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vendredi 5 octobre 2007

Rôle de la franc-maçonnerie en Haïti

L'effritement des valeurs civiques et morales, aboutissant à la disparition du patrimoine historique légué par les ancêtres se veut un constat douloureux pour certains membres de la franc-maçonnerie haïtienne. Et c'est encore pire lorsque ce sont les citoyens de ce pays meurtri qui, par leur sectarisme et leur égocentrisme, concourent à aggraver sa situation. Si les fondateurs de l'Etat d'Haïti l'avaient ainsi compris, on se trouverait encore les pieds liés dans les chaînes de l'esclavage. Aussi l'on est en droit de comprendre pourquoi les calamités de toutes sortes se déchaînent sur Haïti qui vient d'être confrontée à sa troisième occupation étrangère en moins d'un siècle.

Face à ce tableau historique désolant, peut-on accuser les élites qui n'ont pas su jouer leur rôle d'avant-gardiste, en particulier les francs-maçons haïtiens qui n'ont pas suivi le caractère humaniste de leurs prédécesseurs qui ont joué un rôle prépondérant dans l'histoire du monde?

Le rôle de la franc-maçonnerie haïtienne face aux problèmes auxquels est confrontée Haïti, reste un recours moral et spirituel. On doit élucider ces problèmes qui sont d'ordre :a) spirituel
b) politique
c) culturel
d) économique
e) social
Avant d'envisager le rôle-phare proprement dit que la franc-maçonnerie devait jouer par rapport à la franc-maçonnerie des autres horizons ou d'outre-mer .

Nous savons que les braves Atlantes ont forgé la civilisation de l'Egypte, berceau de l'Afrique, sans oublier également la civilisation gréco-romaine. Hier encore, n'avons-nous pas plaidé pour l'adoption de la langue française comme deuxième langue officielle à côté de l'anglais à la tribune de l'ONU ? Nous voulons aussi renouer avec la toile de fond de nos traditions ancestrales pour dire mille et une fois NON au mensonge, à l'anarchisme, au populisme déraisonnable et déraisonné, à l'archaïsme, au colonialisme et au néocolonialisme, mais oui au développement scientifique et socio-économique, et au modernisme de notre pays, car Haïti ne veut pas être la chasse gardée d'aucun impérialisme dégradant perdant son graal scientifique. En revanche, elle veut de préférence faire partie des grands Etats du monde comme actrice intégrale, comparable à une table de billard sur laquelle se heurtent des boules à surfaces impénétrables.

Sur le Plan Spirituel, c'est un divorce caractérisé entre le Temporel et le Spirituel. C'est pourquoi l'on se demande, si le spirituel n'a pas failli à sa mission sacro-sainte de guider les brebis vers les sentiers de la lumière et du bien-être collectif. Et ce n'est un secret de polichinelle pour personne de constater que même l'Eglise catholique haïtienne est traversée par une crise de valeurs de même que d'autres institutions religieuses et philosophiques ne font pas exception.
Sur le plan politique, Haïti, vestige du continent Atlantide, après avoir connu l'hécatombe de ses autochtones ou aborigènes par les mercenaires espagnols en vue d'accaparer ses richesses sous l'instigation du pape Espagnol ALEXANDRE VI qui a préconisé le pillage sans merci et la conversion au catholicisme des amérindiens et qui a statué sur la Traite des Noirs engendrant un système d'asservissement déshumanisant pendant plus de trois siècles, soit trois cent douze ans de martyrs, va obtenir son indépendance sous la baguette mythique et magique de deux figures de proue, notamment François Dominique Toussaint dit l'Ouverture et Jacques Dessalines, sans oublier Henry Christophe, les Cappoix la Mort, les Clerveaux Augustin, ces titans qui ont forgé et fondé, au prix de leur sang, l'ETAT NATION d'Haïti, le 29 novembre 1803, qui fut porté sur les fonts baptismaux le 1er janvier 1804 aux Gonaives.
Si les Etats-Unis, se situant dans l'axe triangulaire Kabbalistique formé par les USA, la France et Haïti, ont pris treize (13) ans pour se constituer en Etat-Nation, c'est-à-dire connaître leur première forme de gouvernement le 30 avril 1789, les Haïtiens, eux, ont vite, de par leurs expériences culturelles et intellectuelles, construit leur Etat Peuple en l'espace de quelques mois, en passant d'un gouvernorat à vie à un empire. D'ailleurs, n'est ce pas nous qui avons accouru en 1868 à leur secours ne leur dotant d'une constitution promulgant l'abolition de l'esclavage sur leur territoire ? De plus, notre épopée de 1803 sur l'armée napoléonienne les eut épargnés du sort de l'actuel Canada croisé entre deux feux, celui de l'Angleterre et celui de la France. A cela, quelle leçon, avons-nous à recevoir, de ces puissances s'érigeant en donneur de leçons, alors qu'elles sont de connivence avec les fossoyeurs de la patrie, les instigateurs du mauvais sort d'Haïti.

C'est ainsi que Haïti, Première République Noire et Premier Etat Souverain de l'Amérique latine, symbole de la première et unique révolution d'Esclaves réussie dans l'histoire de l'humanité, se trouve humiliée deux fois successives, en moins de vingt ans, ajoutés à l'affront de 1915, sous prétexte de mauvaise gouvernance.
Haïti fut, en vérité, le Premier Etat de l'Amérique latine à être libéré totalement du joug colonial.

Ce qui nous permet de comprendre pourquoi notre Indépendance fut une menace au lendemain même de sa naissance aux yeux des puissances étrangères et pourquoi elles ont toujours voulu anéantir la République d'Haïti afin de la placer sous un «Tutellorat» sous prétexte de «Pays en faillite» Si les francs-maçons haïtiens sont imprégnés de ce rationalisme avisé dont je viens de parler à travers ces quelques lignes, ils doivent s'évertuer à jouer un rôle interventionniste de campement afin de rétablir et de réinstaurer l'équilibre de la Société haïtienne tant sur le plan maçonnique que sur le plan culturel. Par leur apport lumineux, ils contribueront ainsi à sauver Haïti des entités insécuritaires du colonialisme sous leurs formes déguisées. Car l'Haïti d'aujourd'hui réclame une sécurité sociale, spirituelle, morale, économique, culturelle et politique et à être dirigée en bon père de famille, en bon fils, en bon époux et en bon soldat selon l'article IX de la Charte Impériale.
Il nous faut un campement pour la défense du pays contre les nantis profiteurs internes et externes. C'est pourquoi nous réclamons du Parlement haïtien, en général, s'il ne veut pas démériter de la Patrie, la désaffectation onusienne sur l'ensemble du territoire de Dessalines en vertu des articles 8, 8-1 98-3, 40 de la Constitution de 1987 et de l'article 12 de la Constitution impériale, sinon le Tribunal de l'Histoire ne l'absoudra pas, afin que dans un coude à coude fraternel, les Haïtiens prennent leur destin en main en vue de rétablir les forces de sécurité constitutionnellement reconnues (par exemple Forces Armées Restructurées et Professionnalisées et Corps de Police...).
En agissant de la sorte, la franc-maçonnerie, depuis son indépendance en 1824, sera reconnue devant l'Histoire comme une institution catalytique de la pensée positive, façonnant des hommes inséparablement progressistes qui auront joué un rôle immuable dans la libération d'Haïti de la mainmise des Puissances Etrangères tout en faisant appel à nos Frères maçons du reste du monde de nous seconder dans cette lutte tendant à la reconnaissance de la dignité humaine de l'Haïtien sans distinction et sans réserve, ce qui nous conduira à la stabilité et à l'équilibre financier d'Haïti, au nom de ces francs-maçons passés à l'Orient de l'Eternité, en l'occurrence : François Dominique Toussaint, dit l'Ouverture, Jacques Dessalines, Clerveaux Augustin, Capois-la-Mort, Franklin Benjamin George Washington, Lafayette, Montesquieu, Voltaire, Marat, Garibaldi, Miranda, Simon Bolivar, San Martin, Benito Juarez, Manuel Deodora da Fonseca, Manoel Ferraz de Campos Salesa, José Mari, qui ont, de leur vivant, mené le Bon Combat pour l'Humanité, sous l'Egide du Grand Maître des mondes et ce sera Justice.
Dr C. Henry GATEAU

http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=49032&PubDate=2007-10-05

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