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jeudi 27 janvier 2011

Vers une solution de la crise haïtienne ?

Alors qu'en Côte d'Ivoire, où le second tour des élections présidentielles a eu lieu, comme le premier tour en Haïti, le 28 novembre 2010, la crise semble se diriger vers une solution finale radicale, peut-être militaire, alors qu’au contraire, en Haïti, la voix de la raison semble se faire entendre. On avait pu penser que les choses allaient se régler, il y a quelques semaines, lorsque le président Préval a sollicité de l’Organisation des Etats Américains (OEA) la mise en place d'une commission internationale d’experts, chargée de vérifier les résultats du premier tour de l'élection présidentielle. Celle-ci avait, à titre provisoire, placé en tête Myrlande Manigat, précédant, avec environ 10% d’avance, Jude Célestin (deuxième), candidat d’INITE, suivi lui-même, de très près, par le populaire chanteur Michel Martelly.
Ces résultats avaient donné lieu à de très vives protestations des partisans du chanteur qui considéraient que la fraude avait fait passer devant leur favori Jude Célestin, regardé comme le candidat du président Préval. Les choses sont assez compliquées dans le cas de Jude Célestin, dont certains prétendent qu'il est le père de l'enfant qu’a eu la fille du président Préval, alors que l'intéressée nie qu'il en soit ainsi. Peu importent ces aspects familiaux ! Toujours est-il que Jude Célestin passait pour la créature de René Préval.
Il faut reconnaître que le président Préval a eu des comportements dont la logique est un peu difficile à suivre. Après avoir lui-même réclamé de l’OEA la mise en place de cette commission électorale de contrôle, pensant sans doute qu'elle allait entériner des résultats du premier tour qui semblaient convenir au gouvernement haïtien. Toutefois, avant même la publication du rapport final (dont le contenu avait toutefois circulé), René Préval en a contesté le résultat car il conduisait à faire passer Martelly en deuxième place devant Jude Célestin. La commission des experts de l’OEA avait, disait-on, constaté des fraudes et recommandé d'intervertir le classement des deuxième et troisième candidats. Michel Martelly se serait retrouvé alors en deuxième position avec 22,2%, après invalidation de 7.150 votes en sa faveur. Jude Célestin passerait donc alors de la deuxième à la troisième place, avec 21,9%, après avoir perdu 17 220 votes. Myrlande Manigat resterait toujours en tête, avec 31,6% des voix, quoique 13 830 voix lui aient été supprimées pour irrégularités.
On en était là avant le dernier week-end où les choses se sont soudain précipitées, probablement sous le double effet d'une réunion tenue en République Dominicaine et à laquelle a assisté le président Préval et surtout des pressions américaines, qui ont été si vives qu’on est allé jusqu'à prétendre que les États-Unis voulaient refuser désormais le visa d’entrée aux Etats Unis à neuf des membres de la plate-forme INITE.. Tout cela a dû assurément aider le président à changer de position !
À partir de là, les événements se sont succédés, en se précipitant.
Divers représentants de la communauté internationale se sont rendus lundi 24 janvier au siège du Conseil électoral provisoire haïtien (CEP) pour inciter cette instance à réviser les résultats contestés de l'élection présidentielle, ce qui, comme on l’a vu, conduirait à écarter du second tour le candidat du pouvoir.
Edmond Mulet, représentant du Secrétaire Général de l'ONU, a déclaré qu’un accord avait été acquis et, avec une prudence toute diplomatique, il a fait une déclaration concernant la publication des résultats revus par les experts de l’OEA et désormais acceptés par la CEP (qui, comme René Préval, les contestait jusqu'à présent sans qu'ils aient été officiellement publiés) et annoncé la publication imminente à la fois des résultats définitifs et du calendrier de la suite des opérations. Naturellement ce diplomate guatémaltèque, parfait francophone au demeurant (allez donc voir dans le Nouvelliste, sur internet, la video de sa déclaration), s'est gardé de répondre à toutes les questions qu'on a pu lui poser, tant sur les résultats eux-mêmes (mais il est clair qu'ils conduiront au déclassement de Jude Célestin) que sur la date du deuxième tour ou sur les intentions du président Préval quant à la date à laquelle il pourrait quitter ses fonctions.
On avait, en effet, l'impression nette, à tort peut-être, que René Préval cherchait à gagner du temps et à prolonger son mandat jusqu'au 7 février 2011, date à laquelle le nouveau président devait prendre ses fonctions (si le calendrier électoral initial avait été respecté), voire à effectuer un intérim jusqu'à mi-mai 2011 dans l'hypothèse où le deuxième tour des élections aurait été encore différé.
Il est très probable, dès lors, que l'effet conjoint des pressions de l’OEA et surtout des Etats-Unis, qui se sent accentuées de façon nette pendant le week-end et du caractère désormais inéluctable de la rétrogradation de Jude Célestin à la troisième place ont conduit ce dernier a choisir de retirer, de lui-même, sa candidature. Ce geste lui évite naturellement l'infamie de la reconnaissance et de l'officialisation des fraudes électorales dont il avait bénéficié.
On peut donc penser que, désormais, les principaux obstacles sont levés ; le deuxième tour pourrait avoir lieu assez rapidement (sans doute, selon le calendrier secret annoncé par E. Mulet,) et le nouveau président de la république d'Haïti être élu selon ce même calendrier.
Tout donne à penser que ce président sera une présidente, en la circonstance, la juriste constitutionnaliste Myrlande Manigat, qui aura la particularité singulière d'avoir déjà été l’épouse d’un président de la République d'Haïti, Leslie Manigat, et donc la « Première Dame » de l'Etat, avant d'en occuper elle-même la fonction présidentielle. Cette circonstance fait penser à l'Argentine et au couple Kirchner, mais les choses se sont déroulées d'une façon bien différente et on espère pour Leslie Manigat que cela continuera !http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/vers-une-solution-de-la-crise-87838

Choléra en Haïti: stabilisation du nombre de décès

Choléra en Haïti: stabilisation du nombre de décès

PORT-AU-PRINCE - Le nombre de décès dus au choléra en Haïti se stabilise, a assuré jeudi à l'AFP un porte-parole de l'Organisation panaméricaine de la santé (OPS), soulignant toutefois que la stabilisation du nombre de cas, également observée, pouvait n'être que temporaire.
"Ce qui se passe et qui est positif c'est que le taux de mortalité baisse de manière tout à fait nette pour atteindre maintenant quelque 2% alors qu'au début il était dans certains cas de 9%", a indiqué Daniel Epstein, porte-parole de l'OPS, émanation de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Quant au nombre de cas, il "se stabilise un peu mais cela pourrait simplement représenter une baisse temporaire", a-t-il souligné.
"Nous saurons si le pire est passé uniquement lorsque le nombre de cas aura commencé à baisser et pour l'instant ce n'est pas le cas", a ajouté le porte-parole joint au téléphone.
L'épidémie de choléra en Haïti a fait depuis la mi-octobre 3.927 morts, indique le dernier bilan du ministère de la Santé haïtien daté du 17 janvier. Depuis l'éclosion de la maladie, 199.497 personnes ont été officiellement infectées dans le pays, dont 112.656 ont été hospitalisées.
M. Epstein s'est félicité du fait que "les gens sont de mieux en mieux soignés", mais a souligné que le "problème restait de traiter à temps les personnes vivant dans les zones les plus isolées du pays".
"Le nombre d'Haïtiens mourant du choléra s'est stabilisé dans l'ensemble des dix départements touchés par l'épidémie et connaît même dans certains une tendance à la baisse", précise de son côté le Bureau de la coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (OCHA).
"Il reste toutefois difficile de savoir si l'épidémie a atteint son pic", ajoute l'agence onusienne dans un communiqué.
Par ailleurs, l'OPS enquête sur quatre cas de paralysie, dont trois mortels, survenus à Port-de-Paix (nord), chez des personnes qui avaient eu le choléra. "La polio a été l'une des premières hypothèses considérées", indique dans un communiqué l'OPS. Toutefois, M. Epstein a indiqué qu'il y avait "99% de chances que ce ne soit pas la polio". Les décès "pourraient être dus à un empoisonnement (...) ou au traitement reçu à l'hôpital, ils ne savent vraiment pas", a-t-il ajouté.
(©AFP / 27 janvier 2011 20h40)

Quand Sonia Rolland, Samuel Le Bihan et Aïssa Maïga font la révolution à Haïti !

Amoureuse et maman (de Tess et Kahina), la sublime Sonia Rolland, 29 ans, a beau avoir eu une étonnante surprise avec la justice (elle a été condamnée à verser de l'argent à son ex pour non-présentation d'enfant, elle a immédiatement fait appel), heureusement côté boulot tout va bien.

La comédienne sera prochainement à l'affiche d'un téléfilm en deux parties pour France 2, d'après Écran Total. Le tournage de cette fiction débutera au printemps prochain et les lieux de tournage se partageront entre la Martinique, le Jura et l'Ile de France. Réalisé par Philippe Niang, Toussaint Louverture réunira de nombreuses vedettes : Jimmy Jean-Louis (qui a déjà donné la réplique à Sonia Rolland dans Moloch Tropical), Aïssa Maïga (actuellement à l'affiche de L'avocat avec Benoît Magimel), Samuel Lebihan, Edouard Montoute (récemment vu dans Bienvenue aux Edelweiss), Hubert Koundé, Philippe Caroit (R.I.S. Police Scientifique), Thierry Desroses et bien sûr Sonia Rolland.
L'histoire : Toussaint Breda, né esclave en 1743, affranchi de l'esclavage en 1776 devient Toussaint Louverture, un révolutionnaire des temps modernes. Grâce à lui, Bonaparte a gagné plus d'une bataille. Sans lui, Napoléon a perdu St-Domingue, mais aussi sa force et son allié. Ce "guerrier" fascinant devient à 50 ans le "Spartacus noir", le "Centaure de la savane"... Trahi par Bonaparte, il meurt au Fort de Joux, non sans avoir libéré Haïti de ses chaînes et en avoir fait le premier État nègre indépendant.
Un téléfilm fort engagé qui rendra le séduisant Jalil Lespert (qui s'est s'attaqué à la réalisation d'un deuxième film), très fier de sa dulcinée Sonia.

Chronique...Main basse sur Haïti

Agence QMI Jacques Lanctôt
27/01/2011 15h24
Haïti brûle, encore et encore. Quand ce n’est pas le soleil cuisant des Antilles, ce sont les pneus qu’on incendie ici et là dans les rues pour bloquer toute circulation, comme si la gazoline n’était pas rationnée. Mais «la mayonnaise de la contestation», pour reprendre l’expression de la Franco-Américaine Susan George, la présidente d’honneur d’Attac, tarde à prendre.
Tous les jours, des manifestations de protestation dont on n’entrevoie pas la fin secouent Port-au-Prince. On proteste contre le vide gouvernemental et le chaos, contre la fraude institutionnalisée, contre la faim qui tenaille l’estomac de quelque 2,4 millions d’Haïtiens, contre l’absence de démocratie, contre cette farce électorale, organisée en novembre dernier, alors que la majorité des déshérités n’ont pas pu voter.
Les Américains, avec l’ancien président Bill Clinton en tête, ont fait main basse sur cette perle des Antilles, qui repose, cela a été établi, sur d’immenses gisements de pétrole. Depuis plusieurs années, d’énormes quantités d’argent circulent entre les mains des milliers d’ONG qui se plaisent à s’étiqueter «sans frontières» mais dont les frontières sont pourtant bien définies, au nord de l’île, certaines compatissantes mais impuissantes, d’autres complices de la corruption généralisée, tandis que des centaines d’entreprises, majoritairement étasuniennes, font des affaires d’or et reçoivent de juteux contrats de Washington, imposant peu à peu leur modèle de développement économique pour l’île, celui de la dépendance totale envers le géant américain.
Haïti était, au début des années 1980, un pays exportateur de denrées alimentaires. Il produisait, entre autres, tout le riz qu’il consommait, la denrée alimentaire de base dans ce pays. Le pays était plus ou moins autosuffisant au plan alimentaire. Aujourd’hui, la majeure partie du riz qu’on y consomme provient des États-Unis, et plus précisément de la compagnie ERLY Industries, à travers sa filiale American Rice.
En 1986, le Fonds monétaire international (FMI), avec l’accord de Washington, a consenti de prêter de l’argent à ce pays à la condition qu’il abaisse ses tarifs douaniers à l’importation. C’est ainsi que le gouvernement haïtien dut baisser considérablement les barrières tarifaires qui protégeaient ses produits alimentaires de base et qui passèrent de 150% à 3%! Désormais, le riz importé de la Californie ou de l’Arkansas se vend moins cher que le riz produit sur place.
Les petits agriculteurs, principalement ceux de la vallée d’Artibonite, la plus importante région rizicole, n’étaient plus de taille pour affronter l’agriculture étasunienne, subventionnée au maximum à travers toutes sortes de programmes. De 1985 à 2009, les producteurs de riz étasuniens ont reçu 12 milliards 500 millions de $ en subventions et selon la USA Rice Federation, 90% du riz qui se consomme en Haïti provient des États-Unis.
La multinationale Monsanto ne voulait pas être en reste dans ce banquet de riches. Elle s’est associée à Chemonics, une filiale de la même ERLY Industries, pour y distribuer ses semences traitées avec un pesticide interdit dans plusieurs États américains, le Thiram, un fongicide toxique pour les abeilles et les oiseaux, entre autres. Le 4 juin dernier, Journée mondiale de l’environnement, 12 000 petits agriculteurs haïtiens ont brûlé les semences de Monsanto pour protester contre cette atteinte à leur souveraineté. Une véritable «déclaration de guerre», selon Doudou Pierre, coordonateur du Comité national de défense de la souveraineté et la sécurité alimentaires en Haïti. Curieusement, les journaux d’ici n’en ont pas parlé. C’est qu’on se plaît, semble-t-il, à montrer l’homo haïtianus plus soumis qu’il ne l’est en réalité.
Les petits agriculteurs, privés de leur gagne-pain, sont allés joindre les rangs des centaines de milliers de chômeurs. Cette situation prévalait bien avant le séisme et c’est ce qui explique en partie le développement désordonné et anarchique de la capitale Port-au-Prince, où des milliers de sans-travail, venus des campagnes pour solliciter de l’aide et du travail, se sont construits des abris de fortune. Ce sont ces paysans qui formèrent le gros des quelque 300 000 victimes du tremblement de terre de janvier 2010.
Devant le Comité des relations extérieures du Sénat, en mars 2010, Bill Clinton s’est excusé du tort qu’il avait causé aux agriculteurs haïtiens en favorisant ainsi l’importation massive de riz américain. «Ce fut une erreur», a-t-il admis. Mais, malgré ces aveux, rien n’a changé depuis. Et ce n’est pas les «appels à l’unité» du peuple haïtien lancés par Baby Doc qui vont changer la donne.
Allez, vivement une révolution, non pas aux odeurs du jasmin, mais de la mangue!
http://fr.canoe.ca/infos/chroniques/jacqueslanctot/archives/2011/01/20110127-152459.html

Venezuela: premiers malades du choléra, de retour de République dominicaine

CARACAS - Une vingtaine de Vénézuéliens de retour d'un mariage en République dominicaine ont contracté le choléra, mais ils ont été isolés pour empêcher la propagation de cette maladie contagieuse qui a fait près de 4.000 morts en Haïti, a annoncé mercredi le gouvernement vénézuélien. "Nous avons des cas suspects et des cas positifs de choléra dans le pays. La population doit rester calme car tous les cas que nous avons sont des personnes qui ont assisté à une réunion de famille en République dominicaine", a annoncé mercredi la ministre de la Santé Eugenia Sader.
Selon Mme Sader, au moins 21 Vénézuéliens ont été hospitalisés à Caracas, après avoir présenté des symptômes du choléra, confirmés ou probables.
En outre, 12 Vénézuéliens contaminés par le bacille se trouvent en République dominicaine, où un premier cas mortel de la maladie a été confirmé dimanche.
Quatre autres personnes ayant assisté au mariage et présentant des symptômes de la maladie se sont rendus à Madrid, Boston (Etats-Unis) et Mexico, mais "ils sont pris en charge en ce moment", a-t-elle assuré.
La République dominicaine, qui a recensé jusqu'ici 238 cas de choléra, partage une frontière poreuse avec Haïti, où la maladie a fait près de 4.000 morts depuis la mi-octobre et infecté 194.000 personnes, selon le dernier bilan communiqué mi-janvier par le ministère haïtien de la Santé.
Les deux pays se partagent l'île caribéenne d'Hispaniola, située à un millier de kilomètres des côtes vénézuéliennes.
La République dominicaine assure que la propagation du choléra sur son sol est "maîtrisée" et Mme Sader considère également comme "faible" le risque d'une épidémie au Venezuela.
"Nous pouvons être tranquilles. Nous avons un excellent réseau d'eau potable et la seule chose que nous demandons est que tout le monde prenne les mesures de précautions adaptées", a-t-elle déclaré.
Elle a notamment appelé les quelque 400 personnes ayant assisté au mariage à se rendre dans un centre de santé pour éviter toute contagion et a enjoint le reste de la population à observer des mesures simples (se laver les mains, laver les aliments, faire attention aux déchets organiques).
"C'est dans les prochaines 24 à 48 heures, que nous éviterons l'émergence de cas autochtones", a-t-elle estimé.
Le président vénézuélien Hugo Chavez a pour sa part annoncé que les systèmes public et privé de santé travaillaient ensemble pour éviter la propagation de la maladie.
Fin octobre, le Venezuela avait mis en place un plan de "vigilance épidémiologique", prévoyant notamment un suivi des voyageurs en provenance d'Haïti, pour éviter la propagation sur son territoire de l'épidémie de choléra qui venait d'éclater dans ce pays.
(©AFP / 26 janvier 2011 23h33)
http://www.romandie.com/infos/news2/110126223319.cjqyb4z4.asp

mercredi 26 janvier 2011

Le sport pour maintenir la paix en Haïti

MINUSTAH - Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti - 26/01/2011 16:30:00 La paix, pour Haïti, un pays naguère en proie à de la violence armée, est une donnée incontournable. Pour y parvenir, de nombreux acteurs s'investissent dans des domaines divers, dont la réduction de la violence au sein des communautés haïtiennes vulnérables. Parmi eux, l'ONG brésilienne Viva Rio qui, avec le soutien de la MINUSTAH, entreprend non seulement des projets socioéconomiques mais aussi des activités sportives et de sensibilisation destinées à développer une culture de la paix. Et sa dernière initiative en date est l'organisation de la «Journée haïtienne du sport pour la paix ».
C'est dans le but de faire la promotion « de la paix et du dialogue » que Viva Rio a organisé, ce dimanche 23 janvier à Port-au-Prince, « la journée haïtienne du sport pour la paix ». Une activité qui a été réalisée avec l'appui de nombreux partenaires, dont les casques bleus du contingent brésilien de la MINUSTAH, la ville de Manaus (Brésil), l'Ambassade brésilienne à Port-au-Prince et la firme d'ingénierie OAS.
Tout a commencé à la Place d'Italie, au bas de la ville, par une course à pied de 6 km devant aboutir à l'institution « KAY NOU » (Siège de l'Organisation Viva Rio), à La Saline, ancien quartier chaud de la périphérie du bidonville de Bel-air. Une course qui a rassemblé 300 Haïtiens et 250 Brésiliens, dont des membres du personnel civil, militaire et policier de le MINUSTAH, âgés de 16 à 50 ans.
L'ancien athlète professionnel haïtien, Jean Robert Baptiste, qui a remporté la course, a indiqué avoir été motivé par le seul souci d' « encourager les jeunes à pratiquer le sport en vue d'éviter les déchirures sociales ». La deuxième place revenait à FéFé Notus, lui aussi un vétéran. Quant au jeune Guerrier Jacky, alias Jacky Chen, classé troisième, il s'entraine tous les matins avant de se rendre à l'école. Il encourage ses pairs « à rechercher des opportunités d'avenir » au lieu de s'adonner à l'oisiveté.
Au menu de cette journée figuraient également des activités comme l'exécution, sous la supervision d'une monitrice brésilienne, de danses folkloriques brésiliennes par des jeunes Haïtiens et des matchs de football en salle par des plus jeunes. Des ateliers de volley ball, de saut en longueur et de judo ont aussi été conduits par des moniteurs brésiliens.
Selon l'Ambassadeur du Brésil en Haïti, Igor Kipman, qui intervenait lors du lancement de la course, la coopération haïtiano-brésilienne en matière sportive a au moins deux objectifs : faciliter l'inclusion sociale et voir Haïti participer au Mondial 2014 au Brésil. M. Kipman a par ailleurs qualifié d' « extraordinaires » les résultats jusqu'à présent obtenus dans le cadre des démarches visant à réduire la violence communautaire dans le pays, particulièrement dans la région métropolitaine de Port-au-Prince.
Encourager les jeunes à pratiquer le sport
Un des participants a la course, Sironé Kénold, qui frise la cinquantaine, estime que le « sport représente l'avenir » pour Haïti. Il estime qu'en le pratiquant de manière rationnelle, on peut en faire une profession capable de détourner les esprits de toutes formes de malversations. Pour une autre participante, la jeune Frédeline Léonard, le sport « permet à ses pratiquants de rester en bonne santé et d'éviter des pratiques nocives comme la consommation de la drogue ».
Hormis les activités sportives ponctuelles du dimanche 24, Viva Rio organise des championnats de football pour détecter de jeunes talents. A titre d'exemple, un championnat de football pour enfants regroupant 32 équipes, a été organisé en juin 2010, selon le format de la Coupe du monde de Football se déroulant en Afrique du Sud. Près de 480 enfants y avaient participé.
De même, Viva Rio va organiser un championnat interscolaire de footsal, un sport collectif dérivé du football. Il s'agit pour l'ONG de « préparer les enfants physiquement, techniquement et tactiquement », explique Jean Maxeau Greffin, qui y enseigne cette discipline. Pour lui, le football en salle, qui en est a ses débuts dans le pays, « s'il bénéficie de l'encadrement nécessaire, pourra connaitre un grand développement et servir de tremplin aux jeunes qui souhaitent poursuivre une carrière de footballeur ».
D'ailleurs, l'ONG a mis sur pied une académie de football devant permettre aux jeunes talents de parfaire leur formation. Elle travaille avec deux sélections de 22 jeunes footballeurs respectivement de moins de 13 ans (U-13) et de moins de 15 ans (U-15). D'ici au mois d'avril prochain, quelque 80 enfants intégreront l'académie. D'autres domaines de formation sportive comme le judo, la boxe et le Volley-ball verront sous peu le jour, informe pour sa part Daniel Delva, responsable des actions de sensibilisation et des relations communautaires à Viva Rio.
Des projets sociaux pour réduire la violence
Les interventions visant à « apaiser les tensions sociales » ne se limitent pas à des activités sportives. Aussi, en collaboration avec la MINUSTAH et d'autres partenaires, Viva Rio a développé des projets à caractère socio-économique devant offrir des opportunités d'emplois aux jeunes des quartiers défavorisés comme Bel-air et la Saline. Des projets qui se déclinent en campagne de nettoyage des rues, réhabilitation et curage des canaux d'évacuation, l'établissement de brigades pour la prévention des désastres, la transformation des déchets humains en biogaz, le recyclage de matières plastiques, l'assainissement et des campagnes de reboisement, entre autres.
Le quartier de Bel-air a accueilli le projet « Tambour de la Paix » visant à favoriser l'entente entre les différents secteurs de cette communauté. Ce projet et celui portant sur la réhabilitation et le curage des canaux d'évacuation sont financés par la MINUSTAH via sa Section Réduction de la Violence communautaire (RVC). Des financements qui, après le séisme, s'élèvent à 1.873.411 dollars.
Dans le domaine artistique, Viva Rio organise des classes de « capoeira », une danse brésilienne, et de folklore haïtien. Des jeunes de Bel-air et des quartiers avoisinants pratiquent également la danse, la musique, la peinture et le dessin.
Autre domaine d'intervention de l'ONG, la santé. Selon la coordonatrice du projet santé de Viva Rio, Dr Rosiane Siméon, des cliniques mobiles et des campagnes de vaccination sont réalisées dans le quartier. Des actions qui ont pour objectif d'atteindre un maximum de personnes, dont des femmes.
Des jeunes provenant de quartiers difficiles comme Cité Soleil, Simon-Pelé, Bel-air et Carrefour-Feuille, ont bénéficié de formations professionnelles qui doivent « les aider à prendre la voie du changement et du progrès ». Ils ont été formés dans des domaines comme la plomberie, la mécanique, la réfrigération/climatisation, l'électricité, la maçonnerie et la ferronnerie. Et pour les rendre plus aptes à se lancer sur le marché du travail, ils ont aussi réalisé des stages en entreprise.
Pour les responsables de Viva Rio, les activités socioéconomiques et de sensibilisation de l'ONG visant a réduire la violence communautaire ne sauraient se concentrer uniquement à la capitale. L'objectif de Viva Rio est maintenant de pouvoir « décentraliser » sa structure en établissant des antennes notamment à Bon Repos et à l'Arcahaie, deux villes au nord de Port-au-Prince.
http://www.newspress.fr/Communique_FR_237111_4357.aspx

Le dictateur : l’enigme du retour

L’affront est d’une portée titanesque. La provocation participe à la fois du mépris, de la belligérance hautaine et de l’insolence la plus aveugle. Car, quel que soit l’angle sous lequel l’entendement humain puisse envisager la décision de J-C Duvalier de s’inviter en sol haïtien à cette heure critique de la vie nationale, impossible d’inscrire son geste autrement que sous le registre de l’indécence la plus scandaleuse, voir de l’odieux le plus manifeste. L’audace outrancier de Baby Doc, fort avisé de la précarité abyssale où sont plongées les institutions du pays, après la triple dévastation causée par le tremblement de terre, la choléra et l’imbroglio électoral, n’est rien de moins qu’une ignoble gifle, magistralement administrée à l’endroit de toute la classe politique nationale.
Gifle amère et froide car l’accueil ,sinon enthousiaste, du moins étonnamment sympathique, fait à sa personne par des secteurs non négligeables de la rue , traduise paradoxalement le sentiment éminemment tragique et combien désolant d’une collectivité qui n’en finit de constater l’inertie systématique et le misérabilisme généralisé de la société haïtienne vingt-cinq ans après la défection des Duvalier : vie politique comateuse ,effondrement progressif de toutes les ressources économiques, paupérisation de la classe moyenne, dépendance de plus en plus accrue de l’aide étrangère, insécurité permanente dans les grandes villes, fuite massive des cerveaux vers l’étranger, désagrégation de plus en sauvage du tissu social : il est vrai que la classe politique Haïtienne n’a pas à s’enorgueillir de ses réalisations post-duvaliériennes. Sentiment d’autant plus douloureux que le souvenir de l’espoir et de l’euphorie qui enthousiasmaient toutes les couches de la population de ce pays, lors de la défection de Baby Doc en février 86 n’est pas encore totalement disparu.
Gifle amère et froide que ce Jean-Claude Duvalier, franchissant, presque sans broncher, les lignes des douanes haïtiennes et déambulant, avec un port presque héroïque, dans les rues de la capitale, comme s’il était un libérateur, car il pourrait s’agir là de l’illustration la plus convaincante et la plus macabre de l’absolue disqualification de l’élite politique nationale, réfléchissant pour cette dernière, par un dédoublement atroce et cruel, l’image lugubre et assassine de son propre marasme des derniers vingt-cinq ans.
Au point qu’il n’est pas encore exclu de penser, tant le scandale de l’inopiné retour de Baby Doc demeure entier, que l’ultime responsable de toute cette vacherie ne soit finalement la médiocrité des acteurs de l’élite, l’obscurantisme de ses pratiques arriérées et le délabrement permanent de ses institutions majeures.
Gifle amère et froide car elle contraint la classe politique actuelle à prendre toute la mesure de son aliénation endémique par rapport aux classes populaires, puisque celle-là ne pourra plus nier qu’elle aura ainsi contribué à faire admettre par la porte arrière la bête immonde et sanguinaire que celles-ci avaient cru avoir terrassé, au prix de sacrifices ultimes , quelque trente ans plus tôt.
Gifle amère et froide car on ne peut s’y tromper : le vrai nom de ce camouflet impudique , la signature profonde de ce sentiment mégalomane de grossière impunité, il trouve la clé de son intelligence dans la scabreuse dérive de toutes les forces vives de la nation, lesquelles ont été, vingt-cinq ans durant, livrées, par leurs gouvernants à la merci des appétits voraces des classes possédantes ; Tous coupables, de Lesly F Manigat, aveuglé par son obsession à gouverner seul, jusqu’au gouvernement Préval dont le seul programme connu semble être son engagement pour l’inertie et sa foi aveugle dans le laisser aller, en passant par l’administration lavalas qui, deux fois plutôt qu’une, consomma la grande œuvre de perversion de toutes les valeurs démocratiques amorcées depuis le 7 février 86, et qui, à grands coups de populisme niais et infantile, n’hésita point à élever les allégeances partisanes au rang de modus operandi pour toute l’administration du pays, alors que la paranoïa de perdre le pouvoir distillait subtilement de sombres pathologies qui ne reculaient même pas devant le culte idolâtre du chef.
Gifle amère et froide également, parce qu’on sent déjà qu’un vent de panique vient balayer avec ce retour de Jean-Claude tous les pans du gratin politique de Port-au-Prince. D’ailleurs, saisissant au vol l’occasion, depuis son exil sud-africain où le démange encore la morsure du pouvoir, l’ex-président J-B Aristide ,qui a toujours habitué ses interlocuteurs, au moins dans la rhétorique convenue de sa vulgate démagogique, à une volonté, parfois excessive, d’éloignement tant de la personne que des idéologies des Duvalier, semble aujourd’hui prêt á faire tomber les masques…l’exil est pénible, l’hiver ne convient guère à ses yeux malades…alors, lui, non plus, il n’a pu résister à faire parvenir aux autorités haïtiennes l’impérieuse nécessité qui était la sienne de bénéficier d’un nouveau passeport (celui qu’il détient présentement étant expiré) afin de regagner sa terre natale, s’inscrivant ainsi volontairement dans la même filiation de nuisance outrecuidante, de cynisme abusif et d’aveuglement partisan le plus grossier que ce Duvalier, qui, hier encore, était la destination universelle de toutes ses récriminations et l’objet tout désigné de toute son indignation.
Gifle amère et froide car les proches de Duvalier semblent déterminés à faire front sur toutes les institutions et à n’épargner aucun moyen pour justifier le droit de ce dernier à rentrer chez lui. Ils en appellent à la constitution, qui, ne prévoyant pas le bannissement, ne saurait l’empêcher, disent-ils, comme tout autre citoyen, d’entrer dans son pays. Ils allèguent du caractère ordinaire et pacifique de ce séjour, alors que quarante-huit heures seulement à l’intérieur des frontières haïtiennes auront suffi pour que soient déclenchés, de gré ou de force, des manifestations populaires, des protestations émanant de représentants de la presse, des appels lancés sur les ondes radiophoniques de la part d’anciens dissidents et exilés et finalement rien de moins qu’une inculpation au parquet où au cours d’un interrogatoire de plus de trois heures, le contenu d’allégations de détournements de fonds, de corruption et d’association de malfaiteurs lui aurait déjà été communiqué. Si ces ouailles avaient des doutes quant à ses chances de pouvoir, un jour, jouir d’un traitement ordinaire dans ce pays que son père et lui ont dilapidé et dévalisé pendant trente ans, leurs doutes devraient être dissipés totalement après la succession de ces rebondissements si peu de temps après son arrivée.
Gifle amère et froide finalement car l’histoire s’écrit souvent dans une sourde opacité des transcendances du passé projetant victimes et bourreaux dans des jeux de rôle parfois multiples et nombreux et se moquant amèrement des verdicts définitifs. Car sans une volonté étatique organisée doublée d’une pédagogie unifiée de la probité morale et de la droiture civique , les milliers de voix et de plumes, qui se sont mis debout pour la majorité silencieuse sous les bottes des Duvalier, risquent d’éprouver le sentiment d’une seconde trahison, tant est réelle et imminente l’éventualité, que leur résistance héroïque d’alors, ne soit devenue soudain matière à révision, ou même se trouve frappée de la négation la plus absolue. A quoi servait réellement Fort-Dimanche ? Qui étaient finalement ces nombreux détenus qui peuplaient les cachots de Duvalier ? Quel est le sens que la génération actuelle doit retenir de la résistance verticale et courageuse De Jean-Dominique et de ses collègues de Radio Haïti ? La grande majorité des Haïtiens reconnaissent-ils précisément la dette qui est la leur envers les milliers de saints qui ont fait don de leur vie et de leurs biens pour rendre possible la liberté de parole et d’association dont ils usent et abusent aujourd’hui ? La bataille du sens est maintenant ouverte. La course à la conquête de la mémoire haïtienne a commencé.
parpatrick morisseau
mercredi 26 janvier 2011
http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/le-dictateur-l-enigme-du-retour-87775

mardi 25 janvier 2011

Haïti-Elections : Probable second tour vers le 20 mars

P-au-P., 25 janv. 2010 [AlterPresse] --- Le second tour des élections présidentielles et législatives pourrait se tenir aux alentours du 20 mars prochain, apprend AlterPresse auprès d’une source du Conseil Électoral Provisoire (CEP). Le CEP dispose à présent d’une ébauche de calendrier à mettre en œuvre pour la réalisation du second tour, ajoute la même source, qui confirme également la publication des résultats du premier tour au cours de la première semaine de février.
Cette information concorde avec l’annonce faite le 24 janvier par le chef de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d’Haiti (MINUSTAH), Edmond Mulet.
Ce dernier s’est adressé à la presse après avoir rendu visite aux membres du CEP en compagnie de plusieurs diplomates, dont l’ambassadeur américain Kenneth Merten et des représentants de l’Union Européenne, l’Espagne et le Brésil.
Les résultats attendus par la communauté internationale supposent un second tour entre Mirlande Manigat et Michel Martelly, écartant le candidat du pouvoir Jude Celestin, tel que recommandé par la mission d’évaluation de l’OEA.
Par ailleurs, on apprend que la Mission d’experts juridiques de l’Organisation des États Américains (OEA) pour l’accompagnement de la phase contentieuse de l’élection présidentielle est présente en Haiti.
Arrivée le 22 janvier en Haiti, la mission s’est réunie le 24 janvier avec le CEP afin de discuter des modalités de son travail, informe l’OEA.
Composée de quatre experts juridiques en provenance du Canada, du Chili, du Mexique et de l’Uruguay, la mission assistera aux auditions du Bureau du Contentieux Électoral National (BCEN) portant sur l’élection présidentielle pour évaluer le processus, faire les observations et les recommandations correspondantes et, au besoin, fournir une assistance technique juridique sur la phase contentieuse à la demande du CEP. [rh gp apr 25/01/2011 13 :30
]http://www.alterpresse.org/spip.php?article10575

Haïti: fin de crise en vue avec le retrait annoncé du candidat du pouvoir

De Clarens RENOIS (AFP) – PORT-AU-PRINCE — Le candidat du pouvoir à la présidentielle haïtienne, Jude Célestin, accusé d'avoir bénéficié de fraudes au premier tour, va retirer sa candidature, a déclaré mardi un sénateur de son parti, après deux mois de crise post-électorale.
Jude Célestin "va écrire au Conseil électoral provisoire (CEP) pour lui signifier son retrait", a indiqué à l'AFP Moïse Jean-Charles, sénateur du parti Inité ("Unité" en créole) du président sortant René Préval.
L'annonce officielle de M. Célestin devrait être faite dans un communiqué à un moment non précisé. Le parti au pouvoir a prévu d'organiser une conférence de presse mercredi après avoir dans un premier temps prévu de la réunir mardi.
Depuis le premier tour de la présidentielle du 28 novembre, Haïti est plongé dans une crise politique liée à la qualification pour le second tour, aux côtés de l'ex-Première Dame Mirlande Manigat, du candidat du pouvoir, selon les résultats préliminaires diffusés par le Conseil électoral.
Ces résultats ont été contestés, parfois violemment, sur fond d'accusations de fraude, par les partisans de Michel Martelly, candidat arrivé troisième, à quelques milliers de voix seulement de Jude Célestin.
Une mission d'experts internationaux de l'Organisation des Etats américains (OEA), chargée d'examiner le processus électoral, a recommandé d'écarter M. Célestin du second tour au profit de M. Martelly.
Mais ni le Conseil électoral, ni M. Préval n'ont encore tranché la question, empêchant l'organisation du second tour qui devait se tenir le 16 janvier. Et le retour récent et mystérieux de l'ex-dictateur Jean-Claude Duvalier après 25 ans d'exil n'a fait qu'ajouter à la confusion et aux spéculations.
Mardi matin, un autre sénateur du parti au pouvoir, Joseph Lambert, coordonnateur national du parti présidentiel, a annoncé le premier le retrait de M. Célestin.
"Nous envisageons le retrait de la candidature de M. Célestin quels que soient le cas de figure et les résultats qui seront publiés par le Conseil électoral", a-t-il déclaré à Radio Métropole.
M. Lambert a d'autre part indiqué que sa formation politique pourrait appuyer l'un ou l'autre des candidats admis au second tour.
"De toutes les façons, nous sortirons gagnants, car Inité va remporter les législatives et le prochain président devra cohabiter avec nous", a-t-il soutenu.
Cette sortie d'un des leaders du parti au pouvoir intervient au lendemain d'un appel lancé par des représentants de la communauté internationale, emmenés par Edmond Mulet, représentant en Haïti du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, pour que le Conseil électoral disqualifie Jude Célestin au profit de Michel Martelly.
Si ce retrait se confirme, le second tour opposera M. Martelly, un chanteur populaire mieux connu sous son nom d'artiste de "Sweet Micky", à l'ex-première Dame septuagénaire Mirlande Manigat.
Resterait à fixer la date de cette échéance. Alain Le Roy, chef des forces de maintien de la paix de l'ONU, a déclaré il y a quelques jours que les résultats définitifs du premier tour seraient probablement annoncés le 31 janvier, "de manière à organiser le second tour à la mi-février". Le mandat de M. Préval s'achève théoriquement le 7 février.
Le Conseil électoral s'est réuni mardi pour examiner les recours déposés contre les résultats du premier tour. Une nouvelle mission de l'OEA arrivée à Port-au-Prince pour appuyer ce processus s'est entretenue lundi soir avec les membres du Conseil électoral.
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5ie_M5R0ESD_gGJsB61kLkajJkLmQ?docId=CNG.c2abb9814e5531e70bad77153bcf06e2.851

Jude Célestin a accepté de se démettre

Le candidat à la présidence de la plateforme présidentielle INITE, Jude Célestin, a accepté de tirer sa révérence après une demande formelle - des candidats à la députation et au Sénat de ce parti politique - au président de la République d'adopter les recommandations du rapport de la Mission de l'OEA. La nouvelle a été communiquée au Nouvelliste par un membre du gouvernement. On attend sous peu un communiqué du parti. Haïti: Deux mois après le premier tour des élections présidentielles et législatives controversées dans le pays, les candidats à la députation et au Sénat de la plateforme présidentielle INITE veulent manifestement passer à autre chose. En ce sens, ils ont formulé le voeu de voir le chef de l'Etat adopter les recommandations de la Mission de l'OEA qui exclut leur candidat à la présidence, Jude Célestin, a confié à Magik 9, ce lundi, le coordonnateur général de INITE, le sénateur Joseph Lambert. Les responsables de l'organisation politique INITE vont sortir sous peu un communiqué pour confirmer la nouvelle.
Les candidats à la députation et au Sénat de la plateforme politique INITE veulent mettre un terme à cette crise électorale qui secoue le pays depuis le 28 novembre dernier. Au cours d'une réunion la semaine écoulée, ils ont plaidé pour le respect des recommandations du rapport de la Mission de l'OEA chargée de vérifier le travail réalisé au Centre de tabulation des votes. Le directoire de l'organisation politique présidentielle était chargé de transmettre ce voeu au chef de l'Etat, selon le sénateur Joseph Lambert.
Cependant, contrairement aux informations publiées sur le site internet d'une station de radio de la capitale, le parlementaire a démenti fermement que le directoire du parti ait de son propre chef évoqué le retrait éventuel du candidat à la présidence Jude Célestin. « Il y a eu une réunion du directoire de l'INITE la veille. Le lendemain il y a eu une réunion des candidats à la députation et au Sénat de l'organisation. Au cours de cette réunion... les candidats n'avaient pas véritablement souhaité le retrait de Jude Célestin de la course, mais ils avaient émis la volonté de rencontrer le président de la République - qui est aussi un membre du parti - pour voir dans quelle mesure les conclusions et recommandations du rapport de la Mission de l'OEA pourraient être adoptées... dans la perspective de voir se réaliser le second tour au plus vite et de voir élu démocratiquement un président pour remplacer le président Préval avant le 14 mai », a expliqué Joseph Lambert
« A aucun moment de la durée, personne du directoire n'a évoqué l'éventualité du retrait de Jude Célestin. Personne n'a l'autorité de demander à Jude Célestin de se retirer autre que Jude Célestin lui-même, qui peut choisir de bonne foi en fonction de l'analyse de la conjoncture et en fonction de sa perception de la crise », a ajouté le parlementaire qui répondait ce lundi aux questions du journaliste Roberson Alphonse sur Magik 9. « Nous autres du directoire, nous étions chargés de rencontrer le président de la République en ce sens pour l'informer de ce qui a été dit au cours de cette réunion », a renchéri le coordonnateur général de INITE.
Rappelons que, selon le rapport de la Mission des experts de l'OEA chargée de vérifier le travail fait par le Centre de tabulation des votes, Michel Martelly se retrouverait maintenant en deuxième position avec 22,2% après avoir invalidé 7 150 votes pour ce dernier. Jude Célestin passerait, lui, de la deuxième à la troisième place, avec 21,9%, en ayant perdu 17 220 votes. Mme Manigat resterait en tête, avec 31,6% des voix, après que 13 830 voix en sa faveur ont été supprimées pour irrégularités.
Joseph Lambert n'a pas de problème de visa américain
Interrogé sur la décision des Etats-Unis de révoquer le visa de certains responsables de INITE, le sénateur Lambert a indiqué qu'il n'a pas été victime de cette décision. Toutefois, le parlementaire a rappelé qu'un visa peut être révoqué à tout moment. « Au moment où on vous accorde le visa, on vous fait savoir qu'il est un privilège et non un droit », a-t-il rappelé, tout en soulignant que l'administration américaine peut encore décider de révoquer d'autres visas.
Le parlementaire a rejeté d'un revers de main ceux qui le présentent comme quelqu'un qui joue un double jeu. « J'ai toujours défendu mon parti avec véhémence et je veux continuer à le faire avec fermeté et avec la même conviction », a-t-il dit, rejetant ainsi les critiques faisant croire qu'il joue un double jeu. « Il demeure vrai que, avec l'international et avec mon parti, je suis toujours quelqu'un de bon commerce. Je comprends la réalité politique, je fais toujours valoir mes points de vue et je fais aussi valoir ceux de pas mal de nos collègues députés et sénateurs », a-t-il expliqué.
Sans vouloir préciser le nombre de personnes de son organisation politique à être victimes de cette décision des Etats-Unis, le parlementaire a dit avoir entendu à la radio que 9 membres de INITE seraient concernés. En outre, il a mis l'accent sur le caractère privé d'une telle décision du Département d'Etat. « L'obtention ou le retrait de visa a un caractère très personnel et ne doit pas être traité en public. Je n'ai pas le droit de demander à ces collègues de l'INITE la raison de la révocation de leur visa », a indiqué le sénateur du Sud-Est.Réagissant aux déclarations du candidat à la présidence Michel Martelly, faisant croire que cette décision de l'administration d'Obama intervient en dernier recours comme une sanction pour forcer les responsables de INITE à entendre raison, M. Lambert a répondu ceci : « Peut-être une sanction, peut-être une forme de pression, peut-être un élément de dissuasion dans une conjoncture politique assez particulière qui demande un effort de la part de tous les acteurs politiques, afin de trouver une solution à la crise. »
Robenson Geffrard
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=88238&PubDate=2011-01-25
Commentaires:
Il faudra avoir été gratifié de pénétrer les secrets des dieux pour s’informer des dessous des négociations et les tractations qui auront conduit à ce type de solution de sortie de crise.

Aura-t-on promis une amnistie au candidat officiel dont le nom a été cité dans des démêlées avec le fisc américain autour d’une histoire d’immobilier ?
Toujours est-il que l’on est en droit de penser que les amis d’Haïti ont imaginé une sortie de crise qui est en effet un partage du gâteau : Le pouvoir exécutif à Manigat/Martelly et le pouvoir législatif à INITE. Donc la présidence à un de nos deux candidats et la gouvernance au mouvement de René Préval.
Et voilà Haïti Chérie dirigée par un gouvernement bicéphale, avec deux siamois qui vont définitivement tirer dans des directions opposées. Et pour reconstruire, c’est sans aucun doute la situation la plus idéale. N’est ce pas ?
On sort d’une crise en créant par anticipation une autre. Bravo !

Haïti : témoigner et rendre hommage

France-Guyane 25.01.2011 LITTÉRATURE. Jeudi et vendredi, s'ouvrent les premières rencontres littéraires itinérantes organisées par le service commun de la documentation de l'université des Antilles et de la Guyane, avec pour thème « Haïti, un an après, témoigner et rendre hommage au peuple haïtien : la parole est aux écrivains » .
Les auteurs haïtiens Rodney Saint-Eloi et Makenzy Orcel sont les invités de ces journées qui s'articuleront autour de la projection du film Jacques Roumain : la passion d'un pays réalisé par Arnold Antonin et d'une conférence sur le thème Ecrire le séisme.
Les auteurs seront par ailleurs en dédicace samedi.-
Jeudi à 16 h: projection de Jacques Roumain, la passion d'un pays
Jeudi à 18 h: carte blanche aux éditions Mémoire d'Encrier, à la bibliothèque du campus Saint-Denis. Vendredi à 18 h : conférence Ecrire le séisme à la bibliothèque Franconie.
Samedi, de 10 h à 13 h, Rodney Saint-Eloi et Makenzy Orcel en dédicace à la librairie Suzini de Montjoly 2.
http://www.franceguyane.fr/actualite/vielocale/haiti-temoigner-et-rendre-hommage-25-01-2011-80682.php

De la légitimité de gouverner en Haïti

Nicole Guedj Plus jeune Chef d’État de l’histoire, « Baby Doc » a été propulsé à l’âge de 19 ans sur le « trône » autrefois occupé par son père. Durant plus de quinze ans, Jean-Claude Duvalier a fait régner en monarque absolu la terreur en Haïti, avant d’être sommé de quitter l’Île face à une insurrection populaire sans précédent. Crise économique, instabilité politique, taux de criminalité record, c’est dans cet état de chaos que la famille de « Baby Doc » a laissé le peuple haïtien, le 7 février 1986, embarquant dans un avion de l’US Air Force. Destination Grenoble, des centaines de millions de dollars en poche et le poids de chefs d’inculpation allant du vol à la corruption en passant par l’abus de pouvoir et le détournement de fonds. Les États-Unis lui ayant refusé l’asile, Duvalier s’est rabattu sur la France avec statut de « sans-papier » pendant 18 ans… Ce n’est qu’en 2005 que le fondateur de la brigade des Tontons Macoutes obtiendra un passeport diplomatique, sans avoir jamais payé sa dette.
Coup de théâtre le 16 janvier dernier, lorsque celui qui s’était proclamé Président « à vie », décide de retourner en Haïti pour « aider » : « Me voici revenu pour vous témoigner ma solidarité en cette période extrêmement difficile de la vie nationale où vous êtes encore des centaines de milliers à vivre à la belle étoile, au milieu des ruines (…) Je saisis aussi cette occasion pour exprimer (…) ma profonde tristesse à l’endroit de mes compatriotes qui se reconnaissent, à juste titre, d’avoir été victimes sous mon gouvernement ». A peine débarqué, il est accueilli par des plaintes pour violation des droits de l’homme et l’ouverture par la Justice haïtienne d’une procédure pour « corruption, détournement de fonds publics et association de malfaiteurs ».
Comme s’il en était besoin et alors que les Haïtiens éprouvent les pires difficultés à élire leur prochain Président, « Baby Doc », en revenant au pays, a semé encore plus le trouble sur la scène politique. Si Haïti doit se relever d’une catastrophe naturelle qui a littéralement ravagé le pays, elle doit également s’engager dans des « opérations de reconstruction » d’une nouvelle ère démocratique. C’est un État dans son entier qui doit être remis sur pieds et il lui faudra garantir de sa légitimité pour sortir de la fatalité.
Au lendemain du tremblement de terre, je me suis rendue à Port-au-Prince. J’y ai notamment rencontré le Président René Préval, semblant bien déterminé à porter secours aux victimes et à redresser le pays. Malheureusement, et je n’ai eu de cesse de le répéter, les échéances électorales déjà planifiées le privaient déjà, dès le 13 janvier, de toute crédibilité pour s’investir dans un véritable plan de réhabilitation. C’est un Président « en sursis », sans aucune légitimité, qui a dû faire face à l’une des plus catastrophes les plus meurtrières de ces dernières années. Ne nous étonnons pas que les promesses de dons n’aient pas été respectées. Ne nous offusquons pas non plus que le travail de reconstruction peinent à avancer. Certains, bien inspirés, lui reprochent sa mauvaise gestion de la crise. Rappelons que six ans après le passage de l’ouragan Katrina, les États-Unis n’ont toujours pas achevé leur chantier en Nouvelle-Orléans…
Sur un tel champ de ruines, le retour de Duvalier sonne comme une insulte à la souffrance d’un peuple meurtri. Un an après le tremblement de terre et à la veille du second tour des élections présidentielles, formons le vœu que la Justice fasse regretter son retour à Duvalier. Qu’une vague de démocratie s’abatte cette fois-ci sur Haïti.
Par Nicole Guedj
Ancien ministre et Président de la Fondation Casques Rouges
Plus d’informations sur Nicole Guedj : www.nicoleguedj.com
Un an après… Haïti : le désespoir est-il permis ?
La Fondation Casques Rouges présidée par l’ancien ministre Nicole Guedj, organise une manifestation à l’occasion de l’anniversaire du tremblement de terre d’Haïti, mercredi 26 janvier 2011, de 18h30 à 20h30, à l’ESG Management School (25, rue Saint-Ambroise – 75011 Paris).
http://laregledujeu.org/2011/01/25/4383/de-la-legitimite-de-gouverner-en-haiti/

Premiers signes de stabilisation de l'épidémie de choléra en Haïti (ONU)

"Le nombre d'Haïtiens mourant du choléra s'est stabilisé dans l'ensemble des dix départements touchés par l'épidémie et connaît même dans certains une tendance à la baisse", a affirmé le Bureau de la coordination des affaires humanitaires OCHA) dans un communiqué. Selon l'agence onusienne, le nombre de personnes hospitalisées pour des traitements a également diminué, mais il reste toutefois difficile de savoir si l'épidémie a atteint son pic.
OCHA a toutefois mis en garde contre les risques posés par le manque de financement pour poursuivre la lutte contre maladie dans les zones reculées, ainsi que le manque d'animateurs communautaires, indispensables pour assurer la prévention de l'épidémie.
"Cette étape clé dans la lutte contre la maladie ne peut être clairement déterminée que si la majorité des zones touchées connaissent une diminution du nombre de nouveaux cas sur une période de trois à quatre semaines", précise la même source, rappelant qu'au 16 janvier dernier, 3.889 décès et 194.095 cas d'infection ont été enregistrés dans le pays.
Pour prévenir la propagation de la maladie, l'ONU avait lancé, en novembre dernier, un appel de fonds de 164 millions de dollars pour la construction de dizaines de centres de traitement et pour l'acheminement de matériel de purification d'eau et le lancement de campagnes d'information du public, mais cet appel n'a été couvert qu'à hauteur de 34%, rappelle-t-on.
MAP
http://www.aufaitmaroc.com/actualites/monde/2011/1/25/premiers-signes-de-stabilisation-de-lepidemie-de-cholera-en-haiti-onu

lundi 24 janvier 2011

Haïti: la communauté internationale met la pression sur le Conseil électoral

PORT-AU-PRINCE — Plusieurs représentants de la communauté internationale se sont rendus lundi au siège du Conseil électoral haïtien pour encourager cette instance à réviser les résultats contestés de l'élection présidentielle et à en exclure le candidat du pouvoir. Edmond Mulet, représentant du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, a déclaré à l'AFP que les ambassadeurs avaient plaidé pour que le Conseil électoral provisoire (CEP) accepte la recommandation de l'Organisation des Etats américains (OEA) afin de poursuivre le processus électoral.
L'OEA, chargée par le président haïtien René Préval de se pencher sur le premier tour de la présidentielle du 28 novembre, a constaté des fraudes et recommandé d'intervertir le classement des deuxième et troisième candidats.
Le candidat du pouvoir, Jude Célestin, est arrivé deuxième selon des résultats provisoires, avec quelques milliers de voix seulement de plus que son suivant, le chanteur Michel Martelly. Il est ainsi censé être opposé au second tour à une ancienne Première dame septuagénaire, Mirlande Manigat, arrivée en tête.
Mais l'annonce de ces résultats a provoqué des violences début décembre de la part des partisans de M. Martelly, exclu du second tour. Le président sortant René Préval, à qui la constitution interdit de se représenter et est considéré comme très proche de M. Célestin, n'a toujours pas réagi aux conclusions de l'OEA qui a recommandé un deuxième tour Martelly-Manigat.
Le second tour qui était prévu le 16 janvier n'a pu avoir lieu, alors que le mandat de M. Préval s'achève le 7 février.
"Les recommandations de la mission de l'OEA montrent le chemin à suivre pour sortir de cette impasse. C'est aux autorités, c'est au CEP, d'appliquer ou pas ces recommandations, mais c'est une voie à suivre et que nous souhaitons", a déclaré M. Mulet.
Le diplomate onusien a ajouté que les ambassadeurs, parmi lesquels la représentante de l'UE, Lut Faber-Gossens, avaient plaidé pour la poursuite du processus électoral et l'organisation d'un second tour, alors que le CEP doit publier dans les prochains jours les résultats définitifs du premier tour.
"La communauté internationale n'appuie pas, ne soutient pas, n'accompagne pas la possibilité d'une annulation des élections", a déclaré M. Mulet à l'issue de la rencontre de 90 minutes.
"Nous voulons simplement que la volonté du peuple haïtien soit respectée et nous sommes certainement pour la poursuite des élections", a déclaré pour sa part l'ambassadeur des Etats-Unis, Kenneth Merten.
L'ONU a fait savoir la semaine dernière qu'elle s'attendait à ce que le CEP annonce les résultats définitifs du scrutin fin janvier.
Copyright © 2011 AFP. Tous droits réservés
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5ijClDj0w3PDI9aVMvoZM3uXNYtaw?docId=CNG.8a8bfb8a7ff60c7f5e5d7f661a435cba.2a1

dimanche 23 janvier 2011

«Baby doc» présente ses excuses au peuple haïtien

L'ancien homme fort en Haïti est apparu très affaibli
à l'occasion de sa première conférence de presse.
Crédits photo : Ramon Espinosa/AP
Par Tristan Vey
22/01/2011
L'ancien dictateur Jean-Claude Duvalier a appelé vendredi à la «réconciliation nationale» sans donner de précisions sur ses intentions politiques. Les experts pensent que son retour a pour unique objectif la récupération de fonds bloqués en Suisse.
«Baby doc» est sorti de son silence. Pour la première fois depuis son retour surprise lundi en Haïti après 25 années d'exil, l'ancien dictateur Jean-Claude Duvalier s'est exprimé publiquement. En commençant, de manière inattendue, par faire amende honorable. Il a ainsi fait part vendredi, dans une brève déclaration prononcée d'une voix faible en français et en créole, de sa «profonde tristesse» pour ceux qui disent avoir été «à juste titre (...) victimes de (son) gouvernement». Le fils de «Papy Doc», qui est apparu très faible, ferait en effet l'objet d'une enquête dans son pays pour crimes contre l'humanité commis sous sa dictature (1971-86) selon Amnesty International.
L'ancien homme fort de Port-au-Prince a d'autre part appelé à «la réconciliation nationale», alors que le pays est toujours plongé au plus profond d'une crise politique qui ne cesse de s'accentuer. «Me voici pour témoigner ma solidarité en cette période difficile», a-t-il ajouté, un an après le séisme qui a dévasté le pays. S'il espère un «dénouement rapide de la crise politique», près de deux mois après une élection présidentielle toujours contestée et dont les résulats définitifs ne sont toujours pas connus, il n'a toutefois donné aucune indication sur ses intentions ou sur un éventuel retour sur la scène politique. Lors de ce premier discours, l'homme s'est dit «favorablement impressionné par l'accueil» qui lui a «été réservé pour cette visite, surtout par cette foule de jeunes» qui n'a pas connu sa présidence. Après cette allocution poussive d'une dizaine de minutes pendant laquelle il a semblé avoir du mal à s'exprimer, il n'a répondu à aucune question, laissant la parole à ses avocats.

Un retour motivé par l'appât du gain ?
Pour le moment, seul un ex-député républicain américain, Bob Barr, a soutenu l'ancien dictateur en saluant «l'amour qu'il ressent pour son pays» et «la compassion pour tous les Haïtiens» qui lui auraient fait braver «les risques encourus pas ce retour». Pas sûr que les intentions de «Baby doc» soient aussi vertueuses que ne le pense Bob Barr. Associations de défense des droits de l'homme et experts estiment que ce retour inopiné fait partie d'une manoeuvre qui lui permettrait de retrouver ses avoirs bloqués en Suisse. En grandes difficultés financières, il ne serait revenu en Haïti que par simple appât du gain. «Ca semble être l'explication la plus plausible lorsqu'on rassemble toutes les pièces du puzzle», estime Reed Brody, conseiller auprès de l'association Human Rights Watch et ancien procureur en Haïti.
Duvalier craindrait une loi suisse devant en vigueur le 1er février et qui permettra la restitution à Haïti de quelque 5,7 millions de dollars déposés par sa famille sur des comptes en Suisse. Le nouveau texte permettrait en effet au gouvernement helvétique de rendre directement à son peuple les fonds illicites bloqués même si Haïti n'avait pas engagé d'action en justice contre lui. Mais il aurait alors fallu que l'absence de poursuites soit motivé par un système judiciaire trop faible ou par son absence dans le pays. «Si Duvalier revient en Haïti et n'est pas poursuivi, alors il peut dire: je suis disponible pour des poursuites, mais vous ne me poursuivez pas, donc rendez-moi mon argent», explique Reed Brody.
Et la manoeuvre pourrait fonctionner. Si l'ancien dictateur a été inculpé mardi de corruption, de détournements de fonds publics et d'association de malfaiteurs, commis sous sa présidence et s'est vu signifier une interdiction de quitter le pays, il est ressorti libre du tribunal. «La Cour de cassation a depuis longtemps annulé ces plaintes, et en Haïti, la prescription couvre celles qui ont été déposées pour crime contre l'humanité», explique au site Marianne2 Camille Leblanc, ancien ministre de la justice haïtienne, avant de conclure : « Bref, il profite du système judiciaire que lui et son père ont mis en place.»
(avec AFP)
http://www.lefigaro.fr/international/2011/01/22/01003-20110122ARTFIG00379-baby-doc-presente-ses-excuses-au-peuple-haitien.php
Caroline Touzin

La Presse
(Port-au-Prince) L'ex-dictateur Jean-Claude Duvalier considère les accusations qui pèsent contre lui comme des «tracasseries», si l'on se fie à son discours prononcé ce vendredi en début de soirée dans un chic hôtel de Pétionville.
Vêtu de son éternel veston bleu foncé, l'ancien «président à vie» a finalement brisé le silence sur la raison de son retour d'exil, cinq jours après son arrivée surprise dans son pays natal.
«Dès l'instant que j'ai pris la décision de revenir en Haïti pour commémorer avec vous, dans notre pays, ce triste anniversaire, je m'attendais à toutes sortes de persécutions; mais croyez-moi, le désir de participer à vos côtés, à cette Konbit (travail collectif) pour la reconstruction nationale, dépasse de loin les tracasseries auxquelles je pourrais être confrontées», a-t-il dit lors d'une brève conférence de presse au cours de laquelle il a lu un discours.
L'homme de 59 ans a parlé essentiellement en français, d'un débit lent, d'une voix fatiguée. Son allocution a duré moins de huit minutes. Il a refusé de répondre aux questions des nombreux journalistes locaux et internationaux présents. Quelque 200 partisans étaient massés à l'extérieur, calmes. Ils brandissaient des photos d'un «Bébé Doc», 25 ans plus jeune.
«Bébé Doc», qui a régné d'une main de fer sur Haïti de 1971 à 1986, a commencé son discours en disant que l'accueil des Haïtiens lui avait «donné chaud au coeur». Il est rentré au pays pour rendre hommage aux victimes du tremblement de terre du 12 janvier, «malheureusement», je ne suis pas arrivé à temps», a-t-il dit sans donner davantage de détails.
«Me voici revenu vous témoigner de ma solidarité en cette période extrêmement difficile de la vie nationale où vous êtes encore des centaines de milliers à vivre à la belle étoile, au milieu des ruines», a-t-il souligné.
L'ex-chef des Tontons macoutes, cette police secrète soupçonnée d'avoir torturé et tué des milliers d'opposants au régime, a par ailleurs insisté sur le fait que son départ d'Haïti, il y a 25 ans, était «volontaire».
«Je saisis cette occasion pour présenter publiquement mes sympathies à mes millions de partisans qui, après mon départ volontaire d'Haïti, afin d'éviter un bain de sang et de faciliter le dénouement rapide de la crise politique, en 1986, ont été livrés à eux-mêmes», regrettant du même coup que certains de ces partisans aient été assassinés ensuite.
«Je saisis aussi cette occasion pour exprimer, une fois de plus, ma profonde tristesse à l'endroit de mes compatriotes qui se reconnaissent, à juste titre, d'avoir été victimes sous mon gouvernement», a-t-il poursuivi.
L'ancien dictateur a terminé son allocution en paraphrasant une allocution célèbre de Martin Luther King. «Quand vous ferez en sorte que la cloche de la réconciliation nationale puisse résonner dans tous les coeurs et que nous la laissions carillonner dans chaque commune, dans chaque ville, dans chaque quartier, dans chaque foyer, alors, nous pourrons hâter la venue du jour où tous les enfants d'Haïti, hommes et femmes, vieux et jeunes, riches et pauvres, ceux de l'intérieur comme ceux de la diaspora, puissent marcher la main dans la main sans exclusion et participer ensemble à la renaissance d'Haïti.» Il a conclu en scandant: «Vive Haïti! Que Dieu nous bénisse!».
Trois avocats américains, se présentant comme des amis de l'ex-dictateur, étaient à ses côtés lors de la conférence de presse. «C'est facile d'alléguer des choses contre quelqu'un. Il y a des gens qui l'accusent de toutes sortes de choses depuis son départ», a indiqué l'un d'eux à La Presse, Bob Barr.
L'ex-dictateur fait l'objet d'une enquête des autorités haïtiennes pour des crimes contre l'humanité commis sous sa présidence, selon Amnestie internationale. Quatre plaintes en ce sens ont été déposées mercredi à Port-au-Prince.
L'ancien dictateur a déjà été inculpé mardi de corruption, de détournements de fonds publics et d'association de malfaiteurs, commis sous sa présidence. Les autorités lui ont dès lors signifié une «interdiction de quitter le pays», selon des sources judiciaires.
Avec l'AFPhttp://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201101/21/01-4362627-duvalier-brise-le-silence.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4362693_article_POS1

samedi 22 janvier 2011

Sean Penn ne joue pas les figurants en Haïti

Publié le 22 janvier 2011 à 05h00

Caroline Touzin, envoyée spéciale

La Presse
(Port-au-Prince) Sean Penn est arrivé en Haïti six jours après le séisme avec une équipe de médecins et de spécialistes de l'aide humanitaire qu'il venait de mettre sur pied. L'acteur américain devait rester deux semaines. Il y a passé plusieurs mois et fait encore aujourd'hui des allers-retours réguliers Los Angeles-Port-au-Prince.
Ici, au camp du Pétionville Club, le «mauvais garçon d'Hollywood» ne signe pas d'autographes. Presque personne, parmi les 55 000 réfugiés, ne le connaissait avant qu'il débarque là où l'armée américaine venait d'élire sa base.
Un an plus tard, l'armée américaine est répartie depuis longtemps. Les 55 000 réfugiés, eux, n'ont pas bougé. Et l'équipe de Sean Penn, composée de quelque 200 employés haïtiens et d'une poignée de jeunes Nord-Américains, est toujours là.
Renette Maurice, qui vit avec ses six enfants dans un abri minuscule à travers une forêt de bâches de plastique, n'a jamais entendu parler de l'acteur de Mystic River. L'une de ses filles vient à sa rescousse: «Oui, oui, il est avec J/P. Je ne savais pas qu'il jouait dans des films.»
J/P HRO, c'est l'ONG fondée par Penn après avoir réussi à convaincre la philanthrope Diana Jenkins d'y investir de l'argent. Beaucoup d'argent. J/P HRO comme dans Jenkins-Penn Human Relief Organization. Au fil des semaines, l'artiste a réussi à gagner le respect de l'armée américaine et des nombreuses autres ONG à l'oeuvre dans le camp, si bien que sa direction lui a officiellement été confiée.
Dans les heures suivant le tremblement de terre, des dizaines d'Haïtiens ont envahi les pelouses du parcours de neuf trous situé dans les hauteurs de Port-au-Prince. Comme le terrain est en pente, les militaires américains ont construit des rigoles à l'aide de sacs de sable pour évacuer l'eau.
Le camp est devenu l'un des plus gros et les mieux organisés de la capitale. Il y a des douches, des toilettes, de l'eau potable, une école et même un centre de traitement du choléra. Des sinistrés sont embauchés comme journaliers pour ramasser les déchets. «On risque d'attraper le choléra, mais au moins, on a un peu d'argent», lance Claudy Valmé, 19 ans, sur un ton amer. Ils sont payés 300 gourdes par jour (7,50$ CAN), mais il n'y a évidemment pas de travail pour tous ceux qui ont perdu le leur.
Le jeune Haïtien a souvent croisé le «boss» du camp. «Il vient toujours nous parler. Il répète: good job, good job», poursuit-il. Un ami de Claudy a une opinion plus tranchée. «Les gars de J/P se promènent en Jeep de l'année, alors que nous, on mange de la poussière», dit-il.
Retombées
Si la popularité de Penn aide à récolter des fonds auprès des donateurs privés, elle apporte aussi des retombées insoupçonnées. L'artiste Yves Claudé Georges Fils a installé le «club des arts» devant sa tente. Il peint des scènes post-tremblement de terre dans un style naïf. «Personne ici n'a les moyens d'acheter vos toiles», lui fait-on remarquer. «C'est aux Blancs qui visitent le camp comme vous que je les vends», répond-il avec un sourire.
Vrai: le camp de la vedette américaine attire plus l'attention que les autres. Ici les règles établies à l'égard des médias sont très strictes. Toute demande d'entrevue avec ne serait-ce qu'un employé de J/P HRO doit être approuvée... à Los Angeles. «On n'a pas le droit de dire lorsque M. Penn se trouve en Haïti», indique une porte-parole de l'ONG, Lauren Rajczak, qui nous a refusé une entrevue avec l'acteur américain.
Un bras droit québécois
Le bras droit de Sean Penn sur le terrain, c'est un Québécois. Il s'appelle Félix-Antoine Véronneau. Il a à peine 30 ans et porte le titre de gérant des opérations. Il travaillait auparavant pour la fondation de l'ex-président américain Bill Clinton. Trop de discussions, pas assez d'actions. Il préfère travailler pour Penn.
D'autres ONG critiquent celle de Penn pour vouloir trop en faire et être dispersée. «On ne veut pas laisser tomber les Haïtiens. Je te donne un exemple. On s'est rapidement rendu compte que personne ne faisait du déblaiement de débris, explique le jeune Québécois. On n'y connaissait rien, mais on a foncé. On a fait venir de la machinerie lourde, puis au fil des mois, on s'est rendu compte qu'on était parmi ceux qui en avaient le plus ramassé.» Même chose lorsque Médecins sans frontières a quitté le centre médical qu'il avait mis sur pied au camp pour répondre à d'autres urgences. «On s'est sentis obligés de reprendre le flambeau.»
Bien que le nombre de résidants du camp n'ait pas baissé d'un iota en un an, l'ONG de Sean Penn ne se décourage pas. La majorité des gens proviennent de Delmas, la zone voisine. Les rues ont été déblayées, mais les maisons détruites sont toujours là. «On n'a pas abandonné l'objectif de tous les reloger. Si déblayer coûte cher, démolir c'est encore plus cher. On est à la recherche de fonds en ce moment pour le faire», souligne son bras droit.
L'acteur américain a récemment déclaré qu'il ne laisserait jamais tomber Haïti. «Il n'y a pas de fin. C'est ici que je serai chaque fois que je ne travaillerai pas aux États-Unis, pour le reste de ma vie», a-t-il dit au Hollywood Reporter.
Si l'acteur a essuyé quelques critiques, il a aussi envoyé quelques salves aux experts de l'humanitaire. «La seule façon de faire avancer les choses, c'est de travailler comme une pieuvre, avec plusieurs bras qui interviennent sur plusieurs fronts en même temps. Certaines ONG se préoccupent plus de préserver leurs propres intérêts que de travailler pour les Haïtiens», a récemment dit dans une entrevue à un quotidien français cet acteur associé à la gauche militante américaine.
Parmi toutes les vedettes américaines qui ont visité Haïti durant la dernière année, de John Travolta à Brad Pitt en passant par Sarah Palin, Sean Penn est le seul à être resté.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201101/21/01-4362693-sean-penn-ne-joue-pas-les-figurants-en-haiti.php

Perdant patience, Washington met la pression sur les autorités haïtiennes

Alors que la situation se complique avec le retour de «Baby Doc», les Etats-Unis exigent une relance du processus électoral Bernard Bridel
Les Etats-Unis sont en train de perdre patience en Haïti. Près de deux mois après le premier tour de la présidentielle du 28 novembre – dont le résultat n’a toujours pas été proclamé! – leur ambassadeur aux Nations Unies, Susan Rice, a haussé le ton. S’exprimant devant le Conseil de sécurité, elle a exhorté jeudi soir les autorités haïtiennes «à définir une voie très claire, qui mènera rapidement à l’inauguration d’un gouvernement démocratiquement élu», indispensable pour s’attaquer à la reconstruction d’un pays, dévasté par le séisme du 12 janvier 2010 et où le fléau du choléra continue de tuer.
Lâchant une véritable bombe, vu son statut, Susan Rice a par ailleurs ajouté qu’il fallait mettre en œuvre les recommandations de l’Organisation des Etats américains (OEA), selon lesquelles Jude Célestin, le candidat du président sortant René Préval, devait être écarté du second tour de la présidentielle…



Rappelons qu’à la suite de la proclamation des résultats du premier tour, le 7 décembre dernier, les partisans du chanteur Michel Martelly, arrivé 3e derrière Jude Célestin et Mirlande Manigat, avaient littéralement «retourné» le pays durant trois jours d’émeutes. Ils protestaient contre ce qu’ils appelaient un hold-up électoral, affirmant que leur candidat était arrivé 2e et avait donc le droit d’être présent au second tour face à Mirlande Manigat.



Pour calmer le jeu et gagner du temps, le Conseil électoral et le président avaient autorisé un recomptage des voix et accepté la mission de l’OEA. Aux dernières nouvelles, les résultats définitifs devraient être annoncés d’ici au 31 janvier. Mais nul ne sait ce qu’il peut se passer d’ici là.



En effet, le retour, dimanche, de l’ex-dictateur Jean-Claude «Baby Doc» Duvalier, après vingt-cinq ans d’exil en France, et l’annonce qu’un autre ex-tyranneau, Jean-Bertrand Aristide, souhaite aussi revenir au pays ont plongé les Haïtiens dans la perplexité. Et beaucoup voient dans ces événements une magouille du président Préval pour se maintenir le plus possible aux affaires et organiser sa succession.



C’est sans doute pour briser ce cercle vicieux que Washington a tapé du poing sur la table.



Lueur d’espoir dans ces ténèbres: Amnesty International a confirmé hier que la justice allait enquêter sur les violations des droits humains sous le règne de «Baby Doc». Ce dernier a déjà été inculpé mardi à Port-au-Prince de corruption, de détournements de fonds publics et d’association de malfaiteurs. Laissé en liberté, il a quitté jeudi son hôtel pour une riche villa des hauts de la capitale.



Les regrets de Tony Blair sur la guerre en Irak

Lâché par ses ex-collaborateurs, l’ancien premier ministre britannique avoue avoir agi par conviction personnelle
Lors de son deuxième interrogatoire sur son rôle dans l’invasion de l’Irak, Tony Blair a exprimé des regrets. Enfin. Interrogé il y a tout juste un an sur les conditions de l’entrée en guerre du Royaume-Uni en Irak par une commission d’enquête, l’ancien premier ministre britannique avait expliqué n’avoir «aucun regret» quant à son action.
Hier, cinq minutes avant la fin de sa deuxième session d’interrogatoire, il a voulu clarifier ce point: «Il y a un an, j’ai cru que vous m’aviez demandé si j’avais des regrets sur mes choix politiques, or, je n’en ai pas le moindre. En revanche, il est clair que je regrette évidemment les pertes de vies en Irak, militaires et civiles.» Le parent de l’un des soldats tués en Irak, présent dans la salle, lui a alors hurlé son désespoir: «C’est trop tard!»
En costume et cravate bleu foncé, l’ancien homme fort du pays apparaît fatigué et tendu. Depuis sa décision de mener son pays à la guerre en 2003, il est attaqué de toutes parts. Cette semaine d’interrogatoires a ainsi été marquée par les aveux inattendus de certains de ses proches collaborateurs.
Stephen Wall, alors directeur des Affaires européennes au sein du gouvernement, s’en veut de n’avoir pas conseillé au chef du gouvernement de considérer plus sérieusement le point de vue de son homologue français Jacques Chirac, totalement opposé à la guerre.
Le procureur général de l’époque, Peter Goldsmith, chargé de déterminer la légalité de l’invasion de l’Irak, a lui assuré que son «point de vue n’a pas été requis. Je n’étais pas du tout assez impliqué dans les réunions et les discussions sur la résolution des Nations Unies et sur la stratégie derrière elle qui se tenaient au niveau ministériel.» Un document diplomatique a d’ailleurs révélé que Tony Blair ne voyait alors pas l’intérêt de demander son avis, certain qu’il était de sa propre légitimité.
Il a d’ailleurs conforté le brouillard autour de son étrange relation avec l’ancien président américain, George W. Bush. Il n’envisageait en effet pas de lui faire part des hésitations de la classe politique britannique avant d’être «forcé de le faire», car cela se serait avéré politiquement «dramatique» pour la relation entre les deux pays et «aurait atténué la confiance qu’il nous portait». Un nouvel aveu de soumission qui aura mené son pays dans une guerre aujourd’hui regrettée par beaucoup.
Tristan de Bourbon

Haïti : appel à la manifestation de douze candidats à la présidence

Douze candidats à l'élection présidentielle haïtienne, qui demandent l'annulation du scrutin en raison des fraudes lors du premier tour, ont appelé la population à manifester dimanche dans la capitale Port-au-Prince.

Un de ces douze candidats, Charles Henry Baker, a déposé vendredi devant le tribunal électoral chargé de recueillir les contestations de l'élection du 28 novembre une demande d'annulation du scrutin, selon ses avocats, estimant qu'il avait été «truffé de fraudes et marqué par des irrégularités».
«Il n'y a qu'une seule voie c'est l'annulation totale de l'élection», a affirmé un autre de ces douze candidats, Jean-Henry Céant.
Le parti «Respect» de M. Backer, dont les appels sont suivis par les douze candidats demandant l'annulation du scrutin, demande dans un communiqué à «ses partisans, le secteur privé, la société civile, ainsi qu'à toute la population de porter leur soutien à une marche pacifique qui sera organisée ce dimanche».
«Venez en nombre pour demander l'annulation totale et capitale de l'élection frauduleuse du 28 novembre 2010», ajoute le communiqué, précisant que le rassemblement est prévu à partir de 09H00 locales (14H00 GMT).
Le tribunal électoral a commencé vendredi à écouter les premières contestations du scrutin, avant la publication des résultats définitifs du premier tour qui doivent désigner les deux candidats qui s'affronteront lors d'un second tour.
La publication début décembre des résultats préliminaires donnaient l'ancienne Première dame Mirlande Manigat en première position suivie du candidat du pouvoir Jude Célestin. Ces résultats avaient déclenché la colère des partisans du chanteur populaire Michel Martelly, arrivé tout juste derrière M. Célestin et donc non qualifié pour un second tour.
Après trois jours d'émeutes, le président sortant René Préval avait demandé à l'Organisation des Etats américains (OEA) de dépêcher une mission d'experts sur place afin d'évaluer le processus électoral.
Le rapport des experts, publié la semaine dernière, qui a constaté des fraudes, suggère d'écarter M. Célestin du second tour au profit de M. Martelly.
le 22/01/2011 à 18:48
http://www.lepays.fr/sport/2011/01/22/haiti-appel-a-la-manifestation-de-douze-candidats-a-la-presidence

Dany Laferrière : « Haïti est une puissance symbolique »

Par Hubert Artus A Haïti, on dit « le 12 Janvier » comme, un peu plus haut sur le continent américain, on dit « le 11 Septembre ». Lors du séisme à Port-au-Prince, Dany Laferrière était sur place, et a noté tout ce qu'il a vu.
Cela donne « Tout bouge autour de moi », où l'écrivain exilé pointe le courage des Haïtiens, mais surtout la condescendance de l'Occident envers cette République autodidacte. Pour lui, plus qu'un pays, Haïti est « une puissance symbolique ». Entretien.
Exilé, il ne se sépare jamais de son passeport, accroché à une pochette autour de son cou. Ecrivain, il garde aussi toujours sur lui ce « calepin noir » où il note tout ce qui traverse son champ de vision.
L'an dernier, il a eu de quoi écrire. Il était présent dans la capitale haïtienne, en tant que co-président de la manifestation littéraire qui devait débuter… le 13 janvier, soit le lendemain du séisme. Ce devait être la deuxième édition d »Etonnants voyageurs à Port-au-Prince. Ce ne fut que peurs et pleurs.
« La terre s'est mise à onduler comme une feuille de papier »
Ce jour-là, alors qu'il s'apprêtait à déguster une langouste avec son éditeur haïtien Rodney Saint-Eloi, il crut « percevoir le bruit d'une mitraillette », et vit les cuisiniers passer en trombe. Non, ce n'était pas « une chaudière qui venait d'exploser », mais « La terre [qui] s'est mise à onduler comme une feuille de papier que le vent emporte ».
« Bruits sourds des immeubles en train de s'agenouiller. Ils n'explosent pas. Ils implosent, emprisonnant les gens dans leur ventre… »
Peu après l'éternité du séisme (« Je ne savais pas que soixante secondes pouvaient durer aussi longtemps. Et qu'une nuit pouvait n'avoir plus de fin »), trop heureux de faire partie de survivants, Laferrière s'empresse de noter cette vie qui reprend ses droits à travers tout ce béton tombé à terre.
Ce que le journaliste n'a pu ressentir
Dans notre interview, il explique la différence entre ce que les journalistes écrivaient et ce que lui, écrivain haïtien exilé depuis trente ans, voyait. « Tout bouge autour de moi » montre tout ce qu'un journaliste, dont le travail se base sur les faits et sur l'urgence, ne pouvait pas ressentir.
Le livre, écrit très vite, est paru au printemps dernier à Haïti. Pour la version française, parue en ce mois de janvier, Laferrière est revenu sur place afin de compléter ses informations, sur un drame dont le bilan final est de 316 000 morts.
La vie qui reprend ses droits
Ce que voit Laferrière, c'est la vie qui reprend ses droits après ces soixante secondes d'apocalypse. Une horreur qui, pour lui, arrivait alors que le pays se relevait d'une décennie de turbulences :
« De jeunes filles rieuses se promenaient dans les rues, tard le soir » ;
« Les peintres primitifs bavardaient avec les marchandes de mangues » ;
« Le banditisme semblait reculer d'un pas »…
Et les écrivains étaient invités à la télévision plus souvent que les députés, « ce qui est assez rare dans ce pays à fort tempérament politique ».
Ce livre, certes un témoignage, raconte toutes ces autres vies que la sienne et analyse cet « instant pivotal » : un « évènement dont les répercussions seront aussi importantes que celles de l'indépendance d'Haïti, le 1er janvier 1804 ».
Que l'Occident cesse d'être condescendant
Jusqu'ici, l'Occident s'était « détourné de cette nouvelle République qui a dû savourer seule son triomphe ». On citait souvent Haïti en exemple d'affranchissement et de liberté, cette République où les citoyens se sont eux-mêmes affranchis de la tutelle coloniale et esclavagiste au début du XIXe.
Mais l'Occident laissa Haïti « libre, mais seule », dans une relation mêlant admiration, défiance et condescendance. Ce que Laferrière appelle de ses voeux, c'est que cette condescendance cesse… et que soient montrées les preuves que l'aide internationale promise (un milliard de dollars environ) est bien arrivée. Plus qu'un pays, « une puissance symbolique »
Né à Port-au-Prince, fils d'un ancien maire de la capitale haïtienne, Laferrière a débuté sa vie de plumitif dans le journalisme culturel. C'était sous la dictature des Duvalier père et fils, qu'il égratignait régulièrement.
En 1976, après l'assassinat de son collègue Gasner Raymond, et se sachant le prochain sur la liste des « tontons-macoutes », il a quitté précipitamment Port-au-Prince pour Montréal, où il réside depuis.
C'est avec ce double regard « intérieur-extérieur » que l'écrivain évoque son pays. Un pays qui continue sans cesse « l'aventure humaine ». Première République à s'être affranchie du colon et de l'esclavage en même temps, il est devenu « une puissance symbolique ».
C'est tout ce symbole qui a repris vie dès la minute du séisme passée. « Déjà la vie » est d'ailleurs le titre du deuxième paragraphe de « Tout bouge autour de moi ».
http://www.rue89.com/cabinet-de-lecture/2011/01/20/dany-laferriere-haiti-est-une-puissance-symbolique-185868

Haïti: les USA ont révoqué des visas de responsables officiels

WASHINGTON - Les Etats-Unis ont révoqué les visas d'un nombre indéterminé de "responsables gouvernementaux" haïtiens, a annoncé le département d'Etat vendredi, réitérant l'appel de Washington à un processus électoral "libre, juste et crédible" dans l'île. "Nous avons décidé d'agir contre un certain nombre de citoyens haïtiens et nous continuerons à évaluer la situation", a déclaré le porte-parole Philip Crowley, soulignant qu'il était tenu par les lois américaines sur le respect de la confidentialité en matière de visas.
Invité à préciser de quelle catégorie de "citoyens" il s'agissait, il a répondu: "Des responsables gouvernementaux".
Des médias haïtiens avaient rapporté auparavant qu'une dizaine de membres du parti de Jude Célestin, le candidat du parti du pouvoir à l'élection présidentielle haïtienne, avaient vu leurs visas d'entrée aux Etats-Unis révoqués.
L'Organisation des Etats américains (0EA) recommande d'exclure du second tour M. Célestin, considéré comme très proche du président sortant René Préval et arrivé tout juste deuxième à l'issue du premier tour du 28 novembre, marqué par de nombreuses fraudes électorales. Les Etats-Unis ont appelé à suivre l'avis de l'OEA.
"Notre attention se concentre à l'heure actuelle sur le fait d'assurer un processus électoral libre, juste et crédible en Haïti. (...) Nous n'hésiterons pas à prendre les mesures appropriées quand il y aura des individus liés à des épisodes de violence ou de corruption", a déclaré M. Crowley, suggérant ainsi que la révocation des visas visait à faire pression sur le pouvoir.
(©AFP / 21 janvier 2011 21h02)
http://www.romandie.com/infos/news2/110121200238.0oroo705.asp

Le Canada ne peut approuver les résultats préliminaires

21/01/2011 23h16 OTTAWA

Le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, conclut qu’il n’est pas possible d’approuver les résultats préliminaires de l’élection présidentielle en Haïti publiés le 7 décembre dernier.
Le ministre Cannon base ses observations à la lumière d’un récent rapport de la Mission d’experts de l’Organisation des États américains (OEA), chargée de vérifier les résultats préliminaires de l’élection présidentielle haïtienne.
Le rapport détermine qu’en raison d’un certain nombre de facteurs, y compris la fraude, la Mission d’experts ne peut approuver les résultats préliminaires de l’élection présidentielle rendus public le 7 décembre 2010, et selon lesquels le dauphin de René Préval, Jude Célestin, se qualifiait en deuxième place, ce qui lui permettait d’accéder au deuxième tour de scrutin et d’affronter l’ancienne première dame d’Haïti, Mirlande Manigat, arrivée première.
Ces premiers résultats avaient provoqué une vague de violence au pays, puisqu’ils plaçaient le chanteur Michel Martelly au troisième rang, l’excluant ainsi du deuxième tour.
« Le Canada approuve le rapport de la Mission d’experts de l’Organisation des États américains chargée de vérifier les résultats préliminaires de l’élection présidentielle haïtienne et prie instamment le Conseil électoral provisoire d’accepter et de mettre en œuvre les recommandations du rapport et, par conséquent, de passer aux prochaines étapes du processus électoral », a déclaré, hier, le ministre Cannon, dans un communiqué. Ce rapport renferme une évaluation et des recommandations sur la tabulation des votes et autres facteurs ayant eu des répercussions sur les résultats préliminaires du premier tour. Selon le rapport de la Mission d’experts, le candidat Martelly aurait dû terminer deuxième (22,2 %) lors du premier tour, devant M. Célestin (21,9 %). Mme Manigat demeure pour sa part première (31,6 %).
« Le Canada exhorte de nouveau les leaders politiques d’Haïti à s’acquitter de leurs obligations démocratiques, a ajouté le ministre Cannon.
Ils doivent veiller à ce que le processus électoral suive son cours afin que la transition démocratique puisse s’achever le plus tôt possible. Pour renforcer la démocratie en Haïti, il faut absolument que le processus et les résultats soient crédibles et transparents. »

Haïti - Reconstruction : Environ un tiers des réfugiés ont retrouvé un logement

22/01/2011 15:43:26.- Environ un tiers des 1.5 millions de personnes qui vivaient sous des tentes se sont réinstallés, et 400,000 devraient emménager ailleurs au cours des 9 prochains mois. Selon Gabriel Verret, Directeur Exécutif de la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH), un tiers des quelques 1,5 million de personnes qui vivaient dans des camps jusqu’en juillet dernier ont déménagé, tel qu’annoncé sur la matrice d’enregistrement version 2.0 de l’Organisation internationale de la migration (OIM), responsable de la coordination et de la gestion des camps, dans sa dernière mise à jour en date du 9 décembre 2010. Diverses explications, notamment le retour des familles dans des maisons qui non seulement ont été réparées, mais sont plus solides et plus résistantes qu’avant le séisme; la construction par les agences ou les ménages de logements provisoires dans leurs quartiers d’origine ou les déplacements volontaires des familles parfois incitées par des avantages offerts pour leur déplacement, expliquent cette réalité.
Le logement est une priorité majeure, et notre objectif est d'aider les familles à retourner dans des logements permanents, sécurisés et dans des quartiers sûrs. Cela peut requérir soit la réparation, soit la reconstruction d'une maison endommagée par le tremblement de terre, sur la base des décisions de chaque propriétaire», dit M. Verret. "Dans certains cas, le relogement des gens peut nécessiter une relocalisation, mais en général, les gens préfèrent rester en territoire connu. Nous mesurons les progrès selon le principe une famille et une maison à la fois. »
L’objectif le plus pressant de la reconstruction est le déplacement dans des logements permanents et sécurisés de toutes les familles vivant aujourd’hui dans des abris provisoires ou précaires. Le gouvernement d’Haïti a pris d’importantes mesures à cette fin, notamment l’évaluation de près d’un demi-million de maisons endommagées en ce qui a trait à leur habitabilité et en procédant à la publication d’un guide de construction pour ingénieurs et non-ingénieurs. Le déblaiement des débris est essentiel à l’accessibilité des quartiers et pour permettre le démarrage sur une plus grande échelle des programmes de logement approuvés par la CIRH.
Jusqu'à décembre 2010, neuf projets, évalués à 191,3 millions de dollars, ont été approuvés pour le secteur du logement. Parmi ces projets on peut compter : 2,5 millions de dollars pour le projet de construction d’un village par la Mission Hope of Haïti, conçu pour offrir des logements ruraux à 3,000 Haïtiens; un projet de développement communautaire évalué à 30 millions de dollars financé par la Banque mondiale pour le relèvement des quartiers urbains et la réparation ou reconstruction de 5,000 unités de logement; un projet de l’USAID de 53,3 millions de dollars pour financer 15,000 sites aménagés dans de nouvelles communautés dans les corridors du Cap-Haïtien et de Port-au-Prince; un projet de logement pour 26 millions de dollars, présenté par la ville de Port-au-Prince et financé en partie par la France pour le développement de centres informels; et un projet de 65 millions de dollars de l'USAID pour le financement de logements pour 10 000 ménages et le relèvement des quartiers dans les communautés endommagées par le séisme.
« Ce qui se passe dans le secteur du logement en Haïti peut ne pas être visible pour tout le monde, mais c’est en fait très encourageant, et bien en phase avec le calendrier de relèvement en ce qui concerne d'autres catastrophes de grande ampleur », ajoute M. Verret. « La Nation se remet sur le chemin de la normalité et du progrès. Plus important encore, ce qui se passe commence à ouvrir la voie permettant aux familles de se remettre sur pied et de retourner chez eux en toute sécurité.
À propos de la Commission Intérimaire pour la reconstruction d'Haïti :

La Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH) a été créée par le décret présidentiel du 21 avril 2010, à la suite du tremblement de terre dévastateur qui a frappé Haïti le 12 janvier 2010. La mission de la CIRH est de procéder à la planification rapide, à la coordination des efforts de reconstruction. Aussi, de faciliter les projets de développement et les priorités, y compris l’examen et l’approbation de projets et de programmes financés par les bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux, les ONG et le secteur privé. La CIRH est co-présidée par le Premier Ministre haïtien Jean-Max Bellerive et le Président Bill Clinton. Elle est guidée par un Conseil d'administration qui comprend des intervenants haïtiens et non-haïtiens.
HL/ HaïtiLibre

Haïti-Élections : Pression accrue

P-au-P., 21 janv. 2011 [AlterPresse] --- La pression internationale s’est accrue sur les autorités haïtiennes au moment où le Conseil Électoral Provisoire (CEP) entend achever la phase des contestations avant la publication des résultats définitifs des élections présidentielles et législatives du 28 novembre 2010. L’ambassadrice des États-Unis d’Amérique à l’Organisation des Nations Unies (ONU), Susan Rice, a haussé le ton, le 20 janvier, en déclarant que les États-Unis et la communauté internationale retireront leur soutien au gouvernement haïtien s’il ne tient pas compte des recommandations formulées par les experts de la mission d’évaluation de l’Organisation des États américains (OEA).
« Un soutien durable de la communauté internationale exigera un processus crédible qui représente la volonté du peuple haïtien. Nous exhortons les autorités haïtiennes à définir une voie très claire qui mènera rapidement à l’inauguration d’un gouvernement démocratiquement élu », déclare Susan Rice, dont les propos sont rapportés par le quotidien Miami Herald.
L’institution électorale indique que lors d’un second tour, elle entend considérer les recommandations de la mission d’experts de l’OEA en rapport aux résultats déjà publiés et qui ont été rejetés par une partie de la population et des secteurs politiques.
Le rapport des experts a été remis le 18 janvier au CEP par le gouvernement qui l’a reçu officiellement la veille des mains du secrétaire général de l’OEA, Jose Miguel Insulza.
Suivant les informations diffusées le rapport de la mission préconise d’écarter le candidat du pouvoir Jude Célestin de la course au second tour au profit de Michel Martelly qui était arrivé en troisième position.
Le secrétaire adjoint aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies, Alain Leroy a, pour sa part, exhorté le CEP à prendre totalement en compte les recommandations de l’OEA.
Pour lui, les autorités électorales devraient annoncer les résultats définitifs du scrutin le 31 janvier prochain et organiser le second tour vers la mi-février.
Aux dernières nouvelles, les visas américains de plusieurs personnalités, proches ou faisant partie de l’administration Préval, ont été révoqués, annonce la station privée Radio Vision 2000. [gp apr 21/01/2011 11 :00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article10558

Haïti - Élections : Publication des résultats définitifs du premier tour le 31 janvier ?

22/01/2011 12:14:54: « Selon les dernières informations dont nous disposons, le Conseil Électoral Provisoire (CEP) a semble-t-il l'intention d'annoncer les résultats définitifs du premier tour le 31 janvier de manière à organiser le second tour à la mi-février », a indiqué Alain Le Roy, le Secrétaire Général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la Paix lors de la dernière réunion du Conseil de sécurité. La publication des résultats définitifs le 31 janvier est dans le domaine du «possible». Les dernières contestations au Bureau du Contentieux Électoral Départemental (BCED) ont été entendues vendredi 21 janvier 2011 et les appels éventuels de ces décisions devant le Bureau du Contentieux Électoral National (BCEN), le seront le 24 janvier prochain [d’après le CEP]. Toutefois ce dernier reste muet quant aux dates de publication de ces résultats et de la tenue du second tour.
Par contre, nous trouvons M. Alain Le Roy, plutôt optimiste d’affirmer que le second tour puisse se tenir mi-février. Pierre-Louis Opont, le Directeur Général du CEP avait déclaré que le CEP aura besoin d'au moins un mois pour tenir le second tour après la publication des résultats définitifs. Un second tour en mars est donc beaucoup plus réaliste, compte tenu de l’application des recommandations du rapport des experts de l’Organisation des États Américains (OEA) et du temps alloué à la campagne électorale des deux candidats du second tour.
Rappelons que le CEP a entrouvert la porte à une révision des résultats de la présidentielle en indiquant qu'il prendrait en considération, une révision des résultats du premier tour en tenant compte des résultats de la phase de contestations. Des propos qui laisse le champs libre à toutes les spéculations sur le sens à donner à cette « prise en compte »...

Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-2039-haiti-elections-pas-de-deuxieme-tour-avant-fevrier.html
http://www.haitilibre.com/article-2168-haiti-elections-haiti-risque-de-perdre-le-soutien-des-etats-unis.html
http://www.haitilibre.com/article-2153-haiti-elections-position-officielle-du-cep-sur-le-rapport-de-l-oea.html
http://www.haitilibre.com/article-2158-haiti-oea-quelques-pages-cles-du-rapport-final-de-l-oea.html
BF/ HaïtiLibre
http://www.haitilibre.com/article-2183-haiti-elections-publication-des-resultats-definitifsdu-premier-tour-le-31-janvier.html

À qui profite le retour du dictateur Duvalier en Haïti ?

22/01/2011 - 00:38 par SIWEL
MONTRÉAL (SIWEL) – Invité à l’émission Bazzo.tv sur Télé-Québec, diffusée le 20 janvier, le lieutenant-général canadien à la retraite et sénateur Roméo Dallaire, s’est dit outré de la situation qui règne en Haïti. Pour l’auteur de J’ai serré la main du diable, l’instabilité chronique qui vient de s’aggraver avec le retour au pays du dictateur Jean-Claude Duvalier dit bébé doc est imputable au jeu malsain des puissances qui convoitent l’île :
« […] Il faut regarder quel est le jeu derrière son arrivée, dit-il, et non son arrivée comme telle. Qui vraiment profite de la zizanie qui a été créée ? Est-ce qu’il y a un enjeu dont on n’est pas vraiment conscient dans la structure politique… parce qu’on est en pleines élections ? Est-ce qu’il y a une entité derrière lui ? Lui, il arrive de la France. On sait qu’Haïti est une ancienne colonie française. On sait que le jeu français, les Nations Unies sont là. Est-ce qu’il y a un autre joueur ? […] ».
Le général enchaîne après avoir été interrompu par l’animatrice Marie-France Bazzo impatiente d’obtenir la réponse de son invité : « De par mon expérience des pays en voie de développement, dans une situation de guerre civile, de crise civile, il y a toujours de gros joueurs derrière. Alors qui profite de cette zizanie qui a été créée là ? Et ultimement, est-ce que vraiment on cherche cette stabilité ou est-ce que, peut-être, l’instabilité ? ».
Les jours à venir ôteront peut-être une couche supplémentaire au voile de mystère qui enveloppe la crise haïtienne. Une crise multidimensionnelle aggravée depuis le 12 janvier 2010 par un tremblement de terre d’une force inégalée et sur la nature duquel des interrogations en marge de l’orthodoxie scientifique et politique ambiante sont posées par une opinion haïtienne meurtrie et désabusée.
http://www.tamurt.info/a-qui-profite-le-retour-du-dictateur-duvalier-en-haiti,961.html?lang=fr