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lundi 10 janvier 2011

«Qu'est-ce qui est arrivé à mes filles?»

Publié le 10 janvier 2011
Le Soleil

(Québec) La journée du 12 janvier 2010 débute comme toutes les autres pour la famille Petit-Frère, qui mène une vie paisible à Caradeux, une banlieue située au nord de Port-au-Prince. Les filles se rendent à l'école, et leur père, au travail. Économiste et comptable de formation, Déjuste Petit-Frère occupe depuis près de 20 ans un emploi à la Banque centrale d'Haïti.
Ce jour-là, il quitte le bureau peu après 16h30 au volant de sa voiture. Un collègue de travail l'accompagne. Avant de rentrer à la maison, il doit passer prendre ses filles Anaïka et Dyana, qui l'attendent après l'école à la Maison du livre, rue Christophe. C'est l'heure de pointe à Port-au-Prince, et la circulation est dense rue Pavé.
«Il y avait un blocus ce soir-là, dit-il. On roulait très lentement.» Soudainement, il entend un grand bruit provenant de l'arrière de la voiture. «J'ai regardé derrière, car je croyais qu'une voiture nous avait frappés. Quand j'ai retourné la tête vers l'avant, j'ai vu des maisons s'écrouler. Je me suis dit : "Mais qu'est-ce qui se passe?"»

Des cadavres partout
La ville craque de partout. En quelques secondes, sa vie et celles de millions d'Haïtiens basculent. Il est coincé dans sa voiture. Son esprit s'embrouille. Il panique. «La portière était bloquée par des débris. J'ai dû sortir par la fenêtre.» Une fois dans la rue, il a constaté l'ampleur de la catastrophe. «Il y avait beaucoup de poussière. Les maisons s'étaient effondrées. On voyait des cadavres partout.»
Il a peur. Il pense à sa famille. «En voyant que même le Palais présidentiel et l'édifice de la direction générale des impôts s'étaient effondrés, je me suis demandé : "Mais qu'est-ce qui est arrivé à mes filles?" Ma seule préoccupation était de les retrouver.» Il marche en direction de la Maison du livre au milieu des corps, des fils électriques et des multiples débris qui jonchent le sol. Il y parvient plus d'une heure plus tard et retrouve ses deux filles à l'extérieur, saines et sauves. «Nous étions dans la librairie quand on a senti une première secousse. À la deuxième, on a senti que la librairie s'effondrait et on est sortis. Dehors, les gens pleuraient, criaient et couraient partout», explique Anaïka.
C'est le chaos. Le père et ses filles s'inquiètent maintenant pour Solange et Cybille. Ils mettront près de trois heures pour rentrer à pied. Lézardée de toutes parts, leur maison de pierres blanches a tenu le coup. Tout le monde va bien. Ils ont eu de la chance. «Nous étions juste assez loin de l'épicentre», croit Déjuste.
Le premier mois suivant le séisme, la famille dort dans la cour, à la belle étoile. «C'était trop dangereux de rester dans la maison.» Les secours tardent à se rendre à eux. Au départ, l'aide internationale se concentre au centre-ville de Port-au-Prince et à Léogâne, des secteurs fortement touchés, explique Déjuste. La famille doit donc s'organiser pour survivre. «Grâce à Dieu, nous avions des réserves d'eau et de nourriture.» On leur fournira finalement une tente et des vivres, plus d'un mois après le séisme.
En septembre, le passage de l'ouragan Igor les oblige à retourner dans leur maison. «La tempête avait tout saccagé!» Ils en rigolent aujourd'hui...
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/dossiers/seisme-en-haiti/201101/09/01-4358496-quest-ce-qui-est-arrive-a-mes-filles.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4358495_article_POS1

Rebâtir sa vie... bien loin d'Haïti

Publié le 10 janvier 2011 Le Soleil

(Québec) Le séisme du 12 janvier 2010 les a épargnés, mais comme des centaines de milliers d'Haïtiens, ils ont tout perdu. Déjuste Petit-Frère, sa femme Solange et leurs trois filles sont arrivés à Québec le 22 décembre, quittant avec un pincement au coeur un pays affligé de tant de maux. Aujourd'hui, c'est ici qu'ils veulent commencer une nouvelle vie.
Lormilia Petit-Frère, qui vit à Québec depuis 1984, héberge son frère Déjuste et sa famille depuis leur arrivée en décembre. Le Soleil, Yan Doublet
«Bonsoir, je m'appelle Cybille Petit-Frère!» Le seuil de la porte tout juste franchi, nos lunettes sont encore toutes embuées en cette froide soirée de janvier quand une petite main se présente à nous. Elle a neuf ans. C'est la plus jeune des trois filles de la famille. Notre manteau à peine enlevé, Anaïka, 17 ans, et Dyana, 16 ans, se pressent aussi pour nous saluer. Tout au long de l'entretien, ils insisteront tous sur l'accueil des gens de Québec. Et c'est avec une chaleur peu commune qu'ils nous reçoivent.
Arrivée depuis quelques semaines, la famille est une des premières, sinon la première famille haïtienne à s'établir ici depuis le tremblement de terre de l'an dernier, qui a fait près d'un quart de million de victimes. En attendant de trouver un appartement, ils logent chez la soeur de Déjuste, Lormilia Petit-Frère, et son mari, Samuel Chérubin, installés à Québec depuis plusieurs années.
Dans la maison de la rue Courcy, le sapin est toujours là. Les filles racontent leur premier Noël blanc. Le 25 décembre, ils ont mangé de la dinde et du cipâte. «Comme tout le monde!» Elles ont reçu beaucoup de cadeaux. «Surtout des tuques, des mitaines et des vêtements d'hiver!» s'amusent-elles. La neige et le froid? Bof, semblent dire Anaïka et Dyana, avec cette moue caractéristique qu'affichent souvent les adolescents. «C'est joli, mais je vais devoir m'habituer à ce climat», dit Dyana.
De son côté, Cybile fait rouler ses grands yeux noirs autour de la table en bois de la cuisine. Discrète, elle semble malgré tout être le clown de la famille et provoque des éclats de rires chaque fois qu'elle ouvre la bouche. «J'aime l'école, j'aime les jouets, j'aime jouer dans la neige...»
À les observer, il est difficile de croire qu'ils ont passé les 11 derniers mois dans des abris de fortune, privés de ce que la plupart d'entre nous considèrent comme essentiel. Ils ont l'air heureux. Ils rient. S'ils sont visiblement con-tents d'être là, on sent tout de même que leur coeur est encore en Haïti, ce pays qu'ils aiment tant malgré les malheurs qui l'accablent. «C'est difficile de quitter son pays. On est attaché à sa culture», confie Déjuste, qui a pris place au bout de la table.
Ils parlent de la beauté du pays, du soleil haïtien, de la mer, de ceux qu'ils laissent derrière. «Je vais m'ennuyer de mes amis et de la famille», ajoute Anaïka.
Mais la vie s'annonçait difficile là-bas. «Les enfants étaient stressés à la fin», insiste Solange. Les mois passés sous une tente, l'instabilité politique et la désorganisation sociale persistantes les auront convaincus de prendre la route de l'exil. «C'est dommage qu'Haïti ait toujours autant de difficultés. Regardez ce qui nous a frappés depuis un an : un tremblement de terre, des cyclones, le choléra, la politique! C'est un pays qui ne connaît que des maux. Mais c'est un si beau pays. J'espère qu'un jour Haïti va connaître de beaux jours», continue Lormilia.
Aujourd'hui, les Petit-Frère ont un toit. Ils se considèrent chanceux. «Mon souhait est que moi et ma famille, on puisse vivre ici en paix et en sécurité», enchaîne Déjuste. Les filles ont déjà des projets. Anaïka aimerait jouer au tennis. «Je devais aussi commencer des cours de violon en Haïti, mais avec ce qui est arrivé...» Cybille voudrait essayer le patin à glace. «J'ai demandé à mon père de m'en acheter», dit-elle en lui lançant un regard espiègle.

Ici pour rester?
Les adolescentes sont inscrites à la polyvalente de L'Ancienne-Lorette. Cybille à l'école primaire. Ont-ils l'intention de prendre racine à Québec? La question posée, les visages s'allongent un peu, les yeux se baissent. Déjuste accuse un moment de réflexion, il fronce les sourcils. «Je dois travailler pour prendre soin de ma famille. J'aimerais bien travailler dans mon domaine en comptabilité ou science économique, mais je ne sais pas encore si ce sera possible.»
«C'est difficile pour les immigrants de trouver du travail ici», ajoute Lormilia. On évoque Montréal, où la communauté haïtienne est importante, Gatineau, Toronto...
La famille a pu immigrer grâce à un programme mis en place par Québec pour faciliter la réunification des familles. Une belle initiative, mais pas à la portée de tous, se désole Lormilia. Elle et son mari ont dû investir «des milliers de dollars» pour faire venir la famille de son frère.
«Les démarches ont aussi été très lourdes. Il fallait obtenir de nouveaux actes de naissance, des passeports. Tout avait été détruit», soutient la femme arrivée à Québec en 1984, deux ans avant la fuite du dictateur Jean-Claude Duvalier. Elle salue la générosité des gens de Québec. «Merci aux Québécois! Je n'aurais jamais pensé qu'ils étaient aussi proches des Haïtiens. J'ai vu des gens pleurer. Certains collègues me donnaient deux cents, parfois cinq cents dollars pour Haïti», affirme la femme qui enseigne en petite enfance à l'école Montessori.
Après plus d'une heure, le temps est venu de se quitter. Les filles demandent au photographe : «On va passer à la télé?» Tout le monde rit. Nos hôtes insistent pour nous offrir des cadeaux, bien emballés. «Mèsi ampil, Mèsi ampil!» répètent-ils. «Ça veut dire "merci en pile" en créole. On dit ça quand il y en a beaucoup», assure Déjuste. Pour le moment, la famille compte vivre ici. Il faudra trouver un logement. Les filles vont bientôt commencer l'école.
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/dossiers/seisme-en-haiti/201101/09/01-4358495-rebatir-sa-vie-bien-loin-dhaiti.php

Haïti, un an après : beaucoup de promesses non tenues

Agence QMI 09/01/2011 16h46
MONTREAL – La reconstruction d’Haïti ne progresse pas aussi rapidement que prévu parce que « l’argent n’est pas au rendez-vous » déplore le consul d'Haïti à Montréal.

Entre la collaboration variable des ONG et les problèmes électoraux, le gouvernement haïtien commence à peine à se rebâtir. « Beaucoup de promesses n’ont pas été tenues, a déclaré Pierre-Richard Casimir. L’argent n’est pas au rendez-vous. Les ONG doivent mieux collaborer avec le gouvernement haïtien et nous, de notre côté, devons redoubler d’efforts ».
En entrevue à l’Agence QMI, le consul d’Haïti à Montréal a évoqué la reconstruction du pays dévasté qui, « malgré des progrès notables, n’a toujours pas atteint sa vitesse de croisière. Par exemple, 16 ministères sur 17 ont été relogés, mais dans des installations temporaires. Il y a encore beaucoup de travail à faire », a prévenu Pierre-Richard Casimir.
On estime à plus d’un million le nombre de personnes qui se sont retrouvées à la rue à la suite du séisme du 12 janvier 2010. Jusqu’à maintenant, près de 350 000 personnes ont pu être relogées, estime-t-il.
Un nouveau projet de construction de logements, qui débutera symboliquement le 12 janvier, devrait pouvoir accueillir près de 30 000 personnes supplémentaires au cours de l’année 2011.
La création d’une nouvelle prison, financée par le Canada, va également bon train. Il en est autrement pour les écoles. « Tous les enfants scolarisés ont repris le chemin de l’école deux à trois mois après le séisme, mais ils étudient des conditions difficiles, là aussi à l’intérieur d’abris temporaires », indique M. Casimir.
Ce dernier estime que la reconstruction d’Haïti a « progressé », mais qu’il y a « un problème d’argent. Plus de la moitié des fonds promis par l’aide internationale n’ont toujours pas été encaissés », dénonce le consul.
Selon le bureau de l'envoyé spécial de l'ONU en Haïti, seulement 42 % des 2,1 milliards de dollars promis par les gouvernements en 2010 ont été donnés à la fin de l'année. D’après Oxfam, seulement 5 % des décombres ont été dégagés et à peine 15 % des logements temporaires prévus ont été construits depuis la catastrophe.
Dans son rapport, intitulé « De l’urgence au relèvement », l’organisme impute ce retard au fait que « de trop nombreux donateurs des pays riches (…) n’ont pas suffisamment travaillé de concert avec le gouvernement haïtien. Ceci a eu pour effet d’affaiblir très sérieusement la capacité du gouvernement à planifier et à tenir ses engagements » dans le cadre de la reconstruction du pays, peut-on lire dans le rapport.
http://fr.canoe.ca/infos/international/archives/2011/01/20110109-164651.html

Haïti, le bourbier des ONG

Rédaction: Elodie Vialle 10/01/2011
L’efficacité de leur action est remise en cause.

"ONG, go home!". Sur les murs de Port-au-Prince, quelques graffitis rageurs témoignent de la défiance à l’égard de ceux censés venir en aide à Haïti. Un an après le séisme qui a plongé le pays dans le chaos, les ONG restent pourtant mobilisées pour secourir les Haïtiens rescapés du séisme qui a tué plus de 222.000 personnes, blessé plus de 300.000 autres et laissé sans logement 1,5 million de Haïtiens.
Mais la perspective d’un "nouveau départ" que certains appelaient de leurs vœux après le séisme semble bien loin. Haïti, nous disait-on, devait se relever. Saisir cette catastrophe comme une "opportunité" pour rebâtir Port-au-Prince et, au-delà, reconstruire le pays. L’immense élan de générosité qui s’est manifesté à travers le monde a dopé cet espoir: en quelques semaines, près de 40 millions de dollars de dons ont été versés par des particuliers pour venir en aide aux Haïtiens. (Visualisez un carte interactive des dons.)
Un an après, Port-au-Prince ressemble à un vaste bidonville. Les déplacés vivent toujours sous les tentes, et plus de 8 millions de m³ de débris restent à déblayer. Entre temps, le pays a été frappé par le choléra, qui a tué plus de 3.300 personnes. Près de 400.000 bâtiments avaient été détruits ou endommagés par le tremblement de terre, mais moins d’un millier de maisons ont été réparées. Et les élections, censées stabiliser le pays et mettre à sa tête des leaders capables de le relever, ont tourné au fiasco.
Les promesses des dirigeants mondiaux ont rapidement été oubliées: sur les 11 milliards de dollars annoncés lors de la conférence de New York en mars dernier, seuls 5,3 milliards seront attribués dans les deux prochaines années.

Où est passé l'argent des dons?
A l’heure du bilan, il peut être tentant de désigner les ONG comme les responsables d’une situation qui s’enlise. "Je n'ai rien contre les ONG, nous avons besoin d'elles. Mais nous devons savoir ce qu'elles font de notre pays, les contrôler", estimait Jean-Max Bellerive, le Premier ministre haïtien, en décembre dernier sur la BBC. Où est passé l’argent des dons? Pourquoi les ONG sont-elles encore dans la gestion de l’urgence, plus occupées à assurer la survie des Haïtiens qu’à trouver des solutions durables pour reconstruire le pays? Et pourquoi ont-elles eu tant de mal à empêcher la propagation du choléra?
"Manque de coordination", répondent la plupart des acteurs de l’humanitaire interviewés sur le sujet. La crise a en effet révélé les limites du système des "clusters", qui consiste à réunir plusieurs ONG qui couvrent le même champ d’action pour définir une stratégie commune. "Nous nous efforçons de faire dialoguer toutes les ONG ensemble", explique Elisabeth Byrs, porte-parole d’OCHA, la mission de l’ONU qui fédère le travail des ONG sur le terrain.
"Il y a beaucoup de brassage, de blabla, beaucoup de recommandations, de rapports d’activités en décalage avec ce qui se passe sur le terrain", traduit le responsable d’une ONG présente à Haïti.

Haïti, le Far West des ONG
Il y a surtout beaucoup d’acteurs de l’aide à Haïti. Au lendemain du séisme, les ONG étaient plus de 1000 à débarquer à Port-au-Prince, dans un chaos total. "Une jungle", selon Benoît Miribel, président d’Action contre la Faim (ACF) et auteur d’un rapport sur l'évolution de l'action l’humanitaire remis à Bernard Kouchner en juin dernier.
Aux côtés de l’ONU et de la Fédération des Croix Rouges, se trouvent de grosses ONG, comme World Vision, Save the Children, ou encore Médecins sans frontières, Care, etc. Mais aussi beaucoup d’anonymes, des individus seuls ou des petites associations qui échappent au système des "clusters".
"Parfois, on voit des acteurs sur le terrain, et on se dit: 'mais, ils font quoi, eux, concrètement'?", s’interroge le responsable d’une grande ONG qui intervient en Haïti.
"Aujourd’hui, n’importe quelle organisation peut entrer à Haïti, comme dans un moulin!", renchérit Theodore Wendell, directeur de l’information à Radio Métropole. Kathie Klarreich, formatrice pour l’International Center for Journalism: “Certaines ONG travaillent pour elles-mêmes et pas forcément pour le pays". Terrible à dire, mais Haïti semble être devenu " the place to be" pour les ONG!

Business humanitaire
La faute à qui? Peut-être, d’une certaine manière, aux bailleurs de fonds. Car aujourd’hui, lever des fonds pour Haïti est plus facile que pour beaucoup d’autres causes, grâce, notamment, à la médiatisation de la catastrophe. (En comparaison, les inondations au Pakistan sont moins "sexy")
En ce sens, le séisme aura révélé les dérives du business humanitaire. Et ce d’autant plus que les ONG n’ont pas toutes été transparentes sur la gestion des dons reçus pour Haïti. Une enquête de l’organisme indépendant Disaster Accountability Project a révélé recemment qu’environ 80% des ONG présentes à Haïti avaient refusé de dévoiler leurs comptes. "Ces organisations se soucient beaucoup de leur image et si nous avons besoin de faire une étude et de révéler leur manque de transparence pour les inciter à mieux partager l’information, et donc à mieux se coordonner entre elles, alors ça vaut le coup», estime Ben Smilowitz, directeur du projet.
Attention, cependant, à ne pas désigner trop vite des boucs- émissaires. Rendre les ONG responsables du marasme haïtien reviendrait à oublier un peu vite le contexte exceptionnel dans lequel elles sont intervenues: une capitale détruite, des centaines de milliers de morts parmi lesquels des représentants des pouvoirs publics, un gouvernement inexistant.
Si le pays s’est transformé en "République des ONG", c’est bien parce que Haïti vivait déjà sous perfusion humanitaire, avec les trois quarts de sa population au chômage, et deux milliards de budget provenant de dons et des bailleurs internationaux.
"Un Etat sous-administré, débordé par l’économie informelle et la fraude", écrit Luc Evrard dans le hors-série consacré à Haïti de la Revue Humanitaire (téléchargez le pdf ici). Un pays, souligne le journaliste, où l’Etat ne possède que 5% du capital foncier et dont les terres sont détenues par une vingtaine de familles.
Un Etat gangréné par le clientélisme, mais qui doit pourtant prendre ses responsabilités. Car les ONG, c’est un fait, ne resteront pas éternellement à Haïti.
http://www.youphil.com/fr/article/03358-haiti-le-bourbier-des-ong?ypcli=ano

Carel Pedre: "Sans leadership national, Haïti n’a aucun avenir"

Contributeur: Carel Pedre 10/01/2011
Pour ce journaliste haïtien, témoin de la première heure du séisme du 12 janvier, la reconstruction d’Haïti est impossible sans des dirigeants responsables.

Un an après le séisme qui a frappé Haïti, plus d’un million et demi de personnes vivent sous des tentes. Elles ont subi les pluies, le cyclone, et maintenant le choléra. Si vous demandez aujourd’hui à n’importe quel Haïtien de quoi l’avenir sera fait, il est incapable de vous répondre.
Ces jours-ci, de nombreux articles évoquent la reconstruction du pays. Et on se rend compte qu’au bout d’un an, rien n’a été fait. Haïti est détruite, une grosse majorité de ses habitants vit dans la misère. Aujourd’hui, nombreux sont les Haïtiens qui n’arrivent pas à se nourrir ou à avoir accès à l’eau potable. Beaucoup d’enfants ne vont pas à l’école.
A Haïti, les problèmes politiques sont responsables de nos malheurs depuis toujours, et le tremblement de terre n’a rien changé à cela. Pourtant, les Haïtiens ont eu l’espoir, pendant un temps, que cette catastrophe débouche sur un avenir moins difficile. Haïti a été au cœur d’une solidarité sans précédent, beaucoup d’aide a été promise. Mais rien n’a été fait et aujourd’hui cet espoir a disparu.
On avait besoin après cette catastrophe de leaders en mesure de canaliser l’aide, de la coordonner. Mais au plus haut niveau, personne n’a pris ses responsabilités. Si les milliards d’aide qu’a reçu Haïti avaient été bien investis, les Haïtiens seraient dans une situation différente aujourd’hui. Bien sûr, il y aurait encore de nombreux problèmes, des personnes encore en proie à des difficultés, mais on aurait quand même quelques réalisations.
Tout le monde se souvient de cette image du palais présidentiel détruit par le séisme (NDLR: voir l'image illustrant la tribune). Un an après, à Haïti, ni l’aéroport ni ce palais n'ont été reconstruits. Ce sont deux symboles qui illustrent bien où nous en sommes.
S’il y a des critiques qui s’élèvent aujourd’hui à l’encontre des ONG, je pense qu’il faut d’abord que nous envisagions nos défaillances. Tout se résume à une question de leadership. Ce problème vient de chez nous. On doit donc d’abord blâmer nos dirigeants et ceux parmi les Haïtiens qui sont engagés dans le processus de reconstruction avec la communauté internationale.
Les ONG, qui arrivent pour beaucoup d’entre elles dans un pays qu’elles ne connaissent pas, ne trouvent aucun interlocuteur pour les orienter. Donc aujourd’hui, on voit beaucoup d’étrangers à Haïti mais on ne sait pas ce qu’ils font. Il n’y a pas de coordination de l’aide.
La priorité est donc d’avoir un leadership national, que le processus électoral aboutisse et que les dirigeants prennent enfin leurs responsabilités. Avec d’autres gouvernants, Haïti ne serait sans doute pas dans cette situation de misère aujourd’hui.
http://www.youphil.com/fr/article/03343-carel-pedre-sans-leadership-national-haiti-n-a-aucun-avenir?ypcli=ano

Le Pape Benoît XVI encourage les haïtiens éprouvés par des catastrophes

Le pape Benoît XVI s'est déclaré constamment proche de la population haïtienne, quasiment un an après le violent séisme du 12 janvier 2010 ayant causé le décès de plus de 250 000 personnes. A l'occasion de la prière dominicale de l'Angélus, Benoît XVI s'est souvenu de "la population de Haïti un an après le terrible tremblement de terre, qui a été malheureusement suivi d'une grave épidémie de choléra". Un an après la catastrophe plus d'un million de personnes sont toujours regroupés dans des sites d'hébergement notamment dans la région métropolitaine de Port-au-Prince.
Le souverain pontife qui s'exprimait depuis ses appartements, a expliqué qu'il avait dépêché le cardinal Robert Sarah en Haïti pour "exprimer (sa) constante proximité et celle de l'Eglise tout entière".
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18649

Les Haïtiens de Montréal se recueillent à l'oratoire Saint-Joseph

Publié le 09 janvier 2011
Catherine Handfield, La Presse
Raymond Joseph et Margarette Laguerre se sont habillés en noir, dimanche. Assis dans la basilique de l'oratoire Saint-Joseph, à Montréal, ils pensaient en silence à leurs proches morts à Port-au-Prince le 12 janvier 2010.
La grande messe célébré en la basilique de l'oratoire
 Saint-Joseph, a attiré environ 1000 personnes, dont plusieurs
 politiciens et meneurs de la communauté haïtienne.
Photo: François Roy, La Presse
Comme plusieurs centaines de Montréalais d'origine haïtienne, le couple a assisté à la célébration en mémoire des victimes du tremblement de terre. Margarette Laguerre a perdu sa soeur Kelly lors du séisme. Raymond Joseph, sa marraine.
«Plus le 12 janvier approche, plus ça nous frappe», a dit M. Joseph, qui perçoit le premier anniversaire du séisme comme une seconde épreuve.
La grande messe a attiré environ 1000 personnes, dont plusieurs politiciens et meneurs de la communauté haïtienne. Les organisateurs ont ajouté 10 rangées de chaises pliantes à l'arrière. Malgré cela, quelques croyants ont assisté la cérémonie debout.
Instigateur du rassemblement, le père Yves-Michel Touzin, de la Mission catholique Notre-Dame-d'Haïti, a célébré la messe. Il était accompagné d'une chorale haïtienne, qui a entonné quelques chants catholiques créoles.
Joël Jean-Jacques, de Montréal, regardait sa femme chanter dans la chorale aux côtés de sa fille Joëlla et de son neveu Jean-Bastien, âgés de 5 ans. Le père de famille a eu une pensée pour la mère de son premier enfant et pour sa cousine, mortes lors du séisme. «Nous sommes ici pour les défunts», a-t-il dit.
Le député de Viau, Emmanuel Dubourg, était assis dans la première rangée auprès du premier ministre Jean Charest et de sa femme, Michèle Dionne. Selon lui, la grande messe d'hier a tenu lieu de funérailles pour plusieurs Haïtiens présents à l'Oratoire.
«Certaines personnes ici n'ont jamais eu de nouvelles de leurs proches, mais ils ont dû accepter leur disparition, a dit M. Dubourg, qui a participé à l'organisation de la messe. C'est aussi une façon de saluer les disparus.»
Jean Charest a exprimé sa volonté de «renouveler l'engagement du Québec envers le peuple haïtien». «Nous n'allons surtout pas laisser les difficultés actuelles nous décourager du projet de reconstruction que nous voulons pour Haïti? Nous allons continuer de travailler pour le peuple haïtien et avec le peuple haïtien», a-t-il dit, sans toutefois citer d'exemples concrets.
Immigration
Le premier ministre a assuré que les dossiers des nombreux Haïtiens qui attendent d'immigrer au Québec seront traités «le plus rapidement possible». À ce jour, seulement 400 Haïtiens ont immigré au Québec en vertu du programme de parrainage humanitaire, lequel devait permettre à 3000 Haïtiens de s'installer ici.
«Plus de 3000 certificats de sélection ont été livrés, a déclaré Jean Charest. On va atteindre les objectifs du programme, on y va le plus rapidement possible.»
Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, et son homologue d'Alma, Ulrick Chérubin, étaient également présents à la cérémonie. Le chef du Service de police de la Ville de Montréal, Marc Parent, a également tenu à y être. «Montréal compte près de 125 000 Haïtiens et nous avons 120 policiers d'origine haïtienne au SPVM, a dit M. Parent. Ils ont encore de la famille là-bas et c'est important de les soutenir.»
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/haiti-un-an-apres/201101/09/01-4358417-les-haitiens-de-montreal-se-recueillent-a-loratoire-saint-joseph.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4358469_article_POS1

Encore 800 000 personnes dans des camps en Haïti

Publié le 09 janvier 2011
Agence France-Presse, Port-au-Prince
Photo: Ivanoh Demers, La Presse
Plus de 800 000 personnes vivent toujours dans des camps en Haïti près d'un an après le séisme qui a dévasté une partie du pays le 12 janvier 2010, a indiqué dimanche l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).
«Il y a actuellement 810 000 personnes qui vivent sur 1150 sites (de camps précaires) à Port-au-Prince et en province», selon l'organisation.
Environ un million et demi de personnes ont perdu leur maison dans le tremblement de terre et elles étaient encore 1,35 million à être réfugiées dans des camps en septembre dernier, a encore précisé l'OIM.
Au cours des derniers mois, les personnes déplacées ont commencé à quitter massivement les camps et cela «pour beaucoup de raisons», a dit Luca Dall'Oglio, le responsable de l'OIM en Haïti.
Les intempéries, une épidémie de choléra, des expulsions ou la crainte d'être expulsées de leurs camps ont contribué à cette baisse, mais des familles ont aussi réussi à trouver des refuges moins précaires.
L'aide internationale à la reconstruction de maisons a bénéficié à plus de 200 000 victimes du séisme, a ainsi relevé M. Luca Dall'Oglio.
L'OIM a constaté une «tendance à la baisse d'environ 100 000 personnes par mois dans les camps, notamment dans les régions du sud». En outre, le nombre des camps où sont réfugiées un millier de familles est passé de 39 à 26 et la taille des familles qui y restent est également en diminution, a ajouté l'organisation dans un communiqué.
Le séisme de magnitude 7, qui a frappé le 12 janvier Port-au-Prince et sa région, a fait plus de 250 000 morts tandis qu'environ 1,9 million d'Haïtiens, soit 15% de la population totale du pays, ont été déplacés.
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/haiti-un-an-apres/201101/09/01-4358469-encore-800-000-personnes-dans-des-camps-en-haiti.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4358513_article_POS2

La dernière journée de Port-au-Prince

Publié le 10 janvier 2011
La Presse

Le Champ-de-Mars, bordé par le Palais présidentiel (photo)  et les ministères,
est le coeur de Port-au-Prince, nous explique Dany Laferrière.
C'est là que les jeunes viennent étudier et les gens en général, respirer,
 loin des maisons trop petites et surpeuplées.
Depuis le 12 janvier, le site est l'un des plus grands camps pour les sinistrés.
Photo: Ivanoh Demers, La Presse
Le 11 janvier 2010, Dany Laferrière nous a menés un peu partout dans sa ville natale, où il a passé sa jeunesse avant de prendre le chemin de l'exil, à 23 ans. C'était la veille du tremblement de terre. Nous ne savions pas alors que nous allions immortaliser la dernière journée de Port-au-Prince telle que les Haïtiens l'ont connue. Pour mesurer l'ampleur de la perte, nous vous invitons à voir la beauté de cette ville avant sa destruction. Pour ne jamais l'oublier.
Avec le recul, c'est comme si nous avions visité Pompéi avec l'un de ses plus illustres poètes avant l'éruption. Comme d'habitude, Dany Laferrière était très occupé, conséquence du prix Médicis pour L'énigme du retour. Il était au pays depuis un moment déjà, et on ne cessait de le recevoir avec tous les honneurs. Notamment à Petit-Goâve, la ville de sa grand-mère Da, où on avait décrété une journée de congé pour tout le monde, afin de fêter le retour de l'enfant prodigue.
Mais cette journée-là, il me l'avait promise, en dépit de son horaire chargé, alors que personne ne se doutait du drame qui allait tous nous frapper. Et personne, en fait, ne saura jamais combien le lundi 11 janvier était une journée magnifique.
Les écrivains commençaient à arriver pour le festival Étonnants Voyageurs, annoncé partout sur des banderoles dans la ville. Dany l'avait écrit dans son roman, et nous pouvions le sentir: une relative stabilité était elle aussi de retour à Port-au-Prince, réputé pour ses enlèvements beaucoup plus que pour ses prix littéraires. La ville était ce jour-là grouillante et langoureuse sous le soleil de janvier. Nous allions célébrer sa vitalité, ses poètes, ses écrivains, ses artistes. Ils venaient du Québec, de la France et de l'Afrique pour l'occasion.
Le but de notre reportage était de rendre la courtoisie à un écrivain qui, en 25 ans de carrière, n'avait cessé de nous faire voyager dans son île magique, apportant à la littérature québécoise un souffle nouveau. Pour la première fois, c'était à nous d'aller à la rencontre d'Haïti.
***
Très tôt le matin, nous avons accompagné Dany à la radio pour sa première entrevue de la journée. On m'a demandé ce que je faisais là, avec un photographe. J'étais très heureuse de dire que nous étions là pour la littérature. Et cela rendait nos interlocuteurs fiers et volubiles. Spontanément, ça valait une invitation au micro.
- Le Médicis, c'est un prix pour Haïti ou pour le Québec?
- Je pense que nous le partageons, ai-je répondu, enthousiaste et diplomate.
Cela allait donner le ton pour la suite. Parce que nous avions parlé au micro avec Dany, tout le monde allait nous reconnaître dans notre tournée. Les journalistes canadiens qui suivaient Dany Laferrière, et qui trouvaient que le Médicis était aussi à eux. On écoute beaucoup la radio, en Haïti.
***
Crochet vers la Direction nationale du livre dirigée par Emmelie Prophète, où Thomas C. Spears, professeur américain de littérature, était en visite. Des amis de l'écrivain. «Le café est déjà dans l'escalier disait Saint-John Perse» a cité Dany, en voyant un employé nous accueillir avec ce café si fort et savoureux qui allait jalonner notre route un peu partout. Parce que le café, comme le rhum Barbancourt, est une institution en Haïti. Discussion sur l'importance de la diffusion du livre en Haïti: Dany déplore que la littérature québécoise ne soit pas mieux connue des Haïtiens.

Ensuite, le fameux Champ-de-Mars, le coeur de Port-au-Prince. Rempli d'étudiants. Quelques-uns font des discours enflammés, écoutés gravement par d'autres. Dany me dit qu'il n'a pas envie de les entendre, comme s'il reconnaissait la fièvre dangereuse de la jeunesse, les mauvais souvenirs de la sienne. Il nous montre le Palais présidentiel et le palais de justice. «Au Québec, il n'y a pas d'endroit où l'État se met en place comme ça. Ici, on le voit. Ça marque quand on est enfant. Ça rend fous les Haïtiens, qui veulent tous devenir président. Il y a deux lions devant le palais de justice, et c'est ça la réalité: on se fait manger. Quand j'étais enfant, je promenais un bâton sur les grillages, en guise de défi...» Pendant cette promenade, plusieurs personnes l'arrêtent pour lui demander un autographe. Alors que nous nous dirigeons vers le Théâtre Rex et le Café Rex, je comprends soudainement que nous sommes dans son roman Le cri des oiseaux fous. Le roman des 24 dernières heures avant son exil vers le Québec. Ce sont exactement les mêmes lieux. «Le Rex Théâtre, c'était mon cinéma! Je venais y voir des films, des spectacles. Je me souviens de L'enfer des hommes, un film de guerre, que j'ai dû voir ici 30 fois. Ma grand-mère se demandait pourquoi tous ces hommes se roulaient dans la boue comme ça, et je lui répondais: mais c'est un film de guerre!»
Tous les samedis, il allait manger un burger et boire un jus de papaye au Café Rex. «Tous les samedis!» répète-t-il. Et en ce 11 janvier, il veut nous le faire découvrir. Mais le proprio ne voit pas d'un très bon oeil la présence d'une journaliste et d'un photographe. Alors Dany insiste doucement, argumentant que nous sommes venus du Québec pour parler de ses livres, et des lieux qui les ont inspirés. Le burger sera très bon.
Nous visitons le Musée d'art haïtien, pas très loin. Dany nous détaille chacune des toiles qui sont sur les murs. Parce que dans une autre vie, il a été critique d'art. «Puisque j'écrivais sur la peinture dans les journaux, je suis devenu LE critique «dit-il en riant. Depuis le coup de foudre de l'Américain Dewitt Peters en 1944, la peinture haïtienne est devenue célèbre dans le monde. Il nous montre une toile de Wilson Bigaud, Le Paradis terrestre, qui vaut une fortune. Dany a connu personnellement plusieurs des peintres exposés ici, et il a une anecdote pour chacun. Rigaud Benoît, Gessner Armand, Hector Hyppolite...
Un flot de jeunes filles, toutes vêtues du costume bleu,
à la sortie des classes, le 11 janvier. Un lycée à la source
de bien des émois pour le jeune homme que fut Dany Laferrière.
Photo: Ivanoh Demers, La Presse

Il est intarissable.
Nous passons devant le Lycée des jeunes filles au moment de la sortie des classes. Une mer de jolies robes bleues entoure l'auteur du Goût des jeunes filles et l'image est trop belle pour l'ignorer. Elles gloussent devant l'appareil photo d'Ivanoh Demers, ce qui rend Dany Laferrière tout aussi hilare.
Rue Lafleur-Duchêne, dans le quartier Bas-peu-de-chose, nous voyons la maison où il a habité jusqu'à cette nuit fatidique qui a changé son destin,quand son ami journaliste Gasner Raymond a été assassiné. Dans Le cri des oiseaux fous, sa mère, ne voulant prendre aucun risque pour son fils, lui achète un aller simple pour le Québec, en lui interdisant de revenir à la maison. C'est une coquette demeure, que nous contemplons en nous disant que, de là, est née une oeuvre qui vient d'être couronnée par le Médicis. Deux voisins le reconnaissent. Ils échangent des souvenirs.
***
Nous resterons deux bonnes heures au mythique hôtel Oloffson, devant lequel Dany passait tous les jours en rêvant d'y séjourner. «Ils ont le service le plus lent de Port-au-Prince, souligne-t-il. Parce qu'ici, on a arrêté le temps.» De nombreuses stars internationales ont fréquenté cet hôtel, comme en témoignent leurs noms inscrits à la porte des chambres. Le plus célèbre étant sûrement Graham Greene, qui s'est inspiré de l'endroit pour écrire son roman Les comédiens.
Le charme suranné de l'Oloffson est irrésistible, ce qui porte Dany à la confidence, autour d'un Barbancourt. De toutes les émotions causées par le prix Médicis, c'est sûrement celle de sa mère qui le touche le plus. Elle ne lui parle jamais de ses livres, alors que sa tante les a tous lus en le traitant de menteur et de chenapan.... «Hier, ma mère m'a fait un joli cadeau. À l'église où elle va prier, tout le monde est venu la voir pour la féliciter de mon prix. Elle m'a alors dit: "?Tu dois être très connu. J'ai fait chanter une messe pour toi."»
Il ferme les yeux. «La forme, c'est magique, parce que cela a un impact sur soi. J'ai toujours su que j'étais un homme de lettres. C'est une aventure que j'ai entreprise pour que ça transforme ma vie. Deviens qui tu es, disait Nietzsche. C'est un chemin que j'ai pris pour que cela devienne ma réalité. C'est le temps que j'y ai mis qui compte. Dans les 30 dernières années, j'ai passé plus d'heures dans la réalité rêvée. C'est avec le rêve qu'on fait les gens. Car si on ne rêve pas, on ne se réveille pas.»
Connait-on vraiment Dany Laferrière? Sait-on que lorsqu'il a lancé cette bombe qu'était Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer, un roman de «célibataire», il était déjà en couple avec celle qui partage toujours sa vie, Maggie Berrouet? «Je suis totalement dans la littérature. J'utilise des éléments biographiques pour écrire mes livres, mais mon vrai lecteur, c'est quelqu'un qui ne me connaît pas du tout. C'est ça, le jeu.»
Qu'il joue à fond. De retour à l'hôtel Karibe, bien qu'épuisé, il nous récitera des extraits de L'énigme du retour que nous enregistrons pour les besoins du reportage. Ce reportage interrompu par le séisme, qui n'avait jamais été publié et que vous venez de lire.
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/haiti-un-an-apres/201101/09/01-4358513-la-derniere-journee-de-port-au-prince.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4358498_article_POS1

Michaëlle Jean se rendra en Haïti mercredi

Publié le 09 janvier 2011
La Presse Canadienne

L'ancienne gouverneure générale Michaëlle Jean se rendra en Haïti cette semaine pour marquer le premier anniversaire du tremblement de terre survenu en 2010.
Il s'agira de son premier voyage vers son pays d'origine depuis qu'elle a été nommée diplomate canadienne l'an dernier.
Mme Jean, qui est née en Haïti mais qui a grandi au Canada, désirait retourner dans la Perle des Antilles depuis septembre, lorsqu'elle a été nommée représentante du pays à l'UNESCO pour Haïti.
Une controversée et contestée élection tenue en Haïti a été suivie par des violences, menant à l'imposition d'une interdiction de voyage dans ce pays pour les employés des Nations unies.
L'interdiction a été levée et Mme Jean effectuera mercredi une visite éclair de 24 heures dans la capitale, Port-au-Prince, pour encourager les efforts de reconstruction du pays.
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/haiti-un-an-apres/201101/09/01-4358498-michaelle-jean-se-rendra-en-haiti-mercredi.php

Un touché de la LCF en Haïti

Agence QMI 09/01/2011 18h43
Les athlètes de sport professionnel sont souvent associés à des causes humanitaires. C’est le cas de huit joueurs de la Ligue canadienne (LCF), dont le secondeur Ray Fontaine, qui participent depuis samedi à une mission humanitaire en Haiti.

La mission humanitaire de l’Association des joueurs de la LCF intitulée «Huddle for Haiti» vise à aider la population de ce pays à se relever du séisme qui a coûté la vie à 200 000 personnes et blessé 300 000 autres, le 12 janvier 2010.
Sans parler du choléra, qui a également causé des ennuis aux autorités médicales au cours des derniers mois.
En plus de Fontaine, Kelly Bates (Edmonton), Chris Cvetkovic (Winnipeg), Jason Jimenez (Hamilton), Aaron Fiaccioni (Edmonton), Rolly Lumbala (Colombie-Britannique) et Graeme Bell (Edmonton) ont également fait le voyage à leurs propres frais avec la collaboration de la compagnie aérienne WestJet.
Ils participeront à l’effort de reconstruction pendant les six prochains jours. Lors de leur arrivée en sol haïtien, les joueurs et le journaliste de TSN, Dave Naylor, ont eu une vision frénétique.
«Tout le monde voulait nous offrir leur aide pour quelques dollars, a mentionné Naylor. Nous avons trouvé nos camionnettes et nous sommes montés à bord. Un homme gardait une main à l’intérieur pour tenter de m’empêcher de fermer la porte tout en me disant de sortir. J’ai réussi à la fermer et nous avons tous poussé un soupir de soulagement.»
Partout, les représentants de la LCF sont témoins de plusieurs scènes de désolation laissées par le tremblement de terre qui a sévi il y a presque un an.
La tante du porteur de ballon des Blue Bombers de Winnipeg, Yvenson Bernard, un Américain d’origine haïtienne, hébergera les joueurs de la LCF durant leur séjour. Bernard les aidera à apprécier leur expérience, qui les sortira à l’extérieur de leur zone de confort habituelle.
«Je n’avais pas de passeport avant 2008, a raconté le joueur de ligne offensive d’Edmonton, Kelly Bates, à TSN. Et c’était pour assister aux rencontres de l’Association des joueurs de la LCF à Las Vegas.»
Les joueurs bénéficieront du soutien logistique de WestJet pour leurs déplacements et travailleront de concert avec Oxfam, une organisation qui apporte du réconfort aux Haïtiens, incluant l'apport d'eau potable, d'abris et d’autres nécessités
http://fr.canoe.ca/sports/nouvelles/football/lcf/archives/2011/01/20110109-184312.html

Haïti un an plus tard: de l'aide qui arrive à bon port

Publié le 10 janvier 2011
Le Soleil
(Québec) L'aide internationale se rend aussi à destination en Haïti. Alors que certains envois sont bloqués depuis des mois en raison des nombreux problèmes qui affligent le pays des Antilles, la soeur Virginie Musac jubile à Port-de-Paix devant la cargaison reçue en provenance de la faculté des sciences infirmières de l'Université Laval.

L'initiative revient entre autres à Ginette Lazure, professeure à la faculté des sciences infirmières de l'UL. En 2010, sa faculté procède à des rénovations et des réaménagements au pavillon Ferdinand-Vandry. Le grand ménage permet de mettre à jour des équipements académiques, et l'idée est alors lancée de donner ces précieux outils d'apprentissage à Haïti.
Au même moment, la soeur Virginie?Musac,?fraîchement diplômée de l'Université Laval en 2009, poursuit sa croisade pour doter Port-de-Paix d'une école en soins infirmiers. L'histoire connaît un heureux dénouement, la cargaison étant arrivée à destination vers la fin décembre.
«J'ai vu que c'était du matériel de qualité, alors j'étais très satisfaite. En les récupérant, la fatigue est disparue. Intérieurement, j'étais contente de l'avoir», a raconté soeur Musac, jointe à Port-de-Paix, à 250 km de Port-au-Prince.
Casse-tête du transport
Cette fatigue, elle l'a ressentie en raison de tout le casse-tête du transport dans son pays. Depuis le séisme et la destruction d'infrastructures, l'acheminement en biens divers a gagné en complexité.
Après avoir parcouru plusieurs centaines de kilomètres, d'un port à l'autre, elle se dit ravie de disposer enfin du matériel pédagogique. «L'important, c'est que je les ai récupérés. C'est très important pour nous. J'ai vu les livres, ce sont des documents récents, des documents actuels et en français. En général, les documents qu'on a dans nos écoles, ils remontent plus aux années 1900, alors que là, ce sont des documents récents, dans les années 2000. Et le matériel qu'on a, les mannequins, pour les activités de pratique, c'est très intéressant. Ça va aider à la pratique des étudiants. Et quand je regarde les CD aussi, avec des vidéos, illustrant les techniques en soins infirmiers, ça va beaucoup aider à l'apprentissage des étudiants.»
Soeur Virginie Musac se croise désormais les doigts pour ouvrir son école de soins infirmiers, qui deviendrait une branche de l'Université Notre Dame. «Avec la situation actuelle du pays, on ne sait pas comment ça va tourner. Mais nous prévoyons que la période d'inscription soit à partir de mars.»
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/dossiers/seisme-en-haiti/201101/09/01-4358509-haiti-un-an-plus-tard-de-laide-qui-arrive-a-bon-port.php

Haïti : ce qu'a permis votre générosité

Par Claudie Baran 10/01/2011
Quelques exemples d'actions menées par la Fondation de France grâce à vos dons.
Il y a un an, Le Figaro Magazine, en partenariat avec la Fondation de France (FDF), GDFSuez, RTL et M6, lançait un appel à la générosité des lecteurs afin de venir en aide aux enfants d'Haïti. L'opération «Un numéro acheté=un euro versé» s'est soldée par la collecte de 170.632 euros. Un succès, donc, grâce à vous. Martin Spitz, responsable des urgences et des solidarités internationales à la Fondation de France, rappelle que son institution tient à mener des actions qui s'inscrivent dans le temps, «afin d'éviter l'écueil de la bulle humanitaire qui crève dès que retombe la pression médiatique». Aujourd'hui, en collaboration avec les instances en place, la FDF finance la construction et/ou la remise en état d'une dizaine d'écoles. «L'une de mes plus grandes fiertés est d'avoir réussi à scolariser 4000 gamins immédiatement après le séisme, et ce pendant six mois!» explique- t-il. Les besoins n'en restent pas moins encore immenses. Ne serait-ce que pour évacuer les décombres. «Pour enlever les 20 millions de mètres cubes de gravats, il faut 1000 camions pendant 1000 jours !» Un travail herculéen. S'ajoutent à cela trois facteurs aggravants: le niveau de destruction, le milieu urbain et le manque de structures existantes en Haïti.
Loin d'être découragée, la Fondation de France poursuit son action en soutenant le développement rural, l'habitat et la (re)construction, l'éducation restant l'une de ses priorités et la pérennité de ses actions son exigence. A ce jour, l'organisation a engagé 21 millions d'euros sur les 33 millions collectés, 42 projets ont vu le jour, 300.000 personnes ont reçu de l'aide. Quant à l'argent -votre argent-, il est soumis à une procédure de traçabilité des fonds des donateurs. Une transparence exigée par l'éthique de la fondation.
Renseignements: www.fondationdefrance.org
http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2011/01/08/01006-20110108ARTFIG00591-haiti-ce-qu-a-permis-votre-generosite.php

Une reconstruction qui n’est pas à la hauteur des dons

Agence QMI Josianne Desjardins
MONTRÉAL - Malgré l’élan de générosité de plusieurs Québécois, les investissements prévus afin de venir en aide à la reconstruction d’Haïti n’ont pas encore tous été utilisés, ce que plusieurs organismes d’aide humanitaire de la province qualifient de «normal».

Un an après le séisme qui a secoué l’île des Antilles, 24H a contacté quatre organismes impliqués et le gouvernement canadien afin de comprendre pourquoi, selon eux, la totalité des sommes n’a pas encore servi à la remise sur pied d’Haïti.
«C’est sûr qu’il y a du retard, mais c’était déjà difficile d’intervenir avant le séisme. Nous sommes encore dans la phase d’urgence. On commence graduellement la phase de rétablissement», a indiqué Geneviève Déry, porte-parole pour la Croix-Rouge canadienne division Québec.
En date du 30 décembre, sur les 199 millions $ reçus en dons à travers le Canada, la Croix-Rouge a réussi à en utiliser un peu moins de la moitié, soit 89 millions $.
Du côté de Vision Mondiale, 194 millions $ US en dons ont été amassés à travers le monde (dont 21,9 % proviennent du Canada) jusqu’au 30 septembre, et sur ce montant, 107 millions $ ont été investis à ce jour.
Contactée à ce sujet, Margaret Buchanan, chargée des relations publiques pour le Québec, a affirmé que «c’est normal que ça prenne du temps». De plus, le changement de gouvernement pourrait être responsable du «délai dans le versement de certains fonds».
Selon leur bilan de décembre, Oxfam a récolté quelque 17 millions $, sur lesquels 9,5 millions $ ont été injectés dans leurs diverses activités d’urgence.
«C’est un long processus et nous agissons principalement sur le plan de l’eau, l’assainissement et l’hygiène. On ne peut pas dépenser l’argent n’importe comment», a expliqué Michel Veret, directeur du développement des relations publiques à Oxfam-Québec.
Les décombres, source du problème
«Il faut bouger, mais le balayage des décombres nous complique la vie. Souvent, ce sont des bâtiments publics, donc les décisions doivent venir des autorités locales», a expliqué M. Veret.
Selon Erin Barton-Chery, une correspondante d’Enfants-Entraide à Haïti, la densité de la population au sein de la ville de Port-au-Prince rendrait difficile le retrait des décombres.
Considérant que seulement 5% des décombres ont été balayés, le travail reste immense, a-t-elle révélé.
«Le président haïtien René Préval a annoncé qu'il faudrait 1000 camions sur 1000 jours pour retirer les décombres de bâtiments effondrés et des structures qui ne sont plus sûres. Jusqu’à ce jour, pratiquement aucun effort n’a été déployé. Quand est-ce que ces 1000 jours commenceront?», s’est demandé Mme Barton-Chery.
L’Association canadienne de développement international (ACDI), qui gère les fonds du pays dédiés à l’aide humanitaire en Haïti, a informé que 150,1 millions $ ont été versés sur les 400 millions $ prévus sur deux ans en spécifiant que «conformément à son mandat, l’ACDI déboursera les fonds au fur et à mesure que les besoins seront déterminés», selon le porte-parole, Scott Cantin. Selon le rapport d’Oxfam, seulement 42% des 2,1 milliards $ promis par les gouvernements internationaux en 2010 ont été octroyés.
http://fr.canoe.ca/infos/international/archives/2011/01/20110109-224116.html

AYITI BITE MEN-L PA TONBE....TONNE KRAZE-M LI PAP JAN-M TONBE

dimanche 9 janvier 2011

Haïti toujours en attente de reconstruction

Un an après le tremblement de terre qui a dévasté Haïti, la reconstruction a à peine commencé. De la catastrophe qui a tué près de 250 000 personnes, les survivants espéraient voir surgir un nouveau pays, "refondé" et décentralisé, grâce aux 10 milliards de dollars promis par la communauté internationale. Douze mois plus tard, la population est épuisée et sans perspectives.
Près d'un million de sans-abri sont toujours entassés sous des tentes et des bâches, dans des conditions inhumaines. Seuls 5 % des décombres ont été dégagés, et la capitale, Port-au-Prince, est un immense bidonville. Les viols se sont multipliés dans les camps de fortune.
2010 restera dans la mémoire des Haïtiens comme l'année de tous les malheurs : aux ravages du séisme se sont ajoutés une épidémie de choléra, qui a déjà tué plus de 3 600 personnes, puis les violences d'une crise électorale dont personne ne voit la solution. Une mission d'experts de l'Organisation des Etats américains a été dépêchée. Aucune date n'est fixée pour le second tour de la présidentielle, alors que le mandat de René Préval prend fin le 7 février.
Les autorités locales, la communauté internationale et les ONG, omniprésentes et peu transparentes dans la gestion de leurs fonds, se renvoient la balle pour expliquer les échecs et les retards. Sonné par la catastrophe, incapable de communiquer durant de longues semaines, M. Préval est accusé d'avoir manqué de leadership pour mobiliser son peuple ou pour exproprier les terrains nécessaires au relogement des sinistrés. Mais son administration a été décimée par le séisme, et l'Etat haïtien n'a reçu qu'une part infime des sommes mobilisées grâce à la générosité internationale.
Difficultés budgétaires, effets d'annonce restés sans suite : les bailleurs de fonds n'ont pas tenu leurs promesses. Moins de la moitié des 2,1 milliards de dollars promis pour 2010 a été décaissée. Créée pour coordonner l'aide internationale, la Commission intérimaire pour la reconstruction d'Haïti (CIRH) est la cible de nombreuses critiques.
Coprésidée par l'ancien président américain Bill Clinton et le premier ministre haïtien, Jean-Max Bellerive, la CIRH a tardé à se mettre en place. Son action a été entravée par "des politiques et des priorités souvent contradictoires", selon l'ONG Oxfam. L'image de l'ONU a été sérieusement écornée par les accusations portées contre les casques bleus, soupçonnés d'avoir introduit le choléra dans l'île. Après avoir longtemps tardé, le secrétaire général Ban Ki-moon vient de nommer une commission indépendante pour faire la lumière sur l'origine de l'épidémie.
La communauté internationale est aussi accusée d'avoir poussé à l'organisation des élections alors que les conditions n'étaient manifestement pas réunies, sous prétexte qu'il n'existait pas de plan B. Mais la crise postélectorale risque de provoquer de nouvelles convulsions. Et l'absence d'autorités légitimes pourrait servir de prétexte pour retarder le versement des sommes promises.
http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2011/01/08/haiti-toujours-en-attente-de-reconstruction_1462762_3222.html

Haïti: un an plus tard

Le 12 janvier 2010 la terre tremblait à Haïti. Un séisme de magnitude sept frappait à quelques kilomètres de Port-au-Prince. La catastrophe a fait plus de 200 000 morts.

Sujets : Église Baptiste de Trois-Rivières , Haïti , Trois-Rivières , Port-au-Prince
Un an plus tard, beaucoup de travail reste à faire pour venir en aide au pays.
L’aide des Trifluviens a été mise à contribution. À plusieurs reprises, des gens du milieu culturel, sportif, communautaire, éducatif et des affaires ont fait des levées de fonds.
Une dizaine de Mauriciens de l’Église Baptiste de Trois-Rivières étaient en mission d’aide humanitaire dans la région de Tiverny en janvier 2010. Ils étaient à Port-au-Prince lorsque le séisme a eu lieu. Heureusement, personne n’a été blessé.
«Avant l’évènement, j’allais à Haïti pour aider et c’était correct. Mais maintenant le sentiment d’appartenance au peuple est beaucoup plus grand et fort», affirmait Eva-Nancie Camirand. La jeune femme, originaire d’Haïti, était sur les lieux avec les membres de l’Église.
Le Comité de Solidarité/Trois-Rivières (CS/TR) a lancé de nombreux appels à la population au cours de l’année afin d’apporter de l’aide au peuple haïtien. Des membres du comité se sont rendus à Haïti à quelques reprises au cours de la dernière année. À son retour à Trois-Rivières après un séjour de deux semaines à Port-au-Prince au mois de mai, Annie Lafontaine était en état de constater qu’il y avait encore beaucoup de travail à faire sur le terrain.
Le comité tiendra une conférence de presse le 12 janvier sur l’évolution de la situation. Plus de détails à venir.
http://www.lhebdojournal.com/Soci%C3%A9t%C3%A9/Monde/1969-12-31/article-2102396/Haiti-un-an-plus-tard/1

Haïti: la revendication des Trân

Publié le 09 janvier 2011
Le Soleil

(Québec) Le calme est revenu dans la famille Trân. Un an après la tourmente du séisme en Haïti, la famille du célèbre maître de taekwondo Trân Triêu Quân a terminé son deuil. Mais si le disparu repose en paix, ses deux filles continuent à déplorer le sort réservé aux familles lors du décès d'un proche à l'étranger.
La mort tragique de Trân Triêu Quân à Port-au-Prince avait créé bien des remous il y a un an. L'homme d'affaires québécois d'origine vietnamienne s'était rendu en Haïti pour la deuxième fois en janvier 2010 afin d'y aider les citoyens à respecter des normes de construction plus sécuritaires en cas de séisme ou d'ouragan.
Le destin aura voulu que l'homme de 57 ans périsse comme bien d'autres sous les décombres de l'Hôtel Montana, où il logeait à Port-au-Prince. Aujourd'hui, l'his­toire semble triste mais limpide. Il y a un an, elle était confuse et cauchemardesque pour la famille Trân.
Trân Triêu Quân a été porté disparu peu de temps après le tremblement de terre. Mais au-delà de ce constat, c'est le brouillard. Les membres de sa famille, en quête désespérée de réponses, ne trouvent aucun réconfort auprès des autorités canadiennes et des différents ministères. Pas de coups de fil, pas d'accusés de réception à leurs demandes. Pas d'information. Le néant ou le flou, selon l'interlocuteur auquel ils se butent dans leurs démarches pour confirmer la mort de leur père.
La famille Trân est devenue pendant quelques semaines un symbole dans la région de la grogne des familles touchées par le séisme. De tous ces gens incapables d'enfin entamer leur deuil. «Nous, ce qu'on avait décrié, c'est de ne pas avoir d'information du ministère des Affaires étrangères. Des fois, de se faire dire des choses, alors que dans la réalité ils n'étaient pas au courant. C'était la partie la plus difficile à accepter», raconte aujourd'hui sa fille Cécilia.
Plusieurs familles ont ouvertement appuyé les sorties publiques des filles de Trân Triêu Quân, mais d'autres n'ont pas apprécié. Une petite souffrance en comparaison des centaines de milliers de morts en Haïti, ont reproché certains. «Il faut se rendre compte que dans une telle situation, quand tu es dans un contexte qui est aussi gros, tu as l'air de te plaindre pour rien lorsque tu demandes des petites choses. Si jamais c'est un cas isolé, la réponse ne sera pas la même. Des gens nous ont écrit après le séisme en nous disant : "Je ne sais pas si vous vous rendez compte, mais il y a des centaines de milliers de personnes qui sont mortes, il n'y a pas juste vous dans la vie."»
Bien consciente de l'ampleur de la catastrophe naturelle, sa fille aînée Joliette souhaitait avant tout mettre en lumière les besoins des familles endeuillées. «Que les gens comprennent, tout ce qu'on a besoin, c'est que quelqu'un soit là pour nous rassurer. Pas pour nous dire des faussetés, mais nous dire où en est le gouvernement canadien là-dedans. C'est frustrant de voir qu'il n'y a rien qui est fait. Quand on appelait le numéro de téléphone contact, ce n'était jamais la même personne qui répondait, il n'y avait pas de suivi.»
Les proches de Trân Triêu Quân auront eu besoin d'aller bien au-delà des sorties médiatiques pour connaître la vérité. Au bout de plusieurs semaines d'angoisse, ils ont dépêché le frère du défunt, Lân, et son fils Nicolas à Port-au-Prince pour y voir plus clair.
Le corps a été finalement retrouvé et rapatrié à Québec. Les funérailles ont eu lieu selon la tradition bouddhiste devant quel­ques centaines de proches. La poussière est retombée. Le message, lui, demeure le même. «Il y a quelque chose qui manque. Si jamais autre chose arrive, je suis presque certaine que des familles vivront encore la même chose. Et nous n'apprenons pas de ça. Quand la catastrophe arrive, ce n'est pas le temps de mettre le mécanisme en place pour s'occuper des familles», insiste Joliette Trân, qui poursuit aujourd'hui les activités de son père au centre de taekwondo Trân Fusion à Sainte-Foy.
Plus de colère. Plus d'amertume. Seulement cette revendication douce. Et une grande fierté aussi : celle de constater l'énorme reconnaissance des gens d'ici depuis la mort de leur père. «Beaucoup de gens connaissent mon père, plus qu'on croyait. Et il a touché beaucoup de gens. Nous avons reçu des témoignages et des condoléances d'un peu partout dans le monde. Je pense que ce n'est pas fini encore. On a tellement de gens qui sont venus pour nous parler. J'ai l'impression que ça va toujours continuer», raconte Cécilia.
Et sa soeur Joliette de conclure avec cette anecdote : «Des fois, les gens m'arrêtent, sans que je sache trop pourquoi. Les gens me disent : "Vous êtes la fille de..." Des fois, ils connaissent mon père, mais des fois, pas du tout. Ils me disent que mon père était bien. Quand on aime quelqu'un, c'est toujours agréable de savoir ça.»
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/dossiers/seisme-en-haiti/201101/08/01-4358405-haiti-la-revendication-des-tran.php

Haïti - Social : Des jeunes reconstruisent leur vie grâce au hip-hop

09/01/2011 13:07:16
Ils sont une dizaine de garçons dans le groupe. Leur point commun ? Ils ont tous été séparés de leurs parents lors du séisme de l’an dernier. Aujourd’hui, ils ont trouvé une solution pour tenter de s’en sortir et avoir de l’espoir en l’avenir : danser le hip-hop.
390 jeunes garçons sont pris en charge au centre d’accueil de Carrefour, à Port-au-Prince. Soutenu par l’Unicef, ce centre permet de loger, de nourrir et de donner une éducation à tous ces jeunes en quête de repères. Alors que le centre tente de retrouver leurs parents, les garçons ne restent pas inactifs. Ensemble, ils forment « Cœur à Cœur », un groupe de hip-hop dynamique et motivé. L’une de leurs chansons s’appelle « Nous prenons nos propres décisions », ce qui révèle combien ces jeunes veulent prendre leur avenir en main. En effet, le texte de la chanson encourage les haïtiens à faire le bien autour d’eux et à reconstruire tous ensemble leur pays, si affaibli lors de l’année qui vient de s’écouler.
Youri Belcomb a 13 ans. Considéré comme l’un des élèves modèles du centre, est très fier de faire partie du groupe et de diffuser des messages positifs autour de lui. Pour lui, la chanson « Nous prenons nos propres décisions » explique que les Haïtiens peuvent améliorer la situation de leur pays. À côté du hip-hop, Youri est très motivé par ce qu’il apprend en classe. Grâce à l’école, il peut croire en l’avenir. « J’utiliserai les mathématiques pour aider mon pays à se reconstruire », affirme t-il. « Imaginez que je construise une route ou une maison, j’aurais besoin de connaître les chiffres, les multiplications et tout le reste ».
On l’aura deviné, Youri a un caractère que l’on peut résumer en un seul mot : l’optimisme. Non seulement, il aime apprendre, mais en plus, il aime beaucoup que l’on écoute ses idées. « Un an après le séisme, ce que je voudrais par-dessus tout pour mon pays, c’est que tous les Haïtiens s’unissent pour reconstruire notre pays : tout nettoyer, construire des routes, protéger la population pour que l’on ait un bel Haïti. »
Le centre travaille étroitement avec l’Unicef pour réunir les jeunes à leurs familles. Il s’agit aussi de leur donner toutes les conditions pour grandir sereinement et préparer un bel avenir. « Le meilleur endroit pour que ces jeunes puissent se reconstruire, ce n’est pas le centre, mais une famille », souligne Jeff Desruisseaux du centre d'accueil de Carrefour.
HL/ HaïtiLibre / UNICEF
http://www.haitilibre.com/article-2071-haiti-social-des-jeunes-reconstruisent-leur-vie-grace-au-hip-hop.html

Haïti: les élections devraient être reportées à février

Par Thierry Portes
La contestation des résultats de la présidentielle entraîne un report du deuxième tour.

Le calendrier électoral haïtien s'étire et se tend dangereusement, comme un élastique prêt à rompre. Le deuxième tour des élections générales -présidentielle, législatives et renouvellement sénatorial partiel- n'aura pas lieu à la date initialement prévue du 16 janvier. C'est quasiment officiel. Pierre Thibault, l'un des membres du CEP, le Conseil électoral haïtien, l'a confirmé au Figaro: «Il faudra bien un mois pour préparer les élections, qui se tiendront probablement fin février.»
Mais cette question ne trouble pas le microcosme politique haïtien et le personnel diplomatique qui a investi Port-au-Prince. Le grand sujet d'inquiétude vient de la diffusion, semble-t-il imminente, des conclusions de la mission de l'OEA, l'Organisation des États américains, venue valider le premier tour de la présidentielle. L'OEA s'apprête à rendre son rapport au président haïtien René Préval. Seraient ainsi connus les deux qualifiés pour le second tour de la présidentielle.
Début décembre, la sélection, loin derrière Mirlande Manigat, de Jude Célestin, le candidat d'un président Préval si décrié, avait jeté dans les rues de la capitale haïtienne des jeunes soutenant Michel Martelly, arrivé troisième, et disqualifié pour moins de 7000 voix. Leur rage était compréhensible: la fraude du pouvoir était manifeste, et elle fut condamnée par les observateurs internationaux et nombre de chancelleries occidentales. Leurs méthodes étaient en revanche condamnables: les barrages, destructions et actes de vandalisme organisés par ces émeutiers durant plusieurs jours à Port-au-Prince ont rappelé de mauvais souvenirs dans un pays sujet à des accès de violences.

Risques d'émeutes
Si les résultats annoncés en décembre sont validés, il y a fort à parier que les mêmes émeutiers repasseront à l'attaque. Toutefois la rumeur, véhiculée par la communauté internationale qui est largement partie prenante dans ce processus, dit que Jude Célestin serait cette fois disqualifié. On ne sait comment la prudente OEA va s'y prendre pour suggérer que seuls la juriste Mirlande Manigat et le chanteur Michel Martelly doivent rester en lice pour le second tour. La réaction des autres candidats, éliminés au premier tour, et qui avaient dénoncé ce scrutin, peut réserver des surprises. Mais elles auront moins de poids que celle de René Préval, qui n'est sans doute pas disposé à ce que son candidat soit ainsi rayé d'un trait de plume. Quant aux réactions des candidats au second tour des législatives et sénatoriales de l'Unité, le parti de Préval et Célestin, qui risquent de souffrir d'un retournement de la dynamique électorale, elles suscitent nombre d'interrogations et de craintes. Dans l'Unité, il y a des adeptes de la manière forte. «Des armes et de l'argent ont été distribués dans les quartiers populaires», nous assurait Mirlande Manigat, qui s'apprête à affronter Michel Martelly. Tout le monde répète à Port-au-Prince que la situation est explosive.

Reconstruction
En officialisant maintenant les résultats du premier tour de la présidentielle, on peut au moins espérer qu'après une bouffée de chaleur, les rues de la capitale haïtienne retrouvent un peu de calme pour la célébration, le 12 janvier, du premier anniversaire du tremblement de terre.
Si troubles il devait y avoir, et si ceux-ci devaient perdurer, ils différeraient encore un peu plus la reconstruction de Port-au-Prince et de sa région, qui n'a pas réellement commencé. Les bailleurs de fonds internationaux, venus au chevet d'Haïti, attendent en effet pour lancer les travaux qu'un nouveau président soit investi et la mise en place d'un gouvernement issu des législatives. «Cela nous renvoie à avril prochain», assure un haut représentant des institutions financières internationales installé en Haïti.

Choléra : l'ONU enquête
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a nommé quatre experts pour enquêter sur l'épidémie de choléra en Haïti, dont certains habitants du pays attribuent l'origine à des Casques bleus népalais. Plus de 3400 personnes sont mortes du choléra depuis le début de l'épidémie en octobre. Le mois dernier, des chercheurs américains ont rapporté que la bactérie responsable du choléra en Haïti provenait d'Asie du Sud et ressemblait surtout à une souche décelée au Bangladesh. L'ONU disait ne disposer jusqu'ici d'aucun élément laissant penser que le bataillon népalais en soit responsable, tous les tests effectués sur ses soldats s'étant révélés négatifs. Mais devant la persistance des accusations, Ban Ki-moon a dû réagir.
http://www.lefigaro.fr/international/2011/01/07/01003-20110107ARTFIG00660-haiti-les-elections-devraient-etre-reportees-a-fevrier.php

samedi 8 janvier 2011

L'ONU défend son bilan

Mise à jour le vendredi 7 janvier 2011 à 23 h 32 Les agences humanitaires de l'ONU ont défendu vendredi le bilan de leurs activités en Haïti un an après le séisme dévastateur qui a fait 255 000 morts et 1,9 million de déplacés et de sans-abri.

L'ONU a été accusée ces derniers jours par des ONG dont Oxfam, d'avoir mal coordonné la reconstruction du pays dont les rues sont encore jonchées de débris et où un million de personnes vivent toujours dans des camps de réfugiés.
« Nous avons dû travailler sur un terrain apocalyptique. Nous avons fait un bon et rapide travail étant donné la situation », a expliqué vendredi à Genève, la porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), Elisabeth Byrs.
Pour l'ONU, l'ampleur de la destruction et le manque de ressources sont tels en Haïti que la reconstruction du pays s'échelonnera sur plusieurs années. Une reconstruction qui s'est butée cette année au deuil et à la désorganisation de centaines de milliers d'habitants, au passage des ouragans Igor et Tomas et à une épidémie de choléra qui a fait près de 3700 morts et des dizaines de milliers de malades à travers le pays.
Qui plus est, la population haïtienne est de plus en plus hostile face à la présence de l'ONU sur le terrain, notamment celle des Casques bleus, que beaucoup d'Haïtiens accusent d'avoir introduit le choléra dans leur pays.
Du côté du Fonds des Nations Unies pour l'enfance, le porte-parole de l'UNICEF, Marixie Mercado, a tenu à rappeler que la réponse internationale aux urgences humanitaires dans ce genre de situation n'est jamais parfaite.
En dépit des problèmes et des ratés qu'ont connus les opérations de l'ONU en Haïti au cours de la dernière année, Marixie Mercado a tenu à rappeler que les efforts de l'ONU ont permis de sauver beaucoup de vies et d'en améliorer beaucoup d'autres.
L'UNICEF et le PAM satisfaits
Pour ce qui est du bilan de l'UNICEF, l'organisation affirme avoir apporté un soutien éducatif à plus de 725 000 enfants dont plusieurs sont allés à l'école pour la première fois de leur vie, a souligné M. Mercado.
Au Programme alimentaire mondial (PAM), la porte-parole, Emilia Casella, a souligné la rapidité avec laquelle son agence a acheminé de l'aide alimentaire aux centaines de milliers de réfugiés du tremblement de terre. « Six semaines après la crise, le PAM distribuait de la nourriture à 4 millions d'Haïtiens. Une crise alimentaire a vraiment été évitée », a insisté Mme Casella.
Selon le PAM, les réserves de nourriture et de matériel accumulées en Haïti par l'ONU ont aussi permis de parer au passage de l'ouragan Tomas et de l'épidémie de choléra.
Radio-Canada.ca avec
Agence France Presse
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/01/07/004-haiti-onu-bilan.shtml

L'épidémie de choléra a fait plus de 3000 morts en Haïti en 2010.

Photo: David Boily, La Presse Agence France-Presse
Port-au-Prince
Inondations, choléra, crise politique: le sort s'acharne sur Haïti depuis le séisme du 12 janvier 2010 qui a tué quelque 250 000 personnes et laissé plus de 1,2 million de sans-abri. Voici un rappel des principaux événements qui ont marqué le pays pendant l'année écoulée:
12 janvier: À 16h53 locales, une secousse de magnitude 7 sur l'échelle du moment (mW) dévaste la capitale Port-au-Prince et sa région. Le pays est pratiquement coupé du monde pendant 24 heures.
15 janvier: Alors que les secours internationaux commencent à arriver, difficilement compte tenu de la destruction du port et de l'aéroport de Port-au-Prince, le Premier ministre haïtien annonce que plus de 15 000 cadavres ont été ramassés.
17 janvier: Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon évoque «la plus grave crise humanitaire» à frapper le monde «depuis des décennies».
19 janvier: Le gouvernement annonce un bilan provisoire de 75 000 morts.
25 janvier: Un ministre prévoit un bilan final de 150 000 morts.
30 janvier: Dix Américains sont arrêtés pour avoir «volé» 33 enfants à la faveur du séisme afin de les ramener aux États-Unis.
9 février: Selon des médecins, un homme a survécu 27 jours sous les décombres.
27 février: Au moins 10 personnes trouvent la mort dans des inondations dans le sud-ouest du pays épargné par le séisme.
31 mars: Les pays membres de l'ONU promettent 5,3 milliards de dollars pour reconstruire Haïti.
20 août: Wyclef Jean, star mondiale du hip-hop, est écarté de la course à la présidentielle.
18 octobre: Des pluies diluviennes font au moins 13 morts et disparus à Port-au-Prince.
21 octobre: Les autorités annoncent qu'une «forme de choléra» est à l'origine de dizaines de décès dans le centre du pays. L'épidémie fera plus de 3000 morts en 2010.
5 novembre: L'ouragan Tomas frappe l'ouest du pays: 21 morts.
15 novembre: Des Casques bleus, accusés d'être à l'origine de l'épidémie de choléra, ouvrent le feu lors de violences qui feront au total 3 morts.
28 novembre: Premier tour des élections présidentielle et législatives.
7 décembre: Proclamation des résultats du scrutin. Des partisans du chanteur Michel Martelly, écarté de justesse du deuxième tour, manifestent violemment dans l'ensemble du pays: 5 morts.
22 décembre: Selon les autorités, au moins 45 «sorciers» accusés d'avoir propagé le choléra ont été lynchés à mort depuis le début de l'épidémie.
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/haiti-un-an-apres/201101/07/01-4358023-haiti-un-an-de-calamites-depuis-le-seisme.php

«Il reste dans notre coeur»

Publié le 08 janvier 2011
Myriam Bacon

Le Nouvelliste
(Trois-Rivières) «Il reste dans notre coeur et on vit avec ses souvenirs.» Un an après le tremblement de terre qui a secoué Haïti, Denise Proteau-Cossette garde le souvenir de son frère décédé dans le séisme.
L'année dernière, l'ingénieur originaire de Sainte-Anne-de-la-Pérade Richard Proteau était en Haïti où il travaillait à son dernier projet avant de prendre sa retraite. Le 12 janvier 2010, il séjournait à Port-au-Prince pour y récupérer des documents. Quand le séisme est survenu, il parlait au téléphone avec un collègue de travail. Son corps a été retrouvé le 23 janvier dans les décombres de l'hôtel Montana en même temps que la dépouille du député Serge Marcil.
La soeur de Richard Proteau se souvient des jours d'angoisse qui ont suivi le 12 janvier. À ce moment, la famille était sans nouvelles de l'ingénieur. «Dès que le téléphone sonnait, on bondissait», se souvient la soeur de M. Proteau, Denise Proteau-Cossette. «On ne savait pas où il était et on se demandait où il pouvait être. Était-il dans un ravin? Était-il dans une tente de fortune ou dans un hôpital de fortune? Souffrait-il le martyr? Tu ne sais pas. Tout te passe par la tête.»
Mme Cossette se souvient aussi de l'impuissance qu'elle a ressentie. «On est loin. On ne peut pas aller voir.» Puis, quand la nouvelle a été annoncée, «les nerfs sont tombés. On s'en doutait un peu après tant de temps. On savait qu'il ne pouvait pas être vivant ou, s'il l'était, qu'il était en mauvaise posture.» Dans ce type de situation indique-t-elle, «les nerfs tombent, que la nouvelle soit bonne ou mauvaise.»
Un an plus tard, la famille tâche de vivre avec le souvenir d'un événement tragique qui, au moment du premier anniversaire, trouve un écho quotidien dans les médias. «Ce soir, il y a une émission et ils vont parler de Serge Marcil et de ceux qui ont survécu. [...] On ne peut pas fermer la télé. Il faut vivre avec», explique la Trifluvienne.
Alors que l'hiver dernier Mme Cossette aurait aimé pouvoir aller en Haïti pour identifier le corps de son frère, un an plus tard, elle ne désire plus s'y rendre. «Ça ne m'intéresse pas d'aller voir ça, on en a assez vu. Aller voir des ruines où quelqu'un qui est proche de toi est mort... Non, je n'irai pas.»
Les mois passent et Denise Proteau-Cossette peine à trouver un sens à l'événement qui lui a enlevé son frère. «Non, on ne trouve pas de sens. C'est une vie qui a été volée, mais on n'est pas responsable des choses qui arrivent.»
Elle souligne aussi que le projet pour lequel travaillait Richard Proteau devait être, pour lui, le dernier à prendre en charge avant sa retraite. «Il fallait quelqu'un d'expérimenté pour ça. Lui, il avait du vécu.» L'homme avait déjà travaillé sous les bombes dans des coins du monde particulièrement agités. Après le Liban et le Congo, Haïti devait être sa dernière mission. Le jour de l'événement, il avait dû se rendre à Port-au-Prince afin de récupérer des documents. «Il n'était à cet hôtel que pour deux ou trois jours. Le lendemain, il n'y aurait pas été.»
Alors que la période des Fêtes a été particulièrement difficile, la soeur de M. Proteau conclut: «Il nous manque. Le seul réconfort que je trouve, c'est que je me dis qu'il n'a pas traîné dans des hôpitaux de fortune. Il y a juste ça qui me donne du réconfort.»
En avril dernier, le député de Verchères, Stéphane Bergeron, a rendu un hommage à M. Proteau à l'Assemblée nationale. Richard Proteau résidait à Varennes et le député a souligné son dévouement, son engagement ainsi que son empathie.
http://www.cyberpresse.ca/le-nouvelliste/201101/08/01-4358273-il-reste-dans-notre-coeur.php

Haïti: un espoir encore déçu?

Mario Renaud
Un énorme travail a été effectué en Haïti
depuis le 12 janvier 2010.  Mais beaucoup reste à faire.

PHOTO: KENA BETANCUR, REUTERS

L'auteur est directeur général du CECI.
Publié le 08 janvier 2011
Plusieurs d'entre nous ont pensé pendant les Fêtes à nos soeurs et frères d'Haïti vivant dans des conditions précaires depuis un an dans les camps, dans les tentes et abris temporaires.
L'état d'urgence demeure à la suite du séisme, une des plus grandes catastrophes de l'histoire, suivi d'un ouragan dévastateur et, maintenant, d'une épidémie de choléra. En dépit de toutes ces difficultés et celles de la logistique du scrutin présidentiel, comment expliquer que les Haïtiens soient allés voter en si grand nombre le 28 novembre? C'est l'espoir d'un vrai changement et d'une amélioration marquée de leurs conditions sociales et économiques qui les a animés.
Cet espoir sera-t-il encore déçu? Allons-nous nous désintéresser de leur sort pour passer à autre chose? Certes, notre solidarité a pu être éprouvée face à une certaine désorganisation de l'aide internationale, aux retards dans la refondation des institutions et le lancement des travaux de reconstruction. Avant tout, la population haïtienne a besoin que son espoir soit soutenu et accompagné. Nos compatriotes d'origine haïtienne feront tout pour que l'oubli et le désintéressement ne s'installent pas.
Mais il en va aussi de notre propre intérêt. D'abord, la communauté internationale doit s'assurer que le processus politique qui suivra soit démocratique, transparent, juste et équitable en vue d'assurer la légitimité du prochain gouvernement. Il s'agit des ingrédients essentiels pour être en mesure d'amorcer des réformes et poursuivre des efforts de réhabilitation et reconstruction des infrastructures physiques, sociales et institutionnelles du pays.
Le Canada et la communauté internationale investissent de grandes sommes en Haïti (deuxième récipiendaire de l'aide publique canadienne après l'Afghanistan) et on ne peut rester indifférents à notre futur partenaire.
Le prochain gouvernement haïtien ne pourra tout faire seul. Ses effectifs ont été décimés par le séisme et plusieurs sont partis pour aller se trouver un emploi ailleurs. Il devra mettre en place un partenariat solide et effectif avec les organisations de la société civile haïtienne, celles de la diaspora, ainsi qu'avec les organisations internationales pour consolider le plan national de reconstruction dans une perspective de développement durable, équitable, participatif et inclusif. Il devra exercer un vrai leadership pour guider et coordonner les priorités d'action des prochaines années. La communauté internationale devra accompagner ces efforts.
Un énorme travail a été effectué depuis le 12 janvier 2010 par nos partenaires haïtiens, avec notre appui. Mais beaucoup reste à faire. Dès les premières heures après le séisme, des centaines de bénévoles, en grande majorité de la communauté canado-haïtienne, des médecins, infirmières, ingénieurs, architectes, se sont mobilisés pour aller prêter main-forte à leurs compatriotes haïtiens.
Nous sommes témoins depuis plusieurs années des efforts de la population haïtienne pour améliorer son sort en dépit de toutes les difficultés. Cet espoir qui l'anime pour des jours meilleurs, nous le partageons. Il n'y a pas vraiment de raisons qu'Haïti ne s'engage sur la voie d'un vrai développement, que l'économie tant rurale qu'urbaine ne décolle, que la population n'ait accès à des services d'éducation et de santé de qualité.
Pour ce faire, le pays a besoin de la volonté démocratique et du leadership d'un gouvernement légitime, avec l'appui et l'accompagnement de sa population et de la communauté internationale. Tous ensemble, c'est possible de réussir.
http://www.cyberpresse.ca/opinions/201101/07/01-4358153-haiti-un-espoir-encore-decu.php

Haïti: une illusion de souveraineté

Un an après le tremblement de terre,
 la reconstruction d'Haïti se fait toujours attendre.
Des milliers, voire des millions d'Haïtiens sont toujours
dans une situation précaire dans des camps de réfugiés,
comme ici à Pétionville.
PHOTO: KENA BETANCUR, REUTERS
Publié le 08 janvier 2011 à 06h00 | Mis à jour à 06h00
Frédéric Boisrond
Sociologue d'origine haïtienne, l'auteur est chargé de cours à l'Université McGill et consultant en gouvernance et stratégie d'affaires pour organismes à but non lucratif.
La reconstruction d'Haïti dépend de la capacité de la communauté internationale de réussir une stratégie qui vise à gérer le pays sans jamais prononcer les mots tutelle, protectorat ou occupation. Elle profite des tragédies et de l'absence de consensus au sein de la classe politique haïtienne pour implanter un modèle d'impérialisme basé sur une illusion de souveraineté.
Les Haïtiens ne peuvent se permettre de mordre la main qui les extirpe des décombres, les soigne et les nourrit. Dans ce contexte de dépendance, la souveraineté est secondaire. Le contrôle du territoire par la MINUSTAH n'a pas suscité de débats parce que cette force onusienne est dirigée par le Brésil, puissance émergente d'apparence moins menaçante que les États-Unis, la France, voire même le Canada.
Le président d'Haïti et les autres élus ont été mis hors jeu par la création d'une commission pour la reconstruction coprésidée par Bill Clinton, qui se présente comme le grand ami d'Haïti. Exclues des promesses de financement, les organisations de la société civile sont incapables de participer à la reconstruction du tissu social. Sans tissu social, il n'y a pas de cohésion, pas d'organisation et surtout pas d'opposition. Des centaines d'ONG sont financées pour se substituer aux institutions nationales. Elles ne proposent pas de projets structurants, ne font pas d'achat local, n'embauchent pratiquement pas d'Haïtiens. Leur approche a démantelé ce qui restait de la structure économique du pays.
Au nom de la sacro-sainte démocratie, la communauté internationale a réclamé la tenue d'élections dans des conditions qui ne pouvaient nullement garantir l'intégrité du processus. Malgré des irrégularités, les observateurs internationaux avaient déclaré les résultats valides. Environ 10 jours plus tard, Ottawa et Washington se sont dits inquiets et préoccupés par l'incohérence des résultats.
Ainsi a débuté un processus qui a amené la classe politique à collaborer à la prise de contrôle du pays; 12 candidats avaient fait front commun pour dénoncer la fraude qui aurait été orchestrée en faveur de Jude Célestin. Cette belle unité n'a pas duré 24 heures. Michel Martelly et Mirlande Manigat ont cautionné la fraude en maintenant leur candidature.
Sans crédibilité, les candidats ont ajouté une autre couche d'absurdité en faisant des propositions de sortie de crise qui sont inconstitutionnelles. La souveraineté étant l'ultime source de fierté des Haïtiens, le prochain président ne servira qu'à leur donner l'impression d'être maîtres chez eux.
La communauté internationale a réuni les conditions pour prendre le contrôle du pays sans opposition populaire et politique. Insensible au désespoir, à la perte de dignité de ses concitoyens et aveuglée par le pouvoir, la classe politique haïtienne a créé les conditions pour l'élection d'un régime fantoche. Parce qu'il n'y a pas eu d'invasion armée et sous le couvert de l'aide humanitaire, la stratégie a échappé à toute forme de contestation. La propagande a mis l'accent sur une amitié entre peuples dénuée d'intérêts géopolitiques et économiques.
Cette amitié a été renforcée par une promesse de 10 milliards de dollars pour la reconstruction. Dans les faits, cette somme devrait être dépensée dans l'économie des pays donateurs. Jusque-là, le seul dérapage de cette stratégie aura été la crise du choléra, simple dommage collatéral.
http://www.cyberpresse.ca/opinions/201101/07/01-4358150-haiti-une-illusion-de-souverainete.php

Exploit climatique : on a fait pleuvoir dans le désert

Un procédé capable de déclencher des pluies en plein désert aurait été expérimenté près d'Abou Dabi. Révolution. Par Frédéric Lewino
La nouvelle, stupéfiante, vient d'être publiée par des journaux anglo-saxons : une entreprise suisse aurait réussi, dans le plus grand secret, à mettre au point un procédé pour déclencher la pluie en plein désert. Le cheikh Khalifa ben Zayed Al Nahyane, président des Émirats arabes unis (EAU), aurait financé une installation pilote qui aurait déclenché cinquante-deux orages de pluie dans la région d'Al Ain, près d'Abou Dabi, l'été dernier.
Si cette nouvelle devait être confirmée, ce serait une véritable révolution susceptible de bouleverser la vie de nombreux pays désertiques. Ma bonne dame, s'il se met à pleuvoir dans les déserts, où allons-nous ?
Ciel bleu
En elle-même, une pluie artificielle n'a rien de nouveau. Il existe déjà plusieurs procédés pour déclencher la pluie lorsque les nuages sont déjà là, mais c'est la première fois qu'une technologie parviendrait à tirer des larmes d'un ciel bleu azur. Voyons ce miracle d'un peu plus près. La firme suisse Metro Systems International, créée par Helmut Fluhrer, a installé dans le désert une centaine d'ionisateurs géants répartis sur cinq sites. Ils ressemblent à d'immenses palmiers dont les feuilles métalliques émettent dans l'atmosphère des milliards de milliards de particules ionisées (en général des électrons). Ils ne fonctionnent pas en permanence, seulement quand l'humidité dans la haute atmosphère, où se forment normalement les nuages, dépasse 30 %.
Une fois dans l'air, les particules ionisées agglomèrent autour d'elles de microscopiques grains de poussière, avant de s'envoler vers le ciel, entraînées par la convection naturelle. Une fois l'altitude de formation des nuages atteinte, ces poussières chargées négativement font leur boulot habituel : elles condensent sur elles l'humidité atmosphérique jusqu'à former de grosses gouttes qui n'ont alors plus aucune autre idée en tête que de se précipiter sur le sol. Alleluia, il pleut en plein désert !

Un coût faible
Sous le contrôle du Max Planck Institute for Meteorology, ce procédé expérimental aurait prouvé son efficacité dans cette région d'Al Ain où les météorologues n'attendaient aucune pluie. Selon son créateur, la construction d'un système ionisant ne dépasse pas 7 millions de livres contre plus de 850 millions pour une usine de dessalement d'eau de mer.
Avant de s'emballer, il faut contrôler la nature exacte des pluies. S'agit-il réellement de pluies d'orage ou d'une fine bruine qui s'évapore immédiatement ? Il faudra également vérifier si le système fonctionne partout. N'oublions pas qu'Abou Dabi est près de l'océan, qui fournit en permanence de l'humidité. Il n'est pas dit qu'au coeur du Sahara, les ionisateurs trouvent suffisamment d'humidité dans l'atmosphère. Par ailleurs, le climat est un mécanisme très fragile. Si on se met à éponger à tour de bras la vapeur atmosphérique dans un coin du ciel, est-ce que cela n'aura pas des retombées négatives ailleurs ? C'est encore à vérifier. On n'est pas né de la dernière pluie...

http://www.lepoint.fr/actu-science/exploit-climatique-on-a-fait-pleuvoir-dans-le-desert-03-01-2011-126222_59.php