Le Conseil électoral provisoire haïtien (CEP) a indiqué mardi soir qu'il ne comptait pas changer les résultats du premier tour des élections publiés le 7 décembre dernier. Le CEP a fait cette annonce après avoir reçu un rapport rédigé par une mission d'experts de l'Organisation des Etats américains (OEA) chargée d'évaluer le processus électoral contesté.
Les résultats du premier tour avaient placé l'ex-première dame d'Haïti Mirlande Manigat en première position avec 31 % des voix. Jude Célestin, soutenu par le pouvoir, avait obtenu 22 % des suffrages. Le chanteur populaire Michel Martelly, qui a obtenu 21 % des voix et n'est par conséquent pas qualifié pour le second tour, avait contesté ces résultats dont la publication avait provoqué trois jours d'émeutes en Haïti au début de décembre. "L'éventualité d'un changement de position dans le classement des deuxième et troisième candidats dans la liste publiée lors des résultats primaires du 7 décembre 2010 sera prise en considération dans le cadre du traitement des contestations", lit-on dans un communiqué du Conseil électoral.
Une première copie du rapport publié dans la presse avait suggéré d'écarter le candidat du pouvoir Jude Célestin au profit de Michel Martelly.
L'institution électorale a, par ailleurs, indiqué que "les considérations techniques contenues dans le rapport des experts de l'OEA seront considérées pour la réalisation du second tour du scrutin". Le second tour des élections présidentielle et législatives, initialement prévu pour le 16 janvier, a été reporté. Aucune nouvelle date n'a été fixée pour le moment par le Conseil électoral.
http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2011/01/19/election-presidentielle-haitienne-le-conseil-electoral-provisoire-haitien-valide-les-resultats-du-premier-tour_1467464_3222.html
Une fenêtre ouverte sur Haïti, le pays qui défie le monde et ses valeurs, anti-nation qui fait de la résistance et pousse les limites de la résilience. Nous incitons au débat conceptualisant Haïti dans une conjoncture mondiale difficile. Haïti, le défi, existe encore malgré tout : choléra, leaders incapables et malhonnêtes, territoires perdus gangstérisés . Pour bien agir il faut mieux comprendre: "Que tout ce qui s'écrit poursuive son chemin, va , va là ou le vent te pousse (Dr Jolivert)
mercredi 19 janvier 2011
Crise électorale en Haïti : le vrai-faux rapport de l’OEA
Le rapport de l’OEA, Organisation des Etats d’Amérique, diffusé la semaine via internet, n’était pas une version définitive… or ce document laissait à penser que Jude Célestin, candidat à la présidence soutenu par le président sortant René Préval, était disqualifié pour le second tour. Retour sur le dernier épisode d’un feuilleton électoral tout en tensions et rebondissements. Avec notre correspondante à Port-au-Prince, Amélie Baron
Le 28 novembre dernier, le scrutin présidentiel avait été entaché par de graves désorganisations et des soupçons de fraudes. A la publication des résultats préliminaires le 7 décembre, le pays avait connu trois jours d'émeutes, la population n'acceptant pas de voir Jude Célestin, le poulain de l'actuel président, qualifié au second tour. Pour sortir de l'impasse, le chef de l'Etat René Préval avait demandé à l'Organisation des Etats d'Amérique l'envoi d'une mission de vérification. La semaine dernière, un rapport de l'OEA avait été diffusé via internet. Il laissait penser que le candidat du pouvoir serait éliminé de la course à la présidence.
Un document diffusé par erreur sur internet
Il se trouve que ce document n'était pas la version finale du travail des experts. Devant le secrétaire général de l'Organisation des Etats d'Amérique en visite à Port au Prince, le Premier ministre haïtien s'est excusé des fuites qui ont permis à ce document sensible de se retrouver sur internet... et Jean-Max Bellerive a tenu rapidement aussi à préciser que le rapport, largement commenté dans les médias, n'était pas la version finale rédigée par les experts internationaux. Il n'est donc plus aussi sûr que l'OEA recommande l'élimination de Jude Célestin, le candidat choisi par René Préval pour sa succession.
Le chef de la Mission d'observation conjointe Organisation des Etats d'Amériques et Communauté de la Caraïbe a pour sa part expliqué que les médias se sont focalisés sur un élément en oubliant de le replacer dans le contexte global du document : en somme les conclusions tirées ne sont pas correctes.
C'est seulement après la période de contestation, durant laquelle seront étudiées les plaintes éventuelles des candidats, que les résultats définitifs du vote du 28 novembre seront donnés.
http://www.rfi.fr/ameriques/20110118-crise-electorale-haiti-le-vrai-faux-rapport-oea
Le 28 novembre dernier, le scrutin présidentiel avait été entaché par de graves désorganisations et des soupçons de fraudes. A la publication des résultats préliminaires le 7 décembre, le pays avait connu trois jours d'émeutes, la population n'acceptant pas de voir Jude Célestin, le poulain de l'actuel président, qualifié au second tour. Pour sortir de l'impasse, le chef de l'Etat René Préval avait demandé à l'Organisation des Etats d'Amérique l'envoi d'une mission de vérification. La semaine dernière, un rapport de l'OEA avait été diffusé via internet. Il laissait penser que le candidat du pouvoir serait éliminé de la course à la présidence.
Un document diffusé par erreur sur internet
Il se trouve que ce document n'était pas la version finale du travail des experts. Devant le secrétaire général de l'Organisation des Etats d'Amérique en visite à Port au Prince, le Premier ministre haïtien s'est excusé des fuites qui ont permis à ce document sensible de se retrouver sur internet... et Jean-Max Bellerive a tenu rapidement aussi à préciser que le rapport, largement commenté dans les médias, n'était pas la version finale rédigée par les experts internationaux. Il n'est donc plus aussi sûr que l'OEA recommande l'élimination de Jude Célestin, le candidat choisi par René Préval pour sa succession.
Le chef de la Mission d'observation conjointe Organisation des Etats d'Amériques et Communauté de la Caraïbe a pour sa part expliqué que les médias se sont focalisés sur un élément en oubliant de le replacer dans le contexte global du document : en somme les conclusions tirées ne sont pas correctes.
C'est seulement après la période de contestation, durant laquelle seront étudiées les plaintes éventuelles des candidats, que les résultats définitifs du vote du 28 novembre seront donnés.
http://www.rfi.fr/ameriques/20110118-crise-electorale-haiti-le-vrai-faux-rapport-oea
La Banque mondiale donne 15 millions de dollars à Haïti contre le choléra
WASHINGTON - La Banque mondiale a annoncé mardi avoir effectué un don de 15 millions de dollars pour aider Haïti à lutter contre l'épidémie de choléra. Le conseil d'administration de l'institution a approuvé le versement de cette somme qui doit "améliorer les moyens médicaux du pays pour réagir à la maladie tout en accroissant sa capacité à surveiller et empêcher de telles épidémies", a indiqué la Banque dans un communiqué.
Le programme ainsi financé doit aller au ministère de la Santé publique et de la population et à la Direction nationale de l'eau potable et de l'assainissement, pour mettre en place un meilleur système d'alerte et la gestion des déchets médicaux.
Un an après le séisme, "les personnes déplacées continuent à vivre dans des camps provisoires utilisant une eau insalubre et sans assainissement adéquat, ce qui s'avère être un terrain fertile pour le choléra", a constaté la Banque.
L'institution a cité des estimations des Nations unies selon lesquelles 3.000 Haïtiens sont morts, sur près de 140.000 cas recensés.
"Haïti a besoin de toute l'aide qu'elle peut obtenir pour répondre à l'épidémie meurtrière de choléra qui ravage certaines régions du pays", a déclaré le ministre des Finances haïtien, Ronald Baudin, cité dans le communiqué.
(©AFP / 19 janvier 2011 00h04)
http://www.romandie.com/infos/news2/110118230407.7m89db1n.asp
Le programme ainsi financé doit aller au ministère de la Santé publique et de la population et à la Direction nationale de l'eau potable et de l'assainissement, pour mettre en place un meilleur système d'alerte et la gestion des déchets médicaux.
Un an après le séisme, "les personnes déplacées continuent à vivre dans des camps provisoires utilisant une eau insalubre et sans assainissement adéquat, ce qui s'avère être un terrain fertile pour le choléra", a constaté la Banque.
L'institution a cité des estimations des Nations unies selon lesquelles 3.000 Haïtiens sont morts, sur près de 140.000 cas recensés.
"Haïti a besoin de toute l'aide qu'elle peut obtenir pour répondre à l'épidémie meurtrière de choléra qui ravage certaines régions du pays", a déclaré le ministre des Finances haïtien, Ronald Baudin, cité dans le communiqué.
(©AFP / 19 janvier 2011 00h04)
http://www.romandie.com/infos/news2/110118230407.7m89db1n.asp
René Depestre : « Haïti doit être au foyer de la mondialité »
+ "Non Haïti n’est pas un pays maudit" François-Xavier Guillerm http://www.inversalis-productions.e/...
Homme du monde, au sens que Baudelaire donne à cette expression, René Depestre l’est devenu par la force des choses. Et la force des choses en l’occurrence, c’est la force des idées au foyer de leur rencontre avec le réel. Pour le jeune écrivain et intellectuel marxiste René Depestre, le théâtre de ces opérations, ce fut son propre pays, Haïti, où il milita d’emblée au sortir de la Seconde Guerre mondiale pour une « nouvelle indépendance » après celle qui est restée dans l’histoire.
C’est cette histoire extraordinaire d’un si petit pays à l’échelle internationale qu’il nous propose ici de redécouvrir, afin d’en tirer une leçon universelle. Car il y a, selon lui, beaucoup à apprendre de la « mésaventure » haïtienne, de ses ressorts humains, politiques, gisant dans les limbes de cette première mondialisation, commerciale, qu’a entraînée la découverte de l’Amérique, et qu’expose aujourd’hui cruellement aux yeux du monde entier le terrible séisme du 12 janvier 2010.
Cette vie de combat pour les idées aux quatre coins du monde (Cuba, Amérique du Sud, Europe centrale, Japon, Chine, URSS… et France depuis 1979) a conduit René Depestre à rompre avec l’expérience marxiste, mais elle n’a toutefois en rien épuisé la soif de découverte d’un poète œuvrant à l’éclosion d’une nouvelle conscience « des humanités ».
De cet engagement spirituel, politique, cet entretien se fait l’écho, jusqu’aux événements actuels en Haïti. En effet, si le processus démocratique ne venait pas à échouer, le second tour des élections présidentielles pourrait consacrer la victoire de Mirlande Manigat, la candidate qui suscite un espoir en un nouvel Haïti. Et pour l’occasion, René Depestre vient tout exprès de mettre la main à un petit guide destiné aux personnalités politiques haïtiennes (à paraître courant 2011 aux éditions Desnel) : Souci d’un Haïti debout.
Avant toute parole sur la situation actuelle d’Haïti, un an après le séisme du 12 janvier 2010, il faut sans doute commencer, et vous y insistez, par rendre intelligible le parcours historique des Haïtiens.
René Depestre. C’est la première condition dans tout effort pour aller à fond dans la connaissance des réalités d’Haïti. Il faut effectuer une brève analyse de ce qui s’est passé dans le pays entre 1804 et 2004, date du bicentenaire de l’indépendance d’Haïti.
J’ai caractérisé toute cette période comme une période de surplace existentiel. Ce n’est pas seulement une stagnation du droit, de la société civile, de la notion même de souveraineté, d’autonomie de l’individu, des droits de l’homme, de laïcité – des valeurs que l’on avait reçues de la Révolution française. C’est plus profond que cela, cela va jusqu’à la notion existentielle, c’est-à-dire la stagnation de l’être en Haïti de 1804 à 2004. Pourquoi ? Que s’est-il passé, comment avons-nous pu manquer le train de l’Etat-nation, alors qu’on était si proches de toute la problématique de la Révolution française ?
Car il n’y aurait pas eu de Révolution haïtienne s’il n’y avait pas eu une révolution à Paris. Quand les autorités françaises ont pris le contrôle de Saint-Domingue lors de l’effondrement de la royauté, beaucoup de Jacobins (je pense notamment à Léger-Félicité Sonthonax) ont pu communiquer directement leurs idées aux Haïtiens. Toussaint Louverture en particulier a écouté très attentivement ce que disaient les commissaires français officiels de la Révolution et les Haïtiens ont ressenti eux-mêmes le besoin de faire leur révolution qui devait aboutir à l’émancipation des esclavages de Saint-Domingue. Toussaint Louverture était informé par ses lectures (l’abbé Raynal, Diderot) de la pensée révolutionnaire et il a pu, dès 1791, constituer un mouvement révolutionnaire purement haïtien.
Il faut bien comprendre qu’avant même le triomphe de la Révolution, les Français rencontraient des difficultés politiques et militaires avec leurs rivaux coloniaux espagnols et anglais. Comme ils n’avaient pas assez de troupes métropolitaines pour faire face, ils ont engagé dans l’armée des indigènes, formant des soldats et des officiers, très brillants. C’est de là que va émerger toute une génération constituée par Toussaint Louverture, Jean-Jacques Dessalines, Alexandre Pétion et Henri Christophe (le fameux Roi Christophe). A l’instigation des autorités françaises, ces personnalités indigènes sont parvenues au grade de général de l’armée française.
Au moment de l’avènement de 1789, ces généraux se sont dit qu’il y avait une partie considérable à jouer. Ils ont donc déclenché une insurrection générale en 1791 qui a marché, en mettant à feu et à sang les plantations coloniales du nord du pays. Il faut rappeler que Saint-Domingue était la colonie la plus riche (jusqu’au tiers du commerce général de la France de l’époque, en exportation de sucre, café, coton, épices, agrumes). Ces marchandises étaient importées à travers le commerce triangulaire en France mais aussi partout en Europe. Cela représentait un volume d’affaires considérable, qui a enrichi nombre de grandes villes françaises. La République française, à travers toutes les grandes figures de la Révolution, avait donc toutes les raisons de suivre de très près les événements de Saint-Domingue.
En février 1794, la Convention nationale a voté, sous la pression de Toussaint Louverture, des autres généraux et des officiels français présents en Haïti, l’abolition de l’esclavage. Et c’est le rétablissement de l’esclavage par le consul Napoléon dès son arrivée au pouvoir qui a mis le feu aux poudres, en ôtant tout espoir de libération aux esclaves.
Entre-temps, Toussaint avait été nommé par les autorités de Paris, en tant qu’officier général de l’armée française, gouverneur général de France à Saint-Domingue par la Convention. Ce n’était pas là une façon de parler. C’était en soi un événement considérable qu’un Noir soit nommé gouverneur général : cela signifiait que, pour Robespierre et les autres jacobins, Toussaint Louverture était un des leurs, à Saint-Domingue.
Prenant acte de son arrivée au pouvoir en France, Toussaint a proposé à Napoléon la constitution de 1801 qui est à l’origine d’Haïti : une constitution très modérée, qui visait à créer une sorte de Commonwealth avant l’heure à la française. Cette proposition maintenait des liens avec la métropole. Mais il s’est heurté au refus de Napoléon, qui non seulement l’a tournée en dérision venant d’un Noir, mais a ourdi un complot avec des généraux de l’armée française contre Toussaint pour l’éliminer et ainsi étouffer dans l’œuf la révolution haïtienne.
Cette traîtrise a entraîné sur l’île la création d’une armée indigène, haïtienne, qui est entrée dans une guérilla très violente, une guerre sans merci, et qui a vaincu le corps expéditionnaire français envoyé par Napoléon le 19 novembre 1803. On imagine difficilement un tel tableau : deux armées qui s’affrontaient en chantant l’une et l’autre La Marseillaise. C’était une guerre civile, entre Noirs et Blancs.
C’est donc à ce moment là de son histoire qu’Haïti aurait dû se constituer en tant qu’Etat-nation.
En 1804, Haïti ayant donc conquis son indépendance aurait dû en effet entrer dans le système des nations. Mais paradoxalement, Haïti n’entre pas dans ce schéma. Il y a plusieurs raisons à cela. Tout d’abord, il faut dire qu’il y a eu un ostracisme à caractère racial jeté sur l’indépendance d’Haïti. Et pas seulement du fait de Napoléon.
En 1815, un ordre mondial, celui de monarchies blanches européennes, a été établi sur les ruines de l’Empire français lors du congrès de Vienne qui a décidé, sur des bases coloniales, de ne pas reconnaître l’indépendance d’Haïti. On a sciemment effacé l’héritage révolutionnaire des principes de 1789 de cette petite île éloignée pour mieux la ravaler aux yeux de l’opinion à un nid de barbares, à une révolte de Noirs. Alors même que la révolution haïtienne avait universalisé les idées de la Révolution pour la première fois hors de l’Hexagone. Sans cela, c’eût été une idée de Blancs que les droits de l’homme.
Haïti a donc dû faire face à un véritable cordon sanitaire, politique d’abord, mais aussi culturel. Pas même les voisins américains n’ont reconnu Haïti et ce jusqu’en 1865. Jusqu’à la fin de la guerre de Sécession. Ce sont des faits très graves. Concernant la reconnaissance de l’indépendance d’Haïti par la France, il a beaucoup été question depuis le séisme du 12 janvier dernier du remboursement de la dette, cette fameuse dette de l’indépendance. La question est plus complexe que ce qu’on veut bien en dire généralement. Ce sont les présidents haïtiens eux-mêmes, Pétion et Boyer, qui se sont dit que s’ils indemnisaient les colons de Saint-Domingue, la reconnaissance d’Haïti s’en trouverait facilitée. Ils ont donc fait part de cette idée à la cour de Louis XVIII. C’est finalement Charles X sous la Restauration qui a consenti à l’étudier. Il fut décidé qu’Haïti verserait 150 millions de francs or aux colons de Saint-Domingue en échange de la reconnaissance du pays. Mais un pays qui s’est battu et a triomphé sur les champs de bataille n’avait aucune indemnité à verser !
Haïti, une république raciale ?
Au moment de la révolution haïtienne, des atrocités avaient été commises des deux côtés. Dessalines avait ainsi décrété le massacre de colons blancs, sur la base de rumeurs sans fondement. C’est sans doute en raison de ces actes d’atrocité gratuits que les Haïtiens ont voulu faire un compromis. Après des discussions, la somme à rembourser a été ramenée à 90 millions de francs or qu’Haïti a dû payer pour le prix de la reconnaissance de son indépendance entre 1838 et 1885.
Mais à vrai dire, Haïti est dès lors tombée sous tutelle. D’une part, c’est dans cette période que l’économie haïtienne autrefois très prospère s’est effondrée : la petite propriété l’a emporté sur la grande propriété qui faisait la fortune de l’île. Il n’y a pas eu de scolarisation des enfants, d’intégration de la paysannerie aux grandes propriétés à la suite d’une réforme agraire conséquente. Depuis cette époque, Haïti est devenue dépendante des places boursières, d’abord de l’Europe puis des Etats-Unis.
Et il faut dire que tout le XIXe siècle était sous la coupe réglée des puissances européennes, des empires coloniaux et de leur vision ethnocentrique du monde.
C’est un point historique important : Haïti a obtenu son indépendance avant la seconde phase de la colonisation, avant même la pénétration française en Algérie, avant la colonisation par les Belges du Congo, avant tout le mouvement colonialiste hollandais, allemand… Haïti était entrée prématurément sur la scène politique, et s’est trouvée en porte-à-faux par rapport à tout ce qui se faisait et se pensait sur le plan politique et culturel en Europe. C’était l’époque des empires, des forces impériales. Avec pour point d’orgue le congrès de Berlin de 1885, où l’Allemagne est entrée en scène, pour un nouveau partage du monde. Haïti, ce petit pays, portait seul le drapeau de la race noire. Mais c’est ce qui a fait qu’il a manqué l’Etat-nation, parce qu’on pensait aussi avoir réussi l’Etat racial, qui est une chimère tragique.
Sur le plan politique, après les gouvernements des fondateurs, des pionniers, pour lesquels il y a un attachement presque mystique, Haïti n’a connu que des satrapes comme dirigeants. Une véritable satrapie s’est emparée du pays jusqu’à aujourd’hui, jusqu’à René Préval actuellement au pouvoir. Ce ne fut qu’une succession de crises. Le bilan est terrible. On a perdu le XIXe siècle. Le pays n’a fait que dégringoler politiquement jusqu’à la rencontre avec les Américains. Au début du XXe siècle, les Américains sont arrivés dans la région de la Caraïbe. Ils ont découvert Cuba, Haïti, la République domicaine. Ils avaient besoin d’une base de ravitaillement face au canal de Panama dans une logique stratégique. Ils ont alors occupé Haïti de 1915 à 1934 qui est devenue un pays sous protectorat.
En 1934, grâce à la politique de New Deal de Roosevelt, les Américains ont retiré leurs troupes tout en préservant leur présence en s’appuyant sur l’oligarchie de l’île. Ils n’ont pas fait de réformes démocratiques, seulement quelques aménagements dans les domaines de la santé, des transports. On peut dire que ces dix-neuf ans d’occupation sont passés pour rien, sauf qu’ils ont servi à asseoir la tutelle financière des banques américaines sur Haïti.
En fin de compte, aucun Etat haïtien digne de ce nom n’a émergé, et ce constat vaut dès notre entrée sur la scène politique mondiale au XIXe siècle. Pas le moindre système démocratique, pas la moindre société civile. Et puis surtout, il y a un fait très grave, c’est qu’on s’est trompés d’idéologie. Alors qu’on aurait dû adopter l’héritage nationaliste de la France en constituant une nationalité haïtienne avec tout ce que cela comporte au plan de la démocratie, on est restés complètement inféodés à l’idée de race. L’idéologie qui a prédominé, à la source même de la formation historique d’Haïti, ce n’est pas une idéologie apparentée à la Révolution française, ce n’est pas une idéologie nationaliste, c’est une idéologie raciale. Tout simplement parce que sur les plantations, l’idéologie qui prédominait consistait à faire croire aux gens que les luttes n’avaient pas lieu entre colons et indigènes, entre maître et esclaves, ni sur le plan du travail, de l’organisation, mais qu’il s’agissait de lutte de races entre Noirs d’Afrique et Blancs d’Europe. Les Haïtiens ont cru de bonne foi pendant tout le XIXe siècle que la notion de race était plus importante que la notion de nation, que l’humanité était divisée en races, et que c’est en tant que race noire que nous avons fait notre indépendance.
Haïti est donc devenue une république raciale au point que beaucoup d’Haïtiens pensaient qu’Haïti était la Judée de la Caraïbe, une terre sacrée où l’homme noir est devenu homme. Dans la législation haïtienne, celle de 1804 de Dessalines, une loi établissait d’ailleurs que du moment qu’on vivait à Haïti, qu’on acceptait la nationalité haïtienne, quelle que soit la couleur de sa peau, on était un Noir. Cela parce que les Haïtiens ont sanctifié la notion de Noir qui avait été avilie, vilipendée, traînée dans la boue, par deux siècles de colonisation française. Dans l’idiosyncrasie des Haïtiens, dans la vie secrète de l’homme haïtien, dans le vaudou, le facteur racial a joué et joue encore un rôle décisif.
Comment ne pas penser à la négritude totalitaire de « Papa Doc » Duvalier (au pouvoir en Haïti de 1957-1971)…
Duvalier a récupéré en effet le mouvement de la négritude dans un sens totalitaire, célébrant une Afrique fantôme, une Afrique mythique qui n’avait jamais existé. Ce danger m’était apparu quand j’étais étudiant à Paris et j’en avais alerté Senghor, Césaire. En Haïti, je pressentais que cette affaire de négritude pouvait prendre un tour dramatique si un satrape en faisait, en la déformant, un instrument intégriste, fondamentaliste, ce qui n’a pas manqué avec Papa Doc. J’étais un jeune marxiste et je trouvais dangereux d’appliquer sans discernement, sans connaissance de la réalité d’un pays, un concept ethnocentrique (Sartre d’ailleurs en a convenu avec moi), qui était juste l’inverse de l’ethnocentrisme blanc.
On est donc passés en Haïti à côté d’une identité nationale, et naturellement avec une négritude totalitaire, on ne peut pas construire un Etat de droit, pas davantage une autonomie de l’individu, ni la moindre souveraineté nationale. Haïti a échoué à suivre l’expérience cohérente de la Révolution française entre nation et démocratie, nation et peuple. Bien sûr, c’est faute d’avoir pu suivre le scénario de Toussaint Louverture, qui était la figure la mieux préparée du personnel politique de l’époque. Mais c’est ainsi, ce fut un échec. Et il ne sert à rien de célébrer en Haïti le pays où la négritude s’est mise debout pour la première fois, car ce fut pour s’agenouiller tout de suite après. Cette première république noire des temps modernes ne fut jamais qu’une république de façade. Régis Debray a eu raison de parler d’Etat sans nation. Et même aujourd’hui c’est une société sans Etat.
On ne comprendrait donc rien au drame haïtien si on n’avait pas présents à l’esprit ce minimum de faits. On a ainsi un pays discrédité de manière éhontée durant toute son histoire, livré à un nombre incalculable d’agressions extérieures notamment à la fin du XIXe siècle, et qui en lui-même entretient de graves dissensions parmi ses élites : dans les oligarchies haïtiennes, il y a eu une couche noire et une noire mulâtre, qui se sont battues entre elles pour le pouvoir pendant toute la fin du XIXe siècle. En conséquence, le phénomène racial a surdéterminé la lutte des classes en Haïti. Au combat traditionnel de l’esclave et du maître, de l’indigène et du colon, on a ajouté une dimension « mythique » raciale qui a occupé une place démesurée dans la conscience des Haïtiens et qui a compliqué la lutte de libération du peuple haïtien.
Comment répondre aujourd’hui à cet échec historique de fondation de l’Etat haïtien ?
Il faut purement et simplement une refondation totale de la société haïtienne. Cela fait des années que je défends cette idée de refondation, bien avant le séisme du 12 janvier. Il ne s’agit pas seulement de refondation des infrastructures, des édifices, des dégâts causés par le sinistre, mais aussi du système judiciaire, sanitaire, éducatif, comme de l’imaginaire même des Haïtiens. Tout est à refaire en Haïti sur de nouvelles bases.
Cela dit, il ne faut pas s’y tromper. Nous n’appartenons plus à la période de l’Etat-nation. Il ne s’agit plus maintenant de fonder un Etat-nation. Une nouvelle donne historique est apparue avec la mondialisation. C’est d’ailleurs la raison de l’élan extraordinaire de solidarité envers Haïti. Le monde entier, si je puis dire, vit cette expérience mondialisante. Il y a une présence du réel aujourd’hui plus forte, telle qu’elle émane des sociétés civiles d’Europe, des Amériques, d’Asie… Redécouvrant peu ou prou l’histoire de ce petit pays qu’est Haïti, on réclame une tutelle, alors que le pays a toujours vécu sous tutelle (sauf une brève période d’indépendance, en pleine autonomie, de 1804 à 1825).
Le paradoxe pour ma génération, c’est que l’on s’est toujours battus pour une « nouvelle indépendance » d’Haïti, et ce dès l’après-guerre, comme en témoigne l’accueil qui fut réservé à André Breton à Port-au-Prince. Mais nous sommes des survivants. Car c’est l’armée qui a pris le pouvoir et nous avons été vaincus. Aujourd’hui, ce qui me peine le plus, alors qu’à 85 ans je ne peux pas revenir en Haïti, c’est qu’il n’y a pas de relais entre ma génération et les plus jeunes.
On ne peut donc faire durant le XXe siècle que le constat d’une destruction toujours plus en profondeur de la société civile haïtienne.
On peut dire que le duvaliérisme a détruit tout ce qui restait de la société civile haïtienne, et d’une façon terroriste avec les « tontons-macoutes ». Ensuite, Aristide est resté dans la voie « populiste », un populisme extrême. L’actuel président René Préval a géré les affaires sans faire de vagues, mais la situation n’a fait qu’empirer. Personne n’a jamais pris à bras-le-corps le drame haïtien. Les missions d’aide ne sont jamais que ponctuelles. Si à toutes choses malheur peut être bon, ce chaos qu’a créé le séisme, pourrait être l’occasion de tout refonder. Mais force est de constater que tout ce que nous écrivons, nous la diaspora haïtienne, ne parvient pas au peuple haïtien.
Il y a aussi le problème de la langue aujourd’hui. Il se trouve que nous écrivons en français. Autrefois, avant Duvalier, il y avait des relais, des gens qui traduisaient en créole, dans des petits journaux, de sorte que la pensée pouvait pénétrer dans le peuple. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Tout ce que j’écris ne parviendra pas à l’oreille d’un paysan haïtien. Il y a une rupture grave, et un recul de la langue française en Haïti. Nous nous trouvons donc isolés. Tout cela par manque d’école, par défaut d’enseignement, et parce qu’aucun effort n’a été fait pour élever le niveau de la langue créole au niveau de la langue française, afin que l’on puisse être vraiment bilingue en Haïti.
Et au milieu de ce marasme, il y a une élite intellectuelle, des universitaires de talent, des écrivains, des mouvements picturaux de premier ordre, et également musicaux. On aboutit donc à ce que j’appelle un « hapax » historique, un fait sans précédent et unique, ontologique, culturel : nous n’avons pas de nation, peut-être même pas d’Etat, mais on a une nation culturelle, plutôt un foyer de civilisation, grâce à une élite artistique et d’intellectuels. Sans société civile.
Le peuple haïtien est donc abandonné à son sort ?
Il y a un fossé qui s’est creusé entre l’Haïti du dedans et l’Haïti du dehors. Entre les Haïtiens de l’île et les Haïtiens de la diaspora. Mais il y a encore moyen de ressouder tout cela. Cette communauté haïtienne assez forte, qui a pris pied à Miami, à New York, au Canada, elle agit sur le plan économique, financier, bancaire pour les Haïtiens de l’île. Mais ces Haïtiens de la diaspora se sont heurtés aux milieux du pouvoir en Haïti qui craignent une influence de ces gens du dehors, qui sont pour la plupart des démocrates. Sans compter qu’en Haïti, il n’y a qu’une petite élite qui lit contre 60 à 80% d’analphabètes qui sont maintenus dans l’ignorance d’une façon absolument éhontée.
S’il n’y a pas une société civile et un personnel politique fortement intéressés au sort du peuple haïtien, ce n’est pas le cas dans les communautés de la diaspora. Le problème, c’est donc que cette diaspora ne peut pas avoir beaucoup d’influence sur le peuple haïtien. Nous sommes donc dans l’impasse. Et c’est pourquoi, j’espérais un sursaut vital après ce terrible séisme. J’attendais une réévaluation complète de l’histoire haïtienne, en essayant de recontextualiser la situation d’Haïti.
Haïti est le pays des mythologies des « haïtiâneries » meurtrières. Ce qui explique sans doute tous ces rendez-vous manqués avec l’histoire. On a vécu l’expérience de la plantation sur le mode fantastique. Alejo Carpentier me disait un jour avoir observé en Haïti un agrandissement de l’échelle de perception de la réalité, du fait même de l’extravagance de la plantation, de l’esclavage comme système. Le fantastique a pris une grande place à partir de ce qui fut une expérience existentielle tragique dans un environnement caraïbéen qui était totalement inconnu des Africains : les animaux, les arbres. De là vient aussi sans doute l’extraordinaire résistance des Haïtiens aujourd’hui face au malheur.
Il faudrait que l’intelligentsia haïtienne se regroupe en mouvement organique pour former des états généraux, par exemple afin de combler le vide de la société civile haïtienne. Il y a des gens remarquables en Haïti, progressistes, mais en dehors de Mirlande Manigat qui est candidate aux élections présidentielles, je note peu de prises de position, de véritables engagements d’intellectuels sur la scène politique. Car Mirlande Manigat aura bien du fil à retordre pour faire avancer la démocratie en Haïti. Or, près de 11 milliards de dollars ont été rassemblés pour Haïti aux Nations unies, qui sont disponibles. La balle est donc dans le camp des Haïtiens. C’est à nous de nous présenter devant ces réseaux d’amitiés internationaux en interlocuteurs valables. Hélas, encore une fois, les récentes élections ne sont pas là pour nous rassurer, quant à la présence massive sur la scène publique de membres éminents de l’intelligentsia en Haïti, en dehors de Lyonel Trouillot, Gary Victor, Jean-Claude Fignolé, Laënnec Hurbon, Raoul Peck, Yanick Lahens, Michèle Pierre-Louis, Frankétienne, Michèle Montas et d’autres personnalités, qui sont tous en mesure de jouer un rôle majeur.
Il faudrait qu’elle obtienne une majorité au Sénat et à l’Assemblée pour pouvoir réformer le pays. Haïti a besoin d’un pouvoir démocratique à sa tête qui s’attaque à la refondation du pays, tant sur le plan humain des mentalités que sur le plan matériel, dans le cadre des nouvelles réalités mondiales.
Car il s’est produit de grands changements à l’échelle mondiale. Autant le capitalisme, depuis la Renaissance, a pu bénéficier de garde-fou sur le plan de la culture, autant le phénomène de la mondialisation est comme livrée à lui-même, chaotique. Je veux dire par là que les grands pays actuels, tout en reconnaissant que nous sommes dans une période de mondialisation, n’ont pas une perception nouvelle de la planète, ce qu’Edgar Morin appelle la terre patrie. On est en train de sortir de l’Etat-nation dans des conditions complètement chaotiques (la révolution numérique, certes, est là). Mais on n’a pas ce qu’Edouard Glissant, au côté d’autres intellectuels, appelle une mondialité, qui serait une nouvelle perception de l’état des lieux de la planète. Pour cela, il faudrait faire un inventaire mondial, de toutes les aires de civilisation, et pas seulement de la civilisation occidentale, et enfin sortir des célébrations et des enfermements identitaires. La mondialisation a besoin d’une culture propre élaborée à partir des véritables acquis de l’humanité.
Vous le voyez, je tiens deux fers au feu, le fer haïtien et hexagonal-mondial (en faisant la médiation de l’Hexagone au monde). Dans ce « contexte médian » (le mot est de Kundera), on peut parvenir à une vision synoptique de la société civile qui se constitue à l’échelle mondiale. Ce sens de la mondialité nous fait défaut aujourd’hui : il nous faudrait une « panhumanité », des humanités, au-delà de l’humanisme que l’on a connu. Il nous faut faire preuve d’imagination. Il est frappant de constater que ce sont des intellectuels périphériques (caraïbéens, notamment) qui portent aujourd’hui cette vision originale, synoptique et intégrée de notre avenir qu’est la mondialité. Si on fait un effort d’imagination pour un petit pays comme Haïti, alors il faut le porter, cet effort, à l’échelle mondiale, car les circonstances ont montré que ce petit pays a besoin des humanités, de la société civile internationale.
Et si Haïti devenait la première expérience d’une mondialisation accompagnée de ce sens de la mondialité que vous appelez de vos vœux ?
C’est exactement cela qu’il faut espérer. Cela consisterait à la fois à reconstruire matériellement le pays, ses infrastructures, ses ponts, ses ports, ses aéroports, ses édifices publics, tous ses systèmes politiques, publics, et en même temps à refonder son imaginaire en liaison étroite cette fois-ci avec l’imaginaire de la civilisation mondiale qui se constitue. Ce que Césaire appelait le voyage vers l’ailleurs et le tout, autrement dit la fraternité.
Patrice Beray
Non Haïti n’est pas un pays maudit
Assez d’entendre trop souvent et à toutes les sauces qu’Haïti, la première République noire de l’Histoire, la première colonie qui s’est affranchie du joug du colonisateur, est un pays maudit. Non, Haïti n’est pas une nation maudite, Haïti est une nation qui subit aujourd’hui le contrecoup de son histoire. Un cyclone, un tremblement de terre font beaucoup plus de dégâts sur la partie occidentale d’Hispaniola que sur sa partie orientale, ou même qu’à Cuba ou à la Guadeloupe pourtant sujettes aux mêmes aléas. Ce n’est pas parce que les Haïtiens seraient maudits, mais parce que, jamais la jeune nation n’a jamais pu se hisser au niveau des nécessités dues à son environnement.
Après son indépendance acquise en 1804, les Haïtiens ont du attendre 21 ans avant que l’ancien colon ne reconnaisse sa souveraineté. L’indépendance ne lui a été reconnue qu’en 1825 par Charles X, en échange du paiement de 150 millions de francs-or et d’une réduction de 50 % des droits de douane. Pour payer, Haïti a emprunté des millions auprès des banques françaises, puis aux États-Unis et en Allemagne. Ses richesses (comme celles provenant de la vente du café) ont été, dès le début, consacrées au remboursement, et dès 1828, le gouvernement a du emprunter pour pouvoir rembourser : la spirale infernale s’enclenche. Selon Alex von Tunzelmann, « en 1900, [Haïti] consacrait 80% du budget de la nation au remboursement ». 122 ans plus tard, en 1947, la nation n’avait remboursé qu’environ 60% de la dette, soit 90 millions de francs.
Dans ces conditions, les paysans appauvris ont détruit leur forêt pour avoir du bois de chauffage, les sols se sont érodés, désertifiés, les populations se sont massées dans les villes devenues rapidement de vastes bidonvilles… Le pays n’a jamais pu se structurer pour faire face aux caprices de la terre et du temps…Avant le séisme de 2010, sa dette extérieure, vis-à-vis de la Banque mondiale et de la banque interaméricaine de développement mais aussi des pays du Club de Paris, s’élevait à 1,2 milliard US$ et pesait sur les ressources de ce pays très pauvre. La dette a représenté, au cours des dix dernières années, le double du budget de la santé publique. Plus de la moitié de la dette actuelle a été contractée par le régime des Duvallier, sans compter les emprunts qui ont suivi pour assurer les remboursements. En 1986, la fortune de la famille Duvallier avait été estimée à 900 millions US$, alors qu’à ce moment la dette externe totale d’Haïti s’élevait à 750 millions US$.
En 2003, le président Aristide a demandé à la France la restitution des sommes versées depuis 1825. Il les avaient estimées à plus de 21 milliards en dollars. Quelques mois plus tard, il était renversé par un coup de force. La dette haïtienne, qualifiée par certains d’« odieuse et illégitime », a empêché le développement car elle était là pour imposer à ce pays libre de rester sous domination. Haïti n’est pas maudit. Ce serait admettre un déterminisme pour les nations ! Haïti a simplement été trop longtemps méprisé par le reste du monde. Haïti a trop longtemps été le pays oublié.
François-Xavier Guillerm
Agence de presse GHM
http://www.fxgpariscaraibe.com/
http://www.millebabords.org/spip.php?article16286
Homme du monde, au sens que Baudelaire donne à cette expression, René Depestre l’est devenu par la force des choses. Et la force des choses en l’occurrence, c’est la force des idées au foyer de leur rencontre avec le réel. Pour le jeune écrivain et intellectuel marxiste René Depestre, le théâtre de ces opérations, ce fut son propre pays, Haïti, où il milita d’emblée au sortir de la Seconde Guerre mondiale pour une « nouvelle indépendance » après celle qui est restée dans l’histoire.
C’est cette histoire extraordinaire d’un si petit pays à l’échelle internationale qu’il nous propose ici de redécouvrir, afin d’en tirer une leçon universelle. Car il y a, selon lui, beaucoup à apprendre de la « mésaventure » haïtienne, de ses ressorts humains, politiques, gisant dans les limbes de cette première mondialisation, commerciale, qu’a entraînée la découverte de l’Amérique, et qu’expose aujourd’hui cruellement aux yeux du monde entier le terrible séisme du 12 janvier 2010.
Cette vie de combat pour les idées aux quatre coins du monde (Cuba, Amérique du Sud, Europe centrale, Japon, Chine, URSS… et France depuis 1979) a conduit René Depestre à rompre avec l’expérience marxiste, mais elle n’a toutefois en rien épuisé la soif de découverte d’un poète œuvrant à l’éclosion d’une nouvelle conscience « des humanités ».
De cet engagement spirituel, politique, cet entretien se fait l’écho, jusqu’aux événements actuels en Haïti. En effet, si le processus démocratique ne venait pas à échouer, le second tour des élections présidentielles pourrait consacrer la victoire de Mirlande Manigat, la candidate qui suscite un espoir en un nouvel Haïti. Et pour l’occasion, René Depestre vient tout exprès de mettre la main à un petit guide destiné aux personnalités politiques haïtiennes (à paraître courant 2011 aux éditions Desnel) : Souci d’un Haïti debout.
Avant toute parole sur la situation actuelle d’Haïti, un an après le séisme du 12 janvier 2010, il faut sans doute commencer, et vous y insistez, par rendre intelligible le parcours historique des Haïtiens.
René Depestre. C’est la première condition dans tout effort pour aller à fond dans la connaissance des réalités d’Haïti. Il faut effectuer une brève analyse de ce qui s’est passé dans le pays entre 1804 et 2004, date du bicentenaire de l’indépendance d’Haïti.
J’ai caractérisé toute cette période comme une période de surplace existentiel. Ce n’est pas seulement une stagnation du droit, de la société civile, de la notion même de souveraineté, d’autonomie de l’individu, des droits de l’homme, de laïcité – des valeurs que l’on avait reçues de la Révolution française. C’est plus profond que cela, cela va jusqu’à la notion existentielle, c’est-à-dire la stagnation de l’être en Haïti de 1804 à 2004. Pourquoi ? Que s’est-il passé, comment avons-nous pu manquer le train de l’Etat-nation, alors qu’on était si proches de toute la problématique de la Révolution française ?
Car il n’y aurait pas eu de Révolution haïtienne s’il n’y avait pas eu une révolution à Paris. Quand les autorités françaises ont pris le contrôle de Saint-Domingue lors de l’effondrement de la royauté, beaucoup de Jacobins (je pense notamment à Léger-Félicité Sonthonax) ont pu communiquer directement leurs idées aux Haïtiens. Toussaint Louverture en particulier a écouté très attentivement ce que disaient les commissaires français officiels de la Révolution et les Haïtiens ont ressenti eux-mêmes le besoin de faire leur révolution qui devait aboutir à l’émancipation des esclavages de Saint-Domingue. Toussaint Louverture était informé par ses lectures (l’abbé Raynal, Diderot) de la pensée révolutionnaire et il a pu, dès 1791, constituer un mouvement révolutionnaire purement haïtien.
Il faut bien comprendre qu’avant même le triomphe de la Révolution, les Français rencontraient des difficultés politiques et militaires avec leurs rivaux coloniaux espagnols et anglais. Comme ils n’avaient pas assez de troupes métropolitaines pour faire face, ils ont engagé dans l’armée des indigènes, formant des soldats et des officiers, très brillants. C’est de là que va émerger toute une génération constituée par Toussaint Louverture, Jean-Jacques Dessalines, Alexandre Pétion et Henri Christophe (le fameux Roi Christophe). A l’instigation des autorités françaises, ces personnalités indigènes sont parvenues au grade de général de l’armée française.
Au moment de l’avènement de 1789, ces généraux se sont dit qu’il y avait une partie considérable à jouer. Ils ont donc déclenché une insurrection générale en 1791 qui a marché, en mettant à feu et à sang les plantations coloniales du nord du pays. Il faut rappeler que Saint-Domingue était la colonie la plus riche (jusqu’au tiers du commerce général de la France de l’époque, en exportation de sucre, café, coton, épices, agrumes). Ces marchandises étaient importées à travers le commerce triangulaire en France mais aussi partout en Europe. Cela représentait un volume d’affaires considérable, qui a enrichi nombre de grandes villes françaises. La République française, à travers toutes les grandes figures de la Révolution, avait donc toutes les raisons de suivre de très près les événements de Saint-Domingue.
En février 1794, la Convention nationale a voté, sous la pression de Toussaint Louverture, des autres généraux et des officiels français présents en Haïti, l’abolition de l’esclavage. Et c’est le rétablissement de l’esclavage par le consul Napoléon dès son arrivée au pouvoir qui a mis le feu aux poudres, en ôtant tout espoir de libération aux esclaves.
Entre-temps, Toussaint avait été nommé par les autorités de Paris, en tant qu’officier général de l’armée française, gouverneur général de France à Saint-Domingue par la Convention. Ce n’était pas là une façon de parler. C’était en soi un événement considérable qu’un Noir soit nommé gouverneur général : cela signifiait que, pour Robespierre et les autres jacobins, Toussaint Louverture était un des leurs, à Saint-Domingue.
Prenant acte de son arrivée au pouvoir en France, Toussaint a proposé à Napoléon la constitution de 1801 qui est à l’origine d’Haïti : une constitution très modérée, qui visait à créer une sorte de Commonwealth avant l’heure à la française. Cette proposition maintenait des liens avec la métropole. Mais il s’est heurté au refus de Napoléon, qui non seulement l’a tournée en dérision venant d’un Noir, mais a ourdi un complot avec des généraux de l’armée française contre Toussaint pour l’éliminer et ainsi étouffer dans l’œuf la révolution haïtienne.
Cette traîtrise a entraîné sur l’île la création d’une armée indigène, haïtienne, qui est entrée dans une guérilla très violente, une guerre sans merci, et qui a vaincu le corps expéditionnaire français envoyé par Napoléon le 19 novembre 1803. On imagine difficilement un tel tableau : deux armées qui s’affrontaient en chantant l’une et l’autre La Marseillaise. C’était une guerre civile, entre Noirs et Blancs.
C’est donc à ce moment là de son histoire qu’Haïti aurait dû se constituer en tant qu’Etat-nation.
En 1804, Haïti ayant donc conquis son indépendance aurait dû en effet entrer dans le système des nations. Mais paradoxalement, Haïti n’entre pas dans ce schéma. Il y a plusieurs raisons à cela. Tout d’abord, il faut dire qu’il y a eu un ostracisme à caractère racial jeté sur l’indépendance d’Haïti. Et pas seulement du fait de Napoléon.
En 1815, un ordre mondial, celui de monarchies blanches européennes, a été établi sur les ruines de l’Empire français lors du congrès de Vienne qui a décidé, sur des bases coloniales, de ne pas reconnaître l’indépendance d’Haïti. On a sciemment effacé l’héritage révolutionnaire des principes de 1789 de cette petite île éloignée pour mieux la ravaler aux yeux de l’opinion à un nid de barbares, à une révolte de Noirs. Alors même que la révolution haïtienne avait universalisé les idées de la Révolution pour la première fois hors de l’Hexagone. Sans cela, c’eût été une idée de Blancs que les droits de l’homme.
Haïti a donc dû faire face à un véritable cordon sanitaire, politique d’abord, mais aussi culturel. Pas même les voisins américains n’ont reconnu Haïti et ce jusqu’en 1865. Jusqu’à la fin de la guerre de Sécession. Ce sont des faits très graves. Concernant la reconnaissance de l’indépendance d’Haïti par la France, il a beaucoup été question depuis le séisme du 12 janvier dernier du remboursement de la dette, cette fameuse dette de l’indépendance. La question est plus complexe que ce qu’on veut bien en dire généralement. Ce sont les présidents haïtiens eux-mêmes, Pétion et Boyer, qui se sont dit que s’ils indemnisaient les colons de Saint-Domingue, la reconnaissance d’Haïti s’en trouverait facilitée. Ils ont donc fait part de cette idée à la cour de Louis XVIII. C’est finalement Charles X sous la Restauration qui a consenti à l’étudier. Il fut décidé qu’Haïti verserait 150 millions de francs or aux colons de Saint-Domingue en échange de la reconnaissance du pays. Mais un pays qui s’est battu et a triomphé sur les champs de bataille n’avait aucune indemnité à verser !
Haïti, une république raciale ?
Au moment de la révolution haïtienne, des atrocités avaient été commises des deux côtés. Dessalines avait ainsi décrété le massacre de colons blancs, sur la base de rumeurs sans fondement. C’est sans doute en raison de ces actes d’atrocité gratuits que les Haïtiens ont voulu faire un compromis. Après des discussions, la somme à rembourser a été ramenée à 90 millions de francs or qu’Haïti a dû payer pour le prix de la reconnaissance de son indépendance entre 1838 et 1885.
Mais à vrai dire, Haïti est dès lors tombée sous tutelle. D’une part, c’est dans cette période que l’économie haïtienne autrefois très prospère s’est effondrée : la petite propriété l’a emporté sur la grande propriété qui faisait la fortune de l’île. Il n’y a pas eu de scolarisation des enfants, d’intégration de la paysannerie aux grandes propriétés à la suite d’une réforme agraire conséquente. Depuis cette époque, Haïti est devenue dépendante des places boursières, d’abord de l’Europe puis des Etats-Unis.
Et il faut dire que tout le XIXe siècle était sous la coupe réglée des puissances européennes, des empires coloniaux et de leur vision ethnocentrique du monde.
C’est un point historique important : Haïti a obtenu son indépendance avant la seconde phase de la colonisation, avant même la pénétration française en Algérie, avant la colonisation par les Belges du Congo, avant tout le mouvement colonialiste hollandais, allemand… Haïti était entrée prématurément sur la scène politique, et s’est trouvée en porte-à-faux par rapport à tout ce qui se faisait et se pensait sur le plan politique et culturel en Europe. C’était l’époque des empires, des forces impériales. Avec pour point d’orgue le congrès de Berlin de 1885, où l’Allemagne est entrée en scène, pour un nouveau partage du monde. Haïti, ce petit pays, portait seul le drapeau de la race noire. Mais c’est ce qui a fait qu’il a manqué l’Etat-nation, parce qu’on pensait aussi avoir réussi l’Etat racial, qui est une chimère tragique.
Sur le plan politique, après les gouvernements des fondateurs, des pionniers, pour lesquels il y a un attachement presque mystique, Haïti n’a connu que des satrapes comme dirigeants. Une véritable satrapie s’est emparée du pays jusqu’à aujourd’hui, jusqu’à René Préval actuellement au pouvoir. Ce ne fut qu’une succession de crises. Le bilan est terrible. On a perdu le XIXe siècle. Le pays n’a fait que dégringoler politiquement jusqu’à la rencontre avec les Américains. Au début du XXe siècle, les Américains sont arrivés dans la région de la Caraïbe. Ils ont découvert Cuba, Haïti, la République domicaine. Ils avaient besoin d’une base de ravitaillement face au canal de Panama dans une logique stratégique. Ils ont alors occupé Haïti de 1915 à 1934 qui est devenue un pays sous protectorat.
En 1934, grâce à la politique de New Deal de Roosevelt, les Américains ont retiré leurs troupes tout en préservant leur présence en s’appuyant sur l’oligarchie de l’île. Ils n’ont pas fait de réformes démocratiques, seulement quelques aménagements dans les domaines de la santé, des transports. On peut dire que ces dix-neuf ans d’occupation sont passés pour rien, sauf qu’ils ont servi à asseoir la tutelle financière des banques américaines sur Haïti.
En fin de compte, aucun Etat haïtien digne de ce nom n’a émergé, et ce constat vaut dès notre entrée sur la scène politique mondiale au XIXe siècle. Pas le moindre système démocratique, pas la moindre société civile. Et puis surtout, il y a un fait très grave, c’est qu’on s’est trompés d’idéologie. Alors qu’on aurait dû adopter l’héritage nationaliste de la France en constituant une nationalité haïtienne avec tout ce que cela comporte au plan de la démocratie, on est restés complètement inféodés à l’idée de race. L’idéologie qui a prédominé, à la source même de la formation historique d’Haïti, ce n’est pas une idéologie apparentée à la Révolution française, ce n’est pas une idéologie nationaliste, c’est une idéologie raciale. Tout simplement parce que sur les plantations, l’idéologie qui prédominait consistait à faire croire aux gens que les luttes n’avaient pas lieu entre colons et indigènes, entre maître et esclaves, ni sur le plan du travail, de l’organisation, mais qu’il s’agissait de lutte de races entre Noirs d’Afrique et Blancs d’Europe. Les Haïtiens ont cru de bonne foi pendant tout le XIXe siècle que la notion de race était plus importante que la notion de nation, que l’humanité était divisée en races, et que c’est en tant que race noire que nous avons fait notre indépendance.
Haïti est donc devenue une république raciale au point que beaucoup d’Haïtiens pensaient qu’Haïti était la Judée de la Caraïbe, une terre sacrée où l’homme noir est devenu homme. Dans la législation haïtienne, celle de 1804 de Dessalines, une loi établissait d’ailleurs que du moment qu’on vivait à Haïti, qu’on acceptait la nationalité haïtienne, quelle que soit la couleur de sa peau, on était un Noir. Cela parce que les Haïtiens ont sanctifié la notion de Noir qui avait été avilie, vilipendée, traînée dans la boue, par deux siècles de colonisation française. Dans l’idiosyncrasie des Haïtiens, dans la vie secrète de l’homme haïtien, dans le vaudou, le facteur racial a joué et joue encore un rôle décisif.
Comment ne pas penser à la négritude totalitaire de « Papa Doc » Duvalier (au pouvoir en Haïti de 1957-1971)…
Duvalier a récupéré en effet le mouvement de la négritude dans un sens totalitaire, célébrant une Afrique fantôme, une Afrique mythique qui n’avait jamais existé. Ce danger m’était apparu quand j’étais étudiant à Paris et j’en avais alerté Senghor, Césaire. En Haïti, je pressentais que cette affaire de négritude pouvait prendre un tour dramatique si un satrape en faisait, en la déformant, un instrument intégriste, fondamentaliste, ce qui n’a pas manqué avec Papa Doc. J’étais un jeune marxiste et je trouvais dangereux d’appliquer sans discernement, sans connaissance de la réalité d’un pays, un concept ethnocentrique (Sartre d’ailleurs en a convenu avec moi), qui était juste l’inverse de l’ethnocentrisme blanc.
On est donc passés en Haïti à côté d’une identité nationale, et naturellement avec une négritude totalitaire, on ne peut pas construire un Etat de droit, pas davantage une autonomie de l’individu, ni la moindre souveraineté nationale. Haïti a échoué à suivre l’expérience cohérente de la Révolution française entre nation et démocratie, nation et peuple. Bien sûr, c’est faute d’avoir pu suivre le scénario de Toussaint Louverture, qui était la figure la mieux préparée du personnel politique de l’époque. Mais c’est ainsi, ce fut un échec. Et il ne sert à rien de célébrer en Haïti le pays où la négritude s’est mise debout pour la première fois, car ce fut pour s’agenouiller tout de suite après. Cette première république noire des temps modernes ne fut jamais qu’une république de façade. Régis Debray a eu raison de parler d’Etat sans nation. Et même aujourd’hui c’est une société sans Etat.
On ne comprendrait donc rien au drame haïtien si on n’avait pas présents à l’esprit ce minimum de faits. On a ainsi un pays discrédité de manière éhontée durant toute son histoire, livré à un nombre incalculable d’agressions extérieures notamment à la fin du XIXe siècle, et qui en lui-même entretient de graves dissensions parmi ses élites : dans les oligarchies haïtiennes, il y a eu une couche noire et une noire mulâtre, qui se sont battues entre elles pour le pouvoir pendant toute la fin du XIXe siècle. En conséquence, le phénomène racial a surdéterminé la lutte des classes en Haïti. Au combat traditionnel de l’esclave et du maître, de l’indigène et du colon, on a ajouté une dimension « mythique » raciale qui a occupé une place démesurée dans la conscience des Haïtiens et qui a compliqué la lutte de libération du peuple haïtien.
Comment répondre aujourd’hui à cet échec historique de fondation de l’Etat haïtien ?
Il faut purement et simplement une refondation totale de la société haïtienne. Cela fait des années que je défends cette idée de refondation, bien avant le séisme du 12 janvier. Il ne s’agit pas seulement de refondation des infrastructures, des édifices, des dégâts causés par le sinistre, mais aussi du système judiciaire, sanitaire, éducatif, comme de l’imaginaire même des Haïtiens. Tout est à refaire en Haïti sur de nouvelles bases.
Cela dit, il ne faut pas s’y tromper. Nous n’appartenons plus à la période de l’Etat-nation. Il ne s’agit plus maintenant de fonder un Etat-nation. Une nouvelle donne historique est apparue avec la mondialisation. C’est d’ailleurs la raison de l’élan extraordinaire de solidarité envers Haïti. Le monde entier, si je puis dire, vit cette expérience mondialisante. Il y a une présence du réel aujourd’hui plus forte, telle qu’elle émane des sociétés civiles d’Europe, des Amériques, d’Asie… Redécouvrant peu ou prou l’histoire de ce petit pays qu’est Haïti, on réclame une tutelle, alors que le pays a toujours vécu sous tutelle (sauf une brève période d’indépendance, en pleine autonomie, de 1804 à 1825).
Le paradoxe pour ma génération, c’est que l’on s’est toujours battus pour une « nouvelle indépendance » d’Haïti, et ce dès l’après-guerre, comme en témoigne l’accueil qui fut réservé à André Breton à Port-au-Prince. Mais nous sommes des survivants. Car c’est l’armée qui a pris le pouvoir et nous avons été vaincus. Aujourd’hui, ce qui me peine le plus, alors qu’à 85 ans je ne peux pas revenir en Haïti, c’est qu’il n’y a pas de relais entre ma génération et les plus jeunes.
On ne peut donc faire durant le XXe siècle que le constat d’une destruction toujours plus en profondeur de la société civile haïtienne.
On peut dire que le duvaliérisme a détruit tout ce qui restait de la société civile haïtienne, et d’une façon terroriste avec les « tontons-macoutes ». Ensuite, Aristide est resté dans la voie « populiste », un populisme extrême. L’actuel président René Préval a géré les affaires sans faire de vagues, mais la situation n’a fait qu’empirer. Personne n’a jamais pris à bras-le-corps le drame haïtien. Les missions d’aide ne sont jamais que ponctuelles. Si à toutes choses malheur peut être bon, ce chaos qu’a créé le séisme, pourrait être l’occasion de tout refonder. Mais force est de constater que tout ce que nous écrivons, nous la diaspora haïtienne, ne parvient pas au peuple haïtien.
Il y a aussi le problème de la langue aujourd’hui. Il se trouve que nous écrivons en français. Autrefois, avant Duvalier, il y avait des relais, des gens qui traduisaient en créole, dans des petits journaux, de sorte que la pensée pouvait pénétrer dans le peuple. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Tout ce que j’écris ne parviendra pas à l’oreille d’un paysan haïtien. Il y a une rupture grave, et un recul de la langue française en Haïti. Nous nous trouvons donc isolés. Tout cela par manque d’école, par défaut d’enseignement, et parce qu’aucun effort n’a été fait pour élever le niveau de la langue créole au niveau de la langue française, afin que l’on puisse être vraiment bilingue en Haïti.
Et au milieu de ce marasme, il y a une élite intellectuelle, des universitaires de talent, des écrivains, des mouvements picturaux de premier ordre, et également musicaux. On aboutit donc à ce que j’appelle un « hapax » historique, un fait sans précédent et unique, ontologique, culturel : nous n’avons pas de nation, peut-être même pas d’Etat, mais on a une nation culturelle, plutôt un foyer de civilisation, grâce à une élite artistique et d’intellectuels. Sans société civile.
Le peuple haïtien est donc abandonné à son sort ?
Il y a un fossé qui s’est creusé entre l’Haïti du dedans et l’Haïti du dehors. Entre les Haïtiens de l’île et les Haïtiens de la diaspora. Mais il y a encore moyen de ressouder tout cela. Cette communauté haïtienne assez forte, qui a pris pied à Miami, à New York, au Canada, elle agit sur le plan économique, financier, bancaire pour les Haïtiens de l’île. Mais ces Haïtiens de la diaspora se sont heurtés aux milieux du pouvoir en Haïti qui craignent une influence de ces gens du dehors, qui sont pour la plupart des démocrates. Sans compter qu’en Haïti, il n’y a qu’une petite élite qui lit contre 60 à 80% d’analphabètes qui sont maintenus dans l’ignorance d’une façon absolument éhontée.
S’il n’y a pas une société civile et un personnel politique fortement intéressés au sort du peuple haïtien, ce n’est pas le cas dans les communautés de la diaspora. Le problème, c’est donc que cette diaspora ne peut pas avoir beaucoup d’influence sur le peuple haïtien. Nous sommes donc dans l’impasse. Et c’est pourquoi, j’espérais un sursaut vital après ce terrible séisme. J’attendais une réévaluation complète de l’histoire haïtienne, en essayant de recontextualiser la situation d’Haïti.
Haïti est le pays des mythologies des « haïtiâneries » meurtrières. Ce qui explique sans doute tous ces rendez-vous manqués avec l’histoire. On a vécu l’expérience de la plantation sur le mode fantastique. Alejo Carpentier me disait un jour avoir observé en Haïti un agrandissement de l’échelle de perception de la réalité, du fait même de l’extravagance de la plantation, de l’esclavage comme système. Le fantastique a pris une grande place à partir de ce qui fut une expérience existentielle tragique dans un environnement caraïbéen qui était totalement inconnu des Africains : les animaux, les arbres. De là vient aussi sans doute l’extraordinaire résistance des Haïtiens aujourd’hui face au malheur.
Il faudrait que l’intelligentsia haïtienne se regroupe en mouvement organique pour former des états généraux, par exemple afin de combler le vide de la société civile haïtienne. Il y a des gens remarquables en Haïti, progressistes, mais en dehors de Mirlande Manigat qui est candidate aux élections présidentielles, je note peu de prises de position, de véritables engagements d’intellectuels sur la scène politique. Car Mirlande Manigat aura bien du fil à retordre pour faire avancer la démocratie en Haïti. Or, près de 11 milliards de dollars ont été rassemblés pour Haïti aux Nations unies, qui sont disponibles. La balle est donc dans le camp des Haïtiens. C’est à nous de nous présenter devant ces réseaux d’amitiés internationaux en interlocuteurs valables. Hélas, encore une fois, les récentes élections ne sont pas là pour nous rassurer, quant à la présence massive sur la scène publique de membres éminents de l’intelligentsia en Haïti, en dehors de Lyonel Trouillot, Gary Victor, Jean-Claude Fignolé, Laënnec Hurbon, Raoul Peck, Yanick Lahens, Michèle Pierre-Louis, Frankétienne, Michèle Montas et d’autres personnalités, qui sont tous en mesure de jouer un rôle majeur.
Il faudrait qu’elle obtienne une majorité au Sénat et à l’Assemblée pour pouvoir réformer le pays. Haïti a besoin d’un pouvoir démocratique à sa tête qui s’attaque à la refondation du pays, tant sur le plan humain des mentalités que sur le plan matériel, dans le cadre des nouvelles réalités mondiales.
Car il s’est produit de grands changements à l’échelle mondiale. Autant le capitalisme, depuis la Renaissance, a pu bénéficier de garde-fou sur le plan de la culture, autant le phénomène de la mondialisation est comme livrée à lui-même, chaotique. Je veux dire par là que les grands pays actuels, tout en reconnaissant que nous sommes dans une période de mondialisation, n’ont pas une perception nouvelle de la planète, ce qu’Edgar Morin appelle la terre patrie. On est en train de sortir de l’Etat-nation dans des conditions complètement chaotiques (la révolution numérique, certes, est là). Mais on n’a pas ce qu’Edouard Glissant, au côté d’autres intellectuels, appelle une mondialité, qui serait une nouvelle perception de l’état des lieux de la planète. Pour cela, il faudrait faire un inventaire mondial, de toutes les aires de civilisation, et pas seulement de la civilisation occidentale, et enfin sortir des célébrations et des enfermements identitaires. La mondialisation a besoin d’une culture propre élaborée à partir des véritables acquis de l’humanité.
Vous le voyez, je tiens deux fers au feu, le fer haïtien et hexagonal-mondial (en faisant la médiation de l’Hexagone au monde). Dans ce « contexte médian » (le mot est de Kundera), on peut parvenir à une vision synoptique de la société civile qui se constitue à l’échelle mondiale. Ce sens de la mondialité nous fait défaut aujourd’hui : il nous faudrait une « panhumanité », des humanités, au-delà de l’humanisme que l’on a connu. Il nous faut faire preuve d’imagination. Il est frappant de constater que ce sont des intellectuels périphériques (caraïbéens, notamment) qui portent aujourd’hui cette vision originale, synoptique et intégrée de notre avenir qu’est la mondialité. Si on fait un effort d’imagination pour un petit pays comme Haïti, alors il faut le porter, cet effort, à l’échelle mondiale, car les circonstances ont montré que ce petit pays a besoin des humanités, de la société civile internationale.
Et si Haïti devenait la première expérience d’une mondialisation accompagnée de ce sens de la mondialité que vous appelez de vos vœux ?
C’est exactement cela qu’il faut espérer. Cela consisterait à la fois à reconstruire matériellement le pays, ses infrastructures, ses ponts, ses ports, ses aéroports, ses édifices publics, tous ses systèmes politiques, publics, et en même temps à refonder son imaginaire en liaison étroite cette fois-ci avec l’imaginaire de la civilisation mondiale qui se constitue. Ce que Césaire appelait le voyage vers l’ailleurs et le tout, autrement dit la fraternité.
Patrice Beray
Non Haïti n’est pas un pays maudit
Assez d’entendre trop souvent et à toutes les sauces qu’Haïti, la première République noire de l’Histoire, la première colonie qui s’est affranchie du joug du colonisateur, est un pays maudit. Non, Haïti n’est pas une nation maudite, Haïti est une nation qui subit aujourd’hui le contrecoup de son histoire. Un cyclone, un tremblement de terre font beaucoup plus de dégâts sur la partie occidentale d’Hispaniola que sur sa partie orientale, ou même qu’à Cuba ou à la Guadeloupe pourtant sujettes aux mêmes aléas. Ce n’est pas parce que les Haïtiens seraient maudits, mais parce que, jamais la jeune nation n’a jamais pu se hisser au niveau des nécessités dues à son environnement.
Après son indépendance acquise en 1804, les Haïtiens ont du attendre 21 ans avant que l’ancien colon ne reconnaisse sa souveraineté. L’indépendance ne lui a été reconnue qu’en 1825 par Charles X, en échange du paiement de 150 millions de francs-or et d’une réduction de 50 % des droits de douane. Pour payer, Haïti a emprunté des millions auprès des banques françaises, puis aux États-Unis et en Allemagne. Ses richesses (comme celles provenant de la vente du café) ont été, dès le début, consacrées au remboursement, et dès 1828, le gouvernement a du emprunter pour pouvoir rembourser : la spirale infernale s’enclenche. Selon Alex von Tunzelmann, « en 1900, [Haïti] consacrait 80% du budget de la nation au remboursement ». 122 ans plus tard, en 1947, la nation n’avait remboursé qu’environ 60% de la dette, soit 90 millions de francs.
Dans ces conditions, les paysans appauvris ont détruit leur forêt pour avoir du bois de chauffage, les sols se sont érodés, désertifiés, les populations se sont massées dans les villes devenues rapidement de vastes bidonvilles… Le pays n’a jamais pu se structurer pour faire face aux caprices de la terre et du temps…Avant le séisme de 2010, sa dette extérieure, vis-à-vis de la Banque mondiale et de la banque interaméricaine de développement mais aussi des pays du Club de Paris, s’élevait à 1,2 milliard US$ et pesait sur les ressources de ce pays très pauvre. La dette a représenté, au cours des dix dernières années, le double du budget de la santé publique. Plus de la moitié de la dette actuelle a été contractée par le régime des Duvallier, sans compter les emprunts qui ont suivi pour assurer les remboursements. En 1986, la fortune de la famille Duvallier avait été estimée à 900 millions US$, alors qu’à ce moment la dette externe totale d’Haïti s’élevait à 750 millions US$.
En 2003, le président Aristide a demandé à la France la restitution des sommes versées depuis 1825. Il les avaient estimées à plus de 21 milliards en dollars. Quelques mois plus tard, il était renversé par un coup de force. La dette haïtienne, qualifiée par certains d’« odieuse et illégitime », a empêché le développement car elle était là pour imposer à ce pays libre de rester sous domination. Haïti n’est pas maudit. Ce serait admettre un déterminisme pour les nations ! Haïti a simplement été trop longtemps méprisé par le reste du monde. Haïti a trop longtemps été le pays oublié.
François-Xavier Guillerm
Agence de presse GHM
http://www.fxgpariscaraibe.com/
http://www.millebabords.org/spip.php?article16286
Haïti: pas de passeport pour Aristide
AFP.-18/01/2011 Mise à jour : 20:43 Réactions (5) L'ancien président haïtien Jean-Bertrand Aristide, exilé en Afrique du Sud, a tenté d'obtenir un nouveau passeport des autorités de son pays pour retourner en Haïti mais sa demande a été rejetée, a affirmé un avocat suivant le dossier de près.
M. Aristide, qui a quitté le pouvoir en 2004 suite à un coup d'Etat, "a demandé un renouvellement de son passeport", afin de pouvoir retourner en Haïti, a indiqué l'avocat, Brian Concannon. "Le gouvernement haïtien s'est opposé à ce renouvellement", a ajouté Me Concannon, en outre directeur de l'Institut pour la Justice et la Démocratie en Haïti, basé à Boston (nord-est des Etats-Unis).
"Aristide a le droit de retourner dans son pays, mais on lui interdit (..). Aux dernières nouvelles, il est en Afrique du Sud sans passeport pour pouvoir revenir", a souligné l'avocat lié à l'ancien président.
L'avocat de M. Aristide à Miami, Ira Kurzban, président de ce même Institut pour la Justice et la Démocratie en Haïti, n'a pas répondu aux demandes d'entretien formulées par l'AFP.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/01/18/97001-20110118FILWWW00701-haiti-pas-de-passeport-pour-aristide.php
Commentaires:
Ca fait seulement 7 ans qu'il est parti, chassé du pays. Nous l'accepterons bien après 18 ans soit en 2029. Il szera complètement "intatad". Pas seulement avec le faciès pseudoparkinsonien de Jean Claude Duvalier, mais en vrai "vieux incapable". La génération des JPP se souviendra de lui comme on se souvient des choses parfaitement inutiles.
Encore 18 ans mon cher exprêtre président....
"Veinte años no es nada" dit Carlos Gardel
M. Aristide, qui a quitté le pouvoir en 2004 suite à un coup d'Etat, "a demandé un renouvellement de son passeport", afin de pouvoir retourner en Haïti, a indiqué l'avocat, Brian Concannon. "Le gouvernement haïtien s'est opposé à ce renouvellement", a ajouté Me Concannon, en outre directeur de l'Institut pour la Justice et la Démocratie en Haïti, basé à Boston (nord-est des Etats-Unis).
"Aristide a le droit de retourner dans son pays, mais on lui interdit (..). Aux dernières nouvelles, il est en Afrique du Sud sans passeport pour pouvoir revenir", a souligné l'avocat lié à l'ancien président.
L'avocat de M. Aristide à Miami, Ira Kurzban, président de ce même Institut pour la Justice et la Démocratie en Haïti, n'a pas répondu aux demandes d'entretien formulées par l'AFP.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/01/18/97001-20110118FILWWW00701-haiti-pas-de-passeport-pour-aristide.php
Commentaires:
Ca fait seulement 7 ans qu'il est parti, chassé du pays. Nous l'accepterons bien après 18 ans soit en 2029. Il szera complètement "intatad". Pas seulement avec le faciès pseudoparkinsonien de Jean Claude Duvalier, mais en vrai "vieux incapable". La génération des JPP se souviendra de lui comme on se souvient des choses parfaitement inutiles.
Encore 18 ans mon cher exprêtre président....
"Veinte años no es nada" dit Carlos Gardel
Haïti: l'ancien dictateur «Baby Doc» interpellé par les autorités haïtiennes
De retour après vingt-cinq ans d'exil en France, «Baby Doc» a goûté deux jours à la liberté haïtienne avant de passer par la case prison. Mardi, Jean-Claude Duvalier a reçu dans son hôtel la visite d'un juge accompagné de policiers qui l'ont interpellé. L'ancien dictateur devrait être questionné rapidement par les autorités qui le soupçonnent de détournement de fonds publics. «Il va être interrogé et il restera à la disposition de l'appareil judiciaire», a expliqué un membre du gouvernement. Le pouvoir en place n'a pas forcément apprécié le débarquement surprise de l'ancien président à vie, chassé par une insurrection populaire en 1986. Exaspérés par l'impasse politique dans laquelle se retrouve leur pays, de nombreux Haïtiens en arrivent à ressentir une nostalgie pour le régime Duvalier. Cette réaction inquiète les victimes de la dictature, comme Lilianne Pierre-Paul. Copropriétaire de Radio Kiskeya et torturée par les Tontons Macoutes (les milices de Duvalier), cette personnalité de la société civile a réclamé dans des médias haïtiens l'arrestation et le jugement de «Baby Doc» pour crimes contre l'humanité.
—Matthieu Goar
http://www.20minutes.fr/article/655240/monde-haiti-ancien-dictateur-baby-doc-interpelle-autorites-haitiennes
—Matthieu Goar
http://www.20minutes.fr/article/655240/monde-haiti-ancien-dictateur-baby-doc-interpelle-autorites-haitiennes
Haïti : un haut responsable de l'ONU appelle à un gouvernement solide
Haïti a besoin d'un gouvernement fort et d'institutions solides afin de se rétablir du séisme dévastateur de l'an dernier, a indiqué un haut responsable des Nations Unies.
Lors d'un entretien accordé à l'agence Xinhua, Edmond Mulet, chef de la Mission de stabilisation de l'ONU en Haïti (MINUSTAH), a souligné que ce dont Haïti avait besoin en priorité, c'était d'un "Etat fort" représentant la volonté du peuple et ayant la capacité de gouverner.
Le séisme de janvier 2010 "a conduit à 10, 15 ou 20 ans de recul en Haïti en terme d'économie", exacerbant la pauvreté et le sous-développement chronique qui accablaient déjà le pays, a indiqué M. Mulet.
Sans un gouvernement efficace, Haïti n'arrivera ni à obtenir les investissements nationaux et internationaux nécessaires, ni à déblayer rapidement les décombres, ni à se dégager au plus vite de sa dépendance de l'aide étrangère, a ajouté M. Mulet, qui est également représentant spécial du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.
Faisant remarquer que la catastrophe avait affaibli la structure gouvernementale d'Haïti et rendu ses institutions "encore plus faibles et plus fragiles", le responsable de l'ONU a appelé les autorités haïtiennes à faire en sorte de rétablir la stabilité politique et de mettre en place un gouvernement solide pour relever les défis auxquels le pays est confronté.
La crise électorale qui s'est déclarée suite au premier tour de l'élection présidentielle de novembre dernier "doit être résolue d'urgence", a affirmé M. Mulet, ajoutant que seul "un gouvernement légitime" pourrait permettre au pays dévasté de sortir de la misère dans laquelle il se trouve actuellement.
Source: xinhua
http://french.peopledaily.com.cn/International/7264933.html
Lors d'un entretien accordé à l'agence Xinhua, Edmond Mulet, chef de la Mission de stabilisation de l'ONU en Haïti (MINUSTAH), a souligné que ce dont Haïti avait besoin en priorité, c'était d'un "Etat fort" représentant la volonté du peuple et ayant la capacité de gouverner.
Le séisme de janvier 2010 "a conduit à 10, 15 ou 20 ans de recul en Haïti en terme d'économie", exacerbant la pauvreté et le sous-développement chronique qui accablaient déjà le pays, a indiqué M. Mulet.
Sans un gouvernement efficace, Haïti n'arrivera ni à obtenir les investissements nationaux et internationaux nécessaires, ni à déblayer rapidement les décombres, ni à se dégager au plus vite de sa dépendance de l'aide étrangère, a ajouté M. Mulet, qui est également représentant spécial du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.
Faisant remarquer que la catastrophe avait affaibli la structure gouvernementale d'Haïti et rendu ses institutions "encore plus faibles et plus fragiles", le responsable de l'ONU a appelé les autorités haïtiennes à faire en sorte de rétablir la stabilité politique et de mettre en place un gouvernement solide pour relever les défis auxquels le pays est confronté.
La crise électorale qui s'est déclarée suite au premier tour de l'élection présidentielle de novembre dernier "doit être résolue d'urgence", a affirmé M. Mulet, ajoutant que seul "un gouvernement légitime" pourrait permettre au pays dévasté de sortir de la misère dans laquelle il se trouve actuellement.
Source: xinhua
http://french.peopledaily.com.cn/International/7264933.html
Election présidentielle haïtienne : le Conseil électoral n'entend pas modifier les résultats du premier tour
LEMONDE.FR avec AFP 19.01.11
Le Conseil électoral provisoire haïtien (CEP) a indiqué mardi soir qu'il ne comptait pas changer les résultats du premier tour des élections publiés le 7 décembre dernier. Le CEP a fait cette annonce après avoir reçu un rapport rédigé par une mission d'experts de l'Organisation des Etats américains (OEA) chargée d'évaluer le processus électoral contesté.
Les résultats du premier tour avaient placé l'ex-première dame d'Haïti Mirlande Manigat en première position avec 31 % des voix. Jude Célestin, soutenu par le pouvoir, avait obtenu 22 % des suffrages. Le chanteur populaire Michel Martelly, qui a obtenu 21 % des voix et n'est par conséquent pas qualifié pour le second tour, avait contesté ces résultats dont la publication avait provoqué trois jours d'émeutes en Haïti au début de décembre. "L'éventualité d'un changement de position dans le classement des deuxième et troisième candidats dans la liste publiée lors des résultats primaires du 7 décembre 2010 sera prise en considération dans le cadre du traitement des contestations", lit-on dans un communiqué du Conseil électoral.
Une première copie du rapport publié dans la presse avait suggéré d'écarter le candidat du pouvoir Jude Célestin au profit de Michel Martelly.
L'institution électorale a, par ailleurs, indiqué que "les considérations techniques contenues dans le rapport des experts de l'OEA seront considérées pour la réalisation du second tour du scrutin". Le second tour des élections présidentielle et législatives, initialement prévu pour le 16 janvier, a été reporté. Aucune nouvelle date n'a été fixée pour le moment par le Conseil électoral.
http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2011/01/19/election-presidentielle-haitienne-le-conseil-electoral-provisoire-haitien-valide-les-resultats-du-premier-tour_1467464_3222.html
Commentaires:
J'entends déjà la voix des chantres du nationalisme qui vont appuyer la décision du CEP en criant très fort que Haïti est un pays souverain. Ils ne tiendront pas compte du fait que 80% du budget national (Pour payer les employés de l'administration!) vient de l'aide internationale et que même pour l'organisation de ces joutes contestées l'apport de la communauté internationale représente plus de 75%.
Le mot souverain est conceptualisé d'une drôle de manière apr nos dirigeants!
Le Conseil électoral provisoire haïtien (CEP) a indiqué mardi soir qu'il ne comptait pas changer les résultats du premier tour des élections publiés le 7 décembre dernier. Le CEP a fait cette annonce après avoir reçu un rapport rédigé par une mission d'experts de l'Organisation des Etats américains (OEA) chargée d'évaluer le processus électoral contesté.
Les résultats du premier tour avaient placé l'ex-première dame d'Haïti Mirlande Manigat en première position avec 31 % des voix. Jude Célestin, soutenu par le pouvoir, avait obtenu 22 % des suffrages. Le chanteur populaire Michel Martelly, qui a obtenu 21 % des voix et n'est par conséquent pas qualifié pour le second tour, avait contesté ces résultats dont la publication avait provoqué trois jours d'émeutes en Haïti au début de décembre. "L'éventualité d'un changement de position dans le classement des deuxième et troisième candidats dans la liste publiée lors des résultats primaires du 7 décembre 2010 sera prise en considération dans le cadre du traitement des contestations", lit-on dans un communiqué du Conseil électoral.
Une première copie du rapport publié dans la presse avait suggéré d'écarter le candidat du pouvoir Jude Célestin au profit de Michel Martelly.
L'institution électorale a, par ailleurs, indiqué que "les considérations techniques contenues dans le rapport des experts de l'OEA seront considérées pour la réalisation du second tour du scrutin". Le second tour des élections présidentielle et législatives, initialement prévu pour le 16 janvier, a été reporté. Aucune nouvelle date n'a été fixée pour le moment par le Conseil électoral.
http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2011/01/19/election-presidentielle-haitienne-le-conseil-electoral-provisoire-haitien-valide-les-resultats-du-premier-tour_1467464_3222.html
Commentaires:
J'entends déjà la voix des chantres du nationalisme qui vont appuyer la décision du CEP en criant très fort que Haïti est un pays souverain. Ils ne tiendront pas compte du fait que 80% du budget national (Pour payer les employés de l'administration!) vient de l'aide internationale et que même pour l'organisation de ces joutes contestées l'apport de la communauté internationale représente plus de 75%.
Le mot souverain est conceptualisé d'une drôle de manière apr nos dirigeants!
mardi 18 janvier 2011
Jean-Claude Duvalier reste libre
Par FTV avec AFP et Reuters L'ex-dictateur haïtien est ressorti mardi libre du Palais de justice de Port-au-Prince
Il reste "à la disposition de la justice", après avoir été inculpé pour corruption, a affirmé à l'AFP un de ses avocats.
Arrêté dans la journée par la police à l'hôtel de Port-au-Prince où il résidait, "Baby Doc" est officiellement poursuivi pour corruption, vol et détournement de fonds pendant ses années au pouvoir (1971-1986) à Haïti.
Il appartiendra désormais au juge d'instruction de décider de poursuivre ou non l'affaire au plan judiciaire.
L'ex-dictateur est notamment accusé de détournements de fonds pendant l'exercice de son pouvoir. Les autorités d'Haïti estiment que plus de 100 millions de dollars ont été détournés sous le couvert d'oeuvres sociales jusqu'à sa chute en 1986.
La Suisse a déclaré qu'elle rendrait au peuple haïtien les quelque 5,7 millions de dollars déposés par la famille Duvalier dans des banques du pays.
Un retour inattendu
A la surprise générale, "Baby Doc", comme le surnomment les Haïtiens, est arrivé à Port-au-Prince dimanche soir après 25 ans d'exil en France avant de se cloîtrer dans un hôtel. Chassé du pouvoir par une révolte populaire en 1986, il avait succédé en 1971 à son père François Duvalier.
Des experts des droits de l'homme de l'ONU examinent actuellement les possibilités des autorités haïtiennes de poursuivre en justice l'ex-dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier, a indiqué mardi le Haut commissariat aux droits de l'homme.
Confidents, alliés et membres de la famille de M. Duvalier ont lundi défilé à l'hôtel Karibe, situé à Pétion-ville, en banlieue de la capitale haïtienne, pour saluer l'ex-dictateur.
A sa descente d'avion dimanche soir, "Baby Doc" s'était contenté de déclarer aux journalistes: "Je suis venu pour aider" le peuple haïtien. "Duvalier est un citoyen haïtien qui rentre au pays comme il en a le droit", a déclaré le Premier ministre Jean-Max Bellerive. "J'espère simplement que cela ne va pas compliquer une situation politique déjà tendue", a-t-il ajouté.
Didier Le Bret, ambassadeur de France en Haïti, a expliqué que M. Duvalier était en possession d'un billet retour pour la France le jeudi 20 janvier. "J'espère qu'il va l'utiliser", a ajouté M. Le Bret.
Après un premier tour dont les résultats sont contestés, les Haïtiens attendent le deuxième tour de la présidentielle dont la date a été repoussée.
L'ancien dictateur veut "participer à la renaissance d'Haïti"
"J'attendais ce moment depuis longtemps. Quand j'ai posé le pied au sol, j'ai ressenti une grande joie", a déclaré Jean-Claude Duvalier à son arrivée. "(Je reviens) parce que je sais que le peuple souffre", a-t-il poursuivi. "Je voulais lui témoigner ma solidarité, lui dire que je suis là, que je suis bien disposé et déterminé à participer à la renaissance d'Haïti".
La compagne de Duvalier, Véronique Roy, a déclaré que le séisme dévastateur du 12 janvier 2010 et ses quelque 250.000 morts les avait poussés à revenir en Haïti. "Ca a été le déclic, nous avons vu les images à la télévision", a-t-elle dit alors que le pays vient de commémorer le premier anniversaire de la catastrophe.
Les Tontons Macoutes, redoutables milices de Duvalier
Plus jeune chef d'Etat au monde à 19 ans, Jean-Claude Duvalier s'était proclamé "président à vie". Même s'il voulait offrir une image moins autoritaire que son père François Duvalier, il dirigeait un régime corrompu qui multipliait les atteintes aux droits de l'homme avec ses milices redoutables, les Tontons Macoutes. Il vivait dans l'opulence alors que son peuple était dans la misère.
La France avait accepté d'accueillir Jean-Claude Duvalier à titre temporaire en 1986, quand il avait été chassé par une révolte populaire. Il vivait depuis dans de belles demeures de la Côte d'Azur. Il répétait souvent qu'il souhaitait revenir "un jour" en Haïti.
En 2007, il était intervenu sur les ondes haïtiennes pour demander "pardon au peuple haïtien pour les erreurs commises pendant son règne". En doutant de la sincérité de ce message, le président René Préval avait alors relevé que s'il y avait "le pardon", il y avait aussi "la justice".
L'ex-dictateur est notamment accusé de détournements de fonds pendant l'exercice de son pouvoir. Les autorités d'Haïti estiment que plus de 100 millions de dollars ont été détournés sous le couvert d'oeuvres sociales jusqu'à la chute en 1986 de "Baby Doc".
http://info.france2.fr/monde/jean-claude-duvalier-inculpe-de-corruption-et-vol-66880488.html?sms_ss=facebook&at_xt=4d3613ac9096d9ad,0
Il reste "à la disposition de la justice", après avoir été inculpé pour corruption, a affirmé à l'AFP un de ses avocats.
Arrêté dans la journée par la police à l'hôtel de Port-au-Prince où il résidait, "Baby Doc" est officiellement poursuivi pour corruption, vol et détournement de fonds pendant ses années au pouvoir (1971-1986) à Haïti.
Il appartiendra désormais au juge d'instruction de décider de poursuivre ou non l'affaire au plan judiciaire.
L'ex-dictateur est notamment accusé de détournements de fonds pendant l'exercice de son pouvoir. Les autorités d'Haïti estiment que plus de 100 millions de dollars ont été détournés sous le couvert d'oeuvres sociales jusqu'à sa chute en 1986.
La Suisse a déclaré qu'elle rendrait au peuple haïtien les quelque 5,7 millions de dollars déposés par la famille Duvalier dans des banques du pays.
Un retour inattendu
A la surprise générale, "Baby Doc", comme le surnomment les Haïtiens, est arrivé à Port-au-Prince dimanche soir après 25 ans d'exil en France avant de se cloîtrer dans un hôtel. Chassé du pouvoir par une révolte populaire en 1986, il avait succédé en 1971 à son père François Duvalier.
Des experts des droits de l'homme de l'ONU examinent actuellement les possibilités des autorités haïtiennes de poursuivre en justice l'ex-dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier, a indiqué mardi le Haut commissariat aux droits de l'homme.
Confidents, alliés et membres de la famille de M. Duvalier ont lundi défilé à l'hôtel Karibe, situé à Pétion-ville, en banlieue de la capitale haïtienne, pour saluer l'ex-dictateur.
A sa descente d'avion dimanche soir, "Baby Doc" s'était contenté de déclarer aux journalistes: "Je suis venu pour aider" le peuple haïtien. "Duvalier est un citoyen haïtien qui rentre au pays comme il en a le droit", a déclaré le Premier ministre Jean-Max Bellerive. "J'espère simplement que cela ne va pas compliquer une situation politique déjà tendue", a-t-il ajouté.
Didier Le Bret, ambassadeur de France en Haïti, a expliqué que M. Duvalier était en possession d'un billet retour pour la France le jeudi 20 janvier. "J'espère qu'il va l'utiliser", a ajouté M. Le Bret.
Après un premier tour dont les résultats sont contestés, les Haïtiens attendent le deuxième tour de la présidentielle dont la date a été repoussée.
L'ancien dictateur veut "participer à la renaissance d'Haïti"
"J'attendais ce moment depuis longtemps. Quand j'ai posé le pied au sol, j'ai ressenti une grande joie", a déclaré Jean-Claude Duvalier à son arrivée. "(Je reviens) parce que je sais que le peuple souffre", a-t-il poursuivi. "Je voulais lui témoigner ma solidarité, lui dire que je suis là, que je suis bien disposé et déterminé à participer à la renaissance d'Haïti".
La compagne de Duvalier, Véronique Roy, a déclaré que le séisme dévastateur du 12 janvier 2010 et ses quelque 250.000 morts les avait poussés à revenir en Haïti. "Ca a été le déclic, nous avons vu les images à la télévision", a-t-elle dit alors que le pays vient de commémorer le premier anniversaire de la catastrophe.
Les Tontons Macoutes, redoutables milices de Duvalier
Plus jeune chef d'Etat au monde à 19 ans, Jean-Claude Duvalier s'était proclamé "président à vie". Même s'il voulait offrir une image moins autoritaire que son père François Duvalier, il dirigeait un régime corrompu qui multipliait les atteintes aux droits de l'homme avec ses milices redoutables, les Tontons Macoutes. Il vivait dans l'opulence alors que son peuple était dans la misère.
La France avait accepté d'accueillir Jean-Claude Duvalier à titre temporaire en 1986, quand il avait été chassé par une révolte populaire. Il vivait depuis dans de belles demeures de la Côte d'Azur. Il répétait souvent qu'il souhaitait revenir "un jour" en Haïti.
En 2007, il était intervenu sur les ondes haïtiennes pour demander "pardon au peuple haïtien pour les erreurs commises pendant son règne". En doutant de la sincérité de ce message, le président René Préval avait alors relevé que s'il y avait "le pardon", il y avait aussi "la justice".
L'ex-dictateur est notamment accusé de détournements de fonds pendant l'exercice de son pouvoir. Les autorités d'Haïti estiment que plus de 100 millions de dollars ont été détournés sous le couvert d'oeuvres sociales jusqu'à la chute en 1986 de "Baby Doc".
http://info.france2.fr/monde/jean-claude-duvalier-inculpe-de-corruption-et-vol-66880488.html?sms_ss=facebook&at_xt=4d3613ac9096d9ad,0
Haïti : l'ex-dictateur Jean-Claude Duvalier a été arrêté
Arrivé à Haïti dimanche après 25 ans d'exil, l'ancien «président à vie» Jean-Claude Duvalier aurait été conduit sous escorte policière ont rapporté des témoins ce mardi à Port-au-Prince. Une source judiciaire affirme que l'homme, non menotté à sa sortie de l'hôtel, devrait être conduit au tribunal. Jean-Claude Duvalier «est conduit au parquet pour une communication du dossier», a déclaré Gervais Charles, bâtonnier de l'ordre des avocats de Port-au-Prince. Face à l'hôtel où il était réfugié, les partisans de Duvalier manifestaient leur soutien aux cris de «Duvalier président», réclamant la démission de l'actuel chef d'Etat, René Préval.
Peu avant la mise aux arrêts de «Baby Doc», un juge accompagné d'une dizaine de policiers avaient investi l'hôtel Karibe de Port-au-Prince où l'ancien dictateur s'était installé dimanche après avoir être arrivé dans la capitale haïtienne. Depuis son arrivée à Port-au-Prince, Jean-Claude Duvalier avait laissé planer le doute sur les motivations de son retour à Haïti, vingt-cinq ans après son départ en exil.
Le juge Gabriel Ambroise et le chef du Parquet Aristidas Auguste sont entrés mardi à l'hôtel Karibe où l'ancien chef d'Etat était cloîtré depuis dimanche. Après 25 années d'exil en France, Jean-Claude Duvalier avait fait un retour remarqué ce dimanche dans le pays qu'il a dirigé d'une main de fer entre 1971 et 1986.
Plus tôt dans la journée, un proche de l'ancien «président à vie» affirmait que la police haïtienne tentait d'arrêter Duvalier. «Nous sommes en train de recruter des avocats afin de préparer une réponse juridique», avait avoué Eric Jean-Jacques, un proche de l'ancien président.
Jean-Claude Duvalier est accusé d'exactions commises durant ses quinze années de présidence, de violations des droits de l'homme ayant provoqué la mort de milliers d'Haïtiens ainsi que d'imposants détournements de fonds.
http://www.leparisien.fr/seisme-haiti/haiti-l-ex-dictateur-jean-claude-duvalier-a-ete-arrete-18-01-2011-1232887.php
Peu avant la mise aux arrêts de «Baby Doc», un juge accompagné d'une dizaine de policiers avaient investi l'hôtel Karibe de Port-au-Prince où l'ancien dictateur s'était installé dimanche après avoir être arrivé dans la capitale haïtienne. Depuis son arrivée à Port-au-Prince, Jean-Claude Duvalier avait laissé planer le doute sur les motivations de son retour à Haïti, vingt-cinq ans après son départ en exil.
Le juge Gabriel Ambroise et le chef du Parquet Aristidas Auguste sont entrés mardi à l'hôtel Karibe où l'ancien chef d'Etat était cloîtré depuis dimanche. Après 25 années d'exil en France, Jean-Claude Duvalier avait fait un retour remarqué ce dimanche dans le pays qu'il a dirigé d'une main de fer entre 1971 et 1986.
Plus tôt dans la journée, un proche de l'ancien «président à vie» affirmait que la police haïtienne tentait d'arrêter Duvalier. «Nous sommes en train de recruter des avocats afin de préparer une réponse juridique», avait avoué Eric Jean-Jacques, un proche de l'ancien président.
Jean-Claude Duvalier est accusé d'exactions commises durant ses quinze années de présidence, de violations des droits de l'homme ayant provoqué la mort de milliers d'Haïtiens ainsi que d'imposants détournements de fonds.
http://www.leparisien.fr/seisme-haiti/haiti-l-ex-dictateur-jean-claude-duvalier-a-ete-arrete-18-01-2011-1232887.php
lundi 17 janvier 2011
Duvalier n'a toujours pas expliqué son retour
Publié le 17 janvier 2011 à 17h44
Mis à jour le 17 janvier 2011 à 17h51
Clarens Renois, Agence France-Presse
Port-au-Prince
L'ancien président haïtien «à vie» Jean-Claude Duvalier, cloîtré dans un hôtel de Port-au-Prince, n'avait toujours pas expliqué lundi les raisons de son retour en Haïti la veille, après 25 ans d'exil en France.
Confidents, alliés et membres de la famille de M. Duvalier se rendaient en masse à l'hôtel Karibe, situé à Pétion-ville, en banlieue de la capitale haïtienne, pour saluer l'ex-dictateur.
«Baby Doc», comme le surnomment les Haïtiens, ne s'est pas montré en public depuis son arrivée surprise dimanche soir. A sa descente d'avion, il s'était contenté de déclarer : «Je suis venu pour aider».
Une conférence de presse d'abord prévue lundi a été reportée, car l'hôtel Karibe n'a pas la capacité de recevoir tous les journalistes désireux d'assister à l'événement, selon Henry Robert Sterlin, ancien ambassadeur d'Haïti à Paris et à l'Unesco.
Le retour de Jean-Claude Duvalier, président de 1971 à 1986 et exilé en France depuis, a pris Haïti par surprise, au moment où le pays traverse une grave crise politique.
Didier Le Bret, ambassadeur de France à Port-au-Prince, a expliqué à l'AFP que M. Duvalier était en possession d'un billet retour pour la France le 20 janvier. «J'espère qu'il va l'utiliser», a ajouté M. Le Bret.
Toutefois, pour Véronique Roy, épouse de M. Duvalier, qui s'est entretenue avec l'AFP, «rien n'est fixé, tout est modifiable», même si elle a confirmé que son époux avait bien un billet retour pour jeudi. «Il est prématuré de dire s'il va rentrer en France ou s'il va rester», a-t-elle ajouté.
Elle affirme par ailleurs qu'«aucun responsable du gouvernement (haïtien) ne l'a contacté depuis son retour au pays».
Des analystes interrogés par l'AFP se sont dit peu surpris de l'accueil relativement enthousiaste qu'a reçu M. Duvalier.
«La moitié de la population n'a pas connu la cruauté de la dictature. Et certains ont la nostalgie de l'époque où Duvalier était président et où la stabilité et la sécurité régnaient, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui», explique Robert Fatton, professeur à l'université de Virginie aux Etats-Unis, lui-même haïtien.
Dans le même temps, les circonstances du retour de M. Duvalier demeurent entourées de mystère.
Selon Osner Févry, un ancien secrétaire d'Etat de M. Duvalier, ce dernier «ne serait pas revenu sans prendre contact à un niveau ou à un autre» avec le gouvernement du président sortant René Préval.
Evans Paul, un ancien opposant aux Duvalier devenu maire de Port-au-Prince, «pense que M. Préval est à la base de cette décision. C'est une manoeuvre de diversion et de provocation destinée à intensifier la confusion» née du premier tour contesté de l'élection présidentielle.
Mais l'épouse de M. Duvalier a démenti les accusations du maire de la capitale haïtienne. «Il n'y a eu absolument aucun contact», a dit Mme Roy à l'AFP.
Dès le retour de M. Duvalier, des organisations de défense des droits de l'homme ont exigé qu'il soit jugé.
«Au cours de la présidence de Duvalier et (du règne) de ses "Tontons macoutes", des milliers de personnes ont été tuées et torturées et des centaines de milliers d'Haïtiens ont dû s'exiler. Cela fait longtemps qu'il doit rendre des comptes», a ainsi estimé Jose Miguel Vivanco, le directeur de Human Rights Watch pour les Amériques.
«Les violations des droits de l'homme, généralisées et systématiques, commises à Haïti pendant le règne de Duvalier constituent des crimes contre l'humanité», a commenté de son côté Javier Zuñiga, conseiller spécial d'Amnesty international.
«Nous sommes surpris par le moment choisi par Duvalier pour se rendre en Haïti. Cela ajoute un élément d'imprévu dans une période d'incertitude dans le processus électoral en Haïti», a réagi, quant à lui, le Département d'Etat américain.
Et le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, s'est dit «préoccupé» par ce retour «à un moment crucial du processus démocratique» en Haïti.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201101/17/01-4360952-duvalier-na-toujours-pas-explique-son-retour.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_aujourdhui-sur-cyberpresse_267_article_ECRAN1POS1
Mis à jour le 17 janvier 2011 à 17h51
Clarens Renois, Agence France-Presse
Port-au-Prince
L'ancien président haïtien «à vie» Jean-Claude Duvalier, cloîtré dans un hôtel de Port-au-Prince, n'avait toujours pas expliqué lundi les raisons de son retour en Haïti la veille, après 25 ans d'exil en France.
Confidents, alliés et membres de la famille de M. Duvalier se rendaient en masse à l'hôtel Karibe, situé à Pétion-ville, en banlieue de la capitale haïtienne, pour saluer l'ex-dictateur.
«Baby Doc», comme le surnomment les Haïtiens, ne s'est pas montré en public depuis son arrivée surprise dimanche soir. A sa descente d'avion, il s'était contenté de déclarer : «Je suis venu pour aider».
Une conférence de presse d'abord prévue lundi a été reportée, car l'hôtel Karibe n'a pas la capacité de recevoir tous les journalistes désireux d'assister à l'événement, selon Henry Robert Sterlin, ancien ambassadeur d'Haïti à Paris et à l'Unesco.
Le retour de Jean-Claude Duvalier, président de 1971 à 1986 et exilé en France depuis, a pris Haïti par surprise, au moment où le pays traverse une grave crise politique.
Didier Le Bret, ambassadeur de France à Port-au-Prince, a expliqué à l'AFP que M. Duvalier était en possession d'un billet retour pour la France le 20 janvier. «J'espère qu'il va l'utiliser», a ajouté M. Le Bret.
Toutefois, pour Véronique Roy, épouse de M. Duvalier, qui s'est entretenue avec l'AFP, «rien n'est fixé, tout est modifiable», même si elle a confirmé que son époux avait bien un billet retour pour jeudi. «Il est prématuré de dire s'il va rentrer en France ou s'il va rester», a-t-elle ajouté.
Elle affirme par ailleurs qu'«aucun responsable du gouvernement (haïtien) ne l'a contacté depuis son retour au pays».
Des analystes interrogés par l'AFP se sont dit peu surpris de l'accueil relativement enthousiaste qu'a reçu M. Duvalier.
«La moitié de la population n'a pas connu la cruauté de la dictature. Et certains ont la nostalgie de l'époque où Duvalier était président et où la stabilité et la sécurité régnaient, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui», explique Robert Fatton, professeur à l'université de Virginie aux Etats-Unis, lui-même haïtien.
Dans le même temps, les circonstances du retour de M. Duvalier demeurent entourées de mystère.
Selon Osner Févry, un ancien secrétaire d'Etat de M. Duvalier, ce dernier «ne serait pas revenu sans prendre contact à un niveau ou à un autre» avec le gouvernement du président sortant René Préval.
Evans Paul, un ancien opposant aux Duvalier devenu maire de Port-au-Prince, «pense que M. Préval est à la base de cette décision. C'est une manoeuvre de diversion et de provocation destinée à intensifier la confusion» née du premier tour contesté de l'élection présidentielle.
Mais l'épouse de M. Duvalier a démenti les accusations du maire de la capitale haïtienne. «Il n'y a eu absolument aucun contact», a dit Mme Roy à l'AFP.
Dès le retour de M. Duvalier, des organisations de défense des droits de l'homme ont exigé qu'il soit jugé.
«Au cours de la présidence de Duvalier et (du règne) de ses "Tontons macoutes", des milliers de personnes ont été tuées et torturées et des centaines de milliers d'Haïtiens ont dû s'exiler. Cela fait longtemps qu'il doit rendre des comptes», a ainsi estimé Jose Miguel Vivanco, le directeur de Human Rights Watch pour les Amériques.
«Les violations des droits de l'homme, généralisées et systématiques, commises à Haïti pendant le règne de Duvalier constituent des crimes contre l'humanité», a commenté de son côté Javier Zuñiga, conseiller spécial d'Amnesty international.
«Nous sommes surpris par le moment choisi par Duvalier pour se rendre en Haïti. Cela ajoute un élément d'imprévu dans une période d'incertitude dans le processus électoral en Haïti», a réagi, quant à lui, le Département d'Etat américain.
Et le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, s'est dit «préoccupé» par ce retour «à un moment crucial du processus démocratique» en Haïti.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201101/17/01-4360952-duvalier-na-toujours-pas-explique-son-retour.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_aujourdhui-sur-cyberpresse_267_article_ECRAN1POS1
Le ras-le-bol des Haïtiens envers les journalistes
Depuis un an, les habitants de Port-au-Prince sont filmés par des caméras de télévision et photographiés par des journalistes du monde entier. Ils en ont assez et n'hésitent pas à le faire savoir. Par Gaëlle LE ROUX , envoyée spéciale de France 24 en Haïti (texte)
Retour en France. Comme l’année dernière, partir d’Haïti au bout d'une semaine seulement me laisse un goût amer. Ce pays est d’une richesse dont j’ai encore envie de m’imprégner. Étrangement, pourtant, y travailler aura été moins aisé qu’il y a un an. J’ai ressenti, comme une gifle, le ras-le-bol des Haïtiens envers les journalistes, les ONG, ou encore l’ONU. L’an dernier, même dans les pires conditions, les gens nous souriaient, nous parlaient et nous ouvraient volontiers leurs toiles de tentes. J’imagine qu’à ce moment-là, la présence des journalistes représentait encore l’espoir que le monde puisse connaître leur détresse et leur vienne en aide.
Aujourd’hui, les journalistes sont toujours aussi nombreux, mais rien n’a vraiment changé pour les Haïtiens. Ils sont encore entre 1,5 et 2 millions à vivre sous des tentes, dans des conditions sanitaires effroyables, en proie à la violence, aux maladies et aux intempéries. Sur le Champ de Mars, la place longeant le palais présidentiel où 40 000 personnes campent depuis le séisme, la plupart des réfugiés refusent qu’on les prenne en photo, ou demandent de l’argent en échange. Souvent, des insultes fusent. Les journalistes ne sont plus les bienvenus : personne ne comprend plus trop le but de son travail. Au mieux dans les camps, on leur prête une complaisance mal placée.
Lors de la cérémonie commémorative à l’Université de Quiesqeya, plusieurs étudiants et membres de l’administration m’ont fait part de leur agacement. A l’exemple de Julien, 23 ans, étudiant en médecine : "Vous ne faites qu’appuyer sur la tête de gens en train de se noyer, explique-t-il. Ce que la presse étrangère dit de nous, c’est 'oh, les pauvres', en louant notre courage et notre résilience. Mais nous ne nous limitons pas à du courage ! Nous faisons des choses, nous élaborons des projets. Nous nous battons, nous avons besoin d’encouragements ! On a besoin qu’on nous dise : 'c’est bien ce que vous faites'".
Une foule de projets fleurissent en effet dans Port-au-Prince. Des projets disparates, parfois tout petits, mais portés par des hommes et des femmes dynamiques, animés par l’envie d’en finir avec cette idée fataliste du malheur haïtien. C’est le cas du père David César, responsable de l’épiscopat de la Sainte Trinité, qui se bat pour récolter assez d’argent et rouvrir ses écoles. C’est le cas aussi de l’Université de Quiesqueya, qui met sur pied un programme de recherches rémunérés pour que les étudiants puissent poursuivre leurs études. Ce sont aussi tous ces médecins, infirmiers, ingénieurs, architectes, écrivains, intellectuels, professeurs, installés aux Etats-Unis, en Europe ou au Canada, et qui reviennent en Haïti apporter leur pierre à l’édifice. "D’un certain point de vue, le séisme est une chance : nous pouvons tout reconstruire, réinventer Haïti", ose une étudiante en sciences politiques. "Encore faudrait-il que la communauté internationale accepte de nous laisser un peu de place pour participer à la reconstruction".
http://www.france24.com/fr/20110117-haiti-seisme-un-an-apres-carnet-route-retour-journalisme-defiance
Retour en France. Comme l’année dernière, partir d’Haïti au bout d'une semaine seulement me laisse un goût amer. Ce pays est d’une richesse dont j’ai encore envie de m’imprégner. Étrangement, pourtant, y travailler aura été moins aisé qu’il y a un an. J’ai ressenti, comme une gifle, le ras-le-bol des Haïtiens envers les journalistes, les ONG, ou encore l’ONU. L’an dernier, même dans les pires conditions, les gens nous souriaient, nous parlaient et nous ouvraient volontiers leurs toiles de tentes. J’imagine qu’à ce moment-là, la présence des journalistes représentait encore l’espoir que le monde puisse connaître leur détresse et leur vienne en aide.
Aujourd’hui, les journalistes sont toujours aussi nombreux, mais rien n’a vraiment changé pour les Haïtiens. Ils sont encore entre 1,5 et 2 millions à vivre sous des tentes, dans des conditions sanitaires effroyables, en proie à la violence, aux maladies et aux intempéries. Sur le Champ de Mars, la place longeant le palais présidentiel où 40 000 personnes campent depuis le séisme, la plupart des réfugiés refusent qu’on les prenne en photo, ou demandent de l’argent en échange. Souvent, des insultes fusent. Les journalistes ne sont plus les bienvenus : personne ne comprend plus trop le but de son travail. Au mieux dans les camps, on leur prête une complaisance mal placée.
Lors de la cérémonie commémorative à l’Université de Quiesqeya, plusieurs étudiants et membres de l’administration m’ont fait part de leur agacement. A l’exemple de Julien, 23 ans, étudiant en médecine : "Vous ne faites qu’appuyer sur la tête de gens en train de se noyer, explique-t-il. Ce que la presse étrangère dit de nous, c’est 'oh, les pauvres', en louant notre courage et notre résilience. Mais nous ne nous limitons pas à du courage ! Nous faisons des choses, nous élaborons des projets. Nous nous battons, nous avons besoin d’encouragements ! On a besoin qu’on nous dise : 'c’est bien ce que vous faites'".
Une foule de projets fleurissent en effet dans Port-au-Prince. Des projets disparates, parfois tout petits, mais portés par des hommes et des femmes dynamiques, animés par l’envie d’en finir avec cette idée fataliste du malheur haïtien. C’est le cas du père David César, responsable de l’épiscopat de la Sainte Trinité, qui se bat pour récolter assez d’argent et rouvrir ses écoles. C’est le cas aussi de l’Université de Quiesqueya, qui met sur pied un programme de recherches rémunérés pour que les étudiants puissent poursuivre leurs études. Ce sont aussi tous ces médecins, infirmiers, ingénieurs, architectes, écrivains, intellectuels, professeurs, installés aux Etats-Unis, en Europe ou au Canada, et qui reviennent en Haïti apporter leur pierre à l’édifice. "D’un certain point de vue, le séisme est une chance : nous pouvons tout reconstruire, réinventer Haïti", ose une étudiante en sciences politiques. "Encore faudrait-il que la communauté internationale accepte de nous laisser un peu de place pour participer à la reconstruction".
http://www.france24.com/fr/20110117-haiti-seisme-un-an-apres-carnet-route-retour-journalisme-defiance
Haïti : le tyran "Baby doc" revient sur les lieux de ses crimes !
17 Janvier 2011 Par Velveth Faut-il que pour un dictateur chassé de Tunisie en réapparaisse un autre en Haïti ? "Baby Doc", réfugié en France depuis 25 ans, est de retour !
Le retour à Haïti de l'ancien dictateur, « Bébé Doc », de la dynastie despotique des Duvalier et de leurs sinistres « tontons macoutes » qui assassinaient et pillaient, des décennies durant, est une très mauvaise nouvelle pour les haïtiens.
Obligé de fuir l'île sous la pression populaire en 1986, il trouva refuge en France. Exil doré sous le règne de Mitterrand.
Haïti, un an après le séisme, est île de la désolation et les milliards promis par les grandes puissances n'ont pas été versés. La population subsiste grâce à la présence d'une myriade d'ONG quand il faudrait « reconstruire » le pays mais l'aide promise n'arrivant pas, la population peut être tentée de se tourner vers d'absurdes "solutions".
D'ailleurs, des centaines de partisans de « Baby Doc » (payés ?), oublieux de sa sauvagerie, l'ont accueilli, hier au soir, à l'aéroport.
Le Premier ministre haïtien ne trouve d'ailleurs rien à dire à ce retour : « C'est un citoyen haïtien qui rentre au pays comme il en a le droit » !
Ainsi, profitant du chaos, avec un mutisme coupable des dirigeants occidentaux, les autorités actuelles réhabilitent-elles la dictature malgré ses milliers de victimes...
La "communauté internationale", stupide terme consacré, laissera-t-elle ce boucher reprendre pied en Haïti ?http://www.mediapart.fr/club/blog/velveth/170111/haiti-le-tyran-baby-doc-revient-sur-les-lieux-de-ses-crimes
Le retour à Haïti de l'ancien dictateur, « Bébé Doc », de la dynastie despotique des Duvalier et de leurs sinistres « tontons macoutes » qui assassinaient et pillaient, des décennies durant, est une très mauvaise nouvelle pour les haïtiens.
Obligé de fuir l'île sous la pression populaire en 1986, il trouva refuge en France. Exil doré sous le règne de Mitterrand.
Haïti, un an après le séisme, est île de la désolation et les milliards promis par les grandes puissances n'ont pas été versés. La population subsiste grâce à la présence d'une myriade d'ONG quand il faudrait « reconstruire » le pays mais l'aide promise n'arrivant pas, la population peut être tentée de se tourner vers d'absurdes "solutions".
D'ailleurs, des centaines de partisans de « Baby Doc » (payés ?), oublieux de sa sauvagerie, l'ont accueilli, hier au soir, à l'aéroport.
Le Premier ministre haïtien ne trouve d'ailleurs rien à dire à ce retour : « C'est un citoyen haïtien qui rentre au pays comme il en a le droit » !
Ainsi, profitant du chaos, avec un mutisme coupable des dirigeants occidentaux, les autorités actuelles réhabilitent-elles la dictature malgré ses milliers de victimes...
La "communauté internationale", stupide terme consacré, laissera-t-elle ce boucher reprendre pied en Haïti ?http://www.mediapart.fr/club/blog/velveth/170111/haiti-le-tyran-baby-doc-revient-sur-les-lieux-de-ses-crimes
Haiti, un an après : l’information, cruciale pour la survie des rescapés
Haiti, un an après : l’information, cruciale pour la survie des rescapés
par Vincent JAY
Thématique: Information, TIC
Rubrique: Contributions
Portail Caraibes, 17/01/11 à 16h51 GMT"Médias, systèmes d'informations et communautés : leçons d'Haïti"
La gestion de l'information a été centrale pour sauver des vies en Haïti, que ce soit grâce aux cartes interactives, aux SMS ou aux programmes radios et ce, pour la première fois dans l'histoire de la gestion des crises humanitaires de grande ampleur.
A l'occasion du premier anniversaire du séisme en Haïti, Internews assiste la publication du rapport "Médias, systèmes d'informations et communautés : leçons d'Haïti " (Media, Information Systems and Communities : Lessons from Haiti)" sur l'importance de la gestion de l'information et des médias dans les crises humanitaires, produit par le Communicating with Disaster Affected Communities (CDAC)et financé par la fondation Knight.
Depuis un an, Internews a produit plus de 1000 éditions du programme radio en créole ENDK, qui a permis une large diffusion de l'information de première nécessité au sein de la population touchée (choléra, eau etc.).
Source : Coordination SUD, 14 janvier 2011
http://www.mediaterre.org/caraibes/actu,20110117165144.html
par Vincent JAY
Thématique: Information, TIC
Rubrique: Contributions
Portail Caraibes, 17/01/11 à 16h51 GMT"Médias, systèmes d'informations et communautés : leçons d'Haïti"
La gestion de l'information a été centrale pour sauver des vies en Haïti, que ce soit grâce aux cartes interactives, aux SMS ou aux programmes radios et ce, pour la première fois dans l'histoire de la gestion des crises humanitaires de grande ampleur.
A l'occasion du premier anniversaire du séisme en Haïti, Internews assiste la publication du rapport "Médias, systèmes d'informations et communautés : leçons d'Haïti " (Media, Information Systems and Communities : Lessons from Haiti)" sur l'importance de la gestion de l'information et des médias dans les crises humanitaires, produit par le Communicating with Disaster Affected Communities (CDAC)et financé par la fondation Knight.
Depuis un an, Internews a produit plus de 1000 éditions du programme radio en créole ENDK, qui a permis une large diffusion de l'information de première nécessité au sein de la population touchée (choléra, eau etc.).
Source : Coordination SUD, 14 janvier 2011
http://www.mediaterre.org/caraibes/actu,20110117165144.html
Continental va relier New York à Haïti
Publié le 17 janvier 2011 par François Duclos dans Actualité, Info pratique, Nouvelle liaison - 0 commentaire
La compagnie aérienne Continental Airlines lancera en juin 2011 une nouvelle ligne directe entre New York et Port-au-Prince à Haïti.
Alors qu’Haïti commémore le premier anniversaire du tremblement de terre qui avait fait 250 000 morts le 12 janvier dernier, la compagnie américaine a annoncé pour le 9 juin 2011 le début de ses trois vols hebdomadaires entre New York – Newark et Port-au-Prince. Les vols quitteront l’aéroport Newark International les mardi, jeudi et samedi avant de devenir quotidiens à compter du premier juillet. La liaison sera effectuée à bord de Boeing 737-800 de 160 places (16 en première et 144 en économie), avec départ prévu à 9h25 pour une arrivée à Port-au-Prince à 12h15, le vol retour quittant l’aéroport Toussaint Louverture à 13h20 pour se poser à Newark à 18h15.
Il s’agit de la 27eme destination dans les Caraïbes pour la compagnie de Star Alliance, qui a fusionné avec United Airlines en octobre dernier, une fusion qui sera mise en œuvre cette année et finalisée en 2012. Aucune ne desservait jusque là Haïti, contrairement à American Airlines, Delta, Air Canada, Air Transat ou Spirit Airlines.
C’est cependant une autre compagnie aérienne qui est à la pointe de l’actualité en Haïti, Air France ayant déposé dimanche sur l’aéroport de la capitale l’ancien dictateur Jean Claude « Bébé Doc » Duvalier après 24 ans d’exil forcé.
http://www.air-journal.fr/2011-01-17-continental-va-relier-new-york-a-haiti-523366.html
La compagnie aérienne Continental Airlines lancera en juin 2011 une nouvelle ligne directe entre New York et Port-au-Prince à Haïti.
Alors qu’Haïti commémore le premier anniversaire du tremblement de terre qui avait fait 250 000 morts le 12 janvier dernier, la compagnie américaine a annoncé pour le 9 juin 2011 le début de ses trois vols hebdomadaires entre New York – Newark et Port-au-Prince. Les vols quitteront l’aéroport Newark International les mardi, jeudi et samedi avant de devenir quotidiens à compter du premier juillet. La liaison sera effectuée à bord de Boeing 737-800 de 160 places (16 en première et 144 en économie), avec départ prévu à 9h25 pour une arrivée à Port-au-Prince à 12h15, le vol retour quittant l’aéroport Toussaint Louverture à 13h20 pour se poser à Newark à 18h15.
Il s’agit de la 27eme destination dans les Caraïbes pour la compagnie de Star Alliance, qui a fusionné avec United Airlines en octobre dernier, une fusion qui sera mise en œuvre cette année et finalisée en 2012. Aucune ne desservait jusque là Haïti, contrairement à American Airlines, Delta, Air Canada, Air Transat ou Spirit Airlines.
C’est cependant une autre compagnie aérienne qui est à la pointe de l’actualité en Haïti, Air France ayant déposé dimanche sur l’aéroport de la capitale l’ancien dictateur Jean Claude « Bébé Doc » Duvalier après 24 ans d’exil forcé.
http://www.air-journal.fr/2011-01-17-continental-va-relier-new-york-a-haiti-523366.html
Haïti attend la décision des élections (BBC News, 17 jan)
Écrit par thierry Le gouvernement haïtien et des experts internationaux ont discuté de ce qu'il faut faire au sujet de l'élection présidentielle contestée. Le second tour de scrutin aurait dû avoir lieu le 16 janvier, mais il a été reporté en raison d'une ligne de plus sur le bulletin de vote.
C’est l'ancienne première dame Mirlande Manigat a remporté le premier tour en novembre. Mais les deux candidats du parti au pouvoir Jude Célestin et le chanteur Michel Martelly disent qu'ils devraient figurer sur les listes. Les 28 novembre, le premier tour de vote a été largement critiqué, avec des rapports stipulant des bourrages d'urnes, des violences et des intimidations dans les bureaux de vote.
Les résultats provisoires annoncés par le conseil électoral en Haïti en décembre, ont classé deuxième Célestin, battant de justesse Martelly. Mais les résultats ont provoqué de violentes protestations des partisans de Martelly, dénonçant des irrégularités. Craignant que la violence peut dégénérer, l'Organisation des États américains (OEA) a envoyé une équipe d'experts pour évaluer le résultat. Leur rapport a été présenté au président René Préval jeudi. Ils n’ont pas été rendus publics, mais selon une fuite, l'OEA a recommandé à Célestin d’être rayé du second tour en faveur de la pop star Martelly. Après l’actualisation des bulletins frauduleux, le rapport aurait conclu au fait que Martelly ait remporté plus de voix que Célestin.
Célestin est le candidat préféré du Président actuel Préval, qui a examiné le rapport de l'OEA avant de le transmettre au Conseil électoral provisoire d'Haïti, qui aura le dernier mot sur ce qui sera mis sur le bulletin de vote pour le second tour. Les correspondants disent que Préval fait face aux fortes pressions internationales pour accepter ces recommandations.
Le chef de la mission de l'OEA, Colin Granderson, a déclaré à l’AFP que les pourparlers entre l'OEA et le gouvernement haïtien aurait lieu dans les prochains jours. Celui qui gagne la présidence fera face à la tâche de la reconstruction d'Haïti après le séisme dévastateur de l'année dernière qui a tué plus de 250 000 personnes et qui a laissé la capitale Port-au-Prince en ruines.
Plus d'un million de personnes sont laissées sans abri et vivent encore dans des tentes dans des conditions déplorables, et le pays a également été ravagé par une épidémie de choléra qui a tué plus de 3 700 personnes. Le pays le plus pauvre des Caraïbes a subi des années de troubles politiques, et près de 12 000 Casques bleus sont dans le pays pour assurer la sécurité et le soutien des élections libres et équitables.
L’article sur BBC News, du 17 janvier 2011
Lire aussi : http://sharknews.fr/chroniques/articles-du-monde/1530-enfin-quelques-bonnes-nouvelles-en-provenance-dhaiti-washington-post
C’est l'ancienne première dame Mirlande Manigat a remporté le premier tour en novembre. Mais les deux candidats du parti au pouvoir Jude Célestin et le chanteur Michel Martelly disent qu'ils devraient figurer sur les listes. Les 28 novembre, le premier tour de vote a été largement critiqué, avec des rapports stipulant des bourrages d'urnes, des violences et des intimidations dans les bureaux de vote.
Les résultats provisoires annoncés par le conseil électoral en Haïti en décembre, ont classé deuxième Célestin, battant de justesse Martelly. Mais les résultats ont provoqué de violentes protestations des partisans de Martelly, dénonçant des irrégularités. Craignant que la violence peut dégénérer, l'Organisation des États américains (OEA) a envoyé une équipe d'experts pour évaluer le résultat. Leur rapport a été présenté au président René Préval jeudi. Ils n’ont pas été rendus publics, mais selon une fuite, l'OEA a recommandé à Célestin d’être rayé du second tour en faveur de la pop star Martelly. Après l’actualisation des bulletins frauduleux, le rapport aurait conclu au fait que Martelly ait remporté plus de voix que Célestin.
Célestin est le candidat préféré du Président actuel Préval, qui a examiné le rapport de l'OEA avant de le transmettre au Conseil électoral provisoire d'Haïti, qui aura le dernier mot sur ce qui sera mis sur le bulletin de vote pour le second tour. Les correspondants disent que Préval fait face aux fortes pressions internationales pour accepter ces recommandations.
Le chef de la mission de l'OEA, Colin Granderson, a déclaré à l’AFP que les pourparlers entre l'OEA et le gouvernement haïtien aurait lieu dans les prochains jours. Celui qui gagne la présidence fera face à la tâche de la reconstruction d'Haïti après le séisme dévastateur de l'année dernière qui a tué plus de 250 000 personnes et qui a laissé la capitale Port-au-Prince en ruines.
Plus d'un million de personnes sont laissées sans abri et vivent encore dans des tentes dans des conditions déplorables, et le pays a également été ravagé par une épidémie de choléra qui a tué plus de 3 700 personnes. Le pays le plus pauvre des Caraïbes a subi des années de troubles politiques, et près de 12 000 Casques bleus sont dans le pays pour assurer la sécurité et le soutien des élections libres et équitables.
L’article sur BBC News, du 17 janvier 2011
Lire aussi : http://sharknews.fr/chroniques/articles-du-monde/1530-enfin-quelques-bonnes-nouvelles-en-provenance-dhaiti-washington-post
Caritas maintient la vigilance contre le choléra en Haïti
17/01/2011.- Alors qu’Haïti commémore le premier anniversaire du séisme, l’épidémie de choléra continue de s’étendre sur le territoire. Sensibiliser la population reste encore le mode de protection le plus efficace contre la maladie. En l’espace de trois mois, le choléra aura fait plus de 3600 morts et contaminé près de 180 000 personnes en Haïti. Un bilan alarmant, qui devrait encore s’aggraver si l’on ne s’attaque rapidement à la racine du problème. Car si l’épidémie semble montrer des signes de ralentissement depuis le début de l’année, le pic de propagation de la maladie n’a pas encore été atteint, prévient l’OMS. Dans un tel contexte, Caritas met l’accent sur les campagnes de prévention, primordiales pour enrayer le cycle de contagion.
Faire comme au Bangladesh
« En période d’épidémie, le travail de sensibilisation est une priorité », explique Annick Genson, déléguée au sein du réseau Caritas en Haïti. « L’expérience montre que dans les pays où le choléra frappe depuis longtemps, un simple travail d’information et de prise de conscience de la population peut considérablement améliorer la situation. Au Bangladesh par exemple, les femmes savent non seulement comment éviter la maladie, mais elles sont également tout à fait au courant des procédures à suivre si l’un des membres de leur famille est contaminé. Et ça fonctionne. Il faut faire la même chose en Haïti ».
L’eau est très rarement potable
Depuis le mois de novembre, les campagnes de prévention sont au cœur de l’action du réseau Caritas. Dans la capitale bien sûr, mais aussi dans les zones rurales de l’île, comme à Gressier, commune de près de 65 000 habitants située à l’Ouest de Port-au-Prince, où les équipes de promoteurs de santé et infirmières Caritas se relaient auprès de la population, dépliants et affichettes en main. L’objectif : alerter et sensibiliser le plus grand nombre sur les risques liés à la maladie, ses symptômes et la manière de s’en protéger, et ce avant que celle-ci ne se propage trop fortement dans la région. Un travail indispensable dans un pays où le choléra avait disparu du territoire il y a près d’un siècle. « Le problème ici, c’est l’ignorance des gens. La plupart n’ont jamais entendu parler de la maladie. Ils sont donc très vulnérables », reprend Annick. Sans parler des conditions de vie dans ces régions reculées où l’eau, principal vecteur de la maladie, est très rarement potable. « A Gressier, nous sommes intervenus au bon moment car la plupart des points d’intervention ont été couverts avant l’apparition de l’épidémie », souligne encore Annick. Si quelques cas ont été recensés dans la région au cours des dernières semaines, ils sont encore relativement peu nombreux.
Les docteurs un peu sorciers des campagnes haïtiennes
Pour être efficace, adopter une approche adaptée au terrain est essentiel. Autour de Gressier, où Caritas développe notamment plusieurs projets de reconstruction de maisons et d’écoles, le réseau fait bon usage de sa connaissance des lieux et des communautés. Les promoteurs de santé sont tous originaires des environs et sont ainsi en mesure de couvrir le territoire jusque dans ses localités les plus reculées. Une proximité qui permet aux familles d’être alertées et de rester informées sur les campagnes de formation et de distributions de savon, chlore et kits d’hygiène, tout en bénéficiant d’un encadrement matériel et psychologique indispensable. Un soutien précieux dans ces zones isolées, où l’épidémie de choléra commence à fragiliser fortement les réseaux de solidarité existants. Aujourd’hui, Marie Julianne Saint Just, ne peut « plus compter sur grand monde depuis que la maladie est arrivée.Avant, on s’entraidait beaucoup. Mais maintenant, tout le monde a peur », se désole cette mère de 3 enfants. Comme elle, Émilienne Saintilens regrette beaucoup que tous deviennent aussi méfiants. Pour l’ancienne commerçante, qui a perdu maison et travail, la présence des équipes Caritas est très « rassurante ». Grâce ces interventions, elle comprend beaucoup mieux la situation et la manière de se protéger contre l’épidémie. Pourtant, si beaucoup, comme Émilienne, sont très réceptifs aux conseils prodigués par les promoteurs de santé, d’autres, comme Ilianne Maxilien continuent de penser que les « connaisseurs », ces docteurs un peu sorciers des campagnes haïtiennes, seront à même de « délivrer les malades du sortilège ». La bataille contre le choléra n’est pas gagnée, la prévention doit impérativement continuer.
Mathilde Magnier
http://www.secours-catholique.org/actualite/caritas-maintient-la-vigilance-contre-le-cholera-en-haiti,8605.html
Faire comme au Bangladesh
« En période d’épidémie, le travail de sensibilisation est une priorité », explique Annick Genson, déléguée au sein du réseau Caritas en Haïti. « L’expérience montre que dans les pays où le choléra frappe depuis longtemps, un simple travail d’information et de prise de conscience de la population peut considérablement améliorer la situation. Au Bangladesh par exemple, les femmes savent non seulement comment éviter la maladie, mais elles sont également tout à fait au courant des procédures à suivre si l’un des membres de leur famille est contaminé. Et ça fonctionne. Il faut faire la même chose en Haïti ».
L’eau est très rarement potable
Depuis le mois de novembre, les campagnes de prévention sont au cœur de l’action du réseau Caritas. Dans la capitale bien sûr, mais aussi dans les zones rurales de l’île, comme à Gressier, commune de près de 65 000 habitants située à l’Ouest de Port-au-Prince, où les équipes de promoteurs de santé et infirmières Caritas se relaient auprès de la population, dépliants et affichettes en main. L’objectif : alerter et sensibiliser le plus grand nombre sur les risques liés à la maladie, ses symptômes et la manière de s’en protéger, et ce avant que celle-ci ne se propage trop fortement dans la région. Un travail indispensable dans un pays où le choléra avait disparu du territoire il y a près d’un siècle. « Le problème ici, c’est l’ignorance des gens. La plupart n’ont jamais entendu parler de la maladie. Ils sont donc très vulnérables », reprend Annick. Sans parler des conditions de vie dans ces régions reculées où l’eau, principal vecteur de la maladie, est très rarement potable. « A Gressier, nous sommes intervenus au bon moment car la plupart des points d’intervention ont été couverts avant l’apparition de l’épidémie », souligne encore Annick. Si quelques cas ont été recensés dans la région au cours des dernières semaines, ils sont encore relativement peu nombreux.
Les docteurs un peu sorciers des campagnes haïtiennes
Pour être efficace, adopter une approche adaptée au terrain est essentiel. Autour de Gressier, où Caritas développe notamment plusieurs projets de reconstruction de maisons et d’écoles, le réseau fait bon usage de sa connaissance des lieux et des communautés. Les promoteurs de santé sont tous originaires des environs et sont ainsi en mesure de couvrir le territoire jusque dans ses localités les plus reculées. Une proximité qui permet aux familles d’être alertées et de rester informées sur les campagnes de formation et de distributions de savon, chlore et kits d’hygiène, tout en bénéficiant d’un encadrement matériel et psychologique indispensable. Un soutien précieux dans ces zones isolées, où l’épidémie de choléra commence à fragiliser fortement les réseaux de solidarité existants. Aujourd’hui, Marie Julianne Saint Just, ne peut « plus compter sur grand monde depuis que la maladie est arrivée.Avant, on s’entraidait beaucoup. Mais maintenant, tout le monde a peur », se désole cette mère de 3 enfants. Comme elle, Émilienne Saintilens regrette beaucoup que tous deviennent aussi méfiants. Pour l’ancienne commerçante, qui a perdu maison et travail, la présence des équipes Caritas est très « rassurante ». Grâce ces interventions, elle comprend beaucoup mieux la situation et la manière de se protéger contre l’épidémie. Pourtant, si beaucoup, comme Émilienne, sont très réceptifs aux conseils prodigués par les promoteurs de santé, d’autres, comme Ilianne Maxilien continuent de penser que les « connaisseurs », ces docteurs un peu sorciers des campagnes haïtiennes, seront à même de « délivrer les malades du sortilège ». La bataille contre le choléra n’est pas gagnée, la prévention doit impérativement continuer.
Mathilde Magnier
http://www.secours-catholique.org/actualite/caritas-maintient-la-vigilance-contre-le-cholera-en-haiti,8605.html
Jean-Claude Duvalier de retour en Haïti après 25 ans d'exil
Clarens Renois.- Agence France-Presse.- Port-au-Prince.-
L'ancien président «à vie» haïtien Jean-Claude Duvalier, chassé du pouvoir par une révolte populaire en 1986, est arrivé dimanche en Haïti après 25 ans d'exil alors que le pays traverse une grave crise politique.
À la surprise générale, Jean-Claude Duvalier, qui avait succédé en 1971 à son père François Duvalier et que les Haïtiens surnomment «Baby Doc», a atterri à l'aéroport de Port-au-Prince dimanche en fin d'après-midi à bord d'un vol Air France.
Alors qu'il se trouvait avec sa compagne à l'intérieur de l'aéroport, en train de remplir les formalités administratives, M. Duvalier a déclaré aux journalistes: «Je suis venu pour aider» le peuple haïtien.
Lorsqu'il est descendu de l'avion, l'ex-dictateur a embrassé le sol, a raconté sa compagne Véronique Roy à l'AFP. Il a alors déclaré: «Haïti mon pays, le pays de Dessalines», en référence au héros de l'indépendance d'Haïti Jean-Jacques Dessalines, toujours selon elle.
Mme Roy a déclaré que c'est le séisme dévastateur du 12 janvier 2010 et ses quelque 250 000 morts qui ont poussé le couple à revenir en Haïti. «Ca a été le déclic, nous avons vu les images à la télévision», a-t-elle dit alors que le pays vient de commémorer les un an de la catastrophe.
Elle a aussi précisé que M. Duvalier possédait un passeport diplomatique, alors que des centaines de supporters de l'ancien président se rassemblaient devant l'aéroport.
Agé de 59 ans, l'ex-dictateur vivait en exil en France depuis près de 25 ans. Il revient dans un pays plongé dans une grave crise politique, le jour même où devait être organisé le deuxième tour de l'élection présidentielle.
Mais les incertitudes qui entourent les résultats du premier tour du 28 novembre, les incidents qui l'ont émaillé et les accusations de fraude, ont amené les autorités à repousser ce deuxième tour sans fixer de nouvelle date.
Les résultats du premier tour diffusés en décembre, plaçant en tête l'ex-Première Dame Mirlande Manigat et en deuxième position le candidat du pouvoir Jude Célestin, avait provoqué la colère de la population et notamment des partisans du candidat Michel Martelly arrivé en troisième position.
Pour calmer le jeu, le président René Préval avait fait appel à une mission d'experts internationale pour recompter les voix. Cette dernière vient de remettre son rapport au chef de l'État dans lequel elle suggère d'écarter le candidat du pouvoir, soutenu par M. Préval, au profit de Michel Martelly.
Tout au long de son exil, Jean-Claude Duvalier qui avait été à 19 ans le plus jeune chef d'État du monde, a répété qu'il souhaitait revenir «un jour» en Haïti.
En 2007, il était intervenu sur les ondes haïtiennes pour demander «pardon au peuple haïtien pour les erreurs commises pendant son règne».
En doutant de la sincérité de ce message, le président René Préval avait alors relevé que s'il y avait «le pardon», il y avait aussi «la justice».
L'ex-dictateur a notamment été accusé de détournements de fonds pendant l'exercice de son pouvoir. Les autorités d'Haïti estiment que plus de 100 millions de dollars ont été détournés sous le couvert d'oeuvres sociales jusqu'à la chute en 1986 de «Baby Doc».
La France avait accepté en 1986 d'accueillir Jean-Claude Duvalier, à titre temporaire, alors que ce dernier était confronté depuis fin novembre 1985 à des manifestations anti-gouvernementales, au cours desquelles plusieurs dizaines d'Haïtiens ont trouvé la mort.
Comme le président Jean Bertrand Aristide en 2004, «Baby Doc» avait été poussé à la démission par les États-Unis. L'ex-président avait ensuite profité d'une retraite dorée dans de vastes demeures de la Côte d'Azur.
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/haiti-un-an-apres/201101/16/01-4360625-jean-claude-duvalier-de-retour-en-haiti-apres-25-ans-dexil.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4360683_article_POS1
L'ancien président «à vie» haïtien Jean-Claude Duvalier, chassé du pouvoir par une révolte populaire en 1986, est arrivé dimanche en Haïti après 25 ans d'exil alors que le pays traverse une grave crise politique.
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| Alors qu'il se trouvait à l'intérieur de l'aéroport, Jean-Claude Duvalier a déclaré aux journalistes: «Je suis venu pour aider» le peuple haïtien. Photo: AP |
Alors qu'il se trouvait avec sa compagne à l'intérieur de l'aéroport, en train de remplir les formalités administratives, M. Duvalier a déclaré aux journalistes: «Je suis venu pour aider» le peuple haïtien.
Lorsqu'il est descendu de l'avion, l'ex-dictateur a embrassé le sol, a raconté sa compagne Véronique Roy à l'AFP. Il a alors déclaré: «Haïti mon pays, le pays de Dessalines», en référence au héros de l'indépendance d'Haïti Jean-Jacques Dessalines, toujours selon elle.
Mme Roy a déclaré que c'est le séisme dévastateur du 12 janvier 2010 et ses quelque 250 000 morts qui ont poussé le couple à revenir en Haïti. «Ca a été le déclic, nous avons vu les images à la télévision», a-t-elle dit alors que le pays vient de commémorer les un an de la catastrophe.
Elle a aussi précisé que M. Duvalier possédait un passeport diplomatique, alors que des centaines de supporters de l'ancien président se rassemblaient devant l'aéroport.
Agé de 59 ans, l'ex-dictateur vivait en exil en France depuis près de 25 ans. Il revient dans un pays plongé dans une grave crise politique, le jour même où devait être organisé le deuxième tour de l'élection présidentielle.
Mais les incertitudes qui entourent les résultats du premier tour du 28 novembre, les incidents qui l'ont émaillé et les accusations de fraude, ont amené les autorités à repousser ce deuxième tour sans fixer de nouvelle date.
Les résultats du premier tour diffusés en décembre, plaçant en tête l'ex-Première Dame Mirlande Manigat et en deuxième position le candidat du pouvoir Jude Célestin, avait provoqué la colère de la population et notamment des partisans du candidat Michel Martelly arrivé en troisième position.
Pour calmer le jeu, le président René Préval avait fait appel à une mission d'experts internationale pour recompter les voix. Cette dernière vient de remettre son rapport au chef de l'État dans lequel elle suggère d'écarter le candidat du pouvoir, soutenu par M. Préval, au profit de Michel Martelly.
Tout au long de son exil, Jean-Claude Duvalier qui avait été à 19 ans le plus jeune chef d'État du monde, a répété qu'il souhaitait revenir «un jour» en Haïti.
En 2007, il était intervenu sur les ondes haïtiennes pour demander «pardon au peuple haïtien pour les erreurs commises pendant son règne».
En doutant de la sincérité de ce message, le président René Préval avait alors relevé que s'il y avait «le pardon», il y avait aussi «la justice».
L'ex-dictateur a notamment été accusé de détournements de fonds pendant l'exercice de son pouvoir. Les autorités d'Haïti estiment que plus de 100 millions de dollars ont été détournés sous le couvert d'oeuvres sociales jusqu'à la chute en 1986 de «Baby Doc».
La France avait accepté en 1986 d'accueillir Jean-Claude Duvalier, à titre temporaire, alors que ce dernier était confronté depuis fin novembre 1985 à des manifestations anti-gouvernementales, au cours desquelles plusieurs dizaines d'Haïtiens ont trouvé la mort.
Comme le président Jean Bertrand Aristide en 2004, «Baby Doc» avait été poussé à la démission par les États-Unis. L'ex-président avait ensuite profité d'une retraite dorée dans de vastes demeures de la Côte d'Azur.
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/haiti-un-an-apres/201101/16/01-4360625-jean-claude-duvalier-de-retour-en-haiti-apres-25-ans-dexil.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4360683_article_POS1
Haïti : l'école de Jacmel devrait bientôt rouvrir ses portes
Le poète de la route de Roubia veut « rendre intelligible l'âme des lieux en Haïti en matière de coopération internationale ». D'importantes sommes (11 milliards en tout) avaient été récoltées en mars 2010. Les Lézignanais avaient répondu nombreux à l'appel lancé et rempli l'urne posée à cet effet à la mairie. Ils se demandent où en est la reconstruction de l'école de Jacmel, la ville natale de René Depestre. C'est ce projet qui avait surtout guidé leur générosité, parce que René Depestre est citoyen d'honneur de la ville et qu'ils en sont fiers. Depuis son « Havre de paix », l'écrivain franco-haïtien reste en contact étroit avec Gérard Borne, directeur du centre culturel Alcibiade Pommayrac, qui gère lycée, collège et école primaire. Cette école, où René Depestre a appris à lire et à écrire, voici 80 ans, s'est effondrée lors du séisme du 12 janvier 2010. Elle est maintenant reconstruite, (aux normes antisismiques) et va ouvrir sous peu. Depuis un an, les élèves étudient sous une tente. Les autres établissements culturels de Jacmel n'ont pas été touchés.
La culture avant tout.
Malgré le chaos qui règne sur l'île, les enseignants ont continué leur travail. Les choses de l'esprit sont essentielles dans un pays riche en intellectuels de valeur : « La culture est debout », affirme René Depestre. Un pays, précise-t-il, qui doit « être refondé, plus encore que reconstruit ». Il faut commencer par l'instruction. C'est pourquoi les écoles sont prioritaires dans la longue liste des travaux urgents. Le palais, la cathédrale, les maisons d'habitations restent encore en ruine. « La manne financière tarde à être versée, car les donateurs veulent envoyer les fonds à des Haïtiens sérieux, crédibles. Les aides sanitaires et alimentaires ont été apportées. Pour le reste, on attend les élections, avec l'espoir, pour moi, que Mirlande Maniga, qui est sortie en tête du premier tour, soit élue. Elle saura s'entourer de gens compétents. Je l'ai eue récemment au téléphone. Elle me demandait d'être son conseiller, mais à bientôt 85 ans, ce n'est pas possible pour moi ! J'ai une grande confiance en elle. Elle saura prendre à bras le corps la tragédie haïtienne ».
Deux ouvrages de René Depestre vont sortir
En attendant, les critiques fusent en direction de la communauté internationale : « On parle même de déshonneur, devant le fait que Port-au-Prince, se trouve, un an après, dans l'état où le séisme l'a laissé. Or, pouvait- on verser ces sommes énormes à des interlocuteurs aussi peu valables que les membres de l'actuel gouvernement ? Les donateurs ne voudront investir durablement dans un pays sans état à sa tête ! », souligne René Depestre, qui reste cependant optimiste.
Haïti en a vu de toutes les couleurs, depuis qu'elle s'est libérée de l'esclavage. (D'ailleurs, elle n'a été réellement indépendante que quelques lustres !) Et elle s'est toujours relevée de ses multiples catastrophes.
Dans son livre 'Souci d'un Haïti debout', qui va paraître avant l'été, inspiré par le drame de son pays natal, il veut « rendre intelligible le chaos permanent, de 1692 à nos jours ». Un autre ouvrage, écrit avant le séisme, sortira aussi prochainement 'Une gomme pour le crayon du Christ'. René Depestre utilise son arme favorite, l'écriture. Comme tous les intellectuels de son « île naufragée », il espère qu'enfin ils auront une influence effective sur la société civile et le monde politique. Il souhaite que « les atouts actuels - la présence d'Obama à la Maison Blanche, les progrès de la civilité et de la solidarité mondiales - permettront à Haïti de créer un vrai état, capable de coordonner les actions des 10 000 ONG, qui y sont présentes, et de fixer des tâches à chacun. » Mais, réaliste, il ajoute : « Il faudra bien une génération entière pour y parvenir ! »
Noëlle Diamant-Berger
http://www.midilibre.com/articles/2011/01/17/VILLAGES-Haiti-l-39-ecole-de-Jacmel-devrait-bientot-rouvrir-ses-portes-1510281.php5
La culture avant tout.
Malgré le chaos qui règne sur l'île, les enseignants ont continué leur travail. Les choses de l'esprit sont essentielles dans un pays riche en intellectuels de valeur : « La culture est debout », affirme René Depestre. Un pays, précise-t-il, qui doit « être refondé, plus encore que reconstruit ». Il faut commencer par l'instruction. C'est pourquoi les écoles sont prioritaires dans la longue liste des travaux urgents. Le palais, la cathédrale, les maisons d'habitations restent encore en ruine. « La manne financière tarde à être versée, car les donateurs veulent envoyer les fonds à des Haïtiens sérieux, crédibles. Les aides sanitaires et alimentaires ont été apportées. Pour le reste, on attend les élections, avec l'espoir, pour moi, que Mirlande Maniga, qui est sortie en tête du premier tour, soit élue. Elle saura s'entourer de gens compétents. Je l'ai eue récemment au téléphone. Elle me demandait d'être son conseiller, mais à bientôt 85 ans, ce n'est pas possible pour moi ! J'ai une grande confiance en elle. Elle saura prendre à bras le corps la tragédie haïtienne ».
Deux ouvrages de René Depestre vont sortir
En attendant, les critiques fusent en direction de la communauté internationale : « On parle même de déshonneur, devant le fait que Port-au-Prince, se trouve, un an après, dans l'état où le séisme l'a laissé. Or, pouvait- on verser ces sommes énormes à des interlocuteurs aussi peu valables que les membres de l'actuel gouvernement ? Les donateurs ne voudront investir durablement dans un pays sans état à sa tête ! », souligne René Depestre, qui reste cependant optimiste.
Haïti en a vu de toutes les couleurs, depuis qu'elle s'est libérée de l'esclavage. (D'ailleurs, elle n'a été réellement indépendante que quelques lustres !) Et elle s'est toujours relevée de ses multiples catastrophes.
Dans son livre 'Souci d'un Haïti debout', qui va paraître avant l'été, inspiré par le drame de son pays natal, il veut « rendre intelligible le chaos permanent, de 1692 à nos jours ». Un autre ouvrage, écrit avant le séisme, sortira aussi prochainement 'Une gomme pour le crayon du Christ'. René Depestre utilise son arme favorite, l'écriture. Comme tous les intellectuels de son « île naufragée », il espère qu'enfin ils auront une influence effective sur la société civile et le monde politique. Il souhaite que « les atouts actuels - la présence d'Obama à la Maison Blanche, les progrès de la civilité et de la solidarité mondiales - permettront à Haïti de créer un vrai état, capable de coordonner les actions des 10 000 ONG, qui y sont présentes, et de fixer des tâches à chacun. » Mais, réaliste, il ajoute : « Il faudra bien une génération entière pour y parvenir ! »
Noëlle Diamant-Berger
http://www.midilibre.com/articles/2011/01/17/VILLAGES-Haiti-l-39-ecole-de-Jacmel-devrait-bientot-rouvrir-ses-portes-1510281.php5
Baby Doc de retour, les Haïtiens sceptiques
ReportageLe retour inattendu de Jean-Claude Duvalier dimanche soir a provoqué une vraie stupéfaction dans la capitale. Si quelques Haïtiens affichent sympathie ou nostalgie, la plupart restent circonspects. Par MARWAN CHAHINE
Il est 17 heures ce dimanche, le soleil se couche doucement sur Pétionville. La nouvelle commence à se répandre. Jean-Claude Duvalier va arriver en Haïti. Baby Doc est de retour. Une rumeur? Une blague? Non, tout ça a l’air d’être vrai. Les téléphones n’arrêtent pas de sonner. En apprenant la nouvelle, les gens sourient surtout d’hébètement et d’excitation. Pas de grand mouvement de joie, pas de colère non plus.
Trente minutes plus tard, devant l’aéroport Toussaint-Louverture de Port-au-Prince, trois cents personnes sont venues l’accueillir. Quelques «Bon papa Jean-Claude» sont clamés ci-et-là mais les simples curieux semblent aussi nombreux que les nostalgiques. D’autant que beaucoup sont jeunes, très jeunes. Ils n’étaient pas nés en 1986 au moment où le peuple haïtien fêtait le départ du dictateur. «Mes parents m’ont beaucoup parlé de lui», explique Marlon, un adolescent. «Avant, Haïti était un grand pays.» «Il nous faut du changement» complète sa sœur avec enthousiasme.
Enthousiaste, Franciscain, 20 ans, l’est moins. Il dit être là «pour voir» mais aussi «parce que mon père était militaire et Duvalier c’est le temps où on avait une armée». Il ne croit pourtant pas au retour providentiel et s’agace un peu de la situation. Tout le monde crie; l’avion aurait atterri. «Ça c’est du fromage, du show», lâche-t-il en désignant un groupe courant avec un drapeau haïtien; «moi, je veux du travail. Vous avez pas besoin d’un chauffeur?» A côté de lui, un homme d’une cinquantaine d’années fait cracher à son autoradio Tropicana, un hymne duvaliériste. Lorsqu’on l’interroge, son engouement est en fait très mitigé: «Il y avait un Etat mais c’était la dictature!»
«Il était roi d’Haïti?»
En pleine période électorale, l’arrivée de Baby Doc ne gomme pas les clivages partisans. Parmi son comité d’accueil, on trouve des défenseurs de Mirlande Manigat, de Michel Martelly et même de Jude Celestin, tiercé du premier tour des élections. Chacun y va de sa combinaison à imaginer Duvalier Premier ministre de l’un ou de l’autre. Des soldats de l’Onu, passent, casques bleus sur le crâne. «Minustah (la mission de l'ONU, ndlr) caca, vive la police (haïtienne)», chantent quelques badauds. Nesly, casquette vissée sur ses dreadlocks et baggy, n’approuve pas: «Vive la police? Ils sont fous?».
Certains sont là par pure coïncidence. Coincé contre la grille de sortie des voyageurs, dont la police bloque l’accès, un homme agite une pancarte ornée de cœurs, sur laquelle on peut lire «Gégé», vraisemblablement un passager de l’avion. Quelques humanitaires venus récupérer des commissionnaires cherchent à en savoir plus sur le fameux Jean-Claude: «Il était roi d’Haïti?», interroge une jeune anglophone. Lassés, les gens commencent à se disperser sans savoir s’il est vraiment parti et même s’il est vraiment arrivé. En rebroussant chemin, un jeune, visiblement énervé, prophétise: «Demain, c’est Aristide qui revient!»
Finalement Duvalier a quitte l’aéroport, il se dirigerait vers La réserve, un resto chic de Pétion-ville. Tout le long de la route, la vie semble suivre son cours, normalement. Par endroit, des groupes sont agglutinés derrière un poste de télé ou de radio, rien de plus. La seule scène de liesse que nous voyons se déroule devant une Eglise d’où sortent des fidèles, dansant et chantant. Sans doute ignorent-ils tout de ce retour surprise, leur messie est ailleurs.
Hypothèses
Après l’étonnement viennent les interrogations: Pourquoi ce retour? Pourquoi intervient-t-il entre les deux tours? Mais surtout: qui sert-il? Toutes les hypothèses même les plus farfelues sont envisagées à voix haute. Louis, un avocat d’une quarantaine d’années y voit une manigance de Washington ou de Paris pour garder la Minustah en fonction. Très vite, il se ravise: «Préval est dans le coup!» assure-t-il désormais. «Il a fait ça pour ne pas être lui-aussi contraint à l’exil.» Fils de Makoute, Louis a manifesté, adolescent, contre le régime duvaliériste puis contribué à porter Aristide au pouvoir avant de déchanter. Aujourd’hui, il ne sait plus très bien quoi penser: «Il a fait quoi pour son pays pendant vingt-cinq ans? Il vient rajouter sa merde?»
La Réserve était une fausse piste. Jean-Claude Duvalier et son épouse se trouvent en réalité au Karibe, l’un des plus chics hôtels du pays. Vers 21 heures, le gros des troupes a déjà déguerpi. Ne restent plus que quelques jeunes supporteurs qui, à leur démarche chancelante, ont tout l’air d’avoir déjà bien fêté leur champion. Il est minuit. Les rues sont vides, presque silencieuses. Frantz, un riche Haïtien qui habite une immense villa près de l’hôtel, est inquiet: «Ce soir, c’est calme mais demain tout le pays va manifester. Il y a des gens qui portent encore des vraies cicatrices.»
http://www.liberation.fr/monde/01012314149-baby-doc-de-retour-les-haitiens-sceptiques
Il est 17 heures ce dimanche, le soleil se couche doucement sur Pétionville. La nouvelle commence à se répandre. Jean-Claude Duvalier va arriver en Haïti. Baby Doc est de retour. Une rumeur? Une blague? Non, tout ça a l’air d’être vrai. Les téléphones n’arrêtent pas de sonner. En apprenant la nouvelle, les gens sourient surtout d’hébètement et d’excitation. Pas de grand mouvement de joie, pas de colère non plus.
Trente minutes plus tard, devant l’aéroport Toussaint-Louverture de Port-au-Prince, trois cents personnes sont venues l’accueillir. Quelques «Bon papa Jean-Claude» sont clamés ci-et-là mais les simples curieux semblent aussi nombreux que les nostalgiques. D’autant que beaucoup sont jeunes, très jeunes. Ils n’étaient pas nés en 1986 au moment où le peuple haïtien fêtait le départ du dictateur. «Mes parents m’ont beaucoup parlé de lui», explique Marlon, un adolescent. «Avant, Haïti était un grand pays.» «Il nous faut du changement» complète sa sœur avec enthousiasme.
Enthousiaste, Franciscain, 20 ans, l’est moins. Il dit être là «pour voir» mais aussi «parce que mon père était militaire et Duvalier c’est le temps où on avait une armée». Il ne croit pourtant pas au retour providentiel et s’agace un peu de la situation. Tout le monde crie; l’avion aurait atterri. «Ça c’est du fromage, du show», lâche-t-il en désignant un groupe courant avec un drapeau haïtien; «moi, je veux du travail. Vous avez pas besoin d’un chauffeur?» A côté de lui, un homme d’une cinquantaine d’années fait cracher à son autoradio Tropicana, un hymne duvaliériste. Lorsqu’on l’interroge, son engouement est en fait très mitigé: «Il y avait un Etat mais c’était la dictature!»
«Il était roi d’Haïti?»
En pleine période électorale, l’arrivée de Baby Doc ne gomme pas les clivages partisans. Parmi son comité d’accueil, on trouve des défenseurs de Mirlande Manigat, de Michel Martelly et même de Jude Celestin, tiercé du premier tour des élections. Chacun y va de sa combinaison à imaginer Duvalier Premier ministre de l’un ou de l’autre. Des soldats de l’Onu, passent, casques bleus sur le crâne. «Minustah (la mission de l'ONU, ndlr) caca, vive la police (haïtienne)», chantent quelques badauds. Nesly, casquette vissée sur ses dreadlocks et baggy, n’approuve pas: «Vive la police? Ils sont fous?».
Certains sont là par pure coïncidence. Coincé contre la grille de sortie des voyageurs, dont la police bloque l’accès, un homme agite une pancarte ornée de cœurs, sur laquelle on peut lire «Gégé», vraisemblablement un passager de l’avion. Quelques humanitaires venus récupérer des commissionnaires cherchent à en savoir plus sur le fameux Jean-Claude: «Il était roi d’Haïti?», interroge une jeune anglophone. Lassés, les gens commencent à se disperser sans savoir s’il est vraiment parti et même s’il est vraiment arrivé. En rebroussant chemin, un jeune, visiblement énervé, prophétise: «Demain, c’est Aristide qui revient!»
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| Duvalier à son hôtel dimanche soir. (REUTERS) |
Hypothèses
Après l’étonnement viennent les interrogations: Pourquoi ce retour? Pourquoi intervient-t-il entre les deux tours? Mais surtout: qui sert-il? Toutes les hypothèses même les plus farfelues sont envisagées à voix haute. Louis, un avocat d’une quarantaine d’années y voit une manigance de Washington ou de Paris pour garder la Minustah en fonction. Très vite, il se ravise: «Préval est dans le coup!» assure-t-il désormais. «Il a fait ça pour ne pas être lui-aussi contraint à l’exil.» Fils de Makoute, Louis a manifesté, adolescent, contre le régime duvaliériste puis contribué à porter Aristide au pouvoir avant de déchanter. Aujourd’hui, il ne sait plus très bien quoi penser: «Il a fait quoi pour son pays pendant vingt-cinq ans? Il vient rajouter sa merde?»
La Réserve était une fausse piste. Jean-Claude Duvalier et son épouse se trouvent en réalité au Karibe, l’un des plus chics hôtels du pays. Vers 21 heures, le gros des troupes a déjà déguerpi. Ne restent plus que quelques jeunes supporteurs qui, à leur démarche chancelante, ont tout l’air d’avoir déjà bien fêté leur champion. Il est minuit. Les rues sont vides, presque silencieuses. Frantz, un riche Haïtien qui habite une immense villa près de l’hôtel, est inquiet: «Ce soir, c’est calme mais demain tout le pays va manifester. Il y a des gens qui portent encore des vraies cicatrices.»
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Haïti: l'ex-dictateur Jean-Claude Duvalier est de retour au pays
Le retour surprise dimanche à Port-au-Prince de l'ancien président haïtien Jean-Claude Duvalier après 25 ans d'exil divise les Haïtiens. "Duvalier, Duvalier", chantent ses partisans. "Il a commis des crimes et a volé l'argent du peuple", leur crie un jeune. Une ONG a demandé à ce que M. Duvalier soit jugé. A la surprise générale Jean-Claude Duvalier, que les Haïtiens surnomment "Baby Doc", a atterri à l'aéroport de Port-au-Prince dimanche en fin d'après-midi à bord d'un vol Air France. Très rapidement des dizaines de supporters se sont rassemblés dans l'aéroport pour l'accueillir.
Sa compagne Véronique Roy a déclaré que c'est le séisme dévastateur du 12 janvier 2010 et ses quelque 250'000 morts qui ont poussé le couple à revenir en Haïti. "Ca a été le déclic, nous avons vu les images à la télévision", a-t-elle dit alors que le pays vient de commémorer le premier anniversaire de la catastrophe.
Aider Haïti
"On est revenu en toute simplicité, mais c'est extraordinaire cet accueil, il y a beaucoup d'émotions", a déclaré Mme Roy, souriante à côté d'un "Baby Doc" taciturne, le regard un peu perdu qui s'est contenté d'expliquer qu'il est venu "aider" Haïti.
Le Premier ministre haïtien Jean-Max Bellerive a pour sa part jugé qu'en tant qu'Haïtien, Duvalier avait le droit de retourner dans son pays. "Pourvu que sa présence ne vienne pas compliquer une situation politique déjà tendue", a-t-il nuancé.
"Duvalier de retour, nous allons avoir un vrai pays maintenant, nous sommes contents qu'il soit là pour redonner au pays son image d'antan", dit Ronald Brévil, 25 ans. Dans les rues de la capitale des groupes de manifestants joyeux dansent en chantant "Duvalier, Duvalier".
L'ancien président ne récolte cependant pas que des cris de joie. "Il doit être jugé, il a commis des crimes et a volé l'argent du peuple", crie un jeune.
(ats / 17 janvier 2011 12:25)
http://www.romandie.com/infos/ats/display.asp?page=20110117122524760172019048164_brf018.xml&associate=phf1202
Sa compagne Véronique Roy a déclaré que c'est le séisme dévastateur du 12 janvier 2010 et ses quelque 250'000 morts qui ont poussé le couple à revenir en Haïti. "Ca a été le déclic, nous avons vu les images à la télévision", a-t-elle dit alors que le pays vient de commémorer le premier anniversaire de la catastrophe.
Aider Haïti
"On est revenu en toute simplicité, mais c'est extraordinaire cet accueil, il y a beaucoup d'émotions", a déclaré Mme Roy, souriante à côté d'un "Baby Doc" taciturne, le regard un peu perdu qui s'est contenté d'expliquer qu'il est venu "aider" Haïti.
Le Premier ministre haïtien Jean-Max Bellerive a pour sa part jugé qu'en tant qu'Haïtien, Duvalier avait le droit de retourner dans son pays. "Pourvu que sa présence ne vienne pas compliquer une situation politique déjà tendue", a-t-il nuancé.
"Duvalier de retour, nous allons avoir un vrai pays maintenant, nous sommes contents qu'il soit là pour redonner au pays son image d'antan", dit Ronald Brévil, 25 ans. Dans les rues de la capitale des groupes de manifestants joyeux dansent en chantant "Duvalier, Duvalier".
L'ancien président ne récolte cependant pas que des cris de joie. "Il doit être jugé, il a commis des crimes et a volé l'argent du peuple", crie un jeune.
(ats / 17 janvier 2011 12:25)
http://www.romandie.com/infos/ats/display.asp?page=20110117122524760172019048164_brf018.xml&associate=phf1202
Retour surprise de Jean-Claude Duvalier en Haïti
L'ancien président "à vie" Jean-Claude Duvalier a effectué dimanche un retour surprise en Haïti, où il n'était pas revenu depuis son renversement par un soulèvement populaire en 1986. Lire la suite l'article
Il s'est dit prêt à aider son pays, plongé en pleine crise politique et sanitaire un an après un séisme dévastateur.
Vêtu d'un costume bleu et d'une cravate, Jean-Claude Duvalier, désormais âgé de 59 ans, est arrivé à Port-au-Prince en compagnie de sa compagne française Véronique Roy à bord d'un vol Air France en provenance de Paris, ont rapporté des témoins.
"J'attendais ce moment depuis longtemps. Quand j'ai posé le pied au sol, j'ai ressenti une grande joie", a-t-il dit, tandis que des centaines de partisans scandaient "Vive Duvalier" à l'extérieur de l'aéroport.
"(Je reviens) parce que je sais que le peuple souffre", a-t-il poursuivi.
"Je voulais lui témoigner ma solidarité, lui dire que je suis là, que je suis bien disposé et déterminé à participer à la renaissance d'Haïti", a-t-il dit à Reuters, sans préciser ses intentions exactes.
Il devrait donner une conférence de presse lundi.
Surnommé Baby Doc, Jean-Claude Duvalier a été propulsé à la tête du pays en 1971 à la mort de son père, François "Papa Doc" Duvalier, qui faisait régner un climat de terreur. A 19 ans, Jean-Claude Duvalier était alors le plus jeune chef d'Etat au monde et il s'était autoproclamé président "à vie".
TONTONS MACOUTES
Même s'il a tenté d'offrir une image moins autoritaire que son père, Jean-Claude Duvalier a été renversé en 1986 par un soulèvement populaire, accompagné de pressions diplomatiques de la part des Etats-Unis.
Il était alors accusé de diriger un régime corrompu, répressif et multipliant les atteintes aux droits de l'homme par le biais de la milice créée par son père, les Tontons Macoutes. Il vivait dans l'opulence pendant que sa population tentait de survivre dans la misère.
La fin de son exil en France a laissé de nombreux Haïtiens incrédules.
"Nous attendons de voir pourquoi il est ici. Mais ce n'est pas une bonne chose. J'ai vécu sous Duvalier", a dit un habitant de Port-au-Prince, Christian Joseph, âgé de 49 ans.
Interrogée au sujet de l'ancien dirigeant, une autre personne a refusé de répondre et même de donner son identité: "Vous plaisantez? Il me tuerait. Vous ne connaissez pas Duvalier?"
PASSEPORT DIPLOMATIQUE
Aucun mandat d'arrêt n'a été rendu public à son encontre et aucune disposition légale ne l'empêchait de revenir dans son pays.
De source proche de l'ancien dirigeant, on a déclaré qu'il était revenu avec un passeport diplomatique et qu'il devait tenir le ministère de l'Intérieur informé de ses déplacements.
Son retour ajoute une note supplémentaire d'incertitude en Haïti, l'un des pays les plus pauvres de la planète, plongé dans une crise politique en raison de la contestation des résultats du premier tour de l'élection présidentielle tenu le 28 novembre.
Ces résultats, dont l'annonce a été suivie d'émeutes, donnent en tête Mirlande Manigat, devançant de peu Jude Célestin, candidat soutenu par le président sortant René Préval.
Les experts de l'Organisation des Etats américains préconisent, sur la foi d'irrégularités "importantes" dans le décompte des voix, que Jude Célestin soit disqualifié et remplacé au second tour par le candidat arrivé troisième, le chanteur populaire Michel Martelly.
Ce scrutin présidentiel s'est déroulé en pleine épidémie de choléra, fatale à près de 4.000 personnes, et la date du second tour n'a toujours pas été fixée.
Haïti souffre en outre toujours des conséquences du violent séisme survenu le 12 janvier 2010, qui a fait plus de 300.000 morts.
Bertrand Boucey pour le service français
http://fr.news.yahoo.com/4/20110117/tts-haiti-duvalier-ca02f96.html
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| Photos/Vidéos liées JEAN-CLAUDE DUVALIER DE RETOUR À HAÏTI |
Il s'est dit prêt à aider son pays, plongé en pleine crise politique et sanitaire un an après un séisme dévastateur.
Vêtu d'un costume bleu et d'une cravate, Jean-Claude Duvalier, désormais âgé de 59 ans, est arrivé à Port-au-Prince en compagnie de sa compagne française Véronique Roy à bord d'un vol Air France en provenance de Paris, ont rapporté des témoins.
"J'attendais ce moment depuis longtemps. Quand j'ai posé le pied au sol, j'ai ressenti une grande joie", a-t-il dit, tandis que des centaines de partisans scandaient "Vive Duvalier" à l'extérieur de l'aéroport.
"(Je reviens) parce que je sais que le peuple souffre", a-t-il poursuivi.
"Je voulais lui témoigner ma solidarité, lui dire que je suis là, que je suis bien disposé et déterminé à participer à la renaissance d'Haïti", a-t-il dit à Reuters, sans préciser ses intentions exactes.
Il devrait donner une conférence de presse lundi.
Surnommé Baby Doc, Jean-Claude Duvalier a été propulsé à la tête du pays en 1971 à la mort de son père, François "Papa Doc" Duvalier, qui faisait régner un climat de terreur. A 19 ans, Jean-Claude Duvalier était alors le plus jeune chef d'Etat au monde et il s'était autoproclamé président "à vie".
TONTONS MACOUTES
Même s'il a tenté d'offrir une image moins autoritaire que son père, Jean-Claude Duvalier a été renversé en 1986 par un soulèvement populaire, accompagné de pressions diplomatiques de la part des Etats-Unis.
Il était alors accusé de diriger un régime corrompu, répressif et multipliant les atteintes aux droits de l'homme par le biais de la milice créée par son père, les Tontons Macoutes. Il vivait dans l'opulence pendant que sa population tentait de survivre dans la misère.
La fin de son exil en France a laissé de nombreux Haïtiens incrédules.
"Nous attendons de voir pourquoi il est ici. Mais ce n'est pas une bonne chose. J'ai vécu sous Duvalier", a dit un habitant de Port-au-Prince, Christian Joseph, âgé de 49 ans.
Interrogée au sujet de l'ancien dirigeant, une autre personne a refusé de répondre et même de donner son identité: "Vous plaisantez? Il me tuerait. Vous ne connaissez pas Duvalier?"
PASSEPORT DIPLOMATIQUE
Aucun mandat d'arrêt n'a été rendu public à son encontre et aucune disposition légale ne l'empêchait de revenir dans son pays.
De source proche de l'ancien dirigeant, on a déclaré qu'il était revenu avec un passeport diplomatique et qu'il devait tenir le ministère de l'Intérieur informé de ses déplacements.
Son retour ajoute une note supplémentaire d'incertitude en Haïti, l'un des pays les plus pauvres de la planète, plongé dans une crise politique en raison de la contestation des résultats du premier tour de l'élection présidentielle tenu le 28 novembre.
Ces résultats, dont l'annonce a été suivie d'émeutes, donnent en tête Mirlande Manigat, devançant de peu Jude Célestin, candidat soutenu par le président sortant René Préval.
Les experts de l'Organisation des Etats américains préconisent, sur la foi d'irrégularités "importantes" dans le décompte des voix, que Jude Célestin soit disqualifié et remplacé au second tour par le candidat arrivé troisième, le chanteur populaire Michel Martelly.
Ce scrutin présidentiel s'est déroulé en pleine épidémie de choléra, fatale à près de 4.000 personnes, et la date du second tour n'a toujours pas été fixée.
Haïti souffre en outre toujours des conséquences du violent séisme survenu le 12 janvier 2010, qui a fait plus de 300.000 morts.
Bertrand Boucey pour le service français
http://fr.news.yahoo.com/4/20110117/tts-haiti-duvalier-ca02f96.html
Jean-Claude Duvalier de retour à Port-au-Prince
Par FTV avec AFP et Reuters
Jean-Claude Duvalier à son arrivée à Port-au-Prince (16 janvier 2011)
AFP / Hector Retamal L'ancien dictateur Haïtien Jean-Claude Duvalier est arrivé dimanche en Haïti après 25 ans d'exil
A la surprise générale, Baby Doc a atterri à Port-au-Prince en fin d'après-midi à bord d'un vol Air France. Dans l'aéroport, il a déclaré aux journalistes: "Je suis venu pour aider" le peuple haïtien.
Jean-Claude Duvalier, qui avait succédé en 1971 à son père François Duvalier, avait été chassé du pouvoir par une révolte populaire en 1986.
Jean-Claude "Duvalier est un citoyen haïtien qui rentre au pays comme il en a le droit", a déclaré le Premier ministre Jean-Max Bellerive à l'AFP. "J'espère simplement que cela ne va pas compliquer une situation politique déjà tendue", a-t-il ajouté. Après un premier tour dont les résultats sont contestés, les Haïtiens attendent le deuxième tour de la présidentielle dont la date a été repoussée.
"J'attendais ce moment depuis longtemps. Quand j'ai posé le pied au sol, j'ai ressenti une grande joie", a déclaré Jean-Claude Duvalier à son arrivée. "(Je reviens) parce que je sais que le peuple souffre", a-t-il poursuivi. "Je voulais lui témoigner ma solidarité, lui dire que je suis là, que je suis bien disposé et déterminé à participer à la renaissance d'Haïti".
La compagne de Duvalier, Véronique Roy, a déclaré que le séisme dévastateur du 12 janvier 2010 et ses quelque 250.000 morts les avait poussés à revenir en Haïti. "Ca a été le déclic, nous avons vu les images à la télévision", a-t-elle dit alors que le pays vient de commémorer le premier anniversaire de la catastrophe. Elle a aussi indiqué aux journalistes que Jean-Claude Duvalier parlerait lundi à la presse, sans donner plus de détails.
Plus jeune chef d'Etat au monde à 19 ans, Jean-Claude Duvalier s'était proclamé "président à vie". Même s'il voulait offrir une image moins autoritaire que son père François Duvalier, il dirigeait un régime corrompu qui multipliait les atteintes aux droits de l'hommes avec ses milices redoutables, les Tontons Macoutes. Il vivait dans l'opulence alors que son peuple était dans la misère.
La France avait accepté d'accueillir Jean-Claude Duvalier à titre temporaire en 1986, quand il avait été chassé par une révolte populaire. Il vivait depuis dans de belles demeures de la Côte d'Azur. Il répétait souvent qu'il souhaitait revenir "un jour" en Haïti.
En 2007, il était intervenu sur les ondes haïtiennes pour demander "pardon au peuple haïtien pour les erreurs commises pendant son règne". En doutant de la sincérité de ce message, le président René Préval avait alors relevé que s'il y avait "le pardon", il y avait aussi "la justice".
L'ex-dictateur est notamment accusé de détournements de fonds pendant l'exercice de son pouvoir. Les autorités d'Haïti estiment que plus de 100 millions de dollars ont été détournés sous le couvert d'oeuvres sociales jusqu'à la chute en 1986 de "Baby Doc".
http://info.france2.fr/monde/jean-claude-duvalier-de-retour-a-port-au-prince-66880488.html
Jean-Claude Duvalier à son arrivée à Port-au-Prince (16 janvier 2011)
AFP / Hector Retamal L'ancien dictateur Haïtien Jean-Claude Duvalier est arrivé dimanche en Haïti après 25 ans d'exil
A la surprise générale, Baby Doc a atterri à Port-au-Prince en fin d'après-midi à bord d'un vol Air France. Dans l'aéroport, il a déclaré aux journalistes: "Je suis venu pour aider" le peuple haïtien.
Jean-Claude Duvalier, qui avait succédé en 1971 à son père François Duvalier, avait été chassé du pouvoir par une révolte populaire en 1986.
Jean-Claude "Duvalier est un citoyen haïtien qui rentre au pays comme il en a le droit", a déclaré le Premier ministre Jean-Max Bellerive à l'AFP. "J'espère simplement que cela ne va pas compliquer une situation politique déjà tendue", a-t-il ajouté. Après un premier tour dont les résultats sont contestés, les Haïtiens attendent le deuxième tour de la présidentielle dont la date a été repoussée.
"J'attendais ce moment depuis longtemps. Quand j'ai posé le pied au sol, j'ai ressenti une grande joie", a déclaré Jean-Claude Duvalier à son arrivée. "(Je reviens) parce que je sais que le peuple souffre", a-t-il poursuivi. "Je voulais lui témoigner ma solidarité, lui dire que je suis là, que je suis bien disposé et déterminé à participer à la renaissance d'Haïti".
La compagne de Duvalier, Véronique Roy, a déclaré que le séisme dévastateur du 12 janvier 2010 et ses quelque 250.000 morts les avait poussés à revenir en Haïti. "Ca a été le déclic, nous avons vu les images à la télévision", a-t-elle dit alors que le pays vient de commémorer le premier anniversaire de la catastrophe. Elle a aussi indiqué aux journalistes que Jean-Claude Duvalier parlerait lundi à la presse, sans donner plus de détails.
Plus jeune chef d'Etat au monde à 19 ans, Jean-Claude Duvalier s'était proclamé "président à vie". Même s'il voulait offrir une image moins autoritaire que son père François Duvalier, il dirigeait un régime corrompu qui multipliait les atteintes aux droits de l'hommes avec ses milices redoutables, les Tontons Macoutes. Il vivait dans l'opulence alors que son peuple était dans la misère.
La France avait accepté d'accueillir Jean-Claude Duvalier à titre temporaire en 1986, quand il avait été chassé par une révolte populaire. Il vivait depuis dans de belles demeures de la Côte d'Azur. Il répétait souvent qu'il souhaitait revenir "un jour" en Haïti.
En 2007, il était intervenu sur les ondes haïtiennes pour demander "pardon au peuple haïtien pour les erreurs commises pendant son règne". En doutant de la sincérité de ce message, le président René Préval avait alors relevé que s'il y avait "le pardon", il y avait aussi "la justice".
L'ex-dictateur est notamment accusé de détournements de fonds pendant l'exercice de son pouvoir. Les autorités d'Haïti estiment que plus de 100 millions de dollars ont été détournés sous le couvert d'oeuvres sociales jusqu'à la chute en 1986 de "Baby Doc".
http://info.france2.fr/monde/jean-claude-duvalier-de-retour-a-port-au-prince-66880488.html
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