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mercredi 1 décembre 2010

Une “normalisation” post-électorale de tous les dangers en Haïti

Mercredi 1er décembre 2010 P-au-P, 1er déc. 2010 [AlterPresse] --- Y a-t-il possibilité de trouver une voie de sortie, sans casse, après le scrutin du dimanche 28 novembre 2010 entaché de fraudes, d’irrégularités et émaillé de violence en Haïti (au moins 2 morts ont été enregistrés) ?
C’est l’une des interrogations chez la population nationale, 72 heures après le déroulement d’un scrutin présidentiel et législatif, qui devait augurer le début d’une alternance politique, relève l’agence en ligne AlterPresse.
Plusieurs courants, qui s’opposent aujourd’hui sur l’échiquier politique, sont en train d’abattre des cartes afin de tirer leur épingle du jeu.
Le Conseil électoral provisoire (Cep) se lave les mains par rapport aux accusations, constats et demandes d’annulation du vote. Après avoir validé le scrutin, sans considération des irrégularités, il s’apprête à publier des résultats préliminaires le 7 décembre prochain et peut-être entamer un second tour après les contestations.
Tout le matériel de vote (incluant les procès-verbaux des bureaux sur l’ensemble du territoire) devrait arriver ce mercredi 1er décembre au centre de tabulation des résultats, dans la capitale Port-au-Prince, suivant le plan défini par la Mission des Nations Unies de stabilisation en Haïti (Minustah). Les opérations de décompte des voix ont déjà été entamées.
La plateforme présidentielle “Inite” (Unité), qui semble ne pas écarter la possibilité d’une défaite dans la course présidentielle, évoque les options de “cohabitation” ou d’actions “dans l’opposition”, en fonction des résultats qui seront annoncés par l’organisme électoral.
Une dizaine de candidats à la présidence, dont certains affirment avoir rassemblé un ensemble de preuves “irréfutables” des irrégularités du 28 novembre, réclament purement et simplement l’annulation du vote.
Même position chez les regroupements et partis politiques membres des plateformes « Alternative, Libération, Rasanble et Union des citoyens haïtiens pour la démocratie, le développement et l’éducation (Ucadde)” qui avaient appelé au boycott des compétitions du 28 novembre, soupçonnant une planification de fraudes en faveur de la plateforme présidentielle.
Deux autres prétendants, Joseph Michel Martelly de “Repons peyizan” et Myrlande Hyppolite Manigat du Rassemblement des démocrates nationaux progressistes (Rdnp), initialement parmi les favoris de la présidentielle, se désolidarisent du groupe des 10 qu’ils avaient rallié, le 28 novembre, dans la demande d’annulation du vote.
De nouvelles données, non rendues publiques, les mettraient en bonne position dans le suffrage exprimé, malgré la démobilisation, en milieu de journée du vote, d’une bonne partie d’électrices et d’électeurs méfiants, non seulement frustrés de n’avoir pas retrouvé leurs noms sur les listes électorales, mais aussi révoltés de la tournure du processus de vote en différents centres.
72 heures après le vote controversé de dimanche, le Cep n’a communiqué aucun chiffre sur le taux de participation.
Diverses couches de la population, qui s’élèvent contre le désordre enregistré le 28 novembre, s’interrogent sur les décisions à venir quant à la validation d’un scrutin controversé, laquelle risque à nouveau de violer l’expression et la souveraineté de la population quant à l’avenir du pays.
Depuis dimanche, a commencé une série de manifestations-protestations dans les rues contre le mode d’organisation du scrutin, contre l’équipe au pouvoir et sa plateforme, mais également contre la Minustah qui a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser des milliers de personnes en démonstration, pour la troisième journée consécutive (du lundi 28 au mardi 30 novembre 2010) à Saint-Marc (Artibonite / Nord).
Un enfant de douze ans, qui avait reçu une balle à la tête lundi 29 novembre, a succombé à ses blessures à l’hôpital St-Nicolas de Saint-Marc.
En plusieurs points du territoire national, couvent une mobilisation et une grogne populaires, déjà assorties, ces 3 derniers jours, d’échauffourées avec des jets de pierres et des barricades de pneus usagés enflammés.
Les pays et organisations internationales partenaires d’Haïti, qui ont soutenu le processus ayant abouti au vote controversé du 28 novembre, paraissent afficher une attitude prudente. Tout en préconisant le dialogue entre les différents acteurs, ils ne semblent pas avoir harmonisé une position commune sur ce qui s’est passé le 28 novembre.
Les mouvements alternatifs et organisations d’accompagnement de la population gardent un profil bas sur la dérive et les manipulations électorales observées le 28 novembre.
Un calme apparent commence à régner depuis le mardi 30 novembre. Écolières et écoliers tendent à reprendre le chemin de leurs établissements scolaires. Le transport en commun fonctionne plus ou moins normalement, ainsi que les marchés publics et le commerce informel. Les banques, les supermarchés et divers magasins ont ouvert leurs portes, de même que les bureaux publics et privés.
Cependant, rien n’est encore clair sur les conditions objectives d’un retour à une normalisation de la vie politique en Haïti, dans un contexte encore marqué par des réalités sociales dramatiques, notamment pour les personnes sinistrées et déplacées du tremblement de terre du 12 janvier, ainsi que par les conséquences de l’épidémie de choléra déclarée le 19 octobre 2010. [rc apr 1er/12/2010 10:00]http://www.alterpresse.org/spip.php?article10351

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