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lundi 10 janvier 2011

Encore 800 000 personnes dans des camps en Haïti

Publié le 09 janvier 2011
Agence France-Presse, Port-au-Prince
Photo: Ivanoh Demers, La Presse
Plus de 800 000 personnes vivent toujours dans des camps en Haïti près d'un an après le séisme qui a dévasté une partie du pays le 12 janvier 2010, a indiqué dimanche l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).
«Il y a actuellement 810 000 personnes qui vivent sur 1150 sites (de camps précaires) à Port-au-Prince et en province», selon l'organisation.
Environ un million et demi de personnes ont perdu leur maison dans le tremblement de terre et elles étaient encore 1,35 million à être réfugiées dans des camps en septembre dernier, a encore précisé l'OIM.
Au cours des derniers mois, les personnes déplacées ont commencé à quitter massivement les camps et cela «pour beaucoup de raisons», a dit Luca Dall'Oglio, le responsable de l'OIM en Haïti.
Les intempéries, une épidémie de choléra, des expulsions ou la crainte d'être expulsées de leurs camps ont contribué à cette baisse, mais des familles ont aussi réussi à trouver des refuges moins précaires.
L'aide internationale à la reconstruction de maisons a bénéficié à plus de 200 000 victimes du séisme, a ainsi relevé M. Luca Dall'Oglio.
L'OIM a constaté une «tendance à la baisse d'environ 100 000 personnes par mois dans les camps, notamment dans les régions du sud». En outre, le nombre des camps où sont réfugiées un millier de familles est passé de 39 à 26 et la taille des familles qui y restent est également en diminution, a ajouté l'organisation dans un communiqué.
Le séisme de magnitude 7, qui a frappé le 12 janvier Port-au-Prince et sa région, a fait plus de 250 000 morts tandis qu'environ 1,9 million d'Haïtiens, soit 15% de la population totale du pays, ont été déplacés.
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/haiti-un-an-apres/201101/09/01-4358469-encore-800-000-personnes-dans-des-camps-en-haiti.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4358513_article_POS2

La dernière journée de Port-au-Prince

Publié le 10 janvier 2011
La Presse

Le Champ-de-Mars, bordé par le Palais présidentiel (photo)  et les ministères,
est le coeur de Port-au-Prince, nous explique Dany Laferrière.
C'est là que les jeunes viennent étudier et les gens en général, respirer,
 loin des maisons trop petites et surpeuplées.
Depuis le 12 janvier, le site est l'un des plus grands camps pour les sinistrés.
Photo: Ivanoh Demers, La Presse
Le 11 janvier 2010, Dany Laferrière nous a menés un peu partout dans sa ville natale, où il a passé sa jeunesse avant de prendre le chemin de l'exil, à 23 ans. C'était la veille du tremblement de terre. Nous ne savions pas alors que nous allions immortaliser la dernière journée de Port-au-Prince telle que les Haïtiens l'ont connue. Pour mesurer l'ampleur de la perte, nous vous invitons à voir la beauté de cette ville avant sa destruction. Pour ne jamais l'oublier.
Avec le recul, c'est comme si nous avions visité Pompéi avec l'un de ses plus illustres poètes avant l'éruption. Comme d'habitude, Dany Laferrière était très occupé, conséquence du prix Médicis pour L'énigme du retour. Il était au pays depuis un moment déjà, et on ne cessait de le recevoir avec tous les honneurs. Notamment à Petit-Goâve, la ville de sa grand-mère Da, où on avait décrété une journée de congé pour tout le monde, afin de fêter le retour de l'enfant prodigue.
Mais cette journée-là, il me l'avait promise, en dépit de son horaire chargé, alors que personne ne se doutait du drame qui allait tous nous frapper. Et personne, en fait, ne saura jamais combien le lundi 11 janvier était une journée magnifique.
Les écrivains commençaient à arriver pour le festival Étonnants Voyageurs, annoncé partout sur des banderoles dans la ville. Dany l'avait écrit dans son roman, et nous pouvions le sentir: une relative stabilité était elle aussi de retour à Port-au-Prince, réputé pour ses enlèvements beaucoup plus que pour ses prix littéraires. La ville était ce jour-là grouillante et langoureuse sous le soleil de janvier. Nous allions célébrer sa vitalité, ses poètes, ses écrivains, ses artistes. Ils venaient du Québec, de la France et de l'Afrique pour l'occasion.
Le but de notre reportage était de rendre la courtoisie à un écrivain qui, en 25 ans de carrière, n'avait cessé de nous faire voyager dans son île magique, apportant à la littérature québécoise un souffle nouveau. Pour la première fois, c'était à nous d'aller à la rencontre d'Haïti.
***
Très tôt le matin, nous avons accompagné Dany à la radio pour sa première entrevue de la journée. On m'a demandé ce que je faisais là, avec un photographe. J'étais très heureuse de dire que nous étions là pour la littérature. Et cela rendait nos interlocuteurs fiers et volubiles. Spontanément, ça valait une invitation au micro.
- Le Médicis, c'est un prix pour Haïti ou pour le Québec?
- Je pense que nous le partageons, ai-je répondu, enthousiaste et diplomate.
Cela allait donner le ton pour la suite. Parce que nous avions parlé au micro avec Dany, tout le monde allait nous reconnaître dans notre tournée. Les journalistes canadiens qui suivaient Dany Laferrière, et qui trouvaient que le Médicis était aussi à eux. On écoute beaucoup la radio, en Haïti.
***
Crochet vers la Direction nationale du livre dirigée par Emmelie Prophète, où Thomas C. Spears, professeur américain de littérature, était en visite. Des amis de l'écrivain. «Le café est déjà dans l'escalier disait Saint-John Perse» a cité Dany, en voyant un employé nous accueillir avec ce café si fort et savoureux qui allait jalonner notre route un peu partout. Parce que le café, comme le rhum Barbancourt, est une institution en Haïti. Discussion sur l'importance de la diffusion du livre en Haïti: Dany déplore que la littérature québécoise ne soit pas mieux connue des Haïtiens.

Ensuite, le fameux Champ-de-Mars, le coeur de Port-au-Prince. Rempli d'étudiants. Quelques-uns font des discours enflammés, écoutés gravement par d'autres. Dany me dit qu'il n'a pas envie de les entendre, comme s'il reconnaissait la fièvre dangereuse de la jeunesse, les mauvais souvenirs de la sienne. Il nous montre le Palais présidentiel et le palais de justice. «Au Québec, il n'y a pas d'endroit où l'État se met en place comme ça. Ici, on le voit. Ça marque quand on est enfant. Ça rend fous les Haïtiens, qui veulent tous devenir président. Il y a deux lions devant le palais de justice, et c'est ça la réalité: on se fait manger. Quand j'étais enfant, je promenais un bâton sur les grillages, en guise de défi...» Pendant cette promenade, plusieurs personnes l'arrêtent pour lui demander un autographe. Alors que nous nous dirigeons vers le Théâtre Rex et le Café Rex, je comprends soudainement que nous sommes dans son roman Le cri des oiseaux fous. Le roman des 24 dernières heures avant son exil vers le Québec. Ce sont exactement les mêmes lieux. «Le Rex Théâtre, c'était mon cinéma! Je venais y voir des films, des spectacles. Je me souviens de L'enfer des hommes, un film de guerre, que j'ai dû voir ici 30 fois. Ma grand-mère se demandait pourquoi tous ces hommes se roulaient dans la boue comme ça, et je lui répondais: mais c'est un film de guerre!»
Tous les samedis, il allait manger un burger et boire un jus de papaye au Café Rex. «Tous les samedis!» répète-t-il. Et en ce 11 janvier, il veut nous le faire découvrir. Mais le proprio ne voit pas d'un très bon oeil la présence d'une journaliste et d'un photographe. Alors Dany insiste doucement, argumentant que nous sommes venus du Québec pour parler de ses livres, et des lieux qui les ont inspirés. Le burger sera très bon.
Nous visitons le Musée d'art haïtien, pas très loin. Dany nous détaille chacune des toiles qui sont sur les murs. Parce que dans une autre vie, il a été critique d'art. «Puisque j'écrivais sur la peinture dans les journaux, je suis devenu LE critique «dit-il en riant. Depuis le coup de foudre de l'Américain Dewitt Peters en 1944, la peinture haïtienne est devenue célèbre dans le monde. Il nous montre une toile de Wilson Bigaud, Le Paradis terrestre, qui vaut une fortune. Dany a connu personnellement plusieurs des peintres exposés ici, et il a une anecdote pour chacun. Rigaud Benoît, Gessner Armand, Hector Hyppolite...
Un flot de jeunes filles, toutes vêtues du costume bleu,
à la sortie des classes, le 11 janvier. Un lycée à la source
de bien des émois pour le jeune homme que fut Dany Laferrière.
Photo: Ivanoh Demers, La Presse

Il est intarissable.
Nous passons devant le Lycée des jeunes filles au moment de la sortie des classes. Une mer de jolies robes bleues entoure l'auteur du Goût des jeunes filles et l'image est trop belle pour l'ignorer. Elles gloussent devant l'appareil photo d'Ivanoh Demers, ce qui rend Dany Laferrière tout aussi hilare.
Rue Lafleur-Duchêne, dans le quartier Bas-peu-de-chose, nous voyons la maison où il a habité jusqu'à cette nuit fatidique qui a changé son destin,quand son ami journaliste Gasner Raymond a été assassiné. Dans Le cri des oiseaux fous, sa mère, ne voulant prendre aucun risque pour son fils, lui achète un aller simple pour le Québec, en lui interdisant de revenir à la maison. C'est une coquette demeure, que nous contemplons en nous disant que, de là, est née une oeuvre qui vient d'être couronnée par le Médicis. Deux voisins le reconnaissent. Ils échangent des souvenirs.
***
Nous resterons deux bonnes heures au mythique hôtel Oloffson, devant lequel Dany passait tous les jours en rêvant d'y séjourner. «Ils ont le service le plus lent de Port-au-Prince, souligne-t-il. Parce qu'ici, on a arrêté le temps.» De nombreuses stars internationales ont fréquenté cet hôtel, comme en témoignent leurs noms inscrits à la porte des chambres. Le plus célèbre étant sûrement Graham Greene, qui s'est inspiré de l'endroit pour écrire son roman Les comédiens.
Le charme suranné de l'Oloffson est irrésistible, ce qui porte Dany à la confidence, autour d'un Barbancourt. De toutes les émotions causées par le prix Médicis, c'est sûrement celle de sa mère qui le touche le plus. Elle ne lui parle jamais de ses livres, alors que sa tante les a tous lus en le traitant de menteur et de chenapan.... «Hier, ma mère m'a fait un joli cadeau. À l'église où elle va prier, tout le monde est venu la voir pour la féliciter de mon prix. Elle m'a alors dit: "?Tu dois être très connu. J'ai fait chanter une messe pour toi."»
Il ferme les yeux. «La forme, c'est magique, parce que cela a un impact sur soi. J'ai toujours su que j'étais un homme de lettres. C'est une aventure que j'ai entreprise pour que ça transforme ma vie. Deviens qui tu es, disait Nietzsche. C'est un chemin que j'ai pris pour que cela devienne ma réalité. C'est le temps que j'y ai mis qui compte. Dans les 30 dernières années, j'ai passé plus d'heures dans la réalité rêvée. C'est avec le rêve qu'on fait les gens. Car si on ne rêve pas, on ne se réveille pas.»
Connait-on vraiment Dany Laferrière? Sait-on que lorsqu'il a lancé cette bombe qu'était Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer, un roman de «célibataire», il était déjà en couple avec celle qui partage toujours sa vie, Maggie Berrouet? «Je suis totalement dans la littérature. J'utilise des éléments biographiques pour écrire mes livres, mais mon vrai lecteur, c'est quelqu'un qui ne me connaît pas du tout. C'est ça, le jeu.»
Qu'il joue à fond. De retour à l'hôtel Karibe, bien qu'épuisé, il nous récitera des extraits de L'énigme du retour que nous enregistrons pour les besoins du reportage. Ce reportage interrompu par le séisme, qui n'avait jamais été publié et que vous venez de lire.
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/haiti-un-an-apres/201101/09/01-4358513-la-derniere-journee-de-port-au-prince.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4358498_article_POS1

Michaëlle Jean se rendra en Haïti mercredi

Publié le 09 janvier 2011
La Presse Canadienne

L'ancienne gouverneure générale Michaëlle Jean se rendra en Haïti cette semaine pour marquer le premier anniversaire du tremblement de terre survenu en 2010.
Il s'agira de son premier voyage vers son pays d'origine depuis qu'elle a été nommée diplomate canadienne l'an dernier.
Mme Jean, qui est née en Haïti mais qui a grandi au Canada, désirait retourner dans la Perle des Antilles depuis septembre, lorsqu'elle a été nommée représentante du pays à l'UNESCO pour Haïti.
Une controversée et contestée élection tenue en Haïti a été suivie par des violences, menant à l'imposition d'une interdiction de voyage dans ce pays pour les employés des Nations unies.
L'interdiction a été levée et Mme Jean effectuera mercredi une visite éclair de 24 heures dans la capitale, Port-au-Prince, pour encourager les efforts de reconstruction du pays.
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/haiti-un-an-apres/201101/09/01-4358498-michaelle-jean-se-rendra-en-haiti-mercredi.php

Un touché de la LCF en Haïti

Agence QMI 09/01/2011 18h43
Les athlètes de sport professionnel sont souvent associés à des causes humanitaires. C’est le cas de huit joueurs de la Ligue canadienne (LCF), dont le secondeur Ray Fontaine, qui participent depuis samedi à une mission humanitaire en Haiti.

La mission humanitaire de l’Association des joueurs de la LCF intitulée «Huddle for Haiti» vise à aider la population de ce pays à se relever du séisme qui a coûté la vie à 200 000 personnes et blessé 300 000 autres, le 12 janvier 2010.
Sans parler du choléra, qui a également causé des ennuis aux autorités médicales au cours des derniers mois.
En plus de Fontaine, Kelly Bates (Edmonton), Chris Cvetkovic (Winnipeg), Jason Jimenez (Hamilton), Aaron Fiaccioni (Edmonton), Rolly Lumbala (Colombie-Britannique) et Graeme Bell (Edmonton) ont également fait le voyage à leurs propres frais avec la collaboration de la compagnie aérienne WestJet.
Ils participeront à l’effort de reconstruction pendant les six prochains jours. Lors de leur arrivée en sol haïtien, les joueurs et le journaliste de TSN, Dave Naylor, ont eu une vision frénétique.
«Tout le monde voulait nous offrir leur aide pour quelques dollars, a mentionné Naylor. Nous avons trouvé nos camionnettes et nous sommes montés à bord. Un homme gardait une main à l’intérieur pour tenter de m’empêcher de fermer la porte tout en me disant de sortir. J’ai réussi à la fermer et nous avons tous poussé un soupir de soulagement.»
Partout, les représentants de la LCF sont témoins de plusieurs scènes de désolation laissées par le tremblement de terre qui a sévi il y a presque un an.
La tante du porteur de ballon des Blue Bombers de Winnipeg, Yvenson Bernard, un Américain d’origine haïtienne, hébergera les joueurs de la LCF durant leur séjour. Bernard les aidera à apprécier leur expérience, qui les sortira à l’extérieur de leur zone de confort habituelle.
«Je n’avais pas de passeport avant 2008, a raconté le joueur de ligne offensive d’Edmonton, Kelly Bates, à TSN. Et c’était pour assister aux rencontres de l’Association des joueurs de la LCF à Las Vegas.»
Les joueurs bénéficieront du soutien logistique de WestJet pour leurs déplacements et travailleront de concert avec Oxfam, une organisation qui apporte du réconfort aux Haïtiens, incluant l'apport d'eau potable, d'abris et d’autres nécessités
http://fr.canoe.ca/sports/nouvelles/football/lcf/archives/2011/01/20110109-184312.html

Haïti un an plus tard: de l'aide qui arrive à bon port

Publié le 10 janvier 2011
Le Soleil
(Québec) L'aide internationale se rend aussi à destination en Haïti. Alors que certains envois sont bloqués depuis des mois en raison des nombreux problèmes qui affligent le pays des Antilles, la soeur Virginie Musac jubile à Port-de-Paix devant la cargaison reçue en provenance de la faculté des sciences infirmières de l'Université Laval.

L'initiative revient entre autres à Ginette Lazure, professeure à la faculté des sciences infirmières de l'UL. En 2010, sa faculté procède à des rénovations et des réaménagements au pavillon Ferdinand-Vandry. Le grand ménage permet de mettre à jour des équipements académiques, et l'idée est alors lancée de donner ces précieux outils d'apprentissage à Haïti.
Au même moment, la soeur Virginie?Musac,?fraîchement diplômée de l'Université Laval en 2009, poursuit sa croisade pour doter Port-de-Paix d'une école en soins infirmiers. L'histoire connaît un heureux dénouement, la cargaison étant arrivée à destination vers la fin décembre.
«J'ai vu que c'était du matériel de qualité, alors j'étais très satisfaite. En les récupérant, la fatigue est disparue. Intérieurement, j'étais contente de l'avoir», a raconté soeur Musac, jointe à Port-de-Paix, à 250 km de Port-au-Prince.
Casse-tête du transport
Cette fatigue, elle l'a ressentie en raison de tout le casse-tête du transport dans son pays. Depuis le séisme et la destruction d'infrastructures, l'acheminement en biens divers a gagné en complexité.
Après avoir parcouru plusieurs centaines de kilomètres, d'un port à l'autre, elle se dit ravie de disposer enfin du matériel pédagogique. «L'important, c'est que je les ai récupérés. C'est très important pour nous. J'ai vu les livres, ce sont des documents récents, des documents actuels et en français. En général, les documents qu'on a dans nos écoles, ils remontent plus aux années 1900, alors que là, ce sont des documents récents, dans les années 2000. Et le matériel qu'on a, les mannequins, pour les activités de pratique, c'est très intéressant. Ça va aider à la pratique des étudiants. Et quand je regarde les CD aussi, avec des vidéos, illustrant les techniques en soins infirmiers, ça va beaucoup aider à l'apprentissage des étudiants.»
Soeur Virginie Musac se croise désormais les doigts pour ouvrir son école de soins infirmiers, qui deviendrait une branche de l'Université Notre Dame. «Avec la situation actuelle du pays, on ne sait pas comment ça va tourner. Mais nous prévoyons que la période d'inscription soit à partir de mars.»
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/dossiers/seisme-en-haiti/201101/09/01-4358509-haiti-un-an-plus-tard-de-laide-qui-arrive-a-bon-port.php

Haïti : ce qu'a permis votre générosité

Par Claudie Baran 10/01/2011
Quelques exemples d'actions menées par la Fondation de France grâce à vos dons.
Il y a un an, Le Figaro Magazine, en partenariat avec la Fondation de France (FDF), GDFSuez, RTL et M6, lançait un appel à la générosité des lecteurs afin de venir en aide aux enfants d'Haïti. L'opération «Un numéro acheté=un euro versé» s'est soldée par la collecte de 170.632 euros. Un succès, donc, grâce à vous. Martin Spitz, responsable des urgences et des solidarités internationales à la Fondation de France, rappelle que son institution tient à mener des actions qui s'inscrivent dans le temps, «afin d'éviter l'écueil de la bulle humanitaire qui crève dès que retombe la pression médiatique». Aujourd'hui, en collaboration avec les instances en place, la FDF finance la construction et/ou la remise en état d'une dizaine d'écoles. «L'une de mes plus grandes fiertés est d'avoir réussi à scolariser 4000 gamins immédiatement après le séisme, et ce pendant six mois!» explique- t-il. Les besoins n'en restent pas moins encore immenses. Ne serait-ce que pour évacuer les décombres. «Pour enlever les 20 millions de mètres cubes de gravats, il faut 1000 camions pendant 1000 jours !» Un travail herculéen. S'ajoutent à cela trois facteurs aggravants: le niveau de destruction, le milieu urbain et le manque de structures existantes en Haïti.
Loin d'être découragée, la Fondation de France poursuit son action en soutenant le développement rural, l'habitat et la (re)construction, l'éducation restant l'une de ses priorités et la pérennité de ses actions son exigence. A ce jour, l'organisation a engagé 21 millions d'euros sur les 33 millions collectés, 42 projets ont vu le jour, 300.000 personnes ont reçu de l'aide. Quant à l'argent -votre argent-, il est soumis à une procédure de traçabilité des fonds des donateurs. Une transparence exigée par l'éthique de la fondation.
Renseignements: www.fondationdefrance.org
http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2011/01/08/01006-20110108ARTFIG00591-haiti-ce-qu-a-permis-votre-generosite.php

Une reconstruction qui n’est pas à la hauteur des dons

Agence QMI Josianne Desjardins
MONTRÉAL - Malgré l’élan de générosité de plusieurs Québécois, les investissements prévus afin de venir en aide à la reconstruction d’Haïti n’ont pas encore tous été utilisés, ce que plusieurs organismes d’aide humanitaire de la province qualifient de «normal».

Un an après le séisme qui a secoué l’île des Antilles, 24H a contacté quatre organismes impliqués et le gouvernement canadien afin de comprendre pourquoi, selon eux, la totalité des sommes n’a pas encore servi à la remise sur pied d’Haïti.
«C’est sûr qu’il y a du retard, mais c’était déjà difficile d’intervenir avant le séisme. Nous sommes encore dans la phase d’urgence. On commence graduellement la phase de rétablissement», a indiqué Geneviève Déry, porte-parole pour la Croix-Rouge canadienne division Québec.
En date du 30 décembre, sur les 199 millions $ reçus en dons à travers le Canada, la Croix-Rouge a réussi à en utiliser un peu moins de la moitié, soit 89 millions $.
Du côté de Vision Mondiale, 194 millions $ US en dons ont été amassés à travers le monde (dont 21,9 % proviennent du Canada) jusqu’au 30 septembre, et sur ce montant, 107 millions $ ont été investis à ce jour.
Contactée à ce sujet, Margaret Buchanan, chargée des relations publiques pour le Québec, a affirmé que «c’est normal que ça prenne du temps». De plus, le changement de gouvernement pourrait être responsable du «délai dans le versement de certains fonds».
Selon leur bilan de décembre, Oxfam a récolté quelque 17 millions $, sur lesquels 9,5 millions $ ont été injectés dans leurs diverses activités d’urgence.
«C’est un long processus et nous agissons principalement sur le plan de l’eau, l’assainissement et l’hygiène. On ne peut pas dépenser l’argent n’importe comment», a expliqué Michel Veret, directeur du développement des relations publiques à Oxfam-Québec.
Les décombres, source du problème
«Il faut bouger, mais le balayage des décombres nous complique la vie. Souvent, ce sont des bâtiments publics, donc les décisions doivent venir des autorités locales», a expliqué M. Veret.
Selon Erin Barton-Chery, une correspondante d’Enfants-Entraide à Haïti, la densité de la population au sein de la ville de Port-au-Prince rendrait difficile le retrait des décombres.
Considérant que seulement 5% des décombres ont été balayés, le travail reste immense, a-t-elle révélé.
«Le président haïtien René Préval a annoncé qu'il faudrait 1000 camions sur 1000 jours pour retirer les décombres de bâtiments effondrés et des structures qui ne sont plus sûres. Jusqu’à ce jour, pratiquement aucun effort n’a été déployé. Quand est-ce que ces 1000 jours commenceront?», s’est demandé Mme Barton-Chery.
L’Association canadienne de développement international (ACDI), qui gère les fonds du pays dédiés à l’aide humanitaire en Haïti, a informé que 150,1 millions $ ont été versés sur les 400 millions $ prévus sur deux ans en spécifiant que «conformément à son mandat, l’ACDI déboursera les fonds au fur et à mesure que les besoins seront déterminés», selon le porte-parole, Scott Cantin. Selon le rapport d’Oxfam, seulement 42% des 2,1 milliards $ promis par les gouvernements internationaux en 2010 ont été octroyés.
http://fr.canoe.ca/infos/international/archives/2011/01/20110109-224116.html

AYITI BITE MEN-L PA TONBE....TONNE KRAZE-M LI PAP JAN-M TONBE

dimanche 9 janvier 2011

Haïti toujours en attente de reconstruction

Un an après le tremblement de terre qui a dévasté Haïti, la reconstruction a à peine commencé. De la catastrophe qui a tué près de 250 000 personnes, les survivants espéraient voir surgir un nouveau pays, "refondé" et décentralisé, grâce aux 10 milliards de dollars promis par la communauté internationale. Douze mois plus tard, la population est épuisée et sans perspectives.
Près d'un million de sans-abri sont toujours entassés sous des tentes et des bâches, dans des conditions inhumaines. Seuls 5 % des décombres ont été dégagés, et la capitale, Port-au-Prince, est un immense bidonville. Les viols se sont multipliés dans les camps de fortune.
2010 restera dans la mémoire des Haïtiens comme l'année de tous les malheurs : aux ravages du séisme se sont ajoutés une épidémie de choléra, qui a déjà tué plus de 3 600 personnes, puis les violences d'une crise électorale dont personne ne voit la solution. Une mission d'experts de l'Organisation des Etats américains a été dépêchée. Aucune date n'est fixée pour le second tour de la présidentielle, alors que le mandat de René Préval prend fin le 7 février.
Les autorités locales, la communauté internationale et les ONG, omniprésentes et peu transparentes dans la gestion de leurs fonds, se renvoient la balle pour expliquer les échecs et les retards. Sonné par la catastrophe, incapable de communiquer durant de longues semaines, M. Préval est accusé d'avoir manqué de leadership pour mobiliser son peuple ou pour exproprier les terrains nécessaires au relogement des sinistrés. Mais son administration a été décimée par le séisme, et l'Etat haïtien n'a reçu qu'une part infime des sommes mobilisées grâce à la générosité internationale.
Difficultés budgétaires, effets d'annonce restés sans suite : les bailleurs de fonds n'ont pas tenu leurs promesses. Moins de la moitié des 2,1 milliards de dollars promis pour 2010 a été décaissée. Créée pour coordonner l'aide internationale, la Commission intérimaire pour la reconstruction d'Haïti (CIRH) est la cible de nombreuses critiques.
Coprésidée par l'ancien président américain Bill Clinton et le premier ministre haïtien, Jean-Max Bellerive, la CIRH a tardé à se mettre en place. Son action a été entravée par "des politiques et des priorités souvent contradictoires", selon l'ONG Oxfam. L'image de l'ONU a été sérieusement écornée par les accusations portées contre les casques bleus, soupçonnés d'avoir introduit le choléra dans l'île. Après avoir longtemps tardé, le secrétaire général Ban Ki-moon vient de nommer une commission indépendante pour faire la lumière sur l'origine de l'épidémie.
La communauté internationale est aussi accusée d'avoir poussé à l'organisation des élections alors que les conditions n'étaient manifestement pas réunies, sous prétexte qu'il n'existait pas de plan B. Mais la crise postélectorale risque de provoquer de nouvelles convulsions. Et l'absence d'autorités légitimes pourrait servir de prétexte pour retarder le versement des sommes promises.
http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2011/01/08/haiti-toujours-en-attente-de-reconstruction_1462762_3222.html

Haïti: un an plus tard

Le 12 janvier 2010 la terre tremblait à Haïti. Un séisme de magnitude sept frappait à quelques kilomètres de Port-au-Prince. La catastrophe a fait plus de 200 000 morts.

Sujets : Église Baptiste de Trois-Rivières , Haïti , Trois-Rivières , Port-au-Prince
Un an plus tard, beaucoup de travail reste à faire pour venir en aide au pays.
L’aide des Trifluviens a été mise à contribution. À plusieurs reprises, des gens du milieu culturel, sportif, communautaire, éducatif et des affaires ont fait des levées de fonds.
Une dizaine de Mauriciens de l’Église Baptiste de Trois-Rivières étaient en mission d’aide humanitaire dans la région de Tiverny en janvier 2010. Ils étaient à Port-au-Prince lorsque le séisme a eu lieu. Heureusement, personne n’a été blessé.
«Avant l’évènement, j’allais à Haïti pour aider et c’était correct. Mais maintenant le sentiment d’appartenance au peuple est beaucoup plus grand et fort», affirmait Eva-Nancie Camirand. La jeune femme, originaire d’Haïti, était sur les lieux avec les membres de l’Église.
Le Comité de Solidarité/Trois-Rivières (CS/TR) a lancé de nombreux appels à la population au cours de l’année afin d’apporter de l’aide au peuple haïtien. Des membres du comité se sont rendus à Haïti à quelques reprises au cours de la dernière année. À son retour à Trois-Rivières après un séjour de deux semaines à Port-au-Prince au mois de mai, Annie Lafontaine était en état de constater qu’il y avait encore beaucoup de travail à faire sur le terrain.
Le comité tiendra une conférence de presse le 12 janvier sur l’évolution de la situation. Plus de détails à venir.
http://www.lhebdojournal.com/Soci%C3%A9t%C3%A9/Monde/1969-12-31/article-2102396/Haiti-un-an-plus-tard/1

Haïti: la revendication des Trân

Publié le 09 janvier 2011
Le Soleil

(Québec) Le calme est revenu dans la famille Trân. Un an après la tourmente du séisme en Haïti, la famille du célèbre maître de taekwondo Trân Triêu Quân a terminé son deuil. Mais si le disparu repose en paix, ses deux filles continuent à déplorer le sort réservé aux familles lors du décès d'un proche à l'étranger.
La mort tragique de Trân Triêu Quân à Port-au-Prince avait créé bien des remous il y a un an. L'homme d'affaires québécois d'origine vietnamienne s'était rendu en Haïti pour la deuxième fois en janvier 2010 afin d'y aider les citoyens à respecter des normes de construction plus sécuritaires en cas de séisme ou d'ouragan.
Le destin aura voulu que l'homme de 57 ans périsse comme bien d'autres sous les décombres de l'Hôtel Montana, où il logeait à Port-au-Prince. Aujourd'hui, l'his­toire semble triste mais limpide. Il y a un an, elle était confuse et cauchemardesque pour la famille Trân.
Trân Triêu Quân a été porté disparu peu de temps après le tremblement de terre. Mais au-delà de ce constat, c'est le brouillard. Les membres de sa famille, en quête désespérée de réponses, ne trouvent aucun réconfort auprès des autorités canadiennes et des différents ministères. Pas de coups de fil, pas d'accusés de réception à leurs demandes. Pas d'information. Le néant ou le flou, selon l'interlocuteur auquel ils se butent dans leurs démarches pour confirmer la mort de leur père.
La famille Trân est devenue pendant quelques semaines un symbole dans la région de la grogne des familles touchées par le séisme. De tous ces gens incapables d'enfin entamer leur deuil. «Nous, ce qu'on avait décrié, c'est de ne pas avoir d'information du ministère des Affaires étrangères. Des fois, de se faire dire des choses, alors que dans la réalité ils n'étaient pas au courant. C'était la partie la plus difficile à accepter», raconte aujourd'hui sa fille Cécilia.
Plusieurs familles ont ouvertement appuyé les sorties publiques des filles de Trân Triêu Quân, mais d'autres n'ont pas apprécié. Une petite souffrance en comparaison des centaines de milliers de morts en Haïti, ont reproché certains. «Il faut se rendre compte que dans une telle situation, quand tu es dans un contexte qui est aussi gros, tu as l'air de te plaindre pour rien lorsque tu demandes des petites choses. Si jamais c'est un cas isolé, la réponse ne sera pas la même. Des gens nous ont écrit après le séisme en nous disant : "Je ne sais pas si vous vous rendez compte, mais il y a des centaines de milliers de personnes qui sont mortes, il n'y a pas juste vous dans la vie."»
Bien consciente de l'ampleur de la catastrophe naturelle, sa fille aînée Joliette souhaitait avant tout mettre en lumière les besoins des familles endeuillées. «Que les gens comprennent, tout ce qu'on a besoin, c'est que quelqu'un soit là pour nous rassurer. Pas pour nous dire des faussetés, mais nous dire où en est le gouvernement canadien là-dedans. C'est frustrant de voir qu'il n'y a rien qui est fait. Quand on appelait le numéro de téléphone contact, ce n'était jamais la même personne qui répondait, il n'y avait pas de suivi.»
Les proches de Trân Triêu Quân auront eu besoin d'aller bien au-delà des sorties médiatiques pour connaître la vérité. Au bout de plusieurs semaines d'angoisse, ils ont dépêché le frère du défunt, Lân, et son fils Nicolas à Port-au-Prince pour y voir plus clair.
Le corps a été finalement retrouvé et rapatrié à Québec. Les funérailles ont eu lieu selon la tradition bouddhiste devant quel­ques centaines de proches. La poussière est retombée. Le message, lui, demeure le même. «Il y a quelque chose qui manque. Si jamais autre chose arrive, je suis presque certaine que des familles vivront encore la même chose. Et nous n'apprenons pas de ça. Quand la catastrophe arrive, ce n'est pas le temps de mettre le mécanisme en place pour s'occuper des familles», insiste Joliette Trân, qui poursuit aujourd'hui les activités de son père au centre de taekwondo Trân Fusion à Sainte-Foy.
Plus de colère. Plus d'amertume. Seulement cette revendication douce. Et une grande fierté aussi : celle de constater l'énorme reconnaissance des gens d'ici depuis la mort de leur père. «Beaucoup de gens connaissent mon père, plus qu'on croyait. Et il a touché beaucoup de gens. Nous avons reçu des témoignages et des condoléances d'un peu partout dans le monde. Je pense que ce n'est pas fini encore. On a tellement de gens qui sont venus pour nous parler. J'ai l'impression que ça va toujours continuer», raconte Cécilia.
Et sa soeur Joliette de conclure avec cette anecdote : «Des fois, les gens m'arrêtent, sans que je sache trop pourquoi. Les gens me disent : "Vous êtes la fille de..." Des fois, ils connaissent mon père, mais des fois, pas du tout. Ils me disent que mon père était bien. Quand on aime quelqu'un, c'est toujours agréable de savoir ça.»
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/dossiers/seisme-en-haiti/201101/08/01-4358405-haiti-la-revendication-des-tran.php

Haïti - Social : Des jeunes reconstruisent leur vie grâce au hip-hop

09/01/2011 13:07:16
Ils sont une dizaine de garçons dans le groupe. Leur point commun ? Ils ont tous été séparés de leurs parents lors du séisme de l’an dernier. Aujourd’hui, ils ont trouvé une solution pour tenter de s’en sortir et avoir de l’espoir en l’avenir : danser le hip-hop.
390 jeunes garçons sont pris en charge au centre d’accueil de Carrefour, à Port-au-Prince. Soutenu par l’Unicef, ce centre permet de loger, de nourrir et de donner une éducation à tous ces jeunes en quête de repères. Alors que le centre tente de retrouver leurs parents, les garçons ne restent pas inactifs. Ensemble, ils forment « Cœur à Cœur », un groupe de hip-hop dynamique et motivé. L’une de leurs chansons s’appelle « Nous prenons nos propres décisions », ce qui révèle combien ces jeunes veulent prendre leur avenir en main. En effet, le texte de la chanson encourage les haïtiens à faire le bien autour d’eux et à reconstruire tous ensemble leur pays, si affaibli lors de l’année qui vient de s’écouler.
Youri Belcomb a 13 ans. Considéré comme l’un des élèves modèles du centre, est très fier de faire partie du groupe et de diffuser des messages positifs autour de lui. Pour lui, la chanson « Nous prenons nos propres décisions » explique que les Haïtiens peuvent améliorer la situation de leur pays. À côté du hip-hop, Youri est très motivé par ce qu’il apprend en classe. Grâce à l’école, il peut croire en l’avenir. « J’utiliserai les mathématiques pour aider mon pays à se reconstruire », affirme t-il. « Imaginez que je construise une route ou une maison, j’aurais besoin de connaître les chiffres, les multiplications et tout le reste ».
On l’aura deviné, Youri a un caractère que l’on peut résumer en un seul mot : l’optimisme. Non seulement, il aime apprendre, mais en plus, il aime beaucoup que l’on écoute ses idées. « Un an après le séisme, ce que je voudrais par-dessus tout pour mon pays, c’est que tous les Haïtiens s’unissent pour reconstruire notre pays : tout nettoyer, construire des routes, protéger la population pour que l’on ait un bel Haïti. »
Le centre travaille étroitement avec l’Unicef pour réunir les jeunes à leurs familles. Il s’agit aussi de leur donner toutes les conditions pour grandir sereinement et préparer un bel avenir. « Le meilleur endroit pour que ces jeunes puissent se reconstruire, ce n’est pas le centre, mais une famille », souligne Jeff Desruisseaux du centre d'accueil de Carrefour.
HL/ HaïtiLibre / UNICEF
http://www.haitilibre.com/article-2071-haiti-social-des-jeunes-reconstruisent-leur-vie-grace-au-hip-hop.html

Haïti: les élections devraient être reportées à février

Par Thierry Portes
La contestation des résultats de la présidentielle entraîne un report du deuxième tour.

Le calendrier électoral haïtien s'étire et se tend dangereusement, comme un élastique prêt à rompre. Le deuxième tour des élections générales -présidentielle, législatives et renouvellement sénatorial partiel- n'aura pas lieu à la date initialement prévue du 16 janvier. C'est quasiment officiel. Pierre Thibault, l'un des membres du CEP, le Conseil électoral haïtien, l'a confirmé au Figaro: «Il faudra bien un mois pour préparer les élections, qui se tiendront probablement fin février.»
Mais cette question ne trouble pas le microcosme politique haïtien et le personnel diplomatique qui a investi Port-au-Prince. Le grand sujet d'inquiétude vient de la diffusion, semble-t-il imminente, des conclusions de la mission de l'OEA, l'Organisation des États américains, venue valider le premier tour de la présidentielle. L'OEA s'apprête à rendre son rapport au président haïtien René Préval. Seraient ainsi connus les deux qualifiés pour le second tour de la présidentielle.
Début décembre, la sélection, loin derrière Mirlande Manigat, de Jude Célestin, le candidat d'un président Préval si décrié, avait jeté dans les rues de la capitale haïtienne des jeunes soutenant Michel Martelly, arrivé troisième, et disqualifié pour moins de 7000 voix. Leur rage était compréhensible: la fraude du pouvoir était manifeste, et elle fut condamnée par les observateurs internationaux et nombre de chancelleries occidentales. Leurs méthodes étaient en revanche condamnables: les barrages, destructions et actes de vandalisme organisés par ces émeutiers durant plusieurs jours à Port-au-Prince ont rappelé de mauvais souvenirs dans un pays sujet à des accès de violences.

Risques d'émeutes
Si les résultats annoncés en décembre sont validés, il y a fort à parier que les mêmes émeutiers repasseront à l'attaque. Toutefois la rumeur, véhiculée par la communauté internationale qui est largement partie prenante dans ce processus, dit que Jude Célestin serait cette fois disqualifié. On ne sait comment la prudente OEA va s'y prendre pour suggérer que seuls la juriste Mirlande Manigat et le chanteur Michel Martelly doivent rester en lice pour le second tour. La réaction des autres candidats, éliminés au premier tour, et qui avaient dénoncé ce scrutin, peut réserver des surprises. Mais elles auront moins de poids que celle de René Préval, qui n'est sans doute pas disposé à ce que son candidat soit ainsi rayé d'un trait de plume. Quant aux réactions des candidats au second tour des législatives et sénatoriales de l'Unité, le parti de Préval et Célestin, qui risquent de souffrir d'un retournement de la dynamique électorale, elles suscitent nombre d'interrogations et de craintes. Dans l'Unité, il y a des adeptes de la manière forte. «Des armes et de l'argent ont été distribués dans les quartiers populaires», nous assurait Mirlande Manigat, qui s'apprête à affronter Michel Martelly. Tout le monde répète à Port-au-Prince que la situation est explosive.

Reconstruction
En officialisant maintenant les résultats du premier tour de la présidentielle, on peut au moins espérer qu'après une bouffée de chaleur, les rues de la capitale haïtienne retrouvent un peu de calme pour la célébration, le 12 janvier, du premier anniversaire du tremblement de terre.
Si troubles il devait y avoir, et si ceux-ci devaient perdurer, ils différeraient encore un peu plus la reconstruction de Port-au-Prince et de sa région, qui n'a pas réellement commencé. Les bailleurs de fonds internationaux, venus au chevet d'Haïti, attendent en effet pour lancer les travaux qu'un nouveau président soit investi et la mise en place d'un gouvernement issu des législatives. «Cela nous renvoie à avril prochain», assure un haut représentant des institutions financières internationales installé en Haïti.

Choléra : l'ONU enquête
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a nommé quatre experts pour enquêter sur l'épidémie de choléra en Haïti, dont certains habitants du pays attribuent l'origine à des Casques bleus népalais. Plus de 3400 personnes sont mortes du choléra depuis le début de l'épidémie en octobre. Le mois dernier, des chercheurs américains ont rapporté que la bactérie responsable du choléra en Haïti provenait d'Asie du Sud et ressemblait surtout à une souche décelée au Bangladesh. L'ONU disait ne disposer jusqu'ici d'aucun élément laissant penser que le bataillon népalais en soit responsable, tous les tests effectués sur ses soldats s'étant révélés négatifs. Mais devant la persistance des accusations, Ban Ki-moon a dû réagir.
http://www.lefigaro.fr/international/2011/01/07/01003-20110107ARTFIG00660-haiti-les-elections-devraient-etre-reportees-a-fevrier.php

samedi 8 janvier 2011

L'ONU défend son bilan

Mise à jour le vendredi 7 janvier 2011 à 23 h 32 Les agences humanitaires de l'ONU ont défendu vendredi le bilan de leurs activités en Haïti un an après le séisme dévastateur qui a fait 255 000 morts et 1,9 million de déplacés et de sans-abri.

L'ONU a été accusée ces derniers jours par des ONG dont Oxfam, d'avoir mal coordonné la reconstruction du pays dont les rues sont encore jonchées de débris et où un million de personnes vivent toujours dans des camps de réfugiés.
« Nous avons dû travailler sur un terrain apocalyptique. Nous avons fait un bon et rapide travail étant donné la situation », a expliqué vendredi à Genève, la porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), Elisabeth Byrs.
Pour l'ONU, l'ampleur de la destruction et le manque de ressources sont tels en Haïti que la reconstruction du pays s'échelonnera sur plusieurs années. Une reconstruction qui s'est butée cette année au deuil et à la désorganisation de centaines de milliers d'habitants, au passage des ouragans Igor et Tomas et à une épidémie de choléra qui a fait près de 3700 morts et des dizaines de milliers de malades à travers le pays.
Qui plus est, la population haïtienne est de plus en plus hostile face à la présence de l'ONU sur le terrain, notamment celle des Casques bleus, que beaucoup d'Haïtiens accusent d'avoir introduit le choléra dans leur pays.
Du côté du Fonds des Nations Unies pour l'enfance, le porte-parole de l'UNICEF, Marixie Mercado, a tenu à rappeler que la réponse internationale aux urgences humanitaires dans ce genre de situation n'est jamais parfaite.
En dépit des problèmes et des ratés qu'ont connus les opérations de l'ONU en Haïti au cours de la dernière année, Marixie Mercado a tenu à rappeler que les efforts de l'ONU ont permis de sauver beaucoup de vies et d'en améliorer beaucoup d'autres.
L'UNICEF et le PAM satisfaits
Pour ce qui est du bilan de l'UNICEF, l'organisation affirme avoir apporté un soutien éducatif à plus de 725 000 enfants dont plusieurs sont allés à l'école pour la première fois de leur vie, a souligné M. Mercado.
Au Programme alimentaire mondial (PAM), la porte-parole, Emilia Casella, a souligné la rapidité avec laquelle son agence a acheminé de l'aide alimentaire aux centaines de milliers de réfugiés du tremblement de terre. « Six semaines après la crise, le PAM distribuait de la nourriture à 4 millions d'Haïtiens. Une crise alimentaire a vraiment été évitée », a insisté Mme Casella.
Selon le PAM, les réserves de nourriture et de matériel accumulées en Haïti par l'ONU ont aussi permis de parer au passage de l'ouragan Tomas et de l'épidémie de choléra.
Radio-Canada.ca avec
Agence France Presse
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/01/07/004-haiti-onu-bilan.shtml

L'épidémie de choléra a fait plus de 3000 morts en Haïti en 2010.

Photo: David Boily, La Presse Agence France-Presse
Port-au-Prince
Inondations, choléra, crise politique: le sort s'acharne sur Haïti depuis le séisme du 12 janvier 2010 qui a tué quelque 250 000 personnes et laissé plus de 1,2 million de sans-abri. Voici un rappel des principaux événements qui ont marqué le pays pendant l'année écoulée:
12 janvier: À 16h53 locales, une secousse de magnitude 7 sur l'échelle du moment (mW) dévaste la capitale Port-au-Prince et sa région. Le pays est pratiquement coupé du monde pendant 24 heures.
15 janvier: Alors que les secours internationaux commencent à arriver, difficilement compte tenu de la destruction du port et de l'aéroport de Port-au-Prince, le Premier ministre haïtien annonce que plus de 15 000 cadavres ont été ramassés.
17 janvier: Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon évoque «la plus grave crise humanitaire» à frapper le monde «depuis des décennies».
19 janvier: Le gouvernement annonce un bilan provisoire de 75 000 morts.
25 janvier: Un ministre prévoit un bilan final de 150 000 morts.
30 janvier: Dix Américains sont arrêtés pour avoir «volé» 33 enfants à la faveur du séisme afin de les ramener aux États-Unis.
9 février: Selon des médecins, un homme a survécu 27 jours sous les décombres.
27 février: Au moins 10 personnes trouvent la mort dans des inondations dans le sud-ouest du pays épargné par le séisme.
31 mars: Les pays membres de l'ONU promettent 5,3 milliards de dollars pour reconstruire Haïti.
20 août: Wyclef Jean, star mondiale du hip-hop, est écarté de la course à la présidentielle.
18 octobre: Des pluies diluviennes font au moins 13 morts et disparus à Port-au-Prince.
21 octobre: Les autorités annoncent qu'une «forme de choléra» est à l'origine de dizaines de décès dans le centre du pays. L'épidémie fera plus de 3000 morts en 2010.
5 novembre: L'ouragan Tomas frappe l'ouest du pays: 21 morts.
15 novembre: Des Casques bleus, accusés d'être à l'origine de l'épidémie de choléra, ouvrent le feu lors de violences qui feront au total 3 morts.
28 novembre: Premier tour des élections présidentielle et législatives.
7 décembre: Proclamation des résultats du scrutin. Des partisans du chanteur Michel Martelly, écarté de justesse du deuxième tour, manifestent violemment dans l'ensemble du pays: 5 morts.
22 décembre: Selon les autorités, au moins 45 «sorciers» accusés d'avoir propagé le choléra ont été lynchés à mort depuis le début de l'épidémie.
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/haiti-un-an-apres/201101/07/01-4358023-haiti-un-an-de-calamites-depuis-le-seisme.php

«Il reste dans notre coeur»

Publié le 08 janvier 2011
Myriam Bacon

Le Nouvelliste
(Trois-Rivières) «Il reste dans notre coeur et on vit avec ses souvenirs.» Un an après le tremblement de terre qui a secoué Haïti, Denise Proteau-Cossette garde le souvenir de son frère décédé dans le séisme.
L'année dernière, l'ingénieur originaire de Sainte-Anne-de-la-Pérade Richard Proteau était en Haïti où il travaillait à son dernier projet avant de prendre sa retraite. Le 12 janvier 2010, il séjournait à Port-au-Prince pour y récupérer des documents. Quand le séisme est survenu, il parlait au téléphone avec un collègue de travail. Son corps a été retrouvé le 23 janvier dans les décombres de l'hôtel Montana en même temps que la dépouille du député Serge Marcil.
La soeur de Richard Proteau se souvient des jours d'angoisse qui ont suivi le 12 janvier. À ce moment, la famille était sans nouvelles de l'ingénieur. «Dès que le téléphone sonnait, on bondissait», se souvient la soeur de M. Proteau, Denise Proteau-Cossette. «On ne savait pas où il était et on se demandait où il pouvait être. Était-il dans un ravin? Était-il dans une tente de fortune ou dans un hôpital de fortune? Souffrait-il le martyr? Tu ne sais pas. Tout te passe par la tête.»
Mme Cossette se souvient aussi de l'impuissance qu'elle a ressentie. «On est loin. On ne peut pas aller voir.» Puis, quand la nouvelle a été annoncée, «les nerfs sont tombés. On s'en doutait un peu après tant de temps. On savait qu'il ne pouvait pas être vivant ou, s'il l'était, qu'il était en mauvaise posture.» Dans ce type de situation indique-t-elle, «les nerfs tombent, que la nouvelle soit bonne ou mauvaise.»
Un an plus tard, la famille tâche de vivre avec le souvenir d'un événement tragique qui, au moment du premier anniversaire, trouve un écho quotidien dans les médias. «Ce soir, il y a une émission et ils vont parler de Serge Marcil et de ceux qui ont survécu. [...] On ne peut pas fermer la télé. Il faut vivre avec», explique la Trifluvienne.
Alors que l'hiver dernier Mme Cossette aurait aimé pouvoir aller en Haïti pour identifier le corps de son frère, un an plus tard, elle ne désire plus s'y rendre. «Ça ne m'intéresse pas d'aller voir ça, on en a assez vu. Aller voir des ruines où quelqu'un qui est proche de toi est mort... Non, je n'irai pas.»
Les mois passent et Denise Proteau-Cossette peine à trouver un sens à l'événement qui lui a enlevé son frère. «Non, on ne trouve pas de sens. C'est une vie qui a été volée, mais on n'est pas responsable des choses qui arrivent.»
Elle souligne aussi que le projet pour lequel travaillait Richard Proteau devait être, pour lui, le dernier à prendre en charge avant sa retraite. «Il fallait quelqu'un d'expérimenté pour ça. Lui, il avait du vécu.» L'homme avait déjà travaillé sous les bombes dans des coins du monde particulièrement agités. Après le Liban et le Congo, Haïti devait être sa dernière mission. Le jour de l'événement, il avait dû se rendre à Port-au-Prince afin de récupérer des documents. «Il n'était à cet hôtel que pour deux ou trois jours. Le lendemain, il n'y aurait pas été.»
Alors que la période des Fêtes a été particulièrement difficile, la soeur de M. Proteau conclut: «Il nous manque. Le seul réconfort que je trouve, c'est que je me dis qu'il n'a pas traîné dans des hôpitaux de fortune. Il y a juste ça qui me donne du réconfort.»
En avril dernier, le député de Verchères, Stéphane Bergeron, a rendu un hommage à M. Proteau à l'Assemblée nationale. Richard Proteau résidait à Varennes et le député a souligné son dévouement, son engagement ainsi que son empathie.
http://www.cyberpresse.ca/le-nouvelliste/201101/08/01-4358273-il-reste-dans-notre-coeur.php

Haïti: un espoir encore déçu?

Mario Renaud
Un énorme travail a été effectué en Haïti
depuis le 12 janvier 2010.  Mais beaucoup reste à faire.

PHOTO: KENA BETANCUR, REUTERS

L'auteur est directeur général du CECI.
Publié le 08 janvier 2011
Plusieurs d'entre nous ont pensé pendant les Fêtes à nos soeurs et frères d'Haïti vivant dans des conditions précaires depuis un an dans les camps, dans les tentes et abris temporaires.
L'état d'urgence demeure à la suite du séisme, une des plus grandes catastrophes de l'histoire, suivi d'un ouragan dévastateur et, maintenant, d'une épidémie de choléra. En dépit de toutes ces difficultés et celles de la logistique du scrutin présidentiel, comment expliquer que les Haïtiens soient allés voter en si grand nombre le 28 novembre? C'est l'espoir d'un vrai changement et d'une amélioration marquée de leurs conditions sociales et économiques qui les a animés.
Cet espoir sera-t-il encore déçu? Allons-nous nous désintéresser de leur sort pour passer à autre chose? Certes, notre solidarité a pu être éprouvée face à une certaine désorganisation de l'aide internationale, aux retards dans la refondation des institutions et le lancement des travaux de reconstruction. Avant tout, la population haïtienne a besoin que son espoir soit soutenu et accompagné. Nos compatriotes d'origine haïtienne feront tout pour que l'oubli et le désintéressement ne s'installent pas.
Mais il en va aussi de notre propre intérêt. D'abord, la communauté internationale doit s'assurer que le processus politique qui suivra soit démocratique, transparent, juste et équitable en vue d'assurer la légitimité du prochain gouvernement. Il s'agit des ingrédients essentiels pour être en mesure d'amorcer des réformes et poursuivre des efforts de réhabilitation et reconstruction des infrastructures physiques, sociales et institutionnelles du pays.
Le Canada et la communauté internationale investissent de grandes sommes en Haïti (deuxième récipiendaire de l'aide publique canadienne après l'Afghanistan) et on ne peut rester indifférents à notre futur partenaire.
Le prochain gouvernement haïtien ne pourra tout faire seul. Ses effectifs ont été décimés par le séisme et plusieurs sont partis pour aller se trouver un emploi ailleurs. Il devra mettre en place un partenariat solide et effectif avec les organisations de la société civile haïtienne, celles de la diaspora, ainsi qu'avec les organisations internationales pour consolider le plan national de reconstruction dans une perspective de développement durable, équitable, participatif et inclusif. Il devra exercer un vrai leadership pour guider et coordonner les priorités d'action des prochaines années. La communauté internationale devra accompagner ces efforts.
Un énorme travail a été effectué depuis le 12 janvier 2010 par nos partenaires haïtiens, avec notre appui. Mais beaucoup reste à faire. Dès les premières heures après le séisme, des centaines de bénévoles, en grande majorité de la communauté canado-haïtienne, des médecins, infirmières, ingénieurs, architectes, se sont mobilisés pour aller prêter main-forte à leurs compatriotes haïtiens.
Nous sommes témoins depuis plusieurs années des efforts de la population haïtienne pour améliorer son sort en dépit de toutes les difficultés. Cet espoir qui l'anime pour des jours meilleurs, nous le partageons. Il n'y a pas vraiment de raisons qu'Haïti ne s'engage sur la voie d'un vrai développement, que l'économie tant rurale qu'urbaine ne décolle, que la population n'ait accès à des services d'éducation et de santé de qualité.
Pour ce faire, le pays a besoin de la volonté démocratique et du leadership d'un gouvernement légitime, avec l'appui et l'accompagnement de sa population et de la communauté internationale. Tous ensemble, c'est possible de réussir.
http://www.cyberpresse.ca/opinions/201101/07/01-4358153-haiti-un-espoir-encore-decu.php

Haïti: une illusion de souveraineté

Un an après le tremblement de terre,
 la reconstruction d'Haïti se fait toujours attendre.
Des milliers, voire des millions d'Haïtiens sont toujours
dans une situation précaire dans des camps de réfugiés,
comme ici à Pétionville.
PHOTO: KENA BETANCUR, REUTERS
Publié le 08 janvier 2011 à 06h00 | Mis à jour à 06h00
Frédéric Boisrond
Sociologue d'origine haïtienne, l'auteur est chargé de cours à l'Université McGill et consultant en gouvernance et stratégie d'affaires pour organismes à but non lucratif.
La reconstruction d'Haïti dépend de la capacité de la communauté internationale de réussir une stratégie qui vise à gérer le pays sans jamais prononcer les mots tutelle, protectorat ou occupation. Elle profite des tragédies et de l'absence de consensus au sein de la classe politique haïtienne pour implanter un modèle d'impérialisme basé sur une illusion de souveraineté.
Les Haïtiens ne peuvent se permettre de mordre la main qui les extirpe des décombres, les soigne et les nourrit. Dans ce contexte de dépendance, la souveraineté est secondaire. Le contrôle du territoire par la MINUSTAH n'a pas suscité de débats parce que cette force onusienne est dirigée par le Brésil, puissance émergente d'apparence moins menaçante que les États-Unis, la France, voire même le Canada.
Le président d'Haïti et les autres élus ont été mis hors jeu par la création d'une commission pour la reconstruction coprésidée par Bill Clinton, qui se présente comme le grand ami d'Haïti. Exclues des promesses de financement, les organisations de la société civile sont incapables de participer à la reconstruction du tissu social. Sans tissu social, il n'y a pas de cohésion, pas d'organisation et surtout pas d'opposition. Des centaines d'ONG sont financées pour se substituer aux institutions nationales. Elles ne proposent pas de projets structurants, ne font pas d'achat local, n'embauchent pratiquement pas d'Haïtiens. Leur approche a démantelé ce qui restait de la structure économique du pays.
Au nom de la sacro-sainte démocratie, la communauté internationale a réclamé la tenue d'élections dans des conditions qui ne pouvaient nullement garantir l'intégrité du processus. Malgré des irrégularités, les observateurs internationaux avaient déclaré les résultats valides. Environ 10 jours plus tard, Ottawa et Washington se sont dits inquiets et préoccupés par l'incohérence des résultats.
Ainsi a débuté un processus qui a amené la classe politique à collaborer à la prise de contrôle du pays; 12 candidats avaient fait front commun pour dénoncer la fraude qui aurait été orchestrée en faveur de Jude Célestin. Cette belle unité n'a pas duré 24 heures. Michel Martelly et Mirlande Manigat ont cautionné la fraude en maintenant leur candidature.
Sans crédibilité, les candidats ont ajouté une autre couche d'absurdité en faisant des propositions de sortie de crise qui sont inconstitutionnelles. La souveraineté étant l'ultime source de fierté des Haïtiens, le prochain président ne servira qu'à leur donner l'impression d'être maîtres chez eux.
La communauté internationale a réuni les conditions pour prendre le contrôle du pays sans opposition populaire et politique. Insensible au désespoir, à la perte de dignité de ses concitoyens et aveuglée par le pouvoir, la classe politique haïtienne a créé les conditions pour l'élection d'un régime fantoche. Parce qu'il n'y a pas eu d'invasion armée et sous le couvert de l'aide humanitaire, la stratégie a échappé à toute forme de contestation. La propagande a mis l'accent sur une amitié entre peuples dénuée d'intérêts géopolitiques et économiques.
Cette amitié a été renforcée par une promesse de 10 milliards de dollars pour la reconstruction. Dans les faits, cette somme devrait être dépensée dans l'économie des pays donateurs. Jusque-là, le seul dérapage de cette stratégie aura été la crise du choléra, simple dommage collatéral.
http://www.cyberpresse.ca/opinions/201101/07/01-4358150-haiti-une-illusion-de-souverainete.php

Exploit climatique : on a fait pleuvoir dans le désert

Un procédé capable de déclencher des pluies en plein désert aurait été expérimenté près d'Abou Dabi. Révolution. Par Frédéric Lewino
La nouvelle, stupéfiante, vient d'être publiée par des journaux anglo-saxons : une entreprise suisse aurait réussi, dans le plus grand secret, à mettre au point un procédé pour déclencher la pluie en plein désert. Le cheikh Khalifa ben Zayed Al Nahyane, président des Émirats arabes unis (EAU), aurait financé une installation pilote qui aurait déclenché cinquante-deux orages de pluie dans la région d'Al Ain, près d'Abou Dabi, l'été dernier.
Si cette nouvelle devait être confirmée, ce serait une véritable révolution susceptible de bouleverser la vie de nombreux pays désertiques. Ma bonne dame, s'il se met à pleuvoir dans les déserts, où allons-nous ?
Ciel bleu
En elle-même, une pluie artificielle n'a rien de nouveau. Il existe déjà plusieurs procédés pour déclencher la pluie lorsque les nuages sont déjà là, mais c'est la première fois qu'une technologie parviendrait à tirer des larmes d'un ciel bleu azur. Voyons ce miracle d'un peu plus près. La firme suisse Metro Systems International, créée par Helmut Fluhrer, a installé dans le désert une centaine d'ionisateurs géants répartis sur cinq sites. Ils ressemblent à d'immenses palmiers dont les feuilles métalliques émettent dans l'atmosphère des milliards de milliards de particules ionisées (en général des électrons). Ils ne fonctionnent pas en permanence, seulement quand l'humidité dans la haute atmosphère, où se forment normalement les nuages, dépasse 30 %.
Une fois dans l'air, les particules ionisées agglomèrent autour d'elles de microscopiques grains de poussière, avant de s'envoler vers le ciel, entraînées par la convection naturelle. Une fois l'altitude de formation des nuages atteinte, ces poussières chargées négativement font leur boulot habituel : elles condensent sur elles l'humidité atmosphérique jusqu'à former de grosses gouttes qui n'ont alors plus aucune autre idée en tête que de se précipiter sur le sol. Alleluia, il pleut en plein désert !

Un coût faible
Sous le contrôle du Max Planck Institute for Meteorology, ce procédé expérimental aurait prouvé son efficacité dans cette région d'Al Ain où les météorologues n'attendaient aucune pluie. Selon son créateur, la construction d'un système ionisant ne dépasse pas 7 millions de livres contre plus de 850 millions pour une usine de dessalement d'eau de mer.
Avant de s'emballer, il faut contrôler la nature exacte des pluies. S'agit-il réellement de pluies d'orage ou d'une fine bruine qui s'évapore immédiatement ? Il faudra également vérifier si le système fonctionne partout. N'oublions pas qu'Abou Dabi est près de l'océan, qui fournit en permanence de l'humidité. Il n'est pas dit qu'au coeur du Sahara, les ionisateurs trouvent suffisamment d'humidité dans l'atmosphère. Par ailleurs, le climat est un mécanisme très fragile. Si on se met à éponger à tour de bras la vapeur atmosphérique dans un coin du ciel, est-ce que cela n'aura pas des retombées négatives ailleurs ? C'est encore à vérifier. On n'est pas né de la dernière pluie...

http://www.lepoint.fr/actu-science/exploit-climatique-on-a-fait-pleuvoir-dans-le-desert-03-01-2011-126222_59.php

vendredi 7 janvier 2011

L'ONU à la recherche de la source de l'épidémie

7 janvier 2011 à 11 h 10 Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a formé un comité qui sera dirigé par quatre experts indépendants pour enquêter sur l'origine de l'épidémie de choléra qui a fait près de 3700 morts et des dizaines de milliers de malades en Haïti depuis la mi-octobre.
« Le groupe d'experts va chercher à déterminer l'origine de l'épidémie de choléra de 2010 en Haïti. Il va revoir toutes les informations et toutes les données disponibles et se rendre en Haïti pour mener son enquête sur le terrain », peut-on lire dans un communiqué du secrétariat général de l'ONU.
Indépendant et sans ingérence
Les quatre scientifiques internationaux désignés par l'ONU ont une vaste expérience du choléra et travailleront de façon tout à fait indépendante, a assuré Martin Nesirky, porte-parole des Nations unies.
Le directeur du comité sera le Dr Alejandro Cravioto, un Mexicain qui travaille dans un institut de recherche du Bangladesh. Il sera assisté du Dr Claudio Lanata, du Pérou, de la Dre Daniele Lantagne, des États-Unis, et du Dr Balakrish Nair, de l'Inde.
Le comité ne sera par ailleurs pas confiné dans des laboratoires. Les scientifiques enquêteront où ils le veulent sur le terrain, a ajouté le porte-parole de l'ONU. En ce qui a trait à l'information et aux données médicales, le comité aura libre accès à tous les registres, à tous les rapports et à toutes les installations de l'ONU, de même qu'à son personnel.
Les enfants sont particulièrement vulnérables à la maladie.
Déterminer l'origine du choléra est important à la fois pour les Nations unies et le peuple haïtien.
— Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies
Les Casques bleus népalais montrés du doigt
Les origines de cette épidémie sont au coeur d'une vive controverse en Haïti où on n'avait pas répertorié de cas de choléra depuis plus d'un siècle. Beaucoup d'Haïtiens accusent des Casques bleus de l'ONU originaires du Népal d'avoir introduit le dangereux bacille dans le pays.
Les premiers cas de choléra ayant été découverts près du campement des Casques bleus népalais, qui déversaient leurs latrines dans une rivière adjacente, ont considérablement alimenté la rumeur.
D'importantes manifestations ont eu lieu en Haïti contre la présence des Casques bleus étrangers dans le pays. L'ONU, de son côté, a toujours maintenu ne pas avoir trouvé de preuves concluantes de cette allégation.
Des analyses réalisées par des laboratoires français et américains ont cependant révélé que la souche de choléra présente en Haïti serait originaire d'Asie, mais sans plus.
Radio-Canada.ca avec
Agence France Presse et Associated Press
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/01/07/003-haiti-onu-cholera.shtml

Haïti - Reconstruction : (IV) Santé - Plan stratégique

PROJET SANTE
Les objectifs du secteur de la santé énoncés dans ce plan stratégique reposent sur les recommandations formulées par l’équipe de la santé de la CIRH en étroite collaboration avec le ministre de la Santé, sur des conversations avec d’autres ministres, les commentaires de donateurs appuyés par des adjoints techniques, et sur les commentaires recueillis durant les sessions de groupe ou individuelles tenues avec les ONG ou des partenaires du secteur privé. Ces cibles sont conformes à la stratégie et à l’approche globale de l’Équipe de la santé de la CIRH et peuvent être énoncées comme suit :
- Appuyer la planification stratégique et les politiques clés du ministère de la Santé en mettant l’accent sur l’élaboration d’une stratégie à long terme claire et globale en matière de santé et qui aborde les problèmes stratégiques de fond tels que le financement de soins de santé.
- Encourager l’alignement des parties prenantes en travaillant étroitement avec celles des différents secteurs (public, privé, ONG) en vue d’appuyer les reconstructions et la construction de nouvelles bâtisses conformément aux priorités du secteur public, de répondre directement aux besoins des régions frappées par le tremblement de terre et de contribuer au processus de relocalisation et aux pôles géographiques de développement à long terme.
- Encourager la présentation de projets et appuyer le processus d’examen des projets, en s’efforçant d’élargir la portée des programmes présentés et assurer l’alignement de ces projets sur les secteurs pertinents de la CIRH. (p. ex., le logement, l’éducation).

 Les résultats visés pour le secteur de la santé sont divisés en deux catégories. Ceux qui appuient une augmentation directe des soins dispensés en clinique sont groupés sous la rubrique « Prestation de services », tandis que ceux qui appuient des structures publiques et sociales dans leur capacité à réagir et à surveiller sont regroupés sous la rubrique « Renforcement institutionnel ». Les domaines d’intervention spécifique sont les suivants :
A. Prestation de services :
- Infrastructure
- Ressources humaines
- Financement et accès aux soins de santé

B. Renforcement institutionnel :
- Planification stratégique
- Renforcement de la capacité du secteur public
- Sensibilisation de la société civile

Pour chacun des six domaines mentionnés ci-dessus, le plan présente les cibles visées, une justification, les programmes et les besoins de financement. Outre ces deux grandes catégories, le plan examine également la situation actuelle marquée par l’épidémie de choléra.

Domaine d’intervention A : Prestation de services Infrastructure :
- Renforcer stratégiquement l’infrastructure du secteur de la santé pour couvrir tous les grands centres démographiques, en appuyant les activités visant à reconstruire les bâtiments endommagés, à dispenser de nouveaux services cliniques aux sites de relocalisation choisis selon l’approche de quartiers et encourager les activités de construction qui appuient l’ensemble de pôles régionaux par la construction finale ou l’ouverture de 40 hôpitaux et de 75 cliniques.
- Créer un réseau de soins d’urgence pour réduire les décès causés par des chocs violents en créant des salles d’urgence convenablement équipées et des réseaux départementaux d’ambulances.
- Restaurer et accroître l’accès en créant une infrastructure appropriée d’hôpitaux et de cliniques

Le tremblement de terre a gravement endommagé l’infrastructure existant en Haïti dans le domaine de la santé. Dans la zone de la catastrophe, 30 des 49 hôpitaux se sont effondrés ou sont devenus inutilisables, de même que le principal immeuble du ministère de la Santé. Il existe un besoin évident de construire et de reconstruire l’infrastructure pour la porter à des niveaux supérieurs à ceux d’avant le séisme dans les localités stratégiques et en appliquant des normes rigoureuses de construction. Les projets doivent d’abord viser à satisfaire les besoins immédiats de reconstruction existant depuis le tremblement de terre. Deuxièmement, l’infrastructure doit supporter les sites de relocalisation des déplacés, ce, conformément au cadre de travail du retour aux quartiers et de la reconstruction des logements. Enfin, les projets de reconstruction à long terme doivent refléter les pôles économiques décrits dans le PARDH. Cette approche en trois étapes permettra de reconstruire les installations des soins de santé d’une manière qui réponde aux besoins actuels, supporte les services les services sociaux durant le processus de relocalisation et contribue à la mise en place du réseau de soins de santé à long terme.
À l’heure actuelle, il y a 32 projets d’hôpitaux et 57 cliniques en construction ou au stade de planification. S’il s’agit là d’un départ impressionnant, ces chiffres devraient être augmentés pour inclure 40 hôpitaux et 75 cliniques. La CIRH entretient les attentes suivantes pour octobre 2011 :

Buts et projets spécifiques (Déficit de financement 98 millions de dollars)
80 millions de dollars :
- Construction ou reconstruction de 10 hôpitaux
- Lancement de la construction de 20 hôpitaux
- Mise en place du financement de 10 hôpitaux en construction

18 millions de dollars :
- Construction ou reconstruction de 30 cliniques
- Lancement de la construction de 30 cliniques
- Mise en place du financement de la construction de 15 cliniques
Améliorer la capacité d’intervention en cas d’urgence et réduire les traumatismes liés aux décès en renforçant le réseau des soins de santé d’urgence
L’infrastructure d’Haïti en matière d’urgence était faible avant le tremblement de terre, le pays disposant de peu d’hôpitaux bien équipés et ne possédant pas un système d’ambulances géré par l’État. Le gouvernement envisage de remettre en état et d’équiper 20 hôpitaux (y compris tous les 10 hôpitaux des départements) et de mettre sur pied un réseau d’ambulances administré par des centres de coordination au niveau départemental. Le parc actuel d’ambulances du MSPP et de la Croix Rouge ferait partie de ce réseau.

Buts et projets spécifiques (Déficit de financement 6 millions de dollars)
2 millions de dollars :
- Équiper entièrement 20 salles d’urgences (dans 10 hôpitaux départementaux + 10 de la CIRH.
3 millions de dollars :
- Doter le Réseau national d’ambulances de 60 ambulances (public + CR haïtienne
1 millions de dollars :
- Créer dans chacun des 10 départements des centres de coordination pour le réseau d’ambulances
Afin de bien coordonner les efforts de reconstruction déployés dans les divers secteurs, il faudra élaborer et valider un Cadre de travail pour le retour au foyer et la reconstruction des logements et doter celui-ci d’un ensemble clair de recommandations relatives aux besoins de support social. Une composante clé de ce cadre de travail sera la création d’une « Carte sanitaire » qui tiendrait compte des déficits actuels en matière de services et des déplacements de population et servirait à orienter les secteurs auxquels il faudra dispenser en priorité des services et des soins de santé, tout en facilitant la transition de cliniques mobiles ou temporaires à des sites permanents de services. Il faut également adopter des codes du bâtiment tenant compte de la gestion de risques de catastrophes multiples et du problème d’accès de personnes ayant un handicap physique. Enfin, il faudra revoir l’ensemble minimum de services à offrir par les salles d’urgence afin de tenir compte des leçons apprises du tremblement de terre et de l’épidémie de choléra.

Ressources humaines :
Un capital humain solide est une composante fondamentale de la prestation de services, et sa création doit être accompagnée d’efforts sur le plan des infrastructures afin qu’on puisse mettre sur pied un système de soins de santé fonctionnant comme il faut. Le tremblement de terre a gravement endommagé trois de quatre écoles de médecine reconnues. La plus grosse école de soins infirmiers de Port-au-Prince a été détruite, fauchant presque l’intégralité des élèves de deuxième année. Quatre écoles techniques du domaine de la santé ont également été détruites. Cela constitue un très dur coup pour le système d’éducation qui, même avant le tremblement de terre, livrait une bataille acharnée pour produire et retenir suffisamment de travailleurs du domaine de la santé pour pouvoir servir la population haïtienne.
Pour cette raison, la CIRH invite les intéressés à présenter des projets qui abordent le problème du déficit en ressources humaines dans le secteur de la santé, notamment la capacité administrative nécessaire dans les bureaux publics de l’administration centrale et des départements. Les projets de renforcement de cette capacité sont énumérés ci-après :
Buts et projets spécifiques (Déficit de financement 21.5 millions de dollars)
- Renforcer 4 écoles de médecines et 10 programmes de formation spécialisée : 10 millions de dollars
- Renforcer 4 écoles de soins infirmiers : 5 millions de dollars
- Lancer la formation de 4 000 paramédicaux : 3 millions de dollars
-Terminer la formation de 3 000 agents de santé : 3 millions de dollars
-Appuyer la formation de 10 candidats à une maîtrise en administration publique : 0,1 millions de dollars
- Financer 10 bourses d’études pour des maîtrises en santé publique : 0,4 millions de dollars
Dans le contexte des pertes continuelles de médecins et d’infirmières déjà formés, il y a lieu de revoir une grille salariale publique qui garantirait le succès à long terme des institutions renforcées de formation. Pour encourager la rétention du personnel du secteur public et améliorer la capacité de ce secteur à suivre de près et à coordonner le système de soins de santé nouvellement reconstitué, il faudrait aussi promouvoir la formation professionnelle du personnel actuel et préparer des plans de carrière clairs pour les futurs employés, comme l’a suggéré récemment un audit institutionnel du ministère de la Santé. Les paramédicaux joueront un rôle important dans le nouveau régime de soins de santé et il faudra également adopter des lignes directrices déterminant les domaines prioritaires (c.-à-d. des psychologues et des physiothérapeutes). Parallèlement à ces activités, il faudra procéder à des réflexions et à des recommandations sur la formation et sur les approches nécessaires pour absorber les professionnels nouvellement formés.
Financement et accès aux soins :
Le pays doit absolument trouver une méthode de financement d’un vaste régime de soins de santé pour pouvoir assurer un accès accru aux soins de santé. De nombreuses propositions ont été formulées sur la manière de réaliser cet objectif, mais aucune d’elles n’a été élaborée à l’intérieur d’une stratégie globale.
Une des approches courantes consiste à utiliser les plates-formes existantes dans les domaines de la maternité et de la pédiatrie. Des programmes tels que Soins obstétriques gratuits ont bénéficié à plus de 60 000 femmes, tandis que le chiffre estimatif des femmes qui accouchent chaque année serait de 280 000. Un programme pilote parallèle réalisé après le tremblement de terre a dispensé des soins de santé gratuits dans diverses institutions à des enfants de moins de cinq ans. D’ici octobre 2011, la CIRH se propose d’apporter un soutien dans ce domaine afin d’élargir les soins obstétriques gratuits pour servir 100 000 femmes. Pour cela, il faudra non seulement lancer le programme dans des institutions supplémentaires, mais il faudra également poursuivre les activités de sensibilisation pour encourager les femmes à fréquenter les cliniques durant et après leur grossesse.
Buts et projets spécifiques (Déficit de financement 12 millions de dollars)
- Accès aux soins maternels et aux nouveaux-nés pour 100 000 grossesses (35 % de l’estimation, totale) : 12 millions de dollars
Le gouvernement travaillera avec la CIRH et des partenaires en vue d’élaborer une stratégie globale pour le financement des soins de santé allant au-delà de ceux assurés par le gouvernement et des autres projets pilotes en cours.
Le gouvernement et ses partenaires devraient envisager d’effectuer un examen des approches actuelles, de l’engagement contracté avec le secteur privé et des études de faisabilité, en se fondant sur une projection des taux de croissance des données pertinentes. En outre, il faudrait compléter ces études avec l’objectif de mettre en œuvre la stratégie dans le cadre d’un plan plus large du gouvernement préparé pour le secteur social.

Domaine d’intervention 2 : Renforcement des institutions :
Planification stratégique :
En plus d’encourager la présentation de projets, le gouvernement travaille également avec ses partenaires et la CIRH à élaborer une planification stratégique à long terme. Il s’agit là d’une composante essentielle du renforcement institutionnel, car cela renforcera le leadership du gouvernement sur un secteur mieux coordonné. Dans le cadre des objectifs fixés pour octobre 2011, il faudra :
Buts et projets spécifiques (Déficit de financement 5 millions de dollars)
5 millions de dollars
- Aider à élaborer puis à mettre en œuvre le plan stratégique à long terme du domaine de la santé
- Élaborer un plan global d’intervention en cas de catastrophe qui fasse intervenir les principaux bureaux affectés du gouvernement et répondre aux exigences d’une réaction efficace d’un secteur public dans les domaines des ressources humaines, de la logistique de base et des services techniques
- Appuyer la planification intersectorielle pour les politiques clés tels que les programmes en santé dispensés dans des établissements d’enseignement, le financement des soins de santé, la santé en milieu de travail, l’utilisation de la technologie aux fins de la sécurité du public et le soutien social à octroyer aux citoyens vulnérables.
Dans la rédaction des documents stratégiques, il faudra compter sur les commentaires de tous les grands ministères et les donateurs. Une coopération et une coordination complètes sont essentielles à la création et à l’adoption de tels plans.
Renforcement de la capacité du secteur public :
La capacité du ministère de la Santé de réagir et de gérer les interventions consécutives au tremblement de terre de 2010 et à l’apparition du choléra a été fortement affectée par les pertes en ressources humaines et en installations matérielles. Le personnel actuel a dû travailler pendant de longues heures et faire face à de nouveaux défis dans la coordination des activités d’un nombre beaucoup plus élevé de partenaires nationaux et internationaux. Comme il a été mentionné dans l’audit institutionnel du Ministère, les programmes de développement de carrière joueront un rôle important dans l’efficacité et la rétention du personnel. Il faudra donc allouer des fonds au soutien des activités de formation continuelle des agents de la santé publique dans des domaines clés comme le leadership, la gestion des conflits, l’épidémiologie, la gestion des approvisionnements, la prévision en santé publique et la coordination. Dans le domaine des infrastructures matérielles, les bureaux départementaux du MSPP doivent être mis à niveau, car ils sont privés du matériel essentiel à la création d’un milieu de travail approprié et capable d’appuyer le mouvement national de transition vers la décentralisation. En outre, les installations de l’administration centrale du MSPP, qui se trouvent actuellement dans un bâtiment temporaire, devront être reconstruites.
Buts et projets spécifiques (Déficit de financement 7 millions de dollars)
- Créer un programme d’éducation continuelle pour les hauts fonctionnaires de la santé publique (leadership, coordination, budget) : 5 millions $
- Construire/Remettre en état 10 bureaux départementaux du domaine de la santé : 0,5 millions $
Reconstruire le MSPP : 1,5 millions $
Les organisations qui s’engagent à participer au renforcement du secteur public seront des partenaires indispensables dans le renforcement et l’expansion de la capacité du ministère de la Santé.
Appuyer la planification intersectorielle pour les politiques clés tels que les programmes en santé dispensés dans des établissements d’enseignement, le financement des soins de santé, la santé en milieu de travail, l’utilisation de la technologie aux fins de la sécurité du public et le soutien social à octroyer aux citoyens vulnérables

Sensibilisation de la société civile :
Pour que des politiques efficaces et bien structurées puissent garantir un engagement responsable de la société locale, il faudra compter sur le renforcement et, au besoin, le soutien intégral de groupes de la société civile en mesure de défendre les aspirations des communautés ou des groupes vulnérables. En plus du financement, il faudra compter sur le soutien technique, notamment les sessions de sensibilisation de la CIRH visant à soutenir les groupes visés tels que les handicapés ou les associations rurales.
Buts et projets spécifiques (Déficit de financement 5 millions de dollars)
Donner aux groupes vulnérables l’accès à la CIRH et au MSPP par le biais de sessions d’information, de liaison avec les ministères et l’octroi de financement
Cette stratégie devra être coordonnée à la fois sur le plan interne (avec les secteurs sociaux de la reconstruction) et externe avec des cadres de différents niveaux dans les ministères) avec une liste claire de groupes cible prioritaires. Des leçons peuvent être apprises des programmes mondiaux et locaux de lutte contre le VIH qui donnent aux personnes atteintes la possibilité de formuler des recommandations aux décisionnaires.
Stratégie de réaction au choléra :
Au 8 décembre 2010, les données du MSPP indiquent que le choléra a tué plus de 2 120 personnes et frappé au moins 90 000 personnes dans l’ensemble des 10 départements géographiques d’Haïti. Les travaux de modélisation épidémiologique réalisés par el PAHO/WHO et les centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) à des fins de planification font état d’un nombre estimatif de 400 000 cas sur les 12 premiers moins, et d’environ 50 % de ce chiffre pour les trois premiers mois de l’épidémie. Le gouvernement haïtien a déclenché une réaction active, et l’équipe de santé de la CIRH s’est associée à cet effort en fournissant une aide technique dans les trois domaines habituels de travail suivants :
Alignement des parties prenantes :
Compréhension des besoins du MSPP et du secteur public aux niveaux des administrations centrale et locale.
Dans la phase d’urgence, le ministère de la Santé a rapidement activité son mécanisme d’intervention et travaillé avec les médias et les partenaires internationaux pour organiser sa réaction. Tandis que l’épidémie se propageait, le Bureau du président a activé le système d’intervention nationale en cas d’urgence, dénommé COUN, et l’équipe de la santé de la CIRH a octroyé une aide technique au ministère et au COUN, qui ont dressé une liste des besoins les plus urgents pour réagir à l’épidémie de choléra. Il a été en mesure de déterminer les besoins du département en termes d’installations de services cliniques (nouveaux Centres et Unités de traitement de choléra), d’activités de sensibilisation et d’hygiène publique, de logistique (transport et entreposage), de fournitures, de ressources humaines et de traitement des déchets médicaux.
Coordination :
Le gouvernement a pris, avec ses partenaires, en particulier l’Équipe des soins de santé de la CIRH, une part active dans la coordination de l’allocation appropriée des ressources de partenaires, en tenant compte des besoins des départements. Les membres de la grappe des soins de santé et des grappes intersectorielles ainsi que les partenaires du secteur privé et les pays amis ont été associés au COUN où l’on a pu s’attaquer aux obstacles à une réaction rapide.
Défense de la cause :
Tous les partenaires ont été encouragés à aligner leurs interventions sur la stratégie nationale à trois niveaux du MSPP et à accompagner les entités du secteur public dans leur réponse. Étant donné que l’on s’attend à ce que l’épidémie dure plusieurs moins, une collaboration étroite et le leadership du gouvernement seront essentiels ainsi qu’une collaboration avec des partenaires du monde universitaire et avec le secteur privé. De même, il faudra recourir à d’autres approches pour faire face à l’épidémie et minimiser son impact si et au moment où elle devient endémique pour le pays.
Approbation du projet :
À la lumière des projections épidémiologiques, l’épidémie de choléra est appelée à constituer un problème majeur de santé pour une période pouvant durer plusieurs années et représente une véritable tragédie. Compte tenu des nombreux partenaires engagés dans l’opération, la CIRH pourrait décider d’encourager la soumission de projets liés à l’épidémie de choléra dans la mesure où ils permettent de renforcer la capacité du gouvernement central et des départements à gérer cette crise ou de similaires, maintenant et à l’avenir. Aussi faudra-t-il mettre l’accent sur les programmes qui affrontent les éléments essentiels nécessaires pour gérer à la longue de telles crises et réduire la mortalité associée à de ce genre d’épidémies, notamment l’infrastructure en matière de distribution d’eau et d’hygiène publique ou le soutien à la réaction du secteur public.

Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-2033-haiti-reconstruction-i-le-logement-plan-strategique.html
http://www.haitilibre.com/article-2040-haiti-reconstruction-ii-enlevement-et-gestion-des-decombres-plan-strategique.html
http://www.haitilibre.com/article-2047-haiti-reconstruction-iii-education-plan-strategique.html
HL/ S/ HaïtiLibre /CIRH
http://www.haitilibre.com/article-2054-haiti-reconstruction-iv-sante-plan-strategique.html

A la Une : commémorations en Haïti

Par Valérie Rohart A quelques jours du premier anniversaire du tremblement de terre du 12 janvier 2010, le gouvernement a enfin dévoilé le programme des commémorations.
« Il aura fallu attendre le 6 janvier savoir ce que le gouvernement comptait faire pour marquer cette date », écrit Le Nouvelliste. « Cérémonie interreligieuse, veillée nationale, ouverture du registre d’inscription des personnes décédées, messe, hommage, sonnerie aux morts, minute de silence...
Du 10 au 30 janvier, la population est aussi appelée à participer à un ensemble d’activités commémoratives », annonce le journal en ligne. Le principal moment fort sera sans doute la messe qui sera célébrée le 12 janvier à 8h du matin, sur l’esplanade de la cathédrale de Port-au-Prince.
Ce jour-là a été décrété jour férié et journée de deuil national. C’est aussi la date qu’a choisi le gouvernement pour lancer le processus d’enregistrement des morts dans les 14 communes les plus affectées par le séisme. « Juridiquement, les disparus du tremblement de terre sont considérés comme vivants puisqu’aucun acte de décès n’a été dressé en leur nom », rappelle Le Nouvelliste. A partir de cette date, les familles sont invitées à faire venir enregistrer leurs proches disparus dont les corps n’ont toujours pas été retrouvés.
http://news.google.com/news/section?pz=1&cf=all&ned=fr&hl=fr&csid=00a1c1d45d722a07&ict=ln

Sean Penn part à Haïti avec 50 millions en moins !

Sean Pean vient de révéler que sa femme l'avait plumé de 50 millions d'euros. Dépité, l'acteur américain envisage de quitter définitivement les États-Unis...
A 50 ans, la vie du talentueux acteur hollywoodien est en train de changer à jamais.
Magnifiquement impliqué dans la reconstruction d'Haïti après le violent séisme qui a frappé l'île en janvier 2010, Sean Penn compte bien aujourd'hui y rester pour de bon, comme il vient de le faire entendre très sérieusement dans les colonnes du Hollywood Reporter.
En plus de vouloir aider le peuple haïtien en détresse, son choix de quitter la prospère Californie tient peut-être aussi à son divorce d'avec Robin Wright en août dernier.
Père de deux enfants (une fille, un garçon), Sean Penn a expliqué que son ex-femme était partie après 14 ans de mariage avec la moitié de sa fortune qui s'élevait à 100 millions d'euros.
Lesté de 50 millions, ce sera toujours ça de moins que notre ami aura à déclarer à la douane...
http://www.staragora.com/news/sean-penn-part-a-haiti-avec-50-millions-en-moins/412332

jeudi 6 janvier 2011

Haïti - ONU : Augmentation des troupes étrangères en Haïti ?

06/01/2011 08:04:26 Le Représentant permanent de la Bosnie-Herzégovine et Président du Conseil de sécurité pour le mois de janvier, M. Ivan Barbalić, a présenté, mardi 4 janvier 2011, le programme de travail du Conseil. Il a d’emblée souligné que si ce programme était à priori « léger », les membres du Conseil resteront prêts à agir en ce qui concerne « le Soudan, la Côte d’Ivoire et Haïti ».
M. Barbalić a résumé la situation politique difficile en Haïti, suite à la publication des résultats préliminaires des élections du 28 novembre 2010, qui ont mené à des accusations de fraudes, la contestation des résultats et des manifestations violentes à travers le pays. Il a rappelé, que le second tour des élections en Haïti prévu initialement le 16 janvier 2011, sera sans doute reporté en raison du processus de vérification en cours et qu’il était important de regarder la situation sur le terrain dans une perspective politique.
À cette fin, le Représentant permanent, a indiqué que le 20 janvier, le Conseil de sécurité entendrait un exposé sur les développements politiques dans le contexte post électoral sur la base duquel il pourrait être amené à envisager une augmentation des troupes de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH). « Il est du devoir du Conseil d’assurer le bon fonctionnement de la Mission, et ce, dans l’intérêt de tous les Haïtiens », a-t-il dit.
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-2039-haiti-elections-pas-de-deuxieme-tour-avant-fevrier.html
http://www.haitilibre.com/article-2012-haiti-elections-les-experts-de-l-oea-sont-deja-au-travail.html
http://www.haitilibre.com/article-1999-haiti-elections-tous-les-details-sur-l-entente-oea-gouvernement-cep.html
http://www.haitilibre.com/article-1919-haiti-elections-oea-envoie-2-missions-d-aide-a-la-demande-du-president-preval.html