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jeudi 9 décembre 2010

Haïti/choléra: l'armée népalaise condamne le rapport la mettant en cause

KATMANDOU - L'armée népalaise a vivement réagi mercredi à un rapport selon lequel les Casques bleus népalais de la Mission de l'ONU présents en Haïti seraient à l'origine de l'épidémie de choléra qui a fait plus de 2.000 morts, affirmant qu'aucune preuve ne vient étayer ces accusations. La veille, l'ONU avait déjà affirmé à New York qu'il n'existait aucune "preuve concluante" attestant que le foyer de l'épidémie de choléra en Haïti était parti d'un camp de soldats népalais, comme l'assure un rapport remis au ministère français des Affaires étrangères.
Un porte-parole de l'armée, Ramindra Chhetri, a affirmé que le rapport d'un épidémiologiste envoyé dans ce pays par la France à la demande des Haïtiens, ne contenait aucune preuve de l'implication directe des troupes népalaises.
"C'est une conclusion hypothétique et nous condamnons fermement de telles allégations sans faits ni preuves solides", a-t-il déclaré à l'AFP.
"Je ne pense pas qu'il y ait jusqu'à présent de preuve concrète" établissant un lien entre l'épidémie et les forces népalaises, a-t-il insisté.
Le rapport n'a pas été officiellement publié mais une source proche du dossier a déclaré mardi à l'AFP que le foyer infectieux était parti du camp des soldats népalais situé dans le centre d'Haïti, près du fleuve de l'Artibonite.
"Le point de départ est localisé très précisément", a déclaré cette source, citant les conclusions du rapport du professeur français Renaud Piarroux récemment remis aux autorités haïtiennes et au ministère français des Affaires étrangères.
Le choléra, qui se transmet par l'eau ou des aliments souillés, est endémique au Népal, l'un des pays les plus défavorisés de la planète.
Les premiers cas sont apparus autour du 15 octobre près de Mirebalais, dans le centre d'Haïti, avant de se multiplier par milliers en quelques jours.
"Il n'y pas d'autre explication possible que ça sur le développement de l'épidémie dans un contexte où il n'y avait pas de choléra dans le pays, et compte tenu de l'intensité, de la vitesse de propagation et de la concentration de vibrion dans le delta de l'Artibonite", a poursuivi cette source.
Avec un tel niveau de concentration et de propagation, "l'explication la plus logique, c'est l'introduction massive de matière fécale (de malades) dans le fleuve de l'Artibonite, en une seule fois", a poursuivi la source proche du dossier citant les conclusions du rapport.
Depuis son apparition, l'épidémie a fait plus de 2.000 morts et près de 92.000 cas ont été enregistrés, selon le ministère de la Santé de ce pays déjà dévasté par le tremblement de terre du 12 janvier (plus de 250.000 morts, 1,3 million de sinistrés).
Le Pr Piarroux a déclaré le mois dernier qu'il n'y avait pas eu de propagation si rapide du choléra depuis une épidémie à Goma, en République démocratique du Congo, en 1994.
La Mission de stabilisation de l'ONU en Haïti (Minustah) a répété à plusieurs reprises que des tests effectués autour de la base népalaise et notamment dans les latrines et les eaux du camp s'étaient révélés "négatifs".
Une partie de la population a toutefois rapidement accusé les Casques bleus d'avoir importé l'épidémie, provoquant des violences lors de manifestations. Depuis, le contingent népalais d'environ 1.000 hommes a été placé sous protection.
Environ 12.000 personnes de l'ONU originaires d'une dizaine de pays sont déployés en Haïti après des années de conflit armé et le puissant séisme de janvier.
http://www.romandie.com/infos/news2/101208082812.xzpnosum.asp

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