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vendredi 23 août 2013

ED'H, Andress Appolon prend la sortie

Le Nouvelliste | le :22 août 2013
Roberson Alphonse roberson_alphonse@yahoo.com
Andress Appolon, l'ancienne de Harvard, est « exit » de l'ED'H. Le bras de fer avec les fournisseurs privés de courant a pourri la fin de son administration ponctuée par un rationnement qui n'a jamais dit son nom dans la zone métropolitaine.
Andress Appollon n'aura pas fait long feu à la direction générale de l'ED'H. Dans les petites heures de la nuit de mercredi à jeudi, un communiqué de la présidence a annoncé qu'elle a été remplacée par Jean Errol Morose, un vieux routier de cette compagnie en faillite, sangsue des deniers publics, avec, rien que pour le prochain exercice fiscal (2013-2014), pas moins de 200 millions de dollars américains de subvention.
Dans les allées du pouvoir, des sources concordantes soulignent que cette détentrice d'un master en politique publique de Harvard a été « révoquée » pour n'avoir pas suivi des « instructions de ses supérieurs sur la façon de gérer le contentieux avec les fournisseurs privés de courant électrique ».
Jointe au téléphone en début d'après-midi, la voix un peu cassée, Andress Appolon, poliment, a refusé de s'exprimer. « No comment », a-t-elle dit. Pas de déballage de probables récriminations dans la presse. Elle encaisse. Comme elle l'a fait ces dernières semaines pour les nombreuses critiques d'abonnés et de « priseurs » à cause du rationnement sévère imposé par l'ED'H.
Ceci n'avait rien à voir avec l'arrêt de E- Power le 19 juin, avait assuré Andress Appolon, il y a plus d'une semaine, au journal. « Plusieurs pannes d'équipement ont été constatés dans diverses centrales, soit Pétion, Varreux et Péligre. Cela a entraîné une nouvelle baisse en alimentation à environ 14 heures en moyenne », avait-elle révélé.
Mais l'on sait que le bras de fer avec les fournisseurs privés de courant a pourri la fin de son administration. Circonspecte, elle n'a rien laissé suinter des tensions existantes autour de ce dossier.
« Après un retard administratif, nous pouvons finalement constater que le processus de renégociation avec les trois fournisseurs privés d'énergie électrique a été lancé et avance au fur et à mesure », avait-elle confié. La commission de renégociation composée de représentants du MEF, des TPTC a « déjà rencontré les trois (3) fournisseurs-soit la E-POWER, la HAYTRAC et la SOGENER- pour une première prise de contact et a pu confirmer leur intérêt à travailler avec la commission afin d'atteindre un équilibre économique dans le marché d'achat d'énergie électrique », avait révélé Andress Appolon.
« Il n'y a aucune pénalité proprement dit associée à l'arrêt de E-Power », avait-elle également assuré. Cependant, même si ce n'est pas une pénalité à proprement parler, l'Etat, l'ED'H versent 1 million de dollars chaque mois à E-Power. C'est le prix contractuel de la capacité, un loyer payé à l'usine, quelle fonctionne ou pas, établi dans l'appel d'offres. E-Power, selon Daniel Rouzier, a été contrainte d'arrêter ses opérations à cause des dettes accumulées par l'ED'H, soit 23 millions de dollars. « C'est dommage d'en arriver là. Nous sommes confiant que la crise va être résolue », avait confié Daniel Rouzier au journal, il y a plus d'une dizaine de jours. « E-Power a de bonnes raisons de croire que la lettre de crédit de 13 millions de dollars de l'ED'H et l'Etat sera renflouée dans les jours à venir », avait espéré Daniel Rouzier.
« Nous sommes confiant que l'Etat a déjà compris l'importance de respecter ses engagements issus d'un appel d'offres international public, conformément à la volonté exprimée par l'Etat d'ouvrir le pays aux investissements générateurs d'emplois et de richesses », avait appelé Daniel Rouzier, le premier à avoir affronté, sans succès, l'épreuve du Parlement pour devenir Premier ministre de Michel Joseph Martelly.
« Malgré des avantages évidents qui découleraient d'un arbitrage international prévu dans les accords signés avec l'Etat, E-Power préfère rester sur le marché et insuffler une compétition saine sur le marché de l'électricité en Haïti, aidant de ce fait à renforcer la compétition internationale du pays », avait expliqué Daniel Rouzier, soulignant que E-Power, selon le classement de l'ED'H, est le moins cher avec 23,7 centimes américains le kilowatt/heure.
« C'est déjà une source d'inquiétudes que E-Power ait à disposer des 13 millions de dollars de la lettre de crédit afin d'éponger une partie des 23 millions de dette de l'Etat haïtien », a confié un fonctionnaire d'une grande institution internationale, qui suit de près ce dossier. Pour E-Power, il y a eu un appel d'offres international et tout a été fait dans les règles de l'art. Si les parties vont en arbitrage, ce sera dévastateur pour l'image d'Haïti, a assuré ce fonctionnaire. IFC de la Banque mondiale, EWP, une grande compagnie coréenne sont des actionnaires de E- Power et le marché financier international observe la gestion de ce dossier, a-t-il ajouté, soulignant que le secteur de l'électricité en Haïti « pose problème ».
La BID attend un plan de restructuration de l'Etat depuis des mois afin de fournir 12 millions de dollars d'appui budgétaire à l'Etat haïtien. Il n'est toujours pas communiqué, a confirmé le ministre de l'Economie et des Finances, Wilson Laleau, sur Magik 9 en début de semaine.
Toutefois, si l'ED'H, malade, ne réagit jusqu'ici à aucun remède miracle, ses réseaux vétustes, ses lampadaires fatigués sont encore en panne d'une grande rénovation. Entre-temps, les lampadaires solaires ont la cote en hausse. Dans le budget du MEF, 771 millions de gourdes ont été affectées, à la grande surprise de certains, pour faire l'acquisition de lampadaires solaires. Et aux TPTC, il y a aussi 450 millions de gourdes. Alors que la critique enfle contre ce choix d'une technologie n'offrant pas toutes les garanties de longévité, Andress Appolon, politique, avait esquivé une question du journal sur ce sujet.
L'ED'H ne gère pas ses fonds, elle n'a pas de précisions à apporter, avait en susbtance confié Mme, à qui le président a indiqué la sortie de l'ED'H. Avant d'accepter le poste de directrice générale, selon elle, après une certaine hésitation, à cause de la gravité de la crise énergétique qui secoue le pays depuis des années, Andress Appolon était conseillère du président Michel Joseph Martelly.
Est-ce qu'on a indiqué la sortie à Mme pour la recaser ailleurs, sous des cieux moins agités ? Possible. En ce qui concerne son adjoint, Dukens Raphaël, il est toujours en poste.
« Je suis maintenu jusqu'à cette présente minute », a confié l'ex- responsable syndical.
Roberson Alphonse roberson_alphonse@yahoo.com
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120371

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