Publié le 17 janvier 2011 par François Duclos dans Actualité, Info pratique, Nouvelle liaison - 0 commentaire
La compagnie aérienne Continental Airlines lancera en juin 2011 une nouvelle ligne directe entre New York et Port-au-Prince à Haïti.
Alors qu’Haïti commémore le premier anniversaire du tremblement de terre qui avait fait 250 000 morts le 12 janvier dernier, la compagnie américaine a annoncé pour le 9 juin 2011 le début de ses trois vols hebdomadaires entre New York – Newark et Port-au-Prince. Les vols quitteront l’aéroport Newark International les mardi, jeudi et samedi avant de devenir quotidiens à compter du premier juillet. La liaison sera effectuée à bord de Boeing 737-800 de 160 places (16 en première et 144 en économie), avec départ prévu à 9h25 pour une arrivée à Port-au-Prince à 12h15, le vol retour quittant l’aéroport Toussaint Louverture à 13h20 pour se poser à Newark à 18h15.
Il s’agit de la 27eme destination dans les Caraïbes pour la compagnie de Star Alliance, qui a fusionné avec United Airlines en octobre dernier, une fusion qui sera mise en œuvre cette année et finalisée en 2012. Aucune ne desservait jusque là Haïti, contrairement à American Airlines, Delta, Air Canada, Air Transat ou Spirit Airlines.
C’est cependant une autre compagnie aérienne qui est à la pointe de l’actualité en Haïti, Air France ayant déposé dimanche sur l’aéroport de la capitale l’ancien dictateur Jean Claude « Bébé Doc » Duvalier après 24 ans d’exil forcé.
http://www.air-journal.fr/2011-01-17-continental-va-relier-new-york-a-haiti-523366.html
Une fenêtre ouverte sur Haïti, le pays qui défie le monde et ses valeurs, anti-nation qui fait de la résistance et pousse les limites de la résilience. Nous incitons au débat conceptualisant Haïti dans une conjoncture mondiale difficile. Haïti, le défi, existe encore malgré tout : choléra, leaders incapables et malhonnêtes, territoires perdus gangstérisés . Pour bien agir il faut mieux comprendre: "Que tout ce qui s'écrit poursuive son chemin, va , va là ou le vent te pousse (Dr Jolivert)
lundi 17 janvier 2011
Haïti attend la décision des élections (BBC News, 17 jan)
Écrit par thierry Le gouvernement haïtien et des experts internationaux ont discuté de ce qu'il faut faire au sujet de l'élection présidentielle contestée. Le second tour de scrutin aurait dû avoir lieu le 16 janvier, mais il a été reporté en raison d'une ligne de plus sur le bulletin de vote.
C’est l'ancienne première dame Mirlande Manigat a remporté le premier tour en novembre. Mais les deux candidats du parti au pouvoir Jude Célestin et le chanteur Michel Martelly disent qu'ils devraient figurer sur les listes. Les 28 novembre, le premier tour de vote a été largement critiqué, avec des rapports stipulant des bourrages d'urnes, des violences et des intimidations dans les bureaux de vote.
Les résultats provisoires annoncés par le conseil électoral en Haïti en décembre, ont classé deuxième Célestin, battant de justesse Martelly. Mais les résultats ont provoqué de violentes protestations des partisans de Martelly, dénonçant des irrégularités. Craignant que la violence peut dégénérer, l'Organisation des États américains (OEA) a envoyé une équipe d'experts pour évaluer le résultat. Leur rapport a été présenté au président René Préval jeudi. Ils n’ont pas été rendus publics, mais selon une fuite, l'OEA a recommandé à Célestin d’être rayé du second tour en faveur de la pop star Martelly. Après l’actualisation des bulletins frauduleux, le rapport aurait conclu au fait que Martelly ait remporté plus de voix que Célestin.
Célestin est le candidat préféré du Président actuel Préval, qui a examiné le rapport de l'OEA avant de le transmettre au Conseil électoral provisoire d'Haïti, qui aura le dernier mot sur ce qui sera mis sur le bulletin de vote pour le second tour. Les correspondants disent que Préval fait face aux fortes pressions internationales pour accepter ces recommandations.
Le chef de la mission de l'OEA, Colin Granderson, a déclaré à l’AFP que les pourparlers entre l'OEA et le gouvernement haïtien aurait lieu dans les prochains jours. Celui qui gagne la présidence fera face à la tâche de la reconstruction d'Haïti après le séisme dévastateur de l'année dernière qui a tué plus de 250 000 personnes et qui a laissé la capitale Port-au-Prince en ruines.
Plus d'un million de personnes sont laissées sans abri et vivent encore dans des tentes dans des conditions déplorables, et le pays a également été ravagé par une épidémie de choléra qui a tué plus de 3 700 personnes. Le pays le plus pauvre des Caraïbes a subi des années de troubles politiques, et près de 12 000 Casques bleus sont dans le pays pour assurer la sécurité et le soutien des élections libres et équitables.
L’article sur BBC News, du 17 janvier 2011
Lire aussi : http://sharknews.fr/chroniques/articles-du-monde/1530-enfin-quelques-bonnes-nouvelles-en-provenance-dhaiti-washington-post
C’est l'ancienne première dame Mirlande Manigat a remporté le premier tour en novembre. Mais les deux candidats du parti au pouvoir Jude Célestin et le chanteur Michel Martelly disent qu'ils devraient figurer sur les listes. Les 28 novembre, le premier tour de vote a été largement critiqué, avec des rapports stipulant des bourrages d'urnes, des violences et des intimidations dans les bureaux de vote.
Les résultats provisoires annoncés par le conseil électoral en Haïti en décembre, ont classé deuxième Célestin, battant de justesse Martelly. Mais les résultats ont provoqué de violentes protestations des partisans de Martelly, dénonçant des irrégularités. Craignant que la violence peut dégénérer, l'Organisation des États américains (OEA) a envoyé une équipe d'experts pour évaluer le résultat. Leur rapport a été présenté au président René Préval jeudi. Ils n’ont pas été rendus publics, mais selon une fuite, l'OEA a recommandé à Célestin d’être rayé du second tour en faveur de la pop star Martelly. Après l’actualisation des bulletins frauduleux, le rapport aurait conclu au fait que Martelly ait remporté plus de voix que Célestin.
Célestin est le candidat préféré du Président actuel Préval, qui a examiné le rapport de l'OEA avant de le transmettre au Conseil électoral provisoire d'Haïti, qui aura le dernier mot sur ce qui sera mis sur le bulletin de vote pour le second tour. Les correspondants disent que Préval fait face aux fortes pressions internationales pour accepter ces recommandations.
Le chef de la mission de l'OEA, Colin Granderson, a déclaré à l’AFP que les pourparlers entre l'OEA et le gouvernement haïtien aurait lieu dans les prochains jours. Celui qui gagne la présidence fera face à la tâche de la reconstruction d'Haïti après le séisme dévastateur de l'année dernière qui a tué plus de 250 000 personnes et qui a laissé la capitale Port-au-Prince en ruines.
Plus d'un million de personnes sont laissées sans abri et vivent encore dans des tentes dans des conditions déplorables, et le pays a également été ravagé par une épidémie de choléra qui a tué plus de 3 700 personnes. Le pays le plus pauvre des Caraïbes a subi des années de troubles politiques, et près de 12 000 Casques bleus sont dans le pays pour assurer la sécurité et le soutien des élections libres et équitables.
L’article sur BBC News, du 17 janvier 2011
Lire aussi : http://sharknews.fr/chroniques/articles-du-monde/1530-enfin-quelques-bonnes-nouvelles-en-provenance-dhaiti-washington-post
Caritas maintient la vigilance contre le choléra en Haïti
17/01/2011.- Alors qu’Haïti commémore le premier anniversaire du séisme, l’épidémie de choléra continue de s’étendre sur le territoire. Sensibiliser la population reste encore le mode de protection le plus efficace contre la maladie. En l’espace de trois mois, le choléra aura fait plus de 3600 morts et contaminé près de 180 000 personnes en Haïti. Un bilan alarmant, qui devrait encore s’aggraver si l’on ne s’attaque rapidement à la racine du problème. Car si l’épidémie semble montrer des signes de ralentissement depuis le début de l’année, le pic de propagation de la maladie n’a pas encore été atteint, prévient l’OMS. Dans un tel contexte, Caritas met l’accent sur les campagnes de prévention, primordiales pour enrayer le cycle de contagion.
Faire comme au Bangladesh
« En période d’épidémie, le travail de sensibilisation est une priorité », explique Annick Genson, déléguée au sein du réseau Caritas en Haïti. « L’expérience montre que dans les pays où le choléra frappe depuis longtemps, un simple travail d’information et de prise de conscience de la population peut considérablement améliorer la situation. Au Bangladesh par exemple, les femmes savent non seulement comment éviter la maladie, mais elles sont également tout à fait au courant des procédures à suivre si l’un des membres de leur famille est contaminé. Et ça fonctionne. Il faut faire la même chose en Haïti ».
L’eau est très rarement potable
Depuis le mois de novembre, les campagnes de prévention sont au cœur de l’action du réseau Caritas. Dans la capitale bien sûr, mais aussi dans les zones rurales de l’île, comme à Gressier, commune de près de 65 000 habitants située à l’Ouest de Port-au-Prince, où les équipes de promoteurs de santé et infirmières Caritas se relaient auprès de la population, dépliants et affichettes en main. L’objectif : alerter et sensibiliser le plus grand nombre sur les risques liés à la maladie, ses symptômes et la manière de s’en protéger, et ce avant que celle-ci ne se propage trop fortement dans la région. Un travail indispensable dans un pays où le choléra avait disparu du territoire il y a près d’un siècle. « Le problème ici, c’est l’ignorance des gens. La plupart n’ont jamais entendu parler de la maladie. Ils sont donc très vulnérables », reprend Annick. Sans parler des conditions de vie dans ces régions reculées où l’eau, principal vecteur de la maladie, est très rarement potable. « A Gressier, nous sommes intervenus au bon moment car la plupart des points d’intervention ont été couverts avant l’apparition de l’épidémie », souligne encore Annick. Si quelques cas ont été recensés dans la région au cours des dernières semaines, ils sont encore relativement peu nombreux.
Les docteurs un peu sorciers des campagnes haïtiennes
Pour être efficace, adopter une approche adaptée au terrain est essentiel. Autour de Gressier, où Caritas développe notamment plusieurs projets de reconstruction de maisons et d’écoles, le réseau fait bon usage de sa connaissance des lieux et des communautés. Les promoteurs de santé sont tous originaires des environs et sont ainsi en mesure de couvrir le territoire jusque dans ses localités les plus reculées. Une proximité qui permet aux familles d’être alertées et de rester informées sur les campagnes de formation et de distributions de savon, chlore et kits d’hygiène, tout en bénéficiant d’un encadrement matériel et psychologique indispensable. Un soutien précieux dans ces zones isolées, où l’épidémie de choléra commence à fragiliser fortement les réseaux de solidarité existants. Aujourd’hui, Marie Julianne Saint Just, ne peut « plus compter sur grand monde depuis que la maladie est arrivée.Avant, on s’entraidait beaucoup. Mais maintenant, tout le monde a peur », se désole cette mère de 3 enfants. Comme elle, Émilienne Saintilens regrette beaucoup que tous deviennent aussi méfiants. Pour l’ancienne commerçante, qui a perdu maison et travail, la présence des équipes Caritas est très « rassurante ». Grâce ces interventions, elle comprend beaucoup mieux la situation et la manière de se protéger contre l’épidémie. Pourtant, si beaucoup, comme Émilienne, sont très réceptifs aux conseils prodigués par les promoteurs de santé, d’autres, comme Ilianne Maxilien continuent de penser que les « connaisseurs », ces docteurs un peu sorciers des campagnes haïtiennes, seront à même de « délivrer les malades du sortilège ». La bataille contre le choléra n’est pas gagnée, la prévention doit impérativement continuer.
Mathilde Magnier
http://www.secours-catholique.org/actualite/caritas-maintient-la-vigilance-contre-le-cholera-en-haiti,8605.html
Faire comme au Bangladesh
« En période d’épidémie, le travail de sensibilisation est une priorité », explique Annick Genson, déléguée au sein du réseau Caritas en Haïti. « L’expérience montre que dans les pays où le choléra frappe depuis longtemps, un simple travail d’information et de prise de conscience de la population peut considérablement améliorer la situation. Au Bangladesh par exemple, les femmes savent non seulement comment éviter la maladie, mais elles sont également tout à fait au courant des procédures à suivre si l’un des membres de leur famille est contaminé. Et ça fonctionne. Il faut faire la même chose en Haïti ».
L’eau est très rarement potable
Depuis le mois de novembre, les campagnes de prévention sont au cœur de l’action du réseau Caritas. Dans la capitale bien sûr, mais aussi dans les zones rurales de l’île, comme à Gressier, commune de près de 65 000 habitants située à l’Ouest de Port-au-Prince, où les équipes de promoteurs de santé et infirmières Caritas se relaient auprès de la population, dépliants et affichettes en main. L’objectif : alerter et sensibiliser le plus grand nombre sur les risques liés à la maladie, ses symptômes et la manière de s’en protéger, et ce avant que celle-ci ne se propage trop fortement dans la région. Un travail indispensable dans un pays où le choléra avait disparu du territoire il y a près d’un siècle. « Le problème ici, c’est l’ignorance des gens. La plupart n’ont jamais entendu parler de la maladie. Ils sont donc très vulnérables », reprend Annick. Sans parler des conditions de vie dans ces régions reculées où l’eau, principal vecteur de la maladie, est très rarement potable. « A Gressier, nous sommes intervenus au bon moment car la plupart des points d’intervention ont été couverts avant l’apparition de l’épidémie », souligne encore Annick. Si quelques cas ont été recensés dans la région au cours des dernières semaines, ils sont encore relativement peu nombreux.
Les docteurs un peu sorciers des campagnes haïtiennes
Pour être efficace, adopter une approche adaptée au terrain est essentiel. Autour de Gressier, où Caritas développe notamment plusieurs projets de reconstruction de maisons et d’écoles, le réseau fait bon usage de sa connaissance des lieux et des communautés. Les promoteurs de santé sont tous originaires des environs et sont ainsi en mesure de couvrir le territoire jusque dans ses localités les plus reculées. Une proximité qui permet aux familles d’être alertées et de rester informées sur les campagnes de formation et de distributions de savon, chlore et kits d’hygiène, tout en bénéficiant d’un encadrement matériel et psychologique indispensable. Un soutien précieux dans ces zones isolées, où l’épidémie de choléra commence à fragiliser fortement les réseaux de solidarité existants. Aujourd’hui, Marie Julianne Saint Just, ne peut « plus compter sur grand monde depuis que la maladie est arrivée.Avant, on s’entraidait beaucoup. Mais maintenant, tout le monde a peur », se désole cette mère de 3 enfants. Comme elle, Émilienne Saintilens regrette beaucoup que tous deviennent aussi méfiants. Pour l’ancienne commerçante, qui a perdu maison et travail, la présence des équipes Caritas est très « rassurante ». Grâce ces interventions, elle comprend beaucoup mieux la situation et la manière de se protéger contre l’épidémie. Pourtant, si beaucoup, comme Émilienne, sont très réceptifs aux conseils prodigués par les promoteurs de santé, d’autres, comme Ilianne Maxilien continuent de penser que les « connaisseurs », ces docteurs un peu sorciers des campagnes haïtiennes, seront à même de « délivrer les malades du sortilège ». La bataille contre le choléra n’est pas gagnée, la prévention doit impérativement continuer.
Mathilde Magnier
http://www.secours-catholique.org/actualite/caritas-maintient-la-vigilance-contre-le-cholera-en-haiti,8605.html
Jean-Claude Duvalier de retour en Haïti après 25 ans d'exil
Clarens Renois.- Agence France-Presse.- Port-au-Prince.-
L'ancien président «à vie» haïtien Jean-Claude Duvalier, chassé du pouvoir par une révolte populaire en 1986, est arrivé dimanche en Haïti après 25 ans d'exil alors que le pays traverse une grave crise politique.
À la surprise générale, Jean-Claude Duvalier, qui avait succédé en 1971 à son père François Duvalier et que les Haïtiens surnomment «Baby Doc», a atterri à l'aéroport de Port-au-Prince dimanche en fin d'après-midi à bord d'un vol Air France.
Alors qu'il se trouvait avec sa compagne à l'intérieur de l'aéroport, en train de remplir les formalités administratives, M. Duvalier a déclaré aux journalistes: «Je suis venu pour aider» le peuple haïtien.
Lorsqu'il est descendu de l'avion, l'ex-dictateur a embrassé le sol, a raconté sa compagne Véronique Roy à l'AFP. Il a alors déclaré: «Haïti mon pays, le pays de Dessalines», en référence au héros de l'indépendance d'Haïti Jean-Jacques Dessalines, toujours selon elle.
Mme Roy a déclaré que c'est le séisme dévastateur du 12 janvier 2010 et ses quelque 250 000 morts qui ont poussé le couple à revenir en Haïti. «Ca a été le déclic, nous avons vu les images à la télévision», a-t-elle dit alors que le pays vient de commémorer les un an de la catastrophe.
Elle a aussi précisé que M. Duvalier possédait un passeport diplomatique, alors que des centaines de supporters de l'ancien président se rassemblaient devant l'aéroport.
Agé de 59 ans, l'ex-dictateur vivait en exil en France depuis près de 25 ans. Il revient dans un pays plongé dans une grave crise politique, le jour même où devait être organisé le deuxième tour de l'élection présidentielle.
Mais les incertitudes qui entourent les résultats du premier tour du 28 novembre, les incidents qui l'ont émaillé et les accusations de fraude, ont amené les autorités à repousser ce deuxième tour sans fixer de nouvelle date.
Les résultats du premier tour diffusés en décembre, plaçant en tête l'ex-Première Dame Mirlande Manigat et en deuxième position le candidat du pouvoir Jude Célestin, avait provoqué la colère de la population et notamment des partisans du candidat Michel Martelly arrivé en troisième position.
Pour calmer le jeu, le président René Préval avait fait appel à une mission d'experts internationale pour recompter les voix. Cette dernière vient de remettre son rapport au chef de l'État dans lequel elle suggère d'écarter le candidat du pouvoir, soutenu par M. Préval, au profit de Michel Martelly.
Tout au long de son exil, Jean-Claude Duvalier qui avait été à 19 ans le plus jeune chef d'État du monde, a répété qu'il souhaitait revenir «un jour» en Haïti.
En 2007, il était intervenu sur les ondes haïtiennes pour demander «pardon au peuple haïtien pour les erreurs commises pendant son règne».
En doutant de la sincérité de ce message, le président René Préval avait alors relevé que s'il y avait «le pardon», il y avait aussi «la justice».
L'ex-dictateur a notamment été accusé de détournements de fonds pendant l'exercice de son pouvoir. Les autorités d'Haïti estiment que plus de 100 millions de dollars ont été détournés sous le couvert d'oeuvres sociales jusqu'à la chute en 1986 de «Baby Doc».
La France avait accepté en 1986 d'accueillir Jean-Claude Duvalier, à titre temporaire, alors que ce dernier était confronté depuis fin novembre 1985 à des manifestations anti-gouvernementales, au cours desquelles plusieurs dizaines d'Haïtiens ont trouvé la mort.
Comme le président Jean Bertrand Aristide en 2004, «Baby Doc» avait été poussé à la démission par les États-Unis. L'ex-président avait ensuite profité d'une retraite dorée dans de vastes demeures de la Côte d'Azur.
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/haiti-un-an-apres/201101/16/01-4360625-jean-claude-duvalier-de-retour-en-haiti-apres-25-ans-dexil.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4360683_article_POS1
L'ancien président «à vie» haïtien Jean-Claude Duvalier, chassé du pouvoir par une révolte populaire en 1986, est arrivé dimanche en Haïti après 25 ans d'exil alors que le pays traverse une grave crise politique.
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| Alors qu'il se trouvait à l'intérieur de l'aéroport, Jean-Claude Duvalier a déclaré aux journalistes: «Je suis venu pour aider» le peuple haïtien. Photo: AP |
Alors qu'il se trouvait avec sa compagne à l'intérieur de l'aéroport, en train de remplir les formalités administratives, M. Duvalier a déclaré aux journalistes: «Je suis venu pour aider» le peuple haïtien.
Lorsqu'il est descendu de l'avion, l'ex-dictateur a embrassé le sol, a raconté sa compagne Véronique Roy à l'AFP. Il a alors déclaré: «Haïti mon pays, le pays de Dessalines», en référence au héros de l'indépendance d'Haïti Jean-Jacques Dessalines, toujours selon elle.
Mme Roy a déclaré que c'est le séisme dévastateur du 12 janvier 2010 et ses quelque 250 000 morts qui ont poussé le couple à revenir en Haïti. «Ca a été le déclic, nous avons vu les images à la télévision», a-t-elle dit alors que le pays vient de commémorer les un an de la catastrophe.
Elle a aussi précisé que M. Duvalier possédait un passeport diplomatique, alors que des centaines de supporters de l'ancien président se rassemblaient devant l'aéroport.
Agé de 59 ans, l'ex-dictateur vivait en exil en France depuis près de 25 ans. Il revient dans un pays plongé dans une grave crise politique, le jour même où devait être organisé le deuxième tour de l'élection présidentielle.
Mais les incertitudes qui entourent les résultats du premier tour du 28 novembre, les incidents qui l'ont émaillé et les accusations de fraude, ont amené les autorités à repousser ce deuxième tour sans fixer de nouvelle date.
Les résultats du premier tour diffusés en décembre, plaçant en tête l'ex-Première Dame Mirlande Manigat et en deuxième position le candidat du pouvoir Jude Célestin, avait provoqué la colère de la population et notamment des partisans du candidat Michel Martelly arrivé en troisième position.
Pour calmer le jeu, le président René Préval avait fait appel à une mission d'experts internationale pour recompter les voix. Cette dernière vient de remettre son rapport au chef de l'État dans lequel elle suggère d'écarter le candidat du pouvoir, soutenu par M. Préval, au profit de Michel Martelly.
Tout au long de son exil, Jean-Claude Duvalier qui avait été à 19 ans le plus jeune chef d'État du monde, a répété qu'il souhaitait revenir «un jour» en Haïti.
En 2007, il était intervenu sur les ondes haïtiennes pour demander «pardon au peuple haïtien pour les erreurs commises pendant son règne».
En doutant de la sincérité de ce message, le président René Préval avait alors relevé que s'il y avait «le pardon», il y avait aussi «la justice».
L'ex-dictateur a notamment été accusé de détournements de fonds pendant l'exercice de son pouvoir. Les autorités d'Haïti estiment que plus de 100 millions de dollars ont été détournés sous le couvert d'oeuvres sociales jusqu'à la chute en 1986 de «Baby Doc».
La France avait accepté en 1986 d'accueillir Jean-Claude Duvalier, à titre temporaire, alors que ce dernier était confronté depuis fin novembre 1985 à des manifestations anti-gouvernementales, au cours desquelles plusieurs dizaines d'Haïtiens ont trouvé la mort.
Comme le président Jean Bertrand Aristide en 2004, «Baby Doc» avait été poussé à la démission par les États-Unis. L'ex-président avait ensuite profité d'une retraite dorée dans de vastes demeures de la Côte d'Azur.
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/haiti-un-an-apres/201101/16/01-4360625-jean-claude-duvalier-de-retour-en-haiti-apres-25-ans-dexil.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4360683_article_POS1
Haïti : l'école de Jacmel devrait bientôt rouvrir ses portes
Le poète de la route de Roubia veut « rendre intelligible l'âme des lieux en Haïti en matière de coopération internationale ». D'importantes sommes (11 milliards en tout) avaient été récoltées en mars 2010. Les Lézignanais avaient répondu nombreux à l'appel lancé et rempli l'urne posée à cet effet à la mairie. Ils se demandent où en est la reconstruction de l'école de Jacmel, la ville natale de René Depestre. C'est ce projet qui avait surtout guidé leur générosité, parce que René Depestre est citoyen d'honneur de la ville et qu'ils en sont fiers. Depuis son « Havre de paix », l'écrivain franco-haïtien reste en contact étroit avec Gérard Borne, directeur du centre culturel Alcibiade Pommayrac, qui gère lycée, collège et école primaire. Cette école, où René Depestre a appris à lire et à écrire, voici 80 ans, s'est effondrée lors du séisme du 12 janvier 2010. Elle est maintenant reconstruite, (aux normes antisismiques) et va ouvrir sous peu. Depuis un an, les élèves étudient sous une tente. Les autres établissements culturels de Jacmel n'ont pas été touchés.
La culture avant tout.
Malgré le chaos qui règne sur l'île, les enseignants ont continué leur travail. Les choses de l'esprit sont essentielles dans un pays riche en intellectuels de valeur : « La culture est debout », affirme René Depestre. Un pays, précise-t-il, qui doit « être refondé, plus encore que reconstruit ». Il faut commencer par l'instruction. C'est pourquoi les écoles sont prioritaires dans la longue liste des travaux urgents. Le palais, la cathédrale, les maisons d'habitations restent encore en ruine. « La manne financière tarde à être versée, car les donateurs veulent envoyer les fonds à des Haïtiens sérieux, crédibles. Les aides sanitaires et alimentaires ont été apportées. Pour le reste, on attend les élections, avec l'espoir, pour moi, que Mirlande Maniga, qui est sortie en tête du premier tour, soit élue. Elle saura s'entourer de gens compétents. Je l'ai eue récemment au téléphone. Elle me demandait d'être son conseiller, mais à bientôt 85 ans, ce n'est pas possible pour moi ! J'ai une grande confiance en elle. Elle saura prendre à bras le corps la tragédie haïtienne ».
Deux ouvrages de René Depestre vont sortir
En attendant, les critiques fusent en direction de la communauté internationale : « On parle même de déshonneur, devant le fait que Port-au-Prince, se trouve, un an après, dans l'état où le séisme l'a laissé. Or, pouvait- on verser ces sommes énormes à des interlocuteurs aussi peu valables que les membres de l'actuel gouvernement ? Les donateurs ne voudront investir durablement dans un pays sans état à sa tête ! », souligne René Depestre, qui reste cependant optimiste.
Haïti en a vu de toutes les couleurs, depuis qu'elle s'est libérée de l'esclavage. (D'ailleurs, elle n'a été réellement indépendante que quelques lustres !) Et elle s'est toujours relevée de ses multiples catastrophes.
Dans son livre 'Souci d'un Haïti debout', qui va paraître avant l'été, inspiré par le drame de son pays natal, il veut « rendre intelligible le chaos permanent, de 1692 à nos jours ». Un autre ouvrage, écrit avant le séisme, sortira aussi prochainement 'Une gomme pour le crayon du Christ'. René Depestre utilise son arme favorite, l'écriture. Comme tous les intellectuels de son « île naufragée », il espère qu'enfin ils auront une influence effective sur la société civile et le monde politique. Il souhaite que « les atouts actuels - la présence d'Obama à la Maison Blanche, les progrès de la civilité et de la solidarité mondiales - permettront à Haïti de créer un vrai état, capable de coordonner les actions des 10 000 ONG, qui y sont présentes, et de fixer des tâches à chacun. » Mais, réaliste, il ajoute : « Il faudra bien une génération entière pour y parvenir ! »
Noëlle Diamant-Berger
http://www.midilibre.com/articles/2011/01/17/VILLAGES-Haiti-l-39-ecole-de-Jacmel-devrait-bientot-rouvrir-ses-portes-1510281.php5
La culture avant tout.
Malgré le chaos qui règne sur l'île, les enseignants ont continué leur travail. Les choses de l'esprit sont essentielles dans un pays riche en intellectuels de valeur : « La culture est debout », affirme René Depestre. Un pays, précise-t-il, qui doit « être refondé, plus encore que reconstruit ». Il faut commencer par l'instruction. C'est pourquoi les écoles sont prioritaires dans la longue liste des travaux urgents. Le palais, la cathédrale, les maisons d'habitations restent encore en ruine. « La manne financière tarde à être versée, car les donateurs veulent envoyer les fonds à des Haïtiens sérieux, crédibles. Les aides sanitaires et alimentaires ont été apportées. Pour le reste, on attend les élections, avec l'espoir, pour moi, que Mirlande Maniga, qui est sortie en tête du premier tour, soit élue. Elle saura s'entourer de gens compétents. Je l'ai eue récemment au téléphone. Elle me demandait d'être son conseiller, mais à bientôt 85 ans, ce n'est pas possible pour moi ! J'ai une grande confiance en elle. Elle saura prendre à bras le corps la tragédie haïtienne ».
Deux ouvrages de René Depestre vont sortir
En attendant, les critiques fusent en direction de la communauté internationale : « On parle même de déshonneur, devant le fait que Port-au-Prince, se trouve, un an après, dans l'état où le séisme l'a laissé. Or, pouvait- on verser ces sommes énormes à des interlocuteurs aussi peu valables que les membres de l'actuel gouvernement ? Les donateurs ne voudront investir durablement dans un pays sans état à sa tête ! », souligne René Depestre, qui reste cependant optimiste.
Haïti en a vu de toutes les couleurs, depuis qu'elle s'est libérée de l'esclavage. (D'ailleurs, elle n'a été réellement indépendante que quelques lustres !) Et elle s'est toujours relevée de ses multiples catastrophes.
Dans son livre 'Souci d'un Haïti debout', qui va paraître avant l'été, inspiré par le drame de son pays natal, il veut « rendre intelligible le chaos permanent, de 1692 à nos jours ». Un autre ouvrage, écrit avant le séisme, sortira aussi prochainement 'Une gomme pour le crayon du Christ'. René Depestre utilise son arme favorite, l'écriture. Comme tous les intellectuels de son « île naufragée », il espère qu'enfin ils auront une influence effective sur la société civile et le monde politique. Il souhaite que « les atouts actuels - la présence d'Obama à la Maison Blanche, les progrès de la civilité et de la solidarité mondiales - permettront à Haïti de créer un vrai état, capable de coordonner les actions des 10 000 ONG, qui y sont présentes, et de fixer des tâches à chacun. » Mais, réaliste, il ajoute : « Il faudra bien une génération entière pour y parvenir ! »
Noëlle Diamant-Berger
http://www.midilibre.com/articles/2011/01/17/VILLAGES-Haiti-l-39-ecole-de-Jacmel-devrait-bientot-rouvrir-ses-portes-1510281.php5
Baby Doc de retour, les Haïtiens sceptiques
ReportageLe retour inattendu de Jean-Claude Duvalier dimanche soir a provoqué une vraie stupéfaction dans la capitale. Si quelques Haïtiens affichent sympathie ou nostalgie, la plupart restent circonspects. Par MARWAN CHAHINE
Il est 17 heures ce dimanche, le soleil se couche doucement sur Pétionville. La nouvelle commence à se répandre. Jean-Claude Duvalier va arriver en Haïti. Baby Doc est de retour. Une rumeur? Une blague? Non, tout ça a l’air d’être vrai. Les téléphones n’arrêtent pas de sonner. En apprenant la nouvelle, les gens sourient surtout d’hébètement et d’excitation. Pas de grand mouvement de joie, pas de colère non plus.
Trente minutes plus tard, devant l’aéroport Toussaint-Louverture de Port-au-Prince, trois cents personnes sont venues l’accueillir. Quelques «Bon papa Jean-Claude» sont clamés ci-et-là mais les simples curieux semblent aussi nombreux que les nostalgiques. D’autant que beaucoup sont jeunes, très jeunes. Ils n’étaient pas nés en 1986 au moment où le peuple haïtien fêtait le départ du dictateur. «Mes parents m’ont beaucoup parlé de lui», explique Marlon, un adolescent. «Avant, Haïti était un grand pays.» «Il nous faut du changement» complète sa sœur avec enthousiasme.
Enthousiaste, Franciscain, 20 ans, l’est moins. Il dit être là «pour voir» mais aussi «parce que mon père était militaire et Duvalier c’est le temps où on avait une armée». Il ne croit pourtant pas au retour providentiel et s’agace un peu de la situation. Tout le monde crie; l’avion aurait atterri. «Ça c’est du fromage, du show», lâche-t-il en désignant un groupe courant avec un drapeau haïtien; «moi, je veux du travail. Vous avez pas besoin d’un chauffeur?» A côté de lui, un homme d’une cinquantaine d’années fait cracher à son autoradio Tropicana, un hymne duvaliériste. Lorsqu’on l’interroge, son engouement est en fait très mitigé: «Il y avait un Etat mais c’était la dictature!»
«Il était roi d’Haïti?»
En pleine période électorale, l’arrivée de Baby Doc ne gomme pas les clivages partisans. Parmi son comité d’accueil, on trouve des défenseurs de Mirlande Manigat, de Michel Martelly et même de Jude Celestin, tiercé du premier tour des élections. Chacun y va de sa combinaison à imaginer Duvalier Premier ministre de l’un ou de l’autre. Des soldats de l’Onu, passent, casques bleus sur le crâne. «Minustah (la mission de l'ONU, ndlr) caca, vive la police (haïtienne)», chantent quelques badauds. Nesly, casquette vissée sur ses dreadlocks et baggy, n’approuve pas: «Vive la police? Ils sont fous?».
Certains sont là par pure coïncidence. Coincé contre la grille de sortie des voyageurs, dont la police bloque l’accès, un homme agite une pancarte ornée de cœurs, sur laquelle on peut lire «Gégé», vraisemblablement un passager de l’avion. Quelques humanitaires venus récupérer des commissionnaires cherchent à en savoir plus sur le fameux Jean-Claude: «Il était roi d’Haïti?», interroge une jeune anglophone. Lassés, les gens commencent à se disperser sans savoir s’il est vraiment parti et même s’il est vraiment arrivé. En rebroussant chemin, un jeune, visiblement énervé, prophétise: «Demain, c’est Aristide qui revient!»
Finalement Duvalier a quitte l’aéroport, il se dirigerait vers La réserve, un resto chic de Pétion-ville. Tout le long de la route, la vie semble suivre son cours, normalement. Par endroit, des groupes sont agglutinés derrière un poste de télé ou de radio, rien de plus. La seule scène de liesse que nous voyons se déroule devant une Eglise d’où sortent des fidèles, dansant et chantant. Sans doute ignorent-ils tout de ce retour surprise, leur messie est ailleurs.
Hypothèses
Après l’étonnement viennent les interrogations: Pourquoi ce retour? Pourquoi intervient-t-il entre les deux tours? Mais surtout: qui sert-il? Toutes les hypothèses même les plus farfelues sont envisagées à voix haute. Louis, un avocat d’une quarantaine d’années y voit une manigance de Washington ou de Paris pour garder la Minustah en fonction. Très vite, il se ravise: «Préval est dans le coup!» assure-t-il désormais. «Il a fait ça pour ne pas être lui-aussi contraint à l’exil.» Fils de Makoute, Louis a manifesté, adolescent, contre le régime duvaliériste puis contribué à porter Aristide au pouvoir avant de déchanter. Aujourd’hui, il ne sait plus très bien quoi penser: «Il a fait quoi pour son pays pendant vingt-cinq ans? Il vient rajouter sa merde?»
La Réserve était une fausse piste. Jean-Claude Duvalier et son épouse se trouvent en réalité au Karibe, l’un des plus chics hôtels du pays. Vers 21 heures, le gros des troupes a déjà déguerpi. Ne restent plus que quelques jeunes supporteurs qui, à leur démarche chancelante, ont tout l’air d’avoir déjà bien fêté leur champion. Il est minuit. Les rues sont vides, presque silencieuses. Frantz, un riche Haïtien qui habite une immense villa près de l’hôtel, est inquiet: «Ce soir, c’est calme mais demain tout le pays va manifester. Il y a des gens qui portent encore des vraies cicatrices.»
http://www.liberation.fr/monde/01012314149-baby-doc-de-retour-les-haitiens-sceptiques
Il est 17 heures ce dimanche, le soleil se couche doucement sur Pétionville. La nouvelle commence à se répandre. Jean-Claude Duvalier va arriver en Haïti. Baby Doc est de retour. Une rumeur? Une blague? Non, tout ça a l’air d’être vrai. Les téléphones n’arrêtent pas de sonner. En apprenant la nouvelle, les gens sourient surtout d’hébètement et d’excitation. Pas de grand mouvement de joie, pas de colère non plus.
Trente minutes plus tard, devant l’aéroport Toussaint-Louverture de Port-au-Prince, trois cents personnes sont venues l’accueillir. Quelques «Bon papa Jean-Claude» sont clamés ci-et-là mais les simples curieux semblent aussi nombreux que les nostalgiques. D’autant que beaucoup sont jeunes, très jeunes. Ils n’étaient pas nés en 1986 au moment où le peuple haïtien fêtait le départ du dictateur. «Mes parents m’ont beaucoup parlé de lui», explique Marlon, un adolescent. «Avant, Haïti était un grand pays.» «Il nous faut du changement» complète sa sœur avec enthousiasme.
Enthousiaste, Franciscain, 20 ans, l’est moins. Il dit être là «pour voir» mais aussi «parce que mon père était militaire et Duvalier c’est le temps où on avait une armée». Il ne croit pourtant pas au retour providentiel et s’agace un peu de la situation. Tout le monde crie; l’avion aurait atterri. «Ça c’est du fromage, du show», lâche-t-il en désignant un groupe courant avec un drapeau haïtien; «moi, je veux du travail. Vous avez pas besoin d’un chauffeur?» A côté de lui, un homme d’une cinquantaine d’années fait cracher à son autoradio Tropicana, un hymne duvaliériste. Lorsqu’on l’interroge, son engouement est en fait très mitigé: «Il y avait un Etat mais c’était la dictature!»
«Il était roi d’Haïti?»
En pleine période électorale, l’arrivée de Baby Doc ne gomme pas les clivages partisans. Parmi son comité d’accueil, on trouve des défenseurs de Mirlande Manigat, de Michel Martelly et même de Jude Celestin, tiercé du premier tour des élections. Chacun y va de sa combinaison à imaginer Duvalier Premier ministre de l’un ou de l’autre. Des soldats de l’Onu, passent, casques bleus sur le crâne. «Minustah (la mission de l'ONU, ndlr) caca, vive la police (haïtienne)», chantent quelques badauds. Nesly, casquette vissée sur ses dreadlocks et baggy, n’approuve pas: «Vive la police? Ils sont fous?».
Certains sont là par pure coïncidence. Coincé contre la grille de sortie des voyageurs, dont la police bloque l’accès, un homme agite une pancarte ornée de cœurs, sur laquelle on peut lire «Gégé», vraisemblablement un passager de l’avion. Quelques humanitaires venus récupérer des commissionnaires cherchent à en savoir plus sur le fameux Jean-Claude: «Il était roi d’Haïti?», interroge une jeune anglophone. Lassés, les gens commencent à se disperser sans savoir s’il est vraiment parti et même s’il est vraiment arrivé. En rebroussant chemin, un jeune, visiblement énervé, prophétise: «Demain, c’est Aristide qui revient!»
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| Duvalier à son hôtel dimanche soir. (REUTERS) |
Hypothèses
Après l’étonnement viennent les interrogations: Pourquoi ce retour? Pourquoi intervient-t-il entre les deux tours? Mais surtout: qui sert-il? Toutes les hypothèses même les plus farfelues sont envisagées à voix haute. Louis, un avocat d’une quarantaine d’années y voit une manigance de Washington ou de Paris pour garder la Minustah en fonction. Très vite, il se ravise: «Préval est dans le coup!» assure-t-il désormais. «Il a fait ça pour ne pas être lui-aussi contraint à l’exil.» Fils de Makoute, Louis a manifesté, adolescent, contre le régime duvaliériste puis contribué à porter Aristide au pouvoir avant de déchanter. Aujourd’hui, il ne sait plus très bien quoi penser: «Il a fait quoi pour son pays pendant vingt-cinq ans? Il vient rajouter sa merde?»
La Réserve était une fausse piste. Jean-Claude Duvalier et son épouse se trouvent en réalité au Karibe, l’un des plus chics hôtels du pays. Vers 21 heures, le gros des troupes a déjà déguerpi. Ne restent plus que quelques jeunes supporteurs qui, à leur démarche chancelante, ont tout l’air d’avoir déjà bien fêté leur champion. Il est minuit. Les rues sont vides, presque silencieuses. Frantz, un riche Haïtien qui habite une immense villa près de l’hôtel, est inquiet: «Ce soir, c’est calme mais demain tout le pays va manifester. Il y a des gens qui portent encore des vraies cicatrices.»
http://www.liberation.fr/monde/01012314149-baby-doc-de-retour-les-haitiens-sceptiques
Haïti: l'ex-dictateur Jean-Claude Duvalier est de retour au pays
Le retour surprise dimanche à Port-au-Prince de l'ancien président haïtien Jean-Claude Duvalier après 25 ans d'exil divise les Haïtiens. "Duvalier, Duvalier", chantent ses partisans. "Il a commis des crimes et a volé l'argent du peuple", leur crie un jeune. Une ONG a demandé à ce que M. Duvalier soit jugé. A la surprise générale Jean-Claude Duvalier, que les Haïtiens surnomment "Baby Doc", a atterri à l'aéroport de Port-au-Prince dimanche en fin d'après-midi à bord d'un vol Air France. Très rapidement des dizaines de supporters se sont rassemblés dans l'aéroport pour l'accueillir.
Sa compagne Véronique Roy a déclaré que c'est le séisme dévastateur du 12 janvier 2010 et ses quelque 250'000 morts qui ont poussé le couple à revenir en Haïti. "Ca a été le déclic, nous avons vu les images à la télévision", a-t-elle dit alors que le pays vient de commémorer le premier anniversaire de la catastrophe.
Aider Haïti
"On est revenu en toute simplicité, mais c'est extraordinaire cet accueil, il y a beaucoup d'émotions", a déclaré Mme Roy, souriante à côté d'un "Baby Doc" taciturne, le regard un peu perdu qui s'est contenté d'expliquer qu'il est venu "aider" Haïti.
Le Premier ministre haïtien Jean-Max Bellerive a pour sa part jugé qu'en tant qu'Haïtien, Duvalier avait le droit de retourner dans son pays. "Pourvu que sa présence ne vienne pas compliquer une situation politique déjà tendue", a-t-il nuancé.
"Duvalier de retour, nous allons avoir un vrai pays maintenant, nous sommes contents qu'il soit là pour redonner au pays son image d'antan", dit Ronald Brévil, 25 ans. Dans les rues de la capitale des groupes de manifestants joyeux dansent en chantant "Duvalier, Duvalier".
L'ancien président ne récolte cependant pas que des cris de joie. "Il doit être jugé, il a commis des crimes et a volé l'argent du peuple", crie un jeune.
(ats / 17 janvier 2011 12:25)
http://www.romandie.com/infos/ats/display.asp?page=20110117122524760172019048164_brf018.xml&associate=phf1202
Sa compagne Véronique Roy a déclaré que c'est le séisme dévastateur du 12 janvier 2010 et ses quelque 250'000 morts qui ont poussé le couple à revenir en Haïti. "Ca a été le déclic, nous avons vu les images à la télévision", a-t-elle dit alors que le pays vient de commémorer le premier anniversaire de la catastrophe.
Aider Haïti
"On est revenu en toute simplicité, mais c'est extraordinaire cet accueil, il y a beaucoup d'émotions", a déclaré Mme Roy, souriante à côté d'un "Baby Doc" taciturne, le regard un peu perdu qui s'est contenté d'expliquer qu'il est venu "aider" Haïti.
Le Premier ministre haïtien Jean-Max Bellerive a pour sa part jugé qu'en tant qu'Haïtien, Duvalier avait le droit de retourner dans son pays. "Pourvu que sa présence ne vienne pas compliquer une situation politique déjà tendue", a-t-il nuancé.
"Duvalier de retour, nous allons avoir un vrai pays maintenant, nous sommes contents qu'il soit là pour redonner au pays son image d'antan", dit Ronald Brévil, 25 ans. Dans les rues de la capitale des groupes de manifestants joyeux dansent en chantant "Duvalier, Duvalier".
L'ancien président ne récolte cependant pas que des cris de joie. "Il doit être jugé, il a commis des crimes et a volé l'argent du peuple", crie un jeune.
(ats / 17 janvier 2011 12:25)
http://www.romandie.com/infos/ats/display.asp?page=20110117122524760172019048164_brf018.xml&associate=phf1202
Retour surprise de Jean-Claude Duvalier en Haïti
L'ancien président "à vie" Jean-Claude Duvalier a effectué dimanche un retour surprise en Haïti, où il n'était pas revenu depuis son renversement par un soulèvement populaire en 1986. Lire la suite l'article
Il s'est dit prêt à aider son pays, plongé en pleine crise politique et sanitaire un an après un séisme dévastateur.
Vêtu d'un costume bleu et d'une cravate, Jean-Claude Duvalier, désormais âgé de 59 ans, est arrivé à Port-au-Prince en compagnie de sa compagne française Véronique Roy à bord d'un vol Air France en provenance de Paris, ont rapporté des témoins.
"J'attendais ce moment depuis longtemps. Quand j'ai posé le pied au sol, j'ai ressenti une grande joie", a-t-il dit, tandis que des centaines de partisans scandaient "Vive Duvalier" à l'extérieur de l'aéroport.
"(Je reviens) parce que je sais que le peuple souffre", a-t-il poursuivi.
"Je voulais lui témoigner ma solidarité, lui dire que je suis là, que je suis bien disposé et déterminé à participer à la renaissance d'Haïti", a-t-il dit à Reuters, sans préciser ses intentions exactes.
Il devrait donner une conférence de presse lundi.
Surnommé Baby Doc, Jean-Claude Duvalier a été propulsé à la tête du pays en 1971 à la mort de son père, François "Papa Doc" Duvalier, qui faisait régner un climat de terreur. A 19 ans, Jean-Claude Duvalier était alors le plus jeune chef d'Etat au monde et il s'était autoproclamé président "à vie".
TONTONS MACOUTES
Même s'il a tenté d'offrir une image moins autoritaire que son père, Jean-Claude Duvalier a été renversé en 1986 par un soulèvement populaire, accompagné de pressions diplomatiques de la part des Etats-Unis.
Il était alors accusé de diriger un régime corrompu, répressif et multipliant les atteintes aux droits de l'homme par le biais de la milice créée par son père, les Tontons Macoutes. Il vivait dans l'opulence pendant que sa population tentait de survivre dans la misère.
La fin de son exil en France a laissé de nombreux Haïtiens incrédules.
"Nous attendons de voir pourquoi il est ici. Mais ce n'est pas une bonne chose. J'ai vécu sous Duvalier", a dit un habitant de Port-au-Prince, Christian Joseph, âgé de 49 ans.
Interrogée au sujet de l'ancien dirigeant, une autre personne a refusé de répondre et même de donner son identité: "Vous plaisantez? Il me tuerait. Vous ne connaissez pas Duvalier?"
PASSEPORT DIPLOMATIQUE
Aucun mandat d'arrêt n'a été rendu public à son encontre et aucune disposition légale ne l'empêchait de revenir dans son pays.
De source proche de l'ancien dirigeant, on a déclaré qu'il était revenu avec un passeport diplomatique et qu'il devait tenir le ministère de l'Intérieur informé de ses déplacements.
Son retour ajoute une note supplémentaire d'incertitude en Haïti, l'un des pays les plus pauvres de la planète, plongé dans une crise politique en raison de la contestation des résultats du premier tour de l'élection présidentielle tenu le 28 novembre.
Ces résultats, dont l'annonce a été suivie d'émeutes, donnent en tête Mirlande Manigat, devançant de peu Jude Célestin, candidat soutenu par le président sortant René Préval.
Les experts de l'Organisation des Etats américains préconisent, sur la foi d'irrégularités "importantes" dans le décompte des voix, que Jude Célestin soit disqualifié et remplacé au second tour par le candidat arrivé troisième, le chanteur populaire Michel Martelly.
Ce scrutin présidentiel s'est déroulé en pleine épidémie de choléra, fatale à près de 4.000 personnes, et la date du second tour n'a toujours pas été fixée.
Haïti souffre en outre toujours des conséquences du violent séisme survenu le 12 janvier 2010, qui a fait plus de 300.000 morts.
Bertrand Boucey pour le service français
http://fr.news.yahoo.com/4/20110117/tts-haiti-duvalier-ca02f96.html
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| Photos/Vidéos liées JEAN-CLAUDE DUVALIER DE RETOUR À HAÏTI |
Il s'est dit prêt à aider son pays, plongé en pleine crise politique et sanitaire un an après un séisme dévastateur.
Vêtu d'un costume bleu et d'une cravate, Jean-Claude Duvalier, désormais âgé de 59 ans, est arrivé à Port-au-Prince en compagnie de sa compagne française Véronique Roy à bord d'un vol Air France en provenance de Paris, ont rapporté des témoins.
"J'attendais ce moment depuis longtemps. Quand j'ai posé le pied au sol, j'ai ressenti une grande joie", a-t-il dit, tandis que des centaines de partisans scandaient "Vive Duvalier" à l'extérieur de l'aéroport.
"(Je reviens) parce que je sais que le peuple souffre", a-t-il poursuivi.
"Je voulais lui témoigner ma solidarité, lui dire que je suis là, que je suis bien disposé et déterminé à participer à la renaissance d'Haïti", a-t-il dit à Reuters, sans préciser ses intentions exactes.
Il devrait donner une conférence de presse lundi.
Surnommé Baby Doc, Jean-Claude Duvalier a été propulsé à la tête du pays en 1971 à la mort de son père, François "Papa Doc" Duvalier, qui faisait régner un climat de terreur. A 19 ans, Jean-Claude Duvalier était alors le plus jeune chef d'Etat au monde et il s'était autoproclamé président "à vie".
TONTONS MACOUTES
Même s'il a tenté d'offrir une image moins autoritaire que son père, Jean-Claude Duvalier a été renversé en 1986 par un soulèvement populaire, accompagné de pressions diplomatiques de la part des Etats-Unis.
Il était alors accusé de diriger un régime corrompu, répressif et multipliant les atteintes aux droits de l'homme par le biais de la milice créée par son père, les Tontons Macoutes. Il vivait dans l'opulence pendant que sa population tentait de survivre dans la misère.
La fin de son exil en France a laissé de nombreux Haïtiens incrédules.
"Nous attendons de voir pourquoi il est ici. Mais ce n'est pas une bonne chose. J'ai vécu sous Duvalier", a dit un habitant de Port-au-Prince, Christian Joseph, âgé de 49 ans.
Interrogée au sujet de l'ancien dirigeant, une autre personne a refusé de répondre et même de donner son identité: "Vous plaisantez? Il me tuerait. Vous ne connaissez pas Duvalier?"
PASSEPORT DIPLOMATIQUE
Aucun mandat d'arrêt n'a été rendu public à son encontre et aucune disposition légale ne l'empêchait de revenir dans son pays.
De source proche de l'ancien dirigeant, on a déclaré qu'il était revenu avec un passeport diplomatique et qu'il devait tenir le ministère de l'Intérieur informé de ses déplacements.
Son retour ajoute une note supplémentaire d'incertitude en Haïti, l'un des pays les plus pauvres de la planète, plongé dans une crise politique en raison de la contestation des résultats du premier tour de l'élection présidentielle tenu le 28 novembre.
Ces résultats, dont l'annonce a été suivie d'émeutes, donnent en tête Mirlande Manigat, devançant de peu Jude Célestin, candidat soutenu par le président sortant René Préval.
Les experts de l'Organisation des Etats américains préconisent, sur la foi d'irrégularités "importantes" dans le décompte des voix, que Jude Célestin soit disqualifié et remplacé au second tour par le candidat arrivé troisième, le chanteur populaire Michel Martelly.
Ce scrutin présidentiel s'est déroulé en pleine épidémie de choléra, fatale à près de 4.000 personnes, et la date du second tour n'a toujours pas été fixée.
Haïti souffre en outre toujours des conséquences du violent séisme survenu le 12 janvier 2010, qui a fait plus de 300.000 morts.
Bertrand Boucey pour le service français
http://fr.news.yahoo.com/4/20110117/tts-haiti-duvalier-ca02f96.html
Jean-Claude Duvalier de retour à Port-au-Prince
Par FTV avec AFP et Reuters
Jean-Claude Duvalier à son arrivée à Port-au-Prince (16 janvier 2011)
AFP / Hector Retamal L'ancien dictateur Haïtien Jean-Claude Duvalier est arrivé dimanche en Haïti après 25 ans d'exil
A la surprise générale, Baby Doc a atterri à Port-au-Prince en fin d'après-midi à bord d'un vol Air France. Dans l'aéroport, il a déclaré aux journalistes: "Je suis venu pour aider" le peuple haïtien.
Jean-Claude Duvalier, qui avait succédé en 1971 à son père François Duvalier, avait été chassé du pouvoir par une révolte populaire en 1986.
Jean-Claude "Duvalier est un citoyen haïtien qui rentre au pays comme il en a le droit", a déclaré le Premier ministre Jean-Max Bellerive à l'AFP. "J'espère simplement que cela ne va pas compliquer une situation politique déjà tendue", a-t-il ajouté. Après un premier tour dont les résultats sont contestés, les Haïtiens attendent le deuxième tour de la présidentielle dont la date a été repoussée.
"J'attendais ce moment depuis longtemps. Quand j'ai posé le pied au sol, j'ai ressenti une grande joie", a déclaré Jean-Claude Duvalier à son arrivée. "(Je reviens) parce que je sais que le peuple souffre", a-t-il poursuivi. "Je voulais lui témoigner ma solidarité, lui dire que je suis là, que je suis bien disposé et déterminé à participer à la renaissance d'Haïti".
La compagne de Duvalier, Véronique Roy, a déclaré que le séisme dévastateur du 12 janvier 2010 et ses quelque 250.000 morts les avait poussés à revenir en Haïti. "Ca a été le déclic, nous avons vu les images à la télévision", a-t-elle dit alors que le pays vient de commémorer le premier anniversaire de la catastrophe. Elle a aussi indiqué aux journalistes que Jean-Claude Duvalier parlerait lundi à la presse, sans donner plus de détails.
Plus jeune chef d'Etat au monde à 19 ans, Jean-Claude Duvalier s'était proclamé "président à vie". Même s'il voulait offrir une image moins autoritaire que son père François Duvalier, il dirigeait un régime corrompu qui multipliait les atteintes aux droits de l'hommes avec ses milices redoutables, les Tontons Macoutes. Il vivait dans l'opulence alors que son peuple était dans la misère.
La France avait accepté d'accueillir Jean-Claude Duvalier à titre temporaire en 1986, quand il avait été chassé par une révolte populaire. Il vivait depuis dans de belles demeures de la Côte d'Azur. Il répétait souvent qu'il souhaitait revenir "un jour" en Haïti.
En 2007, il était intervenu sur les ondes haïtiennes pour demander "pardon au peuple haïtien pour les erreurs commises pendant son règne". En doutant de la sincérité de ce message, le président René Préval avait alors relevé que s'il y avait "le pardon", il y avait aussi "la justice".
L'ex-dictateur est notamment accusé de détournements de fonds pendant l'exercice de son pouvoir. Les autorités d'Haïti estiment que plus de 100 millions de dollars ont été détournés sous le couvert d'oeuvres sociales jusqu'à la chute en 1986 de "Baby Doc".
http://info.france2.fr/monde/jean-claude-duvalier-de-retour-a-port-au-prince-66880488.html
Jean-Claude Duvalier à son arrivée à Port-au-Prince (16 janvier 2011)
AFP / Hector Retamal L'ancien dictateur Haïtien Jean-Claude Duvalier est arrivé dimanche en Haïti après 25 ans d'exil
A la surprise générale, Baby Doc a atterri à Port-au-Prince en fin d'après-midi à bord d'un vol Air France. Dans l'aéroport, il a déclaré aux journalistes: "Je suis venu pour aider" le peuple haïtien.
Jean-Claude Duvalier, qui avait succédé en 1971 à son père François Duvalier, avait été chassé du pouvoir par une révolte populaire en 1986.
Jean-Claude "Duvalier est un citoyen haïtien qui rentre au pays comme il en a le droit", a déclaré le Premier ministre Jean-Max Bellerive à l'AFP. "J'espère simplement que cela ne va pas compliquer une situation politique déjà tendue", a-t-il ajouté. Après un premier tour dont les résultats sont contestés, les Haïtiens attendent le deuxième tour de la présidentielle dont la date a été repoussée.
"J'attendais ce moment depuis longtemps. Quand j'ai posé le pied au sol, j'ai ressenti une grande joie", a déclaré Jean-Claude Duvalier à son arrivée. "(Je reviens) parce que je sais que le peuple souffre", a-t-il poursuivi. "Je voulais lui témoigner ma solidarité, lui dire que je suis là, que je suis bien disposé et déterminé à participer à la renaissance d'Haïti".
La compagne de Duvalier, Véronique Roy, a déclaré que le séisme dévastateur du 12 janvier 2010 et ses quelque 250.000 morts les avait poussés à revenir en Haïti. "Ca a été le déclic, nous avons vu les images à la télévision", a-t-elle dit alors que le pays vient de commémorer le premier anniversaire de la catastrophe. Elle a aussi indiqué aux journalistes que Jean-Claude Duvalier parlerait lundi à la presse, sans donner plus de détails.
Plus jeune chef d'Etat au monde à 19 ans, Jean-Claude Duvalier s'était proclamé "président à vie". Même s'il voulait offrir une image moins autoritaire que son père François Duvalier, il dirigeait un régime corrompu qui multipliait les atteintes aux droits de l'hommes avec ses milices redoutables, les Tontons Macoutes. Il vivait dans l'opulence alors que son peuple était dans la misère.
La France avait accepté d'accueillir Jean-Claude Duvalier à titre temporaire en 1986, quand il avait été chassé par une révolte populaire. Il vivait depuis dans de belles demeures de la Côte d'Azur. Il répétait souvent qu'il souhaitait revenir "un jour" en Haïti.
En 2007, il était intervenu sur les ondes haïtiennes pour demander "pardon au peuple haïtien pour les erreurs commises pendant son règne". En doutant de la sincérité de ce message, le président René Préval avait alors relevé que s'il y avait "le pardon", il y avait aussi "la justice".
L'ex-dictateur est notamment accusé de détournements de fonds pendant l'exercice de son pouvoir. Les autorités d'Haïti estiment que plus de 100 millions de dollars ont été détournés sous le couvert d'oeuvres sociales jusqu'à la chute en 1986 de "Baby Doc".
http://info.france2.fr/monde/jean-claude-duvalier-de-retour-a-port-au-prince-66880488.html
dimanche 16 janvier 2011
Jean-Claude Duvalier est en Haïti, premières reactions
L'ancien président à vie Jean-Claude Duvalier, chassé du pouvoir par une révolte populaire le 7 février 1986, est arrivé dimanche en Haïti, ont constaté les journalistes à l'aéroport Toussaint Louverture de Port-au-Prince. Haïti: "L'avion a atterri. Il occupe les places 3A et 3B" à bord d'un vol de la compagnie Air France, a indiqué à l'AFP sous couvert d'anonymat un responsable de l'aéroport de Port-au-Prince.
Agé de 59 ans, l'ex-dictateur vivait en exil en France depuis près de 25 ans.
La rumeur de l'arrivée imminente de Jean Claude Duvalier a fait son apparition vers 2 heures 30 ce dimanche tranquille dans les milieux journalistiques. Quelques heures plus tard des sources des Antilles françaises ont confirmé la nouvelle avant que l'ambassade de France en Haïti la confirme officiellement.
Interrogé par Le Nouvelliste, une source proche de la présidence haïtienne a affirmé n'avoir pas été informée de cette arrivée. Des responsables de la Police Nationale d'Haïti ne savaient pas non plus quelle conduite tenir face à cette arrive impromptue.
Des centaines de sympathisants de l'ancien président dont la famille a gouverné Haïti pendant 29 ans (septembre 1957-février 1986) se sont massés à l'Aéroport pour accueillir l'ancien président. D'autres curieux qui n'ont pas connu le règne de Duvalier étaient aussi dans les parages de l'aéroport et commentaient ce revirement spectaculaire.
Michèle Montas, la veuve du Journaliste Jean Dominique a été la première personnalité à désapprouver sur les ondes de Signal FM cette réapparition de Baby Doc sur la scène politique haïtienne. Elle a rappelé pour les jeunes le règne des Duvalier et souligné les limitations de la liberté de la presse à cette époque.
Dans des micros trottoirs réalisés à travers les principales villes du pays et dans les rues de la capitale, la radio Signal FM a pu recueillir des réactions de joies et aussi des demandes pour le retour des autres exilés, dont Jean Bertrand Aristide.
Ce retour imprévu de l'ancien président survient alors que Haïti vient de marquer le premier anniversaire d'un séisme meurtrier et que le pays est plongé dans une impasse politique, trois semaines avant la fin du mandat du président sortant René Préval.
Le second tour de l'élection présidentielle tenue le 28 novembre a été repoussé sine die et aucune indication n'a encore été donnée par les autorités haïtiennes sur le nom des candidats qui s'opposeront lors de ce deuxième scrutin.
Frantz Duval
duvalf@hotmail.com
Avec AFP
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=87863&PubDate=2011-01-16
Agé de 59 ans, l'ex-dictateur vivait en exil en France depuis près de 25 ans.
La rumeur de l'arrivée imminente de Jean Claude Duvalier a fait son apparition vers 2 heures 30 ce dimanche tranquille dans les milieux journalistiques. Quelques heures plus tard des sources des Antilles françaises ont confirmé la nouvelle avant que l'ambassade de France en Haïti la confirme officiellement.
Interrogé par Le Nouvelliste, une source proche de la présidence haïtienne a affirmé n'avoir pas été informée de cette arrivée. Des responsables de la Police Nationale d'Haïti ne savaient pas non plus quelle conduite tenir face à cette arrive impromptue.
Des centaines de sympathisants de l'ancien président dont la famille a gouverné Haïti pendant 29 ans (septembre 1957-février 1986) se sont massés à l'Aéroport pour accueillir l'ancien président. D'autres curieux qui n'ont pas connu le règne de Duvalier étaient aussi dans les parages de l'aéroport et commentaient ce revirement spectaculaire.
Michèle Montas, la veuve du Journaliste Jean Dominique a été la première personnalité à désapprouver sur les ondes de Signal FM cette réapparition de Baby Doc sur la scène politique haïtienne. Elle a rappelé pour les jeunes le règne des Duvalier et souligné les limitations de la liberté de la presse à cette époque.
Dans des micros trottoirs réalisés à travers les principales villes du pays et dans les rues de la capitale, la radio Signal FM a pu recueillir des réactions de joies et aussi des demandes pour le retour des autres exilés, dont Jean Bertrand Aristide.
Ce retour imprévu de l'ancien président survient alors que Haïti vient de marquer le premier anniversaire d'un séisme meurtrier et que le pays est plongé dans une impasse politique, trois semaines avant la fin du mandat du président sortant René Préval.
Le second tour de l'élection présidentielle tenue le 28 novembre a été repoussé sine die et aucune indication n'a encore été donnée par les autorités haïtiennes sur le nom des candidats qui s'opposeront lors de ce deuxième scrutin.
Frantz Duval
duvalf@hotmail.com
Avec AFP
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=87863&PubDate=2011-01-16
Duvalier fils de retour d'exil
Je suis venu pour aider, dit Duvalier à son retour Mise à jour le dimanche 16 janvier 2011 à 19 h 21
L'ancien président Jean-Claude Duvalier est de retour en Haïti après 25 ans d'exil. Le dictateur avait régné de 1971 à 1986 avant d'être chassé par une révolte populaire.
Surnommé Bébé Doc, puisqu'il succédait à son père François Duvalier (dit Papa Doc), il est maintenant âgé de 59 ans. Il vivait en France depuis 25 ans.
Le collaborateur de Radio-Canada à Haïti, Clarence Renois, l'a vu à son arrivée. Selon lui, personne n'avait anticipé son retour.
M. Duvalier, qui promet sous peu une conférence de presse, n'a eu jusqu'ici que ces quelques mots : « Je suis venu pour aider ».
Son épouse, qui l'accompagne, a dit qu'il avait été très touché par le séisme dévastateur du 12 janvier 2010. Il aurait aussi embrassé le sol à sa descente d'avion et déclaré : « Haïti mon pays, le pays de Dessalines », en référence au héros de l'indépendance.
Des anciens officiels de son régime, dont son ministre des Affaires étrangères et son chef de la garde présidentielle de l'époque, étaient là pour l'accueillir.
Il est en ce moment dans les bureaux de l'immigration pour les formalités administratives.
Jean-Claude Duvalier est revenu à bord d'un avion d'Air France qui s'est posé en fin d'après-midi à Port-au-Prince.
La nouvelle de son départ avait d'abord été annoncée par une source diplomatique à Paris. Un responsable de l'aéroport de Port-au-Prince a confirmé son arrivée.
En 2007, Jean-Claude Duvalier était intervenu sur les ondes haïtiennes pour demander pardon au peuple haïtien pour les erreurs commises pendant son règne.
Le président sortant René Préval avait à l'époque dit que l'ex-dictateur, accusé de détournements de fonds pendant l'exercice de son pouvoir, n'échapperait pas à la justice.
Aucune interdiction de revenir au pays ne pese sur lui.
Ce retour imprévu de l'ancien président survient alors que l'impasse politique demeure, trois semaines avant la fin du mandat de René Préval. Le second tour de l'élection présidentielle tenue le 28 novembre a été repoussé sine die.
Radio-Canada.ca avec
Agence France Presse et Reuters
L'ancien président Jean-Claude Duvalier est de retour en Haïti après 25 ans d'exil. Le dictateur avait régné de 1971 à 1986 avant d'être chassé par une révolte populaire.
Surnommé Bébé Doc, puisqu'il succédait à son père François Duvalier (dit Papa Doc), il est maintenant âgé de 59 ans. Il vivait en France depuis 25 ans.
Le collaborateur de Radio-Canada à Haïti, Clarence Renois, l'a vu à son arrivée. Selon lui, personne n'avait anticipé son retour.
M. Duvalier, qui promet sous peu une conférence de presse, n'a eu jusqu'ici que ces quelques mots : « Je suis venu pour aider ».
Son épouse, qui l'accompagne, a dit qu'il avait été très touché par le séisme dévastateur du 12 janvier 2010. Il aurait aussi embrassé le sol à sa descente d'avion et déclaré : « Haïti mon pays, le pays de Dessalines », en référence au héros de l'indépendance.
Des anciens officiels de son régime, dont son ministre des Affaires étrangères et son chef de la garde présidentielle de l'époque, étaient là pour l'accueillir.
Il est en ce moment dans les bureaux de l'immigration pour les formalités administratives.
Jean-Claude Duvalier est revenu à bord d'un avion d'Air France qui s'est posé en fin d'après-midi à Port-au-Prince.
La nouvelle de son départ avait d'abord été annoncée par une source diplomatique à Paris. Un responsable de l'aéroport de Port-au-Prince a confirmé son arrivée.
En 2007, Jean-Claude Duvalier était intervenu sur les ondes haïtiennes pour demander pardon au peuple haïtien pour les erreurs commises pendant son règne.
Le président sortant René Préval avait à l'époque dit que l'ex-dictateur, accusé de détournements de fonds pendant l'exercice de son pouvoir, n'échapperait pas à la justice.
Aucune interdiction de revenir au pays ne pese sur lui.
Ce retour imprévu de l'ancien président survient alors que l'impasse politique demeure, trois semaines avant la fin du mandat de René Préval. Le second tour de l'élection présidentielle tenue le 28 novembre a été repoussé sine die.
Radio-Canada.ca avec
Agence France Presse et Reuters
L'ex-président Jean-Claude Duvalier en route pour Haïti après 25 ans d'exil
PARIS — L'ancien président haïtien Jean-Claude Duvalier (1971-1986), chassé du pouvoir par une révolte populaire et qui vivait en exil depuis près de 25 ans, est en route pour Haïti où il devait arriver dimanche en fin d'après-midi, a-t-on appris à Paris de source diplomatique. "Il est à bord de l'avion Air France" qui assure la liaison Paris-Port-au-Prince, a dit à l'AFP un diplomate sous couvert d'anonymat. Cet appareil devait arriver vers 17h30 locales dans la capitale haïtienne.
Agé de 59 ans, l'ex-dictateur, surnommé "Bébé Doc", vivait en exil en France depuis près de 25 ans.
Le retour imprévu de l'ancien président survient alors que Haïti vient de commémorer le premier anniversaire d'un séisme meurtrier et que le pays le plus pauvre du continent américain est plongé dans une impasse politique, trois semaines avant la fin du mandat du président sortant René Préval.
Le second tour de l'élection présidentielle tenue le 28 novembre a été repoussé sine die et aucune indication n'a encore été donnée par les autorités haïtiennes sur le nom des candidats qui s'opposeront lors du deuxième scrutin.
En 2007, Jean-Claude Duvalier était intervenu sur les ondes haïtiennes pour demander "pardon au peuple haïtien pour les erreurs commises pendant son règne". Dans un message adressé aux Haïtiens depuis son exil en France, il avait aussi estimé que "la division était le principal problème d'Haïti".
En doutant de la sincérité de ce message, le président René Préval avait alors relevé que s'il y avait "le pardon", il y avait aussi "la justice".
L'ex-dictateur a notamment été accusé de détournements de fonds pendant l'exercice de son pouvoir. Les autorités d'Haïti estiment que plus de 100 millions de dollars ont été détournés sous le couvert d'oeuvres sociales jusqu'à la chute en 1986 de "Bébé Doc" qui avait succédé en 1971 à son père François Duvalier, élu président en 1957.
La France avait accepté en 1986 d'accueillir Jean-Claude Duvalier, alors que ce dernier était confronté depuis fin novembre 1985 à des manifestations anti-gouvernementales, au cours desquelles plusieurs dizaines d'Haïtiens ont trouvé la mort.
Comme le président Jean Bertrand Aristide en 2004, "Bébé Doc" avait été poussé à la démission par les Etats-Unis et il avait quitté le pays le 7 février 1986 à bord d'un avion de l'US Air Force. Jean Bertrand Aristide vit aujourd'hui en exil en Afrique du Sud.
Le départ de Jean-Claude Duvalier avait mis fin au règne duvaliériste, né vingt-huit ans plus tôt avec l'arrivée démocratique au pouvoir de François Duvalier, alias "Papa Doc", auquel il a succédé en 1971 à 19 ans, pour devenir "président à vie".
Sa demande d'exil ayant été rejetée par la Suisse, l'Espagne, la Grèce, le Maroc et le Gabon, c'est finalement en France, à l'origine à titre temporaire, que Jean-Claude Duvalier s'était rendu.
"On a accueilli l'ancien président d'Haïti uniquement parce que cela permettait de libérer le pays de la dictature", avait alors déclaré le Premier ministre de l'époque, Laurent Fabius.
L'ex-président avait ensuite profité d'une retraite dorée dans de vastes demeures de la Côte d'Azur.
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5glPoddQlBbQ4gHEKm_PUuavWpC9w?docId=CNG.5cfaffa22245f74f314931d32ca75b9d.c81
Agé de 59 ans, l'ex-dictateur, surnommé "Bébé Doc", vivait en exil en France depuis près de 25 ans.
Le retour imprévu de l'ancien président survient alors que Haïti vient de commémorer le premier anniversaire d'un séisme meurtrier et que le pays le plus pauvre du continent américain est plongé dans une impasse politique, trois semaines avant la fin du mandat du président sortant René Préval.
Le second tour de l'élection présidentielle tenue le 28 novembre a été repoussé sine die et aucune indication n'a encore été donnée par les autorités haïtiennes sur le nom des candidats qui s'opposeront lors du deuxième scrutin.
En 2007, Jean-Claude Duvalier était intervenu sur les ondes haïtiennes pour demander "pardon au peuple haïtien pour les erreurs commises pendant son règne". Dans un message adressé aux Haïtiens depuis son exil en France, il avait aussi estimé que "la division était le principal problème d'Haïti".
En doutant de la sincérité de ce message, le président René Préval avait alors relevé que s'il y avait "le pardon", il y avait aussi "la justice".
L'ex-dictateur a notamment été accusé de détournements de fonds pendant l'exercice de son pouvoir. Les autorités d'Haïti estiment que plus de 100 millions de dollars ont été détournés sous le couvert d'oeuvres sociales jusqu'à la chute en 1986 de "Bébé Doc" qui avait succédé en 1971 à son père François Duvalier, élu président en 1957.
La France avait accepté en 1986 d'accueillir Jean-Claude Duvalier, alors que ce dernier était confronté depuis fin novembre 1985 à des manifestations anti-gouvernementales, au cours desquelles plusieurs dizaines d'Haïtiens ont trouvé la mort.
Comme le président Jean Bertrand Aristide en 2004, "Bébé Doc" avait été poussé à la démission par les Etats-Unis et il avait quitté le pays le 7 février 1986 à bord d'un avion de l'US Air Force. Jean Bertrand Aristide vit aujourd'hui en exil en Afrique du Sud.
Le départ de Jean-Claude Duvalier avait mis fin au règne duvaliériste, né vingt-huit ans plus tôt avec l'arrivée démocratique au pouvoir de François Duvalier, alias "Papa Doc", auquel il a succédé en 1971 à 19 ans, pour devenir "président à vie".
Sa demande d'exil ayant été rejetée par la Suisse, l'Espagne, la Grèce, le Maroc et le Gabon, c'est finalement en France, à l'origine à titre temporaire, que Jean-Claude Duvalier s'était rendu.
"On a accueilli l'ancien président d'Haïti uniquement parce que cela permettait de libérer le pays de la dictature", avait alors déclaré le Premier ministre de l'époque, Laurent Fabius.
L'ex-président avait ensuite profité d'une retraite dorée dans de vastes demeures de la Côte d'Azur.
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5glPoddQlBbQ4gHEKm_PUuavWpC9w?docId=CNG.5cfaffa22245f74f314931d32ca75b9d.c81
Haïti. La vie repousse sur les ruines
16 janvier 2011 Malgré les ruines qui rappellent à tous les coins de rue le violent séisme du 12 janvier 2010, les choses ont bien changé à Port-au-Prince en un an. Nephtalie Eva Joseph, Jean Rony Fils et Noé Morancy racontent leur parcours depuis que la terre a tremblé.
De notre envoyé spécial.
Fin janvier2010, Nephtalie, Walkyse Eva Joseph et leur jeune frère sont complètement désemparés. Facs effondrées, amis étudiants et professeurs tués ou grièvement blessés... Le système universitaire et éducatif n'est plus qu'un vaste champ de ruines. Très vite, Nephtalie, étudiante en psycho, et Walkyse, inscrite en cinquième année de médecine, vont mettre leur énergie et leur expérience au service d'un dispensaire. Puis Nephtalie participera à un programme de soutien psychologique auprès des familles. Une activité rétribuée qui lui permettra d'aider son père, chauffeur de tap-tap, un taxi en commun, à subvenir aux besoins de la famille. En avril, les étudiants reprendront enfin le chemin de la fac dans des bâtiments provisoires faits de poutres métalliques, de contreplaqué et de tôles.
«On craint toujours les secousses»
Il y a quelques mois, Walkyse a débuté son internat à l'hôpital central de Port-au-Prince. En début de semaine, elle accueillait notamment les malades du choléra au service des urgences. Sur le terrain familial, qui borde un grand camp de réfugiés, la petite maison lézardée est à nouveau occupée. «Mais uniquement le jour, précise la mère. Comme on craint toujours les secousses, on préfère dormir dans le cabanon de bois construit par une association caritative.» Deux chambres y ont été aménagées. «On nous a promis que notre maison, qui a été inspectée assez rapidement après le tremblement de terre, serait réparée prochainement, annonce-t-elle en faisant visiter les lieux. L'État s'est engagé à financer ces travaux. Quand la consolidation sera terminée, on y habitera jour et nuit.» Sur la rue, le père, les mains couvertes de cambouis, répare le moteur d'une voiture qui n'est pas la sienne. Une manière d'arrondir les fins de mois.
Jean Rony Fils retrouve une belle vitalité
Ce jeune homme de 22 ans, qui a perdu sa petite soeur et sa mère sous les décombres de la maison familiale, est resté bloqué sous un amas de parpaings et de poutres pendant huitheures. Grièvement blessé aux jambes et à la clavicule, il a très vite été pris en charge par une ONG médicale du nord de la France. Après des semaines passées en fauteuil roulant, il a retrouvé une belle vitalité. Son quartier, situé sur les hauteurs, a été littéralement éventré par le séisme. «Il a fallu attendre le mois d'avril pour déblayer les gravats. On a fait appel à une entreprise, raconte-t-il. On a retrouvé les corps de ma mère et de ma soeur. C'était dur de les savoir là, sans pouvoir rien faire. C'est mon grand frère qui a creusé leur tombe sur notre terrain et qui les a inhumées. À présent, elles reposent en paix.» Une première tente a été montée. Elle n'a pas résisté à la forte tempête tropicale qui a frappé l'île le 24septembre. La famille de Jean Rony a bénéficié d'une seconde tente plus grande, et plus résistante mais les conditions de vie restent extrêmement précaires. Les matelas sont jetés à même le sol. Et rien pour ranger les effets personnels. Souvent, par manque d'électricité, le campement est plongé dans l'obscurité. «On fait aussi la chasse aux rats qui rentrent sous la toile. C'est infernal. Côté hygiène, on nous a installé des toilettes. Mais leur nombre est insuffisant. Il faut être patient quand on veut y aller.» Jean Rony n'évoque même pas les bourrasques soulevant des nuages de poussière qui s'abattent sur ce secteur de la ville. Particules qui rendent les cheveux durs comme du carton. Et qui viennent gommer en quelques secondes les longues minutes passées à se doucher derrière une maigre palissade qui préserve à peine l'intimité des habitants. Dans quelques semaines, le jeune homme, qui désire poursuivre ses études en France, va relancer une demande de visa. L'université de Brest lui a donné l'assurance qu'elle pourrait l'accueillir en Administration économique et sociale. Il croise les doigts.
Moïse fête son premier anniversaire
Le 12janvier, le petit Moïse a fêté son premier anniversaire. Ce petit bonhomme plein de vitalité a perdu sa mère le jour de sa naissance. Cette dernière venait d'accoucher quand le toit de la maternité s'est écroulé sur elle, la tuant sur le coup. Le nourrisson, indemne, a été retrouvé sur le ventre de sa mère par une amie qui, inquiète, s'était rendue sur place. La jeune femme a adopté l'enfant, qui se porte comme un charme.
Didier Déniel
http://www.letelegramme.com/ig/generales/france-monde/france/haiti-la-vie-repousse-sur-les-ruines-16-01-2011-1175995.php
De notre envoyé spécial.
Fin janvier2010, Nephtalie, Walkyse Eva Joseph et leur jeune frère sont complètement désemparés. Facs effondrées, amis étudiants et professeurs tués ou grièvement blessés... Le système universitaire et éducatif n'est plus qu'un vaste champ de ruines. Très vite, Nephtalie, étudiante en psycho, et Walkyse, inscrite en cinquième année de médecine, vont mettre leur énergie et leur expérience au service d'un dispensaire. Puis Nephtalie participera à un programme de soutien psychologique auprès des familles. Une activité rétribuée qui lui permettra d'aider son père, chauffeur de tap-tap, un taxi en commun, à subvenir aux besoins de la famille. En avril, les étudiants reprendront enfin le chemin de la fac dans des bâtiments provisoires faits de poutres métalliques, de contreplaqué et de tôles.
«On craint toujours les secousses»
Il y a quelques mois, Walkyse a débuté son internat à l'hôpital central de Port-au-Prince. En début de semaine, elle accueillait notamment les malades du choléra au service des urgences. Sur le terrain familial, qui borde un grand camp de réfugiés, la petite maison lézardée est à nouveau occupée. «Mais uniquement le jour, précise la mère. Comme on craint toujours les secousses, on préfère dormir dans le cabanon de bois construit par une association caritative.» Deux chambres y ont été aménagées. «On nous a promis que notre maison, qui a été inspectée assez rapidement après le tremblement de terre, serait réparée prochainement, annonce-t-elle en faisant visiter les lieux. L'État s'est engagé à financer ces travaux. Quand la consolidation sera terminée, on y habitera jour et nuit.» Sur la rue, le père, les mains couvertes de cambouis, répare le moteur d'une voiture qui n'est pas la sienne. Une manière d'arrondir les fins de mois.
Jean Rony Fils retrouve une belle vitalité
Ce jeune homme de 22 ans, qui a perdu sa petite soeur et sa mère sous les décombres de la maison familiale, est resté bloqué sous un amas de parpaings et de poutres pendant huitheures. Grièvement blessé aux jambes et à la clavicule, il a très vite été pris en charge par une ONG médicale du nord de la France. Après des semaines passées en fauteuil roulant, il a retrouvé une belle vitalité. Son quartier, situé sur les hauteurs, a été littéralement éventré par le séisme. «Il a fallu attendre le mois d'avril pour déblayer les gravats. On a fait appel à une entreprise, raconte-t-il. On a retrouvé les corps de ma mère et de ma soeur. C'était dur de les savoir là, sans pouvoir rien faire. C'est mon grand frère qui a creusé leur tombe sur notre terrain et qui les a inhumées. À présent, elles reposent en paix.» Une première tente a été montée. Elle n'a pas résisté à la forte tempête tropicale qui a frappé l'île le 24septembre. La famille de Jean Rony a bénéficié d'une seconde tente plus grande, et plus résistante mais les conditions de vie restent extrêmement précaires. Les matelas sont jetés à même le sol. Et rien pour ranger les effets personnels. Souvent, par manque d'électricité, le campement est plongé dans l'obscurité. «On fait aussi la chasse aux rats qui rentrent sous la toile. C'est infernal. Côté hygiène, on nous a installé des toilettes. Mais leur nombre est insuffisant. Il faut être patient quand on veut y aller.» Jean Rony n'évoque même pas les bourrasques soulevant des nuages de poussière qui s'abattent sur ce secteur de la ville. Particules qui rendent les cheveux durs comme du carton. Et qui viennent gommer en quelques secondes les longues minutes passées à se doucher derrière une maigre palissade qui préserve à peine l'intimité des habitants. Dans quelques semaines, le jeune homme, qui désire poursuivre ses études en France, va relancer une demande de visa. L'université de Brest lui a donné l'assurance qu'elle pourrait l'accueillir en Administration économique et sociale. Il croise les doigts.
Moïse fête son premier anniversaire
Le 12janvier, le petit Moïse a fêté son premier anniversaire. Ce petit bonhomme plein de vitalité a perdu sa mère le jour de sa naissance. Cette dernière venait d'accoucher quand le toit de la maternité s'est écroulé sur elle, la tuant sur le coup. Le nourrisson, indemne, a été retrouvé sur le ventre de sa mère par une amie qui, inquiète, s'était rendue sur place. La jeune femme a adopté l'enfant, qui se porte comme un charme.
Didier Déniel
http://www.letelegramme.com/ig/generales/france-monde/france/haiti-la-vie-repousse-sur-les-ruines-16-01-2011-1175995.php
Un an après le séisme en Haïti – L’éducation pour transformer «Ayiti chéri»
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| Photo : François Pesant – Le Devoir |
Par sxm info le 15 jan 2011
Le frère Armand change les mentalités grâce à son modèle scolaire
frère Franklin Armand a consacré sa vie à changer les mentalités et à faire évoluer Haïti. «Nous croyons que les connaissances doivent passer de la tête aux mains et à nouveau des mains jusqu’à la tête.»
Le Devoir en Haïti – Le séisme en Haïti a détruit nombre d'écoles. Mais l'idée voulant que ce soit par l'éducation que passera l'amélioration de la vie de tous les Haïtiens est bien ancrée dans les esprits. Surtout dans celui du frère Armand, qui consacre sa vie à faire changer les mentalités en «Ayiti chéri».
Port-au-Prince — À Petite Place Cazeau, dans l'ouest de Port-au-Prince, l'École du foyer de l'Incarnation est déclarée zone sinistrée. Fissurée de partout, la structure de béton s'est en partie effondrée lors du séisme il y a un an, ne faisant aucun mort — «Dieu merci!». Il était 16h53 et la plupart des enfants étaient sur le chemin du retour à la maison. «Je suis restée sans bouger», raconte Love Darling Gustave, une élève du primaire. «J'avais peur du goudou goudou [tremblement de terre].»
Sains et saufs, les enfants en gardent pourtant de graves séquelles. Certains n'ont plus de maison et dorment dans des tentes. «C'était difficile pour les enfants. Ils sont fragiles. Mais ils ont eu un accompagnement psychologique», explique le frère Franklin Armand, qui gère l'école à travers la congrégation des Petits Frères et Petites Soeurs de l'Incarnation.
Pourtant, à peine quelques jours après le tremblement de terre, il a rouvert l'école de Port-au-Prince. «Il fallait clôturer l'année. Je ne pouvais pas laisser les enfants», souligne le frère Armand, qui est basé à Hinche, où il a de nombreux projets, notamment en lien avec l'eau. Les enfants du primaire ont eu droit à des classes en plein air, à l'ombre des arbres ou assis à des pupitres installés dans la cour, sous des bâches.
Entré en religion il y a 45 ans de cela, le sexagénaire a consacré sa vie à changer les mentalités et à faire évoluer son «Ayiti chéri». Doté d'un optimiste inébranlable, il voit dans le séisme une occasion de tout recommencer à zéro et de réformer le système d'éducation. Dans l'un des pays les plus pauvres de la planète, moins de 10 % des écoles sont publiques. Et le ministère de l'Éducation n'a que très peu de ressources, soutient-il.
La perle retrouvée
À l'heure de la visite du Devoir, les enfants quittent l'école et un groupe de jeunes «échangent des idées» sous les palmiers. L'air est frais et bon. Le bruit infernal de la ville, inaudible. Le domaine est une oasis de paix comme il ne s'en trouve nulle part à Port-au-Prince. La perle des Antilles retrouve ici son lustre. «Tout le monde se surprend en arrivant ici», lance-t-il en riant.
Cinq bassins de pisciculture servent à l'élevage des tilapias et des carpes. La basse-cour héberge des poules et des canards et pourrait fournir une armée en oeufs. Des cochons élevés biologiquement grognent dans un enclos à côté des champs d'aubergines et des jardins. Tout au fond, des ateliers — notamment de maçonnerie — font office de lycée technique. «On forme les enfants pour le bac classique, mais on leur donne aussi une formation technique sanctionnée par notre école privée», explique le frère Armand.
Ce grand sage possède une philosophie bien à lui et voudrait faire des émules.
«L'école est en opposition avec la réalité quotidienne. Les parents ne veulent pas envoyer leurs enfants au champ parce que ça leur rappelle l'esclavage», note-t-il. Mais dans les écoles du frère Armand, dont la plupart sont situées en zone rurale dans le centre d'Haïti, on fait cultiver une parcelle de terre aux enfants dès le primaire. Les récoltes vont à la cantine populaire. «Nous croyons que les connaissances doivent passer de la tête aux mains et à nouveau des mains jusqu'à la tête.»
«En Haïti, on a plutôt un style d'institution à sens unique. Ce n'est pas partout qu'on invite les jeunes à créer, à inventer, déplore-t-il. Si Haïti doit sortir un jour de l'état dans lequel il l'est, c'est l'école qui va faire ça.» Et ce sont surtout les Haïtiens eux-mêmes qui vont le faire, se plaît-il à répéter. Frère Armand à la présidence? Six partis différents l'ont courtisé. Mais lui préfère nettement cultiver les fragiles fleurs de son jardin.
Source Le Devoir.com
La décharge de Truitier, vecteur de l’épidémie du choléra en Haïti ?
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| Les habitants de la décharge récupèrent des bouteilles en plastique, du cuivre, etc... Manuel Pochez/ RFI |
Trois mois jours pour jour après la découverte des premiers cas de choléra en Haïti, une campagne d'hygiène s'affiche sur tous les murs de la capitale. Selon l’OMS, l’Organisation mondiale de la santé, le pic de la propagation de l’épidémie n’est pas encore atteint. Même si le taux de mortalité est en baisse ( la maladie a fait 3759 morts ), le nombre de cas de porteurs de choléra ne cesse de croître. En dépit de ce constat, des pratiques douteuses ont droit de cité, comme l’illustre la décharge de Truitier.
Avec nos envoyés spéciaux à Port-au-Prince, Valérie Rohart et Manu Pochez
La route qui mène à la décharge de Truitier dans la ville de Cité-Soleil est étonnamment large et en bon état. Pas un trou, pas un tas de gravas ne vient ralentir le ballet des camions qui déversent les déchets de tout Port-au-Prince et de ses environs. Le site est entouré de barbelés et pourrait ressembler à un camp militaire, si la barrière n’était pas ouverte et gardée de loin. Sur plusieurs hectares, des dizaines de personnes cherchent des bouteilles en plastique, des canettes ou des fils électriques.
Au fur et à mesure que l’on avance dans la décharge, une insupportable odeur de latrines monte. Tout au fond, dans un endroit discret, un camion bleu déverse son chargement. « C’est un camion de l’entreprise Getco qui est spécialisée dans la vidange des matières fécales » nous confie un agent de la Dinepa la compagnie d’eau haïtienne connaît bien le logo blanc sur les flans du camion.
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| Camion déversant des matières fécales dans la décharge de Truitier. Manuel Pochez/ RFI |
Les habitants du village de Duvivier manifestent régulièrement contre ce déversement pour une raison simple : « A trois minutes d’ici, il y a un centre de traitement du choléra. Et les matières fécales qui sortent de ce centre sont déversées dans le dépotoir de Truitier », nous dit encore cet agent.
Les habitants sont convaincus : la Getco rejette des excréments contaminés par le choléra et polluent la nappe phréatique. Or, la seule ressource en eau ici, c’est le puits. Au centre du village, un gamin nous assure en riant que bien sûr, il boit de cette eau...
http://www.rfi.fr/ameriques/20110116-decharge-truitier-vecteur-epidemie-cholera-haiti
Commentaires:
Cette dépêche mérite au moins deux commentaires :
1.- Une grande partie des déchets produits par les citoyens résidant à Port-au-Prince est constitué d’objets en plastique et en verre. Des matériaux recyclables. Il suffirait que l’on valorise ces déchets pour ne plus les voir s’amonceler dans les rue de la Capitale. Et ceci pourrait facilement s’obtenir par le montage d’une usine de recyclage.
2.- Malgré le drame du cholera les autorités haïtiennes observent et laissent que les mauvaises pratiques continuent dans la gestion des déchets. Dans quel autre pays au monde ou on peut déverser à ciel ouvert des tas de merde ? Pourquoi le ministère de la Santé Publique ou le ministère de l’environnement ne sévit pas contre la compagnie GETCO qui dépose les matières fécales dans les décharges publiques ?
Haïti - Reconstruction : Il convient d’être réaliste, la route sera longue et difficile
15/01/2011 .- « Il convient d’être réaliste [...] la route sera longue et difficile », a déclaré vendredi, lors d'une conférence de presse au siège de l'ONU à New York, le Secrétaire Général de l'ONU Ban Ki-moon, soulignant que la reconstruction en Haïti était « lente » et que l’aide internationale et les investissements avaient été « moins rapides que voulus ». « Alors que nous continuons à reconstruire Haïti, nous devons non seulement assurer les besoins essentiels dans les secteurs de l'eau potable et de l'assainissement, de la santé et de l'emploi, mais nous devons également faire de l'amélioration de la sécurité et de l'État de droit une priorité », a insisté Ban Ki-moon.
Il a également noté également que la situation politique restait « extrêmement délicate », étant donné le litige non encore réglé sur l'issue du premier tour des élections de novembre. « Le défi pour la mission de l'ONU au cours de ce passage test est d'abord de maintenir la sécurité et deuxièmement d’aider un nouveau gouvernement légitime, qui bénéficiera du soutien de la population, à assumer ses responsabilités envers le peuple d’Haïti ».
Ajoutant que « malgré les difficultés, nous faisons des progrès, le nombre de personnes qui vivent dans des camps a été réduit de moitié comparée à la période d'urgence. Nous fournissons chaque jour de l'eau potable pour environ 1 million de personnes et de l'aide alimentaire pour 2 millions de personnes chaque mois »...
« Bien que le relèvement et le développement à plus long terme, est un processus difficile, il est capitale de s'assurer qu'ils produisent des améliorations visibles pour la population, même si elles sont petites, compte tenu de l'immensité des problèmes rencontrés dans le pays, en particulier pour ceux qui vivent encore dans des camps » a conclu le Secrétaire Général.
PI/ HaïtiLibre
Il a également noté également que la situation politique restait « extrêmement délicate », étant donné le litige non encore réglé sur l'issue du premier tour des élections de novembre. « Le défi pour la mission de l'ONU au cours de ce passage test est d'abord de maintenir la sécurité et deuxièmement d’aider un nouveau gouvernement légitime, qui bénéficiera du soutien de la population, à assumer ses responsabilités envers le peuple d’Haïti ».
Ajoutant que « malgré les difficultés, nous faisons des progrès, le nombre de personnes qui vivent dans des camps a été réduit de moitié comparée à la période d'urgence. Nous fournissons chaque jour de l'eau potable pour environ 1 million de personnes et de l'aide alimentaire pour 2 millions de personnes chaque mois »...
« Bien que le relèvement et le développement à plus long terme, est un processus difficile, il est capitale de s'assurer qu'ils produisent des améliorations visibles pour la population, même si elles sont petites, compte tenu de l'immensité des problèmes rencontrés dans le pays, en particulier pour ceux qui vivent encore dans des camps » a conclu le Secrétaire Général.
PI/ HaïtiLibre
samedi 15 janvier 2011
Haïti - Reconstruction : Combien d’argent à reçu Haïti en 2010 ?
14/01/2011 12:52:15 Le premier ministre haïtien, Jean Max Bellerive, qui co-préside avec l’ex-président américain Bill Clinton, la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH) a fait savoir que, sur les 2,010 milliards de dollars promis par les pays donateurs pour la reconstruction d’Haïti [objectif 2010], seulement 1,28 milliard de dollars, soit près de 64% avait été déboursé à la date du 31 décembre 2010.
L’ancien président américain Bill Clinton, reconnait lui aussi que 64% du montant promis a finalement été déboursé, néanmoins, il trouve ce montant « considérable vu que l’année 2010 a été particulièrement difficile pour l’économie mondiale. »
Il est est important de mettre en lumière l’utilisation de ces fonds, ce qui permet de voir que seulement 45% et non 64% ont été alloué pour la reconstruction. En effet, selon le rapport de L'Office des Nations Unies de l'Envoyé spécial pour Haïti (OSE) 1,28 milliards on effectivement été déboursé au 31 décembre 2010, mais seulement 912.5 millions de dollars (45%) concernait les projets de reconstruction. Pour arriver à 64% nos «chers» co-présidents, incluent dans leurs calculs : 233 millions d’appui budgétaire au gouvernement (financement du budget de l’État haïtien (1)) et 135.3 millions de prêts fait au gouvernement d’Haïti...
Les seuls dons en 2010, comptabilisé par l’OSE sont en réalité : 223,6 millions de dollars (diverses subventions auprès des Nations Unies), la Banque Interaméricaine de Développement (BID) et la Banque mondiale à travers le Fonds de reconstruction d'Haïti et 688,9 millions de dollars en subventions au Gouvernement d'Haïti, des agences multilatérales, des ONG et des entreprises privés.
Durant l’année 2010, la CIRH a approuvé 74 projets pour un montant total de 2,990 milliards de dollars. Sur ce montant 1,611 milliards (54%) sont liés à des sources de financement identifiées (institutions et organismes internationaux, fonds privés, pays donateurs etc...). Il faut se rappeler que l’identification des sources de financement, ne signifie pas pour autant, un décaissement total dans l’exercice en cours. Certains projets approuvés s’étalent sur 2 ans ou plus, d’autres ne sont que partiellement financés et sont à la recherche de financement complémentaires. En réalité c’est 912.5 millions de dollars qui ont réellement été décaissé soit 31% des projets approuvés (ou 56% des sources de financements identifiées).
Les promesses des 55 pays donateurs (bailleurs internationaux) pour les années 2010-2011 s’élèvent à 4,460 milliards de dollars, actuellement seulement 20% ont été déboursé.
Il est aussi important de mentionner qu’au delà des fonds de reconstruction, des fonds de soutien direct au gouvernement haïtien, la communauté internationale a procédé à l’allégement de la dette d’Haïti pour un montant de 1,07 milliard de dollars durant cette période (non pris en compte dans ces chiffres). De même que sont exclus les coûts importants de l’aide internationale d’urgence post-séisme.
Jean Max Bellerive a rappelé les trois secteurs prioritaires pour la CIRH : l’enlèvement des décombres, le logement et la santé, précisant que pour ces 3 secteurs prioritaires, Haïti en 2010, n’avait reçu que 350 millions de dollars. Tout en reconnaissant qu’en matière de coopération internationale, le pourcentage des sommes reçues est un « standard normal », il précise qu’en raison de la situation et des besoins d’Haïti, il faut un effort supplémentaire de la part de la communauté internationale.
Bill Clinton a déclaré pour sa part, que les besoins étaient nombreux, mais qu’il faudra attendre 6 a 12 mois avant que l’on puisse voir tout ce qui est fait depuis le 12 janvier 2010. De plus, il a assuré qu'un mécanisme avait été mis en place « pour garantir la transparence sur la façon dont les fonds sont dépensés ».
Il faudra sans doute plus que ces déclarations pour que ces chiffres deviennent un jour plus transparent (pour ne pas dire compréhensible) dans l’esprit profane de la population...
(1) L’apport de l’International passe d’une année à l’autre de 61 à 66% (58 milliards de gourdes) du budget national (2010-2011, soit prés des 2/3 de nos dépenses publiques (!)
http://www.haitilibre.com/article-1636-haiti-economie-le-budget-2010-2011-depend-a-66-de-l-aide-internationale.html
(2) Il est a noté que malgré les nombreuses critiques dont est victime la CIRH, elle a grandement amélioré ses méthodes de travail. Ainsi lors de la première réunion de la CIRH (25 juillet 2010), 2 projets ont été approuvés et financés à 100%, ce qui est normal, il s’agissait du lancement de cette commission. La deuxième réunion de la CIRH (17 août 2010) a approuvé 29 projets dont seulement 44% avaient un financement total ou partiel... La troisième réunion (6 octobre 2010) la CIRH approuvait 18 projets dont 59% avaient un financement total ou partiel. À la dernière réunion (14 décembre 2010) la CIRH a approuvé 25 projets dont 76% avaient un financement total ou partiel.
PI/ HaïtiLibre
http://www.haitilibre.com/article-2114-haiti-reconstruction-combien-d-argent-a-recu-haiti-en-2010.html
L’ancien président américain Bill Clinton, reconnait lui aussi que 64% du montant promis a finalement été déboursé, néanmoins, il trouve ce montant « considérable vu que l’année 2010 a été particulièrement difficile pour l’économie mondiale. »
Il est est important de mettre en lumière l’utilisation de ces fonds, ce qui permet de voir que seulement 45% et non 64% ont été alloué pour la reconstruction. En effet, selon le rapport de L'Office des Nations Unies de l'Envoyé spécial pour Haïti (OSE) 1,28 milliards on effectivement été déboursé au 31 décembre 2010, mais seulement 912.5 millions de dollars (45%) concernait les projets de reconstruction. Pour arriver à 64% nos «chers» co-présidents, incluent dans leurs calculs : 233 millions d’appui budgétaire au gouvernement (financement du budget de l’État haïtien (1)) et 135.3 millions de prêts fait au gouvernement d’Haïti...
Les seuls dons en 2010, comptabilisé par l’OSE sont en réalité : 223,6 millions de dollars (diverses subventions auprès des Nations Unies), la Banque Interaméricaine de Développement (BID) et la Banque mondiale à travers le Fonds de reconstruction d'Haïti et 688,9 millions de dollars en subventions au Gouvernement d'Haïti, des agences multilatérales, des ONG et des entreprises privés.
Durant l’année 2010, la CIRH a approuvé 74 projets pour un montant total de 2,990 milliards de dollars. Sur ce montant 1,611 milliards (54%) sont liés à des sources de financement identifiées (institutions et organismes internationaux, fonds privés, pays donateurs etc...). Il faut se rappeler que l’identification des sources de financement, ne signifie pas pour autant, un décaissement total dans l’exercice en cours. Certains projets approuvés s’étalent sur 2 ans ou plus, d’autres ne sont que partiellement financés et sont à la recherche de financement complémentaires. En réalité c’est 912.5 millions de dollars qui ont réellement été décaissé soit 31% des projets approuvés (ou 56% des sources de financements identifiées).
Les promesses des 55 pays donateurs (bailleurs internationaux) pour les années 2010-2011 s’élèvent à 4,460 milliards de dollars, actuellement seulement 20% ont été déboursé.
Il est aussi important de mentionner qu’au delà des fonds de reconstruction, des fonds de soutien direct au gouvernement haïtien, la communauté internationale a procédé à l’allégement de la dette d’Haïti pour un montant de 1,07 milliard de dollars durant cette période (non pris en compte dans ces chiffres). De même que sont exclus les coûts importants de l’aide internationale d’urgence post-séisme.
Jean Max Bellerive a rappelé les trois secteurs prioritaires pour la CIRH : l’enlèvement des décombres, le logement et la santé, précisant que pour ces 3 secteurs prioritaires, Haïti en 2010, n’avait reçu que 350 millions de dollars. Tout en reconnaissant qu’en matière de coopération internationale, le pourcentage des sommes reçues est un « standard normal », il précise qu’en raison de la situation et des besoins d’Haïti, il faut un effort supplémentaire de la part de la communauté internationale.
Bill Clinton a déclaré pour sa part, que les besoins étaient nombreux, mais qu’il faudra attendre 6 a 12 mois avant que l’on puisse voir tout ce qui est fait depuis le 12 janvier 2010. De plus, il a assuré qu'un mécanisme avait été mis en place « pour garantir la transparence sur la façon dont les fonds sont dépensés ».
Il faudra sans doute plus que ces déclarations pour que ces chiffres deviennent un jour plus transparent (pour ne pas dire compréhensible) dans l’esprit profane de la population...
(1) L’apport de l’International passe d’une année à l’autre de 61 à 66% (58 milliards de gourdes) du budget national (2010-2011, soit prés des 2/3 de nos dépenses publiques (!)
http://www.haitilibre.com/article-1636-haiti-economie-le-budget-2010-2011-depend-a-66-de-l-aide-internationale.html
(2) Il est a noté que malgré les nombreuses critiques dont est victime la CIRH, elle a grandement amélioré ses méthodes de travail. Ainsi lors de la première réunion de la CIRH (25 juillet 2010), 2 projets ont été approuvés et financés à 100%, ce qui est normal, il s’agissait du lancement de cette commission. La deuxième réunion de la CIRH (17 août 2010) a approuvé 29 projets dont seulement 44% avaient un financement total ou partiel... La troisième réunion (6 octobre 2010) la CIRH approuvait 18 projets dont 59% avaient un financement total ou partiel. À la dernière réunion (14 décembre 2010) la CIRH a approuvé 25 projets dont 76% avaient un financement total ou partiel.
PI/ HaïtiLibre
http://www.haitilibre.com/article-2114-haiti-reconstruction-combien-d-argent-a-recu-haiti-en-2010.html
HAITI N'A PAS BESOIN DE LARMES
Un an après la catastrophe, le grand écrivain haïtien Dany Laferrière raconte dans «Tout bouge autour de moi», un remarquable livre de «choses vues», le séisme qu’il a vécu en janvier 2010 à Port-au-Prince. Entretien
Né en 1953 à Port-au-Prince, Dany Laferrière vit à Montréal. Prix Médicis 2009 pour «l’Enigme du retour», il raconte dans «Tout bouge autour de moi» (Grasset) le séisme qu'il a vécu à Port-au-Prince le 12 janvier 2010, et vient de préfacer des poèmes d’écoliers rassemblés dans «Haïti mon pays» (Editions de la Bagnole). (c)Sipa
Le Nouvel Observateur.- Le 12 janvier 2010, vous avez pris des notes tout de suite, sur votre carnet noir. A quel moment avez-vous eu l’idée, le besoin ou le désir d’écrire un livre sur le séisme?
Dany Laferrière.- Sur le moment, beaucoup de gens couraient, j’ai pris des notes pour me concentrer sur autre chose : sur l’écriture, en tentant de décrire ce qui se passait. Il fallait d’ailleurs être assez bien entraîné pour y arriver… Ça me rendait invisible, j’avais l’impression qu’on ne pouvait pas me voir. Que même le séisme ne pouvait pas me voir. Etrangement, dès que j’ai commencé à prendre des notes, c’était pour moi comme si tout ça se passait dans un rêve. L’idée d’en faire un livre n’est venue que beaucoup plus tard. Je préparai un livre de conseils à un jeune écrivain, qui s’adressait à mon neveu. J’ai voulu ajouter un chapitre sur le séisme... et ça a pris toute la place. Brusquement tout est sorti. J’avais vu ce qui se disait dans les médias ; je pensais qu’il fallait quelque chose de complémentaire. De plus intime. Du dedans. Il fallait que quelqu’un qui était présent raconte l’événement depuis l’œil du cyclone. Il fallait dire comment ça se passe. Sinon on ne voit que les dégâts matériels à la télé...
N.O.- Le traitement médiatique vous a-t-il agacé, ou gêné?
D. Laferrière.- Non, pas tant que ça. Je n’ai pas été d’accord avec des mots comme « pillage », parce que je ne voyais pas cela sur place. Mais je n’ai pas écrit le livre pour ça. Très peu de journalistes étaient présents quand c’est arrivé, parce qu’il ne se passait rien à ce moment-là à Haïti... J’ai donc voulu proposer la vision d’un écrivain qui connaît assez bien l’expérience haïtienne, tout simplement. La publication à chaud de certaines de mes notes, dans «le Nouvel Observateur» notamment [=> Tout bouge autour de moi], a également contribué à déclencher l’écriture du livre, quand j’ai vu que des gens les avaient reprises sur internet en les ornant de photos. J’ai compris qu’il y avait un désir d’entendre autre chose que le bruit et le fracas qui ont accompagné l’événement. C’était évidemment valable pour les Haïtiens, aussi.
N.O.- Ce qui rend votre point de vue précieux, c’est votre don d’ubiquité : vous vous tenez au plus près de l’expérience quand vous êtes à Port-au-Prince, puis vous avez eu très vite la possibilité de regagner le Canada. Ce qui vous permet soudain de rejoindre le point de vue du reste du monde…
D. Laferrière.- C’était important d’avoir le zoom, puis le plan éloigné. Car il y a en fait eu deux événements. En Haïti, bien sûr, mais aussi ailleurs, où les gens n’ont pas seulement observé : ils ont été touchés personnellement, ils ont littéralement été bombardés par les informations. Certaines personnes qui se trouvaient à l’étranger ont, en quelque sorte, vécu ça plus douloureusement que d’autres qui étaient sur place : parce qu’à la télévision ils ont brusquement tout reçu à la gueule. La télé ne leur a rien épargné. J’ai vécu ça. J’ai été bombardé d’images. J’ai eu plus peur face à la télé que lorsque j’étais à Port-au-Prince.
N.O.- Est-ce pour cela que votre livre tient l’horreur à distance ? On y trouve très peu de scènes affreuses. Vous suggérez les drames humains qui ont eu lieu, mais c’est, paradoxalement, un livre extraordinairement optimiste... Etait-ce délibéré ?
D. Laferrière.- Il y a d’abord un tempérament personnel qui entre en jeu. Je suis du côté des peintres haïtiens, qui sont capables de peindre des paysages colorés quand tout est désolation autour d’eux. Et puis je voulais, en suivant honnêtement les événements, me tenir au plus près de ce que je voyais. Raconter. Comme je l’ai fait dans un moment extrêmement prenant, je n’ai pas eu le temps de penser. Je suis sûr qu’il me reste beaucoup de choses à découvrir dans ce que j’ai noté. Le fait que tout soit imbibé de religion, par exemple, ne m’est apparu qu’après coup, quand une amie journaliste me l’a fait remarquer.
N.O.- Et pourquoi ne l’avez-vous pas vu sur le coup ?
D. Laferrière.- Parce que je décrivais les gens, mais je ne les observais pas ! Je n’avais pas de distance avec ça, pas de thèse, ni d’analyse à proposer : je voulais faire « choses vues », raconter ce que je voyais, en espérant que la masse de choses finirait par faire ressortir des éléments auxquelles je n’avais moi-même pas pensé. C’est pourquoi le livre a une structure qui ressemble à celle du séisme, avec des morceaux très éclatés, éparpillés : c’est une maison explosée, ce livre. Les morceaux, on les recolle soi-même. J’espère qu’on retrouvera tous les morceaux.
N.O.- Ce qui est très beau, très fort, mais aussi très paradoxal, c’est la manière positive dont vous évoquez la parenthèse ouverte par le séisme. On a le sentiment que le temps s’est arrêté : il n’y a plus d’argent, les institutions sont à terre, tout est à reconstruire...
D. Laferrière.- Oui, je ne pense pas que la vie soit uniquement du confort. Je ne pense pas que le malheur nous éloigne de la vie. Il ne sert pas à attirer la pitié des gens: c’est une expérience humaine très forte, très dense. Dans ce moment explosif, je me suis rappelé les cyclones : les enfants étaient contents. C’est un vieux rêve humain, refaire le monde ; dans ces moments-là, tout est chambardé, on a l’impression que c’est possible. Ceux qui sont là sont soit morts, soit blessés sous les décombres, soit vivants par miracle. Alors avant l’arrivée des grandes personnes, on est comme des enfants sur une île: faisons donc quelque chose, avec de nouvelles règles, de nouveaux principes... J’avais vraiment ce sentiment-là, ce n’est pas venu après coup. Je ne l’avais pas de manière militante, mais j’avais cette impression qu’une parenthèse s’était ouverte et qu’on pouvait faire quelque chose. Je me suis souvenu de Rimbaud. Tenter quelque chose! Pas de façon idéologique, mais tenter quelque chose d’autre, puisque nous sommes tous là et qu’il n’y a personne d’autre.
Je ne veux pas faire une provocation à la Radiguet, qui présentait la Première Guerre mondiale comme «quatre ans de grandes vacances». Mais les moments de grand malheur et de grand bonheur se ressemblent: ils peuvent mettre l’homme hors des règles. Et là il y avait bien la perspective de quelque chose de nouveau, notamment par rapport à la mort: ce n’est pas chaque jour qu’on meurt en compagnie de 300.000 personnes... Ça enlève la condition individuelle.
N.O.- C’est-à-dire?
D. Laferrière.- Pendant quelques secondes, on ne pense pas à soi, on ne pense pas à sa petite mort... Par ailleurs, j’aime beaucoup que les gens arrivent à faire des choses au moment même. C’est ça qui m’intéresse, comme le fait que j’ai pu, quinze minutes après le séisme, sortir mon carnet et aller voir les fleurs. Oui, quinze minutes après j’étais déjà écrivain. Après avoir vu tout tomber, je suis allé voir si les fleurs étaient toujours là: il n’y avait pas une tige de cassée, j’ai ressenti une émotion... J’étais très content d’avoir eu cette idée. C’était déjà une vision d’écrivain: je n’étais pas un mortel, je n’étais pas un individu, j’étais déjà au travail. Et cette image est restée. Elle a contré les images de destruction totale qu’ont montrées les télévisions. Le séisme s’attaque au dur, le béton tombe, la fleur reste intacte.
Je me dis que j’étais dans une forme olympique: j’étais bien entraîné, j’écrivais depuis des mois, je n’avais pas l’esprit engourdi. C’est pourquoi, quand une première journaliste est venue m’interviewer, j’ai parlé de la culture alors que j’aurais dû parler des cadavres. Elle m’a regardé avec l’air de trouver que j’exagérais un peu. Que j’aurais dû dire au monde «venez nous aider, faites quelque chose». C’est bizarre, moi qui suis souvent un peu en retard, là, j’étais tout présent. Je n’ai jamais été aussi présent.
N.O.- Vous allez jusqu’à écrire: «on n’aura pas une pareille chance (façon de parler) une deuxième fois»... Ce sentiment a-t-il été partagé par vos compatriotes, ou les a-t-il au contraire choqués?
D. Laferrière.- C’est une manière de dire, bien sûr. Mais encore une fois, on n’a pas chaque jour la possibilité de vivre un événement aussi fort, de revoir les choses dans les grandes largeurs. C’est pour ça que ce livre est écrit sur un ton à la fois intimiste et distant. J’ai dit qu’Haïti n’a pas besoin de larmes, mais d’énergie. On m’a fait remarquer, avec raison, qu’Haïti n’a pas besoin d’énergie parce qu’il en a trop! Mais il a besoin qu’on reconnaisse cette énergie. Il s’agit d’une énergie humaine: 8 millions de candidats à la présidence…
Le discours désespérant qu’on entend tout le temps sur Haïti ne sert à rien. Il n’ébranle personne, il ne met rien en mouvement, il démotive même. Il faudrait pouvoir dire les choses autrement, en commençant par saluer l’extrême courage de ces gens, leur capacité de se retenir.
Car je pense aussi que cette expérience-là a apporté quelque chose. Cette société a vécu des moments extrêmement difficiles: deux ans plus tôt, il y avait eu quatre cyclones! Et depuis, il y a les inondations, le choléra, les élections – qui sont elles-mêmes un autre séisme… Il y a là une expérience qui se passe au su de tout le monde et que, me semble-t-il, on n’interprète pas bien: c’est vrai que les gens meurent et qu’il faut les aider, mais ceux qui interviennent ou commentent la situation ne devraient pas avoir peur de l’audace de certaines réflexions. On ne devrait pas rester dans un espace de bondieuserie. Parce que c’est intéressant, tout de même, ce qui se passe: on a là affaire à des maîtres de la douleur, à des gens qui peuvent se contrôler dans les moments les plus extravagants.
Puisqu’il n’y avait plus de règles, ils auraient pu piller, tuer, massacrer. Il y a des endroits où il y aurait des guerres civiles pour bien moins que ça. Or, devant la possibilité d’une barbarie, les Haïtiens se sont retenus dans un moment où ils étaient seuls, et où la moitié du travail était fait par le séisme. On n’a pas assez salué ça. On devrait pourtant le souligner. Ce devrait être un apport à l’expérience humaine. J’ai parlé tout à l’heure de mon propre sang-froid, mais beaucoup de gens l’ont également gardé, alors qu’ils venaient de perdre cinq personnes d’un coup! On devrait tenir compte de cela, davantage, comme d’une leçon humaine exportable. Face à un ennemi terrible, ces gens se sont comportés de manière héroïque. Il faudrait regarder ce peuple sur un plan autre qu’en se demandant ce qu’on peut faire pour lui. Car si vous le regardez bien, vous verrez, il peut faire beaucoup de choses pour nous
N.O.- Vous-même et vos proches avez été relativement épargnés?
D. Laferrière.- Oui, mais je ne veux pas m’appesantir sur mes proches. On a tous eu des morts. Et je ne voulais surtout pas prendre la parole pour raconter ça. Je voulais garder ce qui donnait un sens au moment. Donc ne pas utiliser les dévastations du paysage, comme je n’ai pas utilisé toute ma douleur personnelle.
N.O.- Un an après, l’aide internationale n’arrive pas toujours comme prévu, une épidémie de choléra s’est déclarée, le second tour des élections sénatoriales, législatives et présidentielle n'a toujours pas eu lieu... Gardez-vous cependant le sentiment que tout reste possible, avec une énergie positive à employer?
D. Laferrière.- C’est bizarre, je ne sais pas si c’est le fait de vivre sur une île, avec une langue et une population qui, dans sa majorité n’a pas de contacts avec l’extérieur, mais j’ai l’impression que les Haïtiens sont dans une solitude qui leur donne une certaine force. J’ai l’impression que, profondément, ils n’attendent rien de personne. Ni de l’Etat haïtien, ni du reste du monde. Naturellement, ils reçoivent l’aide qu’on leur donne avec plaisir. Mais je pense que, mentalement, les gens se font surtout des plans pour savoir comment refaire leur petite maison. Ils ont envoyé leurs enfants à l’école tout de suite. Beaucoup de gens pourraient utiliser un tel drame pour ne rien faire dans la vie! Comme les enfants qui, quand il y a une tempête de neige, en profitent pour ne pas aller à l’école... Alors que dans la rue, j’ai vu la vie quotidienne reprendre très rapidement, dès le lendemain. Ça ne veut pas dire que l’Etat peut continuer à les écraser ! Mais il faut qu’on parle de leur structure personnelle: ce sont des êtres autonomes qui font comme ils peuvent. Je crois que ce tissu humain n’a pas été touché. Ces gens sont des trompe-la-mort, comme dans les bandes dessinées: un train leur passe dessus, ils se relèvent...
Et je ne suis pas en train de peindre des êtres surhumains, non, c’est comme ça: quand on est seul et traversé par une histoire assez puissante – l’histoire coloniale, puis celle des indépendances-, qu’on a une religion autonome, une langue à soi, une histoire qui est un peu plus grande que le territoire, on finit par avoir une vision du monde personnelle. On le voit dans l’art, dans la culture. «Pourquoi la couleur?», comme disait Malraux. Tout ça finit par créer une autre dimension, et j’ai vu que cette dimension était l’endroit où les Haïtiens se sont retrouvés le plus fortement. La culture. Peut-être que la grande richesse haïtienne est là: ce n’est pas le pétrole, c’est la culture. Je crois qu’il faudrait tenir compte de cela pour l’avenir.
Ce n’est pas quelque chose de fou. Ce ne serait pas la première fois qu’un peuple miserait sur la culture… la France l’a bien fait! Et New York s’était refait avec la culture, quand Nixon avait dit qu’il ne lui donnerait pas un sou.
D’autre part, les pays de la Caraïbe ont besoin de tourisme pour vivre. Or s’il n’y a pas une culture forte, ça va être du tourisme sexuel… Il faut créer l’image que si l’on vient en Haïti, c’est pour autre chose: parce qu’il y a de la vie, que le pays est habité, qu’il y a des gens à rencontrer… Ça pourrait donner une autre proposition de voyage. Pas de tourisme: de voyage! Allez donc voir Haïti, plutôt que d’envoyer de l’argent aveuglément en vous demandant où il va. Allez voir, vous rencontrerez des gens, vous nouerez des partenariats, de quelque manière que ce soit. Vivez cette expérience avec des individus qui, tout de même, sont indomptables! Allez voir ces gens qui ont résisté aux séismes, aux inondations, aux élections, à tout!
N.O.- Les élections, précisément, sont assez mal engagées. Quel regard portez-vous là-dessus?
D. Laferrière.- Je ne sais pas. Moi je n’ai pas le droit de voter, les élections sont faites pour les gens qui vivent dans le pays et qui subissent les gens qu’ils élisent. J’aurai une opinion s’il y a une injustice, si des électeurs se font voler leur vote. Là tout le monde a le droit d’ingérence. Mais s’il y a un vote démocratique, alors je n’ai pas d’opinion. Il faudrait pour ça que j’aille vivre à Port-au-Prince.
N.O.- Et pensez-vous le faire un jour?
D. Laferrière.- C’est très intime. Même à moi-même, je n’ose pas donner de réponse définitive. Il faut faire attention quand on se donne des rendez-vous… Ce qui est sûr c’est que je voyage beaucoup. J’ai l’air d’habiter un pays, le Canada. Et en fait, mon pays, c’est l’avion. Je vis dans un espace qui est de moins en moins délimité. Je suis en mouvement.
N.O.- Vous parlez de ces gens qui, comme vous, ne vivent pas ou ne vivaient plus en Haïti, mais se trouvaient là presque par hasard au moment du séisme, et retrouvent ainsi une légitimité pour s’exprimer. En ce qui vous concerne, cet épisode n’a-t-il pas resserré votre lien avec Haïti?
D. Laferrière.- J’ai parlé de cela avec un peu d’ironie, parce que j’ai toujours eu une distance envers tous les nationalistes. Là, je dis que ça va créer un nouveau nationalisme. Ce qui est intéressant, c’est que les journalistes et les touristes de passage ont, brusquement, recouvré une partie de l’identité haïtienne parce qu’ils ont vécu l’un des plus grands moments de l’histoire du pays. A cela s’ajoute l’idée d’une nationalité par la mort, ou par le grand danger de mort, qui pourrait s’ajouter à la nationalité de naissance. On devrait donner la nationalité haïtienne à tous les étrangers qui étaient présents à ce moment-là! Et une médaille de l’ordre de la fraternité à tous les étrangers qui y ont trouvé la mort. Là où je suis ironique, c’est envers les gens qui vont dire «j’étais là», comme on dit «moi, monsieur, j’ai fait la guerre».
N.O.- Même si vous le faites sans en tirer gloire, c’est d’une certaine manière ce que vous faites avec ce livre…
D. Laferrière.- Je témoigne. On peut dire «j’étais là», mais c’est agaçant quand on s’en sert, surtout si c’est pour couper la parole à quelqu’un d’autre… Il y a même des gens qui disent «j’étais là» alors qu’ils n’étaient pas là! Je voulais plutôt rire de ce débat qui, comme bien souvent, divise le pays en deux: ceux qui sont à l’étranger et ceux qui sont en Haïti. Ceux qui sont légitimes sont ceux qui vivent l’expérience de la difficulté. Brusquement, des gens qui ont passé toute leur vie à l’étranger ont vécu ça. Il y a un «ça» qui donne une force, qui fait que la personne peut se sentir plus haïtienne qu’avant. Mais personnellement, j’ai beaucoup écrit sur Haïti, et je ne me suis jamais posé le problème dans ces termes, je ne me suis jamais demandé si j’étais haïtien ou pas: je vis tout à fait au Québec, je ne me mêle pas, ou alors très rarement, de la politique politicienne haïtienne.
N.O.- Votre rapport avec l’île est tout de même assez singulier. Dans «l’Enigme du retour» vous avez raconté y être revenu pour la première fois depuis très longtemps, et quelques mois plus tard vous vous retrouvez là, dans ce moment historique…
D. Laferrière.- Il y a des gens qui trouvent ça intéressant, qui disent que j’aurais dû appeler mon livre «le Retour sismique». Ils m’ont vu comme un scribe, ils comptent sur ma présence dans les médias internationaux. Ils m’ont dit: «tu leur diras».
N.O.- On retrouve ici votre «ubiquité».
D. Laferrière.- Oui, c’est pour ça que je ne cherche pas de légitimité territoriale. Même dans mes livres, je n’ai jamais caché mon passé… Au contraire. Je ne cherche pas une pureté nationale parce que je crois au mixage. Pas exactement au métissage, mais à une forme d’hybridité. Il y a beaucoup d’écrivains du sud qui viennent dans le nord et qui gomment leur expérience du nord quand ils retournent chez eux. Moi je souhaite que cette expérience soit connue. Je ne veux pas avoir pensé plus de trente ans à l’extérieur et que ça ne se sente pas! Ce serait une fausseté, il faut que ça se voie. Ça se vit. Il faut que les gens qui sont toujours restés à l’intérieur voient que quelqu’un est parti, puis revenu. Dans le temps, on peut acquérir de nouvelles expériences, il y a la possibilité de bouger dans sa structure humaine. Quand un jeune homme voit que c’est possible sans perdre de son essence, c’est énorme. Oui, on peut voyager très longtemps et parler de l’odeur du café. On peut faire ça. On peut cumuler, additionner les cultures, rester ouvert au reste du monde et sans risque de perdre son essence. On peut changer, et garder des rapports souterrains avec ce que l’on a été.
Par exemple, nous avons souvent, dans notre culture, une parole extravagante. Or on peut être dans la pudeur tout en étant haïtien… Et je me bats depuis longtemps pour faire baisser l’intensité. C’est ce que je dis aux jeunes écrivains: «baissez l’intensité, baissez le ton»; quand l’événement est fort, on n’a pas besoin de hurler comme à la radio haïtienne. Plus vous parlez fort, moins vous êtes crédibles. Baissez le ton! Je me bats pour qu’ils fassent ça dans l’écriture.
N.O.- Jouer cartes sur table à propos de votre parcours, en le mettant en scène à l’intérieur du livre, c’est donc votre façon de répondre à ceux qui pourraient contester votre légitimité à parler du séisme?
D. Laferrière.- Toute ma vie on m’a fait ce type de reproche, depuis «Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer». On a dit: «de quel droit il parle de sexe?». Mais on a dit aussi «de quel droit il ne parle pas?», par exemple quand il y avait des élections… Alors que j’ai refusé depuis 1986 de parler de la question politique haïtienne. J’essaie de ne pas parler de choses que je n’ai pas vécues, ou de gens que je ne connais pas. Même là, dans mon livre, il n’y a pas de noms. Je raconte des histoires, c’est tout. C’est pourquoi je suis réticent, parfois, quand on me pousse à me prononcer sur des questions politiques. Mais ça aussi, c’est une façon de parler à de jeunes Haïtiens, une manière de leur dire qu’on n’est pas obligé de prendre la parole sur tous les sujets, et qu’on peut aussi avoir certaines règles morales. L’une, pour moi, est de ne pas intervenir si je ne suis pas touché par les choses.
Tout ce que je voulais dire ici, c’est que, ce peuple, je le connais. Il est beaucoup plus intéressant qu’on croit. Il n’y a pas que le confort qui définit un être, qui fait qu’un être est civilisé ou pas. Il y a aussi des choses qui regardent l’individu lui-même: comment se comporter dans des moments extrêmement difficiles, face au danger, et comment se comporter quand toutes les règles établies sont tombées. Ce sont de grandes questions qui concernent tous les êtres humains. Comment fait-on quand on est seuls et qu’on a tous les pouvoirs? Que ferions-nous si nous avions pouvoir de vie et de mort sur les gens? Un peu comme les enfants avec les bestioles et les fourmis: est-ce qu’on les tue toutes, est-ce qu’on n’en tue pas? C’est difficile. Mais il y a d’autres questions: que faisons-nous quand nous sommes sous la grande douleur? Quand on a le droit de se sauver personnellement en écrasant les autres? Là, brusquement, j’ai vu des gens aider, s’entre-aider, faire la queue pour aller chercher de l’eau, s’occuper des enfants. Ils n’ont pas perdu la tête. Je voulais témoigner de cela, tout simplement.
Propos recueillis par Grégoire Leménager
«Tout bouge autour de moi», par Dany Laferrière,
Grasset, 208 p., 15 euros.
Crédits photo : Chesnot/Sipa
Source: ceci est la version longue de l'entretien paru dans "Le Nouvel Observateur" du 6 janvier 2011.
Né en 1953 à Port-au-Prince, Dany Laferrière vit à Montréal. Prix Médicis 2009 pour «l’Enigme du retour», il raconte dans «Tout bouge autour de moi» (Grasset) le séisme qu'il a vécu à Port-au-Prince le 12 janvier 2010, et vient de préfacer des poèmes d’écoliers rassemblés dans «Haïti mon pays» (Editions de la Bagnole). (c)Sipa
Le Nouvel Observateur.- Le 12 janvier 2010, vous avez pris des notes tout de suite, sur votre carnet noir. A quel moment avez-vous eu l’idée, le besoin ou le désir d’écrire un livre sur le séisme?
Dany Laferrière.- Sur le moment, beaucoup de gens couraient, j’ai pris des notes pour me concentrer sur autre chose : sur l’écriture, en tentant de décrire ce qui se passait. Il fallait d’ailleurs être assez bien entraîné pour y arriver… Ça me rendait invisible, j’avais l’impression qu’on ne pouvait pas me voir. Que même le séisme ne pouvait pas me voir. Etrangement, dès que j’ai commencé à prendre des notes, c’était pour moi comme si tout ça se passait dans un rêve. L’idée d’en faire un livre n’est venue que beaucoup plus tard. Je préparai un livre de conseils à un jeune écrivain, qui s’adressait à mon neveu. J’ai voulu ajouter un chapitre sur le séisme... et ça a pris toute la place. Brusquement tout est sorti. J’avais vu ce qui se disait dans les médias ; je pensais qu’il fallait quelque chose de complémentaire. De plus intime. Du dedans. Il fallait que quelqu’un qui était présent raconte l’événement depuis l’œil du cyclone. Il fallait dire comment ça se passe. Sinon on ne voit que les dégâts matériels à la télé...
N.O.- Le traitement médiatique vous a-t-il agacé, ou gêné?
D. Laferrière.- Non, pas tant que ça. Je n’ai pas été d’accord avec des mots comme « pillage », parce que je ne voyais pas cela sur place. Mais je n’ai pas écrit le livre pour ça. Très peu de journalistes étaient présents quand c’est arrivé, parce qu’il ne se passait rien à ce moment-là à Haïti... J’ai donc voulu proposer la vision d’un écrivain qui connaît assez bien l’expérience haïtienne, tout simplement. La publication à chaud de certaines de mes notes, dans «le Nouvel Observateur» notamment [=> Tout bouge autour de moi], a également contribué à déclencher l’écriture du livre, quand j’ai vu que des gens les avaient reprises sur internet en les ornant de photos. J’ai compris qu’il y avait un désir d’entendre autre chose que le bruit et le fracas qui ont accompagné l’événement. C’était évidemment valable pour les Haïtiens, aussi.
N.O.- Ce qui rend votre point de vue précieux, c’est votre don d’ubiquité : vous vous tenez au plus près de l’expérience quand vous êtes à Port-au-Prince, puis vous avez eu très vite la possibilité de regagner le Canada. Ce qui vous permet soudain de rejoindre le point de vue du reste du monde…
D. Laferrière.- C’était important d’avoir le zoom, puis le plan éloigné. Car il y a en fait eu deux événements. En Haïti, bien sûr, mais aussi ailleurs, où les gens n’ont pas seulement observé : ils ont été touchés personnellement, ils ont littéralement été bombardés par les informations. Certaines personnes qui se trouvaient à l’étranger ont, en quelque sorte, vécu ça plus douloureusement que d’autres qui étaient sur place : parce qu’à la télévision ils ont brusquement tout reçu à la gueule. La télé ne leur a rien épargné. J’ai vécu ça. J’ai été bombardé d’images. J’ai eu plus peur face à la télé que lorsque j’étais à Port-au-Prince.
N.O.- Est-ce pour cela que votre livre tient l’horreur à distance ? On y trouve très peu de scènes affreuses. Vous suggérez les drames humains qui ont eu lieu, mais c’est, paradoxalement, un livre extraordinairement optimiste... Etait-ce délibéré ?
D. Laferrière.- Il y a d’abord un tempérament personnel qui entre en jeu. Je suis du côté des peintres haïtiens, qui sont capables de peindre des paysages colorés quand tout est désolation autour d’eux. Et puis je voulais, en suivant honnêtement les événements, me tenir au plus près de ce que je voyais. Raconter. Comme je l’ai fait dans un moment extrêmement prenant, je n’ai pas eu le temps de penser. Je suis sûr qu’il me reste beaucoup de choses à découvrir dans ce que j’ai noté. Le fait que tout soit imbibé de religion, par exemple, ne m’est apparu qu’après coup, quand une amie journaliste me l’a fait remarquer.
N.O.- Et pourquoi ne l’avez-vous pas vu sur le coup ?
D. Laferrière.- Parce que je décrivais les gens, mais je ne les observais pas ! Je n’avais pas de distance avec ça, pas de thèse, ni d’analyse à proposer : je voulais faire « choses vues », raconter ce que je voyais, en espérant que la masse de choses finirait par faire ressortir des éléments auxquelles je n’avais moi-même pas pensé. C’est pourquoi le livre a une structure qui ressemble à celle du séisme, avec des morceaux très éclatés, éparpillés : c’est une maison explosée, ce livre. Les morceaux, on les recolle soi-même. J’espère qu’on retrouvera tous les morceaux.
N.O.- Ce qui est très beau, très fort, mais aussi très paradoxal, c’est la manière positive dont vous évoquez la parenthèse ouverte par le séisme. On a le sentiment que le temps s’est arrêté : il n’y a plus d’argent, les institutions sont à terre, tout est à reconstruire...
D. Laferrière.- Oui, je ne pense pas que la vie soit uniquement du confort. Je ne pense pas que le malheur nous éloigne de la vie. Il ne sert pas à attirer la pitié des gens: c’est une expérience humaine très forte, très dense. Dans ce moment explosif, je me suis rappelé les cyclones : les enfants étaient contents. C’est un vieux rêve humain, refaire le monde ; dans ces moments-là, tout est chambardé, on a l’impression que c’est possible. Ceux qui sont là sont soit morts, soit blessés sous les décombres, soit vivants par miracle. Alors avant l’arrivée des grandes personnes, on est comme des enfants sur une île: faisons donc quelque chose, avec de nouvelles règles, de nouveaux principes... J’avais vraiment ce sentiment-là, ce n’est pas venu après coup. Je ne l’avais pas de manière militante, mais j’avais cette impression qu’une parenthèse s’était ouverte et qu’on pouvait faire quelque chose. Je me suis souvenu de Rimbaud. Tenter quelque chose! Pas de façon idéologique, mais tenter quelque chose d’autre, puisque nous sommes tous là et qu’il n’y a personne d’autre.
Je ne veux pas faire une provocation à la Radiguet, qui présentait la Première Guerre mondiale comme «quatre ans de grandes vacances». Mais les moments de grand malheur et de grand bonheur se ressemblent: ils peuvent mettre l’homme hors des règles. Et là il y avait bien la perspective de quelque chose de nouveau, notamment par rapport à la mort: ce n’est pas chaque jour qu’on meurt en compagnie de 300.000 personnes... Ça enlève la condition individuelle.
N.O.- C’est-à-dire?
D. Laferrière.- Pendant quelques secondes, on ne pense pas à soi, on ne pense pas à sa petite mort... Par ailleurs, j’aime beaucoup que les gens arrivent à faire des choses au moment même. C’est ça qui m’intéresse, comme le fait que j’ai pu, quinze minutes après le séisme, sortir mon carnet et aller voir les fleurs. Oui, quinze minutes après j’étais déjà écrivain. Après avoir vu tout tomber, je suis allé voir si les fleurs étaient toujours là: il n’y avait pas une tige de cassée, j’ai ressenti une émotion... J’étais très content d’avoir eu cette idée. C’était déjà une vision d’écrivain: je n’étais pas un mortel, je n’étais pas un individu, j’étais déjà au travail. Et cette image est restée. Elle a contré les images de destruction totale qu’ont montrées les télévisions. Le séisme s’attaque au dur, le béton tombe, la fleur reste intacte.
Je me dis que j’étais dans une forme olympique: j’étais bien entraîné, j’écrivais depuis des mois, je n’avais pas l’esprit engourdi. C’est pourquoi, quand une première journaliste est venue m’interviewer, j’ai parlé de la culture alors que j’aurais dû parler des cadavres. Elle m’a regardé avec l’air de trouver que j’exagérais un peu. Que j’aurais dû dire au monde «venez nous aider, faites quelque chose». C’est bizarre, moi qui suis souvent un peu en retard, là, j’étais tout présent. Je n’ai jamais été aussi présent.
N.O.- Vous allez jusqu’à écrire: «on n’aura pas une pareille chance (façon de parler) une deuxième fois»... Ce sentiment a-t-il été partagé par vos compatriotes, ou les a-t-il au contraire choqués?
D. Laferrière.- C’est une manière de dire, bien sûr. Mais encore une fois, on n’a pas chaque jour la possibilité de vivre un événement aussi fort, de revoir les choses dans les grandes largeurs. C’est pour ça que ce livre est écrit sur un ton à la fois intimiste et distant. J’ai dit qu’Haïti n’a pas besoin de larmes, mais d’énergie. On m’a fait remarquer, avec raison, qu’Haïti n’a pas besoin d’énergie parce qu’il en a trop! Mais il a besoin qu’on reconnaisse cette énergie. Il s’agit d’une énergie humaine: 8 millions de candidats à la présidence…
Le discours désespérant qu’on entend tout le temps sur Haïti ne sert à rien. Il n’ébranle personne, il ne met rien en mouvement, il démotive même. Il faudrait pouvoir dire les choses autrement, en commençant par saluer l’extrême courage de ces gens, leur capacité de se retenir.
Car je pense aussi que cette expérience-là a apporté quelque chose. Cette société a vécu des moments extrêmement difficiles: deux ans plus tôt, il y avait eu quatre cyclones! Et depuis, il y a les inondations, le choléra, les élections – qui sont elles-mêmes un autre séisme… Il y a là une expérience qui se passe au su de tout le monde et que, me semble-t-il, on n’interprète pas bien: c’est vrai que les gens meurent et qu’il faut les aider, mais ceux qui interviennent ou commentent la situation ne devraient pas avoir peur de l’audace de certaines réflexions. On ne devrait pas rester dans un espace de bondieuserie. Parce que c’est intéressant, tout de même, ce qui se passe: on a là affaire à des maîtres de la douleur, à des gens qui peuvent se contrôler dans les moments les plus extravagants.
Puisqu’il n’y avait plus de règles, ils auraient pu piller, tuer, massacrer. Il y a des endroits où il y aurait des guerres civiles pour bien moins que ça. Or, devant la possibilité d’une barbarie, les Haïtiens se sont retenus dans un moment où ils étaient seuls, et où la moitié du travail était fait par le séisme. On n’a pas assez salué ça. On devrait pourtant le souligner. Ce devrait être un apport à l’expérience humaine. J’ai parlé tout à l’heure de mon propre sang-froid, mais beaucoup de gens l’ont également gardé, alors qu’ils venaient de perdre cinq personnes d’un coup! On devrait tenir compte de cela, davantage, comme d’une leçon humaine exportable. Face à un ennemi terrible, ces gens se sont comportés de manière héroïque. Il faudrait regarder ce peuple sur un plan autre qu’en se demandant ce qu’on peut faire pour lui. Car si vous le regardez bien, vous verrez, il peut faire beaucoup de choses pour nous
N.O.- Vous-même et vos proches avez été relativement épargnés?
D. Laferrière.- Oui, mais je ne veux pas m’appesantir sur mes proches. On a tous eu des morts. Et je ne voulais surtout pas prendre la parole pour raconter ça. Je voulais garder ce qui donnait un sens au moment. Donc ne pas utiliser les dévastations du paysage, comme je n’ai pas utilisé toute ma douleur personnelle.
N.O.- Un an après, l’aide internationale n’arrive pas toujours comme prévu, une épidémie de choléra s’est déclarée, le second tour des élections sénatoriales, législatives et présidentielle n'a toujours pas eu lieu... Gardez-vous cependant le sentiment que tout reste possible, avec une énergie positive à employer?
D. Laferrière.- C’est bizarre, je ne sais pas si c’est le fait de vivre sur une île, avec une langue et une population qui, dans sa majorité n’a pas de contacts avec l’extérieur, mais j’ai l’impression que les Haïtiens sont dans une solitude qui leur donne une certaine force. J’ai l’impression que, profondément, ils n’attendent rien de personne. Ni de l’Etat haïtien, ni du reste du monde. Naturellement, ils reçoivent l’aide qu’on leur donne avec plaisir. Mais je pense que, mentalement, les gens se font surtout des plans pour savoir comment refaire leur petite maison. Ils ont envoyé leurs enfants à l’école tout de suite. Beaucoup de gens pourraient utiliser un tel drame pour ne rien faire dans la vie! Comme les enfants qui, quand il y a une tempête de neige, en profitent pour ne pas aller à l’école... Alors que dans la rue, j’ai vu la vie quotidienne reprendre très rapidement, dès le lendemain. Ça ne veut pas dire que l’Etat peut continuer à les écraser ! Mais il faut qu’on parle de leur structure personnelle: ce sont des êtres autonomes qui font comme ils peuvent. Je crois que ce tissu humain n’a pas été touché. Ces gens sont des trompe-la-mort, comme dans les bandes dessinées: un train leur passe dessus, ils se relèvent...
Et je ne suis pas en train de peindre des êtres surhumains, non, c’est comme ça: quand on est seul et traversé par une histoire assez puissante – l’histoire coloniale, puis celle des indépendances-, qu’on a une religion autonome, une langue à soi, une histoire qui est un peu plus grande que le territoire, on finit par avoir une vision du monde personnelle. On le voit dans l’art, dans la culture. «Pourquoi la couleur?», comme disait Malraux. Tout ça finit par créer une autre dimension, et j’ai vu que cette dimension était l’endroit où les Haïtiens se sont retrouvés le plus fortement. La culture. Peut-être que la grande richesse haïtienne est là: ce n’est pas le pétrole, c’est la culture. Je crois qu’il faudrait tenir compte de cela pour l’avenir.
Ce n’est pas quelque chose de fou. Ce ne serait pas la première fois qu’un peuple miserait sur la culture… la France l’a bien fait! Et New York s’était refait avec la culture, quand Nixon avait dit qu’il ne lui donnerait pas un sou.
D’autre part, les pays de la Caraïbe ont besoin de tourisme pour vivre. Or s’il n’y a pas une culture forte, ça va être du tourisme sexuel… Il faut créer l’image que si l’on vient en Haïti, c’est pour autre chose: parce qu’il y a de la vie, que le pays est habité, qu’il y a des gens à rencontrer… Ça pourrait donner une autre proposition de voyage. Pas de tourisme: de voyage! Allez donc voir Haïti, plutôt que d’envoyer de l’argent aveuglément en vous demandant où il va. Allez voir, vous rencontrerez des gens, vous nouerez des partenariats, de quelque manière que ce soit. Vivez cette expérience avec des individus qui, tout de même, sont indomptables! Allez voir ces gens qui ont résisté aux séismes, aux inondations, aux élections, à tout!
N.O.- Les élections, précisément, sont assez mal engagées. Quel regard portez-vous là-dessus?
D. Laferrière.- Je ne sais pas. Moi je n’ai pas le droit de voter, les élections sont faites pour les gens qui vivent dans le pays et qui subissent les gens qu’ils élisent. J’aurai une opinion s’il y a une injustice, si des électeurs se font voler leur vote. Là tout le monde a le droit d’ingérence. Mais s’il y a un vote démocratique, alors je n’ai pas d’opinion. Il faudrait pour ça que j’aille vivre à Port-au-Prince.
N.O.- Et pensez-vous le faire un jour?
D. Laferrière.- C’est très intime. Même à moi-même, je n’ose pas donner de réponse définitive. Il faut faire attention quand on se donne des rendez-vous… Ce qui est sûr c’est que je voyage beaucoup. J’ai l’air d’habiter un pays, le Canada. Et en fait, mon pays, c’est l’avion. Je vis dans un espace qui est de moins en moins délimité. Je suis en mouvement.
N.O.- Vous parlez de ces gens qui, comme vous, ne vivent pas ou ne vivaient plus en Haïti, mais se trouvaient là presque par hasard au moment du séisme, et retrouvent ainsi une légitimité pour s’exprimer. En ce qui vous concerne, cet épisode n’a-t-il pas resserré votre lien avec Haïti?
D. Laferrière.- J’ai parlé de cela avec un peu d’ironie, parce que j’ai toujours eu une distance envers tous les nationalistes. Là, je dis que ça va créer un nouveau nationalisme. Ce qui est intéressant, c’est que les journalistes et les touristes de passage ont, brusquement, recouvré une partie de l’identité haïtienne parce qu’ils ont vécu l’un des plus grands moments de l’histoire du pays. A cela s’ajoute l’idée d’une nationalité par la mort, ou par le grand danger de mort, qui pourrait s’ajouter à la nationalité de naissance. On devrait donner la nationalité haïtienne à tous les étrangers qui étaient présents à ce moment-là! Et une médaille de l’ordre de la fraternité à tous les étrangers qui y ont trouvé la mort. Là où je suis ironique, c’est envers les gens qui vont dire «j’étais là», comme on dit «moi, monsieur, j’ai fait la guerre».
N.O.- Même si vous le faites sans en tirer gloire, c’est d’une certaine manière ce que vous faites avec ce livre…
D. Laferrière.- Je témoigne. On peut dire «j’étais là», mais c’est agaçant quand on s’en sert, surtout si c’est pour couper la parole à quelqu’un d’autre… Il y a même des gens qui disent «j’étais là» alors qu’ils n’étaient pas là! Je voulais plutôt rire de ce débat qui, comme bien souvent, divise le pays en deux: ceux qui sont à l’étranger et ceux qui sont en Haïti. Ceux qui sont légitimes sont ceux qui vivent l’expérience de la difficulté. Brusquement, des gens qui ont passé toute leur vie à l’étranger ont vécu ça. Il y a un «ça» qui donne une force, qui fait que la personne peut se sentir plus haïtienne qu’avant. Mais personnellement, j’ai beaucoup écrit sur Haïti, et je ne me suis jamais posé le problème dans ces termes, je ne me suis jamais demandé si j’étais haïtien ou pas: je vis tout à fait au Québec, je ne me mêle pas, ou alors très rarement, de la politique politicienne haïtienne.
N.O.- Votre rapport avec l’île est tout de même assez singulier. Dans «l’Enigme du retour» vous avez raconté y être revenu pour la première fois depuis très longtemps, et quelques mois plus tard vous vous retrouvez là, dans ce moment historique…
D. Laferrière.- Il y a des gens qui trouvent ça intéressant, qui disent que j’aurais dû appeler mon livre «le Retour sismique». Ils m’ont vu comme un scribe, ils comptent sur ma présence dans les médias internationaux. Ils m’ont dit: «tu leur diras».
N.O.- On retrouve ici votre «ubiquité».
D. Laferrière.- Oui, c’est pour ça que je ne cherche pas de légitimité territoriale. Même dans mes livres, je n’ai jamais caché mon passé… Au contraire. Je ne cherche pas une pureté nationale parce que je crois au mixage. Pas exactement au métissage, mais à une forme d’hybridité. Il y a beaucoup d’écrivains du sud qui viennent dans le nord et qui gomment leur expérience du nord quand ils retournent chez eux. Moi je souhaite que cette expérience soit connue. Je ne veux pas avoir pensé plus de trente ans à l’extérieur et que ça ne se sente pas! Ce serait une fausseté, il faut que ça se voie. Ça se vit. Il faut que les gens qui sont toujours restés à l’intérieur voient que quelqu’un est parti, puis revenu. Dans le temps, on peut acquérir de nouvelles expériences, il y a la possibilité de bouger dans sa structure humaine. Quand un jeune homme voit que c’est possible sans perdre de son essence, c’est énorme. Oui, on peut voyager très longtemps et parler de l’odeur du café. On peut faire ça. On peut cumuler, additionner les cultures, rester ouvert au reste du monde et sans risque de perdre son essence. On peut changer, et garder des rapports souterrains avec ce que l’on a été.
Par exemple, nous avons souvent, dans notre culture, une parole extravagante. Or on peut être dans la pudeur tout en étant haïtien… Et je me bats depuis longtemps pour faire baisser l’intensité. C’est ce que je dis aux jeunes écrivains: «baissez l’intensité, baissez le ton»; quand l’événement est fort, on n’a pas besoin de hurler comme à la radio haïtienne. Plus vous parlez fort, moins vous êtes crédibles. Baissez le ton! Je me bats pour qu’ils fassent ça dans l’écriture.
N.O.- Jouer cartes sur table à propos de votre parcours, en le mettant en scène à l’intérieur du livre, c’est donc votre façon de répondre à ceux qui pourraient contester votre légitimité à parler du séisme?
D. Laferrière.- Toute ma vie on m’a fait ce type de reproche, depuis «Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer». On a dit: «de quel droit il parle de sexe?». Mais on a dit aussi «de quel droit il ne parle pas?», par exemple quand il y avait des élections… Alors que j’ai refusé depuis 1986 de parler de la question politique haïtienne. J’essaie de ne pas parler de choses que je n’ai pas vécues, ou de gens que je ne connais pas. Même là, dans mon livre, il n’y a pas de noms. Je raconte des histoires, c’est tout. C’est pourquoi je suis réticent, parfois, quand on me pousse à me prononcer sur des questions politiques. Mais ça aussi, c’est une façon de parler à de jeunes Haïtiens, une manière de leur dire qu’on n’est pas obligé de prendre la parole sur tous les sujets, et qu’on peut aussi avoir certaines règles morales. L’une, pour moi, est de ne pas intervenir si je ne suis pas touché par les choses.
Tout ce que je voulais dire ici, c’est que, ce peuple, je le connais. Il est beaucoup plus intéressant qu’on croit. Il n’y a pas que le confort qui définit un être, qui fait qu’un être est civilisé ou pas. Il y a aussi des choses qui regardent l’individu lui-même: comment se comporter dans des moments extrêmement difficiles, face au danger, et comment se comporter quand toutes les règles établies sont tombées. Ce sont de grandes questions qui concernent tous les êtres humains. Comment fait-on quand on est seuls et qu’on a tous les pouvoirs? Que ferions-nous si nous avions pouvoir de vie et de mort sur les gens? Un peu comme les enfants avec les bestioles et les fourmis: est-ce qu’on les tue toutes, est-ce qu’on n’en tue pas? C’est difficile. Mais il y a d’autres questions: que faisons-nous quand nous sommes sous la grande douleur? Quand on a le droit de se sauver personnellement en écrasant les autres? Là, brusquement, j’ai vu des gens aider, s’entre-aider, faire la queue pour aller chercher de l’eau, s’occuper des enfants. Ils n’ont pas perdu la tête. Je voulais témoigner de cela, tout simplement.
Propos recueillis par Grégoire Leménager
«Tout bouge autour de moi», par Dany Laferrière,
Grasset, 208 p., 15 euros.
Crédits photo : Chesnot/Sipa
Source: ceci est la version longue de l'entretien paru dans "Le Nouvel Observateur" du 6 janvier 2011.
EDITORIAL...Haiti, Going Forward
Published: January 14, 2011 It has been an agonizing year since Haiti’s earthquake. Despite all of the pledges of help, and vows to do things differently, there are more than a million displaced people still living in camps and a cholera epidemic rages. An immense relief effort has saved tens of thousands of lives, but reconstruction is only just beginning.
This year must be better. Looking resolutely forward to the next 12 months, here are some of the things Haiti needs to achieve, with the world’s help. Some are difficult, but all are possible:
A CREDIBLE NEW GOVERNMENT President René Préval has failed to provide desperately needed leadership. Many basic policy questions, such as where to build new housing, have still not been made. That leadership crisis was made even worse by November’s chaotic presidential election and charges that an electoral council, handpicked by Mr. Préval, may have cooked the results.
Observers led by the Organization of American States have just re-examined vote tallies and reported that the second-place finisher, Mr. Préval’s protégé Jude Célestin, was, in fact, out of the running, as many Haitians and observers believed. Mr. Préval and Mr. Célestin should accept that result and urge the country forward to a swift, better organized, runoff between the top two candidates: Mirlande Manigat and Michel Martelly.
ENERGIZE THE RECOVERY COMMISSION The Interim Haiti Recovery Commission, set up to unite donors and Haiti’s leaders, was also very slow off the mark. It has now approved $3 billion in projects, $1.6 billion of them financed. It needs to develop and implement more comprehensive strategies for housing, health care, government reform and agriculture. Former President Bill Clinton and Haiti’s prime minister, Jean-Max Bellerive, have provided important direction but need to push harder.
CONTAIN CHOLERA The epidemic is a horrifying reminder of why Haiti so urgently needs clean water and access to medical care — two of the yet-to-be-delivered-on promises. More than 3,000 people have been killed and thousands more are threatened.
Aid has been slow to arrive and the response — despite valiant relief efforts — has been hobbled by poor coordination and overconcentration in the capital, Port-au-Prince. The epidemic must be contained, and relief organizations need to learn from this flawed effort.
CLEAR MORE RUBBLE AND HOUSE THE DISPLACED These are inextricably linked. The country is drowning in its own rubble, and needs space to rebuild. Many main roads in the capital are now clear, and every day the government removes debris that residents gather from local streets. Even with the best coordination, this task may take another year or more.
Building homes for more than one million displaced people could take two or three years. The next president must quickly make important land-use decisions and employ all of his or her legal and persuasive powers against entrenched landowners and the bureaucratic status quo to get construction moving.
PROMOTE JOBS AND INVESTMENT Here, too, there are glimmers of progress. The Haitian government, the United States and Inter-American Development Bank have signed a deal on an industrial park in northern Haiti. A South Korean textile company will be an anchor tenant and expects to hire 20,000 people. The project includes improvements in the port of Cap Haitien and in water supply, sewage treatment and electrification.
Haiti obviously needs more than one showcase project. But this is the kind of sensible planning and long-term commitment that will help build stability and bring more investment. It recognizes that new industrial development also needs houses, roads, schools and services, so that factories do not become surrounded by shantytowns. And that as the economy is rebuilt, it must also be relocated out of badly crowded Port-au-Prince.
While Haiti remains traumatized by the worst urban disaster in history, it has a lot going for it: new structures to promote sustainable development and investment, large pledges of money and the enduring patience and energy of its people. This is no time to give up. Haiti’s political leaders, and the world, promised this time would be different. They must deliver.
http://www.nytimes.com/2011/01/15/opinion/15sat1.html?_r=1
This year must be better. Looking resolutely forward to the next 12 months, here are some of the things Haiti needs to achieve, with the world’s help. Some are difficult, but all are possible:
A CREDIBLE NEW GOVERNMENT President René Préval has failed to provide desperately needed leadership. Many basic policy questions, such as where to build new housing, have still not been made. That leadership crisis was made even worse by November’s chaotic presidential election and charges that an electoral council, handpicked by Mr. Préval, may have cooked the results.
Observers led by the Organization of American States have just re-examined vote tallies and reported that the second-place finisher, Mr. Préval’s protégé Jude Célestin, was, in fact, out of the running, as many Haitians and observers believed. Mr. Préval and Mr. Célestin should accept that result and urge the country forward to a swift, better organized, runoff between the top two candidates: Mirlande Manigat and Michel Martelly.
ENERGIZE THE RECOVERY COMMISSION The Interim Haiti Recovery Commission, set up to unite donors and Haiti’s leaders, was also very slow off the mark. It has now approved $3 billion in projects, $1.6 billion of them financed. It needs to develop and implement more comprehensive strategies for housing, health care, government reform and agriculture. Former President Bill Clinton and Haiti’s prime minister, Jean-Max Bellerive, have provided important direction but need to push harder.
CONTAIN CHOLERA The epidemic is a horrifying reminder of why Haiti so urgently needs clean water and access to medical care — two of the yet-to-be-delivered-on promises. More than 3,000 people have been killed and thousands more are threatened.
Aid has been slow to arrive and the response — despite valiant relief efforts — has been hobbled by poor coordination and overconcentration in the capital, Port-au-Prince. The epidemic must be contained, and relief organizations need to learn from this flawed effort.
CLEAR MORE RUBBLE AND HOUSE THE DISPLACED These are inextricably linked. The country is drowning in its own rubble, and needs space to rebuild. Many main roads in the capital are now clear, and every day the government removes debris that residents gather from local streets. Even with the best coordination, this task may take another year or more.
Building homes for more than one million displaced people could take two or three years. The next president must quickly make important land-use decisions and employ all of his or her legal and persuasive powers against entrenched landowners and the bureaucratic status quo to get construction moving.
PROMOTE JOBS AND INVESTMENT Here, too, there are glimmers of progress. The Haitian government, the United States and Inter-American Development Bank have signed a deal on an industrial park in northern Haiti. A South Korean textile company will be an anchor tenant and expects to hire 20,000 people. The project includes improvements in the port of Cap Haitien and in water supply, sewage treatment and electrification.
Haiti obviously needs more than one showcase project. But this is the kind of sensible planning and long-term commitment that will help build stability and bring more investment. It recognizes that new industrial development also needs houses, roads, schools and services, so that factories do not become surrounded by shantytowns. And that as the economy is rebuilt, it must also be relocated out of badly crowded Port-au-Prince.
While Haiti remains traumatized by the worst urban disaster in history, it has a lot going for it: new structures to promote sustainable development and investment, large pledges of money and the enduring patience and energy of its people. This is no time to give up. Haiti’s political leaders, and the world, promised this time would be different. They must deliver.
http://www.nytimes.com/2011/01/15/opinion/15sat1.html?_r=1
Haïti - Écologie : Redécouverte d’amphibiens disparus depuis 1991
14/01/2011 15:02:23 Depuis le séisme de janvier 2010 en Haïti, les biologistes du monde entier s'inquiétaient de l'état des écosystèmes, dont le bon fonctionnement est essentiel pour l'ensemble du pays. Des scientifiques de « Conservation International (CI)», une organisation américaine privée de préservation des espèces et de l'Amphibian Specialist Group (ASG), spécialisé dans la protection des amphibiens ont exploré une zone montagneuse reculée du sud-ouest d'Haïti.
Sous la direction de Robin Moore, expert des amphibiens à ASG, l’équipe était d’une part à la recherche de la grenouille « Eleutherodactylus glanduliferoides », une espèce non signalée depuis plus de 25 ans et d’autre part la mission devait faire une évaluation des 48 autres espèces d'amphibiens spécifiques à Haïti.
Si ces experts de la protection de la biodiversité n'ont pas trouvé la grenouille qu'ils recherchaient, ils ont en revanche redécouvert des amphibiens disparus depuis 1991. Parmi eux, la « grenouille Mozart » (2,5 cm) qui siffle quatre notes durant la nuit, et seulement deux au crépuscule, la « grenouille Ventriloque d'Hispaniola» (2,16 cm) nommée ainsi car son cri très particulier semble projeté depuis un lieu où elle ne se trouve pas, la grenouille « à glandes de La Hotte » (5,3 cm) qui se distingue par d'exceptionnels yeux bleu saphir ou la « Macaya tachetée » qui avec seulement 1,51 cm, elle est l'une des plus petites grenouilles au monde.
Ce qui laisse présager de bonnes choses pour la biodiversité d'Haïti, car comme le précise le docteur Robin Moore : « les amphibiens sont ce qu'on appelle une espèce baromètre de la santé de notre planète ». La bonne santé des forêts haïtiennes est capitale pour les habitants, et la présence de ces grenouilles est un indicateur positif et un signe encourageant, étant donné qu’en Haïti, seulement 2% de la forêt originale survit « Nous sommes à un point où nous devons essayer de vraiment protéger ces derniers fragments de forêt, afin d'avoir quelque chose à construire. »
HL/ HaïtiLibre
http://www.haitilibre.com/article-2117-haiti-ecologie-redecouverte-d-amphibiens-disparus-depuis-1991.html
Sous la direction de Robin Moore, expert des amphibiens à ASG, l’équipe était d’une part à la recherche de la grenouille « Eleutherodactylus glanduliferoides », une espèce non signalée depuis plus de 25 ans et d’autre part la mission devait faire une évaluation des 48 autres espèces d'amphibiens spécifiques à Haïti.
Si ces experts de la protection de la biodiversité n'ont pas trouvé la grenouille qu'ils recherchaient, ils ont en revanche redécouvert des amphibiens disparus depuis 1991. Parmi eux, la « grenouille Mozart » (2,5 cm) qui siffle quatre notes durant la nuit, et seulement deux au crépuscule, la « grenouille Ventriloque d'Hispaniola» (2,16 cm) nommée ainsi car son cri très particulier semble projeté depuis un lieu où elle ne se trouve pas, la grenouille « à glandes de La Hotte » (5,3 cm) qui se distingue par d'exceptionnels yeux bleu saphir ou la « Macaya tachetée » qui avec seulement 1,51 cm, elle est l'une des plus petites grenouilles au monde.
Ce qui laisse présager de bonnes choses pour la biodiversité d'Haïti, car comme le précise le docteur Robin Moore : « les amphibiens sont ce qu'on appelle une espèce baromètre de la santé de notre planète ». La bonne santé des forêts haïtiennes est capitale pour les habitants, et la présence de ces grenouilles est un indicateur positif et un signe encourageant, étant donné qu’en Haïti, seulement 2% de la forêt originale survit « Nous sommes à un point où nous devons essayer de vraiment protéger ces derniers fragments de forêt, afin d'avoir quelque chose à construire. »
HL/ HaïtiLibre
http://www.haitilibre.com/article-2117-haiti-ecologie-redecouverte-d-amphibiens-disparus-depuis-1991.html
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