WASHINGTON - Les Etats-Unis ont révoqué les visas d'un nombre indéterminé de "responsables gouvernementaux" haïtiens, a annoncé le département d'Etat vendredi, réitérant l'appel de Washington à un processus électoral "libre, juste et crédible" dans l'île. "Nous avons décidé d'agir contre un certain nombre de citoyens haïtiens et nous continuerons à évaluer la situation", a déclaré le porte-parole Philip Crowley, soulignant qu'il était tenu par les lois américaines sur le respect de la confidentialité en matière de visas.
Invité à préciser de quelle catégorie de "citoyens" il s'agissait, il a répondu: "Des responsables gouvernementaux".
Des médias haïtiens avaient rapporté auparavant qu'une dizaine de membres du parti de Jude Célestin, le candidat du parti du pouvoir à l'élection présidentielle haïtienne, avaient vu leurs visas d'entrée aux Etats-Unis révoqués.
L'Organisation des Etats américains (0EA) recommande d'exclure du second tour M. Célestin, considéré comme très proche du président sortant René Préval et arrivé tout juste deuxième à l'issue du premier tour du 28 novembre, marqué par de nombreuses fraudes électorales. Les Etats-Unis ont appelé à suivre l'avis de l'OEA.
"Notre attention se concentre à l'heure actuelle sur le fait d'assurer un processus électoral libre, juste et crédible en Haïti. (...) Nous n'hésiterons pas à prendre les mesures appropriées quand il y aura des individus liés à des épisodes de violence ou de corruption", a déclaré M. Crowley, suggérant ainsi que la révocation des visas visait à faire pression sur le pouvoir.
(©AFP / 21 janvier 2011 21h02)
http://www.romandie.com/infos/news2/110121200238.0oroo705.asp
Une fenêtre ouverte sur Haïti, le pays qui défie le monde et ses valeurs, anti-nation qui fait de la résistance et pousse les limites de la résilience. Nous incitons au débat conceptualisant Haïti dans une conjoncture mondiale difficile. Haïti, le défi, existe encore malgré tout : choléra, leaders incapables et malhonnêtes, territoires perdus gangstérisés . Pour bien agir il faut mieux comprendre: "Que tout ce qui s'écrit poursuive son chemin, va , va là ou le vent te pousse (Dr Jolivert)
samedi 22 janvier 2011
Le Canada ne peut approuver les résultats préliminaires
21/01/2011 23h16 OTTAWA
Le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, conclut qu’il n’est pas possible d’approuver les résultats préliminaires de l’élection présidentielle en Haïti publiés le 7 décembre dernier.
Le ministre Cannon base ses observations à la lumière d’un récent rapport de la Mission d’experts de l’Organisation des États américains (OEA), chargée de vérifier les résultats préliminaires de l’élection présidentielle haïtienne.
Le rapport détermine qu’en raison d’un certain nombre de facteurs, y compris la fraude, la Mission d’experts ne peut approuver les résultats préliminaires de l’élection présidentielle rendus public le 7 décembre 2010, et selon lesquels le dauphin de René Préval, Jude Célestin, se qualifiait en deuxième place, ce qui lui permettait d’accéder au deuxième tour de scrutin et d’affronter l’ancienne première dame d’Haïti, Mirlande Manigat, arrivée première.
Ces premiers résultats avaient provoqué une vague de violence au pays, puisqu’ils plaçaient le chanteur Michel Martelly au troisième rang, l’excluant ainsi du deuxième tour.
« Le Canada approuve le rapport de la Mission d’experts de l’Organisation des États américains chargée de vérifier les résultats préliminaires de l’élection présidentielle haïtienne et prie instamment le Conseil électoral provisoire d’accepter et de mettre en œuvre les recommandations du rapport et, par conséquent, de passer aux prochaines étapes du processus électoral », a déclaré, hier, le ministre Cannon, dans un communiqué. Ce rapport renferme une évaluation et des recommandations sur la tabulation des votes et autres facteurs ayant eu des répercussions sur les résultats préliminaires du premier tour. Selon le rapport de la Mission d’experts, le candidat Martelly aurait dû terminer deuxième (22,2 %) lors du premier tour, devant M. Célestin (21,9 %). Mme Manigat demeure pour sa part première (31,6 %).
« Le Canada exhorte de nouveau les leaders politiques d’Haïti à s’acquitter de leurs obligations démocratiques, a ajouté le ministre Cannon.
Ils doivent veiller à ce que le processus électoral suive son cours afin que la transition démocratique puisse s’achever le plus tôt possible. Pour renforcer la démocratie en Haïti, il faut absolument que le processus et les résultats soient crédibles et transparents. »
Le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, conclut qu’il n’est pas possible d’approuver les résultats préliminaires de l’élection présidentielle en Haïti publiés le 7 décembre dernier.
Le ministre Cannon base ses observations à la lumière d’un récent rapport de la Mission d’experts de l’Organisation des États américains (OEA), chargée de vérifier les résultats préliminaires de l’élection présidentielle haïtienne.
Le rapport détermine qu’en raison d’un certain nombre de facteurs, y compris la fraude, la Mission d’experts ne peut approuver les résultats préliminaires de l’élection présidentielle rendus public le 7 décembre 2010, et selon lesquels le dauphin de René Préval, Jude Célestin, se qualifiait en deuxième place, ce qui lui permettait d’accéder au deuxième tour de scrutin et d’affronter l’ancienne première dame d’Haïti, Mirlande Manigat, arrivée première.
Ces premiers résultats avaient provoqué une vague de violence au pays, puisqu’ils plaçaient le chanteur Michel Martelly au troisième rang, l’excluant ainsi du deuxième tour.
« Le Canada approuve le rapport de la Mission d’experts de l’Organisation des États américains chargée de vérifier les résultats préliminaires de l’élection présidentielle haïtienne et prie instamment le Conseil électoral provisoire d’accepter et de mettre en œuvre les recommandations du rapport et, par conséquent, de passer aux prochaines étapes du processus électoral », a déclaré, hier, le ministre Cannon, dans un communiqué. Ce rapport renferme une évaluation et des recommandations sur la tabulation des votes et autres facteurs ayant eu des répercussions sur les résultats préliminaires du premier tour. Selon le rapport de la Mission d’experts, le candidat Martelly aurait dû terminer deuxième (22,2 %) lors du premier tour, devant M. Célestin (21,9 %). Mme Manigat demeure pour sa part première (31,6 %).
« Le Canada exhorte de nouveau les leaders politiques d’Haïti à s’acquitter de leurs obligations démocratiques, a ajouté le ministre Cannon.
Ils doivent veiller à ce que le processus électoral suive son cours afin que la transition démocratique puisse s’achever le plus tôt possible. Pour renforcer la démocratie en Haïti, il faut absolument que le processus et les résultats soient crédibles et transparents. »
Haïti - Reconstruction : Environ un tiers des réfugiés ont retrouvé un logement
22/01/2011 15:43:26.- Environ un tiers des 1.5 millions de personnes qui vivaient sous des tentes se sont réinstallés, et 400,000 devraient emménager ailleurs au cours des 9 prochains mois. Selon Gabriel Verret, Directeur Exécutif de la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH), un tiers des quelques 1,5 million de personnes qui vivaient dans des camps jusqu’en juillet dernier ont déménagé, tel qu’annoncé sur la matrice d’enregistrement version 2.0 de l’Organisation internationale de la migration (OIM), responsable de la coordination et de la gestion des camps, dans sa dernière mise à jour en date du 9 décembre 2010. Diverses explications, notamment le retour des familles dans des maisons qui non seulement ont été réparées, mais sont plus solides et plus résistantes qu’avant le séisme; la construction par les agences ou les ménages de logements provisoires dans leurs quartiers d’origine ou les déplacements volontaires des familles parfois incitées par des avantages offerts pour leur déplacement, expliquent cette réalité.
Le logement est une priorité majeure, et notre objectif est d'aider les familles à retourner dans des logements permanents, sécurisés et dans des quartiers sûrs. Cela peut requérir soit la réparation, soit la reconstruction d'une maison endommagée par le tremblement de terre, sur la base des décisions de chaque propriétaire», dit M. Verret. "Dans certains cas, le relogement des gens peut nécessiter une relocalisation, mais en général, les gens préfèrent rester en territoire connu. Nous mesurons les progrès selon le principe une famille et une maison à la fois. »
L’objectif le plus pressant de la reconstruction est le déplacement dans des logements permanents et sécurisés de toutes les familles vivant aujourd’hui dans des abris provisoires ou précaires. Le gouvernement d’Haïti a pris d’importantes mesures à cette fin, notamment l’évaluation de près d’un demi-million de maisons endommagées en ce qui a trait à leur habitabilité et en procédant à la publication d’un guide de construction pour ingénieurs et non-ingénieurs. Le déblaiement des débris est essentiel à l’accessibilité des quartiers et pour permettre le démarrage sur une plus grande échelle des programmes de logement approuvés par la CIRH.
Jusqu'à décembre 2010, neuf projets, évalués à 191,3 millions de dollars, ont été approuvés pour le secteur du logement. Parmi ces projets on peut compter : 2,5 millions de dollars pour le projet de construction d’un village par la Mission Hope of Haïti, conçu pour offrir des logements ruraux à 3,000 Haïtiens; un projet de développement communautaire évalué à 30 millions de dollars financé par la Banque mondiale pour le relèvement des quartiers urbains et la réparation ou reconstruction de 5,000 unités de logement; un projet de l’USAID de 53,3 millions de dollars pour financer 15,000 sites aménagés dans de nouvelles communautés dans les corridors du Cap-Haïtien et de Port-au-Prince; un projet de logement pour 26 millions de dollars, présenté par la ville de Port-au-Prince et financé en partie par la France pour le développement de centres informels; et un projet de 65 millions de dollars de l'USAID pour le financement de logements pour 10 000 ménages et le relèvement des quartiers dans les communautés endommagées par le séisme.
« Ce qui se passe dans le secteur du logement en Haïti peut ne pas être visible pour tout le monde, mais c’est en fait très encourageant, et bien en phase avec le calendrier de relèvement en ce qui concerne d'autres catastrophes de grande ampleur », ajoute M. Verret. « La Nation se remet sur le chemin de la normalité et du progrès. Plus important encore, ce qui se passe commence à ouvrir la voie permettant aux familles de se remettre sur pied et de retourner chez eux en toute sécurité.
À propos de la Commission Intérimaire pour la reconstruction d'Haïti :
La Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH) a été créée par le décret présidentiel du 21 avril 2010, à la suite du tremblement de terre dévastateur qui a frappé Haïti le 12 janvier 2010. La mission de la CIRH est de procéder à la planification rapide, à la coordination des efforts de reconstruction. Aussi, de faciliter les projets de développement et les priorités, y compris l’examen et l’approbation de projets et de programmes financés par les bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux, les ONG et le secteur privé. La CIRH est co-présidée par le Premier Ministre haïtien Jean-Max Bellerive et le Président Bill Clinton. Elle est guidée par un Conseil d'administration qui comprend des intervenants haïtiens et non-haïtiens.
HL/ HaïtiLibre
Le logement est une priorité majeure, et notre objectif est d'aider les familles à retourner dans des logements permanents, sécurisés et dans des quartiers sûrs. Cela peut requérir soit la réparation, soit la reconstruction d'une maison endommagée par le tremblement de terre, sur la base des décisions de chaque propriétaire», dit M. Verret. "Dans certains cas, le relogement des gens peut nécessiter une relocalisation, mais en général, les gens préfèrent rester en territoire connu. Nous mesurons les progrès selon le principe une famille et une maison à la fois. »
L’objectif le plus pressant de la reconstruction est le déplacement dans des logements permanents et sécurisés de toutes les familles vivant aujourd’hui dans des abris provisoires ou précaires. Le gouvernement d’Haïti a pris d’importantes mesures à cette fin, notamment l’évaluation de près d’un demi-million de maisons endommagées en ce qui a trait à leur habitabilité et en procédant à la publication d’un guide de construction pour ingénieurs et non-ingénieurs. Le déblaiement des débris est essentiel à l’accessibilité des quartiers et pour permettre le démarrage sur une plus grande échelle des programmes de logement approuvés par la CIRH.
Jusqu'à décembre 2010, neuf projets, évalués à 191,3 millions de dollars, ont été approuvés pour le secteur du logement. Parmi ces projets on peut compter : 2,5 millions de dollars pour le projet de construction d’un village par la Mission Hope of Haïti, conçu pour offrir des logements ruraux à 3,000 Haïtiens; un projet de développement communautaire évalué à 30 millions de dollars financé par la Banque mondiale pour le relèvement des quartiers urbains et la réparation ou reconstruction de 5,000 unités de logement; un projet de l’USAID de 53,3 millions de dollars pour financer 15,000 sites aménagés dans de nouvelles communautés dans les corridors du Cap-Haïtien et de Port-au-Prince; un projet de logement pour 26 millions de dollars, présenté par la ville de Port-au-Prince et financé en partie par la France pour le développement de centres informels; et un projet de 65 millions de dollars de l'USAID pour le financement de logements pour 10 000 ménages et le relèvement des quartiers dans les communautés endommagées par le séisme.
« Ce qui se passe dans le secteur du logement en Haïti peut ne pas être visible pour tout le monde, mais c’est en fait très encourageant, et bien en phase avec le calendrier de relèvement en ce qui concerne d'autres catastrophes de grande ampleur », ajoute M. Verret. « La Nation se remet sur le chemin de la normalité et du progrès. Plus important encore, ce qui se passe commence à ouvrir la voie permettant aux familles de se remettre sur pied et de retourner chez eux en toute sécurité.
À propos de la Commission Intérimaire pour la reconstruction d'Haïti :
La Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH) a été créée par le décret présidentiel du 21 avril 2010, à la suite du tremblement de terre dévastateur qui a frappé Haïti le 12 janvier 2010. La mission de la CIRH est de procéder à la planification rapide, à la coordination des efforts de reconstruction. Aussi, de faciliter les projets de développement et les priorités, y compris l’examen et l’approbation de projets et de programmes financés par les bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux, les ONG et le secteur privé. La CIRH est co-présidée par le Premier Ministre haïtien Jean-Max Bellerive et le Président Bill Clinton. Elle est guidée par un Conseil d'administration qui comprend des intervenants haïtiens et non-haïtiens.
HL/ HaïtiLibre
Haïti-Élections : Pression accrue
P-au-P., 21 janv. 2011 [AlterPresse] --- La pression internationale s’est accrue sur les autorités haïtiennes au moment où le Conseil Électoral Provisoire (CEP) entend achever la phase des contestations avant la publication des résultats définitifs des élections présidentielles et législatives du 28 novembre 2010. L’ambassadrice des États-Unis d’Amérique à l’Organisation des Nations Unies (ONU), Susan Rice, a haussé le ton, le 20 janvier, en déclarant que les États-Unis et la communauté internationale retireront leur soutien au gouvernement haïtien s’il ne tient pas compte des recommandations formulées par les experts de la mission d’évaluation de l’Organisation des États américains (OEA).
« Un soutien durable de la communauté internationale exigera un processus crédible qui représente la volonté du peuple haïtien. Nous exhortons les autorités haïtiennes à définir une voie très claire qui mènera rapidement à l’inauguration d’un gouvernement démocratiquement élu », déclare Susan Rice, dont les propos sont rapportés par le quotidien Miami Herald.
L’institution électorale indique que lors d’un second tour, elle entend considérer les recommandations de la mission d’experts de l’OEA en rapport aux résultats déjà publiés et qui ont été rejetés par une partie de la population et des secteurs politiques.
Le rapport des experts a été remis le 18 janvier au CEP par le gouvernement qui l’a reçu officiellement la veille des mains du secrétaire général de l’OEA, Jose Miguel Insulza.
Suivant les informations diffusées le rapport de la mission préconise d’écarter le candidat du pouvoir Jude Célestin de la course au second tour au profit de Michel Martelly qui était arrivé en troisième position.
Le secrétaire adjoint aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies, Alain Leroy a, pour sa part, exhorté le CEP à prendre totalement en compte les recommandations de l’OEA.
Pour lui, les autorités électorales devraient annoncer les résultats définitifs du scrutin le 31 janvier prochain et organiser le second tour vers la mi-février.
Aux dernières nouvelles, les visas américains de plusieurs personnalités, proches ou faisant partie de l’administration Préval, ont été révoqués, annonce la station privée Radio Vision 2000. [gp apr 21/01/2011 11 :00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article10558
« Un soutien durable de la communauté internationale exigera un processus crédible qui représente la volonté du peuple haïtien. Nous exhortons les autorités haïtiennes à définir une voie très claire qui mènera rapidement à l’inauguration d’un gouvernement démocratiquement élu », déclare Susan Rice, dont les propos sont rapportés par le quotidien Miami Herald.
L’institution électorale indique que lors d’un second tour, elle entend considérer les recommandations de la mission d’experts de l’OEA en rapport aux résultats déjà publiés et qui ont été rejetés par une partie de la population et des secteurs politiques.
Le rapport des experts a été remis le 18 janvier au CEP par le gouvernement qui l’a reçu officiellement la veille des mains du secrétaire général de l’OEA, Jose Miguel Insulza.
Suivant les informations diffusées le rapport de la mission préconise d’écarter le candidat du pouvoir Jude Célestin de la course au second tour au profit de Michel Martelly qui était arrivé en troisième position.
Le secrétaire adjoint aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies, Alain Leroy a, pour sa part, exhorté le CEP à prendre totalement en compte les recommandations de l’OEA.
Pour lui, les autorités électorales devraient annoncer les résultats définitifs du scrutin le 31 janvier prochain et organiser le second tour vers la mi-février.
Aux dernières nouvelles, les visas américains de plusieurs personnalités, proches ou faisant partie de l’administration Préval, ont été révoqués, annonce la station privée Radio Vision 2000. [gp apr 21/01/2011 11 :00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article10558
Haïti - Élections : Publication des résultats définitifs du premier tour le 31 janvier ?
22/01/2011 12:14:54: « Selon les dernières informations dont nous disposons, le Conseil Électoral Provisoire (CEP) a semble-t-il l'intention d'annoncer les résultats définitifs du premier tour le 31 janvier de manière à organiser le second tour à la mi-février », a indiqué Alain Le Roy, le Secrétaire Général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la Paix lors de la dernière réunion du Conseil de sécurité. La publication des résultats définitifs le 31 janvier est dans le domaine du «possible». Les dernières contestations au Bureau du Contentieux Électoral Départemental (BCED) ont été entendues vendredi 21 janvier 2011 et les appels éventuels de ces décisions devant le Bureau du Contentieux Électoral National (BCEN), le seront le 24 janvier prochain [d’après le CEP]. Toutefois ce dernier reste muet quant aux dates de publication de ces résultats et de la tenue du second tour.
Par contre, nous trouvons M. Alain Le Roy, plutôt optimiste d’affirmer que le second tour puisse se tenir mi-février. Pierre-Louis Opont, le Directeur Général du CEP avait déclaré que le CEP aura besoin d'au moins un mois pour tenir le second tour après la publication des résultats définitifs. Un second tour en mars est donc beaucoup plus réaliste, compte tenu de l’application des recommandations du rapport des experts de l’Organisation des États Américains (OEA) et du temps alloué à la campagne électorale des deux candidats du second tour.
Rappelons que le CEP a entrouvert la porte à une révision des résultats de la présidentielle en indiquant qu'il prendrait en considération, une révision des résultats du premier tour en tenant compte des résultats de la phase de contestations. Des propos qui laisse le champs libre à toutes les spéculations sur le sens à donner à cette « prise en compte »...
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-2039-haiti-elections-pas-de-deuxieme-tour-avant-fevrier.html
http://www.haitilibre.com/article-2168-haiti-elections-haiti-risque-de-perdre-le-soutien-des-etats-unis.html
http://www.haitilibre.com/article-2153-haiti-elections-position-officielle-du-cep-sur-le-rapport-de-l-oea.html
http://www.haitilibre.com/article-2158-haiti-oea-quelques-pages-cles-du-rapport-final-de-l-oea.html
BF/ HaïtiLibre
http://www.haitilibre.com/article-2183-haiti-elections-publication-des-resultats-definitifsdu-premier-tour-le-31-janvier.html
Par contre, nous trouvons M. Alain Le Roy, plutôt optimiste d’affirmer que le second tour puisse se tenir mi-février. Pierre-Louis Opont, le Directeur Général du CEP avait déclaré que le CEP aura besoin d'au moins un mois pour tenir le second tour après la publication des résultats définitifs. Un second tour en mars est donc beaucoup plus réaliste, compte tenu de l’application des recommandations du rapport des experts de l’Organisation des États Américains (OEA) et du temps alloué à la campagne électorale des deux candidats du second tour.
Rappelons que le CEP a entrouvert la porte à une révision des résultats de la présidentielle en indiquant qu'il prendrait en considération, une révision des résultats du premier tour en tenant compte des résultats de la phase de contestations. Des propos qui laisse le champs libre à toutes les spéculations sur le sens à donner à cette « prise en compte »...
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-2039-haiti-elections-pas-de-deuxieme-tour-avant-fevrier.html
http://www.haitilibre.com/article-2168-haiti-elections-haiti-risque-de-perdre-le-soutien-des-etats-unis.html
http://www.haitilibre.com/article-2153-haiti-elections-position-officielle-du-cep-sur-le-rapport-de-l-oea.html
http://www.haitilibre.com/article-2158-haiti-oea-quelques-pages-cles-du-rapport-final-de-l-oea.html
BF/ HaïtiLibre
http://www.haitilibre.com/article-2183-haiti-elections-publication-des-resultats-definitifsdu-premier-tour-le-31-janvier.html
À qui profite le retour du dictateur Duvalier en Haïti ?
22/01/2011 - 00:38 par SIWEL
MONTRÉAL (SIWEL) – Invité à l’émission Bazzo.tv sur Télé-Québec, diffusée le 20 janvier, le lieutenant-général canadien à la retraite et sénateur Roméo Dallaire, s’est dit outré de la situation qui règne en Haïti. Pour l’auteur de J’ai serré la main du diable, l’instabilité chronique qui vient de s’aggraver avec le retour au pays du dictateur Jean-Claude Duvalier dit bébé doc est imputable au jeu malsain des puissances qui convoitent l’île :
« […] Il faut regarder quel est le jeu derrière son arrivée, dit-il, et non son arrivée comme telle. Qui vraiment profite de la zizanie qui a été créée ? Est-ce qu’il y a un enjeu dont on n’est pas vraiment conscient dans la structure politique… parce qu’on est en pleines élections ? Est-ce qu’il y a une entité derrière lui ? Lui, il arrive de la France. On sait qu’Haïti est une ancienne colonie française. On sait que le jeu français, les Nations Unies sont là. Est-ce qu’il y a un autre joueur ? […] ».
Le général enchaîne après avoir été interrompu par l’animatrice Marie-France Bazzo impatiente d’obtenir la réponse de son invité : « De par mon expérience des pays en voie de développement, dans une situation de guerre civile, de crise civile, il y a toujours de gros joueurs derrière. Alors qui profite de cette zizanie qui a été créée là ? Et ultimement, est-ce que vraiment on cherche cette stabilité ou est-ce que, peut-être, l’instabilité ? ».
Les jours à venir ôteront peut-être une couche supplémentaire au voile de mystère qui enveloppe la crise haïtienne. Une crise multidimensionnelle aggravée depuis le 12 janvier 2010 par un tremblement de terre d’une force inégalée et sur la nature duquel des interrogations en marge de l’orthodoxie scientifique et politique ambiante sont posées par une opinion haïtienne meurtrie et désabusée.
http://www.tamurt.info/a-qui-profite-le-retour-du-dictateur-duvalier-en-haiti,961.html?lang=fr
MONTRÉAL (SIWEL) – Invité à l’émission Bazzo.tv sur Télé-Québec, diffusée le 20 janvier, le lieutenant-général canadien à la retraite et sénateur Roméo Dallaire, s’est dit outré de la situation qui règne en Haïti. Pour l’auteur de J’ai serré la main du diable, l’instabilité chronique qui vient de s’aggraver avec le retour au pays du dictateur Jean-Claude Duvalier dit bébé doc est imputable au jeu malsain des puissances qui convoitent l’île :
« […] Il faut regarder quel est le jeu derrière son arrivée, dit-il, et non son arrivée comme telle. Qui vraiment profite de la zizanie qui a été créée ? Est-ce qu’il y a un enjeu dont on n’est pas vraiment conscient dans la structure politique… parce qu’on est en pleines élections ? Est-ce qu’il y a une entité derrière lui ? Lui, il arrive de la France. On sait qu’Haïti est une ancienne colonie française. On sait que le jeu français, les Nations Unies sont là. Est-ce qu’il y a un autre joueur ? […] ».
Le général enchaîne après avoir été interrompu par l’animatrice Marie-France Bazzo impatiente d’obtenir la réponse de son invité : « De par mon expérience des pays en voie de développement, dans une situation de guerre civile, de crise civile, il y a toujours de gros joueurs derrière. Alors qui profite de cette zizanie qui a été créée là ? Et ultimement, est-ce que vraiment on cherche cette stabilité ou est-ce que, peut-être, l’instabilité ? ».
Les jours à venir ôteront peut-être une couche supplémentaire au voile de mystère qui enveloppe la crise haïtienne. Une crise multidimensionnelle aggravée depuis le 12 janvier 2010 par un tremblement de terre d’une force inégalée et sur la nature duquel des interrogations en marge de l’orthodoxie scientifique et politique ambiante sont posées par une opinion haïtienne meurtrie et désabusée.
http://www.tamurt.info/a-qui-profite-le-retour-du-dictateur-duvalier-en-haiti,961.html?lang=fr
vendredi 21 janvier 2011
Duvalier: Haïti va enquêter (Amnesty)
AFP...21/01/2011 Les autorités haïtiennes vont enquêter sur les violations des droits humains commises sous Jean-Claude Duvalier, l'ex-dictateur au pouvoir de 1971 à 1986, de retour à Port-au-Prince après 25 ans d'exil, a annoncé aujourd'hui Amnesty International.
"Les autorités haïtiennes ont informé Amnesty International du début d'une enquête sur les crimes contre l'humanité commis pendant le régime de Jean-Claude Duvalier dans les années 1970 et 1980", écrit Amnesty International dans un communiqué. "Instruire le cas de Jean-Claude Duvalier pour des violations graves des droits humains à l'époque où il était au pouvoir est un énorme pas en avant", se félicite Gerardo Ducos, expert d'Haïti pour l'ONG, dans le communiqué.
L'ancien dictateur, revenu dimanche à Port-au-Prince à la surprise générale, a été inculpé mardi de corruption, de détournements de fonds publics et d'association de malfaiteurs, commis sous sa présidence. Quatre plaintes pour crimes contre l'humanité ont en outre été déposées mercredi. La journaliste Michèle Montas, ancienne porte-parole du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, a annoncé avoir porté plainte pour "séquestration arbitraire, exil, destruction de biens privés, torture physique et morale, violation des droits civils et politiques" sous le régime Duvalier.
"Baby Doc" est tenu responsable par des organisations internationales de défense des droits de l'homme de la mort de milliers d'opposants. Amnesty International "exhorte les autorités haïtiennes à s'assurer que toutes les victimes et tous les survivants des abus commis sous le règne de M. Duvalier - y compris ceux vivant hors d'Haïti - aient la possibilité de transmettre des preuves lors du procès", indique le communiqué.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/01/21/97001-20110121FILWWW00512-duvalier-haiti-va-enqueter-amnesty.php
"Les autorités haïtiennes ont informé Amnesty International du début d'une enquête sur les crimes contre l'humanité commis pendant le régime de Jean-Claude Duvalier dans les années 1970 et 1980", écrit Amnesty International dans un communiqué. "Instruire le cas de Jean-Claude Duvalier pour des violations graves des droits humains à l'époque où il était au pouvoir est un énorme pas en avant", se félicite Gerardo Ducos, expert d'Haïti pour l'ONG, dans le communiqué.
L'ancien dictateur, revenu dimanche à Port-au-Prince à la surprise générale, a été inculpé mardi de corruption, de détournements de fonds publics et d'association de malfaiteurs, commis sous sa présidence. Quatre plaintes pour crimes contre l'humanité ont en outre été déposées mercredi. La journaliste Michèle Montas, ancienne porte-parole du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, a annoncé avoir porté plainte pour "séquestration arbitraire, exil, destruction de biens privés, torture physique et morale, violation des droits civils et politiques" sous le régime Duvalier.
"Baby Doc" est tenu responsable par des organisations internationales de défense des droits de l'homme de la mort de milliers d'opposants. Amnesty International "exhorte les autorités haïtiennes à s'assurer que toutes les victimes et tous les survivants des abus commis sous le règne de M. Duvalier - y compris ceux vivant hors d'Haïti - aient la possibilité de transmettre des preuves lors du procès", indique le communiqué.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/01/21/97001-20110121FILWWW00512-duvalier-haiti-va-enqueter-amnesty.php
Haïti : les vraies raisons du retour de Baby Doc
Jean-Claude Jaillette - Marianne Vendredi 21 Janvier 2011
Baby Doc, ancien président a vie d’Haïti, est revenu dans son pays natal après 25 ans d’exil. Pourquoi ? Certainement pas pour des raisons sentimentales comme sa maladie grave le laisse croire. La récupération du trésor volé à son peuple et déposé dans les banques suisse est au cœur d’un voyage moins risqué qu’il n’y paraît, malgré les quelques heures passées à rendre des comptes à la justice de son pays. Révélations.
S’il s’agissait d’organiser une diversion en plein débat sur la tenue du second tour des élections présidentielles, le retour en Haïti de Jean-Claude Duvalier alias Baby Doc est une réussite. Depuis le dimanche 16 janvier à 14 heures, heure à laquelle la nouvelle de l’arrivée à Port au Prince d’un avion d’Air France transportant l’ex dictateur a commencé à circuler, la ville ne parle que de cela. De la marchande de fruits assise sur ce qu’il reste de trottoir aux responsables politiques en passant par le rédacteur en chef du principal quotidien Haïtien, le Nouvelliste, qui reçoit ses visiteurs assis sur un muret bordant un parking. « Mon bureau depuis le 12 janvier 2010 » explique-t-il. Toutes les hypothèses expliquant le retour spectaculaire circulent, toutes les rumeurs aussi. Certaines se vérifient, d’autres non.
Certains affirment l’avoir vu embrasser le tarmac à son arrivée. L’information fait sursauter les photographes présents sur places qui n’ont rien vu de tel. Et d’ailleurs, la passerelle qui relie l’avion à l’aérogare interdit de poser une semelle sur la piste.
Au premier coup d’œil, ceux qui le connaissent bien lui ont trouvé mauvaise mine, le regard perdu à sa descente d’avion. Quelques sources bien informées confirment qu’il est atteint d’un cancer du pancréas.
Anecdotique cette maladie ? Pas tant que cela. Selon plusieurs sources bien informées, il– ou plutôt sa nouvelle compagne, Véronique Roy, on dit de Baby Doc qu’il ne décide rien, soumis depuis toujours à l’autorité des femmes qui l’entourent – aurait souhaité une dernière fois le sol natal qu’il a quitté en 1986 pour la France où il réside depuis. En réalité, les sentiments n’occupent que peu de place dans la démarche de l’ex tyran accusé d’avoir jeté dans une prison sordide des dizaines d’Haïtiens qui le gênaient, des journalistes, des opposants, et de n’avoir rien changé au fonctionnement d’un Etat tyrannique et violent organisé par son père François, Papa Doc. L’argent est en réalité au centre d’une opération qui n’a pu se réaliser sans le soutien intéressé du président encore en place pour quelques semaines, René Préval. En effet, malgré le montant des sommes qu’on lui reproche d’avoir détourné, Baby Doc ne semble pas rouler sur l’or. Son appartement parisien, situé Porte de Bagnolet à Paris, n’a rien de luxueux. Ses jours étant comptés, il devient urgent de débloquer les 7,5 millions de dollars déposés dans une banque suisse.
Selon nos informations, depuis quelques mois, la Suisse ne verrait aucun inconvénient à accéder à sa demande de retrait du magot. A une condition cependant : qu’il fasse la preuve qu’aucune charge sérieuse ne pèse contre lui dans son pays et qu’il peut y retourner sans être inquiété. Bref que l’argent déposé dans les coffres helvètes ne dégage pas une odeur nauséabonde. Du jour où le ciel bancaire s’est éclairci pour le clan Duvalier, des contacts ont été pris avec le gouvernement haïtien. Une proposition aurait été faite à René Préval : en échange d’une absence de poursuites haïtiennes, Baby Doc reversait 40% du trésor à son pays. Refus du gouvernement, trop visible sans doute. Mais l’entourage du président ne s’est pas contenté de ce refus. De nouvelles négociations se sont engagées, plus discrètes et… moins collectives. Pas question de laisser les commissions se perdre dans les caisses de l’Etat, elles seraient mieux dans les poches de fonctionnaires. Et l’idée du retour s’est précisée.
Restait à lever un obstacle, celui de l’autorisation de pénétrer sur le territoire haïtien dans la mesure où le passeport diplomatique de Baby Doc – accordé automatiquement à tous les anciens présidents, qu’ils aient ou non quitté le territoire de leur plein gré – était périmé. C’est là que la situation politique du pays a favorisé les projets de l’ex tyran.
Le dauphin de Duvalier, René Préval, a été battu à plates coutures lors du premier tour des élections présidentielles, mis dans l’impossibilité de se présenter au second tour. Les élections sont contestées de toutes parts, y compris par lui. Un rapport établi par l’Organisation des Etats Américains (OEA) chargés de contrôler les élections vient d’être remis, confirmant le résultat, malgré les fraudes évidentes. Préval s’accroche au pouvoir, tentant par tous les moyens de repousser le plus loin possible la date du second tour. Le retour spectaculaire de Jean-Claude Duvalier quelques heures après la publication du rapport de l’OEA est apparu comme une aubaine pour occuper les esprits et détourner l’attention des élections. Le président aurait donc donné son accord.
Restait à gérer le tollé provoqué par le retour d’un tyran dans un pays d’où il a été chassé, protégé par les hommes de l’Onu, la Minustha, mais transporté dans un 4x4 blindé mis à disposition par un ami. 72 heures après son installation dans un luxueux hôtel, le Karibé, le commissaire du gouvernement accompagné de policiers est venu lui signifier que le parquet de Port au prince souhaitait l’entendre à la suite d’anciennes pleines déposées pour corruption et blanchiment d’argent. La nouvelle de l’arrestation de Baby Doc a fait le tour de la ville. Mais quelques heures plus tard, plus discrètement, il sortait du tribunal, libre, « à la disposition de la justice ». « Coup de bluff, commente Camille Leblanc, avocat et ancien ministre de la justice. La Cour de cassation a depuis longtemps annulé ces plaintes, et en Haïti, la prescription couvre celles qui ont été déposées pour crime contre l’humanité. Bref, il profite du système judiciaire que lui et son père ont mis en place. » Voilà donc Baby Doc libre, sûr de lui au point de claironner son envie de servir son pays et de participer à la vie politique, histoire de brouiller un peu plus les cartes. Libre aussi de profiter de son billet de retour sur un vol Air France prévu pour le 20 janvier. Et surtout capable d’envoyer le message attendu par les banques suisses : rien de sérieux n’est retenu contre lui par la justice haïtienne. Les millions sont désormais à portée de main. Une question demeure cependant. A entendre les responsables politiques locaux comme les autorités internationales, le retour de Baby doc sur son sol natal a été une surprise totale. Comme s’il s’agissait d’une initiative strictement privée. La preuve, il n’aurait pas pris un vol direct depuis Paris supposant une escale à Point-à-Pitre mais aurait effectué un périple compliqué avant de repartir de Guadeloupe. Selon les informations que Marianne a pu recueillir, dès le 10 janvier, des responsables politiques locaux ont été avertis d’un retour de l’ancien président à vie prévu pour le 12 janvier, date du premier anniversaire du tremblement de terre. Il y a finalement renoncé, préférant le 16, jugeant sans doute l’opération de communication indécente ce jour-là. D’où une question : comment les autorités internationales, à commencer par la France, pays où Duvalier réside, ont-elles pu ignorer ce que les réseaux haïtiens parisiens savaient avec précision ? L’ambassadeur de France en Haïti, Didier le Bret qui nous a reçu, dément toute implication dans l’affaire. « Comment l’Etat français aurait-il pu donner l’impression d’agir en puissance post-coloniale cherchant à peser sur un processus électoral », assure-t-il. Impensable en effet…
http://www.marianne2.fr/Haiti-les-vraies-raisons-du-retour-de-Baby-Doc_a201902.html
Baby Doc, ancien président a vie d’Haïti, est revenu dans son pays natal après 25 ans d’exil. Pourquoi ? Certainement pas pour des raisons sentimentales comme sa maladie grave le laisse croire. La récupération du trésor volé à son peuple et déposé dans les banques suisse est au cœur d’un voyage moins risqué qu’il n’y paraît, malgré les quelques heures passées à rendre des comptes à la justice de son pays. Révélations.
S’il s’agissait d’organiser une diversion en plein débat sur la tenue du second tour des élections présidentielles, le retour en Haïti de Jean-Claude Duvalier alias Baby Doc est une réussite. Depuis le dimanche 16 janvier à 14 heures, heure à laquelle la nouvelle de l’arrivée à Port au Prince d’un avion d’Air France transportant l’ex dictateur a commencé à circuler, la ville ne parle que de cela. De la marchande de fruits assise sur ce qu’il reste de trottoir aux responsables politiques en passant par le rédacteur en chef du principal quotidien Haïtien, le Nouvelliste, qui reçoit ses visiteurs assis sur un muret bordant un parking. « Mon bureau depuis le 12 janvier 2010 » explique-t-il. Toutes les hypothèses expliquant le retour spectaculaire circulent, toutes les rumeurs aussi. Certaines se vérifient, d’autres non.
Certains affirment l’avoir vu embrasser le tarmac à son arrivée. L’information fait sursauter les photographes présents sur places qui n’ont rien vu de tel. Et d’ailleurs, la passerelle qui relie l’avion à l’aérogare interdit de poser une semelle sur la piste.
Au premier coup d’œil, ceux qui le connaissent bien lui ont trouvé mauvaise mine, le regard perdu à sa descente d’avion. Quelques sources bien informées confirment qu’il est atteint d’un cancer du pancréas.
Anecdotique cette maladie ? Pas tant que cela. Selon plusieurs sources bien informées, il– ou plutôt sa nouvelle compagne, Véronique Roy, on dit de Baby Doc qu’il ne décide rien, soumis depuis toujours à l’autorité des femmes qui l’entourent – aurait souhaité une dernière fois le sol natal qu’il a quitté en 1986 pour la France où il réside depuis. En réalité, les sentiments n’occupent que peu de place dans la démarche de l’ex tyran accusé d’avoir jeté dans une prison sordide des dizaines d’Haïtiens qui le gênaient, des journalistes, des opposants, et de n’avoir rien changé au fonctionnement d’un Etat tyrannique et violent organisé par son père François, Papa Doc. L’argent est en réalité au centre d’une opération qui n’a pu se réaliser sans le soutien intéressé du président encore en place pour quelques semaines, René Préval. En effet, malgré le montant des sommes qu’on lui reproche d’avoir détourné, Baby Doc ne semble pas rouler sur l’or. Son appartement parisien, situé Porte de Bagnolet à Paris, n’a rien de luxueux. Ses jours étant comptés, il devient urgent de débloquer les 7,5 millions de dollars déposés dans une banque suisse.
Selon nos informations, depuis quelques mois, la Suisse ne verrait aucun inconvénient à accéder à sa demande de retrait du magot. A une condition cependant : qu’il fasse la preuve qu’aucune charge sérieuse ne pèse contre lui dans son pays et qu’il peut y retourner sans être inquiété. Bref que l’argent déposé dans les coffres helvètes ne dégage pas une odeur nauséabonde. Du jour où le ciel bancaire s’est éclairci pour le clan Duvalier, des contacts ont été pris avec le gouvernement haïtien. Une proposition aurait été faite à René Préval : en échange d’une absence de poursuites haïtiennes, Baby Doc reversait 40% du trésor à son pays. Refus du gouvernement, trop visible sans doute. Mais l’entourage du président ne s’est pas contenté de ce refus. De nouvelles négociations se sont engagées, plus discrètes et… moins collectives. Pas question de laisser les commissions se perdre dans les caisses de l’Etat, elles seraient mieux dans les poches de fonctionnaires. Et l’idée du retour s’est précisée.
Restait à lever un obstacle, celui de l’autorisation de pénétrer sur le territoire haïtien dans la mesure où le passeport diplomatique de Baby Doc – accordé automatiquement à tous les anciens présidents, qu’ils aient ou non quitté le territoire de leur plein gré – était périmé. C’est là que la situation politique du pays a favorisé les projets de l’ex tyran.
Le dauphin de Duvalier, René Préval, a été battu à plates coutures lors du premier tour des élections présidentielles, mis dans l’impossibilité de se présenter au second tour. Les élections sont contestées de toutes parts, y compris par lui. Un rapport établi par l’Organisation des Etats Américains (OEA) chargés de contrôler les élections vient d’être remis, confirmant le résultat, malgré les fraudes évidentes. Préval s’accroche au pouvoir, tentant par tous les moyens de repousser le plus loin possible la date du second tour. Le retour spectaculaire de Jean-Claude Duvalier quelques heures après la publication du rapport de l’OEA est apparu comme une aubaine pour occuper les esprits et détourner l’attention des élections. Le président aurait donc donné son accord.
Restait à gérer le tollé provoqué par le retour d’un tyran dans un pays d’où il a été chassé, protégé par les hommes de l’Onu, la Minustha, mais transporté dans un 4x4 blindé mis à disposition par un ami. 72 heures après son installation dans un luxueux hôtel, le Karibé, le commissaire du gouvernement accompagné de policiers est venu lui signifier que le parquet de Port au prince souhaitait l’entendre à la suite d’anciennes pleines déposées pour corruption et blanchiment d’argent. La nouvelle de l’arrestation de Baby Doc a fait le tour de la ville. Mais quelques heures plus tard, plus discrètement, il sortait du tribunal, libre, « à la disposition de la justice ». « Coup de bluff, commente Camille Leblanc, avocat et ancien ministre de la justice. La Cour de cassation a depuis longtemps annulé ces plaintes, et en Haïti, la prescription couvre celles qui ont été déposées pour crime contre l’humanité. Bref, il profite du système judiciaire que lui et son père ont mis en place. » Voilà donc Baby Doc libre, sûr de lui au point de claironner son envie de servir son pays et de participer à la vie politique, histoire de brouiller un peu plus les cartes. Libre aussi de profiter de son billet de retour sur un vol Air France prévu pour le 20 janvier. Et surtout capable d’envoyer le message attendu par les banques suisses : rien de sérieux n’est retenu contre lui par la justice haïtienne. Les millions sont désormais à portée de main. Une question demeure cependant. A entendre les responsables politiques locaux comme les autorités internationales, le retour de Baby doc sur son sol natal a été une surprise totale. Comme s’il s’agissait d’une initiative strictement privée. La preuve, il n’aurait pas pris un vol direct depuis Paris supposant une escale à Point-à-Pitre mais aurait effectué un périple compliqué avant de repartir de Guadeloupe. Selon les informations que Marianne a pu recueillir, dès le 10 janvier, des responsables politiques locaux ont été avertis d’un retour de l’ancien président à vie prévu pour le 12 janvier, date du premier anniversaire du tremblement de terre. Il y a finalement renoncé, préférant le 16, jugeant sans doute l’opération de communication indécente ce jour-là. D’où une question : comment les autorités internationales, à commencer par la France, pays où Duvalier réside, ont-elles pu ignorer ce que les réseaux haïtiens parisiens savaient avec précision ? L’ambassadeur de France en Haïti, Didier le Bret qui nous a reçu, dément toute implication dans l’affaire. « Comment l’Etat français aurait-il pu donner l’impression d’agir en puissance post-coloniale cherchant à peser sur un processus électoral », assure-t-il. Impensable en effet…
http://www.marianne2.fr/Haiti-les-vraies-raisons-du-retour-de-Baby-Doc_a201902.html
L'opposant haïtien Martelly menace de mobiliser ses partisans
PORT-AU-PRINCE (Reuters) - Michel Martelly, candidat à la présidence d'Haïti, a prévenu vendredi qu'il enverrait ses partisans dans les rues si le conseil provisoire électoral ne le réintègre pas dans la course, ainsi que le demandent les Nations unies et l'Organisation des Etats américains (OEA).
D'après les résultats préliminaires du premier tour, le 28 novembre dernier, remporté par Mirlande Manigat, Michel Martelly a été écarté de la course pour moins de 7.000 voix au profit de Jude Célestin, candidat soutenu par le président sortant, René Préval.
Mais une commission d'experts de l'OEA, invoquant des "irrégularités" dans ces résultats préliminaires, a demandé aux autorités haïtiennes de corriger ces scores et de retenir pour le second tour Mirlande Manigat et Michel Martelly.
L'Onu, les Etats-Unis et l'Europe ont endossé ces conclusions. "Si le conseil provisoire électoral prend une autre décision, Haïti pourrait bien être confronté à une crise constitutionnelle, avec le risque de désordres considérables et d'insécurité", prévenait jeudi devant le Conseil de sécurité des Nations unies le chef de la mission de l'Onu en Haïti, Alain Le Roy.
Michel Martelly, dont les partisans ont déjà manifesté violemment après la publication des résultats préliminaires, le 7 décembre, a déclaré vendredi que sa présence au second tour n'était pas négociable.
"Nous disons que le conseil électoral doit appliquer les recommandations des experts (de l'OEA). Nous sommes prêts à nous battre jusqu'au bout", a-t-il dit lors d'une conférence de presse à Port-au-Prince. "Si elles ne le sont pas, la population est prête à descendre dans les rues et nous les accompagnerons pour défendre leurs voix."
Le conseil électoral pourrait proclamer les résultats définitifs du premier tour à la fin du mois. Des représentants de l'Onu espèrent que le second tour pourra avoir lieu à la mi-février.
Joseph Guyler Delva; Henri-Pierre André pour le service français
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20110121.REU9981/l-opposant-haitien-martelly-menace-de-mobiliser-ses-partisans.html
D'après les résultats préliminaires du premier tour, le 28 novembre dernier, remporté par Mirlande Manigat, Michel Martelly a été écarté de la course pour moins de 7.000 voix au profit de Jude Célestin, candidat soutenu par le président sortant, René Préval.
Mais une commission d'experts de l'OEA, invoquant des "irrégularités" dans ces résultats préliminaires, a demandé aux autorités haïtiennes de corriger ces scores et de retenir pour le second tour Mirlande Manigat et Michel Martelly.
L'Onu, les Etats-Unis et l'Europe ont endossé ces conclusions. "Si le conseil provisoire électoral prend une autre décision, Haïti pourrait bien être confronté à une crise constitutionnelle, avec le risque de désordres considérables et d'insécurité", prévenait jeudi devant le Conseil de sécurité des Nations unies le chef de la mission de l'Onu en Haïti, Alain Le Roy.
Michel Martelly, dont les partisans ont déjà manifesté violemment après la publication des résultats préliminaires, le 7 décembre, a déclaré vendredi que sa présence au second tour n'était pas négociable.
"Nous disons que le conseil électoral doit appliquer les recommandations des experts (de l'OEA). Nous sommes prêts à nous battre jusqu'au bout", a-t-il dit lors d'une conférence de presse à Port-au-Prince. "Si elles ne le sont pas, la population est prête à descendre dans les rues et nous les accompagnerons pour défendre leurs voix."
Le conseil électoral pourrait proclamer les résultats définitifs du premier tour à la fin du mois. Des représentants de l'Onu espèrent que le second tour pourra avoir lieu à la mi-février.
Joseph Guyler Delva; Henri-Pierre André pour le service français
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20110121.REU9981/l-opposant-haitien-martelly-menace-de-mobiliser-ses-partisans.html
Jean-Claude Duvalier serait revenu en Haïti pour pouvoir récupérer de l'argent
LEMONDE.FR 21.01.11
Jean-Claude Duvalier, l'ancien président haïtien, serait revenu en Haïti après vingt-cinq ans d'exil en France non pas pour tenter de reconquérir le pouvoir, mais pour pouvoir récupérer quelque 6 millions de dollars bloqués en Suisse, selon un article publié jeudi 20 janvier par le New York Times.
Officiellement, "Baby Doc", inculpé mardi de corruption et de détournements de fonds, n'a toujours pas expliqué les raisons de son surprenant retour au pays, dimanche dernier. Dans cet article du quotidien américain, la journaliste Ginger Thompson écarte l'hypothèse d'une tentative de retour au pouvoir de M. Duvalier et avance une explication inédite.
"Le retour risqué de M. Duvalier chez lui pourrait avoir été motivé par une autre raison : l'argent", écrit-elle. "Bien que M. Duvalier ait été pendant longtemps accusé d'avoir pillé 300 millions de dollars en Haïti avant de s'enfuir, il y a près de vingt-cinq ans, ses avocats et amis ont toujours assuré que tout cet argent avait été gaspillé par un train de vie fastueux et des achats de bijoux, châteaux et voitures de luxe ainsi que par le divorce très coûteux d'avec son ex-femme", poursuit-elle.
6 MILLIONS DE DOLLARS BLOQUÉS EN SUISSE
Or, explique-t-elle, il resterait encore 6 millions de dollars bloqués sur un compte en Suisse, et que M. Duvalier voudrait bien récupérer. Et l'explication donnée par un de ses avocats, Gervais Charles, selon laquelle Baby Doc voudrait récupérer cet argent "simplement pour pouvoir le donner à la Croix-Rouge" ne semble pas convaincre.
En 2010, "quelques heures seulement avant le tremblement de terre", la Suisse avait estimé qu'au moins 4,6 millions de dollars pourraient être rendus aux Duvalier, ce qui avait alors provoqué un tollé.
Les autorités suisses avaient alors réagi en adoptant ce qui fut surnommé la "loi Duvalier", et qui permettrait aux pays ayant été spoliés par des dictateurs de pouvoir récupérer plus facilement ces bien mal acquis. Mais cette loi ne prendra effet qu'au 1er février et, jusqu'à ce jour, les Etats qui déposent des plaintes pour réclamer de l'argent volé auprès de la Suisse doivent encore démontrer qu'ils ont commencé une enquête sur le voleur présumé avant que des fonds puissent être rendus.
"C'ÉTAIT UN PARI, TOUT SIMPLEMENT"
"Donc, démontre Mme Thompson, si M. Duvalier avait pu se glisser dans le pays et en repartir en toute tranquillité, sans incident, comme il avait originellement prévu de le faire, il aurait pu arguer que Haïti n'ayant pas engagé de poursuites judiciaires, cet argent était le sien."
Le calcul de M. Duvalier était donc que Haïti se trouve actuellement dans un état de faiblesse tel, notamment administrative, qu'il lui était impossible d'engager des poursuites contre lui.
Selon un analyste proche du gouvernement interrogé par la journaliste et qui a tenu à garder l'anonymat, "c'était un pari, tout simplement". "Il a parié parce qu'il n'a plus d'argent et que sa santé est déclinante, qu'avait-il à y perdre ?"
http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2011/01/21/jean-claude-duvalier-serait-revenu-en-haiti-pour-pouvoir-recuperer-de-l-argent_1468902_3222.html
Jean-Claude Duvalier, l'ancien président haïtien, serait revenu en Haïti après vingt-cinq ans d'exil en France non pas pour tenter de reconquérir le pouvoir, mais pour pouvoir récupérer quelque 6 millions de dollars bloqués en Suisse, selon un article publié jeudi 20 janvier par le New York Times.
Officiellement, "Baby Doc", inculpé mardi de corruption et de détournements de fonds, n'a toujours pas expliqué les raisons de son surprenant retour au pays, dimanche dernier. Dans cet article du quotidien américain, la journaliste Ginger Thompson écarte l'hypothèse d'une tentative de retour au pouvoir de M. Duvalier et avance une explication inédite.
"Le retour risqué de M. Duvalier chez lui pourrait avoir été motivé par une autre raison : l'argent", écrit-elle. "Bien que M. Duvalier ait été pendant longtemps accusé d'avoir pillé 300 millions de dollars en Haïti avant de s'enfuir, il y a près de vingt-cinq ans, ses avocats et amis ont toujours assuré que tout cet argent avait été gaspillé par un train de vie fastueux et des achats de bijoux, châteaux et voitures de luxe ainsi que par le divorce très coûteux d'avec son ex-femme", poursuit-elle.
6 MILLIONS DE DOLLARS BLOQUÉS EN SUISSE
Or, explique-t-elle, il resterait encore 6 millions de dollars bloqués sur un compte en Suisse, et que M. Duvalier voudrait bien récupérer. Et l'explication donnée par un de ses avocats, Gervais Charles, selon laquelle Baby Doc voudrait récupérer cet argent "simplement pour pouvoir le donner à la Croix-Rouge" ne semble pas convaincre.
En 2010, "quelques heures seulement avant le tremblement de terre", la Suisse avait estimé qu'au moins 4,6 millions de dollars pourraient être rendus aux Duvalier, ce qui avait alors provoqué un tollé.
Les autorités suisses avaient alors réagi en adoptant ce qui fut surnommé la "loi Duvalier", et qui permettrait aux pays ayant été spoliés par des dictateurs de pouvoir récupérer plus facilement ces bien mal acquis. Mais cette loi ne prendra effet qu'au 1er février et, jusqu'à ce jour, les Etats qui déposent des plaintes pour réclamer de l'argent volé auprès de la Suisse doivent encore démontrer qu'ils ont commencé une enquête sur le voleur présumé avant que des fonds puissent être rendus.
"C'ÉTAIT UN PARI, TOUT SIMPLEMENT"
"Donc, démontre Mme Thompson, si M. Duvalier avait pu se glisser dans le pays et en repartir en toute tranquillité, sans incident, comme il avait originellement prévu de le faire, il aurait pu arguer que Haïti n'ayant pas engagé de poursuites judiciaires, cet argent était le sien."
Le calcul de M. Duvalier était donc que Haïti se trouve actuellement dans un état de faiblesse tel, notamment administrative, qu'il lui était impossible d'engager des poursuites contre lui.
Selon un analyste proche du gouvernement interrogé par la journaliste et qui a tenu à garder l'anonymat, "c'était un pari, tout simplement". "Il a parié parce qu'il n'a plus d'argent et que sa santé est déclinante, qu'avait-il à y perdre ?"
http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2011/01/21/jean-claude-duvalier-serait-revenu-en-haiti-pour-pouvoir-recuperer-de-l-argent_1468902_3222.html
jeudi 20 janvier 2011
Élection/Haïti: 1er tour connu le 31/01
AFP.- 20/01/2011 Un haut responsable de l'ONU a indiqué aujourd'hui que le Conseil électoral haïtien devrait annoncer les résultats définitifs du premier tour de l'élection présidentielle le 31 janvier.
Le Conseil électoral provisoire (CEP) a retardé le second tour du scrutin, qui devait avoir lieu le 16 janvier, en raison des tensions nées de l'annonce des résultats préliminaires du premier tour début décembre.
"Selon les dernières informations dont nous disposons, le CEP a semble-t-il l'intention d'annoncer les résultats définitifs du premier tour le 31 janvier de manière à organiser le second tour à la mi-février", a indiqué Alain Le Roy, chef des forces de maintien de la paix de l'ONU, lors d'une réunion du Conseil de sécurité.
Des experts de l'Organisation des Etats américains (OEA) ont indiqué que le premier tour avait été entaché de fraudes et que le candidat du président sortant René Préval, Jude Célestin, ne devrait pas figurer au second tour.
Les résultats préliminaires de la présidentielle du 28 novembre avaient provoqué des violences de la part des partisans du chanteur Michel Martelly, arrivé en troisième position et donc exclu du second tour.
Avec 21% des voix, M. Martelly ne comptait que quelques milliers de voix de moins que le candidat du pouvoir Jude Célestin (22%), ce dernier étant donc qualifié pour affronter au second tour une ancienne première dame, Mirlande Manigat, arrivée en tête avec 31% des voix.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/01/20/97001-20110120FILWWW00751-electionhaiti-1er-tour-connu-le-3101.php
Le Conseil électoral provisoire (CEP) a retardé le second tour du scrutin, qui devait avoir lieu le 16 janvier, en raison des tensions nées de l'annonce des résultats préliminaires du premier tour début décembre.
"Selon les dernières informations dont nous disposons, le CEP a semble-t-il l'intention d'annoncer les résultats définitifs du premier tour le 31 janvier de manière à organiser le second tour à la mi-février", a indiqué Alain Le Roy, chef des forces de maintien de la paix de l'ONU, lors d'une réunion du Conseil de sécurité.
Des experts de l'Organisation des Etats américains (OEA) ont indiqué que le premier tour avait été entaché de fraudes et que le candidat du président sortant René Préval, Jude Célestin, ne devrait pas figurer au second tour.
Les résultats préliminaires de la présidentielle du 28 novembre avaient provoqué des violences de la part des partisans du chanteur Michel Martelly, arrivé en troisième position et donc exclu du second tour.
Avec 21% des voix, M. Martelly ne comptait que quelques milliers de voix de moins que le candidat du pouvoir Jude Célestin (22%), ce dernier étant donc qualifié pour affronter au second tour une ancienne première dame, Mirlande Manigat, arrivée en tête avec 31% des voix.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/01/20/97001-20110120FILWWW00751-electionhaiti-1er-tour-connu-le-3101.php
Haïti invité à corriger les résultats de la présidentielle
Les Nations unies et plusieurs pays occidentaux ont demandé jeudi aux autorités haïtiennes de corriger les résultats préliminaires du premier tour de l'élection présidentielle organisé le 28 novembre dernier. La pression s'est accentuée sur le gouvernement et les instances électorales pour qu'ils acceptent le rapport rendu il y a une semaine par les experts de l'Organisation des Etats américains (OEA).
Invoquant d'importantes irrégularités lors du scrutin, ces experts recommandent de disqualifier du second tour le candidat soutenu par le gouvernement, Jude Célestin, un protégé du président sortant René Préval arrivé deuxième derrière Mirlande Manigat, et de le remplacer par le candidat en troisième position, le chanteur populaire Michel Martelly.
"Si le CEP (Conseil électoral provisoire) prend une autre décision, Haïti pourrait bien être confronté à une crise constitutionnelle, avec le risque de désordres considérables et d'insécurité", a déclaré devant le Conseil de sécurité des Nations unies le chef de la mission de paix de l'Onu dans le pays, Alain Le Roy.
Le CEP, a-t-il ajouté, doit "honorer ses engagements et prendre totalement en compte les recommandations du rapport (de l'OEA) afin d'assurer que les résultats de l'élection reflètent vraiment la volonté du peuple haïtien".
Selon Alain Le Roy, le CEP pourrait publier les résultats définitifs du premier tour le 31 janvier et le second tour de la présidentielle aurait lieu à la mi-février. Le mandat de René Préval, qui ne pouvait pas se représenter, arrive à expiration le 7 février.
L'Onu dispose actuellement de plus de 12.000 hommes en Haïti.
L'incertitude politique a encore été aggravée par le retour au pays de l'ancien président Jean-Claude Duvalier, qui vivait en exil après avoir été chassé du pouvoir en 1986.
Duvalier, 59 ans, a été inculpé de corruption et des plaintes ont aussi été déposées contre lui pour violation des droits de l'homme pendant ses quinze années au pouvoir.
Laissé en liberté sous contrôle judiciaire, il a quitté l'hôtel où il résidait depuis son arrivée dimanche dernier pour s'installer dans une résidence privée dont l'adresse est tenue secrète.
Un autre ancien président aujourd'hui en exil, Jean-Bertrand Aristide, a également annoncé son désir de regagner Haïti.
René Préval a émis des réserves "quant à la méthodologie utilisée par les membres de la commission de l'OEA pour parvenir à leurs conclusions", a indiqué la semaine dernière un haut responsable haïtien.
Les résultats préliminaires sont eux-mêmes très contestés par des candidats de l'opposition et ont déclenché des émeutes de rue lors de leur publication en décembre.
Plusieurs gouvernements occidentaux, comme ceux de France, des Etats-Unis, de Grande-Bretagne et d'Allemagne, ont appuyé l'appel de l'Onu en faveur des recommandations de l'OEA.
Avec Patrick Worsnip à l'Onu; Guy Kerivel pour le service français
http://www.lexpress.fr/actualites/2/haiti-invite-a-corriger-les-resultats-de-la-presidentielle_954506.html
Invoquant d'importantes irrégularités lors du scrutin, ces experts recommandent de disqualifier du second tour le candidat soutenu par le gouvernement, Jude Célestin, un protégé du président sortant René Préval arrivé deuxième derrière Mirlande Manigat, et de le remplacer par le candidat en troisième position, le chanteur populaire Michel Martelly.
"Si le CEP (Conseil électoral provisoire) prend une autre décision, Haïti pourrait bien être confronté à une crise constitutionnelle, avec le risque de désordres considérables et d'insécurité", a déclaré devant le Conseil de sécurité des Nations unies le chef de la mission de paix de l'Onu dans le pays, Alain Le Roy.
Le CEP, a-t-il ajouté, doit "honorer ses engagements et prendre totalement en compte les recommandations du rapport (de l'OEA) afin d'assurer que les résultats de l'élection reflètent vraiment la volonté du peuple haïtien".
Selon Alain Le Roy, le CEP pourrait publier les résultats définitifs du premier tour le 31 janvier et le second tour de la présidentielle aurait lieu à la mi-février. Le mandat de René Préval, qui ne pouvait pas se représenter, arrive à expiration le 7 février.
L'Onu dispose actuellement de plus de 12.000 hommes en Haïti.
L'incertitude politique a encore été aggravée par le retour au pays de l'ancien président Jean-Claude Duvalier, qui vivait en exil après avoir été chassé du pouvoir en 1986.
Duvalier, 59 ans, a été inculpé de corruption et des plaintes ont aussi été déposées contre lui pour violation des droits de l'homme pendant ses quinze années au pouvoir.
Laissé en liberté sous contrôle judiciaire, il a quitté l'hôtel où il résidait depuis son arrivée dimanche dernier pour s'installer dans une résidence privée dont l'adresse est tenue secrète.
Un autre ancien président aujourd'hui en exil, Jean-Bertrand Aristide, a également annoncé son désir de regagner Haïti.
René Préval a émis des réserves "quant à la méthodologie utilisée par les membres de la commission de l'OEA pour parvenir à leurs conclusions", a indiqué la semaine dernière un haut responsable haïtien.
Les résultats préliminaires sont eux-mêmes très contestés par des candidats de l'opposition et ont déclenché des émeutes de rue lors de leur publication en décembre.
Plusieurs gouvernements occidentaux, comme ceux de France, des Etats-Unis, de Grande-Bretagne et d'Allemagne, ont appuyé l'appel de l'Onu en faveur des recommandations de l'OEA.
Avec Patrick Worsnip à l'Onu; Guy Kerivel pour le service français
http://www.lexpress.fr/actualites/2/haiti-invite-a-corriger-les-resultats-de-la-presidentielle_954506.html
Elections en Haïti: les USA font monter la pression sur le président sortant
Publié le 20.01.2011, 23h07 Les Etats-Unis ont accru la pression jeudi sur le président haïtien René Préval en exigeant le retrait de son candidat du processus électoral, au moment où le retour de l'ex-dictateur Duvalier accentue la crise politique.
Près de deux mois après le premier tour d'une élection présidentielle dont le résultat définitif n'a toujours pas été proclamé, l'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU, Susan Rice, a exigé des autorités haïtiennes "un processus crédible qui représente la volonté du peuple haïtien".
Mme Rice, qui s'exprimait devant le Conseil de sécurité, a appelé le Conseil électoral haïtien à "mettre en oeuvre les recommandations de l'OEA", l'Organisation des Etats américains, qui a constaté des fraudes.
L'OEA, saisie par M. Préval comme arbitre du processus électoral, a prôné le retrait du candidat du pouvoir, Jude Célestin, arrivé selon elle en troisième position à l'issue du premier tour, alors que le Conseil électoral l'avait classé deuxième.
Un chanteur populaire, Michel Martelly, arrivé en troisième place selon les résultats préliminaires, se retrouverait ainsi deuxième et en position d'affronter dans un second tour une ancienne Première dame, Mirlande Manigat, arrivée largement en tête.
"Nous exhortons les autorités haïtiennes à définir une voie très claire qui mènera rapidement à l'investiture d'un gouvernement démocratiquement élu et légitime", a déclaré Mme Rice, réclamant la mise en place d'un "calendrier crédible".
L'annonce des résultats du premier tour début décembre avait provoqué des violences de la part des partisans de M. Martelly.
Alain Le Roy, chef des forces de maintien de la paix de l'ONU, a déclaré devant le Conseil de sécurité que les résultats définitifs du 1er tour seraient probablement annoncés le 31 janvier, "de manière à organiser le second tour à la mi-février". M. Préval achève théoriquement son mandat le 7 février.
En attendant, le retour dimanche de Jean-Claude Duvalier après 25 ans d'exil en France inquiète la communauté internationale.
"Les Etats-Unis sont inquiets de l'impact imprévisible du retour de Duvalier sur la situation politique en Haïti. Mon gouvernement sait quel est le bilan notoire de Duvalier en matière de droits de l'homme et de corruption", a martelé Mme. Rice à l'ONU.
Mercredi, un ancien ambassadeur d'Haïti en France, se présentant comme porte-parole de "Baby Doc", a annoncé que ce dernier comptait redevenir président. Ces propos ont ensuite été démentis par M. Duvalier dans un communiqué.
M. Martelly a en tout cas approuvé le retour de l'ancien dictateur, se disant même prêt à le prendre comme conseiller s'il remporte le scrutin. "Duvalier est Haïtien. Qu'il revienne, c'est la démocratie", a-t-il déclaré.
Du côté duvaliériste, un petit groupe qui a rendu visite dans la matinée à l'ancien chef d'Etat a évoqué une alliance avec les partisans du chanteur. "Oui. Nous sommes ensemble avec Martelly", a déclaré à l'AFP Noël Noé, qui s'est présenté comme membre du parti duvaliériste.
. Duvalier a été inculpé mardi de corruption, de détournements de fonds publics et d'association de malfaiteurs, commis sous sa présidence (1971-86), selon l'accusation. Quatre plaintes pour crimes contre l'humanité ont en outre été déposées mercredi.
Selon un de ses avocats, l'ancien "président à vie", qui a quitté son hôtel en milieu de journée pour gagner une résidence privée, entend rester dans le pays, même si rien ne lui interdit d'en partir.
"Nous voulons répondre à toutes les réquisitions de la justice. Parce que nous voulons être blanchis", a déclaré Me Reynold Georges.
http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/elections-en-haiti-les-usa-font-monter-la-pression-sur-le-president-sortant-20-01-2011-1236321.php
Près de deux mois après le premier tour d'une élection présidentielle dont le résultat définitif n'a toujours pas été proclamé, l'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU, Susan Rice, a exigé des autorités haïtiennes "un processus crédible qui représente la volonté du peuple haïtien".
Mme Rice, qui s'exprimait devant le Conseil de sécurité, a appelé le Conseil électoral haïtien à "mettre en oeuvre les recommandations de l'OEA", l'Organisation des Etats américains, qui a constaté des fraudes.
L'OEA, saisie par M. Préval comme arbitre du processus électoral, a prôné le retrait du candidat du pouvoir, Jude Célestin, arrivé selon elle en troisième position à l'issue du premier tour, alors que le Conseil électoral l'avait classé deuxième.
Un chanteur populaire, Michel Martelly, arrivé en troisième place selon les résultats préliminaires, se retrouverait ainsi deuxième et en position d'affronter dans un second tour une ancienne Première dame, Mirlande Manigat, arrivée largement en tête.
"Nous exhortons les autorités haïtiennes à définir une voie très claire qui mènera rapidement à l'investiture d'un gouvernement démocratiquement élu et légitime", a déclaré Mme Rice, réclamant la mise en place d'un "calendrier crédible".
L'annonce des résultats du premier tour début décembre avait provoqué des violences de la part des partisans de M. Martelly.
Alain Le Roy, chef des forces de maintien de la paix de l'ONU, a déclaré devant le Conseil de sécurité que les résultats définitifs du 1er tour seraient probablement annoncés le 31 janvier, "de manière à organiser le second tour à la mi-février". M. Préval achève théoriquement son mandat le 7 février.
En attendant, le retour dimanche de Jean-Claude Duvalier après 25 ans d'exil en France inquiète la communauté internationale.
"Les Etats-Unis sont inquiets de l'impact imprévisible du retour de Duvalier sur la situation politique en Haïti. Mon gouvernement sait quel est le bilan notoire de Duvalier en matière de droits de l'homme et de corruption", a martelé Mme. Rice à l'ONU.
Mercredi, un ancien ambassadeur d'Haïti en France, se présentant comme porte-parole de "Baby Doc", a annoncé que ce dernier comptait redevenir président. Ces propos ont ensuite été démentis par M. Duvalier dans un communiqué.
M. Martelly a en tout cas approuvé le retour de l'ancien dictateur, se disant même prêt à le prendre comme conseiller s'il remporte le scrutin. "Duvalier est Haïtien. Qu'il revienne, c'est la démocratie", a-t-il déclaré.
Du côté duvaliériste, un petit groupe qui a rendu visite dans la matinée à l'ancien chef d'Etat a évoqué une alliance avec les partisans du chanteur. "Oui. Nous sommes ensemble avec Martelly", a déclaré à l'AFP Noël Noé, qui s'est présenté comme membre du parti duvaliériste.
. Duvalier a été inculpé mardi de corruption, de détournements de fonds publics et d'association de malfaiteurs, commis sous sa présidence (1971-86), selon l'accusation. Quatre plaintes pour crimes contre l'humanité ont en outre été déposées mercredi.
Selon un de ses avocats, l'ancien "président à vie", qui a quitté son hôtel en milieu de journée pour gagner une résidence privée, entend rester dans le pays, même si rien ne lui interdit d'en partir.
"Nous voulons répondre à toutes les réquisitions de la justice. Parce que nous voulons être blanchis", a déclaré Me Reynold Georges.
http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/elections-en-haiti-les-usa-font-monter-la-pression-sur-le-president-sortant-20-01-2011-1236321.php
mercredi 19 janvier 2011
Intervention de Jacky Henin, Député européen du Front de Gauche, sur la Situation en Haïti
"Il y a un an à peine, Haïti et son peuple était victime d'une terrible catastrophe. Partout la désolation et la mort. Qu'il nous soit permis de saluer: le courage du peuple Haïtien, et l’élan mondial de solidarité populaire en faveur des sinistrés. Je veux également ici remercier solennellement l'Etat et le peuple Cubain pour leur aide. Un engagement efficace et sans arrière pensée. A ce jour, la brigade médicale cubaine a soigné plus de 50000 cas de choléra, permis la reconstruction de 76 centres de santés et hôpitaux, opérés de nombreux haïtiens,... . Même un pays comme la Norvège a souhaité demander à Cuba d'intervenir en ces lieux et place.
L’Union européenne et les Etats Unis ferait bien de s’inspirer de l’exemple cubain plutôt que de se complaire derrière des mises en scène médiatiques, qui en définitif sert avant tout leurs intérêts économiques et politiques au détriment d’une reconstruction durable de l’Etat Haïtien et de son économie. Rappelons qu’il a fallu que la pire des catastrophes ait lieu pour qu’enfin la Banque mondiale et le FMI se décident à annuler la dette d’Haïti.
Ce qui se passe à Haïti montre les limites du fonctionnement actuel de l’ONU. A Haïti, l’ingérence humanitaire montre son incapacité à mettre en œuvre des solutions durables pour les populations.
11,5 milliards de dollars ont été promis par la Communauté internationale pour la reconstruction du pays.
Quelle part de cette aide est effectivement arrivée sur le terrain ? Qui décidera des objectifs ? Reste à savoir de quelle reconstruction on parle? Va-t-on voir une nouvelle fois, un peuple mis au chômage, regarder de grandes entreprises multinationales reconstruire leur pays ?
L’Union européenne ne doit pas s’inscrire dans une vision paternaliste ou néocolonialiste. Le peuple Haïtien a été le premier au monde à s’émanciper du colonialisme français. Aujourd’hui, en raison des crimes contre l’Humanité que constituent l’esclavagisme et le colonialisme, l’Union européenne et en particulier la France ont une dette morale, politique et économique vis-à-vis d’Haïti, Il nous faut honorer cette dette d'honneur".
http://www.humanite.fr/19_01_2011-intervention-de-jacky-henin-d%C3%A9put%C3%A9-europ%C3%A9en-du-front-de-gauche-sur-la-situation-en-ha%C3%AFti-
L’Union européenne et les Etats Unis ferait bien de s’inspirer de l’exemple cubain plutôt que de se complaire derrière des mises en scène médiatiques, qui en définitif sert avant tout leurs intérêts économiques et politiques au détriment d’une reconstruction durable de l’Etat Haïtien et de son économie. Rappelons qu’il a fallu que la pire des catastrophes ait lieu pour qu’enfin la Banque mondiale et le FMI se décident à annuler la dette d’Haïti.
Ce qui se passe à Haïti montre les limites du fonctionnement actuel de l’ONU. A Haïti, l’ingérence humanitaire montre son incapacité à mettre en œuvre des solutions durables pour les populations.
11,5 milliards de dollars ont été promis par la Communauté internationale pour la reconstruction du pays.
Quelle part de cette aide est effectivement arrivée sur le terrain ? Qui décidera des objectifs ? Reste à savoir de quelle reconstruction on parle? Va-t-on voir une nouvelle fois, un peuple mis au chômage, regarder de grandes entreprises multinationales reconstruire leur pays ?
L’Union européenne ne doit pas s’inscrire dans une vision paternaliste ou néocolonialiste. Le peuple Haïtien a été le premier au monde à s’émanciper du colonialisme français. Aujourd’hui, en raison des crimes contre l’Humanité que constituent l’esclavagisme et le colonialisme, l’Union européenne et en particulier la France ont une dette morale, politique et économique vis-à-vis d’Haïti, Il nous faut honorer cette dette d'honneur".
http://www.humanite.fr/19_01_2011-intervention-de-jacky-henin-d%C3%A9put%C3%A9-europ%C3%A9en-du-front-de-gauche-sur-la-situation-en-ha%C3%AFti-
Haïti-Elections : Vers un second tour
P-au-P, 19 janvier 2011 [AlterPresse] --- Le Conseil Electoral Provisoire (CEP) annonce la tenue prochaine d’un second tour des élections présidentielles et législatives, dont le premier tour controversé a eu lieu le 28 novembre 2010.
Lors de ce second tour l’institution électorale entend considérer les recommandations de la mission d’experts de l’OEA en rapport aux résultats déjà publiés et qui ont été rejetés par une partie de la population et des secteurs politiques, selon un communiqué émanant de l’institution.
Le rapport des experts a été remis le 18 janvier au CEP par le gouvernement qui l’a reçu officiellement la veille des mains du secrétaire général de l’OEA, Jose Miguel Insulza.
Suivant les informations diffusées dans les medias le rapport de la mission préconise d’écarter le candidat du pouvoir Jude Célestin de la course au second tour au profit de Michel Martelly qui était arrivé en troisième position.
Cependant les principaux acteurs continuent de maintenir le flou sur le contenu du texte, laissant entendre que celui qui a été remis officiellement lundi au gouvernement haïtien pourrait être différent.
« Ce n’est pas la version exacte qui a fuité, la version que vous [les journalistes] avez n’est pas la version exacte…La mission technique peut faire seulement des recommandations. Elle a fait ces recommandations dans la mesure de ses possibilités et avec toute la clarté possible. Mais qui va déterminer quels seront les résultats finaux des élections ? Ce sera le Conseil Electoral Provisoire », a déclaré Jose Miguel Insulza à la presse, lundi 17 janvier.
Le CEP indique dans son communiqué que « l’éventualité d’un changement de position dans le classement du deuxième et troisième candidat dans la liste publiée lors des résultats préliminaires du 7 décembre 2010 sera prise en compte dans le cadre du traitement des contestations ».
Il faudra donc attendre que ce second processus s’achève avant la publication des résultats définitifs. Combien de temps cela va-t-il prendre et comment le « traitement des contestations » pourra influencer les résultats préliminaires ?
Seuls Jude Célestin et Charles Henri Baker parmi les 18 candidats à la présidence ont produit des contestations. Suivant la note émise par le CEP ce sont également les seuls qui recevront une copie du rapport de la mission de l’OEA.
Par ailleurs, le processus de vérification des contestations devrait débuter dans le plus bref délai, selon le souhait formulé en début de semaine par Insulza, qui a annoncé l’arrivée prochaine de la seconde mission de l’OEA chargée d’appuyer les conseillers électoraux dans ce domaine. [kft gp apr 19/01/2011 11 :00]http://www.alterpresse.org/spip.php?article10544
Lors de ce second tour l’institution électorale entend considérer les recommandations de la mission d’experts de l’OEA en rapport aux résultats déjà publiés et qui ont été rejetés par une partie de la population et des secteurs politiques, selon un communiqué émanant de l’institution.
Le rapport des experts a été remis le 18 janvier au CEP par le gouvernement qui l’a reçu officiellement la veille des mains du secrétaire général de l’OEA, Jose Miguel Insulza.
Suivant les informations diffusées dans les medias le rapport de la mission préconise d’écarter le candidat du pouvoir Jude Célestin de la course au second tour au profit de Michel Martelly qui était arrivé en troisième position.
Cependant les principaux acteurs continuent de maintenir le flou sur le contenu du texte, laissant entendre que celui qui a été remis officiellement lundi au gouvernement haïtien pourrait être différent.
« Ce n’est pas la version exacte qui a fuité, la version que vous [les journalistes] avez n’est pas la version exacte…La mission technique peut faire seulement des recommandations. Elle a fait ces recommandations dans la mesure de ses possibilités et avec toute la clarté possible. Mais qui va déterminer quels seront les résultats finaux des élections ? Ce sera le Conseil Electoral Provisoire », a déclaré Jose Miguel Insulza à la presse, lundi 17 janvier.
Le CEP indique dans son communiqué que « l’éventualité d’un changement de position dans le classement du deuxième et troisième candidat dans la liste publiée lors des résultats préliminaires du 7 décembre 2010 sera prise en compte dans le cadre du traitement des contestations ».
Il faudra donc attendre que ce second processus s’achève avant la publication des résultats définitifs. Combien de temps cela va-t-il prendre et comment le « traitement des contestations » pourra influencer les résultats préliminaires ?
Seuls Jude Célestin et Charles Henri Baker parmi les 18 candidats à la présidence ont produit des contestations. Suivant la note émise par le CEP ce sont également les seuls qui recevront une copie du rapport de la mission de l’OEA.
Par ailleurs, le processus de vérification des contestations devrait débuter dans le plus bref délai, selon le souhait formulé en début de semaine par Insulza, qui a annoncé l’arrivée prochaine de la seconde mission de l’OEA chargée d’appuyer les conseillers électoraux dans ce domaine. [kft gp apr 19/01/2011 11 :00]http://www.alterpresse.org/spip.php?article10544
En Haïti, les plaintes contre «Baby Doc» se multiplient
AFP/THONY BELIZAIRE Par RFI
Moins de 48 heures après être rentré en Haïti, l'ancien dictateur Jean-Claude Duvalier y a été poursuivi par la justice haïtienne pour corruption, détournement de fonds publics et association de malfaiteurs. Ce mercredi 19 janvier, quatre plaintes ont été déposées contre lui à Port-au-Prince pour crimes contre l'humanité, sans compter d'autres procédures à venir. Les avocats de « Baby Doc » évoquent une manipulation politique de la part du gouvernement actuel visant à persécuter leur client. Et selon son porte-parole, l'ancien dictateur est rentré au pays pour être élu président.
Avec notre correspondante à Port-au-Prince, Amélie Baron
Devant le parterre de journalistes présents à l’hôtel Karibe, les avocats de Jean-Claude Duvalier ont été très clairs : la convocation mardi de l’ancien « président à vie » d’Haïti n’est rien d’autre qu’une manipulation politique orchestrée par le gouvernement. Aucun dossier solide ne leur a été présenté, aussi leur client « Baby Doc » ne risque-t-il rien.
Mais ce mercredi matin, quatre personnes ont déposé plainte auprès du parquet de Port-au-Prince, des plaintes pour tortures et crimes contre l’humanité. Parmi ces quatre personnes, Michèle Montas, la veuve du célèbre journaliste haïtien Jean Dominique. Michèle Montas avait subi les violences et les intimidations des sbires de Duvalier avant d’être contrainte à l’exil en 1980 quand les locaux de sa radio ont été saccagés par les hommes de main du dictateur.
Mais à ces nouvelles charges - des charges lourdes - les avocats de Jean-Claude Duvalier ont répondu fermement : les faits remontent à plus de vingt ans, il y a prescription.
Me Fritzo Canton, avocat de Jean-Claude Duvalier
Au niveau de l'instruction, on n'a trouvé aucun indice qui pourrait justifier la poursuite de M. Duvalier en Haïti.
http://www.rfi.fr/ameriques/20110119-haiti-plaintes-contre-baby-doc-multiplient
Moins de 48 heures après être rentré en Haïti, l'ancien dictateur Jean-Claude Duvalier y a été poursuivi par la justice haïtienne pour corruption, détournement de fonds publics et association de malfaiteurs. Ce mercredi 19 janvier, quatre plaintes ont été déposées contre lui à Port-au-Prince pour crimes contre l'humanité, sans compter d'autres procédures à venir. Les avocats de « Baby Doc » évoquent une manipulation politique de la part du gouvernement actuel visant à persécuter leur client. Et selon son porte-parole, l'ancien dictateur est rentré au pays pour être élu président.
Avec notre correspondante à Port-au-Prince, Amélie Baron
Devant le parterre de journalistes présents à l’hôtel Karibe, les avocats de Jean-Claude Duvalier ont été très clairs : la convocation mardi de l’ancien « président à vie » d’Haïti n’est rien d’autre qu’une manipulation politique orchestrée par le gouvernement. Aucun dossier solide ne leur a été présenté, aussi leur client « Baby Doc » ne risque-t-il rien.
Mais ce mercredi matin, quatre personnes ont déposé plainte auprès du parquet de Port-au-Prince, des plaintes pour tortures et crimes contre l’humanité. Parmi ces quatre personnes, Michèle Montas, la veuve du célèbre journaliste haïtien Jean Dominique. Michèle Montas avait subi les violences et les intimidations des sbires de Duvalier avant d’être contrainte à l’exil en 1980 quand les locaux de sa radio ont été saccagés par les hommes de main du dictateur.
Mais à ces nouvelles charges - des charges lourdes - les avocats de Jean-Claude Duvalier ont répondu fermement : les faits remontent à plus de vingt ans, il y a prescription.
Me Fritzo Canton, avocat de Jean-Claude Duvalier
Au niveau de l'instruction, on n'a trouvé aucun indice qui pourrait justifier la poursuite de M. Duvalier en Haïti.
http://www.rfi.fr/ameriques/20110119-haiti-plaintes-contre-baby-doc-multiplient
Election présidentielle haïtienne : le Conseil électoral n'entend pas modifier les résultats du premier tour
Le Conseil électoral provisoire haïtien (CEP) a indiqué mardi soir qu'il ne comptait pas changer les résultats du premier tour des élections publiés le 7 décembre dernier. Le CEP a fait cette annonce après avoir reçu un rapport rédigé par une mission d'experts de l'Organisation des Etats américains (OEA) chargée d'évaluer le processus électoral contesté.
Les résultats du premier tour avaient placé l'ex-première dame d'Haïti Mirlande Manigat en première position avec 31 % des voix. Jude Célestin, soutenu par le pouvoir, avait obtenu 22 % des suffrages. Le chanteur populaire Michel Martelly, qui a obtenu 21 % des voix et n'est par conséquent pas qualifié pour le second tour, avait contesté ces résultats dont la publication avait provoqué trois jours d'émeutes en Haïti au début de décembre. "L'éventualité d'un changement de position dans le classement des deuxième et troisième candidats dans la liste publiée lors des résultats primaires du 7 décembre 2010 sera prise en considération dans le cadre du traitement des contestations", lit-on dans un communiqué du Conseil électoral.
Une première copie du rapport publié dans la presse avait suggéré d'écarter le candidat du pouvoir Jude Célestin au profit de Michel Martelly.
L'institution électorale a, par ailleurs, indiqué que "les considérations techniques contenues dans le rapport des experts de l'OEA seront considérées pour la réalisation du second tour du scrutin". Le second tour des élections présidentielle et législatives, initialement prévu pour le 16 janvier, a été reporté. Aucune nouvelle date n'a été fixée pour le moment par le Conseil électoral.
http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2011/01/19/election-presidentielle-haitienne-le-conseil-electoral-provisoire-haitien-valide-les-resultats-du-premier-tour_1467464_3222.html
Les résultats du premier tour avaient placé l'ex-première dame d'Haïti Mirlande Manigat en première position avec 31 % des voix. Jude Célestin, soutenu par le pouvoir, avait obtenu 22 % des suffrages. Le chanteur populaire Michel Martelly, qui a obtenu 21 % des voix et n'est par conséquent pas qualifié pour le second tour, avait contesté ces résultats dont la publication avait provoqué trois jours d'émeutes en Haïti au début de décembre. "L'éventualité d'un changement de position dans le classement des deuxième et troisième candidats dans la liste publiée lors des résultats primaires du 7 décembre 2010 sera prise en considération dans le cadre du traitement des contestations", lit-on dans un communiqué du Conseil électoral.
Une première copie du rapport publié dans la presse avait suggéré d'écarter le candidat du pouvoir Jude Célestin au profit de Michel Martelly.
L'institution électorale a, par ailleurs, indiqué que "les considérations techniques contenues dans le rapport des experts de l'OEA seront considérées pour la réalisation du second tour du scrutin". Le second tour des élections présidentielle et législatives, initialement prévu pour le 16 janvier, a été reporté. Aucune nouvelle date n'a été fixée pour le moment par le Conseil électoral.
http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2011/01/19/election-presidentielle-haitienne-le-conseil-electoral-provisoire-haitien-valide-les-resultats-du-premier-tour_1467464_3222.html
Crise électorale en Haïti : le vrai-faux rapport de l’OEA
Le rapport de l’OEA, Organisation des Etats d’Amérique, diffusé la semaine via internet, n’était pas une version définitive… or ce document laissait à penser que Jude Célestin, candidat à la présidence soutenu par le président sortant René Préval, était disqualifié pour le second tour. Retour sur le dernier épisode d’un feuilleton électoral tout en tensions et rebondissements. Avec notre correspondante à Port-au-Prince, Amélie Baron
Le 28 novembre dernier, le scrutin présidentiel avait été entaché par de graves désorganisations et des soupçons de fraudes. A la publication des résultats préliminaires le 7 décembre, le pays avait connu trois jours d'émeutes, la population n'acceptant pas de voir Jude Célestin, le poulain de l'actuel président, qualifié au second tour. Pour sortir de l'impasse, le chef de l'Etat René Préval avait demandé à l'Organisation des Etats d'Amérique l'envoi d'une mission de vérification. La semaine dernière, un rapport de l'OEA avait été diffusé via internet. Il laissait penser que le candidat du pouvoir serait éliminé de la course à la présidence.
Un document diffusé par erreur sur internet
Il se trouve que ce document n'était pas la version finale du travail des experts. Devant le secrétaire général de l'Organisation des Etats d'Amérique en visite à Port au Prince, le Premier ministre haïtien s'est excusé des fuites qui ont permis à ce document sensible de se retrouver sur internet... et Jean-Max Bellerive a tenu rapidement aussi à préciser que le rapport, largement commenté dans les médias, n'était pas la version finale rédigée par les experts internationaux. Il n'est donc plus aussi sûr que l'OEA recommande l'élimination de Jude Célestin, le candidat choisi par René Préval pour sa succession.
Le chef de la Mission d'observation conjointe Organisation des Etats d'Amériques et Communauté de la Caraïbe a pour sa part expliqué que les médias se sont focalisés sur un élément en oubliant de le replacer dans le contexte global du document : en somme les conclusions tirées ne sont pas correctes.
C'est seulement après la période de contestation, durant laquelle seront étudiées les plaintes éventuelles des candidats, que les résultats définitifs du vote du 28 novembre seront donnés.
http://www.rfi.fr/ameriques/20110118-crise-electorale-haiti-le-vrai-faux-rapport-oea
Le 28 novembre dernier, le scrutin présidentiel avait été entaché par de graves désorganisations et des soupçons de fraudes. A la publication des résultats préliminaires le 7 décembre, le pays avait connu trois jours d'émeutes, la population n'acceptant pas de voir Jude Célestin, le poulain de l'actuel président, qualifié au second tour. Pour sortir de l'impasse, le chef de l'Etat René Préval avait demandé à l'Organisation des Etats d'Amérique l'envoi d'une mission de vérification. La semaine dernière, un rapport de l'OEA avait été diffusé via internet. Il laissait penser que le candidat du pouvoir serait éliminé de la course à la présidence.
Un document diffusé par erreur sur internet
Il se trouve que ce document n'était pas la version finale du travail des experts. Devant le secrétaire général de l'Organisation des Etats d'Amérique en visite à Port au Prince, le Premier ministre haïtien s'est excusé des fuites qui ont permis à ce document sensible de se retrouver sur internet... et Jean-Max Bellerive a tenu rapidement aussi à préciser que le rapport, largement commenté dans les médias, n'était pas la version finale rédigée par les experts internationaux. Il n'est donc plus aussi sûr que l'OEA recommande l'élimination de Jude Célestin, le candidat choisi par René Préval pour sa succession.
Le chef de la Mission d'observation conjointe Organisation des Etats d'Amériques et Communauté de la Caraïbe a pour sa part expliqué que les médias se sont focalisés sur un élément en oubliant de le replacer dans le contexte global du document : en somme les conclusions tirées ne sont pas correctes.
C'est seulement après la période de contestation, durant laquelle seront étudiées les plaintes éventuelles des candidats, que les résultats définitifs du vote du 28 novembre seront donnés.
http://www.rfi.fr/ameriques/20110118-crise-electorale-haiti-le-vrai-faux-rapport-oea
La Banque mondiale donne 15 millions de dollars à Haïti contre le choléra
WASHINGTON - La Banque mondiale a annoncé mardi avoir effectué un don de 15 millions de dollars pour aider Haïti à lutter contre l'épidémie de choléra. Le conseil d'administration de l'institution a approuvé le versement de cette somme qui doit "améliorer les moyens médicaux du pays pour réagir à la maladie tout en accroissant sa capacité à surveiller et empêcher de telles épidémies", a indiqué la Banque dans un communiqué.
Le programme ainsi financé doit aller au ministère de la Santé publique et de la population et à la Direction nationale de l'eau potable et de l'assainissement, pour mettre en place un meilleur système d'alerte et la gestion des déchets médicaux.
Un an après le séisme, "les personnes déplacées continuent à vivre dans des camps provisoires utilisant une eau insalubre et sans assainissement adéquat, ce qui s'avère être un terrain fertile pour le choléra", a constaté la Banque.
L'institution a cité des estimations des Nations unies selon lesquelles 3.000 Haïtiens sont morts, sur près de 140.000 cas recensés.
"Haïti a besoin de toute l'aide qu'elle peut obtenir pour répondre à l'épidémie meurtrière de choléra qui ravage certaines régions du pays", a déclaré le ministre des Finances haïtien, Ronald Baudin, cité dans le communiqué.
(©AFP / 19 janvier 2011 00h04)
http://www.romandie.com/infos/news2/110118230407.7m89db1n.asp
Le programme ainsi financé doit aller au ministère de la Santé publique et de la population et à la Direction nationale de l'eau potable et de l'assainissement, pour mettre en place un meilleur système d'alerte et la gestion des déchets médicaux.
Un an après le séisme, "les personnes déplacées continuent à vivre dans des camps provisoires utilisant une eau insalubre et sans assainissement adéquat, ce qui s'avère être un terrain fertile pour le choléra", a constaté la Banque.
L'institution a cité des estimations des Nations unies selon lesquelles 3.000 Haïtiens sont morts, sur près de 140.000 cas recensés.
"Haïti a besoin de toute l'aide qu'elle peut obtenir pour répondre à l'épidémie meurtrière de choléra qui ravage certaines régions du pays", a déclaré le ministre des Finances haïtien, Ronald Baudin, cité dans le communiqué.
(©AFP / 19 janvier 2011 00h04)
http://www.romandie.com/infos/news2/110118230407.7m89db1n.asp
René Depestre : « Haïti doit être au foyer de la mondialité »
+ "Non Haïti n’est pas un pays maudit" François-Xavier Guillerm http://www.inversalis-productions.e/...
Homme du monde, au sens que Baudelaire donne à cette expression, René Depestre l’est devenu par la force des choses. Et la force des choses en l’occurrence, c’est la force des idées au foyer de leur rencontre avec le réel. Pour le jeune écrivain et intellectuel marxiste René Depestre, le théâtre de ces opérations, ce fut son propre pays, Haïti, où il milita d’emblée au sortir de la Seconde Guerre mondiale pour une « nouvelle indépendance » après celle qui est restée dans l’histoire.
C’est cette histoire extraordinaire d’un si petit pays à l’échelle internationale qu’il nous propose ici de redécouvrir, afin d’en tirer une leçon universelle. Car il y a, selon lui, beaucoup à apprendre de la « mésaventure » haïtienne, de ses ressorts humains, politiques, gisant dans les limbes de cette première mondialisation, commerciale, qu’a entraînée la découverte de l’Amérique, et qu’expose aujourd’hui cruellement aux yeux du monde entier le terrible séisme du 12 janvier 2010.
Cette vie de combat pour les idées aux quatre coins du monde (Cuba, Amérique du Sud, Europe centrale, Japon, Chine, URSS… et France depuis 1979) a conduit René Depestre à rompre avec l’expérience marxiste, mais elle n’a toutefois en rien épuisé la soif de découverte d’un poète œuvrant à l’éclosion d’une nouvelle conscience « des humanités ».
De cet engagement spirituel, politique, cet entretien se fait l’écho, jusqu’aux événements actuels en Haïti. En effet, si le processus démocratique ne venait pas à échouer, le second tour des élections présidentielles pourrait consacrer la victoire de Mirlande Manigat, la candidate qui suscite un espoir en un nouvel Haïti. Et pour l’occasion, René Depestre vient tout exprès de mettre la main à un petit guide destiné aux personnalités politiques haïtiennes (à paraître courant 2011 aux éditions Desnel) : Souci d’un Haïti debout.
Avant toute parole sur la situation actuelle d’Haïti, un an après le séisme du 12 janvier 2010, il faut sans doute commencer, et vous y insistez, par rendre intelligible le parcours historique des Haïtiens.
René Depestre. C’est la première condition dans tout effort pour aller à fond dans la connaissance des réalités d’Haïti. Il faut effectuer une brève analyse de ce qui s’est passé dans le pays entre 1804 et 2004, date du bicentenaire de l’indépendance d’Haïti.
J’ai caractérisé toute cette période comme une période de surplace existentiel. Ce n’est pas seulement une stagnation du droit, de la société civile, de la notion même de souveraineté, d’autonomie de l’individu, des droits de l’homme, de laïcité – des valeurs que l’on avait reçues de la Révolution française. C’est plus profond que cela, cela va jusqu’à la notion existentielle, c’est-à-dire la stagnation de l’être en Haïti de 1804 à 2004. Pourquoi ? Que s’est-il passé, comment avons-nous pu manquer le train de l’Etat-nation, alors qu’on était si proches de toute la problématique de la Révolution française ?
Car il n’y aurait pas eu de Révolution haïtienne s’il n’y avait pas eu une révolution à Paris. Quand les autorités françaises ont pris le contrôle de Saint-Domingue lors de l’effondrement de la royauté, beaucoup de Jacobins (je pense notamment à Léger-Félicité Sonthonax) ont pu communiquer directement leurs idées aux Haïtiens. Toussaint Louverture en particulier a écouté très attentivement ce que disaient les commissaires français officiels de la Révolution et les Haïtiens ont ressenti eux-mêmes le besoin de faire leur révolution qui devait aboutir à l’émancipation des esclavages de Saint-Domingue. Toussaint Louverture était informé par ses lectures (l’abbé Raynal, Diderot) de la pensée révolutionnaire et il a pu, dès 1791, constituer un mouvement révolutionnaire purement haïtien.
Il faut bien comprendre qu’avant même le triomphe de la Révolution, les Français rencontraient des difficultés politiques et militaires avec leurs rivaux coloniaux espagnols et anglais. Comme ils n’avaient pas assez de troupes métropolitaines pour faire face, ils ont engagé dans l’armée des indigènes, formant des soldats et des officiers, très brillants. C’est de là que va émerger toute une génération constituée par Toussaint Louverture, Jean-Jacques Dessalines, Alexandre Pétion et Henri Christophe (le fameux Roi Christophe). A l’instigation des autorités françaises, ces personnalités indigènes sont parvenues au grade de général de l’armée française.
Au moment de l’avènement de 1789, ces généraux se sont dit qu’il y avait une partie considérable à jouer. Ils ont donc déclenché une insurrection générale en 1791 qui a marché, en mettant à feu et à sang les plantations coloniales du nord du pays. Il faut rappeler que Saint-Domingue était la colonie la plus riche (jusqu’au tiers du commerce général de la France de l’époque, en exportation de sucre, café, coton, épices, agrumes). Ces marchandises étaient importées à travers le commerce triangulaire en France mais aussi partout en Europe. Cela représentait un volume d’affaires considérable, qui a enrichi nombre de grandes villes françaises. La République française, à travers toutes les grandes figures de la Révolution, avait donc toutes les raisons de suivre de très près les événements de Saint-Domingue.
En février 1794, la Convention nationale a voté, sous la pression de Toussaint Louverture, des autres généraux et des officiels français présents en Haïti, l’abolition de l’esclavage. Et c’est le rétablissement de l’esclavage par le consul Napoléon dès son arrivée au pouvoir qui a mis le feu aux poudres, en ôtant tout espoir de libération aux esclaves.
Entre-temps, Toussaint avait été nommé par les autorités de Paris, en tant qu’officier général de l’armée française, gouverneur général de France à Saint-Domingue par la Convention. Ce n’était pas là une façon de parler. C’était en soi un événement considérable qu’un Noir soit nommé gouverneur général : cela signifiait que, pour Robespierre et les autres jacobins, Toussaint Louverture était un des leurs, à Saint-Domingue.
Prenant acte de son arrivée au pouvoir en France, Toussaint a proposé à Napoléon la constitution de 1801 qui est à l’origine d’Haïti : une constitution très modérée, qui visait à créer une sorte de Commonwealth avant l’heure à la française. Cette proposition maintenait des liens avec la métropole. Mais il s’est heurté au refus de Napoléon, qui non seulement l’a tournée en dérision venant d’un Noir, mais a ourdi un complot avec des généraux de l’armée française contre Toussaint pour l’éliminer et ainsi étouffer dans l’œuf la révolution haïtienne.
Cette traîtrise a entraîné sur l’île la création d’une armée indigène, haïtienne, qui est entrée dans une guérilla très violente, une guerre sans merci, et qui a vaincu le corps expéditionnaire français envoyé par Napoléon le 19 novembre 1803. On imagine difficilement un tel tableau : deux armées qui s’affrontaient en chantant l’une et l’autre La Marseillaise. C’était une guerre civile, entre Noirs et Blancs.
C’est donc à ce moment là de son histoire qu’Haïti aurait dû se constituer en tant qu’Etat-nation.
En 1804, Haïti ayant donc conquis son indépendance aurait dû en effet entrer dans le système des nations. Mais paradoxalement, Haïti n’entre pas dans ce schéma. Il y a plusieurs raisons à cela. Tout d’abord, il faut dire qu’il y a eu un ostracisme à caractère racial jeté sur l’indépendance d’Haïti. Et pas seulement du fait de Napoléon.
En 1815, un ordre mondial, celui de monarchies blanches européennes, a été établi sur les ruines de l’Empire français lors du congrès de Vienne qui a décidé, sur des bases coloniales, de ne pas reconnaître l’indépendance d’Haïti. On a sciemment effacé l’héritage révolutionnaire des principes de 1789 de cette petite île éloignée pour mieux la ravaler aux yeux de l’opinion à un nid de barbares, à une révolte de Noirs. Alors même que la révolution haïtienne avait universalisé les idées de la Révolution pour la première fois hors de l’Hexagone. Sans cela, c’eût été une idée de Blancs que les droits de l’homme.
Haïti a donc dû faire face à un véritable cordon sanitaire, politique d’abord, mais aussi culturel. Pas même les voisins américains n’ont reconnu Haïti et ce jusqu’en 1865. Jusqu’à la fin de la guerre de Sécession. Ce sont des faits très graves. Concernant la reconnaissance de l’indépendance d’Haïti par la France, il a beaucoup été question depuis le séisme du 12 janvier dernier du remboursement de la dette, cette fameuse dette de l’indépendance. La question est plus complexe que ce qu’on veut bien en dire généralement. Ce sont les présidents haïtiens eux-mêmes, Pétion et Boyer, qui se sont dit que s’ils indemnisaient les colons de Saint-Domingue, la reconnaissance d’Haïti s’en trouverait facilitée. Ils ont donc fait part de cette idée à la cour de Louis XVIII. C’est finalement Charles X sous la Restauration qui a consenti à l’étudier. Il fut décidé qu’Haïti verserait 150 millions de francs or aux colons de Saint-Domingue en échange de la reconnaissance du pays. Mais un pays qui s’est battu et a triomphé sur les champs de bataille n’avait aucune indemnité à verser !
Haïti, une république raciale ?
Au moment de la révolution haïtienne, des atrocités avaient été commises des deux côtés. Dessalines avait ainsi décrété le massacre de colons blancs, sur la base de rumeurs sans fondement. C’est sans doute en raison de ces actes d’atrocité gratuits que les Haïtiens ont voulu faire un compromis. Après des discussions, la somme à rembourser a été ramenée à 90 millions de francs or qu’Haïti a dû payer pour le prix de la reconnaissance de son indépendance entre 1838 et 1885.
Mais à vrai dire, Haïti est dès lors tombée sous tutelle. D’une part, c’est dans cette période que l’économie haïtienne autrefois très prospère s’est effondrée : la petite propriété l’a emporté sur la grande propriété qui faisait la fortune de l’île. Il n’y a pas eu de scolarisation des enfants, d’intégration de la paysannerie aux grandes propriétés à la suite d’une réforme agraire conséquente. Depuis cette époque, Haïti est devenue dépendante des places boursières, d’abord de l’Europe puis des Etats-Unis.
Et il faut dire que tout le XIXe siècle était sous la coupe réglée des puissances européennes, des empires coloniaux et de leur vision ethnocentrique du monde.
C’est un point historique important : Haïti a obtenu son indépendance avant la seconde phase de la colonisation, avant même la pénétration française en Algérie, avant la colonisation par les Belges du Congo, avant tout le mouvement colonialiste hollandais, allemand… Haïti était entrée prématurément sur la scène politique, et s’est trouvée en porte-à-faux par rapport à tout ce qui se faisait et se pensait sur le plan politique et culturel en Europe. C’était l’époque des empires, des forces impériales. Avec pour point d’orgue le congrès de Berlin de 1885, où l’Allemagne est entrée en scène, pour un nouveau partage du monde. Haïti, ce petit pays, portait seul le drapeau de la race noire. Mais c’est ce qui a fait qu’il a manqué l’Etat-nation, parce qu’on pensait aussi avoir réussi l’Etat racial, qui est une chimère tragique.
Sur le plan politique, après les gouvernements des fondateurs, des pionniers, pour lesquels il y a un attachement presque mystique, Haïti n’a connu que des satrapes comme dirigeants. Une véritable satrapie s’est emparée du pays jusqu’à aujourd’hui, jusqu’à René Préval actuellement au pouvoir. Ce ne fut qu’une succession de crises. Le bilan est terrible. On a perdu le XIXe siècle. Le pays n’a fait que dégringoler politiquement jusqu’à la rencontre avec les Américains. Au début du XXe siècle, les Américains sont arrivés dans la région de la Caraïbe. Ils ont découvert Cuba, Haïti, la République domicaine. Ils avaient besoin d’une base de ravitaillement face au canal de Panama dans une logique stratégique. Ils ont alors occupé Haïti de 1915 à 1934 qui est devenue un pays sous protectorat.
En 1934, grâce à la politique de New Deal de Roosevelt, les Américains ont retiré leurs troupes tout en préservant leur présence en s’appuyant sur l’oligarchie de l’île. Ils n’ont pas fait de réformes démocratiques, seulement quelques aménagements dans les domaines de la santé, des transports. On peut dire que ces dix-neuf ans d’occupation sont passés pour rien, sauf qu’ils ont servi à asseoir la tutelle financière des banques américaines sur Haïti.
En fin de compte, aucun Etat haïtien digne de ce nom n’a émergé, et ce constat vaut dès notre entrée sur la scène politique mondiale au XIXe siècle. Pas le moindre système démocratique, pas la moindre société civile. Et puis surtout, il y a un fait très grave, c’est qu’on s’est trompés d’idéologie. Alors qu’on aurait dû adopter l’héritage nationaliste de la France en constituant une nationalité haïtienne avec tout ce que cela comporte au plan de la démocratie, on est restés complètement inféodés à l’idée de race. L’idéologie qui a prédominé, à la source même de la formation historique d’Haïti, ce n’est pas une idéologie apparentée à la Révolution française, ce n’est pas une idéologie nationaliste, c’est une idéologie raciale. Tout simplement parce que sur les plantations, l’idéologie qui prédominait consistait à faire croire aux gens que les luttes n’avaient pas lieu entre colons et indigènes, entre maître et esclaves, ni sur le plan du travail, de l’organisation, mais qu’il s’agissait de lutte de races entre Noirs d’Afrique et Blancs d’Europe. Les Haïtiens ont cru de bonne foi pendant tout le XIXe siècle que la notion de race était plus importante que la notion de nation, que l’humanité était divisée en races, et que c’est en tant que race noire que nous avons fait notre indépendance.
Haïti est donc devenue une république raciale au point que beaucoup d’Haïtiens pensaient qu’Haïti était la Judée de la Caraïbe, une terre sacrée où l’homme noir est devenu homme. Dans la législation haïtienne, celle de 1804 de Dessalines, une loi établissait d’ailleurs que du moment qu’on vivait à Haïti, qu’on acceptait la nationalité haïtienne, quelle que soit la couleur de sa peau, on était un Noir. Cela parce que les Haïtiens ont sanctifié la notion de Noir qui avait été avilie, vilipendée, traînée dans la boue, par deux siècles de colonisation française. Dans l’idiosyncrasie des Haïtiens, dans la vie secrète de l’homme haïtien, dans le vaudou, le facteur racial a joué et joue encore un rôle décisif.
Comment ne pas penser à la négritude totalitaire de « Papa Doc » Duvalier (au pouvoir en Haïti de 1957-1971)…
Duvalier a récupéré en effet le mouvement de la négritude dans un sens totalitaire, célébrant une Afrique fantôme, une Afrique mythique qui n’avait jamais existé. Ce danger m’était apparu quand j’étais étudiant à Paris et j’en avais alerté Senghor, Césaire. En Haïti, je pressentais que cette affaire de négritude pouvait prendre un tour dramatique si un satrape en faisait, en la déformant, un instrument intégriste, fondamentaliste, ce qui n’a pas manqué avec Papa Doc. J’étais un jeune marxiste et je trouvais dangereux d’appliquer sans discernement, sans connaissance de la réalité d’un pays, un concept ethnocentrique (Sartre d’ailleurs en a convenu avec moi), qui était juste l’inverse de l’ethnocentrisme blanc.
On est donc passés en Haïti à côté d’une identité nationale, et naturellement avec une négritude totalitaire, on ne peut pas construire un Etat de droit, pas davantage une autonomie de l’individu, ni la moindre souveraineté nationale. Haïti a échoué à suivre l’expérience cohérente de la Révolution française entre nation et démocratie, nation et peuple. Bien sûr, c’est faute d’avoir pu suivre le scénario de Toussaint Louverture, qui était la figure la mieux préparée du personnel politique de l’époque. Mais c’est ainsi, ce fut un échec. Et il ne sert à rien de célébrer en Haïti le pays où la négritude s’est mise debout pour la première fois, car ce fut pour s’agenouiller tout de suite après. Cette première république noire des temps modernes ne fut jamais qu’une république de façade. Régis Debray a eu raison de parler d’Etat sans nation. Et même aujourd’hui c’est une société sans Etat.
On ne comprendrait donc rien au drame haïtien si on n’avait pas présents à l’esprit ce minimum de faits. On a ainsi un pays discrédité de manière éhontée durant toute son histoire, livré à un nombre incalculable d’agressions extérieures notamment à la fin du XIXe siècle, et qui en lui-même entretient de graves dissensions parmi ses élites : dans les oligarchies haïtiennes, il y a eu une couche noire et une noire mulâtre, qui se sont battues entre elles pour le pouvoir pendant toute la fin du XIXe siècle. En conséquence, le phénomène racial a surdéterminé la lutte des classes en Haïti. Au combat traditionnel de l’esclave et du maître, de l’indigène et du colon, on a ajouté une dimension « mythique » raciale qui a occupé une place démesurée dans la conscience des Haïtiens et qui a compliqué la lutte de libération du peuple haïtien.
Comment répondre aujourd’hui à cet échec historique de fondation de l’Etat haïtien ?
Il faut purement et simplement une refondation totale de la société haïtienne. Cela fait des années que je défends cette idée de refondation, bien avant le séisme du 12 janvier. Il ne s’agit pas seulement de refondation des infrastructures, des édifices, des dégâts causés par le sinistre, mais aussi du système judiciaire, sanitaire, éducatif, comme de l’imaginaire même des Haïtiens. Tout est à refaire en Haïti sur de nouvelles bases.
Cela dit, il ne faut pas s’y tromper. Nous n’appartenons plus à la période de l’Etat-nation. Il ne s’agit plus maintenant de fonder un Etat-nation. Une nouvelle donne historique est apparue avec la mondialisation. C’est d’ailleurs la raison de l’élan extraordinaire de solidarité envers Haïti. Le monde entier, si je puis dire, vit cette expérience mondialisante. Il y a une présence du réel aujourd’hui plus forte, telle qu’elle émane des sociétés civiles d’Europe, des Amériques, d’Asie… Redécouvrant peu ou prou l’histoire de ce petit pays qu’est Haïti, on réclame une tutelle, alors que le pays a toujours vécu sous tutelle (sauf une brève période d’indépendance, en pleine autonomie, de 1804 à 1825).
Le paradoxe pour ma génération, c’est que l’on s’est toujours battus pour une « nouvelle indépendance » d’Haïti, et ce dès l’après-guerre, comme en témoigne l’accueil qui fut réservé à André Breton à Port-au-Prince. Mais nous sommes des survivants. Car c’est l’armée qui a pris le pouvoir et nous avons été vaincus. Aujourd’hui, ce qui me peine le plus, alors qu’à 85 ans je ne peux pas revenir en Haïti, c’est qu’il n’y a pas de relais entre ma génération et les plus jeunes.
On ne peut donc faire durant le XXe siècle que le constat d’une destruction toujours plus en profondeur de la société civile haïtienne.
On peut dire que le duvaliérisme a détruit tout ce qui restait de la société civile haïtienne, et d’une façon terroriste avec les « tontons-macoutes ». Ensuite, Aristide est resté dans la voie « populiste », un populisme extrême. L’actuel président René Préval a géré les affaires sans faire de vagues, mais la situation n’a fait qu’empirer. Personne n’a jamais pris à bras-le-corps le drame haïtien. Les missions d’aide ne sont jamais que ponctuelles. Si à toutes choses malheur peut être bon, ce chaos qu’a créé le séisme, pourrait être l’occasion de tout refonder. Mais force est de constater que tout ce que nous écrivons, nous la diaspora haïtienne, ne parvient pas au peuple haïtien.
Il y a aussi le problème de la langue aujourd’hui. Il se trouve que nous écrivons en français. Autrefois, avant Duvalier, il y avait des relais, des gens qui traduisaient en créole, dans des petits journaux, de sorte que la pensée pouvait pénétrer dans le peuple. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Tout ce que j’écris ne parviendra pas à l’oreille d’un paysan haïtien. Il y a une rupture grave, et un recul de la langue française en Haïti. Nous nous trouvons donc isolés. Tout cela par manque d’école, par défaut d’enseignement, et parce qu’aucun effort n’a été fait pour élever le niveau de la langue créole au niveau de la langue française, afin que l’on puisse être vraiment bilingue en Haïti.
Et au milieu de ce marasme, il y a une élite intellectuelle, des universitaires de talent, des écrivains, des mouvements picturaux de premier ordre, et également musicaux. On aboutit donc à ce que j’appelle un « hapax » historique, un fait sans précédent et unique, ontologique, culturel : nous n’avons pas de nation, peut-être même pas d’Etat, mais on a une nation culturelle, plutôt un foyer de civilisation, grâce à une élite artistique et d’intellectuels. Sans société civile.
Le peuple haïtien est donc abandonné à son sort ?
Il y a un fossé qui s’est creusé entre l’Haïti du dedans et l’Haïti du dehors. Entre les Haïtiens de l’île et les Haïtiens de la diaspora. Mais il y a encore moyen de ressouder tout cela. Cette communauté haïtienne assez forte, qui a pris pied à Miami, à New York, au Canada, elle agit sur le plan économique, financier, bancaire pour les Haïtiens de l’île. Mais ces Haïtiens de la diaspora se sont heurtés aux milieux du pouvoir en Haïti qui craignent une influence de ces gens du dehors, qui sont pour la plupart des démocrates. Sans compter qu’en Haïti, il n’y a qu’une petite élite qui lit contre 60 à 80% d’analphabètes qui sont maintenus dans l’ignorance d’une façon absolument éhontée.
S’il n’y a pas une société civile et un personnel politique fortement intéressés au sort du peuple haïtien, ce n’est pas le cas dans les communautés de la diaspora. Le problème, c’est donc que cette diaspora ne peut pas avoir beaucoup d’influence sur le peuple haïtien. Nous sommes donc dans l’impasse. Et c’est pourquoi, j’espérais un sursaut vital après ce terrible séisme. J’attendais une réévaluation complète de l’histoire haïtienne, en essayant de recontextualiser la situation d’Haïti.
Haïti est le pays des mythologies des « haïtiâneries » meurtrières. Ce qui explique sans doute tous ces rendez-vous manqués avec l’histoire. On a vécu l’expérience de la plantation sur le mode fantastique. Alejo Carpentier me disait un jour avoir observé en Haïti un agrandissement de l’échelle de perception de la réalité, du fait même de l’extravagance de la plantation, de l’esclavage comme système. Le fantastique a pris une grande place à partir de ce qui fut une expérience existentielle tragique dans un environnement caraïbéen qui était totalement inconnu des Africains : les animaux, les arbres. De là vient aussi sans doute l’extraordinaire résistance des Haïtiens aujourd’hui face au malheur.
Il faudrait que l’intelligentsia haïtienne se regroupe en mouvement organique pour former des états généraux, par exemple afin de combler le vide de la société civile haïtienne. Il y a des gens remarquables en Haïti, progressistes, mais en dehors de Mirlande Manigat qui est candidate aux élections présidentielles, je note peu de prises de position, de véritables engagements d’intellectuels sur la scène politique. Car Mirlande Manigat aura bien du fil à retordre pour faire avancer la démocratie en Haïti. Or, près de 11 milliards de dollars ont été rassemblés pour Haïti aux Nations unies, qui sont disponibles. La balle est donc dans le camp des Haïtiens. C’est à nous de nous présenter devant ces réseaux d’amitiés internationaux en interlocuteurs valables. Hélas, encore une fois, les récentes élections ne sont pas là pour nous rassurer, quant à la présence massive sur la scène publique de membres éminents de l’intelligentsia en Haïti, en dehors de Lyonel Trouillot, Gary Victor, Jean-Claude Fignolé, Laënnec Hurbon, Raoul Peck, Yanick Lahens, Michèle Pierre-Louis, Frankétienne, Michèle Montas et d’autres personnalités, qui sont tous en mesure de jouer un rôle majeur.
Il faudrait qu’elle obtienne une majorité au Sénat et à l’Assemblée pour pouvoir réformer le pays. Haïti a besoin d’un pouvoir démocratique à sa tête qui s’attaque à la refondation du pays, tant sur le plan humain des mentalités que sur le plan matériel, dans le cadre des nouvelles réalités mondiales.
Car il s’est produit de grands changements à l’échelle mondiale. Autant le capitalisme, depuis la Renaissance, a pu bénéficier de garde-fou sur le plan de la culture, autant le phénomène de la mondialisation est comme livrée à lui-même, chaotique. Je veux dire par là que les grands pays actuels, tout en reconnaissant que nous sommes dans une période de mondialisation, n’ont pas une perception nouvelle de la planète, ce qu’Edgar Morin appelle la terre patrie. On est en train de sortir de l’Etat-nation dans des conditions complètement chaotiques (la révolution numérique, certes, est là). Mais on n’a pas ce qu’Edouard Glissant, au côté d’autres intellectuels, appelle une mondialité, qui serait une nouvelle perception de l’état des lieux de la planète. Pour cela, il faudrait faire un inventaire mondial, de toutes les aires de civilisation, et pas seulement de la civilisation occidentale, et enfin sortir des célébrations et des enfermements identitaires. La mondialisation a besoin d’une culture propre élaborée à partir des véritables acquis de l’humanité.
Vous le voyez, je tiens deux fers au feu, le fer haïtien et hexagonal-mondial (en faisant la médiation de l’Hexagone au monde). Dans ce « contexte médian » (le mot est de Kundera), on peut parvenir à une vision synoptique de la société civile qui se constitue à l’échelle mondiale. Ce sens de la mondialité nous fait défaut aujourd’hui : il nous faudrait une « panhumanité », des humanités, au-delà de l’humanisme que l’on a connu. Il nous faut faire preuve d’imagination. Il est frappant de constater que ce sont des intellectuels périphériques (caraïbéens, notamment) qui portent aujourd’hui cette vision originale, synoptique et intégrée de notre avenir qu’est la mondialité. Si on fait un effort d’imagination pour un petit pays comme Haïti, alors il faut le porter, cet effort, à l’échelle mondiale, car les circonstances ont montré que ce petit pays a besoin des humanités, de la société civile internationale.
Et si Haïti devenait la première expérience d’une mondialisation accompagnée de ce sens de la mondialité que vous appelez de vos vœux ?
C’est exactement cela qu’il faut espérer. Cela consisterait à la fois à reconstruire matériellement le pays, ses infrastructures, ses ponts, ses ports, ses aéroports, ses édifices publics, tous ses systèmes politiques, publics, et en même temps à refonder son imaginaire en liaison étroite cette fois-ci avec l’imaginaire de la civilisation mondiale qui se constitue. Ce que Césaire appelait le voyage vers l’ailleurs et le tout, autrement dit la fraternité.
Patrice Beray
Non Haïti n’est pas un pays maudit
Assez d’entendre trop souvent et à toutes les sauces qu’Haïti, la première République noire de l’Histoire, la première colonie qui s’est affranchie du joug du colonisateur, est un pays maudit. Non, Haïti n’est pas une nation maudite, Haïti est une nation qui subit aujourd’hui le contrecoup de son histoire. Un cyclone, un tremblement de terre font beaucoup plus de dégâts sur la partie occidentale d’Hispaniola que sur sa partie orientale, ou même qu’à Cuba ou à la Guadeloupe pourtant sujettes aux mêmes aléas. Ce n’est pas parce que les Haïtiens seraient maudits, mais parce que, jamais la jeune nation n’a jamais pu se hisser au niveau des nécessités dues à son environnement.
Après son indépendance acquise en 1804, les Haïtiens ont du attendre 21 ans avant que l’ancien colon ne reconnaisse sa souveraineté. L’indépendance ne lui a été reconnue qu’en 1825 par Charles X, en échange du paiement de 150 millions de francs-or et d’une réduction de 50 % des droits de douane. Pour payer, Haïti a emprunté des millions auprès des banques françaises, puis aux États-Unis et en Allemagne. Ses richesses (comme celles provenant de la vente du café) ont été, dès le début, consacrées au remboursement, et dès 1828, le gouvernement a du emprunter pour pouvoir rembourser : la spirale infernale s’enclenche. Selon Alex von Tunzelmann, « en 1900, [Haïti] consacrait 80% du budget de la nation au remboursement ». 122 ans plus tard, en 1947, la nation n’avait remboursé qu’environ 60% de la dette, soit 90 millions de francs.
Dans ces conditions, les paysans appauvris ont détruit leur forêt pour avoir du bois de chauffage, les sols se sont érodés, désertifiés, les populations se sont massées dans les villes devenues rapidement de vastes bidonvilles… Le pays n’a jamais pu se structurer pour faire face aux caprices de la terre et du temps…Avant le séisme de 2010, sa dette extérieure, vis-à-vis de la Banque mondiale et de la banque interaméricaine de développement mais aussi des pays du Club de Paris, s’élevait à 1,2 milliard US$ et pesait sur les ressources de ce pays très pauvre. La dette a représenté, au cours des dix dernières années, le double du budget de la santé publique. Plus de la moitié de la dette actuelle a été contractée par le régime des Duvallier, sans compter les emprunts qui ont suivi pour assurer les remboursements. En 1986, la fortune de la famille Duvallier avait été estimée à 900 millions US$, alors qu’à ce moment la dette externe totale d’Haïti s’élevait à 750 millions US$.
En 2003, le président Aristide a demandé à la France la restitution des sommes versées depuis 1825. Il les avaient estimées à plus de 21 milliards en dollars. Quelques mois plus tard, il était renversé par un coup de force. La dette haïtienne, qualifiée par certains d’« odieuse et illégitime », a empêché le développement car elle était là pour imposer à ce pays libre de rester sous domination. Haïti n’est pas maudit. Ce serait admettre un déterminisme pour les nations ! Haïti a simplement été trop longtemps méprisé par le reste du monde. Haïti a trop longtemps été le pays oublié.
François-Xavier Guillerm
Agence de presse GHM
http://www.fxgpariscaraibe.com/
http://www.millebabords.org/spip.php?article16286
Homme du monde, au sens que Baudelaire donne à cette expression, René Depestre l’est devenu par la force des choses. Et la force des choses en l’occurrence, c’est la force des idées au foyer de leur rencontre avec le réel. Pour le jeune écrivain et intellectuel marxiste René Depestre, le théâtre de ces opérations, ce fut son propre pays, Haïti, où il milita d’emblée au sortir de la Seconde Guerre mondiale pour une « nouvelle indépendance » après celle qui est restée dans l’histoire.
C’est cette histoire extraordinaire d’un si petit pays à l’échelle internationale qu’il nous propose ici de redécouvrir, afin d’en tirer une leçon universelle. Car il y a, selon lui, beaucoup à apprendre de la « mésaventure » haïtienne, de ses ressorts humains, politiques, gisant dans les limbes de cette première mondialisation, commerciale, qu’a entraînée la découverte de l’Amérique, et qu’expose aujourd’hui cruellement aux yeux du monde entier le terrible séisme du 12 janvier 2010.
Cette vie de combat pour les idées aux quatre coins du monde (Cuba, Amérique du Sud, Europe centrale, Japon, Chine, URSS… et France depuis 1979) a conduit René Depestre à rompre avec l’expérience marxiste, mais elle n’a toutefois en rien épuisé la soif de découverte d’un poète œuvrant à l’éclosion d’une nouvelle conscience « des humanités ».
De cet engagement spirituel, politique, cet entretien se fait l’écho, jusqu’aux événements actuels en Haïti. En effet, si le processus démocratique ne venait pas à échouer, le second tour des élections présidentielles pourrait consacrer la victoire de Mirlande Manigat, la candidate qui suscite un espoir en un nouvel Haïti. Et pour l’occasion, René Depestre vient tout exprès de mettre la main à un petit guide destiné aux personnalités politiques haïtiennes (à paraître courant 2011 aux éditions Desnel) : Souci d’un Haïti debout.
Avant toute parole sur la situation actuelle d’Haïti, un an après le séisme du 12 janvier 2010, il faut sans doute commencer, et vous y insistez, par rendre intelligible le parcours historique des Haïtiens.
René Depestre. C’est la première condition dans tout effort pour aller à fond dans la connaissance des réalités d’Haïti. Il faut effectuer une brève analyse de ce qui s’est passé dans le pays entre 1804 et 2004, date du bicentenaire de l’indépendance d’Haïti.
J’ai caractérisé toute cette période comme une période de surplace existentiel. Ce n’est pas seulement une stagnation du droit, de la société civile, de la notion même de souveraineté, d’autonomie de l’individu, des droits de l’homme, de laïcité – des valeurs que l’on avait reçues de la Révolution française. C’est plus profond que cela, cela va jusqu’à la notion existentielle, c’est-à-dire la stagnation de l’être en Haïti de 1804 à 2004. Pourquoi ? Que s’est-il passé, comment avons-nous pu manquer le train de l’Etat-nation, alors qu’on était si proches de toute la problématique de la Révolution française ?
Car il n’y aurait pas eu de Révolution haïtienne s’il n’y avait pas eu une révolution à Paris. Quand les autorités françaises ont pris le contrôle de Saint-Domingue lors de l’effondrement de la royauté, beaucoup de Jacobins (je pense notamment à Léger-Félicité Sonthonax) ont pu communiquer directement leurs idées aux Haïtiens. Toussaint Louverture en particulier a écouté très attentivement ce que disaient les commissaires français officiels de la Révolution et les Haïtiens ont ressenti eux-mêmes le besoin de faire leur révolution qui devait aboutir à l’émancipation des esclavages de Saint-Domingue. Toussaint Louverture était informé par ses lectures (l’abbé Raynal, Diderot) de la pensée révolutionnaire et il a pu, dès 1791, constituer un mouvement révolutionnaire purement haïtien.
Il faut bien comprendre qu’avant même le triomphe de la Révolution, les Français rencontraient des difficultés politiques et militaires avec leurs rivaux coloniaux espagnols et anglais. Comme ils n’avaient pas assez de troupes métropolitaines pour faire face, ils ont engagé dans l’armée des indigènes, formant des soldats et des officiers, très brillants. C’est de là que va émerger toute une génération constituée par Toussaint Louverture, Jean-Jacques Dessalines, Alexandre Pétion et Henri Christophe (le fameux Roi Christophe). A l’instigation des autorités françaises, ces personnalités indigènes sont parvenues au grade de général de l’armée française.
Au moment de l’avènement de 1789, ces généraux se sont dit qu’il y avait une partie considérable à jouer. Ils ont donc déclenché une insurrection générale en 1791 qui a marché, en mettant à feu et à sang les plantations coloniales du nord du pays. Il faut rappeler que Saint-Domingue était la colonie la plus riche (jusqu’au tiers du commerce général de la France de l’époque, en exportation de sucre, café, coton, épices, agrumes). Ces marchandises étaient importées à travers le commerce triangulaire en France mais aussi partout en Europe. Cela représentait un volume d’affaires considérable, qui a enrichi nombre de grandes villes françaises. La République française, à travers toutes les grandes figures de la Révolution, avait donc toutes les raisons de suivre de très près les événements de Saint-Domingue.
En février 1794, la Convention nationale a voté, sous la pression de Toussaint Louverture, des autres généraux et des officiels français présents en Haïti, l’abolition de l’esclavage. Et c’est le rétablissement de l’esclavage par le consul Napoléon dès son arrivée au pouvoir qui a mis le feu aux poudres, en ôtant tout espoir de libération aux esclaves.
Entre-temps, Toussaint avait été nommé par les autorités de Paris, en tant qu’officier général de l’armée française, gouverneur général de France à Saint-Domingue par la Convention. Ce n’était pas là une façon de parler. C’était en soi un événement considérable qu’un Noir soit nommé gouverneur général : cela signifiait que, pour Robespierre et les autres jacobins, Toussaint Louverture était un des leurs, à Saint-Domingue.
Prenant acte de son arrivée au pouvoir en France, Toussaint a proposé à Napoléon la constitution de 1801 qui est à l’origine d’Haïti : une constitution très modérée, qui visait à créer une sorte de Commonwealth avant l’heure à la française. Cette proposition maintenait des liens avec la métropole. Mais il s’est heurté au refus de Napoléon, qui non seulement l’a tournée en dérision venant d’un Noir, mais a ourdi un complot avec des généraux de l’armée française contre Toussaint pour l’éliminer et ainsi étouffer dans l’œuf la révolution haïtienne.
Cette traîtrise a entraîné sur l’île la création d’une armée indigène, haïtienne, qui est entrée dans une guérilla très violente, une guerre sans merci, et qui a vaincu le corps expéditionnaire français envoyé par Napoléon le 19 novembre 1803. On imagine difficilement un tel tableau : deux armées qui s’affrontaient en chantant l’une et l’autre La Marseillaise. C’était une guerre civile, entre Noirs et Blancs.
C’est donc à ce moment là de son histoire qu’Haïti aurait dû se constituer en tant qu’Etat-nation.
En 1804, Haïti ayant donc conquis son indépendance aurait dû en effet entrer dans le système des nations. Mais paradoxalement, Haïti n’entre pas dans ce schéma. Il y a plusieurs raisons à cela. Tout d’abord, il faut dire qu’il y a eu un ostracisme à caractère racial jeté sur l’indépendance d’Haïti. Et pas seulement du fait de Napoléon.
En 1815, un ordre mondial, celui de monarchies blanches européennes, a été établi sur les ruines de l’Empire français lors du congrès de Vienne qui a décidé, sur des bases coloniales, de ne pas reconnaître l’indépendance d’Haïti. On a sciemment effacé l’héritage révolutionnaire des principes de 1789 de cette petite île éloignée pour mieux la ravaler aux yeux de l’opinion à un nid de barbares, à une révolte de Noirs. Alors même que la révolution haïtienne avait universalisé les idées de la Révolution pour la première fois hors de l’Hexagone. Sans cela, c’eût été une idée de Blancs que les droits de l’homme.
Haïti a donc dû faire face à un véritable cordon sanitaire, politique d’abord, mais aussi culturel. Pas même les voisins américains n’ont reconnu Haïti et ce jusqu’en 1865. Jusqu’à la fin de la guerre de Sécession. Ce sont des faits très graves. Concernant la reconnaissance de l’indépendance d’Haïti par la France, il a beaucoup été question depuis le séisme du 12 janvier dernier du remboursement de la dette, cette fameuse dette de l’indépendance. La question est plus complexe que ce qu’on veut bien en dire généralement. Ce sont les présidents haïtiens eux-mêmes, Pétion et Boyer, qui se sont dit que s’ils indemnisaient les colons de Saint-Domingue, la reconnaissance d’Haïti s’en trouverait facilitée. Ils ont donc fait part de cette idée à la cour de Louis XVIII. C’est finalement Charles X sous la Restauration qui a consenti à l’étudier. Il fut décidé qu’Haïti verserait 150 millions de francs or aux colons de Saint-Domingue en échange de la reconnaissance du pays. Mais un pays qui s’est battu et a triomphé sur les champs de bataille n’avait aucune indemnité à verser !
Haïti, une république raciale ?
Au moment de la révolution haïtienne, des atrocités avaient été commises des deux côtés. Dessalines avait ainsi décrété le massacre de colons blancs, sur la base de rumeurs sans fondement. C’est sans doute en raison de ces actes d’atrocité gratuits que les Haïtiens ont voulu faire un compromis. Après des discussions, la somme à rembourser a été ramenée à 90 millions de francs or qu’Haïti a dû payer pour le prix de la reconnaissance de son indépendance entre 1838 et 1885.
Mais à vrai dire, Haïti est dès lors tombée sous tutelle. D’une part, c’est dans cette période que l’économie haïtienne autrefois très prospère s’est effondrée : la petite propriété l’a emporté sur la grande propriété qui faisait la fortune de l’île. Il n’y a pas eu de scolarisation des enfants, d’intégration de la paysannerie aux grandes propriétés à la suite d’une réforme agraire conséquente. Depuis cette époque, Haïti est devenue dépendante des places boursières, d’abord de l’Europe puis des Etats-Unis.
Et il faut dire que tout le XIXe siècle était sous la coupe réglée des puissances européennes, des empires coloniaux et de leur vision ethnocentrique du monde.
C’est un point historique important : Haïti a obtenu son indépendance avant la seconde phase de la colonisation, avant même la pénétration française en Algérie, avant la colonisation par les Belges du Congo, avant tout le mouvement colonialiste hollandais, allemand… Haïti était entrée prématurément sur la scène politique, et s’est trouvée en porte-à-faux par rapport à tout ce qui se faisait et se pensait sur le plan politique et culturel en Europe. C’était l’époque des empires, des forces impériales. Avec pour point d’orgue le congrès de Berlin de 1885, où l’Allemagne est entrée en scène, pour un nouveau partage du monde. Haïti, ce petit pays, portait seul le drapeau de la race noire. Mais c’est ce qui a fait qu’il a manqué l’Etat-nation, parce qu’on pensait aussi avoir réussi l’Etat racial, qui est une chimère tragique.
Sur le plan politique, après les gouvernements des fondateurs, des pionniers, pour lesquels il y a un attachement presque mystique, Haïti n’a connu que des satrapes comme dirigeants. Une véritable satrapie s’est emparée du pays jusqu’à aujourd’hui, jusqu’à René Préval actuellement au pouvoir. Ce ne fut qu’une succession de crises. Le bilan est terrible. On a perdu le XIXe siècle. Le pays n’a fait que dégringoler politiquement jusqu’à la rencontre avec les Américains. Au début du XXe siècle, les Américains sont arrivés dans la région de la Caraïbe. Ils ont découvert Cuba, Haïti, la République domicaine. Ils avaient besoin d’une base de ravitaillement face au canal de Panama dans une logique stratégique. Ils ont alors occupé Haïti de 1915 à 1934 qui est devenue un pays sous protectorat.
En 1934, grâce à la politique de New Deal de Roosevelt, les Américains ont retiré leurs troupes tout en préservant leur présence en s’appuyant sur l’oligarchie de l’île. Ils n’ont pas fait de réformes démocratiques, seulement quelques aménagements dans les domaines de la santé, des transports. On peut dire que ces dix-neuf ans d’occupation sont passés pour rien, sauf qu’ils ont servi à asseoir la tutelle financière des banques américaines sur Haïti.
En fin de compte, aucun Etat haïtien digne de ce nom n’a émergé, et ce constat vaut dès notre entrée sur la scène politique mondiale au XIXe siècle. Pas le moindre système démocratique, pas la moindre société civile. Et puis surtout, il y a un fait très grave, c’est qu’on s’est trompés d’idéologie. Alors qu’on aurait dû adopter l’héritage nationaliste de la France en constituant une nationalité haïtienne avec tout ce que cela comporte au plan de la démocratie, on est restés complètement inféodés à l’idée de race. L’idéologie qui a prédominé, à la source même de la formation historique d’Haïti, ce n’est pas une idéologie apparentée à la Révolution française, ce n’est pas une idéologie nationaliste, c’est une idéologie raciale. Tout simplement parce que sur les plantations, l’idéologie qui prédominait consistait à faire croire aux gens que les luttes n’avaient pas lieu entre colons et indigènes, entre maître et esclaves, ni sur le plan du travail, de l’organisation, mais qu’il s’agissait de lutte de races entre Noirs d’Afrique et Blancs d’Europe. Les Haïtiens ont cru de bonne foi pendant tout le XIXe siècle que la notion de race était plus importante que la notion de nation, que l’humanité était divisée en races, et que c’est en tant que race noire que nous avons fait notre indépendance.
Haïti est donc devenue une république raciale au point que beaucoup d’Haïtiens pensaient qu’Haïti était la Judée de la Caraïbe, une terre sacrée où l’homme noir est devenu homme. Dans la législation haïtienne, celle de 1804 de Dessalines, une loi établissait d’ailleurs que du moment qu’on vivait à Haïti, qu’on acceptait la nationalité haïtienne, quelle que soit la couleur de sa peau, on était un Noir. Cela parce que les Haïtiens ont sanctifié la notion de Noir qui avait été avilie, vilipendée, traînée dans la boue, par deux siècles de colonisation française. Dans l’idiosyncrasie des Haïtiens, dans la vie secrète de l’homme haïtien, dans le vaudou, le facteur racial a joué et joue encore un rôle décisif.
Comment ne pas penser à la négritude totalitaire de « Papa Doc » Duvalier (au pouvoir en Haïti de 1957-1971)…
Duvalier a récupéré en effet le mouvement de la négritude dans un sens totalitaire, célébrant une Afrique fantôme, une Afrique mythique qui n’avait jamais existé. Ce danger m’était apparu quand j’étais étudiant à Paris et j’en avais alerté Senghor, Césaire. En Haïti, je pressentais que cette affaire de négritude pouvait prendre un tour dramatique si un satrape en faisait, en la déformant, un instrument intégriste, fondamentaliste, ce qui n’a pas manqué avec Papa Doc. J’étais un jeune marxiste et je trouvais dangereux d’appliquer sans discernement, sans connaissance de la réalité d’un pays, un concept ethnocentrique (Sartre d’ailleurs en a convenu avec moi), qui était juste l’inverse de l’ethnocentrisme blanc.
On est donc passés en Haïti à côté d’une identité nationale, et naturellement avec une négritude totalitaire, on ne peut pas construire un Etat de droit, pas davantage une autonomie de l’individu, ni la moindre souveraineté nationale. Haïti a échoué à suivre l’expérience cohérente de la Révolution française entre nation et démocratie, nation et peuple. Bien sûr, c’est faute d’avoir pu suivre le scénario de Toussaint Louverture, qui était la figure la mieux préparée du personnel politique de l’époque. Mais c’est ainsi, ce fut un échec. Et il ne sert à rien de célébrer en Haïti le pays où la négritude s’est mise debout pour la première fois, car ce fut pour s’agenouiller tout de suite après. Cette première république noire des temps modernes ne fut jamais qu’une république de façade. Régis Debray a eu raison de parler d’Etat sans nation. Et même aujourd’hui c’est une société sans Etat.
On ne comprendrait donc rien au drame haïtien si on n’avait pas présents à l’esprit ce minimum de faits. On a ainsi un pays discrédité de manière éhontée durant toute son histoire, livré à un nombre incalculable d’agressions extérieures notamment à la fin du XIXe siècle, et qui en lui-même entretient de graves dissensions parmi ses élites : dans les oligarchies haïtiennes, il y a eu une couche noire et une noire mulâtre, qui se sont battues entre elles pour le pouvoir pendant toute la fin du XIXe siècle. En conséquence, le phénomène racial a surdéterminé la lutte des classes en Haïti. Au combat traditionnel de l’esclave et du maître, de l’indigène et du colon, on a ajouté une dimension « mythique » raciale qui a occupé une place démesurée dans la conscience des Haïtiens et qui a compliqué la lutte de libération du peuple haïtien.
Comment répondre aujourd’hui à cet échec historique de fondation de l’Etat haïtien ?
Il faut purement et simplement une refondation totale de la société haïtienne. Cela fait des années que je défends cette idée de refondation, bien avant le séisme du 12 janvier. Il ne s’agit pas seulement de refondation des infrastructures, des édifices, des dégâts causés par le sinistre, mais aussi du système judiciaire, sanitaire, éducatif, comme de l’imaginaire même des Haïtiens. Tout est à refaire en Haïti sur de nouvelles bases.
Cela dit, il ne faut pas s’y tromper. Nous n’appartenons plus à la période de l’Etat-nation. Il ne s’agit plus maintenant de fonder un Etat-nation. Une nouvelle donne historique est apparue avec la mondialisation. C’est d’ailleurs la raison de l’élan extraordinaire de solidarité envers Haïti. Le monde entier, si je puis dire, vit cette expérience mondialisante. Il y a une présence du réel aujourd’hui plus forte, telle qu’elle émane des sociétés civiles d’Europe, des Amériques, d’Asie… Redécouvrant peu ou prou l’histoire de ce petit pays qu’est Haïti, on réclame une tutelle, alors que le pays a toujours vécu sous tutelle (sauf une brève période d’indépendance, en pleine autonomie, de 1804 à 1825).
Le paradoxe pour ma génération, c’est que l’on s’est toujours battus pour une « nouvelle indépendance » d’Haïti, et ce dès l’après-guerre, comme en témoigne l’accueil qui fut réservé à André Breton à Port-au-Prince. Mais nous sommes des survivants. Car c’est l’armée qui a pris le pouvoir et nous avons été vaincus. Aujourd’hui, ce qui me peine le plus, alors qu’à 85 ans je ne peux pas revenir en Haïti, c’est qu’il n’y a pas de relais entre ma génération et les plus jeunes.
On ne peut donc faire durant le XXe siècle que le constat d’une destruction toujours plus en profondeur de la société civile haïtienne.
On peut dire que le duvaliérisme a détruit tout ce qui restait de la société civile haïtienne, et d’une façon terroriste avec les « tontons-macoutes ». Ensuite, Aristide est resté dans la voie « populiste », un populisme extrême. L’actuel président René Préval a géré les affaires sans faire de vagues, mais la situation n’a fait qu’empirer. Personne n’a jamais pris à bras-le-corps le drame haïtien. Les missions d’aide ne sont jamais que ponctuelles. Si à toutes choses malheur peut être bon, ce chaos qu’a créé le séisme, pourrait être l’occasion de tout refonder. Mais force est de constater que tout ce que nous écrivons, nous la diaspora haïtienne, ne parvient pas au peuple haïtien.
Il y a aussi le problème de la langue aujourd’hui. Il se trouve que nous écrivons en français. Autrefois, avant Duvalier, il y avait des relais, des gens qui traduisaient en créole, dans des petits journaux, de sorte que la pensée pouvait pénétrer dans le peuple. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Tout ce que j’écris ne parviendra pas à l’oreille d’un paysan haïtien. Il y a une rupture grave, et un recul de la langue française en Haïti. Nous nous trouvons donc isolés. Tout cela par manque d’école, par défaut d’enseignement, et parce qu’aucun effort n’a été fait pour élever le niveau de la langue créole au niveau de la langue française, afin que l’on puisse être vraiment bilingue en Haïti.
Et au milieu de ce marasme, il y a une élite intellectuelle, des universitaires de talent, des écrivains, des mouvements picturaux de premier ordre, et également musicaux. On aboutit donc à ce que j’appelle un « hapax » historique, un fait sans précédent et unique, ontologique, culturel : nous n’avons pas de nation, peut-être même pas d’Etat, mais on a une nation culturelle, plutôt un foyer de civilisation, grâce à une élite artistique et d’intellectuels. Sans société civile.
Le peuple haïtien est donc abandonné à son sort ?
Il y a un fossé qui s’est creusé entre l’Haïti du dedans et l’Haïti du dehors. Entre les Haïtiens de l’île et les Haïtiens de la diaspora. Mais il y a encore moyen de ressouder tout cela. Cette communauté haïtienne assez forte, qui a pris pied à Miami, à New York, au Canada, elle agit sur le plan économique, financier, bancaire pour les Haïtiens de l’île. Mais ces Haïtiens de la diaspora se sont heurtés aux milieux du pouvoir en Haïti qui craignent une influence de ces gens du dehors, qui sont pour la plupart des démocrates. Sans compter qu’en Haïti, il n’y a qu’une petite élite qui lit contre 60 à 80% d’analphabètes qui sont maintenus dans l’ignorance d’une façon absolument éhontée.
S’il n’y a pas une société civile et un personnel politique fortement intéressés au sort du peuple haïtien, ce n’est pas le cas dans les communautés de la diaspora. Le problème, c’est donc que cette diaspora ne peut pas avoir beaucoup d’influence sur le peuple haïtien. Nous sommes donc dans l’impasse. Et c’est pourquoi, j’espérais un sursaut vital après ce terrible séisme. J’attendais une réévaluation complète de l’histoire haïtienne, en essayant de recontextualiser la situation d’Haïti.
Haïti est le pays des mythologies des « haïtiâneries » meurtrières. Ce qui explique sans doute tous ces rendez-vous manqués avec l’histoire. On a vécu l’expérience de la plantation sur le mode fantastique. Alejo Carpentier me disait un jour avoir observé en Haïti un agrandissement de l’échelle de perception de la réalité, du fait même de l’extravagance de la plantation, de l’esclavage comme système. Le fantastique a pris une grande place à partir de ce qui fut une expérience existentielle tragique dans un environnement caraïbéen qui était totalement inconnu des Africains : les animaux, les arbres. De là vient aussi sans doute l’extraordinaire résistance des Haïtiens aujourd’hui face au malheur.
Il faudrait que l’intelligentsia haïtienne se regroupe en mouvement organique pour former des états généraux, par exemple afin de combler le vide de la société civile haïtienne. Il y a des gens remarquables en Haïti, progressistes, mais en dehors de Mirlande Manigat qui est candidate aux élections présidentielles, je note peu de prises de position, de véritables engagements d’intellectuels sur la scène politique. Car Mirlande Manigat aura bien du fil à retordre pour faire avancer la démocratie en Haïti. Or, près de 11 milliards de dollars ont été rassemblés pour Haïti aux Nations unies, qui sont disponibles. La balle est donc dans le camp des Haïtiens. C’est à nous de nous présenter devant ces réseaux d’amitiés internationaux en interlocuteurs valables. Hélas, encore une fois, les récentes élections ne sont pas là pour nous rassurer, quant à la présence massive sur la scène publique de membres éminents de l’intelligentsia en Haïti, en dehors de Lyonel Trouillot, Gary Victor, Jean-Claude Fignolé, Laënnec Hurbon, Raoul Peck, Yanick Lahens, Michèle Pierre-Louis, Frankétienne, Michèle Montas et d’autres personnalités, qui sont tous en mesure de jouer un rôle majeur.
Il faudrait qu’elle obtienne une majorité au Sénat et à l’Assemblée pour pouvoir réformer le pays. Haïti a besoin d’un pouvoir démocratique à sa tête qui s’attaque à la refondation du pays, tant sur le plan humain des mentalités que sur le plan matériel, dans le cadre des nouvelles réalités mondiales.
Car il s’est produit de grands changements à l’échelle mondiale. Autant le capitalisme, depuis la Renaissance, a pu bénéficier de garde-fou sur le plan de la culture, autant le phénomène de la mondialisation est comme livrée à lui-même, chaotique. Je veux dire par là que les grands pays actuels, tout en reconnaissant que nous sommes dans une période de mondialisation, n’ont pas une perception nouvelle de la planète, ce qu’Edgar Morin appelle la terre patrie. On est en train de sortir de l’Etat-nation dans des conditions complètement chaotiques (la révolution numérique, certes, est là). Mais on n’a pas ce qu’Edouard Glissant, au côté d’autres intellectuels, appelle une mondialité, qui serait une nouvelle perception de l’état des lieux de la planète. Pour cela, il faudrait faire un inventaire mondial, de toutes les aires de civilisation, et pas seulement de la civilisation occidentale, et enfin sortir des célébrations et des enfermements identitaires. La mondialisation a besoin d’une culture propre élaborée à partir des véritables acquis de l’humanité.
Vous le voyez, je tiens deux fers au feu, le fer haïtien et hexagonal-mondial (en faisant la médiation de l’Hexagone au monde). Dans ce « contexte médian » (le mot est de Kundera), on peut parvenir à une vision synoptique de la société civile qui se constitue à l’échelle mondiale. Ce sens de la mondialité nous fait défaut aujourd’hui : il nous faudrait une « panhumanité », des humanités, au-delà de l’humanisme que l’on a connu. Il nous faut faire preuve d’imagination. Il est frappant de constater que ce sont des intellectuels périphériques (caraïbéens, notamment) qui portent aujourd’hui cette vision originale, synoptique et intégrée de notre avenir qu’est la mondialité. Si on fait un effort d’imagination pour un petit pays comme Haïti, alors il faut le porter, cet effort, à l’échelle mondiale, car les circonstances ont montré que ce petit pays a besoin des humanités, de la société civile internationale.
Et si Haïti devenait la première expérience d’une mondialisation accompagnée de ce sens de la mondialité que vous appelez de vos vœux ?
C’est exactement cela qu’il faut espérer. Cela consisterait à la fois à reconstruire matériellement le pays, ses infrastructures, ses ponts, ses ports, ses aéroports, ses édifices publics, tous ses systèmes politiques, publics, et en même temps à refonder son imaginaire en liaison étroite cette fois-ci avec l’imaginaire de la civilisation mondiale qui se constitue. Ce que Césaire appelait le voyage vers l’ailleurs et le tout, autrement dit la fraternité.
Patrice Beray
Non Haïti n’est pas un pays maudit
Assez d’entendre trop souvent et à toutes les sauces qu’Haïti, la première République noire de l’Histoire, la première colonie qui s’est affranchie du joug du colonisateur, est un pays maudit. Non, Haïti n’est pas une nation maudite, Haïti est une nation qui subit aujourd’hui le contrecoup de son histoire. Un cyclone, un tremblement de terre font beaucoup plus de dégâts sur la partie occidentale d’Hispaniola que sur sa partie orientale, ou même qu’à Cuba ou à la Guadeloupe pourtant sujettes aux mêmes aléas. Ce n’est pas parce que les Haïtiens seraient maudits, mais parce que, jamais la jeune nation n’a jamais pu se hisser au niveau des nécessités dues à son environnement.
Après son indépendance acquise en 1804, les Haïtiens ont du attendre 21 ans avant que l’ancien colon ne reconnaisse sa souveraineté. L’indépendance ne lui a été reconnue qu’en 1825 par Charles X, en échange du paiement de 150 millions de francs-or et d’une réduction de 50 % des droits de douane. Pour payer, Haïti a emprunté des millions auprès des banques françaises, puis aux États-Unis et en Allemagne. Ses richesses (comme celles provenant de la vente du café) ont été, dès le début, consacrées au remboursement, et dès 1828, le gouvernement a du emprunter pour pouvoir rembourser : la spirale infernale s’enclenche. Selon Alex von Tunzelmann, « en 1900, [Haïti] consacrait 80% du budget de la nation au remboursement ». 122 ans plus tard, en 1947, la nation n’avait remboursé qu’environ 60% de la dette, soit 90 millions de francs.
Dans ces conditions, les paysans appauvris ont détruit leur forêt pour avoir du bois de chauffage, les sols se sont érodés, désertifiés, les populations se sont massées dans les villes devenues rapidement de vastes bidonvilles… Le pays n’a jamais pu se structurer pour faire face aux caprices de la terre et du temps…Avant le séisme de 2010, sa dette extérieure, vis-à-vis de la Banque mondiale et de la banque interaméricaine de développement mais aussi des pays du Club de Paris, s’élevait à 1,2 milliard US$ et pesait sur les ressources de ce pays très pauvre. La dette a représenté, au cours des dix dernières années, le double du budget de la santé publique. Plus de la moitié de la dette actuelle a été contractée par le régime des Duvallier, sans compter les emprunts qui ont suivi pour assurer les remboursements. En 1986, la fortune de la famille Duvallier avait été estimée à 900 millions US$, alors qu’à ce moment la dette externe totale d’Haïti s’élevait à 750 millions US$.
En 2003, le président Aristide a demandé à la France la restitution des sommes versées depuis 1825. Il les avaient estimées à plus de 21 milliards en dollars. Quelques mois plus tard, il était renversé par un coup de force. La dette haïtienne, qualifiée par certains d’« odieuse et illégitime », a empêché le développement car elle était là pour imposer à ce pays libre de rester sous domination. Haïti n’est pas maudit. Ce serait admettre un déterminisme pour les nations ! Haïti a simplement été trop longtemps méprisé par le reste du monde. Haïti a trop longtemps été le pays oublié.
François-Xavier Guillerm
Agence de presse GHM
http://www.fxgpariscaraibe.com/
http://www.millebabords.org/spip.php?article16286
Haïti: pas de passeport pour Aristide
AFP.-18/01/2011 Mise à jour : 20:43 Réactions (5) L'ancien président haïtien Jean-Bertrand Aristide, exilé en Afrique du Sud, a tenté d'obtenir un nouveau passeport des autorités de son pays pour retourner en Haïti mais sa demande a été rejetée, a affirmé un avocat suivant le dossier de près.
M. Aristide, qui a quitté le pouvoir en 2004 suite à un coup d'Etat, "a demandé un renouvellement de son passeport", afin de pouvoir retourner en Haïti, a indiqué l'avocat, Brian Concannon. "Le gouvernement haïtien s'est opposé à ce renouvellement", a ajouté Me Concannon, en outre directeur de l'Institut pour la Justice et la Démocratie en Haïti, basé à Boston (nord-est des Etats-Unis).
"Aristide a le droit de retourner dans son pays, mais on lui interdit (..). Aux dernières nouvelles, il est en Afrique du Sud sans passeport pour pouvoir revenir", a souligné l'avocat lié à l'ancien président.
L'avocat de M. Aristide à Miami, Ira Kurzban, président de ce même Institut pour la Justice et la Démocratie en Haïti, n'a pas répondu aux demandes d'entretien formulées par l'AFP.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/01/18/97001-20110118FILWWW00701-haiti-pas-de-passeport-pour-aristide.php
Commentaires:
Ca fait seulement 7 ans qu'il est parti, chassé du pays. Nous l'accepterons bien après 18 ans soit en 2029. Il szera complètement "intatad". Pas seulement avec le faciès pseudoparkinsonien de Jean Claude Duvalier, mais en vrai "vieux incapable". La génération des JPP se souviendra de lui comme on se souvient des choses parfaitement inutiles.
Encore 18 ans mon cher exprêtre président....
"Veinte años no es nada" dit Carlos Gardel
M. Aristide, qui a quitté le pouvoir en 2004 suite à un coup d'Etat, "a demandé un renouvellement de son passeport", afin de pouvoir retourner en Haïti, a indiqué l'avocat, Brian Concannon. "Le gouvernement haïtien s'est opposé à ce renouvellement", a ajouté Me Concannon, en outre directeur de l'Institut pour la Justice et la Démocratie en Haïti, basé à Boston (nord-est des Etats-Unis).
"Aristide a le droit de retourner dans son pays, mais on lui interdit (..). Aux dernières nouvelles, il est en Afrique du Sud sans passeport pour pouvoir revenir", a souligné l'avocat lié à l'ancien président.
L'avocat de M. Aristide à Miami, Ira Kurzban, président de ce même Institut pour la Justice et la Démocratie en Haïti, n'a pas répondu aux demandes d'entretien formulées par l'AFP.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/01/18/97001-20110118FILWWW00701-haiti-pas-de-passeport-pour-aristide.php
Commentaires:
Ca fait seulement 7 ans qu'il est parti, chassé du pays. Nous l'accepterons bien après 18 ans soit en 2029. Il szera complètement "intatad". Pas seulement avec le faciès pseudoparkinsonien de Jean Claude Duvalier, mais en vrai "vieux incapable". La génération des JPP se souviendra de lui comme on se souvient des choses parfaitement inutiles.
Encore 18 ans mon cher exprêtre président....
"Veinte años no es nada" dit Carlos Gardel
Haïti: l'ancien dictateur «Baby Doc» interpellé par les autorités haïtiennes
De retour après vingt-cinq ans d'exil en France, «Baby Doc» a goûté deux jours à la liberté haïtienne avant de passer par la case prison. Mardi, Jean-Claude Duvalier a reçu dans son hôtel la visite d'un juge accompagné de policiers qui l'ont interpellé. L'ancien dictateur devrait être questionné rapidement par les autorités qui le soupçonnent de détournement de fonds publics. «Il va être interrogé et il restera à la disposition de l'appareil judiciaire», a expliqué un membre du gouvernement. Le pouvoir en place n'a pas forcément apprécié le débarquement surprise de l'ancien président à vie, chassé par une insurrection populaire en 1986. Exaspérés par l'impasse politique dans laquelle se retrouve leur pays, de nombreux Haïtiens en arrivent à ressentir une nostalgie pour le régime Duvalier. Cette réaction inquiète les victimes de la dictature, comme Lilianne Pierre-Paul. Copropriétaire de Radio Kiskeya et torturée par les Tontons Macoutes (les milices de Duvalier), cette personnalité de la société civile a réclamé dans des médias haïtiens l'arrestation et le jugement de «Baby Doc» pour crimes contre l'humanité.
—Matthieu Goar
http://www.20minutes.fr/article/655240/monde-haiti-ancien-dictateur-baby-doc-interpelle-autorites-haitiennes
—Matthieu Goar
http://www.20minutes.fr/article/655240/monde-haiti-ancien-dictateur-baby-doc-interpelle-autorites-haitiennes
Haïti : un haut responsable de l'ONU appelle à un gouvernement solide
Haïti a besoin d'un gouvernement fort et d'institutions solides afin de se rétablir du séisme dévastateur de l'an dernier, a indiqué un haut responsable des Nations Unies.
Lors d'un entretien accordé à l'agence Xinhua, Edmond Mulet, chef de la Mission de stabilisation de l'ONU en Haïti (MINUSTAH), a souligné que ce dont Haïti avait besoin en priorité, c'était d'un "Etat fort" représentant la volonté du peuple et ayant la capacité de gouverner.
Le séisme de janvier 2010 "a conduit à 10, 15 ou 20 ans de recul en Haïti en terme d'économie", exacerbant la pauvreté et le sous-développement chronique qui accablaient déjà le pays, a indiqué M. Mulet.
Sans un gouvernement efficace, Haïti n'arrivera ni à obtenir les investissements nationaux et internationaux nécessaires, ni à déblayer rapidement les décombres, ni à se dégager au plus vite de sa dépendance de l'aide étrangère, a ajouté M. Mulet, qui est également représentant spécial du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.
Faisant remarquer que la catastrophe avait affaibli la structure gouvernementale d'Haïti et rendu ses institutions "encore plus faibles et plus fragiles", le responsable de l'ONU a appelé les autorités haïtiennes à faire en sorte de rétablir la stabilité politique et de mettre en place un gouvernement solide pour relever les défis auxquels le pays est confronté.
La crise électorale qui s'est déclarée suite au premier tour de l'élection présidentielle de novembre dernier "doit être résolue d'urgence", a affirmé M. Mulet, ajoutant que seul "un gouvernement légitime" pourrait permettre au pays dévasté de sortir de la misère dans laquelle il se trouve actuellement.
Source: xinhua
http://french.peopledaily.com.cn/International/7264933.html
Lors d'un entretien accordé à l'agence Xinhua, Edmond Mulet, chef de la Mission de stabilisation de l'ONU en Haïti (MINUSTAH), a souligné que ce dont Haïti avait besoin en priorité, c'était d'un "Etat fort" représentant la volonté du peuple et ayant la capacité de gouverner.
Le séisme de janvier 2010 "a conduit à 10, 15 ou 20 ans de recul en Haïti en terme d'économie", exacerbant la pauvreté et le sous-développement chronique qui accablaient déjà le pays, a indiqué M. Mulet.
Sans un gouvernement efficace, Haïti n'arrivera ni à obtenir les investissements nationaux et internationaux nécessaires, ni à déblayer rapidement les décombres, ni à se dégager au plus vite de sa dépendance de l'aide étrangère, a ajouté M. Mulet, qui est également représentant spécial du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.
Faisant remarquer que la catastrophe avait affaibli la structure gouvernementale d'Haïti et rendu ses institutions "encore plus faibles et plus fragiles", le responsable de l'ONU a appelé les autorités haïtiennes à faire en sorte de rétablir la stabilité politique et de mettre en place un gouvernement solide pour relever les défis auxquels le pays est confronté.
La crise électorale qui s'est déclarée suite au premier tour de l'élection présidentielle de novembre dernier "doit être résolue d'urgence", a affirmé M. Mulet, ajoutant que seul "un gouvernement légitime" pourrait permettre au pays dévasté de sortir de la misère dans laquelle il se trouve actuellement.
Source: xinhua
http://french.peopledaily.com.cn/International/7264933.html
Election présidentielle haïtienne : le Conseil électoral n'entend pas modifier les résultats du premier tour
LEMONDE.FR avec AFP 19.01.11
Le Conseil électoral provisoire haïtien (CEP) a indiqué mardi soir qu'il ne comptait pas changer les résultats du premier tour des élections publiés le 7 décembre dernier. Le CEP a fait cette annonce après avoir reçu un rapport rédigé par une mission d'experts de l'Organisation des Etats américains (OEA) chargée d'évaluer le processus électoral contesté.
Les résultats du premier tour avaient placé l'ex-première dame d'Haïti Mirlande Manigat en première position avec 31 % des voix. Jude Célestin, soutenu par le pouvoir, avait obtenu 22 % des suffrages. Le chanteur populaire Michel Martelly, qui a obtenu 21 % des voix et n'est par conséquent pas qualifié pour le second tour, avait contesté ces résultats dont la publication avait provoqué trois jours d'émeutes en Haïti au début de décembre. "L'éventualité d'un changement de position dans le classement des deuxième et troisième candidats dans la liste publiée lors des résultats primaires du 7 décembre 2010 sera prise en considération dans le cadre du traitement des contestations", lit-on dans un communiqué du Conseil électoral.
Une première copie du rapport publié dans la presse avait suggéré d'écarter le candidat du pouvoir Jude Célestin au profit de Michel Martelly.
L'institution électorale a, par ailleurs, indiqué que "les considérations techniques contenues dans le rapport des experts de l'OEA seront considérées pour la réalisation du second tour du scrutin". Le second tour des élections présidentielle et législatives, initialement prévu pour le 16 janvier, a été reporté. Aucune nouvelle date n'a été fixée pour le moment par le Conseil électoral.
http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2011/01/19/election-presidentielle-haitienne-le-conseil-electoral-provisoire-haitien-valide-les-resultats-du-premier-tour_1467464_3222.html
Commentaires:
J'entends déjà la voix des chantres du nationalisme qui vont appuyer la décision du CEP en criant très fort que Haïti est un pays souverain. Ils ne tiendront pas compte du fait que 80% du budget national (Pour payer les employés de l'administration!) vient de l'aide internationale et que même pour l'organisation de ces joutes contestées l'apport de la communauté internationale représente plus de 75%.
Le mot souverain est conceptualisé d'une drôle de manière apr nos dirigeants!
Le Conseil électoral provisoire haïtien (CEP) a indiqué mardi soir qu'il ne comptait pas changer les résultats du premier tour des élections publiés le 7 décembre dernier. Le CEP a fait cette annonce après avoir reçu un rapport rédigé par une mission d'experts de l'Organisation des Etats américains (OEA) chargée d'évaluer le processus électoral contesté.
Les résultats du premier tour avaient placé l'ex-première dame d'Haïti Mirlande Manigat en première position avec 31 % des voix. Jude Célestin, soutenu par le pouvoir, avait obtenu 22 % des suffrages. Le chanteur populaire Michel Martelly, qui a obtenu 21 % des voix et n'est par conséquent pas qualifié pour le second tour, avait contesté ces résultats dont la publication avait provoqué trois jours d'émeutes en Haïti au début de décembre. "L'éventualité d'un changement de position dans le classement des deuxième et troisième candidats dans la liste publiée lors des résultats primaires du 7 décembre 2010 sera prise en considération dans le cadre du traitement des contestations", lit-on dans un communiqué du Conseil électoral.
Une première copie du rapport publié dans la presse avait suggéré d'écarter le candidat du pouvoir Jude Célestin au profit de Michel Martelly.
L'institution électorale a, par ailleurs, indiqué que "les considérations techniques contenues dans le rapport des experts de l'OEA seront considérées pour la réalisation du second tour du scrutin". Le second tour des élections présidentielle et législatives, initialement prévu pour le 16 janvier, a été reporté. Aucune nouvelle date n'a été fixée pour le moment par le Conseil électoral.
http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2011/01/19/election-presidentielle-haitienne-le-conseil-electoral-provisoire-haitien-valide-les-resultats-du-premier-tour_1467464_3222.html
Commentaires:
J'entends déjà la voix des chantres du nationalisme qui vont appuyer la décision du CEP en criant très fort que Haïti est un pays souverain. Ils ne tiendront pas compte du fait que 80% du budget national (Pour payer les employés de l'administration!) vient de l'aide internationale et que même pour l'organisation de ces joutes contestées l'apport de la communauté internationale représente plus de 75%.
Le mot souverain est conceptualisé d'une drôle de manière apr nos dirigeants!
mardi 18 janvier 2011
Jean-Claude Duvalier reste libre
Par FTV avec AFP et Reuters L'ex-dictateur haïtien est ressorti mardi libre du Palais de justice de Port-au-Prince
Il reste "à la disposition de la justice", après avoir été inculpé pour corruption, a affirmé à l'AFP un de ses avocats.
Arrêté dans la journée par la police à l'hôtel de Port-au-Prince où il résidait, "Baby Doc" est officiellement poursuivi pour corruption, vol et détournement de fonds pendant ses années au pouvoir (1971-1986) à Haïti.
Il appartiendra désormais au juge d'instruction de décider de poursuivre ou non l'affaire au plan judiciaire.
L'ex-dictateur est notamment accusé de détournements de fonds pendant l'exercice de son pouvoir. Les autorités d'Haïti estiment que plus de 100 millions de dollars ont été détournés sous le couvert d'oeuvres sociales jusqu'à sa chute en 1986.
La Suisse a déclaré qu'elle rendrait au peuple haïtien les quelque 5,7 millions de dollars déposés par la famille Duvalier dans des banques du pays.
Un retour inattendu
A la surprise générale, "Baby Doc", comme le surnomment les Haïtiens, est arrivé à Port-au-Prince dimanche soir après 25 ans d'exil en France avant de se cloîtrer dans un hôtel. Chassé du pouvoir par une révolte populaire en 1986, il avait succédé en 1971 à son père François Duvalier.
Des experts des droits de l'homme de l'ONU examinent actuellement les possibilités des autorités haïtiennes de poursuivre en justice l'ex-dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier, a indiqué mardi le Haut commissariat aux droits de l'homme.
Confidents, alliés et membres de la famille de M. Duvalier ont lundi défilé à l'hôtel Karibe, situé à Pétion-ville, en banlieue de la capitale haïtienne, pour saluer l'ex-dictateur.
A sa descente d'avion dimanche soir, "Baby Doc" s'était contenté de déclarer aux journalistes: "Je suis venu pour aider" le peuple haïtien. "Duvalier est un citoyen haïtien qui rentre au pays comme il en a le droit", a déclaré le Premier ministre Jean-Max Bellerive. "J'espère simplement que cela ne va pas compliquer une situation politique déjà tendue", a-t-il ajouté.
Didier Le Bret, ambassadeur de France en Haïti, a expliqué que M. Duvalier était en possession d'un billet retour pour la France le jeudi 20 janvier. "J'espère qu'il va l'utiliser", a ajouté M. Le Bret.
Après un premier tour dont les résultats sont contestés, les Haïtiens attendent le deuxième tour de la présidentielle dont la date a été repoussée.
L'ancien dictateur veut "participer à la renaissance d'Haïti"
"J'attendais ce moment depuis longtemps. Quand j'ai posé le pied au sol, j'ai ressenti une grande joie", a déclaré Jean-Claude Duvalier à son arrivée. "(Je reviens) parce que je sais que le peuple souffre", a-t-il poursuivi. "Je voulais lui témoigner ma solidarité, lui dire que je suis là, que je suis bien disposé et déterminé à participer à la renaissance d'Haïti".
La compagne de Duvalier, Véronique Roy, a déclaré que le séisme dévastateur du 12 janvier 2010 et ses quelque 250.000 morts les avait poussés à revenir en Haïti. "Ca a été le déclic, nous avons vu les images à la télévision", a-t-elle dit alors que le pays vient de commémorer le premier anniversaire de la catastrophe.
Les Tontons Macoutes, redoutables milices de Duvalier
Plus jeune chef d'Etat au monde à 19 ans, Jean-Claude Duvalier s'était proclamé "président à vie". Même s'il voulait offrir une image moins autoritaire que son père François Duvalier, il dirigeait un régime corrompu qui multipliait les atteintes aux droits de l'homme avec ses milices redoutables, les Tontons Macoutes. Il vivait dans l'opulence alors que son peuple était dans la misère.
La France avait accepté d'accueillir Jean-Claude Duvalier à titre temporaire en 1986, quand il avait été chassé par une révolte populaire. Il vivait depuis dans de belles demeures de la Côte d'Azur. Il répétait souvent qu'il souhaitait revenir "un jour" en Haïti.
En 2007, il était intervenu sur les ondes haïtiennes pour demander "pardon au peuple haïtien pour les erreurs commises pendant son règne". En doutant de la sincérité de ce message, le président René Préval avait alors relevé que s'il y avait "le pardon", il y avait aussi "la justice".
L'ex-dictateur est notamment accusé de détournements de fonds pendant l'exercice de son pouvoir. Les autorités d'Haïti estiment que plus de 100 millions de dollars ont été détournés sous le couvert d'oeuvres sociales jusqu'à la chute en 1986 de "Baby Doc".
http://info.france2.fr/monde/jean-claude-duvalier-inculpe-de-corruption-et-vol-66880488.html?sms_ss=facebook&at_xt=4d3613ac9096d9ad,0
Il reste "à la disposition de la justice", après avoir été inculpé pour corruption, a affirmé à l'AFP un de ses avocats.
Arrêté dans la journée par la police à l'hôtel de Port-au-Prince où il résidait, "Baby Doc" est officiellement poursuivi pour corruption, vol et détournement de fonds pendant ses années au pouvoir (1971-1986) à Haïti.
Il appartiendra désormais au juge d'instruction de décider de poursuivre ou non l'affaire au plan judiciaire.
L'ex-dictateur est notamment accusé de détournements de fonds pendant l'exercice de son pouvoir. Les autorités d'Haïti estiment que plus de 100 millions de dollars ont été détournés sous le couvert d'oeuvres sociales jusqu'à sa chute en 1986.
La Suisse a déclaré qu'elle rendrait au peuple haïtien les quelque 5,7 millions de dollars déposés par la famille Duvalier dans des banques du pays.
Un retour inattendu
A la surprise générale, "Baby Doc", comme le surnomment les Haïtiens, est arrivé à Port-au-Prince dimanche soir après 25 ans d'exil en France avant de se cloîtrer dans un hôtel. Chassé du pouvoir par une révolte populaire en 1986, il avait succédé en 1971 à son père François Duvalier.
Des experts des droits de l'homme de l'ONU examinent actuellement les possibilités des autorités haïtiennes de poursuivre en justice l'ex-dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier, a indiqué mardi le Haut commissariat aux droits de l'homme.
Confidents, alliés et membres de la famille de M. Duvalier ont lundi défilé à l'hôtel Karibe, situé à Pétion-ville, en banlieue de la capitale haïtienne, pour saluer l'ex-dictateur.
A sa descente d'avion dimanche soir, "Baby Doc" s'était contenté de déclarer aux journalistes: "Je suis venu pour aider" le peuple haïtien. "Duvalier est un citoyen haïtien qui rentre au pays comme il en a le droit", a déclaré le Premier ministre Jean-Max Bellerive. "J'espère simplement que cela ne va pas compliquer une situation politique déjà tendue", a-t-il ajouté.
Didier Le Bret, ambassadeur de France en Haïti, a expliqué que M. Duvalier était en possession d'un billet retour pour la France le jeudi 20 janvier. "J'espère qu'il va l'utiliser", a ajouté M. Le Bret.
Après un premier tour dont les résultats sont contestés, les Haïtiens attendent le deuxième tour de la présidentielle dont la date a été repoussée.
L'ancien dictateur veut "participer à la renaissance d'Haïti"
"J'attendais ce moment depuis longtemps. Quand j'ai posé le pied au sol, j'ai ressenti une grande joie", a déclaré Jean-Claude Duvalier à son arrivée. "(Je reviens) parce que je sais que le peuple souffre", a-t-il poursuivi. "Je voulais lui témoigner ma solidarité, lui dire que je suis là, que je suis bien disposé et déterminé à participer à la renaissance d'Haïti".
La compagne de Duvalier, Véronique Roy, a déclaré que le séisme dévastateur du 12 janvier 2010 et ses quelque 250.000 morts les avait poussés à revenir en Haïti. "Ca a été le déclic, nous avons vu les images à la télévision", a-t-elle dit alors que le pays vient de commémorer le premier anniversaire de la catastrophe.
Les Tontons Macoutes, redoutables milices de Duvalier
Plus jeune chef d'Etat au monde à 19 ans, Jean-Claude Duvalier s'était proclamé "président à vie". Même s'il voulait offrir une image moins autoritaire que son père François Duvalier, il dirigeait un régime corrompu qui multipliait les atteintes aux droits de l'homme avec ses milices redoutables, les Tontons Macoutes. Il vivait dans l'opulence alors que son peuple était dans la misère.
La France avait accepté d'accueillir Jean-Claude Duvalier à titre temporaire en 1986, quand il avait été chassé par une révolte populaire. Il vivait depuis dans de belles demeures de la Côte d'Azur. Il répétait souvent qu'il souhaitait revenir "un jour" en Haïti.
En 2007, il était intervenu sur les ondes haïtiennes pour demander "pardon au peuple haïtien pour les erreurs commises pendant son règne". En doutant de la sincérité de ce message, le président René Préval avait alors relevé que s'il y avait "le pardon", il y avait aussi "la justice".
L'ex-dictateur est notamment accusé de détournements de fonds pendant l'exercice de son pouvoir. Les autorités d'Haïti estiment que plus de 100 millions de dollars ont été détournés sous le couvert d'oeuvres sociales jusqu'à la chute en 1986 de "Baby Doc".
http://info.france2.fr/monde/jean-claude-duvalier-inculpe-de-corruption-et-vol-66880488.html?sms_ss=facebook&at_xt=4d3613ac9096d9ad,0
Haïti : l'ex-dictateur Jean-Claude Duvalier a été arrêté
Arrivé à Haïti dimanche après 25 ans d'exil, l'ancien «président à vie» Jean-Claude Duvalier aurait été conduit sous escorte policière ont rapporté des témoins ce mardi à Port-au-Prince. Une source judiciaire affirme que l'homme, non menotté à sa sortie de l'hôtel, devrait être conduit au tribunal. Jean-Claude Duvalier «est conduit au parquet pour une communication du dossier», a déclaré Gervais Charles, bâtonnier de l'ordre des avocats de Port-au-Prince. Face à l'hôtel où il était réfugié, les partisans de Duvalier manifestaient leur soutien aux cris de «Duvalier président», réclamant la démission de l'actuel chef d'Etat, René Préval.
Peu avant la mise aux arrêts de «Baby Doc», un juge accompagné d'une dizaine de policiers avaient investi l'hôtel Karibe de Port-au-Prince où l'ancien dictateur s'était installé dimanche après avoir être arrivé dans la capitale haïtienne. Depuis son arrivée à Port-au-Prince, Jean-Claude Duvalier avait laissé planer le doute sur les motivations de son retour à Haïti, vingt-cinq ans après son départ en exil.
Le juge Gabriel Ambroise et le chef du Parquet Aristidas Auguste sont entrés mardi à l'hôtel Karibe où l'ancien chef d'Etat était cloîtré depuis dimanche. Après 25 années d'exil en France, Jean-Claude Duvalier avait fait un retour remarqué ce dimanche dans le pays qu'il a dirigé d'une main de fer entre 1971 et 1986.
Plus tôt dans la journée, un proche de l'ancien «président à vie» affirmait que la police haïtienne tentait d'arrêter Duvalier. «Nous sommes en train de recruter des avocats afin de préparer une réponse juridique», avait avoué Eric Jean-Jacques, un proche de l'ancien président.
Jean-Claude Duvalier est accusé d'exactions commises durant ses quinze années de présidence, de violations des droits de l'homme ayant provoqué la mort de milliers d'Haïtiens ainsi que d'imposants détournements de fonds.
http://www.leparisien.fr/seisme-haiti/haiti-l-ex-dictateur-jean-claude-duvalier-a-ete-arrete-18-01-2011-1232887.php
Peu avant la mise aux arrêts de «Baby Doc», un juge accompagné d'une dizaine de policiers avaient investi l'hôtel Karibe de Port-au-Prince où l'ancien dictateur s'était installé dimanche après avoir être arrivé dans la capitale haïtienne. Depuis son arrivée à Port-au-Prince, Jean-Claude Duvalier avait laissé planer le doute sur les motivations de son retour à Haïti, vingt-cinq ans après son départ en exil.
Le juge Gabriel Ambroise et le chef du Parquet Aristidas Auguste sont entrés mardi à l'hôtel Karibe où l'ancien chef d'Etat était cloîtré depuis dimanche. Après 25 années d'exil en France, Jean-Claude Duvalier avait fait un retour remarqué ce dimanche dans le pays qu'il a dirigé d'une main de fer entre 1971 et 1986.
Plus tôt dans la journée, un proche de l'ancien «président à vie» affirmait que la police haïtienne tentait d'arrêter Duvalier. «Nous sommes en train de recruter des avocats afin de préparer une réponse juridique», avait avoué Eric Jean-Jacques, un proche de l'ancien président.
Jean-Claude Duvalier est accusé d'exactions commises durant ses quinze années de présidence, de violations des droits de l'homme ayant provoqué la mort de milliers d'Haïtiens ainsi que d'imposants détournements de fonds.
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