse de faire le nécessaire, oh ! fait enfin ce qui aurait dû l'être longtemps déjà : replacer les couvercles. Il faut maintenant les voir, ces couvercles cimentés, frais, entourés de bordures en bois. Depuis que toute une famille pleure la disparition d'un être cher. Et que ça soulève de l'émoi. Toute la ville est remuée. Se sent enfin concernée. Interpellée. Ça aurait pu arriver à n'importe lequel d'entre nous. Désormais chaque citadin n'a-t-il pas l'obligation impérieuse de harceler les responsables pour leur faire appliquer l'adage : «Prévenir vaut mieux que guérir» ? Etant entendu qu'ils mettront en place les canaux de communication.
P.S.- Je m'aperçois qu'il ne suffit pas de déplorer et qu'il convient d'aller à la source du mal. Une proche me rapporte qu'une fois elle passait par là quand un jeune laveur d'autos vient à soulever le couvercle d'une bouche d'égout pour s'y enfoncer.«Mais que faites-vous là, mon garçon ?», s'enquit-elle.«J'ai un besoin pressant !», répondit l'interpellé.

2e cause : le lavage d'autos au coin de la rue
3e cause : le passage des poids lourds. Les couvercles finissent ainsi par céder.Ce n'est pas exhaustif. Ce sont là quelques pistes. De toute façon, là encore, la présence de l'Etat est recommandée.
Jean-claude Boyer
Dim. 9 sept 2007.
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=48364&PubDate=2007-10-07

La Sainte-Anne de l'Anse-à-Foleur:

Lieu de rencontre du merveilleux religieux de syncrétisme et de croyances populaires
A côté de la ville-au-Camp, réplique locale du temple de Salomon à Jérusalem, située à mi-chemin entre Port-de-Paix et Saint-Louis du Nord, la petite Sainte-Anne à l'Anse-à-Foleur est l'autre point de destination des visiteurs et des pèlerins en quête de miracles de toutes sortes venus implorer la vielle dame.
Deux (2) destinations et deux (2) points de mire donc qui contribuent à rendre un tout petit peu populaire le département du Nord-Ouest , frappé d'enclavement et d'isolement en raison de sa longue distance et du mauvais état de la route reliant Carrefour Joffre au chef-lieu Port-de-Paix. Un isolement quelque peu atténué ces derniers temps grâce aux très nombreux vols réguliers de la Tortug'air bien servie par le génial et talentueux Serge Philippe Pierre.
C'est tout à l'honneur de Ti Sainte Anne dont le pèlerinage revêt autant d'importance pour ses adeptes et fervents partisans que celui effectué à la Mecque par les Musulmans. Ce pèlerinage d'un genre particulier gagne en importance, en rayonnement et en popularité au fur et à mesure que les croyants et visiteurs qui s'y rendent obtiennent satisfaction et encouragent leurs proches, parents et amis à tenter leur chance, eux aussi. Frappés qu'ils sont par les épreuves et tribulations de toutes sortes, aux abois, les Haïtiens sont toujours en quête de réconfort et de soulagement. Et Ti Sainte Anne est là pour répondre et exaucer les prières et demandes de ceux et celles qui viennent l'implorer.
A Port-de-Paix et dans ses environs immédiats, la sainte est très peu sollicitée, il est tout autre pour la grande masse des bénéficiaires des autres régions du pays et de la diaspora qui vous avouent carrément qu'ils n'ont rien à envier à la Vierge qui a su régler leurs affaires. Qui dit mieux ? D'autant que la ville de l'Anse-à-Foleur peut s'enorgueillir d'être un point d'attraction pour des milliers de gens en quête de miracles, de guérisons, de mariages, de voyages, de résidences, de chances, de vengeances, de boules de borlette, de lottos 4 chiffres, de promotions, d'avancements, de libérations de la prison, de procès à gagner, et autres balivernes du genre.
Autant de raisons et de sources de motivation qui poussent hommes et femmes surtout, à venir faire leurs expériences et à venir «voir les miracles de l'Eternel, les ravages qu'Il a opérés sur la terre», selon ce verset tiré d'un psaume de la Bible.

Si Jésus de Nazareth était très peu apprécié par les siens, ailleurs et là où il faisait ses miracles, c'était l'enthousiasme, la ferveur et le débordement ; il en est de même pour la Petite Sainte Anne de l'Anse-à-Foleur dont la popularité, le rayonnement dépasse le cadre étroit de cette bourgade perdue dans le Département du Nord-Ouest.
Perdue, ce n'est pas peu dire, car cette commune est située au flanc d'une colline escarpée qui la surplombe de long en large entre une rivière peu clémente quand elle est en crue à l'Ouest et une mer très agitée lors des marées montantes au nord et qui la menace journellement, obligeant les habitants du littoral à abandonner leurs maisons, qui ne sont même pas nombreuses.
N'est-ce pas un miracle de la Vierge si la ville subsiste toujours coincée qu'elle est par les eaux de la mer et de la rivière qui ne jouent pas ? Elle vous rappelle carrément la Hollande ou les Pays-Bas dont le niveau de la mer est plus élevé que celui de la terre, et qui subsiste grâce à l'ingéniosité, à la perspicacité et au talent des ingénieurs hollandais passés maîtres dans l'art de faire la guerre à la mer pour la contenir en élevant de très fortes murailles qui bordurent le pays. Tel n'est pas le cas pour l'Anse-à-Foleur ; d'autant que comparaison n'est pas toujours raison. Mais la Sainte est là et qui veille, vigilante, sur ses enfants.
C'est l'occasion d'inviter tous et chacun, visiteurs catholiques professant le syncrétisme, adeptes du vaudou, ethnologues, anthropologues, sociologues, chercheurs, journalistes, simples curieux, à faire un petit coup de pied là-bas, à voir de leurs yeux, à se rendre à l'évidence et à tirer leur propre conclusion.
En attendant, faisons la démarcation entre la part de vérité et d'exagération qui enrobe tout ce système du merveilleux populaire et religieux de chez nous : deux (2) saintes et deux (2) orientations diverses pour une seule petite commune.
La Grande Sainte Anne de l'Eglise catholique
Le sous-titre même vous fait vite découvrir qu'à Anse-à-Foleur trônent majestueusement deux (2) sainte Anne : une grande et une petite, cohabitant dans la même localité et ayant chacune sa propre importance. Quant à la Grande Sainte Anne, c'est la patronne de la commune ou de la paroisse. Célébrée le 26 juillet, la fête de la Sainte Anne est aussi populaire à Anse-à-Foleur qu'elle l'est dans d'autres paroisses et diocèses du pays, tels que Sainte Anne à Port-au-Prince dans l'Ouest, ou à Camp-Perrin dans le Sud.
Là, il n'y a aucune équivoque, on commémore cette fête en l'honneur de Anne, la femme de Joachim qui est saint, mère de Marie, Donc Grand-mère de Jésus, Fils de Dieu. S'il y a un endroit du pays où cette fête est particulièrement célébrée, c'est dans la Plaine du Nord.
Revenons à Anse-à-Foleur pour dire que le clergé paroissial s'attache à la Sainte de l'Eglise catholique, honorée le 26 juillet de chaque année. Mais, parallèlement sous le regard indifférent de l'Eglise règne une activité trépidante journellement avec cette masse de pèlerins venus de partout faire leurs prières et demandes à Ti Sainte Anne, cette autre Sainte parallèle.
La Petite dans la grande Sainte AnnePetite en appellation, mais grande en renommée et en popularité dues surtout aux nombreux miracles, prouesses et vertus dont elle est à la base, la petite sainte mérite d'être mieux connue, perçue et appréciée. Aucun travail de vulgarisation et de promotion par aucune instance n'est jamais fait en ce sens. J'entends déchirer en partie le voile du temple pour que puisse éclater le scandale de la vérité. A ce moment-là, la Tite Sainte Anne sera connue et honorée sous son vrai jour et à sa juste valeur.
Ce qu'il faut savoir et retenir dans cette curieuse affaire de Ti Sainte Anne, c'est qu'il y a une légende pas trop élucidée à la base de cette dévotion et de cet engouement mystico-populaire.
Comment a pris naissance ce pèlerinage fait à la Vierge qui semble ne plus vouloir rester dans l'incognito jusqu'à provoquer d'éclatants miracles, mais qui malheureusement ne sont pas connus de la presse et du grand public ? Le moment est donc venu pour qu'une véritable dévotion soit consacrée à Tite Sainte Anne pour les nombreux bienfaits dispensés. Ce qui permettra que des visiteurs, chercheurs et touristes d'ici et d'ailleurs s'intéresseront à l'affaire, la prendront en cause jusqu'à ce que la Sainte ait un véritable rayonnement national et international.
A l'égal des pèlerinages effectués à Lourdes en France, à Fatima au Portugal, à Saint-Jacques de Compostelle en Espagne, à Notre-Dame de Guadelupe au Mexique, à Padre Prio en Italie, à la Vierge Noire en Pologne, etc, même si tous sont reconnus officiellement par l'Eglise. Notre Sainte Anne à nous, c'est une affaire nationale dans le sens du syncrétisme en usage chez nous.
L'histoire de «Ti Sainte Anne» ne remonte pas à très longtemps. Elle a pris naissance véritablement vers le début du XXe siècle à Anse-à-Foleur.
Selon la légende, un groupe de gens se rendaient en pèlerinage à Higuey en République dominicaine, pendant qu'ils traversaient les 21 passes d'eau une fillette a remarqué à l'eau une espèce de poupée dans différentes passes. Intriguée, elle a attiré l'attention des autres, et la statue fut ramenée à Anse-à-Foleur et jetée dans un coin.
On l'a d'abord jetée dans un puits, mais elle a réapparu à la même place à chaque fois jusqu'à ce qu'on décidât de la révéler au public selon l'avis de la Sainte parue en songe. Au début, il fallait 25 centimes pour la voir. Des 25 centimes, l'enchère est montée à 50 centimes, à 1 gde, 5 gdes jusqu'à ce qu'elle s'élève aujourd'hui à 10 gdes.
La première personne qui était en charge d'organiser le rituel du pèlerinage s'appelait Dédé Mezina, très proche de feu mon grand-père Dajeanson Dauphin. Quand je visitai Tite Sainte Anne pour la première fois j'avais 6 ans. La Dédé avait dit à ma maman feue Gloria Dauphin que j'étais dispensé de payer la gourde nécessaire parce que les Dauphin ont des rapports avec la famille chargée de gérer l'entreprise. C'est un devoir pour moi aujourd'hui de rendre la réciprocité et de contribuer à faire mieux connaître la Vierge qui sûrement doit m'aimer et m'adopter.
Devoir de mémoire
L'ayant visitée à trois (3) reprises, recueillant des témoignages et confidences de nombre de pèlerins et de fervents admirateurs, j'estime qu'il est de mon devoir d'aider à donner une nouvelle impulsion à Sainte Anne Charitable, de son vrai nom. On pourra en faire un très haut lieu de pèlerinage accueillant beaucoup plus de monde d'horizons divers venus apprécier cette merveille de chez nous et faire leurs propres expériences.
A ce moment-là, on pourra ériger un véritable sanctuaire en lieu et place de cette maison à étage que lui avait offerte un «armateur» qu'elle a fait sortir de prison aux USA. On ose aussi espérer que la Vierge pourra faire un jour un très grand miracle, un miracle national et collectif, consistant à susciter à la nation un libérateur, un personnage providentiel pour la tirer de ses déboires et difficultés. Elle aussi, elle doit être mécontente du sort et du traitement faits au pays, victime de la division et de la mauvaise foi de ses propres fils
Louis Anthony DauphinJournaliste, SociologueMaître-conférencier
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=48856

Des haïtiens parmi 150 nouveaux citoyens américains issus de 42 pays

26 compatriotes ont officiellement choisi la nationalité américaine samedi dans l’Etat de New York
dimanche 7 octobre 2007,
Radio Kiskeya

150 ressortissants de 42 pays, dont des haïtiens, sont devenus officiellement citoyens américains lors d’une cérémonie de naturalisation qui s’est déroulée samedi à Rockland, dans l’Etat de New York, rapporte le quotidien de la région The Journal News.
Haïti est arrivée en tête avec un total de 26 personnes qui ont prêté le traditionnel serment d’allégeance à la constitution américaine, devant L’Inde (21), la République Dominicaine (15) et les Philippines (10).
La cérémonie s’est déroulée au centre d’entraînement des sapeurs-pompiers de Ramapo en présence de plusieurs élus du comté de Rockland qui ont congratulé leurs nouveaux compatriotes. Certains d’entre eux se sont déjà inscrits sur les listes électorales et pourront donc exercer leur droit de vote dès les élections du mois prochain.
Chaque année, de nombreux haïtiens choisissent la nationalité américaine. Outre la jouissance des droits civils et politiques, elle accorde certains avantages sociaux et facilite surtout l’entrée aux Etats-Unis des familles des personnes naturalisées. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4238

Haïti-Rép. Dominicaine : Dénonciations de mauvais traitements du Cesfront contre des migrants haïtiens

vendredi 5 octobre 2007
P-au-P, 5 oct. 07 [AlterPresse] --- Des habitants de Dajabón, ville frontalière avec Ouanaminthe (Nord-Est d’Haïti), dénoncent, ce vendredi 5 octobre 2007, une série de mauvais traitements à l’encontre de migrants haïtiens par des soldats du nouveau corps dominicain spécialisé en sécurité frontalière (en espagnol, Cuerpo especializado en seguridad fronteriza -Cesfront-), apprend l’agence en ligne AlterPresse.
« C’était pénible de voir comment les membres du Cesfront maltraitaient les étrangers », déplore l’un des dénonciateurs, le journaliste Manuel Estévez, témoin oculaire, le jeudi 4 octobre, d’une intervention violente des soldats du Cesfront dans un chantier de construction situé au local du Lycée Manuel Arturo Machado dans la ville frontalière dominicaine.
Armes à la main, ces militaires ont malmené des ouvriers haïtiens qui travaillaient dans la reconstruction et l’amplification de ce centre éducatif, explique le ressortissant dominicain.
Le mardi 2 octobre 2007, des militaires du Cesfront ont interdit, avec violence, l’entrée à Dajabón de femmes de ménage et de travailleurs agricoles haïtiens travaillant depuis bien des années dans des foyers et des plantations dominicaines, selon des informations diffusées par l’agence en ligne Clave Digital.
Les avis concernant le Cesfront sont très partagés à Dajabón.
Certains habitants de la ville appuient cette force spéciale, surtout la lutte qu’elle mène contre le trafic illégal de migrants. D’autres critiquent des mesures prises par ce corps d’élite qu’ils jugent susceptibles de faire augmenter une situation de violence et de violation de droits humains à la frontière haïtiano-dominicaine.
« Nous voulons avoir à Dajabón 60% de ces 500 soldats » [du Cesfront], affirmait, dans un discours (publié dans le journal dominicain Listín Diario), le chef de ce nouveau corps, le major général Adriano Silvero Rodríguez, espérant que « Cesfront pourra disposer de 2,000 soldats d’ici à la mi-août de l’année 2008 ».
À rappeler que, le 26 septembre 2007, 500 soldats du Cesfront ont été investis de la mission de surveiller la frontière commune avec Haïti.
Au cours d’une cérémonie officielle organisée en la circonstance, les autorités dominicaines ont mis à la disposition de ce nouveau corps, créé par décret le 8 août 2006, 3 hélicoptères, 4 camions, 6 camionnettes et 3 jeeps afin de remplacer, dès le 27 septembre, les autres institutions militaires qui intervenaient jusqu’à présent dans les points frontaliers de Dajabón (ville frontalière avec Ouanaminthe), Elías Piña (Belladère), Pedernales (Anse-à-Pitres) et Independencia (non loin de Malpasse).
Les soldats de Cesfront ont suivi une formation militaire et policière spéciale pendant deux ans. Les opérations anti-drogue, le contrôle migratoire, le combat contre le terrorisme, la contrebande d’armes, de munitions, d’explosifs, ont été parmi les principaux thèmes de la formation.
Le Cesfront dépend des forces armées dominicaines, en particulier des forces armées aériennes et de la marine de guerre dominicaines. [wel rc apr 05/10/2007 11:00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article6479

La République Dominicaine rapatrie près de 4.000 haïtiens en quelques jours

Le général Adriano Silverio Rodrìguez, commandant du nouveau Corps spécialisé frontalier (CESFRONT), proclame la "tolérance zéro" contre les sans-papiers en territoire voisin
dimanche 7 octobre 2007,
Radio Kiskeya

Au moins 3.600 sans-papiers haïtiens ont été rapatriés ces derniers jours après avoir été arrêtés par les agents du nouveau Corps frontalier spécialisé dominicain (CESFRONT) en tentant de pénétrer illégalement en territoire voisin, ont indiqué dimanche les autorités dominicaines citées par l’agence espagnole EFE.
Le major-général Adriano Silverio Rodrìguez, chef de ce corps chargé de surveiller toute la ligne frontalière, longue d’environ 400 kilomètres, affirme que des centaines de ces rapatriés ont été interceptés à bord d’autobus qui les attendaient en république voisine. Le haut gradé prévient que l’unité placée sous son commandement ne permettra pas que des illégaux haïtiens envahissent les rues des villes frontalières dominicaines et du nord-est du pays.
Selon le général Rodrìguez, un véritable désordre régnait jusque là à la frontière. Mais, depuis l’opérationnalisation du CESFRONT, il y a une dizaine de jours, l’on assiste à un rétablissement de l’ordre, ce qui dérange considérablement, dit-il, beaucoup de ceux qui vivaient dans ce "chaos".
Le commandant en a profité pour expliquer qu’il n’était nullement surpris par les critiques de certains secteurs contre la présence des soldats à la frontière. "On ne peut pas tromper leur vigilance et ils n’acceptent pas d’être soudoyés. Il est normal que certains intérêts soient lésés", a poursuivi le général Adriano Silverio Rodrìguez qui prévient que désormais les ressortissants haïtiens travaillant dans les plantations agricoles, les foyers, les établissements commerciaux et dans d’autres secteurs d’activités devront disposer de documents légaux ou d’un permis spécial délivré par les autorités migratoires. Dans le cas contraire, ils seront purement et simplement arrêtés et reconduits en Haïti.
Cependant, tout en soulignant que la période de la permissivité était bel et bien terminée, le commandant du CESFRONT affirme avoir passé des instructions formelles à ses troupes afin que les droits fondamentaux des illégaux haïtiens appréhendés à la frontière soient respectés.
Paradoxalement, depuis la mise en place, le 26 septembre, du Corps spécialisé frontalier, des compatriotes se rendant même au marché binational de la ville dominicaine de Dajabòn se sont plaints à plusieurs reprises d’avoir été brutalisés.
Composée pour l’instant de 500 éléments bien entraînés disposant de matériels militaires sophistiqués, d’hélicoptères et d’ordinateurs, cette unité, destinée à lutter contre l’immigration clandestine, le trafic d’armes et de drogue, pourrait compter jusqu’à 2.000 membres dans les prochains mois. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4235
Commentaires :
N’en déplaise à ceux qui croient que la République Dominicaine doit supporter sans broncher les effets de la débâcle socioéconomique d’Haïti, les dominicains ont compris que plus les choses s’aggravent de l’autre côté plus ils seront en danger. Et, la logique voudrait que des mesures efficaces soient prises pour tuer le mal dans l’œuf. Et on se demande si l’œuf n’a pas déjà connu une éclosion !
Il faut savoir, qu’en suivant de façon régulière l’actualité chez les voisins que les haïtiens qui auparavant se faisaient remarquer dans certaines activités délaissées par les dominicains : travaux agricoles, l’industrie de la construction, aujourd’hui les haïtiens semblent s’intégrer de folle belle manière dans des activités délictuelles : vols, pose de bombes, assassinats etc…
Il faut aussi reconnaître que la grande majorité des nos concitoyens résidant de l’autre côté de la frontière rendent service à l’économie dominicaine qui est loin de leur rendre ce qui leur est du.
Le traitement des haïtiens constitue le grand sujet de discorde entre les deux gouvernements. C’est aussi le sujet qui attire commentaire et compassion quand on vient d’un pays ou les droits humains –tous les droits humains- sont respectés.
Mais la réalité d’Haïti représente une énorme difficulté pour les dominicains.
Si le problème reste complexe dans la recherche des solutions, il reste illusoire de demander à un dominicain quelconque de manifester un respect quelconque à l’endroit d’un citoyen haïtien. Ne dit-on pas : qui veut son respect se le procure !
Aujourd’hui, à l’heure de l’application de la politique de « l’immigration choisie » correspondant à une réalité que seuls les puritains refusent d’admettre, le déploiement de 2.000 hommes bien équipés dans une institution préposée à surveiller la frontière connue sous les sigles de CESFONT est le premier pas vers l’édification d’un MUR pour séparer de façon claire et nette les deux pays.
Cette notion de MUR FRONTALIER déjà évoquée entre le Mexique et les Etats-Unis, est inévitable entre Haïti et la République Dominicaine.
Entre temps, parmi les multiples critiques versées à l’endroit des autorités haïtiennes, à tort ou à raison, il est important de noter qu’il ne semble exister aucun spot publicitaire invitant les haïtiens à reconsidérer leurs intentions de traverser la frontière en quête de cette terre promise.